Résumé
Les risques sociaux induits par les consommations de drogues,
peuvent être ponctuels ou durables selon la quantité
consommée et le niveau de dépendance. Cependant, la toxicomanie
se propage comme une épidémie dans le monde entier. Et les
raisons de l'augmentation des conduites addictives observées chez les
jeunes adultes ne sont pas toujours très bien définies.
Pendant la période du 1er Juin au 03
Septembre 2010, nous avons mené une étude portant sur les types
d'attachement parental et les addictions aux drogues observées chez les
jeunes adultes au Centre Hospitalier National Spécialisé
(anciennement Hôpital Psychiatrique de Zébé).
L'objectif de la présente étude est d'estimer
l'indice de relation entre les types d'attachement et les conduites addictives
et d'estimer l'indice de relation entre une catégorie d'attachement
insécure et un profil d'addictions donné.
A partir d'une étude comparative réalisée
sur 28 patients toxicomanes et 28 patients non toxicomanes et au moyen d'une
grille d'observation et d'un questionnaire oral élaborés, nous
sommes arrivé aux résultats suivants :
- les conduites addictives sont fortement
corrélées avec les types d'attachement parental,
- les toxicomanes d'un attachement insécure
détaché sont dirigés vers l'alcool, le tabac et le
cannabis ; ceux de l'attachement insécure préoccupé
touchent à la plupart des substances psychoactives et ceux de
l'attachement insécure désorganisé sont conduits plus vers
l'alcool et le tabac.
Ces résultats nous permettent de dire que toutes nos
hypothèses sont confirmées.
Ainsi, il revient aux décideurs de réduire le
phénomène de la toxicomanie en luttant contre le trafic et le
commerce des drogues illicites sans toutefois oublier de créer des
structures spécialisées de prise en charge des toxicomanes et de
développer des politiques de soins et d'aides adaptés dans la
prise en charge des toxicomanes.
Mots-clés : Attachement parental -
Addictions aux drogues - Jeunes adultes.
INTRODUCTION
INTRODUCTION
Les conduites toxicomaniaques à l'instar des
consommations de drogues illicites, d'alcool et du tabac sont aussi anciennes
que l'humanité. Mais en quelques années, la toxicomanie est
devenue l'un des principaux problèmes de santé publique et un
enjeu majeur de société suite à une mondialisation
favorisée par des facteurs socioéconomiques complexes.
En 2003, l'Organisation Mondiale de la Santé a
estimé à 140 millions le nombre de personnes souffrant de
dépendance à l'alcool à l'échelle mondiale pendant
que la consommation du tabac était la première cause de
décès évitable avec 4,9 millions de morts par an. Aucun
autre produit n'est plus dangereux, ni ne tue autant que le tabac. Au total, le
nombre de morts devrait dépasser les 10 millions par an d'ici 2020, soit
10 fois le nombre actuel de morts dû à l'alcoolisme (un peu moins
d'un million de morts par an).
Au Togo, l'évolution du phénomène de la
consommation des drogues semble concomitante avec leur progression sur le plan
mondial et être en rapport avec la situation de crise sur les plans
économique et social que traverse le pays.
Les intoxications et les conséquences directes ou
indirectes, les états de sevrage, les complications à court
terme, en particulier infectieuses, les prises en charge psychiatrique et
psychosociale sont les problèmes médicaux aigus de la toxicomanie
auxquels sont confrontés les services d'urgence et de prise en charge
médico-psychosociale. Face à ces urgences, les services de
recherche travaillent sur la
résolution de ces complications plus que sur les
facteurs associés à ces conduites toxicomaniaques. Ce travail
portera sur les conduites de consommations des jeunes adultes associées
aux types d'attachement aux figures parentales.
Pour y parvenir, nous adopterons un plan en trois parties :
d'abord, la première partie sera consacrée à la
problématique et au cadre de références ; ensuite nous
élaborerons la méthodologie dans la deuxième partie et
enfin dans la troisième partie nous présenterons nos
résultats suivis d'analyses, interprétations, discussions et
quelques suggestions.
PREMIERE PARTIE
PROBLEMATIQUE ET CADRE DE REFERENCES
Chapitre I : ANALYSE DE LA SITUATION ET QUESTIONS
PRELIMINAIRES
1.1. Analyse de la situation
Les statistiques des cinq dernières années ont
montré que la toxicomanie représente l'une des cinq
premières causes d'hospitalisation au Centre Hospitalier National
Spécialisé en Santé Mentale d'Aného à
côté de la schizophrénie, des psychoses hallucinatoires
chroniques, des bouffées délirantes aiguës et de la
dépression psychotique. La toxicomanie seule représente 20% des
hospitalisations et elle constitue également avec tout ce qu'elle
engendre comme troubles mentaux, l'un des plus fréquents motifs de
réadmission (environ 30% sur un taux global de réadmission de
74%).
Au fil des jours de notre stage technique au Centre
Hospitalier National Spécialisé en Santé Mentale
d'Aného (anciennement appelé Hôpital Psychiatrique de
Zébé - Aného) pendant la période du 1er
Juin au 03 Septembre 2010, il nous a été donné de faire
plusieurs constats pertinents.
D'abord, la majorité des patients toxicomanes sont
amenés en consultation par les parents proches tels que les oncles, les
tantes ou les grands parents. Et, nous avons observé aussi des conduites
désagréables, désobligeantes quelque fois
déconcertantes chez les parents géniteurs surtout les
mères de certains toxicomanes quand ils sont conduits en consultation
par celles-ci.
Ensuite, après entretien avec certains patients
toxicomanes, nous avons constaté qu'un grand nombre de toxicomanes que
nous avons
rencontrés durant notre séjour,
présentaient une histoire personnelle marquée par des conflits
familiaux, des problèmes de fratrie, ou des carences parentales
physiques telles les séparations ou les décès. En exemple
nous avons le cas d'un patient de 42 ans dépendant à l'alcool, au
tabac et au cannabis. Né d'un père polygame (6 femmes), il est
issu d'une fratrie de 22 enfants. Ses parents sont décédés
la même année pendant qu'il avait 12 ans. De plus, il a une
relation conflictuelle avec un de ses frères.
Et puis, nous avons noté chez certains toxicomanes une
soucieuse disqualification des figures parentales surtout de la mère
soit par des carences parentales physiques et / ou psychiques soit par des
attitudes désagréables parentales. C'est l'exemple d'un jeune
toxicomane de 20 ans qui a une mère sourde-muette. Cette
infirmité disqualifie la mere par l'absence psychique totale qu'elle
constitue pour son enfant.
Enfin, d'autres toxicomanes vivent dans les familles
recomposées, monoparentales ou absolument en l'absence des deux
géniteurs depuis le bas âge chez des parents proches comme les
oncles, les tantes ou les grands parents.
1.2. Questions préliminaires
Au regard de ces constatations, nous nous interrogeons sur
l'existence d'une relation entre les types d'attachement aux figures parentales
et les conduites addictives observées chez les jeunes adultes.
Plus précisément nous nous posons ces questions
:
- Le type d'attachement sécure protège-t-il contre
les conduites addictives ?
- Le type d'attachement insécure favorise-t-il les
conduites addictives observées chez les jeunes adultes ?
- Un type spécifique d'attachement insécure
entraine-t-il un profil d'addictions donné ?
Chapitre II : ETAT DE LA QUESTION ET CADRE THEORIQUE
2.1. Définition des concepts
2.1.1. Attachement
Selon Le Petit Larousse Multimédia
2010, le mot « attachement » est défini comme un
sentiment d'affection ou de sympathie éprouvé pour quelqu'un ou
pour quelque chose.
Pour Piéron, (1994), le terme
attachement signifie le lien réciproque établi entre la mere (ou
la nourrice) et l'enfant, et qui a des conséquences importantes sur les
comportements futurs de l'un comme de l'autre.
Sillamy, (2003) définit l'attachement
par un ensemble des liens qui se sont établis entre un
bébé et sa mère à partir des sensations et des
perceptions du nourrisson vis-à-vis de cette dernière et,
réciproquement, de la mere à l'égard de son enfant. Des le
troisième jour après sa naissance, le nourrisson est capable de
reconnaitre l'odeur du sein et du cou de sa mere, et de les différencier
de celles d'une autre femme ayant un bébé du même age. De
même, il est capable de distinguer sa voix, le goût de sa peau, la
qualité de son toucher.
L'attachement est défini par Bowlby
(1969) en tant que fonction biologique qui vise la survie de l'espèce.
Il peut être décrit comme un lien affectif permanent,
émotivement significatif, exclusif et provoquant la recherche de
proximité. Ce lien est réciproque, entre la mere et l'enfant, et
sera source de sécurité extérieure, mais d'abord
intérieure. Quatre variables permettent généralement de
mesurer le
type et le degré d'attachement chez l'enfant et
l'adulte. Ce sont d'abord le besoin de proximité physique, comme base de
sécurité ; ensuite la capacité d'exploration et
d'autonomie ; puis l'existence d'un port d'attache en cas de stress ; et enfin
la présence d'une réaction de protestation en cas de rupture.
L'attachement est un système comportemental par lequel
un individu immature diminue ou s'efforce de diminuer les distances qui le
séparent d'un autre, afin de maintenir la proximité avec cette
personne. La cible des comportements d'attachement est spécifique. Le
plus souvent, c'est un adulte qui donne des soins, telle la mère, le
père ou la nourrice. L'objet d'attachement est dit spécifique car
l'enfant n'a pas le même comportement avec toutes les personnes de son
entourage.
2.1.1.1. Expression des comportements d'attachement
Ils s'expriment dans des communications qui varient quant
à leur nature, et avec l'âge. Ces communications visent le
même but, attirer l'attention de l'objet (figure maternelle), maintenir
en éveil, faire en sorte qu'elle se rapproche si l'enfant ne le peut
pas. N'importe quel comportement qui aura pu permettre le rapprochement passera
au service de l'attachement. Le nouveau-né, malgré son manque de
motricité, possède des moyens de communication efficaces.
> Evolution des comportements
d'attachement
Trois phases d'attachement selon Ainsworth
(1973):
- 0-3mois : phase de pré-attachement
initial ; pas d'attachement préférentiel. Le nouveau-né
communique ses besoins aux personnes de l'extérieur en adoptant des
comportements comme la succion, l'agrippement, les pleurs et d'autres
réactions involontaires. En fait, il en va de la survie de l'enfant que
les parents soient réceptifs à ses signaux et répondent
à ses besoins d'ordre biologique. Cette interaction mutuelle qui se
crée dès la naissance du bébé sert de fondement
à l'attachement.
- 3-6mois : phase d'émergence de
l'attachement ; comportements d'attachement dirigés vers plusieurs
personnes. Le bébé commence à privilégier certains
fournisseurs de soins, habituellement la mère. La mère comprend
mieux les besoins et les réactions de son bébé, tandis que
ce dernier acquiert une certaine maîtrise de ses besoins biologiques et
des signaux qu'il envoie à ses fournisseurs de soins. Le lien
d'attachement s'approfondit au fur et à mesure que le nourrisson voit
ses besoins comblés par le fournisseur de soins.
- 6mois : phase de l'attachement proprement
dit ; l'enfant a déterminé son objet d'attachement. Le
bébé doit pouvoir compter sur la protection du fournisseur de
soins pour oser s'en éloigner. Soulignons également que les
nourrissons expriment des préférences très marquées
et protestent férocement lorsqu'ils sont séparés de leur
fournisseur de soins. Les séparations prolongées ont des effets
néfastes durant la très tendre enfance.
> Les comportements de signal
L'enfant va émettre des signaux auxquels la mère
va répondre par un rapprochement. Les deux sont actifs, en interaction
et en interrelation. Les cris, les pleurs sont typiquement différents
selon que l'enfant a faim, a mal, a peur, et la mère apprend très
rapidement à les reconnaître, grâce à cette maladie
normale qu'est la << préoccupation maternelle primaire » :
<< aucun enseignement livresque ne peut remplacer ce sentiment qu'une
mère éprouve à l'égard des besoins de son
nourrisson, sentiment qui par moment, lui permet de s'adapter presque
exactement à ces besoins ». Sourires, gazouillis, regards
fixés vers la mère, élévation des deux bras,
mouvement de la tête, grimaces sont autant de comportements manifestant
et composant l'attachement.
> Les comportements d'approche
Même avant de pouvoir se déplacer seul vers sa
mere, l'enfant dispose de << réflexes » capables de maintenir
ce contact avec la mère : les comportements archaïques que sont
l'agrippement, le fouissement et la succion. Puis la poursuite, d'abord par le
regard, car le contact visuel diminue la distance, ensuite par la locomotion,
prennent le relais.
2.1.1.2. Les différentes conceptions
2.1.1.2.1. Klein (1921), Lorenz (1931), Harlow (1940),
Winnicott (1944), Spitz (1957), Bowlby (1969),
La Théorie de l'attachement est formulée par Bowlby
après les travaux de plusieurs auteurs.
Selon Klein (1921), c'est l'existence d'un
dualisme pulsion de vie/pulsion de mort dès la naissance qui organise
les premiers stades du psychisme de l'enfant.
0-10,12mois : Position schizo-paranoïde ;
Dès la naissance, le Moi partiellement constitué du
bébé est capable :
- d'éprouver de l'angoisse suscitée par le conflit
pulsion de vie/pulsion de mort,
- d'employer des mécanismes de défense,
- d'établir des relations primitives d'objets aussi bien
dans les fantasmes que dans la réalité.
10-18mois : Position dépressive ; Fusion
des bon et mauvais objets partiels, objet total : la mère.
Angoisse dépressive et culpabilité
(manifestation d'un Surmoi naissant) car l'enfant prend conscience de ses
propres aspects bons et mauvais ce qui provoque une angoisse, celle
d'endommager la personne dont il a le plus besoin (la mère).
Intervention de la fonction paternelle pour réparer l'objet interne
maternel fantasmatiquement endommagé par l'agressivité.
