Université d'Etat d'Haïti
(UEH)
Faculté d'Agronomie et de Médecine
Vétérinaire
(FAMV)
Département des Ressources Naturelles et
Environnement
(RNE)
TYPOLOGIE ET ANALYSE DE LA GESTION DES DÉCHETS
MUNICIPAUX (ORDURES MÉNAGÈRES ET DÉCHETS DE MARCHÉ)
DE LA VILLE DES CAYES
Mémoire
Présenté par JULIEN Herley
Richard
Pour l'obtention du Diplôme
d'Ingénieur-Agronome
Option : Ressources Naturelles et
Environnement
Novembre 2007
DÉDICACE
Ce mémoire glorifie le nom de DIEU, il est
dédié à :
o Mme veuve Denise GATTEREAU, ma mère
o Mme veuve Desixe GATTEREAU, ma tante
o La mémoire de Philippe JULIEN, mon père,
décédé le 10 Août 1994.
o Mon frère Karl Roody JULIEN et mes soeurs
Daphnée et Cindy JULIEN
REMERCIEMENT
Ce travail a été réalisé
conjointement avec la Mairie de la ville des Cayes. J'exprime ma reconnaissance
au responsable du service de gestion des déchets Ingénieur DOUYON
pour sa collaboration et sa patience dans les échanges d'informations
pendant la période de l'étude.
Je remercie profondément l'Ing-Agr Michel DIEUVET pour
avoir dirigé ce travail et pour l'intérêt constant qu'il a
porté à ce sujet de recherche. Je souhaiterais ici lui
témoigner ma sincère reconnaissance pour tous les conseils et les
remarques objectives qu'il m'a apportés.
Je tiens également à remercier Monsieur
Féniel PHILIPPE Ing-Agr et Monsieur Fresnel DEVALON Ing-Agr, pour leurs
orientations et leurs remarques fructueuses.
Mes remerciements s'adressent également à
Monsieur Richmond ALIX Ing-Agr, directeur du département des Ressources
Naturelles et de l'Environnement pour ses encouragements et ses conseils tout
en m'inspirant la nécessité de finaliser ce travail.
Mes remerciements au professeur Jude ZEPHYR Ing-Agr pour ses
appuis techniques et logistiques en Télédétection.
J'adresse également mes profonds remerciements au
Révérant Père Jean Valbrun, à Mr et Mme
Porcénat Pierre Chenet, Mme Alfred Marsan, Mme Calixte Nativita Dosier,
Mr Pierre Gardy Thomas et Mr Julien Pierre Michel qui m'ont toujours
apporté tout leur support afin d'arriver au terme de cette aventure.
Je ne pourrai terminer ces remerciements sans y associer mes
camarades de promotion « REFERENCE 2000-2005 » qui m'ont
toujours encouragé à concrétiser cette étude, mes
amis du groupe «ETINCELLES du SACRE COEUR» des Cayes
spécialement « FIRE » et mes camarades de la
promotion « ULTRA 2000 » du Collège Lysius
Félicité Salomon Jeune.
RÉSUMÉ
La matière résiduelle quel que soit sa nature
présente des effets négatifs à court, à moyen et
à long terme sur la population. Pour mieux contrôler ces effets,
la gestion des matières résiduelles doit être mise en
question afin d'arriver à un traitement efficace pouvant réduire
les risques de pollution. Dans le cadre de notre étude sur la ville des
Cayes, on se propose de réaliser une typologie des déchets
municipaux de la ville, d'analyser le mode de gestion et de faire des
recommandations.
Dans la méthodologie, la méthode
d'échantillonnage stratifiée a été choisie. A
l'intérieur de chaque strate, des choix aléatoires ont
été faits par intervalle régulier pour les ménages
et par tirage au sort pour les marchands.
Les données recueillies après analyse et
traitement des fiches d'enquêtes nous montrent qu'au niveau des
ménages la production des déchets varie entre 0,36 à 0,55
kg/hab/j dans la zone de forte concentration de population, entre 0,52 à
0,66 kg/hab/j dans la zone commerciale et 0,43 à 0,57 kg/hab/j dans la
zone de faible concentration de population. Les déchets
biodégradables représentent 75%, la matière plastique 10%,
le papier/carton 5%, le métal 4%, le textile 3% et le verre 3%. Au
niveau du marché, les déchets biodégradables
représentent 72%, le papier/carton 11%, la matière plastique 8%,
le métal 4%, le textile 3% et le verre 2%. Les pratiques
utilisées par les ménages pour se débarrasser des
déchets sont : le dépotoir par 78% des ménages et le
brûlage par 22 % des ménages.
Au niveau de la Mairie des Cayes, le service de collecte des
déchets possède un seul véhicule compacteur et ne dispose
pas de budget pour la gestion des déchets. Cette situation facilite
l'émergence des éboueurs dans toutes les rues de la ville. Ils
collectent les déchets dans plusieurs ménages et les
déposent dans les carrefours, les canaux de drainage et les lits des
ravines. Actuellement il existe un dépotoir situé à 9km de
la ville dont l'accès en période pluvieuse est très
difficile.
Ainsi, malgré l'intérêt des populations et
des autorités, le manque de conscientisation des ménages qui ne
veulent pas payer la collecte, le manque d'organisation des associations
intervenant dans la filière et les ressources très
limitées des autorités locales représentent tous un risque
important pour une meilleure gestion des déchets ménagers dans la
ville des Cayes.
TABLE
DES MATIERES
DÉDICACE
II
REMERCIEMENT
III
RÉSUMÉ
IV
TABLE DES MATIERES
V
LISTE DES TABLEAUX
VIII
LISTE DES FIGURES
IX
LISTE DES SIGLES ET ABRÉVIATIONS
X
LISTE DES ANNEXES
XI
1 INTRODUCTION
1
1.1
PROBLÉMATIQUE ET JUSTIFICATION
1
1.2
OBJECTIFS
3
1.2.1 Objectif
général
3
1.2.2 Objectifs
spécifiques
3
1.3
HYPOTHÈSE DE TRAVAIL
4
1.4
INTÉRÊT DE L'ÉTUDE
4
1.5
LIMITATIONS
4
2 REVUE DE
LITTERATURE
5
2.1 CONCEPT
DÉCHETS ET MATIÈRES RÉSIDUELLES
5
2.2 PRINCIPE DE
3RV-E (RÉDUCTION, RÉEMPLOI, RECYCLAGE, VALORISATION)
6
2.3 GESTION DES
DÉCHET AU CANADA
9
2.4 GESTION DES
DÉCHETS MÉNAGERS EN HAÏTI
11
2.4.1 Types de traitements
expérimentés dans le pays
12
2.5
PRÉSENTATION DU SERVICE DE COLLECTE DE LA MAIRIE
(CAYES)
13
3
MÉTHODOLOGIE
16
3.1
PRÉSENTATION DE LA ZONE D'ÉTUDE
16
3.1.1 Localisation de la ville
des Cayes
16
3.1.2 Climat
16
3.1.2.1 Pluviométries
16
3.1.2.2 Température
17
3.1.2.3 Vents, Humidité relative et
évaporation
18
3.1.3 Population
19
3.1.4 Activités
économiques
20
3.1.5 Marché
21
3.1.6 Education
21
3.1.7 Institutions
publiques
21
3.1.8 Santé
21
3.1.9 Religion
22
3.1.10 Transport
22
3.1.11 Infrastructures
économiques et financières
22
3.1.12 Culture et loisir
22
3.2
MÉTHODE
23
4 RÉSULTATS
ET DISCUSSIONS
30
4.1 SOURCES DES
DÉCHETS
30
4.2 ESTIMATION DE
LA PRODUCTION DES DÉCHETS MÉNAGERS/HAB/JOUR
31
4.2.1 Quantité
31
4.2.2 Typologie des
déchets
34
4.2.2.1 Marché
34
4.2.2.2 Ménage
35
4.3 FACTEURS
INFLUENÇANT LA PRODUCTION DES DÉCHETS
36
4.3.1 Marché
36
4.3.2 Ménages
37
4.4 GESTION DES
DÉCHETS
38
4.4.1 Marché
38
4.4.2 Ménages
39
4.5 SECTEUR
IMPLIQUÉ DANS LA GESTION DES DÉCHETS
41
4.5.1 Secteur formel
41
4.5.2 Secteur informel
44
4.6
DÉPOTOIR
44
4.7
DÉFAILLANCES CONSTATÉES PAR LA GESTION DES
DÉCHETS
45
4.7.1 Risque sur la
santé publique
45
4.7.2 Risque sur
l'environnement
45
5 CONCLUSION ET
RECOMMANDATIONS
47
5.1
CONCLUSION
47
5.2
RECOMMANDATIONS
48
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
53
LISTE DES TABLEAUX
Tableau # 1, Valeurs des précipitations mensuelles de
la ville des Cayes allant de
1960 à
1991........................................................................17
Tableau # 2, Températures extrêmes en
0C de la ville des Cayes allant de
1960 à
1991.......................................................................
