
Apport d'une thérapie cognitive dans la prise en
charge d'une patiente présentant un trouble panique avec
agoraphobie
Diplôme d'Université
Directeur de recherche : Docteur Herman de
Vries
Membres de jury :
Professeur Vera
Madame Mirabel-Sarron
Mémoire présenté par : Docteure
Parvaneh Majd
17/09/2013
-2-
Dédicace 2
REMERCIEMENT 2
Première partie: Présentation du cas
clinique 2
1.1. PRESENTATION DU CAS CLINIQUE SELON UN ENTRETIEN DIAGNOSTIQUE
: 2
1.1.1. Description du sujet 2
1.1.2. Histoire familiale 2
1.1.3. Histoire d'enfance 2
1.1.4. Histoire d'adolescence 2
1.1.5. Situation actuelle 2
1.1.6. Comment la patiente gère son anxiété
2
1.2. ANALYSE FONCTIONNELLE : GRILLE SECCA 2
1.2.1. Grille S.E.C.C.A. synchronique 2
1.2.1. 1. Situation : 2
1.2.1. 2. Emotions 2
1.2.1. 3. Cognitions 2
1.2.1. 4. Comportement : 2
1.2.1. 5. Anticipations : 2
1.2.1. 6. Conséquences 2
1.2.2. Grille S.E.C.C.A. diachronique 2
1.2.2.1. Données structurales possibles: 2
1.2.2.2. Facteurs historiques de maintien possibles 2
1.2.2.3. Facteurs initiaux invoqués: 2
1.2.2.4. Événements précipitant les
troubles: 2
-3-
1.2.3. Diagnostic 3
Diagnostic selon DSM-IV 3
1.2.4. Discussion 3
CHAPITTRE II : Etat des lieux 20
2.1. ATTAQUE DE PANIQUE 21
2-1.1. Différents types d'attaques de panique 22
2.1.2. Histoire 22
2.2. AGORAPHOBIE 22
2-2-1. Prévalence et incidence 22
2-3. PRESENTATION DES MODELES THEORIQUES DU TROUBLE PANIQUE ET
DE
L'AGORAPHOBIE 23
2-3-1. Le modèle de l'apprentissage sociale 23
2-3-2. Le modèle biologique 24
2-3-3. Le modèle comportemental 24
2.3.3.1. Le conditionnement classique ou pavlovien 24
2.3.3.2. Le conditionnement opérant 25
2.3.4. Le modèle de Sheehan 25
2-3-5. Le modèle intégratif de Barlow 26
2.3.6. Le modèle cognitif 26
2.3.7. Le rôle des séparations dans l'enfance et
l'environnement familial 27
2.4. PRESENTATION DES PRINCIPALES STRATEGIES THERAPEUTIQUES 28
2.4.1. L'information : 28
2.4.2. La relaxation 28
2.4.3. Le contrôle respiratoire 29
-4-
2.4.4. L'exposition 29
L'exposition en imagination 30
L'exposition aux sensations redoutées 30
L'exposition situationnelle 30
2.4.5. Thérapie cognitive 31
Efficacité des thérapies cognitives 31
CHAPITRE III: Pratique des séances
3.1. PRESENTATION DES SEANCES DU CAS SUIVI
|
32
33
|
3.1.1. Première séance
|
|
33
|
3.1.2. La seconde séance
|
|
33
|
3.1.3. La troisième séance
|
|
34
|
3.1.4. La quatrième séance
|
|
35
|
3.1.5. La cinquième séance
|
|
36
|
Liste de 6 points pour mieux gérer les AP est
proposée :
|
|
38
|
3.1.6. Séances 6
|
|
39
|
3.1.7. 7éme et 8éme séances
|
|
40
|
3.1.7.1. Première étape : mise en
évidence du postulat fondamental :
|
|
41
|
3.1.7.2. Deuxième étape : discussion du postulat
fondamental
|
41
|
|
3.1.7.3. Troisième étape : pensé
autrement ou les pensées alternatives :
|
|
43
|
3.1.8.. Les séances 8- 10
|
|
44
|
3.1.9. Séances 11 à 13
|
|
44
|
3.1.10. Les séances 14- 20.
|
|
44
|
-5-
Chapitre IV: Résultats et Conclusion finale
45
4 .1. RESULTATS DE RECHERCHE 46
4.1.1. Questionnaire des peurs de Marks et Mathews : 46
4.1.2. Questionnaire des cognitions agora phobiques 46
4.1.3. Questionnaire de pensées automatiques 47
4.1.4. Questionnaire de Beck 47
4.2. DISCUSSION FINALE : 47
Bibliographie 49
Annexes : 5
QUESTIONNAIR DES COGNITIONS AGORAPHOBIQUES 54
ECHELLE DE BECK (BDI : BECK DEPRESSION INVENTORY) 55
QUESTIONNAIRES DE PENSEES AUTOMATIQUES 59
QUESTIONNAIRE DES PEURS MARKS et MATHEWS
61
-6-
DEDICACE
A ceux qui ont attendu avec patience les fruits de
leur
bonne éducation

-7-
REMERCIEMENTS
Je tiens à remercier tous ceux qui m'ont appuyée
dans ce projet. Le succès de mon entreprise n'aurait été
possible sans eux. Merci d'abord mon directeur de recherche, Herman de Vries.
Il m'a accordé son entière confiance dès le début
de notre collaboration et m'a toujours bien conseillé et
encouragé.
Je remercie aussi Mme docteur Firouzeh Mehran. Elle m'a
proposé de participer à cette formation qui était tout
à fait en accord avec mes préoccupations de recherches pratiques
en psychologie clinique.
Mes pensées de remerciements les plus sincères
vont aussi aux membres de jury, Dr. Mirabelle-Sarron et Dr. Vera, professeurs
de l'Université de Paris V.
Je remercie les membres de ma famille pour m'avoir
encouragé dans mes projets. Je remercie particulièrement mes
parents pour leur soutien et qui m'ont indiqué la bonne voie en me
rappelant que la volonté fait toujours les grands hommes.
Je n'oublie pas Madame Marie-Thérèse Neuilly
pour tout ce qu'elle a fait pour moi. Mes rêves pour venir en France et
compléter mes études n'étaient possibles que par ses
qualités humaines.
-8-
INTRODUCTION GENERALE
Ce mémoire sur « Attaque de panique et agoraphobie
chez un cas clinique » a été produit dans le cadre d'un
travail pour le Diplôme d'Université en Thérapie
Comportementale-Cognitive.
L'auteure de cette recherche est enseignante à
l'Université Azad Torbat-Jam (Iran) et psychologue clinicienne avec une
pratique clinique à temps partiel.
Je suis venue en France pour des raisons politiques et pour
compléter mon cursus universitaire et j'ai eu la chance de pouvoir
bénéficier de cette formation de DU.
J'ai fait la connaissance de Mlle S. l'an dernier, dans un
cadre de relations amicales entre compatriotes à Paris. Quand elle a su
que j'étais psychologue elle m'a parlé de ses difficultés
et m'a ensuite demandé si je pouvais l'aider. Son cas m'a
intéressé car le problème des attaques de panique a
toujours été un sujet intéressant pour moi. Le cas a
été anonymisé et présenté comme un cas
français.
Ce mémoire a pour objectif la présentation des
méthodes de thérapie comportementale et cognitive pour traiter de
ce syndrome. Quatre parties distinctes sont proposées.
Dans la première partie, j'ai présenté le
cas clinique, sa biographie et son histoire de vie, puis l'histoire de son
problème. L'analyse fonctionnelle, l'analyse diachronique et le
diagnostic permettent une compréhension formalisée.
La deuxième partie s'appelle « l'Etat des lieux
». Cette partie est essentielle car dans chaque étude scientifique
il est nécessaire de se référer aux connaissances
scientifiques dans le domaine. Elle présente un inventaire des
recherches scientifiques pertinentes, notamment sur la problématique
d'attaque de panique, l'agoraphobie et la thérapie comportementale et
cognitive.
Puis au troisième chapitre, j'ai analysé les
séances de la thérapie. J'ai expliqué chaque séance
en détail.
La conclusion suit dans la partie IV. Elle propose les
résultats de cette étude. Une discussion des résultats
obtenus mis en lien avec les concepts exposés plus tôt ainsi
qu'avec la littérature sur le sujet. Elle ouvrira aussi la voie à
certaines perspectives de recherche.
PREMIERE PARTIE
-9-
PRESENTATION DU CAS CLINIQUE

-10-
1.1. PRESENTATION DU CAS CLINIQUE SELON UN ENTRETIEN
DIAGNOSTIQUE :
1.1.1. DESCRIPTION DU SUJET
Mademoiselle S. 26 ans, célibataire au chômage,
vit chez sa mère, et vient consulter car elle ne supporte plus
d'être bloquée dans son appartement. En fait, dès qu'elle
sort seule, elle vit dans la crainte d'avoir « un malaise ».
Elle ne sort pas souvent et ses sorties sont limitées,
d'une part, à prendre de l'argent au distributeur automatique, d'autre
part, à faire des courses dans le magasin situé en face de son
appartement.
1.1.2. HISTOIRE FAMILIALE
Elle est enfant unique. Quand elle est née, sa
mère était dépressive à cause de la mort de sa
grand-mère.
Elle décrit sa mère comme dépendante de
son mari, incapable de gérer seule les tracas quotidiens. Elle
s'inquiétait pour tout. Sa mère n'a jamais passé le permis
de conduire, ne sortait jamais seule, et était très
angoissée à l'extérieur de chez elle : la question d'une
agoraphobie se pose.
Son père parlait peu et n'exprimait pas ses sentiments.
Ouvrier d'usine, il partait tôt et rentrait très tard, et
était très souvent en déplacement. Elles ne savaient
jamais à quelle heure il allait rentrer, ce qui était source
d'inquiétude pour sa mère et pour elle.
Son enfance a été marquée par les «
crises de tétanie » de sa tante, « bloquée dans un
coin, incapable de bouger, comme si elle était folle ». On lui a
dit que ces crises, si impressionnantes, pouvaient arriver à tout le
monde. Elle a conçu une peur intense des crises de tétanie ou
d'épilepsie, car «il est terrible de penser qu'il y a des moments
où on peut perdre tout contrôle sur son corps ».
1.1.3. HISTOIRE D'ENFANCE
Dès l'école primaire, elle se souvient de
moments d'angoisse, quand elle se sentait rejetée par les autres. Elle
faisait tout pour se faire aimer des autres, leur rendant toujours service,
étant toujours gentille.
-11-
Elle a eu son premier malaise dans un supermarché
à 12 ans, à la caisse, avec ses parents. Ce premier malaise s'est
caractérisé par des palpitations, son coeur s'est
accéléré, elle a senti que ses jambes ne la portaient
plus, des fourmillements au niveau des extrémités, des troubles
de la vision, une impression que le monde était bizarre, des crampes
à l'estomac, une impression de perdre le contrôle, une très
grande peur de perdre connaissance. Le diagnostic d'hypoglycémie a
été évoqué, on lui a donné un sucre.
Ce malaise est survenu juste après le
décès d'une de ses camarades de classe suite à un accident
de la route celle qui aussi souffrait d'épilepsie. Ce
décès l'a beaucoup frappé, c'était son premier
enterrement, elle s'est dit : « on peut mourir du jour au lendemain
».
1.1.4. HISTOIRE D'ADOLESCENCE
A l'âge de 15 ans, son père a fait une crise
d'épilepsie qui a conduit au diagnostic de tumeur
cérébrale, on lui a dit qu'il avait 6 mois à vivre.
Elle a vécu dans l'angoisse permanente du
décès de son père. L'état de santé de son
père s'est dégradé rapidement. En même temps, elle a
été renvoyée de l'école pour redoublement. Elle a
très mal vécu ce renvoi, a ressenti un grand vide et s'est sentie
violemment rejetée.
Puis son père est mort, elle a du s'occuper de tout, sa
mère étant incapable d'assumer quoi que ce soit. Sa mère
dépressive ne supportait pas la solitude, et lui faisait du chantage au
suicide dès qu'elle s'éloignait. « J'étais
obligée de rester dans la maison avec ma mère, au lieu de sortir
avec mes copines ». Pendant ces périodes elle avait des crises
d'attaque de panique. Elle consommait les benzodiazépines comme
lorazepam ou alprazolam.
