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Contribution à l'élaboration d'un plan d'aménagement du bassin versant de la rivière Coupe à l'Inde


par Bernard ULYSSE
Université d'Etat d'Haàti , Faculté d'Agronomie et de Médecine Vétérinaire (FAMV) - Ingénieur-Agronome 2008
Dans la categorie: Géographie
   
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h

République d'Haïti

Université d'État d'Haïti

(UEH)

Faculté d'Agronomie et de Médecine Vétérinaire

(FAMV)

Département des Ressources Naturelles et de l'Environnement

(DRNE)

Contribution à l'élaboration d'un plan d'aménagement du Bassin Versant de la Rivière Coupe à l'Inde (4ème , 3ème section communale de Dessalines)

Mémoire de Fin d'Études Agronomiques

Présenté par ULYSSE Bernard

Pour l'Obtention du Diplôme d'Ingénieur-Agronome

Option : Ressources Naturelles & Environnement

Avril 2008

Contribution à l'élaboration d'un plan d'aménagement du Bassin Versant de la Rivière Coupe -A- L'Inde(4ème ,3ème section communale de Dessalines)

DEDICACES

Ce travail est dédié spécialement à:

v mon père Souvenance ULYSSE (de regretté memoire)

v ma courageuse mère (Madame Elila ULYSSE)

v mes soeurs : Josiane, Marie, Lilanne et Elouse (de regretté memoire)

v mon frère Kenance

v ma tante Madame Josiane JOSEPH

v madame Félicité PHILEMON et sa fille unique Farrah FLEURANT

REMERCIEMENTS

Arriver au terme de cette étude, voilà donc une tâche qui n'a pas été facile. Des difficultés de toute sorte ont surgi à chaque étape de sa réalisation. Sans la conjugaison des efforts de plus d'un, on ne saurait y aboutir. Ainsi, nos grands remerciements sont adressés :

v A Dieu qui m'a donné tant de courage et de détermination pour boucler ce cycle universitaire

v A mes parents pour tant de sacrifices consentis pour me donner les soins nécessaires et me procurer une éducation adéquate

v A mon conseiller scientifique Ing-Agr Alix RICHMOND pour ses remarques constructives et les encouragements qu'il m'a prodigués depuis l'élaboration du protocole jusqu'à la rédaction du document final

v Aux professeurs de la FAMV qui ont grandement contribué à ma formation, en particulier Ing DUVIVIER Lucien qui m'a aidé depuis l'élaboration du protocole jusqu'à la rédaction du document final

v A l'Ing- Agr STENY Abner et au technicien agricole JOSEPH Nasson qui

m'ont toujours facilité les multiples déplacements sur le terrain

v Aux animateurs de la région de Coupe à l'Inde spécialement CHARLISMAR Leviguet , JOSAPHAT Elius , MERIUS Riliaire, SAMUEL Daniel , HILAIRE Gelssaint, BIENAIME Félius ,etc.

v A tous mes camarades de la promotion «  K-talog  »  ( 2002- 2007) en particulier ALEXIS Georges , SIVAL Witchenco et tous ceux qui font partie de l'option RNE

v A Monsieur LAMOTHE Pierre Joseph pour son soutien financier

v A VALERY Ausguel et VALERY Omnèce qui m'ont facilité la tâche de la dactylographie à leur domicile

v Au personnel de la Bibliothèque de la FAMV, en particulier JOANEM Ronald

v A tous les habitants du bassin versant de la rivière Coupe à l'Inde

v Enfin, à tous ceux et à toutes celles qui ont contribué, d'une façon ou d'une autre à la réalisation de ce travail.

RESUMÉ

La présente étude a été menée dans le bassin versant de la rivière Coupe à l'Inde durant la période allant d'Août à Octobre 2007. Elle vise à proposer un plan d'aménagement du bassin versant. Pour sa réalisation, on a entrepris des travaux de bureau et de terrain qui ont permis de recueillir les données nécessaires. Ainsi, on a effectué des transects pour collecter les informations sur les caractéristiques biophysiques et des enquêtes pour l'aspect socioéconomique. Les travaux effectués ont permis d'aboutir à certains résultats.

Situé dans le département de l'Artibonite, au Nord -Est de la ville de Dessalines, le bassin versant de la rivière Coupe-A- L'Inde, présente un relief accidenté en amont et enclavé par une succession de chaînes de montagnes, en particulier la grande chaîne de la Coupe -A- L'Inde. Son altitude varie de 59 m à 800 m. Ce bassin versant présente un risque élevé sur plus de 50% de sa superficie. Sa superficie est de 8004.8 ha et la population s'éstime à environ 30.000 habitants, soit une densité de 375 habitants / km2. Sa roche mère est de type basaltique en amont et calcaire en plus grande partie. Plus d'une dizaine de ravines ayant des dimensions assez profondes ont été observées. L'agriculture demeure l'activité principale des habitants du bassin versant. Le système de culture est très diversifié suivant l'écosystème dans lequel on se trouve. Dans la zone sèche, les principales cultures pratiquées sont : le mais, le petit mil, l'arachide, la patate douce, le manioc, etc. Tandis que dans la partie où le système d'irrigation est fonctionnel, on trouve des cultures maraîchères comme la tomate, l'oignon, le piment, puis le riz en monoculture, etc.

En effet, la localisation des zones ravinées et la situation socioéconomique des habitants du bassin versant constitue une étape préliminaire à tout aménagement de lutte antiérosive appropriée. Celle-ci permet de mettre en évidence que le phénomène érosif dans cette zone résulte de la conjonction de plusieurs facteurs : agressivité des pluies, érodibilité des sols, raideur du relief, faiblesse du couvert végétal, pratiques agricoles inappropriées sur des versants abrupts. Ainsi, pour parvenir à un équilibre écologique plus ou moins acceptable, il faut entreprendre les travaux d'aménagement antiérosifs proposés par des mesures techniques (correction des ravines) , biologiques (reboisement) et socioéconomiques.

TABLE DES MATIERES

DEDICACES i

REMERCIEMENTS ii

RESUMÉ iii

LISTE DES TABLEAUX viii

LISTE DES FIGURES ix

LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS x

LISTE DES ANNEXES xi

1.- INTRODUCTION 1

1.1 Problématique 1

1.2.- Les Objectifs: 3

1.2.1 Objectif général 3

1.2.2 Objectifs spécifiques 3

1.3 Hypothèses de l'étude 3

1.4.-Intérêt de l'étude 3

1.5.- Limitations de l'étude 4

CHAPITRE 2.- REVUE DE LITTERATURE 5

2.1.- BASSIN VERSANT 5

2.1.1.-Concept et définition 5

2.2.-Caractéristiques physiographiques d'un bassin versant 5

2.2.1.-Les sommets 5

2.2.2.- Les flancs 5

2.2.3.- Les ravines 6

2.2.4.-Les zones de déposition 6

2.2.4.1.-Le piédmont 6

2.2.4.2.-La vallée 6

2.2.4.3.- Les cônes de déjection 7

2.2.4.4.- La plaine colluvio-alluviale 7

2.2.4.5.- La plaine alluviale 7

2.3.- Les types de pentes d'un basin versant 7

2.3.1-Pente orographique ... .. 7

2.3.2.- Pente topographique 7

2.3.3.- Pente hydrographique 7

2.3.4.-Pente stratigraphique : 8

2.4.- Dégradation des sols dans un bassin versant 8

2.4.1.-Causes fondamentales de la dégradation des sols dans un bassin versant 8

2.4.2.-Conséquence de la dégradation des bassins versants 8

2.5.- L'aménagement des bassins versants 8

2.5.1.- Plan d'aménagement 9

2.5.2.-Objectifs d'un plan d'aménagement 9

2.6.- Historique de l'aménagement de bassin versant en Haïti 10

2.7.-Les interventions connues au niveau du BV de la rivière Coupe à l'Inde 10

2.8.-Différentes approches en aménagement de bassin versant 11

2.8.1.- Approche décentralisée 11

2.8.2.-Approche itérative 11

2.8.3.-Approche souple 11

CHAPITRE 3.- MÉTHODOLOGIE 13

3.1..- Présentation du milieu physique 13

3.1.1.-Situation géographique 13

3.1.2.-Conditions climatiques 13

3.1.2.1.- Pluviométrie 13

3.1.2.2.-Température 14

3.1.2.3.-Vents 14

3.1.3.-Relief 14

3.1.4.-Géologie 14

3.1.5.-Hydrologie 14

3.2.-MATERIEL UTILISE 15

3.3.- METHODE DE TRAVAIL 15

3.3.1 Recherches bibliographiques 15

3.3.2.-Cartographie et photo-interprétation 15

3.3.3 .-Visite de reconnaissance 16

3.3.4.- Enquête exploratoire 16

3.3.5 Collecte des données sur le terrain 16

3.3.5.1.-Etude des caractéristiques biophysiques du BV 16

3.3.5.1.1.-Réalisation des transects 16

3.3.5.2.-- Etude des caractéristiques socioéconomiques du Bassin versant 17

3.3.5.2.1.- Enquête formelle 17

3.3.5.2.2.-Unité statistique 17

3.3.5.2.3.- Méthode d'échantillonnage 17

3.3.5.2.4.- Taille de l'échantillon 17

3.3.6.- Critères de typologie des exploitations agricoles 18

3.3.7.-Traitement et Analyse des données 18

4.1.-Caractéristiques biophysiques du bassin versant 19

4.1.1.- Forme du BV 19

4.1.2.- Réseau hydrographique 19

4.1.3.- Topographie 21

4.1.4.- Classe des pentes 21

4.1.5.- Ressources en eau 24

4.1.6.- Ressources en sol 24

4.1.7.- Niveau de dégradation des sols dans le BV 25

4.1.7.1.- Niveau de risque nul ou très faible 26

4.1.7.2.- Niveau de risque faible à moyen 26

4.1.7.3.- Niveau de risque élevé 27

4.1.7.4.- Niveau de risque grave et très grave. 27

4.1.8.- Couverture végétale 29

4.2.- Caractéristiques socioéconomiques du milieu 30

4.2.1.- Population 30

4.2.2.- Les institutions 31

4.2.2.1.- Education et Formation 31

4.2.2.2.- Religions 31

4.2.2.3.- Institutions non gouvernementales (ONG) 31

4.2.2.4.- Institution étatique 31

4.2.3.- Santé 32

4.2.4.-Mouvement migratoire 32

4.2.4.- Les infrastructures 32

4.2.4.1.- Réseau routier 32

4.2.4.2.- Communication-Transport 32

4.2.4.3.- Habitat 33

4.2.4.5.- Système de transformation 33

4.2.4.5.- Adduction d'eau potable 33

4.2.5.- Marchés 33

4.2.6.- Organisations sociales 34

4.2.7.-Energie 34

4.2.8.- Activités extra agricoles 35

4.3.- Système d'exploitation ou de Production) 35

4.3.1.- Définition 35

4.3.2.- Historique de l'agriculture dans le Bassin versant 35

4.3.3.- Situation actuelle de l'agriculture dans le Bassin versant 36

4.3.3.1.- Système de culture 36

4.3.3.2.- Système d'élevage 37

4.3.3.2.1.-Présentation du cheptel 37

4.3.4.- Le régime foncier 38

4.3.5.-Main d'oeuvre 39

4.3.6.- Equipements et outillage agricole 40

4.4.- Occupation actuelle des sols 40

4.5.- Les exploitations agricoles du Bassin versant 41

4.5.1.- Performances économiques des E.A enquêtées 41

4.5.2.- Typologie des exploitations enquêtées 41

4.6.-Identification des problèmes majeurs du BV de la rivière Coupe à l'Inde 44

4.6.1.- Problèmes d'ordre physique 44

4.6.2.-Problèmes d'ordre socioéconomique 44

4.6.3.-Problèmes liés au système de production 46

5.1.- Conclusion 47

5.2.-Recommandation 48

5.2.1-Préalable à l'exécution du plan d'aménagement 48

5.2.2.-Mesures 48

5.2.2.1.-Mesures socioéconomiques 49

5.2.2.2.-Mesures techniques 51

5.2.3.-Portée du plan d'aménagement 54

5.2.4.-Limitation du plan d'aménagement 54

5.3.-Recommandations spécifiques 54

BIBLIOGRAPHIE 55

ANNEXE..........................................................................................57

LISTE DES TABLEAUX

Tableau # 1 : Caractéristiques de quelques ravines formant le réseau de drainage .....21

Tableau # 2 : Superficie occupée par Classe de pente.......................................22

Tableau # 3 : Inventaire des sources et de forages par localité..............................24

Tableau #4 : Subdivision du bassin versant en fonction du risque d'érosion des sols.....26

Tableau # 5 : Caractéristiques des transects réalisés au niveau du bassin versant.....29-30

Tableau # 6 : Principaux marchés fréquentés par les habitants du bassin versant.......36

Tableau # 7 : Calendrier cultural du bassin versant..........................................37

Tableau # 8:Calendrier de la disponibilité fourragère du bassin versant...................38

Tableau # 9 : Répartition des terres du BV en fonction du mode de tenure..............39

Tableau # 10 : Classe des revenus agricoles bruts annuels des E.A enquêtées ...........41

Tableau # 11 : Typologie des exploitations agricoles du bassin versant....................44

LISTE DES FIGURES

FIGURE # 1  : Pluviométrie moyenne mensuelle de Dessalines de 1978 à 1987 ...13

FIGURE # 2  : Délimitation du bassin versant...........................................20

FIGURE # 3 : Réseau hydrographique.......................................... ....20-21

FIGURE # 4 : Classification des pentes...............................................23

FIGURE # 5 Potentialités des sols.........................................................26

FIGURE # 6 : Risque d'érosion...........................................................28

FIGURE # 7 : Occupation des sols......................................................41

LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS

ABV  : Aménagement de Bassins Versants

ANDAH : Association Des Agro-professionnels Haïtiens

APK : Asosyasyon Plantè Koupalend

ASEC : Administration des Sections Communales

BAC : Bureau Agricole Communal

BDPA  : Bureau du Développement de la Production Agricole

BV  : Bassin Versant

BVRCI : Bassin Versant de la Rivière Coupe à l'Inde

Cx : Carreau

CSC : Comité Santé Coupe à l'Inde

CASEC  : Conseil d'Administration des Sections Communales

EA  : Exploitation Agricole

FAMV  : Faculté d'Agronomie et de Médecine Vétérinaire

FSA : Faculté des Sciences Appliquées

FVD  : Faire Valoir Direct

FVI : Faire Valoir Indirect

FAO  : Food and Agriculture Organization

GSB : Gwoupman Sante Bet

GPS  : Global Positioning System

ha : hectare

IHSI  : Institut Haïtien de Statistiques et d'Informatique

KODEK : Komite Developman Koupalend

KOMAK  : Komite pou Avansman Koupalend

Kc  : Coefficient de Compacité

MARNDR : Ministère de l'Agriculture,des Ressources Naturelles et du

Développement Rural

MDE  : Ministère de l'Environnement

ONG  : Organisation Non Gouvernementale

SNRE  : Service National des Ressources en Eau

STABV : Secrétariat Technique à l'Aménagement de Bassins Versants

LISTE DES ANNEXES

ANNEXE A   : Fiche d'enquête des exploitations agricoles

ANNEXE B : Quelques analyses quantitatives de la morphologie des Bassins versants

ANNEXE C  : Classification des pentes selon FAO

ANNEXE D  : Quelques caractéristiques quantitatives de la morphologie du BV

ANNEXE E : Liste des Photos

ANNEXE F : Techniques de traitement des ravines

ANNEXE G : Distribution du mode de tenure des parcelles suivant la taille des E.A

ANNEXE H : Performance économique des exploitations agricoles

1.- INTRODUCTION

1.1 Problématique

La dégradation de l'environnement constitue un problème majeur pour l'humanité. Aucun territoire n'est épargné, mais les mécanismes participant à cette dégradation diffèrent d'un pays à un autre. Dans les pays développés, l'utilisation de certaines technologies et les excès du consumérisme laissent derrière eux des volumes de déchets difficilement recyclables. Quant aux pays du Sud, la forte croissance démographique provoque une surexploitation et un épuisement des terres conduisant chaque année à l'abandon de sept(7) millions d'hectares et à la disparition de dix (10) millions d'hectares de forêts ombrophiles tropicales ( ELISSADE et DOMINGO,1994), cité par JOSEPH, (2003)

E ce qui a trait à la République d'Haïti , elle est caractérisée par un relief accentué et tourmenté ,le quart ( 25%) de son étendue est constitué par des plaines (altitude inférieure à 200 mètres). Plus d'un tiers du territoire se situe entre 200 et 500 mètres et 40 % au-dessus de 500 mètres dont 17 % ont plus de 800 mètres d'altitude (MDE, 1999). L'état des versants en Haïti constitue une preuve tangible de cette dégradation résultant du déboisement inconsidéré joint à la culture excessive des terres sur de très fortes pentes entraînent des conséquences néfastes sur l'environnement. Sans alternative en matière d'énergie, le bois demeure la plus grande source d'énergie disponible actuellement, et ceci depuis des siècles. De ce fait, la coupe des arbres devient un impératif. Dans les mornes qui constituent les bassins hydrographiques des cours d'eau, les terres sont lessivées à chaque averse et ne retiennent que peu d'eau .Dans les plaines, les bonnes terres d'alluvion sont rendues stériles sur des milliers d'hectares par l'accumulation des sédiments faits de matériaux géologiques bruts tels que : sable, gravier, cailloux, pierres, etc. Le bilan dressé par l'érosion en Haïti a atteint déjà des proportions impressionnantes. Chaque année, la perte de sols est évaluée à environ 36.6 millions de tonnes métriques de terre sur une profondeur de 30 à 40 cm selon (BDPA/ SCETAGRI, 1990).

