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Impact de la gestion participative sur les densités et effectifs des populations animales dans l'unité technique opérationnelle de la Benoue au Nord-Cameroun: Cas des ZIC N?°1 et 4 et du Parc National.


par Maurice MENDJEMO
Université de Liège - Master Complémentaire en Gestion des Ressources Animales et Végétales en Milieux Tropicaux 2009
Dans la categorie: Géographie
   
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    IMPACT DE LA GESTION PARTICIPATIVE SUR

    LES DENSITES ET EFFECTIFS DES

    POPULATIONS ANIMALES DANS L'UNITE

    TECHNIQUE OPERATIONNELLE DE LA

    BENOUE AU NORD-CAMEROUN :

    Cas des ZIC N°1 et 4 et du Parc National.

    MENDJEMO MAURICE

    MEMOIRE PRESENTE EN VUE DE L'OBTENTION DU DIPLOME
    DE MASTER COMPLEMENTAIRE EN GESTION DES RESSOURCES
    ANIMALES ET VEGETALES EN MILIEUX TROPICAUX
    Filière gestion de la faune

    ANNEE ACADEMIQUE 2008-2009

    (c) Toute reproduction du présent document, par quelque procédé que ce soit, ne peut être réalisée qu'avec l'autorisation de l'auteur et du promoteur.

    Le présent document n'engage que son auteur.

    REMERCIEMENTS

    Cette formation n'aurait été possible sans le financement de la commission universitaire pour le développement (CUD) à qui je rends un hommage mérité.

    Je remercie l'Université de Liège (Faculté de médecine vétérinaire) et la Faculté Universitaire des Sciences Agronomiques de Gembloux qui m'ont permis de réaliser ce travail

    Je me dois également de témoigner ma reconnaissance au Dr. Jean-Luc Hornick qui a bien accepté d'être le promoteur de ce travail nonobstant ses multiples occupations et pour son suivi tout au long de cette formation.

    Que tous les enseignants du Master complémentaire en gestion des ressources animales et végétales en milieux tropicaux trouvent ici l'expression de ma reconnaissance pour leur savoir partagé. J'en ferai bon usage.

    Un merci particulier au Dr. Marie Malice, et à mesdames Hélène Crahay et Valérie Jaumin pour leur suivi quotidien tout au long de cette formation.

    Merci à tous mes camarades du Master complémentaire en gestion des ressources animales et végétales en milieux tropicaux (GRAVMT) et plus particulièrement à Mathias Affoukou, Ibrahim Madougou, Annabelle Daburon et Aloys Nijimbéré pour nos précieuses collaborations.

    Je ne peux manquer de témoigner ma reconnaissance à :

    - Samuel C. Tsakem pour toute sa contribution pour ce travail. Merci Samuel pour ta bonne volonté, ta précieuse collaboration et ton esprit de partage.

    - Charlotte Cheumani Noudjieu pour sa disponibilité, la relecture et la réorganisation de ce document et pour toute sa contribution pour mon bien être ; Charlotte, je ne peux assez te remercier. gros bisou.

    - Georges Chekuimo pour toute notre amitié et ses multiples services rendus pour la recherche de mon bonheur.

    - André Monkam, mon premier employeur pour sa confiance renouvelée depuis de nombreuses années.

    - Félix Ngonpa et Adonis Touko pour leur soutient permanent.

    - ma petite famille dont Mendjemo Ngangom Gérard Ledoux, Mendjemo Gnegueu, Mendjemo

    Kameni, Ndouanou Mireine et Cheumani Noudjieu Charlotte pour avoir pu supporter mon

    absence physique tout au long de cette formation. Merci pour le soutien incommensurable. Que tous ceux qui de près ou de loin ont mimé un seul instant pour mon épanouissement trouvent ici l'expression de ma profonde gratitude.

    SIGLES ET ACRONYMES

    ADMADE: Administrative Management Design for Game Management Areas

    AP : Aires protégées

    CAMPFIRE : Communal Area Management Programme for Indigenous Resource CVF : Comité villageois de la faune

    Ha : Hectare

    IKA : Indices kilométriques d'abondance

    MINDAF : Ministère des domaines et des affaires foncières.

    MINEP : Ministère de l'environnement et de la protection de la nature

    MINFOF : Ministère des forêts et de la faune

    Pdf : probability of detection function PN : Parc National

    PNBé : Parc National de la Bénoué

    PNUD : Programme des nations unies pour le développement

    SNV: Organisation néerlandaise pour le développement

    SODECOTON : Société de développement du coton

    UCVF : Union des comités villageois de la faune

    UTO : Unité technique opérationnelle WWF: world wide fund for nature

    ZIC : Zone d'intérêt cynégétique ZUM : Zone à usage multiple

    Sommaire

    REMERCIEMENTS II

    SIGLES ET ACRONYMES III

    SOMMAIRE IV

    RESUME VI

    ABSTRACT VII

    CHAPITRE PREMIER : INTRODUCTION 1

    1.1. CONTEXTE 1

    1.2. PROBLEMATIQUE 1

    1.3. OBJECTIFS DE L'ETUDE 2

    1.3.1. Objectif global 2

    1.3.2. Objectifs spécifiques 3

    CHAPITRE II : PRESENTATION DE LA ZONE D'ETUDE 4

    2.1. PRESENTATION GENERALE 4

    2.1.1. Localisation géographique et administrative 4

    2.1.2. Climat 6

    2.1.3. Géomorphologie, formations géologiques et sols 7

    2.1.4. Hydrographie et hydrologie 7

    2.1.5. Végétation et flore 8

    2.1.6. Faune 8

    2.1.7. Historique de l'UTO de la Bénoué 9

    2.1.8. Caractéristiques socioculturelles et démographique de la zone d'étude 10

    2.1.9. Caractéristiques économiques de la zone d'étude 12

    CHAPITRE III : REVUE DE LA LITTERATURE 13

    3.1. GESTION PARTICIPATIVE DES RESSOURCES NATURELLES : EVOLUTION DANS LE TEMPS 13

    3.2. QUELQUES EXEMPLES DE GESTION PARTICIPATIVE 14

    3.2.1. Cas de l'ADMADE en Zambie : Administrative Management Design 14

    3.2.2. Cas du programme CAMPFIRE au Mozambique : Communal Area Management Programme for

    Indigenous Resource 15

    3.2.3. Cas de NAZINGA au Burkina Faso 16

    3.2.4. Cas du «CONSERVANCY PROGRAMME» en Namibie 17

    3.2.5. Cas des Projets Waza Logone et Korup au Cameroun 18

    3.3. IMPORTANCE FAUNIQUE DANS L'UTO DE LA BENOUE 18

    CHAPITRE IV : MATERIEL ET METHODES 20

    4.1. DENOMBREMENT DE LA FAUNE 20

    4.1.1. Matériel 20

    4.1.2. Approche méthodologique utilisée 20

    4.1.3. Matérialisation des transects 22

    4.1.3. Données collectées 22

    4.2. ANALYSE DES DONNEES 23

    4.2.1. Estimation de densité 24

    4.2.2 Calcul des indices kilométriques d'abondance (IKA) 25

    4.2.3. Distribution des animaux et activités humaines. 25

    4.2.4. Structure d'âge et de sexe des animaux 26

    4.3. ANALYSE DES SYSTEMES DE COGESTION DEVELOPPES DANS LES ZIC 1 ET 4 26

    4.4. PROPOSITION DES MESURES COMPLEMENTAIRES D'ATTENUATION ET/OU DE BONIFICATION DU

    SYSTEME DE COGESTION MIS EN PLACE. 26

    CHAPITRE V : RESULTATS ET DISCUSSIONS 27

    5.1. SITUATION ACTUELLE DE LA FAUNE DANS LES ZIC 1 ET 4 27

    5.1.1. Effectifs et densités des populations animales 27

    5.1.2. Indice kilométrique d'abondance des espèces observées 29

    5.1.3. Evolution des densités, effectifs et de l'abondance relative des principales espèces depuis 1975 31
    5.1.4. Structure d'âge et sexe des animaux 32

    5.2. NOUVELLE GEOMETRIE DE LA GESTION PARTICIPATIVE ET DE PRESERVATION DE LA FAUNE 33

    5.2.1. De la gestion coercitive à la cogestion 33

    5.2.2. Faiblesses du système de cogestion mis en place 34

    5.2.3. Echelle limite d'implication des communautés locales à la gestion des ZIC 35

    5.3. DEVELOPPEMENT D'ALTERNATIVES AU BRACONNAGE : PROMOTION DE L'ELEVAGE DU GIBIER 36

    5.4. TRANSFORMATION D'UNE DES ZIC EN GAME FARMING POUR UNE RENTABILITE PLUS ACCRUE 38

    5.5. OBSTACLES POSSIBLES A L'ELEVAGE NON CONVENTIONNEL ET AU GAME RANCHING DANS LA ZONE 38

    CONCLUSION 40

    REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES 41

    ANNEXES 45

    Liste des tableaux

    Tableau I : Diversité des espèces animales observées dans la zone. 27

    Tableau II : Densité et effectif des animaux suffisamment représentés dans le PNBé et les ZIC 1&4 28

    Tableau III : Valeur d'IKA pour les espèces de faibles densités observées dans la zone en comparaison avec celles obtenues en 2006 dans la même zone 30 Tableau IV : Comparaison des densités animales et des effectifs de quelques grands mammifères dans la zone entre 1975 et 2008 31 Tableau V : Structures des groupes, rapport jeune/adulte et rapports de sexe de quelques mammifères

    du PNBé 33

    Tableau VI : Développement de l'aulacodiculture au Cameroun de 2002 à 2007 36

    Tableau VII : Bilan de flux d'une aulacodiculture au Burkina-Faso (Ferme de démonstration de Wédbila) 37

    Liste des figures

    Figure 1 : Localisation de l'UTO de la Bénoué dans le réseau d'aires protégées du Nord Cameroun 5

    Figure 2 : Localisation du Parc National et des ZIC de l'UTO de la Bénoué 6

    Figure 3 : Exemple simplifié de la méthode de dénombrement par transect linéaire 21

    Figure 4 : Disposition du réseau de transects dans les quadrats de 5x5km 22

    Figure 5 : Courbe de détectabilité des espèces dans le PNBé et les ZIC 1 & 4 25

    Figure 6 : Proportion des animaux suffisamment représentés dans le PNBé et les ZIC 1&4 29

    RESUME

    Ce travail s'appuie sur l'hypothèse de recherche selon laquelle le processus de cogestion doit contribuer à l'accroissement des effectifs fauniques dans le parc national de la Bénoué et les zones d'intérêt cynégétique (ZIC) 1 et 4 au Nord Cameroun. Actuellement, on constate que la diminution voire la disparition de nombreuses espèces progresse malgré le processus de cogestion amorcé. La gestion participative est-elle donc réellement un outil de conservation approprié et a-t-elle un impact sur le maintien ou l'augmentation des densités et effectifs animales ?

    L'impact de la gestion participative des ZIC 1 et 4 sur les densités des populations animales dans l'unité technique opérationnelle de la Bénoué a été évalué par comparaison des données d'inventaires réalisées les années antérieures avec celles réalisées en Février 2008 par le Fond Mondial pour la Nature (WWF) selon la méthode de transect linéaire. Les densités de 8 espèces suffisamment observées d'après le programme distance ont seulement pu être estimées. La richesse spécifique de la zone est estimée à environ 26 espèces de grands et moyens mammifères et le Cob de Buffon (Kobus kob kob) représente 36% des effectifs fauniques dans le parc et les ZIC 1 et 4. Malgré la cogestion, la disparition des espèces phares de la chasse sportive et du tourisme de vision demeure encore préoccupante.

    Pour atteindre ses objectifs, la cogestion nécessite que des alternatives au développement du braconnage, cause principale de la disparition des espèces fauniques, soient identifiées. Ainsi, le développement de l'aulacodiculture est susceptible de rapporter des revenus complémentaires substantiels aux populations. D'autre part, la transformation d'une des zones d'intérêt cynégétique en game ranching permettrait de réintroduire des espèces déjà disparues comme le rhinocéros.

    Mots clés : Cogestion, Zone d'intérêt cynégétique, Parc national de la Bénoué, Densité faunique, Cameroun.

    ABSTRACT

    This work is based on the hypothesis that the participative management process should contribute to the wildlife increase in the Benoue national park and hunting zones 1 and 4 of North Cameroon. Actually, the reduction or even disappearance of many species keeps on despite the start of the joint management process. The question is raised whether management is really an appropriate tool for conservation and if participative management has impact on maintaining or increasing animal densities.

    The impact of participative management of ZIC 1 and 4 on the densities of animal populations in the Benoue operational technical unit was assessed by comparing data from inventories carried out in February 2008 by the World Wide Fund for Nature (WWF) according to the line transect method and data from previous years. The densities for 8 species only were assessed according to the «Distance» program. The species richness of the area is estimated at around 26 species of large and medium mammals, the Cob Buffon (Kobus kob kob) representing 36% of wildlife in the park and in ZIC 1 and 4. Despite the participative management, the disappearance of flagship species from games hunting and tourism still remains worrisome.

    To achieve its objectives, the joint management requires to identify alternatives to the development of poaching -which is the major cause of the disappearance of wildlife species. Thus, the development of the grasscutter breeding is likely to yield substantial complementary revenues to people. Moreover, forest administration might transform hunting zones in game ranching, allowing to reintroduce species already extincted like rhinoceros.

