Sommaire
Résumé et mots
clés.......................................................................................................page
3
Introduction
................................................................................................................page
4
I- Les syndicats doivent prendre une place au sein de
l'IET...........................................page 10
A- Un fonctionnement originel tourné vers la collecte
d'informations
et l'élargissement du réseau
territorial..................................................................page
12
1- Une légitimité dans la collecte et l'analyse
d'informations économique................page 12
2- Les syndicats ont un fonctionnement naturel en
« réseau »..............................page 16
B- Un objectif syndical assumé de renforcement
économique
et d'attractivité sociale du
territoire......................................................................page
19
1- Permettre le plein emploi par la force des
entreprises.....................................page 20
2- Renforcer l'attractivité sociale du
territoire.................................................page 23
II- La participation syndicale à l'IET est
délicate à mettre en oeuvre..................................page
26
A- Adapter la forme d'action
syndicale....................................................................page
28
1- Quitter le mode d'action par
« opposition » pour adopter celui de la
« coopétition » et de
l'anticipation............................................................page
29
2- Adopter un fonctionnement en vision
globale..............................................page 32
B- S'affranchir d'un cadre normatif strict pour entrer dans un
cadre plus « flou »...................page 38
1- Vers un nouveau cadre d'action
syndicale...................................................page 38
2- Changer la vision du champ d'application du Code du
Travail..........................page 41
Conclusion..................................................................................................................page
45
Annexe......................................................................................................................page
48
Bibliographie.............................................................................................................page
50
Résumé
L'Intelligence Economique Territoriale (IET) est un concept
récent qui a servi de base théorique à de nombreux
dispositifs locaux visant à permettre aux territoires d'accroitre leur
attractivité économique ou de réussir la mutation de leur
tissu économique. L'IET est le plus souvent décrite comme
l'apanage des collectivités territoriales, de l'Etat
déconcentré et des entrepreneurs. Les syndicats de
salariés ne semblent pas, à première vue, y avoir une
place. L'objet de ce travail est de s'interroger sur la place que pourrait
avoir les syndicats au sein de ce processus. S'il est aisément
démontrable qu'ils en sont un acteur légitime, majeur et
incontournable, il n'en reste pas moins que cette position n'est pas naturelle
pour les organisations syndicales, et nécessite des modifications
importantes de leur modalités d'action.
Mots-clés
Syndicats de salariés, Intelligence Economique
Territoriale, attractivité économique et sociale, territoire,
emploi, coopétition.
Summary
Territorial Competitive Intelligence (TCI) is a recent concept
which gives theoretical basis to local feature, built in a purpose for
territories to increase the economic attractiveness or to achieve the mutation
of their economic environment. The TCI is frequently described as a process in
which the only partners are the local authorities, the State or firm-leaders.
At first sight, trade unions have no place in this process. The aim of this
work is to wonder if labour unions could have a role in the TCI process. If
there's no doubt about showing that they are one of the legitimate, inescapable
and important partner, it is also true that it is not a natural position for
them, that position needs major modifications in their ways of action.
Key words
Trade unions, labour unions, Territorial Competitive
Intelligence, economic and social attractiveness, territory, employment,
coopetition
Introduction
Le concept d'Intelligence Economique (IE) est apparu
récemment en France, comparativement à d'autres pays notamment
anglo-saxons1(*). Le Rapport
Martre en 19942(*) manifeste
cette émergence et lui donne une réalité pratique en
permettant son appropriation par différents acteurs : les pouvoirs
publics (l'Etat en premier lieu), les Chambres Consulaires3(*) (Chambres de Commerce et
d'Industrie -CCI- essentiellement) et enfin les acteurs de la formation et de
la recherche théorique (Universités notamment). L'Etat central a
été le plus prompt à s'emparer du concept et en a
effectué une traduction pratique limitée au seul cycle de
renseignement (collecte, traitement et protection par un stockage
approprié de l'information économique) selon un modèle
déjà largement connu de veille concurrentielle.
Cette définition de l'IE par les pouvoirs publics est
liée à l'expérience qu'ils possèdent dans le
renseignement militaire. Si quelques entreprises mettaient déjà
bien en pratique l'intelligence économique, celles-ci étaient des
entreprises atypiques car fortement liées à l'industrie de
défense (constructeurs aéronautiques de défense - Dassault
Aviation, Eurocopter..- industrie d'armement - GIAT, Thalès...-) ou
à l'industrie du nucléaire (Framatome devenu Areva...). L'Etat a
donc appliqué le concept sous la méthodologie du renseignement
militaire et a confié à des services proches de celui-ci le soin
de mettre en pratique le concept : le Ministère de
l'Intérieur comme coordinateur ou la nomination d'hommes du
renseignement comme Hauts Responsables4(*). La Circulaire du 21 mars 20075(*) du Ministère des Finances
(Minéfi) est sur ce point éloquente, car elle adapte en pratique
le concept d'intelligence économique en utilisant un vocabulaire
militaire : « les services du haut fonctionnaire de
défense du Minéfi et son réseau
régional de chargés de mission de défense
économique, telles que précisées par la circulaire
ministérielle du 14 février 2002 relative à la
défense économique (JO du 23 mars 2002, p.
5164) ». Pour l'Etat, la déclinaison territoriale de
l'intelligence économique nommée Intelligence Economique
Territoriale (IET) est purement et simplement une décentralisation, avec
le transfert à l'échelon préfectoral de la charge de la
coordination dans les territoires et la mise en action des services
déconcentrés du Minefi (notamment les Trésoriers Payeurs
Généraux) et de l'Intérieur (DST -Direction de la
Surveillance du Territoire- puis RG - Renseignement
Généraux-).
Parallèlement à cette définition jacobine
et limitée de l'IE (et donc de l'IET), les Universités ont
investi ce champ en estimant que l'interprétation du concept d'IE par
l'Etat n'était que parcellaire et ne reflétait pas la
globalité du concept. Dans sa thèse soutenue en 2002, Franck
BULINGE6(*) estime que le
concept d'IE est délicat à définir car c'est un
concept complexe et multidimensionnel dont
« l'émergence et sa compréhension font appel
à de multiples champs scientifiques », vision
partagée et exprimée par le Député CARAYON de
manière brutale dans l'introduction de son rapport en 20037(*). Pour Franck Bulinge, l'IE
dépasse la simple collecte documentaire pour intégrer
l'idée d'une « InfoAction » permettant
pro-activité et interactivité. Les collectivités locales
et les CCI ont rapidement intégré ces critiques sur la vision
par l'Etat de l'IET et ont abouti à une définition plus large,
mais plus floue, de l'IET. Pour elles, les revenus résidentiels et les
revenus productifs sont la principale richesse des territoires et doivent faire
l'objet de stratégies d'attractivité territoriale et de marketing
territorial [Gaucherand 2007]8(*). Ainsi, pour ce chercheur et consultant auprès
des collectivités locales, il faut associer étroitement deux
concepts et une orientation: les concepts d'IE (tel que défini par
Bulinge) , et d'Intelligence Stratégique Territoriale (définie
comme étant « la réalisation d'infrastructures
permettant une veille stratégique territoriale »), et
enfin comme orientation la gestion des communautés territoriales comme
étant la prise en compte du caractère non-homogène d'un
territoire. L'IET est donc l'ensemble des structures et des actions (notamment
la création de portail d'informations économiques sectoriels, de
comités de pilotages [regroupant services déconcentrés de
l'Etat, décideurs locaux et entrepreneurs via les CCI,...]) qui
permettent aux territoires de renforcer leur attractivité, dans
l'objectif de maximiser les revenus résidentiels et productifs. Cette
définition apporte effectivement une profondeur de champ
supplémentaire par rapport à la définition retenue par
l'Etat mais reste uniquement centrée sur les moyens techniques
économiques avec une forte connotation
« numérique » car préconise le recours
quasi-systématique aux NTIC9(*) (réseau intranet et base de données
sécurisées essentiellement).
Comme l'indique Bulinge (op cit) le concept fait appel
à de nombreuses disciplines, et la définition et son application
retenues par les collectivités locales sont encore trop restrictives.
Les universitaires, et notamment les spécialistes des systèmes
d'information, se sont penchés sur le concept pour en effectuer une
définition plus large car multidisciplinaire. Yann Bertacchini (2004)
propose ainsi une définition plus aboutie : « un
processus informationnel et anthropologique, régulier et continu,
initié par des acteurs locaux physiquement présents et/ou
distants qui s'approprient les ressources d'un espace en mobilisant puis en
transformant l'énergie du système territorial en capacité
de projet. De ce fait, l'intelligence territoriale peut être
assimilée à la territorialité qui résulte du
phénomène d'appropriation des ressources d'un territoire puis aux
transferts des compétences entre des catégories d'acteurs locaux
de culture différente ». Cette définition montre
l'ampleur exacte du champ de l'IET car associe les notions d'IE (et son
schéma circulaire allant de la collecte d'information à l'action
- figure 1 page..), de territoire comme « espace
apprenant » [Bouchet 2006], de multiplicité des acteurs (et
donc pas simplement les acteurs purement économiques), de système
(au sens de Joêl de Rosnay10(*)) permettant le transfert de compétence entre
acteurs, de mode projet comme mode de travail à privilégier, et
enfin de culture et de spécificités territoriales
différenciées. Cette définition sera approfondie par
Horaccio Bozzano qui formule en 2008 que l'IET est la somme d'une constante,
l'IE, et d'une variable, un territoire. Plus précisément le
territoire doit être pris dans son acception d'intelligence territoriale
(IT). H. Bozzano dans son travail formule les équations
suivantes :
IET = IE (constante) + IT (Variable)
Et parallèlement IT = CT + PAT/DD +DT
CT est la Compréhension du Territoire,
c'est-à-dire sa connaissance précise avec ses forces/faiblesses,
opportunités/menaces, mais également la prise en compte de sa
culture, de ses spécificités et de son « capital
immatériel »11(*).
PAT/DD est la Participation des Acteurs du Territoire pour en
assurer le Développement Durable, ce qui nécessite l'implication
des acteurs et la participation de la population à sa mise en oeuvre.
Enfin, DT est le Développement Territorial qui est
défini par Bozzano comme étant « la mise en place des
actions nécessaires pour produire des transformations dans les
consciences, dans les actions et/ou dans les objets qui se rapportent aux
problèmes réels dans des territoires ».
L'IET est donc pour Bozzano définie comme étant
« la compréhension et le savoir-faire nécessaire
pour articuler la connaissance et l'expérience dans la résolution
de problèmes économiques et sociétaux avec la
coparticipation de professionnels scientifiques-académiques et des
acteurs territoriaux, de l'Etat, du patronat et de la
citoyenneté ».
Ces deux définitions, celle de Bertacchini comme celle
de Bozanno, montrent que la vision qu'a l'Etat de l'IET est somme toute
réductrice, car ne voit pas le territoire comme un espace vivant,
véritable système économique et social dans lequel
l'implication de tous les acteurs est nécessaire pour favoriser les
interactions et la résolution collective des problématiques
spécifiques liées au territoire.
Si les définitions de l'IET sont dorénavant
relativement posées et acceptées par l'ensemble des chercheurs
comme étant celles proposées par Bertacchini ou Bozzano, il n'en
reste pas moins que les outils permettant la mise en pratique de ce concept au
niveau des territoires ne sont que peu étudiés ou
théorisés. De nombreuse méthodes ont été ou
sont en phase d'expérimentation et sont actuellement en cours
d'évaluation pour mesurer leur efficacité. On peut citer en
exemple la Méthode Catalyse ® développée par J-J.
Girardot12(*) ou CAVALA en
Midi Pyrénées par G. Colletis et M. Salles13(*). La difficulté de
l'évaluation des méthodes de mise en pratique de l'IET est la
question cruciale des indicateurs. A ce jour, un seul
« indicateur » quantifiable de manière relativement
objective est réellement utilisé pour mesurer la capacité
d'un territoire à se mobiliser autour des projets relevant de
l'IET : l'emploi. Cet indicateur est en effet suivi par tous les acteurs
partie prenante de l'IET car il est l'alpha et l'oméga de leur
action : pour les décideurs locaux, car l'emploi permet
l'augmentation de la richesse résidentielle, pour les entreprises, car
l'emploi permet d'avoir notamment de la consommation mais également
favorise l'émergence d'une main d'oeuvre de plus en plus
qualifiée, et enfin pour les services décentralisés de
l'Etat, car il s'agit de la mission principale qui leur a été
confiée par les pouvoirs publics étatiques. Dans la
méthode DECILOR® mis en place dans la région Lorraine, P.
Geoffroy indique que « la compétitivité du territoire
se mesure par le nombre d'emplois que celui-ci va créer, maintenir ou
perdre ». Or l'IET a bien pour objectif la
compétitivité territoriale : l'emploi est donc un indicateur
de mesure simple et objectif, car répond à des critères
légaux internationaux14(*) et est mesuré de manière objective et
réactive par l'INSEE tous les mois ex post.
L'emploi est également l'un des objectifs principaux
des syndicats de salariés. Un syndicat de salarié est une
association qui détient la capacité juridique exclusive de
défendre de manière désintéressée les
intérêts économiques, moraux ou sociaux des salariés
qu'il représente. Cette définition non légale15(*) montre que l'objectif d'un
syndicat est de protéger l'emploi des salariés et leurs
conditions de travail (acquis sociaux et plus prioritairement l'accroissement
du salaire). De nombreux auteurs se sont interrogés sur la
capacité des syndicats à mener impartialement les deux objectifs.
Pour ceux-ci, et notamment (S.J. Nickell, P. Cahuc, Perrot,...) ou
Burda et al (2001)16(*)
les deux objectifs majeurs des syndicats sont « des objectifs
économiques, partiellement incompatibles, d'accroissement du salaire
réel et de création d'emploi », l'arbitrage entre
les deux prenant la forme d'une courbe d'indifférence. Il s'agit de la
notion de modèle de "droit à gérer". Cette interrogation
est fondée et effectivement justifiée si l'on considère
que les syndicats n'ont pas un objectif plus précis : le plein
emploi. En système de plein emploi, la courbe d'indifférence
telle qu'utilisée en théorie ne s'applique plus, et la
recherche de l'accroissement du salaire réel ne se fait plus au
détriment de la recherche de création d'emploi. C'est en fait cet
objectif transitoire que veulent atteindre les syndicats afin de pouvoir
ensuite se consacrer à l'accroissement des salaires, à
l'augmentation des acquis sociaux...Le discours des organisations syndicales en
France depuis les chocs pétroliers des années 1970 vont tous en
ce sens, et un grand nombre des actions et négociations menées
par celles-ci ont cette finalité : les 35 heures ou la conservation
d'un droit de départ à la retraite à 60 ans (dans le sens
ou cela favorise l'emploi des jeunes) en sont deux exemples.
Les syndicats de salariés partagent donc avec les
territoires et l'ensemble des acteurs de l'IET la volonté d'atteindre le
plein emploi. Les définitions de l'IET telles que nous les avons
retenues (Bozzano et Bertacchini) impliquent que l'ensemble des acteurs du
territoire et sa population se mobilisent et travaillent ensemble. Ainsi, s'il
est souvent fait référence au patronat17(*) comme un acteur incontournable
de l'IET au même titre que les décideurs locaux (Maires, Conseil
Généraux et Régionaux...), les syndicats de
salariés sont rarement retenus comme des acteurs à part
entière de ce concept et de sa mise en pratique. Cette absence, que l'on
constate à la fois dans les écrits ou thèses
universitaires, les méthodes ou systèmes mis en place au sein des
CCI et collectivités locales ainsi que dans les dispositifs
étatiques, sont issus d'une vision assez ancienne selon laquelle les
syndicats ne s'intéressent que peu aux territoires. Il reste au centre
de la majorité des esprits que le paysage syndical français s'est
constitué (et reste constitué) selon deux axes principaux :
la grande entreprise qui concentrait l'ensemble des forces adhérentes
(et par lien immédiat la branche professionnelle à laquelle elle
était rattachée), et l'union départementale dont le
rapport privilégié était avec la
confédération dans le but de de s'assurer de la
démultiplication locale de l'activité revendicative
générale (quasiment en
« déconcentration » au sens administratif) [Perrat
2005]. Les syndicats et les territoires ne peuvent donc pas, pour beaucoup,
être associés au sein d'une vision commune. Pourtant leur
objectif est bien congruent (voir commun) et leur existence au sein des
territoires réelle et dorénavant légalement reconnue
depuis la Loi de Mars 200718(*) (les syndicats sont caractérisés comme
étant des acteurs territoriaux incontournables et dotés de droits
particuliers de négociation). En revanche le faible taux de
syndicalisation des salariés au sein des entreprises françaises
(mais aussi plus généralement au sein de l'ensemble des
entreprises des pays développés19(*)) corrélé à la faible audience
des syndicats lors des élections professionnelles20(*) réduisent la
portée de leur action et de leur implication. La loi de 2008 portant
réforme de la représentativité syndicale a porté un
nouveau coup de boutoir à cette audience en modifiant les règles
sur la représentativité (présomption de
représentativité, obligation d'obtenir 10% des voix aux
élections professionnelles) et donc sur la capacité de certains
syndicats à participer à la vie des territoires (perte de
financements, pertes de sièges au sein des Conseils Economiques et
Sociaux Régionaux...). Ainsi le seul rapport développé
aujourd'hui entre syndicats et territoires est apprécié au sens
du Dialogue Social Territorial en application stricte de la loi de 2007. Il
semble donc utile de s'interroger si, dans les territoires et au-delà du
strict dialogue social territorial, les syndicats de salariés ont une
réelle place au sein de l'IET et si cette participation à la
construction de l'IET ne pourrait pas être une possibilité pour
les syndicats de retrouver, en proximité, une légitimité
et une audience auprès des populations salariées.
