REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE
INstitut Supérieur d'Assurance et de
Gestion

Alger
Partenaire de L'École Supérieure
d'Assurances

Paris
Projet de fin d'études pour l'obtention d'un
diplôme
De conseiller technique en assurance
C.T.A
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Elaboré par
DAHMANI FAYÇAL
PROMOTION 2007
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Tout d'abord et avant tout on remercie « dieu »
le tout puissant de nous avoir donner assez de courage et de force pour
élaborer et présenter ce modeste travail.
La liste est longue. Que toutes les personnes qui ne trouvent
pas leurs noms sur cette page nous excusent et sachent que nous ne les avons
pas oubliées.
Que ceux qui de près ou de loin, d'une manière ou
d'une autre ont contribué à la réalisation de ce travail
trouvent notre reconnaissance à travers ces lignes.
A Nos parents pour tout l'investissement et l'aide morale dont
vous nous gratifiez.
Notre reconnaissance va également à Monsieur
Kamel MERAGHNI, pour avoir accepté de suivre et diriger notre travail au
dépend de ses nombreuses occupations. Nous le remercions pour sa
disponibilité, ses conseils bénéfiques, objectifs et
fructueux et surtout pour sa sympathie.
Nos vifs remerciements vont au président de jury ainsi
qu'aux autres membres du jury.
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Je dédie ce modeste travail à mes très chers
parents avec toute ma reconnaissance
pour leur sacrifice et leur encouragement.
A mon très cher frère MEROUANE
A mes soeurs.
A ma grand-mère
A mes tantes et oncles
A mes cousins et cousines
A mes amis.
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Introduction
Premier chapitre : Etude juridique, et
Aperçus global sur l'activité de SONATRACH et installations et
leurs entourages.
I-1 Etude juridique et
définitions.........................................................
I-1.1
définitions.......................................................................
I-1.2 Etude
juridique..............................................................
I-2 aperçu général sur le group
Sonatrach..........................................
I-3 Les différentes activités du
group................................................
I-4 Etude des habitations autour des
installations..................................
Deuxième chapitre : L'analyse de la
sinistralité du complexe (GNL) dans la zone pétrochimique de
Skikda
II-1. Les importants sinistres occasionnés au niveau du
complexe (GNL) ..........
II-2. L'évaluation des risques liés à
l'industrie pétrolière, et l'expertise
du sinistre de
SKIKDA ...........................................................
II-3.
L'indemnisation.............................................................
I-4. Les manques constatés sur la couverture du
risque...................
II-5 Les enseignements du sinistre de
Skikda ..................................
Troisième chapitre : Le plan de
délocalisation des habitats et son impact sur la prévention des
risques industriels majeurs.
III-1 Présentation de la fonction HSE au niveau
de SONATRACH .....................
III-2 Les conditions indispensables à remplir pour la
réussite du projet de ..........
..........délocalisation...........................................................................
III-3 Présentation du plan de délocalisation des
habitats ..........................................
III-4.L'impact du plan de délocalisation des habitats
au niveau de. SONATRACH,
Habitants, assureurs et
l'Etat........................................................................
III-5 Les effets de la non délocalisation des
habitats.........................................
Conclusion
Bibliographie
Annexe
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Tableaux
Tab 01 Etat actuel du réseau principale et secondaire
....................................
Tab 02 Etat du réseau en
2010..................................................................
Tab 03 Habitations construites sur des
gazoducs.....................................
Tab 04 historique des événements similaire
à celui se Skikda......................
Figures
Fig. 01
L'aléa..............................................................................
Fig. 02 La
vulnérabilité..................................................................
Fig. 03 Le risque
majeur................................................................
Fig. 04 Les différentes canalisations et stations de
SONATRACH ..............
Fig. 05 Centre de stockage et distribution de
l'HARRACH.......................
Fig. 06 L'état du complexe GNL Skikda après
l'explosion.......................
Fig. 07 les limites de la zone industrielle de
Skikda..................................
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Vu l'étude qui a été faite par le
Ministère de l'Habitat et de l'Urbanisme sur un échantillon de 60
établissements industriels à haut risque en Algérie, on
constate que 43% de ces sites présentent des risques d`explosion, 42%
des risques d`incendie et 15% des risques toxiques.
L'impact des catastrophes sur l'économie des pays
émergents est nettement plus élevé que dans les pays
développés du fait que les pertes occasionnées
représentent une part importante du PIB et causent d'importants
dysfonctionnements
internes. Le coût en vies humaines est également
plus élevé du fait de la fragilité des constructions. Le
tremblement de terre de Boumerdès du 21 mai 2003 d'une magnitude de 6,8
a causé la mort de 2278 personnes et en a blessé 11 450. A la
même période, le 26 mai 2003, le tremblement de terre de Tohoku
sur l'île d'Honshu (Japon) d'une magnitude de 7,0 n'a provoqué que
des blessures à 104 personnes ,A lui seul un pays comme l'Algérie
a connu quatre sinistres exceptionnels en moins de trois ans
Si la survenance de certains événements de nature
catastrophique reste inévitable, seule une véritable politique de
prévention des risques est à même de réduire les
perte futures et de limiter les dommages. En ce qui concerne les
événements de
nature technologique une gestion des risques appropriée
est indispensable pour
préserver aussi bien le capital que les personnes. Une
gestion insuffisante des risques par les assureurs découragerait
à terme les réassureurs qui se détourneraient des
marchés qui ne leur fournissent pas les informations nécessaires
à une appréciation correcte de leurs engagements. Or sans la
possibilité de transfert vers les réassureurs d'une partie des
risques de nature catastrophique, les assureurs ne pourront plus souscrire.
Même en acceptant de payer le prix fort, ils n'obtiendraient pas de
réassurance de qualité tant que leur gestion du risque ne
respectera pas les standards internationaux
Les réassureurs ne recherchent pas uniquement la prime,
ils veulent connaître
avec précision les risques qu'ils couvrent, les conditions
originales des polices, les tarifs pratiqués, les expositions par zone,
le profil du portefeuille couvert, les outils
de suivi des engagements,...malheureusement beaucoup d'assureurs
des pays émergents ne sont pas outillés pour répondre
à ces exigences.
Dans notre étude nous exposerons le sinistre du
complexe de gaz naturel liquéfié (GNL) dans la zone de
pétrochimie de Skikda, le 19 janvier 2004, qui a occasionné 27
morts et 74 blessés. Ces accidents de trop viennent remettre en cause
l'ensemble des dispositifs et des procédures de prévention et de
gestion du risque industriel, soit le «risk management» adopté
par Sonatrach et qui montre que le risque zéro n'existe pas dans ce
genre d'activité industrielles, à ce titre nous posons la
problématique suivante :
« Quels sont les enseignements tirés
des sinistres de SKIKDA ? À la fois sur la gestion des risques
prévention et par rapport au plan d'assurance »
Suite à cette problématique nous divisons notre
travail en trois parties comme suit :
Premier chapitre : Etude juridique, définitions et Aperçus
global sur l'activité de SONATRACH et ces
différentes installations et leurs entourages.
Deuxième chapitre : L'analyse de
la sinistralité du complexe de gaz naturel liquéfié (GNL)
dans la zone de pétrochimique de Skikda.
Troisième chapitre : Le plan de
délocalisation des habitats et son impact sur la prévention des
risques industriels majeurs.
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Dans un contexte où l'industrie
pétrolière évolue rapidement, les risques sont aujourd'hui
de nature et d'intensité croissantes. Pour y faire face, la
méthodologie de gestion des risques doit, tout d'abord, identifier,
quantifier et réduire l'aléa au maximum.
En suivant cette méthodologie, nous débuterons
notre travail par quelques définitions utilisées dans le jargon
de la gestion du risque industriel majeur ainsi que la présentation du
groupe SONATRACH, et les risques sur l'habitat.
