
Mémoire présenté devant l'Université
de Paris-Dauphine
Tunis
pour l'obtention du diplôme du Master Actuariat
Par : Zribi Mohamed Mahdi
Titre : Application des générateurs de
scénarios économiques en ALM pour les compagnies d'assurances
Confidentialité: Non Oui (Durée : 1 an 2 ans)
Les signataires s'engagent à respecter la
confidentialité ci-dessus
Membres présents du jury du Master Entreprise
:
Actuariat de Tunis-Dauphine : Nom: ERM Partners
Racem KETATA (président de jury) Signature:
Abdelwaheb MAHJOUB Directeur de Mémoire en
entreprise:
Med Najed KSOURI Nom: M.Ksouri Mohamed Najed
Signature :
Tutrice académique:
Nom: Mme.Rihani Sinda Signature :
Autorisation de publication et de mise en ligne sur un site de
diffusion de documents actuariels (après expiration de l'éventuel
délai de confidentialité)
Signature du responsable entreprise
Signature du candidat
Secrétariat :
Bibliothèque :
Institut Tunis-Dauphine - 20 rue Baudelaire, 1005 El Omrane
2
Table des matières
Liste des tableaux 4
Table des figures 5
Résumé 7
Abstract 9
Remerciements 11
Note de Synthèse 12
Synthesis note 16
Introduction 20
1 Contexte et Cadre réglementaire 21
1.1 Présentation de ERM Partners 21
1.2 Normes réglementaires en assurance :
Solvabilité I et Solvabilité II 22
1.2.1 Solvabilité I : Principes et Limites 22
1.2.2 De Solvabilité I vers Solvabilité II 24
1.2.3 Solvabilité II 25
1.3 Contexte historique de la gestion actif-passif 28
1.3.1 Introduction à la gestion actif-passif 28
1.3.2 Evolution des outils de la gestion actif-passif à
travers les
générations 29
1.3.3 Limites d'un modèle de gestion actif-passif 31
2 Les générateurs de scénarios
économiques 32
2.1 Introduction et motivation 32
2.2 Définition d'un GSE 32
2.3 Etapes de la construction d'un GSE 33
2.4 Principaux modèles d'un GSE 43
2.4.1 Modèle de WILKIE - 1986 43
2.4.2 Modèle de Brennan and Xia 46
2.4.3 Modèle d'Ahlgrim et AL 48
2.4.4 Avantages et limites des modèles de
références 50
3 La gestion actif passif dans le cadre de l'assurance
52
3.1 Présentation d'un contrat d'assurance vie 53
3.2 Présentation de l'assurance non-vie 55
3.3 Modélisation Actif - Passif 57
3
TABLE DES MATIÈRES
3.4 Modélisation de l'actif 57
3.4.1 Modélisation de l'actif en assurance vie 58
3.4.2 Modélisation de l'actif en assurance non-vie 59
3.5 Modélisation du passif 59
3.5.1 Modélisation du passif en assurance vie 59
3.5.2 Modélisation du passif en assurance non-vie 60
3.6 Interaction actif-passif 60
3.7 Projection des éléments de comptabilité
62
3.7.1 Revalorisation de l'actif 63
4 Application pratique de la mise en place d'un GSE et
projection au sein du
modèle ALM 66
4.1 Analyse des données 66
4.1.1 Taux d'inflation 67
4.1.2 Taux d'intérêt 69
4.1.3 Rendement des actions 71
4.1.4 Rendement de l'immobilier 72
4.2 Calibrage des données 74
4.3 Projection 78
4.3.1 Projection issues du calibrage du modèle d'Ahlgrim
et Boostrap 80
4.4 Réalisation d'un cas pratique pour une compagnie
d'assurance 88
4.4.1 Cas pratique en assurance non-vie 88
4.4.2 Résultats en assurance non-vie 92
4.4.3 Cas pratique en assurance vie 93
4.4.4 Résultats en assurance vie 96
Conclusion 99
4
Liste des tableaux
1.1 Comparaison entre Solvabilité 1 et Solvabilité
2 25
2.1 Tests statistiques et intérêts 41
2.2 Comparaison entre un monde réel et un monde risque
neutre 43
2.3 Avantages et limites des modèles de
référence 51
4.1 Statistiques du taux d'inflation entre 1990-2021 68
4.2 Statistique du Taux réel à court terme entre
1990-2020 70
4.3 Statistique du Taux réel à long terme entre
2007-2021 70
4.4 Statistique du rendement de l'action entre 1997-1990 72
4.5 Statistique du rendement de l'immobilier entre 2000-2020
74
4.6 Ahlgrim : Estimation des paramètres du modèle
sur l'inflation 74
4.7 Ahlgrim : Test d'adéquation du modèle sur
l'inflation 74
4.8 Ahlgrim : Estimation des paramètres du modèle
sur l'immobilier . . 75
4.9 Ahlgrim : Test d'adéquation du modèle sur
l'immobilier 75
4.10 Ahlgrim : Estimation des paramètres du modèle
sur le taux d'intérêt
réel à long et court terme 76 4.11 Ahlgrim :
Test d'adéquation du modèle sur le taux d'intérêt
réel à
long terme 77 4.12 Ahlgrim : Test d'adéquation du
modèle sur le taux d'intérêt réel à
court terme 77 4.13 Ahlgrim : Estimation des
paramètres du modèle sur le rendement
d'actions 78
4.14 Ahlgrim and Al : Matrice de corrélation de
l'historique des résidus . 79
4.15 Ahlgrim and Al : Matrice de corrélation -
Décomposition de Cholesky 79
4.16 Ahlgrim and Al : Matrice de corrélation
projeté 80
5
Table des figures
1 Résultats des projections Ahlgrim et Al.
réalisés 13
2 Résultats des projections par Boostrap
réalisés 14
3 Distribution des NAV selon les deux scénarios 15
1.1 Métiers du cabinet ERM partners 22
1.2 Bilan sous Solvabilité 1 23
1.3 Passage d'un bilan comptable a un bilan économique
24
1.4 Principes de la norme prudentielle Solvabilité 2
26
2.1 Les étapes de la construction d'un GSE 33
2.2 Structure do modèle de WILKIE [1] 45
2.3 Structure du modéle de Brennan-Xia [1] 48
2.4 Structure du modéle de Ahlgrim-Al [1] 50
3.1 Démarche de calcul du BE et NAV 61
3.2 Démarche de projection en assurance non-vie [8]
62
3.3 Démarche de projection des éléments de
comptabilité 63
4.1 Evolution de l'inflation entre 1990-2020 (Source : INS ) [12]
68
4.2 Evolution du TMM entre 1990-2020 (Source : INS) [23] 69
4.3 Evolution de TUNINDEX entre 1997-2020 (Source : INS) [12]
71
4.4 Evolution du rendement de l'action entre 1997-2020 (Source :
INS) [12] 72 4.5 Evolution du rendement de l'immobilier entre 2000-2020 (Source
:
INS) [12] 73
4.6 Ahlgrim et Al. : projection de l'inflation 80
4.7 Boostrap : projection de l'inflation 80
4.8 Ahlgrim et Al. : projection de l'éxcedent de rendement
de l'action . 81
4.9 Boostrap : projection de l'éxcedent de rendement de
l'action 81
4.10 Ahlgrim et Al. : projection de l'immobilier 82
4.11 Boostrap : projection de l'immobilier 82
4.12 Ahlgrim et Al. : projection de rendement de l'action 83
4.13 Ahlgrim et Al. : projection de Taux court 83
4.14 Ahlgrim et Al. : projection de Taux court 84
4.15 Boostrap : projection de Taux court 84
4.16 Ahlgrim et Al. : projection de Taux long 85
4.17 Boostrap : projection de Taux long 85
4.18 Ahlgrim et Al. : projection de taux réel court 86
4.19 Boostrap : projection de taux réel court 86
4.20 Ahlgrim et Al. : projection de Zero coupon nominal 87
4.21 Ahlgrim et Al. : projection de Zero coupon réel
87
4.22 Hypothéses de construction du bilan en assurance
non-vie 88
4.23 Triangle PSAP 88
6
TABLE DES FIGURES
4.24 Règlements et charges des sinistres
89
4.25 Bilan économique 89
4.26 Compte de résultat technique
90
4.27 Etat de flux de trésorerie
91
4.28 Allocation stratégique des actifs
91
4.29 Rendements macro-économiques prospective
issus des GSE 92
4.30 Hypothéses de projection en assurance-vie
94
4.31 Résultat de projection des facteurs
financiers 95
4.32 Projection des cash-flows passif en assurance-vie
96
4.33 Résultats BE(0) et NAV(0) 96
4.34 Evolution du NAV selon le premier scénario
97
4.35 Evolution du NAV selon le deuxième
scénario 97
7
Résumé
Les compagnies d'assurances sont exposées à
plusieurs enjeux, parmi ceux on cite les engagements qui durent a long terme
(les engagements liés aux produits d'épargne-retraite à
titre d'exemple en assurance-vie et les rentes suite à des sinistres
corporels en automobile pour l'assurance non-vie). De ce fait un risque de
sous-investissement s'impose à l'activité, l'assureur doit donc
disposer des outils nécessaires pour faire face à ses engagements
envers ses assurés et ses actionnaires.
L'objectif de ce mémoire est de mettre en place des
outils de l'analyse prospective de gestion actif-passif stochastique pour des
compagnies d'assurances offrant des produits d'assurance vie et des produits
d'assurance non-vie sous la probabilité historique et sur la base des
données économiques et financières tunisiennes.
La mise en place de ces outils s'est déroulée en
plusieurs étapes, en effet il est tout d'abord nécessaire de
rappeler le cadre réglementaire (solvabilité 2 dans notre
étude) qui constitue le principal enjeu pour les assureurs : des
règles particulières pour la modélisation de l'actif et la
modélisation du passif (soit en valeur de marché).
Ainsi, les compagnies d'assurances sont amenées
à évaluer leur valeur économique et fournir une vision
prospective sur leurs activités d'investissement pour faire face
à toute fluctuation de sinistralité et l'apparition de nouveaux
risques inhérents à l'activité.
Pour ce faire il est nécessaire d'implémenter un
modèle ALM qui s'appuie sur des scénarios stochastiques fournis
par le générateur de scénarios économiques (GSE)
Les outputs de ce GSE seront des outils utiles pour
déterminer :
· Le bilan et le compte de résultat et l'état
de flux de trésorerie.
· Le best estimates BE.
· La valeur de l'actif net « VAN ».
Dans le cadre de ce mémoire, nous construisons un
générateur de scénarios économiques permettant de
projeter les indices économiques suivant : le taux
d'intérêt tel que l'inflation, le taux court et long et les
rendements des actions et immobiliers en utilisant le modèle de Wilkie,
Brennan and Xia et Ahlgrim et Al. Ce dernier est choisi car il s'adapte mieux
à la nature des données du marché tunisien.
Au final, nous proposons une analyse des résultats
obtenus, ces analyses seront exploitées par la suite pour
l'élaboration d'un business plan pour une compagnie d'assurance
tunisienne.
Notre étude traitera ce business plan sous les
différents scénarios afin de fournir une allocation
stratégique optimale des actifs.
8
TABLE DES FIGURES
Mots-clés: Générateur de
scénarios économiques, Gestion actif-passif, Solvabilité
2, Best Estimate, Valeur de l'actif net, assurance vie, assurance non-vie, PM,
PSAP, bilan, Compte de resultat.
Our study will treat this business plan under the different
scenarios in order to provide an optimal strategic allocation of assets.
Abstract
Insurance companies are exposed to several issues, among
those we cite long-term commitments (commitments related to retirement savings
products for example in life insurance and annuities following bodily injury
claims for non-life insurance). As a result, a risk of underin-vestment is
imposed on the activity, the insurer must therefore have the necessary tools to
meet its commitments to its policyholders and shareholders.
The objective of this thesis is to set up prospective
analysis tools for stochastic asset-liability management for insurance
companies offering life insurance products and non-life insurance products
under the probability historical data and on the basis of Tunisian economic and
financial data.
The implementation of these tools took place in several
stages, indeed it is first of all necessary to recall the regulatory framework
(solvency 2 in our study) which constitutes the main issue for insurers :
specific rules for the modeling of the assets and the modeling of the
liabilities (either in market values).
Thus, insurance companies are required to assess their
economic value and provide a forward-looking view of their investment
activities to deal with any fluctuation in claims and the emergence of new
risks inherent in the activity.
To do this it is necessary to implement an ALM model which is
based on stochastic scenarios provided by the economic scenario generator
(GSE)
The outputs of this GSE will be useful tools to determine :
· The balance sheet and the income statement and the cash
flow statement.
· The best estimates BE.
· The value of the "NAV" net assets.
As part of this thesis, we are building an economic scenario
generator allowing the projection of the following economic indices : the
interest rate such as inflation, short and long rate and returns on stocks and
real estate using the model of Wilkie, Brennan and Xia and Ahlgrim and Al. The
latter is chosen because it best fits the nature of the market data
Tunisian.
In the end, we propose an analysis of the results obtained,
these analyzes will be used in the following for the development of a business
plan for a Tunisian insurance company.
TABLE DES FIGURES
Key words : Economic scenario generator, Asset liability
Manegement, Solvency 2, Best Estimate, Net asset value, life insurance,
non-life insurance, MP, IBNYR1, balance, income statement.
10
1. Incurred But Not Yet Reported
11
Remerciements
La réalisation de ce mémoire était
possible grâce au concours de plusieurs personnes à qui je
voudrais témoigner toute ma gratitude.
Je voudrais tout d'abord adresser toute ma reconnaissance au
directeur de ce mémoire, M.Ksouri Mohamed Najed, pour sa patience, sa
disponibilité et surtout ses judicieux conseils, qui ont
contribué à alimenter ma réflexion.
Je tiens à remercier également Mme.Rihani Sinda
tutrice académique de ce mémoire pour avoir eu la patience de
répondre à mes innombrables questions, ses nombreux conseils
ainsi ses instructions pertinentes pour la rédaction de ce
mémoire.
Je désire aussi remercier les professeurs de
l'université de Tunis-Dauphine en particulier Rammeh Hichem, qui m'ont
fourni les outils nécessaires à la réussite de mes
études universitaires.
Je remercie également Mme.Dhuin Claudine (paix
à son âme) chargée de la coordination entre Tunis-Paris
dauphine pour son professionnalisme et sa disponibilité.
Je remercie également toute l'équipe ERM
Partners, en particulier Chammem Irad et Dridi Imen pour leur accueil
chaleureux et leur bienveillance.
Finalement, je tiens à remercier tous les membres de
ma famille pour leurs supports, leurs encouragements et leur confiance.
12
Note de Synthèse
1. Introduction
La gestion actif-passif constitue un manuel d'organisation
dans les compagnies assurances pour mesurer, analyser et gérer les
risques inhérents à l'activité.
Une vision prospective de ce fait devient indispensable afin
d'assurer une suffisance de capital afin de faire face aux engagements futurs.
En assurance vie, les contrats d'épargne prévoient un certain
nombre de garanties financières tel que le TMG, taux de
revalorisation en contre partie d'une prime et des risques tel que la
mortalité et le rachat pour ce faire l'assureur doit :
· Prévenir une stratégie d'investissement.
· Fixer une allocation optimale de ces
générateurs d'intérêts.
· Traiter ses hypothèses sous diffèrent
scénarios afin qu'ils soient capables pour n'importe quelle
déviation du marché.
En assurance non-vie, la prime payée doit couvrir
totalement le risque souscrit en particulier les risques qui durent à
long terme tel que les rentes suite à des sinistres corporels en
automobile ou bien les rentes suite à une erreur médical en
assurance santé dans ce contexte l'assureur doit étudier :
· Les différents scénarios financiers,
permettant de choisir l'une des différentes allocations
gérées d'actifs en fonction du ratio S/P.
· L'impact de la variation du ratio S/P.
· L'impact d'un excès de sinistralité.
Les compagnies d'assurances dépendent alors fortement
de la situation économique du marché, ce facteur constitue un
élément inhérent de l'activité puisque l'assureur
s'engage à :
· Fournir l'interaction actif-passif.
· Choisir une allocation optimale d'actif
répondant au besoin des assurés et des actionnaires.
· Respecter un cadre réglementaire et
comptable.
D'où la nécessité d'un modèle ALM
(Asset Liability Management) afin de projeter les flux des actifs et passifs et
prévoir l'évolution de l'activité de l'entreprise à
long terme.
2. Une analyse des résultat obtenus
Nous travaillons sur les deux volets d'assurance : l'assurance
vie et non-vie dans l'objectif
13
TABLE DES FIGURES
de fournir des outils d'aide à la décision.
Nous commençons à projeter nos variables
macro-économiques : l'indice inflation, le rendement de l'action, le
rendement de l'immobilier, le taux réel long, le taux réel court
et les prix de zéro-coupon nominal et réel.
Cette projection constitue la force motrice de ce
mémoire intitulé « Application des
générateurs de scénarios économiques en ALM pour
les compagnies d'assurances », elle est assuré comme
l'indique son nom par les GSE en particulier le modèle de
référence AHLGRIM et AL . : un modèle qui demande des
données disponible au niveau du marché tunisien dont ces derniers
répondent aux contraintes qu'il demande singularisé par rapport
au autres modèle (WILKIE, BRENNAN AND XIA dans notre étude) par
l'indice immobilier qui constitue un pilier d'investissement chez les assureurs
tunisien ainsi la simplicité d'implémentation. Nous obtenons les
résultats suivants :

FIGURE 1 - Résultats des projections Ahlgrim et
Al. réalisés Ces outputs sont
utilisés dans la suite pour :
· Projeter le bilan, le compte de
résultat technique et l'état de flux de
trésorerie.
· Calculer le Best Estimate et la NAV.
· Analyser les différentes allocations des
actifs.
14
TABLE DES FIGURES
Pour la projection (en assurance non-vie) on s'appuie sur les
techniques de boostrapping afin de
rééchantillonner à chaque fois un nouveau
scénario.

FIGURE 2 - Résultats des projections par
Boostrap réalisés
En assurance non-vie nous avons analysé
l'évolution des fonds propres selon deux scénarios
économiques dont la répartition du premier définie par :
15% en monétaire, 15% en action, 10% en immobilier et 50% en
obligataire.
L'allocation proposée pour le deuxième
scénario est la suivante : 20% en monétaire, 30% en action, 20%
en immobilière et 20% en obligataire.
Pour l'assurance vie on trouve les deux histogrammes de la
distribution du NAV suivantes: Dont le premier scénario est
défini par l'allocation suivante :
· 80% en action.
· 20% en obligataire
Pour le deuxième scénario on propose le cas
contraire (80% en obligation et 20% en action (courbe au-dessous)).
3. Conclusion
Pour l'assurance non-vie nous choisissons
d'investir selon l'allocation proposée dans le deuxième
scénario, en effet un coefficient de variation de 14%
contre celle des 30% pour le premier scénario.
15
TABLE DES FIGURES

FIGURE 3 - Distribution des NAV selon
les deux scénarios
Pour l'assurance vie on choisi
également le deuxième scénario, ce choix est motivé
par la valeur du NAV de 93,01 contre -12,08,
ce choix est renforcé également par une
interprétation graphique en effet la première distribution est
plus aplati par rapport à la deuxième ce qui implique que notre
investissement est plus risqué et plus étalé ainsi on peut
expliquer aussi ce choix par la volatilité élevée du
marché donc les assureurs recourent vers les obligations pour se
couvrir.
Les résultats réalisés n'impliquent pas
de se limiter aux décisions fournies par le code, en effet :
· Un modèle est l'outil d'approximation et d'aide
à la décision, certes son utile mais reste est limité : on
peut renforcer le choix par d'autres outils
· Un assureur est exposé aux différents
risques, il n'est pas évident de corréler entre eux : on peut
modéliser des corrélations au sein d'un GSE par les
méthodes des vraies semblances et les copules
· Mesurer les différents degrés d'aversion
de risque : utiliser les fonctions d'utilité (Von Neuman Morgenstein)
16
Synthesis note
1. Introduction
Asset-liability management constitutes an organizational
manual in insurance companies for measuring, analyzing and managing the risks
inherent in the activity.
A forward-looking view of this fact becomes essential in
order to ensure sufficient capital to meet future commitments. In life
insurance, savings contracts provide for a certain number of financial
guarantees such as the TMG, revaluation rate in return for a
premium and risks such as mortality and redemption for to do so, the insurer
must:
· Prevent an investment strategy.
· Set an optimal allocation of these interest
generators.
· Treat his assumptions under different scenarios so
that he is capable for any deviation from the market.
In non-life insurance, the premium paid must fully cover the
risk taken out, in particular risks that last in the long term such as
annuities following bodily injury in the automobile or annuities following a
medical error in health insurance in this context. the insurer must study:
· The different financial scenarios, allowing to choose
one of the different managed asset allocations according to the S / P ratio.
· The impact of changing the S / P ratio.
· The impact of excess claims.
Insurance companies are therefore highly dependent on the
economic situation of the market, this factor is an inherent element of the
activity since the insurer is committed to:
· Provide active-passive interaction.
· Choose an optimal asset allocation that meets the
needs of policyholders and shareholders.
· Respect a regulatory and accounting framework.
Hence the need for an ALM (Asset Liability Management) model
in order to project the flows of assets and liabilities and forecast the
evolution of the activity of the company in the long term.
2. Une analyse des résultat obtenus
We are working on both sides of insurance: life and non-life
insurance with the aim of providing decision support tools.
17
TABLE DES FIGURES
We begin to project our macroeconomic variables: the
inflation index, the stock yield, the real estate yield, the real long rate,
the real short rate and the nominal and real zero-coupon prices.
This projection constitutes the driving force of this thesis
entitled "Application of the generators of economic scenarios in ALM
for the insurance companies", it is ensured as indicated by its name
by the GSE in particular the reference model AHLGRIM et al . : a model which
requires data available at the level of the Tunisian market of which the latter
responds to the constraint that it requests singled out compared to the other
model (WILKIE, BRENNAN AND XIA in our study) by the real estate index which
constitutes a pillar of investment in Tunisian insurers and simplicity of
implementation. We obtain the following results:

These outputs are used in the following for :
· Project the balance sheet, the
technical income statement and cash flow
statement.
· Calculate the Best Estimate and the
NAV.
· Analyze the different asset
allocations.
18
TABLE DES FIGURES
For the projection (in non-life insurance), we rely on
boostrapping techniques in order to resample a new scenario
each time.

