L'évolution de la cuisine urbaine congolaise :
cas de la ville de Kinshasa
(1920-1990)1(*)
Introduction
Depuis des siècles, en Europe et en Asie, des travaux
ont été consacrés sur l'histoire de la cuisine,
c'est-à-dire, une étude systématique des changements
survenus, car d'une époque à une autre, les aliments, leurs
valeurs gastronomiques, leur préparation et la façon de les
manger sont différent. Sur l'Afrique par contre, il existe peu de
travaux d'intérêt historique et systématique sur les
cuisines africaines : agronomes, nutritionnistes, économistes et
anthropologues se partageant ce champ. Ainsi, parler de la cuisine en Afrique
dans une perspective historique paraissait être une gageure aux yeux de
nombreux chercheurs dans la mesure où en Afrique noire la cuisine fait
figure de connaissance jamais confiée à l'écriture.
Plus y est, à la suite des travaux en exploration
urbaine faites par des spécialistes de plusieurs disciplines, l'histoire
de la cuisine urbaine en Afrique semblait échapper à ce champ de
recherche. Pourtant l'essor urbain dans ce continent avait
entraîné une multiplication d'analyses avec des
problématiques nouvelles. Certes, les villes ont toujours
été un espace d'innovation puisse qu'elles font converger et se
rencontrer des gens venus d'ailleurs ; elles se sont
révélé des hauts lieux de mélange et de
cohabitation sortant souvent du cadre ethnique et devenant des lieux de
rencontres de plusieurs valeurs et identités culturelles. D'ailleurs,
Cocquery Vidrovitch souligne que :
« La culture urbaine africaine du XXème
siècle est le produit d'une série d'influences dont la
synthèse constamment remodelée, donne naissance à des
formes culturelles complexes et intrinsèquement
métissées2(*) ».
Etant pluriel au Congo, l'art culinaire foisonne pour
s'identifier et se spécifier dans la diversité culturelle
répartie en population des abords des cours d'eaux, celles de la
forêt, celles de la savane et celles de montagne. Ces pluralités
de références identitaires et de styles culinaires imposent donc
un regard croisé des héritages et des expériences
culinaires urbaines. Mais si l'on considère que durant l'ère
coloniale la rencontre entre les cultures congolaises et occidentales a
apporté une acculturation plus ou moins visible dans la
préparation et la présentation des plats, il va s'en dire que
l'art culinaire dans les villes a dû être bouleversé voir
métissé par rapports aux campagnes.
D'autre part, l'évolution économique et la
croissance démographique urbaine ont entraîné une mutation
des habitudes alimentaires ; d'où les interrogations sur
l'alimentation de ces zones urbaines en pleine mutation qui font appel à
des produits importés et préparés pour répondre aux
défis entre consommation et disponibilité alimentaire urbaine. Ce
qui pousse un gastronome congolais à dire que « ergoter
sur les habitudes alimentaires métissées de cette
catégorie de la population congolaise ne reflète pas la dynamique
alimentaire des peuples de ce pays3(*)».
Cependant, depuis les années 80, les études sur
l'alimentation ne se reposent plus seulement sur la ration (les aliments
utilisés) mais aussi sur les pratiques de préparation, de prise
de repas, de transformation et de représentation autour des aliments
(Lewi-Gourhan : 1973 ; Handricourt : 1987 ; Certeau et
Giard : 1894). L'attention croissante est portée aux pratiques et
représentations plutôt qu'aux seuls aliments consommés.
L'objet d'étude s'étant donc déplacé de la
consommation vers les styles alimentaires et culinaires (Calvo : 1983,
1992 ; Odéyé et Bricas : 1985)4(*). Ces travaux nous font montre
que l'activation des références identitaires et culturelles se
manifestant aussi dans les villes africaines.
La ville de Kinshasa est un exemple d'étude de
cette évolution due par la pluralité de styles culinaires. En
effet Kinshasa a, au fil du temps, produits sa propre culture culinaire
liée à l'histoire des formations et de l'évolution des
identités sociales, économiques et culturelles. Comme la si bien
suggéré Gertrude Mianda, c'est « de la cohabitation
de ces diverses ethnies, (que) la ville a fini par générer la
sienne bien spécifique...à tel enseigne qu'on peut parler d'une
culture proprement kinoise5(*) ».
L'objet de cette contribution est de montrer qu'il ne suffit
pas d'affirmer que la cuisine urbaine congolaise s'est métissée
mais de comprendre et de cerner les contours de cette évolution. Avant
donc de discuter des habitudes culinaires urbaines, il nous paraît
important d'envisager la cuisine dans toutes ses dimensions, de chercher
dès lors à la comprendre aussi à partir de ses
enracinements historiques. Il est réellement difficile de
périodiser l'évolution de cette cuisine congolaise, nous pouvons
par contre restituer les signes sensibles du processus de métissage et
de transformation des pratiques culinaires à Kinshasa.