18
Tableau # 3, Vitesse du vent/Evaporation/Humidité
relative de la ville des Cayes
allant de 1985 à
1991............................................................ 19
Tableau # 4 : Caractéristiques des ménages
sélectionnés...................................29
Tableau # 5 : les sources de production des
déchets dans la ville.........................30
Tableau # 6 : Production des ménages zone de forte
concentration.......................31
Tableau # 7 : Production des ménages zone
commerciale..................................32
Tableau # 8 : Production des ménages zone de
faible concentration......................33
Tableau # 9 : Caractéristiques des
poubelles utilisées dans les ménages.................40
Tableau # 10 : Inventaire des équipements de
collecte............................ ........42
Tableau # 11 : Dépenses effectuées pour la
collecte des déchets..........................43
LISTE
DES FIGURES
Figure 1 : Structure d'âge de la population
Cayenne....................................20
Figure 2 : Délimitation sur l'orthophotoplan de la
ville des Cayes...................24
Figure 3 : Typologie des déchets au niveau du
marché en fer.........................34
Figure 4 : Typologie des ordures
ménagères.............................................35
Figure 5 : Destination des produits périssables
non vendus............................36
Figure 6 : Revenu des
ménages............................................................37
Figure 7 : Types de
poubelles..............................................................39
Figure 8 : Elimination des
déchets.........................................................41
Figure 9 : Brûlage des déchets en pleine
rue.............................................46
LISTE
DES SIGLES ET ABRÉVIATIONS
ADEME : Agence de l'Environnement et de la Maîtrise
de l'Energie
AMPAP : Aire Métropolitaine de Port au Prince
CHF: Cooperative Housing Foundation
CNIGS : Centre National d'Information
Géo-Spatiale
FAN : Fédération des Amis de la
Nature
FIC : Frère de l'Instruction Chrétienne
GDS: Gestion des déchets solides
IHSI : Institut Haïtienne du Statistique et de
l'Informatique
LES : Lieu d'enfouissement sanitaire
MDE : Ministères de l'environnement
MEBSH : Mission Evangélique Baptiste du sud
d'Haïti
MSPP : Ministère de la Santé Publique et de
la Population
MTPTC : Ministères des travaux publics et des
télécommunications
OIM : Organisation mondiale de la migration
OMS : Organisation Mondial de la Santé
ONG : Organisation non Gouvernemental
PNUD : Programme des Nations Unis pour le
Développement
SNRE : Système National des Ressources en Eau
UNACOM: Usine National de Compost
USAID: United States Agency for International Development
SMCRS: service Métropolitain de collecte des
résidus solides
LISTE DES ANNEXES
1 ANNEXE A : FICHE D'ENQUÊTE POUR LES
MÉNAGES
ANNEXE B : Fiche d'enquête pour les marchands
ANNEXE C : Grille d'entrevue avec les ramasseurs
informels
ANNEXE D : Grille d'entrevue le service de collecte de la
Mairie
ANNEXE E : Grille d'entrevue avec les sources de
productions de déchets
ANNEXE F : Orthophotoplan de la ville des Cayes
1 INTRODUCTION
1.1 Problématique et justification
De nos
jours, l'un des problèmes de civilisation les plus importants dans les
pays sous développés est la gestion rationnelle des
déchets municipaux. Avec l'évolution démographique et
l'urbanisation non planifiée, la quantité de déchets
produits ne cesse de croître, devenant une préoccupation majeure
à laquelle sont confrontés les responsables locaux, mais surtout
les habitants de plus en plus conscients des risques. Le constat global fait
dans ces villes est le suivant :
o une absence de données sur la gestion des
déchets : typologie, flux, composition, répartition spatio
temporelle
o une gestion chaotique de la filière de
l'élimination des déchets avec une absence de plan directeur de
gestion au niveau local et national qui permet de se projeter sur le court et
le moyen terme,
o une technologie non maîtrisée et souvent
inadaptée au contexte local surtout pour la conception et l'installation
des procédés industriels,
o un financement insuffisant et non planifié,
o une règlementation insuffisante et
inappliquée. (Vermande P. et Al, 2005)
Malgré les efforts consentis par les responsables
locaux pour résoudre les problèmes, les différentes causes
(la mauvaise gouvernance, l'exode rural et la bidonvilisation des villes) qui
constituent un blocage dans la gestion des matières résiduelles
persistent. Elles ont des conséquences dans les domaines de l'habitat,
de l'éducation, de la santé, de l'environnement, et des
infrastructures de développement d'hygiène. Ce qui va contribuer
à :
o une pression sur l'espace physique entraînant des
embouteillages au niveau de la circulation,
o une pression sur la couche d'ozone stratosphérique
par l'incinération des tas d'ordures par la population provoquant des
dégagements de certains gaz (N0x, C0, CO2, Hcl,
H2S), des réactions de fermentation anaérobique avec
production de méthane considéré comme gaz à effet
de serre,
o la contamination de la nappe phréatique et des puits
d`eau potable par les eaux de ruissellement qui lessivent les tas d'ordures et
se chargent généralement du lixiviat, pour s'infiltrer dans la
nappe phréatique ou se jeter dans les cours d'eau,
o un espace visuel dégradé et la congestion du
réseau d'évacuation des eaux pluviales,
o la propagation d`espèces nuisibles et possiblement
vecteurs de maladies tels les rats et les insectes (Vermande P. et Al, 2005)
Pour ces dernières décennies, Haïti
traverse une crise socio-économique et politique. Selon le dernier
recensement de la population en 2003, le taux moyen de croissance de la
population rurale est de 0.9% tandis que celui de la population urbaine atteint
4.7%. Les haïtiens ont développé des stratégies de
survie qui ont malheureusement aggravé la situation du pays, provoquant
une augmentation de la population urbaine, une détérioration
physique et économique du monde paysan et un exode rural conduisant
à une explosion des villes et des bidonvilles avec pour corollaire une
véritable catastrophe sanitaire. (G. Anglade, 1982). La production
moyenne de déchets dans les villes haïtiennes est 0.5
kg/habitant/jour et dans la campagne 0.25kg/habitant/jour. (CHF, 1997)
La détérioration des services publics et en
particulier des services municipaux a contribué à une
dégradation du tissu urbain et du niveau de vie de la population. La
collecte des déchets solides, élément fondamental dans la
gestion, représente un défit pour toutes les municipalités
haïtiennes. Elle est assurée à 42% au niveau de Port-au-
Prince et à 34% pour les autres villes du pays. Le reste est
drainé vers le réseau des eaux pluviales pouvant causés
des risques de pollution dans la ville basse et des fonds marins côtiers.
(Webster Pierre et al, 1999)
La ville des Cayes, chef lieu du département du Sud
possède une altitude maximale inférieure à 100m.
L'accroissement de la population Cayenne n'a pas été
planifiée. Elle s'est réalisée de façon
spontanée et sans ajustement dans le nombre et la localisation des
grands équipements urbains. Sa population était estimée
à 55276 habitants pour le dernier recensement de l'IHSI au cours de
l'année 2003. La gestion des déchets dans la ville pose beaucoup
de problèmes à cause de la faible sensibilisation de la
population aux problèmes environnementaux et des difficultés de
financement. Les déchets municipaux deviennent de plus en plus
présents dans les rues, réduisent les voies de circulation et
obstruent les canaux de drainage. Le dépotoir se trouve à
Labarelle situé à 9 kilomètres de la ville des Cayes. Le
type de déchets rencontrés en grande partie sur ces tas, est la
matière organique, qui se décompose rapidement en présence
de l'air ou non, pour émettre des gaz ou des métaux
considérés comme source de pollution environnementale.
De ce fait, dans la perspective de faire des recommandations
pour une gestion efficace des déchets municipaux au niveau de la ville
des Cayes, une étude sur la typologie et le mode de gestion
s'avère nécessaire.
1.2 Objectifs
1.2.1 Objectif général
L'objectif de ce travail est de connaître les
différents types de déchets municipaux, analyser le mode de
gestion par les responsables afin de proposer une meilleure forme de gestion
des déchets.
1.2.2 Objectifs spécifiques
o Identifier les sources de production de déchets dans
la ville
o Faire une estimation de la production des déchets
ménagers par habitants/jour
o Etudier les différents paramètres qui
influencent la production des déchets municipaux dans la ville
o Faire un état des lieux sur la gestion des
déchets dans la ville des Cayes
o Proposer de meilleures formes de
gestion des déchets
1.3 Hypothèse de travail
o Les déchets biodégradables constituent la
majorité des déchets de marché et des ménages
o La présence des déchets dans les rues de la
ville est liée à une mauvaise gestion
1.4 Intérêt de l'étude
Cette étude se révèle nécessaire
parce qu'elle produira des données sur la gestion des déchets
municipaux dans la zone. Elle se veut aussi être un outil de
décision pour les responsables municipaux de la ville des Cayes pouvant
guider en matière de politique de gestion des déchets solides.
1.5 Limitations
Les limites sont :
o la délimitation de la zone d'étude qui est
réalisée avec l'ancien tracé de la ville des Cayes,
o l'échantillonnage des maisons qui est
réalisé avec l'orthophotoplan daté de 2003 non
actualisé,
o l'absence ou la non disponibilité des données
sur la gestion des déchets dans la ville des Cayes qui empêchent
certaines considérations.
2 REVUE DE LITTERATURE
2.1 Concept
déchets et matières résiduelles
La production des déchets représentait un outil
pour les historiens et les anthropologues plutôt qu'une nuisance au temps
de la préhistoire (passé, alimentation, faune, social,
artistiques). Avec le développement de la population et l'urbanisation,
les déchets deviennent une nuisance puis une source de pollution.
Avec le temps et les civilisations, les pays
développés passent du lancer individuel des déchets dans
les rues jusqu'au tri collectif des matières recyclables, tandis que
dans les pays d'économie en émergence, on est encore au stade de
l'insouciance collective. La tendance actuelle de la gestion des ordures repose
sur la question de ressources. La nature elle-même participe au recyclage
des éléments.
La combustion des ressources non renouvelables présente
des impacts négatifs dans l'environnement. Ces ressources se divisent en
trois grandes catégories :
Catégories
|
Exemples
|
Détails
|
Fossiles, solides, fluides, agents,
énergétiques
|
Tourbe, charbon, pétrole et gaz naturel
|
Carbochimie et pétrochimie en fabriquent des produits
dérivés
|
Minéraux non métalliques et roches
fondamentales
|
Silice, sel, Chaux, graphite, diamant
|
-
|
Les minerais métalliques
|
Cuivre, fer, or, argent, étain et cobalt
|
-
|
D'après une étude du MIT (Massashauset
Institute Technology), si la consommation des ressources reste
inchangée, les limites à la croissance de la terre seront
atteintes en 2100. Une prise de consience de la situation fait qu'on parle
depuis les années 70 de déchets ressources.
Pour répondre a cette préocupation, il fallait
redéfinir le mot déchets. Dès lors, l'ensemble des ordures
forment une série de matières secondaires qu'il faut mieux
exploiter, en complément de l'exploitation traditionnelle des
matières premières. Les appelations recentrées seraient
alors «matières résiduelles », parmi lesquelles la
fraction qu'on choisit de ne pas mettre en valeur et voué à
l'enfouissement ou à l'incinération serait le déchet
ultime.
2.2 Principe de 3RV-E (Réduction, réemploi,
recyclage, valorisation)
Dans
le dossier de la gestion des matières résiduelles, le
développement durable implique de cesser le gaspillage des ressources,
d'arrêter la destruction et la pollution du milieu naturel par
l'encombrement de nos déchets.
Pour adopter une approche de gestion des ressources de la
terre, le concept des 3 R développé en Californie (reducce, re-
use, recycle) en 1970 s'est progressivement transformé en 3RV :
réduction, réemploi, recyclage, valorisation. Cette approche
consiste à donner la priorité à des actions qui
favoriseront d'abord la réduction des déchets, la
récupération des matières ou objets inutilisés, le
recyclage (transformation de la matière, réemploi et
réutilisation) et enfin la valorisation (compostage,
méthanisation, pyrolyse). La lettre E retrouvée à la fin
du 3RV-E signifie que l'on peut «Éliminer» (enfouir et
incinérer) en dernier lieu certaines matières inertes lorsque
toutes les autres solutions relevant des 3RV ont été
épuisées.
Le respect du principe des 3RV-E est la voie à
privilégier pour minimiser les impacts environnementaux liés
à la gestion des matières résiduelles.
a)
Réduction à la source :
La réduction des matières résisiduelles
est une diminution de la quantité de matières ou d'énergie
ou de résidus générés lors de la fabrication, de la
distribution et de l'utilisation d'un produit. Il serait utopique de croire que
l'on peut intégralement se passer des produits qui sont appelés
à devenir des déchets. La réduction à la source
apparaît alors comme une nécessaire combinaison de diverses
actions à différents niveaux. Ces actions intègrent
notamment :
o le développement de l'éco-conception qui doit
être pratiquée par les industriels producteurs,
o la modification des actes d'achat qui concerne chaque
citoyen consommateur mais aussi la distribution et les grands donneurs d'ordres
(collectivités, administrations, ...) par la préférence
accordée,
o aux produits respectueux de l'environnement
(écoproduits),
o aux biens durables et réparables et aux produits
d'occasion,
o à la location plutôt qu'à l'achat pour
les équipements à faible taux d'utilisation,
o aux produits contenant moins de substances toxiques (piles
par exemple);
o la gestion domestique des résidus qui permet de
réduire les quantités de déchets à gérer par
le service public.
La montée en puissance de la réduction des
déchets repose fondamentalement sur la prise de conscience par chacun de
la nécessité de modifier ses actes d'achat et de consommation.
Les résultats seront globalement proportionnels au niveau de remise en
cause de nos modes de vie sachant qu'aujourd'hui l'évolution de ces
modes se traduit par une augmentation régulière des
déchets.
b)
Récupération :
Activité de collecte, de transport ou de traitement de
matières résiduelles aux fins de leur recyclage ou de leur
valorisation.
c) Réemploi /
Réutilisation :
Le réemploi (nouveau utilisateur d'une matière
résiduelle d'une autre personne) consiste en la réutilisation
d'un objet sans qu'on ne modifie ni sa forme, ni sa fonction. Ces objets
réutilisés sont d'une part détournés des lieux
d'élimination et d'autre part, leur réutilisation permet de
réduire la consommation de ressources et d'énergie
associée à la fabrication d'objets similaires à partir de
matières premières. Le réemploi favorise la
réduction des quantités de résidus éliminés
et n'engendre pas ou peu de coûts de traitement ou de transformation
tandis que la réutilisation introduit une matière
résiduelle dans un autre cycle de production que celui dont elle est
issue.
d) Recyclage :
Le recyclage d'un objet consiste à le soumettre
à des procédés de traitement et de transformation visant
à réintroduire cette matière dans un circuit de
fabrication. Ce qui permet en conséquence de réduire le taux
d'usage de matières premières et de ressources
énergétiques, tout en réduisant aussi la quantité
de rejets et d'émissions polluantes ainsi que celle des résidus
à gérer.
e) Valorisation :
La valorisation est la transformation chimique des
matières résiduelles. Elle concerne les déchets organiques
(pour les déchets ménagers, il s'agit des déchets de
cuisine, déchets verts). Son objectif est de produire un amendement
organique utile pour entretenir la qualité des sols et lutter contre
l'appauvrissement de certains sols fortement dégradés. A l'issue
de la collecte sélective, la valorisation organique se réalise
par compostage ou méthanisation.