En se basant essentiellement sur l'exemple français
nous essaierons de montrer en premier lieu en quoi les syndicats de
salariés ont une place légitime au sein de l'IET et que leur
apport à sa mise en pratique est essentiel (I), pour
montrer dans un second temps que cette place est difficile à
conquérir et va nécessiter de la part des syndicats des
adaptations pour s'y intégrer pleinement (II).
I Les syndicats doivent prendre une place au sein de
l'IET
Si l'on se réfère de nouveau à la
définition de Bertacchini ou de Bozzano, l'IET doit être
appréhendée comme un système global dans lequel les
acteurs internes sont en interaction permanente, et dirigés vers le
même objectif de résolutions de problématiques
économiques et sociétales du territoire. Il ne s'agit pas
d'interdépendances simples, mais en fait d'une multiplicité
d'interactions croisées et complexes : le territoire évolue
en effet en permanence (soit de son propre fait, soit par la confrontation
à des stimuli ou contraintes externes incessantes -par exemple
réglementaires, budgétaires, concurrentielles...-) et repose sur
des acteurs internes qui fonctionnent sur un mode
« anthropologique » [Bertacchini op cit]. La
multiplicité de ces interactions a fait l'objet de nombreuses
études notamment de la part de laboratoires en Sciences de Gestion et de
l'Information21(*) ou en
Sciences de la Communication22(*) , qui ont montré que celles-ci reposaient
essentiellement sur la capacité des acteurs à se regrouper pour
partager des savoirs et bonne pratiques individuelles et expérimenter
ensemble leur adaptation à la résolution de leurs
problématiques communes (notion de territoire apprenant [Bouchet op
cit]). Ces travaux ont mené à la formalisation de méthodes
de travail (Catalyse®, DECiLOR,...) généralement mise en
pratique selon un mode projet. Cet échange permanent entre les acteurs
ne peut donc pas s'effectuer en sens unique, ce qui impose que notre
réflexion sur la place des syndicats dans l'IET doit se pencher sur
l'existence d'une « symbiose »23(*), ou en tous les cas d'une
réelle coopération réciproque entre eux. Les syndicats
doivent avoir une place au sein de l'IET pour y apporter des savoirs,
informations, analyses et avis, mais également être en mesure d'en
retirer une capacité à adapter les enseignements reçus des
autres pour assurer son propre développement.
Cette place « gagnante-gagnante » (ou plus
précisément à la fois apprenante et enseignante) des
syndicats doit s'inscrire dans le processus et le mode de fonctionnement de
l'IET. Celui-ci est basé essentiellement sur la mise en place d'un
processus itératif qui, ainsi que nous l'avons évoqué
précédemment, a été longtemps réduit au seul
cycle du renseignement et de la veille stratégique (tels que les
pratiquent les états et les grandes entreprises).

*plan de recherche : outil méthodologique
qui permet de cerner l'information nécessaire afin de collecter
l'information pertinente et d'éviter le « bruit »
(information parasite)
Figure 1 - Cycle du renseignement (ou de la connaissance).
Source Portail de l'IE. Etat français.
Ce cycle itératif repose sur quatre
piliers (exprimés sous forme grammaticale nominale ce qui
démontre un système relativement statique). Il a
été rapidement complété par les chercheurs en
organisations ou en techniques de l'information par l'intégration :
- de la notion d'action, car le processus a pour objectif de
permettre au client (dans notre cas le Territoire) de décider et
d'agir
- de stockage des données et des apprentissages, pour
permettre de conserver une « mémoire »
- et enfin d'évaluation de la décision pour
permettre de la remettre en question ou au contraire de la renforcer.

Figure 2 - Cycle de la veille industrielle applicable
méthodologiquement à l'IET.
C'est ce schéma, formulé initialement pour
représenter le cycle de veille industrielle, qui est utilisé par
la majorité des acteurs territoriaux et que nous retiendrons comme mode
de fonctionnement de l'IET au sein de ce mémoire.
A la lumière de ce processus nous allons montrer, en
premier lieu, en quoi l'IET et les syndicats sont complémentaires dans
la collecte d'informations économiques et sociales stratégiques,
leur analyse et leur diffusion en réseau (A), et en
second lieu, en quoi ils partagent, par leurs actions et décisions
économiques, la capacité de renforcer le territoire et de le
rendre socialement plus attractif (B).
A- Un fonctionnement originel tourné vers la collecte
d'informations et l'élargissement du réseau territorial
Depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, les syndicats
disposent de prérogatives légales importantes (et qui se sont
progressivement renforcées), qui rendent son rôle dans la collecte
et l'analyse des informations économiques et sociales nécessaires
au bon fonctionnement de l'IET. Ces prérogatives leurs ont
été conférées du fait de leur participation active
dans les réseaux de résistance en France lors du conflit mondial.
Cette participation naturelle aux réseaux de résistance est
liée à la nature même du fonctionnement syndical et
à son histoire24(*). Ces prérogatives en matière
économique légitiment leur place eu sein de l'IET sur son pilier
de collecte et d'analyse de l'information (1), et sa nature
même de fonctionnement en réseau accentue de fait sa
légitimité à être un acteur majeur du cycle de l'IET
(2).
2.
Une légitimité dans la collecte et l'analyse d'informations
économiques.
Dès la Libération et dans l'optique de diriger
l'ensemble des forces nationales dans le même but de reconstruction du
pays, le législateur a accordé aux
« travailleurs » un droit constitutionnel de participation
à la gestion des entreprises par l'intermédiaire de leurs
représentants. Ce droit a été inscrit de manière
législative forte par l'ordonnance du 25 février 1945 et a
été complété par la loi du 16 mai 1946 qui instaure
la création des Comités d'Entreprise (CE). La loi de 1946 donne
essentiellement un but social aux CE en les chargeant de la gestion des oeuvres
sociales de l'entreprise, mais leur attribue également un rôle
consultatif (uniquement) en matière économique. Ce nouveau
rôle attribué au syndicat va générer des
insatisfactions, tant au niveau patronal qu'au sein de certains syndicats qui
ne veulent pas se voir confier de rôle ou de prérogatives
économiques25(*).
Il va rester en l'état jusqu'en 1966, et la promulgation de la loi du 18
juin qui accorde aux CE un droit de regard sur l'emploi au sein de
l'entreprise et notamment sur les réductions d'effectif. Un autre palier
dans le droit à l'information économique pour les syndicats est
à nouveau franchi en 1974 avec la reconnaissance par l'Etat que les
syndicats sont un « partenaire »26(*) mais ne doivent pas disposer
d'un droit de véto ou de décision en matière
économique dans l'entreprise : « les extensions de
compétences ne pourraient aller jusqu'à conférer au CE un
pouvoir de veto ou de codécision »27(*). C'est cette doctrine qui va perdurer jusqu'à
maintenant, même si depuis le droit d'accès à l'information
s'est renforcé quant à son formalisme (obligation de
présenter les comptes annuels, des documents de gestion
prévisionnelle, droit à l'examen des comptes sociaux par un
expert mandaté par le CE...)28(*).
Ce droit d'accès à l'information
économique des entreprises est fondamental pour l'IET. Les syndicats
sont en effet en mesure, légalement et de plein droit, de disposer des
comptes sociaux N-1 des entreprises au même moment que les actionnaires
(concomitance des examens des comptes par le CE et des Assemblées
Générales d'Actionnaires constatant le résultat de
l'exercice social car la loi fixe 6 mois comme délai maximal dans les
deux cas) mais également d'avoir accès à des documents de
travail (budgets prévisionnels...) que les actionnaires n'ont pas
forcément à disposition pour l'exercice en cours. De plus la loi
impose la consultation du CE lors d'évènements particuliers (plan
de sauvegarde de l'emploi -PSE-...). L'ensemble de ces informations doit
être obligatoirement et systématiquement fournit aux
représentants des salariés élus au CE (ainsi qu'aux
Représentants Syndicaux) sous peine de condamnation
pénale29(*). Ainsi,
sans nécessiter d'efforts de collecte spécifiques, les syndicats
disposent de l'intégralité des informations économiques
sur les entreprises composant le tissu économique du territoire, pourvu
que ces entreprises disposent d'un CE. En effet les entreprises de moins de 50
salariés n'ont pas l'obligation de constituer un CE (ce sont en ce cas
les Délégués du Personnel qui disposent par la loi des
attributions des élus au CE), or en dessous de 11 salariés les
entreprises n'ont pas l'obligation de procéder à
l'élection de représentants du personnel (DP). Or le tissu
économique territorial est essentiellement composé de PME-PMI
voir TPE dont le nombre de salariés est inférieur aux seuils
permettant l'accès aux informations économiques.
Même si les informations économiques
légalement transmises aux syndicats ne sont donc pas exhaustives en
terme de nombre, leur qualité et leur présentation en font une
source précieuse puisque directement exploitable. La qualité de
l'information est essentielle dans le cycle de l'IET car elle permet de
l'accélérer en évitant d'avoir à recouper celle-ci
avec d'autres sources pour la vérifier. En ce sens les syndicats sont un
acteur incontournable dans le cycle, d'autant qu'ils disposent souvent des
informations stratégiques pour l'économie du territoire avant
même la survenance des évènements et l'information des
autres acteurs. Ainsi, par exemple, la consultation d'un CE dans une entreprise
afin d'envisager la mise en place d'un PSE est préalable à sa
mise en action. Cette information peut être directement
intégrée dans le cycle de l'IET avec un degré de certitude
de survenance de l'évènement annoncé extrêmement
fort, ce qui peut permettre la prise de décision par les acteurs
d'anticiper l'évènement par la mobilisation de tous et la
création (par exemple) d'une cellule de reclassement
bénéficiant de l'aide et l'appui des services
déconcentrés de l'Etat ou des collectivités locales
(Pôle Emploi, Directions Départementales du Travail, Maisons de
l'Emploi...). Ces informations sont donc d'excellente qualité et
d'arrivage permanent ce qui offre aux syndicats une place de choix dans l'IET.
De plus, l'organisation même des syndicats en
« unions locales » (départementales et
régionales notamment) permet une consolidation permanente des
informations collectées sur l'ensemble d'un territoire pour en
réaliser une analyse précise. Ce travail est
généralement effectué par les Unions Régionales au
titre de leur participation aux Conseils Economiques, Sociaux et
Environnementaux Régionaux (CESER). Cette participation est de droit
pour les syndicats de salariés (représentatifs au niveau
national30(*)) au sein de
cet organisme31(*). Par
nature les CESER sont un lieu de concertation et d'échange
d'informations dans le but d'émettre un avis ou porter un jugement sur
des sujets économiques et sociaux intéressant un territoire
régional. Même si un territoire, on l'a vu
précédemment, n'est pas obligatoirement une région mais
peut avoir une taille infra-régionale, la participation des syndicats
à l'action des CESER est également un argument pour justifier sa
légitimité à avoir sa place au sein de l'IET. Les missions
des CESER rentrent parfaitement dans le champ de l'IET car ils collectent des
informations en lien avec les besoins des acteurs et décideurs
politiques, en pratiquent l'analyse et le traitement afin de les
synthétiser pour permettre une décision. De même, les CESER
sont souvent chargés d'évaluer des politiques ou
expérimentations territoriales afin d'en envisager la
généralisation à l'ensemble de la région (ou son
abandon). Là encore, la participation des syndicats à ce
processus « apprenant »32(*) permet de légitimer leur appartenance comme
étant un acteur important voir incontournable de l'IET.
Enfin, de nombreuses autres instances existent au niveau local
et dans lesquelles les syndicats peuvent acquérir de manière
aisée de l'information. Les Comités de Bassin d'Emploi (CBE) sont
un exemple de ces instances dans lesquelles les syndicats sont en mesure de
glaner de l'information économique pré-analysée et fiable.
Les CBE sont définis par la loi comme "des instances locales
d'animation du dialogue social, de concertation et d'action dont l'objectif est
de contribuer à l'amélioration de la situation locale de l'emploi
et du développement local des territoires". Leur fonctionnement et
leur composition33(*)
rendent la présence des syndicats de salariés obligatoire car ils
composent à eux seuls un collège. Y sont invités les
services déconcentrés de l'Etat et notamment de façon
quasi-systématique les Directions Départementales du Travail,
Pôle Emploi et l'AFPA. La définition donnée par la loi des
objectifs d'un CBE, de sa composition et de son mode d'action collégiale
en mode projet permettent de considérer que ceux-ci sont des exemples
(parmi d'autres) concrets et existants d'IET. La place légale et
obligatoire des syndicats au sein des CBE prouve à nouveau que ceux-ci
ont une place légitime au sein de l'IET, et que leur rôle dans la
collecte de l'information économique est primordial pour les autres
acteurs.
A l'inverse, les syndicats ne peuvent pas se dispenser
d'être présents au sein de l'IET, et en ce sens, leur
participation est bien conforme à la notion de symbiose
évoquée précédemment et que nous avons retenue pour
démontrer la légitimité de la place des syndicats dans
l'IET. Comme nous l'avions indiqué, les syndicats ne sont pas
forcément représentés dans toutes les entreprises
implantées sur les territoires. Leur place légale ne commence
qu'à compter du 11ème salarié. En dessous de ce
nombre leur présence est généralement faible, le taux de
syndicalisation des salariés dans les TPE étant marginal34(*). Cette absence des syndicats
au sein d'une partie du tissu économique territorial
génère donc un défaut d'obtention d'informations
économiques cruciales pour ceux-ci. Il leur faut essayer de combler
cette absence par la diversification des sources potentielles d'information.
Ainsi, la participation à l'IET est un moyen palliatif pour les
syndicats de partager de l'information en flux entrant, en contrepartie de leur
apport (flux sortant). De même, les syndicats sont, par leur statut,
absents de certaines instances territoriales, notamment les
collectivités locales (communes, communautés de communes...) ou
les sociétés chargées de gérer ou d'aménager
le territoire (SEM par exemple). Cette absence est préjudiciable pour
les syndicats car ces instances ont un rôle économique fort sur le
territoire du fait de leurs prérogatives en matière
économique, sociale ou d'aménagement de l'espace. Les syndicats
ne participant pas aux travaux préparatoires (car n'étant pas
membres de ces entités), ils bénéficient du même
niveau d'information que les citoyens : droit d'accès à
l'information au moment de la décision (de son vote ou de la publication
de la décision par voie légale) ou droit à s'exprimer dans
le cadre d'enquêtes (enquêtes d'utilités publiques par
exemple dans le cadre d'un aménagement d'espace soumis à cette
procédure). Ainsi, à nouveau, les syndicats doivent pouvoir
pallier ce manque d'information préalable afin de pouvoir influer sur
les décisions à venir et tenter de les rendre conformes à
leurs objectifs ou intérêts. La création ou l'implantations
d'infrastructures de transport sont souvent des sujets sur lesquels les
syndicats veulent avoir des informations en amont afin de pouvoir
évaluer leur impact futurs en terme de création ou de destruction
d'emplois. La seule façon de pouvoir bénéficier des
informations nécessaires à cette évaluation est la
participation comme acteur légitime, incontournable et reconnu de l'IET.
A ce titre en effet, les syndicats peuvent être associés aux
réflexions en cours et ainsi se forger leur propre opinion pour influer
ensuite sur les décisions, ce qui est leur but.
Ainsi, la participation des syndicats dans l'IET en ce qui
concerne la collecte d'information est essentielle à la fois pour les
autres acteurs, car les syndicats bénéficient de sources
d'information de premier ordre et d'une grande réactivité (car
souvent en anticipation), mais également pour les syndicats, car elle
leur permet de compenser leur absence dans certaines entreprises ou instances
locales décisionnaires.