1.1.5. SITUATION ACTUELLE
De 21 à 24 ans, elle a connu une période sans
crises, pendant laquelle elle pouvait se déplacer librement. Elle avait
un travail dans un salon de coiffure. Mais elle a continué à
vivre chez sa mère. Depuis, elle a alterné des périodes
sans crises où elle retrouvait une existence libérée et
des périodes où les crises étaient très
fréquentes et ses déplacements très limités.
Actuellement, elle est au chômage depuis 9 mois, Depuis
cette époque, elle a subi 3 crises par semaine et ne peut plus sortir
seule de chez elle.
Ces crises surviennent quand elle est seule, dans certaines
situations (voiture, magasin, guichet de banque, bus), quand il y a beaucoup de
monde ou qu'elle se sent bloquée (file d'attente, embouteillage, ..).
-12-
Des mots déclenchent les crises, ce sont les mots :
maladie, tumeur, épilepsie, et agora. Ces crises durent de 5 minutes
à 1 heure.
Elle a besoin d'un personnage contra phobique pour sortir ou
s'assurer de la présence d'une amie à son arrivée à
destination. Ses déplacements sont limités à un rayon d'un
kilomètre.
1.1.6. COMMENT LA PATIENTE GÈRE SON ANXIETE
Elle emporte dans son sac : un sucre, un berlingot
sucré, son portable, du chewing-gum, une bouteille d'eau. Elle
évite de penser à la crise.
Dés qu'elle sort, elle est préoccupée par
la crainte d'avoir une attaque de panique, elle ne se sent en
sécurité qu'avec sa mère ou une amie. Elle se voit «
mourir devant tout le monde » ou « faire une crise de tétanie,
obligée de se recroqueviller dans un coin et passer pour folle
».
Mlle S se sent différente, pas comme les autres. Elle
est très gênée par son trouble, obligée de mentir
à ses amies pour le cacher, elle ne peut faire ses démarches de
recherche d'emploi qu'accompagnée. Elle a un sentiment
d'épuisement, elle n'a plus la force de développer toutes ses
stratégies pour masquer son trouble, celui-ci est trop pesant, trop
envahissant ; limite trop ses déplacements et la rend trop
dépendante des autres.
1.2. ANALYSE FONCTIONNELLE : GRILLE SECCA
L'analyse fonctionnelle, spécifique aux
thérapies comportementales vise à étudier le comportement
de la patiente dans son contexte:
On va le décrire le plus précisément
possible, dans ses composantes émotives, cognitives et comportementales
Puis, on va s'attacher à déterminer les facteurs de
déclenchements : « dans quelles situations précises ses
crises surviennent », (antécédents) et les facteurs de
maintien qui sont les conséquences positives de ce comportement
problématique pour la patiente et son entourage (par exemple :
l'évitement de situations qui donne un soulagement) qui vont renforcer
ce trouble.
L'analyse fonctionnelle nous permet de formuler une
hypothèse quant au maintien de ce trouble qui se réfère
aux théories cognitivo-comportementales en accord avec les
données actuelles de la science. Puis, cette analyse va nous permettre
de définir la cible thérapeutique, les procédures de
traitement, mais aussi d'objectiver une mesure du comportement
problématique qui permettra de suivre son évolution et
d'évaluer l'impact du traitement. Cottraux (2007).
-13-
La grille SECCA (Cottraux, 2007) permet de situer une
séquence comportementale dans toute la complexité des
interactions actuelles entre les différents éléments
(grille synchronique) ; nous la complèterons avec un inventaire des
conséquences plus détaillée que chez Cottraux. Ensuite
nous allons aussi situer le comportement problème dans l'histoire de la
patiente (grille diachronique).
1.2.1. GRILLE S.E.C.C.A. SYNCHRONIQUE
Cette grille nous permet d'analyser les différentes
variables du comportement et de mettre en évidence leur interaction dans
l'ici et le maintenant.
- Situation
- Emotion
- Comportement
- Cognition
- Anticipation
1.2.1. 1. Situation:
Ces crises surviennent dans les situations suivantes :
1. voiture : quand elle est seule dans sa voiture à
plus d'un kilomètre de chez elle ou bloquée dans un
embouteillage.
2- magasin : elle ne peut y aller qu'accompagnée et
même dans ce cas elle peut présenter une crise si elle est
bloquée à la caisse.
3- la salle d'attente d'un médecin ou à
l'hôpital : elle rattache cela à la confrontation à la
maladie, au fait de l'attente et d'être bloquée dans cette
situation.
4- distributeur automatique de billet : elle ne peut aller
seule qu'à celui situé en bas de chez elle. Elle va aux autres
distributeurs accompagnée et même dans ce cas elle peut avoir une
crise, si elle est bloquée dans une file d'attente.
5- les transports en commun sont sources d'angoisse car plein
d'inconnus. Elle ne peut maîtriser leur déplacement et leur
arrêt car ce sont des endroits fermés. Elle ne peut y aller car
elle a connu beaucoup de crises d'angoisse dans les transports en commun.
Elle n'a jamais connu de crise seule chez sa mère,
où elle a tous ses repères. Dès qu'elle est seule, elle
s'occupe pour ne pas penser et allume la télévision ou la radio
pour s'occuper l'esprit.
-14-
Toutes ses situations correspondent à l'idée
qu'elle ne pourrait pas s'échapper ou trouver de secours en cas
d'attaque de panique.
Quand : ces crises surviennent à n'importe quel moment
de la journée. Elle n'a jamais eu de crises nocturnes.
Avec qui : la présence d'une personne connue (sa
mère ou une amie) joue un rôle protecteur contre les attaques de
panique. Même des mots peuvent déclencher des crises, ce sont les
mots maladie, tumeur, épilepsie, et agora. On peut parler de «
généralisation sémantique ».
Durée : Ces crises durent de 5 minutes (si elle sort de
la situation : échappement) à 1 heure (si elle doit rester dans
la situation).
L'intensité de ces crises est maximale au début
(cotée à 8 sur une échelle de 8), puis l'intensité
de l'angoisse diminue progressivement pendant la crise, pour se stabiliser
à un niveau de 4 dans la journée qui suit l'attaque de
panique.
1.2.1. 2. Emotions
Anxiété majeure avec sensation de perte de
contrôle et très grande peur de perdre connaissance pendant
l'attaque de panique. L'anxiété peut se manifester à
l'idée d'affronter une situation phobogène. Alors elle transpire,
a l'impression d'étouffer
Il est à noter chez elle des affects dépressifs
qui se sont fait jour avec le temps : elle évoque un sentiment
d'épuisement et n'a plus la force de développer toutes les
stratégies mises en oeuvre pour masquer ou dominer le
problème.
1.2.1. 3. Cognitions
Signification personnelle : Ses crises d'angoisses viennent de sa
peur de la maladie et de sa peur de la mort qu'elle rattache à la mort
de son père et de son amie. Sa peur de perdre le contrôle, qu'elle
relie aux crises de tétanie de sa copine et de sa tante et aux crises
d'épilepsie de son père.
Monologue intérieur : à l'extérieur «
je peux mourir à n'importe quel moment » ou « perdre le
contrôle de moi », ou « perdre connaissance ».
Imagerie : « je me vois par terre sans connaissance »
ou « recroquevillée dans un coin, sidérée d'angoisse
».
-15-
1.2.1. 4. Comportement:
a- Ouvert :
- Il y a des évitements massifs où
certaines situations font l'objet d'un évitement total
(déplacements en train, transports en commun, déplacements seule
à pied plus loin qu'au bas de son appartement ou seule au-delà
d'un kilomètre en voiture, elle évite également de rester
seule chez sa mère). Et des évitements plus subtils, où
elle sort dans le centre ville avec une personne contra phobique (sa
mère) ou s'assure de la présence d'une amie à son
arrivée à destination.
- Avec des objets contra phobiques, elle emporte
dans son sac : un sucre, son portable, du chewing-gum, une bouteille d'eau.
- Avec des comportements de sécurité :
ses sorties sont balisées par des endroits, où elle connaît
des personnes et où elle sait qu'elle pourra trouver de l'aide en cas de
crise.
b- Couvert :
Elle évite de penser à la crise.
1.2.1. 5. Anticipations:
Images anticipatoires : elle s'imagine «
recroquevillée dans un coin, sidérée, les gens la prennent
pour une folle » ou « s'endort par terre sans connaissance »,
« les gens appellent les Urgences ».
Pensées anticipatoires : « j'ai peur de mourir
seule » ou d'être « recroquevillée sidérée
d'angoisse » ou « de perdre le contrôle de moi, de mon corps
».
Entourage : Sa mère doit l'accompagner, elle ne peut
sortir seule. Cette dépendance arrange sa mère, qui est dans
l'incapacité de vivre seule. Son trouble lui apporte des
bénéfices secondaires : être le centre d'attention de sa
mère qui n'ose pas la laisser seule, ni la laisser sortir seule.
1.2.1. 6. Conséquences
Nous avons pensé utile d'ajouter un inventaire des
conséquences positives (renforçantes) et négatives
(inhibantes), selon le modèle proposé par de Vries (2010)
Conséquences positives:
Au moment de se dégager et d'écourter sa
présence dans les situations identifiées, elle vit une nette
réduction de l'intensité de ses manifestations d'angoisse (- S-),
quand elle évite d'aller
-16-
quelque part, elle limite l'apparition de son
anxiété (o S-) : Les deux cas de figure peuvent être
compris comme présentant un renforcement négatif.
La présence permanente de la mère, même si
avec le temps elle ne l'apprécie plus, peut être compris comme un
Renforcement positif (+ S+) des comportements d'évitements et de
dépendance.
Conséquences négatives:
Le fait d'éviter de se confronter aux situations
inventoriés a bien sûr un cortège de conséquences
négatives : disparition de choses positives dans sa vie (- S+ ou o S+) (
elle ne peut pas chercher un métier, elle a perdu son copain, être
isolée de ses soirées avec ses copines), et apparition de choses
néfastes (+ S-) ( elle est empêché de voyager aux endroits
où elle souhaitait être depuis toujours ...., elle est
déçue de pas trouver un fiancé, déçue de ne
pouvoir avoir un métier et améliorer sa situation
financière), surtout avec le temps.
Dans les conséquences négatives nous trouvons ce
qui l'a motivé à consulter et aussi des éléments
pour l'aider à se mobiliser pour faire les tâches de la
thérapie.
1.2.2. GRILLE S.E.C.C.A. DIACHRONIQUE
1.2.2.1. Données structurales possibles:
Génétiques :
mère dépressive, dépendante, présentant un trouble
anxieux généralisé, surprotectrice, probablement
agoraphobe, inquiète dès que sa fille sort. Elle a pu induire des
cognitions du type : « dès que je sors je suis en danger, il peut
arriver n'importe quoi ». Sa mère est très angoissée
dès qu'elle est malade ne pouvant faire face seule à sa
souffrance. Père exprimant peu ses émotions, gardant tout pour
lui, très sensible.
Personnalité
évitant : elle craint d'être critiquée ou
rejetée dans les situations sociales. Elle a du mal à s'impliquer
avec les autres à moins d'être certaine d'être aimée.
Elle est réservée dans les relations par crainte d'être
exposée à la honte. Elle est inhibée quand elle rencontre
d'autres personnes par la crainte de ne pas être à la hauteur.
1.2.2.2. Facteurs historiques de maintien possibles
Les angoisses de sa mère ont influencé sa
perception du monde extérieur, perçu comme source de danger
permanent, ce qui a pu s'inscrire dans ses structures cognitives profondes. Ce
modèle d'une mère dépendante, anxieuse, triste, ne lui a
pas permis d'acquérir un sentiment de sécurité et de
développer son autonomie.
-17-
Le fait que sa mère dépende d'elle pour tout est
un facteur de maintien important. En effet, le fait de rester chez sa
mère, de sortir avec sa mère, l'amène à ne pas
s'exposer.
Le rôle hyper protecteur de sa mère qui joue
complaisamment l'accompagnatrice est un facteur de maintien important.
Son manque de qualification qui rend difficile sa recherche
d'un emploi, sa dépendance financière à sa mère est
un facteur de maintien.
1.2.2.3. Facteurs initiaux invoqués:
Le premier malaise est survenu après le
décès d'une amie, morte dans la rue. A cette époque, elle
subissait un stress chronique du au fait qu'une autre amie très proche
lui racontait ses crises d'angoisses, cela l'angoissait terriblement, sans
qu'elle puisse l'exprimer à cette amie. Cela l'angoissait d'autant plus
que cela la ramenait aux crises d'angoisse de sa tante qui étaient
source d'angoisse massive. Elle a développé des cognitions de
type : « On peut mourir du jour au lendemain, même dans la rue.
