
THE UNIVERSITY OF YAOUNDE I ******
UNIVERSITÉ DE YAOUNDÉ I
******
FACULTÉ DES ARTS LETTRES ET SCIENCES
HUMAINES
******
THE FACULTY OF ARTS, LETTERS AND SOCIAL
SCIENCES
******
CENTRE DE RECHERCHES ET DE FORMATION DOCTORALE EN ARTS,
LANGUES ET CULTURES
******
POSTGRADUATE SCHOOL FOR ARTS, LANGUAGES AND
CULTURES
******
UNITÉ DE RECHERCHE ET DE FORMATION DOCTORALE EN
ARTS, CULTURES ET CIVILISATIONS
DOCTORAL RESEARCH UNIT FOR ARTS, CULTURES AND
CIVILISATIONS
HISTORICITÉ ET TRADUCTION MUSICALE
DANS YÙOPNKE PÙEN KRISTO ME SHÜPAMOM. ESSAI
D'ÉVALUATION
Mémoire présenté en vue de
l'obtention du Diplôme de Master professionnel en Traduction
par
Christophe Dumas NGAMPEYOU
Licencié ès Lettres bilingues DI.P.E.S. I &
II Lettres bilingues
sous la direction de
M. DASSI et de M. Saidou NCHOUAT SULE
Professeur des universités Traducteur principal hors -
échelle
Juin 2016

DÉDICACE
A mes enfants
AMANA YOH NGAMPEYOU
Et
HYAP BEDIGUI NGAMPEYOU

REMERCIEMENTS
La conception, la présentation et la confection de ce
travail ont été possibles grâce à l'apport
scientifique, matériel et moral inestimable de certaines augustes
personnes que je tiens à remercier sincèrement ici.
Je remercie vivement:
M. DASSI (Professeur des universités),
M. Saidou NCHOUAT SULE (traducteur principal hors-
échelle),
qui malgré leurs multiples occupations m'ont
accordé du temps pour la conception du présent travail. Leur
disponibilité, leur patience, leurs conseils et encouragements m'ont
d'avancer dans la recherche.
Ma reconnaissance va également à tous les
enseignants du programme de Master en traduction de l'Université de
Yaoundé 1, pour la formation qu'ils m'ont donnée.
Je ne saurais remercier assez Mesdames Susam SARAJEVA SEBNEM,
Marta MATEO, Gorlée DINDA et M. Johan FRANZON, respectivement, de
l'université d'Edinburgh (Écosse), d'Oviedo (Espagne), de La Haye
(Pays-Bas), et d'Helsinki (Finlande), pour l'assistance matérielle
qu'ils ont bien voulu m'accorder dans le cadre de la présente
recherche.
Je témoigne ici une profonde gratitude à
Emmanuel MFONDUM YOH et Nji Israël YOH, qui m'ont énormément
aidé à étayer l'aspect musical des traductions du recueil
des cantiques qui a fait l'objet du présent travail. Je remercie
infiniment ma fiancée Isabelle BOYOGUENO pour sa patience et son soutien
moral. Je tiens aussi à exprimer ma reconnaissance à tous mes
camarades de promotion, dont la convivialité et la collaboration ont
toujours été une source de motivation pour moi. À toute ma
famille, et à tous ceux qui ont contribué de près ou de
loin à ce travail, je ne dis qu'un mot: merci.
Enfin, qu'il me soit autorisé ici de dédier le
présent mémoire à la mémoire de M. Saidou NCHOUAT
SULE, dont la rigueur dans le travail et l'amour de la traduction ne cesseront
de nous inspirer.

LISTE DES FIGURES
Figure 1: graphique comparatif du nombre de mots
dans les textes sources et cibles Figure 2 : graphique
comparatif des mots et des syllabes
Figure 3 : graphique représentant la
traduction littérale dans les textes cibles
Figure 4 : graphique de représentation
des additions dans les textes cibles
Figure 5 : graphique de représentation
des omissions dans les textes sources
Figure 6 : graphique de représentation
des métaphores dans les textes sources et cibles
Figure 7 : graphique de représentation
des rimes dans les textes sources et cibles
Figure 8 : graphique représentant les cas
de réorganisation dans les traductions Figure 9 :
graphique de représentation des paraphrases dans les traductions.
iv
Résumé
Le présent travail de recherche est une analyse des
éléments qui ont encadré la chantabilité dans la
traduction des cantiques du recueil Yùopnké pùen
kristo. Nous avons au préalable présenté les
théories applicables à la traduction musicale, telles que: la
théorie de skopos, la théorie interprétative et la
théorie du pentathlon. Ces différentes théories nous ont
servi de plate-forme dans l'analyse des choix opérés par le
traducteur. Dans un corpus constitué de dix chants tiré de
Sur les ailes de la foi et de leurs traductions dans
Yùopnké pùen kristo, nous avons
évalué la récurrence de dix éléments dans la
traduction musicale français-shüpamom. Les dix
éléments pris en compte sont : le nombre de mots dans les textes
source et cible, le rythme, la traduction littérale, les additions et
les omissions, la traduction des métaphores, les rimes, la
réorganisation du texte, les paraphrases et les emprunts. Par ailleurs,
l'analyse du sens, du naturel dans la traduction ainsi que la
chantabilité nous a permis de tirer des conclusions importantes.
Nous sommes parvenus à la conclusion selon laquelle
l'adaptation est la stratégie la plus utilisée dans notre corpus.
En outre, les éléments qui encadrent la chantabilité sont
employés par priorité. La rime est l'aspect le plus
négligé. De plus, la grande difficulté de la traduction
des chants du français en shüpamom réside dans le fait qu'il
faut concilier sens, naturel, rythme et chantabilité. Par ailleurs, la
traduction des chants exige d'abord un esprit créatif poussé en
plus des aptitudes en théories musicales, linguistiques, et
poétiques. Le traducteur devrait d'avantage se focaliser sur la fonction
que le texte va remplir.
Mots clés: traduction musicale,
cantiques, théorie du pentathlon, sens, rythme, naturel,
chantabilité.

ABSTRACT
This study investigates features governing singability in the
translated hymn entitled Yùopnké pùen kristo.
Three translation theories suitable for translation and music served as basis
for examining the choices made by the translator: Skopos theory, interpretative
theory and the Pentathlon principle. Using ten songs from the French hymn
Sur les ailes de la foi and their translations in
Yùopnké pùen kristo as case studies, ten
reoccurring features were examined in the Shüpamom translation of these
songs. They include the following: number of words in the source and target
texts, rhythm, literal translation, addition and subtraction, translated
metaphors, rhyme, text restructuring, paraphrasing and borrowing.
Based on the analysis of meaning, naturalness in translation
as well as singability, the following findings were reached: adaptation was
frequently used in the translated songs; features governing singability take
precedence in translation; rhyme is the most neglected aspect in the target
text; preserving the source text's meaning, naturalness, rhythm and singability
in the target text is most difficult when translating songs from French to
shüpamom; creativity and aptness in theories relating to music,
linguistics and poetry are required when translating songs; the translator
needs to focus on the purpose of the translated text.
Key words: translation and music, hymns,
Pentathlon theory, meaning, rhythm, naturalness, singability.

0. INTRODUCTION
GÉNÉRALE
2
La langue est le moyen de communication le plus important. La
diversité des langues est aussi grande que la diversité des
peuples. C'est pourquoi nous avons besoin de traducteurs, car ils
allègent les relations entre les hommes et rendent les oeuvres des
auteurs étrangers plus accessibles et compréhensibles pour nous.
Les recherches sur la traduction entre deux langues qui partagent la même
racine sont assez fréquentes. C'est un phénomène similaire
en traduction musicale, l'un des domaines novateurs de la traductologie.
Cependant, on trouve peu de recherches en matière de traduction des
chants religieux entre une langue européenne et une langue
camerounaise.
Le Cameroun compte deux langues officielles et environ 250
langues nationales. Les deux langues officielles sont les avantages datant de
la période coloniale. Cependant, à l'arrivée de
l'évangile au Cameroun, les premiers missionnaires ont dû faire
face à la barrière linguistique. C'est pourquoi les traductions
en langues locales se sont particulièrement développées
à cette période. La nécessité s'imposait à
cause des multiples défis de communication que
l'évangélisation présentait. Dans la foulée,
plusieurs chants chrétiens ont été traduits dans diverses
langues locales. Ainsi chez les bamoun, les premiers pasteurs autochtones se
sont prêtés à cet exercice avec l'aide des missionnaires.
À l'écoute, le résultat est très satisfaisant.
Comment ont-ils réussi à rendre en shüpamom des chants
originellement composés en français ? Ce phénomène
a éveillé notre intérêt.
Dans l'église, le chant est et demeure important pour
les hommes qui louent Dieu. Les hommes l'utilisent pendant leurs moments de
joie et de peine pour glorifier l'éternel, ou pour leur
épanouissements personnel. Selon Yang (2014: 27),
It is often believed that music has the power to affect
and influence our emotions, wisdom and psychology; it can alleviate our
loneliness or stir our passions. In ancient China, Confucius (551-479 BC)
considered music to play an important place in the service of a good-ordered
moral world. He thought of government and music as reflecting each other and
held that only the superior man that is able to enjoy and appreciate music can
be equipped to govern. Music, he believed, reveals personalities through the
six emotions that it can be described as: joy, anger, sorrow, love, piety,
satisfaction. According to Confucius, great music is harmonious with the whole
universe. It is harmony that brings the physical world into good order. As a
mirror of personality, music makes deception or impossible.
La musique est un langage universel, car pouvant transcender
les barrières linguistiques. Il est facile de reconnaître la
mélodie d'une chanson populaire écrite en une langue qu'on
ignore. Cependant, la fidélité en traduction musicale suscite
plusieurs interrogations. Selon Susam Sarajeva (2008 :188), l'attention
portée à la traduction musicale par les traductologues
3
est assez récente. Il a fallu du temps pour que
musicologues et traducteurs s'intéressent chacun au domaine de l'autre.
Low (2003) explique que le texte cible doit correspondre à la musique
préexistante avec ses rythmes, ses valeurs de notes, ses phrasés
et ses accents tout en gardant l'essence du texte source. En outre, il y a
certaines contraintes spécifiques dont il faut tenir compte. Il s'agit
de la chantabilité, du sens, du naturel, du rythme et de la rime.
Le chant fait aussi partie intégrante des temps forts
d'un culte à l'Église évangélique. Il rend celui-ci
vivant et gai. Dans la communauté chrétienne protestante bamoun,
l'utilisation des chants rassemblés dans le recueil
Yùopnké pùen kristo est indispensable pendant le
culte. La mélodie et les textes de ces chants sont puisés dans
les recueils tels que : Sur les ailes de la foi, Sacred songs and solos,
Chants de victoires, Hymnes et louanges, Louanges et prières. Ces
chants s'exécutent très bien en shüpamom. Face à
cette aisance d'exécution, nous nous sommes interrogé sur la
méthodologie et les théories qui ont encadré ces
traductions ? Nous avons donc décidé de mener cette étude
intitulée: historicité et traduction musicale dans
Yùopnke pùen kristo me shüpamom : Essai d'évaluation.
Il sera question de préciser les facteurs qui ont permis
la chantabilité dans 10 chants tirés de Yùopnke
pùen kristo ; en d'autres mots, nous cherchons à savoir
quelles théories sont appliquées par les traducteurs dans la
traduction de 10 chants tirés de Yùopnke pùen
kristo.
0.1. OBJECTIFS ET INTÉRÊT DE
L'ÉTUDE
L'objectif, défini de façon précise,
permet d'éviter d'éventuels égarements. Notre travail
consistera à évaluer 10 cantiques tirés de Sur les
ailes de la foi à leurs traductions en shüpamom dans
Yùopnké Pùen kristo. Il sera question ici de
relever, à travers une analyse quantitative et qualitative, les
particularités de la traduction musicale du français vers le
shüpamom. Nous voulons aussi montrer les choix opérés par le
traducteur pour parvenir à des cantiques chantables. De plus, nous
voulons contribuer à l'élaboration d'une méthodologie de
la traduction entre deux langues de statuts différents, permettre aux
futurs musico-traducteurs de pratiquer la traduction musicale suivant une
démarche scientifique. Enfin, nous voulons valoriser la culture bamoun,
promouvoir la traduction des chants religieux en général, et
particulièrement en shüpamom.
La particularité de cette étude réside
aussi dans le fait qu'en traduction musicale, il est impératif de
concilier texte, mélodie, harmonie, rythme et chantabilité.
Enfin, notre étude viendra préciser les facteurs clés
à prendre en compte dans la traduction des chants chrétiens en
shüpamom ainsi que les difficultés qui s'y présentent.
4
0.2. PROBLÉMATIQUE ET HYPOTHÈSES DE
RECHERCHE
Plusieurs cantiques chrétiens ont été
traduits dans nos langues nationales. Ce travail s'interroge sur les
paramètres et les stratégies qui ont guidé la traduction
de ces cantiques. La motivation de cette recherche vient du fait que nous avons
constaté le naturel avec lequel les chants traduits dans
Yùopnké pùen kristo sont exécutés
par les chrétiens. Nous nous sommes posé la question de savoir
comment des cantiques qui, au départ, étaient composés
pour être chantés dans des langues européennes sont
parfaitement exécutés en shüpamom. Quels ont
été les choix opérés par le traducteur pour
parvenir à une harmonie entre paroles et musique pour en faire des
textes « chantables » ? La problématique de notre recherche se
formule donc de la manière suivante: Les théories de traduction
des chants sont-elles applicables à la traduction en shüpamom ? Les
questions de recherche qui se dégagent de la problématique
sont:
- Quels sont les éléments pris en compte dans la
traduction de Yuopnke pùen kristo ?
- Quels sont les obstacles liés à la traduction
musicale français-shüpamom?
- Yuopnke pùen kristo est-il une traduction ou
une adaptation à l'idiomaticité du shüpamom ?
Toute recherche scientifique a pour objectif de trouver une
réponse à une question ou mieux de trouver une solution à
un problème. L'hypothèse donne alors à la recherche le but
d'infirmer, de confirmer ou de nuancer une affirmation. L'hypothèse
générale est globalisante et constitue la base qui sous-tend
toute la recherche. Elle permet de guider une réflexion plus approfondie
et les hypothèses de recherche apportent un appui à
l'hypothèse générale, car elles permettent de la rendre
opérationnelle. En outre, l'hypothèse générale
oriente et précise certains choix relatifs aux objectifs de la
recherche. Notre hypothèse générale se décline
comme suit: la musique est universelle et la traduction est une science
multidisciplinaire. Par conséquent, les théories de traduction en
général et de la traduction musicale en particulier
s'appliqueraient à toutes les langues, en l'occurrence le shüpamom.
Les hypothèses de recherche qui en découlent sont:
- Le sens, la chantabilité, le rythme et le naturel
seraient les facteurs les plus importants dans la traduction de
Yùopnké pùen kristo.
- Les paramètres poétiques constitueraient
l'obstacle majeur dans la traduction des chants du français au
shüpamom.
- Pour arriver à des cantiques chantables dans
Yùopnké pùen kristo , le traducteur a dû
opérer des changements structurels imposés par le génie de
la langue et les théories musicales.
5
0.3. CADRE THÉORIQUE
Notre travail relève de la traduction et du contact de
deux langues de racines différentes. Pour ressortir les marques de la
traduction musicale du français vers le shüpamom, nous nous
appuierons sur des théories telles que:
- Le Pentathlon principle. Théorie
développée par Peter Low et Johan Franzon, qui préconise
l'utilisation de cinq critères en traduction musicale à savoir:
la chantabilité, le sens, le rythme, la rime, et le naturel.
- La théorie interprétative dite de
l'École de Paris. Développée par Marianne Lederer et
Danica Seleskovitch, cette théorie de sens est basée sur les
concepts d'interprétation, de déverbalisation et de
reformulation.
- La théorie du SKOPOS ou approche fonctionnaliste
guidera aussi notre travail. Vermeer et Reiss précisent que c'est
l'objectif que doit atteindre un texte qui détermine les choix que le
traducteur doit opérer.
0.4. DÉLIMITATION DU SUJET
Délimiter le sujet permet de circonscrire, de
préciser le champ et l'étendue du domaine d'un travail de
recherche. Cette étape de notre travail nous permet de restreindre
l'étude à un thème bien déterminé. Conscient
des questions qui pourraient naître de notre recherche, celle-ci se
focalisera sur l'analyse de la traduction de 10 chants traduits dans
Yùopnké pùen kristo. Il sera donc question de
préciser les particularités de cette traduction et de
répondre à la question de savoir si la traduction dans
Yùopnké pùen kristo est une pure adaptation.
0.5. ORGANISATION DU TRAVAIL
Le présent travail est constitué de cinq
chapitres. Le premier chapitre traitera de la traduction en
général dans le contexte camerounais et de l'historicité
de la traduction en pays bamoun. Ce chapitre est en effet une mise en contexte
historique de la traduction au Cameroun en général et dans le
royaume bamoun en particulier. Le deuxième chapitre, quant à lui,
présente l'état de la question dans le domaine de la traduction
musicale des chants religieux. Le troisième chapitre aborde les
paramètres relatifs à la traduction musicale, tandis que le
quatrième chapitre est un essai d'évaluation de la traduction de
dix cantiques, traduits du français en shüpamom. Le
cinquième chapitre enfin est une traduction commentée de deux
chants chrétiens du français en shüpamom.