In non-life insurance, we have analyzed the evolution of own
funds according to two economic scenarios, the distribution of the first of
which is defined by: 15% in money market, 15% in equities, 10% in real estate
and 50% in bond.
The allocation proposed for the second scenario is as
follows: 20% in money market, 30% in equities, 20% in real estate and 20% in
bonds.
For life insurance we find the following two histograms of the
NAV distribution: The first scenario of which is defined by the following
allocation:
· 80% in equity.
· 20% in bounds.
For the second scenario, we propose the opposite case (80 %
in bonds and 20 % in shares (curve below)).
3. Conclusion
For the non-life insurance we choose to
invest according to the allocation proposed in the second scenario, in fact a
coefficient of variation of 14 % against that
of the 30 % for the first scenario thus this choice is
reinforced by a graphic interpretation: equity at the end of the period is
higher than the first amount invested at the initial.
19
TABLE DES FIGURES

For the life insurance we also choose the
second scenario, this choice is motivated by the value of the NAV of
93,01 against -12,08, this choice is also
reinforced by a graphic interpretation in fact the first distribution is more
flattened compared to the second which implies that our investment is more
risky and more spread out so we can also explain this choice by the high
volatility of the market therefore the insurers resorts green bonds to
hedge.
The results achieved do not imply limiting oneself to the
decisions provided by the code, in fact:
· A model is an approximation and decision-aid tool,
certainly useful but these are limited: we can reinforce the choice by
other tools.
· An insurer is exposed to different risks, it is not
easy to correlate between them: we can model correlations
within a GSE by the likelihood methods and
them copulas.
· A person averse to risk and seek to hedge is not
capable of generating more return: we resort to utility functions in
microeconomics to reinforce the degree of risk aversion.
20
Introduction
Dans un contexte lié à la sensibilité du
secteur financier à toute variation du taux l'assurance fait face
à plusieurs enjeux parmi ceux on cite : le risque de
sous-investissement, le risque de contre partie et le risque de change.
En outre, le passage vers les nouvelles normes
réglementaires et comptables représente un enjeu pour l'assurance
de point de vue implémentation, cout de passage et mise en vigueur.
Pour ces raisons fondamentales, l'assureur doit avoir une
vision quotidienne et prospective sur l'activité de son entreprise pour
faire face à n'importe quel scénario aberrant et satisfaire ses
contraintes envers assurés.
D'ou la nécessité de la mise d'un
générateur de scénario économique pour
l'exécution simultanée des milliers de scénarios, projeter
les facteurs de risque tel que l'inflation, le taux d'intérêt et
les rendements action et immobilier tout en intégrant les contraintes
économiques de long terme et la dépendance des actifs.
Nous proposons d'élaborer un GSE qui sera
nécessaire pour la modélisation de la gestion actif passif dans
le cadre d'assurance vie et non vie. afin d'analyser, mesurer et gérer
les différents risques encourus.
Le premier chapitre est une brève introduction aux
travaux de ce mémoire dans lequel nous présentons le cadre
réglementaire , une introduction également de la gestion
actif-passif.
Le deuxième chapitre souligne la force motrice de ce
mémoire nommé les générateurs de scénarios
économiques, ce dernier nous permettra de projeter les variables
macro-économiques d'intérêt tel que l'inflation, le taux
court et à long terme et les rendements des actions et immobiliers sous
les modèles de références : Wilkie, Brennan and Xia et
Ahlgrim et Al. Nous détaillerons également dans ce chapitre les
étapes de constructions et les tests statistiques nécessaires
pour la validation d'un modèle.
Dans le troisième chapitre de ce mémoire nous
présentons la gestion actif-passif dans le cadre de l'assurance vie et
non-vie, nous proposons également une modélisation de l'actif et
une modélisation du passif et nous terminons avec une construction du
compte de résultats et le bilan comptable.
Finalement avec le quatrième chapitre nommé
modélisation d'un cas pratique : une application de ce qui était
présenté en théorique pour les deux volets d'assurances :
vie et non-vie. La dernière phase consiste à analyser les
résultats obtenus et l'élaboration d'un business plan pour une
compagnie d'assurance Tunisienne réelle.
21
Chapitre 1
Contexte et Cadre réglementaire
1.1 Présentation de ERM Partners
ERM2 Partners est un cabinet de conseil et de
formation professionnelle en Risk Management et en Actuariat dans les secteurs
de l'assurance, de la finance et de l'industrie, basé principalement
à Tunis, le cabinet possède une représentation commerciale
à Dakar pour la zone CIMA3[15].
L'équipe d'actuaires et de consultants intervient sur
l'ensemble des sujets liés aux problématiques actuarielles et
financières et dispose d'une excellente connaissance des outils
informatiques ainsi que des logiciels mathématiques et statistiques.
Le réseau international pluridisciplinaire de
partenaires accompagne également dans les évolutions
réglementaires, financières, économiques et technologiques
du secteur pour les aider à en tirer la meilleur partie.
L'expertise opérationnelle du cabinet est mise en
service de ses clients couvrant l'ensemble d'épargne, retraite,
prévoyance, santé, responsabilité et dommages reposant sur
une large spectre de sujets tant pour la mise en oeuvre que pour la revue :
· La conception et l'analyse de rentabilité des
produits Vies et IARD
· Le provisionnement selon divers
référentiels (Comptable et réglementaire)
· Les techniques de calcul (ALM 4, Embedded
Value, Goodwill, ...)
· La gouvernance (Gestion des risques, Conformité,
Actuariat, ...)
ERM partners fait partie du réseau international
d'actuaires indépendants GLOBACS5, le plus grand et ancien
regroupement d'actuaires dans le monde, comptant environ 40 cabinets membres et
plus de 2000 actuaires.
2. Entreprise Risk Management
3. Chartered Institute of Management Accountants :
Société qui aident les entreprises du monde entier à
gérer leurs finances
4. Asset Liability Management
5. Global Actuarial and Consulting Services
22
CHAPITRE 1. CONTEXTE ET CADRE RÉGLEMENTAIRE

FIGURE 1.1 - Métiers du cabinet ERM
partners
1.2 Normes réglementaires en assurance :
Solvabilité I et Solvabilité II
La solvabilité en assurance est définie comme la
capacité de la société à faire face à ses
engagements envers les assurés et les actionnaires. Elle doit
générer suffisamment d'activité pour pouvoir rembourser
ses dettes envers ses créanciers, ses actionnaires (dettes
financières) et ses assurés à travers les provisions
techniques.
Selon les conditions imposées par le marché, les
autorités des normes comptables et règle-mentaires assurent le
contrôle du secteur assurantiel en développant des normes qui
répondent aux besoins des compagnies.
Pour exercer le métier, les autorités de
contrôle de sa part obligent les assurances de fournir un capital
règlementaire requis, ce capital réglementaire est limité
par un minimum de capital de solvabilité requis permettant d'assurer la
bonne pratique de l'activité.
1.2.1 Solvabilité I : Principes et Limites
La directive européenne sur la solvabilité a
déclaré en deux moments différents la mise en vigueur des
premierer réformes réglementaires pour améliorer
l'activité du secteur assurantiel; la première en 1973 lors du
conseil pour les assureurs non-vie et la deuxième en 1979 lors du
conseil pour les assureurs vie.
Vers 1994, tenant compte du développement du
marché ainsi que l'évolution remarquable de la population au
cours du temps, la troisième directive s'engage à la mise des
règles sur la solvabilité des assureurs fondes sur des principes
rigoureux et stricts.
Février 2002, la norme solvabilité 1 est
entrée en vigueur officiellement dans l'objectif d'harmoniser la
réglementation européenne et de renforcer les contrôles du
secteur assurantiel.
Le bilan sous Solvabilité 1 est en norme comptable dont
l'actif est constitué essentiellement de placement enregistré en
valeur comptable , le passif également englobe l'ensemble des provisions
techniques et le fonds propres qui doivent être supérieurs au
minimum du capital réglementaire imposé par l'autorité.
D'une manière générale, le bilan comptable
sous solvabilité I a la forme suivante:
23
CHAPITRE 1. CONTEXTE ET CADRE RÉGLEMENTAIRE

FIGURE 1.2 - Bilan sous Solvabilité
1
Les principes de solvabilité I
Cette norme réglementaire s'articule autour de trois
points essentiels :
1. Fournir une marge de solvabilité qui doit
être supérieure à un minimum réglementaire (exigence
d'une marge de solvabilité).
2. Posséder suffisamment d'actifs réels que de
dettes et engagements.
3. Le passif doit être adéquat avec l'actif
(Construction des provisions techniques prudentes). Sous la directive
solvabilité I, les fonds propres sont fondés sur 3 points
principaux :
· Le surplus de capital
C'est la composante principale des fonds propres que
considère cette première réglementation dans le bilan
d'une entreprise, il tient compté des capitaux propres qu'on l'appelle
aussi l'excédent de capital ou primes d'émission.
Ce surplus désigne la marge ajoutée sur la
valeur nominale de la vente d'une action ordinaire.
· Exigence de la marge de solvabilité
(EMS)
Dans un deuxième moment solvabilité I exige les
compagnies d'assurances à disposer d'une marge de solvabilité
pour renforcer leur capacité à faire face à des
événements imprévus qui doivent être
supérieurs à un minimum réglementaire mentionné par
le régulateur. En cas du non-respect de cette note la compagnie
d'assurance sera sanctionnée.
· Le fonds de garantie
Fond dédie spécialement pour financer et
protéger les compagnies d'assurances en cas d'insolvabilité
à travers le remboursement des assurés dans ce contexte.
24
CHAPITRE 1. CONTEXTE ET CADRE RÉGLEMENTAIRE
Les limites de solvabilité I
Le régime prudentiel du secteur assurantiel dit
Solvabilité 1 a été remis en question pour plusieurs
avantages tel que la simplicité de le mettre en vigueur et la
facilité du calcul de la marge de solvabilité, néanmoins
ces dernières années le secteur a marqué une refonte
très profonde en raison de :
· La vision rétrospective sur l'activité
de l'entreprise : un bilan comptable qui limite la vision du marché.
· Les risques de marché qui ne sont pas pris en
considération pour le calcul de l'SCR.
· Le manque d'un aspect qualitatif et d'un aspect de
communication avec le régulateur et le public.
Nous détaillerons dans la section suivante les
conditions d'imposition d'une nouvelle norme plus prudentielle ainsi que les
conditions de la mise en vigueur.
1.2.2 De Solvabilité I vers Solvabilité II
Pour renforcer l'activité de l'assurance due à
l'évolution imposée par le marché concurrentiel, les
autorités de contrôle font face à plusieurs nouveaux enjeux
tels que l'apparition de nouveaux risques techniques, juridiques, financiers
qui impactent fortement la gestion des portefeuilles des compagnies
d'assurances.
Une évolution au niveau du bilan devient indispensable
pour le secteur, une valorisation plus économique non comptable, a cet
effet le bilan devient :

FIGURE 1.3 - Passage d'un bilan comptable a un bilan
économique
Le changement au niveau du bilan observé ci-dessus tient
compte des challenges nécessaires, en effet :
Au niveau de l'actif
· Une évaluation des actifs en valeur de
marché et non plus en valeur comptable.
25
CHAPITRE 1. CONTEXTE ET CADRE RÉGLEMENTAIRE
· Tenir compte de la duration et la sensibilité
de l'actif pour mettre en évidence une technique d'adossement du passif
à travers le calcul des SCR permettant d'avoir une évolution
cohérente entre l'actif et le passif.
Au niveau du passif
· Introduction d'une nouvelle modélisation des
provisions techniques.
· Une réforme considérable et plus logique
au niveau du calcul de SCR1, MCR2 ainsi que la marge pour
risque.
· Les fonds propres (SCR, MCR et la marge pour risque)
reflètent les risques de l'activité ainsi les engagements ce qui
permet d'avoir une meilleure protection pour les assurés et les
investisseurs.
· Une nouvelle notion de la marge de solvabilité
assure une pratique plus simple.
Le tableau ci-dessous met en relief les principaux points de
différence entre solvabilité I et solvabilité II :
|
Solvabilité I
|
Solvabilité II
|
Pour les exigences
|
Pas d'exigences quantitatives Suivi classique du profil de
risque Absence de communication avec les tiers : régulateur et
investisseurs
|
Des exigences qualitatives et quantitatives Des exigences
de reporting et de publication Basée sur des principes
plutôt que des règles de calcul
|
Pour les régles
|
La norme n'était pas harmonisée au niveau de
l'union Européenne
|
Une harmonisation entre les pays du continent
Européen
|
Pour la gestion actif-passif
|
Actif est en valeur comptable Provision non prudente
|
Introduction des outils mathématiques
garantissant une évolution économique adéquate du
passif avec l'actif
|
Pour le calcul des risques
|
Niveau de prudence des provisions insuffisant
Pas de formule unique
|
La formule standard Le modèle interne
Le modèle interne partiel
|
TABLE 1.1 - Comparaison entre Solvabilité 1 et
Solvabilité 2
L'objectif de la section suivante est de présenter la
norme prudentielle Solvabilité 2, les piliers sur
lesquels elle se base ainsi les notions de la formule standard, le
modèle interne et le modèle interne partiel.
1.2.3 Solvabilité II
Le 1er janvier 2016 la directive
Solvabilité II rentre en vigueur : une réforme
réglementaire équivalente à Bale II pour les banques
marquées par une évolution énorme au niveau du bilan
1. Solvency Capital Requirement
2. Minimum Capital Requirement
26
CHAPITRE 1. CONTEXTE ET CADRE RÉGLEMENTAIRE
et la communication.
Elle a pour ambition d'harmoniser le calcul de
solvabilité des compagnies d'assurances en Europe et renforcer l'aspect
qualitatif et la relation entre l'assureur et le régulateur et
l'assureur et les assurés, les actionnaires. Elle sert à mieux
protéger tous les tiers intervenants dans le secteur.
Depuis sont rentrés en vigueur, l'EIOPA1
exige l'application de 3 piliers dans l'ordre d'harmonisation de la norme
surtout l'échelle européenne :

