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Fluctuation du Taux de change en Haiti, une analyse de ses principales causes, de 1996 à 2005


par Antoine Dit Rigaud Fils Fragé
Faculté de Droit et des Sciences Economiques - Licence 2009
Dans la categorie: Economie et Finance
   
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UNIVERSITE D'ETAT D'HAITI

FACULTE DE DROIT ET DES SCIENCES ECONOMIQUES

Fluctuation du taux de change en Haïti :

Une analyse de ses principales causes

De 1996 à 2005.

Mémoire de Sortie présenté par

Antoine Dit Rigaud Fils Fragé

En vue de l'obtention d'une Licence en Sciences Economiques

Sous La Direction du Professeur Nelson Sylvestre

Promotion 2001 - 2005

Fluctuation du taux de change en Haïti :

Une analyse de ses principales causes

De 1996 à 2005.

Tant que la gourde ne recouvre pas sa fonction de réserve de valeur, l'économie

haïtienne pourra difficilement recevoir des investissements sur le long terme.

Wilson Laleau

SOMMAIRE

LISTE DES SIGLES

AVANT-PROPOS

REMERCIEMENTS

RESUME

INTRODUCTION

CHAPITRE I - Régime de change : analyse conceptuelle et historicité

· Référence conceptuelle

· Historique du système monétaire international

· Historique de l'évolution des régimes de change en Haïti

CHAPITRE II - Antécédents théoriques sur le taux de change

· Présentation de quelques courants de pensée sur la détermination du change

· Présentation de quelques travaux empiriques sur le change

CHAPITRE III - Diagnostic de l'économie haïtienne, analyse des principales causes et conséquences de la fluctuation du change

· Diagnostic de l'économie Haïtienne de 1996 - 2005

· Analyse des principales causes de la Fluctuation du taux de change

· Conséquences du change sur l'économie

CHAPITRE IV - Modélisation du taux de change

· Présentation du modèle économétrique

· Analyse de l'effet des variables exogènes choisies sur le comportement sur le comportement du change

· Conclusion

TABLE DES MATIERES

SOMMAIRE 4

TABLE DES MATIERES 5

LISTE DES SIGLES 7

LISTE DE TABLEAUX ET GRAPHIQUES 8

REMERCIEMENTS 10

AVANT-PROPOS 11

INTRODUCTION 12

1- Référence conceptuelle 19

1.1- Fondamentaux de l'économie 19

1.2- Taux de Change 19

1.3.- Produit Intérieur Brut (PIB) 20

1.4.- Masse Monétaire 20

1.5.- Balance des paiements 20

1.6.- Marché des Changes 21

1.7.- Réserve nette de Change ou Réserves Officielles Internationales 21

1.8.- Volatilité du taux de change 21

1.9.- Régime de parités fixes 21

1.10.- Régimes de parité Flottants 23

1.11.- Dévaluation 23

1.12.- Dépréciation 23

1.13.- Loi du Prix Unique 24

2.- Historique du Système Monétaire Internationale 25

2.1.- Création et Rôle du Système Monétaire Internationale 25

2.2.- Différentes Périodes du Système Monétaire International 27

3.- Bref Historique de l'évolution des régimes de change en Haïti 35

1.- Courants de pensée sur la détermination du change 38

1.1.- Théorie de la parité du Pouvoir d'achat des monnaies (PPA) 38

2.- Approche Monétaire des taux de change à prix flexible 42

3.- Analyse des travaux empiriques sur le change 45

1.- Evolution de l'économique Haïtienne pour la période 49

2.- Analyse des principales causes de la fluctuation du taux de change 52

2.1.- Causes Internes 52

2.1.1.- Causes Structurelles 52

2.1.1.1.- Production Nationale 53

2.1.1.2.- Politique monétaire 56

A.- Evolution de la politique monétaire 57

2.1.1.3.- Goûts des Agents Economiques 60

2.1.1.4.- Taux d'intérêts 61

2.1.1.5.- Taux d'inflation 62

2.1.2.1.- Problèmes socio-politiques 62

2.1.2.2.- Anticipations 63

2.2.- Causes Externes 63

2.2.1.- Balance des Paiements 63

2.2.2.- Masse Monétaire Externe 65

2.2.3.- Production Externe 65

2.3.- Conséquence du change sur l'économie 66

1.1.- Présentation du modèle économétrique 68

1.1.1.- Structure et fonctionnement du modèle 68

1.1.2.- Ecriture du modèle 71

1.2.- Estimation du modèle et Interprétation des résultats 72

1.2.1.- TESTS STATISTIQUES 73

1.2.1.1.- Test de normalité des erreurs 73

1.3.- NOUVELLE SPECIFICATION DU MODELE 75

1.3.1.- ESTIMATION DE L'EQUATION 75

1.3.2.- Test de normalité des erreurs 76

1.3.3.- Test d'autocorrélation 77

1.3.3.1.- Test de Breusch-Godfrey 77

1.3.4.- Test d'Hétéroscédasticité 78

1.3.4.1.- Test de White 78

1.3.5.- Test de stabilité des estimateurs 79

1.4.- ANALYSE DES RESULTATS 79

1.5.- CONCLUSION 81

BIBLIOGRAPHIE 83

Annexe I 88

Annexe II, Test de Breusch-Godfrey 91

Annexe III, Test d'Hétéroscédasticité 92

LISTE DES SIGLES

BRH Banque de la République d'Haïti

E-Views Econométric Views (Logiciel spécialisé)

FDSE Faculté de Droit et des Sciences Economiques

FMI Fonds Monétaire International

HTG Gourde Haïtienne

IHSI Institut Haïtienne de Statistique et d'informatique

MCO Moindre Carré Ordinaire

NATREX Natural Real Exchange rate

PAS Programme d'Ajustement Structurel

PPA Parité du Pouvoir d'achat

PIB Produit Intérieur Brut

PTI Parité des Taux d'intérêt

PTINC Parité des taux d'intérêt non Couvert

SME Système Monétaire Européen

SMI Système Monétaire International

UEH  Université d'Etat d'Haïti

USD United State Dollar

VAR Vecteur Auto Régression

LISTE DE TABLEAUX ET GRAPHIQUES

Tableau I.- Produit Intérieur Brut, Importation et Demande Globale........................50

Tableau II.-Pourcentage du secteur agricole par rapport au PIB..............................53

Tableau III.-Pourcentage du secteur secondaire par rapport au PIB..........................54

Tableau IV.- Le Secteur secondaire en million de gourde 1986-87..........................55

Tableau V.- Importations d'Haïti par Grande catégorie de produits.........................61

Tableau VI.- Importation, Exportation, Balance Commerciale en MG......................65

Tableau VII.- Estimation du modèle économétrique............................................73

Tableau VIII.- Premier test de normalité des erreurs...........................................74

Tableau IX.- Réestimation du modèle économétrique.........................................76

Tableau X.- Deuxième test de normalité des erreurs..........................................77

Tableau XI.- Test de Breusch-Godfrey (Test de détection d'autocorrélation)..............78

Tableau XII.- Test de White (Test de détection d'Hétéroscédasticité).......................79

Tableau XIII.-Test de CHOW (Test de stabilité des estimateurs).............................80

Graphique I.- Taux de Croissance du PIB réel..................................................50

Graphique II.- Variation du taux de change......................................................52

Graphique III.- Evolution de la masse monétaire M2 en MG.................................57

Graphique IV.- Evolution du taux de croissance M2 et du taux d'inflation.................60

REMERCIEMENTS

Je profite de cette occasion pour remercier d'abord le Grand Architecte de l'Univers qui m'a gratifié le don de l'intelligence, ensuite je remercie vivement ma famille, spécialement mes parents, qui dès le départ ont su donner l'importance à l'éducation, et pour avoir su m'accompagner, encourager dans la poursuite de mes études, afin de pouvoir servir dignement le pays demain.

Mes remerciements vont également à l'endroit de mon Directeur de recherche, le Professeur Nelson SYLVESTRE, qui a accepté de m'encadrer tout au long du travail.

Un remerciement spécial va au staff du Groupe Haïtien d'Economistes pour la Recherche et le Développement (GHERDE) pour leur support inconditionnel durant tout le travail.

Enfin, mes remerciements vont à tous ceux et toutes celles qui d'une manière ou d'une autre m'ont aidé, encouragé à réaliser ce travail, par leurs conseils, critiques, et suggestions, tout cela a été très bénéfique.

AVANT-PROPOS

Après avoir bouclé les quatre années d'étude en science économique à la Faculté de Droit et des Sciences Economiques (FDSE) de l'UEH, il est fait obligation de préparer un projet de fin d'étude pour l'obtention du grade de « Licencié en Sciences Economiques ». Ce travail n'a pas été facile, à cause du manque de disponibilité des encadreurs dans l'UEH, et de la faiblesse au niveau de la documentation destinée aux recherches. Ce travail est en fait une synthèse des quatre années d'études, mais basé sur un phénomène économique en particulier (La Fluctuation du Taux de Change). Un phénomène qui s'avère très difficile à appréhender, car il contient plusieurs dimensions d'analyses. Mais avec l'aide et les encouragements de plus d'un, nous sommes très heureux d'en arriver aux termes.

Parmi l'ensemble des variables macro-économiques, le taux de change est peut-être celle, qui a le plus désespéré les économistes. Car prévoir sa fluctuation, a toujours été un grand souci, et ceci depuis plusieurs années. Dans ce document l'objectif poursuivi a été d'évaluer théoriquement et empiriquement les principales causes de la fluctuation du change dans le cadre d'Haïti. Et l'approche monétaire de la détermination du taux de change a été retenue comme approche de base. Au niveau du cadre empirique le travail présenté par Adnan CHOCKRI pour l'Europe a été adapté à cette étude. Après l'estimation du modèle choisi via le logiciel E-views, les résultats nous ont prouvé effectivement que les variables macroéconomiques choisies comme variables explicatives du change ont respecté la réalité à 99 %. Donc la masse monétaire (locale et étrangère), le produit Intérieur brut (local et étranger1(*)) et l'indice des prix à la consommation locale ont eu de forte répercussion sur la variation du change.

INTRODUCTION

Avec l'expansion qu'a connu le commerce un peu partout dans le monde,

les pays ne pouvaient plus rester en autarcie, et se sont vu contraint de commercer, d'échanger des biens et des services entre eux. Ces pays engagés dans le commerce extérieur possèdent également leur propre monnaie qu'ils gèrent en fonction de leurs objectifs économiques intérieurs. Cette monnaie est considérée comme un intermédiaire dans les échanges, elle sert à accumuler la valeur d'échange de toutes les marchandises y compris la monnaie elle-même. Pour procéder à un échange dans le cas d'une importation ou d'une exportation, la conversion d'une monnaie en une autre monnaie s'avère nécessaire, d'ou la notion de « taux de change ». Le taux de change qui est le cours (Prix) d'une devise (monnaie) par rapport à un autre, représente un instrument macroéconomique assez important, car il permet entre autre de mesurer l'état de santé d'une économie et d'ajuster la politique monétaire et commerciale d'un pays. De ce fait, il peut être un frein à son accroissement s'il n'est pas régulé et même contrôlé.

Pensant à l'économie haïtienne, une étude sur ce phénomène, permettrera de mieux le comprendre, et de prendre des mesures nécessaires pour contrecarrer ses mauvais effets.

Il y a plusieurs années, l'émergence de plusieurs accords économiques, s'est fait ressentir un peu partout dans le monde dans le but de fixer les grandes lignes du système financier international, et de mettre en place les bases de la politique monétaire mondiale. On est passé du système de l'étalon-or (Gold Standard), au système de Bretton Wood. Car les pays les plus puissants agissaient sur les taux de change qui avaient tendance à fluctuer trop fortement après la deuxième guerre mondiale. Connaître le niveau d'équilibre du taux de change représentait un défi considérable. Donc plusieurs théories ont vu le jour, entre autre, la théorie du pouvoir d'achat (PPA2(*)), l'approche des Monétaristes, l'approche Macroéconomique, l'approche NATREX (Natural Real Exchange rate) etc. Tous ces modèles ont eu pour objectif d'expliquer les crises de change et d'arriver à une solution appropriée.

La crise des changes a eu des répercussions dans le monde, et Haïti n'a pas été exempt. Depuis les années 1910, la dépréciation3(*) de la gourde par rapport au dollar américain se faisait sentir dans le pays. Pour contrecarrer cela, le gouvernement Haïtien et celui des Etats-Unis se sont fixés un accord le 13 mai 1919 relatif au taux de change. Afin de le stabiliser, un taux de cinq (5) gourdes pour un (1) dollar américain a été accepté (selon une parité fixe). Ce taux resta en vigueur jusqu'au milieu des années quatre-vingt. Durant Les années qui suivront, le taux de change deviendra très instable, s'écartant du niveau fixé par le gouvernement haïtien pour fluctuer vers le haut sans jamais revenir au niveau initial. Face à cela le gouvernement allait adopter un régime de taux de change flexible. La Banque de la république d'Haïti, malgré le régime de taux de change flexible en vigueur, cherchera tant bien que mal à contrôler la variation du taux de change, à travers maintes politiques telles que : Des interventions sur le marché des changes, la politique des taux d'intérêt, les réserves obligatoires des banques commerciales et en 1996 l'utilisation des Bons du trésor (communément appelé BON BRH4(*)).

Cependant, serait-ce possible d'admettre que ces instruments de politique monétaire sont inefficaces, une analyser plus approfondie du phénomène parait nécessaire, c'est-à-dire trouver les véritables causes de la fluctuation du taux de change malgré l'application de ces politiques. Telle est notre préoccupation dans le cadre de cette étude. De plus, compte tenu de la carence de travaux réalisés sur ce thème, ce document pourra servir de supplément à  la liste des éléments d'information utilisés par les autorités monétaires pour l'analyse et l'implémentation des mesures de politique monétaire.

Bien entendu, cette étude a avant tout, une portée académique visant à nous permettre d'étudier un phénomène économique tant du point de vue théorique qu'empirique.

La crise des changes est un problème macroéconomique mondial. Plus récemment, en 1994 ; on a assisté à une vaste crise de change dans les marchés des pays émergents5(*), tels que, le Mexique en 1994, l'Indonésie et la Corée du Sud en 1997, la Russie et le Brésil en 1998, l'Argentine et la Turquie en 2000 pour ne citer que ceux là. Pourtant, Haïti a connu la crise de change un peu plus tôt, dès la fin des années 1970, des chocs économiques notables comme, la récession de l'économie des pays industrialisés, la rupture de l'aide étrangère, les crises du pétrole (il faut mentionner qu'Haïti est non producteur de pétrole), les problèmes de l'environnement et les problèmes de la balance des paiements ont été des signes qui précédaient la crise de change. Malgré tout cela, le gouvernement dans sa politique monétaire se devait de garantir la stabilité de sa monnaie dans le but de faciliter les échanges commerciaux.

Cependant, après les années 1970, la crise monétaire semblait être définitivement installée dans le pays, la situation économique se dégrada sérieusement à la suite des déséquilibres internes qui aboutirent à une véritable crise au cours de l'année fiscale 1980-1981. Les déficits budgétaires sont de plus en plus financés par des crédits de la Banque Centrale. Entre 1987 et 1999, le financement monétaire interne constitue la plus forte composante du financement total et représente, en moyenne, 90.52%6(*) du financement total. Il s'agit dans ce cas de création monétaire, d'une augmentation de la masse monétaire et par ricochet une augmentation de la demande globale. Ce financement cause aussi le creusage du déficit commercial, entraînant une diminution des réserves internationales (diminution des réserves nettes de change), ainsi que l'accumulation d'arriérés de paiement envers la dette externe. Le dollar américain disparaissait au fur et à mesure de la circulation interne, et on allait assister à l'apparition, au milieu de l'année 1982 d'un phénomène qui était complètement nouveau en Haïti, l'émergence d'un marché parallèle des changes. Il nous fallait en ce moment beaucoup plus de gourde pour effectuer les mêmes transactions qu'auparavant. Ce qui signifie que la gourde s'est complètement dépréciée par rapport au dollar américain. Cette situation s'est aggravée au fil des années qui suivront car le taux de change passera en moyenne de 5 gdes en 1980, de 14,45 gdes en 1995 à 39.23 gdes pour un (1) dollar USD en 2005.

Durant la période sous étude (1996 - 2005), on a enregistré de forte fluctuation du taux de change, accompagné d'une recrudescence de la crise Politico-économique. Des agrégats macroéconomiques entre autres les variables monétaires, ont fluctué énormément pour la période. L'offre monétaire (M2)7(*) est passée de 9,451.05 millions de gourdes en septembre 1994 à 38,938.64 gourdes en septembre 20058(*). Cette augmentation de la masse monétaire est à la base de l'augmentation de la demande globale. Malgré les politiques de la Banque Centrale, et le régime de change flexible adopté, les réserves nettes de change ont augmenté timidement pour la période, et notre dépendance vis-à-vis de l'extérieur ne s'est pas réduite.

Face à ce problème d'instabilité du taux de change, certaines questions deviennent capitales et même primordiales : « Quelles sont les principales causes de la fluctuation du taux de change de la gourde face au dollar américain ? La masse monétaire et le PIB domestique ont-ils une influence sur le change ?» Telles sont les questions qui nous préoccupent dans le cadre de cette étude et dont les différentes réponses apporteraient sans doute une lumière aux autorités monétaires.