    Keywords: Joint management, Hunting, Benoue National Park, Wildlife, Cameroon

    CHAPITRE PREMIER : INTRODUCTION

    1.1. Contexte

    L'homme, a toujours tiré les ressources dont il a besoin pour sa subsistance - bois de chauffage, gibier, produits pour la pharmacopée traditionnelle, ... - du milieu naturel (Barrère, 1992). Leur exploitation était jadis sans danger notoire pour la conservation de la biodiversité car le taux de prélèvement était compatible avec leur caractère renouvelable (Faucheux, 1990).

    Le taux d'accroissement annuel moyen de la population humaine, estimé à 1,9% en 1950, a été évalué à 2,3% entre 2000-2005 (UNDP, 2008). Avec une telle démographie, la diminution des ressources naturelles, notamment les ressources fauniques, s'accentue (Deraime, 1993).

    Ainsi, au Cameroun, la population de Rhinocéros noir (Diceros bicornis longipes) était estimée à 2000 dans les années 1960 et à environ 18 individus en 1998 (Brett, 1998) ; aujourd'hui, cette espèce a déjà disparu dans la région (WWF, 2007).

    En outre, la population d'éléphants (Loxodonta africana africana) a fortement chuté au cours de la deuxième moitié du XXième siècle bien qu'elle connaisse une certaine stabilité depuis 1998 (UICN, 2007). En 1979, le nombre d'éléphants en Afrique était estimé à 1,3 millions d'individus ; en 1995, l'effectif total n'était compris qu'entre 300.000 et 600.000 individus (Robinet, 1998). L'effectif actuel se situe entre 470.000 et 690.000 (UICN, 2007).

    Selon Depierre et Vivien (1992), les parcs nationaux (PN) et autres aires protégées constituent la solution idéale pour la sauvegarde de la biodiversité. Autour des trois parcs nationaux que compte la Région du Nord Cameroun à savoir les PN de la Bénoué, de Bouba Ndjida et du Faro, près de 27 zones d'intérêt cynégétique (ZIC) y ont été créées.

    Une ZIC, telle que définie par la loi N° 94 / 01 / du 20 Janvier 1994 portant régime des forêts, de la faune et de la pêche, est « une aire protégée, réservée à la chasse, gérée par l'administration chargée de la faune, une personne physique ou morale, une collectivité publique ou locale et dans laquelle toute chasse est subordonnée au payement d'un taux fixé par la loi de finance ». Trois ZIC (1, 4 et 6) créées par Arrêté N°0580/A/MINEF/DFAP/SDF/SRC du 27 août 1998, ont été identifiées comme zones pilotes où pourront être conduits des essais de gestion participative ou cogestion de la faune entre les populations locales et l'administration forestière (Koulagna et al., 1996). Ce n'est que depuis 2004 que les ZIC 1 et 4 sont en cogestion tandis que la ZIC 6 a été déclassée du fait de son anthropisation par décision du MINFOF en 2007.

    1.2. Problématique

    Des questionnements du genre « pourquoi, pour qui et comment protéger? » reviennent très souvent dans le milieu paysan et inhibent tout élan en faveur de la conservation et de la gestion durable des ressources naturelles.

    L'essentiel des problèmes de gestion des ZIC réside dans leur maîtrise foncière par une population qui considère le classement des ZIC comme une forme d'expropriation les mettant écologiquement en danger (De la Mettrie, 1990).

    L'unité technique opérationnelle (UTO) de la Bénoué se caractérise par un écosystème fragile, une forte densité des populations et une forte pression foncière. Elle est soumise aux effets néfastes de la sécheresse, exacerbée notamment par la déforestation et l'érosion des sols. Sous l'effet des changements climatiques, de l'augmentation de la pression humaine et des pratiques culturales et d'élevage extensif, les ressources en eau sont menacées par la dégradation des berges, la pollution, l'envasement, l'eutrophisation et les perturbations du régime hydrauliques (MINEP et PNUD, 2006).

    Les pratiques de pêche inadaptées, dont notamment la construction de canaux de pêche et l'utilisation des produits toxiques (Tsakem, 2006), menacent le potentiel de la faune aquatique et contribuent à l'assèchement rapide de la plaine inondable avec pour conséquences des dysfonctionnements hydrologiques, qui influent directement sur certaines activités socio-économiques qui en dépendent, à l'instar de la pêche dont la baisse des rendements est estimée à plus de 90% (Noordji, 1988 ; MINEP et PNUD, 2006).

    Le passage répété des feux de brousse et la persistance de la pratique des feux de brousse tardifs ont également un effet néfaste sur la végétation dont la croissance est fortement affectée avec pour conséquence l'appauvrissement de la composition floristique et la disparition du couvert végétal et donc de la faune.

    La prise de conscience de l'importance de l'implication des communautés locales à la gestion de leur patrimoine a conduit l'administration forestière camerounaise à tester depuis 1998 des méthodes de cogestion dans les ZIC 1 et 4. C'est l'objet de la présente étude.

    Malgré les efforts fournis par le Gouvernement camerounais en matière de conservation des ressources naturelles, à travers la signature des Conventions, des Accords et Traités, et l'élaboration d'un certain nombre de textes législatifs et réglementaires, la diminution voire la disparition de nombreuses espèces continue. N'est-il donc pas temps d'évaluer les effets de la participation des populations à la gestion des aires protégées ? La gestion participative est-elle réellement un outil de conservation approprié ? En somme, la gestion participative a-t-elle un impact sur le maintien ou l'augmentation des densités animales ? Les réponses à ces questions doivent être trouvées de toute urgence afin de décider dans un délai très proche de la meilleure approche de gestion qui garantit la sauvegarde de la biodiversité par les populations.

    1.3. Objectifs de l'étude 1.3.1. Objectif global

    + Evaluer l'impact de la gestion participative sur les densités et effectifs des populations animales dans le parc national de la Bénoué et les ZIC 1 et 4.

    1.3.2. Objectifs spécifiques

    + Faire un diagnostic de l'état actuel des populations animales (statut des espèces, répartition, importance quantitative) ;

    + Analyser les systèmes de cogestion développés dans les ZIC 1 et 4 ;

    + Proposer des mesures complémentaires d'atténuation des impacts et/ou d'amélioration du système de cogestion mis en place en vue d'améliorer la gestion durable de la faune dans la zone.

    CHAPITRE II : PRESENTATION DE LA ZONE D'ETUDE

    2.1. Présentation générale

    2.1.1. Localisation géographique et administrative

    L'UTO de la Bénoué englobe le parc national de la Bénoué (PNBé) et huit zones d'intérêts cynégétiques (ZIC) adjacentes (1, 2, 3, 4, 5, 7, 9 et 15) tels que les montrent les cartes n°1 et 2. Cette UTO se trouve dans la Région du Nord située entre 8° et 10° de latitude Nord et entre 12° et 16° de longitude Est. Elle couvre les départements de la Bénoué, du Rey Bouba, de Mayo Rey.

    Le PNBé créé en 1968 couvre une superficie de 180.000 ha et jouit d'un statut de protection intégrale. Il est limité au nord par les cours des Mayo Ladé et Laindelaol, au sud par le cours du Mayo Dzoro, à l'est par le cours du fleuve Bénoué, et à l'ouest par la route nationale N°1 Ngaoundéré - Garoua, le village Banda et le cours du Mayo Salah et du Mayo Ladé. Les ZIC N°1 et 4 situées à l'ouest de l'UTO de la Bénoué couvrent respectivement 39.552 et 40.640 ha. Leurs limites sont définies par l'arrêté N°0580/A/MINEF/DFAP/SDF/SRC du 27 août 1998.

    La ZIC N°1 localisée dans l'arrondissement de Rey Bouba est limitée au nord par le Mayo Wani, les villages Dogba et Bouk, à l'est par le village Banda (vers le sud), au sud par les villages Banda et Nigba, et à l'ouest par le village Nigba et le Mayo Wani. La ZIC N°4 est localisée dans le département de Mayo Rey et limitée au nord par le village Gouna et la route nationale N°1 GarouaNgaoundéré, à l'est par l'ancienne piste allemande, au sud par les villages Banda, Guidjiba et Dogba, et à l'ouest par le village Gouna.

    Figure 1 : Localisation de l'UTO de la Bénoué dans le réseau d'aires protégées du Nord Cameroun

    Par : Endamana D, Etoga G. WWF Savanes, 2006.

    Figure 2 : Localisation du Parc National et des ZIC de l'UTO de la Bénoué

    2.1.2. Climat

    L'UTO de la Bénoué et ses environs bénéficient d'un climat soudano-guinéen. Ce climat se caractérise par une saison sèche (4,5 mois) allant de novembre à Mars et une saison de pluie (6,7 mois) allant d'avril à octobre. La moyenne pluviométrique corroborée par les archives de la station de Buffle-Noir la plus proche était d'environ 1.400 mm / an dans les années 1998 ; les mois les plus pluvieux étant Août et Septembre avec 352,5 et 362,5 mm de pluie respectivement (Mendjemo, 1998).

    L'analyse de la variation des précipitations moyennes annuelles montre une tendance à la sécheresse. Par ailleurs, les risques liés à la pluviométrie concernent la grande variabilité de la pluviométrie dans l'espace et dans le temps et l'agressivité des pluies. Ces contraintes climatiques contribuent, pour beaucoup, à l'exacerbation du processus de désertification dans cette zone (MINEP et PNUD, 2006). Les températures moyennes diurnes sont voisines de 28°C, avec des écarts thermiques (7,7°C) très importants.

    2.1.3. Géomorphologie, formations géologiques et sols

    La topographie de l'UTO de la Bénoué est formée d'une succession de collines séparées par de vallons à fonds évasés, souvent érodés ou ravinés. Elle est caractérisée par un relief relativement accidenté comprenant un ensemble de massifs localement appelés « Hossérés », dont l'altitude minimale est de 220 m et la maximale de 759 m au niveau de Mbana. Ces hossérés sont séparés par des plaines plus ou moins vastes (Dirasset et al., 2000).

    Deux principales formations géologiques dominent le bassin de la Bénoué : il s'agit du socle granito-gneissique et des alluvions fluviales (Brabant et al., 1985). Les roches grenues acides prédominent dans la région.

    La carte des sols de la Région du Nord éditée par l'ORSTOM (Brabant et Gavaud, 1985) indique que le PNBé et ses zones périphériques sont constitués essentiellement de régosols et de lithosols. On y trouve également des sols ferrugineux qui constituent environ 60% des sols cultivés de la Région. Ils ont une faible teneur en argile, souffrent d'un lessivage important et leur structure est peu développée en surface avec un horizon sablo-argileux en profondeur. Ces sols sont acides avec un pH compris entre 5 et 6.

    2.1.4. Hydrographie et hydrologie

    L'UTO de la Bénoué fait partie du Bassin de la Bénoué arrosé par le fleuve Bénoué qui constitue le principal affluent du Bassin du Niger et l'unique cours d'eau permanent de la zone. Le réseau hydrographique du Bassin de la Bénoué est de moindre importance et de type saisonnier.

    Le régime hydrologique des principaux cours d'eau est marqué par le climat soudano-guinéen avec comme principales caractéristiques des débits élevés, des crues annuelles brutales, des étiages très prolongés et un écoulement saisonnier localement appelé Mayo ou cours d'eau saisonniers dont les Mayo Sala, Altou, Wani et Konwa.

    Le régime des cours d'eau est davantage lié à l'importance de la durée de la saison sèche et/ou à la durée/intensité de la saison des pluies, ainsi qu'à un ensemble de facteurs variables relatifs à l'état du sol. La hauteur et la durée des crues sont localement très importantes pour les cultures de décrue et pour les activités agro-sylvo-pastorales d'une manière générale. Ces ressources en eau sont complétées

    par des retenues d'eau vitales pour la population, au rang desquels le barrage de Lagdo, le barrage de Maga et le Lac Tchad.

    2.1.5. Végétation et flore

    D'après le profil environnemental réalisé en 2004, la végétation de la zone soudano-sahélienne est composée des steppes arbustives soudano-sahélienne de la région de Garoua, des savanes arbustives de la vallée de la Bénoué, des savanes médio-soudaniennes sur sols plus ou moins caillouteux (ERE Développement, 2009).

    La flore est dominée par les savanes soudanaises avec une présence de galeries forestières qui jonchent les lits des cours d'eau (Letouzey, 1968). Ce sont des facteurs qui favorisent l'habitat de la faune sauvage et qui font de l'UTO de la Bénoué et ses environs un gîte par excellence pour les animaux.

    Les espèces herbacées et ligneuses de la savane ont de multiples usages : bois de chauffe, matériaux de construction, outils, meubles, produits de cueillette, pharmacopée, etc. La production du bois de feu et de charbon constitue dans la région, la plus importante forme d'exploitation des espèces ligneuses. Cette exploitation est stimulée par une forte demande au niveau des centres urbains. Les espèces les plus appréciées sont : Anogeissus leiocarpus, Dalbergia melanoxylon, Acacia seyal, Dichrostachys cinerea, Balanites aegyptiaca (Mendjemo, 1998). La surexploitation des ressources ligneuses a induit une forte dégradation du couvert végétal, voire leur raréfaction, ainsi que la modification des écosystèmes et une importante perte en biodiversité. Les trajectoires naturelles de ces formations suivent désormais une dynamique régressive.