FIGURE 1.4 - Principes de la norme prudentielle
Solvabilité 2
Pilier I : Exigence
quantitatives
Le premier pilier détermine les exigences quantitatives de
solvabilité sur laquelle s'appuie la réforme. Il vise à
calculer principalement :
· SCR : Le capitale de
solvabilité requise dont l'assureur doit disposer pour faire face
à ses engagements et honorer ses assurés en cas de
réalisation d'un événement extrême où un choc
provoque par un risque majeur.
Le calcul du SCR se fait par deux principaux moyens:
1. Soit par la formule standard
publiée par l'autorité de contrôle
européenne (l'EIOPA) dite approche standard dont la formule
donnée par le régulateur s'adapte avec toutes les compagnies
existantes sur le marché prenant en compte les risques significatifs et
quantifiables.
L'objectif de cette formule est d'avoir un niveau de
couverture égale à 99, 5% sur le
1. European Insurance and Occupational Pention Authority:
C'est un organe consultatif indépendant auprès du Parlement
européen, au Conseil de l'Union européenne et la Commission
européenne ayant pour objectif le contrôle et la bonne
surveillance du secteur financier.[28]
27
CHAPITRE 1. CONTEXTE ET CADRE RÉGLEMENTAIRE
risque global de la compagnie à l'horizon d'un an c'est
dire une seule ruine dans 200 ans.
2. Soit par un modèle interne
établi par la compagnie elle-même sous l'accord du
régulateur, ce phénomène est rare vue le cout de
passage.
3. Soit par un modèle interne partiel
en complément de la formule standard à condition qu'il
soit validé par les autorités de contrôle.
· MCR : C'est le capital minimum requis
au-dessous duquel l'entreprise n'aura pas le droit de poursuivre son
activité, sinon le régulateur imposera des mesures de
sanctions.
· Best Estimate of liabilities : Les
provisions techniques sous solvabilité II sont valorisées en
matière de best estimate (BE) qui reflète la moyenne des couts
des engagements contractuels et futurs de l'organisme, compte tenu de la valeur
temporelle de l'argent estimée sur la base de la courbe des taux sans
risque pertinent.
On peut aussi le définir comme la moyenne de
l'écart entre les flux futurs entrants et sortants
pondérés par leur probabilité de réalisations
actualisées par la valeur future de l'argent.
Avec :
|
BEL = EP N Q(X
t>0
|
Ft * ät) (1.2.1)
|
- Ft = F entrant -F
sortant : différence entre les flux futurs entrants
et les flux futurs
t t
sortants.
- ät : facteur d'actualisation
tient compte du taux sans risque et le correcteur de volatilité.
- Q : probabilité risque neutre
- P : probabilité réelle qui
valorise les actifs financiers
On rappel que la courbe des taux généralement
donnée par l'EIOPA.
Pilier II : Exigence qualitatives
Le deuxième pilier du régime prudentiel
dédié a contrôlé la bonne application de celle du
premier, il est destiné à effectuer des contrôles internes
et externes et instaurer une formule mathématique unique qui sert de
référence à toutes les entreprises d'assurance et de
réassurance, mais cette dernière ne quantifie pas parfaitement
les risques propres à chaque compagnie.[9]
IL souligne également la bonne gouvernance et la
maitrise du risque pour l'assureur, l'efficacité de la vision mise en
hypothèse et assure une solvabilité prudente respectant les
règles imposées par la directive.
La particularité de ce pilier réside au niveau
de l'ORSA 1 : un outil avec lequel l'assureur aura plus de
capacités pour identifier, clarifier et gérer ses risques, il
assure un système de contrôle et d'évaluation interne des
risques et impose un suivi continu.
1. Own Risk and Solvency Assessment
28
CHAPITRE 1. CONTEXTE ET CADRE RÉGLEMENTAIRE
Ce processus se manifeste à partir d'une
démarche ERM 1 et exige les responsables à mieux
réagir sur leur gestion des risques et leur stratégie commerciale
adoptée : ils déterminent leurs BGS2 en prenant en
considération de leur profil de risque particulier, des limites
approuvées de tolérance aux risques et de la stratégie
commerciale de l'entreprise.
De ce fait, le processus ORSA tient compte des risques qui ne
sont pas mentionnés dans le premier pilier en respectant des exigences
de capital SCR et MCR également des exigences
concernant les provisions techniques ou Best Estimate.
Pilier III : Exigence de l'information
Le troisième pilier souligne la discipline de la
transparence des compagnies d'assurances envers le marché financier, de
ce fait la directive prévoit la publication de deux rapports chaque
année : un rapport SFCR3 pour les assurés et les
investisseurs et un rapport RSR4 pour le régulateur.
Nous nous restreindrons seulement au premier pilier dans le
cadre de ce mémoire en particulier le calcul du best estimate qui donne
une vision prospective sur le portefeuille passif de la compagnie, en effet
à l'aide des résultats de projection qu'on réalisera par
la suite on peut limiter l'intervalle des valeurs possibles du BE.
Nous avons détaillé de ce qui
précède les piliers de solvabilité 1 et ses limites ainsi
les conditions de passage de solvabilité 1 vers solvabilité 2 et
nous arrivons à expliquer les 3 piliers sur lesquels s'appuie la norme
prudentielle Solvabilité 2 ainsi les différentes
notions relatives.
Nous décrivons par la suite le contexte historique et
l'évolution de la gestion actif-passif à travers les
générations.
1.3 Contexte historique de la gestion actif-passif 1.3.1
Introduction à la gestion actif-passif
À partir de 1930 le secteur assurantiel a marqué
un progrès exponentiel à l'échelle mondiale , une nouvelle
culture envers l'assurance oblige les assureurs de la mise en place d'une
nouvelle stratégie pour capter le maximum des souscriptions et garantir
une qualité de service répondant aux besoins des
assurés.
Une pensée de la part des états en particulier
les pays du continent européen suite aux difficultés des grandes
institutions financières dues au post premiere guerre mondial.
Les gouvernements ont mis en place une surveillance et une
réglementation pour le secteur de l'épargne et des concepts
financiers comme l'immunisation et la duration sont apparues.
La crise des années 80 a été la
conséquence d'engagements à des taux élevés qui se
sont révélés difficiles à honorer : baissent des
taux d'intérêt et de moins-value constatées sur des
1. Entreprise Risk Management
2. Besoin Global de Solvabilité
3. Solvency and Financial Condition Report
4. Regular Supervisory Report
29
CHAPITRE 1. CONTEXTE ET CADRE RÉGLEMENTAIRE
actifs supposés les plus
rémunérateurs/risqués (tel que l'immobilier,...) la
liquidité des actifs était parfois insuffisante pour faire face
à la baisse de la collecte et à l'augmentation du taux de rachat
anticipé obligeant les assureurs à céder les actifs
dépréciés.
Pour ces raisons les autorités de contrôle des
sociétés d'assurance ont intégré progressivement
des outils de gestion actif-passif dans les éléments de
reporting.
Les difficultés financières à partir de
2000 dues au terrorisme, les guerres successives,... ont mis en évidence
la faible résistance de certaines réglementations en cas de
baisse de la bourse : les règles comptables et prudentielles de
l'assurance-vie et des fonds de pension ont des êtres revus.
Evolution de l'ALM : de la banque vers
l'assurance
La gestion actif-passif1 est apparue dans les
banques pour une prise de conscience plus poussée des risques
financiers.
Pour les compagnies d'assurances le besoin de l'ALM est dans
le cadre de satisfaire leurs engagements envers les assurés (les rentes,
prestations, capitales,...), ceci est dû à :
· L'explosion des totaux de bilan grâce au fort
développement de l'assurance-vie, qui est passée de la
prévoyance a l'épargne.
· L'emergence de la banque assurance (assurance
emprunteur).
· Contexte porteur d'une baisse des taux continue depuis
15ans.
1.3.2 Evolution des outils de la gestion actif-passif à
travers les générations
1. Les outils de la 1ére
génération : une approche statique
Ces outils se basent sur une projection statique des flux
financiers générés par l'actif et le passif, ils sont
généralement utilisés pour mesurer l'adéquation
entre ces derniers, en effet :
· La projection des flux de l'actif basé sur un
scénario économique moyennant un scénario pour la
structure par terme de taux, un scénario du marché des actions et
un scénario de l'immobilier.
· La projection des flux du passif se fait d'une
manière indépendante de l'actif, en effet elle dépend des
caractéristiques des contrats d'assurance telles que TMG2,
montant investit, durée du contrat et rachat, décès...
Le recours à ces outils permettent d'avoir une vision
des trésoreries et mesurer les enjeux de l'adéquation
actif-passif, leurs durations, sensibilité et convexités ainsi
utilisation pour la gestion des risques de taux valable pour des
déplacements parallèles de courbe des taux.
Les limites de la première
génération
1. Asset Liability Management en Anglais
2. Taux Minimum Garanti
30
CHAPITRE 1. CONTEXTE ET CADRE RÉGLEMENTAIRE
· Des approches statistiques fondées sur des
données réelles donc pas de vision prospective.
· Seuls les risques de taux sont
étudiés.
· Les flux du passif sont très volatils et se
prêtent mal aux calculs de duration.
2. Pour la 2éme
génération : une approche dynamique
L'approche dynamique est un outil qui vise à
actualiser la totalité des cash-flows issus de l'actif et passif
donnés au moment où l'étude est réalisée, ou
constituée à une date prochaine en fonction de la
stratégie qui sera adoptée par la société
d'assurance.
Cette approche est plus favorisée que l'approche
statique parce qu'elle n'est pas limitée par la stratégie
définie en amont.
Comme déjà noté dans les limites de la
première génération il s'agit d'une vision
rétrospective, une vision basée sur des données des
cash-flows issus de l'actif et passif au moment où l'étude est
réalisée ne permettant pas d'avoir et d'estimer les flux futurs :
une simulation déterministe du bilan et identification des risques
ALM.
Cette vision est la plus proche de la nouvelle norme
réglementaire solvabilité 2, elle vise à :
· Approcher les résultats des flux financiers
futur.
· Avoir une vision plus globale du bilan
économique (Vision dynamique) en fonction des perturbations, stress-test
d'un paramètre selon le choix de l'assureur.
· Varier des paramètres fixés par
l'assureur.
Dans ce cas, un risque pour une compagnie d'assurance est
caractérisé par des indicateurs qui vont mesurer la
dégradation de richesse via des stress-test, ces outils de cette
génération se résument en 4 étapes :
· Prise en compte des hypothèses déterministe
en interne.
· Définir un scénario central et les
scénarios extrêmes par simulation (Simulation
déterministe).
· Analyse et interprétation des différents
risques.
· Un scénario résultant de la
corrélation des scénarios étudiés.
Les limites de la deuxième
génération
· Le nombre réduit des simulations.
· Il est difficile de tirer des stress-testes fiables
relatives à la situation économique.
· Pas d'allocation optimale en environnement
multi-variable (corréler tous les stress-testes).
3. La 3éme
génération : Vers une approche plus stochastique
Les outils de la
3ème génération
constitue l'introduction a les mathématiques financières, ces
outils introduitsent des approches stochastiques par le biais des
modèles prédéfinis dans le but de fournir le maximum de
scénarios.
31
CHAPITRE 1. CONTEXTE ET CADRE RÉGLEMENTAIRE
C'est l'approche la plus forte puisqu'elle tient compte des
outils des deux dernières générations et
génère des scénarios futurs selon le contexte
économique dans l'ordre de fournir une mesure cohérente des
risques actif-passif. Cette génération opte à construire
des outils de simulation financière tels que le rendement
monétaire, le taux obligataire, le rendement des actions, l'inflation,
le rendement locatif : Un processus stochastique qui peut générer
une densité de probabilité conditionnelle (dépend du temps
et d'une valeur initiale) pour les variables étudiées.
Les méthodes de Monte-Carlo
Désigne une famille de méthodes algorithmiques
visant à calculer une valeur numérique approchée en
utilisant des procédés aléatoires, elle s'appuie sur la
loi forte des grands nombres. constitue un outil d'exploration, c'est la
méthode la plus utilisée.
Générateur de scénario
économique :
C'est un scénario économique défini par
une simulation chronique d'indices économiques et financiers sur un
horizon T d'intérêt : taux d'intérêt, prix des
actions, taux obligataires... Un GSE constitue une nouvelle théorie
actuarielle dont leurs applications sont diverses et variées parmi ceux
on cite : ALM, ORSA, ...
4. La 4éme
génération : une approche d'optimisation stochastique
· Programmation d'algorithmes d'optimisation
stochastique.
· Recherche automatique d'allocation stratégique.
1.3.3 Limites d'un modèle de gestion
actif-passif
Le modèle de la gestion actif/passif présente
des contraintes pouvant être prises en compte, parmi ces contraintes on
cite :
· Choix d'investissement : Immobilier, Obligations,
Actions.
· Hypothèses inhérentes à l'actif: La
pertinence des hypothèses du système d'information.
· Présentation du passif.
· Détermination de l'allocation optimale.
· Politique de la participation aux
bénéfices.
· L'application du modèle théoriquement
émise : un contexte politique et économique s'impose
(confinement, instabilité, conflits sociaux ...)
Nous avons expliqué dans ce qui précède
le cadre réglementaire en assurance ainsi les conditions et les limites
qui ont été prises en compte pour réaliser une
réforme plus prudentielle ensuite nous avons détaillé le
contexte de la gestion actif-passif et ses évolutions à travers
les générations et ses limites.
Dans le chapitre suivant nous décrivons la force
motrice de ce mémoire : Les générateurs de
scénarios économiques l'outil avec lequel on va projeter
notre bilan en assurance vie et en assurance non-vie.
32
Chapitre 2
Les générateurs de scénarios
économiques
2.1 Introduction et motivation
Les institutions financières telles que les banques et
les compagnies d'assurances sont exposées aux différents risques
du marché, elles sont sensibles à toutes variations des taux ce
qui impacte fortement l'évolution prévue du bilan, la
valorisation des engagements et leurs revalorisations également.
Avec la mise en place de la directive
Solvabilité 2 de nouveaux challenges font face aux
assureurs en particulier le bilan économique qui doit être
réalisé. De ce fait l'utilisation des générateurs
de scénarios économiques est devenue une pratique courante et
indispensable dans le monde de l'assurance.
Grâce à cette pratique l'assureur aura une vision
plus prospective sur l'activité de l'entre-prise ainsi une
modélisation plus cohérente entre l'actif et le passif.
En assurance vie les assureurs utilisent les
GSE pour simuler des trajectoires simultanées de tous les facteurs de
risques financiers présents au bilan : Taux, crédit, actions,
immobilier, investissements alternatifs, changes, etc...
En assurance non-vie les assureurs utilisent
les GSE pour projeter les variables macroéconomiques telleque;
l'inflation, le taux court, le taux réel ... afin d'avoir une vision
prospective sur l'évolution du bilan.
2.2 Définition d'un GSE
Le générateur de scénario
économique (GSE) est un outil de simulation qui permet de projeter dans
le temps des trajectoires de grandeurs économiques telles que les taux
d'intérêts, les taux d'inflations, les rendements des actions, les
rendements obligataires, les rendements immobiliers qui interviennent dans la
valorisation des engagements d'un assureur quel que soit le
référentiel considéré (règlementaire ou
comptable).
L'objectif de ce mémoire est d'utiliser les
générateurs de scénarios économiques pour
projeter les flux d'actif (actions, obligation, l'immobilier,
...) afin de calculer le BE et NAV 2
2. Net Asset Value
33
CHAPITRE 2. LES GÉNÉRATEURS DE
SCÉNARIOS ÉCONOMIQUES
dans le cadre de l'assurance vie et l'assurance non-vie.
Les enjeux d'un GSE
Un scénario économique correspond aux rendements de
grandeurs économiques sur un horizon de temps, ce scénario doit
respecter certains points fondamentaux, parmi ceux on cite :
1. Etre prudent dans l'estimation des rendements.
2. Intégrer toutes les fluctuations possibles à
court terme et tenir compte des impacts à long terme.
3. Avoir une vision prospective sur les contraintes
économiques à long terme.
4. Intégrer la dépendance entre les actifs et
modéliser la matrice de corrélation selon le besoin.
5. Respecter les tests statistiques et martingales dans le cadre
de la calibration des variables choisies.
Les compagnies d'assurances sont soumises aux plusieurs risques
commerciaux, operationnels, juridiques, techniques et financières.
Notons que les GSE contribuent à la prise des
décisions stratégiques qui seront adoptées par les
compagnies, ils permettent ainsi d'évaluer la juste valeur de
l'entreprise assurantielle.
Il est aussi à noter que la prise de la décision et
l'évaluation de la juste valeur passe par une gestion actif-passif,
cette dernière permet de capter les risques inhérents qui peuvent
être face a l'assureur ainsi il assure une vision prospective
motivée par les outputs des GSE.
Nous détaillerons dans la suite les étapes de la
construction d'un générateur des scénarios
économiques ainsi les tests statistiques nécessaires pour la
validation et leurs intérêts.
2.3 Etapes de la construction d'un GSE
Dans cette partie, nous allons citer les étapes de la
construction d'un Générateur de Scénario économique
[10], le schéma suivant illustre la démarche adoptée :

FIGURE 2.1 - Les étapes de la construction d'un
GSE
34
CHAPITRE 2. LES GÉNÉRATEURS DE
SCÉNARIOS ÉCONOMIQUES
1. Choix des inputs
Le choix des variables macro-économiques a
modélisé dans un univers probabilisé1
dépend de la qualité du portefeuille d'investissement
étudié.
Il s'agit de construire des modèles
mathématiques sur des variables d'intérêts tels que le taux
d'intérêt, le rendement des actions, le rendement des immobiliers,
...
Pour assurer une bonne projection répondant au besoin
fallait bien choisir les inputs et les bien modéliser, ceci est garanti
:
(a) Soit par l'expérience.
(b) Soit par un avis de l'expert.
(c) Soit par des approximations aux données
réelles.
2. Choix du modèle
Une fois qu'on a choisi les variables inputs, le choix du
modèle devient nécessaire, ce choix dépend du type des
variables macro-économiques ainsi la structure demandée :
· Soit un modèle en cascade
(intégré) : Une seule variable parmi toutes les
variables sera choisie pour déduire les autres grandeurs
macro-économiques à titre d'exemple on cite le modèle de
Wilkie qui sera expliqué dans la section modèle de
référence.
· Soit un modèle par corrélation
(composite) : C'est le modèle le plus utilisé
dans les compagnies d'assurances : il est simple à implémenter et
considérer une structure de dépendance linéaire que l'on
détaillera dans le paragraphe suivant puis chaque classe d'actif est
modélisée par un processus stochastique indépendamment des
autres variables à titre d'exemple on cite le modèle de Brennan
and Xia ou bien le modèle d'Ahlgrim et Al. qui sera expliqué
également dans la section modèle de
référence.
3. Structure de dépendance
L'objectif de cette étape est d'avoir une projection
à minima acceptable à travers une structure de dépendance
entre les sources des risques afin d'obtenir des projections cohérentes,
trois structures de dépendance sont proposées :
· Une matrice de corrélation
linéaire permettant d'étudier la dépendance entre
les variables du GSE : c'est la structure la plus simple au niveau de
l'estimation et la mise en oeuvre pratique.
Néanmoins plusieurs travaux ont montré que la
dépendance linéaire peut conduire à une sous-estimation
des paramètres cherchés.
· Une structure non-linéaire (dynamique)
où la modélisation de l'interdépendance est
basée sur les copules (archimédienne, gaussienne, ...) : ils
permettent l'augmentation de la dépendance en période de
crise.
1. Probabilité historique ou probabilité risque
neutre
35
CHAPITRE 2. LES GÉNÉRATEURS DE
SCÉNARIOS ÉCONOMIQUES
· Une structure
développée par A.Faleh-Planchet[18] dans ses travaux en
2011 "pour les modèles qui s'avèrent difficiles à calibrer
et à implémenter on segmente la matrice de corrélation
selon la nature de la volatilité forte ou bien faible."
Dans le cadre de ce mémoire, nous modéliserons
la dépendance par une matrice de corrélation qui sera soumise
à un backtesting pour la validation.
4. Calibration
L'objectif de cette étape se résume en ces points
spécifiques :
· Déterminer les valeurs des paramètres
manquantes.
· Discrétisatier des états continues en un
équivalent discret. Dans notre mémoire nous utilisons la
discrétisation des processus d'Orstein-Uhlenbeck, Hull and White
à deux facteurs et black and scholes .
Rappelons que La discrétisation en
mathématiques appliquées, c'est la transposition d'un état
continue (fonction, modèle, variable, équation) en un
équivalent discret.
· Respecter les modèles de calibration que demande
le modèle choisit.
Ce procédé constitue en général
une étape préliminaire à la résolution
numérique d'un problème ou sa programmation sur machine.[25]
Méthode de projection
La méthode de projection des scénarios consiste
à utiliser les processus précédemment calibrés en
utilisant une matrice de corrélations. Nous présentons par la
suite les processus utilisés ainsi que leurs discrétisation[20],
soit :
(a) Processus de Black and Scholes
Appelé aussi mouvement brownien
géomètrique : il s'agit d'un processus stochastique
utilisé pour la modélisation de l'action et l'inflation
adopté dans le cadre de ce mémoire.
Soit St le cours d'une action suit un mouvement
brownien géomètrique :
dSt St
= udt + ódBt (2.3.1)
avec:
· u Rendement espéré.
· ó Volatilité.
La résolution de l'équation différentiel
stochastique donne :
ó2
St = S0 exp((u - 2 )t + ó(Bt
- B0)) (2.3.2)
Après discrétisation exacte on obtient :
ó2 v
St+o = St exp((u - 2 )ä + ó
ä c) (2.3.3)
avec:
36
CHAPITRE 2. LES GÉNÉRATEURS DE
SCÉNARIOS ÉCONOMIQUES
· ä : Pas de discrétisation
· E : Variable aléatoire de loi normale
centrée réduite.
(b) Processus d'orstein-uhlenbeck
Ce processus est utilisé dans le cadre de l'estimation
des paramètres du modèle AR 1(k) basé sur la
méthode classique des MCO 2, on se restreint à k
= 1 dans le cadre de ce mémoire.
Ce processus est déjà utilisé pour
modéliser l'inflation, le taux d'intérêt réel, le
rendement de l'immobilier.
On suppose que X suit un processus d'Orstein-Uhlenbeck :
dXt = ê(u - Xt)dt +
ódBt (2.3.4)
avec :
· ê : le vitesse de retour à la
moyenne.
· u : la moyenne à long terme de X.
· ó : le terme de volatilité.
Ce processus est caractérisé par une
oscillation autour de sa valeur moyenne, en effet u - Xt aura tendance
à converger vers ê
La résolution de l'EDS donne :
t
Xt = X0 exp(-êt) +
u (1 - exp(-êt)) + ó
exp(-êt) f exp(-ês)
dBS (2.3.5)
Après discrètisation exact on obtient :
X X p(-- ) ,u ( p(--
)) \I1 - e2(-2êä) (2.3.6)
t+a = t ex r~S + 1 --
exp(--k S + o- Ex.t 2.3.6
avec :
· ä : Pas de discrétisation.
· E : Variable aléatoire de loi normale
centrée réduite.
On considére dans notre mémoire que ä
= 1 : l'estimation des paramètres est effectuè par une
régression linéaire simple :
Xt+1 = Xt â + á +
à~x.t (2.3.7)
Après une estimation de á, â
il vient que :
· ê = -ln(â)
á
· = u
1-âV 1-exp(-2ê
· ó est égal à l'écart
type de l'erreur du modèle estimé divisé par
2ê
(c) Processus de Hull-White à deux
facteurs
Le modèle Hull-White a deux facteurs consiste en une
dynamique du taux court rt et une dynamique du taux long lt
reprenant l'approche de retour à la moyenne de Vasicek. Les
équations différentielles stochastiques associées sont
:
drt = êr(lt - rt)dt +
órdBr,t (2.3.8)
dlt = êl(ut - rt)dt +
óldBl,t (2.3.9)
avec :
1. autorégressif
2. Moindre carré
CHAPITRE 2. LES GÉNÉRATEURS DE
SCÉNARIOS ÉCONOMIQUES
· rt : Taux court.
· lt : Taux long.
· êr : Vitesse de
retour à la moyenne des Taux court.
· êl : Vitesse de retour à
la moyenne des taux long.
· ór :
Volatilité des taux courts.
· ól : Volatilité des
taux longs.
· Bl,t, Br,t : Mouvement
brownien.
Après une discrétisation exact on
obtient :
rt+1 = rt
exp(-êr) + lt (1 -
exp(-êt)) + ór
1 - exp(-2êr) ~r.t
(2.3.10)
2êr
s
1 -
exp(-2êl)
lt+1 = lt
exp(-êl) + ul (1 -
exp(-êl)) + ól ~l.t
(2.3.11)
2êl
Déterminer les paramètres
lt et rt nécessite
une double régression linéaire, cette méthode consiste
à appliquer en deux étapes les MCO.
lt+1 =
â1 +
â24 +
Eî,t (2.3.12)
rt+1 =
á1à+
â21t
+ EZt (2.3.13)
La première étape consiste à
estimer â1 et
â2 et on déduit que :
·
r1-exp(-2êl)
2êl

