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Le droit de l'environnement et les conflits armés( Télécharger le fichier original )par Karim KARIM KAPITENE Université Catholique du Graben Butembo - Licence en faculté de droit public 2012 |
B. La réalité sur le champ de batailleLa situation de guerre est plus que calamiteuse sur le terrain. La réalité insoutenable correspond bien aux images et aux clichés véhiculés par certains supports audio-visuels. Les principes et règles visant la protection de l'environnement en temps de guerre sont trop souvent bafoués par les belligérants. Ceux-ci n'ont comme objectif, non de mettre hors des combats un nombre important d'homme ennemies mais de nuire à leur vie. C'est la réalité du XXe siècle et début du XXIe siècle. L'environnement est utilisé comme arme de guerre, et au même moment il en ressort victime. Le 1er Avril 1979, en Pennsylvanie, lors de l'accident nucléaire de Thru Mile Island qui a secoué l'Amérique, un patriarche amish, habitant les villages amish, à quelques kilomètres de là, qui ont toujours refusé le progrès scientifique, vivant à la lueur des bougies, déclare que « les hommes provoqueront ou finiront par provoquer la fin du monde »118(*) s'ils n'arrivent pas à s'éduquer en matière environnementale. On dirait la guerre d'Armageddon, qui est un événement fortuit qui tue indéfiniment des victimes innocentes. Personne ne peut faire grand-chose pour se protéger contre cette guerre. Dans cette optique, Karine Mollard-Bannelier écrit ; « Manipulé par l'homme à des fins militaires ou victime des effets collatéraux de la guerre, l'environnement sort toujours blesser des conflits armés. Les conséquences environnementales graves de certains conflits, passés ou actuels, posent avec acuité la question de la protection de l'environnement durant ces conflits119(*). » Cela étant, la protection de l'environnement en temps de guerre s'oppose à des intérêts divergents. La nécessité et les fins militaires sont souvent difficilement compatibles avec la protection de l'environnement. Les belligérants pensent cependant que le respect des règles protectrices de l'environnement est onéreux et est systématiquement ressenti comme contraire à l'intérêt militaire, voire à l'objectif même de la guerre. Dès lors, en matière d'environnement, plus encore que dans d'autres domaines, il ne suffit pas de poser des normes, il faut aussi des incriminations, des peines et se donner les moyens de les appliquer. Pour ainsi dire, la responsabilité de tout un chacun, de celui qui a causé un dommage à l'environnement doit être mise en cause. En cela, le droit pénal participe à la protection de l'environnement. * 118 J. VERNIER, op.cit., p.3. * 119 K. MOLLARD-BANNELIER, La protection de l'environnement en temps de conflit armé, A. Pédone, Paris, 2001, p.6. |
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