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Exploitation agricole des ressources naturelles de la région de l'Est du Burkina Faso: Diagnostic des risques et impacts environnementaux de la culture du coton dans la Province de la Kompienga

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par Alain Péoulé K. GOMGNIMBOU
Ouagadougou - Master en Science et Technologie 2007
Dans la categorie: Géographie
  

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    UNIVERSITE DE OUAGADOUGOU

    UNITE DE FORMATION ET DE RECHERCHE EN
    SCIENCES EXACTES ET APPLIQUEES

    INSTITUT DE GENIE DE L'ENVIRONNEMENT ET DU
    DEVELOPPEMENT DURABLE

     

    MEMOIRE

    Présenté
    Pour obtenir le diplôme de

    MASTER PROFESSIONNEL
    DOMAINE : SCIENCE ET TECHNOLOGIE

    Spécialité : Management des Risques Industriel et
    Environnemental

    Par

    Alain P.K GOMGNIMBOU

    THÈME :
    « EXPLOITATION AGRICOLE DES RESSOURCES NATURELLES DE LA
    RÉGION DE L'EST DU BURKINA FASO : DIAGNOSTIC DES RISQUES ET
    IMPACTS ENVIRONNEMENTAUX DE LA CULTURE DE COTON DANS LA
    PROVINCE DE LA KOMPIENGA »

    Maître de mémoire :

    Pr. Aîmé J. NIANOGO. Chef de Mission UICN/ Burkina Faso

    Directeur de mémoire:

    Dr Paul W. SAVADOGO. Chargé de Recherche à INERA/CNRST.

    Co-directrice :

    Pr. Jeanne MILLOGO-RASOLODIMBY. Maître de Conférence à l'Université de Ouagadougou

    N° d'ordre : MP2_2007/ Octobre 2007

    Remerciements

    Au terme de ce travail, nombreuses sont les personnes qui ont contribué à sa réalisation. Je saisis donc l'opportunité pour exprimer ma reconnaissance à :

    Pr. Joseph A. NIANOGO, chef de mission UICN/ BURKINA FASO pour m'avoir accordé deux stages dans son institution, avoir contribué à l'orientation de ce travail et avoir mis à ma disposition les moyens qui ont permis un bon déroulement des travaux,

    Dr. Ing. Alphonse KABRE, Chargé du suivi évaluation à l'UICN,

    Mme Clarisse HONADIA KAMBOU, chargée de Programmes à l'UICN qui m'a encouragé à persévérer dans le désir d'aborder ce thème et qui durant les stages n'a ménagé aucun effort pour me faciliter les travaux.

    Pr. Jeanne MILLOGO-RASOLODIMBY à l'université de Ouagadougou, qui m'a encouragé d'aborder le sujet, pour ses conseils et qui accepter diriger ce travail,

    Dr. Paul W. SAVADOGO Chargé de recherche au CNRST/INERA, qui a co-encadré ce travail et qui dont j 'ai bénéficié de ses conseils multiples.

    Dr SOMDA Jacques pour son apport à l'analyse des données et ses conseils multiples. Dr Hamidou TAMBOURA chef du DPA/INERA

    Dr Tinrmegson OUEDRAOGO, Dr Augustin KANWE et Dr. Hamadé KAGONE. Toute l'équipe de la coordination DPA/ INERA Farako-Bâ.

    Mes amis et collègues Timbilfou KIENDREBEOGO et Alain MILLOGO.

    La Direction Provinciale de l'Environnement et du Cadre de Vie (DPECV) de Pama notamment GANABA et YAMEOGO Gustave.

    Le chef de l'Unité de Protection et de Conservation de la faune (UPC) de Pama OUEDRAOGO Abdoulaye et son successeur Ernest YAMEOGO ainsi qu' à tous les agents. La Direction Provinciale des Ressources Animales (DPRA)

    La Direction Provinciale de l'Agriculture, de l'Hydraulique et des Ressources Halieutiques de Pama.

    OUEDRAOGO Yacouba du Projet Périmètre Aquacole d'Intérêt Economique (PAIE).

    Mes amis Dr Ignace ADAH, Christian, Aîmé et Fayçal TAPSOBA, Victor ABRAGA, Der SOMDA, Djénéba Drabo et Karim OUEDRAOGO.

    Toute la famille notamment, la tante Martine, les cousins et cousines Tif, Joél, Wédja, Didier, Rémi, Dieudonné, Lydie, Agnès,

    Les amis de la promotion Adama SAVADOGO et Baba OUATTARA,

    Bernard ZOMA, COMPAORE Elie mon guide de terrain,

    Tous les producteurs de coton et des autres organisations qui se sont prêtées à nos sollicitations.

    Tous ceux qui de près ou de loin m'ont aidé dans ce travail.

    Résumé

    L'objectif de l'étude a été de faire un diagnostic sur les risques et impacts environnementaux de la culture du coton dans la province de la Kompienga où elle est en expansion. Une enquête en 2 deux périodes, août à octobre 2006 et août à septembre 2007, auprès de soixante (60) exploitations cotonnières et ISS (Interviews Semi structurées) avec 156 membres d'organisations paysannes a permis de mettre en évidence ces risques. L'application de la méthode MOSAR( Méthode Organisée Systémique d'Analyse du Risque) a ensuite permis d'identifier des risques d'ordre sanitaire, de destruction du couvert végétal, de pollution chimique, de l'équilibre de l'écosystème avec pour conséquence majeure de contribuer à compromettre le développement durable de la région. L'étude a aussi révélé que la culture du coton date de moins d'une décennie (4,2#177;3,09 ans) et que les exploitants produisent sur de petites exploitations de 3 ha environ, ce qui représentant 40% des superficies totales emblavées. Enfin, l'existence d'un marché certain, la rentabilité économique de l'activité reconnue par 86,44% des interviewés, l'octroi des crédits agricoles et les revenus générés permettant de résoudre certains problèmes sociaux constituent des motifs l'attrait à la pratique de cette culture. Cette tendance pourrait accroître les risques ci-dessus cités pour cette culture. Une évaluation de l'évolution de la dynamique du couvert végétal et du niveau de contamination des matrices écologiques seraient indispensables pour les actions futures.

    Mots clés : Culture cotonnière- Risques- Impacts environnementaux- Kompienga

    Summary

    The aim of the study was to make a diagnosis on the risks and environmental impacts of the crop of cotton production in the province of Kompienga (Burkina Faso) where it is expanding. An investigation in 2 two periods, August at October 2006 and August at September 2007, near sixty (60) cotton exploitations and group interviews with 156 members of agricultural organizations allowed to highlight these risks. The application of SOMRA (Systemic Organised Method of Risk Analysis) method allowed identifying risks of a medical nature, of vegetable cover destruction, of chemical pollution, of balance of the ecosystem with the major consequence of contributing to compromise the durable development of the area. The study as revealed that cotton production goes back to less than one decade (4,2#177;3,09 years) and that the farmers produce on small-scale farming of approximately 3 ha, which accounting for 40% of the total surfaces. Lastly, the existence of an unquestionable market, the economic profitability of the activity recognized by 86,44% of the people interviewed, the granting of the agricultural credits and the incomes generated making it possible to solve certain social problems constitute an attraction reasons with the practice of cotton production. This tendency could increase the risks quoted above for this crop. An evaluation of the evolution of the dynamics of vegetable cover and level of ecological matrices contamination would be essential for the future actions.

    Key words: Cotton production- Risks- Environmental Impacts- Kompienga

    SIGLES ET ABREVIATIONS

    AFNOR : Agence Française de Normalisation

    ATC : Agent Technique Coton

    BF : Burkina Faso

    CRE : Centre de Recherche en Ecologie

    CSAO : Club du Sahel et de l'Afrique de l'Ouest

    DPECV : Direction Provinciale de l'Environnement et du Cadre de Vie

    DRED : Direction Régionale de l'Economie et du Développement

    GPC : Groupement de Producteurs de Coton

    GV : Groupement Villageois

    F : Fréquence

    FCFA : Franc de la Communauté Financière Africaine

    Ha : Hectare

    IGEDD : Institut du Génie de l'Environnement et du Développement Durable.

    INERA : Institut de l'Environnement et de Recherches Agricoles

    ISS : Interview Semi Structurée

    MARA : Ministère de l'Agriculture et de Ressources animales

    MAHRH : Ministère de l'Agriculture, de l'Hydraulique et des Ressources Halieutiques

    MCE : Ministère des Mines, des Carrières et de l'Energie

    MESSRS : Ministère des Enseignements Secondaire, Supérieur et de la Recherche Scientifique

    MECV : Ministère de l'Environnement et du Cadre de Vie

    MA : Ministère de l'Agriculture

    MEF : Ministère de l'Economie et des Finances

    MOSAR : Méthode Organisée Systémique d'Analyse du Risque

    ng/l : nanogramme par litre

    OC : Organochloré

    OP : Organaophosphoré

    OP : Organisation de producteurs

    ORD : Offices Régionaux de Développement

    PAIE : Périmètre Aquacole d'Intérêt Economique

    PAN : Pesticide Action Network

    PDRI : Projet de Développement Rural Intégré

    PICOFA : Programme d'investissement communautaire en fertilité agricole

    ppm : Partie par millier

    SOFITEX : Société de Fibres Textiles du Burkina

    SOC OMA : Société Cotonnière du Gourma

    T : Tonne

    UICN : Union Internationale pour le Conservation de la Nature et des ressources.

    UPC : Unité de Protection et de la Conservation de la faune

    UPPC-K : Union Provinciale des Producteurs du Coton de la Kompienga

    Table des illustrations

    Liste des tableaux

    Tableau N° 1 : Répartition temporelle de la pluviosité (en mm) à Pama 8

    Tableau N°2 : Production mondiale de coton fibre (en millier de tonnes) 13

    Tableau N°3: Dangers potentiels de pesticides d'usage répandu 20

    Tableau N°4 : Spectre floristique après usage d'herbicide 23

    Tableau N°5 : Développement de résistances multiples d'insectes et d'acariens. 25

    Tableau N°6: Teneur en DDT de graisses et de lait humain dans des pays en développement 27

    Tableau N°7 : OP et service Technique touchés par l'enquête. 37

    Tableau N°8 : Répartition géographique de l'échantillon de producteurs 38

    Tableau N°9 : Caractéristiques structurales des exploitations productrices de coton 44

    Tableau N°10 : Successions culturales pratiquées dans la zone de l'étude 48

    Tableau N°11: Répartition des producteurs selon leur ancienneté dans la cotonculture 50

    Tableau N°12: Répartition des catégories socioéconomiques dans la cotonculture 51

    Tableau N°13: Répartition des producteurs par classe d'expérience avec les fosses de compostage 57

    Tableau N°14: Types de produits chimiques rencontrés dans la zone 58

    Tableau N°15 : Dosage et dilution des pesticides et superficies traitées en appareil UBV 60

    Tableau N°16 : Dosage et dilution des insecticides avec le pulvérisateur manuel (TBV) 60

    Tableau N°17: Répartition des producteurs par classe de nombre d'épandages effectués 61

    Tableau N°18 : Producteurs appliquant les insecticides du coton sur d'autres cultures 62

    Tableau N°19 : Points d'eau potable et leur distance par rapport aux champs de coton 63

    Tableau N°20 : Points d'eau d'abreuvement de bétail et leur distance par rapport aux champs de coton 63

    Tableau N°21 : Fréquence des points de nettoyage corporel et des équipements après la pulvérisation 65

    Tableau N°22 : Grille de quelques impacts environnementaux 75

    Liste des figures

    Figure N°1 : Localisation de la région de l'Est 5

    Figure N°2 : Carte d'occupation des sols dans la province de la Kompienga 9

    Figure N°3 : carte des ressources végétales de la province de la Kompienga 10

    Figure N°4 : Production cotonnière de la Région de l'Est et de la province de la Kompienga 14

    Figure N°5 : Evolution temporelle des rendements dans la région de l'Est 15

    Figure N°6 : Evolution des superficies emblavées en coton dans la région de l'Est 16

    Figure N°7 : Evolution de la production cotonnière au BF 19

    Figure N°8 : Localisation des sites d'étude 34

    Figure N°9 : Niveau de superficies exploitées par les producteurs en 2005 45

    Figure N°10 : Niveau de superficies exploitées par les producteurs en 2006 46

    Figure N° 11 : Quelques facteurs de démotivations dans la culture de coton 53

    Figure N°12 : Choix des spéculations et changement intervenu chez les producteurs 54

    Figure N°13 : Niveau d'utilisation de matériel de protection 64

    Figure N°14: Niveau de perception de l'effet des pesticides sur le sol et l'eau 68

    Liste des photos

    Photo N° 1: Labour de champ avec une charrue à traction bovine 48

    Photo N°2: Entretien de champ lors d'une entraide culturale 51

    Photo N° 3: Champ de coton 56

    Photo N° 4: Point de vente de pesticide dans un marché 59

    Photo N° 5 : Boîtes vides de pesticides utilisées pour conditionner l'eau de boisson 65

    Photo N°6 : Animaux dans les couloirs de champs 66

    Photo N°7 : Parcelle d'exploitation défrichée 67

    Photo N°8 : Parcelle déboisée 72

    TABLE DES MATIERES
    REMERCIEMENTS I

    RESUME III

    SUMMARY III

    SIGLES ET ABREVIATIONS IV

    TABLE DES ILLUSTRATIONS V

    INTRODUCTION / PROBLEMATIQUE 1

    PREMIERE PARTIE : REVUE DE LITTERATURE 4

    CHAPITRE I : CADRE DE REFERENCE 5

    1.1. CADRE GEOGRAPHIQUE 5

    1.2. STRUCTURE D'ACCUEIL 6

    1.3. STRUCTURE DE FORMATION 6

    1.4. INTERET DU THEME DANS LES PREOCCUPATIONS ENVIRONNEMENTALES 7

    CHAPITRE II : CARACTERISTIQUES DE LA REGION 8

    2.1. CARACTERISTIQUES BIOPHYSIQUES 8

    2.1.1. Climat 8

    2.1.2. Sol, Relief et Géomorphologie 8

    2.1.3. Le réseau hydrographique 9

    2.1.4. La végétation 10

    2.1.5. Le potentiel faunique 11

    2.2. CARACTERISTIQUES SOCIO-ECONOMIQUES 11

    2.2.1. Les systèmes d'exploitation agricoles 11

    2.2.1.1. L'agriculture 11

    2.2.1.2. Elevage 12

    2.2.1.3. La chasse, la pêche et le tourisme 12

    2.2.1.4. Les autres activités 13

    2.3. ACTIVITE COTONNIERE DANS LA ZONE 13

    2.3.1. Contexte historique 13

    2.3.2. Dynamique et défis de l'activité 13

    2.3.3. Evolution spatiale de la production 14

    2.4. CONCLUSION PARTIELLE 16

    CHAPITRE III : PROBLEMATIQUE DE LA CULTURE DU COTON ET ECOSYSTEME 17

    3.1. ENVIRONNEMENT INTERNATIONAL DE LA PRODUCTION COTONNIERE 17

    3.1.1. La production mondiale 17

    3.1.2. La production au Burkina Faso 18

    3.2. LES INTRANTS CHIMIQUES ET MINERAUX DU COTONNIER 19

    3.2.1. Classification des pesticides chimiques 19

    3.2.2. Rôle des produits phytosanitaires 20

    3.2.3. Caractéristiques principales des pesticides 21

    3.2.3.1. Transfert des produits phytosanitaires 21

    3.2.3.2. Toxicité 22

    3.2.4. Les conséquences de l'usage des pesticides 22

    3.2.4.1. Effets agronomiques non intentionnels 22

    3.2.4.2. Problématique des résidus 24

    3.2.4.2.1. Les limites admises dans l'alimentation 24

    3.2.4.2.2. Développement des phénomènes de résistances 25

    3.2.4.2.3. Accumulation dans la chaîne alimentaire 26

    3.2.4.2.4. Contamination des matrices écologiques 27

    3.3. CONCLUSION PARTIELLE 32

    DEUXIEME PARTIE : MATERIEL ET METHODOLOGIE 33

    CHAPITRE I : CADRE DE L'ETUDE 34

    1.1. LA ZONE D'ETUDE 34

    1.2. Justification du choix du site 34

    CHAPITRE II : APPROCHE METHODOLOGIQUE 36

    2.1. CONTACTS ET IDENTIFICATION DES SITES 36

    2.2. LES HYPOTHESES DE RECHERCHES 36

    2.3. METHODOLOGIE DE COLLECTE DES DONNEES : LES ENQUETES 36

    2.4. OUTIL DE DIAGNOSTIC DES SOURCES ET FACTEURS DE RISQUES 37

    2.5. PLAN D'ECHANTILLONNAGE 38

    2.6. CHOIX DES VARIABLES 39

    2.7. ORGANISATION PRATIQUE DE L'ENQUETE 40

    2.8. SUPPORT DE COLLECTE DES DONNEES 40

    2.9. ANALYSE STATISTIQUE DES DONNEES 40

    2.10. DEFINITIONS DES CONCEPTS EN RELATION AVEC LES RISQUES ENVIRONNEMENTAUX 41

    TROISIEME PARTIE : RESUTATS ET DISCUSSION 43

    CHAPITRE I : IDENTIFICATION DES PRODUCTEURS ET DE LA PRODUCTION 44

    1.1. CARACTERISTIQUES GENERALES DES EXPLOITATIONS COTONNIERES 44

    1.1.1. Structure des exploitations 44

    1.1.2. Equipements agricoles 47

    1.2. TYPES DE CULTURES 47

    1.3. ROTATION CULTURALE 47

    1.4. ACTIVITE D'ELEVAGE DANS LA CULTURE DE COTON. 48

    1.5. CONCLUSION PARTIELLE 49

    CHAPITRE II : RETOMBEES SOCIO-ECONOMIQUES 50

    2.1. ANCIENNETE ET MOTIVATION POUR LA PROFESSION 50

    2.2. ORGANISATION DE LA PRODUCTION A L'ECHELLE DE L'EXPLOITATION 50

    2.3. REVENUS MONETAIRES ET LEUR DESTINATION 52

    2.3.1. Les revenus bruts monétaires de la cotonculture 52

    2.3.2. Les investissements consentis 52

    2.3.3. Destinations des revenus de la culture de coton 52

    2.3.4. Perception paysanne de la rentabilité de la cotonculture 53

    2.4. EFFETS D'ENTRAINEMENT DE LA COTONCULTURE SUR LE CHOIX DES SPECULATIONS AGRICOLES 54

    2.5. CONCLUSION PARTIELLE 55

    CHAPITRE III : LES FACTEURS DE DEGRADATION DES RESSOURCES NATURELLES 56

    3.1. L'EXTENSION DES CHAMPS 56

    3.2. PRATIQUE DE LA JACHERE 57

    3.3. L'APPORT DE LA FUMURE ORGANIQUE 57

    3.4. LES PRODUITS PHYTOSANITAIRES DANS LA CULTURE DE COTON 58

    3.4.1. Les différents types de produits phytosanitaires 58

    3.4.2. Circuits d'approvisionnement et lieux de stockage 58

    3.4.3. Mode d'utilisation 59

    3.5. LA PRISE DE PRECAUTION DANS L'EPANDAGE DES PRODUITS CHIMIQUES 61

    3.6. CONCLUSION PARTIELLE 61

    CHAPITRE IV : DIAGNOSTIC DES SOURCES DE RISQUES ENVIRONNEMENTAUX 62

    4.1. UTILISATION DES PESTICIDES DU COTON SUR D'AUTRES CULTURES 62

    4.2. DISTANCE DES POINTS D'EAU PAR RAPPORT AUX CHAMPS DE COTON 62

    4.3. LES MESURES DE PROTECTION 64

    4.4. LES EMBALLAGES DES PESTICIDES 65

    4.5. LES ZONES DE PATURE DES ANIMAUX 66

    4.6. LES INTENTIONS D'ACCROISSEMENT DES SUPERFICIES 66

    4.7. LA POPULATION ANIMALE ET HUMAINE 67

    4.8. LES RESSOURCES VEGETALES 67

    4.9. L'EAU ET LE SOL 67

    4.10. CONCLUSION PARTIELLE 68

    CHAPITRE V : DISCUSSION DES RISQUES ET IMPACTS ENVIRONNEMENTAUX 69

    5.1. LES RISQUES ET IMPACTS POTENTIELS 69

    5.1.1. RISQUES SANITAIRES 69

    5.1.2. Dangers relatifs à l'altération du milieu naturel 70

    5.1.3. Impacts sur la biodiversité 73

    5.2 MESURE D'ATTENUATION DES EFFETS PREJUDICIABLES 75

    5.3 CONCLUSION PARTIELLE 76

    CONCLUSION GENERALE ET PERSPECTIVES 77

    BIBLIOGRAPHIE DE REFERENCE 79

    ANNEXES 83

    INTRODUCTION / PROBLEMATIQUE

    La grave crise du développement que connaît le continent africain se manifeste à quatre niveaux essentiels à savoir la détérioration des indicateurs macro économiques, la désintégration des structures de production et la dégradation des infrastructures, la détérioration des conditions d'existence et du bien-être social des populations et la dégradation des ressources naturelles et de l'environnement (LO et TOURE, 2005). La prise de conscience des dommages causés par la pollution du milieu naturel a contraint les autorités politiques et législatives des pays industrialisés à développer des réglementations pour protéger l'environnement et à réviser les règlementations existantes. Toutes fois, ces dernières années, il s'est produit dans le monde entier mais surtout dans de nombreux pays d'Afrique, une croissance démographique spectaculaire qui s'est accompagnée d'une urbanisation intensive, du développement des activités industrielles et d'une exploitation accrue des terres cultivables (FAO, 1993).

    Parmi les cultures de rente, le coton est à l'état actuel une activité stratégique, un des poumons de l'économie de nos pays et à ce titre, elle reste incontournable dans la plupart des politiques de développement. D'après CSAO (2005), elle est la première source de devises pour certains pays de l'Afrique de l'Ouest et du centre. En effet en 2003, elle représente 51% des recettes totales d'exportation du Burkina Faso, 37% du Bénin, 30% du Tchad et 25% du Mali. Ces exportations représentaient près de 70% des exportations agricoles du Burkina Faso et du Bénin et 60% du Mali et du Tchad. Les zones cotonnières varient régulièrement en Afrique de l'Ouest en fonction des facteurs climatiques, de la présence de l'eau et de la fertilité des terres.

    Au Burkina Faso, elles se sont déplacées de la partie située au nord des régions centrales vers le sud et le sud-ouest du pays en raison de la dégradation des conditions environnementales et de l'épuisement des sols.

    Dans la région de l'Est cette relance s'est faite au début des années 1990 après deux décennies d'abandon (PICOFA, 2003) et a été affichée comme objectif majeur avec le PDRI (SCHWARTZ, 1997a). Les énormes potentialités faunique, floristique et hydraulique confère à l'Est une caractéristique éco systémique particulière ce qui lui offre des perspectives certaines pour amorcer son développement socio-économique (DRED-E, 2004). Depuis la réintroduction de la spéculation dans la zone, elle est en pleine expansion. Cette expansion inquiète les acteurs du développement au sujet des risques éventuels dommageables pour l'environnement. En effet, la recherche galopante et perpétuelle de nouvelles terres, l'accroissement de l'utilisation des pesticides contre les maladies causées par les ravageurs et pour lutter contre les mauvaises herbes, l'appauvrissement des sols, et l'accélération du front de colonisations inhérentes aux fortes migrations sont susceptibles de remettre en cause la politique de développement durable dans la région (CLARCK, 1997; SCHWARTZ, 1997b; PICOFA, 2003). Par ailleurs, dans cette même dynamique TERSIGUEL (1992) fait constaté que l'évolution écologique du nord du pays conduit l'observateur sur les dégradations irréversibles du milieu dans les régions sahéliennes et à réfléchir sur les stratégies observées en matière de protection de l'environnement dans les régions non encore dégradées au sud et à l'Ouest du pays. SPACK (1997) dans une étude sur la stratégie de gestion durable des terroirs villageois du Gourma, évoquait la forte dégradation des ressources naturelles dans la région

    de l'Est et la liait à trois facteurs principaux qui sont d'ordre climatique, démographique et des techniques culturales et pastorales d'exploitation. Aussi, OUATTARA et al. (2006) ont montré que dans la province de la Kompienga, la destruction des formations naturelles a été en moyenne de l'ordre de 1600km2 en 15 ans, ce qui correspond à une réduction annuelle moyenne de 106km2. Ainsi, donc la problématique environnementale de la culture de coton dans cette région se pose en termes d'impacts des systèmes et mode de production de cette spéculation sur les écosystèmes. Quoiqu'elle soit affichée comme choix stratégique de développement, la protection des ressources naturelles n'en demeure pas moins une obligation à laquelle aucun programme de développement ne peut se soustraire.

    Dans l'optique d'améliorer les rendements et de prévenir les attaques parasitaires sur le cotonnier, la méthode chimique est actuellement dominante par l'épandage sous forme de produit concentré émulsifiable. Parmi ces insecticides et herbicides, des représentants extrêmement dangereux ou très polluant appartenant à la famille des organochlorés et organophosphorés sont encore largement utilisés dans le monde (KUMAR, 1991). De même INERA (2000) signale que les substances actives utilisées jusqu'en 1998 au Burkina Faso sont classées pour la plupart dans la classe de toxicité Ib (très dangereux) de la FAO car ayant une DL50 orale comprise entre 20 et 200mg/Kg. MARA et al. (1995) indiquent que les pesticides ont certaines propriétés telles la persistance, la volatilité et la bioaccumulation dans les chaînes alimentaires qui, conjugué à l'action des éléments naturels font qu'ils peuvent avoir des répercussions importantes sur l'environnement, même à des endroits très éloignés de leur lieu d'épandage. S'il apparaît aisé de mesurer avec précision le paramètre extension des superficies emblavées lors de l'évaluation des impacts de la culture de coton quoiqu'il faille apporter des nuances (SOMDA et al., 2006), les autres paramètres de pollution (chimique, organique) sont complexes à établir dans les matrices écologiques. Sur le plan international et national une abondante littérature existe et traite de la contamination environnementale par les pesticides du cotonnier. Des auteurs (SAVADOGO et al., 2006 ; CISSE et al., 2004 ; ILLA, 2003; NEBIE et al., 2002 ; SUNDAY, 1990; OKANNA, 1985 ; SAAD et al., 1985) ont pu détecté la présence des substances d'hydrocarbure chloré (CLHC) dans les matrices écologiques à savoir l'eau, le sol, la faune et la flore la flore à des concentrations importantes. Or ces substances, en raison de leur toxicité, de leurs effets écologiques et des risques toxicologiques peuvent engendrer des évènements catastrophiques (FAO, 1993; LE CLECH, 1998).

