UNIVERSITE DE LOME
FACULTE DES LETTRES ET SCIENCES
HUMAINES (FLESH)
DEPARTEMENT D'HISTOIRE ET D'ARCHEOLOGIE
LES RELATIONS INTERCOREENNES
DE 1910 A 2009
Mémoire pour l''obtention de la Maîtrise
ès lettres Option : Histoire
Contemporaine
Spécialité : Histoire politique
et relations internationales
Présenté et soutenu par: Sous la
direction de :
Kossi AHOSSEY M. Essoham
ASSIMA-KPATCHA
Maitre de conférences aux Universités
du CAMES
Lomé, mai 2011.
Dédicace
A mes Parents
Benjamin Anani Ahossey
et
Afi Sokpoli
A ma progéniture.
REMERCIEMENTS
Nos sincères remerciements à notre directeur de
mémoire M. Essoham AssimaKpatcha, Maitre de Conférences aux
universités du CAMES, pour toute sa disponibilité, son amour du
travail bien fait et ses conseils.
Nos sentiments de profonde gratitude au Professeur Badjow K.
Tcham, Secrétaire Général de l'Université de
Lomé et au reste du corps enseignant du Département d'Histoire et
d'Archéologie de l'Université de Lomé pour la formation
donnée en occurrence, au Professeur Kodjona Kadanga et au Docteur
Essohanam Batchana.
Nos sincères remerciements à son Exélence
d'Alméda consul honoraire de la Corée du Sud au Togo,
président de l'association les Amis de la Corée de Sud au Togo
(ACOST) et à tous ses membres. A M. Komlan Dodji Djilan, directeur
général du groupe de presse forum de la semaine et stade magazine
pour tout son soutien durant notre cursus et à M. Didier Yebli,
professeur d'Histoire-Géographie au Lycée de Tokoin pour sa
disponibilité et ses conseils.
Nos sentiments de vive reconnaissance à notre tante
Justine Sokpoli pour avoir beaucoup contribué à notre formation,
à notre soeur Akpene Ahossey pour son soutien, à nos tous
frères, soeurs, cousins, nièces et neveux et à notre ami
Bertrand Ahogla Gbamehossou .
Nous remercions tous nos camarades de promotions, notamment
Larissa Kayaba, Thérèse Tchintchan, Solim Amougnom, Manambi Dapo,
Jean-Michel Adoboe, Mawobou Atandji, Mensan Kodja, Agba-Tadjikli, Selom
Ametekou, Koudjodji Eloh et toute la promotion dont nous avions
été le délégué. Avec vous nous avions
vécus incertitude, peine,doute, peur, bonheur, joie etc. merci pour
votre soutien.
Nous n'oublions pas les demoiselles Homefa Tossou, Yawa Dogbo
et Awa Hantz toutes au Département d'Histoire de même que les
sieurs Kossivi Ametowogblona, Toko Mawena, Farid Aleheri et surtout
Koudjo-Claude Missewou pour sa franche collaboration. Spécial merci
à mlle Lawson-Hogban Koko Dahui et à M. Agbo Koffi Mawupemo pour
leur
amitié
Enfin, nous témoignons nos profondes sentiments de
gratitude à tous ce qui, de prêt ou de loin, ont contribué
à notre formation ou à l'élaboration de ce présent
document.
SIGLES ET ABREVIATIONS
AIEA : Agence internationale de l'énergie atomique.
CILRECO : Comité internationale de liaison pour la
réunification de la Corée.
CINU : Centre d'information des Nations-Unies.
FDR FIFA ONU OTAN OTASE PCUS RDA RFA
: Franklin Délano Roosevelt.
: Fédération internationale de Football
Association.
: Organisation des Nations-Unies.
: Organisation du Traité de l'Atlantique Nord.
: Organisation du Traité de l'Asie du Sud-est.
: Parti communiste de l'Union Soviétique.
: République démocratique d'Allemagne.
: République fédérale d'Allemagne.
RPDC : République populaire démocratique de la
Corée.
URSS : Union des Républiques soviétiques et
socialistes.
USA : Etats-Unis d'Amérique.
INTRODUCTION
GENERALE
Les problèmes frontaliers, l'incompatibilité des
systèmes économiques, l'écart trop grand de
développement socio-économique; tels sont les vécus
quotidiens que nous relatent les médias surtout ceux occidentaux qui
sur-médiatisent les problèmes souvent au gré de leur
humeur et de leur intérêt.
C'est ainsi que le 24 novembre 2010 nous avons lu sur le
« net »1 que l'artillerie nordcoréenne a
bombardé une Ile de la Corée du Sud2 en mer jaune
faisant quatre morts au moins dont deux militaires. Ceci déclencha la
riposte de Séoul. Les échanges de tirs ont duré environ
une heure et causa beaucoup de dommage comme l'illustre la photo suivante.
Photo n°1 : Un mur endommagé par les
bombardements sur l'île sud-coréenne
Source:
www.rfi.fr du 25/Novembre/2010.
Sur cette image on peut apercevoir un mur servant de
frontière presque détruite. Ceci témoigne de l'ampleur de
ces bombardements sur l'île de Yeonpyeong le 23 novembre 2010. Les photos
qui suivent révèlent d'autres dommages occasionnés par ce
bombardement provenant de la Corée du Nord.
1-C'est l'une des principales sources qui ont rendu
effectif ce travail. En effet, l'internet a transformé le monde en un
village planétaire où l'on peut avoir des informations de partout
et à tout moment sans y avoir mis pied.
2- Source : http: //www.rfi.fr/ du
24/Novembre/2010. Selon Vincent Ilutiu, cette Ile du nom de Yeonpyeong, avec un
millier d'habitants, est située juste au sud de la ligne
frontalière décrétée par les Nations unies
après la guerre de Corée, mais au nord de la ligne de partage
revendiquée par la Corée du Nord. De graves incidents navals
s'étaient produits dans la même zone en 1999, 2002 et 2009.
Photo n°2: Des maisons totalement détruites
Photo n°3: Une victime entre les mains par des bombardiers
nord-coréens. des secouristes sud-coréens
Source:
www.rfi.fr du 23/Novembre/2010. Source:
www.lemonde.fr du
24/Novembre/2010.
La série de photos proposées retrace d'une
manière illustrée les dégâts subits par l'ile de
Yeonpyeong, frontalière aux deux entités de la Péninsule
au large de la mer jaune, suite au bombardement de la part des nordistes,
confirmant ainsi le regain de tensions dans les relations
intercoréennes.
Cette attaque fut menée selon les autorités
nord-coréennes en réaction aux manoeuvres militaires
qu'organisent les forces armées américaines et
sud-coréennes1 en mer jaune. Ces manoeuvres qui furent
régulièrement organisées, ont pour objectif de dissuader
les intentions belliqueuses des dirigeants nord-coréens envers leurs
voisins du sud. La dernière en date, dont nous proposons une
séquence d'images aux pages qui suivent, eut lieu en juillet 2010 en
réponse à un acte de guerre perpétré par les
nord-coréens.
En effet, le 25 mars 2010, soit quatre mois avant le
début de ces exercices militaires, un navire sud-coréen, le
cheonan, coula avec 104 marins à bord à proximité
de la frontière avec la Corée du Nord à la suite d'une
explosion.
1-Source :
www.lemonde.fr du 24 Novembre 2010.
Les nord-coréens rappellent à leurs voisins du Sud que leurs
différents actes mettraient la Péninsule au bord du gouffre.
Photo n° 4: Porte-avions géant US GEORGE
Photo n° 5: La Secrétaire d'Etat Washington au large de la mer
jaune américain Hillary Clinton avec les
Responsables de la troupe US
Source :
http://www.socio13.files.wordpress.com/2010/07
source :
www.rfi.fr du 24 juillet 2010
Le Porte-avions géant US GEORGE Washington (photo
n°4) d'une capacité de 97000 tonnes transporta des avions qui
servirent aux troupes américaines et sud-coréennes pour
débuter l'exercice militaire. La photo n°5, quant à elle
montre la secrétaire d'Etat américain avec les responsables de la
troupe US stationné en Corée. Elle s'y est rendue pour constater
l'effectivité du début des exercices militaires et c'est ce que
le responsable militaire américain s'évertue à faire
à travers son geste de la main droit. La présence des drapeaux
onusien, américain et sud-coréen sur le site prouve que c'est une
coalition de troupes qui y est stationnée et qui participe aux
opérations.
Photo n° 6: Les soldats de la coalition en Photo
n° 7: Les soldats américains et sud-
plein exercice militaire en Corée coréens
recevant un navire de guerre
destiné aux dits exercices
Source:
http://french.peopledaily.com
Source:
www.lemonde.fr du
24/Juillet/2010.
Ces soldats qui sortent des casernes (photo n°6)
conçues, pour la circonstance au large de la mer jaune, sont
initiés pour intervenir urgemment en cas de conflit
généralisé.
L'agitation des drapelets américains et
sud-coréens lors de la réception de ce bâtiment de Guerre
(photo n°7) par les forces armées prouve l'effectivité du
soutien américain à la Corée du Sud.
L'image suivante montre le reste du bateau endommagé
que les marins sud-coréens tentent de remonter à la surface. Une
commission d'enquête internationale prouva que le naufrage fut
provoqué par une torpille nord-coréenne. Cette agression fut
fermement condamnée par la communauté internationale, au premier
rang de laquelle on nota le Japon à travers son premier ministre d'alors
Yukio Hatoyama, Londres, mais surtout Barack Obama des Etats-Unis qui exprima
sa profonde compassion à son homologue sud-coréen Lee MyungBak,
selon le porte-parole de la maison blanche1.
Photo n° 8: L'armée sud-coréenne
remontant l'épave du cheonan, le 15 avril 2010.
Source:
www.rfi.fr du 16 Avril 2010 (Reuters/Seo
Jae-Hun).
Mais Pyongyang2 qui a qualifié les
accusations des Enquêteurs d'«affabulations» menaça
d'une guerre généralisée en cas de sanctions de la part
des Nations-unies (ONU), à en croire l'agence presse
Yonhap3.
Les recherches révèlent que ces incidents ne
furent que quelques uns parmi toute une multitude que connut la
péninsule coréenne et qu'en datte du 09 novembre 2009, il eut un
affrontement naval entre les deux Corée4. Ce dernier
incident, considéré comme une grave
1-Ce dernier s'appelle Robert Gibbs. Source :
wwww.lepoint.fr du 20 mai 2010.
2-Capitale de la Corée du nord, Pyongyang fut
fondée au tour du leader Kim Il -Sung, longtemps demeuré sous
l'influence communiste d'après l'article de Bernard Droz in
«l'histoire n°151».
3-Information tirée de l'article de Vampouille
Thomas. Source:
www.lefigaro.fr du 20 mai 2010.
4-Source : http//
www.leparisien.fr/international/25/Janvier/2010.
crise diplomatique, ne nous a pas laissé
indifférent1. C'est ainsi que nous avions jugé
nécessaire de traiter le sujet intitulé: «Les
relations intercoréennes de 1910 à 2009».
Convaincu que toute histoire s'inscrit dans le temps, nous
avons doté notre thématique d'une borne chronologique allant de
1910 à 2009. Mais qu'est-ce qui justifie le choix de celleci?
Dans le souci de préserver l'intégrité de
son territoire et d'éviter d'être grignoté et
dévoré par l'impérialisme occidental qui se fit
menaçant dans la région2, le Japon se lança
dans la conquête des territoires environnants (Droz 1992:120).
Ainsi l'impérialisme nippon s'orienta vers ses voisins
dont la Corée. Malgré la résistance au sein des
populations, les Autorités coréennes signèrent le
traité d'annexion le 22 Aout 1910 avec le Japon. Par ce traité la
Corée devint province japonaise. Elle dépendait désormais
d'une puissance étrangère.
Le 09 Novembre 2009 éclata un affrontement
naval3 entre les deux Corée. Pyongyang exigea des excuses de
Séoul après qu'un navire nord-coréen fut gravement
endommagé en mer Jaune4. Ce malheureux incident vint
confirmer les tumultueuses relations qu'ont toujours entretenues les deux
États, autrefois unis dans la Péninsule.
Il faut également noter que 2009 marqua le début
de cette étude qui, soulignons le ne fut pas sans
intérêt.
En effet, cette recherche produira à la fin un
document, qui viendra s'ajouter à ceux déjà laissés
par des spécialistes, pour mieux comprendre l'histoire des relations
internationales. Cette étude nous permettra donc de mieux
appréhender la dynamique des Relations Internationales dans cette
région de l'Asie. Elle apportera ensuite des éclaircis sur la
nature des relations entre les deux entités de la Péninsule jadis
sous domination japonaise. Les deux Etats de la Corée s'étant
individualisés avec adoption d'idéologies antagonistes, à
travers cette étude, nous comprendrons plus ces relations en les
insérant dans le contexte de la Guerre froide, puis dans le contexte
international de l'après URSS (Union des République Socialistes
et Soviétiques). Nous finirons par comprendre l'évolution et
l'orientation de ces relations sous l'influence des puissances
étrangères. Mais, ceci ne peut véritablement aboutir sans
une véritable motivation préalable.
1-Certains se demanderont si c'est cet incident qui
a présidé au choix de ce sujet. En fait ce sont les vécus
quotidiens de l'historien qui l'interpellent et l'amènent à
remonter le temps pour contribuer à faire mieux comprendre le
présent. C'est ce que dit Benedetto Croce quand il déclare:
«toute histoire est une histoire contemporaine». Ainsi on
peut partir des faits du présent pour remonter le passé.
2 -Source :
www.stratégicsinternational.com
consulté le 24 Aout 2010.
3-Source :
www.leparisien.fr du 11 Novembre
2009.
4-Confer le
www.leparisien.fr du 11 Novembre
2009.
Plusieurs facteurs ont donc milité pour le choix de
cette thématique de recherche. Dans un premier temps, il faut dire que
ce fut une proposition de notre directeur de mémoire. L'acceptation de
ce sujet est la preuve de notre goût extrême et notre passion pour
les relations internationales.
Ensuite, si nous avons accepté travailler sur ce
thème, c'est par le fait que la Péninsule coréenne, depuis
1948 reste et se maintient toujours au devant de la scène
internationale. Nous sommes déterminés à chercher et
à comprendre ce qui explique les incidents répétés
entre les deux États de cette Péninsule de l'Asie orientale.
Toutes ces motivations s'inscrivent parfaitement dans la problématique
qui suit.
L'imminente défaite de l'Axe et surtout du Japon au
cours de la Seconde Guerre mondiale conduisit l'URSS et les USA, suite à
de multiples accords de partage (Duby 1978 : 194), à envahir
militairement la Corée pour ne repartir qu'après l'avoir
unifiée. Mais ces Puissances, au nom de leur futur antagonisme,
violèrent leurs accords (Péron-Doise 2007 : 2) et
scellèrent ainsi l'émergence de deux Etats idéologiquement
opposés qui entretinrent des relations très tendues à
l'image de ce que furent les relations entre les deux Superpuissances.
Malgré plusieurs tentatives et accords de réunification, ces deux
États frères ne parviennent pas, du moins jusqu'alors à se
réunifier.
De tout ce qui précède, en quoi les
influences des grandes puissances internationales déterminent-elles et
enveniment-elles les relations intercoréennes au point de rendre
impossible la réunification de la Péninsule coréenne de
1910 à 2009? Cette interrogation, très complexe
mérite d'être scindée en de plus simples pour une bonne
organisation de notre travail.
L'histoire contemporaine de la Péninsule
coréenne est marquée par plusieurs convoitises extérieures
qui firent d'elle un point d'affrontement intense et d'érection de deux
idéologies opposées. On se demande alors en quoi la
Péninsule coréenne suscitât-t- elle tant de convoitises
extérieures et servit-elle de lieu d'affrontement intense entre les deux
superpuissances que furent l'URSS et les USA depuis 1910 jusqu'en
1953?
Depuis la signature de l'armistice, mettant fin temporairement
aux hostilités en 1953 jusqu'en 2009, date du début de cette
étude, les relations entre les deux Etats sont toujours tendues, rendant
ainsi quasiment impossible le processus de réunification et les
traitées de paix. Comment les influences des puissances
internationales et certains déterminismes internes
contribuèrent-elles à maintenir des relations tendues entre les
deux Corée, hypothéquant ainsi tout désire de
réunification depuis 1953?
Pour apporter la réponse à toutes ces
préoccupations, nous comptons organiser notre travail autour de deux
parties. Une première partie qui sera consacrée aux
différentes convoitises qui aboutirent à la guerre fratricide de
1950-1953. Une seconde partie analysera les influences étrangères
et leur impact sur les relations intercoréennes. Mais cette étude
vise certains objectifs qu'il convient de mentionner au préalable.
Nous visons, à travers cette recherche montrer que les
relations internationales sont toujours influencées par des grandes
puissances et ceci en fonction de leurs intérêts. Dans le cadre de
cette étude, nous montrons l'exemple précis des tensions dans la
Péninsule coréenne qui reste au devant de la scène
internationale et qui subit l'influence des puissances étrangères
durant plus d'un siècle environ.
Dans la première, partie il est question de montrer
comment la Corée, depuis 1910 fit l'objet de plusieurs convoitises
extérieures, lesquels convoitises furent à l'origine de sa
partition définitive en 1948 avec pour cime la guerre de Corée de
1950 à 1953.
La seconde partie, quant à elle s'évertue
à prouver comment, depuis la fin du conflit fratricide en Corée
grâce à l'armistice de 1953, les relations des deux Etats de la
Péninsule demeurèrent sous l'influence des superpuissances,
rendant ainsi impossible toutes les tentatives de réunification de la
Péninsule. Pour parvenir à ces objectifs, nous avons émis
certaines hypothèses qu'il convient d'énumérer.
Nous présumons que depuis 1948 où la
Péninsule coréenne fut divisée en deux Etats et que ces
derniers continuent d'entretenir des relations tumultueuses, ne parvenant
toujours pas à se réunifier, c'est parce que la Péninsule
souffre de l'influence des puissances étrangères.
Cette partie de l'Asie du Nord-est présente beaucoup
d'intérêt pour les grandes nations étrangères, ce
qui justifierait sa constante présence au-devant de la scène
internationale.
D'abord nous estimons que si les Alliées notamment
l'URSS et les USA ont décidé, au cours de la Seconde Guerre
mondiale, envahir militairement la colonie japonaise et la diviser en deux
zones d'occupations, ce qui d'ailleurs fut fait en 1945, c'est dans le souci de
transformer la Corée en une base d'expansion de leur naissante
idéologie respective dans la région. C'est certainement ce qui
aurait conduit à la guerre des idéologies dans la
Péninsule entre 1950- 1953.
Ensuite nous supposons, pour notre part que si depuis 1953
où l'armistice fut signé jusqu'à nos jours, il n y a
jamais eu de Traité de Paix et que les deux Corée se
considèrent toujours en état de guerre, c'est à cause des
influences internationales. Les puissances étrangères auraient
toujours, en fonctions de leur intérêt dans la région
conduit les deux Etats
à s'affronter régulièrement rendant
jusqu'ici impossible tous les projets de réunification de la
péninsule, qui pourtant resterait le voeu cher aux coréens.
Parvenir à prouver ces hypothèses émis,
implique au préalable la nécessité de définir
certains concepts clefs empruntés à notre sujet. Trois principaux
termes à savoir relation, influence et
puissance, sont concernés.
En effet, pour éviter toute confusion et parer aux
éventuelles difficultés de compréhension qui se poserait
au cours de la lecture de ce document, la définition et la
conceptualisation de certains termes importants ayant constitués notre
thématique se révèlent primordiales.
Selon le petit Larousse illustré (2008 : 871), le mot
relation désigne un lien existant entre des choses, des
personnes; c'est un rapport. Allant dans le même sens, le vocabulaire
juridique de Gérard Cornu (2006 :795) précise qu'il
désigne le rapport de droit ou (et) de fait entre deux ou plusieurs
personnes ; liens qui les unissent.
Dans le cadre de notre travail, il s'agit des relations
internationales puisque s'établissant entre les deux Etats de la
Corée.
Les relations internationales, selon Marcel Merle (1988), sont
«d'une telle complexité qu'on peut les appréhender de
multiples manières et que les diverses tentatives effectuées pour
réduire cette complexité à des termes simples et univoques
débouchent sur autant de définitions controversées
» (Gazano 2003:6)
Le passage précédent prouve combien les
spécialistes des relations internationales ont des difficultés
à définir l'objet de leur discipline. La définition des
relations internationales est donc relative et contingente. Elle varie selon
les approches doctrinales développées, qu'elles soient
Conflictuelles ou Solidaristes.
Dans l'étude des relations intercoréennes, il
faut noter que ces deux approches cohabitent et sont presque indissociables,
même si celle conflictuelle tant à l'emporter.
En définitive, dans le souci de clarté pour nos
lecteurs, nous entendrons par relation intercoréenne, exemple
précis des relations internationales, tous les rapports
transfrontaliers, matériels ou immatériels qui se sont
établis et qui continuent de s'établir jusqu'à nos jours
entre les deux entités de la Péninsule coréenne.
Le terme influence est aussi important que nous
devons le définir dans le cadre de ce mémoire. Le dictionnaire
Larousse illustré (2008 : 536) le définit comme l'action qu'une
personne exerce sur une autre. Il va plus loin en le définissant comme
la conviction délirante d'être soumis à une force
extérieure qui commande les pensées et les actes.
De ces deux définissons nous tirons matière
à notre thématique. En effet, si la Péninsule
coréenne est parvenue à la division c'est sous la pression des
forces extérieures. Les deux Corée, depuis la partition
jusqu'à nos jours vont multiplier des relations belliqueuses, tous ceci
dictée par des Puissances extérieures qui ont des
intérêts précis. La guerre fratricide intervenue entre
1950-1953 en Corée fut dictée par les Superpuissances au nom de
leur idéologie, dans le contexte de la Guerre froide.
Quant au concept puissance, le petit Larousse (2002)
le considère comme le caractère de ce qui exerce une grande
influence sur quelqu'un. Dans le cadre de notre étude, il s'agit de ces
nations économiquement et surtout militairement très fortes qui
sont au devant de la scène internationale, exerçant leur
influence sur les pays plus faibles, en fonction de leur intérêt.
Mais cette notion de Puissance internationale mérite
d'être située dans le temps.
En effet, vers la fin de la Seconde Guerre mondiale, deux
grandes nations à savoir l'Union des Républiques
Soviétiques et Socialistes (URSS) et les États-Unis
d'Amérique (USA), furent les deux superpuissances qui
bipolarisèrent les relations internationales. Cette notion évolua
surtout avec la disparition d'une superpuissance: URSS, lâchant ainsi
prise en 1991. Certaines puissances montantes tentèrent d'occuper la
place laissée par l'URSS et faire contre poids aux USA dans un monde,
désormais monopolarisé. Les relations intercoréennes
souffrirent et continuent de souffrir de tous ces changements.
Le souci de réaliser une oeuvre scientifique nous
oblige à adopter une méthodologie de travail qui va de la
collecte au traitement des informations recueillies.
Étant très déterminante, cette rubrique a
conduit à la fréquentation des centres de documentations ici sur
place pour recueillir des informations permettant à la
réalisation de ce travail.
C'est ainsi que nous nous sommes rendus successivement et
à maintes reprises au centre culturel français, à la
bibliothèque centrale de l'Université de Lomé, à la
bibliothèque de la paroisse universitaire de Lomé, au centre
d'information des Nations-unies (CINU) et à la bibliothèque du
département d'Histoire et d'Archéologie.
En ces différents endroits, il a été
consulté des ouvrages traitant de l'Asie Orientale. Nous nous sommes
ainsi familiarisés avec les grands problèmes que soulèvent
notre sujet et les grandes thématiques qui y sont abordées.
Des documents traitant des relations internationales, de la
politique extérieure des USA, de l'URSS, de la percée chinoise,
de l'impérialisme japonais et de la Guerre froide ont été
consultés de même que plusieurs articles parus dans les revues
diplomatiques sur les relations entre les deux Corée et de l'influence
extérieure dans la zone.
Pour s'approprier ces informations, nous procédions par
des prêts à domicile des documents ou dans le cas
échéant nous procédions à la photocopie sur
place.
Il faut rappeler que l'outil Internet a massivement
contribué à la réalisation de ce mémoire, ceci
à cause de notre champ d'étude.
En effet, nous avons passé la plupart de notre temps
dans les cybercafés de la place; le Centre d'information public de la
banque mondiale a ainsi été d'un grand apport. Nous y avons
accédé à plusieurs sites sur lesquels les articles,
certains ouvrages, thèses comptes rendus de conférences sur la
Corée ont été téléchargés et
imprimés; des revues diplomatiques, le site des deux Corée ont
été explorés sur le net. Là encore beaucoup
d'articles jugés utiles à notre travail ont été
imprimé. Nous avons aussi entrepris des démarches vers certaines
représentations diplomatiques accréditées au Togo, des
pays et puissances dont touches notre thématique, mais aucune
réponse n'a été donnée à nos demandes de
rendez-vous. Les documents collectés méritent d'être
traités dans les normes scientifiques.
C'est ainsi qu'il a été procédé
par analyse et synthèse pour parvenir à un traitement judicieux
des données recueillies à travers les différentes sources
consultées.
Analytiquement nous avons vérifié
l'authenticité des documents et des informations qu'ils diffusent. La
grande partie de la méthodologie reste bien évidemment les
opérations synthétiques. Pour bien réussir le travail,
nous avons utilisé beaucoup de sources, alors s'impose un
véritable travail de vérification et de confrontation de ces
sources et documents pour donc jauger leur degré de pertinence et ainsi
trouver matière à histoire.
Certains sites, par moment livrent des informations selon leur
partie prise et dans ce cadre nous étions obligés, pour faire un
travail scientifique, de recourir aux sources livresques pour
vérification et tirer des informations scientifiques. Dans des cas
extrêmes, ces informations étaient carrément
abandonnées. Lorsque enfin nous sommes en face de certains documents qui
comportent des contradictions, nous procédions à la confrontation
et avec toutes les précautions qu'exige l'analyse historique. Ceci a
été d'une grande importance dans la fiabilité des sources
et documents recueillis. Ce travail ne peut arriver à terme sans
difficultés aucune.
La grande difficulté reste méthodologique. En
effet, notre terrain d'étude étant très
éloigné de nous, nous n'avons pu faire le déplacement et
rencontrer les personnes ressources et recueillir des informations. Certains
documents ne nous sont pas accessibles ici au Togo.
Mais pour combler ces lacunes nous avons recouru à
l'outil internet qui a transformé le monde en un village
planétaire. Ce dernier nous a permit de travailler comme si on
était sur le terrain grâce à des nombreux articles et
témoignages des acteurs, qu'il nous propose,
rapportant les évènements second après
second. Mais là encore, les coupures à répétition
dans notre capitale a rendu difficile le travail. La connexion à
l'internet était par moment précaire.
Certains ouvrages et sources électroniques ont
majoritairement et judicieusement servi à la réalisation de ce
travail qu'il convient de les passer en revue.
Concernant les sources électroniques, il s'agit pour
nous de présenter ici les plus importants sites web, à travers
lesquels des spécialistes des relations internationales, des
spécialistes de la Corée, des adeptes de
l'évènementiel; rapportant des évènements
quotidiennement, y ont publié des articles jugés pertinents pour
la réalisation de notre travail. Ces informations venaient ainsi combler
les failles laisser par les livres surtout dans la période poste Guerre
froide.
Dans ce sens, le site
http://www.lemondediplomatique.fr
a été d'un atout important. Les spécialistes tels Marianne
Péron-Doise, Selig S. Harrison et Jacques Decornoy et tant d'autres y
ont publié de nombreux articles. Ces derniers nous ont permis de mieux
cerner le régime nord-coréen et sa stratégie à
l'égard de son voisin du Sud. Ce site a été
consulté à maintes reprises.
Ensuite le
http://www.rfi.fr, site de la radio
mondiale (Radio France internationale) a été constamment
utilisé par ses reporters en Corée pour publier les
actualités et ces informations nous ont été très
utiles dans l'analyse de la situation.
Dans une autre mesure nous avons exploité le
http://www.ifri.org, site de
l'institut français des relations Internationales qui permet aux
chercheurs en France de mener des recherches et y donner leur point de vue. Il
nous a permis d'avoir accès à certains pertinents articles de
Marianne Péron-Doise.
Un site important à mentionner reste le
http://www.carin.info/article .
Nous y avons eu accès à certaines importantes publications de
Marianne Péron-Doise à savoir: Corée du Nord, l'impossible
transition ou encore la redéfinition des relations Japon /Corée
du Nord. Michel Klen y a aussi fait d'importantes publications dans le cadre de
notre recherche.
Certains sites tels le
http://www.lemonde.fr, le
http://wwwcilreco.com, le
http://www.coréenfrance.com
et bien d'autres que nous mentionnerons dans la partie sources et
bibliographies ont été très déterminants. Les
informations obtenues à partir de ces sources électroniques sont
venues en complément à celles obtenues à partir des
ouvrages dont nous présentons ici les plus importants.
Dans le souci de faciliter notre rédaction et
d'appréhender les éventuelles difficultés, l'ouvrage de
Michel Beaud (1985) à retenu notre attention. Dans le même sens,
l'ouvrage de
Guy Thuilier et Jean Tulard (1993) nous a été
d'un grand apport. Ces auteurs ont rappelé les conseils de
méthode, les qualités exigées d'un historien, le courage,
la persévérance, la ténacité, la probité, le
flair l'imagination et le bon sens. Les parties sur comment choisir un sujet,
comment travailler et comment écrire nous ont beaucoup
inspiré.
Étant donné que notre thématique traite
des relations internationales, nous avons jugé utile l'exploitation des
livres d'Antoine Gazano (2003) et de Serge Sur (2006).
Le premier nous a permis de cerner certaines
réalités des relations internationales. Nous avons pu identifier
les différentes approches doctrinales des relations internationales
à savoir l'approche des réalistes et celle des transnationales ou
solidaristes. Nous avons alors connaissance des caractères de la
société internationale contemporaine (caractérisé
par l'ordre et le désordre) et les impacts de la mondialisation. Il
révèle comment dans l'immédiat après guerre, les
deux protagonistes de la Guerre froide s'affrontèrent par le biais des
pays et met en exergue le cas de la Corée. Il revient sur la fin de
l'URSS et se pose la question sur le nouvel ordre mondial tout en rappelant les
facteurs des relations internationales qui sont d'ordre démographique,
géographique, économique, militaire, technologique et
idéologique. Cette partie nous permettra d'analyser les relations entre
les deux États de la Corée depuis la partition
jusqu'au-delà de l'armistice de 1953; ces facteurs. Par cet ouvrage nous
avons une
idée sur les enjeux et défis des relations
internationales. La rubrique « guerres ou paix »
oül'auteur revient sur les mesures issues de la pratique
onusienne surtout pendant la guerre de
Corée avec la résolution 377(V) du 3-11-1950 de
Dean Acheson sont très importantes.
Le second par contre s'est plus appesanti sur le fondement des
relations internationales rappelant les caractéristiques de la
société internationale. Il n'a pas manqué de traiter de la
globalisation et de ses implications, de l'évolution des relations
internationales avec surtout la volonté de domination des
Superpuissances.
Un des documents précieux qui nous ont servi reste
celui de Serge Cordelier (1979). L'auteur est revenu sur la question
Coréenne, depuis l'occupation japonaise en 1910 jusqu'à la
défaite de 1945, puis de l'invasion militaire des USA et de l'URSS. Il
évoque le problème de la partition et la Guerre de Corée
d'une manière sommaire et parle des différentes mesures prises
après l'armistice tout en jetant un regard analytique sur la
Corée d'après Guerre froide et de la réunification
souhaitée par les dirigeants de chaque partie. Il évoque les
différentes rencontres entre les dirigeants pour le dialogue
intercoréen. Tout ceci n'a été évoqué que
d'une façon brève mais sera d'un grand apport, car il vient
confirmer et combler les failles de certains de nos sources
électroniques.
Pour sa part, T. de Montbrial (2003) part de
l'écroulement du mur de Berlin et analyse les évènements
sur le globe. Il analyse la question de la superpuissance américaine et
l'ordre international. Les rubriques: « essor de l'Asie »,
« les leçons de l'Asie », « les dividendes
de la Guerre froide » et « les États-Unis
hyper-puissances incomplètes »; nous ont permis de comprendre
l'influence américaine dans la Péninsule et les problèmes
de cette dernière après la dislocation de l'URSS. Par contre
l'auteur n'aborde pas avec précision les relations conflictuelles
quotidiennes entre les deux Pays de la Corée, nous poussant ainsi vers
d'autres documents.
De Pierre Serarcleus (1992), nous avons eu connaissance des
débats sur l'hégémonie américaine, la fin de la
bipolarité ce qui nous a permit de parfaire notre travail. La partie
concernant la course à l'armement nucléaire, les
conséquences politique de la dissuasion nous fut très utile
même si elle ne fut pas approfondie.
Claude Balaize, Jin-Mieung, Li Ogg et Marc Orange (1991)
décrivent respectivement la Corée à travers sa
géographie, sa civilisation, sa politique et son économie. Chaque
partie, mais surtout la rubrique « histoire politique » a
servi pour notre travail, même s'il n'expose pas les véritables
crises liées aux relations quotidiennes entre les deux pays.
Il est également établi que les USA restent une
puissance influente dans la péninsule coréenne. Alors nous nous
sommes intéressés aux écrits des spécialistes de sa
politique étrangère. C'est le cas de Pierre Mélandri
(1982) et Henry Kissinger (2003).
Le premier, dans son ouvrage aborde la question en mettant en
exergue les exigences internes face aux défis extérieurs du fait
de la première Puissance mondiale qu'elle occupe dès la seconde
moitié du XXème siècle. Ceci nous permet d'analyser et de
comprendre toutes les actions que les USA mènent vers la Corée
étant donné qu'elle est partie prenante dans la crise
coréenne. L'auteur en a fait cas sous des titres bien évocateurs:
« situation de force », « réarmement et guerre de
Corée », puis « de la Corée à Cuba
». Il rappelle que la diplomatie américaine s'est
renforcée suite à plusieurs échecs. Pour lui, l'agression
nord-coréenne incombe à la Russie. Le second d'une manière
plus précise, évoque la nouvelle puissance américaine, ses
relations avec la Corée. Il comble ainsi plusieurs lacunes
laissées par nos sources sur la question de l'influence
américaine dans la péninsule.
Enfin, Louis Chevalier (1967) nous a été d'un
grand apport en ce sens qu'il relate les évènements
d'après guerre dont la partition et la guerre en Corée. Mais
toutes ces oeuvres ont des insuffisances par le fait qu'elles n`abordent pas;
ou pas assez pour certaines la période d'après 1990, ce qui nous
orienta vers les sources électroniques pour combler ces lacunes.