êl =
-ln(â2)
â1
· ul =
1-â2
· ól : l'écart-type de
l'erreur du modèle estimé divisé par
Une fois les paramèetres du premier modèle
sont estimés, il convient de modèliser les
tauxd'intérêt réel à court terme en retenant les
taux réels a long terme estimé comme variable explicatif, soit
donc :
· á2 =
exp(-êr)
· á1 = 1 -
exp(-êr) = 1 -
á2
et donc :
Art + 1 =
rt+1 - rt =
á1(rt -
rt) + cr,t
(2.3.14)
Parsuite :
· êr = -ln(1
- á1)
q1-exp(-2êr)
· ór :
l'écart-type de l'erreur du modèle estimé divisé
par
2êr
Généralement les modèles
mathématiques de calibration classiques oscillent autour du mouvement
brownien géométrique, Orstein Uhlenbeck et Hull White dans le
cadre de ce mémoire.
Nous utilisons également le
théorème de cholesky : dans la formule de discrétisation,
le résidu suit une loi normale. La génération des
trajectoires revient alors à générer des lois normales
corrélées. Pour ce faire, nous allons nous baser sur le
théorème de cholesky.[14]
Théorème de cholesky :
Soit[27] M une matrice symétrique
définit positive, à déterminer une matrice triangulaire
37
38
CHAPITRE 2. LES GÉNÉRATEURS DE
SCÉNARIOS ÉCONOMIQUES
inférieure L et sa transposée telle que M
= LT L = LLT Avec :
· L : La matrice triangulaireinférieure
liée à M issue de la formule de décomposition de
Cholesky.
· LT : La transposée de
L.
De l'égalité M = LTL
on déduit : mij = (LLT )ij =
~nk=1 likljk =
~min(i,j)
k=1 likljk, 1 < i, j <
n
5. Analyse des résultats
Lors de la calibration des paramètres choisis on doit
analyser les résultats obtenus en adoptant des testes statistiques
particuliers, ceci revient à :
· Mesurer la qualité et la performance du
modèle.
· Mesurer la qualité d'ajustement : coefficient de
détermination.
· Réaliser des tests statistiques que nous allons
expliciter par la suite.
La robustesse d'un GSE est garantie à travers des
testes statistiques pour valider le caractère martingale et s'assurer de
la bonne convergence des prix estimés vers les prix de marché.
(a) Test d'ajustement
Ce test mesure la qualité de calibrage des
paramètres par rapport aux données historiques, on définit
tout d'abord SST ( Total Sum of Square) :
SST = Xn (yi -
y)2 (2.3.15)
i=1
Où :
· yi : représente les observations
étudiées.
· y : représente la moyenne empirique des
observations yi.
Le SST représente l'écart quadratique entre les
observations et leur moyenne, il peut être décomposé en
somme des variances du modèle noté SSR ( Regression Sum of
Square) et des variations résiduelles notée SSE
(Error Sum of Squares) :
SST = SSR + SSE (2.3.16)
Avec,
SSR = Xn ( byi-
y)2 (2.3.17)
i=1
Et,
SSE = Xn (yi -
yi)2 = Xn Êi
(2.3.18)
i=1 i=1
Où gi représente les
observations estimées.
Le coefficient de détermination ajusté
R2 est défini par :
R2 = SSR
SSt
|
SSE
= 1 - (2.3.19) SST
|
CHAPITRE 2. LES GÉNÉRATEURS DE
SCÉNARIOS ÉCONOMIQUES
À noter que ce dernier ne doit pas dépasser 1, on
définie dans la suite le coefficient de détermination
ajustée corrigé R2corrigé
corrigé pour que ce dernier soit adéquat lors de
l'introduction de certaines variables ailleurs :
R2corrigé = 1 - (n -
1)SSE (2.3.20)
(n - p - 1)SST
avec n taille de l'échantillon et p le nombre des
variables explicatives.
(b) Test de Fisher
Le test de Fisher permet de valider globalement le
modèle, ce test repose sur les variances soit :
H0 : uá = uâ
contre H1 : uá =6 uâ La
statistique de Fisher est définie comme suit :
SSR/(p - 1)
F = (2.3.21) SSE/(n - 1)
Sous l'hypothèse H0, la statistique F suit la
loi de Fisher de paramètres (p-1,n1) au risque á, si une
valeur théorique soit supérieure à F alors on rejet
H0 au risque d'erreur á donc le modèle n'est
pas significatif et inversement.
(c) Test de student
Le test de Student est un test de significativité sur
chaque coefficient du modèle, en effet il est défini comme suit
:
Hj 0 : ux= uy
contre Hj1 : ux
=6 uy La statistique du test est :
.Vn + p - 2
T = V 1 +
n p 1
.VSSR2 + SSE2 (2.3.22)
(Y - Y)
39
Où Y est la moyenne empirique de
l'échantillon et Y est la moyenne empirique des variables
estimées.
Sous H0, T suit une loi de Student à n+p-2
degrés de libertés au risque á. (d) Test
de Breusch-Godfrey
Le test de Breusch-Godfrey d'ordre p se base sur
l'autocorrélation pour mesurer l'indépendance des résidus,
dans notre mémoire on prend p=1.
On suppose que les résidus suivent un processus
autorégressif d'ordre p :
Et = p1Et-1 + +
ppEt-p + ut (2.3.23)
Avec :
40
CHAPITRE 2. LES GÉNÉRATEURS DE
SCÉNARIOS ÉCONOMIQUES
· Et : les résidus issus du modèle
de régression,
· ñi, i = 1..p : les coefficients
d'autocorrélation des résidus,
· ut : Bruit blanc fort (moyenne nulle et variance
constante).
Les ñi sont obtenus à travers de la
méthode des moindres carrés grâce à une
régression des résidus sur les variables explicatives et sur les
résidus retardés.
Le test proposé est le suivant :
H0 : ñ1 = ... = ñp
= 0 contre H1 : ? i0 / ñi0 =60
L'hypothèse H0 implique l'absence de
l'autocorrélation des résidus, en revanche l'acceptation de
H1 montre qu'il existe une corrélation entre eux.
(e) Test de Jarque-Bera
Ce test s'intéresse aux lois des résidus s'ils
suivent une loi normale centrée réduite ou pas, ceci ce manifeste
à partir du couple du coefficient d'asymétrie et du moment
d'ordre 4 (Skewness, Kurtosis) que l'on note dans la suite (S, K).
Le test permet également de déterminer
l'écart-type simultané entre (S€, K)
calculé à partir de l'échantillon des résidus
et la valeur (S, k) calculé à partir d'une loi normale
centrée réduite.
Le test statistique est donné par :
H0 : S = 0 et K = 3 contre H1 : S
=60 et K =63 La statistique du test est donnée
par :
n
JB = 6 (S2 + (K -
3)2
4 ) (2.3.24)
Avec
· n : Taille de l'échantillons
· S : Skewness
· K : Kurtosis
(f) Test ARCH
Le test s'appuie sur les séries temporelles ARCH
(AutoRegressive Conditionally Heteroscedastic) a été introduit en
1982, il permet de prendre en compte la dépendance entre les
résidus d'un modèle de régression.
Dans le cas de la régression d'une variable à
expliquer Yt à partir d'une variable explicative Xt le
modèle linéaire a la forme suivante :
Yt = á + âXt + t (2.3.25)
Où :
\/
Et = ut á0 + á1E2
t_1 + .... + ápE2
(2.3.26)
t-p
Tel que á0, á1,
,áp > 0 et ut suit une loi normale
centré réduite
Le test est le suivant :
41
CHAPITRE 2. LES GÉNÉRATEURS DE
SCÉNARIOS ÉCONOMIQUES
H0 : á0 = á1 = ...
= áp contre H1 : ? i0 / ái0
=60
Dans le cas ou l'hypothése H0 est
acceptée, Et = Iit/á0 ce qui implique
que les résidus sont identiquement distribués.
Pour conclure nous proposons le tableau
suivant qui résume les testes statistiques nécessaire pour un GSE
ainsi leurs intérêts :
Test statistique
|
Intérêt
|
Test d'ajustement
|
Mesurer de la qualité de calibrage
|
Test de Fisher
|
Valider globalement le modèle
|
Test de Student
|
Vérifier la significativité des coefficients du
modèle
|
Test de Breusch-Godfrey
|
Mesurer l'indépendance des résidus
|
Test de Jarque-Bera
|
Vérifier la normalité des résidus
|
Test ARCH
|
Mesure la dépendance des résidus d'un modèle
de régression
|
TABLE 2.1 - Tests statistiques et
intérêts
Il est à noter que les résultats des tests
statistiques présentés ci-après, lorsque la
probabilité associée est inférieure à 5 %
l'hypothèse H0 sera rejetés et on accepte
l'hypothèse H1.
6. Projection
Après la modélisation de la structure de
dépendance, la calibration des données et la validation des
différents tests de marginalités et d'ajustement l'étape
finale consiste a projeter les variables macro-économiques.
Les deux natures du modèle que nous allons
détailler par la suite (Wilkie, Brennan Xia, Ahlgrim et Jarrow Yildrim)
: soit par cascade, soit par corrélation possèdent deux
structures schématiques différentes dont l'une structure
linéaire et l'autre une structure par arbres, l'intérêt de
choix se manifeste à travers la modélisation de
l'évolution dans le temps des variables de GSE.
A un instant "t" de temps, une variable macro-économique
choisie comme input est représentée par un noeud, l'ensemble des
noeuds cumulés est relié par des droites forment un
scénario économique futur possible.
Pour la structure linéaire, elle est
généralement dédiée pour les modèles en
cascade : une seule trajectoire est dérivée à partir de
chaque noeud sauf pour le noeud de départ dont chaque noeud
généré dispose d'une trajectoire.
En second lieu on trouve la structure par arbre
à partir d'un seul noeud considéré comme la force
motrice du modèle, on peut y avoir plusieurs noeuds qui peuvent
eux-mêmes générer plusieurs scénarios.
En comparant les deux structures, la structure linéaire
est préférable.
En effet, ceci est expliqué par le nombre
élevé de scénarios économiques
générés lors de la projection en utilisant une structure
par arbre ce qui engendre une difficulté d'implémentation.
Dans le cadre de ce mémoire on adopte la structure
linéaire pour la projection.
CHAPITRE 2. LES GÉNÉRATEURS DE
SCÉNARIOS ÉCONOMIQUES

42
Schéma 2.2 Comparaison entre deux structures de
projection des scénarios (source : les GSE en assurance
Faleh-Planchet)
L'objetif de ce mémoire est d'utiliser des
modèles de GSE de référence : Wilkie, Brennan and Xia,
Ahlgrim et Jaroow-yilrim afin de générer des flux d'actif pour
projeter le bilan, le compte de résultats et l'état de flux de
trésorerie dans le cadre de l'obtention d'une vision plus prospective en
assurance vie et en assurance non vie.
Les classes d'un GSE
Il existe principalement deux familles :
1. La première s'agit d'un GSE composite,il
sert à décrire indépendamment l'évolution
de chacun des actifs à travers un processus stochastiques, il
définit une structure de dépendance des actifs à partir de
la matrice de corrélation pour proposer une description globale. Ce GSE
est simple à implémenter et le plus utilisé par les
praticiens.
2. La deuxième s'agit d'un GSE intégré,
ce GSE considère une seule variable explicative à partir de
laquelle les autres variables sont décrites appelées variables
explicatives.
Monde réel ou monde risque neutre
On distingue entre deux approches de GSE : un
générateur de scénarios économiques dans un univers
"monde réel" ou historique et un générateur de
scénarios économiques dans un univers "risque neutre".
Le tableau ci-dessous met en relief une comparaison entre le
deux univers (réel et risque-neutre) :
43
CHAPITRE 2. LES GÉNÉRATEURS DE
SCÉNARIOS ÉCONOMIQUES
|
Monde réel
|
Monde risque-neutre
|
Objectif
|
Projeter les valeurs réelles et les données
observées sur le marché. Pilotage financier de la compagnie et la
stratégie d'allocation d'actifs.
|
Intégration de scénarios économiques
pour fournir un modèle prospectif d'évaluation des
engagements futurs.
|
Hypothéses
|
Tenir compte d'une prime de risque
|
L'agent économique est neutre au
risque
|
Utilité
|
Modélisation actif-passif(ALM). Projection du bilan
dans le cadre ORSA. Calcul du Capital économique.
|
Etude de pricing dans le cadre de l'ALM. Valorisation du
Best estimate dans le cadre de l'ORSA.
|
Calibrage
|
Seule les modèles fondés sur
des données historiques.
|
Tous les modèles qui respectent l'hypothèse
risque neutre.
|
Limite
|
Modélisation d'une prime de risque. Actualisation des
flux futurs dépend de la prime de risque.
|
Pas de réalité exacte et observable. Ne
répond pas aux besoins de l'assureur.
|
TABLE 2.2 - Comparaison entre un monde réel et
un monde risque neutre
Rappelons que la prime de risque est le
supplément de rendement dont l'investisseur bénéficie en
compensation de son investissement dans un actif risqué cette
problématique nous mène à une nouvelle théorie des
GSE suivant l'approche « Risque-neutre » qui suppose que tous les
agents économiques sont neutres au risque et que les primes de risque
sont nulles.
2.4 Principaux modèles d'un GSE
Nous adoptons dans la suite la liste des variables
macro-économiques suivantes :
· St : Valeur de l'action à l'instant t.
· DIVt : Valeur du dividende à l'instant
t.
· IMBt : Valeur de l'immobilier à l'instant
t.
· Rt : Valeur du taux d'intérêt
nominal à l'instant t.
· Dt : Valeur de l'indice déflateur
à l'instant t.
· Rr,t : Valeur du taux d'intérêt
réel à l'instant t.
· Init : Valeur du taux d'inflation à
l'instant t.
· It : Indice des Prix à la Consommation
à l'instant t.
2.4.1 Modèle de WILKIE - 1986
Historiquement, tenant compte des tailles des portefeuilles
réduits dans les compagnies d'assurances chaque classe d'actif financier
est traitée indépendamment des autres actifs sans prise en compte
de la corrélation entre eux, ce qui implique que la projection des
actifs ou la modélisation des engagements futurs ne répondent pas
réellement aux besoins de l'assureur.
44
CHAPITRE 2. LES GÉNÉRATEURS DE
SCÉNARIOS ÉCONOMIQUES
À partir de 1986, des nouvelles prospectives
actuarielles de modélisation des Générateurs de
scénarios économiques sont apparus : Ce sont les travaux des GSE
de WILKIE.
C'est le premier modèle fondé,
élaboré par David WILKIE actuaire
associé, il s'agit d'un modèle de GSE en cascade
considérant l'inflation comme force motrice, à partir duquel il
considère que "Toutes les autres variables sont
déduites".
L'inflation correspond à
l'augmentation généralisée des prix au sein d'une
économie. Ce phénomène est persistant et implique une
diminution du pouvoir d'achat avec une somme constante dans le temps.
L'augmentation des prix est différente pour chacun; en fonction des
habitudes de consommation.
Une mesure de l'inflation souvent utilisée est la
variation annuelle de l'Indice des Prix à la Consommation (IPC)[21].
Ce modèle fixe une variable centrale puis
déduit les autres à partir des coefficients estimés
à l'aide des études statistiques, c'est la philosophie
adoptée par David Wilkie.
Le modèle de WILKIE repose sur cinq variables
fondamentales:
· L'indice d'inflation It qui est la variable centrale
· L'indice de rendement de l'immobilier
· L'indice du rendement de l'action
· L'indice du rendement des dividendes
· Le taux d'intérêt à long terme
· Le taux d'intérêt à court terme
Depuis 1995 ce modèle est devenu le modèle de
référence, c'est le premier modèle reconnu sur les
générateurs de scénario économique, à partir
duquel les autres souches se basent.
Les variables modélisées
· Processus d'inflation
Lors de ses premiers travaux, David WILKIE a
modélisé l'inflation 'mit par un processus AR (1)
(Auto-regressive d'ordre 1), rappelons que l'inflation est l'écart entre
le rendement de l'IPC (Indice des prix à la consommation) et l'inflation
à long terme, l'équation est la suivante:
'mit = ç1 * 'mit-1
+ Et (2.4.1)
Avec :
- ç1 :
Structure de corrélation - Et : Bruit Blanc
· Le rendement de l'immobilier
Ces variables sont déterminées par une relation de
causalité modélisée par les séries temporelles avec
l'inflation.
45
CHAPITRE 2. LES GÉNÉRATEURS DE
SCÉNARIOS ÉCONOMIQUES
· Processus de rendement des actions
Ce rendement nécessite l'inflation et d'autres
paramètres relatifs au dividende, soit la modélisation de Black
and scholes proposé comme suit :
dSt = u St dt + St óa dWt (2.4.2)
Avec :
- St : Actif sous-jacent
- u : Drift
- óa :
Volatilité constante
- Wt : Mouvement Brownien
· Taux d'intérêt à long
terme
Il est déduit directement à partir de l'inflation
.
· Processus des taux d'intérêts
à court terme : mentionné dans le schéma
ci-dessous le taux d'intérêt à court terme est
déduit du taux d'intérêt long terme.
· Processus des dividendes
Ces variables sont déduites de l'inflation de du
rendement des actions.
Le schéma explicite suivant illustre l'idée du
modèle en cascade et le rôle central que joue l'inflation :


FIGURE 2.2 - Structure do
modèle de WILKIE [1]
46
CHAPITRE 2. LES GÉNÉRATEURS DE
SCÉNARIOS ÉCONOMIQUES
2.4.2 Modèle de Brennan and Xia
En 2000, un variant du modèle de WILKIE des
générateurs de scénarios économiques est apparu, il
s'agit d'un modèle singularisé par sa structure de
corrélation, plus précisément à partir des
données historiques disponibles, il est possible de tirer une structure
de dépendance entre les variables pour assurer une projection
cohérente.
Ce variant prend plus de paramètres par rapport
à celle du modèle de WILKIE et prend l'inflation et l'indice
action comme inputs et ne prend pas l'indice immobilier malgré son
importance dans le secteur d'assurance.
L'objectif de ce modèle est de déterminer le
prix d'une obligation zéro coupon sous la probabilité
historique.
Il est aussi basé sur les données historiques
et prend en considération deux hypothèses fondamentales :
· Constance des prix du marché de risque
· Le modèle d'équilibre décrit
l'état stationnaire des facteurs observés
Les variables modélisées
1. Processus d'inflation
Modélisé par un processus de retour à la
moyenne d'Orstein-Uhlenbeck sous la probabilité historique :
dInft = ê (u -
Inft)dt + ó dBt (2.4.3)
Avec :
· ê : Vitesse de retour à la
moyenne
· u : Moyenne long terme de Inft
· ó : Volatilité
· B : Mouvement brownien
Cette équation discrétisée soit
l'approximation suivante :
s
1 - e_2ê
Inft+1 = Inft e-ê +
u(1 - e-ê) dt +
Inft,t (2.4.4)
2ê
2. Processus d'action
Sous la probabilité historique, le prix des actions
est représenté par la dynamique brownienne
géométrique prend en considération l'hypothèse de
constance de la prime de risque:
dSt St
= usdt + ósdBP
(2.4.5)
s
47
CHAPITRE 2. LES GÉNÉRATEURS DE
SCÉNARIOS ÉCONOMIQUES
Avec :
· us = Rt + ëS
ós
· Rt : Taux d'intérêt nominal.
· ëS ós : La prime de
risque.
Où ós la volatilité des
actions et ëS la prime de risque unitaire.
3. Taux réel
Sous la probabilité risque neutre, le taux réel
Rr,t est représenté par un modèle
d'équilibre de retour à la moyenne d'Ornstein-Uhlenbeck à
un facteur (modèle de taux court à un facteur), soit :
dRr,t = ê(ur - Rr,t)dt +
órdW r Q (t) (2.4.6)
Avec
· ê : Vitesse de retour à la
moyenne
· ur : Moyenne à court terme de
Rr,t
· ór : Volatilité du taux
réel
· W r Q(t) : Mouvement Brownien
· Q : Probabilité risque neutre
4. L'indice de prix à la consommation
(IPC)
Dans notre mémoire on considère que l'inflation
est le dérivé de l'IPC, sous la
probabilité historique ,le modèle de Black and
Scholes, soit :
dIt It
= Inftdt + óIdW P (2.4.7)
I
Avec
· I : L'indice des Prix a la Consommations
· óI : Volatilité des Indices de
Prix à la Consommations
· I : Mouvement brownien
· P : Probabilité Historique
5. Taux Réel
Dédier lorsqu'on utilise la monnaie
étrangère, sous la probabilité risque neutre
étrangère, la dynamique du taux réel suit un modèle
de Hull and White à un facteur.
Le schéma suivant montre la structure du fonctionnement du
modèle :
48
CHAPITRE 2. LES GÉNÉRATEURS DE
SCÉNARIOS ÉCONOMIQUES

FIGURE 2.3 - Structure du modéle de Brennan-Xia
[1]
2.4.3 Modèle d'Ahlgrim et AL
En 2005, une nouvelle souche des générateurs de
scénarios économiques est apparue développée par
Ahlgrim et AL : ils s'aperçoivent que les paramètres
estimés pour le modèle de taux d'intérêt réel
conduisent à une estimation des taux d'intérêt nominaux
insatisfaisantes[1].
Aussi, Ahlgrim et al. fixent la valeur des paramètres
sur la vitesse de retour à la moyenne et sur la volatilité des
modèles de taux d'intérêt réel[1].
Ce modèle est plus adapté à la gestion de
portefeuilles d'actifs que le modèle de WILKIE et BRENNAN XIA, il est
soutenu par les associations professionnelles d'actuariat et que CAS
1 et SOA2, il est également dernier
caractérisé par une structure de corrélation globale, ce
qui enlève une partie de l'hypothèse de causalité.
Dans la littérature du modèle d'AHLGRIM et AL
les actifs qui forment le portefeuille sont : le rendement action, les taux
obligataires et le rendement immobilier comme le modèle de Brennan and
XIA, ce modèle place le taux d'intérêt réel et le
taux d'inflation au centre du modèle.
1. Causalité Actuariel society : une
société professionnelle d'actuaires et l'organisme
d'agrément pour les désignations Associate of the Casualty
Actuarial Society (ACAS) et Fellow of the Casualty Actuarial Society (FCAS),
elle se concentre sur les risques et les dangers liés à
l'assurance de dommages (par exemple, l'assurance soins et habitation), et non
l'assurance vie ou l'assurance maladie.[7]
2. Society Of ACTUARIES : est une organisation
professionnelle mondiale pour les actuaires. Elle a été
fondée en 1949 à la suite de la fusion de deux grandes
organisations actuarielles aux États-Unis : l'Actuarial Society of
America et l'American Institute of Actuaries. C'est une organisation membre
à part entière de l'International Actuarial Association.[26]
49
CHAPITRE 2. LES GÉNÉRATEURS DE
SCÉNARIOS ÉCONOMIQUES
Les variables à modéliser
1. L'inflation
Le modèle d'Ahlgrim et Al Modélise sous la
probabilité historique, l'inflation par un processus
d'ornstein-uhlenbeck de retour à la moyenne, soit :
dInft = êa(ua,t - Inft)dt + óadBa,t
(2.4.8)
Avec
· êa : Vitesse de retour à
la moyenne
· ua,t : Moyenne long terme de dInft
· óa : Volatilité
· Ba,t : Mouvement brownien
2. Taux d'intérêt réel
Concernant le taux d'intérêt réel, il est
modélisé sous la probabilité risque neutre par un cas
d'application du modèle Hull and White a deux facteurs.
A noter que le taux court réel rr(t)
oscille autour du taux long ll(t), soit :
drr(t) = ur[ll(t) - rr(t)]dt
+ órdWr(t) (2.4.9)
dlr(t) = ur,l[êr(t) - ll(t)]dt +
óldWl(t) (2.4.10)
3. Taux d'intérêt nominale
Sous la probabilité risque neutre, les taux
d'intérêt nominaux sont déduits, des taux
d'intérêt réels et des anticipations d'inflation en
utilisant la relation classique de Fischer
Pn(t, T) = PT(t,T) * EQ t [
Inft ] (2.4.11)
InfT
4. Rendement des actions
C'est la somme du taux sans risque, spread aléatoire
dépendant d'un modèle à changement de régime.
St = rr(t) + Inft + xt (2.4.12)
avec :
· xt : Prime de risque
50
CHAPITRE 2. LES GÉNÉRATEURS DE
SCÉNARIOS ÉCONOMIQUES
Dividendes des actions
Le logarithme des dividendes suit un processus
d'Ornstein-Uhlenbeck de retour à la moyenne,soit :
dln(St) = ics(ts - ln(St))dt
+ usdBs,t (2.4.13)
56. L'immobilier, chômage
Indexé sur les données du marché qui sont
modélisées par un processus d'Ornstein-Uhlenbeck de retour
à la moyenne.
Le schéma suivant met en relief le fonctionnement du
modèle :