    Cependant, concernant la région de l'Est en général et la province de la Kompienga en particulier, à notre connaissance, des études formelles et ciblées des impacts et risques environnementaux de la culture de coton sont quasiment existant. Or, il importe de connaître les conséquences réelles et potentielles de ces impacts et risques sur les écosystèmes. En effet, la connaissance de l'état actuel de l'environnement et des problèmes y relatifs s'avère indispensable et devrait constituer un préalable aux processus décisionnels et aux mécanismes opérationnels en matière de préservation et de gestion durable de l'environnement (MECV, 2004). C'est dans cette optique de culture de coton et d'exploitation durable des ressources naturelles que s'inscrit la présente étude.

    L'objectif global visé est alors de faire un diagnostic des impacts et des risques environnementaux de la culture cotonnière en rapport avec la préservation durable de la biodiversité de la région de l'Est.

    Outre l'objectif global, les objectifs spécifiques poursuivis sont :

    (i) d'identifier les mécanismes contextuels de dégradation des ressources naturelles,

    (ii) de répertorier les éléments vecteurs de sources de pollution,

    (iii) d'évaluer les niveaux de perception des problèmes environnementaux par les producteurs et les actions endogènes pour la protection de l'environnement et

    (iv) d'évaluer les répercussions environnementales potentielles de la culture
    cotonnière sur les ressources naturelles de la région.

    Le présent rapport est structuré en trois parties. La première traite de la revue bibliographique, la seconde de la méthodologie de recherche, la troisième partie des résultats et discussion et enfin la conclusion et perspectives.

    Première Partie : REVUE DE LITTERATURE

    CHAPITRE I : CADRE DE REFERENCE

    1.1. Cadre géographique

    La présente étude a pour cadre géographique la région Est du Burkina Faso. La région de l'Est est l'une des treize (13) régions que compte le pays. Elle est couverte par les provinces du Gourma, de la Gnagna, de la Tapoa, de la Komandjari et de la Kompienga. Située à l'extrême Est, du Burkina Faso, cette région couvre une superficie de 46 256 km2 soit 17% du territoire national (DRED, 2003).

    Fada N'Gourma, le chef lieu de la province se trouve à 220 km de la capitale Ouagadougou.

    Figure N°1 : Localisation de la région de l'Est

    1.2. Structure d'accueil

    Le stage s'est déroulé au Bureau national de l'UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature et des ressources).

    Au Burkina Faso, cette institution a un bureau National et abrite le bureau régional de l'Afrique de l'Ouest depuis 1997.

    Dans la zone Afrique de l'Ouest, les six thématiques majeures de cette mission sont : - la gestion des zones marines et côtières,

    - la gestion des zones humides et ressources en eau,

    - la gestion des zones arides,

    - la gestion des aires protégées

    - et la gestion des forêts.

    L'UICN en Afrique de l'Ouest se consacre avant tout à la conservation de la nature c'est-à- dire à la préservation de la diversité de la vie dans la sous région.

    Ses compétences fondamentales portent sur les écosystèmes biologiques, sur les habitants et sur la gestion des écosystèmes. L'union s'atèle à démontrer dans ses actions la valeur des écosystèmes pour le bien être des populations locales.

    L'union aide à réduire la pauvreté en faisant en sorte que la nature continue à fournir aux populations démunies les ressources qui leurs sont indispensables. La gestion durable des ressources peut être un élément majeur de croissance et de développement pour tous. Elle permet aussi d'assurer la paix au sein de collectivité.

    Au Burkina Faso, l'union a mis en place d'importants programmes d'éducation environnementale.

    1.3. Structure de formation

    La formation a été assurée par l'Institut de Génie de l'Environnement et du Développement (IGEDD). L'IGEDD est un établissement de formations professionnalisantes de l'Unité de Formation et de Recherche en Sciences Exactes et Appliquées (UFR/SEA). Cet institut est né au lendemain de la refondation de l'université de Ouagadougou intervenue en 2000 et est au sein du Laboratoire de Physique et de Chimie de l'Environnement (LPCE). L'essentiel des enseignements sont orientés en génie de l'environnement et du développement durable.

    Les objectifs fixés par l'institut est de former des managers des risques ayant des compétences d'ordre scientifique, juridique, réglementaire et économique indispensables au management des risques industriel et environnemental par acquisition des fondamentaux du management intégré qualité- sécurité -environnement ainsi que du développement durable.

    1.4. Intérêt du thème dans les préoccupations environnementales

    A l'aube du 21ème siècle, le processus de dégradation des écosystèmes semble connaître une amplification sans précèdent en Afrique. Les problèmes écologiques sont d'autant plus durement ressentis dans la région que le niveau de développement y est étroitement dépendant des ressources.

    La région de l'Est, notamment la province de la Kompienga est marquée par une forte migration et un accroissement démographique, et ce processus engendre une détérioration des écosystèmes d'où une pression exercée sur les ressources naturelles.

    Or, si l'on se situe dans une perspective de long terme, les problèmes de gestion environnementale en relation avec les exigences de lutte contre la pauvreté apparaissent comme partie intégrante des enjeux majeurs qui nous interpellent tous et qui doivent être appréhendé de façon globale et prospective.

    De telles exigences nécessitent d'assurer une articulation efficiente de la variable

    environnementale aux autres paramètres de développement économique et social.

    Le Burkina Faso, en ratifiant les conventions issues du sommet de Rio de Janeïro en 1992 (Convention sur les changements climatiques, la diversité biologique et la lutte contre la désertification) a pris l'option pour l'ensemble de l'humanité en faveur de la gestion durable de l'environnement (sol, végétation, eau, ressources génétiques terrestres et marines etc.).

    Les options stratégiques de développement socio-économiques, notamment les déterminants en rapport avec la gestion durable des ressources naturelles à l'échelle nationale, mérite une attention particulière.

    Fort de ce constat, en s'investissant avec le concours des partenaires (ONG, association) ces dernières décennies, notre pays aide à la prise de conscience et à la définition des politiques et stratégies de promotion environnementale. En dépit de cette intention, il pourrait en résulter une dégradation du cadre de vie tant dans les campagnes que dans les villes et rompre de façon désastreuse les équilibres écologiques. En effet, la réalisation d'objectifs immédiats apparaît comme une priorité au dépend parfois de la préservation des biens environnementaux.

    Face à cette problématique, l'importance de la présente étude se révèle comme :

    .Une contribution à briser les antinomies entre activités économiques et environnement

    .Une possibilité de tirer les synergies entre l'efficacité économique, croissance économique et protection de l'environnement ;

    .Une meilleure appréhension de la situation en offrant des indicateurs et paramètres de dégradation des ressources naturelles que requiert la situation aux acteurs du développement de la région.

    CHAPITRE II : CARACTERISTIQUES DE LA REGION

    2.1. CARACTERISTIQUES BIOPHYSIQUES

    2.1.1. Climat

    Dans sa majorité, la région de l'Est est située dans la zone soudanienne. Le climat est de type soudanien au Sud et Sahélien au Nord. La zone est comprise entre les isohyètes 1200 mm et 400 mm (INERA, 2000). D'après PICOFA (2003), la zone la mieux arrosée dans la région de l'Est est située à l'extrême Sud dans les provinces de la Kompienga et de la Komandjari.

    Selon une étude du MCE(2003), la province de la Kompienga est marquée par une saison sèche d'octobre à avril au cours de laquelle sont enregistrées les plus fortes chaleurs (mars, mai) et, une saison de pluies de mai à fin septembre.

    La moyenne des précipitations annuelles enregistrées au cours des dix dernières années dans la ville de Pama est 901,87#177;1 80,23 mm.

    ANNEE

    1997

    1998

    1999

    2000

    2001

    2002

    2003

    2004

    2005

    2006

    Janvier

    -

    -

    -

    -

    -

    -

    -

    11,6

    -

    -

    Février

    -

    -

    -

    -

    -

    -

    -

    -

    1,2

    15

    Mars

    22 ,7

    -

    -

    -

    -

    5

    -

    -

    -

    -

    Avril

    28,8

    77,4

    11,8

    53,5

    21,1

    13,9

    46

    22,6

    62,4

    13,1

    Mai

    50,6

    147,7

    73,2

    144,7

    90,3

    67,1

    148,5

    88,9

    64,8

    74,1

    Juin

    197,2

    166,1

    83,5

    148,1

    102,1

    79,6

    103,9

    91,5

    143

    96,5

    Juillet

    11,2

    189

    129,5

    208,1

    149,1

    94,2

    94,2

    190,5

    284,2

    103,9

    Août

    209,6

    244,7

    349,1

    232 ,3

    359

    204,6

    323,2

    109,5

    197

    165,2

    Septembre

    152,1

    377

    268,1

    185,8

    178,1

    125,1

    283,5

    163,7

    88,7

    171,9

    Octobre

    34

    74,2

    45

    47,7

    16,7

    69,9

    19,7

    3,1

    68,8

    97,2

    Novembre

    -

    -

    -

     

    -

    2

    -

    5,3

    -

    -

    TOTAL

    806,2

    1296,1

    960,2

    1020,4

    916,4

    666,5

    1019

    686,9

    910,1

    736,9

    Source : DPAHRH/Pama

    Tableau 1 : Répartition temporelle de la pluviosité (en mm) à Pama

    2.1.2. Sol, Relief et Géomorphologie

    La géomorphologie du Burkina Faso témoigne d'une action érosive très ancienne menant vers le développement d'une pénéplaine généralisée, l'altitude moyenne est de 400 m. Le relief est essentiellement conditionné par la situation géologique.

    A Pama (chef-lieu de la province de la Kompienga), le relief est de type pénéplaine avec des dénivellations faibles. Le point le plus culminant est à 356 m au sommet d'une colline située au Nord de Pama, le point le plus bas à 140 m à Mampa au sud de Pama (lit du Koulpéologo). Ces zones à relief accusé correspondent à des massifs circonscrits (Pama, Tindangou, Samboini, Diébiga). L'altitude moyenne varie entre 250 et 300 m. Cette altitude baisse progressivement jusqu'à 3 rivières principales : le Koulpéologo à l'Ouest, le Singou à l'Est et le Potiona au Nord (MCE, 2003).

    Les sols constituent l'expression des actions combinées du climat, du relief, de la végétation et de l'homme sur la roche mère (TERSIGUEL, 1992). Du point de vue géologique, la région d'étude se caractérise par la prédominance du socle cristallin précambrien. Il reste que des vestiges de roches très anciennes, gréseuses ou gréso-schisteuses constituent le massif du Gobnagou et ses abords. Les principaux sols rencontrés sont :

    - les sols ferrugineux tropicaux peu lessivés sur matériaux sableux, sablo-argileux ou argilo-sableux qui sont pauvres avec des teneurs basses en calcium, potassium et phosphore ;

    - les sols peu évolués d'érosion, sur matériaux gravillonnaires ayant une profondeur insuffisante avec une faible capacité de rétention en eau ;

    - les sols bruns tropicaux sur matériaux argileux qui ont un potentiel chimique élevé ; - les vertisols sur alluvions ou matériaux argileux qui ont une richesse minérale élevée ; - les sols hydromorphes à pseudogley sur matériaux à textures variées caractérisés par un

    excès d'eau temporaire (PICOFA, 2003).

    2.1.3. Le réseau hydrographique

    D'après MCE (2003), la totalité de Pama appartient aux sous bassin versant de la Pendjari, elle-même affluent du Nakajima. La Pendjari et ses affluents ne coulent pas en saison sèche. Mais de nombreuses mares ou retenues permanentes sont situées sur le cours de la rivière. Le débit international sur la Pendjari est de 7,8m3 /s à la station d' Arly. Une retenue artificielle importante (la Kompienga) a été réalisée sur la rivière Ouali. La capacité de stockage est de

    2,5 milliards de m3. De plus 3 grands ensembles hydrogéologiques sont constatés et sont caractérisés en fonction de la nature lithologique des formations aquifères : les granitoïdes, les formations schisteuses volcano-sédimentaires, les formations sédimentaires et superficielles.

    En plus du lac du barrage, de nombreux points d'eaux serpentent la province :

    - la Kompienga appelée aussi Kpenpiena ou Koulpéologo,

    - la Bigou non permanente, - la Singou non permanente, - et la Pendjari permanente.

    2.1.4. La végétation

    D'après INERA (2000), la végétation de la région est caractérisée par une savane arbustive au nord et une savane arborée au sud.

    Aussi, elle est de type « savane arborée », plus claire à proximité des villages avec le maintien d'un parc à karité, néré, tamarinier et baobab qui sont des espèces protégées et exploitées par les populations. Le tapis herbacé est continu avec une présence marquée de graminées pérennes dont andropogon (PICOFA, 2003).

    La savane arbustive de type clair est dense et domine sur les versants à pente faible de la zone de marnage. Dans la zone plane ou en légère dépression, ils se forment les terrasses et les berges de la Kompienga et des autres cours d'eau qui sont dominés par la forêt galerie, la savane boisée et la savane marécageuse. Le potentiel floristique est dynamique dans les différentes zones de réserve totale ou partielle dans la province (DRED-EST, 2005).

    2.1.5. Le potentiel faunique

    L'espace protégé dans la région Est représente environ 11,3% des réserves fauniques du pays avec une faune abondante et variée (DRED, 2003). Ces aires de conservation ont été établies en vue de la préservation d'un patrimoine à la fois national et international. Très importante par la biodiversité, la zone abrite environ 55 à 70% des derniers éléphants du Burkina Faso et les derniers survivants Ouest Africains de quelques espèces telles que le guépard, le damalisque, le pangolin et le lycaon. Le Parc national d'Arly représente environ 26,57% des réserves fauniques du pays (CLARK, 1997).

    D'après l'UPC de Pama (communication orale, 2006), la province abrite incontestablement les plus grandes réserves de faune cynégétique du pays. Elle est riche et diversifiée. On y rencontre les grands mammifères de l'Afrique de l'Ouest. Les espèces couramment rencontrées sont entre autres des éléphants, antilopes, singes, buffles, lions, hypotragues, hippopotames, bubales, waterbuk, phacochère, cynocéphale, hyène, cob de buffon, cob de roseau, céphalophe, ourébi et guib harnaché.

    Il faut noter que le damalisque et la panthère sont deux mammifères que l'on rencontre de façon sporadique dans la forêt. Enfin, la faune aviaire compte également diverses espèces et il y a aussi la présence de reptiles.

    2.2. CARA CTERIS TIQUES SOCIO-ECONOMIQUES

    Les principaux secteurs économiques sont l'agriculture et l'élevage. L'agriculture est l'activité socio-économique la plus pratiquée dans la région Est et occupe la quasi-totalité des ménages soit environ 80% de la population (DRED-Est, 2003). Les systèmes d'exploitation agricole et les systèmes d'élevage sont décrits comme étant extensifs et fortement consommateurs des ressources naturelles (SPACK, 1997 ; INERA, 2000 et MAHRH, 2005).

    2.2.1. Les systèmes d'exploitation agricoles 2.2.1.1. L'agriculture

    SPACK (1997) fait constaté que l'agriculture des gourmantché repose sur une culture pluviale, extensive avec un outillage traditionnel et dans certains endroits de la région la terre est rarement labouré et dès que les premières pluies tombent, le paysan sème.

    Les exploitants agricoles de la région de l'Est pratiquent l'agriculture et l'élevage de façon plus ou moins intégrée. La majorité des familles paysannes vivent de l'agriculture vivrière, pratiquée sur de petites exploitations, avec un itinéraire technique extensif : peu de fertilisants organiques ou minéraux, faible taux d'équipement en culture attelée. Dans la majorité des cas,

    c'est la main d'oeuvre qui constitue le facteur limitant à la production, et dès qu'un exploitant peut faire l'acquisition d'une chaîne de culture attelée, il augmente ses surfaces en culture. Les cultures de rentes dans la région sont essentiellement le coton, l'arachide, le sésame et le niébé. Les autres spéculations sont le mais, le petit, le mil, le sorgho (INERA, 2000).

    2.2.1.2. Elevage

    L'Est est une réelle région d'élevage, les risques de concurrence avec l'agriculture pour le besoin en ressources naturelles sont présents. Dans toutes les provinces de la région le cheptel est important (SPACK, 1997).

    Trois systèmes d'élevage coexistent dans la région :

    L'élevage transhumant : c'est une zone de transhumance importante pour les animaux du sahel nigérien et burkinabé. Certains éleveurs basés dans la zone pratiquent par ailleurs la transhumance vers le Bénin et le Togo ;

    L'élevage extensif sédentaire : celui-ci a pris beaucoup d'importance tant au niveau des éleveurs peulhs que celui des agropasteurs gourmantchés et mossis. Cet élevage est estimé à environ 1 bovin, 1 ovin et 1,5 caprin par habitant. Il représenterait 16% de l'effectif bovin burkinabé ;

    L'élevage fermier : cet élevage est encore très marginal au plan quantitatif. Il est très lié à la culture attelée pour les bovins, il est davantage pratiqué pour les ovins, souvent par les femmes. Sur le plan technique, la pratique de l'embouche paraît assez « rustique » et serait susceptible d'amélioration permettant une rentabilité économique directe et une production beaucoup plus importante de matière organique (PICOFA, 2000 et DRED-Est, 2003).

    2.2.1.3. La chasse, la pêche et le tourisme

    Ces activités ont connu un essor grâce aux potentialités naturelles dont regorge l'ensemble de la région. En effet, cette zone fait partie d'un grand écosystème transfrontalier entre le Burkina, Bénin et Niger. Selon CLARK (1997) le taux de braconnage, le flux de visiteurs touristiques font preuve des potentialités fauniques dont regorge la région.

    En 1995, la production totale de poisson était estimée à 2.500 tonnes/an grâce aux aménagements hydro-agricoles et le secteur hydraulique de la Kompienga, de Bilanga et Boudieri. Les recettes générées par la chasse sont de 129 850 500 FCFA (DRED-Est, 2004). La province de la Kompienga est réputée pour ses sites touristiques. Selon les statistiques de DRED-Est (2005) dans cette province, les recettes liées à l'activité cynégétique sont très impressionnantes. Elles sont passées de 65 753 500 FCFA à la campagne de 2002/2003 à 64 813 200 FCFA en 2003/2004 pour atteindre en 2004/2005 un montant de 66 725 700 FCFA. Cet effort économique provient essentiellement des activités de la pêche et de la chasse dans les différentes réserves forestières et zones aménagées à cet effet.

    En somme, il est notoire que les activités liées à l'exploitation faunique procurent des revenus aussi bien aux populations impliquées dans la gestion de la faune qu'aux budgets de l'Etat et aux concessionnaires privés.

    2.2.1.4. Les autres activités

    L'activité industrielle est inexistante, elle se limite à la production d'électricité grâce au barrage de la Kompienga. Aucun site minier d'envergure n'a été identifié dans la province. Il existe cependant, une carrière d'exploitation de granite de bitumage à Pama. L'artisanat est surtout utilitaire et porte essentiellement sur la vannerie, la forge, la poterie et le tissage (des nattes surtout). L'artisanat d'art est peu développé (DRED-EST, 2005).

    2.3. Activité cotonnière dans la zone 2.3.1. Contexte historique

    Le processus d'extension de la culture du coton, en tant que culture commerciale, au Burkina Faso avait exclu les cercles de l'Est actuel (provinces du Gourma et de la Tapoa) jusqu'au lendemain de l'indépendance (SCHWARTZ, 1997a). D'après SCHWARTZ (1998) in SOMDA et al (2006), la population de l'Est en général pratiquait traditionnellement la culture du coton à des fins domestiques et vendait éventuellement les excédents sous forme de bandes tissées. Malgré la mise en place de l'appareil colonial français dans les années 1924 à 1929 qui rendait obligatoire cette culture et le dispositif d'encadrement (ORD) associé, la population de cette région ne s'est pas immédiatement convaincue à s'investir particulièrement dans la production de coton. C'est en 1989 avec le Projet de Développement Rural Intégré (PDRI) que la relance de la culture cotonnière a été affichée comme un objectif majeur dans la région.

    2.3.2. Dynamique et défis de l'activité

    Première culture de rente dans plusieurs systèmes d'exploitation agricole notamment dans les régions productrices, la culture du coton est en pleine expansion dans toute la région de l'Est. D'après UPPC-K (communication orale, 2006), la province de la Kompienga comptait 145 de GPC (Groupement de Producteur de Coton) qui sont repartis dans les trois (03) départements. Selon la même source, il y avait entre 12 à 45 membres dans chaque GPC ce qui fait 1.740 à 6.525 producteurs potentiels qui s'investissent dans cette spéculation.

    On trouve ici l'explication de l'importance de cette filière dans l'économie des ménages et partant de sa place dans les stratégies de lutte contre la pauvreté de cette province.

    Depuis la libéralisation du secteur du coton intervenu en 2000, l'exploitation et la commercialisation de la production de la région de l'Est est dévolue à la SOCOMA (Société Cotonnière du Gourma). Cette société dispose deux (02) usines dont la plus ancienne (installée à Diapaga) a une capacité de 30.000 T et la dernière est installée dans le département de Kompienga qui est opérationnelle en 2007.

    De nos jours, les défis auxquels sont confrontés, cette filière sont énormes. D'après HAMSAR (2004) in (CSAO, 2005) les défis auxquels se heurtent le sous-secteur coton sont complexes. Des subventions accordées dans les pays développés qui affaiblissent le cour, l'augmentation de la production dans le monde, la concurrence accrue des fibres synthétiques, les innovations technologiques, les nouveaux moyens de lutte contre les parasites, la percée de la biotechnologique chez les producteurs des pays développés et d'Asie même d'Afrique du sud et les effets préjudiciables sur l'environnement.

    Depuis l'introduction de la culture du coton dans la région de l'Est, elle est sujette à discussion. PICOFA (2003), fait constaté que tous les spécialistes de la gestion des ressources naturelles sont inquiets face au fort courant d'immigration et à l'expansion de cette culture, les conditions d'un développement durable et le maintien de fertilité sont peu assurés. La dégradation des ressources naturelles, peu réversible, fragilise le développement touristique de cette partie de la région.

    La problématique environnementale de la culture de coton dans la région de l'Est est sans doute l'expansion des parcelles exploitées. Il est couramment admis que le paramètre extension des superficies emblavées semble militer en faveur de la destruction des ressources naturelles par cette culture.

    En effet, les statistiques de MAHRH/DSA (2007) indiquent que 4800ha ont été emblavées dans la province en 2006 par les producteurs en coton.

    2.3.3. Evolution spatiale de la production

    Dans la région de l'Est, l'accroissement de la production a été conforté par le « plan de relance de la culture cotonnière adopté en février 1996 » et qui couvrait la période de 1995/2001. Ce plan prévoyait entre autre l'extension de la culture à des nouvelles zones productrices potentielles (50 000 ha envisagés dans l'est et le sud du pays Sissili et Comoé) selon MAHRH (2003).

    En 1996, la production cotonnière de l'ensemble de la région de l'Est était de 2.280T pour atteindre 31 .055T en 2005 et 22.929T en 2006. Sur la même période considérée celle de la province de la Kompienga a évolué tendanciellement en hausse de 172T en 1995 et 5.706T en 2006(confère figure N°4).

    Depuis l'année 2004, la production de la région semble se stabiliser autour de 30 000T.

    En 11 années de campagne cotonnière soit de 1995 à 2006, les superficies emblavées et la production ont évalué tendanciellement vers la hausse.

    35000

    30000

    25000

    20000

    15000

    10000

    5000

    0

    Année

    R-Est KPG

    R-Est= Région de l'est ; KPG=Province de la Kompienga

    Source : MAHRH/ Direction des statistiques agricoles : Campagnes agricoles de 1995 à 2006

    Figure N°4 : Production cotonnière de la Région de l'Est et de la province de la Kompienga

    Par contre, les rendements de la région sont restés stationnaires et connaissent une baisse depuis 2004 ce qui s'est traduit par la baisse de la production. Le plus grand rendement obtenu par la province a été de 1208T/ha réalisé en 2006. La moyenne des rendements des 10 dernières années est 1035,54 T/ha pour la région tandis qu'elle est de 1054,33T/ha pour la province de la Kompienga.

    1400

    1200

    1000

    800

    600

    400

    200

    0

    R-Est P-KPG

    Année

    Source : MAHRH/ Direction des statistiques agricoles : Campagnes agricoles de 1995 à 2006

    Figure N°5: Evolution temporelle des rendements dans la région de l'Est

    En revanche, les superficies ont aussi accru, mais à un rythme moins accéléré. En effet, de 1995 à 2006, les parcelles ensemencées ont évolué de 3.828 ha à 26.077 ha soit un accroissement de près de 7 fois pour la région Est alors que la province de la Kompienga a triplé les superficies emblavées de 2001 à 2006.