    2.1.6. Faune

    L'UTO de la Bénoué constitue une région représentative de la diversité animale des savanes d'Afrique Centrale. Elle abrite de nombreuses espèces et populations de mammifères, d'oiseaux et de poissons. Plus de 26 espèces appartenant à 11 familles ont été recensées dans le PNBé (WWF et FAC, 1998). Les mammifères grands et moyens sont les plus représentés et comprennent principalement : les bubales (Alcelaphus buselaphus major), les élands de Derby (Taurotragus derbianus), les hippotragues (Hippotragus equinus), les buffles (Syncerus caffer caffer), les reduncas (Redunca redunca), les cobes Defassa (Kobus defassa), les cobes de Buffon (Kobus kob kob), les guibs harnachés (Tragelaphus scriptus), les ourébis (Ourebia ourebi), les céphalophes à flancs roux (Cephalophus rufilatus), les phacochères (Phacochoerus africanus), les hippopotames (Hippopotamus amphibus), les éléphants (Loxodonta africana africana), les lions (Panthera leo), les hyènes tachetées (Crocuta crocuta), les patas (Erythrocebus patas), les cynocéphales (Papio anubis), les colobes à manteau blanc (Colobus guereza) et les singes verts (Cercopithecus aethiops). Certaines espèces de

    carnivores telles que les lycaons (Lycaon pictus) et les panthères (Panthera pardus) sont en voie de raréfaction tandis que le rhinocéros noir (Diceros bicornis longipes) a été éliminé du PNBé et l'élan de Derby menacé.

    L'avifaune comprend plus de 306 espèces (Dowsett-Lemaire et Dowsett, 1999). Les principales sont : le touraco (Tauraco leucolophus), l'oie de Gambie (Plectropterus gambensis), le busard des roseaux (Circus aeruginosus), le coucal du Sénégal (Centropus senegalensis), le héron garde-boeufs (Bubulcus ibis), le héron goliath (Ardea goliath), les tourterelles (Streptopelia sp.), l'ombrette (Scopus umbretta), le francolin (Francolinus bicalcaratus) et la pintade commune (Numida meleagris). Par ailleurs les espèces telles que la cicogne (Ciconia sp.), le jabiru d'Afrique (Ephippiorhynchus senegalensis) et l'ibis sacré (Threskiornis aethiopicus) sont en voie de disparition de la région.

    La faune aquatique de la zone est riche et diversifiée mais reste sous la dépendance de l'unique fleuve Bénoué. Ce fleuve offre aux populations toute une gamme de variétés de poissons : le hareng (Pellonula miri), l'hétérotis (Heterotis niloticus), le clarias (Clarias albopunctatus, C. anguillaris, C. gariepinus), le tilapia (Tilapia rendalli, T. zillii), le tetraodon (Tetraodon lineatus), le barbeau (Barbus spp.), les poissons-chats (Auchenoglanis biscutatus, A. occidentalis), le binga (Hydrocinus vittatus, H. brevis, H. forskalli) (Tsakem, 2006). Malgré la grande diversité des poissons qu'on y trouve (Vivien, 1991), deux espèces seulement (le binga et le capitaine) sont très prisées des touristes pour la pêche sportive.

    Les activités de développement menées par les populations locales (agriculture, chasse, etc.) ont des conséquences non négligeables sur la biodiversité de la région. Elles contribuent à la diminution des habitats des animaux et à la dégradation de la forêt. Ces impacts négatifs pourraient s'accentuer avec l'exploitation du bois de chauffe et le développement des routes.

    En effet, si la biodiversité de la zone n'est pas exploitée de façon durable et rationnelle, elle risque de compromettre leur équilibre et leur pérennité dans un avenir proche, à moins que des mesures appropriées soient prises.

    2.1.7. Historique de l'UTO de la Bénoué

    A l'époque précoloniale, la zone actuellement occupée par le PNBé et sa périphérie était utilisée par le Lamido (autorité traditionnelle suprême) de Rey-Bouba comme son domaine privé de chasse. Sous l'impulsion de l'administrateur colonial Pierre Flizot, une partie de ce domaine fut classée "réserve de la faune de la Bénoué" suivant l'arrêté N° 341/32 du 11 novembre 1932 du haut commissaire de la république française au Cameroun. Afin de limiter la pression sur les ressources naturelles, l'arrêté N° 120/SEDR du 5 décembre 1968 érigea ce domaine en "Parc National de la Bénoué". L'UNESCO classa en 1981, le PNBé dans la liste des réserves de la Biosphère en raison de la présence humaine autour du parc et son premier plan d'aménagement fut élaboré en 2002 (Tsakem, 2006). Les zones d'intérêt cynégétique 1 et 4 comme toutes les autres ZIC de la province ont été

    créées autour du parc par l'arrêté N° 86/SEDR/DEFC du 21 octobre 1969. Ce sont les zones vouées à la protection et à l'exploitation de la faune par la chasse moyennant paiement de droits et taxes tels que prévus par la réglementation en vigueur.

    L'unité technique opérationnelle (UTO) de la Bénoué est l'unique aire protégée de première catégorie dans la région septentrionale du Cameroun. Bien qu'elle soit classée parmi les plus riches du pays en termes de diversité biologique, cette aire protégée, tout comme les zones banales environnantes, sont exposées à la chasse illégale ou braconnage; les populations locales appréciant bien le gibier (WWF, 2004).

    2.1.8. Caractéristiques socioculturelles et démographique de la zone d'étude

    · Groupes ethniques et migrations des populations

    Plusieurs ethnies composent la population vivant dans l'UTO de la Bénoué. Les groupes autochtones sont composés des Haoussas essentiellement commerçants, des Foulbés particulièrement éleveurs, des Fali, Kangou, Mboum, Laka, Dourou, Veré, Tchamba, Bata qui sont des agriculteurs. L'ethnie majoritaire est constituée par les Dourou pour la plupart des agriculteurs.

    Les allogènes sont représentés par les immigrants venus de l'Extrême-Nord et du Tchad: il s'agit des Toupouris, Massa, Matakam, Moundang, Guiziga, Laka, Mada qui pratiquent pour la plupart la culture du coton (WWF et al, 2002). Ils sont fortement impliqués dans l'exploitation et la vente de bois de chauffage ; activités qui contribuent substantiellement à la destruction du couvert végétal, et donc de l'habitat pour la faune.

    La population de la région du Nord est à la fois moins dense et moins bien repartie (73% de la population y occupe seulement 26% de la superficie) (DNSC, 2007). L'UTO s'étend sur un seul département et est peuplée d'environ 176708 habitants (Endamana et al., 2006).

    · Organisation sociale et régime foncier

    La société dans la Région du Nord Cameroun est organisée autour de la chefferie localement appelée Lamidat à la tête duquel se trouve un Lamido qui constitue l'autorité traditionnelle ; celui-ci est le véritable gardien des traditions ancestrales. Les ZIC 1 et 4 comptent prêt de 9 villages tous sous l'autorité du Lamidat du Rey-Bouba. Les Lawans sont les chefs de quartiers tandis que les djaoros sont les chefs du village. Ceux-ci constituent les relais du Lamido au niveau des villages et des quartiers.

    Le système politique traditionnel y est de type féodal où le Lamido est considérée comme l'intermédiaire entre Dieu et les hommes ; cette autorité est décentralisée au niveau des relais locaux; ainsi le lamido confie une partie de la gestion du territoire aux lawans et aux djaoros qui ont

    respectivement le statut de chef de deuxième et troisième degré. Les régimes fonciers traditionnels en

    vigueur valorisent soit une gestion collective, soit une gestion individuelle des terres (Nanko, 2009) :

    - Chez les populations non islamisées ou Kirdi de la plaine (Koma, Moundang, Toupouri, Massa) et des montagnes (Mafa, Mofou), le régime foncier privilégie les droits de l'individu par rapport à la collectivité ; chaque chef de famille dispose d'une portion de terre sur laquelle il exerce des droits (agriculture, élevage, etc.). La notion de propriété collective ne s'applique qu'à des pâturages communs forts limités. Dans ces communautés, chaque paysan peut louer, vendre ou acheter des terres sans en référer à une autorité supérieure, à la seule condition de ne pas vendre au profit d'un étranger au village.

    - Chez les peuples musulmans des plaines de la Bénoué, du Diamaré et du Logone, le Lamido est le maître des terres. La gestion et l'administration effective et quotidienne du territoire incombent aux autorités vassales. Le rôle et les prérogatives coutumières des chefs de village (Lawan, Djaoro, Ardo, Boualma) sur les terres se sont accrus du fait de l'installation des migrants kirdi dans les plaines, dans le cadre des projets de développement ou des périmètres de colonisation. Le droit d'usage des terres ne peut être qu'une concession du Lamido ou de ses suzerains moyennant certaines redevances, notamment la zakkat ou aumône légale. Les étrangers notamment les éleveurs nomades et les cultivateurs kirdi sont soumis à une taxe d'utilisation de la terre ou du pâturage.

    D'après le droit coutumier « Peuhl », toutes les terres, y compris celles des habitations, appartiennent au « Lamido ». A ce titre, la création d'un nouveau champ est subordonnée à l'autorisation préalable et inconditionnelle du « Lamido » au demandeur. La pratique dans les ZIC N°1 et 4 semble s'écarter de ce principe général, sans doute en raison de sa situation excentrique par rapport au « Lamidat ». En effet, l'acquisition d'un terrain de culture varie du libre accès (défrichement d'un terrain vierge ou cession d'un champ familial) pour la population locale à l'autorisation préalable du « Djaoro » (chef de village) pour le demandeur.

    Les conflits dans l'UTO de la Bénoué sont nombreux et de plusieurs types :

    - Conflits agriculteurs- éleveurs nomades dans les zones de pâturages et sur les pistes à bétail ; - Conflits pêcheurs - éleveurs sur les zones de pêche ;

    - Conflits agriculteurs - éleveurs autour des points d'eau (mares, AEP, etc.) ;

    - Conflits entre les populations musulmanes qui veulent conserver leur hégémonie sur les terres et les migrants animistes ou chrétiens en conquête permanente des surfaces cultivables.

    La gestion de ces conflits est assurée en premier ressort par les chefs traditionnels et, en cas de

    persistance, par diverses instances d'arbitrage créées par le gouvernement au niveau local.


    · Genre et groupes à risques ou marginaux

    La situation sociale de la femme dans tous les groupes sociaux dans cette région est caractérisée par les mariages précoces et la sous-scolarisation. Les femmes sont généralement défavorisées par

    rapport à l'accès à la propriété foncière, aux facteurs de production et aux postes de responsabilités dans les groupes d'initiatives communes (GIC) de producteurs de coton et de riz, surtout dans les sociétés islamisées. Cependant elles sont les actrices principales dans les systèmes de production vivrière dont elles gèrent l'essentiel des revenus. Par ailleurs elles disposent de leurs propres groupements (Cheumani, 2009).

    Malgré leur forte implication dans les activités agricoles (production vivrière) et dans les travaux ménagers, les femmes restent défavorisées dans le processus de prises de décision et de participation à la vie publique. Elles participent de façon très discrète aux prises de décision au sein du ménage. C'est l'homme qui prend les décisions tant au niveau familial qu'au sein de la communauté. On note de plus en plus une évolution des mentalités avec un élan d'émancipation chez les femmes qui commencent déjà à développer des attitudes d'autonomie et se montrent assez dynamiques dans le mouvement associatif où elles mettent en exergue leur leadership.

    Les Bororos constituent un autre groupe marginal à cause de leur genre de vie nomade et de leur instabilité sur plusieurs terroirs. Quant aux jeunes, ils participent à tous les systèmes de production sans avoir accès aux revenus qui sont gérés par les chefs de famille. Le travail des enfants est généralisé dans tous les secteurs de production et principalement dans les communautés d'éleveurs ; ce qui est un facteur limitant à leur scolarisation.

    Les groupes à risques sont représentés par les migrants lors de leur arrivée dans les zones d'installation et par des ménages pauvres contraints de vendre à bas prix leurs céréales à la récolte et qui ne peuvent plus ensuite satisfaire leurs besoins alimentaires au moment de la soudure.

    La gestion des faibles revenus familiaux est mal assurée par la plupart des chefs de famille et les périodes de soudure sont souvent très difficiles pour la majorité des agriculteurs. Une partie non négligeable des revenus est prélevée par les autorités traditionnelles sous forme de Zakkat ou de loyer des terres souvent affermées pour une période déterminée.

    2.1.9. Caractéristiques économiques de la zone d'étude

    Les principales activités économiques des populations de l'UTO sont l'agriculture, l'élevage, la pêche, le petit commerce, l'artisanat. Les principaux produits de l'agriculture sont le sorgho, le mil, le coton, le maïs, le riz, l'arachide, le niébé et les cultures maraîchères. Les principaux produits d'élevage sont les bovins, les caprins, et la volaille. La pêche est pratiquée dans la Bénoué et dans les mayo (cours d'eaux saisonniers dans la région). Le petit commerce se résume à la petite restauration, à la vente des produits manufacturés.

