MINISTERE DE L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA
RECHERCHE SCIENTIFIQUE
--------------------
UNIVERSITE DE COCODY
UFR - SEG / CIRES
--------------------
PROGRAMME DE GESTION
EN POLITIQUE ECONOMIQUE
REPUBLIQUE DE COTE D'IVOIRE
----------------
Union - Discipline - Travail

MEMOIRE PROFESSIONNEL
D.E.S.S Hautes Études en Gestion de la Politique
Économique
11ème Promotion (2009-2010)
PROCESSUS DE MISE EN OEUVRE
DES CADRES DE DEPENSES A MOYEN TERME (CDMT) EN
CÔTE D'IVOIRE :
Enjeux et Défis
Présenté par
M. ATTA Koua Hubert
Auditeur GPE 11
Sous l'encadrement de :
Dr. ACHIEPO Georges M. N'GUESSAN Konan
Raphaël
Enseignant-Chercheur à l'Université Sous
Directeur à la Direction des
de Cocody/UFR SEG Politiques et Synthèses
Budgétaires
ACBF
THE AFRICAN CAPACITY
BUILDING FOUNDATION

|
Programme de Formation en Gestion de la Politique
Economique
Boulevard Latrille, près Lycée Classique
d'Abidjan
08 BP 1295 Abidjan 08, Tél : 22486212 ;
Fax :22488284
|
WORLD BANK INSTITUTE 
|
SOMMAIRE
DEDICACE
3
AVANT PROPOS
4
REMERCIEMENTS
5
ACRONYMES
6
LISTE DES TABLEAUX, GRAPHIQUES, FIGURES ET
ENCADRES
7
RESUME
8
ABSTRACT
8
INTRODUCTION GENERALE
9
Contexte de l'étude
9
Position du problème
10
Objectifs
12
Méthodologie
12
Plan de l'étude
14
CHAPITRE 1: REVUE DE LITTERATURE
15
1.1. La problématique de l'efficacité
de la politique budgétaire
15
1.2. La problématique de la performance de
la gestion des finances publiques
20
1.3. Contribution récentes sur la
problématique de mise en place du CDMT
24
CHAPITRE 2 : A LA RECHERCHE D'UNE PLUS
GRANDE EFFICACITE DE L'ACTION PUBLIQUE
28
2.1. Cadre conceptuel du CDMT
29
2.2. Processus de mise en oeuvre du
CDMT : expériences dans quelques pays
34
CHAPITRE 3 : MISE EN PLACE DU CDMT EN
CÔTE D'IVOIRE
42
3.1. Contexte et justification de l'introduction du
CDMT
43
3.2. Introduction du CDMT en Côte
d'Ivoire
51
CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS
59
BIBLIOGRAPHIE
63
ANNEXES
65
DEDICACE
A Déjanire, mon
épouse
et à nos enfants
bien-aimés
AVANT PROPOS
Le présent mémoire professionnel est la
résultante de la formation reçue durant 12 mois au Programme
GPE-ABIDJAN pendant l'année scolaire 2009-2010. Il a été
rédigé à la suite d'un stage effectué à la
Direction des Politiques et Synthèses Budgétaires du
Ministère de l'Economie et des Finances sur un sujet d'actualité
à savoir les Cadres de Dépenses à Moyen Terme (CDMT).
Le Programme GPE-ABIDJAN a pour objectif majeur de renforcer
les capacités humaines des administrations publiques et privées
des pays de la sous-région ouest africaine francophone. A travers une
formation de qualité, le programme a mis à notre disposition des
outils et l'encadrement nécessaires à l'analyse de la
problématique de l'introduction du processus du CDMT dans le contexte
budgétaire en Côte d'Ivoire.
C'est le lieu ici d'exprimer notre profonde gratitude à
l'Administration du GPE, au corps
professoral, à la Fondation pour le Renforcement des
Capacités en Afrique (ACBF) et à l'Institut de
la Banque Mondiale (WBI) pour avoir grandement contribuer, chacun en
ce qui lui concerne, à la formation des hommes et des femmes capables
d'élaborer et de mettre en oeuvre des programmes novateurs de
développement économique et humain, basés sur une analyse
économique rigoureuse et adaptés tant aux aspirations locales
qu'aux contraintes internationales.
REMERCIEMENTS
Nous adressons notre entière reconnaissance à
Madame DIOMANDE Massanfi, Directrice des Politiques et
Synthèses Budgétaires de la Direction générale du
Budget et des Finances, Ministère de l'Economie et des Finances qui a
mis tout en oeuvre pour que le stage au sein de cette importante structure de
l'Etat se déroule dans de meilleures conditions possibles.
Nos remerciements sont également adressés
à nos encadreurs que sont :
· Dr ACHIEPO Georges, Enseignant
Chercheur à l'Université de Cocody/UFR Sciences Economiques. Son
appui constant, ses conseils et les critiques formulées sur le document
ont été très utiles dans la réalisation de ce
travail.
· M. N'GUESSAN Konan Raphaël,
Sous-directeur des Etudes Budgétaires, de la Formation et de la
Documentation à la Direction des Politiques et Synthèses
Budgétaires. Sa grande sollicitude à notre égard et ses
orientations nous ont beaucoup aidés dans la rédaction de ce
mémoire professionnel.
Nous témoignons également aux personnes
suivantes notre infinie gratitude :
- M. GONNE Lou Jeannot, Directeur de la
Programmation des Investissements Publics au Ministère d'Etat,
Ministère du Plan et du Développement et les autres agents
de la dite direction ;
- M. ZOURE Daouda, Expert en finances
publiques à la Banque Mondiale ;
- M. KOUAME Didier, Chef de Service Etudes et
Formation à la Direction des Politiques et Synthèses
Budgétaires ;
- M. YACOUBA Zonon, Chef de Service à
la Direction des Politiques et Synthèses Budgétaires et les
autres agents de la dite direction;
- M. ASSEMIEN Alain, Expert national au
Projet d'Appui de la Réforme des finances publiques/UE ;
- M. LELLA Konan Jules, Expert national au
Programme de Renforcement des capacités des administrations
économiques et du plan/PNUD ;
- MM. SANOGO Mamadou et KOUAKOU
Armand, Auditeurs GPE 11.
ACRONYMES
BCEAO Banque Centrale des Etats de l'Afrique de
l'Ouest
CC Chambre des Comptes
CDMT Cadre de Dépenses à Moyen
Terme
DAAF Direction des Affaires Administratives et
Financières
DCPE Direction de la Conjoncture et de la
Prévision Economique
DGBF Direction Générale du Budget
et des Finances
DGD Direction Générale des
Douanes
DGDI Don de Gouvernance et de
Développement Institutionnel (BM)
DGE Direction Générale de
l'Economie
DGI Direction Générale des
Impôts
DGP Direction Générale du Plan
DGTCP Direction Générale du
Trésor et de la Comptabilité Publique
DPIP Direction de la Programmation des
Investissements Publics
DPSB Direction des Politiques et
Synthèses Budgétaires
DSRP Document de Stratégie de
Réduction de la Pauvreté
EPN Etablissements Publics Nationaux
FMI Fonds Monétaire International
FRPC Facilité pour la Réduction de
la Pauvreté
GAR Gestion Axée sur les
Résultats
IGF Inspection Générale des
Finances
IHPC Indice Harmonisé des Prix à
la Consommation
INS Institut National de la Statistique
MEF Ministère de l'Economie et des
Finances
MEMPD Ministère d'Etat, Ministère
du Plan et du Développement
OMD Objectifs du Millénaire pour le
Développement
PEFA Public Expenditure and Financial
Accountability
PIB Produit Intérieur Brut
PIP Programme des Investissements Publics
PNDS Plan National de Développement du
secteur de la Santé
PNUD Programme des Nations Unies pour le
Développement
PPTE Pays Pauvres Très Endettés
PTF Partenaires Techniques Financiers
RESEN Rapport d'Etat sur le Système
Educatif National
RICI-EPN Réseau Informatique de la
Comptabilité Intégrée pour les Etablissements Publics
Nationaux
SIGBUD Système Intégré de
Gestion Budgétaire
SIGFIP Système Intégré de
Gestion des Finances Publiques
SIGFAE Système Intégré de
Gestion des Fonctionnaires et des Agents de l'Etat
SIGMAG Système Intégré de
Gestion des Matrices d'Actions Gouvernementales
SIGMAP Système Intégré de
Gestion des Marchés Publics
SINAPSE Système Intégré
d'Analyse, de Programmation et de Suivi Evaluation
TOFE Tableau des Opérations
Financières de l'Etat
UE Union Européenne
UEMOA Union Economique et Monétaire
Ouest Africaine
LISTE DES TABLEAUX, GRAPHIQUES,
FIGURES ET ENCADRES
Tableaux
Tableau 1 : Expériences de la budgétisation
axée sur les résultats dans quelques pays de l'OCDE
|
35-37
|
Tableau 2 : Expériences de la mise en place du CDMT
dans quelques pays africains (hors Afrique occidentale)
|
38
|
Tableau 3 : Expériences de la mise en place du CDMT
dans quelques pays d'Afrique de l'Ouest
|
39-40
|
Tableau 4 : Niveau de la dette publique de la Côte
d'Ivoire de 2003 à 2008
|
43
|
Tableau 5 : Les avancées et les dysfonctionnements de
la gouvernance en Côte d'Ivoire
|
48-49
|
Tableau 6 : Facteurs susceptibles d'influer la mise en place
du CDMT en Côte d'Ivoire
|
56-57
|
Graphiques
Graphique 1 : Evolution de la croissance et de l'inflation
de 2003 à 2008
|
46
|
Graphique 2 : Evolution des agrégats des finances
publiques de 2003 à 2008
|
47
|
Graphique 3 : Evolution de l'indice de perception de la
corruption en Côte d'Ivoire de 1998-2009
|
48
|
Graphique 4 : Gestion des finances publiques. Comparaison de
la Côte d'Ivoire avec le Benin, le Burkina Faso et le Mali
|
50
|
Figures
Figure 1 : Méthodologie d'élaboration des
CDMT
|
31
|
Figure 2 : Cadre institutionnel de mise en oeuvre du
processus CDMT en Côte d'Ivoire
|
54
|
Figure 3 : Etapes de l'introduction du CDMT dans le budget
de l'Etat
|
55
|
Encadrés
Encadré 1 : Principes d'une gestion budgétaire
et financière saine
|
23
|
Encadré 2 : Quelques dispositions prévues par
la nouvelle Directive de l'UEMOA n°06/2009/CM/UEMOA portant lois des
finances
|
45
|
RESUME
La présente étude avait pour objectifs de mettre
en relief les enjeux et les défis de la mise en place du processus du
Cadre de dépenses à moyen terme (CDMT) en Côte d'Ivoire et
de faire des recommandations pour que ces nouveaux instruments
budgétaires soient utiles pour le développement du pays. La
méthodologie adoptée pour y arriver est une analyse des forces et
faiblesses du contexte budgétaire et financier ivoirien au regard des
exigences du CDMT ainsi que de l'expérience acquise par d'autres
pays.
Cette analyse a mis en relief trois principaux enjeux dans la
mise en place des CDMT en Côte d'Ivoire : (i) une
culture de performance au sein du secteur public ; (ii)
un système de gestion des finances publiques jugé
satisfaisant ; (iii) un système fiable de
gestion de données. Pour y parvenir des défis
importants ont été relevés notamment l'affirmation d'une
volonté politique partagée par l'ensemble du Gouvernement, la
gestion efficace des ressources humaines et la production et la diffusion
régulière des informations sur les finances publiques. En outre
des recommandations ont été faites à chacune des parties
prenantes que sont le Gouvernement, les acteurs centraux, les ministères
techniques et les partenaires au développement.
Mots clés : CDMT, Budget,
Politique budgétaire, Finances publiques
ABSTRACT
The purpose of the present study was to identify the stakes
and challenges of the implementation in Côte d'Ivoire of the Medium Term
Expenditure Framework (MTEF) process and to make appropriate recommendations in
order to make these new tools useful for the development of the country. The
methodology used for this end includes an analysis of the budgetary strengths
and weaknesses and the financial context to find out the requirements of
Côte d'Ivoire as well as the experience of other countries that have
already implemented the MTEF.
This analysis has highlighted three main issues in the
implementation of MTEF in Côte d'Ivoire: (i) a performance
culture within the public sector, (ii) a satisfactory system of public
financial management, (iii) a reliable system of data management. To
achieve significant challenges were noted including the assertion of political
will shared by the entire Government, the effective management of human
resources and production and dissemination of regular information on public
finances. In addition, recommendations were made to each of the stakeholders
that include the Government, the central actors, the technical ministries and
development partners.
Key words: MTEF, Budget, Budgetary
Policy, Public finance.
INTRODUCTION GENERALE
Contexte de l'étude
Les Cadres de Dépenses à Moyen Terme (CDMT) sont
définis par la Banque Mondiale comme « un ensemble cohérent
d'objectifs stratégiques et de programmes de dépenses publiques
qui définit le cadre dans lequel les ministères
opérationnels peuvent prendre des décisions pour la
répartition et l'emploi de leurs ressources »1(*).
Devenus aujourd'hui la nouvelle panacée de la gestion
des dépenses publiques dans le monde2(*), les CDMT sont proposés comme un remède
à l'absence de lien entre la politique, la planification et la
budgétisation fréquemment observé à la fois dans la
conception et la mise en oeuvre des budgets nationaux.
En tant qu'instruments rationnels pour planifier et
gérer les finances publiques de manière intégrée,
avec une perspective à moyen terme, les CDMT sont également
utiles pour apporter une réponse adéquate aux problèmes de
performances plus larges du Gouvernement.
Aussi, dans le cadre de leurs réformes
budgétaires, plusieurs pays développés les ont mis en
place en vue d'accroître la transparence des processus de
décisions en matière de finances publiques, d'établir des
liens entre les objectifs de politiques économiques poursuivis et les
dépenses publiques prévues et réalisées, et de
tenter de rendre plus responsables les gestionnaires des budgets publics et les
fournisseurs de services publics dans la réalisation des politiques
souhaitées3(*).
De même, la Communauté de l'aide internationale
alimente l'enthousiasme pour les CDMT. Considérée de plus en plus
comme une condition sine qua non de bonne gestion des dépenses
publiques, l'approche CDMT est soutenue par la Banque Mondiale (1998), par la
Banque Asiatique de Développement (1999), et par le Fonds
Monétaire International (1999). Les donateurs et des bailleurs de fonds
apportent un appui à la mise en place des CDMT car ils les reconnaissent
comme un mécanisme logique autour duquel devrait se structurer les
supports et instruments budgétaires et comme un moyen pour favoriser une
aide au développement plus efficace et plus transparente,
conformément aux principes de la Déclaration de Paris4(*).
Ce n'est donc pas surprenant que ces innovations
budgétaires aient été exportées par les
Institutions de Bretton Woods (IBW) dans les pays en développement. En
effet, dans le contexte de formulation des documents de stratégies de
réduction de la pauvreté initiées par ces institutions,
les CDMT constitueraient un véhicule idéal pour la prise en
compte de ces stratégies dans les programmes de dépenses
publiques, avec comme base un cadre cohérent aux niveaux
macroéconomique, budgétaire et sectoriel. Aussi, les CDMT sont
promus comme éléments de premier plan dans le cadre de
l'évaluation pays de l'Initiative des Pays Pauvres Très
Endettés (PPTE) qui met un accent particulier sur les effets de
réduction de la pauvreté dus aux dépenses publiques
financées sur les fonds de la remise de la dette extérieure.
Ainsi, dès le début des années 90, le
monde en développement va enregistrer une prolifération des CDMT
suite notamment aux recommandations issues des revues de dépenses
publiques (RDP) menées par la Banque Mondiale. Comparativement aux
autres régions du monde en développement, la région
Afrique se positionne comme une pionnière dans la mise en oeuvre de ces
nouveaux instruments5(*).
L'adhésion de la Côte d'Ivoire dans cette
tendance est toutefois récente : pour relever son économie
fortement affecté par la crise socio-politique, le Gouvernement a
entrepris depuis 2009 un processus de réformes qui intègre la
modernisation et la rationalisation de la gestion financière de l'Etat
dont la Gestion Axée sur les Résultats (GAR) et le Cadre de
Dépense à Moyen Terme constituent des modalités
opérationnelles. Aussi, l'opérationnalité des CDMT est
l'un des meilleurs arguments du Gouvernement ivoirien qui s'est engagé
dans un programme économique et financier avec le concours du FMI avec
pour objectif l'atteinte du point d'achèvement de l'initiative PPTE en
2011.
En outre, par le recours aux cadres de dépenses
à moyen terme, l'Etat ivoirien entend s'inscrire dans la dynamique
d'amélioration progressive de l'efficacité de la dépense
publique et d'instauration de la culture du résultat, du contrôle
et de l'évaluation telle que promue par les nouvelles Directives de
l'UEMOA. L'objectif visé dans le processus des CDMT est d'établir
un lien direct et visible entre l'exécution financière du budget
de l'Etat et l'exécution physique.
Position du problème
La Côte d'Ivoire, à travers ces instruments de
réformes budgétaires, trouve ainsi une voie de salut pour la
relance de son économie post-crise. Les CDMT vont-ils alors
répondre favorablement aux attentes des autorités
ivoiriennes ?
Les expériences acquises en la matière par de
nombreux pays montrent que cette question mérite d'être
posée. En effet, au bout de quelques années, on s'aperçoit
en particulier que tous les pays africains ne connaissent pas le même
état d'avancement, ni les mêmes succès et/ou
problèmes dans la mise en place et dans l'application effective du
CDMT.
Cette diversité de situation montre que le CDMT ne doit
pas être considéré de premier abord comme le remède
universel pour les problèmes de gestion des dépenses publiques.
Les auteurs comme A. Schick (2000), Le Houerou P. & Taliercio R. (2002) et
Raffinot & Boris (2006) mettent en exergue un certain nombre de facteurs
susceptibles d'influer négativement l'impact attendu du CDMT. On peut
citer entre autres le mauvais fonctionnement du processus budgétaire
traditionnel, l'imposition de l'extérieur de la réforme comme
conditionnalité ; le déploiement des instruments
sophistiqués ; la faiblesse des capacités techniques et
organisationnels ; l'absence d'une volonté politique ;
l'environnement peu favorable à la mise en oeuvre du CDMT.
De ces réflexions, on déduit que des
pré-requis sont nécessaires pour que les CDMT soient des
instruments utiles notamment dans les pays en développement : le
contexte budgétaire et financier ivoirien possède t-il ces
éléments de base qui favorise une mise en oeuvre harmonieuse et
planifiée de cette réforme d'envergure ?
La réponse à cette question est mitigée.