CHAPITRE Ïer :
APERÇU HISTORIQUE DE LA TRADUCTION AU CAMEROUN
7
Déterminer de façon précise le moment
où les traductions sont apparues semble très difficile. La
communication est un besoin primaire chez l'être humain depuis ses
origines. Cependant, l'hypothèse de la tour de Babel représente
pour les judéo-chrétiens le moment zéro de la traduction.
L'évolution de la traduction à travers l'histoire est permanente.
Cette évolution historique n'est pas dissociable de la naissance ou du
développement de certaines théories de traduction. Il importe de
comprendre l'évolution de la traduction à travers l'histoire du
Cameroun.
Il sera question dans ce chapitre de definir les mots
clés de notre thème, puis de dresser un aperçu historique
de l'évolution de la traduction dans le contexte camerounais de la
période précoloniale à la période postcoloniale.
Nous présenterons aussi l'histoire du peuple bamoun part rapport
à la traduction. Une approche chronologique va nous aider à
revoir les grands moments de la traduction au Cameroun en général
et en pays bamoun en particulier. Il s'agit ici de donner une vue
générale de l'évolution de la traduction dans notre
pays.
8
1.1. DÉFINITION DES CONCEPTS
1.1.1. HISTORICITÉ
Selon le centre national de ressources textuelles et lexicales
(Cnrtl), l'historicité c'est le caractère d'un fait,
d'une personne qui appartient à l'histoire, dont la
réalité est attestée par elle. En d'autres mots, ce terme
est d'abord employé pour exprimer qu'un événement a
réellement eu lieu et n'est pas une simple tradition légendaire.
Ainsi, l'on parlera par exemple de l'historicité de la fondation du
royaume bamoun, ou de l'historicité de l'indépendance du
Cameroun. Il est évident que la création du terme
historicité évoque l'âge de l'histoire critique,
laquelle reposait, comme science consciente d'elle-même, sur la
désagrégation de la tradition légendaire. Une
évaluation objective de la traduction des cantiques qui font l'objet de
notre étude, exige une mise en contexte historique. Quels sont les
concepts et les paradigmes qui à différents moments de l'histoire
du peuple bamoun ou de l'église évangélique, ont
déterminé la valeur des textes traduit ?
1.1.2. TRADUCTION
Bon nombre de théoriciens et de traducteurs sont
d'accord en ce qui concerne la difficulté de donner une
définition pertinente du mot traduction. Il en résulte le plus
souvent une description; d'où la complexité de cette
opération. Toutefois, il existe une pléthore de
définitions pour le vocable traduction et toutes se valent ou
mieux se complètent. De son étymon latin traductio, le
terme traduction signifie conduire à travers ou passer d'une
langue à l'autre au sens propre. Selon Nida et Taber (1969:12) , «
Translation consists in reproducing in receptor language the closest natural
equivalent of the source language message, first in terms of meaning and
secondly in terms of style. » Pour eux, il est essentiel de reproduire
dans la langue réceptrice le message de la langue source au
moyen de l'équivalent le plus proche et le plus naturel d'abord
en ce qui concerne le sens, ensuite en ce qui concerne
le style. En bref, traduire selon Grandjouan (1971: 227) , c'est
« dire bien dans une langue qu'on sait très bien, ce qu'on a
très bien compris dans une langue qu'on sait bien. ». De ce qui
précède nous pouvons dire que la traduction musicale ou
traduction des chants, consiste simplement à traduire un texte
destiné à être chanté.
9
1.1.3. ESSAI D'ÉVALUATION
Un essai c'est d'abord une opération destinée
à s'assurer des caractéristiques ou des qualités de
quelque chose. Un essai d'évaluation renvoi alors à un exercice
dans lequel le chercheur présente un cas et rend une opinion ou un
jugement personnelle sur un travail et en présente les forces et les
limites.
1.2. LA TRADUCTION À TRAVERS LE TEMPS
Certains traductologues se sont souvent penchés sur
l'histoire biblique de la tour de Babel (Genèse 11 : 1-9) pour trouver
le moment zéro de la traduction. Mais il est très difficile de
déterminer de façon précise le moment où les
traductions sont apparues. Toutefois, si l'on se base sur le fait que l'homme a
toujours exprimé le besoin de communiquer, ce besoin ne s'est pas
toujours développé de façon similaire au fil du temps. Les
peintures rupestres dans les grottes ainsi que les formes plus
évoluées de communication l'expriment clairement. Sur la base des
documents d'histoire, il est possible de remonter jusqu'à Cicéron
au siècle 1 av. J-C. Ses théories sur la traduction
littérale et la traduction des sens vont influencer le domaine de
traduction jusqu'au XXIe siècle. D'autres
références historiques mentionnent des grands lieux qui ont
grandement contribué à l'essor de la traduction, à savoir:
l'école de Shang en Chine (379), l'académie de
Platon vers 387 avant J. C, l'académie de Jundishapur en
Perse fondée par le roi perse Shapur I, la Maison de la sagesse
fondée au début du IXe siècle par le
calife al-Mamun et enfin l'école de Tolède en Espagne.
Nous ne pouvons pas retracer la genèse de la traduction sans faire
référence à Saint Jérôme (IVe
siècle) dont les travaux sur la traduction de la Bible Septante
ont posé les jalons de la traduction des saintes Écritures.
L'invention de l'imprimerie au XVe siècle et plus tard la
Reformation au sein de l'église vont stimuler le
développement de la traduction. C'est à la seconde moitié
du XXe siècle que la traductologie va réellement
constituer un domaine de recherche. De nos jours, avec l'avènement de
l'outil informatique et de l'internet, la traduction est beaucoup plus
assistée par ordinateur. L'évolution de la traduction a aussi
marqué l'Afrique, en général, et le Cameroun, en
particulier.
10
1.3. LES GRANDES PÉRIODES DE LA TRADUCTION AU
CAMEROUN
Retracer l'histoire de la traduction en Afrique subsaharienne,
c'est parler des périodes importantes qui l'ont marquée. De
l'époque précoloniale à nos jours, la traduction et
l'interprétation ont toujours aidé à faciliter la
communication entre divers groupes, que ce soit pour rapprocher les souverains
de leurs sujets, entre les colonisateurs et les colonisés ou encore,
aujourd'hui, entre les communautés linguistiques d'une Afrique
multilingue et multiculturelle. La traduction a touché tous les secteurs
d'activités en Afrique au cours des siècles, sur le plan
politique, économique, culturel et religieux. La pratique de la
traduction en Afrique subsaharienne remonte aussi loin que l'acte communicatif
lui-même. De nombreux travaux ont démontré que le
multilinguisme fait partie de l'essence même de l'Afrique subsaharienne.
Par conséquent, faire une esquisse de l'histoire de la traduction au
Cameroun, revient à présenter à l'aide des repères,
les faits marquants historiques de la traduction au Cameroun. Cette histoire,
tout comme l'histoire du continent lui-même, est longue et complexe,
débutant à l'époque précoloniale et se poursuivant
à l'époque coloniale, et postcoloniale.
1.3.1. LA PÉRIODE PRÉCOLONIALE
Elle se situe entre le Ve et le XIIIe
siècle. Le Cameroun précolonial est marqué par une
tradition orale très développée. De nombreuses tribus se
caractérisent par leurs richesses culturelles, notamment les contes, les
proverbes, les chansons épiques, les danses, les dessins et les
sculptures. Cette tradition est transmise de génération en
génération. Dans la tradition bamoun par exemple, les courtisans
occupaient une place importante de par leur sagesse dans la traduction et
l'interprétation. En outre, une catégorie de femmes ayant
dépassé l'âge de procréer pouvait après une
initiation, traduire des signes ou évènements survenus dans le
village. Au Nord-Cameroun, les griots étaient des bibliothèques
vivantes chargées de préserver le patrimoine culturel du peuple.
Selon Bandia (2005: 957-971), ces linguistes d'un autre genre «
étaient reconnus pour leur habileté à parler plusieurs
langues et grâce à leur rôle d'interprète, la
poésie d'une culture pouvait être diffusée sur un vaste
territoire, touchant plusieurs langues et cultures. » Les griots
étaient parfois aussi sollicités pour faciliter la
compréhension du langage utilisé par les membres d'une
société secrète, pour styliser les discours lors des
sermons religieux et des mariages. La période précoloniale est
celle où les traducteurs naturels avaient pignon sur rue. Nous
entendons par traducteur naturel une personne n'ayant jamais
reçu au préalable une formation en traduction et qui, en aucun
cas, n'a
11
étudié formellement les langues sur lesquelles
elle travaille, mais qui possède une compétence remarquable dans
la transmission des messages d'une langue à l'autre. Ce genre de
personne jouait le rôle de médiateur dans le domaine religieux et
administratif, et même lors des conflits entre deux peuples.
La tradition africaine ayant été essentiellement
orale, une forme de traduction assez répandue dans le Sud Cameroun
était l'utilisation des tambours, tam-tams et xylophones encore
appelé balafons. Il va sans dire que les instruments utilisés
pour les animations musicales lors des évènements festifs ou
funestes étaient autant utilisés pour transmettre un message
à défaut de la parole. Les peuples Béti du sud-Cameroun,
par exemple, faisaient usage de ce système de communication pour
transmettre des messages à distance, annoncer un grand
évènement, convoquer une assemblée ou dialoguer avec un
village voisin. Chacun était capable de décoder le message ainsi
transmis.
Par ailleurs, nous ne pouvons pas parler de l'époque
précoloniale dans l'histoire de la traduction au Cameroun sans
évoquer l'art et les peintures rupestres qui sont aussi une forme de la
traduction qui consistait à représenter un texte oral sous forme
graphique. Les archéologues ont découvert dans le nord du
Cameroun les vestiges de la civilisation Sao qui s'est éteinte vers le
XVe siècle et dont la culture, les artéfacts
étaient une sorte de traduction de la culture orale. Dans ses
ouvrages Histoire du Cameroun, l'Art et l'Artisanat africain,
Engelbert Mveng a décodé la plupart de ces textes graphiques de
l'époque précoloniale contribuant ainsi à l'histoire, en
général, mais aussi à l'histoire de l'évolution de
la traduction de l'époque précoloniale en particulier.
1.3.2. LA PÉRIODE COLONIALE
Elle débute vers le XVe siècle et
s'achève avec les mouvements de décolonisation vers les
années 1960. L'époque coloniale fut particulièrement
marquée par l'avènement de l'évangile au Cameroun. Les
traducteurs naturels qui jadis jouaient un rôle prestigieux et
privilégié dans la société étaient alors
relégués au rang de guides et de médiateurs de leurs
patrons européens. La traduction et l'interprétation n'ont jamais
été tant sollicitées pendant cette période. Victor
Julius Ngoh (1988) précise que les missionnaires baptistes sont
arrivés au Cameroun en 1843. Joseph Merrick, Alexander Fuller, Alfred
Saker, John Clarke ont marqué de manière significative l'histoire
de la traduction pendant la période coloniale. Le Jamaïcain Joseph
Merrick est considéré comme l'un des pionniers de la traduction
et de l'interprétation au Cameroun. Il a, entre autres, traduit le
Nouveau Testament en Isubu et la Bible en langue
duala et contribua à l'élaboration d'un glossaire terminologique
duala-anglais.
12
Alfred Saker, pour sa part, est arrivé à
Limbé (Victoria à l'époque) en 1858. Il étudia la
langue Duala et traduisit la Bible en celle-ci, bien que sa version fût
plus tard controversée parce que jugée trop littérale. Sa
version du Nouveau Testament fut publiée en 1862 et
l'Ancien Testament en 1872.
En 1906 les travaux du Dr Adolf Vielhauer, aidé par la
Camerounaise Élisa Ndifon, ont abouti à la traduction et la
publication de la Bible en langue Mungaka de Bali dans le nord-ouest
du Cameroun en 1961. Les premières traductions en langue ewondo sont
l'Suvre d'Herman Nekes, auteur de Vier Jahre in Jaunde, publié
en 1905. Ses travaux remarquables en traduction en pays Beti ont
abouti à la publication de la catéchèse en ewondo :
Katokismus vikariat-apostolis ya Kamerun ayegle bekristen ye ewondo en
1910. Dans la région côtière, Isaac Moune Etia,
écrivain et interprète auprès de l'administration
coloniale, traduisit en langue Duala, en 1848, l'évangile selon
Matthieu, sous le titre Kalats Mateo, puis le Nouveau Testament
en 1862, soit 27 livres différents, et enfin l'Ancien Testament
Betiledi Kalati ya Loba Mbu a Koan, soit 39 livres en 1872. De
manière générale, les langues dans lesquelles les
missionnaires ont travaillé sont souvent considérées comme
des « langues à diffusion limitée» par la
Fédération internationale des traducteurs. Il faut cependant
noter que Vielhauer défendait la théorie selon laquelle un texte
doit subir des modifications liées au contexte de la langue
d'arrivée pour être bien compris. Pour lui, la traduction devient
une interprétation dans ce cas. Pour d'être complètement
compris dans les langues d'arrivée, le nom des animaux et des plantes
mentionnées dans la Bible et méconnues dans la culture
camerounaise ont été substitués par des
éléments plus proches de notre réalité.
Bernard Ombga (1985 :14-15) affirme que les missionnaires
catholiques allemands ont aussi apporté une énorme contribution
dans le domaine de la traduction malgré leur bref séjour au
Cameroun. Monseigneur Vogt, l'un des plus célèbres, avait appris
l'ewondo et avait lui-même formé rigoureusement les
catéchistes à la traduction et à l'interprétation.
Il faut aussi préciser que les missionnaires allemands furent les
pionniers dans la formation des traducteurs et interprètes.
En 1888, trois jeunes gens de Douala, qui avaient pour nom
Akwa Mpondo, Timba et Mbangué étaient envoyés en Allemagne
par un commerçant allemand établi à Douala pour y
apprendre le métier de boulanger. C'était le tout premier groupe
d'étudiants
camerounais envoyés en Allemagne... André
Mbangué c'était désormais son nom, était le premier
chrétien catholique du Cameroun.
[...] Dès que nous entendions parler de leur
arrivée, raconte le père Walter, nous les invitâmes
à venir à Marienberg et à Edéa. Ils nous rendirent
grands services pour la traduction en langue duala du catéchisme et de
l'Évangile, ainsi Andréas se rangea-t-
13
il aussitôt aux côtés des missionnaires
et des premiers apôtres camerounais dont il devint le chef de file pour
travailler avec eux à l'évangélisation de ses
frères.
Avec la création du petit séminaire à
Einsieldeln (Sasse) en 1890 par les pères Pallotins conduits par
monseigneur Vietter, les missionnaires allemands ont marqué vraiment
l'évolution de l'interprétation. À leur départ vers
1915, près de 223 catéchistes étaient formés parmi
lesquels: Joseph Ayissi, Pierre Mebe et Pius Ottou. Ceux-ci ont oeuvré
dans la traduction de nombreux livres religieux dont le Missel, un
livre de prières catholiques, de l'allemand en ewondo.
Le Sultan Njoya du royaume bamoun quant à lui a
posé une marque indélébile dans l'histoire de la
littérature et de la traduction au Cameroun. Son oeuvre s'est
étendue de l'invention de l'écriture Shümom, à
l'invention d'une imprimerie. Inventions qui lui ont permis de coucher par
écrit, de traduire et transcrire des textes concernant les rites, les
coutumes, les traditions et même la pharmacopée traditionnelle
bamoun.
Patrice Kayo (1978 :30) écrit:
La littérature camerounaise est née en
langue bamoun, et c'est le sultan Njoya qui en est le pionnier. Pour
rédiger ses oeuvres, il a inventé sa propre écriture. On
peut situer la naissance de cette littérature en 1895, date de
l'invention de l'écriture bamoun... Aidé de plusieurs notables de
son royaume, il créa les premiers signes. Chaque signe
représentait un mot entier. Il aboutit ainsi à plus d'un millier
de signes différents... il se remit à l'oeuvre et après
une vingtaine d'années, des 1300 signes du début,
l'écriture bamoun n'en comptait plus qu'une trentaine...
En bref, Njoya est pour la traduction au Cameroun ce que sont
Cordiero da Matha et
Okot p'Bitek pour la traduction respectivement en Angola et en
Ouganda.
La période coloniale fut également
marquée par le métissage des langues européennes avec les
langues locales, produisant ainsi des versions créolisées ou
hybrides des langues européennes. Le Pidgin English, avec toutes les
caractéristiques d'une langue à part entière, en est un
exemple concret. Les missionnaires catholiques traduisirent ainsi des
prières en Pidgin et plusieurs auteurs créatifs ont
utilisé des mots Pidginisés dans leurs oeuvres pour atteindre un
plus large lectorat.
1.3.3. LA PÉRIODE POST COLONIALE
Au cours de la période située entre 1950 et
1960, l'Afrique connut une nouvelle étape dans l'histoire de la
traduction. On pratiquait à cette époque trois types principaux
de traduction : la traduction religieuse, la traduction littéraire et la
traduction administrative (pour
14
la fonction publique). Les missionnaires européens
continuaient d'apprendre les langues locales afin de poursuivre leur travail
d'évangélisation, surtout pour pouvoir traduire la Bible
et d'autres textes religieux. Jusqu'à présent, la Bible
a été traduite en plus de 20 langues camerounaises. Les
mouvements évangéliques, surtout américains, et des
groupes bien organisés et subventionnés tels que The American
Bible Society dont la mission est de traduire les évangiles en
langues africaines ou en langues hybrides de grande diffusion, ont
continué de sillonner le continent. Le célèbre
linguiste-traductologue Eugene Nida est une figure de proue de cette
organisation, et a, lui-même, participé à ces
activités de traduction en Afrique (Nama 1993 : 420).
Parmi les organisations philanthropiques qui ont joué
un rôle prépondérant dans l'histoire de la traduction et de
l'interprétation au Cameroun, il y a la Summer Institute of
Linguistics (SIL), fonctionnelle depuis 1969. Avec un équipement
sophistiqué et un arsenal de traducteurs, linguistes et
bénévoles, cette organisation a réussi à publier
plus de traductions de la Bible ou de ses sections que n'importe
quelle autre organisation dans toute l'histoire de la traduction au Cameroun.
Par ailleurs, l'Alliance biblique a beaucoup oeuvré dans le domaine de
la traduction et de la publication des livres religieux en langues
camerounaises.
C'est le deuxième concile du Vatican, en 1965, qui va
marquer une étape importante dans le développement de la
traduction et de l'interprétation dans l'église post-coloniale.
L'avènement de l'inculturation va rapprocher l'église des
cultures et langues africaines. Cette inculturation ou africanisation de
l'église passait inévitablement par la traduction et
l'interprétation. La messe, qui était dite en latin, pouvait
désormais être faite en langues locales, de même que les
cantiques auparavant tous exécutés en latin. La traduction en
langues locales va vraiment connaître son essor dans la seconde
moitié du XXe siècle à la fin des 1960.
L'abbé Théodore Tsala, l'une des figures importantes de
l'époque, traduisit certains poèmes épiques du Mvet de
l'ewondo au français, ainsi que certains livres de la Bible en
ewondo. Ce projet de traduction de la Bible en ewondo a connu la
participation des noms comme le père Nicholas Ossama, les Abbés
Anaya Noah, Kuma et Léon Messi. Par ailleurs, la traduction de la
Bible en langue bulu a été conduite par l'abbé Ze du
séminaire de Nkolbisson (à Yaoundé). Pechandon Rodolphe
traduit la Bible en langue bamoun en 1969 (Nama,1993). Il faut
cependant noter que la plupart des oeuvres à succès ont
été traduites par des traducteurs étrangers. À
l'exemple des oeuvres de Ferdinand Oyono par John Reed, de Francis Bebey par
Joyce Hutchinson, et de Mongo Beti par Gerald Moore.
Pendant la période coloniale, les premiers
écrivains qui s'étaient démarqués par leurs
aptitudes à manier plus d'une langue étaient recrutés
comme écrivains-interprètes. Ils servaient à la
fois comme écrivains, administrateurs, traducteurs et
interprètes. Charles
15
Atangana Tsama, en l'occurrence, est célèbre
pour le rôle prépondérant qu'il a joué dans la
traduction et l'interprétation en terre ewondo. Il a joué le
rôle de médiateur linguistique entre les porteurs et les
Allemands, puis il sera recruté en 1900 comme secrétaire
infirmier et interprète béti à Victoria (Kribi). À
partir de 1902, il sera envoyé à Yaoundé comme
interprète. Il va servir, tour à tour, Von Puttkamer, Zenker et
Dominik. C'est ce dernier qui va lui permettre d'enseigner la langue ewondo
à la chaire de linguistique africaine de l'Université de
Hambourg. Il était devenu un personnage incontournable en terre
béti ; d'où sa nomination comme chef supérieur des ewondo
et Bene. Il faut aussi noter les rôles joués par Ngosso, fille
d'Onambelé Ela, comme interprète à la station de Yaunde,
et Embolo, fille du chef Tsungimbala, qui a contribué à la
rédaction du livre de Georg Zenker Das Jaunde Land par sa
traduction des moeurs ewondo et des messages du tam-tam. Emmanuel N. Chia,
Joseph Che Suh (2009). Plusieurs années plus tard, à l'aube des
indépendances, la classe des « écrivains
interprètes» a presque disparu. L'une des figures marquantes des
écrivains traducteurs de la période post-indépendance est
le regretté Bernard Fonlon dont la traduction de l'hymne national du
Cameroun du français vers l'anglais en 1961, bien que
controversée par certains traducteurs et pseudotraducteurs, a
entrainé la révision de la version française.
Le Cameroun est un bon exemple dans la manière dont la
formation des traducteurs a évolué depuis les
indépendances. Ayant adopté l'anglais et le français comme
langues officielles dès l'unification de ses parties orientale et
occidentale en 1972, il est le seul pays africain avec deux langues
européennes comme langues officielles. Souvent comparé au Canada
où le français et l'anglais sont aussi langues officielles, il
est donc souvent cité comme le centre de la traduction entre langues
européennes en Afrique.
Pendant des années, les traducteurs camerounais ont
été formés à l'étranger, en Europe et en
Amérique du Nord. Ce n'est qu'en 1985 que la toute première
école supérieure de formation des traducteurs et
interprètes (ASTI) fut créée à Buea. Il y a
quelques années, les programmes de formation en matière de
traduction se sont multipliés au Cameroun. L'un des plus importants est
celui de l'Université de Yaoundé I, qui propose un Master
professionnel en traduction. Les produits de ces écoles qui travaillent
pour la plupart pour l'État dans les cellules de traduction à la
Présidence de la République, l'Assemblée nationale et dans
les ministères et les sociétés publiques font
généralement un travail de routine. En d'autres mots, leur esprit
de créativité est endormi par la même terminologie
officielle, les mêmes textes et l'obligation de rester sur les
sentiers battus. Mais la nouvelle génération des traducteurs,
ceux qui se lancent en freelance, dont la grande majorité est jeune,
fait toute la différence.
16
Contrairement à la génération
précédente qui est restée assez traditionnelle avec du
papier, un stylo et un dictionnaire, la nouvelle génération est
à la pointe de la technologie, car l'exigence est maintenant à
une connaissance plus poussée de l'outil informatique et des logiciels
d'aide à la traduction, des réseaux et agences de traduction, et
bien entendu une maitrise parfaite de l'internet. Il n'est donc pas surprenant
de constater que plusieurs traducteurs camerounais et africains
préfèrent travailler pour les organisations internationales et
non gouvernementales. En effet, avec la mondialisation du marché,
l'internet et les nouvelles technologies, l'industrie langagière s'est
développée bien au-delà du travail habituel du traducteur
et englobe toutes sortes d'activités liées aux services de
communication. On y trouve actuellement des informaticiens, des localisateurs
et des terminologues et spécialistes en intelligence artificielle. C'est
tout à fait ordinaire de nos jours de voir un jeune traducteur gagner
des contrats de traduction en ligne offerts par des compagnies ou des agences
en dehors de l'Afrique.
Le statut du traducteur/interprète a été
complètement transformé depuis l'ère des griots. Alors que
les griots de l'époque précoloniale étaient à la
fois vénérés et craints, le traducteur d'aujourd'hui est
perçu plutôt comme un simple fonctionnaire désabusé
qui travaille sans reconnaissance pour son labeur. Il arrive assez
fréquemment que l'on confonde traducteurs et bilingues. Il en est de
même pour les pseudo interprètes dans les églises dites de
réveil. Il suffit de pouvoir s'exprimer en deux ou trois langues,
généralement le français, l'anglais ou le pidgin pour
s'aventurer dans l'interprétation.
Il faut cependant remarquer que malgré le riche
passé du Cameroun en matière de traduction, la mise sur pied des
banques terminologiques accuse toujours un retard considérable. Seules
la SIL et l'Alliance biblique constituent, au fur et à mesure, leurs
banques terminologiques dans les domaines où elles exercent.
1.4. LA TRADUCTION DANS LE ROYAUME BAMOUN 1.4.1. SITUATION
GÉOGRAPHIQUE DU ROYAUME BAMOUN
Le pays bamoun, actuellement Département du Noun, est
situé dans la région de l'Ouest au Cameroun et couvre environ
7700 km2. S'allongeant entre le 5e et le 7e degré
de latitude nord, puis s'étendant entre le 10e et le
12e degré de méridien est, il est limité au
nord par les Départements du Mbam, du Djerem, du Donga Mantung, du Bui,
et de la Mezam. À l'est et au sud, il est limité par le
Département du Mbam et à l'ouest et au sud-ouest par les
Départements des Bamboutos, de la Mifi et du Ndé. Le Noun est
dominé par trois massifs montagneux d'origine volcanique dont l'altitude
varie entre 2300 et 2500 mètres. Ce sont les massifs du Mbèt
Nso, de Nkùegham et le Mbètpit. Au centre
du pays bamoun se trouve la
17
capitale Foumban (mfèm Mbèn ou chute
des Mbèn) qui compte plus de 300 000 âmes. La ville
présente un aspect mi-urbain mi-rural entouré par des
tranchées de fortification datant de l'époque des guerres
d'invasions et de conquêtes. Le pays bamoun se trouve à mi-chemin
entre la savane et la forêt à cause de sa situation
géographique en Afrique. On y retrouve une population
métissée issue d'un mélange entre Bantous et Soudanais.
L'élément soudanais est dominant dans la langue tandis que les
caractéristiques physiques et l'organisation politique sont de types
soudanais. C'est pourquoi certains ethnologues les qualifient de
bantoïdes.
1.4.2. QUI SONT LES BAMOUNS ?
Plusieurs auteurs se sont interrogés sur l'origine des
bamoun sans trouver des réponses très satisfaisantes. Les bamoun
viendraient d'Égypte et le culte animiste bamoun dériverait d'un
culte analogue égyptien. Mais d'après Millous cité par
Tardits (1980:07), les bamoun descendraient plutôt des Soudanais.
D'après une autre version recueillie par Eldridge Mohammadou, il semble
que le royaume bamoun ait été fondé bien longtemps avant
Nshare. Toujours selon cette source, la dynastie régnante aurait une
origine égyptienne et même syrienne. Une famille
éprouvée s'enfuit de l'Égypte. Puis pour exercer le
commerce, sa descendance ira s'installer au Bornou et plus tard chez les Mboum
de Nganha et de Mbang au centre de l'actuel Cameroun. Chaque étape de la
migration s'accompagnera de mariages avec des autochtones. Des enfants issus de
ces unions émigrèrent dans la vallée du Mbam, à
Mbankim où ils soumirent les populations trouvées sur place.
C'est de la dynastie fondée par ces fugitifs que les Mboum
nommèrent Tikar, ce qui veut dire les « errants »,
sortirent plus tard les fondateurs des royaumes bamoun et Banso. Prince Dika
Akwa (1985 :249) réaffirme cette origine égyptienne des bamoun.
Pour lui, les bamoun et les Banso (d'origine Ngala), se sont
mélangés aux Mboum et Tikar d'origine Kissara.
En bref, l'histoire du peuple bamoun commence vers le
XIVe siècle. Le royaume bamoun fut fondé par un Tikar
du nom de Nshare Yèn au XIVe siècle. Nshare serait
parti de Rifum, pays des Tikar. À cause d'une dispute qu'il eut avec ses
frères, il décida de s'exiler en prenant la direction de Foumban.
Ils seraient venus de Rifum un ancien village du pays Tikar situé
près de Mbankim, sur la route Foumban-Banyo. Par une ruse, il se serait
séparé de Mfo Mbam et Nguo Nso à proximité d'une
rivière. Mfo Mbam et Nguo Nso qui fondèrent respectivement les
peuples Bafia et Banso.
Dans tout le Département du Noun, les bamouns parlent
tous le shüpamom (shü-pa-mom) ou la langue/le parler des gens/du
peuple de Mom. Malgré cette unité linguistique, on retrouve une
diversité à l'intérieur de cette population. C'est
à cause de cette unité linguistique qu'on assimile
généralement à tort l'histoire de la population à
celle de ses rois. La famille
18
royale a son histoire, la population la sienne. Il faut bien
le préciser, les rois bamouns s'installèrent dans ce qui est
aujourd'hui le Département du Noun après de rudes batailles avec
les populations locales. Les populations n'ont pas toujours été
homogènes. Les autochtones furent soumis par Nshare Yen. Beaucoup
d'autres le seront par ses successeurs. Le shüpamom fut alors
imposé comme langue coloniale au détriment de leurs langues. Les
populations vaincues ne gardèrent de leurs traditions que les danses,
les chants des sociétés secrètes et les différentes
formes de manifestations artistiques (sculpture, vannerie, teinture,
métallurgie, poterie, entre autres.)
De tout ce qui est dit sur l'origine des rois bamoun, on peut
retenir qu'ils viennent du pays des Tikar et que ce pays aurait
été habité par des gens qui émigrèrent. Il
faut aussi noter le fait que cette population a de lointaines origines
égyptiennes et que plusieurs traits de sa culture confortent des
chercheurs sur cette thèse: le culte des morts, l'écriture
hiéroglyphique Shümom et la langue shüpamom qui ont beaucoup
de traits de ressemblance avec l'égyptien ancien, de même que le
symbole royal du serpent bicéphale qui apparait dans les cultes
égyptiens.
1.4.3. L'IMPACT CULTUREL ET RELIGIEUX DE LA TRADUCTION DANS
LE
ROYAUME BAMOUN
Avant l'arrivée des Européens, les bamoun
pratiquaient déjà la traduction ou plus précisément
l'interprétation. Le royaume bamoun actuel était, à
l'origine, constitué de plusieurs chefferies qui parlaient des langues
différentes. Par conséquent, il était important
d'apprendre la langue du voisin ou d'avoir un interprète pour entretenir
des échanges. Il est fort possible que Nchare Yèn, le fondateur
du royaume bamoun, ait eu besoin d'interprètes pour communiquer avec les
chefs autochtones au cours de sa grande conquête. Après leurs
soumissions, le shüpamom, parlé de nos jours, fut imposé
à tout le royaume. Dans cette logique, l'histoire de la traduction, en
ce qui concerne ce peuple, date de l'époque de leurs contacts et
multiples échanges avec leurs voisins. D'autre part, c'est avec
l'accession de Njoya au trône et à l'arrivée des
Européens que le pays bamoun va marquer l'histoire dans plusieurs
domaines, y compris la traduction.
Né vers 1875, le roi Njoya est le XVIIe de
la dynastie de Nchare Yèn. Il règne de 1895 à 1933. Il est
resté célèbre pour ses idées
révolutionnaires qui poussèrent les Français à
l'exiler d'abord à Dschang et par la suite à Yaoundé en
1930 où il mourut le 30 mai 1933.
La première révolution dans la destinée
des peuples bamoun fut l'ouverture aux autres civilisations camerounaises et
européennes. Grand admirateur des Allemands, Njoya placera son royaume
sous leur protection. Par ailleurs, il inventera une écriture pour le
peuple bamoun
19
du nom d'A-KA-U-KU. L'invention de l'écriture alla de
pair avec la création d'une nouvelle langue. Jusqu'alors, les
conquérants bamoun avaient utilisé les langues de leurs vassaux,
le Shü Pashom tout d'abord, et ensuite le shü pa
Mbèn. Il créa le shü Mom, langue destinée
à être utilisée par tout son peuple. Celle-ci fut
employée en particulier par la cour et les notables, mais ne put se
diffuser complètement en raison de l'occupation allemande, puis
française. Le sultan Njoya rédigea et traduisit plusieurs
ouvrages en langue shü Mom entre 1896 et 1930. Le plus connu concerne
l'histoire de son peuple. Il s'intitule Histoire et coutumes des
bamoun, ouvrage dont une première traduction fut
réalisée en juin 1949 par le pasteur Henri Martin. Elle
était utilisée pour la correspondance et même des portions
de La Bible avaient été traduites dans ces
caractères. Le pasteur réalisera aussi la traduction des textes
historiques réunis par le roi Njoya et qui seront publiés en 1950
grâce à l'ethnologue Idellete Allier-Dugast.
Mosé Yéyap, prince de la famille royale, est
né vers 1895. Il est celui que beaucoup considèrent comme le
tombeur du roi Njoya. Il sera envoyé en 1906 à la mission
protestante pour être éduqué à l'européenne,
puis à Buéa, où il sera aussi formé par les
Allemands. Très brillant, il sera recruté à la fin de ses
études comme maître à la mission protestante et aidera les
missionnaires à traduire les textes bibliques en shüpamom.
Après le départ des Allemands, le roi Njoya fait appel à
lui. Leur collaboration dure jusqu'en 1917, c'est-à-dire à
l'arrivée de M. Allégret. Mosé Yéyap quitte
définitivement le palais et un conflit ouvert éclate entre le roi
et lui. Après un séjour à Douala où il va apprendre
le français, il entre dans l'administration comme interprète et
devient l'intermédiaire officiel entre cette dernière et le roi.
Marqué par l'éducation qu'il reçut à la mission
protestante, il informa ses chefs européens des pratiques
illégales qui avaient cours en pays bamoun, à savoir l'esclavage,
les travaux forcés, les impôts royaux, et les éliminations
physiques.
Njoya fut progressivement évincé du pouvoir.
Très subtilement, Mosé Yéyap aida à mettre fin au
règne de Njoya. Et même s'il nourrissait le rêve de devenir,
lui aussi, un monarque, il faut reconnaître que par son action
l'esclavage fut aboli, les tributs royaux , les travaux forcés, ainsi
que les tributs en femmes au roi et aux Nji furent supprimés.
Mosé Yéyap a, entre autres, réalisé la traduction
manuscrite quoiqu'incomplète de certains textes historiques bamoun. Il
meurt à Baïgom le 3 mai 1941.
Par ailleurs, la Mission de Bâle, société
missionnaire suisse travaillant pour le compte de l'Allemagne, s'installe
à Foumban le 10 avril 1906, sous la direction du pasteur Martin
Göhring. De ce fait, beaucoup d'enfants reçoivent une formation
chrétienne et plusieurs rejoindront le ministère de
l'évangélisation. La traduction de la Bible en langue bamoun a
été l'initiative de l'église bamoun, elle-même.
Le Nouveau Testament fut traduit par Josué
20
Muishe et l'Ancien Testament en grande partie, par le
pasteur Rudolphe Peshandon, assisté par Mosé Lamere, Pierre Wah,
Pierre Njuenwet et bien d'autres. C'est en 1968 que les exemplaires
imprimés du Nouveau Testament arrivent à Foumban.
Environ mille exemplaires furent vendus à cent francs l'unité, le
dimanche de dédicace. La Bible sera totalement traduite en bamoun en
1989.
Dans la même lancée, la première
édition de Yùopnké pùen kristo me
shüpamom, le cantique de chants chrétiens utilisé par
les protestants bamoun, a été traduit dans les années
1940. Les artisans de cette traduction sont les premiers catéchistes et
pasteurs à l'instar de Josué Muishe, Philippe Jean Pepuere,
Njimonya, Moïse Munbéket. Il faut aussi évoquer le soutien
des missionnaires Dortsh, Ernst, Lembasher, Ghoring, Allégret, Vernert
et Wurhman dans cette tâche. Le cantique 343 de Yùopnké
pùen kristo leur rend d'ailleurs hommage pour le travail
réalisé. La cinquième édition qui en est la plus
récente date de 2005. Elle est constituée de 409 chants. La
plupart sont des traductions de cantiques français (Sur les ailes de
la foi) anglais ( Sacred songs and solos) et de quelques autres
recueils chrétiens. Il y existe aussi des compositions originales en
bamoun, desormais adoptées par Nda'mbasié, la ligue de toutes les
chorales bamoun. Mais aussi de pures adaptations, à l'exemple du
cantique 105 (pe pua' mée ma Betfagé), adapté
à partir de la mélodie d'une chansonnette populaire
française le bon roi Dagobert qui met sa culotte à
l'envers.
En 2010, le Collège des Oulémas du Noun (CON)
présidé par Cheik Nsangou Mama Awoulou et le Conseil
Supérieur Islamique du Noun (Cosin) ont mis sur pied le Cercle islamique
de traduction du noble Coran en langue bamoun (CITNCLB). Les présidents
de commissions et les membres tels que El Hadj Ibrahim Fochivé, El Hadj
Nji Njitari Njoya , Cheik Nji Mbombo Mfekam, Israël Yoh Momah et plusieurs
autres se sont concertés pour ce travail titanesque. Durant trois ans,
les commissions de traduction, de révision, d'adoption et les
séminaires de validation ont travaillé d'arrache-pied avec toutes
les tendances islamiques dans le Noun - Koulkounou, sunnites et Tidjanites ,
mais aussi avec des chrétiens pour produire un Coran en langue bamoun.
C'est un document de 675 pages, fruit d'un travail acharné, qui a
été présenté le 6 juillet 2013 pendant une
cérémonie solennelle présidée par le sultan des
bamoun Ibrahim Mboumbouo Njoya, par ailleurs président du Conseil
Supérieur Islamique du Noun (Cosin).
Dans le domaine de la littérature, plusieurs
écrivains bamoun ont contribué à la vulgarisation de leur
culture à travers leurs oeuvres. Il s'agit d'Emmanuel Matateyou dans
Les Sociétés secrètes dans la littérature
camerounais: le cas des bamoun(1990), Les Merveilleux récits de Tita
Ki(2001), Parlons bamoun (2001), Palabres au Cameroun (oeuvre
bilingue français-shüpamom), Momafon Rabiatou Njoya dans
La Porteuse d'eau, A young girl's
21
diary, La Dernière aimée, Joseph
Ngoupou avec ses recueils de poèmes, A l'Aurore de la vie (1993), Du
Micro au Macro(1999), Les Larmes du Paradis(2009), Serge Ngounga dans
Au fil du voyage ( 2008).
En somme, dans ce chapitre, il était question de
dresser un aperçu historique de l'évolution de la traduction dans
le contexte camerounais en général et dans le pays bamoun, en
particulier. Nous avons présenté la situation de la traduction
dans la période précoloniale, la période coloniale et la
période postcoloniale au Cameroun. Nous avons aussi parlé de la
traduction dans le royaume bamoun. Notre approche était chronologique.
Nous pouvons dire que la traduction a évolué à travers le
temps. Il est cependant difficile de déterminer de façon
précise à quel moment cette science est apparue dans le monde.
Dans le cas du Cameroun, l'histoire de la traduction est assez longue et
complexe. Elle s'étale sur différentes périodes
clés de l'histoire du pays. Avant la colonisation, la traduction
existait déjà dans la pure culture africaine. Bien que l'histoire
de la traduction en pays bamoun soit un peu floue, son patrimoine culturel
reste l'un des plus importants en Afrique et au Cameroun. Il est bien
évident que l'on ne peut pas présenter de façon
détaillée en quelques pages seulement, cette richesse historique
qui s'étend sur des siècles. Toutefois, il s'agit d'une histoire
marquée par des influences internes et externes. Une connaissance de
l'évolution historique et culturelle de la traduction permet au
traducteur de se situer dans son époque. Il s'agira maintenant pour nous
de définir quelques concepts concernant le chant religieux et la musique
da
bamoun, puis de faire le point sur les travaux menés
avant nous.