Notre objectif principal est de présenter les principales causes de la fluctuation du taux de change dans l'économie haïtienne. De manière spécifique, nous voulons étudier la dynamique d'ajustement du taux de change HTG/USD par rapport à certaines variables macroéconomiques telles que : la masse monétaire (locale et étranger) et la production (locale et étranger), et l'indice des prix à la consommation. Et présenter un modèle économétrique du taux de change, afin de mieux suivre son comportement par rapport à ces variables. Face aux questions préalablement citées nous formulons les hypothèses suivantes :

Les fondamentaux9(*) de l'économie influencent le comportement du change, de manière spécifique, la faiblesse de la production locale contribue à la hausse du taux de change, et la hausse de l'offre de monnaie locale affecte négativement la valeur de la gourde.

Notre travail est de nature théorique et empirique. La stratégie pour vérifier notre hypothèse est de deux sortes : une approche descriptive et une approche analytique. Dans la première approche, nous présentons le cadre conceptuel et théorique du travail, d'une part et d'autre part, nous verrons comment certaines variables clés dans cette étude ont évolué dans l'économie haïtienne de 1996 à 2005. Dans la seconde approche, nous estimons et analysons le taux de change pour Haïti à partir d'un modèle tiré dans la littérature économique.

Le modèle choisi a déjà été utilisé par plusieurs chercheurs tels que : Mohamed Douch en 2001 pour le Canada, Khan Muhammad Arshad / Sajid Muhammad Zabir pour le Pakistan et Adnan CHOCKRI pour l'Europe etc. Toutefois nous apporterons certaines modifications pour tenir comptes des spécificités propres de notre économie. Les données que nous allons utiliser proviennent de la BRH et de l'Institut Haïtien de Statistique et d'Informatique (IHSI) et du site internet : www.econstats.com , et seront traitées à partir du logiciel E-views 4.1.

Le chapitre I est consacré au cadre conceptuel et à l'historicité du système monétaire International. Le chapitre II met en évidence une revue de littérature théorique et empirique du sujet, nous passerons en revue certaines théories qui ont rapport avec notre thème d'étude, à travers lesquelles nous allons tirer le cadre d'analyse pour mener cette recherche. A noter que dans cette partie, nous ne nous contenterons pas de faire des présentations, ce sera de préférence une revue critique, où nous nous proposons d'analyser les points forts et les limites des différentes théories explorées dans ce travail. Enfin, une revue de littérature empirique du sujet sera fait, où nous étudierons comment certains auteurs ont abordé ce thème.

Au niveau du chapitre (III), l'état de santé de l'économie haïtienne durant la période sous étude sera analysé et on fera ressortir les principales causes de l'évolution du taux de change en Haïti. Et dans le Chapitre (IV), nous allons d'une part, présenter et spécifier le modèle retenu dans le cadre de ce travail, d'autre part, nous présenterons et analyserons les résultats d'un point de vue statistique et économique à la lumière de la théorie économique et du contexte d'évolution de l'économie haïtienne. Cette partie permettra d'accepter ou de réfuter les hypothèses de base.

Le Taux de change étant une variable très complexe, comporte plusieurs champs d'analyse. Parmi toutes les approches qui cherchent à expliquer les variations du taux de change, celle des monétaristes a été retenu. Et certaines variables macroéconomiques clés qui ont un grand pouvoir explicatif dans la variation du change ont été choisies. Mais après le traitement des données, le logiciel utilisé pour faire ce travail ne nous a pas permis de mesurer le pouvoir explicatif de chaque variable pris séparément. Donc notre analyse se basera sur l'ensemble des données agissant en même temps sur le change. Une période de neuf ans a été choisie, soit 1996-2005, car durant cette période on a enregistré de forte fluctuation au niveau du taux de change. On a omis de faire une présentation détaillée des conséquences de la fluctuation du taux de change sur chaque variable indistinctement, car cela pourrait faire l'objet d'un autre travail de recherche.

CHAPITRE I

Régime de Change :

Analyse conceptuelle et historicité

Dans ce chapitre, il est présenté le cadre conceptuel de l'étude. Il ne s'agit pas pour nous de retenir tous les aspects des termes sélectionnés, mais de construire des concepts qui peuvent nous donner des idées claires sur le phénomène que nous étudions. En ce sens, nous définirons les termes que nous aurons à utiliser tout au long de l'étude, et déterminerons dans certains cas les dimensions qui constituent ces concepts.

1-A.- Référence conceptuelle

1.a-1- Fondamentaux de l'économie

Fondamentaux de l'économie ou variables macroéconomiques fondamentales de l'économie sont les variables sur lesquelles peuvent jouer les autorités concernés, pour pouvoir prendre les meilleurs décisions pour la bonne marche de la situation socio- politico-économique d'un pays. Elles sont généralement les suivantes :

Les prix, l'offre de monnaie, les taux d'intérêt, les écarts de productivité, la dette publique, les termes de l'échange et les actifs étrangers nets. Elles sont habituellement exprimées en écart entre les pays.

1.a-2- Taux de Change

Le taux de change est le prix auquel s'échangent les monnaies, en d'autres termes c'est la quantité de monnaie nationale nécessaire pour obtenir une quantité donnée d'une autre monnaie. Si un (1) dollar s'échange contre cinq (5) gourdes, le taux de change est d'un dollar pour cinq gourdes ou encore le cours du dollar est de cinq gourdes. Précisons selon les macroéconomistes, qu'il existe deux types de taux de change : Le Taux de change réel et le Taux de change nominal.

D'un point de vue macroéconomique, le taux de change réel est un indicateur de compétitivité en ce sens qu'il informe sur le rapport des prix intérieurs et des prix externes des biens et services. S'il est faible, les résidents d'un pays auront tendance à acheter peu de bien et services à l'étranger. Sinon, ils auront le comportement inverse. D'un autre coté, le Taux de change nominal est le prix relatif des monnaies de deux pays. C'est cette définition que nous allons retenir dans le cadre de notre travail. Et à chaque fois qu'on parlera de taux de change, nous nous y référerons.

Le taux de change peut être exprimé en nombre d'unités de monnaie nationale pour une unité de monnaie étrangère, c'est une cotation à l'incertain. La cotation au certain exprime le nombre d'unités de monnaie étrangère pour une unité de monnaie nationale.

1.a-3- Produit Intérieur Brut (PIB)

Total de la production de la main-d'oeuvre et de la propriété qui intervient physiquement à l'intérieur des frontières du pays considéré au cours d'une période donnée (habituellement, un an).

1.a-4- Masse Monétaire

La masse monétaire représente la quantité de monnaie en circulation dans une économie. Elle regroupe l'ensemble des avoirs détenus par les agents économiques non financiers.
Elle est souvent représentée par :

M2 : les comptes sur livrets, M3 : les dépôts à termes, bons et certificats de dépôts. M1 représente la monnaie fiduciaire (pièce et billets) et les dépôts à vue.

1. a-5- Balance des paiements

La balance des paiements est un état statistique qui retrace sous une forme comptable l'ensemble des flux d'actifs réels, financiers et monétaires entres les résidents d'une économie et les non-résidents au cours d'une période déterminée.
Les flux économiques et financiers à l'origine de ces opérations sont répartis en distinguant le compte des transactions courantes (échanges de biens, de services, de revenus et de transferts courants), le compte de capital (transferts en capital) et le compte financier (investissements directs ou de portefeuille).

1. a-6- Marché des Changes

Le marché des changes est le lieu où se rencontre l'offre et la demande de la monnaie nationale contre une devise étrangère afin d'établir un prix le taux de change (parité). On dit aussi que c'est le lieu où s'effectuent les Opérations de changes, qui sont des opérations commerciales occasionnées par les transactions entre résidents (R) et non résidents (NR) enregistrées dans la balance des paiements.

1. a-7- Réserve nette de Change ou Réserves Officielles Internationales

Ce sont des avoirs extérieurs détenus par les Banques Centrales, comme poire pour la soif, contre de mauvaises surprises économiques. Autrefois, les réserves officielles étaient principalement composées d'or mais aujourd'hui elles incluent une part substantielle d'actifs financiers étrangers, spécialement des actifs en dollar Américains tels que les Bons du trésor. La Fédérale quant à elle n'a qu'une petite partie de ses réserves en avoirs autres que l'or ; ses propres avoirs en dollar ne sont pas comptabilisés comme des réserves internationales.

1. a-8- Volatilité du taux de change

La volatilité du taux de change désigne les mouvements de court et de moyen terme qui écartent le taux de change de sa tendance. Cette notion renvoie donc non seulement au caractère variable du taux de change, mais surtout à l'instabilité de son mouvement et à l'incertitude qui y est attachée.

1. a-9- Régime de parités fixes

Dans un régime de parités fixes, les autorités monétaires définissent la valeur de leur monnaie par rapport à un étalon. La parité des monnaies deux à deux dérive de la valeur de chacune d'elle par rapport à l'étalon. Dans la grande majorité des cas la convertibilité se définira par rapport à l'étalon. Historiquement, trois types d'étalon ont existé :

a- L'étalon or, toutes les monnaies sont définies par un poids d'or et convertibles en or (1878-1914)

b- L'étalon de change or, certaines monnaies sont définies par un poids d'or et convertibles en or (les centre or), d'autres sont définies par rapport à une devise centre or et convertible dans cette devise (accord de Gênes 1922, Bretton Woods 1944)

c- L'étalon de change ou étalon devise, une monnaie est définie par rapport à une ou plusieurs devises et convertible dans cette ou ces devises (Bretton Woods après 1971, le SME par exemple).

Dans un régime de parités fixes, le taux de change défini par le marché des changes ne peut varier que dans certaines limites définies naturellement (les points d'or) ou institutionnellement (Bretton Woods 1 %, SME 2,25 %). Les autorités s'engagent à maintenir le taux de change dans ces limites par des interventions en cas de déséquilibre du marché. Si l'offre de monnaie nationale est excédentaire, la banque centrale achète sa monnaie contre des devises pour éviter la dépréciation au delà des limites, inversement si l'offre de monnaie nationale est insuffisante sur le marché des changes, la banque centrale vend sa monnaie pour des devises. Les obligations d'intervention impliquent la détention de réserves de change et d'une capacité d'emprunt de celles ci.

Dans le cas d'un excès de demande de monnaie nationale contre devises, les réserves s'accumulent à l'actif de la banque centrale. Si cette situation devient durable, elle indique une sous évaluation de la monnaie nationale car les pressions à la hausse sur le marché sont permanentes. Face à cette situation, les autorités ont deux alternatives, soit accepter les pressions inflationnistes induites par l'augmentation de leur masse monétaire, soit réévaluer leur monnaie pour absorber les pressions inflationnistes en améliorant les termes de l'échange ce qui constate l'augmentation du pouvoir d'achat des exportations (enrichissement du pays). Dans le cas inverse, les réserves s'épuisent et la banque centrale s'endette, si cette situation est durable, c'est l'indice d'une surévaluation de la monnaie nationale. Face à la situation, soit les autorités acceptent l'austérité impliquée par la destruction de monnaie nationale induite par l'épuisement des réserves de changes, soit elles dévaluent la monnaie nationale constatant la perte de pouvoir d'achat des exportations du pays c'est à dire la détérioration des termes de l'échange (appauvrissement du pays).

NB. Les termes dévaluation et réévaluation ne peuvent s'utiliser que dans un régime de change fixe, il s'agit d'une décision officielle des autorités monétaires de modifier la parité de leur monnaie par rapport à l'étalon.

1. a-10- Régimes de parité Flottants

Dans un régime de parités flottantes, la valeur d'une monnaie dans les autres devises n'a pas de définition officielle, il n'y a donc pas d'étalon. Le taux de change est déterminé par le marché des changes sans limite de variation, il n'y a aucune obligation d'intervention de la part des autorités monétaires pour défendre les parités. Les réserves de change ne sont donc plus indispensables pour les banques centrales, car la convertibilité au sens fort n'existe plus, c'est le marché qui est sensé assurer la contrepartie. En cas d'excès d'offre de monnaie nationale, le taux de change se déprécie, et inversement, il n'y a donc plus de stabilité. La «sortie» d'une devise n'est plus sans risque.

1. a-11- Dévaluation

Une monnaie se dévalue, ou subit une dévaluation, lorsque son taux de change se déprécie par rapport à une monnaie de référence, ou un panier de monnaie. Une dévaluation peut se produire sans intervention des autorités monétaires (évolution « naturelle » des parités, on parle alors souvent de dépréciation), ou bien être une décision de politique monétaire décidée par le gouvernement, dans la cadre d'un régime de change fixe. A contrario, une augmentation du cours de la monnaie nationale s'appelle une réévaluation (décision du gouvernement) ou une appréciation (évolution naturelle).

1. a-12- Dépréciation

La dépréciation d'une monnaie correspond à une baisse de son taux de change vis-à-vis d'une ou de plusieurs autres monnaies (généralement un panier des autres monnaies construit par pondération des poids des échanges commerciaux respectifs avec les autres pays). La dépréciation d'une monnaie, rend les exportations des pays qui utilisent cette monnaie, plus compétitives, c'est-à-dire moins chers sur les marchés internationaux. En revanche, le prix des importations augmente. Le fait qu'une monnaie soit très dépréciée, n'est généralement pas un signe de bonne santé économique.

1. a-13- Loi du Prix Unique

La notion principale de la loi du prix unique est simple : les prix doivent être identiques, ce qui implique que les prix de biens identiques vendus dans des pays différents doivent être les mêmes, quelque soit la monnaie dans laquelle ces prix sont exprimés : Pi = S . Pi*

Avec S représentant le taux de change nominal, Pi* le prix du bien i à l'étranger et Pi le prix du bien dans notre pays.

Cette loi ne se réalise que sous certaines conditions :

· Tous les biens doivent être échangeables avec des coûts de transport nuls

· Il n'existe pas d'obstacle aux échanges (tarifs douaniers, contingents, restrictions volontaires à l'exportation, protection non tarifaire)

· Les biens domestiques et étrangers doivent être parfaitement homogènes

· Il ne doit pas y avoir de pratique monopolistique ou oligopolistique faisant que des biens identiques seraient vendus à des prix différents selon les pays.

Avec ces quatre conditions réunies le prix du bien i sera le même au taux de change près dans les deux pays.

1.B.- Historique du Système Monétaire Internationale

Nous avons jugé nécessaire de présenter dans le cadre de notre travail, l'historique du système monétaire international, afin de mieux comprendre le passage d'un régime de change à un autre.

1.b.1- Création et Rôle du Système Monétaire Internationale

Le Système monétaire international (SMI), est une expression désignant l'ensemble des règles élaborées par les pays pour assurer, par le biais de la monnaie, une stabilisation des échanges, ainsi que l'ensemble des institutions chargées de contrôler et d'organiser les échanges monétaires entre les pays.

En effet, l'exigence d'une collaboration au niveau international en matière monétaire découle de la nature du commerce international, qui constitue une richesse pour les nations, mais également une source potentielle de déséquilibres monétaires. La plupart des pays ouverts sur l'étranger enregistrent des déficits ou des excédents commerciaux qui provoquent des variations de leur monnaie sur le marché des changes : la valeur de leur monnaie exprimée dans d'autres monnaies (l'euro en lires italiennes, par exemple) se modifie en fonction des résultats commerciaux mais aussi en fonction des phénomènes de spéculation. Les mouvements de taux de change ne favorisent pas les échanges de biens ou de services entre nations, dans la mesure où les entreprises qui effectuent ces échanges sont confrontées à de fortes incertitudes qui peuvent les dissuader de commercer. Face à ce danger, et à la nécessité de favoriser les échanges de biens et de services, les pays ont cherché, en relation avec le développement du commerce international, à élaborer un système de paiements internationaux garantissant la sûreté des transactions. D'où l'émergence du Système Monétaire International.

Les échanges internationaux de marchandises, de services et de capitaux pour se réaliser et se développer dans les meilleures conditions nécessitent une connexion des systèmes monétaires nationaux entre elles. Cette connexion est réalisée par l'existence du système Monétaire International. Ce dernier contient 4 objectifs :

1- Eviter le troc entre les pays et l'obligation d'équilibre bilatéral des échanges

2- Corriger les déséquilibres des soldes des balances de paiements

3- Alimenter l'économie mondiale en moyens de paiements

4- Eviter les phénomènes spéculatifs et l'insécurité des paiements

Le but d'un système monétaire international est d'assurer une certaine stabilité des taux de change. Ce dernier ne peut donc reposer sur le système des changes flottants, selon lequel les cours se déterminent uniquement par le jeu des offres et demandes sur le marché des changes. Un système de change fixe est au contraire un système dans lequel les banques centrales doivent maintenir sans cesse la parité de leur monnaie, c'est-à-dire acheter ou vendre des devises pour soutenir ou infléchir le cours de leur monnaie, en tenant compte éventuellement de marges de fluctuations entre les monnaies, instaurées de manière concertée. Les autorités monétaires laissent alors fluctuer les devises à l'intérieur de ces marges (par exemple, de plus ou moins 2,5 p. 100 autour de la parité officielle) et n'interviennent sur le marché des changes qu'à partir du moment où les variations sont trop importantes. Dans le cadre d'un système monétaire international, le système de change peut ainsi être relativement flexible.