»
Les crises de tétanie de sa tante et les crises
d'épilepsie de son père, ont développé chez elle
des cognitions de type : « n'importe qui peut perdre le contrôle de
son corps, et être ridicule devant les gens ou passer pour fou ».
1.2.2.4. Événements précipitant
les troubles:
Elle est bloquée chez elle, ne peut plus sortir seule,
elle ne supporte cette absence d'autonomie qui la rend entièrement
dépendante des autres.
1.2.3. DIAGNOSTIC
Le début du trouble panique chez une jeune femme
à l'adolescence est classique. Le long délai avant de consulter
est également une constante. On peut se poser, concernant cette
patiente, la question d'une fragilité biologique
(génétique) au vu de l'anxiété et de la probable
agoraphobie de sa mère.
-18-
Diagnostic selon DSM-IV
Axe I : Trouble clinique
Trouble panique avec agoraphobique
Trouble dépressif secondaire
Axe II : Troubles de la
personnalité
Personnalité évitant, dépendant
Axe III : Affection médicale
Absent
Axe IV : Problèmes psychosociaux et
environnementaux
Problèmes professionnelles et personnelles
Axe V : Evaluation globale de fonctionnement
(EGF)
Cotation actuel : 55
1.2.4. DISCUSSION
La réaction de sa mère aux situations
stressantes, incapable de faire face seule et plutôt évitante, a
pu être un modèle pour elle. Les phobies et les inquiétudes
de sa mère ont pu l'amener à déduire que le monde est un
endroit dangereux. Elle n'a pu développer un sentiment de
sécurité et son autonomie a été entravée par
le modèle de sa mère (en permanence stressée,
évitante et dépendante). Elle a développé un
attachement anxieux à son père qui était tout le temps
absent et pourtant indispensable à sa mère.
Petit à petit, le sentiment du danger dans le monde
extérieur s'est précisé. Elle a développé
des cognitions : « à l'extérieur il peut arriver n'importe
quoi, même la mort », sur la base des angoisses de sa mère,
la compréhension du caractère inéluctable de la mort, puis
le décès de son amie, ont fini d'asseoir ce postulat. Qui a
été confirmé par le décès de son
père.
Il est à noter un vécu traumatique des crises
d'angoisse de sa tante, puis de son amie qui a entraîné le
développement de cognitions de type : « n'importe qui peut avoir
une crise d'angoisse, perdre le contrôle de soi et passer pour fou
». L'écoute de son amie a constitué un stress important pour
elle
-19-
et l'a amené à la limite de ses capacités
d'adaptation et la confrontation à la mort en tant que stress aigu, l'a
fait basculer dans le trouble panique.
Il est à noter une extrême sensibilité au
rejet de l'autre, qui dès l'enfance, entraînait des crises
d'anxiété. Le rejet de son école a entraîné
la réapparition des crises. Elle a tellement besoin des autres pour
vivre que tout rejet est désastreux. On a tous besoin de soutien social
et de renforçateurs sociaux.
Puis, les crises ont entraîné des comportements
d'évitement et de sécurité, qui ont accentué ses
troubles. Il s'agit d'un mécanisme de renforcement négatif : elle
évite de plus en plus de situations, pour ne pas avoir de crise
d'angoisse, elle ne peut plus sortir seule de chez elle et même le fait
de rester chez elle nécessite des précautions
particulières.
Il est important d'évaluer les conséquences d'un
changement actuel : cela risque de remettre en cause la relation de
dépendance à sa mère, sa mère s'appuyant sur elle
et elle ayant besoin de sa mère. Sa mère risque de
déprimer si sa fille s'autonomise car elle est dépendante
d'elle.
Conséquences négatives du comportement actuel :
qui devraient affaiblir le comportement d'évitement : son
évitement l'a fait renoncer à avoir des activités pour
elle, développer son jardin secret, elle manque d'activités de
plaisir, elle a beaucoup de mal à trouver un emploi, aller aux
entretiens d'embauche. Il y a la des leviers potentiels pour la
thérapie
Ce qui frappe chez cette patiente, c'est l'intensité de
son évitement, sous tendu par la peur de perdre le contrôle. Nous
pouvons relever chez elle, l'importance de ses cognitions angoissantes.
Il semble important de s'attacher à modifier ses
cognitions paniquantes d'abord en l'informant pour lui permettre de comprendre
qu'elle ne risque pas de mourir, et de réattribuer ses manifestations
somatiques au stress. C'est la partie psycho-éducation.
Ceci va se poursuivre en lui permettant de retrouver un
contrôle sur ses troubles avec le contrôle respiratoire et en lui
faisant la démonstration dans la réalité par l'exposition
aux manifestations proprioceptives du lien entre l'hyperventilation et les
manifestations somatiques d'anxiété. Puis de lui permettre de
repérer ses pensées angoissantes et de les modifier par la
thérapie cognitive. Puis enfin, de travailler très
progressivement sur l'exposition in vivo, afin de diminuer son anticipation
anxieuse.
-20-
CHAPITTRE II
ETAT DES LIEUX

-21-
2.1. ATTAQUE DE PANIQUE
La crise de panique (également appelée «
attaque de panique », « crise d'angoisse aiguë ») est une
période de peur et d'inconfort intenses, survenant typiquement de
façon brutale et durant quelques minutes à plusieurs heures. Les
symptômes vont des frissons aux palpitations cardiaques en passant par
des sueurs, nausées, souffle court, hyperventilation, des sensations de
picotement (paresthésie) et l'impression d'étouffer. Une crise de
panique est un cercle vicieux, en ceci que les symptômes mentaux et les
symptômes physiques s'aggravent mutuellement.
Un patient ayant connu une attaque de panique peut être
sujette à des rechutes. On diagnostique chez les patients souffrant
d'attaques de panique régulières un « trouble panique
».
Symptômes de panique
La description de l'attaque de panique se fait actuellement
à l'aide du DSM-IV : Une période bien délimitée de
crainte ou de malaise intense, dans laquelle au minimum quatre des
symptômes suivants sont survenus de façon brutale et ont atteint
leur acmé en moins de dix minute :
- Palpitation, tachycardie
- Transpiration
- Tremblement ou secousse musculaire
- Sensation de souffle coupé ou impression
d'étouffement
- Douleur ou inconfort thoracique
- Sensation d'étranglement
- Douleur ou gêne gastrique
- Nausée ou gêne abdominale
- Sensation de vertige, d'instabilité, de tête vide,
ou d'impression d'évanouissement
- Déréalisation (sentiment dé
réalité) ou dépersonnalisation (être
détaché de soi)
- Peur de perdre de contrôle de soi ou de devenir fou
- Peur de mourir
- Paresthésie (sensation d'engourdissement ou de
picotement)
- Frissonne, bouffé de chaleur. (de Vries (2012))
-22-
2-1.1. DIFFERENTS TYPES D'ATTAQUES DE PANIQUE
Une distinction non (encore) retenue dans le DSM :
- `Cued' ou `Uncued' : un cue est un ensemble de stimuli
- une AP peut être enclenchée par des
caractéristiques d'une situation externe (un
ascenseur ou métro bondé)
- ou par des signaux internes (se sentir chaud, oppression
thoracique)
- AP qui répondent au critère `4 AP en 4 semaines'
et d'autres non (mais posent un
problème clinique néanmoins)
- AP qui s'accompagnent de 4 symptômes et d'autres
non...(mais posent un problème
clinique quand même( de Vries, 2012).
2.1.2. HISTOIRE
C'est un diagnostic devenu à la mode dans les
années 1980 aux Etats-Unis avec les classifications DSM. On trouve
l'histoire de ce diagnostic chez Pierre-Janet et F. Raymond
en 1903 (Janet 1903) qui se référent à une
définition datant de 1871 et qui émane de C. Westphal, neurologue
à Berlin, dans un article publié dans Archiv für Psychiatrie
und Nervenkrankheiten : « L'agoraphobie : une manifestation
névropathique» (Sinapse 1980). Sigmund Freud parlait lui
de « névrose d'angoisse » dont l'une des manifestations
était « l'attaque d'angoisse » : « Le mécanisme de
la névrose d'angoisse est à rechercher dans la dérivation
de l'excitation sexuelle somatique à distance du psychisme et dans une
utilisation anormale de cette excitation qui en est la conséquence.
(Freud, 1999).
2.2. AGORAPHOBIE
L'agoraphobie (du grec ?ãïñÜ / agora,
« place publique, assemblée » et
öüâßá / phobia, « peur ») est une
névrose phobique correspondant à la peur des lieux publics, des
espaces ouverts, et par extension, de la foule. Cette phobie se manifeste par
un sentiment d'insécurité dans les lieux publics ou les vastes
espaces et par la peur de ne pas pouvoir s'échapper en cas de
problème. Elle s'inscrit dans la catégorie des phobies de
situation.
2-2-1. PREVALENCE ET INCIDENCE
L'agoraphobie touche de 2 à 4 % de la population. Sous
sa forme mineure (agoraphobie simple) elle se développe entre la fin de
l'adolescence et la trentième année environ. La forme majeure
s'accompagne généralement de troubles paniques et survient entre
30 et 45 ans.
-23-
Si l'origine de ce trouble diffère selon les sujets, il
survient le plus souvent suite à un traumatisme psychique (accident,
deuil, chômage...) récent ou éloigné. Ainsi, cet
état -- que de nombreux spécialistes différencient d'une
« maladie » -- peut être développé à tout
moment par tout individu. Il peut aussi s'accompagner d'autres syndromes,
phobies ou troubles compulsifs (dépression, claustrophobie......).
L'angoisse générée par cette
manifestation phobique peut être de différente ampleur selon la
réceptivité du sujet. Les individus les plus exposés
peuvent alors présenter des crises de spasmophilie, appelées
aussi « crise d'angoisse » ou « attaque de panique ».
À l'exception des personnes présentant des pathologies
particulières (déficients cardiaques, asthmatiques...), les
crises de spasmophilie ne présentent au demeurant aucun danger pour la
santé ou la vie du sujet. Néanmoins, les victimes comparent ces
épisodes à une sensation de mort imminente.
En plus du malaise intense qui la caractérise, une crise
de panique se signale.
Les patients subissent une forte peur de plein fouet, les
sensations de vertige, d'étouffement, de perte de contrôle,
accompagnées des manifestations physiques d'une angoisse intense, ce qui
les amène à redouter les situations dans lesquelles ils craignent
d'avoir peur de ouveau (peur d'avoir peur = Phobophobie). Ils peuvent alors
élaborer par opposition un processus dit d'« évitement
», consistant à éviter toute situation représentant
l'objet de leur phobie.
Dans ce dernier cas, l'agoraphobe risque ainsi d'entrer
progressivement dans un processus de dé-socialisation et peut entrainer
à terme un syndrome dépressif majeur. (Servant, 2001).
2-3. PRÉSENTATION DES MODÈLES
THÉORIQUES DU TROUBLE PANIQUE ET DE L'AGORAPHOBIE
2-3-1. LE MODELE DE L'APPRENTISSAGE SOCIALE
La présence d'un modèle d'anxiété
dans la famille, surtout une mère anxieuse et hyper protectrice, comme
dans le cas de notre patiente, contribue à l'internalisation des
schémas de danger et, en même temps, ne lui donne pas de
modèles valables de coping par rapport au stress. Mais l'absence de
modèle valable ne peut pas représenter une explication univoque
de l'agoraphobie avec attaques de panique. (Bandura)
-24-
2-3-2. LE MODELE BIOLOGIQUE
Il y aurait, dans le trouble panique, une
vulnérabilité biologique héréditaire, ceci est
probable chez notre patiente. Malgré de nombreuses recherches sur les
neurotransmetteurs, aucune perturbation spécifique au trouble panique
n'a pu être de mise en évidence.
La sérotonine (5HT) a été
particulièrement étudiée par des mesures statistiques
(Servant 2001).
Certaines substances peuvent induire des attaques de panique.
Il s'agit de la yohimbine, de la fenfluramine, le m-
chlorophénylpipérazine, l'isoprotérénol, la
caféine, le lactate de sodium, les bicarbonates et la
cholécystokinine.
Les sujets paniqueurs auraient une hypersensibilité
à la baisse de la concentration sanguine en CO2. Ainsi, en
hyperventilation, produisant une hypocapnie, ces sujets présentent plus
facilement une attaque de panique. Ceci expliquerait leur sensibilité
à l'hyperventilation.