La théorie du comportement instinctif a
été formulée à partir des travaux de
Lorenz (1931) - en éthologie - par le
phénomène
d'empreinte. Il y a empreinte à un individu, pas
à une espèce. << Le phénomène de l'empreinte
(qui n'est pas vérifiable chez l'enfant humain pour des raisons
d'éthique), démontre qu'au moins chez certaines espèces
des liens peuvent se développer et persister entre individus sans que
soient nécessairement satisfaites les tendances physiologiques
habituellement prises en considération et malgré
d'éventuelles punitions ». Le terme d'empreinte, utilisé
dans le sens générique, implique toujours :
> le développement d'une préférence
clairement définie qui s'instaure précocement, au cours d'une
phase limitée du cycle de vie ou période critique ;
> une préférence qui, une fois établie,
reste comparativement fixe. Exemple : Aussitôt après sa
naissance, le caneton suit la première << Gestalt >> en
mouvement qu'il aperçoit, va l'adopter comme objet d'amour et comme
représentant de son espèce.
Harlow, éthologiste américain
dans les années 1930-1940 présentait à des jeunes macaques
rhésus deux mères substitutives : l'une faite de fil de fer mais
pourvue d'un biberon de lait, l'autre sans biberon mais recouverte de fourrure.
Les bébés singes se précipitaient vers cette
dernière, préférant le contact et la chaleur du pelage au
lait. Harlow parle de l'indépendance du besoin
alimentaire et du besoin de contact physique. Il a démontré que
le besoin de contact, la recherche de proximité avec la mère
prime la faim, et ce contact avec la mère est le facteur essentiel du
développement ultérieur. Harlow
énumère des
variables favorisant l'attachement : le réconfort du
contact, la température de la mère, l'allaitement et le
mouvement.
Winnicott (1944) a développé le
holding : manière dont l'enfant est porté par la mère,
mais également soutenu, maintenu et contenu et le handling :
manière dont il est traité, manipulé physiquement mais
aussi psychiquement, manière dont il est pensé dans la tête
de sa mère. Il a aussi parlé du rôle de pare-excitation de
la << mère suffisamment bonne >> : en faisant en sorte
<< d'inclure en elle les pulsions instinctuelles puissantes >>, la
mère apprend à son bébé que les expériences
instinctuelles ne sont pas nécessairement destructrices. << Dans
le fantasme du bébé, le corps de la mère est
déchiré afin de pouvoir arriver aux bonnes choses et à
leur incorporation>>. L'amour brut, l'attaque agressive, le souci, la
tristesse, le désir de réparer, de construire et de donner,
forment une séquence naturelle qui constitue une expérience
essentielle de la petite enfance et de l'enfance. Cette séquence ne
peut, pourtant, devenir réalité que si la mère, ou la
personne qui la remplace, est capable de vivre ces phases avec le
bébé, rendant possible l'intégration des divers
éléments. C'est la mère qui << sépare, pour
le bébé, la réalité du fantasme enrichissant
>>.
Selon Spitz (1957), les organisateurs de la vie
psychique sont :
- sourire (à 3 mois), les parents saisissent ce que le
bébé vit
subjectivement et ce dernier ressent l'affection que ceux-ci
voudraient lui attribuer.
- Angoisse de l'étranger (8 mois), exprime le processus
actif de séparation avec la mere dont l'image est
intériorisée.
- Non (18 mois), signifie l'accession à la totale
distinction d'avec la mère, réelle rentrée dans le monde
des interactions sociales avec interlocuteur capable de s'opposer à
l'autre.
L'établissement de la relation objectale selon Spitz se
déroule en trois stades :
· Stade préobjectal (méconnaissance du
monde extérieur, renforcement de la barrière protectrice contre
les stimuli externes, seule nécessité étant la
satisfaction des besoins instinctuels internes)
· Stade précurseur de l'objet (prise de conscience
de la réalité externe, priorité à la perception de
cette réalité)
· Stade de l'objet libidinal (objet externe reconnu comme
différent et investi)
La théorie de l'attachement de Bowlby (1969)
s'est progressivement enrichie ; actuellement, elle dépasse la
dyade mère-enfant pour englober les relations avec les autres membres de
son entourage. A mesure que l'enfant grandit, la gamme de son comportement
s'enrichit : sourire, appel, tentative de contact, locomotion, qui ont pour but
la recherche de proximité avec la figure d'attachement. Les
manifestations de l'attachement s'observent non seulement chez les jeunes
enfants mais aussi chez les adolescents autant que chez les adultes.
2.1.1.2.2. Etat actuel des connaissances
2.1.1.2.2.1. Séparations
brèves
Avant 6 mois, la séparation breve n'entraîne
aucune réaction visible. Mais cela ne veut pas dire que le
bébé ne vit pas une détresse émotionnelle.
Après 4 ans non plus, on n'observe pas de réactions vives
à la séparation. En revanche, il y a une réponse
immédiate entre 6 mois et 4 ans. Cette réaction peut se
décomposer en 3 phases, qui ressemblent aux observations de
Spitz, en 1957 :
- protestation : au bout de quelques heures,
agitations, cris, pleurs de colère, protestation. Chez les plus
âgés, on peut observer un comportement hostile, à
l'égard des personnes qui s'approchent.
- désespoir : apathie, plus de relations avec
l'extérieur, ne pleure plus, immobilité, sans réactions,
ne s'alimente plus. Cet état reproduit la dépression de
l'adulte.
- détachement : si la durée de
séparation est trop importante, l'enfant se conduit avec la mère
comme avec une étrangère et peut s'attacher à un
étranger. Si au moment où l'enfant semble être
détaché de sa mère, elle revient, on note ensuite un
surcroît des comportements d'attachement : il anticipe les initiatives de
séparation de sa mère retrouvée.
2.1.1.2.2.2. Les hospitalisations
répétées et durables
Elles peuvent engendrer des difficultés d'adaptation
à long terme. Il existe des différences interindividuelles
marquées : certains supportent mieux que d'autres (en moyenne, les
garçons supportent mieux que les filles).
Les hospitalisations commençant durant l'année
préscolaire (avant 5-6 ans) sont susceptibles de constituer un facteur
de risque psychologique. Ces problèmes se retrouvent chez les enfants
issus de familles prédisposantes (familles déviantes,
discordantes, conflictuelles, attitudes éducatives
insécurisantes). Il faut également tenir compte des
problèmes de santé justifiant la maladie, qui sont aussi la cause
de la perturbation émotionnelle. On ne peut distinguer la
séparation des autres facteurs environnementaux.
Le tableau suivant présente les types d'attachement,
leur prévalence approximative et les réactions des enfants
à ces situations. On peut constater, en se référant aux
pourcentages du tableau, que la majorité des parents réussissent
à créer un lien d'attachement sécure avec leurs enfants.
Lorsque l'on parle d'attachement sécure, il ne faut pas oublier que ni
les parents, ni les enfants ne sont parfaits et que, par conséquent, le
lien d'attachement sécure ne peut l'être non plus. Mais si le
parent répond la plupart du temps de manière adéquate aux
besoins de son enfant, le lien d'attachement sécure pourra se
développer.
Tableau I : Types d'attachement selon la prévalence
à l'âge de 1 an
Type d'attachement
|
Prévalence à l'âge de un
an
|
Description
|
Attachement sécure
|
60-70 %
|
L'enfant est explorateur lorsque sa maman est dans la
pièce. Il proteste lors de la séparation avec elle et accueille
avec plaisir son retour, recherchant son contact physique et son
réconfort et peut reprendre son exploration. Ce type d'attachement est
associé à la disponibilité de la mère et à
sa sensibilité envers les besoins de son bébé.
|
Attachement insécure évitant
|
15-20 %
|
L'enfant ignore la mère lorsqu'elle est
présente et évite la proximité avec elle lors de son
retour. Ce type d'attachement est associé à des interactions
intrusives et rejetantes de la part de la mère, surtout lorsque l'enfant
présente une vulnérabilité émotionnelle.
|
Attachement insécure ambivalent
|
10-15 %
|
L'enfant explore peu lorsque la mère est dans la
pièce; il demeure proche d'elle et fait preuve de détresse lors
de la séparation. Au retour de la mère, on assiste à un
mélange de contacts physiques et de rejet de la part de l'enfant. Ce
type d'attachement est souvent associé à une incohérence
des réponses de la mère qui alternent entre disponibilité
et rejet.
|
Attachement insécure désorganisé
|
5-10 %
|
Confusion quant à approcher ou à éviter
la mère lors du retour de celle-ci; l'enfant a un comportement
dépourvu de stratégie cohérente; il est
débordé par l'angoisse et n'arrive pas à obtenir de
soulagement à sa détresse. Ce type d'attachement est souvent
associé à de la maltraitance.
|
|
2.1.2. Développement de la personnalité
2.1.2.1. Enfance
Wallon (1934) a organisé ses
observations en présentant le développement de la
personnalité de l'enfant comme une succession de stades. Certains de ces
stades sont marqués par la prédominance de l'affectivité
sur l'intelligence, alors que d'autres apparaissent plutôt
caractérisés par la primauté de l'intelligence sur
l'affectivité. Sa conception des stades fait apparaitre l'idée
que la régression y est possible, contrairement au modèle de
Piaget.
En voici les principales étapes :
> Le stade impulsif (de 0 à 3 mois). Ce qui domine
dans la vie infantile, ce sont les sensations internes (introceptives) et les
facteurs affectifs entretenus avec l'entourage. Sur le plan moteur, cette
période est caractérisée par la faible maîtrise
motrice et donc un désordre gestuel. C'est la qualité des
réponses de l'entourage du nourrisson qui vont lui permettre de passer
du désordre gestuel à des émotions
différenciées.
> Le stade émotionnel (de 3 mois à 1 an).
Émergence d'un commencement de reconnaissance de soi au travers du
regard des autres. Apparition de quatre émotions : la joie, le chagrin,
la colère et la douleur.
> Le stade sensori-moteur et projectif (de 1 à 3
ans). Ce qui prédomine alors pour l'enfant, c'est l'influence du monde
extérieur. L'intégration de cette influence externe va favoriser
l'éveil de deux types d'intelligence : l'une pratique, par la
manipulation des objets et du corps propre, l'autre «
discursive », par l'imitation et l'appropriation du langage.
> Le stade du personnalisme (3 à 6 ans) est
caractérisé par une prédominance, à nouveau, des
fonctions affectives sur l'intelligence. Vers 3 ans l'enfant tend à
s'opposer à l'adulte dans une sorte de crise négativiste, mais
cette attitude est bientôt suivie d'une période d'imitation
motrice et sociale. L'enfant exprime ainsi l'ambivalence qui le lie au
modèle prestigieux que représente pour lui l'adulte.
> Le stade catégoriel (6 à 11 ans). Ici, ce
sont les facultés intellectuelles qui semblent prendre le pas sur
l'affectif. Pendant sa scolarité, l'enfant acquiert des capacités
de mémoire volontaire et d'attention. Son intelligence accède
à la formation des catégories mentales qui conduisent aux
capacités d'abstraction.
> Le stade de l'adolescence commence après 11 ans et
se caractérise par une primauté des préoccupations
affectives.
Le développement psychoaffectif selon Freud
=>
De 18 mois à
Jusqu'à 18 mois 3 ans
Dès 7-8 ans Adolescence
Stade oral
Stade anal
(+ oral)
Stade => phallique =>
(+oral, +anal)
De 3 ans à 7 ans Situation oedipienne
Période de latence =>
(+oral, +anal, +phallique)
Stade génital
Figure I : Les cinq stades du développement
psychoaffectif selon Freud.
o La << phase orale » constitue l'organisation
psychique du premier lien. La nourriture qui passe par la bouche est en effet
la première origine de sensualité. Le plaisir produit par les
zones érogènes s'étaye sur ce lien vital puis s'en
éloigne, par exemple lors des préliminaires sexuels des adultes.
On différencie la << phase orale de succion » de la <<
phase orale de morsure » qui inaugure une manifestation
d'agressivité reposant sur l'ambivalence inhérente à la
relation d'objet. Pour les kleiniens, le complexe d'OEdipe se manifeste
déjà à cette phase orale et son déclin intervient
lors de l'avènement de la position dépressive.
o La << phase anale », allant de 1 à 3 ans
environ, est liée au plaisir de contrôler ses voies
d'excrétion.
o La << phase phallique » (ou <<
génitale infantile »), de 3 à 6 ans environ, est liée
à la masturbation. Elle connaît l'émergence puis le conflit
oedipien dans sa phase la plus aiguë.
o La << phase de latence » s'étale ensuite
de 6 ans à la préadolescence, et correspond au déclin du
complexe d'OEdipe
par le refoulement des pulsions sexuelles qui sont mises au
service de la connaissance qui dure jusqu'à l'adolescence et qui est
permise par le processus de sublimation. Là encore, il faut
considérer que ce déclin, cette << latence », est
toute relative et peut varier selon les individus, les circonstances et les
moments du développement.
o La << phase génitale » survient pendant
l'adolescence et correspond à la reconnaissance de la << double
différence, des sexes et des générations » et
coïncide avec la seconde période de maturation sexuelle. Dès
lors l'équilibre est trouvé, au sein d'une organisation
génitale adulte et grâce aux changements d'objets devenus
possibles : le désir sera donc adressé à une autre femme
que la mère, à un autre homme que le père.
2.1.2.2. Puberté et Adolescence
La puberté est une étape du
développement humain marquant la transition de l'enfance à
l'adolescence. Elle se signale notamment par une croissance rapide due aux
hormones de croissance et le développement des caractères sexuels
primaires et secondaires dû aux hormones sexuelles, avec de notables
changements comportementaux notamment un besoin accru de sommeil lié
à un décalage de libération de la mélatonine. Le
mot provient du latin pubertas, issu d'une famille de mots qui comporte
à la fois des mots relatifs au passage à l'âge adulte et
à la pousse du poil.
Ainsi, elle démarre plus tôt dans les
régions tropicales et méditerranéennes (9-11 ans), et plus
tard dans les régions nordiques
(14-17 ans) tandis que les régions
tempérées la connaissent de 11 à 14 ans. Le processus
pubertaire varie encore selon le sexe.
Pour la fille comme pour le garçon, la puberté se
caractérise par l'apparition de la pilosité sur les jambes, le
pubis et sous les aisselles.