Pour qu'il y ait change fixe, il est nécessaire qu'existe un étalon de référence, une unité de mesure commune entre les monnaies dont les cours est stable. Pendant longtemps, l'or a été cette base de référence, car chaque monnaie était définie par son poids d'or. En 1914, le dollar était convertible en 0,053 once d'or et la livre sterling en 0,257 once d'or. Cela signifiait que la valeur en or de la livre était égale à 4,86 fois celle du dollar, une livre valant 4,86 dollars. Cependant, une monnaie peut également servir d'étalon de référence (le dollar par exemple), et il arrive fréquemment que des monnaies artificielles servent d'unité de compte au niveau international. Pour mieux saisir les décisions prises au niveau du système Monétaire international, analysons les différentes périodes qui suivent.

1.b.2- Différentes Périodes du Système Monétaire International

Dans les lignes qui suivent, nous allons voir les différentes étapes qu'avait prises le système monétaire international, avant de devenir ce qu'elle est aujourd'hui.

1.b.2.1- L'étalon-or

Même s'il n'a pas fait l'objet d'un accord international explicite, le système d'étalon-or reste et demeure un bon exemple de régime de taux de change fixe. Ce système en vigueur de 1870 à 1914 donnait la possibilité aux pays membres de définir leurs monnaies par rapport à un certain poids d'or, et le taux de change était fixe. Cela permettait de déterminer aisément la valeur d'une monnaie en une autre monnaie.

Si par exemple le franc est défini par 0.32 grammes d'or tandis que la livre sterling correspond à 8 grammes, on peut en déduire qu'une livre vaut 8 / 0.32 = 25 francs. Cette possibilité garantit la stabilité du taux de change par le mécanisme des points d'or.

Malgré son succès apparent c'est-à-dire la stabilité des taux de changes et le rééquilibrage automatique du commerce extérieur, le système de l'étalon-or comportait plusieurs faiblesses, en regardant seulement sur le plan social on verra : la récession, le chômage et faillites d'entreprises.

A partir de 1914, le monde connut des bouleversements importants. Les pays virent leurs prix évoluer de façon très diverse et avec une ampleur beaucoup plus grande qu'auparavant. Le système de l'étalon-or se montra incapable de rétablir l'équilibre.

Les pays industrialisés tentèrent sans succès de rétablir le système de l'étalon-or après la 1ère guerre mondiale. De 1918 à 1923, les monnaies ont fluctué très fortement. De ce fait, un régime de change nous permettant de palier à ce problème s'est avéré nécessaire.

1.b.2.2- Le Système Monétaire de Bretton Woods (1947-1971)

Pour financer à court terme leurs échanges extérieurs, les pays ont besoin de liquidités. Comme la plupart des pays possèdent leurs propres devises, il faut que ces devises soient convertibles. Les problèmes se compliquent lorsque les échanges sont déséquilibrés, alors des ajustements sont indispensables.

A ce niveau, un système monétaire international doit permettre d'atteindre ces objectifs, en mettant notamment à la disposition des pays une monnaie internationale, et des règles de fonctionnement claires.

Rappelons que durant les années trente (1930), lors de la grande dépression, chaque pays prenait ses propres mesures de relance sans se soucier de leurs répercussions à l'étranger. Dans ce climat de « Chacun pour soi », les barrières protectionnistes des uns amenaient (par ricochet) celles des autres, et les dévaluations concurrentielles (dont le but est de relancer les exportations), se succédaient d'un pays à l'autre sans avoir d'effet durables. En l'absence de toutes règles, on tentait de résoudre ses problèmes, mais on nuisait à ses voisins, à ses clients, et enfin de compte à soi même.

Dans le but de poser les bases d'un nouveau système monétaire international plus stable, 44 nations se sont réunies du 1er au 22 Juillet 1944 aux Etats-Unis d'Amérique, et ont créé le système de Bretton Woods. Afin d'assurer son bon fonctionnement, deux organismes sont misent en place : le fonds monétaire international (FMI) et la banque internationale pour la reconstruction et le développement (la banque mondiale) organisme chargés respectivement d'accorder les crédits à court et à long termes pour le financement des pays dévastés par le second conflit mondial. Cette conférence a été organisée autour de deux propositions : la 1ère, le plan de KEYNES soutenu par l'Angleterre et qui prévoie la création d'une institution internationale d'émission monétaire chargé de créer une monnaie de réserve sur la richesse des pays membres, la seconde c'est le plan White, qui par un soutien des Américains, sera finalement adopté. Ce dernier propose que la valeur des monnaies soit déterminée en référence au cours de l'or, et que les échanges internationaux puisent être effectuée en dollar et en livre sterling, les monnaies dont la valeur est fixée par rapport à l'or.

Ce système repose sur de règles claires : favoriser les ajustements, offrir des liquidités suffisantes, encourager le commerce mondial et comporter des règles claires et préétablies. Des règles qui sont parfois contradictoires. Tout pays qui connaît un déséquilibre (un déficit ou un surplus) est une menace pour l'équilibre des autres pays.

Dans ce système, le leadership en était assuré par les Etats-Unis, et le dollar remplissait les fonctions de monnaie internationale.

1.b.2.3- Le Déclin du Système de Bretton Woods et Le rôle du Dollar Américain

Après la 2ème guerre mondiale, les Etats-Unis détenaient environ 24000 tonnes d'or, ce qui correspondait à 3 fois la valeur de dollar détenus par les étrangers. Les anciennes grandes puissances européennes avaient vu leurs réserves aller traverser l'atlantique en raison de leur trop fortes importations durant la période troublée du conflit.

Enfin de compte, le dollar était aussi bon que l'or, sinon meilleur, et en tout cas plus pratique. Depuis 1934, Washington garantissait la convertibilité du dollar en or au taux de 35 $ l'once, et cette garantie ne fut levée qu'en 1971. A ses débuts le FMI demandait à ses membres de fournir 25% de leur quote-part10(*) en or, le reste étant constitué de devises. Mais l'or fut vite éclipsé par le dollar et on a pu parler de « Système de l'étalon-dollar ».

Le dollar servait très vite de monnaie internationale à la place de l'or, la France payait son pétrole en dollar américain à l'Iran. Pour se procurer des dollars, les banques devaient exporter ou emprunter à l'étranger. Ces dollars étaient ensuite utilisés pour payer les importations. Les Etats-Unis n'avaient pas ces problèmes pour obtenir des dollars, ils n'étaient pas tenus d'exporter : ils leur suffisaient de les créer.

Les banques centrales avaient donc, besoin de réserves suffisantes de dollars, et ces réserves devaient augmenter au même rythme que le commerce extérieur. Mais d'où venait le dollar ?

Quand les Etats-Unis importaient, ils émettaient des dollars dans le monde, mais quand ils exportaient, ces dollars retournaient chez eux en échange de leurs produits. Il était donc nécessaire que la balance commerciale américaine soit en déficit, ce qui fut le cas la plupart du temps au cours des années cinquante (50). En 1953, par exemple la valeur des importations des Etats-Unis dépassa de 2 milliards de dollar la valeur de leur exportation. Ces deux milliards ne retournèrent jamais aux Etats-Unis ; ils allèrent grossir les réserves de devises des banques centrales des autres pays.

Dans le système de Bretton Woods, les problèmes de l'équilibre extérieurs des Etats-Unis étaient différents de ceux rencontrés par les autres pays. Comme émetteurs de la «  Nième monnaie », les Etats-Unis n'avaient pas de responsabilité en ce qui concerne la fixation du taux de change du dollar. Leur Principale responsabilité était de maintenir le prix de l'or à 35 $ l'once, et en particulier, de garantir que les banques centrales étrangères puissent convertir en or leurs avoirs en dollars à ce prix. Pour cette raison les Etats-Unis devaient avoir des réserves en or suffisantes.

Comme les Etats-Unis avaient l'obligation à l'égard des banques centrales étrangères d'échanger les dollars contre de l'or. La possibilité que les autres puissent convertir leurs avoirs en dollar contre de l'or représentait une contrainte extérieure potentielle qui pesait sur la politique macroéconomique des Etats-Unis.

En pratique, les banques centrales se montrèrent prêtes à garder les dollars qu'elles accumulaient, car celui-ci permettait de toucher un intérêt et constituait la monnaie internationale par excellence. La logique du système de « change-or » dictait aux banques centrales étrangères de continuer à accumuler des dollars. L'offre mondiale d'or n'augmentait pas en effet à un rythme suffisamment rapide pour suivre la croissance économique mondiale, ainsi la seule manière dont les banques centrales pouvaient maintenir des réserves internationales adéquates était à part la déflation, d'accumuler des dollars.

Mais aussi longtemps que la plupart des banques centrales restaient prêtes à ajouter de dollars à leurs réserves et n'utilisaient pas leur Droit d'échanger ces dollars contre de l'or américain, la contrainte extérieure pesant sur les Etats-Unis apparaissait plus légère que celle pesant sur les autres pays du système. En 1960, l'économiste américain Robert Triffin mit en évidence le fameux dilemme qui porte son nom, qui explique la croissance de l'engagement des américains à l'étranger face à la baisse des réserves d'or aux Etats-Unis.

Le monde avait besoin de réserves de dollars sans cesse croissantes, en raison de la croissance continue du commerce mondial (3% a 5% par an), le stock mondial d'or n'augmentait pas assez vite (hausse de 1% par an). Les Etats-Unis devaient donc accumuler déficit sur déficit dans leurs échanges extérieurs pour permettre la sortie de dollar du pays. Le montant de dollar détenu par les étrangers augmentait sans cesse, alors que les stocks d'or américain plafonnaient, ceux-ci se mirent même à diminuer sensiblement. Des 1960, l'or Américain aurait été insuffisant pour couvrir les avoirs des étrangers de dollars, si les pays étrangers avaient réclamé une conversion de leurs dollars en or.

Cette situation fut d'ailleurs de plus en plus fréquente dans les années 60, et ce, au fur et à mesure que l'écart se creusa. Le dilemme était donc le suivant :

Le déficit Américain était donc nécessaire pour alimenter le monde en dollar, mais en même temps il détruisait la confiance dans ce dollar (Dilemme de Triffin)11(*).

Aux cours des années 1960, l'écart grandissant entre le stock de dollars à l'étranger et le stock d'or aux Etats-Unis conduisit à l'apparition d'un double marché de l'or. Vers 1971 ce dernier était coté à 135$ l'once. Sur ce marché libre le cours officiel de 35 $ l'once n'était pratiquée que par les banques centrales, qui se montraient généralement disciplinées dans le cadre du «  pool de l'or12(*) - abandonné en 1968- ». Cependant certaines d'entre elles commencèrent à exiger de l'or contre leurs dollars, et le stock d'or américain se mit à fondre.

Les Etats-Unis tentèrent sans grand succès de limiter leur déficit extérieur afin de conserver leurs réserves d'or et de maintenir la confiance dans le dollar. Ils firent également pression sur les pays excédentaires, principalement l'Allemagne et le japon, à qui ; ils demandèrent de réévaluer leur monnaie. La hausse du mark par exemple aurait favorisé les exportations américaines en Allemagne et limité leurs importations avec ce pays. Les européens et les japonais s'opposèrent aux demandes américaines. Pour eux les Etats-Unis bénéficiaient injustement du privilège de seigneuriage, et ils en abusaient. Au lieu d'exporter pour financer leurs importations, ils pouvaient se contenter de créer de la monnaie.

Alors que pouvaient faire les Etats-Unis pour l'équilibre de leur commerce extérieur ? Puisque leurs partenaires refusaient de réévaluer leurs devises, il devenait tentant pour les Etats-Unis de dévaluer le dollar. Mais ce dernier n'était pas une monnaie comme les autres.

La dévaluation signifiait que toutes les réserves en or détenues par les étrangers perdraient une partie de leur valeur : Ce serait la fin du SMI de Bretton Woods.

La question fut tranchée au milieu de l'été 1971. Le 15 août, le Président Nixon annonça la dévaluation du dollar (38$ l'once d'or). Il suspendit en même temps sa convertibilité en or et conçu un plan de redressement de la balance américaine.

1.b.2.4- Passage du change fixe au change flottant contrôlé (à partir de 1973)

Le principe des taux de change stables avait été avancé par les Etats-Unis à Bretton Woods dans le but d'éviter la course aux dévaluations concurrentielles qui avaient caractérisé la période de la contraction du commerce internationale dans les années. Apres la crise de 1971 les Etats-Unis commencèrent à imposer un régime de change flottant.

Le système de taux de change stables fut donc abandonné au début des années 70. On permit d'abord aux monnaies de fluctuer plus qu'auparavant (plus ou moins 2.5%, contre 1% dans le système de Bretton Woods), afin de permettre un meilleur ajustement des balances de paiements. En 1973, le dollar fut dévalué une 2ème fois, et les monnaies se mirent à fluctuer plus librement. Le nouveau système (certains l'appellent le « non système ») fut officialisé en 1976 à la conférence de la Jamaïque13(*). L'or fut démonétisé, les quotes-parts des membres du FMI furent augmentées de 33%, et surtout à chaque pays la liberté de décider de sa politique de taux de change.

On disait que le taux de change flottant éliminerait plus facilement les déséquilibres des balances des paiements, car ils s'adapteraient automatiquement à la conjoncture, on souhaitait que les pays s'abstiennent de dévaluer indûment leurs devises pour relancer leurs exportations lorsque cela n'était pas vraiment justifié. On comptait pour cela, d'une part, sur l'autodiscipline des gouvernements qui avaient intérêt à maintenir une certaine stabilité et d'autre part sur la concertation entre les grandes puissances.

Dans les années qui suivent les pays laisseront flotter leur devise librement (Les Etats-Unis, le canada, le japon, etc.); d'autres la laisseront flotter à l'intérieur de certaines limites qu'ils se sont imposées (la Chine, Singapour, le Mexique, etc.) ; d'autres encore la laissent flotter par rapport à une base commune (les membres de l'union avant l'instauration de l'Euro en 1999). Par ailleurs une trentaine de pays ont directement rattaché leur monnaie au dollar américain (notamment en Amérique centrale et en Asie, ou certaine ont du se décrocher lors de la crise de 199714(*)) selon une parité fixe, et 14 pays (d'Afrique) ont fait de même par rapport au franc français.

Au début des années 80, le mark et le yen ont commencé à être utilisés, en parallèle avec le dollar, comme monnaie internationale. L'Allemagne et le japon étaient en effet devenus de gros exportateurs à l'échelle mondiale, et leur balance commerciale était le plus souvent excédentaire. Cependant, le poids encore très grand de l'économie Américaine et le refus de l'Allemagne et le japon de porter la responsabilité de la monnaie internationale ont permis au dollar de maintenir sa position prédominante.

D'après l'analyse de certains Chercheurs, le taux de change est censé rééquilibrer automatiquement les balances courantes déficitaires ou excédentaires. Pourtant les déséquilibres se sont maintenus et même parfois accentués depuis 1973, malgré d'importantes fluctuations (et donc une instabilité) des taux. Selon les partisans du régime de change flottant, les désordres économiques et monétaires des années 70, 80, et 90 n'auraient pu être résolus par des taux de change fixes. On peut rétorquer que les événements qui ont causé les désordres (les déficits budgétaires Américains, les fluctuations des taux d'intérêt, les mouvements de capitaux vers les Etats-Unis, le désalignement des taux de change) ne seraient pas produits aussi facilement sans la permissivité du régime de change flottant.

Le régime de change fixe offre des avantages tels que : il fournit un environnement stable et il empêche très vite les pays de mener des politiques déséquilibrantes. Mais présente aussi des contraintes, il a obligé les pays à subordonner leurs politiques (et donc toutes les variables intérieures : emploi, prix, salaires, taux d'intérêt) à la recherche de l'équilibre extérieure.

Comme on le voit, si le régime de change fixe compte plusieurs adeptes, mais la question face au choix du meilleur régime de change pour résoudre la crise de change est encore loin d'être tranchée.

1.C- Bref Historique de l'évolution des régimes de change en Haïti

Si on se réfère fidèlement à l'histoire, on verra que l'écart entre la gourde et le dollar ne date pas d'hier, trois (3) gourdes pour un (1) dollar tel a été le taux appliqué en 1843 sous le gouvernement de Jean Pierre Boyer15(*). Pourtant, des difficultés diverses vont surgir subséquemment, entre autres : Les guerres civiles, les dépenses incontrôlées du gouvernement. Cela mettra le gouvernement dans l'incapacité de financer l'impression des billets qui circulait à l'époque. Donc faute de cela, on avait recours à une monnaie locale appelé « Zorèy Bourik ». Malgré les maints efforts déployés par les autorités concernés la gourde continua de se déprécier. En 1859 elle passa de 20 gdes pour 1 dollar américain pour atteindre 30 gdes en 1867.

De 1804 à 1914, aucun gouvernement n'a pu stabiliser la gourde qui continuait à fluctuer. Avec l'arrivée des troupes américaines en Haïti et l'appropriation de la banque centrale de la république d'Haïti par la Citibank en 1920, la gourde allait avoir une autre image.