En effet, la revue de la gestion et du système des finances publiques en
Côte d'Ivoire (PEMFAR6(*), 2008) a montré qu'en dépit des efforts
réalisés, il existe des insuffisances dans le domaine (i) de
l'exhaustivité et de la crédibilité du budget, (ii) dans
l'exécution du budget et (iii) au niveau du contrôle ainsi que
(iv) du système de passation des marchés publics. Toutes choses
qui doivent être corrigées afin de créer un environnement
favorable pour profiter de toutes les potentialités induites par la mise
en place du CDMT.
Au regard des coûts financiers et transactionnels
importants de la mise en oeuvre de cette réforme budgétaire, l'on
pourrait alors s'interroger sur les gains attendus et les facteurs limitants au
bénéfice de toutes les potentialités du CDMT. En d'autres
termes, quels sont les enjeux et les défis de la Côte d'Ivoire
dans le processus de mise en place des CDMT ?
Objectifs
L'objectif général est de contribuer à la
mise en place effective des CDMT au niveau central et sectoriel. De
façon spécifique, il s'agira de :
- relever les enjeux de la mise en place des CDMT : ce que les
acteurs du système budgétaires peuvent gagner ou perdre dans la
mise en oeuvre de la réforme budgétaire ;
- dégager les défis c'est-à-dire les
obstacles externe et interne que l'on doit surmonter dans la mise en place et
le développement des nouveaux outils budgétaires ;
- faire des recommandations pour que les CDMT soient des
instruments véritablement utiles pour la Côte d'Ivoire.
Méthodologie
Pour atteindre les objectifs de l'étude, l'approche
méthodologique consistera à préciser les méthodes
d'analyse et les données (secondaires et primaires) nécessaires.
Revue de littérature sur les
méthodes d'analyse
Pour déterminer les enjeux et défis d'une action
publique qui vise notamment à améliorer l'existant en
matière de gestion des finances publiques, plusieurs méthodes
d'analyse ont été mises en évidence. Parmi celles-ci, on
distingue :
- la méthode d'analyse des processus
(MAP) : elle permet de porter un regard objectif sur les processus de
gestion à l'oeuvre dans l'organisme. Elle dresse un état de
l'existant pour répondre un besoin d'analyse collective des processus et
ce pour (i) en comprendre le fonctionnement réel et (ii) entreprendre si
besoin est, des modifications et/ou ajustements pertinents.
- l'examen des dépenses publiques (RDP) :
il renferme généralement trois grands thèmes: (a) Cadre
budgétaire : analyse de la situation macroéconomique ainsi que
les ressources budgétaires susceptibles d'être disponibles ;
(b) Systèmes budgétaires: analyse du processus de
préparation du budget, de la gestion et du contrôle des
dépenses, des systèmes de comptabilité et d'audit ainsi
que de mesures mises en place en vue de promouvoir la transparence et (c)
Répartition des dépenses: dotations budgétaires
basées sur des critères économiques et fonctionnels et
selon des priorités inter et intra sectorielles, correspondance entre
ces répartitions et les objectifs d'actions, impact des dépenses
sur le recul de la pauvreté et la croissance, utilité de ces
dépenses en fonction des résultats obtenus et des interventions
entreprises
- la méthode d'analyse FFOM (Forces,
Faiblesses, Menaces, Opportunités) ou SWOT (Strengths/
Weaknesses Opportunities/ Threats) : elle permet de faire le
diagnostic externe et interne du système notamment en se focalisant sur
les différents aspects (politique, institutionnel, juridique,
administratif, statistique, financier, économique, informationnel,
humain et technique). Ce diagnostic devant aboutir à l'identification
des enjeux et défis.
Cette dernière méthode (Analyse SWOT) est
retenue parce qu'elle permettra une analyse simplifiée d'un certain
nombre de thèmes qui influent sur la mise en place de la réforme
budgétaire à savoir la gouvernance, la gestion budgétaire,
les capacités et le système de suivi évaluation.
Source des données
Des données secondaires à collecter
proviendraient des lois de finances des cinq dernières années
budgétaires, des états d'exécution des dépenses
publiques ; des revues de dépenses publiques
réalisées récemment en Côte d'Ivoire, des rapports
d'ateliers, des bilans d'activités, des plans sectoriels, des textes et
lois de finances tant au plan national que régional.
Seront ajoutées à ces données, des
informations recueillies (à travers un guide d'entretien semi directif)
auprès des principaux acteurs à savoir :
- des ministères opérationnels nomment les
ministères ayant débuté l'élaboration de leurs
CDSMT (éducation et santé)
- de l'administration en charge du plan : la Direction
Générale du Plan
- de l'administration en charge de l'économie et des
finances : Direction Générale du Budget et des
Finances ; Direction Générale de l'Economie ;
Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité
Publique ; Inspection Générale des Finances ; Programme
de Renforcement des capacités de l'Administration publique ;
- des institutions de la république : Chambre des
Comptes et Assemblée Nationale
- de la société civile : Médias et
Organisations de la société civile
Plan de l'étude
La présente étude s'articulera autour de trois
grands chapitres. Le premier chapitre aborde les théories et concepts
qui sous tendent les CDMT à savoir les débats sur
l'efficacité de la politique budgétaire avec un accent
porté sur la politique des dépenses publiques, les
réflexions sur la gestion des finances publiques et la revue de
littérature spécifique sur la problématique du CDMT.
Il s'agira ensuite dans un deuxième chapitre de
développer le cadre conceptuel et l'approche méthodologique
d'élaboration du CDMT. Les avantages et les exigences de ces nouveaux
outils budgétaires seront présentés de même que les
expériences de mise en place dans quelques pays de l'OCDE et d'Afrique
subsaharienne.
Le troisième chapitre se concentrera sur l'analyse du
contexte budgétaire et financier ivoirien, en confrontant les
réalités constatées avec les expériences des
différents pays étudiés ainsi que les exigences des CDMT.
Ce qui permettra de dégager les atouts, déceler les enjeux et
défis et faire des recommandations relatives à la mise en place
effective de ces instruments.
CHAPITRE 1: REVUE DE
LITTERATURE
En tant qu'outil de programmation budgétaire, les CDMT
permettent au budget de jouer entièrement son rôle de politique
économique à travers l'établissement et le renforcement du
lien entre les politiques et la budgétisation. La problématique
des CDMT s'inscrit donc dans les débats économiques sur
l'efficacité de la politique budgétaire, d'une part, et d'autre
part, sur l'impact de la gestion des finances publiques sur la réduction
de la pauvreté. Il importe de faire au préalable un état
des lieux de la réflexion sur ces thématiques, avant de se
concentrer sur les différentes contributions relatives à la mise
en place des CDMT.
1.1. La problématique de l'efficacité de la
politique budgétaire
La politique budgétaire est l'instrument de politique
économique qui reflète les choix budgétaires
opérés par le gouvernement en vue d'atteindre les objectifs de
développement macroéconomiques et sociaux. Elle implique la
mobilisation des ressources publiques (internes et externes) et
l'exécution des dépenses publiques (achat des biens et services,
rémunérations salariales, prestations sociales, etc.). Les
économistes se sont penchés sur la question de
l'efficacité de cette politique c'est-à-dire sa capacité
à atteindre les objectifs fixés.
On enregistre différentes approches à travers la
littérature économique contemporaine. Pour Keynes (1936), l'Etat
doit augmenter ses dépenses pour compenser la faiblesse de la demande
privée de consommation et d'investissement, et corriger ainsi la
tendance baissière de la demande globale. Cette action a pour
conséquence de stimuler la croissance. Par le biais du mécanisme
de multiplication qui va s'en suivre, un processus cumulatif va s'enclencher et
permettre que chaque franc supplémentaire injecté dans le circuit
économique se multiplie. Ce qui fonde la théorie du
multiplicateur keynésien.
Une critique a été formulée contre cette
théorie par les libéraux. Freidman (1962), à travers la
théorie du revenu permanent qui stipule que les agents dépensent
en fonction du revenu qu'ils sont assurés d'avoir et non en fonction du
revenu transitoire, prouve que les comportements de consommation des agents ne
changent pas puisque la relance est transitoire.
Laffer (1970) a également montré que la relance
budgétaire financée par l'augmentation du taux d'imposition
entraine une baisse des recettes totales causée par une chute de la
production.
Les monétaristes soutiennent tout comme les
libéraux l'inefficacité de la politique budgétaire
expansionniste. Ces derniers estiment que l'augmentation des dépenses
publiques, dans le contexte du sous emploi keynésien, risque de
provoquer l'inflation. Ils expliquent ce fait par la possibilité de
saturation des capacités de production ; dans ce cas, la demande
supplémentaire se traduit en hausse de prix. Ce point de vue est
également partagé par les théoriciens des anticipations
rationnelles, comme Lucas (1972). Pour eux, étant donné que les
agents économiques sont rationnels, ils anticipent toute relance
budgétaire de sorte que celle-ci ne puisse se traduire que par
l'inflation.
Les économistes de la croissance endogène vont
montrer au contraire qu'une intervention de l'État peut stimuler la
croissance en incitant les agents à investir davantage dans le
progrès technique. Pour inciter à investir en capital humain,
l'État peut aussi favoriser l'accès à l'éducation.
On assiste ainsi à une réhabilitation des dépenses
publiques, non pas dans une perspective de régulation conjoncturelle,
mais dans une perspective structurelle de croissance à long terme.
Les premiers modèles de croissance endogène sont
ceux qui font des rendements croissants le fondement de la croissance. Dans la
lignée des travaux de Romer (1990), ces modèles attribuent la
croissance à l'accumulation du capital physique. Ils ne rompent pas
totalement avec l'hypothèse des rendements constants, car ils
considèrent qu'il en va ainsi pour chaque entreprise, mais qu'en
revanche il existe des rendements d'échelle croissants liés aux
externalités positives des investissements. Ainsi, le Learning
spillover, du fait de la circulation de l'information, permet aux
entreprises de bénéficier de l'accumulation des savoir-faire
entraînés par l'accumulation du capital. Les infrastructures
publiques constituent aussi un facteur de croissance qui engendre des
rendements croissants à long terme en raison des économies
internes qu'elles permettent pour les producteurs privés.
L'intervention de l'État en investissant dans des
infrastructures peut conduire à l'amélioration de la
productivité des entreprises privées. Une analyse de Barro en
1990 a souligné ainsi que les infrastructures facilitent la circulation
des informations, des personnes et des biens. L'impôt, destiné
à financer ces investissements, joue dans ce cadre un rôle positif
sur la croissance et non plus seulement un effet de désincitation sur le
secteur privé.
Diverses études empiriques ont été
menées pour mettre en évidence l'effet positif de l'intervention
de l'État dans l'économie au travers de ses dépenses.
Ainsi Aschauer a mené une étude en 1989 sur les États-Unis
et a obtenu des résultats significatifs sur la période 1949-1985,
puisqu'il montre qu'une augmentation de 1% du capital public améliore de
0,4% la productivité du secteur privé.
La recherche développement, développée
dans des travaux de Romer (1990), est considérée comme une
activité à rendement croissant du double fait que la connaissance
est un bien `non rival' et que le coût de son appropriation est,
pour chaque chercheur minimal. La croissance économique
résulterait ainsi d'une activité d'innovation, engagée par
des agents qui espèrent en tirer profit. Cette analyse permet
d'incorporer dans le capital physique le seul progrès technologique et
non l'ensemble des investissements directs.
Ces travaux rejoignent ceux de Schumpeter (1911), puisque
l'incitation fondamentale à l'innovation est liée au monopole de
pouvoir temporaire qu'elle confère aux producteurs de biens nouveaux.
Trois types de travaux ont été conduits dans cette direction.
Ceux de Romer en 1990, qui spécifie son modèle en partant du
postulat que la croissance est due à l'augmentation du nombre d'inputs
différents, donc de leur spécialisation accrue. Aghion et Howitt
en 1992 considèrent que la croissance est due à l'accroissement
des inputs effectivement utilisés, et enfin, Coe et Helpman en 1993,
mettent en évidence la corrélation entre la recherche &
développement et la productivité pour les pays de l'OCDE.
L'accumulation du capital humain fut mise en valeur par Lucas
en 1988. Ce capital est défini comme le stock de connaissances
valorisables économiquement et incorporées aux individus
(qualification, état de santé, hygiène, ...). Lucas
développe dans son analyse, le capital humain qui est volontaire, qui
correspond à une accumulation de connaissances (schooling) et
l'accumulation involontaire (learning by doing). En outre, la
productivité privée du capital humain a un effet externe positif
car, en améliorant son niveau d'éducation et de formation, chaque
individu augmente le stock de capital humain de la nation et par la même
contribue à améliorer la productivité de l'économie
nationale.
De ce qui précède et au regard de la
réalité économique et financière (crise
financière internationale) qui s'est considérablement
aggravée, on pourrait affirmer, comme Bouvier (2008), qu'aujourd'hui il
s'avère nécessaire que le secteur public intervienne de
façon concrète dans l'économie.
Dans ce sens les nouvelles théories de croissance
réhabilitent le rôle de l'État en lui attribuant une
fonction d'investisseur dans certains domaines bien précis. De
même le contexte actuel tend à légitimer la dépense
publique lorsqu'elle a une finalité sociale ainsi qu'une orientation du
politique vers la prévision, la programmation et l'investissement
pluriannuel.
Les gouvernants privilégient ainsi de plus en plus
l'ajustement budgétaire par les dépenses plus facile à
réaliser que les mesures d'accroissement de recettes. La question dont
l'Etat se pose à travers cette politique est la suivante : que
faut-il faire pour (i) rétablir l'équilibre du solde courant de
la balance des paiements ; (ii) lutter contre l'inflation ; (iii)
rendre la dette publique soutenable ; (iv) assurer une croissance
équilibrée ?
Pour répondre à cette préoccupation, des
objectifs fondamentaux sont assignés à la politique de
dépenses publiques à savoir (i) accroître l'efficience des
dépenses comme facteur de croissance économique et (ii)
redistribuer les revenus et lutter contre la pauvreté. Aussi pour
atteindre ces objectifs, la politique des dépenses publiques met un
accent particulier sur :
- le niveau et l'efficience des dépenses ainsi
que les choix budgétaires et leur degré de
décentralisation (Etat central/Collectivités locales).
En effet, il est reconnu que le niveau des dépenses et le déficit
budgétaire doivent être conformes au cadre macroéconomique
car un déficit élevé ( 5% du PIB) est nuisible à la croissance et à
l'inflation ;
- les salaires et les emplois dans le secteur
public. Une masse salariale élevée ( 25% des dépenses publiques et 35% des recettes) comprime les crédits disponibles pour d'autres
investissements productifs. La politique des salaires et de l'emploi doivent
être donc conçue dans un souci d'efficacité7(*).
- les subventions. Elles sont souvent
difficiles à évaluer et peuvent être explicites ou
implicites. Il importe donc avant d'octroyer une subvention de mesurer son
impact sur les autres secteurs et assurer l'efficacité de la subvention
redistributive par le ciblage.
- les dépenses de sécurité
sociale. Le système de sécurité sociale est
souvent déficitaire. Pour rétablir l'équilibre, il
convient d'analyser les paramètres tels que l'âge de retraite, le
niveau de cotisations et les prestations aux retraités à
venir.
- les dépenses de santé et
d'éducation. Ces dépenses sont considérées
comme productives car les investissements dans ces domaines créent du
capital humain nécessaire à l'augmentation de la
productivité, des salaires, du bien-être et de la croissance. De
même ils conduisent à une égalité de chances et
garantissent une forme de redistribution. Pour que le rendement social soit le
plus élevé possible, ces investissements doivent être
orientés en priorité vers la prévention et les
interventions dans le primaire (soins de santé primaires et
éducation primaire).
- les dépenses militaires. A court
terme ces dépenses, si elles sont domestiques, peuvent stimuler la
croissance avec cependant un risque d'inflation ; à long terme
elles peuvent creuser le déficit et évincer l'investissement
privé. Il convient dès lors de déterminer le niveau
au-delà duquel toute dépense supplémentaire nuit à
l'équilibre budgétaire.
- les dépenses d'exploitation et
d'entretien. Ce sont des dépenses ordinaires et
régulières pour maintenir un investissement en état de
fonctionnement. Il s'agit des dépenses d'exploitation (personnel,
fournitures, etc.), d'entretien courant, d'entretien périodique ou de
maintenance et de rénovation. Il est généralement
observé que ces dépenses ne sont pas intégrées
comme charges récurrentes dans le coût de l'investissement
à réaliser du fait de l'éclatement de la fonction
financière, des difficultés d'appliquer les méthodes
d'avantages-coûts et de la grande taille des projets. Tous ces
défis d'ordre politique et technique sont à relever.
1.2. La problématique de la performance de la gestion
des finances publiques
Les finances publiques jouent un rôle central dans un
Etat moderne qui veut se développer : une politique
budgétaire axée sur des objectifs et une gestion
budgétaire transparente sont à la base de prestations publiques
visant à réduire la pauvreté et à atteindre les OMD
dans les pays en développement.
Les objectifs fondamentaux du système de gestion des
finances publiques sont les suivants8(*):
ï instaurer un équilibre budgétaire global
et le préserver (à savoir, faire en sorte que les administrations
ne dépensent pas plus, au total, que ce qui est prévu) ;
ï affecter les ressources en respectant les
priorités du gouvernement (c'est-à-dire affecter les
dépenses aux postes considérés comme les plus importants
sur le plan politique - efficience de l'affectation) ;
ï promouvoir l'utilisation efficace des ressources
budgétaires affectées à l'exécution des programmes
et des services (en d'autres termes, encourager l'efficience technique).
Le débat sur la gestion des finances publiques a une
portée considérable, on entend désormais parler plus
largement de bonne gouvernance financière (les principes de la bonne
gouvernance sont appliqués à la gestion des finances
publiques). Il se situe dans le cadre général de la gestion
publique qui dans l'approche économique
comporte deux dimensions.
La première, est l'approche traditionnelle de
l'évaluation des politiques publiques. Elle consiste à s'assurer
que les services fournis ou les réglementations procurent des
bénéfices en rapport avec leur coût. La seconde porte sur
le choix des modalités de l'intervention publique. Si c'est une offre
publique qui est retenue, on s'intéresse aux conditions d'organisation
et d'efficacité dans lesquelles celle-ci est fournie.
Les CDMT qui s'inscrivent dans une gestion administrative
axée sur les résultats sont plus proche de la seconde approche de
la gestion publique. Cette approche tire son fondement sur différents
concepts théoriques des sciences économiques et sociales qu'elle
applique au sein de l'administration publique.
Les économistes des politiques
publiques se sont intéressés aux actions mises en oeuvre
par différents secteurs ou institutions publiques lesquelles sont
liées d'emblée à d'autres centres de décisions
privés dont on doit intégrer les comportements à
l'analyse. Ils considèrent que plusieurs stades de développement
de ces actions sont nécessaires pour en comprendre la logique et
l'efficacité : mise à jour d'un problème ;
inscription sur l'agenda politique ; préparation d'une
décision ; prise effective de décision ; mise en
oeuvre ; suivi et évaluation. Ils concluent que l'application de la
décision prise par l'Etat rencontrera probablement la prise d'autres
actions opposées, notamment de la part d'agents privés ou
publics.
