RESULTATS
La taille, le poids et le pourcentage de masse grasse sont
donnés respectivement par les tableaux I,
II et III.
Le tableau I correspond à celui des
étudiants.
Les tableaux II et III pour
les footballeurs de 16 à 19 ans et de 19 à 36 ans.
Les étudiants sont âgés de 20 à 28
ans, avec une taille moyenne de 1,77 m et de poids de 61,7 kg.
Pour les footballeurs, ils sont âgés de 16
à 19 ans et de 19 à 36 ans.
Pour la moyenne de taille et de poids, ils ont respectivement
1,9 m et 65,83 kg pour les footballeurs de 16 à 19 ans.
Les footballeurs de 19 à 36 ans ont 1,80 m de taille
moyenne et 70,6 kg de poids moyen.
Le tableau IV montre l'effectif
d'étudiants qui ont participé aux mesures. Le nombre est de 30
avec un pourcentage de masse grasse de 9,33 % ;
L'effectif, c'est-à-dire le nombre de participants de
footballeurs âgés de 19 à 36 ans, est donné par le
tableau V. Pour cette tranche d'âge, on a pris un nombre
de 42 ; le pourcentage de masse grasse donne 5,86.
Pour les footballeurs de 16 à 19 ans, l'effectif est de
20 et leur pourcentage de masse grasse varie selon les trois périodes
où les mesures ont été faites :
- à la date du 21/03/04, on a un
pourcentage de masse grasse de 7,32 ;
- à la date du 24/04/04 : 9 % de
masse grasse ;
- à la date du 15/04/04 : 8 % de
masse grasse ;
Le tableau VII compare le pourcentage de
masse grasse des participants. Ainsi, il montre un pourcentage de masse grasse
des étudiants (9,33 %) supérieur à celui des footballeurs
(5,86 % et 8,10 % respectivement pour les footballeurs de 19-36 ans et de 16
à 19 ans).
Leur indice de masse corporelle (IMC) ou Body Mass Index (BMI)
ou indice de Quételet est, pour les étudiants ainsi que les
footballeurs, normal (tableau VIII). L'IMC normal doit
être compris entre 18,5 à 24,9.
Le tableau IX oppose :
- la masse grasse (MG) ou masse adipeuse (MA) ou Fat Mass
(FM) ;
- à la masse maigre (MM) ou masse non grasse (MNG) ou
Fat Free Mass (FFM).
Les étudiants ont une masse adipeuse (en kg)
supérieure à celle des footballeurs et une masse maigre
inférieure à celle des footballeurs.
COMMENTAIRES
Cette étude a permis de comparer deux populations de
jeunes :
- une population sédentaire, c'est-à-dire ne
pratiquant pas de sport
- et une population active pratiquant du sport, le
football.
La sédentarité est considérée
comme un déterminant important de l'état de santé en
général et de la prise de poids au cours du temps en particulier
[21].
Dans ce domaine, il est important de distinguer les notions
d'activité, d'inactivité physique et de
sédentarité.
Il existe une définition bien établie de
l'activité physique habituelle : « tout mouvement
corporel produit par la contraction des muscles squelettiques qui
entraîne une augmentation substantielle de la dépense
d'énergie au-dessus de la valeur de repose »..
A la différence de l'activité physique, nous
avons défini l'inactivité physique et de
sédentarité.
Sédentarité vient du latin sedere qui
signifie être « assis » [29].
L'inactivité physique est alors très souvent
évaluée par l'absence d'activité physique de loisirs
déclarée.
Un autre indicateur proposé correspond à une
faible proportion (inférieure à 10 %) de la dépense
énergétique journalière due à la pratique
d'activités d'intensité modérée à
élevée [6'].
La population sédentaire, c'est-à-dire les
étudiants, ont un pourcentage de masse grasse plus importante que la
population active (tableau VII).
Ainsi, les footballeurs âgés de 19 à 36
ans ont un pourcentage de masse grasse (5,86 %) et ceux de 16 à 19 ans,
un pourcentage de masse grasse (8,10 %), beaucoup plus faible que la
population sédentaire.
Le pourcentage de masse grasse varie selon les individus et
l'âge ; ainsi, les sportifs en ont plutôt moins que la
population sédentaire [10, 15, 22].
La masse grasse excessive diminue la performance dans les
activités sportives. C'est le cas en sprint, dans les sports
d'endurance, dans les activités comportant des équilibres, des
acrobaties, ou des sauts.
La plus faible proportion de pourcentage de MG chez les
sportifs contribue à la supériorité des sportifs sur les
non sportifs au moment des épreuves physiques.
Cependant, certaines disciplines composent mieux avec le
pourcentage de masse grasse. Ainsi, les haltérophiles, les tireurs, les
lanceurs, car la statique corporelle peuvent se voir améliorer si la
distribution des masses grasses est convenable [15].
Ceci est expliqué par la diminution de leur centre de
gravité qui leur incite à augmenter leur pourcentage de masse
grasse.
Il apparaît aussi au vu de cette étude, que le
pourcentage de masse grasse varie en fonction de l'âge et des
périodes de l'entraînement pendant lesquelles les mesures ont
été faites.
Ainsi, les footballeurs âgés de 19 à 36
ans ont un pourcentage de masse grasse beaucoup plus faible que les
footballeurs de 16 à 19 ans.
Ceci montre que le pourcentage de masse grasse
décroît selon la durée et l'intensité de
l'entraînement. Les études faites par SEGUY D. montrent que le
pourcentage de masse grasse chez le nouveau-né est 14 %, puis augmente
à 6 mois et devient 25 % puis diminue avec l'apprentissage de la marche
et enfin, augmente avec l'âge [25].