Cependant, ces éléments biologiques sont
à relativiser car avec la même dose de CO2, Sanderson (1989) a
montré que les patients qui avaient l'illusion de contrôler le
débit de CO2 présentaient moins d'attaque de panique que ceux qui
n'avaient pas cette illusion de contrôle. Ceci souligne l'importance des
processus cognitifs dans le trouble panique.
2-3-3. LE MODELE COMPORTEMENTAL
Différents auteurs ont tenté d'expliquer le
trouble panique et l'agoraphobie par les théories des
conditionnements
2.3.3.1. Le conditionnement classique ou pavlovien
Dans ce cas l'anxiété résulterait d'une
expérience ou un stimulus neutre se trouve associé à une
situation angoissante ou douloureuse. Par la suite, ce stimulus neutre peut
devenir un signal de danger et peut dés lors provoquer, par
lui-même, une réaction de peur ou d'anxiété (Craske
1991).
Dans le cas de la patiente, il faut supposer que lors de la
première attaque de panique, elle a pu penser à son ami
décédé ce qui a entraîné une
anxiété et que le stimulus neutre supermarché est devenu
par la suite capable à lui seul d'induire une réaction
anxieuse.
-25-
2.3.3.2. Le conditionnement opérant
L'apparition de l'agoraphobie serait acquise par un
mécanisme de conditionnement classique. Son maintien s'expliquerait par
le modèle du conditionnement opérant (apprentissage par les
conséquences de l'action). Skinner (1953), influencé par les
travaux d'Ivan Pavlov et Watson, décrit ce qu'il nomme le
conditionnement opérant, qui montre comment le comportement d'un
individu est sélectionné par ses conséquences dans le
monde. Le conditionnement opérant est obtenu par l'intermédiaire
des stimuli conséquents. Le comportement est modifié par ses
conséquences. Vera (2009).
Le sujet phobique apprend vite que pour diminuer son angoisse
le moyen le plus simple et le plus rapide est de se soustraire à la
situation angoissante (échappement), puis ensuite de l'éviter. La
conséquence de l'évitement : la non-apparition de
l'anxiété, ne fait que renforcer le sujet dans son comportement
d'éviter les situations (phobogènes).
Dans l'agoraphobie, le facteur principal de maintien serait
donc l'évitement du stimulus déclencheur. Ceci a conduit à
proposer les techniques d'exposition (Marks, 1987) dans le traitement de
l'agoraphobie. Nous voyons bien comment l'évitement renforce les
troubles chez notre patiente, mais cela ne règle pas la question du
début de ses troubles et la réapparition des troubles
après des périodes sans crises et avec peu
d'évitements.
2.3.3. LE MODELE DE SHEEHAN
Le modèle bio-comportemental des attaques de panique,
proposé par Sheehan (1982), rend compte de mécanismes de
conditionnement répondant et opérant.
Ce modèle se déroule selon la séquence
suivante :
1- Le sujet paniqueur aurait une vulnérabilité
biologique pour l'attaque de panique, il fait une première crise
spontanée sans liaison avec un stimulus déclencheur externe.
2- L'attaque de panique représente un stimulus
inconditionnel qui va s'associer fortuitement à la première
situation où elle a eu lieu : celle - ci deviendra alors une situation
phobogène.
3- La répétition des attaques de panique dans
des lieux variées va entraîner une généralisation
des situations phobogènes.
4- Des phénomènes de conditionnement
intéroceptifs vont se surajouter : les symptômes physiques de
l'attaque de panique, même s'ils sont isolés et en contexte banal,
vont être interprétés comme le début d'une nouvelle
crise et cette interprétation déclenchera une nouvelle crise
(Fontaine et Cottraux, 1989).
-26-
2-3-4. LE MODELE INTEGRATIF DE BARLOW
Barlow (1988) présente un modèle qui postule
qu'il existe plusieurs niveaux de causalité du Trouble Panique.
Pour lui, quand des personnes vulnérables
(biologiquement) font face à des stresseurs environnementaux, elles vont
expérimenter une réaction de stress qui peut aller jusqu'à
une réaction d'alarme (attaque de panique).
À la suite, des personnes vulnérables
psychologiquement, vont vivre dans l'appréhension d'une nouvelle crise
et les sensations physiologiques intéroceptives peuvent par la suite
provoquer elles-mêmes une nouvelle attaque de panique (réaction
d'alarme apprise). L'individu souffrant de trouble panique développe
alors une hypervigilance à ses sensations physiques. Le trouble panique
serait donc causé par l'existence d'une réaction d'alarme
apprise. (Barlow et Craske, 2007).
2.3.5. LE MODELE COGNITIF
Ce modèle postule que notre cerveau, à l'image
d'un ordinateur fonctionne comme un système de traitement des
informations, qui procède à une lecture très personnelle
de l'environnement sélectionnant les données et leur attribuant
des significations particulières.
Aaron Beck (Beck et Emery, 1985) postule que le sujet
paniqueur présente des schémas de danger qui sélectionnent
les stimuli uniquement dans leur virtualité de danger. Il fonctionne par
assimilation du monde extérieur à ses schémas de danger,
stockés dans la mémoire à long terme. Le traitement de
l'information serait erroné, le sujet valorisant ce qui a trait au
danger.
À partir de l'hypothèse de Beck, David Clark
va proposer le modèle cognitif du trouble panique, certainement le
plus abouti (Clark, 1996; Clark et coll., 1997) d'après de Klosko,
Barlow, Tassinari (1990), comprennant les notions de :
Stimulus déclenchant, (Externe ou interne).
Interprétations des sensations comme catastrophiques, perception
physique du danger, Sensations physiques alcalose sanguine et hypocapnie.
Pour cet auteur, des stimuli externes (se retrouver dans la
foule ou un magasin) ou internes (pensée, images, sensations physiques)
sont interprétés du fait des schémas cognitifs comme une
menace. Cette perception d'une menace entraîne une hyperventilation, qui
induit une alcalose et une hypocapnie qui se traduisent par des sensations
corporelles déplaisantes interprétées à leur
à leur tour sur un mode catastrophique (mort, perte de contrôle),
ceci va augmenter l'appréhension et va aboutir à une attaque de
panique.
-27-
De plus, le patient devient hypervigilant et surveille en
permanence la moindre sensation physique. Ceci le conduit à prendre en
considération des sensations que d'autres personnes ne remarqueraient
pas, qui confortent l'idée d'un problème sérieux, physique
ou mental. Et le sujet va développer des comportements de
sécurité qui ont tendance à maintenir les
interprétations négatives du patient.
Dans de-Vries ( 2002), on voit que la compréhension de
l'origine d'un trouble et son maintien dans le modèle TCC des phobies
est toujours basée sur la théorie de Mowrer des `deux temps' :
(1) un temps d'installation des phobies par une forme de conditionnement
classique pavlovien (exemple : une expérience traumatisante comme
d'être mordu par un chien), puis (2) un temps de maintien de la
réaction anxieuse par un évitement systématique et donc un
`renforcement négatif' qui renvoit au paradigme du conditionnement
opérant skinnerien (exemple : en évitant tout contact
après un choc, la réaction anxieuse acquise ne peut
`s'éteindre' et la tendance à l'évitement est
renforcée).
2.3.6. LE ROLE DES SEPARATIONS DANS L'ENFANCE ET
L'ENVIRONNEMENT FAMILIAL
Si l'on considère l'ensemble des troubles anxieux, les
séparations précoces (décès et divorce) peuvent
être considérées comme un facteur de risque (Kendler et
coll. ; 1995). Comme dans le cas de notre patiente. Toutes les formes
d'anxiété seraient d'après Bowlby en relation avec
l'attente de disponibilité de la figure d'attachement. (Bowlby,
1980).
Les troubles anxieux, bien que très
hétérogènes, sont remarquables par le lien établi
entre l'attachement de l'enfant, qualifié de résistant, et le
développement de troubles anxieux à l'adolescence. (Warren,
1999).
L'agoraphobie, le trouble anxieux le plus fréquent chez
l'adulte, a été le premier trouble anxieux étudié
à la lumière de la théorie de l'attachement. Pour Bowlby
(1973), l'agoraphobie chez l'adulte, comme la phobie scolaire chez l'enfant est
une forme d'anxiété de séparation liée à un
attachement insécure. Dans les familles de ces patients, il
relève des éléments pouvant sous-tendre cette pathologie :
fréquence de la « parentalisation » des enfants, le
symptôme sert alors à soulager l'anxiété de
séparation du parent ; peur qu'il arrive quelque chose à la
mère ou à lui-même lors des séparations. Selon cet
auteur, les symptômes phobiques sont souvent à rattacher à
une expérience traumatique initiale qui a été
déniée par le parent, où à la suite de laquelle
l'enfant a subi une forte pression pour oublier l'événement.
L'utilisation du déni empêche l'enfant d'élaborer son
vécu affectif de l'expérience pénible, et il
n'accède donc pas à la « compétence autobiographique
», qui est la marque caractéristique d'un attachement
sécure. (Majd, 2013).
-28-
2.4. PRESENTATION DES PRINCIPALES STRATEGIES
THERAPEUTIQUES
Les stratégies thérapeutiques TCC actuelles
dérivent des protocoles de Panic Management (exemple Barlow &
Craske) et comportent toujours un temps d'information
(psycho-éducation), l'apprentissage de techniques
d'auto-régulation et ensuite des exercices d'exposition.
L'épreuve d'hyperventilation permet d'intégrer le schéma
(restructuration cognitive) de Clark et est une forme d'exposition
intéroceptive, puis l'exposition aux stimuli situationnels va diminuer
l'anxiété vécue dans l'environnement.
2.4.1. L'INFORMATION :
L'information a toujours une valeur thérapeutique et c'est
une obligation légale.
La démarche va consister à expliquer le trouble
et ses origines selon un modèle multifactoriel. Cela va contribuer
à modifier les interprétations catastrophiques du patient. On
informe sur le modèle TCC et le principe du traitement.
- Réponses comportementales - Réponses
physiologiques - Réponses cognitives
Cela permet de diminuer la détresse du patient,
d'augmenter l'alliance thérapeutique et l'implication du patient dans le
traitement. C'est un préalable indispensable au contrat
thérapeutique. Les procédures éducatives sont toujours
abordées.
Une fois que le client a bien compris son problème, il
faut lui apprendre à gérer, à contrôler, à
maîtriser ses malaises physiques liés à
l'anxiété. On débute par les stratégies de gestion
somatique (p. ex., rééducation respiratoire et relaxation) ces
techniques sont plus faciles à apprendre et à assimiler que la
restructuration cognitive et l'exposition aux stimuli intéroceptifs,
elles sont moins anxiogènes, elles fournissent un moyen de
contrôle au patient sur ses symptômes et de soulagement (Marchande,
1999).
2.4.2. LA RELAXATION
Elle est utilisée pour baisser le niveau
d'anxiété de fond et pour augmenter la sensation de
contrôle du sujet sur son corps. Les techniques sont celles de la
relaxation classique - la méthode de
-29-
Schultz, ou de Jacobson. L'efficacité
de la relaxation comme stratégie de réduction de
l'anxiété est bien établie (Barlow 1988 et Woolfock 1984),
si deux conditions sont respectées : d'une part l'apprentissage
progressif d'une méthode (en quelques semaines) et d'autre part son
utilisation régulière (quotidienne). L'utilisation de la
respiration abdominale prépare le sujet pour les techniques de
contrôle respiratoire.
D'après Benson (1974) la base commune de
toutes les techniques de relaxation réside dans les
éléments suivants :
- un environnement calme ;
- une position confortable, dans laquelle les tensions
musculaires sont réduites au maximum ; - une attitude passive analogue
à celle adoptée pour s'endormir ;
- la focalisation de toute l'attention sur un stimulus
déterminé (sur le contraste qui existe entre des contractions et
décontractions musculaires dans la technique de Jacobson).
La relaxation permet d'améliorer le sommeil, de trouver
un état d'apaisement mental, de se passer de benzodiazépines et
permet d'installer de nouveaux comportements.
2.4.3. LE CONTROLE RESPIRATOIRE
L'hyperventilation peut déclencher des malaises, que
les pensées catastrophiques ont tôt fait d'amplifier. Il est
essentiel d'apprendre au patient à la reconnaître, de lui faire
prendre conscience de son rôle dans l'attaque de panique et du
caractère non dangereux des symptômes qu'elle induit.