FIGURE 2.4 - Structure du modéle de Ahlgrim-Al
[1]
En conclusion : Dans le cadre de ce
mémoire nous adopterons deux modèles de base pour les
Générateurs de scénarios économiques : le
modèle de Brennan and Xia et le modèle d'Ahlgrim.
2.4.4 Avantages et limites des modèles de
références
Nous proposons pour cette partie le tableau suivant qui
résume les 3 modèles cités ci-dessus :
CHAPITRE 2. LES GÉNÉRATEURS DE
SCÉNARIOS ÉCONOMIQUES
51
Modèle
Wilkie
|
Brennan Xia
|
Ahlgrim
|
Avantages
|
Ouvert à être varié. Dépend
d'une seule variable. Modèle de références.
|
Déduire un IPC stochastique et
un facteur d'actualisation
réelle.
|
Une vision plus claire partant de l'inflation. Prise en compte
d'une structure de corrélation.
|
Modèle Inflation - Taux d'interet
|
AR(1)
-
Déduit de l'inflation
|
Processus de retour à
la moyenne - Orstein-Uhlenberck
|
Orstein-Uhlenberck
-
Hull and White
|
Modèle action
|
Déduit de l'inflation
|
Orstein-Uhlenberck.
|
Déduite du taux d'intérêt à
court terme.
|
Limites
|
Modèle d'inflation est mal adapté
aux données. Modèle purement théorique.
|
Absence de l'actif immobilier. Modèle
compliqué pour la mise en place Il tient
compte beaucoup de paramètres.
|
Modèle très long à
l'exécution et pose souvent un
problème de paramétrisation.
|
|
TABLE 2.3 - Avantages et limites des modèles de
référence
52
Chapitre 3
La gestion actif passif dans le cadre de
l'assurance
La Gestion Actif-Passif (GAP) ou Asset-Liability Management
(ALM) en anglais englobe l'ensemble des techniques visant d'analyser, mesurer
et gérer les différents risques encourus dans les entreprises
d'assurances et sert également à faire de l'optimisation au cours
du temps à travers des calculs actuariels dans un cadre respectant les
normes réglementaires (la norme prudentielle Solvabilités 2
à titre d'exemple) et comptables (IFRS2 par exemple) afin de
modéliser un scénario économique adéquat pour
l'assureur à un niveau de risque défini.
Un modèle ALM permet de donner une vision prospective
de l'actif et du passif en prenant en compte les interactions Actif/Passif. Il
fait partie des outils mis à disposition de la gestion Actif-Passif
contribuant à la maîtrise des risques financiers.
En assurance-vie, le modèle de
gestion actif-passif constitue un pilier dans l'activité il permet de
[16] :
· Identifier et évaluer les risques ALM
présents ou prévisibles au binal compte tenu des
hypothèses prospectives financières, techniques et commerciales
en date d'évaluation.
· Identifier et mettre en oeuvre les actions de
remédiation envisageables pour faire face à ces risques ALM,
lorqu'ils vont au-delà de l'appétit au risque de l'assureur.
· Projeter les différents flux d'une compagnie
d'assurance. En assurance non-vie, le modèle de gestion
actif-passif consiste à
· Procurer de l'information sur l'interaction des
décisions opérationnelles.
· Fournir un outil d'aide à la décision pour
la mise en place d'une stratégie prospective.
· Garder un suivi simultané quantitative sur
l'évolution du couple rendement, risque inhérent.
De ce fait, l'ALM s'engage à répondre aux
questions relatives au pilotage de l'activité des compagnies par
une stratégie commerciale permettant le bon
déroulement du portefeuille des contrats d'assurance sous des
contraintes prédéfinies, soit par une allocation optimale
d'actif qui limite les risques financiers liés aux conditions
du marché pour que l'assureur soit prêt pour faire face aux
engagements futurs envers ses assurés.
Dans cette partie, nous présentons le cadre
général du présent travail. Pour ce faire, nous
2. International financial reporting standards
53
CHAPITRE 3. LA GESTION ACTIF PASSIF DANS LE CADRE DE
L'ASSURANCE
allons nous intéresser, dans un premier temps, aux
généralités sur l'assurance-vie également en
assurance non-vie, les caractéristiques, les particularités et
les produits garantis pour chaque type d'assurance. Puis, nous
présenterons la modélisation d'un actif et un passif et
l'interaction entre eux.
Au final nous détaillerons les outils de construction
du bilan comptable et le compte de résultats technique.
3.1 Présentation d'un contrat d'assurance vie
1. Définition : L'assurance-vie est
un contrat par lequel l'assureur s'engage à verser une rente ou un
capital à une personne, le souscripteur, moyennant une prime. Ce
versement se fait selon le type de contrat souscrit. En effet dans un contrat
d'assurance-vie, il faut distinguer deux sortes de contrats : un contrat
d'assurance en cas de décès et un contrat d'assurance vie[6].
Il existe trois types de contrats d'assurance-vie : l'assurance
vie, l'assurance en cas de décès et un contrat mixte offrant une
garantie à la fois vie et en cas de décès.
L'épargne accumulée sera versée selon le type de garantie
:
· La garantie en cas de vie : Versement
d'un capital ou d'une rente si l'assuré est encore en vie a la fin du
contrat.
· La garantie en cas de décès
: un capital ou une rente sera versé au
bénéficiaire désigné par le souscripteur.
2. Principaux risques en assurance-vie
· Risque de rachat : risque
résultant d'une modification du comportement des assurés en
matière de rachat de contrats.
Lors de cette opération l'assuré peut
être soumis à des sanctions en fonction de l'ancienneté du
contrat et ce que fixe les closes lors de la souscription 1.
· Risque de longévité :
est le risque de voir la durée de vie humaine se raccourcie de
manière non déterministe, il s'articule autour de trois points
:
- Les assurés survivent plus longtemps que
prévu.
- Baisse de la mortalité de la population
assurée.
- Tendance temporelle due aux progrès médicaux et
l'avancée technologique.
· Risque de mortalité : Ce
risque est expliqué par un excès/choc inattendu de la
mortalité à cause d'un événement imprévu
(catastrophe/épidémie) de ce fait l'assureur ne peut plus faire
face à ses engagements.
3. Présentation d'un contrat d'épargne
Dans la suite du rapport, nous nous intéresserons à
l'élaboration d'un modèle de gestion actif passif pour un
portefeuille de contrats d'épargne en dinars tunisiens
simplifié.
On considère une unique police soumise au risque de
mortalité et pouvant racheter à tout moment son contrat. Le terme
du contrat est fixé à 10 ans.
En effet durant la vie du contrat l'assuré
bénéficie d'une revalorisation annuelle correspondant au maximum
entre :
1. Il peut être exonéré de tous types de
sanctions
54
CHAPITRE 3. LA GESTION ACTIF PASSIF DANS LE CADRE DE
L'ASSURANCE
· Un taux minimum garanti fixé à 2%.
· Une quote-part (fixée à 90%) des
produits financiers générés par les actifs en
représentation des PM.
4. Quelques notions de comptabilité
(a) Les provisions mathématiques
Les provisions mathématiques désignent les
réserves obligatoires, qu'elles sont tenues de constituer et qui doivent
rester disponibles à tout moment. Ainsi, en cas de besoin, elles peuvent
immédiatement débloquer des fonds en faveur de leurs
souscripteurs. Elle représente la différence entre les valeurs
actuelles des engagements respectivement pris par l'assureur et par les
assurés
A un instant t donné, les provisions mathématiques
sont définies comme suit :
PM(t) = V APassureur(t) - V
APassuré(t) (3.1.1)
La provision mathématique se caractérise par le
faite quelle est individuelle, calculée tête par tête, ne
peut pas être négative, ne peut pas être inférieure
à la valeur de rachat du contrat.
(b) Provision pour participation aux
bénéfices
Provision destinée à prendre en charge le
montant des participations aux bénéfices attribués aux
bénéficiaires de contrats lorsque ces bénéfices ne
sont pas payables immédiatement après la liquidation de
l'exercice qui lui a produit.
L'une des spécificités de l'assurance-vie est la
participation aux bénéfices qui doit être
provisionnée pour que l'assureur soit prêt, la dotation à
la participation aux bénéfices doit être au moins
égale à :
90 % du benéfice technique + 85 % du
bénéfice financiére (3.1.2)
ou
10 % de la perte technique + 15 % de la perte
financière (3.1.3)
Le Minimum de participation des assurés aux
bénéfices est donné par:
90 % du bénéfice technique + 85 % du
bénéfice financier - Intérets techniques
(3.1.4)
ou
55
CHAPITRE 3. LA GESTION ACTIF PASSIF DANS LE CADRE DE
L'ASSURANCE
10 % du bénéfice technique + 15 % du
bénéfice financier - Interets techniques
(3.1.5)
(c) Provision globale de gestion
Destinée à couvrir les charges de gestion
futures des contrats non couverts par ailleurs.
Elle est calculée par groupes homogènes de
contrats (il n'y a pas de compensation possible entre les contrats).
Les contrats dont les chargements de gestion sont
insuffisants doivent faire l'objet d'une PGG.
(d) Provision pour risque d'exigibilité
(PRE)
Destinée à faire face aux engagements dans le
cas de moins-value de l'ensemble des actifs autre
qu'amortissable, hors obligations indexées sur l'inflation (par
exemple les placements en représentation des contrats en unités
de compte).
La PRE est constituée lorsque les actifs
décrivent ci-dessus se trouvent en situation de moins-value latente
nette globale (constatée lorsque la valeur nette comptable de ces
placements est supérieure à leur valeur de
réalisation).
Principes comptables des provisions en assurance vie
Les calculs des provisions techniques en assurance vie doivent :
· Respecter les règles actuarielles : loi de
probabilité, taux d'actualisation.
· Etres traités contrat par contrat selon les
particularités.
· Assurer un rendement d'actif adéquat compatible
avec le passif.
· Disposer tout au long de la vie du contrat de revenus
compatibles avec le taux technique.
3.2 Présentation de l'assurance
non-vie
1. Définition : L'assurance non-vie
est l'ensemble des opérations d'assurances dont le fait
générateur ne dépend pas de la vie de l'assuré.
Elle est donc principalement composée des assurances de choses ou de
biens, des assurances de responsabilité ou de dettes, et des assurances
de personnes.
L'engagement de l'assureur est la prestation en cas de
réalisation de sinitralité subit par l'assuré pendant la
période garantie au contrat.
Il est également manifestement clair qu'en assurance
non-vie le coût d'un sinistre est inconnu a priori et reste
aléatoire.
2. Principaux risques en assurance non-vie
En assurance non-vie le secteur est caractérisé par
le cycle de production inversée en
56
CHAPITRE 3. LA GESTION ACTIF PASSIF DANS LE CADRE DE
L'ASSURANCE
effet l'assureur perçoit généralement les
primes avant de verser les prestations. Les coûts réalisés
de production ne sont connus qu'à posteriori.
Cette problématique cause des problèmes
inhérents pour l'activité d'assurance en cas d'excès de
sinistralité ainsi l'investissement réalisé doit couvrir
le risque assuré (à court et à long terme) on parle alors
d'un risque de sous-investissement.
3. Quelques éléments de
comptabilité
(a) Provision pour prime non-acquise (PPNA)
Provision dédiée pour la part des primes non
encore émises lors de la souscription du contrat d'assurance, on peut
encore le définir comme étant les primes restantes à
émettre se rapportant à un exercice futur.
Le calcul de la provision se fait contrat par contrat sinon
le total des contrats d'échéances voisines.
L'objectif de cette provision est de réaliser une
répartition du risque prorata temporise.
(b) Prime acquise non émise (PANE)
Provision destinée pour les primes qui ont
été souscrites par l'assuré mais qui n'ont pas encore
été émises, notamment à cause du retard
administratif.
(c) Provision pour sinistre à payer
(PSAP)
C'est le pilier principal des provisions en assurance non-vie
elle désigne la valeur estimative des dépenses en principal et en
frais, tant internes qu'externes, nécessaires au règlement de
tous les sinistres survenus et non payés, y compris les capitaux
constitutifs des rentes non encore mises à la charge de
l'entreprise[2].
Principes comptables des provisions en assurance
non-vie Les calculs des provisions techniques en assurance non-vie
doivent :
· Constituer des provisions techniques suffisantes.
· Les sinistres non survenus font l'objet de la
PPNA1 et de la PREC 2.
· Assurer un rendement d'actif adéquat compatible
avec le passif.
Pour simplifier, nous intéressons seulement aux
provisions pour sinistre à payer dans le cadre de ce mémoire,
nous détaillerons dans le dernier chapitre les hypothèses
nécessaires pour cette provision.
Nous avons présenté dans ce qui
précède la gestion actif-passif dans le cadre de l'assurance.
Nous avons également défini son activité et rappeler
quelques éléments de comptabilité qui seront utiles pour
le cas pratique dans le chapitre suivant.
L'objectif des sections suivantes est de modéliser ce
qui décrit les moyens dont une compagnie d'assurances dispose pour
s'acquitter de ses engagements envers ces assurés (ou bien l'actif)
ainsi modéliser ce qui explique l'activité de la compagnie
(l'engagement ou passif) tenant compte de l'interaction entre eux afin de
construire un bilan et un compte de résultats.
1. Provision Pour Prime Non Acquise
2. Provision Pour Risque en Cours
57
CHAPITRE 3. LA GESTION ACTIF PASSIF DANS LE CADRE DE
L'ASSURANCE
3.3 Modélisation Actif - Passif
Les modèles actif-passif apportent de l'information sur
l'interaction des décisions opérationnelles d'une compagnie
d'assurances, une vision quantitative et qualitative sur les décisions
stratégiques proposées et constituent également un
outil d'aide à la décision et la mise en place d'un
business plan.
La mise en place d'un processus de gestion actif-passif est
avant tout conditionnée par la disponibilité de
données permettant de projeter passif et/ou actif, et ensuite
par la disponibilité d'outils ou de modèles pour traiter ces
projections[3].
Dans le cadre de ce mémoire, nous avons proposé
un processus simplifié de gestion actif-passif nommé "mini-ALM"
pour une compagnie d'assurances offrant des produits d'assurances vie et des
produits d'assurances non-vie.
Nous proposons un modèle stochastique permettant
d'effectuer des simulations du bilan et du compte de résultats afin
d'avoir un modèle simplifié d'aide à la
décision contenant des règles de pilotage automatique
permettant de réaliser des simulations en stochastiques à travers
le logiciel VBA-Excel.
Un modèle de gestion actif-passif sera utile pour des
différentes applications[3], parmi ceux on cite :
1. Structure de la réassurance.
2. Besoin en capital.
3. Allocation en capital.
4. Allocation stratégique.
5. Réalisation d'un buisness plan.
6. Gestion actif-passif.
7. Analyse d'une stratégie d'investissment.
3.4 Modélisation de l'actif
Nous proposons dans cette section de détailler les
portefeuilles d'actifs considérés pour la construction d'un
modèle ALM pour les deux volets d'assurances : l'assurance vie et
l'assurance non-vie.
On rappelle les différentes classes d'actif
développé dans notre modèle ALM proposé :
· Les obligations
Une obligation est un instrument financier
représentant une part de la dette. Il existe plusieurs types
d'obligations parmi eux on cite : l'obligation à taux fixe, l'obligation
à taux variable et l'obligation zéro coupon.
· Les actions
Une action est un titre financier représentant la part au
capital de l'entreprise, garantissant à son porteur un revenu
appelé dividende.
58
CHAPITRE 3. LA GESTION ACTIF PASSIF DANS LE CADRE DE
L'ASSURANCE
· L'immobilier
Un actif immobilier est un ensemble de biens immobiliers et
fonciers détenu par la compagnie d'assurance, c'est un actif qui est
caractérisé par un manque de liquidité.
· L'actif monétaire
L'actif monétaire désigne les liquidités
que dispose la compagnie d'assurance, il est placé au taux sans risque
de maturité à un an chaque exercice.
3.4.1 Modélisation de l'actif en assurance
vie
Dans cette sous-section, nous détaillerons les
différents choix de modélisation effectués pour la
projection du portefeuille d'actifs dans notre étude mini-ALM
proposée.
Pour faire face à ses engagements envers ses
assurés disposant des contrats d'épargne, les compagnies
d'assurances vie investissent les primes acquises collectées dans des
actifs de types différents, à titre d'exemple on cite les
actions, les obligations, l'immobilier et la construction,... qui sont
générateurs de revenus : dividendes, coupons, loyers et
intérêts monétaires.
Nous supposons dans notre étude que l'assureur
investit seulement en obligation (part majoritaire) et en action, ce qui est le
cas en Tunisie.
Ce choix chez les assureurs tunisiens est expliqué par
la volatilité élevée du marché. Ainsi, ils
recourent majoritairement aux obligations pour garder plus de protection.
Nous allons décrire dans la suite la dynamique que nous
avons choisie pour décrire chacun de ces actifs.
Portefeuille action : Mouvement Brownien
géométrique
Le portefeuille action est modélisé par un
processus de black-scholes :
dSt St
= .utdt + 8tdBt (3.4.1)
Où :
· Bs : Un mouvement brownien
géométrique.
· S(0) = 1
Portefeuille immobilier : Modélisation
CIR
On s'intéresse maintenant à la calibration de
la dynamique des obligations de notre portefeuille d'étude
proposé, nous utiliserons le modèle CIR (Cox-Ingersoll-Rox) pour
la valorisation d'une obligation zéro coupon de maturité 10
ans.
La calibration du taux d'intérêt est
réalisée à l'aide de la dynamique:
drt = ii(e - rt)dt + o,/rtdWt (3.4.2) Le prix du
zéro coupon à l'instant t et de maturité m est
donné par:
p (t, in) = A(in) exp(-r(t)B(in)) (3.4.3)
59
CHAPITRE 3. LA GESTION ACTIF PASSIF DANS LE CADRE DE
L'ASSURANCE
Avec :
2 exp((k + )m 2
A (m) = ( (3.4.4) (k + ) *
(exp ( .m) - 1) + 2 )2 ê O
a2
Et :
2(exp( .m) - 1)
B (m) = (3.4.5) (k + e)
* (exp ( .m) - 1) + 2 )
V"
= k2 + 2ó2
(3.4.6)
On rappelle la condition de Feller qu'on doit respecter afin de
garantir des taux presque surement positifs :
2k e ~ 2 (3.4.7)
Notons p la corrélation des mouvements browniens
des diffusions taux zéro-coupon et actions, soit :
dWt.dBt = p dt (3.4.8)
Le facteur d'actualisation flux par flux le
déflateur est donné par:
Z t
D(t) = D(t - 1) exp
(- 0 r(u)du) avec D(0) = 1
(3.4.9)
3.4.2 Modélisation de l'actif en assurance
non-vie
Le but de cette sous-section est de présenter les
différentes classes d'actif proposé pour la modélisation
de l'actif.
Nous souhaitons projeter le bilan, le compte de résultats
techniques et l'état de flux de trésorerie à un horizon de
15 ans, nous s'appuyons donc sur des données historiques
pour la première année et des données
projetées résultatant du GSE
pour les projections souhaitées.
On ne dispose pas donc d'une dynamique pour décrire les
actifs nous avons juste proposé une structure de répartition des
actifs (monétaires, action, obligataire et immobilière).
3.5 Modélisation du passif
Nous proposons également dans cette section de
détailler les passif considérés pour la construction d'un
modèle ALM pour les deux volets d'assurances : l'assurance vie et
l'assurance non-vie.
3.5.1 Modélisation du passif en assurance
vie
Le portefeuille d'un assureur vie est constitué de
plusieurs contrats dont chacun fait l'objet d'une particularité selon
les éléments qui lui sont propres (propriétaire du
contrat, taux de revalorisation, sexe, prime versée, ...)
Dans un modèle ALM, parmi les données qu'un
assureur doit disposer on cite :
· Age, sexe de l'assuré.
· La prime versée.
· Taux minimum garantie (TMG) associé au contrat.
60
CHAPITRE 3. LA GESTION ACTIF PASSIF DANS LE CADRE DE
L'ASSURANCE
· Les frais dédiés à la gestion du
contrat et à la prestation en cas de rachat et décès.
Dans le cadre de notre étude et pour simplifié
on dispose d'un horizon de projection de 10 ans d'un contrat d'épargne
simplifier dont les hypothèses de projection sont les suivantes :
· Le taux de mortalité constant tout au long de la
période.
· Le taux de rachat constant tout au long de la
période.
· Pas de primes périodiques.
· Les provisions mathématiques à la date
initiale "=" 100 dt.
· La date d'écheance du contrat est dans 10 ans.
· Un taux technique de 2%, constant tout au long de la
période.
· Un taux de participation à la
bénéfice de 90%.
3.5.2 Modélisation du passif en assurance
non-vie
Dans cette sous-section nous présentons les choix
effectués pour la modélisation du passif proposé en
assurance non-vie au sein du modèle Mini-ALM. On suppose que le passif
est découpé en deux principales parties : les capitaux propres et
les provisions techniques.
· Les capitaux propres : Ce sont les
capitaux versés par les propriétaires de la compagnie
d'assurances ( les actionnaires à titre d'exemple).
Généralement divisés en deux :
1. Montant versé par les actionnaires.
2. Produit financier généré non encore
distribué en dividendes.
· Les provisions techniques : On se
restreint seulement à la provision pour sinistre à payer
(PSAP).
3.6 Interaction actif-passif
L'intérêt d'un modèle ALM en assurance
est de projeter sur un horizon temporel défini en amont
(durée de validité d'une stratégie) les flux de
trésorerie des portefeuilles d'une compagnie d'assurance et
modéliser l'interaction entre l'actif et le passif afin de :
· Projeter le bilan, le compte de résultat et
l'état de flux de trésorerie.
· Calculer le BE et NAV avant de réaliser
l'investissement.
· Modéliser les différents risques
inhérents à l'activité de la compagnie d'assurance.
Dans le cadre de ce mémoire la projection des flux de
trésorerie est assurée à l'aide d'un
générateur de scénarios économiques
dont les flux générés sont utilisés pour
réaliser un bilan économique stochastique pour l'assurance
non-vie et calculer les engagements futurs de l'assureur envers ses
assurés le BE, mesurer l'efficacité de l'investissement NAV en
assurance vie à l'instant initial avant de lancer l'investissement.
Ce qui fait la particularité en assurance vie, par
rapport à l'assurance non-vie réside sur le fait qu'il existe des
interactions entre le passif et l'actif plus dépendante. Cette
dépendance
61
CHAPITRE 3. LA GESTION ACTIF PASSIF DANS LE CADRE DE
L'ASSURANCE
entre l'actif et le passif se traduit essentiellement par les
comportements des assurés en termes de rachat et le niveau de
revalorisation de leurs contrats via la participation aux
bénéfices. Cette participation aux bénéfices quant
à elle dépend du rendement issu des différents
investissements sur l'actif[19].
Le modèle prend en input 1000 scénarios
économiques générés fournis par le GSE et projette
sur un horizon de 10 ans. Pour chaque simulation, le modèle ALM projette
l'actif et le passif de la compagnie d'assurance en prenant compte les
interactions actif-passif dans le calcul des flux de trésorerie
utilisés pour valoriser le BE et le NAV[19].