    CHAPITRE III : REVUE DE LA LITTERATURE

    3.1. Gestion participative des ressources naturelles : évolution dans le temps

    Depuis la nuit des temps, les forêts étaient exploitées par les communautés locales pour leur subsistance. Depuis l'avènement de la colonisation, l'exploitation des ressources n'est plus le seul apanage des populations riveraines mais aussi des personnes vivant hors du milieu de production. Metcalfe (1990) rapporte que la vieille politique attribuait la gestion de la faune aux administrations coloniales et post-coloniales. La faune était donc la propriété inviolable de l'Etat ; ce qui aliénait la population locale et créait l'hostilité à l'égard des ressources et des autorités.

    Fisher (1995) corrobore l'idée selon laquelle beaucoup d'aires protégées (AP) dans le monde ont par le passé été établies avec l'intention d'interdire toute activité économique des populations locales en leur sein. Cette approche a fréquemment eu des effets catastrophiques sur les conditions de vie des populations ainsi exclues et n'a pas toujours été efficace au plan de la conservation. Dans de nombreux pays, les efforts se sont concentrés et orientés vers la recherche d'une approche différente moins impulsive et plus conservatoire. C'est alors que différentes approches de gestion participative ont vu le jour. Elles sont expérimentées dans différents pays de nos jours pour la conservation et la gestion durable des espèces de flore et de faune en voie d'extinction, accordant bien plus de respect que par le passé aux droits et usages traditionnels.

    Bigombe (1997), face à la montée vertigineuse des conflits entre les populations et l'Etat pour la gestion des ressources forestières, trouve qu'il faut nécessairement réduire le monopole de l'Etat sur la gestion de ces dernières et procéder à la décentralisation de la gestion forestière au Cameroun. Il affirme que les populations demeurées pendant longtemps exclues du processus de gestion des ressources forestières sous la colonisation et dans l'Etat post-colonial, profitent des espaces actuels de liberté pour exprimer leur mécontentement et revendiquer la prise en compte de leurs intérêts dans la gestion des ressources forestières.

    Ryan (1997) estime qu'un mouvement de protection de la forêt qui part de la population locale, a plus de chances de maintenir la souplesse nécessaire. Toute intervention extérieure qui chercherait à restreindre l'utilisation des forêts contre la volonté de ceux qui y vivent serait vouée à l'échec comme le montre la dégradation des parcs nationaux sous les tropiques. Pour que la forêt reste écologiquement stable, il est indispensable de respecter les volontés de ses habitants. Par le passé, de nombreuses communautés ont su gérer avec succès leurs propres ressources forestières (Mahat et al., 1987 in Ryan, 1997). Dans de nombreuses communautés, la forêt était entretenue, le système fonctionnait efficacement, et la forêt n'était pas détruite (Shepherd, 1994).

    Desloges (1996) affirme que l'amélioration des conditions de vie du paysan et la conservation de l'environnement forestier sont des problématiques interdépendantes et on ne saurait résoudre l'une au détriment de l'autre, d'où la nécessité d'établir, dans les faits, un véritable partenariat entre l'Etat et les populations locales et d'associer celle-ci à toutes les décisions les concernant.

    3.2. Quelques exemples de gestion participative

    Face aux échecs cumulés de la politique de conservation fermée, les pays africains au Sud du Sahara sont toujours à la recherche d'approches appropriées pour gérer rationnellement leurs ressources en faune sauvage. Plusieurs Etats ont opté pour la poursuite de la conservation fermée et d'autres ont entamé une approche novatrice basée sur la gestion participative ou l'utilisation rationnelle des ressources biologiques. Cette nouvelle approche, jadis rare en Afrique Francophone, fait déjà ses preuves en Afrique anglophone : C'est le cas de l'ADMADE en Zambie (1985), du programme CAMPFIRE au Zimbabwe (1990), du « the Conservancy programme » en Namibie (1998), et de l'Afrique de l'Ouest Francophone avec le projet NAZINGA au Burkina Faso (1995). La cogestion des forêts a déjà contribué de manière significative aux efforts de conservation dans de nombreux pays dont l'Inde, le Népal et les Philippines (Fisher, 1995). En Inde par exemple, on estimait qu'en 1992, près de 50.000 ha de zones dégradées étaient placées sous une quelconque forme de protection communautaire. La cogestion des forêts a montré qu'elle pouvait apporter des avantages aux populations locales d'une manière qui avait parfois échappé aux projets en place dans les aires protégées (Fisher, 1995).

    3.2.1. Cas de l'ADMADE en Zambie : Administrative Management Design

    Depuis plus de deux décennies, la Zambie s'est attachée à l'aménagement de la faune et plus précisément à la lutte contre le braconnage ; lequel avait atteint des proportions alarmantes (Lewis et Kaweche, 1985). De grandes campagnes de répression ont été lancées dans certaines zones du pays avec des financements considérables. Malgré les efforts de répression contre le braconnage déployés dans le cadre du Projet, la destruction de la faune se poursuivait voire s'aggravait dans certains cas (LEWIS, 1986). Les pertes ont été considérables notamment la quasi-extinction du rhinocéros noir, la réduction de plus de 50% de la population d'éléphants. Des tendances analogues ont été observées en Tanzanie, en Ouganda, en Namibie et au Kenya.

    L'ADMADE repose sur la participation populaire et s'est révélée extrêmement efficace en Zambie (LEWIS et al, 1989). Dans une zone où la participation populaire a été active, le braconnage des éléphants a été réduit de 90% en 3 ans (Lewis, Kaweche, et Mwenya, 1989) et aucun Rhinocéros noir n'a été abattu. Ces résultats ont été obtenus pour un coût au kilomètre carré inférieur à ce que beaucoup d'experts estiment nécessaire pour assurer une bonne protection de la faune en Afrique (Parker et al., 1984).

    L'ADMADE a réussi à constituer une véritable association entre les chefs traditionnels (ou coutumiers) et le Gouvernement en créant des comités de la faune dans chaque zone d'aménagement constitués des chefs coutumiers locaux et de fonctionnaires spécialistes de la faune. Ils se réunissent périodiquement pour faire des échanges de vue et adopter des politiques d'aménagement pour la zone concernée (Lewis et al., 1998). Dans la zone de Chikwa-Luelo, dans la vallée du Luangwa, l'influence

    des deux chefs en collaboration avec l'ADMADE a permis de diminuer considérablement le braconnage. Dans la plupart des zones visées par l'ADMADE, les comités de la faune ont ouvert des comptes de développement communautaire où est versée la part de recettes qui revient à la communauté. En 1988, cette part a été de 230 000 dollars US pour un total de 10 unités de l'ADMADE (LEWIS et al., 1988). Entre 1987 et 1988, 260 000 dollars US, représentant 40% des recettes totales provenant de la faune dans 10 unités de l'ADMADE (en plus de l'allocation de base de 230.000 dollars précédents) ont été réservés pour financer les budgets de fonctionnement et d'équipement prouvés par les comités de la faune de ces 10 unités : exploitation et entretien de 7 véhicules de l'ADMADE, traitements et indemnités des gardes villageois et des ouvriers, forces publiques, jetons de présence des membres des comités, construction de 10 nouveaux campements et de 150 cases pour les gardes villageois, rénovation de 3 maisons pour des cadres, construction d'un bureau d'unité et mise en chantier de 3 autres (Lewis et al., 1991).

    L'ADMADE a permis d'une part de renforcer la collaboration entre les chefs traditionnels, renforçant ainsi l'implication effective des populations riveraines dans la gestion des ressources fauniques des zones d'intervention du Programme tout en assurant le développement, et d'autre part de réduire considérablement le braconnage notamment des espèces protégées (éléphant, rhinocéros, etc.). Toutefois, l'ADMADE comme la plupart des programme de conservation visant l'intégration des communautés locales, fait face à beaucoup de contraintes ; la plupart des suivis écologiques se caractérisent par des techniques d'inventaires sophistiquées et onéreuses, un personnel de collecte qualifié, et des conditions de traitement informatiques des données (Vermeulen, 2004) ; Or toutes ces conditions en font de prime abord un monde inaccessible aux villageois et conduisent au désintérêt des acteurs locaux tout en limitant leur participation à leurs qualifications de pisteurs.

    3.2.2. Cas du programme CAMPFIRE au Mozambique : Communal Area Management Programme for Indigenous Resource

    Le programme CAMPFIRE porte sur la gestion des ressources naturelles présentes sur les terres communales, et associe la conservation au développement. Les concepts de participation, de propriété et d'équité en ce qui concerne la base des ressources fauniques sont cruciaux pour le CAMPFIRE. La délégation de l'autorité de l'échelon central à l'échelon local est la clé de CAMPFIRE et de la gestion des biens communaux. CAMPFIRE s'occupe des relations de propriété de la faune et de la flore sauvage mais aussi du problème de l'équité (Metcalfe, 1990). Depuis son lancement, force est de constater que la gestion de la faune peut rivaliser en tant que mode d'utilisation des terres (Metcalfe, 1990). CAMPFIRE, en tant que concept basé sur une utilisation durable, estime qu'en dehors des aires protégées dont la gestion coûte chère, c'est la valeur de la faune sauvage équitablement partagée qui permettra de la conserver. Durant la première année de gestion communautaire de la forêt de Nyaminyami (dans le district de Kariba), un bénéfice de 200.000 dollars US a été enregistré grâce à la chasse sportive uniquement. Ces recettes ont permis au district de financer sa propre gestion,

    d'indemniser les dommages causés aux cultures par les éléphants, de garantir le remplacement du capital et de payer de bénéfices directement à la communauté. CAMPFIRE estime à environ 4 millions de dollars US le revenu total des safaris de chasse dans les 13 districts couverts par le programme dont environ la moitié va directement aux districts. Le système de fonctionnement de CAMPFIRE se rapproche du système de distribution des taxes relatives à l'affermage des zones cynégétiques au Cameroun. En effet, dans ce dernier système, 50% de la taxe est reversée à l'Etat dont 27,5% au trésor public et 22,5% au fonds spécial, puis 50% aux communes qui bénéficient 40% et communautés villageoises qui en reçoivent 10% (MINEF, 1999).

    3.2.3. Cas de NAZINGA au Burkina Faso

    Le Burkina Faso reste le seul pays d'Afrique occidentale à posséder une législation dans laquelle la gestion cynégétique de la faune sauvage par les populations locales est devenue une réalité (Vermeulen, 2004). Les idées de base du projet NAZINGA se sont fondées d'une part, sur la grande capacité d'adaptation de la faune sauvage à la sécheresse et d'autre part, sur le constat de l'échec de la politique de la conservation fermée partout où elle prévalait en Afrique de l'Ouest. En effet, les conséquences de cette politique non supportée par un financement public adéquat sont, entre autres, l'exacerbation des tensions entre populations riveraines et gestionnaires des aires protégées et la diminution dangereuse des ressources (Belemsobgo, 1995).

    Le projet s'était fixé comme ambition d'expérimenter une nouvelle approche de conservation des ressources vivantes dont le pilier fondamental est d'une part leur accès direct par les populations, et d'autre part le développement local. Le projet a officiellement démarré ses activités en 1979, ses objectifs étant de reconstituer et conserver la diversité biologique de la zone, de promouvoir une utilisation rationnelle et durable des ressources faunique au bénéfice des populations riveraines et du développement local. Les premières tentatives d'implication des populations riveraines ont été la légalisation de certaines de leurs pratiques coutumières à l'intérieur des limites du ranch. Ce sont notamment le ramassage du bois mort, le fauchage de l'herbe pour les toitures et les balais, la cueillette de certains fruits, fleurs, feuilles et tubercules pour l'alimentation humaine, la recherche des plantes médicales, la récolte du miel.

    La seconde approche de l'implication des populations riveraines à la gestion du ranch a été l'application du principe de l'emploi massif de la main d'oeuvre local dans le cadre de tous les programmes d'activité du ranch.

    L'un des résultats les plus significatifs de l'expérience du ranch de gibier de Nazinga est l'importante remontée biologique de la zone, acquise en moins de 15 ans de gestion (Sera, 1993), grâce à un important travail de surveillance (500 heures/an/garde) et à l'amélioration de l'habitat de la faune sauvage (10 retenues d'eau permanentes furent créées). Entre 1988 et 1989, une importante campagne d'abattage sélectif a été opérée sur l'ensemble des espèces sur la base d'un quota annuel en vue de produire de la viande pour la commercialisation. La tendance à la remontée des effectifs au

    cours des années 1991 et 1992 serait une réponse des espèces aux opérations d'aménagement. La biomasse actuelle du ranch en grande faune est d'environ 2000 kg/km2. La biomasse potentielle peut atteindre 2500 kg/km2 (Frame et al., 1990). Le projet Nazinga a pu organiser le tourisme de vision par la mise en place de circuits touristiques à l'intérieur du ranch selon les différents pôles d'intérêts. Le ranch dispose d'infrastructures hôtelières d'une capacité de 40 lits. Le site est ouvert au tourisme de vision de décembre à juin. Depuis 1989, le ranch accueille entre 2500 et 3000 visiteurs par saison (Belemsobgo, 1995).