Ainsi pour répondre à notre préoccupation
telle que mentionnée à travers la problématique, nous
organisons le travail chronologiquement en deux grandes parties. La
première partie, allant de 1910 à 1953, est consacrée
à l'analyse des différentes convoitises qui aboutirent à
la guerre fratricide de 1950-1953 en Corée. Elle est composée des
deux premiers chapitres. Le tout premier allant de 1910 à 1945 traite de
la Corée sous domination coloniale nipponne. Le second analyse la
cogestion soviéto-américaine en Corée de 1945 à
1953, suite à la capitulation du Japon à l'issue de la Seconde
Guerre mondiale. Puis la seconde partie, allant de 1953 à 2009, quant
à elle s'évertue à analyser les influences
étrangères et leur impact sur les relations intercoréennes
jusqu'en 2009 à travers deux autres chapitres. Le troisième
chapitre étudie les influences extérieures sur la
péninsule et ses conséquences et le quatrième chapitre
scripte avec minutie les divers méandres des relations
intercoréennes et surtout la problématique de la
réunification après la guerre fratricide. Puis en fin nous
procéderons à une conclusion générale.
PREMIERE PARTIE
LA COREE : DES INVASIONS
EXTERIEURES
A L'ARMISTICE (1910-1953)
Le pays du matin calme1, longtemps placé
dans l'orbite de la Chine (Droz 1992 : 120) connut la convoitise des grandes
puissances aussi bien régionales qu'internationales. Ceci fut d'ailleurs
à l'origine de la confrontation fratricide qu'a connue la
Péninsule et qui prit théoriquement fin en 1953. De ce fait nous
nous posons la question de savoir en quoi la Corée péninsulaire
suscita-t-elle tant de convoitise extérieure jusqu'à ce qu'on
aboutisse à une guerre fratricide de 1910 à 1953?
Voisin immédiat à la Corée, le Japon
annexa et imposa une domination à celle-ci et ceci durant une
période allant de 1910 à 1945. Pourquoi la Corée devait
être annexée et colonisée par le Japon?
A partir de 1945, cette nation subit l'invasion des deux
grandes puissances d'alors à savoir les USA et l'URSS. Ce qui conduisit
à la guerre de Corée. Pourquoi la Corée, à laquelle
ni les USA, ni l'Union Soviétique n'avaient accordée jusque
là un intérêt majeur suscita du coup tant
d'intérêt de la part de ces deux grands?
Ainsi, cette première partie s'attelle
à répondre à ces interrogations à travers deux
grands chapitres. L'un consacré à la domination japonaise dans la
péninsule de 1910 à 1945 et l'autre, à l'occupation
militaire soviéto-américaine de 1945 jusqu'à l'armistice
de 1953.
1-En langue coréenne choson ou
han-guk. Litt. Pays du matin frais selon le
www.wikipdia.fr.
CHAPITRE I : LA PENINSULE COREENNE SOUS LA DOMINATION
JAPONAISE (1910-1945)
Le XIXème siècle finissant vit la
pression des puissances étrangères sur l'Asie et plus
spécialement en Extrême-Orient atteindre son maximum. Cette
avancée occidentale inquiéta sérieusement le Japon dont le
souci majeur fut le maintien de la sécurité à ses
frontières.
Pour éviter de se faire dévorer par
l'impérialisme européen, les autorités nipponnes se
lancèrent dans la conquête des terres proches parmi lesquelles on
note la péninsule coréenne. Quel fut alors le processus
d'annexion et de colonisation de la Corée par le Japon ?
Ce chapitre tient donc à montrer de façon
concise ce que fut la colonisation japonaise dans la péninsule et la
réaction des coréens face à cet impérialisme. Ceci
fut d'ailleurs à l'origine des autres évènements que nous
analyserons dans les pages à venir. Il ne s'agit donc pas ici d'une
étude très détaillée de la colonisation japonaise.
Pour une parfaite compréhension, nous avons choisit étudier cette
époque sombre de la Corée, qui d'ailleurs justifierait à
bien d'égards les évènements postérieurs qui font
l'objet précise de cette recherche.
I. L'implantation de la colonisation japonaise
Pour les japonais comme pour le reste du monde, le
XIXe siècle finissant fut l'époque des grands empires
coloniaux et de l'impérialisme.
En effet, les crises à répétition de la
fin du XIXe siècle, la surproduction, la surpopulation, la
quête de nouvelles matières premières ; bref les
différentes raisons évoquées pour justifier
l'impérialisme par ses théoriciens, poussèrent les grandes
puissances occidentales vers les plus faibles, pour les assujettir et les
dominer. Nous ne voulons que pour preuve les grands ensembles coloniaux
britanniques et français fondés en Afrique et en Asie. Mais pour
mieux appréhender la réalité japonaise vers l'an 1900, il
faut nécessairement rappeler quel spectacle offrait alors aux japonais
la société internationale, en particulier sur le
théâtre de l'Extrême-Orient.
1.1. La présence des occidentaux en
Extrême-Orient.
Le peuple japonais, agrippé par son passé fut,
simultanément attiré par les mouvements du monde extérieur
et tient fortement à s'y conformer (Lequiller 1966 : 2). Vers la fin du
XIXème siècle, la pression des puissances
étrangères sur l'Asie et plus spécialement en
Extrême-Orient atteignit son maximum. L'immense et vieux
continent, avec ses richesses matérielles et ses centaines de millions
d'hommes, devint un champ ouvert aux ambitions de certains pays audacieux et
bien armés. Parmi eux figura la Russie qui, depuis le Nord,
avança vers l'Est et l'Océan pacifique pour occuper la
Sibérie. Cette avancée russe constitua pour les japonais un
phénomène menaçant.
Dans la seconde moitié du siècle, les russes
passèrent plusieurs traités avec la Chine, prirent contrôle
de tous les territoires de la rive gauche de l'Amour et de la zone
s'étendant entre les cours de l'Oussouri et la côte du pacifique.
Ils s'installèrent à Vladivostok et entreprirent la colonisation
de la province maritime. A partir de 1880 le peuplement russe en Sibérie
s'accentua surtout après la construction du transsibérien. La
Russie réalisa son objectif, celui d'obtenir un accès à la
mer du Japon et donc de disposer d'une façade maritime en mer libre sur
l'Océan pacifique. Simultanément, les Anglais se
manifestèrent en Chine d'une façon très intense.
Carte n°1 : l'Extrême-Orient
Source :
www.dinosoria.com
téléchargé le 20 Mai 2010.
Cette carte nous montre les différents pays de
l'Extrême-Orient dont les grands ponts sont incontestablement la Chine,
la Russie, la Corée et surtout le Japon.
Les relations entre l'Angleterre et la Chine
commencèrent à la fin du XVIIe siècle par
quelques tentatives britanniques de commercer avec l'empire du milieu
(Lequiller 1966 : 10), ce qui suscita de vives réactions de la part des
chinois. On ne veut pour preuve que cette déclaration de l'empereur
K'ien-long à l'ambassadeur du roi Georges III. « La Chine
possède toutes choses en abondance, et nous ne voulons pas de vos
marchandises ». Par la suite, les Britanniques signèrent
plusieurs traités avec les chinois, ce qui leur permit de
réaliser leur objectif.
Après les Anglais, les Américains, Belges et
Français s'engagèrent en Chine. Par divers traités, ils
obtinrent les mêmes chances que les Britanniques. Ainsi vers la fin du
XIXe siècle, Lequiller (1966 : 13), la Chine apparut
menacée de toutes parts. La Russie fut fortement installée en
Sibérie, dans le Nord, au Centre et à l'Ouest. L'Angleterre
étendit son influence à Hong-Kong, Canton et disposa d'une large
« sphère d'intérêt ». La France quant
à elle s'enracina fortement au Sud, à Tonkin et étendit
son influence sur les provinces chinoises limitrophes. A cette époque,
l'Extrême-Orient et plus précisément la chine fut
appelée à subir la férule de la race européenne.
Relativement discrète, les États-Unis ne
prévoyaient pas avoir une zone d'influence en Extrême-Orient puis
qu'ils n y disposaient pas de bases militaires. Mais la ruée
européenne leur conduisit à changer d'opinion. Ainsi,
guidé par leur « manifest destiny », ils aboutirent
à l'autre côté du pacifique jusqu'en Asie (Lequiller 1966 :
10). Ainsi, vers la fin du XIXè siècle le domaine
américain s'étendait de la côte atlantique à la
côte du pacifique. Selon le principe de « nation la plus
favorisée », ils obtinrent, à travers plusieurs
traités, les droits égaux à ceux des Anglais sur les
marchés.
Les Américains optèrent pour une politique
très active dans le pacifique et convoitèrent aussi l'archipel
japonais. Ceci se justifia par la déclaration du leader
républicain William H. Seward de l'époque et du Commodore Perry
en 1852. Ceux-ci s'intéressèrent également à
d'autres îles du pacifique occidental telles le Formose, l'Hawaï,
l'Alaska et, à travers un traité en 1887, ils obtinrent le droit
d'employer Pearl Harbor comme base navale. De toutes parts, les
impérialismes se lancèrent sur le continent asiatique, vers
l'Océan pacifique, menaçant systématiquement la
souveraineté chinoise et exerçant une pression sur toutes les
puissances asiatiques, notamment le Japon (Lequiller 1966 : 22) qui
n'hésita point avant de réagir.
1.2. L'annexion de la Corée par le Japon
Roger Tebib1, dans son analyse du Japon, sa
politique de sécurité et ses actions internationales,
démontre que les orientations de la défense japonaise
dépendent encore des évolutions de la politique
étrangère des grandes puissances notamment des États-Unis.
Cette réalité fut aussi vérifiée dans l'histoire
impériale du Japon.
En effet, au départ autonome et ne se mêlant pas
aux affaires du monde, le Japon s'engagea dans l'impérialisme pour
assurer la sécurité à ses frontières car, comme
susmentionné, les occidentaux se firent de plus en plus menaçant.
Joseph Savès2 démontre que ce fut pour éviter
d'être grignoté et dévoré par les occidentaux
à l'image de la Chine que le Japon se lança, de sa propre
initiative, à l'assaut des terres proches.
Ainsi l'impérialisme japonais s'orienta vers ses
voisins immédiats dont la Corée. La Péninsule
coréenne selon Marianne Péron-Doise (2007) a toujours
été considérée par ses voisins impériaux,
Chine, Japon, Russie comme un espace à conquérir. Elle fut
l'enjeu d'une lutte de pouvoir incessante entre les trois
éléphants3. La Corée fit alors l'objet d'une
triple rivalité (Balaize 1991 : 69). Chacun de ces trois pays va, tour
à tour et souvent avec succès, intervenir dans la politique
interne coréenne.
Le Japon par une double bataille qu'il livra contre la Chine
en 1895 et contre la Russie en 1905 obtint une prépondérance en
Corée. En effet, pour avoir la liberté d'exercice en
Corée, le japon déclara une guerre à la Chine. Cette
guerre, débutée en 1894, se déroula aussi bien sur le sol
coréen que chinois. Le traité de Shimonoseki intervenu en mars
1895 (Balaize 1991 : 70) entre la Chine et le Japon permit au premier de
reconnaître la domination japonaise en Corée en lui laissa la
liberté d'action. Aussitôt ce traité obtenu, le Japon fit
de nouveau face aux Russes qui l'empêchèrent d'agir. Les Japonais
entamèrent des négociations avec eux pour la reconnaissance de
ses droits et une éventuelle occupation de la Corée. Devant
l'opposition russe, ils attaquèrent par surprise la flotte russe
à port Arthur en février 1904 (Balaize, 1991 : 72).
Les combats, aussi bien maritimes que terrestres
s'étalèrent sur une année et consacrèrent la
victoire du Japon. Ce fut le traité de Portsmouth en septembre 1905 qui
mit fin à la guerre et conserva la Corée comme zone d'influence
japonaise (Lequiller 1966 : 181).
1-Source :
www.stratégicsinternational.com
téléchargé le 24-Août-2010. Roger Tebib est
spécialiste des relations internationales.
2-Joseph Savès est spécialiste du Japon.
Il publia sur le
www.lesechos.fr un article
consulté le 11-Août-2010. Il y fait un pas en arrière pour
analyser et apporter des éclaircis sur ce que fut la colonisation
japonaise en Corée. 3-Source :
www.wiipédia.org et
consulté le 28 -Août-2010.
En novembre 1905, la Corée fut « forcée
» à signer un traité de protectorat1 avec le
Japon. Malgré les résistances au sein des populations, les
autorités coréennes signèrent le traité d'annexion
le 22 août 1910 « [...] au terme duquel l'empereur de la
Corée remettait son pouvoir entre les mains de l'empereur du Japon dans
le but d'assurer la paix en Asie et de promouvoir la prospérité
des deux nations». (Touzet 1938 : 165). Selon l'auteur, cette
annexion totale, dans le but de préserver la paix en Orient, fit suite
à beaucoup de crise dont celui de l'assassinat du marquis Ito par un
coréen le 26 octobre 1909.
Par ce traité la Corée devint province japonaise.
Elle fut soumise à une domination coloniale hors paire. Cette annexion
marqua l'achèvement de l'empire nippon tant souhaité.
II. Les Coréens face à la dictature
coloniale
Le Japon se hâta pour sa main mise économique sur
la Corée. Ce qui justifia le rapide passage d'état de protectorat
à celui d'annexion2 (Touzet 1938 : 166). Par cette nouvelle
conquête, il exprima sa volonté de suprématie dans en
Extrême-Orient. Ce qui, à coups sur, inquiéta les
puissances occidentales qui y sont présentes notamment les
États-Unis d'Amérique.
2.1. L'organisation de l'entreprise coloniale
La colonisation japonaise en Corée fut au tout
début marquée par sa dureté.
En effet, l'un des premiers actes posés par le nouvel
ancien maître fut de rebaptiser les lieux en japonais. La
Corée redevint alors Chosen et Séoul
keijo3.
D'ailleurs en prélude au centenaire de la colonisation
japonaise en Corée, le premier ministre japonais Naoto Kan a
présenté des excuses pour les souffrances affligés au
peuple Coréen pendant les Trente cinq années de colonisation
japonaise en Corée durant la première moitié du
XXe siècle: «j'exprime ici une fois encore mon
profond remord et mes excuses sincères pour les souffrances et les
dommages immenses infligés par le régime
colonial»4. Ces récents développements de
l'actualité prouvent que le régime colonial japonais, tout comme
les autres entreprises coloniaux sous d'autres cieux, ne fut pas très
tendre avec les
1-Au terme de ce traité, la Corée
confiait la direction des relations diplomatiques au Japon et acceptait le
protectorat de ce pays. Balaize (1991).
2-Pour sa part, Lequiller (1966) nous rappelle que ces
différents traités furent forcés par les nippons à
la suite des formatages.
3 -Nous adopterons dans ce travail les anciennes appellations,
non seulement pour la commodité mais aussi par le faite que la
période coloniale n'est qu'une infirme partie de ce travail puisque,
déjà en 1945, la Corée fut libérée du joug
japonais.
4-Ces informations sont tirées du
www.lesechos.fr le
11-Août-2010.
Coréens. Kim Il-sung1 dans son discours du 8
février 1948 rappelait que le peuple coréen a fait l'objet de
toute sorte de persécutions et d'oppressions sous la baïonnette des
impérialistes japonais (Kim 1971 : 69). En effet, pendant la toute
première décennie de l'occupation (1910- 1918), le japon
consolida ses positions en éliminant les nationalistes, en prenant le
contrôle des terres et en imposant des changements administratifs
draconiens .Une politique d'assimilation fut entreprise par un régime de
plus en plus répressif afin que la Corée et le Japon ne fasse
qu'un seul corps (Balaize 1991 : 73). Han Soo2 nous fait remarquer
que la colonisation japonaise entraîna une crise d'identité dans
la péninsule, crise qui suscita la naissance d'une conscience nationale
pour faire échec à la politique d'intégration
forcée.
Carte n° 2: La Péninsule
coréenne
Source :
www.w.wikipédia.org,
téléchargé le 20 Mai 2010.
1-Leader du parti communiste tendance gauche pendant
la lutte antijaponaise, il prit les reines de la RDPC en 1948 et ce fut au
cours de la création de l'armée qu'il tint ce discours. Kim
(1971).
2-Professeur d'anthropologie à
l'université de Kangwon, il est l'auteur de la revue « Arts et
Culture de Corée ».
La précédente carte montre la situation
géographique de la Corée par rapport au Japon son colonisateur.
C'est seulement à travers elle que le japon peut se relier au continent
asiatique. On comprend facilement l'intérêt qu'elle suscite aux
japonais de part sa position stratégique.
Les Autorités impériales interdirent le
coréen comme langue. Il exista selon Lionel Babicz1 une
obligation d'adoption des noms japonais. La Corée et les coréens
furent perçus comme une partie inaliénable du territoire et de la
nation japonaise. La Péninsule fut, à cet effet traitée
comme une province extérieure et non une colonie.
Les terres arables, détectées après
prospection furent retirées aux agriculteurs coréens au profit
des impérialistes. Ces paysans devinrent métayers à
77%2. Les cercles impérialistes de Tokyo forcèrent le
gouvernement coréen à transférer les terres fertiles au
ministère des finances qui les rétrocéda aux
sociétés coloniales (Touzet 1938 : 245). Certains des paysans
expropriés durent se réfugier en Mandchourie, région
limitrophes3. Toutes associations et réunions des
Coréens furent interdites de même que la publication de journaux
et revues. Les insubordonnés furent soumis aux arrêts simplement
(Balaize 1991 : 53).
Les Coréens furent massivement mobilisés sur les
fronts du maître Japonais. En effet, le Japon livra la guerre
d'hégémonie à la chine dès les années
19304. Les hommes furent soumis aux régimes de travaux
forcés en cette période. La population coréenne fut
mobilisée pour l'effort de guerre. On assista au recrutement
forcé de la main d'oeuvre qui fut utilisée en Corée et
dans tout l'empire Japonais. Durant cette période, des dizaines de
milliers de femmes coréennes furent mobilisées comme
prostituées forcées au service de l'armée
impériale5. Le nom de femme de
réconfort6 qu'on leur attribua fut significatif du
rôle qu'elles jouèrent en faveur de l'armée nippone.
La colonisation japonaise permit à l'économie
péninsulaire d'être modernisée. L'objectif visé
d'ailleurs par toute colonisation fut avant tout la mise en valeur de la
colonie. Ainsi, le Japon modernisa l'agriculture coréenne au
bénéfice de l'empire nipponne. La Corée
1- Source :
www.stratégicsinternational.com
consulté le 24-Août-2010. A travers son article : «
Japon-Corée : l'interminable après-guerre »; Babicz,
universitaire de son Etat, revient sur le passé des relations entre le
japon et la Corée.
2- Confer le
www.wiipédia.org
consulté le 23-Août-2010.
3-C'est une information rapportée par Honglai
Io dans son article : « les séquelles de l'occupation japonaise
». Source :
www.géostratigie.com.
Mars 2010.
4-La guerre sino-japonaise allait de 1935-1945 et le
colonisateur a dû mobiliser beaucoup de coréens sur le front.
Source :
www.wikipedia.org et
consulté le 23-Août-2010.
5-D'après Lionel B., cette question fut
révélée en 1990 et le japon a présenté ses
excuses et indemnités aux victimes. Confer
www.strategicsinternational.com.
6-source :
www.lesechos.fr,
téléchargée le 11-Août-2010.
devait fournir au Japon du riz et des métaux, pour cela
une infrastructure nouvelle lui fut donnée en quelques années :
5000 km de voies ferrées, télégraphes, réseau
d'irrigation moderne, ponts, écoles d'agronomie et de pêche. En
1938; 4,5mllions de tonnes de riz sont produites dont 1,9 millions fut
dirigées vers l'archipel1.
Le tableau qui suit illustre bien les propos ci-dessus. On peut y
remarquer que la part de l'exportation du riz (destinée au Japon),
très faible au début de l'entreprise coloniale, a plus que
triplée vers 1940. Ceci témoigne l'ampleur de l'exploitation
coloniale en Corée. Tableau n°1: Production et exportation
du riz coréen au Japon en million de setiers (144kg
=1sertier)
Année
|
Production moyenne annuelle
|
Quantité exportée
|
Part de l'exportation
|
1912-1921
|
13,2
|
1,6
|
12,20%
|
1922-1931
|
15,2
|
5,5
|
36,20%
|
1932-1940
|
19,1
|
8,5
|
44,50%
|
Source: (Balaize 1991 : 97).
Les mines furent systématiquement reconnues et
exploitées. De grandes bases métallurgiques et chimiques furent
crées. Même si les Coréens, maintenus en position
subordonnée ne profitèrent guère de ce progrès,
leur pays reçut l'empreinte de la vie industrielle. Il faut tout de
même noter que ces quelques progrès furent réalisés
dans un contexte de domination exagérée. La dignité
humaine foulée au pied, les coréens n'eurent d'autres issues que
la résistance.
2.2. La réaction des Coréens face à la
colonisation nipponne
Face aux mesures draconiennes prises par l'occupant, histoire
de tirer profit de l'acte colonial, comme toute autre entreprise coloniale
contemporaine, les coréens nationalistes n'eurent qu'une seule issue: la
résistance à l'action coloniale. Des linguistes patriotes se
regroupèrent à plusieurs reprises pour s'opposer à la
politique de japonisation de la langue coréenne2. Ces
derniers furent arrêtés et emprisonnées. Plusieurs d'entre
eux s'exilèrent.
En mars 1919, les coréens se soulevèrent pour
l'indépendance3. A partir de cette date, la main mise devint
totale avec interdiction de journaux et instauration d'un régime de
terreur
1- Ces informations sont tirées du
www.larousse.fr/Corée/mars
2010. 2-Se référer au
www.korea-is-one.org
consulté en février 2010.
3-Voir le
www.larousse.fr/encyclopédie/autrerégion
du 20 Mars 2010.
policière. Par un décret impérial en
1937, la japonisation devint plus sévère. Grâce à la
montée du nationalisme, les mouvements pour l'indépendance
développèrent chez les coréens un sentiment
d'identité nationale et de patriotisme1.
Malgré toutes les résistances internes, l'empire
du soleil levant n'abdiqua point et exerça une domination
qualifiée d'impitoyable. Dans ces conditions, les nationalistes, les
élites, le grand nombre de coréens s'exilèrent et depuis
l'exile, certaines élites organisèrent la résistance
à la domination nipponne. Près de deux millions de coréens
rejoignirent la Mandchourie entre 1912 et 1921, d'autres aux États-Unis,
en Russie ou en Chine.
A Shanghai, en 1917, fut formé un Coréen
dirigé par Syngman Rhee2 qui dépêchât des
représentants pour plaider la cause de la Corée à la
conférence de paix à Paris3 en 1919 (Balaize 1991 :
73). La résistance Coréenne s'attaqua par moment avec
succès à des officiels japonais à l'étranger.
Syngman Rhee participa à la conférence du Caire qui
prévoyait l'indépendance de la Corée4.
Simultanément un autre leader de la tendance Gauche, Kim Ilsung
réfugié en Mandchourie, forma des commandos qui lancèrent
des raids en Corée. Il intégra le parti communiste coréen
fondé en 1925. Il créa l'union pour abattre l'impérialisme
en 1926, puis le 25 avril 1932, l'armée de guérilla populaire
antijaponaise5 .
Sous la direction du jeune révolutionnaire Kim Il-sung,
la lutte pour l'indépendance prit dans les années 1930 une forme
armée et joua le rôle décisif dans la libération du
pays en union avec les Alliées contre les forces de
l'Axe6.
Kim Il-sung adressait d'ailleurs un vibrant hommage à
ces résistants lors de son discours du 8 février 1918. Il les
qualifiait de véritables patriotes: «Après l'occupation
de notre partie par les impérialistes japonaises, les patriotes
animés d'un amour véritable pour la patrie et la peuple,
engagèrent discrètement les armes à la main une dure lutte
de guérilla contre l'impérialisme japonais à
l'intérieur et l'extérieur du pays». Plus haut il
martelait : «les véritables patriotes qui dans le passé
se sont entièrement consacrés à la lutte armée
antijaponaise pour la libération de la patrie et du peuple en
dépit de la cruelle répression de l'impérialisme
japonais» (Kim 1971 : 214). Ainsi rendait-il hommage à ceux
là qui malgré la
1- Confer:
www.larousse.fr/encyclopédie/autrerégion
du 20 Mars 2010.
2-Nationaliste conservateur, Syngman Rhee deviendra
plus tard président de la partie sud de la péninsule en 1948.
Source :
www.wikipedia.org/Histoire/Corée/.
3-La Conférence de Paris mit
définitivement fin à la première guerre mondiale 1914 -
1918 et organisa le monde en redonnant espoir aux peuples du monde ayant
vécu les horreurs de la guerre Duroselle (2001).
4-Confer : www.wikipedia.org/
Histoire/Corée. Cette conférence est l'une des nombreuses
intervenues vers la fin du second conflit mondial pour organiser le monde
d'après affrontement. La question de la Corée qui fut sous
domination japonaise fit l'objet de discussion des Alliés.
5- Information tirée du
www.larousse.fr/encyclopédie
et confirmée par le
www.wikipedia.org.
6- Information tirée de l'article «La division de la
Corée» du 18 janvier 2010 publié sur le
www.cilreco.com.
force de la répression coloniale ont, grâce à
leur courage et leur sens du patriotisme lutté pour la
libéralisation du pays.
A travers ce discours il s'insurge contre ceux-là qui ont
collaboré avec l'occupant «
[...] les éléments pro-japonais
[...] opprimaient et exploitaient le peuple coréen en
complicitéavec l'impérialisme japonais et allaient jusqu'à
envoyer nos chers jeunes sur le théâtre de la
guerre d'agression de l'impérialisme [...]»
(Kim 1971 : 215). En effet, une partie de
l'élite coréenne aurait contribué
à la dictature coloniale japonaise en Corée et ceci malgré
le mouvement de résistance de la grande masse. Ces collaborateurs
espéraient réformer leur société en s'alliant aux
membres de l'empire japonais qui furent en mesure de les aider. Des traces de
cette collaboration se retrouvèrent au niveau de la bureaucratie, de la
police, de l'armée puis dans l'industrie (Michaël 2007 : 36-40).
Cette situation fut, rappelons-le, la caractéristique
majeure de tous les empires coloniaux de l'époque où une
élite complice de l'administration impériale contribua à
maltraiter, à ruiner le peuple. Cette collaboration fut aussi
féminine. Certaines femmes, conscientes de la discrimination dont elles
furent victimes et contre laquelle elles tentèrent de lutter, choisirent
finalement de collaborer pendant les dernières années
d'occupation de la Corée (Michaël 2007 : 45). Ces dernières
s'investirent dans l'enseignement et décidèrent de collaborer
avec l'empire du Soleil levant juste pour leur institution.
L'exploit retentissant de l'armée impériale
entre 1937 et 1940 dans sa guerre contre la Chine épata les
coréens qui se mobilisèrent d'avantage autour de leur
maître. Mais la deuxième Guerre mondiale de 1939-1945 surprit le
Japon dans son entreprise coloniale au juste milieu, en 1941.
III. La Seconde Guerre mondiale et la fin de
l'impérialisme nippon
Débutée le 1er septembre 1939, la
Seconde Guerre mondiale opposa deux grandes forces. D'un coté l'Axe
fasciste et de l'autre les forces alliées.
Partie de l'Europe par une guerre « éclaire
», qui est une série d'opérations qui permirent
à l'Allemagne nazie de conquérir un grand nombre de pays dont la
France, cette guerre devint mondiale avec l'entrée de l'URSS et des
Etats-Unis, avec l'extension de la Guerre en Extrême-Orient dans le
pacifique contre le Japon, grand empire colonial.
3.1. La Seconde Guerre mondiale en Extrême-Orient
La guerre que le Japon livra dans le Pacifique, en
Extrême-Orient fut redevable à plusieurs causes. Ce fut d'ailleurs
ce que l'amiral Magana confirma quand il s'exprima au
lendemain de la reddition en ces termes: «Je pense
que l'une des grandes causes de la guerre fut la question du pétrole
[...] après que les États-Unis, la Grande Bretagne, les Pays Bas
eurent refusé de continuer à nous en vendre, notre pays se trouva
sérieusement menacé de
pénurie. C'est pourquoi tout le monde au Japon,
porta un vif intérêt aux régions du Sud
(d'oàl'attaque de Pearl Harbor en 1941)» (Chevalier
1967 : 340). En effet, le rêve de la grande
Asie orientale poussa le Japon à chasser de
l'Extrême-Orient les puissances coloniales telles l'Angleterre, la France
et les Etats-Unis. Après moult hésitations (Michel 1972 : 14) sur
la direction à donner à leur lutte, les Japonais
orientèrent leur expansion vers les riches Cotes de l'Asie du Sud-est.
Mais là encore la flotte américaine du Pacifique constitua une
grande menace. Aussi décidèrent-ils de détruire Pearl
Harbor, la Base américaine.
Carte n°3: Pearl Harbor
Source: Cesdecomde_surprisestratégiques_B1_2007
La présente carte nous permet d'observer l'organisation de
la base américaine dans le Pacifique en 1941 avant l'attaque
japonaise.
Ainsi, indirectement le Japon déclara la guerre le
8-Décembre-1941 aux États-Unis1. Les semaines qui
suivirent, virent les Japonais remporté des scènes militaires
considérables.
1-Concernant l'attaque de Pearl Harbor, J-B
Duroselle révèle que depuis le 1er décembre
1941, une conférence impériale décida de l'entrée
en guerre du Japon. Cet attaque survenue, selon lui le 07-Décembre-194,1
ne fut que pour baliser la voie de l'empire nippon dans sa conquête.
(Duroselle 2001).
Ils conquirent les philippines, les Indes
néerlandaises1, la Birmanie (1990), la Malaisie britannique,
le Sian (Thaïlande) et l'Indochine française dans le courant des
années 1941 (Duroselle 2001: 362). Face à cette fulgurante
avancée nipponne, les puissances alliés avec à leur
tête les Etats- Unis réagirent.
Carte n°4: Assaut sur Harbor
Source: Cesdecomde_surprisesstratégiques_B1_2007.
Sur cette carte, on peut observer comment Pearl Harbor fut
attaquée par l'armée japonaise par diverses vagues. Ceci ne
permit pas aux américains de réagir promptement. Ils furent
étouffés de chaque coté. Il leur fallut beaucoup de temps
pour s'organiser et venir à bout de l'offensive nippone.
3.2. La défaite et la capitulation japonaise
L'attaque de la base américaine dans le Pacifique le 8
décembre 1941 permis aux autorités américaines de
convaincre leur opinion nationale à rompre avec la politique
d'isolationnisme2.
1-Selon Duroselle (2001), les Japonais entreprirent
une forte propagande dans ce grand archipel en faveur de l'Asie aux asiatiques.
Ils y ont introduit le principe des 3A : le Japon leader de l'Asie, le Japon
protecteur de l'Asie et Japon lumière de l'Asie.
2-Depuis la fin de la Première Guerre
mondiale, les américains se sont retirés de la scène
internationale. Ils n'ont pas participé à la SDN qu'ils ont
pourtant crée. Ce retrait a d'ailleurs permis aux fascistes de conduire
l'humanité vers la Seconde Guerre mondiale. Voyant l'avancée des
fascistes, les Américains se devaient d'intervenir et pour justifier
leur intervention, ils prirent l'attaque de Pearl Harbor pour prétexte.
(Duroselle 2001).
Petit à petit la résistance américaine
s'organisa dans le pacifique autour de d'un homme: le général Mac
Arthur.
Notons qu'au cours de cette guerre, la première
qu'à connue le Pacifique: grand océan sillonné par des
milliers de commerçants et d'explorateurs (Lacour-gayet 1979 : 149), les
américains n'espéraient pas grandes choses tant les obstacles
furent très énormes. Outre le redoutable ennemi que furent les
officiers japonais, les américains devaient se confronter à la
végétation et surtout à la distance. En effet,
malgré le fait que l'armée nipponne n'envisagea pas la
conquête des Etats-Unis, ces derniers décidèrent à
la frapper même sur son propre territoire. Or, de San Francisco à
Yokohama : il fallait compter 9000 km.
Mac Arthur pratiqua la tactique du « Leap frogging
» pour dompter la distance. A partir de 1943, les américains
lancèrent des contre-attaques. Il fut décidé au Caire en
novembre 19431 entre la Chine, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis,
une série d'action contre le Japon. Cette situation fut confirmée
à Postdam et constitua un premier acte de victoire des Alliées.
Une des situations qui déterminera à coup sur les
évènements dans le Moyen-Orient à la fin de la guerre
reste le fait que l'URSS de Staline s'invita aux hostilités dans le
Pacifique, aux côtés des USA de Roosevelt.
D'ailleurs, en discussion avec Truman sur l'accord avec
l'union soviétique2, ses principaux conseillers diplomatiques
et militaires à savoir Stimson, ministre de la Grande-Bretagne et le
général Marshal, chef de d'Etat major rappelèrent au
Président l'importance que sera l'URSS à leur côté
dans la lutte contre le Japon (Fontaine 1965 : 283).
Les Américains en effet, avaient payé cher aux
Russes aussi bien à Téhéran qu'à Yalta, la promesse
d'entrer en guerre contre le Japon, dans les trois mois qui suivirent la
capitulation du Reich. Ainsi, Staline est arrivé à mettre en
position de demandeur les ÉtatsUnis en Extrême-Orient tout comme
ailleurs. Rappelons que depuis Pearl Harbor, Roosevelt ne cacha pas à
l'ambassadeur Russe Litvinov en poste à Washington, l'importance de
l'entrée en Guerre de l'URSS contre le Japon. Ce ne fut qu'à
Moscou en octobre 1643 (Senarclens 1990 : 64), pour la première fois,
que Staline promis sans condition, à la grande
1- Confer la déclaration du Caire (Chevalier
1966 : 339).
2 - Selon Fontaine André, Truman
menaça de rompre l'accord intervenu entre les trois Grands à
Yalta après que son ambassadeur à Moscou Harriman lui fit des
révélations en ces termes. «Très franchement une
des raisons qui m'ont fait revenir précipitamment à
Washington, c'est la crainte que vous ne compreniez pas, comme j'avais
vu Roosevelt le comprendre, que Staline est en train de
rompre ses engagements [...] Je suis grandement soulagéde
découvrir [...] Que nous voyons la situation exactement avec les
mêmes yeux.» (Truman 1953 : 94). Ainsi, au
cours de la conférence de San Francisco, Truman
s'adressa brutalement à Molotov et lui remit un message pour Staline
dans lequel il prévenait le gouvernement Soviétique que s'il
«s'avérait impossible[...] de mettre en exécution la
décision de Yalta sur la Pologne, la confiance dans l'union des trois
gouvernements[...] recevait un coup très rude» et quand
Molotov dénonça le ton par lequel le président Truman
parla, ce dernier répondit : « Faites honneur à vos
engagements et personne ne vous parlera plus ainsi » (Truman 1953 :
95).
satisfaction des Américains, dont Cordell Hull, son
entrée en guerre aux côtés des Alliés contre le
Japon, dès la défaille du Reich. Cette promesse fut
réitérée à Téhéran et d'une
façon plus précise. Staline déclara à ce propos en
1944 à Averell Harriman sa mise à disposition des
aérodromes près de Vladivostok à l'aviation
américaine et que la Russie participerait au conflit mais, avec
contrepartie1. Les Alliées à Yalta prirent même
l'engagement qu'à la suite de la défaite japonaise, les
revendications soviétiques seraient satisfaites sans opposition aucune
(Lacour-Gayet 1979 : 163).