De plus, on lui fournit une nouvelle explication de
l'apparition de ses symptômes et on lui permet de les interpréter
de façon plus appropriée. Ces explications favorisent donc une
certaine restructuration cognitive des croyances associées aux
symptômes de panique.
On enseigne ensuite au client une technique de respiration
adéquate : la technique de respiration diaphragmatique lente favorise
également la relaxation et peut servir de distraction en situation
anxiogène.
2.4.4. L'EXPOSITION
Les techniques d'exposition consistent à confronter la
personne à l'objet ou la situation phobogène. Le principe de base
est celui de l'habituation : la réponse anxieuse se réduit au fur
et à mesure des confrontations et va aboutir à une extinction.
-30-
Le principe de l'exposition peut être
résumé ainsi (André, 1999) : après une
montée anxieuse très rapide et intense (phase 1), le maintien du
sujet dans la situation phobogène (exposition prolongée) permet
d'obtenir une stabilisation (phase 2) puis une diminution nette (phase 3) de
l'angoisse, et ce à la condition expresse que le sujet soit resté
confronté suffisamment longtemps au stimulus phobogène. Si le
sujet s'échappe de la situation durant les phases 1 ou 2,
l'anxiété lors d'une présentation ultérieure du
stimulus sera identique ou accrue, on le sensibilise (Mc Nally, 1990).
Avec la répétition des séances
d'exposition, le niveau maximal d'anxiété va progressivement
diminuer pour atteindre un niveau permettant au sujet d'appréhender ce
type de situation dans sa vie quotidienne.
Les exercices d'exposition doivent être suffisamment
prolongés (l'anxiété doit diminuer d'au moins 50 % pendant
l'exercice). Il faut répéter les exercices, on ne passe à
la situation suivante dans la hiérarchie que quand la situation
travaillée n'entraîne plus d'angoisse.
On établit avec le patient une hiérarchie des
situations anxiogènes du plus simple au plus difficile.
Durant les exercices d'exposition, on utilise les techniques
de contrôle respiratoire et de restructuration cognitive.
En pratique, trois types d'exposition sont utilisés :
l'exposition en imagination, l'exposition intéroceptive (aux sensations
de l'intensité anxieuse redoutées), l'exposition dans la
réalité, (aux situations redoutées).
L'exposition en imagination
Elle consiste à exposer en imagination et de
manière progressive le patient aux situations anxiogènes,
l'angoisse doit chuter d'au moins 50% avant d'arrêter l'exercice.
L'exposition aux sensations redoutées
Elle consiste à exposer le patient aux manifestations
physiques d'anxiété : par exemple on le fait hyperventiler pour
provoquer des sensations d'oppression thoracique et de respiration
difficile.
L'exposition situationnelle
La patiente est invitée à s'engager dans la
situation réelle qu'elle redoute, situation travaillée en
imagination auparavent. Ces expositions partent du principe que l'exposition
répétée à la situation redoutée va conduire
à une habituation physiologique à la manifestation
d'anxiété puis à une extinction progressive.
-31-
Il est important d'expliquer au patient le pourquoi de
l'exposition, de lister les situations posant un problème ; de donner
des conseils précis pour l'exposition.
2.4.5. THERAPIE COGNITIVE
Les techniques cognitives visent à rendre le patient
attentif aux pensées automatiques et à les remettre en question
(Cottraux, 1992). En se basant sur une attaque de panique récente, on va
rechercher, par le questionnement socratique à faire prendre conscience
au patient de ses pensées dysfonctionnelles. Puis, on va aller à
la recherche du postulat fondamental par la flèche descendante de
Salkovskis. Puis, une fois sa croyance centrale identifiée, on va la
modifier en lui faisant la discuter et lui apprendre à trouver des
pensées alternatives.
2.4.5.1. Efficacité des thérapies
cognitives
A présent, les techniques cognitivo-comportementales
représentent une des grandes approches validées du traitement du
trouble panique (l'autre est représentée par les traitements
pharmacologiques). Le trouble panique est le trouble qui réagit le mieux
aux thérapies comportementales et cognitives.
Si on prend comme critère de succès la
disparition des attaques l'efficacité des thérapies cognitives
est comprise entre 74 et 94% et cette efficacité se maintient à
long terme (Beck et coll., 1992, Clark et coll., 1994, Ost Et Westlig, 1995,
Arnz et Van den Hout, 1996, Margraf et Schneider, 1991, Klosko, 1990 et Craske,
1991).
A long terme, les thérapies cognitives et
comportementales montrent leur supériorité par rapport au
traitement pharmacologique, avec un pourcentage de rechutes nettement
inférieur de 10-20% contre plus de 50 % à l'arrêt des
antidépresseurs (Noyes et coll. 1989).
L'effet des techniques de restructuration cognitive sur les
interprétations de type distorsions cognitives du paniqueur à
propos des sensations physiques, et l'influence des techniques comportementales
sur le contrôle perçu par le sujet contribue à un
remaniement cognitif qui est essentiel dans la prévention des rechutes.
De plus, l'habitude de discuter les pensées dysfonctionnelles
protège le sujet de la dépression. (Margraf, 1991).
CHAPITRE III
-32-
PRATIQUE DES SEANCES

-33-
3.1. PRESENTATION DES SEANCES DU CAS SUIVI
3.1.1. PREMIERE SEANCE
On a utilisé la première séance pour une
prise de contact. Il s'est agi de faire le diagnostic et d'évaluer les
difficultés de la patiente, en lui faisant décrire ses attaques
de panique, les situations déclenchantes, les pensées et les
images associées. L'ensemble des situations évitées est
noté, ainsi que les comportements de sécurité. La patiente
semble un peu déprimée, découragée par rapport
à son trouble, mais ces éléments dépressifs
semblent secondaires au trouble panique et devraient disparaître avec
lui.
Dans le premier entretien, j'aimerais avoir recours à la
métaphore de la laine :
« Savez-vous tricoter ? Connaissez-vous quelqu'un qui
sait tricoter ? Savez ce qui ce passe quand un tricot est terminé ? Il
reste un bout de fil plus au moins long ! Imaginez que tout au long de sa vie
la tricoteuse range ses fils dans un grand sac. Au bout des années
s'accumulent des fils de laine, de coton, de soie, des fils de couleurs, de
longueurs, d'épaisseur, de consistances différentes. Si nous lui
demandons de nous sortir un fil rouge, que se passe-t-il ? Et bien tous les
autres fils entremêlés y restent accroché. Dans un premier
temps il s'agit de démêler les fils, de faire des pelotes et de
voir avec laquelle ou lesquelles elle va travailler dans un deuxième
temps.
Cette métaphore illustre bien ce qui se passe quand
nous rencontrons un patient pour un premier entretien. Chaque nouvelle histoire
de vie nous met face à un nouveau défi. Une histoire où se
mélangent événements de vie, problèmes, troubles,
ressources, comportements, cognitions, émotions, une histoire qui s'est
construite à partir de la génétique, de la biologie, de
l'éducation à l'école, à la maison, de
modèles, de la religion, de la culture, d'expériences
personnelles. (Cottraux, 2007).
3.1.2. LA SECONDE SEANCE
Celle-ci a été réservée à
informer la patiente sur son trouble, à la présentation de la
théorie de base de la thérapie cognitivo-comportementale,
à la prescription du premier remède qui lui permettra de
gérer les symptômes physiques de l'anxiété et des
émotions en général.
Il lui est expliqué les facteurs initiaux, de maintien,
ses comportements de sécurité et ses bénéfices
secondaires.
-34-
Comme il est important qu'elle comprenne la démarche de
la thérapie, une brève explication est donné sur
différentes formes de psychothérapies et sur la
spécificité de la thérapie cognitivo-comportementale. J'ai
particulièrement insisté sur le fait qu'elle est centrée
sur « ici et maintenant », sur un objectif, et sur l'aspect de
thérapie brève pour une symptomatologie précise.
Il lui est expliqué le modèle de Clark
avec la spirale de la peur. Puis la stratégie de traitement est
expliquée et comment les différents éléments
thérapeutiques vont intervenir sur son trouble. Des conseils
hygiéno - diététique sont donnés. Dans son cas, se
coucher plus tôt pour éviter les sensations
désagréables dues à un décalage du sommeil qui
peuvent être réinterprétées comme un début de
crise. Sa motivation a été évaluée, ainsi que ses
capacités d'implication dans le traitement.
Nous lui avons demandé de lire un livret d'information
sur son trouble, dont nous pourrons discuter la fois suivante et de continuer
à remplir son carnet d'évaluation.
Il est rappelé que c'est elle qui participe pour
résoudre son problème et non pas le thérapeute. Pour
conclure cette partie, la métaphore du papillon du film « oui mais
» est reprise :
Où des enfants voient un papillon sur le point de
sortir de son cocon. Croyant bien faire, ils décident de l'aider. Mais
le papillon qui n'aura pas fait cet effort lui-même et fortifié
par là ses ailes, ne saura pas les déployer pour voler.
Nous lui avons donné un carnet de relevé
d'attaques de panique et lui avons expliqué comment s'en servir.
3.1.3. LA TROISIEME SEANCE
Cette séance nous a permis de finir l'analyse
fonctionnelle et de recueillir le relevé des attaques de panique. Nous
lui avons fait remplir un certain nombre de questionnaires : Echelles des
peurs, Questionnaire des cognitions agora phobiques, Questionnaire de
pensées automatiques et le Questionnaire de Beck version
abrégée à 13 items.
Nous lui avons demandé comme tâche pour la
prochaine fois de noter les attaques de panique dans le carnet de relevé
au cours de la semaine suivante. Comme l'anxiété ne laisse
souvent plus beaucoup de place pour d'autres émotions, je remets une
feuille avec toute une liste d'émotions positives et négatives
à la patiente à la fin de la séance. Je lui demande de les
lire à domicile et de noter quelles émotions lui sont
familières. Il est important d'apprendre ou de réapprendre
à reconnaitre et à différencier les émotions,
même les émotions négatives.
-35-
Après l'analyse fonctionnelle et les résultats
de l'évaluation nous avons élaboré les stratégies
de traitement et en avons discuté avec notre patiente. Nous avons
fixé ensemble le contrat thérapeutique.
Exemple du carnet :
Situation : Je veux aller au supermarché ; Emotion :
anxiété ; Cognition : je vais faire un malaise Comportement : je
vais prendre un anxiolytique Emotion : culpabilité
|
3.1.4. QUATRIEME SEANCE
J'ai vérifié, tout d'abord les fiches
hebdomadaires sur les AP. Elle avait fait 4 fois des attaques de panique
pendant 10 jours. La moyenne de l'intensité de l'anxiété
est de 8,2

-36-
Ensuite, je lui ai expliqué le rôle de
l'hyperventilation dans ses attaques de panique en insistant sur les sensations
ressenties et leur similitude avec les symptômes de l'attaque de panique.
Puis la technique du contrôle respiratoire, lui est apprise.
Elle doit s'entraîner chez elle au contrôle
respiratoire, et aussi noter ses attaques de panique sur son carnet de suivi.
Il est à noter que l'information reçue a permis chez elle une
dédramatisation de ses symptômes, elle ne risque pas de mourir, et
lui a également permis d'en parler à ses proches, ce qui lui a
permis de sortir de ses mensonges.
Comme l'expérience montre que les adultes ne sont
souvent pas plus disciplinés que les enfants pour faire leurs devoirs
à domicile, je lui remets une fiche DIN-A4 avec la liste de tous les
exercices de respiration et de relaxation avec une case pour chaque jour de la
semaine.
A partir de son carnet une attaque de panique va être
identifiée pour bien mettre en évidence les trois composantes
physiques, psychologiques et comportementales de la crise. L'accent est mis sur
l'interprétation catastrophique faite à partir de sensations
physiques et du rôle des techniques de contrôle respiratoire. Une
séance de relaxation est pratiquée.
Petit exercice : sur une carte, le patient note trois
renseignement relatifs à ses attaques de panique (par exemple :
où, quand, depuis quand, fréquence, durée,
intensité...).
Préparation du travail à
domicile
- Pratiquer la relaxation
- Lire les textes que je lui ai donné sur les attaques de
panique
- Remplir la fiche hebdomadaire des attaques de panique
réelles et/ou anticipées - Réfléchir sur un
objectif qu'elle voudrait atteindre jusqu'à la fin de la
thérapie.