I-1 Etude juridique et
définitions
I-1.1 définitions
Évènement
accidentel :
Un évènement accidentel est un
évènement non désiré qui entraîne des
dommages vis-à-vis des personnes, des biens et/ou de l'environnement,
survenu au cours de l'exploitation d'une installation classée.
Accident industriel majeur :
Un accident industriel majeur est un
évènement grave résultant de développements
incontrôlés survenus au cours de l'exploitation d'une installation
classée. Il peut s'agir d'une émission de produits toxiques ou
radioactifs, d'un incendie ou d'une explosion d'importance majeure. Si les
effets peuvent avoir des répercussions immédiates et graves pour
le personnel du site, les populations riveraines ou en transit sur la zone, les
biens ou l'environnement, il s'agit d'un risque industriel majeur. Ces risques
industriels majeurs sont classés par type selon qu'ils donnent lieu
à :
- Un incendie,
- Une explosion,
- L'émission de produits toxiques dans l'air, l'eau ou les
sols,
- Une contamination de l'environnement par émission de
produit toxique ou radioactifs dans l'air, l'eau ou le sol.
La délocalisation :
C'est le transfère des habitats et habitants d'un endroit
situé dans une zone
A risque à un autre endroit distant de cette zone

L'aléa est
la probabilité qu'un phénomène
accidentel se produise, en un lieu précis, des effets
d'une gravité potentielle donnée, au cours d'une période
déterminée. L'aléa est donc l'expression,
pour un type d'accident donné,
Fig. (1)

La
vulnérabilité d'une zone ou d'un lieu donné
est l'appréciation des« cibles »
présentes dans
cette zone à un type de danger. le niveau des
conséquences prévisibles de l'aléa sur les personnes, les
biens et l'environnement.
Fig. (2)

Le
risque majeur est la manifestation du danger
Fig. (3)
à la suite d'un évènement accidentel. Il
est évalué par la gravité de ses effets et la
probabilité pour qu'il survienne
Aléa x Vulnérabilité = Risque
majeur
|
I-1. 2
Etude juridique
L'activité
pétrolière et minière ainsi que le risque
énergétique sont régies par les textes suivants :
a/ les lois
·Loi n° 86-03 du 5
février 1983 relative à la protection de l'environnement.
·
Loi n° 01-10 du 3 juillet 2001 portant loi
minière.
· Loi n° 03-10 du 19 juillet
2003 relative à la protection dans le cadre
du développement durable.
· Loi n°04-20 du 25
décembre 2004 relative à la prévention des risques
majeurs et à la gestion des catastrophes dans le
cadre du
développement durable
· Loi n° 05-07 du 28 avril 2005
relative aux hydrocarbures.
b/ les décrets
Décret n° 76-34 du 20
février 1976 relatif aux établissements
dangereux, insalubres et incommodes.
· Décret n°85-59 du 23
mars 1985 portant statut type des travailleurs
des institutions et administrations publiques.
· Décret n° 85-231 du 25
août 1985 fixant les modalités et les
conditions d'organisation et de mise en oeuvre des
interventions et
secours en cas de catastrophes.
· Décret n° 85-232 du 25
août 1985 relatif à la prévention des
risques
de catastrophes.
· Décret
88-149 du 26 juillet 1988 définissant la
réglementation
applicable aux installations classées et fixant leur
nomenclature.
Décret exécutif n° 90-78 du 27
février 1990 relatif aux études
d'impact sur l'environnement
· Décret exécutif n°98-339
du 3 novembre 1998 définissant la
réglementation applicable auxinstallations
classées et fixant leur nomenclature.
· Décret exécutif n°99-253
du 07 novembre 1999 portant
composition organisation et fonctionnement de la
commission de surveillance et de contrôle des
installations classées
· Décret exécutif 06-198
du 31 mai 2006 définissant la réglementation
applicable aux établissements classés pour la
protection de l'environnement
L'article 124 du code civil algérien énonce que
« Tout fait quelconque de l'homme qui cause à autrui un
dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé, à le
réparer ». Les conséquences d'une indemnisation RC
suite à accident industriel majeur peut être fatale pour Sonatrach
vus les limites de garanties exercées par les compagnies d'assurances
Le décret exécutif n° 05-477 stipule dans
ses articles 4et 5 qu'il est interdit à l'intérieur du
périmètre d'exploitation toute construction, réalisation
ou investissement à caractère industriel, commercial, touristique
ou agricole et, de façon générale, toute autre
opération qui n'est pas directement liée à l'industrie des
hydrocarbures ; tout octroi de permis de construire et/ou de concession qui
n'est pas lié directement à l'industrie des hydrocarbures.
I-2 aperçu
général sur le group Sonatrach
Douzième à l'échelle
mondiale et première en Afrique, c'est la consécration pour
Sonatrach. Depuis la nationalisation des hydrocarbures, en février 1971,
la société nationale n'a eu de cesse de se développer,
jusqu'à devenir l'une des compagnies les plus en vue dans le monde.
Ceci, conjugué à la politique étrangère du pays,
confère à l'Algérie tout son poids et influence au sein de
l'Organisation des pays producteurs de pétrole (OPEP). Sonatrach a donc
son poids sur le marché international des hydrocarbures.
La restructuration de Sonatrach, au début des
années 80, figure parmi les étapes les plus importantes dans le
développement de la société la plus importante, et
stratégique du pays.
D'autres étapes ont suivi, toutes aussi importantes,
notamment la réorganisation des structures de la société
en activités, tout particulièrement les activités Aval et
Amont. Par ailleurs, après l'ouverture du marché et les nombreux
contrats de partenariats avec des compagnies étrangères,
américaines notamment, ainsi qu'à l'étranger, Sonatrach a
pu asseoir son statut de compagnie pétrolière
«solide».
Ainsi, sur le plan africain, Sonatrach a gardé sa
première place parmi les 50 meilleures sociétés africaines
avec un chiffre d'affaires de 32,8 milliards de dollars en 2004, selon le
classement 2006 réalisé par la revue «Jeune Afrique
l'intelligent». Le chiffre d'affaires, le résultat net et le nombre
d'effectifs ont servi de base à la réalisation de ce classement
qui a concerné 50 entreprises du continent africain activant dans les
différents secteurs, précise ce périodique paraissant
à Paris.
Selon la même source La société nationale
de distribution et de commercialisation des produits pétroliers
Naftal a, elle, gagné six places par rapport à
2003 et se classe à présent au 34ème rang, avec un chiffre
d'affaires de 2,3 milliards de dollars. La société
algérienne Naftal occupe la troisième place des
sociétés pétrolières en Afrique,
Par ailleurs, Sonatrach a gardé sa 12ème place
à l'édition 2005 d'un classement mondial des 50 premières
sociétés pétrolières réalisé par la
publication spécialisée Petroleum intelligence weekly (PIW).
Appelé «PIW's Top 50", ce classement mesure les performances
opérationnelles des firmes pétrolières internationales.
En terme d'activités en amont (production), Sonatrach
est passée de la 12ème à la 14ème place, et de la
5ème à la 6ème place pour les réserves
gazières. Selon cette publication, les classements de «PIW's Top
50" sont basés sur des données opérationnelles de 130
firmes. L'attention ainsi braquée sur les opérations
(productions, raffinage, transport, volumes de vente...) permet des
comparaisons significatives de tous types de compagnies - y compris des
compagnies étatiques - ce qui différencie ce classement des
autres, plus orientés sur les bilans comptables. Ces 50 firmes
totalisent ensemble environ les trois quarts de l'offre globale de
pétrole et de gaz.
I-3 Les différentes
activités de SONATRACH :
A. Activité amont :
L'activité amont regroupe les activités
d'exploration, de production, de recherche et les métiers de services
pétroliers, avec ses différentes filiales (Enageo, Enafor, GCB,
Ensp, Entp, Engtp,...) et une totale production de
202,2 Millions de TEP.