A la conférence de Yalta, Staline justifia, au cours de
son entrevu avec Roosevelt, les raisons de toutes ses exigences. Pour le Pr
Lensen2, il chercha une raison probante pour convaincre l'opinion
russe de son entrée future en guerre contre le Japon qui, jusque
là, eut avec eux un traité de non agression (Senarclens 1990 :
92). André Fontaine nous rappelle également que les
Américains avaient payé chèr aux Russes à
Téhéran et à Yalta contre la promesse d'entrer en guerre
contre le Japon, dans les trois mois qui suivent la capitulation du Reich.
Lorsque le Japon rejeta l'ultimatum que lui adressèrent
les Alliés le 26 Juillet 1945 (Duroselle 2004 : 418), les Etats-Unis
furent autorisés à larguer la première bombe sur
Hiroshima, bien que l'URSS cherchât un prétexte3 pour
rompre son pacte de non-agression de 1941 avec le Japon.
Le 8 août, sans attendre le résultat des
concertations, et conformément aux engagements pris à Yalta;
puisqu'il y avait exactement trois mois que le Reich capitula, Staline
déclara la guerre à Tokyo4. Mais, pour en arriver
là, il faut noter toute la panoplie d'actions menées par
l'armée US en Extrême-Orient. En effet, malgré les
négociations pour la reconstitution du monde à travers les
diverses conférences, L'armée US en Extrême-Orient ne
faillit point. La véritable offensive américaine y débuta
à partir de novembre 1943 grâce à
1-Selon Pierre de Senarclens, (1990 : 64-65) et
confirmé par Robert Lacour-Gayet (1979), au cours de l'entrevu entre
Harriman et Staline, le maréchal exprima un certain nombre de
revendications territoriales, économiques et stratégiques. Il
demanda que les Iles de Kouriles et le nord des îles Sakhaline reviennent
à la Russie. Il revendiqua le contrôle de Vladivostok, le port
Dairen et le port-Arthur, le Sud du Liatung. Il visa aussi la mainmise sur
Mandchourie et l'indépendance de la Mongolie.
2-Confer Lacour-Gayet (1979 : 161).
3-Le 29 juillet, Molotov demanda aux
Américains de lui fournir une idée. Après des heures de
perplexité, des assistants du chef d'Etat, Benjamin Cohen trouva l'oeuf
de Colomb. Truman écrivit une belle lettre à Staline pour inviter
l'URSS, au nom de l'article 103 de la charte des Nations-unies, laquelle ne fut
pas encore ratifiée, à conférer et coopérer avec
les autres grandes puissances en guerre contre le Japon, en vue de mener une
action concertée pour maintenir la paix et la sécurité au
nom de la communauté des Nations (Fontaine 1966 : 295). Mais pour
Duroselle (2004), en entrant en guerre contre le Japon, l'URSS prit pour
prétexte le rejet par celui-ci de l'ultimatum des Alliés du 26
Juillet 1945.
4-Duroselle (2004 : 418) rappelle que dès le
5 avril 1945, l'URSS avait dénoncé son traité de
neutralité avec le Japon qui, selon l'article 3, prévoyait qu'il
durerait cinq ans à partir de sa date ratification, à moins que
l'une des deux parties ne le dénonce un an avant son expiration. Or,
l'on arrivait précisément à la fin de la
4ème année.
l'arrivée de plusieurs gros porte-avions neufs. Sous le
commandement de l'amiral Chester Nimitz dans le Pacifique central et du
général Mac Arthur dans le sud Pacifique, l'armé US mena
des contre-attaques marquées de succès. Ainsi tour à tour
furent prises, les îles Gilbert (novembre 1943), Marshall (février
1944) puis l'île de Sapan1 et des Mariannes (juillet
1941).Ensuite les îles Palaos (octobre 1944) et Coroline furent
conquises, isolant ainsi la principale base japonaise du Pacifique sur
l'île de Truck. Mac Arthur reprit les Philippines qu'il avait perdues en
1942 à travers l'île de Leyte (octobre 1944). Au coeur du Japon,
les îles Volcano (février 1945) d'Okinawa (juin 1945) furent
conquises (Duroselle 2004 : 409).
La capitale Tokyo connut auparavant une pluie de bombe
(Lacour-Gayet 1979 : 164). En effet, les bombardiers américains entre le
5 et le 8 mars 1945 firent ravage dans le ciel de Tokyo. «La neige et
les bombes se donnent rendez-vous sur la ville. Le raid a lien dans une
atmosphère irréelle de mauvais rêve, à travers une
neige progressivement épaisse [...]»2. Les
Alliées par la suite choisirent quatre villes importantes pour
opérer la destruction totale à l'arme atomique. Ce fut Hiroshima
qui la première connut la bombe atomique le 6 août 1945. Le
succès fut complet, indiqua le rapport que reçu Truman à
bord de son curasse. Le 9 août Nagasaki fut à son tour totalement
anéantie.
Simultanément, Staline, fort du respect de son
engagement3, entra en guerre contre le Japon trois mois après
la capitulation du grand Reich. Ce faisant, il espérait se qualifier
pour assister à la capitulation du Japon et participer à
l'occupation. Ainsi après avoir mobilisé une soixantaine de
divisions sous les ordres du maréchal Vassilevski, les russes
déclarèrent la guerre à l'empire Nippon. Les troupes
russes convergèrent des quatre côtés vers la Mandchourie et
pénétrèrent en Corée. Après seulement cinq
jours de campagne, les troupes soviétiques furent
désignées pour recevoir la capitulation des Japonais sur les
territoires dont l'accord de Yalta prévoyait la reddition4.
Il s'agissait de la Mandchourie et la Corée jusqu'au 38è
parallèle.
Le Japon saisit deux occasions pour enfin capituler. La
première fut les deux bombardements atomiques5 que
récurent Hiroshima le 6 et Nagasaki le 9 août. La seconde,
1-La conquête de cette île entraîna
la démission du gouvernement Togo. Celui là qui déclencha
l'attaque contre les Etats-Unis en 1941 (Duroselle 2004 : 409).
2-Témoignage de M. Robert Guillaume repris
par Robert Lacour-Gayet (1979 : 164). Pour ce témoin, la nuit du 9 mars
1945 fut un moment inoubliable dans la vie de Tokyo. Elle reçut environ
700000 bombes avec 197000 morts et disparus.
3- Confer nos pages précédentes. Le Reich a
capitulé le 8 mai 1945.
4- Selon les accords de Yalta, les soviétiques
occuperaient tous les territoires dont ils ont favorisé la
libération (Duroselle 2004 : 109).
5-Pour Duroselle et Kaspi (2001), les
révisionnistes historiens américains expliquent l'utilisation des
bombes atomiques non comme destinée à contraindre les japonais,
mais comme une forme d'intimidation de l'URSS.
l'entrée en guerre des troupes russes. (Duroselle 2001
: 417). Ainsi les japonais acceptèrent les conditions de leur
capitulation1 le 14 août 1945. Après que les
émissaires japonais eurent reçu des instructions de Mac Arthur
les 15 et 20 août, ils signèrent la capitulation sans condition du
Japon le 2 septembre 1945. En Extrême-Orient et dans le monde, la Guerre
était fini, le Japon défait.
Le XIXe siècle finissant vit les occidentaux s'acharner
à conquérir le monde entier. Les français, les
britanniques et surtout les américains ainsi que les néerlandais
formèrent les empires coloniaux dans les zones jugées
stratégiques. L'Extrême-Orient ne fut pas du reste. La zone du
pacifique vit arriver les colons blancs d'Europe et d'Amérique. Le
Japon, puissance d'alors dans le Pacifique nord ne compta pas laisser ses
alentours dans les mains des étrangers. Les nippons s'investirent dans
la réalisation d'un grand Empire : la zone de
coprospérité. Ainsi donc, le Japon se lança dans
la conquête des territoires environnants, histoire de faire blocus
à l'avancée occidentale sur son territoire et voire ses
voisins.2
La Corée, pays qui permet au Japon de se relier au
continent asiatique fut l'une des priorités des empereurs Nippons.
Ainsi, après avoir supplanté ses voisins impériaux chinois
(1895) et russes (1905), le Japon annexa le pays du matin calme en 1910 et
construisit autour d'elle un grand Empire qui connut sa splendeur
jusqu'à Pearl Harbor (1941). Les 35 ans de présence nipponne en
Corée, (1910-1945) comme dans presque toutes les entreprises coloniales,
furent marquées par de véritables atrocités. Des faits qui
alimentent encore le débat de nos jours, conduisant le Japon à
présenter des excuses à ses colonies.3
Au cours de cette période, malgré la rapide
industrialisation du pays et sa modernisation, la résistance
coréenne face à la colonisation s'organisa aussi bien à
l'interne qu'à l'extérieur. Ses résistants
luttèrent aux côtés des Alliées pour la
libération de leur pays de la domination Japonais puisque l'Empire
nippon, par l'attaque de Pearl Habor s'engagea dans la seconde Guerre mondiale.
Mais la capitulation japonaise en 1945 fut-elle synonyme de libération
et d'indépendance tant souhaitées par le peuple coréen?
1-. Selon Jean Baptise Duroselle et André
Kaspi (2001), les Alliés souhaitèrent s'accaparer de
l'autorité suprême de l'Etat du Japon, aussi les combattants
japonais devaient cesser les opérations où qu'ils seraient et
rendre leurs armes et que dès la reddition les prisonniers devaient
être libérés.
2- Source :
www.strategicsinternational.com.
Pour Joseph Savès, le Japon vers la fin du XIXe siècle
s'étire des Régions polaires de Sakhaline aux îles
tropicales des Rin Kiu, face à l'Asie; mais pour éviter
d'être encercler par les occidentaux, il se lança à
l'assaut des terres proches.
3- Source :
www.lesechos.fr.
CHAPITRE II
LA COGESTION SOVIETO-AMERICAINE DE LA PENINSULE
COREENNE DE 1945 A 1953
En émettant le voeu de s'associer aux Alliées
dont les USA à partir de 1943 dans leur lutte en Extrême-Orient
contre le Japon impériale, Staline avait certainement en vue le partage
du futur « butin» de guerre. Ainsi, le 08
août 1945, l'armée soviétique entra en guerre contre les
nippons aux cotés des Alliées. Elle contribua à la
capitulation de l'armée japonaise dans toutes ses colonies dont la
Corée. A partir de cette époque, et ceci au grand dam des
coréens qui militèrent pour l'indépendance totale de leur
nation, il s'installa en Corée un régime d'occupation militaire
soviéto-américaine.
Cette occupation conduisit à la partition de la
Péninsule et surtout à la Guerre fratricide en Corée qui
prit fin avec l'armistice de 1953. De ce fait, on se demande en quoi cette
occupation militaire de circonstance des Alliés conduisit à la
guerre civile en Corée ?
Le chapitre qui s'annonce se donne donc pour tache d'analyser
l'occupation soviétoaméricaine en Corée. Les
conséquences de cette occupation et les raisons de la Guerre de
Corée, ses impacts sur la vie politique dans la péninsule.
I. L'occupation soviéto-américaine de la
Corée, conséquence de la défaite japonaise
L'occupation des espaces territoriales sous domination des
puissances vaincues par les vainqueurs a toujours été de mise au
cours des conflits qu'a connu l'humanité.
Cette règle qui continue de subsister n'a pas
échappée au Togoland et au Cameroun anciennes
colonies de l'Allemagne défaite au cours de la Première Guerre
mondiale (Amlalo 1983 : 34). Les forces Alliées qui y ont
opéré, occupèrent les lieux selon les
théâtres d'opérations avant que la conférence de
paix de 1919 n'ait entériné leur occupation. Les territoires
allemands de l'Europe de l'Est aussi furent récupérés par
les vainqueurs.
Cette situation se présenta pendant la Seconde Guerre
mondiale et surtout dans l'Extrême-Orient, où pendant que la
défaite japonaise se dessinait, les Alliés, à travers des
réunions1 décidèrent du sort du Japon et
surtout de son Empire2.
1-Plusieurs réunions ont permis aux
Alliés de la Seconde Guerre mondiale de réorganiser le monde
postconflictuel en création les Nations-Unies. Chaque Puissance surtout
URSS et USA, a profité pour envisager sa future sphère
d'hégémonie. Les rudes discutions au cours de ces entrevues
laissèrent présager l'opposition des Deux Grands du monde
à l'issue de la Guerre à savoir la Guerre Froide. Des plus
importantes réunions on peut citer celle de Moscou, de Yalta et de
Potsdam. (Duroselle 2004).
2-Depuis Pearl Harbor en 1941 (attaque militaire
japonaise contre la base américaine dans le pacifique pour mieux
avancer dans la conquête de l'Asie du sud-est), le Japon sembla
réaliser son ambition de devenir le maître
1.1. La Défaite japonaise
En attaquant Pearl Harbor, le Japon visait la survie de son
vaste empire en ExtrêmeOrient au sein du Pacifique. Mais cette attaque
précipita plutôt l'entrée en conflit des EtatsUnis.
De 1941 vers la fin de l'année 1942, le Japon aligna
des victoires dans le pacifique1. La situation fut rapidement
renversée à partir de 1943 et les USA reprirent petit à
petit le contrôle de la zone. Ces derniers, en 1943, eurent le soutien de
l'URSS (Union des Républiques socialistes et soviétiques) de
Staline pour une action commune contre le Japon2.
Trois mois après la débâcle et la
capitulation du grand Reich3, et surtout juste après la
première bombe élaguée sur Hiroshima4,
conformément à leur engagement; les soviétiques
entrèrent en guerre contre le Japon le 8 août 1945.
En Mandchourie et surtout en Corée, la progression des
troupes staliniennes fut très rapide. Le 14 août, ces troupes
furent désignées à recevoir la capitulation des forces
impériales dans les colonies (Senarclens 1990 : 120). Le 15 août,
les japonais annoncèrent leur désire de se rendre. Les
Américains fixèrent la date et le lieu de reddition ainsi que les
conditions. Ainsi le 2 septembre 1945, dans la baie de Tokyo (Lacour-Gayet 1979
: 169), on décida que la capitulation ait lieux à bord du
Cuirassée Missouri pour échapper aux manifestations populaires.
Le Ministre des affaires étrangères et un général
de l'armée furent invités à signer la capitulation par le
général Mac Arthur, après qu'il ait prononcé un
bref discours. Du côté des Alliées, Mac Arthur, Nimitz et
les représentent de la Grande Bretagne, de l'Australie de la chine, de
l'URSS, de Pays-Bas, de la Nouvelle-Zélande, de la France et du Canada
apposèrent leur signature. La guerre est terminée, Pearl Harbor
est vengé. Mais quel sort fut réservé aux colonies de
l'empereur ?
1.2. L'occupation soviéto-américaine de la
Corée
Après plus de 35 ans de domination coloniale, la
Corée, comme d'autres Colonies nippones en Extrême-Orient, fut
libérée de l'emprise impériale nipponne. Mais bien avant
de
de l'Asie au détriment des occidentaux, puisque
déjà la Corée et la Manchourie, une partie de la Chine,
furent sous son autorité. Mais c'est sans compter la
détermination américaine à devenir une Superpuissance
mondiale (Lacour-Gayet 1979).
1-Les japonais contraignirent Mac Arthur,
général et chef des opérations à quitter les
philippines. Il promit revenir. Cee qui fut fait en 1943 (Senarclens 1990).
2- Confer nos précédentes pages.
Proposition de Staline à Harriman à Moscou puis confirmée
à Yalta en février 1945.
3 -L'Allemagne capitula le 8 mai 1945 et mit ainsi
fin à la guerre en Europe. Se référer à nos
précédentes pages. 4-A partir du 3 août 1945 les
américains furent autorisés à lâcher l'arme
nucléaire pour contraindre le Japon à se rendre. Quatre villes
importantes furent ciblées parmi elles Hiroshima et Nagasaki (Duroselle
2004).
parvenir à atteindre cette réalité, les
Alliées ont, au cours des conférences pour l'organisation du
monde post-conflit, débattu du cas des pays sous occupation japonaise.
En effet, dès 1943 les Alliés définirent le statut futur
de la Corée. A la conférence du Caire, le principe d'une
Corée libre et indépendante1 fut posé
(Duroselle 2001: 379). Au Caire en 1943, l'indépendance de la
Corée fut d'ailleurs officiellement déclarée comme l'un
des principaux buts de la guerre2 en Extrême-Orient.
A Téhéran3, Staline approuva la
proposition tout comme Franklin Delano Roosevelt mais ils émirent tous
des inquiétudes. Ce qui laissa présager d'une probable tension ou
opposition des Alliées dans la Péninsule.
En effet, pour Staline une période de quarante ans de
préparation en Corée serait nécessaire. Roosevelt, pour sa
part, opta pour un Trusteeship international. Les discussions
continuèrent à Yalta. Lors de son entretien privé avec
Staline le 8 février, Roosevelt évoqua son projet «d'une
tutelle sur la Corée qui pouvait être administrée de la
Chine. La seule expérience américaine dans ce domaine, lui
explique-t-il, est celle des philippines, où il a fallu cinquante ans
pour préparer le peuple à l'autonomie gouvernementale. Dans le
cas de la Corée une période de vingt ou trente ans sera sans
doute nécessaire» (Duroselle : 2004). Le plus court serait le
mieux, répondit Staline qui demanda aussi au Président s'il
envisageait le stationnement des troupes étrangères en
Corée. La réponse négative de Roosevelt parut le rassurer.
Le Président exprime encore son sentiment que les Britanniques ne
devaient pas être invités à participer à la tutelle
de la Corée, tout en admettant qu'ils risquent de s'en offusquer.
Staline répondit qu'ils seront certainement offensés de cette
exclusion. En fait, ajoute-t-il le premier Ministre pourrait bien nous tuer. A
son avis, les britanniques devaient être invités.
En souhaitant participer à la guerre contre le Japon en
Extrême-Orient, les soviétiques envisagèrent intervenir
dans la capitulation du Japon et ainsi participer à l'occupation et
recevoir la reddition des troupes japonaises. Il fut décidé de
l'occupation militaire séparée de la péninsule
coréenne à partir du 38è parallèle. Cette
décision prouva la peur que chacun des camps manifestèrent par
rapport à l'ambition cachée de son voisin quant ce concerne une
éventuelle domination sur tout l'extrême- Orient.
1-Confer Droz Bernard (1991: 120) pour plus de
précisions.
2-Le 30 novembre 1943, Churchill, Roosevelt et
Tchang Kai-Check décidèrent qu'en temps voulu l'ancien empire du
matin calme, sous domination japonaise recouvrirait sa liberté et son
indépendance (Kartzin 1960 : 143).
3-Conférence interalliés qui
débuta le 27 novembre 1943. Pour Churchill,
«Téhéran, dénonce la plus grande concentration de
pouvoir que le monde ait jamais vue [...] Les personnalités
présentes tenaient entre leurs mains le bonheur futur de
l'humanité» (Duroselle 2001 : 379).
Les coréens, très heureux de la capitulation de
leur bourreau1, assistèrent de nouveau à l'invasion de
leur territoire par les forces alliées. En effet, la reddition japonaise
conduisit les soviétiques à occuper la moitié nord du
38è parallèle comme le stipulèrent les accords de la
conférence de Postdam: «Il fut également convenu que
l'union soviétique qui ne déclara la Grande Bretagne au Japon que
le 8 Août 1945, et les Etats-Unis occuperaient chacun une moitié
de la Corée de part et d'autre du 38è siècle
parallèle». C'est ainsi que conformément à cet
accord les soviétiques pénétrèrent la Corée
le 10 Août 1945 pour recevoir la reddition de l'armée nippone au
Nord. Les Américains à leur tour débarquèrent en
Corée dans la partie Sud le 8 Septembre 1945 (Balaize 1991 : 74).
A partir de cette période, la Péninsule
coréenne fut une fois de plus envahit par des Puissances
étrangères malgré l'aspiration de ce peuple à la
liberté. Quelle gestion ces puissances firent de la Corée ?
Contribuèrent-elles à la réalisation des
différentes clauses des accords ?
II. La Partition péninsulaire,
conséquence de la bipolarisation du monde?
La Corée, libérée de la domination du
Japon, fut de nouveau envahit militairement. Une nouvelle vie s'ouvrit pour les
coréens puisque les Alliés de fortune, très tôt
eurent déchanté. Leur divergence idéologie
agit2 énormément sur leurs différents accords
concernant le futur de la péninsule. Autour de 1948 la guerre froide
menaça la probable réunification de la Corée et conduisit
le pays du matin calme à une partition définitive.
2.1. La Corée : du début de l'occupation
soviéto-américaine à la Guerre froide (1945- 1947)
Le jour suivant la libération de la Corée (15
Août 1945), les Coréens prétendirent recouvrer
l'indépendance et la souveraineté. Cette double aspiration ne fut
pas réalisée. Ils assistèrent plutôt à une
autre forme de servitude aussi bien au nord qu'au sud de la ligne imaginaire du
38è parallèle conçue lors des pourparlers entre les
Grands.
Bien avant que les États-Unis ne prirent possession
dans leur zone le 8 septembre 1945, les troupes soviétiques,
avancèrent jusqu'au 38è parallèle et se mirent à
couper les
1-Les Alliés reconnurent le degré de
domination qu'imposa le Japon aux coréens. On l'observe à travers
le communique de la conférence du Caire de novembre 1943 «les
Grandes Puissances (Chine, Etats-Unis et Grande-Bretagne) conscientes de la
servitude où est réduit le peuple coréen sont
déterminées à ce que le moment venu, la Corée
devienne libre et indépendante» (Truman 1953).
2-Information consultée le 1-Avril-2010
à 10h45min sur le
http://www.larousse.fr/encyclopédie/autre-région/cor%cs%A9°
114666 - # la Corée.
liaisons téléphoniques1 et de chemin de
fer, les voies de communications. Les mouvements de personnes du Nord vers le
Sud furent stoppés.
Les Coréens eurent la soif de l'indépendance
(Fontaine 1965 : 445). Ainsi manifestèrentils leur refus d'une
quelconque Tutelle qui les assimilerait à un peuple vaincu (Droz 1992 :
12). Sur le territoire même, ils étaient divisés entre deux
tendances politiques. Une partie du peuple voulut espérer le retour du
gouvernement provisoire2 coréen en exil à
l'extérieur pour organiser l'indépendance (Balaize 1991 : 74).
Une autre partie préconisa la constitution de comités populaires
dans chaque Région.
Notons que les nouveaux maîtres exploitèrent
cette bicéphalisation de la société coréenne pour
s'imposer. En effet, avant l'arrivée des USA en Corée, les
soviétiques mirent en place un système administratif dans leur
zone. Ils négocièrent avec les diverses tendances nationalistes
en donnant bien sur la priorité aux communistes. Ainsi
installèrent-ils les hommes qu'ils avaient formés3.
Ils mirent sur pied en Août 1945 un comité 4
exécutif du peuple composé de communistes. Ce comité
procéda à de nombreuses reformes dont la reforme agraire et la
nationalisation des industries5. Ils écartèrent tous
les opposants, entraînant, entre 1945 et 1947, les départs de leur
zone vers le sud, de plus de huit cents mille Coréens6.
Pour leur Part, les Américains, en débarquant le
8 septembre dans la partie sud, optèrent pour une réorganisation
de la société. Ils s'opposèrent à l'implantation,
dans leur zone, de comités du peuple sur les lesquels les Russes
s'appuyèrent pour l'administration de leur zone (Fontaine 1966 : 163).
De ce fait ils éprouvèrent d'énormes difficultés.
Ils refusèrent de reconnaître le gouvernement provisoire
crée en 1919. Le général Hodge prit des décisions
qui leur aliénèrent la sympathie7 d'une partie de
l'opinion. Il traita la Corée en pays
1- Confer
www.wikipédia.org, mise
à jour le 22-Mars-2007.
2-Il nous plait de rappeler que pendant la
véritable répression coloniale, de nombreux coréens
s'exilèrent à l'étranger et y formèrent des groupes
de résistances armée. (Mandchourie entre 1919-1921avec deux
millions de coréens). Soit aux USA, en Russie ou en Chine. En Chine,
à Shanghai, un gouvernement coréen provisoire fut crée et
dirigé un moment par Syngman Rhee. (Lacour-Gayet 1979).
3-D'après Droz Bernard (1992 : 121), parmi
ces hommes on avait Kim Il-sung, de retour de Sibérie dans les bagages
de l'armée Rouge après avoir combattu à Stalingrad. Badie
et Toletti (2009) nous rappellent que Kim Ilsung s'imposa au nord en
1945 grâce à l'URSS.
4-confer le www.cilreco.com/ la division de la
Corée/ du 29 mars 2010. Le
www.clio.fr/chronilogie,
nous rapporte que les soviétiques favorisèrent l'installation
dans leur zone d'un comité populaire dirigé par Kim Ilsung au
Nord.
5-La partie Nord de la Corée était la
zone la plus riche en minerais, le colonisateur japonais a su exploiter cette
partie en implantant des industries. Ainsi avant la défaite japonaise,
cette zone du Nord était plus développée. Mais aujourd'hui
la famine y est très accentuée (Balaize 1991).
6-C'est selon le
www.clio.fr/chronologie-corée.
7- Le Général Hodge s'aliéna
toute la classe politique y compris le leader conservateur Syngman Rhee qui a
longtemps vécu aux Etats-Unis. (Droz 1992).
vaincu et procéda à la rééducation du
pays par une introduction des formations politiques (Droz 1991: 121).
Dans la foulé, la Grande Bretagne, l'URSS et les USA se
retrouvèrent à la conférence de Moscou en décembre
1945. Là, ils décidèrent de différer
l'indépendance coréenne pour une durée pouvant aller
jusqu'à cinq ans et la mise sous tutelle du pays au profit des trois
puissances en question plus la Chine.
La figure de la page suivante illustre la zone de
démarcation en Corée. On y distingue la ligne de
démarcation longeant sensiblement le 38ème
parallèle qui sert de frontière entre les deux Etats de la
Péninsule. Cette zone deviendra par la volonté des Puissances
étrangères la frontière la plus militarisée au
monde.
Au fur et à mesure que le temps avança, les
occupants éprouvèrent d'énormes difficultés dans
l'application des normes qu'ils s'étaient fixées lors des
conférences qui préparèrent l'occupation. Ainsi les
difficultés qui consacrèrent la partition du fait de la
péninsule eurent pour origines l'opposition idéologique qui
intervient entre les deux Alliées et que l'on connut sous le nom de la
Guerre froide.
Carte n°5: La zone de démarcation de la
péninsule coréenne
Source:
www.wikipédia.org.
Longue de 250 km et large de 4 km, la ligne de
démarcation, comme on peut l'observer longe le 38ème
parallèle. Cette zone constitue aujourd'hui la frontière la plus
militarisée et la plus infranchissable au monde.
2.2.La Partition définitive de la Corée :
conséquence de la Guerre froide ?
Débuté au printemps1946 par le discours de
Churchill qui convia, à Fulton, les peuples de langue anglaise à
s'unir pour faire face à la menace soviétique, la Guerre Froide,
comme le définit André Fontaine (1965) fut le nouvel cadre dans
lequel devait s'affronter dans un duel sans précédant deux
idéologiques à prétention universelle, incarnées
chacune dans un Etat d'une puissance telle qu'elle suffisait à faire de
lui un candidat à l'hégémonie. Cette Guerre a
façonné le monde, coupé des villes et des pays en deux,
détruit et crée des nations, fait porter les armes à des
dizaines de millions d'hommes, tué des centaines de milliers
d'être.
Cette opposition qui eut pour enjeu la domination de toute la
terre et même de l'espace qui l'entoure se fit sentir lors des
discussions pour la réorganisation du monde. Des divergences n'acquirent
au cours des négociations. Churchill, dans une longue lettre
adressée à Staline le 29 avril 1944 le révéla si
bien quand il écrit « [...] Je vous en prie, Staline, nom ami,
concluait-il, ne sous-estimez pas les divergences de vues qui sont en train de
naître à propos des questions que vous pouvez juger de peu
d'intérêt pour nous, mais qui sont le symbole de la façon
dont les démocraties de langues anglaises conçoivent l'existence
[...]». (Fontaine 1965 : 285). La suspension brutal du prêt
bail1 par Truman rendit l'atmosphère plus
délétère ce qui poussa Staline à conclure le 22 mai
1945 en ces termes « [...] Si le refus de continuer les livraisons du
prêt-bail a été considéré comme un moyen de
pression destinée à rendre les Russes plus malléables,
alors on a commis une erreur fondamentale» (Fontaine 1965 : 191).
La naissante opposition eut beaucoup de répercussions
sur les territoires occupées par les alliés notamment la
Corée où les troupes devaient assister au désarment dans
leurs zones respectives et contribuer plus tard à la
réunification de la péninsule qui serait donc
indépendante. Malgré le fait que les coréens furent
favorables à la réunification, le contexte de la Guerre froide
suscita une méfiance réciproque entre les Alliés au cours
des conférences américano-soviétiques entre 1946 et 1947.
Ce qui les conduisit à organiser des gouvernements distincts par la
suite. En effet, le rôle assigné à la commission mixte
russoaméricaine n'aboutit point. Cette commission s'heurta au refus des
coréens dans leur ensemble à l'idée du
trusteeship et souhaitèrent plutôt l'indépendance
immédiate. De là n'acquit une divergence entre l'URSS et les
Etats-Unis sur les parties à consulter par la
1-A Yalta, il s'était agit de la
possibilité d'obtenir après la Guerre des crédits
américains à long terme pour la reconstruction de la Russie
dévastée par la guerre. Truman (1953).
commission1. Une autre divergence se situa au niveau
de la procédure à adopter pour l'établissement d'un
gouvernement provisoire (Duroselle 2004 : 199).
Tandis que les Américains proposèrent un
gouvernement provisoire pour toute la Corée à l'Issue des
élections au suffrage universel et de législatures provisoires
dans ces deux zones, l'URSS quant à elle préconisa une
Assemblée du peuple pour tout le pays qui représenterait les
partis démocratiques favorables2 à l'accord de Moscou.
Mais où était passée la parfaite entente de la
période 1943-19453.
L'URSS, devant cette situation de blocage, ne penserait pas
que les Etats-Unis l'ont juste utilisé pour combattre le Japon en
Corée, plus loin l'Allemagne? Pourrait-on lier ces mésententes
aux décès de Franklin Delano Roosevelt4 ? A ces
interrogations, nous répondons positif car lors des négociations
entre les Russes et les Alliés au temps de Roosevelt, presque toutes les
concessions furent possibles du côté des Alliés, juste pour
obtenir le soutien russe. Et ceci, Churchill le révéla dans ses
mémoires. Il prit soin de préciser par moment qu'il ne fut
même pas associé aux discussions. Il n'était là que
pour accepter: «Je tiens à dire clairement [...] Que ni Idem ni
moi n'y avons en rien contribué. La question était
considérée comme du ressort des Américains et d'une grande
importance pour leurs opérations militaires. Ce n'était pas
à nous de prendre des initiatives. En tout cas, on ne nous a pas
consultés, et on a seulement demandé notre approbation. Aux
États-Unis, beaucoup ont critiqué les concessions faites à
l'union soviétique. La responsabilité en incombe à leurs
représentants»5 (LacourGayet 1979 : 163).
1-Selon Claude Balaize (1991), en janvier 1946,
à peine la commission débuta ses activités que ces
dernières s'enlisèrent dans des discussions pour savoir qui
serait consulté. Pour les soviétiques, il ne fut pas questions de
discuter avec tous les opposants à la tutelle. Au contraire les USA
proposèrent de consulter tous les partis. 2-Comme nous le
mentionnions dans les pages précédentes, la conférence de
Moscou décida un trusteeship sur la Corée. Mais les
coréens dans leur majorité refusèrent cette proposition
puisque voulant l'indépendance immédiate. Mais un renversement de
la situation intervient le 3 janvier 1946. Les partis communistes de toute la
Corée changèrent d'avis et devinrent partisan de la proposition
de Moscou. Pouvait-on croire là à une manipulation
soviétique? Ceci permit à l'URSS; nous l'avons mentionné,
de réclamer que la commission mixte ne consultât que les partis
favorables à Moscou entendu par là son accord. De ces partis,
seules celles qui ont plus de 10000 membres devait y siégés
(Duroselle 2004 : 139).
3-Jusqu'en 1945 à Yalta, les alliés
s'entendirent parfaitement dans le processus de définition du monde
d'après guerre. Mais une fois la reddition du Japon obtenu,
l'application des accords des réunions dont celle de décembre
1945 sur la Corée fut un casse- tête chinois (Droz 1992).
4-Le 1er avril 1945, FDR est mort. Truman qui ne
s'était préparé à la charge de Président
prit le pouvoir. Viceprésident Américain, il n'était
associé en aucune manière aux grandes décisions du
gouvernement (Fontaine 1965: 270). Il arrivait au pouvoir au moment où
il fallait prendre, vis-à-vis de l'Allemagne, de l'URSS, du Japon et de
la Chine des décisions appelées à marquer pour des
décennies le visage de la planète (Truman 1953).
5- Cette mise au point de Churchill concerna la
conférence de Yalta du 6 au 11 février où à la
veille de la clôture Roosevelt donna son assentiment à toutes les
demandes Russes. Il mit ainsi en cause la souveraineté chinoise sur la
Mandchourie. Il prit l'engagement qu'après la défaite du Japon,
les revendications soviétiques seraient satisfaites sans contestation
possible. Voila qu'il trépassa et son successeur, Truman après la
défaite effective du Japon n'obtempéra pas bloquant les ambitions
russes en Europe de l'est mais surtout en Corée. Ne pouvons-nous pas y
trouver les origines de la Guerre froide (Lacour-Gayet 1979)?
Il est évident que l'histoire ne se fait pas avec des
si, mais admettons un seul instant que Roosevelt ne trépassa point. Il y
aurait-il eu la Guerre froide? La division de la Corée? Le Communisme ne
serait-il pas plus avancé que celle que l'on a connue jusqu'en 1989 date
de son explosion?
Et bien en Corée, devant cette impasse, la commission
fut totalement paralysée et, de rupture en ajournement, elle se
sépara le 18 octobre 1947. Les deux Corée
s'individualisèrent totalement. Au nord, à la suite des
élections1, Kim Il-sung forma un gouvernement communiste. Au
sud, où la plupart des dirigeants communistes furent
arrêtés par les américains2, les
élections furent remportées par Syngman Rhee3.