3.1.5. SEANCE 5
Je lui ai demandé de donner son avis sur les exercices
et les séances précédentes. Je lui ai expliqué que
son avis est très important afin d'améliorer le fond et la forme
du contenu des séances/
-37-
- Est-ce que les explications étaient claires ?
- Est-ce que les exercices étaient difficiles ?
- Est-ce que vous avez appris quelque chose de nouveau ?
- Est-ce que la participation à cette séance a eu
une influence sur votre anxiété ? oui /non ? , si oui : je suis
moins anxieuse, je suis plus anxieuse ?
- Est-ce que la participation à cette séance a eu
une influence sur votre dépression ? oui /non ? , si oui : je suis moins
déprimée, je suis plus déprimée
Ensuite, j'ai vérifié les fiches hebdomadaires
sur les AP. Elle avait 3 fois des attaques de panique. La moyenne de
l'intensité de l'anxiété était de 7,3. Une petite
réduction par rapport de dernière semaine.

On a pratiqué une autre fois ensemble la relaxation et
à la suite la séance était consacrée à la
combinaison du comportement respiratoire avec une démarche consciente
sur le plan cognitif.
-38-
TECHNICE DE 6 POINTS
Une liste de 6 points pour mieux gérer les AP est
proposée :
1- Reconnaitre
2- Accepter
3- Respiration
4- Dialogue intérieur
5- Distraction
6- Durée
1- Reconnaitre qu'il s'agit d'une attaque de panique et non
pas d'un infarctus, d'une entrée dans la folie ou d'une perte totale du
contrôle. Le symbole dessiné est un éclair pour symboliser
l'anxiété aiguë et un coeur barré pour symboliser
qu'il ne s'agit pas d'un problème cardiaque ;
2- Accepter le fait d'être de nouveau pris de panique
et ne pas se débattre par des moyens inefficaces, qui au lieu d'aider ne
font que renforcer cet état. Recours à la métaphore de la
personne qui est en train de se noyer, plus elle se débat plus ce sera
difficile pour la sauver de lui venir en aide. Le symbole dessinée est
celui d'un bonhomme bras en l'air dans les vagues et d'un bonhomme qui lui tend
les bras ;
3- Respiration : il va de soi que si la respiration correcte
était tout de suite employée, les deux premiers points seraient
superflus, mais nous savons qu'au début ce n'est pas toujours
évident. Symbole dessiné : une tête de chat, un gros ventre
;
4- Le dialogue intérieur : souvent le dialogue
intérieur des patients est dévalorisant, sévère,
critique pendant et après l'AP. Je lui ai demandé quel serait sa
réaction si un enfant de cinq ans tombait devant elle ? Etonnée,
elle a dit "je l'aiderais à se lever, je lui parlerais doucement, je le
réconforterais". Bon et voila ! je t'invite à avoir cette
même attitude envers toi-même. Symbole : un smiley souriant et un
smiley grincheux barré ;
5- Distraction : Au début de la thérapie, il se
peut que le patient qui s'expose aux stimuli anxiogènes ne soit pas
encore capable de maîtriser son anxiété par les moyens
appris. Des exercices de distraction peuvent l'aider dans de tels moments. Il
est fort important de lui faire comprendre qu'il s'agit là de processus
cognitifs automatiques comme réciter l'alphabet, les tables de
multiplications, les verbes réguliers ou irréguliers, chanter,
prier,
-39-
écrire ce qu'il se passe au moment même ( par
exemple : il est 10h, je suis dans le train, j'ai peur, mon
anxiété est à 9/10, il est 10h 2, mon
anxiété est à ...), trouver des prénoms pour les
différentes lettres de l'alphabet. Symbole : abc, 1x1, Anne, Berthe,
etc/// :
6- Durée : quand nous sommes anxieux,
déprimé, quand nous avons mal, nous vivons une distorsion du
temps. Chaque AP a une durée, elle est délimitée dans le
temps par un début et une fin. La personne est présente quand
l'AP commence (par exemple : en entrant dans le magasin, à 10h..) et
sait par le passé que toutes ses AP se sont terminées (par
exemple : à la sortie du magasin, en étant de retour chez
elle...). Ne pas rester coincé par la pensée dans la situation
anxiogène, mais être capable d'imaginer un après attaque de
panique peut aider. Retrouver la notion pratique de durée (par exemple :
3 minutes corresponde à telle ou telle chanson de mon CD) peut apporter
un réel soulagement. Symbole : alpha, oméga. (Cottraux, 2007).
Préparation du travail à
domicile
- Pratiquer la respiration abdominale
- Pratiquer l'exercice de tension musculaire et noter son
anxiété après l'exercice
- Apprendre et appliquer les 6 points
- En cas d'AP, noter lequel des 6 points n'ont pas
été respecté
- Remplir la fiche hebdomadaire des attaques de panique
réelles ou anticipées
- Noter l'objectif à atteindre jusqu'à la fin de
thérapie
3.1.6. SEANCES 6
Dans cette séance, on a évalué une autre
fois l'angoisse et la dépression de Mlle S afin de bien comprendre les
changements.
Les autres évaluations comprennent : contrôle des
fiches hebdomadaires sur les AP et sur les exercices respiration/ relaxation.
Elle se rend compte que quand elle fait les exercices, elle avance plus
rapidement.
Ses carnets montrent qu'elle n'a pas réussi des fois
à se détendre depuis longtemps. C'est pour cette raison que j'ai
préféré aussi lui enseigner un exercice d'autohypnose qui
avec son coté mindfulness, pleine conscience, s'est avéré
des plus utiles au cours des années (Doutrolugne, Cottencin, 2009). Il
remonte à Milton Erikson.
-40-
Dans un premier temps je lui ai demandé de nommer 5
objets qu'elle voit dans la pièce de thérapie, peu importe
lequel, en précisant que ce n'est pas un test projectif et qu'il n'y
aura aucun jugement par rapport à ce qu'elle choisira de dire.
Après chaque chose qu'elle dira elle fera une bonne respiration. Puis
nommer 5 choses qu'elle entend, toujours en faisant les bonnes respirations
entre les différents bruits nommés. Et enfin, 5 choses qu'elle
sent ou ressent. Ces sensations peuvent être externes, comme le tissu de
ses vêtements, ou internes comme une sensation de chaleur, de bien
être, de calme, de sérénité. Si les sensations
internes sont bonnes, elle peut se fixer dessus, si elles sont
dérangeantes, il vaut mieux rester avec les sensations externes,
toujours en faisant les bonnes respirations entre chaque point. Puis 4 choses
qu'elle voit, entend ou ressent, les mêmes, puis 3, 2 et enfin 1.
Arrivé au bout, la patiente se trouve dans un état de
détente, favorable à la suggestibilité, moments propices
pour des renforcements en langage positif : « je suis détendue,
» plutôt que « je ne suis pas anxieuse », etc.
Je lui ai demandé de faire cet exercice une fois par
jour, au début de préférence en étant assis, afin
de bien l'apprendre. Plus tard elle peut le faire le soir au lit.
Je lui ai également expliqué la liste de
hiérarchie de situations anxiogènes pour faire lexposition, et
proposé de la construire ensemble.
PREPARATION DU TRAVAIL A DOMICILE :
- Exercice de autothypnose 5, 4, 3, 2, 1
- Pratiquer l'exercice de tension musculaire
- En cas d'AP continuer à noter lesquels des 6 point n'ont
pas été respecté
- Remplir la fiche hebdomadaire attaque de
panique/dépression
- Préparer son hiérarchie d'exposition
- Noter la progression dans la réalisation des objectifs
fixés.
3.1.7. 7ÈME ET 8ÈME SEANCES
Ces séances vont être consacrées au
travail de restructuration cognitive que nous présenterons à la
suite pour plus de clarté.
-41-
3.1.7.1. Première étape : mise en
évidence du postulat fondamental :
On recherche les pensées automatiques et les images
associées à une crise, je lui ai fait se remémorer une
crise. Puis j'ai utilisé la technique de la flèche descendante
(Salkovskis, 1998) qui consiste à partir du monologue intérieur
de la patiente de lui demander quelle est la pire conséquence et qu'est
ce que cela représente pour elle, puis on lui demande la pire
conséquence et
ainsi de suite jusqu'au postulat fondamental.
Thérapeute : « Vous souvenez - vous de votre
dernière attaque de panique, pouvez - vous me la raconter avec
précision ? »
Patiente : « J'étais au guichet distributeur de
billet, il était 10 heures, il y avait une personne devant moi, une
autre est arrivée derrière. »
Thérapeute : « Que redoutez - vous ? »
Patiente : « D'être coincée »
Thérapeute : « Admettons que vous êtes
coincée, que redoutez - vous ? »
Patiente : « Une crise de panique »
Thérapeute : « Supposons que vous faites une crise de
panique, qu'est ce qui va se passer ? »
Patiente : « Je vais faire n'importe quoi »
Thérapeute : « Que voulez - vous dire ? »
Patiente : « D'être là,
sidérée d'angoisse, de ne plus pouvoir bouger, que tous les gens
me regardent.
Thérapeute : « Et alors ? »
Patiente : « Ils me prendraient pour une folle et
appelleraient le SAMU. »
Thérapeute : « Pourquoi, cela serait - il si grave,
que le SAMU vienne vous chercher ? »
Patiente : « Ils m'emmèneraient à
l'hôpital psychiatrique comme une folle et ma mère aurait honte de
sa fille folle. »
3.1.7.2. Deuxième étape : discussion du
postulat fondamental
A partir de sa pensée automatique, on lui
suggère que son interprétation pourrait résulter d'une
erreur de jugement liée à l'anxiété. On
l'amène à discuter son postulat.
-42-
Thérapeute : « La croyance que vous êtes
folle, vous y adhérez à quel pourcentage ? » Patiente :
« j'y crois à 70%. »
Thérapeute : « Pouvez - vous me donner des
arguments en faveur de cette croyance ? »
Patiente : « Je ne peux pas sortir seule, je peux perdre
le contrôle de moi, je ne contrôle pas mes émotions, je suis
fragile. »
Thérapeute : « Pouvez - vous me donner des
arguments contre cette croyance ? »
Patiente : « J'ai travaillé, j'ai même eu
une promotion, je peux être responsable, je reprends du contrôle
sur mes troubles avec le contrôle respiratoire, je soutiens ma
mère quand elle va mal et il faut être équilibrée
pour faire cela. »
En lui demandant de réévaluer sa croyance en son
postulat, elle n'y croit plus qu'à 30%
3.1.7.3. Troisième étape : penser
autrement ou les pensées alternatives :
Cette étape est basée sur la
dédramatisation, on invite le patient à partir d'une pensé
catastrophique à trouver une alternative.
Patiente : « Les gens me regardent et pensent que je suis
folle. » Thérapeute : « Et alors ? »
Patiente : « Il y a chaque jour des gens qui font des
malaises dans la rue et qui ne sont pas folles. De toute façon, je ne
connais pas ces personnes, leur jugement n'est pas capital. »
Suite à ces exercices, la patiente est invitée
à noter sur un carnet : Ses pensées et monologues, pendant et
après une attaque de panique, voir si ses pensées sont
appropriées et réalistes, chercher à valider ces
pensées et leur chercher des preuves et chercher une autre façon
de penser.
Afin de mieux comprendre, les 10 formes de distorsions de la
pensées de Albert Elis (tout ou rien,
généralisation, filtre mentale, soustraction du positif,
conclusion erronée, maximalisation,
minimalisation, raisonnement émotionnel, « je
dois, j'aurais dû, j'aurais pu, mettre une étiquette, mettre la
mauvaise étiquette », personnalisation et blâme) sont d'abord
expliquées.
Elle nous a rapporté à la septième
séance qu'elle avait réussie à contrôler un
début d'attaque de panique avec le contrôle respiratoire, ceci a
été un moment important chez elle, où elle a eu un
sentiment de contrôle sur ses crises.
Elle n'avait pas écrit son liste encore, on lui a
demandé de le faire précisément.
-43-
3.1.8. Les séances 8- 10
Nous avons établi avec la patiente la liste des
situations anxiogènes en la graduant de la moins anxiogène
à la plus anxiogène. Il lui a été bien
expliqué le principe de l'exposition et la nécessité de la
diminution de son anxiété d'au moins 50 % en situation.
Sa liste est la suivante :
1-
Me rendre à la boulangerie à 200 mètres,
seule sans objet contra-phobique à une heure où il n'y a
personne, donc pas d'attente.
