Médias et gestion des crises dans la région de l'extrême- nord du Cameroun: cas de l'épidémie de choléra dans le département du Mayo- Tsanaga( Télécharger le fichier original )par Grégoire DJARMAILA Université de Maroua Cameroun - Master professionnel en vue de l'obtention du diplôme d'ingénieur facilitateur de développement 2011 |
Tableau inspiré de T. Libaert, La Communication de crise, Dunod, 2001, P25. LIBAERT Thierry élabore le cycle de vie ainsi que les parties prenantes d'une crise a-cycle de vie d'une crise : Il comporte quatre phases :
Elle est caractérisée par une série de dysfonctionnements et d'erreurs. Si ces signaux sont pris en compte par les dirigeants, la crise peut être anticipée et ses effets minimisés.
Durant cette phase, il est essentiel d'avoir un suivi- presse pour savoir comment réagir aux propos des médias. Il convient d'opérer un travail de rapprochement entre les infos, les acteurs et la surcharge médiatique pour garder une vision globale de la situation.
Lors de cette phase, les médias se focalisent sur le sujet de la crise. La durée du traitement médiatique dépend alors des autres sujets d'actualité pouvant détourner l'attention des médias.
Le cycle de vie de la crise s'achève. On constate alors une atténuation de la crise ainsi qu'une chute progressive de l'attention des médias. Cette phase ne doit pas être négligée. En effet, les managers doivent maintenir leur vigilance et maintenir une relation privilégiée avec la presse. b- Les parties prenantes d'une crise : Les parties prenantes sont des acteurs sensibles, de par leur implication, leur rôle et leur statut dans le déroulement de la crise. Pour ces différents acteurs, les enjeux sont différents et spécifiques selon la crise. Il faut donc observer pour chaque dispositif de crise les différents profils des parties prenantes ainsi que l'influence qu'ils peuvent avoir sur l'organisation, qu'ils soient internes ou externes à celle-ci. Chaque partie prenante peut évoluer dans son rôle lors du développement de la crise. Les parties prenantes peuvent avoir trois rôles essentiels : une position d'opposant, un rôle d'appui ou un relais d'information. 1-1-1-5-Gestion de criseDidier HEIDERICH, dans son ouvrage Plan de Gestion de crise, définit la gestion de crise comme « l'ensemble des modes d'organisation, des techniques et des moyens qui permettent à une organisation de se préparer et de faire face à la survenance d'une crise puis de tirer les enseignements de l'évènement pour améliorer les procédures et les structures dans une vision prospective ». Selon le type d'événement générateur et les impacts et conséquences qu'elle créé, une crise plus ou moins grave peut survenir, dont la résolution passe par un mode de gouvernance et un mode de communication spécifiquement adaptés à la situation : la gestion de crise et la communication de crise. Lorsque l'événement affecte tout un pan d'activités, la gestion de crise s'accompagne généralement du déploiement d'un plan de continuité d'activités (qui fait partie des mesures de protection). Quel que soit le type d'événement auquel il faut faire face, la gestion de crise présente certaines caractéristiques permanentes : a- Diagnostic, action et décision Elle exige une capacité de diagnostic, de bonne réaction et donc de décision. La situation est avant tout une situation d'urgence. Il est déterminant de percevoir rapidement la gravité de la situation, les priorités induites et les décisions les plus adaptées aux circonstances. b-Organisation La gestion de crise requiert également de la part des autorités responsables une capacité à organiser et à rassembler les efforts des différents intervenants. Dans notre travail, la gestion de l'épidémie est assurée par un comité national présidé par le ministre de la Santé publique avec comme membres plusieurs représentants des départements ministériels apparentés. Ce comité a des démembrements régionaux et départementaux présidés respectivement par les Gouverneurs et les préfets. c-Communication La communication de crise est fondamentale : en communication interne, il s'agit de permettre les actions et optimiser le temps de réaction en communiquant. Le terme est utilisé en communication externe pour alerter et informer et également pour conserver la confiance des parties prenantes ou du public le cas échéant pour l'avenir. 1-1-1-6-Journalisme/journalisteLe journalisme est l'activité qui consiste à collecter, rassembler, vérifier et commenter des faits pour les porter à l'attention du public à travers les médias. On distingue généralement plusieurs types de journalismes, dont le journalisme d'investigation, le journalisme d'actualité, le grand reportage, ou encore les spécialisations selon certains domaines particuliers (le journalisme politique, scientifique, mondain (ou paparazzi), etc.). Par ailleurs, les métiers du journalisme sont divers, allant du correspondant de guerre au dessinateur de presse, du journaliste reporter d'images (JRI), reporter-photographe, photojournaliste, secrétaire de rédaction ou critique musical à l'éditorialiste. Le statut professionnel des journalistes se distingue entre les pigistes, qui sont freelance et payés à l'article, et les salariés de médias spécifiques. Enfin, ces dernières années, une forme de « journalisme citoyen » est apparue avec le développement d'Internet, de la photographie numérique, etc., permettant à des particuliers, non professionnels, de diffuser facilement textes et images sur la Toile. Journaliste : le code du travail français en son article 29 b) définit le journaliste professionnel comme celui qui « a pour occupation principale, régulière et rétribuée, l'exercice de sa profession dans une publication quotidienne ou périodique éditée en France ou dans une agence française d'informations et qui en tire le principal des ressources nécessaires à son existence ». Les deux notions d'activité et de ressources ont été très nettement dégagées par la jurisprudence française. La notion d'occupation principale-ou en tout cas d'activité prédominante- exclut de la catégorie des journalistes professionnels, les hommes politiques, hommes de lettres ou membres des professions libérales qui apportent une collaboration secondaire ou occasionnelle à un journal. La seconde notion - le caractère de profession la plus lucrative - s'apprécie à la fois par rapport aux autres ressources de l'intéressé aussi bien que par l'estimation de ce qu'elles représentent par rapport aux ressources normales d'un journaliste. Le législateur français a suffisamment défini la frontière qui sépare le journaliste des autres professions. Mais au Cameroun, la loi n°90/052 du 19 décembre 1990 portant sur la liberté de communication sociale au Cameroun donne une définition très confuse du journaliste. L'article 46 de cette loi considère le journaliste comme « toute personne qui, sur la base de ses facultés intellectuelles, de sa formation et de ses talents, est reconnue apte à la recherche et au traitement de l'information destinée à la communication sociale ». L'alinéa 1 souligne que les critères d'identification du journaliste ainsi définis sont déterminés par voie réglementaire. Une définition qui ouvre la voie à diverses intrusions dans le métier. Aujourd'hui, une confusion règne sur le statut du journaliste. Qui est journaliste ? Qui ne l'est pas ? Le domaine est devenu un refuge pour toutes sortes de personnes qui ne sont pas nécessairement qualifiées pour exercer ce métier. Cette confusion a donné naissance aux concepts comme : « Journaliste du Hilton » : ces prétendus journalistes, parfois sans rédaction précise et qui campent à l'hôtel Hilton à Yaoundé pour attendre la tenue des séminaires et autres réunions d'importance. Constitués des « déperdus » scolaires et universitaires, ces jeunes se livrent à toutes sortes de pratiques qui ternissent l'image de la profession : chantage, rançonnement et calomnies, diffamation de hautes personnalités. « Journalistes de badge et de gilet » : ceux-là qui, pour se légitimer auprès du public, se fabriquent badges et gilets avec des estampilles de certaines chaînes de télévision privées nationales ou internationales. Cette forme est beaucoup plus vulgarisée dans le Grand Nord à la faveur de la création des chaînes privées de télévision au Sud du pays. La plupart de ces journalistes sont en réalité des preneurs d'images. Ils s'installent dans une sorte d'hybridisme qui ne leur confère ni le statut de journaliste, ni celui de cameraman. Depuis plusieurs années, les membres de la corporation s'efforcent pour amener le gouvernement à organiser la profession en adoptant une définition plus rigoureuse. En juin 2011, le syndicat des journalistes employés du Cameroun (SJEC) a présenté à Yaoundé sous forme d'une proposition de loi, un texte de reforme de la législation sur les médias en garantissant notamment de "meilleures conditions d'exercice de la liberté d'information". Le texte propose notamment la mise en place d'un organe indépendant de régulation des médias pour remplacer le Conseil national de la communication, une structure d'émanation gouvernementale qui agit à titre "consultatif" et ne dispose pas de "pouvoirs réels". Il suggère que la mise sur le marché d'un journal soit conditionnée par la « création d'une entreprise de médias suivant les dispositions des actes de l'Organisation pour l'Harmonisation du Droit des Affaires en Afrique » (Ohada). Selon l'actuelle législation, la création d'un journal est soumise à une simple déclaration à la préfecture, Le document propose également l'institution d'"une subvention à la prise des risques économiques" pour les médias. Le texte propose aussi une meilleure définition du journaliste, introduisant notamment la notion de "journaliste professionnel". La proposition du SJEC intervient un peu plus d'un an après le mémorandum de l'Union des journalistes du Cameroun (UJC) adressé le 3 mai 2010 au Premier ministre. Dans cette interpellation, l'UJC demande la révision de la loi n°90/052 du 19 décembre 1990 portant sur la liberté de communication sociale avec entre autres, une définition claire du statut du journaliste, une énumération et une définition exhaustives des délits de presse. 1-1-1-7-Epidémie :Selon le dictionnaire Littré enrichi « Epidémie » qui vient du latin médiéval epidemia et du grec épidêmia, signifie le développement d'une maladie. De manière littérale, une épidémie désigne l'augmentation rapide de l'incidence d'une maladie en un lieu donné sur un moment donné, sans forcément comporter une notion de contagiosité. En pratique, ce terme est souvent utilisé à propos d'une maladie infectieuse contagieuse. Faral (in Vie temps st Louis, 1942, p. 86) définit une épidémie comme « une apparition de cas de maladie, ou d'un phénomène de santé en excès du niveau attendu, c'est-à-dire de l'incidence habituelle dans une communauté ou dans une région ». En termes opérationnels, il y a épidémie lorsque le nombre de cas ou la valeur du taux d'attaque d'une maladie est très élevé. Ce taux constitue un niveau qui attire l'attention du personnel sanitaire sur l'éclosion d'un phénomène épidémique. Endémie, épidémie, pandémie Une endémie désigne la présence habituelle d'une maladie dans une région ou une population déterminée. Elle peut se développer en épidémie si les conditions environnementales le favorisent. Par la suite : · soit l'épidémie s'étend et devient une pandémie (cas du VIH), · soit l'épidémie régresse, l'incidence devenant très faible, nulle ou négative. Si elle reste localisée dans l'espace, elle devient une endémie limitée à certaines régions (cas actuel de la poliomyélite). Elle peut aussi éventuellement disparaître à la fin. Une épidémie peut également surgir sans qu'il y ait d'endémie préalable, par exemple à la suite d'un accident provoquant la dissémination du vecteur pathogène dans un environnement où il était jusqu'alors inexistant (prévalence et incidence initialement nulles). Dans de telles circonstances, seuls quelques cas suffisent pour provoquer un accroissement très significatif de l'incidence de la maladie et lui donner le caractère d'épidémique. 1-1-1-8-Le choléraSelon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), le choléra est une infection diarrhéique aiguë provoquée par l'ingestion d'aliments ou d'eau contaminés par le bacille Vibrio cholerae. Selon le Centre des Médias de l'OMS (WHO Media Centre), il y a chaque année 3 à 5 millions de cas de choléra, avec 100 000 à 120 000 décès. La brève période d'incubation, de deux heures à cinq jours, renforce la dynamique potentiellement explosive des épidémies. L'Encyclopédie Vulgaris Medical le définit comme une toxi-infection entérique épidémique contagieuse due à la bactérie Vibrio cholerae, ou bacille virgule, découverte par Pacini en 1854 et redécouverte par Koch en 1883. Strictement limitée à l'espèce humaine, elle est caractérisée par des diarrhées brutales et très abondantes (gastro-entérite) menant à une sévère déshydratation. La forme majeure classique peut causer la mort dans plus de la moitié des cas, en l'absence de traitement (de quelques heures à trois jours). La contamination est orale, d'origine fécale, par l'eau de boisson ou des aliments souillés. Le choléra a été la première maladie pestilentielle à faire l'objet, dès le XIXe siècle, d'une surveillance internationale. Sur le plan historique, il faut souligner qu'au XIXe siècle, le choléra s'est propagé à plusieurs reprises de son réservoir d'origine dans le delta du Gange, en Inde, au reste du monde, avant de se cantonner dans le Sud de l'Asie. Les six pandémies observées ont fait des millions de morts en Europe, en Afrique et dans les Amériques. La septième pandémie, qui sévit encore aujourd'hui, a commencé en 1961 dans le sud de l'Asie et a gagné l'Afrique en 1971 et les Amériques en 1991. La maladie est désormais endémique dans de nombreux pays et il est impossible actuellement d'éliminer l'agent pathogène dans l'environnement. (FADIBO Pierre : 2006). Dans une étude réalisée en 1983 sur l'évolution du choléra au Cameroun, intitulée « le Cholera au Cameroun de 1971-1988, Daniel Mfonfu et Deborah Agbor Tabi, du service de l'Epidémiologie au Ministère de la Santé Publique soulignent qu'au Cameroun, les premiers cas de choléra ont été signalés le 4 février 1971 par l'Hôpital Laquintinie à Douala en provenance de l'Ile de Djebale, une pêcherie au Nord de la ville (MFONFU, D et AGBOR TABI, D : 1983). Une deuxième entrée du choléra était par le département du Logone et Chari dans la cuvette du Lac Tchad en mai 1971. De 1971 à 1988, 12.076 cas de choléra dont 1.389 décès ont été enregistrés avec un taux de létalité de 11.5%. Les départements du Wouri et du Moungo dans la province du Littoral ont été les plus atteints ainsi que l'arrondissement de Batcham du département des Bamboutos dans la province de l'Ouest; les Iles et la ville de Muyuka du département de Fako dans le Sud-Ouest ; les départements du Logone et Chari, du Mayo Sava, et du Mayo Tsanaga dans l'Extrême-Nord. Quatre grandes éclosions épidémiques ont sévi dans le pays en 1971 dans la ville de Douala et le département du Logone et Chari ; en 1980 dans les départements du Mayo Sava et du Mayo Tsanaga ; en 1983 dans la ville de Douala, et en 1985 dans l'arrondissement de Batcham. La principale cause de choléra était le vibrion cholérique El Tor des sérotypes OGAWA et INABA. La transmission du choléra dans la zone côtière, les Provinces du Littoral et du Sud-Ouest était essentiellement hydrique tandis qu'elle était directe et inter-humaine dans les provinces de l'Ouest et de l'Extrême-Nord. Les flambées épidémiques et les poussées saisonnières de choléra étaient observées des la fin de saison de pluie et pendant la saison sèche dans le Sud du pays, et pendant la saison des pluies dans le Nord. Les facteurs favorisant la transmission du choléra étaient surtout la concentration ou le rassemblement humain ; le maniement et le transfert des malades et des cadavres ; des rites traditionnels sur les cadavres ; les repas en commun avec les mains, et le manque de respect de l'hygiène alimentaire ; et le manque de l'eau potable surtout à Douala. L'Etat a déployé des efforts énormes pour contrôler ce fléau en assurant l'approvisionnement de la ville de Douala et plusieurs villages en eau potable d'excellente qualité. L'étude sus-citée souligne qu'entre le 10 et 18 mai 1971, une autre épidémie de choléra s'est déclarée brusquement dans la Province de l'Extrême-Nord, touchant les départements du Logone et Chari, du Mayo-Danay, du Margui Wandala (Mayo Sava et Mayo Tsanaga) ; et du Diamaré. 1965 cas dont 265 décès ont été notifiés au 30 juin 1971. Le vibrion a été introduit dans la province par une famille venant du Nigeria à travers le Lac Tchad au village de Goulfey où l'épidémie s'est explosée pendant la fête de circoncision provoquant 808 cas du 7 au 27 mai 197. La transmission de la maladie était par contact direct, et contamination inter humaine favorisée par le repas en commun avec la main. A la fin de 1971, 2.696 cas de choléra dont 427 décès ont été enregistrés au Cameroun. Sur le plan épidémiologique, le choléra se diffuse de manière épidémique mais est endémique dans un certain nombre de pays. Au Cameroun, le nombre de cas notifiés en 2010 était de plus de 20 000 pour plus de 1000 décès dont 601 dans la seule région de l'Extrême-Nord, selon les données fournies par la délégation régionale de la Santé publique de l'Extrême-Nord. Ces chiffres sont en augmentation très sensible par rapport aux années précédentes. L'incidence réelle est très probablement supérieure. La maladie se développe principalement dans des conditions de vie défavorables : fortes concentrations humaines, hygiène et assainissement de l'eau insuffisants. Sept pandémies sont recensées : · 1re pandémie (1817-1825) : partie de l'Asie elle touche l'Afrique orientale et à partir de 1823 l'Asie Mineure et dans la foulée, la Russie, et l'Europe. · 2e pandémie (1826-1841) : l'épidémie se propage à partir de la Mecque vers l'Égypte puis l'Europe. · 3e pandémie (1846-1861) : l'épidémie partie de la Chine touche le Maghreb (en particulier l'Algérie) puis l'Europe. · 4e pandémie (1863-1876) : elle touche l'Europe du Nord, la Belgique en 1866, puis la France, l'Afrique du Nord et l'Amérique du Sud. · 5e pandémie (1883-1896) : l'épidémie diffuse à partir de l'Inde vers l'est et l'ouest sur plusieurs continents. · 6e pandémie (1899-1923) : à partir de l'Asie, l'épidémie se répand en Russie et de là en Europe centrale et occidentale. · 7e pandémie (depuis 1961) : la 7e pandémie, partie de l'Indonésie en 1961, envahit l'Asie (1962), puis le Moyen-Orient et une partie de l'Europe (1965), et s'étend ensuite en 1970 au continent africain, et en 1991 à l'Amérique latine. C'est en Afrique, où le choléra sévit désormais de façon endémique, que la situation est la plus préoccupante aujourd'hui. Au Cameroun, l'épidémie tend à être endémique dans toutes les régions. Les facteurs de risque et charge de morbidité Selon l'OMS, la transmission du choléra est étroitement liée à une mauvaise gestion de l'environnement. On trouve dans les zones à risque typiques les bidonvilles périurbains, qui ne disposent d'aucune infrastructure de base, ou les camps de réfugiés ou de personnes déplacées, où les besoins minimums en eau propre et en assainissement ne sont pas assurés. Les catastrophes, avec l'interruption des systèmes d'approvisionnement en eau et d'assainissement, ou des déplacements de populations dans des camps mal équipés et surpeuplés, ont pour conséquence d'augmenter le risque de transmission du choléra, si jamais le bacille est présent ou s'il est introduit. Il n'y a jamais eu d'épidémies à partir des cadavres. Le choléra reste à l'échelle mondiale une menace pour la santé publique et c'est un indicateur clef de l'insuffisance du développement social. On a d'ailleurs observé récemment sa réémergence, parallèlement à l'augmentation continuelle des populations vulnérables vivant dans de mauvaises conditions d'hygiène. Le nombre des cas de choléra notifiés à l'OMS continue de croître. De 2004 à 2008, cette augmentation a été de 24% par rapport à la période 2000-2004. Rien qu'en 2008, 56 pays ont notifié 190 130 cas, dont 5143 mortels. Mais de nombreux cas ne sont pas recensés à cause des limitations des systèmes de surveillance et de la crainte de sanctions limitant les voyages et les échanges commerciaux. On estime que le bilan véritable de la maladie se chiffre à 3-5 millions de cas et 100 000-120 000 décès par an. 1-2-LES MODELES THEORIQUESLe thème que nous traitons rentre dans le cadre des théories qui consacrent la place de la communication dans la société contemporaine. Pour élucider notre travail, nous allons amplement emprunter les théories qui ont été développées dans le cadre des sciences de la communication et de l'information d'une part et d'autre part celles qui traitent de la sociologie de la communication et des médias. Chercheurs et analystes se sont très tôt intéressés aux effets que les médias peuvent produire sur l'opinion publique. Les premières études consacrent la primauté technologique de la communication. Les auteurs développent une approche linéaire de la communication en accordant une importance au canal de transmission. D'autres théoriciens ont élaboré sur l'approche cybernétique de la communication alors que l'école de Palo Alto s'est penchée sur l'approche systémique. Mais autant en sciences de l'information et de la communication qu'en sociologie de la communication et des médias, diverses théories ont été consacrées à l'analyse des contenus des médias ainsi qu'à leur influence sur le public. 1-2-1-le déterminisme technologique1-2-1-1-L'approche linéaireLes Américains Claude Shannon (1916) et Warren Weaver (1896-1978) dans leur ouvrage : Théorie mathématique de la communication, ont développé à la fin des années 40, un modèle qui avait pour objectif d'améliorer l'efficacité du télégraphe. Les idées qui sous-tendent ce modèle s'articulent autour de deux postulats : - L'information est transmise de manière linéaire, - L'information est quantifiable. Le système est schématisé comme suit :
Une source d'information est à l'origine du message. L'émetteur produit un message qui sera codé. Le transmetteur (canal) transforme le message en signal acoustique qui sera transmis sur le canal (fil électrique). Le récepteur reçoit le signal et décode le message reçu par le destinataire. Les bruits correspondent à toute altération ou perte d'informations (parasite, défaut de transmission...) Ce modèle permet d'analyser la lisibilité d'un message. Il introduit la notion de codage et de décodage à l'origine de nombreux problèmes de communication interpersonnelle. On peut le traduire dans le schéma suivant : Qui?dit Quoi ??Comment ??à Qui ??avec Quel Effet Qui, signifie que dans toute communication, l'émetteur est identifié, Dit quoi, est le message principal que doit retenir le récepteur, sa structuration fait appel à l'étude du langage, la rhétorique, l'argumentation. A qui, identité ou connaissance du récepteur plus ou moins précise selon le degré d'interactivité Avec quel effet, mesure des retombées. Ce modèle sera enrichi par le paradigme de Lasswell « le message, c'est le medium », que nous verrons plus bas. Cette approche apparue après la deuxième guerre mondiale se trouve être d'avantage une théorie de l'information, car ce qui est dit ou échangé n'est pas l'important, ce qui compte, c'est la mesure de ce qui pourrait être transporté. Il s'agit en fait du plus petit choix de message que l'on peut faire quand on veut communiquer. Shannon et Weaver considèrent le récepteur comme cible passive, ce qui correspond au modèle de communication autoritaire qui n'intègre en rien le contenu du message. Cette approche réduit ainsi la communication à une simple transmission de l'information qui est réduite au signal. L'autre limite tient au fait que ce modèle linéaire ignore, la signification du message transmis, les interlocuteurs, leurs psychologies, leurs croyances.... 1-2-1-2- l'approche cybernétique : le modèle de Norbert Wiener (1948)Norbert Wiener, un autre Américain (1894-1964) complète le modèle de Shannon en introduisant la réaction du destinataire en termes de retour d'information (feed-back). Ce professeur de mathématiques au Massachussetts Institute of Technology propose un modèle non plus linéaire, transmission (simple du message) mais circulaire (interaction avec échange d'informations). Le feed-back permet une régulation de la communication. Les idées qui sous-tendent ce modèle sont : - L'information est transmise de manière circulaire, - Tout système tend vers l'équilibre, - L'information se conçoit dans un système ouvert (dans un système fermé les liaisons sont déterminées et donc tout est prévisible). La démarche de Wiener est à replacer dans le contexte post-traumatique des années de la guerre, marqué par la crainte très réelle que nos sociétés ne retournent au chaos c'est-à-dire à l'entropie. La seule façon de faire reculer le chaos est de créer, localement, des îlots d'ordre ou de néguentropie, par l'intermédiaire de l'information. Les principes fondamentaux de cette nouvelle approche sont : - vivre, c'est communiquer ou échanger, - le réel peut tout entier s'interpréter en termes de messages. Pour Wiener le signal est important ; lorsqu'il est bon tout devrait aller bien. Pour le courant cybernétique, est performant celui qui produit de l'information. Mais cela n'est pas suffisant. On verra plus tard qu'il faut penser à la qualité. De plus si l'information est trop riche cela entraîne des effets pervers. Il faut donc contrôler la connaissance. L'autre limite tient du fait qu'on se préoccupe davantage de l'échange quantitatif d'information que du sens. 1-2-1-3- l'approche systémique : l'école de Palo AltoL'approche systémique de la communication qui est née avec l'école de Palo Alto était l'explication des communications interpersonnelles pour des finalités quasi thérapeutiques. Cette approche est conçue sous le modèle de l'orchestre de jazz band où, au-delà de la partition, se joue une relation entre les musiciens, non pas dans le cadre d'une simple transmission d'information, comme dans le modèle télégraphique, mais dans une véritable situation de communication. Cet orchestre forme un ensemble musical sans chef d'orchestre où chacun joue sa partition en se réglant sur l'autre. Par des regards, des postures physiques, chacun sait s'il faut accélérer ou si le morceau se termine. Cependant des règles et des normes existent et régissent les rapports entre les musiciens pour que l'ensemble puisse fonctionner. Ce modèle propose une vision plus complexe de la communication avec une mise en relation de tous les éléments au sein d'un ensemble, reprenant ainsi les caractéristiques d'un système. Ses théoriciens, Watzlawick, Helmick-Beavin, Jackson, définissent les axiomes fondateurs de la cybernétique comme suit : Axiome 1 : « on ne peut pas ne pas communiquer », car chaque individu se comporte, on ne peut pas ne pas se comporter, ne rien faire, ne rien dire, sont des formes de comportements. Comme le comportement a valeur de message, on ne peut pas ne pas communiquer. Ici, la communication est prise au sens large où tout comportement est communication puisqu'il contient toujours un message. La façon d'être habillé, de serrer la main, le fait de croiser les bras, de sourire ou non, de dire « il fait chaud ! » ou de ne rien dire... Dans une approche pragmatique, l'école de Palo Alto étudie donc les comportements comme actes de communication ; elle s'intéresse à l'effet produit par ces actes et aux réactions comportementales qu'ils engendrent. Ceci rejoint une autre théorie, l'ethnométhodologie que nous convoquerons plus loin. Axiome 2 : Toute communication présente deux aspects, le contenu et la relation, le second englobant le premier. En effet, dans une communication il y a un message et un contexte de circulation de ce message. Par exemple, si l'heure, la date et le contenu d'une réunion constituent le message, la qualité de l'émetteur, ainsi que l'adjonction d'un terme comme « impératif » constitue des informations sur la relation entre l'émetteur et le récepteur. Ainsi dans le cadre de la communication sur le cholera, les messages contextuels ne sont efficaces que s'ils tiennent compte du contexte de la relation : qui est celui à qui je m'adresse ? Axiome 3: La nature de la relation dépend de la ponctuation des séquences de communication entre les partenaires. Le découpage de la situation par les interlocuteurs peut différer et entrainer une analyse opposée de la situation. 