Face au développement urbain qui suppose une
évolution économico-social, démographique et culturelle
importante, la diversité des origines des populations de Kinshasa doit
être cernée, afin de nous aider à mieux évaluer la
formation de l'identité de cette cuisine. Cette pluralité des
références nous impose donc une approche fine des effets de lieux
et de composition interne de cette entité urbaine. Ainsi que de porter
un regard nouveau, au delà de la vision simpliste qui oppose
continuellement « tradition » et
« modernité », sur la cuisine.
1. Kinshasa : évolution fonctionnelle et
développement
C'est dès 1920 lorsque Kinshasa atteint sa
« maturité urbaine6(*) » que l'on assiste à la naissance
d'une ville ; le développement des centres industriels et
résidentiels sur la rive gauche du pool fera asseoir ce tissu urbain. Le
pouvoir colonial imposa une politique migratoire : travail migrant,
migration familiale, stabilisation de la main d'oeuvre ont constitué les
étapes qui ont contribué à la formation de la population
à Kinshasa. Cette stabilisation des populations va concourir à la
création des camps de travailleur d'abords à Léo II
(Barumbu, Kinshasa, Lingwala) puis le développement industriel à
un nouveau complexe à la fois industriel et résidentiel à
Limete, flanqué de deux cités de travailleurs, Matete et Ndjili.
De 24 quartiers au départ et partagés entre trois cités en
dehors des quartiers des blancs, la ville s'unifie et atteint 24 communes avec
près de 9000 km² de superficie.
2. La diversité des références
des mangeurs
Dès l'aube de son développement, Kinshasa se
constitua d'une part de population blanche et de l'autre, de population noire.
La population noire était cosmopolite, composée des populations
congolaises et de population noire africaine. Cette dernière population
était pour la plupart des travailleurs de différentes industries
et factoreries se trouvant au Congo. Elle représentait en 1946
près de 46 % des effectifs de Kinshasa. La proportion des
sénégalais en 1946 était de 33 %, suivis des
Nigériens avec 13 % sur toute la population recensée à
Léopoldville7(*). Il
est évident qu'en dehors de l'influence occidentale et noire africaine,
il sied de porter une attention sur le poids démographique des ethnies
congolaises à Kinshasa et d'entrevoir leurs influences dans la cuisine.
Pour la même période, la part de la population congolaise par
province d'origine se présentait de la manière suivante :
Graphique 1 : Origines provinciales de la population de
Kinshasa en 1946

Source : Capelle E., La cité indigène
de Léopoldville, 1947, p.29
Ce graphique montre la part prépondérante des
ressortissants de la province de Léopoldville (qui englobaient trois
Districts : Kwango, Léo II et Bas Congo). Avec l'évolution
de la politique migratoire coloniale, il va se créer au fur et à
mesure une nouvelle population où évoluera la culture
kinoise8(*).
2.1. L'émergence de la population née
à Kinshasa
Graphique 2 : évolution de la population de
Kinshasa par sexe

Source : Capelle E., La cité de
Léopoldville, 1947, p.30
Ce graphique montre comment la population infantile a
évolué de 1923 jusqu'à égaliser la population
féminine en 1943 pour la dépasser légèrement en
1946. Ce phénomène augure la formation de la population urbaine
née à Kinshasa et n'ayant pas d'attache directe avec le village.
En 1955, la population originaire de Kinshasa représentait 33 % de la
population de la ville, derrière les originaires de la province du Bas
Congo avec 36 % dont 3% pour le district du Bas Fleuve et 33 % des originaires
du district des Cataractes9(*). La sous région des Cataractes à elle
seule avait plus de 147 000 individus dont les Bandibu(56 000),
Bamanianga(54 000), Besi-Ngombe(37 000). Tandis qu'en 1967, les
originaires de la sous région des Cataractes atteindront 15,8% et ceux
de Kinshasa 46,8 %10(*).
Dans le graphique 3 ci-dessous, la population née dans
la province du Bandundu avec ses trois districts (Maï Ndombe, Kwango,
Kwilu) intervient pour 13 % et celle née dans le Bas Congo, 21 %. Il
faut signaler l'importance de la population née à Kinshasa qui
atteint 51% de la population totale de la ville. Parmi les populations
originaires du Kwango et Kwilu, quatre tribus avaient plus de 10 000
ressortissants à Kinshasa : Bayaka (45 000), Bambala
(29 000), Basuku (17 000), et les Bateke (11 780)11(*).
Graphique 3 : Part de la population née à
Kinshasa en 1967

Source : Léon de Saint Moulin,
Zaïre-Afrique, n°108, 1976, p.471
L'évolution démographique par origines de
provinces jusqu'en 1977 confirme l'accroissement de la part de population
urbaine originaire de Kinshasa. Le graphique 3 montre que ceux de Kinshasa
atteignent 51% tandis que ceux du Bas Congo sont à 21%.
Graphique 4 : Origine des populations de Kinshasa en
1977

Source : République du Zaïre,
Synthèse des études démographiques de l'ouest du
Zaïre.1974-1977, 1978, p.164
Cette analyse quantitative nous permet de mettre en exergue
l'importance des ressortissants par province et de la
prépondérance, au fil du temps, de la population originaire de
Kinshasa dans la répartition démographique de cette ville. Cette
population devient donc une composante à insérer dans toute
analyse sur la ville de Kinshasa dans les hypothèses à avancer
sur le métissage culinaire. Parallèlement donc à la
formation d'une population kinoise, une autre culture se détachait dans
l'art culinaire congolais, c'est la cuisine kinoise. Mais comme nous l'avons
relevé plus haut, cette cuisine tire son origine du savoir des diverses
populations congolaises.