2- Me rendre à la boulangerie à 200
mètres, seule sans objet contra-phobique à une heure où il
y a 1 ou 2 personnes.
3- Me rendre à la boulangerie à 200
mètres, seule sans objet contra-phobique à une heure où il
y a 3 ou 4 personnes.
4- Aller faire des courses à Intermarché
à 500 mètres de chez moi, à une heure de faible affluence
pour ne pas être coincée à la caisse.
5- Aller faire des courses à Intermarché
à 500 mètres de chez moi, à une heure d'affluence et
attendre à la caisse.
6- Me rendre à un rendez - vous chez un docteur dans
un centre commercial, seule en arrivant à l'heure sans attendre.
7- Me rendre à un rendez - vous chez un docteur dans
un centre commercial, et attendre dans la salle d'attente.
8- Me rendre à un rendez - vous chez un docteur aux
alentours du centre commercial.
9- Rejoindre des amies devant ou dans un café et
attendre quelques minutes si je suis la première arrivée.
10- Aller dans un centre commercial.
Pendant ces séances, nous avons utilisé
l'exposition aux stimuli internes physiques, provoqués par
l'hyperventilation volontaire. Nous lui avons demandé de respirer
profondément et vite, jusqu'à l'apparition de symptômes
physiques qui étaient les mêmes que ceux qu'elle ressentait lors
de ses attaques de panique.
Nous lui avons demandé de refaire l'exercice chez elle
et de noter sur un carnet, les sensations ressenties. Elle notait
l'anxiété maximale ressentie et s'exposait à ces
sensations pendant une durée
-44-
assez longue, en notant le score d'anxiété (sur
une échelle de 0 à 8) en fin d'exposition (à l'obtention
d'une extinction de la réponse anxieuse).
Puis nous nous sommes attaqués à l'exposition en
imagination, puis in vivo. Quelques règles doivent être
respectées, les séances d'exposition doivent être
suffisamment longues, répétées jusqu'à ce que la
peur et l'anxiété associées à la situation aient
disparues, graduelles, de la situation la moins anxiogène à la
plus anxiogène ; clairement expliquées et planifiées ;
enfin l'exposition n'est pas efficace si la patiente évite.
3.1.9. SÉANCES 11 À 13
A la 11ème séance, nous avons commencé
l'exposition in vivo à des situations anxiogènes.
Il lui a été bien expliqué le principe de
l'exposition et la nécessité de la diminution de son
anxiété d'au moins 50 % en situation.
La première situation choisie a été de se
rendre à la boulangerie en bas de chez elle, à une heure,
où il n'y avait personne, seule, sans objets contra-phobiques. Cette
situation était cotée par elle à un niveau de 2
d'anxiété sur une échelle de 8.
Elle a réalisé cette exposition une
première fois sans problème et a senti un net sentiment de
fierté de contrôler ses angoisses et d'arriver à sortir
seule. Elle s'est réexposée seule à un moment, où
il y avait du monde, elle a eu un début de crise, son angoisse est
montée à 4 sur 8, mais elle est restée en situation et a
contrôlé la crise avec le contrôle respiratoire et la
technique des 6 points.
Pendant les séances 12-13 nous avons consolidé
ses acquis, en augmentant progressivement la distance d'éloignement et
la difficulté de la situation phobogène : par exemple, aller dans
le supermarché.
3.1.10. LES SÉANCES 14- 20
Elle a affronté progressivement les situations et
à l'heure actuelle elle se déplace seule au centre commercial,
sans objet contra-phobiques, seule sans comportement de sécurité.
Nous avons fait une évaluation à la 20ème séance en
lui faisant repasser le questionnaire des peurs, auto-évaluation des
pensées automatiques, cognitions agoraphobiques et le questionnaire de
dépression de Beck et en relevant le nombre de ses attaques de panique
sur son carnet.
Les résultats de l'évaluation à ce stade
de la thérapie sont présentés dans le chapitre suivant.
-45-
CHAPITRE IV
RESULTATS ET
CONCLUSION FINALE

-46-
4 .1. RESULTATS DE LA THERAPIE
Comme nous avions expliqué en troisième et en
dernière séances, nous lui avons fait remplir un certain nombre
de questionnaires : questionnaire des peurs de Marks et Mathews, Questionnaire
des cognitions agoraphobiques, Questionnaire de pensées automatiques et
le Questionnaire de Beck version abrégée à 13 items.
4.1.1. QUESTIONNAIRE DES PEURS DE MARKS ET MATHEWS :
Avant le traitement, un score de 38 identifie
une agoraphobie sévère.
Après le traitement le score de 20
indique une diminution nette de l'intensité de l'agoraphobie.
4.1.2. QUESTIONNAIRE DES COGNITIONS AGORAPHOBIQUES Avant
le traitement : La note de Mlle S est de 52
Après le traitement : 20

-47-
4.1.3. QUESTIONNAIRE DE PENSEES AUTOMATIQUES Le maximum
de l'intensité des pensées négatives est de
150
Le résultat de Mlle S avant le traitement était de
129, ce qui est élevé Mais après le traitement sa note
était tombée à 70
4.1.4. QUESTIONNAIRE DE BECK-13
Avant le traitement la note de Mlle S était de 18 ce
qui exprime une intensité de la dépression forte, après le
traitement la note de 7 est tombée à un niveau de
dépression lègère.

4.2. DISCUSSION FINALE :
Le travail au cours des sèances a rendu la patiente
attentive à ses schémas de fonctionnement. Le temps entre les
séances lui a permis de voir quel est le travail qu'elle peut faire
seule en s'aidant des outils de la thérapie et quel est le travail pour
lequel elle aura besoin encore d'aide.
Quand j'avais demandé à ma patiente ce qu'elle
attendauit de la thérapie, elle m'avait répondu :
« redevenir comme avant ». Et c'est justement ce qu'il
ne faut pas, puisque c'était son ancienne façon d'être, de
ressentir, de penser, de se comporter qui a permis au trouble émotionnel
de
-48-
s'installer. Au cours de la thérapie elle s'est rendu
compte qu'elle peut changer, évoluer dans son développement
personnel, devenir de plus en plus la personne qu'elle voudrait être.
L'évaluation les séances constate une
amélioration nette de la symptomatologie de type attaque de panique. En
effet, les relevés du dernier mois retrouvent un seul épisode de
panique, il y a trois semaines. Cette crise a duré 1-2 minute et la
patiente a réussi à le contrôler, à l'aide des
techniques de contrôle respiratoire, et les autres techniques comme le
technique de 6 points et l'auto-hypnose.
Le questionnaire des peurs de Marks et Mathews avec un score
à 20, a nettement chuté, l'évitement a chuté
à 2, la gêne occasionné a chuté également
à 2.
Ainsi, ses pensées automatiques et ses cognitions
agoraphobiques montrent une baisse significative. C'est la même pour les
résultats de son état dépression.
Le fonctionnement psychosocial de la patiente s'est nettement
amélioré ainsi que sa qualité de vie. Elle commence
à se construire, petit à petit, une indépendance. Elle a
retrouvé du contrôle sur ses crises d'angoisse et ses cognitions
paniquantes se sont nettement modifiées.
A présent les attaques de panique ne
représentent plus une cible prioritaire de la thérapie. La
dernière crise est arrivée il y a trois semaines, ce
n'était plus une panique mais une montée modérée
d'anxiété qu'elle abien su gérer sur le moment. Les
objectifs fixés en ce moment de la thérapie concernent le
comportement d'évitement, qui reste important dans certains domaines
(comme rester seule dans un appartement, prendre seule la voiture pour
sortir).
Le fonctionnement du couple mère-enfant avait
intégré l'agoraphobie de Mlle S, comme un élément
d'équilibre. Pour notre patiente, la guérison doit passer donc
par la renégociation des relations avec sa mère. Comment sa
mère va réagir à son autonomisation et sa prise
d'indépendance. Elle a prévu de faire les choses très
progressivement, cela suffira - t - il à rassurer sa mère ? Car
une réaction négative voir une dépression
réactionnelle de sa mère pourrait très fortement menacer
ses progrès.
Tout comme j'ai commencé la thérapie par une
métaphore, je propose de la terminer par ce même moyen
thérapeutique qui intervient à la fois sur le plan des
émotions et des cognitions. Au début de la thérapie, on
était en face d'une multitude d'émotions
entremêlées, nouées. Après un certain temps, il
devient en général évident, que la patiente met toute son
artillerie émotionnelle de défense et d'attaque au service de
deux émotions contradictoires comme l'anxiété et le
courage, l'amour et la haine, le doute et la confiance, pour n'en citer que
quelques-unes. Différents auteurs ont illustré cela par cette
ancienne fable de deux animaux puissants, tantôt des loups ; tantôt
des ours ou des dragons... se combattant au fond du coeur, de l'âme ou du
cerveau humain. Leur bataille est intense et acharnée. Et lequel va
gagner ? Tout simplement celui qui sera le mieux nourri.
-49-
BILBILOGRAPHIE
-50-
Andre C. (1999). Les phobies. Flammarion, Paris
American Psychiatrique Association. Mini DSM IV.
Critères diagnostiques (Washington DC, 1994). Traduction
française par J.D. Guelfi et al. Masson, Paris, 1996 ; 199 - 203.
Arntz A., Van Den Hout M. - Psychological treatments of panic
disorder without agoraphobia cognitive therapy versus applied relaxation.
Behav. Res. Ther., 1996; 34, 113 - 121.
Barlow, D.H. & Craske, M.G., (2007). Mastery of your
Anxiety and Panic, 4th edition, Oxford Univ Press, New York.
Beck A.T., Emery G. - Anxiety disorders and Phobias: a
cognitive perspective; New York Benson H., BearyJ.F. Carol M.P., the
Relaxation Response. Psychiatry 37: 37 - 46. (1974).
Bowlby J. (1980). Attachement et perte, vol 3. La perte.
Tristesse et dépression. Traduction francais : Bruno de Panafieu ;
PUF, Paris, 1984
Bowlby J (1973). Attachement et perte, vol 2 la separation,
angoisse et colère. Trd. Franç. : Bruno de Panafieu. PUF,
Paris, 1984
Chambless D; Caputo G ; Bright P et coll. Assessment of fear in
agoraphobics: the body sensation questionnaire and the agoraphobic cognitions
questionnaires. J Consulting and Clinical Psychology. 1984, 52,
1090-1097.
Cottraux, J. (2007). Thérapie cognitive &
émotion, la troisième vague. Masson Paris.
Clark D. M., Salkovskis P.M., Hackmann A. et coll.- - A
comparison of cognitive therapy, applied relaxation and imipramine in the
treatment of panic disorder. Br. J. Psychiatry, 1994, 164, 759 -
769.
Craske M.G., Brown T.A., and Barlow D.H. - Behavorial
treatment of panic: a two - year follow - up. Behav. Ther. 1991, 22, 289 -
304.31
Doutrelugne Y ; Cottencin O. (2009). Thérapies
brèves : situations cliniques. Masson. Paris
Fontaine, O. Cottraux, J et Ladouceur R. (1989). Les
Protocoles à cas uniques in Cliniques de Thérapie
comportementale, Pierre Mardaga éditeur, 30 - 34.
Freud S, Névrose, psychose et perversion, Presses
Universitaires de France, 1999,
Janet, P. Les obsessions et la psychasthénie, Ed
Félix Alcan, Paris, 1903 Traduit dans Synapse, 11, 1985.
-51-
Herman de Vries, L'analyse Comportementale, La
Conceptualisation des Cas en Thérapie Comportementale et Cognitive, Le
Lien Psy, Revue de la Société Algérienne de
Psychiatrie, N° 10, décembre 2010, p. 5-10
Herman de Vries - Attaques de Panique - DIU TCC St Anne.
2012
Herman de Vries (2002), Une phobie des papillons,
Psychologues et psychologies, 154, 5-8
Klosko J.S., Barlow D.H., Tassinari R. et coll. (1990). A
comparison of alprazolam and behavior therapy in treatment of panic disorder.
J. Consult. Clin. Psychol., 1990, 58, 77- 84.
Kendler K, Walter E; Neale M et coll. The structure of genetic
and environmental risk factors for six major psychiatric disorders in women.
Phobie, generalized anxiety disorder, panic disorder, bulimia, major
depression, and alcohlisme. Arch. Gen. Psychiatry, 1995, 52,
374-383.