B. Activité transport par
canalisation :
b.1 les installations présentes
vu que la totalité des points de production du
pétrole et du gaz se trouvant dans le sud algérien et que toutes
les complexes de raffinage et de transformation se trouve au nord cette
situation a donner lieu a un énorme réseau de transfère de
ces hydrocarbures
Au sein du groupe Sonatrach, l'Activité Transport
par Canalisation TRC est en charge de l'acheminement des hydrocarbures,
(pétrole brut, gaz, GPL et condensât), depuis les zones de
production, jusqu'aux zones de stockage, aux complexes GNL GPL, aux
raffineries, aux ports pétroliers ainsi que vers les pays
importateurs.
Les livraisons par pipes représentent 60% du gaz
algérien exporté par SONATRACH, les deux voies d'accès
aux marchés européens sont :
-
Enrico Mattei gas Pipeline : il a été
créé en 1983 avec une capacité de 24 milliards
m3/an. Il relie l'Algérie à l'Italie via la Tunisie
d'une longueur de 2484 km dont 549 traversant l'algerie
- Pedro Duran Farell gas
Pipeline: il a été créé en 1996 avec
une capacité de 30 milliards m3/an. Il relie l'Algérie
à l'Espagne via le Maroc.
b.2 les installations futures
Le projet GALSi :
Ce projet couvrira une distance de 1 460 Km dons
640 Km sur le sol algérien avec une connexion directe entre le CNDG
(Centre National de Dispatching de Gaz/ Hassi R'Mel) et le réseau
italien via la Sardaigne.
Le projet medgaz :
Long de 1 050 km, (550 en territoire
algérien, 200 sous la mer et 300 en territoire espagnol), qui ouvre une
nouvelle route d'exportation du gaz naturel algérien vers l'Europe via
l'Espagne, est prévue fin 2008 début 2009.
Les canalisations en Algérie totalisent
16197 Km auxquelles il faut ajouter 19 bacs
d'une capacité totale de 888 200 m3 et 12
stations de pompage comme le montre la carte ci-dessous :

(Fig04) Les différentes canalisations et stations de
SONATRACH en Algérie
Source :( Direction Centrale HSE Sonatrach)
Les tableaux suivants montre l'état actuel du
réseau principale et secondaire ainsi que les prévision pour
l'année 2010
tab : 01 Etat actuel du réseau principale et secondaire
(source :revue Sonatrach)
|
Brut
|
condensât
|
GPL
|
GN
|
Total
|
Nombre de canalisations
|
12
|
3
|
4
|
13
|
32
|
Longueur (Km)
|
4970
|
1378
|
2697
|
7459
|
16197
|
Tab : 02 Etat du réseau en 2010 (source : revue Sonatrach)
|
brut
|
condensât
|
GPL
|
GN
|
Total
|
Nombre de canalisations
|
12
|
4
|
5
|
18
|
39
|
Longueur (Km)
|
5638
|
1718
|
3650
|
10846
|
21851
|
C. Activité Aval :
L'activité aval de SONATRACH
englobe :
· Quatre complexes de liquéfaction de gaz naturel,
les plus importants sont celui d'Arzew qui est le plus ancien au monde depuis
1964 et de Skikda qui a subit différents sinistres qui est le
thème de notre recherche, et deux complexes de séparation des
GPL.
· Trois filiales de production industrielle qui sont
NAFTEC (raffinage), ENIP (pétrochimie) et HELIOS (hélium).
· Trois autres filiales de service SOMIZ (Maintenance
Arzew) SOMIK (Maintenance Skikda) et SOTRAZ de transport.
· Deux entreprises de gestion de zone industrielle :
EGZIA (Arzew) et EGZIK (Skikda).
Comme nous pouvons le constater d'après
l'aperçu global des différentes installations de SONATRACH, ces
dernières véhiculent des risques très importants
vis-à-vis des tiers. Pour mieux gérer cet aléa, nous
procéderons à l'étude de leurs entourages.
I-4 Etude des habitations autour des
différentes installations de
..................SONATRACH :
L'appréciation du niveau des
dangers demeure difficile en l'absence d'information sur l'estimation
qualitative et quantitative de ces risques.
Il y a lieu ici, de mettre particulièrement l'accent
sur une forme d'urbanisation qui s'est traduite par des constructions sur des
gazoducs. Cette situation qui a déjà entraîné des
accidents importants, recèle des risques potentiels à impacts
multiples ; citons, à titre indicatif :
o Skikda : le bilan de l'explosion du gazoduc survenu le
3 mars 1998 a occasionné 7 décès, 44 blessés,
10 maisons détruites et 50 maisons endommagées.
o Constantine : la cité Boussouf où
résident plusieurs milliers de personnes est érigée sur
un gazoduc pour lequel des incidents ont été enregistrés
en février 2003.
o Laghouat : 269 habitations érigées sur
gazoduc,
o Batna : 516 habitations,
o Bejaia : 778 habitations,
o Tébessa : 480 habitations,
o Alger : 466 habitations.
Il s'agit là de quelques cas significatifs.
Pour la population d'Alger (explosions ou incendies). Il
s'agit en particulier de la raffinerie de Baraki, de la centrale
électrique de Bab-Ezzouar, du gazoduc alimentant la capitale. C'est ce
qui ressort de la communication présentée par M. Belhadjouja,
conseiller au ministère de l'Aménagement du territoire et de
l'Environnement, au cours du séminaire, sur les risques technologiques
majeurs et médecine de catastrophe, organisé, à
l'initiative de Sonatrach. Sur un échantillon de 60
établissements industriels à haut risque, il a constaté
que 43% de ces sites présentent des risques d'explosion, 42% risques
d'incendie et 16% des risques toxiques. Il a également exposé les
résultats d'un premier inventaire des habitations construites sur des
pipes.
Parmi les wilayas, qui enregistrent le plus grand nombre de
constructions sur des ouvrages dangereux, l'étude cite
Béjaïa avec 778 cas, Ouargla 442 constructions, Tébessa 480,
Batna 516. Ce premier inventaire fait état d'au moins 4 000
habitations à l'échelle du territoire national construites sur
des pipes, c'est-à-dire des gazoducs ou des oléoducs, soit une
population d'au moins 28 000 habitants, sous la menace permanente d'explosions
ou d'incendies. Le cas de Hassi Messaoud, qui regroupe 60 000 habitants dont
une bonne partie des logements a été édifié sur des
pipes, montre le non-respect flagrant des normes de construction, le
non-respect des périmètres de sécurité, d'où
l'urgence, aujourd'hui, de délocaliser sur le plan de
l'aménagement du territoire. L'Algérie présente une
vulnérabilité du fait de la concentration de la population dans
le Tell (nord du pays) : 65% des habitants de l'Algérie résident
dans le Tell occupant 4% de la superficie du pays, 25% dans les Hauts Plateaux
(9% de la surface) et 10 dans le Sud (87% de la superficie).
De même dans le Tell, se concentre l'essentiel des
installations industrielles, des voies de communication, des barrages. La
surcharge de la population sur un territoire limité ainsi que la
concentration de l'activité économique dans le Nord accroît
le risque de catastrophe, a laissé entendre l'orateur. D'autant que la
bande côtière est exposée au risque de violents
séismes. L'auteur de la communication constate que l'activité
pétrolière et gazière en Algérie présente
80% des risques majeurs (incendies, explosions, risques toxiques). Effort de
Sonatrach dans la prise en charge de la fonction hygiène,
sécurité et environnement (HSE). Le ministre de l'énergie
a abondé dans le même sens : «La question de l'urbanisation
face aux risques industriels a atteint son comble dans le site de Hassi
Messaoud. La ville de Hassi Messaoud connaît, aujourd'hui, une expansion
démesurée et désordonnée. La concentration des
habitations a atteint sur ce champ pétrolier un niveau critique non
acceptable et constitue une menace permanente tant pour la
sécurité de notre patrimoine industriel que celle des personnes
qui y vivent.»
du reste que les investissements en hygiène
sécurité et environnement (HSE) sont de l'ordre de 1,2 milliard
de dollars au cours des deux prochaines années dont plus de 50%
concernent l'amélioration de la sécurité des unités
industrielles. Cet effort est déployé pour une meilleure prise en
charge de cette fonction devenue une préoccupation majeure au sein de la
compagnie nationale depuis l'explosion dans le complexe de liquéfaction
de Skikda survenue en janvier 2004, qui avait occasionné 27 morts et 73
blessés et qui avait dévoilé des insuffisances dans la
prévention des risques au sein de Sonatrach. Le patron de la compagnie
nationale, M. Meziane, dans son allocution, a souligné que Sonatrach
tend à parvenir à travers ces efforts à l'objectif de
risque zéro, c'est-à-dire le zéro incident. Il s'agit de
savoir si un tel investissement sera étendu via l'implication des
pouvoirs publics à d'autres installations industrielles et à
d'autres zones à haut risque pour la population.