1-2-2- Les théories sur les médiasLes premières théories qui traitent du fonctionnement et des effets des médias ont été développées par les auteurs comme Mc Luhan, Paul Lazarsfeld et Harold D. Lasswell. Pour Herbert Marshall Mc Luhan (1911-1980), «The Medium is the Message » « le message, c'est le médium ». L'essentiel de la doctrine de ce sociologue canadien réside dans cet axiome. Théoricien des communications, célèbre pour son étude des effets des médias sur la pensée et le comportement, il démontre dans son livre The Medium is the Massage: An Inventory of Effects que l'outil de transmission ou de distribution par lequel nous recevons un message, c'est-à-dire le média (radio télévision, téléphone, livre...), exerce autant, sinon plus d'influence sur nous que le contenu même du message. La façon dont nous percevons l'information est donc lentement transformée par le média qui nous l'apporte, ce dernier crée un milieu qui agit sur nos perceptions sensorielles (MARSHALL McLUHAN, H : 1967). Ainsi dans le cadre de la lutte contre l'épidémie du cholera, tous les canaux de communication utilisés n'ont pas la même efficacité. Nous distinguons les médias dont l'influence est très grande auprès des populations et des canaux moyens de communications de portée relative. Visionnaire, McLuhan déclare en 1967, qu'il devient urgent d'apprendre à contrôler les media avant que « ceux-ci ne nous dominent et nous détruisent ! » Dans le cadre de notre sujet, nous avons observé que certaines actions médiatiques créaient beaucoup plus de la psychose pour les populations plus qu'elles ne les aidaient à gérer l'épidémie. Dès 1964, McLuhan avait également compris et décrit les effets qu'allait produire la réalité virtuelle. Avec internet et plus globalement dans un monde reformulé par la technologie, la fameuse notion de « village planétaire » devient une réalité. Or, force est de constater qu'une scission entre pays riches et pays en voie de développement ne place pas tout le monde sur le même pied d'égalité au sein de cette tribu mondiale. Ce « village global », créé par la transmission d'informations électroniques instantanées, nous ouvre au monde et s'accompagne d'une prise de conscience face aux problèmes contemporains. Nous devenons spectateurs et témoins des événements internationaux médiatisés qui entrent dans notre univers en direct. C'est avec Harold Dwight Lasswell (1902-1978), spécialiste américain de la communication de masse et de la science politique que les premières théories sur les effets es médias commencent. Le contexte de l'après deuxième guerre mondiale est fortement marqué par des considérations d'ordre politique. L'étude des médias se développe dans les universités et, tout naturellement, les chercheurs s'intéressent d'abord à la lancinante question de leur « pouvoir » sur l'opinion : pouvoir de convaincre, de faire voter, de faire acheter... Le tout sur fond d'interrogations sur la démocratie. La nouvelle discipline qu'on appellera bientôt media studies tente d'analyser l'expérience de la guerre. Dans son oeuvre Propaganda Techniques in the Wold War , Lasswell tire les leçons de la guerre de 1914 -1918. Les moyens de diffusion sont apparus comme des instruments indispensables à la « gestion gouvernementale des opinions ». (Dwight Lasswell, H : 1927). Pour lui, propagande rime dorénavant avec démocratie. La propagande constitue le seul moyen de susciter l'adhésion des masses. Elle peut être utilisée à de bonnes fins comme mauvaises. Cette division instrumentale consacre une représentation omnipuissante des médias considérés comme outil de « circulation des symboles efficaces ». A la fin des années 40 (après la guerre), Lasswell accordera davantage d'autonomie aux récepteurs que dans ses premiers travaux sur la propagande. Selon Harold Lasswell (1948), le champ de la communication peut être défini par les cinq termes de la question : « Qui dit quoi par quel canal à qui et avec quel effet ? » = cadre conceptuel de la sociologie fonctionnaliste des médias. On parle du paradigme des 5Q ou de paradigme des effets, ou encore de question-programme. Cette formule est censée poser toutes les questions pertinentes à propos de la communication de masse. · Qui ? : correspond à l'analyse de régulation, à l'étude sociologique du ou des milieux et organismes émetteurs (institutions médiatiques, leur organisation, leurs dirigeants, les journalistes...) · Dit quoi ? : se rapporte au contenu message, aux messages diffusés (émission de radio ou de tv, article de presse...), c'est l'analyse du contenu. · Par quel média ou canal ? : C'est l'ensemble des techniques utilisées pour diffuser l'information à un instant donné dans une société donnée, c'est l'analyse des médias. · A qui ? : vise l'auditoire, ou audience. C'est-à-dire les publics récepteurs avec des analyses selon des variables, c'est l'analyse du public. · Avec quels effets ? : Il s'agit d'analyser et d'évaluer la nature et les influences du message sur les destinateurs, sur l'audience ; c'est l'analyse des effets. Lasswell s'intéresse surtout à la propagande politique, si bien que son paradigme concerne la communication de masse conçue comme un processus de persuasion et d'influence. On relèvera le caractère linéaire et unidirectionnel de ce qui demeure, en fait, un dérivé du modèle de Shannon (les spécialités correspondent aux principaux éléments constitutifs du « système général de com. »), dont Lasswell comble néanmoins une carence en introduisant la question des effets. L'intérêt essentiel de ce modèle est de dépasser la simple problématique de la transmission d'un message et d'envisager la communication comme un processus dynamique avec une suite d'étapes ayant chacune leur importance, leur spécificité et leur problématique. Il met aussi l'accent sur la finalité et les effets de la communication. Seulement, il s'agit d'un modèle assez simpliste. Le processus de communication est limité à la dimension persuasive. La communication est perçue comme une relation autoritaire. Il y a absence de toute forme de rétroaction, et le contexte sociologique et psychologique n'est pas pris en compte. Cette théorie s'applique bien à notre contexte puisqu'il s'agit d'analyser le rôle que jouent les médias en période des crises. 1-2-2-1-«Two step flow theory»Né à Vienne, Paul Lazarsfeld (1901-1976), sociologue américain d'origine autrichienne est particulièrement connu pour l'importance de ses travaux sur les effets des médias sur la société et pour l'utilisation de techniques d'enquêtes pour la collecte d'information, mais aussi pour sa contribution au développement de la sociologie électorale. Les enquêtes dirigées par Paul F. Lazarsfeld et son équipe dans les années 40-50 montrent l'importance des relais ou des leaders d'opinion dans le processus de communication (théorie du two-step flow ou Two step flow of communication : communication à double étage). Ses travaux ont porté sur l'influence qu'exercent les médias sur la décision des électeurs. Paul Lazarsfeld a développé cette théorie avec Bernard Berelson et Hazel Gaudet après la Seconde Guerre mondiale, aux États-Unis, dans son livre The People's Choice (LAZARSFELD, P.F., BERELSON, B. & GAUDET, H. :1944). Il s'agit d'une analyse de l'influence des médias, ici particulièrement dans le cadre de l'élection présidentielle. Selon P. Lazarsfeld, les individus sont peu perméables aux messages des médias, du moins de façon directe. En effet, les électeurs, en grande partie, choisissent de voter pour un candidat donné en fonction de leur entourage. Parmi leurs proches, certains sont plus influents : ce sont des « leaders d'opinion » (aussi appelés « relais d'opinion » ou « guides d'opinion »). Or, ceux-ci ont comme particularité d'être à l'écoute des médias et de définir leur position politique selon les messages qu'ils diffusent. L'influence des médias sur l'ensemble de la population se fait donc en deux temps : · d'abord le message délivré par les médias, ou un média en particulier, est reçu et plus ou moins assimilé par un leader d'opinion, · ensuite, celui-ci fait partager son choix de vote aux personnes qu'il connaît. Cette théorie met, par conséquent, une limite forte à une influence verticale exercée par des classes dominantes sur l'ensemble de la société. Elle est aujourd'hui insuffisante à expliquer la communication qui est devenue plus diffuse et complexe. En bref, les médias sont une « pharmakon » : à la fois un remède et un poison, tout est question de dosage. En effet, les médias peuvent véhiculer l'information mais aussi être un instrument dangereux permettant la manipulation. 1-2-2-2-Ethnométhodologie :Notre travail s'adosse enfin sur l'ethnométhodologie qui est une discipline sociologique qui considère l'ordre social comme un accomplissement méthodique. Elle a été créée par Harold Garfinkel au cours des années 1950 et 1960. Le terme désigne donc une discipline qui étudie la façon dont des participants à une activité lui confèrent son intelligibilité propre. Il s'agit d'un retournement de perspective par rapport aux méthodes de l'analyse formelle, dans la mesure où l'ethnométhodologie ne vise pas à observer, avec une certaine extériorité, des phénomènes dont elle offrirait une lecture en fonction de concepts discutés au sein de la discipline, mais s'intéresse de l'intérieur à la manière dont se fabriquent les principales caractéristiques observables d'un phénomène (GARFINKEL, H : 2007). En termes plus simples, là où les disciplines conventionnelles rangent le monde social dans des cases appropriées, l'ethnométhodologie cherche à décrire les cases qu'un groupe se donne à lui-même pour ranger les activités du monde social. L'ethnométhodologie a pour cette raison la prétention d'être une sociologie sans induction. L'ethnométhodologie rejette la notion « d'idiot culturel ». Selon Robert JAULIN, « il n'y a pas d'idiot culturel ». Ce dernier réfute ainsi les modèles qui présentent des individus soumis à des phénomènes dont ils n'ont pas conscience. L'auteur estime que « quel que soit son comportement, l'individu est capable de produire un discours pour le justifier. Si on lui pose une question inédite, le sens se construira dans l'instant. Peu importe la véracité du sens construit, le sens existe toujours. Le sens, que chacun a la capacité de construire, ne doit pas être compris comme une expression plus ou moins fiable de ce qui se passe en réalité. Il n'est pas une image de la vérité, mais une idée pratique dotée d'une certaine force de conviction » (JAULIN, R. : 1974). L'aphorisme de Robert JAULIN selon lequel il n'existe pas « d'idiot culturel » est souvent compris comme une conception humaniste éventuellement teintée d'une certaine dimension libérale qui voudrait que chacun soit libre de ses choix et qu'à tout moment il décide pour lui-même sans être soumis au moindre déterminisme. Cette expression permet simplement d'établir l'idée selon laquelle créer du sens est une activité générale et systématique pour tous les humains. La cible initiale de cette remarque était plus particulièrement la sociologie des années 1950 et 1960 et la prétention des sociologues à voir des phénomènes sociaux inaccessibles à ceux qui sont directement impliqués dans ceux-ci. Pour Harold Garfinkel, le raisonnement scientifique emprunte les mêmes chemins que le raisonnement commun. Celui-ci est certes plus systématique et plus rigoureux, mais il reste consubstantiel. Il est soumis, comme n'importe quel raisonnement, au contexte dans lequel il s'énonce. « L'essence du discours scientifique, comme du discours profane, est donc indexicale. La rationalité scientifique n'est qu'une expression locale d'un phénomène indexical », conclut-il. Ainsi, quelle que soit la subtilité d'une idée et le travail d'observation qui en est à l'origine, elle n'a de sens que pour une population précise à un moment donné. Elle n'est pas dénuée d'intérêts pratiques pour ses contemporains, mais sa prétention à la vérité ne peut constituer autre chose qu'une prétention liée à un certain contexte. En somme, l'ethnométhodologie se donne pour objet : - d'étudier, dans une perspective d'application pratique, les logiques locales des groupes sociaux (i.e. les variations en fonction de l'espace et du temps de ce qu'on appelle le sens commun ordinaire). - de prendre en compte chaque fois dans un travail d'étude, l'incidence éventuellement perturbatrice du sens commun local (i.e. de la logique ordinaire locale) de l'observateur; et aussi l'incidence perturbatrice du sens commun local du "lecteur" qui lira éventuellement ensuite le compte rendu écrit par "l'observateur" dans une chaine mettant en cause au moins trois sens communs distincts. - de tenir compte du caractère "réflexif" de cet instrument obligé qu'est le langage ordinaire car cette réflexivité signifie : référence mouvante à un paramètre de sens commun local qui varie dans l'espace et dans le temps. - de faire très précisément spécifier pour chaque étude la perspective d'application qui est envisagée car ce paramètre d'intention influe d'une part sur le sens commun de l'observateur ; et joue d'autre part un rôle essentiel s'agissant de dire de quel niveau de précision on pourra se contenter dans l'examen de ce qui est étudié. A cet effet, l'ethnométhodologie a développé et développe des techniques qui lui sont complètement propres. A cheval entre l'ethnologie et la sociologie, l'ethnométhodologie constitue un instrument idoine pour l'étude des savoirs locaux. Dans notre contexte, il s'agit de s'interroger sur les savoirs locaux des populations du département du Mayo-Tsanaga en matière de communication en temps de crise. « Médias et gestion des crises dans l'Extrême-Nord » constitue encore un terrain presque vierge dans le domaine de la recherche scientifique. Cependant quelques chercheurs se sont intéressés à certains types de crises dans leurs travaux de recherche. Nous évoquerons tour à tour des travaux relatifs aux épidémies, au cholera, et à la communication et aux médias.2-1-LES TRAVAUX SUR LES EPIDEMIES DANS L'EXTREME-NORDS'agissant tout d'abord des ouvrages publiés, nous nous sommes inspiré d'Alain BEAUVILAIN qui a réalisé un véritable inventaire des crises qui minent le Nord-Cameroun en retraçant toutes les famines, les disettes et les épidémies de 1894 à 1985 (BEAUVILAIN, A : 1989). Parmi les épidémies qu'il a recensées, figurent la variole, la rougeole, la méningite cérébro-spinale, le choléra et la maladie du sommeil. Il aborde de manière laconique les facteurs épidémiologiques, les conséquences de ces fléaux et la réaction de l'administration coloniale française et de l'Etat camerounais. Ce travail pourtant bien fouillé n'aborde pas cependant la problématique de la gestion des épidémies sous l'angle de la communication.Dans un récent ouvrage intitulé : l'Homme et les endémo-épidémies dans l'Extrême-Nord, Pierre Fadibo présente les interrelations entre l'homme de cette région et son complexe pathogène dans la longue durée. Pour l'enseignant-chercheur, les maladies font partie des fléaux qui ont marqué l'histoire des sociétés humaines en général et celles du Cameroun septentrional en particulier. A travers cet ouvrage, l'auteur retrace un siècle d'histoire de l'Extrême-Nord camerounais marqué par les épidémies et les endémies telles que la variole, la maladie du sommeil (trypanosomiase humaine africaine), la rougeole, la méningite cérébrospinale et le choléra qui sévit encore durement. De manière explicite, cet ouvrage présente les facteurs épidémiologiques liés à la nature et aux hommes de l'Extrême-Nord et dresse un tableau historique des épidémies des maladies citées. Il montre en fait que les épidémies ne datent pas d'aujourd'hui et que les populations ont développé un ensemble de savoirs autour de ces maladies soit pour les expliquer soit pour les enrayer. Ce qui prouve que les efforts des pouvoirs publics viennent s'ajouter à ce que les populations ont mis sur pied comme mesures de lutte. La lecture de ce livre permet de couper court aux supputations sur les causes et les origines de certaines épidémies. Contrairement à ceux qui ont pensé que le choléra qui s'est « épidémisé » dans le septentrion est une maladie des Nordistes, l'auteur précise que le choléra est arrivé au Cameroun par la côte et plus précisément à Douala en février 1970 avant d'arriver à Goulfey en mai 1971. Il poursuit que l'histoire de cette maladie permet de comprendre qu'elle était qualifiée de choléra des zones humides ou des fleuves. Et plus loin dans l'antiquité, c'est une maladie des zones humides d'Asie d'où son nom « le choléra asiatique ».S'agissant des moyens de lutte contre les épidémies, Pierre Fadibo souligne que la lutte contre les épidémies date de l'époque précoloniale. Mais selon lui, cette lutte n'est jamais parfaite en raison des multiples facteurs liés à la nature, aux hommes et à l'épidémiologie de ces maladies. D'abord, les populations ne sont pas assez éduquées et parfois ne se sentent pas concernées par les campagnes d'éducation sanitaire. Les moyens adéquats ne sont pas assez utilisés et lorsque le politique s'y mêle pour justifier ses positions et ses budgets non utilisés à bon escient en faisant un tapage médiatique sans action efficace sur le terrain, c'est normal que les épidémies soient rebelles.Dans le cadre de sa thèse de doctorat Ph D, soutenue en 2006, et dont l'intitulé est Les épidémies dans l'Extrême-Nord du Cameroun : XIXème-XXème siècles, Pierre Fadibo s'intéresse aux épidémies qui ont toujours jalonné la Région de l'Extrême-Nord. Il faut souligner que cette étude historique des épidémies dans l'Extrême-Nord du Cameroun qui explore les facteurs épidémiologiques, les manifestations, les conséquences et les réactions des populations et des pouvoirs publics modernes est déjà amplement développée dans l'ouvrage évoqué plus haut du même auteur. Mais de manière tout à fait particulière, il s'interroge sur les facteurs favorisant le développement itératif des épidémies, leurs origines et leurs manifestations. Par ailleurs, il questionne les perceptions et les méthodes et moyens de prévention et de prophylaxie mis en place tant par les populations locales que les pouvoirs publics modernes. Il en résulte selon l'auteur que l'Extrême-Nord camerounais se présente comme un champ épidémiologique actif de plusieurs maladies transmissibles. Ce déterminisme géographique place la région dans la ceinture de certaines endémies tropicales comme la méningite cérébro-spinale, le choléra, la rougeole et de la trypanosomiase humaine. Cependant, poursuit-il, ce déterminisme est insuffisant, car l'épidémisation des maladies dans cette région dépend également de la complexité des interrelations existant entre les différents maillons de la chaîne de transmission (réservoir, agent pathogène, vecteur et hôte). En raison des facteurs morbides qui font de l'Extrême-Nord camerounais un espace épidémiologique, les maladies tropicales suscitées ont pu développer leurs effets néfastes pendant les XIXème et XXème siècles. Les vieilles maladies comme la variole et la trypanosomiase humaine ont été les plus récurrentes avec des bilans catastrophiques. L'inventaire des manifestations épidémiques de cette maladie laisse entrevoir plus de neuf grandes phases épidémiques faisant chacune plus d'un millier de victimes et plus de dix épidémies moins graves. Pierre Fadibo conclut que sur le plan économique, les épidémies ont aggravé la paupérisation des populations en ce sens qu'elles les rendent invalides pour une longue période et entravent les activités économiques. En plus du ralentissement des activités économiques, les épidémies ont arraché une grande partie de main d'oeuvre à l'Extrême-Nord camerounais pendant plusieurs siècles. Elles constituent un frein aux investissements divers, car elles mobilisent des moyens matériels énormes de la part des populations, des pouvoirs publics et de la communauté internationale. Au demeurant, les épidémies ont toujours constitué un handicap au développement des régions qu'elles parcourent. Elles se présentent donc comme l'une des raisons que le retard économique du Cameroun septentrional en général. En fin de compte, cette étude fait un diagnostic de la situation sanitaire des populations de l'Extrême-Nord camerounais de la période précoloniale jusqu'à 1999. Elle explore les forces et les faiblesses de la lutte entreprise tant par l'administration coloniale que par le gouvernement camerounais et la communauté internationale. Ainsi, pour une solution plus efficace contre l'éclosion récurrente des épidémies, les pouvoirs doivent associer à leur combat tous les spécialistes des sciences sociales qui étudieront les peuples afin d'appliquer les stratégies adaptées. Ils doivent en compte les études menées sur les maladies et l'action médicale des pouvoirs publics. Pour ce faire, un bon suivi des activités des comités de gestion de santé et des comités de santé doit être fait par les structures sanitaires. Si les différentes politiques de santé ont échoué c'est à cause de la désinvolture de l'Etat qui n'a pas renforcé le contrôle des structures décentralisées et qui n'a pas mis les moyens suffisants pour atteindre son objectif. Pour limiter considérablement l'épidémisation des maladies, il faudra opérer une bonne révolution des mentalités pour les décideurs et gestionnaires afin d'éviter de servir des intérêts égoïstes. Cette révolution des mentalités pourra redonner confiance aux pays donateurs, ONG internationales nationales et locales, et les amener à jouer pleinement leur rôle de bienfaisance publique au lieu d'être des vaches à lait. Dans le même ordre d'idées, Christian Seignobos a réalisé une étude sur la variole, une autre épidémie qui a causé des ravages dans le Nord-Cameroun (SEIGNOBOS, C : 1995). Ce travail scientifique intitulé La variole dans le Nord-Cameroun : Représentation de la maladie, soins et gestion sociale de l'épidémie, révèle que les populations du Nord-Cameroun eurent à subir les effets de cette redoutable épidémie jusque dans les années de l'indépendance. La variole souligne-t-il, « fut un fléau dont les ravages dépassaient ceux de toute autre épidémie ». Selon l'auteur, les appellations de la variole expriment tout l'effroi qu'elle inspire. Il est allé puiser dans plusieurs langues locales de la région pour trouver un nom à cette épidémie. « En fulfulde, elle porte plusieurs noms : ndagga, ataamu, gasrPdung, (...). Chez les Guiziga par exemple, la variole était nommée Bi Mas-va, skwi biya = chose grande, en mafa (mais aussi gidibir). vat nolda = la grande fin, en masa. Chez les Mofu et apparentés (Gemzek, Mboku...), on parle de wow ma erlam = le feu de Dieu à Duvangar, ou encore la langue du feu de Dieu à Durum, de awla inpa bedam = le feu de la grotte chez les Mofu Gudur, de mo gara =la grande maladie, chez les Mekeri' ». Les articles qui traitent des épidémies ou de la situation sanitaire au Cameroun ou au Nord-Cameroun sont nombreux. Les maladies les plus traitées sont le choléra et la maladie du sommeil. Parmi ces articles, les plus importants pour notre travail sont ceux de: Luc de Backer, Francis J. Louis et Jean-Louis Ledecq traitent de la situation sanitaire générale de l'Extrême-Nord du Cameroun (ATLAS de la Province de l'Extrême-Nord : 2000). Ces auteurs mettent en exergue la qualité des infrastructures médico-sanitaires, des équipements, du personnel sanitaire et des médicaments de l'Extrême-Nord du Cameroun de 1980 à 2000. En plus de ces domaines, ils abordent la situation épidémiologique en faisant allusion aux épidémies de choléra, la rougeole et la méningite cérébro-spinale entre 1990 et 1992. Ces auteurs traitent de l'évolution de l'organisation des services et des soins de santé. Cet article très important pour notre travail ne traite cependant pas de toutes les épidémies ayant sévi de 1960 à 2000. Il manque aussi un inventaire chronologique des épidémies récurrentes et la réaction des populations locales. Une étude commandée par l'UNICEF en août 2001 retrace l'épidémiologie du cholera dans les quatre bassins du lac Tchad de la période 1970-2003. Le rapport évoque la progression de l'épidémie de l'Afrique de l'Ouest jusqu'au bassin du Lac-Tchad. Il relève la récurrence des épidémies dans cette zone écologique et pose le problème de l'accès à l'eau, de l'assainissement et de l'hygiène dans les pays membres du bassin du Lac-Tchad. (Rapport UNICEF : pays du bassin du Lac-Tchad, 2001). 