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Les organisations de soirées techno. Le loisir dans l'institutionnalisation du mouvement( Télécharger le fichier original )par Fabrice JALLET Université Paris VII Denis Diderot - Master sociologie des politiques culturelles 2009 |
III. Les représentants de la technoPour faire valoir leurs intérêts, les acteurs du mouvement techno peuvent agir de leur propre chef ou bien entrer dans le dialogue avec les institutions publiques. Dans le deuxième cas, ils doivent se regrouper au sein de structures représentatives qui ont la charge de protéger leurs intérêts. Nous allons tout d'abord examiner trois représentants nationaux du mouvement techno et ensuite voir que les représentants des musiques actuelles travaillent aussi spécialement sur cette esthétique. 122 Fillon F., Lettre à Jean-Luois Dumont, in Les Grands rassemblements festifs techno, Jean-Louis Dumont, 2008, p. 4, disponible sur http://www.jeanlouisdumont.fr/fr/les-grands-rassemblements-festifs-techno/ 123 Dumont J.-L., op. cit. III.1. Techno+, structure d'information sur les risques liés à la santé.Créée en 1995 par des acteurs de terrain, Techno+ se présente aujourd'hui comme une "association de militants, défendant la culture Techno et la mise en place d'une politique de réduction des risques liés à l'usage récréatif des drogues, c'est-à-dire une politique basée sur la responsabilisation des consommateurs et non sur l'interdit et la répression "124 . Animée par une équipe de bénévoles, Techno+ intervient comme une structure d'information et de sensibilisation en installant des chill-out dans les fêtes techno (free party, rave, clubs...). Elle distribue des documents d'information, entretient des partenariat avec d'autres structures de sensibilisation à la santé notamment Médecins du Monde, ASUD et AIDES. Elle représente ainsi l'intérêt spécifique de la santé dans la culture techno ce qui lui a valu dès 1998 d'obtenir la reconnaissance du Ministère de la Santé par le biais de subventions. Avec ce soutien, le projet s'est étendu, d'une part en mettant en place une collaboration avec les voisins européens afin de "développer une banque d'information relative aux stratégies de réduction des risques en milieu techno", et d'autre part en décentralisant technoplus sur le territoire national. L'intervention publique n'est pas ni homogène ni continue, aussi au motif de l'élection présidentielle en 2002, les financements publics ont été gélés et Techno+ a dû faire face à un procès intenté par le ministère public en raison de deux flyers distribués, soi-disant "incitatifs". L'association a finalement réussi à légitimer son action et obtenir de nouveau le soutien des institutions publique de la santé en 2004. La mission menée par Techno+ dans la culture techno dépasse tous ses clivages internes si bien qu'elle se rapproche d'une mission de service public sans pour autant être définie comme telle. |
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