3. L'évolution historique de la cuisine urbaine
kinoise
3.1. Les changements
Les signes sensibles de l'évolution des pratiques
culinaires peuvent être subdivisés en quatre grandes
périodes12(*) :
La première période
(1920-1940)
Deux cuisiniers nous sont parvenus, ils ont su immortaliser
leurs oeuvres culinaires, emprunt de touche européenne : il s'agit des
cuisiniers Nkusu et Matabiche. Il est intéressant de noter que
dès cette époque déjà dans la gastronomie
congolaise, des ingrédients tels que le cube oxo (l'ancêtre du
cube magie), du libox, du thym, laurier, sel et pili-pili sont
employés13(*) par
ces cuisiniers. Durant cette période dite coloniale, un plat faisait
l'unanimité tant chez les européens que du côté
congolais, c'est le plat à la moambe de noix de palme.
Faisant un commentaire sur le sujet, un colon
écrit : « sans elle, impossible de confectionner le
plat national, la moambe. Pour en manger ne serait-ce qu'une seule fois je
retournerais volontiers là-bas ». La recette de poisson
à la moambe datant de 1929 est la suivante : « Pour
ceci il vous faudra de l'huile de palme fraîche obtenue par pilonnage.
C'est-à-dire que les noix de palme seront pilées et
secrèteront l'huile rouge, au goût de noisette...séchez les
morceaux de poisson et mettez-les à cire dans un bain d'huile de palme,
assaisonnez au sel et au pilipili (quelques gouttes), laissez cuire doucement
pour que ça ne brûle pas...14(*) ».
Les ingrédients sont le piment et du sel, et le plat
est préparé avec de l'huile de palme extraite manuellement. Dans
cet extrait tiré dans un livre de gourmet, on sent la valeur et la
fréquence qu'on accordait au plat faite à la moambe. On voit
aussi que les ingrédients non traditionnels n'entre pas dans la
confection de ce plat. Au petit déjeuner, le manioc râpé et
cuit était très prisé. Les conserves de viande firent leur
entrées au pays aux alentours des années 1920-1930. Le pain de
manioc appelé chikwangue, était l'aliment de base mais le riz
prenait aussi de l'importance bien que jugé alors « aliment
pour riche ».
La deuxième période
(1940-1953)
Les cuisiniers congolais servant chez les colons avaient de la
considération auprès des autres citadins car ils avaient le
mérite d'avoir maîtrisé les pratiques culinaires
européennes. Il fut même crée une corporation et un
syndicat des cuisiniers. Il fallait être reconnu par cet organisme pour
exercer ce métier. Nous avons les indications suivantes concernant le
nombre de cuisiniers à Kinshasa en 1946 :
Profession
|
Admit au 30.11.1946
|
Inscrit en déc. 1946
|
Placés en déc. 1946
|
Disponibles au 31.12.1946
|
Cuisinier
|
35
|
19
|
29
|
25
|
Source : Capelle E., La cité indigène de
Léo..., p.16
Cette période est aussi marquée par la
création des centres spécialisés pour apprendre aux
congolaises le bien mangé : la préparation et la
conservation des aliments. Il y avait les écoles des
ménagères, les foyers sociaux et l'école de domestiques.
La première école ménagère, destinée
à la jeunesse féminine dans les cités indigènes,
fut ouverte en 1938. Les soeurs missionnaires créèrent une
école à Léo II tandis que les Soeurs de Saint Augustin
érigèrent leur école en face du camp des travailleurs
noirs de la société des Huileries du Congo Belge, HCB en
sigle.
Ces dernières publièrent aux éditions
Saint Paul un ouvrage de quelques recettes qu'elles apprenaient aux femmes
congolaises. Parmi les plats figurent aussi bien des mets européens
(bifteck, rosbif, côtelettes de porc, etuvée de boeuf ou de porc)
ainsi que congolais (plat de mwambe, poisson bouilli, feuilles de taro,
feuilles de patates douces ou matembele-bangi). Les ingrédients restent
congolais mais seule la présentation qui s'européanise par
exemple la séparation entre la viande (ou le poisson) avec la sauce qui
sont servis à part.
La création des foyers sociaux, oeuvres
patronnés par les européens, remonte à 1946. C`est au
foyer social de l'Armée du Salut qu'était servi au
déjeuné du pain dit « pistolet » vers 5
heures du matin. La différence avec l'école des
ménagères est que les foyers sociaux étaient pratiquement
un cercle de femmes mariées. A la fois cercle de réflexion et de
détente, elles renfermaient plus les épouses des
évolués. Lors des grandes cérémonies des congolais
les plats présentés étaient métissés :
en 1945 lors d'un retrait de deuil, un buffet américain a
été servi constitué de « poulets, sauce aux
bourgeons de manioc et de riz blanc ». Chacun ayant son assiette avec
fourchette et couteau15(*).
