4.3.1.2 Pratiques agricoles
L'agriculture représente une des menaces les plus
importantes des corridors. Elle représente 18,46% des activités
observées. Les principales cultures pratiquées dans la
localité sont celles du coton (Gossypium hirstum)
pratiquée en plus grande partie par les migrants, du maïs (Zea
mays), du mil (Sorghum spp.), de l'arachide (Arachis
hypogea), de l'igname (Dioscorea spp) qui est plus
pratiquée par les autochtones, du niébé (Fasiolus
sp) et bien d'autres. C'est une agriculture extensive et itinérante
sur brûlis très destructrice de la végétation
(Photos 9 et10).

Photo 9: Arbre ceinturé pour
pratiquer
Photo 10 : Champ d'arachide dans la
l'agriculture dans la Galerie forestière Galérie
forestière
Les photos 9 et 10 présentent les champs
rencontrés dans les différents corridors. Cette activité
est à l'origine des autres formes d'anthropisation comme la coupe
abusive de bois, la destruction de l'habitat faunique, le braconnage et bien
d'autre.
L'expansion de l'agriculture dans les corridors est due au
fait que les migrants venus de l'Extrême Nord et des pays voisins (Tchad,
Centrafrique,...) sont pour la plupart des peuples cultivateurs. Ils sont,
chaque année, à la quête des nouvelles terres et cherchent
à optimiser les espaces cultivables. Ils oublient cependant l'existence
de la faune sauvage qui est une source de développement de la
localité. Mais il y'a des corridors qui ne sont pas touchés par
cette activité comme le corridor Buffle. Ceci pourrait être
dû à sa topographie très accidentée qui rend
l'agriculture impossible. Cette activité a régressé dans
le corridor Cobe Defassa et Eland de Derby. Ceci est le résultat de
l'intensification du suivi de l'intégrité du corridor mené
par le WWF. La Gallérie forestière enregistre à elle seule
19 observations quand au corridor Hippotrague, nous avons observé cinq
champs. Siroma (2007), a observé un total de 28 champs dans tous les
corridors. En 2010, nous avons observé un total de 24 champs. Il est
remarquable que cette activité a sensiblement diminué et cela
serait dû au fait que, le suivi répété de
l'intégrité des corridors a une influence sur la présence
des hommes dans les corridors. En effet, lorsque la population voit les agents
des eaux forêts et chasses ou les gardes communautaires, elle a tendance
à avoir peur d'être sanctionnée. La mise en oeuvre de la
stratégie de lutte anti-braconnage dans le PNB et sa
périphérie a favorisé la diminution des menaces dans les
corridors.
4.3.1.3 Pâturage
Le pâturage est la troisième activité la
plus importante menaçant l'intégrité des corridors. Il
représente 13,84% des menaces observées. Les photos 11 et 12
illustrent les actions de pâturage dans les corridors.

Photo 11: Arbuste abattu pour nourrir les
animaux dans le corridor Hippotrague Photo 12:
Troupeau de boeufs
rencontré dans la Galérie forestière
Il ressort des photos 11 et 12 que les corridors sont
fréquentés par les éleveurs et leur bétail. Cet
élevage extensif représente une menace importante pour la faune
sauvage avec le risque de contamination par les maladies et la destruction de
l'habitat faunique.
Cette activité est représentée par les
campements peuls, les troupeaux de bovins et les pistes de transhumance
observés en plein corridor. Il est à déplorer
l'émondage important d'Afzelia africana par les peuls pour
nourrir les animaux et qui à la longue perturbe l'habitat de plusieurs
espèces et menace par conséquent la biodiversité dans le
PNB et sa périphérie. En plus cette activité est à
l'origine de la transmission des maladies contagieuses des animaux domestiques
aux animaux sauvages. Trois corridors sont concernés par cette
activité à savoir la galerie forestière (14 cas), le
corridor Cobe Defassa (03 cas) et enfin le corridor Hippotrague où on a
observé qu'un seul cas. Il faut noter que cette activité a pris
du recul car l'étude de Siroma (2007) ressortait que tous les corridors
étaient touchés par cette activité. Il a enregistré
au total 35 cas de pâturages. Cette année 18 cas seulement ont
été observés lors du suivi de l'intégrité
des corridors et ne concernent que trois corridors comme nous l'avons
cité plus haut. Ce résultat peut s'expliquer par le fait que les
éleveurs ont pris conscience de la situation et les menaces qui leur
sont infligées par les gardes chasses les amènent à
respecter les AP de peur que leurs bêtes ne soient abattues ou
confisquées.
A notre avis, compte tenu des inconvénients de partage
de l'espace par la faune domestique et sauvage (braconnage, transmission de
maladie et conflits), les actions des gardes chasses doivent être
davantage encouragées par les conservateurs pour limiter les
dégâts que pourraient engendrer l'élevage dans les AP.
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