3. 2- Les syndicats ont un fonctionnement naturel en
« réseau ».
Ainsi que nous l'avons détaillé la collecte
d'information par les syndicats est un élément important
justifiant de leur place au sein de l'IET. Cette collecte d'information est
liée à un mode de fonctionnement des syndicats ancien et
très bien rôdé : le fonctionnement en réseau.
Or ce fonctionnement en réseau est une caractéristique de l'IET,
celui-ci reposant en effet sur la circulation entre les acteurs des
informations. En réutilisant le cycle que nous avions retenu en figure 2
(page 9), la notion de réseau apparait évidente :
il faut que l'information circule de manière fluide, de l'expression du
besoin d'obtenir une information stratégique jusqu'à
l'évaluation partagée par tous les acteurs de la décision
prise sur la base de l'information collectée. Les syndicats, par leur
histoire et leur organisation naturelle fonctionnent selon ce mode et
s'intègrent donc parfaitement dans le mode de fonctionnement de
l'IET.
La clandestinité à laquelle les syndicats ont
été souvent confrontés dans les premiers temps de leur
histoire (depuis le moyen-âge par le compagnonnage et jusqu'à
l'abolition de la loi Le Chapelier par la Loi Ollivier), ainsi que leur
participation active aux mouvements de résistance durant la Second
Guerre Mondiale sont le reflet d'un mode de fonctionnement quasi-immuable : le
fonctionnement en réseau. Celui-ci est quasiment
« génétique » et l'évolution des
syndicats depuis les années 1870 ne l'a pas altéré. Un
syndicat est en effet défini comme étant une
« association de salariés ayant pour but la défense des
droits et intérêts moraux, économiques de ses
membres »35(*).
Cette défense des intérêts communs impose par nature le
fonctionnement en réseau pour permettre de partager les informations
entre les membres. Ce fonctionnement naturel s'exprime dans toutes les
dimensions de l'action et de la présence syndicale : dimension
spatiale (du local au national), dimension d'activité (de l'agriculture
aux biotechnologies), dimension sociale (des ouvriers aux cadres), dimension
statutaire (de la fonction publique d'état au statut privé le
plus précaire).... Au sein de l'entreprise, une section syndicale
fonctionne en réseau : il lie les membres qui le constitue et qui
choisissent parmi eux leurs futurs représentants ; au niveau
départemental, régional ou national les syndicats fonctionnent
également en réseau car ils agrègent à chaque
échelon les échelons inférieurs : l'union
régionale travaille en reliant les unions départementales,
elles-mêmes reliant les sections syndicales ; en terme
d'activité les syndicats relient des activités diverses par
l'intermédiaire des branches professionnelles. Ces quelques exemples
montrent que la notion de réseau est ancrée dans le
fonctionnement naturel des syndicats.
Les syndicats, pour atteindre leur objectif de protection des
intérêts et des droits des salariés, disposent de
prérogatives légales. Ces prérogatives sont
immatérielles : droit à l'information, droit d'ester en
justice mais également droit de diffusion d'informations et droit
de grève essentiellement. L'essentiel de l'action des syndicats est donc
liée à la collecte d'information, leur circulation entre ses
adhérents et au-delà à l'ensemble d'une population
salariale (au sein d'une entreprise ou au sein d'une branche,...) ou au grand
public. Le recours à des actions physiques (manifestation,
grèves, blocus) ne sont généralement qu'un moyen de porter
à la connaissance du plus grand nombre une ou des informations. Les
actualités récentes illustrent ce propos. Un certain nombre
de syndicats (ou de sections syndicales) d'entreprises touchées par la
crise économique subie depuis 2008 ont amorcé des actions
violentes (séquestration de dirigeants ou menace de dégradations
de l'outil de travail notamment) dans le seul but d'attirer l'attention des
médias et donc du grand public et de l'Etat par l'intermédiaire
des politiques sur leur situation. Le fonctionnement syndical est donc par
nature un fonctionnement en réseau, car un réseau est
défini comme étant un groupe au sein duquel circule de
l'information. Un syndicat est bien un groupe de personnes qui produit et
échange de l'information en interne mais également en externe.
Ce mode de fonctionnement, allié à leur
présence systématique et diffuse au sein du tissu
économique d'un territoire les rendent incontournable au sein de l'IET.
Le maillage syndical est essentiel pour l'IET car il permet de collecter de
l'information sur tous types de sujets économiques et sociaux.
L'efficacité d'un réseau s'évalue à la finesse de
son maillage. Par sa présence au sein des territoires dans tous les
secteurs d'activités, au sein de l'ensemble du corps social ainsi qu'au
sein d'un nombre important d'organismes sociaux36(*) les syndicats permettent à l'IET un maillage
fin. Ce maillage fonctionne dans les deux sens : dans le sens de la
collecte d'informations (on l'a vu) mais également dans le sens d'une
démultiplication de l'information vers le territoire afin de
générer en retour à nouveau une collecte d'information. Le
réseau syndical est ainsi utilisable pour permettre l'expression des
besoins, pilier initial du cycle de l'IET tel que nous l'avons retenu. Sa place
est donc incontournable et parfaitement légitime dans le fonctionnement
de l'IET.
En contrepartie de cet apport au cycle de l'IET, les syndicats
ont besoin de bénéficier des réseaux qui peuvent avoir
été mis en place par les autres acteurs. En effet la perte de
vitesse des syndicats depuis les années 70-80 s'amplifie37(*). Les syndicats sont absents
des TPE. Le réseau syndical, même s'il reste important et maille
finement les territoires, commence à s'étioler quelque peu. Les
syndicats, pour leur action et donc leur survie, ont besoin d'informations sur
les entreprises ou les projets en cours afin d'anticiper et de pouvoir mettre
en oeuvre une politique revendicative ou de lobbying adaptée. La
participation à l'IET est donc un moyen pour les syndicats de
compléter leur réseau propre par l'intégration des
réseaux des autres acteurs de l'IET. Cette intégration s'effectue
en premier lieu par affinités idéologiques et
stratégiques. Les syndicats cherchent à intégrer les
réseaux qu'on pu constituer les associations dont les objectifs sont
proches de leurs propres objectifs : association de chômeurs,
association de mal-logés, de travailleurs précaires(...). Ce
rapprochement est le plus flagrant car les modes d'action de ces associations
est quasiment identique à celui des syndicats et la co-participation des
syndicats à leurs actions est généralement bien accueilli
car générateur de publicité du combat notamment au sein
des médias (journaux et télévision). Parallèlement
les syndicats ont approché les réseaux des décideurs
politiques territoriaux. Ce rapprochement de réseau est à la fois
un plus pour les syndicats, car ainsi ils peuvent avoir accès au bon
décideur au bon moment pour effectuer leur action de lobbying, mais
également un plus pour les décideurs locaux qui peuvent ainsi
bénéficier du soutien des syndicats pour leur action locale et
notamment pour relayer les mesures liées à l'action sociale ou
économique. C'est ainsi que les Conseils Régionaux ont les
premiers chercher à nouer des relations en réseau avec les
syndicats afin de pouvoir légitimer leur action sur les territoires. A
la suite des lois de décentralisation, notamment celles confiant aux
départements l'aide sociale, les Conseils Généraux se sont
rapprochés des syndicats dans le cadre de structures ayant pour but la
promotion de l'emploi. Ce sont d'ailleurs sans doute ces mouvements de
rapprochement de réseau entre syndicats et collectivités
territoriales qui sont à l'origine de la création du concept de
Dialogue Social Territorial et que la loi a consacré depuis.
Ainsi, les syndicats mettent au service de l'IET leur
réseau, à la fois dans un rôle d'antenne pour capter les
informations stratégiques, mais également dans le rôle
d'émetteur pour animer le cycle de l'IET via son expression des besoins.
En contrepartie de cette assistance, les syndicats utilisent leur participation
à l'IET pour combler les lacunes de leur réseau, lacunes de plus
en plus importantes du fait de la désyndicalisation croissante des
salariés et des entreprises. Ce réseau permet la captation et la
circulation d'informations stratégiques de premier ordre pour l'IET, ce
qui démontre que les syndicats ont une place naturellement
légitime dans le schéma et le fonctionnement de l'IET. Cette
place est sans doute largement sous-évaluée aujourd'hui par les
différents acteurs de ce processus. Il est possible notamment d'y voir
un effet de concurrence : les CCI (et les chefs d'entreprises
regroupés sous le terme de patronat) ont sans doute la volonté de
primauté de leur influence et de leur rôle au sein de l'IET, au
détriment des syndicats. Une autre raison pourrait reposer sur la
division syndicale qui brouille la capacité des territoires à
percevoir les réels apports de ces organisations au processus.
B- Un objectif syndical assumé de renforcement
économique et d'attractivité sociale du territoire.
Malgré les éventuelles divergences de vues micro
ou macro-économiques quant aux moyens à mettre en oeuvre,
l'objectif commun aux différents acteurs de l'IET est de permettre au
territoire d'avoir une activité économique soutenue permettant de
dégager des moyens pour en assurer la pérennité dans le
cadre d'une compétition mondialisée âpre. Cet objectif
commun passe par le renforcement économique du territoire (sa
capacité à produire des richesses) mais également sa
capacité à être attractive socialement. Les syndicats
partagent totalement cette vision et participent à permettre le plein
emploi en aidant les entreprises à se renforcer ou se développer
(1) ainsi qu'à permettre de favoriser
l'attractivité sociale du territoire (2).
1. Permettre le plein emploi par la force des entreprises.
Ainsi que nous l'avons décrit
précédemment, les syndicats cherchent à ce que le
marché du travail atteigne le plein emploi. Cette vision globale
syndicale se décline aussi de manière territoriale, et la
participation des syndicats à l'IET s'inscrit dans cette optique. Or
l'emploi se crée par un mécanisme complexe qui associe le
marché38(*),
l'organisation du travail (intra et extra entreprise), les pouvoirs politiques
et leur orientation des finances publiques (locales ou nationales) et la
consommation privée. Dans ce mécanisme les syndicats ont toute
leur place pour plusieurs raisons.
Leur rôle dans la gestion au quotidien du
marché du travail est en effet incontournable. C'est par la
négociation collective (notamment des conditions salariales, des
durées de travail...) que le marché du travail évolue. Cet
effet est plutôt du ressort de la négociation collective à
un niveau supra-local (accord de branche ou accord national), mais, au niveau
local, le principal levier d'action des syndicats repose sur la volonté
de préserver l'emploi et d'éviter, par tous les moyens à
sa disposition, la destruction d'emploi, soit par des effets de
délocalisations d'entreprises soit par l'effet de disparitions pures et
simples d'entreprises. Les prérogatives légales des syndicats en
matière d'information sur la santé financière des
entreprises sont importantes on l'a vu. Mais cette information
privilégiée n'est rien sans la volonté absolue des
organisations syndicales d'améliorer (ce qui inclus l'orientation,
l'insertion, la formation et la qualification notamment : idée
d'une gestion qualitative) et de protéger l'emploi (dans le sens de
maintenir l'emploi sur le territoire en cas de difficultés
d'entreprises, ou de favoriser sa croissance : idée d'une gestion
quantitative). Ainsi, l'action syndicale va pouvoir trouver toute son
expression sur le territoire par sa participation à des
mécanismes particulièrement bien codifiés, soit en amont
lors de difficultés économiques, soit lorsque le territoire est
confronté à des mutations économiques importantes. Au
niveau des entreprises, les outils comme le Plan de Sauvegarde de l'Emploi
(PSE) et/ou la création de cellule de reclassement sont
systématiquement recherchés par les organisations syndicales car
ils permettent de recourir à un cadre juridique formalisé, et
offrent des contreparties en terme de reclassement pour les salariés. En
effet, le Code du travail dispose que le plan de sauvegarde de l'emploi «
doit déterminer les modalités de son suivi » et que
« ce suivi fait l'objet d'une consultation régulière et
approfondie du comité d'entreprise et des délégués
du personnel » (article L. 321-4 du Code du Travail). L'implication
syndicale pour en proposer la mise en place chaque fois que cela est possible
est donc logique, le cadre juridique lui permettant de conserver un rôle
prépondérant dans son suivi, même si, en l'état
actuel des textes législatifs il n'est pas fait mention de communication
directe entre l'organisme de reclassement et les organisations syndicales.
Même si de nombreuses études montrent que ces méthodes ne
produisent pas en totalité les effets attendus39(*), la recherche de leur
utilisation est un marqueur de la volonté syndicale de protéger
l'emploi en recourant à un processus d'IET car ces possibilités
légales imposent la discussion entre l'ensemble des acteurs ainsi qu'un
process calqué sur le cycle de l'IET.
Dans le cadre de mutations ou de difficultés ne
concernant plus une seule entreprise sur le territoire (quelle qu'en soit sa
taille) mais à une filière complète (par exemple la
filière d'extraction de charbon et de houille dans les territoires du
nord ou de l'est de la France ou plus récemment la filière de la
chaussure et de la production de vêtements dans le choletais), les
syndicats sont là aussi un acteur incontournable de l'IET car leur
mobilisation à la sauvegarde de l'emploi est évidente. Leur
participation aux CBE, aux Comités de Développement Locaux ou aux
études et expériences lancées ou coordonnées par la
Mission Interministérielle sur les Mutations Economiques
(MIME)40(*) est
indispensable à la recherche d'une solution coordonnée qui
permette à la fois aux entreprises d'opérer des mutations
(changement d'activité si possible, réduction des coûts
pour rester compétitives...), aux salariés licenciés un
départ dans de bonnes conditions (pour éviter tout stress ou
risque sur leur santé, mais également pour leur offrir des
opportunités de rempli), pour le territoire enfin pour maintenir le
niveau global d'emploi et éviter toute spirale descendante
d'activité (moins d'entreprises donc moins de population
résidente donc moins d'attractivité donc moins d'entreprises...).
Les syndicats ont un rôle d'accompagnement de ces mutations et leur place
dans ce schéma est bien celui d'un acteur à part entière
de l'IET (collecte d'information, analyse, partage de celles-ci avec les autres
acteurs, dialogue pour élaborer des solutions communes, suivi et
évaluation de celles-ci).
En revanche, il faut bien noter que les syndicats ont une
vision relativement figée de l'entreprise, et leur implication est
souvent ex-post. Les Organisations Syndicales (OS) ont souvent une action en
réaction à la survenance des évènements de
mutations ou de restructurations. Dans le contexte récent de
mondialisation et donc de territoires (et d'entreprises) en
« mutation permanente » l'implication syndicale est sans
doute perçue comme plus lointaine, ce qui explique vraisemblablement que
l'on ne considère pas sa place comme essentielle pour l'IET. Or les
syndicats sont impliqués et concernés par la création
d'entreprise.
Certes, il est possible de considérer que la
création d'une entreprise peut être ressentie par les syndicats
comme au mieux ne la concernant pas, ou au pire comme un danger, car cela
constitue un renforcement (numéraire au minimum) du patronat. Cette
vision doit sans doute être dépassée. Les syndicats ne
peuvent en effet exister que si les entreprises existent, et si elles ont
besoin de salariés. Ainsi, sans nouvelles entreprises, le salariat
serait en danger et l'influence (voir l'existence) des syndicats en serait
altérée41(*). Les syndicats ont donc besoin que la création
d'entreprise soit initiée, que leur croissance soit stimulée afin
que le territoire puisse bénéficier d'une population salariale
importante, ce qui par voie de conséquence permettra la reconnaissance
de ses représentants. La participation syndicale a ces processus est
existante mais peu visible. Elle ne s'effectue en effet pas dans les mesures ou
organisations les plus visibles : pas de syndicats dans les Plates-Formes
d'initiatives Locales (PFIL), ni dans les associations de soutien à la
création d'entreprise. Ces organismes sont souvent la « chasse
gardée » des associations de chefs d'entreprise. L'action
syndicale dans le processus d'encouragement de la création d'entreprise
est plus institutionnelle et liée à une vison plus
« macroscopique » du territoire. Les syndicats participent,
via les CBE notamment, à l'adaptation du territoire et à sa
spécialisation. Les clusters ou la création de pôles
technologiques sont des décisions auxquelles les syndicats ont
participé. Leur participation est souvent silencieuse mais bien
réelle et s'exprime généralement par leur participation
à la réflexion sur les infrastructures ou sur des projets
structurants. La création de pôles s'effectue sur la base d'un
savoir-faire spécifique du territoire. Ce savoir-faire est
généralement l'apanage d'une ou de plusieurs entreprises leaders
dans le domaine et dans lesquelles les syndicats sont présents.
