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Dédicaces.
Ce mémoire est dédié à ;
Mon père, M. Marcel OUSSOU, qui n'a jamais cessé
de m'encourager à poursuivre mes études en m'apportant le soutien
moral, financier et matériel,
Ma mère, Mme Bernadette MANDEME, qui a toujours cru en
moi malgré les obstacles que j'ai pu rencontrer tout au long de ce
cursus universitaire,
Mes frères et soeurs, merci pour votre assistance et le
réconfort que vous m'avez toujours apporté en dépit des
distances qui nous séparent,
Toutes les autres personnes que je porte dans mon coeur et qui
ont sans le savoir participé de manière considérable
à ma réussite,
À ceux que ma plume a oublié,
À Dieu je rends grâce...
Remerciements.
Aucune oeuvre humaine ne peut se réaliser sans la
contribution d'autrui. Il est donc important pour nous d'adresser nos
sincères remerciements à toutes les personnes qui nous ont permis
de réaliser notre stage et notre mémoire.
Nous tenons précisément à exprimer notre
profonde gratitude aux personnes suivantes ;
Monsieur Bernard GARANDEAU, Conseiller Technique du Directeur
de l'Aviation Civile Sud-Ouest, pour son accueil et son encadrement tout au
long de ce stage à Bordeaux ;
Madame Jeannette LALANNE, Chef de Département GLT IUT
Bordeaux Montesquieu, pour son accueil et son encadrement à
Bordeaux ;
Monsieur Jean MARRET, Enseignant à l'I.U.T Montesquieu
Bordeaux IV, notre enseignant conseil, qui a accepté de nous accueillir
et nous apporter un suivi pédagogique pendant toute la durée de
notre stage ;
Monsieur Alain ABECASSIS, Conseiller Technique du Directeur
Général de l'Institut Supérieur de Technologie de
Libreville, pour ses conseils et son assistance durant la préparation de
notre voyage ;
Monsieur Hugues MAGANGA, Enseignant de l'Institut
Supérieur de Technologie de Libreville, pour ses orientations et ses
conseils durant l'élaboration de ce mémoire ;
A tous ceux, famille et amis (es), que nous avons quelque peu
délaissés pendant ces recherches...
Sommaire.
Dédicaces.
Remerciements.
Sommaire.
Introduction.
Première partie : Analyse de
l'existant.
Chapitre I. Pollution atmosphérique et
le transport. 21
I.1 L'homme et son environnement. 21
I.2 Les effets sur la santé et l'environnement.
23
I.3Les principaux polluants. 24
I.4Les modes de transport et la pollution
atmosphérique. 25
Chapitre II. Le développement durable du
transport. 37
II.1Histoire du développement durable.
37
II.2 Définition et objectif du
développement durable. 39
II.3 Les grands principes du développement
durable. 43
II.4 Du développement durable au transport
durable ? 45
Deuxième partie : Les
solutions.
Chapitre III. La réglementation.
49
III.1. Le Contexte international. 49
III.2. Le Cadre européen. 50
III.3. La logique française.
51
Chapitre IV. Les solutions proposées.
54
IV.1 La gestion du trafic aérien.
54
IV.2 Le remplacement des APU et GPU.
54
IV.3 Utilisation des véhicules propres et
moteurs propres. 55
IV.4 Amélioration d'accès terrestre aux
zones aéroportuaires. 58
IV.5 La recherche d'un bon rapport coût
efficacité. 59
IV.6 Les centrales moins polluantes. 60 IV.7 Les
instruments d'intervention efficace. 60
Conclusion. 62
Annexes. 63
Sources. 64
Glossaire. 65
Tables de matières. 66
Introduction
La lutte contre la pollution est une préoccupation
majeure. En France, la pollution de l'air fait plusieurs milliers de morts
chaque année et plus particulièrement les particules fines
émises par certains moyens de transport.
Aujourd'hui, derrière l'automobile, on parle de
l'impact du transport aérien sur l'environnement.
La prise en compte du respect de l'environnement dans toute
politique publique revient à s'intéresser aux conséquences
sur l'homme et à long terme des décisions prises.
Maîtriser et limiter l'impact de l'activité
aéroportuaire sur l'environnement est donc indispensable pour garantir
le développement durable du transport aérien.
La question de la pollution de l'air sur les aires
aéroportuaires est complexe par son implication en terme de
développement économique régional et national.
La pollution de l'air générée
spécifiquement par l'aviation bien que de quantité
limitée, comparée à d'autres secteurs soulève des
multiples interrogations.
La création de l'aérodrome d'Etat :
1910-1931.
Dès 1909, les animateurs de l'aéro-club du
sud-ouest et de la Ligue Méridionale Aérienne, Messieurs BAUDRY,
de LIRAC et VILLEPANTOUR, envisageaient la création d'un vaste camp
d'aviation dans un triangle de 3000 hectares près de croix d'Hins. Il
fut donc décidé d'aménager dans un premier temps 600
hectares qui accueillent ;
Ø des hangars ;
Ø une maison de téléphone ;
Ø une tour d'observation.
Le 18 septembre 1910, le Président de la
République Armand FALLIERES préside la journée de
clôture de la semaine aéronautique. Cette grande manifestation
avait réuni tous les passionnés d'aéronautique de
l'époque. Le 24 août, RUCHONNET y décolle pour effectuer
le premier survol aérien de Bordeaux, et le 3 septembre, BIELOVUCIC, qui
a quitté Paris le 1 septembre y atterrit après quelques escales,
réalisant ainsi la première liaison aérienne
Paris-Bordeaux.
En 1915, alors que Cazaux et Pau sont devenus des terrains
militaires d'école, le Ministre de la Guerre décide de faire
construire à Bordeaux, des avions de chasse
« SPAD ». 400 de ces avions sortiront des ateliers de
MARCAY, pour les acheminer sur le front, le terrain de Beau-désert ne
convient plus, il est occupé par les soldats américains,
blessés attendant leur rapatriement. Aussi l'Etat en 1917 fait
l'acquisition de 45 hectares à proximité de Beau-désert,
sur les propriétés de l'Artigue et Teynac pour y faire un camp
d'aviation d'Etat.
En 1922, la superficie de l'aérodrome est de 104
hectares, il sera équipé de :
Ø Un phare de navigation au Haillan ;
Ø Une station météo ;
Ø Un radiogoniomètre.
La première compagnie aérienne fut
créée à Toulouse par un ancien clerc de notaire, ERNOUL,
avec une élite de pilote : BARBOT, CARTIER, CODOS, COSTES,
LARIBAUTE, et SIMON mécanicien volant.
La ligne comprend deux tronçons :
Ø Bordeaux-Toulouse, qui s'ouvre le 10 janvier 1920
Ø Bordeaux- Montpellier, le 15 juin de la même
année.
La ligne deviendra très vite quotidienne mais sera
supprimée en 1922.
En 1924, la société DYLE et BACALAN, avec son
pilote Charles DESCAMPS, s'installe à Teynac, de ses ateliers sortiront
le D.B10, le D.B71, considéré comme le plus gros avion commercial
de l'époque (28 passagers).
Le 04 avril 1927, au palais de la bourse, une
conférence internationale (France, Suisse et Espagne) s'assigne pour
l'objectif d'élaborer un programme de lignes aériennes
internationales et nationales devant aboutir à Bordeaux.
Ce programme est représenté en mai à
l'Assemblée Générale des Chambres de commerce qui
l'adopte et émet le voeu que la création et la gestion des
aérogares soit confiée aux Chambres de Commerce
intéressées, suivant un statut analogue à celui des Ports
Maritimes. Seul trois grands aérodromes feront l'objet de concession du
moins jusque dans les années 50 (Lyon-Bron 1929, Bordeaux-Teynac 1931,
Marseille-Marignane 1933).
M. BARRES avait également négocié une
convention signée le 16 février 1928 entre la Chambre de Commerce
et la Compagnie Générale Aéropostale de Toulouse afin que
Bordeaux soit relié par ce réseau postal «
France-Amérique du Sud », grâce à une liaison
avec Toulouse.
La concession de la Chambre de Commerce :
1931-1940.
Le 10 juin 1931, la Chambre de Commerce détient la
concession de l'aérodrome de Teynac ce qui lui permet d'entreprendre un
programme d'investissement. La concession est accordée pour une
durée de 50 ans.
La Chambre de Commerce est chargée de
l'aménagement et de l'extension de l'aérodrome sur la commune de
Mérignac conformément au cahier de charges. L'Etat conserve les
services techniques : installations radioélectriques et
météorologiques.
L'aérogare était l'oeuvre de l'architecte Alfred
DUPRAT, ses 3 niveaux, de 300m2, dont la terrasse, abritaient tous
les services techniques, commerciaux et la douane.
Au rez de chaussée se trouvait un vaste hall avec des
services des PTT, un tabac et un bar, à l'étage quelques chambres
d'hôtel et le restaurant qui donnait accès à la
terrasse.
Au milieu de la façade, coté piste, une tour
centrale destinée aux services de Direction technique. La façade
coté accès était réservé à la partie
hôtel.
On accédait à l'aérogare par une route
passant derrière les deux hangars du terrain de Teynac, aujourd'hui
avenue G. BARRES. Le tramway urbain amenait les visiteurs jusqu'à la
station sur la route de Martignas.
En 1937, il sera décidé de construire des pistes
en dur malgré des travaux de drainage et d'assainissement, le terrain
reste marécageux et se transforme rapidement par mauvais temps en lac,
pénalisant ainsi les avions lourds.
A cette occasion le Président de la CCI, M.
LAMAIGNIERE, obtient pour la première fois la participation
financière des communes environnantes pour la réalisation des
travaux.
L'aérogare fut inauguré le 17 juin 1937 par le
Ministre de l'Air, M.P COT, et fut complètement détruite en 1944.
Bordeaux s'était doté d'un port aérien destiné
à accueillir des lignes nationales et internationales, l'aviation
commerciale avait pris son essor.
En 1935, la création d'une base aérienne
militaire est décidée, jumelée à l'aérogare,
cette base militaire s'installera à Beutre. Ce qui porte la superficie
de l'aérodrome à 500 hectares, dont 352 pour l'aérogare.
La construction aéronautique se développe rapidement et
s'étend sur Beau-désert et Teynac.
A la société Dyle et Bacalan, succède la
société Aérienne Bordelaise, puis la société
Bloch dirigée par Marcel Bloch, (plus tard par Marcel DASSAULT). Marcel
BLOCH fabriquera des bombardiers Bloch 200 et 210 et un avion commercial
« Bloch 200 » qu'utilisera Air France avant 1940.
Le trafic commercial reste faible bordeaux-Mérignac
n'enregistre que 800 mouvements d'avions civils.
En 1939, une première piste est construite, de 1300
mètres de long sur 60 mètres de large, orientée EST-SUD
110°. Appelée piste 1, elle deviendra la piste secondaire, elle a
été l'un des premiers ouvrages réalisés en France.
La deuxième piste orientée NORD-EST 050
SUD-OUEST 230°, plus tard piste principale, sera achevée par les
Allemands pendant l'occupation.
La période de guerre :
1940-1945.
Les Allemands occupèrent l'aérogare de
Bordeaux-Mérignac. Elle subit de gros dégâts par des raids
alliés, en 1943, puis par un second bombardement en 1944. Enfin elle
sera entièrement détruite par les Allemands lors de leur
départ.