Majd P. Thése doctorat: Troubles de la
personnalité/Toxicomanie en rapport avec le type d'attachement et la
maltraitance (une étude comparative entre les femmes et les hommes
iraniens). Université Rennes 2. Juin 2013.
MC Nally. - Psychological approaches to panic disorder: a
review. Psychological Bulletin, 1990, 31, 1, 1 - 8.
Marchand A., Boivin I(1999). Le Trouble panique in Les
troubles anxieux Approche cognitive et comportementale , Masson
éditeur, 59 à 93.
Margraf J., Scneider S. - Outcome and active ingredients
of cognitive - behavioural treatment for panic disorder. Paper presented
at the annual meeting of the Association for advancement of Behavior Therapy,
New York, November 1991.
Marks I.M; Mathews M. Brief standart self-rating for phobie
patient. Beh.Res. Ther. 1979, 17, 263-267.
Noyes R., Garvey M.J., Cook B.L. et coll. - Problems with
tricyclic use in patients with panic disorder or agoraphobia: results of a
naturalistic follow - up study. J. Clin. Psychiatry; 1989, 50, 163 -
169.
Ost L.G., Westlig B. - Applied relaxation vs. cognitive
therapy for patient failing to respond to pharmacotherapy for panic disorder: a
clinical case series. Behave. Res. Ther., 1995, 33, 145 - 158.
Servant, D. Attaques de panique et agoraphobie :
diagnostic et prise en charge, Masson, Paris, 2001, 197 p.
-52-
Vera L. (2009). TCC chez l'enfant et l'adolesent.
Masson, Paris.
Warren S.L; Huston L; Egeland B et coll.(1999). Child and
adolescent anxiety disorders and early attachment. J. Am. Acad. Child
Adolesc. Psychiatry, 1999, 36, 637-644.
-53-
ANNEXES
-54-
Questionnair des cognitions agoraphobiques (Chamblesse
et coll. 1984, traduction J, Cottraux)
« Chaque fois que je ressens de l'angoisse ou de
l'anxiètè, il m'arrive de penser que.. »
|
1
Jamais
|
2
Parfois
|
3
Souvent
|
4
Très souvent
|
5
Tout le temps
|
Je vais vormir
|
|
|
|
|
|
Je vais mourir
|
|
|
|
|
|
Je dois avoir
une tumeur cérébrale
|
|
|
|
|
|
Je vais faire une crise cardiaque
|
|
|
|
|
|
Je vais mourir d'étouffement Je vais agir de
manière ridicule
|
|
|
|
|
|
Je vais devenir aveugle
|
|
|
|
|
|
Je vais perdre le
contrôle de moi-même
|
|
|
|
|
|
Je vais faire du mal à quelqu'un
|
|
|
|
|
|
Je vais faire une attaque
cérébrale
|
|
|
|
|
|
Je vais devenir fou (folle)
|
|
|
|
|
|
Je vais me
mettre à hurler
|
|
|
|
|
|
Je vais me
mettre à
bafouiller ou
parler
bizarrement
|
|
|
|
|
|
Je serai
paralysée par la peur
|
|
|
|
|
|
-55-
ECHELLE DE BECK (BDI : BECK DEPRESSION
INVENTORY)
A
0 Je ne me sens pas triste
1 Je me sens cafardeux ou triste
2 Je me sens tout le temps cafardeux ou triste et je n'arrive pas
à en sortir
3 Je suis si triste et si malheureux que je ne peux pas le
supporter
B
0 Je ne suis pas particulièrement découragé
ni pessimiste au sujet de l'avenir
1 J'ai un sentiment de découragement au sujet de
l'avenir
2 Pour mon avenir, je n'ai aucun motif d'espérer
3 Je sens qu'il n'y a aucun espoir pour mon avenir et que la
situation ne peut s'améliorer
C
0 Je n'ai aucun sentiment d'échec de ma vie
1 J'ai l'impression que j'ai échoué dans ma vie
plus que la plupart des gens
2 Quand je regarde ma vie passée, tout ce que j'y
découvre n'est qu'échecs
3 J'ai un sentiment d'échec complet dans toute ma vie
personnelle (dans mes relations avec mes Parents, mon mari, ma femme, mes
enfants)
D
0 Je ne me sens pas particulièrement insatisfait
1 Je ne sais pas profiter agréablement des
circonstances
2 Je ne tire plus aucune satisfaction de quoi que ce soit
-56-
3 Je suis mécontent de tout
E
0 Je ne me sens pas coupable
1 Je me sens mauvais ou indigne une bonne partie du temps
2 Je me sens coupable
3 Je me juge très mauvais et j'ai l'impression que je
ne vaux rien
F
0 Je ne suis pas déçu par moi-même
1 Je suis déçu par moi-même
2 Je me dégoûte moi-même
3 Je me hais
G
0 Je ne pense pas à me faire du mal
1 Je pense que la mort me libérerait
2 J'ai des plans précis pour me suicider
3 Si je le pouvais, je me tuerais
H
0 Je n'ai pas perdu l'intérêt pour les autres
gens
1 Maintenant, je m'intéresse moins aux autres gens
qu'autrefois
2 J'ai perdu tout l'intérêt que je portais aux
autres gens et j'ai peu de sentiments pour eux
3 J'ai perdu tout intérêt pour les autres et ils
m'indiffèrent totalement
-57-
I
0 Je suis capable de me décider aussi facilement que de
coutume
1 J'essaie de ne pas avoir à prendre de décision
2 J'ai de grandes difficultés à prendre des
décisions
3 Je ne suis plus capable de prendre la moindre
décision
J
0 Je n'ai pas le sentiment d'être plus laid qu'avant
1 J'ai peur de paraître vieux ou disgracieux
2 J'ai l'impression qu'il y a un changement permanent dans mon
apparence physique qui me fait paraître disgracieux
3 J'ai l'impression d'être laid et repoussant
K
0 Je travaille aussi facilement qu'auparavant
1 Il me faut faire un effort supplémentaire pour commencer
à faire quelque chose
2 Il faut que je fasse un très grand effort pour faire
quoi que ce soit
3 Je suis incapable de faire le moindre travail
L
0 Je ne suis pas plus fatigué que d'habitude
1 Je suis fatigué plus facilement que d'habitude
2 Faire quoi que ce soit me fatigue
3 Je suis incapable de faire le moindre travail
M
0 Mon appétit est toujours aussi bon
1 Mon appétit n'est pas aussi bon que d'habitude
-58-
2 Mon appétit est beaucoup moins bon maintenant
3 Je n'ai plus du tout d'appétit
Résultats :
Le score varie de 0 à 39. 0 à 3 : pas de
dépression
4 à 7 : dépression légère
8 à 15 : dépression d'intensité moyenne
à modérée 16 et plus : dépression
sévère
QUESTIONNAIRES DE PENSEES AUTOMATIQUES
1- J'ai la plus grande difficulté à faire face
au monde.
2- Je ne suis pas bon.
3- Pourquoi je ne réussie jamais ?
4- Personne ne me comprend
5- J'ai laissé tomber les autres
6- Je ne pense pas pouvoir continuer
7- J'aimerais être quelqu'un de mieux
8- Je suis si faible
9- Ma vie ne se déroule pas comme je le souhaite
10- Je me décoit moi-même
11- Rien n'est bon comme avant
12- Je ne puis supporter cela plus longtemps
13- Je n'arrive pas à commencer les choses
14- Qu'y a-t-il de mauvais de moi ?
15- Je souhaite être quelqu'un d'autre
16- Je ne puis faire marcher les choses
17- Je me déteste
18- Je suis sans valeur
19- Je souhaite disparaitre
20- Qu'est qui ne va pas en moi ?
21- Je suis un perdant
22- Ma vie est un gâchis
-59-
23- Je suis un raté
24- Je n'y arriverai pas
25- Je suis tellement sans espoir
26- Quelque chose doit changer
27- Il doit y avoir quelque chose de mauvais en moi
28- Mon avenir est lugubre
29- Cela ne vaut pas la peine
30- Je n'arrive pas à terminer quoi que ce soit
-60-
-61-
Questionnaire des peurs de MARKS et MATHEWS
QUESTIONNAIRE DES PEURS (Marks et Matthews)
Nom : Prénom : Age :
Sexe : Date :
1°) Veuillez choisir un chiffre dans l'échelle
ci-dessous : il permet de chiffrer à quel point vous évitez par
peur (ou du fait de sensations ou sentiments désagréables)
chacune des situations énumérées ci-dessous. Ensuite,
veuillez écrire le nombre choisi dans la case correspondant à
chaque situation.
0
|
1
|
2
|
3
|
4
|
5
|
6
|
7
|
8
|
n'évite pas
|
|
évite un
peu
|
|
évite souvent
|
|
évite très
souvent
|
|
évite toujours
|
1. Principale phobie que vous voulez traiter (décrivez la
à
votre façon Puis cotez de 0 à 8)
|
|
|
|
----
|
2. Injections et interventions chirurgicales minimes
|
|
----
|
|
3. Manger et boire avec les autres
|
|
|
----
|
|
4. Aller dans les hôpitaux
|
|
----
|
|
5. Faire seul(e) des trajets en bus ou en car
|
----
|
|
6. Se promener seul(e) dans des rues où il y a foule
|
----
|
|
7. Etre regardé(e) ou dévisagé(e)
|
|
|
----
|
|
8. Aller dans des magasins remplis de monde
|
----
|
|
|
-62-
9. Parler à des supérieurs hiérarchiques
ou à toute personne exerçant une autorité
|
|
|
----
|
|
10. Voir du sang
|
|
----
|
|
11. Etre critiqué(e)
|
|
|
----
|
|
12. Partir seul(e) loin de chez vous
|
----
|
|
13. Penser que vous pouvez être blessé(e) ou
malade
|
|
----
|
|
14. Parler ou agir en public
|
|
|
----
|
|
15. Les grands espaces vides
|
----
|
|
16. Aller chez le dentiste
|
|
----
|
|
17. Toute autre situation qui vous fait peur et que vous
évitez (décrivez la. Puis cotez la de 0 à 8)
|
|
|
|
----
|
Ne pas remplir
|
AG
|
SA-B
|
SOC
|
TOTAL
|
|
2°) Maintenant veuillez choisir dans l'échelle
ci-dessous un chiffre qui montrera à quel degré vous souffrez de
chacun des problèmes énumérés ci-dessous, puis
inscrivez ce chiffre dans la case correspondante.
0
|
1
|
2
|
3
|
4
|
5
|
6
|
7
|
8
|
ne souffre
pas du tout
|
|
souffre un peu
|
|
souffre vraiment
|
|
souffre beaucoup
|
|
souffre extrèment
|
18. Sentiment d'être malheureux ou
déprimé
|
----
|
19. Sentiment d'être irritable ou en colère
|
----
|
20. Se sentir tendu ou paniqué
|
----
|
21. Avoir l'esprit tourmenté de pensées
inquiétantes
|
----
|
22. Sentir que vous ou votre environnement (choses, personnes)
sont
|
----
|
|
irréels ou étranges
23. Autres sentiments pénibles (décrivez les) :
----
TOTAL :
3°) A combien évaluez-vous actuellement la
gêne que représente dans votre vie votre comportement phobique ?
Veuillez entourer un chiffre dans l'échelle ci-
dessous et le reporter dans cette case :
0
|
1
|
2
|
3
|
4
|
5
|
6
|
7
|
8
|
pas de
phobies
|
|
légèrement gênant
|
|
nettement gênant
|
|
très gênant
|
|
extrèment gênant
|
-63-
Ce questionnaire a été traduit et validé
en francais par Cottraux et coll.( 1987). Il s'agit d'un auto-questionnaire de
passation rapide et facile, qui peut être utile en pratique pour le suivi
de l'agoraphobie. Il s'agit d'une évaluation générale
comprenant, en fait, une échelle de phobies de 15 items, une
échelle d'anxiété-dépression (item de 18 à
22) et une échelle évaluant la gêne du comportement
phobique. L'échelle peut être subdivisée en
différentes sous-échelles. L'échelle agoraphobie comprend
les items 5, 6, 8, 12,15 (0-40), l'échelle des phobie du sang et des
blessures comprend les items 2, 4, 10, 13,16 (0-40) et l'échelle de
phobie sociale les items 3, 7, 9,11, 14.
Chaque item de phobique est coté de 0 à 8 en
fonction de l'évitement de 0, n'évite pas, à 8
évite toujours).
Un score de 30 à l'échelle d'agoraphobie identifie
une agoraphobie sèvère (Mavissakalian, 1986).