Devant l'opposition soviétique à toute
proposition des américaines (Balaize 1991 : 76), la question
coréenne fut portée aux Nations Unies qui l'examinèrent le
17 septembre 1947. Par 43 voix contre 0 et 3 abstentions, puisque l'URSS bouda
avec ses alliés l'Assemblée Général (Duroselle 2004
: 139), une commission de huit membres sous la direction de l'Inde4
fut crée en décembre 1947 pour la constitution d'un gouvernement
national coréen après des élections, puis la
réunification du pays et l'accélération du départ
des forces d'occupation (Droz 1992 : 121).
Cette commission ne parvint à organiser des
élections qu'en Corée du Sud (Katzina 1960 : 144). En effet,
l'URSS tassa la commission d'appartenir aux États-Unis5.
Ainsi bien avant les élections au Sud, en avril 1948 les partis de
gauche de tout le pays de même que les organisations nationalistes
anti-américains se retrouvèrent à Pyongyang et
boycottèrent les élections.6 Celles-ci furent
organisées7 le 10 mai 1948 et reconduisirent Syngman Rhee
dont le parti : l'Association nationale pour la réalisation rapide de
l'indépendance coréenne; obtint la majorité des
sièges. La République de Corée fut proclamée le 15
Août 1945 et reconnue par les Etats-Unis et les pays occidentaux.
Parallèlement au Nord, les élections du 25 août 1945
1- Ces élections se signalèrent par
une participation massive avec plus de 99,6% des votants qui élirent
3459 députés. Parmi eux, 237constituèren
l'Assemblée populaire de la Corée du Nord qui élit, le 21
février 1947, un Présidium de 111 membres (Balaize 1991 : 78).
2-Cette situation fut confirmée en juin 2001
à New-York. Lors de la tenue de «l'international War crimes
tribunal in Korea». Il y fut révélé,
après plusieurs mois d'enquête, l'ampleur des massacres de
populations commis à l'époque par les forces U.S. d'après
le www.cilreco.com/ consulté le 10 mars 2010.
3-Dans le Sud, le mouvement de Gauche fut
très développé mais les USA finirent par les
éliminer tous et portèrent leur soutien à Syngman,
nationaliste exilé aux USA pendant la colonisation Japonaise. Source :
www.macorée.com/(histoire
de la Corée des origines jusqu'en 1948) / du 17-Mars-2010
consulté le 31-Mars2010.
4-Duroselle (2004) nous rappelle que la commission fut
composée des représentants de l'Inde, France, Australie, Canada,
Chine, Philippines, San Salvador, Syrie et de l'Ukraine.
5-Les soviétiques considéraient les
Nations-Unies comme une organisation liée aux USA puisque avant la
décolonisation, la plupart de ses membres appartenaient au bloc
occidental. Source :
www.kipédia.com/corée
6-confer
www.kipédia.com/corée.
7-Ces élections eurent lieu, malgré
l'apposition à toutes les forces du Sud, du parti communiste à la
droite nationaliste sous le contrôle strict des forces armées
américaines. Source :
www.cilréco.com du mars
2004.
confirmèrent la majorité des communistes. Les
représentants de la Corée du Sud communistes et sympathisants
participèrent à ces élections. L'Assemblée du
peuple de toute la Corée1 fut donc élue. Le 09
septembre, le gouvernement de la République populaire de Corée
fut nommé par l'Assemblée et présidé par Kim
Il-sung. L'URSS et les démocraties populaires le reconnurent
immédiatement.
Par ces élections, la partition de la Corée
péninsulaire fut consommée. Chaque partie prétendit
représenter désormais toute la Péninsule. Pour ce qui est
de la commission, son bilan fut mitigé : la commission ne put, en raison
de l'attitude négative de l'URSS, se rendre en Corée du Nord ni,
par conséquent, assurer dans l'ensemble de la Corée,
conformément à son mandat, la surveillance des élections.
Elle fut chargée par la commission intermédiaire d'assurer
l'exécution du programme de l'Assemblée Générale
dans toutes les parties de la Corée qui lui étaient accessibles
et surveilla, le 10 mai 1948, les élections qui eurent lieu en
Corée du Sud et qui aboutirent à la formation d'un gouvernement
en Corée du Sud le 15 août 1948. En septembre, un gouvernement
distinct fut constitué en Corée du Nord. Le 12 décembre
1948, l'Assemblée déclara qu'il avait établi en
Corée du Sud un gouvernement légitime né
d'élections qui avaient été l'expression de la libre
volonté des électeurs de cette partie de la Corée et que
ledit gouvernement fut le seul qui, en Corée, possédât
cette qualité. L'Assemblée recommandait aussi aux puissances
occupantes de retirer leurs troupes. L'unification de la Corée n'ayant
pas été réalisée, on créa une commission
pour la Corée composée de sept Etats membres et chargée de
prêter ses bons offices pour obtenir l'unification (Katzina 1960 :
144).
En fait, dans la Péninsule coréenne, toutes les
conditions furent préparées pour un affrontement
idéologique, chaque partie voulant justifier et imposer son choix. Dans
ces circonstances, rien n'y a pu empêcher l'affrontement fratricide.
III. La Guerre de Corée : affrontement
idéologique ?
Cette partie ne vise pas à faire une étude
classique de la guerre à savoir son origine, son déroulement et
ses conséquences comme se présente l'étude des guerres en
général. Elle cherche à montrer l'influence
extérieure dans la phase préparatoire de cette guerre de
même que l'implication des forces extérieures au cours de son
déroulement et ses conséquences dans le contexte de
l'affrontement idéologique.
1-D'après Duroselle (2004), cette
assemblée comprenait 300 membres pour la Corée du Sud, 212 pour
celle du Nord. Selon le
www.kipédia.com/corée
l'élection des 300 membres pour la Corée du Sud fut
clandestinement organisée dans le Sud. Ces délégués
vinrent par la suite siègent à Pyongyang.
3.1. De la partition définitive à
l'éclatement de la guerre en Corée : affirmation
idéologique de chaque Partie ?
Comme nous l'avons mentionné un peu plus haut,
dès la proclamation des deux Républiques, les deux Corée
s'individualisèrent et suivirent des voies différentes mais se
réclamant toujours agir au nom de toute la péninsule
(Lacour-Gayet 1979 : 274). Aussitôt la République de Corée
proclamée qu'elle fut reconnue par les États-Unis et tout le bloc
occidental dont la Chine nationaliste. La République populaire et
démocratique de Corée (RPDC) quant à elle, sera
très tôt reconnue par tout le bloc communiste dont l'URSS (Balaize
1991 : 76).
Tout fut donc mis en place pour un véritable affrontement
idéologique. La situation de
la Corée, tout comme celle de l'Allemagne1
résumait parfaitement la situation mondiale oül'objectif
de chaque bloc fut l'acquisition d'une assise universelle. Et bien en
Corée, la vision
fut l'imposition de la tendance libéraliste ou
communiste à toute la Péninsule. Et le Rideau de fer
évoqué par Churchill2 à Fulton devint similaire
au 38è parallèle, ligne imaginaire qui divisa la Corée en
deux parties.
En début d'année 1949, le conseil de
sécurité par suite du veto soviétique et américain,
refusa l'admission des deux Corée aux Nations-unies. Dans la
foulé, les soviets annoncèrent le retrait de leurs troupes
d'occupations en décembre 1948. Les américains agirent de
même en juin 19493 malgré le désir de la
commission de l'ONU, qui considérait que l'armée US ne devait pas
partir de la Corée avant la réunification. Concernant cette
commission, elle fit le point de la situation dans la Péninsule à
l'Assemblée Générale de l'ONU en ces termes: «le
28 juillet 1949 la commission signalait qu'elle n'avait pas été
en mesure de réaliser de progrès vers l'unification de la
Corée. La commission avait observé le retrait, en juin 1949, des
forces d'occupation des Etats-Unis; toutefois, elle n'avait pas observé
le retrait des forces de l'URSS. Signalé comme ayant eu lieu en
décembre 1948» (Kartzin 1960 : 144). Le retrait presque total
des forces d'occupations fut-il la raison des tournures prises par les
évènements en Corée?
1-Confer Renata Fritsch Bournazel (1992 : 105).
2-Confer Renata Fritsch Bournazel (1992 :106).
3- Selon Duroselle (2004), les USA ne
laissèrent sur place qu'une mission de 500 membres. Lacour-Gayet (1979)
confirme cette version mais précise qu'il serait invraisemblable que les
Russes n'en aient pas laissé au moins autant. Le
www.cilreco.com pour sa part
mentionne dans sa publication de Mars 2010 et contrairement aux avis
précédents que l'armée US, sur demande du gouvernement
Sud-coréen refuse le retrait mais procède plutôt à
un renforcement de son effectif.
Il fut bien établi qu'après le simulacre de
retrait des troupes étrangères de la Corée, les
incidents1 autour de la désormais infranchissable
frontière se multiplièrent et selon Bernard Droz (1992), les deux
superpuissances ne firent rien pour décourager les propos annexionnistes
de leur Allié respectif. Selon Heo Man-Ho2, ces incidents de
frontalières ont été, dans certains cas, de
véritables batailles rangées dans lesquelles environ 6000 hommes
furent engagés et dont l'initiative vint tant du côté
nord-coréen que sud-coréen. Les préparatifs de chaque camp
pour une probable agression nous permettent de déterminer l'origine de
l'agression. Pour une telle initiative l'armée populaire de la
Corée du Nord, gratifiée par des chars et armes lourdes
soviétiques fut plus prête que celle sud-coréenne en raison
d'un soutien américain plus limité surtout après le
retrait des troupes d'occupation. Le professeur Heo Man-Ho conclut sur la
responsabilité nord-coréenne dans la guerre de Corée en
ces termes: «En nous appuyant sur ces critères, nous pourrions
soutenir la thèse de l'invasion nord-coréenne sur le
sud».
Au fait, la guerre de Corée a été plus
sérieusement préparée par les dirigeants du Nord avec
surtout le soutien sino-soviétique. En effet, Kim Il-sung, après
qu'il ait préparé son armée à une confrontation
reçut la permission de Staline en Avril 1950 et celle Mao Zédong
en mai 19503. Après cette autorisation, Kim Il-sung, jugeant
les conditions favorables, franchit avec ses troupes le 38è
parallèle. Ce fut le début de la guerre de Corée, la
partie chaude de la Guerre froide.
3.2. Du déroulement de la Guerre à
l'armistice de 1953 ou le retour à la situation de départ.
Le début des affrontements et l'évolution que
prirent les opérations dans la Péninsule prouvèrent
à suffisance que ce fut une illustration parfaite de l'opposition
idéologique qui sévissait dans le monde. Aux Etats-Unis, on vit
dans cette Guerre la preuve flagrante que le communisme représentait une
grave menace pour leur sécurité4.
La promptitude avec laquelle l'on réagit à
Washington (Lacour-Gayet 1979 : 277-279) montra que ce fut une affaire plus
qu'américaine. Les américains ont convaincu le conseil de
1-Des incidents dont certains assez violents,
s'étaient produits sur la frontière et chacune des deux parties
en rejetait la responsabilité sur l'autre. Pendant ce temps il se
déroula une Guerre de propagande (Balaize 1991 : 176).
2-Il est professeur agrégé au
département de science politique et diplomatique à la
faculté des sciences sociales de Séoul. Il est spécialiste
de l'histoire de Corée.
3-Source :
www.kipédia.org/corée.Févriér
2010.
4- Source :
www.macorée.com du
31-Mars-2010 à 10 h 00.
sécurité qu'il s'agissait d'une agression et en
l'absence de l'URSS1, ils obtinrent une intervention armée
onusienne en faveur de la Corée du Sud. Laquelle force2
évolua sous le commandement de l'armée US. La composition
même de cette force prouva que les USA voulurent simplement agir sous la
bannière de l'ONU. Nous pouvons déduire de cette
réalité le fait que la Corée ne fut qu'un champ de
bataille larvée entre les Superpuissances.
Même si les Soviétiques ne participèrent
pas aux offensives ouvertement, ils fournirent des conseils militaires et
armement aux nord-coréens. Ceux-ci disposèrent au début de
l'attaque Sept divisions, 150T-34, 1700 pièces d'artillerie, deux cents
avions de combat et beaucoup de réserves3. D'ailleurs,
l'armée nord-coréenne ne joua qu'un rôle mineur dans le
conflit. Ce furent les chinois mais surtout les soviétiques4
qui assurèrent l'essentiel du combat. Staline promit le 10 octobre 1950
à la Corée du Nord du matériel militaire et le transfert
de 16 régiments de l'aviation soviétique. Il fut notés
environ 72000 soviétiques durant trois années en Corée. La
qualité supérieure des pilotes chinois et soviétiques fit
de l'armée de l'air nord-coréenne un opposant redoutable face aux
forces de l'ONU. Tout ceci prouve bien que la péninsule de Corée
ne fut et ne demeure qu'un théâtre d'affrontement des deux
superpuissances. Elle subit ainsi au cours de cette période beaucoup
d'influence extérieure.
Les différentes phases de cette guerre
expliquèrent mieux l'implication de l'extérieur dans son
évolution. L'ONU qui intervint sous la houlette des forces US en
général commandée par le Général Mac
Arthur5 se fixa les objectifs de son opération en
Corée. Il s'agit d'assurer des conditions de stabilité dans
l'ensemble du pays, constituer un gouvernement unifié, assurer
l'indépendance et la démocratie (Lacour-Gayet 1979 : 281).
Malgré la promptitude de la réaction des américains, qui
dès le 27 décidèrent apporter secours aux troupes
sud-coréennes, l'hostilité lancée le 25 juin par les
nord-coréens leur conduisit jusqu'à l'extrême sud de la
Péninsule (15 septembre 1950). Les forces onusiennes, sous les ordres
des USA à partir du 18 septembre, reconquirent tout le Sud, franchirent
le 38è parallèle et repoussèrent les forces communistes
jusqu'à Mandchourie au tour du 16 octobre 1950.
1-En effet, depuis 13 janvier 1950, le
représentant soviétique ne participait plus aux
délibérations du conseil de sécurité. Ainsi, les
autres membres furent d'accord pour qualifier la situation en Corée
d'atteinte à la paix et donc ce fut sous le drapeau et au nom des
Nations-Unies que l'intervention du bloc occidental s'effectua selon
Lacour-Gayet (1979).
2- Lacour-Gayet (1979) nous révèle la
composition de cette force onusienne : 90% américaines et
Sud-coréenne en plus des contingents britanniques, australiens
philippines, Thaïlandais, turcs, belges, canadiens, colombiens
éthiopiens, grecs et français.
3- voir le
www.wikipédia.com/corée.
4 -Ce général conduisit les
opérations dans la guerre du Pacifique. C'est lui qui obtint la
reddition Japonaise. Il fut chargé de réorganiser le
relèvement du Japon. Il résidait d'ailleurs à Tokyo
Duroselle (2004).
5-.Dès les premières heures, il fut
convié à assurer l'armée sud-coréenne en
matériel (Droz 1992 : 123).
A partir de cette date on aboutit à une impasse. Les
chinois intervinrent officiellement1 dans la guerre à travers
des volontaires puisque, poussé par Syngman Rhee2 et Marc
Arthur, Truman obtint de l'Assemblée Général de l'ONU le 7
octobre une résolution leur autorisant à franchir le 38è
parallèle et à préparer la réunification
coréenne (Droz 1992: 123). Ce fut cet acte qui poussa les volontaires
chinois à intervenir aux côtés des forces communistes
dès le 16 octobre. Jean-Baptiste Duroselle (2004) révèle
que ces volontaires furent des forces chinoises bien organisées qui
franchirent le Yalou, fleuve qui marque la frontière entre la
Mandchourie3 et la Corée.
Une nouvelle étape vint d'être franchise puisque
les forces onusiennes furent de nouveau contraintes à battre retraite.
C'est ce qu'illustre la carte ci-dessous. Elle montre les différentes
étapes de cette guerre, prouvant ainsi l'implication
étrangère dans ce conflit.
Séoul capitale de la Corée du Sud fut reprise en
janvier 1951. Mais après la révocation du Général
Mac Arthur, Commandant des forces US par Truman le 10 avril 1951, les fronts se
stabilisèrent autour du 38è parallèle puisque cette
révocation eut un impact international. L'atmosphère
internationale fut détendue. Les communistes y trouvèrent la
volonté du locataire de la maison blanche de ne pas élargir le
conflit en Corée. Ce qui probablement ouvrit le chemin aux
négociations pour l'armistice qui fut signée deux ans plus
tard.
Jacob Malik représentant soviétique aux
Nations-Unies émit la possibilité d'une coexistence pacifique des
deux systèmes, socialisme et capitalisme. Ce fut une des
premières fois où un leader soviétique confirma qu'il
s'agissait bien d'une confrontation Idéologique que revêtait la
guerre de Corée. Dans un discours radiodiffusé, il adressa une
initiation à négocier en ces termes: «Les peuples
soviétiques croient [...] qu'il conviendrait d'entamer des pourparlers
entre les belligérants, en vue d'un cessez-le-feu et d'un armistice
prévoyant le retrait réciproque des troupes de part et d'autre du
38è parallèle. Une telle mesure peutelle être prise? Je le
crois, à condition qu'il existe un désir sincère de mettre
fin aux sanglants combats en Corée» (Duroselle 2004 :
146-147).
1-Les Autorités chinoises annoncèrent
que si les Nations-Unies franchissaient le 38è parallèle,
l'armée chinoise entrerait en action. Révélation de
l'ambassadeur de l'Inde en Chine. Source : Lacour-Gayet (1979).
2-Dans nos précédentes pages nous
rappelions que les deux leaders avaient à coeur la réunification
de la péninsule mais pour imposer son Idéologie. Ainsi Syngman
Rhee souhaita que les forces onusiennes l'aident à conquérir le
Nord mais certaines composantes de l'alliance n'approuvèrent point cette
idée à savoir la Grande Bretagne et l'Inde. Source : (Senarclens
1990).
3-Elle est une région très
industrialisée de la Chine. Les chinois entrèrent donc en Guerre
pour la protégée. Ces volontaires évoluèrent sous
les ordres du général Peng De Huai. Ils furent très
nombreux: 700000. Bernard Droz (1992) nous rappelle que malgré
l'armement rudimentaire dont-ils détinrent, leur endurance au froid eut
raison des forces américaines.
Carte n° 6: Les Différentes Phases de la
Guerre de Corée
Source:
www.wikipédia.org.
Cette carte montre les différentes phases de la guerre.
On peut y juger le degré de l'implication extérieure à
travers les différents retournements de la situation sur le front.
Les Américains, quoique très méfiants,
prouvèrent leur adhésion à Cet invite à des
conversations. Elles débutèrent le 10 juillet 1951 à
Kaesong puis à Pan Mun Jon sur les ordres du Général
Ridgway1au nom des Nations-Unies. Ces négociations
traînèrent en durée et achoppèrent sur plusieurs
points de désaccords2 pendant que les combats
continuèrent au ralenti. De nouvelles discussions furent ouvertes et
finalement, après de longues péripéties, des
échanges de prisonniers eurent lieu.
Des changements intervenus dans les relations internationales
contribuèrent favorablement à l'évolution des
négociations. En effet, le 5 mars 1953 Staline mourut. Au cours de la
campagne présidentielle aux USA, Eisenhower, futur locataire du bureau
ovale de la maison blanche fit de l'armistice sa priorité (Droz 1992 :
126). Ainsi le 26 avril 1953 les pourparlers pour l'armistice reprirent
à Pan Mun Jon et malgré la résistance de Syngman Rhee, le
27 juillet, l'armistice fut signé.
Du reste, le conflit s'acheva avec cet armistice et le
statu quo antérieur y régna: ni vainqueur, ni vaincu.
Cet armistice confirma la partition totale de la Péninsule et ceci au
grand dam des Leader Kim Il-sung et Syngman Rhee qui voulurent obtenir la
réunification
1- Il remplaça Mac Arthur après son
limogeage et prit le commandement des forces US (Droz 1992). 2-Les
États-Unis s'opposèrent aux propositions faites par les
communistes dès le 10 juillet 1951 à savoir:
-Cessez-le-feu immédiat avec interruption des
bombardements du blocus et des actions de reconnaissance.
-Le 38è parallèle serait considéré
comme une vigne de démarcation militaire et une zone
démilitarisée de 10 km de part et d'autre serait
constituée.
-Toutes les troupes étrangères devraient être
retirées dans le plus court délai (Duroselle 2004).
52
forcée et imposer leur domination. Les deux Corée
prirent pour toujours des directions différentes.
La défaite du Japon au cours de la Seconde Guerre
mondiale suivie de sa capitulation suscita une lueur d'espoir aux
coréens qui furent favorables à une indépendance totale de
leur Péninsule puisqu'ils se rappelèrent des affres la
période coloniale. Ils déchantèrent très tôt
car ayant menés une action en symbolise contre l'armée nipponne,
l'URSS et les USA décidèrent une cogestion de la Corée
pour une longue période en vue de désarmer les troupes japonaises
et de réaliser l'unification de la Péninsule. Mais chaque Camp,
par la suite, va oeuvrer pour l'enracinement de son idéologie et la
Guerre Froide va véritablement cristalliser la situation.
Le plan Marshall et la politique d'endiguement du communisme
conduisirent à la proclamation en Corée de deux
Républiques, ceci devant l'impuissance de la commission de l'ONU qui fut
chargé de la réunification. Comme Edwin Pauley1 le
redouta si bien, dès le retrait des troupes
soviéto-américaines une épreuve décisive se
produisit.
Soutenu par les dirigeants communistes2, Kim Il-sung
et ses troupes franchirent le 38ème parallèle le 25
juin 1950.
La promptitude de la réaction américaine sous le
couvert des Nations-Unies prouva à suffisance qu'il s'agit d'un
affrontement de Superpuissances et que la Corée ne servit que de champ
de bataille. La négociation d'armistice qui eut lieu l'expliqua encore
mieux, car il fallut le changement de leader aussi bien soviétique
(Staline) et américain (Truman) pour voir évoluer les
négociations.
L'armistice qui fut signée le 27 juillet 1953 ne
dégagea ni vaincu ni vainqueur dans cette Guerre et conserva donc le
statu quo antérieur. Les deux Corée devaient
évoluer désormais sous l'influence de leur idéologie
respective. Le 38è parallèle transformé en une zone
démilitarisée demeure jusqu'à nos jours une des
frontières les plus infranchissable au monde et l'un des endroits les
plus instables de la planète. Il sépara deux mondes
idéologiquement opposés mais condamnés à vivre
ensemble et à entretenir des relations.
1- Représentant personnel de Truman. Il se
rendit en 1946 en Corée du Nord et constata que les Russes n'avaient pas
la moindre intention de se retirer d'un pays où ils traitaient sans
ménagement toutes les formations politiques qui tentèrent de
faire une distinction entre le loyalisme à Moscou et le patriotisme
coréen. Il estimait que le terrain était plus favorable au
communisme que pratiquement n'importe où ailleurs dans le monde et c'est
en Corée qu'aurait lieu l'épreuve décisive, qui
déterminerait si un système démocratique est capable ou
non de relever le défi d'une féodalité vaincue. Mais il ne
se doutait pas de la forme que revêtirait cette épreuve (Fontaine
1965 : 463).
2-Confer nos pages précédentes. Nous
rappelions que Kim Il-sung après plusieurs tentatives eu l'accord de
Staline de même que celui de Mao Zédong un mois pus tard.
La Nation coréenne, l'une des plus anciennes du monde,
héritière d'une des plus grandes civilisations de
l'Extrême-Orient, a une longue histoire marquée par une lutte
permanente pour préserver sa souveraineté contre
l'impérialisme des puissances voisines et internationales en raison de
la situation géopolitique privilégié de son pays en Asie
Pacifique. Elle connaîtra au début du 20ème
siècle, grâce à l'impérialisme mondial, l'une des
phases les plus tragiques de son histoire, lorsque le Japon, après une
série d'interventions successives, l'annexera purement le 22 août
1910. La terrible domination coloniale dura environ quatre décennies
pendant lesquelles la résistance du peuple coréenne ne faiblit
point, malgré une effroyable répression politique sociale et
culturelle. La lutte d'indépendance du peuple coréen prit la
forme armée dans les années 1930 et joua un rôle
décisif dans la libération du pays, en convergence avec le combat
des forces alliés notamment celle américano-soviétique
conte l'axe fasciste dont le Japon. Les jours suivant la libération du
15 août 1945, le peuple coréen prétendit recouvrer son
indépendance et sa souveraineté, comme s'y furent engagées
les Alliés lors de la conférence du Caire en novembre 1943.
Cette légitime aspiration de toute la Nation
coréenne ne fut malheureusement pas réalisée dans le
contexte de l'affrontement des superpuissances qui suivit la défaite de
l'Axe. Les Etats-Unis, profitant de la présence au Sud des troupes
qu'ils déployèrent pour la libération, selon les accords
militaires passés entre les Alliés pour désarmer les
troupes japonaises dominées, y s'installèrent comme en pays
vaincu. Ils éliminèrent toutes les instances populaires
pluralistes coréennes et méprisèrent les
Sud-coréens1. Parallèlement au Nord, l'armée
soviétique encouragea la mise en place des structures étatiques
populaires coréennes, favorisant ainsi le communisme. L'occupation
soviétique du Nord de la Péninsule Amena en septembre 1948, la
mise en place d'un régime de type Démocratie populaire, tandis
qu'au Sud, l'influence américaine favorisa l'émergence d'une
République autoritaire anticommuniste sous la houlette de Syngman
Rhee.
Dès lors s'installa en Corée une logique de
Guerre froide et la ligne de démarcation provisoire au niveau du
38è parallèle devint une frontière intangible
séparant deux Univers idéologiques antagonistes. Les actions de
la commission de l'ONU dans ces circonstances n'aboutirent pas puisque les deux
zones furent fortement influencées. Et quand les troupes d'occupation
furent retirées, les conditions furent réunies pour que la
Corée devienne le point
1-Dans son rapport présenté au
rassemblement de la célébration du 30è anniversaire de la
fondation du parti du travail de Corée le 09 octobre 1975, Kim Il-sung
adressa ses chaleureuses félicitations aux personnalités
démocrates et toute la population de Corée du Sud qui, en
débit de la pire répression fasciste exercée par
l'impérialisme américain et sa valetaille, luttent
résolument pour leur droit à l'existence et leurs libertés
démocratiques, pour la réunification de la Patrie (Kim,
1977:5).
chaud de la Guerre froide. En effet, soutenu par les leaders
communistes, Kim Il-sung, dirigeant nord-coréen lança l'attaque
contre sa voisine du Sud le 25 juin 1950. Puis survint la riposte
immédiate des USA. L'intervention chinoise sous la bannière des
volontaires fut un tournant dans cette guerre et prouva encore l'opposition
idéologique et l'influence étrangère dans la
Péninsule. Lorsqu'en 1953 en mois de juillet, intervient la signature de
l'armistice, il n'y eut ni vaincu ni vainqueur. L'on retourna au statu
quo antérieur. La réunification n'intervient pas et le
38è parallèle se transforma en une Zone
Démilitarisée long de 280 Km et large de 4 Km. Il y règne
une paix armée.
Les coréens de part et d'autre de cette zone
évoluèrent sous l'influence des Superpuissances sans jamais
parvenir à la réunification tant souhaitée. Ils
développèrent en revanche des relations qui connurent diverses
phase qu'il nous plait de développer dans la partie à venir.
DEUXIEME PARTIE 1953- 2009
EVOLUTION DES RELATIONS INTERCOREENNES : CONSEQUENCE
DE L'INFLUENCE DES PUISSANCES ETRANGERES (1953- 2009)
Des affrontements entre les forces armées ou les
services secrets de la Corée du Nord et de la Corée du Sud au
cours d'opération d'espionnage, des raids commandos, de terrorismes
d'Etat, ainsi qu'au sujets des zones de pêches ont fait depuis la fin des
opérations militaires en Corée en 1953, des centaines de victimes
civiles et militaires prouvant ainsi aux Etats-Unis et aux occidentaux que le
communisme, très enraciné dans le nord de la Péninsule
représentait et représente toujours la plus grave menace à
la sécurité nationale mais aussi mondiale.
Les superpuissances d'alors, par des traités et des
alliances, renforcèrent leur présence en Corée et
continuèrent de s'affronter dans le contexte de la Guerre Froide. Ainsi
nous nous posons la question de savoir en quoi l'influence de ces puissances
étrangères détermine et envenime les relations entre les
deux Corées? Il convient dans un premier de nous poser la question de
savoir quelles sont ces puissances et comment agissent-elles dans la
Péninsule coréenne? Ensuite, comment au nom de ces influences les
relations intercoréennes ont -elles évoluées,
empêchant toujours le processus de réunification
péninsulaire si chère aux coréens?
La partie qui s'annonce aura donc pour tâche dans un
premier chapitre, d'analyser les différentes formes d'influences
exercées sur la Péninsule et les entités impliquées
durant la période 1953-2009. Ensuite, dans un second chapitre, elle
analysera l'évolution des relations entre les deux Corées de 1953
à 2009 et voir en quoi la réunification péninsulaire est
hypothéquée.
CHAPITRE III : LES INFLUENCES ETRANGERES DANS LA
PENINSULAIRE COREENNE DE 1953 A 2009
Le désire affiché des grandes
puissances1 d'être présentes dans toutes les
régions du monde pour contrôler et animer les flux transactionnels
en faveur de leur intérêt, le contexte de la Guerre Froide :
où la bipolarisation du monde conduit l'un ou l'autre camp à
lutter contre l'adversaire en progression dans une partie du monde, ont
poussé les grandes puissances à renforcer leurs positions dans
les recoins de la planète.
La zone de l'Extrême-Orient Nord et principalement la
Péninsule coréenne connut cette donne
géostratégique. De ce fait on se pose la question de savoir ce
qui justifiait l'influence des Grandes Puissances dans la Péninsule? La
présence étrangère en Corée devait être
analysée selon deux phases. La période 1953-1990 vit l'opposition
idéologique classique de la Guerre Froide entre l'USA et l'URSS. En quoi
la Péninsule coréenne fut-elle impliquée? La
période allant de 1991 à 2009 vit la disparition de l'URSS et
consacra l'unipolarisation du monde avec l'USA comme la seule Superpuissance.
Quelle fut la répercussion de cette nouvelle donne mondiale sur la
Corée qui demeure l'un des rares vestiges de cette confrontation
idéologique?
Le chapitre qui s'annonce se charge de répondre
à ces différentes préoccupations en analysant les
fondements de la présence des puissances étrangères en
Corée après 1953 et ses manifestations et impacts sur les deux
Corées jusqu'en 2009 puis enfin conclure.
I. Les fondements de la présence des puissances
étrangères en Corée
Les grandes puissances, de tous temps affichèrent leur
volonté à occuper les régions stratégiques du
monde, histoire de surveiller les flux transactionnels. Au sortir de la Seconde
Guerre mondiale, ce souhait devint plus manifeste du fait de la divergence
idéologique que connut la planète.
André Fontaine (1966) souligne à cet effet que
l'URSS et les USA n'ont pas cessé de se disputer la
prépondérance mondiale, ce qui expliqua d'ailleurs la Guerre
froide. En effet, la politique d'Endiguement des Etats-Unis à
l'égard du Communisme, où Washington refusa toute concession
à Moscou, contenant avec fermeté l'expansion soviétique,
(Kaspi 1992 : 10-
1-D'après Serge sur (2006 : 268), cette
notion a évoluée dans le temps. Pour lui, il s'agit d'Etats dont
les sphères de capacité et d'intérêt sont
universelles, et ceci autant sur le plan géographique que
matériel. Il pense qu'aucune question d'ordre international ne saurait
être réglée, au moins durablement, sans l'accord de ces
puissances. Concernant notre étude et surtout vue la période
ciblée, Les Etats-Unis appartiennent à cette catégorie
depuis la Seconde Guerre mondiale. L'URSS l'a été jusqu'à
son éclatement en 1991, surtout sur le plan d'influence
idéologique et milliaire mais depuis, la Russie,
dépouillée de cet éclatement, n'a pu
résistée.
12) qui toucha l'Europe de l'Est s'étendant en
Extrême-Orient et plus précisément en Corée, ne
laissa indifférant l'URSS. Plusieurs facteurs expliquèrent cette
bataille larvée qui se transporta dans la Péninsule
coréenne.
Dans un premier temps, l'URSS et les Etats-Unis, les
désormais puissances du monde, militèrent pour empêcher le
rétablissement du statut colonial1 puisque cette partie de
l'Asie fut longtemps sous domination du colonialisme nippon comme nous l'avions
mentionné dans la première partie.
Ensuite, la Corée, par sa position géographique,
suscita beaucoup de convoitise aussi bien pendant les visées
impérialistes (confer chapitre I) que lors de la confrontation
idéologique. En effet, la Corée se rattache au continent
asiatique par le Nord de la Chine et permet aussi au Japon d'être en
contact avec le monde asiatique. Le triomphe du communisme en Chine2
renforça la Russie et l'URSS qui prétendirent par le truchement
de la Péninsule atteindre le Japon et pour ainsi dire, rendre tous le
Pacifique en un océan communiste.
Les USA qui, s'opposèrent à l'implantation du
communisme en Europe de l'Est à travers le plan Marshall et la politique
d'endiguement, durent s'implanter en Corée et dans les alentours de la
péninsule pour empêcher l'avancée communiste dans le
pacifique. En effet, lorsque le 25 juin 1950, les forces communistes
franchirent le38èm parallèle pour une Guerre qui prit
fin en juillet 1953, après d'âpres négociations et surtout
vue les différentes phases de cette confrontation, les américains
se mirent à l'évidence que le communisme devint plus qu'une
menace dans le Pacifique. Et, puisqu'ils échouèrent dans leur
tentative d'éviter le triomphe communiste en Chine dès
19473, les américains durent reculer pour éviter que
le japon, qui fut affaibli par la guerre, ne tombe point dans les mains des
communistes. La Corée fut la position idéale dans la
réalisation de cet objectif américain. L'URSS de son coté,
après
1- On se souvient qu'à la conférence du
Caire de 1943 et à Yalta, les supergrands s'entendirent vaille que
vaille pour se partager les dépouilles de la colonisation japonaise
(Senarclens 1990).
2-D'après Duroselle (2004), ce sont les
communistes de Mao Zedong qui remportèrent la victoire. Dans la longue
bataille (guerre civile) qui les opposait aux nationalistes de Tchang Ka-Shek.
Le 1er octobre 1949, les communistes proclamèrent la
République populaire de Chine et contraignirent les nationalistes de
Tchang KaShek à se retirer dans le Formose, actuel Taiwan.
