II -- Evaluation d'ASSOAL sur le point «
vulgarisation des TIC »
Depuis 2004, ASSOAL s'est engagée dans la vulgarisation
des TIC auprès des autres membres de la société civile et
auprès de la population en générale. Elle a
décidé ainsi de mettre l'outil Internet au centre de ses actions
et de l'utiliser pour améliorer ses services et surtout mutualiser au
mieux les acteurs du développement local.
II.1 -- Le contexte
II.1.1 - Finalités de l'évaluation
Contrairement aux autres évaluations qu'a connues
ASSOAL, la particularité de celle-ci sera d'aller plus loin dans
l'impact du projet sur le développement local. Les autres
évaluations se sont limitées au rappel du projet initial,
à l'énumération des réalisations, des
difficultés rencontrées, des faiblesses de fonctionnement surtout
et des recommandations pour évoluer. Jamais il n'a été
pris en compte la satisfaction des bénéficiaires, coeur du projet
et l'impact réel du projet sur leur développement ou la
conformité du projet à leurs besoins. Ce sont ces derniers points
qui porteront plus notre attention au cours de cette évaluation. Il
s'agira donc de :
- Rappeler les tenants et les aboutissants du projet
- Analyser la conformité entre les objectifs fixés
initialement et les réalisations effectives
- Comparer les moyens, autant matériels qu'humain,
prévus et ce qui est effectifs
- Mesurer la satisfaction des bénéficiaires et
vérifier la conformité entre leurs besoins et les
activités d'ASSOAL
- Dégager les pistes d'améliorations susceptibles
de promouvoir le développement local.
11.1.2 - Le projet de création d'un centre
multimédia associatif en collaboration avec l'AFVP
ASSOAL a participé en tant que partenaire au projet de
création d'un centre multimédia associatif avec l'AFVP. Ce
projet, comme il a été décrit dans le chapitre
précédent, a connu beaucoup difficultés et n'a pas
été concrétisé finalement. Les raisons de cet
échec ont été mentionné plus haut mais selon
ASSOAL, ces raisons sont d'un autre ordre qui est : La mauvaise gestion
financière du projet par les responsables de l'AFVP. C'est après
cet échec qu'ASSOAL a pensé initier elle-même un pareil
projet qui est aujourd'hui effectif. Il s'agit du projet BAODL qui sera l'objet
de cette évaluation.
11.1.3 - Le projet BAODL
Le projet BAODL (Bureau d'Appui aux Organisations de
Développement Local) depuis sa création en septembre 2004, comme
son nom l'indique vise à renforcer les capacités des acteurs
urbains et ruraux par le biais des formations diverses, d'appui,
d'accompagnement variés (séminaires, réunions, ateliers,
locations, etc....) C'est ainsi que dans le cadre de cette mission, le bureau
s'est doté d'un important dispositif matériel et humain
susceptible de répondre aux attentes des différents partenaires
de développement local.
Au cours des trois dernières années, le Bureau
d'appui s'est illustré au sein de la société civile
camerounaise par l'offre d'un certain nombre de services d'information, de
renforcement des capacités, d'accompagnement et de mise en
réseau. Une première évaluation avait permis,
malgré les acquis, de dégager un certain nombre de faiblesses en
terme de fonctionnement, de moyen nécessaire d'accompagnement, mais
aussi, de continuité et de pérennité des actions. Ces
recommandations n'est malheureusement pas été pris en compte
depuis mais les responsables sont bien conscients de la nécessité
de réagir rapidement.
Malgré ce déficit, le Bureau d'Appui aux
Organisations Local s'est donc fixé pour Objectif de continuer son
action en attendant l'acquisition d'autres matériels indispensables dans
la mise en oeuvre de sa tâche. Il faut noter que dans le cadre de cette
évaluation, seule les axes concernant la vulgarisation des TIC seront
mis en avant. Cette évaluation se concentrera essentiellement sur ce
projet.
11.1.4 - Rappel du contexte
(Problématique)14
Le partenariat habitants-élus-professionnels, l'action
citoyenne, la circulation de l'information, la capitalisation, la
réflexion collective, la mise en réseau et la création
d'espaces inter-réseaux d'échanges d'expériences et de
concertation sont nécessaires au développement des villes et des
communautés locales.
14 Extrait du rapport du projet BAODL d'ASSOAL
De plus en plus, avec l'ouverture du Cameroun vers la
décentralisation de la vie publique et l'accentuation de la crise
économique, on assiste à une démultiplication des
organisations locales actives à la recherche de solutions aux
problèmes cruciaux des populations.
En outre, les NTIC s'imposent de plus en plus comme un outil
approprié d'information et d'échange entre acteurs. Pendant ce
temps la plupart d'acteurs de nos quartiers populaires trouvent encore du mal
à se les approprier.
En effet, les données sur les communautés et ces
acteurs de développement font ressortir un besoin en terme de formation
et d'accès à l'information, utile et gage de renforcement de leur
efficacité dans la mise en oeuvre des stratégies d'approches. Une
enquête réalisée en 2002 dans 7 villes du Cameroun donnait
l'occasion à ces acteurs d'exprimer ces besoins.
C'est dans ce contexte qu'ASSOAL a fait de la promotion de la
société civile locale, de l'information et du partenariat, la
clé de voûte du développement économique, social,
politique et culturel des villes et des communautés locales.
L'organisation a aidé au développement du
fonctionnement basé sur le partage des expériences et des
informations qui ont aboutit à la mise en place et au renforcement de
plusieurs réseaux :
|
Les Réseaux Urbains d'Habitants (RUH) de Douala,
Yaoundé, Bafoussam, Bamenda, Foumban, Garoua, Ngaoundéré,
Ebolowa, Mbalmayo, Bertoua, Mbouda, Bagangté, Dschang, Bafia,
Nkongsamba, Maroua, Belabo, etc.
Le Réseau National des Habitants du Cameroun (RNHC) ; Le
Réseau des Artisans du Cameroun (RAC);
DRD Cameroun ;
Le Réseau des Clubs de Lecture et d'Animation Culturelle
(RCLAC).
|
Depuis 1999, ces réseaux s'interconnectent au sein du
Centre de Ressources pour le Développement Local, un espace inter
réseaux de rencontre, d'échanges et de mutualisation des
expériences. Composé d'un rayon documentation, le centre a
développé des stratégies de capitalisation et d'appui
à l'animation, à la formation et à la mise en oeuvre des
projets. Au niveau de la communication, le CRDL contribue à la
publication de plusieurs outils d'échange et de circulation des
informations dont La société civile dans la presse,
Société Civile et Capital Social, la Gazette Municipale, la
Tribune du Citoyen et surtout la Lettre du Centre de Ressources pour le
Développement Local. Le centre est également doté d'une
banque de données internationale multi-thématique regroupant 7500
expériences de développement local et d'une banque de
données nationale regroupant 2100 expériences nées de
l'action et utiles à l'action. Le Centre de Ressources, qui offre de la
documentation à un public de plus en plus nombreux, sert aussi de
secrétariat d'animation pour la plupart des réseaux de citoyens
mis en place.
Ce centre, point de mise en oeuvre de la plupart des projets
d'ASSOAL, rencontre des difficultés liées:

Au manque d'un accès direct à l'Internet ; A
l'insuffisance du matériel informatique ; Au manque de logistique de
bureaux ;
|
A l'insuffisance des moyens de mise en oeuvre des sessions de
formation ;
A l'insuffisance des moyens de collecte, de traitement et de
diffusion des informations.
|
|