    En dépit de tous ces succès, le modèle Nazinga présente quelques limites :

    - les collectivités locales ne sont pas reconnues comme personnes morales légalement habilitées à gérer ou à cogérer les ressources naturelles de leur terroir ; la main mise de l'Etat sur le projet est toujours très forte ;

    - la zone du projet constitue une destination d'importants mouvements migratoires non maîtrisés des agro-pasteurs venant des régions arides du pays ;

    - le concept d'un terroir villageois « infini » (espace en terme de superficie mais dont les ressources sont jugées d'origine divine et donc infiniment renouvelables) est un frein à la réalisation d'actions d'intensification à long terme.

    3.2.4. Cas du «CONSERVANCY PROGRAMME» en Namibie

    « The conservancy programme », lancé en 1998 en Namibie, a démontré que la faune pouvait contribuer de façon significative au bien être des populations locales si elle est durablement exploitée notamment si les prélèvements annuels n'affectent pas l'effectif de la population dans le long terme (Vermeulen, 2009). Ce programme englobe environs 60 communautés, impliquant près de 200000 personnes, soit près de 10% de la population namibienne ou 20% de la population rurale (Jaap et al., 2007). Le programme couvre une superficie d'environ 7 millions d'hectares. En raison de leur effort de gestion, la population locale reçoit les avantages de toutes natures générés par la faune. Les avantages financiers et non financiers issus de la conservation de la faune et du tourisme cynégétique ont presque annuellement doublé depuis 1998 (Jaap et al., 2007). En 2003, le tourisme et la conservation de la biodiversité ont rapporté environ 2.430.000 Dollars US au « Conservancy programme ». Succès admirable mais peut-on répandre l'exemple namibien ? Est-ce un exemple à imiter ? L'atout de la Namibie, quoiqu'aride, est sa faible densité de population. Une population totale de 1.826.854 habitants1 se partage un vaste territoire de 823.988 km2.

    1 CENSUS OFFICE OF THE NATIONAL PLANNING COMMISSION, 2002

    3.2.5. Cas des Projets Waza Logone et Korup au Cameroun

    Au Cameroun, les avancées significatives sont faites dans l'élaboration des textes juridiques en matière de gestion et de conservation des ressources naturelles en général et des ressources fauniques en particulier, et dans l'implication des communautés riveraines à la gestion durable du patrimoine forestier et faunique.

    Des projets en cours comme celui de Waza-Logone tentent d'intégrer la population locale à la gestion des ressources naturelles. Ce projet a oeuvré pour la mise sur pied des structures de gestion aux niveaux local, régional et national. A l'échelle des populations locales, elles ont contribué à la collecte des données lors des études de base, notamment les études ou diagnostic socio-économique ; l'utilisation de la méthode accélérée de recherche participative (MARP) a permis de tirer le maximum du savoir-faire local en matière d'exploitation et de gestion des ressources naturelles ; l'écologie a utilisé les connaissances traditionnelles pour comprendre le rythme saisonnier de déplacement des éleveurs dans la zone, leur appréciation des différentes espèces végétales, les caractéristiques écologiques de ces espèces, l'importance des feux de brousse comme outils de gestion des pâturages (Kouokam, 1995). Le même auteur signale cependant qu'aucun effort n'est ménagé pour obtenir la participation effective de toutes les parties impliquées dans les activités du Projet Waza-Logone.

    Le projet Korup au Sud-ouest tente d'associer les populations environnantes à la gestion des ressources naturelles. Les campagnes d'éducation environnementale sont organisées régulièrement dans les 14 villages exerçant une influence sur le parc. Les efforts du projet tendent à créer une bonne atmosphère de travail entre les communautés rurales par la sensibilisation (Sanga, 1995).

    3.3. Importance faunique dans l'UTO de la Bénoué

    Le Cameroun, parce que regorgeant de ressources de tout un continent dans un seul pays, est reconnus par le slogan « Afrique en miniature ». Grâce à une situation géographique exceptionnelle, le Cameroun possède l'une des faunes les plus riches et les plus variées d'Afrique. Avec ses onze parcs nationaux, le Cameroun se présente comme une véritable terre providentielle pour les animaux. Pour le touriste, c'est une aubaine que de pouvoir les visiter, observer et photographier la faune en toute liberté et dans son milieu naturel. Le Nord Cameroun en particulier, est une zone clé pour la conservation de la grande faune sauvage car, il abrite encore des populations de grands mammifères suffisamment importantes pour être considérées au niveau international (Stuart et Adams, 1990, Brugière, 1995).

    La zone de la Bénoué est la plus grande zone de gestion de la faune d'Afrique Centrale et de l'Ouest (Hugues & Hugues, 1992). Le Parc national de la Bénoué, au centre de la région Nord, est le lieu de prédilection des plus grandes antilopes connues, les élands de Derby, les bubales, les cobes, mais également des hippopotames, hyènes, panthères, buffles, etc. La Bénoué peut être considérée comme une zone paradisiaque pour l'écotourisme. La grande faune est encore présente et attire

    toujours de nombreux visiteurs. A l'exception faite du Rhinocéros qui a totalement disparu, la plupart des grands mammifères de la région sahélo-soudanienne sont représentés dans l'UTO de la Bénoué. Cette richesse spécifique de l'UTO en grands mammifères lui confère une importance capitale pour la conservation au Cameroun. Une telle biodiversité constitue un potentiel pour le développement du tourisme de vision, qu'il faut entretenir et promouvoir.

    La faune est d'autant plus importante dans la Bénoué qu'elle constitue l'essentiel des sources de protéine des populations locales qui s'y trouvent. Elle permet également de valoriser la plupart des terres marginales de la zone. La contribution de la faune pour l'économie camerounaise est non négligeable. Pour l'année 2007, d'après le Ministère des Forêts et de la Faune (MINFOF), la faune a généré sur l'ensemble du territoire national 648.330.109 Fcfa (soit environs 988.373 €). De cette somme, la province du nord seule en a généré 481.504.092 Fcfa soit 734.048 € (Confère annexe 2). Il va sans dire que la faune au Cameroun repose sur les parcs du Nord et les zones d'intérêts cynégétiques qui leurs sont contiguës. La chasse dans le nord Cameroun est une source de revenu certaine pour l'Etat et les populations. Elle ne demande qu'à être mieux aménagée pour une production plus accrue et durable. Ces zones de chasse constituent les zones tampons de transition pour la protection des parcs nationaux, la mise en valeurs des terres marginales (reculées et peu habitées), le développement d'un mode d'utilisation de la faune très conservateur (car le nombre d'animaux prélevés légalement par la chasse sportive est faible).

    CHAPITRE IV : MATERIEL ET METHODES

    4.1. Dénombrement de la faune

    Les données d'inventaires de la faune exploitées dans le cadre de la présente étude sont celles collectées par le WWF en Février 2008 dans le parc national de la Bénoué et les ZIC 1 et 4 adjacentes. Les plans de tir dans les différentes zones de chasse ont été également exploités.

    4.1.1. Matériel

    Le matériel utilisé pour le dénombrement était constitué :

    · de la carte de la zone au 1/200.000e utilisée pour la matérialisation des transects ;

    · de la boussole pour la navigation ;

    · d'un GPS pour les prises de position (AZIMUT) ;

    · d'un véhicule Hilux 4x4 utilisé pour les déplacements de longue distance sur les pistes praticables ;

    · des fiches de collecte des données ;

    · d'un podomètre ou topofil par équipe pour la mesure de la distance parcourue ;

    · d'un télémètre pour mesurer les distances entre l'animal et l'observateur ;

    · d'une paire de jumelles ;

    · d'un poste radio émetteur-récepteur (Talking-Walking) ;

    · de scotches de materialisation.

    4.1.2. Approche méthodologique utilisée

    La « méthode de transects linéaires » encore dite de « visibilité moyenne » (Lamprey, 1964) a été celle utilisée pour le dénombrement dans notre zone d'étude. En effet, c'est celle régulièrement utilisée pour les inventaires de la faune à la Bénoué et dans les environs. Elle a été longuement testée avec succès dans les écosystèmes de savane (WWF & FAC, 1998; Gomsé et Mahop, 2000 et 2002, Tsakem et Donfack, 2004, Tsakem, 2006).

    Théoriquement, cette méthode consiste à établir des transects de longueurs variables (li) et quidoivent être régulièrement parcourus. Des lignes établies dans une parcelle sont alors parcourues et,

    lorsqu'un animal est détecté, la distance entre la ligne et l'objet est mesurée ou estimée. En général, plusieurs lignes de longueurs l1, l2, ..., lk sont parcourues pour une longueur totale L connue (Burnham et al., 1980 ; Buckland et al., 1993).

    En principe, les points de départ des transects dans des quadrats de 5X5 Km sont identifiés sur le terrain à l'aide du GPS. A chaque fois qu'un objet ou un groupe d'objet est identifié, l'équipe s'arrête et fait des observations, et la distance perpendiculaire entre l'objet et la ligne de marche est mesurée. En pratique, il est plus facile d'estimer la distance de l'observateur à l'objet (Ri) et l'angle de vue (ai), que la distance perpendiculaire (Xi) pour chacun des (n) objets détectés (figure 3). La distance perpendiculaire Xi est égale à Ri*sin (ai). La probabilité de détection est fonction de cette distance et décroît avec son augmentation (Eberhardt, 1968). Le mérite de cette méthode est qu'un animal non compté n'introduit pas systématiquement de sous estimation de la densité s'il se trouve en dehors de l'axe de marche de l'observateur (Burnham et al., 1985). Ceci confère à la méthode du transect linéaire une meilleure efficacité et moins de biais. Lors de notre déplacement, lorsqu'un animal ou un troupeau était aperçu, l'équipe s'arrêtait, et faisait des observations directes qui étaient portées sur une fiche de collecte des données (Cf. annexe 1). Les distances parcourues ont été lues sur un podomètre.

    a1

    R1

    X1

    a2

    R2

    X2

    a3

    R3

    X3

    Ligne de marche (li)

    Positions successives d'observation

    Animaux dénombrés

    Ri = Distance observateur objet

    Xi = Distance perpendiculaire à l'objet ai = Angle observateur objet

    Figure 3 : Exemple simplifié de la méthode de dénombrement par transect linéaire.

    4.1.3. Matérialisation des transects

    A partir des feuilles NC-33-II de la carte topographique du Cameroun au 1/200.000e, la zone a été systématiquement subdivisée en 96 quadrats géographiques de 5x5 km chacun. A l'intérieur de chaque quadrat a été disposé un transect de 5 km de long pour un effort de collecte de données de 463,46 km. Ces transects étaient parcourus selon le circuit présenté sur la figure 4. Les points de départ de chaque transect et leurs coordonnées ont été déterminés sur la carte de manière aléatoire et repérés avec précision sur le terrain à l'aide d'un GPS. L'orientation des transects était perpendiculaire au cours d'eau, de façon à échantillonner chaque type d'habitat.

    Figure 4 : Disposition du réseau de transects dans les quadrats de 5x5km

    4.1.3. Données collectées

    La collecte des données a été assurée par quatre équipes d'au moins 4 membres chacune (dont 1 boussolier/pisteur, 1 releveur, 1 porteur et 1 garde chasse pour la sécurité). Ces membres recrutés en général dans les villages riverains du parc et des ZIC 1&4, ont été formés au préalable par le WWF sur les techniques de dénombrement pédestre des grands et moyens mammifères. Ces équipes ont été appuyées sur le terrain par quatre encadreurs du WWF. Les recensements des animaux proprement dits commençaient entre 6h30 et 8h00 et se terminaient au plus tard à 17 heures, avec une vitesse

    moyenne de progression de 2 km/h. Dès le repérage sur le terrain du point de départ à l'aide d'un GPS, le boussolier orientait l'équipe dans la bonne direction. Les membres de l'équipe se déplaçaient dans la direction indiquée l'un derrière l'autre en perturbant le moins possible l'habitat. Le boussolier surveillait la constance de l'azimut afin que l'équipe conserve la direction de marche jusqu'à la fin du transect. L'équipe parcourait le transect le plus silencieusement possible, en scrutant de part et d'autre l'axe de marche pour détecter d'éventuels animaux afin de s'assurer qu'une bonne largeur de la bande soit effectivement couverte. Quand un animal ou un groupe d'animaux était vu, les informations suivantes étaient notées sur des fiches de données préétablies (annexe 1) :

    · l'heure d'observation ;

    · l'espèce ;

    · le nombre d'individus ;

    · la répartition par sexe et par classe d'âge ;

    · la distance entre l'observateur et l'animal (ou le lieu où l'animal a été vu avant tout mouvement) ;

    · l'angle d'observation ;

    · les positions GPS des différents points d'observations.

    Photo 1 : Parcours du transect.

    4.2. Analyse des données

    Les logiciels Excel et Distance ont été respectivement utilisés pour enregistrer et analyser les données collectées. Un filtre de données à Excel a permis par la suite d'obtenir la richesse spécifique animale de la zone.