Pour les partisans de la nouvelle économie
politique (qui comprend les théories et les domaines de
recherche qui expliquent le comportement politique, les processus de
décision et les structures en se fondant principalement sur la
théorie économique néoclassique) le comportement des
acteurs politiques en tant qu'individus ou en tant que groupes collectifs tels
qu'un électorat, des administrations, des partis ou encore des groupes
d'intérêts est, dans la mesure où le cadre
général le permet, de maximiser le profit général
en vue de leur intérêt propre.
Les mesures et les solutions adoptées par la gestion
administrative axée sur les résultats sont à bien des
égards conformes aux conclusions de la nouvelle économie
politique. Elles visent à influencer le comportement des divers acteurs
(p. ex. administration, gouvernement, Parlement, public) en
définissant les prestations et les résultats visés, la
gestion des relations, la délégation des compétences, la
gestion décentralisée des ressources et le contrôle de
gestion. Autrement dit, il s'agit d'inciter tout un chacun en misant sur la
responsabilité et sur la transparence, à fournir avec motivation,
efficacité et économie les prestations nécessaires
à la société.
Des théories ont été également
formulées dans le cadre de la gestion publique : la
théorie du principal-agent et la théorie des coûts
de transaction. La théorie du principal-agent a pour objet
l'aménagement des relations entre mandant (principal) et mandataire
(agent). Elle se concentre sur les conflits d'intérêt et les
asymétries d'information entre ces deux pôles. Elle
considère les incitations, les sanctions, les mécanismes de
gestion et les systèmes d'information comme des possibilités de
résoudre les conflits d'intérêts et les problèmes
d'information.
Selon Campos et Pradhan (1996), trois problèmes
interdépendants peuvent subvenir:
1) la « tragédie des biens communs », le
budget étant perçu comme une ressource commune dans laquelle les
différents ayants droit peuvent « puiser » pour un coût
nul ou modique ;
2) la divulgation des informations aux « cycles
électoraux », qui peuvent faire obstacle à
l'établissement stratégique de priorités d'affectation,
conformes aux priorités du gouvernement ;
3) l'asymétrie des informations et l'existence
d'incitations inappropriées ou incompatibles au sein des administrations
(problèmes de type mandant-mandataire) peuvent s'opposer à une
affectation et une utilisation efficientes des ressources.
Sur la base de ces travaux, il est généralement
recommandé d'établir des relations contractuelles entre le
principal et ses agents, de doter ceux-ci d'une forte autonomie tout en les
incitant par des mécanismes de boni et sanctions, voire par une mise en
concurrence, à respecter au moindre coût les objectifs du
principal.
Quant à la théorie des coûts de
transaction, elle indique que chaque transaction génère des
coûts propres. On entend par transactions par exemple les recherches,
l'information, les négociations, les décisions, la mise en
oeuvre, la sécurisation, l'application, le contrôle, les
adaptations et l'achèvement de projets. Les coûts de transaction
sont importants à plus d'un titre pour la gestion administrative
axée sur les résultats. Par exemple, une meilleure base
d'information concernant les résultats, les prestations et les
ressources diminue par exemple les coûts, alors que la collecte de
données les fait augmenter.
La gestion administrative axée sur les résultats
devrait permettre d'améliorer le degré d'information de tous les
participants d'un domaine d'action en gérant les relations, en fixant
des objectifs et des résultats à atteindre et en effectuant un
contrôle de gestion approprié. Il s'agit de mettre un accent
particulier sur la gestion des dépenses publiques qui est l'ensemble des
processus et institutions relatifs à la planification
(préparation du budget), à l'exécution et au suivi des
dépenses publiques.
A ce niveau la question que l'on se pose est la
suivante : Comment faire ? par exemple comment concilier les
pressions (des départements sectoriels, des législateurs, de la
société civile, etc.) avec les contraintes (rareté des
ressources, efficacité des dépenses, etc.) ? Comment
intégrer la transparence et le fait de rendre compte dans la gestion des
derniers publics ?
C'est ce à quoi tente de répondre la gestion
saine des dépenses publiques qui vise trois objectifs principaux
interdépendants à savoir assurer (i) la discipline
budgétaire globale, (ii) la répartition des ressources en
fonction des priorités stratégiques et (iii) un emploi efficace
des ressources au service des priorités stratégiques.
Autrement dit l'enveloppe totale des dépenses doit
être basée sur les ressources financières à moyen
terme dont dispose un État ; quant aux dépenses de
l'exercice, elles doivent être réparties en fonction des
priorités stratégiques du pays et doivent produire au moindre
coût les résultats attendus. Cette gestion étant
régie par un certain nombre de principes indiqués dans
l'encadré ci-après.
Encadré 1 : Principes d'une gestion
budgétaire et financière saine
Le principe de
globalité : il signifie que le diagnostic doit être
global et qu'il doit intégrer tous les facteurs et obstacles
institutionnels affectant la performance ; il faudra ensuite identifier le
meilleur « point d'entrée » pour l'initiation d'un
processus de réforme comportant plusieurs étapes mais
destiné à devenir global. Le budget doit inclure toutes
les opérations financières du gouvernement ; toute
décision de politique ayant une incidence financière doit
être prise dans le cadre de contraintes budgétaires rigoureuses,
imposant des choix entre plusieurs solutions possibles. Choisir l'instrument de
politique le plus approprié pour réaliser un objectif implique
l'intégration des décisions concernant les dépenses
courantes et d'investissement.
Les principes de discipline et
d'économie : ils signifient que les ressources
affectées au budget ne doivent pas dépasser le minimum
indispensable pour mettre en oeuvre les politiques du gouvernement. En dehors
des périodes électorales, les règles budgétaires
sont le seul mécanisme capable de discipliner le processus de
décision.
Le principe de légitimité
signifie que tous les choix de politique publique - qu'ils interviennent
dans le cadre du budget ou en dehors de ce processus - doivent être
faits avec l'accord de tous les décideurs capables de modifier ces choix
en cours d'exécution. Le principe de légitimité signifie
également que les décisions prises dans le cadre du budget
doivent être principalement des décisions de politique publique.
En effet, le principe de légitimité a deux corollaires :
d'une part, c'est aux services opérationnels qu'il appartient de
décider de l'emploi optimal des intrants ; d'autre part, les
décisions doivent être prises par la communauté et le
secteur privé quand ceux-ci sont les mieux placés pour prendre de
telles décisions.
Le principe de flexibilité signifie
que les décisions doivent descendre au niveau où toute
l'information nécessaire est effectivement disponible. Les
décisions opérationnelles doivent être prises par les
gestionnaires ; les choix de programme doivent être plus souvent
délégués aux ministres concernés. Les
délégations de pouvoir ont pour contrepartie la transparence et
la responsabilité ; elles impliquent également une
définition rigoureuse des stratégies.
Le principe de prévisibilité
est important pour une mise en oeuvre efficace des politiques publiques et des
programmes. Le secteur public fonctionne mieux quand les politiques et les
stratégies macroéconomiques sont stables et quand le financement
des programmes en cours est assuré. La condition de ce succès est
un bon équilibre entre le court et le long terme. Il faut en effet que
les politiques budgétaires s'efforcent d'assurer le financement
régulier des programmes et des projets ; il faut donc que le
rétablissement de l'équilibre budgétaire, comme d'ailleurs
le développement et l'évaluation des programmes, s'inscrivent
dans une perspective à moyen terme.
Le principe d'honnêteté signifie
que le budget est basé sur des prévisions objectives des recettes
et des dépenses. Des facteurs techniques et politiques peuvent
être des causes de distorsion. Des prévisions trop optimistes
signifient un relâchement des contraintes budgétaires, des choix
stratégiques moins rigoureux et, par conséquent,
l'impossibilité d'exécuter efficacement les objectifs
prioritaires. L'information est la condition de
l'honnêteté et de la qualité des décisions. Il est
essentiel que les décideurs aient accès, dans des délais
raisonnables, à des données fiables sur les coûts, les
produits et les résultats.
Les principes de transparence et de
responsabilité signifient que des informations
très claires doivent être communiquées à l'ensemble
de la communauté sur les décisions, leur justification, les
résultats obtenus et les coûts. Le principe de transparence
signifie aussi que toutes les analyses et données nécessaires
sont disponibles quand les décideurs prennent leurs décisions. En
outre, les décideurs doivent être tenus responsables des mesures
prises dans l'exercice des fonctions qui leur ont été
confiées. Ce sont là des contreparties du principe de
flexibilité. Tous ces facteurs stimuleront la demande de données
fiables dans des délais appropriés.
1.3. Contribution récentes
sur la problématique de mise en place du CDMT
La question du CDMT est de plus en plus abordée par de
nombreux économistes et experts des finances publiques. Kristensen et al
(2002) indiquent qu'en ce qui concerne les pays de l'OCDE la
budgétisation et la gestion par résultats complète celle
basée sur les intrants et les produits, tout en utilisant ses acquis ;
elle donne plus de possibilités pour une meilleure intégration
des mesures d'accomplissement des objectifs, par exemple l'effectivité
et le rendement des ressources utilisées.
Selon ces auteurs, un certain nombre de justifications
militent en faveur de l'adoption d'une approche par les résultats,
notamment l'amélioration de l'efficacité et de
l'effectivité du secteur public, des possibilités
d'apprentissage, de la formulation des politiques, de la transparence, de la
responsabilité et de la cohérence des politiques. Ces
justifications découlent du passage d'un point de vue étroit de
gestionnaire à la perspective élargie de la gouvernance.
Cependant de nombreux problèmes d'application se
posent. Parmi ceux-ci, ils notent la mesure de la réalisation des
résultats, le calcul de leur coût, les divergences
d'intérêts en matière d'évaluation, la
difficulté de traiter les résultats auxquels différentes
organisations contribuent et les problèmes de capacités dans
l'utilisation de l'information pour la prise des décisions et leur mise
en oeuvre. La gestion des anticipations du réalisable et de la vitesse
de réalisation constituent en soi un défi majeur.
On trouve également plusieurs écrits sur la mise
en oeuvre du processus CDMT en Afrique9(*). Les CDMT y ont été promus, notamment
par les IBW, comme étant des outils destinés à
répondre aux besoins d'assurer la discipline budgétaire globale
en allouant en même temps des ressources aux priorités de la
politique. Ils augmentent en outre la transparence du budget, et
améliorent le lien entre les budgets d'investissements et de
fonctionnements. Des leçons ont pu être tirées après
quelques années de mise en oeuvre.
Les travaux de Malcolm Holmes et Alison Evans (2003) mettent
en relief les conclusions clés suivantes :
- l'approche CDMT peut stimuler une amélioration des
éléments essentiels du budget ;
- les facteurs qui influencent positivement la mise en oeuvre
du processus CDMT sont nombreux ; on peut citer entre autres un leadership
fort du Ministère des finances, des progrès enregistrés en
matière de stabilité macroéconomique et fiscale,
l'existence des éléments de base (stabilité fiscale,
contrôle des dépenses pendant l'exécution du budget,
production fiable et régulière de l'information
financière) ; un système de gestion des finances publiques
intégré et l'implication forte des parties prenantes;
- une caractéristique clé de succès des
CDMT est l'existence d'un calendrier clair du budget qui prévoit le
temps suffisant pour la phase de planification stratégique ainsi que
pour la préparation des estimations du budget
détaillé ;
- à travers la mise en place de la contrainte d'un
budget réaliste et d'un engagement politique effectif, le processus CDMT
légitime les choix politiques, en menant à plus grande
crédibilité des plafonds budgétaires, des allocations du
budget et de la prévisibilité du financement ;
- en contribuant à plus une grande
prévisibilité des politiques et des financements, un CDMT peut
fournir les bases d'une démarche qualité dans la mise en oeuvre
du budget. Cependant, incorporer la gestion de la performance dans le processus
du budget n'est pas une tâche facile en pratique comme l'indique
plusieurs études du cas ;
- un CDMT peut aider à clarifier les tâches
assignées à la dépense et par conséquent permet de
supporter les efforts en matière de décentralisation.
- une attention sur la stabilité et durabilité
des ressources fiscales est nécessaire pour consolider les
prévisions des ressources, qui sont aussi dépendant de la
fiabilité et du réalisme des agrégats projetés.
- l'établissement des Groupes de travail sectoriels
pour conduire la gestion stratégique a été une innovation
puissante qui provient d'Afrique.
A l'instar de certains pays de l'OCDE, de nombreux obstacles
techniques et organisationnels subsistent au niveau des pays africains. Pour
Meier et Raffinot (2005), ces pays font face à la mise en
cohérence du cadrage macroéconomique des CDMT avec ceux des
programmes discutés avec le FMI qui ne sont pas toujours
réalistes.
Raffinot et Boris (2006), ont également relevé
la faiblesse des capacités d'analyse, de cadrage macroéconomique
et du système d'information économique et financière, les
capacités limitées de supervision des politiques sectorielles, la
coexistence de plusieurs stratégies pour un même secteur, la
maîtrise insuffisante des classifications par programme et leur lien avec
la planification sectorielle, les difficultés dans la
détermination des coûts, la dualité du budget, les
questions liées à la classification administrative, les goulots
d'étranglement entre les activités de planification et le
système d'exécution budgétaire, la problématique du
contrôle etc.
Une étude plus récente de la Banque mondiale
(2008) identifie deux problèmes communs qui continuent de faire obstacle
à la mise en oeuvre des CDMT dans plusieurs pays :
(i) le CDMT est souvent considéré comme un
processus séparé du budget, au tel point que les projections des
années qui suivent l'année budgétaire sont ignorées
régulièrement dans les cycles du budget suivants ;
(ii) les coûts des stratégies sectorielles qui
sont nécessaires pour des débats politiques significatifs sont
souvent absents.
On note également la difficulté de
détermination de la contrainte globale due aux recettes publiques
fluctuantes, aux apports extérieurs erratiques, au changement de
priorités des partenaires, à la succession des projets, aux
modalités de l'exécution de l'aide, etc.
Conclusion partielle
On retiendra que les CDMT trouvent leur fondement
théorique au niveau des contributions favorables à l'intervention
de l'Etat dans l'économie. L'action publique doit cependant permettre
d'atteindre les objectifs de développement et de réduction de la
pauvreté dans les pays en développement à travers une
bonne gestion budgétaire. A cet effet, l'utilisation de l'approche de la
Gestion axée sur les Résultats (GAR) comme un
élément clé du processus du CDMT favorise une gestion
transparente, participative, efficace et performante du budget.
On note cependant que la mise en place du CDMT peut être
un exercice peu crédible, sans impact sur la gestion des finances
publiques. Les principales causes d'échec sont10(*) (i) le non respect les
contraintes macro-économiques par les CDMT; (ii) la faible
implication des décideurs et (iii) le peu de lien avec le budget.
Les CDMT ont plus de chances de réussir lorsque le
projet initial est simple et opérationnel et vise à
améliorer les pratiques fondamentales et à lutter contre les
éléments défavorables à la bonne gestion du secteur
public.
CHAPITRE 2 : A LA RECHERCHE
D'UNE PLUS GRANDE EFFICACITE DE L'ACTION PUBLIQUE
« Les actions publiques ont pour objectif majeur de
réduire la pauvreté et de créer un environnement favorable
au développement du secteur privé. C'est une combinaison
d'investissements, de dépenses courantes et de politiques
appropriées qui peut rendre possible l'atteinte de ces
objectifs».
World Bank Institute, mai 2003
L'action publique dans les pays en développement,
notamment dans les pays africains au Sud du Sahara, est fortement
influencée par le contexte actuel marqué par l'adoption des
Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) et des
stratégies de réduction de la pauvreté (SRP) ainsi que des
nouvelles mesures prises par les partenaires extérieurs en
matière d'aide publique au développement (APD) et
d'allègement de la dette.
L'objectif principal commun à toutes ces initiatives
est la réduction de la pauvreté qui passe par la mise oeuvre
efficace de politiques idoines financées par les ressources de l'Etat.
Dès lors, des questions se posent aux pays à savoir : (i)
Comment lier les politiques de développement du Gouvernement et le
budget ? (ii) Comment arriver à gérer efficacement les
discordances entre les « besoins » et les
« ressources disponibles » ?
Ces préoccupations semblent trouver leur réponse
à travers la mise en place des cadres de dépenses à moyen
terme (CDMT).
Le présent chapitre fournit les informations sur le
concept du CDMT, la manière d'élaboration de ces outils
budgétaires, leurs valeurs ajoutées et leurs exigences.
2.1. Cadre conceptuel du CDMT
2.1.1.
Définitions et objectifs du CDMT
· Définitions du
CDMT11(*)
Le CDMT se définit comme un processus de
décision itératif permettant de fixer la
contrainte macroéconomique et de planifier les
politiques sectorielles. Ce processus comporte des étapes
interdépendantes :
- une étape de fixation au sommet de l'enveloppe
financière globale par les services centraux ;
- une étape pour des discussions à la base
en vue de l'estimation des coûts présents et à moyen terme
des options de politique publique ;
- une étape d'ajustement des coûts et des
ressources disponibles.
C'est cette succession d'étapes qui permet au CDMT
d'assurer que les ressources rares disponibles seront allouées aux
priorités prédéterminées du Gouvernement et ainsi
devront permettre d'atteindre les objectifs nationaux et sectoriels.
Une seconde définition présente le CDMT
comme « un ensemble cohérent d'objectifs
stratégiques et de programmes de dépenses publiques qui
définit le cadre dans lequel les ministères opérationnels
peuvent prendre des décisions pour la répartition et l'emploi de
leurs ressources ».
Cette définition met l'accent sur une dimension
essentielle du CDMT celle qui lie les allocations budgétaires à
la fixation d'objectifs et au suivi des performances. De ce fait le CDMT
s'inscrit dans une logique de gestion orientée sur les résultats
(planification stratégique, mis en place de programme ; autonomie
de décision des gestionnaires).
Le CDMT se présente par conséquent comme un
instrument de programmation pluriannuelle des recettes (intérieures et
extérieures) et dépenses (courantes et d'investissement) de
l'Etat. Il se prépare annuellement, glissant sur trois ou quatre ans, la
première année étant conforme au budget et les autres
années indicatives.
Ainsi on peut dire que le CDMT est un processus qui met en
place un cadre cohérent par lequel les acteurs du système
budgétaire peuvent établir facilement un lien entre une
allocation budgétaire donnée et un objectif ou une
priorité du Gouvernement et mesurer l'atteinte de cet objectif.
