Elles doivent être indiquées en fonction de la
nature et de la gravité du syndrome
diarrhéique. La coproculture est
généralement de peu d'intérêt. La plupart des
diarrhées
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Etude des causes Virales et Parasitaires des
Diarrhées chez les enfants de 0 à 5 ans à l'Hôpital
Régional de Bertoua.
aiguës observées chez les enfants de moins de 5
ans sont d'origine virale (50 à 80%). Quelle que soit
l'étiologie, l'évolution se fait habituellement vers une
guérison spontanée en deux à trois jours. Un examen
bactériologique des selles ne doit donc être demandé que
lorsque les données cliniques font soupçonner une infection
bactérienne (selles glairo-sanglantes), si la diarrhée se
prolonge anormalement, particulièrement chez l'enfant vivant en
collectivité.
La mise en évidence de particules virales dans les
selles, facile à réaliser à l'heure actuelle, ne suffit
pas pour affirmer que le syndrome diarrhéique a pour origine une
infection virale qui ne peut être véritablement affirmée
que par l'étude de la séroconversion spécifique. Etant
donné l'absence d'intérêt pratique, cette recherche n'est
généralement pas réalisée. L'examen virologique des
selles a surtout un intérêt en situation épidémique,
en particulier chez des enfants vivant en collectivité. Les autres
examens paracliniques (hémogramme, culot urinaire,
prélèvements bactériologiques divers, examens
parasitologiques) sont indiqués en fonction d'une orientation
étiologique précise ou si la diarrhée se prolonge
anormalement.
La détermination du type et de la gravité de
l'état de déshydratation (protides totaux, ionogramme, pH et
réserve alcaline sanguins, dosages de Na+ et du K+ urinaires,
études répétées du pH et de l'osmolarité
urinaires) sont indispensables dès que l'enfant présente des
signes cliniques de déshydratation grave.
Le rotavirus est l'agent étiologique le plus courant
des gastroentérites de l'enfant. Il est responsable de 30 à 40 %
des hospitalisations pour gastroentérites dans le monde. C'est
également le pathogène responsable de 30 à 50 % des cas de
diarrhées les plus sévères chez les jeunes enfants. C'est
la cause majeure de morbidité et de mortalité parmi les enfants
et les jeunes enfants aussi bien dans les pays développés que
dans les pays en voie de développement, mais la mortalité par
déshydratation reste élevée, principalement dans les pays
en voie de développement où surviennent 82 % des quelque 440 000
à 600 000 décès annuels dus au rotavirus (OMS, 2012 ; Tate
et al, 2012 ; Mathie et al, 2006). Environ 130 millions
d'enfants développent des diarrhées dues aux Rotavirus chaque
année, parmi eux 18 millions passent par une déshydratation
modérée à sévère donnant entre 418 000
à 520 000 morts avec 85% de ces décès dans les pays
à bas revenue (LUZ et al., 2005 ; WGOGG, 2012).
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Figure 3: Répartition des Rotavirus dans le
monde.
Source :
http://www.nlv.ch/Rotavirus/graphics/rotavirusdistribution.gif
? Morphologie et Structure
En 1973, l'équipe de Bishop a observé pour la
première fois, dans des biopsies intestinales d'enfants atteints de
diarrhées, des particules virales de 70 nm de diamètre (figure
4): Ce virus a reçu le nom de Rotavirus, inspiré de sa
morphologie en forme de roue (rota en latin). (Djénéba, 2006)
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Etude des causes Virales et Parasitaires des
Diarrhées chez les enfants de 0 à 5 ans à l'Hôpital
Régional de Bertoua.
Les Rotavirus constituent un genre spécifique de la
famille des Reoviridae. Ce sont des virus non enveloppes d'un diamètre
de 70 nm a symétrie icosaédrique. Le génome viral
d'environ 18,5 kb est un ARN double brin constitué de 11 segments.
Chaque segment code pour une seule protéine virale a l'exception du
gène 11 codant pour les protéines NSP5 et NSP6 (LOISY, 2004),
soit au totale six protéines de structure (VP pour viral protein) et six
protéines fonctionnelles (NSP pour non structural protein) (TARAPOREWALA
et al., 2003). Au coeur des virions, ce génome est
stabilisé et protégé par les protéines de capside,
organisées en triple couche (BAJOLET et al., 1998) (figure
4):
Une couche protéique externe, constituée des
protéines VP4 et VP7, qui sont des antigènes déterminant
les anticorps neutralisants et protecteurs, spécifiques de types. VP4
est clivée en VP5 et VP8 et est responsable de l'attachement du virion
aux récepteurs membranaires portés par les entérocytes ;
elle a diverses fonctions biologiques en rapport avec la
pathogénicité: hémagglutination, virulence, fusion, et
pouvoir infectieux (BAJOLET et al., 1998).