    4.2.1. Estimation de densité

    Les estimations des densités et des effectifs d'animaux ont été faites à l'aide du programme Distance 4.1 (Laake et al., 1994). Ce programme exige une grande précision dans les mesures de distance et analyse les données pour les espèces suffisamment observées. Les valeurs des différentes distances perpendiculaires de toutes les observations situées à une distance inférieure à celle du point où les données ont été tronquées (Buckland et al., 1993) étaient utilisées par le programme Distance pour estimer la fonction de détection g(x). Cette fonction est la probabilité de détecter un animal situé à une distance x de la ligne du transect. La fonction g(x) permet ainsi d'estimer la probabilité de densité (pdf, probability of detection function) f(x) des données de transect. Tous ces modèles de fonctions sont intégrés dans l'outil Distance. C'est à partir de la pdf que le programme Distance calcule f(0), qui est une estimation de la fréquence avec laquelle les animaux sont détectés sur la ligne de transect (Barnes & Jensen, 1987), ainsi que l'intervalle de confiance à 95 %. La fonction de détection g(x) n'est pas connue d'avance, elle varie avec les facteurs tels que l'environnement et l'expérience de l'observateur à détecter les animaux. Plusieurs modèles de g(x) sont intégrés dans le programme Distance. Le modèle de la fonction de détection est défini par une fonction «clé» («key function») et par un développement en séries («Series expansion»). Les 4 modèles les plus utilisés intégrés dans la fonction distance sont :

    · Fonction uniforme à expansion polynôme simple ;

    · Fonction uniforme à expansion cosinus ;

    · Fonction semi-normale à expansion polynôme de Hermite ;

    · Fonction semi-normale à expansion cosinus.

    Trois différents tests statistiques existent pour la sélection du meilleur modèle pour l'analyse spécifique. Cependant, seul le « akaike's information Criterion (AIC)» test ou critère d'information d'Akaike qui permet de tester tous les modèles intégrés dans le programme Distance au même moment à été utilisé pour l'analyse des données. Le meilleur modèle est celui qui possède la plus petite AIC.

    Buckland et al. (1993) conseillent l'utilisation du test AIC parce que, contrairement aux autres, il donne les bonnes informations. Seules ont été considérées pour cette analyse les espèces suffisamment observées. Il s'agit du Cobe de Buffon (Kobus kob kob), du Phacochère (Phacochoerus africanus), de l'Hippotrague (Hippotragus equinus), du Céphalophe de Grimm (Sylvicapra grimmia), du Bubale (Alcelaphus buselaphus major) et du Babouin (Papio anubis).

    La figure ci-contre présente la fonction de détection qui a permis d'estimer la densité des espèces avec le programme « Distance ». La probabilité de détection des espèces est une fonction décroissante de la distance perpendiculaire. Cette probabilité est au pic dans l'intervalle de 20 m et commence à décroître quand la distance perpendiculaire augmente ; elle tend à s'annuler au-delà de 90 à 100 m.

    Figure 5 : Courbe de détectabilité des espèces dans le PNBé et les ZIC 1 & 4

    4.2.2 Calcul des indices kilométriques d'abondance (IKA)

    Pour certaines espèces animales dont le nombre d'observations a été insuffisante (moins de 40 observations), le calcul des indices kilométrique d'abondance (IKA) a été fait. C'est le rapport du nombre d'individus observés sur le nombre de kilomètre de distance parcourus. Il se calcule pour une espèce ou pour l'ensemble des espèces dans une zone. Effectué chaque année dans les mêmes conditions, cet indicateur permet de savoir si la population augmente, diminue ou stagne. C'est aussi la densité relative et sa formule est la suivante :

    Nombre de contact avec une espèce IKA =
    Distance totale parcourue

     

    4.2.3. Distribution des animaux et activités humaines.

    Afin de déterminer la distribution spatiale des animaux ou des activités humaines, l'ensemble des données collectées sur la faune (directe et indirecte) a été réorganisé dans chaque quadrat et le taux de rencontre ou IKA de chaque espèce (Bousquet, 1996) a été calculé. Le logiciel Arcview 3.2 a généré les cartes de distribution géo-spatiale à partir de ces informations géo-référencées, travail qui a été déjà réalisé par le WWF (2004) et que nous exploitons dans le cadre de notre étude. Trois classes ont été considérées pour la détermination des zones de concentration de la faune et d'activités humaines à savoir : faible (IKA< 0.2), moyenne (0.2<IKA<0.5) et forte concentration (IKA>0.5). Cette méthode d'IKA est un moyen rapide et pratique pour connaître la distribution spatio-temporelle de la faune quand le nombre d'observations est bas.

    4.2.4. Structure d'âge et de sexe des animaux

    Les rapports d'âge constituent des paramètres écologiques importants pour analyser la dynamique des populations animales. La détermination de ces paramètres sur le terrain n'est pas toujours aisée, elle nécessite une longue expérience. On procède le plus souvent par une classification qui tient compte de l'intervalle de naissance chez l'espèce considérée. Dans le cadre de ce travail, cette classification a été simplifiée en adulte, sub-adulte et juvénile en se basant sur le dimorphisme sexuel. Lorsqu'un individu n'avait pas pu être classé dans l'une des trois catégories, il était mis systématiquement dans la classe "Indéterminée". Le rapport de sexe est celui du nombre de mâles sur celui des femelles. C'est un paramètre écologique mesurable et d'importance pour la compréhension de la dynamique d'une population animale donnée.

    4.3. Analyse des systèmes de cogestion développés dans les ZIC 1 et 4

    Cette analyse s'est faite au moyen des résultats des entretiens menés auprès des diverses parties prenantes impliquées dans la gestion. Il s'agit des autorités administratives (préfets, sous-préfet ou leurs représentants), des autorités traditionnelles (lamido, lawans, djaoro), des responsables des services techniques (MINFOF, MINEP, MINDAF), des organismes intervenant dans la zone (WWF, SNV, etc.), des populations locales.

    Les entretiens ont été faits à travers un guide d'entretien spécifique à chaque groupe d'acteurs. Les informations recherchées portaient globalement sur :

    · l'utilisation des ressources naturelles ;

    · le foncier (mode d'acquisition des terres) ;

    · le système d'élevage; les facteurs limitant de la production du bétail ;

    · les attitudes et perceptions des populations locales envers les aires protégées et la législation sur la faune ;

    · les conflits faunes et populations locales.

    4.4. Proposition des mesures complémentaires d'atténuation et/ou de bonification du système de

    cogestion mis en place.

    Sur la base des leçons tirées des expériences de cogestion réalisées en Namibie, en Zambie, au Mozambique et au Burkina Faso d'une part, et partant des propositions faites par les parties prenantes consultées, la cogestion des ZIC nécessite, pour être efficace, que certains leviers d'intervention soient pris en compte : les préoccupations des populations environnantes doivent être au centre de la gestion et l'éradication de la pauvreté doit être la clé de voûte de toute action de conservation.

    CHAPITRE V : RESULTATS ET DISCUSSIONS 5.1. Situation actuelle de la faune dans les ZIC 1 et 4

    5.1.1. Effectifs et densités des populations animales

    Le tableau ci-dessous nous donne une idée de la richesse spécifique du PNBé et des ZIC 1 et 4. Tableau I : Diversité des espèces animales observées dans la zone.

    Ordre

    Famille

    Nom Scientifique

    Nom commun

    Statut au Cameroun

    Primates

    Cercopithecidae

    Papio anubis

    Babouin doguera

    C

    Cercopithecus aethiops

    Singe vert

    C

    Colobidae

    Colobus guereza

    Colobe guéréza

    A

    Artiodactyles

    Bovidae

    Alcelaphus buselaphus major

    Bubale

    B

    Hippotragus equinus

    Hippotrague

    B

    Kobus defassa

    Cobe defassa

    B

    Kobus kob kob

    Cobe de Buffon

    B

    Ourebia ourebi

    Ourébi

    C

    Sylvicapra grimmia

    Céphalophe de Grimm

    C

    Cephalophus rufilatus

    Céphalophe à flanc roux

    C

    Syncerus caffer caffer

    Buffle

    B

    Redunca redunca

    Redunca

    B

    Hippopotamus amphibus

    Hippopotame

    B

    Tragelaphus scriptus

    Guib harnaché

    B

     

    Taurotragus derbianus gigas

    Elan de Derby

    B

    Giraffidae

    Giraffa camelopardalis

    Girafe

    B

    Suidae

    Phacochoerus africanus

    Phacochère

    B

    Lagomorphes

    Leporidae

    Lepus crawshayi

    Lièvre d'Afrique

    C

    Proboscidiens

    Eléphantidae

    Loxodonta africana africana

    Eléphant

    A&B

    Tubulidente

    Orycterpidae

    Orycteropus afer

    Oryctérope

    A

    Carnivores

    Felidae

    Panthera leo

    Lion

    A

    Panthera pardus

    Panthère

    A

    Hyaenidae

    Crocuta crocuta

    Hyène tachetée

    B

    Canidae

    Canis aureus

    Chacal commun

     

    + catégorie A : espèces intégralement protégées

    + catégorie B : espèce partiellement protégées

    + catégorie C : espèces particulièrement protégées. Leur capture et leur abattage sont réglementés suivant des modalités fixées par arrêté du ministre chargé de la Faune.

    D'une manière générale, la richesse spécifique du PNBé et des ZIC 1 et 4, est évaluée à vingt six (26) espèces de grands et moyens mammifères répartis en six (6) ordres qui sont : les primates, les

    artiodactyles, les lagomorphes, les proboscidiens, les tubulidentés et les carnivores. Donfack et al, (2004) signalent la présence de 39 espèces de mammifères dans la zone, y compris les mammifères de petite taille comme le rat de Gambie (Cricetomys gambianus) et le lièvre d'Afrique (Lepus crawshayi). Certaines espèces à moeurs particulières (hippopotame, oryctérope et la plupart des carnivores) sont difficilement rencontrées lors des dénombrements car ils sont journaliers et certaines espèces nécessitent des méthodes d'inventaire spécifiques.

    Parmi les espèces dénombrées, sept (Colobe guéréza, Lion, Panthère, Oryctérope, Girafe, Eléphant et Hippopotame) sont classées au Cameroun dans la classe A (Loi N° 94/01 Du 20 Janvier 1994, portant régime des forêts, de la faune et de la pêche), c'est-à-dire parmi les espèces rares ou en voie d'extinction. Elles bénéficient par conséquent d'une protection intégrale, tandis que onze autres espèces sont de la classe B et sont à cet effet partiellement protégées et peuvent par conséquent être chassées. Parmi cette dernière classe se recrutent l'élan de derby et le buffle qui sont des espèces phares pour la chasse sportive.

    L'estimation de la densité et de l'effectif a été possible pour huit espèces suffisamment observées. Le tableau II ci-dessous présente les densités et les effectifs estimés à un seuil de confiance de 95% au moyen du Programme Distance.

    Tableau II : Densité et effectif des animaux suffisamment représentés dans le PNBé et les ZIC 1&4

    Espèce

    Valeur estimée

    Coefficient de
    variation (%)

    Degré
    de
    liberté
    (df)

    Intervalle de
    confiance (95%)

    Cobe de Buffon

    Densité (D)

    4,8235

    20,13

    229,74

    3,2570 - 7,1434

    Effectif (N)

    12548

    20,13

    229,74

    8473 - 18584

    Guib harnaché

    Densité (D)

    0,60535

    28,47

    132

    0,34847 - 1,0516

    Effectif (N)

    1575

    28,47

    132

    907 - 2736

    Céphalophe de grimm

    Densité (D)

    1,3221

    25,47

    146,15

    0,80559 - 2,1698

    Effectif (N)

    3440

    25,47

    146,15

    2096 - 5645

    Céphalophe à flanc roux

    Densité (D)

    0,87454

    24,46

    124,56

    0,54273 - 1,4092

    Effectif (N)

    2275

    24,46

    124,56

    1412 - 3666

    Phacochère

    Densité (D)

    1,0628

    35,81

    107,06

    0,53384 - 2,1157

    Effectif (N)

    2765

    35,81

    107,06

    1389 - 5504

    Hippotrague

    Densité (D)

    1,3551

    34,02

    83,67

    0,70170 - 2,6169

    Effectif (N)

    3525

    34,02

    83,67

    1825 - 6808

    Bubale

    Densité (D)

    0,97388

    38,93

    66,81

    0,46011 - 2,0613

    Effectif (N)

    2534

    38,93

    66,81

    1197 - 5363

    Babouin

    Densité (D)

    2,3178

    31,38

    72,08

    1,2584 - 4,2694

    Effectif (N)

    6030

    31,38

    72,08

    3274 - 11107

    Il ressort clairement de la figure 6 que le Cobe de Buffon est l'espèce la plus représentée dans le parc et les ZIC 1 et 4 avec 36% des effectifs observés. Il est suivi du Babouin qui est de moindre importance pour la chasse sportive et le tourisme de vision. Cette prolifération du Babouin serait favorisée par la culture musulmane qui interdit la consommation de la viande des primates.

    Phacochère
    8%

    Hippotrague
    10%

    Bubale
    7%

    Céphalophe à flanc
    roux
    7%

    Babouin
    17%

    Céphalophe de grimm
    10%

    Cobe de Buffon
    36%

    Guib harnaché
    5%

    Figure 6 : Proportion des animaux suffisamment représentés dans le PNBé et les ZIC 1&4

    Les espèces telles que le Guib harnaché, le Céphalophe à flanc roux, et le bubale ont une faible densité : ceci serait dû au fait qu'elles subissent une forte pression humaine (chasse sportive, chasse villageoise, braconnage, destruction de la végétation) ou que leur dynamique de population (reproduction) est différente. Leur format plus petit les rend vulnérables à la chasse villageoise car ils sont facilement transportables et dissimulables par les petits chasseurs.

