
UNIVERSITE DE GOMA
« UNIGOM B.P. 204 »

DEPARTEMENT DE CHIRURGIE

ASPECTS EPIDEMIOLOGIQUE, CLINIQUE ET THERAPEUTIQUE
DES FRACTURES OUVERTES DE
DEUX OS DE LA JAMBE, CAS OBSERVES A
L'HOPITAL PROVINCIAL DU NORD-KIVU du 1er Janvier au
31 Décembre 2015
Par : AYONGA NDEBA Patrick
Mémoire présenté et défendu
en vue de l'obtention du diplôme de docteur en
médecine

Année académique 2015 2016
Directeur : C.T Dr. MUNYANTWARI AKOMU Eugène
Encadreur : Assistant Dr. NDABEREYE GIRINEZA Yves

DEDICACE
A mes parents NDEBA SUMAILI Bienvenu et Véronique YOHALI,
qui, nous mettant au monde, vous nous donnez tout votre meilleur afin que nous
ne manquions rien de ce dont un enfant a besoin.
A mon oncle paternel MITANGALA NDEBA Prudence, qui m'avait
donné le goût de la médecine.
En mémoire de mes grands-parents Innocent NDEBA et ALIMA
TOSHA dont le souvenir de la vie passée à vos côtés
se vit constamment en moi.
II
REMERCIEMENTS
Notre gratitude s'adresse particulièrement :
Aux autorités académiques de l'Université
de Goma, plus particulièrement celles de la faculté de
médecine pour avoir accepté que nous puissions évoluer
régulièrement au sein de cette institution dont la
responsabilité vous est confiée.
Aux docteurs MUNYANTWARI AKOMU Eugène et NDABEREYE
GIRINEZZA Yves, respectivement chef des travaux et assistant de la
faculté de médecine de l'Université de Goma, pour avoir
accepté la direction et l'encadrement de ce travail malgré vos
multiples occupations ; votre rigueur nous a permis d'être un bon
élève et nous a mené à bon port.
A tout le corps enseignant de la faculté de
médecine, à tous nos maitres de stage et à tous nos
ainés scientifiques, qui, en dépit de vos multiples occupations,
avez tout donné pour nous transmettre le savoir, le savoir-faire, le
savoir-être et le faire-savoir utile pour l'exercice de l'art de
guérir, devenant ainsi facteur de développement.
A mes oncles et tantes : BOWA KAYOMBO, SALEH NDEBA, LUCIE
BAISINA, DEBORA AZIZA NDEBA, Espérance MASIKA, MANIKI, pour
l'encouragement, les motivations et les prières à notre
égard.
A mes frères et soeurs : Bienvenu NDEBA, ASSUMINI
NDEBA, ALIMA SUMAILI, Constance, Jacqueline SUMAILI, Nathalie MWANVUA SUMAILI,
Prudence NDEBA, Cyprien NDEBA, Innocent NDEBA, vos conseils et encouragements,
vos prières et vos sacrifices pour moi m'ont permis d'être
meilleur qu'avant et ont été un témoignage d'amour et de
fraternité.
A tous mes cousins et à toutes mes cousines Julien
KILIMUNDA, Willy KILIMUNDA, Yvette AKONKWA, FAILA KILIMUNDA, pour votre amour
et attention portés en ma personne.
A mes amis et compagnons de lutte : MUBIKAY LUKELWA Richard,
Chance SEDIRI, MULENGA NGONDO Danny, Tecla MULUNGA BWANJO, Valery MASHAGIRO,
Emery KATAVALI, NTAKOBAJIRA MUNGANGA Papy, et tous les autres médecins
stagiaires avec lesquels nous avons bataillé ; votre réconfort,
vos remarques et sages conseils lors des moments difficiles de mes
études.
A tous ceux que nous portons dans notre coeur qui n'ont pas
été repris précédemment et qui, d'une
manière ou d'une autre ont apporté leur pierre à cet
édifice.
iii
TABLE DES MATIERES
DEDICACE i
REMERCIEMENTS ii
RESUME iii
ABSTRACT vii
TABLE DES MATIERES iii
INTRODUCTION 1
CHAPITRE I:GENERALITES 3
1. DEFINITION 3
2. RAPPEL ANATOMIQUE 3
2.1. LE SQUELETTE DE LA JAMBE 3
2.2. LES MUSCLES DE LA JAMBE 4
2.3. VASCULARISATION 5
2.4. INNERVATION 6
3. FRACTURE OUVERTE DE DEUX OS DE LA JAMBE 7
3.1. ETIOLOGIES 7
3.2. MECANISMES 7
3.3. ANATOMIE - PATHOLOGIE 7
3.4. CLINIQUE 8
3.5. EVALUATION 9
3.6. LES ATTEINTES VASCULO-NERVEUSES 11
3.7. LES EXAMENS COMPLEMENTAIRES 12
3.8. TRAITEMENT 12
3.9. COMPLICATIONS 14
CHAPITRE II : MATERIEL ET METHODES 15
II.1. MATERIEL 15
II.1.1. Cadre d' étude 15
II.1.2. Population d'étude 16
II.1.3. L' échantillonnage 16
II.1.4. Critères de séléction
16
II.2. METHODE ET TECHNIQUES 17
II.2.1. Type et durée d' étude
17
II.2.2. Techniques de récolte des données
17
II.2.3. Les variables d' étude 17
II.2.4. Techniques d'analyse des resultats 17
iv
CHAPITRE III: RESULTATS 18
III.1. CARACTERISTIQUES SOCIO-DEMOGRAPHIQUES
18
1. LA FREQUENCE 18
2. LE SEXE 19
3. LA TRANCHE D'AGE 19
4. LA PROVENANCE 20
5. LA PROFESSION 20
III.2. CLINIQUE 21
6. LE MECANISME DE SURVENUE DE LA FRACTURE
21
7. LES CIRCONSTANCES D'APPARITION (ETIOLOGIES)
22
8. LE DELAI ENTRE LA SURVENUE DU TRAUMATISME ET LA
CONSULTATION 22
9. LES LESIONS ASSOCIEES 23
10. LE SIEGE DU TRAIT DE FRACTURE 23
11. LE TYPE DU TRAIT DE FRACTURE 24
12. LA CLASSIFICATION DE GUSTILO-ANDERSON 24
13. LE COTE ATTEINT PAR LA FRACTURE 25
III.3. TRAITEMENT 25
14. LE TYPE DE TRAITEMENT 25
15. LE TYPE D'IMMOBILISATION DEFINITIVE 26
16. LA PREVENTION ANTITETANIQUE 26
17. LE TYPE DE TRAITEMENT MEDICAL 26
III.4. EVOLUTION 27
18. LA DUREE D'HOSPITALISATION 27
19. L'EVOLUTION AVEC OU SANS COMPLICATIONS
27
20. LE TYPE DES COMPLICATIONS 27
CHAPITRE IV : DISCUSSION DES RESULTATS 29
1. Fréquence 29
2. Le Sexe 29
3. L'Age 29
4. La Provenance 30
5. La Profession 30
6. Le Mécanisme 31
7. Les Circonstances d'apparition (Etiologie)
31
8. Le Délai entre la survenue de la fracture et
la consultation 31
9. Les Lésions associées 32
10. Le Siège du trait de fracture 32
11. Le Type du trait de fracture 32
V
12. La Classification selon GUSTILO-ANDERSON
333
13. Le Côté atteint 333
14. Le Type de traitement 333
15. Le Type d'immobilisation 344
16. La Prévention antitétanique
344
17. Le Type de Traitement médical
344
18. Durée d'Hospitalisation 344
19. L'Evolution 355
20. Le Type des complications 355
CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS 366
BIBLIOGRAPHIE 388
ANNEXES 40
vi
RESUME
Les fractures ouvertes de deux os de la jambe
représente environ le deux-tiers des fractures de la jambe et constitue
une urgence traumatologique formelle.
Notre objectif est d'analyser les aspects
épidémiologique, clinique et thérapeutique des fractures
ouvertes de 2 os de la jambe dans le service de chirurgie de l'hôpital
provincial du Nord-Kivu dans la période du 1er Janvier au 31
Décembre 2015.
Au cours de ce travail, nous avons revue dans une étude
rétrospective descriptive de 55 cas de fractures ouvertes de 2 os de la
jambe sur 630 cas des traumatismes enregistrés et suivis dans le service
de chirurgie de l'hôpital provincial du Nord-Kivu dans la période
de notre étude, soit une fréquence de 11.4% des cas.
Après analyse documentaire et interprétation des
résultats, il ressort ce qui suit :
- L'accident de trafic routier a été la cause la
plus incriminée avec 80% des cas ; - La majorité de nos patients
étaient de sexe masculin avec 69.1% des cas,
d'âge variant entre 21 et 40 ans à 50.9% et
provenaient de la ville de Goma à
87.3%, dans le quartier Katindo avec 29.1% des cas ;
- Les conducteurs, plus particulièrement les motards
(taximen motos) ont constitué la classe professionnelle la plus
touchée avec 50.9% des cas ;
- Par un choc direct à 65.5%, 54.5% de nos patients ont
présenté les fractures à traits simples ;
- 58.2% des cas ont bénéficié d'un
traitement combiné chirurgical pour une réduction sanglante avec
parage chirurgical et fixateur externe et orthopédique pour une
immobilisation plâtrée ;
- 85.5% des cas ont favorablement évolué sans
aucune complication ;
- La durée d'hospitalisation a été de 30
jours au plus à 83.6%.
Ainsi donc, une consultation et un diagnostic précoces,
guidés par une radiographie standard de face et de profil, permettent
d'assurer une prise en charge adéquate, d'où une évolution
et un pronostic favorables dans le plus bref délai.
Mots-clés : Fractures ouvertes, Os de la jambe,
Accident de trafic routier, traitement par fixateur externe et plâtre.
VII
ABSTRACT
Open fractures of two leg bones account for about two-third of
the leg fractures and constitute a formal traumatology emergency.
Our objective is to analyze the epidemiological, clinical and
therapeutic aspects of open fractures of two leg bones in the surgery
department of the provincial hospital of North Kivu in the period from
1th January to 31 December 2015.
In this work, we reviewed in a retrospective descriptive study
of 72 cases of open fractures of two leg bones, 55 of which were retained in
630 traumatized patients registered and monitored in the surgery department of
the provincial hospital of North Kivu during our period of study, with a
frequency of 11.4%.
After documentary analysis and interpretation of the results, it
emerges that:
- The road traffic accident was the most incriminated cause
with 80% of the cases;
- The majority of our patients were masculine sex with 69.1%
of cases, aged between 21 and 40 years at 50.9% and comes from the city of Goma
at 87.3%, in the Katindo district with 29.1% of cases;
- The drivers, particularly bikers (taximen motorcycles) were
the most affected professional class with 50.9% of cases;
- By direct shock at 65.5%, 54.5% of our patients presented
fractures with simple lines;
- 58.2% of the cases received combined surgical with an
external fixator after
wound care and orthopedic treatment with a gypsum for
immobilization; - 85.5% of cases have progressed without any complications;
- The duration of hospitalization was 30 days at most.
Thus, early consultation and diagnosis, guided by a standard
x-ray of face and profile, make it possible to ensure adequate taking care,
hence a favorable evolution and prognosis in the shortest possible time.
Keywords: open fractures, two leg bones, road traffic
accident, treatment by wound care and gypsum immobilization.
1
INTRODUCTION
CADI J. et KRON B. ont dit que dans notre vie quotidienne, il
y a un danger qui nous guette : celui des fractures ouvertes des os de la jambe
et cela constitue un problème majeur du point de vue sanitaire et
socio-économique : d'où la nécessité d'un
diagnostic et d'une prise en charge précoces et efficaces
[1].
Une fracture ouverte des os de la jambe est une solution de
continuité du tibia et/ou du péroné, située entre
trois travers des doigts en dessous de l'interligne du genou en haut et trois
travers des doigts au-dessus de l'interligne tibio-tarsienne en bas,
accompagnée d'une brèche de revêtement
cutanéo-musculaire sus-jacent et mettant en contact les fragments osseux
et le milieu ambiant (2J.
En effet, à ces jours, l'affluence des moyens de
transports notamment : voitures, motos, vélos ; de l'avènement
des guerres avec usage d'armes à feu et d'armes blanches ; mais aussi la
pratique de certains sports, ont accru de façon spectaculaire la
fréquence de ces fractures [3]. Eu
égard à ceci, la médecine a mis au point des moyens
thérapeutiques modernes efficaces pour faire face aux problèmes
médicaux posés par elles (4J.
Selon l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé), dans
le monde, on estime près de 1,2 millions de gens qui succombent chaque
année suite aux accidents de trafic routier. Par contre, environ 50
millions s'en sortaient avec le problème de fractures ouvertes de deux
os de la jambe (5J.
Aux Etats-Unis d'Amérique, MARIE P et Coll., dans un
rapport mondial approuvé par l'OMS sur la prévention des
traumatismes dus aux accidents de circulation signale que des efforts ont
été fournis pour assurer une sécurité
routière afin d'éviter les accidents des voies publiques. Dans ce
pays, la fréquence des fractures ouvertes des os de la jambe est
estimée à 12% des cas et ce sont les accidents de trafic routier
qui en constituent la principale cause (6,7J.
En Europe, plus particulièrement en France, les
fractures ouvertes des os de la jambe occupent le 1er rang de
l'ensemble des traumatismes avec une fréquence estimée à
près de 25% des cas des fractures de deux os de la jambe
(6J.
En ce qui concerne les pays en voie de développement,
plusieurs facteurs entrent en jeu et maintiennent une fréquence
élevée des fractures ouvertes des os de la jambe, entre autres
les accidents de trafic routier, les travaux domestiques, les exercices
physiques et même l'insécurité grandissante qui bat son
plein (8,9J.
En Afrique, plus précisément au Mali, il y a une
étude qui a été effectuée dans les services de
chirurgie orthopédique et traumatologique de l'hôpital GABRIEL
TOURE en 2006 où les fractures ouvertes des os de la jambe avait
occupé une première place avec un taux qui était
situé entre 21 et 29% (10J.
En République Démocratique du Congo, une
étude faite en 2006 par le professeur Docteur AHUKA ONALOGOMBE au centre
médical évangélique de Nyankunde situé dans la
Province d'Ituri, sur les traumatismes de la jambe, avait montré que sur
7405 cas d'opération de chirurgie majeure, 745 cas soit 10,06% ont
concernés les fractures ouvertes de deux os de la jambe et dont la cause
dominante était l'avènement des guerres à
répétition dans cette région, mais aussi les accidents de
trafic routier (11J.
2
En raison de l'importance attachée à ce segment
corporel : la jambe ; servant dans la locomotion et la station débout
avec ses os qui assurent le support du poids corporel et vu l'urgence
thérapeutique que constitue une fracture ouverte des os de la jambe et
le fait que peu d'études scientifiques sur les fractures ouvertes de
deux os de la jambe ont été faites dans notre milieu, nous avons
voulu faire ce travail rétrospectif sur les aspects
épidémiologique, clinique et thérapeutique des fractures
ouvertes des os de la jambe afin d'améliorer leur prise en charge dans
le service de chirurgie de l'hôpital provincial du Nord-Kivu (HPNK).
Ce qui nous amène alors à nous poser la question
suivante :
? Quels sont les aspects épidémiologique,
clinique et thérapeutique des fractures ouvertes des os de la jambe ?
Pour répondre à cette question, nous nous sommes
fixés comme objectif général :
Etudier les aspects épidémiologique, clinique et
thérapeutique des fractures ouvertes des os de la jambe dans le service
de chirurgie de l'hôpital provincial du Nord-Kivu dans la période
allant du 1er Janvier au 31 Décembre 2015 en fixant les
objectifs spécifiques ci-après:
? Déterminer la fréquence des fractures ouvertes
des os de la jambe du point de vue de l'âge, du sexe, de la provenance,
de la profession, de l'étiologie, du caractère du trait de
fracture, du type de traitement, de la durée d'hospitalisation et de
l'évolution avec ou sans complication ;
? Etudier l'aspect clinique des fractures ouvertes des os de
la jambe du point de l'étiologie, du mécanisme de survenue de la
fracture, du délai entre fracture et consultation, des lésions
associées, du siège et du type de la fracture ;