Fig. (4) Centre de stockage et
distribution de l'HARRACH (source image GoogleEarth)
Cette image montre d'une manière très
claire le non respect flagrant des distances de sécurité la
distance séparent la centrale des zones d'habitations ne dépasse
pas les 500 m cette situation est moins grave comparant avec la raffinerie
d'Alger situes à Sidi Rzine à Beraki
Le tableau ci-après, loin d'être complet, donne
une idée, au plan spatial, de l'acuité du problème.
Habitations construites sur des gazoducs
Tab : 03
Wilaya
|
Nombre de constructions
|
Chlef
|
55
|
Laghouat
|
269
|
O.E. Bouaghi
|
61
|
Batna
|
516
|
Béjaia
|
778
|
Biskra
|
25
|
Bouira
|
371
|
Tébessa
|
480
|
Tlemcen
|
02
|
Tiaret
|
36
|
Alger
|
466
|
Djelfa
|
58
|
Jijel
|
19
|
Sètif
|
264
|
Saida
|
3 cités
|
Skikda
|
18
|
Annaba
|
Un lotissement, marché, université, stade,
cimetière, CEM ,04 groupes d'habitat, coopérative,
bidonville, 585 habit et 02 quartiers
|
Constantine
|
316 + un marché hebdomadaire
|
Médéa
|
330
|
Ouargla
|
442
|
Oran
|
171
|
Boumerdés
|
163
|
Souk Ahras
|
787
|
Tipaza
|
69
|
Mila
|
184
|
Ain Defla
|
353
|
Relizane
|
285
|
Source : Protection Civile/
Ministère de l'Intérieur et des Collectivités Locales.
Le tableau ci-dessus ne met pas en relief les villes
entières qui sont bâtit à proximité des zones
pétrochimiques sans respecter les normes de construction et
périmètres de sécurité citant la ville de Skikda,
Arzew et Hassi Messaoud.
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Pour comprendre l'ampleurs des catastrophes industriels nous
débutons cette partie par un historique des
événements similaire à celui se Skikda
présenté dans le tableau suivent : Tab : 04 historique
des événements similaire à celui se Skikda
année
|
Faits
|
Bilan
|
1976
|
Italie SEVESO : explosion provoquant un nuage de dioxine
|
1 800
hectares de terrain contaminés. Le village a été
évacué, clôturé et est demeuré interdit
pendant plusieurs années. 77 000 animaux abattus. 1600 personnes
examinées. Les fûts, à l'origine de l'accident, avaient
ensuite été abandonnés dans une usine
désaffectée.
|
1984
|
Inde Bhopal :
explosion dans une usine
provoquant un nuage toxique
|
3 000 morts et plusieurs milliers de blessés. Les
habitations étaient trop proches du site, les systèmes de secours
quasi inexistants.
|
1984
|
Mexico : explosion dans un centre de stockage de gaz de
pétrole liquéfié
|
500 morts, 7 000 blessés, 200 000
évacués.
|
1986
|
Ukraine - Tchernobyl : nuage radioactif
|
135 000 personnes ont été
évacuées. 31 morts directs et Greenpeace estime que 15 millions
de personnes ont été touchées dans le monde par ce
désastre.
|
1989
|
Bligh Reef - Alaska : Accident pétrolier
|
Le pétrolier Exxon Valdez perd 42 000 m de
pétrole dans le Golf de l'Alaska. 2 100 km de côte sont
pollués, 320 km fortement. La réhabilitation a coûte 2,1
Mds de dollars, 10 000 personnes, 1 000 bateaux et 100 avions y participent.
|
2001
|
France - Toulouse : explosion de l'usine AZF de nitrate
|
30 morts, 2 500 blessés et plusieurs cas d'expertise
médicale. 35 000 logements endommagés 2 milliards d'euros de
dégâts.
|
Source : www.securite-prevention.com
II-1. Les
importants sinistres occasionnés au niveau du complexe (GNL)
L'Algérie, tout autant sinon plus que de
nombreux pays, est concernée par les risques inhérents aux
aléas naturels et industriels.
Lorsqu'on sait, en effet, que la concentration de sa
population se situe sur la frange côtière la plus
vulnérable, on comprend davantage pourquoi elle réunit toutes
les caractéristiques d'un pays à risques.
Ces aléas peuvent présenter une menace grave
pour les zones habitées, gravissime si l'on tient compte des extensions
urbaines incontrôlées autour d'importantes zones industrielles et
pétrochimiques, telles qu'à Alger, Skikda, Arzew, Bejaia ou Hassi
Messaoud.
L'objectif visé dans cette étude est donc
d'alerter sur les risques potentiels futurs, sans doute encore à
l'état de latence, mais qui peuvent un jour ou l'autre, surgir à
l'état de flagrance, l'urbanisation incontrôlée pouvant
alors donner à l'événement naturel ou industriel une
intensité démultipliée et une résonance
catastrophique et pour mieux cibler notre étude, en répondant
à la problématique posée nous devons voir l'historique des
importants sinistres au niveau du complexe de SKIKDA qui sont comme
suit :
v 03 Mars 1998 : le bilan de l'explosion du gazoduc a
occasionné 7 décès, 44 blessés, 10 maisons
détruites et 50 maisons endommagées.
v 19 Janvier 2004 : le plus important sinistre depuis la
création du complexe qui à fait 27 morts et 74 blessés et
des nuages de fumés qui s'est propagés dans la ville de
SKIKDA.
v Octobre 2005 : le bilan d'une explosion au sein du
complexe a occasionné 2 morts et des nuages de fumée qui se sont
propagés.
v Juin 2006 : un autre sinistre au niveau du même
complexe aucune perte humaine mais a provoqué des dégâts
matériels et la propagation de nuages de fumée.
Comme on peut remarquer plusieurs sinistres se sont produits
sur une période de 2 ans ce qui met en cause le plan de
sécurité et de prévention HSE adopté par SONATRACH.
II-2.
L'évaluation des risques liés à l'industrie
pétrolière et l'expertise du .......sinistre de SKIKDA
a. L'évaluation des risques liés
à l'industrie pétrolière :
Le risque industriel se caractérise par un accident se
produisant sur un site industriel et pouvant entraîner des
conséquences graves pour le personnel, la population, les biens,
l'environnement ou le milieu naturel.
Nature et effets des risques
On peut classer les risques par nature et effets.
- Les risques thermiques
L'exposition à un flux thermique lié à un
incendie ou à une explosion peut provoquer des brûlures à
des degrés variables, en fonction de la distance à laquelle on se
trouve.
- Les risques de surpression
Ces effets se font sentir suite à une explosion qui
provoque une onde de surpression pouvant déstabiliser les structures
matérielles (projections, effondrement des bâtiments) et causer
des lésions chez l'homme (lésions internes au niveau des tympans
et des poumons, traumatismes).
- Les risques toxiques
Suite à une fuite de gaz toxique, l'inhalation d'une
telle substance peut provoquer l'intoxication des individus exposés.
