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Croissance urbaine et dégradation de l'environnement dans la commune de Kalamu à  Kinshasa


par Christian Ebengo
Université de Kinshasa - Licence Géographie, Aménagement du territoire et urbanisme 2020
  

Disponible en mode multipage

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UNIVERSITE DE KINSHASA

FACULTE DES SCIENCES ET TECHNOLOGIES

Mention Géosciences

Géomatique - Géologie

B.P. 190 KINSHASA XI

CROISSANCE URBAINE ET DEGRADATION DE L'ENVIRONNEMENT DANS LA COMMUNE DE KALAMU AKINSHASA

EBENGO BOKAKO Christian

Gradué en Sciences Géomatiques

Mémoire présenté et défendu en vue de l'obtention du grade de licencié en sciences Géomatiques

Option : Géomatique

Orientation : Aménagement du territoire et urbanisme

Directeur : Prof. Dr. Holy HOLENU MANGENDA

Année Académique 2019 - 2020

EPIGRAPHE

« La gestion des risques urbains concerne fondamentalement les libertés publiques. Chaque citoyen a en effet le droit de vivre le plus possible à l'abri des aléas créés par l'homme et le milieu naturel ».

Claude Collin.DEDICACE

A la merci de mon Sauveur et Seigneur JESUS-CHRIST.

Que vos oeuvres sont grandes et combien louables ! Recevez la gloire, l'honneur, l'adoration profondes car vous êtes digne, nous sommes reconnaissants des bienfaits car c'est à vous les mérites pour avoir mis tant des moyens que volontés à notre faveur.

A mes parents biologique Bernard EBENGO et Brigitte MBOLI pour votre responsabilité, conseils, voilà le fruit de votre fils, et nous nous réjouissons de l'être.

A la mémoire de tous ceux qui ont péris à cause de non protection de l'environnement, aux naufrages, inondations, ouragans, nous vous portons à coeur.

A la future dame, à qui nous nous céderons entièrement jusqu'à la mort.

EBENGO BOKAKO Christian

REMERCIEMENTS

Toute notre vie est l'oeuvre de Dieu tout puissant, enfin de quoi, nous le remercions l'Eternel de nous avoir donné le souffle de vie, l'intelligence, les faveurs et le bien-être.

Le présent travail résume en effet, l'évolution de notre savoir scientifique et sanctionne la fin du deuxième cycle universitaire en sciences.

En effet, cette analyse porte sur la question du jour ; celle de comprendre l'impact de la croissance urbaine sur l'environnement de la commune de Kalamu à Kinshasa.

Seul, on ne ferait rien ; ce travail accuse la participation de plusieurs personnalités, bien qu'il porte notre propre signature.

A tout seigneur tout honneur, nos remerciements s'adressent au Professeur Dr. HolyHOLENU MANGENDA, lui qui, en dépit de ses multiples occupations a accepté la direction de ce travail, soit honoré oh père scientifique ! Nous sommes le fruit de vos entrailles scientifiques.

Nous remercions également monsieur le professeur Isaac DIANSAMBU lui qui, en dépit de ses multiples occupations, nous recevait sans aucun obstacle dans son bureau ; les remarques et conseils nous ont été bénéfiques dans l'élaboration de ce travail de fin d'étude, nous devrions exprimer beaucoup des mots à son égard, mais le condensons en un seul en disant merci.

A tous les professeurs, chefs des travaux et assistants de la faculté des Sciences de l'université de Kinshasa en général et ceux du département des Géosciences en particulier pour votre dévouement et sens d'encadrement digne en nous forgeant aujourd'hui tel que nous sommes devenus ; nous reconnaissons vos oeuvres et mérites.

A mes frères et soeurs ; Blaise EBENGO, Éric EBENGO, Yasmine EBENGO, Bénie EBENGO, Ruth EBENGO, Esther EBENGO, Israël EBENGO, Kertys EBENGO, Souzy LIONZO, Michel KUKWABO, Roger MBOKOLO. Nous vous remercions pour la patience, les bons et mauvais moments que nous avions passés afin de nous voir un jour cadre universitaire. Nous garderons pour toujours la chaleur familiale que nous partageons ainsi qu'un sentiment d'amours et d'affections.

A vous, cher(e) ami(e) et cousin ; Keurena WANI, Anita Mukonkole, Reagan MPUTU, Deo MALUNDAMA, nous vous reconnaissons une grande part dans la finalité de notre cycle de licence.

A mes camarades de l'Unikin ; Patrick N'LANDU, Dan KANDALA, Junior KABUMA, Jesper SAMAKUNGU, Jean-Jacques UZELE, Nabelle MUSAU, Sephora MPEYA, Christian TOMESELEKE, Allegria MBATU, Jacques BAHELELE, Michaël LUFUNGULA, Jerry LOBO, Moise LOSEMBE, Chadrack MABIALA, Sacré MASIVI trouvent ici l'expression de notre profonde reconnaissance.

Aux Frères et soeurs de la Paroisse Protestante de l'université de Kinshasa (PPUKIN), merci pour votre encadrement et sens de responsabilité que vous m'aviez offerte. Vos prières et conseils nous ont été profitable pour la finalité de ce travail.

RÉSUMÉ

La présente étude vise à améliorer les conditions de vie de la population kinoise en particulier celle de la commune de Kalamu en apportant un plan de gestion de l'environnement dans son milieu urbain. La ville de Kinshasa connait une croissance démographique.

Cette dernière est ressentie dans toutes les communes de la ville en général, et particulièrement dans la commune de Kalamu à cause de la disponibilité foncière et des potentialités touristiques et récréatives qu'on y observe. Ce phénomène a entrainé une dynamique urbaine caractérisée par l'augmentation de l'espace bâti, la densification de la trame urbaine et l'occupation des marécages. Cette situation a entrainé la mise en place d'habitats précaire et des répercussions sur l'environnement (pollution de l'air, de cours d'eaux et de sols).

Les visites, les analyses physico-chimiques de la rivière Funa, les enquêtes auprès de la population et la comparaison des images satellitaires ont servi à découvrir une nette régression et/ou disparition de ces espaces par la pression de l'habitat.

Mots clés : Démographie, environnement, pollution, trame urbaine

Abstract

This studyaims to improve the living conditions of the kinese population in general, in particulerthat of the municipality of Kalamu by providing an environnement. The city of Kinshasa in experiencing population growth.

The latter isfelt in all the municipality of Kalamubecause of the land availability and the tourist and recrationalpotentialobservedthere. This phenomenom has led to an urbandynamiccharacterized by the increase of the builtspace, the densification of the urban frame and the occupation of the swamps. This has led to the establishment of precarious habitats and environnemental impact (air pollution, waterways and soil).

The visits, the physico-chemical analyses of Funa River, the population surveys and the comparaison of satellite images wereused to discover a cleardecline or disappearance of thesespaces by the pressure of the habitat.

Keywords : Demography, environnement, pollution, urbanfabric

Sigles et abréviations

B.E.A.U : Bureau d'Etudes d'Aménagement et d'Urbanisme

MNT : Modèle numérique du terrain

O.C.A : Office des Cités Africaines

P.O/S : Plan d'Occupation de Sol

SDAU : Schéma Directeur d'Aménagement et d'Urbanisme

SIG : Système d'information géographique

SPOT : Système pour l'observation de la terre

RDC : République Démocratique du Congo

OCC : Office Congolais de Contrôle

OCI : l'Office des Cités Indigènes

O.M.S : Organisation Mondiale de la Santé

ZAC : Zone d'Auto Construction

0. INTRODUCTION

0.1. Problématique de l'étude

L'évolution démographique mondiale est considérée comme une problématique centrale de ce siècle. Celle-ci n'est pas la même partout, les pays du sud sont en effet beaucoup plus touchés par cette explosion démographique que les pays du nord (Benchekroun, 1995).

La progression rapide des espaces urbains est devenue un fait planétaire. Mais c'est en Afrique que le phénomène est plus spectaculaire. En effet, à l'instar des autres villes d'Afrique, Kinshasa a connu une croissance urbaine exponentielle à partir des années 1960. Cette explosion de la région de Kinshasa est due à son rayonnement économique impulsé par le rôle politico-administratif qu'elle joue, les équipements qu'elle regorge, et l'émergence de ses activités.

De 1960 à 2020, sa population est passée de 476 819en 1960 à 3.888.000en 1991, environ 10 millions en 2011 (INS, 2011). Aujourd'hui Kinshasa est considéré comme la deuxième ville la plus peuplée d'Afrique (après Lagos) avec14.342.000 habitantsen 2020 soit 16% de la population congolaise. Cet accroissement extrêmement rapide de la population a entrainé une forte occupation et l'extension de la ville.

Cette urbanisation rapide et non contrôlée de la ville de Kinshasa a causé la détérioration de l'environnement. L'une de ses conséquences les plus inquiétantes, réside d'ailleurs dans les problèmes de gestion de l'environnement, il suffit de traverser la ville de Kinshasa pour constater les manifestations de ce problème : accumulation des déchets, détritus le long des routes, ruisseaux bloqués, sites d'enfouissement menaçant la santé dans les secteurs résidentiels, et élimination inadéquate des déchets toxiques. (Holenu, 2016).

Deux facteurs majeurs expliquent cette poussée urbaine : l'exode rural (le manque de terres, les conditions de vies difficiles ; l'absence d'encadrement médical et scolaire incitent les paysans à rejoindre la ville) et l'accroissement naturel (la population urbaine est globalement jeune, le taux de natalité élevée).

Naguère, l'urbanisation de la ville répondait au plan d'aménagement régulièrement élaboré et approuvé par le service spécialisé de la colonie. Dans l'entre-temps, on suivait l'évolution et la croissance spatio-démographique de la ville ; en contrôlant le mouvement de la population, pour maintenir l'équilibre. Mais après l'accession du pays à l'indépendance, un climat d'insécurité a régné dans toute la République. Ce qui a occasionné l'exode rural et Kinshasa va connaitre une croissance rapide de sa population. Cette explosion démographique a entrainé une extension considérable de la ville en dehors d'un cadre d'organisation préalablement défini.

Cette augmentation démographique n'était pas accompagnée de mesures d'encadrement et de précaution nécessaire lorsqu'il s'est agi de décider de l'extension de la ville, par la construction subséquente de nouveaux ouvrages d'assainissement dans de nouveaux quartiers lotis.

La commune de Kalamu qui fait l'objet de notre étudeest butée au problème de gestion de l'environnement. La production et la gestion des déchets restent une problématique importante dans la détérioration de l'environnement dans cette municipalité. Le gouvernement provincial avait dans le temps, décidé de placer dans chaque commune de la ville, des décharges publiques, malheureusement, cette action n'a servi qu'à la détérioration la plus rapide de l'environnement par l'augmentation en poids et en volume des déchets non évacués.

L'exposition à ces ordures est la base de plusieurs types de problèmes sanitaires tels que : l'intoxication alimentaire, les maladies hydriques (le paludisme, la fièvre typhoïde, le cholera etc.) mais aussi d'autres maladies respiratoires et cardio-vasculaires.

Cependant la croissance démographique provoque une hausse des besoins humains (énergie, nourriture, services, etc.) dont la satisfaction engendre des problèmes environnementaux et sociaux. Plus le nombre de la population est élevé, plus les répercussions de leurs activités sur l'environnement sont importantes.

L'action conjuguée de la pression démographique, l'absence ou la saturation des infrastructures techniques de base font de la commune de Kalamu un écosystème en déséquilibre sérieux. La population pauvre est soumise à de nombreux défis quotidiens, comme par exemple :

- L'insalubrité du milieu urbain par suite de la mauvaise gestion des déchets solides et liquides ;

- L'occupation spontanée des plaines inondables sans aménagement préalable du site ;

- La pollution des cours d'eau par suite des divers rejets incontrôlés et sans traitement préalable.

0.2. Hypothèses de recherche

Comme tentative de réponse à notre problématique, nous pensons que :

- L'explosion démographique et le comportement irresponsable de la population seraient à la base de la dégradation de l'environnement dans la commune de Kalamu;

- La valorisation des ordures ménagères serait la solution durable pour la protection de l'environnementet contribuer au développement économique de la commune de Kalamu.

0.3. Choix et intérêt de l'étude

0.3.1. Choix de l'étude

La commune de Kalamu est dans un état de délabrement, C'est la raison pour laquelle la présente étude est une contribution à la recherche des voies et moyens permettant un aboutissement heureux au respect de l'environnement et de trouver un mécanisme à mettre en place par des institutions provinciales et/ou municipales afin d'assainir la commune.

0.3.2. Intérêt de l'étude

L'intérêt de cette étude se situe à deux niveaux, entre autres :

0.3.2.1. Intérêt scientifique

L'intérêt de ce sujet se justifie davantage pour les autorités en général et particulièrement pour un aménageur parce que la dégradation de l'environnement constitue un sujet d'actualité à Kinshasa à cause de leurs multiples conséquences sur la santé humaine. Les résultats de cette recherche auront un intérêt pratique dans la mesure où ils peuvent éclairer et orienter les décideurs politiques, les urbanistes, les aménageurs et les environnementalistes dans leurs décisions.

0.3.2.2. Intérêt social et pratique

Tout travail scientifique part de l'observation d'un fait, d'une situation ou d'une opinion quelconque dans la société et que les chercheurs s'y intéressent pour comprendre et éclairer l'opinion.

Cette étude s'enregistre dans ce cadre, nous sommes motivés par le souci de bien vouloir aider la population à protéger son environnement.

0.4. Objectifs de l'étude

0.4.1. Objectif global

L'objectif globale de cette étude est d'étudierles problèmes environnementaux dans la commune de Kalamuen vue de proposerun plan d'aménagement durable.

0.4.2. Objectifs spécifiques

Les objectifsspécifiques assignés à cette étude sont :

· Etudier les problèmes environnementaux dans la commune de Kalamu ;

· Dégager les impacts de la dégradation de l'environnement ;

· Analyser les activités humaines qui concourent à ce fléau ;

· Suggérer des solutions efficace et durable face à cette problématique.

0.5. Délimitation spatio-temporelle

0.5.1. Délimitation spatiale

L'étude aurait voulu analyser l'impact de la croissance démographique sur de l'environnement dans toute la ville de Kinshasa, mais pour des raisons pratiques et de disponibilité des données, nous nous limitons dans la commune de Kalamu.

0.5.2. Délimitation temporelle

Nos analyses vont de 2010 à l'année 2020, question de vouloir dégager les perspectives d'avenir qui en découlent.

0.6. Subdivision du travail

Outre l'introduction et la conclusion, ce travail comprend quatre chapitres :

· Le premier chapitre s'attèle sur les généralités conceptuelles ;

· Le deuxième chapitre est consacré à la présentation de la zone d'étude et la méthodologie de la recherche ;

· Le troisième chapitre se base sur les résultats de l'enquête ;

· Enfin, le quatrième chapitre va se pencher sur les propositions du plan d'aménagement de la municipale.

CHAPITRE I. GENERALITES CONCEPTUELLES

Ce chapitre sur les généralités conceptuelles est subdivisé en trois sous points : le premier aborde les généralités sur les déchets et leurs gestion durable, le deuxième parle de l'explosion démographie et spatiale de la ville de Kinshasaet,le dernier point se penche sur les effets de la croissance démographique.

1.1. Généralités sur les déchets et leurs gestion durable

1.1.1. Définition

Généralement, un déchet désigne, tout produit que son propriétaire abandonne, tels que les vieux vêtements, les rebuts de construction, les autos usagées, les médicaments dont la date d'utilisation est échue, les débris alimentaires de la cuisine, etc. (Paradis et al, 1983). En effet, on distingue 3 types de déchets : solide, liquide et gazeux. Dans le cadre de cette étude ce sont les deux premiers types qui a fait l'objet de nos recherches.