? Analyser la prise en charge de ces fractures quant au
traitement et à l'évolution.
Nous nous sommes intéressés à ce sujet
afin d'évaluer l'ampleur du problème lié à la
fréquence élevée des fractures ouvertes de deux os de la
jambe dans notre milieu mettant en danger la vie de la population. Cela
permettra donc d'adopter une prise en charge adéquate et d'ouvrir ainsi
un champ d'investigation pour tout chercheur qui mènera son étude
sur les fractures ouvertes des os de la jambe.
Notre travail est délimité dans le temps sur une
période allant du 1er janvier au 31 décembre 2015,
soit une période d'une année et dans l'espace qui est
l'hôpital provincial du Nord-Kivu.
Outre l'introduction, la conclusion et les recommandations, ce
travail comprend quatres chapitres qui sont répartis comme suit :
-Chapitre prremier : Généralités
-Chapitre deuxième : Matériels et
Méthodes
-Chapitre troisième : Résultats -Chapitre
quatrième : Discussion
3
CHAPITRE II : GENERALITES
1. DEFINITION
Par définition, Une fracture ouverte des os de la
jambe est une solution de continuité du tibia et/ou du
péroné, située entre trois travers des doigts en dessous
de l'articulation fémoro-tibiale en haut et trois travers des doigts
au-dessus de l'articulation tibio-tarsienne en bas, accompagnée d'une
brèche de revêtement cutanéo-musculaire sus-jacent et
mettant en contact les fragments osseux et le milieu ambiant
(2J.
2. RAPPEL ANATOMIQUE
2.1. LE SQUELETTE DE LA JAMBE
Le squelette de la jambe comprend deux os qui sont le tibia et le
péroné (12, 13, 14J.
2.1.1. LE TIBIA
Il est situé en dedans du péroné, dont il
est séparé par l'espace interosseux. Son axe forme avec celui du
fémur un angle ouvert en dehors. Il comporte un corps et deux
extrémités :
? Corps : rétréci à sa
partie moyenne, prismatique, triangulaire ; comprend trois faces et trois bords
:
Faces : -Face interne : présente
deux parties : supérieure et inférieure
-Face externe: présente deux parties : une partie
supérieure déprimée
et une partie inférieure convexe -Face
postérieure : divisée en deux parties par la ligne oblique du
tibia.
Bords : -Bord antérieur :
c'est la crête du tibia contournée en S italique sous
cutanée.
-Bord externe : c'est le bord interosseux bifurqué
à sa partie inférieure. -Bord interne: donne insertion sur son
tiers moyen au muscle soléaire.
? Extrémités : supérieure
et inférieure :
? L'extrémité supérieure est volumineuse,
allongée transversalement et présente à décrire
deux tubérosités latérales : ce sont les
tubérosités tibiales externe et interne dont les faces forment
les cavités glénoïdes qui s'articulent les condyles
fémoraux.
? A l'extrémité inférieure, nous avons le
pilon tibial présentant cinq faces (antérieure,
postérieure, externe, interne et inférieure). La face interne se
prolonge en avant par la malléole interne qui présente deux faces
(interne et externe), deux bords (antérieur et postérieur) et un
sommet.
4
2.1.2. LE PERONÉ
Long et grêle, il présente un corps et deux
extrémités (12, 13, 14J
? Le corps : est prismatique et
triangulaire à la coupe, présente comme le tibia trois faces
(externe, interne et postérieure) et trois bords (antérieur,
externe et interne).
Faces : -Face externe : convexe en haut,
déprimée à sa partie moyenne, divisée
en deux parties par une crête oblique en bas et en
arrière. -Face interne : divisée en deux champs interosseux
où s'insère la membrane interosseuse.
-Face postérieure : étroite en haut et plus large
en bas.
Bords : -Bord antérieur: tranchant
et continu en bas avec le bord antérieur de la malléole
interne
-Bord externe : saillant dans ses 2 /3 postérieurs
-Bord interne : marqué par sa partie moyenne.
? Les extrémités : il en
existe deux :
-Extrémité supérieure : c'est la
tête du péroné ; unie à la diaphyse par le col.
C'est une saillie conique à base supérieure.
*A sa partie interne : une facette
articulaire plane regardant en haut, en dedans et en avant. Elle s'articule
avec la facette péronière tibiale ;
*A sa partie postéro-externe : une
saillie rugueuse : l'apophyse styloïde.
-Extrémité inférieure : elle est plus
longue, plus volumineuse et descend plus bas que la malléole interne.
Elle est aplatie transversalement et présente donc deux faces (externe
et interne), deux bords (antérieur et postérieur) et un
sommet.
LES MOYENS D'UNION
· La capsule : elle ne s'éloigne
du pourtour des surfaces articulaires qu'en haut et en avant au niveau de la
facette tibiale.
· Les ligaments péronéo-tibiaux
supérieurs : au nombre de deux (antérieur et
postérieur) obliques et en dehors.
· Articulation péronéo-tibiale
inférieure : c'est une amphiarthrose qui unit les
extrémités inférieures du tibia et du péroné
(1, 12, 13, 14J.
2.2. LES MUSCLES DE LA JAMBE
La jambe est divisée en trois loges :
antérieure, externe et postérieure, séparées par
les cloisons intermusculaires qui sont : les cloisons intermusculaires externe
et antérieure (12, 13, 14, 15J.
2.2.1. LES MUSCLES DE LA LOGE
ANTERIEURE
· Le jambier antérieur ;
· L'extenseur commun des orteils ;
· L'extenseur propre du gros orteil ;
· Le péronier antérieur ; Ce sont des muscles
extenseurs.
5
2.2.2. LES MUSCLES DE LA LOGE
EXTERNE
· Long péronier latéral ;
· Court péronier latéral.
2.2.3. LES MUSCLES DE LA LOGE POSTERIEURE
Ils forment deux plans : profond et superficiel
· Plan profond : -le muscle poplité ;
-le jambier postérieur ;
-le long fléchisseur commun des orteils ; -le long
fléchisseur propre du gros orteil.
· Plan superficiel : -le plantaire grêle ; -les
lombricaux ; -le triceps sural qui est composé de trois muscles : les
deux jumeaux d'origine fémorale et le soléaire d'origine
jambière.
2.3. VASCULARISATION
2.3.1. ARTERES
La vascularisation de la jambe est assurée par les
branches terminales de l'artère poplitée qui sont
:
· L'artère tibiale antérieure ;
· Le tronc tibio-péronier donnant l'artère
tibiale postérieure et l'artère péronière. Qui
constituent les trois axes du trépied jambier [12, 13, 14,
15, 16].
1) L'artère tibiale antérieure
C'est la branche de bifurcation antérieure de
l'artère poplitée.
Elle commence dans la loge postérieure de la jambe
à l'anneau du soléaire, gagne
la loge antérieure où elle rejoint son nerf
satellite, se termine au coup-de-pied sous
le ligament annulaire en devenant l'artère
pédieuse.
Ses branches collatérales sont :
-l'artère récurrente tibiale postérieure
;
- l'artère récurrente tibiale antérieure
;
-l' artère récurrente péronière
postérieure ;
-l'artère récurrente péronière
antérieure ;
-l `artère malléolaire interne ;
-l'artère malléolaire externe qui s'anastomose
avec la péronière antérieure.
Sa branche terminale : c'est l'artère
pédieuse.
2) Tronc tibio péronier
Branche postérieure de l'artère poplitée
dont il poursuit après un court segment de 4 à 5 cm, bifurque
à la partie supérieure de la loge postérieure de la jambe
en artères tibiale postérieure et péronière.
Ses branches collatérales sont : les
artères musculaires, l'artère du tibia, l'artère
récurrente tibiale interne.
a) L'artère tibiale postérieure
Elle s'étend presque verticalement dans l'axe de la jambe
: de la bifurcation du tronc tibio-péronier au canal calcanéen
où elle se divise en artères plantaires interne et externe.
6
Ses branches collatérales:
Les rameaux nourriciers de l'artère malléolaire
postéro-interne qui participent, au
cercle péri malléolaire interne.
Ses branches terminales sont:
Les artères plantaires externe et interne.
b) L'artère péronière
Plus volumineuse, elle nait à un niveau variable et
chemine profondément dans la
loge postérieure de la jambe.
Ses branches collatérales :
Ce sont les artères nourricières, elles s'opposent
aux artères tibiales qui sont
essentiellement des artères de passage pour le pied.
Ses branches terminales sont : L'artère
péronière antérieure et L'artère
péronière
postérieure.
Au total : un système anastomotique est
réalisé à la jambe:
-Le cercle artériel inferieur du genou : constitué
par les deux articulations inférieures
de la poplitée et les quatre artères
récurrentes.
Il communique avec le cercle péri fémoral
inférieur formant avec lui : le cercle péri-
articulaire du genou ;
- Le cercle péri malléolaire : qui communique avec
les artères du pied.
2.3.2. VEINES
Il existe deux types de veines : les veines profondes et
sous-cutanées (12, 13, 14J.
Veines profondes : Les branches sont homonymes
des branches artérielles. Toutes ces veines sont pourvues de valves.
? Veines sous cutanées : Ce sont
essentiellement les veines saphènes externe et interne.
? Veine saphène interne : Naît
en avant de la malléole interne, de l'union de la veine marginale
interne et de la veine plantaire interne superficielle. De plus, le
système des perforantes réalise des communications avec les
veines superficielles.
Rapport : A la jambe, elle longe le bord
interne du tibia et elle est accompagnée par le nerf saphène
interne.
? Veine saphène externe : Elle
naît de l'union de la veine plantaire externe superficielle et de la
veine marginale externe. Elle monte à la face postérieure de la
jambe et se termine au niveau du creux poplité en se jetant dans la
veine poplitée.
Rapport : A la jambe, elle est
médiane, superficielle, puis aponévrotique.
2.4. INNERVATION
La jambe est innervée par les branches terminales du
plexus sacré. Ce plexus étant constitué par la fusion du
tronc lombo-sacré et les branches antérieures des premiers nerfs
sacrés (12, 13, 14, 15, 16, 17J.
7
Le tronc lombo-sacré est aussi constitué par la
fusion de la branche antérieure de L5 et de l'anastomose qu'elle
reçoit de L4, il se fusionne à la branche antérieure de
S1, au bord supérieur du pyramidal du bassin. La troisième
vertèbre sacrée (S3) participe par sa branche inférieure
au plexus honteux (17J.
Dans l' ensemble, le plexus sacré a la forme d'un
triangle dont la base est représentée par les trous sacrés
et dont le sommet se trouve à la grande échancrure sciatique.
Les branches terminales : -Nerf sciatique
poplité interne qui provient de L4,L5,S1,S2 -Nerf sciatique
poplité externe qui provient de L4,L5,S1,S2, S3 -Nerf grand sciatique
qui constitue le vrai nerf de la jambe.
Les territoires sensitifs
Par division du nerf sciatique en sciatiques poplités
externe et interne qui sont mixtes : - le nerf sciatique poplité externe
innerve la face antéro-externe de la jambe
- le nerf sciatique poplité interne innerve la face
postérieure de jambe (3J.
3. FRACTURE OUVERTE DE DEUX OS DE LA JAMBE
3.1. ETIOLOGIES
Elles sont dues à des :
· Accidents de trafic routier ;
· Accidents de sport ;
· Accidents de travail ;
· Accidents domestiques ;
· Blessures de guerre (18J.
3.2. MECANISMES
Nous avons essentiellement deux mécanismes : direct et
indirect (19J.
? Direct : Ici, l' ouverture se fait de
dehors en dedans. L'agent vulnérant étant à
l'éxtérieur, il provoque la lésion de la peau et des
parties molles, puis la lésion osseuse, apportant dans la plaie sa
propre contamination.
? Indirect : Mais ici, l' ouverture se fait
de dedans en dehors. Généralement ce sont des fractures à
trait simple et c'est l' éxtrêmité proximale, qui,
perforant la peau, est responsable de l'ouverture .
3.3. ANATOMIE - PATHOLOGIE
BEGEU T (19J, classifie les
fractures des os de la jambe en deux groupes: les fractures simples et les
fractures complexes.
3.3.1. FRACTURES SIMPLES Nous
avons:
· Les fractures transversales ou obliques
courtes : succédant à un traumatisme direct ou par
flexion. Le trait de fracture siège à un niveau variable, de
préférence au milieu de la diaphyse et le trait péronier
est au même niveau que le trait tibial.
8
· Les fractures spiroïdes ou obliques
longues : sont secondaires à un traumatisme indirect et de
torsion externe le plus souvent, et plus rarement par
torsion interne.
3.3.2. FRACTURES COMPLEXES : Elles se
divisent en :
· Fracture avec 3ème fragment
: il existe deux types selon le mécanisme :
-Par flexion : est due à une force
brutale agissant perpendiculairement sur l' axe de l' os. Le
3ème fragment mesurant 8 cm en moyenne, siège le plus
souvent au niveau du tiers moyen et au tiers inférieur.
-Par torsion : le 3ème
fragment mesure environ 10 à 16 cm. Il siège en règle
à l' union du tiers moyen et du tiers inférieur de la diaphyse.
Le déplacment est minime et le péroné est toujours
fracturé.
· Les fractures bifocales
: Deux traits de fracture existent sur le tibia et/ou
sur le péroné. L'un est supérieur et l'autre est
inférieur isolant entre eux un fragment intermédiaire. Ces
fractures résultent d'un traumatisme violent et direct, et le plus
souvent les traits de fracture sont transversaux ou obliques courts. Le trait
supérieur siège le plus souvent au tiers supéieur en plein
évasement du canal médullaire à une longueur variable de 5
à 20 cm et le dépacement est souvent important : ce sont des
fractures instables.
· Les fractures comminutives ou fracas de la
jambe : Ces fractures sont caractérisées par une
comminution détruisant tout un segment cylindrique du
fut diaphysaire sur une hauteur plus ou moins grande
(19].
Deux types de fractures comminutives s'opposent tant sur leur
aspect anatomique que sur leur possibilité thérapeutique :
? Par torsion : résulte d'un
traumatisme indirect, le contact entre les fragments est très large et
souvent ceux-ci ont gardé pratiquement leur vascularisatin d'origine
musculo-périostée.
? Par flexion : résulte d'un
traumatisme direct souvent beaucoup plus grave. Dans la plupart des cas, il
existe un trait fondamental associé à une comminution
intéressant tout le segment.
3.4. CLINIQUE
Le diagnostic est le plus souvent évident devant un
blessé qui se plaint de douleur, d'impotence fonctionnelle et une
brèche de revêtement cutanéo-musculaire plus ou moins large
d'un segment jambier (17,20].
3.4.1. INTERROGATOIRE : précise
:
· L' heure du traumatisme ;
· Le mécanisme et son importance ;
· Les sièges des douleurs car une autre douleur
oriente vers d'autres lésions associées ;
· Les antécédents du blessé.
9
3.4.2. INSPECTION
Elle est essentielle car elle permet non seulement
d'évaluer l'état musculo-cutané, mais aussi elle permet de
mettre en évidence le siège de la fracture et le
déplacement : une attitude fréquente est la rotation externe
associée à un raccourcissement du membre.
Selon les cas, nous pouvons avoir :
· une angulation en varus dont le segment inférieur
est en dedans ;
· une angulation en varus dont le segment inférieur
est en dehors ;
· le flexum ;
· le recurvatum.