CHAPITRE 2 :
CONCEPTION THÉORIQUE DE LA TRADUCTION MUSICALE
ET REVUE DE LA LITTÉRATURE
23
La musique est un art essentiel de par son impact à
tous les niveaux de la vie sociale, culturelle et cultuelle. Dans le contexte
religieux, elle est incontournable. Selon les confessions religieuses, les
chants diffèrent par l'appellation, le contenu et la manière
d'exécution. L'intérêt porté à la traduction
des chants en général, et à la traduction des cantiques,
en particulier, est relativement récent. C'est pourquoi il faudrait au
préalable comprendre des concepts de base autour de la musique.
Il sera question, dans ce chapitre, de définir le type
de chant religieux qui fait l'objet de notre étude, et de
présenter les caractéristiques principales de la musique, en
général, ainsi que l'influence culturelle qu'elle subit chez les
chrétiens bamoun. De plus, c'est le lieu pour nous de présenter
l'économie des travaux déjà menés en matière
de traduction des chants.
24
2.1. QU'EST-CE QU'UN CANTIQUE?
Du latin canticum, un cantique est un chant d'action
de grâces consacré à la gloire de Dieu. Les cantiques sont
des chants spirituels poétiques qui ont pour objectif l'adoration d'une
divinité. Selon Dinda L. Gorlée (2005:21-25), « A hymn is
historically a term of unknown origin but first used in ancient Greece and Rome
to designate a poem in honour of a god. » De plus, les cantiques religieux
sont également considérés comme une prière mise en
musique : « Religious hymns are verbomusical prayers, interwoven in the
texture of the life of the people and the congregation. (..) Prayer is
textualized in divine songs set to musical melody.»
Le Nouveau Testament utilise trois termes pour
décrire le chant. Cependant, aucune distinction n'est faite entre ces
termes. Il s'agit de psaumes, d'hymnes et de cantiques spirituels: «
Entretenez-vous par des psaumes, par des hymnes, et par des cantiques
spirituels, chantant et célébrant de tout votre coeur les
louanges du Seigneur.» (Éphésiens 5.19). Les cantiques font
partie de la communauté et de la vie des croyants. Les cantiques sont
composés par des genres musicaux associés d'une manière ou
d'une autre aux pratiques religieuses d'un groupe social donné. Le
groupe-cible est donc précis et assez restreint, contrairement à
beaucoup d'autres styles de musique. Certains styles de musique dite mondaine
ont un groupe cible assez large, contrairement aux chants religieux qu'on
n'ecoute que dans les lieux de cultes ou lors des évènements
spécifiques. Gorlée (2005) remarque aussi que le chant d'un
cantique chrétien se fait donc de façon individuelle ou dans un
groupe ou une communauté. « Hymn singing is a individual and group
experience of uplifting spiritualized ideas, with the purpose of reaching up,
to the spirit of God. (&)The songs are simple and have a lyrical-emotional
expression possessing a moralistic nature and hortatory songs.»
L'objectif premier de l'exécution des cantiques n'est
pas de distraire, ou de faire du spectacle. Même s'il existe des groupes
chrétiens qui donnent des concerts, le but n'est presque jamais de faire
simplement du spectacle. Le but principal est l'adoration, la louange, la
prière et la confession. Le chant est donc, pour le chrétien, un
moyen de parler à Dieu, de rencontrer Dieu. C'est pourquoi les textes
sont sacrés.
Selon Pawson (2003 :323-415), certaines personnes
retiendraient mieux les paroles des chants que des textes bibliques, raison
pour laquelle la grande majorité des textes contenus dans les cantiques
sont tirés de la Bible.
Poetry is more easily remembered than prose, especially
when set to music. It touches the intuitive and artistic part of the brain,
that can be left unmoved by the ordered arguments of prose. (..) For this
reason we generally learn our theology from hymns
25
and choruses, which is why it's important to make sure
that the songs used in worship have Bible-based content.
Par ailleurs, les chants sont une façon de parler
à Dieu, mais ils ont également une portée didactique. En
d'autres mots, le croyant ne parle pas seulement à Dieu, mais Dieu
s'adresse aussi à lui. Les cantiques chrétiens sont accessibles
à tout le monde. Comme nous l'avons vu, ils sont surtout chantés
par les croyants dans leurs communautés et dans leur vie. Dans le
présent mémoire, nous voulons rechercher les
particularités de la traduction des cantiques bamoun. Notre attention
sera portée sur les chants du recueil Yùopnké
Pùen kristo me shüpamom, chantés dans les
églises protestantes évangéliques bamoun du Cameroun. Mais
une connaissance de l'origine des cantiques s'impose avant de
s'imprégner de la pratique du chant des cantiques dans l'Église
évangélique du Cameroun.
2.2. GENÈSE ET ORIGINE DES CANTIQUES
Dans le contexte chrétien, un grand nombre de cantiques
puisent leurs origines dans La Bible. Au cours des siècles,
beaucoup de chants spirituels ou hymnes sont composés et
développés en s'inspirant de La Bible. Il y a 150
psaumes dans l'Ancien Testament. Les psaumes étaient des chants
spirituels pour les israélites: « The Book of Psalms is the
hymnbook and prayer-book of Israel in the Old Testament.» Pawson
(2003:341). Aujourd'hui, c'est encore le recueil de chants chez les juifs. La
plupart des psaumes ont été écrits par David. Les psaumes
d'après Gorlée (2005) sont en fait des poèmes
hébreux qui sont mis en musique et qui sont chantés
jusqu'aujourd'hui. La mélodie et les textes subissent parfois une
adaptation.
The original psalms were 'borrowed' from the translation
of the biblical Psalms, as
opposed to the newly written hymns, old and modern.
(&) As was the case with psalms, the text was subsequently translated and
retranslated, first through the Authorized King James Version (. ) and later
through modern (or better, modernized) versified Bible translations set to
singable melodies. »
L'apôtre Paul ne le dit-il pas dans le Nouveau
Testament à l'église chrétienne
nouvellement formée? Paul encourage l'Église
primitive à chanter des chants spirituels pour rendre grâce
à Dieu. D'où l'origine lointaine des cantiques. « Soyez, au
contraire, remplis de l'Esprit; entretenez-vous par des psaumes, par des
hymnes, et par des cantiques spirituels, chantant et célébrant de
tout votre coeur les louanges du Seigneur. » (Éphésiens 5 :
18 -19) Les psaumes dont Paul parle sont probablement des psaumes de
l'Ancien Testament. Les hymnes et les cantiques spirituels ne sont pas
les mêmes que les psaumes. Le mot hymne était utilisé dans
la Grèce ancienne et à Rome pour identifier un poème
servant à adorer un dieu.
26
Après le mot a été utilisé par les
premiers chrétiens. Gorlée (2005), précise: « In the
early Christian period the word was often, though not always, used to refer to
praises sung to God, as distinct from 'psalm'
Pour Pawson (2003), psalm literally means 'twang' or 'pluck',
referring to the stringed instruments that were used to accompany the singing
of psalms. » John Mac Arthur relève la nuance entre hymne et psaume
dans son commentaire d'Éphésiens 5. Il affirme que les hymnes
sont des chants de louange qui se distinguaient des Psaumes par leur principal
objet: Jésus-Christ. Le fait que les Juifs ne chantent que des Psaumes,
parce qu'ils ne voient pas en Jésus Christ le messie en est une
explication rationnelle. Les hymnes sont différents de par leur origine
et leur but, ils sont souvent écrits par des compositeurs. Ils
n'apparaissent pas dans La Bible et sont plutôt orientés
vers Jésus-Christ, tandis que les psaumes sont orientés vers
Dieu.
Par ailleurs, Gorlée (2005) mentionne que beaucoup de
chants sont basés sur ou inspirés par des psaumes ou d'autres
textes bibliques : « Modern hymns are still called creative hymns, that
is, songs abstracted from the conventional psalms and paraphrases of Scriptural
passages, liturgical texts and prayer chants. » Les paroles des psaumes
sont souvent adaptées et mises en musique et sont plus tard traduites et
retraduites d'abord en plusieurs langues européennes et en langues
africaines. Mais des compositions originales en langues africaines sont de plus
en plus fréquentes. C'est le cas dans Yùopnké
Pùen kristo me shüpamom. Le théologien allemand, Martin
Luther (1438-1546) était, en son temps, un des premiers à
composer des chants spirituels. Après avoir traduit La Bible en
allemand, il écrivit 37 chants spirituels en allemand. Nous pouvons
citer comme exemple le chant Ein feste Burg ist unser Gott qui existe
jusqu'à nos jours et qui a souvent été traduit et
retraduit.
L'Église catholique ne chantait que des psaumes en
latin. Ces psaumes étaient basés sur des psaumes de la
Vulgate, la traduction latine de La Bible. Mais Luther
voulait que tout le monde comprenne ce qu'il chante. Ce qui provoqua des remous
dans l'église, car l'innovation n'était pas la bienvenue. Mais la
réformation et la naissance de l'Église protestante ont
changé la donne. Selon Gorlée (2005), les hymnes sont
acceptés dans les églises et sont composés pour tout le
monde:
In the Protestant tradition, particularly, the divine
songs have been created as a congregational art meant for all lays. Hymns in
mother language are the rule, they are understandable for everyone. The songs
are simple and clear in text and tune as well as easily readable in the hymn
books. Singable melodies for average voices, accessible text with reference to
church festivities (&) and other events in the personal life of the
27
average congregation. The performance practice has become
in Protestant churches, a speaking-and-singing meditation.
La modernisation et la réécriture ou la
traduction de certains chants les rapprochent des croyants. Celles-ci
conviennent mieux à la culture et à l'époque.
2.3. LA TRADUCTION MUSICALE
C'est la traduction des textes destinés à
être chantés selon un rythme et une mélodie précise.
Dans cet exercice, il faudrait d'abord comprendre que la musique est un langage
universel. Généralement, lorsqu'on écoute la
mélodie d'un chant dont on connait le texte, on le reconnaît
immédiatement. Pour un chant mis sous partition, l'exercice est plus
facile lorsqu'on maîtrise le solfège. Toutefois, la recherche dans
le domaine de la traduction des chants est assez complexe. Bien que beaucoup de
chercheurs et traducteurs professionnels s'y intéressent de nos jours,
il demeure que ce domaine est relativement nouveau. Il est resté
longtemps en traductologie un domaine très peu exploré. Pour
Susam-Sarajeva (2008), ce phénomène pourrait être
imputé au fait que les musicologues sont étrangers aux concepts
de traductologie ; il en est de même pour les traductologues qui, pour la
plupart, maîtrisent peu les procédés et théories
musicales.
2.3.1. LES CARACTÉRISTIQUES DE LA MUSIQUE
Selon le dictionnaire Hachette encyclopédique, la
musique est l'art de combiner les sons suivant certaines règles. Pour
Jacques Siron (2000), la musique dans son sens général est:
« L'art des sons, leur organisation et leur combinaison
dans le temps. La musique est à la fois universelle, présente
dans toutes les cultures, et multiple, traversant d'innombrables formes, styles
et traditions. » La musique pour nous est la manière de
mélanger ou d'agencer les sons afin que ceux-ci soient agréables
à l'écoute. Jacques Siron explique plus loin que la musique
traditionnelle est une musique extra occidentale populaire ou savante, ou
musique occidentale populaire, généralement transmise de
manière orale. Il ajoute que celle-ci est l'objet d'étude de
l'ethnomusicologie qui intègre la musique traditionnelle dans son
contexte culturel ; cette musique est souvent appelée musique
indigène lorsqu'il s'agit de la musique des peuples indigènes, et
désigne l'ensemble des musiques associées à une culture
nationale, régionale ou à une zone géographique. La
musique peut aussi se percevoir sous trois aspects:
- un ensemble de sons produits par des voix ou des instruments
et organisés de manière à être agréables
à l'oreille.
- l'art d'écrire, de jouer ou d'étudier les sons
musicaux.
- l'ensemble des symboles écrits qui
représentent les notes et les sons musicaux.
28
Johan Franzon (2008) dit qu'un chant doit avoir une ligne
mélodique, créer une harmonie sonore, posséder un sens
musical et le tout suivant un rythme bien rigoureux. « A song can be
defined as a piece of music and lyrics - in which one has been adapted to the
other, or both to one another - designed for a singing performance.»
De ce qui précède, la musique peut donc
être définie comme l'art vocal ou instrumental qui combine les
sons et les notes musicales selon une organisation mélodique
prédéfinie, créant un plaisir et un tout harmonique chez
l'auditeur. La connaissance de l'art musical nécessite l'apprentissage
de ses procédés théoriques et pratiques. Le solfège
est la base de l'apprentissage de la musique et de son fonctionnement. C'est
l'apprentissage des théories et des techniques de lecture,
d'écriture et de pratique de la musique. Pour parler de traduction et
musique, il est nécessaire d'introduire quelques concepts ou termes
importants dans la musique.
2.3.2. LA MÉLODIE ET L'HARMONIE
La mélodie, c'est l'enchaînement de notes qui
porte sur tout le chant. L'harmonie, quant à elle, est l'ensemble des
sons produits simultanément constituant un accord. C'est la science des
accords. Tandis que la mélodie représente l'aspect horizontal
d'un chant (sens de lecture d'une partition), l'harmonie permet de voir un
chant sur le plan vertical. La mélodie, l'harmonie et le rythme sont les
caractéristiques que le traducteur doit respecter pour espérer
produire une traduction ayant un sens musical. Un chant qui ne respecte pas ces
conditions ne possèdera pas de sens musical et par conséquent,
sera désagréable à l'écoute. Pour assurer
l'harmonie d'un chant, il est important de prêter attention à sa
musique, son texte et la façon dont il sera exécuté. On
écrit généralement la musique, puis on déduit un
texte musical qui s'y colle, pour que les deux entités adhèrent
à la perfection. C'est pour cela qu'une musique douce aura difficilement
un chanp lexical violent. De plus, une mélodie est susceptible de
créer chez l'auditeur une émotion positive ou négative.
2.4. RYTHMES ET GENRES MUSICAUX BAMOUN
Dans la culture bamoun, le patrimoine musical est riche et
varié. La musique et le chant sont le registre le plus présent
dans les manifestations et célébrations traditionnelles, modernes
et religieuses. Elle est consolatrice en temps de tristesse et
délictueuse en temps de joie. La majorité des chrétiens
bamoun sont protestants de l'EEC ; il est assez fréquent d'entendre
chanter les cantiques pendant les deuils, mais aussi pendant les
évènements heureux tels que les mariages, baptêmes, et
naissances entre autres. Dans la tradition bamoun, la musique est d'inspiration
populaire, donc anonyme. Il n'y a pas de droit d'auteur, mais de
29
patrimoine collectif légué et
exécuté avec toujours un souci d'exactitude dans le texte, le son
et le rythme. Par ailleurs, musique et rythme riment avec circonstance et
classe sociale ou caste. Quelques un des plus célèbres sont
encore d'actualité.
1. Le Yâya
Considéré comme rythme chrétien par
excellence, il constitue la musique sur laquelle les cantiques sont souvent
adaptés et utilisés à l'église pendant les
célébrations cultuelles. À l'origine, le Yâya
qui veut littéralement dire approche-approche, servait
à sensibiliser et à motiver les populations à embrasser le
christianisme. Les instruments utilisés sont: le xylophone
(généralement posé sur deux troncs de bananier fraichement
coupés), le hochet, le tambour, le sifflet.
2. Le Medu Gbara
C'est le rythme populaire par excellence. C'est le chant de
la jeunesse, car accessible a tous. Il est sobre par sa partie instrumentale
constituée du nyiénynié (sorte de guitare des
poètes bamoun), d'une raclette, d'un tambour, et d'un hochet. Le
Medu Gbara est aussi le rythme le plus dynamique, car il offre le
répertoire le plus varié dans la société bamoun
ancienne. Avant la découverte de l'écriture, ces chants
populaires constituaient les éléments fondamentaux de
l'éducation parce qu'ils étaient les plus riches. On y trouvait
des éléments d'histoire, des informations politiques et toutes
sortes d'information traitant de la vie sociale et quotidienne. Parmi les
grands noms de la musique bamoun, les artistes à l'instar de Larhodia,
Claude Ndam, Alioti Sheida, Jerry Land, assurent la promotion de ce rythme
3. le Kpalùm dont le fief est à
Nfetain est remarquable par son pas de danse assez physique qui met
généralement en scène un homme et une femme. Ce rythme est
très présent dans les évènements populaires
rassemblant la communauté musulmane bamoun.
4. Le Nguri est la musique de la
société des princes et traduit la noblesse de sang.
5. Le Mbansié, quant à lui, est
dansé par les roturiers.
En plus des musiques réservées, il existe une
multitude de musiques populaires, mais toujours liées aux quartiers ou
aux villages. Le Kurun est l'adresse du quartier Nkunga, le Meshé la
fierté de Makùtam. Avant la découverte de
l'écriture, ces chants populaires constituaient les
éléments fondamentaux de l'éducation parce qu'ils
étaient les plus riches. On y trouvait des éléments
d'histoire, des informations politiques et toutes sortes d'information traitant
de la vie sociale et quotidienne. En bref, l'héritage musical bamoun
compte plus d'une centaine de rythmes qui malheureusement se meurent faute de
promotion.
30
2.5. LE CHANT DES CANTIQUES CHEZ LES CHRÉTIENS
BAMOUN DE L'EEC.
L'EEC (Église évangélique du Cameroun)
est le fruit de la Mission de Bâle qui s'installa au Cameroun en 1886.
Cette mission était à la fois luthérienne et calviniste.
Après le départ de celle-ci, la Société de Mission
Évangélique de Paris (SMEP) qui avait une doctrine plutôt
calviniste prendra le relais et donnera naissance à l'EEC d'aujourd'hui.
L'EEC va s'installer pour la première fois dans la partie du Cameroun
appelée autrefois le Grassfield et plus particulièrement à
Bali en 1903. Après Bali, elle va s'arrêter à Foumban en
1906, grâce à Dorch, Leimbacher et Gohering. Les figures
importantes du processus d'évangélisation du peuple bamoun sont:
le pasteur Mobi Din, Élie Allégret, Vernet et Wuhrmann. La
plupart vont s'installer sur la colline de Njissé. Après
plusieurs années de persécutions, l'Église
évangélique bamoun a connu la paix et la
prospérité. Les tout premiers pasteurs autochtones vont
être formés à l'instar de Josué Muiche, Philippe
Pepuere, Rodolphe Peshandon&
L'Église évangélique bamoun va se
développer et sortir du pays bamoun. Dans le souci de préserver
sa culture, plusieurs paroisses à connotation bamoun vont naitre au sein
de L'EEC à travers le Cameroun. À Yaoundé, les paroisses
telles que la Briqueterie 2, située à Messa, celle de Nsimeyong,
à Biyem-Assi, et les paroisses de Deido et New Bell à Douala,
sont des exemples de paroisses dites bamoun.
Le chant fait partie intégrante des temps forts du
culte à L'EEC. Si pour les catholiques romains le centre de la messe est
le moment de l'eucharistie, chez les protestants, l'élément
central du culte est la Parole de Dieu qui, à travers toute la liturgie,
passe par des chants et cantiques, des lectures bibliques, de la
méditation, la prédication et des prières. Le chant rend
le culte vivant et gai. Dans les paroisses dites bamoun, il est soit
exécuté par une chorale soit par l'assemblée
chrétienne. Les différentes articulations du culte sont conduites
par des intermèdes de chant tiré du recueil de cantiques bamoun
Yùopnké Pùen kristo me shüpamom. Le chant
chrétien bamoun tel qu'il est pratiqué à l'église
reflète essentiellement la culture. Les instruments
généralement utilisés sont le balafon, le tamtam, le
tambour, les castagnettes. Plusieurs chants chrétiens bamoun puisent
leurs origines dans des chants populaires ainsi que des chants guerriers
bamouns. C'est bien après que les chants français ont
été traduits.
Quant' à Andrew Kelly (1987 :25), la pratique de la
traduction des chansons présente un intérêt didactique
important. Elle améliore la compréhension, la maîtrise et
la prononciation
31
2.6. REVUE DE LA LITTÉRATURE
S'il est vrai que le domaine de la traduction musicale soit
relativement nouveau, plusieurs chercheurs s'y sont déjà
penchés pour examiner les protocoles méthodologiques qui la
gouvernent. De par la multiplicité des registres musicaux, il existe des
sous-domaines dans la traduction musicale. Le cas précis qui fait
l'objet de notre travail est celui des cantiques religieux. La traduction
musicale peut se faire entre deux langues de même statut
hiérarchique (français et anglais par exemple), mais aussi entre
deux langues de statut différents (français et shüpamom). Il
est évident que les difficultés ne seront pas similaires dans les
deux cas. La présentation des travaux effectués avant nous est
une preuve que notre étude n'aurait pas de valeur si ces travaux
n'avaient pas été réalisés. Ceux-ci constituent le
socle qui nous permettra de faire une analyse objective. Ainsi, nous ferons
l'économie des publications relatives à la traduction
musicale.
La traduction musicale implique une certaine symbiose entre le
texte et la musique. L'aspect poétique du texte de départ doit se
refléter dans le texte d'arrivée pour réussir une certaine
musicalité. Sebnem Susam-Sarajeva (2008 :229-246) précise que les
difficultés liées à la musicalité du texte et
à la traduction des éléments musicaux dans plusieurs
domaines ont limité les recherches dans ce domaine. « Difficulties
associated with issues such as the musicality of lyrics and the pervasiveness
of covert/unacknowledged translation of musical elements in a variety of
settings has generally limited research in this area.»
Le texte musical est une poésie chantée. Burton
Raffel (1988 :12) soutient que le traducteur doit être flexible dans le
choix des mots en matière de traduction poétique. Il expose aussi
les raisons pour lesquelles la traduction poétique n'est pas la
recréation parfaite d'une oeuvre dans une autre langue.
- No two languages having the same phonology, it is
impossible to re-create the sounds of a work composed in one language in
another language.
- No two languages having the same syntactic structures,
it is impossible to re-create the syntax of a work composed in one language in
another language.
- No two languages having the same vocabulary, it is
impossible to re-create the vocabulary of a work composed in one language in
another language.
- No two languages having the same literary history, it is
impossible to re-create the literary forms of one culture in the language and
literary culture of another.
- No two languages having the same prosody, it is
impossible to re-create the prosody of a literary work composed in one language
in another language.
32
d'une langue. Elle permet de développer une
appréciation pour le style originel. La traduction musicale stimule la
concentration et suscite l'attention aux détails et améliore la
communication entre deux cultures. L'idée centrale de sa
stratégie de traduction est que le traducteur devrait séparer les
différents éléments d'un texte d'une chanson, les
étudier un par un afin d'arriver à une traduction chantable de ce
texte. Kelly s'attarde sur sept aspects à respecter en matière de
traduction musicale.
1. Respectez les rythmes
2. Trouvez et respectez le sens
3. Respectez le style
4. Respectez les rimes
5. Respectez le son
6. Respectez votre choix d'auditeurs projetés
7. Respectez l'original
Pour Summerfield (2001), la traduction ne devrait pas
s'attarder sur la production d'un texte cible cohérent, mais devrait
déduire un texte musical cible qui adapte ou s'adapte au chant dont il
est la traduction. Senior (2001) souligne que pour des raisons de
synchronisation, le sens est souvent moins important que l'esthétique.
« In the translation of songs for the purpose of singing, the exact
meaning is sometimes less important than the number of syllables and stress
patterns.»
Polly Mc Michael (2008), dans un article intitulé
Translation, Authorship and Autenticity in Soviet Rock Song writing,
examine les difficultés rencontrées par les compositeurs soviets
face à l'adaptation de la musique Rock à leur culture. Il en
déduit que transférer et traduire la musique Rock tout en
conservant son authenticité originelle était capital. Les
musiciens et compositeurs russes souhaitaient établir des canons du Rock
occidental, faisant allusion au sens et à la signification du genre
musical en question. La traduction dans ce domaine était donc plus
proche de l'adaptation que de toute autre forme de réécriture.
Eirly E. Davies et Abdelâli Bentahila (2008) analysent
les moyens à travers lesquels la traduction et le code
switching ou transcription peuvent être d'un grand apport
dans la création des textes des chansons. Les stratégies
identifiées concernent l'utilisation de la traduction et surtout du
code switching pour adapter le texte de la musique de départ
à la
33
mélodie dans la langue et la culture d'arrivée.
L'article propose une méthodologie de traduction d'une langue vers une
autre en spécifiant un registre musical unique, notamment le Rai et la
Pop music. C'est la raison pour laquelle le code switching se trouve
ne pas pouvoir être appliqué à tous les registres et tous
les genres lors de la traduction musicale.
Dans la revue Anglo-American Musicals in Spanish
Theatres, Marta Mateo (2008) étudie les éléments
musicaux de l'anglais américain chantés en Espagnol lors d'une
représentation théâtrale. L'auteur propose de prendre en
compte les facteurs tels que les besoins du public, les attentes de ce
même public, les procédures de productions et enfin les
contraintes et restrictions économiques et commerciales. Marta Mateo
démontre que l'importation des produits musicaux anglo-américains
dans la musique espagnole a facilité le renforcement de la production
locale d'un genre étranger à la culture et la tradition musicale
locale.
Engola (2008) quant'à elle, propose l'adaptation
fonctionnelle, et la compensation pour résoudre le problème de
transfert culturel dans la traduction des jeux de mots entre deux langues
hétérogènes, mais ne fait pas mention des théories
musicales qui encadrent la traduction musicale. Un texte musical est
écrit en fonction de la musique et la mélodie dans laquelle il
sera chanté. Elle s'est beaucoup plus intéressée à
l'aspect textuel de la traduction basée sur les textes du chanteur
camerounais Donny Elwood. La traduction d'une chanson doit prendre en compte la
fonction et la culture cible. L'ignorance de ces deux caractères risque
de transformer un texte versifié en prose.
Jian-Sheng Yang (2014 :25-29), aborde le sujet de la
traduction des chants selon une perspective esthétique. Pour lui,
l'esthétique joue un rôle très important dans la traduction
musicale. Le traducteur devrait être en mesure de comprendre et de
révéler la nature esthétique du chant dans sa traduction.
Le même effet esthétique doit être transmis du texte source
au texte cible. En outre, il faut que les chants soient facilement «
chantables » et que le public s'y reconnaisse.
The translator must be qualified for both literature and
music and have the ability to appreciate the aesthetic beauty of the artistic
work. Only in this case can a good version be rendered. Moreover, when the song
is translated, the translator has to take another two aspects into account,
namely, the singer's ease of performance and the acceptance of the audience.
(&) Therefore the task of the translator is to maintain the same artistic
beauty as well as the same effect of the original in the target language.
What's more, only when the translated song is well understood by the audience
can it be popularized.
34
Coby Lubliner, dans son article intitulé Songs
Translations, assimile la traduction d'un texte musical à la
traduction de la poésie destinée à être
chantée. Par conséquent, le traducteur se doit de maintenir le
sens original et de considérer les éléments importants
tels que le rythme et la métrique. Lubliner propose au traducteur
d'avoir une attitude créative, c'est-à-dire créer un
nouveau chant qui aura quelques ressemblances avec l'original.
Kaindl (2005), dans son approche sociosémiotique,
précise que dans la traduction musicale il serait important de
s'attarder sur les éléments non verbaux et culturels. Il
n'énonce pas de théorie en tant que telle, mais s'appuie sur le
modèle de Tagg. Selon Tagg (2000), les aspects à prendre en
compte sont: le temps (tempo, métrique, rythme); la mélodie (le
timbre) ; l'orchestration ; l'acoustique ; l'audibilité, l'harmonie.
Johan Franzon(2008), dans son article Choices in Song
Translation: Singability in Print, Subtitles and Sung Performance, analyse
les multiples options qui s'offrent aux traducteurs en traduction musicale.
Pour Franzon, le concept de chantabilité est essentiel en
traduction musicale. D'un point de vue fonctionnel, son article décrit
les choix stratégiques opérés par les traducteurs lors de
la traduction d'une pièce de musique. La chantabilité se
définit ici comme la parfaite cohésion entre la musique, la
mélodie et les mots, dans une esthétique prosodique,
poétique et sémantique.
Johan Franzon définit cinq options qui se
présentent aux traducteurs face à un texte musical à
traduire:
1- Ne pas traduire le texte. Dans notre
contexte, cette option n'est pas applicable, car nous sommes dans un processus
de domestication et d'inculturation. De plus lorsqu'aucune modification,
même la plus subtile n'est constatée, on ne saurait parler de
traduction musicale. En ce qui concerne l'industrie du cinéma, c'est
généralement un choix de la maison de production.
2- Traduire le texte sans tenir compte de la
musique. Traduire un cantique sans prendre en considération la
musique de départ rendrait le chant méconnaissable à
l'exécution. Cependant, Low (2003) affirme que cela pourrait se faire,
mais dans un but où le texte n'est pas destiné à
être chanté. Cette méthode est aussi souvent
retrouvée dans les dessins animés et comédies musicales.
Cette stratégie a pour but de mettre le spectateur au parfum du
déroulement de l'intrigue.
3- Réécrire le texte. Cette
option est une possibilité envisageable étant donné que la
traduction est une nouvelle écriture. Le traducteur a le choix entre
fidélité et recréation vis-à-vis de l'Suvre sur
laquelle il travaille. Une flexibilité sémantique sera
tolérée parce que chaque langue a son génie. Les rimes et
les syllabes ne concorderont pas forcément.
35
4- Adapter la musique à la
traduction. Le choix de cette option créera obligatoirement une
modification sur la ligne mélodique de la chanson; ce qui ne peut pas
toujours être accepté en fonction du registre dans lequel
s'inscrit la chanson ou le morceau à traduire.
5- Adapter la traduction à la
musique. C'est l'option la plus probable, étant donné
qu'il est plus facile de substituer un mot qu'une note musicale.
À l'observation, la démarche de Johan Franzon
présente de façon plus méthodique une approche didactique
de la traduction musicale. Même si celle-ci présente quelques
limites, elle a le mérite de retenir trois options véritablement
ou partiellement acceptables en traduction musicale, à savoir:
réécrire le texte, adapter le texte à la mélodie et
adapter la mélodie au texte. Cependant, selon la fonction de la
traduction, le traducteur peut donner la priorité à un aspect
plutôt qu'à un autre. Cela veut dire que le traducteur doit
être flexible sur certains aspects et qu'il doit prendre des
libertés. Ces libertés mènent finalement aux meilleures
versions. Franzon énonce trois niveaux de chantabilité
sur lesquels le traducteur peut se concentrer. Il les présente dans
le tableau ci-dessous.
À singable lyric achieves
|
By observing the music's
|
Which may appear in the text as
|
1. a prosodie match
|
Melody. music as notated,
producing lyrics that are
comprehensible and sound natural when sung
|
Syllable count; rhythm;
intonation, stress; sounds for easy singing
|
2. a poetic match
|
Structure. music as
performed, producing lyrics
that attract the audience' attention and achieve poetic
effect
|
Rhyme; segmentation of
phrases/lines/stanzas;
parallelism and contrast; location of Key words
|
3. a semantic- reflexive match
|
Expression. music perceived
as meaningful, producing lyrics that reflect or explain what
the music 'says'
|
The story told, mood
conveyed, character(s)
expressed; description
(Word-painting) ; metaphor
|
|
36
Selon Franzon, un traducteur peut donc choisir de fixer son
attention sur une concordance avec la mélodie, la structure ou
plutôt l'expression. Ce qui compte également ici, c'est que la
fonction visée par de la traduction détermine les aspects les
plus importants sur lesquels le traducteur doit s'attarder. C'est dire que la
traduction d'une langue vers une autre lorsque l'on est dans le domaine de la
musique n'est pas uniquement l'affaire de l'audience cible et de l'audience
source, ou encore une affaire texte source et texte cible. La musique
étant interdisciplinaire, la traduction musicale fait appel à
d'autres sous-domaines d'expertise scientifique, et pour le cas de la
traduction musicale, à d'autres sous-domaines de la traduction.
2.7. TRADUCTION MUSICALE ET TRADUCTION POÉTIQUE
L'harmonie des mots est un élément non
négligeable tant en poésie qu'en musique, car le choix savant
assure une parfaite symbiose entre le son et le sens. La musique est une oeuvre
de l'esprit, tout comme un roman, une pièce théâtrale et un
poème. Nous pouvons affirmer que le texte musical est un texte
littéraire à part entière. La traduction poétique
est relativement plus sophistiquée que les autres formes de traduction.
Elle a pour but de rendre non seulement le sens d'un texte complexe, mais
également ses nuances les plus fines, ses connotations et
métaphores dans la langue d'arrivée. De plus, il faut parfois
tenir compte d'exigences telles que le rythme ou les rimes, par exemple pour un
poème ou un livret d'opéra. La traduction poétique
nécessite des aptitudes stylistiques, un talent littéraire
particulièrement développé. Il s'agit de reproduire
l'effet intégral du texte original chez le lecteur en langue
d'arrivée, autant que le sens des mots. La traduction doit être
aussi plaisante à lire et susciter les mêmes émotions que
l'original, suivant l'adage de Cervantès: ne rien mettre, ne rien
omettre. En d'autres termes, la traduction poétique doit rechercher
le beau dans le texte de départ, et le retransmettre identique (autant
que possible) dans la langue d'arrivée. Il est question ici des
colorations, des marqueurs artistiques et du génie de la langue
utilisés par l'auteur pour véhiculer son message ou pour habiller
sa musique. Selon la forme et le fond qui sont du choix de l'artiste, la nature
poétique d'une oeuvre musicale se perçoit à travers la
poésie du texte. L'oeuvre musicale est donc une oeuvre poétique,
car les deux partagent, comme Erol Kayra (1998 : 21) le souligne d'ailleurs,
des éléments intrinsèques que sont la couleur, l'harmonie
et le rythme.
37
2.8. TRADUCTION MUSICALE ET CULTURE
La traduction est un autre moyen de présenter une
culture donnée. Mounin (1963) voit en la traduction un moyen
d'échange culturel permettant aux cultures de se heurter et de se
compléter. La traduction implique une représentation des
éléments culturels. Une adaptation culturelle s'impose dans le
transfert du message pour correspondre aux goûts et
préférences culturels du public cible. Dans la traduction
musicale, la culture tient une place importante. Elle adapte les
réalités de la culture de départ aux
réalités de celle d'arrivée.
Du point de vue culturel, les questions de
traductibilité et d'intraduisibilité des éléments
culturels sont assez fréquentes. Pour Seleskovitch (1984), la
quasi-totalité des mots est intraduisible sur le plan culturel, si l'on
définit la traductibilité comme la capacité qu'aurait un
mot de se substituer à un mot d'une autre langue, sans risque d'erreur
et dans tous les contextes. Il n'est manifestement pas question de traduire la
culture, mais de faire usage d'un certain nombre de stratégies
adaptatives afin de rendre dans une culture B les éléments
culturels équivalents de la culture A. La traduction musicale permet de
représenter ces faits dans une autre culture en adaptant les
réalités de la culture de départ aux
réalités de celle d'arrivée.
En relation avec la traduction culturelle, la traduction
musicale apporte une contribution considérable dans la résolution
du débat sur la traductibilité des éléments
culturels. En effet, la traduction musicale se sert d'un certain nombre de
procédés musicaux et des voies d'équivalence pour traduire
et adapter les éléments culturels de départ dans la langue
d'arrivée, dans le texte musical d'arrivée. Les
différences entre deux systèmes de langues et deux cultures ne
permettent pas toujours une traduction tout à fait littérale ou
tout à fait libre. La traduction musicale permet à la langue
d'arrivée de s'enrichir avec de nouvelles valeurs, de nouveaux genres
musicaux, mais aussi dans certains cas une nouvelle structure linguistique.
38
Ce chapitre était consacré à la
conception théorique de la traduction musicale, et à
l'économie de quelques travaux qui ont précédé
notre recherche. Dans le contexte chrétien, un grand nombre de cantiques
puisent leur origine dans la Bible. Nous pouvons retenir que la mélodie
et l'harmonie sont les principales caractéristiques de la musique. Dans
la culture bamoun, le patrimoine musical est riche et varié. Le chant
est très présent dans les manifestations et
célébrations traditionnelles, modernes et religieuses. De ce
fait, la traduction musicale est indissociable de la culture et même de
la littérature. Enfin, les recherches menées avant la nôtre
montrent que la traduction musicale entre une langue européenne et une
langue africaine reste très peu explorée. Par conséquent,
nous avons voulu rechercher les facteurs clés qui caractérisent
la traduction musicale en général et la traduction entre deux
langues qui ne partagent pas la même racine en particulier.

