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L'analyse des déterminants de l'investissement direct au Cameroun


par Martial NJOUM NGUENIN
Université de Douala - D.E.A 2006
Dans la categorie: Economie et Finance
   
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Disponible en mode multipage

    UNIVERSITE DE DOUALA
    Faculté des Sciences E conomiques et de Gestion Appliquée

    Ecole doctorale en sciences économiques
    Unité de formation et de recherche
    :
    Economie et Applications

    L'ANALYSE DES DETERMINANTS DE
    L'INVESTISSEMENT DIRECT ETRANGER AU
    CAMEROUN

    Mémoire de D.E.A

    Spécialité : Economie Industrielle
    Présenté et soutenu
    le 03 Avril 2009
    Par

    NJOUM NGUENIN MARTIAL

    Maître ès Sciences Economiques
    Option : Economie Mathématique et Econométrie

    Sous la Supervision de :

    BLAISE MUKOKO
    Maître
    de conférences à l'Université de Douala

    Et la direction de :

    GEORGES BERTRAND TAMOKWE PIAPTIE
    Chargé de cours à l'université de douala

    GRETA : Groupe de Recherche en Economie Théorique et Appliquée
    Année académique : 2006 / 2007

    « L'université de Douala n'entend donner aucune approbation ou improbation aux opinions contenues dans ce mémoire. Ces opinions doivent être considérées comme étant propres à leurs auteurs ».

    Dédicace

    A tous mes proches défunts, particulièrement :

    Mon père, TCHOGNIA NJO UM SIMON ;
    Mon oncle, NEKAM JONAS ;
    Mon frère COLDA Y PATRICK ;

    REMERCIEMENTS.

    Je saisi l'occasion qui m'est offerte pour remercier vivement Le professeur Blaise MUKOKO pour avoir accepté de superviser ce travail, mon directeur de mémoire le Docteur Georges Bertrand TAMOKWE PIAPTIE qui, en dépit de ses multiples occupations, a accepté de tout coeur m'encadrer dans ce travail de recherche et surtout m'enseigner la rigueur du travail intellectuel. Qu'il soit rassuré de ma profonde gratitude.

    Je tiens à remercier également :

    Le docteur d'Etat Georges Dieudonné MBONDO pour la patience, l'intérêt et pour les conseils précieux dont il m'a nourri tout au long de mon travail.

    Le professeur Marie Thérèse UM, doyen de la faculté de sciences économiques et de gestion appliquée à l'université de Douala pour ses conseils;

    Le professeur Lucien Kombou, ancien doyen de la faculté de sciences économiques et de gestion appliquée à l'université de Douala pour ses conseils;

    Tous les enseignants de DEA- Economie, pour la qualité de la formation;

    Tous mes camarades de promotion dont les discussions et échanges ont contribué à la compréhension de notre sujet;

    Ma mère, veuve MARTINA NJOUM pour son soutien moral et matériel inestimable ainsi que les efforts consentis pour l'éducation et l'instruction de ses enfants;

    Mes frères et soeurs pour le climat détressant qu'ils ont fourni dans l'élaboration de cette recherché;

    Tous les membres de ma famille pour leurs soutiens, en particulier Belise Chekam, Val Djeugmo, Méd Tchuente, Pagess Njoum, Cédric Nekam, Bertrand Tchognia, J Bidid, Fabrice Kom, Christ Nguetchung, Jersey Ngounoue, Clément Nguetchung, Rosine Chegmie, Noé Djega, Joël Kuitchui , Sigiela Wakam ;

    Mes amis, particulièrement:

    La famille Tassing;

    Virgile Nguemaleu ;

    Je ne puis terminer sans adresser mes sincères remerciements à tous ceux qui, de près ou de loin ont contribué à l'élaboration de cette recherche

    SOMMAIRE

    INTRODUCTION GENERALE
    PREMIERE PARTIE : LE CADRE THEORIQUE ET CONCEPTUEL DE L'ETUDE

    CHAPITRE UN : LA THEORIE DE L'INVESTISSEMENT DIRECT ETRANGER

    SECTION 1- Définitions et déterminants théoriques de l'IDE SECTION 2- Les stratégies des IDE

    CHAPITRE DEUX: L'ANALYSE DES FLUX D'IDE ET LE CADRE D'INVESTISSEMENT AU CAMEROUN

    SECTION 1- L'Analyse des flux des IDE

    SECTION 2- Environnement des IDE au Cameroun

    CONCLUSION DE LA PREMIERE PARTIE

    DEUXIEME PARTIE : L'EVALUATION DES DETERMINANTS DES IDE AU CAMEROUN

    CHAPITRE TROIS : UNE MODELISATION DES FACTEURS EXPLICATIFS DES IDE AU CAMEROUN

    SECTION 1- la spécification du modèle de base

    SECTION 2 - les sources des données et détermination de la méthode d'estimation

    CHAPITRE QUATRE : L'ANALYSE DES RESULTATS ET RECOMMANDATIONS SECTION 1 - La présentation et l'analyse critique des résultats d'estimation SECTION 2 - L'impact de l'investissement direct étranger sur l'économie

    Camerounaise et les recommandations de politiques économiques

    CONCLUSION DE LA DEUXIEME PARTIE

    CONCLUSION GENERALE

    LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS

    1) PAS : Programme d'Ajustement Structurel

    2) PVD : Pays en Voie de Développement

    3) BM : Banque Mondiale

    4) FMI : Fonds Monétaire International

    5) WIR : World Investment Report

    6) PPTE : Pays Pauvre Très Endetté

    7) GICAM : Groupement Inter Patronal du Cameroun

    8) CGD : Code d'Investissement du Cameroun.

    9) RZFI : Régime de la Zone Franche Industrielle

    10) PFI : Point Franc Industriel

    11) ONZFI : Office Nationale de la Zone Franche Industriel

    12) PAZF : Pays Africains de la zone Franc

    13) PIB : Produit Intérieur Brut

    14) CEMAC : Communauté Economique et Monétaire de l'Afrique Centrale

    15) IDE : Investissement Direct Etranger

    16) (R&D) : Recherche et Développement

    17) MCO : Moindre Carré Ordinaire

    18) FMN : Firme Multinationale

    LISTE DES GRAPHIQUES ET DES FIGURES

    1) Graphique 1 : Répartition des IDE dans le monde en 2004 (en millions de dollars) 37

    2) Graphique 2 : Flux d'IDE en % du PIB dans la CEMAC en 2004 ..39

    3) Graphique 3 : Flux d'IDE entrant dans la CEMAC ..39

    4) Figure1 : Evolution des flux d'entrée d'IDE au Cameroun de 1970 à 2006 (US$Courant) .49

    5) Figure 2 : Evolution du taux de croissance annuelle du PIB au Cameroun de 1970 à 2006 (%) .50

    6) Figure 3 : Evolution comparative des flux d'IDE au Cameroun et en Côte d'Ivoire 52

    LISTE DES TABLEAUX

    Tableau 1 : Pourcentage des IDE mondiaux et français vers la CEMAC en 2004 38
    Tableau 2 : Montant des IDE mondiaux vers la CEMAC entre 2000

    et 2005 en millions de dollars US

    ..38

    Tableau 3 : Présentation des variables

    ..65

    Tableau4 : résultat des tests de stationnarité sur les variables

    ..69

    Tableau 5 : résultats de l'estimation du modèle de long terme

    77

    Tableau 6 : les résultats des tests ADF sur les résidus estimés

    .79

    Tableau 7 : les résultats de l'estimation de la relation de court terme ...81

    RESUME

    Ce travail propose une contribution à l'identification des atouts du Cameroun dans la concurrence internationale pour attirer des IDE. Son objet est de mettre en lumière des critères objectifs d'évaluation de l'attractivité de ce pays. A l'aide d'un modèle de régression linéaire mettant en relation les flux net des IDE (considéré comme variable dépendante) avec un ensemble de variables indépendantes nécessaires à l'attractivité du Cameroun, il montre que les déterminants majeurs de l'attractivité de ce pays sont la qualité de la main d'oeuvre et l'ouverture au commerce.

    INTRODUCTION GENERALE

    La participation du continent africain à l'économie mondiale a diminué au cours des 50 dernières années aussi bien du point de vue de son produit intérieur brut (PIB), de ses exportations que de ses influx d'investissements internationaux (Ocde, 2002). Le seul domaine dans lequel l'Afrique a prospéré, est sa population en raison d'une croissance démographique qui s'est accélérée au cours du vingtième siècle. Cette démographie, forte sur l'ensemble du continent, constitue un sérieux handicap à la croissance et au développement humain, de même qu'elle va impliquer à long terme des changements profonds dans les conditions d'activités économiques en Afrique.

    En termes économiques, la part de l'Afrique dans le Produit intérieur brut mondial exprimée en parité de pouvoir d'achat a diminué d'un tiers environ entre 1950 et 2000 et sa part dans les exportations mondiales a été divisée par trois (Cnuced, 2002)1. L'évolution des termes de l'échange est un des facteurs explicatifs de cette tendance.

    La déconnexion de l'Afrique de l'économie mondiale s'explique également par ses évolutions internes. Ainsi, la faible croissance de l'Afrique par rapport au reste du monde peut en elle même expliquer la diminution de son poids dans le commerce mondial. De plus, la transformation des capacités de production en capacités d'exportation est plus difficile en Afrique que dans le reste du monde en raison des faiblesses de la chaîne de commercialisation et de transport. En bref, on a lieu de se demander si «l'Afrique ne va-t-elle pas vers une diminution de ses avantages comparatifs» (Bekolo, 2000).

    Dans un contexte économique où l'épargne domestique est faible et où il est pratiquement impossible d'accéder aux marchés financiers internationaux, le Cameroun, comme la plupart des autres pays africains recourt à certains modes de financement extérieur tels que l'aide publique au développement et l'emprunt extérieur dans le but de poursuivre ses objectifs de développement socio-économique. Or, les prêts en faveur des pays africains en général ont diminué ces dernières années pour passer à 3,8% en 2001 contre 6% du PIB en 1990. En plus, l'aide extérieure par tête a

    1 Cnuced signifie: Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement

    baissé pour atteindre la moyenne de 35 dollars entre 1989 et 1992 à 28 dollars entre 1993 et 2001 (Banque Mondiale, 2003), d'où la nécessité pour l'Afrique et plus particulièrement le Cameroun, de compenser le déficit de l'assistance extérieure en favorisant l'investissement direct étranger (IDE).

    En effet, depuis une décennie, on remarque une croissance importante des flux d'IDE dans le monde. Ils sont passés de 198 milliards de dollars en 1990 à 321 milliards de dollars en 1995, et ont atteint 1050 milliards de dollars en 2003 selon les estimations World Investment Report (WIR 2005).

    Cependant, la distribution géographique de ces investissements révèle une répartition inégalitaire. Par exemple, concernant les investissements directs étrangers pour l'année 2003, on note que les pays développés à économie de marché ont bénéficié de 985 milliards de dollars, les « pays et territoires en développement» ont reçu 210 milliards de dollars, alors que les pays d'Europe Orientale ont enregistré 20 milliards de dollars. Cette répartition ne révèle pas la part des investissements étrangers destinés à l'Afrique qui fait partie de la région « pays et territoires en développement ». En effet, dans cette région, l'Asie en développement attire à elle seule 133 milliards de dollars, 46 milliards pour l'Amérique Latine et le reste revient à l'Afrique, soit 10,5 milliards de dollars.

    En Afrique, la dotation en IDE varie fortement d'un pays à un autre. L'Afrique du Sud, le Nigeria et la Côte d'Ivoire sont les pays qui ont le plus attiré l'IDE dans les années 1990. Comparativement au Cameroun, la Côte d'Ivoire a attiré huit fois plus d'IDE entre 1989 et 2003 (Cnuced, 2003). En plus, fort est de constater que la part de l'Afrique dans les investissements directs internationaux a connu une chute spectaculaire. Elle a baissé de moitié entre 1970 et 1980. A partir de cette date, et jusqu'à dans les années 1990, elle a encore diminué de moitié. Dans les années 1970, les pays pétroliers d'Afrique recevaient une proportion significative des investissements directs étrangers dans le monde. Par la suite, les flux d'investissements à destination de l'Afrique ont progressé lentement en valeur dans les années 1980 et ont repris vigoureusement dans les années 1990. Malgré cette reprise, la. Part de l'Afrique reste insignifiant par rapport à la croissance des investissements internationaux reçus par l'ensemble du monde. Le Cameroun fait partie des pays qui n'ont pas bénéficié de ces influx d'investissements directs étrangers. Il ne compte en

    flux comme en stocks, que pour 1% de l'investissement mondial en Afrique (Cnuced, 2003).

    En effet, depuis la dévaluation de janvier 94, le taux de croissance de l'économie camerounaise se situe en moyenne autour de 5%2 avec un accroissement du PIB par habitant compris entre 1,5% et 2,7%. L'agriculture étant le secteur le plus important, contribue aux recettes d'exportation à hauteur de 40%(Beac 2003) bien qu'elle fait face à la baisse des cours internationaux. Le secteur secondaire a aussi connu une croissance en 2003, liée à la reprise de l'investissement public et à la remise à niveau de la consommation. C'est cependant le secteur tertiaire qui a apporté la contribution la plus significative à la croissance du PIB en 2003, soit 4,65%.

    Pourtant sa situation géographique entre l'Afrique occidentale et l'Afrique centrale lui assure une position stratégique unique en matière d'échanges commerciaux en plus de ses nombreuses ressources naturelles et agricoles3 .

    Le Cameroun dispose d'un tissu industriel diversifié et en expansion, présentant un réseau permanent de sous-traitance et également d'une main-d'oeuvre abondante et qualifiée, bon marché et douée d'une grande capacité d'adaptation et d'initiative indispensable au développement des entreprises. Son cadre législatif et réglementaire consacre la liberté d'investir et le libre transfert des bénéfices industriels et commerciaux ainsi que des salaires.

    Sur le plan macro-économique, le Cameroun, comme l'ensemble des pays de la communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cemac), présente un taux de change fixe par rapport à l'euro4. La taxe sur le chiffre d'affaires (Tca) introduite par la reforme fiscale et douanière de 1993 est remplacée par la taxe sur la valeur ajoutée (Tva) en 1999. La tension inflationniste est maîtrisée et fluctue autour de 2% (Beac, 2003)5

    En terme de financement, le Cameroun, qui pendant longtemps, a bénéficié des aides publiques au développement et des prêts concessionnels, est classé aujourd'hui parmi les pays les plus pauvres très endettés car ayant accumulé une dette extérieure

    2 Notons tous de même que ces quatre dernières années, le taux de croissance du Cameroun était de 3.5%

    3 Les ressources naturelles sont entre autres : le pétrole, le gaz, la bauxite, le fer, le nickel, le bois...et les ressources agricoles : le cacao, le café, le coton, la banana, l'hévéa, l'huile de palme, l'ananas...

    4 L'euro est la monnaie unique européenne.

    5 BEAC signifie : banque des états de l'Afrique centrale

    Très importante dans les années 1980 au moment de la chute drastique des prix du pétrole.

    Sur le plan structurel, un vaste programme de privatisations a été initié en 1994 et prévoit la libéralisation des principaux secteurs de l'économie. Le niveau de développement des infrastructures routières, ferroviaire, portuaire s'est également amélioré malgré quelques insuffisances dans leurs entretiens.

    Sur le plan politique, le Cameroun connaît une stabilité depuis les années 1990 et ses institutions sont démocratiques.

    Au regard de cette analyse, il apparaît que, le Cameroun, dans le cadre de la globalisation, peut bénéficier de l'interconnexion croissante des marchés en s'intégrant à l'économie mondiale. L'investissement direct étranger, par le biais de cette ouverture, peut ainsi contribuer à promouvoir Le développement économique du Cameroun.

    Or, malgré l'engagement du gouvernement camerounais dans la mise en oeuvre des politiques d'ajustement et des reformes structurels proposés par le Fonds Monétaire International (Fmi) et la Banque Mondiale (BM), malgré la multiplication des partenariats dans le cadre des coopérations bilatérale et multilatérale et malgré ses atouts naturels, le constat est que le Cameroun attire .davantage moins d'investissements directs étrangers caractérisés par une présence moins importante des firmes multinationales (FMN)6 sur le territoire.

    Le véritable problème qui se pose alors est celui de savoir pourquoi le Cameroun, malgré ses divers avantages mentionnés précédemment ne réussit toujours pas à attirer suffisamment d'investisseurs étrangers.

    L'objet de notre étude sera de rechercher les variables pertinentes qui expliquent les flux entrants d'investissements directs étrangers au Cameroun afin de proposer des mesures de politiques économiques susceptibles d'améliorer l'attractivité de l'environnement économique du pays. Le cadre méthodologique repose sur l'estimation de la fonction d'attractivité par les moindres carrés ordinaires (MCO). Aussi, il conviendra de s'assurer de la stationnarité des séries observées car, lorsque les variables ne sont pas stationnaires, l'estimation par les MCO et les tests usuels des

    6 Une multinationale (entreprises ou firme) est une entité qui réalise des opérations de production dans au moins dans deux pays. Elle est constituée d'une société mère (résidente d'un pays) et d'au moins une filiale (résidente d'un autre pays). Est filiale toute société dont le capital social est contrôlé par une entité.

    t-student et f- fisher ne sont pas valides. Ceci dit, les coefficients estimés ne convergeront pas vers leurs vraies valeurs et on dira que les régressions sont fallacieuses. Nous utiliserons ainsi les tests de Dickey-Fuller augmenté (ADF) pour rendre compte de la stationnarité de ces séries.

    Pour répondre à notre question centrale, notre travail sera organisé en quatre chapitres ; nous aborderons dans le premier chapitre les différentes théories qui ont étudié l'Investissement Direct Etranger. Ensuite, dans le deuxième chapitre nous allons nous intéresser à l'analyse des flux IDE et le cadre d'investissements au Cameroun.

    Dans le chapitre trois, nous modéliserons les facteurs explicatifs des investissements directs étrangers, puis nous présenterons une analyse et les propositions de politiques économiques seront faite ceci au chapitre quatre.

    PREMIERE PARTIE :
    LE CADRE THEORIQUE ET CONCEPTUEL DE
    L'ETUDE.

    Depuis le début des années 70 le Cameroun accorde une importance capitale aux investissements directs étrangers (IDE) comme moyen de développement économique ; Cette volonté c'est accentué dans les années 90 et 2006. L'attraction des IDE a été pendant longtemps dans la pointe de mire des stratégies économiques nationales.

    La littérature étant abondante sur la question, propose des déterminants et des théories économiques des IDE. La plus exhaustive date de 1992 [The determinants of foreign Direct Investment: Asurvey of the evidence, publication des Nations -Unies]. La majorité des auteurs s'accordent à souligner le rôle important des fondamentaux (niveau d'endettement externe, croissance économique, etc), du marché et des infrastructures. Aujourd'hui avec la mondialisation, les économistes [Nunnenkamp &Spatz (2002)] et Dunning (2002) mettent en avant de nouveaux déterminants non traditionnels axés plutôt sur le climat d'investissement. Pour Stern (2005), il s'agit d'une approche qui s'intéresse à la gouvernance et à l'environnement économique et institutionnel dans lequel les agents économiques prennent leurs décisions.

    Nous constatons ainsi le manque de consensus de la littérature et les divergences de vue des auteurs en ce qui concerne les déterminants des IDE.

    Pour cela, dans cette première partie, nous trouvons judicieux non seulement de clarifier les concepts utilisés, de faire une revue des théories économiques sur les IDE Au Chapitre 1, puis au chapitre 2 une illustration des flux des IDE et le cadre d'investissements au Cameroun sera faite.

    CHAPITRE 1 : LA THEORIE DES INVESTISSEMENTS
    DIRECTS ETRANGERS

    INTRODUCTION

    L'influence des firmes multinationales sur la spécialisation et l'intégration dans l'économie mondiale n'est plus à démontrer : le développement de l'investissement direct étranger a imposé un abandon de la théorie classique et libérale de la spécialisation internationale fondée sur l'immobilité des facteurs de production (capital, travail, technologie), et a fait naître aujourd'hui un nouveau cours d'hypothèses assis sur le caractère désormais mondial de l'attractivité économique.

    En conséquence, le cadre de l'économie internationale tend à être remis en cause pour adopter celui des théories de l'économie mondiale.

    A côté des formes traditionnelles d'investissements directs d'intégration verticale internationale et de conquête des marchés étrangers, on trouve de plus en plus d'investissements relevant des schémas de la division internationale du travail : les firmes multinationales tendent davantage à organiser leur production à l'échelle mondiale par l'intégration des fabrications et des lignes de produits, laquelle s'accompagne non seulement de flux de marchandises, mais de plus en plus de transferts de technologies.

    Après une analyse historique et détaillée des théories classiques du commerce, du capital et de la firme, explicatives de l'investissement direct étranger, l'internationalisation des entreprises ou de la production est intégrée à la théorie de l'organisation industrielle : celle-ci explicite dans quelles conditions, des marchés donnés sont approvisionnés par des filiales étrangères de production qui y sont établie, en se fondant sur l'interaction entre les structures de marché et les conduites ou stratégies des firmes , notamment le concept de « réaction oligopolistique » au plan international. Ainsi plusieurs champs économiques ont traité l'investissement direct étranger : de la théorie de la firme, du commerce international, de localisation ou encore de l'économie industrielle,

    chacun cherche à expliquer ce phénomène de son propre angle de vision. Dans ce chapitre nous essayerons justement, de grouper, analyser et expliciter ces théories et d'en sortir les principaux déterminants des IDE dans le monde, ce qui nous permettra de mieux appréhender l'analyse empirique.