2-2-TRAVAUX SUR LE CHOLERAJ. DUTERTRE et al. 3 étudient le choléra dans l'ensemble du Cameroun (au Sud et au Nord). Ainsi ils présentent les deux itinéraires utilisés par le choléra de Mopti pour atteindre le Sud-Cameroun (février 1971) et le Nord-Cameroun (mai 1971). DUTERTRE, J, HUET, C GATEFF, C. et DURAND, B : 1972). Ils étudient les conditions particulières de chaque milieu ayant favorisé la propagation rapide de l'épidémie. Ensuite, ils abordent les conséquences humaines avant de relever les efforts déployés pour enrayer le fléau dans chaque foyer. Parmi les productions les plus récentes sur l'épidémie du cholera dans l'Extrême-Nord, figure l'article du Dr Pierre Fadibo intitulé « le choléra dans l'Extrême-Nord, une épidémie rebelle ? ». Il y démontre justement que le choléra serait une épidémie éternelle si les mêmes méthodes de lutte sont maintenues. Il y présente également les problèmes de la lutte contre ce fléau dans cette région aux caractéristiques naturelles et humaines très favorables à cette maladie.Allant dans le sens de la réaction des pouvoirs publics et de la communauté internationale, SAIBOU ISSA traite du cas de la ville de Kousseri victime d'une épidémie de rougeole en 1980. Dans une analyse succincte, il met en exergue la réaction de la communauté internationale face à l'épidémie. Il aborde un problème très pertinent dans la propagation des épidémies. C'est celui de la porosité des frontières avec les pays voisins. Ce qui fait intervenir les interrelations entre la violence et les épidémies. D'autres éléments liés aux causes d'épidémies qu'il évoque sont la promiscuité et les matières fécales disséminées. Cet article évoquant d'une manière rapide l'intervention de la communauté internationale intéresse notre travail en ce qu'il apporte des informations appréciables. Il permet aussi une ouverture vers d'autres problèmes relatifs aux causes des épidémies. Tous les ouvrages et articles ci-dessus évoqués ont traité une partie de notre travail. Certains sont plus spécifiques et plus importants, d'autres sont moins spécialisés mais fournissent des informations utiles. Ils permettent de comprendre chacun à sa manière, le problème sanitaire au Cameroun et particulièrement dans l'Extrême-Nord pendant une époque précise. Cette documentation publiée non exhaustive est appuyée par les travaux académiques, notamment les thèses et les mémoires. Ces derniers sont aussi riches que les ouvrages et articles, même s'ils ne traitent pas de notre thème selon nos orientations. En somme, les travaux sur le choléra sont nombreux et parfois très techniques. Ils permettent de comprendre l'enracinement du choléra dans la cuvette du Tchad et surtout le caractère explosif de l'épidémie. En plus de cette raison, ils invitent les lecteurs et chercheurs à saisir la frayeur et la panique créées par le choléra parmi les populations et les autorités médicales. Abba Liman Adjimi étudie l'épidémie de choléra de 1974 dans la cuvette du Tchad (ABBA LIMAN ADJIMI :1975). Dans sa thèse de doctorat de 3ème cycle en médecine, l'auteur brosse l'historique de la maladie à travers les sept pandémies avant de présenter l'épidémie de 1971 dans la sous-région du bassin du lac Tchad. Il procède ensuite à une description de l'épidémie de 1974 en étudiant tous les foyers dans les plus petits détails. L'auteur aborde également les réactions des pouvoirs publics modernes notamment les considérations prophylactiques. Il met l'accent sur l'isolement et le traitement des malades, l'éducation sanitaire et l'assainissement, la vaccination et la chimioprophylaxie. Il n'aborde cependant ni la question des conséquences ni les perceptions de l'épidémie. Amadou Louac (1998), L'épidémie de choléra de 1997 dans le district de santé de Kousseri, Université de Yaoundé I, Thèse de Doctorat de médecine) fait également une étude descriptive de l'épidémie de choléra de 1997 dans le district de santé de Kousseri1. Ce travail présente les conditions dans lesquelles cette épidémie partie de Ndjamena est parvenue à Kousseri. Il présente également les caractéristiques épidémiologiques dans une perspective descriptive et analytique de l'épidémie dans les différents foyers du district de santé. Après avoir mis en exergue les conditions d'hygiène des quartiers touchés par l'épidémie, l'auteur aborde la question de prise en charge des malades. Ce travail important ne traite cependant pas les origines, les conséquences sociales et culturelles de l'épidémie. En somme, toutes ces thèses abordent d'une manière ou d'une autre la situation sanitaire d'une région faisant partie intégrante de notre terrain d'étude. Outre cet aspect non négligeable, elles étudient certaines phases épidémiques des maladies cibles de notre travail dans l'Extrême-Nord-Cameroun. Elles procèdent souvent à des descriptions analytiques des conditions favorables à l'éclosion épidémique, des caractéristiques épidémiologiques et des méthodes prophylactiques. Malgré le fait qu'elles soient parcellaires, elles fournissent une somme considérable de données. Les rapports de stage qui traitent de la situation sanitaire de l'Extrême nord du Cameroun sont ceux d'Abia Mlom et d'Etaba Tang. Ces deux auteurs exposent les problèmes sanitaires du département du Margui-Wandala devenu le Mayo-Tsanaga et le Mayo-Sava depuis août 1983. Ils présentent également les infrastructures médico-sanitaires et les activités médicales mises en place pour enrayer les endémo-épidémies en 1969 et 1970. Ces deux travaux permettent de compléter les données relatives aux efforts déployés par les pouvoirs publics dans l'équipement des départements en infrastructures sanitaires en vue d'une meilleure couverture sanitaire. (ABIA MLOM, R., 1967 et ETABA TANG, L, 1969) En somme, la situation sanitaire et plus précisément les épidémies dans l'Extrême-Nord du Cameroun ont attiré l'attention des hommes de science. Les travaux énumérés dans le cadre de cette revue de littérature sont d'un apport considérable dans la compréhension du sujet. Ils fournissent des données qui permettent une bonne orientation du thème vers les sujets plus novateurs. De tous ces travaux, il ressort que la question de couverture sanitaire et de situation épidémiologique a mobilisé beaucoup de chercheurs. Cependant, ces thèmes ont été abordés selon l'intérêt que chacun porte à la situation sanitaire, aux perceptions des maladies, aux caractéristiques épidémiologiques, et aux mesures prophylactiques. Seul Alain Beauvilain a abordé le problème sous l'angle des calamités, en mettant en exergue les causes, les manifestations, les conséquences et quelques mesures d'intervention. C'est parce que tous les thèmes sont abordés de manière allusive, qu'ils doivent être étudiés profondément. C'est dans ce sens que nous nous proposons de conduire une étude qui prend en compte les facteurs épidémiologiques, les perceptions des épidémies au sein des sociétés dites traditionnelles de l'Extrême-Nord camerounais, la prise en charge traditionnelle des épidémies et les réactions des pouvoirs publics modernes. 2-3-TRAVAUX SUR LA PREVENTION ET LA GESTION DES CATASTROPHESTahie Ben Tchinda Ngoumela (2010) s'interroge à travers son mémoire de Master en Droit international de l'Environnement intitulé : Le système de prévention et de gestion des catastrophes environnementales au Cameroun et le droit international de l'environnement sur la question de savoir si tel qu'élaboré aujourd'hui, le système de prévention et de gestion des catastrophes environnementales en vigueur au Cameroun est apte à répondre aux défis du droit international de l'environnement notamment en ce qui concerne les catastrophes environnementales. A travers ses travaux, il a cherché à savoir si les exigences du droit international de l'environnement se rencontrent dans le système de prévention et de gestion des catastrophes environnementales dans ce pays. Il arrive à la conclusion que malgré cette volonté politique d'en découdre avec les catastrophes environnementales, le Cameroun doit lutter contre des éléments naturels à savoir sa position géographique qui favorise les catastrophes mais également doit conjuguer avec un manque criard de financement et de personnel. L'auteur souligne que l''un des défis du Droit international de l'Environnement aujourd'hui se trouve être les changements climatiques mais les actions menées ne sont pas toujours à la hauteur des attentes. Les autorités bien qu'intervenant en amont de ce processus par l'élaboration des textes, ne sont pas toujours au fait des réalités quotidiennes des populations vivant dans des zones à risque. En plus, le pays, à l'instar des autres pays en voie de développement, ne bénéficie pas d'une expertise technologique en matière environnementale. Pour prévenir et gérer efficacement les catastrophes naturelles, l'auteur décline les recommandations suivantes : -L'aide de la communauté internationale s'avère indispensable si le Cameroun veut espérer un système qui soit qualifié d'efficace et servir d'exemple aux autres pays de la sous-région. Cependant son application n'est pas très aisée tout comme la mise en oeuvre du DIE. En effet, le DIE, qualifié de droit mou ou « Soft Law », ne dispose pas de mesures contraignantes pour pousser la communauté internationale à mener des actions fortes au service de l'environnement. Cette insuffisance se répercute au Cameroun dans son système de prévention et de gestion des catastrophes environnementales qui, malgré des problèmes propres à sa situation n'en demeure pas moins à la traine. Cependant le système de prévention et de gestion au Cameroun semble encore à la traine du DIE car l'on relève encore les difficultés d'ordre économique, structurelle. Le Cameroun gagnerait par conséquent à mieux s'outiller et tenir compte de ses réalités pour éviter des hécatombes dues aux catastrophes. Il s'avère donc urgent de multiplier les actions fortes pour réduire les catastrophes. Les politiques, les discours et les bonnes intentions des gouvernants ne suffisent plus. -L'anticipation étant au coeur de toute politique préventive, la lutte à mener passe donc par la prévention que ce soit au niveau international ou au niveau national. Il faut donc agir en amont, la catastrophe étant génératrice de souffrances tant physiques que matérielles et même environnementales. -La sensibilisation des populations passe par des publications accessibles à tous, des formations accessibles à une large frange des habitants surtout ceux qui vivent dans des zones à risque. Ces actions sont certaines des actions concrètes qu'il faut accroitre pour rendre le système de prévention et de gestion des catastrophes au Cameroun. 2-4-TRAVAUX SUR LA COMMUNICATION DE CRISE ET LES MEDIASL'économiste belge Thierry Libaert apparaît comme le chercheur le plus prolixe dans le domaine de la communication de crise. Son dernier ouvrage de 60 pages intitulé : Crises de 1 à 150 présente les principes et références essentiels de toute gestion et communication de crise. Dans ce livre, il met l'accent sur le type de communication à adopter en période de crise, les aspects de la crise, les composantes d'une cellule de crise, les incontournables en salle de crise ainsi que les principes pour préparer un exercice de crise. Le deuxième livre de cet enseignant en sciences de
l'information et de la communication, La Communication de crise
souligne que les phénomènes de crise semblent aujourd'hui
s'accélérer et s'amplifier dans un contexte économique
très concurrentiel et une forte médiatisation des
événements. Selon l'auteur, la crise représente alors un
réel danger et peut conduire à la disparition de l'organisation
ou de l'entreprise concernée. C'est pourquoi estime-t-il, la
communication est un enjeu majeur. Résolument orientée dans une
perspective pragmatique, cette deuxième édition mise à
jour et enrichie de nombreux exemples, présente les
caractéristiques principales de toute crise, l'organisation de la
gestion des crises, la typologie des messages et le rôle particulier des
médias. Elle met aussi l'accent sur les tendances et enjeux actuels
à travers le rôle d'Internet, la place des rumeurs et la
réaction du consommateur ou du citoyen. Dans un article intitulé « Communication de crise et modélisation de diffusion de l'information dans les médias » et publié dans la Revue Le Magazine de la Communication de crise et sensible, Hervé RENAUDIN (2003 : p 47) s'interroge sur la manière dont l'information de crise se propage, questionne les paramètres les plus influents et leur liens d'interdépendance. Dans sa progression, il met l'accent sur la communication de crise et sa diffusion, son développement. Même si son exemple s'appuie sur une situation de crise dans une entreprise, la conclusion de son étude s'applique à tout exemple de crise. Dans son modèle d'analyse, l'auteur distingue deux catégories de médias : Les médias « chauds » (MC) qui ont un délai de publication de l'ordre de la journée et qui sont à destination du grand public. Selon lui, ces médias sont réactifs et collent leur ligne éditoriale de façon quasi-instantanée à l'actualité. Parmi les médias chauds, les quotidiens sont les plus lents à prendre en compte de nouvelles informations. Les médias « froids » (MF) quant à eux vont traiter les informations sur un rythme plus lent, avec des parutions hebdomadaires voire mensuelles. H. RENAUDIN établit donc une hypothèse selon laquelle les MC, au coeur de l'actualité, influent ensuite les MF, et non l'inverse. L'auteur intègre deux variables qu'il juge importantes : l'émotion de l'information et la charge de l'actualité. L'émotion de « l'information de crise » diffusée (cette information de crise pouvant être une rumeur) est traitée comme une variable accumulative avec au cours du temps des flux entrants (nouveaux éléments augmentant l'émotion de l'information, désinformation au cours du temps, irrationalité accrue, etc.) et sortants (action de transparence de l'entreprise tentant de rationaliser, etc.). Selon lui, la charge de l'actualité est modélisée de manière exogène à l'aide d'une courbe en fonction du temps permettant de simuler des creux ou des pics d'actualité. Il a schématisé ce modèle d'analyse à travers le diagramme d'influence des différents liens de cause à effet. Dans la même veine, Didier Heiderich, souligne dans un article « l'incertaine équation médiatique en situation de crise » publié en même temps dans Le Magazine de la Communication de crise et sensible traite de la difficulté de communiquer en situation de crise face aux médias. Il met en perspective les contingences de la presse et la prégnance des images, l'imagination des crises, les attentes du public, ceci afin de donner les limites des méthodes utilisées pour préparer les organisations à l'exercice médiatique. Selon l'auteur la plupart des crises actuelles restent gravées dans nos mémoires individuelles et collectives. La société de l'image ne se limite pas à banaliser les crises. Parce qu'elle est ritualisée, entre rendez-vous médiatiques, flashs, information continue, mais aussi parce que les crises créent des images en rafales, nous assistons à un mode de consommation de la catastrophe qui transcende l'espace de nos vies, modifie la nature même du temps pour le contraindre au rythme d'une actualité sans cesse en mouvement, stimule l'imaginaire. La communication médiatique de crise consiste à répondre à ces instances, à apporter des réponses à l'inexpliqué et parfois l'inexplicable, de participer à une lutte sans merci, image contre image, paradigme contre exemple, peurs contre actions, victimes contre coupables. Cette contribution traite de cette intrusion prégnante d'un réel sublimé par l'image qui oblige les acteurs de la crise à s'emparer de cette réalité exaltée qui agit sur l'action jusqu'à parfois la piloter. De l'avis de ce chercheur, en situation de crise, la pression médiatique s'exerce dans un champ qui demande aux protagonistes de participer au processus qui transcende la réalité. Ainsi, il ne s'agit plus de répondre uniquement aux questions légitimes qui se posent, d'effectuer pour cela du média training - nécessaire mais insuffisant - mais de construire le réel dans et au-delà du cadre imposé par les médias et leurs rites pour atteindre ceux à qui les messages sont destinés. Il estime qu'en situation de crise, l'on assiste à la dictature du temps, avec l'enchevêtrement de plusieurs temporalités, entre le temps de la gestion de la crise, le temps de la communication vers les différents publics, le temps politique et la tyrannie du temps médiatique. Polymorphe, le temps est contraint, raccourci, rare, insaisissable et donc précieux en situation de crise. Communiquer rapidement, le plus souvent sur un plan technique, vers de multiples acteurs, de façon cohérente est un impératif, car il s'agit d'abord de gérer la crise. Mais pour le public, la première phase d'une crise est émotionnelle, ce dont s'emparent en premier lieu les médias. En corolaire de l'émotion, l'attente à la réponse de la question légitime « que s'est-il passé ? ». Ainsi, entre gestion et émotion, tout se joue. Car la presse s'empare de l'émotion, la ritualise et lui donne corps. Ainsi, entre émotion et questionnement, les médias effrayent, à juste titre ceux à qui revient le difficile exercice de la prise de parole. Didier Heiderich estime qu'en période de crise, le silence est un aveu de culpabilité, une chaise vide le signe de l'impuissance. Il faut donc répondre et répondre juste dans les temps imposés. Car au-delà de l'émotion se pose immédiatement la question « que s'est-il passé ? » qui résonne comme une sentence premières attitudes sont déterminants, il est donc nécessaire de leur donner de la substance. Pour être efficace, la préparation de la communication de crise se doit, selon l'auteur d'être infrastructurelle et se soustraire au détail pour s'adapter l'instant venu. Elle définit les règles d'organisation - simples - d'alerte et de mobilisation, les lieux et les moyens techniques nécessaires à la communication. Il s'agit selon lui d'élaborer très rapidement un discours cohérent fondé sur les objectifs de communication : alerter, protéger, contingenter l'espace de la crise pour en limiter les effets, puis reconstruire. L'auteur conclut que la communication de crise a évolué ces dernières années pour pénétrer le champ normatif avec son cortège de méthodes, de stratégies et d'exercices. Elle fait face au spectacle audiovisuel, à ses rites et rendez-vous, à une réalité transcendée par les écrans, à l'infernale vitesse de l'information dans une société en demande d'images suffisamment fortes pour imprimer les vies, d'une incandescence qui tranche avec l'aseptisation croissante de l'occident, d'une vérité acceptable pour le corps social. L'exercice normé de la communication de crise trouve ses limites face à l'effroyable imagination des crises, à la tentative de renouer avec une réalité qui pourtant a déjà fait place à une autre. De ce point de vue, la communication de crise telle que les consultants la conçoivent procède en partie d'illusions managériales. Autrement dit, la communication de crise devra encore évoluer pour admettre qu'elle doit se conformer, non pas uniquement à des règles prédéfinies, mais accepter, avec une consciente modestie et intégrité, qu'à chaque fois, tout est à inventer car aucune crise ne ressemble à une autre. Ou alors, ce n'est pas une crise, mais un épisode tragique. Une organisation en crise ne devient pas ce qu'elle est, elle est ce qu'elle devient, ainsi. Parmi les auteurs qui ont récemment élaboré sur l'influence des médias sur les événements socio-politiques, nous pouvons convoquer Brigitte L. NACOS, à travers l'ouvrage : Médias et terrorisme : du rôle central des médias dans le terrorisme et le contre-terrorisme. L'auteur pense que les médias sont l'oxygène du terrorisme, car ce que les terroristes recherchent avant tout, c'est la publicité. Il poursuit que plus l'acte est violent, plus la couverture médiatique sera forte. Au travers d'exemples connus, l'attentat du 11 septembre 2001, la crise des otages européens aux Philippines, les attentats éco-terroristes et les manifestations de violence lors des sommets mondiaux, l'ouvrage montre comment les médias jouent, sans le vouloir, un rôle central dans la stratégie terroriste. L'auteur souligne en effet la tendance des médias à accorder une attention extrême à tout acte de violence politique, même mineur, et à passer sous silence l'information moins spectaculaire, comme l'action de manifestants pacifique ou la lutte antiterroriste. Une tendance qui déséquilibre l'information et fait le jeu des plus violents. Elle met également en lumière le parti que les terroristes savent tirer des nouvelles technologies de l'information, courrier électronique et réseau internet, pour transmettre leurs messages de manière extraordinairement efficace et à moindre frais et pour recruter des adeptes. Sur un double plan déontologique et éthique, l'ouvrage : Principes du journalisme, oeuvre commune des auteurs Bill Kovach et Tom Rosenstiel scelle en quelque sorte le contrat entre les journalistes et le public. Le livre constate la crise de confiance du public à l'égard des journalistes et décrit parfaitement les manquements de la profession qui expliquent cette attitude. La confusion des genres qui brouillent la frontière entre journaliste et animateur, le souci de faire de l'audience et l'impératif de rentabilité, le manque de rigueur, sont autant des récriminations des deux auteurs contre les acteurs médiatiques. Le livre tente ainsi de redéfinir le rôle premier du journalisme et les principes fondamentaux qui l'animent. Les deux auteurs estiment par exemple que la première obligation du journaliste est la vérité. Selon eux, le journaliste doit servir en priorité les intérêts du citoyen et doit vérifier ses informations. Cette posture rejoint en quelque sorte notre préoccupation que nous avons exprimée sur la couverture médiatique de l'épidémie du cholera où la logique émotionnelle a pris le dessus sur la logique rationnelle. Dans le domaine de la communication sociale, l'ouvrage de Chindji Kouleu Ferdinand intitulé Communication et mobilisation sociales au Cameroun est une contribution significative dans les politiques de mobilisation sociale au Cameroun. L'auteur qui s'est abondamment inspiré de l'Ecole de Palo Alto souligne que l'homme et la société ne peuvent pas se passer de la communication (on ne peut pas ne pas communiquer). Pour étayer son argument, il affirme que même la société animale se sert de la communication. Mais pour que cette communication serve efficacement les intérêts de la population, cet enseignant en sciences de l'information et de la communication recommande qu'on prenne en compte les logiques locales. En matière de santé maternelle et infantile par exemple, il préconise une communication fondée sur les valeurs locales des populations tout en tenant compte de leur vision du monde. Il n'est pas bon, avertit-il, « de les arracher brutalement à leurs traditions millénaires, mais plutôt d'essayer de les comprendre et de concilier les deux mondes ». Ce sociologue met ainsi l'accent sur l'ethnométhodologie qui permet d'aborder les phénomènes sociaux selon les logiques locales. Pour que les messages soient efficaces et atteignent leurs cibles, il faut, conclut-il, « les formuler en fonction des croyances de la population et des systèmes de valeurs traditionnelles plutôt qu'en termes techniques ». L'ouvrage de Chindji Kouleu accorde à la communication un rôle central dans les politiques de mobilisation sociale avec un accent sur la prise en compte des réalités in situ. Dans une contribution au débat sur le statut de journaliste au Cameroun, Chindji Kouleu évoque, à travers Journaliste sans journal, l'intrusion dans le métier de journaliste des personnes sans qualité. Au Cameroun, remarque-t-il, « chacun pense qu'il suffit de savoir former une phrase correcte pour devenir journaliste, plein de gens deviennent journalistes par accident et non par vocation ». L'auteur compare le journalisme camerounais au domaine politique où « chaque retraité s'imagine qu'il ne lui reste plus qu'à se lancer dans la politique ». Pourtant, s'indigne-t-il, les métiers du monde nécessitent un apprentissage. Il estime que le diplôme professionnel à lui tout seul ne suffit pas pour être un bon journaliste mais s'interroge : est-ce pour autant qu'on peut être journaliste sans journal fixe ? Cette lancinante question de l'auteur rejoint l'une de nos questions de recherche relative au profil des acteurs médiatiques dans la gestion de l'épidémie de cholera. Dans un excellent article publié dans Le Monde Diplomatique (octobre 2003), Ignacio Ramonet considère les médias comme des instruments de domination culturelle. Selon lui, Médias et programmes sont contrôlés par quelques «multinationales de la communication» qui diffusent ainsi normes et modèles culturels à l'échelle planétaire. Cet article dénonce les «archipouvoirs des mégagroupes médiatiques de notre temps» et suggère la création d'un «cinquième pouvoir» pour que soit garanti le droit à une «information non contaminée». L'auteur souligne que contre les abus des trois pouvoirs traditionnels, la presse et les médias ont été, pendant de longues décennies, dans le cadre démocratique, un recours des citoyens. Selon l'auteur les trois pouvoirs traditionnels - législatif, exécutif et judiciaire - peuvent faillir, se méprendre et commettre des erreurs. Depuis une quinzaine d'années, remarque-t-il, à mesure que s'accélérait la mondialisation libérale, le « quatrième pouvoir » a été vidé de son sens, il a perdu peu à peu sa fonction essentielle de contre-pouvoir. Le pouvoir véritable est désormais détenu écrit-il, par un faisceau de groupes économiques planétaires et d'entreprises globales dont le poids dans les affaires du monde apparaît parfois plus important que celui des gouvernements et des Etats. Ce sont eux les « nouveaux maîtres du monde » qui se rassemblent chaque année à Davos, dans le cadre du Forum économique mondial, et qui inspirent les politiques de la grande Trinité globalisatrice : Fonds monétaire international, Banque mondiale et Organisation mondiale du Commerce. La mondialisation selon Ignacio Ramonet, c'est donc aussi la mondialisation des médias de masse, de la communication et de l'information. Préoccupés surtout par la poursuite de leur gigantisme, qui les contraint à courtiser les autres pouvoirs, ces grands groupes ne se proposent plus, comme objectif civique, d'être un « quatrième pouvoir » ni de dénoncer les abus contre le droit, ni de corriger les dysfonctionnements de la démocratie pour polir et perfectionner le système politique. Ils ne souhaitent même plus s'ériger en « quatrième pouvoir », et encore moins agir comme un contre-pouvoir. Il faut, préconise Ignacio Ramonet, tout simplement, la création d'un « cinquième pouvoir » qui nous permette d'opposer une force civique citoyenne à la nouvelle coalition des dominants et dont la fonction serait de dénoncer le superpouvoir des médias, des grands groupes médiatiques, complices et diffuseurs de la globalisation libérale. L'auteur trouve que médias de masse et mondialisation libérale sont intimement liés. C'est pourquoi il semble urgent de développer une réflexion sur la manière dont les citoyens peuvent exiger des grands médias davantage d'éthique, de vérité, de respect d'une déontologie qui permette aux journalistes d'agir en fonction de leur conscience, et non en fonction des intérêts des groupes, des entreprises et des patrons qui les emploient. Dans la nouvelle guerre idéologique qu'impose la mondialisation, les médias sont utilisés comme une arme de combat. L'information, en raison de son explosion, de sa multiplication, de sa surabondance, se trouve littéralement contaminée, empoisonnée par toute sorte de mensonges, polluée par les rumeurs, par les déformations, les distorsions, les manipulations. En dernière analyse, l'éditorialiste du Monde Diplomatique estime que comme la nourriture, l'information est contaminée. « Elle nous empoisonne l'esprit, nous pollue le cerveau, nous manipule, nous intoxique, elle tente d'instiller dans notre inconscient des idées qui ne sont pas les nôtres ». Il faut décontaminer préconise-t-il, l'information. C'est pourquoi, il propose que les citoyens doivent se mobiliser pour exiger que les médias appartenant aux grands groupes globaux respectent la vérité, parce que seule la recherche de la vérité constitue en définitive la légitimité de l'information. L'auteur propose ainsi la création de l'Observatoire international des médias (en anglais : Media Watch Global). Pour disposer enfin d'une arme civique, pacifique, dont pourront se servir les citoyens afin de s'opposer au nouveau superpouvoir des grands médias de masse. Cet observatoire argumente-t-il, est une expression du mouvement social planétaire rassemblé à Porto Alegre (Brésil). En pleine offensive de la globalisation libérale, il exprime la préoccupation de tous les citoyens devant la nouvelle arrogance des industries géantes de la communication. Selon lui, la force de cette association est avant tout morale car explique-t-il « elle réprimande en se fondant sur l'éthique et sanctionne les fautes d'honnêteté médiatique au moyen de rapports et d'études qu'elle élabore, publie et diffuse ». L'Observatoire international des médias constitue ainsi un indispensable contrepoids à l'excès de pouvoir des grands groupes médiatiques qui imposent, en matière d'information, une seule logique - celle du marché - et une unique idéologie - la pensée néolibérale. Elle se propose également de prévenir la société contre les manipulations médiatiques qui, comme des épidémies, se sont multipliées ces dernières années. Après la lecture de tous ces travaux, une constance se dégage : ici et ailleurs, aucune recherche ne s'est véritablement intéressée à la dimension communicationnelle dans la gestion des crises, notamment des épidémies. Tous les chercheurs dont les travaux viennent d'être parcourus se sont beaucoup plus attardés soit à la description des situations des crises ou alors à l'analyse des influences des médias. Notre travail vient ainsi combler ce vide en mettant en relief la place de la communication dans la gestion des épidémies, notamment l'épidémie du cholera dans la région de l'Extrême-Nord Cameroun. La deuxième partie de cette étude est consacrée à la méthodologie utilisée pour éprouver nos hypothèses de notre travail. Le chapitre troisième traite du cadre opératoire, de l'échantillonnage et des instruments statistiques. A travers des enquêtes, des entretiens et la recherche documentaire, nous avons obtenu des données qui vont servir à la vérification et à la validation de nos hypothèses. La présentation de la Région de l'Extrême-Nord et du département du Mayo-Tsanaga, notre zone étude donnera une indication sur les conditions qui favorisent les crises en général et l'épidémie de cholera en particulier dans cette partie du pays. Le chapitre quatrième s'attèle à la présentation, à l'interprétation et à la discussion des résultats obtenus. C'est ici que nous procédons véritablement à la vérification de nos hypothèses de départ en rapport avec les orientations fixées à la première partie de notre travail. Ce chapitre nous permet de décliner la méthodologie qui aura permis de cerner le problème central et d'éprouver nos hypothèses de recherche. Il s'agit ici de l'ensemble des démarches que nous avons entreprises afin de recueillir des informations et de les traiter. Pour ce faire, notre travail dans ce chapitre consiste à présenter : -la population de l'étude -l'échantillon et la technique d'échantillonnage -les techniques de collecte des données -la méthode d'analyse des données -le déroulement de l'enquête. Mais avant de dérouler toute cette progression, il importe pour nous de présenter la zone d'étude, le département du Mayo-Tsanaga 3-1-1-PRESENTATION DE LA ZONE D'ETUDEAvant de présenter notre zone d'étude, il est utile de présenter brièvement la Région de l'Extrême-Nord dont dépend le département du Mayo-Tsanaga. 3-1-1-1- L'EXTREME-NORD : UNE ZONE CRISOGENEAvec une population de 3 480 414 habitants, la région de l'Extrême-nord est la région la plus au Nord du Cameroun. Elle est constituée de six départements que sont le Diamaré, le Mayo-Danay, le Mayo-Kani, le Mayo-Sava, le Logone et Chari et le Mayo- Tsanaga. Sur le plan géographique, l'Extrême-Nord est situé entre le 10° N et le 13° N en plein coeur de la zone tropicale au climat soudano-sahélien. Il partage des frontières communes et poreuses avec le Tchad, le Nigeria et le Niger. La situation géographique de la région, le brassage et la grande mobilité des peuples situés de part et d'autre de ces frontières sont propices aux épidémies. Sur le plan physique cette région est divisée en trois sous-régions naturelles que sont les Monts Mandara, la plaine du Diamaré et les zones inondables du Logone et Chari. Chaque sous-région a des caractéristiques naturelles qui jouent un rôle important dans les phénomènes pathologiques. Les Monts Mandara sont une région constituée des hauts massifs aux pentes brutales dont l'altitude varie entre 500 et 1500 mètres et qui sont multipliés et isolés les uns des autres par un compartimentage et un cloisonnement dus à la tectonique. Ils constituent également une partie aux précipitations relativement abondantes par rapport aux autres zones de l'Extrême-Nord. Les moyennes annuelles varient entre 600 et 1100 mm. La plaine du Diamaré et de Kaélé est une zone marquée par une série d'inselbergs notamment les massifs de Moutourwa, Moumour, Mindjiving, Boboyo, Lara, Tchéodé et de Gadas au sud et la « dent de Mindif », le massif de Bogo et les chaînes montagneuses longeant la ligne Maroua-Mora. C'est une région caractérisée par l'extension des dépôts argileux localement appelés karal favorables à la culture au mil repiqué (mouskouari). Ces vertisols côtoient souvent des sols érodés riches en sodium impropres aux cultures localement appelés harde. A l'est de Mindif, les milieux naturels sont très variés. Les bandes sableuses sèches propices aux cultures sous pluies alternent avec des sols argileux favorables aux cultures désaisonnées. Cette région est moins arrosée que les Monts Mandara, car les valeurs annuelles de précipitations sont comprises entre 600 et 800 mm. En raison de la faiblesse des précipitations, cette région dispose d'une végétation pauvre constituée des essences telles que le Ziziphus mauritania, l'Acacia seyal, le Balanites aegyptiaca, le Tamarindus indica, le Khaya senegalensis et l'Anogeissus leiocarpus dont certaines espèces sont utilisées comme remèdes traditionnels (ATLAS de la province de l'Extrême-Nord : 2005). Au nord de la plaine du Diamaré s'étend une large région inondable appelée la dépression tchadienne. Cette région plane appelée yaere est constituée de sols homogènes, hydromorphes et argileux. Les yaere portent des savanes herbeuses à graminées vivaces composées d'Hyparrhenia rufa, d'Eragrostis atrovirens, de Panicum anabaptitum, d'Eriochloa nubica, et d'Oryza barthii. Les arbustes dominants sont le Balanites aegyptiaca et le Ziziphus mauritania. (ATLAS, op.cit) L'Extrême-Nord du Cameroun est peuplé de plusieurs groupes humains divisés en trois groupes selon les convictions religieuses à savoir les musulmans, les convertis au christianisme et les adeptes des religions traditionnelles. Le groupe musulman est constitué des ethnies suivantes : les Foulbé, les Arabes Choa, les Kanouri, les Kotoko, les Mandara, les Damergou et les Haoussa. Les peuples des religions traditionnelles sont divisés en deux grands groupes en fonction de leur milieu de vie : il y a ceux de la plaine et ceux des montagnes. Les populations de plaine sont les Massa, les Moundang, les Guiziga, les Toupouri, les Guidar, les Mousgoum, les Moussey et les Guissey. Les populations de montagne sont les Mafa, les Kapsiki, les Hidé, les Mofou, les Mouyengué, les Minéo, les Hina, les Mbokou, les Mada, les Maba, Podoko, les Ouldémé, les Mouktélé, les Zoulgo. Sur le plan sanitaire, la région compte 28 districts de santé, 269 aires de santé et 238 centres de santé intégrés. 3-1-1-1-2 : LE MAYO-TSANAGA : L'HOSTILITE DE LA NATURE Le département du Mayo-Tsanaga est situé dans la Région de l'Extrême-Nord avec une superficie d'environ 4 527 km2 et une population de 699 971 habitants selon les résultats du 3ème Recensement général de la Population et de l'Habitat. Il est limité au Nord par le Mayo-Sava, au Sud par la Bénoué, à l'Est par le Diamaré et à l'Ouest par la République fédérale du Nigeria avec laquelle il partage environ 132 km de frontières terrestres. Le département du Mayo-Tsanaga compte sept arrondissements: Mokolo, Bourha, Koza, Mayo-Moskota (Mozogo), Mogodé, Hina, Soulede-Roua (Roua). a-Le relief Sur le plan physique, le relief du Mayo-Tsanaga est très accidenté s'élevant à plus de 1000m d'altitude à certains endroits (1492 m pour le Mont Oupay, 1421 m pour Ziver, et certains pics, 1302 m et 1728 m pour Kapsiki). (BONIFICA 1992). b-Le climat Le département est sous l'influence de la zone éco-climatique soudanienne et sahélienne. Par conséquent, le climat est du type soudano sahélien de montagne. L'alternance des régimes de la mousson et de l'harmattan caractérise deux saisons. c-La pluviométrie La hauteur pluviométrique et la répartition des précipitations sont influencées par le système de pression atmosphérique. La circulation saisonnière en altitude des masses d'air est influencée par le Front Intertropical (FIT) qui constitue la zone de contact de l'air continental sec avec l'air maritime de la mousson du Sud Ouest ce qui entraîne les précipitations en « hivernage » (de mai jusqu'à septembre). Les premières pluies interviennent à partir d'avril jusqu'en octobre. Mais les pluies sont beaucoup plus concentrées pendant les mois de juillet, août et septembre. Une petite saison de pluies se situe pendant la « saison sèche » d'octobre à avril. La moyenne pluviométrique annuelle est autour de 1000 mm.
d- Répartition de la population Selon le 3ème RGPH, la population totale du Mayo-Tsanaga est estimée à 699 971 habitants repartie comme suit : Population Urbaine : 70 864 habitants, Population rurale : 629 107 habitants. Cette population est répartie par arrondissement selon le tableau suivant : Tableau n°2 : Estimation de la population du Mayo-Tsanaga par arrondissement
Source: DD/MINEPAT MAYO-TSANAGA, juin 2011 La population du Mayo-Tsanaga a une densité élevée, les mosaïques d'ethnies ont diverses croyances : chrétiens, adeptes des religions traditionnelles et musulmans. C'est une population essentiellement constituée d'agriculteurs et d'éleveurs commerçants et artisans. Selon le 3ème RGPH, le nombre d'enfants de 0 à 5 ans est estimé à environ 20%. e-les mouvements démographiques Les mouvements migratoires dans le département du Mayo-Tsanaga sont de moins en moins importants ces dernières années. Dans les années antérieures, les populations migraient vers le projet de colonisation de la province du Nord (NEB et SEB). Actuellement, les jeunes en quête d'emploi vont dans les grandes villes (Douala, Yaoundé, Garoua...). Les jeunes filles également migrent vers les grandes villes où elles se livrent à des activités indécentes. Pendant la période de fête de fin d'année, ces jeunes reviennent fêter en famille. Le mouvement des immigrants nigérians est saisonnier en saison de pluies. Le long de la frontière avec le Nigeria à partir d'Assighassia jusqu'au secteur de Djibrili, Tourou et Boukoula, les Nigérians viennent louer les champs pendant la saison de pluies pour la culture. Après les récoltes, ils rentrent chez eux. Les cantons où les mouvements migratoires vers les grandes villes camerounaises sont perceptibles sont : Moufou Sud, Mokong, Boula, Tourou (dans Matakam Sud). Ce sont ceux-là qui reviennent en fin d'année fêter avec leur famille.
f-la santé : Dans le domaine de la santé, six services de santé de district encadrent le département : les districts de santé de Mokolo, de Bourha, de Hina, de Mogodé, de Soulédé-Roua et de Koza-Mozogo. Les infrastructures sanitaires du Mayo-Tsanaga classées par catégorie se présentent comme suit : Tableau n°3 : classement des formations sanitaires du Mayo-Tsanaga
Source : District de Santé de Mokolo, juin 2011 g- Eau et Energie La Camerounaise des Eaux(CDE) ravitaille dans la mesure du possible la ville de Mokolo alors que Koza et Mayo-Moskota sont approvisionnés par quelque bornes- fontaines. En milieu rural, les 454 villages que compte le département s'alimentent à partir de 1 320 points d'eau (forage et puits confondus). Le constat qui se dégage est que le nombre de la population par point d'eau avoisine 576 habitants. Un ratio très supérieur à l'objectif des pouvoirs publics qui est celui de 250 à 300 habitants par point d'eau.
Tableau n°4 : Inventaire des points d'eau dans le Mayo-Tsanaga
Source : DD/MINEPAT MAYO-TSANAGA, juin 2011 NB : Un point d'eau désigne un puits à ciel ouvert ou un forage équipé Nombre de points d'eau estimé à 1 320. - Nombre d'habitants par rapport au point d'eau : 699 971 / 1320 = 606 habitants par point d'eau. En conclusion, il y a un déficit énorme en nombre de points d'eau dans le Mayo-Tsanaga. Ce déficit est répertorié dans le tableau ci-dessous. Tableau n°5 : Présentation du déficit en points d'eau dans le Mayo-Tsanaga
Source: DD/MINEE/MAYO-TSANAGA, juin 2011 A partir de ce tableau, il ressort que la norme OMS de 300 personnes par point d'eau est largement dépassée. En résumé, à peine 32% de la population du Mayo-Tsanaga a accès à l'eau potable. Le déficit en points d'eau auquel vient se greffer l'hostilité de la nature pose un réel problème de santé des populations du département du Mayo-Tsanaga. La récurrence et l'ampleur des maladies diarrhéiques ont pour causes le manque d'eau qui est devenue une caractéristique majeure de cette unité administrative. Ce n'est pas donc surprenant si l'épidémie de cholera trouve un terrain de prédilection dans cette unité administrative. La principale source d'énergie reste Aes-Sonel. Sur les sept arrondissements, cinq sont électrifiés. Il s'agit des arrondissements de Mokolo, de Koza, de Bourha, de Mogodé et de Mayo-Moskota. L'arrondissement de Hina et celui de Soulede-Roua attendent le programme d'électrification rurale que réalise le projet PERPEN. En zone rurale, sur 454 villages que compte le département, seuls neuf sont connectés au réseau Aes-Sonel, soit un pourcentage de moins de 5%. Il s'agit de Zamay, Mokong, Rhoumzou, Rhumsiki, Guili, Tchévi, Djingliya, Kossehone et Moskota. Les travaux d'électrification sont partiellement réalisés puis abandonnés dans quatre localités, à savoir : Gaboua, Soulédé-Roua, Tourou et Hina. h-Les langues nationales couramment parlées. De manière générale, les langues les plus parlées dans le département sont les suivantes : le mafa, le foufoulde, le hina, le kapsiki, le tourou, le daba et le djimi. i-Agriculture Le département du Mayo-Tsanaga a un climat de type soudano-sahélien de montagne. La moyenne pluviométrique annuelle qui est d'environ 1000 mm/an favorise la culture du coton comme l'unique culture de rente du département. Les principales cultures vivrières que sont le maïs, le sorgho, les arachides etc donnent de bons rendements malgré la pauvreté des sols qui nécessitent des amendements en engrais chimique ou organique. j- Communication La communication est assurée par l'antenne CRTV et la Radio communautaire de Mokolo. L'antenne CRTV utilise un émetteur de puissance 400W et de 30 kilomètres de rayon. La radio de l'antenne CRTV a une puissance de 30W et son champ va à un km de rayon. Il est à signaler que le besoin en renouvellement des équipements (1 feeder de 70m pour le signal radio) de CRTV de Mokolo s'impose à cause de la vétusté des appareils. A cela, s'ajoute le besoin en personnel pour compléter les quatre existants. Les travaux de finition du bâtiment, installation des appareils et meubles de la Radio Communautaire de Mokolo ont pris fin en 2007. Après l'installation des appareils d'émission, des essais concluants ont été réalisés. Ces essais ont permis de déterminer les zones ci-dessous couvertes par la Radio Communautaire de Mokolo. Il s'agit de : - arrondissement de Soulede-Roua - arrondissement de Mayo-Moskota - arrondissement de Hina - arrondissement de Mogodé - arrondissement de Bourha - arrondissement de Mokolo (Mokolo centre et plaine) - Une partie de l'arrondissement de Koza. Cette Radio Communautaire qui emploie neuf personnes rencontre des difficultés liées à la contribution financière des communes. D'où un appel lancé aux forces vives du Mayo-Tsanaga, pour les contributions des communes et l'achat d'un groupe électrogène de 20 KVA pour relayer la SONEL. 3-1-1-1-3-SITUATION EPIDEMIOLOGIQUE DU CHOLERA DANS LA REGION DE L'EXTREME-NORD DEPUIS 1996 Le choléra constitue un problème majeur de santé publique dans la Région de l'Extrême-Nord. Après quelques années d'accalmie dans les années 1990, de nouveaux épisodes d'épidémie ont ressurgi dans la Région depuis 2009. Entre 1996 et 2010, la région de l'Extrême-Nord a connu des épidémies en saison pluvieuse comme en saison sèche. Parmi toutes les épidémies, celles du choléra ont attaqué le plus de population avec une létalité très élevée. L'évolution de l'épidémie est résumée à travers ce tableau suivi de la figure ci-dessous. Tableau n°6 : évolution des épidémies du choléra dans la région de l'Extrême-Nord
Source : enquête de terrain, mai 2011 Figure n°1 : Evolution de cas et décès du cholera de 1996-2010 Source : Délégation régionale de la Santé Publique Extrême-Nord, mai 2011 Depuis le 06 mai 2010, une nouvelle épidémie s'est déclenchée dans le district de santé de Makary. Elle s'est de façon progressive répandue dans tous les districts de santé de la Région. Au total, les statistiques font état de 9 426 cas avec 601 décès dans la région. La majorité des décès surviennent en famille dans la communauté, c'est-à-dire sans que les malades n'atteignent les centres de prise en charge pourtant gratuite. 3-1-1-1-4-BILAN DE L'EPIDEMIE DU CHOLERA EN 2010 Le premier cas de la maladie a été notifié le 06 mai 2010 dans le district de santé de Makary, plus précisément au Centre de santé intégré de Ngouma. Selon le chef de service de district de Makary, il s'agit d'un jeune homme de 25 ans venant du district de santé de Mada et qui avait séjourné dans un village frontalier du Nigéria, appelée Kirta Farança où sévissait l'épidémie. Cette épidémie s'est ensuite propagée de proche en proche, à cause de la saison des pluies et de la grande mobilité des populations le long de cette frontière. Tous les 28 districts de santé de la région ont progressivement été atteints. Les figures ci-dessous illustrent l'ampleur de l'épidémie dans les différents districts de santé ainsi que la répartition des cas et décès par tranches d'âge et par sexe.
Cas = 9 373; Etrangers= 168; Décès = 601; En communauté= 302; Hospitalisé= 14. Figure n°2 : Description de l'épidémie et répartition des cas et décès par district de santé Source : Délégation régionale de la Santé Publique Extrême-Nord, mai 2011 Figure n°3 : Répartition des cas par
tranches d'âge
|
Partenaires |
Actions menées |
Contributions financières |
OMS |
Médicaments pour la PEC de 5000 malades, appui technique, financier, mise en place du C4 |
2 700 000FCFA |
UNICEF |
Médicaments, Appuis techniques, financier, matériels et désinfectants, extension de l'ATPC (promotion des latrines) |
4 614 000 |
HCR |
Matériel, médicaments, produits de désinfection |
|
FNUAP |
Matériel, mégaphones, sensibilisation |
|
FICR et CROIX ROUGE |
Sensibilisation, désinfection des domiciles, traitement des points d'eau, distribution aquatabs, production et diffusion des spots radio |
|
Plan Cameroon |
Sensibilisation de proximité à travers 200 volontaires communautaires |
|
MSF |
Prise en charge des cas (unités de prise en charge communautaires et hospitalières), traitement de l'eau |
|
Gouvernement libyen |
Dotation en médicaments et produits de désinfection |
|
Mairies |
Achat matériels de désinfection et médicaments, prise en charge des mobilisateurs |
|
ACMS |
Mise à disposition des SRO, SUR-EAU |
|
IMC |
Aménagement des points d'eau à Mokolo (études de base) |
|
SNV |
Achat de matériels de désinfection, médicaments, livrets d'information et de sensibilisation |
|
Etat camerounais |
Médicaments, appui technique et financier |
Source : Délégation régionale de la Santé/EN, mai 2011
En 2010, l'épidémie du cholera a fait 3745 cas avec 315 décès dans le département du Mayo-Tsanaga. L'épidémie a causé plus de cas et de décès qu'ailleurs, comme le montrent les figures suivantes. Les districts les plus affectés sont Mokolo et Koza.
Figure n°6 : Représentation proportionnelle de cas de choléra par DS du département
Source : District de santé de Mokolo, juin 2011
Figure n°7 : Nombre de cas par District de santé
Source : District de santé de Mokolo, juin 2011
Figure n°8 : Rapport cas / décès par DS
Source : District de santé de Mokolo, juin 2011
La Communication médiatique dans la région de l'Extrême-Nord est confrontée à un certain nombre de problèmes liés à son étendue, au relief et à un taux sensiblement élevé d'analphabètes.
Ces handicaps socio-géographiques constituent un obstacle à la circulation normale de l'information, qui n'atteint pas toujours à temps les populations des zones reculées et frontières, lesquelles sont pratiquement déconnectées de l'actualité nationale du fait de deux phénomènes majeurs : l'absence de kiosques à journaux dans les départements et l'existence des zones d'ombre et silence qui empêchent la réception des signaux (le son et l'image) de la CRTV et des chaines privées de télévision.
C'est pourquoi, le téléphone arabe, c'est-à-dire, le bouche à l'oreille, est très répandu dans la région, avec les déformations et les approximations qui recouvrent les messages ainsi véhiculés. A ce jour, le tableau panoramique de la communication médiatique laisse apparaître le constat ci-après dans chaque département :
3-1-1-2-1-Département du Diamaré
Le département du Diamaré dont le chef-lieu est en même temps la capitale régionale, jouit d'une assez bonne couverture médiatique. Il existe de nombreux kiosques à journaux et la réception des signaux de la CRTV est satisfaisante. De plus, le fonctionnement de nombreuses structures de câblo-distribution d'images de télévisions privées et étrangères comble d'aise les populations qui disposent ainsi d'une gamme diversifiée de sources d'information. Toutefois, l'arrondissement de Méri ne reçoit pratiquement pas le signal de la CRTV, en raison de son relief très accidenté.
3-1-1-2-2-Département du Mayo-Tsanaga
Dans le Mayo-Tsanaga le relief accidenté ne permet pas une bonne réception des émissions de la CRTV, surtout dans les zones montagneuses qui font écran à la propagation horizontale des ondes en Modulation de Fréquence (FM). Les pouvoirs publics fortement sensibilisés à ces difficultés techniques ont envisagé à moyen terme, d'enrayer les zones d'ombre et de silence. Il s'agira, comme dans le Diamaré, d'installer des réémetteurs au pied d'une des montagnes pour favoriser la propagation verticale des ondes qui franchiraient aisément les obstacles naturels pour arroser tout le Département. D'ores et déjà, la création de la Radio communautaire, Écho des Montagnes, en 2008, permet de combler le déficit d'information naguère vécu par les populations.
3-1-1-2-3-Département du Mayo-Sava
Selon les informations fournies par la délégation régionale de la Communication de l'Extrême-Nord, le Mayo-Sava est définitivement sorti des zones d'ombre et de silence avec l'installation des équipements techniques appropriés sur l'une des hauteurs de Mora, et qui assure meilleure couverture audio-visuelle du département. Par ailleurs, la Radio communautaire rurale, Sava-FM, qui prend en relais certains programmes de la CRTV, émet à 100 Km à vol d'oiseau. Tant et si bien que sont également arrosées, les localités de Mozogo, Koza, Mogo dans le Mayo-Tsanaga, de Pette, Bogo, dans le Diamaré, de Waza, Zigue-Zigague dans le Logone et Chari, de Maga et Guéré dans le Mayo-Danay. Le seul problème, c'est qu'il faut reconstruire les bâtiments et les installations techniques du centre de rediffusion selon les standards internationaux. Car, il faut rappeler que ces investissement ont été réalisés par des élites du département et rétrocédés à l'Etat le 28 octobre 2009.
3-1-1-2-4-Département du Mayo-Danay
Dans le Mayo-Danay, les services déconcentrés du ministère de la Communication soulignent que le confort d'écoute de la radio (CRTV) est bien médiocre avec la persistance des zones d'ombre et de silence à Gobo, Guéré, Datcheka et Wina. Le signal de la télévision (CRTV) est inexistant depuis l'incendie du centre FM-TV de Yagoua survenu en avril 2007. Ne regardent la télévision camerounaise que des personnes recevant des images par câblo-distribution ou disposant d'une antenne parabolique complète. Cependant, la Radio communautaire de Dana à Yagoua, prend en relais les journaux parlés de la CRTV-Télé à 17 heures. Cependant, ici comme ailleurs le gouvernement est en train d'examiner la possibilité de reconstruire FM/TV et d'implanter un pylône à une hauteur surplombant les montagnes du département.