Le retour de l'aviation civile :
1945-1959.
A la fin de 1945, l'Aviation Civile et la Chambre de Commerce
décident de remettre en service la concession de 1931 afin de
reconstruire et de reprendre une activité commerciale.
Le Secrétariat de l'Aviation Civile créé
le 12 septembre 1945 et rattaché au Ministère des Travaux Publics
et des Transports, reprend la direction de la plate-forme et la
responsabilité de son exploitation.
Les besoins avaient évolué, l'étude d'un
Plan de Masse prendra plusieurs années. Les règles
régissant la navigation aérienne, la construction de
l'infrastructure, étaient en cours d'élaboration sur le plan
international et national.
Les pistes existantes furent donc mises rapidement en service
et des bâtiments provisoires pour tenir lieu d'installation terminale.
Une aire de stationnement de 23.000m2 a été
réalisée devant l'aérogare provisoire.
On y trouvait un restaurant, une tour de contrôle, un
atelier garage, une gare de fret et des logements. Quelques bâtiments
vestiges des anciennes installations avaient pu être remis en état
et abritaient la centrale électrique et la station
météo.
Dès 1946, un service de sécurité incendie
et sauvetage civil fut créé.
La Chambre de Commerce bien que responsable de la gestion
commerciale confia la direction de ses services au Commandant du port
aérien, dépendant du Secrétariat à l'Aviation
Civile et Commerciale, la S.G.A.C.C.
Afin de faire face à la nouvelle
génération d'avions et de préparer la réalisation
du nouveau plan de masse, la plate-forme fut agrandie jusqu'à 517
hectares.
Des textes réglementaires furent mis en place, ils
permirent :
Ø de définir les responsabilités
d'utilisation de la plate-forme, décret d'affectation avec affectation
principale à l'aviation civile, chargée du contrôle, de la
sécurité et responsable du bon état de pistes,
Ø De garantir la cohésion des services de l'Etat
et de définir leurs attributions et leur rôle, le décret de
1951 donnes alors à l'aérodrome le statut d'aéroport
principal et au Directeur, autorité sur tous les services
dépendant de l'aviation civile.
L'aéropostale dirigée par Didier DAURAT reprit
dès 1945, et en particulier sur la ligne Paris-Bordeaux-Toulouse-Pau,
elle sera complétée à Bordeaux par d'autres lignes
transversales.
Outre l'aéropostale, trois compagnies françaises
et deux compagnies étrangères étaient installées
sur l'aéroport :
Ø Air France avec les lignes
Paris-Bordeaux-Casablanca-Rabat-Afrique noire ;
Ø T.A.I avec Paris-Bordeaux-Abidjan ;
Ø U.A.T avec Pris-Bordeaux-Conakry ;
Ø La B.E.A avec Londres-Bordeaux ;
Ø La Compagnie chérifienne de transports
aériens.
Le trafic commercial fut progressif, on comptait au
début, en 1947, 25000 passagers, en 1956, 60000 passagers locaux et
70000 en transit et en 1959, 140000 passagers au total.
Pendant cette période on enregistrait 30000 mouvements
l'an, dont 20000 étaient militaires.
L'épanouissement du trafic commercial :
1959-1971.
L'aéroport de Bordeaux-Mérignac et ses nouvelles
installations sont inaugurées le 20 mai 1960 par M.BURON Ministre des
transports.
L'aérogare a une surface au plancher de 10500m2
sur 4 niveaux, elle est l'oeuvre de l'architecte M.MOTHE. L'aire de
stationnement devant l'Aérogare est de 30000m2.
Le financement a été assuré par la
Chambre de Commerce et d'Industrie avec le réemploi des
indemnités de dommages de guerre. La CCI a assuré le financement
de la construction de la gare de fret pour une surface de 900m2.
L'Etat et la CCI réaliseront d'autres ouvrages
importants et de grandes améliorations seront apportées à
l'infrastructure, à la navigation aérienne et à
l'atterrissage.
Les travaux d'infrastructures furent financés
conjointement par l'Etat à 50%.
Les premiers réacteurs commerciaux (B707 et Caravelle)
font leur apparition, ainsi que plus tard de très gros porteurs tels que
les B747 et DC10, cette nouvelle génération d'avions promet une
importante progression du trafic commercial.
Le Secrétariat Général de L'aviation
Civile(SGAC), pris en charge les installations et équipements
nécessaires pour les atterrissages par tous temps autorisés pour
les caravelles.
L'Aéroport dut résoudre de nombreux
problèmes techniques en raison d'important mouvements militaires. Les
vols militaires représentaient, en 1965, les 2/3 du trafic. En 1970, le
trafic était à l'avantage de l'aviation civile avec 27.000
mouvements sur 60.000 enregistrés.
Le trafic commercial connut une rapide progression.
A la fin de cette période, il y a six liaisons
quotidiennes sur Paris et des liaisons quasi quotidiennes sur Lyon-Marseille,
Nice, Nantes et Clermont Ferrand.
Air France, UTA, Air Afrique et Royal Air Maroc assurent des
lignes régulières toute l'année sur Londres, Genève
et l'Afrique.
En 1970, le chiffre de 500.000 passagers est
dépassé, dont 150.000 sont encore des passagers en transit. Ce
trafic en transit, est généralement traité par Aquitaine
Air Service.
La progression du fret ne se fera sentir qu'en 1969, avec la
création par UTA d'une ligne fret sur l'Afrique.
Croissance, développement et
environnement : 1971 à nos jours.
Pendant cette période, le nombre de passagers a atteint
successivement 1.000.000, 2.000.000 et 2.500.000.
Dans les premières années, une croissance plus
rapide que celle déjà réalisée était
prévue. La perspective d'accueillir les 5 millions de passagers
était à l'étude.
Deux questions survenaient alors :
Un site de remplacement ou de complément devait-il
être prévu pour un nouvel aéroport ? La réponse
fut rapidement négative.
Comment augmenter la capacité de
Mérignac ?
Le conseil Interministériel reconnut qu'il fallait
maintenir l'aéroport sur son site actuel.
Un projet de masse fut étudié :
La capacité des pistes était
réévaluée en tenant compte de l'arrêt de la
progression du trafic militaire ;
La mise en service d'avions commerciaux de grande
capacité ;
Des améliorations d'infrastructures permettant des
libérations plus rapides des pistes ;
Des progrès dans les techniques de circulation
aérienne.
De 1970 à 1975, l'aérogare fut pratiquement
doublée, elle devait pouvoir accueillir jusqu'à 3.000.000 de
passagers.
En 1987 un premier satellite avec passerelle d'accès
directe aux avions fut inauguré puis un second permettant ainsi de
traiter 3.000.000 de passagers.
Pour le fret, une gare de 4500m2 avait
été inaugurée en 1978 par Michel SAINTE MARIE,
président de la Communauté Urbaine. Cette gare sera
remplacée par une autre plus moderne atteignant les 9000m2,
située sur l'ancienne zone américaine.
Les pistes de l'aéroport sont prêtes à
accueillir n'importe quel type de gros porteur. Les pistes ont pour longueur
utilisable 3100m pour la piste principale et 2400m pour la secondaire. Une
troisième piste est envisagée.
La CCI grâce au budget de la concession dont les
recettes augmentent avec l'activité de l'aéroport supporte, avec
l'aide des collectivités locales, la totalité de la charge
financière des installations terminales.
L'Etat apporte une contribution aux dépenses pour
l'amélioration des systèmes de contrôles, d'aide à
la navigation et à l'atterrissage.
Des mesures de sûreté sont mises en places et
sont obligatoires tant à l'embarquement des passagers, des bagages, mais
aussi fret et protection des alentours de l'aéroport. L'Etat a
installé sur la plate forme des services régionaux
important : Aviation Civile et météo.
16 octobre 1987 est créé un Conservatoire de
l'Air et de l'Espace d'Aquitaine dédié à la
préservation du patrimoine aéronautique et spatial.
C'est au cours de cette période que les
problèmes d'environnement ont été pris en compte. En
effet, les courbes du bruit ont été refaites pour mieux situer le
niveau des nuisances sur l'environnement. Des discussions ont été
engagées avec des commissions des riverains et les villes voisines de
l'aéroport. L'arrivée d'avions civils moins bruyants et
l'application des mesures « anti-bruit » aux
procédures de circulation aérienne, diminuait les nuisances
sonores. Les problèmes de pollution de l'air par l'aviation fait aussi
apparition.
Le projet de loi sur la Charte de l'environnement est
arrivé à l'Assemblée Nationale. Ce texte fait entrer
«le droit de chacun de vivre dans un environnement équilibré
et respectueux de la santé» dans la Constitution, à
égalité avec les droits de l'homme de 1789 et les droits
économiques et sociaux de 1946.
L'aviation devient plus civile que militaire. L'ensemble des
responsabilités civil est confié à un Secrétariat
Général à l'Aviation Civile et Commerciale (SGACC).
Le Secrétariat Général comprend quatre
services opérationnels principaux :
Ø La Direction des Transports Aériens(DTA), qui
encadre les compagnies aériennes et gère le contrôle
technique des avions ;
Ø La Direction des Bases Aériennes (DBA), qui a
en charge la sécurité des vols, l'exploitation des
aéroports d'Etat, la conception et la gestion des infrastructures de
télécommunication,
Ø Le service de l'Aviation Légère et
sportive(SALS), (aujourd'hui SFACT) ;
Ø Les services de formation aéronautique.
Le premier titulaire du SGACC fut Max HYMANS en 1945.
L'administration de l'aviation civile se métamorphose
en 1976 pour devenir la Direction Générale de L'Aviation
Civile(DGAC) son premier Directeur Général fut Claude ABRAHAM.
La DGAC deviendra autonome financièrement grâce
aux redevances qu'acquittent les compagnies aériennes pour l'utilisation
de l'espace aérien.
En 1976, trois DRAC, Direction Régionale de l'Aviation
Civile(Nord, Sud-Est, Sud-Ouest) sont repartis dans 22 régions.
En 1992, les trois Directions Régionales de l'Aviation
Civile seront remplacées par sept Directions de l'Aviation Civile
(DAC), mieux adaptées au terrain et qui va contribuer à
rapprocher la DGAC de ses partenaires : aéroports, transporteurs,
passagers, services de l'Etat.
Localisation et caractéristiques de
l'Aéroport Bordeaux Mérignac.
L'aéroport est situé à 12km du
centre-ville de Bordeaux. Il est accessible de la périphérie
externe de Bordeaux, aux jonctions 11a ou 11b. Au départ du
centre-ville, il est également possible d'accéder à
l'aéroport en voiture par Mérignac, en empruntant l'avenue
René Cassin ou l'avenue JF Kennedy, direction de Cap Ferret et du Bassin
d'Arcachon.
L'aéroport de Bordeaux Mérignac
bénéficie d'une situation privilégiée car il est
situé dans une zone peu urbanisée à l'orée de la
foret landaise(annexe1).
L'aéroport de Bordeaux Mérignac est un
aéroport mixte recevant différents types de trafics :
Ø Commercial et aviation légère ;
Ø Militaire ;
Ø Industriel ;
Ø Protection civile.