    SECTION 1 : DEFINITIONS ET DETERMINANTS

    THEORIQUES DES IDE

    Le sujet des investissements directs étranger a été traité dans plusieurs disciplines économiques. Les diverses théories existantes s'accordent à donner leur définition propre, y joignant des éléments susceptibles de préciser le champ d'application d'une telle notion.

    Ce champ s'applique aux déterminants de l'investissement, à ses modalités de financement, à ses critères d'efficience et des incitations offertes par le pays hôte aux investisseurs potentiels. En ce sens l'investissement international se comprend à travers deux points de vue : celui du pays hôte, pour lequel l'investissement direct offre des opportunités de développement et celui du pays investisseur, l'investissement direct permettant de délocaliser des activités devenues coûteuses dans le pays d'origine et d'obtenir d'autres avantages d'ordre législatif, fiscal et financier. Ainsi les trois principaux acteurs de l'investissement direct sont : les entreprises privés multinationales, les investisseurs nationaux et internationaux et les banques commerciales et financières.

    Dans la section qui suit nous allons faire le tour des théories qui se sont intéressées aux IDE en mettant en évidence leurs évolutions dans le temps. Cette manière de traiter le sujet est le résultat de l'observation du fait que les IDE ont pris plusieurs formes depuis le début du siècle et que les théories relatives s'y sont adaptées.

    A : Revue générales des théories sur les IDE

    Plusieurs théories ont traité les IDE, les plus récentes sont celle de Dunning (1993) et de Caves (1996). Par ailleurs, on peut remarquer que les théories les plus importantes sont basées sur l'économie industrielle.

    Dans sa thèse de Doctorat, Hymer (1960) a distingué entre l'investissement de portefeuille et l'investissement direct. Il montre que les hypothèses d'arbitrage sur le capital expliquant les mouvements internationaux de capital, sont en contradictions avec le comportement des multinationales et sont, ainsi, incapables d'expliquer les causes des IDE et ce pour trois raisons.

    · Premièrement : une fois que le risque, l'incertitude, la volatilité des taux de change, et les coûts d'acquisitions des informations sont incorporés dans la théorie de l'arbitrage de portefeuille, plusieurs des prévisions économiques restent, tout de même, invalides. En fait, ceci est dû aux imperfections du marché qui affectent les performances des firmes, et en particulier leurs stratégies sur les marchés étrangers.

    · Deuxièmement : les IDE permettent non seulement le transfert de ressources (capital), mais aussi de technologies, d'expériences managériales et de savoir- faire. D'où l'existence de rentes économiques importantes et d'effets d'externalité positifs, qui peuvent être aussi importants que les effets directs des déplacements de capitaux et des investissements étrangers.

    · Troisièmement : les IDE n'ouvrent pas la possibilité de changement de possession (ownership), de ressources ou des droits.

    Hymer explique la distribution des IDE entre les marchés, par les théories micro-économiques. En appliquant les théories d'économie industrielle, Hymer pense que les FMN sont identiques aux firmes locales. Le fait d'investir à l'étranger englobe certaines difficultés : communication, transport, barrières de langues...

    Cependant les FMN doivent posséder des avantages spécifiques de localisation : technologie, économie d'échelle qui permet de dépasser les barrières locales et d'être compétitive face aux entreprises locales.

    Des recherches ont été menées par Kindleberger (1958), Caves (1983) et Dunning afin d'identifier, les avantages de délocalisation tel que : la capacité technologique, l'expérience, la structure industrielle, la différenciation des produits, les connaissances du marché, et les compétences organisationnelles.

    Dans l'approche de Vernon (1966), il explique les IDE selon le cycle de vie du produit. Au début le produit est conçu dans le pays d'origine avec des technologies innovatrices, et il est aussi produit pour le marché local. Après, arrivé à un autre stade du cycle de vie, une certaine croissance et connaissance du marché, de synergie, le produit est exporté vers d'autres pays ayant des caractéristiques similaires au pays d'origine. Lorsque le produit devient standard et mature, les coûts de travail deviennent très importants dans le processus de production, c'est à ce moment là que les firmes délocalisent à la recherche de coûts de production bas. Le cycle de vie du produit était, ainsi, la première interprétation dynamique des déterminants des IDE et de leurs relations avec le commerce international.

    Dans les années soixante dix, quelques économistes, en particulier Buckley (1991) et Casson (1976), Lundgren (1977), et Swedenborg (1979), ont proposé l'application de la théorie d'internationalisation afin d'expliquer la croissance des FMN basées sur la théorie des coûts de transactions. En effet, le choix entre servir un marché extérieur par l'exportation ou par le franchisage et d'y investir, dépend de certains coûts, tel que les coûts d'opportunité, d'installation ou encore des coûts de maintenance... tant que ces coûts existent la FMN préfère s'installer elle-même à proximité du marché en question, ou bien elle peut opter pour le franchisage. Ce dernier semble être le cas de plusieurs multinationales, notamment `Coca-cola' qui a élaboré un système de franchise à l'échelle internationale lui permettant d'être présente sur tous les marchés.

    En analysant cette théorie (approche d'internationalisation), on retrouve très clairement l'idée d'existence d'imperfections sur le marché, développé au début des années soixante par Hymer. Ainsi, afin de minimiser les coûts de transactions et d'améliorer l'efficience de la production, les FMN décident de délocaliser leurs productions. Il faut noter, néanmoins, que cette vision des IDE néglige les spécifications internes de localisation. Par spécifications internes de localisation on entend les données économiques, sociales et politiques du pays hôte et qui jouent un rôle prépondérant à la fois dans la décision de délocalisation et du choix du pays d'accueil.

    De même, les travaux de Mayer et Mucchielli (1999) se sont intéressés à la localisation à l'étranger des firmes multinationales et en ont déduit quatre facteurs déterminants : la demande du marché des biens, le coût des facteurs de production, le nombre d'entreprises locales et étrangères déjà installées sur place et la synthèse des différentes politiques d'attraction menées par les autorités locales. En d'autres termes, les entreprises recherchent les lieux où la demande est importante et là où les coûts de production sont faibles.

    Plus tard en 1998, Wilhelms et Witter ont créé le concept d'adaptation institutionnelle à l'IDE, publié dans l'ouvrage intitulé « Foreign Direct Investment and its Determinants in Developping Countries ». La théorie élaborée intègre des variables microéconomiques (concernant l'investisseur), macroéconomiques (couvrant les caractéristiques de l'économie réceptrice de l'IDE) et des variables méso économiques (représentant les institutions liant l'investisseur et le pays hôte tel que les agences du gouvernement qui publient les politiques concernant l'investissement direct). Un des points qui distinguent cette conception des autres est qu'elle accorde plus d'importance aux variables dites "méso". Le concept d'adaptation institutionnelle à l'IDE ainsi développé par ces auteurs, met en corrélation quatre concepts dans le modèle suivant :

    IDE = á0 + á1 G + á2 M + á3 E + á4 S.

    G : symbolisant le concept d'adaptation du gouvernement à l'IDE, M : celui du marché,

    E : celui de l'éducation,

    S : pour le concept d'adaptation de la réalité socioculturelle.

    Ces quatre concepts constituent ce que les auteurs appellent le concept d'adaptation institutionnelle à l'IDE, et illustrent la capacité d'un pays d'attirer, d'absorber et de préserver les IDE.

    Enfin, les travaux de Morisset et Neso (2002) ont montré quant à eux que les procédures administratives complexes, nécessaires à l'établissement et au fonctionnement des affaires, découragent l'entrée des flux d'IDE.

    B. Définitions opérationnelles des Investissements Directs Etrangers

    Selon Jacquemot (1990), l'investissement international (notion plus large que l'investissement direct) est formellement défini comme l'emploi des ressources financières qu'un pays fait à l'étranger. C'est ainsi qu'en termes de flux, l'investissement correspond à trois éléments essentiels de la balance des paiements :

    · L'investissement à long terme du secteur non monétaire.

    · Les transferts unilatéraux privés et publics.

    · Le solde des revenus des capitaux à l'extérieur.

    Les sorties de capitaux enregistrés dans les balances de paiements donnent une vision tronquée des investissements directs réalisés. Ces investissements peuvent croître sans sorties de capitaux, grâce aux réinvestissements des profits des filiales des FMN et grâce à leur appel aux marchés financiers non comptabilisés dans les balances de paiements. Ce qui biaise l'estimation des flux réels d'IDE.

    En terme de patrimoine, l'investissement direct correspond à l'ensemble des avoirs en biens et créances que détiennent les investisseurs d'un pays et qu'ils ont accumulé à l'étranger dans des périodes passées.

    Par opposition au prêt et à l'investissement de placement, l'investissement direct implique le fait de contrôler une entreprise localisée en dehors du pays d'origine. En tant que catégorie de flux financiers, il correspond au souci de tenir compte, dans la mesure du possible, de la stratégie de l'investisseur.

    Selon l'OCDE, « un investissement direct est effectué en vue d'établir des liens économiques durables avec une entreprise, tel que notamment, les investissements qui donnent la possibilité d'exercer une influence sur la gestion de la dite entreprise au moyen :

    - De la création ou de l'extension d'une entreprise ou d'une succursale appartenant exclusivement au bailleur de fonds.

    - De l'acquisition intégrale d'une entreprise existante.

    - D'une participation à une entreprise nouvelle ou existante.

    - D'un prêt à long terme (5 ans et plus).

    La notion de prise de contrôle est interprétée de la façon suivante : il y a présomption d'investissement direct au sens de l'OCDE s'il y a contrôle de 20% ou plus des actions ordinaires, « à moins qu'il puisse être établie que cela ne permet pas à l'investisseur d'avoir un pouvoir de décision effectif dans la gestion de l'entreprise » (W. Andreff).

    Le manuel de la balance de paiement du Fonds Monétaire International (4ème édition 1977) donne une autre définition des investissements directs : « les investissements effectués dans une entreprise exerçant ses activités sur le territoire d'une économie autre que celle de l'investisseur, le but de ce dernier étant d'avoir un pouvoir de décision effectif dans la gestion de l'entreprise. Les entités ou les groupes d'entités associés non-résidentes qui effectuent les investissements sont appelés « investisseurs directs » et les entreprises, érigées ou non en société (respectivement filiales ou succursales) dans lesquelles ces investissements directs ont été effectués, sont distinguées par le terme `entreprises d'investissement direct' ».

    Selon Hugonnier (1984), les pays de l'OCDE se divisent en deux catégories. La première est constituée de pays qui ont pensé que le moyen le plus sûr de déterminer si l'investissement étranger détenait un tel pouvoir sur l'entreprise était d'établir un certain seuil de propriété (actions ou actions assorties d'un pouvoir de vote). Ce seuil va de 10 à 100%. Il est par exemple de 10% pour de Danemark, les USA, la Turquie, de 20% pour la France, de 25% pour l'Allemagne et la Grande Bretagne, de 50% pour l'Autriche et de 100% pour les Pays-Bas.

    La seconde catégorie est constitué de pays qui ne retiennent pas un seuil de propriété minimum pour définir un pouvoir de décision effectif et considère

    simplement que dès lors qu'une participation étrangère est prise dans une entreprise nationale et que les liens économiques les unissent, l'entreprise locale devient une entreprise d'investissement direct (exp. Portugal).

    En fait, c'est selon ces seuils de participation que chaque Etat contrôle les flux d'IDE et définie leurs propres caractère de participation. Ainsi, au Gabon le seuil minimal de prise de participation est de 70%, au Bénin de 80%, en Arabie Saoudite de 75%, en Indonésie, Malaisie, Chili, Irak, et en Libye de 49%. En Inde, aux philippines, au Nigeria de 40%, et au Cameroun il est de 51%.

    On voit bien à travers, ce tour des définitions que les firmes multinationales jouent un rôle très important dans l'analyse du phénomène. Elles représentent le premier acteur majeur de la décision d'investissement. Ce qui nous mène à poser la question quant à la définition du terme « Firme Multinationale »

    C. La firme multinationale

    Dans son avant-propos, Frank (1981) explique que les entreprises multinationales ont joué un rôle particulièrement important dans le développement des Pays en Voie de Développement. Il définit une multinationale comme étant « une société qui opère dans plusieurs pays étrangers au travers de filiales qui sont soumises à un certain degré de contrôle central ».

    Les Nations-Unis tendent à utiliser le terme de transnationale de préférence au terme multinational, lorsqu'elles veulent indiquer qu'il s'agit d'une société mère basée dans un pays avec des filiales dans un certain nombre de pays étrangers. Le terme multinational signifierait alors qu'il s'agit d'une société détenue par plusieurs nations, qu'elle ait ou non des filiales dans d'autres pays.

    Pour Aharoni (1971), le terme de « firme multinationale » a été utilisé pour la première fois par Lillientthal (1960), qui définit ce type de firme comme étant « une entreprise qui a son siège dans son pays d'origine mais qui opère et vit sous les lois et les devoirs d'autres pays ». Steiner (1966) ajoute «qu'une firme multinationale obéit à deux critères : d'abord, elle opère dans deux ou plus de deux pays, dans lesquelles elle a des bénéfices et des perspectives de croissance,

    puis dans un second temps elle prend des décisions multinationale, c'est à dire des décisions applicables dans plusieurs pays ».

    Pour investir à l'étranger, une entreprise est dans l'obligation de déployer d'importants efforts, aussi bien financiers qu'humains. Une question légitime se pose alors : pourquoi les entreprises qui s'intéressent à un marché international, ne déploie- t- elle pas toute sa compétence pour produire dans son pays et exporter, ou bien concéder des licences à des entreprises étrangères pour l'exploitation de sa technologie ?

    La réponse à cette question réside dans les circonstances qui font de l'entreprise multinationale ce qu'elle est :

    - Premièrement, les actifs de l'entreprise peuvent être exploités d'une manière plus rentable à une échelle plus large. Nous entendons, par actif : la propriété technologique (technologie et noms de marques), l'organisation, la gestion et le réseau de distribution.

    - Deuxièmement, il s'avère plus rentable de produire avec ces actifs dans

    plusieurs pays que de produire dans le pays d'origine et d'exporter.

    - Troisièmement, l'octroi de licences à des entreprises étrangères semble moins

    rémunérateur que d'exploiter le potentiel des actifs de l'entreprise à l'étranger.

    En résumé, la définition de firme multinationale diffère selon les personnes et la définition propre varie selon la situation dans laquelle le chercheur se trouve.

    Selon Aharoni, s'il s'agit de la relation existant entre la firme et le pays hôte, la définition de la FMN doit se rapporter au type d'opérations accomplies dans le pays. Si en revanche, il s'agit du processus de prise de décision à l'intérieur de la firme mère et ses effets sur la `multi- nationalité' des opérations, alors il y aura autant de définitions de la FMN que de décisions d'investir à l'étranger.

    D. La théorie O.L.I

    Dunning (1977, 1980, 1993 ...) a synthétisé les éléments les plus importants dans l'explication des IDE. Il propose ainsi trois conditions exigées pour que la firme fasse des investissements à l'étranger. Ces conditions sont : les avantages de possessions « Ownerships adavanatges », les avantages de localisation « Location advantages » et les avantages d'internationalisation « Internalisation advantages ». Dunning groupe ainsi la plupart des théories sur les IDE en ce qu'il appelle la théorie « OLI ».

    - Les avantages de possession peuvent être un produit, ou un processus de production que les autres firmes n'ont pas accès. Ils peuvent aussi être des éléments dont la firme a la possession et qu'elle gagnerait à les exploiter à l'étranger. Des nouvelles technologies, des informations exclusives, des expériences managériales, en sont l'illustration et l'exemple de ces avantages. Les « ownership advantages » confèrent des positions de forces sur le marché vis à vis de la demande mais aussi de la concurrence interne. Ils donnent à la firme une marge de manoeuvre importante sur le marché extérieur lui permettant de surmonter les coûts d'installation et de localisation, d'écraser la concurrence interne (si elle est existante) et de se comporter en leader. Bien entendu, ces avantages sont spécifiques à la firme et sont reliés directement à ses caractéristiques technologiques et managériales.

    - Les avantages de localisation n'incluent pas seulement les dotations en ressources naturelles, mais aussi les facteurs économiques et sociaux tel que la taille du marché, les infrastructures, le degré de développement, la culture, les réglementations, les institutions politiques et environnementales et le système politique en générale (stabilité, démocratie, degré de corruption...)

    - Les avantages d'internalisation : selon cette théorie, une firme ayant un avantage dans le processus de production ou dans la propriété du produit, aurait éventuellement intérêt à s'installer dans le pays hôte qu'à exporter. Bien évidemment, elle peut procéder par franchise ou vente de licence de production à une entreprise locale, mais dans ce cas elle ne pourra pas maîtriser le marché ni l'exploiter directement.

    C'est ainsi que plus le pays hôte procure des avantages répondant aux critères suscités, plus il attirera des IDE. Cette vision des déterminants des IDE est une vision dynamique, puisqu'elle évolue au fur et à mesure de l'évolution de l'attractivité du pays et des avantages spécifiques de la firme multinationale. Les implications de la théorie OLI sont très importantes pour cette étude. En effet, on peut diviser les déterminants des IDE en deux catégories : les facteurs d'offre « supply-side factors » et dans lesquels on retrouve les avantages de possessions et d'internalisation ; et les facteurs de demande « demand side factors » relatifs aux avantages de localisation.

    1. Les facteurs d'offre

    Sur le plan de l'offre le potentiel d'investissement des entreprises est déterminé par la nature et le degré de leurs avantages de possession, mais aussi par les incitations d'internalisation de la production. Cependant, ceci est dépendant des caractéristiques du pays hôte sur le plan technologique et des capacités d'adaptation et d'innovation. C'est ainsi que selon les caractéristiques du pays hôte, les avantages de possession vont différer d'un pays à l'autre. Plus l'investissement est intensif en technologie et en innovation plus les avantages de possession sont importants. Par conséquent, il vaudrait mieux internaliser la production et, ainsi, la mieux contrôler. Les firmes des pays développés, ayant des capacités managériales et technologiques très importantes, ont plus intérêt à internaliser leurs activités que celles des pays en voies de développement.

    2. Les facteurs de demande

    Sur le plan de la demande, l'attractivité du pays hôte dépendra des caractéristiques géographiques. En effet, étant donné, que les ressources ne sont pas les mêmes pour tous les pays, que les facteurs économiques et sociaux diffèrent et de même pour les politiques de gouvernance, l'attractivité du pays hôte est aussi aléatoire. Cette dernière est intimement liée à la valeur que donnent les FMN aux pays. L'objectif est devenu, telles être présent sur la « short list » des investisseurs, une sorte de classement et de notes attribuée aux pays selon leurs attractivités. Les avantages de localisation sont bien évidemment celles

    reliés directement aux IDE orientés demande. En essayant d'approfondir dans leur étude on aperçoit qu'on distingue deux formes : les IDE orientés marché et les IDE orientés export.

    - Les IDE orientés marché ont pour but de satisfaire la demande locale. Ils

    sont présents à titre d'exploiter des marchés existants ou de créer de nouveaux marché en répondant à des besoins existants mais insatisfaits. Le plus souvent ce sont les barrières douanières qui incitent les firmes à s'installer et éviter ainsi d'être surtaxées. Cependant, les études de Caves (1971, 1974) ont montré que les IDE orientés marché sont caractérisés par une importante différenciation, des coûts fixes élevés (barrières à l'entrée), des économies d'échelle importants et des exigences entrepreneuriales importantes. De ce fait, la taille du marché, sa croissance et le degré de développement du pays hôte sont des facteurs très déterminants dans le choix d'investissement.

    - Les IDE orientés export ont pour but d'utiliser des ressources

    particulières et/ou spécifiques (coûts) et d'exporter le produit fini au pays d'origine ou vers le reste du monde. Les dotations en ressources naturelles sont donc prépondérantes. En général, l'explication de ce type d'IDE se trouve dans les extensions des théories du commerce international. Selon ces théories, le commerce est basé sur l'avantage comparatif, lui-même basé sur les dotations en ressources. Néanmoins, ces dotations ne doivent pas être considérées comme rigides spécialement dans les pays en voie de développement. Plusieurs études ont montré que l'avantage comparatif d'un pays change au fur et à mesure de l'avancement de son processus économique de développement, lui-même dépendant de ses performances en terme de capital physique et humain (évolution de la main d'oeuvre qualifiée...) par rapport aux autres pays, cette idée a été développée surtout par Leamer (1984). Dans ce sens plusieurs facteurs entrent en jeu. Certes, la productivité élevée corrélée avec des salaires bas est un facteur incitatif à l'investissement (cas des pays du sud-est asiatique et plus précisément la

    Chine). Mais, d'autres facteurs `naturels' ont aussi leurs impacts sur l'investissement étranger, à titre d'exemple on peut citer : la culture, la langue, l'éloignement par rapport au reste du monde, la stabilité politique...

    Enfin, on peut conclure que parmi toutes les théories étudiées précédemment, la théorie OLI semble être la plus complète, compréhensible et applicable à la réalité. Elle englobe les différents modes d'investissement et permet par conséquent de mieux appréhender le sujet sur toutes ses facettes. La théorie OLI explique les déterminants des IDE de façon à inclure les différents motifs de délocalisation. En effet, puisque les IDE ont plusieurs aspects et plusieurs objectifs, il convient de les analyser une par une.