En fait, la dégradation écologique d'Haïti qui a atteint un seuil critique, affecte la qualité de la vie et les conditions d'existence de la population tant en milieu rural qu'en milieu urbain. Cependant, il faut souligner que cette catastrophe si bien connue résulte d'une mauvaise gestion tout au long de son histoire de l'espace national à la fois sur les plans politique, économique, environnemental et social. ( Beliard et Norris, 1999).

En effet, le bassin versant de la rivière Coupe-A- L'Inde n'est pas épargné par la dégradation accélérée des ressources naturelles. En fait, le territoire de ce bassin versant se dégrade à un rythme croissant à cause de l'absence totale d'une couverture végétale. Une multitude de ravines ayant plusieurs mètres de profondeur ont été observées. Ainsi, toutes ces ravines, durant les saisons pluvieuses n'ont pour exutoire principal : la rivière Coupe à l'Inde. Celle-ci, alors grossie par les torrents impétueux qui dévalent des versants dénudés, abandonne son lit naturel inonde les localités en avale. Ce qui occasionne très souvent des pertes considérables pour l'agriculture en aval.

D'une manière générale, la nécessité de protéger les mornes d'Haïti est d'une extrême urgence. Compte tenu de l'état exagéré de la dégradation du bassin versant de la rivière Coupe à l'Inde, la situation de l'heure réclame des mesures conservationnistes en vue de procéder à un aménagement approprié. C'est dans cette perspective que la présente étude se veut une contribution substantielle à l'identification des facteurs et des causes qui soient à la base de cette dégradation afin de proposer un plan d'aménagement approprié.

1.2.- Les Objectifs:

1.2.1 Objectif général

Collecter des données indispensables sur le bassin versant de la rivière Coupe à l'Inde en vue de proposer un plan d'aménagement approprié.

1.2.2 Objectifs spécifiques

Ø Délimiter le bassin versant de la rivière Coupe à l'Inde

Ø Collecter des données socioéconomiques au niveau du bassin versant

Ø Faire une description du milieu biophysique et sa dégradation

Ø Etablir une typologie des exploitations agricoles au niveau du bassin versant

Ø Rechercher les causes de sa dégradation

Ø Evaluer la sensibilité du bassin versant en terme de prédisposition à l'érosion

Ø Faire des propositions concrètes visant son aménagement

1.3 Hypothèses de l'étude

· La coupe anarchique des arbres, influencée par la situation socioéconomique des gens est le principal facteur de dégradation du bassin versant de la rivière Coupe à l'Inde

· Les pratiques agricoles traditionnelles sur de très fortes pentes constituent l'un des facteurs de dégradation du bassin versant de la rivière Coupe à l'Inde

1.4.-Intérêt de l'étude

Cette étude est d'une importance capitale, car elle se veut une contribution substantielle en réunissant des données nécessaires pouvant :

· Servir de pistes d'orientation à tout organisme oeuvrant dans la zone et, désireux d'entreprendre un programme de développement agricole et de protection des ressources naturelles.

· Servir d'outil technique aux autorités concernées dans la prise de décisions dans la zone

1.5.- Limitations de l'étude

Faute de moyens financiers, des analyses de sol n'ont pas été faites afin de déterminer leurs contraintes. De plus, cette étude ponctuelle ne saurait prendre en compte tous les aspects d'un aménagement intégré, car celui-ci fait appel à des compétences dans divers domaines.

CHAPITRE 2.- REVUE DE LITTERATURE

2.1.- BASSIN VERSANT

2.1.1.-Concept et définition

C'est une zone topographiquement délimitée, drainée par un réseau fluvial. Il correspond à la superficie totale des terres drainées en un point donné d'un fleuve ou d'une rivière. Il s'agit enfin d'une entité hydrologique qui a été décrite et utilisée comme entité socioéconomique, politique en vue de la planification et de la gestion des ressources naturelles (SHENG, 1993) , cité ULYSSE ( 2001).

Autrement dit, c'est un espace composé par toutes les ressources naturelles (eau, sol, forêt, cultures, faune, minéraux, etc) où généralement se produisent des interactions avec l'intervention de l'homme. Il constitue une unité de planification dans laquelle on peut agir sur toutes les ressources naturelles depuis les lignes de crêtes (ou limite naturelle de partage des eaux ) jusqu'aux points les plus bas tout en conservant l'équilibre écologique ( SEMINARIO ,2007).

2.2.-Caractéristiques physiographiques d'un bassin versant

Les caractéristiques physiographiques d'un bassin versant influencent fortement sa réponse hydrologique, et notamment le régime des écoulements en période de crue ou d'étiage.

Tout bassin versant comporte quatre formes fondamentales de terrain. Ce sont les sommets, les flancs, les ravines et les zones de déposition (GIL,1996), cité par JOSEPH, (2003).

2.2.1.-Les sommets

Occupant les portions supérieures du bassin versant, ils consistent en des surfaces planes ou légèrement convexes, le plus souvent allongées, parfois étroites, situées de part et d'autres de la ligne de partage des eaux. De faible pente, 0-1%, elles ne sont pas sujettes à l'érosion (GIL, 1996), cité par JOSEPH (2003).

2.2.2.- Les flancs

Les flancs font suite aux sommets. Ils sont caractérisés par des pentes moyennes à fortes et par des ruissellements intenses pouvant provoquer l'érosion de la surface du sol si celle-ci n'est pas bien aménagée. Le flanc de morne proprement dit est caractérisé par une pente le plus souvent rectiligne. A ce niveau, le ruissellement est très intense et l'érosion se fait très souvent par éboulement. Ces portions de terrain réclament grandement l'implantation des structures de mise en défens ( GIL,1996), cité par JOSEPH (2003).

2.2.3.- Les ravines

On considère comme ravines, toute rigole ayant une profondeur minimale de 20 cm et servant fréquemment d'exutoire naturel aux eaux de ruissellement évacuées par les versants ( SOGETHA, 1974), cité par ALCE ( 1999).

Les grosses ravines sont celles qui sont, longues de quelques km , profondes de plusieurs mètres (>4.50) d'après l'échelle américaine) généralement encombrées d'alluvions grossières, peu colonisées par la végétation et dont la correction nécessite des structures mécaniques.

Les petites et moyennes ravines sont, au contraire, celles qui sont longues de quelques centaines de mètres, profondes de moins de 4.50m généralement encombrées d'alluvions fines, colonisées par la végétation ligneuse sur certains tronçons et dont la correction peut être effectuée avec du matériel biologique ( L.Lin Ch et Koohafkan A.P, 1987), cité par ALCE (1999).

2.2.4.-Les zones de déposition

Partie d'un terrain ayant des pentes très faibles sur lesquelles les eaux des crues perdent leur vitesse et une partie de leur capacité de charriage. Elles comprennent les terrains où les matériaux arrachés des sommets et des flancs viennent se déposer. Elles sont représentées par : le piémont, la vallée, les cônes de déjection, la plaine colluvio-alluviale et la plaine alluviale (GIL,1996), cité par JOSEPH (2003).

2.2.4.1.-Le piémont

Caractérisé par une pente uniforme moyenne à faible et assez souvent constitué par des matériaux grossiers, il est formé au contact des flancs de montagne avec la plaine.

2.2.4.2.-La vallée

Plaine allongée, bornée par des montagnes.

2.2.4.3.- Les cônes de déjection

C'est le lieu où la ravine débouche dans la vallée principale et où elle finit son cours. Ayant la forme d'éventail et une pente d'environ 5% en général, ils contiennent des matériaux grossiers qui sont brusquement déposés à cause de la variation forte de la pente.

2.2.4.4.- La plaine colluvio-alluviale

Lieu d'accumulation du mélange de matériaux grossiers et fins, la pente y est toujours très faible. Elle est formée principalement de matériaux arrachés des versants et déposés en terrasse qui, suivant une coupe pédologique, est caractérisée par une alternance de matériaux grossiers et fins. Des dépôts limono argileux et argileux se retrouvent dans les parties basses précisément le long de la rivière.

2.2.4.5.- La plaine alluviale

Elle est appelée encore lit majeur d'un cours d'eau. C'est une surface topographique, à faible dénivelée, en fond de vallée. La plaine alluviale appartient à la zone inondable du cours d'eau. Elle diffère de la plaine colluvio-alluviale par la prédominance de matériaux fins, la pente y est toujours faible.

2.3.- Les types de pentes d'un basin versant

On peut distinguer 4 types de pentes:

2.3.1-Pente orographique : La pente orographique caractérise le relief. Elle favorise l'élévation des masses d'air en mouvement au dessus des reliefs et provoque la condensation de l'humidité qu'elles contiennent.

2.3.2.- Pente topographique : C'est la pente qui influence l'écoulement superficiel des eaux (ruissellement de surface et écoulement hypodermique). Elle accélère le ruissellement sur les versants et détermine en partie le temps de réponse du cours d'eau aux impulsions pluviométriques.

2.3.3.- Pente hydrographique : La pente hydrographique, ou profil en long du cours d'eau, peut-être déterminée sur la carte ou mesurée sur le terrain par un nivellement de précision .

2.3.4.-Pente stratigraphique : Elle contrôle le chemin des eaux infiltrées qui alimentent les aquifères. Elle détermine aussi la direction de l'écoulement des eaux souterraines.

2.4.- Dégradation des sols dans un bassin versant

La dégradation des sols dans un BV se définit comme étant l'épuisement de la capacité de production de la couche arable. Cette baisse de productivité résulte des modifications des propriétés physiques, chimiques et biologiques du sol ainsi que d'une perte de sol, de la matière organique et de minéraux (GOSSELIN et al, 1986) .

2.4.1.-Causes fondamentales de la dégradation des sols dans un bassin versant

Par ordre d'importance, elles sont :

· le déboisement anarchique

· l'agriculture

· le surpâturage

2.4.2.-Conséquence de la dégradation des bassins versants

La dégradation des bassins versants conduit à une accélération de la dégénérescence écologique, à une restriction des possibilités économiques et à une intensification des problèmes sociaux ( SHENG,1993), cité par JOSEPH (2003).

2.5.- L'aménagement des bassins versants

Presque toutes les définitions relatives au concept d'aménagement de bassin versant font référence à un ensemble de mesures qui rentre dans le cadre de l'aménagement physique et social du milieu. Ces mesures doivent permettre la protection et l'évaluation du niveau de productivité de toutes les ressources naturelles du milieu ainsi que l'amélioration des conditions socioéconomiques de la population.

D'après SHENG (1993), cité par JOSEPH (2003) , l'ABV consiste à formuler et à adopter une ligne de conduite impliquant la meilleure utilisation possible des ressources du milieu, notamment des terres et des eaux, afin de fournir des biens et des services durables. On doit tenir compte des facteurs sociaux, économiques et institutionnels à l'intérieur et à l'extérieur de ces périmètres.

D'après LUFTI Bostanoglu cité par BONHOMME (1994) l'ABV

«  c'est l'exécution coordonnée d'un ensemble d'activités pluridisciplinaires et connexes qui visent la mise en place d'infrastructures conservationnistes et socioéconomiques en vue de fournir aux habitants d'une entité spatiale drainée par un même exutoire naturel (rivière, ravine ...) les moyens d'utiliser rationnellement les ressources naturelles du milieu pour la satisfaction de leurs besoins principaux tout en les protégeant pour le bien être des générations actuelles et futures. » Selon cette définition, tout aménagement intégral de BV doit alors se baser sur les principes suivants :

· Une vision globale des problèmes qui implique de considérer comme unité d'intervention de base des groupes de parcelles individuelle et collective (association, groupement ...) définis en fonction de critères techniques et sociologiques locaux.

· Un encadrement important des populations locales afin de les intéresser à une participation active et durable, à la planification, aux aménagements et à leur entretien et nécessairement aux négociations entre tous les partenaires concernés (producteurs, organisations locales représentatives, ONG, secteur privé, service de l'Etat, etc.)

· Des techniciens de conservation de sols et des eaux qui partagent les logiques paysannes de rentabilité globale à court terme, basées sur l'amélioration des techniques culturales traditionnelles et intégrées dans les systèmes de culture.( FAMV/FSA, 1998), cité par PIERRE (2002).

2.5.1.- Plan d'aménagement

Le plan d'aménagement se définit alors comme l'exercice intellectuel par lequel on conçoit un ensemble d'actions orientées vers l'atteinte d'objectifs jugés prioritaires,afin de surmonter et de prévenir les effets néfastes de l'imprévoyance ( GLASSON,1974) cité par PREVIL (1993).

2.5.2.-Objectifs d'un plan d'aménagement

Selon GIL (1996), cité par JOSEPH (2003) un plan d'aménagement de bassin versant peut avoir les objectifs suivants :

· amélioration du niveau et des conditions de vie de la population,

· arrêt de l'érosion et de la dégradation des sols par des mesures systématiques de conservation de sol et des eaux,

· satisfaction des besoins économiques et garantie de la sécurité de la population d'un bassin versant ou d'un pays donné,

· protection des infrastructures en aval et des investissements publics,

· établissement d'un équilibre écologique entre l'homme et son milieu,

· production soutenue avec des rendements accrus grâce à une meilleure gestion des systèmes de production.

2.6.- Historique de l'aménagement de bassin versant en Haïti

Les activités d'aménagement de bassin versant en Haïti remontent aux années 50. A la faveur de l'Assistance de la Communauté internationale, des gouvernements sensibilisés par la situation lamentable des terres montagneuses ont conçu de vastes projets d'aménagement dans différentes régions du pays. Par la suite, une multitude d'ONG se multiplient partout à travers le pays, ont montré beaucoup d'intérêt dans ce domaine. Depuis lors , il y a eu d'énormes investissements à travers de nombreuses institutions au point qu'on dénombrait en 1994 près de 300 organismes intervenant dans le domaine de l'aménagement de bassin versant ( JEAN BAPTISTE,1999), cité par JOSEPH (2003).

En dépit de cette vague d'interventions, nos mornes continuent à être la proie de l'érosion. Le cortège d'actions isolées sans organisme de tutelle efficient pour une meilleure coordination n'a pas permis le développement des synergies entre les actions. Rares sont les projets d'aménagement de bassins versants qui réussissent en Haïti. Les agriculteurs ne sont pas motivés. Comme conséquence, la survie des structures mises en place est compromise.