L'élargissement de l'activité par l'agrégation de
nouvelles entreprises liées (directement ou non) permet aux syndicats un
essaimage qui conduit normalement au renforcement de sa présence. La
création d'un pôle aéronautique à Nantes/Bouguenais
par exemple a permis aux syndicats présents chez Airbus d'essaimer au
sein des entreprises qui se sont installées dans la zone technologique.
Ce point de vue est défendu par l'Amnyos dans sa synthèse du
séminaire de juin 200042(*) ces « actions relèvent
essentiellement de l'initiative des entreprises, des milieux d'affaires locaux
et de la coopération interentreprises au sein de systèmes
productifs localisés, intégrés et souvent
spécialisés. L'idéal type est représenté par
le modèle des districts industriels. Si les dirigeants d'entreprises y
sont des acteurs clés, ce n'est pas en tant que "partenaires sociaux" et
le rôle institutionnel des syndicats est, dans ce type de système,
assez effacé. Toutefois, la situation de plein emploi, l'existence de
cultures d'entreprise et techniques communes, la forte intégration d'une
main d'oeuvre qualifiée au système productif, ont conduit
à promouvoir une forme de coopération informelle entre
partenaires sociaux qui est sans doute un facteur de succès de ce type
de développement local. ».
Enfin, le rôle syndical dans le renforcement
économique du territoire se manifeste par sa participation à la
formation des salariés. En effet, en réponse à la demande
croissante des entreprises et du patronat de disposer d'une main d'oeuvre
qualifiée, les syndicats ont investi rapidement le champ de la formation
professionnelle continue et de l'adaptation des compétences. Les
mutations économiques devenant de plus en plus des
« mouvements permanents, diffus et
protéiformes »43(*), l'employabilité permanente des
salariés est une forme de réponse à des restructurations,
mutations ou situations de chômage. L'employabilité
peut-être définie comme « la capacité du
salarié à se mouvoir dans un univers professionnel qui est
fondamentalement instable et qui peut le conduire à changer d'emploi au
sein de l'entreprise mais aussi à changer
d'entreprise »44(*), or celle-ci n'est favorisée que par la
formation permanente des salariés. La Gestion Prévisionnelle des
Compétences (GPEC) est un processus que les syndicats ont rapidement
utilisé pour s'imposer comme un acteur incontournable de la formation
professionnelle, d'autant que la loi n'imposait aux employeurs que peu de
contraintes de forme à ce sujet45(*). Les modifications législatives intervenues
récemment pour créer la Validation des Acquis de
l'Expérience (VAE) et la loi portant obligation aux entreprises
d'adopter un plan de GPEC discuté avec les organisations syndicales sont
venues officialiser le rôle syndical dans ce processus. Celui-ci est tenu
au sein de l'entreprise mais également au-delà, notamment par
l'intervention des collectivités locales (essentiellement la
Région46(*)), des
services de l'Etat (AFPA, Pole Emploi...) et des organismes paritaires
chargés de financer les Congés Individuels de Formation (CIF) ou
Droit Individuel à la Formation (DIF). Pour les entreprises, un
territoire dans lequel la main d'oeuvre bénéficie d'une
qualification représente la possibilité de recruter (ou de
licencier) en fonction de ses besoins tout en sachant que sa décision
n'entrainera que peu d'impact sur le territoire du fait de
l'employabilité des salariés.
La formation des salariés est donc un facteur
clé de succès pour un territoire, car elle permet de renforcer
son économie par le renforcement des entreprises. Les syndicats ont dans
ce processus, qui participe donc de l'IET, un rôle primordial qui
conforte ainsi la légitimité de ceux-ci.
4. Renforcer l'attractivité sociale du territoire.
Le territoire a besoin d'un tissu économique fort et
solide, capable de s'adapter pour répondre au mieux aux contraintes de
la mondialisation et générer des revenus productifs. Les
syndicats, aux côtés des autres acteurs territoriaux, participent
à son renforcement, on vient de le montrer. Parallèlement
à cette force économique, un territoire a besoin d'une population
nombreuse et d'une démographie positive pour permettre de faire
croître les revenus résidentiels. Cette démographie
positive nécessite que le territoire montre une capacité
d'attraction auprès de personnes non-résidentes. Au-delà
de ses atouts géographiques47(*), un territoire doit mettre en oeuvre des
infrastructures, des politiques et plus globalement un cadre favorisant l'envie
d'installation de nouveaux arrivants et la conservation des résidents
existants. Les syndicats ont un rôle important dans cette
attractivité territoriale et qui se manifeste de plusieurs
manières.
Les territoires sont souvent évalués quant
à leurs infrastructures existantes ou en projet. Celles-ci peuvent
être de plusieurs ordres. Les transports sont une des plus mises en
avant. Un territoire dont la communication avec les autres est aisé est
un territoire ouvert et qui attire, pourvu qu'il ne soit pas simplement un
territoire de passage, un territoire traversé et non habité. A
l'inverse un territoire sans lien avec l'extérieur est un territoire
fermé dont la capacité d'attraction est faible : ni les
entreprises ni les ménages ne souhaitent y résider. Le
développement des réseaux routiers et ferroviaires est donc un
critère fondamental. Si la mise en décision concernant leur
implantation et leur financement est en partie un sujet supra-territorial, les
territoires ont un pouvoir d'initiative important (et depuis peu couplé
à une implication forte quant à leurs financements). Ce pouvoir
d'initiative est souvent confié aux collectivités locales, mais
les syndicats participent aussi, au côté des entrepreneurs,
à l'expression des besoins et à la formalisation d'un consensus
territorial. La création d'une voie rapide permettant de relier deux
villes importantes, une liaison ferroviaire à grande vitesse ou
expresse, la décision de créer des zones d'activités sont
des projets dans lesquels les syndicats sont impliqués car ils
favorisent l'emploi, par son maintien ou son accroissement. Dans des zones
rurales notamment la participation syndicale aux projets est
quasi-systématique et très visible.
En dehors des infrastructures de communication les
syndicats sont attachés au bien-être des salariés et
participent pleinement à la vie culturelle et sociale de la cité.
Cette implication est en fait une extension naturelle de leurs
prérogatives légales et de leur mode de fonctionnement. Les
syndicats sont en effet chargés par la loi de gérer les oeuvres
sociales pour les salariés au travers des CE. Ce rôle est
assumé très sérieusement par les syndicats car il
constitue l'un des critères de reconnaissance par les salariés de
leur existence et de leur sérieux. La gestion des affaires sociales est
souvent un critère électoral majeur au sein des entreprises. Les
syndicats doivent donc gérer le CE au mieux des besoins des
salariés et disposent pour cela de moyens financiers importants. Par
idéologie, mais également par esprit pratique les syndicats
souhaitent favoriser la proximité. Les fonds issus des CE sont donc tout
naturellement dirigés vers les associations sportives et culturelles du
territoire, vers les loisirs proches du lieu de travail et d'habitation
habituels. Afin de permettre un meilleur service aux salariés les
syndicats ont même crée des regroupement de moyens : les
inter-ce48(*). Les
syndicats ont donc un pouvoir financier important quand à la culture et
aux activités de loisir du territoire, ce qui incite les autres acteurs
à intégrer dans leurs projets les syndicats. Les
collectivités locales (communes essentiellement) consultent
fréquemment les syndicats via les sociétés
d'économie mixte (constituées pour gérer les
équipements) pour envisager avec eux les travaux de création ou
de réhabilitation d'équipement, ou directement lors des
discussions sur les budgets à allouer à des associations.
Au-delà des infrastructures, les syndicats participent
à l'attractivité sociale du territoire en participant activement
au Dialogue Social Territorial et en accompagnant par des accords locaux les
spécificités territoriales. Ces accords territoriaux ont souvent
été mis en avant par les acteurs de leur négociation et
ont souvent été repris ensuite par les pouvoirs publics une fois
que leur efficacité a été mesurée. Ces accords sont
multiformes. Ils n'y a pas de réelles typologies ou classification car
il s'agit généralement d'accords expérimentaux, pris
à la suite d'une réflexion stratégique du territoire selon
un processus d'IET. Plusieurs exemples récents peuvent être mis en
avant.
Exemple 1
Au plan de l'organisation du travail, des accords locaux
spécifiques ont été noués entre patronat et
syndicat sous l'égide de collectivités locales. L'exemple de Plan
de Campagne (Bouches du Rhône) et de sa gestion spécifique des
horaires de travail en est l'illustration la plus flagrante. Les conditions
salariales offertes aux salariés volontaires acceptant de travailler le
dimanche a permis de créer une dynamique pour le territoire. Les
syndicats et le patronat étaient tous (à l'exception d'une
organisation syndicale) satisfaits de l'accord trouvé. Cette
expérimentation a été modifiée par l'adoption en
2009 de la loi sur le travail du dimanche. L'accord territorial avait
été novateur.
Exemple 2
Au plan de l'organisation de la santé, certains
territoires avaient constaté que l'Etat, dans le cadre de sa politique
générale de santé, prenait de plus en plus de
décision sur la base du nombre d'actes réalisés par les
hôpitaux publics et qu'en dessous d'un certain seuil le maintien d'un
service public de santé n'était plus rentable.
Parallèlement le développement de cliniques ou pôles
privés était réel. Pour anticiper, des territoires ont
amorcé des réflexions avec les professionnels de santé,
l'Etat et les syndicats pour envisager la réunion des acteurs sur un
seul site et donc une mutualisation des moyens. L'exemple du pôle
privé-public de santé de Carpentras (Vaucluse) procède de
ce schéma. Il a consisté à la réunion d'un
hôpital public de taille moyenne (dont les locaux devenaient de plus en
plus vétustes) avec une clinique privée spécialisée
dans les actes les plus courants (maternité, chirurgie
légère). Cette réunion a eu lieu au sein d'un espace
commun construit spécifiquement. Les syndicats ont participé
à cette réflexion car l'ensemble des salariés allaient
exercer des missions quasi-identiques dans un lieu commun mais sous des statuts
différents (fonction publique ou statut privé). Des accords
locaux salariaux spécifiques ont été conclus avec les
employeurs pour harmoniser les conditions de travail. L'ensemble des parties y
trouvaient satisfaction. La loi Santé et Territoire de 200949(*) a repris en partie ce
processus, en préconisant la création de pôles
territoriaux mixte ou de Groupement de Coopération Sanitaire (GCS) mais
sans retenir le principe de négociation salariale pour harmoniser les
conditions entre les différents acteurs.
Bien d'autres exemples peuvent être mis en avant (la
création des Groupements d'Employeurs en Poitou-Charentes pour pallier
le manque de main d'oeuvre agricole50(*), les crèches inter-entreprises...). Les
territoires sont un espace d'expérimentation qui permet
l'émergence de solutions socialement innovantes. Les syndicats sont
systématiquement associés à ces expériences et leur
participation est active, nécessaire et reconnue. Il s'agit là,
sans doute, de la reconnaissance pragmatique de la légitimité de
la place des syndicats au sein de l'Intelligence Economique Territoriale.
II La participation syndicale à l'IET est
délicate à mettre en oeuvre.
L'Intelligence Economique Territoriale est un processus de
réflexion et d'action cyclique qui repose essentiellement sur la
volonté des acteurs territoriaux qui y prennent part. L'expression des
besoins et la définition des problématiques territoriales doivent
faire l'objet un assentiment de tous les acteurs afin que les informations
nécessaires à leur résolution soient correctement
collectées et exploitées. Enfin, pour terminer le cycle
itératif, l'évaluation des mesures adoptées doit faire
l'objet d'un constat partagé. L'implication volontaire de l'ensemble des
parties prenantes à l'IET doit donc être recherchée.
Même si l'Etat a cherché à imposer une participation
obligatoire des acteurs en recherchant « l'association, en
compagnie des représentants du service public de l'emploi, des
collectivités locales, de l'ensemble des partenaires sociaux, de
représentants du monde associatif, pour traiter des questions relatives
à l'emploi »51(*) lors de la mise en oeuvre par exemple des CBE, cette
implication ne peut pas se construire sans leur assentiment, sous peine d'un
dialogue de mauvaise qualité et donc de décisions
inadaptées. Or les syndicats, s'ils sont partie prenante légitime
au processus d'IET, n'ont pas forcément tous le souhait d'y participer.
Certains s'y refusent, d'autres s'y résignent, mais avec
appréhensions. Plusieurs raisons expliquent ces positionnements. Une
raison historique en premier lieu ; comme l'indique Yves Poirmeur52(*) : « Le
syndicalisme a pendant longtemps en France été enfermé
dans une activité économique purement revendicative :
l'hostilité de l `Etat et du patronat à son égard,
l'antiparlementarisme, l'antiétatisme et la stratégie
contestataire des principaux syndicats, qui se veulent même
révolutionnaires, ont sans aucun doute contribué à limiter
sa sphère d'action: aux partis l'action politique, aux syndicats
l'action revendicative ». Le poids de l'histoire syndicale
alliée à son objectif de défense des intérêts
des salariés font que les syndicats ont
« génétiquement » un mode de fonctionnement
basé sur le conflit et la revendication, et ne se reconnaissent pas dans
un processus partagé. En second lieu, l'IET est souvent perçu par
les syndicats comme un processus piloté et dirigé par le
patronat, du fait de sa place prépondérante dans les publications
mais également dans les réflexions et les actions des
collectivités territoriales à la genèse de celle-ci. En ce
sens la vision exprimée par la CGT Bretagne est
caractéristique : « Les exigences patronales vis
à vis des territoires sont claires. Les collectivités
territoriales ou l'Etat doivent participer à débloquer
abondamment des fonds pour les investissements, la formation, les
équipements des entreprises. A l'inverse, quand il y aura des plans
sociaux, les collectivités locales devront assumer les
conséquences et les coûts de ceux-ci. (...)Les formules du
genre « nouvelle gouvernance », « dialogue avec la
société civile», « acteurs autour d'un projet »
sont souvent issues de concepts européens et mises en oeuvre par des
acteurs autres que les syndicalistes français.53(*)». Au-delà
de la rhétorique, ces quelques lignes traduisent le faible enthousiasme
de certaines organisations syndicales pour la participation aux cotés de
l'Etat, du patronat et des collectivités locales, à la
réflexion et la résolution des problématiques
économiques et sociales des territoires. Ces syndicats y voient
là un « marché de dupes » et leur
présence est donc requise pour légitimer les décisions
auxquelles ils n'auront pas pu participer. Cette dérive peut être
crainte, mais on l'a vu, les syndicats disposent d'atouts pour les contrer.
Leurs réseaux et leurs sources d'informations, leur place légale
et les prérogatives que l'Etat leur confère doivent permettre aux
syndicats une implication volontaire et entière au sein de l'IET. Pour
cela il va sans doute falloir qu'ils modifient leur forme d'action
(A) en quittant le mode revendicatif pour opter pour une
« coopétition 54(*)», et en acceptant de quitter un cadre d'exercice
de leurs responsabilités normatif55(*) pour entrer dans un autre plus
« flou » (B).
A- Adapter la forme d'action syndicale.
Au sein de l'entreprise le rôle syndical est
défini précisément par le Code du Travail. Il dispose
notamment que les Délégués du Personnels peuvent soumettre
à l'employeur des réclamations et que l'employeur est tenu d'y
répondre en convoquant une fois par mois l'ensemble des
Délégués. Ce mode de fonctionnement revendicatif est celui
qui est le plus ancré dans l'histoire syndicale avec celui du droit de
grève. Les syndicats s'enorgueillissent des acquis sociaux construits
historiquement par la lutte contre le patronat. Cette vision est à
opposer à un autre rôle syndical : celui
conféré par le même Code du Travail aux élus du
Comité d'Entreprise (CE).
Ce rôle est composé de trois
prérogatives : la gestion de la personne morale CE, le vote pour
information ou avis lors des réunions mensuelles du CE et enfin la
direction des commissions obligatoires56(*). Dans ce dernier cas, même si le rôle de
l'employeur dans la fourniture d'informations est essentiel, la commission du
CE doit fonctionner sur un mode non plus revendicatif mais sur un mode plus
proche de celui de l'IET (expression des besoins, analyse des informations
obtenues, formulation d'un avis, suivi de l'avis). De même le rôle
du Comité d'Hygiène et de Sécurité (CHSCT) est
à la fois de constater les dysfonctionnements mais également,
avec l'appui de spécialistes57(*) et en lien avec l'employeur, la réflexion puis
la prise de décisions quant à la santé au travail.