    5.1.2. Indice kilométrique d'abondance des espèces observées

    Le programme Distance ne peut fournir des estimations que pour des espèces fortement représentées. Pour celles insuffisamment dénombrées, nous avons utilisé les indices kilométriques d'abondance. Le tableau III donne à cet effet les indices kilométriques d'abondance pour les espèces dont les observations n'ont pas permis une analyse sur Distance.

    Tableau III : Valeur d'IKA pour les espèces de faibles densités observées dans la zone en comparaison avec celles obtenues en 2006 dans la même zone

    Espèces

    IKA2 (2006)

     

    IKA3(2008)

    Buffle

     

    0,0083

     

    0,066

    Chacal

     

    0,0041

    *

     

    Civette

     
     
     

    0,002

    Cobe defassa

     

    0,0334

     

    0,053

    Colobe guereza

     

    0,0251

     

    0,025

    Elan de Derby

    *

     
     

    0,017

    Eléphant

     

    0,0041

     

    0,069

    Girafe

     

    0,0083

     

    0,004

    Guib harnaché

     

    0,0669

     

    0,058

    Hyène tachetée

     

    0,0083

    *

     

    Lièvre d'Afrique

     

    0,0083

     

    0,002

    Redunca

     

    0,0836

     

    0,034

    Singe vert

    *

     
     

    0,012

    * Aucune donnée

    Les valeurs d'IKA varient selon les espèces mais ces IKA sont assez importantes (1 à 7 individus pour 100 km de transects parcourus) pour certaines espèces telles que le Redunca, l'élan de derby, le buffle et même l'éléphant. D'autres espèces par contre, ont un IKA très faible, environ 0,2 contacts pour 100 km de distance parcourue. Cependant, lorsqu'on considère les ZIC et le parc pris individuellement, et vu la surveillance du parc, ce dernier semble avoir des valeurs d'IKA plus élevées car, les ZIC sont les aires protégées habitées et les activités humaines évoluent au détriment de l'habitat de la faune. D'autre part, la chasse sportive occasionne le déplacement des animaux vers les zones les plus sécurisées, ce qui emmène les animaux à se réfugier davantage dans le parc où ils trouvent plus de sécurité.

    2 Valeurs obtenues par Tsakem en 2006

    3 Inventaire PNBé et ZIC 1&4, 2008

    5.1.3. Evolution des densités, effectifs et de l'abondance relative des principales espèces depuis 1975

    Le tableau IV présente l'évolution des densités et des effectifs entre 1975 et 2008.

    Tableau IV : Comparaison des densités animales et des effectifs de quelques grands mammifères dans la zone entre 1975 et 2008

    Espèce

    Densité (individus/km2)

    Effectifs

    1975

    1998

    2000

    2004

    2008

    19754

    19985

    20006

    20047

    20088

    Bubale

    1,66

    1,88

    15,23

    *

    0,97

    3000

    3384

    27418

    *

    2534

    Hippotrague

    0,18

    0,66

    *

    *

    1,35

    325

    1188

    *

    *

    3525

    Cobe defassa

    0,75

    0,55

    *

    *

    *

    1350

    990

    *

    *

    *

    Cobe de Buffon

    1,58

    3,89

    6,79

    1,9

    4,8

    2850

    7002

    12229

    5113

    12548

    Ourébi

    0,4

    0,91

    1,64

    2,1

    *

    73

    1638

    2077

    5687

    *

    Céphalophe de Grimm

    0,91

    0,46

    1,14

    0,89

    1,3

    1650

    828

    2055

    2322

    3440

    Céphalophe à flanc roux

    0,55

    *

    *

    0,62

    0,8

    1000

    *

    *

    1616

    2275

    Buffle

    1,14

    0,1

    *

    *

    *

    2060

    180

    *

    *

    *

    Babouin

    2,06

    *

    *

    *

    2,31

    *

    3708

    *

    *

    6030

    Redunca

    0,008

    0,54

    0,79

    1,4

    *

    15

    972

    1435

    3877

    *

    Hippopotame

    0,13

    *

    *

    *

    *

    325

    *

    *

    *

    *

    Guib harnaché

    0,36

    0,39

    0,55

    1,2

    0,6

    650

    702

    281

    3241

    1575

    Eland de Derby

    0,2

    0,07

    *

    *

    *

    375

    126

    *

    *

    *

    Girafe

    0,009

    *

    *

    *

    *

    17

    *

    *

    *

    *

    Phacochère

    0,66

    0,48

    1,9

     

    1,06

    1200

    864

     

    4959

    2765

    Potamochère

    *

    *

    *

    *

    *

    *

    *

    *

    *

    *

    Lapin d'Afrique

    *

    *

    *

    *

    *

    *

    *

    *

    *

    *

    Rhinocéros noir

    0,004

    *

    *

    *

    *

    8

    *

    *

    *

    *

    * Observations insuffisantes.

    La connaissance des différentes techniques de recensement utilisées est nécessaire pour une meilleure analyse de ce tableau. En effet, tous ces dénombrements ont utilisé la technique des transects linéaires, mais cette technique a évolué suite à une maîtrise de son application sur le terrain et le strict respect de ses règles. Il est aussi impérieux de savoir que ces différents dénombrements ont eu des taux d'échantillonnage différents. Les trois derniers dénombrements ont été faits aussi bien dans le parc que dans les ZIC 1 et 4 (soit 2601,92 km2 de superficie totale) alors que les deux premiers n'ont couvert que le parc uniquement (1800 km2 de superficie). Le biais réside ici dans le fait que le parc et les ZIC ayant des statuts et vocations différents, ne devraient pas constituer une même entité dans les analyses et interprétation des résultats. Le second obstacle est la difficulté d'utilisation du programme Distance.

    4 Stark, 1977

    5 WWF & FAC, 1998

    6 Gomsé & Mahop, 2000

    7 Tsakem S., 2006

    8 Résultats présent inventaire

    Le tableau IV montre que les populations des bubales et des Cobes de Buffon sont les plus importantes. Il apparaît très clairement sur ce tableau que les effectifs des populations animales ont considérablement baissé entre 1975 et 2008. Toutefois, le Cobe de Buffon fait exception car sa population s'est accrue entre 1975 et 2000 passant de 2850 à 12229 individus, puis a connu une baisse drastique (5113 individus) entre cette période et 2004 avant de connaître de nouveau une augmentation de plus de 200% en 2008. Ceci s'expliquerait soit par les apports des mesures de cogestion soit par les biais des observations faites dans les années antérieures. La population des bubales a également connu une croissance spectaculaire de 1975 à 2000, passant de 3000 à 27418 individus en 2000 avant de connaître une chute entre 2004 et 2008. Le danger d'extinction des espèces phares de la chasse sportive semble réel. Leurs observations toujours faibles ne permettent pas au logiciel Distance d'estimer leur densité. L'hypothèse d'accroissement des espèces en voix d'extinction dans la zone de la Bénoué comme fruit de la gestion participative semble donc infirmée pour le moment. Les pressions de braconnage et les extensions des surfaces cultivables demeurent toujours problématiques. Les effectifs du Phacochère, malgré son caractère grégaire, et du Guib harnaché sont en baisse sensible. Dépendante, la population des Babouins a presque doublé en 10 ans (1998 à 2008). Cette croissance serait non pas le fruit de la gestion participative, mais plutôt celui des habitudes culturelles des populations de la zone d'étude pour qui la consommation de la viande des primates est prohibée. Ce qui veut dire que l'exploitation des caractères culturels peut être un atout pour la conservation de certaines espèces de faune sauvage.

    En référence aux travaux antérieurs dans la zone d'étude, la tendance des IKA est en général à la décroissance pour la plupart des espèces, à l'exception des primates et de quelques petites antilopes de moindre importance pour la chasse sportive. Il est toujours démontré que la pression de chasse sportive (dans les ZIC) et du braconnage (Hassan, 1998 ; Kirda, 2000 ; Roulet, 2004) constituent toujours un danger pour la conservation du PNBé et des ZIC adjacentes. Les effectifs de l'Elan de Derby, espèce phare pour la chasse sportive dans la zone, ne cessent de décroître au fil des ans. La régression arithmétique est la même pour le buffle, laissant craindre une disparition rapide, à l'instar du rhinocéros, dans la zone de la Bénoué.

    5.1.4. Structure d'âge et sexe des animaux

    Le tableau V présente les structures des groupes - rapport jeune/adulte et rapports de sexe - de quelques mammifères du PNBé et des environs.

    Tableau V : Structures des groupes, rapport jeune/adulte et rapports de sexe de quelques mammifères du PNBé

    Espèce

    Effectifs
    observés

    Taille
    moyenne du
    groupe

    Intervalle
    de
    groupe

    Adulte

    Jeune

    Indéterminé

    Sex-ratio et
    rapport
    jeune/adulte

    ?

    ?

    ?/?

    J/A

    Cobe de Buffon

    348

    4

    [1-25]

    66

    161

    55

    66

    0,41

    0,34

    Bubale

    104

    6

    [1-21]

    12

    7

    29

    56

    1,71

    4,14

    Ourébi

    86

    2

    [1-4]

    40

    40

    5

    1

    1,00

    0,13

    Phacochère

    50

    4

    [1-6]

    11

    14

    20

    5

    0,79

    1,42

    Hippotrague

    81

    4

    [1-15]

    25

    7

    12

    37

    3,57

    1,71

    Guib harnaché

    27

    1

    [1-3]

    13

    10

    2

    2

    1,30

    0,20

    Céphalophe à Flanc Roux

    26

    1

    [1-2]

    17

    3

     

    6

    5,66

     

    Céphalophe de Grimm

    46

    1

    [1-4]

    26

    11

    1

    8

    2,36

    0,09

    Il ressort de ce tableau que les animaux grégaires (Cobe de Buffon, Bubale, phacochère, etc.) ont une population relativement jeune contrairement aux espèces solitaires (Céphalophe, Guib harnaché). Le grégarisme est important pour la multiplication de l'espèce car elle favorise le contact mâle et femelle lors des chaleurs.

    Les femelles constituent le socle de renouvellement d'une population pérenne. Les effectifs du Cobe de Buffon reflètent le dynamisme de sa population : 41 mâles pour 100 femelles, ce qui est encourageant sur l'évolution positive future de la population. Le cas de l'Ourébi est plus incertain dans la mesure où le sexe ratio est de 1. Cependant, le fait que la structure de la population soit relativement jeune, témoigne probablement de l'insuffisance des observations et confirme le biais des résultats. Si les observations sont proches de la réalité, il s'en suit que l'Ourébi est également sur la voie de l'extinction. L'analyse est la même pour le Guib Harnaché, l'hippotrague, le céphalophe à flanc roux et le céphalophe de Grimm qui présentent une structure à dominance mâle.

    Ces ratios corroborent une fois de plus les menaces d'extinction qui pèsent sur la faune du PNBé et de ses environs.

    5.2. Nouvelle géométrie de la gestion participative et de préservation de la faune

    5.2.1. De la gestion coercitive à la cogestion

    Par le passé, les ZIC 1 et 4 étaient gérées en régie par le ministère en charge des forêts et de la faune, représenté sur le terrain par le conservateur du parc. Cette forme de gestion était coercitive et la relation entre conservateur et populations riveraines était conflictuelle. Les populations locales étaient exclues du processus et n'avaient que des obligations : conserver la faune et la biodiversité. Elles étaient les gardiens des ressources naturelles mais privées d'exploitation du moins sur le plan de la

    législation forestière. Cette forme de gestion n'a fait que contribuer à la dégradation des ressources naturelles. L'Etat, pour pallier à cette situation, a pensé à une forme nouvelle de gestion des ressources qui associe les populations riveraines : l'Arrêté N°0580/A/MINEF/DFAP/SDF/SRC du 27 août 1998, a fait des ZIC 1 et 4 des zones d'essais de gestion participative ou cogestion9 de la faune entre les populations locales et l'administration forestière.

    Ce processus de cogestion a démarré timidement en 1998 par la collecte des données bioécologiques et socio-économiques. Il prendra une ampleur particulière entre 2000 et 2002 avec la multiplication des contacts et des réunions explicatives sur le terrain, les négociations et l'apprentissage par l'action. Cependant cette cogestion est effective sur le terrain depuis 2004. Une structure ultra villageoise par ZIC a été créée, avec l'accord de tous les partenaires (Etat, population locale, SNV, WWF, ...) : le comité villageois de la faune (CVF) constitué de cinq représentants de chaque village des ZIC 1 et 4. L'ensemble des comités villageois de la faune de chaque ZIC (4 villages pour la ZIC 1 et 5 villages pour la ZIC 4) se regroupe au sein d'une union des comités villageois de la faune (UCVF). Les deux membres de l'UCVF siègent dans le comité de gestion (COZIC) avec les responsables du MINFOF. Ces structures locales de gestion ont élaboré un statut et un règlement intérieur et se sont légalisées comme association au niveau de l'administration. Une Assemblée Générale, tenue annuellement, est l'organe décisif de ces structures. Chacune des deux comprend un bureau exécutif de cinq membres nommés pour deux ans et qui gèrent quotidiennement l'association. L'UCVF est le premier responsable de la gestion des retombées financières de la chasse sportive pour les activités de développement dans la zone (50% des taxes de location et 50% des taxes d'abattage proposées). Elle devrait s'occuper également de la répartition de la rétrocession de la viande de chasse sportive, de l'accueil des chasseurs sportifs dans les ZIC, de la désignation des pisteurs et porteurs aux chasseurs sportifs de la zone. Dans le cadre de cette cogestion, en a résulté la subdivision de la ZIC 1 et 4 en trois zones distinctes : des zones de conservation de la biodiversité, des zones à usage multiple (ZUM) pour les activités agro-sylvo-pastorales des populations et des couloirs de transhumance pour réguler l'élevage dans la zone.