    SECTION 2 :
    LES STRATE GIES DES INVESTISSEMENTS DIRECTS
    ETRANGERS.

    Les IDE ont plusieurs stratégies d'implantation, ce qui se traduit, bien évidemment, par des déterminants de localisation et de délocalisations différents. Ainsi, on peut distinguer trois stratégies d'investissement des FMN :

    · Une stratégie d'accès aux ressources naturelles du sol et du sous sol ;

    · Une stratégie de marché dite « Horizontale »

    · Une stratégie de minimisation des coûts ou « Verticale »

    Dans la section ci-après nous allons expliquer les déterminants des IDE selon les stratégies adaptées.

    A. La stratégie d'accès aux ressources du sol et du sous-sol.

    La stratégie d'accès aux ressources naturelles était la première raison d'attraction des IDE. Son évolution et son ampleur étaient déjà existant dés le XVIème siècle. Elle n'est pas une caractéristique de l'économie multinationale ou globale puisqu'elle est apparue avant même l'évolution du concept « Globalisation ».

    Dans ce cadre d'analyse les ressources naturelles sont exploitées à l'étranger pour des raisons climatologiques ou géologiques qui sont peu abondantes voir inexistantes dans le pays d'origine, ou que le pays disposant de ces ressources naturelles est incapable de les exploiter ou de les commercialiser sans investissement international, tel est le cas pour les exploitations de terrains pétrolier et miniers par exemple.

    Néanmoins, l'importance relative des ressources s'est considérablement modifiée au cours de l'histoire. Aujourd'hui les métaux précieux ont été supplantés par le pétrole ou les minerais servant aux alliages, mais fondamentalement il s'agit toujours d'exploiter des ressources naturelles afin de

    les transformer et de les exporter vers le pays d'origine ou vers le reste du monde, et en faire ainsi une « vache à lait ».

    Cet aspect des IDE est le plus simple à comprendre et le plus évident à expliquer. Son déterminant principal est en fait l'existence des ressources naturelles dans le pays hôte. Cependant, ce dernier doit avoir un minimum de caractéristiques économiques et politiques qui lui permettront d'accueillir convenablement les IDE. Dans plusieurs études économétriques portant sur les déterminants des IDE ; des variables comme l'infrastructure, la corruption et la stabilité politiques paraissent toujours significatifs et ayant une influence sur les flux d'IDE et ce, quelle que soit la stratégie adoptée par les FMN.

    Au delà de cet état de fait, et en absence de variables macro-économiques, politiques ou de bonne infrastructure, encourageantes dans le pays hôte, on peut dire que c'est une sorte de phénomène d'arbitrage qui s'installe pour les décideurs des firmes multinationales intéressées par l'exploitation des ressources naturelles existantes. En effet, si le risque d'instabilité touche directement l'activité de l'entreprise et que le gain potentiel de l'exploitation n'arrive pas à couvrir ce risque, il est évident qu'il y aura moins d'IDE et inversement.

    B. La stratégie Horizontale

    La stratégie `Horizontale' ou de marché s'applique aux décisions d'investissements à l'étranger qui visent, d'une part, à produire pour le marché local d'implantation et, d'autres parts, qui sont effectuées dans des pays qui ont un niveau de développement équivalent. La stratégie peut donc être qualifiée d'horizontale car elle concerne les flux d'investissements croisés Nord- Nord qui se développent entre les Etats-Unis, l'Europe et le Japon, c'est à dire au sein de la triade. Ces flux constituent les deux tiers du montant total des investissements directs, de même que les flux commerciaux intra- branche Nord- Nord constituent une forte majorité du commerce international. Cependant, afin d'admettre le parallèle entre les flux d'investissements et les flux commerciaux, il faut mettre entre parenthèse l'asymétrie qui caractérise les flux d'investissement direct à la sortie et à l'entrée dans le cas du Japon par rapport à

    la situation de quasi- équilibre qui règne dans ceux des Etats-Unis ou de l'Europe : le Japon est un investisseur net à l'étranger selon un ratio de dix à un.

    Ses investissements horizontaux sont donc basés essentiellement sur la théorie du commerce et de l'investissement intra-branche développé par Krugman (1996) et du modèle Heckscher-Ohlin. Dans cette théorie, le commerce intra -industriel joue un rôle particulièrement important et principalement dans le commerce des bien manufacturés entre nations industrielles avancées. En effet, au fil du temps les pays industriels sont devenus de plus en plus semblables dans leur niveau de technologie et leurs disponibilités en capital et travail qualifié. Comme les nations commerçantes les plus importantes sont devenus similaires par leurs ressources et leur technologie, on ne trouve généralement plus d'avantage comparatifs clair pour une industrie : une grande part du commerce mondial prend ainsi la forme d'échanges à double sens au sein des mêmes secteurs industriels, probablement sous l'influence des économies d'échelle pour la majeur partie, plutôt que la forme d'une spécialisation industrielle basée sur les avantages comparatifs. Au fur et à mesure de l'avancement du processus du commerce intra- branche entre les pays développés, les multinationales se sont aperçues qu'il y aurait éventuellement avantage à investir dans les pays à niveau de développement équivalent, afin de les satisfaire tout en étant à proximité du marché local.

    Certes, le commerce intra branche permet de dépasser les notions d'avantage comparatifs, et permet aux firmes de bénéficier de marchés plus vastes, et par suite d'économies d'échelles importantes, mais la localisation directe sur le marché permet aussi d'aller au-delà des économies d'échelles et d'assurer une proximité irrévocable sur le marché tout en bénéficiant de qualité et de coûts de main d'oeuvres équivalent au pays d'origine. Ce qui permet un produit de qualité optimale.

    L'investissement horizontal, est alors principalement une stratégie commerciale. Il correspond, en fait, à un processus d'internalisation de la production par « substitution d'exportation ». Il s'agit de FMN qui opère une véritable réimportation de la production, par l'implantation de `filiales- relais'.

    Néanmoins, leur extension mondiale s'effectue par l'exploitation de marchés locaux. Leur localisation est donc dépendante de la demande effective ou potentielle. Bien entendue, dans ce cas on ne peut parler de délocalisation, concept sur lequel on reviendra ultérieurement.

    Ainsi, on peut comprendre que les IDE horizontaux sont très spécifiques et leur déterminant principal est l'existence d'un marché intérieur porteur. Il implique un engagement durable vis à vis du pays hôte. Par ailleurs, l'investisseur est intéressé non seulement par le développement du marché pour son produit particulier, mais aussi par le développement de l'économie du pays hôte en général. Le facteur prépondérant pour la réalisation de ce type d'investissement est l'existence de main d'oeuvre qualifié et d'infrastructure adéquate. Les pays en voie de développement se trouvent, bien évidemment, à la marge de ce type d'investissement.

    La stratégie horizontale est actuellement la plus répandue. Les investissements directs qui en résultent représentent à l'heure actuelle au moins les deux tiers des flux totaux ; en termes de stock, la proportion est encore plus élevée.

    C. La stratégie verticale.

    C'est la stratégie d'investissement qui intéresse le plus notre étude. Inversement à la stratégie horizontale, cette dernière intéresse les flux d'investissements dirigés Nord-Sud exclusivement. Les pays les moins développés n'investissent pas dans les pays de la triade, et on n'est plus dans un cadre de flux à double sens. Selon la théorie du commerce international, cette stratégie est basée principalement sur le commerce inter- branche. Les différences de dotation en facteurs (capital, travail), et les avantages comparatifs des pays jouent un rôle très important dans l'explication des IDE verticaux. Les filiales de production sont étroitement spécialisées. Le choix de leur localisation visant à faire coïncider leur fonction de production avec les dotations factorielles des pays d'accueils et un niveau acceptable des institutions. C'est le cas des entreprises qui cherchent à réduire au minimum ses coûts de productions. Elles profitent, ainsi, des différences de coûts des facteurs, et essentiellement des coûts

    de main d'oeuvre. Elles placent la partie de la chaîne de production qui soit relativement intensive en facteur travail dans les pays où les coûts de main d'oeuvre sont relativement faibles. La qualification de cette main d'oeuvre a évolué dans le temps. Avant on cherchait une main d'oeuvre non qualifiée à coûts insignifiants. Actuellement les multinationales exigent au-delà d'un certain degré de qualification minimum, une certaine stabilité politique et institutionnelle. Les pays offrant le meilleur rapport qualification/ coûts et stabilité politique seront dés lors, les plus convoités.

    .

    Enfin, il est à signaler que c'est cette stratégie qui correspond le plus au concept d'IDE qu'on aura l'occasion par la suite d'analyser profondément

    CONCLUSION.

    Dans ce chapitre, nous avons d'une part fait le tour des définitions des IDE proposées par plusieurs auteurs tels :

    Jacquemot, qui définie l'IDE comme l'emploi des ressources financières qu'un pays fait à l'étranger.

    Pour l'OCDE, un investissement direct est effectué en vue d'établir des liens économiques durables avec une entreprise. Par contre, le FMI donne une autre définition des investissements directs : les investissements effectués dans une entreprise exerçant ses activités sur le territoire d'une économie autre que celle de l'investisseur.

    D'autre part, nous nous sommes intéressés aux différentes théories économiques sur les investissements directs étrangers ;

    En mettant en lumière les théories, de la firme, de l'internalisation et la théorie de l'organisation industrielle qui aborde les éléments déterminant l'IDE sous l'angle de la firme et ensuite aux théories néoclassiques et celle du marché qui examinent l'IDE sous l'angle du libre échange. Puis par la suite nous avons définie le concept d'adaptation institutionnelle, qui éclaire le point de vue du pays hôte.

    Ce chapitre s'est également penché sur les différentes stratégies des IDE, qui sont ici confondues à celle des firmes transnationales qui sont : les stratégies d'accès aux ressources du sol et du sous sol, à la stratégie horizontale et à la stratégie verticale.

    La stratégie verticale est celle qui est analysée dans ce travail ; puisque les IDE sont considérés par plusieurs auteurs comme l'arme de développement des nations, quant est-il de sa répartition à travers le globe ?

    CHAPITRE 2 : L'ANALYSE DES FLUX D'IDE ET LE
    CADRE D'INVESTISSEMENTS AU CAMEROUN

    INTRODUCTION

    L'évolution des flux d'IDE dans un pays ou une région donnée est fonction de Plusieurs paramètres dont la stabilité politique et économique, le dynamisme des populations et leurs savoir-faire, et sans oublier une certaine dotation factorielle en ressources naturelles pour ce qui est des PVD. D'une manière générale, le continent africain attire peu d'IDE même si quelques pays constituent des exceptions. De tous les flux d'IDE, seuls 40% sont allés vers les PVD en 2005 et seulement 0,48% vers l'Afrique Centrale (zone CEMAC). Il est donc clair qu'en termes de volume de flux, la part de l'Afrique Centrale et du Cameroun (leader de la zone cemac) reste marginale au niveau mondial. Pourtant, ces flux rapportés aux poids économiques de ces Etats représentent une manne considérable.

    La mise en place du programme d'ajustement structurel (PAS) par la Banque mondiale (BM) et le Fonds monétaire International (FMI) au début des années 1980 a été le point de départ d'une large ouverture des économies d'Afrique. D'importants investissements directs étrangers, notamment, ont financé l'exploration et la production des ressources naturelles (particulièrement les hydrocarbures, le bois et le gaz) en Afrique.

    Les firmes multinationales spécialisées dans le domaine des hydrocarbures sont venues remplacer les anciennes firmes coloniales qui jadis investissaient dans l'agriculture, lesquelles ont délaissé ce secteur soit à cause de la détérioration des termes de l'échange, soit à cause de la non compétitivité des produits primaires de cette région. Pour mieux appréhender la valeur des flux d'IDE entrant dans cette région, nous consacrons la première section de ce chapitre à l'examen des montants des IDE qui entrent en Afrique, plus particulièrement dans la zone CEMAC ; la section deux quant a elle analysera l'environnement des investissements au Cameroun.

    SECTION 1 : L'ANALYSE DES FLUX D'IDE

    L'IDE vers l'Afrique est très volatile et d'un poids insignifiant au niveau mondial. Pourtant, cet investissement peut représenter beaucoup pour ces pays qui tirent pour la plupart leur revenu soit des taxes des entreprises multinationales, soit des revenus générés dans l'exploitation des ressources produites par ces firmes. Depuis le boom des IDE dans le monde, peu d'études ont été effectuées en Afrique, encore moins en Afrique Centrale, pire encore au Cameroun. Nous donnons ici un aperçu global des flux d'IDE entrant dans les pays en Développement jusqu'à 2006, puis la part des flux IDE vers l'Afrique et vers la CEMAC

    A- Les flux d'IDE entrant dans les pays en développement

    Les flux d'investissements directs étrangers dans le monde ont connu une hausse graduelle entre 1980 et 1990. A partir de la première moitié des années 1990, ils ont connu une forte accélération, puis une baisse jusqu'en 2003, date à laquelle le montant d'IDE était de 1050 milliards de $. En 2004 les IDE dans le monde ont connu une légère hausse de 2% par rapport à sa valeur de 2003, passant ainsi à 1200 milliards de dollars selon les estimations du World Investment Report (WIR 2005).

    Les IDE dans les PVD ont connu la même tendance que les IDE mondiaux, c'est-à- dire une hausse graduelle jusqu'en 1990, puis une légère baisse dans la première moitié des années 1990 et ensuite une forte accélération jusqu'en 2000 avec un montant d'environ 66 milliards de $. A partir de 2004, les IDE des PVD ont connu une hausse graduelle jusqu'en 2006, atteignant presque le montant record de l'année 2000 (WIR, 2005). Les pays d'Asie (la Chine notamment) et de l'Océanie se sont taillés la part du lion avec 80% du montant total d'IDE vers les PVD. La part de l'Afrique est restée stable, mais à un niveau élevé par rapport aux années antérieures.

    Graphique 1 : La répartition des IDE dans le monde en 2004 (en millions de $US)

    Source : division des statistiques des Nations Unies.

    B - Les flux d'IDE vers l'Afrique et vers la CEMAC

    - Vers l'Afrique

    La part de la région dans l'IDE mondial reste faible, atteignant 3% en 2005. Une augmentation de la rentabilité des entreprises et le niveau élevé du prix des produits de base, en 2004 et 2005, ont amené un taux de croissance de 78% des entrées d'IDE dans la région. L'Afrique du Sud est le principal pays africain bénéficiaire en 2005 : ses entrées d'IDE sont brusquement passées de 0,8 milliards de dollars en 2004 à 6,4 milliards, ce qui représente environ 21% du total de la région. Cela est principalement dû à l'acquisition de l'Amalgamated Bank of Sud Africa par la Barclays Bank (Royaume-Uni) pour 5,5 milliards de dollars. Les dix premiers pays africains bénéficiaires (Afrique du Sud, Egypte, Nigeria, Maroc, Soudan, Guinée Equatoriale, République Démocratique du Congo, Algérie, Tunisie et Tchad), représentent près de 86% de l'IDE total de la région. Dans huit de ces pays, les entrées d'IDE ont été supérieures à un milliard de dollars (plus de 3 milliards pour l'Egypte, le Nigeria et l'Afrique du Sud en particulier), et deux de ces dix pays sont en Afrique Centrale

    - Vers la CEMAC

    Les montants d'IDE de la CEMAC sont insignifiants comparés aux flux d'IDE entrant dans le monde : les flux d'IDE de la CEMAC ne représentent que 0.48% des flux d'IDE mondiaux (voir graphique 1). Les IDE vers l'Afrique Centrale ont connu une augmentation graduelle après 1991, et a ensuite réalisé un boom sans précédent à partir de 1999 grâce à la construction du pipe-line Tchad- Cameroun. L'Afrique Centrale, a ainsi reçu 20% des flux d'IDE mondiaux en Afrique en 2004, soit 80% des IDE mondiaux dans la zone Franc et 46% des IDE français en Afrique (représentant 82% des IDE français en zone franc)

    (Voir tableau 1).

    Tableau 1 : Pourcentage des IDE mondiaux et français vers la CEMAC en 2004

    Origine

    Destination

    IDE mondiaux (en%)

    Part de la

    cemac (en%)

    IDE Français

    Part de la cemac

    (en%)

    Afrique

    3

    20

    4.9%(ASS)*

    46

    Zone franc

    1

    80

    1%

    82

    *Afrique au Sud du Sahara. Source : Afristat.

    Tableau 2 : Montant des IDE mondiaux vers la CEMAC entre 2000 et 2005 en millions de dollars US

    Années

    Montants

    2000

    2005

    Accroissement
    en valeur

    taux de
    croissance

    Flux
    d'IDE

    Stock
    d'IDE

    Flux
    d'IDE

    Stock
    d'IDE

    Flux
    d'IDE

    Stock
    d'IDE

    Flux
    d'IDE

    Stock d'IDE

    CEMAC

    378

    4727

    3285

    13143

    2907

    8616

    769%

    190.3%

    Source : Institut de la zone franc (IZF) et UNCTAD (2005)

    Le montant total des IDE entrant dans la CEMAC est passé de 378 à 3285
    millions de dollars US, entre 2000 et 2005 soit une augmentation de 2769%. En même
    temps, le stock d'IDE est passé de 4527 à 13143 millions de dollars, soit une
    38

    augmentation de 190% (voir tableau 2). Par rapport à la formation brute de capital fixe, les IDE sont passés de 19.3% en 2000 à 93.6% en 2004

    Graphique 2

    Flux d'IDE en % du PIB dans la CEMAC en 2004

    Source : BEAC

    Graphique 3

    Flux d'IDE entrant dans la CEMAC

    Source : CNUCED

    Les IDE restent fortement concentrés dans quelques pays exportateurs du pétrole. La CEMAC en particulier a souffert et continue à souffrir des maux tels l'instabilité macroéconomique, la corruption, lesquelles limite les entrées d'IDE. De plus, les problèmes d'intégration de la région ont des conséquences néfastes sur le développement de ces pays à cause d'un marché domestique réduit, des infrastructures à la traîne, et des coûts de production élevés. Pourtant, le boom récent des IDE dans la CEMAC s'est accompagné d'une augmentation de la part des IDE dans le PIB de cette région qui passe de 4% en 2000 à plus de 19% et à 40% en 2005. Toutefois, l'économie camerounaise qui à elle seule pèse pour près de 40% du PIB de la CEMAC ne reçoit qu'une infime partie des IDE vers cette région (voir graphique 2).

    SECTION 2 : ENVIRONNEMENTS DES
    INVESTISSEMENTS DIRECTS ETRANGERS AU
    CAMEROUN

    Pays en développement, largement dépendant des capitaux étrangers et peu apte à trouver localement les financements nécessaires à sa croissance retrouvée depuis environ huit ans, le Cameroun mène une politique ouverte vis-à-vis de l'investissement direct étranger.

    En effet, le Cameroun connaît depuis 1994 une croissance annuelle de l'ordre de 4% à 5%7, largement soutenue par l'investissement direct étranger. L'appel aux capitaux étrangers est fortement sollicité dans le cadre du programme de privatisation initié en 1994. En plus de cette action, les autorités camerounaises multiplient des partenariats avec des promoteurs d'investissements privés étrangers tout en optimisant le marketing des institutions nationales.

    Ces engagements du gouvernement vis à vis des investissements étrangers laissent croire que l'évolution des flux d'IDE devrait suivre une évolution régulière à la hausse. Est-ce alors le cas ? Ainsi, afin de rendre compte de l'évolution des flux d'IDE au Cameroun, il convient de tirer une leçon des politiques d'incitation d'IDE menées par les autorités camerounaises et ce malgré ses insuffisances.

    7 Précision tout de même que ces quatre dernières années, le taux de croissance au Cameroun est de 3,5%

    A- L'attractivité de l'investissement direct étranger au Cameroun.

    Dans un monde de plus en plus intégré, l'attractivité de l'investissement direct étranger est devenue une préoccupation centrale aussi bien dans les pays développés que dans les pays en développement.

    Depuis le milieu des années 80, les investissements directs étrangers connaissent une croissance sans précédent. Plus encore, les IDE sont affectés en la création d'unités de production à l'étranger ou en l'acquisition d'unités existantes, ont atteint ces dernières années des montants sans cesse record.

    Au Cameroun, si les créations d'unités de production ont toujours constitué la principale modalité d'implantation comme partout dans les pays en développement, les acquisitions ont augmenté ces dernières décennies en raison des privatisations d'entreprises et des dérégulations des certains secteurs d'activité.

    Dorénavant, le Cameroun dispose d'une réglementation très favorable aux IDE. Selon la Cnuced, entre 1991 et 2000, 1185 modifications au total ont été apportées aux régimes nationaux dans le monde réglementant les IDE, dont 1121 (soit 95%) visaient à faciliter ces investissements (Levasseur, 2002).

    Attirer les investissements étrangers ou les maintenir sur le territoire constitue en effet une préoccupation pour les autorités camerounaises, compte tenu de leur impact sur des variables économiques clés comme l'emploi, l'investissement et par conséquent la croissance. La question que l'on se pose alors est celle de savoir si les mesures engagées par les autorités permettent d'attirer suffisamment les IDE sur le territoire camerounais.

    Dans cette partie, il sera ainsi question d'exposer les différentes politiques engagées par le gouvernement camerounais en vue d'attirer les investissements directs étrangers sur le territoire et aussi de faire allusion aux insuffisances des conditions d' attractivité.

    1- Les politiques d'incitations à l'investissement direct étranger au Cameroun.