La fille voit ses seins se développer. Cela occasionne
le besoin de rééquilibrer sa démarche, qui se stabilise en
moyenne vers 18 ans. Ses hanches se développent, afin de pouvoir
accueillir le foetus, avec l'apparition de la cellulite. La vulve glisse du
devant du corps vers l'entre-jambe. La transpiration de la future femme est
équitablement répartie sur tout son corps.
Le garçon voit des poils apparaître encore sur
son visage (duvet vers 12 ans, barbe vers 18 ans) ainsi que sur tout son corps.
La répartition de la pilosité varie selon le génome. Sa
musculature se développe, tandis que ses bras s'allongent. La verge et
les testicules prennent du volume, et le garçon connaît des pertes
blanches parfois gênantes. La transpiration du futur homme est
localisée sur le front, le bas du dos et les pieds.
On le voit déjà avec le développement
physique : la puberté inquiète, taraude et questionne le
garçon et la fille.
La nouvelle envergure du jeune est bien sûr
nécessaire, et déclenche spontanément les
difficultés socioaffectives. Ces difficultés sont
socioculturelles d'une part, et naturelles de l'autre.
Au plan socioculturel, puisque l'adulte est
généralement indisposé par la maturité sexuelle du
jeune, et d'autant plus que des phénomènes tels que le jeunisme
prennent de l'ampleur. Cela brouille
les pistes entre générations, et le jeune
s'interroge sur la maturité sociale du monde dans lequel il vit. Les
réponses qu'il trouve successivement, ou qu'il affine, lui permettent de
définir sa propre démarche sociale de futur adulte.
Au plan naturel, les difficultés socioaffectives sont
notamment liées à la montée du désir. Le jeune doit
nécessairement parvenir à se resituer dans son environnement
social : famille, professeurs, petitami(e)s, ami(e)s, camarades,
fréquentations.
Chez la fille, l'hormone oestrogène provoque la
menstruation ou les règles. Selon qu'elle aura été
informée ou pas, la première coulée de sang effraiera plus
ou moins la future femme. La menstruation signale la maturité sexuelle
de la fille, puisque ses ovaires produisent désormais les ovules
nécessaires à sa fécondité dans un cycle de
vingthuit jours généralement.
Chez le garçon, l'hormone testostérone provoque
la sécrétion de spermatozoïdes dans les testicules, ce qui
occasionne les pertes nocturnes pour commencer.
2.1.2.3. Le Complexe d'OEdipe
« Le complexe d'OEdipe est sans doute le mot le plus
célèbre du vocabulaire psychanalytique, celui qui sert le plus
sûrement à désigner le freudisme ». Issu de
l'expérience pratique, Freud théorise le
complexe d'OEdipe dans sa première topique. Celui-ci est défini
comme le désir inconscient d'entretenir un rapport sexuel avec le parent
du sexe opposé (inceste) et celui d'éliminer le parent rival du
même sexe (parricide). Ainsi, le fait qu'un garçon tombe amoureux
de
sa mère et désire tuer son père
répond à l'impératif du complexe d'OEdipe. C'est dans la
lettre à Wilhelm Fliess du 15 octobre 1897 que Freud évoque le
complexe. Pour Freud, la structure de la personnalité se crée en
rapport avec le complexe d'OEdipe et la fonction paternelle. Le complexe
d'OEdipe intervient au moment du stade dit « phallique ». Cette
période se termine par l'association entre la recherche du plaisir et
une personne extérieure, la mère. Le père devient le rival
de l'enfant ; ce dernier craint d'être puni, en conséquence de son
désir pour la mere, par la castration par le père. L'enfant
refoule donc ses désirs et alimente son Surmoi, avec la naissance en lui
de la culpabilité et de la pudeur, entre autres et au moyen du complexe
de castration.
2.1.3. Addictions aux drogues ou conduites addictives
L'étymologie du terme << addiction »
dérive du latin << addictus » qui désignait la
contrainte par corps. C'est en fait un vieux mot français, revenu dans
sa pleine acception par le monde Anglo-Saxon : << lier une personne
à une chose ou à quelque chose ». La notion de lien central
se trouve dans le mot dépendance. La clé de cette dernière
sera à chercher dans la source de ce sentiment de dette dans le
vécu du sujet.
Selon, Le Petit Larousse Multimédia 2010,
ce terme désigne un comportement répétitif plus
ou moins incoercible et nuisible à la santé (toxicomanie,
alcoolisme, tabagisme, boulimie, anorexie<).
Pour Bergeret (1982) il s'agit de
considérer à la suite de quelles carences affectives, le sujet
dépendant est amené à payer, par son corps, les
engagements non tenus et contractés par ailleurs.
Goodman (1990) propose une définition
conforme aux critères du Manuel Diagnostique et Statistique des Troubles
Mentaux, 4ème Edition :
· Impossibilité de résister aux impulsions
à réaliser ce type de comportement.
· Sensation croissante de tension précédant
immédiatement le début du comportement.
· Plaisir ou soulagement pendant sa durée.
· Sensation de perte de contrôle pendant le
comportement.
· Présence d'au moins cinq des neuf critères
suivants :
- préoccupation fréquente au sujet du comportement
ou de sa préparation.
- intensité et durée des épisodes plus
importantes que souhaitées à l'origine.
- tentatives répétées pour réduire,
contrôler ou abandonner le comportement.
- temps important consacré à préparer les
épisodes, à les entreprendre, ou à s'en remettre.
- survenue fréquente des épisodes lorsque le
sujet doit accomplir des obligations professionnelles, scolaires ou
universitaires, familiales ou sociales.
- activités sociales, professionnelles ou
récréatives majeures sacrifiées du fait du
comportement.
- perpétuation du comportement bien que le sujet sache
qu'il cause ou aggrave un problème persistant ou récurrent
d'ordre social, financier, psychologique ou physique.
- tolérance marquée : besoin d'augmenter
l'intensité ou la fréquence pour obtenir l'effet
désiré, ou diminution de l'effet procuré par un
comportement de même intensité.
- agitation ou irritabilité en cas d'impossibilité
de s'adonner au comportement.
? Certains éléments du syndrome ont duré
plus d'un mois ou se sont répétés pendant une
période plus longue.
L'état d'addiction désigne un ensemble de
phénomènes adaptatifs développés autour de la
consommation répétée d'une ou plusieurs substances
psychoactives et caractérisés par leur extrême robustesse
dans le temps (évolution chronique et récidivante) ainsi que par
l'induction de conséquences néfastes pour l'individu.
En fonction du type de substance, de ses modalités
d'utilisation, du contexte de consommation et de facteurs individuels, la
persistance de l'état d'addiction peut reposer sur l'installation :

d'une dépendance physique définie par :
tolérance : nécessité d'augmenter la
dose pour obtenir les mêmes effets ou baisse progressive des effets avec
la répétition des prises

syndrome de manque : apparition de troubles psychiques
(anxiété) et/ou neurologiques (confusion, trémulations,
convulsions) et/ou neurovégétatives à l'arrêt des
prises d'une substance
et / ou d'une dépendance psychique (notion de perte de
contrôle, et/ou de consommation impulsive, et/ou compulsive).
Par un abus de langage, on désigne par les termes de
« conduites addictives » l'ensemble des comportements de
consommations portant sur un groupe de substances très diverses sur le
plan pharmacologique mais qui possèdent toute la propriété
commune d'être capables d'induire un état d'addiction. A noter
qu'il existe des conduites addictives sans drogues (boulimie, anorexie, jeu
pathologique, sport, sexe) et que de nombreuses substances psychoactives
peuvent induire des effets néfastes sans pour autant être à
l'origine d'états d'addiction de manière régulière
(antipsychotiques, antidépresseurs).
Dans notre étude, les conduites addictives sont ainsi
définies par le besoin impérieux et répétitif
d'utiliser une ou plusieurs substances psychotropes. Il s'agit de l'alcool, du
tabac, du cannabis, de la cocaïne, du crack et de
l'héroïne.
2.1.3.1. Addiction aux différentes drogues
On appelle drogue toute substance qui peut modifier la
conscience et le comportement de l'utilisateur. En ce sens, tout
médicament peut être désigné par le mot drogue.
Selon l'usage qui en est fait, les
drogues peuvent être employées à des fins
médicales ou des fins non médicales. Seules les substances
susceptibles de modifier la fonction psychique peuvent être retenues
comme drogues. Ce sont les drogues psychotropes,
c'est-à-dire l'ensemble des substances d'origine naturelle ou
synthétique qui peuvent, par leur action sur le système nerveux
central, modifier l'activité mentale, les sensations et les
comportements.
2.1.3.1.1. Addiction à l'Alcool
L'addiction à l'alcool (éthanol) contenu dans
les boissons alcoolisées est l'alcoolisme. L'Organisation Mondiale de la
Santé reconnaît l'alcoolisme comme une maladie et le
définit comme des troubles mentaux et troubles du comportement
liés à l'utilisation d'alcool. La progression dans le temps est
l'une des caractéristiques majeures de cette addiction. L'usage sans
dommage (appelé usage simple) précède l'usage à
risque et l'usage nocif (sans dépendance), puis enfin la
dépendance. L'alcool est une substance psychoactive à l'origine
de cette dépendance mais elle est également une substance toxique
induisant des effets néfastes sur la santé.
L'alcoolisme est classé selon la Classification
Internationale des Maladies Mentales en deux types : la forme aiguë,
l'alcoolisme aigu et l'alcoolisme chronique
correspondant à une consommation régulière et chronique,
plus ou moins excessive.
La forme aiguë se manifeste par une consommation
occasionnelle, plus ou moins intense et ne comporte pas en règle
générale de phénomène de dépendance,
contrairement à l'alcoolisme chronique.
La forme chronique se manifeste par une consommation
répétée (quotidienne, de façon
générale) et habituelle, au-delà des seuils de
toxicité (2 à 3 verres standards par jour), et n'a pas
forcément comme objectif l'ivresse majeure.
L'alcool est obtenu par fermentation de
végétaux riches en sucre ou par distillation et entrent dans la
composition des boissons alcoolisées : vin, cidre, bière, rhum et
alcools distillés, vodka et whisky, le sodabi.
Effets et dangers de l'alcool
A court terme et lorsqu'il est consommé à des
doses importantes, l'alcool provoque un état d'ivresse et peut
entraîner des troubles digestifs, des nausées, des vomissements,
des pertes de contrôle de soi qui peuvent conduire à des
comportements de violence, à des passages à l'acte, agressions
sexuelles, suicide, homicide. La consommation régulière, quand
elle est excessive (ou au-delà des seuils de 2 à 3 verres par
jour), augmente le risque de nombreuses pathologies : cancers (notamment de la
bouche, de la gorge, de l'oesophage, entre autres), maladies du foie (cirrhose)
et du pancréas, troubles cardiovasculaires, hypertension
artérielle, maladies du
système nerveux et troubles psychiques
(anxiété, dépression, troubles du comportement).
2.1.3.1.2. Addiction au Tabac
L'addiction au tabac est souvent appelé «
tabagisme » Ce terme est à l'origine un terme médical
désignant l'intoxication aiguë ou chronique provoquée par
l'abus du tabac. L'usage du tabac étant réputé nocif par
les autorités de santé, « tabagisme » est devenu
synonyme de « consommation de tabac ».
Le tabagisme est parfois spécifié actif par
opposition au tabagisme passif, qui découle de l'inhalation de la
fumée du tabac contenue dans l'air environnant. Le tabagisme
résiduel résulte de l'inhalation de dépôts
potentiellement toxiques restant dans un local où l'on a fumé.
Le tabac est une plante cultivée dans le monde entier.
C'est un produit manufacturé élaboré à partir de
feuilles séchées de plantes appartenant à la famille des
Solanacées et caractérisées par la présence de
nicotine, substance alcaloïde psychotrope pouvant être à
l'origine d'une dépendance durable.
Les tabacs en feuilles sont classés selon leur
variété ou leur mode de séchage. Les tabacs bruns sont
séchés à l'air et au feu ; les tabacs blonds sont
séchés à l'air chaud ; les tabacs clairs («
goût américain ») sont séchés à l'air ou
au soleil. Le tabac est consommé de plusieurs manières :
· fumé (cigarette, pipe, cigare, cigarillos,
bidî, en vrac à rouler, en joint - c'est-à-dire
mélangé à du cannabis), mélangé avec de la
mélasse parfumée narguilé, etc. ;
· prisé (par inhalation) ;
· chiqué (par macération dans la bouche) :
par « mâchage » ou en plaçant une boulette entre
lèvre et gencive. Le snus suédois est un tabac fermenté
présenté en petits sachets.
Effets et dangers du tabac
Le tabac contient de la nicotine, qui possède un effet
« éveillant », anxiolytique et coupe-faim. Les produits du
tabac (cigarettes, tabac à rouler, etc.) sont composés d'additifs
(humectant, gout, saveur<). La combustion de ces produits crée de
nouveaux composants (monoxyde de carbone, goudrons...) nocifs pour la
santé. L'ensemble de ces composants agit en particulier sur la fonction
cardiovasculaire, la fonction respiratoire, la fonction digestive. La
dépendance au tabac est confirmée chez la plupart des fumeurs. Le
fumeur régulier privé brutalement de sa consommation ressent une
sensation de manque. Il est tendu, nerveux, irritable, angoissé, voire
déprimé. Il peut trembler et avoir des sueurs ; il lui est
difficile de réprimer l'envie de reprendre une cigarette.
2.1.3.1.3. Addiction au Cannabis
Le cannabis est une plante. Le principe actif du cannabis
responsable des effets psychoactifs est le THC
(tétrahydrocannabinol),
inscrit sur la liste des stupéfiants. Le cannabis se
présente sous trois formes :
· l'herbe (marijuana, ganja, beuh, etc.)
Ce sont les feuilles, tiges et sommités fleuries,
simplement séchées. Elles se fument généralement
mélangées à du tabac, roulées en cigarette souvent
de forme conique (« joint », « pétard »...)
· la résine (haschisch, hasch, shit, chichon,
etc.)
