

UNIVERSITE CADI AYYAD
FACULTE DES SCIENCES
SEMLALIA- MARRAKECH
Département de Biologie
Project de Fin d'études de
Licence-SV
Année Universitaire 2006-2007
![]()
Réalisé par :
Encadrant :Pr. Leila RAFOUK
Ouissam EL RHAZI
Rachid HABIB
Examinateurs : Pr. N. MEZRIOUI
Pr. M. BARAKATE
Soutenu le 22 juin 2007
UNIVERSITE CADI AYYAD , FACULTE DES SCIENCES - SEMLALIA ,
DEPARTEMENT DE BIOLOGIE ,
AVENUE MLY ABDELLAH BP 2390 , 40000 MARRAKECH ,
Tél :(+212)024.43.46.49 , Fax:(+212)024.43.74.12
TABLE DE MATIERES
Introduction 2
I. Généralités sur les eaux
usées
3
1. Définition
3
2. Origine et composition des eaux usées
3
2.1. Les eaux usées domestiques
3
2.2. Les eaux industrielles
3
2.3. Les eaux agricoles
3
2.4. Les eaux pluviales
3
3. Problématique des eaux usées
3
II. Formes de réutilisation des eaux
usées et avantages associés
4
1. Agriculture irriguée
4
2. Réutilisation industrielle
4
3. Réutilisation en zone urbaine
5
4. Production de l'eau potable
5
5. Autres 5
III.Risques sanitaires de l'utilisation des eaux
usées
6
1. Notion de risque
6
2. Danger microbiologique
7
2.1. Parasites dans les eaux usées
7
2.2. Bactéries dans le eaux usées
9
2.3. Virus dans les eaux usées
11
3. Danger chimique 12
IV.Recommandations
13
1. Normes de rejet
13
2. Procédés de traitement des eaux usées
14
3. Précautions à prendre 16
Conclusion
17
Références Bibliographiques
18
Introduction
Parmi les problématiques les plus répandues et
qui secouent actuellement le monde entier, on cite celle de la
réutilisation des eaux usées brutes, surtout en agriculture qui
consomme plus de 80% des ressources hydriques exploitées. Cette
utilisation en agriculture semble la solution pour compenser le besoin en eau
pour l'irrigation en raison de la rareté croissante de l'eau. Au Maroc
le volume annuel des eaux usées a presque triplé au cours des
trois dernières décennies. Il a passé de 48 à 500
millions de m3 de 1960 à 1999 et il est prévu
atteindre près de 900 millions de m3 en l'an 2020, alors la
réutilisation des eaux usées est largement utilisée
particulièrement dans les milieux arides et semi arides (cas de
Marrakech)et en augmentation chaque année
.http://www.idrc.ca/uploads/user-S/10637175471Maroc.doc .
La réutilisation des eaux usées non traitées
dans l'irrigation assure pour les plantes une source de nutriments ce qui
permet de réduire l'achat de fertilisants et de matières
organiques. Mais elle pose de sérieux risques pour la santé car
ces eaux usées non traitées représentent un facteur
véhiculant des microorganismes pathogènes et des substances
chimiques dangereuses pour l'organisme humain.
I. Généralités
sur les eaux usées
1. Définition
Les eaux usées sont des eaux altérées par
les activités humaines à la suite d'un usage domestique (eaux
ménagères lessives, cuisine et bain ainsi que les eaux de vannes
(WC)), industriel, artisanal, agricole ou autre.
Une personne consomme en moyenne 150 à 200 litres d'eau
potable par jour. Une fois utilisée, elle devient de l'eau dite
« eau usée »
http://www.siavb.com/pageLibre00010032.html
2. Origine et composition
des eaux usées
Suivant l'origine des substances polluantes on distingue entre
quatre catégories d'eaux usées :
2.1. Les eaux usées
domestiques
Elles proviennent des différents usages domestiques de
l'eau. Elles sont essentiellement porteuses de pollution organique. Elles se
répartissent en eaux ménagères, qui ont pour origine les
salles de bains et les cuisines et sont généralement
chargées de détergents, de graisses, de solvants, de
débris organiques, ...etc. Les eaux de vannes sont les rejets des
toilettes, chargés de diverses matières organiques azotées
et de germes fécaux.
http://www.eau-artois-picardie.fr/article.php3?id_article=14
2.2. Les eaux
industrielles
Elles sont très différentes des eaux usées
domestiques. Leurs caractéristiques varient d'une industrie à
l'autre. En plus des matières organiques azotées ou
phosphorées, elles peuvent également contenir des produits
toxiques, des solvants, des métaux lourds, des micropolluants organiques
ou des hydrocarbures.
http://www.eau-artois-icardie.fr/article.php3?id_article=14
2.3. Les eaux agricoles
L'agriculture est une source de pollution des eaux car elle
apporte les engrais et les pesticides.
1.2.4. Les eaux pluviales
On entend par eaux pluviales, les eaux issues du ruissellement
des toitures, des terrasses, des parkings et des voies de la circulation. Leur
destination est LE MILIEU NATUREL.
http://www.siavb.com/pageLibre00010032.html
3. Problématique
des eaux usées
En effet, le climat du Maroc varie du sub-humide au nord,
semi-aride à aride au centre, à saharien au sud.