Le 13 mai 1919, le gouvernement Haïtien accepta de signer un accord avec le gouvernement américain, lequel accord fixant la gourde au dollar américain, selon une parité de cinq (5) gdes pour 1 dollar, selon la convention de mai 1919, le taux de change resta fixe pendant une longue période. Pourtant, vers la fin des années soixante-dix (1970), avec les chocs économiques tels que : La récession des pays industrialisés, les crises du pétrole, la rupture de l'aide étrangère, les déficits budgétaires, les problèmes de l'environnement etc, l'économie nationale allait prendre un mauvais tournant. Le dollar américain disparaissait au fur et à mesure de la circulation interne, et on allait assister à l'apparition, au milieu de l'année 1982 d'un phénomène qui était complètement nouveau en Haïti, l'émergence d'un marché parallèle des changes. On avait besoins plus de gourdes pour acheter les mêmes quantités de dollar qu'on achetait auparavant, la gourde s'écarte de sa valeur de cinq gourdes pour un dollar, et fluctue vers le haut sans jamais revenir au niveau initial.

Face à cette fluctuation du taux de change à la hausse, les autorités monétaires ont laissé tomber le régime de change fixe pour adopter le régime de change flexible, tout en utilisant des mécanismes de contrôle du change.

Malgré les mécanismes et politique de contrôle du change utilisé, le change reste toujours une variable macroéconomique très instable, et qu'il faudra surveiller de près.

Le Chapitre qui suit, nous permettra de voir comment les monétaristes et les macroéconomistes ont appréhendé le phénomène du taux de change, et les travaux empiriques de certains chercheurs sur ce phénomène.

CHAPITRE II

Présentation des antécédents

théoriques et empiriques

Cette section met en exergue des approches théoriques et empiriques de la détermination du taux de change, car ce dernier a capté l'attention de la majorité des économistes de l'histoire économique. Analysons tour à tour certaines approches théoriques et les travaux empiriques réalisés sur le taux de change.

2.A.- Courants de pensée sur la détermination du change

Plusieurs théories ont vu le jour afin de prévoir le comportement du taux de change. Des théories telles que : (PPA) la théorie de la parité du pouvoir d'achat, la théorie des monétaristes à prix flexible et à prix rigide, l'approche macroéconomique, l'approche NATREX (Natural Real Exchange rate), la théorie du portefeuille, la théorie de la "bulle spéculative, etc. Nous allons présenter dans les lignes qui suivent, deux de ces théories, la théorie de la Parité du pouvoir d'achat, et l'approche monétaire du taux de change à prix flexible, car elles sont très pertinentes dans le cadre de notre travail de recherche.

2.a.1.- Théorie de la parité du Pouvoir d'achat des monnaies (PPA)

La théorie des pouvoirs d'achat16(*) est considérée comme étant la théorie la plus utilisée pour déterminer les taux de change d'équilibre. Cette théorie développée par G. Cassel dans son livre « La monnaie et le change après 1914 » a été le premier à axer la réflexion sur la relation entre le pouvoir d'achat et le taux de change.

Dans un contexte de première guerre mondiale, les niveaux de change étaient irréalistes. C'est pourquoi, Cassel a insisté sur la nécessité de retrouver un taux de change d'équilibre après 1914-1918. Le succès de ses idées reposant sur une généralisation de la loi du prix unique17(*) à l'ensemble des biens d'une économie. Cette théorie existe en deux formes : Une forme absolue et une forme relative.

2.a.1.1.- La PPA absolue

La forme absolue de cette théorie s'applique en l'absence de toute entrave au commerce international, c'est-à-dire des barrières tarifaires, barrières non tarifaires, contingents, restrictions volontaires à l'exportation etc. en supposant négligeables les coûts de transaction et d'information. Elle postule que sous l'effet des forces du marché, le taux de change s'ajuste jusqu'à égaliser les prix des paniers nationaux de biens et de services de deux pays. Dans ce contexte le taux de change équivaut simplement au rapport entre le prix intérieur et le prix extérieur d'un ensemble donné de produits, donc une unité de monnaie nationale devrait avoir le même pouvoir d'achat dans le pays domestique et dans le pays étranger compte tenu du cours de change qui prévaut entre les deux pays, d'où l'équation suivante :

ai Pi t

bi Pi* t

et PPA = =

et est le taux de change nominal, avec I = ai Pi t et I* = bi Pi* t

i = 1,2........n et ai = bi = 1

S = I / I*, I étant l'indice des prix en Haïti et I* l'indice des prix à l'étranger. Donc si les prix externes augmentent plus vite que les prix internes, le taux de change diminue, donc la monnaie locale s'apprécie par rapport à la devise considérée et vice versa.

Par conséquent, le cours de change de la parité des pouvoirs d'achat absolue correspond, à tout moment au rapport de niveaux de prix : ainsi si le niveau des prix à la consommation est en Haïti de 200 et aux Etats-Unis 100 le taux absolu devrait être égale à deux (2).

Pour différentes raisons, cependant, la PPA absolue ne peut pas être vérifiée dans la pratique, ce qui réduit son utilité en tant que théorie de détermination du change.

Ces raisons sont dues aux hypothèses induites par la loi du prix unique. Trop strictes pour être réalisables, elles réduisent l'utilité de la PPA absolue en tant que théorie de détermination du taux de change, d'où le passage à la forme relative.

2.a.1.2- La PPA relative

En présence d'entraves au commerce international, la loi du prix unique ne s'applique plus. Le principe de la PPA peut alors s'exprimer sous une version dite relative. Elle suppose que le taux de change entre deux pays finira par contrebalancer l'écart entre leurs taux d'inflation au fil du temps. Ainsi, des pays dont les politiques monétaires poursuivent des objectifs d'inflation différents doivent s'attendre à ce que cette différence se répercute sur leurs taux de change.

Le cours de la période observée (et PPAR) est égale au cours de la période de base (e0) multiplié par le rapport des indices des prix à la période 1 (qui reflète l'inflation), d'où l'équation :

et PPAR = e0 . Indice des prix domestiques à la période (1)

Indice des prix étrangers à la période (1)

Par conséquent, la variation des taux de change de la PPA relative met en évidence la variation des indices de prix.

Les limites de la théorie du pouvoir d'achat sont très évidentes, car cette théorie souffre de plusieurs inconvénients majeurs, tant au niveau théorique qu'au niveau empirique, bien qu'elle puisse être utile pour évaluer les parités de long terme entre pays à niveau de développement similaire.

Au niveau théorique, le taux de change réel auquel fait référence la PPA fait abstraction de toute considération d'équilibre macroéconomique. En d'autres termes, elle ne permet pas de relier le taux de change réel à la situation économique d'un pays, et principalement à sa position extérieure. Au niveau empirique, les difficultés sont nombreuses. En particulier, nous avons vu que la PPA suppose la constance du taux de change réel, ce qui semble difficilement compatible avec les importantes fluctuations observées des parités réelles. Les partisans de la PPA ont dès lors mis en avant la validité de cette théorie, mais uniquement sur le long terme, en raison notamment de l'existence de diverses rigidités rendant le processus d'ajustement très lent. Empiriquement, les études ont alors eu pour objet de tester la stationnarité du taux de change réel. A nouveau, les résultats sont apparus décevants, même à long terme. Ainsi, Roll [1979], Adler et Lehmann [1983], Darby [1983] ou encore Huizinga [1987] mettent en avant le fait que le taux de change réel suit une marche aléatoire. D'autres auteurs, comme par exemple Corbae et Ouliaris [1988], Enders [1988], Taylor [1988] et Mark [1990], acceptent quant à eux l'hypothèse d'absence de relation de cointégration18(*) entre le taux de change nominal et les prix relatifs. Il en découle donc l'existence d'écarts permanents à la PPA. Signalons néanmoins, à la suite de Coudert [1999], que certains travaux ont cherché à réhabiliter la version relative de la PPA à long terme en concluant à la stationnarité des taux de change réels d'un grand nombre de pays contre le dollar ou contre le mark. Ces insuffisances tant aux niveaux théoriques qu'aux niveaux empiriques liés à la PPA ont conduit à d'autres approches.

2.- Approche Monétaire des taux de change à prix flexible

Selon les monétaristes, le taux de change est par définition le prix d'une monnaie locale en termes d'une monnaie étrangère. Ce modèle s'est imposé comme l'un des modèles importants de détermination des taux de change dans les années 1970, au moment où de nombreux pays industrialisés commençaient à laisser flotter leur monnaie. Dans cette approche, le taux de change est défini comme le prix relatif de deux monnaies, que l'on modélise en fonction de l'offre et de la demande relatives des monnaies en question.

2.1.- Fondements théoriques

Le modèle monétaire à prix flexibles est basé sur les deux hypothèses de la continuité de la parité du pouvoir d'achat (PPA) et de l'existence de fonction stable de demande de monnaie dans l'économie locale et étrangère19(*).

Le logarithme de la demande de monnaie peut dépendre du logarithme du revenu réel (y), du logarithme de niveau des prix (p), et du niveau du taux d'intérêt (i).

L'équilibre monétaire dans les pays locaux et étrangers peut être donné par :

mt = pt + àyt - âit (1.1)

m*t = p*t + à*y*t - â*i*t (1.2)

L'équilibre sur le marché des biens marchands s'établit lorsqu'il n'y a plus d'opportunités d'arbitrages. Autrement dit, si la PPA est vérifiée, il s'ensuit que :

et = pt* - pt (1.3)

et représente le logarithme du taux de change nominal.

Par ailleurs, les niveaux des prix étrangers, déterminés par la demande étrangère de monnaie, constituent des variables exogènes à l'économie locale. En outre, les niveaux des prix locaux sont déterminés par la demande domestique de monnaie. Donc dans ces conditions le taux de change serait gouverné par les demandes relatives de monnaies.

En substituant les équations (1.1) et (1.2) dans la relation (1.3) et en réarrangeant les termes, nous aurons l'équation de base du modèle monétaire en situation de flexibilité des prix formulée ainsi :

et = (mt - mt*) - àyt + à*yt* + âit - â*it* (1.4)

La relation (1.4) stipule qu'un excès dans l'accroissement de demande locale de monnaie par rapport à la demande étrangère entraîne une augmentation de et, signalant ainsi la détérioration de la valeur de la monnaie locale en terme de son homologue étrangère.

2.2- Limites et formulation alternative

Le raisonnement préconisé par le modèle monétaire à prix flexibles semble être assez intuitif. En fait, toutes choses étant égales par ailleurs, une augmentation de la production locale entraîne une appréciation de la monnaie locale (et baisse). De même, une augmentation des taux d'intérêt locaux engendre une dépréciation de la monnaie locale (et augmente). Pour connaître l'effet réel, il faut reconnaître le rôle fondamental de la demande relative de monnaie dans le modèle à prix flexibles. Donc un accroissement du revenu réel local crée un excès de demande de monnaie locale. Les agents vont essayer alors d'accroître leurs stocks de monnaie en réduisant leurs dépenses, les prix à leur tour baisseront jusqu'à ce que le marché monétaire soit en équilibre. Ce faisant, la PPA entraîne une appréciation de la monnaie locale en termes de monnaie étrangère.

Une analyse exactement inverse explique la réaction du taux de change aux variations des taux d'intérêt, c'est-à-dire qu'un accroissement des taux d'intérêt réduit la demande de monnaie et mène à une dépréciation de sa valeur.

Eu égard à ces développements, il semble fort nécessaire de réécrire l'équation de base du modèle monétaire sous deux formulations alternatives et équivalentes.

Supposons que les coefficients de demande de monnaie locale et étrangère soient égaux : à = à* et â = â*, l'équation (1.4) sera réduit à :

et = (mt - mt*) - à (yt - yt*) + â (it - it*) (1.5)

D'autre part, le modèle monétaire à prix flexibles suppose que l'hypothèse de la parité des taux d'intérêt (PTI) soit vérifiée20(*), c'est-à-dire que le différentiel de taux d'intérêt doit égaler le taux anticipé de dépréciation ou d'appréciation de la monnaie locale.

Si nous désignons par « a » les anticipations des agents formulées à l'instant t+1, alors en substituant (it - it*) par §ea , dans l'équation (1.5), nous trouverons :

et = (mt - mt*) - à (yt - yt*) + â §ea (1.6)

Ainsi, les variations anticipées du taux de change et du différentiel de taux d'intérêt (qui reflètent les anticipations inflationnistes), sont interchangeables dans le modèle.

En somme, les monétaristes à travers ce modèle, nous montrent que le taux de change peut être contrôlé. Car toute variation constatée au niveau des variables macroéconomiques précités (masse monétaire nationale et étrangère, PIB nationale et étranger, taux d'intérêt national et étranger), aura des répercussions sur le comportement du change. D'autres auteurs ont analysé le change sous d'autres angles, entre autres, l'approche macroéconomique, que nous présenterons dans les lignes qui suivent.

3.- Analyse des travaux empiriques sur le change

Depuis l'émergence de la crise des changes un peu partout dans le monde, les économistes n'ont pas cessé de travailler afin de créer le modèle idéal pouvant leur permettre de contrôler et même de prévoir les fluctuations du taux de change. Dans cette section, quelques travaux déjà réalisé sur le terme de recherche vous seront présenté.

Parmi les nombreuses études réalisées sur le taux de change, la plupart d'entre elles ont abordé la question à travers l'approche monétaire. Nous avons retenu dans le cadre de notre travail, les travaux présentés par Adnan CHOCKRI21(*) , Kisukyabo Simwaka22(*) et Dieter Nautz / Karsten Ruth23(*), des travaux présentés par des chercheurs étrangers.

Les quelques travaux présentés par des étudiants Haïtiens, entre autre celui de Nicolette Sander24(*), ont surtout mis l'accent sur l'importance de l'offre de monnaie dans l'explication du change.

A travers le modèle présenté par les monétaristes, les auteurs précités, ont pu vérifier qu'il existe une relation entre le taux de change et les fondamentaux. Dieter Nautz et Karsten Ruth à travers leurs études sur l'Euro et le Dollar américain ont pu prouver que le taux est très sensible à la variation de la demande de monnaie, du revenu et des taux d'intérêt, tel est le cas du travail présenté par Kisukyabo Simwaka, les résultats retrouvés lui ont permis de voir que la demande de monnaie peut être utilisée comme un outil pour influencer le comportement du taux de change. Ils ont tous utilisé le modèle de base des monétaristes à savoir :

et = (mt - mt*) - à (yt - yt*) + â (it - it*)

Adnan CHOCKRI dans son travail de recherche a utilisé le modèle des monétaristes en faisant une modification.

et = ( mt - mt* ) - 1 ( it - it* ) - 2 ( yt - yt* ) (1)

En supposant la validité de l'hypothèse de la PTINC25(*) :

it - it* = Et (et+1) (2)

Et est l'espérance mathématique conditionnelle à l'information disponible, dans le cas où et+1 est égale à zéro (hypothèse de stationnarité), on a alors it = it*. Dans ce cas :

et = (mt - mt*) - 2 (yt - yt*) (3)

Mark (1995) et Mark et Sul (2001) ont validé une autre hypothèse à travers des études empiriques à savoir 2 = 1, d'où l'équation devient :

et = (mt - mt*) - (yt - yt*) (4)

Suivant cette relation, le taux de change est déterminé par les différentiels des encaisses monétaires et des revenus. Elle stipule qu'un excès dans l'accroissement de la demande locale de monnaie par rapport à la demande étrangère entraîne une augmentation de et, signalant ainsi, la détérioration de la valeur de la monnaie locale.

Aussi, la relation stipule que, toutes choses étant égales par ailleurs, qu'une augmentation du revenu local entraîne souvent une appréciation de la monnaie locale (et baisse).

Après maints calculs empiriques, on a découvert une convergence entre le taux de change et ses fondamentaux. Cette dernière équation (éq. 4) sera retenue dans le cadre de notre travail de recherche.

Dans le chapitre 3 qui suit, nous analyserons l'état de santé de l'économie Haïtienne durant la période sous études et les principales causes ayant agi sur le comportement du taux de change.

CHAPITRE III

Diagnostic de l'économie Haïtienne de 1996 - 2005

Et

Analyse des principales causes et conséquences de la fluctuation du taux de change

Dans ce premier chapitre, il est réalisé une brève présentation des grandes tendances de l'économie haïtienne au cours de la période sous étude

1.- Evolution de l'économie Haïtienne pour la période

Dans les lignes qui suivent, on présentera l'état de santé de l'économie Haïtienne pour la période 1996-2005. Pour ce faire, nous analyseront le comportement de certaines variables jugées pertinentes à l'économie.

Une simple analyse de la période sous étude, permet de voir que l'économie haïtienne est encore sous le choc des trois années de crises socio-politiques que le pays a connu après le coup d'état de septembre 1991. Les sanctions économiques et commerciales ont laissé des séquelles assez profondes qui ne pourront pas se dissiper à court terme. De l'avis de certains économistes, la production locale qui en grande partie se repose sur le secteur agricole, a pris un coup énorme suite à la libéralisation des marchés agricoles et l'application interrompue du PAS (Programme d'Ajustement Structurel)26(*) au début des années 80. Les quelques regains de l'activité économique observés durant la période 1996 à 2005 ne permettent pas encore de revenir au niveau du PIB des années antérieures à 1992. Si on se réfère au tableau qui suit, on verra le faible niveau du taux de croissance du PIB pour la période.

Graphique 1

Source : IHSI

Le PIB a connu un taux de croissance annuel passant de 2,7 % en 1997 à -3.5 % en 2004, pour arriver à 1.8 % en 2005. Ce graphe nous permet de voir la lenteur de l'économie et comment le taux de croissance diminue d'année en année, ce qui prouve notre incapacité à satisfaire une demande intérieure en constante progression. Donc on est obligé d'avoir recours à l'importation afin de combler la faiblesse de la production locale, ce que témoigne le tableau qui suit. Et cela augmente notre dépendance vis-à-vis de l'extérieur.