L'aménagement de bassin versant est devenu une affaire économique, voire commerciale dont les retombées profitent plus aux intervenants qu'à la protection des ressources naturelles elles mêmes et l'amélioration des conditions de vie des habitants du bassin versant. Cette situation ne fait que promouvoir l'amateurisme et le charlatanisme. Et maintenant, l'impression de plus d'un, c'est que plus on investit, plus les bassins versants se dégradent et plus les communautés montagnardes deviennent pauvres (JEAN BAPTISTE, 1999), cité par PIERRE (2003).

2.7.-Les interventions connues au niveau du BV de la rivière Coupe -A- L'Inde

Récemment, compte tenu des problèmes de dégradation des sols , de l'érosion dans la région de Coupe-A- L'Inde, certains résidents du BV, conscients de ces difficultés, se sont érigés en des groupements communautaires dans le but de mettre en évidence certaines pratiques traditionnelles de conservation de sol . Ils ont construit des murettes en pierres sèches, de seuils en sacs de terres dans certains tronçons routiers dégradés par les eaux pluviales qui dévalent des montagnes.

Cependant, ce n'est qu'en l'année 2004, avec l'arrivée de l `ONG «  Save the Children » que ces travaux de conservation de sols commencent à être amplifiés. Cette intervention est axée sur la structuration des groupements de planteurs, la formation des animateurs de groupe, la distribution de semences, la préparation de pépinière. Il y a un programme alimentaire mis en place au niveau du dispensaire, spécialement pour les femmes enceintes. Cependant, il faut souligner que ce projet arrive à son terme durant la période de l'étude (Enquête de l'auteur : Aout -Sept 2007)

2.8.-Différentes approches en aménagement de bassin versant

2.8.1.- Approche décentralisée

Les bassins versants des pays en développement comptent une forte population d'agriculteurs. En conséquence, tout plan d'aménagement ne peut réussir qu'avec leur appui ou leur participation effective. Pour que les plans d'aménagement des bassins versants soient utiles et réalisables, il est indispensable qu'ils soient bien compris et acceptés à la base (SHENG, 1993) , cité par JOSEPH (2003).

2.8.2.-Approche itérative

La planification est un processus itératif. Beaucoup d'enquêtes, d'évaluations, d'études des diverses possibilités et de révisions sont nécessaires avant la préparation du plan définitif (SHENG, 1993), cité par JOSEPH (2003).

2.8.3.-Approche souple

Le plan d'aménagement d'un bassin versant doit être considéré comme un point de départ et il doit être soumis à un contrôle et un ajustement constants. L'aménagement du bassin versant est une tâche complexe qui soulève des problèmes d'ordre social, économique, culturel, légal, institutionnel et matériel. Les difficultés surgissent parfois pendant la mise oeuvre, les stratégies et les objectifs initiaux doivent souvent être remaniés. En conséquence, il est essentiel d'apprendre tout en agissant, ce qui oblige à élaborer un plan souple (SHENG, 1993), cité par JOSEPH (2003).

CHAPITRE 3.- MÉTHODOLOGIE

3.1..- Présentation du milieu physique

3.1.1.-Situation géographique

D'une superficie de 80.05 km2 soit 8004.8 ha (voir Figure # 2 ) , le bassin versant de la rivière Coupe à l'Inde est situé dans le département de l'Artibonite entre deux (2) sections communales ( 4ème , 3ème ) , y compris la ville de Dessalines. Il est localisé au Nord -Est de cette ville entre les parallèles 19 14' 5''- 19 19' 44''de latitude Nord et les méridiens 72 24' 43''-72 32' 56'' de longitude Ouest. Il est borné au Nord par la ville des Gonaïves, au Sud par Petite Rivière de l'Artibonite, à l'Est par Saint Michel de l'Attalaye et à l'Ouest par la commune de l'Estère.

3.1.2.-Conditions climatiques

3.1.2.1.- Pluviométrie

La pluviométrie de la commune de Dessalines est irrégulièrement repartie entre les mois et les années La pluviosité annuelle sur une période d'observation de dix (10) ans, varie de 752,0mm à 1258,9mm.La variation moyenne mensuelle pour cette même période est de 22.97 à 180.16mm ( voir figure #1 ).Toutefois il y a lieu d'observer une alternance climatique très nette qui se caractérise par une grande saison pluvieuse allant de Mai à Octobre et une saison relativement sèche de Novembre à Avril. Cependant, compte tenu de l'ancienneté de ces données, leur utilisation doit être faite avec beaucoup de prudence.

Figure # 1: Précipitations moyennes mensuelles en mm sur dix ans (1978-1987)

Source : MARNDR / SNRE

3.1.2.2.-Température

Les données relatives à la température dans la commune de Dessalines font défaut. Cependant, les températures extrêmes (minimale et maximale) enregistrées à la station de Maugé située à environ une vingtaine de km de la zone d'étude sont de 17,80 C en Décembre et de 34.80 C en Juillet ( PERSONNA,

3.1.2.3.-Vents

Exceptions faites des saisons cycloniques où les perturbations peuvent occasionner la présence des vents au niveau du haut bassin versant de la rivière Coupe à l'Inde. Cependant, il faut souligner que le BV est entouré partout par de grandes chaînes de montagnes, ce qui lui confère une certaine protection contre les vents violents.

3.1.3.-Relief

Le BVRCI se situe entre les altitudes 59 et 757 m au sommet du morne Cauzé Piti. Son relief assez mouvementé, est caractérisé par plusieurs classes de pentes. Il comporte plusieurs unités physiographiques.

3.1.4.-Géologie

Le Bassin versant de la rivière Coupe-A-L'Inde est constitué par deux types de matériau géologique bien reparti dans l'espace. Le basalte est très dominant dans la partie amont, on y observe aussi des poches calcaires. Ainsi, les localités telles que : Quatre villes, Vieille Hatte, Grand chemin, En bas Morne, Nan Borne sont constituées essentiellement par du basalte. En aval du BV, particulièrement au niveau des zones comme Nan source, Dupont, Borin jusqu'à la ville de Dessalines et Passe à Roche, la roche mère est essentiellement calcaire.

3.1.5.-Hydrologie

Le bassin versant de la rivière Coupe à l'Inde, dispose des ressources hydriques relativement abondantes. On y observe plus d'une quinzaine de sources dont six (6) d'entre elles sont à écoulement permanent. Par exemple : Nan source, Sablier, Fourchon, Laplace, Simonette, La Source, etc.

3.2.-Matériel utilisé

Pour arriver aux résultats recherchés, le matériel suivant a été utilisé :

§ Carte topographique : échelle 1/50 000 : pour délimiter le bassin versant

§ GPS : pour repérer les points sur le terrain et pour avoir les coordonnées géographiques

§ Clisimètre : pour la détermination des pentes du terrain

§ Ruban métrique : pour mesurer la largeur, la profondeur des ravines

§ Appareil photographique (caméra numérique) : pour effectuer les prises de vue

§ Carnet de notes, des plumes, crayons etc.

§ Calculatrice : pour effectuer les calculs économiques

3.3.- Méthode travail

Pour la réalisation du travail, la démarche a été la suivante :

3.3.1 Recherches bibliographiques

Dans cette étape, on a consulté des mémoires déjà réalisés dans ce domaine et divers documents disponibles tels que : des ouvrages, des revues, des articles qui traitent des problèmes de dégradation des bassins versants et des méthodes d'exploitation durable des ressources naturelles.

3.3.2.-Cartographie

Pour avoir une vision beaucoup plus large sur la zone d'étude, une carte topographique à l'échelle 1 : 50 000 a été utilisée en vue de collecter les premières informations. Ces travaux cartographiques ont permis de délimiter le bassin versant, déterminer sa superficie et sa forme, tracer le réseau hydrographique, localiser les affluents et les ravines.

3.3.3 .-Visite de reconnaissance

Dans le but de se familiariser avec la zone d'étude, d'avoir de meilleurs renseignements sur le mode d'exploitation du milieu, une visite de reconnaissance a été effectuée. Ainsi, on a pu comparer les données cartographiques existantes avec la réalité actuelle du terrain.

3.3.4.- Enquête exploratoire

Une entrevue a été réalisée de manière informelle avec les personnes -ressources, des animateurs de différents groupements d'agriculteurs, des notables, etc. Cette phase a permis de mettre provisoirement en évidence les causes probables de la dégradation du bassin versant. Ainsi, on a profité de cette occasion pour faire un inventaire préliminaire des ressources disponibles (eau, sol, végétation...)

3.3.5 Collecte des données sur le terrain

Pour répondre à ces objectifs, une démarche comportant deux (2) grands axes a été adoptée :

3.3.5.1.-Etude des caractéristiques biophysiques du BV

3.3.5.1.1.-Réalisation des transects

Pour faciliter l'étude, on a procédé à l'établissement de deux transects. Ces derniers ont été choisis dans plusieurs directions possibles. Ces transects ont permis d'identifier les différentes unités agro écologiques sur un parcours donné du bassin versant tout en décrivant le type de végétation, les types de sol, les systèmes de culture pratiqués, le mode d'occupation de l'espace, la nature du sous sol etc. .Pendant le parcours, on s'est arrêté au sommet du morne Fourchon à environ 600 mètres d'altitude pour une meilleure lecture du paysage. Sur chaque transect, différents points d'observation ont été choisis, dépendamment de l'hétérogénéité du milieu.

Pendant le parcours, on a repéré diverses coordonnées géographiques à l'aide d'un GPS de type Garming. Les transects réalisés étaient les suivants :

Transect 1 : Du versant Fourchon à Morne Michel en direction ( Nord-Est)

Transect 2 : Du versant Donassien à Coquière en direction( Est-Ouest)

3.3.5.2.-- Etude des caractéristiques socioéconomiques du Bassin versant

3.3.5.2.1.- Enquête formelle

Les données ont été collectées à l'aide d'un questionnaire d'enquête (voir Annexe A). Les exploitants agricoles ont été enquêtés soit au champ, soit à leur domicile.Elles ont permis aussi de faire état des conditions socioéconomiques des agriculteurs et des moyens dont ils disposent pour assurer une production au niveau de leurs exploitations agricoles.

3.3.5.2.2.-Unité statistique

Etant donné que l'enquête formelle concerne directement les agriculteurs du bassin versant, donc l'exploitant agricole a été retenu comme unité statistique.

3.3.5.2.3.- Méthode d'échantillonnage

L'enquête au niveau des exploitations agricoles s'est déroulée suivant la méthode d'échantillonnage aléatoire stratifié . Le nombre d'exploitants agricoles vivant dans l'aire sous étude constitue la population statistique. Ainsi, pour respecter le procédé d'échantillonnage, on a effectué des tirages d'exploitations agricoles au hasard dans chaque groupement d'agriculteurs.

3.3.5.2.4.- Taille de l'échantillon

Sur une liste de 502 agriculteurs inventoriés dans divers groupements des localités de la région de Coupe à l'Inde, grâce au concours de très courageux animateurs, 54 exploitants agricoles ont été retenus. Ce qui donne un taux de sondage de 9% de la population des exploitations de l'aire d'étude.

3.3.6.- Critères de typologie des exploitations agricoles

Les enquêtes réalisées au niveau des exploitations agricoles du BV décèlent une certaine hétérogénéité, quant à la localisation des parcelles dans l'écosystème, la superficie exploitée, la disponibilité des moyens de production, etc. Ainsi, pour pouvoir établir une typologie des exploitations agricoles, certains critères comme ( revenu moyen par exploitation agricole, type de main d'oeuvre utilisé , activités extra agricoles, durée de friche des parcelles, importance du cheptel...) considérés comme étant les plus pertinents ont été retenus.

3.3.7.-Traitement et Analyse des données

Cette étape se réfère au dépouillement et à l'analyse des données brutes (biophysiques et socioéconomiques) collectées sur le terrain à partir d'enquêtes et observations effectuées en vue d'aboutir à certains résultats.

Les données biophysiques ont été dépouillées et analysées en tenant compte de l'hétérogénéité du bassin versant à savoir le type de sol, l'altitude, le degré de pente, l'occupation spatiale, le système de production, le niveau de dégradation des sols, etc.

Les données socioéconomiques ont été dépouillées et traitées en établissant une typologie des exploitations agricoles en fonction des critères préalablement définis, par exemple la taille des parcelles, donc le système de production pratiqué... Le traitement et l'analyse de ces données ont permis d'évaluer la performance économique des exploitations agricoles enquêtées et de les catégoriser.

CHAPITRE 4.- RESULTATS ET DISCUSSIONS

4.1.-Caractéristiques biophysiques du bassin versant

4.1.1.- Forme du BV

La forme du bassin versant est définie par le coefficient de compacité (Kc) de Gravélius qui établit une relation entre le périmètre du BV et celui d'un cercle à surface égale (DUVIVIER,1985). Ainsi, ce coefficient a été calculé à partir de la formule :

Kc = 0.28P/ vA avec :

P : périmètre du Bassin versant : 44. 5 km

A : surface du Bassin versant  : 80.05 km2

Le Kc est égal à 1.39 . Donc, par rapport à la forme d'un cercle, celle du bassin versant est irrégulière, car ce coefficient s'éloigne de l'unité. Ce qui traduit une augmentation du temps de concentration des eaux pluviales diminuant ainsi leur pouvoir érosif au cas où il y aurait un équilibre dans le bassin versant.

4.1.2.- Réseau hydrographique

La rivière Coupe -A- L'Inde prend sa source dans les hauteurs de Junet paillet.En amont, le réseau hydrographique du bassin versant est constitué essentiellement par des ravines, par exemple : Grand ravine , ravine Sévère, ravine derrière cimetière, Falaise rouge etc. Les dimensions de ces ravines sont spectaculaires. La majorité des plus grandes ravines reçoit des branches secondaires (Grand ravine reçoit comme branches secondaires, les ravines Fonbleu, Denyo, Michel , etc), tout au long de leur parcours vers la rivière Coupe -A- L'Inde. Ce qui caractérise l'ampleur de l'érosion dans le bassin versant. En général, en période d'étiage, l'écoulement de la rivière Coupe à l'Inde est plus ou mois uniforme. Mais lors des saisons pluvieuses, la rivière reçoit les eaux de ces ravines sèches ( voir Tableau # 1) qui modifient son écoulement augmentant considérablement ses débits solide et liquide. En aval , la rivière Coupe à l'Inde trouve quelques affluents tels que : la Source où l'eau est en permanence et le canal Hyper Benoît ( SOHUCO) dans la région de Coquière, partie Sud de la ville de Dessalines avant de se jeter dans le bassin versant principal de la rivière l'Estère ,à l'Ouest de la ville de Dessalines précisément dans la région de Passe à Roche. (voir figure # 3)

Figure # 2 : Délimitation du bassin versant

Tableau # 1 :Caractéristiques de quelques ravines formant le réseau de drainage

Nomsdes ravines

Longueurmoyenne

(km)

Largeur moyenne

(m)

Profondeur moyenne

(m)

Pente moyenne

(%)

Grand ravine

5.5

20

1.3

15.5

Michel

1.62

5

5.2

35

Denyo

0.70

4

2.1

22.1

Nan Drapeau

1.5

4

3.6

29.6

Fon bleu

1.6

5

2.8

22.5

Falaise rouge

2.8

6

2.5

20.8

Derrière cimetière

1.05

3

3.5

25

Sévère

2.13

3

2.5

20.8

Source : Travaux de terrain ( Août - Sept 2007)

Figure # 3 : Réseau hydrographique

4.1.3.- Topographie

Dans le BVRCI, les accidents de terrain sont très remarqués. La grande chaîne de montagne Coupe à l'Inde domine depuis les zones de Cauzé Piti, Platon ,Falaise rouge, Cadre ville jusqu'à l'exutoire. Ensuite, une succession de mornes longent la rivière pour arriver jusqu'à la zone de Borin. Une autre succession surplombant la ville de Dessalines jusqu'aux régions de Passe à Roche et de Hatte Grammont ( voir photo # 5 )

4.1.4.- Classe des pentes

Les travaux cartographiques ont permis d'élaborer une classification des pentes du bassin versant de la rivière Coupe à l'Inde. Comme indiqué dans le tableau # 2, le bassin versant est caractérisé par des pentes comprises entre 12-30 % sur une superficie 3672.19 ha , soit 45.9% et 2039.78 ha soit 25.44% atteignent des pentes jusqu'à 60 %.