Figure 1 : Les déplacements élémentaires
d'une fracture des os de la jambe [21].
A. Déplacement transversal ou « en baïonnette
»
B. Déplacement angulaire ou « angulation »
C. Chevauchement
D. Déplacement - rotation ou « décalage
»
3.4.3. PALPATION Il faut rechercher
:
· Les pouls périphériques : pédieux et
tibial postérieur ;
· Le déficit sensitif et/ou moteur en aval.
3.5. EVALUATION
Pour évaluer une fracture ouverte, on dispose de
plusieurs classifications dont celle de CAUCHOIX et DUPARC
[20,21,]. , GUSTILO-ANDERSON
[20,21,22].et celle de l'AO (American
Orthopedist) [21,22] sont les plus
utilisées.
? Classification de l'AO
On distingue les fractures simples, les fractures à coin
et les fractures complexes:
1. Fracture simple (type A) : terme
employé pour caractériser une solution de continuité
unilinéaire circonférentielle de la diaphyse. Une fracture simple
est spiroïde, oblique ou transversale.
2. Fracture à coin (type B) :
terme employé pour caractériser une fracture à un ou
plusieurs fragments intermédiaires où, après
réduction, il existe un secteur de contact direct entre les fragments
principaux proximal et distal ; le coin de torsion ou de flexion peut
être intact ou fragmenté.
10
3. Fracture complexe (type C): terme
employé pour caractériser une fracture à un ou plusieurs
fragments intermédiaires où, après réduction, il
n'existe aucun secteur de contact direct entre les fragments principaux
proximal et distal ; une fracture complexe est spiroïde, segmentaire (=
bifocale/étagée) ou irrégulière.
Les sous-groupes 1, 2 ou 3 dépendent du mécanisme
[21,22].
? Classification de CAUCHOIX et DUPARC Elle est
fondée sur l'importance de l'ouverture cutanée.
Type 1 : il s'agit d'une lésion osseuse
associée à une ouverture punctiforme ou d'une plaie peu
étendue, sans décollement ni contusion dont la suture se fait
sans tension.
Type 2 : il s'agit d'une lésion osseuse
associée à une lésion cutanée qui présente
un risque élevé de nécrose secondaire après la
suture. Cette nécrose peut être due à :
? La suture sous tension d' une plaie
? Des plaies associées à des décollements
? Des plaies délimitant des lambeaux de vitalité
incertaine.
Type 3 : il s'agit d'une perte de substance
cutanée non suturable en regard ou à proximité du foyer de
fracture.
NB : Cette classification a le mérite
d'être simple mais n'a pas de
signification évolutive, et surtout ne tient pas compte
des lésions de l'os et des parties molles autres que cutanée.
[20,21,]
Cependant, MECHELANY, au cours de la guerre du
LIBAN décrit un type IV et un type V pour les lésions
d'écrasement liées à des plaies par projectiles de guerre
[21,22].
Type 4 : destruction cutanée ne
dépassant pas au niveau du foyer la moitié de la
circonférence du membre.
Type 5 : destruction cutanée
excédant la moitié de la circonférence du membre.
? Classification de GUSTILO et ANDERSON
Type 1 : ouverture cutanée
inférieure à 1 cm. généralement l'ouverture se fait
de dedans en dehors . Il existe une petite lésion des parties molles. La
fracture est souvent simple, transversale ou oblique, courte avec petite
comminution.
Type 2 : ouverture supérieure à
1 cm sans délabrement important ni de perte de substance cutanée
. Il existe une légère comminution et une contamination
modérée.
Type 3 : délabrement
cutanéo-musculaire, lésion vasculo-nerveux avec contamination
majeure. L' ouverture se fait de dehors en dedans.
On a trois sous-types :
Elles sont exceptionnelles et touchent principalement le nerf
sciatique poplité externe. Il faut y penser de principe devant une
luxation péronéo-tibiale supérieure
(16,17].
11
A. La couverture du foyer de fracture des parties molles est
convenable malgré la dilacération extensive. Il existe une
comminution importante de la fracture sans tenir compte de la plaie.
B. La fracture ouverte est associée à une
lésion extensive ou à une perte de substance des parties molles
avec striping (écorchure) du périoste et exposition de l'os avec
contamination massive et une comminution très importante due au
traumatisme à haute énergie. Après parage, l'os reste
exposé et il est nécessaire de recourir à un lambeau de
voisinage ou à un lambeau libre pour le recouvrir.
C. La fracture ouverte est associée à une
lésion artérielle qui nécessite une réparation mise
à part le degré important des dégâts des parties
molles.
Cette classification est plus complète et plus
complèxe (20,21,22].
3.6. LES ATTEINTES VASCULO-NERVEUSES 3.6.1. LESIONS
VASCULAIRES
Les fractures des os de la jambe restent les plus grandes
pourvoyeuses de lésions vasculaires. Celles-ci surviennent
généralement sur les fractures ouvertes (bifocale, comminutive,
fracture avec troisième fragment). Il s'agit néanmoins d' une
complication rare touchant moins de 2% des traumatismes du membre
inférieur (19].
La constatation d'un syndrome ischémique aigu ou
subaigu avec simple diminution du pouls exige un bilan angiographique en
urgence, au-delà de 6 heures d'ischémie le pronostic du membre
inférieur est gravement compromis. Une série de face sur
clichés grand format type artériophlébographie
s'avère généralement suffisante pour préciser le
siège de la lésion (fémorale superficielle,
poplitée, tibiale antérieure, tronc tibio-péronier,
tibiale postérieure, péronière ou interosseuse). Des
images que l'on est amené à décrire (arrêt brutal ou
progressif , pseudo anévrisme, extravasation de produit de contraste,
etc.) sont le reflet de lésion pénétrante par une esquille
osseuse, ou de confusion par traumatisme contondant.
Le spasme artériel doit être
interprété avec prudence . A distance du foyer de fracture, il
reflète le plus souvent une compression par oedème ou
hématome intramusculaire.
En regard du foyer de fracture, il peut être synonyme de
lésion endartérielle et nécessiter une réparation
chirurgicale. Les constatations per opératoires nous apprennent que ces
lésions sont en fait largement plus étendues que ne le laisse
prévoir le bilan angiographique et s'accompagnent volontiers d'une
thrombose antérograde (16,19].
3.6.2. LESIONS NERVEUSES
12
3.7. LES EXAMENS COMPLEMENTAIRES 3.7.1. RADIOGRAPHIE
STANDARD
En raison de l' impotence du blessé et du
caractère souvent hyperalgique de ces fractures, le bilan radiologique
sera réalisé sur une table d'os munie d'un Potter et
équipée d' une suspension plafonnière
(20J.
3.7.2. AUTRES EXAMENS
? Le scanner ;
? L' imagerie par résonnance magnétique
(IRM) ;
? La biologie : prélèvement de pus
et antibiogramme : Staphylococcus aureus est la bactérie la plus
retrouvée (20J.
3.8. TRAITEMENT
C' est une urgence chirurgicale, la vie du sujet est
menacée par les hémorragies d' abord et ensuite le processus
infectieux dans la plaie (23J.
La conduite à tenir passe par la prévention
antitétanique, le parage chirurgical soigneux, la couverture et l'
immobilisation par le plâtre en attendant la guérison de la plaie
ou par l' usage du fixateur externe dans certains cas
(24J.La stratégie thérapeutique aura
donc comme but :
· Lutter contre l'infection ;
· Amener la consolidation osseuse ; et
· Assurer la couverture cutanée. 3.8.1.
LE PARAGE CHIRURICAL
· L' intervention s'effectue sous anésthésie
générale ou loco-régionale ;
· faire une toilette à grande eau savonneuse de la
plaie et les pourtours ;
· badigeonner à l'iode ou d' autres antiseptiques
;
· Isoler le champ opératoire avec du linge
stérile ;
· Commencer par exciser tous les tissus
dévitalisés car ils favorisent la reproduction microbienne.
En ce qui concerne le traitment des os , on ne retire que les
esquilles libres non liées au périoste et les portions
souillées.
Les fragments de taille moyenne et de grands fragments sont
traités aux antiseptiques et antibiotiques disponibles car l'ablation de
ces fragments peut entraîner une perte de substance avec raccourcissement
et pseudarthrose (25J.
13
3.8.2. COUVERTURE CUTANEE
Est un temps essentiel dans la prise en charge d'une fracture
ouverte. Peut se faire de plusieurs manières:
· suture primaire sans tension;
· cicatrisation dirigée;
· greffes cutanées : - d'emblée: homogreffe-
lambeau.
- secondaires.
Les indications dépendent de l'état cutané,
du degré de souillure et de l'expérience du chirurgien
(25J.
3.8.3. L' IMMOBILISATION
Après le parage on fait une traction
trans-calcanéenne, sous contrôle radiographique par
l'amplificateur de brillance puis on immobilise soit par :
? un plâtre cruro-pédieux fenestré en regard
de la plaie ;
? une attelle postérieure et/ou une attelle
antérieure ;
? une attelle en un pont ;
? Le fixateur externe : est essentiellement utilisé
pour les lésions de type 3 de CAUCHOIX et DUPARC et pour les
lésions très souillées.
Il permet une bonne immobilisation et à distance du
foyer de fracture, mais son usage sera de très courte durée
à cause du rique de surinfection (24J.
3.8.4. L' AMPUTATION EN URGENCE
L' indication d' une amputation en urgence se pose
évidemment dans le stade III C de GUSTILO. Dans certains cas, le but de
traitement qui est le sauvetage du membre n' apparaît ni raisonnable, ni
réaliste et l' amputation ne doit alors pas être
considérée comme un échec thérapeutique ; elle
devient meme parfois le procédé électif qui donne les
meilleurs resultats fonctionnels.
Les indications absolues représentées par les
fractures entraînant une ischémie par lésion
artérielle associée à une rupture complète du nerf
tibial postérieur ou à des lésions majeures
d'écrasmement datant de plus de 6 heures.
Les indications relatives naissent de l' association de l'
ischémie et de plusieurs facteurs comme l'existence d' autres
lésions majeures (polytraumatisme, lésions sévères
du pied homolatéral) et des difficultés prévisibles de
couverture et de reconstruction osseuse. L'âge, la profession, les
habitudes de vie sont également des critères à prendre en
considération.
NB : La surveillance clinique et radiologique sera rigoureuse
afin de détecter un déplacement secondaire et le syndrôme
des loges et une éventuelle suppuration
(3,25J.
14
3.9. COMPLICATIONS
3.9.1. COMPLICATIONS GENERALES Il peut
s' agir d' un(e) :
· Etat de choc ;
· Embolie pulmonaire ;
· Thrombophlébite ;
· Sépticémie
(26].
3.9.2. COMPLICATIONS LOCALES
Il peut s' agir de :
· Retard de consolation ;
· Infection des parties molles ;
· Pseudarthrose ;
· Cal vicieux ;
· Ostéite ;
· Gangrène (26,27].
15
CHAPITRE II : MATERIEL ET METHODES II.1.
MATERIEL
II.1.1. Cadre d' étude
Notre étude a été réalisée
dans le service de chirurgie de l' hôpital provincial du Nord-Kivu. Nous
avons choisi ce cadre compte tenu de son accessibilité ; cet
hôpital se trouve dans la zone de santé de Goma, sur la route
Goma-Sake, au quartier Les Volcans, dans la commune de Goma, province du
Nord-Kivu, à l' Est de la RDC.
Cet hôpital est constitué des services suivants
:
? chirurgie
? gynéco obstétrique
? pédiatrie
? médecine interne
Outre ces services, le service d'imagerie, le service
d'ophtalmologie, le service de
stomatologie, le service de dermatologie, le service de
Kinésithérapie, la buanderie,
le service de maintenance ainsi que les services
administratifs.
L'hôpital fonctionne sous la direction du Médecin
Directeur, qui travaille en équipe avec le Médecin Directeur
Adjoint, le Médecin chef de staff, un Administrateur Gestionnaire
chargé de finance, un administrateur Gestionnaire chargé du
personnel, un administrateur chargé du patrimoine, le
Directeur de Nursing et un Secrétaire.
Sa capacité d'accueil est de 235 lits répartis
dans ses différents services de la manière suivante :
· chirurgie : 34 lits
· médecine interne et isolement : 64 lits
· gynéco maternité : 44 lits
· clinique A : 16 lits
· clinique B : 20 lits
· pédiatrie : 57 lits, 13 berceaux et 8
couveuses.
Le service de chirurgie comprend :
Un bloc opératoire : complexe à
plusieurs salles dont 2 salles d'opérations complètes, 2
vestiaires, une salle de stérilisation, un bureau, une salle de
réveil (non utilisée), et des dépôts. Il est
doté de plusieurs matériels tels que des concentrateurs
d'oxygène, l'évier chirurgical, les armoires, des lampes
scialytiques, des tables d'opération, un moniteur, un aspirateur, des
tabourets, un brancard, des tables de MAYO, etc.
16
Salles communes d'hospitalisation :
- Une pour les hommes
- Une autre pour les femmes
- Une salle semi-privée appelée «
Réanimation »
Pour ceux-là qui le désirent, des chambres
privées aux pavillons cliniques
Certains malades sont admis aux USI (Unités des
Soins Intensifs) et en salle
de réveil selon les exigences de leur état de
santé.
Ce service est dirigé par un chef de service et un
adjoint, sous la supervision d'un
doyen du domaine (Patriarche), tous 3 médecins.
Le service de chirurgie de l'HPNK a une capacité d'accueil
de 34 lits.
II.1.2. Population d'étude
Notre population d' étude a porté sur 630
traumatisés ayant consulté et pris en charge dans le service de
chirurgie à l' hôpital provincial du Nord-Kivu de la
période allant du 1er janvier au 31 décembre 2015, soit une
année.
II.1.3. L' échantillonnage
Notre étude a porté sur 55 patients admis,
suivis et traités dans le service de chirurgie à l' hôpital
provincial du Nord-Kivu pour fractures ouvertes des os de la jambe.
II.1.4. Critères de
séléction
? Critères d' inclusion
Le groupe d' étude était composé de
patients victimes d' un traumatisme ayant entrainé une fracture ouverte
du tibia et du péroné d'une ou des deux jambes, qui ont
consulté dans un délai inférieur à deux mois
après le traumatisme, qui ont été admis et suivis dans le
service de chirurgie de l' hôpital provincial du Nord-Kivu sans
distinction d' âge ni de sexe.
? Critères de non inclusion
Ont été exclus de notre étude :
-Les patients n' ayant pas fait l' objet d' un suivi
régulier ;
-Les anciennes fractures ouvertes des os de la jambe,
c.à.d ayant consulté deux mois
après traumatisme;
-Les patients ayant refusé les soins hospitaliers au
profit d'un traitement traditionnel
ou non suivis à l' hôpital provincial du Nord-Kivu
;
-Les patients dont le dossier est incomplet ou perdu ;
-Tout patient ne faisant pas parti de la période
prévue par l'étude.
17
II.2. METHODE ET TECHNIQUES
II.2.1. Type et durée d'
étude
Il s' agit d' une étude rétrospective allant du
1er janvier au 31 décembre 2015. Cette étude a
duré une année et a porté sur 55 patients admis pour une
prise en charge des fractures ouvertes des deux os de la jambe à l'
hôpital provincial du Nord-Kivu.
II.2.2. Techniques de récolte des
données
La collecte des données a été faite à
l' aide d' un questionnaire rempli par
l'examinateur.
Nous nous sommes donc servis des supports suivants :
-Dossiers des patients au service de statistique et archivage
;
-Registre des consultations externes du service de chirurgie ;
-Registre du bloc opératoire ;
-Fiche d'enquète individuelle présentée en
annexe.
II.2.3. Les variables d' étude
Pour notre étude, les variables ci-après d'
étude ont été retenues : la fréquence, l'
âge, le sexe, la provenance, la profession, le mécanisme de
survenue, les circonstances étiologiques, le délai entre la
survenue du traumatisme et la consultation à l'hopital, les
lésions asociées, la classification de GUSTILO-ANDERSON, le
siège de la fracture, le caractère du trait de fracture, le
coté atteint, le type de traitement,le type d'immobilisation, la
prévention anti-tétanique, le type de traitement médical,
la durée d'hospitalisation, l' évolution avec ou sans
complication et le type de complication.
II.2.4. Techniques d'analyse des resultats
Les données ainsi recueillies et
présentées sous forme des tableaux et des graphiques ont
été saisies dans les programmes Word et Excel, et
analysées sur le logiciel EPI-INFO version 2008 ; mais aussi l'analyse
statistique par le calcul de pourcentage.
??
% = ??
|
x 100 avec n = effectifs
N = Nombre total de l'échantillon
|
18
CHAPITRE III : RESULTATS
Ce chapitre traite des résultats obtenus au cours de
notre étude sur les fractures ouvertes des os de la jambe à
l'hôpital provincial du Nord Kivu qui ont eu lieu durant la
période allant du 1er Janvier au 31 Décembre 2015,
portant sur 55 cas de fractures ouvertes de deux os de la jambe.
III.1. CARACTERISTIQUES SOCIO-DEMOGRAPHIQUES
1. LA FREQUENCE
Au cours de la période allant du 1er janvier au 31
décembre 2015, il a été enregistré 630 cas de
traumatisme dans le service de chirurgie, et dont 72 cas de fractures ouvertes
des deux os de la jambe qui constitue une proportion de 11.4%.
Parmi les 72 cas, il y a eu 8 fiches perdues et 9 fiches mal
complétées. Ainsi, nous avons retenus 55 cas qui nous ont permis
de réaliser notre étude.
Tableau I. Répartition des patients selon la
fréquence
TRAUMATISMES
|
EFFECTIF
|
POURCENTAGE
(%)
|
Traumatisme cranio-encéphalique
|
174
|
27.6
|
Traumatisme cranio-facio-encéphalique
|
120
|
19
|
Traumatisme de l'épaule
|
40
|
6.3
|
Traumatisme thoracique
|
26
|
4.1
|
Fracture de l'humérus
|
2
|
0.3
|
Fracture de deux os de l'avant-bras
|
31
|
4.9
|
Traumatisme ouvert de l'abdomen
|
15
|
2.4
|
Traumatisme de la hanche (du bassin)
|
12
|
1.9
|
Fracture du fémur
|
10
|
1.6
|
Traumatisme du genou
|
18
|
2.9
|
Fracture fermée des os de la jambe
|
38
|
6
|
Fracture ouverte des os de la jambe
|
72
|
11.4
|
Traumatisme du coup de pied
|
30
|
4.8
|
Les plaies hémorragiques
|
42
|
6.7
|
TOTAL
|
630
|
100
|
Il ressort de ce tableau que la fréquence des cas de
fractures ouvertes des os de la jambe est de 11.4% avec 72 cas sur les 630 et
dont les traumatismes cranio-encéphalique et
cranio-facio-encéphalique sont les plus fréquents avec
respectivement 174 cas, soit 27.6% et 120 cas, soit 19%.

