VIII -Le rôle des espaces verts urbains:
Il est évident et nul ne conteste aujourd'hui
l'utilité des espaces verts en milieu urbain, surtout lorsqu'il s'agit
d'agglomérations étendues, à forte densité de
population.
Il est bien établi que les espaces verts urbains
agissent favorablement sur le milieu physique des agglomérations et sur
le psychisme de leurs habitants. Il ne faut pas prêter aux espaces verts
urbains des effets climatiques aussi prononcés que ceux des grandes
masses forestières qui produisent de l'oxygène et absorbent le
gaz carbonique en quantités importantes, régularisent
l'état hygrométrique de l'air et la température. (Azzouzi,
2011).
1. Rôle urbanistique :
« Les espaces verts composent un maillage interstitiel de
verdure (espace libre) et ils de définissent par opposition aux espaces
construits (espace plein) » (Certu, 2001). La Notion d'espace vert est un
concept opérationnel d'urbanisme (Vilmorin, 1976 in Mehdi 2008).
1.1 Absorption des eaux de pluie:
Les espaces verts boisées sont des agents
épurateurs de l'eau .Ils agissent notamment sur la filtration des eaux
pluviales qui alimentent de nombreux ruisseaux qui dextrement des collines,
contribuant ainsi à clarifier les cours d'eaux pollués de
même, en relent issant le ruissellement contribuent ils à
réalimenter en eau pure la nappe phréatique et à freiner
l'érosion des pentes.
Chapitre I synthèse bibliographique

Chapitre I synthèse bibliographique
Les plantes aident le sol à retenir l'eau,
à la pomper et à la transférer du sol vers
l'atmosphère. En fait, au cours d'une année, la quantité
d'eau transitant des plantes vers l'atmosphère (transpiration) est
environ deux fois plus importante que celle qui transite des rivières
vers les océans.
1.2 Esthétique :
L'arbre joue un rôle prépondérant
dans la structuration paysagère en ville et constitue un
élément de référence pour les citadins par apport
à l'espace.
L'insertion harmonieuse de l'arbre dans
l'environnement urbain permet de créer un cadre agréable, de
mettre en valeur les bâtiments, les vues et perspectives.
L'arbre articule et définit les espaces. L'arbre
est un élément central du paysage de nos villes, il met en valeur
ou au contraire occulte des éléments architecturaux ou urbains.
(Gillig et al, 2008). 1.3 Renforcement de la lisibilité :
Les espaces verts permettent de limiter les espaces. Par
la diversité de paysage qu'ils créent, ils donnent une meilleure
identité aux sites. Les plantations d'alignement renforcent la
lisibilité des axes principaux, diminuent l'impact visuel d'un
bâti trop hétérogène, diversifient, en variant les
espèces, les paysages crées. Ce sont donc des
éléments essentiels de la composition urbaine. 1.4 Protection
contre le bruit :
Les plantations suffisamment épaisses
permettent d'atténuer les nuisances sonores. Elles permettent alors de
réduire un certain nombre de troubles psychologiques et physiologiques
engendrés par le bruit. Une ceinture d'arbre de 30 mètres
d'épaisseur diminue le bruit de 6 à 8 décibels. Cette
atténuation est importante, si on retient qu'une atténuation de
12 décibels correspond à une diminution de la sensation sonore de
l'ordre de 50%. (Voire la figure n°05).
Figure n°5. Contrôle de bruit par la
végétation.
Source :( Adra, 2011).
« Le végétal n'est cependant pas qu'un
régulateur dans la ville, c'est aussi un médiateur social,
c'est-à-dire ce par quoi l'identité et la qualité de la
ville adviennent, ce par quoi l'agglomération devient cité
appropriée ou appropriable par les habitants » (Donadieu, 1996).
2. Rôle social :
« Pour le bonheur, la sauvegarde du monde, il est plus
essentiel de le végétaliser que de le minéraliser. Planter
est plus urgent que bâtir. L'homme a un besoin plus vital d'arbres, de
plantes et d'herbe que de béton, de pierres et de bitumes »
(Philippe Saint-Marc, 1971 in Mehdi, 2008). 2.1 Détente
:
Les espaces verts sont une nécessité vitale
pour les habitants des villes soumis à de nombreux stress : bruit
continuel, pollution atmosphérique, manque de repos... La
détérioration accélérée de l'environnement
urbain engendre des troubles nerveux, des déséquilibres
psychologiques. Le maintien de cet équilibre peut être
favorisé par l'aspect naturel, par la souplesse des lignes, par la
création d'une ambiance agréable et par des effets calmants, par
la sensation d'espace et de lumière. « La réintroduction de
nature dans la ville n'est pas seulement un problème sanitaire. Les
espaces verts répondent à un besoin très profond, en
quelque sorte la fixation symbolique de la réaction de liberté et
d'agressivité que la concentration des masses humaines dans un espace
totalement artificiel ne peut satisfaire » (Donadieu, 1996).
