Emergents spontanés d'une analyse praxéologique( Télécharger le fichier original )par Abderrazak Chaouachi Université de Tunis - Mastère de didactique des mathématiques 2009 |
Chapitre III : Partie analytiqueIII-1. Analyse transpositiveDans cette partie, nous allons présenter quelques éclairages à propos du passage entre le savoir savant et le savoir à enseigner selon les activités proposées dans le chapitre « Initiation aux graphes » du livre scolaire de troisième année section économie et gestion. Le nouveau programme de l'enseignement des mathématiques4(*) met en avant des compétences liées à la résolution des problèmes, notamment : - Pratiquer une démarche mathématique qui consiste à chercher d'abord, expérimenter et formuler une conjecture ensuite et enfin réaliser une démonstration. - Communiquer dans un langage mathématique - Résoudre un problème par la modélisation d'une situation en rapport avec l'environnement de l'apprenant puis par la mobilisation du savoir approprié. - Utiliser les TIC. La démarche préconisée par ce programme consiste à émettre des conjectures en utilisant le type de raisonnement approprié, produire des chaînes de raisonnements déductifs afin de prouver un résultat sinon produire un contre exemple pour montrer qu'une assertion est fausse, élaborer une stratégie pour résoudre un problème et, enfin, valider la solution d'un problème. Dans la page 39, le programme officiel considère que la théorie des graphes est une partie de l'algèbre et il n'est mentionné que : « Théorie des graphes : sommets, arêtes, nombre chromatique, ordre d'un graphe, théorème d'Euler, chaînes, algorithme de Dijkstra ». Après cela, on trouve mentionnées quatre aptitudes dont trois concernent la théorie des graphes. Cela pourrait donner lieu à des interprétations diverses que ce soit de la part de ceux qui ont produit le livre scolaire ou de la part des enseignants. Pour saisir la nature de l'objet d'enseignement, nous allons procéder à une comparaison entre le savoir savant présenté ci-dessus et le savoir à enseigner tel qu'il émerge de l'analyse du contenu du chapitre «Initiation aux graphes ». Nous estimons, en effet, que mettre le doigt sur les différences entre le savoir savant et le savoir à enseigner, qui nous préoccupent dans notre recherche, nous met en mesure d'avoir un éclairage quant à la vraie intention de l'institution transpositive sur la nature de l'objet de l'enseignement. CHEVALLARD (1998), dans son article intitulé : Pourquoi la transposition didactique ?, dit en substance : « Au sens restreint, la transposition didactique désigne le passage du savoir savant au savoir enseigné. Or, c'est la confrontation de ces deux termes, à la distance qui les sépare, au-delà de ce qui les rapproche et impose de les confronter, que l'on peut le mieux saisir la spécificité didactique du savoir. ». Cette comparaison va s'étayer sur des éléments objectifs tirés d'un côté du savoir savant présenté et de l'autre côté par le contenu du livre scolaire. Lequel contenu se compose essentiellement d'activités, d'exercices, de définitions et de propriétés énoncées (avec ou sans preuve). En plus, nous allons mettre la lumière sur les notions utilisées et non institutionnalisées telles que : les graphes isomorphes, les sous graphes, etc. Nous n'avons pas analysé les activités utilisant les TIC ni les exercices et problèmes car ils sortent du cadre de notre étude. Comme nous l'avons déjà signalé, le programme officiel n'est pas très explicite ni sur le contenu de cette unité d'apprentissage ni sur les aptitudes à développer. Nous sommes, donc, dans l'obligation de n'étayer nos déductions que sur la base de notre lecture du livre scolaire. L'examen des tableaux 3, 4 et 5 qui vont suivre permet de déduire l'effet de la transposition didactique externe. Cet effet se traduit, selon nous, par un quintuple dessein : - Centrer les activités sur les modélisations de situations ayant une relation directe avec le milieu social de l'élève. Par exemple, l'activité 1 de la page 85 traite une situation de gestion de conflit où l'élève est dans une situation de résolution d'un problème de maximisation du nombre d'invités. - Privilégier les techniques utilisant les caractéristiques du graphe : degrés des sommets, ordre d'un graphe, etc. L'activité 4 est un exemple illustrant le recours à de telles techniques. En effet, pour prouver que deux graphes représentent la même situation, il fallait d'abord déterminer les degrés des sommets, les ordres des sous graphes complets, etc.
- Faire découvrir par l'élève, au fur et à mesure, certaines caractéristiques importantes des graphes pouvant servir comme plateforme de résolutions de certains problèmes intéressants, notamment concernant les circuits, le plus court chemin et les gestions de conflits. L'exemple donné par l'activité 3 de la page 89 permet à l'élève d'explorer les circuits et en exhiber ceux qui sont eulériens à partir d'une caractéristique énoncé dans le théorème d'Euler.
- Eviter de donner un exposé classique de cette unité d'apprentissage et, surtout, ne pas céder à la tentation des démonstrations inutiles des théorèmes. La démonstration du théorème d'Euler peut être expliquée aux élèves. Cependant, et vue qu'il s'agit d'une initiation aux graphes à des élèves de la section économie et gestion, il n'est pas utile de céder à la tentation de le prouver. - Donner une présentation fonctionnelle des algorithmes, étant donné que les élèves n'ont pas l'habitude de traduire un algorithme écrit sous sa forme usuelle en un discours fonctionnel. L'algorithme de Moore-Dijkstra est le suivant : Tant que faire : On détermine les sommets tels que l'arc qui relie soit un élément de E. On prendra : . On garde l'arête qui a permis d'avoir ce minimum. On choisit un nouveau sommet tel que et on posera : . Les élèves ne peuvent pas mettre en application cet algorithme mis sous cette forme qui utilise une forme itérative « Tant que.... » assez complexe. Cependant, nous avons pu remarquer que le théorème (affirmant que dans chaque graphe d'ordre supérieur ou égal à 2 a au moins deux sommets de même degré) n'est pas institutionnalisé mais présenté sous la forme d'un exercice (page 87). En outre, l'importance accordée à l'explication de l'algorithme de Moore-Djikstra (auquel les auteurs ont consacré six pages !) est, à notre sens, exagérée et peut induire en erreur enseignants et élèves quant à sa mise en application. En effet, certains peuvent penser qu'il faut, à chaque fois, plusieurs pages pour utiliser convenablement cet algorithme. Dans les tableaux 3, 4 et 5 qui vont être présentés dans les pages qui suivent, nous consignons d'un côté les notions mathématiques telles que nous avons présentées dans le chapitre II et, en face, les notions telles que présentées dans le manuel scolaire. Dans la confrontation entre le savoir savant et le savoir à enseigner, que nous allons présenter dans les trois tableaux ci-dessous, nous allons respecter le découpage en paragraphes adopté par les auteurs du livre scolaire, à savoir :I-Notion de graphe, II-Coloriage d'un graphe, III-Recherche d'une plus courte chaine, afin de mieux suivre le passage entre le savoir savant et le savoir à enseigner selon l'interprétation donnée par les auteurs du livre scolaire.
III-Recherche d'une plus courte chaîne:
* 4 Livre intitulé : Programmes de mathématiques 3ème et 4ème de l'enseignement secondaire (septembre 2006) , pp3-6 |
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