· Les objectifs du CDMT
L'objectif global du CDMT est d'offrir un cadre commun aux
définitions des politiques, de planification et de budgétisation
aux niveaux central et sectoriel. Ce qui permet de décloisonner le
processus de décision en permettant des échanges itératifs
entre niveaux global et sectoriels et entre perspectives stratégiques et
financières.
De façon spécifique, le CDMT vise
à :
- déterminer la contrainte globale sur la base d'un
cadre de ressources soutenables à moyen terme ;
- prendre en compte les implications financières des
politiques (coûts des politiques en cours, charges récurrentes
relatives aux projets d'investissement, projets pluriannuels, etc.) ;
- amoindrir les tensions lors de l'exécution
budgétaire en assurant une meilleure prévisibilité de la
contrainte des ressources et des ordres de priorités.
2.1.2. Méthodologie
d'élaboration du CDMT
Le processus du CDMT aboutit à la production deux
principaux documents budgétaires : le CDMT global ou Cadrage
Budgétaire à moyen terme (CBMT) et le CDMT Sectoriel ou le Cadre
de Dépenses Sectorielles à moyen terme (CDSMT) (appelé
aussi budget programmes).
Pour ce faire, on distingue trois variantes du CDMT qui
peuvent s'appréhender comme un fractionnement des étapes
successives à réaliser :
Variante 1 : le Cadre
macroéconomique + les plafonds budgétaires sectoriels
Variante 2 : qui comprend deux
versions :
(i) la version réduite : Variante 1 + CDSMT
(quelques secteurs)
(ii) la version améliorée : Variante 1
+ CDSMT (tous les secteurs)
Variante 3 : la Variante 2
améliorée+ mécanismes d'arbitrage.
Ainsi on peut déduire que l'élaboration des CDMT
global et CDMT Sectoriel suit une démarche comprenant trois grandes
phases : le cadrage (phase stratégique), la préparation des
requêtes sectorielles ou ministérielles, la réconciliation
et la finalisation (cf. figure ci-après).
Figure 1 : Méthodologie
d'élaboration des CDMT
Phase
|
Activités
|
Résultats de l'activité
|
Calendrier
|
ï Programmes sectoriels mis en conformité
ï CDMT sectoriels
ï Cadrage macro-économique actualisé
ï CDMT global finalisé
3è Trim n
juin
3è Trim n
juin
1er Trim n
ï Bilan d'exécution des activités
sectorielles
ï Bilan de la mise en oeuvre du DSRP au niveau
sectoriel
ï Revues des dépenses sectorielles
1er Trim n
ï Cadre budgétaire à moyen terme (CBMT) ou
CDMT global
ï Circulaire budgétaire
2è Trim n
juin
ï Cadrage macro-économique
ï Tableau des Opérations Financières de l'Etat
(TOFE) prévisionnel
ï Rapport économique et financier
Fixation de plafonds sectoriels indicatifs
Revues des programmes sectoriels et définition des
priorités
Phase de cadrage
Mise à jour du cadrage macro-économique et
établissement des montants indicatifs de ressources et des
dépenses
Préparation du CDMT global en appui à la Loi des
finances
Phase des requêtes sectorielles
Préparation des cadres de dépenses sectoriels
à moyen terme (CDSMT)
3è Trim n
juin
4è Trim n
juin
ï Rapport des conférences budgétaires
ï Projet de loi des finances et de ses annexes dont le
CDMT global
ï Loi des finances et de ses annexes dont le CDMT
global
Méthodes d'arbitrage du budget
Approbation dans la loi des finances
Phase de réconciliation et de
finalisation
Méthodes d'arbitrage du budget
Approbation dans la loi des finances
Phase de réconciliation et de
finalisation
Méthodes d'arbitrage du budget
Approbation dans la loi des finances
Phase de réconciliation et de
finalisation
Phase de cadrage
Mise à jour du cadrage macro-économique et
établissement des montants indicatifs de ressources et des
dépenses
Mise à jour du cadrage macro-économique et
établissement des montants indicatifs de ressources et des
dépenses
Phase de cadrage
Revues des programmes sectoriels et définition des
priorités
Fixation de plafonds sectoriels indicatifs
Mise à jour du cadrage macro-économique et
établissement des montants indicatifs de ressources et des
dépenses
Phase de cadrage
Revues des programmes sectoriels et définition des
priorités
Phase de cadrage
Mise à jour du cadrage macro-économique et
établissement des montants indicatifs de ressources et des
dépenses
Préparation des cadres de dépenses sectoriels
à moyen terme (CDSMT)
Fixation de plafonds sectoriels indicatifs
Revues des programmes sectoriels et définition des
priorités
Mise à jour du cadrage macro-économique et
établissement des montants indicatifs de ressources et des
dépenses
ï Cadrage macro-économique
ï Tableau des Opérations Financières de l'Etat
(TOFE) prévisionnel
ï Rapport économique et financier
ï Loi des finances et de ses annexes dont le CDMT
global
ï Rapport des conférences budgétaires
ï Projet de loi des finances et de ses annexes dont le
CDMT global
Nov-Déc
Juillet-Août
Juin
Source : Raffinot et Boris (2006). Compilation de
l'auditeur.
La figure ci-dessus s'explique comme suit : lors de
la phase de cadrage ou stratégique, des projections
macro-économiques donnent à travers le TOFE prévisionnel
les prévisions de recettes et des principaux objectifs
budgétaires globaux (dépenses totales, déficit, etc.).
Ces projections sont complétées par un CBMT qui
donne l'allocation des ressources par ministère/institution et/ou par
fonction (plafonds de dépense) sur une période de 3 ans au moins
dans le respect des contraintes financières, des stratégies et de
l'avancement des programmes sur le terrain. Les plafonds de dépense sont
ensuite communiqués aux ministères sectoriels par circulaire
budgétaire.
La préparation des requêtes sectorielles
ou ministérielles est l'étape où les
départements ministériels dans le respect des plafonds de
dépense arrêtés par le Conseil des ministres lors de la
phase de cadrage effectuent des arbitrages intra-sectoriels et élaborent
les CDMT sectoriels ou budget programmes12(*) ; ce qui permet de finaliser le CDMT global.
Quant à la phase de réconciliation et la
finalisation, elle comporte des discussions entre ministère des
Finances et ministères sectoriels, notamment par la tenue de
conférences budgétaires, et en cas de désaccords des
arbitrages du Premier ministre. Toutefois au sein de deux premières
phases, il existe aussi des mécanismes « de bas en
haut » et « de haut en bas », comprenant des
consultations et réconciliation entre le ministère des Finances
et les ministères sectoriels.
2.1.3. Avantages et
exigences du CDMT
La mise en place du CDMT apporte une valeur ajoutée au
système budgétaire notamment en favorisant :
- une meilleure lisibilité et transparence de
l'action publique : le CDMT contient en plus de ce que l'on va
dépenser (budget par moyen), ce que l'on va faire. Ainsi les politiques
prioritaires conduisent le financement, et non pas dans l'autre sens. Il existe
également des règles transparentes pour une réaffectation
des ressources (à la fois lors de la formulation et l'exécution
budgétaires).
- une prévisibilité plus claire des
politiques et de leur financement : le budget annuel, en
s'inscrivant dans un contexte à moyen terme, et en reflétant ce
qui est abordable à court terme, est relié de façon claire
aux estimations de l'avant projet des dépenses. Le développement
d'un cadre macro-économique réaliste devra permettre les
arbitrages intersectoriels et améliorer la prévisibilité
des enveloppes sectorielles pour faciliter l'élaboration des politiques.
- une utilisation plus efficace des crédits et
une culture administrative orientée vers le
résultat : l'accent est désormais mis sur la
recherche du résultat de la dépense publique plutôt que sur
la régularité de la dépense et une importance moindre est
accordée à l'imputation budgétaire (qui fonde la
liberté de gestion des responsables de programme). Aussi la pression
est-elle mise sur l'amélioration des résultats des programmes
(budgets programme, budgétisation axée sur les résultats,
approche contractuelle) ; ce qui permettra in fine et avec une implication
effective des ordonnateurs de crédits d'atteindre les objectifs
visés par le Gouvernement ; ceux-ci sont appelés à rendre
compte au Parlement de leur gestion annuelle, de préférence
appuyée par un rapport annuel de performance qui peut être
audité par le juge des comptes.
On note toutefois que l'introduction de ces nouveaux
instruments budgétaires exige un certain nombre d'éléments
indispensables à savoir :
- l'existence d'une volonté politique
clairement affichée du Gouvernement ou du Parlement : une
réforme budgétaire ne peut se faire en dehors des
considérations politiques car le budget de l'Etat est d'abord et avant
tout un acte politique ;
- l'établissement d'un équilibre entre
les ressources disponibles et les coûts des politiques et
priorités, notamment à travers une approche
itérative et participative de « haut en bas » et de
« bas en haut » ;
- un réalisme budgétaire :
prévisions budgétaires pluriannuelles basées sur
des résultats d'exécution budgétaire fiables et un
modèle de prévisions économiques performant comportant des
scenarii macroéconomiques sur 3 ans ;
- une gestion financière plus large
permettant la coordination avec les politiques monétaires et la balance
des paiements ;
- un système de gestion des finances publiques
qui fonctionne bien : une discipline budgétaire, une
exhaustivité budgétaire, une tenue régulière de la
comptabilité, un système de contrôle interne et externe
efficaces, une annualité de la reddition des comptes, une gestion de
trésorerie efficace ;
- un mécanisme permanent de dialogue et de
concertation entre le Ministère des Finances et les autres
acteurs (ministères opérationnels, bailleurs, parlement,
société civile) en vue d'adopter de façon
consensuelle des procédures qui doivent être bien définies,
écrites, respectées et suivies par l'ensemble des acteurs du
système budgétaire ;
- un système d'information
intégré couvrant l'ensemble du budget
(recettes/dépenses, administration centrale/services
déconcentrés, phase administrative/phase comptable) et contenant
d'autres données indispensables à l'établissement des
projections à moyen terme, y compris des mises à jour en cours
d'année.
2.2. Processus de mise en oeuvre du CDMT :
expériences dans quelques pays
Plusieurs pays dans le monde sont aujourd'hui à des
niveaux divers de mise en oeuvre du CDMT. On peut retenir ici les
expériences des pays de l'OCDE et des pays africains.
2.2.1. L'expérience dans quelques pays de
l'OCDE
Les innovations à la gestion et à la
budgétisation ont été appliquées en
préservant certains éléments de l'ancien système.
L'objectif était de compléter les pratiques existantes en mettant
l'accent sur les résultats.
On note que le processus est en général
récent et s'est amplifié dans la période allant de la
moitié des années 90 au début des années 2000. Pour
la plupart des pays, la mise en place s'est faite à travers une
volonté politique traduite par la modification du cadre juridique
(France, Norvège, Etats Unis) ou par la mise en oeuvre d'une action
gouvernementale en vue d'améliorer la gestion budgétaire et le
système d'évaluation des affaires publiques (Pays bas, Canada,
Royaume Uni, Nouvelle Zélande et Japon).
La réforme budgétaire conçue dans ces
pays s'appuie sur des procédures budgétaires intégrant en
amont une planification stratégique et en aval une évaluation des
politiques. A chaque étape les documents de planification et
budgétaires sont élaborés (ministères et organismes
publics), adoptés (Congrès ou Parlement), évalués
et publiés via internet. Le tableau ci-après donne un
aperçu pour chacun de ces pays.
Tableau 1 : Expériences de la
budgétisation axée sur les résultats dans quelques pays de
l'OCDE
Pays
|
Historique/Background
|
Année du budget13(*)
|
Objectifs et caractéristiques de la réforme
|
Canada
|
1994 : lancement des examens des programmes
budgétaires
|
1994
|
- L'objectif
ï S'assurer que les moyens de l'Etat
fédéral sont affectés aux priorités dominantes et
aux domaines où il est le mieux à même de servir les
citoyens
- Les caractéristiques
ï Elaboration par les ministères et organismes
publics des « Principaux Engagements en matière de
résultats »
ï Transmission d'un rapport sur les projets et les
priorités au Parlement
ï Présentation du projet du budget au Parlement
par le Ministre des finances
ï Rapports ministériels sur le rendement soumis au
Parlement
ï Bilan annuel des résultats de l'action de l'Etat
« Gestion axée sur les résultats »
présenté par le Président du Bureau du Trésor.
|
France
|
Fin années 90 : Mise au point d'une nouvelle
présentation du budget sur la base d'« agrégats
budgétaires » correspondant à des chapitres
budgétaires (crédits par administration et par programme)
2000 : enrichissement de l'information contenue dans les
documents budgétaires et comptables (projet de loi 2001) sur la demande
de l'Assemblée Nationale
2001 : adoption de la loi organique modifiant
l'ordonnance de 1959 relative aux lois de finances
|
2006
|
- L'objectif
ï Moderniser la gestion publique grâce à une
meilleure transparence budgétaire et à une réorientation
du budget vers les résultats et les performances
ï Modifier l'équilibre des pouvoirs dans le
domaine des finances publiques en améliorant l'information du Parlement
et le contrôle qu'il exerce sur le budget
- Les caractéristiques
ï Création de programmes qui se décomposent
en missions reliées aux objectifs du résultat du Gouvernement et
assortis d'indicateurs de performance
ï Ajout au principe d'annualité des crédits
une dimension multi-annuelle sous forme de projections indicatives
ï Elaboration d'un rapport économique joint au
budget explicitant les perspectives d'évolution pour les quatre (4) ans
à venir
ï Regroupements des crédits au sein de 100
à 150 programmes ministériels par titres de dépenses en
fonction de la nomenclature économique pouvant être
redéployés librement par les gestionnaires, à l'exception
des crédits de personnel
ï Définition chaque année par les
gestionnaires de programmes des objectifs
ï Accompagnement du budget d'un projet annuel de
performance de chaque programme.
ï Organisation obligatoire d'un débat
d'orientation budgétaire avant le dépôt du projet du budget
ï Elaboration d'un rapport annuel de performance pour
chaque programme à inclure dans le projet de loi de règlement.
ï Compte rendu par les gestionnaires de programmes des
résultats à partir d'indicateurs précis construits avec le
Ministère des finances
|
Japon
|
Début 2001 : instauration d'un système
d'évaluation de l'ensemble des politiques de l'Etat
|
2001
|
- L'objectif
ï Faire faire à chaque ministère le bilan
des politiques, des projets et des actions dont il a en charge
- Les caractéristiques
ï Evaluation des performances par les ministères
dépensiers
|
Pays Bas
|
Année 70 : inscription des données
décrivant les résultats annuels (surtout sur les produits) dans
le budget
Années 90 : obligations pour certaines
entités publiques et partenaires contractuels de l'Etat de diffusion de
l'information sur leurs résultats
1997-1998 : élaboration par les ministères
centraux des données statistiques essentielles pour apprécier le
résultat des politiques (incorporation dans le budget des objectifs
touchant à l'efficacité des projets)
1999 : institution du système budgétaire
basé sur les résultats
|
2001
|
- L'objectif
ï Lier les objectifs poursuivis par le Gouvernement aux
coûts des mesures prises par l'intermédiaire de moyens
adaptés.
- Les caractéristiques
ï Modification de la composition du budget et des
documents comptables en fonction des objectifs de produits et de
résultats (passage de lignes budgétaires de 600 à environ
200)
ï Composition du budget de chaque ministère :
projet de loi, rapport sur les politiques, rapport sur la gestion, rapport sur
les organismes publics sous tutelle et annexe détaillée.
ï Elaboration de synthèses de politiques
transversales (lorsque plusieurs ministère contribuent au même
résultat ou à un ensemble de résultats) pour information
du Parlement
|
Nouvelle Zélande
|
Fin des années 80 : lancement des réformes
de la gestion publique et de la budgétisation axées surtout sur
les produits
|
|
- L'objectif
ï Remodeler les systèmes d'élaboration du
budget et de gestion administrative en fonction des produits (qui peuvent
être contrôlés et mesurés contrairement aux
résultats).
- Les caractéristiques
ï Fixation par le Gouvernement des cibles de
résultats dans les « principaux objectifs de
l'Etat »
ï Elaboration des plans stratégiques par les
ministères sous la forme des « principales
priorités » mesurables, réalisables,
ï Mise en place d'un contrat de performance contenant les
résultats à obtenir et les délais entre les ministres et
les directeurs généraux (responsables de la réalisation
des principales priorités)
|
Norvège
|
1997 : incorporation d'un nouveau système de
gestion et de budgétisation orienté sur la performance dans le
dispositif législatif
|
1998
|
- L'objectif
ï Remodeler les systèmes d'élaboration du
budget et de gestion administrative en fonction des produits (qui peuvent
être contrôlés et mesurés contrairement aux
résultats).
- Les caractéristiques
ï Etablissement par chaque ministère et
institution administratif de six (6) documents : un exposé de la
stratégie, un projet annuel (phase d'élaboration) ; une
lettre d'affectation (phase d'exécution) ; un rapport annuel sur
les réalisations, un rapport annuel sur les comptes financiers ;
des évaluations et des appréciations (phase
d'évaluation)
ï Responsabilité de chaque ministère sur le
plan constitutionnel et politique de la réalisation des produits et des
résultats projetés et de la création de systèmes de
suivi
|
Royaume Uni
|
1998 : informations relatives aux résultats et aux
produits introduites dans le système budgétaire
|
1998
|
- L'objectif
ï Assurer à la population des services publics de
qualité.
- Les caractéristiques
ï Mise en place deux types de contrats
Etat-Population : le contrat de service public (CSP) et le contrat de
Prestation de Services (CPS)
ï Elaboration par les grands ministères d'un CSP
sur 3 ans (vocation du ministère, cibles, résultats mesurables et
réalisables, description détaillée des facteurs qui
échappent au contrôle du ministre et susceptibles d'affecter
l'accomplissement des résultats)
ï Elaboration de CSP interministériels (cibles des
différents ministères concourant à la réalisation
des objectifs de l'Etat dans un domaine transversal)
ï Publication des CSP et des CPS via internet
ï Elaboration des CPS par les petits ministères
(objectifs de performance et procédures qui contribuent aux
résultats des CSP)
ï Conclusion des contrats de service public locaux entre
l'Etat et les collectivités locales
ï Négociations budgétaires fondées
sur les résultats
ï Examen trimestriel des résultats par le
Trésor et soumission au Comité interministériel
approprié
|
Etats Unis
|
1993 : adoption de la loi sur les résultats et les
performances de l'Etat (LRPE)
|
1993
|
- L'objectif
ï Doter les ministères et les administrations
fédérales d'un système de gestion orienté vers la
performance
- Les caractéristiques
ï Elaboration de plans stratégiques par les
ministères et administrations sur au moins six (6) ans (missions,
objectifs à long terme exprimés en terme de résultats,
méthodologie de réalisation de la mission, obstacles et facteurs
externes sur lesquels l'administration n'a pas prise) et publication via
internet
ï Traduction des plans stratégiques en projet
annuel de résultats (objectifs - résultats et produits- à
atteindre au cours d'un exercice budgétaire donné) dont la
responsabilité dans l'exécution relève des cadres
dirigeants des organes de l'Etat
ï Présentation du budget au Congrès par le
Président et adresse des projets annuels de résultats aux
Chambres par les administrations
ï Affectation par le Congrès des crédits
selon les services et le compte budgétaire (non pas par objectifs)
ï Transmission des rapports annuels de résultats
au Président, au Congrès et au Directeur du Bureau de la gestion
publique et du budget et publication via internet (accessible au public)
|
Source : OCDE (2002). Compilation de
l'auditeur
2.2.2. L'expérience dans quelques pays en
Afrique subsaharienne
La mise en place des CDMT dans les pays africains au Sud du
Sahara a été impulsée, à l'exception de certains
pays (tels que l'Ouganda, la Tanzanie et l'Afrique du Sud) par des
opérations (revues des dépenses publiques, examen du
système des finances publiques) initiées par les bailleurs de
fonds notamment la Banque Mondiale et le FMI. L'objectif de cette
réforme vise essentiellement à promouvoir une allocation
budgétaire efficace sur la base des priorités/politiques
établies et des ressources disponibles. Le tableau ci-après donne
les informations pour quelques uns de ces pays.