3-1-1-2-5-Département du Logone et Chari
La ville de Kousseri, le chef lieu du département, est bien arrosée par les médias électroniques internationaux qui émettent en FM depuis la capitale tchadienne, N'Djaména tout proche. RFI, BBC, AFRICA N°1, la Radio nationale tchadienne et quelques radios périphériques de Ndjaména sont suivies avec un bon confort d'écoute.
Quant à la CRTV, elle est bien reçue à Kousseri et à Waza ; moins bien dans les localités de Zina, Logone-Birni et Goulfey. Par contre, les arrondissements de Makary, Fotokol et Blangoua situés au Nord du département ne sont pas arrosés par la CRTV.
Certes, un centre de rediffusion de la CRTV a été construit à Makary en 2009, et le pylône déjà implanté. Reste à présent l'installation des émetteurs qui sont actuellement à Douala. La localité n'étant pas connectée au réseau AES-SONEL, un groupe électrogène devrait pouvoir fournir l'énergie électrique. Si tous ces accessoires sont mis à disposition, le centre démarrera et toute la zone sera ainsi couverte jusqu'à Darak.
S'agissant de la distribution des journaux, il existe un kiosque à Kousseri. La SOPECAM y dispose de quelques abonnés au quotidien Cameroon Tribune. Certains lecteurs potentiels ont également la possibilité d'acheter les journaux à N'Djaména.
3-1-1-2-6-Département du Mayo-Kani
Le Mayo-Kani est bien servi par l'audiovisuel. Le département capte très aisément les émissions de la CRTV et celles des chaînes des télévisions présentes dans les bouquets offerts par les câblo-distributeurs. Le département ne dispose pas d'un kiosque à journaux mais quelques abonnés au journal Cameroon Tribune sont servis par l'Agence régionale SOPECAM de l'Extrême-Nord à Maroua.
Tableau n°8 : Représentation des zones d'ombre et de silence dans la région de l'Extrême-Nord
Département |
Caractéristique du relief |
Zone d'ombre |
Zone de silence |
Causes, solutions et/ou observations |
Diamaré |
Zones de plaines et montagnes |
Arrondissement de Méri |
Causes : Relief montagneux par endroits Solutions : installation des réémetteurs sur un site culminant de la localité |
|
Logone et Chari |
Zone de plaine |
Localités de Makary, Goulfey, Waza |
Arrondissements de Darak, Makary, Fotokol, Blangoua |
Observations : bâtiment du centre de rediffusion réceptionné Pylône irradiant la puissance et le rayonnement de l'émetteur implantés. Sont attendus : un groupe électrogène et des émetteurs |
Mayo-Tsanaga |
Zone de montagnes dans une région se situant en altitude |
Arrondissements de Mogodé et de Koza |
Arrondissement de Bourrha |
Causes : Le relief accidenté empêchant une bonne propagation des ondes en modulation de fréquence Proche de la frontière nigériane et relativement éloignée du centre FM/TV de Mokolo, cette localité est cernée par les chaines de montagnes qui font écran à la propagation des ondes moyennes Solutions : Installation des réémetteurs sur un site culminant de la localité |
Mayo-Sava |
Zone de massifs rocheux |
Rien à signaler |
Rien à signaler |
La rétrocession du centre de rediffusion de Sava-FM à l'Etat a contribué à l'éradication des zones d'ombre et de silence |
Mayo-Danay |
Zone de plaine piquetée de montagnes |
Tout le département depuis l'incendie du centre FM/TV |
Tout le département depuis l'incendie du centre FM/TV |
Reconstruire un nouveau centre FM/TV en l'équipant de matériels modernes et performants |
Mayo-Kani |
Zone de plaine piquetée de petites montagnes |
Rien à signaler |
Rien à signaler |
Le centre de diffusion de Ngassa, à Maroua, couvre le département sans aucune entrave |
Source : Délégation régionale de la Communication/EN, avril 2011
Aperçu des médias écrits dans l'Extrême-Nord
a-presse à audience nationale
La représentation régionale de la SOPECAM qui édite Cameroon Tribune est logée au sein de la délégation régionale de la communication. Elle est composée de deux journalistes, tous deux issus de l'Ecole supérieure des Sciences et Techniques de l'Information et de la Communication (ESSTIC).
Les autres organes représentés sont:
Le Quotidien Mutations : un correspondant formé à l'ESSTIC.
L'Actu : une correspondante sans formation professionnelle précise.
La Nouvelle Expression, le Messager et Popoli disposent des correspondants basés à Ngaoundéré. Le constat qui se dégage est qu'en dehors du correspondant de Mutations, tous les autres « journalistes » de la presse à capitaux privés n'ont suivi aucune formation professionnelle en journalisme.
b- Les organes de presse à vocation régionale.
S'agissant d'autres publications, tous les journaux régionaux, c'est-à-dire ceux consacrant prioritairement leur contenu à l'actualité des Régions septentrionales, ont leur siège soit à Yaoundé, (l'Oiel du Sahel), soit à Maroua (La Tribune Sahélienne).
Notre étude a pour objet : « Médias et Gestion des crises : cas de l'épidémie du cholera dans le département du Mayo-Tsanaga ». Cette recherche a pour ambition de relever le rôle de la communication dans la gestion des crises, notamment de l'épidémie du cholera. A travers ce travail de recherche, nous tentons de relever la difficulté à communiquer en situation de crise tant les médias subissent la dictature du temps, avec l'enchevêtrement de plusieurs temporalités, entre le temps de la gestion de la crise, le temps de la communication vers les différents publics, le temps politique et la tyrannie du temps médiatique. Coutumièrement considérée zone à écologie fragile, l'Extrême-Nord s'avère la Région la plus « crisogène » du pays. Cette « crisogénéité » fait souvent les choux gras de la presse tant audiovisuelle qu'écrite. Mais cette région est très souvent traitée par les médias nationaux et internationaux sous un prisme déformant. S'agissant tout particulièrement de l'épidémie de cholera, les médias se sont beaucoup plus préoccupés de l'aspect émotionnel de la crise. Les bilans macabres de l'épidémie prenaient plus d'espace et de temps dans les éditions des journaux radiodiffusés, télévisés et écrits. Tout cela est lié à la confusion qui règne aujourd'hui sur le statut des acteurs médiatiques. Dans cette étude, il s'agit donc non seulement de relever le rôle des médias dans la gestion de l'épidémie de cholera, mais aussi de nous interroger sur la trajectoire des hommes des médias qui exercent dans la région de l'Extrême-Nord.
Hypothèse de recherche2 (HR2) : une bonne organisation institutionnelle de la communication médiatique favorise significativement la gestion d'une épidémie de cholera.
Variable indépendante (VI) : une organisation institutionnelle de la communication médiatique
Hypothèse de recherche3 (HR3) : l'accès des populations aux médias a une incidence significative sur la gestion d'une épidémie de cholera
Variable indépendante (VI) : l'accès des populations aux médias.
3-1-3-4-3- La variable dépendante (VD) :
Pour notre thème, nous avons retenu comme variable dépendante (VD) : Gestion des crises.
3-1-3-4-3- les indicateurs
-réception et observance des mesures d'hygiène
-prise en charge
-réduction des cas
Pour la variable indépendante de l'hypothèse de recherche 2 : une organisation institutionnelle de la communication médiatique, nous avons comme indicateurs :
-existence d'une cellule de gestion de l'épidémie
-présence d'un communicateur professionnel au sein de la cellule
-création ou existence d'un site web sur la crise
Pour la variable indépendante de l'hypothèse de recherche3 (HR3) : l'accès et la consommation de l'information par les populations, les indicateurs retenus sont :
-signal radio dans la zone
-signal TV dans la zone
-Kiosques à journaux dans la zone.
3-1-3-4-4- les modalités
Elles sont constituées des réponses possibles qui découlent des variables des hypothèses, et que le chercheur propose au cours d'un sondage (interview ou enquête) afin que les indicateurs permettent au chercheur de formuler le questionnaire ou interview nécessaire à son enquête qui lui permettra d'avoir des informations suffisantes pour la vérification de ses hypothèses de recherche :
Dans le cadre de notre recherche, les réponses possibles sont les suivantes :
-assez
-faible
-pas du tout
-Suffisant
-insuffisant
-nul
-tout à fait
-plus ou moins
-pas du tout
Le tableau qui suit répertorie l'hypothèse générale, déclinée en hypothèses de recherches. Ces hypothèses spécifiques comportent des variables qui vont être validées à l'aune des indicateurs et des modalités.Tableau n°9 : Tableau d'opérationnalisation des variables
Hypothèse générale |
Hypothèses de recherche |
Variables |
Indicateurs |
Modalités |
La communication constitue un facteur clé dans la gestion des crises |
HR1- Le profil des acteurs médiatiques favorise significativement la gestion de l'épidémie du cholera |
Profil des acteurs médiatiques |
-formation professionnelle -niveau d'instruction -Expérience professionnelle |
- Nul - Moyen - Elevé |
Gestion de l'épidémie du cholera |
-réception et appropriation des messages de sensibilisation -prise en charge -réduction des cas |
-Faible -Moyen -Elevé |
||
HR2- l'organisation institutionnelle de la communication médiatique influence significativement la gestion de l'épidémie du cholera |
Organisation institutionnelle de la communication médiatique |
-existence d'une cellule de crise -présence d'un communicateur professionnel -existence d'un site web sur la crise |
- Mauvaise - Acceptable - Bonne |
|
la gestion de l'épidémie du cholera |
-réception et appropriation des messages de sensibilisation -prise en charge -réduction des cas |
-Faible -Moyen -Elevé |
||
HR3-l'accès des populations aux médias a une incidence significative sur la gestion de l'épidémie du cholera |
Accès des populations aux médias |
-présence du signal radio -présence du signal TV -Kiosques à journaux |
- Pas du tout - Faible - Assez |
|
gestion plus efficace de l'épidémie du cholera |
-réception et appropriation des messages de sensibilisation -prise en charge -réduction des cas |
-Faible -Moyen -Elevé |
L'intérêt de notre travail sera analysé à l'aune de trois axes :
Sur le plan purement théorique (ou scientifique), il s'agit pour nous d'explorer un champ de recherche sur la communication de crise dans une région « crisogène » comme l'Extrême-Nord. Ce domaine n'a pas été encore exploré par les chercheurs dont l'intérêt a porté jusqu'ici sur l'inventaire ou la description des crises qui jalonnent l'histoire de la Région. Notre initiative pourra certainement être prolongée par d'autres chercheurs qui vont nous succéder sur le terrain.
Sur le plan pratique, notre réflexion pourra aider les décideurs, les partenaires au développement et les hommes des médias à disposer des outils nécessaires pour mieux gérer les différentes crises qui émaillent la vie des populations de la région. Les autorités sanitaires de la région pourront y trouver des stratégies pour une meilleure approche pour la gestion des crises.
En fin de compte, notre réflexion pourra permettre aux pouvoirs publics et aux acteurs médiatiques d'initier des programmes de formation de renforcement des capacités des hommes des médias dans la gestion des crises.
La délimitation de l'étude est l'action de circonscrire l'étude dans un cadre précis. En d'autres termes, c'est la détermination des bornes ou de l'étendue du sujet. Dans le sillage d'Alain cité par Theundjou (1983 :78) : « qui ne sut limiter ne sut jamais écrire ».Avec la prise en compte de ces propos, la délimitation de l'étude se fera dans l'espace, dans le temps et autour du thème.
-La délimitation thématique
Le thème de notre recherche porte sur la communication de crise mais compte tenu du temps imparti, nous avons trouvé nécessaire de voir que deux aspects à savoir : les médias, la gestion de l'épidémie dans le département du Mao-Tsanaga. Notre choix se justifie par le fait que ce terrain de la recherche est encore presque vierge au Cameroun et particulièrement dans la région de l'Extrême-Nord.
Il n'est pas question pour nous de mener une étude sur l'influence des médias ou de la communication sur le comportement de la population. Par ailleurs, le travail que nous conduisons n'est pas une analyse de contenu des médias lors de l'épidémie de cholera. Il importe dans notre contexte de mettre en relief la place des médias dans la gestion de l'épidémie.
- La délimitation spatiale
Il s'agit de préciser l'espace dans lequel nous avons mené notre étude. En effet, c'est dans la région de l'Extrême-Nord, département du Mayo-Tsanaga, que nous avons mené notre recherche. Ce terrain nous a intéressé à cause de l'ampleur de l'épidémie de cholera qui y a sévi en 2010 avec au bilan 3 745 cas pour 315 décès. D'où le choix de cette zone.
- La délimitation temporelle
Tout travail de recherche est compris dans un temps bien délimité. Ce temps est souvent pris en fonction du type de recherche. Dans le cadre de notre travail, la période d'étude part de mai 2010 à février 2011. Cette période correspond à l'apparition et à la fin de l'épidémie de cholera.
Une troisième méthode, l'échantillonnage de convenance ou au jugé consiste à prélever un échantillon en se fondant sur certains jugements et opinions au sujet de la population. Nous utilisons cette méthode pour choisir notre échantillon qualitatif celui qui est représentatif des responsables d'institutions avec lesquels nous avons passé des entretiens semi-directifs.
Tableau n°10 : Répartition des enquêtés (population DS Mokolo et Koza) selon l'âge
Fréquence |
Pour cent |
Pourcentage valide |
Pourcentage cumulé |
Valide |
|||
20-24 |
11 |
11,0 |
11,0 |
11,0 |
|||
25-29 |
14 |
14,0 |
14,0 |
25,0 |
|||
30-34 |
13 |
13,0 |
13,0 |
38,0 |
|||
35-39 |
17 |
17,0 |
17,0 |
55,0 |
|||
40-44 |
16 |
16,0 |
16,0 |
71,0 |
|||
45-49 |
14 |
14,0 |
14,0 |
85,0 |
|||
50 et + |
15 |
15,0 |
15,0 |
100,0 |
|||
Total |
100 |
100,0 |
100,0 |
Tableau n°11 : Répartition des enquêtés (District de santé de Mokolo et Koza) selon le sexe
Fréquence |
Pour cent |
Pourcentage valide |
Pourcentage cumulé |
Valide |
|||
Masculin |
67 |
67,0 |
67,0 |
67,0 |
|||
Féminin |
33 |
33,0 |
33,0 |
100,0 |
|||
Total |
100 |
100,0 |
100,0 |
Tableau n°12 : Répartition des enquêtés selon leur situation matrimoniale
Fréquence |
Pour cent |
Pourcentage valide |
Pourcentage cumulé |
Valide |
|||
Célibataire |
32 |
32,0 |
32,0 |
32,0 |
|||
Marié(e) |
47 |
47,0 |
47,0 |
79,0 |
|||
Veuf(ve) |
21 |
21,0 |
21,0 |
100,0 |
|||
Total |
100 |
100,0 |
100,0 |
Tableau n°13 : Répartition des hommes des medias selon l'âge
Age |
Fréquence |
Pour cent |
Pourcentage valide |
Pourcentage cumulé |
Valide |
||
25-29 |
4 |
11,8 |
11,8 |
11,8 |
|||
30-34 |
5 |
14,7 |
14,7 |
26,5 |
|||
35-39 |
10 |
29,4 |
29,4 |
55,9 |
|||
40-44 |
8 |
23,5 |
23,5 |
79,4 |
|||
45-49 |
5 |
14,7 |
14,7 |
94,1 |
|||
50 et + |
2 |
5,9 |
5,9 |
100,0 |
|||
Total |
34 |
100,0 |
100,0 |
Tableau n°14 : Répartition des hommes des médias selon le sexe
Fréquence |
Pour cent |
Pourcentage valide |
Pourcentage cumulé |
Valide |
|||
Masculin |
31 |
91,2 |
91,2 |
91,2 |
|||
Féminin |
3 |
8,8 |
8,8 |
100,0 |
|||
Total |
34 |
100,0 |
100,0 |
Source : enquête de terrain, juin 2011
Pour mener nos recherches, nous avons dans un premier temps sillonné la zone d'étude pour repérer les personnes-ressources et celles pouvant faire l'objet de nos enquêtes par questionnaire. C'est ainsi que nous avons effectué trois descentes dans le département du Mayo-Tsanaga. La première descente s'est déroulée le 31 mars et le 1er avril 2011. La troisième descente a eu lieu du 07 au 10 mai 2011 dans les arrondissements de Koza, Hina, Bourrha, Mozogo et Soulede-Roua. Le 16 juin, nous nous sommes rendu à Mokolo et Mogodé. Lors de ces descentes, nous avons non seulement eu des entretiens avec les autorités administratives, municipales et sanitaires mais aussi administré des questionnaires aux populations échantillonnées.
L'administration du questionnaire aux médias a été facilitée par notre connaissance du milieu malgré quelques réticences de la part de certains hommes des médias à dévoiler leur niveau d'instruction.
3-5-2-3-1-La structuration des questionnaires
Sur le plan structurel, le premier questionnaire se divise trois parties : l'introduction, l'identification du répondant et le questionnaire proprement dit.
- L'introduction
C'est le petit texte qui permet d'édifier le répondant quant à l'objet et au but de l'enquête, lui assure anonymat et confidentialité et lui indique la conduite et la tâche qu'on attend de lui.
- L'identification de l'enquêté
Cette partie vise à identifier la personne enquêtée notamment le sexe, l'âge, l'activité menée ou la profession, le statut matrimonial. Pour le premier questionnaire, il était question pour le répondant de décliner sa localité de résidence, l'unité administrative (arrondissement), son âge, son sexe, son statut matrimonial et sa profession.
Dans le deuxième questionnaire que nous avons administré aux hommes des médias, l'identification consistait pour l'enquêté à dévoiler son âge, son sexe et le type de media dans lequel il exerce.
- Le questionnaire proprement dit
C'est dans cette partie qu'un ensemble de questions est adressé au répondant en vue de recueillir leur avis sur l'objet d'étude. Le questionnaire est constitué de trois types de questions :
-les questions ouvertes qui amenaient le répondant à donner son opinion sur un fait
-les questions fermées qui amenaient l'enquêté à faire un choix parmi deux réponses qui lui sont offertes
-les questions à choix multiples qui amenaient l'enquêté à faire un choix parmi plusieurs réponses qui lui sont proposées.
3.5.1.1.3 Les thèmes des questionnaires
Sur le plan thématique, le premier questionnaire administré aux habitants des districts de santé de Mokolo et de Koza est constitué de deux thèmes majeurs et de plusieurs sous thèmes. Les variables indépendantes des hypothèses de recherche HR2 et HR3 font une partie en plus de la variable dépendante qui en fait un thème particulier. Aussi, les thèmes et les sous thèmes de ces questionnaires sont en relation avec notre problématique et les objectifs poursuivis par cette étude. Nous avons comme thèmes :
Thème1 : L'accès des populations aux médias
Sous-thèmes :
- Type de médias reçus
- Sources d'information
- Taux de réception des médias
Thème2 : Gestion de l'épidémie
Sous-thèmes :
- Canaux de sensibilisation
- Prévention du cholera
- Prise en charge du cholera
- Réduction du nombre de cas du cholera
Dans le deuxième questionnaire administré aux hommes des médias de la région de l'Extrême-Nord, nous avons abordé deux thèmes majeurs :
· Le profil des acteurs de la communication
· L'organisation de la communication de crise
Thème1 : Profil des acteurs de la communication
Sous-thèmes :
- Formation professionnelle
- Expérience professionnelle
- Niveau d'instruction
- Diplômes obtenus
Thèmes2 : organisation de la communication de crise
Sous-thèmes :
- Couverture de l'épidémie du cholera
- Personnes-ressources
- Cellule de crise
- Professionnalisation de la communication de crise
- Existence d'un site web
- Disponibilité de l'information
- Moyens de couverture
- Genres rédactionnels utilisés
Nous allons dans le tableau qui suit faire une description explicite du questionnaire
Tableau n°15 : Description du questionnaire
Thème principal |
Thèmes secondaires |
Questions |
Modalités de réponses |
Thème1 : l'accès des populations aux médias |
-outils d'information |
Q1 |
-radio -télévision -presse écrite |
-moyens d'information |
Q2 |
-radio -télévision -presse écrite |
|
-taux de réception des médias |
Q3, Q4, Q5, Q6, Q6, Q7, Q8 |
-faible -Moyen -élevé |
|
Gestion de l'épidémie |
-canaux de sensibilisation |
Q9 |
-radio -télévision -presse écrite |
-prévention du cholera |
Q10 |
-oui -non |
|
-Prise en charge du cholera |
Q11 |
Oui Non |
|
-réduction des cas du cholera |
Q12 |
-oui Non |
|
Profil des acteurs de la communication |
-formation professionnelle |
Q13 |
Oui Non |
-expérience professionnelle |
Q14 |
-5ans + 5ans |
|
-niveau d'instruction |
Q15 |
-élevé -suffisant Insuffisant |
|
-diplômes obtenus |
Q16 |
-CEP BEPC Probatoire Bac Licence Licence et plus |
|
Organisation de la communication de crise |
-couverture de l'épidémie |
Q17 |
-oui -non |
-personnes-ressources |
Q18 |
-autorités administratives -autorités sanitaires |
|
-cellule de crise |
Q19 |
-oui -non |
|
Présence d'un communicateur professionnel |
Q20 |
Oui Non |
|
Existence d'un site web |
Q21 |
Oui Non |
|
-disponibilité de l'information |
Q22 |
-pas disponible -disponible -assez disponible |
3.5.1.1 L'entretien
Fonctions |
Noms et prénoms |
Date |
Références |
Préfet du Mayo-Tsanaga |
BELLO Léonard |
4 juillet 2011 |
77 38 56 43 |
Sous-préfet de Mokolo |
VIANG MEKALA |
4 juillet 2011 |
22 29 45 21 |
Sous-préfet de Koza |
DJALO Jean |
5 juillet 2011 |
99 26 15 14 |
Maire de la Commune Mokolo |
ZOKOM Damien |
4 juillet 2011 |
99 56 48 63 |
Maire de la Commune de Koza |
REWETEM Martin |
5 juillet 2011 |
95 48 44 95 |
Responsable Plan Cameroon |
ESSAMA Justin |
7 juillet 2011 |
22 29 14 73 |
Délégué régional de la Santé publique de l'Extrême-Nord |
Dr DJAO Rebecca |
16 mars 2011 |
99 86 98 04 |
Gouverneur de la région de l'Extrême-Nord |
BETI ASSOMO Joseph |
19 mars 2011 |
96 79 20 28 |
Délégué régional de la Communication de l'Extrême-Nord |
BOUBA Martin |
15 mars 2011 |
77 72 66 33 |
Sa Majesté Lamido de Mokolo |
SM YACOUBA MOHAMADOU MOURTALLA |
1er/04/2011 |
75 21 22 22 |
Lamido de Matakam Sud |
SM DJALIGUE ZOGOYE |
1eravril 2011 |
98 19 61 91 |
Chef de servi du suivi à la délégation régionale de la Santé publique |
Dr KAOUSSIRI BREKMO |
16 mars 2011 |
99 38 86 81 |
Chef de service du district de santé de MOKOLO |
KUATE Yves FOTIE |
4 juillet 2011 |
98 52 32 17 |
Responsable C4 |
Dave Etienne MEVOULA ONANA |
5 avril 2011 |
22 29 15 22 |
Chef de station CRTV Maroua |
MOINDJEL NGOL Michel |
1er juin 2011 |
99 41 98 49 |
ADAMA |
Responsable des programmes à FM MOKOLO |
1er/avril 2011 |
75 19 89 98 |
Correspondant Mutations |
KALDAOSSA Jacques |
02 juin 2011 |
95 18 68 00 |
Source : enquête de terrain, mars/avril/mai/juin/juillet 2011.
3.5.1.2.2 Les thèmes du guide d'entretien
Thème 1 : L'accès des populations aux moyens d'information
Sous thèmes :
- Outils d'information
- sources d'informations
- Taux de réception des médias
Thème 2 : la gestion de l'épidémie
Sous thèmes :
- Canaux de sensibilisation
- L'apport des médias dans la prévention
- L'apport des médias dans la prise en charge
- L'apport des médias dans la réduction du nombre des cas
Thème 3 : profil des acteurs de la communication
Sous thèmes
- L'expérience professionnelle
- Le niveau d'instruction
- Les diplômes obtenus
Thème 4 : L'organisation de la communication de crise
Sous thème :
- Existence d'une cellule de crise
- Professionnalisation de la communication de crise
- Existence d'un site web sur la crise
- Personnes-ressources
- Disponibilité de l'information sur l'épidémie
- Moyens de couverture
- Genres rédactionnels utilisés
Dans cette partie, nous allons décliner le mode d'analyse et de traitement des données ainsi que la méthode utilisée pour la vérification de nos hypothèses de recherche. Mais il est utile de préciser d'abord le mode de dépouillement des questionnaires avant d'évoquer les méthodes d'analyse utilisées.
L'analyse des données peut se faire de manière qualitative ou quantitative. BOUDON R. (1969 : 31) définit les enquêtes quantitatives comme « celles qui permettent de recueillir sur un ensemble d'éléments, des informations comparables d'un élément à l'autre ». Cette méthode privilégie les données statistiques tandis qu'une méthode qualitative s'appuie sur les ouvrages littéraires, textes officiels, entretiens...La méthode quantitative a ainsi l'avantage de se prêter à la vérification puisque, tous les chercheurs peuvent constater une régularité statistique par exemple. La méthode qualitative ne crée jamais l'unanimité car elle se prête difficilement à la vérification. C'est pourquoi, nous avons utilisé les deux méthodes de façon complémentaire dans le cadre de notre recherche.