Il est classé en catégorie A du code de
l'Aviation Civile (article R222-5). Cette classification correspond aux
caractères et à l'importance du trafic que l'aéroport doit
assurer.
Il a une superficie totale de 870 hectares :
Hall A: 20000m2;
Hall B : 17600m2 ;
Gare de fret : 15000m2 ;
Parcs autos : 3639 places publiques de stationnement de
voiture.
Plus de 1200 personnes travaillent sur la zone
aéroportuaire.
Le trafic de passagers de cet aéroport a connu une
diminution depuis ces trois dernières années.
Le système des pistes.
L'aéroport comporte deux pistes
sécantes :
Ø La piste principale 05/23 de 3100 mètres de
long ;
Ø La piste secondaire 11/29 de 2415 mètres de
long.
Chaque piste pouvant être utilisée dans les deux
sens. Elles représentent donc quatre possibilités d'atterrissage
et de décollage. Les pistes sont désignées par leur
numéro d'identification à deux chiffres (appelé QFU). Le
QFU est l'orientation de la piste exprimée en dizaine de degrés
d'angle par rapport au nord magnétique.
-QFU 05= piste orientée au 48° (arrondi à
050)
-QFU 23= piste orientée au228° (arrondi à
230)
-QFU 11=piste orientée au109° (arrondi à
110)
-QFU 11=piste orientée au109° (arrondi à
290)
Les procédures.
Des procédures standards d'arrivés et de
départs aux instruments sont publiées par le service de
l'information aéronautique (SIA). La procédure standard
publiée, utilisée par le pilote, dépend de la piste en
service, de la provenance ou de la destination et des aides à la
navigation disponibles.
Le survol de l'agglomération bordelaise est à
éviter sauf contrainte de sécurité.
De nuit, l'utilisation de la piste 23 est obligatoire sauf si
son état rend son utilisation impossible.
Lors des décollages sur toutes les pistes, sauf
contrainte de sécurité, les trajectoires standards
publiées doivent être rigoureusement suivies et ne peuvent pas
être modifiées avant d'atteindre 5000ft minimum (1500m). Pour tous
les réacteurs les procédures de décollages sont telles que
l'appareil doit atteindre 3000ft au plus vite afin de réduire les
nuisances sonores. A chaque procédure d'arrivée aux instruments
est associé une procédure en cas d'approche interrompue
permettant de rejoindre une zone d'attente. La remise des gaz doit s'effectuer
en respectant les procédures du bruit. Lorsque la piste 11, qui ne
dispose pas d'un ILS, est en service, la procédure standard
publiée d'arrivée aux instruments consiste à effectuer,
d'abord, l'approche sur l'axe de la piste 23 en suivant les indications de
l'ILS jusqu'environ 2km de la piste puis à virer vers l'Ouest pour
effectuer une manoeuvre à vue imposée, par repérage visuel
au sol suivant une trajectoire définie.
Pour des raisons de sécurité sous contrôle
et surveillance radar, d'autres itinéraires non publiés peuvent
être suivis.
Des itinéraires sont publiés pour les
aéronefs en vol à vue (ce sont généralement de
petits avions ou hélicoptères). Les itinéraires ainsi
définis permettent de séparer ces aéronefs des
procédures d'arrivée et de départs aux instruments ;
elles permettent d'éviter le survol des zones urbanisées.
Les trajectoires des avions.
L'aéroport de Bordeaux Mérignac a mis en service
en 2003 un « Système de mesure du bruit et de suivi des
trajectoires des avions » lui permettant de répondre de
façon fiable aux questions des riverains concernant le trafic
aérien .
La Direction de L'Aviation Civile Sud-Ouest
(DAC/SO).
En France, l'activité aéronautique relève
d'une administration unique, la DGAC, placée sous l'autorité du
ministre chargé des Transports. La DGAC collabore en outre avec un
certain nombre d'organismes consultatifs, parmi lesquels le Conseil
supérieur de l'infrastructure et de la navigation aérienne, le
Conseil supérieur de l'aviation marchande et le Conseil supérieur
de la météorologie. Rattaché au ministre, le bureau
d'enquêtes et d'analyses pour la sécurité de l'aviation
civile (BEA) apporte à la DGAC un concours déterminant en
matière de sécurité.
Les sept Directions de l'Aviation Civile
métropolitaines et les cinq directions ou services outre-mer sont les
interlocuteurs directs des préfets, des autorités locales, des
compagnies, des gestionnaires d'aéroports et des collectivités
territoriales.
Les missions de la DAC/SO.
La direction de l'Aviation Civile Sud-Ouest, implantée
sur l'aéroport de Bordeaux Mérignac, est l'une des sept
directions régionales territoriales métropolitaines de la
Direction Générale de l'Aviation Civile. Elle supervise
l'ensemble des 121 aérodromes sur les 9 départements de sa zone
de compétence(annexe2).
Garante de la sécurité et de la
sûreté du transport aérien, de la maîtrise des
atteintes à l'environnement, de la qualité du service public, la
DAC/SO :
Ø traite les mouvements d'avions au départ ou
à destination des aérodromes d'Aquitaine et du Poitou Charentes,
et ceux qui transitent dans ses espaces aériens,
Ø assure la maintenance des installations techniques
nécessaires à l'écoulement du trafic aérien,
Ø vérifie les conditions d'exploitation
technique des aéronefs et de leur conformité aux
règlements,
Ø assure la gestion des titres aéronautiques,
Ø exerce la tutelle des compagnies de transport
aérien et des associations aéronautiques,
Ø négocie avec les collectivités et les
CCI les modalités d'organisation juridique des gestions
aéroportuaires, analyse les résultats financiers de ces gestions
et les conseille en la matière,
Ø pilote l'élaboration des documents d'urbanisme
des aérodromes,
Ø s'assure de la conformité des plates formes
aéroportuaires en terme de sécurité,
Ø participe, avec ses partenaires, à
l'aménagement et à l'insertion des aérodromes dans leur
environnement,
Ø Lutte contre les actes d'intervention illicite par la
mise en place de mesures de sûreté appropriées.
La zone de compétence de la DAC/SO
(annexe3).
Evolution du trafic.
En 2002 le trafic en DACSO a baissé globalement de 2,1
%. Cette baisse est en fait la résultante de 2 évolutions
opposées. En effet le trafic national a connu une baisse de 3,6 % (en
particulier les radiales : - 8 % sur Bordeaux - Paris) alors que dans le
même temps le trafic international progressait de 5,2 %1(*).
Cette progression de l'international traduit :
Ø Le développement de l'activité des
compagnies à bas coût dans le Sud-Ouest. En effet ces compagnies
assuraient 6 % du trafic en 2001, alors que cette part est de 10 % aujourd'hui
après l'ouverture de nouvelles liaisons au départ de Bergerac,
Poitiers, La Rochelle vers Londres et au départ de Bordeaux vers
Amsterdam - Grenoble - Toulouse).
Ø La bonne tenue du Hub ibérique de
l'aéroport de Bordeaux Mérignac. Ce Hub qui relie 8 villes du "
nord " (France-Irlande) à quatre villes du " sud " (Espagne-Portugal) a
marqué une croissance modérée mais encourageante (2%).
|
Evolution du trafic fret 1991-2002.2(*)
|
|
Gestion et présentation des services de
l'aéroport Bordeaux Mérignac.
La Chambre de Commerce et d'Industrie de Bordeaux,
gestionnaire de l'Aéroport de Bordeaux depuis 1931. Elle est
chargée par l'Etat de :
Ø Construire, développer et maintenir les
installations et les équipements, définir avec l'Etat et les
partenaires les besoins à moyen et à longs termes, adapter les
besoins de financement aux ressources : négociation avec les compagnies
aériennes et les collectivités locales,
Ø développer du trafic aérien (passager
et fret), développer le réseau de lignes régulières
et charters, promouvoir le réseau, le fret, le tourisme
import/export,
Ø Exploiter les installations aéroportuaires,
mettre à la disposition des usagers les moyens nécessaires : aire
de manoeuvre, aérogares, parkings voitures, bureaux, commerces et
services, information passagers,
Ø Coordonner les actions des divers intervenants,
rôle de fédérateur de tous les partenaires (compagnies, TO,
transitaires, commerces, loueurs...), rapport avec les autres modes de
transport et les milieux économiques régionaux.
Le bureau de la CCI en charge de la gestion de
l'aéroport Bordeaux Mérignac est composé de :
§ Laurent COURBU : Président de la CCIB, sous
l'autorité duquel est placé l'Aéroport de Bordeaux,
§ Pascal PERSONNE : Directeur Général
de l'Aéroport de Bordeaux,
§ Bernard TOURNIER : Directeur administratif et
financier,
§ Françoise BARBE : Directeur de
l'Exploitation,
§ Jean-Luc POIROUX : Directeur du
Développement Commercial,
§ Heinke CALES : Directeur informatique,
§ Jean FOURTEAU, Directeur du Développement
Technique.
A ses côtés, l'Etat conserve la charge de la
sécurité, de la sûreté, et de la navigation
aérienne.
Bordeaux « la porte
ibérique ».
Bordeaux-Porte Ibérique est la nouvelle plate-forme de
correspondances entre l'Europe du Nord et l'Europe du Sud. Véritable
carrefour d'échanges du grand ouest européen, Air France consacre
le positionnement stratégique de Bordeaux et de la Région
Aquitaine.
Grâce à ses 14 destinations, ce hub relie les
régions françaises à la péninsule Ibérique
et à l'Irlande .
Des infrastructures spécifiques ont été
mises en place pour faciliter le transit et réduire le temps de
correspondance à 20 minutes (35 minutes pour Dublin), l'un des plus
courts que puisse offrir un aéroport. De plus, Bordeaux enregistre l'un
des plus faibles taux de retard des aéroports français.
Pour la période avril 2001-mars 2002, le trafic s'est
élevé à 700 000 passagers.
Les travaux avancent vite, le nouveau terminal en cours de
construction sera opérationnel. Edifié dans le prolongement du
hall A, le bâtiment de 165 mètres de long sur 17,50 m de large est
entièrement dédié à la porte Ibérique, dont
il matérialise le développement.
On entend par porte Ibérique ce point de correspondance
bordelais entre des lignes du nord et de l'est (Clermont-Ferrant, Dublin,
Lille, Lyon, Nantes, Rennes, Strasbourg) vers le sud (Marseille, Nice,
Barcelone, Lisbonne, Porto). Lancé en mars 2000, il avait l'avantage
« d'offrir des liaisons que le seul potentiel de la région ne
permettait pas de rentabiliser ». Les correspondances ont lieu à
quatre reprises dans la journée et s'effectuent dans le temps minimum de
20 à 35 minutes.
En 2003, la porte Ibérique a engendré un trafic
de 705 492 passagers, qui justifie la création d'installations qui lui
soient propres. Ceci pour 10 millions d'euros financés par
l'aéroport de Bordeaux. Le bâtiment, qui est désormais bien
sorti de terre, a été conçu par les architectes bordelais
Lanoire et Courrian. Il a la forme d'un parallélépipède et
a d'abord été étudié pour être fonctionnel,
même si le souci d'esthétisme n'est pas absent. Simplicité
des formes, fluidité du volume, est le parti pris de base qui
préserve l'avenir puisque, en fonction du développement du
trafic, une extension pourra être envisagée à terme.