CHAPITRE 3 :
LES FACTEURS CLÉS DE LA TRADUCTIOn mUSICALE
40
Les oeuvres des grands auteurs et compositeurs des cantiques
religieux ont été traduites en anglais, français,
allemand, italien et bien d'autres langues germaniques et
indo-européennes pour des raisons aussi diverses que variées.
Dans le cas du Cameroun, plusieurs oeuvres musicales religieuses ont
été traduites dans nos langues nationales, mais aucune ne
présente une démarche scientifique exploitable.
Face à ce postulat, nous nous interrogeons sur la
démarche qu'une telle entreprise a suivie, étant donné que
les recherches ne font aucun cas d'une méthodologie propre à la
traduction des chants religieux entre deux langues de souche
différentes, encore moins du français vers le shüpamom. Nous
avons penché vers l'idée selon laquelle ce travail de traduction
se faisait de manière aléatoire en fonction des goûts, du
style, et de l'intuition de chaque traducteur. Une démarche scientifique
pour la traduction des chants religieux permettra de pallier la
difficulté liée à la traduction musicale, mais aussi de
contribuer au développement et à l'essor de ce domaine. La
traduction dans Yùopnké pùen kristo me shüpamom
a pris en compte plusieurs facteurs tels que: le paramètre
théorique, le paramètre poétique, le paramètre
culturel, le paramètre religieux et le paramètre linguistique.
41
3.1. PARAMÈTRES THÉORIQUES
La traduction des chants est un sous-domaine de la traduction
en général. Par conséquent, elle doit se conformer
à un certain nombre de principes, parmi lesquels les théories de
la traduction.
3.1.1. La théorie interprétative
La théorie interprétative encore appelée
théorie du sens est due aux chercheurs de l'ESIT (École
supérieure d'interprètes et de traducteurs, Paris, fondée
en 1957) à la fin des années 1970. C'est pourquoi cette
théorie est aussi appelée « théorie de l'École
de Paris ». Danica Seleskovitch et Marianne Lederer en sont les principaux
initiateurs. Il s'agit en fait d'un prolongement de la théorie
linguistique de la traduction. Toutefois, la théorie
interprétative se distingue de la théorie linguistique en
plusieurs points. Selon Delisle, cité par Zuzana RAKOVA (2014), la
théorie interprétative ne se base pas sur la comparaison des
langues, et ne prend pas pour unités de traduction les phrases. Par
contre, elle insiste sur la traduction contextuelle, mettant en relief
l'analyse du sens tel qu'il apparait dans le discours
À l'origine de cette théorie se trouve la
pratique professionnelle de Danica Seleskovitch, qui s'est appuyée sur
son expérience d'interprète de conférence, pour mettre au
point un modèle de traduction en trois temps: interprétation,
déverbalisation, réexpression. Danica Seleskovitch
développe le modèle du processus de la traduction en trois
étapes:
· La compréhension: comprendre un texte
signifie saisir à la fois sa composante linguistique (signes graphiques)
et extralinguistique. Le sens du texte est basé sur les
compléments cognitifs de chaque lecteur particulier: il est clair que le
sens dépend en grande partie de l'expérience individuelle du
lecteur, de ses connaissances encyclopédiques, de son bagage culturel,
bref, de sa compétence interprétative.
· La déverbalisation consiste en une
isolation mentale des idées ou des concepts impliqués dans un
énoncé. Si le traducteur ne déverbalise pas les paroles de
l'original, il tombe dans la traduction littérale (en transcodage) et
rédige un texte final qui ne dit rien ou presque rien à ses
nouveaux destinataires, surtout s'il s'agit d'une traduction entre deux langues
très proches où le danger des interférences est le plus
grand. Durant l'étape de la déverbalisation, le sens reste dans
la conscience du traducteur, tandis que les signes (mots, phrases) de
l'original doivent être oubliés; cela est relativement facile
pendant l'interprétation, qu'elle soit consécutive ou
simultanée, parce que les sons du discours oral apparaissent et
disparaissent, mais cela devient très difficile à
42
être appliqué dans la traduction écrite
où le texte est toujours présent. (Moya, 2010 : 78-79)
· La reformulation/ reverbalisation du sens
dans une autre langue consiste en choix, de la part du traducteur, des moyens
expressifs multiples que lui offre la langue cible. Le traducteur
procède par associations successives d'idées, même si cette
succession d'idées peut ne pas être linéaire, et doit avoir
recours à l'analogie (Delisle, 1984). La capacité associative,
déductive du traducteur, sa créativité, son intuition, son
imagination sont très importantes notamment pendant cette étape
du processus de la traduction. (Moya, 2010 :79-80)
La théorie interprétative est donc une
activité qui allie le comprendre et le dire, pour
résoudre les problèmes rencontrés au cours de la
traduction d'un énoncé. Dans le cas d'un texte musical, la
pratique traductionnelle en fonction des canons propres à la
théorie interprétative est la plus indiquée dans la mesure
où le texte musical-source possède obligatoirement la même
fonction que le texte musical-cible. Aucune action ou aucune attention n'est,
de ce fait, portée sur les mots individuels du texte musical, mais
plutôt sur l'idée générale de ce dernier. Le
traducteur a la possibilité de créer librement un texte
musical-cible directement adapté à la mélodie du chant
qu'il souhaite traduire.
Dans la critique de cette théorie, Moya (2010),
cité par Peter Newmark, précise que
Traduire le sens, en oubliant avant tout les paroles, cela
signifie simplifier trop les choses et passer par-dessus plusieurs
détails et sèmes. (&) préférer les expressions
idiomatiques, les locutions figées, les clichés, les phrases
toutes faites qui ne figurent pas dans l'original, cela signifie
déformer les nuances du signifié.
3.1.2. La théorie du Skopos
Le mot grec skopos signifie la visée, le but
ou la finalité. Il est employé en traductologie pour
désigner la théorie initiée en Allemagne (surtout à
l'Université de Heidelberg) par Hans Vermeer à la fin des
années 1970. Parmi ses promoteurs, on trouve également Christiane
Nord et Margaret Ammann. La théorie s'intéresse avant tout aux
textes pragmatiques et à leurs fonctions dans la culture-cible. La
traduction est envisagée comme une activité humaine
particulière, ayant une finalité précise et un produit
final qui lui est spécifique (le translatum). Hans Vermeer est parti, en
1978, du postulat que les méthodes et les stratégies de
traduction sont déterminées essentiellement par le but ou la
finalité (le skopos) du texte à traduire. La traduction se fait
en fonction du skopos. Mais il ne s'agit pas
43
de la fonction assignée par l'auteur du texte source,
mais d'une fonction prospective rattachée au texte cible, et qui
dépend du public-cible. D'où le qualificatif de «
fonctionnelle » attribué à cette théorie. Le
traducteur doit respecter deux autres règles importantes. D'une part, la
règle de cohérence (intratextuelle) qui stipule que le texte
cible (translatum) doit être suffisamment cohérent pour être
correctement compris par le public cible, comme une partie de son monde de
référence. D'autre part la règle de fidélité
(cohérence intertextuelle) qui stipule que le texte cible doit maintenir
un lien suffisant avec le texte source.
Grâce à l'influence de Katharina Reiss , Vermeer
a précisé sa théorie en élargissant son cadre
d'étude pour englober des cas spécifiques qui n'étaient
pas pris en compte jusque-là. Il a intégré, par exemple,
la problématique de la typologie textuelle de K. Reiss. Si le traducteur
parvient à rattacher le texte source à un type textuel ou
à un genre discursif, cela l'aidera à mieux résoudre les
problèmes qui se poseront à lui dans le processus de traduction.
Vermeer prend en considération les types de textes définis par K.
Reiss (informatifs, expressifs, opérationnels) pour mieux
préciser les fonctions qu'il convient de préserver lors du
transfert. Ainsi, le texte source est conçu comme une offre
d'information faite par un producteur en langue A à l'attention d'un
récepteur de la même culture. La traduction est envisagée
comme une offre secondaire d'information, censée transmettre plus ou
moins la même information à des récepteurs de langue et de
cultures différentes. La sélection des informations et le but de
la communication dépendent des besoins et des attentes des
récepteurs-cibles. Le skopos du texte peut être identique ou
différent entre les deux langues concernées : s'il demeure
identique, Vermeer et Reiss parlent de permanence fonctionnelle et s'il varie,
ils parlent de variance fonctionnelle. Dans un cas, le principe de la
traduction est la cohérence intertextuelle ; dans l'autre,
l'adéquation au skopos.
Baker (2001: 236) dit que le skopos,
Must be defined before the translation begins (&) it must
be the intended purpose of the target text that determines translation methods
and strategies. (...) The Skopos helps to determine whether the source text
needs to be "translated". "paraphrased" or completely "re-edited". This leads
to different varieties of translational actions, each based on a specifically
defined Skopos.
Le Skopos détermine donc l'action traductionnelle et
l'envisage en fonction de son
objectif dans le contexte de la culture-cible, contexte qui
peut différer de celui de la langue et de la culture source. La
nouveauté de l'approche consiste dans le fait qu'elle laisse au
traducteur le soin de décider quel statut accorder au texte source. En
fonction du skopos, l'original peut être un simple point de départ
pour une adaptation ou bien un modèle à transposer
fidèlement. Pour Guidere (2010 : 72-74), un même texte peut avoir
plusieurs
44
traductions acceptables, chacune répondant à un
skopos particulier. Le skopos est le critère d'évaluation
suprême. Par ailleurs, le Skopos du texte musical-cible est alors
l'élément de primauté. Il doit prévaloir et dominer
l'esprit du traducteur lorsque celui-ci entreprend la traduction des airs de
musique. D'une manière générale, l'exécution et la
chantabilité du texte musical apparaissent comme son Skopos. C'est de ce
fait sur cette base que le traducteur devra entreprendre son processus, ses
actions, ses choix et ses décisions.
3.1.3. Le pentathlon approach
De toute la littérature que nous avons parcourue sur la
traduction des chants, The Pentathlon Approach to Translating Songs
par Peter Low (2005 :185-212), nous a semblé être la
théorie qui fait le plus d'autorité, parce qu'elle prend en
compte les théories que différents auteurs ont
développées auparavant. Les théories et stratégies
développées dans cet article se concentrent sur la production des
traductions chantables des chansons; il s'agit donc des traductions que l'on
peut chanter avec la musique déjà existante. C'est là la
plus grande différence entre la traduction musicale et les autres types
de traduction : le texte cible « is intended specifically to be
transmitted simultaneously with the very same non-verbal code that accompanied
the ST. » Créer une traduction chantable est une tâche ardue,
à cause de la musique et de la mélodie. Le texte cible doit
concorder avec la musique existante; le rythme, les phrases, les accents, etc.,
mais il doit également maintenir l'essence du texte source. Dans son
article, Peter Low distingue cinq différents critères auxquels la
traduction d'une chanson doit répondre. Ces critères sont
Singability, Sense, Naturalness, Rhythm, et Rhyme.
Singability (la chantabilité), signifie que l'on
devrait viser à rendre la traduction facile et belle à chanter.
Sense (ou le Sens), quant à lui, permet de préserver le plus
possible le sens des paroles de la chanson tel que dans le texte source.
Naturalness (ou le Naturel) exige le respect du génie de la langue
d'arrivée. Pour le rythme (Rythm), le texte cible doit donner
l'impression que la musique a été composée pour celui-ci,
alors qu'elle est en fait composée pour le texte source. C'est le nombre
de syllabes qui est pris en compte ici. Au niveau de l'aspect Rhyme (Rime), Low
suggère d'être flexible quant à l'utilisation et la
disposition des rimes.
L'idée centrale du Pentathlon Principle est
qu'il s'agit de trouver dans la traduction musicale un équilibre entre
la chantabilité, le rythme, le sens, le naturel et les rimes. Il ne
s'agit pas de faire un score parfait dans toutes les catégories, mais de
faire parfois des concessions dans une catégorie pour obtenir un
meilleur résultat final. Il faudrait obtenir une traduction qui donne
l'impression que la musique qui l'accompagne a été
composée pour ce texte.
45
3.2. LES PARAMÈTRES POÉTIQUES
La traduction musicale doit tenir compte de l'aspect formel du
texte à traduire et de la coloration poétique qui le
caractérise. Les chants religieux sont généralement
versifié. Par conséquent, les théories de la traduction
poétique doivent être considérées.
3.2.1. La versification
Le fait que les cantiques soient écrits en vers
facilite la lecture, l'analyse et même la traduction. Le texte
versifié n'aurait plus le même sens s'il est transformé en
un texte en prose. Cette position se justifie par le fait que certains textes
musicaux des chants religieux sont inspirés de textes bibliques, qui
pour la plupart, sont des psaumes. La traduction en shüpamom des textes
musicaux à références bibliques doit épouser les
mêmes formes que les textes de départ, afin d'éviter les
confusions relatives à la finalité non seulement du texte de
départ, mais aussi de l'Suvre de l'auteur.
Exemple 1 : le respect des règles de
versifications Mon coeur joyeux, plein d'espérance,
S'élève à toi, mon Rédempteur!
Daigne écouter avec clémence Un pauvre humain faible et
pécheur. En toi seul est ma confiance, En toi seul est tout mon
bonheur.
Selon le principe de versification, la traduction en
shüpamom de ce vers du cantique 336 de Sur les ailes de la foi
composé par César Malan, doit impérativement
respecter sa structure versifiée.
Tita, yua a ntùn tù ntù a yi A té
ngwetne ndùm ma kuore Ya nshi a, ngàm a tù rî sha yi
Yem mi mu njùen mon u pua ' ke Me fa wume sha n'u, a pe yu Me ri
méé nku pùt kù Yéu.
46
3.2.2. La métrique
La métrique est un élément important de
l'écriture poétique. C'est elle qui donne un rythme au texte et
à la musique. La métrique d'un texte musical est principalement
syllabique. Il doit y avoir synchronie entre les syllabes et les notes
musicales tant dans la langue source que dans la langue cible. Une synchronie
qui crée une adéquation harmonique entre la musique et les mots.
Bref, la métrique doit être respectée pour produire un
cantique chantable. Exemple 2 : le respect de la
métrique
Mi/sé/ri/cor/de in/son/da/ble !
&&&&& Nyi/nyi /wi/ Tâ/ta,
gà/-ghùe' /nzén (8/8 syllabes)

Nyi- nyi - wi - tâ -ta gà- ghùe '
- nzén
3.3. LES PARAMÈTRES CULTURELS
3.3.1. Le ton
Le ton est un trait caractéristique culturel important
en shüpamom. Comme dans la plupart des langues bantoues des grassfields,
le shüpamom a trois tons simples: un ton haut, un ton moyen, un ton bas.
Le ton est contrastif en shüpamom, étant donné qu'une
modification tonale dans un mot aboutit généralement à une
différence de sens.
Mots
|
Tons et sens
|
Haut
|
Moyen
|
Bas
|
Lùm
|
grand feu (lùm mû)
|
douceur
|
année
|
Nké
|
Sel
|
|
eau
|
l èm
|
Morceau
|
métal
|
fendre/fendu
|
To'
|
Boîte
|
|
clé
|
Fu '
|
mesure
|
|
temps
|
3.3.2. Les éléments culturels
La traduction exige une maîtrise de la culture des
langues sur lesquelles on travaille en vue de saisir les subtilités et
les nuances stylistiques de chaque langue. Chaque langue a une manière
propre pour exprimer ses réalités culturelles. La traduction
entre deux langues hétérogènes se heurte beaucoup plus aux
problèmes relatifs à la culture parce que les deux langues sont
issues de civilisations différentes.
47
Exemple 3 : les éléments
culturels
Texte original
|
Traduction
|
(1 ) Non, ta loi n'est point pénible Pour quiconque
est né de toi;
|
Yésu Kristo ka tûme a
Nda kpên ûe n'ka pe ntùm a,
|
(2) Le signal de la victoire
|
Pùen-pî, pe ténî ntû
ntâ pit!
|
(3) Oh ! viens, Esprit de Dieu !
|
Ya kù Yîéne Nyinyi,
|
(4) Suivons, amis, la bannière Du Sauveur en
croix,
|
Pue pe nyi mbumme tùtùwén Mfon upue
Yésu !
|
|
Dans (1) l'adjectif pénible est rendu en shüpamom
par nda kpên qui signifie littéralement maison
d'esclavage. L'idée de la libération du statut d'esclave est
plus susceptible de marquer le chrétien qui doit être affranchi de
toute forme de souffrance.
En (2) ntâ pit (cor de guerre) en shüpamom
est un instrument à vent que les guerriers bamoums utilisaient pour
donner l'alerte ou le signal d'attaquer. Dans (3) Dieu est appelé en
shüpamom Nyinyi (celui qui marche sans cesse) pour sans doute
représenter son omniprésence et par conséquent celui qui
est partout est omniscient. Ce nom représentait une divinité
avant la christianisation du peuple bamoun.
La bannière qui représente l'enseigne
d'un seigneur à la guerre est rendue par le calque
tùtùwén (tùtù- bâton + wâm-
étoffe) en shüpamom. Le terme mfon qui veut dire roi, est
une marque de soumission.
3.4. LES PARAMÈTRES RELIGIEUX ET BIBLIQUES
La terminologie utilisée dans la traduction des chants
est essentielle, car elle doit prendre en compte l'audience-cible. A chaque
confession religieuse ses préférences. Catholiques, protestants
et Témoins de Jéhovah, par exemple, n'auront pas les mêmes
choix linguistiques en ce qui concerne les chants. C'est la raison pour
laquelle un chant de
48
vénération de la Vierge Marie ne peut être
proposé à des fidèles protestants et produire le
même effet que celui qu'il aurait sur des catholiques, du fait que la
place accordée à Marie diffère dans les deux religions.
Par ailleurs, il est important que le traducteur se
réfère aux livres et documents religieux qui sont traduits dans
la langue qu'il utilise. Si le chant à traduire est un cantique
protestant, le traducteur pourrait se référer à La
Bible du culte protestant. Il peut arriver qu'un chant ne soit pas
inspiré d'un texte biblique en particulier ou d'un texte biblique tout
court. Le texte du chant peut émaner d'un désir de l'auteur
d'exprimer un sentiment pieux en ses propres termes. Dans ce cas, le traducteur
est libre de traduire le texte sans tenir particulièrement compte d'une
référence biblique précise. Néanmoins, il devra
s'assurer que la terminologie à laquelle il aura recours est bien celle
consacrée par les instances autorisées de la religion
d'appartenance du chant.
3.5. LES PARAMÈTRES LINGUISTIQUES
La musique a une forme instrumentale et verbale. L'aspect
verbal inclut un système de parole et d'éléments
linguistiques. Le musicotraducteur doit donc impérativement
connaître et comprendre la langue source, c'est-à-dire la langue
dans laquelle est écrit l'air de musique qu'il doit traduire. Ceci est
d'autant plus important que le domaine religieux utilise une terminologie qui
lui est particulière et se distingue de l'usage du vocabulaire
général. La structure syntaxique, le choix des mots, la
phraséologie, la collection, les usages et autres formes de
rédaction des textes religieux et de la musique religieuse respectent
une déontologie et suivent un protocole prédéfini qui
existe et est d'ores et déjà utilisé depuis la traduction
de La Bible. Le musicotraducteur doit donc connaître cette
langue consacrée et disposer d'une documentation ou d'une terminologie
de référence fournie par les Bibles, les livres de psaumes, de
lecture et de prière.
Au même titre que la langue source, le musicotraducteur
doit avoir une maîtrise de la langue cible, de ses tournures
linguistiques et de son génie. La traduction des cantiques étant
un domaine technique de la traduction, en général, et de la
traduction musicale, en particulier, le musicotraducteur doit
privilégier le recours à la terminologie religieuse cible au
détriment de son vocabulaire général qui peut, dans une
certaine mesure restreinte, être consulté pour
référence. La traduction des cantiques en shüpamom demandera
au musicotraducteur de consulter toute documentation religieuse en langue
bamoun, lorsque les pièces à traduire sont dérivées
ou inspirées des passages bibliques spécifiques. Par exemple, les
cantiques 25 et 26 de SAF sont respectivement inspirés des Psaumes 68 et
36 de La Bible. Les traductions de ces deux chants devront, afin de
demeurer thématiques d'une part, recourir au livre des psaumes.
49
D'autre part, tous les aménagements
supplémentaires relatifs au besoin de fidélité ou de
recréation devront s'opérer sur la base des
références bibliques consacrées en langue bamoun.
3.5.1. LE STATUT DES LANGUES
L'exercice de traduction, qui se pratique toujours entre deux
langues, peut impliquer deux langues de même statut, tout comme il peut
réunir deux langues de statuts différents. Ainsi, l'on peut
traduire de l'anglais vers français, ou du medumba vers le
shüpamom, tout comme l'on peut le faire en sens inverse. Connaître
le statut des deux langues est très important pour le musicotraducteur.
Cette approche lui donnera la possibilité de définir une attitude
précise à adopter face à celles-ci. En effet, traduire de
l'anglais vers le français ne demande pas le recours aux mêmes
techniques et procédés que traduire du français ou de
l'anglais vers le shüpamom, par exemple. On peut passer par une modulation
dans une langue indo-européenne à une transposition ou une
adaptation dans une langue africaine. Chaque langue est dotée de
caractéristiques linguistiques intrinsèques qui lui sont propres
et ne peuvent être utilisées de manière interchangeable
entre les langues. En effet, une langue à ton ne peut se voir imposer
une intonation qui n'existe pas dans son système par le simple fait que
la langue de départ est intonative, ou alors devenir atone parce que la
langue de départ est atone.
Chaque langue a une manière spécifique
d'exprimer les émotions et les idées de ses locuteurs. Ce serait
un atout pour le musicotraducteur de connaître les mille et une tournures
langagières qui embellissent la langue d'arrivée et lui donnent
des traits qui lui sont propres et la distinguent des autres langues. La
créativité et le génie du traducteur doivent pouvoir
s'exprimer librement. Mais il est important de garder un certain degré
de recréation et de fidélité pour ne pas
complètement modifier la structure musicale de l'Suvre d'origine. Dans
ce cas, le traducteur devra recourir à une adaptation en fonction du
choix des mots et du chant à traduire, s'assurant de restituer le
message dans son essence et son entité. Au cas contraire, les tons et
les accents créent des modulations sémantiques. Si la langue
dispose d'un génie littéraire, elle dispose, à n'en point
douter, d'un génie musical qu'il incombe au traducteur de transmettre ou
de retransmettre. Ce génie peut se manifester, si nécessaire, et
en cas de besoin, par des jeux de mots, des tournures figées, des
idiomes, des adages, des paraboles, des jeux d'allitération ou
d'assonance, des figures de style et de rhétorique.
50
Pour récapituler, il était question pour nous de
présenter les facteurs clés qui orientent la traduction des
chants religieux. Nous pouvons retenir que la traduction musicale, en
général, et la traduction des chants religieux, en particulier,
doivent prendre en compte les paramètres théoriques,
poétiques, linguistiques, bibliques et culturels. Il est primordial
d'associer les théories de la traduction aux théories
spécifiques à la pratique musicale. Nous allons donc à la
lumière de ce guide méthodologique rechercher les constituants de
la traduction dans yùopnké pùen kristo.