40,00%
60,00%
50,00%
30,00%
20,00%
10,00%
0,00%
7,30%
0 - 20 ans 21 - 40 ans 41 - 60 ans >60 ans
50,90%
29,10%
12,70%
Graphique 2. Répartition des patients selon la
tranche d'âge
19
2. LE SEXE
A l'aide de ce graphique, nous vous montrerons entre le sexe
féminin et le sexe masculin, quel genre prédomine parmi les 55
cas de fractures de deux os de la jambe, les différentes causes de cette
prédominance suivie d'une comparaison.

69.1%
Masculin Féminin
SEXE
30.9%
Graphique 1. Répartition des patients selon le
sexe.
De ce graphique, il ressort que les individus de sexe
masculin étaient les plus atteints par les fractures ouvertes des os de
la jambe dans notre milieu d'étude avec 38 cas sur les 55, soit 69.1%
contre 17 cas ; soit 30.9% pour les individus de sexe féminin ; soit un
sexe ratio de 2.2 en faveur du sexe masculin.
3. LA TRANCHE D'AGE
A l'aide de ce graphique, la variable âge nous permettra
de savoir quelle est la tranche d'âge la plus touchée par les
fractures ouvertes de deux os de la jambe.
20
Il ressort de ce graphique que la tranche d'âge de 21
à 40 ans est beaucoup plus atteinte que d'autres avec 28 cas, soit
50.9%.
4. LA PROVENANCE
Dans ce tableau, nous vous montrerons dans quel quartier de la
ville de Goma sont provenus la plupart de nos patients victimes de fractures
ouvertes de deux os de la jambe et ceux provenant en dehors de la ville, et
pourquoi ces chiffres élevés par rapport aux autres quartiers.
Tableau II. Répartition des patients selon la
provenance
QUARTIERS EFFECTIF POURCENTAGE
|
|
(%)
|
Birere
|
10
|
18.2
|
Mabanga
|
8
|
14.5
|
Katindo
|
16
|
29.1
|
Ndosho
|
1
|
1.8
|
Katoyi
|
2
|
3.6
|
Office 1 & 2
|
4
|
7.3
|
Mugunga
|
0
|
0
|
Virunga
|
3
|
5.5
|
Kyeshero
|
2
|
3.6
|
Majengo
|
2
|
3.6
|
Hors-Ville
|
7
|
12.7
|
TOTAL
|
55
|
100
|
Il ressort de ce tableau que les patients habitant dans la
ville de Goma ont été les plus représentés à
87.3% des cas contre 12.7% des cas provenant en dehors de la ville. Et la
majorité de nos patients proviennent du quartier Katindo avec 16 cas,
soit 29.1% des cas.
5. LA PROFESSION
Dans le graphique ci-dessous, nous vous montrerons les classes
professionnelles prédominantes dans la survenue des fractures au cours
de notre étude.
21

40
35
30
25
20
15
10
5
0
16.4%
Etudiants/Elèves Conducteurs Commerçants
Fonctionnaires
Ouvriers Militaires Sans profession
36.4%
9.1%
21.8%
7.3%
1.8%
7.3%
Graphique 4. Répartition des patients selon le
mécanisme de survenue
Graphique 3. Répartition des patients selon la
profession
Il ressort de ce présent graphique que les conducteurs
des véhicules sont les plus touchés par les fractures ouvertes de
deux os de la jambe avec 20 cas sur les 55, soit 36.4% des cas, suivi des
fonctionnaires avec 12 cas, soit 21.8% et des Etudiants/Elèves avec 9
cas, soit 16.4% des cas. Les militaires ont occupé seulement 1.8% avec 1
seul cas en raison de la présence de leur hôpital (Hôpital
Régional Militaire) dans le quartier se trouvant en diagonal de notre
lieu de recherche.
III.2. CLINIQUE
6. LE MECANISME DE SURVENUE DE LA FRACTURE
Mécanisme
70
60
50
40
30
20
10
0

65.5%
34.5%
Direct Indirect
Direct Indirect
Dans le graphique ci-dessous, nous vous montrerons le
mécanisme par lequel ces fractures sont survenues. Il peut être
soit direct, soit indirect selon que l'agent traumatisant vient frapper l'os ou
une contrainte mécanique imposé à l'os, déterminant
sa rupture à distance du point d'application de la force.
22
Ce graphique nous amène à dire que les traumatismes
par choc direct ont dominé avec 36 cas, soit 65.5% des cas contre 19
cas, soit 34.5% des cas pour les traumatismes indirects.
7. LES CIRCONSTANCES D'APPARITION
(ETIOLOGIES)
Dans ce tableau, nous vous montrerons parmi les
différentes causes de ces fractures, quelle est la cause la plus
fréquente, puis une illustration comparative d'un autre auteur vous sera
également relevée.
Tableau III. Répartition des patients selon
l'étiologie
CAUSES
|
EFFECTIF
|
POURCENTAGE
(%)
|
Accident de Trafic Routier (ATR)
|
44
|
80
|
Accident du Travail (AT)
|
2
|
3.6
|
Arme à feu
|
4
|
7.3
|
Coups et Blessures Volontaires (CBV)
|
3
|
5.5
|
Accident de Sport (AS)
|
2
|
3.6
|
TOTAL
|
55
|
100
|
Il ressort de ce tableau que les accidents de trafic routier
représentent la cause la plus fréquente des fractures ouvertes
des os de la jambe avec 44 cas sur les 55 enregistrés, soit 80% des cas
; puis viennent en seconde position les fractures causées par l'arme
à feu avec un nombre minime soit 4 cas faisant ainsi 7.3% des cas.
8. LE DELAI ENTRE LA SURVENUE DU TRAUMATISME ET LA
CONSULTATION
Dans ce tableau, nous vous montrerons le temps qui s'est
écoulé entre la survenue du traumatisme ayant entrainé la
fracture et la consultation à l'hôpital.
Tableau IV. Répartition des patients selon le
délai du traumatisme et la consultation
DELAI EFFECTIF POURCENTAGE
(%)
0 - 24 heures 52 94.5
25 - 48 heures 2 3.6
49 - 72 heures 1 1.8
TOTAL 55 100
Il ressort de ce tableau que 52 patients sur les 55, soit
94.5% des cas ont consulté l'hôpital provincial du nord Kivu dans
les premières 24 heures de la survenue du traumatisme ayant
entrainé la fracture ouverte des deux os de la jambe.
23
9. LES LESIONS ASSOCIEES
A l'aide du graphique ci-dessous, nous vous montrerons que
les cas de fracture ouvertes de deux os de la jambe ont été
accompagnés ou non d'autres lésions, leur rapport à ces
résultats ainsi qu'une comparaison avec d'autres auteurs.

40
36.4%
35
30
25
20
15
10
5
0
9.1%
5.5%
20%
12.7%
16.4%
Aucune Traumatisme
cranien
Aucune
Traumatisme cranien
Traumatisme du membre suupérieur Traumatisme du pied
Traumatisme du membre suupérieur
Traumatisme du pied
Traumatisme de la cuisse
Traumatisme thoracique
Graphique 5. Répartition des patients selon
les lésions
De ce graphique, il ressort que 20 cas sur les 55, soit 36.4%
n'ont enregistré aucune lésion associée à la
fracture. Par contre, 11 cas de traumatisme crânien, soit 20% des cas
sont associées à la fracture.
10. LE SIEGE DU TRAIT DE FRACTURE
Dans ce tableau, nous allons illustrer les différents
sièges des fractures ouvertes des os de la jambe et cela est utile pour
leur meilleure prise en charge.
Tableau V. Répartition des patients selon le
siège du trait de fracture
SIEGE DU TRAI T DE FRACTURE
|
|
TIBIA
|
PERONÉ
|
EFFECTI
F
|
POURCENTA GE
|
EFFECTI
F
|
POURCENTA GE
|
1/3 Inférieur
|
6
|
10.9
|
8
|
14.5
|
1/3 moyen
|
37
|
67.3
|
34
|
61.8
|
1/3 Supérieur
|
12
|
21.8
|
13
|
23.6
|
TOTAL
|
55
|
100
|
55
|
100
|
De ce tableau, il ressort que le 1/3 moyen de deux os de la
jambe est le siège le plus fréquent dans ces fractures
représenté par 37 cas sur les 55, soit 67.3% des cas pour le
tibia et 34 cas, soit 61.8% des cas pour le péroné.
Il ressort de ce tableau que le type 2 de la classification de
GUSTILO-ANDERSON a prédominé avec 30 cas, soit 54.5%.
24
11. LE TYPE DU TRAIT DE FRACTURE
Le caractère du trait de fracture joue un rôle
capital dans la guérison rapide des fractures ouvertes selon que le
trait est unique (simple) ou complexe (comminutif).