Tableau 1

Produit Intérieur Brut, Importation et Demande Globale

En Million de Gourde 1986-87

Année

Produit Intérieur Brut

Importation

Demande Globale

1994-1995

11,603

6,345

17,948

1995-1996

12,083

8,412

20,495

1996-1997

12,410

9,019

21,429

1997-1998

12,681

9,614

22,295

1998-1999

13,025

11,797

19,822

1999-2000

13,138

15,245

28,387

2000-2001

13,001

14,932

27,933

2001-2002

12,968

14,757

27,725

2002-2003

13,015

15,225

28,240

2003-2004

12,557

15,063

27,620

2004-2005

12,783

15,450

28,233

Source : BRH

Ce taux de croissance de -3.5 % du PIB en 2004 constaté au niveau du graphe 1, a eu pour incidence une nette augmentation des importations, passant de 6,345 millions de gdes en 1994 à 15,450 millions en 2005. Mais malgré cette dépendance vis-à-vis de l'extérieur, la Banque Centrale a été très motivée par la nécessité de protéger la valeur de la monnaie nationale et de maintenir aussi la stabilité du système bancaire. A cet effet, plusieurs politiques seront appliquées.

On a assisté aussi pour la période à une variation du taux d'inflation en glissement annuel, passant de 21.42 % en octobre 1994, 42.46 % en septembre 2003, pour aboutir à 14.84 % en septembre 2005. Ce qui signifie que les politiques monétaires appliquées par la BRH ont atteint plus ou moins leurs objectifs pour le taux d'inflation. Mais, qu'en est-il de l'objectif par rapport au taux de change pendant la période ? Qu'est-ce qui a provoqué cette fluctuation du change ? Nous analyserons dans les lignes qui suivent les principales causes de la variation du change et leur évolution durant la période sous étude.

2.- Analyse des principales causes de la fluctuation du taux de change

Le taux de change étant un indicateur très volatile, il peut être influencé par plusieurs phénomènes. (Voir graphique 2 ci-dessous). Analysons dans les lignes qui suivent les principales causes de la fluctuation de taux de change pour la période 1996-2005.

Graphique 2

Variation du taux de Change

Source : BRH

Les causes sont divisées en deux catégories : Causes Internes et Causes Externes.

2.1.- Causes Internes

Les causes internes, qui sont les différentes variables internes de l'économie qui agissent sur le taux de change, sont divisées en deux catégories : Les causes structurelles, Les causes conjoncturelles

2.1.1.- Causes Structurelles

Une analyse des phénomènes structurels, nous permettra de voir comment ces derniers ont influencé le change pour la période. Les phénomènes structurels sont : la Production Nationale, la politique Monétaire, le goût des Agents économiques, et le taux d'intérêt.

2.1.1.1.- Production Nationale

L'une des sources de devise d'une économie reste et demeure l'excédent de sa balance commerciale, qui ne peut être obtenu qu'en augmentant les exportations, dans le cas contraire les importations excèderont les exportations, ce qui engendrera un déficit de la balance des paiements, et de surcroît une hausse du taux de change.

On a analysé dans les lignes précédentes le comportement du PIB, ce dernier a varié à la baisse durant la période sous étude. Haïti étant un pays essentiellement agricole, parlant de production nationale, on voit d'abord, la production agricole ensuite la production industrielle. Analysons leurs comportements à tour de rôle et aussi comment elles ont réagi sur le taux de change.

a- Production Agricole

Pourcentage du secteur agricole par rapport au PIB

En million de gourde 1986-87

Le produit intérieur brut réalisé en Haïti, dépend, plus ou moins de la valeur ajoutée en provenance du secteur agricole, pourtant malgré sa contribution, il reste toujours à son état primitif et rudimentaire. Pour la période sous étude on a pu remarquer une baisse de la contribution du secteur agricole dans la formation du PIB. Analysons le tableau qui suit :

Tableau 2

Année

96-97

97-98

98-99

99-00

00-01

01-02

02-03

03-04

04-05

Sect. Agric.

3.665

3.657

3.553

3.424

3.455

3.326

3.334

3.174

3.256

PIB

12.410

12.681

13.125

13.138

13.001

12.968

13.015

12.557

12.783

Sect. Agr. en %

29.54

28.84

27.07

26.06

26.58

25.65

25.62

25.28

25.47

Source : BRH

Source : BRH

Le tableau ci-dessus nous montre la faible participation du secteur agricole dans l'économie, passant de 29.54 % en 1997 à 25.47 % en 2005. Ce secteur se trouve confronter depuis plusieurs années à des difficultés d'ordre structurel, c'est-à-dire l'apparition des saisons pluvieuses défavorables, l'érosion, le coût élevé des intrants spécialisés, la réduction de la superficie cultivée, les difficultés d'accès au crédit agricole, etc. Tout ceci contribue à la baisse de nos exportations, donc un manque à gagner au niveau des réserves nettes de change, par ricochet une baisse de la valeur de la gourde face au dollar américain pour la période.

b.- Production Industrielle

Tout comme le secteur agricole, le secteur industriel contribue aussi dans la formation du PIB. Les entreprises travaillant dans ce secteur, survivent difficilement. Après les coups d'Etat militaires, les firmes étrangères qui représentaient le tiers de l'industrie du pays en 1987 ont laissé Haïti ou ont réduit leurs activités au strict minimum pour cause d'embargo imposé par la communauté internationale. Cet embargo a eu pour conséquence une hausse des prix de l'essence et une hausse de l'inflation. Une analyse du tableau qui suit nous donnera une idée de la contribution du secteur secondaire :

Pourcentage du secteur secondaire par rapport au PIB

En million de gourde 1986-87

Tableau 3

Année

96-97

97-98

98-99

99-00

00-01

01-02

02-03

03-04

04-05

Sect. Second.

1.820

1.900

1.947

2.006

1.991

2.017

2.041

1.997

2.046

PIB

12.410

12.681

13.125

13.138

13.001

12.968

13.015

12.557

12.783

Sect. Sec en %

14.67

15

14.84

15.27

15.31

15.56

15.68

15.90

16

Ce tableau nous permet de voir comment le secteur secondaire a évolué durant la période sous étude. On a enregistré une augmentation de la contribution du secteur secondaire, passant de 14.67 % en 1997 à 16 % en 2005. Cette augmentation est due à l'apport de certains sous secteurs du secteur secondaire. En témoigne le tableau ci-dessous.

Tableau 4

Le Secteur secondaire

En million de gourde 1986-87

Année

96-97

97-98

98-99

99-00

00-01

01-02

02-03

03-04

04-05

Secteur Secondaire

1.820

1.900

1.947

2.006

1.991

2.017

2.041

1.997

2.046

Industries Manufact.

1.015

1.018

987

982

983

999

1003

978

994

Electricité et

Eau

96

94

90

82

60

61

63

70

75

Bâtiments et Travaux Publics

708

788

870

942

948

957

975

949

977

Source : IHSI (Service des comptes nationaux)

Le dynamisme dont fait montre le secteur Bâtiments Travaux Publics et les Industries manufacturière, constitue le point marquant du mouvement économique pour la période. Pourtant le flux d'exportation dégagé, diminue d'année en année et ceci représente un manque à gagner en terme de devise pour l'économie.

L'un des problèmes qui empêchent la croissance de ce secteur reste et demeure les manques d'infrastructures. La rentabilité d'une industrie nécessite la contribution de certains facteurs comme les routes, les logements industriels, les téléphones, électricités etc. Ces problèmes contribuent au ralentissement des exportations, donc un ralentissement aussi de la production nationale incapable de satisfaire la demande globale (voir tableau I ) et notre monnaie locale perd automatiquement sa valeur.

Durant la période d'observation, on a constaté aussi que le Secteur tertiaire a contribué énormément à la formation du PIB, on a enregistré une valeur passant de 6,133.3 millions de gourdes en 1997 à 6,400.8 millions de gourdes en 2004, soit une contribution à la valeur ajouté du PIB réel de 49.4 % à 51.2 %. Une contribution plus élevé que celles des secteurs Primaires et Secondaires, d'après le rapport de la BRH cela est due à l'apport des sous secteurs « commerce et transport et communication » qui ont augmenté durant la période.

2.1.1.2.- Politique monétaire

Selon la théorie quantitative de la monnaie, tout accroissement de la masse monétaire doit être accompagné d'une croissance de la production. Sinon cela engendra une hausse généralisée des prix qui elle-même, suivant le principe de la parité des prix donne un taux de change très élevé, une monnaie dépréciée, une perte du pouvoir d'achat. En Haïti à chaque fois qu'il y à un déficit budgétaire, la banque centrale se porte toujours garante pour le financer. Ceci gonfle la masse monétaire en circulation.

En 1999, la BRH a financé le déficit budgétaire à l'ordre de 1,151 millions de gourde, un montant proche de la limite de financement prévue par la loi du 17 août 197927(*) portant création de la BRH. Ce financement est passé à environs 2.8 milliards de gourde 2004. Le Graphe 3 ci-dessous, nous montre l'augmentation continue de la masse monétaire. Elle est passée de 9,451.05 millions de gourdes en septembre 2004 à 38,838.64 millions en septembre 2005. Cette décision de la part des autorités monétaires de toujours financer le déficit budgétaire, contribue à la croissance de la masse monétaire, donc une augmentation de la demande globale. Cette demande globale si elle n'est pas compensée par une augmentation de la production nationale, engendrera automatiquement une pression sur les prix, sur les importations et sur le taux de change.

Telle est notre situation en Haïti, l'offre de monnaie ne cesse pas d'augmenter, comme on a vu dans les lignes précédentes la production diminue d'année en année, ce qui engendre une poussée de l'inflation et la perte de la valeur de la gourde.

Graphique 3

Source : BRH

Faisons une analyse de la politique monétaire durant la période sous étude.

A.- Evolution de la politique monétaire

La conduite de la politique monétaire durant la période sous étude, a été dominée par le souci d'un contrôle efficace des pressions inflationnistes et de la masse monétaire.

Cette politique s'est exprimée à travers la mise en oeuvre des instruments contrôlables par la Banque Centrale. Elle a utilisé des instruments tels que : Les taux de réserves obligatoires28(*), la politique du taux d'intérêt. Mais l'inefficacité de ces instruments face à la conjoncture socioéconomique qui se dégrade, a poussé la BRH à utiliser d'autres instruments. C'est en ce sens qu'elle a introduit en 1996 « les Bons », appelé Bon BRH. C'est un instrument de reprise de liquidité du système bancaire. Un autre instrument a été entamé, celui de l'intervention de la Banque Centrale sur le marché des changes (open market), afin de lisser les fluctuations du cours du change et de stériliser une partie du surplus de gourde en circulation.

Signalons d'une part que les interventions de la BRH sont passées par deux étapes. D'une part, de 1997 à 2000, elles ont été utilisées pour stabiliser le taux de change et réduire sa volatilité29(*). D'autre part, depuis 2001 elles visent la reconstruction des réserves nettes de change de la BRH.

A.1.- Sous période 1995 - 1996

Cette période a été précédée d'une période très critique dans l'histoire de la vie économique du pays, la BRH s'est évertuée à mener sa gestion de façon à donner à la devise nationale une progression permettant d'assurer une stabilité des prix et du taux de change. Mais, pour des raisons conjoncturelles et politiques la BRH n'a pas toujours été en mesure de réagir à temps à des fluctuations du cours du change et des prix. C'est pour cela qu'on a enregistré pour cette période, un taux d'inflation et un taux de change très élevés (voir graphe 2 et 4). Mais avec le retour à l'ordre constitutionnel, la sphère politique et la pression de l'international étaient moindres, elle accordait une attention soutenue aux fluctuations du cours du change sans pour autant répondre du tac au tac aux variations des indicateurs économiques. Poursuivant une politique monétaire similaire pendant les deux années, elle s'évertuait notamment de contenir les anticipations de dépréciation de la gourde par une stabilité du taux de change et réduire l'inflation. En utilisant les taux de réserves obligatoires et les interventions de la BRH sur le marché des changes, on a eu de bons résultats. Le taux de change est passé de 15.53 % en septembre 1995 contre 17.80 % en septembre1994 et à 16.69 % en septembre 1997.

A.2.- Sous période 1997 - 2000

Cette période a été très intéressante dans l'histoire de la politique monétaire haïtienne, plus précisément au début de l'exercice 199730(*). Un instrument nouvel a été utilisé, en l'occurrence la création des bons BRH, par la BRH. Ces bons allaient être considérés comme un instrument de reprise de liquidité à court terme du système bancaire. Cette mesure visait de produire un double effet, d'une part il s'agissait de substituer progressivement les bons aux réserves obligatoires pour signifier que la banque voulait rompre avec la politique de répression financière qui avait prévalu durant les années antérieures. D'autre part, il était donné aux opérateurs économiques le signal d'un engagement de la BRH envers le développement du marché interbancaire. L'utilisation des bons BRH a permis à la banque centrale de se doter d'un instrument de contrôle indirect de la masse monétaire.

Malgré ce nouvel instrument, la banque centrale avait fait usage des interventions sur le marché des changes. On a obtenu comme résultats : le taux d'inflation en glissement annuel est passé de 17.10 % en 1996 à 16.95 % en 1998, 9.92 % en 1999 et pour remonter à 15.32 % en 200031(*). De même, l'effort de stabilisation a été payant jusqu'en septembre 1999 où la gourde s'échangeait à 16,95 gdes pour un dollar EU, pour atteindre 28.33 gourdes en septembre 2000.

A.3.- Sous période 2000 - 2005

Cette période a été entravée par des difficultés de tout genre, en particulier, les séquelles des élections de mai 2000 qui ont engendré des tensions politiques et sociales et des problèmes économiques au sein de la société. De ce fait, les autorités monétaires avaient pour objectif la réduction du financement du déficit public, la maîtrise et le maintien des taux d'inflation et de change dans un certain intervalle. De plus, sous la contrainte du FMI, l'obligation leur était faite de procéder à la reconstitution des réserves nettes de change de la BRH. Ainsi, les bons BRH devient l'instrument privilégié de la banque centrale depuis 2001. Les coefficients de réserves obligatoires sur les passifs des banques et les interventions sur le marché des changes32(*)ont été aussi utilisés.

On a eu comme résultats, un taux d'inflation de 42.46 % en fin d'exercice 2002 - 2003, 22.53 % en 2003-2004 et 14.84 % pour l'exercice suivant (Voir graphique 4). Le marché des changes a été stabilisé autour de 43 gdes pour un dollar EU.

La masse monétaire en circulation est un agrégat doté d'une extrême importance pour les autorités monétaires, car son expansion est source de tension inflationniste. Cette analyse de l'évolution de la masse monétaire nous a permis de voir son lien avec l'inflation et le taux de change. A présent voyons les goûts des agents économiques.

Graphique 4

Source : BRH

2.1.1.3.- Goûts des Agents Economiques

Les comportements des consommateurs haïtiens ont influencé négativement la valeur de la gourde, car depuis la libéralisation du marché agricole, et la forte réduction des tarifs douaniers à l'importation il y a quelques années, ils préfèrent consommer les produits étrangers au mépris des produits locaux. Les produits étrangers étant moins chers, donc ils deviennent plus accessibles. Alors, les producteurs haïtiens sont obligés d'abandonner la production locale pour aller importer, cela crée une pression sur le dollar au détriment de la gourde. Le tableau qui suit nous permettra de voir le rythme d'importation des produits étrangers, principalement ceux venant des Etats-Unis.

Tableau 5

Importations d'Haïti par Grande catégorie de produits

En million de dollars US

Année

1995

1996

1997

1998

1999

2000

2001

2002

2003

2004

2005

Produits Alimentaires

210.7

219.6

209.6

236.5

279.0

247.8

261.4

235.9

267.7

325.8

330.7

Boissons et Tabacs

8.2

8.6

8.8

7.4

17.0

18.0

20.4

31.4

23.2

17.1

20.2

Huiles et graisses

53.4

60.9

62.8

64.0

65.6

43.1

35.3

23.3

19.2

22.5

11.5

Source : AGD - Site Internet : dept du commerce américain Stat-can

Ce tableau nous permet de voir que les produits importés augmentent d'année en année, hors mis les huiles et graisses qui ont baissé pour la période. Cela signifie que la production locale est de plus en plus délaissée, il en résulte une augmentation de notre dépendance vis-à-vis de l'étranger et une monnaie dépréciée.

2.1.1.4.- Taux d'intérêts

Le taux de change étant un indicateur très volatile, il est sensible aux variations des taux d'intérêts33(*), c'est-à-dire à la différence des taux d'intérêts haïtiens et américains. Si les taux d'intérêts sont plus élevés aux Etats-Unis, les agents économiques qui détiennent de la liquidité cherchant des taux d'intérêts intéressants, feront des placements aux Etats-Unis, ce qui contribuera à une dépréciation de la gourde par rapport au dollar américain.

2.1.1.5.- Taux d'inflation

L'IPC constitue une variable clef dans l'explication du change. Engendrer par la hausse de la demande interne qui n'est pas satisfait par un niveau de production suffisant, fait pression sur les prix. Avec un taux d'inflation élevé, cela décourage les touristes, les acheteurs, et cela va se refléter sur le change si le prix étranger est plus bas.