FIGURE 3.1 - Démarche de calcul du BE et
NAV
En revanche, en assurance non-vie la
situation est différente de celle en assurance vie, les
différentes simulations stochastiques qui seront
présentées dans le chapitre suivant ont pour objectif de
définir une structure d'investissements répartie entre actions,
immobilier, obligataire optimale au vu des contraintes supposées pour
satisfaire les contraintes envers les assurés et capter un maximum de
rendement.
Cette définition passe par la mise des
hypothèses indicatrices telles que le ratio S/P, les
différents taux : d'encaissement, acquisition et frais afin d'atteindre
la variable cible.
Notre objectif dans le cadre de ce mémoire est mis
d'une stratégie afin de réaliser une augmentation de
capital au bout de 15 ans de projection provenant seulement des
résultats techniques internes de la compagnie et non pas d'ailleurs
(versement de la part des actionnaires) .
Cette observation s'est déroulée en plusieurs
étapes pour les modélisations stochastiques, afin de mieux
comprendre les différentes interactions actif-passif
(simulations stochastiques des actifs et des passifs) mais
également afin d'optimiser les temps de calcul.
Nous avons de plus testé différentes politiques
d'investissements obligataires, actionnaires et immobilières (structure
de répartition des réinvestissements) afin de choisir une
allocation optimale.
Généralement, les modèles de projection
ALM sont utilisés en assurance vie qu'en non-vie, peu d'acteurs ont mis
en place ces outils pour plusieurs raisons parmi ceux on cite [8] :
· La duration courte du passif: un engagement ne
dépasse pas un an pour l'assurance santé et l'assurance
automobile.
62
CHAPITRE 3. LA GESTION ACTIF PASSIF DANS LE CADRE DE
L'ASSURANCE
· Les rentabilités gérées et les
risques couverts sont relatifs essentiellement aux résultats techniques
et le risque de souscription.
· La mise en place est plus couteuse qu'en assurance vie
puisque les produits sont plus variés.
Ces éléments nécessitent cependant
d'être critiqués [8] :
· Si en moyenne la duration des passifs est courte, il
existe des branches à développement long, comme les rentes suite
à des sinistres corporels en automobile par exemple. Une approche ALM
visant à compenser la faiblesse du résultat technique par le
résultat financier à tout son sens, à condition qu'elle ne
vienne pas surajouter au risque technique un risque de marché mal
maitrisé.
· Si l'essentiel des risques et de leur suivi provient
du résultat technique, il n'en demeure pas moins que la plupart des
sociétés Non Vie sont exposées au risque de
marché.
· Si la mise en place d'un outil de projection est
couteuse, il constitue un outil d'optimisation avec lequel on garantie plus de
gain et un processus de contrôle.

FIGURE 3.2 - Démarche de projection en
assurance non-vie [8]
Les apports d'un outil ALM stochastique
Selon le besoin, la mise en place d'un outil stochastique au
sein d'une compagnie d'assurances vie ou non-vie devient indispensable, en
particulier si on s'intéresse à :
· L'étude de différents scénarios
financiers, permettant de choisir l'une des différentes allocations
gérées d'actifs en fonction d'un couple (rendement,risque).
· L'étude de l'impact d'augmentation du ratio
S/P.
· L'étude approfondie de l'appétit au
risque inhérent.
3.7 Projection des éléments de
comptabilité
Les étapes retenues dans ce mémoire lors de la
projection du bilan comptable, compte de résultats et l'état de
flux de trésorerie sont synthétisés dans la figure
suivante :
63
CHAPITRE 3. LA GESTION ACTIF PASSIF DANS LE CADRE DE
L'ASSURANCE

FIGURE 3.3 - Démarche de projection des
éléments de comptabilité
La projection des éléments comptables (bilan,
compte de résultat et l'état de flux de trésorerie)
s'articule autour de trois principales parties.
L'instant initiale, il convient d'alimenter ces outils avec
les données historiques disponibles sur le marché ainsi que les
produits financiers récoltés.
Ensuite, nous introduisans les taux d'inflation,
monétaires, actions et les rendements immobilier et obligataires issus
de la projection à l'aide des générateurs de
scénarios économiques (modèle d'Ahlgrim et Al).
Ces taux et rendement permettent de projeter les rendements
financiers, les primes acquises et les engagement futures (provision pour
sinistre à payer) en assurance non-vie, le montant de la participation
aux bénéfices, les provisions mathématiques, le Best
Estimate, les intérêts générés et les rentes
futures en assurance vie.
Au final, nous changeons l'allocation des actifs selon le
scénario économique afin d'avoir un outil d'aide à la
décision pour le choix d'investissement.
3.7.1 Revalorisation de l'actif
Dans notre modèle proposé, le portefeuille
d'actifs en assurance non-vie est constitué d'actions, d'immobiliers,
monétaires et d'obligations. En assurance vie nous proposons un
portefeuille constitué d'obligations et actions seulement.
Notre objectif est de fournir une allocation optimale d'actif
selon les indices d'aide à la décision sur lequel on s'appuie
parmi ceux on cite :
· Valeur du NAV et BE.
· Valeur des capitaux propres à la fin de
l'investissement.
Cette section est orientée pour l'assurance vie plus
que l'assurance non-vie vu la sensibilité de l'activité ainsi le
modèle proposé par l'entreprise chez qui j'ai fait mon stage.
CHAPITRE 3. LA GESTION ACTIF PASSIF DANS LE CADRE DE
L'ASSURANCE
Gestion du portefeuille obligataire
Les assureurs vie recourent généralement aux
obligations pour se couvrir du risque de marché, néanmoins ce
dernier reste difficile à modéliser ainsi sa gestion
nécessite de recalculer les valeurs de marché, les valeurs
comptables également à chaque arrêt comptable.
Mise à jour des valeurs comptables
Chaque exercice, la VNC 1 est
recalculée afin de prendre en compte la dépréciation de
l'obligation [22]. La revalorisation dans le bilan comptable s'exprime par :
V Mt =
|
XT i=t+1
|
CFi * exp((-r(t, i - t) +
s) * (i - t)) (3.7.1)
|
|
avec:
· T la maturité de l'obligation.
· CFi les flux de l'obligation.
· r le taux d'intérêt.
· Dt = exp((-r(t, i -
t) + s) * (i - t)) : le déflateur.
Gestion des portefeuilles action
Le portefeuille action est modélisé de la
même façon que le portefeuille obligataire dont la valeur du
marché est évaluée selon le déflateur, le rendement
sur lequel nous avons déterminé ce déflateur est fourni
par le GSE :
V Mt = V Mt_1 * exprt
(3.7.2)
Modélisation des produits financiers
Nous avons décidé, pour simplifier de
négliger cette partie dans le cadre de ce mémoire est de
restreindre seulement au résultat que donne le code (une simple
application numérique) notre objectif est de fournir un outil d'aide
à la décision pour une stratégie d'investissement,
déterminer l'allocation optimale des actifs et projeter les engagements
futurs.
Néanmoins nous mettons un focus sur cette partie issue
d'une littérature des travaux de Damien Tichit dans son mémoire
"Construction d'un modèle ALM pour une analyse de l'impact d'une
remontée des taux sur la solvabilité d'un assureur vie"[22].
Récolte des coupons
Le générateur d'intérêt pour les
obligations est appelé coupon, on distingue les obligations à
taux fixe et les obligations à taux variable. Les coupons sont
calculés sur la base du nominal dont le montant total collecté
est calculé par [22] :
Coupon =
|
XM k=1
|
Taux Couponk * Nominalk (3.7.3)
|
|
64
avec: M le nombre d'obligation dans le portefeuille.
1. Valeur Nette Comptable
65
CHAPITRE 3. LA GESTION ACTIF PASSIF DANS LE CADRE DE
L'ASSURANCE
Récolte des dividendes
Les dividendes sont les revenus des actions et elles sont
calculés sur la base de la valeur de marché de l'actif.
Dividendest = V Mt * Txdiv (3.7.4)
Stratégie de réinvestissement
Au final, la rentabilité des investissements
réalisé se mesure par l'allocation cible fixée au
début. Néanmoins dans un contexte d'excès de rachat ou de
mortalité l'assureur sera obligé de liquide les titres financiers
afin de bien gérer ses risques et d'assurer des projections plus
réalistes.
De ce fait on retient le même travail, on re projette
de nouveau le panier d'actif à l'aide des générateurs de
scénarios économiques et on fixe de nouveau une allocation
optimale d'actifs.
On introduit ces outputs de nouveau dans le moteur ALM afin
de mieux clarifier les nouveaux risques issus de ce nouveau
mécanisme.
66
Chapitre 4
Application pratique de la mise en
place d'un GSE et projection au sein
du modèle ALM
Introduction
Ce chapitre propose l'élaboration d'un
Générateur de Scénarios Economiques pour une compagnie
d'assurance qui permet de projeter des facteurs de risques économiques
et financiers. Ces derniers seront utilisés pour la projection du bilan,
du compte de résultat technique (en cas d'assurance non-vie) et
l'état de flux de trésorerie (en cas assurance non-vie) .
Pour rappel, ce mémoire est élaborée
dans un cadre tunisien2 nous avons rencontré certaines
difficultés au niveau des études pratiques :
· Insuffisance des données.
· L'instabilité du climat économique et
politique.
· Incomplétude de marché financier
tunisien due à une économie stationnaire avec de faibles
performances.
Néanmoins, nous arrivons à collecter des
données historiques à des horizons variables pour calibrer et
projeter chaque variable selon le modèle retenu (modèle de
référence).
Nous rappelons que dans ce mémoire, le modèle
de référence utilisé pour projeter les variables
macro-économiques est Ahlgrim et Al.
présenté au niveau du chapitre 2.
Dans la section suivante nous allons présenter une
analyse des données utilisées dans notre étude.
4.1 Analyse des données
Les facteurs des risques considérés dans notre
analyse sont : le taux d'inflation, le taux d'intérêt, le
rendement des actions et le rendement immobilier.
Ce choix des variables est efféctué car elles
représentent les inputs du modèle de référence
2. Source des données
CHAPITRE 4. APPLICATION PRATIQUE DE LA MISE EN PLACE D'UN GSE
ET PROJECTION AU SEIN DU MODÈLE ALM
choisi. Ces dernières sont calculées à un
pas annuel.
Les différents tests et modélisation statistiques
dans la suite ont été réalisés à l'aide du
logiciel libre statistique R.
Nous avons utilisé pour ce fait les librairies : Moments,
tseries (pour les séries temporelles) et GLM.
Les codes R relatifs à la calibration et
la projection du modèle d'Ahlgrim et Al. sont disponibles sur le site
Ressources actuarielles [18] .
4.1.1 Taux d'inflation
L'inflation est définie par : "la perte
du pouvoir d'achat de la monnaie qui se traduit par une augmentation
générale et durable des prix. ... La perte de valeur de la
monnaie est un phénomène qui frappe l'économie nationale
dans son ensemble (ménages, entreprises, etc."[5] Pour la Tunisie, comme
pour d'autres pays, l'inflation se calcule sur la base de l'indice des prix
à la consommation (IPC) 1 base 100 en 2015.
Le calcul de l'IPC est donné par:
Prix d'un panier de biens et de
services d'une année t
IPCt = * 100 (4.1.1) P rix d'un panier
de biens et de services de l'année de base
Ensuite, nous proposons dans le cadre de l'élaboration de
ce mémoire une construction de taux d'inflation par la formule suivante
:
Inft = ( IP Ct ) - 1 (4.1.2)
IP Ct-1
Pour la modélisation de cette variable nous
choisissons un historique de l'IPC de 30 ans entre 1990 et 2021, les
données utilisées sont disponibles sur le site de l'institu
national de la statistique.
La figure ci-dessous, publié par la banque illustre
l'évolution de l'inflation en Tunisie depuis 1990 jusqu'au 2020 en
citant les principaux facteurs de déviation de l'inflation :
67
1. L'indice des prix à la consommation est l'instrument
de mesure de l'inflation. Il permet d'estimer, entre deux périodes
données, la variation moyenne des prix des produits consommés par
les ménages. C'est une mesure synthétique de l'évolution
de prix des produits, à qualité constante.[13]
CHAPITRE 4. APPLICATION PRATIQUE DE LA MISE EN PLACE D'UN GSE
ET PROJECTION AU SEIN DU MODÈLE ALM

FIGURE 4.1 - Evolution de l'inflation entre 1990-2020
(Source : INS ) [12]
En Tunisie l'inflation garde une évolution en
exponentielle depuis l'année 2011 1 et
atteint un pique de 7.3% en 2018 et se stabilise à 6.2% fin 2020. Ceci
est conséquence de l'instabilité économique et politique
qui se traduit par l'augmentation du taux de déficit commercial : une
vision stratégique doit être prise en compte pour lutter ce
phénomène qui menace l'économie. Le tableau (4.1)
ci-dessus représente les caractéristiques statistiques de la
série des données utilisées :
|
Taux d'inflation entre 1990-2020
|
Moyenne
|
0.042
|
Ecart type
|
0.015
|
Médiane
|
0.037
|
Maximum
|
0.082
|
Minimum
|
0.010
|
Skewness
|
0.725
|
Kurtosis
|
2.802
|
Jarque-Bera
|
0.0610
|
|
TABLE 4.1 - Statistiques du taux d'inflation entre
1990-2021
Les résultats obtenus permettent de conclure que :
· L'hypothèse de normalité est à
rejeter (Test de Jarque-Bera).
· Une asymétrie de la distribution empirique de
l'échantillon à droite (Skewness et Kurtosis).
Ces données sont utilisées pour le calibrage et
la projection du modèle retenu pour le taux d'inflation qu'on
détaillera dans la section suivante, nous étudions par la suite
les données relatives au Taux d'intérêt.
1. Année de la révolution

CHAPITRE 4. APPLICATION PRATIQUE DE LA MISE EN PLACE D'UN GSE ET
PROJECTION AU SEIN DU MODÈLE ALM
4.1.2 Taux d'intérêt
Le Taux moyen du marché monétaire
1 correspond au taux auquel les banques s'empruntent et se
prêtent de l'argent entre elles. Il joue un rôle essentiel dans
l'activité financière et fluctue en fonction de l'inflation, du
chômage, mais aussi de la conjoncture internationale.[4]
Dans le cadre tunisien, le TMM est fixé par la
BCT2 et varie soit à la hausse soit à la baisse selon
le contexte économique. En effet, une baisse de TMM conduit à une
hausse des demandes de crédits par les investisseurs avec des
coûts non élevés mais un retour sur investissement qui peut
être rentable. Cependant, une augmentation de TMM est effectuée
afin de limiter et régulariser la demande de crédit et
créer une marge d'intérêt plus importante.[11].
La courbe suivante souligne l'évolution du taux
d'intérêt réel durant les 30 dernières années
en Tunisie :
FIGURE 4.2 - Evolution du TMM entre 1990-2020 (Source
: INS) [23]
Le TMM a passé de 4,11% à 7,24% entre 2011 et
2019, la banque centrale de Tunisie considère que cette augmentation de
3,13% grave sur les budgets et la trésorerie des ménages dans un
pays qui connait une hausse des prix en exponentielle.3
Le taux de marché monétaire est un taux nominal
déterminé à partir de l'inflation par une
intégration. En revanche, pour avoir une vision plus réaliste de
ce que rapportera le placement du préteur, ou bien qu'il coutera
à l'emprunteur, il est nécessaire de tenir compte de l'inflation
et de raisonner en terme de taux réel plutôt qu'en terme de taux
nominal. Ainsi la relation qui relie ces taux se traduit par :
1. Abrégé TMM
2. Banque Centrale de la Tunisie
3. Inspiré de la note banque centrale 2019
CHAPITRE 4. APPLICATION PRATIQUE DE LA MISE EN PLACE D'UN GSE ET
PROJECTION AU SEIN DU MODÈLE ALM
Taux réel = Taux nominal - Taux inflation[30]
On distingue entre un taux d'intérêt à
court terme et un taux d'intérêt à long terme, en effet
:
· Taux d'intérêt à court
terme est déterminé à partir du TMM que publie la
BCT et en utilisant la relation précédente 29.
· Taux d'intérêt à long
terme est celui des obligations d'État à
échéance de 10 ans. Les taux dépendent essentiellement du
prix facturé par le prêteur, du risque propre à
l'emprunteur et de la réduction de la valeur du capital. ... Les taux
d'intérêts à long terme sont un déterminant de
l'investissement des entreprises.[17]
Nous présenterons dans la suite les statistiques des
données collectées sur le taux d'intérêt à
long terme et le taux d'intérêt à court terme.
Concernant la modélisation du taux
d'intérêt à long terme, nous utilisons un historique de 30
ans entre 1990 et 2020 partagé par la banque centrale.
Les tableaux (4.2) et (4.3) ci-dessus présentent les
mêmes caractéristiques statistiques des séries des
données utilisées :
|
Taux réel à court terme entre 1990-2020
|
Moyenne
|
0.194
|
Ecart type
|
1.811
|
Médiane
|
2.287
|
Maximum
|
5.548
|
Minimum
|
-0.932
|
Skewness
|
0.142
|
Kurtosis
|
1.856
|
Jarque-Bera
|
1.792
|
|
TABLE 4.2 - Statistique du Taux réel à
court terme entre 1990-2020
|
Taux réel à long terme entre
2007-2020
|
Moyenne
|
0.245
|
Ecart type
|
0.016
|
Médiane
|
0.0663
|
Maximum
|
0.103
|
Minimum
|
0.051
|
Skewness
|
0.672
|
Kurtosis
|
2.107
|
Jarque-Bera
|
1.629
|
|
TABLE 4.3 - Statistique du Taux réel à
long terme entre 2007-2021
Les résultats permetent de conclure que :
· L'hypothèse de normalité est à
rejeter (Test de Jarque-Bera).
· Une asymétrie de la distribution empirique de
l'èchantillon à droite (Skewness et Kurtosis).