-Au Maroc
Le Maroc est un pays dont le climat varie du sub-humide au
nord, semi-aride à aride au centre, à saharien au sud,
au niveau duquel la demande en eau, nécessaire à la
consommation et à l'irrigation(surtout la zone à climat aride
à semi aride), excède les ressources. Il est de surcroît
fortement dépendant de l'agriculture irriguée. Le Maroc utilise
les eaux usées brutes dans l'irrigation en tant que ressources
supplémentaires en eau. D'autre part, le Maroc est un pays manquant
d'eau, et au bord de la pénurie. La consommation d'eau a
déjà atteint le niveau à partir duquel on parle
généralement de stress hydrique (1000 m3/pers/an). En 2020, il
est estimé que 35% de la population sera en dessous du niveau des
conditions de stress sévère fixé à 500 m3/pers/an.
Il existe à peu près 63 stations d'épuration dans le pays
et la plupart semblent ne pas fonctionner ou fonctionner très mal. En
conséquence, les eaux usées sont déversées
directement soit dans les lits des rivières soit dans la mer et causent
d'énormes problèmes écologiques. En ce qui concerne la
réutilisation des eaux usées épurées, elle est
faible en raison de l'état de délabrement des infrastructures de
traitement. Aussi le Maroc connaît une pollution côtière, et
ses eaux souterraines sont contaminées par les eaux d'irrigation.
http://www.idrc.ca/fr/ev-65879-201-1-DO_TOPIC.html
-A Marrakech
A Marrakech, zone à climat aride, la majeure partie des
eaux usées de la ville est évacuée par des collecteurs
dans la zone d'épandage El Azzouzia où elle est exploitée
à l'état brut pour l'irrigation de différentes cultures
pour plus de quatre vingt années (Ait Melloul, 1999). Toutefois, la
forte pollution due à l'épandage des eaux usées urbaines
non traitées constituerait un facteur à retombées
néfastes sur l'état sanitaire de la population non seulement de
la zone d'épandage mais aussi de la ville.
http://wcentre.tours.inra.fr/sfpar/seminairebouesmaroc.doc
p:4
II/ Formes de réutilisation
des eaux usées et avantages associés
Devant l'augmentation des besoins en eau, la multiplication
démographique et l'amélioration du niveau de vie des
populations ; la réutilisation des eaux usées est la
meilleure solution pour faire face à la pénurie en eau. Cette
réutilisation connaît une grande extension dans les pays
à climat aride et semi aride même dans les pays
industrialisés (Mara et Cairncross, 1989) (Tableau 1).
Les eaux usées sont employées pour des usages agricoles,
industriels et urbains au lieu d'être rejetées en rivière
(Tableau 2).
Tableau 1: L'utilisation des eaux usées dans
quelques domaines (Strauss (1985) in(Mara et Cairncross, 1989))
Utilisation
|
Pays
|
La fertilisation du sol
|
Chine .Thaïlande .Inde, Japon
|
La production du biogaz
|
Chine .Inde
|
La fertilisation des étangs de poisson
(pisciculture)
|
Chine, Indonésie, Malaisie
|
La production des plantes aquatiques
|
Sud Est d'Asie, Vietnam
|
Utilisation de la boue des eaux usées en Agriculture
|
Kenya, UK, USA
|
La production des algues par stabilisation des
étangs
|
Israël, Japon, Mexique
|
1. Agriculture
irriguée
La quantité des eaux usées rejetée incite
les agriculteurs à utiliser cette source d'eau. Aussi, la richesse en
éléments fertilisants tel que l'azote, le phosphore et le
potassium, nécessaires pour le développement des plantes et aussi
pour la fertilisation du sol, permet d'économiser l'achat des engrais et
d'augmenter la production agricole (Mara et Cairncross, 1989).
2. Réutilisation
industrielle
La réutilisation industrielle des eaux usées et
le recyclage interne sont désormais une réalité technique
et économique. Pour les pays industrialisés, l'eau
recyclée fournit 85 % des besoins globaux en eau. Les centrales
thermiques et nucléaires (eau de refroidissement) sont parmi les
secteurs qui utilisent les eaux usées en grande quantité. La
qualité de l'eau réutilisée dépend de l'industrie
ou de la production industrielle (Ecosse, 2001). Aux Etats-Unis, par exemple,
le volume des eaux résiduaires réutilisées en industrie
est d'environ 790 000 m3/jour, dont 68 % pour le
refroidissement (Lazarova, 1998).
3. Réutilisation en
zone urbaine
En zone urbaine et périurbaine, la réutilisation
des eaux usées est une source importante. Les usages les plus courants
sont l'irrigation d'espaces verts (parcs, golfs, terrains sportifs),
l'aménagement paysager (cascades, fontaines, plans d'eau), le lavage des
rues ou des véhicules et la protection contre l'incendie. Une autre
application importante est le recyclage en immeuble, par exemple l'utilisation
de l'eau ménagère traitée pour le lavage (Ecosse,
2001).
4. Production de l'eau
potable
Pour la production de l'eau potable plusieurs pays exigent des
normes très sévères dont l'élimination totale des
virus (l'Afrique du Sud et l'Australie) (Lazarova, 1998).
Le progrès technologique du métier de l'eau
permet de produire une eau de très bonne qualité, même
à partir des eaux usées. De nombreuses études permettent
l'utilisation des eaux usées d'une manière correcte, si les
procédures suivies dans le traitement peuvent éliminer tous les
éléments pathogènes (Lazarova, 1998).