    Les politiques d'incitations concernent les mesures à entreprendre afin d'attirer et d'encourager les investisseurs à s'installer sur un territoire. C'est ainsi qu'au

    Cameroun, le gouvernement a opté pour une politique d'incitations générales et spécifiques.

    a- Les politiques d'incitations générales.

    Les incitations générales s'illustrent d'abord par les reformes structurelles et institutionnelles entreprirent par le gouvernement camerounais à partir des années 1990.

    En effet, dans le cadre de la libéralisation et afin de rendre plus performante l'économie camerounaise, les pouvoirs publics se sont engagés à restructurer, tous les secteurs d'activités de l'économie avec un accent particulier sur la bonne gouvernance. C'est ainsi que, le secteur bancaire a été réhabilité et un programme de privatisation des entreprises publiques et parapubliques mis à jour. Sur le plan social, l'éducation de Base est devenue accessible à tous et sous l'initiative PPTE, un programme de lutte contre la pauvreté est mis en place et fonctionne depuis 2000.

    Aussi, il est institué trois autres types d'incitations générales comprenant la promotion, la facilitation et le soutien (Charte des Investissements en République du Cameroun, 2002).

    La promotion consiste notamment en l'organisation des manifestations et missions localement ou à l'étranger, le partenariat actif, la gestion d'un portefeuille des opportunités, ainsi que le marketing des potentialités du pays.

    La facilitation consiste quant à elle en l'assistance et la célérité dans l'accomplissement des formalités, la transparence dans les conditions de traitement des dossiers. Elle s'illustre par la création du guichet unique de Douala et dont la mission est de créer un environnement favorable aux entreprises étrangères ou locales.

    Le soutien enfin consiste en l'appui technique ou financier à la création et à la reprise d'entreprise, et au développement des exportations par le concours des institutions financières nationales telles que les organismes publics ou semi-publics de crédit, les banques d'Etat, de la Société Nationale d'Investissement, etc.

    Pour assurer la promotion et la facilitation des investissements et des exportations, sont prévus: le Conseil de Régulation et de Compétitivité, l'Agence de Promotion des Investissements et l'Agence de Promotion des Exportations. A la date d'aujourd'hui, ces fonctions sont pratiquement assurées par le Groupement Inter

    patronal du Cameroun (Gicam) et la Cellule de Gestion du Code d'Investissement du Cameroun (Cgd).

    b- Les politiques d'incitations spécifiques.

    Les politiques d'incitations spécifiques quant à elles se rapportent aux avantages qu'offrent le code des investissements du Cameroun et le régime de la zone franche.

    Au lendemain de leurs indépendances, la plupart des pays de l'Afrique subsaharien ont adopté des codes d'investissements afin d'encourager et d'attirer les capitaux étrangers. Le Cameroun ne fait pas exception à la règle et se dote d'un code des investissements visant à favoriser et à promouvoir les investissements productifs. Le code camerounais des investissements reformé de 1990 résulte du code de 1960 modifié en 1984 pour sa lourdeur et son caractère arbitraire. Ce code prévoit ainsi cinq régimes spéciaux et présente des avantages à la fois fiscaux et non fiscaux.

    Les avantages fiscaux se traduisent par l'existence d'un cadre incitatif qui prévoit des taux modérés sur les équipements de production et ainsi que les matières premières qui entrent directement dans la fabrication des produits finis. De façon générale, les entreprises agréées bénéficient soit des taux réduits ou nuls des droits et taxes soit des durées d'exonération des taxes sur les importations, les exportations, les exploitations des ressources naturelles ou les bénéfices industriels et commerciaux.

    Les entreprises agréées bénéficient également de la possibilité de réduction de la taxe intérieure à la production et de la taxe unique Cemac pendant les trois premières années d'exploitation.

    Quant aux avantages non fiscaux du code des investissements, ceux-ci comprennent essentiellement les avantages juridiques, économiques et sociaux.

    Les avantages juridiques sont essentiellement la protection de toutes les entreprises agréées du droit camerounais.

    Il peut aussi s'agir de la liberté de transfert des bénéfices, des capitaux, dans le cadre de la réglementation des changes.

    Les avantages sociaux dont bénéficient les entreprises agréées ne sont pas négligeables. Ils sont relatifs au recrutement de la main d'oeuvre nationale et du personnel étranger, à l'orientation et à la formation de cette main d'oeuvre.

    En effet, le code des investissements camerounais prévoit des facilités dans le recrutement de la main d'oeuvre locale. Ces facilités concernent la mise à la disponibilité des investisseurs des organismes de recrutement à l'instar du Fonds National de l'Emploi.

    En plus de cet avantage de recrutement, autres mesures sociales visent à l'amélioration de la qualification de la main d'oeuvre locale recrutée par l'entreprise agréée. Ainsi, certains établissements d'enseignement technique et professionnel font bénéficier aux entreprises de la formation complémentaire de la main d'oeuvre nationale susceptible d'être utilisée par celles-ci.

    Enfin, les mesures de garantie sociale permettent aux entreprises d'introduire et d'employer à leur guise un personnel étranger au cas où les besoins de l'entreprise ne sont pas satisfaits en qualité ou en quantité par le marché national du travail, notamment en ce qui concerne les cadres techniques supérieurs.

    Pour ce qui est du Régime de la Zone Franche Industrielle (RZFI) ou Point Franc Industriel (PFI) géré par l'Office Nationale de la Zone Franche Industriel (ONZFI), il englobe aussi des avantages commerciaux, fiscaux, douaniers et ainsi que des incitations et facilités diverses prévues par l'ordonnance n° 90 / 001 du 29 janvier. 1990.

    En plus des avantages prévus par le code des investissements et le Régime de la Zone Franche Industrielle, le gouvernement camerounais se déploie en vue d'améliorer ces mesures d'incitation. Nous faisons ainsi allusion à la promulgation de la loi sur la Charte des investissements du 9 avril 2002.

    Les domaines d'interventions concernent :

    > L'amélioration de l'environnement des affaires,

    > l'amélioration de la qualité des infrastructures

    > le renforcement des capacités scientifiques.

    S'agissant de l'environnement des affaires, des stratégies de lutte contre la corruption sont développées dans le cadre du Programme National de Gouvernance, plusieurs réformes sont envisagées et visent la mise en place d'une administration publique de plus en plus performante, citoyenne et au service du développement, la mise en oeuvre progressive du processus de décentralisation des institutions afin de promouvoir la démocratie, l'élaboration et la mise en oeuvre de la reforme judiciaire.

    Quant aux infrastructures, des investissements importants en matière de télécommunications, de transports et de l'énergie sont engagés afin d'étendre les réseaux sur toute l'étendue du territoire national.

    En matière de recherche et développement, des chercheurs camerounais sont intégrés dans des réseaux mondiaux de recherche.

    Malgré les efforts déployés par les autorités camerounaises en vue de créer un cadre plus incitatif en matière d'IDE, les conditions d'attraction restent toujours insuffisantes.

    2- Les insuffisances des conditions d'attraction de l'IDE au Cameroun.

    Les choix de localisation des firmes multinationales se basent sur divers critères regroupant des conditions de stabilité et de performance des territoires d'accueil. Dans ce domaine, le Cameroun souffre de quelques insuffisances qui révèlent une attractivité médiocre sur la scène internationale. Celles ci sont liées à la défaillance de l'environnement institutionnel et à des politiques publiques insuffisamment adaptées.

    a- La défaillance de l'environnement institutionnel camerounais.

    La stabilité économique et politique suppose un cadre juridique et réglementaire stable, transparent et fiable. Lorsque l'environnement légal et réglementaire est sans cesse modifié de manière arbitraire, et qu'il n'existe pas des juridictions capables d'en assurer le respect, les firmes sont amenées à limiter voir à suspendre leurs engagements financiers. Au Cameroun, l'environnement juridique des IDE est caractérisé par des textes d'orientation relativement satisfaisants, des textes d'application généralement incohérents et une mise en oeuvre du droit des affaires peu rassurante.

    En effet, l'examen du droit camerounais des affaires relève d'un droit commun obsolète et insuffisant. Le code de commerce, la loi du 24 juillet 1867 et le décret du 14 mai 1930 qui forment le code du droit commun des affaires au Cameroun datent et sont inadaptés à une économie moderne. Quelque soit la forme qu'adopte l'IDE, ces textes ne leur proposent pas des solutions adaptées en cas de problèmes et sont totalement dépassés. De même, l'incohérence des textes d'application est perçue par les

    opérateurs économiques comme un véritable handicap à la concrétisation des grands principes posés par les textes d'orientation en matière économique.

    Dans le domaine des affaires, les agents économiques sont confrontés à une multiplicité de textes réglementaires dont le nombre et la complexité découragent toute initiative. En plus l'administration camerounaise se caractérise par une bureaucratie écrasante. Le traitement des dossiers des agréments et autorisations nécessaires à l'exercice de certaines activités fait intervenir plusieurs services administratifs.

    Par exemple, selon les statistiques de la Banque Mondiale (2005), le nombre total de procédures pour créer une entreprise au Cameroun était de 12 contre 11 par rapport à la moyenne pour les pays de l'Afrique au sud du Sahara; la durée des procédures était de 37 jours contre 64 et le coût, 1250 dollars américain contre 804.

    Cette lourdeur à la fois bureaucratique et financière hypothèque souvent la réalisation de nombreux projets d'IDE. Confrontés à ces difficultés, certains investisseurs sont contraints à l'abandon de leurs projets.

    En ce qui concerne la mise en oeuvre du droit des affaires, celle ci impose souvent le recours à la justice pour régler les différends qui naissent entre les opérateurs économiques et l'Etat ou entre les opérateurs économiques entre eux. Or la justice camerounaise s'illustre par les lenteurs judiciaires, le coût élevé des procédures et la difficile exécution des décisions de justice.

    Ces maux dénoncés contre la justice amènent certains opérateurs économiques à adopter des solutions empiriques leur permettant de régler leurs litiges en dehors de la justice, d'où l'intensification de la corruption. Toutefois, signalons que l'environnement juridique des affaires S'enrichit de plus en plus des textes bien conçus dans les domaines du droit de travail, du droit des affaires et de la reforme foncière.

    b- Les politiques publiques insuffisantes.

    Quant aux politiques publiques, elles ont également montré certaines insuffisances dans le domaine du financement des infrastructures et de la formation. En termes d'infrastructures de transport, leur niveau était relativement alarmant en 1995 au moment de la privatisation de la Camrail. Le chemin de fer souffrait d'un niveau d'activités très bas. De même, les infrastructures routières sont en mauvais états

    2005

    2005

    Source: Banque Mondiale

    et plus particulièrement dans la ville de Douala où se concentre la presque totalité du tissu industriel.

    Le système de télécommunication est également inefficient. Sur 1000 habitants, 8 en moyenne ont une ligne dans la téléphonie fixe en 2006 (Banque Mondiale, 2007). En terme de formation, le Cameroun fait état en général de niveaux de capital humain, de compétences stratégiques et organisationnelles trop peu développés, alors que les théories de la croissance endogène ont placé le capital humain au coeur du processus de développement.

    Quant à l'environnement des marchés, il est peu concurrentiel. De manière générale, le Cameroun se caractérise par un poids particulièrement important de l'Etat dans la société. La liberté de circulation n'est pas totale sur les différents marchés et les dispositifs légaux sont peu appliqués.

    Concernant le marché financier, le Cameroun présente une condition inadaptée aux exigences mondiales. La mobilité de capital semble largement insuffisante du fait de l'inexistence d'un marché financier, la bourse des valeurs de Douala tardant à démarrer véritablement.

    Le marché du travail quant à lui fait état d'un fonctionnement dual, avec d'une part des emplois soumis à des réglementations rigides, et d'autre part à des emplois précaires qui y échappent totalement. Il y a aussi lieu de mentionner l'étroitesse de la taille du marché. Si, le Cameroun semble susciter un attrait certain pour les IDE destinés aux réexportations vers l'Union Européenne notamment, le marché intérieur apparaît en revanche peu attractif. Or, la taille et le dynamisme du marché d'accueil deviennent des facteurs prépondérants d'attractivité des IDE comme l'a prouvé le cas des pays d'Asie disposant d'un marché large, dense, et en forte expansion.

    De manière générale, l'environnement économique des affaires dans lequel opèrent les entreprises établies au Cameroun est biaisé au niveau de sa structure. Les mesures de libéralisation engagées dans le cadre du Plan d'Ajustement Structurel (Pas) rencontrent des difficultés certaines dans leur mise en oeuvre.

    B- L'évolution des flux d'investissements directs étrangers au Cameroun de 1970 à 2006.

    Du moment où la polarisation sectorielle des IDE reflète assez largement le niveau de développement des pays en voie de développement, de manière générale, les réformes structurelles engagées au cours des dernières années ont accentué la concentration de ces IDE au profit de quelques activités. Ces activités concernent principalement les industries énergétiques et exportatrices avec pour corollaire des impacts limités sur les industries locales. Si, au Cameroun, l'appel aux capitaux étrangers est fortement sollicité dans le cadre du programme de privatisation initié en 1994 et que les principaux secteurs de l'activité économique ont été réhabilités, il y a lieu de se poser la question de savoir si les flux d'IDE ont connu une évolution particulière au cours de cette période. Dans un premier temps, nous menons une analyse critique de l'évolution de l'IDE pour la période de 1970 à 2006 au Cameroun, et dans un deuxième temps nous faisons une analyse comparative des évolutions des flux d'IDE au niveau de la zone franc.

    1- L'analyse critique de l'évolution des flux d'investissements directs étrangers au Cameroun pour la période 1970 à 2006.

    Bien que les données sectorielles soient rares, on estime qu'au Cameroun, environ 70 % des IDE sont liés à l'exploitation des ressources naturelles, en particulier pétrolières. La France demeure le principal investisseur étranger dans le pays. Le poids de la France étant estimé à près de 40% du stock total des IDE dans les pays Africains de la zone franc (PAZF), soit 3,49 milliards de dollars en début 2002. A travers le graphique suivant (Figure 2) nous menons ainsi une analyse dynamique de l'évolution des flux nets d'IDE entrant au Cameroun pour la période 1970 à 2006. C'est ainsi que nous considérons deux sous périodes: la sous période 1970 à 1990 et celle de 1991 à 2006.

    Figure1 : Evolution des flux d'entrée d'IDE au Cameroun de 1970 à 2006 (US$ Courant).

    Source: Base des données de la Banque Mondiale.

    - La sous période 1970 - 1994.

    Bien que les conditions d'investissement soient relativement favorables au Cameroun, les IDE y restent modestes. D'après le graphique ci dessus, les flux d'IDE entrant au Cameroun ont connu une évolution régulière dans les années 1970 et ceci jusqu'à la moitié des années 1980 avec une montée spectaculaire pour les années 1980, 1981, 1982 et 1985 où l'on enregistre respectivement 129,8 ; 135,4 ; 111,4 et 516,2 millions de dollars US. La situation commence à se dégrader vers la moitié des années 1980 et se poursuit jusqu'à la moitié des années 1990 où le Cameroun enregistre des désinvestissements massifs de l'ordre de 87, 113 et 15 millions de dollars US respectivement en 1989, 1990 et 1991.

    La situation favorable peut ainsi s'expliquer dans un premier temps par la croissance économique enregistrée dans les années 1970 et ceci jusqu'à la moitié des années 1980. Cette croissance économique a permis à l'Etat de s'engager dans les projets d'investissements favorisant ainsi les conditions de vie des camerounais. En effet, le produit intérieur brut (PIB) a été d'environ 7,6 milliards de dollars en 1985 et le produit intérieur brut par habitant est resté l'un des plus élevés de l'Afrique au sud du Sahara, soient 890 dollars en 1982 (Banque Mondiale, 2000). Ces situations s'illustrent par l'évolution de la croissance annuelle du PIB d'après le graphique suivant (Figure 3). Par comparaison avec la courbe des flux d'entrée d'IDE, on constate qu'il Y a une

    évolution similaire à la hausse avec la courbe de l'évolution de la croissance du PIB. La période où l'on enregistre une évolution favorable des flux d'entrée d'IDE correspond la phase d'expansion de la croissance du PIB.

    Figure 2 : Evolution du taux de croissance annuelle du PIB au Cameroun de 1970 à 2006 (%)

    Sur la période allant de 1985 à 1994, où les flux d'IDE se situent en moyenne à 23 millions de dollars US, on peut dire que cette situation est la conséquence des séquelles de la crise économique qu'a connue le Cameroun entre 1986 et 1994.

    Elle s'illustre également par le graphique représentant la courbe d'évolution du taux de croissance du PIB (Figure 3).

    Il faut aussi dire que les séquelles de la crise économique se manifestent surtout par la dégradation de l'environnement des affaires qui perturbent l'exercice des opérations économiques et commerciales et des investissements.

    - La sous période 1995-2006

    D'après la figure 2, les flux d'IDE entrant au Cameroun atteignent 377 millions de dollars US en 2001 et baissent à 220 millions de dollars US en 2006 tout en connaissant une hausse spectaculaire en 2002, soit 602 millions de dollars US. Entre 1996 et 2000, les flux oscillent entre 30 et 50 millions de dollars US. Globalement, ces évolutions correspondent à la mise en oeuvre du processus de privatisation qui a donné

    lieu à des investissements lourds de la part des sociétés étrangères et aux effets de la croissance retrouvée depuis 1994.

    Les flux des années 2001 et 2002 sont particulièrement alimentés par la construction de l'oléoduc Tchad Cameroun.

    Malgré le fait que le Cameroun ait enregistré une évolution à la hausse ces dernières années, il reste tout de même un des pays d'accueille les moins sollicité par les investisseurs internationaux. En plus, le Cameroun est pour sa part un investisseur insignifiant sur le plan mondial avec des flux compris entre un million et 7 millions de dollars US depuis 1997 et 3 millions de dollars US annuels en 2001, 2002 et 2003. Le montant des stocks d'IDE du Cameroun à l'étranger connaît une progression régulière, passant de 150 millions de dollars US en 1990 à 255 millions de dollars US en 2000 et 264 millions de dollars US en 2003 (Cnuced, 2004).

    2- L'analyse comparative de l'évolution des flux d'investissements directs étrangers

    A l'échelle du continent africain, la performance est tout aussi faible, le Cameroun ne reçoit que 0.004%, des flux d'ID E mondiaux réalisés en Afrique et 0,008% du stock d'IDE en Afrique, alors que les flux d'IDE mondiaux en 2002 vers l'Afrique doublent par rapport à l'année 2000, passant de 8,6 à 17, 1 milliard de dollars US, certes orientés vers les pays à potentiel pétrolier.

    A titre de comparaison, les flux d'IDE au Nigeria sont 14 fois supérieurs à celui du Cameroun, tandis que les stocks sont 16 fois supérieurs sur la période 2000 à 2006.

    Au sein de la zone franc, plus de la moitié des stocks d'IDE était localisé en 2001 en Côte d'Ivoire (3,4 milliards de dollars US, soit 27% du stock d'IDE de la zone), en Guinée Equatoriale (2 milliards de dollars US) et au Cameroun (1,3 milliards de dollars US). Suivent le Sénégal (859 millions de dollars US) et le Bénin (632 millions de dollars US) (Cnuced, 2002)

    En comparaison avec la Côte d'Ivoire, les flux d'IDE entrant au Cameroun ont connu une légère augmentation dans les années 1980 alors que ceux de la Côte d'Ivoire sont restés stables. La situation se renverse durant toutes les années 1990 où la Côte d'Ivoire enregistre des flux d'entrées d'IDE plus importants que ceux du Cameroun.

    L'instabilité qui prévaut en Côte d'Ivoire depuis presque une décennie reste l'une des causes de la chute des flux enregistrés à partir de 2002 où les flux entrant sont évalués à 273, 214, 102, 1200 et 210 millions de dollars US alors qu'ils sont de 372, 739, 215, 225 et 309 millions de dollars US au Cameroun respectivement pour les années 2002, 2003, 2004, 2005 et 2006 (Figure 4).

    Figure 3 : Evolution comparative des flux d'IDE au Cameroun et en Côte d'Ivoire

    2005

    Source: Base des données de la Banque Mondiale

    CONCLUSION.

    Ce chapitre analyse les flux d'IDE et le cadre d'investissement au Cameroun.

    > S'agissant de l'analyse des flux d'IDE, nous nous somme intéressés :

    aux flux d'investissements entrants dans les pays en développements, au flux d'IDE entrant vers l'Afrique et vers la Cemac.

    Au cours de cette analyse, nous avons constaté une hausse des IDE vers les pays en développements mais la grande part soit 80% du montant total des IDE sont orientés vers l'Asie (la Chine notamment) et vers l'Océanie délaissant ainsi l'Afrique.

    Les flux d'IDE restent faibles en Afrique ; néanmoins, quelques pays ont pu attirer assez d'investisseurs comme, l'Afrique du Sud qui a à elle seule a attiré 21% d'IDE en direction de l'Afrique en 2005.

    La part de la Cemac dans la répartition des IDE en Afrique est insignifiante comparée aux flux d'IDE entrant dans le monde. Il ne représente que 0.48% des flux d'IDE. Néanmoins grâce à la construction du pipe-line Tchad-Cameroun, l'Afrique centrale a reçu 20% des flux mondiaux en Afrique en 2004.

    > S'agissant de l'environnement des IDE au Cameroun, nous constatons depuis deux décennies que le pays mène une politique ouverte vis-à-vis des IDE ceci à travers son dispositif réglementaire à même d'attirer les IDE.