Le compostage est un processus biologique qui permet, en
présence d'oxygène, de décomposer la matière
organique par l'action de micro-organismes. Le produit résultant est le
compost : une substance qui sert d'apport nutritif aux plantes.
La méthanisation, basée sur la fermentation des
déchets en digesteur et en absence d'oxygène (milieu
anaérobie), est un procédé émergent qui
nécessite un gisement minimum et une bonne maîtrise technique. Le
biogaz, produit de la méthanisation, doit être valorisé
énergétiquement. Les produits sortant du digesteur, les
digestats, subissent ensuite un compostage.
La valorisation énergétique traditionnelle est
la transformation par pyrolyse ou par gazéification qui produit des gaz
combustibles, des huiles pyrolytiques et des charbons. Ils sont faisables
lorsque la vapeur énergétique des résidus est
élevée. En dernier lieu, il y a la récupération de
l'énergie pour fournir un travail par combustion complète.
f) Elimination :
De façon ultime, seuls les résidus pour
lesquels il n'existe aucune avenue possible de mise en valeur (réduction
à la source, récupération, recyclage ou valorisation)
devraient être éliminés. Les pratiques usuelles de gestion
par élimination restent les LES (lieu d'enfouissement sanitaire) et
l'incinération tout en assurant la sécurité des
activités d'élimination, pour les personnes comme pour
l'environnement.
2.3 Gestion des déchets au Canada
Les données utilisées dans cette partie sont
tirées dans la revue des missions économiques de l'ambassade de
France au Canada à travers son site internet.
a) Sources
Chaque Canadien produit en moyenne 1000kg de déchets
solides non dangereux par an. Il existe de grandes disparités
provinciales, la plus faible production étant enregistrée en
Nouvelle Écosse (environ 600 kg/hab/an) et la plus importante au
Québec (plus de 1300 kg/hab/an). Par ailleurs, plus de 50% des
déchets solides non dangereux proviennent de sources industrielles,
commerciales et institutionnelles, la 2ème source étant le
secteur résidentiel.
b) Types de traitements
Sur les 30 millions de tonnes de déchets solides non
dangereux produits annuellement au Canada, 73 % sont éliminés par
enfouissement ou incinération, 24 % sont traités et
recyclés et 3 % sont exportés.
Seulement 5% des déchets sont incinérés
(sur place ou sur un site d'incinération spécialisé).
Malgré le seuil de 50% de traitement fixé par les Provinces
dès 1980, la majorité des déchets est
déposée en décharge, avec plus de 10 000 sites
d'enfouissement. Les municipalités ont souvent opté pour
l'enfouissement à cause des coûts moins élevés
d'investissement et d'exploitation des décharges.
Dans le domaine de recyclage, les provinces les plus actives
sont la Colombie-Britannique, le Québec et l'Ontario avec des taux de
réacheminement proches de 30%, et l'Alberta étant la province la
plus en retard.
La collecte sélective rencontre divers obstacles : la
complexité et le coût, ainsi que des réglementations qui
découragent parfois les initiatives de récupération. Le
recyclage concerne avant tout les produits du papier (39,2%) et les
métaux ferreux (25,4%).
Le nombre d'installations canadiennes de compostage
centralisé a considérablement augmenté, dépassant
maintenant 400 sites. Ce secteur connaît un fort développement,
encouragé par des subventions gouvernementales. D'après des
estimations, on pourrait composter entre 40 et 60% des déchets au
Canada, selon le magazine Solid Waste & Recycling de janvier 2005.
c) Source de financement
Les dépenses des administrations publiques en
matière de collecte et d'élimination des déchets ont
augmenté ces dernières années, ces dépenses sont
plus importantes au niveau des administrations locales que provinciales et
territoriales (respectivement plus de 1,6 Milliards et 68 Millions Canadiens en
2000). Afin de respecter les engagements du Canada en matière de
déchets, les institutions fédérales, provinciales et
municipales ont en effet coordonné leurs actions, en particulier
à travers:
Les Fonds Municipaux Verts (250 Millions canadiens
alloués par le gouvernement fédéral à la
Fédération Canadienne des Municipalités) qui visent
à promouvoir les projets écologiques, notamment dans le domaine
des traitements des déchets. Dans son budget 2005, le gouvernement a
affecté une tranche additionnelle de 300 Millions canadiens fonds
municipaux verts.
Le Fonds canadien sur l'infrastructure stratégique (2
Milliard Canadiens investis par le gouvernement fédéral entre
2000 et 2007) qui privilégie les projets de grande envergure liés
aux problèmes de gestion des eaux et des déchets solides.
Le Fonds d'action pour le changement climatique, établi
en 1998 par le gouvernement fédéral afin que le Canada remplisse
ses engagements de Kyoto. Ce fonds soutient les projets permettant de
réduire les émissions de gaz à effet de serre.
Le Fonds de Technologies du développement durable
Canada qui n'est pas directement accessible aux municipalités, mais dont
les sommes peuvent être disponibles par la formation de partenariats.
d) Secteur Privé
La gestion des déchets rassemble près de 1800
entreprises, petites ou moyennes pour la plupart, soit plus de 24 400 emplois
et 3 Milliards canadiens de revenus. Les ventes canadiennes à
l'étranger de matériels de gestion des déchets ont atteint
190 Millions canadiens en 2003, soit environ 22% du total des biens d'origine
canadienne à caractère environnemental distribués dans le
monde.
2.4 Gestion des déchets ménagers en Haïti
La situation en matière de gestion des déchets
dans les zones urbaines est confrontée à de nombreux
problèmes. La prise en charge des déchets par la collecte et un
traitement efficace et respectueux de l'environnement n'est pas encore
perçue de façon généralisée par la
population comme une nécessité sur le plan économique,
environnemental et socioculturel.
a) Cadre légal, institutionnel et
financier
Le cadre légal pour la gestion des déchets
solides est établi par la Constitution et par une Loi de 1981.
D'après ces documents, l'institution responsable de la gestion des
déchets solides est la Commune (Mairie). Ce cadre légal au niveau
national n'est pas accompagné d'un cadre de stratégie, politique,
norme ou financement ni d'autres éléments qui précisent
comment mettre en oeuvre et gérer un bon programme de gestion des
déchets, sauf l`Aire Métropolitaine de Port-au-Prince (AMPAP).
A l'AMPAP, le gouvernement a reconnu depuis les années
70 le besoin de mettre en oeuvre un système de drainage pour toute la
région, et a reconnu que la garantie de survie de ce système
résidait (parmi d'autres initiatives) dans l'exécution des
programmes pour la gestion des ordures par des activités de collecte
(ramassage local) et d'entreposage. A ces fins, il a été
créé le Service Métropolitain de Collecte des
Résidus Solides (SMCRS) pour l'AMPAP. La mission du SMCRS,
définie par son Décret de création de 1981, et a
été modifiée par le Décret du 26 octobre 1989.
Décret du 3 mars 1981 : selon
l'article 2 du Titre II de ce décret, le SMCRS a pour mission principale
«d'assurer la collecte et le traitement des résidus tels que : les
ordures ménagères, les déchets encombrants de
ménages, les déchets de collectivités tels (Ecoles,
restaurants, casernes).
Décret du 26 octobre 1989 : ce
décret définit le partage de la responsabilité de la
gestion des déchets entre le SMCRS et les Mairies Communales de l'AMPAP.
L'article 2 de ce Décret stipule, en effet, que : «le rôle
du SMCRS consistera dans le ramassage des détritus après qu'ils
auront été balayés et assemblés par le Service de
la Voirie respectif des communes de Port-au-Prince, de Delmas, de Pétion
Ville, de Gressier, de la Croix-des-Bouquets et de Carrefour ».
A travers le pays, les services en gestion des déchets
solides (GDS) sont opérés par le secteur public (commune ou
SMCRS). Cependant, le secteur privé s'implique dans ce thème
aussi soit par des contrats avec des ménages ou individus, soit par des
contrats avec des établissements industriels ou commerciaux.
Les ONGs et les organisations internationales s'impliquaient
dans le secteur dans les années récentes, soit directement ou
comme un appui aux organisations publiques. Parmi d'autres, la Banque Mondiale,
USAID, CHF, UN-HABITAT, PNUD (Programme des Nations Unis pour le
Développement), Fondation YELE Haïti dans la collecte,
Fédération des amis de la nature : FAN dans les programmes
de sensibilisation.
Les mairies ne disposent pas d'un budget pour la gestion des
déchets. Les dépenses effectuées pour la collecte des
déchets dépendent des recettes réalisées par les
municipalités.
2.4.1 Types de traitements
expérimentés dans le pays
a) Compostage en Haïti
En Haïti, le compostage se fait de façon
traditionnelle, à petite échelle. Ce sont les agriculteurs qui
font des composts à partir des déchets de culture pour pouvoir
améliorer la qualité de leurs sols. Au début des
années 1980, il existait une usine de production de compost industriel
à Port-au-Prince (UNACOM). Cette usine avait une capacité de 250
tonnes métriques d'ordures ménagères par jour,
fonctionnant 16 heures/jour pendant une période de 350 jours par an.
Installé à petite place Cazeau, elle a fonctionné de mars
1980 à septembre 1984 pour une production cumulée de 39000 tonnes
métriques de compost. Avec un rendement de 80%, cela fait une production
moyenne de 26 T.M par jour correspondant au traitement de 33 T.M d'ordures
ménagères par jour. L'expérience a échoué et
les causes énoncées par certains auteurs sont : la mauvaise
localisation de l'usine, le coût relativement élevé du
combustible utilisé (huile lourde) et celui du transport du produit fini
sur longue distance. Une tonne de compost se vendait ex-usine à U.S $11.
La République a été incapable de gérer valablement
l'UNACOM dont le coût d'installation aurait été de l'ordre
de U.S $5 millions (J. A. Victor, 1989).
b) Production de biogaz
En Haïti, diverses expériences ont
été réalisées dans quelques zones du pays de 1990
à 2000 pour arriver à produire du biogaz local. Ces digesteurs
n'utilisaient pas des déchets ménagers car ils nécessitent
un broyage préalable avant leur introduction dans le bio digesteur. Dans
la majorité des cas, la matière première utilisée
est la déjection des animaux et des résidus
végétaux.
A Hinche, les petites soeurs et les petits frères de
Sainte Thérèse possédaient un digesteur continu traitant
l'herbe et la bouse de vache. Les problèmes rencontrés se
trouvent dans les opérations de chargement et de déchargement du
système.
Il y avait un digesteur basé sur le modèle
chinois à la ferme école de Vialet, commune de Petit Gôave.
Ils utilisent les déjections animales et les résidus
végétaux comme matière première et les
problèmes rencontrés étaient le colmatage du digesteur en
raison de la matière première utilisée.
Il existait d'autres digesteurs fonctionnant notamment au
centre de recherche et de documentation de Damien de capacité
15m3, au centre de formation de Salagnac de capacité
45m3, à l'école moyenne d'agriculture de Dondon de
capacité 20m3, à la ferme de Prinsa (Thomazeau) de
capacité 35m3, à Dufailly (Mirebalais) de
capacité 20m3. Ces digesteurs traitent les déjections
de porc et de bouse de vache, des déjections de porc et du fumier de
poule. (MARNDR, 2002)
2.5 Présentation du service de collecte de la Mairie
(Cayes)
a) Texte de loi sur la gestion des
déchets
Les différents articles du décret du 3 mars
1981 sont :
Article 1er : est considéré comme
déchet par la présente loi toute substance, quel que soit son
état physique, tout matériau, tout résidu
d'activité économique quelqu'il soit et de manière
générale toute chose, ou bien meuble abandonné ou
rejeté dans le milieu ambiant.