1.1.2. Déchets solides

1.1.2.1. Classification des déchets solides

La classification générale des déchets montre qu'on distingue principalement deuxcatégories de déchets : compostables ou biodégradables, et inertes ou recyclables.

a. Déchets compostable (biodégradable)

Les déchets compostable comprennent des (résidus verts, boues d'épuration des eaux, restes alimentaires...), qui s'assimilent en première approche à la biomasse. Ils correspondent aux :

- Déchets de jardin qui sont produits par les collectivités, les sociétés privées d'entretien des espaces verts et les particuliers ;

- Déchets alimentaires ou « eaux grasses » qui sont issus essentiellement des métiers de la restauration et de l'industrie agro-alimentaire ;

- Déchets de maison qui sont produits par les particuliers.

Ces déchets sont au moins pour partie détruits naturellement, plus ou moins rapidement, en général par les bactéries, champignons et autres micro-organismes et/ou par des réactions chimiques (oxydation, minéralisation), Ils peuvent être revalorisés par différentes filières (bioénergie, biocarburants, Compostage/amendements/engrais...).

b. Déchets recyclable(nonbiodégradable)

Ce sont des déchets des matériaux de construction, métaux, matières plastiques ; qui peuvent être réutilisés tels quels (via des recycleries ou ressourceries) dans d'autres domaines ou recyclés : par exemple, les métaux sont refondus et réintégrés dans de nouvelles pièces, les plastiques sont hachés et servent de rembourrage ou de combustible... Un déchet recyclable est un matériau que l'on peut techniquement recycler. Pour qu'un déchet soit recyclé, il faut qu'il soit récupéré dans le cadre d'une collecte de tri sélectif.

1.1.3. Déchets liquides

Les activités humaines, domestiques, agricoles et industrielles produisent toutes sortes de déchets et de souillures qui sont transportés par voie liquide. Ils sont susceptibles d'engendrer différentes sortes de pollution et de nuisance dans le milieu récepteur. Cet ensemble d'eau rejetée et de déchet constitue ce qu'on appelle les eaux usées (D.D Mara, 1980).

Cette contamination touche les eaux de surface et les eaux souterraines qui circulent dans le sol. Elle entraîne une dégradation de la qualité de l'eau, ce qui rend son utilisation dangereuse (pour l'eau que l'on boit par exemple) et perturbe beaucoup le milieu aquatique (en particulier la vie des poissons).

Les eaux usées sont classées en quatre types :

· Les eaux usées domestiques :

Ce sont les eaux usées qui proviennent des établissements et services résidentiels, produites essentiellement par le métabolisme humain et les activités ménagères (eaux ménagères et eaux de vannes)

· . Les eaux usées industrielles :

Ce sont les eaux usées qui proviennent de locaux utilisés à des fins industriels, commerciales, artisanales ou de services, leurs eaux de refroidissement de pompes à chaleur et de climatisation. Les eaux usées industrielles doivent faire l'objet, avant rejet vers le réseau public, d'un traitement adapté à leur nature afin d'assurer la protection du milieu récepteur.

· Les eaux pluviales :

Ce sont les eaux usées qui proviennent des précipitations atmosphériques, elles sont chargées de matières minérales en suspension, d'hydrocarbures.

La pollution de l'eau est presque toujours due aux activités humaines, même si cette pollution est parfois accidentelle. Parmi les quatre principaux types de pollution, la pollution domestique est le principal type de pollution qu'on rencontre dans la commune de Kalamuavec les eaux usées rejetées des toilettes, les poudres à laveret les détergents, le chlore qui sert pour la désinfection de l'eau et le plomb qui compose les tuyaux.

1.1.4. Gestion des déchets

La gestion des déchets désigne l'ensemble des opérations et moyens mis en oeuvre pour limiter, recycler, valoriser ou éliminer les déchets. (Navarro 1994). C'est-à-dire des opérations de prévention, de pré-collecte, collecte, transport et toute opération de tri et de traitement, afin de réduire leurs effets sur la santé humaine et sur l'environnement.

1.1.4.1. La pré collecte des déchets

La précollecte des ordures désigne l'ensemble des opérations d'évacuation des déchets depuis leur lieu de production jusqu'au lieu de prise en charge par le service de collecte.

1.1.4.2. La collecte des déchets

La collecte est l'ensemble des opérations qui consistent en l'enlèvement des déchets de points de regroupement pour les acheminer vers un lieu de tri, de regroupement, de valorisation, detraitement ou de stockage (Paradis et al., 1983). On distingue plusieurs types des collectes dont :

a. Collecte classique

Se rapporte à la collecte en mélange, c'est une collecte traditionnelle, sans triage.

b. Collecte sélective

C'est une collecte de certains flux de déchets (recyclables, secs et fermentescibles), préalablement séparés par les producteurs, en vue d'une valorisation ou d'un traitement spécifique. La collecte sélective s'applique autant aux déchets ménagers qu'aux déchets industriels.

c. Collecte en porte à porte

Mode d'organisation de la collecte dans lequel le contenant est affecté à un groupe d'usagers nommément identifiables, et le point d'enlèvement est situé à proximité immédiate du domicile de l'usager ou du lieu de production des déchets.Ce mode de collecte s'applique plus aux déchets ménagers qu'aux déchets industriels.

1.1.5. Le traitement des déchets

Le dictionnaire encyclopédique environnement et développement durable explicite le traitement des déchets en termes d'un processus visant à :

- Valoriser au maximum les déchets ;

- Transformer les déchets en rejet éco compatible (retour acceptable des déchets dans le milieu naturel) ;

- Stocker les résidus ultimes.

Parmi le mode de traitement des déchets on distingue :

1.1.5.1. L'enfouissement

L'enfouissement est une technique qui peut être pratiquée soit à grande échelle, lorsqu'on enterre les tonnages importants des ordures ramassées dans plusieurs parties de l'agglomération soit au niveau des ménages qui disposent des étendues convenables des parcelles, ceux des quartiers et des communes périphériques notamment. Mais ceci peut rendre le sol imperméable et infertile si ces déchets ne sont pas biodégradables.

1.1.5.2. Le compostage

Le compostage permet de fournir un matériau de bonne qualité et sans danger pour l'agriculture. Après élimination du maximum d'éléments dégradables (à la main, par de ferrailleur magnétique, etc..) les ordures sont broyées de préférence puis décomposées et stabilisées, ce qui donne le compost employé comme engrais dans l'agriculture.

1.1.5.3. L'incinération

L'incinération est une technique de transformation par l'action du feu. C'est une des techniques de gestion des déchets qui peut servir à produire de l'électricité.

1.1.6. Nature des décharges

1.1.6.1. Poubelles parcellaires

Elles contiennent en gros plus de 60 % des résidus organiques et végétaux. En détail, on y trouve les matières inertes (sables et poussières), les déchets végétaux (feuilles, branches, légumes), déchets de verre, de métal, de caoutchouc, déchets sanitaire, papiers, cartons, etc. (HolenuMangenda, 2016).

1.1.6.2. Dépotoirs publics

Ils contiennent :

- Les déchets des cuisines, des habitations et des bureaux,

- Les déchets des marchés, des lieux de fêtes, des artères, des espacespublics, des écoles, des hôpitaux, des casernes, des prisons,

- Les déchets végétaux des ronds-points, des espaces verts, des jardinspublics,

- Les déchets des établissements artisanaux, industriels et commerciaux ;

- Les cadavres des animaux, des épaves, les appareils électroménagers,

- Les déchets des hôpitaux, de laboratoires, des cliniques et despharmacies.

1.2. Explosion démogéographiqueà Kinshasa

1.2.1. Explosion démographique

A en croire Lelo Nzuzi et Tshimanga racontent que Kinshasa n'était qu'une petite bourgade de 10.000 habitants. La population a augmenté et doublé en cinq ans, avec en moyenne une augmentation annuelle de 4.700 habitants. Ce qui fait qu'en 1930, Kinshasa comptait 39.530 habitants.

A partir de 1935, le taux de croissance annuelle est de 1,1% et s'accélère entre 1940-1945 pour atteindre 1,5% par an à cause de la reprise des activités économiques qui nécessitaient une abondante main-d'oeuvre pour soutenir «   l'effort de guerre » qui marque cette période. Disons que durant la 2ème guerre mondiale, la population Kinoise a doublé.

Cette tendance à la forte croissance démographique s'est poursuivie jusqu'en 1955. De 1955 à 1960. La croissance démographique et l'exode rural ont repris de la plus belle manière après l'indépendance, c'est-à-dire de 1960 à 1970. Kinshasa est aux prises avec l'exode rural dû au laxisme de l'administration et à la rébellion.

Cette dynamique démographique était déterminée par les enjeux politiques après l'indépendance, suite à la création des multiples partis politiques à tendance tribale, elle pousse les leaders politiques à arrêter l'exode rural pour gonfler leur électorat Kinois. Les multiples tentatives de renvoi des désoeuvrés Kinois vers leurs villages d'origines par l'administration de la Première République n'ont pas réussi à favoriser les flux démographiques vers Kinshasa entre 1970 et 1980. L'étude de B.E.A.U.révèle que la population urbaine dans la population totale de la RDCest passée de 28,8% en 1970 à 32% en 1984, Kinshasa affirme sa primauté en matière de croissance démographique.

La paupérisation de la campagne à cause de la crise économique mondiale et la politique de la zaïrianisation ont engendré des vastes déplacements des ruraux vers les villes secondaires d'abord, puis vers Kinshasa en définitive. Entre 1980-1990, la dégradation des conditions de vie en milieu rural, le manque d'entretien des routes de desserte agricole, le départ massif des entrepreneurs étrangers (conséquence de la politique de Zaïrianisation) et le programme d'ajustement structurel imposé par le FMI et le Club de Paris ont aggravé la crise. Les ruraux confrontés à cette crise migrent vers Kinshasa avec l'espoir de trouver un emploi rémunérateur et de mieux vivre qu'en milieu rural.

De 1990 à 1995, le taux de croissance démographique est de 5,2% à Kinshasa. Cette ville constitue un symbole de liberté et d'accession au mode de vie occidental. En effet, les scènes de pillage de 1991-1992 à Kinshasa et dans certaines villes de provinces parachèvent le délabrement du tissu économique national déjà précaire depuis les années 1980.

En effet, Kinshasa vit une explosion démographique. L'accroissement naturel, l'exode rural et l'incorporation dans la ville des secteurs et chefferies périphériques sont à la base de cette explosion démographique dont le taux de croissance démographique est estimé à environ 6% et avec un nombre moyen de 6,7 personnes par ménage et la ville devient une métropole en 2011 en atteignant 10.000.000 d'habitant (Rapport INS, 2011)et aujourd'hui sa population est évaluée à 14.342.000 habitants en 2020 selon le rapport publié par Populstat en 2020.

Les résultats obtenus par Lelo Nzuzi (2008), prouve qu'un individu vivant dans les quartiers populaires de Kinshasa produits 0.5kg des ordures par jour. Donc pour une population de 14 millions d'habitants que compte ville de Kinshasa, peuvent produire 28.000.000 Kg soit 28.000 tonnes des déchets par jour.

Figure 1. Evolution de la population de Kinshasa de 1881-2020

Source Populstat World Gazetteer(**) 2020

1.2.1.1. Problématique de la croissance urbaine

La croissance urbaine des pays en développement est portée par la vague démographique. En effet, le principal facteur de l'explosion urbaine réside aujourd'hui dans le taux d'accroissement naturel des citadins, qui demeure élevé en raison d'une fécondité encore forte et d'une chute de la mortalité.

En RDC, on a souvent l'impression que le phénomène de croissance urbaine est mal contrôlé ou mal géré.L'augmentation trop rapide du nombre de citadins ne permet pas l'extension des infrastructures essentielles à l'environnement urbain dans le même temps.

Les villes congolaises étant généralement pauvres, avec des moyens d'investissements très limités, elles ne peuvent offrir à tous les ruraux qui affluent emplois, équipements et logements sociaux. C'est pourquoi, dans la plupart des agglomérations qui ont une croissance rapide, une grande part de la population vit sur des sites d'habitation non adaptés. Les centres urbains anciens, qu'ils soient ou non d'origine coloniale, se dégradent progressivement tant dans leurs conditions d'habitat que dans leurs infrastructures.

En effet, la transformation de l'utilisation des terres est considérée aujourd'hui comme une des causes de la dégradation de l'environnement et de la perte de biodiversité, au même titre que les changements climatiques (Burel et Baudry, 1999, Grimm et al., 2008).

De même, un des principaux éléments de transformation du site par la croissance urbaine est la modification de la couverture végétale périphérique notamment due aux besoins en bois de feu des populations, entraînant une dégradation des écosystèmes forestiers.

Dans beaucoup de pays africains, tout comme en RDC, la production agricole stagne, voire recule de même que l'écosystème se dégrade. La productivité agricole, n'augmente pas et les conditions de vie en milieu rural ne s'améliorent pas non plus. Ce contexte de « non-développement » du milieu rural conduit inévitablement les villageois à l'exode (Gendreau, 1996).

Face à ce défi, l'un de moyen pour résoudre le problème de concentration démographique dans la ville de Kinshasa faudrait développer les milieux ruraux, cela va freiner la croissance spatiale et démographique à Kinshasa (Lelo Nzuzi 2020).

Par ricochet, le taux de croissance démographique élevés que connait la commune de Kalamu sont essentiellement dus à l'accroissement naturel qui a deux facteurs clés : la natalité qui peut être cerné à partir de la fécondité, et la mortalité. Expliquer le niveau élevé du taux de croissance démographique revient à expliquer les niveaux de ces deux phénomènes.

1.2.2. Extension urbaine à Kinshasa

Toute ville tend à grandir lorsque la fonction pour laquelle elle a été créée prend de l'ampleur, d'autres fonctions viennent automatiquement s'y incruster. La ville devient plurifonctionnelle car chaque fonction a besoin du personnel et de la main d'oeuvre de plus en plus nombreuse ; cette plurifonctionnalité fait éclater les limites du territoire urbain. (Holenu, 2016).

La croissance urbaine de Kinshasa est des plus spectaculaires. En 1889 la ville naissante s'étendait sur 115 ha pour 5000 habitants. Vers 1919, 14.000 habitants occupent une superficie de 650 ha.

En 1960, 5.500 ha à caractère urbain supportent une population de 400.000 habitants. Après l'indépendance le cadre éclate et la population déborde spontanément les limites volontaires qui jusqu'alors circonscrivaient la ville. L'évolution de Kinshasa constitue un phénomène exceptionnel qui a profondément modelé sa morphologie et sa structure urbaine. Cette croissance est due à plusieurs facteurs :

La ville s'installa petit à petit à la station. Un événement capital donna une impulsion à cette occupation. Il s'agit de l'inauguration en 1898 du chemin de fer Matadi-Léopold ville avec l'arrivée à la gare d'Usoke de la locomotive pilotée par Nicolas CITO après un parcours héroïque de 4-5 jours.

De 1907 à 1912. Le commissaire de District G. Moulaert réunit les agglomérations de Léo, Kalina, et Ndolo en traçant les routes : avenue Vangele(Lukusa), Valke (de la Justice), Engels (Colonel Mondjiba).

En 1921, MOULART créa le port de Kinshasa. Avec le port, l'aérodrome et le rail se développent les activités de la ville. Suite au premier accident d'avion survenu en 1921, en face de l'actuel OCC (Avenue des Aviateurs), l'aérodrome fut déplacé quelques années plus tard vers le site de Ndolo. Pour amener les pilotes blancs de Ndolo au camp Léopold où ils résidaient, on construit la première route asphaltée de la cité Indigène, Kabinda qui délimité la cité, du cimetière (voix du peuple).