Tableau # 2 : Superficie occupée par classe de pente

Classe de pente

Superficie en ha

% du total

0-2%

1412.73

17.65

2-5%

284.47

3.56

5-12%

595.63

7.45

12-30%

3672.19

45.90

30-60%

2039.78

25.44

Total

8004.8

100

Source : CNIGS

Figure # : Classification des pentes

4.1.5.- Ressources en eau

Le BV de la rivière Coupe-A-L'Inde est relativement riche en eau par endroit. Ainsi, l'inventaire des ressources a conduit à l'identification d'une quinzaine de sources environ et de trois forages fonctionnels dans différentes localités. ( voir Tableau #3 ). Cela est dû au basalte limité en dessous par des couches plus ou moins imperméables et qui englobe une très grande partie de la région de Coupe-A- L'Inde.

Tableau # 3 Nombre de sources et de forages par localité

Localités

Nombre de sources

Nombre de forages fonctionnels

Cadre ville

3

2

Nan Cachotte

3

 

Nan Borne

1

 

Vieille Hatte

1

 

Grand chemin

1

1

Nan Michel

1

 

Platon

1

 

Nan Source

1

 

Lot Bò dlo

1

 

En bas morne

 
 

Versants surplombant la ville de Dessalines

2

 

Total

15

3

Source : enquête de l'auteur (Août- Sept 2007)

4.1.6.- Ressources en sol

Des analyses de sols n'ont pas été effectuées dans le cadre de ce plan d'aménagement, mais toutefois à l'aide des observations faites sur le terrain et en se basant sur la classification française des sols, en fonction de l'altitude, du degré de pente et de la géomorphologie, les types de sols identifiés au niveau du bassin versant sont les suivants :

§ Lithosols 

Ce sont des sols peu évolués d'érosion. Ils sont caractéristiques des pentes continuellement rajeunies par l'érosion et donc pauvres en matière organique. On les rencontre surtout sur les roches dures. Par exemple, les versants dégradés comme Falaise rouge, Bois pin, une partie des versants de Borin pour arriver jusqu'au niveau des versants surplombant la ville de Dessalines font l'objet de ce type de sol.

§ Sols bruns colluviaux

Ce sont des sols formés sur des matériaux d'origine colluviale, c'est-à-dire transportés à faible distance par le ruissellement et l'érosion, généralement en position de pied de pente .Ils sont localisés au bas des pentes basaltiques, assez profonds ,ils bénéficient des apports d'éléments nutritifs provenant du colluvionnement.On les retrouve dans les localités comme Quatre villes, En bas morne, Boskèt, Grand chemin, etc.

§ Sols alluvionnaires

Ce sont des dépôts récents des vallées, très souvent inondés par les crues. Ils sont caractérisés par la présence d'une nappe phréatique permanente, mais à forte oscillation, l'hétérogénéité fréquente de la texture, tantôt graveleuse, tantôt sableuse, tantôt limoneuse, variant brutalement à l'intérieur d'un même profil et une humification généralement active. Ces sols sont généralement faciles à travailler, car plats et de texture souvent légère. Ainsi, toutes les rivières et les fleuves sont bordés de sols alluviaux dans une vallée plus ou moins large. On les retrouve dans les zones de vallée comme Borin pour arriver jusqu'à la partie avale du bassin versant (ex : Coquière...).

4.1.7.- Niveau de dégradation des sols dans le BV

Au niveau du bassin versant de la rivière Coupe à l'Inde, la dégradation des sols se manifeste de façon accélérée selon les zones. Celle-ci est due directement aux conditions topographiques, à la coupe anarchique des arbres et les pratiques agricoles inappropriées sur des versants abrupts. Ainsi, les versants comme Fourchon, Falaise rouge, Morne tèt Dlo, Bois pin et une grande partie du morne Borin sont terriblement dégradés. Cette dégradation est encore plus accentuée au niveau des versants surplombant la ville de Dessalines qui sont actuellement dans un état presque irréversible, car l'absence totale d'une couverture végétale ne laisse affleurer visiblement que la roche mère .(voir photo # 5).

Figure # 5 : Carte de Potentialités des sols

Tableau # 4 Subdivision du Bassin versant en fonction du risque d'érosion

Niveau de risque

Superficie en ha

Pourcentage du total

Zones concernées

Nul ou très faible

1416.3

17.7

Coquière, Masson, Nan Moulin, une partie de Borin,

Faible

218. 0

2.7

Une partie de Coupe à l'Inde

Moyen

253. 5

3.2

Nan Bonne, Grand chemin, Lòt Bò dlo, Boskèt

Elevé

4094.0

51. 2

Quatre villes, Sévère, Vieille Hatte,,Platon, Bois Pin, Simonette, Décoste,etc

Grave

1983.6

24.7

Malon, Cauzé Piti, Versants surplombant la ville de Dessalines

Très grave

39.4

0.5

Une partie dans les hauteurs de Malon, les versants de la ville de Dessalines

Total

8004. 8

100

 

4.1.7.1.- Niveau de risque nul ou très faible

Ce sont des zones de plaine ou fond de vallée ayant une pente quasi-nulle. Les sols sont très profonds et sont aptes à absorber de l'eau, s'opposant ainsi au ruissellement et à l'érosion. La présence de la matière organique aide aussi à la stabilité de ces sols.

4.1.7.2.- Niveau de risque faible à moyen

Il se signale par les pentes faibles et est caractérisé par le ruissellement en nappe, le ruissellement concentré avec rigoles par endroit. Il se retrouve en général sur les sommets de plateau, les terrasses basses et les plaines alluviales. En raison de leur topographie et la nature des formations correspondantes, les sols de la classe à degré de risque d'érodibilité faible à moyen ne se trouvent pas menacés par l'érosion. Cette classe correspond à la partie aval, elle est occupée par des dépôts provenant de la partie amont déposés au bas de pente.

4.1.7.3.- Niveau de risque élevé

Les terres de cette zone sont pentues. En général, ce niveau de risque résulte de la pente modérée (18-38%) à forte (38-50%) et de la forme des terrains ondulés avec une lithologie à dominance de matériau sensible à l'érosion. La forme d'érosion prédominante est le ravinement et le décapage. Ces sols sont très éprouvés par l'érosion et leur couche superficielle est devenue très mince. Ces zones font l'objet d'un déboisement considérable.

4.1.7.4.- Niveau de risque grave et très grave.

Ce sont les zones les plus menacées du bassin versant. Elles occupent les terres qui ont un couvert végétal très dégradé, ou sont labourées sur de forte pente et à formation superficielle meuble marneuse et argileuse. Les terres sont accidentées et les roches sont à nus. Dans cette zone, le phénomène de ruissellement et de ravinement est très remarquable. Elle se développe sur les pentes abruptes portées par des terres soumises à une pression agricole forte à très forte. Ses formes d'érosion en ravine sont spectaculaires.

Figure #6 : Carte de risque d'érosion

4.1.8.- Couverture végétale

Les espèces végétales observées au niveau du BV ne se trouvent que dans des zones spécifiques. Dans une grande partie de la grande chaîne de la Coupe à l'Inde, la végétation est particulièrement dominée par des broussailles. Ces zones représentent un endroit propice pour la coupe des arbres dans le but de la fabrication du charbon de bois et pour l'approvisionnement en bois de chauffage .On y trouve aussi des espèces comme le gommier et quelques rares manguiers et avocatiers principalement au niveau des versants Fourchon, morne Jacques en direction Est et les versants Dupont et Donassien dans la direction Sud du BV. Au près des habitations, la végétation est dominée surtout par des espèces comme le Neem ( Azadirachta indica ), la cirouelle (Spondias purpurea), le Bois d'orme (Guazuma ulmifolia ), la Casse (Cassia siamea ). Dans la partie aval du BV, le Mapou ( Ceiba pentandra ) s'observe surtout au bord de l'exutoire, on rencontre aussi une végétation clairsemée constituée par des manguiers (Mangifera indica) , mais surtout au niveau des parcelles dans la zone de Borin pour arriver jusque dans la partie avale du Bassin versant en direction Sud-Ouest.

Tableau # 5 Caractéristiques des différents transects réalisés

Transect I : Morne Fourchon à Nan Michel ( Direction Nord-Est )

Zones

Fourchon

Quatreville-Enbas Morne

Vieille-hatte- Falaise rouge

Grand ravine -Nan-Michel

Altitude (m)

500-600

200-250

200-300

400-500

Pente (%)

30-60%

5-12%

12-30%

30-60%

Unité physiographique

versant

Plaine

Piémont

versant

Substrat parental

Basalte

Basalte

Basalte

Calcaire

Type de sol

Sol peu évolué d'érosion

Sol colluvionnaire

Sol colluvionnaire

Sol peu évolué d'érosion

Végétation arborée

Gommier, Avocatier,

Cirouelle, cachiman, neem

Cirouelle, cachiman,

Bois d'Orme

Citronnier, cachiman,

Système de culture

arachide,maïs, sorgho,tomate igname, patate

arachide, maïs, sorgho,patate. Douce,pois congo

arachide, maïs, sorgho

Igname, maïs, sorgho,

Niveau de dégradation

élevé

moyen

élevé

élevé

Transect II : Du Morne Donassien à Coquière (Direction Est- Ouest )

Zones

Morne Donasien

Nan Source-Borin

Borin-Moulin

Coquière

Altitude

300-400

100-200

50-100

50-100

Pente (%)

12-30%

5-12%

5-12%

0- 2%

Unitéphysiographique

versant

Plaine

Vallée

Vallée

Substrat parental

Calcaire

Calcaire

Calcaire

Calcaire

Type de sol

Peu évolué d'érosion

alluvionnaire

alluvionnaire

alluvionnaire

Végétation arborée

Gommier

Manguier, Arbre véritable

Manguier, Neem,

Manguier, Mapou

Système de culture

Maïs, petit mil, arachide

Tomate, oignon,riz

Tomate, oignon,riz

Tomate, oignon,riz

Niveau de dégradation

élevé

moyen

faible

faible

Source : Travaux de terrain (Août -Sept 2007)

3. 1. 6.-Végétation

La couverture végétale est constituée ainsi :

· une strate arborée formée par des espèces forestières et fruitières telles que :gommier( Bursera simaruba), cirouelle (Spondias purpurea), cachiman( (Anona sp) , neem (Azadirachta indica), manguier (Mangifera indica), Delin ( Leucaena leucoceuphala)

· une strate arbustive dominée majoritairement par une végétation spontanée représentée par des racks.

· Une strate herbacée, composée surtout d'espèces fourragères comme l'herbe de guinée ( Panicum maximum), l'herbe corde à graine (Chloris gayanai) et des céréales comme le sorgho( Sorgum vulgare) ,le mas (Zea mais) ,etc

4.2.- Caractéristiques socioéconomiques du milieu

4.2.1.- Population

D'après les résultats du recensement spécifique effectué par l'Hôpital Claire Heureuse de Dessalines en l'année 2005, la population de Coupe-A-L'Inde était estimée à 7958 habitants. Selon le recensement général de l'IHSI en 2004, la population urbaine était de 15 696 habitants. Etant donné que le BVRCI couvre une partie de la 4ème section, c'est- à -dire toute la région de Coupe à l'Inde, une portion de la 3ème section communale y compris la ville de Dessalines. Donc, la population vivant au niveau de tout le BV pourrait être estimée à environ 30 000 habitants soit 375 hab./km2 en moyenne.

4.2.2.- Les institutions

4.2.2.1.- Education et Formation

Dans la région de Coupe-A-L'Inde, cinq (5) institutions scolaires sont dénombrées dont l'une d'entre elles est communautaire. L'enseignement est représenté uniquement au niveau primaire. Il n'y a pas de centre de formation professionnelle. Les classes débutent de la préscolaire à la 6è année fondamentale. Ces établissements scolaires sont repartis suivant trois (3) localités. On trouve (2) à Quatre villes, (2) à Grand chemin et l'autre dans la localité en bas Morne.

4.2.2.2.- Religions

Dans la région de Coupe à l'Inde, huit (8) églises ont été inventoriées dans plusieurs localités dont sept (7) protestantes et une (1) (adventiste). On a aussi identifié environ neuf (9) péristyles dans la zone.

4.2.2.3.- Institutions non gouvernementales (ONG)

En ce qui a trait aux Organisations non gouvernementales (ONG) dans la région de Coupe à l'Inde, on peut souligner seulement la présence de « Save the Children » . Sa première intervention remonte à l'année 2003. Elle intervient dans la formation des groupements de planteurs, dans des travaux de conservation de sol, la mise en place de pépinière, dans le domaine vétérinaire. Elle distribue des semences et intervient aussi dans la nutrition humaine dans un programme alimentaire en partenariat avec l'Hôpital Claire Heureuse de Dessalines, particulièrement pour les femmes enceintes. Cependant, durant la période de cette étude, le contrat de ce projet arrive à son terme, on ne sait pas s'il aura de nouvelles interventions au niveau du bassin versant.

4.2.2.4.- Institution étatique

L'administration de Coupe-A-L'Inde est assurée par des élus locaux (CASEC, ASEC). Il y a deux (2) membres ASEC puis trois (3) représentants du CASEC appelés couramment Aide-CASEC . Ce sont ces derniers qui assurent presque toutes les fonctions de l'Etat : perception des taxes sur la vente des animaux, police communale et juge parfois. Les cas dépassant leurs compétences sont référés à la ville de Dessalines

4.2.3.- Santé

La région de Coupe-A-L'Inde possède un dispensaire très peu équipé dont le personnel médical est constitué uniquement d'infirmières.Les soins sont donnés particulièrement aux femmes enceintes. Les cas graves de maladie sont transférés à l'Hôpital Claire Heureuse de Dessalines.

4.2.4.-Mouvement migratoire

Le phénomène migratoire est très remarqué dans la région Coupe à l'Inde. Certaines exploitations agricoles sont en voie de disparition, car l'agriculture de subsistance pratiquée dans le BV ne peut, en aucun cas subvenir aux besoins des exploitants agricoles et leur famille. Ainsi, nombreux agriculteurs laissent la zone pour se rendre en République dominicaine en quête d'une vie meilleure. Ce flux migratoire s'observe aussi chez certains jeunes qui laissent la zone, pour poursuivre leurs études dans les villes, d'autres en la République dominicaine. Par contre, dans les périodes de récolte, la région Coupe-A-L'Inde présente malgré tout un pôle d'attraction pour certains travailleurs agricoles venant des zones avoisinantes comme Saint Michel de l'Attalaye , de Platana, Nan Paul pour offrir leur main d'oeuvre en métayage.

4.2.4.- Les infrastructures

4.2.4.1.- Réseau routier

Le réseau routier reliant la région de Coupe-A-L'Inde à la ville de Dessalines est en terre battue. Il est en très mauvais état et rempli de colluvions. L'accès en voiture est très difficile surtout en saisons pluvieuses. Les sentiers dominent beaucoup le BV et ils ne sont accessibles qu'à dos d'animaux ou à pied .Ces sentiers permettent de parcourir toute la région de Coupe à l'Inde.

4.2.4.2.- Communication-Transport

Il n'existe pas de système de télécommunication dans la région de Coupe-A-L'Inde. Le téléphone cellulaire ne fonctionne plus dans cette zone parce qu'il n'y a pas d'antennes téléphoniques. Comme moyens de transport, les habitants de la zone utilisent le dos des équins, des ânes. Les personnes qui n'ont pas d'animaux, transportent les denrées à dos d'hommes et parfois elles peuvent louer des animaux pour assurer le trajet de Coupe à l'Inde à la ville de Dessalines.

4.2.4.3.- Habitat

Les maisons sont très dispersées à part de quelques localités où elles sont plus ou moins concentrées. Elles sont construites en maçonnerie ou en béton. Leur toiture est en tôle et le nombre de pièces varie de deux (2) à trois (3).