Mais tous ne respectaient pas cette ligne de conduite,
contrairement aux années 1920, beaucoup d'anciens salariés de
camps commencèrent à faire appel à leurs femmes à
Kinshasa. Peu enclin aux méthodes de présentation
européenne et à leurs plats, ces dernières cuisinaient
à la traditionnelle, selon leur provenances. Cette arrivée
massive des populations rurales contribua à équilibrer le
métissage culinaire. Certains parents se plaignaient ouvertement de la
formation reçue par leurs filles à l'école des
ménagères trouvant que les institutrices européennes
négligeaient de perfectionner les élèves dans l'art
culinaire congolaise16(*).
Face à cette demande des parents congolais, les
écoles introduisirent le « liyoto » dans la
formation c'est-à-dire que les élèves apprenaient à
préparer des plats congolais au moins une fois par semaine. Une visite
fut diligentée par l'équipe de la revue la voix du congolais
conduite par Roger Bolamba à l'école de ménagère du
quartier Saint Pierre (Lingwala). Cette pratique de liyoto contribua
à la connaissance et à l'ouverture aux différentes
cuisines congolaises par ces élèves de la ville de Kinshasa.
Mais il est important de souligner que dès 1945,
près de 50% de parcelles étaient ethniquement homogène
dans la cité indigène de Léopoldville. Comhaire-Sylvain
avait constaté aussi qu'environ 27 % des parcelles étaient
habitées par plusieurs tribus non apparentées tout en ayant 15
à 17 résidents par parcelle. Il s'était ainsi
développé sur le plan social la pratique de partage des
plats ; analysant cela, Comhaire-Sylvain trouve que cette demande
d'hospitalité alimentaire pratiquée dans les centres urbains ne
serait que pur parasitisme17(*). Cette cohabitation a fait aussi le lit de
l'émancipation culinaire.
La troisième période
(1953-1970)
Le menu Kinois se métissait davantage. Dès 1953,
les nutritionnistes modifient la valeur alimentaire des rations dans le sens
d'une augmentation des protéines et d'une diminution de la valeur en
calories contrairement aux périodes antérieures. La notion de
supplémentation venait ainsi s'inviter au débat. La substitution
du pain au manioc, au déjeuner, déjà signalé en
1956, se généralisait. En sus le souci de la présentation
dans le plat congolais était toujours sujet d'interrogation18(*).
Mais les congolais vivant à Kinshasa ne
s'étaient pas départis de leur goût de préparer
à la traditionnelle malgré toutes les campagnes faites19(*). Preuve de changement des
mentalités culinaires, nous pouvons lire la plainte d'une patiente
congolaise qui s'insurgeait contre le menu offert à l'hôpital
qu'elle assimilait à de la « saleté20(*) » et propre au
kinois de 1921. L'hôpital offrait à manger du corned beef avec du
riz or ces dernières demandaient « de la vraie nourriture
congolaise : légumes verts, bourgeons de manioc, viande, poisson,
haricots blancs ou un bol de soupe avec du poisson grillé à
défaut de viande21(*) ».
La quatrième période
(1970-1990)
Avec l'avènement de la journée du poisson chaque
24 juin, les kinois vont s'adonner à une émancipation
gastronomique. D'abord grâce au Président Mobutu, les maboke
sont popularisée. Ensuite à la faveur du « recours
à l'authenticité », la cuisine tente à se re
traditionnaliser. Des aliments jugés jusque là propres aux
pauvres, étaient progressivement intégrés dans
l'alimentation des élites économiques, politiques et
intellectuelles.
Cependant, par rapport à l'utilisation des
ingrédients, les oignons, de l'ail, du cube magic se font de plus en
plus sentir : les épices sont misent en avant dans la
préparation. Et l'huile raffinée est couramment usitée en
lieu et place de l'huile de palme dans certains mets. Au départ
mangeurs de chikwangues, de riz, de malemba, les kinois adoptent la farine de
maïs ou de manioc22(*). Cette farine prend même le sobriquet de
« boule nationale », signe d'une unité de bourse et
d'origine car consommée par toutes les populations de Kinshasa.
Kinshasa devient un centre de dispersion de ces nouvelles
recettes congolaises auprès d'abord des habitants de la ville puis
ensuite à ceux de l'arrière pays. Le poisson salé
était très estimé ce qui lui a même valu le titre
d'une chanson célèbre d'Abeti Masiki. Les additifs alimentaires
se généralisent dans les sauces, les noix de palme sont parfois
remplacées par de l'huile raffinée et la tomate naturelle par
celle en boîte de tomate concentrée. Le fumbwa est
réinterprété à la façon des peuples du
Haut-Congo, c'est-à-dire on y ajoute du poisson fumée : une
émancipation gastronomique s'opère donc sans dire son nom.