C'est par les poumons que les produits pénètrent dans le corps.
La peau et les yeux peuvent aussi être atteints. Selon que l'on est
gravement touché ou pas, les symptômes peuvent varier d'une simple
irritation de la peau ou d'une sensation de picotement de la gorge à des
atteintes graves, comme des asphyxies ou des oedèmes pulmonaires.
- Scénarios types : BLEVE et UVCE
Le B.L.E.V.E. : "Boiling Liquid Expanding
Vapor Explosion", c'est à dire explosion de gaz en expansion provenant
d'un liquide en ébullition. Une augmentation de température,
le plus souvent causée par un incendie, fragilise le métal de la
sphère de stockage. La sphère peut éclater sous l'effet de
la pression interne. L'éclatement, s'il a lieu, entraîne une
projection de fragments et/ou missiles, et la libération du gaz liquide
qui est instantanément vaporisé. Si le gaz en question est
inflammable, il y a formation d'une boule de feu avec un rayonnement thermique
intense. Les effets sont essentiellement des effets thermiques.
L'U.V.C.E. : "Unconfined Vapor Cloud Explosion",
c'est à dire explosion d'un nuage de gaz en milieu non confiné.
Suite à une fuite de gaz combustible, le mélange du gaz et de
l'air peut former un nuage inflammable qui rencontrant une source d'allumage
peut exploser. Les effets sont essentiellement des effets de pression.
- Effets indirects
Les effets indirects peuvent se manifester sous la forme :
- d'un dégagement de fumées toxiques lors d'un incendie ou
d'une explosion. - d'une pollution accidentelle des eaux souterraines ou de
surface en cas de déversement accidentel de liquide toxique, ou par les
eaux d'extinction d'incendie.
Aux risques liés à l'industrie
pétrolière du complexe de SKIKDA, nous devons ajouter les
aléas liés à la proximité des habitations proches
des installations de SONATRACH. Ainsi, au regard du manque de communication
vis-à-vis des tiers et de l'état de vétusté du
site, la survenance d'une catastrophe majeure prend de l'ampleur.
b.
L'expertise et le l'indemnisation du sinistre de SKIKDA :
Le complexe de gaz naturel liquéfié
GNL de Skikda représente 45% des exportations gazières
algérienne, soit près de 5 milliards de dollars
Le sinistre du 19 Janvier 2004 a dévasté trois
unités centrales du complexe sur une totalité de six, il s'agit
des unités 40, 30 et 20. Et des dommages au train 10 ainsi qu'aux
utilités, bâtiments et propriétés des tiers
environnant, L'explosion a également ravagé les ateliers de la
maintenance, les magasins, le bloc administratif et celui de la
sécurité et des dizaines de véhicules ont pris feu Ce
sinistre d'un montant de 447.000.000 USD est considéré comme
étant le plus important que le marché Mondial de
l'énergie a enregistré en 2004.
D'après le directeur de l'énergie et des mines
de la wilaya de Skikda une fuite massive de gaz au niveau de l'unité 40
du complexe serait la cause directe de l'explosion, nous pouvons dire que
l'accident est d'origine humaine un rapport implique même le directeur du
complexe qui reconnaît que « cette unité n'a pas
été rénovée malgré les problèmes
qu'elle enregistrait et qui étaient (les problèmes) bien connus
». Ainsi, il ressort du rapport de l'APW une nette confirmation que
l'incident aurait pu être évité. « Le PDG de la
compagnie était en visite au complexe du GNL deux mois seulement avant
la catastrophe il a été mis au courant de la situation de
l'unité 40. Pourquoi n'avait-il pas pris la décision
d'arrêter la production de cette unité du moment qu'elle n'a pas
été rénovée comme les autres unités ? »
. La vétusté des installations du complexe (datant des
années 70), et la surexploitation de l'unité 40 ou c'est produit
l'incident sont la cause principale du sinistre.
Si on analyse toutes les installations de SONATRACH, on
trouvera que la majorité de ces dernières dates de plus de 30ans,
à titre d'exemple le complexe d'Arzew est l'une des zones
pétrochimiques les plus vielles du monde (1956). Les gestionnaires des
risques au niveau de ses différentes installations doivent prendre en
considération la vétusté des installations afin de mieux
gérer les aléas et de minimiser les ampleurs des
dégâts en cas de survenance d'une catastrophe
Fig. () L'état du complexe GNL skikda après
l'explosion


II-3. L'indemnisation
Ce sinistre qui a touché le complexe
GL1K de Skikda en janvier 2004 a été remboursé à
100% mais pas en valeur à neuf en décembre 2005 pour un montant
de 447,6 millions de dollars. Cette déclaration est de Ali
Rezaïguia, directeur exécutif finances de Sonatrach, Parmi les 29
assureurs et réassureurs qui ont pris en charge le versement des
indemnités du sinistre, le groupe des compagnies anglo-saxonnes
d'assurance et de réassurance, dont la compagnie américaine AIG
Energy (American insurance group) a remboursé 80% du montant global. La
CASH qui figure au côté des compagnies algériennes CCR,
CAAT parmi les assureurs du sinistre a versé 6 millions de dollars
à la compagnie La reconstruction des trois unités du complexe de
gaz naturel liquéfié (GNL) de Skikda, coûtera à
l'Etat 800 millions de dollars. C'est ce qu'a déclaré PDG de
Sonatrach, M. Mohamed Meziane. La production du complexe GNL de Skikda
représente 23% de l'ensemble du gaz naturel algérien. C'est
plutôt Arzew qui demeure le poumon de la production et des exportations
nationales en la matière, avec 77%. Toutefois, il faut signaler que ce
complexe, qui emploie 12.000 travailleurs, exporte annuellement pour 15
millions de tonnes entre GNL, pétroles et produits raffinés.
De son côté, le chef de l'Etat qui s'est
déplacé sur les lieux, au lendemain de la catastrophe, a
déclaré que l'usine sera reconstruite, les familles
indemnisées et «l'Algérie honorera ses engagements avec ses
partenaires étrangers même s'il faut arracher des morceaux de
notre chair pour cela».
II-4.
Les manques constatés sur la couverture du risque :
Nous pouvons constater que dans tous les contrats
d'assurances de SONATRACH, aucune police ne prévoit un plan de
prévention et d'évaluation des risques liés à
l'habitat autour de ces installations. Cela est aperçu par la limite de
garantie de la responsabilité civile locative et recours des voisins et
des tiers
Cette limite de garantie ne met pas en évidence les
risques liés à l'habitat et l'habitant. Comme nous l'avons
signalé précédemment, dans la première partie de
notre étude, 28000 habitants et plus de 7618 habitats sont sous menace
permanente d'explosion, d'incendie ou de risque toxique. Vu la
complexité de ce genre de risque et les facteurs aggravants, cité
ci-dessus, le calcul du sinistre maximum possible sera de 100%. A ce titre le
sinistre maximum, qui veut dire destruction totale d'habitats et habitants,
sera de l'ordre d'au moins 450 Millions de Dollars. Donc l'écart entre
la limite de garantie et le sinistre maximum possible sera à la charge
de SONATRACH, chose qui met en cause la méthode du risk management
élaboré par la compagnie.
II-5 Les enseignements du
sinistre de Skikda :
§ Une catastrophe est rendue possible par le
développement d'une urbanisation n'intégrant pas le risque, car
celui-ci se définit par la quantification des pertes potentielles dues
à un événement dans une région donnée et
durant une période déterminée. Or, l'urbanisation
développée dans notre pays, n'a pas pris en compte le risque et
n'a pas non plus capitalisé et valorisé les
expériences ; elle a abouti à une situation contradictoire.
En effet, au lieu de protéger l'homme et ses biens, elle a eu pour
effet de potentialiser les dangers.