3-Les Etats-Unis mirent tout en oeuvre pour
permettre aux nationalistes de triompher dans la guerre civile qui les opposa
aux communistes en Chine. Conscient de l'avancée communiste en
Extrême-Orient, les américains s'opposèrent à une
victoire de ces derniers pour éviter que la Chine ne passe dans le camp
communiste. Le gouvernement nationaliste reçue une aide immense. Le 18
février 1948, il fut soumis au congrès américain un
programme d'aide de 15 mois d'un crédit total de 570 millions de dollars
US pour des besoins civils, lequel budget fut voté le 02 avril 1948. De
1945 à 1949 l'aide étrangère au gouvernement nationaliste
s'éleva à 2254 millions de dollars, la participation
américaine fut de l'ordre de 90% et la moitié du crédit
fut utilisée pour la cause militaire. (Duroselle 2004).
son échec dans la progression vers l'ouest, utilisa la
Corée du nord pour étendre son idéologie dans le
Pacifique.
Dans les années 90, la question nucléaire en
Corée renforça l'importance de la présence
américaine dans les alentours de la péninsule. Au moment
où l'on assista à la disparition du bloc soviétique, la
Corée du Nord demeure le seul Etat à conserver, et ce
jusqu'à ce jour, le communisme stalinien1.
II. La Présence des Puissances Etrangères
en Corée dès 1953 jusqu'en 1990
Cette partie concerne, comme le mentionne assez bien
l'intitulé, la période de l'opposition idéologique qui eut
lieu dans la péninsule de Corée et ayant comme acteurs les deux
superpuissances qui manipulèrent à leur grée les
coréens de part et d'autre du 38èm parallèle.
Ce dernier, au sortir de l'Armistice qui sanctionna la fin de la guerre civile
entre les coréens, connut une remilitarisation accrue et devint depuis
lors un des endroits les plus instables et les plus militarisés au
monde.
Photo n° 9 : Soldat américain en poste de
contrôle dans la Zone Démilitarisée
Source :
www.wikipédia.org/image.
Sur cette image, on peut observer un militaire
américain donnant au loin des ordres. Ceci prouve la très forte
militarisation de la zone pourtant dite démilitarisée. En outre
on aperçoit sur la stèle le drapeau des différents pays
qui, sous la bannière de l'ONU prirent part aux hostilités.
Les deux Corée, au cours de cette période,
furent prisonnières de la Guerre froide. A partir de la guerre de
Corée, ces deux entités, manifestant un sentiment
d'insécurité et le
1- Selon Kissinger (2003: 139), le nord de la
Corée pendant cette période s'est transformée en
caricature d'Etat Stalinien et l'on peut affirmer qu'il représente
aujourd'hui l'Etat policier le plus intransigeante au monde.
même instinct de survie, se confièrent à
des alliances. C'est ainsi que l'axe Pyongyang-PékinMoscou s'opposa
à l'axe Séoul-Washington-Tokyo (Péron-Doise : 2007). Les
sud-coréens s'estimèrent être à portée de
l'artillerie lourde nord-coréenne et le régime de Pyongyang de
son coté entretint son peuple dans la mentalité de citadelle
assiégée, convaincu que les USA voulurent leur destruction.
2.1. Les États-Unis en Corée du sud et ses
alentours
La présence américaine dans la péninsule
remonte à la conférence du Caire en 1943 oüles
Alliés de circonstance s'étaient définit le monde de
l'après capitulation du japon,
puissance fasciste, au cours de la Seconde Guerre mondiale.
Les forces US devaient recevoir la reddition des troupes nipponnes dans la
moitié sud de la Corée à partir du 38èm
Parallèle. L'armée soviétique le ferait du coté
Nord. Ils conclurent se retirer de la péninsule après avoir
organisé des élections et unifié le pays.
Mais il faut noter que cette donne de partage de la
Corée n'acquit du fait que les américains redoutèrent
l'expansion soviétique dans le pacifique. Une Corée affaiblie par
la colonisation japonaise et un Japon totalement détruit par les effets
de la bombe atomique ne sauraient faire face à la volonté
d'expansion soviétique. Cette volonté d'ailleurs fit ses preuves
en Europe de l'Est. Ce ne fut, grâce à la politique d'endiguement
et surtout au plan Marshall que les Etats-Unis, fort de leur puissance et de
leur désir d'imposer le système libéral au monde entier,
firent face à l'avancée soviétique en Europe orientale.
Mais bien avant cette partie du monde, les USA, malgré toute leur
détermination et leur investissement n'ont pas empêché la
victoire communiste qui consacra une République populaire le 1er octobre
1949 en Chine. La menace soviétique devint ainsi élevée au
point que les américains devaient appliquer une politique d'endiguement
pour contenir l'avancée du communisme en Extrême-Orient.
L'invasion surprise de la Corée du sud par son voisin
du Nord (1950), l'intervention au cours de cette guerre des unités
chinoises sous le nom officiel de volontaire furent des preuves que le
communisme s'imposerait en Asie de l'Est si rien n'y fit. Leur réaction
durant toute cette période justifia cet état de fait. En effet,
les américains continuèrent à éliminer au sud de la
Péninsule toutes les forces communistes et nationalistes,
empêchant ainsi toutes les commissions mises en place d'oeuvrer à
la réalisation des objectifs qu'ils se sont fixés lors des
grandes rencontres. L'imposition du leader Syngman Rhee à la tête
d'un régime répressif et dictatorial compliqua la situation en
Corée et aboutit à la guerre.
Au cours de cette guerre, les américains prient le
commandement des forces de l'ONU dont ils assurent 90%, et
décidèrent d'éliminer la République populaire et
démocratique de Corée. Mais étant donné que la
guerre s'acheva sur un statu quo: la situation de départ
étant maintenue, en dépit de la volonté de chaque camp
d'unifier le pays en instaurant son idéologie, les américains
changèrent de stratégie en Extrême-Orient.
Au sortir de la guerre, ils signèrent un pacte
militaire avec la Corée du Sud. A partir de ce pacte, une politique de
containment fut installée au Sud du 38è
parallèle contre le communisme. La première victime fut belle et
bien la République populaire démocratique de la Corée. A
partir de cette date, jusqu'à l'effondrement de l'URSS ; superpuissance
qui fut le soutien de la Corée du Nord, la Guerre froide fut
définitivement transportée en Corée. Les crises au sein de
la Péninsule ne furent que le reflet des relations internationales entre
les deux Superpuissances.
Ce pacte militaire est perçu par
Péron-Doise1 comme un accord de défense que les
Etats-Unis entretiennent avec la Corée du Sud, histoire de justifier
leur présence dans la Péninsule et de combattre le communisme qui
ne devra pas gagner le Japon. D'ailleurs, nous rappelions dans les pages
précédentes que la culture stratégique des deux
Corée et la question de l'identité politique péninsulaire
furent les principales causes de la guerre. Le Traité de mutuelle
défense signé entre Washington et Séoul en 1953
était donc destiné à prévenir une nouvelle
agression nord-coréenne. L'appareil militaire Sud-coréen fut donc
confié au commandement américain qui s'établit en
Corée après la constitution des Forces Armées
combinées.
Cette Alliance, dans ces premières heures, poursuivit deux
objectifs primordiaux.
Dans un premier temps, elle visa assurer la
sécurité de la Corée du sud face aux régimes
communistes nord-coréen et chinois. En effet, comme le dit si bien
Barthélemy Courmont2, le souvenir des Sud-coréens du
déferlement de l'armée nord-coréenne sur Séoul
reste vivace. Ainsi optèrent-ils se protéger sous les
Américains qui d'ailleurs prouvèrent leur solidarité
à
1-Se référer au
www.ifri.org du 15 Avril 2008.
2-Barthélemy Courmont (2006), justifie la
protection militaire américaine accordée à la Corée
du sud sous un titre d'ailleurs très révélateur à
savoir: « Séoul et la menace Nord-coréenne ». Pour la
Corée du sud, la menace militaire en cas de conflit dans la
péninsule est immédiate. disait-il. Située à moins
de cinquante kilomètre de la zone démilitarisée, la
région de Séoul, qui regroupe plus de 11 millions d'habitants,
pourrait être transformée en un océan de flammes
par les moyens d'artillerie traditionnels, peu sophistiqués dont dispose
la Corée du Nord. La capitale pourrait également, comme ce fut le
cas en 1950, être directement visée par un déferlement de
troupes mal équipées, mais en grand nombre, contre lesquelles les
capacités de défense pourraient s'avérer insuffisantes. La
Corée du sud fait donc face à un risque de destruction
assurée qui n'implique même pas forcément des forces
balistique et encore moins nucléaire; concluait-il.
cette attaque de 1950. Les japonais de leur cotée,
évoquant une question d'équilibre régionale
invitèrent les troupes américaines à s'éterniser en
Corée (Kim 1971 : 69)
Les différentes Administrations qui se sont
succédées aux Etats-Unis virent en cette Alliance la clef de la
stabilité dans l
a Péninsule coréenne (Kissinger 2003: 142).
Cette observation des différents locataires du Bureau ovale de la Maison
blanche n'eut rien de surprenant surtout que la logique de la Guerre froide en
Asie fit de la lutte contre le régime de Pyongyang, un blocus à
l'avancement du communisme en Asie de l'Est.
Ce dernier point constitue d'ailleurs le second volet de
l'alliance militaire que les États-Unis signèrent avec la
Corée du sud. En effet, comme le rappelle Péron-Doise (2008), au
plan mondial, l'alliance permettait à Washington de contenir la menace
du communisme en Asie, selon la politique du containment pendant la
Guerre froide. Ainsi fut crée l'axe SéoulWashington- Tokyo pour
bien mener une protection militaire de Séoul. Outre ce pacte, la
Corée du Sud intégra l'OTASE (Organisation du Traité
d'Asie du Sud-est) puis l'OTAN (Organisation du Traité de l'Atlantique
Nord) qui furent des outils militaires au cours de la Guerre froide. Cette
présence américaine eut un impact sur le plan politique puisque
la plupart des présidents durant cette période en Corée du
Sud furent des militaires. La dictature militaire y régna jusqu'à
une période récente1, faite de renversement et de
coups d'États militaires.
Mais ce fut sur le plan économique que la
présence américaine fit du bien à la Corée du sud
et continue d'ailleurs de lui faire du bien. En effet, la partie Sud de
l'ancienne colonie japonaise, très pauvre en ressources minières
ne constituait que de grandes plaines propices à l'agriculture. Des
industries légères y furent implantées contrairement au
Nord qui connut à l'époque la fabrication de voitures et autres.
Mes les Américains ouvrirent le pays à l'économie monde.
Les investisseurs étrangers à la tête desquels les USA
relevèrent l'économie sud-coréenne, leur permettant de
faire face à la menace communiste.
A partir de 1965, la situation économique
s'améliora grâce à l'aide japonaise, suite au Traité
de normalisation signé entre les deux pays (Balaize 1991 : 79). Les
Américains, premiers partenaires fournirent à la Corée du
Sud, autour des années 1960 une aide financière d'environ 1,5
milliard de dollars US et ceci permit au coréens du sud d'entretenir
leur Armée dont l'effectif envoisina 630000 hommes y compris les forces
U.S (Duroselle 2004 : 328). Pour sa reconstruction, elle obtint des USA
jusqu'en 1965, 3,9 milliards de dollars et 400
1-Confer chapitre quatre. Le premier président
civil fut élu en 1998, il instaura le Sun Shine Policy qui mit
la Corée du Sud sur les Rails du développement.
millions de dollars d'aide militaire; ce qui représenta
12% du PNB et 73% des importations au cours de cette période (Balaize
1991 : 115). Jusqu'à 1988 selon l'auteur, le commerce extérieur
de la Corée du sud occupa 1,8% du commerce mondial. Ainsi donc la
présence militaire américaine en Corée permit le
relèvement rapide de celle-ci. Les américains s'en servirent pour
luter contre l'extension du communisme dans le Pacifique à partir de la
Corée du Nord.
Cette dernière, fort de la présence
américaine sur le plan militaire redouta une probable attaque en vu de
sa destruction totale. En effet, le Régime de Pyongyang s'estime
toujours en conflit avec les USA puisque n'ayant pas obtenus un traité
de paix1 à la fin de la Guerre. La Corée du Nord
dénonça avec rigueur l'impérialisme américain et le
régime fantoche de la Corée du Sud, qui selon elle fut toujours
manipulé par les occupants. Elle réussit entre 1953-1990 à
maintenir isolé son pays et à entretenir sa population dans la
logique conflictuelle de la Guerre froide. Son principal mentor demeura, durant
cette période L'URSS.
2.2. La Présence soviétique en Corée
du Nord et sa détermination à lutter contre l'impérialisme
américain de 1953-1990
Outre le fait que les différentes Conférences
consacrèrent l'occupation par l'URSS des pays libérés par
l'armée Rouge, les soviétiques profitèrent pour y
installer le communisme, à travers l'ingérence dans la politique
intérieur de ces derniers.
Churchill, par le discours de Fulton fit comprendre aux
occidentaux la réalité du rideau de fer qui sépara
l'Europe.
En Corée, la volonté de Staline et ses
lieutenants de faire de la Péninsule une Base soviétique, leur
permettant d'atteindre l'Asie du Sud et par delà tout le Pacifique y
compris le Japon devenait réelle. Ils installèrent à la
tête de la Corée du Nord Kim Il-sung. Très
imprégné du communisme, il lutta longtemps contre le Japon en
Mandchourie et intégra d'ailleurs l'armée Rouge.
Ce dernier, grâce au soutien de L'URSS, devait
rassembler tous les communistes de la Péninsule, puisque le communisme y
fut très développé à cause de la dictature
coloniale japonaise perpétrée par les bourgeois qui furent de
grands propriétaires fonciers. Nonobstant
1-Il faut noter que l'armistice signifie un
arrêt momentané de la Guerre. Celle-ci pouvant reprendre à
tous moment. Vu donc toutes les manoeuvres américaines au sud de la
péninsule, les nord-coréens réclamèrent (en vin) le
Traité de paix à travers divers chantages militaire au tour de la
Zone Démilitarisée. Source :
www.leparisien.fr/décembre/2009.
la farouche répression au sud, les communistes se
réunirent et fondèrent la RPDC1. La forte implication
de L'URSS2 dans le déclenchement de la Guerre et
l'intervention des communistes chinoises sous diverses formes au cours de ce
conflit furent les préliminaires de ce que devait être
l'implication soviétique en Corée.
Malgré le statu quo de la guerre fratricide,
puisqu' aucun des deux camps n'était parvenu à occuper toute la
péninsule à sa cause comme ce fut l'objectif principale: obtenir
l'unification par les armes sous l'influence de son idéologie; le
contexte de la Guerre froide, qui vit les américains en position de
force chez les frères du Sud, obligea Pyongyang à renforcer sa
position dans le communisme. Le soutien soviétique permit d'ailleurs au
régime du nord de développer une rhétorique belliqueuse et
un nationalisme nucléaire sans précédent. Aussi,
persuadés de la menace étasunienne, les leaders
nord-coréens entretiennent leur population dans une mentalité de
citadelle assiégée3, Pyongyang n'ayant jamais obtenu
des américains un Traité de paix.
Durant toute cette période, l'axe
Pyongyang-Pékin-Moscou fut mise en branle et fonctionna à
merveille en opposition à celui de Séoul-Washington-Tokyo dans
laquelle la Corée du Sud évolua. Lorsque l'URSS refusa l'aide
américain du plan Marshall, elle imposa ce refus à ses
Alliés communistes et leurs proposa à son tour une aide pour
mieux lutter contre l'impérialisme américain. En Corée du
nord, cette aide fut essentiellement militaire. Ce soutien des
soviétiques contribua à faire de la Corée du Nord ce
qu'elle est aujourd'hui, en dépit de la disparition du communisme.
Staline, « le petit frère des peuples
», outre le fait qu'il contribua à l'installation du
Kimilsungisme, du nom de son auteur Kim Il-sung, fut le responsable du
programme militaire nord-coréen. En effet, ce fut l'Union
soviétique qui donna le feu vert pour le transfert de la technologie de
l'atome à Pyongyang puisque la Corée adhéra au pacte de
Varsovie4. Au sein du bloc soviétique, la Chine aussi fut un
grand soutien militaire pour la survie du régime de Pyongyang. Outre la
participation toujours froide à la guerre de Corée au cours de
laquelle, le premier fils du leader chinois Mao Zédong
décéda lors d'un bombardement de l'aviation
1- Voir chapitre quatrième.
2-Kim Il-sung, après plusieurs correspondances
eut enfin la permission de Moscou pour une action contre la soeur du Sud. Un
mois plus tard Pékin aussi offrit son soutenu à Kim Il-sung (Droz
1992).
3-Confer le
www.ifri.org/février/2007.
4- Confer le
www.bricandco.com du 04 juin 2009
et consulté le 31-Mars-2010. Pour l'auteur, le transfert de technologie
nucléaire de Staline se justifie par la présence en cordée
du sud de troupes américaines disposant d'un arsenal
nucléaire.
américaine1, Pékin favorisa
l'installation d'une « Dynastie Rouge » destinée
à perpétuer le système de Kim Il-sung après sa
mort.
Sur le plan économique, le soutien à la
Corée du Nord se fit dans le cadre de la Guerre froide où, seules
les têtes de ponts du bloc soviétique intervinrent auprès
de Pyongyang. En effet, entre 1945 et 1960, la Corée du Nord
bénéficia d'une aide économique d'un montant de 1.845
millions de dollars US dont 766 millions en provenance de l'URSS et 614 de la
Chine populaire. (Balaize 1991 : 102). Le tableau qui suit exprime mieux cette
solidarité socialiste à la RDPC.
Tableau n°2: Aide économique accordée
à la Corée du Nord par le Bloc soviétique pour sa
résistance contre l'impérialisme américain dans le
contexte de la guerre froide
Pays
|
1945-1960
|
1961-1970
|
1971-1980
|
Aide
|
Prêt
|
Total
|
Aide
|
Prêt
|
Total
|
Aide
|
Prêt
|
Total
|
URSS
|
731
|
35
|
766
|
-
|
314
|
314
|
-
|
442
|
442
|
CHINE
|
456
|
158
|
614
|
-
|
29
|
29
|
280
|
3
|
283
|
RDA
|
101
|
-
|
101
|
35
|
-
|
35
|
-
|
-
|
-
|
Autres Pays socialistes
|
364
|
-
|
364
|
-
|
-
|
-
|
-
|
-
|
-
|
Total
|
1652
|
193
|
1845
|
35
|
343
|
378
|
280
|
445
|
725
|
Source: (Balaize: 1991 : 103).
Ce tableau montre bien comment, durant toute la période
de la Guerre froide, la Corée du Nord fut soutenue par le camp
soviétique en tête duquel on note L'URSS. Cette aide fut dans un
premier temps, plus précisément autour des années 1960,
très fortes (1845 Millions de dollars US) avant de commencer par chuter
(725 millions de dollars US) dans les années 1980. Cette chute se
justifia par la progressive perte de puissance de l'URSS qui finit par
disparaître en 1991.
Michaël Gorbatchev justifia la nécessité de
l'aide en ces termes : «la responsabilité de la situation
présente incombe en premier lieu aux milieux dirigeants des Etats-Unis
d'Amérique, il faut le dire en toute netteté [...] A
présent, ils tentent d'étendre la course aux armements à
l'espace. Des centaines de bases militaires américaines
disséminées à travers le globe
1-
www.bricandco.com du 4 Juin
2009.
déstabilisent elles aussi la situation dans le
monde [...] les USA présentent ouvertement au droit d'ingérences
en tout lieux, ils ignorent et souvent bafouent les intérêts des
autres pays et peuples, les traditions des contacts internationaux, les accords
et conventions en vigueur. Ils ne cessent de créer des foyers de
conflits et de danger de guerre et survoltent la situation ici et là
dans le monde. Aujourd'hui, les USA menacent de répression les peuples
héroïque [...] la solidarité avec les forces du
progrès et de démocratie, avec les pays et les peuples qui
défendent, face à la poussée de la réaction, leur
liberté et leur indépendance sont pour nous une question de
principe [...]»1 (Gorbatchev 1987 : 28-29).
Voilà qui confirme tous nos propos
précédents sur l'aide soviétique à la Corée
du Nord qui, sous la menace militaire américaine au sud n'eut pour
réflexe que la militarisation à outrance de son régime et
tout cela dans le cadre de l'affrontement des Superpuissances. L'URSS fut un
appui militaire, économique et idéologique du régime de
Pyongyang et ceci depuis Staline jusqu'à Gorbatchev. Mais que devint
cette aide tous azimuts et inconditionnel de L'URSS et le bloc oriental
à la Corée du Nord à partir des années 1990
où la bipolarisation du monde a fait place à la monopolarisation
suite à l'éclatement de la superpuissance soviétique?
III. L'influence des Grandes Puissances
Étrangères en Corée entre 1991-2009
La grande catastrophe géopolitique du XXe siècle
selon le Président russe, Vladimir Poutine, reste la disparition brutale
d'un des deux acteurs principaux des Relations Internationales de
l'après 1945 (Gazano 2003 : 38). En effet, l'URSS disparut
définitivement en décembre 1991 suite à plusieurs crises
qui furent d'ordre idéologiques, politiques, économiques,
technologiques et militaires (Sur 2006 : 126-128). Avec cet effondrement de
l'URSS et du camp socialiste, la notion de superpuissance ne s'employa que pour
désigner les Etats-Unis d'Amérique. Aussi, la question de la
bipolarisation qui régna sur le monde et emprisonna les relations
internationales depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, dont la
manifestation fut inéluctablement la Guerre froide, fit place à
la monopolarisation2. Les Etats-Unis, désormais faute
d'adversaire idéologique, devinrent une hyperpuissance.
1- Dans sa tentative de remise aux pas du PCUS,
Mikhaïl Gorbatchev secrétaire général du Parti
Communiste de l'Union soviétique s'adressa aux peuples de l'Union
à travers des discours et articles. C'est dans ces circonstances que ce
discours, dont nous présentons l'extrait fut prononcé.
2-Gazano (2003) nous rappelle qu'au monde bipolaire
qui prévalait jusqu'en 1991 a succédé un monde mono
polaire arrivé aujourd'hui à son terme. Un monde multipolaire,
encore en gestation est en passe de le remplacer. Le mythe de l'hyper puissance
américaine a vécu. La puissance des Etats-Unis, si elle reste
seule à pouvoir prétendre à la globalité, se trouve
de plus en plus contestée par des Etats en rupture de ban et aussi par
la mondialisation.
Cette disparition de l'affrontement Est-Ouest fit des
Etats-Unis le désormais gendarme de la planète, le leader
incontesté et incontestable. Ils furent présents partout au
monde, arguant lutter contre la menace de la paix et utilisèrent le
Conseil de Sécurité pour assouvir à leur besoin en
sanctionnant aussi bien économiquement, diplomatiquement que
politiquement les pays dits «Etats voyous» qui menacent la
paix dans n'importe quelle zone du monde.
Dans la Péninsule coréenne, cette donne fit
penser à de nouvelles perspectives. En effet, le principal soutient
à la RPDC aussi bien sur le plan économique, politique que
idéologique venait de disparaître et l'on crut à
l'effondrement du régime communiste nordcoréen. Bon nombre
d'analystes anglo-saxons développèrent la thèse de cet
effondrement mais ils durent déchanter rapidement car, contrairement en
Allemagne1, la chute de l'union soviétique et le
déclin du communisme en Europe, en Asie du Sud-est et en une certaine
façon en Chine, n'eurent pas d'effet sur le maintien à Pyongyang
d'un Coréo-stalinisme exacerbé, fondé sur le principe de
« Juche » et le dogme de « L'armée en
première ».
La perte de son principale mentor, l'ouverture de la Chine au
libéralisme économique; se rapprochant ainsi des USA et des pays
occidentaux, le renforcement de l'armée US à partir de 1991 dans
la Péninsule obligèrent les nord-coréens à rester
fermés, n'ayant que pour priorité l'autodéfense et la
survie du Kimilsungisme. Cet objectif conduisit les autorités
à investir énormément dans la défense de leur
territoire, puisque s'estimant à la porté des missiles
américains. Kim Il-sung déclara à ce propos :
«Tout Etat, s'il est indépendant et souverain à
certainement sa propre armée [...] De plus, le peuple coréen doit
organiser luimême son armée et promouvoir ainsi
l'édification d'une patrie démocratique, réunifiée
et indépendante[...], notre armée populaire combattra
jusqu'à la dernière goutte de son sang pour écraser cet
ennemi et défendre jusqu'au bout la patrie et le peuple[...]ne peut
abandonner son sort entre les mains des impérialistes américains
de leur valetaille[...]»2.
Ainsi, abandonnée par ses deux principaux
soutiens3 au début des années 90, la Corée du
Nord s'investit dans l'armement lourd. Cette période vit Pyongyang
développer l'armement nucléaire et s'enlisa dans les crises
nucléaires contre lesquelles, les USA, gendarme du monde
luttèrent efficacement.
1-Tout comme la Corée, l'Allemagne fut
divisée en deux zones d'occupations militaires. Il y fut crée
deux Républiques : RFA et RDA depuis 1949. Mais les manifestations de la
chute de l'URSS et du bloc communiste débutèrent
précisément en Allemagne avec la chute du Mur de Berlin
(construit en 1962), la réunification des deux Républiques et la
disparition du communisme européen (Duroselle 2004).
2-Cette fraction de texte que nous
présentons ici pour mieux juger de l'importance que le régime du
Nord accord à l'armée est un extrait de discours prononcé
par Kim Il-sung lors d'une revue de l'armée populaire le 8
février 1948 à l'occasion de la fondation de l'armée
populaire de Corée (Kim 1971 : 209 - 219).
3-La chine qui demeure son seul partenaire s'ouvrit au
capitalisme et se rapprocha d'avantage de la Corée du Sud l'adversaire
n° 1 du Régime du Nord.
Redoutant donc le risque d'une prolifération
nucléaire dans la zone, les américains renforcèrent leur
présence militaire à Séoul et dans la zone
démilitarisée. C'est ce que nous illustrons à travers la
carte qui suit où les Etats-Unis multiplièrent leurs bases
militaires aussi bien marines, terrestres que aériennes dans le
pacifique; ce qui suscita la réaction de Pyongyang. On peut y observer
la présence de son Armée de terre « Army »autour de la
zone démilitarisée, son armée de l'air « Air force
» autour de Séoul et sa Base marine « Navy » au sud de la
Corée du sud.
Carte n° 7 : Le dispositif militaire des Etats-Unis
en Asie orientale
Source:
www.centretransatlantique.fr/Août/
2007.
Ce recours au développement de l'armement
nucléaire cristallisa les relations entre les USA et la Corée du
Nord, celle-ci qui n'avait qu'un seul objectif : pérenniser le
Coréostalinisme. Dès lors, les USA pratiquèrent
la politique de pression et de compromis envers la Corée du Nord. Ainsi
obligèrent-ils les nord-coréens en 1991 à la
déclaration pour une Péninsule coréenne sans
nucléaire avec un accord entre les deux gouvernements de
Corée1. S'en survit en 1992 d'un accord conclu avec l'Agence
internationale de l'énergie atomique (AIEA) avec lancement d'une
enquête par celle-ci sur le nucléaire nord-coréen. Cet
accord, à cause de son échec; dû à la
réticence de Pyongyang, conduisit les américains à des
manoeuvres militaires jointes des Armées US et sud-coréennes sous
le nom de Team Spirit2. Elles eurent lieu en automne
1992.
La Corée du Nord protesta contre ces manoeuvres et pour
matérialiser sa désapprobation, elle se retira du Traité
de non prolifération. Ce retrait aggrava la situation, alors la
Péninsule vécut sous un cycle permanent : chantage
nucléaire nord-coréen puis
1-Pour plus d'information consulter
www.mondediplomatique.fr.
2-Sang Yaoul Sohn, in
www.mondediplomatique.fr.
manoeuvre militaire USA Corée du Sud. Ainsi la
Corée connut beaucoup de ces tensions dues à la présence
militaire américaine sur son sol et à ses alentours.
Présence d'ailleurs que les sud-coréens durent pour toujours
prendre en charge. En effet, la présence américaine dans la
péninsule n'est pas gratuite. Le commandant des forces armées
américains Burwell Bella insista sur un déplacement de ses
troupes car selon lui, Séoul ne financerait pas assez leur
présence militaire. Le coup de la subvention fut estimé en 2007
à près de 7469 centaines de millions de Won (560 millions
d'euros)1.
L'illustration qui suit fait un récapitulatif de ce que
fut le coup de l'entretien des forces US stationnées en Corée et
le pourcentage de la participation américaine de 1991 à 2007.
Elle prouve malgré tout l'important effort déployé par les
coréens pour prendre en charge les troupes de la coalition. De toutes
les époques, leur taux de participation fut toujours supérieur
à celui américain. En 2007, elle était de 41%. Les
sud-coréens s'occupèrent des 59% restants, ce qui justifie le
mécontentement de la population.
Malgré le mécontentement des coréens du
sud, cette subvention ne changera pratiquement pas; elle fut estimée
à 560 millions d'euros car la menace nord-coréenne ne fut pas
sous-estimée par les américaine. Ainsi donc la lutte pour
endiguer l'expansion du communisme se mua à la lutte contre la
prolifération nucléaire dans la région, entretenue par le
régime de Pyongyang. Ce dernier utilise toujours le chantage
nucléaire pour sortir de l'isolationnisme diplomatique et
économique qui lui fut imposé par la communauté
internationale dominé de main de maître par les USA.
Les américains exploitèrent leurs accords de
mutuelle défense et surtout, leur présence militaire en
Corée du Sud pour réagir lorsque le régime communiste du
nord menace sa soeur d'une Guerre de destruction massive. Ils parviennent
à signer un accord dit de structurel: Accord de
Genève2 en 1994 avec les nord-coréens mais qui
fut sans issue. Au contraire Pyongyang pris des mesures fortes face aux USA de
par les menaces à sa sécurité qui alla
1-D'après le
www.agoravox.fr/actualité/int
: l'auteur fait remarquer que les relations militaires américaines et
Sud-coréennes ont toujours été très fortes. Mais
que ces derniers temps elles sont quelques peu hésitantes. Selon lui la
population coréenne est désormais divisée sur cette
présence américaine. Ils se méfient de
l'impérialisme américain. Pour eux, la défense autonome
sud-coréenne leur coûterait moins que les frais à louer
à la présence militaire américaine. D'ailleurs le Ministre
sud-coréen de la défense Kim Jang-Soo s'opposa à la
déclaration de Burwell Bella, lui jugeant peut concevable dans la mesure
où le plan des différents déploiements fut
réalisé de commun accord entre les deux pays.
2-Source :
www.mondediplomatique.fr.
Cet accord comporta trois points essentiels:
- La Corée du Nord gelait son activité
nucléaire.
-Les deux parties travailleraient à l'entière
régularisation de leurs relations.
-Les Etats-Unis devait apporter deux réacteurs
hydrauliques légers à la Corée du Nord pour
résoudre les problèmes de production électrique. Selon
Sang Youl Sohn cet accord échoua puisque dit-il les USA ont violé
leurs engagements. La construction des réacteurs a volontairement
été retardée, ce qui devait normalement finir en 2003. La
promesse de normalisation des relations n'a pas été tenue selon
l'auteur.
grandissante tout en ayant en esprit que cette approche est aussi
dangereuse puisqu'elle n'eut pas l'assurance d'un soutient total chinois en cas
de déferlement.
Figure n° 1 : Évolution de la prise en charge
de l'armée US en %
Source:
www.agoravox.fr.
Notons que l'administration américaine changea
d'attitude simplement parce qu'après le 11 septembre 2001 (Sur 2006),
Georges Bush a renforcé sa position sur la Corée du Nord, le
plaçant dans les pays de l'axe du mal et indiqua la
possibilité d'une attaque préventive. Le Président
américain évoqua d'ailleurs ouvertement un changement de
régime en Corée du Nord. Par dessus tout ceci, ce fut sans
surprise que la Maison blanche mentionna la responsabilité
nord-coréenne dans l'échec des accords de Genève. Sur ce
point le Comité des Juristes de la RPDC accusa les USA d'être
responsable du problème nucléaire dans la Péninsule
coréenne. Peur eux, l'administration Bush n'a pas respecté les
accords conclus entre la RPDC et les Etats-Unis pour résoudre la
question nucléaire en Corée. Ils rappelèrent que c'est une
brèche dans le principe de la législation internationale qui
exigea que les signataires d'un traité en respectent ces dispositions. A
cet effet, Ils publièrent le 05-Mai-2003 une
déclaration1. Pour ce comité de
Juristes, la Corée du Nord en se retirant de ce traité de non
prolifération assura son autodéfense.
1- Pour accéder à
l'intégralité de cette déclaration du comité des
Juristes de la Corée de Nord, il faut se reférer au
http://www.amitiéfrancecorée.org/.
En effet, comme nous le rappelions précédemment,
les Etats-Unis et la Corée du Nord sont juridiquement en état de
belligérance faute d'un traité de paix qui devait mettre fin
à la Guerre de 1950-0953 ; ce que réclame d'ailleurs depuis
très longtemps le régime de Pyongyang. Ce traité mettrait
fin aux relations belliqueuses et incertitude dans la Péninsule et
à ses alentours. Mais les américains ne semblent pas
disposés à signer ce traité1 qui mettrait fin
automatiquement à leur présence dans la Péninsule. Le
n° 389 de janvier-2010 du cilreco, bulletin mensuel d'information
disponible sur le net, rappelle à cet effet que les Etats-Unis de Barak
Obama ne semblent pas disposés à faire la paix avec la RPDC. Ils
maintiennent les sanctions unilatérales contre l'économie de la
RPDC. Ceux-ci, par la voix de leur porte parole Robert Gibbs, firent de la
dénucléarisation un préalable à toute
avancée dans la Péninsule. Ce même bulletin pour
rafraîchir la mémoire de Robert Gibbs rappelle que ce sont
l'embargo et les menaces américains à l'encontre de
l'Etat-voyou nord-coréen qui ont suscité la mobilisation
de Pyongyang vers l'arme nucléaire. Cependant, Washington pour le
maintien d'une position d'hégémonie2 attend appliquer
strictement le principe de non-prolifération nucléaire.
Les USA ne firent donc aucune concession quant à leur
position3. Pour eux, la Corée du Nord doit abandonner son
programme nucléaire en premier et puis ils s'en chargeront de sa
sécurité. Par la suite, ils continuèrent d'exercer une
pression militaire sur la Corée du Nord à travers des manoeuvres
militaires. C'est ainsi que la brigade US stryker a effectué en
Corée du Sud une opération dénommée O-plan
50304 pour améliorer sa vitesse de
déploiement.
Ces manoeuvres, dans le but d'éprouver le pouvoir
militaire nord-coréen, furent régulières et faisaient
suite à de véritables tensions. Ainsi pouvons-nous citer celle
dénommée team spirit5 (manoeuvres militaires
jointes des armes US et Sud coréenne) suite à la tension
née à l'automne 1992 de la problématique d'observation de
l'A.I.E.A. Ce qui d'ailleurs fut la cause du retrait de Pyongyang du
traité de non-prolifération6 conduisant au regain de
tensions entre les deux États.