CHAPITRE 4. APPLICATION PRATIQUE DE LA MISE EN PLACE D'UN GSE ET
PROJECTION AU SEIN DU MODÈLE ALM
4.1.3 Rendement des actions
Pour la collecte des historiques des rendements des actions
tunisiennes nous nous se focalise sur l'indice boursier
Tunindex1.
Les données sont récupérées à
partir de l'institut nationale de la statistique (INS) entre 1997 et 2020[12],
le graphique ci-dessous illustre l'évolution de TUNINDEX en tenant
compte les principaux facteurs de volatilités au cours de la
période d'étude.
FIGURE 4.3 - Evolution de TUNINDEX entre 1997-2020
(Source : INS) [12]
Dans le cadre de ce mémoire la construction de
l'historique des rendements de l'action à partir de l'indice boursier
Tunindex est donnée par la formule suivante :
Rendaction n = ( indn ) -
1 (4.1.3) indn-1 Où Rendaction
n représente le rendement de l'action et
indn représente l'indice Tunindex avec dividendes
réinvestis à l'année n.
Le rendement de l'action associé à l'historique
du rendement annuel construit entre 1997 et 2020 est présenté
dans la figure ci-dessous :
1. L'indice TUNINDEX est un indice boursier tunisien
pondéré par les capitalisations boursières flottantes avec
une base 1000, C'est un indice statistique, de type rendement (les dividendes
sont réinvestis), qui mesureent la tendance générale des
marchés des titres de capital de la Cote de la Bourse, composés
des cinquantes principales capitalisations boursières du pays.[24]
L'indice des prix immobilier IPM est utilisé pour la
projection du rendement de l'immobilier. c'est un indice trimestriel
établi dans le cadre d'un projet de suivi des prix de l'immobilier
à
CHAPITRE 4. APPLICATION PRATIQUE DE LA MISE EN PLACE D'UN GSE ET
PROJECTION AU SEIN DU MODÈLE ALM

FIGURE 4.4 - Evolution du rendement de l'action entre
1997-2020 (Source : INS) [12]
Le tableau ci-dessous représente les
caractéristiques statistiques de la série des données
utilisées :
|
Rendement de l'action entre 1997-2020
|
Moyenne
|
0.093
|
Ecart type
|
0.162
|
Médiane
|
0.097
|
Maximum
|
0.483
|
Minimum
|
-0.121
|
Skewness
|
0.771
|
Kurtosis
|
3.098
|
Jarque-Bera
|
2.389
|
|
TABLE 4.4 - Statistique du rendement de l'action entre
1997-1990
Les résultats permet de conclure que :
· L'hypothèse de normalité est rejetée
(Test de Jarque-Bera).
· Une légère asymétrie de la
distribution empirique de l'echantillon à gauche (Skewness).
Ces données sont utilisées pour le calibrage et la
projection du modèle retenu pour le rendement de l'action que nous
détaillerons dans la section suivante, nous étudions dans la
suite les données relatives au rendement de l'immobilier.
4.1.4 Rendement de l'immobilier

CHAPITRE 4. APPLICATION PRATIQUE DE LA MISE EN PLACE D'UN GSE ET
PROJECTION AU SEIN DU MODÈLE ALM
usage d'habitation au sein de l'institut national de la
statistique (INS).
Dans le cadre de ce mémoire et pour simplifier nous
considérons que les indices du quatrième trimestre
représentent les indices immobiliers annuels.
L'historique du rendement immobilier pour chaque année
est construit à partir de la relation suivante:
Imn = ( IP Mn ) - 1
(4.1.4)
IP Mn-1
Où IPMn représente l'indice
des prix immobiliers à l'année n. La figure ci-dessous illustre
l'évolution du rendement de l'immobilier entre 2000 et 2020 :
FIGURE 4.5 - Evolution du rendement de
l'immobilier entre 2000-2020 (Source : INS) [12]
Le tableau ci-dessous représente les
caractéristiques statistiques de la série des données
utilisées, les résultats réalisés permetent de
conclure que :
· L'hypothèse de normalité des données
est accepter (Test de Jarque-Bera).
· Une légère asymétrie de la
distribution empirique de l'èchantillon à gauche (Skewness).
· Aplatissement proche de celui d'une loi normale
centrée réduite (Kurtosis).
CHAPITRE 4. APPLICATION PRATIQUE DE LA MISE EN PLACE D'UN GSE
ET PROJECTION AU SEIN DU MODÈLE ALM
|
Rendement de l'immobilier entre 2000-2020
|
Moyenne
|
0.075
|
Ecart type
|
0.038
|
Médiane
|
0.077
|
Maximum
|
0.154
|
Minimum
|
-0.012
|
Skewness
|
0.044
|
Kurtosis
|
3.117
|
Jarque-Bera
|
0.730
|
|
TABLE 4.5 - Statistique du rendement
de l'immobilier entre 2000-2020
4.2 Calibrage des données
Nous proposons dans la suite une calibration des variables
macro-économique selon le modèle d'Ahlgrim et Al.
1.
Le modèle d'Ahlgrim et Al présenté dans le
deuxieme chapitre sert à déterminer le rendement des actions en
prenant comme inputs le taux d'inflation et le taux d'intérêt
réel.
Modèle sur l'inflation
Ahlgrim et Al. modélise le taux d'inflation par un
processus d'Orstein-Uhlenbeck.
Dans le cadre de ce mémoire nous adoptons ce
modèle pour modéliser le taux d'inflation tunisien.
En se basant sur les données tunisiennes sur l'inflation
présentées dans la section précédente, les
paramétres obtenues sont résumés dans le tableau suivant
:
Paramètre
|
Valeur
|
Taux d'inflation moyen :
|
0.041
|
Ecart-type de l'erreur :u
|
0.013
|
Vitesse de retour à la moyenne : k
|
0.381
|
|
TABLE 4.6 - Ahlgrim : Estimation des
paramètres du modèle sur l'inflation
Test
|
Résultat
|
R2
corrigé
|
0.481
|
Fisher
|
P = 3,559 e5
|
Moyenne des résidus
|
6.089 e-17
|
Student(constante)
|
P = 0.048
|
Student(variable)
|
P = 3.57 e-5
|
Breusch-Godfrey
|
P = 0.549
|
ARCH(1)
|
P = 0.633
|
Jarque-Bera
|
P = 0.049
|
|
TABLE 4.7 - Ahlgrim : Test
d'adéquation du modèle sur l'inflation
Le tableau ci-dessus résume les résultats des
différents tests d'adéquation sur le modèle, nous pouvons
conclure que :
1. Vois chapitre 2 section modèle d'Ahlgrim et Al pour
plus de détails.
1. entre 2000 et 2021
CHAPITRE 4. APPLICATION PRATIQUE DE LA MISE EN PLACE D'UN GSE ET
PROJECTION AU SEIN DU MODÈLE ALM
· Le test d'ajustement permet de conclure que le pouvoir
explicatif est de 48.1%.
· Le test de Fisher permet de dire que le modèle est
globalement significatif.
· La moyenne des résidus est presque nulle.
· Le couple du test de student (constante,variable)
affirme que les paramétres utilisés sont significatifs.
· Le test de Breusch-Godfrey montre l'abscence de
l'autocorrélation d'ordre P = 1.
· Le test ARCH(1) montre l'abscence de
l'hétéroscédasticité d'ordre q = 1.
· Le test de Jarque-Bera permet de validé la
normalité des résidus.
L'ensemble des tests réalisés permettent de
valider globalement l'adéquation du modèle d'Orstein-Uhlenbeck
pour le taux d'inflation.
Modèle sur l'immobilier
Dans le cas tunisien, l'immobilier joue un rôle central
dans les portefeuilles des assureurs tunisiens il permet de freindre les
conséquences de l'inflation, vu la rentabilité qu'il procure.
Ahlgrim et Al dans ses traveaux modélisent cette varibale par un
processus d'orstein-uhlenbeck, nous adoptons cette modélisation dans le
cadre de ce mémoire. En se basant sur les données tunisiennes sur
l'immobilier 1 présentées dans la
section précédente, les paramétres obtenus sont
résumés dans le tableau suivant :
Paramètres
|
Résultat
|
Vitesse de retour à la moyenne
|
0.570
|
Espérance du taux de rendement de l'immobilier
|
0.073
|
Ecart type de l'erreur
|
0.066
|
|
TABLE 4.8 - Ahlgrim : Estimation des
paramètres du modèle sur l'immobilier
Paramètres
|
Résultat
|
|
R2
corrigé
|
0.365
|
|
Fisher
|
P = 0.01
|
|
Student (Constante)
|
P = 0.00001
|
|
Student (Variable)
|
P = 1.41 e -
|
7
|
Moyenne des résidus
|
1.301 e - 18
|
|
Breusch-Godfrey
|
P = 0.520
|
|
ARCH (1)
|
P = 0.289
|
|
Jarque-Bera
|
P = 0.049
|
|
|
TABLE 4.9 - Ahlgrim : Test
d'adéquation du modèle sur l'immobilier
Le tableau ci-dessus résume les résultats des
différents tests d'adéquation sur le modèle, ceci permet
de conclure que :
· Le test d'ajustement permet de conclure que le pouvoir
explicatif est de 36%.
· Le test de Fisher permet de dire que le modèle est
globalement significatif.
CHAPITRE 4. APPLICATION PRATIQUE DE LA MISE EN PLACE D'UN GSE
ET PROJECTION AU SEIN DU MODÈLE ALM
· La moyenne des résidus, on peut le
considére nulles.
· Le couple du test de student (constante,variable)
affirme que les paramétres sont significatifs.
· Le test de Breusch-Godfrey montre l'abscence de
l'autocorrélation d'ordre P = 1.
· Le test ARCH(1) montre l'abscence de
l'hétéroscédasticité d'ordre q = 1.
· Le test de Jarque-Bera permet de validé la
normalité des résidus.
L'ensemble de ces tests valident les conditions posées
pour la validation du modèle et du calibrage. Nous concluons que la
modélisation par le processus d'Orstein uhlenbeck est bien adapté
au rendement de l'immobilier.
Modèle sur les taux d'intérêt
réel
Concernant le taux d'intérêt réel, il est
modélisé sous la probabilité risque historique par le
processus de Hull and White à deux facteurs.
A noter que le taux court réel rr(t)
oscille autour du taux long ll(t), soit :
drr(t) = ur[ll(t) -
rr(t)]dt + órdWr(t) (4.2.1)
dlr(t) = ur,l[êr(t) - ll(t)]dt +
óldWl(t) (4.2.2)
En se basant sur les données tunisiennes sur le taux
d'intérêt réel 1 à long
et à court terme présentés dans la section
précédente, on obtient les paramètres de besoin qui sont
résumés dans le tableau ci-dessous.
Paramètres
|
Résultat
|
Vitesse de retour à la moyenne (CT)
|
0.194
|
Ecart type de l'erreur (CT)
|
0.018
|
Vitesse de retour à la moyenne (LT)
|
2.454
|
Taux d'intérêt réel moyen (LT)
|
0.027
|
Ecart type de l'erreur (LT)
|
0.020
|
|
TABLE 4.10 - Ahlgrim : Estimation des paramètres
du modèle sur le taux d'intérêt réel à long
et court terme
1. entre 2007 et 2020
CHAPITRE 4. APPLICATION PRATIQUE DE LA MISE EN PLACE D'UN GSE
ET PROJECTION AU SEIN DU MODÈLE ALM
Le tableau suivant représente les tests statistiques
nécessaires pour l'adéquation du modèle de taux
d'intérêt réel à long terme :
Test
|
Résultat
|
|
R2
corrigé
|
-0.0834
|
|
Fisher
|
P = 0.716
|
|
Student (Constante)
|
P = 0.006
|
|
Student(Variable)
|
P = 0.716
|
|
Moyenne des résidus
|
2.271 e-19
|
|
Breusch-Godfrey
|
P = 0.635
|
|
ARCH(1)
|
P = 0.733
|
|
Jarque-Bera
|
P = 9.295
|
e-13
|
|
TABLE 4.11 - Ahlgrim : Test
d'adéquation du modèle sur le taux d'intérêt
réel à long terme
Ceci permet de conclure que :
· Le test d'ajustement permet de conclure que le pouvoir
explicatif est de -8%.
· Le test de Fisher permet de dire que le modèle est
globalement significatif.
· La moyenne des résidus est presque nulle.
· Le couple du test de student (constante,variable) affirme
que les paramétres sont significatifs.
· Le test de Breusch-Godfrey montre l'abscence de
l'autocorrélation d'ordre P = 1.
· Le test ARCH(1) montre l'abscence de
l'hétéroscédasticité d'ordre q = 1.
· Le test de Jarque-Bera permet de valider la
normalité des résidus.
Le tableau suivant représente les tests statistiques
nécessaire, pour l'adéquation du modèle de taux
d'intérêt réel à court terme :
Test
|
Résultat
|
R2
corrigé
|
0.0078
|
Fisher
|
P = 0.321
|
Student(Variable)
|
P = 0.322
|
Moyenne des résidus
|
-0.0004
|
Breusch-Godfrey
|
P = 0.238
|
ARCH(1)
|
P = 0.763
|
Jarque-Bera
|
P = 0.502
|
|
TABLE 4.12 - Ahlgrim : Test
d'adéquation du modèle sur le taux d'intérêt
réel à court terme
Ceci permet de conclure que :
· Le test d'ajustement permet de conclure que le pouvoir
explicatif est de 0.8%.
· Le test de Fisher permet de dire que le modèle est
globalement significatif.
CHAPITRE 4. APPLICATION PRATIQUE DE LA MISE EN PLACE D'UN GSE
ET PROJECTION AU SEIN DU MODÈLE ALM
· La moyenne des résidus est presque nulle.
· Le test de student (variable) affirme que les
paramétres sont significatifs.
· Le test de Breusch-Godfrey montre l'abscence de
l'autocorrélation d'ordre P = 1.
· Le test ARCH(1) montre l'abscence de
l'hétéroscédasticité d'ordre q = 1.
· Le test de Jarque-Bera permet de valider la
normalité des résidus.
L'ensemble de ces tests montre que le modèle de
Hull-White n'est pas parfaitement adapté aux données tunisiennes
pour les taux d'intérêt réel à long et à
court terme, car les testes de fisher et le test d'ajustement ne sont pas tout
à fait validés. Cependant nous retenons ces données vu que
les résultats issus de ces deux tests sont proches de zéro.
Modèle sur les actions
La modèlisation de l'excès du rendement actions
dans le cadre du modèle d'ahlgrim se base sur le processus de Black et
Scholes. En se basant sur les données annuelles tunisienne entre la
période de 1997 et 2020 des rendements des actions, on obtien
l'excès du rendement de l'action par la formule suivante :
Excès du rendement actions = Rendement actions - TMM
On peut donc déduire les paramètres
nécessaires pour alimenter le processus de black and Scholes, soit alors
:
Paramètre
|
Résultat
|
Excès de rendement moyen
|
0.037
|
Ecart type de l'excès des actions
|
0.148
|
|
TABLE 4.13 - Ahlgrim : Estimation des paramètres
du modèle sur le rendement d'actions
4.3 Projection
Dans cette section nous présentons les
résultats de la projection issue des variables validées dans la
section précédente pour le modèle d'Ahlgrim.
La projection est réalisée par la
génération de trajectoires en utilisant la formule de
discrétisation, nous définissons une structure de
dépendance pour effectuer des projections cohérentes. Pour le
choix de cette structure nous allons adopter la structure de corrélation
linéaire 1.
Hypothèses de projection
Nous présentons dans cette sous-section les
hypothèses de projection pour le modèle Ahlgrim and Al ainsi les
paramétres et les valeurs initiales nécessaires pour la
projection.
· NS = 10000 : Le nombre de simulations.
· T = 10 ans : La maturité de projection.
· Les quantiles sont présentées à
10 % et à 90 %. On suppose que l'année d'origine de projection
est t = 2020.
1. Voir la 3éme
étape de construction d'un GSE
2éme chapitre pour plus de
détail.
1. Matrice ci-dessus
CHAPITRE 4. APPLICATION PRATIQUE DE LA MISE EN PLACE D'UN GSE ET
PROJECTION AU SEIN DU MODÈLE ALM
Matrice de corrélation entre les variables du
GSE
Pour la modélisation de la dépendance on se
focalise sur la matrice de corrélation. Les résidus suivent une
loi normale, la génération des trajectoires revient alors
à générer des lois normales corrélées,
d'où le recours vers la décomposition de Chlesky.
Nous nous intéressons à une projection
annuelle, les matrices de corrélations présentées
ci-dessous sont estimées à partir des données à
fréquences annuelles dont l'historique des variables du GSE est
récupéré entre 2007-2020 pour des raisons d'absence de
suffisamment des données sur le taux réel long. La matrice de
corrélation est intégrée alors comme un paramètre
dans le GSE.
Nous présentons dans la suite les matrices de
corrélations pour le modèle de référence Ahlgrim
and Al ainsi qu'un backtesting sur les résultats obtenus afin
d'effectuer des projections cohérentes dans la suite.
Données
|
Res_Tx_In
|
Res_Rdt_Im
|
Res_Tx_rl
|
Res_Tx_rc
|
Res_Rdt_ex
|
Res_Tx_In
|
1
|
-0.025
|
0.693
|
-0.132
|
-0.0026
|
Res_Rdt_Im
|
-0.025
|
1
|
-0.493
|
-0.005
|
0.016
|
Res_Tx_rl
|
0.693
|
-0.493
|
1
|
0.051
|
0.020
|
Res_Tx_rc
|
-0.132
|
-0.005
|
0.051
|
1
|
0.228
|
Res_Rdt_ex
|
-0.0026
|
0.016
|
0.020
|
0.228
|
1
|
|
TABLE 4.14 - Ahlgrim and Al : Matrice
de corrélation de l'historique des résidus Backtesting sur la
matrice de corrélation
Comme la matrice de corrélation de l'historique des
résidus est symetrique, définie et positive, d'aprés le
théoréme de Cholesky, on peut la décomposer comme le
produit d'une matrice triangulaire et de sa transposée, soit :
Données
|
Res_Tx_In
|
Res_Rdt_Im
|
Res_Tx_rl
|
Res_Tx_rc
|
Res_Rdt_ex
|
Res_Tx_In
|
1
|
0
|
0
|
0
|
0
|
Res_Rdt_Im
|
-0.0258
|
0.999
|
0
|
0
|
0
|
Res_Tx_rl
|
0.693
|
-0.475
|
0.541
|
0
|
0
|
Res_Tx_rc
|
-0.132
|
-0.008
|
0.257
|
0.957
|
0
|
Res_Rdt_ex
|
-0.0026
|
0.015
|
0.054
|
0.22
|
0.973
|
|
TABLE 4.15 - Ahlgrim and Al : Matrice
de corrélation - Décomposition de
Cholesky
Nous proposons une mesure de qualité pour notre GSE de
référence Ahlgrim et Al. sur la matrice de corrélations :
nous comparons la matrice de corrélations issue des données
historiques 1 avec celle
projetée pour vérifier si la structure de dépendance est
conservée ou pas. La matrice projetée est présentée
ci-dessous.
FIGURE 4.7 - Boostrap : projection de
l'inflation
CHAPITRE 4. APPLICATION PRATIQUE DE LA MISE EN PLACE D'UN GSE ET
PROJECTION AU SEIN DU MODÈLE ALM
Données
|
Inflation
|
Immobilier
|
Tx long
|
Tx court
|
Excès_action
|
Inflation
|
1
|
-0.023
|
0.670
|
-0.127
|
0.008
|
Immobilier
|
-0.023
|
1
|
-0.471
|
-0.004
|
0.019
|
Tx long
|
0.670
|
-0.471
|
1
|
0.043
|
0.0208
|
Tx court
|
-0.127
|
-0.004
|
0.043
|
1
|
0.221
|
Excès_action
|
0.008
|
0.019
|
0.0208
|
0.221
|
1
|
|
TABLE 4.16 - Ahlgrim and Al : Matrice
de corrélation projeté
Les valeurs des deux matrices sont très proches donc la
structure de dépendance est conservée.
4.3.1 Projection issues du calibrage du modèle
d'Ahlgrim et Boos-trap
Nous restreindrons dans cette partie seulement pour
présenter les schémas issus du code R
lors de la projection. Voici ci-dessous la chronique des
rendements de l'inflation issus du modèle Ahlgrim et Al :

FIGURE 4.6 - Ahlgrim et Al. :
projection de l'inflation

CHAPITRE 4. APPLICATION PRATIQUE DE LA MISE EN PLACE D'UN GSE ET
PROJECTION AU SEIN DU MODÈLE ALM
Vous trouvez ci-dessous l'évolution de l'action à
long terme des rendements de l'action issus du modèle Ahlgrim et Al et
boostrap :