L'ensemble des méthodes d'IET qui ont été mises en place
font appel, selon Christian Bourret, à « une
ingénierie multi-projets, [qui] articule les notions de projets et de
réseaux dans une perspective globale d'intelligence de la
complexité reposant sur la synergie de projets locaux pour promouvoir
une identité collective au service du développement durable du
territoire »58(*). Ce mode de fonctionnement est à
privilégier pour que les syndicats puissent prendre leur place au sein
de l'IET et nécessite donc que ceux-ci abandonnent leur vision
revendicative stricte (1). On l'a vu en introduction, l'IET est un concept
récent en France dont la mise en oeuvre est progressive et dont la
théorisation est essentiellement universitaire. Les territoires sont en
phase de mise en oeuvre de méthodes afin de la structurer. Ces
méthodes, si elles peuvent laisser une place importante aux syndicats,
vont nécessiter que ceux-ci adoptent un fonctionnement différent
basé sur une vision globale des problématiques économiques
et sociales (2).
1- Quitter le mode d'action par
« opposition » pour adopter celui de la
« coopétition » et de l'anticipation.
Les syndicats ont une histoire et un cadre d'exercice de
leurs responsabilités qui est celui du conflit, de l'opposition. Le
conflit est pour eux la genèse des droits salariaux, des
« acquis sociaux » car effectivement, par le passé,
l'accroissement des droits des travailleurs est issu des longues
négociations en périodes de tensions sociales. En ce sens, pour
la plupart des OS, la continuité des méthodes est a rechercher
car elle a produit par le passé des fruits qui ont perdurés. Le
Code du Travail est aussi un générateur de confrontation car il
oppose en permanence dans ses articles les droits des syndicats et des
salariés aux droits de l'employeur. Le mode de fonctionnement des
Délégués du Personnel est en ce sens un exemple
idéal : il impose à l'employeur l'obligation de
répondre aux « réclamations » des
délégués du personnel et leur confie le rôle de
saisir, si la réponse de l'employeur n'est pas satisfaisante ou, s'ils
estiment qu'il y en a besoin, l'Inspecteur du Travail. Or on l'a vu
précédemment, l'IET est un processus qui nécessite
l'association volontaire et participative de nombreux acteurs et l'application
d'une méthode. Même s'il n'existe pas qu'une seule méthode
dans le cadre de l'IET (les différentes initiatives territoriales le
montrent), toutes ont pour point commun un mode de gestion par projet. Comme
l'indiquent R. Pautrat et E. Delbecque59(*) : « L'intelligence
territoriale [...]traduit aussi les exigences des nouvelles formes de
management : notamment celle du management par projet, articulé sur
les notions de compétence et de réseau. Loin du culte
des organisations pyramidales assises sur la préservation du pouvoir par
la rétention de l'information, l'intelligence territoriale promeut la
construction de réseaux opérationnels rassemblant les
compétences et fonctionnant de manière transversale,
horizontale.». Le recours au management par projet est une constante
dans l'ensemble de la littérature consacrée à l'IE et
à l'IET en particulier car comme le soulignent P. Herbaux et R. Chotin
dans leur communication au colloque ASRDLF60(*) : « Le processus itératif
du management par projet qui allie l'expérimentation à la
pratique du terrain, est l'une des conditions de la connaissance des
caractéristiques du champ de recherche [Crozier et Friedberg, 1977]. Ce
saut - du management de projet au management par projet - [Hazebroucq, 1996]
comporte une démarche itérative de confrontation des apports et
constitue l'un des outils de mise en oeuvre du projet de territoire des Pays du
Pévèle61(*). ». En effet le processus
managérial par projet est parfaitement synchrone avec le processus de
l'IET car itératif et basé sur la même recherche de
discussion et de solution commune. Cette notion, issue du management
d'entreprise nécessite une organisation particulière avec la
nomination d'un chef de projet et d'équipiers avec, en
référentiel absolu, une absence de toute notion de
hiérarchie. Le chef de projet a la responsabilité de faire en
sorte que l'ensemble de l'équipe qu'il anime atteigne ensemble les
objectifs fixés dans un délai et un budget imparti, chaque
participant au projet restant responsable de l'achèvement de ses propres
tâches sachant qu'elles sont par nature intrinsèquement
reliées et dépendantes de celles des autres participants. Les
acteurs de l'IET doivent donc adopter un « mode d'adhésion
participatif »62(*). Les syndicats doivent donc essayer de s'y conformer
et donc adapter leur mode de fonctionnement. Il s'agit pour eux d'une vraie
révolution managériale et idéologique. Même si
certains syndicats ont entamé depuis quelques années une mue en
ce sens, il n'en reste pas moins que le réflexe de conflit et
d'opposition est quasiment inné pour la majorité d'entre eux. La
négociation, lieu traditionnel de l'échange entre syndicat et
patronat, pourrait être vu comme une ébauche de management par
projet. En théorie sans doute mais, en pratique, de nombreuses OS voient
la négociation comme un lieu de confrontation des rapports de force
voire d'expression d'un désaccord. Pourtant la négociation
collective ne s'est jamais mieux portée en France qu'en 2008 selon
l'Etat63(*). Ce paradoxe
est lié à la volonté de certains syndicats dits
« réformateurs » 64(*) de passer outre le conflit (dès que cela est
possible !) pour adopter une démarche de construction avec
l'employeur. La négociation devient donc un lieu d'échange
où l'employeur fait face à des propositions construites et
argumentées par des syndicats et où le jeu de la
négociation est redevenu la recherche d'un équilibre satisfaisant
pour chacune des parties sans volonté absolue de blocage ou de victoire
par KO. Cela passe par la création de négociations
intermédiaires permettant de constater des étapes qui servent
d'appui aux négociations suivantes. Ce fonctionnement est appelé
« coopétition » dans le vocabulaire du marketing. Il
s'agit d'un barbarisme qui associe coopération à
compétition. La « coopétition » est donc le
lieu d'accord et d'échange positif et constructif entre deux
adversaires.
Ce processus adopté dans la négociation en
entreprise doit être privilégié dans le cadre de l'IET, et
les syndicats qui le pratiquent déjà au niveau des firmes doivent
être les premiers à s'y associer. En matière territoriale
l'expérimentation est essentielle. Elle permet de dégager des
ressources pour valider en pratique une idée théorique qui a
été formalisée avec soin. L'expérimentation locale
(ou territoriale) est en France un processus légal. Il s'agit du
droit65(*) accordé
à une collectivité en vertu d'une autorisation législative
d'appliquer (de manière limitée dans le temps et l'espace
géographique) des politiques publiques n'appartenant pas à ses
compétences afin d'en vérifier les effets. Par nature une
expérimentation présuppose donc une définition
préalable de l'effet recherché, de la politique publique
expérimentée ainsi que ses modalités d'application pour en
vérifier l'efficacité. L'ensemble de ce processus doit être
partagé par les acteurs de l'IET et ne laisse pas la place à l'a
priori. Enfin l'évaluation doit être objective et la culture du
résultat est à privilégier, tout en restant dans un cadre
légal. Or les syndicats ont un reflex, on l'a vu, de consultation
systématique du passé pour y trouver les méthodes à
appliquer. L'innovation sociale est un concept récent
(théorisé essentiellement par Fontan et Potters en 199866(*) dont l'objectif unique est la
résolution de problématiques sociales par la mise en oeuvre d'un
processus) auquel tous les syndicats français n'ont pas
adhéré, contrairement à la majorité de leurs
homologues des pays d'Europe du Nord. Les syndicats français doivent
donc modifier leur vision passéiste pour adopter une vision du
résultat et de l'absence d'a priori afin de participer à la
construction d'une IET dans laquelle leur vision et leurs savoir-faire seront
reconnus et appréciés. Leur place, toute légitime qu'elle
soit (cf partie I) ne sera acceptée que si les syndicats s'y impliquent
volontairement et avec l'ouverture d'esprit nécessaire à
l'adoption d'une méthodologie nouvelle, différente, qui les
sortent de leur cadre de référence habituel.
De même, au-delà de la notion de
méthodologie et d'état d'esprit, la participation des syndicats
à l'IET nécessite une autre modification de leur fonctionnement.
L'IET est un processus dont la base est l'anticipation : en effet,
l'expression des besoins impose une réflexion prospective pour poser les
jalons du travail des acteurs et anticiper les besoins en information, quant
à la prise décision elle doit être préparée
par des anticipations, budgétaires notamment. Ce mode de fonctionnement
en anticipation est un aspect important de l'IET car, comme l'indique P.
Herbaux, (op cit) : « Les logiques d'anticipation des risques
portés par tous ses acteurs doivent être inscrits dans la gestion
du projet territorial et constitueront l'architecture de ce que nous
appellerons « une intelligence territoriale » à
mettre en oeuvre ». L'anticipation a pour corollaire la
prévention, dans la logique selon laquelle anticiper des
évènements permet d'en éviter la survenance ou tout du
moins en limiter les effets. C'est cette prévention que recherche le
législateur quand il a accordé des prérogatives aux
syndicats lors de PSE, ainsi que lorsqu'il permet aux membres du CE d'avoir
connaissance des documents de gestion prévisionnelle en entreprise. Les
syndicats ont souvent pourtant réduit ces prérogatives à
la simple constatation des difficultés au moment où elles
survenaient sans les anticiper et mettre en place un dialogue social
préventif. A leur décharge, les employeurs ont souvent pour
habitude de soumettre les PSE au CE de manière formelle sans faire
précéder cette information de réflexions partagées
ni d'engager de discussion préliminaire. L'anticipation est pourtant
utilisée par les syndicats dans leurs missions liées à la
protection de la santé au travail. Le CHSCT est une instance
formalisée dans laquelle les syndicats ont pour habitude d'anticiper des
situations à risque. Son application au domaine purement
économique est, semble-t-il, plus délicat, car son recours moins
systématisé. Il s'agit pourtant d'une caractéristique qui
a été mise en avant lors de la création en des
regroupements syndicaux européens pour les groupes d'entreprises
européennes et qui donne lieu régulièrement depuis 2009
à la conclusion d'accords-cadres pour permettre la définition des
modalités d'exercice d'information-consultation des représentants
des salariés au niveau européen sur les questions concernant de
manière significative l'emploi67(*). Cette façon de travailler, est certes
spécifique à ces deux instances sociales, dont l'une
dépasse sans doute la vision locale des organisations syndicales, mais
elle doit être privilégiée par les syndicats lors de leur
participation au processus de l'IET. L'anticipation est une des solutions
privilégies pour prévenir les difficultés en construisant
à l'avance des solutions palliatives dont l'un des mérites est
sans doute de traiter « à froid » des situations qui
pourraient conduire à des difficultés telles, que leur traitement
dans l'urgence (« à chaud ») aurait provoqué
des oppositions violentes entre les acteurs territoriaux (notamment employeurs
et syndicats). En ce sens, la « coopétition » est
à nouveau le terme adéquat : la recherche de la
préservation de l'emploi en cas de difficultés est tout autant un
objectif des employeurs, des syndicats et du territoire. Leur travail en
commun, par anticipation et dans un processus d'IET, ne remet pas en cause
l'existence et les responsabilités des différents acteurs sur
d'autres plans. Les syndicats doivent donc faire leur cette «
coopétition » afin de pouvoir justifier d'un rôle
complet dans l'IET et dans la construction de solutions concertées pour
le renforcement économique du territoire et de son attractivité
sociale.
2- Adopter un fonctionnement en vision
globale.
L'IET par définition un processus territorial. En ce
sens il est un nouveau champ d'expression pour les syndicats car il n'est pas
« défini » strictement. Le Code du Travail ne
définit pas le territoire de manière stricte. Aucune
définition exacte n'est donnée, même de manière
indicative par l'Etat ou toute autre autorité ayant un pouvoir normatif.
Sa définition fait écho à une surface géographique
mais dont la taille n'est pas quantifiée. La nature complexe de la
définition d'un territoire est importante. Celle-ci regroupe plusieurs
notions ou domaines, par exemple :
- Géographique : un territoire est une surface
- Ethnologique : un territoire est une zone dans laquelle
vit un groupe d'êtres humains présentant les mêmes
caractéristiques, modes culturels...
- Législatif : un territoire est le lieu où
s'exerce la loi
Le schéma suivant, élaboré par Gilles
DARIER et Philippe GRAND68(*), illustre toute la complexité de cette
définition territoriale (Figure 3 page suivante).

Dans ce cadre, les syndicats doivent abandonner leur vision
habituelle. Un territoire ne peut pas être réduit à une
firme (si importante soit-elle), ni à un ensemble homogène de
firmes car le territoire ne comprend pas que des firmes mais aussi des acteurs
publics, des acteurs associatifs et des acteurs privés (les citoyens en
tant que ménages, usagers,...). Le territoire n'est pas non plus une
simple subdivision administrative : la définition de territoire
s'applique tout autant à une Région (au sens du Code des
Collectivités) qu'à un « pays » ou à
un « bassin d'emploi ». Or les organisations syndicales ont
l'habitude de travailler dans un champ bien défini : l'entreprise
(ou le groupe d'entreprise) qui a une définition légale
figée, la branche comme représentative de l'ensemble des firmes
françaises dans un secteur d'activité donné ou au niveau
national pour toutes les questions concernant l'ensemble de la population
salariée. La réponse syndicale a été de s'organiser
en section locales, branches et confédérations.
Parallèlement à ce niveau plus
« économique », les syndicats ont
intégré les divisions administratives mises en place par l'Etat
(régions, départements, communes) et leurs
spécificités d'attributions, en mettant en place des unions
départementales et régionales. Le territoire est donc, pour les
syndicats, un champ atypique, non exploré. Cette exploration est en
cours par les OS, mais cette exploration est lente. Elle nécessite
souvent un accompagnement de l'Etat dans la reconnaissance d'un champ :
les bassins d'emploi en sont un exemple typique. Un bassin d'emploi n'a pas de
définition physique ou administrative stricte. Il a tout au plus une
définition économique. L'engagement syndical au sein des CBE a
été au commencement expérimental et limité à
certains bassins d'emploi fortement sinistrés
économiquement69(*). La généralisation de l'implication des
OS a nécessité que l'expérience soit adaptée par
l'Etat en apportant une définition juridique et un cadre de
fonctionnement70(*). Les
syndicats doivent donc composer avec un nouveau champ géographique
d'action, mais également avec l'obligation d'appréhender cette
géographie économique différemment. La firme ou la branche
sont des visions économiques aisées pour les OS car
homogènes. Le territoire associe quant à lui l'économie
comme un moteur global, dans le sens où il regroupe des entités
totalement hétérogènes vivant ensemble
géographiquement et mues par un ensemble d'activités
économiques communautaires qui dépassent la vision syndicale du
« groupe économique71(*) » ou de la sous-traitance (notion de
filière). Le territoire dépend donc des firmes mais pas
obligatoirement par des liens directs, économiques et quantifiables. Les
syndicats doivent donc adopter un mode de réflexion nouveau car global,
intégrant à la fois les entreprises et leurs sous-traitants
directs, mais également les services publics locaux ou étatiques
déconcentrés, les services à la personne, le milieu
associatif ainsi qu'une vision « écologique72(*) ». Ce changement est
en cours, mais sa généralisation peine à être mise
en oeuvre par les OS. Dans son rapport, B.Carrayon indique que cela est
lié à des problèmes « notamment
d'organisation interne ». Cette problématique est
essentiellement française, et sans doute liée à la longue
tradition jacobine de centralisation. D'autres pays européens ne
souffrent pas de cette inertie de la part des organisations syndicales, ce que
le témoignage de M. Fleming Larsen, Service de l'Emploi du Comté
de Storstrøm (Danemark) repris dans le rapport de l'Amnyos73(*) démontre.