Obtenue à partir des sommités fleuries de la
plante. Se présente sous la forme de plaques compressées,
barrettes de couleur verte, brune ou jaune selon les régions de
production. Se fume généralement mélangée à
du tabac : « le joint ». Le haschich peut être coupé
avec du henné, du cirage, de la paraffine, ou d'autres substances plus
ou moins toxiques.
· l'huile
Préparation plus concentrée en principe actif,
consommée généralement au moyen d'une pipe. Son usage est
peu répandu.
Effets et dangers du cannabis
Les consommateurs recherchent un état de
détente, de bien-être et une modification des perceptions (par
exemple, sensation de mieux entendre la musique). Mais les effets
recherchés ne sont pas toujours obtenus. Les effets de la consommation
de cannabis sont variables : légère euphorie accompagnée
d'un sentiment d'apaisement, légère somnolence< Mais elle peut
entraîner aussi parfois un malaise, une
intoxication aigüe qui peut se traduire par des
tremblements, des vomissements, une impression de confusion,
d'étouffement, une angoisse très forte. Selon la personne, la
quantité consommée et la composition du produit, le cannabis peut
avoir des effets physiques comme un gonflement des vaisseaux sanguins (yeux
rouges), une augmentation de l'appétit (fringales), une augmentation du
rythme du pouls (palpitations), une diminution de la sécrétion
salivaire (bouche sèche), parfois une sensation de nausée.
2.1.3.1.4. Addiction à la Cocaïne
La cocaïne se présente généralement
sous la forme d'une fine poudre blanche, cristalline et sans odeur. Elle est
extraite des feuilles de cocaïer. Lorsqu'elle est « sniffée
>>, elle est appelée « ligne de coke >> ; elle est
aussi parfois injectée par voie intraveineuse ou fumée,
principalement sous forme de crack (ou free base).
Effets et dangers de la cocaïne
L'usage de cocaïne provoque une euphorie
immédiate, un sentiment de toute-puissance intellectuelle et physique et
une indifférence à la douleur et à la fatigue. Ces effets
laissent place ensuite à un état dépressif et à une
anxiété que certains apaisent par une prise d'héroïne
ou de médicaments psychoactifs.
La cocaïne provoque une contraction de la plupart des
vaisseaux sanguins, des troubles du rythme cardiaque qui peuvent être
à l'origine d'accidents cardiaques, notamment chez des personnes
fragiles et/ou qui consomment de fortes quantités de
tabac. La consommation de la cocaïne induit également des troubles
psychiques à l'instar d'une grande instabilité d'humeur, des
délires paranoïdes ou des attaques de panique.
La prise de cocaïne entraine une augmentation de
l'activité psychique et, par conséquent, des insomnies, des
pertes de mémoire et des phases d'excitation. Une autre
caractéristique de la cocaïne est de lever les inhibitions, ce qui
peut conduire à des actes de violence, des agressions sexuelles, des
dépenses compulsives, etc. La sensation de « toute-puissance »
entraînée par la cocaïne peut engendrer des passages à
l'acte. En cas d'injection, le matériel partagé entre plusieurs
usagers peut transmettre le virus du sida et des hépatites B et C.
2.1.3.1.5. Addiction au crack
Le crack est un mélange de cocaïne, de bicarbonate
de soude et/ou d'ammoniaque, qui se présente sous la forme de petits
cailloux. L'usager en inhale la fumée après les avoir
chauffés. Cette opération provoque des craquements, origine de
son nom.
Effets et dangers du crack
Ce mode de consommation provoque des effets plus intenses et
plus brefs que ceux de la cocaïne et l'état dépressif qui
lui succède est encore plus marqué. L'usage régulier de
crack peut provoquer des hallucinations et entraîner des comportements
violents, paranoïaques ou suicidaires. L'usage régulier de crack
peut provoquer des dommages rapides sur le cerveau, de graves
altérations des voies
respiratoires, des arrêts respiratoires et/ou
cardiaques, des états d'épuisement physique et psychique, des
lésions cutanées (aux mains et aux lèvres).
2.1.3.1.6. Addiction à
l'héroïne
L'héroïne est un opiacé puissant, obtenu
par synthèse à partir de la morphine, extraite du pavot.
L'héroïne se présente sous la forme d'une poudre ou de
granulés à écraser. Longtemps injectée par voie
intraveineuse, l'héroïne peut être aussi prisée
(sniffée) ou fumée.
Effets et dangers de l'héroïne
L'héroïne provoque très rapidement
l'apaisement, l'euphorie et une sensation d'extase. Cet effet immédiat
de plaisir intense est suivi d'une sensation de somnolence, accompagnée
parfois de nausées, de vertiges et d'un ralentissement du rythme
cardiaque. L'héroïne agit ponctuellement comme anxiolytique
puissant et comme antidépresseur. L'héroïnomane oscille
alors entre des états de soulagement euphoriques (lorsqu'il est sous
l'effet de l'héroïne) et des états de manque qui provoquent
anxiété et agitation... Des troubles apparaissent très
vite, dont l'anorexie et l'insomnie. La surdose (ou overdose) à
l'héroïne provoque une dépression respiratoire souvent
mortelle. Surtout, la mise en commun du matériel d'injection et des
autres objets de préparation expose à des infections locales
(abcès) mais aussi à un risque très élevé
d'être contaminé par le virus du sida (VIH) ou de
l'hépatite C.
2.2. Etat de la question
L'objectif du présent travail est d'étudier la
relation qui pourrait exister entre les types d'attachement et les conduites
addictives. Pour ce faire, nous passons en revue les travaux ayant un lien avec
les types d'attachement aux figures parentales et / ou les conduites addictives
en vue de la spécification de notre problème.
Bowlby (1954) expérimentait
l'existence de liens entre les séparations précoces
prolongées et les futurs comportements délinquants et agressifs
avant la mise au point de sa théorie de l'attachement. Bowlby
(1960) décrivait les peurs phobiques de l'enfant comme des
conséquences possibles de l'angoisse de séparation. En 1969,
plusieurs recherches effectuées sur certains échantillons
psychiatriques montrèrent que la personnalité psychopathique et
la dépression, suivies de délinquance accentuée et d'une
propension au suicide, étaient associées à de
fréquentes ruptures de liens affectifs durant l'enfance. Toutes les
formes d'anxiété seraient d'après Bowlby
(op.cit.) en relation avec l'attente de disponibilité de la figure
d'attachement. En 1980, une étude (Bowlby, Spitz &
Goldfarb) a démontré l'existence de lien entre
psychopathologies de l'adulte et dysfonctionnements plus ou moins
précoces de l'attachement.
Ces différents travaux montrent l'existence d'un lien
entre les difficultés de l'attachement et les troubles de comportements
mais ne déterminent pas la présence des addictions dans ces
troubles de comportements.
Hall et coll. (1990) ont
réalisé une étude prospective auprès des
alcooliques. Dans leurs explications, les alcooliques ont associé leur
rechute à un état de stress. Cette étude,
s'intéressant également aux situations ou
événements qui peuvent déclencher la rechute des
alcooliques, relève la prudence avec laquelle il faut considérer
les explications des toxicomanes. Cela signifie qu'il peut avoir d'autres
variables intrinsèques à la personnalité du toxicomane que
lui-même peut ignorer.
Il s'agit là d'une étude qui a établi une
relation entre l'état de stress et la rechute dans l'alcoolisme. Nous
voulons dans la présente étude prendre en compte les types
d'attachement aux figures parentales et étendre les addictions aux
différentes drogues.
Goldberg (1990) met en évidence que
les nourrissons (suivis jusqu'à l'âge de huit ans), qui
présentaient un lien sécurisant étaient plus
compétents intellectuellement et socialement que ceux dont l'attachement
était anxieux.
L'expérience de Goldberg conduit
à admettre l'existence d'une relation entre la qualité de
l'attachement en bas age et les problèmes de comportement à la
période scolaire. Notre étude considère les conduites
addictives comme étant les problèmes de comportements liés
à la qualité de l'attachement contrairement aux
difficultés scolaires.
Harris, Brown et Bifulco (1990) ont
mené une étude auprès de femmes qui avaient perdu leur
mere dans l'enfance. Le taux de dépression dans ce groupe était
significativement plus élevé que dans
le groupe témoin : 30% au lieu de 10 %. Sur le plan
social, ces femmes avaient eu une carence de soins dans l'enfance ; cela
conduisait fréquemment à des grossesses qui survenaient hors
mariage et à un choix de partenaire peu étayant, ainsi
qu'à des conditions de vie défavorisées. La composante
psychologique retrouvait un sentiment de désespoir (hopelessness)
important, qui avait débuté dans l'enfance au moment de la perte,
associé à un sentiment de manque de maîtrise.
Harris, Brown et Bifulco (op.cit.) ont recherché, en
plus de ces difficultés, l'existence de styles d'attachement
vulnérables (vulnerable attachment styles), c'est-à-dire des
difficultés dans les relations interpersonnelles. Ils ont trouvé
que c'était ce dernier point qui était relié le plus au
risque dépressif.
Il ressort de cette étude que le style d'attachement
vulnérable est à l'origine de la dépression mais cette
étude n'a pas révélé la possibilité de
tomber dans les addictions face à ce style d'attachement
vulnérable.
Marlatt et Larimer (1990) dans leur
étude initiale sur les alcooliques, ont demandé aux personnes qui
avaient rechuté de décrire les situations qui avaient
déclenché cette rechute, au moment du suivi. Ils ont
constaté que les situations relevées par les alcooliques
pouvaient être classées en catégories et que près
des trois quart des rechutes étaient associés à trois
d'entre elles : les états émotifs désagréables, la
pression sociale et les conflits interpersonnels.
Cette étude a bien pu noter certains facteurs
psychologiques et psychosociaux provoquant la reprise des conduites de
consommations. Mais, elle n'a pas lié ces facteurs
expliquant la reprise des consommations aux types d'attachement parental.
Loeber (1991) affirme qu'il existe une
période critique durant l'enfance où des évènements
comme la séparation d'avec la mere, une succession de figures
maternelles ou une pauvre qualité des soins, font le lit de
comportements antisociaux.
Carlson et coll. (1998) ont pu montrer les
liens directs entre attachement désorganisé dans l'enfance et
risque de troubles dissociatifs à la fin de l'adolescence. C'est dire la
gravité d'un tel attachement qui pourrait à lui seul servir de
critère de recherche dans ce domaine. Les troubles de l'attachement
installés précocement peuvent générer des troubles
irréversibles qui vont persister chez l'adolescent puis chez l'adulte
sous la forme de difficultés d'adaptation aux évènements
et au milieu de vie. En cas d'attachement insatisfait, l'enfant reste
collé à sa mere, n'ose pas s'en éloigner, n'ose pas
explorer le monde, ce qui altère ses capacités d'apprentissage et
peut même dans certains cas entraîner une déficience
intellectuelle.
Les études de Loeber et
Carlson mettent en évidence une corrélation
entre les types d'attachement parental et les comportements délinquants,
les problèmes comportementaux de type « internalisation »
(dépression, anxiété, incapacité à
gérer le stress) mais n'explorent pas les conduites addictives dans les
modes de vie des sujets.
Sur la base de leur méta-analyse, Van
Izendoorn, Schuengel, Bakermans-Kranenberg, (1999) soulignent que les
jeunes dont
l'attachement est insécure désorganisé /
désorienté auraient beaucoup de difficultés à
gérer le stress et courent un risque élevé de troubles du
comportement externalisés.
Le travail de Van Ijzendoorn et coll. met en
relation le type d'attachement parental et la vulnérabilité aux
troubles de comportements externalisés mais n'extrapole pas ces troubles
de comportements pour constater les conduites addictives dans lesquels affalent
ces sujets.
En 2001, une étude (Nardeau & Bertrand)
menée à Montréal dans le cadre d'un projet sur
l'inadaptation grave et persistante chez les toxicomanes, a montré que
pratiquement, les rechutes sont fréquentes et font partie
intégrante du processus de rémission. Les auteurs ont ainsi pu
identifier, suite aux entrevues de deux heures avec chacune de ces femmes
toxicomanes, que ces rechutes sont dues aux mêmes facteurs
associés que l'on retrouve dans la progression de la consommation, mais
aussi au contexte qu'évoquent les situations de traumatisme dans
l'enfance.
Il s'agit là d'une recherche qui met en relation les
situations de traumatisme vécues et la toxicomanie, certes, mais qui ne
s'attelle pas pour définir les types d'attachement parental liés
à ces traumatismes vécus dans l'enfance.
Djassoa (1990) a travaillé sur le
phénomène de la marginalité juvénile à
Lomé. Il aborde l'importante question des conséquences à
long terme de perturbations de l'attachement chez les jeunes. Il
illustre, l'insécurité affective que connaissent
les jeunes qui ont subi des carences précoces.
En effet, il parvient à la conclusion selon laquelle
toute perturbation du milieu familial n'est pas la cause directe ni
nécessaire de la délinquance juvénile. C'est le
bouleversement psychique qu'il est susceptible d'engendrer chez le jeune qui
rend compte de la marginalité. Ainsi à partir de l'analyse de
contenu d'un échantillon de dossiers de 20 mineurs au Centre
d'Observation et de Réinsertion Sociale de Cacavelli à
Lomé, il a isolé certains facteurs pouvant conduire à la
marginalité juvénile à Lomé :
Les facteurs sociologiques tels que l'éclatement de la
cellule familiale auxquels s'associent la désintégration de la
cellule familiale traditionnelle et l'éveil du besoin d'argent par
l'introduction de l'économie de marché, entraînant des
conflits insurmontables entre la vie de famille et les activités
financièrement rentables.
Les facteurs psychologiques : le milieu familial
perturbé est vécu comme une situation d'insécurité
affective. Une telle insécurité se traduit par divers processus
psychologiques de manières diverses qui peuvent se combiner, s'intriquer
: le sentiment d'abandon affectif, la carence d'objets identificatoires,
l'angoisse de morcellement, l'intolérance à la frustration.
Les facteurs psychopathologiques : ils se résument
à un trouble relationnel précoce qui serait de type abandonnique,
et s'exprimant sous forme de carence affective.