4.2.4.5.- Système de transformation

Il n'existe pas vraiment de système de transformation dans la région de Coupe-A-L'Inde, à part quelques petits moulins qui transforment l'arachide en beurre d'arachide et environ deux (2) ou trois (3) petits moulins à bras qui font la mouture du mais dans la localité de Vieille Hatte. Donc, cela est très restreint.

4.2.4.5.- Adduction d'eau potable

L'alimentation en eau potable est l'une des principales préoccupations des résidents de Coupe à l'Inde, car la majorité de la population ne consomme que l'eau provenant de la rivière. Les sources existantes ne sont pas captées et la plupart sont souvent taries durant les saisons sèches. Il n'existe que trois (3) forages fonctionnels qui desservent la population. Les habitants des zones plus reculées comme Grand -ravine, Fonbleu , Nan Michel font face à de sérieux problèmes d `eau lorsque les sources les plus proches sont taries. Ils sont obligés de parcourir 4 à 5 km à pied ou à dos d'animaux pour s'approvisionner en eau jusqu'à la rivière Coupe à l'Inde.

4.2.5.- Marchés

Les produits agricoles sont écoulés principalement dans la ville de Dessalines et les marchés avoisinants tels que : Poste Pierrot, Nan Paul, l'Estère. Les échanges commerciaux sont faits sur les produits de consommation et des denrées agricoles comme le maïs, le sorgho, l'arachide, le riz, la patate douce, etc. La vente d'arachide est d'une grande importance pour l'économie de la région de Coupe à l'Inde. Le tableau # 6 fournit de plus amples informations à savoir, leur localisation, leurs jours de fonctionnement et leur situation par rapport au bassin versant.

Tableau # 6 Principaux marchés fréquentés par les exploitants de la zone

Localisation des marchés

Jour(s) de fonctionnement

Taux de fréquentation

Situation par rapport au HBV

Ville de Dessalines

Mercredi, Samedi

++++

A l'intérieur du BV

L'Estère

Mardi, Vendredi

+++

Hors du BV

Poste Pierrot

Mardi, Vendredi

++

Hors du BV

Pont Joux

Lundi, Jeudi

++

Hors du BV

Nan Paul

Mardi, Samedi

+

Hors du BV

++++  : élevé

+++ : moyen

++ : faible

+ : très faible

4.2.6.- Organisations sociales

Les résultats des enquêtes ont relevé plusieurs organisations locales évoluant dans la région de Coupe -A-L'Inde. On peut citer :

KODEK : Komite Developman Koupalend

APK : Asosyasyon Plantè Koupalen

CSC : Comité de Santé de Coupe-A-L'Inde

KOMAK   : Komite pou Avansman Koupalen

Ces Associations se donnent pour tâche des opérations telles que : mise en place des pépinières, conservation de sol. En outre, on rencontre diverses organisations traditionnelles de travail ( Sosye, Chenn, Konbit, ...) qui se sont révélées plus dynamiques pourvu qu'elles répondent peut être à un besoin réel et évident pour la population.

4.2.7.-Energie

A l'instar de la grande majorité des communautés rurales du pays ne disposant pas d'énergie électrique, le bois et le kérosène demeurent les principales sources d'énergie utilisées pour la cuisson et le chauffage dans la région de Coupe à l'Inde.

4.2.8.- Activités extra agricoles

En ce qui concerne les activités extra agricoles, on peut dire qu'elles comptent beaucoup en terme de revenu dans les exploitations agricoles. Ainsi, certains exploitants exercent des petits métiers comme la charpente, l'ébenistrie, la maçonnerie, le sciage du bois, la vente de produits alimentaires. Certains fréquentent la gageure, la loterie populaire. Il faut souligner que le commerce du charbon de bois joue un rôle très important dans l'économie des habitants de Coupe à l'Inde.

4.3.- Système d'exploitation ou de Production)

4.3.1.- Définition

Selon PREVOST (1999), «  Le système de production est l'ensemble structuré des facteurs de production combinés entre eux pour assurer une production végétale et/ou une production animale en vue de satisfaire les objectifs des responsables de la production », en l'occurrence l'exploitant agricole et sa famille. Ainsi, le système de culture et le système d'élevage sont des sous-ensembles du système de production.

4.3.2.- Historique de l'agriculture dans le Bassin versant

L'évolution agraire dans la région de Coupe à l'Inde a suivi le schéma général du pays. Selon certaines personnes âges interrogées, le BVRCI possédait une couverture végétale luxuriante, un peu partout dans les versants, il y avait beaucoup d'arbres fruitiers et forestiers. Cependant, avec l'arrivée du système « Bota »ou« Dan Manchèt », couramment appelé par les habitants de Coupe à l'Inde, le déboisement anarchique a commencé. Ceci, dans l'objectif de créer de nouvel espace pour l'agriculture. Dans ce cas, chaque agriculteur ayant la chance de s'établir en premier sur une portion de montagne, y pratique le déboisement et cette parcelle constitue sa propriété. Ainsi, le propriétaire a une certaine redevance envers l'Etat pour pouvoir continuer à exploiter cette terre. Chaque année, il doit payer une petite somme d'argent au bureau des Impôts de la région afin qu'il ait légalement le droit d'exploiter les parcelles de terre défrichées dans les montagnes.

En effet, c'est dans cette perspective que les agriculteurs trouvent un moyen pour se procurer de nouvelles terres libres de végétation. Auparavant, les rendements agricoles augmentaient, puis diminuent de jour en jour en raison de la dégradation continue. C'est ainsi donc, l'expansion des cultures sarclées comme le maïs, le sorgho, et la perte considérable de sol ont conduit à l'infertilité des terres. Celles-ci ne peuvent alors recevoir que des cultures les moins exigeantes comme le pois congo, le sorgho, l'arachide etc.

4.3.3.- Situation actuelle de l'agriculture dans le Bassin versant

Les faibles moyens de production dont disposent les exploitants du BV et les conditions écologiques du milieu les contraignent à pratiquer une agriculture de subsistance. La taille des parcelles est extrêmement réduite, souvent dans des versants abrupts, non appropriés à l'agriculture. Dans la zone sèche du BV, l'agriculture est plutôt aléatoire, car les espèces cultivées ne sont qu'à la merci des précipitations. Face à ces mauvaises conditions agroécologiques du milieu, le système de production ne génère que de très faibles revenus. En fait, le maximum de revenus agricoles est assuré par l'élevage, malgré son caractère extensif, avec des soins sanitaires très rares , ajouté au déclin continu du cheptel porcin suite à des cas répétés de maladie.

Cependant, dans la partie aval du BV où il y a un système d'irrigation fonctionnel , les agriculteurs, bien qu'ils puissent mettre en place des cultures de rente comme l'oignon, la tomate, le piment, le riz, mais ne disposent pas aussi de gros moyens de production. Les parcelles cultivées sont dans la grande majorité en faire valoir indirect, le coût du fermage ajouté à celui des intrants agricoles comme (l'engrais chimique, les semences), pèsent très lourd sur leur niveau de revenu.

De plus, les techniques culturales pratiquées sur les parcelles et les outils utilisés à l'instar de la grande majorité du pays, caractérisent des exploitations agricoles archaïques, traditionnelles et donc peu rentables.

4.3.3.1.- Système de culture

L'agriculture est de type pluviale dans la partie sèche du BV. Les conditions écologiques sont déterminantes dans le système de culture observé. Les variétés et les associations de culture conduites diffèrent de la zone sèche de celle irriguée. Le pois congo, le mas, l'arachide, la patate douce, le gombo, le melon demeurent les principales cultures de la zone sèche. Il n' y a qu'une seule campagne agricole dans la partie sèche.

Tandis que les zones de plaine où le système d'irrigation est plus ou moins fonctionnel, on observe des cultures maraîchères telles que : la tomate, l'oignon, le piment, des cultures annuelles comme la banane, puis on trouve le riz en monoculture. Ce système de culture est rencontré surtout dans les zones telles que : Nan source, Dupont, Borin jusque dans les zones comme Coquière, Nan Moulin, Pont Masson etc. Le calendrier cultural dans le tableau # 7 illustre clairement les successions culturales

Tableau # 7 Calendrier cultural du BV

Cultures

Période de semis /Plantation

Période de récolte

Maïs

Mai, Juin

Octobre, Novembre

Petit mil

Juillet

Janvier

Pois congo

Mai, Juin

Décembre, Janvier

Arachide

Juin

Novembre

Patate douce

Juin, Juillet

Octobre, Novembre

Oignon

Novembre, Décembre

Février, Mars

Tomate

Novembre, Décembre

Mars, Avril

Piment

Septembre, Octobre

Janvier, Février

Riz

Mai, Juin

Octobre, Novembre

Source : enquête de l'auteur (Août -Sept 2007)

4.3.3.2.- Système d'élevage

4.3.3.2.1.-Présentation du cheptel

L'élevage est pratiqué par plus de 80% des exploitants agricoles enquêtés .Il constitue une activité secondaire pour les exploitants de la zone, en dépit qu'il est l'une des activités génératrices de revenus agricoles. Le cheptel du BV est constitué de gros bétail tels que: bovins, équins, âne ; de menu bétail tels que : caprin, porcin et des volailles. Les animaux sont en propriété ou en gardiennage dépendamment de la capacité de l'exploitation agricole en question. Les techniques d'élevage utilisées sont traditionnelles. Le gros bétail est gardé à la corde dans les montagnes ou dans les jardins en jachère, soit dans les racks. Les animaux sont tous en liberté après les périodes de récolte, principalement à partir du mois de janvier jusqu'au mois d'Avril. Cette pratique s'observe surtout dans la zone sèche du BV. Cependant, les agriculteurs qui sont situés dans la zone irriguée profitent de cette saison de liberté pour faire de l'élevage en transhumance vers la partie sèche du BV. Les animaux se nourrissent de résidus de récoltes de toute sorte comme les fanes de maïs, de petit mil, des tiges de patate douce, de paille de riz, etc.

Tableau # 8 Disponibilité fourragère dans le BV

Mois

Fourrages

J F M A M J J A S O N D ------J F

Fanes de petit mil

 

Fanes de maïs

 

Tiges de patate douce

 

Herbes

 

Paille de riz

 

Légende: Disponibilité

Source : Enquête de l'auteur (Août -Sept 2007)

4.3.4.- Le régime foncier

Le mode de tenure des terres est d'une importance capitale, car la mise en valeur, l'occupation des sols et les investissements à consentir par les exploitants agricoles dépendent grandement de leur mode d'acquisition. Au niveau du bassin versant de la rivière Coupe à l'Inde, deux grands modes de tenure ont été identifiés ( voir tableau # 9 et Annexe C):

§ Le faire valoir direct (FVD) qui regroupe les terres achetées, les terres héritées et celles en indivision.

§ Le faire valoir indirect qui comporte le métayage, le fermage et les terres en plane couramment appelées «  potèk » par les habitants de la zone

Tableau # 9 Répartition des terres du BV en fonction du mode de tenure

Classe de superficie (Cx)

Taille moyenne des familles vivant sur ces E.A (personnes)

Mode de Tenure en %

FVD

FVI

<0.50

6.27

30.35

69.65

0.50-1

7.26

46.1

53.9

>1

6.83

31.5

68.5

Total

 
 
 

Source : Enquête de l'auteur (Août- Sept 2007)

4.3.5.-Main d'oeuvre

La main d'ouvre familiale est assurée principalement par les chefs des exploitations agricoles, car la majorité des enfants présents dans les exploitations agricoles ne sont pas en âge de travailler et ceux qui peuvent offrir leur force de travail vivent dans les villes en vue de poursuivre leurs études. Ainsi, pour la réalisation des différentes activités agricoles au niveau du BV, on a recours surtout à la main d'oeuvre salariée fournie par les organisations traditionnelles de travail. Cette forme est communément appelée «  Chenn » dans la zone. Elle est rémunérée en argent à raison de (50gourdes/personne/jour) qu'en nature(1repas/pers/jour). Généralement le « Chenn » n'offre ses services de 6 heures A.M jusqu'à 10heures A.M, mais cela peut aller jusqu'à 11-12 heures avec un ajustement de salaire. Un « chenn » peut contenir entre 8 à 10 personnes dépendamment du fonds disposé par l'exploitant agricole, de la superficie de la parcelle et du type d'opérations culturales à réaliser. Le « Sosye » est une autre forme d'organisation de travail .C'est une sorte d'entraide où il y a échange mutuel de travaux. Cette forme est très dominante dans la zone. Il y a aussi le « Konbit » qui se pratique surtout pendant les périodes de récolte. Par exemple, dans la récolte d'arachide qui nécessite une grande quantité de main d'oeuvre.

4.3.6.- Equipements et outillage agricole

Comme dans la grande majorité des régions du pays, tous les outils utilisés dans la technologie agricole dans la région de Coupe à l'Inde, sont manuels et archaïques. Ce sont des outils traditionnels comme la houe, la machette, etc. Ce qui donne des résultats insignifiants au niveau des exploitations agricoles.

4.4.- Occupation actuelle des sols

Les observations faites sur le terrain ont permis de subdiviser le BV en différentes zones en ce qui a trait au mode d'exploitation appliqué au milieu. Ainsi, les principales zones qui ont été identifiées sont :

Zone I : on rencontre des associations traditionnelles de cultures qui regroupent des espèces suivantes : maïs, sorgho, pois congo, arachide, patate douce, etc. Elles emblavent presque la totalité de la partie sèche du bassin versant.

Zone II : Végétation spontanée dominée par des racks. Cela concerne une grande partie du BV principalement au niveau des versants tels que : Fourchon, Morne Jacques, Platon junet paillet et une partie des versants Borin dans la direction Sud.

Zone III : Sols nus très remarqués dans le BV. Les versants comme Falaise rouge, Bois pin et les versant surplombant la ville de Dessalines font principalement l'objet de cette unité. Ces zones sont complètement déboisées, elles sont illustrées dans les photos ( #5)

Zone IV : Grâce à la présence d'un système d'irrigation fonctionnel, cette zone est caractérisée par des cultures maraîchères comme l'oignon, le piment, la tomate ,puis le riz en monoculture. On y trouve aussi un système agroforestier constitué par des cultures annuelles comme le bananier avec une végétation clairsemée représentée surtout par des manguiers. Cette zone concerne presque toute la partie avale du bassin versant. Les localités telles que : Nan Source, Dupont, Borin, Pont Masson, Nan Moulin, Coquière, etc.

Figure # 7 : Carte d'occupation des sols

4.5.- Les exploitations agricoles du Bassin versant

4.5.1.- Performances économiques des E.A enquêtées

Plus de 80% des paysans du BV pratiquent de l'agriculture qui constitue leur principale source de revenus. Confrontés à une agriculture de subsistance, les moyens de production disponibles ne permettent aux agriculteurs de gagner beaucoup d'argent. Pour tirer quelque chose de l'agriculture, ces exploitants ont consenti des efforts considérables. Mais en dépit de tout, nos enquêtes ont révélé que très peu d `exploitations agricoles accusent une certaine performance et disposent d'un revenu plus ou moins acceptable.

Cependant, dans la grande majorité des cas, on peut affirmer que les revenus agricoles bruts annuels des exploitants du BV sont extrêmement faibles. Le tableau suivant illustre bien les différentes classes de revenus dans les 54 exploitations agricoles enquêtées.