Toujours aux alentours de 1920, quelques cités indigènes virent le jour. Notamment les camps des travailleurs de l'OTRACO (camp OLSEN à Barumbu), camp CITO à Kauka, etc., les HCB (Huileries du Congo Belges) à Lingwala, camp TEXAF, TISSACO, CHANIC (à Kintambo) et autres.

Les cités ont commencé à se peupler à Barumbu, Kinshasa et Lingwala appelé « ancienne cité ». La première voie traversant la cité fut l'avenue des palmiers (devenue la deuxième voie asphaltée de la cité sous le nom d'avenue « prince Baudouin » aujourd'hui avenue KASA-VUBU).

Au départ, cette voie était destinée à faciliter l'accès des prêtres de la paroisse Saint Anne (Ville) à la nouvelle paroisse Saint Pierre sur l'avenue Kongolo dans la commune de Kinshasa. Durant cette période fut construite le deuxième stade appelé « Reine Astrid », après le stade « Vélodrome » de Léo II.

Après 1954, la population kinoise a connu un boum spectaculaire. Un quartier commercial fut construit à la nouvelle cité avec le Fond social belge (FONCOBEL, actuel Kimbangu).

L'accroissement rapide de la population amena l'autorité coloniale à construire des logements standards après le lotissement des nouvelles cités construites par les Fond d'Avance à DENDALE (Kasa-Vubu), Ngiri-Ngiri et N'djili. Les nouvelles constructions standards édifiées par l'office des cités Africaines (OCA) et l'Office des Cités Indigènes (OCI) furent : Renkin(Matonge), Bandalungwa, Lemba et Matete. Ce qui amena le législateur à ériger Léopoldville, au statut de Ville avec personnalité civile et des zones annexes. En 1956 fut la construction de l'Université Lovanium et du Petit séminaire de Mikondo en 1957. En cette année furent organisées les premières élections communales avec 11 communes dont Léopoldville, Barumbu, Saint-Jean (Lingwala), Dendale, Ngiri-Ngiri, Ngaliema, etc.

En 1959 furent créées les communes de Matete et de N'djili. Les troubles de 1959 avaient amené la population à envahir des terrains, provoquant l'émergence des cités satellites mal squattés : Camp luka, Makala, Selembao, Kitokimosi.

Ce fort taux d'urbanisation entraîne plusieurs conséquences. L'une d'entre elles est la crise du logement, ce qui fait que la population prend le risque de construire sur les zones non aedificandi.

Quant à la croissance de la zone périphérique périurbaine, elle est souvent désordonnée et s'effectue sous forme de quartiers d'auto construction, qui sont des habitations définitives ou provisoires. Ce squatting ou « habitat spontané » se fait sans prise en considération des conditions du site et progresse à un tel rythme qu'il est pratiquement impossible aux administrations publiques de le gérer et de tenter d'endiguer le phénomène. Ces zones d'auto construction étant dépourvues d'infrastructures les plus élémentaires, elles entraînent également des problèmes d'assainissement et d'équipements (hôpitaux, écoles, etc.) assez considérables (Wilmet, 1996).

A. Muzitonote pour sa part, la répartition spatiale de la population de Kinshasa est déséquilibrée. Le premier espace qui comprend les 22 communes sur les 24 est peuplé par près de 96% de la population totale de la ville. Cet espace n'occupe cependant que les 11% de la superficie de la ville soit 1.100 km² sur les 10.000 km² dont celle-ci dispose. Le second espace constitué de 2 communes, N'sele et Maluku est sous-peuplé avec 7,35% de la population totale de Kinshasa, soit 882.122 habitants. Il couvre cependant 78,74% de la superficie totale de la ville

Au regard des chiffres ci-haut avancés, l'on peut dire que le taux d'urbanisation à Kinshasa est très élevé. Autrement dit, il y a concentration urbaine, afflux sans cesse croissant, des populations rurales vers la ville.

Année

Superficie/ha

Population

Densité (hab./ha)

1881

115

5.000

43

1940

1500

39.950

27

1950

2331

201.905

86

1957

5.512

378.628

69

1960

6.100

476.819

78

1975

17.922

1.679.091

93

1981

20.160

2.567.166

127

1998

59.000

4.131.845

70

2020

996.500

14.342.000

14

Tableau1.Evolution spatiale de la ville de Kinshasa de 1881-2020

Figure 2. Extension de la ville de Kinshasa entre 1880 et 1950

Source : Atlas de Kinshasa planche 10 d'après Jean Fluriot

Source : BOUTE, 6 et de St. Moulin, L., rapport PNUD/habitat 2000.

De 1881 à 1931, la ville apparaît nettement scindée en deux parties. La plus ancienne, à l'Ouest, montre la cité de Kintambo entièrement construite dans sa partie nord jusqu'au niveau de l'avenue de l'Equateur.

Figure 3. Extensionde Kinshasa en 1957

La ville plus récente se développe à l'Est et s'étale au sud de la pointe de la Douane. La cité frappe par sa régularité d'ensemble. La zone actuelle de Kinshasa est à peu près totalement construite. Barumbu, entre le quartier CITAS au nord de la partie occupée par le camp Olsen (Camp Kabinda), et le camp Bousin au sud, laisse un vaste espace vide. A l'Est des cités, des installations industrielles sont en cours de réalisation au bord du fleuve, au-delà de l'avenue Olsen (Flambeau) et de la route des poids lourds. Lingwala (Saint-Jean) est encore vide de toute construction, mais la voirie est déjà tracée.

En 1957, les grandes lignes de l'organisation de l'agglomération future sont déjà en place, et le développement vers l'est, au-delà de la rivière N'Djili, s'affirme. Les innovations les plus importantes de cette époque sont certainement la création des cités planifiées O.C.A.

On voit, d'Ouest à l'Est, la cité de Bandalungwa construite selon un plan élaboré qui abandonne les formes rigides et simplistes du damier. Puis, au-delà de la rivière Funa, la cité de Kalamu avec, au nord, le camp Kauka (ex-Cito) et le quartier du 20 mai ; plus à l'Est, au-delà de la rivière Yolo, le quartier résidentiel de Limete avec la nouvelle et vaste zone industrielle ; plus au sud, la cité de Matete et, après la rivière N'Djili, la cité satellite de N'Djili. La cité O.N.L. de Lemba est alors en construction. Tout à fait à l'Est, après la rivière Tshuenge, un aéroport international en construction. II est situé à plus de 20 kilomètres du centre-ville.

On aperçoit au sud de la ville proprement dite les tracés des futurs réseaux de voirie de Binza, Bumbu et Lemba-Ngaba.

Figure 4. Extensionde Kinshasa en 1968

Dès cette époque les collines commencent à être conquises. A l'ouest des quartiers récents opposent un ensemble (Djelo-Binza Populaire (Binza-Gendarmerie) et un ensemble résidentiel de haut niveau où se construisent de luxueuses villas et plus à l'Est, c'est la construction du Campus Universitaire de Lovanium.

La figure 4 de la ville en 1968 montrent bien la véritable explosion urbaine des années précédentes. Les quartiers que l'on vient d'évoquer sont déjà construits, et, les terrasses de N'Djili et de Kimbanseke sont occupées de part et d'autre du Boulevard Patrice Lumumba jusqu'à la rivière Mangu.

Au-delà de la zone industrielle de Limete, le village de Kingabwa est devenu une zone d'extension au plan quadrillé et régulier. Les collines de Djelo-Binza, Selembao, Kisenso sont conquises. (Marc Pain, 1984)

Figure 6. Croissance urbaine de Kinshasa de 1957 à 2021

Figure 5. Extensionde Kinshasa en 1975

Les poussées que l'on observait alors en direction des extrémités Ouest et sont confirmées en 1975. L'espace est en voie d'urbanisation vers Kinsuka, et toute la colline Ikusu est aujourd'hui lotie. La ville gagne en direction des installations industrielles de Brikin et de C.P.A., l'usine textile. II est probable que le replat de Gombe sera bientôt occupé. A l'Est, l'étalement est considérable, Masina et Kimbanseke sont aujourd'hui entièrement loties jusqu'à la rivière Tshuenge

L'analyse précise de la croissance spatiale de Kinshasa permet de définir trois villes, trois types d'urbanisation. L'occupation du site est marquée à ses débuts par les contraintes naturelles et l'implantation du noyau colonial. Plus tard, l'action des administrateurs et la puissance des intérêts privés déterminent une ossature qui marque encore le paysage. Enfin l'échec des plans d'urbanisme récents conduit aujourd'hui à une urbanisation sauvage et incontrôlée

1.3. EFFETS DE LA CROISSANCE DEMOGRAPHIQUE

1.3.1. Effet sur l'éducation

Une population dont le nombre de personnes scolarisables est en dessous de la capacité numérique d'accueil et d'encadrement par les professionnels de l'enseignement, ne permet pas à un pays de réaliser des économies d'échelles.

En effet, l'institution éducative est un dispositif comprenant un certain nombre d'équipements dont des salles de classes, des moyens de locomotion, des infirmeries, etc. La sous-utilisation de ce matériel constitue une perte pour l'Etat, chacune des places non occupées étant un « manque à gagner ».

La conséquence est que pour les pays disposant des moyens limités, les centres scolaires et académiques sont prioritairement construits dans des lieux à densité de peuplement « raisonnable ». Cela peut influer négativement les résultats scolaires de ceux dont les contrées sont éloignées, et qui viennent parfois à l'école à pied pour atteindre le centre scolaire le plus proche.

Cependant, une population qui croit rapidement peut ne pas permettre à l'Etat de s'ajuster à temps en augmentant ses capacités d'accueil. Dans un tel contexte, les effectifs pléthoriques retrouvés dans des salles de classes ont une incidence négative sur la qualité de l'enseignement dispensé. Au demeurant, l'offre insuffisante de formation peut compromettre la généralisation de l'instruction.

1.3.2. Effet sur la santé

Une forte poussée démographique peut déséquilibrer le nombre de personnels soignants par rapport à la population totale. Pour les médecins par exemple, la densité médicale doit être au moins d'un médecin pour 3000 habitants. En dessous de ce seuil fixé par l'OMS, la qualité des soins ne répond plus aux normes et peut se dégrader en termes d'accueil des patients, de leur suivi et de la célérité dans les prestations. A cela, il faut ajouter les difficultés que peuvent avoir certains pays à répondre à la tendance haussière de la demande de soins, celle-ci exigeant que de nouveaux investissements soient réalisés.

1.3.3. Effet sur le développement

La croissance démographique provoque une hausse des besoins humains (énergie, nourriture, services, etc.) dont la satisfaction engendre des problèmes environnementaux et sociaux.

1.3.4. Effet sur l'espace foncier

La croissance démographique entraine la réduction de l'espace qui est à l'origine de la diminution des sols cultivables, des terrains pour la construction des logements et d'autres infrastructures.

1.3.5. Effet sur l'environnement

La croissance démographique joue un rôle néfaste dans la dégradation de l'environnement. En effet, plus le nombre de la population dans une région est élevée, plus la répercussion de leurs activités sont importantes.

Son impact est multidimensionnel : émissions de gaz à effet de serre (principaux responsables du réchauffement climatique), épuisement des ressources naturelles non renouvelables (pétrole, gaz et autres), Pollution de l'air, de l'eau et du sol.

Le réchauffement climatique est largement attribué à un effet de serre additionnel dû aux rejets de gaz à effet de serre et principalement des émissions de CO2, en provenance des activités humaines. Ceci est certainement dû à la combustion des énergies fossiles telles que le charbon, le gaz naturel, le pétrole, des rejets polluants issus des industries et des transports ainsi que de la destruction de grandes forêts équatoriales.

1.4. Revue de la littérature

Dans cette partie de notre revue de la littérature, nous traiterons de l'apport de la géomatique dans la gestion des risques urbains en général et dans l'analyse des problèmes d'assainissement en particulier.

L'état de la question nous guidera pour l'aboutissement heureux de ce travail d'autant plus qu'il est l'ensemble des littératures lues, cela signifie que nous ne sommes pas le premier à réfléchir sur la question sur la dégradation de l'environnement, plusieurs auteurs s'y sont penché chacun en l'observant de sa façon.

Parmi eux on peut citer : L'étude menée par KOUASSI et al (2008) dans les quartiers défavorisés de Yopougon a permis par l'utilisation de l'image satellitaire QUICKBIRD et des données socio-environnementales d'examiner la situation sanitaire dans ces quartiers. Les techniques de télédétection et de SIG l'ont permis de réaliser la carte d'occupation du sol, de localiser les poches d'insalubrité dans le tissu urbain afin de comprendre les causes de la prévalence des maladies liées au déficit en matière d'assainissement.

KIENTGA (2008) dans son étude sur la contribution du SIG à l'analyse des liens déchets-santé en milieu urbain fait recours aux SIG pour modéliser les problèmes de santé urbaine en relation avec les déchets solides et liquides. Il s'agit de localiser les sites de déchets et confronté ces sites à la perception des risques sanitaires encourus par la population et d'effectuer des analyses spatiales et temporelles pour l'amélioration des prises de décision en matière de gestion des déchets.

Dans son mémoire de fin de formation en DESS/PDU intitulé : Dynamique démographique et crise de logement à Cotonou : cas du quartier Agla, CAPO-CHICHI C. a présenté l'impact de l'évolution démographique sur l'évolution de l'espace à Cotonou. Il a souligné que, l'échec des politiques de développement rural, la politique industrielle et la concentration de la majorité des fonctions de l'Etat depuis les années soixante et soixante-dix, sont des causes de l'évolution démographique rapide de la ville de Cotonou. A ces causes s'ajoutent une fécondité élevée, une mortalité en baisse et des mouvements migratoires accrus.

Selon l'auteur, la conséquence de cette dynamique de la population, est l'extension spatiale, avec la naissance spontanée de nouveaux quartiers comme : Fidjrossè, Aïbatin, Kouhounou, Agla, Zogbo, Zogbohouè, Mènontin, Agbato, Tokplégbé, Yénawa, Fifadji etc. Ainsi Cotonou s'est agrandi et sa superficie serait passée de 5.500 hectares en 1979 à 6.750 en 1992 puis 7,9 hectares en 2000.

L'émergence ces dernières années de nouvelles technologies de traitement de l'information géographique constitue selon Mouafo (2009) un tournant pour le géographe et l'aménagement urbain.

La connaissance géographique et physique détaillée de la ville est un atout pour la gestion des problèmes en milieu urbain (suivi des glissements de terrain, analyse des inondations, gestion des effets, séismes, des éruptions volcaniques, des tempêtes des cyclones, des tsunamis, des marées noires etc.). L'accès à cette connaissance est de plus en plus facilité grâce à la géomatique, à travers les Systèmes d'Information Géographique (SIG), la télédétection, la cartographie, la géodésie...

Les SIG sont devenus un véritable sujet d'actualité dans les domaines tels que l'urbanisme. Cet outil de traitement de l'information intéresse de nombreuses politiques publiques parce que c'est un formidable levier d'investigation pour mieux connaitre un certain nombre de situations auxquelles elles ont à faire face et pour la prise des décisions.

Dans un SIG la combinaison des couches telles que la carte d'occupation du sol, la carte de végétation, la carte de la zone urbaine, la carte des zones inondées, le MNT, les données hydrologiques et socio-économiques donnent une indication sur le degré de vulnérabilité d'une zone urbaine (Beguec, 2006).

Selon Abram (2006), un SIG permet de garder une mémoire du territoire destinée à la compréhension des phénomènes liés au territoire et permet l'établissement des cartes thématiques illustrant les différents enjeux territoriaux autour d'un projet.