Cette étude s'est résumée à
évaluer le bouleversement psychique que peut engendrer la perturbation
du milieu familial sur certains sujets et le phénomène de
marginalité juvénile qui peut en résulter. Notre
étude vise plutôt à estimer l'indice de relation entre les
types d'attachement et les addictions aux drogues.
Sévon (2001), dans son étude
sur « l'impact du climat affectif familial sur la personnalité de
l'enfant : cas des toxicomanes de Lomé », a montré que
l'âge actuel, le type de famille et la position occupée dans la
fratrie ne sont pas des facteurs déterminants dans l'explication de
l'étiologie de la toxicomanie. Cependant, il ressort que le
phénomène est essentiellement masculin, que la consommation se
fait en groupe et la plupart des toxicomanes le sont devenus lorsqu'ils
vivaient encore avec leurs parents géniteurs. D'après les
facteurs subjectifs, le désir d'attirer l'attention des parents
constitue un facteur déterminant. Enfin, parmi les facteurs
psychologiques, la disqualification du père (absence physique et / ou
psychique) et la surprotection maternelle sont les facteurs
prépondérants entraînant le trouble de l'organisation de la
personnalité pouvant déboucher sur la dépendance à
la drogue.
Cette étude s'est particulièrement
intéressée au climat affectif familial des toxicomanes. Nous
voulons dans la présente étude nous intéresser aux types
d'attachement parental que les jeunes toxicomanes ont connu suite à leur
climat familial.
Hattah (2007), a fait ressortir les
situations et les effets tirés des substances psychoactives qui
maintiennent la conduite de
consommation, en dépit de la connaissance des
conséquences néfastes que ces produits engendrent.
Son travail a porté sur les toxicomanes en
détention et n'a pas identifié les types d'attachement de ces
sujets. La présente recherche vise un cadre hospitalier pour mettre en
exergue les différents types d'attachement parental des sujets
addicts.
Allouky (2008) dans une étude portant
sur 38 alcooliques au Centre Hospitalier Universitaire de Kara a relevé
les conséquences organiques et psychologiques que peuvent
entraîner l'alcoolisme. Il a trouvé que la dépendance
à l'alcool conduit à des décompensations
psychopathologiques (troubles anxieux, dépressifs et psychotiques). Il a
également relevé que l'addiction à l'alcool est
liée à des facteurs externes et internes et que les facteurs
internes rendent compte de la vulnérabilité de l'individu. Il a
en effet identifié les traits de personnalité associés
à l'abus de l'alcool. Il a en outre identifié chez ces sujets de
nombreuses complications neurologiques de l'alcoolisme chronique.
Ce travail s'est limité à l'alcoolisme et n'a
pas identifié les catégories d'attachement comme facteurs
internes rendant compte de la vulnérabilité des sujets.
Bohm (2008), a mené une étude
prospective au Centre Hospitalier National Spécialisé
d'Aného portant sur les toxicomanes présentant des troubles
psychiatriques, et réadmis dans ledit centre. La présente
étude portant sur 42 patients toxicomanes avait pour objectif
d'identifier les facteurs psychologiques et / ou psychosociaux qui
provoquent la rechute. Il a également cherché
l'impact de certaines faiblesses dans la prise en charge sur cette rechute.
Ainsi, au terme de l'étude, les résultats suivants ont
été obtenus : les difficultés relationnelles, d'adaptation
et de réinsertion, les états émotionnels négatifs
de même que certains traits de personnalités des toxicomanes sont
autant de facteurs associés à la reprise des conduites
addictives. A ces facteurs s'ajoute l'influence d'une prise en charge
inadéquate.
Il s'agit d'une recherche qui a identifié que les
traits de personnalité sous-jacents et les difficultés
interpersonnelles étaient les facteurs associés à la
reprise des conduites addictives et qui n'a pas tenu compte de l'attachement
parental.
Yougbaré (2008) dans une étude
prospective à propos de 38 cas de mineurs délinquants pris en
charge par le Bureau International Catholique pour l'Enfance de Lomé, a
montré que les catégories d'attachement dans leur modalité
de « attachement insécure » étaient des facteurs
associés aux troubles psychologiques observés chez les mineurs au
Togo notamment la dépression, les troubles de la sexualité, les
troubles de la mentalisation, les troubles du sommeil, les troubles des
conduites et même la toxicomanie.
2.3. Cadre théorique ; Théories de
référence : la théorie de l'Attachement de Bowlby
En psychologie, la notion d'attachement, se réfère
généralement à la conceptualisation théorique de
Bowlby. En 1948, Bowlby et
Robertson ont observé des enfants
séjournant soit dans un hôpital soit dans une pouponnière.
Ces enfants étaient éloignés de leurs parents pour une
longue durée et n'avaient pas accès à un substitut
maternel stable. Bowlby et Robertson ont
observé que ces enfants (à partir de l'âge de six mois
environ) vivaient de la détresse et que, plus le séjour
s'allongeait, plus les troubles étaient considérables au retour
dans le foyer d'origine. Ces troubles, étaient des réactions de
protestation, de désespoir et de détachement. Ils en ont conclu
que la perte de la figure parentale et surtout maternelle pendant la
période de la petite enfance est un événement
déterminant dans l'établissement de la personnalité. En
1950, Bowlby conclut alors, qu'il est d'une part essentiel que
les enfants aient accès à une relation chaleureuse, intime et
continue avec leurs parents ou avec un substitut parental stable. D'autre part,
il est aussi important que cette relation apporte de la satisfaction et de la
joie pour les parents principalement la mère et l'enfant. Par
conséquent, Bowlby (1969) considère que la perte
de la figure parentale est le principal agent pathogène. La santé
mentale du nourrisson et de l'enfant repose sur la qualité des soins
maternels, aussi essentiels selon Bowlby que les vitamines et
les protéines pour la santé physique. Deux observations communes
aux deux recherches précédentes sont:
- qu'il est important que les enfants aient accès à
une figure parentale surtout maternelle stable;
- qu'une séparation prolongée est un agent
pathogène de premier ordre.
Cependant, la présence d'une fratrie appropriée
ou d'un substitut maternel peut réduire avec efficacité
l'intensité de sa réaction. Un environnement étranger,
l'état des parents et la qualité de la relation antérieure
avec la mère sont d'autres variables qui jouent sur la réaction
de l'enfant mais l'absence de la figure maternelle est de loin la principale
variable.
Bowlby suggère l'existence d'une
complémentarité adaptative entre divers systèmes de
comportements, tels les comportements parentaux de soins, les comportements
d'exploration de l'enfant, les comportements d'attachement du jeune aux parents
et les comportements non liés aux soins, c'est-à-dire
centrés sur d'autres composantes de la vie quotidienne des parents. Ces
quatre systèmes serviraient une fonction double, du point de vue de
l'adaptation : la protection du jeune et sa socialisation. Si ces
systèmes comportementaux sont en quelque sorte programmés pour
venir s'emboîter l'un dans l'autre sans heurts, la pratique clinique
montre que dans la réalité tout ne se passe pas aussi facilement.
En effet, s'il paraît primordial pour le développement de l'enfant
que ses attentes soient satisfaites par des réponses parentales
adéquates, ce n'est, à l'évidence, pas toujours le cas.
L'observation précise des interrelations entre les systèmes de
comportements de soins, de comportements d'exploration de l'enfant, de
comportements d'attachement et de comportements non liés aux soins, est
essentielle pour comprendre leurs implications sur le développement et
les psychopathologies de l'enfant. En somme, pour grandir en développant
son plein potentiel,
un enfant a besoin de la présence, de la
disponibilité de ses parents surtout de sa mère et de
l'exploration de son environnement. Dans une perspective où la
mère répond adéquatement aux besoins de son enfant,
c'est-à-dire qu'elle est disponible, celui-ci développe un
modèle de représentations intériorisées à
partir duquel il développe le sentiment d'être compétent et
aimable. Ainsi, la disponibilité physique et affective de la mère
sous-tend le sentiment de sécurité de son enfant. Le
modèle de représentations intériorisées influence
les représentations que l'enfant a de lui-même et des autres,
ainsi que ses stratégies pour traiter les pensées et les
émotions relatives à l'attachement. Ces stratégies
bâties pas à pas peuvent être modifiées par des
événements majeurs en rapport avec l'attachement, tels qu'une
séparation, une perte ou une indisponibilité.
Bowlby a suggéré que quand un individu
développe au cours de l'enfance des représentations
négatives de lui ou des autres où des stratégies pour
traiter ses sentiments et pensées en rapport avec l'attachement
l'éloignent du réel, il devient plus vulnérable sur un
plan psychopathologique. A mesure que, l'enfant n'a pas connu la
disponibilité affectueuse et physique de la figure parentale, il trouve
plus tard un substitut, l'objet drogue. Cet objet réel, bien que ne
possédant pas de symbole mental, est investie de toutes les
capacités qu'aurait dii produire la figure parentale et doit être
constamment présent.
Pour éclairer les liens entre attachement et
addictions, Bowlby a comparé le système
comportemental d'attachement au système immunitaire. La comparaison se
justifie, non seulement parce que ces deux systèmes jouent un rôle
dans l'intégrité et la sécurité du sujet, mais
aussi parce que, dans les deux cas, peuvent exister des troubles
spécifiques en rapport avec leur perturbation ; qu'ils peuvent
contribuer à l'apparition de troubles variés ayant d'autres
origines. Ainsi, la théorie de l'attachement suggère que les
relations et leurs difficultés entre parents et enfants peuvent
influencer la survenue de troubles psychologiques de trois façons
(Holmes 1993). D'abord, Les ruptures ou les pertes peuvent
être en elles-mêmes une cause de trouble. Ensuite,
L'internalisation de patterns d'attachement précoces pathologiques peut
influencer les relations ultérieures de façon à rendre une
personne plus exposée ou plus vulnérable au stress et
dépendant des drogues. Enfin, la perception qu'a une personne de ses
relations actuelles et de l'usage qu'elle en fait la rend plus ou moins
vulnérable à un effondrement dans les situations
d'adversité.
Selon les conclusions des travaux sur les relations
parents-enfants, les enfants ayant formé un attachement
sécurisant sont plus autonomes et plus aptes à la
résolution des problèmes que les autres enfants. Les personnes de
cette catégorie d'attachement entretiennent des amitiés
profondes, ont de bonnes compétences interpersonnelles et ressentent de
l'empathie envers autrui. Ils valorisent la relation d'attachement et la
décrivent de manière cohérente et constante.
Par rapport aux enfants sécures, les enfants ayant
formé un attachement insécure ont moins confiance en eux, se
fient davantage aux autres pour répondre à leurs besoins et
courent un risque accru de dysfonctionnement psychosocial, comme les troubles
somatiques, l'isolement social (Lewis et coll., 1984) et les
troubles anxieux (Warren et coll., 1997). D'abord les adultes
ayant un attachement insécure détaché se montrent souvent
hostiles et agressifs et sont perçus comme des bagarreurs par leurs
camarades (Troy et Sroufe, 1987). Ils éprouvent des
difficultés à nouer les relations avec leurs pairs et sont plus
dépendants. Ils sont portés soit à idéaliser leurs
parents soit à dévaloriser la relation d'attachement. Ensuite,
les adultes préoccupés décrivent leurs relations de
manière incohérente et conservent des relents émotifs de
leurs relations antérieures d'attachement. Enfin, selon les conclusions
de Carlson, Chicchetti et leurs collaborateurs (1989), 82% des
adultes ayant subi des mauvais traitements dans la tendre enfance avaient
formé des liens d'attachement désorganisé ou
désorienté. Ces personnes ont été victimes de
violences et de négligence.
2.4. Synthèse et spécification du
problème
Au terme de l'analyse des travaux, il ressort que les types
d'attachement ont été abordés dans plusieurs études
de même que les conduites addictives, mais à notre connaissance,
ces recherches n'ont pas mis en relation les types d'attachement aux figures
parentales et les conduites addictives. C'est ce qui nous a motivé
à entreprendre cette étude sur le lien existant entre les types
d'attachement aux
figures parentales et les conduites addictives observées
chez les jeunes adultes.
2.5. Questions fondamentales de la recherche
Les types d'attachement aux figures parentales expliquent-ils les
conduites addictives observées chez les jeunes adultes ?
- Le type d'attachement sécure protège-t-il contre
les conduites addictives ?
- Le type d'attachement insécure favorise-t-il les
conduites addictives observées chez les jeunes adultes ?
- Un type spécifique d'attachement insécure
entraine-t-il un profil d'addictions donné ?
2.6. Hypothèses de la recherche
2.6.1. Hypothèse principale
Les types d'attachement aux figures parentales expliquent les
conduites addictives observées chez les jeunes adultes.
2.6.2. Hypothèses spécifiques
1. L'attachement sécure protege les jeunes adultes contre
les conduites addictives.
2. L'attachement insécure favorise les conduites
addictives chez les jeunes adultes.
3. Un type spécifique d'attachement insécure
entraine un profil d'addictions donné chez les jeunes adultes.
2.7. Objectifs de la recherche
2.7.1. Objectif général
L'étude des conduites addictives chez les jeunes
adultes liées aux types d'attachement est une contribution à la
compréhension des facteurs explicatifs des conduites de consommation.
2.7.2. Objectifs scientifiques
- Identifier les pratiques addictives observées chez les
jeunes adultes.
- Estimer l'indice de relation entre les types d'attachement et
les conduites addictives.
- Estimer l'indice de relation entre une catégorie
d'attachement insécure et un profil d'addictions donné.
2.7.3. Objectifs d'application
- Contribuer à l'amélioration et à la
précision des diagnostics des addictions.
- Offrir aux cliniciens les éléments essentiels
sur les patients addicts pour une meilleure prise en charge psychologique et
psychosociale.
- Concourir à une amélioration des conditions
sanitaires et/ou sociales des patients toxicomanes.
- Faciliter les réinsertions sociales et professionnelles
des patients toxicomanes.
DEUXIEME PARTIE
METHODOLOGIE DE LA RECHERCHE
Chapitre III : CADRE ET POPULATION D'ETUDE
3.1. Description du site
Nous avons mené notre étude au Centre
Hospitalier National Spécialisé anciennement appelé
Hôpital Psychiatrique de Zébé - Aného. Ce centre est
un établissement spécialisé dans la prise en charge des
malades mentaux au Togo. Les malades qui y sont traités proviennent de
toute l'étendue du territoire national et des pays avoisinants.