Communitif
45.5%
Trait de fracture
Simple
54.5%
Simple Communitif
Graphique 6. Répartition des patients selon le
caractère du trait de fracture.
Il ressort de ce tableau que les fractures à trait
simple prédominent sur celles à trait comminutif avec 30 cas sur
les 55, soit 54.5% contre 25 cas sur les 55, soit 45.5% des cas.
12. LA CLASSIFICATION DE GUSTILO-ANDERSON
Différentes classifications ont permis d'évaluer
le degré d'ouverture cutanée en cas de fractures ouvertes et dans
notre étude, nous nous sommes plus intéressés à
celle de GUSTILO-ANDERSON qui a été la plus utilisé dans
le service de chirurgie de l'HPNK.
Tableau VI. Répartition des patients selon la
classification de GUSTILO-ANDERSON
TYPES EFFECTIF POURCENTAGE
(%)
1 12 21.8
2 30 54.5
3a 6 10.9
3b 4 7.3
3c 3 5.5
TOTAL 55 100

60,00%
50,00%
40,00%
30,00%
20,00%
10,00%
0,00%
Orthopédique Chirurgical Orthopédique et
Chirurgical
Orthopédique
23,60%
Traitement
Chirurgical
18,20%
Orthopédique et Chirurgical
58,20%
Graphique 8. Répartition des patients selon le
type de traitement.
25
13. LE COTE ATTEINT PAR LA FRACTURE
A l'aide du graphique ci-dessous, nous vous montrerons entre
la jambe gauche et la jambe droite, quel était le côté le
plus touché par ces fractures chez nos patients.

34.5%
0%
Coté atteint
65.5%
Jambe gauche Jambe droite Les 2 jambes
Graphique 7. Répartition des patients selon le
côté atteint.
Il ressort de ce tableau que la jambe gauche est beaucoup
plus touchée que la jambe droite, avec respectivement 36 cas, soit 65.5%
et 19 cas, soit 34.5%.
III.3. TRAITEMENT
14. LE TYPE DE TRAITEMENT
Dans la prise en charge des fractures, le traitement peut
être orthopédique ou chirurgical, soit les deux à la fois.
Ainsi dans ce tableau, nous vous montrerons lequel de ces traitements
était le plus utilisé chez nos patients à l'hôpital
provincial du Nord Kivu.
26
Il ressort de ce graphique que le traitement
orthopédique combiné au traitement chirurgical a dominé
avec 32 cas sur les 55, soit 58.2% des cas contre 13 cas, soit 23.6% des cas
pour le traitement orthopédique seul et 10 cas, soit 18.2% des cas pour
le traitement chirurgical seul.
15. LE TYPE D'IMMOBILISATION
Dans le graphique ci-dessous, nous vous présenterons la
technique ou le matériel qui a été utilisé pour
l'immobilisation de la jambe fracturée avant la contention
définitive par la pose d'un plâtre qui est donc
systématique après cicatrisation des plaies.

40,00%
80,00%
70,00%
60,00%
50,00%
30,00%
20,00%
10,00%
0,00%
%
Fixateur externe
72,40%
72,40%
Type d'immobilisation
Goutière platrée
8,40%
8,40%
Attèle platrée postérieure
19,20%
19,20%
Graphique 9. Répartition selon le type
d'immobilisation.
Du graphique ci-dessus, Il ressort que, pour immobiliser la
fracture, la plupart de nos patients ont bénéficié d'un
fixateur externe à 72.4% et cela en attendant la pose
systématique d'un plâtre cruropédieux après
cicatrisation des plaies.
16. LA PREVENTION ANTITETANIQUE
Le SAT et le VAT sont très importants dans la
prévention contre le tétanos surtout que la plupart de nos
patients n'avaient pas reçu ces molécules lors de la campagne de
vaccination contre le tétanos.
Il ressort de notre étude que tous les patients qui
ont été admis à l'hôpital provincial du Nord Kivu
pour fractures ouvertes de deux os de la jambe durant notre période
d'étude, ont systématiquement reçu le vaccin
antitétanique ainsi que le sérum antitétanique, soit tous
les 55 patients, ce qui représente 100% des cas.
17. LE TYPE DE TRAITEMENT MEDICAL
Pour le traitement médical, nous avons constaté
que tous nos patients avec fractures ouvertes de deux os de la jambe
enregistrés à l'hôpital provincial du Nord Kivu au cours de
notre étude, ont bénéficié systématiquement
d'un traitement fait des antibiotiques, des analgésiques et des
anti-inflammatoires.
27
III.4. EVOLUTION
18. LA DUREE D'HOSPITALISATION
Le séjour à l'hôpital a été
illustré en termes de jours pour nous permettre de savoir
l'évolution de ces fractures dans leur prise en charge.
Tableau VII. Répartition des patients selon
la durée d'hospitalisation
NOMBRE DE JOURS EFFECTIF POURCENTAGE
(%)
0 - 30 jours 46 83.6
31 - 60 jours 6 10.9
> 60 jours 3 5.5
TOTAL 55 100
De ce tableau, il ressort que 46 patients sur les 55, soit 83.6%
des cas ont séjourné à l'hôpital pendant en moyenne
30 jours.
19. L'EVOLUTION AVEC OU SANS COMPLICATIONS
Cette variable nous permettra de connaitre à l'aide de ce
tableau, comment ont évolué les patients traités pour
fractures ouvertes des os de la jambe à l'hôpital provincial du
Nord Kivu.