Tableau # 10 : Classe des revenus agricoles bruts annuels des E.A enquêtées pour l'année 2007

Classe des revenues

Nombre d'exploitants

Pourcentage du total

Moins de 4 000 Gdes

4000 à 6 000 Gdes

6000 à 8000 Gdes

8000 à 10 000 Gdes

Plus de 10 000 Gdes

30

8

5

5

6

55.5

14. 8

9.3

9.3

11.1

Total

54

100

Source : enquête de l'auteur (Août- Sept2007)

4.5.2.- Typologie des exploitations enquêtées

En fonction des moyens de production (taille des parcelles, type de main d'oeuvre, mode de tenure) et le type d'écosystème en question, les exploitations agricoles sont catégorisées en cinq (5) types :

· Type I

Possédant une superficie inférieure à 0.5 Cx, ces exploitants ne pratiquent l'agriculture que dans la zone sèche du BV. Le maïs, le petit mil, la patate douce, l'arachide, le pois congo constituent leurs principales cultures. Ils pratiquent une agriculture pluviale, sujette très souvent à toute sorte d'aléas climatiques. La quasi totalité des produits agricoles récoltés est destinée à l'autoconsommation. La seule campagne agricole existante ne dépend que de la saison pluvieuse. La durée de jachère est environ 5-6 mois. Ne possédant pas de gros bétail, ces exploitants n'ont que quelques caprins et des volailles. Certains d'entre eux ont pris des bovins en gardiennage. Le faire valoir indirect est le mode de tenure qui prédomine dans ce type. Ils gagnent un revenu moyen annuel de 2164.7 gourdes provenant surtout de l'élevage. Pour l'exécution des activités agricoles, ces exploitants ne font pas appel à la main d'oeuvre externe « chenn ». Par contre, la main d'oeuvre interne et l'entraide mutuelle « Sosye » demeurent la forme dominante de travail. En général, l'outillage agricole se compose d'une houe et d'une machette. Pour survivre, ces exploitants sont contraints à vendre leur force de travail. En dehors des activités agricoles, le commerce du charbon de bois constitue une source très importante de revenus pour ces exploitants.

· Type II

Ce sont des exploitants agricoles qui mettent en valeur une superficie allant de 0.5 à 1 Cx, mais leurs parcelles sont situées aussi dans la zone sèche. Ils représentent 18.5% des exploitations agricoles enquêtées. Ils pratiquent le même système de culture que ceux du type I . Ils font rarement appel à la main d'oeuvre externe, mais l'entraide mutuelle « sosye » reste toujours la forme dominante de travail. Leur cheptel comprend en moyenne 1 bovin quelques caprins, 1 âne et des volailles. Certains d'entre eux ont quelques animaux pris aussi en gardiennage. Ils gagnent un revenu moyen annuel de 3 016.7 gourdes. Certains pratiquent des activités extra agricoles comme la gageure, le métier maçonnerie, etc. Le commerce du charbon de bois est pratiqué aussi. Ils représentent 40.7% des exploitants agricoles enquêtés.

· Type III

Les exploitants de ce type possèdent la même quantité de terre que ceux du type II, mais leurs parcelles se trouvent dans la zone irriguée. Bénéficiant d'un système d'irrigation fonctionnel, ils pratiquent des cultures maraîchères telles que : la tomate, l'oignon, le piment, puis le riz en monoculture. Une partie des produits récoltés est destinée à la commercialisation. La durée de jachère est très courte, ce qui influe sur le niveau de fertilité des sols. Pour résoudre le problème de fertilité, ils recourent à des apports d'engrais chimiques. Ils possèdent environ 1 à 2 bovins. Ils pratiquent de l'élevage en transhumance, car la zone sèche constitue un milieu propice pour l'élevage libre après les récoltes. Les opérations culturales sont effectuées non seulement par la main d'oeuvre externe, mais l'entraide mutuelle est aussi pratiquée. Gagnant un revenu moyen annuel de 8 474.2 gourdes, le coût du fermage ajouté à celui des intrants agricoles (engrais, semences) pèsent lourdement sur leur revenus. Ils représentent 16.7% des exploitations agricoles enquêtés.

Ø Type IV

Ce sont des exploitants qui détiennent une superficie supérieure à 1 Cx, mais travaillent seulement dans la zone sèche du BV. Ils utilisent très souvent la main d'oeuvre externe, mais l'entraide mutuelle est pratiquée de façon irrégulière. Ils regroupent 13 % des exploitations agricoles enquêtées. Leur cheptel se compose en moyenne de 2 bovins, 1 équins, environ 3 à 4 caprins et des volailles. Une partie des produits récoltés est destinée à la commercialisation. Certains d'entre eux exercent des métiers comme la charpente, la menuiserie, l'ébénisterie, le sciage de bois etc. Gagnant un revenu moyen annuel de 4 535.2 gourdes, l'élevage reste toujours l'activité la plus génératrice de revenu. Certains d'entre eux vendent aussi le charbon de bois.

· Type V

Ce sont des exploitants qui détiennent une superficie supérieure à 1Cx, mais privilégiant les deux écosystèmes du BV.Ils regroupent 11.1% des exploitations agricoles enquêtées. Ils possèdent en moyenne 3 bovins, 2 équins, environ 5 à 6 caprins et des volailles. La plupart d'entre eux cèdent quelques bétails en gardiennage. Pour l'exécution des travaux agricoles, ils n'utilisent en majeure partie que de la main d'oeuvre externe « chenn ». Pour résoudre les problèmes de fertilité des sols, ils recourent à des apports d'engrais chimiques dans la zone irriguée. La plus grande partie des produits récoltés est destinée à la commercialisation. Gagnant un revenu moyen annuel de 14 355.8 gourdes, le coût du fermage dans la zone irriguée pèse très lourd sur leur niveau de revenu. Certains d'entre exercent de métiers comme la charpente, la menuiserie, l'ébénisterie, le sciage de bois etc.

Tableau # 11 : Typologie des exploitations agricoles

Type d'E.A

Nombre d'E.A

Pourcentage du total

I

II

III

IV

V

22

10

9

7

6

40.7

18.5

16.7

13.0

11.1

Total

54

100

Source : enquête de l'auteur (Août - Sept 2007)

4.6.-Identification des problèmes majeurs du BV de la rivière Coupe à l'Inde

Le bassin versant de la rivière Coupe à l'Inde fait face à de sérieux problèmes qui ont été identifiés dans le cadre de cette étude. Ces problèmes sont d'ordre physique, économique et social, notamment au niveau du système de production.

4.6.1.- Problèmes d'ordre physique

Ces problèmes résultent de la combinaison de tout un ensemble de facteurs. La situation topographique du BV (Tableau #3 ) ajoutée au déboisement inconsidéré et aux pratiques culturales inadéquates n'aboutissant qu'à l'érosion sur toutes ses formes (voir Tableau # 5). Cette dégradation arrive à un point tel, que les principaux affluents qui forment le réseau hydrographique de la rivière Coupe à l'Inde sont constitués par de grandes ravines de plusieurs mètres de profondeur. La route qui relie la ville de Dessalines à Coupe à l'Inde est en très mauvais état et est remplie de colluvions. Elle est surtout  impraticable en saisons pluvieuses.

4.6.2.-Problèmes d'ordre socioéconomique

Ø Problèmes liés au système d'irrigation

L'eau reste le principal facteur limitant pour l'agriculture dans la région de Coupe à l'Inde. Cette situation oblige les agriculteurs à pratiquer les cultures les moins exigeantes, peu rentables comme le pois congo, le sorgho, le maïs, etc. La seule campagne agricole dans la zone sèche dépend essentiellement de la saison pluvieuse.

Ø Foncier

Les résultats de l'enquête effectuée dans le cadre de cette étude prouvent que la taille des parcelles mise en valeur par les exploitants agricoles est extrêmement réduite. Plus de 60% des E.A ont une superficie inférieure à un Cx et en faire valoir indirect. Cette situation foncière peut entraver la gestion de la fertilité des sols et les techniques d'aménagements.

Ø Education

L'enseignement n'existe qu'au niveau primaire. Les établissements scolaires sont en très mauvais état. Il n'y a pas de centre professionnel. Le niveau d'analphabétisme est très élevé à l'instar de beaucoup d'autres régions du pays.

Ø Santé

Les soins sanitaires constituent un problème crucial dans la zone ,comme à l'image de la grande majorité du pays. Au niveau du dispensaire existant dans la région de Coupe à l'Inde ainsi que dans les établissements scolaires, il n'y a pas de latrines adéquates. Presque toutes les exploitations agricoles sont dépourvues de latrines. Durant le parcours, tout au long des ravines, on observe des matières fécales. Ce qui pourrait constituer une source de contamination dans l'eau de boisson, car la grande majorité de cette population consomme encore l'eau provenant de la rivière Coupe à l'Inde.

Ø Niveau de revenu des agriculteurs

Dans la région de Coupe à l'Inde, le revenu de la majorité des agriculteurs est extrêmement faible. Cette situation économique difficile contraint beaucoup d'agriculteurs et de jeunes de la zone à migrer surtout en République Dominicaine en quête d'une vie meilleure.

Ø Problèmes d'adduction d'eau potable

Il n'existe encore que trois (3) forages fonctionnels dans deux (2) localités. Les sources qui ont un débit plus ou moins intéressant ne sont pas captées. La population consomme l'eau de ces sources et celle de la rivière, qui sont susceptibles d'être polluées.

4.6.3.-Problèmes liés au système de production

Ø Problèmes liés au système de culture

Le système de culture pratiqué dans la région Coupe à l'Inde, en particulier dans la partie sèche, n'arrive en aucun cas à subvenir aux besoins de la population. Les types de culture couramment rencontrés dans cette zone sont le sorgho, le mais, le pois congo, l'arachide, la patate douce, etc. Dans la partie irriguée, on pratique les cultures de rente , mais le coût élevé du fermage, ajouté à celui des intrants et la taille très réduite des parcelles ne permettent pas à ces agriculteurs d'obtenir un revenu agricole adéquat.

Ø Problèmes liés au système d'élevage

En dépit de son caractère extensif, l'élevage reste l'activité la plus génératrice de revenus agricoles au niveau des exploitations. Cependant, le cheptel confronte souvent de sérieux problèmes de maladies, particulièrement le cheptel porcin est en déclin total. Dans le cas des ânes, les agriculteurs se plaignent de la maladie de toux. Suivant, la distance de l'exploitation agricole, pour pouvoir abreuver les animaux, les agriculteurs sont contraints à se lever de très tôt, parcourant environ une (1) à deux (2) heures de marche pour arriver à la rivière Coupe à l'Inde.

CHAPITRE 5.-CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

5.1.- Conclusion

Les résultats obtenus dans le cadre de cette étude témoignent bien l'extrême gravité de la dégradation du bassin versant de la rivière Coupe à l'Inde. Cette situation trouve son origine dans l'exploitation irrationnelle des ressources naturelles, influencée par les mauvaises conditions socioéconomiques des habitants du BV. Le commerce du charbon de bois est pratiqué par plus de 60 % des exploitants agricoles enquêtées, ce qui donne une certaine véracité à la première hypothèse. Le problème foncier est crucial ; la taille des parcelles est très réduite , car 67% des E.A ne dispose que d'une superficie inférieure à un (1) carreau et 64 % des terres sont en Faire valoir indirect. De plus, les mauvaises pratiques agricoles sur des versants abrupts se font sans aucun souci de préservation et de conservation des ressources naturelles. La géomorphologie du bassin versant atteint des pentes jusqu'à 60%. Ce sont autant de facteurs qui contribuent à la dégradation du Bassin versant de la rivière Coupe à l'Inde..

Le niveau de risque élevé d'érosion accuse une superficie de 4094.0 ha soit 51.2% du BV , le risque grave et très grave d'érosion occupe une superficie totale de 2023 ha, soit 25.2 %. L'agriculture, considérée comme la principale activité économique dans le BV est plutôt est aléatoire dans la partie sèche à cause des contraintes hydriques.

D'une manière globale, les faibles moyens de production dont disposent les agriculteurs ne leur permettent pas de tirer des revenus suffisants. L'élevage, malgré son caractère extensif, constitue l'une des activités génératrices de revenu agricole, fait face à de sérieux problèmes de maladie, le cheptel porcin en particulier connaît un déclin presque total. Cette situation difficile ne fait qu'aggraver les conditions socioéconomiques de cette population rurale, privée des besoins les plus élémentaires comme l'accès à la santé, à l'eau potable... Voilà donc, comment se présente la situation des habitants du bassin versant de la rivière Coupe à l'Inde.

En effet, les arguments qui viennent d'être avancés, prouvent bien que le bassin versant présente un tableau inquiétant en terme de dégradation de l'environnement physique et socioéconomique. Et, en raison de cette dégradation exagérée, il n'est plus temps de tergiverser, la situation de l'heure réclame des mesures urgentes en vue de procéder à un aménagement approprié.

Cependant, tout n'est pas perdu, car il y a sur place, des organisations sociales assez intéressantes. Dans plusieurs localités, des groupements d'agriculteurs se sont formés dans le but de rechercher des solutions aux différents problèmes soulevés. De ce fait, la présence de ces organisations est déjà un acquis du fait qu'elle suppose d'une part , une prise de conscience collective de la dégradation de l'environnement physique et socioéconomique et d'autre part , un niveau de structure social assez prometteur. Ainsi, on peut les intégrer dans des travaux de conservation de sol, de reboisement et d'autres activités extra agricoles susceptibles de générer des revenus.

Enfin, pour arriver à atteindre ce but, l'exécution de ce plan d'aménagement proposé dans ses grandes lignes en vue d'apporter des solutions devient une nécessité impérieuse.

5.2.-Recommandation

Les recommandations qui vont suivre résultent de l'analyse de la situation sur la base des observations et enquêtes faites sur le terrain.

5.2.1-Préalable à l'exécution du plan d'aménagement

La préparation et l'exécution d'un plan d'aménagement de bassins versants représentent un problème complexe, qui nécessite la réunion, puis l'analyse, d'une grande masse d'informations sur les conditions physiques, biologiques, économiques et sociales d'une région, ainsi que la collaboration d'un personnel expérimenté. C'est un processus qui nécessite beaucoup de temps et de planification qui garantirait des résultats escomptés en fonction des objectifs visés. Ainsi, l'exécution du dit plan d'aménagement ne saurait être effective sans la participation des autorités locales (BAC, Mairie, Organisations locales...) et des habitants du bassin versant. La pleine réussite de son exécution repose nécessairement sur la prise de conscience collective de la population face aux problèmes de dégradation des ressources naturelles.

5.2.2.-Mesures

En effet, après avoir exploré le BV de la rivière Coupe à l'Inde et identifié les problèmes majeurs qui constituent de véritables contraintes à son développement, un plan d'aménagement dans ses grandes lignes est élaboré en vue d'y apporter quelques éléments de solutions. Ce plan d'aménagement devrait prendre en compte non seulement le côté physique mais aussi le coté socioéconomique. Ainsi, les mesures envisagées sont de deux types :

§ Mesures socioéconomiques qui comptent apporter des solutions aux problèmes que confrontent les habitants du BV et du même coup relever leur niveau de vie.

§ Mesures techniques qui visent la réhabilitation du milieu physique.

5.2.2.1.-Mesures socioéconomiques

Le facteur humain est d'une importance capitale dans un programme d'aménagement de bassins versants. Car, surtout dans les pays en voie de développement, l'ignorance, l'arriération économique et des systèmes sociaux dépassés sont essentiellement à l'origine de la dégradation de l'environnement.

Sur ce, des mesures visant à relever le niveau de vie des habitants du bassin versant deviennent un impératif. Ces mesures comportent les volets suivants :

· Mise en place d'un système d'irrigation par pompage

L'une des conditions fondamentales pour développer le secteur agricole dans la région de Coupe à l'Inde serait d'étudier les possibilités de mettre en place un système d'irrigation par pompage dont la gestion sera assurée par les groupements d'agriculteurs de la zone. Ce qui permettra aux paysans de changer le système de culture par l'introduction des cultures de rente et du même coup augmenter leur niveau de revenu agricole.

· Intensification du système d'élevage

Malgré son caractère extensif, les résultats de l'enquête montrent que l'élevage représente l'une des principales sources de revenu agricole dans la région de Coupe à l'Inde. Ainsi, cette activité constitue l'un des pôles fondamentaux pour l'amélioration des conditions socioéconomiques des habitants du BV, car il y a beaucoup d'espace représenté par de la savane. Dans cette perspective, l'intensification peut se faire par l'introduction des races de bovins laitiers, de races améliorées. Ainsi, on envisagera la culture d'herbes fourragères appropriées. Les éleveurs seront regroupés et formés pour participer au programme. Dans cette optique, on pourrait même penser à développer une usine de transformation de lait dans la ville de Dessalines.