Créé en 1904 et réorganisé en 1931, il est
érigé en établissement autonome depuis 1996.
3.1.1. Présentation du centre
Le Centre Hospitalier National Spécialisé
à l'origine se composait de six (06) cellules d'isolement servant
d'hébergement aux malades. Le régime d'internement était
rigoureux. En 1960 a été ébauchée la construction
d'un pavillon de seize (16) nouvelles cellules qui ne seront fonctionnelles
qu'à partir de 1964. Dans les années 1980, d'autres
bâtiments verront le jour, conférant à
l'établissement une capacité d'accueil de 120 lits.
Jusque-là, le centre ressemblait à une maison d'arrêt. En
1995, grace aux apports de l'Etat, le centre s'est engagé dans un vaste
programme de réaménagement dans le but de rendre les soins plus
efficaces et le séjour plus agréable aux patients. De 2002
jusqu'à ce jour, le centre est structuré comme suit :
- Service administratif
- Cinq (05) Unités Fonctionnelles
- Unité Psychologique
- Unité de Pharmacie
- Unité de gestion et de dons de médicaments -
Unité Sociale
- Centre Médico-Psychologique (à Lomé)
Les ressources
Les ressources humaines
Débuté avec 1 infirmier et 3 manoeuvres, le
personnel soignant compte aujourd'hui : 1 Médecin psychiatre, 2
Psychologues cliniciens, 1 Assistant médical, 4 Infirmiers d'Etat, 3
Infirmiers auxiliaires, 1 Technicien de laboratoire, 1 Assistant social, 1
Agent de promotion sociale, 15 Aides-soignants.
Les ressources matérielles
Elles comprennent l'équipement d'une part et les
consommables d'autre part.
Les ressources financières
Les caisses du centre sont alimentées par les
ressources propres provenant des services vendus, de la session des
médicaments essentiels et génériques et de la subvention
d'exploitation de l'Etat.
Paquet des activités
Le centre s'occupe essentiellement de l'administration des soins
curatifs aux malades mentaux à titre interne comme externe.
3.1.2. Problèmes
Les problèmes auxquels le centre est confronté
sont essentiellement : l'insuffisance de locaux, d'équipements
techniques et logistiques, et le manque de moyens pour la prise en charge des
indigents stabilisés et non libérés pour cause
d'abandon.
3.2. Population
3.2.1. Population cible
Notre population est constituée de tous les patients
hospitalisés en milieu psychiatrique au Togo.
3.2.2. Population d'étude
Notre population d'étude est constituée de tous
les patients de sexe masculin du Centre Hospitalier National
Spécialisé et qui sont hospitalisés ou qui ont
consulté pendant la période de 1er Juin au 03
Septembre 2010.
Les critères de sélection
Critères d'inclusion
Pour être sélectionné, le patient toxicomane
doit pouvoir parler Français ou Ewé et doit être lucide et
coopérant.
Pour être sélectionné, le patient non
toxicomane doit pouvoir parler Français ou Ewé et doit être
lucide et coopérant.
Critères de non inclusion
Les patients non lucides, non coopérants et ne parlant pas
Français ni Ewé n'ont pas été pris en compte dans
notre échantillon.
3.3. Technique d'échantillonnage et Echantillon
d'étude
Nous avons utilisé la technique
d'échantillonnage ad hoc c'est-àdire du tout-venant. Nous avons
donc considéré tous les cas toxicomanes présents pendant
notre période d'étude soit 32 cas, mais finalement nous n'avons
pu retenir que 28 cas compte tenu des complications psychiatriques, du manque
de lucidité et de collaboration de certains patients toxicomanes et 28
patients non toxicomanes lucides et ne présentant pas de complications
psychiatriques. Leur nombre était de 56 cas.
|
Chapitre IV : VARIABLES ET METHODES
4.1. Variables et Indicateurs
4.1.1. Variable Indépendante
Variable indépendante : Types d'attachement
(Pionné N, Atger, F. 2003)
|
Modalité 1: Type « Sécure
» ou « autonome »
Indicateurs :
- Stratégies de résolution de conflits plus
adéquates et efficaces ; - Peuvent dépendre de
l'autre en cas de nécessité ;
- Personne qui valorise généralement les relations
d'attachement ;
- Personne qui se souvient avec assez d'aisance de leurs
premières relations parentales ;
- Personne qui perçoit les expériences, même
à composante négative, comme significatives pour elle-même
;
- Se réfèrent aux figures d'attachement lorsque
nécessaire.
Modalité 2: Type insécure «
détaché » ou « évitant »
Indicateurs :
- Incapables de s'investir entièrement dans une relation,
se sentent rejetés, isolés et abandonnés ;
- Font difficilement confiance aux autres et tendent à
éviter les relations sociales ;
- Les événements de l'enfance qui sont
remémorés ont fréquemment une connotation de rejet
parental ;
- Se montrent indifférents, désengagés
émotionnellement en ce qui concerne les expériences
relationnelles ;
- Semblent n'avoir qu'un accès limité aux souvenirs
;
- Offrent un portrait « normalisé » - voire
idéalisé - de ses parents ; - Se présentent comme
indépendantes.
Modalité 3: Type insécure «
préoccupé >> ou « ambivalent >>
Indicateurs :
- Privilégient la dépendance aux autres, craignent
le rejet ;
- Très complaisants afin d'être acceptés ;
- Personnes confuses sur les expériences sociales ;
- Restitution d'une image incohérente de leur passé
du point de vue des expériences sociales ;
- Ne parvient pas à contenir une colère encore
très actuelle à l'égard de leurs parents ;
- Ambivalence qui dénote une dépendance
relationnelle.
Modalité 4: Type « non
résolu >> ou « désorganisé
>>
Indicateurs :
- Fixation secondaire aux violences de l'enfance ou deuil non
résolu ;
- Présence de désordres post-traumatiques ou
dissociatifs (résolution
incomplète des conflits et affects négatifs
relationnels et
traumatiques) ;
- Echec des comportements de résolution de problème
;
- Echec dans la gestion des événements stressants
;
- Souffrance de traumatismes << non résolus »
;
- Souffrance de mauvais traitements << non résolus
» ;
- Deuils restés << non résolus » ;
- Difficulté à se concentrer sur une tâche
;
- Manque d'orientation dans l'environnement
(désorienté) ;
- Intense souffrance et de la colère, baisse du rendement
ou performance ;
- Peur des indices évoquant leur propre détresse,
peur de l'impuissance.
4.1.2. Variable Dépendante

Variable dépendante : Conduites
addictives
Modalité 1 : Addiction à l'Alcool.
Modalité 2: Addiction au Tabac. Modalité 3 :
Addiction au Cannabis. Modalité 4 : Addiction à la
Cocaïne. Modalité 5 : Addiction au Crack.
Modalité 6 : Addiction à
l'Héroïne.
4.2. Méthodes de collecte des données
Parmi les méthodes de collecte des données
distinguées par Mucchielli (1984), nous avons
opté dans le cadre de notre étude pour la méthode
d'enquête. Nous avons fait recours à la méthode
d'enquête comme étant le meilleur moyen de recueillir les
informations dont nous avons besoin.
4.2.1. La méthode d'enquête
L'enquête selon Grawitz (1993),
est la « quête d'information orale », ceci de
façon méthodique et rigoureuse.
L'enquête selon Lafon (1973), est un
moyen d'investigation précieux sur les antécédents de
l'individu, les conditions et cadres de vie, les manifestations de son
comportement antérieur, les circonstances et les faits qui ont
amené l'individu à adopter tel comportement. Elle est
fondée sur les réponses orales ou écrites à des
questions.
L'enquête doit permettre au chercheur d'aller recueillir
des informations auprès de la population cible et sur le terrain, qui
concernent directement son travail.
Elle consiste à susciter un ensemble de discours
individuels ou collectifs qu'il faut interpréter, analyser et
généraliser.
Réaliser une enquête, c'est interroger un certain
nombre d'individus pour confirmer les hypotheses, c'est choisir sur le terrain
approprié des personnes qui peuvent donner des informations
appropriées. Les conclusions auxquelles l'enquêteur est parvenu
sont
en général verbales pour toute la population
d'individus cibles en vue d'une généralisation et par
l'intermédiaire des moyens utilisés pour appréhender la
réalité sociale à étudier. Parmi les moyens, nous
avons opté pour l'observation et l'entretien.

La technique de l'observation
Il s'agit ici d'une technique basée sur la constatation
directe des phénomènes à travers les sens (vue, audition,
toucher<).
L'observation est donc l'étude des valeurs
fonctionnelles du comportement, et des conduites d'un être humain, en
tenant compte des éléments constitutifs de sa personnalité
dynamique dans sa totalité et dans son environnement, selon
Lafon (1973).
On distingue trois types d'observation : l'observation
participante, l'observation indirecte et l'observation directe.
Nous nous sommes servis de l'observation directe qui consiste
à capter les comportements au moment même où ils se
produisent. Nous avons élaboré une grille d'observation
(confère annexe).

La technique du questionnaire
Le questionnaire est un document comportant un certain nombre
de questions que l'on élabore en vue de recueillir les informations,
à partir des personnes interrogées.
L'enquête par questionnaire, selon Quivy et
Champenhoud (1995), consiste à poser un ensemble de questions
aux répondants, le plus souvent représentatifs d'une population,
sociale, professionnelle ou familiale à leurs opinions à leurs
attitudes à l'égard d'opinions d'enjeux humains et sociaux,
à leur attente, à leur niveau de
connaissance ou de conscience d'un événement ou
d'un problème ou encore sur tout autre point qui intéresse le
chercheur.
Le questionnaire est donc l'intermédiaire entre le
chercheur et l'enquêté. Il doit être rédigé
dans un style clair, simple et précis. Il doit porter sur les variables
des hypothèses de la recherche, la formulation des questions, son
importance dans la compréhension et les réponses attendues. On y
trouve des questions fermées, des questions ouvertes, des questions en
éventail (ou questions aux choix multiples).
La rédaction du questionnaire est très
importante puisque la manière dont les questions sont formulées
ainsi que l'ordre des questions peuvent avoir une influence sur les
enquêtés.
Nous avons élaboré un questionnaire oral.
4.3. Méthodes d'analyse des données
4.3.1. Méthodes qualitatives
C'est l'ensemble des techniques qui ont recourt à des
indicateurs fréquentiels susceptibles d'autoriser des inférences
par exemple la présence ou l'absence d'un facteur ou d'un trait peut
être un indice aussi (ou plus) fluctueux que la fréquence
d'apparition du trait. Ce sont des méthodes plus intuitives, plus
souples, plus adaptables à des indices non prévus ou à
l'évolution des hypotheses, l'analyse qualitative est surtout valable
pour faire des déductions spécifiques à propos d'un
évènement, d'une variable d'inférence précise et
non à des inférences générales. Mais l'analyse
qualitative ne rejette pas toute forme de quantification car ce sont les
indices qui sont retenus de
manière non fréquentiels mais on peut faire
appel à des tests quantitatifs par exemple l'apparition d'indices
similaires dans des discours semblables.
4.3.1.1. L'analyse de contenu
Selon Mucchielli (1984), faire l'analyse de
contenu d'un document ou d'une communication, c'est rechercher les informations
qui s'y trouvent, dégager le sens de ce qui est présenté,
formuler et classer tout ce que contient ce document et cette communication.
L'analyse de contenu se veut une méthode capable
d'effectuer l'exploitation totale et objective des données
informationnelles. C'est pourquoi, elle doit être objective, exhaustive,
méthodologique et quantitative.
L'analyse de contenu s'applique sur trois types de
matériels : le matériel donné à priori, le
matériel créé par la recherche, le matériel
rassemblé à des fins d'analyse avec des objectifs clairement
formulés.
Il existe trois types de méthodes d'analyse de contenu
selon Mucchielli, (1986) : les
méthodes logico sémantiques, les méthodes logico
esthétiques et formelles, les méthodes d'analyse
sémantique et structurale.
Dans notre étude, nous avons choisi l'analyse de contenu
dans sa forme logico sémantique.

Les méthodes logico sémantiques
Cette catégorie regroupe les méthodes qui peuvent
être définies de trois façons :
· Définition par leur objet
Ces méthodes ne concernent pas la recherche du sens
implicite, du second sens du texte, ni de la structure formelle. Elles s'en
tiennent au contenu manifeste directement, et pour ainsi dire simplement.
· Définition par les applications les plus
fréquentes
Elles s'appliquent aux analyses de textes divers depuis les
indexes ou mots clés des divers concepts utilisés, la
classification des éléments d'informations jusqu'à la
recherche d'attitudes et des manières de présenter l'information
et à l'analyse des tendances. On peut aussi comparer pour voir comment
évoluent les tendances et les attitudes, mais à chaque fois en
n'allant pas au-delà.
La rédaction d'une fiche ou d'un résumé
dit analytique, les analyses de presse, les recherches de catégories ou
de themes d'opinion sur un évènement, la catégorisation
classification des réponses à une question ouverte utilisent les
méthodes logico - sémantiques.
· Définition technique
Ces méthodes procèdent par inventaire,
dénombrement, caractérisation, mais toujours et en même
temps à partir de la << compréhension du sens » (sens
des mots, sens des idées exprimées en mots), de la perception des
<< analogies de sens » (base de tous les regroupements, classements)
et des << hiérarchies de sens » (valeurs
différentes des mots ou des idées en une
hiérarchie allant du plus particulier au plus général).
4.3.2. Les méthodes quantitatives
C'est l'ensemble des techniques par lesquelles on exprime les
données dans un langage quantitatif ou sous une forme
numérique.
Les méthodes quantitatives sont les méthodes
mathématiques et les méthodes statistiques.
Dans le cadre de notre étude, nous allons
procéder à des analyses quantitatives avec des méthodes
statistiques afin de calculer les fréquences, les pourcentages et
estimer l'indice de relation entre les différentes variables de nos
hypothèses. Ainsi, nous allons faire recours au khi deux et au
coefficient de contingence.