Nous venons de passer en revue les principales causes structurelles de la fluctuation du taux de change. Nous nous proposons d'aborder dans les lignes qui suivent, les causes conjoncturelles.

2.1.2.- Causes Conjoncturelles

Le taux de change est en grande partie influencé aussi par les phénomènes conjoncturels, entre autres, les problèmes socio-politiques, les anticipations des agents, la balance de paiements. Analysons ces phénomènes afin de mieux comprendre.

2.1.2.1.- Problèmes socio-politiques

Après les séquelles du coup d'état de 1991, les crises socio-politiques continuent de rendre particulièrement difficile la conjoncture économique. En 2004, la dégradation de la situation politique a eu des effets néfastes sur l'évolution économique. Les conditions favorables à la relance de l'économie n'ont pas été au rendez-vous. En effet, les revendications salariales enregistrées en série dans les administrations publiques, les grèves prolongées et répétées, les incertitudes autour de la réalisation effective des réformes économiques et institutionnelles, les votes tardifs des budgets au parlement, sont autant de facteurs négatifs qui agissent directement ou indirectement sur le taux de change. Ces évènements découragent les entrepreneurs haïtiens et étrangers qui oeuvrent dans les différents secteurs de l'économie, réduisant ainsi le volume des exportations d'Haïti vers le reste du monde.

Ces crises, ne découragent pas seulement les entrepreneurs, mais aussi les touristes étrangers, car avec une situation d'instabilité politique, les touristes ne viendront pas risquer leurs vies. Cela a pour effet de réduire l'offre de devise étrangère sur le marché des changes.

2.1.2.2.- Anticipations

Certaines informations économiques de nos jours, sont diffusées quotidiennement par les médias. Les anticipations des agents économiques sont formées avec la connaissance de ces informations. Selon la conjoncture du moment, les agents savent quand vendre ou stocker le contenu de leur portefeuille, et ceci a une très grande répercussion sur le taux de change.

Des évènements tels que, l'annonce faite par la communauté internationale en juillet 1993 concernant la levée de l'embargo commercial imposé à Haïti, tous ceux qui possédaient du dollar en stock et qui s'en servaient à des fins de spéculations, s'empressaient de s'en débarrasser. Tout ceci fait varier directement ou indirectement le taux de change.

2.2.- Causes Externes

Il existe d'autres causes qui sont aussi très importantes dans l'analyse de la variation du change, qui sont considérées comme des causes externes, mais qui agissent sur le taux de change. Des causes telles que : les déséquilibres de la balance des paiements, la variation de la masse monétaire externe et celle du PIB externe.

2.2.1.- Balance des Paiements

La balance commerciale et la balance des transactions en capital sont les deux composantes de la balance des paiements. Elles nous donnent une idée de l'état de santé de l'économie, et ont des répercussions sur la valeur de la monnaie locale.

2.2.1.a.- Balance Commerciale

En se référant au tableau ci-dessus, nous pouvons voir facilement que les importations dépassent en large partie les exportations, le déficit se creuse d'année en année. Pourtant, l'un des principaux moyens de sauvegarder la valeur de la monnaie nationale, reste et demeure l'excédant commercial. Pour la période sous étude, les importations sont passées de 6,345 millions de gourde en 1995 à 15,450 million de gdes en 2005, contre les exportations qui ont passé de 1,326 million à 3,430 millions. (Voir le tableau ci-dessous). Face à cette augmentation de déficit commercial, la monnaie nationale perd ipso facto de sa valeur.

2.2.1.b.- Balance des Transactions en Capital

La balance de transactions en capital comprend les gains des résidents du pays travaillant à l'étranger et les autres revenus externes de facteurs de production qui échoient à des personnes résidant dans le pays. On remarque qu'en Haïti, malgré les dons reçus, en provenance des organismes internationaux ou des particuliers sous forme de transfert, le déficit de la balance commerciale se creuse davantage. Cela signifie que cet argent reçu n'a pas été alloué à la production, il gonfle plutôt la masse monétaire, augmentant les dépenses des ménages dans la consommation des biens importés. Ce qui empire la crise de devise dans le pays.

Tableau 6

Importation, Exportation, Balance Commerciale

En million de Gourde 1986-87

 

94-95

95-96

96-97

97-98

98-99

99-00

00-01

01-02

02-03

03-04

04-05

IMP.

6.345

8.412

9.019

9.614

11,797

15.249

14.932

14.757

15.225

15.063

15.450

EXP.

1.326

1.688

1.929

2.378

2.770

2.945

2.881

2.821

3.023

3.318

3.430

BC.

-5019

-6724

-7685

-7236

-9027

-12304

-12051

-11936

-12202

-11745

-12020

Source : BRH

2.2.2.- Masse Monétaire Externe

Les Etats-Unis étant notre premier partenaire commercial, toute variation au niveau de son économie pourrait avoir des effets positifs ou négatifs sur notre économie. La masse monétaire des Etats-Unis est l'une des variables macroéconomiques qui peut influencer notre économie et cela se fait sentir à travers le taux de change. Selon l'approche monétaire de la détermination du taux de change, toute variation à la hausse de la masse monétaire des Etats-Unis (toute chose restant égale), engendra une appréciation de la monnaie locale, et vice versa. Durant la période sous étude, le rythme de variation à la hausse de la masse monétaire, a été inférieur au rythme de variation de la de la masse monétaire en Haïti. Mais si on analyse la masse monétaire des Etats-Unis, elle est supérieure à celle d'Haïti sur toute la période, pourtant le taux de change n'a pas arrêté d'augmenter. Ce qui est contraire à la théorie des monétaristes. En analysant ce phénomène, on dira qu'Haïti n'a pas produit assez pour attirer et satisfaire la demande des Etats-Unis.

2.2.3.- Production Externe

Toujours selon l'approche monétaire du change, toute augmentation de la production externe supérieure à celui du pays domestique, engendra une hausse du taux de change, et vice versa. Une analyse des données sur la production des Etats-Unis nous montre qu'elle est passée de 7,816.8 millions de dollar en 1996 à 12,438.9 millions en 2005, et celle d'Haïti de 2,8830 millions en 1996 à 4,4650 millions de dollar en 2005. Ce qui explique que le change varie vers le haut sans jamais revenir à son niveau initial.

Cet analyse nous a permis de voir que, la Production Nationale, la Politique Monétaire, Le goût des Agents Economiques, les Problèmes Socio-politiques, les anticipations et le déséquilibre de la Balance des Paiements et la masse monétaire et le PIB des Etats-Unis, sont des causes évidentes qui ont agi directement ou indirectement sur la fluctuation du change pour la période sous études.

2.3.- Conséquence du change sur l'économie

Le taux de change, est devenu un indicateur clef qui nous permettra de voir l'état de santé de l'économie.

Cependant la fluctuation du taux de change ne reste pas sans conséquences sur l'économie. Nous n'allons pas analyser l'impact de la fluctuation du change sur chaque variable macroéconomique car ceci pourrait faire l'objet d'un autre travail de recherche, mais nous pouvons dire que le taux de change a fluctué vers le haut durant la période sous étude, ce qui devrait être un avantage pour l'économie si on se réfère à la condition Marshal-Lener34(*) qui stipule que tout augmentation du taux de change aura pour effet d'augmenter les exportations c'est-à-dire d'améliorer la balance commerciale, donc porteuse de croissance. Pourtant la faiblesse de notre appareil productif empêche cela d'arriver. Donc la hausse du change est porteuse d'effets négatifs, elle occasionne entre autre, la hausse des prix, elle perturbe les décisions d'investissement en agissant sur les coûts de production, elle conduit les producteurs à détourner leurs intérêts aux activités qui ont pour vocation de satisfaire la demande étrangère au profit des activités domestiques, elle alimente le déficit de la balance des paiements, la hausse des importations, et une baisse des réserves nettes de change etc. Alors, seule une augmentation de la production nationale pourra renverser cette tendance.

Dans le chapitre qui suit, nous analyserons empiriquement la crise de change, à travers un modèle économétrique, et voir comment il réagi face à la variation des fondamentaux.

CHAPITRE IV

Modélisation du Taux de change

Après l'analyse des différentes causes de la fluctuation du taux de change, nous étudions premièrement dans ce chapitre pour la période de 1996 à 2005, le rôle de certaines variables macroéconomiques (la masse monétaire locale et étrangère, le PIB domestique et étranger, le taux d'inflation local) dans l'explication de la fluctuation du taux de change à travers un modèle économétrique. Deuxièmement, on analysera les résultats et on formulera des recommandations. L'approche retenue, est celle des monétaristes, qui stipule que le taux de change peut être expliqué par les fondamentaux de l'économie, à savoir la masse monétaire locale et étrangère, le PIB local et étranger, et le taux d'intérêt local et étranger.

1.1.- Présentation du modèle économétrique

Le modèle de base retenu dans le cadre de notre travail, est le modèle présenté par Adnan CHOCKRI35(*), qui a démontré comment l'offre de monnaie et le PIB peuvent contribuer à expliquer la fluctuation du change en utilisant l'approche monétaire du taux de change.

1.1.1.- Structure et fonctionnement du modèle

Selon l'approche monétaire, la variation du change est un phénomène monétaire, et pour mieux comprendre le change, on doit analyser le comportement de la demande de monnaie. Les monétaristes ont procédé comme suit :

Selon leur analyse, le logarithme de la demande de monnaie peut dépendre du logarithme du revenu réel (y)36(*), du logarithme de niveau des prix (p), et du niveau du taux d'intérêt (i). Les économies n'étant plus en autarcie, ont des répercussions les unes sur les autres. Alors les monétaristes ont considéré aussi des variables étrangers.

L'équilibre monétaire dans les pays locaux et étrangers peut être donné par :

mt = pt + àyt - âit (1.1)

m*t = p*t + à*y*t - â*i*t (1.2)

m représente la masse monétaire, p représente le prix, y représente le PIB, i représente le taux d'intérêt, à le coefficient du PIB, â le coefficient du taux d'intérêt. Les variables avec le symbole (*) représentent les variables en provenance des Etats-Unis.

L'équilibre sur le marché des biens marchands s'établit lorsqu'il n'y a plus d'opportunités d'arbitrages. Autrement dit, si la PPA est vérifiée, il s'ensuit que :

et = pt* - pt (1.3)

et représente le logarithme du taux de change nominal.

Par ailleurs, les niveaux des prix étrangers, déterminés par la demande étrangère de monnaie, constituent des variables exogènes à l'économie locale. En outre, les niveaux des prix locaux sont déterminés par la demande domestique de monnaie. Donc dans ces conditions le taux de change serait gouverné par les demandes relatives de monnaies.

En substituant les équations (1.1) et (1.2) dans la relation (1.3) et en réarrangeant les termes, nous aurons l'équation de base du modèle monétaire en situation de flexibilité des prix formulée ainsi :

et = (mt - mt*) - àyt + à*yt* + âit - â*it* (1.4)

D'où la forme économétrique :

et = 0 + 1mt + 2mt* +3yt +4yt* +5it +6it*

Les variables en Astérix sont des variables étrangers. La relation (1.4) stipule qu'un excès dans l'accroissement de demande locale de monnaie par rapport à la demande étrangère entraîne une augmentation de et, signalant ainsi la détérioration de la valeur de la monnaie locale en terme de son homologue étrangère.

Mais Adnan CHOCKRI, dans le cadre de son travail s'est basé sur le change de l'Euro face au dollar américain, a porté certaines modifications dans le modèle de base.

En supposant la validité de l'hypothèse de la PTINC37(*) :

it - it* = Et (et+1) (2)

Et est l'espérance mathématique conditionnelle à l'information disponible, dans le cas où et+1 est égale à zéro (hypothèse de stationnarité), on a alors it = it*. Dans ce cas :

et = 0 + 1mt + 2mt* +3yt +4yt*

mt Le logarithme de la masse monétaire locale

mt* Le logarithme de la masse monétaire étrangère

yt Le logarithme du Produit Intérieur Brut local

yt* Le logarithme du Produit Intérieur Brut étranger

En utilisant la méthode de cointégration, et en faisant les tests de validité nécessaire, il a pu démontrer le rôle de la masse monétaire et de la production dans l'explication du change.

En tenant compte de notre objectif de recherche et dans le but de simplifier le travail, nous avons jugé nécessaire d'ajouter une variable que nous pensons être pertinente, à savoir le taux d'inflation locale (IPC)38(*), cette dernière a une grande influence sur le change. Nous avons utilisé une méthode différente que celle utilisé par Adnan Chockri, à savoir le moindre carré ordinaire (MCO), tout en restant dans la logique des monétaristes.

Les variables retenues sont : La masse monétaire locale et étrangère et le produit intérieur brut local et étranger, et l'indice des prix à la consommation locale, car ces variables ont retenu notre attention des la problématique de la recherche. Ce qui nous a poussé à formuler notre hypothèse de départ. Ainsi les données que nous allons utiliser proviennent des bases de données de la IHSI et de la BRH, et elles seront traitées à partir du logiciel E-views.

1.1.2.- Ecriture du modèle

La variable dépendante ou endogène retenue est  le taux de change (TXCH), et les variables indépendantes ou exogènes, sont la masse monétaire locale et étrangère (M2, M2*), le Produit intérieur brut local et étranger (IPC, IPC*), l'Indice des Prix à la Consommation locale (IPC). Etant donné, que les variables n'ont pas toutes les mêmes unités, on a jugé nécessaire de prendre leur logarithme.

Notre fonction se présente ainsi :

TXCH = F (M2, M2*, PIB, PIB*, IPC)

D'où la forme économétrique :

et = 0 + 1m2t + 2m2t*+ 3pibt + 4pibt* + 5ipct + t

Cette fonction a pour objectif, d'expliquer le comportement du change par rapport aux variables explicatives, durant la période 1996 à 2005. Toutefois il faut préciser que les données sont choisies sur une base mensuelle en million de dollars américains, hors jusqu'à date les instances concernées n'ont pas encore publié le PIB (PIB Haïtien) sur une base mensuelle. Alors on a jugé nécessaire d'utiliser des données estimatives du PIB fourni par E-views, qui est un logiciel conçu pour faire des études économétriques, et qui a converti pour nous les séries annuelles du PIB en séries mensuelles.

1.2.- Estimation du modèle et Interprétation des résultats

Estimation du modèle choisi, Tableau # 7

La fonction choisie a été estimée à travers le logiciel E-views, ce dernier a généré les résultats suivants :

Dependent Variable: LTXCH

 
 
 
 

Method: Least Squares

 
 
 
 

Date: 09/21/08 Time: 10:03

 
 
 
 

Sample: 1996M01 2005M12

 
 
 
 

Included observations: 120

 
 
 
 

 

 
 
 
 

Variable

Coefficient

Std. Error

t-Statistic

Prob.

 

 
 
 
 

C

-5.38841

0.577918

-9.32383

0

LM2HAITI

-6.03065

0.400878

-15.0436

0

LM2USA

1.048804

0.195939

5.352708

0

LPIBHAITI

0.049831

0.027751

1.795657

0.0752

LPIBUS

1.167894

0.272182

4.290857

0

LIPCH

0.117932

0.009605

12.2776

0

 

 
 
 
 

R-squared

0.990886

Mean dependent var

 

3.163503

Adjusted R-squared

0.990487

S.D. dependent var

 

0.375455

S.E. of regression

0.03662

Akaike info criterion

 

-3.727723

Sum squared resid

0.152879

Schwarz criterion

 

-3.588348

Log likelihood

229.6634

F-statistic

 

2478.981

Durbin-Watson stat

0.267252

Prob(F-statistic)

 

0

 

 

 

 

 

Source : résultat généré par E-views

Nous pouvons constater à partir de cette estimation que les variables explicatives expliquent la réalité à 99 %. Bien que certaines variables ne soient pas statistiquement significatives, entre autres LPIBHAITI (le produit intérieur brut local), mais selon Fisher (F-statistic), le modèle est globalement significatif.

Appliquons les différents tests afin de valider le modèle et de voir l'apport de chaque variable explicative dans l'explication du modèle.

1.2.1.- TESTS STATISTIQUES

Les différents tests statistiques sont importants dans un travail économétrique car ils permettent de confirmer ou d'infirmer la validité du modèle, et de voir le pouvoir explicatif de chaque variable exogène. Ainsi, dans le cadre de ce travail nous avons effectué un ensemble de tests.

1.2.1.1.- Test de normalité des erreurs

Pour calculer les intervalles de confiance prévisionnels et aussi pour calculer les tests de Student sur les paramètres, il convient de vérifier la normalité des erreurs.

- Règle de Décision

Test de normalité des erreurs, Tableau # 8

Les résidus sont normalement distribués si Skewness = 0, Kurtuosis = 3 et la probalité (Probability) associée à la statistique Jarque-Bera est supérieur à 5 %. Conformément, aux principes de base de ce test, le terme d'erreur doit suivre, au coefficient de 95%, une loi normale. Après le calcul sur E-views, on a trouvé le résultat ci-dessous.

Source : résultat généré par E-views

D'après les règles de décision du test, nous pouvons dire que les erreurs ne sont pas normalement distribuées, car la probabilité associée à Jarque-Bera est inférieure à 5%. Ceci, nous porte à réestimer notre modèle.

1.3.- NOUVELLE SPECIFICATION DU MODELE

Le tableau ci-dessus génère les résultats du modèle réestimé.

