Utilisation des produits biologiques d'origine équine en thérapeutique humaine( Télécharger le fichier original )par Geraud Chancelin HELLOW TEJIOZEM Université Cheikh Anta Diop de Dakar - Doctorat d'état en médecine vétérinaire 2007 |
CHAPITRE IV. LA SEROTHERAPIEIV.1 DéfinitionEtymologiquement le terme sérothérapie est issu du latin serum, petit lait et du grec thérapéia, thérapeutique. C'est l'utilisation thérapeutique du sérum sanguin. Elle se caractérise par l'administration en injection sous-cutanée, intraveineuse, intramusculaire ou intrarachidienne, d'un sérum immun d'origine animale (provenant d'un animal vacciné contre une maladie infectieuse) ou d'origine humaine (sérum de convalescent d'une maladie infectieuse) pour protéger
contre cette maladie La sérothérapie permet de neutraliser un antigène microbien, une bactérie, une toxine, un virus ou encore un venin. Autrement dit le sérum immunisant est un sérum sanguin contenant un anticorps ayant la capacité de réagir contre un corps étranger à l'organisme (antigène) [10]. IV.2 HistoriqueLa découverte de la sérothérapie revient à Emile ROUX (1891) cité au chapitre II précédent, qui fût un grand pasteurien de l'époque du savant Louis PASTEUR. De ses travaux personnels, l'histoire retiendra la sérothérapie qui ouvrit une ère nouvelle au traitement de la diphtérie puis du tétanos, avant d'être appliquée à d'autres grandes maladies infectieuses. En effet, E. ROUX s'est aperçu qu'en injectant à un cheval la toxine de la diphtérie, celui-ci fabriquait des anticorps dans son sang à partir duquel on pouvait préparer un sérum. On pouvait également injecter au cheval les germes du tétanos, du botulisme et de la gangrène [10]. Dès 1984 l'application de la sérothérapie antidiphtérique dans les hôpitaux parisiens fait considérablement diminuer la mortalité infantile, qui passe alors de 45 % à 24 %. Aussi lors de la première guerre mondiale (1914-1918) la sérothérapie antitétanique connut un succès éclatant pour sa première application de masse [22]. Du fait de leur nature hétérologue et souvent de leur effet allergisant, les sérums immuns équins furent progressivement purifiés et modifiés pour obtenir les immunoglobulines (gammaglobulines) [10]. Bien que l'utilisation de la sérothérapie pour les maladies bactériennes ait été remplacée par l'antibiothérapie, son utilisation reste d'une grande importance de nos jours, pour lutter contre les envenimations vipérines et quelques maladies infectieuses (la diphtérie, botulisme, la rage...). IV.3 Rappels sur les immunoglobulinesIV.3.1 DéfinitionLes Immunoglobulines sont des globulines sériques particulières ayant la propriété de se combiner d'une manière spécifique à certaines substances étrangères solubles ou cellulaires qui leur correspondent et appelés antigènes [15]. Ces protéines présentent des propriétés immunologiques, de reconnaissance et de liaison spécifique à l'antigène, et des fonctions biologiques effectrices (fixation et activation du complément...). |
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