2.2 Educatif et Pédagogique :
Les espaces verts sont d'excellents terrains d'initiation
à la nature. Ils font l'objet de différentes actions de
sensibilisation et d'éducation à l'environnement auprès
des scolaires. L'objectif est de sensibiliser les enfants à l'importance
des espaces verts dans la vie des hommes. Visites, expositions, sentiers
d'interprétation et guides doivent être proposés par des
organismes privés ou publics pour inciter à connaître pour
aimer, aimer pour protéger.
Une vocation pédagogique est également
conférée aux espaces verts notamment les jardins par la
création de relations avec les écoles du quartier pour permettre
aux enfants des écoles environnantes de venir y cultiver quelques
plantes. Le jardin est un lieu favorable à la découverte de la
nature et l'expérimentation du jardinage par les enfants.
3. Rôle environnemental :
« Cette fonction doit s'entendre à la fois dans le
sens de la protection du sol par l'usage valorisant qui est donné aux
espaces verts contre le développement anarchique des constructions et
pour la protection de l'équilibre de l'écosystème urbain
» (Vilmorin, 1976 in Mehdi, 2012).
Les espaces verts ont un rôle primordial d'épurateur
de l'atmosphère :
Chapitre I synthèse bibliographique
3.1 Epuration chimique :
Les arbres interceptent les matières particulaires et
absorbent des polluants gazeux comme l'ozone, le dioxyde de soufre et le
dioxyde d'azote, les éliminant ainsi de l'atmosphère. Les arbres
émettent également des composés organiques volatils, tels
que l'isoprène et les mono terpènes qui peuvent contribuer
à la formation d'ozone dans les villes.
En transpirant de l'eau et en ombrageant les surfaces, les
arbres abaissent les températures locales de l'air Nowak (1995).
Des plantations de protection le long des routes à
grande circulation et autour des zones industrielles sont donc un moyen
efficace de réduire la pollution atmosphérique. Mais cela ne
saurait être pris comme prétexte pour négliger la lutte
Contre la pollution à sa source. (Mehdi, 2008).
3.2 Fixation des poussières, produits goudronneux
et huileux :
Ces produits très présents dans l'air urbain se
déposent sur les feuillages et sont en partie lavés quand il
pleut. Pour que cette action épuratrice soit efficace, il faut cependant
que les végétaux ne soient pas surchargés, ce qui suppose
un minimum d'espaces verts. « Le filtrage se produit surtout à une
échelle micro climatique (dans l'îlot de chaleur urbain), en
particulier en soirée dans les milieux les plus chauds (zones fortement
minéralisés) et les plus fraîches (espaces verts). Il est
donc souhaitable de compartimenter l'agglomération urbaine dense par des
masses végétales permettant entre autre de piéger la
pollution (Certu, 2002). L'accroissement des espaces verts fait donc partie
intégrante de la lutte contre la pollution.
La végétation des espaces verts naturels ou
artificiels contribue à l'épuration et à la
réduction du taux de CO2, par l'intermédiaire de la fonction
chlorophyllienne (lors de l'activité photosynthétique, un hectare
enherbé retient 1000m de carbone provenant de 2400m de CO2
absorbés (Mehdi, 2008).
3.3 Thermorégulateur:
Les espaces verts quelque soit leur nature exercent un effet
dépendent de la morphologie et de la physiologie des espaces
présentes. Les espaces arborés favorisent également un
abaissement des températures et une augmentation de l'humidité
relation de l'air.
Selon Jarvis (1989) in Mehdi (2008) un hectare de forêt
rejette dans l'atmosphère 30 tonnes d'eau par jour.
Chapitre I synthèse bibliographique
Les espaces verts fournissent de l'oxygène,
protègent le sol, filtrent l'eau, offrent nourriture et habitat à
la faune et plaisir aux êtres humains, mais ils jouent aussi un
rôle important en ce qui concerne divers aspects des changements
climatiques. La plupart de ces facteurs peuvent devenir encore plus importants
dans un environnement urbain, particulièrement à la
lumière de l'augmentation des niveaux de pollution et de chaleur
associés aux changements climatiques.
- la pollution est concentrée dans les villes.
Les arbres absorbent beaucoup de polluants atmosphériques. Tans et al.
(1990) ont montré l'importance des arbres. Ils ont mis en relief qu'un
seul arbre peut absorber jusqu'à 7 000 particules de poussière
par litre d'air. En plus d'être bon pour le climat, ce facteur peut
améliorer la santé des citadins qui souffrent d'asthme et
d'autres maladies respiratoires. (Mehdi, 2008).
3.4 Ombre :
Les espaces verts jouent le rôle d'abris face
à la chaleur notamment dans les pays chauds
Par contre la ville est elle-même un frein
à la végétalisation pourtant bénéfique. Les
pollutions de l'air, du sol et de l'eau nuisent à la bonne santé
des espaces verts. Les poussières, les émissions sulfuriques
(combustion) et nitriques (véhicules à moteur) et les autres
émanations nocives urbaines participent à la dégradation
générale du milieu urbain. Il est donc évident que les
arbres en ville ne se trouvent pas dans un état de croissance normale et
correspondant à leurs exigences naturelles. (voire la figure
n°06).

Figure n°6. Les différents enjeux de la
nature en ville. Source: (Mehdi, 2008).
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