5. Autres
On peut utiliser les eaux usées dans d'autres secteurs
tels que l'aquaculture et la pisciculture.
Le tableau ci-dessous regroupe les principaux formes de
réutilisations des eaux usées
Tableau 2 : Formes de réutilisation des eaux
usées
Formes de
réutilisation
|
Application
|
Production de l'eau potable
|
§ Production indirecte d'eau potable
§ Production directe d'eau potable
|
Irrigation en agriculture
|
§ Culture maraîchère
§ Arbre fruitiers
§ Cultures industrielles
§ Aquaculture
|
Activités récréatives
|
§ Augmentation des cours d'eau pour le pèche
,natation
|
Utilisations industrielles
|
§ Eau de refroidissement
|
L'utilisation urbain
|
§ Irrigation de parcs, écoles
§ Golfs, résidences
§ Protection incendie
§ Recyclage en immeuble
|
III. Risques sanitaires de
l'utilisation des eaux usées
Les eaux usées représentent un important
véhicule d'agents biologiques (parasites, bactéries et virus) et
chimiques (métaux lourds surtout) issus de l'activité humaine
et/ou industrielle. Dans les zones d'épandage, le rejet de ces eaux
usées est intense. Les agents pathogènes peuvent être
transmis à l'Homme lors du contact direct avec les eaux usées, ou
indirectement par la consommation de cultures irriguées avec ces eaux
usées, ou encore par des produits d'origine animale.
1. Notion de
risque
Trop souvent, l'isolement des agents pathogènes
à partir des cultures, du sol ou de l'eau d'irrigation est
considéré comme indicateur d'un risque potentiel pour la
santé de ceux qui entreraient en contact avec l'élément
contaminé. Parfois, l'isolement même d'un germe non (ou
exceptionnellement) pathogène, mais utilisé comme marqueur usuel
de contamination (par exemple : Escherichia coli), suffit pour
considérer que le risque est réel (Prost et Boutin , 1989). Selon
Prost et Boutin (1989), on distingue trois niveaux de risque :
· Le risque théorique ou
potentiel : découle de la présence ou de l'absence
d'un microorganisme dans le milieu étudié. Celui-ci peut
être un sol, une culture, une eau d'irrigation ou un effluent brut ou
épuré. Cette évaluation purement qualitative, de
présence ou d'absence de microorganismes pathogènes, est une
indication microbiologique qui constitue une étape de l'identification
du risque, mais qui ne pourrait être assimilée au risque pour
l'Homme de contracter une infection. En effet, l'Homme pourrait être en
contact permanent avec une variété de microorganismes
pathogènes sans en être nécessairement affecté.
Leur présence est une condition nécessaire mais non suffisante
pour déclencher l'apparition d'une pathogénie.
· Le risque expérimental :
les agents pathogènes en question doivent survivre en quantité
suffisante et être présents dans le milieu à une
concentration compatible avec la dose infectante. Celle-ci se définit en
tant que quantité de microorganismes nécessaire pour provoquer
l'infection d'un individu sensible. Elle est faible pour les parasites (un seul
oeuf d'ascaris est suffisant pour engendrer une infection) mais souvent grande
pour certaine bactéries telles que Salmonella (Feachem et
al., 1983).
· Le risque réel est le risque de
contracter la maladie, observé par
l'épidémiologiste dans une population exposée. Il est
différent du risque expérimental en ce sens qu'il introduit dans
la chaîne épidémiologique les déterminants de
l'environnement physique et social susceptibles de modifier l'exposition des
individus au risque. Il tient compte aussi de la notion d'immunité
individuelle acquise par les membres de la communauté, et de celle du
ratio « population réceptive/population
immune » dans cette communauté. L'immunité ainsi que
d'autres facteurs de susceptibilité ou de résistance
appelés « facteur d'hôte », modifient
l'expression du risque expérimental dans une communauté. Le
risque réel intègre en fait le langage
épidémiologique appelé risque attribuable (Blum et
Feachem, 1985). Celui-ci est représenté par le nombre de cas
d'infections supplémentaires enregistrés dans une
communauté utilisant les eaux
usées par rapport à l'époque où
elle n'y recourait pas. C'est aussi, le nombre de cas supplémentaires
observés dans une communauté utilisant des eaux usées par
rapport à une autre qui n'en est différente que par cette seule
pratique. Par exemple, si l'agent pathogène dont on veut évaluer
le risque est présent dans l'environnement comme polluant habituel, le
risque lié aux eaux usées ne sera qu'un facteur secondaire
d'exposition. La réutilisation même à l'état brut
des eaux usées, jouerait un rôle mineur de contamination de
l'environnement, comparé aux autres modes de propagation. Le risque
attribuable serait donc faible (Ait Melloul, 1999).
2. Danger
microbiologique
Le
danger infectieux peut être estimé par la prévalence. Il
s'agit du pourcentage des individus infectés dans une population pendant
un certain temps donné. Elle donne la fréquence de la maladie au
sein de la population. La détermination de la prévalence donne
une information importante sur les mesures préventives à
entreprendre. Le danger microbiologique est dû aux
agents pathogènes véhiculés par les eaux
usées (parasites, bactéries et virus).