    25000

    20000

    35000

    30000

    15000

    10000

    5000

    0

    Année

    R-Est P-KPG

    Source : MAHRH/Direction des statistiques agricoles : campagnes agricoles de 1995 à 2006
    Figure N° 6: évolution des superficies emblavées en coton dans la région de l'Est

    2.4. Conclusion partielle

    En définitive, il faut mentionner que la région possède d'énormes potentialités fauniques, forestières et hydrauliques. Ce qui lui offre des atouts pour amorcer son développement économique. L'agriculture et l'élevage sont les principales activités qui occupent la population de la zone. Cependant, cet équilibre risque d'être rompu au regard de la forte migration que connaît la province. Cette migration s'accompagne d'un développement d'activités anthropiques notamment agricoles. Ainsi, l'expansion de la culture de coton dans ces dernières années est un facteur qui aggraverait les effets pervers sur l'écosystème de la région.

    CHAPITRE III : PROBLEMATIQUE DE LA CULTURE DU COTON ET ECOSYSTEME

    LECLECH (1998) définit l'écosystème comme l'unité écologique de base par un milieu physique, le biotope, et les organismes animaux et végétaux qui y vivent, la biocénose. Mais on ne peut pas réduire l'écosystème à l'énumération de ses composantes biologiques. Il convient aussi de décrire le milieu physico-chimique, et les relations qui s'établissent entre et dans tous les compartiments. Il ne faut pas non plus se contenter de dresser un tableau à l'instant `T» d'un écosystème, mais voir ou contraire sa dynamique d'évolution au cours du temps. Tout cela est conditionné par les facteurs biotiques et abiotiques extérieurs qui l'influencent. Les agro systèmes sont des écosystèmes agricoles c'est-à-dire les espaces où l'homme se livre à des activités de culture et d'élevage.

    Dans les pays en développement en général, la problématique de l'environnement se pose surtout en terme de déséquilibre entre les ressources naturelles d'une part et les besoins sans cesse croissants de la population d'autre part. A la recherche d'une amélioration de leurs conditions de vie, les populations (dont le noble augmente à un rythme très rapide) exercent une pression accrue sur les ressources de leur environnement. Cette pression se traduit par la rapide diminution des ressources naturelles, une importante baisse de la biodiversité et une perturbation du fonctionnement global des écosystèmes naturels (CRE, 2001).

    Le développement de l'agriculture est une priorité dans les pays africains et il est souvent tributaire de l'utilisation des pesticides pour accroître les rendements des cultures de rentes (coton, café, cacaoyer etc.). La protection des cultures contre les ravageurs, les maladies et les concurrents pour les éléments nutritifs, la lumière et l'eau est aussi ancienne que la culture des plantes elle-même. Exclusivement manuelles à l'origine, les méthodes de protection des cultures employées par l'homme se sont enrichies au cours du temps de procédés culturaux, mécaniques, chimiques, biologiques et biotechniques. L'utilisation de produits chimiques de synthèse y est considérée comme une mesure de secours (PAN, 1993).

    3.1. Environnement international de la production cotonnière

    3.1.1. La production mondiale

    En 1998-1999, la production mondiale de fibre a été de 18,6 millions de tonnes contre environ une moyenne de 19 millions sur la période 1989-1991. Elle a connu une légère amélioration à la campagne de 1997-1998 avec une valeur d'environ 20 millions de tonnes. Mais à partir de la campagne 98-99 jusqu'en 2001, elle a fluctué entre 18 millions et 19 millions de tonnes (voir tableau N°2).

    ANNEE

    1998/99

    1999/00

    2000/01

    2000/02

    2002/03

    Monde

    18572

    19051

    19314

    21438

    19158

    Chine populaire

    4507

    3832

    4420

    5313

    4921

    Etats-Unis

    3030

    3694

    3742

    4421

    3747

    Inde

    2805

    2652

    2380

    2678

    2308

    Pakistan

    1372

    1872

    1785

    1807

    1698

    Ouzbékistan

    1002

    1128

    958

    1067

    1027

    Brésil

    521

    700

    939

    766

    827

    Turquie

    4495

    4382

    4306

    4521

    3730

    Autres

    4495

    4382

    4306

    4521

    3730

    Source: United Department of Agriculture, Foreign Agriculture, Service, Cellular séries, 08-2003 in MEF et GTZ (2003).

    Tableau N°2: production mondiale de coton fibre (en millier de tonnes)

    En outre, on constate que sur la période de référence du tableau, les deux premiers producteurs demeurent la Chine et les Etats-Unis. Les deux pays, grands producteurs de coton, totalisent plus de 40% de la production annuelle mondiale de coton, avec des parts respectives de 23% et 19%. C'est donc dire que leurs politiques cotonnières influencent nécessairement le marché mondial (MEF, 2003).

    3.1.2. La production au Burkina Faso

    A l'exception pratiquement des provinces sahéliennes, le coton est cultivé un peu partout. Cependant, la principale aire cotonnière est située à l'Ouest ; elle s'étend sur le cinquième du territoire national et produit près de 95% du coton graines commercialisé par le Burkina. Cette aire bénéficie de conditions naturelles favorables à la culture de coton (MEF, 2003). Amorcé après 1947, le développement de la culture de coton est surtout notable à partir de la fin des années 1960. L'augmentation est progressive jusqu'au milieu de la décennie 1980 et à partir de 1994-1995, la croissance s'est accélérée (d'environ 88 000 T de coton graine en 84/85, elle passe à 406 000 T en 2003 pour atteindre 71 2707 T en 2005 (MAHRH, 2006).

    En réalité, la forte augmentation de la production dans la deuxième décennie de 1980 masque d'énormes disparités régionales et intra régionales. En effet, à côté de la zone cotonnière qu'est l'Ouest, on trouve les régions Centre et l'Est du Burkina se présentant également comme des régions productrices.

    400000

    200000

    800000

    700000

    600000

    500000

    300000

    100000

    0

    Année

    Production

    Source : MAHRH/ Direction des statistiques agricoles : Campagnes agricoles de 1995 à 2006 Figure N°7 : Evolution de la production cotonnière au Burkina Faso

    3.2. Les intrants chimiques et minéraux du cotonnier

    3.2.1. Classification des pesticides chimiques

    En plus des classifications basées sur les caractéristiques biologiques et physiques, il existe une classification chimique des pesticides. On distingue deux catégories principales de pesticides : les pesticides minéraux et les pesticides organiques. Les pesticides organiques comprennent à leur tour les substances botaniques ou pesticides naturels et les substances de synthèse.

    Parmi les pesticides de synthèse, on retrouve principalement quatre groupes : les organochlorés (OC), les organophosphorés (OP), les carbamates et les pyrethrinoïdes de synthèses.

    Les pesticides d'un même groupe chimique possèdent souvent les mêmes caractéristiques en ce qui concerne leur toxicité, leur persistance, leur mode d'action etc (voir Tableau 3). Un pesticide peut être désigné par sa formule chimique, son nom scientifique, son nom commun et son nom commercial. Le nom commun représente la matière active du produit. Une même matière active peut être vendue sous plusieurs noms commerciaux différents et être présentée sous plusieurs formulations différentes.

    Matière active

    DL 50

    Classe

    Délai

    Cancéri-

    Téra-

    Toxi-

    Toxi-

    Nocif

     

    (orale aigue

    de danger

    d'inter-

    gène

    to-

    que

    que

    Pour

    Formulation commerciale

    sur rat

    selon

    diction

    (exp.ani-

    gène

    pour

    pour

    Auxi-

     

    en mg/kg)

    CEE/OMS

    avant récolte

    mal)

    (exp. animal

    abeille

    pois- son

    liaires

    Colonne 1

    2

    3

    4

    5

    6

    7

    8

    9

    .Organochlorés aldrine

    38 DD

    /Ib

    42

    *

    *

    *

    *

     

    chloredane

    460 DD

    /II

     

    *

    *

     
     
     

    DDT

    113 DD

    /II

    42

    *

    *

    *

    *

     

    dieldrine

    46 DD

    /Ia

    42

    *

    *

    *

    *

     

    endosulfan

    80

    T/II

    60

    *

     

    *

    *

    4

    heptachlore

    100 DD

     

    49

    *

     

    *

    *

     

    .Organophosphorés

     
     
     
     
     
     
     
     

    Diméthoate

    150

    Xn/II

    60

     
     
     

    *

    3-4

    Malathion

    2100

    X/III

    21

     
     

    *

    *

     

    Ométhoate

    50

    T/IIb

    42

     
     

    *

    *

     

    parathion

    13 DD

    T/Ia

    56

    *1)

     

    *

    *

     

    .Carbamates

     
     
     
     
     
     
     
     

    Aldicarbe(themik)

    0,93 DD

    /Ia

     
     
     

    *

    *

     

    carbaryl(sevin)

    300

    Xn/II

    35

    *

    *

    *

    *

    3-4

    carbofuran(furadan)

    8

    Xn/Ib

    70

    *

    *

    *

    *

     

    méthomyl

    17

    T/Ib

    14

     
     

    *

    *

    4

    .Fongicides bénomyl

    10000

     

    56

    *

    *

     

    *

     

    captafol

    5000

     

    35

    *

    *

     

    *

    1

    captane

    9000

     

    28

    *

    *

     

    *

    1

    folpel

    7000

     

    28

    *

    *

     

    *

     

    thirame

    560

    Xi/III

    42

    *

    *

     

    *

    1-2

    .Herbicides alachlore

    atrazine

    1200
    2000

    /III

    90
    90

    *2)

     
     

    *

    1

    glyphosate(roundup)

    4320

     

    42

    *2)

     
     

    *

    1-2

    paraquat
    simazine

    150
    5000

    T/II

    14
    70

    *

    *

     
     
     

    DD :Dirty Dozen ; a :utilisation interdite ;

    Colonne 3 : T=toxique ; Xn : nocif, Xi : irritant, Ib : très dangéreux ; Ia=extrêmement toxique/très toxique, II=modérément toxique/nocif, III= peu dangéreuxColonne 9 : 1=inoffensif ; 2=faiblement nocif ; 3=moyennement nocif ; 4=très nocif

    Tableau N°3: Dangers potentiels de pesticides d'usage répandu

    3.2.2. Rôle des produits phytosanitaires

    Les pesticides sont des produits chimiques ou naturels qui permettent de lutter contre les maladies des végétaux, les insectes ravageurs et les rongeurs. Ils peuvent être des fongicides, des herbicides, des insecticides, des rodenticides, ou des nématocides. Chacun de ces produits à une fonction bien précise.

    Pour aboutir à une molécule commercialisable, il faut en synthétiser environ 20 000. Les études biologiques et toxicologiques nécessitant 7 à 8 ans. Il y a actuellement près de 912 matières actives homologuées et plus de 8833 spécialités commerciales (LECLECH, 1998). Les maladies et ravageurs des cultures, les adventices entraînent des pertes considérables allant selon les régions du monde et les espèces cultivées de 20 à plus de 50% des récoltes potentielles. Utilisés dès le siècle dernier, des produits d'origine minérale comme le soufre (en 1857) ou la célèbre bouillie bordelaise (en 1884) ont permis de lutter efficacement contre les fléaux, importés d'Amérique que sont l'oïdium et le mildiou. Mais c'est avec le développement de la chimie de synthèse que la protection des cultures a trouvé ses principales armes (LECLECH, 1998).

    D'après des statistiques, en culture cotonnière, H. armigera est le ravageur potentiellement le plus dangereux. On estime que 20% de la production de coton de la campagne 1991 a été détruite, du seul fait de cet insecte au Burkina Faso (MARA et al., 1995).

    Selon KUMAR (1991), les insecticides sont à ce jour la principale arme de l'homme contre les insectes ravageurs. L'utilisation à grande échelle, des produits agrochimiques est l'un des atouts premiers facteurs de réduction des pertes causées par les ravageurs.

    En Afrique et dans les pays du tiers monde en général, l'utilisation massive des pesticides a coïncidé avec la « révolution verte ». Elle s'est traduite par la mise au point de semences et de variétés améliorées à hauts rendements. En outre, elle a permis le développement des cultures d'exportation comme le café, le coton le cacao, le thé, le palmier à huile et les bananes. Les intrants agricoles étaient utilisés à fortes doses pour optimiser les rendements de ces produits (CRE, 1991).

    Ainsi, il apparaît clairement l'importance de l'utilisation des pesticides en agriculture.

    3.2.3. Caractéristiques principales des pesticides

    L'utilisation des pesticides a des effets non intentionnels multiples. Les risques sont liés aux caractéristiques physico-chimiques (persistance, solubilité, coefficient d'adsorption) et toxicologiques des molécules en interaction avec la nature des sols et les conditions climatiques.

    3.2.3.1. Transfert des produits phytosanitaires

    Le sol reçoit in fine la plupart des produits phytosanitaires utilisés en agriculture et constitue donc la plaque tournante de leur devenir. A partir de cette matrice six (06) phénomènes peuvent avoir lieu à savoir :

    · volatilisation,

    · photodécomposition,

    · entraînement par ruissellement, soit en solution, soit absorbés sur les particules,

    · entraînement par lessivage,

    · immobilisation par adsorption sur les argiles ou les matières organiques

    · et dégradation physico chimique ou biologique par les micro-organismes du sol. Seuls les processus de photo décomposition et de dégradation participent à la disparition réelle du produit. Les autres mécanismes correspondent à des stockages où à des déplacements. La multiplicité des paramètres intervenant sur le devenir des molécules rend celle-ci difficilement prévisible (LECLECH, 1998).

    3.2.3.2. Toxicité

    PAN (1993) indique que le chemin que peut suivre une substance depuis la « frontière du système homme » vers l'intérieur du corps et l'action qu'elle peut y avoir dépendent avant tout de ses propriétés physico chimiques et toxiques.

    Ainsi, la charge de matière active sur le lieu de travail dépend de plusieurs facteurs différents. Elle augmente avec la concentration du produit et la concentration de la matière active dans la formulation commerciale.

    Les effets de l'exposition aux pesticides chez l'homme ou chez l'animal nécessitent de distinguer :

    - l'intoxication aigue qui est liée à une pénétration massive du produit dans l'organisme. Les symptômes (digestifs, cardiovasculaires, respiratoires, nerveux) apparaissent peu de temps après le contact (24-48 heures). Cette toxicité est assez bien connue. Elle est évaluée par la DL50 ou CL50 ainsi que par des études sur les propriétés irritantes et allergisantes. Elle est exprimée en mg de matière active par kg de poids vif.

    - L'intoxication chronique quant à elle est le résultat d'une exposition répétée ou continue à des doses faibles, les signes apparaissent souvent très tardivement. Les effets sont multiples : cancérigène, mutagène, tératogène, stérilité atteinte progressive d'un organes (foie, rein etc), baisses immunitaires (PAN, 1993).

    Malgré la sévérité des procédures d'homologation, les données expérimentales, obtenues sur des cellules ou des animaux, restent difficilement transposables aux conditions naturelles ainsi que chez l'homme, les phénomènes de transfert dans l'écosystème, de bio accumulation d'interactions avec d'autres substances toxiques (engrais, solvants, tabac, alcool, médicaments), rendent le problème particulièrement difficile.

    3.2.4. Les conséquences de l'usage des pesticides 3.2.4.1. Effets agronomiques non intentionnels

    La simplification des systèmes de cultures et l'utilisation répétée de certains pesticides ont conduit à plusieurs phénomènes indésirables.

    LECLECH (1998) décrit les trois (03) phénomènes de la manière suivante :

    - sur les évolutions de flores: D'après cet auteur, l'application répétée d'herbicides ayant le même spectre d'activité, conduit à la raréfaction des espèces, et corrélativement favorisent le développement d'une flore adaptée, généralement moins active, mais à fort pouvoir de régénération.

    Herbicides Utilisation Plantes favorisées

    Phytohormones Céréales Graminées : vulpins, folle,

    acétiques ovines, chiendents...

    Urées substituées Céréales Ombellifère : gaillets

    difénamide Tomate Solanacées : morelles, datura

    nopropamide Colza, vigne Crucifères ; moutarde,

    ravenelle, capselle

    Propyzomide Choux, tournesol, Crucifères et composées

    soja, pépinière

    oxadiazon Vigne, vergers, Caryophyllacées : mouron des

    Pépinières oiseaux céraistes...

    Source : D'après LECLECH (1998).

    Tableau N°4 : Spectre floristique après usage d'herbicide

    L'évolution de la flore n'est qu'une conséquence de l'empirisme et de l'utilisation abusive du désherbage chimique. Les répercussions techniques sont lourdes, elles entraînent une complication notoire des interventions. Mais, les retombées économiques sont encore plus graves, l'apparition d'un tel problème impliquant toujours un surcroît du désherbage.

    - la biodégradation accélérée des pesticides : L'usage répété d'un même produit sur un même site entraîne la prolifération d'une flore microbienne spécifique l'utilisant comme substrat. Il en résulte en quelques années une baisse progressive de la persistance agronomique du produit et par conséquent une chute d'efficacité.

    De nombreux cas ont été signalés dans le monde principalement pour les insecticides (carbamates et organophosphorés) et quelques herbicides et carbamates uniquement. Cette famille semble donc particulièrement concernée. Bien que le phénomène soit encore limité, il exprime bien les dangers de la combinaison monoculture mono traitement.

    - effet sur les organismes non visés : KUMAR (1991) fait écho des effets des pesticides sur les organismes non visés en ces termes : les insecticides affectent les processus biologiques de nombreux organismes vivants et peuvent donc s'avérer toxiques pour un grand nombre d'animaux autres que ceux appartenant aux espèces visées. Dans certains endroits où des traitements ont été effectués contre les insectes, des populations entières d'oiseaux ont été décimées ou largement réduites, des populations de poissons ont été considérablement abaissées et l'on a décelé des résidus de produits chimiques dans le tissu adipeux humain ainsi que dans la viande et le lait de bétail.

    En Afrique de l'Ouest, l'utilisation de l'HCH( Hexachlorocyclohexane) a causé la destruction d'ennemis naturels de ravageurs dans l'écosystème du cacaoyer et a provoqué la multiplication d'espèces précédemment insignifiantes, qui ont pu atteindre des proportions de ravageurs (OWUSU MANU, 1976 ; KUMAR, 1979).

    DE BOCH et BARLETT (1951) ont étudié les effets des insecticides sur les ennemis naturels des agrumes et se sont aperçus que l'augmentation intervenue dans les populations de chaque ravageur était liée à la domination du nombre des ennemis naturels (KUMAR, 1991).

    Des recherches effectuées à long terme en nouvelle Ecosse, au Canada, sur une période d'environ 20 ans, ont montré que 52 espèces ravageurs des vergers des pommiers sont maîtrisées de manière efficace par leurs ennemis naturels. Dans le sud des Etats-Unis, l'usage

    important d'insecticide sur le cotonnier a permis à l'araignée jaune d'acquérir le statut de ravageur économique, le nombre de ces insectes étant si élevé qu'ils envahissent

    « Presque toutes les feuilles » (KUMAR, 1991).

    3.2.4.2. Problématique des résidus

    3.2.4.2.1. Les limites admises dans l'alimentation

    Les études toxicologiques permettent de définir une dose sans effet sur l'animal le plus sensible (DSE en mg/kg de poids corporel) pour l'homme en adoptant un facteur de division d'au moins 100, parfois 500 ou 1000 si certains risques sont encore mal définis.

    La teneur en résidu de récolte test multiplié par la consommation moyenne en aliment donne une évaluation de la charge en pesticide de la ration alimentaire. Si la DJA (Dose Journalière Admise) n'est pas atteinte, on retient cette teneur comme limite maximale de résidus (LMR en mg/kg) dans les denrées alimentaires. De la même manière, on fixera pour l'eau une concentration maximale admissible (CMA). Si les DJA sont unanimement reconnues, les LMR sont variables d'un pays à l'autre, du fait des modalités d'obtention et de réglementations différentes. En Europe, elle est basée sur la consommation quotidienne de 400g de fruits et légumes d'un homme de 60 kg : (LMR = DJA × 60 × 1/0,4).

    Actuellement, dans le cadre de l'OMC, un comité sur les résidus de pesticides est chargé de l'harmonisation de celle-ci. Le « Codex alimentaire » élaboré conjointement par l'OMS et la FAO constitue dans l'immédiat la référence.

    En 1980, la directive européenne (80/778/CEE) sur l'eau de boisson a fixé la CMA à 0,1 ug/litre (1 ug : 10-6 g) pour l'ensemble des produits phytosanitaires. La concentration totale en pesticides ne devant pas dépasser 0,5 u g/ litre.

    De nombreux insecticides, et surtout les organochlorés comme le DDT (Dichloro-diphénil trichloroéthane), laissent des résidus dans les biotopes terrestres et aquatiques, provoquant une concentration cumulative dans la chaîne alimentaire et l'amplification biologique. Les résidus peuvent avoir des effets défavorables sur les écosystèmes, en créant un déséquilibre affectant la chaîne alimentaire, les insectes nécrophages, les relations insectes-hôtes, les relations insectes-plantes etc. Par ailleurs, une partie importante du produit chimique appliqué et des produits de sa dégradation peuvent persister pendant des années dans le corps des animaux, y compris le corps humain. De très faibles concentrations peuvent avoir des conséquences biologiques significatives. Elles peuvent causer des cancers (substance teratogène), ou provoquer des transformations génétiques (LINCER et al., 1981).

    3.2.4.2.2. Développement des phénomènes de résistances

    Rare en 1950, le phénomène de résistance concerne aujourd'hui plusieurs espèces d'adventices, de pathogènes et de ravageurs. L'acquisition de la résistance à un pesticide est principalement liée à deux mécanismes (LECLECH, 1998) :

    · modification du site d'action : il s'agit de mutation ponctuelle affectant les gènes qui codent pour la cible du pesticide. C'est le cas de la résistance chloroplastique à l'atrazine développée par une cinquantaine de dicotylédones.

    · Détoxication accrue : elle résulte, d'une amplification des gènes codant pour des enzymes dégradant ou neutralisant le pesticide de modification de la conformation de l'enzyme le rendant plus efficace ou de gènes régulateurs contrôlant le degré d'expression de ceux-ci. Par exemple, chez le puceron du pêcher (Myzus persicae), la résistance aux organophosphorés est due à une surproduction d'estérases. C'est également le cas de la résistance à l'atrazine des graminées adventices.

    Le risque d'apparition de la résistance est d'autant plus élevé que la matière a un site d'action unique. Ainsi, la résistance se caractérise par un changement génétique en réponse à une sélection provoquée par un insecticide.

    D'après GEORGHIOU et TAYLOR (1997), le nombre d'espèces d'insectes et d'acariens parmi lesquelles des souches résistantes ont été signalées, serait passé de 1 en 1908, à 364 en 1975 (tableau N°5). L'impact du développement de résistances dans la lutte moderne anti- ravageurs est extrêmement important. Les agriculteurs sont contraints d'utiliser des doses croissantes et d'effectuer des traitements plus fréquents pour tuer les mêmes nombres de ravageurs. Ceci entraîne, non seulement une perturbation de l'écosystème supérieure à ce qu'elle aurait été si l'on avait effectué des traitements moins fréquents à des doses plus faibles, mais aussi à des coûts plus élevés et une perte d'investissement dans la mise au point d'insecticides.

    Année

    Nombre total d'espèces résistantes

    Nombre d'espèces d'insectes et d'acariens résistants contre 1,2,3,4 voire 5 groupes de matières actives

    1 2 3 4 5

    1938

    7

    7

    0

    0

    0

    0

    1948

    14

    13

    1

    0

    0

    0

    1955

    25

    14

    18

    3

    0

    0

    1969

    224

    155

    42

    23

    4

    0

    1976

    364

    221

    70

    44

    22

    7

    1980

    428

    245

    95

    53

    25

    10

    1984

    447

    234

    119

    54

    23

    17

    Matières actives ; DDT « drines » (aldrine, diéldrine, endrine), organophosphorés, carbonates, pyréthrinoïdes Tableau N° 5 : Développement de résistances multiples d'insectes et d'acariens (d'après GEORGHIOU et TAYLOR, 1977).

    Certaines souches d'insectes et d'acariens sont devenues à leur tour, résistantes à l'arsenic, au DDT ainsi qu'aux autres hydrocarbures chlorés, puis aux organophosphorés, aux carbamates et plus récemment aux pyréthrenoïdes et à l'ensemble des spécialités commercialisées par la lutte anti-ravageurs.

    Le développement des phénomènes de résistance est le problème le plus urgent de la lutte moderne anti-ravageur. D'après l'OMS (1976) « la résistance est sans doute le plus sérieux obstacle ou combat contre les maladies transmises par des vecteurs et constitue la cause principale de la difficulté à éliminer valablement le paludisme dans de nombreux pays ».

    Les cas de résistances signalés ne concernent pas seulement les insecticides les plus récents mais également les régulateurs de la croissance des insectes, les chimiostérilisants, et même les agents de la lutte biologique (SAWICKI, 1979).

    3.2.4.2.3. Accumulation dans la chaîne alimentaire

    Les organochlorés en raison de leur persistance élevée s'accumulent dans les chaînes alimentaires, le produit passe en s'accumulant par exemple dans les microorganismes aquatiques aux poissons et des poissons aux rapaces ou à l'homme. Les poissons et les crustacés représentent pour la population de nombreux pays en développement la principale source de protéines alimentaires. Ils sont souvent attrapés dans les rizières ou des lacs directement ou indirectement contaminés par des pesticides agricoles et de lutte contre les vecteurs. Un autre itinéraire d'accumulation même des aliments pour bétails contaminés aux animaux domestiques, puis à l'homme. Même, de petites quantités résiduelles d'organochlorés (voir Tableau N°6) passent presque sans perte de l'aliment aux réserves de graisse de l'animal ou dans le lait (PAN, 1993).