1-confer
www.cilréco.com, mars
2010.
2-Benoît Quennedy, in
www.parisforum21.org du
23/04/2009.
3-Source :
www.mondediplomatique.fr.
Les américains conviaient la Corée du Nord à une
discussion à six: la Corée du Nord, la Chine, la Russie, le
Japon, la Corée du Sud et les Etats-Unis. Ces discussions ouvrirent
leurs portes à Beijing en août 2003. Ceux-ci semblèrent
donc ouvrirent la porte des négociations et des compromis en direction
de la Corée du Nord. Mais en réalité, selon Sang Youl, les
Etats-Unis visèrent à travers ces discussions apporter assistance
aux pays voisins et mettre la pression sur la Corée du Nord. Il y fut
présentée une approche nouvelle et sincère du
problème. Pourparler à six que les nord-coréens bouderont
plus tard, ayant senti la menace américaine. Ces discussions n'ont
jamais repris.
4-Source:
www.lefusilbrisé.fr/novembre/2003.
5- Source:
www.lefusilbrisé.fr/novembre/2003.
6-Confer nos précédentes pages.
Les USA utilisent le chantage nucléaire
nord-coréen pour renforcer la militarisation en Asie du Nord-est. Ils
renforcèrent du coup l'axe «Séoul-Washington-Tokyo».
Séoul vit son budget militaire largement augmenté. Les rapports
de la presse révélèrent que la Corée du Sud fut, au
cours de cette période le second importateur d'armement au monde,
certainement en provenance des USA et ses alliées. Cette volonté
américaine de maintenir sa présence militaire en Corée se
manifesta par la déclaration du contre-amiral Craig Quigley porte parole
du Ministère de la défense : «Ce n'est pas le moment de
réduire le niveau des forces présentes en Corée du
Sud1 ».
En 2000, le pentagone dépensa 3 milliards de dollars
pour le maintien des troupes US en Corée. Le Secrétaire à
la défense William Cohen et son Prédécesseur William Perry
déclarèrent voir les troupes américaines rester en
Corée pour y maintenir la sécurité en Asie2.
Ceci confirme ce que nous avons mentionné un peu plus haut quant on
désire américain de maîtriser les forces de Pyongyang
à partir de Séoul. Joe Biden, vice-président
Américain ne démentit point quand il affirma « [...] Il
s'agit pour nous de maintenir la pression sur la Corée du Nord,
même si elle dit que c'est un acte de guerre [...] c'est une force de
déstabilisation dans la région»3. Ainsi pour
Washington, il s'agit de poursuivre l'application des sanctions même si
cela rimerait avec un éventuel conflit militaire contre Pyongyang.
Les différentes administrations américaines qui
se sont succédées sont donc restées fidèles
à leur principe d'alliance avec la Corée du Sud qui demeure la
clef de la stabilité dans la Péninsule coréenne (Kissinger
2003 : 142). Mais on note une évolution très radicale de la
diplomatie sud-coréenne concernant les relations avec les
États-Unis. En effet, s'estimant très proche des missiles
nord-coréens, où un déferlement de Pyongyang leur ferait
préjudice, les Sud-coréens invitèrent donc les USA
à éviter la prise de décision contre Pyongyang sans leur
accord. Les dirigeants sud-coréens pensèrent être
entraînés dans une Guerre dont ils ne veulent pas. Ainsi suite
à l'annonce publique de la doctrine de guerre préventive de
Georges Bush4, un conseiller du Président Roh Moo5
Hyun informa Washington qu'une attaque contre la RPDC sans un accord
sud-coréen aurait raison de l'alliance avec Séoul6.
1-http//:www.ptb.be/scripts: consulté le 01
avril 2010.
2-Information révélée par le
journal américain Reuters du 11 avril 2000.
3-John Chan, in http//:www.wsws.org du 22 juin 2009
consulté le 27/décembre/2009à 14h 50.
4- Président Américain de 2000 à 2008.
5- Président Sud-coréen. Confer chapitre
suivant.
6-Source :
www.mondediplomatique.fr/archive.octobre2007/consulté
le 24/03/2010. Pour l'auteur, conscient que Pyongyang pouvait détruire
Séoul en quelques heures à l'aide de ses batteries d'artillerie
encastrées dans les montagnes au Nord de la Capital Séoul, les
autorités Sud-coréens cherchèrent à plusieurs
reprises à obtenir de Washington l'assurance que la Corée du Nord
ne serait pas attaqué sans qu'ils aient été
consultés et sans leur accord.
Dans ces conditions, la doctrine Bush ne pouvait que
créer consternation au sud de la Péninsule. Par sa doctrine, le
Président américain, à travers ses omissions et ses actes,
en créant bien sûr une situation dangereuse avec Pyongyang, bafoua
les normes et les attentes de la relation historique avec Séoul.
Photo n°10 : Des manifestants
sud-coréens
Source :
http://www.lemondediplomatique.fr.
Des manifestants devant la base américaine de Yongsan,
à Séoul, le 19 février 2010. Sur les pancartes, sont
inscrits les slogans « Signez un traité de paix! » et «
Non à la guerre, oui à la paix! » Ceci témoigna un
certain mécontentement d'une frange de la population sudcoréenne
quant à ce qui concerne la politique militaire américaine dans la
péninsule.
Un antiaméricanisme prit donc corps en Corée du
Sud et surtout dans la population jeune1. Barthélemy Courmont
pour sa part se demanda s'il s'agit d'un anti-américanisme ou d'un pur
nationalisme? Selon lui, les changements stratégiques de Washington
furent très mal perçus pour les sud-coréens. Leur
président déclara à ce propos: «Les
États-Unis doivent prendre en considération la Corée du
Sud lorsqu'ils formulent des politiques concernant la Corée du Nord,
puisque le Sud serait la première victime d'un conflit entre eux et
Pyongyang»2.
Cet antiaméricanisme de la Corée du Sud
n'exprima guère un rejet profond de la puissance de la culture et des
valeurs américaines mais plutôt un désire
d'indépendance vis-à-
1- Source :
www.mondediplomatique.fr/archive.octobre2007/consulté
le 24/03/2010. Bruce Cummings révèle que depuis l'arivée
de Georges Bush à la maison Blanche, 43% de population sondée en
Corée du Sud exprime une opinion très défavorable aux
Etats-Unis et seulement 22% des jeunes exprimèrent une opinion
favorable. 2-Source : http//
www.diploweb.com/geopolitique.
Pour Barthélemy Courmont, les autorités Sud-coréens furent
contre la politique de redéploiement des forces US en Corée du
Sud. Le pentagone a confirmé le 7 juin 2004 un projet de retrait de
quelques 12500 soldats américains en Corée du Sud. Mais
Séoul ne fut pas partante. Le conseiller à la
sécurité Sud-coréen Kwon Chin-Ho déclara à
ce propos « Le calendrier n'est rien qu'une suggestion des Etats-Unis
et nous devons l'examiner et négocier» pour lui «Lors
du processus d'examen, nous devons aussi discuter de près quels soldats
américains doivent être retirés de
Corée».Pour sa part, le Ministre de la défense
Cho-Young-Kil qualifia le projet de simple suggestion.
vis de l'allié de plus de 50 ans dont l'absence serait
source d'inquiétude vis-à-vis de la Corée du Nord. La
photo qui suit est bien révélatrice et confirme nos propos.
Photo n°11: Barack Obama et son homologue Lee
Myung-bak en conférence de presse
Source :
http://www.amitiefrancecorée.org.
Barack Obama en conférence de presse conjointement avec
son homologue sud-coréen Lee Myung-bak, à Séoul le jeudi
19 novembre 2009 à l'issue de sa tournée asiatique. Il
réitéra la position américaine sur le nucléaire
nord-coréen. L'atmosphère que présentent ici les deux
dirigeants n'exprime en rien la discorde dans leur relation. Au contraire la
complicité qu'ils affichent ici révèle assez bien que la
Corée du Sud a besoin du soutient américain de même, les
américains ne pourront s'en passer de leur présence en
Corée du Sud. La Corée du Nord at-elle quant à elle
conservée les relations avec ses traditionnelles alliées?
Les années 90 virent une nouvelle orientation dans les
Relation Internationale: la disparition du bloc soviétique suite
à l'éclatement de l'URSS et l'affaiblissement de la Russie. La
Corée du Nord a ainsi perdu le soutien historique de la Russie.
La Chine son second soutien, au cours des années 90
s'ouvrit au capitalisme1. Elle noua des relations avec Séoul
et Tokyo et se rapprocha de la Superpuissance américaine. Mais
contrairement à la politique de Washington faite de pression et de
sanction, Pékin prôna la négociation à
l'égard de Pyongyang. Les désaccords intervenus entre les deux ne
furent pas pour entraîner la Corée du Nord dans une guerre contre
l'Occident. Pékin soutient le maintient du statu quo dans la
Péninsule2 . La Chine commença à avoir assez de
son «petit
1-Source :
www.bricandco.com du 4 juin 2009.
Les changements survenus en Chine, notamment la transition économique,
ainsi que la reprise des relations diplomatiques entre Pékin et
Séoul ont quelque peu altéré la nature des relations
sino-nord-coréennes. Il relate que les dirigeants chinois sont devenus
plus exigeants et les dons en provenance du grand frère du nord firent
place au troc ou à des relations commerciales.
2-Source :
www.agoravox.fr/actur
consulté le 31/Mars/2010. La Chine ne supportera point un
éventuel effondrement du régime du frère Kim Jong-Il et la
fuite de nombreux Nord-coréen vers leur territoire.
frère» empêchant du coup Kim
Jong-Il à aller au bout de ses menaces contre l'Occident1. Le
Gouvernement de Pékin fit tout pour contraindre son voisin à la
table de négociation avec l'Occident. On se rappelle des discussions
à six même si elles n'aboutirent à grande chose.
A la suite du 1er essai nucléaire
nord-coréen, la Chine accepta également de sanctionner toutes les
transactions financières «susceptibles de contribuer au
développement des armes de destruction massive» et d'interdire
toute aide financière à la Corée, sauf à des fins
humanitaires et d'assistance pour mettre fin à ses programmes
nucléaires2. Elle montra aussi son opposition à l'arme
nucléaire de Pyongyang3. Mais cette situation peut-elle
conduire à une désolidarisation de Pékin à
l'égard de la Corée du Nord? La photo suivante illustre mieux nos
propos.
Photo n°12 : Les dirigeants nord-coréens et
chinois en travaux à Pyongyang
Source :
www.aujourdhuilacorée.com
du 26/06/2009.
A l'occasion du 60eme anniversaire de
l'établissement des relations diplomatiques entre la République
populaire de Chine et la République populaire démocratique de
Corée, le 6 octobre 1949, le Premier ministre chinois Wen Jiabao,
à la tète d'une forte délégation, a effectué
une visite en RPDC du 4 au 6 octobre 2009. Cette table de concertation a
été l'occasion de réaffirmer la solidarité entre la
République populaire de Chine (RPC) et la RPDC, forgée notamment
pendant la Guerre de Corée (1950-1953). Elle montre la chaleureuse
relation qu'entretiennent les deux entités de la région.
1-Source : www.agoravox.fr/ actualité
internationale. Pour l'auteur un haussement de ton de la part de la Chine
serait un frein aux ambitions de Kim Jong-Il.
2-Source :
wwww.wsws.org du 22 juin 2009. Pour
John Chan, la Chine redouta que les actions de Pyongyang ne fournissent un
prétexte au Japon et à la Corée du Sud pour renforcer
leurs armées y compris l'acquisition nucléaire qui menacerait
aussi bien Pyongyang que Beijing. C'est pourquoi Pékin opta pour la
négociation. Ainsi Qin Gang, porte parole du Ministre des affaires
étrangères invita toutes les partis au dialogue, un retour des
six à la table des négociations sembla obligatoire pour lui,
même si Pyongyang y s'opposa.
3-Source : www.parisforum21-org du 25/Avril/2009.
La Chine ne cessa jamais de soutenir diplomatiquement la
Corée du Nord dans la mesure où elle assure la sanctuarisation du
territoire chinois1. Ce soutien de Pékin atteint son point
culminant en 2003 lorsque le Président Hu Jin Tao proposa des
pourparlers à six sur le nucléaire Nord-coréen à
Pyongyang.
Notons aussi la rencontre intervenue entre les ministres Liang
Guanglie et Kim Yong Chun pour échanger des points de vue sur les
relations bilatérales et les relations entre les forces armées
des deux pays. M. Liang déclara à cette occasion:
«l'amitié traditionnelle entre la Chine et la RPDC a
cautionné à se développer depuis l'établissement
des relations diplomatiques bilatérales il y a 60 ans, en dépit
des changements de la situation internationale». Il ajouta que
«les relations entre les deux armées constituent une partie
importante des relations bilatérales, et le côté chinois
est prêt à forger des liens plus étroits avec la RPDC en
matière d'échanges et de coopération entre les forces
armées des deux pays, en vue de pousser en avant les relations
bilatérales de bon voisinage et de coopération amicale dans la
nouvelle situation». Kim Yong Chun, pour sa part souligna que
«Les amicales relations de coopération RPDC-Chine,
établies par l'ancienne génération des dirigeants des deux
pays ont été consolidées et développées dans
la nouvelle ère. La RPDC travaillera avec la Chine pour améliorer
les relations entre les deux pays et les deux forces
armées»2.
De ces déclarations, l'on peut déduire une
très chaleureuse relation entre les deux pays. Mais si on s'en tient aux
situations précédentes où la Chine fut condamnée
à sanctionner son «petit frère» on peut émettre
des doutes. En effet, pour la Chine, la Corée du Nord est un pion
stratégique dont elle n'a pas l'intention de se départir. La
Chine n'a pas intérêt à mettre en péril une relation
économique mutuellement rentable.3 Par ailleurs
l'allégeance nordcoréenne à la Chine offre à
celle-ci un rempart contre la domination militaire des États-Unis et la
concurrence économique japonaise, étant donné que la Chine
prétend jouer le rôle de grande Puissance régionale voir
mondiale en concurrençant les États-Unis d'Amérique. La
photo qui suit confirme les bonnes relations entre la Chine et la RDPC.
1-Source :
www.bricandco.com du 4 juin 2009.
La Chine et la Corée du Nord sont séparées par les fleuves
Tumen et Yalou. Il s'agit donc d'une position stratégique
essentielle.
2-Les deux déclarations furent
rapportées par l'agence de presse nord-coréenne Xinhna le
25-Novembre-2009 disponible sur le
www.news.cn.org.
3- Source :
www.perspectivesgespolitiques.com/orient
du 4 février 2010. L'auteur de l'article révèle que le
commerce bilatéral de la Chine avec la RPDC se solda à 2,8
milliards de dollars en 2008 soit une augmentation d'environ 40% par rapport
à 2007. Les exportations chinoises au pays de Kim Il-sung
s'élève et la Chine en outre obtient la gestion de plusieurs
installations portuaires Nord-coréenne, ce qui procure un avantage
commercial.
Photo n°13 : Kim Jong-il recevant une
délégation du PCC
Source: http://www.amitiefrancecoree.org/ février 2010.
Le 23 janvier 2009, le dirigeant Kim Jong-il (à
droite), secrétaire général du Parti du travail de
Corée, a reçu une délégation du Parti communiste
chinois. Cette visite, qui s'inscrit dans le cadre de l'année de
l'amitié entre la Chine et la République populaire
démocratique de Corée, permet de resserrer encore les liens
étroits qui unissent les deux pays socialistes. L'atmosphère que
présentent ici ces dirigeants est révélatrice de la bonne
relation qui leur lie.
Selon l'agence officielle nord-coréenne KCNA, la
délégation du Comité central (CC) du Parti communiste
chinois (PCC) conduite par M. Wang Jiarui, chef du département aux
relations internationales reçue par le dirigeant Kim Jong-il,
secrétaire général du Parti du travail de Corée,
était porteur d'un message du président Hu Jintao,
secrétaire général du CC du PCC, à l'occasion du
nouvel an lunaire, le 26 janvier, et de l'année de l'amitié entre
la République populaire démocratique de Corée et la
République populaire de Chine. De fait, les deux pays socialistes
nourrissent des liens d'amitié et de coopération de longue date,
depuis l'intervention des volontaires chinois, dont le fils du président
Mao Zédong, mourut au combat aux côtés des
Nord-coréens pendant la guerre de Corée (1950-1953). Les 2
millions de Coréens (ayant fuit la colonisation japonaise) de Chine ont
joué un rôle actif dans la victoire sur le Kouo-Min-Tang
puis la fondation de la République populaire de Chine, en 1949, et leur
représentation au 17ème Congrès du PCC1 en
octobre 2007, témoigne toujours de la reconnaissance de ce rôle
historique. La Chine est donc un acteur très important pour la
1-confer
http://aafc-bourgogne.over-blog.org/article-26143806.
novembre 2010.
Corée du Nord et ceci du point de vue
historique1. Malgré les orientations diamétralement
opposées ces derniers temps, la Corée du Nord considère
toujours la Chine comme le grand frère2. La Chine de son
côté utilise le petit frère comme un pion pour justifier sa
prépondérance dans la région et le statut futur qu'elle
prétend jouer dans le monde.
Au sortir de la Guerre de Corée dite de Guerre
fratricide, naquit un statu quo qui ne permit aucune évolution
de la situation dans la Péninsule. Ni Kim Il-sung, soutenu par le bloc
de l'Est ni Syngman Rhee en complicité avec le camp occidental,
parrainé par les USA ne parvinrent à établir la
réunification armée de la Corée. L'armistice de juillet
1953 consacra définitivement la situation de partition. Les deux
Corée évoluèrent désormais dans le contexte de la
Guerre froide où les deux superpuissances renforcèrent leurs
positions et soutiens aux deux États. La Péninsule vécut
cette rivalité idéologique, militaire et économique
jusqu'au moment où un camp fit volte face. En effet, les années
90 virent finir la Guerre froide par faute d'un camp. Les difficultés de
l'URSS conduisirent à l'explosion du Camp soviétique.
Les États-Unis, devenus hyperpuissants,
renforcèrent leur présence et leur action en Corée du Sud.
De même, leur soutien à celle-ci fut plus fréquent.
Même si ces dernières années on assiste à un certain
antiaméricanisme, ce ne fut pas dans le cadre de contester la puissance,
la culture américaine par les sud-coréens, mais il s'agit d'un
désire de plus d'indépendance et d'autorité. La
Corée du Sud a d'avantage peur de la menace de sa soeur du Nord et
réclame à l'Amérique une conduite bien
négociée et discutée. La Corée du Nord, elle autre
conscient de la disparition de son mentor l'URSS, s'isola totalement
et s'investit dans l'enrichissement nucléaire, seul
élément pouvant lui permettre de résister face à la
menace militaire américaine. La Chine, son second soutien (même si
elle s'ouvrit au libéralisme se rapprochant du coup de la Corée
du Sud et des États-Unis) ne compte guère abandonner le petit
frère dont elle se sert pour s'imposer sur l'échiquier
international, vu ses ambitions de puissance régionale et surtout
mondiale.
Les Américains, malgré leur volonté de
réorganisation de l'armée US en Corée ne comptent
guère lâchée leur alliée puisque cette
présence militaire permet de maintenir leur
1-Source : www.AgoraVox.fr/ perspectives
géopolitique.
2- Source: www.pékinreview.com/ 25
novembre 2009. Après la guerre de Corée, le Premier ministre
chinois Zhou Enlai, en visite à Pyongyang du 14 au 21 février
1958, a déclaré que "la Corée et la Chine sont des
Etats amis unis par le sang. Vous nous avez aidés quand nous avons eu
besoin de vous. Nous sommes venus vous secourir quand vous avez
été envahis par les impérialistes
américains"). Lors de ses visites en Chine en 1958, le
président Kim Il-sung déclara que "le peuple coréen
conservera comme un trésor son amitié avec le peuple chinois et
fera tout son possible pour renforcer et développer cette
amitié".
hégémonie dans la Péninsule mais surtout
de contrôler la Chine, la Russie et bien sûr la Corée du
Nord. Cette présence étrangère en Corée eut des
impacts sur l'évolution des relations des deux Etats frères. Ne
devait-on pas en élucider?
CHAPITRE IV : LES RELATIONS INTERCOREENNES DE 1953 A
2009 ET LE PROCESSUS DE LA REUNIFICATION
Définies comme rapports et flux transfrontaliers,
matériels ou immatériels, qui peuvent s'établir entre deux
ou plusieurs individus, groupes ou collectivités, les relations
internationales sont animées dans la péninsule coréenne
par deux États : la Corée du Nord (RPDC) et la Corée du
Sud (la République de Corée). Soutenus respectivement par le bloc
communiste et celui capitalistes, les deux États connurent des
évolutions opposées à l'image de leurs alliés. Les
relations intercoréennes évoluèrent donc dans le contexte
de la Guerre froide puis dans celui de l'après Guerre froide.
Ces relations toujours conflictuelles, fondées sur des
affrontements entre les forces armées, de terrorisme d'État avec
de victimes aussi bien civiles que militaires ne furent que le reflet des
relations internationales sur la scène mondiale, faites dans un premier
temps de bipolarisation puis de monopolarisation ensuite. Comment donc les
relations intercoréennes ont-elles évoluées dans ce
contexte ?
Par cette présente, nous tenterons d'élucider
les différents méandres des relations que les deux États
frères de la Corée ont entretenues et voir en quoi le processus
de réunification semble hypothéqué. Mais bien avant nous
présenterons les deux entités de la Péninsule et leur
évolution.
I. Les deux entités de la Corée et leur
évolution
Lorsqu'en 1945, les forces alliées conformément
aux accords du Caire1 envahirent la Corée pour obtenir la
capitalisation du Japon, ni les américains au Sud du 38è
parallèle, ni les soviétiques au Nord, encore moins les
coréens ne crurent à une partition définitive de la
Péninsule. Le nom respect des engagements pris par les Superpuissances,
la réticence des coréens et surtout la naissante Guerre froide
rendirent difficile la situation. Ainsi aboutit-on à la proclamation de
deux États séparée en Corée dès 1948.
L'ambition affichée de chaque partie de
réunifier militairement la Péninsule en imposant son
idéologie, échoua à l'issue de la Guerre
fratricide qui eut lieu entre 1950-1953.
1- Droz B. (1992 : 121) nous rappelle que les
coréens furent hostiles à tout ce qui apparu comme tutelles
étrangères. Ainsi ils accueillirent avec difficulté les
résolutions de la Conférence de Moscou de décembre 1945
qui institua une commission mixte soviéto-américaine, ayant pour
tâche l'organisation des élections libres et l'instauration d'un
gouvernement pour la Corée réunifiée. Outre cette
hostilité, c'est l'opposition idéologique qui aggrava la
situation. Confer chapitre deuxième.
Celle-ci se solda par un statu quo et l'armistice de
juillet 1953 confirma la situation de départ. La Péninsule fut
donc divisée entre deux États qui revendiquèrent
représenter chacun l'ensemble de la Corée. Au Nord, la
République populaire et démocratique de Corée et au Sud,
la République de Corée.
Loin de faire une étude très
détaillée de ces Entités de la Péninsule,nous nous
contentons de relater leur origine et surtout leur évolution dans la
période de notre recherche.
1.1. La Corée du Sud : République de
Corée
Conformément aux accords de Moscou de mai 1945, les
États-Unis reçurent la reddition des forces japonaises au sud de
la ligne de démarcation le 8 septembre 1945. (Duroselle 2004: 138). Le
général américain Hodge prépara la
rééducation et introduisit des partis politiques. Les
américains entreprirent l'élimination des dirigeants communistes.
Ils gagnèrent la sympathie de Syngman Rhee qui vécu longtemps aux
États-Unis (Droz 1992 : 121). Ce dernier remporta avec son parti les
élections organisées par les américains.
Carte n° 8 : la République de Corée
après le partage en 1948
Source:
www.dinosoria.com;
téléchargé le 20 mai 2010.
Cette carte montre la situation géographique de la
République de Corée au sud de la ligne de démarcation avec
ses principales villes et îles.
Le manque de consensus entre les deux Superpuissances entrava
les activités de la commission temporaire1 de l'ONU qui
reçu mandat pour organiser les élections sur toute
l'étendue de la Péninsule. Ces élections eurent finalement
lieu au sud le 10 mai 1948.
L'association nationale pour la réalisation rapide de
l'indépendance coréenne, parti de Syngman Rhee remporta la
majorité des sièges. Il constitua un gouvernement après
l'élaboration de la constitution.
Photo n° 14 : Syngman Rhee, Président de la
Corée du Sud en 1948
Source:
www.flickr.com du 20 mai 2010.
Sur cette photo, on observe le premier Président de la
Corée du Sud (République de Corée). On peut observer au
tour de lui des Autorités militaires américaines au cours d'un
discours qu'il prononce pendant la campagne électorale en 1948. Ce qui
témoigna du fort soutien qu'il obtint des américains et que nous
démontrons le long de ce travail.
1-Cette commission, mise en place par l'ONU,
remplaça la commission mixte soviéto-américaine. Elle est
présidée par l'Inde et composé de 8 membres à
savoir : Australie, Canada, Chine France, Inde, Philippines, San Salvador,
Syrie et Ukraine. Confer chapitre II pour plus d'informations.
La République de Corée fut donc proclamée
et reconnue par les États-Unis et les pays Occidentaux. Son premier
Président fut Syngman Rhee. Les américains réussirent
à instaurer ainsi une démocratie à la Coréenne
faite de dictature militaire, d'autocratie, de despotisme, de coups
d'État militaire, d'arrestations d'opposants et surtout d'émeutes
(Balaize 1991 : 76-78). En effet, ce ne fut qu'en décembre 1992 que le
pays connut l'élection d'un Président civil (Courmont :
2006)1, soit une trentaine d'année plus tard après que
le premier Président, réélu trois fois, fut contraint
à l'exil2 en 1960. Kim Yang-Sam aussitôt après
son élection lança les bases d'une réelle
démocratie et mit fin à l'intervention militaire dans la vie
politique en imposant une remise en ordre de l'armée et de la classe
politique, après trente ans de régime militaire. Il permit
à son successeur Kim Dae-Jung (1997-2002) de redonner vie à la
culture coréenne. Il entreprit une ouverture vers le frère du
nord grâce au Sunshine Policy3.
Voici la liste chronologique des différents
Présidents coréens depuis 1948:
- Rhee Syngman (Yi Sung man) 1948-1960
- Yun Po-Sun (Août 1960-mai 1961)
- Général Park Chung-hee (1963- 1979)
- Choi Kyu-hah (1979- 1980)
- Chun Doo-Hwan (1980- 1993)
- Roh Tae-Woo (1988- 1993)
- Kim Young-Sam (1993- 1998)
- Kim Dae-Jung (1998-2003)
- Roh Moo-hyun (2003-février 2008)
- Lee Myung-Bak (février 2008-à nos jours)
La vie politique, organisée autour de deux grandes
tendances politiques : la Droite conservatrice et la Gauche démocrate,
est animée par plusieurs parties politiques4. On assista
1-Source :
www.diploweb.com. Il rappelle que
la marche vers la réelle démocratie permit aux coréens du
Sud d'élire leur premier Président civil Kim Yong-Sam
(1993-1997). Il lança une importante vague de mesure contre la
corruption et mit en place de vastes reformes économiques visant
à assouplir les réglementations nationales, à favoriser
les investissements étranger et à promouvoir la concurrence.
2-Né le 26 mars 1875 à Haeju
aujourd'hui situé au Nord, Syngman Rhee fit ses études aux
Etats-Unis en Sciences Politiques sanctionnées par un Doctorat. Chef de
gouvernement coréen en exil sous la dictature coloniale japonaise
à Hawaï. Il fut élu président de la Corée du
sud en 1948.Il exerça le pouvoir d'une manière autocratique et
entraîna le pays dans la guerre de 1950-53. Il fut réélu en
1952, 1956 et 1960 mandats au cours desquels il mit en place une reforme sur
l'éducation et le foncier, mais en 1960 sa réélection
suscita de violentes manifestations le conduisant à la démission.
Il quitta le pays pour Hawaï où il mourut en 1965 (Balaize
1991).
3-Nom donné aux efforts de
réconciliation intercoréenne prônée par ce dernier.
Confer partie II du chapitre. 4-Source :
www.wikipediat.fr .
à des manifestations1 populaires contre le
pouvoir, des renversements politiques ou coups d'Etats. Ainsi en 1987,
d'énormes rassemblements populaires eurent pour conséquence des
reformes politiques significatives. Il y fut élaborée une
révision constitutionnelle permettant des élections
présidentielles directes. Ce qui permit d'ailleurs l'élection de
Roh Tee-Woo comme Président (décembre 1987). Il exerça son
pouvoir entre 1988-1993.
L'un des évènements majeurs qui
marquèrent la vie politique de la Corée du Sud fut l'affaire de
la destitution de février 2004. En effet, le parlement sud-coréen
(Parlement Monocaméral) vota le 12 mars 2004 une motion qui suspendait
Roh Moo-Hyum de ses fonctions présidentielles plongeant ainsi le pays
dans un vide constitutionnel2. Mais, les législatives du 12
mai 2004 rétablirent le Président dans ses fonctions,
puisqu'à ces élections l'opposition perdait sa majorité au
profit du Président dont les partisans se mobilisèrent pour
transformer le jout électoral en un plébiscite pour Roh
Moo-Hyum3.
Sur le plan international, le pays connut une évolution
très remarquable. En effet, contrairement à la doctrine Holstein,
Park Chung-Hee, Président de 1963-1979 maintint des relations
diplomatiques avec tout les États qui en établissaient
également avec la Corée du Nord. Les jeux olympiques de 1988
à Séoul entérinèrent cette Politique de la
Corée du Sud. Cet évènement permit au pays de se
rapprocher des Républiques de l'est dont la Hongrie. Cette situation
s'accentua après la chute du Mur de Berlin (1989) et entraîna
l'écroulement de l'URSS et le bloc soviétique. En effet la
nouvelle politique de Gorbatchev4 à l'égard des
occidentaux permit le réchauffement des Relations internationales. La
Corée du Sud en profita énormément. Ainsi intervint en
juin 1990 une rencontre Roh-Gorbatchev à San Francisco. En septembre,
Edouard Chevardnadze se rendit à Séoul suivie de l'annonce de
l'établissement des relations diplomatiques entre les deux États
le 30 septembre.
En décembre de la même année, Roh se
rendit aussi à Moscou pour y signer plusieurs accords commerciaux. La
plus grande ouverture de la Corée du Sud fut l'établissement des
relations avec la Chine qui demeura alliée sans faille de la
Corée du Nord. En effet, dès 1989 intervint le
développement des relations commerciales avec la Chine à hauteur
de 3 milliards
1- Source :
www.lesechos.fr . Ces
manifestations s'explique par la croissance économique que connue la
Corée du Sud. La corruption et la répartition inégale des
fruits de la croissance ont généré la monté des
revendications populaires ce qui aboutit, en 1980, à une
démocratisation du régime.
2-Source :
www.wikipédia.fr.
Première dans l'histoire du pays, cette situation n'acquit de
l'initiative de l'opposition majoritaire au parlement. Par 193 voix contre 47
boycotts, ils reprochaient au Président sa sympathie pour un parti
politique : URI constituée majoritairement par ses fidèles.
3-Confer le
www.wilipédia.fr.
4- C'est sous la direction de Gorbatchev que l'URSS se
vida de sa substance grâce de sa politique de Glasnost et de
Pérestroïka. Ce qui suscita des mécontentements au sein du
bloc soviétique et en URSS (Duroselle 2004).
de dollars US (Balaize 1991 : 82), avec accords sur les bureaux
d'échanges commerciaux qui se transformèrent en consulats dans
les deux pays.
En 2002, la Corée du Sud organisa un grand
évènement mondial qui réunit 32 pays du monde. La coupe du
monde de la FIFA organisée avec la Japon et qui connut un grand
succès unanimement reconnu par les participants. Elle signa un
traité le 22 juin 1965 avec le Japon prévoyant un versement
d'assistance japonaise au développement à hauteur de 300 millions
de dollars et des prêts bancaires de 500 millions de
dollars1.
Cette reprise du dialogue contribua au développement du
pays. Le Japon devint à partir de 1969 le premier partenaire commercial
de la Corée du Sud, même si cela n'exclût pas de
régulières tensions2. Park Chung Hee fit remarquer
d'ailleurs que l'accord avec le Japon s'inscrit aussi dans le resserrement des
liens avec les États-Unis. Ce lien avec les ÉtatsUnis3
aussi bien sur le plan politique, économique que militaire permit
à la Corée du Sud de passer de l'étape de pays
sous-développés dans les années 60 à un Pays
Industrialisé de nos jours. En effet la Corée du Sud,
contrairement à la Corée du Nord (qui concentre beaucoup de
ressources du sous-sol sur son territoire) fut une terre de culture surtout de
riz, car elle regroupe les meilleures terres agricoles selon la colonisation
japonaise. Puis, la guerre de Corée (1950-1953) rendit plus pauvre la
Péninsule au Sud4 comme au Nord (Courmont 2006). Mais au
sortir du conflit, les sudistes adoptèrent une stratégie
d'expansion basée sur le développement des échanges avec
l'extérieur. Ainsi le pays recourut à des emprunts et
technologies étrangers pour se retrouver parmi les dix plus grands pays
exportateurs au monde et les quinze grandes puissances économiques du
monde (Balaize 1991: 89).
Le tableau qui suit nous permet de réaliser la
véritable croissance économique de la Corée du sud. En
effet, pour une population de plus de 42 millions atteints en 1989, le PNB par
habitant fut 4968 dollars US. Ce dernier était, en 1949,de l'ordre de 70
dollar pour une population, pratiquement la moitié de celle de 1989 (un
plus de 20millions). Ainsi, pendant
1-Source :
www.stratégicinternational.com
. La normalisation de réaction entre la Corée du Sud et le Japon
suscita de vives manifestations d'opposition dans les deux pays liées
surtout au passé coloniale.
2- Source :
www.stratégicsinternational.com.
Le problème coréen toucha directement le Japon qui ne resta
indifférent à la situation dans la Péninsule. Ceci se
justifia par les dramatiques évènements en Corée du Sud
tels que : en 1979 l'assassinat du Président coréen Park Chung
Hee, le coup d'état qui porta au pouvoir Chun Doo Hwan, en 1980 le
massacre de Kwangju ; qui fit selon Balaize officiellement 200 morts, et la
condamnation à mort de Kim Dae Jung, renforcèrent l'image
négative du Japon en Corée du Sud.
3- Confer chapitre III.
4-Source :
www.lesechos.fr. La Corée du
Sud fut plus pauvre que la plupart des pays africains en 1960. Mais elle
rejoignit, en une génération le cercle des pays
industrialisés. Elle connut entre 1962-1990 un taux de croissance de
l'ordre de 10% par an. Pour elle, ce miracle économique fut le
résultat d'un développement d'industries intensives en main
d'oeuvre comme le textile, l'assemblage électronique et automobile pour
l'exportation.
que la population doublait en espace de 40ans, le PNB par
habitant lui se multipliait par 71. Quel miracle économique?