La « porte Ibérique est une
construction flexible, conçue pour traiter rapidement et
simultanément tout type de trafic et des avions allant de 19 à
150 sièges ». Lors de sa mise en service, en octobre
prochain, la structure pourra ainsi « traiter simultanément 11
avions qui seront autonomes ou 14 repoussés. Stationnés à
45 degrés par rapport à la jetée, ils pourront quitter
leur aire de parking seul. » L'agrandissement qui serait
réalisé dans une deuxième phase, à un horizon non
déterminé, est prévu pour permettre « le traitement
de 22 avions ». Pour les passagers, le projet mise avant tout sur le
« confort » dans la « simplicité » et la
« lisibilité ».
Implanté sur le site d'un ancien parking d'avions, le
nouveau bâtiment sera relié au hall A (le hall départ) par
une passerelle aérienne longue de 65 mètres.
Mais la jetée Ibérique destinée avant
tout à un trafic de transit aura sa vie propre : 280 places assises et
des services, y compris « le bar ouvert pendant les vagues de hub ».
Ces passagers auront « vue directe » sur leur appareil et n'auront
guère qu'une distance de 15 mètres à parcourir pour le
rejoindre. Plus de passerelle, ni de bus donc, ce qui présente par
ailleurs un certain avantage au niveau des coûts.
L'investissement de l'aéroport de Bordeaux est
conforté par un accord de coopération avec le groupe Air France
(et sa filiale Régional) conclu en mai 2003.
Les usagers de l'aéroport Bordeaux
Mérignac(annexe4)
Conformément aux accords de coopération qui
lient les Etats Français et Gabonais, L'IST et L'IUT Montesquieu
Bordeaux IV, les étudiants les plus méritants de troisième
année reçoivent une bourse de stage de trois mois à
Bordeaux en France.
C'est dans le cadre de cette coopération que nous
avons eu le mérite d'affecter notre stage de fin de cycle du 21 avril au
25 juin 2004 à la Direction de l'Aviation Civile Sud-Ouest à
l'Aéroport Bordeaux-Mérignac, le thème retenu est :
« Prise de connaissance d'un des plus grand aéroport de France
Bordeaux Mérignac, importance de l'environnement dans le
développement durable du transport aérien, études faites
sur la pollution de l'air occasionnée par le transport
aérien».
Notre stage fut un enrichissement des connaissances et une
prise de conscience de l'impact du transport aérien sur notre
environnement et notre milieu de vie car le bien-être et la santé
des personnes dépendent de la qualité de l'environnement.
L'objectif final et commun pour nous tous étant de
concilier liberté de circuler, de voyager avec la préservation
d'un air qui ne nuise pas à la santé de l'homme et des
écosystèmes.
Nous mettons à votre disposition ce rapport
articulé sur deux parties.
La première partie fait une analyse de
l'existant : pollution atmosphérique et développement
durable du transport.
La deuxième partie, se rapporte à la
réglementation et aux solutions en matière de transport
aérien.
PREMIERE PARTIE :
ANALYSE DE L'EXISTANT :
Pollution atmosphérique et développement
durable du transport.
Chapitre I. Pollution atmosphérique et
transport.
La pollution de l'air: faut-il être
inquiet?

I.1 L'homme et son environnement.
L'air constitue l'un des éléments
nécessaires à la vie.
Les activités humaines influent sur l'atmosphère
et peuvent avoir des conséquences sur la santé et
l'équilibre des écosystèmes.
Ces éléments perturbateurs sont les industries,
les transports, les activités domestiques...
Le monde entier semble de plus en plus converger vers le fait
que nous vivons une période de changements climatiques brutaux
directement liés à l'empreinte de l'Homme sur l'Environnement.
Il est impossible de mettre en doute la responsabilité
de l'Homme : la désertification de certaines régions du fait de
la déforestation; l'épuisement des terres agricoles à
cause d'une agriculture exclusivement axée sur la productivité;
la pollution des sols et des eaux en raison des engrais et rejets industriels
de toute sorte; La pollution de l'air liée à l'émission de
gaz toxiques par les ménages, les industries et les transports.
Tous ces phénomènes ont une conséquence
directe et immédiate sur notre vie, se traduisant par une
réduction de la biodiversité, le déclenchement de
certaines infections ou maladies, des déplacements de population pour
survivre, des situations d'appauvrissement pour d'autres.
Les effets de la pollution de l'air s'observent à des
différents niveaux : à l'échelle locale,
régionale et planétaire.
Ces effets sont variés :
§ Mauvaise qualité de la qualité de l'air
ambiant que nous respirons,
§ Dégradation des sols par les pluies acides,
§ Réchauffement de la planète par effet de
serre,
§ Augmentation du rayonnement solaire par diminution de
la couche d'ozone.
Souvent, à long terme, les éléments qui
composent notre Environnement se régénèrent : les
espèces animales ou végétales réapparaissent si des
mesures de protection sont prises à temps.
Rappelons qu'il faut des milliers d'années à des
déchets radioactifs pour devenir inoffensifs, et des centaines
d'années au dioxyde de carbone pour se dissoudre. Nous dépassons
généralement largement l'échelle de la vie humaine, si
nous voulons observer les résultats de nos actions
réparatrices.
L'Homme est souvent prêt à tout, même si
cela est au détriment de l'Environnement dans lequel il vit. S'il doit
cultiver pour se nourrir, il n'hésitera pas à défricher,
au risque de détruire la forêt.
Si sa seule source d'alimentation provient de la mer, il ne
se posera pas la question du cycle de reproduction des différentes
espèces de poissons avant d'aller pêcher. Si sa survie ne tient
plus qu'à un fil, il n'hésitera pas à saisir
l'opportunité d'un emploi dans une industrie, même si cette
dernière est reconnue polluante pour l'Environnement et la santé
des populations locales.
Les industries, les entités de production et les
transports en sont bien conscients. Quant il s'agit de procurer un minimum
vital à une population d'un pays en développement ou d'une
région à fort taux de chômage, presque tout est permis.
Nombreux sont les cas d'investissement reconnus polluants qui ont
été tolérés par les autorités locales au nom
du décollage économique.
Le but de cette réflexion est d'attirer l'attention sur
le déséquilibre économique du monde, dont l'Environnement
fait les frais. On se trouve là devant le problème : comment
mobiliser l'attention de la population mondiale sur les problèmes de
l'Environnement, alors que la majorité de l'humanité n'a toujours
pas dépassé le stade du combat quotidien pour au moins satisfaire
ses besoins de survie ?
Se pose alors la question des moyens pour y parvenir. Il
convient simplement de souligner que nous sommes face à un
problème d'une grande complexité qui ne peut pas être
laissé de côté, si l'homme souhaite un jour prendre en main
le problème de l'Environnement.
I.2 Les effets sur la santé et l'environnement.
La pollution atmosphérique apparaît de plus en
plus présente en ville. Elle resurgit lors des périodes de
grandes chaleurs.
Aujourd'hui, nous pouvons affirmer que même à des
niveaux faibles, la pollution a des effets néfastes sur notre
santé.
Selon l'Organisation Mondiale de la Santé, "trois
millions de personnes meurent chaque année sous l'effet de la pollution
atmosphérique, soit 5 % des 55 millions de décès
annuels dans le monde.
A court terme, il existe une association entre la pollution
atmosphérique et la mortalité.
A long terme, la pollution atmosphérique, source de
mortalité, représente une quantité d'années de vies
perdues : elle réduit l'espérance de vie des humains.
Les effets de la pollution atmosphérique se ressentent
sur les écosystèmes mais aussi sur les bâtiments :
corrosion, noircissement, encroûtement et altérations
diverses.
Les pluies acides.
Les pluies acides sont des précipitations qui
présentent une acidité particulièrement
élevée. L'acidité de ces pluies est principalement due au
dioxyde de soufre (SO2) et aux oxydes d'azote (NOx) qui se transforment, dans
l'atmosphère, en acide sulfurique (H2SO4) et en acide nitrique (HNO3).
Ces pluies acides provoquent l'acidification des lacs et le
dépérissement des forêts.
Le trou dans la couche d'ozone.
Située à environ 30 km d'altitude, la couche
d'ozone filtre et nous protège des rayons solaires ultraviolets. Le
« trou d'ozone antarctique » a été
détecté pour la 1ère fois en 1985. Il est
dû au CFC (chlorofluorocarbones) et aux oxydes d'azote.
L'effet de serre.
Phénomène naturel, l'effet de serre maintient
une température de 15°C qui permet la vie sur Terre. Mais la
pollution engendrée par les activités humaines augmentent
les concentrations de gaz à effet de serre. Au cours du
20ème siècle, un réchauffement
général de la planète de +0,5°C a été
observé. Si ce phénomène persiste, le réchauffement
de la planète pourrait entraîner la fonte des glaciers et une
élévation du niveau moyen des mers.
Les bio-indicateurs.
Pour certains végétaux, la pollution se traduit
par des nécroses, une croissance amoindrie, moins de résistance
à certains agents infectieux. Le Lichens, par exemple, est
très sensible au dioxyde de souffre (SO2). Aussi, certains
végétaux servent d'indicateur de pollution, comme certains plants
de tabac, très sensible à l'ozone.
Les changements climatiques.
Les changements climatiques sont une variation des "
conditions météorologiques moyennes" dans une région
donnée. Cette variation se traduit par des changements dans tous les
éléments liés aux conditions
météorologiques, comme la température, la configuration
des vents, les précipitations et les tempêtes.
Les changements climatiques que nous connaissons aujourd'hui
diffèrent des changements précédents par leur
rapidité et leur ampleur. La température de la Terre est
régie par un phénomène appelé " l'effet de serre".
Les gaz à effet de
serre surtout la vapeur d'eau, le dioxyde de carbone, le méthane et
l'oxyde nitreux emprisonnent la chaleur du soleil, empêchant ainsi le
rayonnement de se dissiper dans l'espace. Sans ces gaz naturels, la
température moyenne de la Terre serait de -18° C, au lieu de la
moyenne actuelle de 15° C. La vie sur la planète comme nous la
connaissons n'existerait pas.
Au cours des 200 dernières années, les
émissions de ces gaz dues aux activités humaines se sont
accumulées dans l'atmosphère; à cause de leur longue
durée de vie, ces gaz peuvent y rester des dizaines d'années
jusqu'à des siècles.
Ces augmentations sont attribuables à l'activité
humaine, caractérisée par notre style de vie de plus en plus
perfectionné et automatisé, et surtout à la combustion de
combustibles fossiles comme le charbon, le pétrole et les autres gaz
naturels utilisés pour fabriquer de l'électricité, ainsi
que par les industries et les transports.
Le réchauffement planétaire menace aujourd'hui
des millions d'espèces.
Jusqu'au quart des espèces de la planète
pourraient disparaître au cours des cinquante prochaines années.
Les températures augmenteront de 1,5 à 4° Celsius durant le
prochain siècle, entre 18 et 37 % des espèces de la
planète pourraient avoir disparu d'ici 2050. Les émissions de gaz
à l'origine du réchauffement climatique semblent avoir
provoqué un changement de température plus soudain que la
capacité d'adaptation de nombreuses espèces (annexe5).