Il faut ainsi que les syndicats dépassent la vision
historique basée sur une organisation pyramidale (section/branche/union
départementale/union régionale/confédération) et
adoptent une vision plus globale, en conformité avec le mode projet qui
est le fondement des méthodes d'IET. La hiérarchisation syndicale
est une réalité structurelle d'organisation des OS, même si
parfois certaines sections ou branches se livrent à des prises de
positions en dehors de la confédération. Les unions
départementales et régionales sont généralement un
seuil de démultiplication de la position confédérale, et
peu un lieu d'écoute syndicale et d'adaptation pragmatique de l'action
syndicale. On pourrait qualifier ces deux instances comme étant des
« appareils politiques » même si ce terme peut avoir
des connotations plus larges ou péjoratives. La branche, mais surtout
les sections sont un lieu de pragmatisme. Les sections sont un échelon
fortement impacté par la demande des salariés et des
adhérents. Il s'agit donc d'un relais qui doit à la fois
permettre la réponse aux attentes du terrain mais également
essayer d'y apporter les visions de la confédération. La branche
quant à elle a une vision plus globale du secteur d'activité
qu'elle représente, et donc y intègre une capacité et une
maîtrise des sujets syndicaux spécifiques approfondies (convention
collective, négociations salariales...). Ce mode de division de l'action
syndicale n'est pas possible dans le cadre de l'IET. Nous l'avons vu, le mode
projet est la méthode retenue car elle apporte à la fois la
certitude d'une cohésion des acteurs et des réponses
adaptées (car étudiées et évaluées par tous)
à des problématiques multiformes. Les syndicats doivent donc
abandonner leur fonctionnement pyramidal pour se glisser dans un fonctionnement
thématique, et, sans renier leur histoire et leurs valeurs, accepter des
compromis dont la mise en oeuvre permettra au territoire de se renforcer. Cette
modification structurelle n'impose pas obligatoirement un changement structurel
des syndicats et de leurs échelons d'intervention. Une union
départementale peut-être actrice de l'IET sur toute ou partie de
son territoire. Il s'agit essentiellement d'un changement d'état
d'esprit et/ou d'habitudes. La formation des personnels syndicaux, par exemple,
devrait être dirigée au moins en partie vers l'objectif d'ouvrir
le territoire et l'IET comme un processus dans lequel les syndicats ont un
intérêt précis à y participer. Or à ce
jour la formation syndicale est essentiellement mobilisée vers des
modules de formations pratiques liés au Code du Travail. Même si
des Instituts du Travail ont été créés dans
certaines universités, ces formations sont encore largement
destinées à des mises en pratique de savoirs au sein des firmes.
Pourtant, comme le souligne Lucie Tanguy74(*), la formation est « un moyen de faire
adhérer tous les membres d'une organisation (...) : la
coopération, la participation, la négociation au lieu et place de
la confrontation sociale (...) », or ces instituts ont
« contribué à intégrer les syndicats en les
formant à leurs rôles de représentants des salariés
au sein des institutions de gestion sociale et [...] aux fonctions de
négociations plus qu'à celles d'affirmations de leur
identités sociales et de leur autonomie ». La formation
syndicale doit donc être redéployée vers l'apprentissage
des méthodes de travail en groupe, de gestion de projets, mais
également de ce que sont les territoires, leurs besoins, leur
fonctionnement... cela permettrait aux syndicalistes de sentir que leur
implication dans l'IET est un souhait collectif, à la fois des
confédérations, de l'Etat et des collectivités locales, de
la société civile mais également du patronat. La place des
syndicats au sein de ce processus « apprenant »
comme l'indique Bouchet (op cit) doit s'effectuer par l'apprentissage et la
formation des personnels syndicaux locaux comme nationaux.
Afin d'intégrer pleinement l'IET, les syndicats ont la
nécessité de modifier leur mode d'action, à la fois dans
sa mise en oeuvre pratique (adoption d'un mode de fonctionnement compatible
avec le mode projet retenu comme méthode de travail) que dans son
état d'esprit en quittant l'opposition et la confrontation pour opter
pour la « coopétition ». Ces modifications sont
majeures pour les syndicats car elles bousculent les habitudes et le
passé de ces organisations. Elles sont d'autant plus importantes que
l'environnement juridique et économique change et qu'il va leur
falloir intégrer un cadre d'action plus flou que celui qu'ils
connaissent habituellement.
B- S'affranchir d'un cadre normatif strict pour entrer dans un
cadre plus « flou »
Ainsi que l'exprime J. PERRAT75(*) dans le résumé de son article sur
le dialogue social territorial : « Le territoire est aujourd'hui
le lieu de déploiement de dispositifs qui remettent fortement en cause
les modes d'interventions traditionnels des organisations syndicales. Le
passage de l'institutionnel « dur » à
l'institutionnel « mou » leur demande de sortir de la
logique de négociation pour entrer dans des logiques floues de
« gouvernance » et de « dialogue
social ». ». Cette affirmation est parfaitement
transposable à l'IET, car, dans les deux cas, c'est la nature même
du processus et de sa méthode qui impose de modifier le cadre d'action
pour les syndicats. Il leur faut prendre conscience qu'il ne suffit plus de
retenir le cadre existant comme seul cadre d'expression et d'action
(1), mais qu'il faut au contraire accompagner et participer
à l'élargissement du champ d'application du Code du Travail
(2).
1. Vers un nouveau cadre d'action syndicale
L'IET est un concept récent dont la mise en oeuvre est
passée prioritairement par des initiatives locales
disséminées. Les syndicats y ont pris une part sur la base du
volontariat et en s'affranchissant à la fois de leurs attributions
habituelles, mais également de leur structuration d'action usuelle. Ces
initiatives ont été concluantes dans la majorité des cas
et ont conduit les pouvoirs politiques à encourager l'IET par la mise en
oeuvre d'un cadre normatif autour de certaines d'entre elles (notamment les
Comités de Bassin d'Emploi). Ce cadre normatif est, somme toute,
léger et non exhaustif. Léger, car il ne repose que sur des
règles de fonctionnement non constitutionnelles, non inscrites dans le
Code des Collectivités, mais uniquement dans un cadre administratif. Les
CBE, par exemple, sont des associations reconnues par arrêté
préfectoral et leur fonctionnement est régi par une loi simple
(instauration des collèges en son sein...). La non-exhaustivité,
quant à elle, repose sur le fait que seules une minorité
d'actions qui participent au processus global d'IET sont codifiées ou
normées. La grande majorité des processus territoriaux en
relevant, sont en phase d'expérimentation. Ce manque de cadre strict est
sans doute une conséquence du changement imposé par les pouvoirs
politiques, qui, depuis une petite dizaine d'années, voit le
rôle normatif de l'Etat en matière sociale disparaître au
profit d'une reconnaissance plus large de l'autonomie contractuelle des
partenaires. Les différentes lois récentes portant réforme
du temps de travail (en « assouplissant » les 35h, ou en
créant des zones touristiques dans lesquelles les horaires de travail
légal peuvent être modifiés sans prise en compte de
majorations pour travail du dimanche ou des jours fériés par
exemples) renvoient quasi-systématiquement à la conclusion
d'accords locaux entre partenaires sociaux. Ce recours au droit contractuel,
notion d'inspiration anglo-saxonne quant à sa forme mais qui vise
à atteindre des résultats plus proches de ceux des pays du nord
de l'Europe, est aussi utilisé par l'Etat dans ses rapports avec les
territoires. L'instauration de contrats d'agglomération ou des contrats
de pays en 2005, sont une des innovations majeures des contrats de plan Etat
-Région. Ils en constituent d'ailleurs expressément le
« volet territorial », c'est-à-dire une
déclinaison infrarégionale, dans des territoires de projet. La
contractualisation nécessite de la part des territoires une vision
à long terme de la stratégie à adopter, afin de pouvoir
négocier dans de bonnes conditions avec l'Etat. Le corolaire de cette
contractualisation avec l'Etat est donc que la vision des territoires et de ses
partenaires est fiable dans un horizon de temps fixe, à durée
déterminée. A l'échéance du contrat, le territoire
doit à nouveau renégocier avec l'ensemble de ses partenaires. Or,
par nature, un contrat à durée déterminée est pour
les syndicats un contrat difficile à gérer, que ce soit dans le
cadre du droit du travail stricto sensu, ou dans le cadre d'une participation
à un projet de territoire. Le terme de contrat offre un cadre
sécurisant car détermine les droits et obligations de chacun des
co-contractant, mais en revanche la durée déterminée
impose une fin au contrat et donc un cadre plus
« flou ». Cette logique de contractualisation et donc de
cadre flou pour exercer l'IET est partagée par les acteurs issus du
patronat et des représentants des entreprises car ce mode de
fonctionnement est proche de leur activité au quotidien et de leur cadre
de référence juridique : celui du contrat commercial. Ainsi
le Medef a écrit dans une circulaire interne que « la
dialogue social interprofessionnel territorial ne doit pas, d'une façon
générale, conduire à la création de normes
juridiques contraignantes pour les adhérents des MEDEF
territoriaux 76(*)». Cette position est partagée par la
CGPME qui indique son opposition à toute conclusion d'accords normatifs
territoriaux mais est ouverte à des négociations territoriales
pour « mettre en oeuvre des accords interprofessionnels dans une
logique d'adaptation77(*) ». Les syndicats sont donc dans
l'obligation d'adapter leur comportement pour entrer dans ce cadre plus souple
dont l'ensemble des contours restent à construire.
De même, les syndicats doivent abandonner leur vision
(« quasi-régalienne » ?) de droit à
siéger dans les instances locales. Si les syndicats ont, par leur
existence même ainsi que par leur rôle économique et social,
une place légitime au sein de l'IET, ils doivent aussi comprendre que
celle-ci ne sera pas automatiquement fixée par une règle
administrative ou légale. En effet l'IET est un champ d'initiatives et
d'expérimentations. Celles-ci ne donnent pas automatiquement droit
à une participation des syndicats. Il faut donc qu'ils
s'intègrent dans les processus, participent à leur construction
avant de se voir reconnaitre une position inamovible et une sorte de droit
à siéger. C'est ainsi que l'expérimentation des CBE a
permis la création de collèges constitutifs.
Parallèlement, la contractualisation des territoires passe par la
création par les collectivités locales d'outils juridiques
nouveaux pour assurer la gestion et le développement. Ces outils, comme
par exemple les Sociétés d'Economie Mixte ou les associations de
pays..., qui ont un mode de fonctionnement proche de celui de l'entreprise avec
un Conseil d'Administration et des salariés. Si les syndicats souhaitent
se voir reconnaitre un rôle au sein des territoires, il faudra qu'ils
participent au fonctionnement de ces sociétés et acceptent un
rôle d'administration. Cette position peut être
génératrice d'inconfort pour les organisations syndicales, car
leur impose d'avoir une position proche de celle du patronat : celle de
diriger78(*). La
gouvernance partagée n'est pas dans l'esprit des syndicats
français, mais plus dans celle de nos voisins allemands. En France, les
syndicats peuvent, dans les entreprises de taille significative, avoir un
droit de représentation au sein du conseil d'administration. Ils ne
disposent d'aucun pouvoir de décision et ne prennent pas part aux votes.
En Allemagne, le représentant syndical au Conseil d'Administration
dispose de pouvoirs identiques à ceux des administrateurs
représentant l'actionnariat. Cette gouvernance d'entreprise allemande
est appelée « co-gestion ». En France ce terme est
limité à la gestion des organismes sociaux (Caisse d'Assurance
Maladie, ...) et n'a pas encore pénétré le monde des
firmes. Il a en revanche trouvé un écho dans la gestion des
territoires.
Ce cadre nouveau imposé par les territoires
nécessite donc que les syndicats opèrent une mutation dans leurs
schémas d'action car leur impose de décider et de participer
à la gestion du territoire. Ce nouveau cadre étant en
construction permanente, le cadre est donc plus flou pour les syndicats. Il
leur impose de voir le Code du Travail non plus comme une
référence absolue mais plutôt comme une base de travail
pour réussir des contractualisations locales réussies.
2. Changer la vision du champ d'application du Code du
Travail.
Le Code du Travail est un ensemble de règles normatives
strictes et très détaillées. Il réglemente le
fonctionnement social des entreprises et des relations
salariés/syndicats/employeur de manière extrêmement
précise. Il détaille les droits et devoirs de chacun dans le
cadre du fonctionnement firme/syndicat. En revanche, dans le cadre des
relations territoriales, le Code du Travail est plus vague. Les articles L
2234-1 et L 2234-2 disposent que : « des commissions
paritaires professionnelles ou interprofessionnelles peuvent être
instituées au niveau local, départemental ou régional, par
accord conclu dans les conditions prévues à l'article L
2231-1 » et que « les commissions paritaires
1° concourent à l'élaboration et à l'application de
conventions et accords collectifs de travail, négocient et concluent des
accords d'intérêt local, notamment en matière d'emploi et
de formation continue ; (...) ». Les termes choisis
reflètent le cadre plus flou de cette partie du Code :
« peuvent être » renvoie à une notion de
liberté de choix, « concourent » reflète un
objectif et non des moyens ainsi que le Code en a l'habitude. Il laisse donc la
possibilité aux acteurs locaux (y compris les syndicats sous leur
représentation via les unions départementales ou
régionales) de conclure des accords locaux. L'Etat a
redéployé ses services pour aider à l'atteinte de ces
objectifs. Il a encouragé les initiatives locales en vue de l'insertion
professionnelle et leur a confié des missions qui sont en lien fort avec
le Code du Travail et son application. En effet les Maisons de l'Emploi par
exemple sont investies d'un rôle de meneur d'actions d'information et de
sensibilisation aux phénomènes de discrimination à
l'embauche et dans l'emploi ainsi que relatives à
l'égalité professionnelle et à la réduction des
écarts de rémunération entre les hommes et les femmes. Ces
missions sont traditionnellement celles des organisations syndicales dans les
entreprises. Le fait que les syndicats participent à ces missions via
une participation à la gestion et l'animation des Maisons de l'Emploi
est donc un moyen de voir le Code du Travail comme s'appliquant à un
autre champ que la seule entreprise ou branche. Le territoire peut être
un lieu pour l'application de l'ensemble des règles relatives au
travail. La formation professionnelle est un droit pour les salariés et
une obligation pour les entreprises. Celle-ci découle directement des
textes du livre IX du Code. Les syndicats sont très impliqués
dans le respect de ces droits, non seulement parce qu'ils peuvent en retirer
une source de financement, mais également car il s'agit d'un moyen de
permettre l'adaptabilité des salariés (et donc la
préservation de leur capacité d'emploi), ainsi qu'une
façon visible et mesurable de l'implication syndicale dans le quotidien
des salariés (ce qui, en période électorale, est
important). Le territoire est un lieu favorable pour la mise en oeuvre
d'actions de formation professionnelle, car cela entre directement dans ses
compétences à la suite de la décentralisation. Nicole
Maggi Germain79(*) indique
que : « si le territoire apparaît de plus en plus
souvent mobilisé, la notion prend une signification toute
particulière dès lors que le lien est fait avec les politiques de
l'emploi et de la formation professionnelles continue, en particulier sous
l'impulsion des normes communautaires. Il se présente alors comme un
lieu d'élaboration aussi de nouvelles normes collectives
généralement dénuées de force
contraignante. ». La formation professionnelle est donc un bon
exemple d'un nouveau champ pour les syndicats d'appliquer le code du travail.
Le champ territorial souhaite s'emparer de la formation car il s'agit d'un
formidable outil qui permet à l'IET de mettre en oeuvre les
décisions issues de son processus. Seulement, le territoire n'a pas
toute latitude légale pour imposer des règles contraignantes dans
ce domaine et les syndicats peuvent y être les gardiens de l'application
du Code du Travail et de son adaptation. Celle-ci passe par la transposition de
règles applicables à la firme vers le territoire. Les outils
juridiques du territoire sont quasi inexistants en ce domaine, mais les
syndicats ont la capacité de conclure des accords locaux ayant une force
contraignante, il leur suffit donc d'intégrer , par analogie ou par
syllogisme, des éléments du Code dans les accords conclus pour y
apporter une réelle plus-value.