A l'émancipation culinaire s'ajoute l'échange
alimentaire : entre voisins et dans les cérémonies de
mariages. Lors des mariages interethniques, la nourriture joue un rôle
social important car souvent la belle famille concocte les
spécialités culinaires de leur gendre. Ces brassages ethniques
créent des habitudes culinaires nouvelles. Marc Pain a dépeint
cette situation : «...un comportement urbain, une psychologie
particulière s'élaborent. Concrètement, les baluba ne
répugnent plus à consommer le « fumbwa »,
spécialité Bakongo. Ceux-ci raffolent de plus en plus du
« Matamba » propre aux baluba. Dans la plupart des foyers,
le « fufu » a maintenant ses quartiers de
noblesse ! ».
Kinshasa a produit sa propre spécificité
gastronomique suite à ces différentes symbioses sus
évoquées. Certains plats se sont imposés, ce qui
amène aussi des adaptations de goût pas nécessairement
originel. Cette cuisine kinoise certes, n'a pas encore été
codifiée par les gastronomes, mais elle est une réalité
vécue par nombre de populations de cette ville. La crise
économique créera des distorsions dans l'approvisionnement
régulier des aliments, aussi bien dans le rythme quotidien de
préparer que du manger. Mais malgré la crise, la base de
l'alimentation des kinois restera des produits typiques de l'alimentation
traditionnelle. Ce qui est le commun de toutes les villes des pays sous
développés comme le notera Milton Santos dans son étude
sur l'alimentation urbaine23(*).
3.2. La délocalisation des produits du
terroir
Parmi les plats que l'on peut appeler
« délocalisés » et adoptés par les
kinois, figurent le fumbwa24(*), le pondu25(*) madesu, le pondu ya libondo et le
maboke. La plante qui fourni les feuilles pour ce plat dit de Fumbwa
se retrouve aussi bien dans les régions de forêt que de la savane
mais ce plat est une spécialité des gens de la savane du Bas
Congo. A l'origine, ce fut un met rituel Besi Ngombe, un sous groupe Bakongo
localisé dans la sous région des Cataractes, et consommé
seulement le mercredi. Beaucoup de groupe Bakongo n'adopteront ce met qu'une
fois arrivé dans la ville de Kinshasa et de là, ce met va se
réintroduire dans les villages autres que Besi Ngombe. Ensuite ce met
s'est largement diffusé hors de cette zone d'influence Bakongo subissant
au passage diverses modifications.
Chez les Besi Ngombe, le fumbwa se prépare avec de la
pâte d'arachide, de l'huile de palme, des oignons, de la tomate fraiche
et du poivron ; on peut aussi y mettre du poisson fumé.
Traditionnellement il ya trois manières de préparé le
fumbwa selon la quantité de pâte : soit on met un petit peu
de pâte d'arachides ou alors on en met en quantité normale ou
alors pratiquement pas. Dans l'évolution de la préparation de ce
plat à Kinshasa est que non seulement que l'on peut substituer le
poisson fumé par des chenilles «mbiso» ou champignons mais
aussi la présence de la pâte d'arachide doit vraiment se
sentir.
Le pondu madesu est aussi un plat Bakongo qui a fait
ses preuves dans la ville de Kinshasa. Lorsqu'il est consommée avec du
riz, le plat prend le pseudonyme de « 3 pièces »,
car composé de trois condiment (riz, feuille de manioc et haricots).
Tandis que « le maboke » ou la technique de
préparation du poisson en étuve est une spécialité
du peuple Libinza de l'Equateur. La première apparition des maboke
à Kinshasa remontent à 1917 ; ce sont les mbinza, peuple
commerçants sur le fleuve Congo jusqu'au pool, qui l'apportèrent.
Ce n'est qu'à Kinshasa que les diverses populations de l'Equateur
viendront adopter ce met dans leur cuisine. Le plat de maboke de poisson sera
popularisé sous le régime de Mobutu à partir de la N'sele
le 24 juin 1967 à l'occasion de l'instauration de la journée du
poisson célébrée à Kinkole.
3.3. L'invention des mets typiquement
urbain
Le plat de Matembele26(*), très emblématique, est ce que l'on
peut appeler un plat typiquement urbain. En effet, chez les bakongo la feuille
de patates douces ne se consomme pas traditionnellement et est
considérée comme légumes pour chèvres. Alors
qu'à l'Equateur, ce plat figure cependant comme un plat propre aux
militaires qui l'ont apporté dans cette région. Cependant, ce
plat apparait déjà avant l'indépendance dans les recettes
de l'école de Saint Pierre des Soeurs Missionnaires de Saint Augustin
sous l'appellation matembele-bangi27(*). Actuellement ce légume figure en belle
page dans la cuisine de Kinshasa, elle doit son expansion à la
période de crise économique qui sévissait entre 1980 et
1990.
On peut aussi citer le plat de haricots aux trippes tant
raffolés par les kinois ainsi que les haricots aux pieds de porcs. La
particularité est que le tout est servi ensemble et non dans des plats
séparés comme le voudrait le service européen. A ce jour
les pieds de porcs largement consommées par beaucoup de ménages
congolais, sont souvent considérées comme des déchets
importés de l'étranger dans l'imaginaire collectif alors que
c'est un plat qui a aussi sa côte. Le pied de porc est une vieille
recette portugaise fortement appréciée au Portugal. Chez les
Normand, ils mélangent les pieds de boeuf avec les quatre estomacs
(panse, feuillet, bonnet et caillette) et ce plat c'est les tripes à la
mode de Caen. A Kinshasa, ce plat se prépare soit trempés dans
les haricots ou en sauce tout simplement.