2.1. Parasites dans les
eaux usées
2.1.1. Protozoaires
Les protozoaires sont des organismes
unicellulaires munis d'un noyau, plus complexes et plus gros que les
bactéries. Les protozoaires pathogènes sont des organismes
parasites, C'est-à-dire qu'ils se développent
aux dépens de leur hôte. Certains protozoaires adoptent au cours
de leur cycle de vie une forme de résistance, appelée
kyste. Cette forme peut résister généralement aux
procédés de traitements des eaux usées.
http://www.ors-idf.org/etudes/pdf/REURapport.pdf
2.1.2. Les helminthes
Les helminthes sont des vers multicellulaires.
Tout comme les protozoaires, ce sont majoritairement des organismes
parasites. Les oeufs d'helminthes sont
très résistants et peuvent notamment survivre plusieurs semaines
voire plusieurs mois sur les sols ou les plantes cultivées. La
concentration en oeufs d'helminthes dans les eaux usées est de l'ordre
de 10 à 103 oeufs/l (Faby et Brissaud, 1997).
Le tableau 3 regroupe les principaux protozoaires et
helminthes que l'on trouve dans les eaux usées, avec les pathologies qui
leur sont associées, éventuellement le nombre moyen de parasites
que l'on trouve dans un litre d'eau usée et la voie de contamination
principale du pathogène.
v Cas de Marrakech :
Dans l'optique d'évaluer l'impact de la
réutilisation des eaux usées en agriculture sur la distribution
des parasitoses intestinales chez les enfants de la zone d'épandage des
eaux usées de Marrakech, une enquête épidémiologique
a été effectuée chez les enfants de cette zone et dans une
zone témoin (dont la population est non exposée au facteur de
risque et doit présenter les mêmes conditions
socio-économiques que la population de la zone d'épandage)
(Bouhoum, 2005). Les analyses effectuées lors de cette enquête ont
permis de dépister 7 parasitoses intestinales en l'occurrence,
l'amibiase, la giardiase,
l'ascaridiose, la trichocéphalose, le
téniasis, l'hyménolepiase et
l'oxyurose
Tableau 3 : Les parasites pathogènes dans les
eaux usées
D'après Asano (1998) et (
www.hc-sc.gc.ca)
in(
http://www.ors-idf.org/etudes/pdf/REURapport.pdf)
Organisme
|
Symptômes, maladie
|
Nombre pour
un litre
|
Voies de contamination
principales
|
Protozoaires
Entamoeba histolytica
Giardia lamblia
Balantidium Coli
Cryptosporidium
Toxoplasma gondii
Cyclospora
Microsporidium
|
Dysenterie amibienne 4
Ingestion
Diarrhée, malabsorption 125
à 100 000 Ingestion
Diarrhée bénigne, ulcère du colon
28-52 Ingestion
Diarrhée
0,3 à 122 Ingestion
Toxoplasmose : ganglions, faible fièvre
Inhalation / Ingestion
Diarrhée, légère fièvre, perte de
poids Ingestion
Diarrhée
Ingestion
|
Helminthes
Ascaris
Ancylostoma
Necator
Tænia
Trichuris
Toxocora
Strongyloïdes
Hymenolepis
|
Ascaridiase : diarrhée, troubles nerveux 5
à 111 Ingestion
Anémie
6 à 188 Ingestion / Cutanée
Anémie
Cutanée
Diarrhée, douleurs musculaires
Ingestion de viande
mal cuite
Diarrhée, douleur abdominale 10
à 41 Ingestion
Fièvre, douleur abdominale
Ingestion
Diarrhée, douleur abdominale, nausée
Cutanée
Nervosité, troubles digestifs, anorexie
Ingestion
|
Lors de cette étude on a constaté que la
prévalence globale des parasitoses intestinales chez le groupe
exposé au risque est nettement supérieure à celle
enregistrée chez le groupe témoin avec des valeurs respectives de
63,8% et 38%. L'amibiase et la giardiase ont été
détectées avec des prévalences respectives de 28,2% et
39,1% chez le groupe exposé contre 6% et 20% chez le groupe
témoin. Pour les helminthiases intestinales, les prévalences
respectives enregistrées chez le groupe exposé et témoin
sont 46,1% et 23,3% (Bouhoum, 2005) alors qu'au niveau d'une étude plus
ancienne (Habbari, 1992) dans la même zone par rapport à la zone
témoin d'Ain Itti, parmi 253 élèves testés de la
région d'EL Azzouzia, 166 sont porteurs d'un ou de plusieurs oeufs
d'helminthes, soit une prévalence de 65.61%. Par contre, chez le groupe
témoin d'Ain Itti, elle n'est que de 23.27 %. Ce qui
révèle une diminution du taux d'infestation des enfants de la
zone d'épandage par les helminthiases intestinales avec un passage de
65.61% à 46,1%.
Cette différence de valeurs entre les groupes
témoins et de la zone d'utilisation des eaux usées en
agriculture confirment la surinfection des enfants de cette dernière, ce
qui résulterait du fait que les enfants de cette région entrent
en contact direct avec les eaux résiduaires, source continue de
contamination par les oeufs d'helminthes parasites. En plus, les champs
irrigués par ces eaux constituent un lieu de jeux ou de travail pour
ces enfants. Ce comportement non hygiénique a aussi été
signalé par Hilali (1986) dans la même région. Ceci
témoigne de l'absence même d'une éducation sanitaire
élémentaire, chose qui semblerait normale, si on sait que
l'analphabétisme des parents atteint des valeurs supérieures
à 95% (Hilali, 1986). Aussi le parasitisme des enfants du groupe
exposé varie selon un certain nombre de facteurs tels que l'age, le
sexe, la profession du chef de ménage, l'activité, l'effectif
familial, la source d'eau utilisée (Habbari, 1992).