Réestimation du modèle, Tableau # 9

Dependent Variable: LTXCH

 

 

 

 

Method: Least Squares

 

 

 

 

Date: 09/21/08 Time: 09:36

 

 

 

 

Sample(adjusted): 1996M02 2005M12

 

 

 

 

Included observations: 119 after adjusting endpoints

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Variable

Coefficient

Std. Error

t-Statistic

Prob.

 

 

 

 

 

C

30.18267

10.85528

2.78046

0.0064

LM2HAITI

-6.46301

0.221332

-29.2005

0

LM2USA

0.137221

0.100276

1.368437

0.174

LPIBHAITI

-0.35781

0.203391

-1.75922

0.0813

LPIBUS

-6.28655

2.34303

-2.68309

0.0084

LIPCH

0.013309

0.00637

2.089233

0.039

LPIBHAITI^2

0.143235

0.084597

1.693143

0.0933

LPIBUS^2

0.368032

0.130852

2.81257

0.0058

LM2HAITI(-1)

4.514407

0.458451

9.847079

0

LTXCH(-1)

0.757567

0.059579

12.7154

0

 

 

 

 

 

R-squared

0.998731

Mean dependent var

 

3.167033

Adjusted R-squared

0.998627

S.D. dependent var

 

0.375037

S.E. of regression

0.013898

Akaike info criterion

 

-5.63382

Sum squared resid

0.021055

Schwarz criterion

 

-5.40028

Log likelihood

345.2121

F-statistic

 

9534.921

Durbin-Watson stat

1.998456

Prob(F-statistic)

 

0

 

 

 

 

 

Source : résultat généré par E-views

1.3.1.- ESTIMATION DE L'EQUATION

TXCH = C(1) + C(2)*LM2HAITI + C(3)*LM2USA + C(4)*LPIBHAITI + C(5)*LPPIBUS + C(6)*LIPCH + C(7)*LM2HAITI(-1) + C(8)*(LPIBHAITI^2) + C(9)*(LPIBUS^2) + C(10)*LTXCH(-1)

Dans la nouvelle spécification, nous avons utilisé comme méthode à décalage temporel, la Méthode à retards échelonnés, qui consiste à décaler certaines variables dans le temps, ce qui nous a permis d'obtenir des résultats plus pertinents.

D'après le tableau précédent toutes nos variables sont statistiquement significatives, exception faite pour les variables LM2USA, LPIBHAITI et LPIBHAITI^2. Mais, le modèle globalement significatif avec un R2 = 99.8 %, cela signifie qu'il explique très bien la réalité.

Nous allons procéder aux différents tests statistiques afin de confirmer la validité du modèle.

1.3.2.- Test de normalité des erreurs

Pour calculer les intervalles de confiance prévisionnels et aussi pour calculer les tests de Student sur les paramètres, il convient de vérifier la normalité des erreurs.

Test de normalité des erreurs, Tableau # 10

Tableau # 10

Source : résultat généré par E-views

D'après les règles de décision du test, nous pouvons dire que les erreurs sont normalement distribuées, car la probabilité associée à Jarque-Bera est supérieure à 5%. Cela signifie aussi que les séries sont stationnaires39(*). Ceci nous porte à procéder aux autres tests.

1.3.3.- Test d'autocorrélation

Les séries temporelles sont souvent porteuses d'autocorrélation des erreurs, alors utilisent le test qui suit, afin de déceler tout risque d'autocorrélation.

1.3.3.1.- Test de Breusch-Godfrey

Principe du test et Règle de décision :

L'hypothèse testée est celle de l'autocorrélation (de rang 1 et 2) des résidus. Le protocole du test consiste à régresser les résidus sur toutes les variables explicatives du modèle et sur les résidus retardés respectivement de 1ère et 2ème périodes. Si le modèle est globalement significatif ou s'il y a un R2 élevé, alors on peut présumer à 95% qu'il existe dans le modèle une autocorrélation des résidus de rang 1 et/ou 2. La précision sur le rang de l'autocorrélation est fournie par le test de Wald sur les estimateurs des résidus retardés sur le terme d'erreur. Si la probabilité associée à la statistique de Fisher (F-statistic) est inférieure à 5%, on conclut qu'il y a autocorrélation des résidus dans le modèle.

Réalisé à partir du logiciel E-views 4.1, le test de Breusch-Godfrey fournit les résultats suivants :

Test d'autocorrélation, Tableau # 11

Breusch-Godfrey Serial Correlation LM Test:

 

 

 

 

 

 

 

 

 

F-statistic

1.092597

Probability

 

0.339056

Obs*R-squared

2.381624

Probability

 

0.303974

 

 

 

 

 

Source : résultat généré par E-views

Il semble que le modèle est exempt d'autocorrélation, avec une probabilité supérieure à 5% et un R2 peu élevé40(*), donc nous pouvons poursuivre avec les tests de validité.

1.3.4.- Test d'Hétéroscédasticité

Ce test est utilisé, pour vérifier si les variances des erreurs ne sont plus sur la première diagonale, donc la variance de l'erreur est alors liée aux valeurs de la variable explicative. Utilisons le test de White afin de détecter tout risque d'Hétéroscédasticité.

1.3.4.1.- Test de White

L'hypothèse testée est celle de l'Hétéroscédasticité des résidus. Si le modèle est globalement significatif ou s'il y a un R2 élevé, alors on peut présumer à 95% qu'il existe dans le modèle d'Hétéroscédasticité. En principe, s'il est observé dans une équation une quelconque Hétéroscédasticité, c'est toujours le fait d'une ou de plusieurs variables. Si la probabilité associée à la statistique de Fisher (F-Statistic) est inférieure à 5%, nous disons qu'il y a Hétéroscédasticité des résidus dans le modèle. Le tableau suivant nous donne le résultat fourni par E-views.

Test d'hétéroscédasticite, Tableau # 12

White Heteroskedasticity Test:

 

 

 

 

 

 

 

 

 

F-statistic

1.336137

Probability

 

0.194622

Obs*R-squared

19.38365

Probability

 

0.196872

Source : résultat généré par E-views

 

 

 

 

 

 

Avec un R2 = 4 %41(*), et la probabilité associée à la statistique de Fisher qui est supérieur à 5 % (19 %), même si tous nos estimateurs ne sont pas significatifs, nous pouvons conclure qu'il n'existe pas d'Hétéroscédasticité dans le modèle.

1.3.5.- Test de stabilité des estimateurs

Ce test nous permet de voir si les estimateurs sont stables pour la période sous études. Appliquons le test de Chow pour voir si elles sont stables.

1.3.5.1.- Test de CHOW

Les résultats permettent de tester l'hypothèse de stabilité structurelle du modèle. En d'autres termes, les estimateurs ne changent pas significativement entre deux sous périodes (T1 et T2) de l'intervalle d'analyse (T). Si les probabilités associées aux paramètres F-Statistic et Log likehood ratio sont inférieures à 5%, nous acceptons l'hypothèse H0 et nous concluons que le modèle est structurellement stable sur la période.

Testons la première période.

Test de stabilité des estimateurs, Tableau # 13

Chow Breakpoint Test: 2001M01

 

 

 

F-statistic

3.394752

Probability

0.000757

Source : résultat généré par E-views

Log likelihood ratio

 

35.08532

Probability

0.000121

Une analyse du tableau # 13, nous montre que la probabilité de F-statistic et log likehood est inférieur à 5 %. Il ressort que notre modèle est stable sur la période

1.4.- ANALYSE DES RESULTATS

Tenant compte de notre hypothèse de départ, les résultats obtenus nous prouvent que la masse monétaire locale et le produit intérieur brut domestique agissent notablement sur le change pour la période (1996 - 2005).

La masse monétaire agit sur le change en tenant compte d'un processus de retard, et le produit intérieur brut, même s'il est statistiquement insignifiant et avec son faible taux de croissance, a contribué à l'amélioration du taux de change pour la période sous étude. Les autres variables ont été aussi très contributives, exception faite à LM2USA qui n'est pas statistiquement significative. La masse monétaire des Etats-Unis pour la période, a agi plutôt en sens inverse, l'augmentation de la masse monétaire des Etats-Unis n'a pas amélioré le change pour la période, sans doute à cause du faible taux de croissance de la production locale. Mais le Produit Intérieur Brut des Etats-Unis a grandement contribué à la détérioration de la monnaie locale pour la période. L'indice des prix à la consommation locale, a été très contributif à l'explication du modèle pour la période, c'est-à-dire toute hausse de l'IPC engendrera une hausse du change.

Ce modèle confirme notre hypothèse de départ à savoir que les fondamentaux de l'économie font fluctuer le taux de change. Il confirme aussi nos hypothèses spécifiques à savoir qu'une augmentation de la masse monétaire fait fluctuer le change vers le haut, mais elle est caractérisée par un effet de retard. Et le produit intérieur brut local, même si non significatif, contribue à la hausse du change avec sa faible croissance.

Les autres variables macroéconomiques externes telles que la masse monétaire et le PIB des Etats-Unis, malgré leur divergence par rapport à notre modèle, ont aussi contribué à la fluctuation du change pour la période. Et notre modèle explique la réalité à 99.8 %, donc il est globalement significatif.

1.5.- CONCLUSION

Ce travail a eu pour objectif de faire ressortir les principales causes de la variation du taux de change de 1996 à 2005. L'analyse des différentes causes présentées, nous a donné la chance de voir comment l'économie régresse d'année en année, comment les variables macroéconomiques ont agi sur le change. Les hypothèses énoncées au début du travail, ont été confirmées. Cela dit, en connaissant les variables qui influencent le change, on peut suivre ses tendances.

Le taux de change joue un rôle de premier rang dans toute économie, car il contient plusieurs caractéristiques qui lui sont propres :

- Il est un moyen nécessaire au développement des échanges internationaux

- Son impact dépend étroitement du régime de change

- Il permet de rééquilibrer la balance des paiements

- Il accompagne les politiques économiques

- Il peut être un facteur de reconnaissance internationale

- Il nous montre si la monnaie locale est forte ou faible.

Nous espérons que ce travail sera utile à d'autres chercheurs et soulèvera un débat autour de la question. Ainsi nous formulons les propositions suivantes qui seront sans doute une piste de réflexion sur le phénomène :

- Etant donné que notre analyse montre que le change peut être contrôlé à partir des variables monétaires, nous pensons que les autorités qui s'occupent de la politique monétaire du pays (BRH), devraient se penchent davantage sur le problème de l'offre de monnaie, qui est une source de tension inflationniste et qui détériore la monnaie locale, car cette offre de monnaie n'est pas compensée par une augmentation de la production locale. Il faudra appliquer des mesures visant à freiner l'offre de monnaie, du moins freiner son rythme de croissance. Par exemple le renforcement de la politique des « Bons ».

- Le taux de croissance du PIB diminue d'année en année, cette faiblesse de production est à la base de la majorité de problèmes économiques dans le pays, entre autres notre dépendance vis-à-vis de l'étranger, spécialement des Etats-Unis d'Amérique. Notre balance commerciale et de paiement sont déficitaires, notre monnaie locale qui n'arrête pas perdre de la valeur, tout ceci sont autant de problèmes qui sont liés à la production locale. Le gouvernement dans ces différentes politiques visant à résoudre les crises socio-économiques, doit se pencher en premier lieu sur les différents problèmes que confronte le secteur productif du pays, en mettant l'emphase sur les infrastructures de base (route, électricité, téléphone. engrais), afin de redynamiser le secteur agricole.

- Il faut qu'il y ait un programme de crédit agricole, afin de devenir compétitif sur le marché international, de produire en quantité pour pouvoir satisfaire la demande intérieure en constante progression. Sinon cela continuera à alimenter l'inflation.

- L'application d'une politique budgétaire appropriée qui servira de support à la politique monétaire est nécessaire, afin de freiner ce déficit budgétaire. Et par ricochet la banque centrale cessera de le financer à chaque fois.

Ces objectifs ne seront pas atteints s'il n'existe pas une concertation entre les différents secteurs de la vie nationale, en l'occurrence le secteur social, commercial, et financier, car l'avenir sociopolitico-économique du pays dépendra des décisions que les haïtiens prendront ensemble.

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www.memo.fr/article

www.wikipedia.com

ANNEXE

Annexe I : Données statistiques utilisées dans notre modèle économétrique

Mois

Taux change

M2 Haïti million dollar(1)