· · Les méthodes
statistiques
Selon Cournot les statistiques permettent de
« recueillir et ordonner des faits nombreux dans chaque espèce de
manière à obtenir des rapports numériques sensiblement
indépendants des anomalies du hasard et qui dénote de l'existence
de causes régulières dont l'action s'est combinée avec
celle des causes fortuites ».
Leur usage intervient ou devrait intervenir chaque fois que
les faits nombreux sont résumés, chaque fois que les
conséquences déduites d'une hypothèse sont
comparées aux faits.
Nous avons choisi pour notre travail les méthodes
statistiques car elles nous permettent de calculer les fréquences, les
pourcentages
et les indices de relation entre les différentes
variables de nos hypothèses. Nous avons utilisé de ce fait le khi
deux (÷2) compatible avec nos données
afin d'estimer les fréquences, les pourcentages, les valeurs globales,
les différences entre fréquences ; ce qui nous permettra de
calculer le coefficient de contingence (C). Pour y parvenir, nous nous sommes
servi d'un logiciel de traitement et d'analyse des données appelé
Le Sphinx Plus2.
Le khi deux ÷2
Le khi deux s'obtient par la formule : ( n1 - n1') 2 (
n2 - n2') 2
÷21 = +
n1' n2'
n1 = Effectif observé
n1'= Effectif de la norme
n2 = Effectif de l'échantillon - Echantillon
observé n2'= Effectif de l'échantillon - Effectif de la
norme
Il peut se calculer aussi de la façon suivante :
×2ddl = ? ( ni - ni') 2
ni'
ni = effectif observé ni' = effectif théorique ddl
= degré de liberté
Lorsque ni < 10 on utilise la correction de Yates : en
remplaçant ( ni - ni')2 par (ni - ni'- 0,5)2
ni ni'
Nos résultats seront lus au seuil 0.05
L'hypothèse nulle (Ho) est celle d'indépendance
entre les indicateurs de ces deux modalités si le khi deux
calculé est inférieur au khi deux lu sur la table de ce test.
L'hypothèse alternative (Hl) qui
suppose l'existence d'une liaison entre les caractères des deux
modalités si le khi deux calculé est supérieur au khi deux
lu sur la table.
Le coefficient de contingence : C
Il permet de voir si la relation est élevée ou
faible entre les variables étudiées. Elle varie entre 0 et 1

Sa formule est : C = X2
X2 + n
n = Total de toutes les entrées du tableau
TROISIEME PARTIE
PRESENTATION, ANALYSE, INTERPRETATION ET DISCUSSIONS
DES RESULTATS
Chapitre V : PRESENTATION ET ANALYSE DES RESULTATS
5.1. Tableaux simples
Tableau II : Répartition des patients selon les
tranches d'âge
|
Toxicomanes Non toxicomanes
|
Tranches
d'âge
|
Fréquence
|
Pourcentage
|
Fréquence
|
Pourcentage
|
18 - 28 ans
28 - 36 ans
36 - 50 ans
|
12
8
8
|
42,86%
28,57%
28,57%
|
6
14
8
|
21,43%
50,00%
28,57%
|
Total
|
28
|
100%
|
28
|
100%
|
Notre échantillon nous révèle que la
plupart des toxicomanes soit 42,86% ont un âge compris entre 18 - 28 ans
tandis que 50% des patients non addicts ont un âge compris entre 28 - 36
ans.
Tableau III : Répartition des patients selon la
fratrie
Fratrie
|
Toxicomanes
|
Non toxicomanes
|
Fréquence
|
Pourcentage
|
Fréquence
|
Pourcentage
|
2 - 6
|
4
|
14,29%
|
13
|
46,43%
|
6 - 12
|
15
|
53,57%
|
9
|
32,14%
|
12 - 22
|
9
|
32,14%
|
6
|
21,43%
|
Total
|
28
|
100%
|
28
|
100%
|
D'après ce tableau, 53,57% des toxicomanes ont une fratrie
comprise entre 6 - 12 membres tandis que la majorité des patients non
addicts soit 46,43% ont une fratrie compris entre 2 - 6 suivi de
32,14% dont la fratrie est comprise entre 6 - 12 membres.
Tableau IV : Répartition des patients selon le
type de famille
Type de
famille
|
Toxicomanes
|
Non toxicomanes
|
Fréquence
|
Pourcentage
|
Fréquence
|
Pourcentage
|
Monogame
Polygame
Monoparentale
Recomposée
|
3
16
2
7
|
10,72%
57,14%
7,14%
25%
|
8
8
5
7
|
28,57%
28,57%
17,86%
25%
|
Total
|
28
|
100%
|
28
|
100%
|
Nous remarquons que plus de la moitié des toxicomanes
de notre échantillon soit 57,14% vivent dans une famille polygame.
Toujours selon ce tableau, 28,57% des non toxicomanes vivent dans une famille
monogame comme polygame. Les non toxicomanes vivant dans une famille
monoparentale représentent 17,86%.
Tableau V : Répartition des patients selon la
situation des parents
Situation des parents
|
Toxicomanes
|
Non toxicomanes
|
Fréquence
|
Pourcentage
|
Fréquence
|
Pourcentage
|
Vivent ensemble
|
7
|
25,00%
|
13
|
46,43%
|
Séparés/Divorcés
|
14
|
50,00%
|
8
|
28,57%
|
Décédés (1 et/ou 2)
|
7
|
25,00%
|
7
|
25%
|
Total
|
28
|
100%
|
28
|
100%
|
Le tableau sur la répartition selon la situation des
parents, nous montre que 50% des toxicomanes ont leurs parents
séparés ou divorcés pendant que 46,43% des non toxicomanes
disposent des parents qui vivent ensemble. On constate également que 25%
des toxicomanes et des non toxicomanes ont un et / ou les deux parents
décédés.
Tableau VI : Répartition des patients selon la
disposition des parents (qui vivent ensemble)
Disposition des parents
|
Toxicomanes
|
Non toxicomanes
|
Fréquence
|
Pourcentage
|
Fréquence
|
Pourcentage
|
Rarement à la maison
|
2
|
28,57%
|
2
|
15,38%
|
Présence désagréable
|
2
|
28,57%
|
2
|
15,38%
|
Contrôle parental
|
1
|
14,29%
|
7
|
53,86%
|
Maladif
|
2
|
28,57%
|
2
|
15,38%
|
Total
|
7
|
100%
|
13
|
100%
|
Nous remarquons dans ce tableau que sur les 7 toxicomanes dont
les parents vivent ensemble, seulement 1 soit 14,29% de cet effectif est sous
contrôle parental. Cependant, 7 non toxicomanes soit 53,86% sont sous
contrôle parental sur les 13 dont les parents vivent ensemble.
Tableau VII : Répartition des patients selon le
traitement infligé par les parents
Traitement infligé
|
Toxicomanes
|
Non toxicomanes
|
Fréquence
|
Pourcentage
|
Fréquence
|
Pourcentage
|
Abandonné/rejeté
|
13
|
46,43%
|
4
|
14,28%
|
Maltraité/négligé
|
8
|
28,57%
|
4
|
14,28%
|
Affectif
|
1
|
3,57%
|
15
|
53,58%
|
Choyé
|
6
|
21,43%
|
5
|
17,86%
|
Total
|
28
|
100%
|
28
|
100%
|
Ce tableau nous révèle que 46,43% des
toxicomanes bénéficient d'un traitement d'abandon ou de rejet ;
28,57% d'un traitement de maltraitance ou de négligence contre 53,58%
des non toxicomanes qui bénéficient d'un traitement affectif et
14,28% d'un traitement d'abandon.
Tableau VIII : Répartition des patients selon le
type d'attachement
Type d'attachement
|
Toxicomanes
|
Non toxicomanes
|
Fréquence
|
Pourcentage
|
Fréquence
|
Pourcentage
|
Sécure Insécure
détaché Insécure
préoccupé Insécure désorganisé
|
1 15
5
7
|
3,57% 53,57% 17,86% 25,00%
|
18
5
2
3
|
64,28% 17,86% 7,14% 10,72%
|
Total
|
28
|
100%
|
28
|
100%
|
D'après ce tableau, 53,57% des toxicomanes disposent d'un
attachement parental insécure détaché contre 3,57% qui
disposent
d'un attachement sécure. On constate également
que 64,28% des non toxicomanes ont un attachement sécure contre 7,14%
dont l'attachement est insécure préoccupé.
Tableau IX : Répartition selon les types de
substances consommées
Substances consommées
|
Fréquence
|
Pourcentage
|
Alcool
|
26
|
31,71%
|
Tabac
|
25
|
30,48%
|
Cannabis
|
21
|
25,61%
|
Heroine
|
3
|
3,66%
|
Cocaine
|
5
|
6,10%
|
Crack
|
2
|
2,44%
|
Total
|
82
|
100%
|
Nous remarquons dans ce tableau que l'alcool est la substance
psychoactive la plus consommée soit 31,71% suivi du tabac 30,48% et du
cannabis 25,61%. Le crack est moins consommé avec un pourcentage de
2,44%.
5.2. Tableaux des corrélations
Tableau X : Relation entre addictions aux drogues et
fratrie
Fratrie
Addictions aux
drogues
|
|
|
|
|
|
|
2 - 6
|
6 - 12
|
12 - 22
|
Total
|
|
|
|
|
|
|
Oui
Non
|
|
4
13
|
15
9
|
9
6
|
28
28
|
Total
|
|
17
|
24
|
15
|
56
|
ddl=2 X2cal=6,86 X2lu=5,99 DS(S.05)
C=0,33
D'après ce tableau, 53,57% des toxicomanes soit 15
patients sont issus d'une fratrie composée de 6 à 12 membres
alors que 46,42% des non toxicomanes proviennent d'une famille composée
de 2 à 6 membres. Le coefficient de contingence C est égal 0,33
au seuil .05. Il existe une relation entre la taille de la fratrie et les
conduites addictives observées chez les jeunes adultes.
Tableau XI : Relation entre addictions aux drogues et
type de famille
Type de famille
Addictions aux drogues
|
Monogame
|
Polygame
|
Monoparentale
|
Recomposée
|
Total
|
Oui
|
3
|
16
|
2
|
7
|
28
|
Non
|
8
|
8
|
5
|
7
|
28
|
Total
|
11
|
24
|
7
|
14
|
56
|
ddl= 3 X2cal=5,48 X2lu=7,82
DN(S.05)
|
Ce tableau montre qu'il n'existe pas de lien entre les
conduites addictives et les types de famille. Néanmoins, on constate que
plus de la moitié soit 57,14% des toxicomanes appartiennent à une
famille polygame contre 10,71% qui sont issus d'une famille monogame.
Tableau XII : Relation entre addictions aux drogues et
traitement infligé par les parents
Addictions aux drogues
Traitement infligé
Abandonné ou rejeté
|
Maltraité
ou négligé
|
Affectif
|
Choyé
|
Total
Oui
|
13
|
8
|
1
|
6
|
28
|
Non
|
4
|
4
|
15
|
5
|
28
|
Total
|
17
|
12
|
16
|
11
|
56
|
ddl= 3 X2cal=18,41 X2lu=7,82
DS(S.05) C=0,49
Le tableau qui précède montre que 53,57% des
patients non addicts ont connu un traitement affectif contre 46,42% des
toxicomanes qui ont connu un traitement d'abandon ou de rejet. Par ailleurs, le
coefficient de contingence est C=0,49 au seuil .05. Il existe une relation
forte entre le traitement infligé par les parents et les conduites
addictives observées chez ses jeunes adultes.
Tableau XIII : Relation entre addictions aux drogues et
type d'attachement
Types d'attachement
Addictions aux
drogues
|
|
|
|
|
|
Sécure
|
Insécure
|
Total
|
|
|
|
|
|
Oui
Non
|
|
1
18
|
27
10
|
28
28
|
Total
|
|
19
|
37
|
56
|
ddl=1 X2cal =23 X2lu=3,84 DS(S.05)
C=0,53
C=0,53 au seuil .05. Il existe une relation assez forte entre
les types d'attachement parental et les addictions aux drogues. Ce coefficient
confirme l'hypothèse selon laquelle il existe une relation entre les
types d'attachement et les conduites addictives.
Tableau XIV : Relation entre les types d'attachement et
les substances consommées
Types d'attachement
Substances
consommées
Alcool
Tabac
Cannabis
Heroine
Cocaine
Crack
Sécure
0
1
0
0
0
0
Insécure
détaché
15
16
15
0
0
0
Insécure
préoccupé
3
2
3
2
1
2
Insécure
désorganisé
8
6
1
0
1
0
Nous ne pouvons pas estimer l'indice de relation à ce
niveau, car le khi deux ne peut être calculé à cause de
l'apparition du chiffre 0. Néanmoins, on constate que les toxicomanes
d'un attachement insécure détaché sont dirigés vers
l'alcool, le tabac et le cannabis ; ceux de l'attachement insécure
préoccupé touchent à la plupart des substances et ceux de
l'attachement insécure désorganisé sont conduits plus vers
l'alcool et le tabac.
Chapitre VI : INTERPRETATION ET DISCUSSIONS DES
RESULTATS
6.1 Interprétation des résultats
Dans cette partie de notre travail, nous allons donner une
signification psychologique aux résultats obtenus en nous inspirant de
la théorie de l'attachement de Bowlby.
La théorie de l'attachement stipule que tout au long de
sa vie, l'être humain tente de développer des liens affectifs
envers des personnes significatives et qu'il recherche des figures
d'attachement afin de répondre à un besoin de
sécurité. Bowlby sous-tend que le système
comportemental d'attachement, qui a pour fonction biologique de promouvoir la
sécurité d'un individu, est induit par les comportements
d'attachement comme la recherche de soutien auprès des figures
d'attachement.