Tableau 4:Résultats de deux études (1992
et 2005) des Helminthiases intestinales
|
(Bouhoum, 2005)
|
Groupe exposé
|
Groupe témoin
|
Parasitoses intestinales
|
Helminthiases intestinales
|
Parasitoses intestinales
|
Helminthiases intestinales
|
Prévalence
|
63,8%
|
46,1%
|
38%.
|
23,3%
|
|
(Habbari, 1992)
|
Groupe exposé
|
Groupe témoin
|
Helminthiases intestinales
|
Helminthiases intestinales
|
Prévalence
|
65.61%
|
23.27 %
|
2-2.Bacteries dans les
eaux usées
Les bactéries sont des organismes unicellulaires
simples et sans noyau. Leur taille est comprise entre 0,1 et 10 ìm. La
quantité moyenne de bactéries dans les fèces est
d'environ
1012 bactéries/g (Asano, 1998). La
majorité de ces bactéries ne sont pas pathogènes.
Cependant, chez un hôte infecté, le nombre de bactéries
pathogènes peut être très important. Les bactéries
entériques sont adaptées aux conditions de vie dans l'intestin,
c'est-à-dire une grande quantité de matière
carbonée et de nutriments, et une température relativement
élevée (37°C). Leur temps de survie dans le milieu
extérieur, où les conditions sont totalement différentes,
est donc limité. Par ailleurs, les bactéries pathogènes
vont se trouver en compétition avec les bactéries
indigènes, ce qui limitera leur développement.
Les eaux usées contiennent en moyenne 107
à 108 bactéries/ml. La concentration en
bactéries pathogènes est de l'ordre de 104/l(Faby et
Brissaud, 1997). Le nombre de germes peut être multiplié par
1 000 dans les eaux de rivières après un rejet
urbain.
www.ors-idf.org/etudes/pdf/REURapport.pdf
La voie de contamination majoritaire est l'ingestion, comme le
montre le tableau 5. Les bactéries pathogènes d'origine hydrique
sont responsables de la mort de 3 à 10 millions de personnes par an dans
le monde.
Tableau 5 : Les bactéries pathogènes dans
les eaux usées
D'après Asano (1998) et (
www.hc-sc.gc.ca) in(
http://www.ors-idf.org/etudes/pdf/REURapport.pdf)
Agent pathogène
|
Symptômes, maladie
|
Nombre pour un
litre d'eau usée
|
Voies de contamination
principales
|
Typhoïde,
paratyphoïde, 23 à 80 000
Ingestion
Salmonella
Salmonellose
Shigella Dysenterie
bacillaire 10 à 10 000 Ingestion
E. coli
Gastro-entérite
Ingestion
Yersinia
Gastro-entérite
Ingestion
Campylobacter
Gastro-entérite 37 000
Ingestion
Vibrio Choléra
100 à 100 000
Ingestion
Leptospira Leptospirose
cutanée/inhalation/ingestion
Legionella
Légionellose
Inhalation
Mycobacterium Tuberculose
Inhalation
|
v Cas de Marrakech :
La présence de fortes concentrations de
Salmonella dans les eaux usées de Marrakech a été
mentionnée à maintes reprises (Boussaid, 1987 ; Mezrioui,
1995). Lors de l'étude épidémiologique
réalisée par Ait Melloul en 1999 dans le but d'évaluer le
risque attribuable aux eaux usées dans la transmission de
Salmonella, il a fallu choisir une population témoin non
exposée au facteur de risque en question. Cette population doit
présenter les mêmes conditions socio-économiques que la
population de la zone d'épandage, le choix s'est alors porté sur
la zone de Sidi Moussa, vu les grandes similitudes entre les deux zones. Pour
déterminer les sources potentielles de contamination des enfants par
Salmonella, on a analysé d'une part les eaux usées brutes
et d'autre part les végétaux irrigués par ces eaux. Ainsi,
on s'est intéressé à évaluer la contamination, par
Salmonella, de certains produits agricoles tels que la laitue, le
persil, la courge, la tomate et le piment (Ait Melloul, 1999).
Après l'identification sérologique des
différents isolats de Salmonella, Ait Melloul (1999) a
déterminé la correspondance entre les souches isolées chez
les enfants et celles provenant des différentes sources de contamination
(eaux usées, végétaux). Selon certaines données
relatives à chaque enfant (sexe, age, lieu de résidence,...), il
a tenté une approche de l'influence de chacun de ces facteurs sur la
répartition de Salmonella dans le but de déterminer les
groupes à haut risque. Les résultats de l'étude ont
montré que les garçons étaient plus touchés par
Salmonella que les filles. Il explique ce résultat par le fait
que les garçons étaient plus exposés aux sources de
contamination ; leurs activités de jeu dans les champs
irrigués par les eaux usées et les travaux qu'ils exercent
(bergers, aident leurs parents dans les travaux champêtres ou bien des
ouvriers agricoles : irrigation et entretien des champs, récolte
des produits agricoles), augmentent leur chance de contacter Salmonella.