Cette partie comportait trois phases :
-Après la collecte des questionnaires, nous avons procédé au dépouillement manuel. La démarche consistait en un rappel de chaque question, au pointage des réponses, au comptage des réponses, au calcul des pourcentages et construction des tableaux. Nous avons ainsi passé au peigne fin tous les 134 questionnaires. Nous avons ainsi procédé au traitement automatique des données à partir du logiciel statistique package for social sciences (SPSS) version 17. La codification des questionnaires par le logiciel SPSS nous a permis d'obtenir deux bases de données relatives aux deux questionnaires.
SPSS (Statistical Package for the Social Sciences) est un logiciel utilisé pour l'analyse statistique. Sa première version a été mise en vente en 1968 et fait partie des programmes les plus largement utilisés pour l'analyse statistique en sciences sociales. Il est utilisé par des chercheurs en économie, en science de la santé, par des compagnies d'études, par le gouvernement, des chercheurs de l'éducation nationale, et bien d'autres. Dans le cadre de notre étude, nous l'avons utilisé pour le dépouillement des données, les corrélations, les inférences et La vérification de la loi du Khi-deux.
Il s'est agi dans cette étape de construire des tableaux et des figures à partir des données statistiques. Le logiciel SPSS nous a donné toutes les statistiques nécessaires : moyenne de s variables, modalités des variables les plus fréquentes et les pourcentages de chaque variable.
L'analyse quantitative quant à elle s'est effectuée en deux étapes : L'analyse quantitative primaire et l'analyse quantitative secondaire. L'analyse quantitative primaire a consisté à examiner les informations recueillies en se plaçant uniquement du point de vue des objectifs de la recherche. Bref, il s'agissait de vérifier de façon statistique l'existence du lien de dépendance postulé entre nos variables hypothétiques, c'est-à-dire, à confirmer ou à infirmer les hypothèses de recherche. Compte tenu de la nature nominale et indépendante de nos variables, et du type de recherche que nous menons, nous avons choisi comme instrument statistique de vérification des hypothèses de recherche, le test de signification de KHI CARRE ou KHI DEUX. Cette vérification s'est d'abord fait manuellement puis il y a eu une vérification informatique, surtout pour le calcul du Khi carré. Les étapes de cette vérification étaient les suivantes :
· La formulation des hypothèses statistique (H0 et H1).
Ces deux hypothèses statistiques sont rivales comme nous le disent Murray et Spiegel (1983). H0 qui est l'hypothèse nulle n'a été formulée que pour être rejetée idéalement, alors que l'hypothèse alternative H1 a été formulée pour être acceptée idéalement.
· La vérification de la loi du Khi deux
Il s'agit de dresser les tableaux de contingence des fréquences observées (fo) et relatives (fe) des sujets à des questions précises pour vérifier la loi du Khi deux ( X2 ). Nous avons utilisé le Khi deux normal lorsque toutes les fréquences théoriques étaient supérieures ou égales à 5. Nous avons utilisé le Khi deux corrigé dans le cas contraire.
· Le choix du seuil de signification (á) et degré de liberté (ddl). Nous avons choisi
á = 0,05.
· La détermination de la valeur critique de Khi deux et établissement de la règle de décision. Nous avons décidé que ;
- Si X2 calculé > X2 lu alors, H0 est rejetée et H1 acceptée.
- Si X2 cal < X2 lu, alors H0 est acceptée et H1 est rejetée.
· Le calcul de la valeur du khi deux de l'échantillon (X2 cal).
· La comparaison et la décision.
· L'inférence.
L'analyse quantitative secondaire quant à elle a consisté à apprécier par des calculs statistiques, la pertinence des liens de dépendance trouvés entre les variables hypothétiques. Nous avons choisi de calculer le coefficient de contingence (C) qui indique la force de liaison des deux variables d'une hypothèse. Nous avons considéré que :
§ Si C > 0,50 alors, le lien entre nos variables est fort
§ Si 0,49 < C < 0,50 alors, le lien entre nos variables est modéré
§ Si C< 0,49 alors, le lien entre nos variables est faible.
Les difficultés sont les obstacles auxquels le chercheur a été confronté lors de son investigation. Elles peuvent aussi être définies comme une ligne qui marque la fin d'une étude, d'une période qu'on ne peut dépasser.
Théoriquement, notre étude se situe dans le domaine de la communication de crise. Au Cameroun, ce domaine est encore presque vierge et surtout en ce qui concerne la région de l'Extrême-Nord. Ce travail de recherche n'a pas été facile compte tenu des difficultés rencontrées qu'on peut regrouper de la manière suivante :
Ø Les difficultés sur le plan documentaire ;
Ø Les difficultés sur l'accès difficile à la zone d'étude et les autres limites
Ø Les difficultés d'ordre méthodologique
Le centre de documentation de l'Université de Maroua ne dispose pas assez de documents appropriés, adéquats directement utiles à une bonne exploitation pour traiter notre sujet, c'est pourquoi nous nous sommes concentrés sur quelques documents qui développent seulement de certains aspects de notre sujet. Quant au centre de documentation de l'ISS, jusqu'à la réalisation de notre étude, il était toujours virtuel.
En plus difficultés documentaires, celles liées à l'accès à la zone d'étude n'étaient pas en reste. La zone sur laquelle a porté notre choix est le département du Mayo-Tsanaga où l'accès n'est pas aisé. Et notre investigation s'est faite auprès des habitants des sept arrondissements dont la possibilité de les atteindre n'est pas facile.
En dehors de la difficulté d'accès liée au relief, il faut aussi mentionner un manque de volonté voire un refus de certains informateurs à répondre à nos interrogations. Ils nous suspectent et pensent que nous sommes des agents de l'administration venus découvrir leurs secrets en vue de les nuire. D'autres écueils sont celles de l'indisponibilité de certains responsables, les médecins en particulier, ils sont constamment en réunion à Maroua ou en campagne de vaccination. Pour les rencontrer, nous avons dû effectuer plusieurs déplacements dans leurs lieux de travail. En plus, il fallait vaincre l'obstacle linguistique pour le questionnaire. Beaucoup d'enquêtés sollicités ne savent lire ni écrire le français. Il a fallu pour certains recourir à des traducteurs pour contourner cet obstacle.
Jusqu'à la réalisation de ce travail, nous aurons été confronté au problème de méthodologie. Des clarifications étaient nécessaires pour conduire ce travail. La méthodologie préconisée par le département ne nous permettait pas de mieux cerner les contours de la problématique de ce thème qui est intimement lié à notre spécialité choisie : « Population et Résolution des Conflits ». Cette méthodologie privilégie la méthode quantitative au détriment de la méthode descriptive. En plus, nous avons eu du mal à utiliser l'outil de traitement des données, le SPSS dont le cours n'aura pas été fait durant notre formation.
Tableau n°17 : Répartition des moyens d'information utilisés
Fréquence |
Pour cent |
Pourcentage valide |
Pourcentage cumulé |
Valide |
|||
Poste radio |
53 |
53,0 |
53,0 |
53,0 |
|||
Poste téléviseur |
21 |
21,0 |
21,0 |
74,0 |
|||
Journaux |
12 |
12,0 |
12,0 |
86,0 |
|||
Autres |
14 |
14,0 |
14,0 |
100,0 |
|||
Total |
100 |
100,0 |
100,0 |
Figure 12 : Diagramme en secteur de la répartition des moyens d'information utilisés
Source : Enquête de terrain, juin 2011
Il ressort de ce tableau et de cette figure que la radio est le moyen d'information le plus utilisé par les populations des deux districts de santé. C'est d'ailleurs une preuve que ce moyen reste toujours le media de proximité. Dans le département du Mayo-Tsanaga comme partout d'ailleurs dans l'arrière-pays, la radio reste et demeure le média le plus présent dans la vie de la population (53%). Le poste-récepteur radio est généralement présent dans la majeure partie des foyers. Cette réalité s'explique également par le coût relativement dérisoire de l'acquisition d'un poste-récepteur radio. Il faut également noter que les avancées de la technologie ont davantage facilité la possibilité d'accéder à la radio à travers le téléphone portable. Quant à la télévision, elle vient en deuxième position (21%) comme outil d'information. Compte tenu de la pauvreté ambiante, l'acquisition d'un poste-téléviseur n'est pas dans l'ordre des priorités des populations. Le niveau d'analphabétisme très poussé de la zone fait que la presse écrite demeure ici un outil d'information de luxe.
Tableau n°18 : Mode de réception des informations
Fréquence |
Pour cent |
Pourcentage valide |
Pourcentage cumulé |
Valide |
|||
Radio |
62 |
62,0 |
62,0 |
62,0 |
|||
Télévision |
17 |
17,0 |
17,0 |
79,0 |
|||
Presse écrite |
6 |
6,0 |
6,0 |
85,0 |
|||
Autres |
15 |
15,0 |
15,0 |
100,0 |
|||
Total |
100 |
100,0 |
100,0 |
Figure 13 : Diagramme de la répartition des modes de reception des informations
Source : Enquête de terrain, juin 2011
A l'observation de ce tableau, nous réalisons que les habitants des deux districts de santé sont essentiellement informés par la radio (62%), une petite partie par la télévision et une infime proportion par la presse écrite. Mais, une petite frange non négligeable (15%) s'informe par d'autres sources. On peut imaginer qu'il peut s'agir des moyens de la communication interpersonnelle et traditionnelle. L'ethnométhodologie que nous avons convoquée dans les modèles théoriques trouve aisément sa place dans cette observation. Il est clair qu'une frange de la population s'informe à travers les prêches à l'église, dans les mosquées et autre téléphone arabe. La troisième observation permet de noter que la grande majorité de la population du Mayo-Tsanaga s'informe par la radio. Cela est d'autant vrai que la radio reste le media le plus accessible pour les habitants du département. Cette réalité découle de ce que le territoire est en partie bien arrosé par la CRTV et par la radio communautaire, Echo des Montagnes de Mokolo. La télévision constitue une deuxième source, mais contribue très faiblement (17%) à l'information de la population. En effet, pour qu'elle rivalise la radio, elle nécessitera un niveau important d'investissement pour les équipements de réception. La presse écrite constitue une source d'information très négligeable (6%) de la population. Cette faiblesse est due, nous l'avons souligné plus haut, au degré d'analphabétisme ambiant du département. Mais une partie de la population (15%) s'informe par des moyens autres que les médias classiques.
Tableau n° 19 : Degré de couverture par la radio
Fréquence |
Pour cent |
Pourcentage valide |
Pourcentage cumulé |
Valide |
|||
Pas du tout |
21 |
21,0 |
21,0 |
21,0 |
|||
Faiblement |
28 |
28,0 |
28,0 |
49,0 |
|||
Assez |
51 |
51,0 |
51,0 |
100,0 |
|||
Total |
100 |
100,0 |
100,0 |
Figure 14 : Diagramme de la répartition du degré de couverture par la radio
Source : Enquête de terrain, juin 2011
Le tableau et la figure nous permettent d'observer que le signal radio couvre un peu plus de la moitié du territoire du Mayo-Tsanaga. Cependant, un autre pan du territoire est faiblement couvert alors que certaines parties de cette unité reste dans une zone de silence. C'est le cas d'ailleurs de l'arrondissement de Koza qui ne reçoit pas de signal radio, ni de la CRTV, ni de la Radio communautaire Echo des Montagnes. Bien qu'elle soit présente dans la majeure partie du territoire camerounais, la radio est encore confrontée à certaines zones de silence dans diverses régions du pays. Dans le département du Mayo-Tsanaga, la CRTV tout comme la radio communautaire, Echo des Montagnes de Mokolo couvre 51% du territoire. Cela constitue un handicap sérieux pour les campagnes de sensibilisation pour le changement des comportements qu'initient le gouvernement et les partenaires au développement.
Tableau n° 20: Opinion des enquêtés sur les radios présentes
Fréquence |
Pour cent |
Pourcentage valide |
Pourcentage cumulé |
Valide |
|||
CRTV radio |
31 |
31,0 |
31,0 |
31,0 |
|||
Radio FM Mokolo |
49 |
49,0 |
49,0 |
80,0 |
|||
Africa N° 1 |
8 |
8,0 |
8,0 |
88,0 |
|||
Station radio nigériane |
12 |
12,0 |
12,0 |
100,0 |
|||
Total |
100 |
100,0 |
100,0 |
Figure 15 : Diagramme de la répartition des enquêtés sur les radios présentes
Source : Enquête de terrain, juin 2011
Il découle de ce tableau que la radio communautaire Echo des Montagnes est la plus présente sur le territoire du département du Mayo-Tsanaga. Elle est suivie de la CRTV version radio. Cependant, dans certaines parties du département, les habitants suivent Africa N°1 et des stations de radio nigérianes. Cette situation est très délicate d'autant que ces zones de silence pour les radios nationales poussent les populations à aller vers les radios étrangères.
Tableau n° 21 : Degré de couverture par les chaînes de télévision
Fréquence |
Pour cent |
Pourcentage valide |
Pourcentage cumulé |
Valide |
|||
Pas du tout |
28 |
28,0 |
28,0 |
28,0 |
|||
Faiblement |
43 |
43,0 |
43,0 |
71,0 |
|||
Assez |
29 |
29,0 |
29,0 |
100,0 |
|||
Total |
100 |
100,0 |
100,0 |
Figure 16: Diagramme de la répartition selon le degré de couverture par les chaînes de télévision
Source : Enquête de terrain, juin 2011
Les informations de ce tableau et de cette figure soulignent que le département du Mayo-Tsanaga reste faiblement couvert par les chaînes de télévision. Nous excluons ici, la télévision par câble ou par antenne parabolique qui nécessitent un équipement particulier. Une partie de ce département ne reçoit pas du tout les images de la chaîne nationale et des chaînes privées nationales ou internationales. Pour corriger ce déficit, les pouvoirs publics doivent s'atteler à installer des équipements pour la réception des images. Cela est d'autant plus urgent que le Mayo-Tsanaga partage une longue frontière avec la République fédérale du Nigeria. Cette proximité risque de pousser la population à suivre plutôt les chaînes de télévision de ce géant voisin.
Tableau n°22 : Opinion des enquêtés sur les noms des chaines de télévision présentes
Fréquence |
Pour cent |
Pourcentage valide |
Pourcentage cumulé |
Valide |
|||
CRTV Télé |
34 |
34,0 |
34,0 |
34,0 |
|||
Canal 2 |
21 |
21,0 |
21,0 |
55,0 |
|||
Equinoxe |
17 |
17,0 |
17,0 |
72,0 |
|||
STV |
15 |
15,0 |
15,0 |
87,0 |
|||
Autres |
13 |
13,0 |
13,0 |
100,0 |
|||
Total |
100 |
100,0 |
100,0 |
Figure 17: Diagramme de la répartition selon les chaines de télévision présentes
Source : Enquête de terrain, juin 2011
Au vu de ce tableau et de cette figure, on note que la chaîne de télévision la plus regardée par les populations de notre zone d'étude est la CRTV. Ce résultat suit une certaine logique puisque la réception des autres chaînes requiert un investissement minimum de la part des habitants. Par ordre d'importance, suivent Canal2, Equinoxe et STV. Certaines chaînes notamment étrangères sont également regardées par la population de notre zone d'étude. Il faut noter que la présence des chaînes privées est due en grande partie au système de câblodistribution.
Tableau n° 23 : Opinion des enquêtés sur l'existence de kiosque à journaux
Fréquence |
Pour cent |
Pourcentage valide |
Pourcentage cumulé |
Valide |
|||
Oui |
32 |
32,0 |
32,0 |
32,0 |
|||
Non |
68 |
68,0 |
68,0 |
100,0 |
|||
Total |
100 |
100,0 |
100,0 |
Source : Enquête de terrain, juin 2011
Il résulte de ce tableau que la presse écrite constitue le parent pauvre du commerce des medias classiques dans le département du Mayo-Tsanaga et plus précisément dans notre zone d'étude. Les journaux sont moins présents dans le département par rapport aux médias audiovisuels. Cette absence s'explique par le taux d'analphabétisme relativement élevé du département, le défaut de culture de lecture et le manque d'opérateurs économiques qui s'intéressent à ce secteur. Seule, la ville de Mokolo dispose d'un petit espace où sont vendus quelques titres de la presse écrite privée. Quant au quotidien national bilingue Cameroon Tribune, il est distribué à une dizaine d'abonnés de la ville de Mokolo.
Tableau n° 24 : Canaux de sensibilisation pour les mesures d'hygiène
Fréquence |
Pour cent |
Pourcentage valide |
Pourcentage cumulé |
Valide |
|||
Medias |
38 |
38,0 |
38,0 |
38,0 |
|||
Communication interpersonnelle |
47 |
47,0 |
47,0 |
85,0 |
|||
Sources documentaires |
15 |
15,0 |
15,0 |
100,0 |
|||
Total |
100 |
100,0 |
100,0 |
Figure 18: Diagramme de la répartition de enquêtés selon les canaux de sensibilisation
Source : enquête de terrain, juin 2011
A partir de ce tableau et de cette figure, on note que la sensibilisation pour le respect des mesures d'hygiène passe mieux par la communication interpersonnelle que par tout autre moyen de communication dans ce département. Les médias classiques viennent en seconde position dans cette sensibilisation. La communication interpersonnelle a joué un grand rôle dans la lutte contre la récente épidémie. L'ONG Plan Cameroon avait mobilisé plus de deux cent personnes appelées « soldats du cholera » pour sensibiliser les populations au respect des mesures d'hygiène.
Tableau n° 25 : Opinion des enquêtés sur l'apport des médias dans la prévention du choléra
Fréquence |
Pour cent |
Pourcentage valide |
Pourcentage cumulé |
Valide |
|||
Pas du tout |
63 |
63,0 |
63,0 |
63,0 |
|||
Faible |
26 |
26,0 |
26,0 |
89,0 |
|||
Assez |
11 |
11,0 |
11,0 |
100,0 |
|||
Total |
100 |
100,0 |
100,0 |
Figure 19: Diagramme sur l'opinion des enquêtés sur l'apport des médias dans la prévention du choléra
Source : Enquête de terrain, juin 2011
Le constat qui se dégage de ce tableau et de cette figure est que 63% des enquêtés pensent que les médias n'ont joué aucun rôle dans la sensibilisation des populations afin de les mettre à l'abri de l'épidémie. Pour 26% de nos enquêtés, ce rôle est faible alors que 11% des enquêtés pensent que les médias ont contribué à la prévention de l'épidémie. Ce constat rejoint nos observations et nos hypothèses de départ. D'abord, les médias à l'instar de la radio et de la télévision ne couvrent qu'une partie du territoire. Ensuite, beaucoup d'acteurs médiatiques n'ont pas le profil nécessaire pour concevoir des messages adéquats pouvant aider à la gestion de l'épidémie. Enfin, l'organisation de la communication médiatique autour de l'épidémie n'était pas de nature à faire de la presse un maillon clé dans la gestion de l'épidémie.
Tableau n° 26 : Opinion des enquêtés sur l'apport des médias dans la prise en charge du choléra
Fréquence |
Pour cent |
Pourcentage valide |
Pourcentage cumulé |
Valide |
|||
Pas du tout |
54 |
54,0 |
54,0 |
54,0 |
|||
Faible |
31 |
31,0 |
31,0 |
85,0 |
|||
Assez |
15 |
15,0 |
15,0 |
100,0 |
|||
Total |
100 |
100,0 |
100,0 |
Figure 20: Diagramme sur l'opinion des enquêtés sur l'apport des médias dans la prise en charge du choléra
Source : enquête de terrain, juin 2011
Les données de ce tableau et de cette figure mettent en évidence l'apport des médias dans la prise en charge des malades du cholera. La lecture de cette fréquence nous enseigne que leur apport n'est pas significatif (54%). Comme dans le précédent paragraphe, le faible accès des populations aux moyens d'information, le manque de professionnalisme de la part des communicateurs ainsi le manque d'organisation de la communication autour de l'épidémie expliquent cette situation.
Tableau n° 27 : Répartition des enquêtés selon le type de média
Fréquence |
Pour cent |
Pourcentage valide |
Pourcentage cumulé |
Valide |
|||
Radio |
15 |
44,1 |
44,1 |
44,1 |
|||
Télévision |
9 |
26,5 |
26,5 |
70,6 |
|||
Presse écrite |
10 |
29,4 |
29,4 |
100,0 |
|||
Total |
34 |
100,0 |
100,0 |
Figure n° 21 : Répartition selon le type de média
Source : Enquête de terrain : mai 2011
Le tableau n° 27 et la figure n° 21 révèlent que l'audiovisuel emploie plus de la moitié des journalistes et assimilés (exerçant dans la région de l'Extrême-Nord. Et dans le domaine de l'audiovisuel, la radio vient en tête en termes d'emploi avec 44,1% contre 26,5% pour la télévision. Quant à la presse écrite, elle utilise 29,4% du personnel journalistique de la région.
Tableau n° 28 : Répartition des enquêtés selon les formations professionnelles reçues
Fréquence |
Pour cent |
Pourcentage valide |
Pourcentage cumulé |
Valide |
|||
Oui |
12 |
35,3 |
35,3 |
35,3 |
|||
Non |
22 |
64,7 |
64,7 |
100,0 |
|||
Total |
34 |
100,0 |
100,0 |
Figure n° 22 : Répartition des journalistes selon les formations professionnelles reçues
Source : Enquête de terrain, mai 2011
Ce tableau et cette figure liassent ressortir le statut des hommes des medias qui exercent dans la région de l'Extrême-Nord. 64,7% des journalistes et assimilés enquêtés affirme n'avoir reçu aucune formation professionnelle. Seuls 35,3% ont été à une école de formation. Le reste est composé des personnes venues dans la profession par des voies déguisées. La plupart sont des rebuts de l'enseignement secondaire et universitaire.
Tableau n° 29 : Répartition des enquêtés selon leurs expériences professionnelles
Fréquence |
Pour cent |
Pourcentage valide |
Pourcentage cumuli |
Valide |
|||
Moins de 5 ans |
14 |
41,2 |
41,2 |
41,2 |
|||
Plus de 5 ans |
20 |
58,8 |
58,8 |
100,0 |
|||
Total |
34 |
100,0 |
100,0 |
Figure n° 23 : Diagramme de répartition des enquêtés selon leurs expériences professionnelles
Source : Enquête de terrain, mai 2011
Cette distribution laisse apparaître que 41,2% des journalistes enquêtés ont moins de cinq ans de terrain. Plus de la moitié, soit 58,8% travaillent depuis plus de 5 ans de journalistes et assimilés.
Tableau n° 30 : Répartition des enquêtés selon leurs niveaux d'instruction
Fréquence |
Pour cent |
Pourcentage valide |
Pourcentage cumulé |
Valide |
|||
Sans niveau |
1 |
2,9 |
2,9 |
2,9 |
|||
Niveau primaire |
2 |
5,9 |
5,9 |
8,8 |
|||
Niveau secondaire |
17 |
50,0 |
50,0 |
58,8 |
|||
Niveau supérieur |
14 |
41,2 |
41,2 |
100,0 |
|||
Total |
34 |
100,0 |
100,0 |
Figure n° 24 : Répartition des enquêtés selon leurs niveaux d'instruction
Source : Enquête de terrain, mai 2011
Au regard de ce tableau et de cette figure, la moitié des journalistes exerçant dans la région de l'Extrême-Nord a mené des études jusqu'au niveau secondaire contre 41,2% pour le niveau supérieur. Une petite partie a le niveau primaire (5,9%). Autre curiosité, 2,9% des enquêtés n'a pas de niveau, c'est-à-dire, n'a pas été à l'école. Ces derniers se sont retrouvés dans la profession comme de simples débrouillards et qui ont fini par paraitre aux yeux du public comme des journalistes.
Tableau n° 31 : Classement enquêtés selon les diplômes obtenus
Fréquence |
Pour cent |
Pourcentage valide |
Pourcentage cumuli |
Valide |
|||
Sans diplôme |
1 |
2,9 |
2,9 |
2,9 |
|||
CEPE |
2 |
5,9 |
5,9 |
8,8 |
|||
BEPC |
4 |
11,8 |
11,8 |
20,6 |
|||
Probatoire |
7 |
20,6 |
20,6 |
41,2 |
|||
Baccalauréat |
8 |
23,5 |
23,5 |
64,7 |
|||
Licence |
9 |
26,5 |
26,5 |
91,2 |
|||
Licence et plus |
3 |
8,8 |
8,8 |
100,0 |
|||
Total |
34 |
100,0 |
100,0 |
Figure n° 25 : Répartition des enquêtés selon les diplômes obtenus
Source : Enquête de terrain, mai 2011
Le tableau et la figure précédents nous renseignent sur les diplômes des hommes des médias qui exercent dans la région de l'Extrême-Nord. Nous remarquons qu'environ 35% des enquêtés est titulaire au moins de la licence. 23,5% d'entre eux détient le baccalauréat alors qu'environ 40% a le diplôme du niveau secondaire (Probatoire, 20, 6%, BEPC, 14,7% et CEP, 5,9%). Les observations du tableau et de la figure précédente sont valables pour la question du niveau.
Tableau n° 32 : Répartition des enquêtés selon la participation à la couverture de l'épidémie du cholera
Fréquence |
Pour cent |
Pourcentage valide |
Pourcentage cumulé |
Valide |
|||
Oui |
27 |
79,4 |
79,4 |
79,4 |
|||
Non |
7 |
20,6 |
20,6 |
100,0 |
|||
Total |
34 |
100,0 |
100,0 |
L'analyse de ce tableau montre que la plupart des journalistes exerçant dans la région ont couvert la récente épidémie du cholera, soit 79,4% contre 20,6% représentant ceux qui ne l'ont pas couverte.