Le poisson salé rivalisait avec le plat de pieds de
porc nous fait remarquer Manda Tchebwa : «...des Kamundele
(brochettes de viande de boeuf), des makayabu (poissons séchés
puis grillés à l'huile de palme)...mais quand Mère
tété, sa voisine soulevait son couvercle...surprise : des
makosso bien fumants. Le chef d'oeuvre culinaire du jour28(*) ». Les
populations Ouest-africaines quant à elles, introduisirent entre autre
le « pepe soupe » aux poissons, une recette de
bouillon de poisson d'origine sénégalaise. De même le
fameux « loso ya boulay » des kinois ou « riz
boulay ail » tire son origine de la recette sénégalaise
de « Broulai29(*) ». Cette dernière se compose de
tomates, d'huile, oignons, laurier, sel, piment et riz tandis que les Kinois la
préparent souvent avec de l'huile de palme et du poisson si possible.
La pratique de farcir le poisson aux oignons ou tomates tire
aussi s'en doute son origine de ces ouest-africains, si on s'en tient à
la recette sénégalaise de poisson au riz qui détaille la
pratique d'inciser le poisson par endroits différents afin d'en farcir
les ingrédients préparées. Les
« cabris », ces fameuses portions de viande de
veau ou de joue de chèvres coupées en carré et que l'on
enfile sur une tige et puis cuits à l'étuvée figurent
aussi parmi les gammes de condiments apportés par les
sénégalais et adoptés dans la cuisine kinoise30(*). Mais ensuite les kinois, vont
la substitué la viande de boeuf (Kamundele) ou au moment fort
de la crise, des portions de viande de dinde (tige) qui apparaissent
vers la fin des années 80.
La préparation des pattes est un exemple
d'évolution. La recette des pattes enseigné dans les
écoles ménagères par madame André Barbier, une
régente ménagère, fait intervenir de la viande
hachée que les kinois remplace facilement avec du corned beef
préparé à part avec une sauce tomates31(*). Depuis 2004, le plat de
pattes se sert dans les restaurants populaires (malewa) cuite et servis
à part avec un poisson frit ou cuisse de poulet avec une sauce blanche
ou alors on a des pattes servie ou recouverte d'une omelette32(*) et garni d'une touche de sauce
mayonnaise. Ces restaurants de fortune remontent avec le début du
développement de la ville et sont nés autours des bars et des
buvettes.
Avec la disparition des écoles et foyers sociaux comme
lieu d'apprentissage de la cuisine congolaise, la pratique de la cuisine
à Kinshasa a été livrée à
elle-même ; certains spécialistes parlent d'un
désordre culinaire33(*). Les diverses émissions culinaires qui
passent à la télévision à Kinshasa omettent de le
signaler voilà pourquoi il arrive qu'un cuisinier interviewé
critique la manière de préparé tel plat lors d'une
émission concurrente34(*). A y regarder de plus près, la combinaison des
divers ingrédients dans la cuisine kinoise est une véritable
révolution culinaire. C'est dans cette perspective que le rôle des
Nganda (dans leur diversité et stratification) et des Malewa
(restaurants populaires) pourrait être mis en évidence. Certes,
cette cuisine n'a pas été codifiée par les gastronomes,
mais elle est une réalité vécue par nombre de populations.
Ce sont ces transformations qui font le lit de la cuisine urbaine de Kinshasa.
Conclusion
Avant d'épiloguer à perte de vue sur l'histoire
de la cuisine urbaine congolaise, il nous fallait aplanir les concepts et les
composantes de cette cuisine urbaine. Nous avons voulu considérer la
ville comme un lieu d'échanges, de rejets et d'adaptation. Notre
étude s'est intéressée à la cuisine urbaine
congolaise qui est confrontée à des multiples pesanteurs :
économiques, culturelles, sociologiques. Les mutations qui
s'opèrent dans le mangé quotidien, dans le choix des aliments et
dans la présentation et prise des repas offrent un double regard :
modernisme ou traditionalisme, respect des normes anciennes ou évolution
de cette tradition. La cuisine Kinoise est le fruit d'un processus historique
à la fois lié aux populations l'habitant et à l'histoire
socio-économique de cette ville.
Sous cette approche, la cuisine n'est plus abordée sous
l'angle seulement nutritionnel, social ou économique mais aussi comme
baromètre de l'évolution d'une société. Il y a une
cuisine congolaise moderne et urbaine dont la cuisine Kinoise en est le reflet
ou si l'on veut l'une des facettes, mais elle n'est pas différente dans
sa base de la cuisine congolaise. C'est une approche importante pour
l'historien de considérer la cuisine comme le fruit d'un processus, car
elle est à la fois document d'histoire, témoignage muet et
silencieux d'un ensemble de traditions parfois séculaires.