Une autre étude récente faite par M.L. FRELUT
[12'] permet le constat suivant : « les enfants
nés à terme ont un pourcentage de masse grasse d'environ 13
à 15 % du poids corporel. La majeure partie est déposée au
cours du dernier trimestre de la grossesse. Le pic de 25 à 26 % est
ensuite atteint entre 5 et 6 mois, dans les deux sexes. A 18 mois, il a
décru jusqu'à 21-22 %. A 5 ans, le taux est d'environ 12 à
16 mois ; puis survient une augmentation prépubertaire. Ce
« rebond d'adiposité » décrit par
ROLLAND-CACHERA [22'] est une diminution due à
l'entraînement.
Comme le rôle physiologique de la masse grasse est
essentiellement d'assurer les réserves énergétiques de
l'organisme, il convient de définir clairement la notion d'excès
de masse grasse.
Cette notion d'excès de masse grasse permet de
définir l'obésité. Au vu de nos résultats, il
apparaît qu'aucun des participants n'ait obèse. Ceci est
confirmé par leur IMC calculé (tableau VIII).
On considère actuellement que l'intervalle de l'IMC,
associé au moindre risque pour la santé, est situé entre
18,5 et 24,9 kg/m2 ; le « surpoids »
correspond à l'intervalle d'IMC entre 25 et 29,9 kg/m2 et
« l'obésité » est définie par un IMC
à 30 kg/m2 quels que soient l'âge et le sexe ;
« l'obésité morbide » ou
« sévère » par un IMC supérieur
à 40 kg/m2 [8, 8', 22'].
L'IMC des participants, c'est-à-dire étudiants,
footballeurs de 19 - 36 ans et footballeurs de 16 à 19 ans, est
respectivement 19,69 kg/m2 ; 21,79 kg/m2 ;
19,81 kg/m2 et est normal car se situe entre 18,5 kg/m2
et 24,9 kg/m2 (IOTF, 1988).
Ce choix repose principalement sur les associations entre,
d'une part, l'IMC et le pourcentage de masse grasse : sur de larges
échantillons, il existe en général une bonne
corrélation entre l'IMC et le pourcentage de grasse. Cependant,
certaines limitations de l'utilisation de l'IMC sont à mentionner lors
de comparaison entre population très différente. L'IMC qui est
avant tout une mesure de corpulence ne renseigne qu'imparfaitement sur la
composition corporelle (masse grasse, masse maigre).
D'autre part, l'IMC ne mesure pas la répartition du
tissu adipeux dont dépend en partie le risque de complications
associées à l'obésité. C'est notamment le cas de
l'adiposité abdominale, mesurée par le tour de taille ou par le
rapport tour de taille / tour de hanches, qui est associée à une
augmentation de la mortalité cardiovasculaire [8].
Il apparaît aussi au vu de nos
résultats :
- % de masse grasse étudiants = 9,33
- % de masse grasse footballeurs 19 - 36 ans = 5,86
- % de masse grasse footballeurs 16 - 19 ans = 8,10
que le pourcentage de masse grasse des étudiants
n'atteint pas la norme requise pour des sédentaires. Par contre, celui
des sportifs est compris dans l'intervalle de la norme requise pour les
sportifs.
Ainsi, les chiffres moyens de pourcentage de masse grasse pour
un sujet adulte non sportif est 15 à 20 % et pour un sujet adulte
sportif 5 à 13 % [12, 12', 22, 22'].
Cette étude a montré également que la
composition corporelle pouvait être divisée en modèle
physiologique à deux compartiments comprenant :
- la masse grasse (MG) ou masse adipeuse (MA) en kg de
poids ;
- et la masse maigre (MM) ou masse non grasse en kg
(tableau IX) [1].
Ainsi, les masses ne sont pas donc mesurées mais
estimées par des calculs [28].
Il peut être intéressant de vouloir cibler une
perte de masse grasse et d'épargner la masse musculaire ou de certains
organes ; car la perte de la masse musculaire (masse maigre) parfois non
compensée peut être remplacée par de la masse grasse
à la reprise du poids [22].
Après estimation par des calculs, nous avons une masse
maigre des étudiants plus faible que celle des footballeurs de 19 - 36
ans et 16 - 19 ans. On a respectivement 55,94 kg inférieur à
66,46 kg et à 65,83 kg.
Par contre, la masse adipeuse des étudiants est plus
grande que celle des footballeurs : 5,75 kg > 4,13 et à 5,70
kg.
Ces résultats confirment qu'un sportif a beaucoup
besoin de masse maigre que de masse grasse pour ses performances sportives.
Ainsi, RENAUD G. [22] affirme que le poids est un
élément important de la performance sportive mais pour parler de
perte ou de gain de poids, il faut différencier la masse maigre de la
masse grasse.
FORBES et LEWIS [12', 20] (1956) reportent que la musculaire
représente 48,2 % à 54,4 K% de la masse maigre.
De plus, il ressort de nos résultats des estimations de
masse qu'aucun de nos participants n'ait obèse.
Ces résultats permettent de différencier une
obésité physiologique d'une obésité médicale
pathologique.
Ainsi d'après les études faites par Thierry
VERSON [28], l'obésité physiologique sera
déclarée à partir de :
- 20 % de masse adipeuse chez le jeune homme ;
- 25 % de masse adipeuse chez l'homme plus
âgé.
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