Une couche intermédiaire avec une seule
protéine, VP6, fortement immunogène, qui porte les structures
antigéniques de groupe et de sous groupe communes aux Rotavirus
infectant différentes espèces animales.
Une couche interne formée par les protéines
internes, VP1 (polymérase), VP2 et VP3.
Différents groupes de Rotavirus humains ou animaux
peuvent être distingués en fonction de la taille de leurs segments
génomiques et des propriétés de certaines protéines
structurales. Ainsi, en fonction de l'antigène porté par la
protéine VP6 les Rotavirus sont répertoriés en 7 groupes
désignés par des lettres (A à G). Les Rotavirus des
groupes A, B et C infectent habituellement les hommes et les animaux, les
autres sérogroupes n'ont été observés que chez les
animaux. Les Rotavirus du groupe A sont les plus nombreux et les plus
étudiés, ils sont divisés en sérotypes identifies a
partir d'antigènes induisant des anticorps neutralisants: la
protéine VP7 définit le sérotype G (glycoprotéine
ou antigène G) et la protéine VP4, le sérotype P
(protéine sensible aux protéases ou antigène P) (LOISY,
2004). Parmi les Rotavirus humains et animaux, 15 types G et 20 types P ont
été identifié de nos jours. 10 types G et 11 types P sont
associés aux infections humaines (LUZ et al., 2005). Seuls les
génotypes G ont été sérologiquement
confirmés en tant que sérotypes et parmi eux les sérotypes
G1, G2, G3, G4, sont les plus fréquents dans les infections humaines.
Pour le groupe P, P [8] est le génotype le plus commun, suivit de P [4]
et P [6] (RAHMAN et al., 2003).
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Etude des causes Virales et Parasitaires des
Diarrhées chez les enfants de 0 à 5 ans à l'Hôpital
Régional de Bertoua.
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Figure 4: Sérotypes du rotavirus
? Pouvoir pathogène
La diarrhée induite par les Rotavirus est
causée par la combinaison d'un ensemble de facteurs. Ces facteurs
incluent: une réduction de surface dans la région
épithéliale de l'intestin, un remplacement d'entérocytes
mûrs par des cellules immatures, un effet osmotique résultant
d'une absorption incomplète d'hydrates de carbone de la lumière
intestinale avec une fermentation bactérienne de ces composes non
absorbes, une sécrétion de fluide intestinal et
d'électrolytes a travers l'activation du système nerveux
entérique, et enfin un effet de la protéine non structurale 4
(NSP4) du Rotavirus qualifiée d'entérotoxine viral (BOSHUIZEN
et al., 2003).
? Diagnostic biologique
Il repose essentiellement sur la mise en évidence
directe du virus dans les échantillons de sellespar la microscopie
électronique, l'immunoélectromicroscopie et par les
méthodesimmunologiques. Le diagnostic peut être
complété par la sérologie.Au cours des infections
humaines, les rotavirus sont excrétés dans les selles dès
le 2e jour. La quantité excrétée est optimale
dans les 3 à 5 jours qui suivent l'apparition des symptômes et
elle
atteindrait particules par millilitre de selle. Les virus ont
été retrouvés au 7e et même
au
14e jour de la maladie. Selon VESIKARI, l'excrétion
diminue et elle est terminée dans le mois. Les
prélèvements des échantillons de selles sont
préférables aux écouvillonnages rectaux car donnant plus
de résultats positifs (Grenier et al., 1981).Le diagnostic le
plus rapide se fait par recherche de l'antigène viral : la technique
d'agglutination de particules de latex sensibilisées par des anticorps
spécifiques est simple et rapide et les techniques immunoenzymatiques ou
immunochromatographiques sont adaptées à l'examen d'un grand
nombre de prélèvements.
Des moyens préventifs comme l'allaitement au sein
pourrait apporter une certaine protection contre la maladie chez le très
jeune nourrisson (OMS, 2012). Il existe de nos jours
Etude des causes Virales et Parasitaires des
Diarrhées chez les enfants de 0 à 5 ans à l'Hôpital
Régional de Bertoua.
un vaccin capable d'induire une immunité durable
contre le rotavirus (PATH, 2014). Par ailleurs, Il n'y a pas de traitement
spécifique contre ce virus : le traitement est uniquement symptomatique
et vise essentiellement à corriger les états de
déshydratation qui représentent le risque majeur de la
maladie.