    Le Cameroun dans sa quête d'attrait des IDE mène des politiques d'incitations à la fois générales et spécifiques ;

    Pour ce qui est des politiques d'incitations générales, elles se rapportent à la promotion, à la facilitation et au soutient développé au cours du chapitre.

    Pour ce qui est des politiques d'incitations spécifiques, elles concernent les avantages qu'offrent le code des investissements du Cameroun et le régime la zone franche.

    Au vu de tout ce qui précède, vu l'importance de l'IDE dans le processus du développement économique et vu les diverses possibilités que le Cameroun présente, il est impérieux de redynamiser l'entrée des Investissements directs étrangers.

    A cet effet, il serait intéressant de rechercher les éléments sinon les réalités de l'économie Camerounaise qui expliquent l'arrivée des IDE.

    CONCLUSION DE LA PREMIERE PARTIE

    L'étude menée dans cette partie nous a permis de prendre connaissance du cadre théorique et empirique des IDE au Cameroun.

    Grâce à la littérature disponible, nous avons non seulement fait le tour des définitions des IDE ensuite, nous avons présenté les fondements théoriques et empiriques relatifs aux investissements directs étrangers.

    De cette littérature, il ressort que plusieurs catégories de facteurs sont susceptibles d'influencer les IDE. Nous pouvons citer essentiellement des facteurs d'ordre économiques, des facteurs institutionnels, politiques et sociaux.

    En plus, nous avons mis en lumière les flux d'IDE entrant vers les pays en développements, vers l'Afrique, vers la cemac et vers le Cameroun puis ; en ce qui concerne le Cameroun (rappelons qu'il n'a reçu que 0,004%, des flux d'IDE mondiaux réalisés en Afrique) nous avons dégagé son attractivité à l'IDE à travers les différentes politiques d'incitations tant générales que spécifiques.

    Ensuite, après avoir présenté les diverses possibilités que présente le Cameroun pour ce qui est de l'attrait des IDE, une interrogation se dégage, celle de savoir s'il n'est pas impérieux de redynamiser l'entrée des Investissements directs étrangers ?

    A cet effet, ne serait-il pas intéressant de rechercher les éléments sinon les données de l'économie Camerounaise à même expliquer l'arrivée des IDE ?

    DEUXIEME PARTIE :
    L'EVALUATION DES DETERMINANTS DES IDE AU
    CAMEROUN.

    Après la phase d'investigation théorique menée à la première partie, il est intéressant et nécessaire de procéder à une évaluation empirique desterminants des IDE au Cameroun.

    Pour cela, à partir des outils statistiques et de théories économiques, nous procéderons dans un premier temps à la modélisation des facteurs explicatifs des flux d'IDE puis nous clôturerons par les résultats du modèle aux fins de recommandations de politiques économiques au Cameroun.

    CHAPITRE 3 : UNE MODELISATION DES FACTEURS
    EXPLICATIFS DES IDE AU CAMEROUN

    Les déterminants des IDE dans les pays en développement font l'objet de nombreuses études. Des auteurs comme Assiedu (2001), stiglitz (2002), Dupuch (2004), mold (2004), Catin et Van Huffel (2004) et surtout Dunning (2001) y ont largement contribué.

    Plusieurs études économétriques ont essayé de modéliser l'investissement direct étranger et les facteurs motivant les investisseurs. Nous avons principalement deux facteurs :

    - Les facteurs d'ordre économique (tels que : la taille du marché, les politiques monétaires et fiscales, les ressources naturelles, etc.) soutenus par les auteurs comme Aisenman (1992), Froot et Stein (1991), Klein et Rosengen (1994), Cushman (1988), Pindyck (1994), Darby et al. (1999).

    - les facteurs d'ordres institutionnels (tels que : la bonne gouvernance, la stabilité politique le climat des investissements (reformes) et la corruption etc.) soutenus par les auteurs tels que Lucas (1993) Globerman et Shapiro J. Morisset et O. Lumenga Neso(1999) (2002), et Wilhelms (1998). Ces auteurs sont tous unanime, en ce qui concerne le rôle des institutions sur l'attractivité des IDE dans les pays en développement. Car, le niveau de développement économique d'un pays s'explique presque intégralement par ses institutions (Levine). En ce qui concerne le Cameroun, nous pensons également que son niveau de développement économique s'explique par la qualité de ses institutions ; Ainsi, les flux d'IDE entrants sont davantage fonctions de la bonne marche de ses institutions (c'est-à-dire des variables d'ordres institutionnelles). Pour cela, notre étude s'inspire des travaux de Wilhelms8 (voir chap. 1), qui stipule que l'IDE est essentiellement déterminé par les variables institutionnelles susceptibles d'apporter des changements dans la politique, les lois et leurs applications. Pour tester le concept, il utilise un modèle économétrique de panel. Le résultat qu'il obtient montre que les variables « gouvernement » et « marché » sont les déterminants les plus significatifs des IDE entrants.

    8 Wilhelms (1998) analyse les déterminants des IDE entrants dans les économies

    émergentes entre 1978 et 1995. Pour cela, il utilise un concept novateur appelé « institutional fitness » lequel trouve ses fondements dans la théorie intégrationniste des IDE et qui stipule

    que l'IDE est essentiellement déterminé par les variables institutionnelles susceptibles d'apporter des changements dans la politique, les lois et leurs applications.

    Dans ce chapitre, il est question de modéliser les déterminants des IDE au Cameroun. Pour cela, deux sections sont présentées : la première porte sur la présentation du modèle, La deuxième section quant-a elle présente la source des données et détermine la méthode d'estimation.

    SECTION 1 : LA SPECIFICATION DU

    MODELE DE BASE

    C'est la phase de formulation des hypothèses de bases. Elle permet la description mathématique du phénomène étudié en passant par l'identification des variables explicatives et la détermination de la forme mathématique du modèle.

    A) Le modèle de base

    En suggérant que les influx d'IDE dépendent de la façon dont les pays d'accueil s'adaptent aux institutions, la théorie de l'adaptation institutionnelle (voir chapitre 1) considère comme variables explicatives le capital politique, les marchés, le capital humain et le capital socio culturel.

    a) Présentation et définition des différentes variables du modèle de

    base

    Les variables qui relèvent de la théorie originale de l'adaptation institutionnelle sont spécifiées comme suivant pour les variables explicatives (la variable expliquée étant les flux d'IDE entrant dans le pays).

    > En appliquant le concept d'adaptation gouvernementale qui reflète le

    capital politique au pouvoir législatif, un degré élevé d'adaptation du gouvernement signifie que les prises de décisions et les procédures d'adoption des lois par le pouvoir législatif sont transparentes, efficaces et raisonnablement démocratiques. Les groupes de la société qui devront soutenir et appliquer ces politiques participent au processus de prise de décision du gouvernement, ce qui facilitera l'application de ces politiques.

    - En appliquant le concept au pouvoir exécutif, une adaptation gouvernementale élevée signifie que les décisions politiques sont appliquées de façon transparente,

    efficace et suivie pour garantir que tous les citoyens seront également traités dans le cadre de la loi.

    - Lorsque le concept est appliqué au pouvoir judiciaire, l'adaptation élevée du gouvernement signifie que ce pouvoir est transparent, fiable, indépendant et équitable, ce qui garantit un degré d'adaptation élevé des pouvoirs législatif et exécutif. On peut s'attendre à ce qu'un degré d'adaptation élevé du gouvernement augmente l'IDE en diminuant l'instabilité et par la suite l'élément risque de l'investissement.

    Comme l'expriment les auteurs du Guide International de Risque - Pays (ICRG), «un pays avec une tradition établie de respect de la loi, possède des institutions politiques saines, un système judiciaire solide, et des dispositions pour garantir une transmission ordonnée du pouvoir. L'indicateur reflète la mesure dans laquelle les citoyens d'un pays acceptent le fait que les institutions établies promulguent et appliquent les lois et règlent les litiges... »

    L'évaluation du Guide de Risque Pays International (ICRG) repose sur 22 variables classées dans trois sous-catégories de risque : risque politique, risque financier et risque économique.

    Le risque économique comprend cinq variables, à savoir : l'Inflation, le service de la dette en % des exportations des biens et des services, le ratio de liquidité internationale, le niveau d'insertion dans le commerce extérieur, le solde des paiements courants en % de la valeur des exportations des biens et des services, l'indicateur de taux de change parallèle.

    Le risque financier comprend également cinq variables : Le défaut de paiement ou restructuration de prêt, le paiement retardé des crédits fournisseurs, la résiliation des contrats par les gouvernements, les pertes liées au contrôle des changes, le risque d'expropriation.

    Pour ce qui est du risque politique, les responsables de la publication de L'ICRG en distinguent 12 variables à savoir : Le réalisme des prévisions économiques, la qualité de la direction politique, le conflit extérieur, la corruption au sein du gouvernement, l'implications des militaires dans la politique, l'implication des organisations religieuses dans la politique, la tradition de respect

    de la loi et l'état de droit, les tensions nationales et raciales, le terrorisme politique, la guerre civile, le développement des partis politiques, la qualité de la bureaucratie.

    Certaines variables indiquant l'adaptation des gouvernements, en particulier l'adaptation juridique sont choisies parce qu'elles ont un intérêt très particulier aux yeux des investisseurs. Parmi les douze variables relatives aux risques politiques, celles qui auront une significativité la plus importante avec l'IDE sont celles qui auront l'impact le plus direct sur les opérations de cet investissement, à savoir la corruption et l'Etat de droit (Kamel, 2005).

    La corruption est liée à la qualité de la fonction publique. Par contre, l'Etat de droit implique que la probabilité de résiliation des contrats ou d'expropriation par le gouvernement est particulièrement basse et que les droits de l'investisseur seront vigoureusement protégés par le système judiciaire.

    La corruption est souvent considérée comme étant une menace à l'investissement étranger pour plusieurs raisons: elle déforme l'environnement économique et financier, elle réduit l'efficacité du gouvernement et des entreprises en permettant à des personnes d'accéder à des positions de force en utilisant le patronage plutôt que le mérite.

    Nous mesurons l'effet capital politique à travers le niveau de démocratie stabilité (DS) qui sera perçu comme une variable indicatrice (nous considérons pour cette variable la valeur de 0 pour la période allant de 1970 à 1989 et 1 pour la période allant de 1990 à 2006 ; cette distinction est faite car nous considérons l'avenue du multipartisme au Cameroun comme le début de la démocratie). Plusieurs études faites dans le domaine permettent de penser qu'un degré élevé de démocratie et de stabilité est un attrait à l'investissement direct étranger.

    > Un degré élevé d'adaptation du marché signifie que le marché local et le

    marché international des biens, des services et du capital sont bien développés et liés l'un à l'autre. Le concept explicatif de l'adaptation du marché est mesuré par les variables suivantes : le produit national brut par tête, la population totale, la population urbaine, la densité de la population des zones rurales, le commerce extérieur, les recettes fiscales et le crédit local.

    Le produit national brut (PNBHBT) par tête est un indicateur du développement économique ainsi que de l'efficience et de la productivité de l'économie. Ainsi, plus le PNB par tête dans un pays est élevé plus il devient attractif.

    La population totale (POP) est un reflet de la dimension du marché. Et comme la population change lentement avec le temps, elle est considérée comme une variable immuable. Selon les théories de l'IDE, la dimension du marché est un sujet de préoccupation pour les investisseurs directs étrangers parce que les grands marchés ont une offre d'intrants et une demande de produits accrues et permettent les économies d'échelle. Ceci voudrait dire qu'une taille élevée du marché d'accueil est favorable à l'IDE.

    La population urbaine est considérée comme étant un indicateur de l'urbanisation. La capacité des institutions d'appuyer la population d'un pays peut être mesurée en utilisant des variables de population qui sont plus spécifiques que la population totale. La population urbaine en pourcentage de la population totale reflète le degré d'urbanisation, les institutions urbaines et les effets de l'agglomération. Comme l'IDE se concentre souvent dans les zones urbaines, on prévoit qu'aux yeux des investisseurs étrangers, les effets positifs de l'agglomération, l'accès aux institutions politiques et financières, une meilleure infrastructure, un réservoir de main-d'oeuvre plus large et plus varié, des citoyens plus exposés aux influences étrangères ; seront plus forts que les effets négatifs telles que la congestion et la pollution.

    La densité de population des zones rurales quant à elle est utilisée comme indicateur de l'infrastructure. Etant donné que les zones de population rurale épouse le risque de souffrir de graves défauts d'infrastructures et d'une population active peu nombreuse, une densité de population rurale élevée devrait encourager l'IDE.

    Il convient de noter que l'urbanisation et la densité de la population rurale sont étroitement liées au capital humain et à l'éducation. En fait, ces deux variables pourraient aussi être regroupées dans le sous concept de l'adaptation en matière d'éducation. La raison en est que les citadins sont plus exposés aux influences internationales et ont un meilleur accès aux institutions, en particulier à l'éducation. De plus, les deux variables peuvent aussi servir de variables de substitution au capital

    humain selon Kamel (2005).

    Le commerce extérieur en tant qu'indicateur du volume du commerce, un volume de commerce élevé indique que de nombreux biens soient importés et exportés et cela suggère que les barrières commerciales soient relativement basses.

    Les recettes fiscales comme indicateur du niveau de taxation du secteur privé, un niveau de taxation élevé pèse sur les opérations du secteur privé. Ainsi, dans les pays en voie de développement, des recettes fiscales élevées signifient des taxes commerciales élevées, qui affectent particulièrement les investisseurs étrangers directs, lesquels dépendent des importations et des exportations. Même lorsque les importations liées à l'IDE sont hors taxes, une taxation élevée se traduit par des tensions administratives et financières plus élevées sur les opérations d'IDE.

    Le crédit local fourni par le secteur bancaire est quant à lui un indicateur de l'existence du crédit et de l'intermédiation financière. Fournir du crédit est une des fonctions les plus importantes de l'intermédiation financière. Un système financier qui fournit du crédit devrait avoir une influence positive sur le comportement d'IDE, parce qu'une augmentation du capital disponible stimule l'activité économique et les affaires.

    > Un degré élevé d'adaptation pour l'éducation signifie que la main-d'oeuvre d'un pays est compétitive sur le plan international. On s'attend donc à ce qu'un degré d'adaptation élevé en éducation augmente les influx d'IDE.

    Le concept explicatif de l'adaptation en matière d'éducation est mesuré par les variables telles que: l'inscription à l'école primaire et le nombre de lignes téléphoniques pour mille habitants. On considère l'inscription à l'école primaire comme un indicateur de l'instruction de base. La présence d'une main-d'oeuvre bien éduquée dans les secteurs privé et public facilite ainsi l'IDE. Parmi les variables d'éducation existantes, celles qui mesurent le niveau de l'instruction telles que savoir lire et compter ont plus de valeur que de simples mesures de la fréquentation scolaire. Toutefois, l'inscription à l'école primaire n'est pas un indicateur suffisant de l'éducation parce qu'elle n'indique pas si les élèves vont réellement à l'école, ou s'ils savent lire et compter ou alors s'ils ont acquis d'autres qualités professionnelles recherchées par les investisseurs privés. Quant aux nombres de lignes téléphoniques pour mille habitants considérés comme étant un indicateur du niveau de la télécommunication, cette dernière semble être un élément déterminant important de l'IDE

    Les téléphones sont le premier moyen de communication et le moyen le plus vital que les investisseurs potentiels recherchent lorsqu'ils prospectent pour un site futur d'IDE. Les lignes téléphoniques doivent être disponibles à tout moment et le signal performant. Au niveau des standards de l'ensemble des services administratifs, le personnel doit être à mesure de recevoir les messages et de les transmettre à qui de droit. Dans ce contexte, on doit examiner non seulement la présence d'une infrastructure technique de communication mais aussi celle de la communication humaine et surtout les facteurs liés à l'instruction, tels que lire et écrire, parler couramment la langue officielle et pouvoir comprendre différents accents.

    > Une adaptation socioculturelle élevée signifie quant à elle qu'un pays est

    souple et ouvert à l'IDE et aux tendances du marché international. Cela ne signifie pas qu'il adopte les valeurs étrangères, mais qu'il s'adapte aux développements et aux pratiques d'affaires du marché global. La variable de l'adaptation socioculturelle ne porte pas de jugement de valeur sur le milieu socioculturel d'un pays, mais plutôt il capte les attitudes et comportements locaux qui affecteraient l'entrée de l'IDE. On prévoit qu'un degré d'adaptation socioculturelle élevé à l'IDE augmentera l'influx de l'IDE.

    b- Le choix des variables retenues pour notre modèle

    Compte tenu de la contrainte des disponibilités des données, nous considérons pour notre étude comme variable dépendante, les flux nets d'IDE entrant au Cameroun, Les variables indépendantes considérées sont entre autres le produit national brut par tête, la population totale, la densité de la population rurale, l'ouverture par la commerce extérieur, le crédit bancaire, le niveau d'éducation et de démocratie stabilité.

    La définition des variables du modèle étant faite, nous présentons sa forme fonctionnelle,

    B- La forme fonctionnelle du modèle.

    L'attractivité des IDE étant une question d'adaptation institutionnelle, la relation qui lie les variables se présente de la manière suivante:

    IDE = f (Mar, Hum, cap) (1)

    Où IDE représente les flux nets d'entrée d'IDE au Cameroun;

    Mar = f (PNBHBT, POP, DEN, OUV, CR) le capital marché, avec: PNBHBT, le produit national brut par habitant mesurant le niveau de développement économique du pays;

    POP, la population totale utilisée comme mesure de la dimension du marché; DEN, la densité de la population rurale qui mesure le niveau d'infrastructures et les liens ruraux;

    OUV, représente le commerce extérieur et mesure le degré d'ouverture du pays; CR, représente le crédit local et mesure l'existence de crédit dans l'économie. Hum = f (ANAL) le capital humain. Il est fonction du taux d'analphabétisation de la population âgée de 15 et plus.

    Cap = f (DS) le capital politique. Il est fonction du niveau de démocratie stabilité

    En vue de tester la théorie de l'adaptation à l'IDE de la façon la plus objective possible, nous examinons ici la performance de la théorie dans une analyse de régression économétrique destinée à tester les variables : capital marché, capital humain et capital politique.

    Les régressions porteront ainsi sur la transformation log-linéaire de la variable IDE, notre modèle sera donc écrit sous la forme log-linéarisée. Car, L'un des avantages de l'utilisation de la forme logarithmique linéaire est qu'elle permet d'exprimer les résultats en termes de pourcentage, dans lesquels une augmentation de 1% d'une des variables indépendantes conduit à un certain changement de pourcentage de la variable dépendante.

    Nous estimons pour cette étude une équation à k variables exogènes en fonction de la disponibilité des données de la forme suivante:

    k

    lnIDEt = â0 + ln?âiXt + t (2)

    i=1

    Avec âo une constante et tt; le terme d'erreur;

    âi, (i = 1 ... k) représente les différents paramètres du modèle et k le nombre de ces paramètres;

    X représente les différentes variables indépendantes du modèle; t est le temps; ln est l'expression du logarithme népérien.

    Dans notre cas, l'équation prend la forme suivante.

    InIDEt = Po+ P1lnPNBHBTt + P2InPO Pt+ P3lnOUVt+ P4lnANALt+ P5InDENt+ P6lnCRt + P7DS + t (3)

    Où PNBHBT, OUV, DEN, POP et CR sont les variables du capital marché, ANAL représentant la variable du capital humain.

    DS représente la variable capital politique

    La variable capital socioculturel n'est pas spécifié dans le modèle du fait du manque de donnée.

    Les hypothèses du modèle

    D'après la théorie de l'adaptation institutionnelle à l'IDE, ce sont les institutions, leurs politiques et l'application de ces politiques qui déterminent de façon prédominante les flux d'IDE. On s'attend donc à ce que l'estimation du modèle d'adaptation Institutionnelle à l'IDE trouve une significativité entre les influx d'IDE et les variables institutionnelles sujettes à des changements de politique.

    Théoriquement, les signes attendus des coefficients âi sont soit positifs soit négatifs.

    En effet, une taille élevée du marché mesurée par la population totale (POP) et un niveau de développement d'un pays mesuré par le produit national brut par tête (PNBHBT) influencent favorablement l'IDE. De même, l'ouverture du pays mesurée par le rapport importations + exportations sur le produit intérieur brut (PIB) favorise l'implantation des IDE, le niveau des infrastructures mesuré par la densité de la population (DEN) et la disponibilité de financement mesurée par la quantité de crédits fournie par le système bancaire au secteur privé (CR) influent favorablement sur le comportement des investisseurs. Toutes ces variables ont chacune un coefficient de signe positif.

    Quant au niveau d'éducation mesuré en termes de taux d'analphabétisation (ANAL), cette variable influence négativement sur le comportement d'IDE. Son coefficient est de signe négatif.

    Pour ce qui est de la variable démocratie stabilité, un niveau élevé du capital politique influence positivement les IDE.

    Le tableau suivant illustre la répartition des variables considérées.

    Tableau 3 : Présentation des variables

    VARIABLES

    NOM VARIABLES

    signe attendu

    PNBHBT

    produit national brut par tête

    +

    OUV

    taux d'ouverture

    +

    CR

    crédit à l'économie

    +

    DEN

    densité

    +

    Pop

    population

    +

    ANAL

    taux d'analphabétisation

    -

    DS

    Démocratie stabilité

    +

    Vu la période d'étude qui va de 1970 à 2006, celle ci capte les effets des programmes d'ajustement structurel qui ont été lancés au Cameroun dans les années 1990 et les effets du code des investissements révisé en novembre 1990. Cette approximation de la réalité repose sur l'hypothèse selon laquelle les projets d'IDE ont une période d'incubation de 12 a 36 mois qui vont depuis leur conception jusqu'à l'enregistrement ou le fonctionnement.