Quant aux filles, elles sont relativement moins en contact avec les eaux
usées. Elles s'occupent surtout, après l'école, du
ménage ; ce qui atténuerait le contact avec les sources de
contamination (Ait Melloul, 1999).
40 -
0
20 -
Zone d'épandage
Zone témoin






Source :Ait Melloul
Figure 1:la prévalence des souches de Salmonella
selon le sexe chez les enfants de la zone d'épandage et de la zone
témoin.
Pour les enfants témoins de Sidi Moussa, aucune
différence selon le sexe n'a été enregistrée Figure
1). En effet, parmi les enfants examinés seulement, quatre
étaient des porteurs de Salmonella (trois garçons et une
fille). Le taux d'infection des garçons était de 1.40%.pour les
filles le pourcentage d'infection était de 0.72% (Ait Melloul, 1999).
2.3 .Virus dans les
eaux usées
Ce sont des organismes infectieux de très petite taille
(10 à 350 nm) qui se reproduisent en infectant un organisme hôte.
Les virus ne sont pas naturellement présents dans l'intestin,
contrairement aux bactéries. Ils sont présents soit
intentionnellement (après une vaccination contre la poliomyélite,
par exemple), soit chez un individu infecté accidentellement.
L'infection se produit par l'ingestion dans la majorité des cas, sauf
pour Coronavirus où elle peut aussi avoir lieu par inhalation.
Dans le tableau 6 sont recensés la plupart des virus que l'on peut
trouver dans les eaux usées, avec les symptômes de la maladie qui
leur est associée, éventuellement le nombre moyen de virus que
l'on trouve dans un litre d'eau usée et la voie de contamination
principale.
www.ors-idf.org/etudes/pdf/REURapport.pdf
Tableau 6:Les virus dans les eaux
usées
D'après Asano (1998) et (
www.hc-sc.gc.ca)in(
http://www.ors-idf.org/etudes/pdf/REURapport.pdf)
Agent pathogène
|
Symptômes, maladie
|
Nombre pour un
litre d'eau usée
|
Voies de contamination
principales
|
Virus de l'hépatite A
|
Hépatite A
|
|
Ingestion
|
Virus de l'hépatite E
|
Hépatite E
|
|
Ingestion
|
Rotavirus
|
Vomissement, diarrhée
|
400 à 85 000
|
Ingestion
|
Virus de Norwalk
|
Vomissement, diarrhée
|
|
Ingestion
|
Adénovirus
|
Maladie respiratoire, conjonctivite,
vomissement, diarrhée
|
|
Ingestion
|
Astrovirus
|
Vomissement, diarrhée
|
|
Ingestion
|
Caliciviru
|
Vomissement, diarrhée
|
|
Ingestion
|
Coronavirus
|
Vomissement, diarrhée
|
|
Ingestion / inhalation
|
Réovirus
|
Affection respiratoire bénigne et
diarrhée
|
|
Ingestion
|
Entérovirus :
|
Poliovirus Paralysie, méningite, fièvre
|
182 à 492 000
|
Ingestion
|
Coxsackie A
|
Méningite, fièvre, pharyngite,
maladie respiratoire
|
|
Ingestion
|
Coxsackie B
|
Myocardite, anomalie congénitale
du coeur (si contamination pendant
la grossesse), éruption cutanée,
fièvre, méningite, maladie
respiratoire
|
|
Ingestion
|
Echovirus
|
Méningite, encéphalite, maladie
respiratoire, rash, diarrhée, fièvre
|
|
Ingestion
|
Entérovirus 68-71
|
Méningite, encéphalite, maladie
respiratoire, conjonctivite
hémorragique aiguë, fièvre
|
|
Ingestion
|
3. Danger
chimique
Les industries rejettent dans l'environnement des
polluants chimiques comme les métaux lourds, causant des effets nocifs
en pathologie humaine avec dans certains cas des phénomènes
toxiques. Entre 1953 et 1960 à MINAMATA au japon, 111 personnes sont
mortes ou ont été gravement intoxiquées à la
suite de l'absorption de poissons, mollusques et crustacés renfermant
des taux élevés de mercure organique. La maladie de ITAI-ITAI ou
OUCH-OUCH au Japon, résultant d'une contamination par le cadmium. A
Yakima aux USA, 14 familles ont eu une intoxication alimentaire par des
oeufs contaminés par un fongicide mercuriel.. Depuis, l'idée
d'une intoxication chronique causée par les métaux lourds a pris
naissance chez les écotoxicologues et les toxicologues .
v Cas de
Marrakech
Au niveau de la ville de Marrakech , l'industrie
artisanale rejette des eaux usées très chargées en
éléments considérés comme toxiques ( mercure
,cadmium , plomb et chrome) et des éléments
considérés comme indésirables( cuivre ,et zinc ).
D'après Sedki (1995) les teneurs en ces métaux oscillent de 0.5ug
à 5ug/l pour le Hg, de 1à 15ug/l pour le Cd, de 142
à250ug/l pour le Pb, de 300à400ug/l pour le Cr, de 80 à
320 ug/l pour le Cu et de 250 à 550 ug/l pour le Zn.