§ Les évaluations qui sont effectuées
restent sommaires et d'ordre administratif, se limitant aux aspects humains
(nombre de décès, nombre de blessés...) et financiers,
mais occultent les impacts économiques et ne situent pas les
responsabilités. La prise en compte de l'ensemble de ces
éléments devrait être de nature à inciter les
différents acteurs à s'organiser et à se mobiliser dans
le cadre d'une approche concertée et responsable.
§ S'agissant des activités économiques
proprement dites , les aléas ont un impact aussi bien sur les
populations que sur les structures physiques et les activités
économiques :interruption des activités commerciales,
financières , productives et de transports ...
§ Skikda l'a échappé belle ! De l'avis de
tous les cadres du GL1K, la ville de Skikda et ses environs auraient
été rasés de la carte si l'incendie avait gagné les
bacs de stockage du gaz situés juste à côté de
l'unité 10 qui était heureusement à l'arrêt. Il faut
savoir, en effet, que le feu est parti de l'unité 40 avant de prendre
dans la 30 puis la 20. On estime que si les citernes avaient été
touchées, la déflagration aurait anéanti tout sur un rayon
de 45 km, c'est-à-dire toute la ville de Skikda et ses habitants. Fort
heureusement, l'incendie a pu être maîtrisé par les
vaillants sapeurs-pompiers, évitant ainsi un véritable Tchernobyl
à Skikda. Cela dit, l'explosion de lundi, à 18h40, a
été entendue même à Annaba située à
110 km des lieux, ce qui renseigne sur sa violence.


Fig. (6) les limites de la zone industrielle de Skikda
Source : image satellite quick bird 20/02/2004
CABINET D'EXPERTISE INDUSTRIELLE
« HALFAOUI »
Ces éléments peuvent se combiner, produire une
réaction en chaîne et devenir une catastrophe
majeure.
Ainsi, l'accroissement des potentiels humains et
économiques dans les villes, établissements humains,
c'est-à-dire les sites urbanisés, exposés aux risques,
rendent nécessaire le besoin d'une stratégie de réduction
du risque et de ses impacts à travers le triple processus du cycle de
l'événement :
ü activités
pré-événement : la prévention.
ü activités de prise en charge de
l'événement proprement dit ;
ü activités post-événement :
reprise des activités et correction des erreurs passées.
C'est à travers ce cycle d'activités que seront
testés et évalués les dispositifs de prise en charge des
risques en relation avec le développement de l'urbanisation telle
qu'elle s'est pratiquée, telle qu'elle est appelée à se
développer et telle qu'elle devrait se développer pour
réduire le plus possible la vulnérabilité des hommes et
des biens. Suivant cette méthodologie nous entamerons la dernière
partie de notre étude qui est le plan de délocalisation des
habitats et habitants et son impact sur la prévention des risques
industriels majeures.
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III-1
Présentation de la fonction HSE au niveau de SONATRACH :
Avant de proposer notre plan de prévention nous devons
tout d'abord présenter la direction HSE créée au niveau
central de SONATRACH.
Cette direction, créée en Janvier 2002, et son
initiative axée sur les priorités suivantes :
· Préserver la vie humaine, le patrimoine et
protéger l'environnement ;
· Prévenir et réduire les risques
d'incidents et d'accidents ;
· Améliorer les performances du groupe en
matière de HSE ;
· Assurer le reporting ;
· Sensibiliser les employés par l'information et
la communication ;
· Contribuer à l'utilisation rationnelle des
ressources ;
· Conduire l'entreprise à assoire une culture
HSE ;
· Contribuer à la protection des
écosystèmes ;
· Contribuer au développement durable ;
· Promouvoir l'investissement social.
Nous mettons en cause, ce programme qui n'a pas montré
ses fruits en matière de prévention des risques, l'argument est
que plusieurs sinistres se sont produits. Les grands responsables du groupe
SONATRACH sont conscients que le risque zéro n'existe pas dans ce genre
d'industrie. Cette conscience nous encourage à persévérer
dans notre étude.
Malgré que SONATRACH, a entamé un plan de
destruction totale des installations endommagées par le sinistre de
SKIKDA. Cette initiative n'exclue pas l'ampleur des risques que peut engendrer
le groupe sur les habitats et habitants cités
précédemment, à ce titre un plan de
délocalisation des habitats doit être dirigé en urgence par
tout les intervenant (SONATRACH, Assureur et l'Etat).
III-2
Les conditions indispensables à remplir pour la réussite du
projet de .......... .délocalisation
Un projet de délocalisation, doit se
faire en respectant trois grands principes :
v Le porteur du projet doit Justifier, vis-à-vis de la
population, que la délocalisation des personnes et des biens est
le dernier recours possible, qu'elle ne devient envisageable
que parce que toutes les autres solutions de mitigation ont été
étudiées et ne s'avèrent pas réalisables pour des
critères pouvant être techniques et/ou économiques Il doit
notamment pouvoir démontrer à la population concernée que
les solutions techniques « classiques » ont été
étudiées. En l'absence de garantie pouvant être
apportée sur ce point, le porteur de projet s'expose à un risque
important de rejet, à un moment ou à un autre, par la population
(opposition ponctuelle, association de riverains, etc.), susceptible au mieux
de retarder de façon plus ou moins importante le démarrage de
l'opération de délocalisation.
v Il est indispensable de garder à l'esprit qu'une
opération de délocalisation concerne non pas des terrains ou des
constructions, mais bien des personnes pouvant ressentir un réel
déracinement et pour qui une acquisition immobilière est bien
souvent l'achat d'une vie. La délocalisation d'une population peut ainsi
se heurter à un attachement plus ou moins fort au quartier
sinistré. Il est de ce fait nécessaire de faire sauter
ce verrou psychologique en préservant autant que possible
l'identité de quartier. L'acceptation du départ sera
facilitée si l'ensemble de la population concernée est ré
localisée dans un même secteur, si possible le plus proche
possible, géographiquement et du point de vue de la typologie de
l'habitat, de façon à minimiser la perte de repères et de
faciliter la « greffe ». La création d'une Zone
d'aménagement Concerté peut à ce titre être un outil
foncier intéressant (« reconstruire le quartier à
coté ») en respectant les normes de sécurité ,
permettant de répondre à cette nécessité de
préservation de l'identité de quartier. Quel que soit l'outil, il
faut une volonté forte de la maîtrise d'ouvrage.
v Le projet de délocalisation doit s'appuyer sur
un volet de communication et d'accompagnement social
important, de façon à minimiser les résistances
susceptibles de voir le jour au sein de la population se volet doit se faire
en :
· Expliquer aux personnes concernées quels sont les
risques et les dangers attenants auxquels elles sont exposées, de
façon à permettre une prise de conscience de la situation et
ainsi favoriser une délocalisation sur le mode du volontariat ;
· expliquer à la population quel est le projet de
devenir, quelle est l'ambition en terme d'urbanisme sur le quartier (de
façon à souligner la volonté de valorisation du quartier,
ce qui pourrait inciter les gens à réfléchir par
eux-mêmes aux moyens de réduire leur vulnérabilité)
;
· aider les personnes à partir dans les meilleurs
conditions, non seulement psychologiques mais également
financières : étudier les montages permettant à la
population de se reloger dans des conditions similaires, voire meilleures. Une
implication forte conjointe de la maîtrise d'ouvrage et de la population
est requise
III-3 Présentation du
plan de délocalisation des habitats :
Pour chaque gestionnaire de risque, afin qu'il
prévoit un plan de prévention, doit s'articuler sur
l'identification, la quantification de l'aléa et le plan d'action en
dernier lieu.
Dans notre cas le plan de délocalisation des habitats
comportera trois volets essentiels à savoir :
§ Le recensement exact des habitats installés sur
des gazoducs, et ceux qui sont à proximité des zones
pétrolières sans respecter les périmètres de
sécurité.
§ Le second volet consiste à estimer le coût
de l'habitat dans chaque région.