Graphique 10. Répartition des patients selon
l'évolution avec ou sans complications.
Il ressort de ce tableau que l'évolution de ces patients
a été plus favorable avec 85.5% des cas contre 14.5% des cas qui
se sont compliqués dans leur évolution.
20. LE TYPE DES COMPLICATIONS
Sans considérer les cas qui ont évolué
favorablement, ce tableau nous permettra de connaitre, parmi les complications
pouvant survenir au cours de l'évolution d'une fracture ouverte des os
de la jambe, celle qui a été la plus fréquente dans notre
étude.
Tableau VIII. Répartition des patients selon
le type des complications
28
TYPES DE COMPLICATION EFFECTTIF POURCENTAGE
(%)
Sans complication 47 85.5
Infection des parties molles 4 7.3
Cal vicieux 1 1.8
Retard de consolidation 2 3.6
Pseudarthrose 1 1.8
TOTAL 55 100
Il ressort de ce tableau que les patients qui n'ont pas
développé de complications ont occupé la majorité
des cas avec 47 cas sur les 55, soit 85.5% des cas contre seulement 8 cas, soit
14.5% des cas qui se sont compliqués ; et pour ceux-ci, ce sont les
infections des parties molles qui sont les plus représentées avec
4 cas sur les 55, soit 7.3% des cas.
29
CHAPITRE IV : DISCUSSION DES RESULTATS
1. Fréquence
Au cours de notre étude, les résultats ont
montré que la fréquence globale des fractures ouvertes des deux
os de la jambe durant la période allant du 1er Janvier au 31
Décembre 2015, soit une année, est de 11.4% des cas par rapport
à tous les autres 630 cas des traumatismes enregistrés.
Cette fréquence est proche de celle trouvée par
MOYIKOU A. et Coll. (28J dans son étude
menée en 2013 à Brazzaville en République du Congo
à propos de 150 cas des fractures ouvertes du membre inférieur,
qui a obtenu 10% des cas de fractures des os de la jambe et celle
trouvée par RUBENGA A. (9J qui a obtenu 9.61%
des cas, dans son étude menée à Bukavu sur un
échantillon de 64 cas des traumatismes à l'hôpital
général de Bukavu en RDC en 2011.
Ceci s'expliquerait par la multiplicité des
véhicules, des taxi-motos dans les centres villes, mais également
l'imprudence et la non connaissance du code de la route et par les conducteurs
et par les piétons.
2. Le Sexe
Par rapport au sexe, il a été constaté
dans notre étude que les hommes sont les plus atteints avec un taux de
69.1% contre 30.9% pour les femmes, soit un sexe ratio de 2.24.
Cette prédominance masculine serait due à la
nature des activités quotidiennes qu'exercent les hommes pour leur
survie et celle de leur famille, avec tous les risques possibles auxquels ils
sont prédisposés, comme le fait d'être exposé aux
traumatismes. Par ailleurs, ce sont les hommes qui pratiquent plus du sport que
les femmes ; en plus, ce sont les hommes qui s'engagent les plus dans la
carrière militaire vue la persistance des conflits dans la
région, le recrutement forcé des jeunes garçons, ces
derniers étant exposés à des fractures des os de la jambe
dues aux blessures par balles par exemple. Ceci a été
affirmé par le rapport du groupe d'experts de l'ONU
présenté par HEGE S et Coll., publié en 2012
(5J.
Nos résultats sont inférieurs à ceux
obtenus par RIBAULT L. et coll. (29J qui ont
trouvé 80% de prédominance masculine sur 47cas de fractures
ouvertes des os de la jambe à Dakar en 2009, justifiant cela par le fait
que ce sont plus les femmes qui assurent la subvention des besoins de la
famille.
3. L'Age
Du point de vue âge, nous avons trouvé dans notre
étude que ces fractures surviennent le plus souvent dans la tranche
d'âge comprise entre 21 et 40 ans avec 28 cas sur les 55, soit 50.9%
contre 7.3% des cas des patients d'au plus 20 ans d'âge.
Ces résultats se rapprochent de ceux de RUBENGA A
(9J et CHRISTIAN K. (30J
qui, dans leurs études, ont trouvé dans la
même tranche de 21 à 40 ans, respectivement 49.5% des cas sur un
échantillon de 64 cas à l'hôpital général de
Bukavu en RDC en 2011 et 50.6% des cas sur l'échantillon de 43 cas des
fractures ouvertes post-traumatiques de deux os de la jambe à
l'hôpital Heal Africa à Goma en RDC.
30
Ceci pourrait s'expliquer par le fait que cette période
est considérée comme la plus active de la vie de l'homme, on y
retrouve des motards, des étudiants, des élèves, etc. ;
qui se livrent à des activités diverses les exposant aux
différents risques comme à des multiples traumatismes.
4. La Provenance
Au cours de notre étude, il a été
constaté que les patients en provenance de la ville même de Goma,
ont été les plus représentés avec 87.3% des cas,
dont 29.1% des cas venus du quartier Katindo, suivis de ceux qui proviennent en
dehors de la ville avec 12.7% des cas.
Ceci s'expliquerait par le fait que l'intérieur de la
ville de Goma est beaucoup plus dominé par l'insécurité
causée par la persistance des groupes armées, comme c'est le cas
des territoires de Masisi, de Rutshuru et autres ; mais également
l'impraticabilité de certains axes routiers entrainant une limitation
dans l'acheminement des traumatisés dans la ville pour une meilleure
prise en charge, mais également le fait que l'HPNK est le seul
hôpital tertiaire dans la province pouvant accueillir tous les malades
des villes de la province.
Par contre, nos résultats sont supérieurs
à ceux de CHRISTIAN K. (30J qui, dans son
étude sur 43 cas observés à l'hôpital Heal Africa
à Goma en RDC qui a obtenu sur 89% des cas venus dans la ville
même de Goma, 15.6% des cas venus du quartier Katindo contre 28.2% pour
le quartier Mapendo et 21.6% pour le quartier Office 1 et 2 à Goma,
justifiant cela par la proximité de ces deux quartiers avec
l'hôpital.
Pour le Quartier Katindo, le taux élevé des
fractures ouvertes des deux os de la jambe trouvé au cours de notre
étude, soit 29.1% des cas s'expliquerait par l'emplacement de
l'hôpital provincial du Nord Kivu par rapport à d'autres quartiers
et compte tenu aussi de la fréquentation de beaucoup de monde sur les
tronçons longeant cet hôpital.
5. La Profession
Toutes les classes professionnelles étaient
représentées, mais nous avons remarqué que ce sont les
conducteurs des véhicules, plus particulièrement les motards (les
Taximen moto) et des chauffeurs des taxis-bus, qui étaient les plus
touchés avec 36.4% des cas, suivis des fonctionnaires avec 21.8% des cas
et des étudiants et élèves avec 16.4% des cas.
Ces résultats sont affirmés par RIBAULT L. et
coll. (29J qui a que ce sont les chauffeurs des
taxis-bus à Dakar dits « petit format » qui sont les plus
touchés par les fractures ouvertes des os de la jambe à 36%,
suivi des étudiants et élèves à 20%.
Ceci pourrait s'expliquer par le fait que la majorité
de la population est ignorante en ce qui concerne le code de la route, ce qui a
comme conséquence le nombre élevé des accidents de trafic
routier dû au non-respect du code de la route et par les conducteurs et
par les piétons ; également à l'excès de vitesse,
l'ivresse au volant par les conducteurs, etc.
31
Par ailleurs, la bonne règlementation de la circulation
routière par la police de circulation routière et le respect du
code de la route par les usagers, offrent une diminution du taux d'accidents de
trafic routier dans les pays développés, un taux inférieur
à celui trouvé par MARIE P. et coll. (6]
avec 13.8% des cas dans le rapport mondial sur la
prévention des traumatismes dus aux accidents de circulation qu'ils ont
présenté et approuvé par l'OMS à Genève en
2004.
6. Le Mécanisme
Au cours de notre étude, nous avons trouvé que
le mécanisme par choc direct était le plus en cause des fractures
ouvertes des deux os de la jambe avec 65.5% des cas contre 34.5% pour le
mécanisme indirect.
RUBENGA A. (9] dans son
étude sur les fractures ouvertes des os de la jambe à
l'hôpital provincial de Bukavu a obtenu 68.5% des cas survenus
également par un mécanisme direct, causées par les
accidents de trafic routier justifiant cela par la force du choc traumatisant
sur le membre et l'absence du tissu musculaire en regard de deux os de la
jambe.
Ce mécanisme est le plus rencontré à
cause du point d'impact dû à un accident de trafic routier par un
véhicule (une moto) qui est le plus souvent direct.
7. Les Circonstances d'apparition
(Etiologie)
MOYIKOU A. et coll. (28], RUBENGA
A. (9], ont trouvé, dans leurs études
que ce sont les accidents de la voie publique qui ont constitué la cause
la plus fréquente de ces fractures avec respectivement 84% des cas et
82% des cas.
Ceci se rapproche de notre étude au cours de laquelle
nous avons obtenu 44 cas des fractures ouvertes des de la jambe sur les 55
enregistrés, soit 80% des cas des fractures ouvertes causées par
les accidents de trafic routier.
Cela pourrait s'expliquer par la multiplicité du parc
automobile marquée par la modernisation, l'ignorance et le non-respect
du code de la route, l'imprudence et l'ivresse au volant, l'excès de
vitesse dans nos milieux.
Par contre, c ont obtenu un taux plus inférieur au
notre, soit 18.7% des cas survenus après un accident de la voie
publique. Ce qui confirme le résultat de MARIE P. et coll.
(6] qui, dans le rapport mondial sur la
prévention des traumatismes dus aux accidents de circulation qu'ils ont
présenté et approuvé par l'OMS à Genève en
2004, ont obtenu 13.8% des cas de traumatismes post accident de la voie
publique, justifiant cela par la bonne réglementation de la
sécurité routière dans les pays
développés.
8. Le Délai entre la survenue de la fracture et
la consultation
Au cours de notre étude, 94.5% de nos patients ont
consulté l'hôpital provincial du Nord Kivu dans les
premières 24 heures du traumatisme ayant entrainé la fracture
ouverte des os de la jambe.
OUSMANE M. (10] qui a
étudié sur 75 cas des fractures ouvertes des os de la jambe
à Bamako au Mali et NIMO S. (31] dans son
étude menée en 2011 à Kisangani sur la
problématique de l'utilisation des plâtres aux Cliniques
Universitaires de Kisangani en RDC à propos de 107 cas, ont
respectivement trouvé 80% et 100% des patients ayant consulté
dans les 24 heures de l'accident.
32
Ceci pourrait s'expliquer par le fait que, la plupart des
traumatismes étant causés par les accidents de trafic routier, le
malade étant dans l'émotion et ne pouvant pas
décidé de sa prise en charge immédiate et la
gravité ou la nature du traumatisme , laisse place à l'entourage
de l'acheminer le plus vite possible à l'hôpital le plus
proche.
9. Les Lésions associées
Dans notre étude, nous avons trouvé que 20 cas
sur les 55, soit 36.4% sont survenus sans aucune lésion associée
à la fracture. Cependant, 11 cas de traumatismes crâniens, soit
20% des cas ont accompagné les 55 cas des fractures ouvertes des deux os
de la jambe.
Ceci s'expliquerait par l'impact de survenue de l'accident.
Ces résultats obtenus sont bien inférieurs
à ceux de RIBAULT et coll. (29J et OUSMANE M.
(10J qui ont respectivement trouvé que 60% et
68% des cas des fractures ouvertes des deux os de la jambe étaient
survenus d'une manière isolée, c'est-à-dire sans aucune
lésion associée.
10. Le Siège du trait de fracture
Nous avons constaté au cours de notre étude que
le trait de fracture siégeant au niveau du tiers moyen des deux os de la
jambe était le plus fréquent avec respectivement 37 cas sur les
55, soit 67.3% des cas pour le tibia et 34 cas, soit 61.8% pour le
péroné.
Ces résultats concordent à ceux qu'a obtenu
ODIMBA E. (32J qui a étudié en 2007,
sur 57 cas des traumatismes du membre inférieur à Lubumbashi en
RDC, obtenant 67% pour le tibia et 61% pour le péroné le tout
avec prédominance du 1/3 inférieur.
Ce qui pourrait s'expliquer par l'absence d'une importante
masse charnue au niveau de la face antéro- interne de la jambe et la
transmission de la pression sur cette portion de l'os lors d'un choc
traumatique. « La face interne de la diaphyse tibiale est directement sous
cutanée ou superficielle » (12,13,14J.
11. Le Type du trait de fracture
Au cours de notre étude, nous avons trouvé que
les fractures à trait simple ou unique prédominaient sur celles
à trait complexe ou comminutif avec respectivement 30 cas sur les 55,
soit 54.5% pour le trait simple contre 25 cas, soit 45.5% d pour le trait
comminutif.
Ces résultats se rapportent à ceux
trouvés par CISSE A. (33J qui a
travaillé sur 65 cas des infections osseuses à pyogènes
à Bamako au Mali en 2005 en affirmant que 53.3% des fractures survenues
étaient à trait simple contre 46.7% à trait comminutif et
ces derniers cas étaient plus en cause des complications infectieuses
osseuses à pyogènes.
Ceci pourrait s'expliquer par le mécanisme du choc
traumatisant et la force d'impact sur l'os entrainant le plus souvent un trait
simple. Par contre, GRAY R. (4J, lui, dans son
étude menée à Genève en Suisse en 2005 sur les
principes de prise en charge chirurgicale des blessures de guerre à
propos de 41 cas, affirme que la plupart des fractures à trait
comminutif sont causées par l'arme à feu et a obtenu 61% des cas
des fractures ouvertes des os de la jambe à trait comminutif.
33
12. La Classification selon GUSTILO-ANDERSON
Nous avons trouvé au cours de notre étude que le
type 2 de la classification de GUSTILO-ANDERSON a prédominé avec
30 cas, soit 54.5% des cas. Cette classification est la plus utilisée
à l'hôpital provincial du Nord Kivu pour évaluer la
gravité d'une fracture ouverte.
Ce résultat est légèrement
inférieur à ceux de MOYIKOU A. et coll. (31]
qui ont obtenu 65.4% des cas des fractures ouvertes des os de la
jambe de type 2 de la classification de Gustilo-Anderson.
Ceci pourrait s'expliquer par le mécanisme et l'importance
du choc traumatique.
13. Le Côté atteint
Notre étude montre que la jambe gauche était la
