L'uniforme scolaire: facteur d'intégration sociale. Cas des établissements d'enseignement secondaire de la ville de Banfora.( Télécharger le fichier original )par Idrissa SIDIBE ENS/UK BURKINA FASO - Certificat d'Aptitude à l'Emploi de Conseiller d'Education 2015 |
I.2. De l'intégration socialeSelon Bénédicte LORIERS, analyste à l'UFAPEC, « Quand un élève porte l'uniforme propre à une école, nous pouvons rapidement identifier l'école d'où provient cet élève ». Aussi, a-t-elle ajouté, « Endosser un uniforme scolaire peut être considéré comme un rite qui permettrait à l'élève de se sentir intégré au groupe scolaire plus ou moins rapidement ». Pour Faustin AKONO10(*), l'institution de l'uniforme au Congo avait pour but essentiel de mettre fin aux clivages sociaux entre les enfants des nantis et les autres. Car, précise-t-il, « Par manque de beaux habits, certains étaient frustrés et cela laissait peut-être paraître le statut social de leurs parents ». Et de conclure que « du coup ils n'assistaient plus aussi bien aux enseignements ». Quant à l'Association Pour le Port de la Tenue Scolaire Unique (APPTSU11(*)), elle estime que la tenue scolaire permettrait de « lutter contre toutes les formes de discriminations entre élèves en raison de leurs origines, de leurs religions ou de leurs classes sociales, et de favoriser la cohésion sociale et l'égalité des chances ». Selon Adama WATTARA, l'État devrait faciliter les modalités d'acquisition de la tenue scolaire afin de ne pas permettre aux enfants de porter n'importe quoi dans une même classe pour éviter de faire la distinction entre l'enfant du riche commerçant du quartier et celui du plus misérable. Pour lui, cela aurait pour avantage de faire disparaître le complexe qui peut influencer négativement le rendement et l'évolution de l'élève. Pour BÉRÉ Adélaïde (2007), sans le port obligatoire de l'uniforme scolaire, il est aisé à vue d'oeil d'imaginer la classe sociale de l'élève et l'on est tenté d'affirmer que l'école même semble favoriser la manifestation de ces inégalités en son sein d'où la nécessité pour elle d'oeuvrer à dissimuler ces différences par l'uniforme. À contrario, la FAPEO, dans son analyse, estime que malgré son imposition, l'uniforme scolaire ne réduirait pas forcément les inégalités sociales, car la différence pourrait être perçue dans le nombre de tenues que les familles aisées achèteraient à leurs enfants. Ainsi, assure-t-elle, « le soin qui pourra être apporté à l'uniforme vieillissant risque de décliner avec le temps, marquant un peu plus encore la distinction avec un uniforme scolaire neuf ou moins utilisé ». Hugues DRAELANTS12(*), sociologue, soutient cette posture en affirmant que « l'uniforme scolaire est un instrument de sélection sociale et de construction d'une image élitiste des institutions scolaires. L'uniforme est censé uniformiser les élèves. Au fond, il différencie les écoles (...) ». * 10 AKONO, Faustin, rédacteur en chef du journal congolais « les dépêches de Brazzaville » * 11 http://asso-tenue-scolaire-unique.wifeo.com/apptsu.php * 12 DRAELANTS, Hugues (sociologue), L'uniforme se déforme, in La Libre Belgique, 7 novembre 2011. |
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