CHAPITRE 4 :
LES CONSTITUANTS DE LA TRADUCTION DANS YÙOPNKE
PÙEN KRISTO
52
La particularité de la traduction musicale
réside dans le fait qu'il faut concilier texte, mélodie,
harmonie, rythme pour que le texte soit chantable. Les chants traduits dans
Yùopnké pùen kristo sont aussi bien chantables en
shüpamom qu'en français. Nous nous sommes interrogé sur les
mécanismes qui ont permis cette harmonie.
Dans une analyse quantitative et qualitative, ce chapitre
examine les constituants spécifiques de la traduction dans
Yùopnké pùen kristo à travers dix chants
que nous avons sélectionnés. Il sera question de préciser
les particularités de la traduction musicale
français-shüpamom. A l'aide des théories de traductions et
des théories de traduction musicales que nous avons
présentées, nous allons évaluer la récurrence de
dix éléments dans la traduction des chants en shüpamom pour
présenter les traits qui ont permis d'arriver à la
chantabilité. Les éléments pris en compte sont le nombre
de mots, les syllabes, la traduction littérale, les omissions, les
additions, les métaphores, les rimes, la réorganisation du texte,
les paraphrases, et les emprunts.
.
53
4.1. LE CORPUS
Sur les ailes de la foi est un recueil de 655 chants
chrétiens protestants qui rassemble l'essentiel du patrimoine
hymnologique évangélique issu de la Réforme et des
réveils. La première édition date de 1928. La
majorité des textes français de ces cantiques est écrite
par des évangélistes et pasteurs belges, suisses et
français à partir des psaumes ou des mélodies
composées par des musicologues allemands, russes, anglais et
français. Yùopnké pùen kristo me shüpamom
est un recueil de chants chrétiens protestants bamoun. La
première édition date de 1957. La cinquième édition
qui nous a servi a été publiée en 2005 et compte 409
chants. La mélodie et les textes sont puisés dans les recueils
tels que : Sur les ailes de la foi, Sacred songs and solos, Chants de
victoires, Hymnes et louanges, Louanges et prières& la plupart
des chants ont pour origines des chants de guerre, ou des chants populaires qui
ont été christianisés. Nous avons
sélectionné dix des chants dans Sur les ailes de la foi
traduits en bamoun dans Yùopnké pùen kristo me
shüpamom.
N°
|
Titre
|
Musique
|
Texte
|
Traduction
|
N°
|
143
|
Rends-toi maître de nos âmes
|
C.William Fry.
|
E.L. Budry
|
Yâ nkut nshür u tù lamntù
shü
|
123
|
289
|
C'est mon joyeux service
|
A. Knapp
|
T.Monod
|
A fa me ndâ nwer a yî
|
360
|
184
|
J'ai soif de ta présence
|
Robert Lowry
|
A.Glardon
|
Yésu nji u lo' njâ a
|
268
|
365
|
Le signal de la victoire
|
P.Paul Bliss
|
E. Barde
|
Pùen-pî, pe ténî ntû
ntâ
pit
|
254
|
294
|
Que tout genou fléchisse
|
Jeo-B. Nevin
|
Adèle Pélaz
|
Ngu ntunkushe' pe nto'she
|
197
|
397
|
Il est un roc séculaire
|
L. Hartsough
|
R. Saillens
|
Kristo pua' lên a yi nkunku
|
228
|
259
|
Miséricorde insondable
|
Armée du Salut
|
Armée du Salut
|
Nyinyi wi Tâta gà-ghùe '
nzén
|
213
|
336
|
Mon coeur joyeux, plein d'espérance
|
César Malan
|
César Malan
|
Tita, yua a ntùn tù ntù a
yi
|
206
|
321
|
Oh ! que ton joug est facile
|
Bortniansky
|
Mme de Maison
|
Yukiéme shu lùet,
kù Yésu
|
166
|
262
|
Seigneur, je n'ai rien à t'offrir
|
I. D. Sankey
|
Ed. Monod
|
Ngâ-wume pùen n'jitna shir u
|
221
|
54
Nous avons considéré une fois le choeur de
chaque chant dans les textes sources et cibles pour obtenir un total de 1110
mots pour les textes sources et 1272 mots pour les textes cibles. Notre corpus
est donc constitué de 2382 mots en tout. Pour les partitions, voir
annexes.
TEXTE ORIGINAL
|
TRADUCTION
|
RENDS-TOI MAÎTRE DE NOS ÂMES.
1. Rends-toi maître de nos âmes, Esprit saint,
Esprit d'amour!
Et de tes divines flammes
Embrase-nous en ce jour.
Choeur
Oh ! viens, Esprit de Dieu! Fais-nous sentir ta
présence, Revêts-nous de ta puissance Et baptise-nous de
feu! Esprit de Dieu ! baptise-nous de feu!
|
YA NKUT NSHÜR U TU LAMNTU SHÜ
1. Yâ nkut nshür u tù lamntù
shü,
Kù Yîéne Tâta
Nzènkét. Ghét mù shu yi lo' nkutù
pùt ! Kùt matù lamntù shü
ndia'. Pééshe Ya kù Yîéne
Nyinyi, Nnyi ndun pü ngu' ngét pü kupshe Mbit
nzùne wü ne kù shu nkéé. Sue nké mu
me tu yü ndia ~, Yîéne Nyinyi, sue nke mu me tu
yü.
|
2. Saint-Esprit de la promesse, Qui nous scella de ton
sceau,
Dévoile-nous la richesse
De l'héritage d'en haut.
Choeur
|
2. Yu pùngan lo' me pue Tâta,
Yâ ngét mi nga shü mie ndia ', Ne
yingét fu' lo' nkutù pùt Shôr ü ngu tu'
yü mentén. Pééshe
|
3. Forme-nous pour le service
De notre divin Sauveur;
À ses pieds, en sacrifice Nous apportons notre
coeur.
Choeur
|
3. Yâ na nsêr ü mbuom ü mbuom
mfé
Tù fa' Tâta nkutù pùt. Pe
yié nd' nno'she wü no'she, Pü kù mkpù ntue
nshit po wu. Pééshe
|
4. Esprit de vie et de gloire, Conduis-nous de jour en jour, Et
de victoire en victoire, Jusqu'au céleste séjour.
Choeur
|
4. Yîéne Nzènkét, Yîéne
wume
Pe nshî wü ne nom ne shü ', Ngét pü
pe nkù nton pit tone Lo' ndia'shî méé fù'
wù shü. Pééshe
|
|
55
C'EST MON JOYEUX SERVICE.
1. C'est mon joyeux service
D'offrir à Jésus-Christ,
En vivant sacrifice,
Mon corps et mon esprit.
Choeur
Accepte mon offrande,
Bien-aimé Fils de Dieu!
Et que sur moi descende
La flamme du saint lieu!
|
A FA ME NDÂ NWER A YÎ
1. A fa me ndâ nwer a yî
Pua ntù a ne Yésu Me ndâ yusiéne
ngumkét Ké ntù a ndùm
ndishe. Pééshe Kuot kuot yua n ' tue fa n'u
na Kù Tita yü Nyinyi, Ngu' mfa mboutne shu ne
pü Shü ' mû Yîéne ndun pü.
|
|
2. J'abandonne ma vie,
Sans regret ni frayeur, A ta grâce infinie, O mon
Libérateur ! Choeur
|
2. Me tà nwer a me mbue mu
N'tap kù pû a nshié yum. Ghét ne
me yié u pém ma Kù Ngâ-yingume
a. Pééshe
|
|
3. Qu'un feu nouveau s'allume
Par ton amour en moi, Et dans mon coeur consume Ce qui
n'est pas à toi ! Choeur
|
3. Pit nshü ' mû Yîéne
Nzènkét
Mengak' o nkû a na, Njà nka ' re lanmtù
a mén Mi yua ndi' yu na,
fé. Pééshe
|
4.
|
Viens, Jésus! sois mon maître; Par ton sang
racheté, À toi seul je veux être Et pour
l'éternité.
Choeur
|
4.Ya, kù Tita yü Yésu,
u nhu' a ne nshi mu. Me nà nzon kù ghùtne yu
Fù' pu ne fù' ngùe ' nkéé.
Pééshe
|
56
J'AI SOIF DE TA PRÉSENCE.
1. J'ai soif de ta Présence,
Divin chef de ma foi; Dans ma faiblesse immense Que
ferais-je sans toi? Choeur Chaque jour, à chaque heure, Oh
! j'ai besoin de toi; Viens, Jésus, et demeure Auprès de
moi.
|
YESU NJI U LO' NJA A
1. Yésu nji u lo' njâ a
Wu Mfon ùe me mbém ma. Yiéka
n'té mfùe ngâ yi na, U pe ndi'u, n'do' ngét
kué ? Pééshe
Ngu liénjù, ngu fù' mentén, Me na
nzon u tùtùn : Wu' njâ kù Tita Yésu P'ute pe
nshu !
|
2. Des ennemis, dans l'ombre, Rôdent autour de moi;
Accablé par le nombre, Que ferais-je sans toi?
Choeur
|
2. Liénjù yùe mo' ngam nyi a,
Shü' én a, me mbit mbûe Shi'
lamntù a mbit ntén' a, U pe ndî'u, m'be ya
ya? Pééshe
|
3. Pendant les jours d'orage, D'obscurité, d'effroi
Quand faiblit mon courage, Que ferais-je sans toi? Choeur
|
Strophe non traduite dans le recueil
|
4. Jésus ! ta présence C'est la vie et la paix;
La paix dans la souffrance, Et la vie à jamais. Choeur
|
4.W'a ntue nshit mùn, kù Yésu,
Ngéé wum mbit nshu fùeshe, Nshu
fùeshe mbit mimshe ngam, Ndo' ntue mbit ngum
nkake Pééshe
|
|
57
LE SIGNAL DE LA VICTOIRE.
1. Le signal de la victoire
Déjà brille aux cieux ; La couronne de la
gloire Paraît à nos yeux. Choeur Je viens, combattez
encore ! Dit Jésus à tous. Oui, mon Sauveur, je
t'implore, Je lutte à genoux.
|
|
PUEN-PI, PE TENI NTU NTA PIT!
1) Pùen-pî, pe ténî ntû ntâ
pit!
Ré-nùn nku tù-tù! Shùe'tu
wume kùet n'i ndù're Mbiép mon
ngâ-rayé. Pééshe N~jitna shir ùn
gham ùn tù pit A nzie me Yésu ! Wu ! Tita yü,
ya ne ndùre, Ngu' ngam ü tù pit.
|
2. Que l'ennemi, plein de rage Redouble ses coups,
Nous ne perdons point courage : Christ est avec nous.
Choeur
|
|
2) Satan run ne mbim, nkùe nkû mi
Tamshe wu pue mén. Shimo' pôntér upue
ghâ-pit Tét mgbù pit
njùmshne. Pééshe
|
3. Suivons, amis, la bannière
Du Sauveur en croix,
Et que notre armée entière,
Se range à sa voix.
Choeur
|
|
3) Pue pe nyi mbumme tùtùwén
Mfon upue Yésu ! Pue kpa' papit upue
nkùekét A shue yié lùm
ngùé. Pééshe
|
4. Rude et longue est la mêlée : Voici le secours
!
Dans nos mains prenons l'épée Qui vainquit
toujours !
Choeur
|
|
4) Mba' pit pua' ri'kéri a shêt
Na Yésu pua' n'ùt. Pue sho'két pua nyi
nshüshü' me mbue Mbe nshi' mgbèt mgba' gba'
!Pééshe Pééshe
|
|
58
QUE TOUT GENOU FLÉCHISSE.
0. Que tout genou fléchisse
Devant ta majesté.
Et qu'aujourd'hui je puisse bis
Lâcher ma volonté !
|
NGU NTUNKUSHE' PE NTO'SHE
1. Ngu ntunkushe' pe nto'she
Mesù mfon shèt fon fon!
Ma pe mbuore tu a mansie pééshe
Mesù Mfon nshèt fon fon
|
2. Oui, devant toi je plie,
Je me courbe, ô mon Roi,
Je pleure et m'humilie, bis
Et c'est un don de toi !
|
2.Tita, me me gbù me nkut mu Mbe ngie rinwer a
n'u,
Kit Mfon a, mi u gham a pééshe
Mbùt nga sha mfa ne me
|
3. Que tout ce qui s'élève
En moi soit abaissé !
Que mon coeur, de ton glaive, bis
S'il le faut, soit percé !
|
Strophe non traduite dans le recueil
|
4.Mourir, mais c'est renaître
Et vivre désormais.
Oh ! courbe tout mon être bis
A tes pieds pour jamais !
|
4.Tita m'kpù tù yi mbèm u Me mbit
nkènne yikùe ?
Gham a, ngét n'züop tù nga shu
pééshe
Ndo' ntue nkù mkpù pô ntùm
|
59
IL EST UN ROC SÉCULAIRE.
1. Il est un roc séculaire,
Que Dieu, pour mon coeur lassé Comme un abri
tutélaire, Au sein des flots a placé. Choeur
Mon rocher, ma forteresse, Mon asile protecteur, Mon
recours dans la détresse, C'est Jésus, le Rédempteur
!
|
KRISTO PUA' LÊN A YI NKUNKU
1. Kristo pua' lên a yi nkunku,
Pefa ntù a yié réni
Nké yié mfüt, mba' nké yié
nkù na U pu i yié lùkéri.
Pééshe
Ngà-yinkuor Ngâ-yingume
a, Ngà-yintùe' she a me mbue ngam Ngà-fueshe ntu a
tù ngùe ha,
A pua' Kristo Ngà-shu' nju.
|
2. A mes pieds l'océan gronde ; Le vent siffle autour de
moi... Sur Christ, mon rocher, je fonde Mon espérance et ma foi.
Choeur
|
2. Ripâ yié rnfüt nta' wuon ne me;
Ngu ngùe' mentén ghùm a
mgbùet, N'kù njùe ne' pô ndun kristo
sha Yùe i pua' làwue sha
na. Pééshe
|
3. En vain l'ouragan fait rage, Et nulle clarté ne luit,
Paisible au sein de l'orage, J'attends l'aube après la nuit.
Choeur
|
3. Kuo nké pua mon' nké pua' po ndem
Pefa a li' ngêt kùe wa. Me nji mi kristo pua'
nùrut Màshe fùfùet ne nshur
i. Pééshe
|
4. Jouet de l'onde agitée, Cet abri, l'as-tu
trouvé ? Viens, pauvre âme tourmentée,
Au rocher qui m'a sauvé ! Choeur
|
4. Wu yùe u ka' shi' li' ti u na,
U yi Ngà-wume njù ne? Ya, wu yùe ngam
té nshèr u na Nshu tù lên nkunku ngum
u. Pééshe
|
|
60
MISÉRICORDE INSONDABLE.
1. Miséricorde insondable !
Dieu peut-Il tout pardonner ? Absoudre un si grand coupable, Et
mes péchés oublier ? Choeur
Jésus, je viens !
Je viens à Toi !
Tel que je suis, je viens à Toi ! Jésus,
je viens !
Je viens à Toi !
Tel que je suis, prends-moi.
|
NYINYI WI TATA, GA-GHUE' NZEN
1. Nyinyi wi Tâta, gà-ghùe' nzén,
Lo' tà a tù mbüker a, m'vùe ? I
tap ndo' nént'i mo' ntùt mi Tu kù sha, me püket
mùn. Pééshe Ngà-wume
pùen, n~jitna shir u, Pie' a pie' kà m'bua' na Tita
! Ngà-wume pùen, n~jitna shir u, Pie' a pie' kà
m'bua' na !
|
2. Longtemps j'ai, loin de sa face,
Provoqué son saint courroux, Fermé mon coeur
à sa grâce, Blessé le sien devant
tous. Choeur
|
2. A a yié n'ka fup mànjé, mbe Nshi' ngum
pô tù mbükér a. Shùentù Nyinyi pi run
ndun me, Ndia' shi, me yi mbükér a.
Pééshe
|
3. O Jésus ! à toi, je cède,
Je veux être libéré ; De tout
péché qui m'obsède Etre à jamais
délivré. Choeur
|
3. Me na nta' rèn tù mbükér a
Kù Yésu mfon nshêt fon fon! Ghét mi m'be nkù
nté mesù shu Lo' ndia' nguon méé fù'
wù sha : Pééshe
|
4. Alléluia ! plus de doute, Mon fardeau m'est
enlevé ; Pour le ciel je suis en route,
Heureux pour l'éternité.
Choeur
|
4. Alléluya ! Me yuén mànjé,
Pe làne ghérapü sha. Mbéére ndi
nkùe mônjùt Tâta Yùe i ntue wume njù
na.
Pééshe
|
|
61
MON COEUR JOYEUX.
1. Mon coeur joyeux, plein d'espérance,
S'élève à toi, mon Rédempteur ! Daigne
écouter avec clémence Un pauvre humain faible et pécheur.
En toi seul est ma confiance, En toi seul est tout mon bonheur.
|
TITA, YUA A NTÙN TÙ NTÙ A
YI
1. Tita, yua a ntùn tù ntù a yi
A té ngwetne ndùm ma kuore Ya nshi a, ngàm
a tù rî sha yi Yem mi mu njùen mon u pua' ke Me fa wume sha
n'u, a pe yu Me ri méé nku pùt kù Yésu.
|
2.
|
C'est vers ton ciel que, dans ma course
Je vois aboutir tous mes pas ;
De ton Esprit la vive source
Me rafraîchit quand je suis las ;
Et, dans le danger, ma ressource
Est dans la force de ton bras.
|
2. U Yiép mfù a mi n'tue nyi fa' pu
Ndia' shi m'a nta' pùt shukét n'u :
Me yu' Ntum-lute a vé ntù a Nju' she njùen
yié yàntù u pua' na. Ngà-wume pùen, u ka fa
mfum t'u
Metu a: me pit mfa ya n'u.
|
|
3. Le jour, je marche à ta lumière ;
La nuit, je repose en ton sein ;
Dès le matin, à ma prière,
Tu viens éclairer mon chemin,
Et chaque soir, ô mon bon Père,
Tu prépares mon lendemain.
|
3. Me yi pokét wume nkake yùe
Ntùnde shu kà mfa ne mùn a. A pua' ya
yua n'ki njù, njùen, nzî na Yüne wume yire
ghér a. Ntù a na nshi' mfashe tashe mén, Nji mi
nshumbokét kà ndo' p'u.
|
|
4. Je vois ainsi venir le terme De mon voyage en ces bas lieux,
Et j'ai l'attente vive et ferme Du saint héritage des cieux : Sur moi si
la tombe se ferme, J'en sortirai victorieux.
|
4. Na a tà wu wa kù Tita yù,
Shi' pe mbâm wu pu a nhî a, Me yié
ghér a nshié ngam li shi sue A pua' wu mbe Ngà-yingam
a, Wu yùe u yi fùe sha mentén a: Pe kù sha,
na mbe nto' she a.
|
|
62
OH! QUE TON JOUG EST FACILE
1. Oh ! que ton joug est facile ! Oh ! combien j'aime ta loi!
Dieu saint, Dieu de l'Evangile,
|
YUKIEME SHU LUET, KU YESU
1. Yukiéme shu lùet, kù Yésu,
A ka' nkù mbu yu kên wa. Ntùbe shu,
kù Nyinyi nkunku
|
Elle est toujours devant moi.
|
Pua' mùi lét li' shi kur a.
|
De mes pas, c'est la lumière,
|
Alléluya ! me yùen mânjé,
|
C'est le repos de mon coeur;
|
Alléluya ! me wum njéé,
|
Mais pour la voir tout entière,
|
-Ngà shu pua' yu fùeshe ntù a
|
Ouvre mes yeux, bon Sauveur !
|
Mbe yu fa wume ne me,
|
2. Non, ta loi n'est point pénible
|
2. Yésu Kristo ka tûme a
|
Pour quiconque est né de toi; Toute victoire est
possible
|
Nda kpên ûe n'ka pe ntùm a, Ngér a
me mon, mbém ne me mi
|
A qui combat avec foi.
|
M'a pe tue kpu n'tue nshir
|
Seigneur, dans ta forteresse,
|
Alléluya ! m'a tue wume
|
Aucun mal ne m'atteindra;
|
Alléluya ! njem Yésu.
|
Si je tremble en ma faiblesse, Ta droite me soutiendra.
|
-Ntù a na nkù nshi' ndùm
lùme Mbéére Tita yü Yésu
|
3. Dieu qui me guide, qui console,
|
3. Mba-pit yié nzi' tù njù po na,
|
|
J'ai connu que le bonheur;
|
Me yie lo' a pin Yésu.
|
C'est de garder tes paroles Et je les serre en mon coeur.
|
N'jié mbüe pue ka m'bua fùekér
a, Ngâ-fa téntùm pua Yésu,
|
Fais-moi marcher dans ta voie
|
Alléluya ! Yésu kü a
|
Et me plaire en tes statuts !
|
Alléluya ! me wume.
|
Si je cherche en toi ma joie, Je ne serai pas confus.
|
I na njap yum ndun mùn nju' she, I ntap mbem I ngam
shêr a.
|
63
SEIGNEUR, JE N'AI RIEN A T'OFFRIR
1. Seigneur, je n'ai rien à t'offrir
Qu'un coeur fatigué de souffrir, Et qui sans toi, ne
peut guérir : Je n'ai que ma misère. Choeur
: Prends-moi tel que je suis, Sans vertus, sans appuis, Tel que je
suis, (bis) O mon céleste Frère !
|
NGA-WUME PUEN, N'JITNA SHIR U
1. Ngâ-wume pùen, n'jitna shir u,
Ma nyénte a, kù Tita yü,
Gbùe'nzén ma ghùe' ne puntù u, Ka m'bua' mo' ndi
mon u !
Pééshe Pie' a pie' ka m'bua' na,
(Tita) Pie' a pie' ka m'bua' na, (Tita) Tita yu' yié té
ngié n'u na, Pie' a pie' ka m'bua' na.
|
|
2. J'ai transgressé ta sainte loi ;
Le péché vainqueur règne en moi ; Pour
me présenter devant toi, Je n'ai que ma souillure. Choeur
: Prends-moi tel que je suis, Sans vertus, sans appuis, Tel que je
suis, (bis) Lave mon âme impure !
|
|
2. Mbükér a sue wetne ndun me ! Me lo' ghét
na ké me ngum me? Wume a, kù Tita Yésu, Ka m'bua' mo' ndi
mon u.
Pééshe Pie' a pie' ka m'bua' na,
(Tita) Pie' a pie' ka m'bua' na, (Tita) Tita yu' yié té
ngié n'u na, Pie' a pie' ka m'bua' na.
|
3.
|
Faible est ma chair, faible est mon coeur !
Pour repousser le tentateur,
O mon divin Libérateur,
Je n'ai que ma faiblesse.
Choeur :
Prends-moi tel que je suis,
Sans vertus, sans appuis,
Tel que je suis, (bis)
Subviens à ma détresse !
|
3.
|
Mbükér a gha' nshêt ghâme shu?
Nshié yum ma ngé' nshêt pùntù u, Vùe
mbükér a ne lù're shu Ka m'bua' mo' ndi mon u.
Pééshe Pie' a pie' ka m'bua' na,
(Tita) Pie' a pie' ka m'bua' na, (Tita) Tita yu' yié té
ngié n'u na, Pie' a pie' ka m'bua' na.
|
|
|
4. Ton sang versé me blanchira,
Ton Saint-Esprit m'affranchira, Ta richesse
m'enrichira, O mon céleste Maître ! Choeur
: Prends-moi tel que je suis, Sans vertus, sans appuis, O mon Sauveur
! Rends-moi vainqueur, Et tel que je dois être !
|
4.
|
Mo' Nyinyi ndi', a li na wu, Ngâ-wume pùen pit
nkù ndi wu M'a nkù nzé tu mànjé po n'u. Ka
m'bua' mo' ndi mon u.
Pééshe Pie' a pie' ka m'bua' na,
(Tita) Pie' a pie' ka m'bua' na, (Tita) Tita yu' yié té
ngié n'u na, Pie' a pie' ka m'bua' na.
|
64
4.2. MÉTHODE D~ANALYSE
L'analyse que nous allons effectuer est à la fois
quantitative et qualitative. L'aspect qualitatif sera basé sur le
pentathlon principle de Peter Low. L'aspect quantitatif
quant'à lui s'inspire de la méthode élaborée par
Johan Franzon (2008). Il sera question d'apprécier la présence de
dix éléments dans la traduction des chants que nous avons
sélectionnés. Les éléments pris en compte sont:
· le nombre de mots,
· la comparaison des syllabes et des mots,
· la traduction littérale,
· les omissions,
· les additions,
· la traduction des métaphores,
· les rimes,
· la réorganisation du texte,
· les paraphrases ou adaptations,
· les emprunts.
Cette méthode a pour but d'identifier les
éléments sur lesquels le traducteur s'est attardé, ainsi
que les difficultés qu'il a rencontrées. Nous nous sommes servi
du logiciel de traitement de texte Word dans nos différents
décomptes. Nous avons donc comparé le nombre de mots et le nombre
de syllabes (pieds) entre le texte source et le texte cible pour évaluer
l'harmonie mélodie/paroles. Nous avons aussi cherché à
savoir si les additions et les omissions étaient récurrentes. Le
défi ultime à relever en traduction musicale, c'est la
reproduction des rimes. La rime rend généralement impossible
l'utilisation des métaphrases. Nous avons cherché à savoir
comment le traducteur a surmonté cette difficulté dans
Yùopnké pùen kristo. De plus, nous nous sommes
posé la question de savoir si la disposition des vers et des strophes
était la même dans les textes de départ et
d'arrivée. Nous avons aussi évalué le pourcentage de
paraphrases. Pour finir, nous avons vérifié si les mots du texte
de départ ont été utilisés dans le texte
d'arrivée. Nous avons aussi consulté des musiciens pour savoir si
les notes musicales correspondaient au texte. Afin de mieux illustrer nos
résultats, nous avons pensé que la meilleure manière de
les présenter serait sous forme de graphiques colorés.
65
4.3. NOMBRE DE MOTS DANS LES TEXTES SOURCES ET CIBLES
Nous comparons ici le nombre de mots utilisés au total
dans les dix chants en français et leurs traductions en shüpamom.
Les résultats sont présentés ci-dessous dans la figure
1.

240
220
200
180
160
140
120
100
40
80
60
20
0
99
132
94
90 90 93
106
Texte source Texte cible
103
78
70
100
119
112112
148
179
141 135
161
210
Figure 1: graphique comparatif du nombre de mots dans les
textes sources et cibles.
La figure 1 montre que le nombre total des mots des textes
sources est de 1110 tandis que celui des textes cibles est de 1272 pour un
total global de 2382 mots, soit une différence d'environ 6% (162 mots).
Il en résulte que les chants en shüpamom ont utilisé plus de
mots que les chants en français. Sur les 10 chants
sélectionnés, 7 chants en shüpamom ont plus de mots que
leurs textes originaux en français. 2 chants présentent des
situations où la traduction a moins de mots ou le même nombre de
mots. Dans J'ai soif de ta Présence - Yésu nji u lo'
njâ a, le français a 94 mots et le shüpamom en a 90 soit
un écart de 4 mots, dans Que tout genou fléchisse - Ngu
ntunkushe' pe nto'she, le texte original a 78 mots et le texte traduit en
a
66 70 soit un écart de 8 mots. Le cas particulier est
celui de Miséricorde insondable - Nyinyi wi Tâta
gà-ghùe ' nzén où les textes source et cible
ont le même nombre total de mots. La raison pour laquelle le nombre des
mots est plus élevé est dû a la métrique. Cet aspect
sera analysé plus bas. Le shüpamom utilise plusieurs mots où
le français n'en utilise qu'un seul. Dans les cas du SAF 148 j'ai
soif de ta présence, et du SAF 294 Que tout genou
fléchisse, le cantique français a quatre strophes tandis que
la traduction bamoun n'en a que trois; la troisième strophe n'a pas
été traduite. Dans le cantique Miséricorde insondable
- Nyinyi wi Tâta gà-ghùe ' nzén,
l'égalité entre le nombre des mots justifie une
métrique parfaite.
4.3.1. DISPARITÉ MOTS/SYLLABES POUR UNE HARMONIE
RYTHMIQUE
Selon le Pentathlon principle de Low cité par
Franzon (2008),« in a song, the music has its particular rhythm
that determines the rhythm in which the ST will be performed. The translator's
duty to the composer requires a high degree of respect for this pre-existing
rhythm. » Le musicotraducteur doit essayer de maintenir le plus possible
le rythme du chant originel. Il doit chercher à maintenir le plus
possible le même nombre de syllabes que dans les phrases originelles.
Cependant, cette opération n'est pas toujours facile. Il arrive que le
traducteur varie un peu dans les notes musicales, mais la mélodie reste
la même. Pour pouvoir obtenir le même rythme que dans le chant
originel, plusieurs stratégies se présentent au traducteur. Il
peut, par exemple, ajouter, répéter ou omettre un mot. D'autres
aspects qui jouent un rôle en ce qui concerne le rythme sont l'intonation
et l'accentuation. Le traducteur devrait toujours essayer de placer les
syllabes naturellement accentuées sur des notes accentuées. C'est
un problème considérable pour le traducteur des chants
français en shüpamom. Notons qu'en français, l'accent tombe
naturellement presque toujours sur la dernière syllabe. Pour pouvoir
répondre aux exigences du critère de rythme, le traducteur doit
donc souvent chercher des mots shüpamom dans lesquels l'accent tombe sur
la dernière syllabe. Le traducteur doit également tenir compte
des pauses dans la musique : une pause ne peut pas tomber au milieu d'un
mot.
67
La figure 2 ci-dessous présente à quel point se
situe l'écart entre le nombre de mots et les syllabes des textes sources
et cibles.

45
40
70
65
60
55
50
35
30
25
20
15
10
0
5
55 55
52 52
25 25
Nombre syllabes Nombre de mots
52 52
26 26
60 60 60 60
54 54
63 63 61 61
Figure 2 : graphique comparatif des mots et des
syllabes
Nous nous sommes limité aux premières strophes
et au choeur, car chaque chant garde la même mélodie du
début à la fin. Le nombre de syllabes dans chacun des vers des
textes sources (en vert) est exactement le même que celui des textes
cibles (en jaune), contrairement au nombre de mots qui diffèrent
légèrement. Le shüpamom utilise des mots relativement plus
courts. Pour garder le même nombre de syllabes, le shüpamom a
surtout fait recours à la diérèse.
Exemple 4 : harmonisation des syllabes par
diérèse. SAF 321
Oh /! Com/bien /j'a/i/me /ta /loi ! (5mots/ 8syllabes) A/ ka'
/nkù/ mb/u /yu /kên /wa.(7mots/8syllabes)
SAF 262
Et /qui /sans /to/i/, ne/ peut/ gué/rir (7mots/9syllabes)
Gbùe/'nzén/ ma/ ghù/e'/ ne
/pun/tù /u, (7mots/9
68
SAF336
Mon/ coeur /jo/yeux/, plein /d'es/pé/ran/ce,
(5mots/9syllabes) Ti/ta/, yua/ a /ntùn /tù/
ntù/ a/ yi (7mots/9syllabes)
SAF 289
D'of/frir/ à/ Jé/sus/-Christ, (4mots/6syllabes)
Pua/ ntù/ a/ ne/ Yé/su
(4mots/6syllabes)
SAF397
Que/ Dieu/, pour/ mon/ coeur /las/sé, (6mots/6syllabes)
Pe/fa/ ntù /a /yié/ ré/ni (5mots/6
syllabes)
SAF 262
Et /qui/ sans/ to/i/, ne /peut/ gué/rir (7mots/9syllabes)
Gbùe/'nzén/ ma/ ghù/e'/ ne/
pu/ntù /u,(6mots/9syllabes)
4.3.2. UTILISATION DE LA TRADUCTION LITTÉRALE
La traduction littérale est un procédé qui
consiste à traduire la langue source mot à mot,
sans effectuer de changement dans l'ordre des mots ou au niveau
des structures grammaticales
et tout en restant correct et idiomatique.
avaler la pilule: to swallow the
pill
avoir un mot sur le bout de la langue: to
have a word on the tip of the tongue
tirer à sa fin: to draw to an
end
voir rouge: to see red
À cette étape, nous avons considéré
le vers comme base de notre analyse. Après évaluation
des chants sélectionnés, nous sommes parvenus au
résultat présenté ci-dessous.

69
34
32
32
30
28
26
24 24
24
21 20
22
20
20
18
16
16
14
12
12
10
8
6
1
1
2
0
0
3
4 2 2
Nombre de vers Traduction Littérale
20 19
0 0 0 0
Figure 3 : graphique représentant la traduction
littérale dans les textes cibles.
La figure 3 présente les résultats suivants: sur
211 vers traduits, la traduction littérale est employée 9 fois,
soit environ 4% du corpus.
a) Dans Yâ nkut nshür u tù lamntù
shü, elle est employée 2 fois
1- Oh ! viens Esprit de Dieu ! Ya kù
Yîéne Nyinyi
Oh ! Viens &&&&&&&&Ya
kù, Esprit
&&&&&&&&&&Yîéne
de Dieu! Nyinyi
2- Esprit de Dieu ! Baptise-nous de
feu&&&&&Yîéne Nyinyi, sue nke mu me tu
yü
Esprit
&&&&&&&&&&&&
Yîéne
de Dieu !
&&&&&&&&&&& Nyinyi
Baptise&&&&&&&&&&&&
sue nke
nous
&&&&&&&&&&&&& me tu
yü.
de feu ! mû
70
b) La traduction littérale apparait aussi 2 fois dans
A fa me ndâ nwer a yî
3- En vivant
sacrifice&&&&&&&&& Me ndâ
yusiéne ngumkét
En&&&&&&&&&&&.&Me
Vivant&&&&&&&&&&
ngumkét sacrifice
&&&&&&&&&ndâ yusiéne
4- A toi seul je veux
être&&&&&&&&&&Me nà nzon
kù ghùtne yu A
toi&&&&&&&&&&&&yu seul
&&&&&&&&&&&&.kù je
&&&&&&&&&&&&&.Me veux
&&&&&&&&&&&&nà nzon
être&&&&&&&&&&&&..ghùtne
c) Dans Yésu nji u lo' njâ a elle est
utilisée 3 fois
5- Oh ! j'ai besoin de Toi - Me na nzon u
tùtùn Oh !
&&&&&&&&&&&&&..tùtùn
j'ai &&&&&&&&&&&&&&.Me
na besoin &&&&&&&&&&&&..nzon de
Toi&&&&&&&&&&&&&u
6- Chaque jour, à chaque heure - Ngu
liénjù, ngu fù' mentén,
Chaque
&&&&&&&&&&&&&&..Ngu
jour&&&&&&&&&&&&&&&.liénjù
à
chaque&&&&&&&&&&&&&&ngu
heure
&&&&&&&&&&&&&&fù'
mentén,
7- Que ferais-je sans Toi ?- U pe ndi'u, n'do' ngét
kué ?
Que
&&&&&&&&&&&&&&
kué Ferais&&&&&&&&&&&&&&&ngét
je
&&&&&&&&&&&&&&&&&
n'do' sans
&&&&&&&&&&&&&&&&pe
ndi'u
Toi&&&&&&&&&&&&&&&&
U
71
d) Une fois Dans Ngu ntunkushe' pe nto'she
8- Que tout genou fléchisse - Ngu ntunkushe' pe
nto'she
Que tout
&&&&&&&&&&&&&&
Ngu
genou
&&&&&&&&&&&&&&&
ntunkushe'
fléchisse&&&&&&&&&&&&&&&.pe
nto'she
e) Enfin une fois dans Ngâ-wume pùen, n'jitna
shir u
9- Prends-moi tel que je suis - Pie' a pie' ka m'bua'
na
Prends&&&&&&&&&&&&&&&
Pie' pie'
moi
&&&&&&&&&&&&&&&&&a
tel que
&&&&&&&&&&&&&&&.ka
je
suis&&&&&&&&&&&&&&&.m'bua'
na
Nous remarquons après cette analyse que la traduction
littérale a été très peu utilisée. Le
traducteur a certainement voulu garder le naturel et le
génie de la langue bamoun.
4.3.3. L'ADDITION ET L'OMISSION
Traduire, c'est transmettre fidèlement le message. Mais
l'omission de certains mots clés ou l'ajout des mots qui n'ont rien
à voir avec le texte de départ pourrait modifier le sens du
message transmis. Il est question ici d'évaluer l'ajout des mots dans le
texte traduit ou l'omission des mots du texte source dans le texte traduit.
Cependant, il est difficile de faire la démarcation entre le concept
d'addition/omission et une paraphrase. Nous avons considéré comme
adaptation ou paraphrase les cas où les mots sont omis ou ajoutés
, mais dont le sens est rendu fidèlement dans la traduction.
Exemple 5 : additions
1- J'ai soif de ta Présence - Yésu
nji u lo' njâ a (SAF 184)
2- Chaque jour à chaque heure - Ngu
liénjù, ngu fù' mentén
(SAF184)
Exemple 5 : omissions
3- Conduis-nous de jour en jour - Pe
nshî wü ne Kom ne shü' (SAF 143)
4- Esprit saint, Esprit d'amour - Kù
Yîéne Tâta Nzènkét. (SAF 143)
72
Dans (1) l'addition est marquée par le nom
Yésu. La traduction exprime bien l'idée de manque, mais
le message aurait été incomplet si le nom Yésu n'y
figurait pas. Dans l'énoncé (2), mentén est un
ajout résultant de la collocation imposée par le changement
d'optique dans la traduction. En fait le texte original parle de chaque jour en
particulier, tandis que la traduction parle de tous les jours.
L'énoncé (3) est une adaptation, car l'expression ne om
ne
shü' veut littéralement dire de jour
comme de nuit. Le traducteur a surement opté pour cette expression pour
respecter le génie de la langue et pour harmoniser le nombre de syllabes
du vers source et du vers cible. Nous considérons (4) comme omission
parce que l'idée d'amour n'est exprimée ni dans le vers, ni dans
la strophe. Les figures 4 et 5 présentent respectivement le nombre
d'additions opérées dans les textes traduits et les omissions du
texte source.

240
220
200
180
160
140
120
100
40
80
60
20
0
132
0 0 2 3 0 0 0 0
106
90
Nombre de mots Additions
103
70
119 112
179
141
10
210
0
Figure 4 : graphique de représentation des
additions dans les textes cibles.
La figure 4 nous indique que l'addition est quasi inexistante
dans la traduction de chaque chant. Dans l'ensemble, 14 mots sont des ajouts
sur un total de 2382 mots. Dans Yésu nji u lo' njâ a,
c'est le nom Yésu qui a été ajouté au premier vers
pour compléter le sens du vers. Le vers Mbiep mon
ngâ-rayé dans la première strophe du chant
Pùen-pî, pe ténî ntû ntâ pit est
un ajout puisque les trois autres vers de la même strophe traduisent
déjà complètement
73
le message de la première strophe du chant Le
signal de la victoire. Le nombre d'additions s'élève
à 10 dans Yukiéme shu lùet kù Yésu
car c'est le nombre de fois qu'Alléluia et Yésu
ont été employés alors qu'ils ne figurent pas dans le
chant original. Après l'analyse des additions dans les chants traduits,
nous nous sommes intéressés aux mots omis dans la traduction en
shüpamom.