Tout se passe selon un modèle de représentations
intériorisées qui se construit à partir des interactions
quotidiennes qu'un enfant entretient, d'abord avec sa mère, puis avec
les autres personnes significatives qui gravitent autour de lui. Ainsi l'enfant
se construit un modèle constitué de représentations
internes de ce que sont les relations sociales en général et de
ce qu'il peut s'attendre d'un lien affectif particulier. Idéalement,
l'enfant se construit un modèle flexible et sécurisant qu'il
généralise aux relations subséquentes. A partir de ces
représentations qui résultent des premieres relations entre
l'enfant et son environnement, un lien affectif s'établit avec les
figures
parentales, l'attachement sécure. Cet attachement
sécure se met en place lorsque l'enfant expérimente qu'il peut
compter sur ses parents, quand il a besoin d'être consolé ou
réconforté. Ainsi, se construit chez l'enfant l'image d'un Autre
fiable, en même temps qu'une image valeureuse de lui-même. On
trouve ici les prémices du lien entre estime de soi et estime de
l'Autre. Dans ce cas, la capacité de se séparer et d'explorer
l'environnement sera garantie par cette image de fiabilité. En effet,
cet attachement sécure ou sécurisant résulte de
l'établissement du lien affectif spécifique qui se forme entre
deux ou plusieurs personnes, la mere et l'enfant par exemple. De plus, une
personne peut être liée à plus d'une personne mais ne peut
pas être attachée à plusieurs personnes spécifiques
puisque ce lien l'engage dans le temps et dans l'espace et qu'il implique de
l'affection. Bien que les sentiments puissent être complexes et qu'ils
peuvent varier de temps en temps, les sentiments positifs dominent, et
impliquent de l'affection et de l'amour. Et pour se sentir exister, chaque
être humain particulièrement chaque enfant doit être
assuré d'une estime de luimême suffisante. Cette estime de soi
naît, se construit et se maintient dans le rapport à autrui, dans
l'estime de l'autre. Les modalités d'interactions précoces, la
valeur donnée par l'entourage aux comportements et les modes de
réponse qui en découlent, ont un rôle essentiel dans la
construction et le maintien de l'estime de soi. Or, tous les parents ne sont
pas en état d'offrir à leur enfant une attention de tous les
instants, la satisfaction immédiate et chaleureuse de ses besoins, des
limites cohérentes, constantes et prévisibles.
C'est justement à ce niveau que se situe le
problème du toxicomane. En effet, le toxicomane n'a pas connu cet
attachement sécurisant auprès de ses figures parentales pour
plusieurs raisons. Il peut s'agir de la perte ou l'absence de la figure
maternelle, de la pauvreté de cette relation ou d'une fratrie non
appropriée. Concrètement, l'enfant se forme un modèle de
représentations intériorisées de lui comme n'étant
pas digne d'être aimé ou accepté et de ses parents comme
étant insensibles, rejetant, ridiculisant ou ignorant ses besoins. Face
à ses représentations, les systèmes comportementaux de
l'enfant se structurent avec le temps et cherchent constamment à
s'ajuster en fonction du fait qu'ils ne parviennent pas à obtenir la
proximité ou la communication essentielle à la
sécurité recherchée. Ce modèle de
représentations intériorisées traduit pour l'enfant le
fait que le parent témoigne d'une certaine attention mais manque de
disponibilité, varie dans ses réponses sans justification
compréhensible pour l'enfant, présente des attitudes
imprévisibles. L'enfant n'est pas sür de pouvoir toujours compter
sur le parent, ni de compter sur lui-même. Il peut s'agir aussi du fait
que le parent soit agressif et méprisant de façon
régulière. Face à cette situation, l'enfant est sûr
de ne pas pouvoir compter sur le parent, ni de compter sur luimême.
L'enfant tente alors de s'organiser pour survivre face au modèle de
rapport de force qui lui est offert en évitant d'exprimer ses
émotions et ses besoins. Ce défaut d'attachement
sécurisant conduit l'enfant à s'attacher à l'objet «
drogue » bref à devenir toxicomane. Cet objet « drogue »
garantit indubitablement pour le toxicomane toutes
les capacités nécessaires des figures
d'attachement. L'objet « drogue >> remplace l'objet « figure
d'attachement >>. La drogue prend une charge fantasmatique
considérable et similaire à la charge des figures d'attachement.
La drogue est investie de toutes les attentes et de tous les pouvoirs que
l'enfant (toxicomane) aurait dû attribuer principalement à l'objet
maternel et aux figures d'attachement environnants. En même temps,
l'objet drogue n'a pas de représentation psychique et doit être
perpétuellement présent et réel afin d'assurer les
tâches essentielles que la figure d'attachement aurait manquées de
garantir.
Dans l'exemple courant des adolescents qui fument afin de
s'endormir le soir, le << joint >> ou le tabac est utilisé
comme << objet transitionnel >>, remplaçant ainsi une
présence parentale et surtout maternelle réconfortante permettant
à l'adolescent de se relâcher suffisamment pour s'endormir.
L'endormissement est provoqué chimiquement, mais entraîne une
dépendance accrue rendant impossible toute autre moyen de s'endormir, et
au final, entre autres symptômes, l'insomnie. Le but initial de faciliter
l'endormissement est ainsi à terme un échec.
6.2 Discussions
6.2.1. Discussion de la méthodologie
Il s'agit d'une étude prospective et comparative
portant sur les types d'attachement parental et les conduites addictives.
Suite à la technique d'échantillonnage ad-hoc
que nous avons utilisé, notre échantillon d'étude est
constitué de 56 patients répondant à nos critères
de sélection soit 28 toxicomanes et 28 non toxicomanes. Pour collecter
nos données, nous avons utilisé les méthodes d'entretien
semi structuré et d'observation. L'analyse logicosémantique et
l'inférence nous ont permis de comprendre le lien existant entre les
types d'attachement et les conduites addictives. Mais il a fallu
éliminer ce qui relève du délire de nos patients.
Néanmoins, nous avons pu valider toutes nos hypothèses et
atteindre presque tous nos objectifs. Toutefois, la petite taille et la
masculinité de notre échantillon, la technique ad-hoc et le cadre
d'étude limité au Centre Hospitalier National
Spécialisé ne nous permet pas de faire des
généralisations sans réserve.
6.2.2. Discussion des résultats
Dans cette partie de notre travail, il s'agit essentiellement
d'exposer nos résultats en les comparant avec les résultats des
travaux antérieurs.
Dans notre échantillon, la totalité des
toxicomanes sont de sexe masculin. Bohm (2008), dans une
étude portant sur la reprise des conduites addictives comme facteur
expliquant la résurgence des
symptômes psychopathologiques chez les toxicomanes a
trouvé que 85,71% des toxicomanes était de sexe masculin. Notre
étude nous révèle également que l'âge actuel
des toxicomanes se situe entre 18 - 50 ans avec une prédominance de la
tranche d'âge de 18 - 28 ans soit 42,86%. Sans doute aucun, ceci prouve
que le phénomène de la toxicomanie touche plus le sexe masculin
et affecte beaucoup plus la population jeune.
Dans notre étude, l'alcool, le tabac et le cannabis
sont de loin les drogues les plus consommées par les toxicomanes de
notre échantillon. Toutefois, les autres substances comme la
cocaïne, le crack et l'héroïne ne sont pas négligeables
même si la plupart des études que nous avons parcourues dans la
littérature n'ont pas porté sur la majorité des
drogues.
Nos résultats concordent avec les travaux de
Van Izendoorn (1997). En effet, le modèle
développé par Van Yzendoorn stipule que les
pratiques parentales à l'adolescence agissent comme variables
médiatrices entre l'attachement parental et l'engagement dans des
conduites déviantes.
Dans notre étude, nous avons trouvé que le type
de famille des parents des toxicomanes n'est pas un facteur déterminant
dans l'étiologie de la toxicomanie. Sévon
(2001), a trouvé le même résultat dans son étude sur
« l'impact du climat affectif familial sur la personnalité de
l'enfant : cas des toxicomanes de Lomé ».
Notre étude coïncide avec les travaux de
Claes et Lacourse (2001). Leur étude s'est
donnée comme principal objectif d'examiner
les liens entre les relations entretenues avec les parents et
la présence de comportements déviants et développer un
modèle qui puisse rendre compte de ces liens au moyen d'une analyse par
équations structurales. Les indices d'ajustement des modèles de
mesure ont conduit à entreprendre des analyses séparées
pour les garçons et pour les filles. Le modèle structural
s'ajuste adéquatement aux données pour les deux sexes et confirme
un parcours qui associe l'attachement parental et les variables de supervision
et de conflits, elles-mêmes associées aux comportements
déviants et à la consommation d'alcool et de drogues. Pour les
deux sexes, les faiblesses de l'attachement parental entraînent des
conflits alors que la qualité de l'attachement garantit la
présence de supervision ; la présence de conflits avec la
mère contribue à l'engagement dans des comportements
déviants alors que la supervision parentale entraîne une
réduction de ces comportements.
Il ressort de notre travail qu'il existe une relation entre la
toxicomanie et la fratrie. En effet, 53,57% des toxicomanes sont issus d'une
fratrie comprise entre 6 - 12 membres tandis que 32,14% en sont issus d'une
fratrie comprise entre 12 - 22 membres.
Il existe une forte relation entre le traitement
infligé par les parents aux enfants et les conduites addictives
observées chez ces enfants à l'âge adulte.
Nos résultats sont concordants avec ceux des auteurs
Barnett, Miller - Perrin et Perrin. En effet, ces chercheurs
ont réalisé un méta - analyse d'une étude
s'appuyant sur le lien entre l'abus de drogues à
l'âge adulte et les mauvais traitements subis dans
l'enfance. Leurs résultats résumaient que les adultes
dépendant de l'alcool et d'autres drogues ont été
visiblement plus souvent des victimes de mauvais traitements dans leur enfance
dans un milieu utilisant notamment ces substances.
Plusieurs autres auteurs ont trouvé des
résultats similaires aux nôtres. Il s'agit de Atger,
Corcos, Perdereau, Jeammet (2003) qui affirment dans leur ouvrage que
les conduites addictives peuvent être considérées comme des
modalités de régulation de l'équilibre psychique du sujet
face aux menaces de perte que représente la problématique de
séparation-individuation qui se rejoue à partir de l'adolescence.
Le recours au comportement survient lorsque les moyens habituels de
régulation, ressources internes du sujet et étayage sur les
objets externes, sont débordés. Les facteurs intervenant dans la
genèse et la pérennisation des conduites addictives sont
multiples. Ils sont biologiques, psychologiques, culturels et sociaux. La
plupart des travaux fait ressortir l'importance de l'histoire
événementielle du sujet dans son enfance, et en particulier de la
qualité des premières interactions de l'enfant avec son
environnement.
6.3. Suggestions

À l'endroit des autorités politiques et
administratives
- Réduire le phénomène de la toxicomanie en
luttant contre le trafic et le commerce des drogues illicites.
- Créer des structures spécialisées de prise
en charge des toxicomanes.
- Développer des politiques de soins et d'aides
adaptés dans la prise en charge des toxicomanes.

À l'endroit de la population
- Collaborer avec les spécialistes afin de mieux
comprendre les situations que vos proches rencontrent pour abandonner la
consommation des drogues.
- Eviter de stigmatiser les toxicomanes car les condamner les
conduit davantage vers leurs amis usagers.

À l'endroit des toxicomanes
- Participer avec les spécialistes à vous aider
à prendre conscience des conséquences que vous encourez et
à abandonner ces pratiques.
- Faire appel aux spécialistes quand vous vous sentez
menacés par l'envie irrépressible de prendre les produits.
CONCLUSION
CONCLUSION
Au terme de notre étude portant sur l'existence d'une
relation entre les types d'attachement parental et les conduites addictives
observées chez les jeunes adultes, nous avons trouvé les
résultats suivants :
- la plupart des toxicomanes soit 42,86% ont un âge
compris entre 18 - 28 ans tandis que 50% des patients non addicts ont un
âge compris entre 28 - 36 ans,
- 53,57% des toxicomanes ont une fratrie comprise entre 6 - 12
membres contre 32,14% des non toxicomanes,
- 46,43% des toxicomanes bénéficient d'un
traitement d'abandon ou de rejet ; 28,57% d'un traitement de maltraitance ou de
négligence contre 53,58% des non toxicomanes qui
bénéficient d'un traitement affectif et 14,28% d'un traitement
d'abandon,
- 3,57% des toxicomanes ont un attachement sécure contre
64,28% des non toxicomanes,
- 53,57% des toxicomanes disposent d'un attachement parental
insécure détaché contre 17,86% des non
toxicomanes,
- 17,86% des toxicomanes ont un attachement insécure
préoccupé
contre 7,14% des non toxicomanes,
- 25,00% des toxicomanes disposent d'un attachement parental
insécure désorganisé contre 10,72% des non
toxicomanes,
- l'alcool est la substance psychoactive la plus
consommée soit
31,71% suivi du tabac 30,48% et du cannabis 25,61%.
- L'indice de relation entre les types d'attachement et les
conduites addictives est C=0,53,
- les toxicomanes d'un attachement insécure
détaché sont dirigés vers l'alcool, le tabac et le
cannabis ; ceux de l'attachement insécure préoccupé
touchent à la plupart des substances psychoactives et ceux de
l'attachement insécure désorganisé sont conduits plus vers
l'alcool et le tabac.
Les résultats obtenus à l'issu de cette
recherche nous permettent de dire que nos hypothèses sont
confirmées et avec ces résultats, nous estimons que nos objectifs
sont presque atteints. Nous sommes conscients que notre travail n'est qu'une
amorce et que le sujet mérite d'être approfondi pour
découvrir tous les contours qu'ils cachent encore.
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
- Agbébavi, A. (2008). Complications
psychopathologiques associées à la toxicomanie
(Mémoire de Diplôme d'Etudes Supérieures
Spécialisées). Université de Lomé.
- Ainsworth, M. D. S. (1973). The development of
infant-mother
attachment. Review of child development research, Vol. 3,
1-94. In
B. M. Caldwell & H. N. Ricciuti (Éds). Chicago:
University of
Chicago Press.
- Allouky, A. (2008). Addiction à l'alcool :
facteurs associés et conséquences psychiques et/ou organiques
(Mémoire de maîtrise). Université de Lomé.
- Atger, F., Corcos, M., Perdereau, F., Jeammet, P., (2001).
Attachement et conduites addictives, Annales de médecine
interne (152 (3), 1s67-1s72). Paris : Masson.
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