D'après le CNIG, la modélisation des problèmes hydrologiques couplée à l'utilisation des SIG permet de tester l'influence hydrologique des scénarios d'urbanisation d'une ville. Wade et al (2008) ont utilisé la télédétection et les SIG pour l'étude des risques et catastrophes, notamment les inondations urbaines et les ravinements liés à l'érosion hydrique des sols au Sénégal. Les données optiques et radar utilisés par ceux - ci ont permis de bâtir un SIG - inondation qui servira d'outil d'aide à la décision pour les autorités. De plus le MNT combiné aux données d'érosivité des pluies et d'érodibilité des sols a permis de générer les cartes de sensibilité à l'érosion. Et, les cartes d'occupation du sol dérivées de l'imagerie SPOT-4 HRV intégrées aux cartes de sensibilité à l'érosion ont permis de délimiter les zones à risque.

En matière de gestion des déchets, la question de ramassage des ordures pourrait trouver un début de solution grâce à une contribution de la géomatique par : la création de la carte d'organisation globale de la collecte des déchets, le tracé des circuits de collecte et l'optimisation des circuits de collecte à la lumière des éléments cartographiques disponibles.

CHAPITRE II : PRESENTATION DU MILIEU D'ETUDE

La commune de Kalamu, notre terrain d'investigation se trouve dans la ville de Kinshasa. A cet effet, nous allons nous atteler à son historique, à sa présentation, ensuite nous allons épingler les difficultés qu'ellerencontre sur le plan socio-environnemental et de la méthodologie de la recherche.

2.1. Bref aperçu de la ville de Kinshasa

Capitale de la République Démocratique du Congo depuis 1923, Kinshasa fut fondé le 3 décembre 1881 par l'explorateur anglais Henry Morton Stanley. Elle se situe à la latitude de 4°19' Sud et à la longitude de 15°18' Est.

Elle s'étend sur 9 965 km2. Avec une population estimée en 2020 à 14,3 millions d'habitants, son  agglomération urbaine est la troisième la plus peuplée d' Afrique après  LeCaire et  Lagos, et constitue la plus grande agglomération  francophone du monde, en ayant dépassé celle de  Paris dans les années 2010, et figure parmi les  agglomérations les plus peuplées au monde.

Coeur économique, politique et culturel du pays, Kinshasa est une ville de contrastes, où coexistent côte à côte des secteurs résidentiels et commerciaux huppés, des universités, des camps militaires et des  bidonvilles.

Figure 7. Carte administrative de la Ville de Kinshasa

La ville s'étendue d'abord sur la rive du fleuve Congo à partir du site originel de Mont Ngaliema et à progresser. La ville de Kinshasa s'étend jusqu'à N'sele et Maluku et même sur les collines de l'Est et l'Ouest.Sur le plan administratif, Kinshasa se subdivise en 24 Communes dont Kalamu qui font l'objet de cette étude.Ces 24 Communes sont groupées en 4 districts : Funa, Lukunga, Mont-Amba et Tshangu.

2.1.1.Présentation de la commune de Kalamu

2.1.1.1. Historique

La Commune de Kalamu est l'une de vingt-quatre communes urbaines de Kinshasa, elle se trouve dans le district de la Funa, et fut créée en tant qu'entité administrative de la ville de Kinshasa par l'Arrêté n°21-42 du 12 octobre 1957 sous la demande du plan Van Malleghen afin de donner l'équilibre spatial à la ville.

Ce plan avait pour objectif l'extension de la ville vers le Sud-Est, la création des cités satellites (N'Dili, Matete...) et indigènes. C'est au cours de cette période que seront construites les différentes cités planifiées : Kalamu, Kasa-Vubu, Bandalungwa, Lemba, Matete, Limete, Ngiri-Ngiri afin de décongestionner le centre-ville (les cités Européennes).

2.1.1.2.Situation géographique

D'une superficie de 6,64 Km2, avec comme coordonnées géographique 4° 20' 51? Sud, 15° 19' 12? Est, géographiquement elle est située au centre de la ville-province de Kinshasa.

Elle est limitée :

- Au Nord, par la Commune de Kinshasa ;

- Au Sud, par la Commune de Makala ;

- A l'Est, par la Commune de Limete qui la sépare avec l'avenue université ;

Figure 8.Carte administrative de la commune de Kalamu

- A l'Ouest, par les Communes de Kasa-Vubu via l'avenue Kasa Vubu et l'avenue Elengesa.

2.1.1.3.Environnement Physique

2.1.1.3.1. Climat

Le climat à Kinshasa, tout comme de la commune de Kalamu est de type AW4 selon le système de classification de Koppen. C'est un climat tropical chaud et humide.

A partir de l'analyse des observations faites de 1931 à 1970, Crabbe (1980) a estimé au 22 septembre et 27 mai les dates de la première et de la dernière pluie circonscrivant la saison de pluies qui est entrecoupée d'une petite saison sèche au mois de février.

La saison sèche s'étend donc du 28 mai au 21 septembre inclus soit au total 117 jours ou près de 4 mois. Le climat est caractérisé par des vents faibles au sol de direction Sud-Ouest (Crabbe, 1980). Il pleut en moyenne plus de 100 jours par an sur l'ensemble de la ville (Van Caillie, 1983 et Pain, 1984).

Avec une moyenne annuelle de 203,3 mm de pluies, avril et novembre demeurent les mois les plus pluvieux où l'on enregistre chaque année des catastrophes naturelles en raison de fortes averses. Le déficit pluviométrique s'observe en Juin, juillet et août avec respectivement 4, 3 et 15 mm de pluies.

Les températures les moins élevées de l'année s'observent en saison sèche au mois de juillet de l'ordre de 17,7°C. Le mois de mars est le plus chaud de l'année avec un maxima de 32,6°C.

La température varie de 22,5 °C en moyenne au mois de juillet à 26,1°C en mars soit une amplitude thermique annuelle de 3,6°C. L'humidité relative varie de 71 à 82%.

Tableau2.Données climatiques de la ville de Kinshasa de 1982 à 2012 est reprise.

 

Janvier

Février

Mars

Avril

Mai

Juin

Juillet

Août

Septembre

Octobre

Novembre

Décembre

Température moyenne (°C)

25.9

26.4

26.9

26.8

26.3

24

22,5

23.7

25.4

26.2

26

25.6

Température minimale moyenne (°C)

21.2

21.6

21.6

21.8

21.6

19.3

17.7

18.5

20.2

21.3

21.5

21.2

Température maximale (°C)

30.6

31.3

32,6

32

31.1

28.8

27.3

28.9

30.6

31.1

30.6

30.1

Précipitations (mm)

146

125

177

200

125

4

3

15

35

129

249

171

Source :Mettelsat (data 1982-2012)

80

 

80

82

77

73

71

71

77

81

81

 
 
 

2.1.1.3.2. Géologie, relief etpédologie

a. Géologie

On distingue deux domaines :

§ Les terrains de couverture qui sont constitués des formations récentes d'âges postérieurs au paléozoïque et où nous retrouvons :

Ø Les grès tendres d'âge mésozoïque

Ø Les grès polymorphes d'âge gésozaîque

Ø Les limons et les argiles d'âges quaternaires

§ Le socle constitué de grés feldspathique et de la série d'Inkisi, d'âge pré cambrien surmonté par une couche de grès polymorphe par endroit. Le substratum géologique de la région est homogène dans son ensemble.

b. Relief

La commune de Kalamu se trouve en partie dans une vallée, c'est-à-dire dans un relief plat, facile à contenir l'eau si la vitesse de l'infiltration est inférieure à celle de la chute des gouttelettes d'eau des pluies, avec 280 m d'altitude. La topographie de la commune de Kalamu est l'un des facteurs importants des inondations.

c. Pédologie

La commune de Kalamu connait un sol constitué des sables fins et des sables moyens.

2.1.1.3.3.Végétation

Jadis formée d'une vaste savane, la végétation de la Commune de Kalamu est constituée des arbres plantés dans chacune des parcelles.

2.1.1.3.4.Hydrographie

Sur le plan hydrographique la rivière Funa(appelée communément Kalamu ce qui signifie cours d'eau en dialecte Teke-Humbu, population autochtone de Kinshasa)constitue le cours d'eau principal de cette Commune. Celle-ci prend sa source à la longitude 15° 15' 59 Est et à la latitude 15° 26' 18 Sud à environ 345 mètres d'altitude et mesure quelque 16 km de long avec unun débit moyen de 15m/seconde.

2.1.1.4.Aspects humains et urbains

2.1.1.4.1.Démographie

La population de la commune de Kalamu est évaluée à 208.155 habitants en 2020.

Source : Service de la population de la commune de Kalamu, exercice 2020

Tableau3.Répartition de la population par groupe d'âge et sexe en l'année 2020

GROUPE D'AGE

POPULATION CONGOLAISE

POPULATION ENTRANGERE

TOTAL GENERAL

Masc.

Fém.

Total

Masc.

Fém.

Total

0 à 4 ans

3.700

4.873

8.573

141

153

294

8.867

5 à 9 ans

16.272

15.266

31.538

162

169

331

31.869

10 à 14 ans

16.523

11.563

28.086

266

245

511

28.597

15 à 17 ans

7.830

14.604

22.434

231

256

487

22.921

S/TOTAL (A)

44.325

46.306

90.631

800

823

1.623

92.254

18 à 22 ans

5.274

7.081

12.355

93

116

209

12.564

23 à 27 ans

5.616

7.226

10.997

128

111

239

13.081

28 à 32 ans

4.682

6.315

11.868

127

101

228

11.225

33 à 37 ans

5.927

5.941

12.113

121

106

227

12.095

38 à 42 ans

5.958

6.155

15.208

113

99

212

12.325

43 à 47 ans

7.619

7.589

12.512

95

85

180

15.388

48 à 5 2 ans

5.539

7.151

12.690

69

66

135

12.825

53 à 57 ans

5.663

6.849

12.512

71

49

120

12.632

58 à 62 ans

3.570

3.415

6.985

59

41

100

7.085

63 à 67 ans

2.942

1.548

4.490

46

51

97

4.587

68 à 72 ans

1.660

99

1.759

39

39

78

1.837

73 à 77 ans

141

32

173

08

03

11

184

78 à 82 ans

19

03

22

01

01

02

24

83 à 87 ans

20

02

22

03

-

03

25

88 à 92 ans

14

02

16

02

-

02

18

93 et plus

06

-

6

-

-

-

06

S/TOTAL (B)

54.650

59.408

114.058

975

868

1.843

115.901

TOTAUX

98.975

105. 714

204.689

1.775

1.691

3.466

208.155

Figure 9. Pyramide des âges et sexes de la population de lacommune de Kalamu

93-+

88 - 92

83 - 87

78 - 82

73 - 77

68 - 72

63 - 67

58 - 62

53 - 57

48 - 52

43 - 47

38 - 42

33 -37

28 - 32

23 -27

18 - 22

15 - 17

10 - 14

5 - 9

0 - 4

Hommes Femmes

Source : Données du tableau 3

U I u , 2019

0

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10

10 9 8 7 6 5 4 3 2 1

= Jeunes ;

= Adultes ;

= Vieux

Le tableau 3 et la figure9 nous renseigne que la commune de Kalamu connaît effectivement une démographique galopante. Malheureusement, cette croissance ne se fait pas accompagner d'une politique de l'habitat et d'un développement des infrastructures.L'accroissement de la population implique de nouvelles constructions, de nouveaux défrichements, et donc un impact toujours croissant sur l'environnement.

2.1.1.4.2.Organisation de la commune de Kalamu

La commune de Kalamu est habitée par une population estimée à 208.155 habitants disséminés à travers les différents quartiers par m² dans une superficie de 6,64 km² (service état civil et population, 2020).

La commune regroupe à son sein 6 quartiers éclatés en d'autres 18 petits quartiers repartis dans le tableau ci-dessous.

Tableau 4.Subdivision administrative de la commune de Kalamu

QUARTIERS

SUPERFICIE EN m²

POPULATION

NOMBRE DE RUES

NOMBRE DE PARCELLES

NOMBRE DE MENAGES

1

MATONGE I

441.331

10.570

12

608

6.396

2

MATONGE II

381.327

14.345

16

783

12.917

3

MATONGE III

401.909

7.284

18

764

4.622

4

IMMO CONGO

576.103

4.702

40

363

839

5

KAUKA I

452.232

16.802

33

1.190

13.840

6

KAUKA II

147.893

5.862

11

328

3.204

7

KAUKA III

263.348

5.574

10

377

3.272

8

YOLO NORD I

262.348

12.214

21

961

6.482

9

YOLO NORD II

170.962

7.408

31

849

5.962

10

YOLO NORD III

334.490

12.547

33

836

7.422

11

YOLO SUD I

448.570

14.782

42

1.250

9.787

12

YOLO SUD II

219.680

8.850

22

519

3.633

13

YOLO SUD III

277.897

13.023

12

955

13.035

14

YOLO SUD IV

210.318

13.455

10

718

8.235

15

PINZI

231.298

10.933

10

495

9.487

16

KIMBANGU I

466.478

14.718

26

1.144

8.539

17

KIMBANGU II

595.561

21.718

20

1.241

13.718

18

KIMBANGU III

251.127

13.368

15

870

7.536

 

TOTAL

6.664,872

208.155

382

14.251

138.926

Source : Service de la population de la commune de Kalamu, exercice 2020

2.1.1.5.Aspect socio-économique

Kalamu possède des quartiers cadastrés, stratifiés, planifiés, et dotés des commodités urbaines. Les canalisations sont vieilles et sous- dimensionnées.

La population est menacée par des inondations dû à l'absence ou à la dégradation des systèmes de drainage et du comportement irresponsable de rejet des déchets solide à la rivière. En outre, les maladies hydriques sont les plus récurrents.

La population a un niveau de vie moyen. Les emplois informels sont très importants.

Plusieurs activités économiques sont pratiquées. Elles sont dominées par le secteur tertiaire. On distingue l'artisanat, le commerce et le transport.

2.1.1.5.1.Habitat et infrastructure

La commune de Kalamu est équipée de plusieurs infrastructures
sociocommunautaires. Parmi celles-ci on peut citer : le stade Tata Raphael,le parquet général de la Funa, le sous-commissariat de la police, les marchés, les hôtels, les écoles, les instituts supérieures et quelques habitats administratifs. Lepont Cabu limite cette commune au Nord.

La trame urbaine dans la commune de Kalamu fait apparaître des voies primaires et secondaires. Les parcelles sont desservies par un réseau de voiries tertiaires. L'état dégradé des voies secondaires et tertiaires (inondées et parfois creusées) par la pluie et la dynamique des marécages rendent difficile la mobilité dans cette région. Une grande superficie de sols marécageux et bas-fonds est occupée par les habitations obstruant ainsi l'écoulement des eaux de pluie et surtout compliquant l'assainissement de la zone.

L'OCA a construit en partie des maisons il y a déjà 60 ans et ces maisons sont vétustes et surpeuplées. Elles étaient conçues pour un couple avec deux enfants. Aujourd'hui, elles en logent 7 en moyenne dans des parcelles qui ne dépassent pas 25 m².

L'autre partie de l'espace est constituée des autos constructions. Comme Le besoin croissant d'avoir un lopin des parcelles s'est aggravé, la population est allée construire aux sites impropres à la construction sans normes urbanistiques, tout le long de la rivière en majorité habités par des gens à faibles revenus.

A l'époque, ces sites étaient occupés par des espaces verts qui n'existent plus actuellement. Il est fortement étonnant de voir d'autres gens construire dans les berges après l'avoir remblayé par des ordures et par des masses de terre. Les infrastructures sont saturées et dégradées. Le système de canalisation des eaux usées est inexistant.

Figure 10.Construction anarchique à la berge

Les zones, réputées « non aedificandi », ont été envahies par la population de manière anarchique. Suite à une croissance démographique galopante, la spéculation locative est telle que la population se permet de construire anarchiquement sans tenir compte de normes d'urbanisme. On assiste à une urbanisation accélérée aux lits au-delà des berges.