IV. Recommandations
1. Normes de
rejet
Il n'y a pas un règlement commun de
réutilisation des eaux usées dans le monde. Ceci est
dû :
ü à la diversité du climat, de la
géologie et de la géographie,
ü au type de sols et des cultures,
ü aux aspects économiques et sociaux,
Néanmoins, quelques pays et organismes ont
établi des normes de réutilisation telles la Californie, O.M.S,
la F.A.O, France, Italie
http://www.uest.gr/medaware/publications/Expos_WatMed_16_11_05.ppt#17
Le Maroc n'a pas encore un règlement spécifique de
réutilisation d'eau usée. La référence est
habituellement les recommandations de l'O.M.S.
http://www.uest.gr/medaware/publications/Expos_WatMed_16_11_05.ppt#24
L'Organisation Mondiale de la Santé (O.M.S) a
élaboré en 1998 des lignes directrices pour la qualité
microbiologique de l'eau : une irrigation illimitée avec une
qualité microbiologique de 1 oeuf nématode/l et <=1 000
bactéries coliformes fécales/100 ml.
http://www.notre-planete.info/actualites/actu_825.php
Ainsi, les teneurs en métaux lourds ne doivent pas
dépasser certaines limites de concentration en eau usée
traitée pour l'irrigation continue comme le montre le tableau
7 :
Tableau 7 : Limites de concentration pour des
métaux en eau usée traitée
Métal
|
Concentration
(mg/l)
|
Métal
|
Concentration
(mg/l)
|
Aluminium (Al)
|
5.0
|
Lead (Pb)
|
5.0
|
Arsenic (As)
|
0.1
|
Lithium (Li)
|
2.5
|
Beryllium (Be)
|
0.1
|
Manganese (Mn)
|
0.2
|
Boron (B)
|
0.75
|
Molybdenum (Mo)
|
0.01
|
Cadmium (Cd)
|
0.01
|
Nickel (Ni)
|
0.2
|
Chromium III (Cr)
|
0.1
|
Selenium (Se)
|
0.02
|
Cobalt (Co)
|
0.05
|
Vanadium (V)
|
2.0
|
Copper (Cu)
|
0.2
|
Zinc (Zn)
|
0.005
|
Iron (Fe)
|
5.0
|
|
http://www.uest.gr/medaware/publications/Expos_WatMed_16_11_05.ppt#21
2. Procédés de
traitement des eaux usées
L'utilisation des eaux à l'état brut pose de
sérieux problèmes de santé publique. L'O.M.S. (1989) a
rejeté cette pratique et a mis l'accent sur le traitement de ces eaux
avant leur réutilisation.
Il est admis que le traitement par voie biologique constitue
la solution la plus économique et la plus adéquate pour le
traitement des eaux domestiques et de la plupart des eaux usées
industrielles (Abid, 2001). Cette épuration met en jeu, d'une part, des
mécanismes de sédimentation des matières
décantables, et d'autre part, l'activité biologique des
micro-organismes. Ils peuvent être classés en deux
catégories (Edeline, 1980) :
-Des systèmes biologiques intensifs : ce
sont des systèmes d'épuration classiques qui occupent moins
d'espace et consomment de l'énergie. En plus, ils ont un coût
d'installation et de fonctionnement élevé. On distingue les
systèmes de traitement par boues activées, lits
bactériens, disques biologiques...etc. (Edeline, 1980).
-Des systèmes biologiques extensifs : ils
reposent sur les phénomènes d'auto-épuration naturelle
et ne demandent pas d'énergie mais nécessitent de grandes
superficies et de longs séjours des eaux usées. Du point de vue
économique, ils sont moins coûteux. Ce sont le lagunage,
l'infiltration-percolation, le chenal algal à haut rendement.. etc.
Le choix de l'un ou l'autre des procédés de
traitement dépend de plusieurs considérations : origine et
volume d'eau à épurer, conditions locales, emplacement, facteurs
économiques, normes à atteindre, ...etc. puisque la
réutilisation de l'eau usée est limitée par des
précautions sanitaires, comme c'est le cas pour la cité
phosphatière Benguerir. L'objectif principal du traitement des eaux
usées d'après Mara et Cairncross (1991) est l'élimination
des agents pathogènes.
Les procédés de traitement classiques ne
permettent pas, sans traitement tertiaire supplémentaire, d'obtenir un
effluent ayant la qualité hygiénique recommandée (Mara et
Cairncross, 1991).
Parmi les systèmes extensifs, le lagunage constitue la
technique la plus recommandée pour produire des effluents de
qualité voulue pour l'irrigation (O.M.S., 1989). Il est peu
coûteux, facile à exploiter et efficace pour l'élimination
des agents pathogènes. Son seul inconvénient est qu'il occupe
beaucoup d'espace.
Lagunage naturel :
·
Généralités :
C'est le système le plus recommandé pour les
pays chauds où le terrain est disponible à faible coût
(O.M.S , 1989). Au Maroc, on a enregistré 11 unités dont
seulement 6 sont encore en état de fonctionnement (Amil, 1996).
L'épuration est obtenue grâce au
développement bactérien, l'oxygène nécessaire est
fourni par l'activité photosynthétique des algues vertes qui se
développent en abondance dans un tel milieu.
Il consiste en un lent écoulement des eaux à
épurer dans un ou, le plus souvent, plusieurs bassins dont la profondeur
varie en fonction du type de lagunage (Gloya, 1972). L'épuration est
obtenue grâce au développement bactérien, l'oxygène
nécessaire est fourni par l'activité photosynthétique des
algues vertes qui se développent en abondance dans un tel milieu.