    Lorsqu'ils pensent monter un projet d'IDE, les investisseurs potentiels examinent les données des dernières années du pays soit 3 à 5 ans, et il y a donc un écart de temps entre les variables explicatives et la variable dépendante.

    Notons que le rythme auquel les reformes se font dépendent de leur nature. Les reformes des lois sur l'investissement pourraient indiquer une amélioration de l'IDE en l'espace de quelques mois parce qu'elles affectent directement les investisseurs étrangers directs, alors qu'il faut parfois des années pour appliquer des reformes

    économiques et changer l'environnement de l'investissement de façon significative. Un décalage d'un an entre la variable dépendante et les variables indépendantes sera pris en compte dans notre équation à estimer.

    L'équation sera alors réécrite de la façon suivante:

    k

    lnIDEt = â0 + ln?âiXt-1 + tt (4)

    i=1

    Les variables du modèle ainsi spécifiées et les hypothèses émises, on se demande maintenant si toutes les variables explicatives sont significatives pour expliquer l'attractivité de l'IDE au Cameroun. Nous tenterons d'apporter des éléments de réponse à cette question dans le chapitre destiné à l'estimation du modèle. Avant d'en arriver, présentons les sources des données et la méthode d'estimation de celle-ci.

    SECTION 2 : LES SOURCES DES DONNEES ET

    LA DETERMINATION DE LA METHODE
    D'ESTIMATION

    A) Sources des données et échantillon

    L'indisponibilité des données est un problème qui limite généralement le nombre de variables pouvant expliquer correctement un phénomène économique. Ce problème reste encore accentué dans les pays au sud du Sahara par rapport aux pays développés ; ceci est une explication de la littérature peu abondante sur les IDE dans ces pays (notamment en Afrique subsaharien). Dans le cadre de notre étude, les données utilisées proviennent d'un ensemble de publication de la banque mondiale (WORLD DEELOPPEMENT INDICATORS, Global Economie prospect, global developpement finance, 2005) regroupée dans un CD-ROM de la banque mondiale(2005) et d'un ensemble de publications du FMI. A cause du problème de limitation de données, l'échantillon que nous avons pu construire a une taille de 36 observations datant de 1970 à 2006. Ces données sont ensuite compilées dans Excel, et analysées en utilisant le logiciel Econometric Views (Eviews 3.0). Une fois les données recueillies, il convient maintenant de les traitées.

    B) Traitement des données

    Les variables économiques et financières étant rarement des réalisations de processus stationnaire, et que la non stationnarité à des conséquences fondamentales sur le plan économétrique, il conviendra alors pour nous de procéder aux tests de stationnarité des différentes séries à étudier.

    Pour cela, plusieurs méthodes de détection sont possibles on a entre autre la méthode graphique (graphique de la série et de la fonction d'autocorrection) et les tests de stationnarités spécifiques (les tests de racine unitaires). En ce qui concerne notre travail, nous nous intéresserons uniquement ici au test de stationnarité spécifiques car les graphes ne fournissent qu'une indication quant à la stationnarité ou non d'une série. Une fois, les tests de stationnarité effectués, il restera alors le problème du choix de la méthode d'estimation.

    Si les tests indiquent une non stationnarité pour toutes les séries et qu'en les différenciant une fois, elles deviennent stationnaires, les techniques de co-intégration seront appliquées. Dans le cas contraire, il sera procédé à l'estimation par la méthode des MCO usuelle.

    a) Les tests de stationnarité.

    Avant de procéder à l'estimation du modèle, il convient de s'assurer de la stationnarité des séries observées, car lorsque les variables ne sont pas stationnaires, l'estimation des coefficients par la méthode des moindres carrés ordinaires (MCO) et les tests usuels des t-Students et f-Fisher ne sont pas valides. Ceci dit, les coefficients estimés ne convergeront pas vers leur vraie valeur. On dira ainsi que les régressions sont fallacieuses.

    Les méthodes graphiques de détection de la stationnarité ou non des séries n'étant pas fiables, nous utilisons des tests plus rigoureux: les tests de racine unitaire.

    Une question reste posée quant à la nature du modèle à estimer compte tenu de la stationnarité ou non des séries. Les différents tests nous permettront alors de faire le choix du modèle approprié9 pour l'estimation de notre équation d'attractivité.

    Avant de présenter les résultats des tests de stationnarité, nous présentons le cadre méthodologique dans lequel ils sont effectués.

    9 Nous faisons ici allusion au modèle total ou modèle avec constante et avec tendance, le modèle fixe ou modèle avec constante et sans tendance et le modèle aléatoire ou modèle sans constante ni tendance

    - Le cadre méthodologique des tests de racine unitaire.

    Parmi les tests de racine unitaire existants, nous utilisons le test de Dickey Fuller augmenté, élaboré en 1979 et en 1981 par Dickey et Fuller. Ces tests sont les plus utilisés en raison de leur simplicité, mais souffrent également d'un certain nombre de critiques

    Rappelons que le test de de Dickey Fuller augmenté (ADF) considère trois modèles à la base pour une série Xt, t = 1. ..,T (T étant le nombre total d'observations). Nous avons ainsi le modèle sans constance ni tendance déterministe que nous notons (1), modèle avec constance sans tendance déterministe (2) et le modèle avec constance et tendance déterministe noté (3).

    Nous commençons par tester 1 'hypothèse nulle

    Ho: de non stationnarité

    contre l'hypothèse alternative

    H1: de stationnarité

    En se référant aux valeurs tablées par Fuller en 1976 et Dickey et Fuller en 1979

    et 1981. Il est à noter que le test de Dickey Fuller augmenté se fait de façon

    séquentielle en trois grandes étapes en allant du modèle (3) au modèle (1). A

    chaque fois, on commencera par tester la significativité de la tendance du modèle (3) en se référant aux tables de Dickey-Fuller. Si la tendance n'est pas significative, on passe au modèle (2), et si plutôt la tendance est significative alors on teste l'hypothèse nulle de racine unitaire selon les modalités présentées précédemment. S'il apparaît que la série est non stationnaire il faut la différencier et recommencer la procédure de test sur la série en différence première. Dans ce cas, la procédure de test s'arrête et l'on peut travailler directement sur la série Xt.

    A l'étape 2 où on estime le modèle (2), on commence par tester la significativité de la constante. Si la tendance n'est pas significative, on passe au modèle (1) de l'étape 3. Si par contre la constante est significative, on teste également 1 'hypothèse nulle de racine unitaire et on procède de la même façon qu'à la première étape.

    A l'étape 3, on teste directement l'hypothèse nulle de racine unitaire.

    Tout comme dans le cas du test ADF, trois modèles sont aussi distingués dans le du test DF: le modèle sans constante ni tendance déterministe (1 '); le modèle avec constante sans tendance déterministe (2') et le modèle avec tendance déterministe et

    constante (3'). La mise en oeuvre du test DF est similaire à celle du test de ADF, les statistiques du test sont aussi les mêmes et seules les tables statistiques diffèrent.

    Les résultats des différents tests de stationnarité (au seuil de 5%) sont consignés dans le tableau ci après.

    Tableau4 : résultat des tests de stationnarité sur les variables

    VARIABLE

    ADF en niveau

    ADF en différence première

    ADF CV

    ADF CV

    LANAL

    3,7942

    -1,9507*

    -3,9955

    -1,9507

    LCR

    -0,3062

    -1,9507*

    -3,6437

    -1,9507

    LDEN

    1,0974

    -1,9507*

    -6,1625

    -1,9507

    LIDE

    1,2202

    -1,9583*

    -3,6539

    -1,9614

    LOUV

    2,6112

    -1,9507*

    -6,7557

    -1,9507

    LPNBHBT

    2,1236

    -1,9507*

    -3,5164

    -1,9507

    LPOP

    4,4944

    -1,9507*

    -3,7809

    -1,9507

    DS

    -2.0737

    -3.5426

    -4.0000

    -1.9510

    Source : construction de l'auteur à partir des résultats de Eview ( * ) Non stationnarité de la variable

    Il ressort de ce tableau que toutes les séries sont non stationnaires en niveau. Nous les savons ainsi rendus stationnaires en différence première, notons tous de même que ces séries sont toutes stationnaire avec le modèle (1) c'est-à-dire, le modèle sans tendance ni constante.

    Les tests de stationnarité que nous venons de faire rassurent que toutes les séries utilisées sont bel et bien stationnaire en différence première donc intégré d'ordre un, ce qui nous amène alors à utiliser la méthode d'estimation en deux étapes proposée par Engle et Granger.

    Une question fondamentale reste posée : celle de savoir si l'estimation de la relation de long terme conduit automatiquement à l'estimation de la dynamique de court terme. Le test de racine unitaire sur le résidu estimé nous permettra de confirmer ou non la relation de co-intégration avant de passée à l'estimation du modèle à correction d'erreur.

    Dans la suite, il s'agira tout simplement de présenter les cadres méthodologiques de l'estimation de la relation de long terme et de l'estimation du modèle à correction, d'erreur.

    b) Les tests de co-intégrations

    Le point de départ de la théorie de la co-intégration réside dans le fait que de nombreuses séries macro-économiques et financières sont non stationnaires. Or, si l'on applique les méthodes habituelles d'estimation, deux principaux problèmes surgissent: le problème des régressions fallacieuses ou spirious regressions mis en avant par Granger et Newbold (1974) et le problème de la non validité de certaines lois asymptotiques. Par exemple, les statistiques des tests de Dickey-Fuller ne suivent plus une loi habituelle.

    La théorie de la co-intégration permet ainsi d'étudier des séries non stationnaires et dont une combinaison linéaire est stationnaire. Elle permet ainsi de spécifier des relations stables à long terme tout en analysant conjointement la dynamique de court terme des variables considérées que nous verrons dans la deuxième partie de cette section.

    1) Le cadre méthodologique de l'estimation de la relation de long terme.

    Le cadre méthodologique de l'estimation de la relation de long terme est celui proposé par Engle et Granger (voir en Annexe A0 le test de Granger).

    Selon Engle et Granger, deux séries non stationnaires sont co-intégrées lorsque, leur combinaison linéaire suit un sentier d'équilibre sans jamais s'éloigner pendant longtemps de sa moyenne même si elles présentent des évolutions divergentes. Autrement dit, qu'il existe une évolution stable à long terme entre ces séries. La relation à estimer prend la forme suivante:

    Vt = â'Ft + Zt (5)

    Où Vt est la variable expliquée, â' le vecteur des coefficients des variables explicatives, Ft le vecteur des variables explicatives et Zt le terme d'erreur. Zt peut s'écrire comme une combinaison linéaire â'Ft normalisée par rapport à Vt et peut prendre la forme suivante:

    Zt= Vt- â'Ft (6)

    La relation (6) n'est ainsi valable que si Ft et Vt sont co-intégrées, c'est-à-dire que Zt stationnaire.

    Engle et Granger (1987), Engle et Y00 (1987) proposent de déterminer les relations de co-intégration existant dans un système par une méthode en deux étapes.

    Dans une première étape, on régresse par les MCO les variables en niveau et l'on regarde si le résidu de cette régression est stationnaire dans une seconde étape. Ceci dit, pour le test de relation de co-intégration entre processus intégrés d'ordre 1, on estime par les MCO une régression statique de long terme entre les niveaux des variables et puis on applique les tests de racine unité sur le résidu estimé

    2) Les limites de l'estimation par la méthode de Engle et Granger.

    Bien que la méthode d'Engle et Granger fournît un certain nombre de tests faciles à mettre en oeuvre, elle ne permet néanmoins pas de distinguer plusieurs vecteurs de co-intégration. Ceci pose alors un problème lorsqu'on veut étudier simultanément N variables, avec (N > 2).

    Afin de pallier cette difficulté, Johansen en 1988 a proposé de tester directement dans le cadre d'un VAR en niveau les relations de co-intégration. Cette approche permet par la méthode de maximum de vraisemblance, d'obtenir tous les vecteurs de co-intégration contrairement à l'approche d'Engle-Granger qui ne tient compte que d'une seule relation de co-intégration, dans un cadre multivarié. Et de ce fait, elle apparaît plus attrayante lorsqu'on veut tester la co-intégration dans un système de plusieurs variables.

    L'approche de Johansen est basée sur deux tests sur les valeurs propres du système à N variables. Le premier est appelé statistique de la trace et teste qu'il existe

    au moins r vecteurs de co-intégration dans un système comportant N > r variables et le second dénommé statistique de la valeur propre maximale qui teste qu'il existe exactement r vecteurs de co-intégration contre l'alternative de r+1 vecteurs. Les valeurs critiques de ces deux statistiques ont été tabulées notamment par Johansen (1988) et Johansen et Juselius (1990).

    c) L'estimation de la relation de court terme: le modèle à correction d'erreur.

    En général, les modèles à correction d'erreur permettent de modéliser les ajustements qui conduisent à une situation d'équilibre de long terme. Ce sont en fait des modèles dynamiques qui intègrent à la fois les évolutions de court terme et de long terme des variables. Avant de procéder à l'estimation du modèle à correction d'erreur proprement dite au chapitre suivant, présentons tout d'abord son cadre méthodologique.

    1) Le cadre méthodologique de l'estimation du modèle à correction d'erreur.

    Le modèle à correction d'erreur décrit un processus d'ajustement et combine deux types de variables: les variables en différence première qui représentent les fluctuations de court terme et des variables en niveau représentées par Zt. combinaison linéaire stationnaire des variables non stationnaires, qui assure la prise en compte du long terme. Soit donc la forme du modèle:

    p p P

    AVt = y AZt-l + ?f31jAF1t-j +? f32jAF2t-j +...+ .?f3njAFnt-j + d(L).iyt (7)

    J=O J=O J=O

    OÙ : uyt est un vecteur bruit blanc, Zt = Vt - f3 'Ft est le résidu de la relation de cointégration entre Vt et FT, d est un vecteur polynôme fini en L.

    Le modèle permet ainsi d'intégrer les fluctuations de court terme représentées par les variables en différence première autour de l'équilibre de long tenue donné par la

    relation de co-intégration où le coefficient y (y < 0) appelé élasticité d'ajustement représente la force de rappel vers la cible de long terme.

    L'estimation de la relation (7) se fait par les moindres carrés ordinaires. Les tests usuels de type fisher ou student sont utilisés pour définir la significativité des paramètres caractérisant la dynamique de court terme et ceci du fait que toutes les variables du modèle sont intégrées d'ordre zéro ou 1(0).

    2) Les conditions d'estimation du modèle à correction d'erreur.

    Engle et Granger en proposant une méthode d'estimation en deux étapes, enseignent qu'elle n'est valable que pour les séries co-intégrées d'ordre (1,1). Ainsi, au cours de la première étape de la méthode d'estimation, il est important de vérifier que les séries sont bien co-intégrées, c'est à dire que les résidus de la relation de long terme sont bien stationnaires. En conséquence, si le résidu n'est pas stationnaire, la relation de long terme est une régression fallacieuse, il n'existe donc pas de relation de cointégration entre les variable

    CONCLUSION

    Après avoir mis en lumière les différentes études empiriques sur les

    investissements directs étrangers, nous avons ensuite analysé les caractéristiques statistiques des variables et les cadres méthodologiques d'estimations du modèle. Les tests de racines unitaires montrent que toutes les séries sont intégrées d'ordre un, et que l'application d'un filtre aux différences a permis de les rendre stationnaires.

    D'après l'analyse de la stationnarité (tests ADF au seuil de 5%) effectuée, les résultats montrent plus spécifiquement que l'ensemble de nos variables sont stationnaire en différence première pour le modèle un c'est-à-dire le modèle sans tendance ni constante ;

    Cette analyse nous a permis aussi de faire le choix des méthodes d'estimations : la co-intégration et la méthode à correction d'erreurs. Leurs cadres méthodologiques nous ont permis de déceler néanmoins quelque limites dans leurs mises en oeuvres, Ces limites sont liées aux conditions d'estimations.

    Globalement, les résultats statistiques des variables du modèle sont satisfaisants pour que les estimations des relations de longs termes et de courts termes soient effectuées. Nous présenterons les résultats de ces estimations dans le chapitre suivant.

    CHAPITRE 4 : LES RESULTATS DU MODELE ET LES
    RECOMMANDATIONS DE POLITIQUES
    ECONOMIQUES

    En vue de confronter la théorie de l'adaptation institutionnelle à l'IDE à la réalité camerounaise, nous examinons ici sa performance dans une analyse de régression économétrique. Le modèle théorique développé dans le chapitre précédent nous permet de construire une relation de long terme et de court terme entre les flux d'IDE et certains éléments fondamentaux constituant ses déterminants. Il permet ainsi de construire à partir des séries temporelles, une équation d'attractivité.

    Notons que, l'estimation de cette équation se fait par la technique de la cointégration lorsqu'il s'agit de définir la relation de long terme entre les flux d'IDE et ces éléments. Une fois cette dernière vérifiée, il est alors possible d'utiliser les modèles à correction d'erreur, pour définir l'évolution de court terme et de long terme entre la variable dépendante (IDE) et les variables indépendantes (ces déterminants). Ces procédures supposent au préalable que les variables choisies dans la construction de modèle soient stationnaires ; ce qui a été vérifié au chapitre précédent.

    Si on suppose que les différentes estimations du modèle approprié ont été normalement effectuée, leurs résultats nous permettent t-ils de dire qu'il existe une relation significative entre les flux d'IDE et l'ensemble des éléments les déterminants d'une part et d'autre part entre les flux d'IDE et ces éléments pris individuellement ?

    A ces deux questions fondamentales, nous apportons non seulement des réponses pour expliquer la significativité des variables, mais également nous parviendrons à l'objectif de recherche : celui d'avoir ciblé les déterminants des investissements directs étrangers au Cameroun compte tenu des variables préalablement choisies.

    Nous procédons dans ce chapitre à la présentation et à l'analyse des résultats d'estimations à la première section. Puis à la deuxième section, à l'impact des flux d'entrée d'investissements directs étrangers sur l'économie Camerounaise aux fins des recommandations de politiques économiques.

    SECTION 1 : LA PRESENTATION ET L'ANALYSE CRITIQUE DES RESULTATS D'ESTIMATION

    Il s'agit en fait de présenter les résultats de la relation de long terme et ceux de l'estimation de la relation de court terme. Ces résultats sont issus d'un traitement sur Eviews 3.0 et concernent les données choisies au préalable et compilées en excel. Nos attentes sont que les résultats de ces estimations corroborent les énoncés de la théorie d'adaptation institutionnelle à l'investissement direct étranger et aussi dans une moindre mesure certains résultats des travaux antérieurs sur les déterminants de l'investissement directs étrangers surtout dans les pays en voie de développement.

    La première partie de cette section est ainsi consacrée à l'estimation de la relation de long terme et la deuxième partie à celle de l'estimation de la relation de court terme.

    A- L'estimation de la relation de long terme.

    Nous analysons la co-intégration avec l'approche proposée par ENGELE et GRANGER. L'analyse commence par tester la normalité des variables à partir du test de Jarque et Bera (J-B). On accepte la normalité si la statistique de J-B<X2 (2) (soit, 5.99). À partir de ce test effectué sur Eviews 3, on constate que l'ensemble des variables suivent la loi normale (résultats en Annexe A1), ce qui autorise l'estimation par la méthode des moindres carrés ordinaires (Frikha, 2005). De même, nous proposons en annexe (AnnexeA2) les résultats du test du ratio de vraisemblance de Johannsen pour la détermination du rang de co-intégration du système.

    D'après ces résultats, on peut rejeter le seuil de 5% qu'il existe au plus cinq relations de co-intégrations, Pour l'estimation de notre modèle.

    La stationnarité et la normalité des variables étant confirmées il est alors possible d'établir la relation de long terme entre les influx D'IDE et ses déterminants.

    1-La présentation des résultats.

    Le tableau ci-après regroupe les résultats des estimations du modèle de long terme
    Tableau 5 : résultats de l'estimation du modèle de long terme.

    Dependent Variable: LIDE Method: Least Squares Date: 02/22/09 Time: 10:47 Sam ple: 1970 2006

    Included observations: 31
    Excluded observations: 6

    Variable

    Coefficient

    Std. Error t-Statistic

    Prob.

    C

    -11.25882

    14.86291 -0.757511

    0.4564

    DS

    -2.123351

    0.873640 -2.430466

    0.0233

    LANAL

    -2.583617

    1.251421 2.064547

    0.0004

    LCR

    -1.102586

    0.560616 -2.966740

    0.0414

    LDEN

    -3.034692

    3.451673 -2.879195

    0.0024

    LOUV

    2.979366

    0.948872 3.139902

    0.0046

    LPNBHBT

    0.605342

    0.391261 1.547155

    0.1355

    LPOP

    13.09822

    3.590818 1.647697

    0.0813

    R-squared

    0.852873

    Mean dependent var

    3.934295

    Adjusted R-squared

    0.677660

    S.D. dependent var

    1.572589

    S.E. of regression

    0.892837

    Akaike info criterion

    2.828811

    Sum squared resid

    18.33464

    Schwarz criterion

    3.198872

    Log likelihood

    -35.84657

    F-statistic

    10.00993

    Durbin-Watson stat

    2.195268

    Prob(F-statistic)

    0.000011

    2-L' analyse critique des résultats.