    Chez les mammifères, les organochlorés sont transmis avec le lait de la mère à l'enfant, qui est plus vulnérable et qui les emmagasine à son tour. La contamination du lait est fonction de l'exposition de la mère. Ainsi, CETINKAYA (1985) in PAN (1993) a montré que les mères habitant en région rurale ont un taux de HCH dans le lait plus élevé que les mères citadines, et que la teneur en DDT du lait de mères vivant dans des régions de productions cotonnières est presque 4 fois plus élevé qu'en région urbaine. Une étude menée au Togo et au Sri Lanka par la GTZ (1978) in (PAN, 1993) sur les résidus à montré que plus 50% des échantillons de légumes dépassaient les normes : 90% des salades et les tomates du Sri Lanka étaient « non commercialisable ». Des études menées au Brésil de 1981 à 1982 et portant sur 1128 échantillons de poudre de lait, de conserves, d'huiles alimentaires, de beurre et de fromage, montrent à quel point les aliments peuvent être contaminés dans les pays en développement : 59% des aliments étudiés contenaient des pesticides en quantité supérieure à la concentration maximale autorisée. De même, en Inde, des études réalisées sur des légumes provenant de différents marchés de Bombay ont produit des résultats semblables : presque 50% des échantillons analysés contenaient des résidus de pesticides à savoir l'HCH, le lindane, l'aldrine, l'heptochlore, l'endrine, le DDT (KHADEKAR et al, 1982).

    En Egypte, l'analyse de lait de buffle et de deux espèces de poisson a fait apparaître des taux de lindane, d'aldrine, de diéldrine, de DDT et d'Heptachlore surélevés dans le lait de buffle ; la plupart des échantillons de poisson contenaient du HCH, de l'heptachlore, de l'époxyheptachlore de l'hexachlorobenzène et du chlordane mais en concentration inférieure au lait du buffle. Ce qui est à rapporter au fait que les organochlorés s'accumulent dans les graisses et que les poissons contiennent moins de matières grasses que le lait (DOGHEIM et al, 1988). De même DUSZELN (1991) rapporte que 350 échantillons de céréales et produits aux céréales, légumineuses, pommes de terre, viande et fromage pour l'essentiel provenant de 18 localités au delta du Nil ont été analysés dans le cadre de cette étude qui visait les organochlorés et les organophosphorés. Il est apparu que ceux-ci étaient dépassés dans 43% des échantillons pour le HCH, 7% pour le lindane et 9% pour le DDT. Certains dépassements étaient considérables : le taux de DDT de quelques échantillons de pommes de terre était 90 fois, celui de lindane de 10 fois. Des concentrations de résidus très élevés ont également été constatées dans des échantillons de riz paddy, de farine de blé, de farine de maïs et de son de blé.

    Pays

    Eléments

    Nombre
    d'échantillon

    Concentration du DDT en ppm Min Max

    Soudan

    Graisses

    6

    7,8

    53

     

    Lait

    16

    1,8

    35

    Sri Lanka

    Graisses

    5

    11

    102

    Philippines

    Graisses

    10

    1,2

    26

    Nicaragua

    Graisses

    10

    19

    179

     

    Lait

    5

    24

    43

    Tanzanie

    Graisses

    8

    2,6

    41

    Iran

    Graisses

    17

    2,4

    63

    Thaïlande

    Lait

    98

    0,75

    28

    Min=minimum ; Max=maximum

    .Taux de DDT et de ses métabolistes dans les matières grasses.

    Tableau N° 6 : Teneur en DDT de graisses et de lait humain dans des pays en développement (D'après GTZ 1978)

    3.2.4.2.4. Contamination des matrices écologiques

    Lorsque l'on applique un pesticide seul, une infirme partie de la quantité employée atteint les organismes visés, ravageurs et parasites. Plus de la moitié du produit passe directement dans l'atmosphère lors de l'application par une liaison avec les aérosols, les produits chimiques peuvent être transportés sur de longues distances et lavés à terre lors des pluies. Ce processus entraîne une diffusion égale des pesticides sur les continents et les eaux de surface. On peut trouver aujourd'hui des traces de pesticides dans le monde entier : dans le corps de manchots

    de l'Antarctique comme dans les graisses des esquimaux d'Alaska ou jamais des pesticides n'ont été appliqués (PIMENTEL, 1983; RAMADE, 1986 in PAN, 1993; CRE, 2000).

    3.2.4.2.4.1. Quelques expériences au plan mondial

    En général, les pesticides peuvent passer dans l'air et contaminer l'atmosphère par plusieurs chemins : par dérive lors de l'application, par volatilisation depuis la surface du sol et des plantes et par entraînement par le vent de particules de sols contaminés.

    D'après VANDENBROCK, 1979 ; OSIBANJO et BOMGBOSE ( 1990) in FAO, 1993 , les hydrocarbures chlorés (CLHC) en tant que substances hydrophobes ont un fort potentiel d'accumulation biologique dans les plantes aquatiques, les poissons et les mollusques et subissent une amplification biologique le long des niveaux trophiques.

    SCHRIMPF (1984) a constaté que la pollution de l'air par des pesticides (diclarine, endrine, DDT) dans des régions urbaines de colombie est en rapport avec l'usage intensif de ces produits dans les surfaces agricoles voisines. Il a également constaté que la teneur en DDT de l'air était 10 fois plus élevée en Colombie qu'en Europe centrale. KAUSHIK et al. (1987) ont mesuré de fortes concentrations de DDT et HCH dans l'air de la capitale indienne New Delhi. Des analyses sur plusieurs années de l'eau du lac Mashu sur l'île Hokkaïdo du Japon ont fait apparaître des concentrations de lindane de plus en plus élevées dont les sources possibles de provenance sont la Chine et la Corée où ce produit est employé fréquemment PAN (1993).

    En Californie, on a décelé des pesticides dans des gouttelettes de brouillard, des organophosphorés et de leurs produits de transformation par oxydation mais aussi d'herbicides tels que l'atrazine et la Simazine. La concentration de ces produits était considérablement plus élevée que l'eau de pluie (GLOTFELTY et al., 1987).

    A Bhopal, l'analyse de l'eau de boisson a révélé des résidus de pesticides dont les concentrations moyennes pour le HCH étaient de 4,6 ppm dans les puits, 6,1 ppm dans les fontaines et 5,2 ppm dans les étangs ; pour le DDT 5,7 ppm dans les puits, 14,4 ppm dans les fontaines et 16,0 ppm dans les étangs DIKSHITH (1990).

    Au Salvador, on a décelé des concentrations élevées des pesticides dans les eaux souterraines comme les eaux de surfaces dans les régions cotonnières. Dans les puits, l'aldrine et la diéldrine atteignaient des concentrations de 19ug/l et le DDT de 11 1ug/l (CALDERON, 1981 in PAN, 1993).

    En France diverses enquêtes indiquent une prépondérance de contamination par le lindane et les triazines. Des composés retirés de la vente depuis plusieurs années ont également été identifiés (heptachlore, aldrine, diedrine, DDT). Ainsi, les résidus de pesticides dans les eaux souterraines présentaient des concentrations en lindane de 0,2 à 10,6 ug/l au nord de la France et en Atrozine 0,5 à 1 ug/l au sud la France (LECLECH, 1998).

    HUNT et BISHOFF (1960) ont constaté que le phytoplancton d'un lac de Californie renfermait 5 ppm d'un insecticide voisin de DDT, le TDE alors que sa concentration dans les eaux n'était que de 0,014 ppm (RAMADE, 1978). L'alimentation expérimentale de bécasses avec des vers de terres contaminés à des doses d'heptachlore de 2,86 #177; 0,24 ppm, comparable

    à celle que renferme les échantillons de ces annélidés prélevés en Louisiane dans leur territoire d'hivernage provoque après 35 jours la mortalité de 50% des oiseaux intoxiqués (STICKEL et al. 1965 in RAMADE, 1978).

    De même RAMADE (1978) rapporte que la contamination des eaux douces par les pesticides exerce une influence catastrophique sur la faune ichtyologique. Celle-ci semble résulter en bien des cas d'un appauvrissement des eaux en matières alimentaires animales à savoir le zooplancton, larves d'insectes dont se nourrissent les poissons. A cet égard, les travaux canadiens relatifs aux effets, des traitements aériens avec le DDT des forêts du New Brusnswick conclu en définitive par la raréfaction des peuplements de Saumons des rivières qui en traversent ces régions et intéressent donc les écosystèmes limniques.

    Une étude effectuée en 1949 et en 1951 sur la persistance des insecticides dans le sol, à Beltsville au Maryland, démontra qu'après 14 ans on pouvait retrouver 40% de chloredane, 41% d'endrine, 16% d'héptachlore et 45% de toxophène. Quand au DDT, après 17 ans la dose résiduelle était de 39% (CHAPUT et al., 1971).

    3.2.4.2.4.2. Quelques expériences africaines

    Les activités anthropogènes sont la première source ponctuelle de l'apport d'hydrocarbures chlorés dont l'environnement aquatique, les pesticides organochlorés (OCP) pénètrent dans l'environnement aquatique principalement à la suite d'application délibérés ou accidentellement, tandis que l'entrée des PCB dans le milieu aquatique est indirecte et principalement accidentelle. La production agricole vivrière nécessaire à la population du continent qui naît rapidement et celle des cultures de rapport nécessaire à son essor économique, ainsi que les activités menées depuis les années 1940 pour lutter contre les vecteurs de maladies représentent les principales sources d'apport anthropogène d'OCP (FAO, 1993).

    Le destin final de ces polluants notamment leur répartition dans les différents compartiments de l'environnement aquatique dépendra d'un certain nombre de facteurs dont : la concentration, la dilution, la solubilité dans l'eau, les processus géochimiques qui se produisent, l'adsorption sur les sols, les particules en suspension et les sédiments, la lipophilicité et la bioaccumulation biologique dans les organismes vivants (KHAN, 1977).

    Les résidus de ces produits chimiques toxiques trouvés dans l'eau, les sédiments, les poissons et autres biotes aquatiques peuvent constituer un risque pour les organismes aquatiques, pour leurs prédateurs et pour l'homme.

    Dans les différentes régions africaines, la littérature existante permet de se faire une idée sur l'état de la contamination des ressources.

    * En Afrique du Nord

    Les rares informations dans la sous région reposent en grande partie sur des études qui ont été faites depuis la fin des années 70 en Egypte concernant les taux résiduels de CLHC dans différents compartiments écologiques des plans d'eau intérieurs et côtiers.

    EL-SEBEA et ABU-ELOMAYEM (1979) avaient décelé des taux quantifiables de lindane, d'heptachlore, d'O-P' DDT de pp'-DDT à des concentrations allant de 100 à 950 ug/l dans le Nil dans une première étude en 1970.

    SAAD et al. (1985) ont analysé des échantillons de sédiments composites prélevés en 1968 dans le lac de Monzalah et en 1970 dans le lac Mariant et dans l'hydrodrome de Nozha pour doser le DDT et les PCB. Alors que le lac Mariant et l'hydrodrome de Nozha présentent des concentrations relativement bas de DDT total (29,8 et 54,1 ng) respectivement, le lac de Manzalah avec 877 ng/g s'est révélé fortement pollué. Les taux de PCB ont été 17,8 ; 21,4 et 71,2 ng/g (lindane) ; respectivement pour le lac Mariant, l'hydrodrome de Nozha et le lac de Mozalah.

    En 1978/79 ABU-ELAMAYEM et al. (1979) ont trouvé des taux de contamination dans le poisson de 34,98 ng/g (lindane) ; 38,96 ng/g (p,p'-DDE), 17,36 ng/g (p p'-DDT) et 60,76 ng/g (DDT total).

    MACKLAD et al. (1984 b) ont suivi les taux de pesticides chlorés dont deux espèces de poissons provenant du lac Mariant et de l'hydrodrome de Nozha. Dans les poissons de l'hydrodrome les taux de DDE dans l'espèce Mugil allaient de 3,13 à 822,0 et de 3,0 à 1320,0 ng/g de poids humide, dans le muscle et le foie du poisson respectivement. Par ailleurs, on trouve encore du DDT dans les organismes aquatiques, bien qu'il soit interdit depuis plusieurs années. D'une manière générale, les concentrations des pesticides chlorés étaient moins élevées dans les poissons du lac Mariant que dans ceux de l'hydrodrome.

    * En Afrique de l'Est

    Les bassins versants de l'Afrique de l'Est et de l'Océan indien sont des sites d'agriculture intensive, d'urbanisation et d'industrialisation. La plupart des études portent sur l'analyse du biote et d'échantillons de faune sauvage les tissus musculaires et hépatiques de vingt neuf spécimens de poissons appartenant à sept espèces différentes ont été échantillonnés et analysés par EL-ZORGANI et al. (1979) du point de vue des isomères et des métabolites du DDT. Dix seulement des 58 échantillons analysés contenaient des concentrations décelables de résidus d'OCP. On a trouvé du P P'-DDE dans les dix échantillons (3-153) ng/g du poids frais tandis que le pp'DDT n'a été trouvé que dans trois échantillons (5-14)ng/g entre 6 et 184 ng/g. La source probable de contamination chimique du lac de Nubie est la région de culture du coton qui s'étend le long du Nil bleu et du Nil Blanc dans le centre du Soudan.

    Sur la rive nord du lac Tanganyka, on cultive du coton, de la canne à sucre et du café, cultures qui font l'objet de pulvérisations aériennes de pesticides à raison d'environ 45 tonnes par an. Dans l'environnement marin, le DDT, l'endrine, l'aldrine, le toxophène et d'autres pesticides proviennent à l'océan Indien par l'intermédiaire des cours d'eau, mais proviennent aussi des grandes villes de Dar-Es-Salam Tanga, Lindi et Zanzibar (BRICESON et al., 1990).

    PAASIVIRTA et al. (1988) ont analysé des échantillons prélevés dans le lac artificiel la retenue de Nyumba ya Mungu en Tanzanie. Les concentrations moyennes trouvées dans les sédiments étaient de 1 ng/g pour le DDE et DDD, de 3 ng/g pour le DDT, de 1 ng/g pour le lindane de 4 ng/g pour la diéldrine et de 131 ng/g pour la Tanzadrine, un photo-métabolite de

    la diéldrine. Les valeurs moyennes trouvées dans les plantes aquatiques, par gramme de poids secs ont été de 15 ng de DDe, 18 ng de DDT, 4,5 ng de lindane, 27 ng et 25 ng de tanzadrine. Des oiseaux piscivores (martins-pêcheurs et cormorans) qui ont été contaminés par le biais de la chaîne alimentaire contenaient 10 ng/g de diéldrine et de 60 à 200 ng/g de DDE (KOEMAN et al., 1972).

    MUGACHIA et al (1992 a, 1992 b) ont décelé un niveau moyen de DDT total moyen observé dans les requins était de 702 ng/g (la valeur la plus élevée a été de 3415 ng/g). Les taux de résidus du groupe HCH allaient de 4 à 290 ng/g. Dans les poissons d'eau douce, le DDT allait de 52 à 11125 ng/g.

    * En Afrique de l'Ouest et du Centre

    Selon FAO (1994), pendant plus de trente ans, de nombreux insecticides chlorés ont été utilisés dans cette sous région pour l'agriculture. La lutte contre les vecteurs de maladies et la santé publique, mais peu de données concernant les quantités employées sont disponibles. OGUNLOWO (1991) a étudié la présence et la concentration de CLCH dans 9 cours d'eau de l'Etat d'Ondo, grande région cacaoyère du Nigeria. Il a trouvé (en ng/l) les valeurs suivantes : lindane ND-6,4 (2,4), heptachlore ND-5,0 (2,1). OKONNA (1985) a mis en évidence la présence de résidus de pesticides dans les eaux de la lagune de Lagos. Les concentrations trouvées, en ng/l étaient les suivantes : lindane 85,3 ; aldrine 19,3 ; DDe 12 ; HCB 1,9 ; endrine 12,5 et diéldrine 28,0.

    SUNDAY (1990) a analysé 20 échantillons de sédiments provenant de rivières et de cours d'eau passant dans la ville d'Ibadan, dans l'Est d'Oyo. Les concentrations moyennes en ng/g de poids sec étaient les suivantes : diéldrine (1,4) ; á- HCH (1,6) ; aldrine (0,04). MARCHAND et MARTIN (1985) ont évalué la contamination des sédiments de la lagune Ebrié par le DDT et ses métabolites, le lindane et le PCB. Les concentrations en ng/g (poids sec) sont de l'ordre de : lindane 0,5-19 ; DDE 0,2-149 ; DDO 0,2-803 ; DDT 0,2-354 ; PCB 2- 213. Deux sites critiques ont été mis en évidence : la baie de Bietry et la baie de Marcory qui sont fortement polluées.

    Une étude réalisée en 1988-1989 par la faculté des sciences de l'université du Bénin au Togo montre que toutes les eaux y compris celle du robinet, sont souillées par l'aldrine et accessoirement par l'heptachlore, le lindane, l'endrine et le DDT (CRE, 2000).

    Au Bénin, SOCLO et KABA (1992) ont relevé les concentrations moyennes suivantes pour les poissons : HCB < 0,016 ; lindane 0,10 ; heptachlore 0,02 et DDT 1,86 ; en ng/g, de poids frais.

    En Gambie, JALLOW (1988) a trouvé les concentrations moyennes de lindane en ng/g en poids frais suivants : poisson 0,029 ; crevette 3,07 et huître 1,74.

    * En Afrique Australe

    MHLANGA et MADZIVA (1990) au Zimbabwe ont communiqué les concentrations de HCH, aldrine, diedrine et DDT total trouvés dans différentes matrices du lac Mclluwaine. Les valeurs obtenues (fourchette, moyenne) ont été dans le poisson (ng/g en poids frais) : á -HCH ND-240(04,1) ; diéldrine ND-24 (1,33) ; DDT total (66,6) ; dans l'eau (ng/l) : á -HCH 26-270

    (100), diedrine 10-530 (200), DDT total 30-700 (400) et dans les sédiments (ng/g en poids frais) : HCH 2,0 -42 (16) ; aldrine ND-12 (1,0) ; diéldrine ND-16 (5,0) ; DDT total 32-146 (76).

    MATHIESSEN (1983) a mesuré les concentrations de DDT et de ses métabolites dans les compartiments écologiques des principaux cours d'eau se déversant dans le lac Kariba. Les valeurs obtenues ont été < 20-300 ng/l dans l'eau, 40-740 ng/g en poids humides dans les sédiments, 170 ng/g en poids frais dans le muscle des poissons et 150-740 ng/g en poids frais dans les mollusques. Les taux de résidus ont également été mesurés dans le foie de poisson (440ng/g en poids frais) et les ovaires de poisson (360 ng/g en poids frais).

    3.3. CONCLUSION PARTIELLE

    Les impacts de la culture du coton sur les écosystèmes ont été décrits et mis en évidence. L'usage des intrants chimiques (pesticides et fertilisants) permet certes d'améliorer les rendements mais ont été des sources des dégâts collatéraux. Ces effets qui, très souvent, vont au delà des agro-systèmes dans lesquels cette culture est pratiquée peuvent affecter tout l'écosystème. Aucune matrice écologique n'est épargnée des risques de contamination. Au vu de ces données, la zone cotonnière Est du Burkina Faso n'est pas à l'abri de ces risques eu égard à la dynamique de l'expansion de cette spéculation.

    Deuxième partie : MATERIEL ET METHODOLOGIE

    CHAPITRE I : CADRE DE L'ETUDE

    1.1. La zone d'étude

    La province de la Kompienga comprend trois départements qui sont : Pama, Kompienga et Madjaori (Figure 8). Elle a une superficie totale de 6.998Km2 dont environ 1/3 est occupé par les réserves forestières alors que les réserves de faune occupent un total de 41 7.000ha. Les visites ont concerné chacun des départements. Dans chaque département, les villages où la production cotonnière est effective ont été visités.

    Figure N°8 : Localisation des sites d'étude

    1.2. Justification du choix du site

    L'exploitation durable des ressources naturelles à des fins agricoles est confrontée à des contraintes d'ordre socio-économique mais aussi technique. Ainsi, au regard des besoins sans cesse croissants des communautés en terre, en eau, en ressources forestières animales etc., les techniques et les approches se révèlent de plus en plus inadaptées ou sont mises à rude épreuve et il s'impose d'entreprendre des actions pour contribuer à atténuer les effets préjudiciables sur l'environnement.

    Pour la présente étude, les raisons qui ont conduit au choix de cette province sont les suivantes:

    - la production cotonnière est à ses débuts, mais on note qu'il y'a tous les profils de producteurs anciens et nouveaux; ce qui offre des perspectives pour la prise en compte des effets dommageables sur l'environnement ;

    - de nombreux acteurs de terrains s'interrogent sur les risques environnementaux de cette culture en rapport avec l'équilibre écologique de la région;

    - cette Province fait partie de la Région de l'Est qui regorge d'énormes potentialités fauniques du pays d'où la nécessité de contribuer à une meilleure compréhension de la dialectique expansion de la culture de coton et préservation de la biodiversité pour l'adoption des mesures adéquates pour leur gestion rationnelle.

    CHAPITRE II : APPROCHE METHODOLOGIQUE 2.1. Contacts et identification des sites

    La mise en oeuvre de cette étude a nécessité des concertations avec les services provinciaux qui participent à la gestion intégrée des ressources naturelles et à la protection de l'environnement. Des entretiens informels ont donc été organisés avec les directeurs de la DPECV, DPRA, DPAHRH, et les chefs de services et projets tels que l'UPC, le PNGT et le PAIE en vue d'identifier les sites et les organisations de producteurs. Puis, avec les techniciens de la SOCOMA et l'UPPC-Kompienga nous avons obtenu des informations sur les GPC de chaque département. Cette étape de contacts et d'identification a facilité le repérage des producteurs et facilité les travaux de collecte de données.

    2.2. Les hypothèses de recherches

    Hypothèse générale est que l'introduction de la culture du coton dans la région de l'Est occasionnerait des préjudices au niveau environnemental.

    De façon spécifique :

    y' Les pratiques agricoles actuelles présenteraient des risques pour les ressources naturelles.

    y' Les retombées socio-économiques constitueraient le facteur important de l'attrait pour la culture de coton.

    y' La perception des risques environnementaux chez les producteurs pourrait contribuer à l'atténuation des effets dommageables.

    2.3. Méthodologie de collecte des données : les enquêtes

    La méthodologie mise en oeuvre dans la collecte des données de cette étude est basée sur une approche holistique impliquant tous les acteurs de la préservation de la biodiversité et la production de coton (Tableau 7). Ainsi, les organisations socioprofessionnelles, les services techniques et les producteurs de coton qui sont concernés par l'utilisation potentielle et la gestion des ressources naturelles ont été pris en compte. En effet, la connaissance des rapports entre les différents utilisateurs des ressources ainsi que la façon dont elles sont gérées pour satisfaire les besoins des populations sont fondamentales pour un développement durable.

    Ainsi, une méthodologie spécifique a été adoptée pour chaque acteur :

    i) Un questionnaire a été administré aux producteurs de coton (chefs d'exploitation).

    ii) Une Interview Semi Structurée (ISS) avec un focus-groupe a été appliquée aux autres producteurs (éleveurs, pêcheurs maraîchers, apiculteurs et CVGF). Les axes essentiels de l'entretien ont été préalablement répertoriés dans un guide d'entretien (check-list).

    iii) Avec les services techniques des entretiens ont eu lieu autour de la problématique du coton et des risques environnementaux de cette culture.

    iv) Des observations directes sur les pratiques agricoles ont été faites durant l'enquête.

    Province Autres producteurs Producteurs de coton Services techniques

    Kompienga

    Eleveurs

    Pécheurs

    Maraîchers Apiculteurs CVGF

    Membre de GPC Non membre de GPC

    Environnement et CV

    Agriculture

    Ressources halieutiques Ressources animales

    PNGT, UPC
    Santé, PAIE

    Source : Données de l'enquête (2006 et 2007)

    Tableau N° 7 : OP et service Technique touchés par l'enquête.

    2.4. Outil de diagnostic des sources et facteurs de risques

    De nombreux outils de gestion de risque ont été développés en cindynique. Les méthodes MOSAR, AMDEC, HAZOP et HACCP sont utilisées selon les opportunités et surtout la nature du risque à diagnostiquer.

    Pour l'identification des sources et facteurs de risque, la méthode MOSAR (Méthode Organisée Systémique d'Analyse du Risque) a été utilisé. C'est une méthode générique qui permet d'analyser les risques techniques d'une installation humaine et d'identifier les moyens de prévention. Selon DASSENS et al (2007) cette méthode est adaptée à l'étude des milieux et permet d'avoir une vision globale des risques engendrés par l'installation. En outre, elle permet de rechercher les dysfonctionnements techniques et opératoires d'une installation ou d'un procédé dont les enchaînements peuvent conduire à des événements non souhaités. Le schéma suivant montre son principe.

    Evénement initiateur : événement à l'origine d'un changement d'état ou de situation d'une source de danger du système, il peut être d'origine interne ou externe au système source de danger.

    Source de danger : origine du flux de danger, elle est susceptible d'endommager une cible

    Evénement initial : événement redouté qui caractérise le point de transition d'une situation normale vers une situation défaillante.

    Flux : transaction non désirée du système source avec son environnement sous, forme d'énergie, de matière ou d'information.

    Evénement terminal : événement qui résulte de l'aboutissement du flux initié par l'événement initial vers un état perturbé du système (fait avéré quantifiable qui agit sur la cible).

    Cible : partie influée par le champ de danger.

    Effets supposés : dégâts potentiels sur la cible, engendrés par l'événement terminal.

    L'analyse du risque étant une démarche complexe, il faut se donner le maximum de chance de mettre en évidence la majorité des risques d'où l'utilité d'une méthode logique comme MOSAR qui fait appel à la modélisation systémique car après avoir décomposé l'installation en sous-systèmes et recherché systématiquement les dangers présentés par chacun d'entre eux, ces sous-systèmes sont remis en relation pour faire apparaître des scénarios de risques majeurs (PERILHON, 1999).