Article 2 : toute personne qui produit ou détient des
déchets au sens de l'article 1er , ayant des caractéristiques ou
dans les conditions susceptibles de nuire au sol, à la flore et à
la faune, de dégrader les sites ou les paysages, de polluer l'air ou les
eaux, d'engendrer des bruits et des odeurs et de manière
générale de porter atteinte à la santé de l'homme
et à la qualité du milieu ambiant est tenue d'en assurer la
collecte, le transport et l'élimination dans les conditions propres
à éviter dans la mesure du possible les nuisances décrites
ci-dessus et conformément aux dispositions de la présente loi. Il
est entendu que l'ensemble des opérations sur la collecte, transport,
stockage, tri et traitement, transformation, voire récupération
de manière ou d'énergie, ainsi que de dépôt ou de
rejet dans le milieu ambiant dans les conditions propres à éviter
les nuisances mentionnées à l'alinéa ci dessus sera
désigné par le terme : Gestion des déchets employé
dans le texte de la présente loi. Le terme élimination correspond
au traitement final ou dépôt sans nuisances dans le milieu
ambiant.
Article 8 : la gestion des déchets des ménages
doit être assurée par les communes, les groupements
constitués entre eux ou éventuellement par les organismes
spéciaux qui en égard à des circonstances
particulières et dirimantes, pourraient leur être
substitués pour la gestion des dits déchets. Les susdits
autorités communales et organismes peuvent également assurer la
gestion d'autres déchets sous réserve qu'en égard à
leurs caractéristiques et à leurs quantités, ils ne posent
pas de suggestions techniques particulières.
Article 10 : est passible d'emprisonnement d'une
durée de 2 mois à 2 ans et d'une amende de 2500 à 50000
gourdes ou de l'une de l'autre seulement par suite de violation des
différentes lois sur la gestion des déchets et dispositifs
concernant les communes.
b) Historique
Ce service a fait son apparition en 1995 après avoir
reçu un don de la Chine. Dès lors, il fournit un service de base
à la population Cayenne. En 1997, la municipalité reste seule
avec 1 bascule et 3 bennes à compaction. La densité du camion
était évaluée à 4.5, et les zones desservies par le
service de collecte faisaient environ 29.8 Km de route formant le réseau
de la voirie des Cayes.
De 1997 à 2002, à l`aide de quelques
institutions, la municipalité a pu obtenir d`autres matériels en
plus dont 5 camions et 3 bascules pour faciliter le travail. A partir de
septembre 2002, on a assisté au déclin du service à cause
des problèmes financiers. Jusqu'en 2004, il reste à la mairie
qu'une seule benne à compaction. La mairie se trouvait dans l'obligation
d'utiliser les matériels de la MSPP et de la MTPTC pour résister
à la demande de service qui devient de jours en jours plus
élevée.
c) Collecte et site de dépotoir
La collecte était réalisée de porte
à porte suivant un plan réalisé par le service d'urbanisme
de la mairie. Actuellement, ce service n'effectue pas de collecte et de
pré collecte, la population établit des points fixes pour
déposer les déchets et forme des tas au niveau de certains
carrefours tel l'angle rue Général Marion et le Boulevard des
quatre chemins et près du marché en fer que la mairie
évacue quand elle en a la possibilité. Ces détritus
peuvent rester plusieurs jours, car les moyens dont dispose la mairie ne sont
pas adéquats.
Le dépotoir se trouvait à Brefet,
situé à 1km de la ville. Ce dépotoir était non
contrôlé, se faisait à ciel ouvert de façon
traditionnelle, car on ne fait que déposer les déchets, pas
d'enfouissement ni d'incinération. Les responsables au niveau de la
mairie pensent que ce site était situé proche de la ville, ils
étudient d'autres possibilités, et trouvent un autre site
à Labarelle (petite localité située à environ 9 km
de la ville). Ce changement de site entraîne 2 grands
problèmes :
o La mairie doit acheter beaucoup plus de carburant,
o La route menant au site dépotoir est en mauvais
état surtout en période pluvieuse.
3 MÉTHODOLOGIE
3.1
Présentation de la zone d'étude
3.1.1 Localisation
de la ville des Cayes
Située à 194Km au Sud de Port-au-Prince, la
ville des Cayes est le chef lieu du département. Ses coordonnées
géographiques sont : 18011'10''de latitude Nord et
76010'30'' de longitude Ouest. Elle est limitée au nord par
la rivière de l'Islet et le bois l'Etal, à l'est par la mer des
caraïbes, au sud et à l'ouest par la Ravine du sud et partiellement
par des localités des sections de la commune de Torbeck (Bouri et
Lagodré) et de la plaine à Jacob. La ville des Cayes couvre une
superficie de 259.10Km2 (PNUD Habitat, 2000).
3.1.2 Climat
Les conditions climatiques sont succeptibles d'influer les
activités de collecte de la mairie et la décomposition de
certains types de déchets par leur période d'apparition et leur
persistance dans le temps. Pour cela, des informations sur la
pluviométrie, la température, le vent, l'humidité relative
et l'évaporation de la zone étudiée sont
présentées dans des tableaux.
3.1.2.1 Pluviométries
La ville des Cayes est caractérisée par deux
saisons: L'une de faible pluviosité allant de décembre à
mars et l'autre de forte pluviosité allant d'avril à novembre.
Les pluviométries des mois de Mai et d'Octobre représentent
à elles seules 28.3% du module annuel, plus du tiers de la
pluviométrie totale.
Tableau #1, Valeurs des précipitations mensuelles de
la ville des Cayes allant de 1960 à 1991
Période
|
P min (mm)
|
P max (mm)
|
P moy (mm)
|
N : nombre d'années
|
Ecart-type
|
Janvier
|
19.2
|
179.5
|
83.1
|
30
|
46.4
|
Février
|
18.2
|
242.6
|
79
|
31
|
56.2
|
Mars
|
0.0
|
233.2
|
85.3
|
31
|
49.8
|
Avril
|
19.0
|
157.7
|
135.9
|
31
|
61.9
|
Mai
|
65.2
|
1112.6
|
241.8
|
30
|
201.8
|
Juin
|
20.2
|
677.9
|
171.4
|
31
|
151.7
|
Juillet
|
21.1
|
318.3
|
120.9
|
30
|
123.1
|
Août
|
34.4
|
526.3
|
172
|
30
|
107.6
|
Septembre
|
31.7
|
573.1
|
196.5
|
30
|
123.1
|
Octobre
|
37.5
|
620.9
|
244.7
|
29
|
151.8
|
Novembre
|
29.3
|
357.2
|
120.7
|
29
|
65.8
|
Décembre
|
2.0
|
244.7
|
68
|
30
|
59
|
Total
|
|
|
1719.3
|
|
|
Station Cayes - FIC
3.1.2.2 Température
La température moyenne enregistrée dans la
ville des Cayes est 270C. Les températures moyennes
mensuelles sont comprises entre 25oC pour les mois de
décembre et février comme minimale et 28.9oC au mois
de juillet comme maximale.
Tableau # 2, `Températures extrêmes en
oC de la ville des Cayes allant de 1960 à 1991
Période
|
Température max. (oC)
|
Température min. (oC)
|
Température moy. (oC)
|
Janvier
|
29.8
|
21.0
|
25.4
|
Février
|
29.4
|
20.5
|
25
|
Mars
|
29.2
|
21.2
|
25.2
|
Avril
|
29.9
|
22.7
|
26.3
|
Mai
|
30.6
|
24.2
|
27.4
|
Juin
|
31.7
|
25.3
|
28.5
|
Juillet
|
32.2
|
25.5
|
28.9
|
Août
|
32
|
25.2
|
28.4
|
Septembre
|
31.9
|
24.6
|
28.3
|
Octobre
|
31.6
|
22.7
|
27.1
|
Novembre
|
31.3
|
23.0
|
27.1
|
Décembre
|
30.4
|
20.9
|
25
|
Annuel
|
29.1
|
23.1
|
26.9
|
Station Cayes - FIC
3.1.2.3 Vents, Humidité relative
et évaporation
Les vents reçus par la plaine des Cayes viennent des
alizés qui entrent par le secteur Est. Une importante brise de mer
souffle dans la même direction pendant la journée entraînant
beaucoup d'humidité dans la ville. Les mois les plus venteux dans cette
région vont de Mars à Août avec un pic en juin.
Tableau # 3, Vitesse du vent / Evaporation /
Humidité relative de la ville des Cayes allant de 1985 à 1991
Période
|
Vitesse du vent (cm/s)
|
Humidité relative (%)
|
Evaporation (mm)
|
Janvier
|
1.37
|
77.0
|
195.0
|
Février
|
1.26
|
73.0
|
175.3
|
Mars
|
1.54
|
77.0
|
224.7
|
Avril
|
1.48
|
74.0
|
233.7
|
Mai
|
1.62
|
76.0
|
222.3
|
Juin
|
2.43
|
68.0
|
249.9
|
Juillet
|
1.98
|
62.0
|
257.3
|
Août
|
2.07
|
70.0
|
231.3
|
Septembre
|
1.35
|
72.0
|
223.8
|
Octobre
|
0.96
|
78.0
|
185.1
|
Novembre
|
0.74
|
79.0
|
155.1
|
Décembre
|
0.75
|
76.0
|
141.7
|
Source : SNRE
3.1.3
Population
Au recensement général de l'IHSI sur la
population et l'habitat en 2003, la ville des Cayes compte une population de
55276 habitants. Elle présente une structure très jeune, avec 45%
de la population ayant moins de vingt (20) ans. Les personnes
âgées de moins de quinze ans représentent 30.8% de la
population, celles de 15 à 64 ans 65%, tandis que la population
âgée de plus de 65 ans est de 4.1%. Plus de la moitié de la
population de la ville des Cayes (54.9%) est constituée de femmes. La
figure 3 présente la répartition de la population Cayenne selon
l'âge et le sexe.

Figure 1 : Structure d'âge de la population
Cayenne
3.1.4
Activités économiques
Selon le bulletin de l'IHSI en 1998, les principales
activités économiques dans la ville des Cayes sont : le
commerce, l'artisanat et l'industrie, la pêche et en dernier lieu
l'agriculture.
Pour les établissements commerciaux, il y a 22 grandes
boutiques, 3 minimarket, 32 dépôts (ciment, fer, farine, sucre,
huile), 12 dépôts de matériaux de construction, 39
boutiques de provisions alimentaires,
Les points d'échanges des produits alimentaires et des
matériaux de construction sont Port au Prince et des pays
étrangers tels Cuba, Venezuela et Saint Domingue.
Pour les établissements économiques, on retrouve
7 stations d'essence, 4 morgues commerciales, 34 pharmacies, des services de
photocopies, salon de coiffure / studio de beauté, et des dry cleanning.
3.1.5
Marché
La ville des Cayes compte 2 grands marchés :
a) Le marché en Fer situé entre la
1ere et la 2eme grande rue. Il a été
construit en 1910 sous le président Antoine Simon.
b) Le marché de la croix des Bossal situé proche
du marché en fer, ayant une ancienne
appellation « marché de relais », construit en
1982 pour déconcentrer le marché en fer. Il y a aussi, le
marché aux poissons situé à la Savane et la forte
présence des marchands ambulants qui s'installent dans presque toutes
les rues de la ville.
Ces deux marchés alimentent toujours des tas de
déchets dans les rues avoisinantes et ces déchets sont semblables
à ceux des ménages.
3.1.6 Education
La ville des Cayes compte plusieurs établissements.
L'IHSI affirme en 1998 qu'il existe environ 79 écoles (kindergarden 26,
primaire et secondaire 53). Il y a aussi quatre (4) écoles techniques et
professionnelles, sept (7) centres d'alphabétisation, cinq (5) annexes
universitaires et sept (7) écoles supérieurs de
comptabilité, de secrétariat et d'informatique. Actuellement, il
y a quatre (4) autres annexes universitaires qui viennent de s'installer dans
la ville.