§ En dernier lieu, délocaliser les habitats en
commençant par les localités les moins touchées par le
risque.
a- Le recensement :
En s'appuyant sur les cartes des canalisations de SONATRACH,
le groupe doit entamer un recensement avec l'aide des collectivités
locales, dans but d'avoir un chiffre exact des habitats et habitants
installés soit à proximité des zones
pétrolières ou bien au-dessus des gazoducs.
Ce recensement permet l'identification avec exactitude du
risque, et aidera les assureurs, managers pour l'élaboration d'un plan
de prévention qui va se répercuter sur la qualité de
couverture en assurance.
b- Estimation du coût de
l'habitat :
Le groupe, avec l'aide du ministère de l'habitat, et
les collectivités locales doivent élaborés un
barème du coût de l'habitation dans chaque région et
commune touchées par l'aléa.
Ce barème permettra au différent intervenants
(assureurs, gestionnaires ...) une approche exacte du coût de l'habitat
sur l'ensemble du territoire national. Cette estimation à pour but de
déterminer la somme réelle allouée au plan de
prévention et de délocalisation des habitats et habitants.
c- Délocalisation des habitats et
habitants :
Après avoir recensé et estimé le coût
de l'habitat, la dernière étape consiste à
délocaliser celui-ci. Pour mieux gérer la situation, SONATRACH,
assistée par ses assureurs et l'Etat, doit tout d'abord bâtir des
habitations correspondant au nombre d'habitats recensés.
Dans ce cas chacun des intervenants doit se mutualiser dans la
valeur de construction des habitations en commençant par les
régions moins touchées, par le risque permanent d'explosion
d'incendie ou toxique, tout en respectant les périmètres de
sécurité.
III-4 L'impact du plan de délocalisation des habitats
au niveau de ...........SONATRACH, habitants, assureurs et
l'Etat:
Le plan de délocalisation des habitats, se
reflète directement sur la sécurité, à la fois, des
installations industrielles, des habitants et sur la maîtrise du risque
en assurance sans oublier son impact sur l'Etat. Donc l'impact sera
divisé en quatre parties :
v Au niveau de SONATRACH :
§ Préserver ses installations contre tout risques,
inhérent des tiers.
§ Réduire le risque de sa responsabilité
civile vis-à-vis des habitants.
§ Sauvegarder les vies humaines.
§ Economiser le coût de l'assurance, en minimisant
les facteurs aggravants.
§ Eliminer tout risque de catastrophe majeure, mettant sa
responsabilité en cause.
§ Poursuite de son activité économique en
toute sécurité.
v Au niveau des habitants :
§ Protéger leur vie contre tout risque
industriel.
§ Se prévenir contre toutes maladies liés
à l'industrie pétrolière et gazière (maladie
pulmonaire, lésion interne et externe ...), qui peuvent ce
transformées en maladie chronique coûteuse en terme de frais et
santé.
§ Préserver leurs bien mobiliers et
immobiliers.
§ Vivre en toute sécurité.
v Au niveau des assureurs :
§ Prévenir l'aléa à la source.
§ Avoir une meilleure appréciation et
maîtrise du risque.
§ Diminuer l'ampleur du sinistre en cas de survenance, ce
limitant seulement aux dégâts matériels.
§ Possibilité d'un meilleur placement sur le
marché international de la réassurance qui devient de plus en
plus chère.
§ Possibilité d'augmenter la rétention
nationale, des compagnies d'assurances, liée au risque de la
responsabilité civile.
v Au niveau de l'Etat :
§ Diminuer l'ampleur d'une catastrophe industrielle
majeure qui devienne de plus en plus coûteuse.
§ Prévenir les maladies chroniques liées
à l'industrie pétrolière en limitant leurs propagations
à la population.
§ Préserver la vie et la sécurité de
la population.
§ Limiter les hémorragies en devise.
III-5 Les effets de la non
délocalisation des habitats :
La non délocalisation a pour effet direct,
l'augmentation du risque, c'est à dire l'augmentation du coût de
l'assurance et la difficulté de placement sur le marché
international de la réassurance.
En cas de survenance, le sinistre sera à la fois
coûteux et difficile à prendre en charge vu son ampleur. Afin de
démontrer cette dernière, la meilleure façon est d'avoir
une idée sur le sinistre maximum possible, en posant différentes
hypothèses chiffrées.
v Première hypothèse : Destruction
totale des habitats et habitants
Qui veut dire ; destruction d'au moins 8 000 habitats qui
sont édifiée sur des gazoducs, sans prendre en
considération ceux qui sont à proximités des zone
pétrolières, et la mort de plus de 28 000 habitants.
Nous savons qu'en Algérie pour déterminer
l'indemnité en cas d'accidents corporels en se réfère au
barème d'indemnité des accidents corporels
automobiles.
En cas de décès l'indemnité sera
calculée comme suit :
Indemnité = Point indiciaire × 100
PI : Le point indiciaire est déterminé sur
le barème.
Pour avoir le PI, il faut avoir le salaire annuel.
D'après le Ministère du Travail et de la
Sécurité Sociale, la moyenne des salaires en Algérie est
de 27 000 DA/mois.
Cette moyenne va nous permettre de déterminer le PI.
Salaire annuel = Salaire mensuel × 12
= 27000 × 12
Salaire annuel = 324 000 DA .
On se référons au barème le PI
correspondant à ce salaire est de 11205.
Donc l'indemnité en cas de décès par
personne est la suivante :
Indemnité par personne = PI × 100
= 11205 ×
100
Indemnité par personne = 1.120.500
DA
Pour trouver en global l'indemnité en cas de
décès nous devons la multiplier par le nombre d'habitants.
Indemnité total décès = Indemnité
par personne × Nombre d'habitants
= 1120500 ×
28000
Indemnité Total Décès =
31.374.000.000 DA
Soit l'équivalent d'environ 420 Millions
de Dollars.
En plus de l'indemnité en cas de décès,
le civilement responsable est dans l'obligation de réparer le
préjudice causé d'après l'article 124 du code civile, donc
d'indemniser les habitations détruites aux ayants droits.
Calcul de l'indemnité des habitations :
Indemnité Total Habitat = Valeur moyenne de l'habitat
× Nombre d'habitats
D'après le Ministère de l'habitat, la valeur
moyenne d'une habitation en Algérie est de 1,2 Millions DA.
Donc :
Indemnité Total Habitat = 1200000 × 8000
Indemnité Total Habitat = 9.600.000.000
DA
Soit l'équivalent d'environ 130 Millions
de Dollars.
Donc :
Indemnité Total = Indemnité Total
Décès + Indemnité Total Habitat
Indemnité Total = 31374000000 + 9600000000
Indemnité Total = 40.974.000.000 DA
Soit l'équivalent d'environ 550 Millions
de Dollars.
Donc dans l'enchaînement de l'hypothèse la
valeur du sinistre maximum possible sera de l'ordre d'au moins 550 Millions de
Dollars.
Remarque : Dans notre étude nous
n'avons pas pris en considération les dommages causés aux
installations de SONATRACH, et ceux des industries et commerces avoisinants.
v Deuxième hypothèse : Destruction
partielle des habitats et habitants
En s'appuyant sur le sinistre de Skikda, nous allons poser
cette hypothèse.
« Il aurait une perte en vie et en matériels
de 30% »
Parmi ces 101 victimes, il y'avait 74 blessés et 27
morts, soit respectivement 74% et 26%.
En appliquant cette approche sur l'ensemble des habitants et
habitats exposés au risque nous trouverons :
Nombre totale des habitants exposés au risque =
28 000
Nombre de victimes = 30% × Nombre d'habitants
exposés au risque
Nombre de victimes = 30% × 28000
Nombre de victimes = 8 400
Sur les 8400, en a 74% blessés et 26% morts.