    5.2.2. Faiblesses du système de cogestion mis en place

    Malgré la bonne volonté des parties prenantes (MINFOF, populations locales, communautés et collectivités locales, SNV, WWF), le processus de négociation à été très perturbé par l'instabilité de certains membres de l'équipe chargée de son élaboration, ce qui a créé un climat de méfiance entre ces parties prenantes. Il y a eu baisse de motivation des populations rurales. Cette lenteur a installé le doute et les opposants en ont profité pour mettre en cause le travail en cours ou celui déjà abattu, de même que les résultats déjà obtenus. A cette lenteur, s'est ajoutée l'indisponibilité des agents du

    9 Forme de gestion participative, où la population riveraine d'une zone de chasse protégée collabore avec le conservateur de cette zone afin de trouver une gestion durable des ressources naturelles de la zone qui est avantageuse pour tous les deux partenaires. (Stellingwerf, 2002)

    Ministère des forêts et de la faune (MINFOF) à certains moments et même leur affectation. Hors, chaque fois qu'un maillon important (délégué provincial ou conservateur) est affecté le processus est ralenti. Du côté des paysans, il est à noter qu'ils mènent une vie sociale non planifiée (deuils, visites au chef...). Entre mai et janvier, consacrés aux travaux champêtres, la participation aux réunions est faible, ce qui engendre les mêmes effets que les affectations des agents du MINFOF à savoir une répétition des discussions et une réinstauration difficile de la confiance.

    Les migrations continues dans la zone constituent également de véritables obstacles au processus de gestion mis en place. Chaque année, la zone connaît des migrations importantes favorisées le plus souvent par les chefs du village et la SODECOTON. De plus, chaque processus qui touche les intérêts de certains acteurs crée des oppositions. Les braconniers ne trouvent pas de sources de revenus complémentaires, les chefferies voient leurs taxes traditionnelles diminuer.

    Après que les négociations soient achevées, l'application des mesures de cogestion convenues n'a pas été respectée. Les safaris ont été organisés sans impliquer les UCVF. La viande issue de cette chasse n'arrivait pas au niveau des UCVF comme prévu. En effet, cette proposition était utopique car le chasseur est libre de la gestion de son produit de chasse. Il s'agit là d'une limite de cette approche qui consiste à faire des propositions pour attirer la sympathie des populations, sans toutefois s'assurer de l'efficacité de ces propositions. La construction concrète du campement de Bel Elan n'avançait pas au rythme souhaité par la population. Après l'achèvement de sa construction et son équipement par la SNV, le campement a été pillé par la population. La coupe de bois augmentait sans que les UCVF ou le personnel du MINEF interviennent. Il y avait des permis illégaux de collecte de viande de chasse et de bois signés qui circulaient dans les ZIC 1 et 4. L'immigration dans la zone s'intensifiait encore et la plupart des corridors ont été violés. La case de santé prévue à Sakdjé n'a jamais été équipée, ce qui a contribué à nourrir davantage la résistance.

    L'autre faiblesse de cette cogestion relève du cadre institutionnel et juridique en matière des forêts et de la faune au Cameroun. Certes les lois et les textes concernant la gestion participative des ressources naturelles sont très avancés. Toutefois, il est clair que la loi et les textes actuels n'ont pas prévu ou tenu compte de plusieurs aspects du terrain. D'un autre côté, ils sont basés sur la situation de la forêt humide au Sud du Cameroun. Les mesures de cogestion qui ont été convenues pendant le processus dans les ZIC 1 et 4 ont le plus souvent été négociées en tenant compte de ces aspects. Vu le statut expérimental du projet et du processus de cogestion dans les deux zones, certaines mesures ont introduit des règles non décrites dans les lois en vigueur (Partage des redevances des ZIC en régie). D'autres dépassent les limites légales en vigueur. Deux choses introduites sont la redevance des taxes de location et les taxes d'abattage aux UCVF. Or, la chasse communautaire proposée n'existe pas dans les textes et est strictement interdite dans les ZIC.

    5.2.3. Echelle limite d'implication des communautés locales à la gestion des ZIC

    Vu la persistance du braconnage malgré l'implication des communautés riveraines à la gestion des aires protégées, il est urgent que de nouvelles manières de penser se mettent en place. Des mesures

    doivent être envisagées pour sortir les populations riveraines des aires protégées de la pauvreté. La satisfaction des besoins du futur est en effet secondaire pour une population non auto-suffisante sur le plan alimentaire.

    Des alternatives au développement du braconnage doivent être envisagées pour améliorer l'autosuffisance alimentaire des populations locales. Il ne peut en effet y avoir de gestion saine de l'environnement tropical sans prise en compte des êtres humains qui en vivent et sans leur assurer un avenir décent (Bahuchet et al., 2000).

    5.3. Développement d'alternatives au braconnage : promotion de l'élevage du gibier

    Quel schéma durable proposer face au constat que même la participation des populations locales ne freine pas le braconnage ? La participation répond-t-elle à une demande ? Pour lutter contre le braconnage, il est impérieux de proposer aux populations locales des sources de revenus viables et durables qui peuvent compenser les revenus tirés de cette activité.

    Au Cameroun, le ministère en charge des forêts et de la faune, celui en charge de l'élevage et les organisations non gouvernementales concernées admettent que la sauvegarde de la faune sauvage passe par le développement des alternatives au braconnage. L'aulacodiculture est notamment encouragée dans ce contexte. Elle est pratiquée aujourd'hui dans 9 régions sur dix (Engamba, 2007) et suscite un réel enthousiasme au sein des populations camerounaises, au vu de l'évolution des effectifs depuis 2002.

    Tableau VI : Développement de l'aulacodiculture au Cameroun de 2002 à 2007

     

    2002

    2003

    2004

    2005

    2006

    2007

    Régions couvertes

    2

    5

    8

    9

    9

    9

    Stations de multiplications de

    géniteurs

    2

    2

    3

    4

    5

    5

    Eleveurs formés

    48

    79

    300

    500

    600

    900

    Eleveurs/formateurs formés

    0

    12

    0

    0

    43

    0

    Cheptel total estimé

    720

    1200

    4500

    6000

    7000

    10800

    Source : Engamba, 2007

    L'aulacodiculture, si elle est bien gérée, peut en effet être économiquement plus rentable que l'élevage de beaucoup d'espèces conventionnelles. Le schéma ci-dessous indique la production possible d'une aulacodine par an.

    Mois 1

    Mois 6

    Mois 12

    4 kg 0,65 kg x 4 3 kg x 4 = 14 kg de viande environs par aulacodine par an, soit

    un indice de productivité pondérale (kg de jeune par kg de femelle) d'environ 3,65 par an.

    Le tableau ci-dessous donne des résultats déjà enregistrés au niveau de la ferme de démonstration de Wédbila au Burkina-Faso

    Tableau VII : Bilan de flux d'une aulacodiculture au Burkina-Faso (Ferme de démonstration de Wédbila)

    Paramètres de l'élevage

     

    Aulacode

     

    Nombre de géniteur départ

     

    2 groupes, 1m:5f

    Nombre de géniteur plafonné

     

    30 groupes, 1m:5f

    Taux de mortalité annuel adultes

     
     

    5%

    Taux de reproduction annuel

     
     

    90%

    Nombre de mise bas par femelle

     
     

    1,8

    Nombre moyen petits/portée

     
     

    4

    Taux de mortalité annuel des jeunes

     
     

    10%

    Prix achat/vente (Fcfa)

     

    Prix géniteur

     

    15

    000

    Prix viande

     

    2

    500

    Salaire manoeuvre/soigneur

     

    30000F/mois

    Coût moyen/animal/jour (Fcfa)

     
     

    8,9

    Aspects financiers

     

    Investissements an 1

     
     

    Géniteurs

     

    180

    000

    Bâtiments

     

    1 300

    000

    Cages/enclos

     

    2 135

    000

    Total

     

    3 615

    000

    Bilan fonctionnement

     

    An 1

     

    -1 464

    850

    An 2

     

    346

    830

    An 3

     

    1 152

    520

    An 4

     

    8 234

    850

    An 5

     

    8 243

    850

    Bilan fonctionnement 5 ans

     

    16 513

    200

     

    Solde Annuel

     

    An 1

     

    -5 079

    850

    An 2

     

    346

    830

    An 3

     

    1 152

    520

    An 4

     

    8 234

    850

    An 5

     

    8 243

    850

    Solde cumulé sur 5 ans

     

    12 898

    200

    TRI sur 5 premières années

     

    47,7%

    Source : ( http://www.bf.refer.org/faune/chapitre6.html#aulacodiculture)

    La motivation des populations pour un tel élevage ne peut découler que d'un exemple réussi initié par les ONG de conservation comme le WWF et la SNV dans la région car le succès constitue une source de motivation pour les populations. En créant une ferme de démonstration, ils réduiront le désoeuvrement des jeunes et par conséquent, réduiront la pression sur les ressources car cette pression ne naît que du besoin de survie. Les projets de développement devraient par ailleurs financer en guise d'encouragement les jeunes qui aimeraient se lancer dans une telle activité en leur apportant une assistance technique et en leur octroyant des géniteurs au début.

    5.4. Transformation d'une des ZIC en game ranching pour une rentabilité plus accrue

    En plus de l'élevage d'aulacodes, des espèces menacées d'extinction peuvent être élevées dans la Bénoué comme c'est fait dans beaucoup de régions au monde. Le rhinocéros aujourd'hui disparu pourrait être réintroduit dans une ZIC de l'unité technique opérationnelle (UTO) de la Bénoué, et mieux contrôlé afin de favoriser sa reproduction. Pour ce faire, une population de rhinocéros doit impérativement être importée là où il y en a (Botswana, Afrique du Sud, Namibie, Kenya et Tanzanie). Cette population sera multipliée et suivie en captivité d'abord puis progressivement relâchée dans le parc et les ZIC. Cette réintroduction est d'autant plus réaliste que la zone de l'UTO de la Bénoué constitue l'aire de répartition naturelle du rhinocéros et que ses conditions de reproduction sont aujourd'hui maîtrisées. Les enjeux multiples de réintroduction d'une telle espèce justifient son élevage. Le rhinocéros fait partie des « Big 5 »10 africains et ses trophées sont recherchés. Le développement du game ranching pourrait ainsi contribuer de façon significative au développement du tourisme de vision.

    5.5. Obstacles possibles à l'élevage non conventionnel et au game ranching dans la zone

    Dans les ZIC 1 et 4, les populations ont pendant longtemps été habituées à la consommation de la viande de gibier. Elles sont convaincues que la faune sauvage sera toujours là et que les vastes aires protégées qui les entourent disposent des potentialités illimitées. La principale interrogation est celle de savoir si ces populations auront un intérêt à réduire le temps alloué aux activités agricoles pour se consacrer à l'élevage du gibier qui nécessite des moyens financiers assez important, alors que la nature leur offre déjà cette ressource. L'élevage des petits ruminants pourrait ne pas intéresser le braconnier, car il préfère le gros gibier qui lui donne beaucoup de viande. Cependant, pour une population qui vit au seuil de la pauvreté comme celle riveraines de la Bénoué, la rentabilité financière de l'activité, si elle est substantielle, pourrait être une motivation. Les ONG et les autres partenaires ne doivent pas

    10 Expression utilisée dans le passé par les chasseurs pour indiquer les animaux les plus dangereux d'Afrique (Lion, Léopard, Eléphant, Rhinocéros et Buffle). Aujourd'hui le terme indique la faune sauvage et passionnante qu'on puisse voir pendant un safari en Afrique

    seulement les aider à élever, mais aussi à écouler les produits issus de cet élevage dans les grands centres urbains.

    Enfin, la réintroduction du rhinocéros n'offre pas de garantie pour sa conservation. Vu les enjeux multiples pour cet animal et la demande énorme de ses cornes, le rhinocéros élevé tout d'abord en enclos pourrait être braconné après sa libération dans le parc si la surveillance est inadéquate.

    CONCLUSION

    Cette étude suggère que la gestion participative appliquée dans l'UTO de la Bénoué est actuellement inefficace car encore insuffisamment sujette à concertation. Elle ne pourrait avoir d'effet véritable que si le niveau de vie des populations environnantes des aires protégées est amélioré et si elles disposent de revenus substantiels comparables à ceux qu'elles tirent des activités de braconnage. Les ONG de conservation devraient axer davantage leurs actions sur le développement d'activités génératrices de revenus, telles que l'élevage non conventionnel. Le game-ranching, quant à lui, pourrait accentuer le tourisme de vision et, moyennant une redistribution plus équitable des revenus touristiques, réduire également les activités de braconnage.

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    ANNEXES

    Annexe 1 : Fiche de dénombrement des grands et moyens mammifères dans le PNBé et les ZIC 1&4

    Annexe 2 : Recette faune 2007 au Cameroun

    Annexe 3 : Quelques paramètres obtenus dans Distance