· Promotion de la fonction d'appui au niveau du Bassin versant

Cette fonction passe par l'accès au crédit agricole, car les systèmes de production mis en place dans le BVRCI ne peuvent en aucun cas, subvenir aux besoins des exploitants agricoles et leur famille. Ce qui va du même coup permettre le desserrement des principales contraintes relatives au système de production, à l'environnement économique, physique et social dans le bassin versant.

· L'organisation des structures communautaires paysannes

Il faut procéder à la structuration des organisations paysannes axées sur la dynamique des groupements paysans, qui facilitent l'adoption et de la diffusion des techniques d'aménagement qu'on aura proposées.

· Implantation de Boutiques d'Intrants agricoles

Cette implantation permettra aux paysans de s'approvisionner en intrants agricoles. Car, à l'approche d'une nouvelle campagne agricole, les paysans font face à de sérieuses difficultés, surtout dans les zones de vallée.

· Amélioration de la couverture sanitaire

On doit développer une proximité de services par la réhabilitation et l'augmentation de la capacité d'accueil du dispensaire dans la zone de Coupe à l'Inde. Cela passe par le renforcement et l'équipement du personnel médical et la diversification des services offerts. Le programme de planning familial doit être intensifie en vue de contrôler le taux de natalité dans le BV. Toujours dans cette lancée, un programme de construction de latrines pour les ménages est d'une extrême urgence face aux risques élevés de contamination des sources par des coliformes fécaux.

· Encadrement Vétérinaire

En vue de couvrir la totalité du bassin versant, la structure GSB (Gwoupman Sante Bet) doit être instituée ou renforcée par le BAC de Dessalines dans le but de contrôler d'une part, les zoonoses majeurs (New Castle) sévissant dans le BV et d'autre part réduire les causes de mortalité du bétail par des mesures préventives et thérapeutiques (couverture sanitaire reposant sur la vaccination des volailles, du gros et menu bétail) contre certaines maladies. De plus, des séances de formation devront être fournies aux éleveurs afin de leur enseigner des notions de base en soins vétérinaires.

§ Adduction d'eau potable

Dans le but d'améliorer la santé de la population en faisant diminuer la prévalence des maladies d'origine hydrique, particulièrement chez les enfants en bas âge, on devra procéder au captage de certaines sources ayant un débit plus ou moins acceptable.

· Réaménagement des établissements scolaires

Les établissements scolaires dans la région de Coupe à l'Inde sont en très mauvais état, pas de toiture adéquate. Ainsi, ils méritent d'être aménagés et équipés pour accueillir les enfants qui bénéficient du pain de l'instruction.

· Amélioration du réseau routier

La route reliant la région Coupe à l'Inde à la ville de Dessalines est en très mauvais état. C'est ce même tronçon de route qui va à Saint Michel de l'Attalaye. De l'avis de plus d'un dans la zone, les denrées telles que les mangues provenant de St Michel ne peuvent pas être transportées en raison de son inaccessibilité surtout en saisons pluvieuses. De ce fait, il est d'une nécessité de procéder à son désenclavement.

5.2.2.2.-Mesures techniques

Face à la dégradation du milieu physique, des mesures techniques visant sa réhabilitation se révèlent d'une impérieuse nécessité. Elles seront axées sur le traitement des versants par des méthodes de lutte anti-érosives (techniques mécanique et biologique) dans le but de corriger la multitude de ravines qui forment essentiellement le réseau hydrographique de la rivière Coupe à l'Inde.

· Traitement du bassin versant de la rivière Coupe à l'Inde

Tenant compte d'une part de la situation topographique du bassin versant de la rivière Coupe à l'Inde qui, d'une part avec une superficie de 3672.19 ha ayant des pentes comprises entre 12-30% et 2039.78 ha ont des pentes qui atteignent jusqu'à 60% et d'autre part, de son extrême dégradation en terme de risque d'érosion, car plus de 50% du BV ont un niveau de risque élevé d'érosion. De ce fait, une intense activité de conservation de sols et de reboisement devrait être envisagée. La mise en place de structure anti-érosive donnée dépendra d'un ensemble de facteurs tels que : classes de pente, érosion des versants, profondeur des sols et enfin le type de roche mère en question.

· L'établissement d'un couvert végétal est d'une extrême urgence, vu l'absence quasi-totale d'arbres. Si les terres sont du domaine publique, des campagnes massives de reboisement sont nécessaires afin d'installer des forêts de protection pour consolider ces sols. Si les terres sont du domaine privé, on proposera un système d'agroforesterie avec des espèces appropriées. Et il faut qu'il y ait régulièrement de suivi dans les travaux entrepris.

· Amélioration des systèmes de production

La conservation des sols dans les zones dégradées du BVRCI, ne doit pas se limiter aux seuls ouvrages de lutte antiérosive mais doit allier aussi différentes pratiques et techniques agricoles qui permettent d'accroître la production et les revenus des paysans, tout en protégeant le sol et en maintenant sa fertilité. Aujourd'hui, les savoir-faire devraient être repensés dans un sens d'efficacité, de rentabilité et de durabilité. Il s'agit de certaines pratiques rentables, moins coûteuses et facilement reproduites par les paysans, et qui consistent à éviter toutes les actions favorisant le développement de l'érosion hydrique. Sur ce, les techniques agricoles suivantes sont nécessaires.

ü Choisir des espèces en fonction de la nature du terrain. Les pentes les moins fortes ( <25%) peuvent être réservées aux cultures annuelles

ü Ne pas cultiver dans le sens de la pente, mais selon les courbes de niveau

ü Eviter de mettre en culture de grandes parcelles dans le sens de la pente.

ü Les parcelles doivent avoir environ 25 m2 de superficie.

ü Eviter la pratique du brûlis.

ü Laisser les résidus de récolte sur le sol et apporter de la matière organique sous forme de fumier et de compost pour améliorer la structure, donc la fertilité des sols.

· Correction des ravines

Le traitement des ravines dans le but de les stabiliser est d'une extrême urgence. Dépourvues de végétation, les ravines (Sévère, Derrière cimetière, Grand- ravine, etc.) fonctionnent comme de vrais torrents en saisons pluvieuses. Leur lit se creuse davantage et d'importantes quantités de matériaux solides sont entraînées en aval. Ainsi, la stabilisation des lits de ces ravines doit tenir une place essentielle dans les travaux d'aménagement. Pour ce faire, de simples corrections biologiques pourront être appliquées pour les petites et moyennes ravines en implantant des espèces d'arbres appropriées. Pour les ravines assez développées, on doit modifier leur profil initial par des techniques mécaniques en vue de provoquer des atterrissements au moyen des seuils. Par ailleurs, les travaux d'aménagement (mise en place des seuils en pierre sèche) doivent être entrepris durant les saisons sèches. Cela empêchera la détérioration des ouvrages et facilitera leur achèvement.

Cependant, ces travaux d'aménagement doivent s'inscrire dans un programme pouvant s'intégrer dans une nouvelle stratégie ayant pour objectif principal une meilleure gestion des ressources en eau et en sols, tenant compte des attentes et des besoins de la population rurale, principale partie prenante dans cet écosystème fragilisé.

· Défense et Restauration des sols du bassin versant

Les versants qui surplombent la ville de Dessalines sont tellement dans un état critique que, d'une part, pour éviter une dégradation irréversible et freiner l'urbanisation anarchique au niveau de ces versants, ils doivent être déclarés « zones de mise en défens » ; d'autre part, des campagnes de reboisement massif doivent être entreprises en mettant en place des mécanismes de suivi. Les essences forestières seront mises en terre au cours des saisons pluvieuses (Mai, Juin, Juillet).

· Traitement de la rivière Coupe à l'Inde

Le réseau hydrographique du BV est essentiellement constitué de ravines qui drainent, lors des crues d'importantes quantités de matériaux grossiers et fins qui peuvent occasionner des pertes en aval. Le traitement de cette rivière consistera d'une part à reconstituer la couverture végétale des surfaces collectrices des ravines et d'autre part à y implanter des seuils.

5.2.3.-Portée du plan d'aménagement

L'exécution de ce plan d'aménagement permettra d'aboutir à des bénéfices tant matériels qu'immatériels. La protection des versants et la réhabilitation de l'environnement constituent les bénéfices matériels.Tandis que les bénéfices immatériels, passent par la protection des vies humaines contre les inondations et l'amélioration des conditions socioéconomiques de la population cible.

5.2.4.-Limitation du plan d'aménagement

En dépit de sa portée, ce plan d'aménagement n'atteint pas la perfection. Il comporte certaines lacunes qui devront être comblées en réalisant d'autres études dans le but d'élaborer le budget prévisionnel et le calendrier d'exécution des travaux prévus, de dimensionner les ouvrages à réaliser et de déterminer le nombre de mètres linéaires de ravines et de rivières à traiter.

5.3.-Recommandations spécifiques

Il est nécessaire d'installer des stations climatologiques au niveau du bassin versant en vue de constituer une base de données climatiques fiables susceptibles de rendre plus efficaces les interventions relatives à l'aménagement. Quant au financement de l'exécution du plan d'aménagement, il faut qu'il y ait un partenariat entre le MARNDR , soit par l'intermédiaire du Bureau Agricole Communal de Dessalines et les autres organismes oeuvrant dans la région.

BIBLIOGRAPHIE

1.-ALCE Edith ( 1999). Diagnostic des Micro bassins versants drainés par les retenues collinaires dans le Plateau Central (Etude des cas : Mau et Palmiste).Mémoire de fin d'étude agronomique, FAMV, Damien, Haïti, 71 p.

2.-ANDAH (1999). « La dégradation de l'environnement haïtien.» 35p

3.-BDPA/SCET/AGRI (1988). Gestion des ressources naturelles en vue d'un développement durable en Haiti , P-au-P, 50 p (Etude).

4.-BONHOMME Gary N, 1994. Contribution à l'élaboration d'un plan d'aménagement du bassin versant de los pintos (Mombin Crochu).Mémoire de fin d'étude agronomique, FAMV, Damien, Haïti, 68p

5- DUVIVIER, L (1985). «  Hydrologie générale. » 116p

6- MARNDR (1988). Secrétariat technique à l'aménagement des bassins versant

7-GOSSELIN B et al (1986) . La dégradation des sols agricoles. In Bulletin technique, N 13 pp15-18.

8-JEAN BAPTISTE, P.V (1999) : «  Nos bassins versants, responsabilités et stratégie pour une bonne gestion ». Dans le bulletin agricole Vol 2 (4) ; pp 16-20.

9.-JOSEPH Farel Ricaldo, ( 2003) .Diagnostic de la dégradation du bassin versant de la rivière de Fonds-Verrettes en vue de son aménagement. Mémoire de fin d'étude agronomique, FAMV, Damien, Haïti, 49p

10.-KOOHAFKAN, A. P (1987) . Techniques biologiques de conservation des sols en Haiti, 36p.

11.- MDE, (1999) .Plan d'action pour l'Environnement, 79 p.

12.- PIERRE Roventa ( 2002). Diagnostic de la dégradation du bassin versant de la rivière Mancelle à Gos Morne. Mémoire de fin d'étude agronomique. FAMV, Damien, 68p.

13.-PHILIPPE Duchaufour, ( 1977) . Pédologie Tome I ,Ed Masson et ATLAS DES SOLS DU MONDE , 257 p.

14.-PREVOST, P(1999) : «  Les bases de l'agriculture » Paris, France,TEC et DOC, 254p.

15.-PREVIL, C (1993) : Elaboration d'un cadre référentiel pour l'aménagement d'un espace régional en Haiti : L'arrondissement de Miragoâne ». Thèse de Maîtrise, GREATAM, Québec, 179 p.

16.- REGIS Guito et ROY al (1999). Manuel pratique de conservation des sols d'Haïti. Coopération française, 133p.

17..- SEMINARIO, E (2007). Notes données dans les séances de séminaires sur l'aménagement de bassin versant

18..-SHENG, T.C (1977). Protection des versants cultivés.Aménagement des terrasses sur des versants abrupts en région humide. In `' FAO'' ; Aménagement des bassins versants,20p.

19.- THOMAS H. Pierce, (1989) .L'Aménagement de bassin versant en Haïti. L'expérience STABV, Port-au-Prince, Haïti, 35p

20..-ULYSSE Sendy (2001) . Etude-Diagnostic des bassins versant Laplace et

Simonnette (Commune Dessalines). Mémoire de fin d'étude agronomique, FAMV, Damien, Haïti, 54

ANNEXE A

FICHE D'ENQUETE

1- Présentation de l'exploitation agricole

A- Identification de l'exploitation agricole

Exploitation No  :

Section rurale  :

Nom de l'exploitant  :

Age :

Activité principale  :

Localité  :

Nombre d'enfants :

Date :

Autres  :

2.-Etude des parcelles

2.1 Caractéristiques de la parcelle

Parcelles

No

Mode de tenure

Superficie

Pente

Couleur du sol

Type de végétation

Pierrosité

Profondeur

1

 
 
 
 
 
 
 

2

 
 
 
 
 
 
 

3

 
 
 
 
 
 
 

4

 
 
 
 
 
 
 

5

 
 
 
 
 
 
 

6

 
 
 
 
 
 
 

7

 
 
 
 
 
 
 

B-Inventaire des moyens de production

1-Terres

1.1-Terres travaillées en faire valoir directe (Héritage, Achat)

No parcelle

Surf en Cx

Localisation

Acquisition

Occupation

 

Nom

Dist/maison

Date

Prix

actuelle

précédente

1

 
 
 
 
 
 

2

 
 
 
 
 
 

3

 
 
 
 
 
 

4

 
 
 
 
 
 

5

 
 
 
 
 
 

6

 
 
 
 
 
 

7

 
 
 
 
 
 

2-Système de culture

Parcelle No

Cultures/Association

Origine des semences

Prix/Unité

Rotation

Dure de friche

1

 
 
 
 
 

2

 
 
 
 
 

3

 
 
 
 
 

2.1-Calendrier Cultural

Parcelles

Localité

Cultures

J F M A M J J A S O N D

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Remarques..................................................................................

2.4-Itinéraires techniques

Cultures : Date de semis, date de récolte

2.5-Bilan sur les parcelles pour l'année (2006-2007)

NPar-celle

Localisation

de

l'écosystème

Coût des opérations culturales

Quantité

récoltée vendue consommée

Prix/Unit

Prix total

1

 
 
 
 
 
 
 

2

 
 
 
 
 
 
 

3

 
 
 
 
 
 
 

4

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

3-Main d'oeuvre

3.1-Main d'oeuvre interne

Nom/Prénom

Liens de parenté

Age

Période

Activités sur l'E.A

Fréquence

Activités extra agricoles

1

 
 
 
 
 
 

2

 
 
 
 
 
 

3

 
 
 
 
 
 

4

 
 
 
 
 
 

3.2- Main d'oeuvre externe

Forme

Période

Nombre de personnes

Travaux

Rémunération

Provenance

 

Salaire

Nature

Argent

Produit

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

3.3- Main d'oeuvre cédée par l'exploitant

Forme

Epoque

Destination

Nbre de personnes

Rémunération

Distance/ E.A

 
 
 
 

Salaire

Nature

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

4- Système d'élevage

4.1- Animaux en propriété

Espèces

Effectif

acquisition

Prix d'achat

Date d'entrée

Valeur actuelle

 

Males

Femelles

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

4.2-Animaux pris en gardiennage

Espèces

Effectif

Date d'entrée

Condition de prise

Raisons

Relation avec le propriétaire

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

4.3- Animaux cédés en gardiennage

Espèces

Effectif

Date d'acquisition

Date de la cession

Conditions

Raisons

Relations avec l'éleveur

 

Males

Femelles

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

4.4- Techniques d'élevage

4.4.1-Mode de conduite

Espèces

Libre

A la corde

Pâturage

Fréquence

Raisons

 

Période

Lieu

Période

Lieu

Période

Lieu

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

4.4.2-Abreuvement

Espèces

Période

Lieu

Distance/maison

Fréquence

Remarques

1

 
 
 
 
 

2

 
 
 
 
 

3

 
 
 
 
 

4.4.3-Calendrier fourrager

Espèces

Parcelles No

Localisation

J

F

M

A

M

J

J

A

S

O

N

D

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Avez-vous l'habitude d'acheter des aliments pour le bétail ? (Oui) (Non)

Nature :

Quantité :

Coût/unité :

Période :

Raison :

4.5- Soins sanitaires

Espèces

Nature

Provenance

Epoque

Fréquence

Prix

Frais vétérinaires

Résultats

1

 
 
 
 
 
 
 

2

 
 
 
 
 
 
 

3

 
 
 
 
 
 
 

4

 
 
 
 
 
 
 

4.6 Bilan du cheptel pour l'année ( 2006-2007)

Espèces

Qte achetée

Prix/Unit

Qte vendue

Prix/Unit

Qte consommée

Coût total

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

6- Intrants utilisés

Types

Origine

Usage

Coût

Unité

Quantité

Montant

Remarques

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

7- Revenu agricole pour l'année (2006-2007) en Gourdes

Produits

Qte récoltée

Qte vendue

Autoconsommation

Prix/Unitaire

Remarques

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

8- Salaire pour l'année ( 2006-2007) en Gourdes

Sources

Somme

Période

 
 
 
 
 
 

9- Prêts ou emprunts

Montant

Date

Origine

durée

Taux intérêt

Raison

Déboursement

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

10-Dépenses de l'exploitation

Types

Somme

Source

Période

Scolarisation

 
 
 

Maladie

 
 
 

Mariage

 
 
 

Mortalité

 
 
 

Autres

 
 
 

11-Contraintes ressenties au sein de l'exploitation agricole

Domaines

Types de contraintes

Période

Solutions adoptées

Solutions proposées

Remarques

Terre

 
 
 
 
 

Semences

 
 
 
 
 

Fertilisation

 
 
 
 
 

Main d'oeuvre

 
 
 
 
 

Elevage

 
 
 
 
 

Eau

 
 
 
 
 

Transport

 
 
 
 
 

Stockage

 
 
 
 
 

Commercialisation

 
 
 
 
 

Credit

 
 
 
 
 

12-Migration

Noms

Relation avec l'exploitation

Date de départ

Raisons

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Remarques.................................................................................