3.1.7 Institutions publiques
Presque tous les ministères sont
représentés dans la ville à l'exception des
ministères de la condition féminine. Il y a des ministères
qui sont représentés par une personne et d'autres par des bureaux
départementaux. En plus il existe, la Municipalité, la DGI
(direction général des impôts), l'ONA (office national
d'assurance), la PNH, les bureaux d'état civil, la cours d'appel, le
tribunal de paix, le parquet, le tribunal civil, l'EDH, la
Téléco, le Conatel etc.
3.1.8 Santé
Le ministère de la santé publique est
représenté dans la ville par le bureau départemental du
sud. Il existe plusieurs établissements sanitaires dont un hôpital
public (Hôpital de l'Immaculée Conception), deux hôpitaux de
type privé, un hôpital MEBSH (mission Baptiste), cinq dispensaires
et un sanatorium.
3.1.9 Religion
Du coté de la religion il existe plusieurs
églises (chapelles, stations comprises) qui sont présentes dans
la ville. Les confessions répertoriées sont les suivantes :
Catholique, Episcopale, Baptiste, Adventiste, Mormon, Pentecôtiste,
Eglise de Dieu, Témoins de Jéhovah, Eglise de Jésus Christ
des Saints du dernier jour, Luthérienne etc.
3.1.10
Transport
Dans la ville des Cayes, il y a un port qui reçoit des
bateaux venant de l'Ile à Vache, Baie Dumesle, toutes les zones de la
cote Sud, Port au Prince, Venezuela et autres pays de l'Amérique latine.
Il y a deux stations de bus ou de camionnettes et un aéroport se
trouvant hors de la ville.
3.1.11
Infrastructures économiques et financières
Au niveau de ces infrastructures, la ville compte dix (10)
hôtels, onze (11) restaurants, cinq (5) banques commerciales, un (1)
micro crédit national, une caisse populaire, FHAF (Fond haïtien
d'aide à la femme), FONKOZE, douze (12) coopératives de
commercialisation et des coopératives d'épargne et de
crédit tel LUMUTEC, CADEC, FIDES etc.
3.1.12 Culture et
loisir
Quant à la culture et au loisir, la ville a trois (3)
bibliothèques et une salle de théâtre. Les sports
pratiqués sont : le football, le basket-ball, l'athlétisme,
le volley-ball, le cyclisme et le tennis. Il y a quatre (4) night club, des
gaguères et on y retrouve également quatre (4) places publiques
et une place historique.
3.2 Méthode
La méthode utilisée a permis de
générer des données et résultats desquels
découle la conclusion du travail après analyse. Les
différentes étapes de cette méthode sont les
suivantes : recherches bibliographiques, visites exploratoires,
délimitation du site de travail et zonage, catégorisation des
zones d'études, échantillonnage, enquête de terrain,
dépouillement des fiches d'enquêtes, méthodes de
pesée, traitement et analyse des données.
Etape 1 : recherches bibliographiques
Les recherches bibliographiques ont permis de mieux comprendre
le sujet et avoir des informations sur le site de travail. Ainsi le concept de
déchets et tous les termes qui font référence aux
déchets tels : typologie, structure de gestion, principe de 3RV-E
sont clarifiées dans la revue de littérature. Elles sont encore
conduites tout au long du travail en consultant des ouvrages et des revues pour
pouvoir disposer des données nécessaires et suffisantes à
l'orientation du travail.
Etape 2 : visites exploratoires
Au cours de cette étape, plusieurs visites
exploratoires ont été organisées dans la ville des Cayes.
Ainsi, toutes les rues de la ville ont été parcourues pour
observer les différents types de déchets, visiter les deux
dépotoirs, connaître les zones de production et parcourir les
différents marchés. Cette démarche a facilité la
catégorisation des zones d'études, l'élaboration des
formulaires d'enquêtes et grilles d'entrevues en fonction des besoins.
Elle permet aussi d'actualiser les informations sur l'orthophotoplan par
rapport à la réalité du terrain.
Etape 3: Délimitation du site de travail et
zonage
Pour certains observateurs, la ville des Cayes est connue
comme la ville le mieux tracé du pays. Dans le plan de la ville, chaque
bloc (carré) a une superficie de 1 ha et la distance entre deux
carrefours est évaluée à 100 mètres. Suite à
l'explosion démographique, la configuration de la ville a
complètement changé car les nouvelles agglomérations qui
ont pris naissance ne sont pas incluses dans un plan d'urbanisme
planifié. Pour le besoin du mémoire, c'est l'ancien tracé
de la ville qui est délimité. Il contient tous les
paramètres favorisant le zonage et l'échantillonnage.

Echelle
1/5000
Figure 2 : Délimitation sur l'Orthophotoplan de
la ville des Cayes (Réf : CNIGS 2003)
Etape 4 : Catégorisation des zones
d'études
La ville des Cayes est subdivisée en quatre
(4) zones ayant les caractéristiques suivantes :
1) Zone de faible concentration (résidentielle),
possédant une très faible activité commerciale. La
densité de ménages est faible (en moyenne 35 maisons/ha) et
possède des infrastructures favorisant l'évacuation des
déchets.
2) Zone de forte concentration des ménages
(résidentielle/bidonville), les maisons sont construites de
façons anarchiques et l'espace laissé entre les maisons est
restreint. La densité de ménages est élevée et leur
taille est très petite (en moyenne 53 maisons/ha). Il existe des
infrastructures pouvant faciliter la collecte des déchets.
3) Zone commerciale, ayant une forte
activité commerciale et dont la majorité des maisons est
utilisée à des fins commerciales telles que : boutiques,
magasins, minimarkets, pharmacies et dépôts pour le stockage.
Cette zone est considérée comme le centre des activités
économiques.
4) Le marché dans lequel les marchands se divisent en
plusieurs groupes suivants les types de marchandises. Les différents
groupes rencontrés sont :
o Les marchands de produits carnés
o Les marchands de produits cosmétiques
o Les marchands de produits agroindustriels
o Les marchands de vêtements et chaussures
o Les marchands de jouets
o Les marchands des produits agricoles
Etape 5 : Echantillonnage
En dépit des circonstances de terrain, le
procédé d'échantillonnage est fonction des informations
préalablement collectées pendant la visite exploratoire. Les
différents aspects de l'échantillonnage sont :
a) Etablissement de l'univers de
l'enquête : Le nombre total de maisons faisant partie de la zone
délimitée dans l'orthophotoplan daté de 2003 est de 3279.
Le nombre de marchands reconnus par la Mairie pour les deux marchés
était 500.
b) Méthode d'échantillonnage : Pour
arriver à la représentativité de l'échantillon, la
méthode stratifié a été choisi. Le nombre total des
maisons est divisé en trois strates ou zones et les marchands sont
divisés en 6 groupes dépendamment du type de produits vendus.
Ensuite, les ménages ont été choisis de façon
aléatoire par un intervalle régulier et les marchands par un
tirage au sort.
c) Détermination du nombre
d'enquête : Pour la zone commerciale, 557 maisons ont
été recensées et représente 17% du nombre total des
maisons. Le nombre d'enquêté à réaliser est quarante
(40), choisies à intervalle régulier quatorze (14) dans le sens
Ouest-Est.
Pour la zone de faible concentration de population, 1115
maisons ont été recensées et représente 34% du
nombre total des maisons. Le nombre d'enquêté à
réaliser est 56, choisies à intervalle régulier vingt (20)
dans le sens Ouest-Est.
Pour la zone de forte concentration de population
(bidonville), 1607 maisons ont été recensées et
représente 49% du nombre total des maisons. Le nombre
d'enquêté à réaliser est 62, choisies à
intervalle régulier vingt six (26) dans le sens Ouest-Est.
Au niveau du marché, un numéro est
accordé à chaque marchand par groupe reconnu par la Mairie. Parmi
les 500 numéros, trente (30) ont été choisis à
partir d'un tri au hasard à raison de cinq marchands par groupe. Ces
marchands sont stables et vendent dans des boutiques placées dans les
deux marchés.
Etape 6 : Enquête de terrain
Cette démarche nous a permis de collecter des
données à partir des formulaires d'enquêtes pour les
ménages et le marché.
a) Ménages
Au cours de cette enquête, des informations ont
été prises à partir d'un formulaire d'enquête
conçu pour les ménages sur :
o les différents types de déchets produits
o le mode de gestion des déchets produits
o la nature et le volume des poubelles
o les différents types d'élimination des
déchets au niveau des ménages
o les propositions sur le mode de gestion et la valorisation
des déchets
o le revenu réel et nominal (réf :
annexe A)
b) Marchands
Les marchands ont été interviewés
à partir d'un formulaire d'enquête sur :
o les différents types de produits vendus actuellement
et la variation avec l'époque (lister les produits)
o les différents types de déchets produits par
les marchands
o le mode de gestion des déchets produits au niveau du
marché et en particulier l'élimination (réf : annexe
B)
Etape 7 : Grille d'entrevue avec les services de
collecte
Pour mieux comprendre la gestion des déchets, des
rencontres informelles ont été réalisées avec les
services de collecte dans la ville. De ce fait, une grille d'entrevue a
été conçue pour faciliter la tâche.
a) Service de collecte de la mairie
Elle permet de mieux connaître les structures mises en
place pour la gestion des déchets. Pendant cette visite, le responsable
de voirie nous a donné des informations sur :
o la nature des déchets collectés
o le mode de gestion des déchets
o les équipements de collecte
o le coût de collecte (Réf : annexe D)
b) Services informels
Ils existent aussi des éboueurs dans presque toutes
les rues de la ville. Ils circulent avec des brouettes et offrent leurs
services dans des zones où la Mairie n'effectue pas souvent la collecte.
Ils ont été questionnés sur :
o la destination des déchets collectés
o le coût de ramassage
o le circuit de collecte (réf : annexe C)
Etape 8 : Grille d'entrevue avec les sources de
productions de déchets
Des rencontres informelles ont été
réalisées auprès de certains secteurs
considérés comme sources de productions de déchets. Ce
sont les magasins, les hôtels, les boutiques, les restaurants, les
bureaux administratifs, les centres hospitaliers et les pharmacies. Ces
démarches ont pour rôle de recueillir des données sur le
type de déchets produits dans chaque secteur et leur fréquence de
production. (Réf : annexe E)
Etape 9 : Dépouillement, analyse et traitement
des fiches d'enquête
Les fiches ont été examinées
manuellement afin d'être classées par zone et type de service. Les
données recueillies à partir des fiches ont été
compilées sur une base de données conçue sur le logiciel
EXCEL, avec les informations contenues dans chaque fiche pour réaliser
les analyses. Les données introduites dans le logiciel sont
traitées automatiquement afin de concevoir des graphes.
Etape 10 : méthode de pesée
Cette démarche produit des données sur la
quantité des déchets produits par les ménages dans chaque
zone. Trois (3) ménages ont été sélectionnés
par zone (sur la base du niveau de revenu nominal des ménages
traité dans les fiches d'enquêtes, de la taille des
ménages, du nombre d'habitants) et des sachets plastiques noirs ont
été distribués la veille, pour qu'ils puissent mettre les
déchets produits au cours de la journée. Vers 6 heures pm, nous
nous sommes rendus chez les ménages pour mesurer à l'aide d'une
balance la quantité de déchets produits par ces derniers. Au
cours de cette opération, des informations ont été prises
sur la nature des déchets. Cette expérience a été
produite pendant 21 jours pour respecter le cycle de production des
déchets au niveau des ménages.
Au niveau du marché, une partie des déchets
produit au cours de la journée précédente a
été transportée sur une surface plane de 1m2
aux environs de 6heures du matin. Ces déchets sont examinés,
triés et pesés afin de déterminer le pourcentage de chaque
type de déchets par rapport au poids total. Cette opération a
durée 8 jours. Le tableau 4 présente les caractéristiques
des ménages.