180
160
140
120
100
40
80
60
20
0
112
99
1 1
94
90 93
Nombre de mots Omissions
18
0
78
22
100
2 0 0
148
135
0
161
19
Figure 5 : graphique de représentation des
omissions dans les textes sources.
La figure 5 présente les résultats auxquels nous
sommes parvenus. Au total 63 mots sont omis dans un corpus de 1110 mots. Les
chants J'ai soif de ta Présence, Que tout genou fléchisse
et Seigneur je n'ai rien à t'offrir, ont des nombres
élevés de mots omis parce qu'ils ont chacun une strophe non
traduite. Dans Seigneur, je n'ai rien à t'offrir, le traducteur
a préféré reprendre le même refrain laissant ainsi
non traduit le dernier vers de chaque strophe. En bref, nous remarquons que
l'addition et l'omission sont rares dans les chants.
4.3.4. LA TRADUCTION DES MÉTAPHORES
La métaphore est un trope fondé sur l'analogie
et/ou la substitution. C'est un type particulier d'image sans outil de
comparaison qui associe un terme à un autre appartenant à un
champ lexical différent afin de traduire une pensée plus riche et
plus complexe que celle qu'exprime un vocabulaire descriptif concret. Newmark
(1988 :104) dit que la métaphore est
74
toute expression figurative. Par exemple, la personnification
d'une abstraction, ou la description d'une chose par une autre. Les
métaphores peuvent être simples (un seul mot), un idiome, une
phrase ou un proverbe. Le but de la métaphore est essentiellement
double. La métaphore décrit un processus mental ou un
état, un concept, une personne, un objet, une qualité ou une
action et le rend plus compréhensif. En même temps le
côté pragmatique fait simultanément appel au sens, à
l'intérêt, pour plaire, à la surprise.
Exemple:
La fleur de l'âge, le temps c'est de l'argent, la
langue de Molière
Dans le domaine de la traduction, cette figure de style, sous
ses différentes formes, pose des contraintes importantes dès lors
qu'il apparaît dans un énoncé appartenant à une
culture particulière et qu'on entreprend de le restituer dans une autre
langue. Dans l'environnement textuel où elle apparait, elle demeure
spécifique et subit des adaptations dès lors que le contexte
cible l'exige. Dans le cadre d'une approche interprétative, le
traducteur est le plus souvent contraint à l'utilisation de la
paraphrase explicative, d'autres fois, c'est l'équivalence culturelle ou
l'innovation qui sont mises en valeur. Kihlström (2006 : 118) cité
par Elisabet Akemark (2001) dans son mémoire pense qu'un langage
plein de métaphores donne l'impression d'être plein d'inspiration
et peut éveiller de fortes réactions émotionnelles.
Le traducteur doit traduire dans une autre langue le contenu et les
connotations de la métaphore, en gardant en même temps, autant que
possible les traits formels de la métaphore.Whittaker (2000) pense qu'il
est important pour un traducteur de bien connaître les réseaux
métaphoriques utilisés dans un domaine précis dans ses
langues de travail. Elle estime que si le traducteur connaît ses
domaines, il peut décider s'il va garder la métaphore telle
quelle ou s'il va l'adapter et la moduler. Le français regorge
d'expressions fleuries, donc plus riche en métaphores que le
shüpamom.
Différents théoriciens ont défini des
stratégies variées pour la traduction des métaphores.
Ann-Christine Hagström (citée par Elisabet Akemark) définit
dans sa thèse de doctorat neuf stratégies pour la traduction des
métaphores. Les stratégies de traduction sont: traduction
littérale ; comparaison pure; traduction d'une interprétation non
métaphorique; remplacement par une autre métaphore; omission;
omission partielle; ajout métaphorique; même métaphore avec
explications et déviation. Les procédés proposés
par Peter Newmark (1994) pour traduire la métaphore vont nous servir de
grille d'analyse dans la traduction des métaphores.
75
Ces procédés se résument comme suit:
- la traduction littérale ou mot à mot,
- la paraphrase explicative,
- l'innovation créative,
- l'équivalence culturelle,
- l'élision totale.
Les résultats de la figure 6 montrent une forte
utilisation d'expressions imagées, tant dans la
langue source que dans la langue cible.

10
4
8
0
6
2
7
8
55 55
Métaphores Texte cible Métaphores texte source
44 4
3
7
8
3
5
3
4
3
5
1
3
Figure 6 : graphique de représentation des
métaphores dans les textes sources et cibles.
Selon les exigences du contexte, le traducteur a opté
pour des procédés de façon à rapprocher, autant que
faire se peut, le lecteur ou le chanteur de la traduction à
l'idée de l'original. Le traducteur opte tantôt pour la
traduction littérale, tantôt pour la paraphrase
explicative ou bien l'innovation créative. Dans certains
cas, c'est le procédé d'équivalence culturelle
qui est choisi, dans d'autres cas, il procède par
l'élision totale. C'est dire qu'à chaque situation
correspond un choix particulier.
76
· Traduction par le procédé
littéral
Exemple 6 : traduction des métaphores par
procédé littéral
1) Que tout genou
fléchisse&&&&&&&&&&&&&.Ngu
ntunkushe' pe nto'she
Devant ta majesté Mesù mfon shèt fon
fon !
2) En vivant
sacrifice&&&&&&&&&&&&&..Me
ndâ yusiéne ngumkét Les exemples (1) et (2)
présentent des traductions littérales sans grande
difficulté. Le
genou qui fléchit est une métonymie pour
désigner la soumission de l'être corps et âme à son
Dieu créateur. Le traducteur a repris littéralement cette image
dans sa traduction. Il en est de même pour vivant sacrifice où le
traducteur reprend mot pour mot les termes vivant et sacrifice
(adjectif +nom) yusiéne ngumkét (nom +adjectif),
termes qui renvoient à l'adoration de Dieu pendant que l'on vit encore.
La nuance que le traducteur a apporté dans ces deux exemples est qu'il a
traduit le terme majesté par mfon shèt fon fon,
et ajoute ndâ devant yusiéne. Dans le premier
cas, mfon shèt fon fon signifie littéralement roi des
rois, c'est sans doute pour faire la différence entre cette
majesté divine et la royauté telle que conçue par le
bamoun. Le mot ndâ devant yusiéne exprime la
sincérité.
· la paraphrase explicative
Le traducteur est souvent confronté à des
ambiguïtés dues à l'absence d'éléments
référentiels auxquels se rapporte la métaphore. Il
éprouve alors le besoin de rendre le texte cible plus clair et plus
compréhensible. Il utilise par conséquent des formes plus
explicites et plus étoffées.
Exemple 7 : traduction des métaphores par
paraphrase explicative
3) Mon rocher, ma forteresse
|
&&&&&&&&&&&Ngà-yinkuor
Ngâ-yingume a,
|
|
Mon asile protecteur, Ngà-yintùe' she a me
mbue ngam
Mon recours dans la détresse Ngà-fueshe ntu a
tù ngùe sha
4) Miséricorde insondable!
&&&&&&&&&&&Nyinyi wi Tâta,
gà-ghùe' nzén,
Dans (3) le traducteur a procédé à
l'explication des termes forteresse, asile protecteur et recours. Ces termes
renvoient à Jésus Christ. Dans le texte source, il est
représenté par des lieux, tandis que le traducteur utilise une
personnification pour relever la nuance. La
77
miséricorde insondable de l'exemple (4) est une
périphrase métaphorique qui représente Dieu. La traduction
décrit juste cette image.
· l'innovation créative
Nous parlons de ce procédé toutes les fois que
le traducteur innove selon le contexte et les besoins stylistiques de
l'énoncé cible. Il injecte ainsi à ce dernier une forme
esthétique, modelée par son don créatif.
Exemple 8 : traduction des métaphores par
innovation créative
5) Rends-toi maître de nos
âmes&&&&&&&&&.Yâ nkut
nshür u tù lamntù shü,
6) Le péché vainqueur règne en
moi&&&&&&&&Mbükér a sue wetne ndun
me !
Le traducteur utilise l'image d'un palais (nshüt)
dans (5) pour décrire l'idée de l'âme dirigée
par le maître qui n'est personne d'autre que Jésus Christ.
Littéralement la traduction en shüpamom se dirait « viens
construire ton palais dans nos coeurs ». Dans (6) le péché
est personnifié en français, tandis qu'il est resté
abstrait en shüpamom.
· l'équivalence culturelle
L'équivalence concerne beaucoup plus les expressions
idiomatiques ainsi que les figements et toute traduction littérale dans
un tel cas, aboutirait nécessairement à des contresens.
Exemple 9 : traduction des métaphores par
équivalence culturelle.
7) J'ai soif de ta
Présence&&&&&&&&&&&&&&&Yésu
nji u lo' njâ a
8) Et que sur moi descende
&&&&&&&&&&&&&& Ngu' mfa
mboutne shu ne pü
La flamme du saint lieu ! Shü' mû
Yîéne ndun pü
L'équivalence culturelle de soif est traduite dans (7)
par le nom njié qui signifie besoin. Une adaptation
culturelle est utilisée dans (8) pour paraphraser la métaphore.
Le nom mbouotne signifie bénédiction. Ainsi donc, la
flamme qui descend du saint lieu est assimilée à une
bénédiction divine.
· l'élision totale
Le traducteur peut toujours innover procédant ainsi
à une réécriture dans un style poétique ou comme
l'exige le texte cible ou alors, il peut procéder par une élision
totale de la métaphore.
78
Exemple 10 : traduction des métaphores par
élision totale.
9) Que l'ennemi, plein de rage & Satan run ne
mbim, nkùe nkû mi
Redouble ses coups Tamshe wu pue mén.
10) Ton sang versé me
blanchira&&&&&&&&&&Mo' Nyinyi ndi ', a
li na wu,
Ton Saint-Esprit m'affranchira, Ngâ-wume pùen
pit nkù ndi wu
Ta richesse m'enrichira, M'a nkù nzé tu
mànjé po n'u.
Dans les exemples (9) et (10) le traducteur a
réécrit les vers en gardant le fond du message. L'idée de
l'ennemi qui redouble ses coups est remplacée par Satan qui, plein de
rancoeur, affûte ses armes pour attaquer. Le paradoxe du sang
versé qui blanchit a été omis au profit d'un tout autre
message qui garde cependant l'idée du Dieu libérateur. Les
résultats de notre étude sur la traduction des métaphores
nous permettent d'affirmer que malgré les différences culturelles
et linguistiques, une approche interprétative dans le processus
traductionnel permet d'établir des passerelles entre les cultures.
4.3.5. LES RIMES
Le Petit Robert définit la rime comme «
une disposition de sons identiques à la finale de mots placés
à la fin de deux unités rythmiques; élément de
versification, procédé poétique que constitue cette
homophonie.» Elle est un accent phonétique. La rime ne saurait se
contenter de sonorités banales et qui passent inaperçues, sans
trahir sa mission qui est de se faire entendre, de ponctuer le vers soit en
frappant soit en charmant l'oreille. Dans les compositions musicales, la rime
est un élément esthétique. Elle rend le chant
agréable à l'écoute. La disposition des rimes varie dans
les chants.
La question de la rime est une question qui a
traditionnellement eu une très grande influence en traduction musicale.
Dans le cas d'une traduction entre langues homogènes, beaucoup de
traducteurs cherchent à maintenir la majorité des rimes qui se
trouvent dans le texte originel; ce qui a eu souvent pour conséquence
des pertes considérables au niveau de la chantabilité ou du
naturel. Le principe d'équilibre exige une certaine flexibilité
quant à la gestion des rimes. Le traducteur pourra, par exemple, opter
pour la rime pauvre, telle que l'assonance et la consonance. En acceptant la
rime pauvre comme possibilité, le traducteur obtient toute une gamme de
possibilités pour éviter une grosse perte sémantique. Une
possibilité est de réduire le nombre de rimes ou d'utiliser des
rimes proches ou même de changer le schéma des rimes (par exemple:
AABB en ABAB ou AAABBB). Low (2005) ne

35
30
25
20
15
10
0
5
20 20 20 20
4
Rimes du texte source Rimes du texte cible
4
7
0
16
6
20 20
5
4
24 24
18 18
32
16
La figure 7 ci-dessus présente l'utilisation des rimes
dans les textes source et cible.
79
rejette pas les changements raisonnables dans la
fréquence ou la qualité de la rime et le compte des syllabes il
dit plutôt :
Yes, I will have some rhyme. But I will seek some margin
of flexibility... In this case the rhymes won't have to be as perfect or
numerous as in the ST, and the original rhyme-scheme need not be observed. I
will try to get a top score, but not at too great a cost to other
considerations (such as meaning).
Au cas où la chanson spécifique demanderait une
autre stratégie, le traducteur peut cependant changer un peu
l'équilibre. Peter Low (2005) fait une distinction entre les chansons
logocentriques, dans lesquelles la langue est la plus importante, et les
chansons musicocentriques, dans lesquelles la musique est la plus importante.
À propos de cette distinction, il propose la stratégie suivante:
« When I judge a particular song to be musico-centric, I tend to choose
options that score highly on singability even at the expense of sense. In
logocentric songs I tend to favour sense over singability or rhythm, because
the words (and their author) deserve to receive high priority. » Tout
comme Low, Colmer (2012) dit que, si un changement est inévitable, il
est préférable d'utiliser des rimes faibles ou proches, ou
même pas de rime, ou changer systématiquement le schéma de
la rime. Mais si on perd le sens à cause de la rime, il n'y aura pas
d'autre choix que de la supprimer. La rime est un trait esthétique et
non obligatoire
80
Les statistiques des rimes employées dans les textes
sources et cibles montrent que tous les cantiques en français sont
rimés. Le traducteur a essayé de créer des rimes en
shüpamom, même si elles ne respectent pas les dispositions
conventionnelles.
Dans la langue source, les rimes se présentent comme
suit:
· Rimes plates ou suivies A A B B
Elles sont inexistantes dans les chants
sélectionnés. Mais l'exemple suivant s'en
rapproche.
Ton sang versé me blanchira,
Ton Saint-Esprit m'affranchira,
Ta richesse m'enrichira, O mon
céleste Maître! Prends-moi tel que je
suis, Sans vertus, sans appuis, O mon
Sauveur!
Rends-moi vainqueur, Et tel que je dois
être! (SAF 262 :4)
· Rimes croisées A B A B
Cette disposition est la plus fréquente dans les
chants sélectionnés. La quasi-totalité des chants ont des
rimes croisées.
Rends-toi maître de nos âmes,
Esprit-saint, Esprit d'amour! Et de tes divines
flammes Embrase-nous en ce jour.
(SAF 143 :1)
· Rimes embrassées A B B A
Cette disposition est aussi très rare dans nos chants.
Oh ! Viens, Esprit de Dieu! Fais-nous
sentir ta présence, Revêts-nous de ta
puissance Et baptise-nous de feu!
(SAF143 : choeur)
Le français est une langue facile à chanter,
car presque tous les mots finissent par une voyelle ouverte. De même,
quand les mots finissent par une consonne, la prononciation des mots finit
presque toujours avec une voyelle. Les rimes sont présentes dans tous
les chants français.
81
Dans les chants en shüpamom, les rimes apparaissent de
façon sporadiques.
· Rimes en AAAB Yésu nji u lo'
njâ a
Wu Mfon ùe me mbém ma.
Yiéka n'té mfùe ngâ yi na, U pe
ndi'u, n'do' ngét kué ? (YPK.
268)
· Rimes en AA BB AA U Yiép
mfù a mi n'tue nyi fa' pu Ndia' shi m'a nta' pùt
shukét n'u : Me yu' Ntum-lute a vé ntù
a
Nju' she njùen yié yàntù u pua'
na. Ngà-wume pùen, u ka fa mfum t'u Metu a: me
pit mfa ya n'u. (YPK.206)
· Rimes en AA AA
Mbükér a gha' nshêt ghâme
shu? Nshié yum ma ngé' nshêt
pùntù u, Vùe mbükér a ne
lù're shu
Ka m'bua' mo' ndi mon u.
(YPK. 221)
· Rimes en AB AB Yîéne
Nzènkét, Yîéne wume, Pe nshî
wü ne nom ne shü', Ngét pü pe nkù
nton pit tone Lo' ndia'shî méé fù'
wù shü. (YPK. 123)
Nous remarquons que la nature des rimes dans les traductions
en shüpamom de notre corpus est pauvre. Elle se base sur des
phonèmes tels que : /a/, /u/, /y/, /
è/. Nous pensons que ces rimes se sont
constituées naturellement pendant la disposition des vers. Le traducteur
n'y est pas arrivé de façon consciente. C'est le génie de
la langue qui impose la disposition des
82
mots. Contrairement au français, le shüpamom ne
peut pas bénéficier de certaines tournures stylistiques comme
l'inversion des mots. Cependant en traduction poétique et musicale, il
est extrêmement difficile de reproduire textuellement les rimes. Le
musicotraducteur peut avoir recours à d'autres stratégies pour
contourner cette difficulté ou l'ignorer tout simplement.
Exemple 11 : représentation des rimes dans les
textes
Texte original
|
Traduction
|
SAF143 :4
Esprit de vie et de gloire, Conduis-nous de
jour en jour, Et de victoire en victoire,
Jusqu'au céleste séjour.
|
Yîéne Nzènkét, Yîéne
wume, Pe nshî wü ne nom ne
shü', Ngét pü pe nkù nton pit
tone Lo' ndia'shî méé fù'
wù shü.
|
SAF397 :1
Il est un roc séculaire,
Que Dieu, pour mon coeur
lassé
Comme un abri tutélaire,
Au sein des flots a placé.
|
Kristo pua' lên a yi
nkunku,
Pefa ntù a yié réni
Nké yié mfüt,
mba' nké yié nkù na U pu
i yié lùkéri.
|
SAF259 :1
Miséricorde insondable! Dieu peut-Il
tout pardonner? Absoudre un si grand
coupable, Et mes péchés oubliés?
|
Nyinyi wi Tâta, gà-ghùe' nzén, Lo'
tà a tù mbüker a, m'vùe ? I tap ndo' nént'I
mo' ntùt mi Tu kù sha, me püket mùn.
|
Dans le couplet 4 du cantique SAF 143, la rime croisée
(ABAB) s'est reproduite par hasard dans la traduction. La traduction du
cantique SAF 397, par contre, crée une allitération du son
/k/, qui traduit certainement l'idée de roc et de puissance.
Dans le cantique SAF 259, le traducteur évite la rime, mais respecte le
mètre de chaque vers. Le défi est de rester naturel dans la
traduction. Il est primordial de garantir une certaine cohésion entre le
texte et la musique. La rime ne peut se forcer à suivre la distribution
de texte de départ, le texte d'arrivée doit pouvoir bâtir
son propre équilibre musical.
83
4.3.6.LA RÉORGANISATION DU TEXTE
Nous entendons par réorganisation du texte ici les cas
où un segment de texte ou un vers dans la langue source quitte sa
position initiale pour en prendre une nouvelle dans la langue cible. Nous
allons vérifier ici à quelle fréquence le traducteur a
déplacé des strophes ou des vers au cours de la traduction. La
figure 8 présente le nombre de vers ou de strophes
déplacés.

40
30
20
10
0
21 20
1
2
Nombre de vers Réorganisations
16
1
20
1 1
12
20 19
1
0
24 24
0
1
32
0
Figure 8 : graphique de représentation de la
réorganisation dans les traductions.
La réorganisation est très difficile à
distinguer dans la traduction des chants comme la montre la figure 8. Certaines
strophes sont réécrites avec l'idée générale
du texte source. Dans J'ai soif de ta Présence (Yésu nji u
lo' njâ a) la deuxième strophe n'est pas traduite. Ce qui
cause un décalage dans la disposition des strophes. Il en est de
même pour Que tout genou fléchisse (Ngu ntunkushe' pe nto'she)
où la troisième strophe n'est pas traduite. Les cas
où le traducteur a déplacé des vers sont assez rares.
Notons que plus les phrases du texte source ont un style compliqué, plus
le texte cible va subir une réorganisation.
84
Exemple 12 : Réorganisation en
traduction.
SAF 143
Saint-Esprit de la
promesse&&&&&&&&&&&&&&&.Yu
pùngan lo' me pue Tâta,Qui
nous scellas de ton sceau Yâ ngét mi nga
shü mie ndia ',
Dévoile-nous la richesse Ne yingét
fu' lo' nkutù pùt
De l'héritage
d'en-haut Shôr ü ngu tu' yü
mentén.
SAF259
O Jésus ! à toi, je
cède&&&&&&&&&&&&&&&&.Me
na nta' rèn tù mbükér a
Je veux être libéré
; Kù Yésu mfon nshêt fon fon!
De tout péché qui
m'obsède Ghét mi m'be nkù nté
mesù shu
Être à jamais délivré. Lo' ndia'
nguon méé fù' wù sha
4.3.7. LES PARAPHRASES
Le Dictionnaire Le Littré 2.0 définit
la paraphrase comme le Développement explicatif, plus long que le
texte ou que la simple traduction du texte. En d'autres termes, on peut
parler de la formulation différente d'un énoncé sans
altération de son contenu. Cependant, il est difficile de tracer une
ligne de démarcation nette entre paraphrase et traduction, si nous
partons du postulat selon lequel toute traduction est d'abord paraphrase.
Toutefois pour Franzon (2008), la paraphrase est assimilable à
l'adaptation ou la traduction libre. Le traducteur remplace la
réalité sociale ou culturelle du texte de départ par une
réalité correspondante et plus adaptée au public du texte
d'arrivée. Par conséquent, il utilise des formes plus explicites
et plus étoffées pour relever les nuances avec
précision.
85

35
30
25
20
15
10
0
5
21 20
5
3
16
Nombre de vers Paraphrases
9 8
20
12
12
20 20 19
16
24 24 2424
32
32
Figure 9: graphique de représentation des
paraphrases dans les traductions.
L'exploitation des résultats dans la figure 9 nous
permet de déduire que sur un total de 208 vers traduits, 153 sont des
paraphrases. Le pourcentage d'adaptation dans les chants traduits est donc de
72 %, soit les 3/4 du corpus. Nous pouvons conclure que les paroles sont plus
des adaptations. Les exemples suivants nous montrent que la paraphrase peut
aller d'un simple vers à toute la strophe.
Exemple 13 : les paraphrases en traduction
(1) SAF 143.
Conduis-nous de jour en
jour&&&&&&&&&&&&&&&Pe
nshî wü ne nom ne shü ~,
Et de victoire en victoire, Ngét pü pe
nkù nton pit tone
(2) SAF.289.
A toi seul je veux être Me
&&&&&&&&&&&&&&&&&&.nà
nzon kù ghùtne yu
Et pour l'éternité. Fù' pu ne
fù' ngùe' nkéé.
(3) SAF.321.
Non, ta loi n'est point pénible
&&&&&&&&&&&&&&Yésu
Kristo ka tûme a
Pour quiconque est né de toi; Nda kpên ûe
n'ka pe ntùm a,
Toute victoire est possible Ngér a me mon, mbém
ne me mi
86
À qui combat avec foi. M'a pe tue kpu n'tue
nshir
Seigneur, dans ta forteresse, Alléluya ! m'a tue
wume
Aucun mal ne m'atteindra; Alléluya ! njem
Yésu.
Si je tremble en ma faiblesse, Ntù a na nkù
nshi' ndùm lùme
Ta droite me soutiendra. Mbéére Tita yü
Yésu
(4) SAF.262.
Ton sang versé me
blanchira&&&&&&&&&&&&&&Mo'
Nyinyi ndi ', a li na wu,
Ton Saint-Esprit m'affranchira, Ngâ-wume pùen
pit nkù ndi wu
Ta richesse m'enrichira, M'a nkù nzé tu
mànjé po n'u.
O mon céleste Maître ! Ka m'bua' mo' ndi mon
u.
Dans (1) le traducteur a traduit le verbe conduire par
shî qui a le sens de protéger ou de surveiller. Il aurait
pu utiliser verbe shâre (accompagner, conduire). L'expression
Ngét pü pe nkù nton pit tone est typiquement
culturelle. Elle vient de l'expression figée yin ma' pit ntôn
(faire la guerre et la gagner). Le mot éternité en
(2) n'a vraiment pas d'équivalent en shüpamom. Il est
généralement traduit dans les textes religieux bamoun par
nkunku, mais l'idée de ce mot est paraphrasée par
Fù' pu ne fù' ngùe' nkéé (en temps de
joie et aussi en temps de peine). Une traduction à l'envers de (3) et
(4) nous montre que les strophes ont purement et simplement été
réécrites.
Yésu Kristo ka tûme
a&&&&&&&&&&&&Jésus
Christ m'a affranchi
Nda kpên ûe n'ka pe ntùm a, de mes
souffrances
Ngér a me mon, mbém ne me mi et a fait de moi
son enfant
M'a pe tue kpu n'tue nshir ma place sera auprès de
lui
Alléluya ! M'a tue wume alléluia ! Je
vivrais
Alléluya ! njem Yésu. Alléluia !
Grâce à jésus
Ntù a na nkù nshi' ndùm lùme mon
âme est en joie
Mbéére Tita yü Yésu dans le
seigneur
Mo' Nyinyi ndi', a li na
wu,&&&&&&&&Tu es le seul Dieu vivant
Ngâ-wume pùen pit nkù ndi wu le Dieu
libérateur
M'a nkù nzé tu mànjé po n'u. et
Dieu de mon salut
Ka m'bua' mo' ndi mon u. Car je suis aussi ton enfant
87
4.3.8. LES EMPRUNTS
L'emprunt est un procédé de traduction qui
consiste à ne pas traduire et à laisser tel quel un mot ou une
expression de la langue de départ dans la langue d'arrivée. Il
est particulièrement pratique lorsqu'il n'existe pas de terme
équivalent dans la langue cible. Cela permet également de situer
clairement un texte dans son contexte culturel par l'intermédiaire du
registre de vocabulaire utilisé. Dans notre corpus, les cas d'emprunts
concernent uniquement les mots Yésu, alléluia, Yawé,
et Satan. Le traducteur a eu recours au calque, à
l'équivalence et à la collocation dans la plupart des cas.
4.3.9. LA CHANTABILITÉ
La chantabilité, en traduction musicale, est un
critère aussi pragmatique que logique. Parce que la traduction sera
chantée et non lue, il est important que l'on puisse comprendre le
contenu du texte du premier coup. Le chant devrait être
exécuté de façon naturelle et convaincante. Comme
l'explique Peter Low (2005) : « It must function effectively as an oral
text delivered at performance speed - whereas with a written text the reader
has a chance to pause, reflect or even re-read. » Plusieurs aspects sont
à prendre en compte dans la production d'un texte chantable.
Premièrement, le traducteur devrait trouver des mots faciles à
prononcer. Il s'agit en général de mots qui ne contiennent pas
beaucoup de consonnes successives. S'il fallait s'en tenir à ce
critère, l'on peut dire que le shüpamom est naturellement chantable
parce qu'il n'est pas très fréquent de trouver plus de deux
occlusives successives dans les mots. Les difficultés de prononciation
concernent généralement les combinaisons/gb/ et /kp/ comme dans
gbîme (gloire) et kpèn (esclavage).
Deuxièmement, le traducteur des chansons doit essayer
de placer des voyelles longues sur des notes longues et des voyelles
brèves sur des notes brèves.

Ti- ta, yua a ntùn tù
ntù a yi
Un dernier aspect important mentionné par Peter Low est
l'accentuation des mots par la musique préexistante. Certains mots dans
une chanson sont accentués parce qu'ils sont chantés plus haut ou
plus fort. Selon Low (2005), le traducteur devrait essayer de faire tomber
88
l'accent sur les mêmes mots dans la traduction, parce
que «the sequential focus of the line will be altered and the musical
highlighting will fall on a different word», ce qui aurait des
conséquences pour le sens du texte. En musique, nous il y a aussi des
accents, appelés temps forts et temps faibles. Dans une mesure à
4 temps, le premier est fort, le 3è est à demi-fort et les autres
sont des temps faibles. Le mariage des mots à une mélodie, la
prosodie, nécessite donc une compréhension et une
sensibilité à ces deux principes. Quand ce mariage a lieu, le
chant devient beaucoup plus naturel.
4.3.10. LE SENS
Contrairement à la traduction des textes des autres
genres, l'exactitude sémantique n'est pas toujours optimale en
traduction musicale. Low (2005) affirme que « semantic accuracy is
paramount; but the constraints of song-translating necessarily mean some
stretching or manipulation of sense.» Le traducteur aura besoin de
flexibilité dans l'application du pentathlon principle. Un mot
précis peut être remplacé par un synonyme proche, un terme
étroit peut être remplacé par un terme meilleur, une
métaphore particulière peut être remplacée par une
métaphore différente qui a la même fonction dans le
contexte. Il arrive que le traducteur soit obligé de modifier ou de
manipuler le sens d'un texte pour satisfaire les quatre autres critères.
Ce nonobstant, il doit toujours envisager de communiquer le message originel de
l'auteur. Comme nous l'avons démontré plus haut, il pourrait
alors choisir d'utiliser d'autres métaphores, des hyperonymes, des
quasi-synonymes, d'ajouter ou d'enlever un adjectif par-ci par-là,
à condition que ce choix mène à un meilleur
résultat final. Par exemple dans Rends-toi maître de nos
âmes, le mot âme qui se traduit par KuKue a
été remplacé par lamntù par collocation
avec le verbe nkut utilisé au départ.
Rends-toi maître de nos
âmes,&&&&&&&&&&&.Yâ
nkut nshür u tù lamntù shü,
Dans Que Dieu se montre seulement la première
strophe évoque la présence de Dieu qui met l'ennemi en
déroute, tandis que la traduction en shüpamom parle du fait qu'il
est difficile de mesurer la grâce de Dieu quand on est encore vivant et
qu'on s'en rendra justement compte après la mort. C'est à la fin
de la strophe que le traducteur paraphrase l'idée de la strophe
originale.
89
Chant original
|
Traduction
|
Que Dieu se montre seulement,
|
Yua Nyinyi té ngét ndun mùn a
|
Et l'on verra dans un moment
|
Pua' kamkéri ne yinji tu i
|
Abandonner la place ;
|
Pô tù njù mansie na-yi.
|
Le camp des ennemis épars,
|
A tue rên mi mùn pô fù'ka
|
Épouvanté, de toutes parts
|
|
Fuira devant sa face.
|
I kupshe pin mansie na-yi
|
On verra tout ce camp s'enfuir
|
Nshi' mb'ô tù njù mfé na.
|
Comme l'on voit s'évanouir
|
Ngu ngam mentén kpa' nzèn mi mi
|
Une épaisse fumée ;
|
Nyinyi pi pi' mvét me mi mi
|
Comme la cire fond au feu,
|
Mvù ndôt pükét pùen
mentén,
|
Ainsi des méchants devant Dieu
|
Ngét pe kpa' mvùe nhu yap
mentén,
|
La force est consumée.
|
|
|
I mù' tu ndia', mbém Tita yap
|
|
Mfa péyu n'i, kùepsh'i ndia'
|
4.3.11. LE NATUREL
La traduction d'une chanson doit se faire dans un langage
naturel pour que le chanteur puisse l'exécuter sans difficulté et
que l'audience puisse comprendre le texte pendant que celui-ci est
chanté. Comme l'affirme Low, «A song-text must communicate
effectively on first encounter. (&) Unnaturalness demands from the audience
additional and superfluous effort. The Target text is not worth making unless
it can be understood while the song is sung.» Les aspects les plus
importants pour ce critère sont le registre et l'ordre des mots; l'ordre
des mots doit être grammaticalement correct et le registre doit
être ad hoc. L'inversion des sujets et des compléments est chose
courante en poésie française. Mais en shüpamom, par contre,
il est naturel de parler sans inverser les mots. Une traduction de la strophe
suivante mérite que l'on replace les mots dans leurs positions
réelles.
Réjouissez-vous devant lui!
Il est des orphelins l'appui,
Le défenseur, le Père;
Il est des veuves le recours
Et de son peuple, tous les jours
Il entend la prière.
Ce Dieu puissant, par sa bonté
90
Ramène la prospérité, La paix et
l'allégresse; Du captif Il brise les fers, Du juste, dans tout l'univers
Son Sil voit la détresse.
De même, dans les phrases interrogatives en
français, le mot interrogatif vient au début de la phrase tandis
qu'en shüpamom il vient à la fin.
Que ferais-je sans toi?
&&&&&&&& U pe ndi'u, n'do' ngét
kùe?
Pour que le chant soit exécuté facilement, les
paroles doivent être aisées. Par conséquent, il est
nécessaire de réfléchir sur le choix des mots. C'est
à ce niveau que le génie de la langue d'arrivée, les
figures de style et les procédés de traductions sont les plus
sollicités.
91
Ce chapitre portait sur une analyse quantitative et
qualitative des constituants spécifiques de la traduction dans les
chants que nous avons sélectionnés. Il en ressort que le choix
des mots est primordial dans la traduction des chants entre deux langues
hétérogènes. En terme de rythme, le shüpamom utilise
des mots relativement plus courts que le français. Nous avons aussi
constaté que la traduction littérale a été
très peu utilisée, et que l'addition dans le texte cible et
l'omission dans le texte source sont des phénomènes rares.
Toutefois, il nous a été donné de constater une forte
utilisation d'expressions imagées, dans la langue source. Pour traduire
ces métaphores, il a fallu utiliser plusieurs stratégies,
à savoir: la traduction littérale, la paraphrase explicative,
l'innovation créative, l'équivalence culturelle, et
l'élision totale. En ce qui concerne la rime, nous avons remarqué
que c'est le critère le plus difficile à respecter. Le traducteur
n'en a pas fait une priorité. Dans la traduction en shüpamom, les
rimes sont apparues de façon sporadique dans le respect du génie
de la langue. Le but était d'arriver à une musicalité
naturelle. Les cas où le traducteur a déplacé des vers
sont assez rares. Mais les chants ont presque été récrits
en respectant le sens de l'original, et pour permettre une exécution
assez naturelle. Enfin, le pourcentage d'adaptation est élevé. Le
sens varie peu, mais ce phénomène n'est pas perceptible dans la
majorité des chants.