    D' après les résultats de cette estimation présentés ci- dessus, nous pouvons dire que l'influence des variables explicatives sur le comportement d'IDE est bien significative, la probabilité de Fisher (F-Statistic=0.00001 1) étant statistiquement différente de zéro. Le Durbin-Watson égal à 2.19 montre l'absence d'une éventuelle auto corrélation des erreurs.

    Les valeurs de R2 (0.85) et de R2 ajusté (0.67) montrent que l'ensemble
    des variables explicatives choisies du modèle théorique a bien une influence sur la
    77

    variable expliquée. Les valeurs entre parenthèses représentent la significativité des coefficients estimés (voir ci dessus).

    Ces résultats expliquent le fait que le modèle est globalement satisfaisant.

    Pris individuellement, les coefficients de certaines variables sont significatifs alors que d'autre ne le sont pas. Il en est de même des signes attendus de ceux-ci. En effet, les résultats montrent que, les variables densité (LDEN), analphabétisation (LANAL), démocratie stabilité (DS), crédits à l'économie (LCR) et ouverture (LOUV) ont bien une influence significative sur la variable L'IDE.

    Toute fois, les variables démocratie stabilité (-2.12), crédit (-1.10) et densité (-3.03) n'ont pas les signes conformes à l'énoncé théorique selon lequel un niveau élevé de démocratie stabilité influence positivement les IDE. De même, la disponibilité du crédit dans le secteur bancaire et le niveau des infrastructures jouent positivement dans l'attrait des investisseurs étrangers. Bien qu'au Cameroun, un niveau élevé de démocratie stabilité, la disponibilité du crédit et le niveau des infrastructures influencent le comportement des investisseurs étranger, il ressort de ces résultats que des faiblesses persistent dans ces secteurs.

    Les variables LOUV (2.97) et Analphabétisation (-2.58) ont des signes attendus. D'après la théorie de l'adaptation institutionnelle à l'IDE, l'ouverture des frontières au commerce extérieur joue favorablement dans l'attrait des investissements étrangers. En ce qui concerne le taux d'analphabétisation, son signe reflète l'intérêt que les investisseurs étrangers ont pour le Cameroun en ce qui concerne sa main d'oeuvre adaptée au marché de l'emploi.

    Le taux d'ouverture et d'analphabétisation se justifient au Cameroun pour le commerce, par l'ouverture de son économie dans les années 1990 et pour l'analphabétisme, par l'engagement du gouvernement Cameroun à réduire le taux d'analphabète dans la population totale. Ce dernier cas s'illustre davantage par la gratuité de l'éducation de base pour tous instauré il y a une décennie.

    Enfin, la population et le produit national brut par tête ne sont pas significatifs pour expliquer le comportement de l'IDE au Cameroun, d'après les résultats de nos estimations bien que la variable population ait le signe attendu. C'est à

    dire que la taille du marché est un facteur non négligeable pour attirer les investisseurs au Cameroun, de même que son niveau de développement.

    Après avoir ainsi montré l'influence de chacune des variables sur le comportement d'IDE, il convient de déduire de l'estimation de cette relation de long terme définie, la série des résidus et de montrer que ces derniers sont stationnaires. S'ils ne le sont pas, la relation estimée est une régression fallacieuse. Dans le cas contraire, la relation de co-intégration est confirmée. Nous appliquons le test ADF sur les résidus de la relation estimée.

    Tableau 6 : les résultats des tests ADF sur les résidus estimés.

    Augmented Dickey-Fuller Test Equation

    Dependent Variable: D(RESID01 ,2)

    Method: Least Squares

    Date: 02/23/09 Time: 11:18

    Sample(adjusted): 1973 2006

    Included observations: 18

    Excluded observations: 16 after adjusting endpoints

    Variable

    Coefficient

    Std. Error t-Statistic

    Prob.

    D(RESID01(-1))

    -1.788405

    0.407537 -4.388325

    0.0005

    D(RESID01(-1),2)

    0.229827

    0.253030 0.908298

    0.3772

    R-squared

    0.722653

    Mean dependent var

    0.108458

    Adjusted R-squared

    0.705319

    S.D. dependent var

    1.969742

    S.E. of regression

    1.069266

    Akaike info criterion

    3.076260

    Sum squared resid

    18.29326

    Schwarz criterion

    3.175191

    Log likelihood

    -25.68634

    F-statistic

    41.68943

    Durbin-Watson stat

    2.274537

    Prob(F-statistic)

    0.000008

    ADF Test Statistic

    -4.388325

    1% Critical Value*

    -2.7057

     
     

    5% Critical Value

    -1 .9614

     
     

    10% Critical Value

    -1 .6257

    *MacKinnon critical values for rejection of hypothesis of a unit root.

    Les résultats issus de l'application du test ADF sur les résidus (voir en Annexe3, le test de normalité) de la relation entre l'IDE et ses déterminants reportés dans le tableau 4 montrent qu'ils sont stationnaires (car, ADF calculé (-4.3 8) < critical

    value. Par conséquent, la relation définie est une relation de co-intégration. Il est alors possible d'estimer le modèle à correction d'erreur.

    B- L'estimation de la relation de court terme.

    Les modèles à correction d'erreur permettent généralement de modéliser les ajustements qui conduisent à une situation d'équilibre de long terme. Ce sont en fait des modèles dynamiques qui intègrent à la fois les évolutions de court et de long terme des variables.

    Nous présenterons ainsi les résultats avant de passer à leurs interprétations.

    1- La présentation des résultats.

    Les résultats de l'estimation du modèle à correction d'erreur sont présentés dans le tableau suivant.

    Tableau 7 : les résultats de l'estimation de la relation de court terme.

    Dependent Variable: D(LIDE)

    Method: Least Squares

    Date: 02/23/09 Time: 13:16

    Sample(adjusted): 1971 2006

    Included observations: 26

    Excluded observations: 10 after adjusting endpoints

    Variable

    Coefficient

    Std. Error t-Statistic

    Prob.

    C

    -0.757424

    17.02831 -0.044480

    0.9650

    RESID01 (-1)

    -0.767818

    0.249973 -5.031276

    0.0000

    D(DS)

    -3.199478

    1.131835 -2.826805

    0.0016

    D(LANAL)

    -0.793018

    1.598361 -0.496144

    0.6261

    D(LCR)

    -0.393372

    0.744214 3.528573

    0.0039

    D(LDEN)

    -1 .820087

    3.759281 -0.484158

    0.6345

    D(LOUV)

    1.474286

    1.319426 2.117369

    0.0294

    D(LPNBHBT)

    -0.388548

    0.41 7450 -0.930767

    0.3650

    D(LPOP)

    7.186018

    4.405257 1.631237

    0.1212

    R-squared

    0.877154

    Mean dependent var

    4.002110

    Adjusted R-squared

    0.672286

    S.D. dependent var

    1.630806

    S.E. of regression

    0.933577

    Akaike info criterion

    2.967837

    Sum squared resid

    14.81661

    Schwarz criterion

    3.403332

    Log likelihood

    -29.58188

    F-statistic

    7.410751

    Durbin-Watson stat

    2.170698

    Prob(F-statistic)

    0.000282

    2. L'analyse critique des résultats.

    D'après les résultats de cette estimation, on constate que le coefficient associé à la force de rappel est négatif (-0.76) et significativement différents de zéro au seuil de 5% (son t-Student est supérieur à 1.96 en valeur absolue). En d'autres termes, les chocs sur les variables LIDE se corrigent à 76%. Bref, un choc constaté au cours d'une période d'une année donnée est également résorbé au cours de la même période. Cela signifie qu'il existe bel et bien un mécanisme à correction d'erreur : à long terme les déséquilibres entre les flux d'IDE et ses déterminants se compensent.

    On constate en outre que le taux d'ouverture et le taux d'analphabétisation ont les signes attendus et corroborent les résultats de la relation de co-intégration. Toute fois, bien que le coefficient de la variable ANAL ait le signe attendu, il n'est

    pas significatif dans la relation de court terme, pourtant significatif dans la relation de long terme. Parmi les autres variables qui ont des coefficients significatifs, nous avons la démocratie stabilité, le crédit du secteur bancaire et le taux d'ouverture.

    Non seulement le taux d'ouverture est significatif mais il a aussi le signe attendu. Cette influence positive indique que les investisseurs considèrent le Cameroun comme une plate forme d'exportation.

    Quant au crédit bancaire, son coefficient négatif est en opposition aux arguments théoriques, il s'explique par l'insuffisance au Cameroun d'un système financier crédible aux yeux des investisseurs.

    La variable démocratie stabilité est significative bien que son signe soit contraire aux énoncés théoriques ; ce signe négatif traduit le fait que des efforts reste encore a faire sur le plan socio politique (notamment en matière de démocratie et de stabilité) au Cameroun en vu d'attirer davantage les investissements.

    La densité de la population rurale, la population totale et le produit national brut par habitant n'influencent par significativement sur l'IDE et leurs coefficients n'ont pas des signes escomptés (en ce qui concerne produit national brut par habitant et la densité). Malgré que la variable LPOP soit de signe attendu, elle n'est pas significative.

    Cette situation explique tout simplement par le fait que, ni le niveau des infrastructures et la taille du marché, ni le niveau de développement économique du Cameroun n'explique l'attractivité de l'IDE.

    De manière générale, le modèle estimé semble intéressant. La probabilité de Fisher est statistiquement différent de zéro, le coefficient de détermination indique que le modèle explique les variations des flux de l'IDE à 87% (R2=0.87) à court terme, la statistique de Durbin Watson est supérieur à 2 (DW=2. 17) montre que les erreurs ne sont pas auto corrélées. (Voir en Annexe 4 le test de normalité des erreurs).

    SECTION 2 : L'IMPACT DE L'IDE SUR L'ECONOMIE
    CAMEROUNAISE ET LES RECOMMANDATIONS DE
    POLITIQUES ECONOMIQUES.

    Les objectifs prioritaires des pays en développement sont notamment :

    > parvenir à une croissance économique soutenue en renforçant l'investissement, les moyens et compétence techniques et la compétitivité de leurs exportations sur les marchés mondiaux ;

    > repartir équitablement les fruits de la croissance en élargissant et améliorant les possibilités d'emploi ;

    > ménager et protéger l'environnement dans l'intérêt des générations futures.

    La libéralisation et la mondialisation de l'activité économique avivent la concurrence et leurs imposent ainsi de valoriser leurs ressources et leurs capacités pour pouvoir atteindre ces objectifs. Il semble aujourd'hui clair que les IDE constituent également un moyen pour le développement de ces pays en développement et le Cameroun en particulier.

    La section précédente nous a permis de déceler pour le Cameroun, les éléments qui déterminent de façon significative l'attrait des IDE, mais ne nous a pas renseignés suffisamment quant aux conséquences de ces derniers sur l'économie Camerounaise.

    Toutefois, si certains éléments sont significatifs quant à l'attrait des IDE d' après les résultats de nos estimations, d'autres ne le sont pas et parfois, ont le coefficient de signe contraire aux hypothèses émises au départ. A partir donc de ces résultats nous nous posons la question de savoir si l'IDE peut favoriser ou non le développement au Cameroun.

    Il sera question dans cette section d'analyser l'impact de l'IDE sur l'économie camerounaise et de faire des recommandations de politiques économique pour une meilleure attractivité de l'investissement direct étranger au Cameroun.

    A- L'impact des flux d'investissements directs étrangers sur l'économie
    camerounaise

    Bien qu'il semble clair que les IDE constituent pour le pays d'accueil un réel potentiel de développement, les politiques d'ouverture peuvent générées des difficultés sur le plan budgétaire, soumettre les firmes locales a une trop forte concurrence et à une adaptation technologique délicate à réaliser. Nous présentons dans cette section les conséquences à la fois positives et négatives de la présence des IDE sur les pays d'accueils en général et le Cameroun en particulier.

    1- Les conséquences positives des flux d'IDE sur l'économie

    camerounaise.

    Nous analyserons les conséquences à la fois sur la structure de l'économie, sur le budget de l'Etat et les revenus des agents.

    a- L'incidence sur la structure de l'économie camerounaise.

    Le Cameroun comme la plupart des pays en développements considère les IDE comme un moyen important de se procurer des ressources même lorsqu'il est presque impossible de mesurer avec précision ces effets économiques. L'IDE comprend ainsi plusieurs types d'actifs dont certains appartiennent en propre à l'investisseur. Les actifs exclusifs, qui, conférant des avantages aux sociétés transnationales, ne peuvent être obtenus que des entreprises qui les ont créés. Les ressources qui ne sont pas exclusives telles que les capitaux, des biens d'équipements, les produits intermédiaires, peuvent généralement être obtenues sur le marché. Les autres sont notamment les marques déposées, les compétences spécialisées, la capacité d'organiser et d'intégrer la production à l'échelle internationale et de créer des réseaux de commercialisations, ou l'accès privilégié aux marchés d'actifs non exclusifs.

    Globalement, ces avantages donnent aux sociétés transnationales la possibilité de contribuer beaucoup plus au développement économique du pays hôte et à la condition qu'il arrive à les convaincre à transférer leurs ressources sous des formes appropriées et sache en faire bon usage. Les actifs incorporés à l'IDE sont ainsi entre

    autre : les capitaux, la technologie, les compétences et techniques de gestion, et l'environnement.

    L'IDE, en apportant des ressources financières aux pays d'accueil est plus stables et plus facile à gérer que les emprunts aux conditions du marché, d'autant plus que les sociétés transnationales investissent généralement dans les projets à long termes, à la différence des autres bailleurs de fonds.

    Les sociétés transnationales apportent avec l'IDE des techniques modernes dont certaines ne sont pas disponibles autrement, et contribuent à une meilleure utilisation des techniques existantes. Elles adaptent la technologie aux conditions locales, en mettant à profit l'expérience qu'elles ont acquise dans d'autres pays en développement. Dans certains cas, créent sur place des installations de recherches. Comptent tenu des innovations et la transformation des modes de consommation, elles sont amenées à moderniser les techniques, Les firmes stimulent également l'efficacité ou l'évolution technique des entreprises locales en intensifiant la concurrence.

    Quant aux compétences et techniques de gestion, les firmes multinationales font appel dans le monde entier aux services des personnes possédants des connaissances et des compétences spécialisées et transfèrent ces connaissances et compétences à leurs filiales étrangères implantées sur places grâce à l'envoi des experts et à l'utilisation des moyens de formations ultramodernes. Le perfectionnement et l'adoption des compétences ainsi que le recours à des nouvelles méthodes d'organisation et de gestion accroissent la compétitivité des entreprises locales et contribuent à soutenir l'emploi.

    Aussi, les firmes multinationales sont à l'avant-garde dans le domaine des techniques économiques et des systèmes modernes de gestion de l'environnement. Elles les utilisent avec un effet d'entraînement sur les entreprises locales oeuvrant dans les mêmes secteurs que leurs filiales étrangères.

    Dans le cadre des théories de la croissance endogène qui, souligne l'importance de l'accumulation du capital humain et du progrès technique dans le processus de développement, L'IDE est désormais perçu comme un vecteur potentiellement puissant de transfert des connaissances dans les pays en développement comme le Cameroun .Bref, la recherche et développement (R&D),

    l'accumulation du capital humain et certaines externalités apparaissent comme des ingrédients-clés de la croissance, auxquels le Cameroun peut accéder grâce aux IDE.

    b- L'incidence sur les recettes budgétaires et revenus privés camerounais.

    Les investissements directs étrangers contribuent de façon significative au budget de l'Etat. Les droits de port ou taxes douanières d'entrée et de sortie constituent une part importante des ressources fiscales globales dans le pays d'accueil.

    Quant aux revenus privés camerounais, les firmes multinationales emploient pour la plus part des cas la main d'oeuvre locale à qui elle verse un salaire. Les avantages des IDE conçus comme moyen d'équilibre financier et économique portent en eux-mêmes les facteurs qui atténuent considérablement leur efficience.

    Malheureusement, nous ne disposons pas des données sur l'emploi au Cameroun nous permettant de faire une analyse comparative dans le temps avec l'évolution des flux d'entrée d'IDE. Toutes fois, les rapports ECAM10 indiquent qu'en 2001 le taux de chômage au Cameroun était de 7,5% contre 8,1% en 1996. Le constat permet de dire qu'entre 1996 et 2001, la tendance est à la baisse alors que les flux d'IDE connaissent également une hausse à cette période.

    Toutes fois, il faut reconnaître que Ies IDE n'apportent pas que des avantages aux pays d'accueil, mais aussi, engendrent des inconvénients.

    2- Les inconvénients des flux d'entrée des investissements direct étranger sur l'économie camerounaise.

    Les inconvénients concernent aussi bien la fiscalité que la structure de l'économie. Nous examinons dans un premier temps les inconvénients des flux d'investissements directs étrangers sur les budgets de l'Etat et dans un deuxième temps, ses conséquences néfastes sur la structure économique du pays.

    10 « Le terme ECAM désigne « enquête camerounaise auprès des ménages ». ce type d'enquête a été réalisé au Cameroun en 1996 et 2001 par l'institut national de la statistique

    a- Les conséquences budgétaires lourdes.

    Les conséquences des politiques d'ouverture sont lourdes en termes de baisse des recettes douanières, incitant l'Etat à mettre en place des politiques de contrôle budgétaire. En cas de réduction de dépenses publiques, les dépenses d'investissement risquent d'être sacrifiées, aux dépens de la constitution d'une offre compétitive et du développement des exportations. Les prélèvements nécessaires par la hausse de la TVA notamment, pour compenser le manque à gagner risque d'être trop importants. En plus, l'effet positif que le Cameroun attend de la fiscalité est contrecarré par une série de facteurs négatifs allant des exonérations exorbitantes à la fraude fiscale généralisée. Les rapatriements des bénéfices par les promoteurs d'IDE constituent également un manque à gagner sur le budget de l'Etat.

    b -Les conséquences sur la structure de l'économie camerounaise.

    Elles concernent les aspects concurrentiels et l'acquisition de la technologie. Il est reconnu que, la création d'une capacité d'initiative de potentiels inventifs et réactifs de la part des industriels locaux est un facteur d'attractivité plus puissant que ne le sont les aides fiscales et territoriales caractéristiques des zones franches (Huffel, 2001). Mais aussi, il faut reconnaître que les risques de l'impact d'une ouverture croissante de l'économie camerounaise sur le tissu industriel préexistant ne sont pas négligeables. En effet, bien que les IDE soient profitables du fait qu'ils permettent de réduire les coûts et d augmenter les profits, la concurrence accrue devient fatal pour bon nombre de firmes locales qui sont pour la plupart contrainte de fermer.

    Sur le plan technologique, la présence d'investisseurs au sien du territoire national peut ainsi sous certaines conditions se révéler très bénéfique comme nous venons de le mentionner, mais il est apparu que l'intensité des transferts de technologie est directement corrélé avec le dynamisme des systèmes d'innovation propres à chaque pays récepteur d'IDE (Huffel, 2001). Du moment où les pays en développement en général et le Cameroun en particulier n'ont pour la plupart qu'un faible niveau de développement d'infrastructures, de recherche et développement (R&D), ceux-ci ne peuvent que de façon négligeable bénéficier de l'apport technologique.

    De manière générale, une analyse empirique en termes de causalité nous a permis de conclure que l'IDE n'a pas une influence significative sur le niveau de développement économique du Cameroun lorsque nous avons choisi le PNB par tête comme indicateur de mesure de développement économique.

    L'analyse de l'impact d'IDE sur l'économie camerounaise faite, la deuxième partie de cette section sera consacrée aux recommandations de politiques économiques pour une meilleure attractivité des IDE sur le territoire national.

    Il est alors fort probable que, si des mesures préconisées pour une meilleure attractivité des IDE atteignent leurs objectifs, elles auront également sans doute des effets positifs sur le niveau de développement économique du Cameroun.

    B -Les recommandations de politiques économiques.

    L'impact de L'IDE sur le niveau de développement économique d'après notre analyse reste à la fois difficile à évaluer et très variable. Les effets bénéfiques attendus de l'IDE sur l'économie dépendent largement des stratégies de développement adoptées par les autorités du pays. Selon la théorie de l'adaptation institutionnelle, la qualité des infrastructures, une main d'oeuvre qualifiée, le niveau de financement de l'économie, l'ouverture au commerce extérieure et la taille du marché sont en fait quelques un des facteurs qui favorisent l'IDE.

    D'après les résultats de nos estimations, les variables : ouverture (OUV), crédits à l'économie (CR), population (POP), analphabétisation (ANAL) et démocratie stabilité (DS) sont significatifs pour expliquer l'attractivité des IDE au cameroun. D'autre, non seulement ne sont pas significatifs mais ont des signes contraires à l'énoncer théorique, ce qui rend difficile de saisir véritablement les déterminants des IDE au Cameroun. Néanmoins, nous nous demandons si les mesures de politiques économiques bien menées ne sont pas susceptibles de produire les effets d'entraînement sur le développement via la croissance. Il est alors important de s'assurer de la stabilité des coefficients des variables dans le temps avant de passer aux recommandations de politiques économiques.

    1- Tests de stabilité des coefficients du modèle.

    L'estimation d'un modèle requiert des propriétés très importantes dont l'une d'elle est que l'estimation puisse rester valable pour des données autres que celle qui ont été utilisées lors de l'estimation (Dinardo et johnston (1999)). Cette propriété est celle de la constance des paramètres.