Tableau 2 : Expériences de la mise
en place du CDMT dans quelques pays africains (hors Afrique de
l'Ouest)
Pays
|
Année du budget
|
Objectifs
|
Principaux acteurs ayant conduit de la réforme
|
Ouganda
|
1994
|
ï S'attaquer à l'instabilité
macro-économique et au manque de fonds pour la contrepartie
ï Améliorer les allocations sectorielles
|
Ministère des finances
|
Afrique du Sud
|
1998/1999
|
ï Délivrer des prestations de qualité
(résultats) aux citoyens en se basant sur le cadrage stratégique
macroéconomique mis en place depuis 1996
|
Ministère des finances
|
Tanzanie
|
1999/2000
|
ï Fournir un cadrage stratégique pour le budget
annuel ;
ï Renforcer les liens entre les politiques sectorielles
et les allocations de ressources ;
ï Prendre en compte les analyses de performance de
l'exécution budgétaire dans la planification budgétaire
|
Ministère des finances
|
Rwanda
|
2000
|
ï Faciliter une réallocation des ressources inter
et intra sectorielles
|
BM
DfiD
Ministère des finances
|
Cameroun
|
2001
|
ï Soutenir l'exécution des objectifs des
politiques de moyen et long terme, spécialement ceux qui proviennent du
DSRP et fournir un cadre macroéconomique ainsi que lier les allocations
budgétaires au processus du DSRP
|
BM
FMI
|
Source : ODI (2003). Compilation de l'auditeur.
En Afrique de l'Ouest, les CDMT ont connu un
développement rapide depuis le milieu des années 90 mais leur
application a rencontré des obstacles majeurs qui ont affaibli leur
impact. Ainsi, ont été notés l'instabilité de
l'environnement économique et budgétaire, la faible
prévisibilité des financements extérieurs, les
problèmes de cohérence du CDMT avec le cadrage
macroéconomique, le risque de non-alignement avec les processus
nationaux ou encore l'insuffisance de capacités nationales (cf tableau
ci-après).
Tableau 3: Expériences de la mise en
place du CDMT dans quelques pays d'Afrique de l'Ouest
Pays
|
Etapes de la réforme budgétaire
|
Processus d'élaboration
|
Apport ou produit
|
Problèmes rencontrés
|
Bénin
|
2000-2002 : expérimentation des budgets programmes
avec cinq ministères ;
2002 : mise en place d'une Equipe Technique d'Appui
à la Réforme Budgétaire ;
2005 : adoption d'un décret instituant le cadre de
Réforme de la Gestion Budgétaire Axée sur les
Résultats ;
2006 : généralisation des budgets
programmes à tous les ministères
|
Processus conduit par le Ministère de la Planification,
la BM et le FMI avec pour objectif d'exposer les stratégies
développées dans le DSRP dans les réalités
macroéconomiques
Mise en place du dispositif institutionnel :
- Comité de pilotage de la réforme
budgétaire au sein des ministères sectoriels ;
- Cellule de Suivi-évaluation de la performance,
- Points focaux pour animer le dispositif de
suivi-évaluation
|
- adoption de format standardisé des budgets programmes
- établissement de divers documents de contractualisation
ou de gestion (plans d'opérationnalisation, plans de passation des
marchés, lettres de mission, contrats de performance) ;
- élaboration de rapports d'exécution trimestriels
et d'un rapport de performance annuel ;
- réalisation d'audits de performance par la Chambre des
Comptes de la Cour Suprême
|
- sur le plan technique : manque de modèle
macroéconomique performant ;
- sur le plan institutionnel : administration mal
adaptée à la GAR ; difficulté dans la coordination de
la réforme
- sur le plan humain : manque de ressources humaines
qualifiées ; mobilité des cadres ; résistances
au changement
|
Burkina Faso
|
1998 : introduction du Budget programme
(expérimenté sur 6 ministères pilotes)
2000 : adoption du 1er CDMT
2001 : année d'intégration du CDMT dans le
budget
|
Processus conduit par le Ministère des Finances et la
BM en vue de fournir un cadre macro et budgétaire pour améliorer
la crédibilité de la budgétisation par programme :
- Consultation avec les PTF et les OSC ;
- Cadrage technique ;
- Restitution
|
Effet budgétaire : un cadre de discipline
budgétaire global rigoureux ; une démarche de programmation
à moyen terme axée sur les objectifs, mettant l'accent sur la
priorisation des dépenses et avec une meilleure
prévisibilité des ressources.
Effet social : une contribution à la
rationalisation ; un impact positif sur les conditions de vie sur la base
de l'évolution présentée par les indicateurs
|
- absence de cohérence entre CDMT global et CDMT
sectoriels ;
- déficit de politiques sectorielles ;
- décalage entre CDMT sectoriels et budget
programmes ;
- existence de cas de non respect des enveloppes sectorielles
|
Ghana
|
1998 : mise en place du CDMT
1999 : année d'intégration du CDMT dans le
budget
|
- une approche top down : fixation par le
Ministère des finances et du plan des enveloppes de ressources et de
l'allocation entre les secteurs ;
et
- une démarche bottom up : estimation des
besoins de ressources par les ministères techniques pour réaliser
leurs plans stratégiques
|
- une meilleure intégration des ressources de l'aide dans
le budget de l'Etat ;
- un développement de budgets intégrés
(dépenses courantes et dépenses de développement) ;
- un accent mis sur la performance
|
- au niveau du cadrage macroéconomique :
enveloppe de ressources non réalistes ; données
incomplètes sur l'aide extérieure ; prévisions
erronées du fait de chocs externes.
- au niveau de la fixation des enveloppes par
ministères : exposition immédiate des dépenses
liées aux investissements et aux services en cas de coupe
budgétaire ; exposition du processus de suivi-évaluation
contraint par le manque de ressources.
- au niveau de la définition des missions, objectifs et
activités : faible lien horizontal entre le Ministère
des Finances et de la Planification Economique et la Commission Nationale de
Planification du Développement
|
Mali
|
1998 : adoption de la démarche du budget programme
et mis en oeuvre dans tous les ministères et institutions
|
- atelier national sur l'évaluation du processus
budgétaire ;
- revue des programmes dans chaque département
ministériel et institution ;
- établissement des BP sur la base d'un plan standard.
|
- procédures d'exécution et de suivi du BP,
intégrées dans le cycle de gestion du Budget d'État depuis
2004
- élaboration d'un rapport trimestriel sous l'égide
de comités de pilotage (dont la coordination relève des DAF) pour
chaque département et institution et la transmission de celui-ci
à la Direction Générale du Budget ;
- établissement d'un guide de préparation et
d'exécution du budget - programmes (2006) ;
- organisation, chaque année, de formations des principaux
acteurs du processus budgétaire.
|
- absence de liaisons explicites entre les objectifs, les
résultats et les indicateurs ;
- existence de programmes aux objectifs mouvants d'une
année sur l'autre ;
- programmations annuelles trop ambitieuses ;
- problèmes de cohérence entre le budget programmes
et le budget de moyens
|
Niger
|
2003-2005 : le processus PEMFAR
- diagnostic détaillé des capacités de
gestion des finances publiques ;
- revue des dépenses ;
- mise sur pied d'un plan d'actions prioritaires
|
- Mise en place d'un Comité ad hoc
- utilisation du modèle de projection (Ayorou), qui
comporte un module spécifique CBMT ;
- construction d'une base de données pour élaborer
le tendanciel des dépenses par ministères ;
- facilitation de l'appropriation (Comité CDMT,
Secrétaires généraux, DEP et DAAF)
|
- accent mis sur une appropriation effective grâce à
un processus progressif et la fixation d'objectifs réalistes ;
|
|
Togo
|
2008-2009 : mise en place des outils :
- Plan d'Actions Prioritaires découlant du DSRP,
- CDMT global ;
- Budgets programmes pour les secteurs de l'éducation et
de la santé
|
Analyse des lettres de missions des ministères avec
l'appui du PNUD (Pôle) et de la BAD
Pour CDMT Education
- diagnostics sectoriels ;
- construction d'un modèle de simulation des flux
d'élèves et des besoins financiers ;
- définition des arbitrages de politique éducative
en s'appuyant sur une Lettre de Politique Sectorielle de l'Education ;
- élaboration du Plan Triennal d'Activités
Budgétisé (PTAB) et du CDMT-Education
|
|
- un déficit de capacités de prévisions
macroéconomiques, lié lui-même à la faiblesse des
statistiques macroéconomiques ;
- le manque d'alignement du Budget sur les enveloppes
définies dans le CDMT global (particulièrement pour les
crédits d'investissement) ;
- l'inexistence ou la qualité inégale des
politiques sectorielles (on note toutefois que cette insuffisance est en cours
de correction)
- information statistique insuffisante;
- répartition des programmes du secteur entre plusieurs
ministères ;
- insuffisante articulation entre services financiers (sectoriels
ou macro) et services de planification
|
Source : Rapport et présentations de
l'atelier14(*)
régional publiés sur le site
http://pnud1.web.officelive.com/default.aspx
. Compilation de l'auditeur.
Conclusion partielle
Le CDMT représente une avancée significative par
rapport aux pratiques budgétaires traditionnelles car il met l'accent
sur les dotations sectorielles et le lien entre dépenses et
performances. Le processus de ventilation des ressources budgétaires
commence par la définition du cadre macro-budgétaire et finit par
l'évaluation des performances réalisées dans la mise en
oeuvre des budgets programmes.
La mise en place de ces outils de programmation
budgétaire pluriannuels dans les pays de l'OCDE et d'Afrique montre que
les gouvernants, aidés souvent par les bailleurs de fonds, veulent
désormais que les politiques soient traduites dans le budget et
répondre dans leur implémentation effectivement aux défis
majeurs en matière de développement.
Pour ce faire diverses solutions ont été
adoptées au sein de l'OCDE ; elles vont de la refonte des documents et
des procédures concernant le budget central (Nouvelle-Zélande,
France) à l'adjonction aux pratiques existantes de projets
stratégiques et de Rapports annuels (Etats-Unis, Canada).
Au niveau des pays africains, on note que les CDMT y ont
été promus comme étant la l'approche la mieux pratique
pour combler le fossé existant entre les objectifs et stratégies
de développement du pays à moyen terme et le processus du budget
annuel (CABRI, 2008). Le « tâtonnement »
observé dans ces pays au début de la mise en oeuvre du processus,
ne doit pas cependant occulter les avantages qu'apportent ces instruments dans
la gestion publique, car il est à souligner que la réforme de la
gestion budgétaire axée sur les résultats est encore
récente et ses pleins effets sont encore à venir.
En outre, l'expérience acquise par ces derniers peut
être mise à profit par les pays qui débutent ce processus
comme la Côte d'Ivoire.
CHAPITRE 3 : MISE EN PLACE DU
CDMT EN CÔTE D'IVOIRE
« La faiblesse des ressources mobilisables par
nos Etats pour couvrir les multiples charges auxquelles ils doivent faire face,
afin de réduire sensiblement la pauvreté, doit nous inciter
à rechercher une plus grande rigueur dans le choix des priorités
de dépenses et une plus grande efficacité dans la gestion de ces
dépenses. D'où l'intérêt d'expérimenter les
nouveaux outils de planification et de gestion budgétaires, que sont les
CDMT et les budgets programme. Ces outils offrent par ailleurs, un cadre
aisé de dialogue et de concertation élargi entre le gouvernement,
les partenaires au développement et les partenaires
sociaux »
Extrait du discours d'ouverture prononcé par
M. DIBY Koffi Charles, Ministre de l'Economie
et des Finances de la Côte d'Ivoire,
lors de l'atelier régional sur « Des cadres de
dépenses à moyen terme et les budgets programmes »
organisé par l'AFRITAC de l'Ouest à Abidjan, 11
au 13 mars 2010.
Au lendemain de l'indépendance, la politique
budgétaire en Côte d'Ivoire est mise en oeuvre par
l'intermédiaire des plans quinquennaux15(*). Au début des années 1980,
l'environnement économique défavorable au niveau international va
stopper la croissance économique du pays. La détérioration
continue des équilibres intérieur et extérieur contraint
le Gouvernement à avoir recours aux institutions de Bretton Woods (FMI
et BM), lesquelles appuient la mise en oeuvre des Programmes d'Ajustement
Structurels (PAS)16(*).
Les dernières décennies (90 et 2000) vont
être marquées par des changements de politiques en matière
de développement qui s'orientent désormais vers une lutte
efficace contre la pauvreté. La Côte d'Ivoire qui connaît un
fort taux de pauvreté (48,9% en 2008) conséquence notamment des
crises survenues (coup d'état de 1999 et crise socio-politique-militaire
de 2002), va inscrire la relance de son économie dans le cadre de
l'initiative des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE) du FMI.
3.1. Contexte et justification de
l'introduction du CDMT
La mise en place du CDMT en Côte d'Ivoire se justifie
non seulement par les implications des mesures prises au niveau international
et régional qui obligent le pays à s'y adapter mais surtout sur
l'état des lieux du contexte budgétaire ivoirien.
3.1.1. Mesures prises au plan international et
régional
Le FMI lance l'initiative PPTE en 1996 (renforcée en
1999) en réponse au constat fait par la communauté internationale
(plans Baker et Brady) que la crise de la dette ne pourra se résoudre
que par une annulation de celle-ci. Cette initiative est un dispositif global
de réduction de la dette des pays pauvres très endettés
qui appliquent des programmes d'ajustement macroéconomiques et des
réformes structurelles appuyés par le FMI et la Banque Mondiale.
L'objectif visé est de ramener la charge de la dette à un niveau
soutenable.
La Côte d'Ivoire fait partie des pays ayant
adhéré à cette initiative compte tenu de son niveau
d'endettement : les informations récentes révèlent un
niveau de la dette publique qui reste encore élevé se chiffrant
à plus de 7 000 milliards Fcfa (cf. tableau 4). Aussi
l'allègement attendu du PPTE, qui devra réduire à terme la
dette de 23,6% (environ 3 005 milliards Fcfa), est-elle une
opportunité à saisir par le Gouvernement, en vue de la
réaffectation de cette somme notamment au financement des besoins des
secteurs sociaux.
Tableau 4 : niveau de la dette publique de
la Côte d'Ivoire de 2003 à 2008
en milliards de francs CFA
|
2003
|
2004
|
2005
|
2006
|
2007
|
2008
|
Dette intérieure
|
917,6
|
1 240,4
|
1 114,2
|
1 232,1
|
1 151,9
|
1 284,2
|
BCEAO
|
245,6
|
229,0
|
202,8
|
181,9
|
174,7
|
183,0
|
Banques commerciales
|
203,7
|
309,0
|
291,4
|
297,9
|
348,5
|
296,2
|
Secteur non bancaire
|
468,4
|
702,4
|
620,0
|
752,2
|
628,7
|
805,0
|
Dette extérieure
|
5 723,3
|
6 050,6
|
6 210,0
|
6 368,0
|
6 382,5
|
6 209,9
|
Multilatéraux
|
2 052,7
|
1 842,0
|
1 904,2
|
1 896,3
|
1 791,5
|
1 749,4
|
Bilatéraux
|
2 425,8
|
2 825,3
|
2 947,6
|
3 030,5
|
3 170,4
|
3 068,2
|
Etablissements financiers privés
|
1 217,1
|
1 220,3
|
1 305,5
|
1 378,2
|
1 291,5
|
1 247,5
|
Autres
|
27,7
|
163,0
|
52,7
|
63,0
|
129,1
|
144,8
|
Total de la dette
|
6 641,0
|
7 291,0
|
7 324,2
|
7 600,1
|
7 534,4
|
7 494,1
|
Source : MEF/DCPE/
Ainsi, le Gouvernement ivoirien a adopté son Document
de Stratégies pour la Réduction de la Pauvreté (DSRP) et a
atteint le point de décision de l'Initiative PPTE dans le courant du
premier trimestre de l'année 2009.
Les efforts sont entrepris pour l'atteinte du point
d'achèvement en vue de permettre un allègement intégral de
la dette convenue entre les parties. Et cela d'autant plus qu'à ce
stade, le pays bénéficiera en plus des mesures l'Initiative
d'Allègement de la Dette Multilatérale (IADM) qui devrait
réduire la dette de 1 024 milliards Fcfa (2 048,2 millions $
US dont 1 724,4 millions $ US pour l'IDA ; 311,6 millions $ US pour
le FAD et 9,3 millions $ US pour le FMI).
Des conditions sont requises pour l'atteinte du point
d'achèvement à savoir (i) l'exécution satisfaisante des
programmes (FRPC) soutenus par le FMI et la BM ; (ii) l'exécution
satisfaisante des réformes fondamentales convenues au point de
décision ; (iii) l'exécution pendant au moins un an du
DSRP.