Tableau # 4 : Caractéristiques des ménages
sélectionnés
Zone de forte concentration
(bidonville)
|
Revenu nominal
|
Taille de l'habitat
|
Nbres d'habitants
|
Ménage 1 (M1)
|
5300gourdes/mois
|
5 pièces
|
3
|
Ménage 2 (M2)
|
1600gourdes/mois
|
3 pièces
|
5
|
Ménage 3 (M3)
|
115gourdes/mois
|
2 pièces
|
7
|
Zone commerciale
|
Ménage 1 (M1)
|
7000gourdes/mois
|
8 pièces
|
3
|
Ménage 2 (M2)
|
5500gourdes/mois
|
5 pièces
|
7
|
Ménage 3 (M3)
|
3000gourdes/mois
|
2 pièces
|
4
|
Zone de faible concentration
|
Ménage 1 (M1)
|
3500gourdes/mois
|
4 pièces
|
3
|
Ménage 2 (M2)
|
6550gourdes/mois
|
7 pièces
|
6
|
Ménage 3 (M3)
|
910gourdes/mois
|
2 pièces
|
5
|
4 RÉSULTATS ET DISCUSSIONS
4.1 Sources des déchets
Les sources des déchets dans la ville sont diverses.
Ils proviennent de plusieurs secteurs. Les différentes sources
identifiées sont présentées dans le tableau 5:
Tableau #5 : Source de production des déchets dans
la ville
SOURCES
|
Nature
|
Fréquence
|
Ménages
|
Déchets biodégradable (forte proportion),
plastique, verre, textile, papier, carton,
|
Journalière
|
Marchés
|
Semblable à ceux des ménages mais en plus faible
quantité
|
Journalière
|
Magasins/boutiques
|
Les matières plastiques, les papiers et cartons sont en
forte proportion
|
Journalière sauf les jours non ouvrable
|
Restaurants
|
Déchets biodégradables (forte proportion),
plastiques, carton etc.
|
Journalière
|
Ecoles
|
Les papiers, les cartons et les matières plastiques
sont en forte proportion
|
5 jours/7
|
Bureaux administratifs
|
Les papiers, cartons sont en forte proportion
|
5 jours/7
|
centres hospitaliers
|
déchets dangereux (offensif et inoffensif)
|
Journalière
|
Pharmacies
|
constitués de déchets pharmaceutiques
(médicaments avariés) qui sont toxiques
|
Irrégulière
|
La pêche
|
Les déchets biodégradables rencontrés sur
les cotes sont en forte proportion.
|
Journalière
|
Hôtels
|
Les déchets biodégradables sont en forte
proportion
|
Journalière
|
4.2 Estimation de
la production des déchets ménagers/hab/jour
L'estimation de la production des déchets est un
exercice permettant de déterminer la quantité de déchets
produits et faire une typologie. Dans les deux (2) cas les déchets de
marché et ceux des ménages sont pris en compte pour faire des
analyses.
4.2.1 Quantité
Seuls les déchets ménagers sont pris en compte.
Les informations recueillies dans les ménages sélectionnés
pour chaque zone sont présentees dans le tableau 6:
Tableau 6 : Production des déchets par
ménages (zone de forte concentration)
M1 : ménage 1 M2 :
ménage 2 M3 : ménage 3
Source : enquête de
l'auteur
Dans la zone de forte concentration de population, la
production moyenne des déchets est 0.55 kg/hab/jour pour le premier
ménage, 0.48 kg/hab/jour pour le second et 0.36 kg/hab/jour pour le
troisième ménage. La production des déchets pour le
premier ménage est plus élevée que les deux autres parce
qu'il a un plus grand pouvoir d'achat et ne compte pas beaucoup d'habitants. Le
troisième ménage produit une faible quantité de
déchets parce que les gens sont pauvres et leur pouvoir d'achat est
très faible. Il se situe dans une localité
défavorisée et les conditions sont difficiles.
Tableau 7: Production des déchets par
ménages (zone commerciale)
M1 : ménage 1 M2 :
ménage 2 M3 : ménage 3
Source : enquête de
l'auteur
Dans la zone commerciale, la production moyenne des
déchets est 0.66 kg/hab/j pour le premier ménage, 0.63 kg/hab/j
pour le second et 0.52 kg/hab/j pour le troisième ménage. La
production des déchets au niveau du troisième ménage est
plus faible à cause du faible revenu nominal par rapport aux deux
autres. Dans le premier ménage les gens sont aisés et leur
pouvoir d'achat est très élevé, ce qui explique la plus
forte production.
Tableau 8: Production des
déchets par ménage (Zone de faible concentration)
M1 : ménage 1 M2 :
ménage 2 M3 : ménage 3
Source : enquête de
l'auteur
Dans la zone de faible concentration de population, la
production moyenne est 0.51 kg/hab/j pour le premier ménage, 0.47
kg/hab/j pour le second et 0.43 kg/hab/j pour le troisième
ménage. Dans le troisième ménage, la production des
déchets est plus faible car ces gens ont un faible revenu nominal par
rapport aux deux autres.
Dans les trois zones, la production moyenne des
déchets ménagers pour la ville des Cayes est estimée
à 0.52 kg/hab/j. Cette production varie entre 0.36 à 0.66
kg/hab/j, elle est plus élevée dans la zone commerciale où
se trouve des gens aisés de la ville et plus faible dans la zone de
forte concentration de population, spécialement à l'Est de la
Savane où habite des gens très pauvres. Le revenu nominal joue un
role très important dans la production des déchets, certains
aspects du revenu (aide internationale, secteur informel) n'ont pas
été bien définit au niveau des ménages ceux qui
empêchent certaines considérations. Lorsqu'on se
réfère au manuel de gestion des déchets écrit par
CHF (Cooperative Housing Foundation) en 1997 et qui utilise la même
méthodologie. Cette production est supérieure à celle
produite à Gonaïves 0.3 kg/hab/j et inférieure à
celle produite au Cap haïtien 0.6 kg/hab/j. Toutefois la population de ces
deux villes est supérieure à celle des Cayes.
4.2.2 Typologie des déchets
La typologie des déchets est une donnée
importante dans le processus de gestion des déchets. Les types de
déchets au niveau du marché et des ménages sont pris en
compte.
4.2.2.1 Marché
La typologie des déchets de marché se fait
à partir du poids total de déchets collectés. Les
différents types de déchets rencontrés se
présentent dans la figure 5:

Figure 3: Typologie des déchets au niveau du
marché en fer
Les déchets biodégradables représentent
72% du volume total des déchets, la majorité de ce type de
déchets est constitué de produits agricoles car il y a beaucoup
de marchands ambulants qui vendent ces produits et en fin de journée ils
produisent une grande quantité de déchets. Les papiers/cartons et
les matières plastiques représentent 19%, ces deux types de
déchets sont utilisés dans l'emballage et peuvent être mis
au rébus après usage. Parmi les matières plastiques, on
retrouve des bouteilles et des sachets qui sont jetés après
consommation du produit. Les autres types de déchets tels les verres,
les métaux et les textiles sont produits en faible quantité car
ils peuvent être récupérés par le producteur. C'est
le cas des bouteilles en verre et les récipients en métal qui
sont utilisés à d'autres fins.
4.2.2.2 Ménage
Les différents types de déchets
rencontrés au niveau des ménages en tenant compte de la
quantité des déchets produits se présentent dans la figure
6 :

Figure 4: typologie des ordures
ménagères
Dans la zone de forte et de faible concentration de
population, les déchets biodégradables représentent 84% du
poids total des déchets. Dans la zone commerciale il y a une
légère production de matière plastique et de papier/carton
qui diminue la proportion de déchets biodégradables. Ceci
s'explique par le fait que les ménages situés dans cette zone
possèdent des boutiques qui font parti de la maison et les
déchets venant des boutiques contiennent ces types de déchets.
Ces données nous montrent que les déchets ménagers sont
semblables à ceux du marché et la plus forte proportion de ces
déchets sont constitués de déchets biodégradables
pouvant servir comme matière première dans la fabrication de
compost et de méthane. Ils peuvent être utilisés dans
l'alimentation du bétail.
4.3 Facteurs influençant la production des
déchets
Au niveau des marchés et des ménages,
plusieurs facteurs contribuent dans la production des déchets dans la
ville.
4.3.1
Marché
a) Variation saisonnière des produits
commercialisés
Près de 81% des marchands vendent plusieurs types de
produits au cours de l'année. Ils varient selon l'époque,
à l'exception des marchands de produits carnés. Pour la
majorité des marchands enquêtés, les produits vendus sont
fonction de la disponibilité et de la demande. Le cas le plus courant
pour les marchands des produits agricoles est la période de production
de la mangue.
b) Destination des produits périssables
Les marchands constituent un poids lourd dans la production
des déchets au niveau du marché. Plus de 50% des marchands
vendent des produits périssables tels les produits agricoles. Les
informations recueillies concernant la destination de ces produits se
présentent dans la figure 7:

Figure 5 : Destination des produits périssables
non vendus
Près de 62% de marchands laissent leurs produits
périssables au marché sur les tas des déchets. Ces
marchands habitent loin du marché et ils ne veulent pas payer pour
transporter ces produits chez eux. Ils restent au marché et se
retrouvent sur les tas de déchets. L'autre groupe de marchands
préfère transporter ces produits périssables chez eux car
ils font l'élevage. Ces produits sont utiles pour ces marchands parce
qu'ils dépensent moins d'argent dans l'achat des aliments pour le
bétail.
4.3.2 Ménages
Les ménages sont considérés comme
l'un des grands producteurs de déchets dans la ville.
Dépendamment de la zone de travail, ils ont des comportements semblables
par rapport à la qualité de déchets produits. Près
de 52% des ménages enquêtés ont en moyenne 3 à 4
personnes qui y vivent et plus de 50% de maisons sont habitées par leur
propriétaire.
a) Revenu
Près de 57% de ménages ont au moins 2
personnes qui ont un revenu mensuel, 22% avec 1 personne et le reste est
constitué de 4 ou 5 personnes. La figure 8 présente les
différentes classes de revenu pour les ménages de la ville des
Cayes.
Figure 6, Revenu des ménages
Le revenu mensuel permet d'avoir une idée sur le
pouvoir d'achat, le niveau de consommation et la quantité de
déchets produits par habitant à l'intérieur d'un
ménage. Dans ce cas, la plupart des ménages qui possèdent
les plus faibles revenus se trouvent dans la zone de forte concentration de
population. Ces habitants vivent dans les conditions de pauvreté et
leurs pouvoirs d'achats sont très faibles. La majorité des
ménages qui ont des revenus élevés se trouvent dans la
zone commerciale. Environ 41% des ménages enquêtés
pratiquent une activité économique à petite échelle
qui augmente le niveau de revenu.
b) Lieu d'approvisionnement des produits de
consommation
Au niveau de la ville, il existe 5 lieux d'approvisionnement
en produits de consommation ou autres. Tous les ménages
enquêtés achètent leurs produits au niveau du marché
en fer et de la Croix des Bossales. Cette préférence s'explique
par le fait que les produits se trouvent à meilleur prix et ils existent
une grande variation de produits. Près de 29% de ménages
fréquentent de très souvent les minimarkets.
4.4 Gestion des
déchets
Les différentes méthodes de gestion des
déchets dans les ménages et les marchés se
présentent comme suit :
4.4.1 Marché
a) Organisation
Le service de ramassage attaché au marché en fer
et la Croix des Bossales dans la ville des Cayes est le service de collecte de
la Mairie. Dans l'organisation de la gestion des déchets du
marché, il existe deux groupes de travailleurs : internes et
externes.
o Le groupe de travailleurs qui interviennent à
l'intérieur du marché a pour rôle de transporter les
déchets des différentes zones et les déposer à
l'extérieur du marché, dans les carrefours
considérés comme point de ramassage pour la Mairie. Ils
travaillent chaque matin aux environs de 5 heures et nettoient la partie
interne du marché.
o Le groupe de travailleur externe est plutôt mobile.