Tableau n° 33 : Opinion des enquêtés selon leurs sources d'information
Fréquence |
Pour cent |
Pourcentage valide |
Pourcentage cumulé |
Valide |
|||
Autorités administrative |
17 |
50,0 |
50,0 |
50,0 |
|||
Autorités sanitaires |
13 |
38,2 |
38,2 |
88,2 |
|||
Autres |
4 |
11,8 |
11,8 |
100,0 |
|||
Total |
34 |
100,0 |
100,0 |
Figure n° 26 : Répartition des enquêtés selon leurs sources d'information
Sources : Enquête de terrain, mai 2011
le tableau et la figure soumis à notre observation montrent que lors de l'épidémie de cholera en 2010, 50% des journalistes puisait ses informations chez les autorités administratives. 38,2% des enquêtés souligne que ses personnes-ressources étaient les autorités sanitaires : délégué régional, chefs de service de district de santé et autres responsables de la santé. Par contre 11,8% s'informait par d'autres voies. Il faut noter que les comités de crise au niveau local sont présidés par le gouverneur au niveau régional et par le préfet au niveau départemental. Ces derniers reçoivent au quotidien le rapport des services de santé pour pouvoir les communiquer aux différentes sphères administratives étatiques impliquées.
Tableau n° 34 : Opinion des enquêtés sur l'existence d'un comité ou cellule de crise
Fréquence |
Pour cent |
Pourcentage valide |
Pourcentage cumulé |
Valide |
|||
Oui |
29 |
85,3 |
85,3 |
85,3 |
|||
Non |
5 |
14,7 |
14,7 |
100,0 |
|||
Total |
34 |
100,0 |
100,0 |
Source : enquête de terrain, mai 2011
Selon cette distribution, 85,3% des journalistes de la région de l'Extrême-Nord était informé sur l'existence d'un comité ou d'une cellule de crise. 14,7% parmi eux, ignorait l'existence de cette instance. Il s'agit en l'occurrence du comité régional de lutte contre le cholera qui a pour président le Gouverneur de la région et pour rapporteur, le délégué régional de la Santé publique de l'Extrême-Nord.
Tableau n° 35 : Opinion des enquêtés sur la présence d'un communicateur au sein du comité ou cellule de crise
Fréquence |
Pour cent |
Pourcentage valide |
Pourcentage cumulé |
Valide |
|||
Oui |
6 |
17,6 |
17,6 |
17,6 |
|||
Non |
28 |
82,4 |
82,4 |
100,0 |
|||
Total |
34 |
100,0 |
100,0 |
Source : enquête de terrain, mai 2011
Il ressort de ce tableau que 82,4% des journalistes enquêtés ignore l'existence d'un communicateur professionnel au sein du comité régional de lutte contre le cholera. Seul, 17,6% reconnaît son existence au sein de ladite instance. En réalité, au sein du comité, il existe un journaliste professionnel, en l'occurrence, le délégué régional de la Communication pour l'Extrême-Nord, mais ce dernier en dehors, des comptes-rendus qu'il adresse à son ministre, est relégué au second plan dans la gestion de l'information autour de l'épidémie.
Tableau n° 36 : Opinion des enquêtés sur l'existence d'un site Web
Fréquence |
Pour cent |
Pourcentage valide |
Pourcentage cumulé |
Valide |
|||
Non |
34 |
100,0 |
100,0 |
100,0 |
Source : enquête de terrain, mai 2011
Ce tableau montre que la gestion de la récente épidémie du cholera n'a pas intégré la création d'un site web permettant aux médias d'y puiser des informations pour l'alimentation de leurs papiers.
Tableau n° 37 : Opinion des enquêtés sur la disponibilité d'informations
Fréquence |
Pour cent |
Pourcentage valide |
Pourcentage cumulé |
Valide |
|||
Pas disponible |
7 |
20,6 |
20,6 |
20,6 |
|||
Disponible |
17 |
50,0 |
50,0 |
70,6 |
|||
Assez disponible |
10 |
29,4 |
29,4 |
100,0 |
|||
Total |
34 |
100,0 |
100,0 |
Figure n° 27 : Répartition des enquêtés sur la disponibilité d'informations
Source : Enquête de terrain, mai 2011
Tableau n° 38 : Répartition des enquêtés sur le degré de contribution des medias à la gestion de l'épidémie de choléra
Fréquence |
Pour cent |
Pourcentage valide |
Pourcentage cumulé |
Valide |
|||
Faible |
6 |
17,6 |
17,6 |
17,6 |
|||
Moyen |
9 |
26,5 |
26,5 |
44,1 |
|||
Elevé |
19 |
55,9 |
55,9 |
100,0 |
|||
Total |
34 |
100,0 |
100,0 |
Figure n° 28 : Répartition des enquêtés sur le degré de contribution des medias à la gestion de l'épidémie de choléra
Source : Enquête de terrain, mai 2011
Les hypothèses de recherche ont conduit à l'élaboration d'un questionnaire et d'un guide d'entretien qui nous ont permis de produire des résultats que nous avons précédemment présentés. La présente partie se propose d'élaborer une analyse profonde de ces résultats et de procéder ensuite à la vérification des hypothèses de recherche. Le procédé d'analyse de résultats sera le même que celui de leur présentation. C'est-à-dire que l'analyse se fera en fonction de grandes lignes des variables indépendantes des hypothèses de recherche.
Nous procéderons au test d'indépendance de khi-deux pour vérifier la significativité de la relation existant entre nos variables précédé de l'interprétation du coefficient de contingence. Pour y arriver, nous allons dans un premier temps choisir le seuil de signification (á). Dans le cadre de notre travail, á= 0,05
Par la suite, nous allons déterminer avec le logiciel SPSS 10.0 les valeurs du X²cal. Il faut ensuite le comparer au X² lu sur la table des lois de Khi-deux afin d'aboutir à la prise de décision selon la formule suivante :
- Si X² cal < X²lu, alors H0 est acceptée et H1 rejetée ;
- Si X² cal > X²lu, alors H0 est rejetée et H1 acceptée.
a. Influence des formations professionnelles reçues sur la gestion de l'épidémie du cholera
Tableau 39 : Résultats du test de khi-deux de l'influence des formations professionnelles reçues sur la gestion de l'épidémie du cholera
Ø Tableau croisé Effectif
Répartition des enquêtés selon les formations professionnelles reçues |
Total |
|||||
Oui |
Non |
Opinion des enquêtés sur la gestion de l'épidémie de choléra |
||||
Faible |
7 |
7 |
14 |
|||
9 |
9 |
|||||
6 |
6 |
Total |
||||
7 |
22 |
29 |
Ø Tests du Khi-deux
Valeur |
ddl |
Signification asymptotique (bilatérale) |
Khi-deux de Pearson |
||
9,886 |
2 |
,007 |
Rapport de vraisemblance |
||
12,646 |
2 |
,002 |
Association linéaire par linéaire |
||
7,614 |
1 |
,006 |
Nombre d'observations valides |
||
29 |
a 4 cellules (66,7%) ont un effectif théorique inférieur à 5. L'effectif théorique minimum est de 1,45.
Ø Mesures symétriques
Valeur |
Erreur standard asymptotique |
T approché |
Signification approchée |
Nominal par Nominal |
|||
Coefficient de contingence |
0,504 |
,007 |
Intervalle par Intervalle |
||||
R de Pearson |
0,521 |
,094 |
3,176 |
,004 |
Ordinal par Ordinal |
||
Corrélation de Spearman |
0,549 |
,098 |
3,409 |
,002 |
Nombre d'observations valides |
||
29 |
a L'hypothèse nulle n'est pas considérée.
b Utilisation de l'erreur standard asymptotique dans l'hypothèse nulle.
c Basé sur une approximation normale.
Source : Enquête de terrain, mai 2011
Le coefficient de contingence est de 0,504. Il est supérieur à 0,5, par conséquent, il existe une forte corrélation positive entre la gestion de l'épidémie de choléra et les formations professionnelles reçues des hommes des médias.
Au niveau du test de Khi-deux, X² calculé est de 9,88, le degré de liberté (ddl) est 2
X² lu est de : 5,99
Comparaison entre X² Cal et X² lu :
Le X² cal (9,886) étant supérieur au X² lu (5,99) à 2 degré de liberté (ddl), nous rejetons l'hypothèse nulle d'indépendance entre les variables et acceptons par conséquence, l'hypothèse alternative H1. Il existe alors une relation significative entre les la gestion de l'épidémie du cholera et les formations professionnelles des hommes des médias. Ce qui confirme leur forte corrélation positive déterminée par le coefficient de contingence.
b. Influence des expériences professionnelles sur la gestion de l'épidémie de choléra
Tableau 40 : Résultats du test de khi-deux sur l'influence des expériences professionnelles sur la gestion de l'épidémie de choléra
Ø Tableau croisé Effectif
Répartition des enquêtés selon leurs expériences professionnelles |
Total |
|||||
Moins de 5 ans |
Plus de 5 ans |
Opinion des enquêtés sur la gestion de l'épidémie de choléra |
||||
Faible |
9 |
5 |
14 |
|||
0 |
9 |
9 |
||||
0 |
6 |
6 |
Total |
|||
9 |
20 |
29 |
Ø Tests du Khi-deux
Valeur |
ddl |
Signification asymptotique (bilatérale) |
Khi-deux de Pearson |
||
13,982 |
2 |
,001 |
Rapport de vraisemblance |
||
17,675 |
2 |
,000 |
Association linéaire par linéaire |
||
10,769 |
1 |
,001 |
Nombre d'observations valides |
||
29 |
Ø Mesures symétriques
Valeur |
Erreur standard asymptotique |
T approché |
Signification approchée |
Nominal par Nominal |
|||
Coefficient de contingence |
0,570 |
,001 |
Intervalle par Intervalle |
||||
R de Pearson |
0,620 |
,091 |
4,108 |
,000 |
Ordinal par Ordinal |
||
Corrélation de Spearman |
0,652 |
,095 |
4,472 |
,000 |
Nombre d'observations valides |
||
29 |
a L'hypothèse nulle n'est pas considérée.
b Utilisation de l'erreur standard asymptotique dans l'hypothèse nulle.
c Basé sur une approximation normale.
Source : Enquête de terrain, mai 2011
Le coefficient de contingence est de 0,57. Il est légèrement supérieur à 0,5, par conséquent, il existe une certaine corrélation positive entre l'expérience professionnelles des hommes des médias et la gestion de l'épidémie de cholera.
Au niveau du test de Khi-deux, X² calculé est de 13,98, le degré de liberté (ddl) est 2
X² lu est de : 5,99
Comparaison entre X² Cal et X² lu :
Le X² cal (13,98) étant supérieur au X² lu (5,99) à 2 degré de liberté (ddl), nous rejetons l'hypothèse nulle d'indépendance entre les variables et acceptons par conséquence, l'hypothèse alternative H1. Il existe alors une relation significative entre la gestion de l'épidémie de cholera et les expériences professionnelles des hommes des médias. Ce qui confirme leur forte corrélation positive déterminée par le coefficient de contingence.
c. Influence du niveau d'instruction des enquêtés sur la gestion de l'épidémie de choléra
Tableau 41 : Résultats du test de khi-deux sur l'influence du niveau d'instruction des enquêtés sur la gestion de l'épidémie de choléra
Ø Tableau croisé Effectif
Classement enquêtés selon les diplômes obtenus |
Total |
||||||||
BEPC |
Probatoire |
Baccalauréat |
Licence |
Licence et plus |
Opinion des enquêtés sur la gestion de l'épidémie de choléra |
||||
Faible |
2 |
7 |
5 |
14 |
|||||
3 |
6 |
9 |
|||||||
3 |
3 |
6 |
Total |
||||||
2 |
7 |
8 |
9 |
3 |
29 |
Ø Tests du Khi-deux
Valeur |
ddl |
Signification asymptotique (bilatérale) |
Khi-deux de Pearson |
||
31,963 |
8 |
,000 |
Rapport de vraisemblance |
||
38,316 |
8 |
,000 |
Association linéaire par linéaire |
||
19,771 |
1 |
,000 |
Nombre d'observations valides |
||
29 |
Ø Mesures symétriques
Valeur |
Erreur standard asymptotique |
T approché |
Signification approchée |
Nominal par Nominal |
|||
Coefficient de contingence |
0,724 |
,000 |
Intervalle par Intervalle |
||||
R de Pearson |
0,840 |
,037 |
8,054 |
,000 |
Ordinal par Ordinal |
||
Corrélation de Spearman |
0,868 |
,030 |
9,103 |
,000 |
Nombre d'observations valides |
||
29 |
a L'hypothèse nulle n'est pas considérée.
b- Utilisation de l'erreur standard asymptotique dans l'hypothèse nulle.
c- Basé sur une approximation normale.
Source : Enquête de terrain, mai 2011
Dans ce tableau, le coefficient est de 0,57. Ce coefficient étant supérieur à 0,50, il apparaît clairement qu'il y a un lien de dépendance entre le niveau d'instruction des hommes des médias et la gestion de l'épidémie de cholera. D'autre part, Le X² cal (31,96) étant de loin supérieur au X² lu (13,36), H0 est donc rejetée et H1 validée. Par conséquent, nous déduisons qu'il existe un lien de dépendance entre le niveau d'instruction des hommes des médias et la gestion de l'épidémie.
Au terme de cette démonstration, nous constatons que HR1 est validée et H0 est rejetée. Le profil des acteurs médiatiques influence significativement la gestion de l'épidémie de cholera. Par conséquent, pour que les médias soient des acteurs clé de la gestion de l'épidémie de cholera, il est nécessaire que les hommes des médias aient le profil de l'emploi, c'est-à-dire qu'ils cumulent à la fois l'expérience professionnelle, la formation professionnelle et le niveau d'instruction.
Conclusion : au terme de nos différents tests d'indépendance, nous concluons que les indicateurs du profil des acteurs médiatiques ont un lien de dépendance très poussé avec la gestion d'une épidémie de cholera. Nous pouvons à cet effet affirmer que le profil des acteurs influence significativement la gestion d'une épidémie de cholera car il existe une forte corrélation positive et significative entre ces deux variables.
a. Influence de l'existence d'un communicateur au sein du comité ou cellule de crise sur la gestion d'une épidémie de cholera
Tableau 42 : Résultats du test de khi-deux Influence de l'existence d'un communicateur au sein du comité ou cellule de crise sur la gestion d'une épidémie de cholera
Ø Tableau croisé Effectif
Opinion des enquêtés sur l'existence d'un communicateur au sein du comité ou cellule de crise |
Total |
|||||
Oui |
Non |
Opinion des enquêtés sur la gestion de l'épidémie de choléra |
||||
Faible |
1 |
13 |
14 |
|||
9 |
9 |
|||||
6 |
6 |
Total |
||||
1 |
28 |
29 |
Ø Tests du Khi-deux
Valeur |
ddl |
Signification asymptotique (bilatérale) |
Khi-deux de Pearson |
||
1,110 |
2 |
,574 |
Rapport de vraisemblance |
||
1,495 |
2 |
,474 |
Association linéaire par linéaire |
||
,855 |
1 |
,355 |
Nombre d'observations valides |
||
29 |
Ø Mesures symétriques
Valeur |
Erreur standard asymptotique |
T approché |
Signification approchée |
Nominal par Nominal |
|||
Coefficient de contingence |
0,192 |
,574 |
Intervalle par Intervalle |
||||
R de Pearson |
0,175 |
,088 |
,922 |
,365 |
Ordinal par Ordinal |
||
Corrélation de Spearman |
0,184 |
,092 |
,971 |
,340 |
Nombre d'observations valides |
||
29 |
a- L'hypothèse nulle est considérée.
b- Utilisation de l'erreur standard asymptotique dans l'hypothèse nulle.
c- Basé sur une approximation normale.
Source : Enquête de terrain, mai 2011
Le coefficient de contingence ici est de 0,19, donc inférieur à 0,5. Ce qui sous-entend que la corrélation entre les deux variables est faible.
Le X² calculé (1,11) est inférieur au X² lu (5,99), par conséquent, nous acceptions l'hypothèse nulle d'indépendance des variables. Il n'existe donc pas une relation significative entre l'existence d'un communicateur au sein du comité de crise et la gestion d'une épidémie de cholera. Cela confirme l'absence de corrélation forte entre ces deux variables déterminée par le coefficient de contingence ci-haut.
b. Influence de la disponibilité d'informations sur la gestion de l'épidémie du cholera
Tableau 43 : Résultats du test du khi-deux de l'influence de la disponibilité d'informations sur la gestion d'une épidémie de cholera
Ø Tableau croisé Effectif
Opinion des enquêtés sur la disponibilité d'informations |
Total |
||||||
Pas disponible |
Disponible |
Assez disponible |
Opinion des enquêtés sur la gestion de l'épidémie de choléra |
||||
Faible |
2 |
12 |
14 |
||||
0 |
5 |
4 |
9 |
||||
0 |
0 |
6 |
6 |
Total |
|||
2 |
17 |
10 |
29 |
Ø Tests du Khi-deux
Valeur |
ddl |
Signification asymptotique (bilatérale) |
Khi-deux de Pearson |
||
19,983 |
4 |
,001 |
Rapport de vraisemblance |
||
26,301 |
4 |
,000 |
Association linéaire par linéaire |
||
16,741 |
1 |
,000 |
Nombre d'observations valides |
||
29 |
Ø Mesures symétriques
Valeur |
Erreur standard asymptotique |
T approché |
Signification approchée |
Nominal par Nominal |
|||
Coefficient de contingence |
0,639 |
,001 |
Intervalle par Intervalle |
||||
R de Pearson |
0,773 |
,045 |
6,336 |
,000 |
Ordinal par Ordinal |
||
Corrélation de Spearman |
0,792 |
,057 |
6,735 |
,000 |
Nombre d'observations valides |
||
29 |
a- L'hypothèse nulle n'est pas considérée.
b- Utilisation de l'erreur standard asymptotique dans l'hypothèse nulle.
c- Basé sur une approximation normale.
Source : Enquête de terrain, mai 2011
Dans ce cas de figure, le coefficient de contingence (0,63) étant supérieur à 0,5, nous concluons qu'il y a une forte corrélation positive entre la disponibilité des informations et la gestion de l'épidémie. S'agissant de la significativité de la relation entre ces deux variables, passons au test de Khi-deux.
Le X² calculé est de 19,983, donc supérieur au X² lu (9,49) à 4 degré de liberté au seuil de 0,05. Nous rejetons alors l'hypothèse nulle d'indépendance des relations entre les variables. Il existe par conséquent une relation significative entre la disponibilité des informations et la gestion de l'épidémie de cholera dans le Mayo-Tsanaga. Il importe donc pour les autorités administratives et sanitaires de rendre disponibles les informations sur l'épidémie afin d'accroitre la contribution des médias dans la gestion de cette crise.
c. Influence de l'existence d'un comité ou cellule de crise sur la gestion de l'épidémie de choléra
Tableau 44 : Résultats du test de Khi-deux sur l'influence de l'existence d'un comité ou cellule de crise sur la gestion de l'épidémie de choléra
Ø Tableau croisé Effectif
Opinion des enquêtés sur l'existence d'un comité ou cellule de crise |
Total |
|||
Oui |
Non |
|||
Opinion des enquêtés sur la gestion de l'épidémie de choléra |
Faible |
14 |
0 |
14 |
Moyen |
9 |
0 |
9 |
|
Elevé |
1 |
5 |
6 |
|
Total |
24 |
5 |
29 |
Ø Tests du Khi-deux
Valeur |
ddl |
Signification asymptotique (bilatérale) |
Khi-deux de Pearson |
||
23,160 |
2 |
,000 |
Rapport de vraisemblance |
||
21,255 |
2 |
,000 |
Association linéaire par linéaire |
||
15,476 |
1 |
,000 |
Nombre d'observations valides |
||
29 |
Ø Mesures symétriques
Valeur |
Erreur standard asymptotique |
T approché |
Signification approchée |
Nominal par Nominal |
|||
Coefficient de contingence |
0,666 |
,000 |
Intervalle par Intervalle |
||||
R de Pearson |
0,743 |
,092 |
5,776 |
,000 |
Ordinal par Ordinal |
||
Corrélation de Spearman |
0,681 |
,105 |
4,827 |
,000 |
Nombre d'observations valides |
||
29 |
a L'hypothèse nulle n'est pas considérée.
b Utilisation de l'erreur standard asymptotique dans l'hypothèse nulle.
c Basé sur une approximation normale.
Source : Enquête de terrain, mai 2011
Dans le tableau des mesures symétriques, le coefficient de contingence est de 0,666 donc largement supérieur à 0,5. Nous concluons qu'il existe une forte corrélation positive entre l'existence d'un comité ou cellule de crise et la gestion de l'épidémie de choléra. En ce qui concerne la significativité de la relation entre ces deux variables, nous procéderons au test de khi-deux.
Le X² calculé (23,160) étant supérieur au X² lu (5,99) à 2 degré de liberté au seuil de 5%, nous rejetons l'hypothèse nulle et acceptons celle alternative. Il existe par conséquent, une relation significative et positive entre l'existence d'un comité ou cellule de crise et la gestion de l'épidémie de choléra. Ce qui confirme la forte corrélation positive entre ces deux variables.
Conclusion
Il ressort de nos différents tests d'indépendance que les indicateurs de l'organisation institutionnelle ont une forte influence sur la gestion de l'épidémie de cholera. Seule la présence d'un communicateur au sein du comité ou cellule de crise a une faible influence sur la gestion de l'épidémie. Nous pouvons à cet effet conclure à l'affirmation de notre hypothèse de recherche selon laquelle l'organisation institutionnelle de la communication influence significativement la gestion d'une épidémie de cholera car il existe une forte corrélation positive et significative entre ces deux variables.
a. Influence des outils d'informations utilisés sur la gestion d'une épidémie de cholera
Tableau 45 : Résultats du test de khi-deux de l'influence des outils d'informations utilisés sur la gestion de l'épidémie de cholera
Ø Tableau croisé Effectif
Répartition des outils d'information utilisés |
Total |
|||||||
Poste téléviseur |
Journaux |
Autres |
Opinion des enquêtés sur la gestion du choléra |
|||||
Pas du tout |
27 |
21 |
12 |
3 |
63 |
|||
26 |
0 |
0 |
0 |
26 |
||||
11 |
11 |
Total |
||||||
53 |
21 |
12 |
14 |
100 |
Ø Tests du Khi-deux
Valeur |
ddl |
Signification asymptotique (bilatérale) |
Khi-deux de Pearson |
||
102,862 |
6 |
,000 |
Rapport de vraisemblance |
||
88,821 |
6 |
,000 |
Association linéaire par linéaire |
||
10,382 |
1 |
,001 |
Nombre d'observations valides |
||
100 |
a 5 cellules (41,7%) ont un effectif théorique inférieur à 5. L'effectif théorique minimum est de 1,32.
Ø Mesures symétriques
Valeur |
Erreur standard asymptotique |
T approché |
Signification approchée |
Nominal par Nominal |
|||
Coefficient de contingence |
0,712 |
,000 |
Intervalle par Intervalle |
||||
R de Pearson |
0,324 |
,118 |
3,388 |
,001 |
Ordinal par Ordinal |
||
Corrélation de Spearman |
0,040 |
,132 |
,397 |
,693 |
Nombre d'observations valides |
||
100 |
a- L'hypothèse nulle n'est pas considérée.
b- Utilisation de l'erreur standard asymptotique dans l'hypothèse nulle.
c- Basé sur une approximation normale.
Source : Enquête de terrain, mai 2011
Dans ce tableau, le coefficient de contingence est de 0,712. Cette valeur étant supérieure à 0,5, nous pouvons soutenir qu'il y a une forte corrélation positive et significative entre les outils d'informations qu'utilisent les populations du Mayo-Tsanaga et la gestion de l'épidémie de cholera.
Le X² calculé (102,86) étant supérieur au X² lu (12,59) à 6 degré de liberté au seuil de 5%, l'hypothèse nulle est rejetée et celle alternative acceptée. Il existe par conséquent, un lien de dépendance entre les outils d'informations utilisés et la gestion de l'épidémie de choléra. Ce qui confirme la forte corrélation positive entre ces deux variables.
b. Influence du mode de réception des informations sur la gestion d'une épidémie de cholera
Tableau 46: Résultats du test de khi-deux sur l'influence du mode de réception des informations sur la gestion de l'épidémie du cholera
Ø Tableau croisé Effectif
Mode de réception des informations |
Total |
|||||||
Radio |
Télévision |
Presse écrite |
Autres |
Opinion des enquêtés sur la gestion du choléra |
||||
Pas du tout |
36 |
17 |
6 |
4 |
63 |
|||
26 |
0 |
0 |
0 |
26 |
||||
11 |
11 |
Total |
||||||
62 |
17 |
6 |
15 |
100 |
Ø Tests du Khi-deux
Valeur |
ddl |
Signification asymptotique (bilatérale) |
Khi-deux de Pearson |
||
86,650 |
6 |
,000 |
Rapport de vraisemblance |
||
75,097 |
6 |
,000 |
Association linéaire par linéaire |
||
16,154 |
1 |
,000 |
Nombre d'observations valides |
||
100 |
Ø Mesures symétriques
Valeur |
Erreur standard asymptotique |
T approché |
Signification approchée |
Nominal par Nominal |
|||
Coefficient de contingence |
0,681 |
,000 |
Intervalle par Intervalle |
||||
R de Pearson |
0,404 |
,114 |
4,371 |
,000 |
Ordinal par Ordinal |
||
Corrélation de Spearman |
0,121 |
,127 |
1,205 |
,231 |
Nombre d'observations valides |
||
100 |
a L'hypothèse nulle n'est pas considérée.
b Utilisation de l'erreur standard asymptotique dans l'hypothèse nulle.
c Basé sur une approximation normale.
