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Dynamiques socioculturelles dans la construction de l'intégration régionale en Afrique Centrale CEMAC


par Yvan Nathanaël NOUBISSI
Université Yaoundé 2 Soa - Master 2 en science politique 2019
  

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C-Intérêt de l'étude

L'intérêt d'une étude est l'élément qui lui donne sa plus- value scientifique. Dans cette optique, les dynamiques socioculturelles dans la construction de l'intégration en Afrique centrale le cas de la CEMAC revêt un double intérêt : un intérêt scientifique et un intérêt pratique.


· Intérêt scientifique

L'essentiel des travaux menés dans le couloir de la sociologie des relations internationales concernant la question de l'intégration en Afrique Centrale CEMAC mettent plus l'accent sur les aspects économiqueset politiques quisont pour bon nombre le socle pour une intégration solide et durable.Ainsi, cette recherche contribue à faire de l'intégration par la culture un nouveau champ d'expérimentation scientifique. D'autre part, cette recherche aborde un champ dont l'intérêt et l'importance sont plus que d'actualité dans l'analyse des relations internationales. En fait, traiter de la problématique de la culture en générale et singulièrement de la problématique de la culture comme vecteur d'intégration revient à s'intéresser et à contribuer à la densification intellectuelle de l'ordre du jour des débats sur la mondialisation.


· Intérêt pratique

De manière concrète la prise en compte de nos travaux permettront l avancé du processus d'intégration dans la sous-région Afrique centrale CEMAC. Dans la mesure où ils permettront aux décideurs de l'institution sous régionale CEMAC de mieux saisir les enjeux et d'ajuster si nécessaire les politiques et mécanismes mis en oeuvre afin de les optimiser et atteindre les objectifs initialement fixés dans le but de permettre une intégration véritable et solide.

D- clarification conceptuelle

Pour mieux saisir le sens des termes et expressions utilisées, une clarification conceptuelle s'impose. Emile Durkheim précise d'ailleurs que le chercheur doit d'abord définir les choses21(*) dont il traite afin que l'on sache et qu'il sache bien de quoi il est question. Les concepts à clarifier sont : intégration régionale ; régionalisme ; régionalisation ; culture et socioculturelles.


· Intégration régionale

Le Dr. Guy Mvelle dans intégration et coopération en Afrique : la difficile rencontrepossible entre les théories et les faits22(*) définit l'intégration comme un processus consistant à entrer dans un groupe d'Etats et de peuple pour adopter les mêmes comportements afin de réaliser les objectifs définis de commun accord et bénéficiant à tous. Outre cette approche l'intégration peut être appréhendée au plan économique, au plan politique et même sociologique.

Sur le plan économique

JACQUES PELKMARS définit l'intégration régionale comme une élimination des frontières économiques entre deux ou plusieurs économies. Ici la notion de frontière économique renvoie au démentiellement des obstacles pouvant exister entre deux ou plusieurs économies appartenant à un espace géographique plus ou moins délimité. Sur le plan politique

ERNST HASS définit l'intégration régionale comme un processus dans lequel les élites transfèrent leur loyauté et activité politique vers un nouveau centre donc les institutions procèdent et revendiquent les compétences supérieures à celles des Etats nations préexistants23(*). Ici le processus d'intégration dépossède les Etats nations membres d'un groupement régional d'un certain nombre de compétences essentielles au profit des instances communautaires qui en n'ont désormais la charge.

Sur le plan sociologique

Bertrand Badie, Guy Hermet, Pierre Birbaum et Philip Braud considèrent l'intégration comme un processus par lequel se tisse des liens multiples soit en Etat, soit directement entre communautés nationales, jusqu'à un seul, remettant en cause au moins partiellement le principe même de la souveraineté24(*).

Dans le cadre étude, l'intégration régionale revêtira le sens sociologue parce que mettant suffisamment en exergue les dynamiques socioculturelles.


· Régionalisme

Il fait spécifiquement référence aux idées ou idéologies, aux programmes, aux politiques et aux objectifs qui visent à transformer un espace social identifié en un projet régional25(*). Il postule la construction explicite d'une identité, en opposition à sa formation. Il renvoie à la mise en oeuvre d'un programme, voir à la définition d'une stratégie. Il peut s'agir de construction institutionnelle dans le cadre d'une organisation intergouvernementale mais aussi de la conclusion d'arrangements politico- juridiques bilatéraux26(*). De ce qui précède le régionalisme peut donc faire référence à une extrême diversité de registres, interétatique mais aussi infra étatiques, lorsque s'expriment des demandes autonomistes voir sécessionnistes.

Outre cette d effort de définition notons également que wilfriedlang conceptualise 03 types de régionalisme27(*) :

Le régionalisme national

Il est réalisé du bas vers le haut parce que trouvant ses sources en la population avant que cette ci soit impulsée à un niveau géographique beaucoup élevé.

Le régionalisme transfrontalier

Ce type de régionalisme est basé sur des échanges transfrontaliers entre territoires géographiquement définies.

Le régionalisme international

Il vise la coopération entre Etats avec des intérêts communs.

Dans le cadre de nos travaux le concept régionalisme arborera à la fois le sens international et transfrontalier dans la mesure ceux-ci mettent suffisamment en exergue l'idée que nous souhaitons développer.