Cette façon de faire nécessite de voir le Code
du Travail non plus comme un livre de règles inamovibles mais au
contraire comme une source de possibles pour insuffler aux territoires une
capacité normative en matière d'emploi. En ce sens, l'action
syndicale est essentielle et celle-ci doit leur permettre de s'intégrer
pleinement dans la vie du territoire et dans sa construction via l'IET. Mais
au-delà de la transposition du Code du Travail dans l'IET, les syndicats
doivent essayer d'intégrer les nouvelles formes d'emploi et s'investir
dans la « société civile », tout en prenant
appui sur les règles issues du Code. Les territoires recherchent la
création de valeur et l'entreprenariat est un des moyens
privilégié pour permettre cet objectif. Les pouvoirs publics
nationaux se sont emparés également du sujet depuis plusieurs
décennies et ont décidé de favoriser la création
d'entreprise en simplifiant la cadre juridique de celles-ci. La loi Dutreil a
ouvert le capital social des entreprises à 1€80(*), puis ont été
crées les Sociétés par Actions Simplifiées [SAS et
SAS à associé unique (SASU)], puis a été mis en
place le statut d'auto-entrepreneur. Autant la modification du
« vieux » Code des Sociétés de 1966 ne
concernait que peu les syndicats, autant la création d'un nouveau
statut, hybride entre l'entreprise individuelle (pourtant fortement
décriée car risquée pour le patrimoine des entrepreneurs,
même malgré la Loi Madelin81(*)) et le salariat a interpellé les syndicats qui
y voient une réelle menace pour leur influence car il réduit le
nombre des salariés au profit de celui des entrepreneurs. Lors de la
crise immobilière de 2008/2009 la majorité des commerciaux dans
les agences immobilières, ainsi que de nombreux tâcherons ou
ouvriers spécialisés dans le bâtiment ont été
« contraints » de quitter un statut salarié pour
opter pour celui d'auto-entrepreneur. Les raisons fiscales et sociales de
coût plus faible pour ces entreprises en ont été la raison
principale. Or le territoire, s'il peut se féliciter d'une vague de
création d'entreprises par ce biais, constate en même temps une
baisse de l'emploi salarié. Or celui-ci bénéficie de
mesures de protection sociale (Allocation et accompagnement par Pôle
Emploi...) qui permettent d'amortir le choc économique pour le
territoire et lui laisse le temps et les moyens de lancer un cycle complet
d'IET à la recherche de solutions. Dans le cadre des auto-entrepreneurs,
la sanction de la non-activité est le dépôt de bilan et
l'absence de mesure de protection des revenus [pas d'Allocation pour Retour
à l'Emploi (ARE) par exemple]. Les syndicats ont donc un rôle
à jouer au sein du processus d'IET pour expliquer ces risques, pour
montrer que le salariat est une manière d'accroitre la valeur d'un
territoire et que le Code du Travail n'est pas simplement un outil de
contrainte mais également un recueil de textes qui permet une protection
de la population et donc du territoire. Ce rôle syndical est donc de
promouvoir l'accompagnement des territoires dans la recherche de solutions
pérennes pour garantir l'emploi et la croissance économique. Cela
peut passer par la promotion de l'emploi salarié associatif par exemple,
ce fameux Tiers Secteur, dont on estime le potentiel en création de
richesse comme conséquent82(*), et au sein duquel les syndicats ont une place
à prendre pour y représenter les salariés. Là
encore le Code du Travail n'est pas applicable en l'Etat car le Tiers Secteur
n'est ni le secteur public (avec application des règles de droit public
régissant le travail) ni le secteur privé (avec le Code du
Travail comme source). Cette définition en « creux »
montre que ce secteur est un champ dans lequel les syndicats ont à
construire et que le Code du Travail peut être une base de travail. Or
les territoires comme le Tiers Secteur sont des creusets, des lieux
d'expérimentation. En matière d'audio-visuel local, par exemple,
le Tiers Secteur est le premier entrepreneur83(*) du fait d'un désintérêt des
grandes entreprises nationales du secteur pour l'échelon infranational
en raison des faibles recettes publicitaires. Il concentre de nombreux
salariés et peut être, pour les syndicats et les territoires, un
lieu d'expression et de valorisation de leur action notamment dans les domaines
de l'emploi et du social.
Ainsi, le territoire et son processus d'Intelligence
Economique est un lieu, pour les syndicats, de dépassement des strictes
missions et droits qui leurs sont conférés par le Code du
Travail. Ce lieu est propice à la construction de nouveaux
référentiels car il n'en contient que peu. Le Code du Travail
doit servir à élaborer ces nouvelles normes mais sans
forcément en conserver la rigidité qui le caractérise.
Cette base peut être le moyen de négocier des accords locaux (au
sens de l'espace local) et les syndicats maîtrisant parfaitement les
règles du droit du travail ont un rôle d'impulsion important. Pour
cela ils doivent dépasser leur vision stricte pour accompagner les
mutations de la société et de l'environnement économique
notamment via les nouvelles formes d'emploi. Pour autant, et comme le souligne
N. Maggi-Germain (op cit), il ne faut pas perdre de vue que « la
territorialisation du droit marque une évolution dans la construction de
l'action publique qui articule, parfois avec ambivalence, des
intérêts divergents ». Cet écueil de la
divergence des intérêts est également vrai pour les
syndicats eux-mêmes, on l'a vu préalablement.
Conclusion
« Les partis politiques et les syndicats
traditionnels ne sont plus les supports de la démocratie
représentative. Ils n'incarnent plus la réalité du terrain
sinon en terme purement corporatiste. Ils ne sont plus constructeurs de
narrations qui parlent au coeur des gens. »84(*). C'est en ces termes qu'Edgar
Morin affirme que les syndicats sont en voie de perdre leur place au sein de la
société. La professionnalisation des acteurs syndicaux et
l'importance de la baisse de leur représentativité
(mesurée par un taux de syndicalisation associé à un taux
de participation aux élections professionnelles faibles) peut
effectivement démontrer une perte effective de représentation
démocratique des salariés. Ce point de vue est largement
partagé, cantonnant les syndicats à une forme de groupe
d'intérêt, voire de lobbying, et à un rôle de
gestionnaire d'institutions sociales (Sécurité Sociale...). La
loi portant réforme de la représentativité syndicale est,
à la fois, la cause et la conséquence. La conséquence, car
la loi ne fait que constater la perte de représentativité, la
cause, car elle professionnalise encore un peu plus les acteurs syndicaux en
les obligeant à être à la fois élus au Comité
d'Entreprise et Délégués Syndicaux. Pour certains auteurs
il s'agit d'un nouveau modèle de démocratie sociale85(*). Parallèlement
à cette baisse de l'audience syndicale, les territoires ont pris une
place importante dans l'activité économique humaine. Le
territoire est un lieu de vie, donc de travail et de résidence, de
loisirs et de proximité, dans lequel s'entrecroisent de nombreux
acteurs. Cette interaction permanente entre acteurs au sein d'un espace aussi
restreint rend sa gestion délicate. Elle peut conduire à une
fragmentation de l'information, et à des actions où le territoire
émietté s'apparente à une organisation de plus en plus
complexe et opaque. Pour permettre une meilleure prise de décision, les
territoires ont souhaité mettre en place un système permettant sa
valorisation et son développement. Plusieurs approches de ce
développement se sont faites jour. L'une, plutôt libérale,
mise sur la mise en concurrence des territoires et fait reposer leur richesse
sur leurs « avantages compétitifs » ; elle
génère la mise en place d'actions par les territoires d'un
environnement attractif, essentiellement des infrastructures permettant des
économies externes et une fiscalité avantageuse, et vise une
réussite à court terme car basée sur le temps des firmes.
L'autre consiste à considérer les territoires comme des acteurs
définissant, de manière autonome et en anticipation, un cadre de
développement sur le long terme ; dans celle-ci la dynamique d'un
territoire n'est plus simplement approchée de manière
économique mais calée sur une vision temporelle. Ces deux
approches, au départ antagonistes, sont intimement mêlées
par le recours à un processus d'Intelligence Economique Territorial,
basé sur un fonctionnement itératif qui associe l'ensemble des
acteurs territoriaux afin d'anticiper leurs besoins. Celui-ci permet de
coordonner l'immédiateté des besoins territoriaux en les
replaçant dans un cadre de réflexion et d'anticipation à
plus long terme.
Les syndicats de salariés sont l'un de ces acteurs.
Certes ils n'apparaissent pas dans la littérature de l'IET comme l'un
des principaux et sont plus généralement décrits comme
des acteurs du Dialogue Social Territorial dans le sens légal du terme.
Leur place est fixée dans un collège comme simple
représentants des salariés. Au sein du cycle de l'IET, les
syndicats ont pourtant une place légitime : leur réseau,
leur capacité à obtenir des informations pertinentes,
exhaustives, à les analyser et à permettre d'élaborer des
solutions légales adéquates sont autant d'arguments qui militent
en ce sens. Ils sont un maillon important de la vie sociale pour le territoire
car ils sont acteurs de nombreuses institutions tant au sein des entreprises
que plus largement au sein du territoire. La gestion des oeuvres sociales par
les Comités d'entreprises et son budget conséquent est un exemple
flagrant de cette participation à la vie du territoire, bien
au-delà de leurs attributions légales strictes. Cette
participation n'est pas assez mise en avant, car sans doute reniée par
les OS elles-mêmes. Les syndicats français ont une longue histoire
ainsi qu'une culture bien enracinés du conflit et de l'opposition.
Celles-ci sont devenues quasi-génétiques et les empêche
d'être des acteurs reconnus comme incontournables bien que
légitimes de l'IET.
Pour permettre leur intégration pleine et
entière dans ce processus, les syndicats vont devoir opérer des
mutations conséquentes : opter pour la
« coopétition » plutôt que l'opposition
systématique, raisonner en anticipation et non plus en réaction
lors de problématiques notamment sociales ou liées à
l'emploi, accepter les expérimentations comme une méthode
à part entière permettant une évaluation quantitative
objective, mais aussi imaginer avec l'ensemble des acteurs des solutions de
compromis. Ces modifications imposent que les syndicats dépassent leur
mode de fonctionnement actuel sans pour autant modifier leur structure
décisionnelle ; il s'agit d'un changement d'état d'esprit
plus que d'organigramme. La formation des élus doit être
privilégiée et l'ensemble des syndicats doivent opérer
progressivement mais rapidement une implication croissante dans les territoires
en s'insérant dans la vie « civile » et en
acceptant de participer à sa gouvernance. L'avenir syndical est
lié aux territoires. Son existence nationale est en permanence remise en
question à la fois par l'Etat, et par le patronat : par l'Etat car
les syndicats ne représentent plus qu'une faible part de la population
(son audience est donc faible), par le patronat car sa capacité à
accepter les changements de mode de gestion car la raréfaction des
ressources de cotisations est préjudiciable au système dans sa
globalité. Son existence au niveau des firmes est également mise
à mal : son opposition systématique à la mutation de
l'environnement économique, son « archaïsme »
quant à la gestion des ressources humaines, sa division entre plusieurs
« centrales » syndicales et l'individualisation de la
gestion des carrières génèrent une défiance de la
part des mandants. Les territoires apparaissent comme un nouveau champ
d'expression sociale, plus en phase avec la réalité quotidienne.
Les syndicats y ont beaucoup à gagner. Le territoire met en avant
l'économie sociale et solidaire ; il remet au coeur l'humain, non
pas comme simple ressource mais comme acteur ; il propose une dynamique
d' « éco-système », dans le sens de
système économique tout autant que de système
écologique. En ce sens le territoire est sans doute le lieu de l'avenir
syndical car ils partagent la même finalité : la
défense des intérêts moraux, sociaux et économiques
des salariés. L'activité humaine est ainsi structurée, il
y a des entrepreneurs (des chefs au sens sociologique) et des salariés
(des éxécutants). Les syndicats doivent retrouver leur rôle
initial de représentation et de défense des intérêts
économiques et moraux des « travailleurs86(*) » non-entrepreneurs,
qui est en phase avec leurs valeurs. Le territoire peut le leur permettre.
L'IET est un processus apprenant [Bouchet] et cyclique. Il est
essentiellement dirigé vers la performance économique à
court, moyen et long terme pour les territoires. Celle-ci passe par une
« mutation permanente », mais également par un souci
de concilier la performance économique avec la satisfaction de la
population, afin d'avoir en permanence un solde migratoire positif (une
attractivité migratoire supérieure à sa
« répulsion », son exode). Le lien social est une
donnée clef pour les territoires, qui misent énormément
sur ce facteur, notamment sous son aspect culturel. Les syndicats ont la
possibilité d'apporter une partie de ce lien, à condition de se
conformer à un mode d'expression plus proche de la réalité
économique, à un mode de fonctionnement
« moderne » par projet et donc à une recherche du
compromis plutôt que du « progrès ».
Sans doute est-ce là le prix pour faire mentir Edgar
Morin, et, dans un contexte de globalisation de l'économie perçue
comme destructrice d'emplois et de valeurs sociales par une partie de la
population, reconquérir l'adhésion des salariés et le
respect des autres acteurs économiques ; et faire de l'IET une
Intelligence Economique et Sociale Territoriale (IEST), fusion du dialogue
social et de son intelligence économique.
ANNEXE
Liste des sigles et abréviations
AFPA : Association de Formation Pour
Adultes
CBE : Comité de Bassin d'Emploi
CCI : Chambre de Commerce et d'Industrie
CE : Comité d'Entreprise
CESER : Comité Economique Social et
Environnemental Régional
CGT : Confédération
Générale du Travail
CGPME : Confédération
Générale des Petites et Moyennes Entreprises
CHSCT : Comité d'Hygiène,
Sécurité et Conditions de Travail
CIF : Congé Individuel de
Formation
DIF : Droit Individuel à la
Formation
DP : Délégué du
Personnel
DST : Direction de la Sûreté
du Territoire
GPEC : Gestion Prévisionnelle des
Emplois et des Compétences
IE : Intelligence Economique
IET : Intelligence Economique
Territoriale
IT : Intelligence Territoriale
JO : Journal Officiel
MEDEF : Mouvement des Entreprises de
France
Minéfi : Ministère de
l'Economie, des Finances et de l'industrie (souvent nommé
« Bercy » de par sa localisation géographique
à Paris)
NTIC : Nouvelles Technologies de
l'Information et de la Communication
OS : Organisation Syndicale
PME- PMI : Petites et Moyennes Entreprises
- Petites et Moyennes Industries
PFIL : Plateforme d'Initiative Locale
RG : Renseignements
Généraux
TPE : Très Petites Entreprises
VAE : Validation des Acquis de
l'Expérience
BIBLIOGRAPHIE
ARAVIS - ( Agence Rhône-Alpes pour la
valorisation de l'innovation sociale et l'amélioration des conditions de
travail)
(2005)
« Dialogue Territorial, la place des partenaires
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Humanisme et Entreprise n° 267
Ed. La Sorbonne Nouvelle.
BOUABDALLAH Khaled
THOLONIAT Angélique
(8-10 novembre 2006)
« Pôle de compétitivité et
Intelligence économique territoriale : contours et enjeux d'une
nouvelle politique industrielle territoriale.»
Université Jean Monnet de St Etienne
8eme Forum Européen IES 2006 Intelligence Economique,
Veille et Innovation de Nice.
Yannick BOUCHET
(14 & 15 juin 2007)
« Acteurs locaux & intelligence
économique territoriale : des modalités d'expression de la
territorialité »
EURISTIK
Centre de Recherche Magellan, IAE de Lyon,
Université Jean-Moulin, Lyon 3
Dans le cadre du VIe Colloque International « TIC &
Territoire : Quels développements ? »
à l'Université Jean Moulin, Lyon III
(2006)
« Dispositif d'intelligence économique
territoriale et gouvernance hybride »
Christian BOURRET
(Janvier 2008)
« Éléments pour une approche de
l'intelligence territoriale comme synergie de projets locaux pour
développer une identité collective »
Revue internationale de projectique
Ed. De Boeck Université
(pages 79 à 92)
(10 Novembre 2009)
« L'Intelligence Territoriale : Un nouvel
état d'esprit ? »
Colloque INTD / ENACT Nancy
« Les nouveaux territoires de l'information et de
la documentation dans les collectivités
territoriales »
BOZZANO Horacio
(2008)
Compréhension et développement du territoire/un
nouveau réseau.
Vrais problèmes, critères et
développement de projets. Expériences en Amérique
Latine
Intervention le 16 octobre 2008 à Besançon
Conférence Internationale d'Intelligence Territoriale.
BULINGE Franck
(2002)
« Pour une culture de l'information dans les petites et
moyennes organisations : un modèle incrémental d'intelligence
économique »
Thèse de doctorat soutenue à l'Université de
Toulon Sud Var.
Philippe CLERC
(1er février 2006)
L'expérience française : l'intelligence
territoriale au service du développement local
Avec Agnès BRICARD
Article publié dans El Djazaira
(février 2004)
« Les dispositifs territoriaux d'intelligence
économique.
Analyse comparée du Japon, du Royaume Uni, du Canada
et de la France »
Revue Regard sur l'IE, n°1
(25-26-27 novembre 2004)
« Intelligence économique et
développement territorial »
Intervention faite dans le cadre des Rencontres
internationales de TETOUAN et sous le thème «
Expérimentations et dynamiques locales: expérience
comparées ».
Pierrette CROSEMARIE
(2007)
« Dialogue Social territorial : Quelles
interventions des organisations syndicales ? »
Bulletin d'Information des adhérents de la
Confédération Générale du Travail (CGT)
Laurent DAVEZIES
(2008)
« La République et ses territoires
La circulation invisible des richesses »
Seuil/ La république des idées
Aurélien GAUCHERAND
(2007)
« Introduction à la notion d'Intelligence
Territoriale »
Cours dispensé à l'IAE de Bordeaux.