Nous avons retenu quatre grandes périodes de
l'évolution de cette cuisine. Les éléments de la
modernité conçue selon les logiques coloniales étaient
visibles au quotidien durant la première et deuxième
période de notre périodisation. Les conséquences de ces
contraintes sont appréciables dans les pratiques culinaires de ces
premiers immigrés à Kinshasa. Il s'en est suivi une certaine
dualité entre rites culinaires traditionnelles et acceptation du
modèle occidentale durant les périodes qui ont suivi. Parfois
grâce à des améliorations, des nouveautés, et des
changements, le plat pourra être plus épicé, plus gras,
plus épaissi en légumes ou plus carné. Dues à la
présence pluriethnique dans la composition de la population de Kinshasa,
ces transformations seront à la base de notre cuisine moderne urbaine,
simple dans ces moyens, raffinée dans ses résultats.
Aussi, une forte pression économique, sociale et
alimentaire est à l'origine des émancipations gastronomiques tant
constatées à Kinshasa et qui résultent, nous l'avons dit,
du brassage des populations au sein de Kinshasa. Parmi les facteurs
d'évolution, il y a donc la pauvreté, mais aussi les mutations
des cadres congolais, les mariages interethniques et la promiscuité dans
les habitations. Par ailleurs, à l'intérieur des
frontières culturelles congolaises, beaucoup de plats au départ
propres à tel terroir ont perdu de leurs identités d'origine
à cause de l'engouement qu'ils ont provoqué. Dans la rencontre
entre les cultures, dont la cuisine est un des aspects, l'apport des uns
enrichit les autres et vice-versa. Ils font partie aujourd'hui du patrimoine
national du fait de leur totale intégration dans les habitudes
culinaires du pays.
Mais les changements n'intervinrent pas de façon
brutales, ils résultèrent plutôt d'ajustements progressifs
qui font de l'histoire culinaire kinoise comme partout ailleurs, une histoire
de longue durée. Partout dans le pays, les villes deviennent donc comme
des laboratoires, des ateliers et des carrefours de création et des
voies de diffusion des techniques alimentaires et culinaires typiques et
plurielles tant et si bien que l'on aurait tort de croire que le contexte
nutritionnel de ce pays soit monotone et figé. L'histoire culinaire
kinoise est donc bien vivante, elle n'est pas isolée mais s'inscrit dans
le contexte culinaire global des expériences des cuisines du monde.
MATONDA SAKALA Igor
Historien /Assistant Unikin
Références bibliographiques
- Barbier Andrée, Economie domestique, Saint
Paul, VII, 1971, Kinshasa, 158 p.
- Baeck Louis, « enquêtes budgétaires
des congolais évolués de Léopoldville »,
- Capelle Emmanuelle, La cité indigène de
Léopoldville, CESA/CEPSI, Léopoldville/Elisabethville, 1947,
110 p.
- Cocquery Vidrovitch Cathérine, « L'Afrique
urbaine. De la ville en Afrique noire » in Annales, Histoire, Sciences
Sociales, 61ème Année, n°5, septembre-octobre
2006, p.1087-1119.
- Comhaire-Sylvain Suzanne, Femme de Kinshasa, hier et
aujourd'hui, Mouton, Paris, 1968, 280 p.
- Bricas Nicolas, « la pluralité des
références identitaires des styles alimentaires urbains en
Afrique », in CIRAD/UMR Moisa (Marchés, Organisations et
Stratégies d'Acteurs), TA C-99/15, Montpellier, F-34398, p.149-159. Cfr
nicolas.bricas@cirad.fr
- Cuisine aux pays du soleil (La), n°921, Ed.
Saint Paul, 1976, 308 p.
- Iyeki JeanFrançois, « réflexions sur
les foyers sociaux » in La Voix du Congolais, septembre
1957.
- Léon de Saint Moulin, « Contribution
à l'histoire de Kinshasa », in Zaïre-Afrique,
n°108, 1976, p.461-474.
- Les gourmets au Congo, J.E. Buschumans, Anvers,
s.d. (1929 ?), 140 p.
- Manda Tchebwa, Terres de la chanson. La musique
zaïroise hier et aujourd'hui, Duculot, Louvain-La-Neuve, 1996, 366
p.
- Mianda Gertrude, Femmes africaines et pouvoir. Les
maraîchères de Kinshasa, L'Harmattan, Collection
« Zaïre-Histoire et société », Paris,
193 p.
- Milton Santos, « alimentation urbaine et
planification régionale en pays sous-développé »
in Revue Tiers-Monde, Tome X, n°37, janvier-mars 1969, PUF, 1969,
p.95-114.
- République du Zaïre, Synthèse des
études démographiques de l'ouest du
Zaïre.1974-1977, Louvain-La-Neuve, 1978, 277 p.
- Soeurs Missionnaires de Saint Augustin, Art
culinaire, Saint Paul, Limete-Léopoldville, (s.d.), 84 p.
- Veyi Disatoma, « Conséquences de
l'inflation sur les habitudes de consommation à Kinshasa de 1976-1980,
cas d'études de deux produits de base : riz et manioc »,
TFC, ISS, Kinshasa, 36 p.
* 1 Sujet de mémoire
défendu par l'auteur en sciences historiques de la faculté des
lettres et sciences humaines de l'Unikin, 2008-2009.