· Régionalisation

La régionalisation renvoie à des processus. Ceux- ci peuvent être le fruit de la concrétisation de projets régionalistes. Elle peut également résulter de l'agrégation de stratégies individuelles, indépendantes de toute aspiration ou stratégie régionaliste identifiée28(*).le régionalisation se démarque du régionalisme par le fait qu'elle met plutôt en exergue « des transactions qui peuvent être licites et/ou illicites, formelles et/ou informelles interdites localement, mais autorisées au niveau international, ou inversement, acceptées localement mais fortement criminalisées à l'extérieur »29(*)..Nous fait appel à une typologie qui distingue plusieurs types de régionalisation30(*) :

Régionalisation incorporée

Il est le résultat de la création de l'Etat unitaire par l'union de plusieurs composantes qui gardent une certaine individualité.

Régionalisation diversifiée

Elle s'effectue avec des cadres régionaux établis selon le critère territorial et politique, mais aussi selon des critères comme la langue et la culture.

Régionalisation coopération

Les régions représentent des formes institutionnalisées de coopération entre les collectivités territoriales locales.

Le terme régionalisation prendra dans le cadre notre étude le sens de régionalisation diversifiée.


· Culture

Concept polysémique, la culture peut être appréhendée de plusieurs manières et même sous plusieurs angles. En effet outre la définition donnée par l'UNESCO qui l'a défini « dans son sens le plus large, la culture peut aujourd'hui être considéré comme l'ensemble des traits distinctifs spirituels, matériels, intellectuels et affectifs, qui caractérisent une société ou un groupe social. Elle englobe outre les arts, les lettres et les sciences, les modes de vie, les lois, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances »31(*), la culture peut également d'être défini sous l'aspect sociologique, ethnologique et anthropologique.

Sur le plan sociologique

Selon Guy Roche « la culture est un ensemble lié de manières de penser, de sentir et d'agir plus ou moins formalisées qui , étant apprises et partagées par une pluralité de personnes , servent d'une manière à la fois objective et symbolique, à constituer cespersonnes en une collectivité particulière distincte ». Ainsi, du point de vu sociologique chaque pratique culturelle serait étroitement liée aux représentations.

Sur le plan ethnologique

Edward B. Taylor définit la culture ainsi : «  la culture ou la civilisation, pris dans son sens ethnologique est ce tout complexe qui comprend la connaissance, les croyances, l'art, la morale, le droit, les coutumes et les autres capacités ou habitudes acquises par l'homme en tant que membre de la société »32(*).Elle est de ce fait considérée comme résultante de la société au sein de laquelle l'individu vie.

Sur le plan anthropologique

Claude Lévi-Strauss déclare : « la culture est tout ce que nous tenons de la tradition externe, c'est l'ensemble des coutumes, des croyances, des institutions telles que l'art, le droit, la religion, les techniques de la vie matérielle, en un mot, toutes les habitudes et aptitudes apprises par l'homme en tant que membre d'une société »33(*). Ainsi, elle représente tout ce que l'individu ne peut apprendre seul mais qui lui est transmis par les autres membres de son espèce.

Dans le cadre de cette recherche le concept de culture prendra le sens sociologique tel que définit plus haut.


· Socioculturel

En 1990 le gouvernement de la république fédérale d'Allemagne défini la socioculturel comme suit : dans son acception courante, le socioculturel se distingue par des activités culturelles en tous genre, liées à des problématiques sociales ; des activités traversant les différentes couches sociales et générations, ayant pour mission première de promouvoir le processus de communication.

Il peut également être défini d'une part comme un ensemble d'évènements qui se rapportent à un groupe humain et à sa culture et d'autre part à la diffusion d'une culture dans un continent, un pays, une ville, un quartier et même un village.

Dans le cadre notre étude le terme prendra la signification de tout ce qui est diffusion de la culture.

* 21 Emile Durkheim(1968), les règles de la méthode en science sociale, Paris, p.95

* 22 Guy Mvelle, intégration et coopération en Afrique, l'harmattan, paris,p.10

* 23 Ernst Haas cité par Christian lequesne, « la commission européenne entre autonomie et dépendance », revue française de science politique, vol.46,n°3, 1996, p.292

* 24 Guy Hermet, Bertrand Badie, Pierre Birnbaum et Philippe Braud ,Dictionnaire de la science politique et des institutions politiques,6ème édition , Arman colin, 2005,p.156

* 25 Daniel Bach, « régionalisme, régionalisation et globalisation » in : mamoudouGazibo et celineThiriot,dir,lafrique en science politique, Paris : karthala, 2009,

* 26CelineThiriot, le politique en Afrique : état de débats et pistes de recherche, Paris, karthala,2009,P.19

* 27 Winfried Lang, Regionen und Grenzen: Auf demWegzumneuen Europa, en EsterbauerPernthaler: EuropäischerRegionalismusamWendepunkt. Bilanz und Ausblick, Viena, 1991, p. 145-147, apud Eva Fórika, BogdanPetrea, op. cit., p. 150.

* 28 Celine Thiriot,op.cit,p.346

* 29Ibidem, p.347

* 30Voir Corneliu-LiviuPopescu, op. cit., p. 140-141

* 31 Définition de l'UNESCO de la culture, déclaration de Mexico sur les politiques culturelles. Conférence mondiale sur les politiques culturelles, Mexico city, 26 juillet-06 aout 1982

* 32 La civilisation primitive,(trad.franç), edReinwald, Paris,1876

* 33« introduction à l'oeuvre de Marcel Mauss »,in Marcel Mauss, sociologie et anthropologie, Puf, Paris.1950

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"L'ignorant affirme, le savant doute, le sage réfléchit"   Aristote