En conclusion, la densification de la population dans la commune de Kalamu est liée à trois types de phénomènes que nous retenons dans le cadre de ce travail :

· La construction de bâtiment à plusieurs portes dessinées à abriter plusieurs locataires dans une même parcelle ;

· Le morcellement des parcelles « en demi- parcelle » permettant l'acquisition de logement auprès du propriétaire ;

· L'exode rural. En effet, les villageois (paysans et artisans) partent pour s'installer en ville où les industries proposent du travail, pour des soins médicaux, et pour le confort.

2.2.Problèmes environnementaux que rencontrent la commune de Kalamu

La commune de Kalamu est confrontée à un sérieux problème d'environnement, parmi lequel il y a les inondations et la pollution dû à une mauvaise gestion de déchets. Tous ces deux problèmes sont liés à la croissance démographique.

2.2.1.Les inondations et ensablements

L'inondation est une catastrophe régulière pendant la saison des pluies. Elle a un impact négatif sur le bien-être de la population et souvent les quartiers se trouvant aux abords de la rivière en subissent. Pendant la saison pluvieuse, la Funa reçoit beaucoup d'eaux qui coulent et qui rependent au creux des larges vallées.

Plusieurs facteurs expliquent les inondations à Kalamu parmi lesquels il y a :

Le déboisement de versant, un bon nombre de grand collecteur d'eau de Kinshasa se dirigent vers les rivières, l'urbanisation accélérée des lits majeurs, l'ensablement des lits mineurs et majeurs par le phénomène d'érosion anthropiques sur les versants des collines en amont, l'occupation des terrains anarchiquement sans la notion de viabilité du sol ; l'accumulation des ordures ménagères dans lits majeurs et mineurs.

Le débordement de la rivière dû à l'influence des pluies. Plus les pluies sont fréquentes et régulières, plus les sols sont saturés. Il en découle des crues qui entraînent des inondations. Non seulement les pluies provoquent les crues dans la rivière Kalamu, mais elles sont génératrices des eaux de ruissellement, et des eaux stagnantes.

L'envahissement du fond de lits par le dépôt des divers déchets occasionne la montée du niveau de la rivière d'un à plusieurs mètres et provoque le rétrécissement des lits.

L'insuffisance des réseaux d'assainissement, notamment les collecteurs. Il faut ajouter l'infiltration très réduite des eaux des pluies dans le sol.

Les phénomènes érosifs se déroulant en amont, ont un impact direct sur le cours d'eau. Le sol arraché sur les versants en amont et transportés par ruissellement, causent l'ensablement de lits des rivières et entrainent les inondations en aval au niveau de bas-fond.

Figure 11. Vue des problèmes liés à l'inondation et ensablement

2.2.2. Pollution des eaux et des sols par les déchets

2.2.2.1. Pollution fécale

Le problème majeur de pollution des eaux pour la rivière Funa, demeure celui relatif à la pollution fécale qui résulte de l'élimination des excrétas par des dispositifs individuels non appropriés, de la dégradation des réseaux collectifs et du délabrement des infrastructures d'assainissement (ANONYME, 1996).

Figure 12. Tuyau d'un WC dirigé vers la rivière Funa dans le quartier Kimbangu 3

2.2.2.2. Pollution par les effluents

A la pollution fécale s'ajoute également la pollution avec les effluents de diverses natures. Les reseaux d'assainissement déverse à la rivière.

L'évaluation qualitative et quantitative de ces déchets reste jusqu'ici quelque peu difficile à réaliser à cause de l'absence des statistiques exactes, alors que le phénomène ne cesse de croitre par la construction de nouveaux déversoirs.

2.2.2.3. Pollution des sols par des déchets

Les déchets en plastic posent à ce jour un véritable problème environnemental de pollution des eaux et des sols dans la commune de Kalamu. En effet, la prolifération du commerce de vente des eaux en sachets dans toute la ville et le manque d'une politique de gestion de ce type de déchets constituent des causes de pollution de premier ordre. Les rivières servent désormais de dépotoirs. Leur courant s'en trouve ainsi obstrué et les rivières se forgent naturellement de nouveaux chemins au détriment des riverains et des infrastructures.

Figure 13. Accumulation des déchets plastiques obstruant l'écoulement des eaux sur le pont Bongolo

La pollution de l'environnement dû la mauvaise gestion de déchets constitue un danger permanent pour la population dans la mesure où elle l'expose aux maladies susceptibles de constituer un obstacle à la bonne marche de la communauté. La population est un facteur important de développement, par conséquent, elle doit être dans un environnement sain qui la met à l'abri des maladies et autres agents nuisibles de sa santé.

La mauvaise politique de gestion de déchets des autorités municipales, fait qu'il y a de l'insalubrité un peu partout dans les rues de la commune de Kalamu ; la population est exposée chaque jour à vivre avec les mauvaises odeurs issues de la décomposition de ces déchets.

L'impact pouvait être positif si l'autorité urbaine se mettait à recycler harmonieusement dans les industries les sachets, les bouteilles en plastique jetées par-ci par-là à travers toute la ville. Et aussi si certaines immondices étaient utilisées pour faire l'agriculture et l'élevage dans le périphérique de la villeou aussi pour produire de l'électricité ou le biocarburant à base des déchets ou encore se servir des zones marécageuses pour en faire des plantations agricoles mais, Malheureusement tel n'est pas le cas ni dans la a commune de Kalamu ni dans la ville de Kinshasa.

En effet, l'impact est plus négatif au regard des conséquences qui débouchent sur la morbidité et la mortalité.

Ces conséquences affectent les domaines sanitaires, esthétiques, environnementale, politique et voir même économiques.

a) Sur la santé publique

Il faut noter que les maladies ou des pathologies liées à l'eau sont dangereuses, comme le souligne Bouvier (1990). Les pathologies associées à l'eau en milieu urbain sont soit les maladies virales (Typhoïdes, choléra, hépatite, etc.), soit vectorielles (paludisme).

L'insalubrité favorise la prolifération des microbes et parasites qui, a leur tour sont à l'origine des épidémies, des maladies infectieuses, intestinales, des pestes...

La plupart des maladies dont souffrent la population de Kinshasa en général et de la commune de Kalamu en particulier sont dues à l'environnement qui est malsain à cause de la présence des immondices qui jonchent les marchés, les coins des avenues le long des rivières et voir même certaines parcelles. C'est le cas de toutes ces maladies infectieuses, parasitaires et respiratoires qui sont issus de l'insalubrité. A savoir la typhoïde, la dysenterie, le choléra, le paludisme, l'amibiase et tant d'autres.

La santé est une science et/ou un art de prévenir les maladies, de le guérir, de prolonger la vie et de promouvoir la santé par les actions collectives, généralement elle est considérée comme l'absence de maladie et d'infirmité.

Lorsqu'elle est négligée, elle aboutit à des cas de morbidité et de mortalité au même titre. Ce qui explique le taux élevé de mortalité dans la ville.

b) Sur le plan esthétique

La beauté d'une ville dépend de la manière dont on entretient son environnement. Il est vrai que plusieurs quartiers de la ville de Kinshasa en général et quelques-uns de la commune de Kalamu (Kimbangu I, II, III) en particulier ont été construit sans normes urbanistiques.

Figure 14. Pollution de cour d'eau par les immondices

Les anciens quartiers (Matonge, Yolo, KaukaImmo-congo et Pinzi) ont perdu ces normes. Aujourd'hui, les constructions anarchiques ont envahi partout. Il n'existe plus d'espaces verts, des caniveaux à cause d'une forte concentration de la population et de l'inexistence de l'autorité de l'Etat dans le domaine de l'urbanisme et habitat. L'entassement des ordures sur les rues, aux coins des avenues ; la stagnation des eaux de pluies, de robinets de parcelles et voirmême de certaines installations sanitaires par manque de canalisation et de puits perdus ou par délabrement de ceux qui existent, rendent la commune de Kalamu aussi sale et peu vivable.

c) Sur le plan social

La perte en vie humaine et des biens ; les habitations s'enfoncent sous l'accumulation de sable et d'autres sont emportées lors des crues de la rivière ; les dégâts matériels innombrables, maisons abandonnéesetc.

d) Sur le plan environnemental

La végétation fixant les berges a été enlevée ; l'extraction intensive du sable dans ce secteur ; l'environnement immédiat de la population devient impraticable et pollué ; la naissance des marécages, etc.

2.3.Méthodologie de la recherche

Dans ce point, nous allons présenter les matériels qui ont concourus à la réalisation de cette étude, à la collecte, au traitement jusqu'à la présentation des résultats trouvés ainsi que les méthodes utilisées dans le cadre de cette étude.

2.3.1. Matériels utilisés

Afin de bien réaliser notre travail, nous avons utilisé les matériels suivants :

2.3.1.1. GPS

Le GPS nous a permis de déterminer en tout point dans notre zone d'étude la position avec une précision inferieure à 5m.

Nous avons utilisé le modèle Garmininreachexlorer+pour prélever différentes coordonnées géographiques (longitude, latitude et altitude) sur le terrain.

Figure 15. GPS Garmin

3.1.2.Oyster series 341350A

Figure 16. Oyster séries 341350A

Cet instrument développé par EXTECH nous a servi à mesurer differents paramètres de l'eau de la rivière Funa telque: le pH, la conductivité, le TDS (total de solide dissous), la temperature, la salinité (quantité de sel dessous dans l'eau) et l'ORP (OxydoReduction Potential) contenu dans un litre d'eau.Ces paramètres sont très importants car ils permettent de connaitre la qualité du milieu.

2.3.1.3. iPhone 4

Un téléphone portable de la marque iPhone 4 nous a servi à la prise des photos, la géolocalisation et à l'enregistrement des audios et vidéos pendant nos descentes sur terrains.

2.3.1.4. Dissolved oxygen meter

Figure 17. Dissolved oxygen meter series AZ 8403

Cet instrument nous a servi à quantifier le taux d'oxygène dissous dans un litred'eau de la rivière Funa.

2.3.1.5. Turbidimètre

Cet instrument développé par la Société Hanna instrumentnous a servi à mesurer la turbidité de la Funa.

Figure 18. Turbidimètre C-102

2.3.1.6. Fiche d'enquête

Cette technique nous a permis de recueillir les informations auprès de la population. Pour ce faire, un questionnaire adressé aux chefs de ménages a été élaboré et regroupé sous forme des modules :

- Le premier module concernait l'habitat (nombre de personnes dans le ménage, statut d'occupation, type de matériaux, ...), l'eau de boisson (source d'approvisionnement, ...), l'électricité (mode d'éclairage, ...), etc.

- Le deuxième module concernait l'assainissement du milieu (localisation des toilettes, mode d'évacuation des ordures ménagères, ...), etc.

- Le troisième module concernait la situation du terrain pendant le moment de crue (faible crue ; moyenne crue et forte crue) ;

- Le quatrième module s'est intéressé à la santé de la population en générale et des enfants (0 à 59 mois) en particulier, ayant souffert au cours de dernier mois (la diarrhée, le paludisme, fièvre typhoïde ...). L'utilisation des moustiquaires imprégnés ; type de personnes consultées pour le traitement ;

- Et enfin le cinquième module s'est intéressé au souhait de population de quitter ou de rester vivre dans le site.

2.3.2. Méthodes utilisées

2.3.2.1.L'imagerie satellitaire

Issu de téléchargement sur le site Earth Explorer ( www.earthexplorer.org), les images Landsat et une image haute résolution téléchargée à partir de la plateforme SAS Planet, cette dernière nous ont servi à faire les analyses diachroniques des images de l'année 2000, 2014 et 2020 et calculer la superficie du couvert végétale et de la dynamique urbaine.

Pour une étude d'impact de la croissance démographique dans un environnement urbain, il était nécessaire d'acquérir des images de résolution spatiale relativement fine.

Si Jensen (2005) a montré que pour une étude de classification d'occupation du sol, de nombreux satellites possèdent des potentialités d'exploitation, l'aspect urbain nous a conduits à utiliser les images produites par le satellite IKONOS dans ce travail.

Capteurs

LANDSAT 7 ETM + 2000

IKONOS 2014

LANDSAT 8 OLI 2020

Bandes

ë (m)

ë (m)

RS (m)

ë (m)

RS (m)

Bleu

0,45-0,52

0,45-0,52

1

0,452-0,512

15

Vert

0,52-0,60

0,52-0,60

0,533-0,590

Rouge

0,63-0,69

0,63-0,69

0,636-0,673

PIR 1

0,77-0,90

 

0,851-0,879

PIR 2

MIR 1

1,55-1,75

 

1,566-1,651

MIR 2

2,08-2,35

 

2,107-2,294

Nombre de bandes

7

3

7

Résolutionradiométrique

32 bits

8 bits

32 bits

Tableau 5. Capteurs des trois satellites et caractéristiques des bandes spectrales.

Source :www.wikipédia.com/landsat

Figure20.Images satellitaire utilisées

2.3.2.2. Recherche documentaire

Des données ont été collectées dans les différents ouvrages disponibles dans les bibliothèques, le bureau de l'état civile de la commune de Kalamu et sur l'internet. Cette recherche documentaire a porté sur des ouvrages, des thèses de doctorat, des mémoires et articles généraux et spécifiques abordant la problématique de la gestion de l'environnement, la croissance démographiques et ses effets et la gestion des ordures ménagères.

2.3.2.3. Observation du terrain

Des visites effectuées sur terrain ont permis d'avoir un aperçu général sur l'état de la dégradation dans notre milieu d'étude, d'observer le cadre de vie des populations afin de nous imprégner des réalités de vie quotidienne dans la commune de Kalamu.

2.3.2.4. Enquêtes et interviews

Les enquêtes et interviews réalisées ont permis d'approfondir les recherches et apporter des éléments des réponses à certaines questions liées à la gestion des ordures ménagères. Deux types d'enquêtes ont été utilisés. Celles-ci étaient effectuées du 05 avril au 16 octobre 2021.

2.3.2.5. Enquête par entretien

Les entretiens ont été menés dans les deux zones de santés urbaines de Kalamu avec les médecins chefs de zones. Ces entretiens nous a permis d'identifier trois principales maladies liées à la dégradation de l'environnement. Nous avions recueilli les données sur le nombre des patients enregistrés au cours des années 2010 à l'année 2020. Après collecte, ces données ont été traitées sur le logiciel Excel et présentées sous forme de graphique.

2.3.2.6. Taille de l'échantillon

Etant donné les difficultés aussi bien matérielles que financières, il n'était pas facile d'enquêter la totalité de la population concernée. C'est pourquoi, il était nécessaire d'extraire de la population mère un échantillon représentatif. Ainsi, nous avons procédé par le calcul suivant pour obtenir la taille de l'échantillon :

n = z au carré * p (1-p)/m au carré.

D'où :

- n : taille de l'échantillon

- z : niveau de confiance de la loi normale centrée réduite ( pour un niveau de confiance de 95%, z =1,96)

- p : proportion estimée de la population qui représente la caractéristique (lorsqu'elle est inconnue, on prend p= 0,5)

- m : marge d'erreur tolérée (pour un z de 95% m est égale à 5%)

Cette formule détermine le nombre de personnes n à interroger en fonction de la marge d'erreur m que l'on peut tolérer sur une proportion de réponses p.

Ainsi donc, 384 individus ont été enquêtées, en considérant 21 personnes par quartiers.

2.3.2.6.1. Echantillons d'eau

Les échantillons d'eau de la rivière Funa ont été prélevés dans les sites lors des deux saisons ; aux mois d'avril (pour le compte de la saison pluvieuse) et septembre 2021 (pour la saison sèche à l'aide de bouteilles en polypropylène d'un litre de capacité, lavées et rincée à l'eau, le prélèvement est réalisé en plongeant la bouteille en contre-courant de l'eau de la rivière à environ 20 cm de profondeur. Ces échantillons ont été examinés in situ au moyen des appareils sophistiqués (Cfr figure 11 et 12) ensuite ces échantillons ont été placés dans des flacons hermétiquement fermés et ramené au laboratoire pour d'autres analyses chimiques.