plus touchée par ces fractures avec 36 cas sur les 55, soit 65.5% contre
19 cas, soit 34.5% pour la jambe droite.
Par contre, MORTIN R et HEBEL JR. (7]
ont affirmé dans leur étude menée à
Texas aux USA en 2008 sur »Epidemiology and bio-statistic of the road
trafic accident » que c'est plutôt la jambe droite qui était
la plus atteinte à 64% contre 36% pour la jambe gauche.
A ceci, nous pensons que le fait que notre pays est un pays
francophone où le côté droit de la route est celui qui est
autorisé dans la circulation routière et pour les piétons
et pour les véhicules, expliquerait la fréquence
élevée de survenue des fractures de la jambe du côté
gauche car le côté droit sera considéré comme
coté de refuge.
14. Le Type de traitement
Au cours de notre étude, nous avons trouvé que
la combinaison du traitement chirurgical et du traitement orthopédique
était le traitement le plus utilisé avec 32 cas sur les 55, soit
58.2% contre 13 cas, soit 23.6% pour le traitement orthopédique seul et
10 cas, soit 18.2% pour le traitement chirurgical seul.
Ces résultats sont contraires à ceux
trouvés par MOYIKOU A. et coll. (28] qui a
obtenu 56.6% des patients traités par le traitement orthopédique
seul. Il soutien ceci en pensant que le traitement chirurgical est souvent
à la base des complications infectieuses qui surviennent.
L'avantage du traitement orthopédique est de ne pas
ouvrir le foyer de la fracture et l'exposer ainsi à une infection
(23,24].
Cependant, il peut entrainer des séquelles comme un cal
vicieux, une arthrose, une raideur articulaire, etc. ; qui peuvent compromettre
la mécanique du membre (20].
Ceci pourrait expliquer le fait que dans certaines
écoles, on a tendance à utiliser beaucoup plus le traitement
chirurgical seul ou combiné au traitement orthopédique car cela
apporte une amélioration plus meilleure qu'un traitement
isolé.
34
15. Le Type d'immobilisation
La stabilisation osseuse a été faite en tenant
compte du siège de la fracture, du type de fracture et de l'ouverture
cutanée.
Ainsi le plâtre cruropédieux avait été
utilisé systématiquement chez tous nos patients après la
cicatrisation des plaies pour l'immobilisation définitive. Cependant,
l'immobilisation provisoire était réalisée à 72.4%
par le fixateur externe et à 19.2% par une attèle
postérieure.
Nos résultats sont superposables à ceux
trouvés par MOYIKOU A. et coll. (31J, qui ont
obtenu 70% des cas ayant bénéficié d'un fixateur externe
avant la pose d'un plâtre cruropédieux avec fenêtre en
regard de la cicatrice de la plaie.
Cette concordance pourrait s'expliquer par le plus grand
avantage qu'offre le fixateur externe dans l'immobilisation des segments sus et
sous-jacents de la fracture apportant une amélioration
considérable dans la prise en charge et l'évolution de certains
types de fractures.
16. La Prévention
antitétanique
Au cours de notre étude, tous les patients
hospitalisés dans le service de chirurgie de l'hôpital provincial
du Nord Kivu pour fractures ouvertes des os de la jambe, ont
systématiquement bénéficié d'une dose de
sérum et du vaccin antitétanique pour la prévention contre
le tétanos.
RIBAULT et coll. (29J et OUSMANE M.
(10J ont aussi affirmé cela dans leurs
résultats obtenus, soit 100% des patients ayant
bénéficié du vaccin et du sérum
antitétanique.
Ceci s'expliquerait par l'importance qu'offre cette
prévention contre la survenue éventuelle du tétanos,
surtout que le non-respect du calendrier vaccinal est plus constaté dans
nos milieux.
17. Le Type de Traitement médical
Tous les cas de fractures ouvertes des deux os de la jambe
enregistrés dans notre étude, soit 55 cas (100%), ont
bénéficié d'un traitement médical fait d'un
antibiotique à large spectre pour lutter contre un risque infectieux,
d'un analgésique pour soulager la douleur et calmer le patient, et d'un
anti-inflammatoire contre le risque d'un éventuel processus
inflammatoire.
RIBAULT et coll. (29J, OUSMANE M.
(10J et ODIMBA E. (32J ont
aussi affirmé notre hypothèse dans leurs études au cours
desquels 100% des patients ont bénéficié de
l'antibiothérapie, des antalgiques et anti-inflammatoires.
18. Durée d'Hospitalisation
Au cours de notre étude, 46 patients sur les 55, soit
83.6% des cas, ont séjourné à l'hôpital en moyenne
pendant 30 jours ; et ceci pourrait s'expliquer d'une part par l'âge du
patient qui est jeune, favorisant une consolidation rapide et d'autre part par
la sortie du patient plâtré avant la consolidation, mais aussi la
sortie sur demande des patients par manque des moyens financiers.
35
Par contre, MOYIKOU A. et coll. (31J
a obtenu 65% des patients qui ont séjourné pendant
à l'hôpital pendant plus de 30 jours ; justifiant cela par le
manque d'assez de matériel d'immobilisation, notamment le fixateur
externe de peur que les patients ne disparaissent avec dans la nature.
Plusieurs facteurs, à savoir : l'âge et le type
de fracture, influencent sur la durée d'hospitalisation du patient.
Notons que les fractures minimes à trait simple transversal ou oblique
peuvent consolider rapidement tandis que certaines fractures spiroïdes ou
compliquées des lésions vasculaires et nerveuses, peuvent
dépasser largement la période de consolidation normale ne
dépassant pas en moyenne 3 mois (19,20J.
19. L'Evolution
Sur les 55 cas de fractures ouvertes des 2 os de la jambe
enregistrés au cours de notre étude, 47 cas, soit 85.5% ont bien
évolué sans aucune complication, avec une
récupération fonctionnelle et une bonne consolidation de la
fracture ; tandis que 8 cas seulement, soit 14.5% se sont compliqués. Ce
qui concorde avec le résultat obtenu par RUBENGA A.
(9J, qui a trouvé que 83% des patients avec
fractures ouvertes des os de la jambe à l'hôpital provincial de
Bukavu, ont bien évolué sans complication.
Notons que, l'évolution d'une fracture dépend
du type de fracture, de la prise en charge et des complications qui en
surviennent (2,3J.
Nos résultats sont bien supérieurs à
ceux de HOEKMAN P. et coll. (8J qui ont
travaillés à propos de 53 cas sur les traumatismes dus aux
accidents motorisés à Niamey au Niger en 2006 et qui ont
trouvé 66.5% des cas des fractures ouvertes des deux os de la jambe qui
se sont compliquées.
Cette différence pourrait s'expliquer par
l'environnement où s'est déroulé le choc traumatique, les
conditions de transport des blessés, le délai ou le temps
écoulé entre la survenue du choc et la consultation à
l'hôpital et la performance du personnel et la qualité des soins
offerts dans la prise en charge de ces fractures.
20. Le Type des complications
Au cours de notre étude, nous avons trouvé 8 cas
sur les 55, soit 14.5% des patients qui ont développé des
complications dans leur évolution, et parmi celles-ci, ce sont les
infections des parties molles qui ont constitué la complication la plus
fréquente avec 7.3% des cas.
Ce résultat se rapporte à celui trouvé
par DIALLO N. (34J qui a mené une étude
à Dakar au Sénégal en 2011 sur le traitement chirurgical
et orthopédique des fractures ouvertes de 2 os de la jambe, à
propos de 67 cas, a obtenu 10% des cas avec complications.
Cette complication pourrait être due, d'une part,
à une prise en charge tardive des patients venant consulter tardivement
et d'autre part, le non-respect des recommandations données au patient
après sa sortie de l'hôpital, comme par exemple la reprise des
activités quotidiennes avant le délai maximum de
guérison.
36
CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS
Nous avons effectué une étude
rétrospective portant sur les aspects épidémiologiques,
cliniques et thérapeutiques des fractures ouvertes des deux os de la
jambe dans le service de chirurgie de l'hôpital provincial du Nord Kivu
sur une période d'une année, soit du 1er Janvier au 31
Décembre 2015. L'étude a concerné 55 patients. Nous avons
étudié le profil épidémiologique et
déterminer les différents aspects cliniques ainsi que les
facteurs qui influencent l'évolution de ces fractures.
Après analyse et interprétation des
résultats de notre étude, nous avons abouti à la
conclusion suivante :
Les fractures ouvertes des deux os de la jambe sont des
lésions très fréquentes dans notre vie active et ont un
impact négatif sur le plan socio-économique. Elles ont
constitué 11.4% des patients hospitalisés pour ces fractures
durant notre période d'étude.
Nous avons donc présenté l'expérience du
service de chirurgie de l'hôpital provincial du Nord Kivu, concernant 55
cas des fractures ouvertes des 2 os de la jambe qui ont été
admis, suivis et traités dans la majorité des cas, à la
fois un traitement chirurgical et orthopédique, soit 58.2% des cas et
bénéficiant systématiquement à 100% de la
prévention antitétanique faite du SAT/VAT et d'un traitement
médical fait d'n antibiotique, d'un analgésique et d'un
anti-inflammatoire. Ceci a été favorable compte tenu de
l'ignorance du respect de la vaccination antitétanique et la virulence
de cette affection, mais aussi de la fréquence élevée de
survenue une infection que cause les fractures ouvertes.
Nous avons noté que le sexe masculin était le
plus touché avec 69.1% contre 30.9%, soit un sexe ratio de 2.24 en
faveur des hommes car ces derniers sont les plus exposés du fait des
activités quotidiennes réalisées pour subvenir aux besoins
de la famille et dont l'âge variant entre 21 et 40 ans, qui est
l'âge actif, était le plus touché avec 50.9% des cas. Et
parmi eux nous avons trouvé que ce sont beaucoup plus les conducteurs
des véhicules, notamment les jeunes motards, qui ont été
les plus atteints avec aussi 50.9% des cas à cause de leur travail
quotidien qui les expose toujours à ce genre de traumatisme, suivi des
fonctionnaires avec 16.4% des cas et des étudiants/élèves
avec 10.9% des cas du fait de leur usage quotidien dans le trafic routier. La
plupart de nos patients sont venus du quartier Katindo avec 29.1% des cas car
il est à proximité de l'HPNK.
Le degré d'ouverture cutanée a été
évalué selon la classification de GUSTILO-ANDERSON et dont le
type 2 était le plus fréquent avec 54.5% des cas. C'est la
classification la plus utilisée dans notre milieu d'étude.
La multiplicité du parc automobile marquée par
la modernisation, l'ignorance et le non-respect du code de la route,
l'imprudence et l'ivresse au volant, l'excès de vitesse ont fait des
accidents de trafic routier la cause la plus incriminée de ces fractures
représentant 80% des cas ; d'où la nécessité des
mesures de sécurité routière préalables.
37
Une consultation précoce, un diagnostic précoce
et une radiographie standard de face et de profil permettent d'assurer une
prise en charge adéquate ; d'où une évolution et un
pronostic favorables dans le plus bref délai.
Au terme de notre étude, vu l'importance de celle-ci,
nous pouvons recommander ce qui suit :
+ Au Pouvoir Public
De mettre en place et de vulgariser une bonne politique de
prévention des accidents de la voie publique, notamment par :
y' La construction des routes assez larges avec des panneaux
de signalisation et la réhabilitation des infrastructures
routières avec une bonne sécurité routière ;
y' L'aménagement des « points noirs » (les
carrefours non éclairés et/ou mal signalés), d'où
un bon éclairage public de nos routes ;
y' Le contrôle du taux d'alcoolémie chez les
conducteurs et un contrôle technique des véhicules
y' Le réaménagement et la réglementation
des zones de traversée des routes pour les piétons, y compris les
trottoirs ;
y' La vulgarisation du code de la route à toute la
population, voir même à partir de l'école maternelle.
+ Aux Autorités
Sanitaires :
De doter le service de chirurgie des hôpitaux, en
particulier l'HPNK, du matériel technique en nombre et en qualité
(par exemple : des tables orthopédiques, amplificateur de brillance, les
fixateurs externes etc.) afin d'assurer une meilleure prise en charge de ces
fractures et limiter ainsi au maximum possible la survenue de certaines
complications.
+ A la Population : de (d') :
y' Respecter le code de la route en vue de minimiser les
accidents qui en découlent, cause la plus fréquente de ces
fractures ; y' Eviter au maximum possible de recourir au traitement
traditionnel.
38
BIBLIOGRAPHIE
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à propos de 67 cas des fractures ouvertes de 2 os de la jambe.
Thèse de médecine, Université de Dakar,
Sénégal ; Dakar 2011 : 25.
40
ANNEXES
41
FICHE D'ENQUETE
I. IDENTIFICATION
+ Nom : Post nom: Prénom:
+ Age: .
+ Sexe: M F + Profession:
+ Adresse:
I. HISTOIRE DE LA MALADIE
+ Motif de consultation: .
+ Durée entre fracture et consultation
+ Lieu de survenue de la fracture
+ Mécanisme de l'accident : Direct Indirect
+ Etiologie : Sport Arme à feu AT ATR CBV Autres
+ ATCD : Médicaux Chirurgicaux RAS
III. CLINIQUE
+ Signes associés : Impotence fonctionnelle Saignement
Suppuration Autres
+ Classification Gustilo-Anderson : Type I Type II Type III
IV. EXAMENS PARACLINIQUES
+ RADIOGRAPHIE STANDARD > TYPE DE
LESION
? Fracture simple : Transversale Oblique
? Fracture complexe : Fracture à 3ème
fragment Fracture bifocale
Fracture comminutive Fracas Autres > SIEGE DE
LA FRACTURE
1/3 supérieur 1/3 moyen 1/3 inférieur
> DEPLACEMENT
Translation Chevauchement Rotation Angulation
Autres
42
V. TRAITEMENT
? Traitement médical:
SAT/VAT Antibiothérapie Antalgiques
Anti-inflammatoires liquides sang Autres
? Traitement chirurgical
Parage chirurgical Couverture Attèle
plâtrée
Fixateur externe Autres
VI. EVOLUTION
- Simple :
- Complications : Infection des parties molles
Ostéite Pseudarthrose
Cal vicieux Gangrène Autres