I.3 Les principaux polluants.
|
Espèces polluantes.
|
Origine.
|
Effet sur la santé.
|
|
Dioxyde d'azote.
NO2
|
Oxydation du monoxide d'azote issu de la combustion de l'azote
de l'air ou celui contenu dans le carburant ou combustible
(voitures, avions au décollage ou en montée)
|
Irritations, diminution possible des défenses
immunitaires et accroissement de la sensibilité des bronches aux
infections microbiennes.
|
|
Dioxyde de soufre
SO2
|
Combustion des produits soufrés (charbon et
pétrole) par le chauffage, les voitures, les avions mais aussi par
d'autres procédés industriels.
|
Irritations des muqueuses des voies aériennes,
accroissement des pathologies respiratoires.
|
|
Monoxyde de carbone
CO
|
Combustion complète (voiture à essence, avions
au roulage et en stationnement).
|
Prend la place de l'oxygène pour se combiner à
l'hémoglobine du sang, ce qui conduit à une hypoxie tissulaire,
cérébrale et cardiaque.
|
|
Ozone
O3
|
C'est le plus connu des photo-oxydants ; C'est un
polluant secondaire issu des réactions photochimiques initiées
essentiellement par les oxydes d'azote et les hydrocarbures.
|
Irritations oculaires, migraines, toux ;
altération de la fonction pulmonaire accentuée par un effort
physique.
|
|
Hydrocarbures
Non-méthaniques
(HCNM)
|
Combinaison d'atomes d'hydrogènes et de carbone issu de
l'industrie et de la combustion incomplète des carburants.
|
Irritations des yeux, toux, action cancérigène
augmentée par les poussières qui absorbent les hydrocarbures et
les déposent dans l'appareil respiratoire.
|
|
Poussières.
(fumées noires)
|
Combustion de matières fossiles, véhicules au
diesel, avion au roulage ou en stationnement.
|
Transport des polluants jusqu'au alvéoles pulmonaires,
attaque des muqueuses nasales, augmentation de la sensibilité aux
infections pulmonaires.
|
I.4 Les transports et la pollution atmosphérique.
I.4.1 La route.
Des bus, des utilitaires, des voitures privées et
commerciales. Dans l'ordre, ils polluent pour 8%, 19% et 73%. Les voitures
utilisent 3 carburants : diesel, essence sans plomb, GPL. Respectivement, on
constate une pollution en gr/km, pour CO, de 1,25, 1,80, 0,33. Pour l'oxyde
d'azote (NOx), les taux sont de 0,60, 0,25, 0,023(*)(annexe5).
On entend par pollution automobile la contamination de
l'atmosphère liée à la circulation routière
provoquée principalement par la combustion de combustibles fossiles (en
particulier de pétrole sous forme d'essence et de gazole). C'est la
principale source de pollution atmosphérique. Elle demeure plus diffuse,
constituée de multiples émetteurs mobiles d'où la
difficulté de la maîtriser. Les polluants émis
correspondent aux constituants des carburants (hydrocarbures), aux additifs ou
impuretés qu'ils contiennent (plomb dans le supercarburant ou soufre
dans le gazole) et aux produits de combustion (monoxyde de carbone,
hydrocarbures imbrûlés, oxydes d'azote et suies). La comparaison
des émissions révèle clairement que les émissions
de polluants liés aux transports augmentent et en particulier les
poussières, alors que l'ensemble des émissions diminue. Par
exemple, les véhicules de type diesel sont fortement émetteurs
d'oxydes d'azote et de particules fines.
En effet, les diesels émettent 30 à 100 fois
plus de particules que les véhicules à essence, ce qui constitue
90 % des particules émises par l'ensemble des véhicules. Par
contre, les véhicules équipés de moteur diesel
émettent moins de CO et de NOx que les autres véhicules4(*).
En effet, contrairement au moteur essence, le mélange
air-gazole brûlé est très
hétérogène.
Voici, pour un litre d'essence et de gazole les polluants
rejetés par leur combustion5(*).
|
Polluants
|
essence
|
diesel
|
|
Monoxyde de carbone
|
0,25
|
0,1
|
|
Hydrocarbures
|
0,075
|
0,065
|
|
Oxydes d'azote
|
0,035
|
0,08
|
|
Particules
|
0,003
|
0,06
|
On a constaté en France un doublement du trafic des
véhicules particuliers et une hausse de 70 % du trafic routier de
marchandises.
De plus, selon les prévisions la circulation
automobile devrait augmenter de 65% d'ici 2010.
De surcroît, le transport des personnes (effectué
principalement en voiture) connaît une dynamique structurelle qui devrait
se prolonger. Ceci, d'autant plus que "les transports sont devenus un enjeu
économique et financier considérable pour les Etats, les
entreprises et les collectivités territoriales" en immobilisant des
investissements colossaux principalement dans le réseau routier.
Ainsi, la circulation automobile ne cesse de croître.
C'est pourquoi, on observe, à l'exception du plomb, une absence de
diminution concernant les concentrations d'oxydes d'azote, de particules et de
composés organiques volatils malgré les réductions
unitaires d'émissions des nouveaux véhicules à essence et
diesel. "Au cours des dix dernières années, l'abaissement de la
teneur en plomb dans les carburants a permis une baisse considérable de
la concentration du plomb.
En revanche, d'autres indicateurs de pollution d'origine
automobile tels que le dioxyde d'azote sont mesurés depuis peu de
temps.
I.5.2 Le transport ferroviaire.
Bien que les transports en commun soient indiscutablement
moins polluants que les voitures particulières, l'air des gares et
stations souterraines bat tous les records de pollution dans le domaine des
particules fines.
Les relevés de 2003, après ceux de 2001,
révèlent notamment les teneurs suivantes6(*) :
· 1200 ug/m3 entre 17h et 19h dans les gares du RER A de
Chatelet les Halles et Nation
· plus de 1600 ug/m3 à la Gare de Lyon toujours
sur le RER A
· jusqu'à 850 ug/m3 aux heures de pointe à
la station Bréguet-Sabin sur la ligne 5
· en moyenne 200 ug/m3 dans le métro et 400 ug/m3
dans le RER
Rappelons que les concentrations moyennes en PM10 sont de 22
ug/m3 à l'air libre en moyenne dans l'agglomération parisienne et
atteignent au maximum 200 ug/m3 à la Porte d'Auteuil sur le boulevard
périphérique parisien.
De plus, les critères nationaux de qualité de
l'air sont de 30 ug/m3 en moyenne annuelle.
Cette pollution est notamment générée par
les freinages, l'usure des rails et des roues. Plus, un train roule vite et
transporte de voyageurs, plus il doit freiner et émet de particules
métalliques. Ainsi, la ligne 14, équipée de freins
électriques reste la moins polluante contrairement à la ligne A
et son million de voyageurs quotidien.
Les effets sur la santé ne sont pas encore clairement
identifiés et pourraient varier de ceux connus en surface vue la nature
différente des particules. Cependant, il est admis que les particules
fines, notamment émises par la pollution diesel, affectent le
système respiratoire et cardio-vasculaire.
A ce titre, rappelons que plusieurs millions de voyageurs
empruntent le métro et le RER, TGV, pendant 35 minutes en moyenne,
chaque jour en France, sans oublier les dizaines de milliers de personnes qui y
travaillent tous les jours.
Depuis 2001 que le CSHPF exige de la RATP des solutions et des
plans de réduction des teneurs en PM10, cette dernière s'aide de
l'ADEME pour y parvenir. Seulement, comme souvent, les coûts
nécessaires pour limiter cette grave pollution, pourraient atteindre des
montants que les clients ne sauraient supporter selon l'ADEME.
I.5.3 Le transport fluvial et maritime.
Les émissions dues aux navires participent aux
phénomènes des pluies acides, de l'ozone troposphérique,
de la pollution atmosphérique et de l'eutrophisation marine.
Elles contribuent également au problème mondial
des changements climatiques et de l'appauvrissement de la couche d'ozone.
Une étude récente a examiné tous les
trajets de navigation au départ ou à destination de l'Europe, et
évalué les émissions dues à différents
polluants. Les résultats sont sidérants : par exemple, d'ici
2010, les émissions de dioxyde de soufre (SO²) dans les zones
maritimes de l'UE devraient être équivalentes à 75% de
l'ensemble des émissions d'origine terrestre, notamment dues aux
voitures, aux camions et aux installations industrielles.
Le tableau en ce qui concerne les oxydes d'azote (NOx) n'est
guère plus favorable, avec des émissions dues aux navires qui
devraient équivaloir à deux tiers des émissions d'origine
terrestre d'ici 2010.
La raison pour laquelle les émissions dues aux navires
prennent une telle ampleur tient au fait qu'à ce jour le secteur
maritime n'a pas encore été réglementé,
contrairement à d'autres secteurs de l'industrie et des transports
déjà couverts par la réglementation communautaire. Cela
signifie également que les navires peuvent maintenant réduire
leurs émissions à moindre coût que d'autres secteurs
où des mesures ont déjà été prises.
En d'autres termes, il revient moins cher de réduire
d'une tonne les émissions maritimes que de réduire d'une tonne
celles qui proviennent d'autres sources.
La stratégie envisagée propose de réduire
les émissions de SO2 dues aux navires grâce à une
proposition visant à imposer l'utilisation dans les mers et les ports de
l'UE de combustibles marines à moindre teneur en soufre. Afin de
réduire les émissions d'oxyde d'azote dues aux navires.
Cette méthode permettra de réduire les
émissions d'oxyde d'azote provenant de tous les navires entrant dans les
mers de l'UE, et pas seulement de ceux battant pavillon de l'Union
Européenne.
Le transport fluvial, malgré les affirmations
précédentes, relève d'une conception à long terme
du développement économique durable et des nouvelles exigences
sociétales.
Pollution atmosphérique, nuisances sonores, occupation
d'espace à l'heure où la protection de l'environnement et le
développement durable est de plus en plus d'actualité, le
transport fluvial et fluvio-maritime s'impose comme le moyen de transport le
moins polluant et moindre consommateur d'énergie.
I.5.4 Le transport aérien.
L'avion est le moyen de transport le plus polluant par
passager au kilomètre(annexe7).
Aux abords des aéroports, la population, la faune et la
flore subissent des nuisances importantes. L'aviation affecte l'environnement
de différentes manières et génère une pollution
sonore très importante.
Le transport aérien est déjà responsable
de 12% des émissions de CO2 provenant de l'ensemble des moyens de
transports en Europe. Actuellement, il explique la formation de 4% des deux
principaux gaz responsables du réchauffement de la planète (CO2
et NO2)7(*). L'industrie
aérienne se développant, sa contribution au réchauffement
croît également. D'après les analystes, dans 50 ans, les
avions seront responsables d'au moins 10% du réchauffement.