S'agissant de cette dernière condition, il est
recommandé une bonne gestion des affaires publiques pour parvenir aux
meilleurs résultats dans le cadre de l'Initiative PPTE, comme l'indique
le FMI17(*) :
« la nouvelle approche privilégie les mesures publiques
destinées à permettre aux pauvres de tirer meilleur parti de la
croissance, les programmes de dépenses publiques vont être
redéployés en faveur de ces derniers. Cela devrait se traduire
par une augmentation des dépenses dans les secteurs de l'enseignement et
de la santé primaires, ou de la production et de l'infrastructure
rurale. A cet effet, la manière dont les fonds sont
dépensés importe tout autant que leur volume car une mauvaise
gestion publique réduit l'impact potentiel de la croissance sur la
pauvreté. L'accent est donc davantage mis sur la transparence, la
responsabilité et la qualité de la gestion des affaires
publiques »
Pour ce faire les ministères chargés d'un volet
de la lutte contre la pauvreté sont amenés à
établir comme première activité des Cadres de
dépense à moyen terme (CDMT), instrument permettant de faire le
lien entre les politiques de développement et leur traduction
budgétaire. Aussi, comme l'affirme la Déclaration de Paris de
mars 2005, l'existence d'un CDMT est l'indicateur n°1
d'appropriation des stratégies nationales de développement :
« En 2010, 75 % des pays partenaires devraient avoir des
priorités stratégiques claires se rattachant à un CDMT et
comptabilisées dans les budgets annuels. »
Au niveau régional, le cadre juridique
des finances publiques de la zone UEMOA connaît également une
mutation pour tenir compte des normes internationales, en matière
budgétaire. De nouvelles Directives du cadre harmonisé des
finances publiques ont été adoptées en mars et juin 2009
et prévoient deux (2) phases essentielles : (i) la transposition
des directives au niveau des cadres juridiques nationaux, au plus tard le 31
décembre 2011 ; (ii) l'application intégrale de l'ensemble
des mesures promues par ces Directives au plus tard le 1er janvier
2017 ; avec une période supplémentaire de deux (2) ans pour
les Etats qui le souhaitent, en ce qui concerne l'application des règles
et procédures découlant des principes des droits
constatés.
La Côte d'Ivoire, à l'instar des pays membres de
cette zone, a pour obligation d'adapter son cadre juridique suivant les
dispositions contenues dans les nouvelles directives notamment celles relatives
au passage d'un budget annuel à une programmation pluriannuelle du
budget de l'Etat (cf encadré ci-dessous).
Encadré 2 : quelques dispositions
prévues par la nouvelle Directive de l'UEMOA n°06/2009/CM/UEMOA
portant lois des finances
a) la mise en oeuvre des CDMT ou documents de programmation
pluriannuelle des dépenses, qui doivent accompagner les projets de loi
de finances soumis au vote du parlement. De même, des rapports de
performance et d'analyse des résultats atteints, devra accompagner le
projet de loi de règlement transmis, par la Cour des Comptes à
l'Assemblée nationale.
b) les crédits seront spécialisés par
programmes. Un programme pourra regrouper tout ou une partie des crédits
d'une direction ou d'un service ou d'un ensemble de directions ou de services
d'un même ministère. les crédits seront globalisés
pour permettre au responsable de programme d'avoir une marge de manoeuvre dans
sa gestion, pour atteindre des objectifs et des résultats
spécifiques. Il pourra modifier la nature des crédits pour les
utiliser, s'ils sont libres d'emploi, à l'intérieur d'un
même programme.
c) un document de programmation budgétaire et
économique pluriannuelle (DPBEP)18(*) doit être présenté au Parlement
pour un débat d'orientation budgétaire avant fin juin, puis
présenté en annexe au projet de loi de finances. Ce document
prévoit pour une période d'au moins 3 ans : (i) le niveau global
des recettes attendues de l'État, décomposées par grande
catégorie d'impôts et de taxes et les dépenses
budgétaires décomposées par grande catégorie de
dépenses ; (ii) l'évolution de l'ensemble des ressources, des
charges et de la dette du secteur public ; (iii) la situation financière
des entreprises publiques et, éventuellement, les concours que
l'État peut leur accorder.
3.1.2 Etat des lieux du contexte budgétaire
ivoirien
La situation du contexte budgétaire s'analyse ici
suivant les thématiques de l'évolution macroéconomique, de
la gouvernance et de la gestion des finances publiques.
Evolution récente au niveau
macro-économique
La croissance économique a baissée en 2003
(-1,6%) compte tenu des effets de la crise de 2002. Elle connaît ensuite
une évolution positive au cours de la période 2004-2008 avec un
taux annuel moyen de 1,3 % (bien en dessous des taux enregistrés (4%)
dans les autres pays de l'UEMOA). L'inflation qui avait été
maintenue à un niveau acceptable s'est fixée à 6,3% en
2008, suite à la crise alimentaire.
Graphique 1 : Evolution de la croissance et
de l'inflation de 2003 à 2008

Source : MEF/DCPE
Au niveau de l'évolution des agrégats des
finances publiques, on note comme l'indique le graphique 2 que le solde
budgétaire en % du PIB connaît une nette amélioration
passant de -2,6% en 2003 à -0,4% en 2008. Quant au solde primaire de
base en % du PIB, il enregistre une évolution inverse : de 0,8% en
2004 il décroît chaque année pour se situer à -0,8%
en 2008. Les recettes et dépenses totales se situent entre 18% et 21% du
PIB.
La courbe des dépenses primaires se confond
presqu'à celle des recettes totales montrant ainsi que sans appui
budgétaire, la Côte d'Ivoire éprouverait des
difficultés à financer ses besoins.
Graphique 2 : Evolution des agrégats des
finances publiques de 2003 à 2008
Source : MEF/DCPE
Situation de la gouvernance en Côte
d'Ivoire
La période d'instabilité politique et de conflit
a entraîné une détérioration de la gouvernance et de
la transparence dans les affaires de l'Etat. En effet, l'indice de Perception
de la Corruption (IPC)19(*) de Transparency International chute d'un niveau de
3,3 en 1998 à un niveau situé ces dernières années
autour de 2,0. Cette évolution peut être approximée par une
fonction polynomiale de degré 6 comme le montre le graphique
ci-après.
Graphique 3: Evolution de l'indice de
perception de la corruption en Côte d'Ivoire de 1998-2009

Source : Transparency International
Avec ces niveaux de l'IPC, la Côte d'Ivoire est
classée parmi les pays ayant les plus faibles performances en
matière de bonne gouvernance. Le diagnostic effectué dans le DSRP
révèle en la matière plus de dysfonctionnements que
d'acquis (cf tableau ci-après).
Tableau 5 : Les avancées et les
dysfonctionnements de la gouvernance en Côte d'Ivoire
|
Acquis
|
Dysfonctionnements
|
Gouvernance politique et institutionnelle
|
- Création de plusieurs institutions (SNGRC, CEI,
CNDHCI, CICG) et sites web des principales institutions
- Retransmission en direct (radio et télévision)
des débats parlementaires
- Mise à disposition d'assistants aux groupes
parlementaires
|
- la majorité de la population (plus de 65%) n'est pas
satisfaite du respect des textes qui régissent la nation et du sens de
responsabilité dans la gestion des affaires de l'Etat ;
- plus de 40% de la population estime que l'utilisation des
médias d'Etat limite dans les conditions actuelles le droit à
l'information et que le droit à la différence politique n'est pas
effectif
- faible participation, manque d'organisation et de
crédibilité et instrumentalisation par les pouvoirs publics de la
société civile
- absence d'un cadre formel d'intervention de la
société civile dans les actions de développement
- faible accès des populations aux médias d'Etat
et à l'information de qualité
|
Gouvernance administrative
|
- Déconcentration des services publics
- Mise en place des entités
décentralisées
- Existence d'infrastructures notamment dans les domaines de
l'éducation, de la santé, de la sécurité et de la
justice
- Qualité de la formation des personnels de la
santé et de l'éducation reconnue par la population
|
- la majorité de la population (plus de 70%) n'est pas
satisfaite des prestations de l'administration et de la qualité du
service public ;
- plus de 50% de la population ne sont pas satisfaites des
prestations médicales et des services scolaires et universitaires
- Mauvaise régulation des rapports de l'exécutif
avec les autres institutions
- faible participation citoyenne
- inobservance du devoir de rendre compte aux populations
- mauvaise organisation et animation des services de l'Etat
- insuffisance des capacités technique et
professionnelle de certains agents
- forte mobilité des ressources humaines
- communication embryonnaire ou inexistante entre
l'Administration et les usagers et à l'intérieur de
l'Administration.
- chevauchement de certaines attributions inter et intra
ministérielles et entre les départements ministériels et
les structures de l'Etat
- démotivation générale des
fonctionnaires du fait de la faiblesse des rémunérations ;
de l'insuffisante prise en compte de la compétence dans la promotion aux
hautes fonctions de l'Administration publique ; de l'octroi
sélectif des primes et du blocage des salaires.
|
Gouvernance judiciaire
|
- Existence d'une juridiction suprême, de 3 cours d'appel,
de 34 tribunaux, de 33 établissements pénitentiaires, 3 centres
d'observation et un centre de rééducation pour les mineurs
- L'appareil judiciaire enregistre des moyens humains : des
magistrats aux maîtres d'éducation surveillée
|
- difficultés d'accès des populations à
la justice du fait de la cherté des prestations, de l'éloignement
des services judiciaires, et de la méconnaissance de la loi, du droit et
des procédures judiciaires
- Lenteur excessive dans l'examen et la délivrance des
actes et importants retards dans l'exécution des décisions
- non mise en place de la Haute Cour de Justice et des
juridictions suprêmes prévues par la Constitution (Cour de
Cassation, Conseil d'Etat et la Cour des Comptes)
- absence d'indicateurs de performance et de suivi de
l'activité judiciaire
- corruption et racket dans le milieu judiciaire
- manque de contrôle de l'activité
gouvernementale par le pouvoir judiciaire
|
Gouvernance économique
|
- Gestion électronique du circuit des opérations
budgétaires par la mise en place du SIGFIP : nouvelles
possibilités de contrôle, de transparence et d'efficacité
au profit des acteurs
- Existence d'un module spécifique du SIGFIP permettant
le contrôle de l'obligation de passer un marché public à
partir d'un seuil de dépense
- Existence des structures de contrôle
budgétaire : Inspection Générale des Finances,
Cellule de revue des dépenses publiques, Direction du Contrôle
Financier
|
- la majorité de la population (85%) n'est pas
satisfaite de la gouvernance économique, notamment de la rigueur et la
transparence dans la gestion des finances publiques, la lutte contre le
chômage et la rationalisation du niveau de vie de l'Etat;
- Fonctionnement insuffisant de l'administration publique dans
ses institutions et mécanismes de contrôle
- Manque de culture de suivi évaluation dans les modes
de gestion des affaires publiques
- forte suspicions de mauvaise gestion des ressources
parafiscales et de corruption dans les filières économiques
libéralisées (café/cacao, etc.)
|
Source : DSRP, version finale (2009) ; INS
(2006)
Situation de la gestion des finances
publiques
La performance du système de finances publiques est
globalement faible, selon les critères de la Revue de la gestion et du
système des finances publiques (PEMFAR20(*)) réalisée de novembre 2007 à
juin 2008. Cette évaluation a montré l'existence d'insuffisances
dans le domaine (i) de l'exhaustivité et de la crédibilité
du budget, (ii) dans l'exécution du budget et (iii) au niveau du
contrôle ainsi que (iv) du système de passation des marchés
publics.
Graphique 4 : Gestion des finances publiques.
Comparaison de la Côte d'Ivoire avec le Benin, le Burkina Faso et le
Mali
Source : Rapports publiés dans le site
www.pefa.org.
Note : Correspondances des notes : 3 =
« A » ; 2,5 = « B+ » ; 2 =
« B » ; 1,5 = « C+ » ; 1=
« C » ; 0,5= « D+ » ; 0 =
« D »
Pour relever ces défis majeurs en vue d'une gestion des
finances publiques efficace et transparente nécessaire dans la mise en
oeuvre des politiques nationales, les autorités ivoiriennes ont alors
adopté, entre autres, un plan d'actions pour la réforme des
finances publiques dont l'un des axes consiste à mettre
en place un cadre de dépenses à moyen terme
(CDMT) cohérent avec la consolidation des progrès accomplis dans
la gestion macroéconomique et dans lequel devront s'inscrire
l'accroissement du niveau des dépenses pro pauvres.
La mise en oeuvre de la réforme est conduite par le
Ministère de l'Economie et des Finances (Comité de Mise en OEuvre
du Plan de Réforme des Finances Publiques créé le 29
juillet 2009 et modifié en août 2009) avec l'appui des partenaires
techniques et financiers (FMI, BAD, BM, UE, UNICEF). L'Union Européenne
à travers le Projet d'appui à la Mise en OEuvre du Plan de
Réforme des Finances Publiques, s'occupe particulièrement du
volet Mise en place du CDMT.
3.2. Introduction du CDMT en Côte d'Ivoire
Pour appréhender de manière pratique la mise en
place du CDMT en Côte d'Ivoire, une enquête a été
menée durant le mois de juin 2010 auprès d'un certain nombre de
structures concernées par cette action (la liste des personnes
rencontrées est en annexe). Ce sont :
- le Projet d'Appui de l'Union Européenne ;
- la Cellule de Réformes Budgétaire et de
Modernisation de la Gestion Publique de la Direction Générale du
Budget et des Finances ;
- la Direction des Affaires Administratives et
Financières des Ministères de la Lutte contre le SIDA, de la
Santé et de l'Hygiène Publique, du Supérieur et de la
Recherche ;
- la structure en charge des projets et de la Task Force du
Ministère de l'Education Nationale et du Ministère de la
Formation Professionnelle et Technique ;
- la Chambre des Comptes ;
- le Service Statistique de la Direction
Générale du Trésor et de la Comptabilité
Publique ;
- le Secrétariat Permanent de suivi du DSRP ;
- la Direction de la Programmation des Investissements Publics
de la Direction Générale du Plan ;
- la Direction du Contrôle financier.
Les informations recherchées auprès de ces
structures portent sur les motivations qui ont favorisé l'introduction
du processus du CDMT, le niveau de connaissance et l'appréciation
générale de ces nouveaux outils budgétaires, les
activités menées dans ce cadre (formations, travaux
d'élaboration, les appuis techniques, etc.) et les difficultés
rencontrées ainsi que les recommandations pour que les CDMT connaisse un
succès en Côte d'Ivoire.
Les données collectées permettent de structurer
cette partie autour de trois points : l'approche méthodologique,
l'analyse du processus et les enjeux et défis.
3.2.1. Approche méthodologique
L'introduction du CDMT dans la préparation du budget a
suivi des étapes qui se présentent comme suit :
i. lancement du processus du CDMT :
Le processus du CDMT a débuté par l'organisation
d'un séminaire de lancement et de formation organisé par le MEF
et animé par des consultants extérieurs en décembre 2009.
Ce séminaire a permis de placer le CDMT dans le cadre global
d'exécution du DSRP et a posé les bases de l'introduction du CDMT
à savoir le contexte, la définition, la méthodologie
d'élaboration, les principaux acteurs. Il a vu la participation de tous
les ministères et des partenaires techniques et financiers
Des ateliers complémentaires de formation et de
sensibilisation vont suivre ce séminaire à l'initiative d'autres
structures (DPIP, AFRITAC de l'Ouest, etc.) avec l'appui financier et technique
des partenaires au développement.
Ainsi on note que le CDMT est promu par les nouvelles
directives de l'UEMOA de mars et de juin 2009. Celles-ci sont en phase avec les
nouvelles politiques du FMI et de la BM en matière de gestion
budgétaire. En Côte d'Ivoire, l'approche adoptée est de
faire un projet pilote qui concerne cinq ministères regroupés
dans les secteurs éducation et santé et l'étendre ensuite
à d'autres.
ii. Lancement de l'élaboration des CDMT
dans les secteurs pilotes (Santé, Education) :
Au début plusieurs consultants externes ont
animé des séances de formation (qui n'ont pas toujours atteint
leurs objectifs car les ateliers accueillaient un nombre pléthorique de
d'auditeurs) avec chacun une méthodologie d'élaboration des CDMT
ministériels.
En février 2010, un atelier a été
organisé pour le renforcement des capacités des acteurs des
secteurs de la santé21(*) et de l'éducation22(*). Cet atelier a permis
d'adopter une méthodologie et une feuille de route d'élaboration
des CDMT sectoriels (ministériels), d'identifier les besoins en termes
d'appui technique, matériel et financier et de mettre en place des
équipes comprenant des experts (notamment du Projet d'appui de l'Union
Européenne) et personnes ressources provenant des directions
administratives et financières ou de planification et évaluation
des différents ministères concernés.
iii. Constitution des équipes de
travail
Les équipes de travail comprennent (i) un noyau de 5
à 10 personnes ressources au sein du ministère provenant de
structures en charge de l'élaboration de stratégies ou plans
sectoriels et/ou du budget ; (ii) un ou plusieurs consultants
internationaux ou nationaux.
Le travail des équipes nationales était de
déterminer les objectifs et la nomenclature des programmes,
d'élaborer les tableaux financiers et les projections d'une part et
d'autre part de rédiger l'argumentaire pour le plaidoyer.
L'appui des consultants consiste à mettre à
disposition des guides méthodologiques, d'outils techniques et de
certaines données nécessaires. Ils aident également les
équipes nationales dans l'exercice de projections budgétaires,
d'élaboration de la cartographie des acteurs et de confection des
tableaux financiers.
L'ampleur des tâches à accomplir et le temps
imparti exigeaient que les équipes nationales travaillent à temps
complet. Ce ne fut cependant pas le cas dans certains ministères du fait
que la plupart de ces ressources humaines étaient dans le même
temps affectées à d'autres activités. Ainsi
l'élaboration des CDMT est apparue comme une tâche
supplémentaire reposant en grande partie sur les consultants nationaux.
De même les arrêtés ministériels pour disposer d'un
cadre formel dans lequel s'exercent les travaux des équipes nationales
ne sont pas pris.
iv. Mise en place du cadre
institutionnel
Le cadre institutionnel de mise en oeuvre du processus CDMT en
Côte d'Ivoire est crée par l'arrêté du Ministre de
l'économie et des finances en date du 16 avril 201023(*). Il comprend un comité
de pilotage (présidé par le directeur de Cabinet du Ministre de
l'Economie et des Finances), une commission de supervision
(présidée par le Directeur Général du Budget et des
Finances), un secrétariat technique (comprenant des membres permanents
et non permanents) et des comités sectoriels (cf figure
ci-après).
