
2.1.2.3. La societe civile
Tout comme les nombreux projets et programmes, les
communes de Fada et Pama abritent une quinzaine d'ONG d'envergure regionale et
plus d'une trentaine d'association reellement actives sur le terrain. Certaines
de ces structures ont ete creees en raison du developpement de certains fleaux
tel que le VIH/sida ou des opportunites de financement offerts par les
differents PTF. Leurs actions se materialisent soit par des appuis directs aux
populations ou sous la forme d'assistance contractuelle, soit par leur
participation aux cadres de concertation. Leurs activites echappent
generalement au controle des conseils municipaux qui ne sont saisis que pour
une caution ou un aval en vue par exemple d'obtenir un financement ou pour la
mise en oeuvre d'un programme qui exige une contribution ou une participation
effective de la collectivite.
De leurs avis il ressort que l'implication des
collectivites dans la prise en charge du secteur social doit consister en la
recherche des financements, la mise en oeuvre des activites devant relevee des
structures d'encadrement. Pour les ONG et associations, les besoins d'une
repartition precise des taches, les capacites assez limitees et l'inexperience
des collectivites recommandent que leur soit devolue la gestion et la mise en
oeuvre des activites sociales. Les interventions des ONG et associations
s'articulent autour des axes suivants:
n L'appui aux activites generatrices de
revenus
n Le depistage anonyme et volontaire du
VIH/SIDA
n La prise en charge psychologique et
medicale
n L'appui scolaire
n La formation professionnelle
n L'encadrement technique
n L'appui vestimentaire et alimentaire
n La sensibilisation
Si a l'instar des services deconcentres et des PTF
elles reconnaissent les difficultes financieres des communes a prendre en
charge les questions sociales, elles avancent d'abord le manque d'initiatives
de concertation entre acteurs locaux et le faible niveau de sensibilite des
equipes municipales pour l'investissement social pour expliquer le niveau
d'engagement peu eleve en faveur du secteur social.
Un renforcement des capacites en la matiere avec
l'appui des PTF et de la tutelle ministerielle des collectivites pourrait
contribuer a relever le niveau de prise en compte du secteur
social.

2.1.2.4. Les collectivites
Les acteurs de l'administration communale presentent
la question de la prise en charge du secteur social comme une composante
indissociable de leur mandat. Pour les maires la gouvernance de la commune
comporte des activites de developpement dans la mesure du possible et des
interventions d'ordre social. Au regard de leurs missions ils sont desormais
comptables des affaires locales qui integrent l'epanouissement de l'entierete
de la population dans leur espace territorial. Pour cela, aux differents
niveaux de responsabilite politique (maires et conseillers municipaux) et
administratif (secretaire general) il ressort une connaissance de l'existence
d'un besoin d'assistance sociale. Cela concerne une frange franche des
habitants en situation de vulnerabilite et qui recommande une assistance de la
communaute, donc publique.
Cependant cette connaissance de la presence sur le
territoire communal d'un groupe de personnes dans un besoin d'assistance n'est
pas accompagnee de mesures a la dimension des problemes sociaux. Les autorites
communales relevent majoritairement (60% des responsables communaux) en meme
temps les difficultes de prise en charge financieres et les problemes lies a
l'organisation pratique de l'assistance et des secours. Elles soulignent aussi
le caractere non prioritaire du secteur social par rapport aux autres charges.
En plus s'ajoute l'augmentation conjoncturelle des sollicitations qui ne
permettent pas une planification des ressources (humaines, materielles et
financieres) pour faire face en cas de besoin.
|