    2.5. Plan d'échantillonnage

    L'échantillon qui a fait l'objet du suivi provient des exploitations cotonnières et des autres organisations socioprofessionnelles paysannes présentes dans le site d'étude (voir tableau 8).

    . Les exploitations cotonnières : l'échantillon des producteurs a été identifié et choisi à partir de la liste des GPC présents dans la province et en fonction de leur répartition géographique. L'objectif était de couvrir au plus que possible l'ensemble de la province.

    Sur environ 145 GPC (dont 70 pour le département de Pama, 45 pour celui de Kompienga et 30 pour celui de Madjoari) que compte l'ensemble de la province (Communication de l'UPPK, 2006), une soixantaine (60) d'exploitations agricoles cotonnières appartenant à trente sept (37) GPC a été retenue pour l'étude sur la base du volontariat mais aussi de l'accessibilité des sites de production.

    . Les autres organisations de producteurs paysans : il s'agissait d'organisation d'éleveurs, de pêcheurs, de groupement de gestion des forêts, d'apiculteurs, de maraîchers dont 157 de leurs membres ont été contactés et ont pris part aux discussions de groupe.

    Au total, ce sont 19 villages de la province qui ont été visités lors de l'enquête (Cf. liste jointe en annexe).

    Département
    Organisation

    Pama

    Kompienga

    Madjoari

    Total

    Cotonculteur

    31

    14

    15

    60

    Eleveur

    59

    16

    8

    83

    Pêcheur

    8

    16

    -

    24

    CVGF

    -

    -

    23

    23

    Apiculteur

    15

    -

    -

    15

    Maraîcher

    12

    -

    -

    12

    Fréquence

    57,60%

    21,20%

    21,20%

    100%

    Source : Données d'enquêtes (2006 et 2007)

    Tableau 8 : Répartition géographique de l'échantillon de producteurs

    2.6. Choix des variables

    L'objectif principal étant de diagnostiquer les risques et impacts environnementaux liés à la culture de coton, trois thématiques ont été considérées : (i) la caractérisation de l'activité, (ii) l'appréhension des risques sur l'environnement et (iii) l'opinion qui se dégage et la formulation des solutions. Les questionnaires et le guide d'entretien ont été élaborés autour de ces thématiques. Les paramètres d'intérêt peuvent être résumés de la façon suivante :

    Les incidences socio-économiques : Il s'agit d'évaluer les retombées financières, les facteurs de production, les changements intervenus en terme d'abandons ou non par les producteurs, de produire d'autres spéculations végétales après avoir introduit la culture de coton. De même, les motifs de maintien ou d'abandon de la culture de coton, les sources de motivation des producteurs pour cette culture et l'ancienneté dans le métier ont été considérés.

    Pour l'appréciation de la rentabilité, à défaut de pouvoir faire une comparaison avec les autres spéculations, un calcul simple a été fait pour déterminer la marge brute de la production de coton. Il s'est agi de déduire les dépenses effectuées pour les intrants agricoles (pesticides, engrais et semences) du prix d'achat du coton. Enfin, les acquisitions réalisées par les producteurs grâce au revenu tiré de la production de coton ont été évaluées.

    Facteurs de dégradation des ressources de l'écosystème : La dégradation de l'écosystème étant liée à des facteurs anthropiques et naturels, il nous a paru indispensable de prendre en compte les intrants chimiques utilisés (nature, lieu d'approvisionnement), le mode opératoire pour le dosage, les pratiques agricoles (jachère, la succession culturale, le mode d'épandage des pesticides et l'usage des pesticides du cotonnier sur d'autres spéculations.

    Risques environnementaux : Pour analyser les risques environnementaux liés à la production de coton, les paramètres suivants ont été considérés :

    - la distance des points d'alimentation en eau des humains et des animaux par rapport aux champs de coton ;

    - les équipements de protection des producteurs au cours des traitements du cotonnier ;

    - le devenir des emballages des pesticides après utilisation et estimation de l'importance à partir des quantités utilisées ;

    - les zones de pâture des animaux et

    - les intentions d'augmenter les superficies de production.

    Perception des problèmes environnementaux : Il s'est agi là d'une enquête d'opinion qui fournit des informations sur les perceptions des producteurs par rapport aux problèmes éventuels qui pourraient survenir suite à l'exposition aux pesticides des humains. Il en est de même des risques encourus par les animaux, l'eau et des dangers pour les sols et les autres composantes de l'écosystème (les abeilles, les animaux sauvages, les poissons). D'autres aspects tels les faits rapportés dans la zone et qui sont liés à l'utilisation des pesticides ont été investigués.

    Formulation de proposition : Les interviews ont également permis de collecter des propositions de solutions sur les problèmes associés à la production de coton ou susceptibles de l'être. Chaque acteur concerné par l'utilisation et la gestion des ressources naturelles a ainsi fait des propositions de solutions pour prévenir les risques d'intoxication en particulier, et pour une gestion rationnelle des ressources naturelles en général.

    2.7. Organisation pratique de l'enquête

    Des sorties de reconnaissance dans la zone d'étude ont été effectuées et ont permis d'identifier et d'apprécier l'importance des GPC et des autres organisations de producteur. Puis, l'enquête proprement dite a couvert les périodes du 18 août au 6 septembre et du 5 au 14 octobre 2006. Le questionnaire a au préalable fait l'objet de test auprès de neuf (9) chefs d'exploitation ce qui a permis d'affiner celui-ci. Un deuxième passage en juillet et août 2007 dans les sites de production a permis la collecte de donnée et faire des observations complémentaires. Les questionnaires et guides d'entretien ont été administrés avec l'aide d'interprète. Les questionnaires ont été individuellement administrés aux producteurs, tandis que les guides d'entretien ont concerné des groupes de producteurs.

    2.8. Support de collecte des données

    Un questionnaire a été élaboré (voir annexe 1) et administré aux chefs d'exploitations cotonnières. Pour les autres organisations de producteur un guide d'entretien a permis de collecter les informations au cours d'entretien de groupe.

    2.9. Analyse statistique des données

    Les données collectées ont fait l'objet d'un dépouillement manuel. L'analyse des données à l'aide du tableur EXCEL 2003 a permis de décrire la pratique de la culture de coton, les revenus tirés et les perceptions des producteurs sur les risques environnementaux qui sont associés. Les résultats ont été résumés par des statistiques descriptives : moyennes, fréquences et les écart-types.

    Pour permettre de mieux appréhender la portée des résultats de cette étude, il importe de rappeler quelques concepts en relation avec la problématique environnementale de la culture de coton. Il s'agit en particulier des concepts d'impact environnemental.

    2.10. Définitions des Concepts en relation avec les risques environnementaux


    ·
    · L'environnement

    L'Agence Française de Normalisation (AFNOR) donne les définitions suivantes :

    · L'environnement est un ensemble à un moment donné, d'agents physiques, chimiques et biologiques et des facteurs sociaux susceptibles d'avoir un effet direct et indirect immédiat ou à terme sur les organismes vivants et les activités humaines ;

    · L'environnement est un ensemble de facteurs physiques, chimiques, biologiques, esthétiques, sociaux et autres constituant le cadre dans lequel un organisme exerce ses activités.

    Selon le code de l'environnement burkinabé, l'environnement est l'ensemble des éléments physiques, chimiques, et biologiques naturels ou artificiels et des facteurs économiques sociaux, politiques et culturels, qui ont un effet sur le processus du maintien de la vie, la transformation et le développement du milieu, les ressources naturelles ou non et les activités humaines.

    Toutes ces définitions laissent percevoir que la notion de l'environnement est complexe et en fonction de différentes conceptions. Deux principales conceptions peuvent être identifiées :

    · La conception biocentrique considère l'existence de l'environnement de façon indépendante de celle de l'homme. Dans cette conception, l'environnement est considéré comme un ensemble d'objets en inter action. C'est un écosystème dans lequel l'Homme (y compris son organisation sociale) et ses activités sont des éléments naturels constituants parmi d'autres.

    · La conception anthropocentrique perçoit par contre l'environnement comme un espace de nature physique informationnel défini à travers les relations de l'Homme sujet et des différents objets qui constituent la nature. Dans cette conception l'environnement n'existe que par rapport à l'homme.


    ·
    · Impact environnemental

    Dans une approche systémique, l'impact implique l'action d'un système `source' sur un système `cible'. Le système `source' peut être une activité humaine et le système cible est, quant à lui, une composante de l'environnement (homme, faune, flore, écosystème.).

    · L'impact direct peut engendrer une succession d'impacts secondaires.

    · L'impact potentiel est le risque d'impact qui prend en compte toutes les potentialités toxiques, éco toxicologiques et écologiques. Il se caractérise par l'action d'une source (nature, intensité, etc.), l'exposition et l'accessibilité des cibles, la sensibilité des cibles.

    L'impact potentiel est lié à la quantité et à la concentration du rejet, la mobilité et la tendance
    à la dispersion, la persistance dans le milieu (dégradabilité, l'accumulation dans les sédiments

    des tissus vivants, l'effet nuisible pour l'Homme, les plantes, les écosystèmes et pour les cibles non vivants).


    ·
    · Notion de risque

    C'est un événement possible, redouté et caractérisé par la probabilité d'occurrence d'une action et des effets correspondants. Le risque est donc une conséquence environnementale, potentielle d'un anthropo système en fonctionnement anormal lié à un dysfonctionnement.

    Dans le cadre de cette étude, le diagnostic des risques et impacts environnementaux de la culture du coton revient à identifier les systèmes `sources' pour apprécier les changements ou les modifications susceptibles d'affecter de façon préjudiciable l'équilibre environnemental dans la région. Autrement dit, quelles sont les modifications ou les atteintes réelles et probables que peuvent induire la culture cotonnière sur les composantes de l'environnement à savoir l'Homme, la flore, la faune et l'écosystème.

    Troisième Partie : RESUTATS ET DISCUSSION

    CHAPITRE I : IDENTIFICATION DES PRODUCTEURS ET DE LA PRODUCTION

    1.1. Caractéristiques générales des exploitations cotonnières

    1.1.1. Structure des exploitations

    Les résultats rapportés par le tableau N° 9 montrent les caractéristiques de la structure des exploitations à travers la taille leurs l'exploitation, les superficies emblavées pour le coton d'une part et pour les céréales de l'autre ainsi que des éléments caractéristiques du chef d'exploitation.

    VARIABLES

    ANNEES

    2005 2006

    Nombre

    60

    60

    Ancienneté de 1-3 ans (%)

     

    58

    Ancienneté de 4-6 ans (%)

     

    22

    Ancienneté de plus de 6 -10 ans (%)

     

    20

    Surface emblavée en coton (ha)

    3,23 #177; 3,35

    3,3 1#177;2,60

    Surface emblavée en céréales (ha)

    4,08 #177; 3,92

    4,94#177; 3,63

    Producteurs Mossi (%)

     

    48

    Producteurs Gourmantchés (%)

     

    38

    Autres Ethnies* (%)

     

    14

    Producteurs à l'âge >20<30 ans (%)

     

    35

    Producteurs à l'âge >31<41 ans (%)

     

    33,33

    Producteurs à l'âge >42=65 ans (%)

     

    31,67

    Producteurs non instruits (%)

     

    25

    Producteurs alphabétisés (%)

     

    30

    Producteurs de l'école classique (%)

     

    11

    Producteurs de l'école coranique (%)

     

    34

    Producteurs de profession agriculteur (%)

     

    88,33

    Producteurs d'autres professions (%)

     

    11,67

     

    Tableau 9 : Caractéristiques structurales des exploitations productrices de coton dans la province de la Kompienga

    (*) La composition ethnique des autres organisations paysannes se présente comme suit :

    · Les éleveurs sont majoritairement des peulh

    · Les apiculteurs composés de Gourmantché

    · Les maraîchers composés de Mossi et Gourmantché

    · Les pêcheurs constitués de Mossi, de Dioula et de Gourounsi

    · Les CVGF composés de Gourmantché.

    Les exploitations sont en générale de taille d'environ 6ha où les producteurs pratiquent la culture du coton et d'autres céréales. Les exploitations sont la propriété de plus d'allochtones surtout les Mossi. Tous les exploitants sont actifs avec cependant plus de jeunes entre la vingtaine et la quarantaine. Ils sont en majorité instruits et exercent quasiment la profession d'agriculteur. L'examen des résultats (Tableau 8) indique que la production du coton dans la zone date d'une décennie au plus avec 80% d'entre eux depuis moins un quinquennat. Au regard des superficies exploitées nous constatons un accroissement des superficies moyennes exploitées aussi bien pour le coton que pour les autres céréales rentre 2005 et 2006 respectivement de 2,48% et de 21%. Entre les années, les superficies exploitées en coton sont inférieures à celles destinée aux autres céréales. Le fait notable est que les superficies moyennes emblavées en coton sont toujours inférieures à celles en céréale sur l'ensemble des deux années. Un examen des figures 9 et 10 portant sur les niveaux de superficies exploitées indiquent que :

    Le niveau de superficie le plus élevé sur la période d'observation est situé entre 1,5 et 3ha pour : 39,28% et 36,66% en 2005 respectivement pour le coton et les céréales et 45,76% et 28,33% en 2006 respectivement pour le coton et les céréales.

    Par contre, en dessous de 3ha d'exploitation les producteurs de coton sont majoritaires en année 2005 et en 2006.

    En revanche, lorsque les parcelles d'exploitation sont supérieures à 3ha, ce sont les classes de superficie en céréales qui sont les plus fréquentes sur les deux années d'observation.

     

    50,00%
    40,00%

     
     
     
     
     

    coton céréale

     
     
     
     

    [0-1,5 [ [1,5 -3[ [3- 4,5[ [4,5- 6[ = 6

    Classe de superficie en ha

    Source : Données d'enquête (2006)

    Figure N°9 : Niveau de superficies exploitées par les producteurs en 2005

     

    50,00% 45,00% 40,00% 35,00% 30,00% 25,00% 20,00% 15,00% 10,00% 5,00% 0,00%

     
     
     
     

    coton céréale

     
     
     

    [0-1,5 [ [1,5 -3[ [3- 4,5[ [4,5- 6[ = 6

    Classe de superficie en ha

    Source : Données d'enquête (2006)

    Figure N°10 : Niveau de superficies exploitées par les producteurs en 2006

    En outre, 61,67% des producteurs affirment être propriétaires des parcelles qu'ils exploitent. Dans ce groupe il y a les autochtones (gourmantché) mais aussi des migrants. Bien que ces derniers ne disposent pas de titre foncier, ils estiment cependant qu'ayant accompli les formalités et ayant eu l'aval des propriétaires terriens ils pensent pouvoir disposer de ces terres. Les 38,33% restants disposent des terres en location ou sous forme d'emprunt. Par ailleurs, selon certains producteurs lorsque les parcelles sont données en location aux producteurs il leur est interdit de pratiquer l'agroforesterie.

    Ces éléments de caractérisation des exploitations nous laissent penser à l'émergence de la culture du coton dans la Kompienga, accompagné de l'extension des superficies qui y sont annuellement consacrées en vue d'accroître la production.

    L'extension est source de déforestation et d'élimination d'espèces végétales parmi lesquelles les plus vulnérables sont amenées à disparaître. La destruction de biotopes floristiques (végétales) et fauniques qui conduit à la disparition d'espèces végétales et aux migrations ou la disparition d'espèces animales, parmi lesquelles les insectes pollinisateurs telles que les abeilles ce qui est source de baisse de rendement de la productivité agricole et forestière etc.

    La disparition définitive d'espèces est source de baisse de la diversité biologique.

    Par ailleurs le fait que ce sont les allochtones qui sont majoritaires dans la production du coton pourrait expliquer la tendance à l'extension de la terre en défaveur de l'intensification par l'investissement probablement à cause de l'insécurité foncière due au statut de la tenure du foncier. De pus la production agricole est l'apanage de petits producteurs subsistant, ce qui ne laisse pas entrevoir une proche amélioration des pratiques de production.

    Le niveau d'instruction élevé des producteurs est un facteur favorable à l'introduction d'innovations de technologies d'intensification des pratiques et d'éduction à l'éco citoyenneté favorables à la préservation de l'environnement et du cadre de vie.

    1.1.2. Equipements agricoles

    L'enquête révèle que les grands équipements agricoles (motorisés) sont quasiment inexistants. Un cas de possession de tracteur a été observé dans le département de la Kompienga. Les équipements moyens sont cependant présents. Il s'agit essentiellement du matériel aratoire. Par contre, dans l'aire cotonnière ouest burkinabé, TERSIGUEL (1992) a mis en exergue un développement de la culture attelée et de la motorisation. Dans notre zone d'étude, 76,67% des producteurs détiennent au moins une charrue bovine ou asine. Ces équipements agricoles sont importants dans les exploitations cotonnières car ils peuvent conditionner la taille des superficies exploitées et augmenter la production. SPACK (1997) a déjà évoqué qu'en pays gourma, lorsqu'un paysan acquière une charrue cela s'accompagne d'une augmentation de superficie exploitée. De même, INERA (2000) estime que la culture attelée et dans une moindre mesure, la motorisation se développe en zone cotonnière et engendrent une augmentation de la production cotonnière et vivrière principalement par une augmentation des surfaces cultivées par exploitation et par personne.

    Pour les traitements phytosanitaires du cotonnier, 68,8 8% de l'échantillon enquêté ont à leur possession au moins un pulvérisateur manuel ou à pile. Les producteurs qui n'en possèdent pas (3 1,12%) font recours à un emprunt. Enfin, d'autres équipements comme les rayonneurs, les semoirs, les charrettes sont présents chez un certain nombre de producteurs.

    1.2. Types de cultures

    Dans notre zone d'étude, les spéculations agricoles exploitées par les producteurs sont les suivantes : Zea mays (Maïs), Sorghum dura (sorgho), Pennisetum glaucum (petit mil), riz (Oryza sativa), pour les céréales ; Vigna unguiculata (niébé), Vigna subterranea (poids de terre), Phaseolus vulgaris (haricot) pour les protéagineuses ; Arachis hyppogea (arachide) pour les oléagineuses et Colocynthis vulgaris L. (melon) et la pastèque (Citrullus colocynthis) pour les cultures maraîchères. Il y a par moment une association entre ces cultures. Les associations les plus courantes concernent le maïs et le niébé.

    1.3. Rotation culturale

    La succession culturale est très courante. Elle concerne la plupart des cultures. L'ordre de rotation vise à permettre aux cultures de bénéficier des arrières effets des fertilisants et de lutter contre certaines adventices selon les enquêtés. Dans l'échantillon concerné par l'étude, 88,88% des interviewés la pratiquent et 11,12% ne la pratiquent pas. Parmi ceux qui la pratique, 66,67% des chefs sont à mesure de donner l'ordre de succession des cultures 33,33% n'en peuvent pas. Le (Tableau 10) rend compte de la situation. Aussi, il faut noter que ces rotations sont très diversifiées.

    Photo N° 1: Labour de champ avec une charrue à traction bovine

    Ordres de successions Effectif Fréquence (%)

    Coton-maïs-coton 8 20

    Maïs-coton-maïs 7 17,5

    Coton-maïs-sorgho-coton 5 12,5

    Coton-sorgho-coton 3 7,5

    Mil-coton-maïs-mil 2 5

    Sorgho-coton-sorgho 2 5

    Coton-petit mil-coton 2 5

    Haricot-coton-maïs-haricot 1 2

    Coton-maïs-pastèque-coton 1 2,5

    Source : Données d'enquête (2006 et 2007)

    Tableau N°10 : Successions culturales pratiquées dans la zone de l'étude

    Il ressort de l'analyse du tableau que l'ordre de succession « coton-maïs-coton » est le plus fréquent dans près de 37,5% de cas.

    1.4. Activité d'élevage dans la culture de coton.

    L'élevage est pratiqué par la majorité des producteurs. Le cheptel est constitué de bovins, de petits ruminants (ovins et caprins) ainsi que de la volaille et d'asin. Sur l'ensemble de l'échantillon, seul trois (03) producteurs ne possèdent pas de ruminants. Le taux élevé (95%) de ceux qui possèdent les ruminants s'explique aisément par leurs multiples apports dans les activités agronomiques. La traction (bovine ou asine) et le fumier apparaissent comme les plus fréquents apports des animaux dans la production végétale. Ils sont cités par 80% des producteurs qui utilisent les ruminants dans la réalisation des opérations de labour et de fertilisation. Les autres apports rapportés par 20% des producteurs concernent la génération de revenus monétaires pour acquérir de produits vétérinaires et d'intrants agricoles.

    INERA (2000) avait déjà évoqué la forte intégration entre élevage et culture de coton dans la zone cotonnière ouest burkinabé.

    1.5. Conclusion partielle

    La zone d'étude est marquée par une forte migration. Les ethnies allochtones sont majoritairement les Mossis (48,33%) de l'échantillon de producteurs qui pratiquent la culture de coton. Cette situation pourrait expliquer les actions en défaveur de l'intensification eu égard à l'insécurité foncière. Aussi, la production végétale s'effectue sur des superficies relativement petites avec toute fois une part élevée pour les céréales que le coton. L'ancienneté des producteurs dans la cotonculture étant récente laisse entrevoir une lenteur pour l'adoption des paquets technologiques d'où des risques de dégradation de l'environnement.

    CHAPITRE II : RETOMBEES SOCIO-ECONOMIQUES 2.1. Ancienneté et motivation pour la profession

    La culture de coton dans la zone d'étude est assez récente pour la majorité (Tableau 11). La moyenne d'ancienneté dans la culture cotonnière est de 4,2 #177; 3,09 ans pour l'effectif interviewé. Sur l'ensemble de l'effectif concerné par l'enquête, 58,33% n'excède pas 3 ans d'ancienneté. Ceux qui pratiquent cette culture depuis au moins 10 ans sont au nombre de sept (07).

    Classe d'ancienneté (années) [1 - 3] [4 - 6] [7 - 9] [10 -12] Total

    Effectif (producteurs) 35 13 5 7 60

    Fréquence (% des producteurs enquêtés) 58,33 21,67% 8,33% 11,67% 100%
    Source
    : Données d'enquête (2006)

    Tableau 11: Répartition des producteurs selon leur ancienneté dans la cotonculture

    En ce qui concerne la motivation pour la pratique de la culture de coton, les raisons évoquées sont diverses. Les motivations courantes les plus évoquées sont les suivantes :

    · La génération de revenu monétaire : La rentabilité et le bénéfice sont rapportés par 61,04% des producteurs enquêtés comme des motifs de décision d'investir dans la cotonculture ;

    · Autres motivations importantes : La facilité d'écouler, l'assurance d'un marché, la possibilité d'acquérir les intrants à crédit, les effets probables d'entraînement positif sur les autres spéculations sont évoqués par 3 8,96% des producteurs. En rapport avec cette dernière motivation, des producteurs indiquent qu'une partie des fertilisants (NPK, Urée) acquis pour la production de coton est utilisée pour d'autres spéculations végétales.

    2.2. Organisation de la production à l'échelle de l'exploitation

    Dans les exploitations, la production cotonnière se fait en fonction des ressources humaines disponibles mais aussi de l'intérêt que chacun y accorde. Il n'y a pas un ordre d'organisation privilégié dans la zone. Il faut constater que ceux qui disposent d'une famille font participer certains de leurs membres directement ou indirectement. A défaut, ils font recours à l'entraide culturale qui est une forme d'organisation de la culture bien pratiquée dans la zone. La production de coton implique donc toutes les couches socio-économiques présentes au sein des ménages agricoles ou à l'extérieur (Tableau 12). Le tableau 12 résume les principales formes d'organisation de la production de coton. On note que la combinaison de plusieurs types de main d'oeuvre est la règle dans la zone d'étude.

    Photo N°2: Entretien de champ lors d'une entraide culturale

    Type de main d'oeuvre Nombre de cas Fréquence (% des producteurs

    (producteurs) enquêtés)

    Femme + enfants + MOS+EC 13 21,31

    Femme + enfants + EC 13 21,31

    Femme + enfants 8 13,11

    EC 7 11,47

    Main d'oeuvre salariée 5 8,20

    Femme+enfants+MOS 5 8,20

    Femme+EC+MOS 2 3,28

    Femme 2 3,28

    Femme + EC 1 1,64

    Femme + MOS 1 1,64

    Enfant + MOS 1 1,64

    EC+MOS 1 1,64

    Femme + EC+MOS 1 1,64

    Femme 1 1,64

    MOS : Main d'oeuvre salariée ; EC : entraide culturale

    Source : Données d'enquêtes (2006 et 2007)

    Tableau 12: Participation des catégories socioéconomiques dans la cotonculture

    De façon spécifique, les femmes constituent la principale force de travail dans la culture de coton. Elles sont mises à contribution dans 78,69 % des ménages des producteurs enquêtés. La seconde force de travail concerne les enfants utilisés dans 65,57% des ménages des producteurs enquêtés. Si ces catégories socioéconomiques constituent une main d'oeuvre à faibles coûts pour les producteurs de coton, leurs bénéfices tirés de la cotonculture ne sont pas établis. Au contraire, leur contribution étant considérée dans le cadre de la main d'oeuvre familiale, il est fort probable que les bénéfices monétaires de la production de coton leur échappent ou soient marginaux par rapport à ceux du chef de ménage.

    En revanche, l'utilisation de la main d'oeuvre salariée dans la production de coton est encore relativement rare dans la zone. Environ 47,5 5% des producteurs enquêtés ont eu recours à la main d'oeuvre salariée. Ce type de main d'oeuvre est seulement utilisé en complément de la main d'oeuvre familiale et/ou de la main d'oeuvre sociale (entraide culturale). L'étude de WININGA (1995) a montré que dans la Tapoa (village de Napoukoré), l'emploi de la main d'oeuvre salariée atteignait 43% à 75% chez les producteurs de coton.