Echantillon

Site de prélèvement

Coordonnées géographique

Saisons

P 1

Av. Kikwit

15°18'45,484"E ; 4°22'1,476"S 295 m

Pluie

Sèche

P 2

Av. Kapela

15°19'9,848"E ; 4°21'23,861"S 282 m

 
 

ü ü P 3

Av. Victoire

15°19'10,765"E 4°20'33,731"S 278 m

 
 

ü ü Tableau 6. Synthèse sur les échantillons prélevés

2.3.2.6. Analyses et traitements de données

2.3.2.6.1. Analyses des paramètres physico-chimique de la Rivière Funa

a. Analyse physique

L'analyse des paramètres physiques de l'eau de la rivière Funa ont porté sur la température (°C), la conductivité (us/cm), et la turbidité (NTU). Ces paramètres ont été mesurés in situ à l'aide des sondes analyseur multi paramètre de marque OYSTER SERIES 341350A.

b. Analyse chimique

L'analyse des paramètres chimiques de l'eau de la Funa ont porté sur le pH, le total des solides dissous (Ppm),la salinité (Ppm), le potentiel redox (mV) et sur l'oxygène dissous (en mg/l). Ces paramètres ont été mesurés in situ à l'aide des sondes analyseur multi paramètre de marque OYSTER SERIES 341350A et DISSOLVED OXYGEN METER AZ 8403.

2.3.2.7. Analyses et traitements de données SIG

Il a été fait recours à l'utilisation du Système d'Information Géographique (SIG) qui est un système d'information capable d'organiser et de présenter des données alphanumériques spatialement référencées, ainsi que de produire des plans et des cartes. Ses usages couvrent les activités géomatiques de traitement et diffusion de l'information géographique.

C'est cet usage qui a été faite grâce au logiciel ArcGIS dans la réalisation de ce travail. On s'est servi des cordonnées GPS pour localiser les sites pollués dans la commune de Kalamu, et ces données ont été traitées et manipulées en vue d'obtenir des cartes thématiques qui traduisent la réalité vécue sur terrain. Ainsi donc, on trouvera dans ce travail, plusieurs cartes qui sont réalisées sur base des données récoltées sur terrain et mises en valeur à partir du logiciel ArcGIS.

Pour les analyses en télédétection, les éléments de l'occupation de l'espace ont été réalisés par l'extension : « Spatial Analyst sur ArcGis » avec l'outil « Raster Calculator » d'où on a extrait les indices suivants :

Ø NDVI

L'Indice de Végétation de la Différence Normalisée des images Landsat 8, est le rapport entre la différence des valeurs de réflectance de chaque pixel dans la bande 5 (PIR) et la bande 4 (Rouge) et leur somme (Rouse et al., 1974).

Son expression est la suivante :

=

Selon Soyer et Wilmet (1983), cet indice est particulièrement utile pour distinguer les espaces bâtis ou défrichés des espaces encore couverts par la végétation.

Les valeurs du NDVI sont comprises en théorie entre -1 et +1, les valeurs négatives correspondant aux surfaces autres que les couverts végétaux, comme la neige, l'eau ou les nuages, pour lesquelles la réflectance dans le rouge est supérieure à celle du proche infrarouge.

Pour les sols nus, les réflectances étant à peu près du même ordre de grandeur dans le rouge et le proche infrarouge, le NDVI présente des valeurs proches de 0. Les formations végétales quant à elles, ont des valeurs de NDVI positives, généralement comprises entre 0,1 et 0,7 - les valeurs les plus élevées correspondant aux couverts les plus denses.

Le NDVI a été calculé pour les images 1987, 2000, 2010 et 2020, Ce dernier permet d'identifier visuellement l'extension de la commune de Kalamu, qui correspondent aux zones par lesquels le NDVI a diminué de façon significative.

Ø NDBI

L'Indice de Bâti de la Différence Normalisée est le rapport entre la différence des valeurs de réflectance de chaque pixel dans le canal 6 (SWIR) et le canal 5 (Rouge) et leur somme. (Zha et al., 2003).

Selon Zha et al. (2003), cet indice permet de cartographier automatiquement les zones bâties. Cette méthode utilise le fait que les zones bâties ont une réponse spectrale unique. Le NDBI a été calculé pour les images de l'année 1987, 2000, 2010 et 2020.

2.3.2.8. Microsoft Excel

C'est logiciel nous a servi pour le traitement des données, à représenter graphiquement l'état de la croissance démographique. Nous avons aussi suivi l'évolution du couvert végétale de 1990 à 2020à travers de séries de calcul de superficie et de pourcentage pour chacune des années.

Chapitre III. ETAT DES LIEUX SUR LA DEGRADATION DE L'ENVIRONNEMENT DANS LA COMMUNE DE KALAMU

Dans ce chapitre, il sera question d'analyser et interpréter le résultat diachronique de l'évolution de l'urbanisation. Cette analyse se faite durant trois périodes différentes :la période de l'an1990, 2010, et 2020.Pour suivre et se saisir de la situation de la croissance démographique et son impact sur l'environnement dans la commune deKalamu, l'approche la plus utilisée est la comparaison d'une série des images satellitaire prises à des dates différentes et les enquêtes effectuées sur terrain.

3.1. Présentation des résultats de l'enquête

Les résultats de l'enquête menée dans le cadre de cette, sont présentés dans les graphiques 3 à 11.

3.1.1.Déterminants sociaux

a. Tranche d'âge des répondant

Figure 21. Tranche d'âge des répondants

Il se dégage de cette figure que 40 % de personne enquêtés ont l'âge variant entre 30 à 40 ans, 25 %dont l'âge varie de 20 à 30 ans, 18 % dont l'âge se situe au-delàs de 40 ans et enfin les enquêtés qui ont de 20 ans ne représentent que 17 %.

b. Nombre de personnes dans le ménage

Nombre des personnes dans un ménage

Fréquence (%)

1 à 9

78

10 à 14

21

15 et plus

1

Total

100

Source : Enquêtes sur le terrain (2021)

Le tableau n°7 indique que 78 % de ménages sont occupés par 1 à 9 personnes, 21% de ménages abritent 10 à 14 personnes. C'est cette promiscuité dont on a fait allusion plus haut, qui est à la base, dans certains cas de plusieurs maux : maladies, incestes, etc.

Vu l'état des maisons vétustes dans ce site, ces chiffres sont inquiétants du fait que la plupart des maisons ont une seule pièce alors que dans la même pièce habitent plusieurs personnes de sexes différents : parents, enfants et les membres de familles élargies.

c. Localisation de fosse septique

Tableau 8. Localisation de fosse septique

Localisation des toilettes

Fréquence (%)

Dans la parcelle/ cours

49

En dehors de la parcelle (au bord de la rivière)

51

Total

100

Source : Enquêtes sur le terrain (2021)

Le tableau n°8 montre que 49% des ménages ont de fosse septiquedans la parcelle, par contre, 51% soit plus de la moitié ont de fossé en dehors de la parcelle.

Ces résultats ramènent à conclure que plus de la moitié de la populationn'ont pas des fosses septiques dans la parcelle. Elle utilise le caniveau, la rivière et les « pots à pipi » pour se soulager de leurs besoins. Ceci s'observe sur tout le long de la rivière Funa dans notre périmètre d'étude.

Les enfants sont donc exposés à des diverses maladies. De plus, si les ménages disposent des toilettes, les tuyaux d'évacuation des excréments sont carrément orientés dans la rivière Funa. Or, c'est dans cette même rivière que la majorité des jeunes garçons font leurs coups de main d'extraction des sables jaune pour la construction.

d. Statut d'occupant dans la commune de Kalamu

Statut d'occupant

Fréquence (%)

Propriétaire

51

Locataire

42

Logé gratuitement

7

Total

100

Tableau 9. Statut des occupants

Source : Enquête sur terrain 2021

Les études menées sur site démontrent que plus de la moitié de la population sont des propriétaires soit 51%, 42% sont des locataires, tandis que 7% sont logés gratuitement.

En effet, le nombre important des propriétaires dans notre site se justifie par le fait que la berge de la rivière Funa est le résultat d'une des occupations assez récentes et anarchiques sur un site inondable non aedificandi. Un site qui n'intéresse pas les services des affaires foncières. Les occupants se permettent de s'approprier des lopins de terre sans se conformer aux normes urbanistiques.

4.1.2. Cadre environnemental des quartiers

e. Utilisation de la poubelle dans le stockage des ordures

Figure 22.Utilisation de la poubelle stockage des ordures ménagères

Cette figure démontre que sur 384personnes enquêtées, soit58% utilisent des petites poubelles de nature diverse pour stocker leurs ordures (sceau, sac, sachet), 37% des parcelles n'utilisent pas des poubelles, ils exposent les ordures sur le sol, soit ils les jettent dans la rivière, soit dans un trou préalablement creusé. Il convient de souligner que la plupart des ménages utilisent des poubelles qui ne remplissent pas des normes d'hygiène.

Les figures suivantes montrent la façon dont sont stockées les ordures ménagères dans la commune de Kalamu.

Figure 23. Images sur le stockage des ordures ménagères (photo prise lors de nos enquêtes).

f. Quantité des ordures ménagères produites

La quantité des ordures produites par ménage varie selon la taille du ménage, le niveau de vie du ménage et de l'alimentation.

Selon les chiffres obtenus pendant nos enquêtes sur terrain après pesage de trois jours dans six ménages de 8 personnes, nous avons trouvé une production moyenne de 4kg des ordures pour un ménage, soit 0,5kg par individu. Comparativement aux résultats antérieurs, un individu vivant dans les quartiers populaires de Kinshasa produits 0.5kg des ordures par jour (Lelo, 2008).

Donc pour une population de 208.155 habitants que compte la commune de Kalamu, peuvent produire 104078 kg soit 105 tonnes d'ordures ménagères par jour.

g. Mode de stockage des ordures ménagères

Figure 24. Triage des ordures ménagères.

Partant de cette figure, il ressort que 18% des ménages font les triages des ordures selon la nature de celles-ci, 82% mélangent toute sorte d'ordures dans une même poubelle, ou sur un même endroit pour ceux qui les jettent ou qui gardent sur le sol.

h. Figure 25. Valorisation des ordures ménagères

Valorisation des ordures ménagères

Il se dégage du graphique 6 que 12% des ménages valorise leurs ordures ménagères, certains utilisent les matières organiques comme source d'amendement organique, d'autres utilisent les débris de la cuisine comme source d'aliments pour les volailles et pour les porcs et une petite minorité utilisent les ordures dans la lutte contre les inondations. Par contre 88% des ménages ne donnent pas une valeur à leurs ordures ménagères.

Comparativement aux résultats obtenus par Lelo et Tshimanga (2004),dans la commune de Ngaliema qui montrent que 91% des ménages de cette commune possèdent des jardins parcellaires dans les quels sont valorisés les ordures ménagères. Ce qui revient à confirmer l'hypothèse selon laquelle la valorisation des déchets constitue la solution durable au problème de l'assainissement dans lacommune de Kalamu. Avec la valorisation, les ordures ménagères seront comme une matière première ou une ressource à valoriser ou réutiliser.

i. Mode d'élimination des ordures ménagères

Figure 26. Méthode d'élimination des ordures ménagères.

La figure ci-haut démontre que 16% des ménages éliminent leurs ordures par incinération, 20% par enfouissement et 64% par rejet dans la rue, dans les décharges sauvages, dans la rivière, le rejet est le mode d'élimination le pluspratiqué par les ménages de Kalamu.

Figure 27. Déversement d'ordures dans la rivière Funa à Kinshasa/Kalamu

Les résultats antérieurs obtenus par Mosengo (1996), cité par Lelo(2008) montrent que 44% des ménages Kinois enfouissaient les ordures ménagères dans leurs parcelles au cours des années 90.

Actuellement, lorsque l'on parcourt la commune de Kalamu, les immondices gagnent de plus en plus les places des avenus. C'est parce que la majorité de la population pratique le mode de rejet pour éliminer leurs ordures ménagères. Par ailleurs ces immondices constituent des milieux propices pour les agents pathogènes et sont les sources des maladies et des nuisances au sein de la population, ils polluent également les eaux et dégradent le sol.

La figure suivante fait une illustration d'une avenue devenu impraticable dans la commune de Kalamu à cause de la stagnation des eaux due décomposition des ordures et à la présence des sachets qui diminuent la perméabilité du sol.

Figure. 28. Image d'une dégradation des ordures et stagnation des eaux sur l'avenueLuanza ; Kimbangu III (photo prise lors de nos enquêtes).

j. Figure 29. Lieu d'élimination des ordures ménagères

Lieu d'élimination des ordures ménagères

Partant du graphique ci-haut, nous constatons que 12% des ménages jettent ou éliminent leurs ordures dans les rues, 20% dans les parcelles, 60% dans les déchargessauvages, 8% dans la rivière. Rappelons que les ordures ménagères sont plus jetées dans les décharges sauvages et dans ou le long des cours d'eauIl faut signaler que les méthodes varient en fonction de l'emplacement de l'habitation.

Figure 30.Déversement d'ordures dans la rue

k. Figure 31. Niveau de connaissance des méfaits des ordures sur l'environnement

Niveau de connaissance des méfaits des ordures sur l'environnement

Il se dégage de cette figure que 62 % des ménages sont ignorants, ne connaissent pas les méfaits liés à la présence des ordures sur la santé humaine et sur notre environnement, par contre 38% des répondants connaissent le méfait. Parmi les méfaits évoqués, il s'agit notamment prolifération des moustiques anophèles qui causent la malaria, la fièvre thyroïdes, la diarrhée, etc.

Donc nous confirmons l'hypothèse selon laquelle, la mauvaise gestion des ordures ménagères est aussi liée à la mentalité de la population.

l. Situation du terrain pendant la période des crues

 

Yolo Nord 3

Yolo sud 3

Pinzi

Kimbangu 1

Kimbangu 3

%

Forte Crue

10

12

6

10

9

47

Moyenne Crue

4

5

4

4

5

22

Faible Crue

3

2

2

3

2

12

Non concerné

3

1

8

3

4

19

Total

20

20

20

20

20

100

Source : Enquêtes sur le terrain (2021)

Il ressort du tableau 10 sur le 100% soit 100 parcelles enquêtées, que 47% des parcelles sont inondées au moment de fortes crues, 22% des parcelles connaissent une moyenne crue et 19% des parcelles connaissent une faible crue pendant le moment des pluies.

L'envahissement du fond de lits par le dépôt des divers déchets occasionne la montée du niveau de la rivière d'un à plusieurs mètres et provoque le rétrécissement des lits. L'insuffisance des réseaux d'assainissement, notamment les collecteurs. Il faut ajouter l'infiltration très réduite des eaux des pluies dans le sol.

Et aussi à cause de l'obstruction de ses ouvrages par les déchets solides comme les immondices, épaves des véhicules qui font monter sensiblement l'eau et la détourne de son lit en temps des fortes pluies.

4.1.3. Cadre sanitaire

m. Relation entre l'insalubrité et maladies

La population de Kalamu habitant le long de la rivière est exposée à différentes maladies dues à la prolifération des insectes, vecteurs et autres rougeurs attirées par les inondations entassées le long de la rivière et par des odeurs suffocantes. Il s'agit ici d'examiner les différents types des maladies dont ont souffert la population au cours du dix dernières années avant nos enquêtes.

Figure 32. Courbe de l'évolution des trois principales maladies dues à l'insalubrité

Partant de la figure ci-haut, on observe par l'allure de la courbe, une augmentation au fil du temps du taux des maladies liées à l'insalubrité. La courbe de tendance montre que ces maladies ont une tendance linéaire. Selon les Médecins Chefs des Zones de Santés de Kalamu, cette évolution des maladies pourrait être influencée par le niveau de l'insalubrité croissant qui caractérise la commune de Kalamu.