L'effet sur la qualité de l'air de centaines et
milliers d'avions (de tourisme ou de fret) décollant et atterrissant est
virtuellement incontrôlé. Cependant, la pollution
atmosphérique des aéroports est équivalente en taux
à celle générée par les réacteurs,
raffineries et incinérateurs locaux et la circulation routière
qui s'y déroule. Mais tandis que la pollution venant des autres sources
se stabilise ou décroît, la pollution due aux aéroports
continue d'augmenter du fait de l'importance croissante du trafic aérien
et du manque de contrôle sur la pollution aérienne. Bien que le
gouvernement ait demandé aux conducteurs de voitures de se soumettre
à des inspections d'émissions polluantes (avec des
résultats concluants), les avions, eux, ne sont pas soumis à de
tels examens. Lorsqu'on sait qu'un 747 arrivant et repartant de
l'aéroport JFK à New-York pollue plus qu'une voiture conduite sur
plus de 8 960 km, et autant d'oxydes d'azote qu'une voiture conduite sur 42 400
km.
Par ailleurs, le transport aérien augmente en
popularité deux fois plus vite que le transport routier et il est
prévu qu'il double dans les 20 prochaines années.
Le secteur des transports aériens connaît un taux
de croissance supérieur à la croissance moyenne de
l'économie de l'Union européenne.
La demande de transports aériens a augmenté de
5 % par an entre 1980 et 1995, et que ce taux de croissance se maintiendra
au moins jusqu'en 20158(*).
Inévitablement, les incidences environnementales des
transports aériens ont également augmenté.
À l'échelle planétaire, les transports
aériens contribuent à accroître l'effet de serre, tandis
qu'au niveau régional, ils contribuent à l'acidification,
à l'eutrophisation et à la formation d'ozone
troposphérique par des émissions de polluants
atmosphériques. Au niveau local, au voisinage immédiat des
aéroports, les préoccupations se concentrent sur les effets
sanitaires et environnementaux potentiels du bruit et de la pollution
atmosphérique due à des émissions telles que les oxydes
d'azote, les composés organiques volatils et les particules.
La croissance des transports aériens, et donc des
émissions, est allée plus vite que les améliorations
technologiques, en dépit des efforts considérables
déployés par le secteur pour réduire les effets des
transports aériens. En conséquence, les émissions de
dioxyde de carbone (CO2) et les autres émissions continuent
de croître dans l'absolu.
L'avion pollue différemment selon qu'il est en phase de
décollage ou d'atterrissage(annexe8).
Une autres des principales causes de pollution des avions est
le délestage de carburant. Mais il convient de dire que les avions
délestent du carburant très rarement.
C'est un évènement exceptionnel qui est
effectué uniquement dans des circonstances où la
sécurité des passagers est menacée. Le délestage
exige un allègement de la masse de l'appareil pour l'atterrissage.
C'est le cas des longs courriers contraints à se poser
pour des raisons techniques peu après le décollage.
Cette décision est de la seule responsabilité du
commandant de bord. Le délestage est réalisé à plus
de 2 000 mètres de hauteur et que 90 % du carburant ainsi
évacué, sous forme de gouttelettes, s'évaporent
immédiatement.
Retombés au sol.
Les 10 % de carburant atteignant le sol s'évaporent en
grande partie à son contact.
Le reste subit une dégradation biologique partielle. La
quantité de carburant atteignant le sol ou l'eau est de quelques
milligrammes par mètre carré. Elle varie en fonction de la
hauteur de délestage et de la température du
sol.
Impact sur la santé.
Les quantités de kérosène
observées au sol après une opération de délestage
sont sans commune mesure avec celles pouvant entraîner une intoxication
aiguë par inhalation ou ingestion.
De plus, cette toxicité ne peut être chronique,
car l'exposition n'est pas répétitive.
Le nombre d'opérations de délestage
enregistrées de 1998 en 2000 est extrêmement faible
comparé au nombre de mouvements d'avions commerciaux sur l'ensemble des
dix principaux aéroports français.
§ d'avions
commerciaux en France
1 350 000 en 1998
1 450 000 en 1999
1 510 000 en 2000
§ Opérations de
délestage
8 en 1998
3 en 1999
4 en 2000
Selon les recommandations de l'organisation de l'aviation
civile internationale (OACI), la "vidange de carburant en vol" doit être
effectuée, dans des zones faiblement urbanisées et à une
hauteur qui ne doit pas être inférieure à 2000
mètres.
Le carburant stocké dans les réservoirs
situés dans les ailes est expulsé sous pression à l'aide
d'une pompe. Il est vaporisé en fines gouttelettes pour permettre son
évaporation et sa dispersion dans l'atmosphère. Afin de mieux
vaporiser le carburant, l'avion évolue à une vitesse d'environ
400-500 km/h lors de l'opération de délestage.
Une opération de délestage dure entre 20 minutes
et 1 heure et les quantités délestées sont de l'ordre de
30 tonnes. Elles varient selon le type de l'avion, sa masse au décollage
et les conditions météorologiques à l'atterrissage.
Les traînées plus ou moins blanches qui
apparaissent à l'extrémité des ailes à
l'atterrissage et au décollage ne sont en aucune façon des
vidanges de carburant ; il s'agit de traînées de condensation de
vapeur d'eau. Elles sont générées par le
phénomène de forte «compression/détente» d'un
air à taux d'humidité important, à l'arrière des
ailes, lorsque les volets sont abaissés.
Aperçu en milliers de tonnes, selon les
données de 2001, des émissions polluantes des transports en
France9(*).
 
 

Si on établit un classement on s'aperçoit
très vite que le transport aérien n'est pas le plus grand
pollueur en matière de transport(annexe9).
Cas de l'aéroport Bordeaux Mérignac.
Avec près de 3 millions de passagers en 2002,
l'aéroport international de Bordeaux Mérignac se positionne comme
le huitième aéroport le plus fréquenté de France.
Après la campagne de mesure de la qualité de
l'air effectué en 2001, la campagne printanière
réalisée en 2003 s'est inscrit dans le processus de suivi de la
qualité de l'air de la zone aéroportuaire de Bordeaux
Mérignac.
Les concentrations moyennes en NO2 et en BTX
mesurées pour la campagne 2003 sont rapportées sont forme
d'histogramme10(*).
Rappelons que les valeurs relevées au sein de
l'enceinte de l'aéroport sont inférieurs aux valeurs limites
réglementaires.
Les teneurs enregistrées en périphérie de
fond sont assez homogène et sont du même ordre de grandeur que
celles relevées dans l'enceinte de l'aéroport . Ainsi il
semblerait que l'aéroport n'ait pas d'impact significatif sur les
niveaux de dioxyde d'azote et de BTX environnants.
Autrement dit, la qualité de l'air environnant n'est
pas l'unique résultat de la pollution locale de l'aéroport.
C'est au niveau du site de proximité automobile que les
teneurs moyennes les plus fortes ont été constatées.


Chapitre II. Le développement durable du
transport.
II.1. Histoire du « Développement
durable ».
La fin des années cinquante et le début des
années soixante fût en France celle d'une inquiétude
montante fruit d'une très longue histoire provoquée par la
destruction mondiale et accélérée des espèces et
des milieux naturels, d'une part, et par un accroissement général
des pollutions de l'air et de l'eau, d'autre part, accroissement qui se
traduisait par une intensification, une extension géographique, et par
une multiplication des formes d'agression, consécutive à
l'explosion de la chimie de synthèse.
Pour ce qui est de la France, jusqu'en 1965-1966, le mot
environnement est resté cantonné à quelques usages
sporadiques, avec en général le sens que l'on trouve dans le
Larousse illustré de 1948 pour le mot
« environner » : mettre autour, être autour.
Le Petit Robert se saisissant plus tard du mot, écrira
pour sa part « action d'environner », comme le faisait
déjà le Littré entre les deux guerres.
Une curieuse lacune marque les publications traitant de
l'histoire de l'environnement de la période qui s'ouvre à
l'écologie moderne. Il est surprenant qu'aucun de ces documents ne
mentionne, sauf erreur, les phénomènes de concentration
biologique des résidus dans les chaînes alimentaires, question qui
a beaucoup préoccupé les consommateurs à diverses
époques. Le terme d'écotoxicologie est également
ignoré, alors qu'il représente une composante croissante de
l'écologie appliquée.
Et compte tenu du climat intellectuel de cette période
de l'avant mai 1968, impliquant une réflexion politique, l'ambition
était d'embrasser un vaste ensemble de dimensions, au-delà de
l'écologie : l'économique, le social, l'esthétique,
ainsi que le droit, la recherche, l'organisation administrative, le civisme des
populations et la responsabilité des décideurs.
« L'environnement » a été
finalement préféré au terme de milieu, celui de cadre de
vie ayant été rapidement mis de côté comme beaucoup
trop réducteur, malgré son intérêt manque de vision
à long terme. Il s'agissait d'intégrer la perspective nouvelle de
l'écologie moderne, aux réactions souvent différées
ou difficiles à prévoir, perspective qui ne paraissait pas
vraiment participer de la notion de milieu. Le succès connu par le mot
environnement, après une période de flou sémantique qui a
eu quelque peine à s'effacer, a correspondu à un besoin,
au-delà de l'effet de mode d'un néologisme anglo-saxon.
La question de l'environnement est certes d'abord apparue
comme l'expression d'un sentiment de crise face à des mutations qui ne
semblaient plus du tout maîtrisées, en raison de leur vitesse et
de leur dimension
L'environnement n'est alors pas très bien reçu
par certains naturalistes qui restent attachés aux
« milieux », et encore plus fraîchement par les
protecteurs de la nature qui craignent de voir leurs préoccupations
noyées dans un fatras d'autres considérations, et
l'intérêt pour « leur » sujet passer au second
plan. C'est d'ailleurs ce qui s'est un peu passé dans la décennie
1980-1990.
L'environnement n'a pas été non plus bien
reçu par le plus clair de l'intelligentsia française,
préoccupée de social. En effet pendant la
Révolution française, l'idée de protection du milieu et de
maintien d'une nature sauvage est une idée
contre-révolutionnaire. Pour les révolutionnaires, la nature n'a
d'existence que comme représentation d'un paysage composé...
quant aux écosystèmes, ils représentent les forces du mal.
Après le lancement du Premier programme pour
l'environnement par Jacques Chaban-Delmas en 1970, et la mise en place du
ministère en charge de ces questions, début 1971, la tournure des
choses va changer. Le ministère entame sa carrière, les
associations vont se multiplier, et de très nombreux nouveaux acteurs
vont émerger. La montée spectaculaire du nombre de publications
dans le domaine va se poursuivre jusqu'à nos jours.
Quant au développement durable, qui est
présenté classiquement comme l'équilibre entre les trois
pôles environnemental (ou écologique), social et
économique, il est lui aussi le fruit d'une assez longue construction
qui commence à être assez bien retracée dans la
littérature.
Après l'étape importante qu'a
représenté la tenue à l'Unesco en 1968 de la
Conférence intergouvernementale d'experts sur les bases scientifiques de
l'utilisation rationnelle et de la conservation des ressources naturelles de la
biosphère, le développement durable a fait l'objet d'une
première tentative de mise en forme plus politique en 1971, sous le
vocable d'éco-développement. Cela s'est passé dans le
cadre de la préparation de la première conférence mondiale
des Nations-Unies sur l'environnement qui devait se tenir à Stockholm
l'année suivante, sur l'initiative de la Suède.