    2.3. Revenus monétaires et leur destination

    2.3.1. Les revenus bruts monétaires de la cotonculture

    Les revenus qui ont été obtenus sont ceux de l'année 2005. Il s'agit des marges brutes obtenues par les producteurs déduction faite des crédits en intrants agricoles (pesticides, semences et engrais) octroyés par les compagnies cotonnières. Ainsi, les 56 enquêtés qui ont cultivé le coton en 2005 ont obtenu une masse monétaire estimée à 27 592 160 FCFA pour un total 160,10 ha emblavés soit une marge brute de 172 343 FCFA/ha. La plus grande marge brute constatée a été de 2,45 millions (pour 14 ha exploités), soit une marge brute de 612 500 FCFA/ha. La plus petite marge est 3 000 FCFA pour un ha exploité. Une perte de près de 60 000 FCFA a été révélée par un producteur. Les revenus tirés du coton sont donc très variables d'un producteur à un autre et en fonction de la taille des superficies emblavées.

    2.3.2. Les investissements consentis

    Parmi les facteurs de production il y a les intrants agricoles (pesticides, engrais, semences) le matériel agricole et le capital humain (main d'oeuvre) et les autres coûts de production tel que les opérations culturales (préparation du sol et l'entretien des cultures) et la récolte.

    En général les pesticides, les engrais, les semences et les pulvérisateurs sont donnés aux producteurs par le biais des GPC sous forme de crédits avant ou pendant la campagne de production. En effet, sur l'échantillon qui a fait l'objet de l'étude 100% ont eu recours à ces crédits auprès de la SOCOMA.

    Les crédits de la campagne en cours (2006-2007) sont évalués à environ 16 744 850 FCFA pour les pesticides, les semences et l'engrais pour les 59 enquêtés. Ceci correspond à environ 283 811 FCFA par producteur et 90 269 FCFA par hectare. Le plus gros crédit octroyé est de 2 millions pour 13 ha et le plus petit est de 10 700 FCFA pour 0,70 ha.

    2.3.3. Destinations des revenus de la culture de coton

    Les revenus tirés de la vente du coton sont diversement utilisés par les producteurs. Dans la zone, les dépenses couramment effectuées après la vente se résument à la résolution des problèmes sociaux. Mais à côté de ces problèmes sociaux certains producteurs ont pu acquérir des biens matériels.

    Sur les 60 producteurs qui ont pratiqué cette culture jusqu'en 2005, les revenus ont permis à :

    · 31,86% de producteurs d'acheter des animaux (bovins, petits ruminants et ânes) ;

    · 17,70% d'effectuer des dépenses tels celles liées à la santé, aux frais de scolarité ;

    · 15,93% de construire des maisons ou l'achat de matériaux de construction ;

    · 12,39% d'acheter des céréales ;

    · 12,39% de se procurer des matériels agricoles (charrue, pulvérisateur, charrette)

    · et 9,73% de payer des moyens de déplacement (vélo, moto).

    Ces données suggèrent l'importance que les cotonculteurs accordent aux facteurs de production suite à la vente du coton. En effet, les intrants agricoles (animaux, matériels agricoles) constituent plus de 44% des dépenses effectuées avec les revenus tirés de la vente du coton.

    2.3.4. Perception paysanne de la rentabilité de la cotonculture

    La rentabilité se définit comme étant l'aptitude d'une entreprise, d'un capital ou d'un investissement à dégager un revenu ou un profit. Autrement dit, étudier la rentabilité d'une exploitation revient donc à examiner si le système de production fonctionne bien ou mal. Dans le cas de la présente étude, l'opinion des producteurs a été recueillie. Il ressort que 86,44% de nos interlocuteurs reconnaissent un certain niveau de rentabilité de la cotonculture. Mais, ils mentionnent également la pénibilité des travaux de la culture du coton pour conclure sur le fait que la marge bénéficiaire obtenue ne peut pas compenser l'énergie investie et 13,56% estiment ne pas connaître la rentabilité de cette activité.

    L'analyse des facteurs de démotivations dans la culture de coton fournit d'autres renseignements complémentaires sur la perception paysanne de la rentabilité (Figure N°11).

    38%

    13%

    7%

    9%

    33%

    Baisse Prix d'achat et acquisition d'intrants

    hausse prix d'intrants et paiement tardif

    Risque santé et environnement

    Débouchés pour autres spéculations

    Problème foncier et GPC

    Source : Données d'enquête (2006 et 2007)
    Figure N° 11 : Quelques facteurs de démotivations dans la culture de coton

    Il ressort que le facteur prix du coton et/ou des facteurs de production sont les principaux déterminants de la poursuite ou non de la culture de coton. Environ, 38% des enquêtés accordent une importance aux niveaux des prix du coton graine et à l'acquisition des intrants. De même, 33% des producteurs fondent leur décision d'abandonner le coton sur le niveau des prix des intrants, le délai de paiement et de l'enlèvement du coton graine. Au total, environ 71% des producteurs fondent leur décision de produire ou non le coton sur le facteur prix, et partant sur le marché. Il est important de souligner que le long délai d'attente des

    producteurs pour l'enlèvement et le paiement du coton est une réalité que vivent les producteurs. Cela est un facteur d'autant plus important que les producteurs sont guidés à minimiser certains risques (incendie et battage par la pluie). Aussi, quand le paiement est fait d'autres problèmes (internes aux GPC) relatifs à la répartition des charges des crédits agricoles ne semblent pas convenir à tous les membres.

    En revanche, les risques de santé ne semblent pas importants dans la décision des producteurs de produire ou non le coton. Environ 13% des producteurs pourraient abandonner le coton si les risques de santé, environnementaux et la pénibilité de travail perdurerait. Les problèmes foncier et de gestion des GPC pourraient constituer des démotivations pour 6,66% des producteurs. Enfin, une amélioration des débouchés de produits céréaliers et maraîchers entraînerait un abandon de la culture de coton par 8,88% des producteurs enquêtés. Ce dernier critère est similaire au critère lié au marché, c'est à dire au facteur prix. Ce qui fait passer l'importance des facteurs prix (produits et intrants) à 80% des producteurs enquêtés. Une enquête menée par INERA (2000) révèle que la notion du risque financier est la plus déterminante dans la prise de décision chez les cotonculteurs.

    2.4. Effets d'entraînement de la cotonculture sur le choix des spéculations agricoles

    Les résultats de la question sur le choix des spéculations agricoles par les producteurs et les changements qui y sont intervenus jusqu'en 2005 et avant leur implication dans la culture de coton fournit des informations sur la stabilité des choix de production agricole dans la zone de l'étude.

    27%

    38%

    35%

    Ajout de spéculation Abandon de spéculat ion Aucun changement

    Source : Données d'enquête 2006

    Figure N°12 : Choix des spéculations et changement intervenu chez les producteurs

    Il ressort de l'analyse que :

    · 27% des personnes enquêtées n'ont pas opéré de changement. En d'autres termes, l'implication des producteurs dans la culture cotonnière n'a pas eu d'effet sur les autres spéculations traditionnellement exploitées. Le coton co-existe de façon générale avec les autres cultures ;

    · Toutefois, 35% des producteurs ont dû abandonner certaines cultures. Parmi lesquelles figurent l'arachide, le mil, le riz, le sorgho, l'igname, le haricot et les melons. Seul le maïs n'est pas concerné ;

    · En revanche, 38% des producteurs ont introduit des spéculations après l'introduction du coton. Dans ce cas, c'est le maïs qui a été ajouté par 37,04% des producteurs enquêtés. Cela peut s'expliquer par la possibilité d'accès aux intrants (NPK, urée) obtenus à crédit pour le coton et qui sert aussi à la fertilisation du maïs. Cela suggère également une forte relation entre la culture de coton et celle du maïs. Cette forte relation a été favorisée par le dispositif d'encadrement des producteurs de coton dans lequel les compagnies cotonnières font la promotion de la culture de mais en vue de valoriser les arrières effets de la fertilisation du cotonnier.

    IL reste cependant que des cas de famine ont été évoqués et les interviewés les lient au fait que beaucoup de producteurs agricoles s'adonnent de plus en plus à la culture de coton au détriment des cultures vivrières. Contrairement aux autres départements, à Madjoari cette préoccupation est partagée par la majorité des producteurs. Ils pensent que la baisse de la production céréalière dans la localité est due au fait que des producteurs céréaliers s'investissent davantage dans la culture cotonnière.

    Car, d'après les enquêtés (cotonculteurs et autres producteurs), jadis excédentaire de céréales des autres départements de la province, Madjoari connaît ces dernières années de graves pénuries de céréales.

    2.5. Conclusion partielle

    La culture de coton génère des revenus substantiels aux producteurs. Elle contribue à la satisfaction de certains besoins sociaux donc importante dans les revenus des ménages de la région. L'organisation sociale de la production est basée sur la main d'oeuvre familiale avec une grande mise à contribution des femmes (78,69% des cas) et des enfants (65,57% des cas). Les effets d'entraînement de la cotonculture sur le choix des autres spéculations agricoles ont été mis en évidence chez près 73% de l'échantillon étudié.

    Cependant, si la même dynamique est maintenue, la dégradation des ressources naturelles serait le corollaire de l'expansion de cette spéculation.

    CHAPITRE III : LES FACTEURS DE DEGRADATION DES RESSOURCES NATURELLES

    3.1. L'extension des champs

    La création de nouveaux champs correspond à des soucis de satisfaction de certains besoins. L'exploitation agricole repose essentiellement sur le capital foncier. Donc, il va de soi que les producteurs soient guidés dans la mesure du possible par l'accroissement des superficies. Les principales raisons évoquées par les producteurs pour l'extension des superficies agricoles sont :

    · L'accroissement des revenus monétaires pour 74,24% des producteurs enquêtés. L'augmentation des superficies entraîne un accroissement de la production alimentaire et partant un surplus plus important à commercialiser. En outre, l'accroissement des superficies permet de produire non seulement des produits alimentaires, mais également des produits agricoles de rente (coton, et autres) destinés à la commercialisation ;

    · La gestion de la fertilité des sols pour 18,18% des producteurs. L'expansion des superficies agricoles permet de limiter les effets de la baisse de la fertilité et de la présence des adventices. Cette stratégie permet de mettre les superficies à faible fertilité en jachère, même si cette technique est de plus en plus rare ;

    · La pression démographique au sein des ménages pour 7,5 8% des producteurs. En particulier, l'augmentation de la taille du ménage entraîne la création de nouveaux champs pour répondre aux besoins plus importants des membres.

    Photo N° 3: Champ de coton

    3.2. Pratique de la jachère

    La jachère est une technique qui consiste à laisser un champ au repos pendant quelques années afin qu'il puisse retrouver sa fertilité. Dans le site concerné par l'étude, cette technique n'est plus courante. Sur l'échantillon considéré :

    · 70% d'enquêtés ne la pratiquent plus et dans ce sous-groupe, 73, 81% pensent que cela est imputable au manque d'espace tant disque 26,19% estiment que leurs parcelles sont toujours fertiles. En effet, la pression démographique est une réalité dans la zone, ce qui a pour corollaire une pression sur la ressource foncière. Cette situation est valable non seulement chez les migrants mais aussi chez les autochtones.

    · Par contre 30% des cotonculteurs affirment la pratiquer et ceci dans le souci d'accroître la fertilité du sol (61,11%) alors que les 3 8,89% des producteurs la lie à l'appauvrissement des sols quoique l'une ou l'autre de ces raisons évoquées poursuivent le même objectif.

    3.3. L'apport de la fumure organique

    La présence de fosses fumières ou de compostières fonctionnelles permet de se faire une idée sur l'utilisation des engrais organiques. 45% des producteurs ne disposent pas de fosses fumières ou de compostières fonctionnelles. Cela ne signifie pas nécessairement qu'ils n'utilisent pas la fumure organique. Les 55% des producteurs qui en possèdent ont des âges variables. Le tableau 13 résume l'expérience des producteurs enquêtés dans la pratique du compostage à travers l'ancienneté des ouvrages.

    Classe d'ancienneté (années) [1- 2] [3- 4] [5- 6] [7-8] Total

    Effectif (Producteurs) 20 8 2 3 33

    Fréquence (% des producteurs enquêtés) 60,61 24,24 6,06 9,09 100
    Source
    : Données d'enquête (2006)

    Tableau 13: Répartition par classe d'expérience de producteurs possédant des fosses de compostage.

    Il ressort que dans le groupe des producteurs qui possèdent des fosses fumières et de compostières fonctionnelles, les plus nombreuses ont entre 1 et 2 ans d'existence. Elles atteignent 60,61%. Le pourcentage restant (39,39%) se compose de fosses fumières et compostières de 3 et 4 ans (24,24%), de 5 et 6 ans (6,06%) et 7 et 8 ans (9,09%). Ces données suggèrent d'une part que cette technique n'est pas répandue et que d'autre part ces édifices ne résistent pas dans le temps et leurs entretiens sont contraignantes d'où un découragement de la part des producteurs. En définitive, les producteurs enquêtés sont faiblement expérimentés dans le compostage comme technique de fertilisation organique des parcelles agricoles.

    3.4. Les produits phytosanitaires dans la culture de coton 3.4.1. Les différents types de produits phytosanitaires

    L'usage des intrants chimiques et de fertilisants minéraux est une pratique très répandue dans la zone. Les fertilisants minéraux à savoir l'urée et le NPK ont un taux de 100% d'utilisation chez les producteurs de coton. Pour la campagne cotonnière en cours (2006-2007), plusieurs types de pesticides et d'herbicides ont été utilisés (Tableau 14).

    Lieux

    Insecticides

    Matières actives

    Herbicides

    Matières actives

    Fertilisant

     

    -Fanga 500 EC

    Profenofos

    Gramazol

    -

    -NPK

     

    -Rocky C356 EC

    Endosulfan et

    Glyphalm 80 wg

    -

    -Urée

    Producteur

     

    cypermethrine)

    Glyphalm 50 wg

    -

    -Compost

    de coton

    -Capt

    -

    Kallach extra

    -

    -Fumure

     

    -Cathio 10 E

    endosulfan et thirame

    Agrazine

    glyphosate

    organique

     

    Calriz

    Propanil

    Glycel 41%

    Glyphosate

     
     

    Titan 25 EC

    Acétomipride

    Lambda super 2,5

    Cyhalatrine

    -NPK

     

    Callidim 200 EC

    Diméthoate

    Thionex 35 C

    Endosulfan

    -Urée

     
     
     

    Kallach 360

    Glyphosate acide

     
     
     
     

    Adwu Na Wuru

    Isopropylamine salt

     

    Marchés

     
     

    Calliherbe 2.4

    Amin salt

     

    Locaux

     
     

    Atrazine 800g

    Atrazine

     
     
     
     

    Atrazila 80 wp

    -

     
     
     
     

    Herb extra 720

    -

     
     
     
     

    Clothodim EC

    -

     
     
     
     

    Calloxone super

    Paraquat dichloride

     
     
     
     

    Callitraz 90wg

    Atrazine

     
     

    Source : Données d'enquêtes (2006 et 2007)

    Tableau 14: Types de produits chimiques rencontrés dans la zone

    Trois (03) des insecticides utilisés en cotonculture ont fait l'objet d'un suivi chez les enquêtés (cotonculteurs) durant la campagne 2006-2007. La situation sur la quantité utilisée par les producteurs est la suivante : 3 304 litres de Fanga 500EC, 750 litres de Rocky C386 EC et 171,5 litres de Capt.

    3.4.2. Circuits d'approvisionnement et lieux de stockage

    En principe ce sont les sociétés cotonnières exploitant dans les zones de leur intervention qui mettent à la disposition des producteurs les intrants chimiques et minéraux à travers les GPC. En effet, tous les producteurs enquêtés déclarent se procurer habituellement les intrants chimiques à la SOCOMA.

    Cependant, il n'est pas rare que des producteurs fassent recours à d'autres sources pour s'en
    procurer en cas de pénurie. Cela est une pratique chez 96,67% des producteurs. Dans ce sous-
    groupe, un lot de 79,32 % s'approvisionnent dans les marchés locaux (Pama, Kompienga,

    Nadiagou, Kompienbiga) tandis que 10,34% les achètent dans les pays voisins (Togo, Bénin) et 10,34% disent ne pas connaître de lieu d'approvisionnement autre que le circuit des GPC. Nos visites dans les marchés locaux (Pama, Kompienga et Kompienbiga) nous ont confirmé cet état de fait. En effet, dans ces marchés, nous avons observé des pesticides avec des formulations diverses en provenance de multiples horizons. La majorité de ces pesticides sont constitués d'herbicides et d'insecticides destinés à la culture du maïs, riz, sorgho et de coton selon les étiquettes.

    Photo N° 4: Point de vente de pesticide dans un marché

    Sur les emballages sont inscrits comme sources de provenance Burkina Faso (SAPHYTO), le Ghana, le Bénin et la Chine. Des entretiens avec les vendeurs, il ressort que les producteurs font recourt à leurs produits parce qu'ils sont moins chers.

    Une fois les produits achetés, ils peuvent être stockés dans plusieurs endroits. La majorité des producteurs enquêtés (66,67%) ont rapporté que le stockage des produits se fait au niveau des champs, en fait dans leurs cases d'habitation localisées dans les champs de brousse. Pour le reste (33,35%), les produits chimiques sont stockés dans leurs maisons au niveau des villages de résidence. En définitive, il n'existe pas de lieux de stockage spécifique pour les produits chimiques.

    3.4.3. Mode d'utilisation

    + Dosage et dilution

    Les intrants chimiques sont utilisés pour lutter contre les prédateurs (insecticides et fongicides), améliorer la fertilité des sols (urée, NPK) et contre les adventices (herbicides). Dans cette étude, l'urée et le NPK n'ont pas fait l'objet d'estimation des doses utilisées. Mais lors des entretiens, nombreux sont les producteurs qui disent qu'ils prennent 1 sac d'urée et 3 sacs de NPK pour 1 ha de champs de cotonnier. Ce qui correspond à 50 kg/ha pour l'urée et 150 kg/ha pour le NPK. Mais dans la pratique, ce dosage n'est pas respecté dans la majorité des cas car une partie de ces engrais est utilisée dans la fertilisation du maïs. Par ailleurs,

    certains enquêtés ne prennent pas la quantité requise pour limiter la charge du crédit campagne.

    Au niveau des pesticides le taux d'utilisation et de 100% pour le FANGA, 97,77% pour ROCKY et 93,33% pour CAPT. Le dosage des pesticides est fonction du type d'appareil d'épandage que les producteurs utilisent. Au delà des pulvérisateurs, il y a une imprécision manifeste de dosage quand bien même il s'agit du même appareil. Le tableau 16 renseigne sur les quantités utilisées et les superficies traitées avec un appareil en UBV (Ultra bas volume).

     
     

    Fanga/Rocky

     
     
     
     
     
     

    Capt

     
     
     
     

    QP

    500

    1000

    500

    500

    300

    250

    250

    500

    500

    250

    250

    200

    250

    125

    125

    QE

    4.5

    4

    4,5

    4,5

    4,7

    4,75

    4,75

    4,5

    4,5

    4,75

    4,5

    4,8

    4,75

    5

    4,5

    Sup

    0,5

    1

    -

    0,75

    -

    0,25

    0,5

    0,5

    1

    -

    0,25

    0,5

    -

    0,25

    0,5

    N

    21

    1

    1

    1

    1

    3

    1

    3

    1

    1

    3

    1

    1

    11

    4

     

    QP : quantité de produit en ml ; QE : quantité d'eau en litre ; Sup : superficie en ha ; N : nombre de cas observé

    Source : Données d'enquête (2006)

    Tableau 15 : Dosage et dilution des pesticides et superficies traitées en appareil UBV

    Le tableau 15 montre que les producteurs n'appliquent aucune norme de dosage des insecticides. En effet, 500 ml de FANGA et/ou ROCKY peuvent être dilués dans 4,5 à 5 litres d'eau et appliqués sur 0,5 à 0,75 ha. Il en est de même pour le CAPT ou par exemple 250 ml peuvent être dilué dans 4,5 à 5 litres d'eau pour être appliqués sur 0,25 à 0,5 ha de cultures. Les mêmes observations ont été notées dans le tableau 16 avec le pulvérisateur à TBV.

    Produits

    QP

    500

    500

    500

    300

    250

    250

    250

    250

    250

    200

    200

    200

    10 C

    Fanga/

    QE

    14,5

    15

    16

    32

    20

    15

    16

    15

    20

    20

    23

    20

    201

    Rocky

    Sup

    0,75

    0,5

    0,5

    0,5

    0,25

    0,5

    1

    1

    0,5

    0,25

    -

    -

    -

     

    N

    1

    2

    2

    1

    1

    8

    1

    1

    1

    2

    1

    2

    1

     

    QP

    500

    500

    500

    250

    250

    250

    250

    250

    250

    250

    250

    166

    10

    Capt

    QE

    14,5

    16

    20

    15

    15

    16

    16

    20

    20

    23

    30

    15

    20

     

    Sup

    0,75

    0,5

    0,5

    0,25

    0,5

    0,5

    1

    0,25

    0,5

    -

    0,5

    0,5

    -

     

    N

    1

    1

    1

    7

    2

    2

    11

    1

    2

    1

    2

    1

    1

     

    QP : quantité de produit en ml ; QE : quantité d'eau en litre ; C : capsule de l'emballage ; Sup : superficie en ha ; N : nombre de cas observé

    Source : Données d'enquête (2006)

    Tableau 16 : Dosage et dilution des insecticides avec le pulvérisateur manuel (TBV)

    En définitive, le dosage des pesticides dépend du producteur et certainement de l'état des attaques parasitaires des parcelles de coton. Mais, il faut noter que quelque soit le type de pulvérisateur, chaque producteur prit individuellement applique la même dilution pour Fanga et Rocky. Mais, la quantité d'eau utilisée dans la dilution est plus élevée avec un pulvérisateur manuel qu'avec un pulvérisateur à pile. Il en est de même dans le dosage du Capt.

    Nos résultats convergent avec ceux obtenus par BELEM (1985) dans la zone cotonnière ouest burkinabé qui avait noté que les quantités d'insecticides utilisées dans deux des trois villages- échantillons étaient insuffisantes mais il existait des dosages différents entre les producteurs. Un risque lié à ce sous dosage est le développement du phénomène de résistance d'où une utilisation de dosage de plus en plus croissante et des traitements plus fréquents pour tuer les

    mêmes parasites. Ceci entraîne non seulement une perturbation de l'écosystème GEORGHIOU et TAYLOR (1997).

    + Nombre d'épandage

    Les producteurs de coton de la zone font les traitements phytosanitaires dans l'optique de prévenir les attaques des prédateurs et d'augmenter la productivité et la qualité des récoltes. Dans la zone, il existe une forte variation du nombre de traitements appliqués aux parcelles de coton (Tableau 17). La moyenne du nombre d'épandage enregistré est 9,30#177;3,19. D'après les interviewés, les extrêmes sont 5 pour la borne inférieure et 20 pour la borne supérieure.

    Classe de nombre d'épandage [5-7] [8-10] [11-13] > 14 Total Moy. Ecart-type

    Nombre de producteurs 18 28 8 6 60 9,30 3,19

    Fréquence (% des producteurs) 30 46,67 13,33 10 100

    Source : Données d'enquête 2006)

    Tableau 17: Répartition des producteurs par classe de nombre d'épandages effectués

    La majorité des producteurs de coton enquêtés (46,67%) ont appliqué entre 8 et 10 fois les pesticides sur le cotonnier. Il existe des producteurs (23,33%) qui ont traité plus de 10 fois leurs champs de coton. Enfin, environ 30% des producteurs ont utilisé entre 5 et 7 fois les insecticides dans leurs champs.

    Ce même constant a été fait par (SCHWARTZ, 1 997b et LENDRES, 1992) qui concluaient qu'en matière de lutte contre les parasites du cotonnier , l'adéquation est loin d'être réalisée dans l'aire cotonnière burkinabé entre les pratiques paysannes et les recommandations de l'encadrement technique.

    3.5. La prise de précaution dans l'épandage des produits chimiques

    Avant d'effectuer les épandages tous les producteurs enquêtés déclarent tenir compte de la pluie et de la direction du vent dominant. Dans la quasi-totalité des cas, ils sont soucieux de leur protection mais aussi de la nécessité que l'opération se déroule bien. De même, la pluie est un facteur important à considérer avant l'épandage. Il s'agit d'éviter le lavage du produit et la reprise des traitements phytosanitaires.

    3.6. Conclusion partielle

    Un état des lieux a permis de mettre à nu les facteurs de dégradation des ressources naturelles de la région. L'extension des champs, la quasi absence de la jachère (70% des enquêtés) et le faible niveau d'apport des fertilisants organiques sont autant de facteurs à risques.

    D'autres facteurs comme les circuits frauduleux d'approvisionnement en pesticide le non respect et/ou la méconnaissance des itinéraires techniques d'utilisation des pesticides sont à redouter dans une optique de la conservation de l'écosystème de la zone.

    CHAPITRE IV : DIAGNOSTIC DES SOURCES DE RISQUES ENVIRONNEMENTAUX

    4.1. Utilisation des pesticides du coton sur d'autres cultures

    L'utilisation des produits chimiques du cotonnier pour le traitement d'autres spéculations est un fait réel chez certains producteurs. Environ 61,66% des producteurs ont affirmé avoir appliqué les insecticides du cotonnier sur d'autres cultures. Les cultures concernées sont le niébé, la pastèque le melon et le maïs (Tableau 18).