Donc nous confirmons l'hypothèse selon laquelle sans un réel engagement de l'autorité compétente à sensibiliser et à inciter la population à la prise de conscience sur l'état de la dégradation et de la pollution, pourrait conduire à un état de perturbation de l'équilibre environnemental dans la commune de Kalamu.

4.1.4. Détermination d'opinion

n. Avis des ménagers sur le payement de la taxe sur l'environnement

Figure33. Avis des ménagers sur la création d'une brigade de salubrité et sur le paiement d'une taxe d'évacuation des ordures ménagères

Il ressort de cette figure que, 66% des répondants ont été d'accord avec l'idée de la création d'un service de salubrité et s'est dit prêt de soutenir ce projet, et 34% des répondants avaient rejetés cette idée.

o. Raisons d'habiter le site par la population

Tableau 12. Raison de la population d'occuper le site

Raisons d'habiter par la population

Fréquence (%)

Gérer les choses de la famille

Je suis propriétaire

Manque de financement

Nous sommes calmes

Tout près de mon emploi

Vie moins chère

2

26

27

3

3

2

Le tableau N°13 prouve que c'est la pauvreté qui est à la base des occupations anarchiques, car en posant la question de savoir les raisons d'habiter dans notre périmètre d'étude, 27 % des ménages ont affirmé leur position par manque de financement et 26 % des ménages ont déclaré qu'ils sont propriétaires. Le même tableau montre la proportion de la population qui souhaite quitter la berge pour aller ailleurs.

4.2. Analyse physico-chimique sur la qualité des eaux de la Funa

L'étude expérimentale réalisée sur les différents échantillons prélevés le long de la rivière Funa présentant les trois sites sélectionnés pour ce travail sont donnés dans ce chapitre sous formes des tableaux. L'étude a été menée lors des deux saisons ; aux mois de Juin, Juillet, Août et mi-Septembre (pour le compte de la saison sèche) et Avril, Mai, Septembre et Octobre (pour le compte de la saison pluvieuse) à l'aide de bouteilles en polypropylène d'un litre de capacité lavées et rincée à l'eau, le prélèvement est réalisé en plongeant la bouteille en contre-courant de la rivière à environ 20 cm de profondeur. Ces échantillons ont été examinés in situ au moyen des appareils sophistiqué et nous a permit de comprendre la qualité de l'eau.

Tableau 14.pH, conductivité, turbidité des différents échantillons

Période

pH

Conductivité

Turbidité

Salinité

TDS

S1

Avril

6,22

588

74

222

298

26

Mai

6,31

503

105,8

254

341

26

Juin

Juillet

Août

Septembre

Octobre

6,26

6,40

6,50

6,71

6,89

478

442

426

403

488

59,89

63,51

68,21

185

201

234

216

199

224

238

315

323

345

306

270

24

22

23

25

26

S2

Avril

6,23

614

82

235

315

27,2

Mai

6,32

591

119,2

219

296

27,4

Juin

Juillet

Août

Septembre

Octobre

6,39

6,44

6,77

6,81

7,12

577

540

517

501

473

60,3

79

88

196

217

224

188

171

193

214

281

263

279

312

324

25

24

24

26

27

S3

Avril

5,75

432

129

216

289

26

Mai

6,12

509

97

254

288

25

Juin

Juillet

Août

Septembre

Octobre

6,30

6,41

6,59

6,66

6,79

426

401

371

388

409

76

71

62

113

185

216

210

179

170

199

292

319

326

301

287

24

23

25

27

28

Source : Enquête sur terrain 2021

Tableau 15.Moyenne #177; écart-type des paramètres de l'eau de la Funa

Paramètres

Moyenne #177; écart-type

 

Saison de pluie

Saison sèche

Ph

6,33#177;0,74939

6,7 #177; 0,79881

Conductivité

455 uS/cm

426 uS/cm

TDS

306 mg/L

288 mg/L

Salinité

228 Ppm

198 Ppm

Température

30 °C

28°C

Turbidité

131 NTU

106,5 NTU


Source : Enquête Avril - Octobre 2021

Les facteurs qui influencent la qualité de l'eau de la rivière Funa, Il s'agit d'après nos analyses faites, de la composition chimique de ses affluents, des activités anthropiques et des précipitations atmosphériques.

§ La température

Lestempératures de l'eau de la Funa dans notre périmètre d'étude oscillent entre 28 °C et 30°C au niveau des points de prélèvement (Tableau 14). Le faible volume des eaux présent dans l'estuaire à marée basse, la formation d'un bouchon sablo-vaseux à l'embouchure ont provoqué la réduction de la hauteur des eaux et donc son réchauffement par la température de l'air qui dépend des variations saisonnières.

§ Turbidité

La turbidité est très élevée en saison pluvieuse. Cette variation de la turbidité est due à un apport en matière organique, matière inorganique (sels minéraux insolubles) attribuables aux activités humaines. Cette turbidité excessive s'explique encore, en plus des précipitations, par la grande quantité des matières en suspension provenant essentiellement des eaux usées, des déchets de toute nature et des excréta rejetés dans les eaux. Il y aurait aussi l'apport des matériaux arrachés au sol par les processus érosifs le long des berges et sur les pentes collinaires en amont.

§ Oxygène dissous

Les eaux de la Funa sont sous-saturées en oxygène. Ceci peut s'expliquer par le fait que ce bassin versant, du moins dans la zone d'étude, subit des rejets d'eaux usées et des rejets des produits pharmaceutiques, responsables d'une probable pollution organique. Ce dernier décroit lorsque la température de l'eau augmente.

§ Potentiel hydrogène (pH)

Le pH de l'eau de la rivière Funa dans notre périmètre d'étude est proche de la neutralité. Il varie entre 6,33 en saison de pluie et 6,71 en saison sèche.

Ces résultats montrent à suffisance l'absence de certains métaux dans l'eau, car, la disponibilité des métaux est très importante quand le milieu est acide. Le pH mesuré dans notre périmètre d'étude n'a pas un effet négatif de la vie des poissons du milieu, en général les valeurs de pH inférieures à 4,5 et supérieures à 10 sont toxiques pour les poissons. Bien que cette eau ne soit pas bonne pour la boisson ni pour un contact corporel.

§ Conductivité

La conductivité est plus grande en saison des pluies, période des hautes eaux, par rapport à la saison sèche, période des basses eaux.

4.3. L'impact environnemental des déchets

L'état de gestion des décharges dans la commune de Kalamu génère des impacts négatifs directs sur l'environnement et sur la morphologie urbaine (Holenu 2016). Ces effets peuvent être résumés comme suit :

Pollution de l'atmosphère et dégagement des odeurs nauséabondes dues notamment aux vapeurs de méthane provenant des décharges et de brulage des déchets ;

Pollution chimique et biologique des ressources en eau qui deviennent un milieu propice à la reproduction des moustiques et de la vermine, et représente ainsi une menace pour la santé à travers leur consommation indirecte à travers la consommation de produits agricoles irrigués avec des eaux polluées ;

La qualité de l'eau (tant de surface que souterraine) peut diminuer et la santé des écosystèmes aquatiques peut s'en trouver dégradée en raison d'une sédimentation accrue, de l'eutrophisation et du ruissellement possible des déchets.

La topographie du site joue un rôle important sur la perméabilité du sol, cela permet au lixiviat d'être en contact avec la nappe phréatique ;

Dégradation de l'esthétique de la municipale et immobilisation des terres productives en raison de la présence de produits non biodégradables (exemple : sachets en plastique, déchets de démolition, etc..) ;

Libre accès, à la décharge, des animaux notamment le gros bétail et les volailles, ce qui le conduit à ingérer des matières solides et toxiques ;

Le sol peut également monter une pollution avec des métaux lourds, surtout avec le nickel, le cadmium, le chrome, le zinc et le fer. Selon les caractéristiques des polluants, la pollution des sols est plutôt à la surface (As, Zn), ou au contraire elle pénètre dans les sols (Cd).

La collecte et l'élimination des déchets ne sont que dans de rares occasions assurées et constituent des facteurs aggravants de la dégradation de l'environnement urbain. Les déchets jonchent les chaussées, obstruent les caniveaux empêchant l'écoulement des eaux usées ou pluviales, se consument souvent lentement en provoquant l'émanation de certains gaz nocifs (Holenu 2016).

Pour la commune de Kalamu, la gestion des déchets souffre de multiples contraintes comme :

- Le manque de financement des autorités locales ;

- L'insuffisance des voiries limitant la circulation automobile ;

- L'allongement des distances en raison de l'extension des quartiers ;

- L'absence de schéma local de gestion de l'environnement urbain ;

- La multiplication des acteurs de la collecte (ONG, PME, servicestechniques) sans coordination, ce qui complique la mise en placed'objectifs précis ;

- L'absence d'une réglementation locale et de textes juridiques.

La mauvaise gestion des déchets dans la commune de Kalamu entraine une dégradation des écosystèmes et du sol.

Globalement, les conséquences de la mauvaise gestion se résument en ceci :

Ø Inondations et ses corollaires ;

Ø Le débordement d'eau qui submerge la berge entraine des conséquences graves, sur tout le plan ;

Ø Pollution multiforme des eaux de la rivière Funa ;

Ø La coloration des eaux de la rivière qui dégage une odeur nauséabonde dans certains endroits insalubres ;

Ø La prolifération de site par des moustiques qui sont responsable de plusieurs maladies infantiles juvéniles ;

Ø L'insalubrité due notamment à : la désuétude et la vétusté de la loi d'hygiène publique ;

Ø Le manque des mesures élémentaires visant à prévenir les maladies et d'assurer les soins sanitaires ;

Ø Un mauvais système d'évacuation des déchets et l'absence d'un réseau d'assainissement du milieu pèsent sur l'environnement avec comme conséquences : la détérioration de la santé publique, la détérioration de l'environnement social et les maladies d'origines hydriques dans la berge.

En effet, la multiplication des maladies d'origine hydrique est due au manque de réseau d'assainissement adéquat et l'effondrement des services d'hygiène dans la ville de Kinshasa en générale et en particulier dans le secteur sous étude.

Chapitre 4. EBAUCHE ET PERSPECTIVE D'AMENAGEMENT

Dans ce chapitre, il est question de donner les pistes de solutions pour l'aménagement de notre site.

4.1. Contexte et Justification

Les études et enquêtes sociodémographiques effectuées ont fourni le résultat sur le souhait de la population de rester ou de quitter la berge de la rivière Kalamu dans notre périmètre d'étude. Il apparaît opportun de présenter dans ce point le plan de gestion durable des déchets et les pistes cohérents orientés vers l'avenir de notre site. Les solutions apportées par les études doivent donc obligatoirement aboutir sur des éléments favorables au développement durable de notre espace.

Ce site est composé actuellement d'une juxtaposition de bâtiments vétustes encore en activités constitue à la fois une entrave et un potentiel pour la commune en générale et le quartier en particulier ; son implantation empêche la réalisation des connexions "naturelles" et est une nuisance visuelle d'impact dans la lecture de la ville. En outre, il s'agit d'un site pollué.

Ce plan s'inscrit dans le cadre d'apporter secours à la population de Kalamu qui vivent dans un environnement pollué d'une part et qui n'ont pas un endroit précis pour évacuer leurs déchets ménagers.

Il a pour but d'améliorer le système de collecte, de stockage et de valorisation des déchets dans la commune de Kalamu. La mise en oeuvre de ce plan de gestion devra tenir compte cinq aspects suivants : aspects techniques, aspects sociaux, aspects économiques, aspects politiques et institutionnelles et aspects environnementaux.

Au niveau local des ménages, il est important de posséder à la distribution des poubelles remplissant les normes d'hygiène et l'encadrement des éboueurs qui évoluent déjà sur terrain dans l'informel.

Sur le plan juridique, ce plan d'aménagement pour la commune de Kalamu s'attèle principalement au respect du code de l'environnement adoptée en juillet 2011, il s'agitde la loi n° 11/009 du 09 juillet 2011 portant principes fondamentaux relatifs à la protection de l'environnement, stipule en son article 46 que « Toute personne a droit à un environnement sain et propice à son épanouissement intégral. Elle a le devoir de le défendrepar toutes voies de droit en action individuelle ou collective ».

Il y a lieu ici de mettre en place une nouvelle législation au niveau nationale régissant la gestion des déchets urbains et ménagers, celle-ci doit être adaptée aux réalités actuelles du pays et de veiller à l'application de ces dites lois.

L'environnement est un des facteurs essentiels de la qualité de la vie. S'il est précaire, il compromettra cette dernière. C'est le cas de ce site où les ordures jonchent toutes les rues et influe sur la santé de la population.

La mauvaise gestion des ordures ménagèresdans la commune de Kalamu a des effets néfastes sur le plan environnemental et sur l'homme. Le premier souffrira des bouleversements, parfois irréversibles, subis par les déséquilibres de ses écosystèmes. Le second, soit l'habitant lui-même pâtira de la détérioration de sa qualité de vie due à l'absence de réseaux d'assainissement et d'infrastructures diverses.

4.2. Description du plan d'aménagement local

Les activités projetées par ce plansont :

ü Placer des bacs à ordures publiques au coin de chaque avenue ;

ü Curage des caniveaux et de la rivière Funa ;

ü Créationde 7stations de pré-stockageprovisoire ;

ü Réutilisation des déchets pour d'autres fin. (Bouteille par exemple)

4.3. Proposition de plan de gestion des déchets pour la commune de Kalamu

Le plan de gestion des déchetsurbaines dans la commune de Kalamu à Kinshasa doit passer par les étapes ci-après :

1. Subdiviser la municipale en trois zones délimitées selon leur regroupement géographique pour assurer au mieux la gestion des différents déchets :

§ La zone Est et Sud-Est : Composée des quartiers : Pinzi, Yolo sud I, Yolo sud II, Yolo nord I, Yolo nord II et Kauka III ;

§ La zone centre : Constituée des quartiers de : Kauka II, Kauka I,Yolo nord III, Matonge I, Matonge II, Matonge III et Immo Congo ;

§ La zone Ouest : Composée des quartiers de : Kimbangu I, Kimbangu II, Kimbangu III, Yolo sud III et Yolo sud 4.

Tableau16.Répartition des quartiers par zone des décharges

Région

Quartiers

Nombre des quartiers couvert

Ouest

Kimbangu I, Kimbangu II, Kimbangu III, Yolo sud III et Yolo sud 4.

5

Centre

Kauka I, Kauka II, Yolo nord III, Matonge 1, Matonge 2, Matonge 3, et Immo Congo.

7

Est

Pinzi, Yolo sud I, Yolo sud II, Yolo nord I, Yolo nord II et Kauka III.

6

Figure 34. Répartition des décharges par zone

Toutes ces raisons cis-évoquées, poussent en en ce qui concerne la collecte des déchets, que l'accent soit mis par rapport à la fréquence de, ce qui revient à dire que :

>La collecte va partir des domiciles ou le premier tri serait déjà fait et les déchets entreposés dans les différents sacs ;

> Il y aura un sac pour les verres, un sac pour les papiers et cartons et un sac pour les restes alimentaires ;

> Chaque parcelle ou chaque ménage va s'arranger à placer dehors (sur la rue) les sacs poubelles des types des déchets qui seront évacués cette journée là ;

> L'évacuation s'effectuera tous les jours pairs ;

> Les vélomoteurs avec les caisses de 2m3 passeront devant chaque parcelle pour récupérer ces déchets ;

> Ces déchets une fois récupérés, seront entreposés sur les sites proposés pour les décharges de transit ;

> Sur ces sites, un tri se fera pour pouvoir séparer les déchets qui ne seraient pas bien triés au niveau des différents ménages ;

> Une fois le tri terminé, les camions bennes passeront pour évacuer ces déchets vers le centre d'enfouissement technique de Mpasa.