43
Figure 1 : Fracture ouverte des 2 os de la jambe droite
GUSTILO-ANDERSON IIIb d'un taximen-moto de 36 ans (25J.
Figure 2 : Fractures ouvertes de 2 os des 2 jambes chez
une patiente de 57ans post ATR

Figure 3 : Fracture ouverte GUSTILLO-ANDERSON IIIa
immobilisée dans un plâtre cruropédieux en pont chez un
patient de 30 ans (33J.

Figure 4 : Couverture d'une fracture ouverte à
l'union du 1/3 moyen et du 1/3 distal de la jambe par un lambeau
antérolatéral à charnière distale
(25J.
44

Figure 5 :
A. Fracture spiroïde courte du tibia par torsion
externe, associée à une fracture spiroïde haute du
péroné.
B et C : Fracture spiroïde longue associée
à une fracture spiroïde haute du péroné
siégeant au prolongement de la spire tibiale.
La spire s'étend de la face antérieure du
tibia au tubercule postérieur du pilon. Cette fracture est à
différencier des fractures bifocales qui isolent un fragment
intermédiaire (21,22].

Figure 6 :
A : Fracture du plateau tibial, fracture comminutive
du 1/3 supérieur du tibia droit associée à une fracture
transversale du péroné et une luxation
péronéo-tibiale supérieure.
B : Fracture transversale du 1/3 supérieur du
tibia associée à une fracture du 1/3 supérieur du
péroné (21,22].
45
A : Fracture bifocale du tibia de la jambe
droite
B : Fracture bifocale du tibia associée à
une fracture du 1/3 supérieur du péroné
C : Fracture oblique du 1/3 moyen du tibia droit
associée à une fracture transversale du 1/3 supérieur du
péroné [21,22].
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