(Fakidi, 2004). Ainsi le fonctionnement du système repose sur un
ensemble de mécanismes à la fois simples et complexes
résultant de l'interaction entre les communautés biologiques sous
l'influence des facteurs physico-chimiques du milieu (température, pH,
oxygène dissous,...) et climatiques(ensoleillement, vent,...) (Soler et
al., 1991).
L'épuration par lagunage présente
l'inconvénient d'occupation de surfaces importantes en terrains et la
contrainte de sous sol (contamination des nappes) malgré sa
facilité d'exploitation et son coût limité (Fakidi,
2004).
· Types de lagunage :
Il existe plusieurs types de lagunage
a) Lagunage anaérobie :
Il peut être employé comme première
étape de traitement (traitement primaire) ou placé après
un prétraitement. Il est caractérisé par une profondeur
supérieure à 2m et par un temps de séjour réduit
de 3 à 10 jours (Cemargref et al., 1997).
Ce type de bassin est le siège d'une
activité anaérobique qui conduit à la dégradation
de la matière organique (Curtis et Mara, 1994), jusqu'à la
formation de composés fins. Le lagunage anaérobie supporte les
fortes charges polluantes, mais il présente l'inconvénient de
risque de production d'odeurs (Abid, 2001).
b) Lagunage facultatif :
Il peut être placé en tête d'une
série de lagunages ou recevoir un effluent secondaire d'un autre type
de traitement primaire. La profondeur est relativement faible et varie entre 1
et 1,5 m (Feachem et al., 1983), mais le séjour est un peu plus
grand (10 à 40 jours) (Curtis et Mara,1994). Il est
caractérisé par la présence de deux zones, l'une profonde
anaérobie ou se déroulent des processus de fermentation des boues
décantées par des bactéries anaérobies et une zone
aérée caractérisée par l'activité des
bactéries aérobies (Abid, 2001).
c) Lagunage de maturation :
Ce sont des bassins peu profonds (<=1m),
aérés par la photosynthèse des microphytes et les
phénomènes de diffusion de l'oxygène atmosphérique.
Le séjour varie de 10 à 40 jours (Feachem et al.1983).
La zone aérobie occupe une large fraction de la hauteur d'eau en raison
de la faible charge organique. Ce type de lagunage reçoit des effluents
tertiaires (du lagunage facultatif, de boues activées...). Son
rôle principal est de réduire les germes pathogènes et un
abattement supplémentaire des nutriments et de la charge organique
(Abid, 2001).
d) Lagunage à macrophytes :
Ce sont des bassins à faible profondeur de 0.3 à
0.5 m (Cemagref et al., 1997) plantés de végétaux
enracinés.ils sont disposés comme dernière étape de
traitement. Ils permettent la réduction du nombre d'algues, un
abattement supplémentaire des éléments nutritifs, de la
DBO5, des métaux lourds et des parasites (Abid,
2001).
3. Précautions à
prendre
A côté de la nécessité
d'épurer les eaux usées, plusieurs mesures de protection de la
population doivent être prises. Parmi celles-ci nous citerons :
- l'amélioration du niveau de vie en
général et de l'assainissement.
- La restriction du maraîchage sur champs
d'épandage.
- L'éducation sanitaire : de rigoureuses compagnes
d'éducation sanitaire sont nécessaires pour rendre le public
conscient des rapports qui existent entre les conditions sanitaires et les
helminthiases. L'éducation sanitaire à l'école peut aider
dans cette lutte en enseignant aux enfants les mesures d'hygiène. La
pratique du lavage des mains au savon avant les repas et après chaque
défécation est un moyen de prophylaxie majeur, étant
donné ce que l'on sait du rôle des mains sales dans la
transmission des helminthiases.
Conclusion
La réutilisation des eaux usées est une
technique en pleine expansion principalement associée à
l'agriculture, cette réutilisation a pour objectif principal la
production des quantités complémentaires en eau pour
différents usages afin de combler des déficits hydriques et de
trouver des sources d'eau alternatives pour l'irrigation vu la rareté
croissante de l'eau. En revanche l'irrigation continue et
incontrôlée par des eaux d'égouts pose de sérieux
risques pour la santé, du fait que les eaux d'égouts contiennent
une charge polluante chimique toxique, et sont porteuses d'excrétas
pathogènes (bactéries, virus, protozoaires, oeufs d'helminthe,
vers...etc.) responsables des infections gastro-intestinales chez les humains,
aussi cette irrigation peut causer des problèmes sur l'environnement
D'autre part, l'impact, surtout sanitaire, de
cette réutilisation passe via les mécanismes de formation des
eaux usées (domestique, industrielle,...) ce qui nous permet de savoir
la composition biologique, chimique et physique de cette eau. L'étude
des formes de réutilisation, nous permettent de détecter les
différentes formes de danger (microbiologique, chimique,...etc.)
menaçant la santé humaine.
Par ailleurs, des problèmes sérieux sont
imposés, on doit donc agir et trouver des solutions immédiates et
efficaces pour éviter toute menace. Il est donc indispensable de
respecter les normes de rejet (réutilisations O.M.S. 1989), et opter
pour des procédés de traitement efficaces des eaux usées,
avant leur réutilisation.
![]()
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http://www.notre-planete.info/actualites/actu_825.php
http://www.idrc.ca/uploads/user-S/10637175471Maroc.doc

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