    On comprend donc que la stabilité des coefficients d'un modèle joue un rôle fondamental, surtout lorsqu'on cherche à comprendre les mécanismes économiques et à réaliser des prévisions. L'instabilité des coefficients peut refléter des phénomènes ponctuels dans le temps comme, entre autres, un choc pétrolier, une dévaluation, de nouvelles réglementions, etc. (Doucouré, 2005)

    La propriété de constance des paramètres d'un modèle peut être étudiée de plusieurs manières dont l'une des plus utiles est le test sur la qualité de la prédiction. Cette qualité de la prédiction peut être étudiée à partir de plusieurs tests. Nous exposons ici le test de Cusum carré qui est celui sur lequel va s'appuyer notre étude, et qui présente l'avantage d'étudier la stabilité des coefficients d'un modèle sans définir à priori la date à la quelle les changements structurelles dans les coefficients interviennent.

    - Le test cusum carré.

    Les tests cusum en général sont des tests fondés sur la dynamique de l'erreur de prévision et qui permettent de détecter les instabilités structurelles des équations d'un modèle au cours du temps. L'idée sous-jacente est que lorsque les coefficients d'un modèle sont stables, les prévisions hors échantillon auront des probabilités déterminées de se trouver à l'intérieur d'intervalles déterminés à partir des données d'échantillonnage.

    Le test de cusum carré est fondé sur la somme cumulée des carrés des résidus récursifs11.

    Soit Vt le résidu récursif au temps t. a partir de ce résidu, on calcule la statistique du CUSUM carré :

    11 On appelle résidus récursifs la succession d'erreur de prévision calculée en t-1 pour t

    Mémoire de DEA- thème : L'analyse des déterminants de l'investissement direct étranger au Cameroun. t n

    St = Óvt2 / Óvt2 avec t=k+1.k+2 ; et 0<St <1

    J= k+1 J= k+1

    Sous l'hypothèse de base de stabilité des coefficients, les carrées des résidus récursifs sont des variables indépendantes suivant des lois de X2(1) (Dinardo et johnston (1999)). La droite des valeurs espérées, qui donne la valeur espérée approximative de la statistique du CUSUM sous l'hypothèse de base : est E (Vt) = (t-k) / (n-k). Sa valeur augmentée de zéro en t = k jusqu'à 1 en t = n. on détermine si l'écart par rapport à la droite des valeurs espérées est significatif en le comparant aux deux droites tracées parallèlement au dessus et en dessous de E (Vt), à une distance C.

    En clair, si les coefficients sont stables au cours du temps, alors les résidus récursifs carrés doivent rester dans l'intervalle défini

    Par [#177;C (t-k) / (n-k)] .où C est la statistique de Kolmogorov-Smirrrov.

    Le test de stabilité (annexeA5) montre que les résidus récursifs carrés sont inscrits dans l'intervalle défini par les deux droites parallèles. Par ailleurs, la courbe ne coupe pas le corridor. Les coefficients du modèle sont donc stables.

    2-Les recommandations

    L'état actuel de la littérature sur les déterminants de l 'IDE permet de dire qu'il est difficile de déterminer un comportement uniforme chez les investisseurs étrangers en ce qui concerne la stratégie et le lieu d'implantation des unités de productions.

    Dans le cas du Cameroun, proposer les pistes de recommandations de politiques économiques n'est pas aussi chose aisée. Toutefois, l'analyse de l'environnement de l'IDE au Cameroun et les résultats des estimations économétriques nous permettent de dire que les investisseurs cherchent une structure financière efficace dans un environnement de libre circulation de biens et de capitaux. Ainsi les politiques économiques doivent s'orienter davantage vers l'ouverture des barrières au commerce extérieur et la création d'un marché

    financier. L'urgence est donc à l'effectivité du fonctionnement de la bourse des valeurs de douala.

    Parallèlement, les politiques économiques doivent s'orienter vers une formation massive de la population et la lutte contre l'analphabétisme.

    Compte tenu du fait que, l'adaptation gouvernementale et particulièrement l'adaptation juridique a un intérêt particulier aux yeux des investisseurs (KAMEL 2005), a court terme, l'Etat doit assainir l'environnement des affaires tout en améliorant la qualité de la fonction publique. Un effort intensif doit s'opérer davantage pour lutte contre la corruption et l'instauration d'un Etat de droit non faillible.

    En plus, les institutions internationales telles que la banque mondiale et le fonds monétaire international peuvent jouer également un rôle important pour la promotion de bonnes institution et une stabilité macro-économique dans les pays africains.

    CONCLUSION

    Le présent chapitre, nous a permis de confronter la théorie de l'adaptation institutionnelle à l'IDE à la réalité Camerounaise, à travers une analyse de régression économétrique.

    L'équation spécifier précédemment a été construite à partir des séries temporelles liant la variable expliquée (LIDE) aux variables explicatives prises comme éléments déterminant l'IDE.

    Les résultats issus des estimations de long terme et du modèle à correction d'erreur, pour expliquer l'influence de certaines variables de la théorie sur le comportement des IDE au Cameroun, couvrant la période 1970-2006 sont globalement satisfaisants. Spécifiquement pour les variables LIDE, LCR, LANAL, DS et LOUV, celle-ci sont significatives pour expliquer le comportement des IDE au Cameroun à long terme. A court terme, seules les variables LOUV et LCR l'expliquent significativement.

    Ces résultats nous conduit à mener une analyse en terme d'impact d'IDE sur l'économie camerounaise (conséquences à la fois positives et négatives) et de dire qu'il est important de mener une politique d'attractivité des flux d'entrée d'IDE au Cameroun à travers les recommandations de politiques économiques.

    CONCLUSION DE LA DEUXIEME PARTIE

    L'étude menée dans cette deuxième partie avait pour but d'évaluer la contribution des déterminants identifiés à l'attrait des IDE au Cameroun.

    Pour atteindre cet objectif, nous avons d'abord présenté et développé la méthodologie de l'étude. De cette méthodologie, il ressort que les variables utilisées dans le modèle sont intégrées d'ordre 1 et co-intégrées. Cette information statistique importante nous a conduits à estimer un modèle à correction d'erreur suivant la méthode d'Engle et Granger.

    Les résultats d'estimation du modèle à long et court terme sont présentés et analysés.

    Ces résultats sont satisfaisants et témoignent de l'efficacité de nos estimations. En effet, le résidu d'estimation du modèle de long terme est stationnaire. Par ailleurs, les tests sur les résidus du modèle de long et court terme sont satisfaisants et les coefficients estimés sont stables au court du temps.

    L'interprétation économétrique et économique qui a été faite révèle d'une manière globale que les résultats issus des estimations de long terme et du modèle à correction d'erreur, pour expliquer l'influence de certaines variables de la théorie sur le comportement des IDE au Cameroun, couvrant la période 1970-2006 sont globalement satisfaisants. Spécifiquement pour les variables LIDE, LCR, LANAL, DS et LOUV, celle-ci sont significatives pour expliquer le comportement des IDE au Cameroun à long terme. A court terme, seules les variables LOUV et LCR l'expliquent significativement.

    CONCLUSION GENERALE

    L'IDE représente un enjeu majeur pour le Cameroun au moment où l'aide publique au développement et l'octroi des prêts aux pays en développement tendent à décroître.

    Dans les pays qui ont jusque là bénéficiés davantage de l'implantation des investisseurs étrangers, l'entrée des capitaux y est une condition pas de moindre importance à un financement stable de la balance courante. De façon plus spécifique, l'IDE joue dans ces pays, un rôle déterminant dans le processus de reforme structurelle, en terme de mondialisation des économies et de stimulation de la croissance.

    Pour le Cameroun, en raison de la poursuite du processus de privatisation, les positions ne sont pas figées et il y a lieu d'espérer d'éventuelles opportunités d'implantations, et ce, moyennant encore quelque reformes politique pour assurer la crédibilité de leurs engagements. Ces reformes devraient être rapides et centrée autours des problèmes de corruption et de centralisation.

    Ces déclarations relèvent du fait que, en menant notre étude sur la problématique de l'attractivité du Cameroun vis à vis des investisseurs étrangers, il ressort qu'il s'agit d'un problème d'insuffisances institutionnelles lorsqu'il a fallu étudier l'environnement des affaires et l'évolution des flux d'IDE dans le temps (1970 à 2006). En effet, malgré les politiques d'incitations à l'IDE, les problèmes liés à l'environnement institutionnel persistent du fait des politiques publiques insuffisamment adaptées.

    L'analyse empirique nous a tout de même permis de définir pour le Cameroun, les éléments fondamentaux déterminants l'implantation étrangère malgré les limites du modèle construit pour la fonction d'attractivité. Il faut le rappeler, ces limites partent du choix des variables qui relève de l'intuition personnels du chercheur et de l'intérêt qu'il a du sujet à traiter, à l'interprétation de l'impact de la variable explicative sur la variable expliquée qui se fait ex post et qui relève d'un jugement subjectif puisqu'il s'agit d'une mesure sans théorie.

    Des facteurs préalablement choisis comme déterminant de l'IDE, nous avons entre-autres : le niveau de développement du pays (LPNBHBT), le niveau de démocratie et de stabilité (DS), l'ouverture au commerce extérieur (LOUV), le niveau

    de développement des infrastructures (DEN), la disponibilité des crédits des secteurs bancaires (LCR), la qualité de la main d'oeuvre (LANAL) et la taille du marché (LPOP).

    Ainsi, d'après les résultats de l'estimation de la relation de longue période, il ressort que les variables liées au commerce extérieur et la qualité de la main d'oeuvre sont significatives et les signes de leurs coefficients sont conformes à la théorie. Toutefois, les variables mesurent la disponibilité des crédits et le niveau des infrastructures bien que significatives, les signes de leurs coefficients ne sont pas ceux escomptés.

    Les résultats de l'estimation de la dynamique de court terme différent de ceux de la relation de longue période. Ici, seule l'ouverture au commerce est significative et son coefficient a le signe attendu. La disponibilité du crédit bancaire est un facteur également significatif mais le signe de son coefficient est contraire à l'énoncé théorique.

    De manière générale, ces résultats s'expliquent par l'importance de la libéralisation de l'économie camerounaise facilitant ainsi l'entrée des inputs et l'exportation des produits des investisseurs étrangers. Des efforts restent à faire dans le domaine financier.

    Au terme de notre étude, il y a lieu de mentionner que, malgré quelques imperfections liées au choix des variables et ceci du fait de l'indisponibilité de la plupart des données relevant de la théorie de l'adaptation institutionnelle, nos attentes sont tout de même comblées. Notre apport étant celui d'avoir proposé une contribution à l'identification des atouts du Cameroun dans la concurrence internationale pour attirer les IDE.

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    ANNEXES

    TEST DE CAUSALITE AU SENS DE GRANGER
    ANNEXEA0

    Pairwise Granger Causality Tests Date: 02/25/09 Time: 11:19 Sam ple: 1970 2006

    Lags: 2

    Null Hypothesis:

    Obs

    F-Statistic

    Probability

    LIDE does not Granger Cause LPOP

    35

    0.57487

    0.56885

    LPOP does not Granger Cause LIDE

     

    0.83 140

    0.44523

    LIDE does not Granger Cause LPNBHBT

    35

    1.20440

    0.31 396

    LPNBHBT does not Granger Cause LIDE

     

    0.65417

    0.52713

    LIDE does not Granger Cause LOUV

    35

    0.93977

    0.00092

    LOUV does not Granger Cause LIDE

     

    0.82043

    0.44988

    LDEN does not Granger Cause LIDE

    35

    0.10018

    0.90498

    LIDE does not Granger Cause LDEN

     

    0.09065

    0.91 359

    LCR does not Granger Cause LIDE

    35

    1.58851

    0.22093

    LIDE does not Granger Cause LCR

     

    0.14722

    0.00073

    LANAL does not Granger Cause LIDE

    35

    3.77987

    0.03435

    LIDE does not Granger Cause LANAL

     

    0.34693

    0.70965

    DS does not Granger Cause LIDE

    35

    1.12793

    0.33705

    LIDE does not Granger Cause DS

     

    1.98444

    0.00210

    ANNEXE 1 : TEST DE NORMALITE SUR ENSEMBLE DES VARIABLES

     

    DS

    LPOP

    LPNBHBT

    LOUV

    LIDE

    LDEN

    LCR

    Mean

    0.419355

    2.432598

    6.376786

    -0.702294

    3.934295

    4.720614

    -1 .6987

    Median

    0.000000

    2.397895

    6.470800

    -0.693 147

    4.356709

    4.699998

    -1.6094

    Maximum

    1.000000

    2.890372

    7.363280

    -0.356675

    6.400257

    4.879995

    -1.2039

    Minimum

    0.000000

    1.945910

    5.111988

    -1.139434

    0.693147

    4.579996

    -2.5257

    Std. Dev.

    0.501610

    0.313679

    0.542277

    0.205758

    1.572589

    0.112269

    0.3634

    Skewness

    0.326860

    -0.037987

    -0.902414

    -0.292044

    -0.527454

    0.159205

    -0.7261

    Kurtosis

    1.106838

    1.624918

    3.200687

    2.581052

    2.203461

    1.410792

    2.4130

    Jarque-Bera

    5.181410

    2.449804

    4.259502

    0.667375

    2.256937

    3.393167

    3.1690

    Probability

    0.074967

    0.293787

    0.118867

    0.716278

    0.323528

    0.183309

    0.2050

    Observations

    31

    31

    31

    31

    31

    31

    31

     

    LANAL

     
     
     
     
     
     

    Mean

    -2.010765

     
     
     
     
     
     

    Median

    -2.040221

     
     
     
     
     
     

    Maximum

    -0.820981

     
     
     
     
     
     

    Minimum

    -3.506558

     
     
     
     
     
     

    Std. Dev.

    0.785833

     
     
     
     
     
     

    Skewness

    -0.146548

     
     
     
     
     
     

    Kurtosis

    1.840012

     
     
     
     
     
     

    Jarque-Bera

    2.206859

     
     
     
     
     
     

    Probability

    0.331731

     
     
     
     
     
     

    Observations

    37

     
     
     
     
     
     

    ANNEXE 2 : TEST DE LA TRACE DE JOHANSEN

    Date: 02/25/09 Time: 10:51

    Sam ple: 1970 2006

    Included observations: 35

    Test

    assum ption:

    No

    determ inistic

    trend in the

    data

    Series: LIDE LPOP LPNBHBT LOUV LDEN LCR LANAL DS Lags interval: 1 to 1

    Eigenvalue

    Likelihood
    Ratio

    5 Percent
    Critical Value

    1 Percent
    Critical Value

    Hypothesized
    No. of CE(s)

    0.983721

    312.5192

    141.20

    152.32

    None **

    0.801818

    168.3934

    109.99

    119.80

    At most 1 **

    0.638840

    111.7434

    82.49

    90.45

    At most 2 **

    0.594830

    76.09818

    59.46

    66.52

    At most 3 **

    0.467625

    44.47747

    39.89

    45.58

    At most 4 *

    0.348052

    22.41321

    24.31

    29.75

    At most 5

    0.184338

    7.440540

    12.53

    16.31

    At most 6

    0.008793

    0.309105

    3.84

    6.51

    At most 7

    *(**) denotes rejection of the hpothesis at 5% (1%) level

    LR. Test indicates 5 cointegrating equation(s) at 5% significance level

    TESTS SUR LES RESIDUS DU MODELE DE LONG TERME.
    ANNEXES 3 : TEST DE NORMALITE

    -1 .5 -1 .0 - 0.5 0.0 0.5 1 .0 1 .5

    8

    6

    4

    2

    0

    Series: RESID01

    Sample 1970 2006

    Observations 31

    Mean -2.55E-15

    Median 0.171695

    Maximum 1.434842

    Minimum -1.546716

    Std. Dev. 0.781764

    Skewness -0.486240

    Kurtosis 2.442249

    Jarque-Bera 1.623371

    Probability 0.444109

    Source : Résultats obtenu sur Eviews

    TESTS SUR LES RESIDUS DU MODELE DE COURT TERME.
    ANNEXES 4 : TEST DE NORMALITE

    8

    6

    4

    2

    0

    -8.0E-13 -4.0E-1 3 -1.3E-28 4.0E-1 3

    Seies: RESID02

    Sample 1971 2006

    Observations 30

    Mean -5.23E-15

    Median 2.65E-14

    Maximum 5.42E-13

    Minimum -8.75E-13

    Std. Dev. 2.96E-13

    Skewness -0.722792

    Kurtosis 4.014703

    Jarque-Bera 3.899169

    Probability 0.142333

    Source : Résultats obtenu sur Eviews

    TABLES DES MATIERES

    AVERTISSEMENT

    2

    DEDICACE

    .3

    REMERCIEMENTS

    4

    SOMMAIRE

    5

    LISTE DES SIGLES ET ABRVIATIONS

    . 6

    LISTE DES GRAPHIQUES ET DES FIGURES

    7

    LISTE DES TABLEAUX

    8

    RESUME

    ..9

    INTRODUCTION GENERALE

    10

    PREMIERE PARTIE : CADRE THEORIQUE ET CONCEPTUEL DE L'ETUDE....15

    CHAPITRE 1 : THEORIE DES IDE

    16

    SECTION 1- Définition et déterminants théoriques de l'ide

    17

    A : Revue générales des théories sur les IDE

    17

    B : Définitions opérationnelles des Investissements Directs Etrangers

    21

    C : La firme multinationale

    23

    D : La théorie O.L.I

    .25

    1-Les facteurs d'offre 26

    2- Les facteurs de demande 26

    SECTION 2- Les stratégies des ides

    .29

    A : La stratégie d'accès aux ressources du sol et du sous-sol

    29

    B : La stratégie Horizontale...... ...... ... ......

    .......... .....30

    C : La stratégie verticale

    32

    CHAPITRE 2 : L'ANALYSE DES FLUX D'IDE ET CADRE D'INVESTISSEMENT

    AU CAMEROUN 35

    SECTION1 - Analyse des flux des IDE 36

    A-les flux d'IDE entrant dans les pays en développement 36

    B-les flux d'IDE vers l'Afrique et vers la CEMAC . .37

    SECTION 2 - Environnement des ides au Cameroun ..40

    A-L'attractivité de l'investissement direct étranger au Cameroun 41

    1- Les politiques d'incitations à l'investissement direct étranger au

    Cameroun 41

    a- Les politiques d'incitations générales 42

    b- Les politiques d'incitations spécifiques ..43

    2- Les insuffisances des conditions d'attraction de l'IDE au

    Cameroun 45

    a-La défaillance de l'environnement institutionnel

    camerounais .45

    b- Les politiques publiques insuffisantes 46

    B-L'évolution des flux d'investissements directs étrangers au Cameroun de 1970 à

    2006 48

    1- L'analyse critique de l'évolution des flux d'investissements directs étrangers au Cameroun pour la période 1970 à

    2006 ..48

    2- L'analyse comparative de l'évolution des flux d'investissements directs étrangers .51

    CONCLUSION DE LA PREMIERE PARTIE 54

    DEUXIEME PARTIE : EVALUATION DES DETERMINANTS DES IDE AU CAMEROUN 55

    CHAPITRE 3 : UNE MODELISATION DES FACTEURS EXPLICATIFS DES IDE

    AU CAMEROUN ..56

    SECTION 1- SPECIFICATION DU MODELE DE BASE 57

    A) le modèle de base . 57

    a) Présentation et définition des différentes variables du modèle de base .57

    b) Le choix des variables retenues pour notre modèle .62

    B) La forme fonctionnelle du modèle 62

    SECTION 2 - SOURCE DES DONNEE ET DETERMINANTION DE LA METHODE ESTIMATION ...66

    A) source des données et échantillon 66

    B) Traitement des données . ..66

    a-Les tests de stationnarité 67

    b-Les tests de co-intégrations 70

    1- Le cadre méthodologique de l'estimation de la relation de long terme 70

    2-Les limites de l'estimation par la méthode de Engle et Granger 71

    c-L'estimation de la relation de court terme: le modèle à correction d'erreur 72

    1-Le cadre méthodologique de l'estimation du modèle à correction d'erreur 72

    2) Les conditions d'estimation du modèle à correction

    d'erreur 73
    CHAPITRE 4 : LES RESULTATS DES MODELE ET

    LES RECOMMANDATIONS 75

    SECTION 1 - La présentation et l'analyse critique des résultats d'estimation 76

    A-l'estimation de la relation de long terme

    ..76

    1-la présentation des résultats

    .77

    2-L' analyse critique des résultats

    77

    B-l'estimation de la relation de court terme .

    .80

    1-la présentation des résultats

    80

    2- l'analyse critique des résultats

    81

     

    107

    SECTION 2 - L'impact de l'investissement direct étranger sur l'économie .83

    Camerounaise et les recommandations de politiques économiques A) l'impact des flux d'investissements directs étrangers sur

    L'économie camerounaise 84

    1) les conséquences positives des flux d'IDE sur l'économie camerounaise 84

    A-l'incidence sur la structure de l'économie

    camerounaise 84
    b- l'incidence sur les recettes budgétaires et revenus privés

    camerounais ..86

    2) les inconvénients des flux d'entrée des investissements direct étranger sur

    l'économie camerounaise 86

    a- Les conséquences budgétaires lourdes 87

    b-Les conséquences sur la structure de l'économie

    camerounaise 87

    B-les recommandations de politiques économiques .88

    1) tests de stabilité des coefficients du modèle 89

    2-les recommandations 90

    CONCLUSION DE LA DEUXIEME PARTIE .93

    CONCLUSION GENERALE .94

    BIBIOGRAPHIE .96

    ANNEXE .100

    TABLE DES MATIERES 105