Figure 2 : Cadre institutionnel de mise en
oeuvre du processus CDMT en Côte d'Ivoire
COMITE DE PILOTAGE
Mission principale : superviser la mise en oeuvre du
CDMT dans le processus de la GAR
Niveau 1
Organe de décision
Structures représentées : MEF, MEMPD,
Ministères Sectoriels, DGDI, PARFP/UE, STP-DSRP, Cour des Comptes
COMMISSION DE SUPERVISION
Mission principale : coordonner, superviser et valider
les travaux du Secrétariat technique
Niveau 2
Organe d'aide à la prise de
décision
Structures représentées : MEF, PARFP/UE,
STP-DSRP, CC, Comités sectoriels
SECRETARIAT TECHNIQUE
Mission principale : veiller à la mise en
oeuvre du processus CDMT et de la méthode GAR
Niveau 3
Organe technique central
COMITES SECTORIELS
Mission principale : Elaborer les projets CDMT
sectoriels et des budgets programme et les mettre en oeuvre
Niveau 4
Organe technique
ministériel/sectoriel
Structures représentées : Ministères
Sectoriels, Points focaux DSRP, Secrétariat Technique
Structures représentées :
Permanents : CRBMGP, DTI, DBE, DAS, DPSB
Non permanents : DCP, DPIP, DP, DCPE, BCEAO, INS
Source : Arrêté n°197/MEF/DGBF du 16
avril 2010. Compilation de l'auditeur
Ce nouveau cadre institutionnel fait cependant l'objet de
critiques notamment de la part des structures non permanentes qui estiment que
leur rôle dans la chaîne d'élaboration du budget n'est pas
suffisamment perçu par le MEF. Toutes choses qui mettent en relief la
persistance des incompréhensions qui ont eu cours au début de la
mise en place du CDMT.
v. Elaboration des CDMT
ministériels
En général l'élaboration des CDMT
ministériels suit le schéma suivant : L'équipe au
sein du ministère s'organise pour faire les travaux selon une approche
besoin (sans cadrage budgétaire) sur la base d'une méthodologie
de travail. Le consultant national ou international est sollicité pour
un appui technique. Les travaux font ensuite l'objet de restitution interne (au
niveau de chaque ministère) pour la validation des axes
stratégiques, des objectifs, de la nomenclature des programmes et des
indicateurs de résultats. La validation interne est suivie par
l'élaboration des tableaux financiers qui sont ensuite transmis au MEF.
Le délai pour finaliser les CDMT ministériels était
fixé au 30 juin 2010.
Les travaux ont nécessité la mise à
disposition des données issues de la Direction de la Solde
(données sur le personnel), du SIGFIP (qui contient 80% des informations
sur les dotations et l'exécution budgétaires), des plans
d'actions prioritaires du DSRP (mesures nouvelles), du RICI-EPN (données
sur les EPN gérées par la DGTCP), du SINAPSE (données sur
le PIP gérées par la DPIP), des plans et comptes nationaux
sectoriels (PNDS, RESEN, CNS), de l'INS, et des bailleurs de fonds
(données non retracées dans le cycle budgétaire).
Cette collecte d'informations a été
facilitée par la bonne collaboration des structures cependant des
difficultés sont apparues en ce qui concerne (i) les données
prévisionnelles en matière du financement extérieur des
projets et activités du ministère ; (ii) les données
du personnel (elles ne sont dans la forme souhaitée) ; (iii) la
fiabilité des données (le MEN a été
confronté à ce problème).
Par ailleurs des instruments techniques ont été
confectionnés par les consultants (notamment de l'UE) pour
réaliser le travail demandé : à l'aide du logiciel
ACCESS, un système de gestion de données a été
élaboré pour loger les données importées du SIGFIP.
De même par le biais du tableur Excel, les projections ont
été possibles à travers des tableaux financiers contenant
les hypothèses et formules de calcul.
vi. Validation des CDMT
ministériels
Cette étape est en cours. Des réunions sont
organisées par le Secrétariat technique (cf cadre institutionnel
ci-dessus) pour apprécier l'évolution des travaux.
Les différentes étapes (et celles à
venir) peuvent être résumées comme suit :
Figure 3 : Etapes de l'introduction du CDMT dans
le budget de l'Etat
Etape 2 :
Lancement de l'élaboration des CDMT pilotes (Santé
et Education)
Etape 1 :
Lancement du processus du CDMT : présentation des
CDMT
Etape 3 :
Constitution des équipes de travail et des appuis
techniques
Etape 4 :
Adoption du cadre institutionnel de mise en oeuvre du CDMT
Etape 7* :
Elaboration du Budget de l'Etat et prise en compte des CDMT
ministériels
Etape 8* :
Validation par le Parlement du Budget de l'Etat y compris des
CDMT ministériels
Etape 6 :
Validation des CDMT ministériels par le MEF (cadre
institutionnel)
Etape 5 :
Elaboration des CDMT ministériels et transmission au MEF
(cadre institutionnel)
Source : Données de l'enquête
réalisée par l'auditeur, juin 2010. (*) Étapes à
venir
3.2.2. Analyse du processus
Le processus du CDMT s'analyse selon les expériences
des pays notamment d'Afrique occidentale francophone, le contexte
budgétaire et financier ivoirien et les étapes d'introduction de
ces outils précédemment développés. Celle analyse
utilise à cet effet une matrice FFOM pour dégager les facteurs
qui sont susceptibles d'influer positivement ou négativement la mise en
place du CDMT.
Tableau 6 : Facteurs susceptibles d'influer la
mise en place du CDMT en Côte d'Ivoire
Thématique
|
Forces et opportunités
|
Faiblesses et menaces
|
Gouvernance
|
Existence d'un cadre institutionnel de mise oeuvre des cadres
de dépenses à moyen terme (CDMT) dans le processus de la gestion
axée sur les résultats (GAR)
Mise en place des CDMT : conditionnalité pour
l'atteinte du point d'achèvement (pression des bailleurs de fonds)
|
Perception d'une corruption généralisée
dans l'administration publique
Incompréhension entre les acteurs du système
budgétaire au niveau central
Absence de sanctions/récompenses
Faible appropriation de la réforme par les acteurs
Absence de l'obligation de rendre compte
Leadership national pas suffisamment assuré tant au
niveau central que sectoriel par les structures chargé du budget
|
Gestion des finances publiques
|
Adoption d'un plan de réformes des finances publiques
et mise en place du comité de mise en oeuvre de ce plan
Mise en oeuvre avec l'appui des bailleurs de fonds (BM, PNUD,
FMI, UE) de programmes, projets et mesures relatifs aux finances publiques
Nouvelles Directives de l'UEMOA
|
Mauvais fonctionnement du système budgétaire
actuel :
· budget peu crédible ;
· faible prévisibilité et contrôle de
l'exécution du budget ;
· comptabilité et enregistrement des états
financiers peu performant ;
· surveillance et vérification externe de
l'exécution budgétaire insatisfaisantes ;
· insuffisances constatées dans le système
des marchés publics
|
Capacités opérationnelles
|
Appui technique et financier des partenaires au
développement (UE, PNUD, FMI, BAD, BM, etc.)
Existence d'instruments de prévision de recettes et des
dépenses assez performants
|
Absence de financement des activités
d'élaboration des CDMT ministériels (dépendance totale de
l'appui financier des partenaires)
Absence d'un cadrage budgétaire encadrant
l'élaboration des CDMT ministériels
Faiblesse des capacités des équipes nationales
(humaines et matérielles et institutionnelles)
Absence d'un guide officiel d'élaboration du CDMT
ministériel
Absence de motivation des membres des équipes
nationales
Incompréhension des acteurs du processus CDMT qui est
un nouvel exercice
Absence d'outils développés
spécifiquement pour l'élaboration des CDMT ministériels
|
Système d'information
|
Existence de sources d'informations (SIGFIP, SIGFAE, ASTER,
SINAPSE, RICI-EPN, INS, Direction de la Solde, etc)
|
Insuffisance et manque de fiabilité de certaines
données statistiques
Difficulté d'accès aux sources de données
en particulier celles des partenaires au développement
Absence de données notamment financières sur les
projets des ministères (absence de culture du suivi
évaluation)
|
Source : Analyse de l'auditeur.
De ce tableau, on peut déduire des enjeux et
défis de la mise en place des CDMT en Côte d'Ivoire.
3.2.3. Enjeux et défis
Sur la base de l'analyse ci-dessus, on peut
énumérer trois principaux enjeux auxquels se rattachent des
défis.
Le premier enjeu pour le pays est de disposer
d'une culture de performance au sein du
secteur public. Cette culture sera construite progressivement
grâce à une attention plus accrue sur la qualité et
l'efficacité du service public. Cela demande de relever quatre
défis majeurs au niveau de l'administration publique :
- lutte contre la corruption
- gestion efficace des ressources humaines de
l'Etat
- mise à disposition des structures
étatiques de moyens matériels suffisants et
adaptés
- instauration de la culture de l'obligation de
rendre compte et du suivi évaluation dans les agences
étatiques
Le second enjeu est de disposer d'un
système de gestion des finances publiques jugé satisfaisant
par l'ensemble des parties prenantes au niveau national et
international. Des mesures sont déjà entreprises par le
Gouvernement pour assainir les bases du système en relevant un certain
nombre de défis. On peut ajouter à ces derniers, quelques
challenges spécifiques au CDMT :
- affirmation d'une volonté politique
partagée par l'ensemble du Gouvernement ;
- renforcement du cadre légal et
réglementaire propice au développement des nouveaux outils de
programmation budgétaire ;
- appropriation des mesures de la réforme
des finances publiques par les acteurs nationaux du système
budgétaire ;
- renforcement des relations entre le MEF et tous
les autres acteurs (nationaux et PTF).
Le troisième enjeu est de disposer d'un
système de données fiables permettant non seulement
d'élaborer les CDMT mais surtout d'évaluer l'impact de sa mise en
place sur les conditions de vie des populations. Les défis à
relever sont les suivants :
- renforcement des systèmes de production
et de gestion des données ;
- production et diffusion régulière
(via internet) des informations chiffrées ;
- traçabilité des données
financières des bailleurs de fonds dans le budget de
l'Etat.
Conclusion partielle
La revue du système de gestion des finances publiques
réalisée par les PTF (FMI, BM, UE, BAD) a mis en exergue des
insuffisances dans la gestion budgétaire en Côte d'Ivoire. Aussi
le Gouvernement ivoirien a t-il pris des mesures pour palier à cette
situation. L'une de ces mesures est l'introduction progressive du processus du
CDMT dans le cycle budgétaire. Cette nouvelle orientation du budget est
par ailleurs celle que prône actuellement l'UEMOA obligeant de ce fait
les pays membres à adapter leur cadre juridique en matière de
finances publiques avant 2017 conformément aux dispositions des
Directives de mars et juin 2009.
L'Etat de Côte d'Ivoire a donc amorcé le
processus du CDMT dans le cadre de la préparation du budget 2011, en
optant pour l'élaboration des CDMT ministériels dans les secteurs
pilotes de la santé et de l'éducation. Cette première
expérience a suivi une succession d'étapes allant de
l'organisation des ateliers et séminaires de formation à la
validation des tableaux financiers élaborés par les
équipes nationales avec un appui technique et financier des PTF
(consultance, mission d'appui technique, financement d'ateliers, etc).
Les leçons tirées de cette expérience et
l'analyse du contexte budgétaire et financier permettent de
dégager trois principaux enjeux et onze défis à relever
dans le cadre de la mise en place des CDMT.
CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS
Les CDMT en tant que instruments de programmation
budgétaires pluriannuels résultent des réflexions des
économistes et des praticiens relativement à l'efficacité
de l'action publique (politique budgétaire) qui devrait permettre dans
le contexte actuel d'atteindre les OMD et de réduire la pauvreté.
En effet, en favorisant l'utilisation de l'approche de la Gestion axée
sur les Résultats (GAR) comme un élément clé du
processus, les CDMT mettent un accent sur une gestion transparente,
participative, efficace et performante du budget.
Ces nouveaux outils représentent une avancée
significative par rapport aux pratiques budgétaires traditionnelles car
ils assurent le lien entre politiques et budget ainsi que le lien entre
dépenses et performances : le processus de ventilation des
ressources budgétaires débute par la définition du cadre
macro-budgétaire et fini par l'évaluation des performances
réalisées dans la mise en oeuvre des budgets programmes.
Plusieurs pays dans le monde ont ainsi opté pour le
passage du budget annuel selon les moyens à un budget pluriannuel
basé sur les résultats. La mise en place de ces outils dans les
pays de l'OCDE va entraîner une refonte des documents et des
procédures concernant le budget central (Australie,
Nouvelle-Zélande, France) et l'amélioration des pratiques
existantes par l'ajout de projets stratégiques et de Rapports annuels
(Etats-Unis, Canada).
Au niveau des pays africains, en dehors des pays qui ont
conduit eux-mêmes le changement (Afrique du Sud, Ouganda), on enregistre
des résultats peu encourageants. Les principales causes d'échec
citées sont le non respect les contraintes macro-économiques, la
faible implication des décideurs et la complexité du projet
initial.
Le « tâtonnement » observé
dans ces pays au début de la mise en oeuvre du processus, ne doit pas
cependant occulter les avantages qu'apportent ces instruments dans la gestion
publique, car il est à souligner que la réforme de la gestion
budgétaire axée sur les résultats est encore
récente et ses pleins effets sont encore à venir.
Par conséquent ces instruments peuvent aider la
Côte d'Ivoire qui à la suite des insuffisances constatées
dans sa gestion budgétaire a entrepris d'introduire progressivement le
processus du CDMT dans le cycle budgétaire. Cette nouvelle orientation
du budget est par ailleurs celle que prône actuellement l'UEMOA obligeant
de ce fait le pays à adapter son cadre juridique en matière de
finances publiques avant 2017 conformément aux dispositions des
Directives de mars et juin 2009.
Ainsi dans le cadre de la préparation du budget 2011,
la première expérience dans les secteurs pilotes de la
santé et de l'éducation a suivi une succession d'étapes
allant de l'organisation des ateliers et séminaires de formation
à la validation des tableaux financiers élaborés par les
équipes nationales avec un appui technique et financier des PTF.
Les leçons tirées de cette expérience et
l'analyse du contexte budgétaire et financier permettre de
dégager trois principaux enjeux de la mise en place des CDMT en
Côte d'Ivoire : (i) une culture de performance au sein
du secteur public ; (iii) un système de
gestion des finances publiques jugé satisfaisant ; (iii) un
système fiable de gestion de données. Des
défis importants sont à relever pour y parvenir à savoir
:
- l'affirmation d'une volonté politique partagée
par l'ensemble du Gouvernement ;
- la lutte contre la corruption ;
- l'instauration de la culture de l'obligation de rendre
compte et du suivi évaluation dans les agences
étatiques ;
- le renforcement du cadre légal et
réglementaire propice au développement des nouveaux outils de
programmation budgétaire ;
- l'appropriation des mesures de la réforme des
finances publiques par les acteurs nationaux du système
budgétaire ;
- la gestion efficace des ressources humaines de
l'Etat ;
- la mise à disposition des structures étatiques
de moyens matériels suffisants et adaptés ;
- le renforcement des relations entre le MEF et tous les
autres acteurs (nationaux et PTF) ;
- le renforcement des systèmes de production et de
gestion des données ;
- la production et diffusion régulière (via
internet) des informations chiffrées ;
- la traçabilité des données
financières des bailleurs de fonds dans le budget de l'Etat.
Aussi des recommandations sont faites à l'ensemble des
parties prenantes. Elles s'énumèrent comme suit :
· Au Gouvernement
- s'impliquer davantage dans la mise en place du CDMT et
promouvoir la culture du résultat et de l'obligation de rendre compte
comme des éléments clés du développement du pays
;
- Mettre en place des contrats de performance entre le
Gouvernement et les ministres ;
- Appliquer des mesures pour sanctionner ou récompenser
les agents de l'Etat ;
- Promouvoir davantage la discipline et la rigueur dans le
travail ainsi que le mérite (notamment par appel à candidature)
dans le choix des hauts responsables de l'administration publique.
· Au Ministère de l'Economie et des
Finances
- Assurer efficacement le leadership du processus du CDMT en
Côte d'Ivoire ;
- Mettre en place des guides méthodologiques
d'élaboration du CDMT global et du CDMT ministériel ;
- Renforcer le système d'information et de production
des données financières ;
- Donner mandats aux DAAF pour la conduite du processus du
CDMT au niveau ministériel ;
- Mettre en oeuvre un plan de communication et de formation de
l'ensemble des acteurs du système budgétaire (administrations
centrale, déconcentrée et décentralisée ;
société civile ; médias)
- Adapter le cadre juridique national en y incorporant des
textes sur la responsabilité des acteurs
· Au Ministère d'Etat,
Ministère du Plan et du Développement
- Renforcer les capacités des acteurs en matière
d'élaboration et de suivi évaluation de projets/programmes,
d'outils de planification et de projection ;
- Mettre en place une forte capacité d'analyse
sectorielle en collaboration avec le MEF.
· Aux autres Ministères
techniques
- Améliorer le management des cabinets
ministériels par la préparation et le suivi des stratégies
sectorielles ainsi que l'organisation et la bonne utilisation des ressources
humaines disponibles ;
- Assurer un renforcement continu des compétences des
agents du ministère et mettre à leur disposition des moyens
matériels et logistiques ;
- Mettre en place des contrats de performance entre le
Ministre et les responsables des projets et programmes du
ministère ;
- Formaliser le cadre de mise en oeuvre des activités
des équipes ministérielles en charge des questions liées
au développement du CDMT
· Aux Partenaires techniques et
financiers
- Renforcer la relation et la synergie d'action dans les
interventions relatives aux finances publiques en général, et au
CDMT en particulier ;
- Fournir les informations sur les APD nécessaires
à la préparation des CMDT global et ministériel ;
- Renforcer les appuis techniques et financiers.
BIBLIOGRAPHIE
Ouvrages
ECALLE François, Maîtriser
les finances publiques! Pourquoi, comment ?, Economica, 2005, 345
pages.
Revues & articles
McADAM R. (2000). « Quality models
in an SME context: A critical perspective using a grounded
approach ». International Journal of Quality and Reliability
Management, 17(3), 305-323.
LA LETTRE DU RESEAU, n° 17 - Mars 2008,
le dossier du mois : l'évolution du dialogue des réformes
des finances publiques en Zone franc, pp 3-4.
LE HOUEROU P. et TALIERCIO R. (2002), Medium
Term expenditure Frameworks: from concept to practice.
Preliminary Lessons from Africa. Africa Region Working Paper
Series No28, World Bank.
LEMAK D.J., REED R. (1997), "Commitment to
total quality management: is there a relationship with firm performance",
Journal of Quality Management, Vol. 2 No.1, pp.67-86.
LEWIS W.G., PUN K.F. and LALL T.R.M. (2006),
« Exploring soft versus hard factors for TQM implementation in small
and medium-sized enterprises », International Journal of
Productivity and Performance Management, Vol. 55, No. 7., pp. 539-554.
OXFORD POLICY MANAGEMENT (2000), Medium Term
Expenditure Frameworks - panacea or dangerous distraction?, OPM Review
-supporting strategies for economic and social reform, paper 2.
RAFFINOT Marc et BORIS Samuel (2006),
Les cadres de dépenses à moyen terme : un instrument
utile pour les pays à faible revenu ?, STATECO N°100,
pp 106-120
ZOURE Daouda (2010), CDMT et gestion
axée sur les résultats. Défis et enjeux de la mise en
oeuvre dans les pays en Afrique subsaharienne. Expériences du
Bénin, Tchad et Rwanda, Revue Française de Finances Publiques
(RFFP) N°109, pp 215-228
Autres documents
DAYO Tankien (2003), Cadre budgétaire
et ciblage des pauvres : expériences du Burkina Faso. Contribution
à l'atelier sur les questions budgétaires et le calcul du
coût des DSRP, l'analyse de l'impact des politiques sur la
pauvreté et les liens entre commerce international et pauvreté,
Dakar (Sénégal), 24-27 mars 2003.