Philippe GEFFROY
(14-15 avril 2003)
« De l'Intelligence Economique à
l'Intelligence Territoriale. Une première
approche organisationnelle par le dispositif lorrain
d'Intelligence
Economique Territoriale DECiLOR »
Conférence "Intelligence Economique : Recherches et
Applications",
Compagnie Européenne d'Intelligence Stratégique -
CEIS
Jean-Jacques GIRARDOT
(2000)
« Concepts, principes et outils de la
méthode CATALYSE »
Université de Franche-Comté
Guy GROUX
(1996)
« Le conflit en mouvement »
Ed Hachette littérature
Représentativité et audience syndicale
Combien de voix à défaut de divisions ?
Pages 84 à 88
Philippe HERBAUX
Richard CHOTIN
(21 au 23 Aout 2002)
« L'intelligence économique, outil du pacte
territorial»
Communication au colloque ARDLF
Université du Québec à Trois
Rivières (Canada
Annie HUMBERT-DROZ SWEZEY
(2003)
Le concept d'intelligence territoriale : Apports du
Conseil de l'Europe
Sous-Titre : L'intelligence territoriale doit
intégrer les biens publics mondiaux (Onu/Pnud) et les objectifs
culturels (Conseil de l'Europe).
IAAT (Institut Atlantique d'Aménagement des
Territoires)
(Septembre 2007)
« Le Dialogue Social Territorial»
Eléments de Synthèse
Annette JOBERT
( juin 2006)
« Dialogue territorial : cadres nationaux et
diversités territoriales »
Brigitte LESTRADE
(Avril 2007)
« Les syndicats en France et en Allemagne:
Difficiles adaptations aux mutations de la
société »
Visions franco-allemandes n° 12
Comité d'études des relations franco-allemandes
(Cerfa) au sein de l'IFRI
Institut Français de Recherche Internationale
PALICOT Marie-Christine
(Novembre 2004)
« Le dialogue Social Territorial : nouveaux
enjeux, nouveaux interlocuteurs et nouveaux territoires pour les partenaires
sociaux »
Racine bulletin n°65-66
pages 10 et 11.
Rémy PAUTRAT
Eric DELBECQUE
(2007)
« L'intelligence économique et territoriale
: un défi majeur pour la prospérité des PME-PMI et des
régions au XXIe siècle»
Bernard PECQUEUR
Jean Benoît ZIMMERMANN
(Juin 2002)
« Les fondements d'une économie de
proximités »
Document de Travail n°02A26
GREQAM ( Groupement de Recherche en Economie Quantitative
d'Aix-Marseille)
UMR-CNRS 6579
Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales
Universités d'Aix-Marseille II et III
Jacques PERRAT
(Février 2007)
« Appropriation syndicale des enjeux
territoriaux : la question nodale du rapport
firme/territoire»
ADEES Rhône Alpes
IRES n°54
Joaquim QUEYRAS
(Thèse soutenue le 22 novembre 2005)
« L'intelligence économique territoriale
dans un centre d'information du service public : application à la
coopération scientifique et universitaire franco
brésilienne»
Université SUD Toulon VAR
COMPTE-RENDU DE SEMINAIRES OU
D'EXPERIMENTATIONS
Le dialogue social territorial, de quoi parle-t-on
?
Rencontre Nationale du Réseau des Comités de
Bassin d'Emploi
13 Décembre 2006
Présentation du projet expérimental de
formation-action conduit en 2007
à l'initiative de la CFE-CGC(1) et de la
CGPME(2) en Rhône-Alpes.
Avril 2008
Schéma sectoriel de l'Intelligence Economique,
de l'Innovation et de la Recherche
CCI Champagne Ardennes
Notes de Synthèse du 29 mars 2007
L'impact du dialogue social sur le
développement territorial
Synthèse des actes du séminaire européen
organisé par l'AMNYOS, Paris les 26 et 27 juin 2000.
Séminaire réalisé dans le cadre de la
consultation menée par la Commission Européenne relative à
sa communication « Agir au niveau local pour
l'emploi »
2000
RAPPORTS
Bernard CARRAYON
(Juin 2003)
« Intelligence économique,
compétitivité et cohésion sociale »
Rapport au Premier Ministre
Dominique-Jean CHERTIER
(31 mars 2006)
« Pour une modernisation du dialogue
social»
Rapport au Premier Ministre
Conseil Economique, Social et
Environnemental
(24 juin 2009)
« Réalité et avenir du dialogue
social territorial»
Projet d'avis
Section du travail
M. Jean-Louis Walter, rapporteur
Conseil Economique et Social
(21 septembre 2006)
Rapporteur R. MONGEREAU.
NOTE d'IENA 243
Rapport du CESR Poitou-Charentes
(Septembre 2007)
« Le Dialogue Social
Territorial »
(Autosaisine du CESR)
PUBLICATIONS D'ADMINISTRATIONS (SANS VALEUR
LEGALE)
Ministère du Travail et de
l'Emploi
(2009)
« La négociation collective en
2008 »
Commission nationale de la négociation collective
Direction des études de l'ENA
(Juillet 2004)
«Compte-rendu du séminaire relatif au «
Dialogue social »
Groupe n° 4 : Dialogue social et
restructurations
Promotion 2003-2005 « Romain GARY »
Ministère de l'Emploi, de la Cohésion
sociale et du Logement
(Décembre 2006)
« Animer une démarche de dialogue social
territorial élargi, vers un projet local pour
l'emploi »
Cahier thématique
Comité de liaison des comités de Bassin d'Emploi
Délégation générale à l'emploi
et à la formation professionnelle
Sous-direction des mutations économiques
TEXTES LEGISLATIFS ET ADMINISTRATIFS (VALEUR
LEGALE)
Circulaire du 21 mars 2007 relative au dispositif
d'intelligence économique mis en oeuvre au sein des services du
ministère de l'économie, des finances et de
l'industrie
JORF n°108 du 10 mai 2007
Circulaire DGEFP n° 2004007 du 16 février
relative aux Comités de Basin d'Emploi et et au Comité de Liaison
des Comités de Bassin d'Emploi
JORF du 16 février 2004
* 1 Notion de «business
intelligence » ou « compétitive
intelligence » aux Etats Unis par exemple. D'autres pays comme le
Japon et la Suède avaient également développé des
concepts similaires dès le début des années 1980
* 2 Martre et al, 1994,
dit Rapport Martre, oeuvre collective du Commissariat du Plan
intitulée Intelligence économique et stratégie des
entreprises (La Documentation Française, Paris)
* 3 Clerc Philippe, Livre Blanc
des CCI, 1997
* 4 Alain Juillet en
décembre 2003 « haut responsable chargé de
l'intelligence économique » au Secrétariat
Général de la Défense National (SGDN) par exemple.
* 5 Cf bibliographie
* 6 Cf Bibliographie
* 7 Cf bibliographie
* 8 Cf bibliographie
* 9 Nouvelles Techniques de
l'Information et de la Communication
* 10 Joêl de Rosnay,
1975, Le Macroscope.
* 11 au sens de Levy-Jouyet,
2006, Rapport au Ministre de l'Economie, L'économie de
l'immatériel : La croissance de demain.
* 12 Cf Bibliographie
* 13 Méthode CAVALA,
2007, « Représentations de l'entreprise dans les
systèmes d'information statistique et décision dans les
collectivités territoriales » et 2009 « De la
difficulté d'évaluer les politiques économiques
régionales ».
* 14 Normes issues du Bureau
International du Travail (BIT)
* 15 Au sens du Code du
Travail. Art L 412-1 et suivants
* 16 Burda, Wyplozz et Houard,
Une perspective européenne, 2001, ed de Boeck
* 17 Au sens légal du
terme : Organisations professionnelles représentant les employeurs
(ex MEDEF, CGPME...)
* 18 loi du 31 janvier 2007
« Animer une démarche de dialogue social territorial élargi,
vers un projet local pour l'emploi »
* 19 Bien qu'à des
niveaux disparates. Par exemple en Allemagne et en France les niveaux sont
différents mais la tendance globalement identique
* 20 Elections au sein des
entreprises (CE, DP) mais plus sûrement (car mesurable nationalement) aux
Elections Prud'hommales.
* 21 Par exemple LARGEPA
(LAboratoire de Recherche en sciences de GEstion Panthéon Assas) (Paris
II)
* 22 Par exemple EURISTIK
Centre de recherche de l'IAE de LYON (Lyon 3)
* 23 Dans le sens biologique
réduit d'une association à bénéfice
réciproque, mais non exclusive ni obligatoire.
* 24 Les syndicats sont issus
des mouvements corporatistes (métiers, compagnonnages) et ont subi,
à la suite de la Loi le Chapelier en 1791 et jusqu'en 1864 ( Loi
OLLIVIER), une répression féroce visant à les faire
disparaître.
* 25 Le Crom (1997), « Le
comité d'entreprise une institution sociale instable, communication au
colloque «L'enfance des comités d'entreprise » 1996.
* 26 Rapport remis au Premier
Ministre par Pierre Sudreau
* 27 Avis adopté par le
Conseil économique et social, saisi par le Premier ministre sur la
réforme de l'entreprise (juillet 1975).
* 28 Lois dites AUROUX et
notamment celle du 4 août 1982
* 29 Délit d'entrave au
CE (art L. 2324-3 à L. 2324-5 et L. 2324-8)
* 30 Notion de
représentativité syndicale depuis la loi du 20 août 2008
* 31 Place quantifiée
par la loi à 35% des sièges pour les syndicats
représentant les salariés.
* 32 Au sens de
« territoire apprenant » op cit
* 33 Décret
n°2002-790 du 3 mai 2002 et circulaire n°2004-007 du 16
février 2004
* 34 D'où le projet de
création de Commission Paritaires territoriales pour permettre
l'entrée des syndicats au sein des TPE - Projet abandonné en
juillet 2010 contre l'avis du gouvernement par le groupe majoritaire à
l'Assemblée Nationale.
* 35 Extraits du Site Internet
Service-Public - 12/03/2007
* 36 Comprendre les organismes
de protection sociale...dont le mode de gestion est la paritarisme
(co-direction entre le patronat et les syndicats)
* 37 Abstention de 74,37% lors
des élections prud'homales de 2008 contre 34% en 1979 par exemple.
* 38 Dans le sens
marché de l'emploi
* 39 Les dispositifs publics
d'accompagnement des restructurations, DARES, Premières informations
n° 35.1, août 2003.
* 40 Dont les missions ont
été définies par le décret du 20 octobre 2003
* 41 (a contrario le statut de
l'auto-entrepreneur est un véritable danger pour les syndicats car il
« rogne » sur le salariat en créant un statut non
salarié non productif en emploi salarié)
* 42 Cf bibliographie
* 43 « Anticiper les
mutations : accompagner les entreprises dans le développement des
compétences », Guide Pratique. MINEFI Direction
Générale des Entreprises.
* 44 « Concilier
flexibilité des entreprises et sécurité des
salariés », Cahier du Groupe Bernard BRUNHES, n°11,
février 2004
* 45 Contrainte
financière assise sur la masse salariale et commission obligatoire du
CE.
* 46 Dont la compétence
dans le domaine de la formation a été accordé par les lois
de décentralisation.
* 47 Climat, proximité
de la mer ou de la montagne...
* 48 Par exemple l'ACENER.
* 49 Loi
n° 2009-879 du 21 juillet 2009 portant réforme de
l'hôpital et relative aux patients, à la santé et aux
territoires.
* 50 Les Groupements
d'Employeur ont été créés dans cette région
en 1985 pour contourner le désertification rurale et le manque de main
d'oeuvre agricole (cf site du CESR Poitou-Charentes)
* 51 Circulaire relative aux
CBE. Cf bibliographie
* 52
« Activité politique et organisations
syndicales » extrait de « Contribution à
l'étude des tendances dans les partis et les syndicats : le cas
français », Thèse de doctorat de science
politique, sous la direction de M.J.Chevallier, Amiens, 1987
* 53 CGT Rapid Info Bretagne,
26 octobre 2007
* 54 Terme issu du vocabulaire
professionnel du marketing et qui peut être défini comme :
« Action de partenariat commerciale réalisée avec
la concurrence. Des concurrents peuvent par exemple cofinancer des actions de
communication relatives à l'image de leur secteur professionnel. Les
actions de coopétition se font souvent par le biais des associations
professionnelles. » in Dictionnaire du Maketing. ABC
Netmarketing 2009.
* 55 Dans le sens où le
Code du Travail régit l'ensemble de leurs prérogatives, droits et
obligations.
* 56 Articles L 432-1 et
suivants du Code du Travail.
* 57 Médecin du travail
prioritairement, mais si besoin ergothérapeute pour l'adaptation des
postes de travail, psychiatre ou psychothérapeute dans le cadre du
stress au travail...
* 58
« Éléments pour une approche de l'intelligence
territoriale comme synergie de projets locaux pour développer une
identité collective» cf bibliographie
* 59
« L'intelligence territoriale : la rencontre
synergique public/privé au service du développement
économique », 2009, Revue Internationale d'Intelligence
Economique.
* 60 Colloque sous
l'égide de l'Université du Quebec à Trois Rivières
, 2002, cf bibliographie
* 61 Communauté de
Communes au sud de Lille (Département du Nord)
* 62 Herbaux et Chotin, op
cit
* 63 2008 négociations
collectives, cf bibliographie.
* 64 On intègre
généralement sous ce vocable les syndicats CFDT, CFTC et
CFE-CGC.
* 65 Révision
constitutionnelle du 28 mars 2003 et loi organique du 1er aout
2003.
* 66 Fontan Jean-Marc, 1998
« Innovation sociale et société civile
québécoise » et Potters Talja, 1998,
« Social innovation : strategy against
exclusion ? »
* 67 Directive du Parlement
Européen 2009/35/CE et du Conseil du 6 mai 2009.
* 68 Professeurs
d'Histoire-Géographie et Conseillers Pédagogiques à l'IUFM
de Grenoble et au Rectorat de Grenoble, 2007
* 69 Essentiellement dans le
nord et l'est de la France dans des bassins sidérurgiques ou miniers.
* 70
Définition juridique : circulaire sur les CBE (cf
bibliographie), cadre de fonctionnement donné par la
nécessité d'un arrêté préfectoral et le
recours à une structure associative loi 1901.
* 71 Définition du
groupe d'entreprises posée par le Code du Travail et la jurisprudence
associée.
* 72 Définition
Wikipédia : « L'écologie est au sens large
le domaine de réflexion qui a pour objet l'étude des
interactions, et de leurs conséquences, entre un individu (isolé
et/ou en groupe social constitué) et le milieu biotique et abiotique qui
l'entoure et dont lui-même fait partie ; les conséquences
étant celles sur le milieu, mais aussi celles sur l'individu
lui-même. »
* 73 Rapport du
Séminaire européen « L'impact du dialogue social sur le
développement territorial » cf bibliographie
* 74 Lucie Tanguy, 2006,
« Les Instituts du Travail : la formation syndicale à
l'université de 1955 à nos jours », Presses
Universitaires de Rennes.
* 75 Jacques PERRAT, 2010,
« Dialogue social territorial : les atouts et les
ambiguïtés de la proximité », ADEES
Rhône-Alpes
* 76 Circulaire interne du 5
février 2003, Medef.
* 77 Citation issue des
Cahiers Thématiques de la DGE concernant le Dialogue Social Territorial,
cf bibliographie.
* 78 Au sens de
« gouvernance » du terme.
* 79 2008, « La
territorialisation du droit : l'exemple des politiques de l'emploi et de
la formation professionnelle continue », CAIRN Droit et
Société.
Mme Maggi-Germain est membre du Laboratoire de Recherche Ange
Guépin (UMR CNRS 6028/ MSH Ange Guepin).
* 80 Pour les SARL
* 81 Loi dite
« Madelin » qui impose un formalisme particulier aux
banques pour les garanties demandées aux entrepreneurs individuels en
cas de recours à l'emprunt. Une seconde Loi dite
« Madelin » instaurera un statut obligatoire de conjoint
collaborateur et la possibilité de cotiser pour la retraite par
capitalisation avec déduction des primes.
* 82 Cf rapport de Raphael
Chaves et José Luis Monzon (CIRIEC), « L'économie
sociale dans l'Union Européenne », 2007, ed Comité
Economique et Social Européen.
* 83 Pradié,
« La Tiers Secteur, premier entrepreneur de l'audiovisuel
local », 2001, Les Dossiers de l'Audiovisuel
* 84 Edgar Morin,
« Pour un nouvel imaginaire politique », Fayard
2006
* 85 « Le
syndicalisme n'est pas en crise. Un nouveau modèle s'est imposé,
caractérisé par la faiblesse de ses adhérents, la place de
ses « professionnels » et il est loin d'être certain
que celui-ci souhaite se transformer », D. Andolfatto et D.
Labbé in « Histoire des syndicats
1906-2006 », Seuil, 2006
* 86 Travailleurs pris dans
son acception littérale : ceux qui travaillent.
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