Ces travailleurs passent dans les points de ramassage, collectent les
déchets et les déposent à Labarelle où se trouve le
dépotoir de la ville.
c) Collecte
Au niveau du marché, plusieurs poubelles sont
placées dans différentes zones. Les déchets sont
déposés dans ces poubelles (pré collecte) pour faciliter
l'évacuation. Elles sont de forme variable et leur dimension varie entre
0.1 à 0.5m3. Ces déchets sont évacués
régulièrement par les travailleurs internes.
d) Elimination des déchets par
incinération
Lorsque les travailleurs affectés au marché ne
sont pas actifs, les déchets produits par les marchands restent à
l'intérieur du marché et constituent des tas dans plusieurs
endroits. Dans ce cas, les marchands ont l'habitude de mettre le feu dans ces
tas de détritus. La fumée qui se dégage peut durer
plusieurs jours à cause du taux d'humidité élevé
contenu dans les déchets biodégradables.
4.4.2
Ménages
a) Organisation et collecte
La gestion des déchets au niveau des ménages
dépend de la présence d'une cour soit pour collecter ou
brûler et la fréquence de collecte dans le quartier. Plus de 50%
de ménages possèdent une cour pour entreposer les déchets
et presque tous les membres du ménage participent dans la gestion des
déchets. Les travaux qui se réalisent dans le cadre de cette
gestion se limitent seulement au nettoyage et au stockage. Ces déchets
sont collectés à l'intérieur des ménages dans des
poubelles de différentes caractéristiques. La figure 9
présente le pourcentage des différents types de poubelles
utilisées :

Figure 7 : types de poubelles
Le sachet noir plastique est le type de poubelle le plus
utilisée au niveau des ménages. Ces sachets peuvent être
jetés directement avec les déchets à cause de la nature du
plastique qui est très fin ou ils jouent le rôle de doublure avec
une autre poubelle jugée forte. Ils sont très faciles à
déplacer et le prix d'un sachet est très faible par rapport aux
autres types de poubelles. Les drums représentent 6%, ils sont en
métal et possèdent de dimension très variée. Les
sacs peuvent être en fibres ou synthétiques (les contenants de riz
réemployés), et constituent près de 17% des poubelles
utilisées. Ils sont de taille très variés et peuvent
stocker les déchets pendant longtemps. Environ 3% des menages
n'utilisent pas de poubelles, les dechets sont déposés dans un
coin a l'intérieur ou à l'extérieur de la maison. Les
informations détaillées concernant les différents types de
poubelles utilisées se trouvent dans le tableau 9.
Tableau# 9 : Caractéristiques des
poubelles utilisées dans les ménages
|
Seau
(5 gallons)
|
Boite
|
sachet
|
sac
|
drums
|
panier
|
Volume (m3)
|
0.09 à 0.1
|
0.05 à 0.09
|
0.03 à 0.04
|
0.09 à 0.3
|
0.8 à 1
|
0.05 à 0.08
|
Nature
|
Plastic dur
|
Carton
|
Plastic fin
|
Fibres, synthétiques
|
Métal
|
latanier
|
Conservation de l'Ho
|
Bien
|
Très mal
|
Bien
|
Très mal
|
Très bien
|
Très mal
|
Période d'utilisation
|
5 - 6 mois
|
6 jours
|
1-3 jours
|
2 -3 mois
|
5 - 6 mois
|
1 mois
|
Acquisition
|
Achat
|
Achat
|
Achat
|
Achat
|
Achat
|
Achat
|
b) Elimination des déchets
En ce qui a trait à l'élimination des
déchets, les ménages au niveau de la ville ont deux options. Dans
la plupart des ménages qui ont des cours, le brûlage des
déchets est plus pratiqué. Les autres ménages se
débarrassent des déchets le plus vite possible en les donnant aux
éboueurs dans les zones où le service de collecte de la Mairie
est absent, car ils n'ont pas assez d'espace pour les laisser à la
maison. La figure 10 présente les différents types
d'élimination des déchets.

Figure 8 : Elimination des déchets
Parmi les déchets collectés à
l'intérieur des ménages, seulement 22% des ménages
brûlent les déchets à l`intérieur du ménage
où en pleine rue. Ce groupe de ménages veut se débarrasser
des déchets le plus vite que possible tandis que les véhiculent
de collecte ne passent jamais dans la zone. Ils ont des cours dans leurs
maisons et avec le temps ils ne veulent pas payer un éboueur. Ils
préfèrent les brûler sans tenir compte de l'effet de la
fumée sur l'environnement. Les autres ménages donnent leurs
déchets aux éboueurs parce qu'ils savent très bien que le
brûlage des déchets a des effets négatifs sur
l'environnement.
4.5 Secteur impliqué dans la gestion des
déchets
Dans la ville des Cayes, il existe 2 secteurs qui sont
impliqués dans la gestion des déchets. C'est le secteur informel
et le secteur formel.
4.5.1 Secteur
formel
Le seul service de collecte des déchets reconnu par
l'état dans la ville des Cayes reste la Mairie.
a) Gestion des déchets
De 1995 à 1997, le ramassage se faisait dans une
partie de la ville. Elle allait de la rue Guerrier à la rue Capital
(Ouest-Est) et de la rue Général Marion jusqu'à la rue du
Quai (Nord-Sud). A ce moment, il y avait une grande partie de la ville qui
n'était pas touché. De 1997 à nos jours, vu l'augmentation
du nombre de personnels et de matériels, le service de collecte de la
mairie effectue le ramassage des déchets dans toutes les rues de la
ville et les zones périphériques tels : Charpentier,
Gelée etc. Actuellement, le service ne peut pas accomplir sa mission car
les moyens financiers et matériels sont limités.
b) Organisation de la collecte et du transport
La collecte des déchets est effectuée
chaque jour avec une capacité d'évacuation proche de 50% de
déchets produits. Dans les années précédentes,
41m3 de déchets par jour avaient été
collectés, par suite des efforts consentis par le service de collecte,
actuellement 72m3 de déchets sont collectés par jour.
(Ref. Mairie des Cayes)
La Mairie pratique la collecte porte à porte dans
certaines zones et le ramassage des déchets dans des points fixes dans
d'autres zones. Elle ne distribue pas de poubelle, et la collecte est
journalière. Elle possède une seule benne à compaction qui
travaille régulièrement et loue des véhicules pour
renforcer la collecte. Dans certaines zones, il y a des poubelles
placées dans les rues qui sont d'initiative privée ou
organisation de quartier. Les ramasseurs du service de collecte de la Mairie
sont munis de gants, de caches nez et des équipements de collecte
présentés dans le tableau 10.
Tableau10, Inventaire des équipements de
collecte
Equipements
|
Rôle
|
Quantités
|
Fourche
|
Ramassage
|
10
|
Pioche
|
-
|
5
|
Pelle
|
Ramassage
|
10
|
Botte
|
Protection
|
20 paires
|
Brouette
|
Transport
|
-
|
c) Elimination des déchets
Le service de collecte de la mairie ne dispose pas
d`incinérateur, il ne fait que déposer les déchets dans le
dépotoir situé à Labarelle. La Mairie n'est en contact
avec aucun centre de récupération, de tri et de traitement.
d) Coût de collecte
D'après les informations recueillies auprès du
responsable de collecte d'ordure au niveau de la Mairie, on ne dispose pas de
budget. Dépendamment des recettes réalisées par
l'institution, une certaine quantité de fonds est mobilisée pour
la collecte qui est fonction des différentes postes de dépenses.
Les dépenses les plus lourdes se font le plus souvent dans l'acquisition
de carburant pour faire fonctionner les véhicules, le paiement des
collecteurs de déchets et la réparation des véhicules.
Pour les véhicules de collecte, environ 15 gallons de
carburant (diesel) sont utilisés par chaque véhicule par jour. La
benne à compaction peut faire 2 rotations et les bascules 3 rotations
par jour. Les dépenses effectuées pour le mois de Février
2006 se présentent dans le tableau 11:
Tableau 11, Dépenses effectuées pour la collecte
des déchets
Dépenses effectuée pour l'achat de carburant
|
Nombres
de véhicules
|
Quantité de carburant/
véhicule/jour
(gallons)
|
Quantité carburant pour 5 véhicules
|
Prix d'un gallon de diesel
(Gourdes)
|
Dépense effectuée/ jour
(Gourdes)
|
Dépense effectuée par mois
(Gourdes)-1
|
5
|
15
|
75
|
148.75
|
11156,75
|
278906.25
|
Dépenses effectuées pour l'aide
mécanicien
|
Nombres de mécaniciens
|
Salaire mensuel
|
Dépense total- 2
|
2
|
3000 Gourdes
|
6000 Gourdes
|
Dépenses effectuées pour les collecteurs de
déchets
|
Nombre de travailleurs/véhicule
|
Nombres de travailleurs pour 5 véhicules
|
Salaire mensuel d'un travailleur
|
Salaire mensuel
Total-3
|
4
|
20
|
2000 gourdes
|
40000 gourdes
|
Il y a d'autres dépenses que la Mairie effectue dans
la location des véhicules, l'achat des pièces et les
équipements de travail. Elle trouve aussi des dons venant des
institutions tel OIM et des particuliers.
Le bilan partiel pour le service de collecte de la Mairie au
cours de ce mois est :
278906.25 gourdes + 6000 gourdes + 40000 gourdes = 324906.25
gourdes par mois.
Ce bilan nous permet d'apprécier le niveau de
dépense minimale des responsables pour le service de collecte.
4.5.2 Secteur informel
Ces ramasseurs se retrouvent partout dans la ville à la
recherche des déchets. Ils sont munis de brouette et possèdent
des clients qui leurs donnent régulièrement des déchets
pour une somme variant entre 10 à 50 gourdes dépendamment de la
quantité. Les déchets collectés par ces ramasseurs, se
retrouvent le plus souvent dans les lits des rivières, les carrefours et
les égouts. La Mairie surveille les éboueurs et met des
stratégies en oeuvre pour arrêter cette activité. Pour
cela, elle déploie des inspecteurs dans les rues et lorsqu'ils les
surprennent, ils saisissent leurs équipements et leur demande de payer
une somme d'argent qui varie entre 500 à 5000 gourdes.
4.6 Dépotoir
Le dépotoir situé à Labarelle, a une
superficie de 15 hectares. La route d'accès au dépotoir est en
mauvais état surtout en période pluvieuse. Les véhicules
de collecte passent le plus souvent dans le lit de la ravine du sud pour y
accéder beaucoup plus vite. Les déchets sont
déposés dans le site et restés en plein air constituant
une source de pollution pour la population et l'environnement. Au niveau du
dépotoir, les employés du service de collecte de la Mairie
utilisent des insecticides (maltane) de façon régulière,
pour empêcher la prolifération des insectes dans la zone. Ce
dépotoir constitue une menace pour l'environnement, il doit être
aménagé de façon à contrôler les risques de
pollution.
4.7
Défaillances constatées par la gestion des déchets
Dans la ville des Cayes, les défaillances
rencontrées au niveau de la gestion des déchets sont nombreuses.
Tout d'abord, Il n'y a pas de plan de gestion des déchets et de budget
qui sont deux éléments fondamentaux dans la politique de gestion
des déchets. La Mairie n'a pas aussi de cadre qualifié surtout
dans le domaine de gestion des déchets. Le service de collecte de la
Mairie qui est l'unique de la ville ne possède pas assez
d'équipements et de moyens financiers pour répondre à la
demande tandis que la production des déchets dans la ville augmente
graduellement. On retrouve plusieurs tas de déchets dans les carrefours,
le lit de la ravine du sud et l`Islet, les canaux de drainage qui sont
alimentés par certains ménages (manque de sensibilisation) et les
ramasseurs informels tandis que les déchets qui sont collectés
par le service de collecte de la Mairie se déposent en plein air dans le
dépotoir constituant un risque pour la santé publique et
l'environnement.