CHAPITRE 5 :
TRADUCTION ET ANALYSE DE DEUX CHANTS EN SHÜPAMOM
93
La traduction des chants religieux en shüpamom est un
exercice qui demande une démarche et une méthode scientifique
pour parvenir à d'excellents résultats. Le traducteur doit donc
s'assurer que sa traduction réunit les critères de sens, rythme,
naturel, et chantabilité. De plus, il doit avoir un esprit
créatif pour pallier les problèmes d'intraduisibilité. Il
doit de manière générale viser la fonction de la
traduction et l'audience cible. Aussi, doit-il tenir compte des facteurs
théoriques, poétiques, linguistiques, culturels et religieux qui
influencent sa traduction.
Dans le présent chapitre, nous appliquerons à
deux cantiques tirés de Sur les ailes de la foi, les
stratégies et les théories présentées dans notre
guide méthodologique ainsi que les conclusions auxquelles nous sommes
parvenus après l'analyse de la traduction dans Yùopnké
pùen kristo. Notre traduction se fera en deux phases. Nous
présenterons d'abord une traduction non chantable des textes. Cette
phase ne prend en compte ni le rythme ni la métrique du texte source.
C'est la version qui se rapproche plus du texte source en terme de
fidélité. Ensuite, nous produirons une version chantable sur
laquelle nous étudierons les critères de sens, rime, naturel,
rythme et chantabilité.
94
5.1. LE CORPUS
Notre corpus est constitué de deux chants tirés de
Sur les ailes de la foi. Pour les partitions, voir annexes.
N °SAF
|
Chants
|
Référence biblique
|
Musique
|
Texte
|
10
|
L'Eternel seul est Seigneur
|
Psaume 24.
|
Samuel Webbe
|
César Malan
|
136
|
Tenons nos lampes prêtes.
|
inconnue
|
Psalmodie morave
|
Léon Paul
|
TENONS NOS LAMPES PRÊTES
1. Tenons nos lampes prêtes, Chrétiens,
préparons-nous Pour l'heure où les trompettes Annonceront
l'Epoux.
Qu'à répondre on s'empresse, Hosanna ! Hosanna
! Et qu'avec allégresse On chante : Alléluia ! On chante :
Alléluia !
2. Voici déjà les anges, Avec eux les
élus,
Unissant leurs louanges En l'honneur de Jésus.
3. Voici Jésus Lui-même, Puissant, victorieux ! De
son pur diadème
L'éclat remplit les cieux.
4. Venez, bénis du Père, Qui m'avez attendu ;
Entrez dans la lumière, Le ciel vous est rendu.
L'ETERNEL SEUL EST SEIGNEUR.
1. L'Eternel seul est Seigneur ; Seul il est dominateur, Sur les
peuples de la terre ; Il est maître souverain, Des ouvrages que sa main
Pour sa gloire a voulu faire.
2. Mais quel bienheureux mortel
Au saint mont de l'Eternel, Aura le droit de paraître ? Et
quel homme, ô puissant Roi ! Pour demeurer avec Toi Assez juste pourrait
être ?
3. C'est l'homme qui, dans son coeur,
Par ton Esprit, ô Seigneur !
Hait du péché les souillures ;
Qui, fuyant la fausseté,
Te sert en sincérité,
Levant vers toi des mains pures.
4. Ouvrez-vous, célestes lieux : Haussez-vous portes des
cieux ! Car voici le Roi de gloire, Quel est ce Roi, ce vainqueur ? C'est
Jésus, le Rédempteur Qui revient de la victoire.
5. Avec Lui, nous entrerons, Avec Lui nous régnerons Dans
cette gloire éternelle : Ouvrez-vous, portes des cieux, Tressaillez,
célestes lieux, D'une allégresse nouvelle !
95
5.2. LA TRADUCTION NON CHANTABLE
5.2.1. L'Eternel seul est Seigneur Nyinyi wi yi'she
pua' tâta
Chant original
|
Proposition de traduction
|
1. L'Eternel seul est Seigneur ; Seul il est dominateur,(bis) Sur
les peuples de la terre ; Il est maître souverain,(bis) Des ouvrages que
sa main Pour sa gloire a voulu faire.
|
1. Nyinyi wi yi'she pua' tâta Wi yi'she pua nga yi
nsa'njù I pua ngâ nsa'ngû ntùm ntùm ndun
nsié Mbe wi mbe Ngâ-nsa' Ngû yùa I nka
nghét pô meshi' ngbîme shi ne.
|
2. Mais quel bienheureux mortel Au saint mont de l'Eternel,
(bis) Aura le droit de paraître ? Et quel homme, ô puissant
Roi ! (bis) Pour demeurer avec Toi Assez juste pourrait être ?
|
2. A lo' njétne yiya pékét mùn
Yintùm nkutù mbère Nzenket Yawé? A lo' pi' wue nwer
i wuo méé Nkutù li' nzènkér e? A lo'
mpè yiya mùn yètne nyi tù nga-fon tu?
|
3. C'est l'homme qui, dans son coeur, Par ton Esprit, ô
Seigneur !(bis) Hait du péché les souillures ; Qui, fuyant la
fausseté,(bis) Te sert en sincérité, Levant vers toi des
mains pures.
|
3. A pua' mùn ùe yiène shu pua' tù
ntù i,
I mbèn ngambüket pua' yu mine mùn a A
pua' mùn ùe i nté fupshe ngâm a Mbit mbe
kùepshu pékèri na. Mbi' mbue mi yi shi wup mbum u
mèn a.
|
|
4. Ouvrez-vous, célestes lieux :
Haussez-vous portes des cieux !(bis) Car voici le Roi de
gloire,
Quel est ce Roi, ce vainqueur ?(bis) C'est Jésus, le
Rédempteur Qui revient de la victoire.
|
4. nshutnda nku pût yi'ket nùn ! Nshutnda
nkake, yi' két-nùn. Ré, Mfon gbîme pua'! Yire
Mfon ngâ nton pit pô wue ? A pua' Yésu ngâ shu'
pùen Yùe i ndo' nton pir a.
|
5. Avec Lui, nous entrerons, Avec Lui nous régnerons (bis)
Dans cette gloire éternelle : Ouvrez-vous, portes des cieux,
Tressaillez, célestes lieux,(bis)
D'une allégresse nouvelle !
|
5. Pü a pue na lo'nyi mbône Nsa' mfon
mbône Tù yire mgbime nkâke Yùpket-nùn
kù nshutnda nku pût, Nga-mfon ku pût, fakèt
nùn lam yuonpké sère mfé !
|
96
5.2.2. Tenons nos lampes prêtes. Pue
shü'ket têt mû shupue
Chant original
|
Proposition de traduction
|
1. Tenons nos lampes prêtes, Chrétiens,
préparons-nous Pour l'heure où les trompettes Annonceront
l'Epoux.
Qu'à répondre on s'empresse, Hosanna ! Hosanna
! Et qu'avec allégresse On chante : Alléluia ! On chante :
Alléluia !
|
1. Pue shü'ket têt mû
shupue, Pùenkristo pue fù'she Keru pue Mbe mbìep
mfù'kâ tâ lo' tû tue ngâ-lam.
Pue pe mbunne nbèm mi Hosanna ! Hosanna! Ne
lùm tùm pue pe njùop mi : Alléluia! pue pe
njùop mi : Alléluia.
|
2. Voici déjà les anges, Avec eux les
élus, Unissant leurs louanges En l'honneur de Jésus.
|
2. Ré nùn paangel téna mbône Pua'
pùen nsho', Njuopnké kùopshe Yésu.
|
3. Voici Jésus Lui-même,
Puissant, victorieux !
De son pur diadème L'éclat remplit les
cieux.
|
3. Ré Yésu téna ne tu
nwèri, Ndèt gbîme shi ne pü Lù're
mvét mfon mfon ti Pi run nku pût.
|
4. Venez, bénis du Père, Qui m'avez attendu ;
Entrez dans la lumière, Le ciel vous est rendu.
|
4. Yâ nùn, mèntén, Pùn
nùe pùn pìeb a na , Nyi dia' shi tù
râne Nshut pût pua gùere ne pùn.
|
|
97
5.3. LA TRADUCTION CHANTABLE
5.3.1. L'Eternel seul est Seigneur Nyinyi wi yi'she
pua' tâta
Chant original
|
Proposition de traduction
|
1. L'Eternel seul est Seigneur ;
Seul il est dominateur,(bis) Sur les peuples de la terre ; Il
est maître souverain,(bis) Des ouvrages que sa main Pour sa gloire a
voulu faire.
|
1. Nyinyi wi yi'she pua' tâta Mbe wi yi'she nga yi
nsa'njù, (Pééshe) I pua ngâ
nsa'ngû ntùm ntùm ndun nsié A pua' wi
Nyinyi-Nshêt-nkù (Pééshe) Mbe wi mbe
Ngâ-nsa' Ngû yùa I nghét pô meshi'
ngbîme shi.
|
2. Mais quel bienheureux mortel Au saint mont de l'Eternel,
(bis) Aura le droit de paraître ? Et quel homme, ô puissant
Roi !(bis) Pour demeurer avec Toi Assez juste pourrait être ?
|
2. A lo'yètne wuo yintùm' nkutù
mbèt nzenket Yawé ? (Pééshe) yire
pékét mùn lo' tùm yâ ? Yawé Nyinyi
Mfon-shèt kù (Pééshe) Pefa lo'
mpè yiya mùn yètne nyi tù nga-fon tu ndia?
|
3. C'est l'homme qui, dans son coeur, Par ton Esprit,
ô Seigneur !(bis) Hait du péché les souillures ; Qui,
fuyant la fausseté,(bis) Te sert en
sincérité, Levant vers toi des mains pures.
|
3. A pua ngâ mpèn ngambüket Yiène
shu pe tù ntùi na (Pééshe) I nté
yu mìne ntù mùn a. A pua ngâ nté fupshe
ngâm (Pééshe) Mbe kùepshu me yi
mbéket Mbe mbum u ne mbue shi wup a.
|
4. Ouvrez-vous, célestes lieux :
Haussez-vous portes des cieux !(bis) Car voici le Roi de
gloire,
Quel est ce Roi, ce vainqueur ?(bis) C'est Jésus, le
Rédempteur Qui revient de la victoire.
|
4. Nshutnda nku pût yi'ket nùn ! Nshutnda nkake,
yi' két-nùn. (Pééshe) Ré, Nyinyi
mfon gbîme téna Yire Mfon ngâ nton pit wue ?
(Pééshe) A pua' Yésu ngâ shu'pùen
Yùe i ndo'ma' pit wù ntôn na.
|
5. Avec Lui, nous entrerons, Avec Lui nous
régnerons(bis) Dans cette gloire éternelle : Ouvrez-vous, portes
des cieux, Tressaillez, célestes lieux,(bis)
D'une allégresse nouvelle !
|
5. Püa pue na lo'nyi mbône Tù yire
mgbîme nkâke (Pééshe) Pe nsa' nga mfon
nku pût mbône Nshutnda nku pût pa'kèt
nùn, Nga mfon nku pût lùtne nùn
(Pééshe) Mbe mfa lam yùoupnké
sère mfé.
|
|
98
5.3.2. Tenons nos lampes prêtes Pue
shü'ket têt mû shupue
Chant original
|
Proposition de traduction
|
1. Tenons nos lampes prêtes, Chrétiens,
préparons-nous Pour l'heure où les trompettes Annonceront
l'Epoux.
Choeur
Qu'à répondre on s'empresse, Hosanna ! Hosanna
! Et qu'avec allégresse On chante : Alléluia ! On chante :
Alléluia !
|
1. Pue shü'ket têt mû shupue Mbit fù'she
Keru pue
Mbe mbièt fu'ka tâ lo' yié Pe nzie mi
ngâ lâm méé.
Pééshe Pue fa làm yuonpké
sère Hosanna ! Hosanna! Ne lùm tùm pli na pe njuop
mi Pe njùop Alléluia ! Pli na pe
njùop Alléluia!
|
2.Voici déjà les anges,
Avec eux les élus,
Unissant leurs louanges En l'honneur de Jésus.
Choeur
|
2. Ré nùn paangel téna Mbône pua
pon Nyinyi
Mbe njuopnké kùopshe Yésu Mbe
dùtne mfon ngure.
Pééshe
|
3. Voici Jésus Lui-même,
Puissant, victorieux !
De son pur diadème L'éclat remplit les
cieux.
Choeur
|
3. Ré mfon u pue Yésu téna
Ndèt gbîme shi ne pü Lù're
mvét mfon mfon ti run
Ku pût pua njù mansie
Pééshe
|
4. Venez, bénis du Père, Qui m'avez attendu ;
Entrez dans la lumière, Le ciel vous est rendu. Choeur
|
4. Pùn pon Nyinyi ghopsheket nùn Pùn
nùe pùn pieb i na Nyi nùn tù râne ndia'
shi
Shut pût pua gùere ndia.
Pééshe
|
|
99
5.4. LE SENS ET LE NATUREL
Le cantique l'Eternel seul est Seigneur est un chant
inspiré du Psaume 24 de La Bible. Les paroles sont de
César Malan, un enseignant, pasteur protestant Suisse et la musique est
de Samuel Webbe un musicien anglais. L'origine biblique de Tenons nos
lampes prêtes est inconnue. Mais nous pensons qu'il serait
tiré du Nouveau Testament. La musique est une psalmodie morave et le
texte est de Léon Paul un poète français
Dans la traduction d'un chant, le sens du texte peut
légèrement être affecté afin de pouvoir trouver un
équilibre entre les critères de rythme, de chantabilité et
du naturel. Le naturel renvoie a la position des mots dans les vers, ou
à la position des vers dans la strophe. Le chant doit pouvoir être
exécuté comme si il était composé en shüpamom.
Dans le texte original, il faudrait replacer certains mots ou les strophes dans
leurs positions initiales afin d'en saisir le sens. Pour rendre le sens de
façon naturelle en shüpamom, les inversions sont à
éviter.
Exemples sur les variations de la version non chantabale
à la version chantabale.
L'Eternel seul est seigneur
Texte original
|
Traduction non chantable
|
Traduction chantable
|
2. Mais quel bienheureux mortel Au saint mont de l'Eternel,
Aura le droit de paraître ?
|
A a lo' njétne yiya pékét mùn
Yintùm nkutù mbère nzenket
Yawé?
|
A lo'yètne wuo yintùm' nkutù
mbèt nzenket Yawé ? yire pékét
mùn lo' tùm yâ ?
|
4.Quel est ce Roi, ce vainqueur ? C'est Jésus, le
Rédempteur Qui revient de la victoire
|
Yire Mfon ngâ nton pit pô wue ? A
pua' Yésu ngâ shu' pùen
Yùe i ndo' nton pir a.
|
Yire Mfon ngâ nton pit wue ? A pua' Yésu ngâ
shu'pùen Yùe i ndo'ma' pit wù ntôn
na
|
Tenons nos lampes prêtes
Texte original
|
Traduction non chantable
|
Traduction chantable
|
1.Tenons nos lampes prêtes, Chrétiens,
préparons-nous
|
Pue shü'ket têt mû shupue,
Pùenkristo pue fù'she Keru pue
|
Pue shü'ket têt mû shupue Mbit fù'she
Keru pue
|
2.Voici déjà les anges, Avec eux les élus,
Unissant leurs louanges En l'honneur de Jésus.
|
Ré nùn paangel téna Mbône Pua'
pùen nsho', Njuopnké kùopshe Yésu.
|
Ré nùn paangel téna
Mbône pua pon Nyinyi Mbe njuopnké
kùopshe Yésu Mbe dùtne mfon ngure.
|
Les mots et vers en gras représentent les modifications
éffectuées lors du passage de la traduction non chantable
à la traduction chantable. Dans la deuxième strophe de
L'Eternel seul est seigneur, mbère devient
mbèt. Yiya pékèt mùn devient
yire pékèt mùn et change de
100
position dans la strophe, pour permettre une articulation
naturelle, sans toutefois impliquer une perte sémantique
considérable. Dans la trophe 4, pô qui est une flexion de
pua' (verbe être) disparaît dans la version chantable. La
traduction du vers Qui revient de la victoire et étoffée
dans la traduction chantable. Nous sommes passé de Yùe i ndo'
nton pir a à Yùe i ndo'ma' pit wù ntôn na.
Cet étoffement se justifie par le souci de satisfaire le rythme.
Dans Tenons nos lampes prêtes, à la
première strophe, il y a eu perte car le terme pùenkristo
n'est pas rendu dans la version chantable. Dans la deuxième
strophe, Mbône Pua pùen nsho' est une traduction assez
littérale du vers Avec eux les élus. Pour plus de sens
nous avons opté pour Mbône pua pon Nyinyi. Le dernier
vers de cette strophe Mbe dùtne mfon ngure,
est une addition en vue de rester dans la métrique du vers.
5.5. LA RIME
La disposition des rimes dans le texte original est
conventionnelle. Rimes suivies dans l'éternel seul est
Seigneur.
L'Éternel seul est Seigneur ; A
Seul il est dominateur, A
Sur les peuples de la terre ; B
Il est maître souverain, C
Des ouvrages que sa main C
Pour sa gloire a voulu faire. D
Rimes croisées dans tenons nos lampes
prêtes
Tenons nos lampes prêtes, A
Chrétiens, préparons-nous B
Pour l'heure où les trompettes A
Annonceront l'Epoux. B
Dans la recherche des rimes, nous prenons le risque
d'altérer fortement le sens, le naturel, voire la chantabilité et
le rythme du chant. Donc la rime n'a pas constitué une priorité
dans notre traduction. Si nous sommes parvenu à la rime dans certaines
strophes, cela relève du naturel. Nous pouvons donc relever quelques
exemples de rimes qui sont apparues de manière naturelle.
101
Pue shü'ket têt mû
shupue
1.Pue shü'ket têt mû shupue
A
Mbit fù'she Keru pue A
Mbe mbièt fu'ka tâ lo' yié
B
Pe nzie mi ngâ lâm méé.
B
Nyinyi wi yi'she pua' tâta
5.Püa pue na lo'nyi mbône A
Tù yire mgbîme nkâke A
Pe nsa' nga mfon nku pût mbône A
Nshutnda nku pût pa'kèt nùn,
B
Nga mfon nku pût lùtne nùn
B
5.6. LA CHANTABILITÉ
Rappelons que dans la théorie du Pentathlon, la
chantabilité d'un texte est influencée par trois
éléments séparés : premièrement, la
présence de mots faciles à prononcer et l'absence de plusieurs
consonnes consécutives. La succession des consonnes dans les mots en
shüpamom est un phénomène assez rare. Deuxièmement le
placement des voyelles longues sur des notes longues et des voyelles
brèves sur des notes brèves. Dans l'éternel seul est
seigneur, nous pouvons l'illustrer par cet exemple:
Seul il est dominateur Mbe wi yi'she nga
yi nsa'njù
Mais quel bienheureux mortel A
lo'yètne wuo yintùm'
Dans le premier vers, la cinquième syllabe tombe sur
une note longue, il était question de faire de même dans la
traduction. Dans le deuxième vers par contre, la deuxième syllabe
tombe sur une note courte. Le mot lo' est donc bien indiqué
pour une note courte. Certains mots ou syllabes sont accentués parce
qu'ils sont chantés plus haut et plus fort. Le chant tenons nos lampes
prêtes par exemple est un chant à quatre temps. Par
conséquent, les syllabes qui tombent au premier temps sont
accentuées.
Voici déjà les anges,
Ré nùn paangel
téna
Avec eux les élus
Mbône pua pon Nyinyi
102
5.7. LE RYTHME
Le rythme est composé de différents
éléments : le nombre de syllabes et l'accentuation. Pour obtenir
le même nombre de syllabes que dans le texte original, le traducteur
peut, par exemple ajouter, répéter ou enlever un mot, à
condition que ce mot n'altère pas le sens du chant. Il faudrait
également essayer de faire tomber les accents sur les mêmes
syllabes, parce que l'accentuation est aussi un aspect important du rythme.
Nous avons essayé de toujours conserver le nombre de syllabes dans la
traduction, et d'accentuer les mêmes syllabes.
L'E/ter/nel /seul/ est/ Sei/gneur ( 4mots/ 7
syllabes) Nyi/nyi /wi yi'/she/ pua'/ tâ/ta (5mots/ 7syllabes)
Tenons nos lampes prêtes (4mots/8syllabes) Pue
shü'ket têtmû shupue ( 4 mots/8syllabes)
5.8. DIFFICULTÉS DANS LA TRADUCTION DES CHANTS
La traduction des chants n'est pas du tout facile. Plusieurs
théoriciens pensent que la traduction des chants est un exercice
extrêmement difficile. Grandmont cité par Johan Franzon (2005)
dans son article compare cette tâche à celle d'un moine
Bénédictin.
Quand on traduit un chant, la musique du chant original est un
élément essentiel du fait de son universalité. Elle fait
partie des paramètres qui garantissent la chantabilité. Autrement
dit, la traduction obtenue doit être chantable. D'après Johan
Franzon (2008), la question primordiale à se poser c'est de savoir si la
traduction est aussi naturellement chantable que le texte original.
« is the translation going to be singable or not? If the purpose
is simply to understand a foreign song's lyrics, a semantically close, prose
translation will do. But if a song is to be performed in another language, the
assignment calls for a 'singable' target text.» Une traduction est bien
faite quand le texte remplit la fonction visée pour la traduction. Le
traducteur doit aspirer à une proximité contextuelle.
The conclusion, once again, is that function and
performance are of primary importance for singable song translation and that
respect for the original lyrics must be shown, or assessed, contextually: in
relation to both music and intended function. [...( It is clear that an
assessment of the fidelity of a singable translation
103
should be based not so much on word-by-word comparison,
but on contextual appropriateness.
Peter Low (2005) indique que la difficulté
réside sur la question de savoir si le traducteur doit se concentrer sur
la musique ou sur les paroles. Une chanson devrait être facile à
chanter pour celui qui l'exécute. Il faut que les notes musicales
tombent naturellement sur les mots du texte d'arrivée. Le sens, quant
à lui renvoie à l'idée du texte original. Dans les deux
textes, le message doit être le même. Le chant doit aussi
être naturel. Dans la traduction des chants du français vers le
shüpamom, nous avons relevé que deux aspects importants pour le
naturel sont le registre et l'ordre des mots. Si le chant n'est pas naturel, il
devient bizarre, voire ridicule. Pour le rythme, c'est le nombre de syllabes
qui est pris en compte. En traduction musicale, il est nécessaire que le
nombre de syllabes dans le texte original soit égal à celui du
texte d'arrivée. Les rimes sont toutes aussi importantes. Cependant, le
traducteur est libre d'en créer de nouvelles pour rester naturel. Nous
sommes d'accord sur un point: la fonction de la traduction. Le traducteur peut
donner la priorité à un aspect plutôt qu'à un autre.
Il doit être flexible sur certains aspects et il doit prendre des
libertés. Ces libertés le font parvenir aux meilleures
versions.
When translating a song, keep your eyes fixed on the
skopos - the function or purpose
that your TT must fulfil. Do not consider a priori that
any one feature of the ST is sacrosanct and must be perfectly retained. To
consider anything sacrosanct a priori (whether rhyme, metaphor, syllabicity or
whatever) is to accept a rigid constraint which may lead to great losses
elsewhere. (..) A translator working by this principle attempts to score highly
in the overall effect of the text, without insisting on unbeatable excellence
on any single criterion.
On peut choisir entre différentes possibilités
pour traduire les chants. Si les paroles d'un chant sont les plus importantes,
on peut par exemple choisir d'adapter la musique aux paroles. Ou quand la
musique est plus importante que les paroles, on peut choisir de traduire les
paroles plus librement. Adapter la musique, par exemple en ajoutant de petites
notes, peut être minime. Quand les changements ne touchent pas le rythme
et n'interrompent pas les arrangements parallèles ou les phrases
musicales, peu de personnes remarqueront la différence.
La traduction des cantiques du français vers le
shüpamom nécessite une certaine liberté et une
créativité dans le respect du message religieux du texte. Pour
que la traduction des cantiques remplisse ses objectifs, le traducteur a pris
en considération le groupe cible et a choisi d'adapter la traduction
à celui-ci. Autrement dit, il a dû faire une traduction
104
naturellement compréhensible pour les auditeurs ou les
interprètes. Une autre difficulté est celle des termes religieux.
La plupart des paroles des chants sont basées sur les textes bibliques.
Le but étant la louange, il est évident qu'il faut rester assez
proche de la terminologie biblique. Nida (1998) présente des
préférences dialectales ou terminologiques dans certaines
communautés religieuses:
Socioreligious dialects represent typical ways in which
religious constituencies employ in-group language. In English some people much
prefer the thou/thee terminology, especially in prayers and biblical poetry,
and they may even preserve
these distinctions in social relations among church
members. (& ) The use of certain key theological terminology is also a
crucial element in socioreligious dialects, for example eucharist vs. Lord's
Supper, priest vs. pastor, adherents vs. members, ecumenical vs.
interdenomination and sacrament vs. sacred rite.
105
En bref, la traduction musicale permet à la langue
d'arrivée de s'enrichir avec de nouvelles valeurs sonores, de nouveaux
genres musicaux. Par conséquent, pour traduire la musique, le traducteur
doit prendre en compte les éléments musicaux. À
défaut d'avoir des connaissances et des compétences
théoriques et pratiques dans l'art musical, le traducteur doit
inévitablement collaborer avec des personnes ressources ayant des
aptitudes musicales prouvées (compositeurs, musicologues&) Il devra
donc associer ces connaissances musicales aux procédés classiques
de traduction. L'aspect chantabilité est probablement le plus difficile
dans la traduction des chants. On doit considérer entre autres le
rythme, la mélodie, l'intonation, les accents et parfois les rimes. Ces
aspects imposent des difficultés pour la traduction. En outre, le
traducteur veut aussi que les paroles aient le même sens que le texte
original, en vue de créer l'impression que la musique a
été faite pour le texte traduit. Prendre en compte tous ces
aspects et faire une traduction très proche du texte original est une
tâche difficile. C'est pourquoi beaucoup de théoriciens
conseillent de viser le but ou la fonction de la chanson.

CONCLUSION GÉNÉRALE
107
Au terme de notre étude qui portait sur
l'historicité et la traduction musicale dans Yùopnké
pùen Kristo, nous avons mis en exergue les facteurs qui ont
contribué à la traduction des chants du français au
shüpamom. Notre corpus était constitué de dix chants
tirés de Yùopnké pùen Kristo. Nous
voulions savoir si les théories de la traduction musicale sont
applicables au shüpamom. Au regard de cette problématique, nous
avons formulé des hypothèses telles que les paramètres
poétiques constituent l'obstacle majeur dans la traduction des chants
entre deux langues de statuts différents, et que pour arriver à
des cantiques naturels et chantables, des changements structurels se sont
imposés.
Dans l'optique de valider ou d'infirmer nos hypothèses,
nous avons divisé notre travail en cinq chapitres.
Le premier chapitre nous a permis de présenter de
façon synoptique l'évolution de la traduction à travers
l'histoire. Nous avons spécifié le cas du Cameroun et du pays
bamoun, pour mieux comprendre comment la traduction a influencé
plusieurs civilisations tant sur le plan culturel que sur le plan
intellectuel.
Le chapitre 2, quant à lui, a contextualisé
l'origine et l'usage de cantiques . Nous y avons aussi précisé
les caractéristiques de la musique et présenté une revue
de la littérature sur le sujet de la traduction musicale. Nous y avons
fait l'économie des travaux que nous avons parcourus dans ce domaine.
Dans le chapitre 3, nous avons mis l'accent sur les facteurs
clés qui influencent la traduction des chants religieux. La
procédure méthodologique que nous proposons est constituée
d'un ensemble d'éléments à prendre en compte dans la
traduction d'un cantique. Les facteurs concernés sont: les
paramètres théoriques, linguistiques, culturels, religieux,
poétiques, et pratiques. En d'autres mots, c'est une démarche
scientifique qui permettra de pallier les difficultés liées
à la traduction des chants religieux en langue bamoun. Les
théories qui ont guidé notre analyse sont: la théorie
interprétative, la théorie du SKOPOS, et le Pentathlon
principle.
Le chapitre 4 a présenté un essai d'analyse
quantitative et qualitative de la traduction français-shüpamom dans
Yùopnké pùen kristo, pour préciser les
particularités de la traduction musicale entre deux langues de statuts
différents.
Enfin dans le chapitre 5, nous avons appliqué les
théories de traduction musicale à deux cantiques tirés de
Sur les ailes de la foi. Nous y avons présenté une
traduction non chantable des textes, puis une version chantable sur laquelle
nous avons étudié les critères de sens, rime, naturel,
rythme et chantabilité.
108
Notre analyse nous a permis de voir que le choix des mots est
primordial dans la traduction des chants. Dans la traduction des cantiques du
français au shüpamom, en l'occurrence, il a fallu être
très flexible en matière de choix lexicaux. Il apparait
clairement que le shüpamom est plus analytique que le français. En
terme de rythme, le shüpamom utilise des mots relativement plus courts
pour garder le même nombre de syllabes. Cet équilibre joue un
rôle important dans la métrique des chants. Nous avons aussi
constaté que la traduction littérale est très peu
utilisée, et que l'addition dans le texte cible et l'omission dans le
texte source sont de phénomènes rares. Toutefois, il nous a
été donné de constater une forte utilisation d'expressions
imagées, dans la langue source. Pour traduire ces métaphores, il
a fallu utiliser plusieurs stratégies à savoir: la traduction
littérale, la paraphrase explicative, l'innovation créative,
l'équivalence culturelle, et l'élision totale. En ce qui concerne
la rime, nous avons remarqué que c'est le critère le plus
difficile à respecter. La rime dans le texte d'arrivée ne peut se
forcer de suivre la distribution de celle du texte de départ, le texte
d'arrivée doit pouvoir bâtir son propre équilibre musical.
Dans la traduction en shüpamom, le traducteur a réalisé des
rimes intuitives. Le défi est d'arriver à une musicalité
naturelle. Les cas où le traducteur a déplacé des vers
sont assez rares. Mais les chants ont été adaptés en
respectant le sens de l'original, et pour permettre une exécution assez
naturelle. Enfin, le pourcentage d'adaptation dans les chants traduits est de
72% soit les 3/4 du corpus.
Au vu des résultats de notre analyse, nous pouvons
confirmer notre hypothèse générale. La musique est
universelle et la traduction est une science multidisciplinaire. Par
conséquent, les théories de traduction et de traduction musicale
s'appliquent à toutes les langues, et aussi bien au shüpamom. Les
éléments les plus importants dans la traduction de
Yùopnké pùen kristo sont: le sens, la
chantabilité, le rythme et le naturel. De plus, les paramètres
poétiques constituent un réel obstacle dans la traduction des
chants entre deux langues hétérogènes. Dans le cas du
shüpamom, la rime est l'élément le plus difficile, voire
impossible à rendre. En référence à la
théorie de Low, on ne peut pas équilibrer les cinq
critères de la traduction musicale. En shüpamom, la priorité
est donnée au sens, au rythme, à la chantabilité et
à la fonction que le chant va remplir, celui de la louange
chrétienne. Pour arriver à des cantiques chantables, le
traducteur a dû opérer des changements sur le plan structurel du
chant. Ces changements concernent principalement la structure des phrases et
les références culturelles et le génie de la langue. De ce
fait, les chants que nous avons sélectionnés dans
Yùopnké pùen kristo sont des adaptations.
La difficulté que nous avons rencontrée au cours
de notre traduction était beaucoup plus au niveau du choix des mots qui
correspond aux syllabes du vers-source. En outre, il est relativement difficile
de recréer les rimes dans la traduction des chants. Nous avons
pensé que
109
la rime est un facteur très important dans
l'esthétique de la poésie occidentale. Il n'est pas très
commun de trouver des rimes, même dans les chansons populaires en langue
bamoun. Toutefois nous restons dans la logique selon laquelle toute traduction
est perfectible.
Nous n'aurons pas la prétention d'avoir fait le tour
complet de la question, ni d'avoir apporté des réponses
exhaustives aux questionnements suscités par ce sujet. Le thème
qui a constitué le sujet de notre étude reste très ouvert
pour de futures recherches. Les aires culturelles duala,
bamilékés et bulu possèdent aussi des recueils de chants
dont les traductions sont issues des mêmes textes originaux. Les aspects
d'écart sémantique entre ces différents textes pourraient
être développés dans le cadre d'exercices similaires
futurs. De même, la portée didactique de cet exercice dans le
champ de l'apprentissage des langues nationales pourrait être
explorée et exploitée.

