2.3.3.2.3- Les nouvelles
orientations migratoires
Il ressort des enquêtes au bureau des affaires
domaniales de la mairie d'Abomey-Calavi (2012), de nouvelles orientations des
flux migratoires en quête de logements stables vers les quartiers
périphériques de l'arrondissement de Godomey (Togoudo et
Cococodji) et surtout vers les arrondissements de Hèvié, à
l'ouest de Togba et de Ouèdo au nord de l'Arrondissement de Godomey. Et
cela est le fait que désormais il est impossible que la croissance
démographique s'accompagne d'extension spatiale pour l'arrondissement de
Godomey et de Calavi. Par ailleurs la représentation cartographique de
l'occupation du sol par la population de la commune d'Abomey-Calavi de 1995
à 2006 montre l'évolution de la répartition spatiale de la
population de la commune d'Abomey-Calavi, comme le montre les figure 6 et
7.
Figure 6 : Carte d'occupation du sol de la commune
d'Abomey-Calavi entre en 1995
Figure 7: Carte
d'occupation du sol de la commune d'Abomey-Calavi en 2006
On note une augmentation démographique très
rapide des localités plus proche de Cotonou et des voies
inter-états. L'occupation du sol est désarticulée par la
présence d'un arrondissement avec 153 447 habitants en 2002 (Godomey)
qui concentre 49,86 % soit environ la moitié de la population de la
commune. A cela, il faut remarquer que les autres localités
détiennent un taux de croissance démographique de plus en plus
élevé du fait que Godomey et Calavi centre sont de plus en plus
saturés.
Cette urbanisation rapide que connaît la commune
d'Abomey-Calavi est caractérisée par les quartiers mixtes
où se frottent luxe et précarité. En effet, lors des
enquêtes tous les quartiers présentent deux types d'habitations
qui caractérisent les niveaux de vie des personnes qui y habitent. Des
habitations précaires et luxueuses cohabitent comme les illustrent les
photos 1 et 2 ci-dessous prisent dans le même quartier.
 
Photo 1 :
Maison de luxe dans Photo 2: Maison
précaire dans
le quartier d'Agori le quartier
d'Agori
<
Prise de vue: Cliché SOGBO,
décembre 2012
Ces photos témoignent de l'écart de vie qui
existe entre les habitants de la commune d'Abomey-Calavi. Des populations
aisées avec un pouvoir d'achat très important d'une part et
d'autre part, des populations pauvres avec un pouvoir d'achat faible qui ont
des difficultés pour vivre dans un milieu urbain où tout est
à acheter. Selon Domenach et Gatti-montain (1996) cité par Koffi
(2008) : «Le rythme de vie urbain, le mode de vie citadin, aussi bien
que la structuration fonctionnelle de l'espace, ne permettent plus que se noue
une relation sociale féconde. La ville n'est plus ce lieu social
où peut s'apprendre ce rapport à l'autre et à sa
différence. Et paradoxalement, la ville éclate, peuplée
d'habitants nouveaux et différents, devient le lieu de l'uniformisation
qui ne permet plus l'expression de cultures différentes sauf sous forme
violente. Exaspération et frustration naissent l'asservissement au
rythme urbain». Ce rythme de vie à deux vitesses que connaît
la commune d'Abomey-Calavi avec une population en grande partie jeune et sans
emploi est, ainsi le lieu où les personnes démunies sont
tentés par ce luxe apparent du voisinage qui ne laisse
indifférent tout individu.
Ainsi les actes de délinquance se font plus
fréquents et constituent une menace grave pour le développement
de cette commune stratégique du Bénin.
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