M2* Usa million dollar

Pib* Usa en million dollar

Pib Haïti en million dollar

IPC Haïti

1995-09

15.54

732.65

3611.7

7580.244

3.197914

17.26000

1995-10

17.02

677.59

3622.4

7624.291

3.169371

21.42000

1995-11

16.18

718.59

3630.8

7668.027

3.144073

26.27000

1995-12

16.16

744.31

3638.1

7711.452

3.12202

24.78000

1996-01

16.78

721.31

3656.3

7754.566

3.103211

21.54000

1996-02

16.55

735.17

3668.7

7797.369

3.087648

19.63000

1996-03

16.80

719.92

3695.5

7839.861

3.075329

19.26000

1996-04

16.36

733.77

3707.8

7882.041

3.066255

20.91000

1996-05

16.10

722.06

3718.8

7923.911

3.060425

21.31000

1996-06

15.59

757.38

3730.4

7965.469

3.057841

20.52000

1996-07

15.04

765.04

3746.7

8006.716

3.058501

18.35000

1996-08

15.03

764.42

3756.4

8047.652

3.062406

17.59000

1996-09

15.05

768.79

3765.1

8088.277

3.069555

17.01000

1996-10

15.55

746.40

3780.6

8128.591

3.079949

15.71000

1996-11

15.27

754.74

3797.6

8168.594

3.093589

14.56000

1996-12

15.09

802.52

3819.2

8208.286

3.110472

14.61000

1997-01

16.26

746.68

3833.8

8247.666

3.130601

15.07000

1997-02

16.11

753.15

3844.8

8286.736

3.153974

15.19000

1997-03

16.51

757.23

3859.5

8325.494

3.180592

16.87000

1997-04

16.69

747.57

3875.9

8363.941

3.210455

16.38000

1997-05

16.82

745.81

3887.8

8402.077

3.243563

16.65000

1997-06

16.76

774.62

3903.8

8439.902

3.279915

16.89000

1997-07

16.49

779.46

3924.4

8477.416

3.319512

17.25000

1997-08

16.75

771.29

3953.8

8514.619

3.362354

17.59000

1997-09

16.95

759.26

3972.9

8531.07

3.519597

16.95000

1997-10

17.41

745.44

3990.0

8568.508

3.564264

16.68000

1997-11

16.87

776.78

4011.9

8606.493

3.607512

15.92000

1997-12

17.31

792.48

4033.4

8645.024

3.649341

15.59000

1998-01

17.56

783.28

4057.1

8684.102

3.689751

15.71000

1998-02

17.38

791.49

4089.3

8723.727

3.728742

14.82000

1998-03

17.34

788.42

4115.4

8763.897

3.766313

12.81000

1998-04

16.95

792.98

4138.9

8804.615

3.802466

12.79000

1998-05

16.69

824.15

4161.3

8845.879

3.837199

11.87000

1998-06

16.30

841.90

4186.8

8887.689

3.870513

10.91000

1998-07

16.07

865.24

4204.2

8930.046

3.902408

9.740000

1998-08

16.51

858.45

4227.8

8972.949

3.932884

9.130000

1998-09

16.85

850.71

4270.4

9024.923

4.209239

8.270000

1998-10

16.30

880.05

4310.3

9068.562

4.2265

7.500000

1998-11

16.59

875.61

4348.3

9112.39

4.231966

8.020000

1998-12

16.50

895.73

4379.6

9156.406

4.225636

7.450000

1999-01

16.78

884.73

4401.9

9200.612

4.207512

7.380000

1999-02

16.89

877.98

4428.3

9245.006

4.177592

7.930000

1999-03

16.68

897.98

4438.5

9289.59

4.135877

7.940000

1999-04

16.69

931.63

4467.5

9334.362

4.082366

7.450000

1999-05

16.70

928.79

4486.1

9379.323

4.01706

7.610000

1999-06

16.70

947.13

4507.1

9424.473

3.939959

8.120000

1999-07

16.82

950.36

4532.3

9469.812

3.851062

8.740000

1999-08

16.80

958.33

4552.3

9515.34

3.75037

9.320000

1999-09

16.94

965.16

4567.2

9604.883

3.030127

9.920000

1999-10

17.55

949.86

4586.4

9648.95

2.931345

10.10000

1999-11

17.96

938.63

4611.2

9691.367

2.846268

9.660000

1999-12

17.97

983.35

4636.8

9732.133

2.774895

9.670000

2000-01

18.26

971.70

4663.5

9771.25

2.717228

10.02000

2000-02

19.18

923.20

4678.8

9808.717

2.673266

10.45000

2000-03

19.74

917.88

4708.0

9844.533

2.643008

12.00000

2000-04

19.73

925.17

4758.7

9878.7

2.626455

12.29000

2000-05

19.67

927.18

4751.5

9911.217

2.623608

11.88000

2000-06

20.38

916.12

4767.4

9942.083

2.634465

11.49000

2000-07

20.87

899.68

4781.4

9971.3

2.659027

11.65000

2000-08

21.63

868.68

4813.5

9998.867

2.697294

12.52000

2000-09

28.33

683.56

4845.7

9977.514

3.211505

15.32000

2000-10

23.58

826.52

4864.0

10003.76

3.257787

18.03000

2000-11

23.89

811.54

4874.5

10030.35

3.29838

18.96000

2000-12

22.52

891.02

4918.3

10057.26

3.333283

18.98000

2001-01

23.76

847.92

4973.4

10084.51

3.362496

18.57000

2001-02

23.55

852.05

5012.0

10112.1

3.38602

18.08000

2001-03

23.96

857.10

5071.3

10140.01

3.403853

16.29000

2001-04

23.47

870.81

5133.2

10168.26

3.415998

16.19000

2001-05

23.52

866.88

5134.3

10196.85

3.422452

16.86000

2001-06

24.37

845.90

5174.3

10225.76

3.423217

16.71000

2001-07

24.11

858.31

5206.8

10255.01

3.418292

15.99000

2001-08

24.42

860.37

5238.9

10284.6

3.407678

15.03000

2001-09

25.49

824.86

5347.1

10296.31

3.27576

12.34000

2001-10

26.01

815.40

5338.6

10327.32

3.258617

9.520000

2001-11

25.96

819.42

5380.6

10359.43

3.240635

8.630000

2001-12

26.34

832.29

5429.7

10392.64

3.221815

8.150000

2002-01

26.67

817.22

5457.0

10426.95

3.202156

7.990000

2002-02

27.20

811.90

5485.9

10462.35

3.181658

8.030000

2002-03

26.77

818.92

5495.8

10498.85

3.160321

8.470000

2002-04

26.68

819.92

5499.5

10536.45

3.138145

8.510000

2002-05

26.97

808.31

5522.7

10575.14

3.115131

8.370000

2002-06

27.28

815.95

5543.5

10614.93

3.091278

8.410000

2002-07

28.44

798.66

5591.6

10655.82

3.066586

8.910000

2002-08

28.76

808.43

5631.8

10697.81

3.041056

9.540000

2002-09

29.70

790.03

5655.9

10731.87

2.782966

10.07000

2002-10

32.95

730.06

5705.1

10776.43

2.765481

11.91000

2002-11

37.27

666.99

5750.2

10822.46

2.756879

12.78000

2002-12

37.61

696.40

5775.6

10869.98

2.757161

14.77000

2003-01

41.51

642.17

5802.5

10918.96

2.766327

28.88000

2003-02

44.52

627.97

5842.0

10969.42

2.784376

33.25000

2003-03

42.22

668.21

5860.1

11021.36

2.811309

36.96000

2003-04

42.30

687.54

5902.0

11074.77

2.847126

39.25000

2003-05

40.54

719.44

5959.9

11129.66

2.891827

40.57000

2003-06

42.86

695.98

5998.6

11186.03

2.945411

41.66000

2003-07

42.71

703.91

6051.2

11243.87

3.007879

42.03000

2003-08

41.22

732.74

6102.3

11303.18

3.079231

41.92000

2003-09

42.03

722.07

6082.5

11403.13

3.515424

42.46000

2003-10

41.96

732.31

6070.2

11463.76

3.589608

41.23000

2003-11

42.82

740.95

6066.0

11524.22

3.65774

41.49000

2003-12

42.08

789.25

6068.1

11584.51

3.719821

40.43000

2004-01

44.09

761.96

6070.2

11644.63

3.775851

25.83000

2004-02

43.00

791.57

6114.0

11704.58

3.825829

22.64000

2004-03

40.22

854.16

6154.7

11764.37

3.869755

20.83000

2004-04

37.74

901.70

6197.8

11823.99

3.90763

25.37000

2004-05

36.95

909.80

6268.0

11883.44

3.939454

25.09000

2004-06

35.74

936.18

6277.3

11942.73

3.965226

24.08000

2004-07

36.03

944.78

6285.4

12001.85

3.984946

23.04000

2004-08

36.10

952.48

6307.8

12060.8

3.998615

22.38000

2004-09

36.82

937.16

6339.4

12119.58

4.006232

22.53000

2004-10

37.16

943.53

6362.9

12178.2

4.007798

21.98000

2004-11

37.48

933.51

6400.0

12236.65

4.003313

20.56000

2004-12

37.23

978.88

6418.8

12294.93

3.992775

20.21000

2005-01

37.69

969.40

6422.3

12353.04

3.976187

19.79000

2005-02

37.89

972.65

6445.5

12410.99

3.953546

18.64000

2005-03

38.20

983.40

6464.7

12468.77

3.924855

17.16000

2005-04

39.03

963.91

6472.9

12526.38

3.890111

12.60000

2005-05

38.70

969.77

6489.3

12583.82

3.849316

12.61000

2005-06

39.92

956.73

6520.2

12641.1

3.80247

14.47000

2005-07

42.08

914.83

6545.3

12698.21

3.749572

15.04000

2005-08

42.34

909.48

6576.7

12755.15

3.690623

16.00000

Sources : IHSI, BRH, www.econstat.com

(1) Calcul effectué par l'auteur

Annexe II, Test de Breusch-Godfrey

Breusch-Godfrey Serial Correlation LM Test:

 

 

 

 

 

 

 

 

 

F-statistic

1.092597

Probability

 

0.339056

Obs*R-squared

2.381624

Probability

 

0.303974

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Test Equation:

 

 

 

 

Dependent Variable: RESID

 

 

 

 

Method: Least Squares

 

 

 

 

Date: 09/21/08 Time: 12:19

 

 

 

 

Presample missing value lagged residuals set to zero.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Variable

Coefficient

Std. Error

t-Statistic

Prob.

 

 
 
 
 

C

7.740204

13.63891

0.567509

0.5716

LM2HAITI

0.021708

0.222175

0.097707

0.9223

LM2USA

0.059733

0.117888

0.506692

0.6134

LPIBHAITI

0.006667

0.203312

0.032793

0.9739

LPIBUS

-1.67733

2.947118

-0.56914

0.5705

LIPCH

0.004279

0.007821

0.547106

0.5854

LPIBHAITI^2

-0.00237

0.084561

-0.02805

0.9777

LPIBUS^2

0.095061

0.165505

0.574371

0.5669

LM2HAITI(-1)

-0.38811

0.614021

-0.63208

0.5287

LTXCH(-1)

-0.05793

0.085308

-0.67905

0.4986

RESID(-1)

0.045619

0.126293

0.361218

0.7186

RESID(-2)

0.165924

0.112871

1.470031

0.1445

 

 
 
 
 

R-squared

0.020014

Mean dependent var

 

-2.94E-15

Adjusted R-squared

-0.08073

S.D. dependent var

 

0.013358

S.E. of regression

0.013886

Akaike info criterion

 

-5.62042

Sum squared resid

0.020633

Schwarz criterion

 

-5.34017

Log likelihood

346.415

F-statistic

 

0.198654

Durbin-Watson stat

2.02022

Prob(F-statistic)

 

0.997391

 

 

 

 

 

Résultat E-Views

Annexe III, Test d'Hétéroscédasticité

White Heteroskedasticity Test:

 

 

 

 

 

 

 

 

 

F-statistic

1.336137

Probability

 

0.194622

Obs*R-squared

19.38365

Probability

 

0.196872

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Test Equation:

 

 

 

 

Dependent Variable: RESID^2

 

 

 

 

Method: Least Squares

 

 

 

 

Date: 09/21/08 Time: 12:38

 

 

 

 

Sample: 1996M02 2005M12

 

 

 

 

Included observations: 119

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Variable

Coefficient

Std. Error

t-Statistic

Prob.

 

 

 

 

 

C

0.288443

0.494114

0.583758

0.5607

LM2HAITI

-1.14404

0.629682

-1.81685

0.0721

LM2HAITI^2

0.302875

0.166127

1.82315

0.0712

LM2USA

0.15312

0.114025

1.342871

0.1823

LM2USA^2

-0.00907

0.006657

-1.36178

0.1762

LPIBHAITI

0.003827

0.041891

0.091349

0.9274

LPIBHAITI^2

-0.00212

0.0263

-0.08074

0.9358

LPIBUS

-0.28236

0.180478

-1.5645

0.1208

LPIBUS^2

0.015538

0.009847

1.577962

0.1176

LIPCH

-0.00031

0.00092

-0.33837

0.7358

LIPCH^2

7.15E-05

0.000161

0.444217

0.6578

(LPIBHAITI^2)^2

0.000133

0.003006

0.044127

0.9649

LM2HAITI(-1)

1.524998

0.658078

2.317351

0.0225

LM2HAITI(-1)^2

-0.40571

0.173702

-2.33569

0.0214

LTXCH(-1)

-0.00305

0.004262

-0.71471

0.4764

LTXCH(-1)^2

0.000332

0.000599

0.554546

0.5804

 

 

 

 

 

R-squared

0.162888

Mean dependent var

 

0.000177

Adjusted R-squared

0.040978

S.D. dependent var

 

0.000258

S.E. of regression

0.000252

Akaike info criterion

 

-13.6079

Sum squared resid

6.55E-06

Schwarz criterion

 

-13.2343

Log likelihood

825.6722

F-statistic

 

1.336137

Durbin-Watson stat

2.427346

Prob(F-statistic)

 

0.194622

 

 

 

 

 

Résultat E-Views

* 1 Les variables étrangères sont les variables des Etats-Unis

* 2 Voir cadre Théorique

* 3 Une dépréciation de la gourde signifie que le taux de change de la gourde par rapport au dollar américain augmente, fluctue vers le haut. Et une diminution du taux de change signifie que la gourde est appréciée, taux de change fluctue vers les bas. Quand le taux de change s'écarte de sa tendance, on dit qu'il y a une fluctuation, une variation, une instabilité, une volatilité du taux de change.

* 4 A partir du mois de novembre 1996, la Banque Centrale a introduit les BONS BRH comme nouvel instrument de reprise de la liquidité à court terme du système bancaire. Cette mesure visait un double objectif. D'une part, il s'agissait de substituer progressivement les bons BRH aux réserves obligatoires pour signifier que la banque voulait rompre avec la politique de répression financière qui avait prévalu durant les quinze années antérieures. D'autre part, il était donné aux opérateurs économiques le signal d'un engagement de la BRH envers le développement du marché interbancaire.

* 5 Jean-Pierre Alleget, Mohamed Ayadi et Leile Haouaoui, « Volatilité des Chocs et degré de Flexibilité du taux de Change » Scientific Paper. P 35

* 6 Bulletin AHE, volume 1 # 3, décembre 2002, p 21

* 7 M2  : les comptes sur livrets, M3 : les dépôts à termes, bons et certificats de dépôts. M1 représente la monnaie fiduciaire (pièce et billets) et les dépôts à vue,

* 8 Rapport BRH, www.brh.net

* 9 Les fondamentaux dans notre travail sont : la masse monétaire (locale et étranger), la production (locale et étranger), et l'indice des prix à la consommation. Voir cadre conceptuel.

* 10 Les Quotes-parts génèrent l'essentiel des ressources financières du FMI. Chaque pays membre se voit attribuer une quote-part sur la base de son importance relative dans l'économie mondiale. La quote-part d'un pays membre détermine le montant maximum de ressources financières que le pays s'engage à fournir au FMI et le nombre de voix qui est attribué, et détermine le montant de l'aide financière qu'il peut obtenir du FMI.

* 11Dans l'or et la crise du dollar (1960), Robert Triffin note que le système de Bretton Woods induit que les Etats-Unis aient une balance des paiements déficitaire afin d'alimenter le monde en moyens de paiements internationaux. Toutefois, ce phénomène a un autre effet : Il contribue à un affaiblissement progressif de la confiance des étrangers dans le dollar. Ainsi, les besoins importants de l'économie mondiale en une devise fiable, le dollar, contribuent paradoxalement à la perte de confiance en la fiabilité de cette monnaie. Robert Triffin croit voir dans ce paradoxe un dilemme insurmontable, connu comme le dilemme de Triffin, qui mène nécessairement à un effondrement du système et invite dès 1960 à une réforme du système monétaire international.

* 12 Sur le marché libre de l'or, réouvert en 1954, les cours montent brusquement à 40 dollars l'once. Situation intolérable pou Washington, qui entend maintenir le prix de $35 dollars par once. Pour y parer, les Etats-Unis constituent avec l'aide de la France un « Pool de l'Or », chaque fois que les cours menacent de dépasser 35 dollars, le pool intervient en vendant. (La France va se retirer par la suite).

* 13 Les accords de la Jamaïque Accords qui légalisent en effet le système des taux de changes flottants et mettent fin au régime des parités fixes mais ajustables. Le comité intérimaire du FMI met un terme définitif au système monétaire de parités fixes. Au même moment, le 8 janvier 1976, les ministres des Finances qui forment le comité intérimaire du FMI, adoptent à Kingston une réforme du système monétaire international.

* 14 La crise économique asiatique est une crise économique qui a touché les pays de l'Asie de SUD-EST à partir de juillet 1997, puis s'est propagée, avec un moindre ampleur, à d'autre pays émergents : Russie, Argentine, Brésil. Le surinvestissement et des niveaux de dette extérieure très élevés sont les causes sous-jacentes de cette crise, qui a débuté sous la forme d'une crise monétaire (forte dépréciation des monnaies asiatiques).

* 15 Jean Pierre Boyer, « Le Système bancaire Haïtien » 65 p

* 16 On rappelle que cette théorie a été introduit par Cassel en 1916 qui a suggéré de définir le niveau du taux de change nominal d'équilibre comme le taux assurant la parité de pouvoir d'achat entre deux monnaies : une unité monétaire quelconque peut être échangée contre la même quantité de biens dans son pays d'origine ou dans tout autre pays après conversion en monnaie locale.

* 17 Voir Cadre conceptuel

* 18 On rappelle que deux variables sont dites cointégrées si elles sont toutes deux non stationnaires et s'il est possible de trouver une combinaison linéaire de ces deux variables qui soit stationnaires.

* 19Ronald MACDONALD and Mark.P. TAYLOR: «exchange rate economics: a survey», IMF staff papers, vol 39, n° 1, (march 1992), p 23

* 20 Mark.P. TAYLOR: « the economics of exchange rates », journal of economics literature, vol XXXIII (March 1995), pp 13-47. 1161-1176.

* 21 «Déviation du taux de change par rapport aux fondamentaux », Adnan Chockri, 85 p

* 22 «Monetary Model of Exchange rate : Empirical Evidence from Malawi», Kisukyabo Simwaka, 24 p

* 23 «Monetary disequilibria and the Euro/Dollar exchange rate», Dieter Nautz et Karsten, 79 p

* 24 Nicolette Sander, « Volatilité du taux de change et équilibre Macroéconomique en Haïti 1991- 1995 » 77p

* 25 La parité de taux d'intérêt Non Couvert (PTINC), approche utilisé pour tester l'hypothèse du marché des changes, établit que la différence entre l'anticipation du change et le change au comptant, est reliée à la différence entre le taux d'intérêt domestique et le taux d'intérêt étranger.

* 26 Programme d'ajustement structurel (PAS) - Programme visant à rétablir une balance des paiements viable, réduire l'inflation et instaurer les conditions d'une croissance durable du revenu par habitant. Les PAS prévoient généralement des compressions des dépenses dans le secteur public ainsi que la mise en oeuvre d'une politique monétaire très stricte. Dans les années 1980, au moins 75 pays en développement ont adopté des PAS dans la foulée de prêts leur ayant été consentis par la Banque mondiale et le FMI. Certains analystes estiment que ces programmes ont des impacts disproportionnés.

* 27 Loi du 17 août 1979 créant la Banque de la République d'Haïti (BRH), Moniteur no. 72 du mardi 11 septembre 1979

* 28 Les Réserves obligatoires sont utilisées pour contrôler la masse de liquidités mobilisables dans le système bancaire pour des opérations de crédit. Elles constituent donc un substitut des mesures directes d'encadrement du crédit, un outil de maîtrise de l'inflation. Etant donné l'absence d'un système de garantie des dépôts ne Haïti, elles contribuent à la sécurisation des dépôts et au renforcement de la confiance des déposants.

* 29 A noter que durant la première période mentionnée, les interventions sur le marché des changes ont été réalisées des deux cotés du marché. Tandis que durant la seconde période, elles ont été réalisées seulement du coté des achats.

* 30 A partir du mois de novembre 1996

* 31 On pourrait expliquer cette remontée par la crise politique née des élections de mai 2000.

* 32 Il est à signaler que l'instrument : « les interventions sur le marché des changes » a été utilisé dans le but

de la reconstitution des réserves nettes de change.

* 33 Les Taux d'intérêt dans l'économie Haïtienne dépendent du Taux d'intérêt directeur (taux sur les Bon BRH de 90 jours).

* 34 Elle stipule Toutes autres choses égales, une dépréciation réelle de la monnaie améliore la balance commerciale à la condition que la somme des valeurs absolues des élasticités-prix de l'offre d'exportation et de la demande d'importation soit supérieure à l'unité. (Etablie par deux économistes Alfred Marshall et Abba Lerner)

* 35 «Déviation du taux de change par rapport aux fondamentaux », Adnan Chockri, PP 33 - 35

* 36 On dit Revenu ou Produit intérieur brut

* 37 Ibid. p. 48

* 38 Michael frommel, Ronald Mcdonald, Lukas Menkhoff, dans leur travail de recherche « Markov Switching Regimes in a Monetary Exchange Rate Model » 85p, ont ajouté l'inflation comme une variable pertinente dans l'explication du change.

* 39 Régis Bourbonnais, « économétrie », 6eme ed. pp 225 - 228

* 40 Voir annexe II

* 41 Voir annexe III