Source : Enquête de terrain, mai 2011
Dans le cas d'espèce, le coefficient de contingence (0,681) est supérieur à 0,5, il en résulte qu'il existe une forte corrélation positive et significative entre le mode de réception des informations et la gestion de l'épidémie.
Le X²cal (86,65) étant supérieur au X²lu (12,59), au seuil de liberté de 0,5, l'hypothèse nulle est rejetée et l'hypothèse alternative acceptée, par conséquent, la gestion de l'épidémie à un fort lien de dépendance avec le mode de réception des informations.
c. Influence du degré de couverture par la radio sur la gestion d'une épidémie de cholera
Tableau 47 : Résultats du test de khi-deux sur l'Influence du degré de couverture par la radio sur la gestion de l'épidémie de cholera
Ø Tableau croisé Effectif
Degré de couverture par la radio |
Total |
||||||
Pas du tout |
Faiblement |
Assez |
Opinion des enquêtés sur la gestion de l'épidémie du choléra |
||||
Pas du tout |
11 |
12 |
40 |
63 |
|||
10 |
16 |
26 |
|||||
11 |
11 |
Total |
|||||
21 |
28 |
51 |
100 |
Ø Tests du Khi-deux
Valeur |
ddl |
Signification asymptotique (bilatérale) |
Khi-deux de Pearson |
||
42,155 |
4 |
,000 |
Rapport de vraisemblance |
||
56,335 |
4 |
,000 |
Association linéaire par linéaire |
||
,193 |
1 |
,661 |
Nombre d'observations valides |
||
100 |
Ø Mesures symétriques
Valeur |
Erreur standard asymptotique |
T approché |
Signification approchée |
Nominal par Nominal |
|||
Coefficient de contingence |
0,545 |
,000 |
Intervalle par Intervalle |
||||
R de Pearson |
-,044 |
,097 |
-,437 |
,663 |
Ordinal par Ordinal |
||
Corrélation de Spearman |
-,173 |
,105 |
-1,740 |
,085 |
Nombre d'observations valides |
||
100 |
a- L'hypothèse nulle n'est pas considérée.
b- Utilisation de l'erreur standard asymptotique dans l'hypothèse nulle.
c- Basé sur une approximation normale.
Source : Enquête de terrain, mai 2011
Le coefficient de contingence (0,54) est légèrement supérieur à 0,5. Nous en déduisons que le degré de couverture par la radio a une corrélation relative et positive avec la gestion de l'épidémie.
Comparaison entre X² cal et X²lu
Le X²cal (42,15) étant supérieur au X²lu (9,49) à 4 degré de liberté (ddl), nous rejetons l'hypothèse nulle d'indépendance entre les variables et acceptons par conséquence, l'hypothèse alternative H1. Il existe alors une relation significative entre la gestion de l'épidémie de cholera et les formations professionnelles des hommes des médias. Ce qui confirme leur forte corrélation positive déterminée par le coefficient de contingence.
d. Influence du degré de couverture par les chaines de télévision sur la gestion d'une épidémie de cholera
Tableau 48 : Résultats du test de khi-deux sur l'influence du degré de couverture par les chaines de télévision sur la gestion de l'épidémie de cholera
Ø Tableau croisé Effectif
Dégré de couverture par les chaines de télévision |
Total |
||||||
Pas du tout |
Faiblement |
Assez |
Opinion des enquêtés sur l'apport des médias dans la prévention du choléra |
||||
Pas du tout |
11 |
34 |
18 |
63 |
|||
17 |
9 |
26 |
|||||
11 |
11 |
Total |
|||||
28 |
43 |
29 |
100 |
Ø Tests du Khi-deux
Valeur |
ddl |
Signification asymptotique (bilatérale) |
Khi-deux de Pearson |
||
52,140 |
4 |
,000 |
Rapport de vraisemblance |
||
56,687 |
4 |
,000 |
Association linéaire par linéaire |
||
,756 |
1 |
,385 |
Nombre d'observations valides |
||
100 |
a 3 cellules (33,3%) ont un effectif théorique inférieur à 5. L'effectif théorique minimum est de 3,08.
Ø Mesures symétriques
Valeur |
Erreur standard asymptotique |
T approché |
Signification approchée |
Nominal par Nominal |
|||
Coefficient de contingence |
0,585 |
,000 |
Intervalle par Intervalle |
||||
R de Pearson |
0,087 |
,111 |
,868 |
,387 |
Ordinal par Ordinal |
||
Corrélation de Spearman |
-,043 |
,121 |
-,421 |
,674 |
Nombre d'observations valides |
||
100 |
a L'hypothèse nulle n'est pas considérée.
b Utilisation de l'erreur standard asymptotique dans l'hypothèse nulle.
c Basé sur une approximation normale.
Source : Enquête de terrain, mai 2011
Le coefficient de contingence est de 0,585. Il est supérieur à 0,5, par conséquent, il existe une forte corrélation significative et positive entre la gestion de l'épidémie de choléra et le degré de couverture de la zone d'étude par les chaînes de télévision.
Au niveau du test de Khi-deux, X² calculé est de 52,14, le degré de liberté (ddl) est 4
X² lu est de : 9,49.
Comparaison entre X² Cal et X² lu :
Le X² cal (52,14) étant supérieur au X² lu (4,49) à 4 degré de liberté (ddl), nous rejetons l'hypothèse nulle d'indépendance entre les variables et acceptons par conséquence, l'hypothèse alternative H1. Il existe alors une relation significative entre les la gestion de l'épidémie de cholera et le degré de couverture de la zone d'étude par les chaînes de télévision.
e. Influence de l'existence de kiosque à journaux sur la gestion d'une épidémie de cholera
Tableau 49 : Résultats du test de khi-deux sur l'influence de l'existence de kiosque à journaux sur la gestion de l'épidémie du cholera
Ø Tableau croisé Effectif
Opinion des enquêtés sur l'existence de kiosque à journaux |
Total |
|||||
Oui |
Non |
Opinion des enquêtés sur l'apport des médias dans la prévention du choléra |
||||
Pas du tout |
11 |
52 |
63 |
|||
21 |
5 |
26 |
||||
11 |
11 |
Total |
||||
32 |
68 |
100 |
Ø Tests du Khi-deux
Valeur |
ddl |
Signification asymptotique (bilatérale) |
Khi-deux de Pearson |
||
39,716 |
2 |
,000 |
Rapport de vraisemblance |
||
41,565 |
2 |
,000 |
Association linéaire par linéaire |
||
3,082 |
1 |
,079 |
Nombre d'observations valides |
||
100 |
Ø Mesures symétriques
Valeur |
Erreur standard asymptotique |
T approché |
Signification approchée |
Nominal par Nominal |
|||
Coefficient de contingence |
0,533 |
,000 |
Intervalle par Intervalle |
||||
R de Pearson |
-0,176 |
,093 |
-1,774 |
,079 |
Ordinal par Ordinal |
||
Corrélation de Spearman |
-0,297 |
,101 |
-3,084 |
,003 |
Nombre d'observations valides |
||
100 |
a L'hypothèse nulle n'est pas considérée.
b Utilisation de l'erreur standard asymptotique dans l'hypothèse nulle.
c Basé sur une approximation normale.
Source : Enquête de terrain, mai 2011
Le coefficient de contingence est de 0,533. Il est supérieur à 0,5, par conséquent, il existe une forte corrélation significative et positive entre la gestion de l'épidémie de choléra et l'existence des kiosques à journaux dans la zone d'étude.
Au niveau du test de Khi-deux, X² calculé est de 52,14, le degré de liberté (ddl) est 4
X² lu est de : 9,49.
Comparaison entre X² Cal et X² lu :
Le X² cal (39,716) étant supérieur au X² lu (5,99) à 2 degré de liberté (ddl), nous rejetons l'hypothèse nulle d'indépendance entre les variables et acceptons par conséquence, l'hypothèse alternative. Il existe alors un lien significatif entre la gestion de l'épidémie du cholera et l'existence des kiosques à journaux dans la zone d'étude.
Conclusion :
Au terme de nos différents tests d'indépendance, nous observons que les indicateurs de l'accès des populations aux medias ont un lien significatif avec la gestion d'une épidémie de cholera. Nous pouvons donc affirmer que l'accès des médias aux moyens d'information favorise significativement la gestion d'une épidémie de cholera car il existe une forte corrélation positive et significative entre ces deux variables.
Tableau 50 : Tableau de vérification des hypothèses de recherche :
Hypothèses |
DDL |
á |
X²cal |
X²lu |
comparaison |
Décisions |
HR1 |
2 |
0,05 |
13,98 |
5,99 |
X²cal > X²lu Ha acceptée H0 rejetée |
HR1 confirmée |
HR2 |
2 |
0,05 |
23,16 |
5,99 |
X²cal > X²lu Ha acceptée H0 rejetée |
HR2 confirmée |
HR3 |
4 |
0,05 |
42,15 |
9,49 |
X²cal > X²lu Ha acceptée H0 rejetée |
HR3 confirmée |
Hypothèse générale confirmée : Les médias constituent un facteur clé dans la gestion des crises |
Au terme de ce travail de recherche, notre réflexion était axée autour d'un concept clé : la communication de crise. Nous sommes partis du constat que l'Extrême-Nord, région située aux portes du désert, est depuis plusieurs décennies, une zone éminemment « crisogène ». Cette « crisogénéité » est due en grande partie aux rigueurs climatiques qu'elle subit en raison de sa situation géographique dans une zone à écologie fragile. Une position qui favorise l'émergence des endémies et des épidémies qui jalonnent la vie des populations. Le cholera et la méningite se discutent le peloton des maladies qui se posent en termes de problème de santé publique pour les populations de l'Extrême-Nord. L'épidémie de cholera qui a endeuillé de nombreuses familles en 2010 dans cette région l'a fort bien démontré. Mais la Région de l'Extrême-Nord est également en proie à d'autres types de crises. Les affrontements intercommunautaires, les inondations, l'afflux des réfugiés, le phénomène de coupeurs de route, l'insécurité alimentaire due à l'irrégularité et à la mauvaise répartition des pluies, les catastrophes naturelles, les dégâts causés par les pachydermes et les oiseaux granivores, sont autant des situations qui installent régulièrement les habitants de cette région dans l'inconfort et la précarité. La recherche des solutions à ces différentes crises a toujours mobilisé les pouvoirs publics appuyés par les partenaires au développement. Nous avons observé que la communication représente 80% de ces moyens.
Il était donc question pour nous d'établir une corrélation et un lien de significativité entre la communication et la gestion des différentes crises que connaît la Région de l'Extrême-Nord. Pour ce faire, nous avons exploré le problème à l'aune de la récente épidémie de cholera. Notre travail consistait à mesurer le degré de dépendance entre la communication médiatique et la gestion de l'épidémie de cholera dans le département du Mayo-Tsanaga. Pour y parvenir, nous avons formulé une hypothèse générale au départ : la communication médiatique constitue un élément clé dans la gestion des crises. Cette hypothèse a été déclinée en trois hypothèses de recherche :
-le profil des acteurs médiatiques influence significativement la gestion d'une épidémie de cholera
-l'organisation de la communication médiatique favorise significativement la gestion d'une épidémie de cholera
-l'accès des populations à l'information a une incidence significative sur la gestion d'une épidémie de cholera.
Notre tâche consistait à démontrer que la gestion d'une épidémie de cholera est fonction du profil des acteurs médiatiques, de l'organisation de la communication médiatique et de l'accès des populations aux médias.
Les différents outils de collecte, le questionnaire, l'entretien, l'observation participante et la recherche documentaire nous ont permis de disposer des données nous permettant de vérifier ces hypothèses. Le traitement des données par le logiciel SPSS.10 nous a conduit à l'analyse et à l'interprétation des différents résultats obtenus. Quant au test de Khi-deux, il nous a permis de valider nos hypothèses de départ à travers une analyse croisée entre les variables dépendantes et les variables indépendantes de nos hypothèses. L'analyse inférencielle avait pour but de mesurer le degré de significativité entre les différents aspects de la communication médiatique et ceux de la gestion de l'épidémie de cholera.
A la fin de cette démonstration, nous avons reformulé nos hypothèses de la manière suivante :
-le profil des acteurs médiatiques favorise significativement la gestion d'une épidémie de cholera
-l'organisation de la communication médiatique a une incidence modérée sur la gestion d'une épidémie de cholera
-l'accès des populations à l'information a une incidence particulièrement significative sur la gestion d'une épidémie de cholera.
Toutes nos hypothèses ont été confirmées, par conséquent l'hypothèse générale est validée. Ainsi, la communication médiatique constitue un élément clé dans la gestion des crises.
Au terme de ce processus d'investigation, il y a lieu de noter que la communication de crise dans l'Extrême-Nord accuse un énorme déficit tant au niveau de son organisation qu'au niveau des acteurs médiatiques. Les médias dans leur ensemble, audiovisuels et écrits, publics et privés, ont assuré la couverture médiatique de la récente épidémie de cholera. Ils ont joué un grand rôle tant dans la prévention que dans la gestion de la maladie. Cependant ces missions sont quelque peu plombées par certaines pesanteurs qui sont d'ordre humain, organisationnel et géographique. Face à ces entraves, nous formulons les recommandations suivantes :
Pour une meilleure organisation de la communication en temps de crises, il serait souhaitable de :
-confier la gestion de l'information à un communicateur professionnel, en l'occurrence le délégué régional de la Communication. Ce dernier devra travailler en étroite collaboration avec le délégué régional de la Santé publique.
-renforcer la délégation de la Communication en la dotant des ressources humaines et matérielles adéquates pour remplir ses missions statutaires. Nous pensons par exemple qu'il sera indiqué de pourvoir aux postes vacants et d'affecter des personnels d'appui à cette délégation.
Au niveau de la presse à capitaux privés, nous suggérons de:
-Envoyer dans la région des journalistes professionnels
-Doter les correspondants des moyens de travail : moyens de locomotion et ordinateurs
-Organiser des séminaires de mise à niveau pour renforcer les capacités des journalistes de la presse à capitaux privés
Pour l'assainissement de la profession, nous proposons que :
- les services du Gouverneur apportent leur appui au délégué régional de la communication pour son combat pour l'assainissement de la profession.
-les journalistes soient invités à se procurer la carte de presse pour crédibiliser leur travail
-les journalistes soient systématiquement accrédités pour la couverture des événements
Pour les zones d'ombre et de silence, nous recommandons :
- l'installation des réémetteurs au pied des montagnes de ces zones afin d'arroser plusieurs localités.
- la construction des centres de rediffusion équipés d'émetteurs et de très hauts pylônes pour la réception et la distribution du signal au profit des localités concernées.
- la création des médias à capitaux privés (presse écrite et audiovisuelle) dans la région
- la multiplication des radios communautaires rurales qui, généralement, sont créées par les élites avec l'appui du gouvernement, des municipalités et des organismes internationaux partenaires (UNESCO, FNUAP, OMS, etc.)
-la sensibilisation des opérateurs économiques de la Région à investir dans la distribution des journaux : une partie de l'aide publique à la presse privée peut servir à cette action
-la nécessité de prise en charge par les administrations centrales des factures d'abonnement aux journaux des personnels des services déconcentrés de l'Etat.
En fin de compte, pour une meilleure gestion des crises, nous proposons que des programmes de formation soient élaborés pour le renforcement des capacités des hommes des médias. L'Université de Maroua à travers l'Ecole normale supérieure ou l'Institut supérieur du Sahel pourra apporter son expertise dans ce domaine.
AMIEL, Philippe : Ethnométhodologie appliquée. Éléments de sociologie praxéologique, LEMA, Paris, 2004.
AUBY, Jean-Marie et DUCOS-ADER, Robert : Droit de l'information, Dalloz, Pris, 1976, 640 pages
BALLE, Francis : Médias et Société, éd Montchrestien, Paris, 1990, 689 pages
BEAUD, Stéphane et WEBER, Florence : Guide de l'enquête de terrain, La Découverte, Paris, 2010,334 pages.
BEAUVILAIN, A., Nord-Cameroun: Crises et peuplement, Coutances, Claude Bellée, 1989, 2 tomes.
BLANCHET, Alain ; GHIGLIONE, Rodolphe ; MASSONAT, Jean et TROGNON, Alain : Les techniques d'enquête en sciences sociales, Dunod, Paris, 2010, 197 pages.
BOUDON, R. Les méthodes en sociologie, 7ème Edition Que sais-je ?, PUF, Paris, 1969, 31pages.
CHINDJI KOULEU, Ferdinand : Communication et Mobilisation sociales au Cameroun, Saagraph, Yaoundé, 2007, 306 pages.
CHINDJI KOULEU, Ferdinand : Journaliste sans journal, Saagraph, Yaoundé, 2005, 470 pages.
DUPUI-CASTERES, Arnaud & DUBOIS, Corinne, La crise en 100 mots, SIG, Paris, 2007, 212 pages.
FADIBO, Pierre : L'Homme et les endémo-épidémies dans l'Extrême-Nord », éd. Presses universitaires européennes, 2010, Sarrebruck, 444 pages.
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Cameroon Tribune, éditions de Mai-Octobre 2010
Nouvelle Expression : éditions de Mai-Octobre 2010
Le Messager : éditions de Mai-Octobre 2010
Mutation : éditions de Mai-Octobre 2010
L'oeil du Sahel : éditions de Mai-Octobre 2010
-Loi n°90/052 du 19 décembre 1990 relative à la liberté de communication sociale
www.wikipedia.org/wiki/communication-de-crise
www.wikipedia.org/wiki/gstion-de-crise
www.communication-sensible.com
DEDICACES i
REMERCIEMENTS ii
RESUME iii
ABSTRACT iv
LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS v
LISTE DES TABLEAUX ET FIGURES vi
INTRODUCTION GENERALE 1
PREMIERE PARTIE : CADRE THEORIQUE ET CONCEPTUEL 10
CHAPITRE I : ANALYSE DES CONCEPTS ET MODELES THEORIQUES 11
1-1- ANALYSE DES CONCEPTS 11
1-1-1-COMMUNICATION 11
1-1-1-1-COMMUNICATION de masse /mass media 13
1-1-1-2-Média 15
1-1-1-3-COMMUNICATION DE CRISE 16
1-1-1-4-CRISE 18
1-1-1-5-GESTION DE CRISE 21
1-1-1-6- JOURNALISME/JOURNALISTE 22
1-1-1-7-Epidémie 24
1-1-1-8-LE choléra 25
1-2. LES MODELES THEORIQUES 30
1-2-1.Le déterminisme technologique 30
1-2-1-1.L'approche linéaire 30
1-2-1-2 .L'approche cybernétique :le modèle de Norbert Wiener(1948) 32
1-2-1-3 .L'approche systémique : l'école de Palo Alto 33
1-2-2 Les théories sur les médias 34
1-2-2-1. Two step flow theory 37
1-2-2-2. Ethnométhodologie 38
CHAPITRE II : REVUE DE LA LITTERATURE 41
2-1- LES TRAVAUX SUR LES EPIDEMIES DANS L'EXTREME-NORD 41
2-2- TRAVAUX SUR LE CHOLERA 45
2-3- TRAVAUX SUR LA PREVENTION ET GESTION DES CATASTROPHES 48
2-4- TRAVAUX SUR LA COMMUNICATION DE CRISE ET LES MEDIAS 50
DEUXIEME PARTIE : Méthodologie de l'étude 59
CHAPITRE III Cadre opératoire, échantillonnage et instruments statistiques 60
3-1-1- PRESENTATION DE LA ZONE D'ETUDE 60
3-1-1-1-L'EXTREME-NORD : UNE ZONE CRISOGENE 60
3-1-1-1-2 : LE MAYO-TSANAGA : L'HOSTILITE DE LA NATURE 62
3-1-1-1-3 : SITUATION EPIDEMIOLOGIQUE DU CHOLERA DANS LA REGION DE L'EXTREME-NORD DE PUIS 1996 68
3-1-1-1-4 : BILAN DE L'EPIDEMIE DU CHOLERA EN 2010 70
3-1-1-1-5 : BILAN DE L'EPIDEMIE DANS LE MAYO-TSANAGA 73
3-1-1-2- : LE VISAGE DE LA COMMUNICATION DANS L'EXTREME-NORD 75
3-1-1-2-1 : Département du Diamaré 76
3-1-1-2-2 : Département du Mayo -Tsanaga 76
3-1-1-2-3 : Département du Mayo -Sava 76
3-1-1-2-4 : Département du Mayo - Danay 77
3-1-1-2-5 : Département du Logone et Chari 77
3-1-1-2-6 : Département du Mayo - Kani 78
3-1-2 Rappel de l'objet de l'Etude 80
3-1-3 CONSTRUCTION ET FORMULATION DES HYPOTHESES 81
3-1-3-1 Hypothèse générale et ses variables 81
3-1-3-2 Hypothèse générale 81
3-1-3-3 Hypothèse de recherche 81
3-1-3-4 DEFINITION DES VARIABLES, INDICATEURS ET MODALITES 82
3-1-3-4-1 LES VARIABLES 82
3-1-3-4-2 La variable indépendante(VI) 82
3-1-3-4-3 La variable dépendante(VD) 83
3-1-3-4-3 les indicateurs 83
3-1-3-4-4 les modalités 84
3-2-L'INTERET, LES OBJECTIFS ET LES TYPES DE LA RECHERCHE 86
3-2-1 l'intérêt de la recherche 86
3-2-2 les objectifs de la recherche 86
3-2-2-1 l'objectif général 86
3-2-2-2 les objectifs Spécifiques 86
3-4 POPULATION ET ECHANTILLON DE L'ETUDE 88
3-4-1 le champ d'enquête et la population d'étude 88
3-4-1-1 le champ d'enquête 88
3-4-1-2 Population d'étude 89
3-4-2 Echantillon de l'étude et stratégies d'échantillonnage 92
3-4-3 les unités statistiques 92
3-4-4 Technique d'échantillonnage 92
3-4-5 la taille l'échantillon 93
3-5 INSTRUMENTS DE COLLECTE ET D'ANALYSE DE DONNEES 95
3-5-1-1 Collecte des données 95
3-5-1-2 la collecte documentaire 95
3-5-1-3 l'enquête sur le terrain 96
3-5-2 Planification de l'enquête 96
3-5-2-1 Prise de contact avec les cibles de l'étude 96
3-5-2-3Description du questionnaire 96
3-5-2-3-1 La structuration des questionnaires 96
3-5-1-1-3 les thèmes des questionnaires 97
3-5-1-1 L'entretien 100
3-5-1-2-2 les thèmes du guide d'entretien 100
3-5-2-2-3 Observation participante 101
3-5-2 METHODE DE TRAITEMENT ET D'ANALYSE DES DONNES 102
3-5-2-1 L'analyse des données 102
3-5-2-2 L'analyse qualitative 102
3-5-2-3 Le dépouillement et codification des questionnaires 102
3-5-2-4 Le logiciel d'analyse qualitative : SPSS version 17 103
3-5-2-5 la tabulation des données 103
3-5-2-6 L'analyse quantitative 103
3-5-3 Difficultés rencontrées 104
3-5-3-1 Les difficultés sur le plan documentaire 105
3-5-3-2 Les difficultés liées à l'accès difficile à la zone d'étude 105
3-5-3-3 Les difficultés d'ordre méthodologique 106
CHAPITRE IV : PRESENTATION, ANALYSE ET INTERPRETATION DES RESULTATS 107
4-1 : PRESENTATION DES RESULTATS 107
4-1-1 : PRESENTATION DES RESULTATS EN FONCTION DES MOYENS D'INFORMATION ET DU ROLE DES MEDIAS DANS LA GESTION DE L'EPIDEMIE 107
4-1-1-3 : PRESENTATION DES RESULTATS EN FONCTION DU PROFIL DES ACTEURS DE
LA COMMUNICATION 118
4-1-1-4: PRESENTATION DES RESULTATS EN FONCTION DE L'ORGANISATION DE LA COMMUNICATION AUTOUR DE L'EPIDEMIE 122
4-2 ANALYSE INFERENCIELLE ET VERIFICATION DES HYPOTHESES 127
4-2-2 VERIFICATION DES HYPOTHESES DE RECHERCHE 128
4-2-2-1 VERIFICATION DE L' HYPOTHESE DE RECHERCHE N°1 : Le profil des acteurs médiatiques influence significativement la gestion de l'épidémie du cholera 128
4-2-2-Vérification de l'hypothèse de recherche n°2 (HR2 :L'organisation institutionnelle de la communication influence significativement la gestion de l'épidémie du cholera 134
4-2-3-Vérification de l'hypothèse de recherche n°3 : L'accès des populations aux médias favorise significativement la gestion de l'épidémie du cholera N°3 139
4-3 DISCUSSION DES RESULTATS 148
Le profil des acteurs médiatiques 148
Organisation de la communication autour de l'épidémie 149
L'accès des populations aux médias 150
CONCLUSION GENERALE ET PERSPECTIVES 151
BIBLIOGRAPHIE 156
ANNEXES 161