EVACUATION

COLLECTE

PRE-COLLECTE

Figure 35.Schéma de gestion des déchets

2. Proposer les taxes aux habitants de Kalamu pour le prélèvement suivant les types des déchets dépendant du volume des déchets à évacuer ;

3. Proposer les différents modèle et couleurs des sacs poubelles à utiliser dans chaque zone c'est-à-dire que les trois zones auront chacune des sacs poubelles couleurs appropriées qui permettront d'identifier la provenance des déchets ;

4. Participation de tous les acteurs oeuvrant dans le domaine de la gestion des déchets.

5.4. Principes directeurs pour l'emplacement des décharges

Les principes pour l'emplacement des décharges sont utiles pour éviter des effets environnementaux négatifs associés au choix de l'emplacement, à la planification et à la conception.

Dans son mémoire de DEA, HOLENU MANGENDA (2014) a proposé 7 principes pour l'emplacement d'une décharge mais nous retenons 4 dans le cadre de cette étude :

- Il s'agit notamment de faire une proposition des emplacements en tenant compte de la densité de la population, des caractéristiques de l'occupation et de l'utilisation de l'espace, des capacités socio-économiques et de production technique des collectivités ainsi que des caractéristiques dusol (stabilité, texture, drainage, perméabilité, etc.), de la topographie et de l'accessibilité ;

- Tenir compte de la nature et la quantité des déchets à gérer (par catégorie, comme les déchets organiques et compostables, les déchets dangereux, les déchets recyclables, etc.) au moment de concevoir le système de gestion des décharges et veiller à une collecte, à un traitement et à une élimination séparée des déchets dangereux ;

- Éviter les zones susceptibles aux désastres ou aux dangers naturels (p. ex. inondations, pluies torrentielles, etc.) ;

- Éviter d'empiéter sur des sites vulnérables ou d'une importance économique, écologique, culturelle, archéologique ou historique (p. ex. plans ou cours d'eau, pentes abruptes, régions boisées, terres humide, plaines inondables, etc.).

- Éviter les sites qui accentueraient les inégalités sociales (p. ex. le choix d'un site d'élimination ou de valorisation des déchets solides dans des zones marginales urbaines plus pauvres, sans avoir auparavant consulté ou impliqué les résidents) ou occasionneraient des déplacements inacceptables de la population (p. ex. migrations, expropriations, éviction de locataires ou de squatters en raison de l'appropriation du site pour les des décharges ou des nuisances associés à un tel site).

- Éviter les sites qui mèneraient à des utilisations incompatibles des terres et des ressources, à des conflits sociaux inacceptables, à des conflits de valeurs et à des conflits touchant les droits de propriété et le régime foncier ainsi qu'à des changements inacceptables à la qualité visuelle (esthétique) du paysage et à la valeur des propriétés avoisinantes (p. ex. interférence avec d'autres services, résidences, attractions touristiques; en raison des mauvaises odeurs, du bruit et du trafic; entre les

Figure 36. Proposition des emplacements pour les stations de pré-stockage

propriétaires des terres et les locataires ou squatters; etc.).

5.4. Aménagement des voies d'accès aux décharges

La bonne gestion des décharges contrôlées proposées doit passerpar l'aménagement des voies d'accès à celles-ci, pour permettre aux engins transporteur (Motos, camions etc.) des déchets d'accéder facilement à la décharge. (Holenu 2016)

Pour une bonne gestion, il est bon de subdiviser la commune de Kalamu en 3 zones. En ce qui concerne les six décharges suggérées pour la commune de Kalamu.

- L'accessibilité des décharges de l'Est est facilitée par la route de l'université, jusqu'au niveau du quartier Immo-Congo;

- L'accessibilité à la décharge de Centre est possible soit par l'avenueuniversité, soit par la chaussée de Kimwenza, soit encore par l'avenue Bongolo et Badjoko jusqu'au niveau de l'avenue victoire, de là, une route en terre battue conduit jusqu'à la décharge ;

- Enfin, l'accessibilité à la troisième décharge passe par l'avenue Pierre Elengesa en passant par l'avenue Mompono qui conduit jusqu'à la décharge.

Il est à cet effet important de signaler que, l'accessibilité aux sites des décharges est possible ; néanmoins, il nécessite quelques réaménagements et réhabilitation des certains routes secondaires et tertiaires qui sont en état piteux.

Figure 37.Localisation des voies d'accès à la décharge

4.4. Acteurs pour l'aménagement durable dans la commune de Kalamu

Tableau 17. Identification des parties prenante

Qui ? Nom de la partie prenante

Quoi ? Les responsabilités et les intérêts des parties prenantes

Pourquoi ? raison de leur participation

Comment ? Rôles possibles et techniques de participation

Quel est le degré de leur intérêt ?

La population

Trier les déchets selon leurs natures et stocker

Environnement sain et équilibré

Comportement écologique

Elevé

Les universités

La formation.

Recherches et expertise.

Formation.

Elevé

Le Gouvernement et les médias

Acquisition des données spécifiques.

Conscientisation de la population et assainissement du milieu.

Planification en tenant compte de la dynamique démographique.

Elevé

Les ONG

Acquisition des données spécifiques.

Vulgarisation de l'information.

Sensibilisation des communautés.

Elevé

B.E.A.U.

Acquisition des données spécifiques

Orienter l'urbanisation

Elaboration des plans d'aménagement

Elevé

La première chose serait d'éduquer et d'informer la population sur les effets néfastes des déchets. Cette sensibilisation doit se faire à la radio et à la télévision et dans les quatre langues nationales.

Ensuite, mettre en place une politique de gestion basée sur le tri des déchets pourrait être une solution. Cela passe par l'installation sur les grandes artères, de dépôts-poubelles, l'un pour ce qui est biodégradable et l'autre pour les déchets non biodégradables, dans lesquels la population déposerait les ordures, qui seraient récupérées par des camions et emportées vers les centres d'enfouissement.

4.5. Inventaire des capacitésthématiquesà renforcer

4.5.A. Au plan Institutionnel

Ø Renforcer le rôle du B.E.A.U. en définissant clairement sa mission, en le structurant judicieusement et en `associant aux prises de décisions impliquant l'aménagement et l'urbanisme ;

Ø Introduire le cours d'hygiène et environnement dans toutes les filières d'enseignement supérieur et universitaire en RD Congo ;

Ø Promouvoirdes magazines audio-visuels des thèmes sur la pollution et la protection de l'environnement ;

Ø Participer régulièrement et efficacement à toutes les rencontres internationales sur l'environnement ;

Ø Mettre en place les techniques de la géomatique pour la gestion de la municipale.

4.5.B. Au plan communautaire

Ø Sensibiliser les communautés de bases au sujet de l'impact des déchets sur l'environnement surtout sur ceux les concernant plus directement (santé) ;

Ø Organiser des sessions de formations thématiques en faveur des groupes cibles ;

Ø L'assainissementdu site et l'aménagement des espaces vert.

Ø Améliorer la capacité des individus à gérer et à protéger l'environnement ;

Ø Changementdes mentalités, la connaissance, le comportement et les actions des individus ;

Ø Créer des « environnements propices » pour une meilleure gestion de l'environnement dans tous les secteurs de la société ;

Ø Sensibiliser régulièrement les individus sur des questions liées à la dégradation de l'environnement.

Tableau 18.Souhait de la population

Souhait de la pop. de quitter ou de rester dans le site

Fréquence

% valide

Oui

54

54,0

Non

44

44,0

Sans avis

02

2,0

Total

100

100

Source : Enquête sur le terrain (2021)

Tableau 19. Raisons de la population de quitter le site

Raison de quitter par la population

Fréquence (%)

Condition de vie médiocre

Dérangement dans le quartier

Environnement dégradé

Prostitution, rancune, sorcellerie

Eaux d'inondation

Les enfants toujours malades

Mentalité médiocre

Milieu est trop reculé

Pas d'écoles

Rentrer dans mon milieu d'origine

S'installer en Europe

Décision de mon époux

Parcelle de ...

Total

8

1

3

1

4

7

1

6

1

2

1

1

1

100

Source : Enquête sur le terrain (2021)

Le tableau 18 indique que 54 % des ménages préfèrent rester vivre dans le site et 44 % des ménages acceptent de quitter. Presque plus de la moitié de ménages enquêtés préfère quitter pour les raisons suivantes : conditions de vie très médiocres, environnement malsain, problème d'inondations, les enfants tombent toujours malades, milieu invivable, manque d'infrastructures publiques, habitat indécent, les vecteurs de nuisance, la promiscuité, les pollutions sonores et du sol, insalubrité généralisée, les voies d'accès impraticables, et autres (problèmes de moeurs, prostitution, banditisme...).

Le tableau 19 prouve que c'est la pauvreté qui est à la base des occupations de ce site car sur la question de savoir les raisons d'habiter dans notre périmètre d'étude, 27 % des ménages ont affirmé leur position par manque de financement et 26 % des ménages ont déclaré qu'ils sont propriétaires. Le même tableau montre la proportion de la population qui souhaite quitter pour aller ailleurs.

A cela, nous proposons ce qui suit :

- Que l'Etat puisse prendre ses responsabilités de suivre les effets et l'évaluation de l'environnement après la réalisation d'un travail tel que le curage de la rivière ;

- La démolition des logements bâtis près des rivières mais avec les mesures de compensation pour éviter l'occupation anarchique des sites non aedificandi ;

- Que les pouvoirs publics élaborent des règles sanctionnant ceux qui jettent les ordures dans les endroits inapproprié (voies publics, rivière etc.) ;

- Que le Ministère de l'urbanisme et de l'habitat remplisse pleinement et efficacement son rôle notamment en élaborant et en réactualisant l'organisation de l'espace urbain, en améliorant les infrastructures et les systèmes de drainage ;

- Que l'Etat élabores des études ou des stratégies à long et à moyen terme pour la mise en place de la politique de la promotion immobilière et foncière en distribuant les terrains urbanisés aux populations riveraines en crédit ;

- En matière de la protection des berges, le bureau d'urbanisme doit être en collaboration parfaite avec la population pour planter des arbres tout le long de la rivière et pourquoi pas aménager les berges par des blocs de ciment ;

- L'Etat peut créer des stratégies pour maîtriser la croissance démographique pour déconcentrer Kinshasa en créant des villes satellites et des métropoles d'équilibre avec des logements, des équipements et d'emplois ;

- Donnez plus d'initiative et les poids aux provinces en développant leurs potentialités de la région.

CONCLUSION

L'objectif visé de cette étude était d'évaluer l'impact de la croissance démographique sur la dégradation del'environnement en milieu urbain : le cas de la commune de Kalamu à Kinshasa en vue d'étudier les conséquences qui en résultent sur la dégradation du cadre et de la qualité de vie de cette population.

Cette étude a démontré clairement que la plupart des problèmes urbains, particulièrement en ce qui concerne la commune de de Kalamu, découlent de la désuétude de la loi et des règles en matière d'urbanisme et de l'environnement. Tous les textes et règlements qui se sont succédés après l'indépendance n'ont aucun effet concret sur le terrain ; l'application de ce dernier n'est pas visible. S'ajoute à cela l'explosion démographique, la pauvreté et l'émergence des antivaleurs. Il est donc urgent d'implanter des structures appropriées pour assurer une bonne gestion de l'espace.

La population kinoise gère les déchets ménager comme elle l'entend et selon les possibilités qui lui sont offertes.Cela pousse à croire que la population de la ville de Kinshasa n'a pas une éducation en matière de la gestion des décharges, surtout qu'elle n'est passemble -t-il, informé des conséquences néfastes que peuvent engendrer la mauvaise gestion des déchets.

L'expérience mondiale a montré que l'institutionnalisation de la bonne gouvernance repose sur la démocratisation et la participation. Pour y parvenir, il faut combler le fossé entre les gouvernants et les gouvernés et favoriser la confiance, l'interdépendance, la réciprocité, la sensibilité et la responsabilité en matière de gouvernance.

En effet, pour mener une politique de réorganiser notre site d'étude, la préoccupation est d'engager la science dans une collaboration interne entre les aménageurs urbains, les urbanistes, les architectes, les ingénieurs, les économistes, les administratifs, ...

A cela, le coût très élevé de déplacer cette population ne rend évidemment pas très facile l'application du plan de réorganisation de notre site. C'est un problème beaucoup plus considérable pour qu'on ne puisse laisser qu'à l'Etat seul, les soins de le résoudre.

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

I. TEXTES LEGAUX

1.Loi n° 011/2002 du 29 août 2002 portant code forestier de la RDC

2.Loi n°11/009 du 11 juillet 2011 portant principes fondamentaux relatifs à la protection de l'environnement

II. OUVRAGES

3. Antoine BAILLY et Jean Marie HURIOT : ville et croissances ; éd. Anthropos Paris France 275 pages.

4. Bureau d'Etudes d'Aménagement et d `Urbanisme (BEAU), les villes secondaires diagnostic et propositions, gestion urbaines économie urbaine, équipement, Kinshasa, B.E.A.U, Mai 1991. 24 pages

5. DDK et FNUAP, 1998, La question démographique en RDC, Faculté des sciences Economique, UNIKIN.

6. De SAINT MOULIN L. « croissance de Kinshasa et transformations du réseau urbain de la République Démocratique du Congo depuis l'indépendance » in cahiers africains, Villes d'Afrique. Explorations en histoire urbaine, 2007, pp. 41-65, Harmattan, Paris.

7.ENSP, Gestion et assainissement des eaux usées dans les zones d'habitat planifié et leurs périphéries. In « Gestion durable des déchets et assainissement urbain », 2004. 191 p. pp. 150-151.

8. LELO NZUZI, F., Kinshasa, ville et environnement. Ed. L'HARMATTAN. Paris/France 2008. 282 pages.

9. LELO NZUZI, F., Kinshasa, Planification et aménagement. Ed. L'HARMATTAN. Paris/France 2011. 381 pages.

10. Marc Pain, Kinshasa, la ville et la cité, Ed. De l'ORSTOM, Paris, 1984.

III. REVUES

11.ANCIA PHILIPPE, Gestion des sols pollués, séminaire, mai 2010, Kinshasa2011

12. L'Encyclopédie Encarta 2006 de Microsoft.

13. Atlas de Kinshasa, Ed. Jeune Afrique, 2000

IV. NOTES DE COURS

14. HOLENU MANGENDA H., Cours de pollution et nuisance, 2019

15. LELO NZUZI F., Cours d'initiation à la recherche scientifique, 2017.

16. LELO NZUZI F., Cours d'aménagement intégré du territoire,2017

V. THESES ET MEMOIRES

17. HOLENU MANGENDA H. : Gestion des décharges à Kinshasa dans l'aménagement de l'espace urbain, mémoire de DEA, Faculté des Sciences, UNIKIN 2014 ;

18. KUTUNGULULA, K : La croissance urbaine et la dégradation de l'environnement à Kinshasa : cas des déchets ménagers, mémoire de licence en sciences et techniques de développement, Faculté catholique de Kinshasa 2001, 109p.

19. KYANA J. : Les constructions anarchiques dans les quartiers Kimbangu I et Yolo-Nord III le long de la rivière Kalamu:étude d'impact environnemental et social, INBTP 2010.

20. MBANGALA MUZINGA J,P : Essai d'analyse et d'aménagement des dépotoirs, et leur évacuation dans la ville de Kinshasa « cas de district de la Funa »mémoire de licence en géographie, Faculté des sciences, Université de Kinshasa 2009. 105p.

VI. SITES INTERNET

21.   www.conforc.org.

22. www.giec.org

23. www.dsrp-rdc.org

24. www.radiookapi.net

25.www.encyclopedie-environnement.org






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"Le doute est le commencement de la sagesse"   Aristote