BIBLIOGRAPHIE ETSITOGRAPHIE
111
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118

TABLE DES MATIÈRES
119
Dédicace&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&i
Remerciements&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&..&ii
Liste des
figures&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&.
iii Résumé&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&.&iv
Abstract&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&.&&v
0. INTRODUCTION
GÉNÉRALE&&&&&&&&&&&&&&&&&.&&...&1
0.1. OBJECTIFS ET INTÉRÊT DE
L'ÉTUDE&&&&&&&&&&&&.&.&
3
0.2. PROBLÉMATIQUE ET HYPOTHÈSES DE
RECHERCHE&&&&&&..& 4
0.3. CADRE
THÉORIQUE&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&..&
5
0.4. DÉLIMITATION DU
SUJET&&&&&&&&&&&&&&&&&&&.
5
0.5. ORGANISATION DU
TRAVAIL&&&&&&&&&&&&&&&&&.&.5
CHAPITRE 1er : APERÇU HISTORIQUE DE LA
TRADUCTION AU CAMEROUN&.&6 1.1. DÉFINITION DES
CONCEPTS&&&&&&&&&&&&&&&&&&&..
&8
1.1.1.
HISTORICITÉ&&&&&&&.&&&&&&&..&&&&&&&&&&&&
8
1.1.2.
TRADUCTION&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&
8
1.1.3. ESSAI
D'ÉVALUATION&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&9
1.2. LA TRADUCTION À TRAVERS LE
TEMPS&&&&&&&&&&&&&&
9
1.3. LES GRANDES PÉRIODES LA TRADUCTION À LE
CAMEROUN& &&& 10 1.3.1. LA PÉRIODE
PRÉCOLONIALE
&&&&&&&&&&&&..&&&&&&&10
1.3.2. LA PÉRIODE COLONIALE
&&&&&&&..&&&&&&&&&&&&&.&11
1.3.3. LA PÉRIODE POST COLONIALE
&&&&&&&&&&&&&&&&&.
13
1.4. LA TRADUCTION DANS LE ROYAUME BAMOUN&&&.
&& &&&&&.16
1.4.1. SITUATION GÉOGRAPHIQUE DU ROYAUME
BAMOUN&&&&&&.&. 16
1.4.2. QUI SONT LES BAMOUNS ? 17 1.4.3. L'IMPACT RELIGIEUX ET
CULTUREL DE LA TRADUCTION DANS LE ROYAUME
BAMOUN&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&.&&...18
3.5.1. LE STATUT DES
LANGUES&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&..50
120
CHAPITRE 2 : CONCEPTION THÉORIQUE DE LA TRADUCTION
MUSICALE ET REVUE DE LA
LITTÉRATURE&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&.&23
2.1. QU'EST-CE QU'UN CANTIQUE ?
&&&&&&&&&&&&&&&&&&
24
2.2. GENÈSE ET ORIGINE DES CANTIQUES
&&&&&&&&&&&&&&&
25 2.3. LA TRADUCTION
MUSICALE&&&&&&&&&&&&&&&&&&&.&27
2.3.1. LES CARACTÉRISTIQUES DE LA
MUSIQUE&&&&&&&&&&&&&&27
2.3.2. LA MÉLODIE ET
L'HARMONIE&&&&&&&&&&&&&&&.
28
2.4. RYTHMES ET GENRES MUSICAUX
BAMOUN&&&&&&&&&&&& 28
2.5. LE CHANT DES CANTIQUES CHEZ LES BAMOUN DE L'EEC.
&&..&&& 30 2.6. REVUE DE LA
LITTÉRATURE&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&31
2.7. TRADUCTION MUSICALE ET TRADUCTION
POÉTIQUE&&&&&&&&.36 2.8. TRADUCTION
MUSICALE ET
CULTURE&&&&&&&&&&&&&&&.37
CHAPITRE 3 : LES FACTEURS CLÉS DE LA TRADUCTION MUSICALE
&.&&&.39
3.1. PARAMÈTRES
THÉORIQUES&&&&&&&&&&&&&&&&&&..&
41
3.1.1. La théorie
interprétative&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&
41
3.1.2. La théorie du
Skopos&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&
42
3.1.3. Le pentathlon
approach&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&44
3.2. LES PARAMÈTRES
POÉTIQUES&&&&&&&&&&&&&&&&&&&45
3.2.1. La
versification&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&.45
3.2.2. La
métrique&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&
46 3.3. LES PARAMÈTRES
CULTURELS&&&&&&&&&&&&&&&&&&..46
3.3.1. Le
ton&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&
46
3.3.2. Les éléments
culturels&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&.
46
3.4. LES PARAMÈTRES RELIGIEUX ET
BIBLIQUE&&&&&&&&&&&&..47 3.5.
LES PARAMÈTRES
LINGUISTIQUES&&&&&&&&&&&&&&&&.48
121
CHAPITRE 4 : LES CONSTITUANTS DE LA TRADUCTION DANS
YÙOPNKE PÙEN
KRISTO&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&..51
4.1. LE
CORPUS&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&.
53
4.2. MÉTHODE
D'ANALYSE&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&...64
4.3. NOMBRE DE MOTS DANS LES TEXTES SOURCES ET CIBLES &&&& 65
4.3.1. DISPARITÉ MOTS/SYLLABES POUR UNE HARMONIE
RYTHMIQUE&..&.66
4.3.2. UTILISATION DE LA TRADUCTION
LITTÉRALE&&&&&&.
&&&&&68 4.3.3. L'ADDITION ET
L'OMISSION&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&..71
4.3.4. LA TRADUCTION DES
MÉTAPHORES&&&&&&&&&&&&&&&&.73
4.3.5. LES
RIMES&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&.78
4.3.6. LA RÉORGANISATION DU
TEXTE&&&&&&&&&&&&&&&&&&83
4.3.7. LES
PARAPHRASES&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&.
84 4.3.8. LES
EMPRUNTS&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&.87
4.3.9. LA
CHANTABILITÉ&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&..87
4.3.10. LE
SENS&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&..88
4.3.11. LE NATUREL
&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&89
CHAPITRE 5 : TRADUCTION ET ANALYSE DE 02 CHANTS EN SHÜPAMOM&..92 5.3.
LE
CORPUS&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&94
5.4. TRADUCTION NON
CHANTABLE&&&&&&&&&&&&&&&&&&&.95
5.2.1. L'Éternel seul est
seigneur&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&..95
5.2.2. Tenons nos lampes
prêtes&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&..96
5.5. TRADUCTION
CHANTABLE&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&97
5.3.1. L'Éternel seul est
seigneur&&&&&&&&&&&&&&&&&&&..&
&&97
5.3.2. Tenons nos lampes
prêtes&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&.
98
5.4. LE SENS ET LE
NATUREL&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&
99
5.5. LA
RIME&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&.
100
122
5.6. LA
CHANTABILITÉ&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&.
101
5.7. LE
RYTHME&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&.
102
5.8. DIFFICULTÉS DANS LA TRADUCTION DES
CHANTS&&&&&&&&...102 CONCLUSION
GÉNÉRALE&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&106
BIBLIOGRAPHIE ET
SITOGRAPHIE&&&&&&&&&&&&&&&&&&&....110
TABLE DES
MATIÈRES&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&.&118
ANNEXES&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&.123

AnnEXES

A - ban-don-ner la pla - ce ; Le dé - fen-seur, le
Pè - re ; Au pa - lais de ta gloi - re.
Le camp des en - ne-mis é-
I1 est des veu - ves le re- Bé - ni sois -tu,
Dieu tout puis-
ment
pui, té
r r
pars, E - pou-van - té, de tou - tes parts cours Et de
son peu-ple, tous les jours, sant, Qui, des hauts cieux nous ex - au - cant,
r ·
rr ·
Fui - ia de - vant sa fa-Il en - tend la pri - Nous don-nes la
vie - toi-
ce. On ver - ra tout ce camp s'en-fuir Com-me l'on voit
s'é - va-nott-re. Ce Dieu puissant, par sa bon - té, Ra -
mè - ne la pros - pé - rire ! L'E -ter - nel est no - tre re -
cours, Et nous a- vons par son se-
26 PSAUMES
25. Que Dieu se montre seulement.
Psaume 68.
Attr. à Matthias GnErrEn.
60.
u
t--
i l r r~r-~ , , r-- ~I I I
I. Que Dieu se mon-tre seu - le - menti c~t l'on ver -
ra dans un mo-
2. Ré - jou - is - sez-vous de - vaut Lui ! Il est des or
- phe-lins l'ap-
3. 0 Dieu ! ceux qui t'ont ré - sis - té
Vien-dront a - vec bu - mi - li-
j
·

RÉPONSE A L'APPEL 261
= 66.
282. Seigneur, je n'ai rien à
t'offrir.
I. D. SANKEY.

cMW!~ cr
i'
1.

Seigneur ! je n'ai rien à t'of-frir Qu'un coeur
fa-ti - gué de souf-
2. J'ai trans-gres-sé ta sain-te loi ; Le
pé-ché vain-queur règne en
3. Faible est ma chair, faible est mon tear; Pour
re-pous-ser le ten - ta-
N-: f
4.

suis, Tel que
je
je
moi tel que
J J, J
frir, Et qui, sans Toi, ne peut gué- rir : Je n'ai que ma
mi - sè - re.)) moi ; Pour me pré -sen - ter de-vant Toi, Je n'ai
que ma souil- lu - re. Preads--teur, O mon di - vin Li -
bé - ra - teur ! Je n'ai que ma fai - bles-se.
J
r
r
r
suis, Sans ver - tus, sans ap - puis, Tel que je
c r c r r.
O mon cé - les - te Frè - re ! suis, La - ve mon
âme im - pu - re ! Sub-viens à ma dé - tres - se !
~r J J' J f ":
f
n ~
r c r
Ton sang versé me blanchira, -- Ton
Saint-Esprit m'affranchira, Ta richesse m'enrichira, -- O mon céleste
Maître !
Choeur. Prends-moi, faible et
pécheur, -- Sans vertu ni vigueur ; 0 mon Sauveur ! -- Rends-moi
vainqueur,
Et tel que je dois être !
ED, MONOD.
nous de ta puis - san - ce Et bap - ti - se - nous de
feu! Es-prit
142 LE SAINT--ESPRIT
143. Rends-toi maitre de nos âmes.
C. FRY.
Avec expression. J = 72.

1.
|
Rends-toi mai- tre de nos â - mes,
|
Es-prit saint, Es- prit d 'a-
|
2.
|
Saint - Es-prit de la
|
pro-mes-se,
|
Qui nous scel -las de ton
|
|
3:
|
For - me-nous pour le
|
see - vi - ce
|
De no - tre di - vin Sau-
|
4.
|
Es - prit de vie et
|
de gloi - re,
|
Con-duis-nous de jour en
|
p
cres'.
moue! Et de tes di - vi- nes flammes Em- bra - se - nous en ce
jour. sceau, Dé-voi-le - nous la ri- ches-se De l'hé - ri - ta -
ge d'en haut. veur ; A ses pieds, en sa-cri - fi - ce, Nous ap - or-tons no -
tre cour. jour Et de vic-toire en vic - toi - re Jus-qu'au cé - les - te
sé - jour.

Oh! viens, Es-prit de Dieu! Fais-nous sen-tir
ta pré-sen-ce, Re - vêts-
f~ mf .P-1 pi l:'
tr~
mf cresc.

143
LE SAINT-ESPRIT
E.-L. BuDRY.
de Dieu! Bap - ti - se - nous de feu!
= 100.
J. STANLEY.
144. Viens, ô Créateur de nos
âmes.
1. Viens, ô Cré - a - teur de 'nos â - mes,
Es - prit Saint,
2. Verse en nos â - mes tes lu - miè - res, Ver -
se ton
3. Viens, et rends-nous vain-queurs du mon - de ; E - car -
te
Dieu de vé - ri - té! Rem-plis nos coeurs des pu
- res flam-mcs a - mour dans nos coeurs ; Pré - te l'o - reille
à nos pri - è - res, tous nos en - ne - mis, Et de la paix la
plus fé -con - de.
! `,r r r-
De ton ar - den - te cha - ri - té !
Et corn - ble - nous de tes fa - veurs. Que nos tri - om -
phes soient sui - vis !
J J 4 1
I ,r r
r
Recueil EMPEYTAZ.

318 SANCTIFICATION
321. Oh ! que ton joug est facile.

= 100. BORTNIANSKY.
~ I
1. Oh ! que ton joug est fa - ci - le ! Oh ! com-bien j'ai - me
ta loi !
2. Non, ta loi n'est point pé - ni- bic Pour quiconque
est né de Toi ;
3. D'un triste et rude es - cla - va - ge Af - Fran-chi par
Jé - sus-Christ,
p1 J 4 4 J J

Dieu saint, Dieu de l'E-van - gi - le, Elle est tou-jours de-vant
moi.
Tou - te vic- toire est pos - si - ble A qui corn- bat a - vec
foi.
J'ai part à ton hé - ri - ta - ge, Au se - cours de
ton Es-prit.

De mes pas c'est la Seigneur, dans ta for Au lieu d'un.
mai - tre
J.J. J 1 1 1
lu - miè-re, - te - res- se, sé - vè
- re,
1 1
C'est le re - pos Au - cun mal ne Prêt à ju
- ger
1 1 1 1
de mon coeur: m'at - tein - dra :
et pu - nir,
r e r r r r r
Mais peur la voir tout en - tiè - re, Ou - vre mes yeux,
bon Sau-veur !
Si je tremble en ma lai-hies-se, Ta droi-te me
sou-tien-dra. Je sers le plus ten - dre Pè - re, Tou-jours prêt
à me bé - nir.

:l ·___ J 1 J- 1- J J J J J J
4. Dieu qui guides, qui consoles, --
J'ai connu que le bonheur C'est de garder tes paroles, -- Et je les serre en
mon coeur. Fais-moi marcher dans ta voie -- Et me plaire en tes statuts : Si je
cherche en Toi ma joie, -- Je ne serai pas confus.
(bis)
Mule MAISON.
SANCTIFICATION 331
4.
Heureux bientôt dans un monde nouveau,
Nous prendrons place au banquet de l'Agneau.
Là, plus de cris, plus de deuil, plus de larmes,
Plus de péchés, de douleurs ni d'alarmes.
Là nous serons joyeux, toujours joyeux.
C'est le pays des esprits bienheureux !
Mme W. MoNon.
336. Mon coeur joyeux.
1.

= 96.
C. MALAN.
1. Mon coeur joy-eux, plein d'es-pi - ran -ce,
S'é - lève a toi, mon Rédemp-
2. C'est vers ton ciel que, dans ma cour-se, Je vois a - bou -
tir tous mes
3. Le jour, je marche à ta lu - miè-re ; La nuit,
je re - pose en ton
J
r k r
1,fflibefflow
teur !Daigne é-cou - ter pas ; De ton Es - prit sein ;
Dès le ma - tin,
a -vec clé - men-ce Un pauvre humain faible et
pé-la vi - ve sour-ce Me ra - fraî- chitquand je suis à ma
pri - è - re, Tu viens é - clai - rer mon che-
cheur. En toi seul est ma con-fi - an - ce, las ; Et, dans le
danger, ma ressour-ce min, Et chaque soir, ô mon bon Pè-re,
fl. J
r
En toi seul est tout mon bonheur Est dans la for - ce de ton bras
Tu pré - pa - res mon len- de-main
1
Je vois ainsi venir le terme -- De mon voyage en ces bas
lieux,
Et j'ai l'attente vive et ferme -- Du saint
héritage des cieux :
Sur moi si la tombe se ferme, -- J'en sortirai
victorieux. C. MALAN
259. Miséricorde insondable.
Avec expression. J = 96. Chants de l'Armée du
Salut.

·
Cl'Eriah _~
1 Mi - se - ri - corde in-.son-da - ble !Dieu peut-Il
tout par - don-
2.
( Ab-soudre un si grand cou - pa - ble, Et mes pé -
thés ou - bli-Longtemos j'ai, loin de sa fa - ce, Pro-vo-que son saint
cour-Fer - mé mon coeur à sa grâ - ce, Bles -se le sien de
- vant

MIMEIr_
REFRAIN.
~- -- -
viens
I 2
er?
ner?
roux,
Je - sus, je viens ! Jé - sus, je viens ! Je viens
à
tous.
-Jr Y` V -
Toi I suis,
st S'
--~ G
Toi ! je viens à Toi ! Tel que je suis, tel que je suis,
je viens à

Mg widanwommiKim .imin...miono- a

Toi ! je viens à Toi ! Jé - sus, je viens
! Jé-sus, je viens ! Je viens à

Toi!

Toi ! je viens à toi ! Tel que je suis, prends-moi.

3. O Jésus ! à toi, je cède, Je veux
être libéré ;
De tout péché qui m'obsède
Etre à jamais delivré. REF.
|
4. Alléluia ! plus de doute, Mon fardeau m'est
enlevé ; Pour le ciel je suis en route, Heureux pour
l'éternité. REF.
Chants de l'Armée du Salut.
|
260. Tel que je suis, pécheur
rebelle.
1.

Un peu lent = 108.
Recueil anglais.
blINNO
1. Tel que je suis, pé-cheur re - bel-le, Au nom du sang
ver-sé pour
2. Tel que je suis, dans ma souil-lu -re, Ne cherchant nul
re-mède en
3. Tel que je suis, a - vec mes lut-tes, Mes craintes, ma ti -
mi - de
moi, Au nom de ta voix qui m'ap-pel - le, Jé - sus, je
moi, Ton sang la - ve mon âme im - pu - re : Je - sus, je foi. A - vec
mes dou -tes et mes chu - tes, Jé - sus, je
viens à Toi ! viens à Toi ! viens à
Toi 1
J. 41'
Tel que je suis, je me réclame -- De ta promesse,
par la foi ; Au ciel tu recevras mon âme . -- Jésus, je viens
à Toi !
2. Tel que je suis, ton sacrifice -- A ma place
accomplit la loi : Justifié par ta justice, -- Jésus, je viens
à Toi
3. Tel que je suis, Dieu me convie, -- O mon
Sauveur, pour être à Toi, A toi dans la mort,
dans la vie. -- Jésus, je viens à Toi ! H. MONOD.

1. Le si - gnal de la vic - toi - re
Dé - jà brille aux cieux ;
2. Que l'en - ne - mi, plein de ra - ge, Re-dou - ble ses
coups,
3. Sui - vons, a - mis, la ban-niè - re Du Sau-veur en
croix,
4. Rude et longue est la mê - lé - e : Voi - ci
le se - cours !
364
365. Le signal de la victoire.
Mouvement de marche. J = 104.
|
P. B. Buss
|
AMINNIMPNIN
MM. In
|
La cou - ron - ne de la gloi - re Pa - rait à nos
yeux.
Nous ne per - dons point cou - ra - ge : Christ est a - vec
nous.
Et que notre ar - mée en - tiè - re, Se range
à sa voix.
Dans nos mains pre - nons l'é - pé - e Qui vain-
quit tou-jours !

REFRAIN.
Je viens, com-bat - tez en - co - re ! 1-) Ii
Jé - sus à tous. Oui, mon Sauveur,
Inf
-Z s
----~f _~ ~1
; 1 ,'1

t'im - plo - re, Je lutte à ge - noux.
~ r ~ . ED. BARDE.
C C t 1
ASPIOATIONS DE L'ANIE 181
184. J'ai soif de ta présence.

R. LowRY.
Dolce mi J
69 ·
r- r' C D- rr
1. J'ai soif de ta pré-sen-ce, Di - vin chef de ma
2. Des en - ne - mis, dans l'ombre, RO- dent au-tour de
3. Pen- dant les jours d'o - ra - ge, D'obs - cu - ri -
té, d'ef-
4. 0 Jé - sus! ta pré-sen - ce C'est la vie et
la
mef
·

Toi; Viens,
·
sus, et de - meu - re
1
Jé
if
moi.
A. GLARDON.
17
--- r r' ·
soin à chaque heu - re, Oh ! j'ai be - soin de
Cha - que
,fj L
foi ; Dans ma fai-blesse im-men-se Que moi ; Ac - ça -
blé par le nombre, Que froi, Quand fai-blit mon cou-ra-ge, Que
paix ; La paix dans la souffran-ce, Et
|
fe - rais - je sans Toi? fe - rais - je sans Toi? fe -
rais - je sans Toi?
la vie à ja - mais.
|
CONFIANCE
|
395
|
397. II est un roc séculaire.
1.
=72. L. HARTSOUGH.

Il est un roc sé - cu - lai - re, Que Dieu, pour
mon coeur las-
2. A mes pieds l'o - cé - an gron - de; Le vent
siffle au - tour de
3. En vain l'ou - ra -gan fait ra - ge, Et nul - le clar
- té ne
4. Jou - et de l'onde a - gi - té - e, Cet a -
bri, l'as - tun trolu-
r JJ
herr ·
sé, Comme un a - bri tu - té - lai - re, Au sein
des flots a pla - cé. moi... Sur Christ, mon ro-cher, je fon-de Mon es -
pé-rance et ma foi.
luit, Pai - sible au sein de l'o - ra - ge, Fat-tends l'aube a
- près la nuit. vé ? Viens, pauvre â - me
tour-men-té - e, Au ro - cher qui m'a sau-vé !
·

·
--rte_-~
41 ·1111011P. INN
r r r v
Mon ro - cher, ma for - te - res - se, Mon
P.
a si - le pron - tec-
d
P rJ P.
,

teur, Mon re-cours dans la dé - tres-se, C'est
Jé-sus, le Rédempteur!
A s 1 J1 R. S.
r
474 ENFANTS
472. Jésus me demande d'être.
Léger et gracieux i = 66.
|
E. O. EXCELL.
|
6
r I r
1. Je-sus me de-man-de d;ê-tre Un ray - on de so -
leil,
2. Je-sus me de-man-de d'e-tre Un ray · on bien-fai -
sant,

r
Qui gai-ment fas - se con - nai - tre Son a-mour sans pa -
reil, Comme un re - flet de ce Mai-tre Ai-mable et
com-plai-sant,
REFRAIN

-
V
Un ray - on de joi - e, Un doux ray - on de so - leil. Que
mj
I
m
Je - sus en - voi - e I Oh! quel bon - heur sans pa - reill
3. Oui, Seigneur, donne-moi d'être -- Comme un rayon
d'espoir,
Paraissant à la fenêtre -- Quand le ciel est tout
noir. Ref.
4. Oh 1 que m'oubliant moi-même, -- Je ne m'efforce
plus Que d'être pour ceux que j'aime, -- Un reflet de Jésus.
Ref.
5. Que partout mon gai sourire -- Et ma joyeuse humeur Soit
un baume à qui soupire -- Et réjouisse un coeur I
Ref. Que Jésus m'emploie -- Et qu'il me rende
pareil
Aux rayons de joie, -- Aux doux rayons du soleil !
Ch. ROCHEDIEU.
1.

473. Chaque jour de ma vie.
_ 104
C. MALAN.
Cha -que jour de ma vi - e, Je veux dire au Sei-
2. Dès que le jour com-men-ce, Je veux dire au Sei-

gneur: Apprends-moi, je te pri - e, A te don
- lier mon cour. gneur: Tiens-moi dans ta pré-sen - ce, Mon Dieu, mon
Ré-demp-teur!
ENFANTS 475
3. Souvent dans la journée, Je veux dire au Seigneur : Toi
qui me l'as donnée, Sois-en le bienfaiteur.
4. Et quand vient la nuit sombre, Je veux dire au Seigneur : Tu
me vois sous son ombre, Garde-moi ta faveur.
C. MALAN.
474. « Je suis la Lumière
».

Pas trop vite. = 72.
. 5
E. O. EXCELL.
J" J" J J
1. «Je suis la lu- miè - re », A dit le
Seigneur; A - vec
2. Si la pu - re Elam -me Par- fois baisse un peu, Veil-Ions
3. Quand le jour se voi - le Au clair fir - marnent, La plus

r
AMBON _-- -=
C--,

REFRAIN
moi, tnon?ré- re, Ou-vre - lui ton coeur. sur notre
â - me,Ba -vi-vons le feu. Le monde est leind'ombre: humble é -
toi - le Bril-le 'dou - ce-ment.
J'J` I% -I : ~J'J
ç rr- - rH ·
c c r~
--- J' Js J
G; c P c c c c r r--

Brillons, brillons bien, Toi dans ton coin sombre, Et moi dans le
mien.
J` J` J , J` J' J' s J f : P J"
MONOD.
|
290
|
CONSÉCRATION
|
289. C'est mon joyeux service.

r
|
|
|
|
|
|
|
|
8
|
crc
|
|
|
|
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|
|
r
|
|
1.
Lent, mais bien rythmé. J.=.- 50.
mf
|
P
|
ALINE J.-F. KNAPP.
|
C'est mon joy - eux ser - vi - ce D'of-frir à Jé
- sus-
2. J'a - ban - don - ne ma vi - e, Sans re - gret ni
fray-
3. Qu'un feu nou-veau s'al - lu - me Par ton a - mour en
4. Viens, Jé - sus ! sois mon mal - tre ; Par ton sang
ra - che-

r
Christ, En vi - vant sa - cri - fi - ce, Mon corps et mon es -
prit.
eur, A ta grâce in - fi - ni - e, O mon Li - Lé - ra
- teur !
moi, Et dans mon coeur con - su - me Ce qui n'est pas à
toi !
té, A toi seul je veux é - tre Et pour l'é -
ter - ni - té.
J J' J
ml P
Ac - cep - te mon of - fran - de, Bien - ai - mé Fils de
Dieu ! Et

Relent, légèrement.
|
|
|
|
|
e r t
|
|
|
1
|
|
|
que sur moi des - cen - de
|
La flam - me
|
du saint lieu!
|
l
|
|
|
|
|
TH. MONOD.

10. L'Eternel seul est Seigneur. Psaume
2+.

1. L'E-ter - nel seul est Sei-gneur ;
2. Mais quel bien-heu-veux mor - tel
3. C'est l'homme qui, dans son cour,
|
Seul il est do - mi - na-teur, Au saint mont de l'E -
ter-nel, Par ton Es - prit, ô Seigneur !
|

·

Seul il est do -
Au saint mont de Par ton Es - prit,
1
mi - na-teur Sur les -peu -pies l'E - ter - nel Au - ra le
droit ô Seigneur ! Hait du pé - ché
de la ter - re ; de pa - rai -Ire? les souil -
lu - res ;
Il est mai - tre sou - ve - rain, II est mai - tre
sou - ve - rain Des ou-Et quel homme, ô puis-sant Roil Et quel homme,
ô puis-sant Roi 1 Pour de-Qui, fuy - ant la faus- se - té, Qui,
fuy - ant la faus - se -té, Te sert

p1 .1 1.l11
f
vra - ges que sa main Pour sa gloire a you - lu fai - re.
meu - rer a - vec Toi As - sez jus - te pour-rait ê -
tre? en sin - cé - ri - té, Le - vant vers toi
des mains pu - res.

D' LAMounoux.
PSAUMES
4. Ouvrez-vous, célestes lieux : Haussez-vous portes des
cieux ! (bis) Car voici le Roi de gloire, Quel est ce Roi, ce
vainqueur ? (bis) C'est Jésus, le Rédempteur Qui revient
de la victoire.
5. Avec Lui, nous entrerons, Avec Lui nous régnerons
(bis). Dans cette gloire éternelle : Ouvrez-vous, portes des
cieux, (bis) Tressaillez, célestes lieux, D'une
allégresse nouvelle 1
|
11
|
C. MALAN.
11. Gloire, gloire à l'Eternel.
1. Gloire, gloire à l'Eternel !
Qu'un cantique solennel (bis)
De nos cours monte à son trône.
Quand il crée, oh 1 qu'il est grand 1 (bis)
Qu'il est juste en punissant,
Qu'il est bon quand il pardonne !
2. Il commande... et le néant Tressaille au premier
accent (bis)
De sa parole vivante ; Et des astres radieux (bis) Sa
main jette dans les cieux La poussière étincelante.
3. Il accuse, et le pécheur, Devant cet Accusateur
(bis) Sent sa profonde misère, Et s'écrie, en son effroi
: (bis) Montagnes, tombez sur moi, Cachez-moi de sa colère !
4. Mais l'âme à qui le Seigneur S'est donné
pour Rédempteur (bis) Goûte une paix ineffable :
Objet d'un si grand amour (bis) Elle se donne en
retour
A ce Sauveur adorable.
5. 0 Dieu ! que tes rachetés
Toujours chantent les bontés (bis) De Celui qui
leur pardonne I Gloire, gloire à l'Eternel 1 (bis) Ce cantique
solennel
Montera jusqu'à son trône 1
J
136. Tenons nos lampes prêtes.

r I
I. Te-nons nos lam-pes pré - tes, Chrétiens,
pré-pa-rons-nous Pour
2. Voi - ci dé - jà les an -ges, A -vec eux les
é - lus, U-
3. Voi - ci Je - sus Lui -me' - me, Puis-sant, vic-to - ri - eux
! De

Cit I1 1 !
CHOEUR.
r rTr ,r r
r, r r -r
l'heure où les trom - pet - tes An - non - ce - ront
l'E-poux.
nis - sant leurs lou - an - ges En l'hon-neur de Je -
sus. Qu'à ré-
son pur di - a - dè - me L'é - clat rem - plit les
cieux.
1
, LEI___i

C
pondre on s'em-pres-se, Ho -san-na ! Ho - san-na!
1 v G i

r -f-
Et qu a- vec al - lé-
gres - se On chante : Al - lé - lu - ia,! On chante : Al -
le - lu - ia !
I
4. Venez, bénis du Père, -- Qui m'avez attendu
;
Entrez dans la lumière, -- Le ciel vous est rendu.
Qu'à répondre, etc. LfoN PAUL.
|