Donc :
Nombre de blessés = 74% × Nombre de victimes
Nombre de blessés = 6 216
Nombre de blessés = 74%
× 8400
Nombre de morts = Nombre de victimes - Nombre de
blessés
Nombre de morts = 8400 - 6216
Nombre de morts = 2 184
Nombre d'habitats touchés = 30% × Nombre d'habitats
exposés au risque
Nombre d'habitats touchés = 30% ×
8000
Nombre d'habitats touchés = 2 400
Pour le calcul de l'indemnité des victimes
décèdes, nous suivrons la même procédure que dans la
première hypothèse.
Indemnité Total Décès = Indemnité
décès par personnes × Nombre de morts
Indemnité total décès
=2.4447.172.000
Indemnité Total Décès = 1120500
× 2184
Soit l'équivalent d'environ 33
Millions de Dollars.
Pour les victimes blessées la démarche sera
comme suit :
L'indemnité sera identique à celle des accidents
de la circulation routière donc :
- Indemnité au titre de l'ITT (Incapacité
Temporaire ou Total) de travail : elle sera donné par l'expert,
nous la prendrons dans notre hypothèse égale à 5
mois :
Indemnité ITT par personne = 5 mois × Salaire
moyen
= 5 × 27000
Indemnité ITT par personne = 135. 000 DA
- Indemnité au titre de l'IPP (Incapacité
Permanente ou Partiel) : nous la prendrons à 50% en moyenne.
Indemnité IPP par personne = PI × 50
(PI : Point Indiciaire sera le même que dans la
première hypothèse)
Indemnité IPP par
personne = 11205 × 50
Indemnité IPP par personne = 560.250 DA
- Pretium Doloris : nous supposons que c'est un Pretium
Doloris moyen donc :
Indemnité Pretium Doloris par personne = Salaire
National Minimum Garantie × 2
= 12000 × 2 =24.000
Indemnité Pretium Doloris par personne = 24.000 DA
- Frais Médicaux et Pharmaceutiques nous les estimons
à environs 5000 DA par personne.
Donc :
Indemnité blessé par personne = Indemnité
ITT par personne + Indemnité IPP par personne + Indemnité
Pretium Doloris par personne+ Frais Médicaux et Pharmaceutique
Indemnité blessé par personne =
135000+560250+24000+5000
Indemnité blessé par personne = 724.250 DA
Se qui va nous donnés pour l'ensemble des
blessés sera le suivant :
Indemnité Total blessé = Indemnité
blessé par personne × Nombre de blessé
= 724250 ×
6216
Indemnité Total blessé = 4.501.938.000
DA
Soit l'équivalent de 60 Millions de
Dollars.
Pour les habitats :
Indemnité Total Habitat = Valeur moyenne Habitat ×
Nombre d'habitat touchée
= 1200000 ×
2400
Indemnité Total Habitat = 2.880.000.000
DA
Soit l'équivalent de 39 Millions de
Dollars.
Donc l'indemnité total pour cette hypothèse sera
comme suit :
Indemnité Total = Indemnité Total Blessé +
Indemnité Total Décès + Indemnité Total Habitat
=
4501938000+2447172000+2880000000
Indemnité Total = 9.829.110.000 DA
Soit l'équivalent de 132 Millions de
Dollars.
D'après la deuxième hypothèse, le
sinistre maximum possible est de l'ordre de 132 Millions de Dollars ;
cette somme n'inclue pas les industries et commerces en proximité avec
SONATRACH.
En posant n'importe quelle hypothèse le risque existe
mais l'ampleur du sinistre varie selon les cas. Dans tous les cas de figure,
des vies humaines sont menacés et la maîtrise d'une catastrophe
industrielle majeure sera difficile à prendre en charge par SONATRACH,
les assureurs et l'Etat en cas de survenance.
La solution est de s'engager dans le plan de
délocalisation des habitats au lieu de dépenser des frais en plus
et causer des pertes humaines considérables en cas de réalisation
d'aléa, donc il est raisonnable de prévenir le risque,
que de le subir.
![]()
A la lumière des développements qui
précèdent, il ressort nettement que le mouvement d'urbanisation
tel qu'il s'est engagé et développé, sera source de
risques multiformes et facteur d'amplification considérable lors de la
survenance d'aléas industriels.
Le risque énergie se caractérise par sa
complexité, par la technologie qu'il emploie et la concentration des
valeurs puisque la dernière des raffinerie coûte presque un
milliard de dollars. Ce sont des valeurs très importantes, et lorsqu'il
y a des dommages ou des sinistres qui touchent les installations
pétrolières ainsi que leurs entourage , les coûts se
chiffrent par millions de dollars. C'est la raison pour laquelle il y a un
travail qui se fait en permanence entre les propriétaires de ces
installations, à l'exemple de Sonatrach, les assureurs et les
réassureurs qui agissent en amont par la prévention et la
sensibilisation en vue d'éviter les catastrophes ou du moins de les
réduire au maximum.
Les tableaux non exhaustifs indiquant les sites où se
situent des constructions sur des gazoducs, et /ou prés des zones et
installations pétrolières et gazières, interpellent
à plus d'un titre et signalent que des zones entières seront
tôt ou tard l'épicentre de graves dangers.
A l'évidence, si l'on veut tirer les enseignements
utiles de la période écoulée, éviter les
dérives qu'a connue l'aménagement du territoire et le mouvement
d'urbanisation, afin de réduire au maximum la survenance d'une
catastrophe industrielle majeure, l'Etat assisté par SONATRACH et les
assureurs doivent veiller au respect des normes de constructions et
périmètres de sécurité.
Si des actions énergiques, cohérentes et
novatrices ne sont pas prises dans l'immédiat, le processus
d'urbanisation, tel que décrit, ira en s'aggravant et compromettra par
ses multiples répercussions le développement durable de l'Etat et
tous les intervenants (SONATRACH assisté par ses assureurs).
Dans le cadre d'une bonne prévention, il s'agit de se
placer, non seulement avant que les catastrophes ne se produisent, mais aussi
après qu'elles se soient produites pour imaginer ce qu'il faut faire
dans cette éventualité.
En d'autres termes, il s'agit tout simplement de
considérer la nécessité d'une politique cohérente
de gestion des catastrophes, en complément de celle qui a pour mission
première de les éviter.
Il s'agit enfin, sachant que les catastrophes industrielles
sont redoutables et justement redoutées, d'avoir à l'esprit
toutes les conséquences au plan sociétal, car c'est souvent la
frange de la population la plus indigente, résidant dans les zones
d'habitat précaire, qui subit les dommages les plus
irréparables.
En tout état de cause, une activité permanente
de veille stratégique, de repérage, de constitution de bases
de données fiables, d'évaluation des tendances et des
risques , permettra de prendre la juste mesure de la pertinence des
stratégies concertées.
Cette approche nouvelle à caractère
systémique intégrant les courts, moyens et longs termes, doit
viser de façon continue le renforcement et l'adaptation des structures
d'encadrement chargées de l'urbanisation et de l'aménagement du
territoire, gages de sécurité et de quiétude.
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· Débat national sur les risques industriels,
octobre décembre 2001. Rapport à Monsieur le Premier Ministre par
Philipp Essig. Janvier 2002. France.
· Rapport sur l'urbanisation et les risques industriels
et naturels, Protection Civile -MICL /DGPC. 2003.
· Rapports de conjoncture sur la question de l'habitat et
de l'urbanisme. Conseil National Economique et Social CNES 2005.
· Guide technique et juridique sur les risques
technologiques liés aux activités industrielles (Ministère
d'Aménagement du Territoire et de l'Environnement).
·
Documents interne de la Compagnie Algérienne d'Assurance (CAAT).
· Documents interne de la CASH
· Documents interne de SONATRACH.
· Barème d'indemnisation des accidents corporels de
la circulation ordonnance 74-15 du 30 Janvier 1974 relative à
l'assurance automobile.
· Rapport du Ministère du travail et la
sécurité sociale sur l'état du salaires en Algérie
2005.
· Revus sigma et Atlas Magazine.
· Images GoogleEarth et quick bird
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