13-Infrastructures

Types

Nombre

Distance/ EA

Etat actuel

Date

Ecoles

 
 
 
 

Eglises

 
 
 
 

Dispensaires

 
 
 
 

Marchés

 
 
 
 

Réseau routier

 
 
 
 

Adduction d'eau potable

 
 
 
 

Système d'irrigation

 
 
 
 

Caisse de crédit

 
 
 
 

NB. Présence des ONG (oui ou non) . Si oui, préciser le(s) noms

Remarques :.................................................................................

Transformation des produits :......................................................................................................

Sourced'énergie..............................................................................

Typesd'habitats..............................................................................

Moyens de transport ......................................................................

1.2-Terres travaillées en Faire valoir indirecte (Métayage, Fermage, Potèk, etc)

Parcelle

No

Surf en Cx

Localisation

Caractéristiques du bail

Raisons de prise

Situation

/Ecosystème

Occupation

 
 

nom

Distance

/maison

Type

date

durée

conditions

 
 

Actuelle

Précédente

1

 
 
 
 
 
 

2

 
 
 
 
 
 

3

 
 
 
 
 
 

4

 
 
 
 
 
 

5

 
 
 
 
 
 

6

 
 
 
 
 
 

7

 
 
 
 
 
 

5- Outils et équipements

Nature

Nbre

Prix neuf

Usage

Date

d'acquisition

Nature transaction

Coût

Durée d'utilisation

Relation avec

le Propriétaire

 
 
 
 
 

Prêt

Location

Achat

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

ANNEXE B

Quelques analyses quantitatives de la morphologie des Bassins versants

Paramètres

Equation

Remarques et Methodes

Superficie

A= W* L

W : largeur du bassin versant

L : longueur du bassin versant

Facteur de forme

F= A/L2

A : superficie

L : longueur du bassin versant

Compacité

C= 2vËA/ P

P : Circonférence ou périmètre

A : superficie

Densité fluviatile

D=? l /A

l : longueur totale des cours d'eau

Fréquence fluviatile

Sf= Sn /A

Sn : nombre de cours d'eau

A : unité de surface ( par ex, Km2)

Altitude moyenne

E=?e/ N

e : total des altitudes échantillonnées (par ex : aux intersections du quadrillage de la carte)

N : nombre d'échantillons

Pente moyenne

S= ?s / N

S : total des pentes échantillonnées ( par ex : aux intersections du quadrillage de la carte)

Relief

R= H- Lo

H : altitude maximale

Lo : altitude minimale

Taux de relief

RR= R/L

R : relief

L : longueur du bassin versant

Profil d'un cours d'eau

 

Porter la longueur du cours d'eau par rapport à l'altitude

Courbe hypsométrique

 

Porter l'altitude par rapport a la superficie

Courbe hypsométrique en %

 

En utilisant les pourcentages, porter l'altitude (e/E) par rapport à la superficie (a/A)

Source: Dr Eduardo SEMINARIO, 2007 ( FAO)

ANNEXE C

Classification des pentes selon FAO

Classe des pentes

Valeur en degré

Valeur en %

Terrain plat

< 7

<18

Pente modérée

7 à 15

18 à 38

Pente forte

15 à 20

38 à 50

Pente très forte

20 à 25

50 à 63

Pente raide

25 à 30

63 à 75

Pente très raide

> 30

> 75

ANNEXE D

Quelques caractéristiques quantitatives de la morphologie du Bassin versant

Paramètres

Symbole

Valeurs

Longueur du BV

L

17.67 km

Largeur du BV

W

4.53 km

Superficie

A

80.05 km2

Périmètre

P

44.5 Km

Coefficient de Compacité

Kc = 0.28 P/A½

1.39

Altitude minimale

H

59m

Altitude maximale

Ho

800

ANNEXE E

Photo # 1 Vue de la région Coupe à l'Inde

Photo # 2 : Cultures sarclées sur des pentes supérieures à 50% sans structure de Conservation des sols ( Versant Fourchon)

Photo # 3 Système agroforestier dans la localité Lòt Bò Dlo

Photo # 4 Accident prononcé du relief

Photo # 5 Versant dénudé surplombant la ville de Dessalines

ANNEXE F

TECHNIQUES DE TRAITEMENT DES RAVINES

1-But du traitement des ra vines

Le but ultime de la correction des ravines est leur stabilisation définitive.Il s'agit dans un premier temps de modifier le profil initial de la ravine pour donner aux atterrisments une faible inclinaison d'environ 3 à 8%. Dans un deuxième temps, l'implantation de végétation ou la remise en culture pour compléter la stabilisation

2-Principe de correction des ravines

· Si la ravine n'est pas encore très développée ( c'est -à-dire elle fait environ 0.50 m de profondeur sur 1m de large et où les alluvions sont faibles ) et si sa pente est inférieure à 20%, de simples corrections biologiques suffisent. Par exemple, on peut procéder à l'implantation des herbacées à fort enracinement ( ), plantation d'arbres ou clayonnage.

· Si la ravine est déjà assez développée, avec plus d'un (1) m de profondeur, une pente supérieure à 20%, charriant de matériaux grossiers, une intervention plus importante s'impose. On recourt à la construction, en travers du lit de la ravine, des seuils en pierres sèches, en sacs de terre ou en gabions.

3- Types de seuils à utiliser

Les seuils en clayonnage seront utilisés pour des ravines ayant au maximum 1m de haut et 1m de large.

Pour des ravines ayant au maximum 2m de haut sur 4m de large, on construit des seuils en pierres sèches ou en sacs de terre dans les zones où les pierres sont rares.

Au delà de ces dimensions, on parle de ravines torrentielles. Pour les corriger, on recourt à des seuils en maçonnerie ou en gabions.

Une fois les travaux de correction mécanique de la ravine, terminés, il est nécessaire de fixer définitivement les atterrissement et les berges de la ravines en y implantant de la végétation.

Pour être plus efficace, la fixation biologique doit se faire par la combinaison de plantations, de semis d'herbacées vivaces (permettant une couverture de la surface du sol) avec le besoin des paysans de produire et de rentabiliser le travail qu'ils auront fourni pour l'aménagement de la ravine.

En concertation avec les paysans et selon leurs objectifs, on pourra choisir les espèces suivantes :

Herbacées vivaces

- Herbe éléphant ( Pennisetum purpureum)

- Herbe guinée ( Panicum maximum)

- Herbe guatémala ( Tripsacum laxum)

- Citronnelle ( Cymbopogon nardus)

Espèces forestières

Bambou ( Bambusa vulgaris)

Casse ( Cassia siamea)

Gommier ( Bursera simaruba )

Frène ( Simaruba glauca)

Delin ( Leucaena leucocephala)

Arbres fruitiers

- Manguier ( Mangifear indica )

-Avocatier ( Persea americana)

Citronnier ( Citrus sinensis), etc

Cultures vivrières

Bananiers ( Musa sp)

Mazombelle ( Colocacia esculenta )

Malanga ( Xanthosoma campestris)

Canne à sucre ( Saccharum sp)

Source : Manuel Pratique de Conservation des Sols d'Haiti (1999)

ANNEXE G

Distribution du mode de tenure suivant la taille des parcelles

EA #

Taille de l'E.A

Superficie exploitée en carreaux (CX)

F.V.D

F.V.I

Totale

1

2

0

1.25

1.25

2

12

1.5

0

1.5

3

0

0

0.45

0.45

4

7

1

0

1

5

9

0

1.25

1.25

6

7

0.90

0.1

1

7

4

0.25

1.95

2.2

8

5

0.18

1.06

1.24

9

4

0

0.75

0.75

10

6

0.35

0.50

0.85

11

9

0.40

0

0.40

12

6

0.23

0.25

0.48

13

8

0

2

2

14

3

0.12

0.5

0.62

15

4

0

0.475

0.475

16

5

0.20

0.25

0.45

17

8

0.77

0.5

1.27

18

7

0

0.5

0.5

19

4

0

0.455

0.455

20

6

0.45

0

0.45

21

10

0.10

0.55

0.65

22

3

0

0.435

0.435

23

6

1

0

1

24

10

0

1

1

25

8

0.60

0

0.60

26

6

0.03

0.25

0.28

27

9

0.30

0

0.30

28

6

1

0.2

1.2

29

11

0

0.45

0.45

E.A #

Taille de l'EA

Superficie exploitée en carreaux (CX)

F.V.D

F.V.I

Totale

30

8

0

1.59

1.59

31

10

0.08

0.65

0.73

32

11

0.02

0.12

0.14

33

15

0.54

0.16

0.64

34

8

0

0.43

0.43

35

5

0

0.41

0.41

36

11

0.22

0.03

0.25

37

6

0.5

0.84

1.34

38

7

0.2

0.25

0.45

39

3

0.55 

0

0.55

40

6

0

1.22

1.22

41

8

0

1

1

42

9

0.12

0.06

0.18

43

6

0

0.65

0.65

44

0

0

0.35

0.35

45

0

0.05

0.25

0.30

46

4

0

0.40

0.40

47

4

0.475 

0

0.475

48

5

0

0.63

0.63

49

17

0

0.37

0.37

50

4

0

0.75

0.75

51

9

0.62

0

0.62

52

8

1.25

0

1.25

53

15

0

0.37

0.37

54

10

0.75

0

0.75

Source : Enquête de l'auteur (Août- Sept, 2007)

NB. La taille représente le nombre de personnes constituant l'exploitation agricole

ANNEXE H

Tableau # Performance économiques des exploitations agricoles enquêtées

EA#

PB

CI

AM

VAN

MOE

SE

en Cx

Revenu agricole

Revenu non agricole

Revenu total

1

22325

2975

160

19190

2500

1.25

9890

7500

17390

2

26 600

3500

175

22 925

3700

1.5

14 225

5000

19 225

3

3800

785

160

2855

0

0.45

3255

0

3255

4

7625

1900

170

5 555

1500

1

4 055

10 500

14 555

5

16600

2500

160

13940

2100

1.25

6 940

0

6940

6

9 805

3 580

156

6 069

1 200

1

4 869

0

4869

7

84350

10305

160

73 885

13500

2.2

45 085

20000

65 085

8

10125

2900

160

7065

1500

1.24

5 565

0

5565

9

19 200

3000

480

15720

2000

0.75

8 720

1500

10 220

10

18 530

3200

160

15 170

2500

0.85

8 170

1000

9 170

11

3 675

675

165

2835

0

0.40

2835

1200

4035

12

8 100

2 000

100

6 000

0

0.48

2 100

0

2 100

13

24600

4800

325

19475

4500

2.2

9 975

5000

14975

14

15930

1875

170.5

13884.5

2000

0.62

7 384.5

4000

11384.5

15

4 200

750

150

3300

0

0.475

2250

0

2250

16

5045

975

160

3910

0

0.45

2140

0

2140

17

25550

4500

160

20890

3500

1.27

12 690

5000

17 690

18

4 400

700

115

3 685

0

0.50

1085

5 000

6 085

19

4 375

517.5

118.5

3739

0

0.455

1739

4 800

6 539

20

8100

980

100

7 020

0

0.45

6 600

0

6 600

21

10 600

3 4 60

160

6 9 80

3 175

0.65

3 805

19 250

23 055

22

7 000

1 850

150

5 000

0

0.435

3 500

3 120

6 620

23

14 520

3300

150

11 070

3500

1

7570

1000

8 570

24

12 000

3 950

137.5

8 812.5

1500

1

3312.5

2 500

5 812.5

25

2 450

1 460

160

990

0

0.60

3 940

12 900

16 840

26

2 505

310

160

2 305

0

0.28

1 235

30 000

31 235

27

4 575

960

120

3 495

0

0.30

3 395

2 000

5 395

28

7 275

1 275

150

5 850

3 000

1.20

2 850

0

2 850

29

6487.5

2 020

295.5

4 172

1 250

1.05

2 922

6 000

8 917

30

28 790

5800

160

22 830

7200

1.59

9 920

4000

13 920

31

43 070

3000

160

39 840

5680

1.1

13 570

7500

21 070

32

6080

360

147.5

5 572.5

0

0.14

2912.5

3000

5912.5

33

21 340

3020

158.5

18161.5

3600

1.02

7 361.5

1800

9 161.5

34

6800

590

160

6 050

0

0.43

3 760

4 000

7 760

35

5900

850

160

4890

0

0.41

3390

2 800

6 190

36

4 135

230.5

160

3 774.5

0

0.25

2 944.5

1 100

4 044.5

37

16670

5255

165

11250

2500

1.34

4 950

9000

13950

38

5400

980

165

4255

400

0.45

2355

15000

17 355

39

11825

2400

105.5

10319.5

2300

0.55

5 219.5

0

5219.5

40

20 275

3100

145

17030

4000

1.22

5580

3500

9080

41

13000

4450

165

8385

3000

1

5 200

40000

45200

42

3 900

200

160

3 540

0

0.18

2 125

1 500

3 625

43

4 875

895.5

152.5

3 827

0

0.65

3 027

0

3 027

44

3750

395.5

95.5

3 259

0

0.35

1259

2 000

3 259

45

4 050

1 550

160

2 340

0

0.30

2 860

0

4 340

46

1 425

700

165.5

559.5

0

0.40

1 559.5

30 475

32 034.5

47

3 810

650

165.5

2994.5

0

0.475

3 794.5

1 590

5 384.5

48

16345

1925

160

14260

1425

0.63

3 935

0

3935

49

4 500

350

160

3 990

0

0.37

2 275

40 000

42 275

50

18 675

2750

115

15 810

3500

0.75

7 310

3000

10 310

51

5 875

2 650

52..5

3172.5

0

0.62

2672.5

1 000

3672.5

52

46175

5600

160

40415

5200

1.25

26 715

3000

29 715

53

4 250

750

175

3 325

0

0.37

2 625

3000

5 625

54

30800

4225

165

26410

3500

0.75

14 810

1500

16 310

E.A : Exploitation Agricole PB : Produit Brut

VAN  : Valeur Ajoutée Nette CI : Consommation Intermédiaire

RA : Revenu Agricole AM : Amortissements

SE : Superficie Exploitée MOE : Main d' Oeuvre Externe