Tableau n° 3: Evolution du PNB de la Corée du
Sud pendant la Guerre froide.
Année
|
1949
|
1961
|
1966
|
1971
|
1976
|
1981
|
1986
|
1989
|
Population en
|
20,2
|
25,8
|
29,4
|
32,9
|
35,8
|
38,7
|
41,6
|
42,4
|
M hab.
|
|
|
|
|
|
|
|
|
PNB/hab.
|
70
|
1O7
|
134
|
276
|
765
|
1719
|
2300
|
4968
|
$US courant
|
|
|
|
|
|
|
|
|
PNB, Mid $
|
1,4
|
2,8
|
3,7
|
9,1
|
28,7
|
66,2
|
95,3
|
210,1
|
US courant
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Source: (Balaize 1991 : 100).
Mais sans perdre de vue, ceci est à mettre à
l'actif de la puissance américaine qui fut un soutien économique
sans faille, histoire de permettre à la Corée du Sud de
résister à l'avancée du communisme. Le Tableau qui suit
fait un récapitulatif de ce que fut la croissance économique dans
le pays au cours de divers périodes.
Tableau n°4: Évaluation de la croissance
économique de la Corée du Sud (taux moyen annuel en
%)
1962-1965
|
1966-1970
|
1971-1975
|
1976-1980
|
1981-1985
|
1986-1988
|
6,7
|
10,4
|
10,9
|
10,1
|
7,5
|
11,1
|
Source: (Balaize 1991 : 109).
La grande dépression des années 1981-1985 est
liée aux soubresauts politiques, mais quand revint la stabilité,
la croissance reprit de fort belle manière.
Les divers plans de développement économique
sont surtout caractérisés par le dirigisme et l'intervention de
l'État à tous les stades de l'économie. La construction
d'une économie à forte croissance, soutenue par les exportations;
le développement volontairement déséquilibré en
concentrant les efforts sur les industries stratégiques cibles, enfin la
politique de croissance d'abord et redistribution plus tard; conduisirent la
Corée du Sud à un stade de miracle économique. Elle qui,
en 1970 était plus pauvre que le Cameroun, atteignît en 1990 le
niveau du Portugal1 et fait parti, aujourd'hui des
treize (13) pays les plus industrialisés du monde.
Mais tous ces exploits ne furent possibles sans le soutien et
la présence sur son territoire de la première puissance mondiale,
lui accordant protection militaire, sécurité militaire. Ceux que
sa soeur du nord devait à tous prix assurer, elle autre, sans aucun
soutien inconditionnel de l'étranger.
1.2. La Corée du Nord : République populaire
et démocratique de Corée
L'armée soviétique en pénétrant la
Corée au nord du 38è parallèle le 10 août 1945,
conformément aux accords, négocia sur le terrain avec les
diverses tendances nationalistes en privilégiant bien sûr les
communistes comme ce fut le cas dans les pays de l'Europe de l'est. Ainsi, elle
posa les bases d'un futur État communiste et Stalinien.
Kim Il-sung, ancien combattant de l'armée rouge
après la bataille de Stalingrad, fut désigné leader.
Lorsque la situation s'enlisa dans la péninsule et surtout suite
à la proclamation de la République de Corée (Corée
du Sud), il y fut organisée une élection pour
dégagée une Assemblée du peuple de toute la Corée
(Duroselle 2004 : 138). Composée de 300 membres pour la Corée du
Sud et 213 membres pour la Corée du Nord, l'Assemblée populaire
suprême proclama solennellement la création de la
République populaire et démocratique de Corée, État
souverain, doté d'un pouvoir authentiquement populaire et garantissant
l'indépendance de toute la Corée2
Le 9 septembre 1948, il y fut nommé le gouvernement de
la République populaire de Corée qui fut directement reconnu par
l'URSS et les démocratiques populaires puis par la République
populaire de Chine. Kim Il-sung procéda par la suite à la reforme
agraire et nationalisa les principales industries c'est ce qu'on peut
déduire à travers cet extrait de discours: «Camarades,
compte tenu de la venu à maturité de l'exigence du
développement de notre société, compte tenu
également de la situation intérieure et extérieure du
pays, le parti a décidé d'accomplir la reforme agraire en
Corée du Nord et a concentré tous ses efforts sur ce travail.
[...]Aujourd'hui, le comité populaire provisoire de la Corée du
Nord a adopté et promulgué la loi sur la confiscation sans
indemnités et la nationalisation de l'ensemble des usines, mines,
centrales électriques, transports ferroviaires, banques,
commerce,
1-Source :
www.amitiefrancecoree.fr/avril/2010.
Alors que le niveau de développement était comparable à
celui du Cameroun en 1970, le produit intérieur brut (PIB) par habitant
de la Corée du Sud atteint celui du Portugal dès 1990. Avec un
PIB de mille milliards de dollars, la République de Corée devient
en 2009 l'une des treize premières puissances économique au
monde.
2-Source :
www.cilreco.com du 18 janvier
2010.
établissement culturels, etc.., qui étaient la
propriété de l'État japonais, [...] Ainsi que des
coréens traites à la nation[...]» (Kim 1971 : 98).
Carte n° 9: Carte de la RPDC après la
partition en 1948
Source:
http://www.wikipédia.fr;
téléchargé le 20 mai 2010.
Cette carte montre l'espace septentrionale de la
péninsule que l'URSS hérita suite au partage. On peut distinguer
ses principales villes. Vue sa situation géographique, cet État
fut facilement intégré au Bloc soviétique.
La volonté de Kim Il-sung d'acquérir toute la
péninsule de Corée à la cause du communisme, et ceci au
grand dam des USA1, conduisit au déclenchement de la Guerre
de Corée dont l'entière responsabilité est portée
par le régime de Pyongyang (Droz 1992). L'adoption de deux
idéologies différentes dans la péninsule, chacun voulant
imposer son idéologie, conduisit chaque camp à vouloir
conquérir toute la péninsule par force.
1-Source :
www.cilreco.com. La création
de la RPDC porta un coup sévère aux plans de
l'impérialisme américain, elle était un obstacle
inacceptable dans la réalisation de ses projets visant à
étendre sa domination sur toute la Péninsule coréenne et
pour en faire la pièce maîtresse de sa stratégie
politico-militaire en Asie.
La Corée du Nord en intégrant le Bloc
soviétique eut le soutien de l'URSS et surtout de la Chine pour
déclencher la Guerre au Sud. Au sortir de cette meurtrière Guerre
avec environ 2,4 millions de morts, pendant que la Corée du Sud
s'engagea sur la voie démocratique1 et s'affichant de plus en
plus sur les marchés mondiaux, la Corée du Nord, elle autre se
transforma en caricature d'État Stalinien2 et demeure de nos
jours l'État policier le plus intransigeant du monde (Kissinger 2003 :
139).En effet, depuis la fin des hostilités dans la péninsule
sanctionnées par l'armistice du 27 juillet 1953, le régime de
Pyongyang se considéra toujours en état de belligérance
avec les Etats-Unis. Ce qui justifia pour longtemps sa politique
belliqueuse.
Photo n°15: Mosaïque en hommage à Kim
Il-sung, premier président « éternel » de la
Corée du Nord (RDPC)
Source:
www.aujourdhuilacorée.com,
20 mai 2010.
Cette photo montre la nature hautement militarisée du
régime que le leader Kim Ilsung mit en place et qui continue de se
pérenniser.
1-Après plusieurs péripéties, les
Sud-coréens parvinrent à un régime démocratique
avec l'avènement d'un civil au pouvoir. Il y en plus d'une dizaine
d'élection démocratiques. Confer le
www.wikipédia.org
2-Source :
www.agoravox.fr/actualité/int
du 31-Mars-2010. L'auteur rappelle que depuis la fin de la Guerre et le
maintien du statu quo, le petit État Stalinien avec un
régime totalitaire paraissait jusqu'à nos jours inoffensif et la
communauté internationale espère sa chute.
S'estimant sous la menace de l'armement nucléaire
américain1 et persuadé que les Etats-Unis veulent sa
perte, le régime entretint sa population dans une mentalité de
citadelle assiégée et se donna donc pour priorité
l'armée. En témoignage le concept d'armée en premier
« Songun chonghi ».
Des grands axes de la doctrine du djutche2
figurent, en premier lieu l'indépendance sur le plan militaire.
L'armée trouva une place assez forte au sein du régime
autoritaire à la solde Stalinien qu'érigea Kim Il-sung et qui
avait pour seul objectif, résister face à la menace
américaine. En effet, dans les années 1970 quand le cher
dirigeant Kim Il-sung entreprit un programme d'armement nucléaire,
devenant du coup le neuvième État nucléaire3,
ce fut dans le but de pouvoir négocier en position de force avec les
États-Unis. On comprend alors aisément les divers coups de forces
de Pyongyang et surtout ses deux essaies nucléaires entrepris en octobre
2006 puis en mai 20094.
La vie politique en Corée du Nord est toujours
dominée par le parti des travailleurs (Balaize 1991: 84). Très
omniprésent, ce parti est pris en otage par une oligarchie militaire
dominée par des technocrates et un chef charismatique. Signe de
militarisation à outrance du régime, le Président de la
Corée du Nord préside toujours la Commission de Défense
Nationale, un organe qui, au départ se chargeait de la gestion des
affaires militaires, devint depuis la disparition de leader fondateur le
principale organe politique du régime au détriment du parti des
travailleurs.
Progressivement, l'on assista à l'instauration d'une
dynastie familiale à Pyongyang. En effet, depuis 1973, Kim Il-sung
prépara la succession au sommet de l'État5. Balaize
(1991: 85) révèle que le Vè congrès du
parti du travail en octobre 1980 désigna le successeur officiel en la
personne de Kim Jong-il, fils du bien aimé dirigeant. Il orchestra ainsi
progressivement l'ascension politique et militaire de son fils
aîné.
1-Source :
www.mondediplomatique.fr.
Pour Sang Youl Sohn, depuis la fin de la guerre, la Corée du Sud se
remit à la protection militaire américaine. Ces derniers
déployèrent des armes nucléaires sur et autour de la
Péninsule. Environ 700 armes nucléaires furent
déployées en Corée. En visite aux États-Unis,
l'actuel Président Sud Coréen Lee Myung-Bak déclara
à ce propos «Les coréens du Nord quand ils
considéreront le solide partenariat et l'alliance qui existent entre nos
deux pays, y regarderait par deux fois avant de prendre toute mesure qu'ils
regretteront». Propos rapportés par John Chan le 21 juin 2009 in
www.wsws.org.
2-La doctrine du socialisme nord-coréen ou le
Kimilsungisme avait pour objectif final la construction d'un pays socialiste
indépendant sur le plan militaire et autonome économiquement
(Balaize 1991 :100).
3-Source :
http://www.grip.org/fr.
4- Source :
www.wikiédia.org le 27
/Décembre / 2009 à 14 h 51. A cette date la Corée du Nord
annonça officiellement l'essai nucléaire de faible puissance
effectué le lundi 9 octobre 2006 à 10 h 36 (heure locale) sur le
site de Hwadaeri près de Kilju à 100 Km de la frontière
chinoise. Cet essai fut dénoncé par la communauté
internationale, y compris la République populaire de Chine, principale
soutien de la Corée du Nord. L'ONU par la résolution 1718 du
conseil de sécurité imposa des sanctions. Deux ans et demi
après son premier essai, la Corée du Nord a annoncé le 25
mai 2009 avoir réalisé à 01 h 53 (GMT) un second essai
nucléaire souterrain d'une puissance évalué entre 10 et 20
Kilotonnes.
5-Source :
www.ifri.org du 15-Avril-2008.
D'ailleurs, depuis 1977, le futur soleil du communisme fut
présenté comme la seule personne à avoir assimilé
pleinement et matérialisé l'idée du djuché
de Kim Il-sung « le leader bien-aimé, soleil de la nation,
gouvernail de la révolution » au sein d'un régime autarcique
où ce dernier s'est fait Dieu vivant.
Photo n°16: les obsèques de Kim
Il-sung
Source: Microsoft Encarta 2008 (Chine Nouvelle /SIPA).
Kim Il-sung meurt le 8 juillet 1994, après un
règne de près de cinquante ans sur la Corée du Nord. Le
régime totalitaire et autarcique qu'il a imposé est marqué
par un culte de la personnalité qui le déifie de son vivant.
À sa mort, un deuil national de trois ans est
décrété. Le «grand leader» sera nommé
«président éternel» à titre posthume. Le culte
de la personnalité est toujours de mise au sein de son régime
où sa tombe est considérée comme un lieu de recueillement
à Pyongyang.
Le peuple Coréen n'éprouva aucun
mécontentement à cette succession. Il fut plutôt fier et
lorsqu'en 1994, intervint la mort du leader fondateur Kim Il-sung1,
son fils Kim Jongil le succéda. Aujourd'hui très fatigué
et souvent malade, lui à son tour prépare sa succession en
faisant entrer son fils Kim Jong-un dans le cercle fermé des
généraux. Il lui présenta comme image de Kim Il-sung
fondateur de la Corée du Nord.
Sur le plan international, le régime de Kim Il-sung eut
le soutien de ses alliés traditionnels. Mais depuis l'ouverture de la
Chine à l'Occident, la disparition du Bloc de l'Est et
l'éclatement de l'URSS, on assista à l'isolationnisme total de la
Corée du Nord, condamnée
1-M. Péron-Doise (2007) nous rappelle que
cette disparition soudaine de Kim Il-sung avait conduit plusieurs analystes
anglo-saxons à développer la thèse de l'effondrement de la
Corée du Nord, s'appuyant sur l'incapacité supposé de son
fils Kim Jong-il à assurer la continuité du système
politique monolithique et personnifié à l'extrême. Mais
contre toute attente le fils a habilement su gérer plusieurs crises dont
la première crise nucléaire.
à pratiquer le marchandage nucléaire pour obtenir
quelques avantages économiques (Kissinger 2003: 139).
Sur le plan économique, la Guerre civile eut beaucoup
de conséquences négatives en Corée du Nord. Selon Balaize
(1991)1, pour y remédier le régime mit en place de
nouveaux plans de reconstructions. Ce fut le cas des plans triennal 1954-1956,
quinquennal 1957-61, septennal 1961-67. Mais ces plans furent tous voués
à l'échec compte tenu de l'augmentation considérable des
dépenses militaires.
Cette situation conduisit la population dans une
précarité absolue, où famine et malnutrition furent le
quotidien des Nord-coréens. Avec 23 millions d'habitant à la fin
des années 1990, l'indice de développement humain plaçait
la Corée du Nord au 83è rang mondial tandis que la soeur du Sud,
avec ses 50 millions d'habitants, occupait le 29è rang mondial.
C'est dans ce contraste absolu que les deux États de la
Corée vécurent et continuent de vivre, condamnés à
cohabiter malgré leur opposition idéologique. Cette cohabitation
implique le développement des relations multiformes qu'il convient de
décrypter.
II. Les différentes phases de l'évolution
des relations intercoréennes de 1953-2009
Les deux États de la Péninsule, nous l'avions
mentionné naquirent dans un schéma de confrontation bien
impliqué dans la Guerre froide, avec un nord communiste et un sud
allié des États-Unis.
A leur naissance le premier obstacle au quel furent
confrontées les deux Corée est d'ordre idéologique. En
effet, de chaque côté, il fut question d'affirmer la
suprématie d'un choix de société et la directive politique
qui en ressort. D'ailleurs la partition du pays et l'écartement de la
nation coréenne furent les conséquences de cet imposant choix,
qu'il fût libéral ou communiste.
Depuis la fin de la Guerre civile qui empêcha et le
communisme et le libéralisme de s'emparer de toute la Péninsule,
la ligne de démarcation: le 38ème
parallèle fut transformé en une frontière, la plus
intangible du monde aussi bien économiquement, idéologiquement
politiquement que militairement. Sur ce dernier point, il faut rappeler
qu'environ 1 million 200 soldats nord-coréens furent mobilisés
dans cette zone de même que 400000 soldats sudcoréens
(Péron-Doise 2007: 1).
1-L'auteur révèle qu'après la
libération, la Corée du Nord était plus favorable à
la Corée du Sud sur le plan industriel. La partie septentrionale, selon
l'auteur produisait 92% l'électricité, 86% des combustibles, 82%
des produits chimiques, 78% des minerais mais la presque totalité des
installations industrielles furent détruite par les bombardements
américains pendant la guerre de Corée.
Photo n°17: DMZ : village frontière de
Panmunjom
Source: Microsoft Encarta 2008.
La clause principale de l'armistice du 27 juillet 1953, qui mit
fin à la guerre de Corée, spécifia que les deux
adversaires (Sud-coréens et Nord-coréens) doivent reculer leurs
troupes de 2 km par rapport à la ligne de front (le 38e
parallèle), créant ainsi une zone démilitarisée,
connue sous le nom de DMZ (Demilitarized Zone). Longue de 250 km, sur une
largeur de 4 km, la DMZ est délimitée par une haie continue de 3
m de haut, surmontée de barbelés. Le seul point de contact entre
le nord et le sud, où des soldats se font face, se situe à Pan
mun jom, là où a été signé l'armistice.
Ainsi donc on peut apercevoir des soldats sud-coréens et
nord-coréens face à face à longueur de journées.
Ce fut à travers de cette frontière large de 4 Km
et long de 250 Km à hauteur du 38 parallèle que les
Coréens furent condamnées à mener leurs relations.
Ces relations furent, durant toute cette période
très tendues, mais faites par monument de dialogues et de partenariats
économiques.
2.1. Des relations tendues dans la péninsule
Coréenne de 1953 à 2009
Dès leur fondation, les deux régimes du Nord et
du Sud prétendirent représenter l'ensemble de la Corée. Au
sud, la Corée du Nord demeure toujours officiellement La province du
Nord. Il exista une loi interdisant aux sud-coréens de mener des
échanges directs, sans aucune autorisation au préalable, avec
leurs frères du nord.
Au sortir de la guerre de Corée, les acteurs n'ont
jamais signé un traité de paix et ce fut l'armistice de 1953 qui
régit les relations intercoréennes. Ces dernières
s'établirent bon gré mal gré et dans un climat de
défiance extrême. La diplomatie nord-coréenne avança
toujours sur une base de confrontation1. Ainsi, des affrontements
entre les forces armées ou les services secrets de la Corée du
Nord et de la Corée du Sud au cours d'espionnage, des raids commandos,
de terrorisme d'État, ainsi qu'au sujet des zones de pêches ont
faits depuis la fin des opérations militaires en Corée des
centaines de victimes civiles et militaire, avec souvent de lourdes pertes dans
les deux camps. Plusieurs attentats furent perpétrés contre des
membres du gouvernement sudiste dont deux contre le président Park
Chung-Hee 2en 1980.
Les années 1967 et 1968 furent des années record
d'infiltrations militaires avec 743 agents armés recensés sur les
3693 infiltrées de 1954 à 1992. Une attaque contre la
résidence présidentielle par 31 hommes qui formaient un commando
des forces spéciales du Nord, se solda par 28 tués et un
prisonnier du côté Nord-coréen. En Corée du Sud, on
dénombra 68 morts civils et militaires et 66 blessés. Trois
américains furent blessés et trois autres moururent au cours de
cette attaque du 21 janvier 1968. En octobre de la même année, 130
commandos Nord-coréens, venus par la mer tentèrent un raid sur la
côte-est de la Corée du Sud, 190 furent tués et 7
capturés.
Outre ces raids commandos, on nota des attentats de la part
des nordistes. En effet, en novembre 1983, un attentat à Rangoon contre
le président sud-coréen Chun Doo-Hwan au mausolée du
Martyr fit 17 morts, dont quatre ministres3. Le Boeing 707 de la
Korean Air reliant Bagdad à Séoul en plusieurs
étapes explosa en plein vole en novembre 1987 tuant 115 personnes. Kim
Hyun-Hee, l'un des agents nord-coréens ayant placé la bombe dans
l'avion, fut gracié par le président Roh Tae-Woo après
qu'il ait été condamné à mort par le tribunal de
Séoul le 25 avril 1989. Au cours de la Guerre froide, 3795
pécheurs sud-coréens furent enlevés et emmenés en
Corée du Nord. Ce qui témoigna de l'effectivité de
véritables tensions autour des zones de pêches.
Les incidents de Yeonpyeong en furent la preuve. En effet, en
1999 et 2002 des affrontements eurent lieu entre les Forces navales
nord-coréennes et sud-coréennes à proximité de
l'île Sud-coréennes de Yeonpyeong. Le conflit porta sur
l'accès à la zone de pêche aux alentours de l'île,
normalement réservée aux bateaux sud-coréens. Ainsi les 9
et 15 juin 1999, les échanges de tirs firent une trentaine de morts
nord-coréens, après qu'un
1-Source :
www.lemonde.fr /27/Mai/09/18h 40.
2-www.wiképédia.org/politique_de_la_Corée_du_Sud.
Il perpétra le coup d'État après le départ de
Syngman Rhee et prend le pouvoir à partir de 1963 jusqu'à
1979.
3-Confer le
www.aujourdhuilacorée.org:
du 24 / Avril / 2007.
torpilleur du nord fut coulé. Le 19 juin 2002, dans la
même zone, suite à l'écoulement d'un patrouilleur
sud-coréen, des échanges de tirs firent de nouveau une
quarantaine de victimes de part et d'autre.
Depuis cet incident, on sentit une accalmie dans les relations
intercoréennes jusqu'en 2009 où un nouvel incident éprouva
les deux États. Le 10 novembre 2009, la flotte Sudcoréen ouvrit
le feu sur un navire nord-coréen qui passa la frontière maritime
séparant les deux Corée1. Les nord-coréens
réagirent aussitôt en tirant cinquante munitions contre deux cents
du côté des sudistes. Le bateau nord-coréen fit demi-tours,
gravement endommagé. Par la suite, le Nord présenta une demande
d'excuse que la Corée du Sud ne suivit point. Elle fut aussitôt
menacée de guerre2. Ce dernier point fit réagir le
gouvernement des États-Unis à travers le porte parole de la
maison blanche Robert Gibbs. Celui-ci, après avoir mis en garde les
nordistes contre toute intervention ultérieure en mer Jaune, invita le
régime de Pyongyang à abandonner les discours guerriers et les
actions de provocation3. Mais Pyongyang va-t-il respecter cet appel
?
Les manoeuvres militaires conjointes
Coréo-américaines perçues comme menace à la
sécurité du Nord ne furent pas de nature à calmer les
relations intercoréennes. A chaque fois que ces exercices furent
annoncés, Pyongyang réagit en menaçant la Péninsule
d'une Guerre généralisée.
Des relations très tendues de 1953 jusqu'à la
fin de la Guerre froide, l'on assista désormais et ceci jusqu'en 2009
dans la péninsule à une alternance d'affrontements, de dialogues,
de négociations et puis de partenariats économiques. Ceci
justifie la thèse de Gazano (2003: 15), pour qui la définition
des relations internationales est relative et contingente, variant des
approches conflictuelles aux approches solidarités 4 et
associant par moment ces deux aspects.
1-Selon le Korea times du 10/Novembre/2009/archives,
le navire nord-coréen pourchassait un chalutier chinois pêchant
illégalement du crabe en Mer Jaune, à proximité de
l'île de Daechong.
2-Dépêche du 12 / Novembre / 2009 de
l'agence de Presse nord-coréenne (Korean Central New Agency): DPRK.
3-Information révéla par l'Agence France Presse,
dans l'une de ses dépêches datées du 14 / Novembre / 2009.
4-Selon Gazano (2003), celles-ci sont difficiles à
appréhender et il n'est pas exagéré d'affirmer qu'il
existe autant de théories des relations internationales que des
chercheurs. Aussi, il s'accorde avec J-J Roche pour classer les relations
internationales en deux grandes approches doctrinales à savoir les
approches réalistes ou conflictuelles et celles solidaristes ou
transnationalistes. Pour lui, les relations internationales sont longtemps
dominées par l'approche réaliste, du moins jusqu'à la fin
de la Guerre froide. En Corée cette approche persiste toujours
même si on observe des avancées notables dans leurs relations.
2.2. Les relations de bon voisinage dans la
Péninsule Coréenne de 1953-2009
En Corée, l'approche réaliste ou conflictuelle
domine les relations entre les deux États, puisqu'étant en
perpétuel logique de guerre. Mais cela n'empêcha qu'il y eut des
périodes de bon voisinage et de coopération. C'est d'ailleurs ces
derniers aspects que cette partie se proposa d'élucider, étant
donné que les relations internationales se définissent dans un
cadre limité, à tous les rapports et flux transfrontaliers,
matériels ou immatériels, qui peuvent s'établir entre deux
ou plusieurs individus, groupes ou collectivité (Gazano 2003: 15).
Malgré l'opposition idéologique et économique,
malgré la permanence des conflits et surtout pour l'intérêt
du peuple coréen très homogène ethniquement (90% de la
population parle le Coréen, leur langue maternelle), les dirigeants,
aussi bien du nord que du sud, n'eurent de cesse prôné le
dialogue. Des rencontres de haut niveau furent organisées dans ce sens.
En effet, le dialogue entre les deux États de la péninsule
débuta à partir de 1972 (Balaize 1991: 86). Ils aboutirent
à la création d'une commission de coordination dans le but
d'établir des relations de confiance mutuelle1 malgré
la persistance de la méfiance2 et le nom respect des
clauses.
Bien avant ce premier dialogue intercoréen qui eut le
mérite d'avoir permis, malgré tous, aux acteurs de franchir un
important pas, ce furent les Croix-Rouge des deux pays qui initièrent en
premier des réunions entre les familles divisées en
19713. Ces rencontres de dialogue et d'échange eurent
beaucoup plus de réussite dans les années 1990. En effet, les
années 90 virent la chute de l'URSS et le démantèlement du
bloc soviétique. Outre la disparition de son mentor l'URSS, la
Corée du Nord perdit aussi le soutient inconditionnel de la Chine le
grand frère du Nord. Ce dernier s'ouvrit au marché de
consommation et au libéralisme économique. N'ayant plus d'autres
alternatives, Pyongyang dilua ses menaces à l'égard de
Séoul. Ainsi les rencontres entre le Sud et le Nord reprirent de fort
belle manière.
Le premier ministre nord-coréen Yon Hyonmuk, à
la tête d'une forte délégation se rendit à
Séoul en septembre 1990. Il y rencontra son homologue du sud et le
président Roh Tae-Woo (1988-1993). En novembre 1890, le premier ministre
sud-coréen Kang Yong Hun,
1-Confer le
www.lemondediplomatique.fr.
Il y est détaillé tous les points de discussions et les
engagements pris. 2-Pour Balaize (1991), cette méfiance se
justifia dans la mesure ou on découvrit des attentats fomentés
par le Nord contre le Sud, la découverte des tunnels d'invasion
creusés par le Nord sous la zone démilitarisée ou encore
les constantes manoeuvres militaires entre la Corée du Sud et les
États-Unis d'Amérique qualifiées d'atteinte à la
sécurité nord-coréenne.
3-Se référer au
www.wikipédia.fr du 10 /
Février / 2010. Les familles furent séparées par la zone
démilitarisée. Depuis 1953 il est difficile à un
Coréen du Sud de se rendre au Nord, le sens inverse fut encore plus
complexe. Cette initiative, même si elle a échoué à
ces débuts, connut une avancé remarquable. De nos jours elle est
plus ou moins régulière, les familles se rencontrant pour
échanger pendant quelques minutes.
à son tour se rendit à Pyongyang et discuta avec
Kim Il-sung. Il fut donc instauré un processus de rotation quant
à ce qui concerne ces rencontres.
La conséquence immédiate de cette détente
dans les relations intercoréennes fut la présentation conjointe
d'adhésion des deux Corée aux Nations-unies (Balaize 1991 : 87).
En effet, le 17 septembre 1991 les deux pays furent conjointement admis aux
Nations-Unies. Dans la foulée, ils signèrent le 13
décembre 1991 un accord de reconnaissance réciproque et de
coopération1. A partir de cet accord, plusieurs
évènements intervinrent dont l'ouverture de circuits touristiques
en Corée du Nord pour les coréens du Sud dès 1997.
Dans le contexte de la politique d'apaisement, on assista
à plusieurs sommets de haut niveau qui eurent pour objectif
d'approfondir le dialogue abandonné depuis 1972. A cet effet, en juin
2000, une rencontre officielle eut lieu entre Kim Jong-il2 et le
président du sud Kim Dae-jung (1997-2003) à Pyongyang du 13 au 15
juin 2000. Cette rencontre fut sanctionnée par une déclaration
commune qui constitua le soubassement du rapprochement
intercoréen3. Photo n°18: rencontre historique
entre Kim Jong-il et Kim Dae-jung
Source :
http://www.amitiefrancecoree.over-blog.org/26-06-2009.
Les présidents nord-coréen (à gauche) et
sud-coréen (à droite) au début du sommet historique
à Pyongyang. Le sourire sur les lèvres fut
révélatrice des nouvelles orientations que les deux leaders
voulurent impulser à leur relation à travers la
déclaration commune sanctionnant la fin des travaux. Mais à quels
résultats?
1-Source :
www.lemonde.fr/27-Mai-09.
Les deux États reconnaissent réciproquement le système
politique de l'autre (puisqu'ils livraient une guerre idéologique) et se
défendirent de toute ingérence dans ses affaires
intérieures. En outre, l'accord prévit le développement
des échanges militaires, économiques et culturels.
2-Kim Jong-il succéda à son père
décidé en 1994, instaurant du coup une succession dynastique en
Corée du Nord.
3- Pour l'intégralité de la
déclaration, confer le site officiel de la Corée du Nord :
Naenara.
Toujours à Pyongyang, un second entrevu entre Roh
Moo-Hym1 et Kim Jong-il se tint du 02 au 04 octobre 2007 et un
nouveau document fut signé par les acteurs dans lequel ils
s'engagèrent à promouvoir la paix et la propriété
économique dans la Péninsule. Quelques mois plutôt eut
lieu, dans la péninsule (mai 2007), le rétablissement d'une
liaison ferroviaire entre le nord et le sud, celle-ci avait été
coupée depuis 1945 quand les soviétiques prirent possession du
nord de la Corée. Ceci témoigna de la réelle
volonté des coréens de divers horizons à
coopérer.
Cette volonté fut plus manifeste chez les dirigeants
sud-coréens2 qui s'inspirèrent de la théorie
fonctionnaliste des relations internationales (Gazano, 2003). En effet,
animés du désir de prévenir les conflits assez
récurrents dans la péninsule dus à la méfiance
réciproque et de préparer la réunification, ces
dirigeants, de commun accord avec le leader du nord, créèrent les
intérêts communs en particulier dans le domaine économique.
L'approche géoéconomique3 fut donc mise en application
non seulement pour la défense des intérêts
économiques du sud mais aussi et surtout pour atténuer les
disparités économiques et culturelles qui existent entre eux.
Ainsi lors des sommets, un accent particulier fut mis sur l'essor des
échanges intercoréen. Ces échanges, sur le plan
économique permirent à Séoul de devenir le deuxième
partenaire de Pyongyang. En 2005, les échanges commerciaux
intercoréens dépassèrent un milliard de dollars. Les
exportations du nord vers le sud atteignirent en 2007, 390 millions de
dollars4.
Outres ces échanges économiques, il eut le
rétablissement des liaisons ferroviaires (mai 2007), aériennes et
maritimes. Sur ce dernier aspect, un navire de la compagnie Hyundai Asan
effectue une liaison permanente entre le sud et le poste de Kosong au nord pour
le transport des touristes sud-coréens. Le 21 mai 2007, pour la
première fois un navire nordcoréen, le Kang Son-Ho, accosta au
sud depuis la fin de la guerre.
Les échanges de personnes5 et de cultures
connurent une véritable avancée. Elles concernèrent en
particulier la coopération sportive et scientifique. Des scientifiques
du nord et
1-Nouveau Président à partir de
Février 2003, il remplaça Kim Dae-Jung. Ils furent tous les deux
les acteurs principaux de cette ouverture vers le Nord.
2- Ces derniers sont surtout Kim De-Jung février 1997 -
février 2003 et Roh Moo-Hyum février 2003 - février 2008
(Balaize 1991).
3- Cet approche vient en opposition à l'approche
géopolitique pour qui la politique étrangère n'est rien
d'autre que la défense d'intérêts politiques qui sous-tend
la logique d'affrontement. C'est le point de vue de Gazano (2003 :18).
4-Source :
www.wikipédia.fr/10/02/2010.
L'auteur nous rappelle que l'essor des exportations du Nord vers le Sud
traduisit le développement de la zone industrielle de Kaesong où
sont implantées des entreprises Sudcoréennes.
5- Source :
www.wikipédia.fr/10/02/2010
. L'auteur nous informe qu'ils y eurent des échanges touristiques depuis
1997 et en 2005 il eut environ 87000 visiteurs au Nord. La réunion des
familles continue jusqu'à nos jours. La dernière en date fut
novembre 2010.
du sud se rencontrèrent à plusieurs occasions
pour la promotion de la coopération entre les deux pays. Ainsi, du 07 au
11 ami 2007 un séminaire scientifique intercoréen se tint
à Pyongyang. Environ soixante chimistes du sud et cinquante du nord se
concertèrent pour des publications d'études
conjointes1. Au regard de tous ce qui précèdent et vu
l'implication des acteurs, pourrait-on envisager une réunification des
deux États de la Corée?
III. La Problématique de la réunification
péninsulaire entre réalité et mythe
La partition de la péninsule Coréenne, l'un des
pays les plus homogènes sur le plan ethnique où plus de 99% de la
population parle le Coréen, fut l'une des conséquences de la
cassure Est-ouest des immédiats après Seconde Guerre mondiale.
Les coréens tentèrent mais sans parvenir à se
réunifier même après la guerre froide qui pourtant fut
à l'origine de cette division comme nous le démontrions dans les
précédentes pages.
3.1. Les circonstances favorables à une probable
réunification de la Corée
La disparition du bloc oriental, due à la
désillusion interne que connut l'URSS dans les années 1990 (Sur
2006 : 126), mit fin à la Guerre froide. La Russie, affaiblie, se retira
de la scène internationale, la Chine s'ouvrit au marché de
consommation. Les États-Unis devinrent la superpuissance mondiale. Et ce
fut à raison que bon nombre de spécialistes et acteurs crurent
à une probable réunification de la péninsule
coréenne en proie à une division idéologique depuis plus
d'un demi-siècle. Plusieurs facteurs militèrent d'ailleurs en
faveur de cette thèse.