Organisme placé auprès de l'UNESCO, l'UICN,
Union internationale pour la conservation de la nature et de ses ressources, a
été la première à inscrire l'expression de
sustainable development dans un document officiel. Mais c'est,
comme on le sait, la Commission des Nations Unies pour l'environnement et le
développement présidée par Madame Brundtland qui a
véritablement défini et instauré l'usage du terme dans son
acception présente, avant qu'il ne soit en quelque sorte
sacralisé par la Conférence de Rio De Janeiro sur l'environnement
et le développement de 1992.
Entre temps, après l'environnement (en 1971) et
l'écologie (en 1976), le développement durable a
été inscrit à son tour en droit français, et
intégré au niveau des objectifs des instances communautaires. Ce
sont d'abord la loi sur l'aménagement et le développement durable
du territoire, puis les contrats de plan Etat-Régions, puis plus
récemment, la loi solidarité et renouvellement urbain qui ont
formalisé cette évolution. Au niveau local, nombre de
collectivités et d'acteurs économiques, par exemple avec les
Agendas 21 communaux ou les plans de gestion durable forestière, sont
entrés dans les démarches de ce type. Plus que d'un objectif, il
s'agit en fait d'un processus de construction collectif, partenarial, de
l'avenir.
La traduction en français du sustainable
development a un temps hésité entre plusieurs
qualificatifs : durable, soutenable, responsable. Aucun de ces termes
n'est exactement l'équivalent de l'anglais.
Toutefois, on peut s'interroger sur une démarche qui se
contenterait d'un simple appel à la conscience individuelle. Il s'agit
d'une modification des comportements qui intéresse aussi les
décideurs politiques, les hauts fonctionnaires, les financiers, et les
entrepreneurs... Elle touche également aux modes et décision dans
les organisations et les institutions, en premier lieu dans le secteur
politique, public et collectif : Etats, administrations, organisations
professionnelles, syndicats, associations.
En cela, on peut considérer que le développement
durable comporte une forte dimension culturelle, comme l'avait pressenti le
processus de Stockholm en 1971-72. On peut sans doute avancer qu'un des enjeux
du développement durable est la construction permanente, collective et
réellement démocratique des nouveaux systèmes de valeurs
cohérents avec les grands objectifs que les Nations-Unies ont
adoptés.
II.2. Définition et objectif du développement
durable du transport.
La première définition officielle du concept de
développement durable est donnée par le Rapport Brundtland en
1987 :
" Le développement durable est un
développement qui répond aux besoins du présent sans
compromettre la capacité des générations présentes
à satisfaire leurs besoins en permettant aux générations
futures de satisfaire leurs propres besoins futurs".
Le transport est essentiel dans un système
économique et social, en réunissant les personnes et les
marchandises sur un vaste territoire dans un délai optimal. Toutefois,
le transport à des effets néfastes sur la qualité de l'air
du sol et des eaux.
Le maintien de l'équilibre entre ces besoins
économiques et sociaux et la nécessité de protéger
l'environnement est au coeur du concept du développement durable.
La croissance de la population et de l'économie
s'accompagne obligatoirement d'une augmentation de la dépendance du
transport.
Le nombre de moyens de transport ne cesse d'augmenter.
Le développement durable est un concept. La
création d'une économie plus durable sur le plan environnementale
ne constitue que la première étape d'un processus
d'évolution et de changement à long terme. Pour aspirer au
développement durable, la prise de décisions est importante, car
elle réclame de la part des fournisseurs de services, des changements de
comportements et de vision sur des choix sensibles et mieux
éclairés.
Au XXe siècle l'humanité a réalisé
le mythe d'Icare, jusqu'à s'y brûler les ailes. En cinquante ans,
l'avion légendaire des inventeurs et des héros guerriers ou
postaux a fait place à l'avion de masse chaque année plus
nombreuse, pour des voyages toujours plus lointains : un coup d'aile peut
projeter trois à quatre cents personnes à dix ou douze mille
kilomètres en moins d'une journée. Des centaines de millions de
personnes en font l'expérience, pour des motifs devenus plus personnels
ou touristiques que professionnels.. L'avion a supplanté le bateau pour
les trajets intercontinentaux. Le baptême de l'air s'est banalisé
jusqu'à l'oubli, dans nos pays.
La croissance passée du trafic aérien est une
évidence : selon l'OACI, le trafic mondial a cru depuis 1982 au
rythme annuel moyen de 4,3 % et 5,8 % pour le trafic exprimé
en tonnes par kilomètres transporté (TKT) soit grosso modo le
double de la croissance moyenne du PIB mondial 2,6 % sur la même
période.
Il en fut de même en France : le nombre des passagers a
triplé en 20 ans, de 33 à 100 millions, sur des distances
allongées de 800 à 2200 kilomètres. Notre trafic
aérien compte pour près de 7 % du total mondial, alors que
notre population ne représente que 1 % de celle du monde.
Ici comme ailleurs, la croissance du transport aérien
s'est nourrie de la diminution de son prix, des gains de pouvoir d'achat et des
mobilités accrues.
Le transport aérien est une industrie mondiale, dont
les acteurs vont du plus global au plus local, des constructeurs
aéronautiques et des motoristes aux compagnies aériennes, des
systèmes de contrôle de la navigation aérienne aux
aéroports, et à tous leurs prestataires.
Le transport aérien est devenu une industrie majeure.
Son économie, longtemps dominée par des réglementations
nationales et le système des accords bilatéraux tel que
défini par la convention de Chicago qui fonda l'Organisation de
l'Aviation Civile Internationale en 1944.
Les grands aéroports sont la ressource la plus rare du
système. Il s'en crée très peu de nouveaux. Leur
périmètre est souvent figé depuis trente ou cinquante ans,
leur voisinage s'est peuplé, leurs extensions sont difficiles ou
impossibles. C'est là que s'expriment avec le plus d'acuité, de
véhémence, les plaintes des riverains à l'endroit du bruit
des avions, dans leurs approches finales ou leurs trajectoires de
décollage. La fréquence des mouvements d'avion, jusqu'à un
par minute à la pointe, attise les réactions de rejet, quand bien
même le niveau de bruit unitaire décroît au fil des ans. Le
bon fonctionnement de ces aéroports majeurs peut devenir critique pour
les économies qu'ils servent et les grandes compagnies qui y sont
basées : British Airways pâtit de la saturation d'Heathrow,
Lufthansa attend une extension de Francfort, cependant qu'Air France
bénéficie de l'ampleur de vue qui a présidé au
choix et au dimensionnement de Roissy au début des années 1960,
puis des investissements réalisés continûment depuis. Les
gouvernements restent des acteurs déterminants du champ aérien :
outre leurs responsabilités générales de
régulation, ils assument la planification des infrastructures et la
prise en compte des enjeux environnementaux, ils répondent de la
sécurité et de la sûreté, aussi bien que du
contrôle aux frontières. Ils interviennent aussi en
opérateurs des systèmes de contrôle de la navigation
aérienne.
Au triptyque traditionnel
« Sécurité, Efficacité,
Environnement » se substitue le triptyque
« Sécurité, Environnement,
Efficacité », en particulier en Europe.
Chacun sait que la sécurité est le souci
premier, obsessionnel, de toute l'industrie du transport aérien. Elle
s'est structurée pour réduire au maximum le risque d'accident,
à un très faible niveau qui en fait le plus sûr des modes
de transport. Qu'advienne l'accident, il est tragique, et jugé
intolérable. Il fait prendre conscience aux gens que dans leur rejet des
avions et de leur bruit, il y a à la fois le côté visible,
repérable, du bruit et cette crainte sous-jacente que le ciel ne vous
tombe sur la tête.
Les attentats du 11 septembre ont redoublé cette
crainte, quelles que soient les mesures de sûreté adoptées
ensuite. Ne sous-estimons pas la dimension passionnelle que cette crainte
ajoute aux exigences environnementales.
Le problème majeur d'environnement auquel est
confronté le transport aérien à moyen et long terme est
moins un problème technique qu'un problème de
société : peut-on répondre à la demande de
mobilité tout en diminuant les impacts négatifs de
l'activité aérienne en matière de bruit, de pollution de
l'air et d'impact urbain ? Les riverains des aéroports pour la
plupart ne remettent pas en cause la croissance du trafic aérien qui va
de pair avec celle de la mobilité humaine. Par contre, ils s'interrogent
sur les moyens de discipliner cette mobilité pour en limiter et
réduire les impacts négatifs, et demandent la juste prise en
compte des préjudices subis, à partir d'un constat objectif des
conditions anormales de vie imposées. Au-delà de la question
lancinante du bruit sont en jeu la qualité de l'air au voisinage des
très grands aéroports, et le contrôle des émissions
de gaz à effet de serre, dont traite le protocole de Kyoto. Gardons
à l'esprit qu'une part des pollutions atmosphériques liées
au trafic aérien n'est pas due aux mouvements des avions mais au trafic
des engins sur les plates-formes, et des voitures sur les voies d'accès
aux aéroports. Faute parfois d'un transport en commun fiable et rapide
pour rejoindre les aéroports.
Réussir à concilier ces contraires est donc
l'enjeu du développement durable du transport aérien.
Enfin le transport aérien doit rester efficace, en
termes économiques et de qualité de service.
Alors que la demande de transport aérien continuera
à croître, plus lentement, les contraintes pesant sur l'offre
appelleront de nouvelles régulations
Les constructeurs aéronautiques n'anticipent pas
d'évolution technologique notable à moyen terme. Ils restent dans
une logique d'optimisation et d'amélioration des solutions existantes,
intégrant les nouvelles contraintes d'environnement, plus que dans une
logique de rupture. En témoigne l'accent que Boeing met maintenant sur
le 747-400 X QLR (pour Quiet longer range) doté d'un rayon d'action de
14.700 km, avec un gain de bruit de 20 à 40 %11(*) sur les 747 classiques
le Sonic Cruiser passe au second plan, un an après que l'idée en
fut lancée pour contrer le lancement réussi de l'A-380 par
Airbus.
Cependant les aéroports majeurs continueront de dominer
longtemps la scène aérienne mondiale, car la géographie
aéroportuaire évolue très lentement. Regardons de plus
près comment peuvent s'ajuster la demande croissante des passagers,
chargeurs et compagnies et l'offre de capacité des aéroports sous
contraintes locales d'espace, d'accès, de bruit ou de pollution.
La capacité physique des aéroports bute sur leur
capacité environnementale.
C'est une affaire d'espace disponible, de co-existence entre
activités humaines, d'équipements majeurs dont l'implantation et
le fonctionnement engendrent des nuisances sonores et la pollution de l'air.
Celles-ci sont à évaluer, réduire,
circonscrire et arbitrer.
Selon les pays et les époques, la limitation du bruit
aérien s'opère en plafonnant tantôt le nombre des
mouvements autorisés sur un aéroport donné, soit par an,
soit la nuit (couvre-feu total ou partiel), tantôt le volume annuel
d'énergie sonore émise, tantôt le nombre maximum de
passagers traités (quand bien même, le caractère
opératoire du critère prête-t-il à doute),
tantôt le bruit mesuré au sol dans les zones où l'habitat
est autorisé.
Des arbitrages, politiques et économiques, sont
nécessaires.