    Spéculations

    Profenofes

    Endosulfan cypermethrine

    Capt

    Nombre

    Fréquence (% de l'échantillon valide)

    niébé

    18

    5

    3

    26

    60,50

    pastèque

    9

    3

    -

    12

    27,90

    Melon

    2

    1

    1

    4

    9,30

    Maïs

    1

    -

    -

    1

    2,32

    Total des cas valides

    30

    9

    4

    43

    100

     

    Source : Données d'enquête (2006)

    Tableau 18 : Producteurs appliquant les insecticides du coton sur d'autres cultures

    La culture la plus concernée par l'application des pesticides du cotonnier est le niébé dans 60,50% des cas d'utilisation détournée. La pastèque est la seconde culture (27,90% des cas) qui reçoivent des pesticides du cotonnier, suivi du melon (9,30%) et enfin le maïs (2,32%). L'insecticide le plus fréquemment utilisé est le Fanga (profenofes) avec 70% des cas d'utilisation détournée. Il est suivi par le Rocky (endosulfan et cypermethrine) dans 21% des cas et du Capt dans 9% des cas. Les conséquences de cette pratique sont un risque de contamination de ces spéculations et affecteraient la santé des humains et des animaux en cas de consommation.

    4.2. Distance des points d'eau par rapport aux champs de Coton

    + Points d'eau de boisson humaine

    Les sources d'alimentation en eau de boisson de la population sont constituées des eaux souterraines (puits, forage) et des eaux de surface (bas-fond, rivière, marigot). Le tableau 19 résume les distances entre les champs de cotonniers et les points d'alimentation en eau potable.

    Classe de distance (m)

    [0-500]

    [50 1-1 500]

    > 1 500

    Total

    Forage

    Nbre

    3

    11

    17

    31

     

    F

    9,68

    35,48

    54,84

    100

    Puits

    Nbre

    12

    11

    3

    26

     

    F

    46,15

    42,31

    11,54

    100

    Cours

    Nbre

    10

    7

    4

    21

    d'eau

    F

    47,62

    33,33

    19,05

    100

     

    Nbre = nombre de forages ; F= fréquence en %

    Source : Données d'enquête (2006)

    Tableau 19 : Points d'eau potable et leur distance par rapport aux champs de coton

    Les résultats indiquent que:

    · Sur les 31 forages où la population de la zone d'étude obtient l'eau de boisson, les 3 forages les plus proches se trouvent à une distance qui ne dépasse pas 500m. Ces 3 forages sont localisés dans les villages de Namatoulaye I, Koalou II et de Pognoan Tikonti. Le reste des forages (23) sont à une distance supérieure à 500m.

    · Sur les 21 puits observés huit 46,15% sont à une distance inférieure ou égale à 500m.

    · Les bas-fonds, rivières et marigots où la population s'alimente en eau de boisson sont au nombre de 21 et 47,62% de ces retenues d'eau de surface sont à une distance qui n'excède pas plus 500m.

    + Points d'eau d'abreuvement des animaux

    Les sources d'alimentation en eau de boisson servent également à l'abreuvement des animaux. A ces sources il faut ajouter les barrages. L'état de la distance de ces sources par rapport aux champs de coton figure dans le tableau 20.

    Classe de distance (m)

    [0-500]

    [501-1 500]

    > 1 500

    Total

    Forage

    Nbre

    2

    3

    4

    9

     

    F

    22,22

    33,34

    44,44

    100

    Puits

    Nbre

    9

    5

    3

    17

     

    F

    52,94

    29,41

    17,65

    100

    Cours

    Nbre

    19

    12

    11

    38

    d'eau

    F

    23,68

    31,59

    28,93

    100

    Barrage

    Nbre

    -

    1

    2

    3

     

    F

    -

    33,33

    66,67

    100

     

    Nbre = nombre F= fréquence en %. Source : Données d'enquête (2006)

    Tableau 20 : Points d'eau d'abreuvement de bétail et leur distance par rapport aux champs de coton

    Les résultats montrent que :

    · Les eaux de surface (bas-fond, rivière, marigot) constituent les points d'abreuvement des animaux les plus fréquemment rencontrés dans la zone. Elles constituent 56,7 1% des points d'abreuvement.

    · Ensuite viennent, les puits (25,37%), les forages (13,43%) et les barrages (4,48%).


    · Tous les barrages sont situés au moins à une distance supérieure à 500m des champs de coton.

    La proximité des points d'eaux des champs de coton constitue un facteur de risque de contamination de ceux-ci. En effet, lors de l'épandage des pesticides, les particules d'aérosols peuvent se déporter dans ces milieux par les mouvements atmosphériques et les eaux de ruissellement ou par infiltration. ILLA (2004) dans son étude en zone cotonnière du Mouhoun attribuait la contamination des eaux et sols par les pesticides aux facteurs infiltration et ruissellement.

    4.3. Les mesures de protection

    + Equipements de protection

    Pendant l'épandage, le port de matériel de protection est indispensable pour la préservation de la santé humaine. Dans les sites d'étude, l'interview a permis d'apprécier le taux d'équipement des producteurs (Figure N° 13).

    35%

    22%

    12%

    31%

    gants+Bottes Masques+cache-nez

    Mouchoirs+foulards+cha peau

    Aucun équipement

    Source : Données d'enquête (2006)

    Figure N°13 : Niveau d'utilisation de matériel de protection

    Ainsi, pendant l'épandage des pesticides 33,7 1% des producteurs se protègent avec un gant ou un masque. D'autres (53,93%) affirment ne disposer que d'un masque, d'un cache-nez, d'un, mouchoir, d'un foulard et d'un chapeau pendant les traitements phytosanitaires. 12,3 6% ont déclaré qu'ils ne portent aucun équipement particulier pendant les opérations de pulvérisation dans les champs.

    + Lieux de nettoyage du matériel de pulvérisation

    A la fin de l'épandage des pesticides, les matériels (pulvérisateur et autres instruments) sont nettoyés. Il en est de même pour les personnes qui ont effectué l'opération.

    Photo N° 5 : Boîtes vides de pesticides utilisées pour conditionner l'eau de boisson

    Dans ce sens, il n'est pas rare que les matériels soient lavés dans des lieux qui ne sont pas recommandés. Les lieux de lavage couramment cités sont les champs, la maison et les points d'eau (Tableau 21).

    Points de nettoyage

     

    Corporel

    Matériel et équipement

     

    Fréquence (% des
    enquêtés)

    Nombre

    Fréquence (% des
    enquêtés)

    Champs 42

    Maison 14

    Point d'eau 2

    72,42 39

    24,14 13

    3,44 4

    69,64
    23,22
    7,14

     

    Source : Données d'enquête (2006)

    Tableau 21 : Fréquence des points de nettoyage après la pulvérisation

    Ainsi, les producteurs qui se lavent eux-mêmes les mains et les matériels aux champs après l'épandage des pesticides aux champs sont les plus nombreux ; ils atteignent respectivement 72,42% et 69,64%. Mais, environ 24% et 23% des producteurs respectivement se lavent et nettoient les équipements à la maison. Certains points d'eau sont utilisés pour le nettoyage corporel (3%) et du matériel (environ 7% des cas).

    4.4. Les emballages des pesticides

    Après les traitements phytosanitaires, les boîtes vides sont diversement utilisées. En effet, 18,92% disent qu'elles sont réemployées ; 28,33% déclarent qu'ils les jettent dans la nature pendant que 52,75% des enquêtés disent en faire autrement que les deux types précédemment cités. En fait, ils les brûlent avec les ordures ou ils les enfouissent dans le sol. Lorsque les boîtes sont réutilisées, elles sont nettoyées et servent souvent à l'achat de pétrole, à la conservation des semences et à l'achat du dolo. Elles servent quelquefois aussi à conditionner l'eau de boisson.

    4.5. Les zones de pâture des animaux

    Aux abords des champs de coton se trouvent les zones de pâture des animaux. Il arrive des moments où les animaux recherchent des fourrages verts à proximité des champs pulvérisés. En effet, la pression foncière amène des animaux à fréquenter les zones non mises en culture qui sont en réalité confinées entre des champs de coton.

    Photo N°6 : Animaux dans les couloirs de champs

    4.6. Les intentions d'accroissement des superficies

    L'accroissement des superficies d'exploitation répond à des besoins socio-économiques. Il faut produire suffisamment pour l`alimentation et faire face aux problèmes sociaux qui se présentent. Dans la zone d'étude, les résultats des enquêtes ont permis de cerner les intentions d'accroissement des superficies agricoles. Il apparaît que 96,66% ont l'intention d'accroître leurs superficies alors que 3,37% sont indécis sur la question. Pour ceux qui veulent augmenter leurs parcelles, il ressort de l'analyse que :

    · 41,67% des producteurs pensent accroître leurs superficies exploitées en coton et autres spéculations.

    · 28,83% ont l'intention dans les années à venir de n'accroître que les autres spéculations sauf le coton. Dans ce sous-groupe, 75% et 62,50% des cotonculteurs concernés ont des superficies en coton inférieures à 3 ha respectivement en 2005 et 2006.

    · 26,67% estiment qu'ils vont augmenter rien que les superficies emblavées en coton. Dans ce sous-groupe, 87,75% et 75% des producteurs ont des parcelles en exploitation inférieure à 3 ha respectivement en 2005 et 2006 avec des niveaux de superficies moyennes exploitées qui sont 2,95ha et 4,01ha respectivement en 2005 et 2006.

    Les conséquences sur le plan environnemental de l'accroissement des superficies sont : L'extension est source de déforestation et d'élimination d'espèces végétales parmi lesquelles les plus vulnérables sont amenées à disparaître.

    La destruction de biotopes floristiques (végétales) et fauniques qui conduit à la disparition d'espèces végétales et aux migrations ou la disparition d'espèces animales, parmi lesquelles les insectes pollinisateurs telles que les abeilles ce qui est source de baisse de rendement de la productivité agricole et forestière etc.

    4.7. La population animale et humaine

    L'enquête révèle que les producteurs savent que l'utilisation des pesticides peut affecter négativement les populations écologiques animales. Environ 97% sont conscients de quelques effets sur la population apicole. De même, 73% ont rapporté connaître les effets des pesticides sur la faune sauvage et 97,67% sur les animaux domestiques. Les effets sur les ressources halieutiques (poissons) ont été évoqués par 86,67% des cotonculteurs interviewés.

    Des cas d'animaux (bovins) qui sont morts après avoir brouté du fourrage suite à la pulvérisation d'insecticides ont été évoqués par les éleveurs.

    Par ailleurs, 73,33% des producteurs déclarent avoir déjà fait des remarques sur leur santé (maux de tête et des yeux, grattage de la peau etc.) et les lient sans doute à l'utilisation des pesticides. Sur ce cas particulier, de nombreux faits ont été rapportés par les cotonculteurs en rapport avec l'usage des pesticides.

    4.8. Les ressources végétales

    Les dangers que courent les espèces végétales sont liés aux défriches pour non seulement créer de nouveau champs, mais aussi pour s'en servir comme bois de chauffe et comme charbon. Si les producteurs procédaient à moins de défriches, un fort potentiel d'espèces serait conservé. Même si quelques uns d'entre eux estiment qu'il y a nécessité d'imposer un quota d'arbres à conserver dans les champs il se posera un problème pour le suivi.

    Photo N°7 : Parcelle d'exploitation défrichée

    4.9. L'eau et le sol

    Près de 90% de producteurs estiment que l'utilisation des pesticides peut avoir des dangers pour l'eau. En général, la relation est vite établie entre l'eau et les poissons et les êtres humains pour les risques éventuels. Par contre, pour le sol, les réponses sont mitigées. Seuls 48,3 3% pensent que les pesticides peuvent jouer négativement sur les sols ; 10% de

    l'échantillon disent ne pas pouvoir se prononcer sur cette question et 41,67% des enquêtés estiment que les pesticides n'ont pas d'effets négatifs sur les sols. Selon eux, l'utilisation des pesticides contribuerait bien au contraire à renforcer et à maintenir sa fertilité.

     

    100% 90% 80% 70% 60%

     
     
     

    50%

     

    Série1

    40% 30% 20% 10% 0%

     
     

    DPE SDE DPS SDPS IND,

    DPE: Danger pour l'eau, SDE: sans danger pour
    l'eau, DPS: Danger pour sol, SDPS: sans danger
    pour le sol, IND: indécis

    Source : Données d'enquête (2006)

    Figure N° 14: Niveau de perception de l'effet des pesticides sur le sol et l'eau

    4.10. Conclusion partielle

    Le diagnostic a permis d'identifier les sources de risques environnementaux suivants : l'utilisation des pesticides du coton sur d'autres cultures, une proximité des champs de coton avec les points d'eau, un faible niveau d'équipement des producteurs en matériel de protection, un nettoyage du matériel de pulvérisation aux abords des points d'eau, un réemploi des emballages des pesticides pour conditionner l'eau de boisson et des zones de pâture des animaux a proximité des champs de coton. Toutes ces sources citées constituent des risques majeurs.

    CHAPITRE V : DISCUSSION DES RISQUES ET IMPACTS ENVIRONNEMENTAUX

    5.1. Les risques et impacts potentiels

    5.1.1. Risques sanitaires

    Les problèmes sanitaires auxquels est exposée la population de la zone sont liés aux différents sources et facteurs de dégradation des ressources naturelles qui ont déjà fait l'objet d'analyse. Il s'agit du mode d'usage des pesticides. En effet, il faut noter que le niveau d'équipement en matériel de protection pendant l'épandage est faible. Ceux qui déclarent disposer de matériel ne l'utilisent pas souvent. Il est bien évident que pendant les pulvérisations l'air est pollué et est chargé de particules d'aérosol qui seraient inhalés par les habitants aux voisinages des champs de cotonnier. Cette situation a été révélée durant nos sorties où des habitants d'un village disaient ceci « lorsqu'ils épandent les pesticides nous passons toute la journée dans de l'air qui n'est pas bien à respirer ».

    Aussi, le nombre élevé d'épandage des insecticides (pouvant atteindre 20 fois) expose davantage les producteurs à une intoxication chronique.

    L'utilisation des pesticides du cotonnier pour d'autres spéculations, l'association de certaines cultures (haricot) et les abords des champs de coton parsemés par des cultures (maïs, sorgho, oseille, gombo) constituent des risques sanitaires pour la population humaine. Les pesticides peuvent s'accumuler dans les végétaux. Les travaux de NEBIE et al. (2002) rapportés par ILLA (2004) concluaient à la présence de fortes concentrations de cypermethrine (1 à 100mg/Kg et de delthaméthrine (12 à 146mg /kg) à l'issue de l'analyse de divers échantillons de fruits, légume et de céréales.

    De même l'utilisation des boîtes vides de pesticides pour conditionner les eaux de boisson sans un lavage sécuritaire est une source de risque sanitaire pour les producteurs.

    Les maladies répertoriées qui affectent les producteurs de la zone sont les irritations cutanées, le rhume, les maux de tête et de ventre. Des malaises comme des vomissements et des vertiges sont cités par les producteurs comme des cas qui surviennent souvent après l'épandage des produits chimiques. LINCER et al. (1981) ont mis en exergue que de faibles concentrations de résidus peuvent avoir des conséquences biologiques significatives et causer des cancers ou provoquer des transformations génétiques. Des cas d'intoxication ont été rapportés par les producteurs de coton et d'autres organisations (éleveurs, agriculteurs, maraîchers) lors de nos échanges. L'entretien avec les services de santé (CMA de Pama) ont confirmé certains faits. Il s'agit du cas de cette famille qui a été amenée en urgence à l'hôpital après avoir mangé du tô dont la farine avait reçu accidentellement des pesticides. D'après ce service, des cas souvent graves ont été reçus et un mois avant notre passage deux personnes qui s'étaient versés accidentellement des pesticides dilués ont été admises dans les services de

    santé. Ces situations seraient fréquentes chaque année. Cette situation a été déjà mise en exergue par GUISSOU et al. (1996) en zone cotonnière que l'intoxication aux organochlorés a plusieurs degrés de sévérité allant des simples vertiges avec des céphalées aux convulsions voire la mort. FAURIE et al.( 1980) ont fait remarqué une augmentation inquiétante du nombre de leucémies chez les agriculteurs utilisant sans précautions particulières certains pesticides.

    5.1.2. Dangers relatifs à l'altération du milieu naturel

    > L'empiètement des limites de réserves forestières

    Le développement des activités anthropiques notamment la cotonculture le long des réserves partielles et totales que la province partage avec le reste de la région et les pays frontaliers est une réalité. Durant nos sorties et par le biais des investigations des inquiétudes subsistent. Nonobstant la mise en place des CVGF et la surveillance des services techniques (environnement) les limites extérieures à certains endroits sont empiétées. Les zones tampons qui ont été matérialisées risquent de devenir un vieux souvenir. Le cas du village de Samboili illustre bien cet état de fait. Dans le département de Madjoari, certains producteurs quittent les abords des réserves d'eux-mêmes pour se mettre à l'abri des dommages (destruction des champs de coton que les éléphants leurs causent. Il y a donc une nécessité de réactualiser les limites de ces réserves.

    > Risques liés aux circuits parallèles d'approvisionnement en pesticides

    Le risque majeur lié aux circuits parallèles d'approvisionnement en pesticides est l'utilisation des formulations de pesticides non homologués par la réglementation nationale donc pouvant se révéler très dangereux pour la santé humaine et pour l'environnement.

    > Risques liés à la non maîtrise de dosage d'insecticides

    Les niveaux de dosage différents constatés chez les producteurs est un facteur qui n'est pas sans risque. Le surdosage ou le sous dosage des pesticides induit des effets particuliers. En cas de surdosage, les fortes concentrations de la matière active détruiraient les parasites ciblés et ceux non ciblés. Aussi, compte tenu du fait que les producteurs sont sous équipés en matériels de protections ils inhaleraient des fortes doses ce qui affecteraient négativement leur santé. De même, les émulsions concentrées qui tomberont dans le sol agiraient négativement sur la micro faune.

    Par contre, en cas de faible dosage, d'autres phénomènes pourraient se produire. En effet, les parasites pourraient développer des résistances.

    > Risque de contamination des eaux, des sols et des plantes
    · Les ressources de l'hydrosphère

    La contamination des eaux qu'elle soit de surface ou souterraine est à redouter. Les facteurs
    majeurs sont la proximité des points d'eau par rapport aux champs de coton ainsi que la
    situation topographique des sites. Les pluies et le ruissellement entraînent d'importantes

    quantités de produits phytosanitaires vers les milieux aquatiques environnants. L'étude de CISSE et al. (2004) a permis la détection de 16 pesticides organochlorés dans les puits avec une concentration supérieure à 0,1jtg/litre dans la zone de Niayes au Sénégal. De même, les travaux de ILLA (2004) dans la zone cotonnière burkinabé (boucle du Mouhoun) ont permis de détecter le métidathion à des concentrations dans des puit (2,684ug/l) et l'eau de forage (2,465ug/l) et la lie au transport des pesticides en surface ou en profondeur.

    Aussi, il faut noter que la dispersion des pesticides se fait au delà des agro systèmes. En effet, par les mouvements atmosphériques (transport par le vent) les pesticides utilisés peuvent être entraînés vers les ressources lointaines entraînant ainsi un déséquilibre de ces biotopes. Le nettoyage du matériel de pulvérisation dans certains points d'eau est un facteur de risque pour cette ressource et peut affecter la santé humaine et animale.


    · La pédosphère

    L'utilisation des pesticides et des fertilisants minéraux constitue un fait qui peut affecter la qualité des sols. Aussi, certaines pratiques agricoles telle que l'absence quasi-totale de la jachère constituent des risques potentiels qui pourraient abaisser la fertilité et contaminer les sols surtout par l'accumulation des métaux lourds que contiennent les molécules d'aérosol utilisées. Dans ce registre, HOSCOET en 1968 a pu mettre en évidence, une sérieuse contamination des sols cultivés français par les insecticides organochlorés d'après (RAMADE, 1978). Des travaux similaires montrant la contamination par les pesticides en zone cotonnière existent. Les résultats de SAVADOGO et al. (2006) ont montré une contamination des sols par l'endosulfan et l'aldrine avec des concentrations variant respectivement de 1 à 22ug/kg et 20ug/kg aussi bien en milieu rural qu'en station expérimentale.

    L'impact environnemental évident est la modification de la composition physico-chimique des sols. D'autres aspects tel que le brûlage des sous produits agricoles (tiges du cotonnier) et les feux de brousse pourraient contribuer à la destruction de la flore et de la faune pédosphérique.

    > La destruction du couvert végétal

    L'impact environnemental qui est perceptible dans la zone d'étude est sans conteste la déforestation consécutive à l'extension des superficies cultivées. Elle constitue une menace pour certaines essences ligneuses et non ligneuses. En effet, dans les champs cotonniers, les défriches (sélectives ou non) sont effectuées et en général il ne reste que quelques espèces ligneuses ; ces dernières sont aussi en nombre réduit. Il faut également noter que d'autres producteurs font recours aux feux pour dégager les parcelles d'exploitation.

    Les 60 producteurs concernés par l'étude ont emblavé 395,1 ha qui (dont 160,1 pour le coton) pour toutes les spéculations confondues en 2005 et 453 ha emblavés (dont 185,5 ha pour le coton) en 2006. Le fait notable est que la part de superficie allouée à la culture de coton est en nette augmentation. Cependant, les superficies de coton ne dépassent guère 40% des

    superficies totales emblavées en 2005 et en 2006. Une estimation des pertes de ligneux à l'hectare pourrait nous situer davantage sur les dommages subis. OUATTARA et al. (2006) sur la base d'images satellitaires relate que dans la province de la Kompienga, le fait majeur qui ressort de l'état de dégradation des formations végétales est incontestable tant sur le plan distribution spatiale que sur le plan qualitatif. La même étude révèle que les superficies occupées par les savanes boisée et arborée ont respectivement régressé de 76,5% et 60% alors que la mosaïque des champs et jachères a augmenté de 23,1%.

    Cette destruction végétale accentuera la dénudation des sols d'où des risques liés à l'érosion aussi bien hydrique qu'éolienne des sols.

    Photo N°8 : Parcelle déboisée

    > L'eutrophisation

    Le transport des matières fertilisantes utilisées pour l'amendement des cultures de coton par les eaux de ruissellement vers les lacs et étangs est inévitable. La conséquence est un transfert et un dépôt de ces produits dans les milieux humides d'où un déséquilibre écologique dû à une colonisation des végétaux.

    > La pollution visuelle et esthétique

    L'abondance des emballages des insecticides et des herbicides qui sont libérés après les traitements phytosanitaires constitue une inquiétude. En effet, l'échantillon étudié (60 producteurs de coton) a libéré 4.397 boîtes vides de pesticides de capacité de 0,5 à 1 litre et 1.044 sachets d'herbicide pour la campagne 2006. Ces emballages qui sont généralement en matière plastique ont été rencontrés dans la nature au cours des enquêtes. Ceux qui les brûlent sans aucune autre forme de précaution ne font qu'augmenter une émanation gazeuse dont les effets écologiques ne sont pas bien connus.

    5.1.3. Impacts sur la biodiversité

    Les perturbations écologiques inhérentes au système et à la pratique de la production de coton peuvent affecter toute la chaîne trophique. KUMAR( 1991) mettait en exergue que les insecticides affectent les processus biologiques. En effet, la faune, et la flore en passant par la population humaine sont concernées par les effets dommageables. Ces conséquences négatives pouvant être directes ou indirectes. CHAPUT et al. (1971) sont parvenus au fait que l'usage des pesticides en agriculture entraînait les pollutions des nappes souterraines et rivières, des sols (dysfonctionnement de la microflore et faune), l'accroissement des maladies chez les animaux d'élevage exposés.

    > L'écologie animale

    Pour une meilleure appréhension de ces effets négatifs, il faut distinguer deux composantes : il s'agit des victimes cibles (les ravageurs du cotonnier) et les victimes collatérales (non ciblées). Les ravageurs du cotonnier concernent essentiellement Hélicoverpa armigera mais aussi d'autres parasites. Quant aux populations animales collatérales victimes suite à l'épandage des pesticides, on a les abeilles et autres insectes, la faune sauvage et les animaux domestiques.

    > La population entomophile

    L'écologie apicole serait la plus affectée. En effet, pendant les pulvérisations, les abeilles qui sont sur les cotonniers meurent si elles sont atteintes par les produits. D'après le Centre de Recherche en Ecologie, une étude faite au Cameroun, en Côte-d'Ivoire et au Kenya en 1999 a révélé que ces dernières années, les insectes nuisibles devenaient de plus en plus résistants aux produits phytopharmaceutiques et que par ailleurs, le taux d'extinction des espèces vivantes est passé de mille à dix milles fois le taux biologique normal.

    Les essaims d'abeilles qui sont à proximité s'éloignent davantage. Les apiculteurs rencontrés affirment que la baisse de leur récolte de miel est le fait de la rareté des abeilles dans leur site de production et cela est imputable au « Didici » (dénomination locale des pesticides) utilisés en culture cotonnière. Ceux du village de Kpodjari (situé à 18 km de Pama) disent que : « nos ruches sont vides. Ces dernières années nous sommes à mesure de compter le nombre d'abeilles dans chaque ruche alors qu'auparavant ce n'était pas le cas ».

    Aussi, les apiculteurs déclarent que la production (quantité de miel) obtenue dans les ruches placées à proximité des champs de coton est faible par rapport aux autres. La baisse ou la quasi absence des abeilles est inquiétante eu égard au rôle important que ces insectes jouent dans la pollinisation des végétaux et toutes les vertus des produits de la ruche (mil, cire et propolis). C'est aussi une activité socioprofessionnelle qui est mise en péril.

    > La faune sauvage

    Le fort potentiel faunique qui vit dans les réserves totale ou partielle serait affecté. Les particules d'aérosol qui sont transportées par le vent, l'air et les eaux de ruissellement des champs traités vers les niches écologiques constitueraient une sérieuse menace pour cette faune. Le transfert possible d'aérosol vers les hydrosystèmes et leur inhalation par ces

    animaux est susceptible d'affecter négativement leur santé. Il est très courant comme c'est le cas dans certains hameaux de culture de Pama et de Tibadi que les pachydermes viennent brouter dans les champs de cotonnier comme nous l'avons constaté lors de nos enquêtes.