Dans un premier temps, la réunification de l'Allemagne
fut un facteur qui pouvait justifier la probable réunification de la
Corée. En effet tout comme la Corée, l'Allemagne fut
divisée en deux États dès 1949 entre la République
fédérale d'Allemagne (RFA), prooccidentale et la
République démocratique d'Allemagne (RDA) prosoviétique
(FritschBournazel 1992 : 104-108)2. Mais, à partir de 1989,
intervint le démantèlement du Mur de Berlin3
et le passage à l'Ouest de plusieurs personnes de l'Est. La
réunification d'Allemagne intervint donc le 3 octobre 1990 et donna une
lueur d'espoir quant à la probable réunification dans la
Péninsule coréenne.
1 -Confer le
www.wikipédia.fr/10/02/2010
Réunification de la Corée.
2-Tout comme Bernard Droz, Fritsch - Bournazel a
publié un article dans le n° 151, janvier 1992 de la revue «
L'histoire »: où il retrace les évènements
ayant conduit à la séparation de Berlin et de l'Allemagne en deux
partie et intégrés dans la logique d'affrontement.
3-Comparativement à la zone
démilitarisée en Corée à partir de 1953, Berlin
aussi fut séparé par un mur dès 1962. Ce mur fut
démoli en été 1989 (Fritsch-Bournazel 1992).
Notons ensuite la fondation du Comité International de
liaison pour la réunification de la Corée en février
19771 aux lendemains de leur première rencontre historique.
Les membres de tous les horizons du monde de ce comité
prétendirent oeuvrer pour soutenir la déclaration conjointe du
nord et du sud du 4 juillet 1972. C'est ainsi qu'ils publient mensuellement le
bulletin du cilreco qui appelle les coréens à oeuvrer pour une
réunification pacifique en dénonçant tout ce qui ressemble
à une ingérence étrangère pour troubler la paix
dans la péninsule.
Certaines démarches internes suscitèrent espoir
auprès des acteurs quant à une probable réunification. Il
faut noter à cet effet la volonté des acteurs à aller
à l'apaisement et aux rapprochements. Le président
nord-coréen Kim Il-sung fut le premier à proposer un projet
confédéral en 1960 mais sans intégration
politique2.
A ce propos voici ce que déclare Kim Il-sung «
[...] Puisque la Nation toute entière est unanime à
considérer la réunification du pays comme sa plus grande
tâche, les différences d'idéologie et de régime ne
peuvent empêcher la réunification. Il est possible que des gens
aux idées différentes vivent ensemble dans un pays et que des
régimes sociaux différents coexistent dans un pays unifié.
Nous n'imposerons jamais notre idéologie et notre régime à
la Corée du Sud et nous subordonnerons tout à l'union nationale
et à la réunification du pays [...]»3. Cette
déclaration du leader de Pyongyang confirme tout ce qui a
été évoqué précédemment quant au
désir des acteurs et du peuple coréen dans sa globalité de
se réunifier.
Cette volonté d'aller à une réunification
fut plus remarquable au Sud. En effet, les autorités de Séoul
firent toujours le déplacement vers Pyongyang pour des rencontres de
hauts niveaux qui, souvent, furent sanctionnés par des
déclarations communes4. La photo des deux présidents
que nous proposons demeura pour toujours le symbole de la réunification
en Corée, ou tout au moins pour ses partisans.
1-Source :
www.cilreco.com du 18 janvier
2010.
2-Source : www.wikipédia.frdu10/Fevrier2010.
3-Source :
www.amitiéfrancecorée.org
du 01/04/2010. Trois points lui furent fondamentaux pour la réalisation
de cette République fédérale.
- L'indépendance dans tous les domaines.
- La pratique de la démocratie dans toutes les
régions et dans tous les domaines.
- Priorité à la collaboration et aux
échanges économiques.
4- Confer nos précédentes pages.
Photo n°19 : Symbole de la réunification de
la péninsule coréenne
Source :
http://www.amitiefrancecoree.
26-juin -2009
Au terme de la rencontre historique (12-15 juin 2000),
à Pyongyang (Corée du Nord), entre le président
sud-coréen Kim Dae-jung (à gauche) et son homologue
nord-coréen Kim Jong-il --première rencontre au sommet depuis la
guerre de Corée (1950-1953)--, les deux chefs d'État
coréens se félicitent de la déclaration conjointe qu'ils
viennent de signer et dans laquelle ils s'engagent à oeuvrer pour une
réunification pacifique de la péninsule coréenne. Cette
image d'union sera conservée comme symbole de la réunification de
la patrie. Elle témoigne du réel désir de la part de ces
autorités de parvenir à la réunification. Il fut en outre
instauré en Corée du sud et ce jusqu'à nos jours, un
Ministère de la réunification.
L'élection en décembre 1997 de Kim Dae-Jung
apporta en Corée beaucoup d'espoir. Il mit un accent particulier sur le
patriotisme coréen, détenteur d'une civilisation vieille de plus
de cinq mille ans. Les actions que ce dernier entreprit laissèrent un
optimisme se dessiner quant à une réunification pacifique entre
les deux Corée. Le chercheur français Godement prétendit
à cet effet qu'un patriotisme coréen potentiellement
réunificateur prendra le pas sur le réflexe du
bunker1.
Ces efforts de réconciliation intercoréenne
furent connus sous le nom de la Sunshine Policy qui fut un engagement
progressif vis-à-vis du nord afin de l'insérer dans
l'économie régionale tout en évitant un conflit violent et
instaurer un climat de confiance entre les deux Corée, ce qui conduira
à terme la réunification.
1-Source :
www.diploweb.com du 31/Mars/2010.
Pour l'auteur, cette période permit de mettre un terme à une
animosité réciproque particulièrement
contre-productive.
A la suite du Sunshine Policy, la Corée du Sud
préconisa, à travers le président Roh Moo-Hyun
(2002-2007), la politique de la paix et de la prospérité
en s'engageant dans la continuité de la politique de son
prédécesseur. Malgré toute cette volonté des
dirigeants, malgré l'aspiration du peuple coréen à la
réunification, cette dernière ne se réalisa pas et
paraît jusqu'à nos jours, irréalisable. Comment peut-on
donc comprendre cette réalité bien qu'on note une volonté
interne d'aboutir à une Corée réunifiée?
3.2. Une réunification difficile à
réaliser ?
Plusieurs facteurs rendirent quasiment impossible la
réunification de la péninsule. La Corée du Sud eut peur
des difficultés économiques qu'aurait occasionnées une
réunification, en prenant surtout l'exemple de l'Allemagne. En effet, la
réunification allemande fit apparaître des
déséquilibres et posa la question de stabilité
économique.
Aussi la Corée du Sud se rendit compte des probables
difficultés qu'entraînerait une réunification dans la
péninsule. Pyongyang fut lâchée par ses principaux soutiens
dans les années 1990 et son économie très
sinistrée, occupe le 83ème rang mondial. La vie
à Pyongyang fut faite de famine et de disette tandis que le sud
développa un niveau de vie très élevée.
Le rapport de PIB par habitant de la péninsule fut de
dix pour un (Kissinger 2003: 144), ce qui poussa les Coréens du Sud
à croire à une difficulté économique qu'ils
auraient à faire face1. Ainsi donc, une grande partie de la
population sud-coréenne se vit difficilement disposée à
«payer» les prix d'une réunification avec l'un des
États les plus pauvres au monde.
La réticence à aller à la
réunification fut encore plus développée au sein de la
population conservatrice coréenne, celle-là qui vécut ou
qui garde encore en mémoire les affres de la guerre civile de 1950
à 1953. Ces derniers reprochèrent aux présidents Kim
DaeJung (1998-2002) et Roh Moo-Hyun (2002-2008) leur Sunshine Policy
dite de rapprochement à l'égard du nord.
Par ailleurs notons que c'est du rang de cette frange de la
population sud-coréenne que fut élu l'actuel Président
(décembre 2007) Lee Myung-Bak. Tenant d'une ligne ferme et faite de
réciprocité vis-à-vis du Nord, son arrivée
contrairement à ses prédécesseurs contribua à
refroidir2 les relations intercoréennes.
Enfin, il faut relever le faite que Pyongyang brandit toujours
la menace de guerre à l'encontre de sa soeur à chaque fois qu'il
y ait raidissement de la situation internationale contre-elle. Ce qui ne mit
pas en confiance les partisans d'un quelconque rapprochement. A
1- Source :
www.diploweb.com. L'auteur nous
rappelle à ce propos que Séoul se refusa à accepter une
reprise de dialogue qui supposerait que la Corée du Sud assume la quasi
intégralité de la reconstruction de l'économie se son
voisin.
2- Source :
www.mondediplomatique.fr.
ces facteurs internes à la péninsule qui
hypothéquèrent la réunification, s'ajoutèrent des
facteurs régionaux et internationaux très déterminants.
En effet, les puissances régionales, qu'ils s'agissent
de la Chine, du Japon ou de la Russie, n'ont aucun intérêt
à voir la situation1 péninsulaire évoluer vers
une réunification. En effet, la population de la Péninsule, une
fois réunifiée, ferait environ 75 millions d'habitants. Un grand
marché de consommation en perspective et ajouter à cela la
suprématie sudcoréenne en technologie qui, de plus est
déjà une puissance économiquement en expansion. Les
coréens dans ces conditions et dans leur ensemble s'imposeraient
à leur voisin de part leur position de carrefour. Ainsi le Japon
s'inquiète de voir une Corée trop puissante à son
voisinage2.
La Chine, premier partenaire commercial de la Corée du
Nord ne souhaita aucune puissance à ses portes et fut toujours
disponible à éviter un quelconque effondrement du régime
de Pyongyang. D'ailleurs sa volonté de devenir une puissance
régionale, continentale et voir mondiale ne rime pas du tout avec
l'émergence d'une puissance péninsulaire qui deviendrait sa
rivale. Mais de tous ceci, la question de la réunification de la
Corée pose en filigrane une question de sécurité
militaire.
L'armée US fut présente dans la moitié
Sud de la péninsule depuis la fin des hostilités. Cette
présence américaine eut un double objectif : garantir la
sécurité de la Corée du Sud et partant, assurer celle
régionale puis mondiale à partir de l'Extrême-Orient. Or,
une éventuelle réunification dans la péninsule mettrait
systématiquement fin à la présence militaire
américaine en Corée. Bien que Pyongyang pose comme
préalable à une réunification le départ des forces
américaines, il faudrait avoir à l'esprit que l'avenir de l'Asie
tout entière dépend du sort des forces américaines
actuellement stationnées le long du 38ème
parallèle.
Même si les Etats-Unis ont intérêt à
soutenir la réunification en Corée (Kissinger 2003 :
115)3, il fut hors de question pour eux de se retirer du sud de la
Corée, au risque de voir la péninsule s'embrasser et sombrer de
nouveau surtout que Pyongyang n'a nullement l'intention d'abandonner son
armement nucléaire.
1-Henry Kissinger (2003) nous rappelle que la
Corée est le point de rencontre entre les intérêts de
plusieurs grandes puissances. Selon lui, ni la Chine, ni le Japon ne souhaitent
la réunification rapide de la Corée surtout si elle devait
hériter de la Corée surtout si elle devait hériter de la
technologie nucléaire et de missiles nordcoréenne.
2-Le passé pourrait d'ailleurs refaire
surface dans le régime puisque nous l'avions mentionné dans le
premier chapitre. La colonisation japonaise fut très terrible en
Corée et les Coréens une fois unis, demanderaient
réparations. Ce qui contribuerait à affaiblir la puissance
japonaise.
3-Selon l'auteur, une puissante Corée au
carrefour des grandes puissances régionales permettrait aux USA de les
contrôler. C'est le cas de la Chine.
Par ailleurs, une simple annonce de redéploiement et de
réduction des forces US en Corée du Sud fit réagir les
autorités militaires sud-coréennes dont le conseiller à la
sécurité Kwon Chin-ho pour qui, toute action de la part des USA
devait préalablement faire l'objet de discussion bipartite. C'est dire
que la question de sécurité militaire prédomine tout
débat dans la péninsule. Dans ces conditions, la
réunification, qu'elle soit rapide ou progressive nécessite
beaucoup de sacrifices des deux parties. Bien qu'on enregistra une
avancée dans le rapprochement économique en Corée, aussi
bien Pyongyang que Séoul ne se sentit jamais près à une
réunification de la Péninsule.
Créés à partir de la volonté des
puissances étrangères, histoire de diffuser et d'enraciner dans
la région leur idéologie, les deux États de la
Corée intégrèrent très tôt la confrontation
idéologique que fut la Guerre froide. La protection militaire
américaine et l'assistance financière; environ 1700 000000 de
dollars1 entre 1953-1956, Guerre froide oblige, firent de la
Corée du Sud une puissance économique dans la péninsule
avec, de nos jours, son statut de 13ème pays
industrialisés au monde. Ce pays connut une évolution remarquable
sur le plan démocratique. Ils organisent régulièrement des
élections aussi bien législatives que présidentielles avec
un suffrage universel et direct. Ils en sont aujourd'hui au septième
président démocratiquement élu. Tous ceci contraste avec
la réalité du coté septentrionale. En effet, au sortir de
la Guerre, la Corée du Nord, par peur de se voir envahir par
l'armée américaine s'investit dans la remilitarisation à
outrance du régime de Pyongyang. L'armée est de nos jours
l'épine dorsale du régime. Ce qui justifia la dernière
nomination du fils de l'actuel président Kim Jong-un, propulsé au
rang de général quatre étoiles et qui est pressenti
succéder à son père Kim Jong-il lui même
remplaçant son père Kim Il-sung fondateur de la RPDC. C'est donc
un régime dynastique fortement militarisé qui est à la
tête d'un pays, classé aujourd'hui 83èm mondiale
sur le plan développement économique avec une population
constamment affamée et isolée du monde, celle-ci n'ayant pour
recours que l'aide alimentaire de la chine qui demeure son seul soutien et
partenaire économique.
C'est dans cette situation de contraste que les deux
États furent condamnés à évoluer et à mener
leurs relations. Ces dernières furent faites de confrontations
régulières, de conflits localisés mais aussi de
partenariats économiques et culturels. Dans ces circonstances, la
réunification tant prônée par les deux parties ne fut qu'un
voeu pieux tant les conditions pour y parvenir restent divergentes.
1-Confer le
www.clio.fr/archive/2009.
La Péninsule coréenne fut, pendant la Guerre
froide, un terrain de confrontation idéologie. En effet, après
l'échec de la volonté de réunifier la Corée d'une
façon armée, les deux puissances renforcèrent leurs
positions en Corée. Les USA par le pacte miliaire signé avec le
sud, renforcèrent leur présence autour et dans la
péninsule. Ils visent assurer non seulement la sécurité de
leur protégé mais aussi la sécurité
régionale et par delà la sécurité mondiale. Le bloc
soviétique de son coté assura à la Corée du Nord un
soutien économique et technologique lui permettant de renforcer son
Armée et de résister à la présence militaire
américaine à ses frontières. Ceci justifia le transfert de
la technologie nucléaire par Moscou à Pyongyang.
La Corée vécut durant cette période,
jusqu'à 1990, la confrontation de l'Axe Pyongyang-Moscou-Pékin
contre l'Axe Séoul-Washington-Tokyo. Mais avec la disparition de l'URSS
mettant ainsi fin à la Guerre froide, la Corée du Nord perdit son
Alliée historique. Les USA devinrent une hyperpuissance et
contribuèrent à isoler d'avant le régime communiste du
nord seul au monde à conserver le stalinisme. Même la Chine,
à partir de cette période s'ouvrit au capitalisme et noua des
relations avec les pays du bloc occidental et même avec la Corée
du sud l'ennemi du Nord. Malgré ce changement, la Chine ne lâcha
pas son petit frère, lui accordant l'aide alimentaire et
économique et l'utilise comme pion quand elle se sent menacée sur
le plan international. Sur le plan interne cette situation eut des
répercussions sur les relations des deux Etats. Pyongyang utilise le
chantage nucléaire pour obtenir des avantages sur le plan international
et menace constamment sa soeur du sud d'une guerre
généralisée.
Malgré les tentatives de rapprochement
prônées par le sud pour venir en aide à son frère du
nord, histoire de préparer une réunification en douceur, ce
dernier par des provocations frontalières menace constamment la paix. En
réactions contre ses provocations la coalition militaire
coréo-américaine entreprend des exercices militaires dans les
mers frontalières pour dissuader le nord dans ses intentions
guerrières. La présence des troupes américaines semble
désormais coûtée à l'économie
sud-coréenne en témoigne la manifestation du sentiment
nationaliste de sa population. Mais que deviendrait une Corée sans
présence militaire américaine?
CONCLUSION
GENERALE
Compte tenu de la situation géopolitique
privilégiée de son pays en Asie orientale, la nation
coréenne, héritière d'une des plus anciennes et plus
grandes civilisations de l'ExtrêmeOrient, connut une longue histoire
marquée par une lutte permanente pour préserver sa
souveraineté contre l'impérialisme des puissances aussi bien
voisines qu'internationales. Elle connut au début du
20ème siècle, en raison de l'impérialisme
mondial, l'une des phases les plus tragiques de son histoire, lorsque le Japon,
après une série d'interventions successives, l'annexa purement le
22 Août 1910.
Malgré l'entame tardive du processus de
réunification du peuple à travers la décentralisation
administrative coloniale et l'ouverture de la péninsule à une
économie moderne, la terrible domination coloniale qui dura environ
quatre décennies suscita la résistance du peuple coréenne.
Cette résistance ne faiblit point, malgré l'effroyable
répression politique et socioculturelle. La lutte d'indépendance
du peuple coréen prit dès lors la forme armée dans les
années 1930 et joua un rôle décisif dans la
libération du pays, en convergence avec le combat des forces
alliées notamment celle américano-soviétique contre l'axe
fasciste dont le Japon.
Après la libération le 15 Août 1945, le
peuple coréen prétendit recouvrer son indépendance et la
souveraineté, comme s'y furent engagées les Alliés lors de
la conférence du Caire en novembre 1943. Cette légitime
aspiration de toute une nation ne fut malheureusement pas
réalisée et ceci, dans le contexte de l'affrontement des
superpuissances qui suivit la défaite de l'Axe. Les États-Unis,
profitant de la présence au Sud des troupes qu'ils
déployèrent pour la libération puis le désarmement
des troupes japonaises dominées, y s'installèrent comme en pays
vaincu. Ils éliminèrent toutes les instances populaires
pluralistes coréennes et méprisèrent les
Sud-coréens. Parallèlement, l'armée soviétique dans
sa partie encouragea la mise en place des structures étatiques
populaires coréennes, favorisant du coup le communisme. Ainsi
l'occupation soviétique du nord de la Péninsule conduisit, en
septembre 1948 à la mise en place d'un régime de type
Démocratie populaire, tandis qu'au Sud, l'influence américaine
favorisa l'émergence d'une République autoritaire anticommuniste
sous la houlette de Syngman Rhee. Dès lors s'installa en Corée
une logique de Guerre froide et la ligne de démarcation provisoire au
niveau du 38ème parallèle devint une frontière
intangible séparant deux Univers idéologiques antagonistes.
Les actions de la commission de l'ONU dans ces circonstances
n'aboutirent pas, puisque les deux zones furent fortement influencées.
Et quand les troupes d'occupation furent retirées, les conditions furent
réunies pour que la Corée devienne le point chaud de la Guerre
froide.
En effet, soutenu par les leaders communistes, Kim Il-sung,
dirigeant nord-coréen lança l'attaque contre sa voisine du Sud le
25 juin 1950. Puis survint la riposte immédiate des USA. L'intervention
chinoise sous la bannière des volontaires fut un tournant dans cette
Guerre et prouva encore l'opposition idéologique et l'influence
étrangère dans la Péninsule. Lorsqu'en juillet 1953,
intervient la signature de l'armistice, il n'y eut ni vaincu ni vainqueur. L'on
retourna au statu quo antérieur. La réunification
n'intervint point comme souhaitée et le
38ème parallèle se transforma en une
Zone Démilitarisée, long de 280 Km et large de 4 Km
oüune paix armée y règne puisque remplie de
militaires de chaque coté.
Les coréens de part et d'autre de cette zone
évoluèrent sous l'influence des superpuissances qui
transformèrent la Péninsule en un terrain de confrontation
idéologique au cours de la guerre froide. En effet, après
l'échec de la volonté de réunifier la Corée d'une
façon armée, les deux puissances y renforcèrent davantage
leurs positions. Les USA par le pacte miliaire signé avec le Sud,
intensifièrent leur présence militaire autour et dans la
Péninsule. Ils visent assurer non seulement la sécurité de
leur protégé mais aussi la sécurité
régionale et par delà la sécurité mondiale, en
contenant en Corée la progression inquiétante du communiste qui
risque d'atteindre le Japon affaiblie par la Guerre. Le bloc soviétique,
de son coté, assura à la Corée du Nord un soutien
économique et technologique lui permettant de renforcer son Armée
et de résister à la présence militaire américaine
à ses frontières. Ceci justifia le transfert de la technologie
nucléaire par Moscou à Pyongyang. La Corée vécut
durant cette période, jusqu'à 1990, la confrontation de l'Axe
Pyongyang-Moscou-Pékin contre l'Axe Séoul-Washington-Tokyo qui ne
furent que des instruments de la Guerre froide en Extrême-Orient.
Mais avec la disparition de l'URSS, mettant ainsi fin à
la Guerre froide, la Corée du Nord perdit son Alliée historique.
Les USA devenu hyperpuissante, contribuèrent à isoler davantage
le régime communiste du nord, seul au monde à conserver le
stalinisme. Même la Chine à partir de cette période
s'ouvrit au capitalisme et noua des relations avec les pays du bloc occidental
dont la Corée du sud, l'ennemi de la Corée du Nord. Malgré
ce changement, la Chine ne lâcha pas son petit frère, lui
accordant l'aide alimentaire, assistance militaire et économique et
l'utilisa comme pion quand elle se sent menacée sur le plan
international.
Les américains, désormais investis de leur
rôle de gendarme de la planète et craignant le risque de
prolifération nucléaire dans la région, à travers
toute les administrations jusqu'à nos jours, alternent confrontation et
dialogue pour parvenir à obtenir le gel des activités
nucléaires de Pyongyang et la dénucléarisation totale de
ce dernier. Ainsi le placèrent-ils parmi les pays de « l'Axe du
mal » et le traita d' « État voyou ».
Simultanément, ils obtinrent
de celui-ci des discussions sur la
dénucléarisation. La Corée du Nord pour sa part exige
avant tout un traité de paix avec les USA qui bannirait l'état de
belligérance entretenu par l'armistice de 1953 et une discussion direct
avec les américains, ce que ceux-ci ne furent pas disposés
à admettre lui faisant comprendre que Washington passe forcement par
Séoul. Même leur désir de voir l'armée
américaine quitter la Corée n'aboutit jamais. Au cours d'une
rencontre bilatérale entre les présidents américain et
sud-coréen lors du sommet du G20 de Toronto, il a été
décidé de repousser à 2015 le transfert à
l'armée sud-coréenne du contrôle des opérations
militaires en temps de guerre dans la péninsule coréenne,
contrôle actuellement détenu par l'armée américaine
qui maintient près de 30000 hommes en Corée. L'accord
signé en 2007 par la Corée du Sud et les Etats-Unis
prévoyait pourtant ce transfert dès 2012.
Sur le plan interne, cette situation d'influence
étrangère eut des répercussions sur les relations des deux
États. Ces relations, entre 1953-1990 furent faites d'affrontement au
tour des zones de pèches, de vives tensions, de raids commandos,
d'attentats avec plusieurs victimes de part et d'autre. Mais à partir de
1991, on sentit une amélioration dans ces relations, puisque Pyongyang
perdit ses alliées et s'isola de plus. On observa alors un rapprochement
des deux Entités de la Péninsule. La Corée du Sud devint
le second partenaire économique de sa soeur derrière la Chine.
Les relations entre 1991-2009 ne furent pas totalement chaudes entre les deux
pays, il y eut de grandes crises qui menacèrent ces relations notamment
l'affrontement naval en mer jaune des deux armées qui conduisit la
Péninsule à bord d'une guerre et qui s'en suivit d'une prompte
réaction internationale.
Dans ces circonstances, Pyongyang utilise constamment le
chantage nucléaire pour obtenir des avantages sur le plan international
en menaçant régulièrement sa soeur du sud d'une guerre
généralisée à travers des provocations
frontalières. Ainsi, les tentatives de rapprochements
prônées par le sud pour préparer une réunification
en douceur, n'aboutirent point. D'ailleurs en réaction à ses
provocations, la coalition militaire coréo-américaine entreprit
plusieurs exercices militaires dans les mers frontalières pour dissuader
le Nord dans ses intentions guerrières. Ce qui porta de sérieux
coups à la probable réunification. Cette dernière, bien
qu'étant le souhait de tous les coréens, s'exposa à
d'énormes difficultés.
Le niveau de développement de la Corée du Nord
(83èm rang mondial) contrasta avec celui du sud (aujourd'hui
13ème pays industrialisés au monde). Séoul eut
peur de faire face aux difficultés d'une probable réunification
comme ce fut le cas en Allemagne, où la RFA a dû supporter les
coups de la réunification allemande. Il faut aussi noter l'opposition
des conservateurs, aujourd'hui au pouvoir qui garde en souvenir le
déferlement du Nord sur le Sud en 1950. Ceux-ci sont partisans d'une
radicalisation des relations avec leurs frères. Ainsi
depuis l'élection de Lee Myung-back en 2008, on note une
montée de tension dans la Péninsule. A ces facteurs internes
s'ajoutent ceux extérieurs.
La réunification Coréenne menacerait la Chine
dans ses ambitions de puissance régionale voire mondiale. En effet, une
Corée réunifiée ferait une forte puissance
économique et nucléaire. Or ni le Japon, ni la Russie encore
moins la Chine n'accepterait une forte puissance nucléaire à ses
frontière et surtout qui ne se laisserait plus influencée, vu sa
situation de pont entre les pays précités. Ces derniers mirent
tous et mettrons tout en oeuvre pour éviter une réunification
péninsulaire.
Loin de nuire à la puissance américaine, cette
réunification avec à l'appui une puissance aux frontières
de la Chine et de la Russie permettra aux USA de contrôler ces derniers,
mais la réunification de la Péninsule implique
immédiatement le retrait des troupes américaines dans la
région, ce qu'ils ne sont pas près à admettre d'autant
plus que leur sécurité et surtout la sécurité
mondiale en dépend.
Dans ces conditions, les coréens dans leur ensemble ont
beau émis des voeux de réunification à travers des
discours et des rencontres, cette réunification pour l'heure est
hypothéquée. D'ailleurs les récents développements
de l'actualité dans la péninsule avec le bombardement du nord sur
l'île sud-coréenne de Yeonpyeong suivie des échanges de
tirs d'obus et la réaction musclée de la communauté
internationale, au rang de laquelle on note l'ONU mais surtout les
États-Unis, qui multiplièrent avec leur alliée du sud
plusieurs exercices militaires en protestation à l'attaque du nord,
prouvent à suffisance le degré de tensions entre les deux
États qui, d'ailleurs ne sont pas près pour une
réunification. Mais cette dernière dépendrait
énormément de la volonté des USA qui détiennent
jusqu'alors une très grande marge de manoeuvre dans la
péninsule
Pour l'heure, Pyongyang persiste dans sa diplomatie
prédatrice et même la politique de reforme économique avec
une réallocation des ressources militaires et l'ouverture du
régime sur l'extérieur tant prônée par certains
analystes sont peu crédibles, vu le fonctionnement du régime. Il
faudrait peut être promouvoir la coexistence pacifique dans la
péninsule en tenant compte du jeu trouble des puissances
extérieures, notamment la Chine et les États-Unis, surtout que la
thèse d'un probable brutal effondrement de la Corée du Nord a
définitivement traversée le temps, puisque ce régime
continue de résister. La preuve, les deniers développements de
l'actualité font entrevoir une probable succession de Kim Jong-un
à son père, Kim Jong-il actuellement très soufrant, ce qui
a d'ailleurs fait monter la tension
dans la Péninsule. Si ceci venait à être
confirmé, avec la même orientation politique, la crise en
Corée aura certainement de beaux jours devant elle et les puissances
étrangères continueront, elles aussi à influencer les deux
Etats frères au grand dam du processus de réunification.
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ZORGBIBE C., 1997 : L'Après guerre froide dans le
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II- Liste des tableaux
Tableau n°1 : Production et exportation du riz
coréen au Japon en million de setiers (144kg =1sertier) 25 Tableau n
°2 : Aide économique accordée à la Corée du
Nord par le Bloc soviétique pour sa
résistance contre l'impérialisme américain
dans le contexte de la guerre froide .62
Tableau n° 3 : Evolution du PNB de la Corée du Sud
pendant la Guerre froide 83
Tableau n°4 : Évaluation de la croissance
économique de la Corée du Sud (taux moyen annuel
|
en %)
|
83
|
IV- Liste des cartes
|
|
Carte n°1 : l'Extrême-Orient
|
.19
|
Carte n° 2 : La Péninsule coréenne
|
...23
|
Carte n° 3 : Pearl Harbor
|
.28
|
Carte n° 4 : Assaut sur Harbor
|
..29
|
Carte n° 5 : La zone de Démarcation
|
39
|
Carte n° 6 : Les Différentes Phases de la Guerre de
Corée
|
.48
|
Carte n° 7 : Le dispositif militaire des Etats-Unis en Asie
de l'Est
|
.65
|
Carte n°8 : la République de Corée
après le partage en 1948
|
78
|
Carte n° 9 : Carte de la RPDC après la partition en
1948
|
85
|
V- Liste des illustrations photographiques
Photo n°1 : Un mur endommagé par les bombardements
nord-coréens sur l'île ..2
Photo n°2 : Des maisons totalement détruites par les
bobardiers nord-coréens sur l'île 3
Photo n°3 : une victime entre les mains des secouristes
sud-coréens dépêchés sur les lieux 3
Photo n° 4 : Porte-avions géant US George Washington
au large de la mer jaune 4
Photo n°5 : La secrétaire d'Etat américain
Hillary Clinton avec les
responsables de la troupe US .4
Photo n° 6: Les soldats de la coalition en plein exercice
militaire en Corée .4
Photo n° 7: Les soldats américains et
sud-coréens recevant un navire de guerre destiné aux dits
exercices ..4 Photo n° 8 : L'armée sud-coréenne remontant
l'épave du cheonan, au nord-ouest de Séoul, le
15 avril 2010 ..5
Photo n°9 : Soldat américain en poste de
contrôle dans la Zone démilitarisée 56
Photo n°10 : Des manifestants sud-coréens 70
Photo n°11 : Barack Obama et son homologue Lee Myung-bak en
conférence de presse 71
Photo n°12 : Les dirigeants nord-coréens et chinois
en travaux à Pyongyang 72
Photo n°13 : Kim Jong-il recevant une
délégation du PCC 74
Photo n° 14 : Syngman Rhee 79
Photo n°15 : Mosaïque en hommage à Kim Il-sung,
premier président de la Corée du Nord
(RDPC) .86
Photo n°16 : Les obsèques de Kim Il-sung ..88
Photo n°17 : DMZ : village frontière de Panmunjom
..90
Photo n°18 : Rencontre historique entre Kim Jong-il et Kim
Dae-jung .....94
Photo n°19 : Symbole de la réunification de la
péninsule coréenne 98
VI- Liste des figures Figure n° 1:
Evolution de la prise en charge de l'armée US en % 67
VII-TABLE DES MATIERE
INTRODUCTION GENERALE 1
PREMIERE PARTIE : LA COREE DES INVASIONS EXTERIEURES A
L'ARMISTICE (1910-1953) ..... 16 CHAPITRE I : LA PENINSULE COREENNE SOUS
LA DOMINATION JAPONAISE
(1910-1945) 18
I. De l'installation à la domination coloniale japonaise
18
1.1. La présence des occidentaux en Extrême-Orient
18
1.2. L'annexion de la Corée par le Japon 21
II. Les Coréens face à la dictature coloniale
22
2.1. L'organisation de l'entreprise coloniale 22
2.2. La réaction des Coréens face à la
dictature coloniale 25
III. La Seconde Guerre mondiale et la fin de
l'impérialisme nippon 27
3.1. La Seconde Guerre mondiale en Extrême-Orient . ......
27
3.2. La Défaite et la capitulation japonaise .. 29
CHAPITRE II : LA COOGESTION SOVIETO-AMERICAINE DE LA PENINSULE
COREENNE DE 1945 A 1953 34
I. L'Occupation soviéto-américaine de la
Corée, conséquence de la défaite
japonaise 34
1.1. La défaite japonaise 35
1.2. L'Occupation soviéto-américaine de la
Corée 35
II. La Partition péninsulaire, conséquence de la
bipolarisation du monde? 37 2.1. La Corée des débuts de
l'occupation Soviéto-américaine à la Guerre
Froide 1945-1947 37
2.2. La Partition définitive de la Corée :
conséquence de la Guerre Froide? 40
III. La Guerre de Corée : affrontement
idéologique? 43 3.1. De la partition définitive à
l'éclatement de la Guerre en Corée : affirmation
idéologique de chaque partie? 44 3.2. Du déroulement de la
Guerre à l'armistice de 1953 ou le retour à la situation de
départ .. 45
DEUXIEME PARTIE : EVOLUTION DES RELATIONS INTERCOREENNES :
CONSEQUENCE DE L'INFLUENCE DES PUISSANCES ETRANGERES (1953- 2009) . 52 CHAPITRE
III : LES INFLUENCES ETRANGERES DANS LA PENINSULE COREENNE DE 1953 A 2009
54
I. Les fondements de la présence des puissances
étrangères en Corée . 54
II. La présence des puissances étrangères
en Corée dès 1953 jusqu'en 1990 56
2.1. Les États-Unis en Corée du sud et ses
alentours 57
2.2. La présence soviétique en Corée du
Nord et sa détermination à lutter contre l'impérialisme
américain de 1953-1990 60
III. L'influence des grandes puissances étrangères
en Corée entre 1991-2009 ... 63 CHAPITRE IV : LES RELATIONS
INTERCOREENNES DE 1953 A 2009 ET LE PROCESSUS DE LA REUNIFICATION . 77
I. Les deux entités de la Corée et leur
évolution 77
1.1. La Corée du Sud : la République de
Corée 78
1.2. La Corée du Nord : la République populaire et
démocratique de Corée 84
II. Les différentes phases de l'évolution des
relations intercoréennes de 1953 à
2009 . 89
2.1. Des relations tendues dans la Péninsule
coréenne de 1953 à 2009 90
2.2. Les relations de bon voisinage dans la Péninsule
coréenne de 1953-2009 93
III. La problématique de la réunification
péninsulaire entre réalité et mythe 96
3.1. Les circonstances favorables à une probable
réunification de la Corée . 96
3.2. Une réunification difficile à réaliser
? 99
CONCLUSION GENERALE 103
I- SOURCES ET BIBLIOGRAPHIES 109
II- LISTE DES TABLEAUX 114 III-LISTE DES CARTES 114 Iv-LISTE
DES ILLUSTRATIONS PHOTOGRAPHIQUES 115 V-LISTE DES FIGURES 115 VII-TABLE
DES MATIERES 116
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