L'arbitrage entre nuisances et développement est
politique ; il articule gouvernance locale et médiation d'instances
consultatives, cas de l'ACNUSA en France, en politiques nationales et
régulation européenne, dans le cadre de l'approche
équilibrée décidée par l'OACI, dans sa
résolution A 33/7. A sa suite, la directive européenne 2002/30/CE
adoptée le 26 mars 2002 harmonise les conditions de retrait des avions
les plus bruyants du chapitre 3, ce qui se traduira à court terme par un
gain de 5 décibels.
Cet arbitrage est aussi économique. A ce jour, la
régulation de la mobilité aérienne, tant des hommes que
des marchandises, n'existe pas au niveau international, européen ou
national. Ainsi la démarche d'utilité concertée pour un
site aéroportuaire international troisième aéroport
parisien a montré que les débats sur le développement
durable, les émissions de gaz à effet de serre, le changement de
fiscalité ou le rééquilibrage entre modes de transports
restent vifs...
Professionnels du transport aérien et administrations
raisonnent maintenant en intégrant les riverains et leurs demandes.
Même si en fin de concertation il reste des mécontents, le
dialogue a eu lieu et les décisions sont explicitées. Par
ailleurs les esprits évoluent sur le plan international et
européen puisque les dispositions arrêtées par la
dernière assemblée générale de l'OACI et la
directive européenne (du 26 mars 2002) vont dans le sens de notre souci
de travailler et réglementer aéroport par
aéroport. »
II.3. Les grands principes du développement
durable.

II.3.1 Les principes sociaux.
Sécurité et santé :
les réseaux de transport doivent d'abord et avant tout être
sécurisant. Outre la réglementation en matière de
prévention des accidents, il est important de réduire les impacts
négatifs du transport sur la santé.
Accès et choix :
les réseaux de transports doivent donner à tous, un
accès raisonnable aux personnes, aux destinations, aux marchandises et
aux services.
Favoriser un réseau de transport plus
diversifié, comprendrait la possibilité d'utiliser des solutions
novatrices.
Qualité de vie :
les transports sont un élément important de la qualité de
vie, ils influencent directement les personnes, il faut dons prendre en
considération les caractéristiques des diverses
collectivités et des régions.
II.3.2 Les principes économiques.
Compétitivité : afin de
rendre le transport plus compétitif, l'utilisation de solutions
novatrices, peut appuyer le rendement et la compétitivité d'une
économie et donc de l'emploi et de son réseau de transport, en
matière de transport durable.
Coût : les coûts des
transports comportent le plus souvent des coûts économiques,
sociaux mais aussi environnementaux (le polluer/payeur).
Accessibilité : les
réseaux de transport doivent être abordables. Il faut donc prendre
des décisions et en évalués leurs impacts et surtout
trouvé des partenaires pour le soutien d'investissements
stratégiques à l'instar de la porte ibérique.
II.3.3 Les principes environnementaux.
Prévention de la pollution :
réduction des émissions de polluants et de déchets afin de
diminuer le risque pour la santé humaine et l'environnement.
Protection et conservation : ceci
concerne les sites environnementaux afin de conserver un équilibre des
écosystèmes naturels.
Gestion environnementale : prendre en
considération les conséquences environnementales qui risquent
d'engendrer les nouveaux projets et appliquer la gestion du risque, dans ce
contexte malheureusement le risque zéro n'existe pas et encore une fois
la responsabilité incombe à la prise de décision.
II.4 Du développement durable au transport
durable .
Parce qu'il permet la mobilité des biens, des personnes
et de l'information, le transport est le principal vecteur de
développement de notre société. Cependant, au regard de
nos pratiques actuelles de mobilité, le transport est aussi le principal
vecteur d'un "mal" développement.
Ce "mal" développement se matérialise à
travers les impacts environnementaux (pollution et impacts sur la santé,
réchauffement climatique, ....) mais aussi à travers les
modifications de l'équilibre social de notre société
(accroissement des phénomènes d'exclusion spatiale, de gaspillage
de l'espace disponible, de dégradation de la qualité de vie dans
les zones de congestion urbaine, ...).
Au regard de la croissance démographique de la
planète et des besoins prévisibles de mobilité, une
poursuite de nos pratiques en matière de mobilité pourrait
même compromettre sérieusement notre possibilité de
développement nous conduisant à un non-développement.
Il y a en effet dans le transport de formidables marges de
progrès, que ce soit sur le plan environnemental, économique ou
social. Pour toutes ces raisons, le transport doit être au coeur des
préoccupations pour quiconque s'intéresse au développement
durable.
Pour répondre aux exigences d'une mobilité
durable, le transport doit répondre à certaines contraintes et
notamment dans les zones urbaines qui concentrent une large majorité de
la population et des déplacements.
S'interroger sur la contribution d'une politique de
déplacements, dans ces zones urbaines, au développement durable
consiste à rechercher un mode de développement qui concilie
équité, environnement, économie.
Sur un plan plus opérationnel, les sept objectifs du
développement durable des transports mis en évidence par les
expériences locales concernent les déplacements à des
degrés variables :
Ø assurer la diversité de l'occupation
des territoires : Cela suppose de prendre en compte les
qualités d'accessibilité et de desserte des différentes
parties de la ville ou de la planète.
Ø faciliter l'intégration des
populations : la politique des déplacements
peut et doit permettre à tous les habitants
d'accéder aux services et avantages du territoire.
Ø valoriser le patrimoine : la
politique des déplacements y contribue dans la mesure où,
d'abord, l'accessibilité des différents lieux de
l'agglomération ou du territoire est une condition pour découvrir
le patrimoine, par exemple les sites touristiques ou remarquables... Ensuite
les infrastructures de transport participent elles-mêmes à la
création d'un patrimoine (gares, ponts, tramway, aérogare...) et
ont un impact sur le paysage urbain ou naturel.
Ø Veiller à une utilisation
économe et valorisante des ressources : les choix en
matière de déplacements dans le développement des espaces
géographiques doit répondre à deux familles d'objectifs
environnementaux : d'une part, la préservation des milieux (air, eau,
sols, écosystèmes) et la gestion des ressources (eau,
énergie, espaces, biodiversité...) et, d'autre part, le maintien,
voire le renforcement de la qualité et du cadre de vie en termes de
paysages urbains et naturels.
Ø assurer la santé publique :
au regard des déplacements, il s'agit non seulement de réduire
les effets néfastes des nuisances produites par les déplacements
sur la santé des habitants, notamment les accidents, le bruit et la
pollution de l'air, mais aussi de permettre l'accès aux services et
établissements de soins pour l'ensemble de la population.
Ø organiser la gestion des territoires
: Dans l'approche d'une mobilité durable, l'articulation entre
les différents niveaux ou structures est donc indispensable. Par
ailleurs, cette question comporte aussi une dimension financière : en
effet, le système de déplacements doit avoir des coûts
totaux (monétarisation des coûts externes) acceptables par la
puissance publique, et compatibles avec les capacités financières
à la fois des collectivités, de l'Etat et des ménages.
Au regard de ces objectifs pour une politique de
déplacement durable, on peut retenir la définition suivante d'un
système de transport durable :
Transport durable s'entend d'un système qui :
Ø permet aux particuliers et aux sociétés
de satisfaire leurs principaux besoins
d'accès aux biens, aux emplois, à
l'éducation, aux loisirs et à l'information. Cet accès
s'effectuant en toute sécurité en harmonie avec la santé
des humains et des écosystèmes, et dans le respect de
l'équité au coeur des générations et entre
celles-ci ;
Ø est abordable, fonctionne efficacement, offre un
choix de modes de transport,
permet la meilleure utilisation de chacun des modes, dans une
logique
d'inter modalité, et appuie une économie
dynamique ;
Ø ne produit pas d'émissions polluantes et de
déchets que dans la limite de la capacité de la planète de
les absorber, consomme un minimum de ressources non renouvelables et d'espace,
produit le moins de bruit possible et réutilise et recycle ses
composants.
Les compagnies aériennes et le
développement durable : cas de Air France.
Lauréate du Prix 2003 du meilleur rapport environnement
décerné par l'Ordre des Experts Comptables, Air France
résume sa responsabilité de l'entreprise en plusieurs
points ;
Ø assurer sa croissance,
Ø protéger l'environnement,
Ø gérer ses relations avec clients,
actionnaires, salariées partenaires, riverains , les
collectivités locales, les citoyens du monde, voyageurs ou non.
Air France est allé au delà de son engagement de
poursuivre son développement sans augmenter l'ensemble de ses
émissions sonores. En effet sa part de l'indicateur du bruit a
baissé de 37% en 6 ans pendant que le trafic croissait de 36%.
Air France a fait en sorte de limiter la croissance de sa
production en CO2 à la moitié de la croissance de son trafic soit
une diminution de 22% en 11 ans par kilomètre et par passager
transporté.
C'est le fruit d'un rajeunissement de la flotte moins bruyante
et plus économe en carburant dons moins polluante.
Air France dispose au voisinage de Toulouse et Orly de deux
nouvelles installations industrielles d'entretien aux performances
exemplaires : « Zéro Rejets Industriels ».
DEUXIEME PARTIE :
SOLUTIONS :
Cas du transport aérien.
Chapitre III. La réglementation.
III.1. Le contexte international.
La première conférence des Nations unies sur
l'environnement s'est tenue en juin 1972 à Stockholm, en Suède.
Pour la première fois, les questions écologiques sont
placées au rang de préoccupations internationales. Les
participants adoptent une déclaration de 26 principes et un vaste
plan d'action pour lutter contre la pollution.
En 2001, le Conseil Economique et Social des Nations Unies,
estimait qu'environ 85 pays auraient mis au point des programmes nationaux de
type Action 21, des stratégies nationales de développement
durable ou des plans d'action pour la protection de l'environnement.
Le programme Capacités 21 lancé en 1993, a
permis au PNUD d'accompagner nombre de gouvernements de pays en
développement à formuler et mettre en oeuvre des processus
nationaux en faveur du développement durable.
En novembre 2001, un Forum International sur les
Stratégies Nationales de Développement Durable au Ghana, a
d'ailleurs été l'occasion de capitaliser ces expériences,
et débattre sur les méthodes, en préparation du Sommet de
Johannesburg.
Entre le premier sommet de la terre à Rio, en 92, et
celui de Johannesburg, en 2002, a émergé la prise de conscience
des enjeux du développement durable. En revanche, les engagements
concrets des Etats pour parvenir à concilier économie,
environnement et développement se sont rarement traduits en actes.
Le protocole de Kyoto est issu de la Convention-cadre des
Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) adoptée à
l'issue du Sommet de la Terre, qui s'est tenu en juin 1992 à Rio de
Janeiro, au Brésil.
Les délégués de 160 pays se
réunissent en décembre 1997 à Kyoto, au Japon, pour
discuter des mesures à prendre pour contrer le réchauffement
planétaire. Les négociations sont difficiles, mais les
participants s'entendent pour réduire les émissions de six gaz
à effet de serre de 5,2 % entre 2008 et 2012, par rapport aux
niveaux de 1990.
La Convention relative à l'aviation civile
internationale a été signée à Chicago le 7
décembre 1944. L'Organisation provisoire de l'aviation civile
internationale (OPACI) qui en a résulté a fonctionné du 6
juin 1945 au 4 avril 1947, date à laquelle fut constituée
l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI). Selon les
dispositions de la Convention de Chicago, l'Organisation est composée
d'une Assemblée, d'un Conseil, dont le nombre de membres e |