    > Les animaux domestiques

    Les animaux qui mangent le fourrage vert aux abords des champs traités sont véritablement exposés. En effet, lors des échanges (surtout avec les éleveurs), la culture du coton entrave leurs activités. Les cas d'animaux morts (bovins et petits ruminants) sont fréquents. A Tibadi lors d'une séance d'entretien avec des éleveurs de cette localité on a annoncé à une personne de l'assistance qu'elle venait de perdre 4 bovins après que ces derniers eurent mangé les feuilles des cotonniers traités par les pesticides. Des éleveurs affirment que certains producteurs de coton pulvérisent jusqu'aux abords (le fourrage) pour protéger leurs récoltes. Ces faits ont été cités par des éleveurs de Kompienbiga, Nadiagou, Tibadi et dans la zone de pastorale de Kaboanga (située à environ 35km de Pama).

    > La flore

    La caractéristique de la défriche pour la culture du coton est qu'elle est sélective ou totale. Dans les champs de coton en général, les espèces ligneuses qui sont préservées le doivent aux intérêts qu'ont les producteurs pour celles-ci. Les principales espèces concernées sont le karité, le raisinier, le tamarin. Les autres espèces sont systématiquement abattues. Un inventaire floristique et un suivi écologique pourraient permettre de mieux apprécier la dynamique de ce problème environnemental en vue d'intégrer les techniques de régénération et de conservation du milieu.

    > La microfaune

    La contribution de la microfaune à l'équilibre des milieux a été mise en évidence. Elle joue un rôle dans le cycle des échanges entre les sols et les plantes. Pourtant, l'utilisation des pesticides menace sérieusement les microorganismes du sol. L'usage des pesticides affecte leur cycle. Aussi, l'épandage des herbicides non sélectifs tant apprécié par les producteurs pour son efficacité à détruire le couvert végétal suscite des interrogations sur la fertilité du sol mais aussi le devenir des micro organismes de cet écosystème.

    Le tableau 22 met en exergue les groupes d'impacts directs et indirects en relation avec la culture du coton dans la région.

    Activités

    Impacts environnementaux

    Directs

    Indirects

    Usage des produits phytosanitaire (pesticides)

    .Pollution des sols

    .Pollution esthétique par les emballages

    Contamination des êtres vivants

    .Pollution des eaux de surface

    -Pertes de ressources halieutiques -Contamination de la flore -Contamination des êtres vivants
    animaux

    -Accumulation de pesticides dans la chaîne trophique

    -Eutrophisations

    .Pollution des eaux souterraines .Pollution de l'air

    - Contamination humaine et animale

    - Baisse de la qualité d'eau de boisson

    .Bioaccumulation des pesticides dans la

    chaîne trophique

    - Contamination humaine

    - Contamination de la faune

    .Elimination d'insectes nuisibles et utiles pour la pollution

    - Problème de pollution

    - Perturbation de la productivité

    végétale

    - Perte de biodiversité et déséquilibre écologique

    .Contamination du fourrage vert

    - Menace sur la santé animale

    - Bioaccumulation des pesticides dans les animaux

    .Elimination des petits mammifères

    Déséquilibre écologique

    .Intoxication humaine

    - Apparition des malades

    - Baisse de facteur de productions

    .Coûts élevés

    - Usage de pesticides non homologués - Développement de contrebande

    Application de fertilisant chimique

    .Pollution des eaux

    - Eutrophisation

    - Diminution des ressources halieutiques

    .Production de CH4

    Augmentation de l'effet de serre

    .Coût élevé

    Réduction des marges bénéficiaires

    Défriche /déforestation

    -Diminution du potentiel floristique

    -Empiètement des limites des réserves forestières

    - Déséquilibre écologique - Perte diversité biologique - Changement climatique

    Tableau 22 : Grille de quelques impacts environnementaux

    5.2 Mesure d'atténuation des effets préjudiciables

    Les impacts réels ou potentiels de la culture de coton exigent d'entreprendre des actions pour atténuer les effets pervers. En effet, l'exploitation des ressources naturelles ne saurait se limiter à la satisfaction seulement des besoins actuels. Il faut entreprendre des actions pour une utilisation rationnelle des ressources naturelles support des activités anthropiques.

    L'utilisation des biens environnementaux de la zone nécessite l'adoption d'attitudes et de pratiques pour la sauvegarde de la santé écosystémique.

    Dans cette optique, pour la préservation de la santé et des ressources naturelles de la région, il ressort que :

    . 81,97% de nos interlocuteurs estiment qu'il leur faut du matériel de protection et bénéficier de formations sur les itinéraires techniques agricoles,

    . 9,83% proposent à cet effet l'abandon de la culture du coton avec une orientation vers les autres spéculations

    . et 8,20% des enquêtés pensent que l'utilisation des bio pesticides et l'adoption du coton biologique préserveraient leur santé.

    En ce qui concerne le coton biologique, 43,33% disent n'avoir pas de connaissances à ce sujet et 56,67% affirment en avoir déjà entendu parler. En outre, 23,33% des cotonculteurs interviewés disent n'avoir pas reçu de formation alors que 76,67% affirment en avoir déjà bénéficié en matière de gestion des ressources naturelles. Selon les interviewés, ces formations et sensibilisations ont été assurées par les sociétés cotonnières (67%), par l'UICN (18%) et les services de l'agriculture et de l'environnement (15%).

    .

    5.3 CONCLUSION PARTIELLE

    La protection et la gestion rationnelle des potentiels fauniques et floristiques sont un gage pour le succès des projets de développement de la zone. Il est donc nécessaire de réfléchir sur des dispositifs en vue d'atténuer les impacts environnementaux (direct et indirect) identifiés. Des risques sanitaires et des impacts potentiels sur l'environnement ont été révélés. Il ressort que la culture cotonnière dans la zone présente des risques qui n'épargnent aucune matrice écologique. Les effets probables notamment la contamination de toute la chaîne alimentaire et l'altération physique du milieu naturel sont à redouter.

    CONCLUSION GENERALE ET PERSPECTIVES

    L'étude a montré que la culture du coton est en pleine expansion dans la province de la Kompienga au regard de l'accroissement des superficies emblavées et de l'attrait grandissant des producteurs vers cette spéculation. Cet attrait est dû aux revenus monétaires générés par la culture du coton contribuant ainsi à la résolution des problèmes ponctuels des ménages. Aussi, ce dernier élément est en partie responsable de l'expansion des surfaces emblavées par de nouvelles défriches, toute chose qui confirme l'hypothèse spécifique 2.

    La culture du coton comme on a pu le constater à travers les résultats fait recours à une utilisation importante de pesticides dans la lutte contre les ravageurs et de fertilisants en vu de l'accroissement de la productivité. Les pratiques d'utilisation des pesticides sont peu respectueuses des normes de protection sanitaires aussi bien des utilisateurs que de l'écosystème environnant. Sont entre autre de ces mauvaises pratiques, la non utilisation des équipements de protection sanitaires, le non respect des dosages et dilutions des insecticides, l'utilisation des pesticides du cotonnier sur les autres cultures alimentaires etc. Tous les éléments suscités constituent des pratiques génératrices de risque aussi bien pour l'homme que l'environnement. Les principaux risques révélés sont la réduction drastique de la couverture végétale par la déforestation avec les effets collatéraux comme la menace sur la diversité biologique animale et végétale, l'exposition aux risques sanitaires par consommation ou inhalation de pesticides très toxiques aux origines douteuses voir inconnus. Dans cette même optique la perception de certains risques et dangers environnementaux par les cotonculteurs pourrait être un tremplin pour entreprendre des actions en faveurs la préservation de l'écosystème.

    Ces éléments permettent de conclure en partie sur la justesse de la première hypothèse et de la deuxième hypothèse.

    Au regard des risques de premier niveau pour l'homme, les animaux et le milieu, la première perspective consisterait à réaliser une des ambitions originelles de la présente étude à savoir vérifier l'existence de certains risques à partir d'analyses de prélèvements des cibles potentiellement exposés. Aussi, nous suggérons que des études soient engagées autour des thématiques suivants afin vérifier définitivement les hypothèses, notamment la 1 ère spécifique. Il s'agit entre autres :

    y' Un suivi de la dynamique d'occupation des espaces et de l'état de la végétation ;

    y' Un suivi écologique pour déterminer les dommages que subit la population entomophile ;

    y' Une analyse des ressources en eau pour connaître son niveau de pollution ; y' Un suivi des sols afin de mieux connaître l'état d'évolution de la fertilité ;

    y' Une analyse des ressources végétales forestières pour faire l'état de leurs

    contaminations.

    y' La recherche et la valorisation des pesticides naturels.

    En second lieu, d'autres actions telles que le développement de la recherche sur les bios pesticides et le coton biologique constitueraient des pistes à prospecter. Les institutions de recherche et les partenaires au développement ont des rôles importants à jouer en vue de réduire la pauvreté en milieu rural par la promotion de la culture de coton. Il s'agit de rompre le cercle vicieux de « culture de coton - dégradation des ressources naturelles-pauvreté croissante-abandon des terres affaiblies - expansion de nouvelles terres ».

    Pour ce faire, il est urgent d'instaurer un cadre de réflexion relatif à la problématique environnementale de la culture de coton en y impliquant les décideurs, les développeurs, les producteurs et les autres agents économiques qui s'investissent dans la région. L'enclenchement d'un tel processus permettra à chaque acteur selon son domaine et niveau d'intervention de prendre toute la dimension de ses droits mais aussi de ses devoirs en matière de gestion durable et de préservation des ressources naturelles.

    Le socle impérieux des acteurs en amont comme en aval de la production serait d'adopter des mesures concertées de protection et de prévention contre les risques encourus par l'écosystème de la région. Pour ce faire, il est urgent en attendant que les recherches préconisées soient conduites, que les actions suivantes soient menées en vue d'atténuer, voir contrôler les impacts négatifs prévisibles toute chose qui permettrait de vérifier l'hypothèse3 :

    y' La réorganisation de l'occupation de l'espace.

    y' La réactualisation et la matérialisation des limites des réserves forestières et fauniques par un respect de la zone tampon.

    y' La sensibilisation et la formation des producteurs de coton à l'adoption des techniques rationnelles d'utilisation des intrants chimiques (pesticides et engrais).

    y' Le développement de la recherche et valorisation des pesticides naturelles.

    y' Une rigueur sur le respect de la réglementation et un contrôle des produits phytosanitaires.

    y' La promotion d'une politique d'équipement des producteurs de coton en matériel de protection.

    y' Une sensibilisation des producteurs en les incitant à pratiquer l'agroforesterie et à utiliser la fumure organique.

    La réalisation des actions préconisées à travers les deux axes que constitue la nécessité de conduire des recherches approfondies et la prise de mesures conservatoires urgentes constitueraient le seul gage d'une agriculture durable et partant d'un développement humain durable.

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    ANNEXES

    ANNEXE I
    FICHE D'ENQUETE

    Nom de

    l'enquêteur : N°d'ordre :

    Village de date de l'enquête :

    I- IDENTIFICATION/ GENERALITE SUR L'EXPLOITANT

    1- Nom et Prénom sexe : M F

    2- Ethnie : Age

    3- Niveau d'instruction : a :école moderne b :école coranique c :centre d'alphabétisation d : non alphabétisé

    4- Activité rémunératrice Principale :

    a :agriculture b :élevage c :commerce d : autres

    5-Appartenez-vous à un groupement/association de:

    a:Production b:conservation?

    si oui laquelle :

    II- OBJECTIF 1 : IMPACTS SOCIO-ECONOMIQUES

    1 -Depuis quand pratiquez-vous la culture de coton ?

    2 -Donnez vos sources de motivation pour la culture de coton

    3-Avec qui organisez-vous la production de coton ?:

    a :Votre femme b : vos enfants c :Entraide culturale d : Main d'oeuvre

    4-Citez les dépenses que vous effectuez avec les revenus du coton:
    5-Quel est le revenu monétaire obtenu la campagne dernière en FCFA

    6-Combien aviez-vous dépensé pour les pesticides et engrais cette campagne : en FCFA...

    7-Pensez-vous qu'il y a un équilibre entre les investissements consentis à la CC et les revenus que vous en tirez ? Oui Non ....

    8-Citez des motifs qui peuvent vous obliger à abandonner la CC :

    9-Citez des motifs qui peuvent vous encourager à maintenir la CC :

    10-Quels sont les spéculations que vous exploitiez avant la CC :

    III- MODE /PRATIQUE CULTURAL

    1-citez les différentes spéculations de votre exploitation cette année:

    2-Depuis combien d'année produisez-vous ces spéculations ?

    Spéculations

    Année

    3-Quelles sont vos superficies exploitées en ha:

    Année

    2005/2006

    2006/2007

    Superficie Coton

     
     

    Superficie céréale

     
     

    Superficie Totale

     
     

    4-Etes-vous propriétaire de la superficie de CC ? Oui Non

    -Si non donnez la superficie empruntée /location : ha

    5-Pratiquez-vous la succession culturale dans votre champs?. ..Oui Non

    Si oui dites-en les spéculations concernées :

    6-Dites les adventices que vous rencontrez dans vos champs selon les successions culturales? :

    7-Citez les animaux que vous élevez :

    a :bovin b :ovin c :caprin d :asin e:volaille

    8-Quels sont les apports des ruminants dans vos activités agronomiques ? a :traction b :Fumure c :autres :

    9-Citez les différents matériels agricoles de votre exploitation :

    IV- OBJECTIF 2: SOURCES /FACTEURS DE DEGRADATION DES RESSOURCES NATURELLES 1-Qu'est-ce qui vous motive à créer de nouveaux champs ?

    2-Pratiquez-vous la jachère ? : Oui Non

    Pourquoi :

    3-Disposez-vous de fosses fumières et/ou de compostières fonctionnelles ? Oui Non...

    Si oui précisez la date de confection :

    4-Citez les pesticides (herbicide +insecticide) que vous utilisés dans la culture cotonnière :

    5-Citez les intrants minéraux que vous utilisés dans la CC: 6-Quels sont les autres apports pour l'accroissement de votre production:

    7-Où vous procurez-vous habituellement les intrants chimiques ?

    8-Donnez d'autres lieux d'approvisionnements :

    9-Où déposez-vous les intrants chimiques lorsque vous les en procurez ?

    10-Donnez le mode opératoire pour la dilution

    Produit

    Quantité Produit

    Quantité d'eau

    superficie

    11-Combien de fois traitez-vous vos champs de coton durant le cycle :

    Produits

    Nbre de traitement

    12-Tenez-vous compte de la pluie et du vent avant d'effectuer les épandages : Oui Non

    Pourquoi :

    13-Pour cette campagne donnez la quantité d'intrant chimique utilisée :

    Produit chimique

    Quantité

    14-Utilisez-vous les produits chimiques du coton pour d'autres spéculations : Oui Non

    Produits

    spéculations

    V- OBJECTIF 4 : RISQUES ENVIRONNEMENTAUX

    1-Aviez-vous connaissance de quelques effets des pesticides sur les abeilles : Oui Non

    Si oui citez-les :

    2-Aviez-vous connaissance de quelques effets des pesticides sur les animaux sauvages : Oui Non

    Si oui citez-les :

    3-Aviez-vous connaissance de quelques effets des pesticides sur les poissons : Oui Non

    Si oui citez-les :

    4-Aviez-vous déjà fait des remarques sur votre santé que vous pensez être lié à l'utilisation des pesticides dans votre entourage ?: Oui Non

    5-Aviez-vous déjà fait des remarques sur la santé des animaux domestiques que vous pensez être lié à l'utilisation des pesticides dans votre entourage ?: Oui Non

    6-Quels sont les différents points d'alimentation en eau dans votre zone/champ de coton.

    Point d'alimentation

    Distance

    4- Quels sont les différents points d'abreuvement des animaux dans votre zone/ Champs de coton

    Points d'abreuvement

    Distance

    5- Citez les équipements particuliers que vous portez pendant les traitements des champs de coton ?:

    6- Où vous lavez-vous les mains à la fin de l'épandage des pesticides ?:

    7- Où vous lavez-vous les équipements à la fin de l'épandage ?

    8- Que faites-vous des emballages après utilisation ? : a:Réemploi/utilisation b :Jeter dans la nature c :autre

    9- Où les animaux de votre zone vont paître ?

    10- Dans les années à venir comptez-vous augmenter les superficies de production ?

    a :celles de la CC b :celles des autres spéculations

    VI- OBJECTIFS 5 : PERCEPTION DE LA POLLUTION

    1-Citez des problèmes auxquels les humains sont exposés suite à l'épandage des pesticides sans protection
    2-Citez des dangers /risques pour les animaux qui peuvent provenir de l'utilisation des pesticides:

    3-Citez les dangers /risques pour les sols qui peuvent provenir de l'utilisation des pesticides
    4-Citez les dangers/Risques pour l'eau qui peuvent provenir de l'utilisation des pesticides

    5-Citez des précautions à prendre pour éviter les intoxications par les pesticides

    6 -Citez des actions à entreprendre pour une utilisation rationnelle :

    -Des sols : -Des forêts :

    7-Aviez-vous été sensibilisés ou reçus des formation par rapport à la culture de coton (utilisation d'intrant chimique, technique culturale) ?: Oui Non Si oui dites la structure qui vous a encadré ?:

    8--Avez-vous entendu parlez du coton biologique ?: Oui Non

    Observations :

    Check listes des services techniques

    Nom de l'enquêteur : Ville/Province : Date : Nom et Prénom(s) : Structure : Fonction :

    I- Selon vous existe-il réellement des dangers ou des risques en introduisant la culture de
    coton dans la région ? Oui Non

    -Si oui citez-les :

    II- Aviez-vous des faits prouvés qui sont imputables à la production cotonnière dans la zone : Oui : Non

    -Si oui citez ces faits et les éléments de preuve (autopsie, étude ou recherche etc ...) correspondants :

    III- Face à cette problématique y a t-il nécessité de prendre des mesures pour prévenir ces effets néfastes :Oui Non
    Si Oui citez-en selon votre secteur d'activité :...

    Observation :

    Guide des interviews semi structurées

    Nom de l'enquêteur : Ville/Province : Date :

    Nom et Prénom(s) :
    Organisation

    1- Selon vous l'introduction de la culture de coton dans la région peut -elle présenter des risques ou des dangers pour l'environnement?

    Oui Non

    2-Aviez-vous connaissance de quelques effets des pesticides sur le bien être des populations humaines ?: Oui .Non
    Si oui citez-en :

    3-Aviez-vous connaissance de quelques effets des pesticides sur le bien être des autres êtres vivants ?:

    Abeilles :

    Animaux domestiques : Animaux sauvages : Poissons :

    4-Aviez-vous des faits qui sont imputables à la culture de coton dans votre zone ?:

    Oui :

    Non

    -Si oui citez citez-en ces faits :

    III- Face à cette problématique y a t-il nécessité de prendre des mesures pour prévenir ces effets néfastes :Oui Non Si Oui quelles sont les actions urgentes à entreprendre :

    Observation :

    Marge brute et crédit agricole octroyé aux producteurs
    En Francs cfa.

    N° d'ordre

    Marge brute
    en 2005

    Crédit en
    2006

    N° d'ordre

    Marge brute
    en 2005

    Crédit en
    2006

    1

    264400

    99000

    31

    872025

    300000

    2

    125000

    425000

    32

    13750

    91000

    3

    720000

    99200

    33

    0

    86850

    4

    0

    113500

    34

    280000

    243600

    5

    300000

    82800

    35

    350000

    294900

    6

    350000

    153300

    36

    400000

    98500

    7

    870000

    396800

    37

    170000

    85000

    8

    350000

    173800

    38

    165000

    200000

    9

    325000

    256600

    39

    201000

    151000

    10

    371000

    281300

    40

    2450000

    819800

    11

    265000

    74600

    41

    685000

    1181600

    12

    0

    211900

    42

    250000

    104200

    13

    0

    157400

    43

    80000

    102800

    14

    1500000

    790750

    44

    175000

    82800

    15

    400000

    181000

    45

    2300000

    1130100

    16

    1250000

    1064400

    46

    100000

    97000

    17

    16600

    243300

    47

    525000

    400000

    18

    60000

    10700

    48

    302015

    215000

    19

    150000

    81200

    49

    450000

    400000

    20

    22500

    41400

    50

    145000

    90200

    21

    50000

    37300

    51

    210000

    247000

    22

    320000

    150000

    52

    160000

    182500

    23

    220000

    45500

    53

    235000

    110000

    24

    -60000

    149000

    54

    perte

    138000

    25

    350000

    338400

    55

    160000

    45000

    26

    60000

    68000

    56

    250000

    103000

    27

    3000

    175600

    57

    500000

    250000

    28

    3800000

    1188300

    58

    125000

    50000

    29

    500000

    239320

    59

    1600000

    550000

    30

    750000

    2000000

    60

    500000

    400000

    Total

     

    26986290

    9329370

    ANNEXE V
    Superficies exploitées (en ha) par les producteurs


    ordre

    Coton
    2005

    céréale
    2005

    Coton
    2006

    Céréale
    2006


    d'ordre

    Coton
    2005

    céréale
    2005

    Coton
    2006

    Céréale
    2006

    1

    1,5

    5,5

    1,75

    7

    31

    2,5

    4

    3

    3,25

    2

    0,5

    4

    1

    3

    32

    0,5

    1,75

    1,5

    2,25

    3

    2

    5,5

    2

    6,5

    33

    0

    2,75

    0,5

    1,175

    4

    0

    3

    2,5

    6,5

    34

    2

    4

    3

    4,5

    5

    1,25

    2

    2

    1,5

    35

    1,5

    2

    2,5

    4,5

    6

    3,5

    2,75

    2,5

    2,75

    36

    4

    7,5

    1,5

    11

    7

    4

    10

    5,5

    10,5

    37

    1

    2,25

    1,8

    3

    8

    1,6

    0,5

    2,25

    0,75

    38

    1

    5,25

    3

    4,25

    9

    2

    3

    4

    7,5

    39

    2

    2,5

    2

    2,5

    10

    2

    3

    3

    3,5

    40

    6

    11

    8

    14,5

    11

    2

    1,5

    1

    2,5

    41

    2

    2

    5

    6,5

    12

    0

    6,5

    2,5

    6,5

    42

    1

    4

    2

    3

    13

    0

    2

    2

    3

    43

    0,5

    2

    1,5

    1

    14

    6

    4

    7

    3

    44

    1

    5,5

    1

    5,5

    15

    2

    3

    2,5

    3,5

    45

    6

    13,5

    8,5

    25

    16

    10

    14

    12

    17

    46

    2

    1

    0,5

    1,25

    17

    1

    3

    2

    4,5

    47

    6

    2,5

    5

    4

    18

    0,5

    1,5

    0,7

    1

    48

    3

    2,5

    3

    3

    19

    0,5

    1,5

    1

    1,5

    49

    4

    1,5

    4

    2,5

    20

    0,5

    1,5

    1,5

    1,5

    50

    0,75

    2,25

    0,5

    1,75

    21

    0,5

    4

    0,5

    4,5

    51

    1,5

    0,25

    2

    0,75

    22

    2

    1,5

    2

    2,5

    52

    2

    4

    2

    4

    23

    2,5

    1,75

    1,25

    2,5

    53

    2

    4

    1,5

    4,5

    24

    0,5

    2

    2

    1

    54

    2

    4

    1

    4

    25

    3

    3,5

    4

    5

    55

    1

    2,5

    0,5

    1,5

    26

    1

    1

    1,5

    1,5

    56

    1,5

    3,25

    1,5

    3,25

    27

    1

    1,25

    2

    2,25

    57

    2

    2

    1

    2

    28

    14

    4

    11

    10

    58

    1

    3

    2

    2

    29

    2

    3

    3

    4

    59

    8

    8

    9

    11

    30

    14

    19

    13

    14

    60

    8

    5

    5

    4

    TOTAL

     
     
     

    81,35

    118,75

    98,95

    140,75

    ANNEXE VI
    Listes des villages et organisations de producteurs visitées

    Villages/
    Départements

    Groupements de producteurs de
    coton (GPC)

    Autres groupements de
    producteurs

    Pama

    Tin Tani

    Tegwendé

    Potal (Mar)

    Kompienga

    Namalgzanga

    Kalmama

    Tin Tani Soani (Mar)

    Madjoari

    Tieniagou

    Nasafdi1

    Jande & Mardi (élev)

    Kalmama

    Yempabou

    Souglimpo

    Sougrimana (élev)

    Kabonga

    Wend La Penga

    Tamba

    Bedare (elév)

    Oupougdéni

    Venega

    Koaré

    Sans nom1 (élev)

    Kompienbiaga

    Yembouaro

    Namouyiri M

    Sans nom2 (élev)

    Koalou I

    Pegd-wendé

    Amitié yansiga

    Sans nom3 (élev)

    Koalou II

    Wendyam

    Yendabri

    Sans nom4 (élev)

    Nadiagou

    Songtaaba

    Noomwendé

    Sans nom5 (élev)

    Kpodiari

    Moamdikiba

    Lafia

    Boana (Pêch)

    Tambarga

    Nogtaaba

    Kamidini

    Benkadi (Pêch)

    Namouyiri

    Zeemstaaba

    Madjoari 4

    Sans nom6 (Api)

    Tambibango

    Bonkiri

    Niamamba1

    Sans nom7 (Api)

    PognoaTikonti

    Relwendé

    Songtaaba M1

    Sans nom8 (CVGF)

    Tibadi

    Nematoulaye3

    Yenkilma

     

    NematoulayeIII

    Nematoulaye 1

    Non révélé3

     

    Moamba

    Non revélé1

     
     
     

    Non révélé2

     
     

    Elev= Groupement d'élevage ; Mar =groupement de maraîchage ; Api : Apiculture ; Pêch : Pêcheur