4.7.1 Risque sur la
santé publique
Il est en effet universellement admis « que la
santé physique et mentale d'une population donnée est intimement
liée aux conditions d'hygiène du milieu dans lequel elle
évolue ». Pour cela, l'abandon des déchets
biodégradables dans les rues et le dépotoir sans aucune
valorisation préalable favorise le dégagement des odeurs, la
pollution des eaux, la prolifération des rats et des insectes qui
peuvent créer un environnement propice pour le développement de
plusieurs maladies tel le choléra, la malaria, le paludisme et la
dysenterie etc. (CHF, 1997)
4.7.2 Risque sur
l'environnement
Les ordures ménagères sont souvent
accompagnées de potentiels polluants pour l'environnement, c'est le cas
des matières plastiques retrouvées sur des tas de déchets.
Souvent le brûlage est pratiqué pour les éliminer. Ce type
d'élimination produit du CO2 considéré comme
gaz à effet de serre et des éléments toxiques comme le
monoxyde de carbone, l'ammoniac, l'acide chlorhydrique et cyanhydrique qui sont
tous mortels selon la concentration et la durée d'exposition dans le
milieu pour l'organisme. En général, la forte production de
C02 dans l`atmosphère joue un rôle très
important dans le réchauffement de la planète. (ADEME, 2002)

Figure 11 : Brûlage des déchets en pleine
rue
5 CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS
6 CONCLUSION
Les déchets municipaux doivent être l'objet d'une
attention spéciale vu les effets qu'auront les déchets
laissés en plein air sur l'environnement. Le problème posé
par la situation des déchets dans les rues de la ville des Cayes oblige
les citoyens à se questionner sur le rôle de chaque individu et
les nouvelles orientations sur la gestion des déchets municipaux.
Les deux hypothèses du travail sont
vérifiées. Au niveau des ménages les déchets
biodégradables représentent 75% pour une production moyenne de
0.52kg/hab/j et 72% au niveau du marché. Les pratiques qui sont
utilisées par les ménages pour se débarasser des
déchets sont les dépotoirs par 78% de ménages et le
brûlage par 22 % des ménages. Ces pratiques jugées faciles
par la population posent des problèmes majeurs au niveau de la
santé, de l'environnement et de l'esthétique urbaine par la
présence des tas de déchets dans les rues de la ville.
Le service de collecte de la Mairie qui gère les
déchets dans la ville n'a pas toujours les moyens techniques et
financiers pour resourdre les problèmes. Souvent il n'est pas en mesure
d'assurer la collecte tandis que la production des déchets augmente. Ce
qui contribue à la prolifération des éboueurs dans la
ville qui alimentent les tas de déchets dans les rues.
Tous les types de déchets collectés sont
mélangés et se retrouvent dans les rues ou dans le depotoir
situé à Labarelle. Une bonne gestion des déchets peut
réduire la quantité de déchet à éliminer.
Les services de collecte doivent être en mesure d'assurer la collecte des
déchets de façon régulière et aménager le
dépotoir afin que les déchets collectés soient
récupérés, traités ou enfouis.
Ces informations sur la gestion des déchets dans la
ville des Cayes seront utiles au secteur privé ou public afin qu'il
fasse le nécessaire pour contrôler les risques de maladies,
embellir le milieu et créer l'environnement sain dont rêve cette
population.
6.1 Recommandations
Compte tenu de l'état actuel de la gestion des
matières résiduelles dans la ville, il est impératif et
même nécessaire de faire des recommandations en vue d'assurer une
bonne gestion.
a) Cadre légal
Les autorités de la justice et les inspecteurs de la
Mairie doivent utiliser le décret de 3 mars 1981, dans la loi cadre
régissant la gestion et l'élimination des déchets
(réf. Texte de loi/revue de littérature) pour protéger
l'environnement et la vie de la population. De nouvelles lois doivent
être votées, pour remplacer les dépotoirs par des lieux
d'enfouissement sanitaire et leur permettre de fonctionner avec moins de risque
de pollution.
b) Campagne de
sensibilisation et de formation de la population
Les lois qui existent sur l'environnement,
particulièrement sur la gestion des déchets, doivent être
vulgarisées par les autorités locales de façon à
sensibiliser la population. Des spots publicitaires
télédiffusés doivent être réalisés
pour mieux informer la population sur la réduction et le tri des
déchets à la source.
c) Mode de gestion
La gestion des déchets prend en compte les aspects les
plus importants dans l'organisation du travail selon un plan bien établi
par le service. Les différentes étapes de la gestion
sont :
c.1) Pré
collecte
Elle est considérée comme la gestion interne et
externe au niveau des ménages. Dans la gestion interne, le service de
collecte doit avoir des informations concernant la production moyenne des
déchets par source de production. Le tri à la source est
important.
Dans la gestion externe, la mise en place des poubelles dans
des zones stratégiques est obligatoire. Les principes retenus pour la
sélection des poubelles sont :
o trouver des poubelles qui soient facilement identifiables
par leur forme, couleur ou marques spéciales, et de fabriquants
locaux,
o trouver des poubelles qui soient fermes, facile à
réparer ou remplacer
Normalement les poubelles qui se trouvent à
l'intérieur des ménages sont en plastiques et celles
retrouvées dans les rues peuvent être en métal.
c.2) Collecte et
transport
Deux (2) types de collecte des déchets sont
envisageables :
o La collecte de porte à porte qui peut être
utilisée dans les zones de faible concentration de population et
commerciale,
o Le point d'apport volontaire qui doit être souvent
aménagé de façon à garder le milieu propre et sain.
Il est applicable dans les zones de forte concentration de population.
c.2.1) Fréquence de collecte
Dans les zones de fortes concentrations, la collecte doit se
faire chaque jour dépendamment de la capacité du point d'apport
volontaire. Dans les zones de faible concentration et commerciales, la collecte
peut se réaliser chaque 2 à 3 jour selon la production d'une zone
par rapport à une autre.
c.2.2) Véhicules de collecte
L'élément fondamental dans la collecte des
déchets est la possession des véhicules. Actuellement, la mairie
possède une seule benne à compaction de capacité
12m3 et loue des véhicules de capacité 5m3
à 12m3. Le problème qui existe dans les contrats
journaliers entre la Mairie et les propriétaires est la
disponibilité, car les véhicules sont utilisés dans le
transport du sable, gravier qui est une activité économique
journalière. Pour répondre à la demande et stabiliser la
fréquence de collecte, la mairie devra faire soit une concession avec
une firme privée locale ou signant avec les propriétaires des
véhicules des contrats pour une période
prédéterminée.
La benne à compaction peut faire comme d'habitude, 2
rotations par jour et l'acquisition de 5 camions ayant une capacité de
12m3, faisant chacun 3 rotations peuvent aider la Mairie
à collecter 90% des déchets par jour. La mairie doit s'assurer
que les problèmes d'achat de carburant et le tronçon routier
partant de la ville jusqu'au dépotoir soit aménagé.
c.3)
Dépotoir
Le depotoir constitue une source de pollution pour la
population avoisinante. Si on devrait le garder, des mesures strictes devraient
être prises en transformant le site comme un lieu d'enfouissement
sanitaire pour contrôler les effets polluants et protéger
l'environnement.
c.4)
Différents méthodes de Valorisation des déchets
Jusqu'à présent, le pays est très en
retard sur les techniques modernes utilisées par les pays en voie de
développement. Dans certaines zones du pays il y avait des structures
permettant de produire le biogaz à partir de déchets d'animaux et
des unités de compostage. Pour cela, les principes utilisés
à partir des différentes méthodes de valorisation seront
clairement présentés tout en considérant les contraintes
majeures que posent ces méthodes et présenter les filières
des différents produits obtenus.
c.4.1) Valorisation
de la matière biodégradable par compostage
La méthode traditionnelle du compostage en tas qu'on
applique dans certaines zones du pays sera prise en compte, elle est
vulgarisée par le MARNDR. Cette technique ne nécessite pas un
moyen économique élevé. Sa réussite dépend
de la grandeur de l'espace, de la main d'oeuvre disponible, et des conditions
climatiques qui sont propre au pays par rapport à notre statut :
pays tropical. Le plus souvent on utilise les résidus de récolte,
des déchets animaux dans la fabrication. L'application de ces
méthodes en utilisant de la matière biodégradable
provenant des ménages triée à la source devrait être
broyée. Cette méthode est facile à utiliser mais le
processus peut durer 4 à 6 mois.
Filière du compost
L'utilisation du compost produit est utilisée
uniquement en agriculture. Donc le monde rural est visé pour
écouler le produit. Le compost n'étant pas égal à
l'engrais mais augmente la fertilité du sol. Pour cela, il faut montrer
aux agriculteurs l'importance d'un tel produit en agriculture en les aidants
à diminuer le coût de production.
c.4.2) Valorisation
de la matière biodégradable par méthanisation
La matière biodégradable broyée provenant
des ménages peut être utilisée comme matière
première dans les biodigesteurs. Toutefois, la présence des
professionnelles qualifiées pour résoudre les problèmes
techniques peut contribuer à une production du biogaz. L'institution IRD
(Institut de recherche en développement) qui travaille dans le
département du Sud, entreprend des programmes de construction de
digesteur. Il nous affirme que le prix de construction d'un digesteur de 5
m3 est évalué à environ US $3000. Le prix
augmente avec la grandeur du digesteur.
Filière pour le biogaz
Le biogaz peut être vendu aux utilisateurs
des réchauds à gaz ou des fours, à un prix faible compte
tenu du coût de production. Certains digesteurs peuvent être
construits sur le site de certaines écoles ayant la cantine scolaire,
pour baisser la pression sur les coupes d'arbres du pays qui disparaissent en
grand nombre au cours de ces dernières années.
c.4.3)
Matières inertes et filières
La production de ces types de déchets est faible
à l'exception de la matière plastique et le papier/carton. En
considérant le niveau économique des services de collecte et la
faible quantité de ces types de déchets produits dans la ville,
les différents circuits que peuvent prendre ces derniers sont les
suivants :
Déchets ménagers inertes
Tri
Matières plastiques Papier/Carton
métaux /verre textiles
LES Récupération
Incinération
Incinération
Incinération
LES Récupération Recuperation
Le processus le plus simple dans l'élimination des
déchets est l'enfouissement sanitaire. Dans le cas des bouteilles
plastiques, les métaux et les verres, la récupération est
préférable. Le type de traitement qu'on pratique dans ce cas est
le lavage et la stérilisation de façon à éliminer
les impuretés, puis ces objets peuvent être vendus surtout dans
les compagnies d'origine. Il y a des compagnies en Haïti qui
achètent les bouteilles en matière plastique, en verre ou en
métal et les acheminent dans des centres de recyclage à
l'étranger. L'incinération des déchets à une
température supérieure à 700 C dans des
incinérateurs est applicable à tous les types de déchets.
c.5) Ressources allouées à la gestion
des déchets
1. Ressources humaines : la Mairie doit avoir un
conseil de gestion des déchets dans la ville formé d'un cadre de
la Mairie ayant une compétence en gestion de déchets, un
représentant du ministère de la santé, un
représentant du ministère des travaux publiques, un
représentant du secteur privé et un représentant des
organisations locales. Ensuite, la Mairie doit signer des contrats temporaires
avec des travailleurs pour la collecte des déchets, elle permet de mieux
contrôler le nombre de travailleurs par jour et les dépenses. En
général, pour faire circuler 5 véhicules, la Mairie doit
avoir 20 travailleurs à raison de 4 travailleurs par véhicules
par jour de travail.
2. Ressources financières : le conseil de
gestion des déchets doit élaborer un plan de gestion des
déchets accompagné de budget annuel précisant clairement
toutes les postes de dépenses afin de le soumettre au ministère
de tutelle, aux organisations internationales et non gouvernementales tel
PNUD/OIM, et aux partenaires donateurs internationaux et nationaux tel
ambassade de Taiwan pour trouver le financement du projet et permettre une
meilleure gestion au niveau administratif avec les recettes de la Mairie. Le
principe pollueur-payeur peut être utilisé par la mairie pour
entrer de l'argent. Ce principe doit être bien analysé afin que
tous les acteurs acceptent toutes les conditions de la méthodologie qui
va être utilisée.
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