* 2 Cocquery-Vidrovitch C.,
« De la ville en Afrique noire » in Annales, Histoires,
Sciences sociales, p.1097
* 3 Dr Tedanga cfr
Tedanga@hotmail.com :
discussion en ligne sur internet.
* 4 Bricas Nicolas,
« la pluralité des références identitaires des
styles alimentaires urbains en Afrique », in CIRAD/UMR Moisa
(Marchés, Organisations et Stratégies d'Acteurs), p.153
* 5 Mianda G., Femmes
africaines et pouvoir. Les maraîchères de Kinshasa,
p.23 ; Les études de Tchonga et Onyumbe (1988 :p.150-178)
cité par Mianda souligne que « la chanson congolaise, a
pour sa part, reproduit et véhicule diverses facettes de cette culture
urbaine » cfr Mianda Gertrude, Femmes africaines et
pouvoir,..., p. 24
* 6 Phraséologie
emprunté à Manda Tchebwa en parlant de Kinshasa dans son ouvrage
Terres de la chanson. La musique zaïroise hier et aujourd'hui,
Duculot, Louvain-La-Neuve, 1996, p. 344
* 7 Capelle E., La
cité indigène de Léopoldville, 1947, p.30
* 8 Les anglophones utilisent le
terme « the urban native » pour désigner cette
catégorie de population.
* 9 Léon de Saint Moulin,
« Contribution à l'histoire de Kinshasa », in
Zaïre-Afrique, n°108, 1976, p.471
* 10 République
Démocratique du Congo, Présidence de la République,
Etudes socio-démographique de Kinshasa, 1967, p.40
* 11 République
Démocratique du Congo, Présidence de la République,
op.cit., p.41
* 12 Si on s'en tient au plan
de notre problématique de départ.
* 13 Les Gourmets au
Congo, (s.d. 1929 ?), p. 24
* 14 Les Gourmets au
Congo, (s.d. 1929 ?), p.81-82
* 15 Une photo du journal
« Kinshasa » du 5 décembre 1948 montre un restaurant
(Nganda) où des congolais mangent avec fourchettes et couteaux. Le plat
est du riz, sauce et viande.
* 16 « Chronique de
la vie indigène et nouvelles diverses » in La voix de
Congolais, p.713
* 17 Louis Baeck, dans son
étude sur des budgets ménagers à Kinshasa, avait aussi
constaté cette hospitalité alimentaire d'où il
préconisait d'inclure cette catégorie de personne dit
« dépendant » dans l'étude des budgets de
ménages cfr Baeck L., « enquêtes budgétaires sur
les congolais évolués de Léopoldville », p.
90.
* 18 Baeck L.,
« enquêtes budgétaires sur les congolais
évolués de Léopoldville », p.97
* 19 Iyeki J.F.,
« réflexions sur les foyers sociaux » in La Voix
du Congolais, septembre 1957, p.673
* 20 Ici saleté
n'étant pas synonyme de manque de propreté mais d'un
dégout envers cette cuisine faite par des hommes de l'école
européenne cfr Comhaire-Sylvain, Femmes de Kinshasa, p.83.
* 21 Comhaire-Sylvain,
idem.
* 22 Veyi Disatoma,
« Conséquences de l'inflation sur les habitudes de
consommation à Kinshasa de 1976-1980, cas d'études de deux
produits de base riz et manioc, TFC, ISS, p.26
* 23 Milton Santos,
« alimentation urbaine... », in Revue Tiers-Monde,
1969, p.100
* 24 Nom scientifique :
Gnetum africanum.
* 25 Feuilles de manioc
mangé comme légumes en Afrique centrale.
* 26 Feuille de patate douce,
nom scientifique : Ipomea patatas
* 27 Soeurs Missionnaires de
Saint Augustin, Art culinaire, Société Missionnaire de
Saint Paul, Léopoldville, (s.d.), p.20
* 28 Manda Tchebwa, Terre
de la chanson, Louvain-la-neuve, 1996, p.111.
* 29 La cuisine aux pays du
soleil, les classiques africains, n°921, Ed. St Paul, 1976, p.108
* 30 Un des prestigieux
restaurants sénégalais dit le roi des cabris était le
restaurant Diallo. Le chanteur Tabu Ley a immortalisé cette
buvette-restaurant dans un chant en 1966, Nganda ya Diallo.
* 31 André Barbier,
Economie Domestique, St Paul Afrique, 7ème
édit., Kinshasa, 1971, p.68
* 32 Ce plat assez nouveau
à Kinshasa est un « plat économique » et
très à la mode en Côte d'ivoire et dans les milieux
estudiantin car très facile et rapide à préparer. Dans la
ville de Matadi par contre, il subsiste deux manière de préparer
cette recette soit elle est blanche ou alors elle est préparé
avec de l'huile qui la donne une teinte vermeille.
* 33 Prof. Lapika Dimonfu,
anthropologue (Unikin). Entretien du 22 octobre 2010.
* 34 Le cuisinier Papa
Madilu du restaurant Baobab lors de son émission Sekele ya
nzungu du 27 juin 2010 fustigeant la préparation du mbika tel que
relaté dans une autre émission culinaire.
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