HOLMES M. et EVANS A. (2003), A review of
experience in implementing medium term expenditure frameworks in a PRSP context
: a synthesis of Eight country studies, Overseas Development Institute (ODI),
pp 44.
REPUBLIQUE DE COTE D'IVOIRE, Stratégie
de Relance du Développement et de Réduction de la Pauvreté
- DSRP, janvier 2009.
ANNEXES
ANNEXE 1
Liste des personnes rencontrées
Nom et prénoms
|
Structure et fonction
|
Adresse et contact
|
M. KRA
|
Direction du Contrôle Financier/ Responsable du personnel
et du matériel
|
Imm. SMGL, 13è étage
Tél : 07 88 28 67
|
M. GONNE Lou Jeannot
|
Direction Générale du Plan/Directeur de la
Programmation des Investissements Publics
|
Alpha 2000, 6è étage
Tél : 20 25 88 65
jgonne15@yahoo.fr
|
M. DIABA Roger
|
Direction Générale du Budget et des
Finances/Cellule des Réformes Budgétaires et de la Modernisation
de la Gestion Publique
|
Tour F, 16è étage
Cel : 07 62 58 06
|
Mme GBAYORO Christelle
|
Direction des Affaires Administratives et Financières du
Ministère de la Santé et de l'Hygiène Publique/Point focal
par intérim du CDMT Ministériel
|
Cité Adm. Tour C, 15è étage Porte 07
Cél : 02 27 13 31
gbchristelle@yahoo.fr
|
M. GUEYO Bié Montan
|
Direction des Affaires Administratives et Financières du
Ministère de la Lutte contre le Sida/ Sous directeur du budget et de la
comptabilité-point focal par intérim CDMT ministériel
|
Tour BICICI, 7è étage
Cél : 01 19 15 46
|
M. BINEY J. Francis et Mme BONNEL Marie
Louise
|
Cellule de Gestion Stratégique du Ministère de
l'Education Nationale/Coordonnateur Task Force et Spécialiste
Suivi-Evaluation Task Force
|
Cité Adm. Tour D, 16è étage, Porte 31
fjbiney@yahoo.fr
bonnelmarielouise@yahoo.fr
Tél : 20 21 11 29
|
MM. DIABY Lanciné, El BAGUIA Allassane et Emile
ALLADE
|
Secrétariat Technique Permanent du DSRP
|
II Plateaux Vallon
Tél : 22 41 43 14
Cél : 47 37 53 76
baguiael@yahoo.fr
Cel : 40 21 30 52
emileallade@gmail.com
|
MM. OSSEY, OUATTARA J.P, BLAKA Joachin, ETTIEN L. et
BALOU
|
Direction Générale du Trésor et de la
Comptabilité Publique/Service de Statistique
|
Imm. DGTCP
|
MM. N'GUESSAN Djeha, BOUADOU Eba Julien, GOBA Daniel et
ADOU Marcelin
|
Chambre des Comptes
|
Tour BICICI, 13è étage
Tél : 20 21 70 27/ 20 21 32 09/20 21 09 34
|
MM. de SCORRAILLE Guy, ASSEMIEN Alain et YAO
Blé
|
Projet d'appui de l'Union Européenne au Plan de
réforme des finances publiques / UE)
|
Immeuble JECEDA, 6è étage
Cél : 44 41 98 58
|
ANNEXE 2
Relations entre cadre macro-économique (y
compris TOFE prévisionnel),
le CDMT global et les CDMT
ministériels
|
t-1
|
t-2
|
t-3
|
t
|
t+1
|
t+2
|
t+3
|
Réalisations
|
Budget
|
Prévisions
|
Cadre macro-économique à moyen
terme
|
|
Secteur réel (équilibre emploi-ressources)
Secteur monétaire
Balance des paiements
Secteur privé et public non administratif
|
|
|
|
|
|
|
|
Tableau des opérations financières de
l'Etat (TOFE) prévisionnel
|
|
Recettes et dons
|
|
|
|
|
|
|
|
Dépenses totales
Personnel
Biens et services
Intérêts
Transferts
Capital
|
|
|
|
|
|
|
|
|
CDMT global
|
Défense
Personnel
Biens, services et transferts
Capital
Santé
Personnel
Biens, services et transferts
Capital
|
|
|
|
|
|
|
|
|
CDMT Ministère de la Santé
|
Administration/Appui
Personnel
Biens, services et transferts
Capital
Soins de santé de base
Personnel
Biens, services et transferts
Capital
Hôpitaux régionaux
Personnel
Biens, services et transferts
Capital
Structures sanitaires universitaires
Personnel
Biens, services et transferts
Capital
|
|
|
|
|
|
|
|
Tourisme
Personnel
Biens, services et transferts
Capital
Etc.
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Déficit / surplus
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Financement
|
|
|
|
|
|
|
|
Source : Daniel TOMMASI, février 2010.
ANNEXE 3
Définitions de quelques concepts
- La gestion axée sur les résultats
(GAR) : elle est une approche de gestion du secteur public dont
l'objectif général est de lier les ressources à des
résultats concrets. De façon spécifique, la GAR vise
à axer le dialogue sur les résultats à toutes les
étapes du processus du développement ; aligner la
programmation, le suivi et l'évaluation sur les résultats ;
assurer la simplicité des méthodes de mesure et des
rapports ; axer la gestion sur l'obtention de résultats ;
utiliser l'information relative aux résultats pour l'apprentissage et la
prise de décisions.
- La budgétisation basée sur la
performance : elle a pour objectif d'accroître
l'efficacité et l'efficience de la dépense publique par un lien
entre le financement du secteur public et les résultats en utilisant
systématiquement l'information sur la performance. En particulier, elle
lie les allocations de fonds à des résultats mesurables de
produits ou d'effets et à des évaluations. Deux
éléments sont constitutifs de la budgétisation par la
performance : un système d'information qui a pour objectif de
présenter les résultats acquis ou prévus et un
système d'acquisition des résultats par la dépense
publique. Des conditions sont indispensables pour assurer une
budgétisation par performance : (i) l'éthique des
gestionnaires publics (compétences et attitudes) ; (ii) la
classification budgétaire (de préférence par programme et
sous-programme) ; (iii) la responsabilité des gestionnaires de
programme (mise en jeu par le gouvernement) et (iv) la responsabilité
des politiques (mise en jeu par un système démocratique
satisfaisant).
- Programme : ensemble
d'activités cohérentes qui utilisent des ressources (input) et
les transforme en biens ou services (production) pour atteindre une situation
désirée (résultat).
- Activité : processus
d'exploitation qui comprend des inputs (ensemble des ressources
affectées au programme : personnel; fonctionnement, investissement)
et des outputs (réalisations).
- La gouvernance : aptitude des
gouvernants à établir et à respecter un contrat de
confiance basé sur la responsabilisation de tous les acteurs au sein de
la société nationale toute entière
- Politique budgétaire : ensemble
des mesures prises par l'Etat pour modifier le montant ou la composition des
recettes et/ou des dépenses publiques. Instruments de la politique
budgétaire : dépenses publiques et recettes
ANNEXE 4
Démarche générale pour
préparer les plafonds de dépense du CDMT global
1. Le TOFE donne une enveloppe globale des ressources. Les
prévisions de recettes du TOFE doivent être réalistes.
2. Une réserve pour imprévus et une
réserve de programmation est déduite de l'enveloppe des
ressources donnée par le TOFE pour obtenir le plafond global de
dépense.
3. Des travaux sectoriels sont conduits pour estimer une
projection ou ligne de référence (baseline) par
ministère correspondant au niveau actuel des activités courantes
et aux projets d'investissement en cours. Le ministère des Finances
procède à la consolidation de ces projections de
référence.
4. Les ministères sectoriels procèdent à
l'identification d'initiatives nouvelles, au suivi des opérations en
cours et au bilan de l'exécution des budgets
précédents.
5. L'écart entre le plafond des dépenses et la
ligne de référence consolidée donne une marge de
manoeuvre.
6. Des économies, sur des programmes/secteurs de
relativement faible priorité, sont identifiées par rapport
à la ligne de référence, ce qui permet d'élargir la
marge de manoeuvre.
7. Cette marge de manoeuvre est répartie par
ministère en fonction des priorités. On obtient ainsi les
projections de dépense du CDMT global. Ces projections sont
établies sur la base des priorités stratégiques du
Gouvernement, en particulier du DSRP. La qualité des initiatives
nouvelles proposées par les ministères doit être prise en
compte dans cet exercice. Toutefois, les décisions sur les
priorités intersectorielles seront en premier lieu basées sur les
priorités stratégiques du Gouvernement, les contraintes issues de
l'existant et la contrainte globale donnée par le TOFE
prévisionnel.
8. Le CDMT global ainsi établi est examiné avec
le TOFE prévisionnel et un document explicitant la politique
budgétaire par les décideurs politiques. Sur cette base les
décideurs décident les plafonds de dépense qui encadrent
la préparation du budget et des CDMT ministériels. Les
deuxième et troisième années du CBMT global, comme des
CDMT ministériels, sont indicatives. L'adoption de plafonds prudents
basés sur des prévisions de ressources réalistes
n'interdit pas un accroissement ultérieur des dépenses, si des
ressources nouvelles sont identifiées.
Par ailleurs pour fixer les plafonds de dépenses, les
principes suivants doivent être respectés :
une séparation du processus de préparation des
prévisions de ressources et celui de la fixation des plafonds de
dépenses sectoriels : cela permet d'avoir des projections de
ressources fiables et des plafonds réalistes, et préserver la
crédibilité du cadre macroéconomique ;
une mise à disposition du ministère des
finances de divers documents, dont les rapports de suivi, la mise à jour
des programmes pluriannuels de dépense préparés
l'année précédente et l'actualisation de la
stratégie des ministères sectoriels ;
une approbation des plafonds par le Conseil des
ministres : Ceci pour garantir d'une part une responsabilité
collégiale au niveau du gouvernement, et d'autre part pour le CDMT
puisse jouer son rôle effectif d'allocation intersectorielle ;
un respect strict des plafonds pour la première
année du CDMT : ce qui augmente la prévisibilité.
Pour les deux dernières années le CDMT ne sera ajusté
qu'en relation avec les changements dans les objectifs et la révision
ceux-ci l'année suivante à la lumière des
résultats
ANNEXE 5
La projection de la ligne de référence du
CDMT Sectoriel t+1 à t+3
La projection de référence correspondra au
niveau des activités existantes. La projection ligne de
référence pour le CDMT t+1 à t+3 sera, alors,
estimée, l'année t, comme suit :
ï Dépenses de personnel : estimation de
la base t corrigée de l'effet en année pleine des recrutements
effectués l'année t et, par année de projection, ajout
à cette base des éléments suivants: (i) estimations de
l'effet cumulé des glissements catégoriels, les années t+1
à t+3; (ii) estimations de l'effet des augmentations de salaires les
années t+1 à t+3, à partir des hypothèses
communiquées par le ministère des finances; (iii)
prévisions de l'impact annuel sur les dépenses de personnel de la
mise en service des projets d'investissement s'achevant les années t+1
à t+3.
ï Dépenses de biens et services : ajout
à la base de l'année t des éléments suivants: (i)
estimation de l'effet cumulé de l'inflation les années t+1
à t+3 à partir des hypothèses communiquées par le
ministère des finances; et (ii) prévisions de l'impact annuel sur
les dépenses de fonctionnement hors personnel de la mise en service des
projets d'investissement s'achevant les années t+1 à t+3.
ï Transferts : prévisions de
l'évolution du coût des transferts actuels, en fonction
des paramètres à définir type de transfert par type de
transfert.
ï Investissement : coûts des tranches
annuelles des années t+1 à t+3 des projets en cours
l'année t
TABLE DES MATIERES
SOMMAIRE
2
DEDICACE
3
AVANT PROPOS
4
REMERCIEMENTS
5
ACRONYMES
6
LISTE DES TABLEAUX, GRAPHIQUES, FIGURES ET
ENCADRES
7
RESUME
8
ABSTRACT
8
INTRODUCTION GENERALE
9
Contexte de l'étude
9
Position du problème
10
Objectifs
12
Méthodologie
12
Plan de l'étude
14
CHAPITRE 1: REVUE DE LITTERATURE
15
1.1. La problématique de l'efficacité
de la politique budgétaire
15
1.2. La problématique de la performance de
la gestion des finances publiques
20
1.3. Contribution récentes sur la
problématique de mise en place du CDMT
24
Conclusion partielle
27
CHAPITRE 2 : A LA RECHERCHE D'UNE PLUS
GRANDE EFFICACITE DE L'ACTION PUBLIQUE
28
2.1. Cadre conceptuel du CDMT
29
2.1.1. Définitions et objectifs du
CDMT
29
2.1.2. Méthodologie
d'élaboration du CDMT
30
2.1.3. Avantages et exigences du CDMT
32
2.2. Processus de mise en oeuvre du
CDMT : expériences dans quelques pays
34
Conclusion partielle
41
CHAPITRE 3 : MISE EN PLACE DU CDMT EN
CÔTE D'IVOIRE
42
3.1. Contexte et justification de l'introduction du
CDMT
43
3.2. Introduction du CDMT en Côte
d'Ivoire
51
3.2.1. Approche méthodologique
52
3.2.2. Analyse du processus
56
3.2.3. Enjeux et défis
57
Conclusion partielle
58
CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS
59
BIBLIOGRAPHIE
63
ANNEXES
65
* 1 Manuel de gestion des
dépenses publiques de la Banque mondiale, 1998
* 2 Oxford Policy Management,
2000
* 3 Zouré , 2010
* 4 OCDE, 2005
* 5 Le Houerou P. et
Taliercio R., 2002
* 6 Public Expenditure
Management and Financial Accountability Review (PEMFAR). Cette revue a
été effectuée de novembre 2007 à juin 2008 avec
l'appui de partenaires au développement (BAD, UE, FMI, BM) et comprend
une évaluation de la gestion des finances publiques et du système
des marchés publics.
* 7 La réforme de
l'emploi passe par la radiation des fonctionnaires fictifs, la réduction
des temporaires, l'application de l'âge limite de la retraite, l'abandon
des pratiques des recrutements sociaux et des avancements automatiques, la
vulgarisation des départs volontaires, les restrictions ou gel des
salaires, les licenciements, la sensibilisation du public, la constitution de
banques de données de personnels, la réaffectation et le
recyclage du personnel, etc.
Quant à la réforme des salaires, elle passe par
la monétisation de tous les avantages annexes et leur intégration
dans les accessoires de salaires, le relèvement du ratio salaire le plus
élevé/salaire le moins élevé à un niveau
supérieur à 12, l'augmentation des salaires par la compression
des effectifs et l'abandon du système de compensation.
* 8 Campos et Pradhan (1996)
; Schick (2001)
* 9 Banque mondiale
(1998) ; Le Houerou & Taliercio (2002) ; Bird (2003) ; ODI
(2005) ; FMI (2007b) ; CAPRI (2008) ; Zouré
(2010)
* 10 TOMMASI D. (2006)
* 11 Les définitions
ci-dessus proviennent du manuel de la Banque Mondiale (1998), des travaux de
Raffinot et Boris (2006) et de Zouré (2010)
* 12 Le budget programmes
(BP) se définit par rapport au budget de moyen .Si le budget de moyen
permet de répondre aux questions qui dépense? Et pour combien ?
Le budget programmes permet de répondre à une troisième
pourquoi faire ? Le BP est structuré généralement autour
de la mission du département ministériel ou de l'institution, des
objectifs attachés à chaque programme (de soutien ou
opérationnel), aux intrants et extrants ainsi qu'aux indicateurs de
performance.
* 13 Entrée en
vigueur de la réforme budgétaire
* 14 Organisé par le
Pôle Stratégies de développement et finances publiques
(Centre régional du PNUD à Dakar) à Dakar, du 18 au 20
novembre 2009, sur le thème « Réforme de la
programmation budgétaire et atteinte des OMD en Afrique de l'Ouest et du
Centre ».
* 15 1960-1965 :
perspectives décennales ; 1967-1970 : 1er plan
quadriennal ; 1971-1975 : 2ème plan
quinquennal ; 1976-1980 : 3ème plan quinquennal et
1981-1985 : 4ème plan quinquennal
* 16 Le premier PAS
qualifié de stabilisation (réduction des dépenses
d'investissement public) est mis en place entre 1981-1983 ; le second de
1984-86 s'est accentué sur la réduction de la masse salariale,
des effectifs de la fonction publique et les mesures de gestion transparente
des finances publiques. Un troisième PAS est adopté en
1989 : les mesures prises portent sur l'assainissement des finances
publiques, un volet important sur la privatisation, le paiement des
arriérés, l'amélioration du recouvrement des impôts
etc
* 17 Extrait du Discours de
M. Eduardo Aninat, Directeur général adjoint du FMI, devant le
Development Policy Forum, Berlin, 15 juin 2000
* 18 Le DPBEP a des aspects
similaires à un document de présentation du CDMT global, bien que
le DPBEP qui sera présenté au Parlement pour le débat
d'orientation budgétaire du deuxième trimestre de l'année
ne présente pas nécessairement l'allocation intersectorielle ou
interministérielle des ressources. Dans ces conditions, pour
éviter la multiplication des documents, il est suggéré que
le document accompagnant les projections de dépense du CDMT global soit
préparé selon le format qui sera retenu pour le DPBEP (voir
annexe 1)
* 19 Cet indice sert
à mesurer le niveau de corruption dans les secteurs publics (sondage
d'opinions des experts). On peut ainsi classer les pays sur une échelle
de 0 à 10 : 0 indiquant un degré de perception de corruption
élevé et 10 un degré très faible.
* 20 Public Expenditure
Management and Financial Accountability Review (PEMFAR). Cette revue a
été effectuée avec l'appui de partenaires au
développement (BAD, UE, FMI, BM) et comprend une évaluation de la
gestion des finances publiques et du système des marchés
publics.
* 21 Ministère de la
Santé et l'Hygiène Publique (MSHP) et Ministère de la
Lutte contre la Sida (MLS)
* 22 Ministère de
l'Education Nationale (MEN), Ministère de l'Enseignement Technique et de
la Formation Professionnelle (METFP), Ministère de l'Enseignement
Supérieur et de la Recherche Scientifique (MESRS)
* 23 Arrêté
n°197/MEF/DGBF du 16 avril 2010 portant création, organisation et
fonctionnement du cadre institutionnel de mise en oeuvre des cadres de
dépenses à moyen terme (CDMT) dans le processus de la gestion
axée sur les résultats (GAR)
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