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Mortalité maternelle: cause et facteurs favorisants déterminés par l'autopsie verbale dans le département de Bakel.( Télécharger le fichier original )par Boubacar BARRY Université cheikh Anta Diop de Daklar - Master de recherche 2008 |
3.2.6 Délai entre la prise de décision et le recours effectif aux soinsDans l`étude, 75 % des femmes décédées ne sont pas allées immédiatement après que la décision de faire recours aux soins fut prise et le délai varie de 1 heure à 7 jours. Les raisons les plus souvent invoquées pour ce délai étaient l'automédication à domicile, le manque de moyens de transport, le traitement chez le guérisseur ou le tradipraticien ou le marabout en première intention, les recommandations des tradipraticiens qui déconseillaient le traitement moderne, l'état des routes, le manque de moyens financier... « Mes parents ont essayé de la soigner traditionnellement, ce sont des bambaras et ils croient fermement à ces pratiques traditionnelles et mystiques, ils ne voulaient pas l'amener au dispensaire » (Oncle d'une femme décédée dans un village de Bakel). « L'infirmier nous a dit de l'amener au poste de santé car il a du travail donc il ne peut pas venir à la maison. Ma femme s'évanouissait puis se réveillait, elle s'évanouissait de nouveau. Nous pensions qu'elle avait des attaques diaboliques c'est ainsi que ma mère est allée appeler un marabout qui lui a donné une eau traitée et des médicaments, il a dit que ça va passer rapidement si nous suivions son traitement. En suite, ma femme a commencé à avoir des crises après elle s'est évanouie nous voulions la conduire en charrette chez l'infirmier mais elle est décédée avant qu'on puisse l'amener » (Mari d'une femme décédée). 3.2.7 Lieu de décèsConcernant le lieu de décès, pour 9 femmes, il s'est déroulé dans les centres de santé, 3 à l'hôpital régional de Tamba, 3 à domicile et 5 en cours de route. Ces chiffres montrent que 60 % des décès se sont produits dans les structures sanitaires contre 40 à domicile ou en cours de route. Ces résultats peuvent s'expliquer par le fait que les centres reçoivent des cas critiques dus aux retards 1 et 2 avant de les atteindre, mais aussi par des facteurs socio-culturels ou logistiques qui retardent la prise en charge médicale. Répartition des décès selon le lieu de décès
3.2.8 Lieu de premier recoursTableau N°10 : Répartition selon le lieu de premier recours
Dans 65 % des cas de décès, le premier lieu de recours spontané des femmes enceintes ou en travail était la médecine traditionnelle ou les accoucheuses traditionnelles. Ce n'est que dans 35 % des cas qu'elles ont faits recours spontanément aux structures médicales modernes. La médecine traditionnelle prime toujours sur celle moderne malgré les progrès de cette dernière et la disponibilité des structures. Ceci démontre l'impérieuse nécessité de créer un cadre de collaboration avec les guérisseurs, les marabouts et les accoucheuses traditionnelles qui sont les liens entre les populations et les structures sanitaires. 3.2.9 Moyen de transport pour joindre les structures sanitaires Dans 40% des cas, la charrette représente le premier moyen de transport des populations pour rejoindre les structures sanitaires, suivie de la pirogue et de la voiture avec 25 %, et la marche avec 10 %. Ceci démontre le manque criard de moyens de transport adéquats vers les établissements sanitaires et la non adaptation aux urgences des moyens utilisés. Tableau N° 11 : Distribution selon le moyen de transport
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