FIGURE 4.8 - Ahlgrim et Al. :
projection de l'éxcedent de rendement de l'action

FIGURE 4.9 - Boostrap : projection de
l'éxcedent de rendement de l'action
CHAPITRE 4. APPLICATION PRATIQUE DE LA MISE EN PLACE D'UN GSE
ET PROJECTION AU SEIN DU MODÈLE ALM
Ci-dessous la chronique de l'immobilier issus du modèle
Ahlgrim et Al et boostrap :

FIGURE 4.10 - Ahlgrim et Al. :
projection de l'immobilier

FIGURE 4.11 - Boostrap : projection de
l'immobilier
CHAPITRE 4. APPLICATION PRATIQUE DE LA MISE EN PLACE D'UN GSE
ET PROJECTION AU SEIN DU MODÈLE ALM

FIGURE 4.12 - Ahlgrim et Al. :
projection de rendement de l'action

FIGURE 4.13 - Ahlgrim et Al. :
projection de Taux court
Vous trouvez ci-dessous la chronique des taux à court et
à long terme ainsi la projection des zéro coupon issus du
modèle d'Ahlgrim et Al :
CHAPITRE 4. APPLICATION PRATIQUE DE LA MISE EN PLACE D'UN GSE
ET PROJECTION AU SEIN DU MODÈLE ALM

FIGURE 4.14 - Ahlgrim et Al. :
projection de Taux court
FIGURE 4.15 - Boostrap : projection de Taux
court

CHAPITRE 4. APPLICATION PRATIQUE DE LA MISE EN PLACE D'UN GSE ET
PROJECTION AU SEIN DU MODÈLE ALM

FIGURE 4.16 - Ahlgrim et Al. :
projection de Taux long
FIGURE 4.17 - Boostrap : projection
de Taux long

CHAPITRE 4. APPLICATION PRATIQUE DE LA MISE EN PLACE D'UN GSE ET
PROJECTION AU SEIN DU MODÈLE ALM

FIGURE 4.18 - Ahlgrim et Al. : projection
de taux réel court
FIGURE 4.19 - Boostrap : projection de taux
réel court

CHAPITRE 4. APPLICATION PRATIQUE DE LA MISE EN PLACE D'UN GSE ET
PROJECTION AU SEIN DU MODÈLE ALM

FIGURE 4.20 - Ahlgrim et Al. : projection
de Zero coupon nominal

FIGURE 4.21 - Ahlgrim et Al. :
projection de Zero coupon réel
CHAPITRE 4. APPLICATION PRATIQUE DE LA MISE EN PLACE D'UN GSE
ET PROJECTION AU SEIN DU MODÈLE ALM
4.4 Réalisation d'un cas pratique pour une compagnie
d'assurance
4.4.1 Cas pratique en assurance non-vie
L'objectif de cette section est de construire un
modèle ALM simplifié pour une compagnie d'assurance non-vie
offrant des produits d'assurances automobiles et des produits d'assurances
santé. La projection des variables macro-économiques du
modèle d'Ahlgrim et Al. du bilan, du compte de
résultats et de l'état de flux de trésorerie sera
alimentée par les résultats issus des projections.
1. Contruction du Bilan comptable
Le tableau ci-dessous représente les hypothèses
retenues pour le portefeuille étudié :

FIGURE 4.22 - Hypothéses de construction du bilan
en assurance non-vie
Dans le cadre de ce mémoire et pour simplifier nous
supposons que le passif est constitué seulement des capitaux propres et
provisions pour sinistre à Payer (PSAP).
Pour le calcul de la psap1 nous réalisons
un triangle en fonction de la cadence de paiement on multiplie la prime acquise
par le ratio s/p pour obtenir la charge sinistre qui sera répartie sur 6
ans.
A ce stade nous pouvons projeter le triangle de
développement.

FIGURE 4.23 - Triangle PSAP
La variation PSAP est donnée par :
1. Provision pour sinistre à payé
CHAPITRE 4. APPLICATION PRATIQUE DE LA MISE EN PLACE D'UN GSE
ET PROJECTION AU SEIN DU MODÈLE ALM
VAR PSAP = PSAP(t) -
PSAP(t - 1) Pour valider le résultat nous adaptons un
back-testing:
Reglement - VAR PSAP = charge de
sinistre

FIGURE 4.24 - Règlements et
charges des sinistres
L'actif est constitué des placements,
créance et l'avoir en banque.
Pour les créances nous réalisons un triangle
d'encaissement dont la somme de chaque colonne du triangle donne le montant du
règlement et la somme restante de la ligne en dehors de cette colonne
donne le montant de la créance restante.
Les avoirs en banque représentent la différence
entre la clôture de l'exercice présenté au niveau
l'état de flux de trésorerie et l'investissement
en action, obligation, monétaire et immobilier à l'année
n.
Pour que le bilan soit cohérent nous vérifions que
:
Total actif (t) - total passif (t) = 0

FIGURE 4.25 - Bilan
économique
2. Construction du compte de résultat
technique
Le compte du résultat technique nommé aussi
état des résultats ou compte du résultat est un
état financier synthétisant l'ensemble des charges et des
produits d'une entreprise ayant une activité marchande.
Le compte de résultat technique étudié est
constitué de .
CHAPITRE 4. APPLICATION PRATIQUE DE LA MISE EN PLACE D'UN GSE
ET PROJECTION AU SEIN DU MODÈLE ALM
· Primes acquises
Prime acquise(t) = prime émise(t) * taux
d'acquisition avec:
(a) Prime émise(t) = prime émise (t -
1) * (1 + taux d'inflation(t) + 2%)
(b) Taux d'acquisiton = 100% défini en
hypothèse.
· Charge de sinistre
La charge de sinistre est constitué de la varisation
PSAP et des sinistres réglés obtenus du triangle de
développement élaboré précédemment.
· Frais d'exploitation
Frais d'acquisiton(t) = prime émise(t)
* taux de frais
· Produit financier
Ainsi le résultat tehnique est obtenu comme :
Résultat technique (t) = prime acquise (t) + sinistre
réglé (t) + variation PSAP (t) + frais(t) + produit financier
(t)

FIGURE 4.26 - Compte de
résultat technique
3. Construction d'un état de flux de
trésorerie
L'état de flux de trésorerie appelé aussi
l'évolution de la situation financière indique comment l'encaisse
a évolué au cours de l'exercice.
L'état des flux de trésorerie est
subdivisé en trois types d'activité : l'activités
d'exploitation, l'activité d'investissement et l'activité de
financement.
· Activité d'exploitation elle
est définie par deux éléments : l'ouverture et la
clôture.
(a) L'ouverture est définie comme
suit
Ouverture (0) = capitaux propres (0) pour t = 0 Ouverture
(t) = clôture (t - 1) pour t > 0
(b) La clôture est définie
comme la somme du solde avant placement et le produit financier de la
même année.
· L'activité de financement est
constituée de :
(a) Primes encaissées résultantes du triangle
réalisé par la cadence d'encaissement.
(b) Sinistre (t) = sinistre réglé (t) provenant du
compte de résultat technique.
CHAPITRE 4. APPLICATION PRATIQUE DE LA MISE EN PLACE D'UN GSE ET
PROJECTION AU SEIN DU MODÈLE ALM
(c) Frais (t) provenant du compte de résultat
technique.
· L'activité d'investissement
Le montant à placer est défini comme suit :
(a) Montant à placer (0) = 0.
(b) Montant à placer (t) = Clôture (t-1).
(c) Excédent (t) = Prime encaissés (t) + sinistre
(t) + frais (t)
(d) Solde avant placement (t) = excédent (t) + ouverture
(t)
Le produit financier à l'année t est défini
comme étant le total des rendements nets obtenus suite aux
investissements.

FIGURE 4.27 - Etat de flux de
trésorerie
FIGURE 4.28 - Allocation stratégique des
actifs
Dans ce paragraphe, nous proposons différentes
allocations d'actifs afin d'étudier leur impact sur la variation du
passif:
· Scénario 1 : 5 % en
monétaire, 10 % en action, 10 % en immobilier et 65 %
en obligation.
· Scénario 2 : 5 % en
monétaire, 25 % en action, 50 % en immobilier
et 10 % en obligation.
CHAPITRE 4. APPLICATION PRATIQUE DE LA MISE EN PLACE D'UN GSE
ET PROJECTION AU SEIN DU MODÈLE ALM
· Scénario 3 : 5 % en
monétaire, 45 % en action, 10 % en immobilier et 40 %
en obligation.

FIGURE 4.29 - Rendements macro-économiques
prospective issus des GSE
4.4.2 Résultats en assurance non-vie
Nous avons développé un outil sur
VBA-Excel pour projeter le bilan économique, le compte
de résultat technique et l'état de flux de trésorerie au
sein d'une entreprise d'assurance à l'aide des résultats issus
des techniques de boostrapping sous l'allocation d'actif proposée. Les
différents résultats statistiques s'affichent lors de
l'exécution du code par le bouton "simuler".
Les statistiques relatives aux capitaux propres obtenus suite
à l'exécution de ce scénario à l'aide de la
commande VBA "Simuler" sont :
· Une moyenne de 47100.
· Un écart-type de 6465.
· Un Coefficient de variation de 14%.
Pour le deuxième scénario nous proposons
l'allocation suivante: 10 % en monétaire, 10%
en action, 50 % en immobilière et 20% en obligataire,
les statistiques relatives aux capitaux propres issus de ce scénario
:
· Une moyenne de 55433.
· Un écart-type de 4844.
· Un Coefficient de variation de 9%.
Pour le dernier scénario proposé, l'allocation
prise en compte est la suivante : 20 % en
monétaire, 30% en action, 20 % en immobilière
et 20% en obligataire, les statistiques relatives à ce scénario
donnée sont :
CHAPITRE 4. APPLICATION PRATIQUE DE LA MISE EN PLACE D'UN GSE ET
PROJECTION AU SEIN DU MODÈLE ALM
· Moyenne: 58833.
· Ecart-type : 17900.
· Coefficient de variation: 30%.
Conclusion :
Pour le premier scénario, nous optons d'investir plus
en obligataire qu'en action et immobilier nous trouvons une moyenne assez
réduite par rapport aux autres scénarios, une volatilité
plus élevée ainsi un coefficient de variation élevé
en moyenne de 14%.
Pour le deuxième scénario, nous choisissons
d'investir la moitié du montant dédié en immobilier, nous
arrivons à avoir un coefficient de variation la plus réduite, une
moyenne de 55433 acceptable par rapport aux autres scénarios, et un
écart-type légèrement élevé en comparant les
valeurs d'écart-type réalisé.
Le dernier scénario possède le coefficient de
variation le plus élevé soit de 30% néanmoins on remarque
qu'il possède la moyenne la plus élevée.
En effet plus que la moyenne est élevée plus
que l'investissement est rentable et plus que l'écart-type est
élevé plus que l'investissement est risqué, autrement dit
l'investissement le plus rentable est celui qui possède le coefficient
de variation le plus réduit, nous choisissons pour ce fait le
deuxième scénario.
4.4.3 Cas pratique en assurance vie
Dans cette partie nous étudions le cas d'un contrat
d'épargne en assurance vie afin de calculer la « Valeur Actuelle
Net » et le « Best Estimate ».
Nous rappelons ces notions :
· Le VAN 1 est défini
comme étant la marge de l'assureur attendue lors d'un investissement
proposé : c'est la somme actualisée de la marge de l'assureur sur
les investissements.
· Pour le best estimate correspond
à la moyenne pondérée par leur probabilité des flux
de trésorerie futurs compte tenu de la valeur temporelle de l'argent
(valeur actuelle attendue des flux de trésorerie futurs) estimée
sur la base de la courbe des taux sans risque pertinent.
· Hypothèses Les hypothéses
qu'ona retenus sont : - Hypothèses relatives à
l'actif
Pour simplifier l'étude nous nous restreindrons à
un actif constitué des actions et des obligations.
On suppose que les produits financiers à chaque
période correspondent à 1 - á du
rendement zéro-coupon 10 ans et á du
rendement action, on note TPF (t) le taux de produits
financiers et on le définit par :
T P Ft = á( P
(t, M) (4.4.1)
P (t - 1, M + 1) - 1) + (1 -
á)( 8(t)
8(t - 1) - 1)
Avec :
1. Valeur Actuelle Net
1. Cox-Ingersoll-Ross
CHAPITRE 4. APPLICATION PRATIQUE DE LA MISE EN PLACE D'UN GSE ET
PROJECTION AU SEIN DU MODÈLE ALM
* á : Part de l'investissment à partir du
montant dédié.
* P(t,M) : Prix du zéro-coupon à un instant t de
maturité M. * S(t) : Prix de l'action.
- Hypothèses relatives au passif
A noter que ce contrat est soumis au risque de
mortalité et pouvant être racheté
a tous moment.
L'assuré de ça part, avec un PM initial
égal à 100 bénéficie
d'une revalorisation annuelle correspondant au maximum entre un TMG fixé
à 2% et une quote-part (fixée à 90%) des produits
financiers générés par les actifs en représentation
des PM.

FIGURE 4.30 - Hypothéses de projection en
assurance-vie
Pour la projection des facteurs financiers :
· Projections des actions
Les actions retenus pour la projection du portefeuille sont
issues du GSE construit dans la premiére section de ce chapitre.
· Projection des prix
zéro-coupon
Les prix zéro-coupon sont calculés à
partir des taux zéro-coupon issus du GSE modèlisé. Pour
passer au monde risque-neutre, nous avons utilisé le modèle
CIR1 (nous n'avons pas utilisé la méthode de risque
neutralisation habituelle car nous ne disposons pas d'une courbe de taux sans
risque).
Pour la projection des cash-flows:
· L'évolution du nombre de contrat (N(t)) est
proportionnelle au taux de survie (S(t) = 1-q(t)) et le taux de non-rachat
(r(t)).

CHAPITRE 4. APPLICATION PRATIQUE DE LA MISE EN PLACE D'UN GSE ET
PROJECTION AU SEIN DU MODÈLE ALM
FIGURE 4.31 - Résultat de projection des
facteurs financiers
· L'évolution du nombre de décès
(q(t)) est le produit du nombre de contrat pour l'année
précédente (N(t-1)) et le taux de mortalité (q(t)).
· Le nombre de rachat (r(t)) est le produit du nombre de
contrat pour l'année précédent et le taux de survie
(1-q(t)) avec le taux de rachat.
· Sous l'hypothèse de l'absence des primes
périodique la prime ici est nulle (nombre de contrats * prime).
· La prestation au décès est égale
à la provision mathématique dédiée à
l'année précédente (PM (t-1)) multiplié par le taux
de mortalité (q (t)).
· La prestation au rachat est égale à la
PM de l'année précédente (PM(t-1)) multiplié par le
taux de rachat (r(t)) tant que l'assureur en vie (1-q(t)).
· Le montant total de bénéfice (IC Stock)
dédié à être servie aux assurés est
égal au montant des provisions mathématiques PM(t-1) tant que les
assurés sont en vie (1-q(t)) et n'ont pas racheté leur contrat
(1-r(t)) : c'est ce que la compagnie doit fournir comme stock pour faire face
à ses engagements de revalorisation envers ses assurés.
· Ce que doit l'assureur avoir en stock pour servir les
prestations en cas de rachat ou de mortalité (PB stock) est le maximum
entre TMG et le taux de participation au bénéfice projeté
pour l'année précédente (PB(t-1) projeté) pour les
assurés en vie (1-q(t)) et non-racheté (1-r(t)).
· L'IC (ce que l'assureur doit l'avoir) pour les
prestations est la multiplication de la PM(t) et le TMG pour les
rachetés et non décès (r(t) (1-q(t)) où pour les
décès (q(t)).
· La provision (PB Prest) est donné donc par le
maximum entre la différence Tx PB projetée, TMG multiplié
par PM(t-1) pour les rachetés et non décès ou bien
décès.
· A un instant t, la PM est la somme de la PM(t-1) pour
les non-décès et non rachetés, le montant de PB que doit
l'assureur fournir (IC stock) et la provision dédiée pour les
prestations (PB stock).
· La marge de l'assureur est PM(t-1) multiplié
par la différence entre le taux du produit financier et le max (tx pb
projeté; TMG) (qui sera servie à l'assuré)
· Le cash-flow du passif de l'assureur est la somme des
engagements de l'assureur en éliminant la prime (elle est nulle dans
notre cas).
CHAPITRE 4. APPLICATION PRATIQUE DE LA MISE EN PLACE D'UN GSE
ET PROJECTION AU SEIN DU MODÈLE ALM

FIGURE 4.32 - Projection des
cash-flows passif en assurance-vie
Pour le calcul du BE(0) et NAV(0)
on recoure aux techniques des simulations à l'aide du logiciel
VBA-Excel.
Une fois qu'on a déterminé la marge assureur et le
cash-flow passif on s'arrange au calcul du VAN grâce au
déflateur.
On effectue 1000 simulations pour la VAN marges-assureur et pour
la VAN cash-flows passi et on aura:

FIGURE 4.33 - Résultats BE(0)
et NAV(0)
4.4.4 Résultats en assurance vie
On refait le même travail élaboré en
assurance non-vie, nous utilisons VBA-Excel pour
développer un bouton "Simulation VAN" afin de simuler la VAN
marge assureur et la VAN cash-flow passif pour
plusieurs scénarios selon le choix de á nous disposons
pour ce fait deux scénarios possibles.
Le premier scénario prend une valeur de á
= 20% soit une allocation de : 20% en actions et 80% en obligataires. Les
valeurs issues de ce scénario sont :
· NAV(0) = -12,08.
· BE(0) = 161,95.
Pour le deuxième scénario nous changeons la
valeur de á afin d'interpréter l'investissement le plus
rentable, nous prenons á = 80% et nous obtenons :
FIGURE 4.35 - Evolution du NAV selon le
deuxième scénario
CHAPITRE 4. APPLICATION PRATIQUE DE LA MISE EN PLACE D'UN GSE ET
PROJECTION AU SEIN DU MODÈLE ALM

FIGURE 4.34 - Evolution du NAV selon le premier
scénario

CHAPITRE 4. APPLICATION PRATIQUE DE LA MISE EN PLACE D'UN GSE ET
PROJECTION AU SEIN DU MODÈLE ALM
· NAV(0) = 93,01.
· BE(0) = 1187,81. Conclusion
Pour le premier scénario nous proposons d'investir
majoritairement en action soit de 80% et le reste en obligations, nous trouvons
un NAV négatif et un BE trés
réduit en le comparant par rapport au deuxiéme
scénario.
En revanche pour le deuxiéme scénario nous
prennons le cas contraire; investir à 80% en obligations et le reste en
actions, nous arrivons à trouver un NAV positif et un
BE beaucoup plus élevé que celle du premier
scénario.
Comme indiqué dans la partie théorique le
NAV constitue un outil d'aide à la décision du
coup plus que ma valeur NAV est élevée plus que
mon investissement est rentable de ce fait nous s'arrangeons pour le
deuxième scénario et on recommande d'investir majoritairement en
obligataire.
Ce choix peut être renforcé par une
interprétation graphique, en effet on remarque que notre premier
histogramme la distribution est plus aplati par rapport à celle du
deuxième scénario, elle donne l'intuition que notre
investissement est plus risqué et plus étalé.
Critiques des modèles proposés
Les résultats réalisés en amont
n'impliquent pas de se limiter aux décisions fournies par le code, en
effet :
· Un modèle est outil d'aide à la
décision, certes son utile mais certes limitée.
· Un assureur est exposé aux différents
risques, il n'est pas certain de corréler entre eux.
· Une personne averse au risque et cherche à se
couvrir n'est pas capable de générer un plus de rendement.
Conclusion
A l'occasion de ce mémoire, nous avons construit un
outil d'aide à la décision pour les compagnies d'assurances a
travers des techniques acturielles tel que la NAV et le BE.
Dans un premier temps, nous avons pris les
générateurs de scénarios économiques comme
étant un outil de projection, le modèle d'Ahlgrim a
été choisi parmi tous les modèles pour assurer cette
projection. Ce choix est dû aux disponibilités des données
tunisiennes pour les inputs, simplicité d'exécutions et
répond à nos besoins pour les out-put.
Pour respecter les contraintes qu'impose ce modèle
nous avons réalisé des tests statistiques pour vérifier
certains critères parmi ceux on cite : la qualité de calibrage,
l'indépendance et la normalité des résidus afin d'avoir
une projection cohérente.
Nous avons choisi dans la suite de développer un
modèle de gestion actif-passif stochastique permettant d'avoir une
vision très cohérente avec les pratiques actuarielles et de
l'ensemble des outils comptables intervenant dans la modélisation des
engagements d'une compagnie d'assurances combinant les deux volets :
l'assurance vie et l'assurance non-vie.
Pour ce fait nous avons développé un outil de
simulation sur VBA-Excel permettant à chaque fois de
simuler un nouveau scénario économique en se basant sur les
techniques de bootstrapping qui ont été
alimentées par les résultats de projection issus du modèle
d'Ahlgrim et Al par le logiciel statistique libre R.
Pour l'assurance non-vie nous avons
projeté le bilan, le compte de résutats techniques et
l'état de flux de trésorerie à l'aide des rendements
projeté issus du générateur de scénario
économique et nous cherchons si notre investissement est rentable ou
pas, Notre variable cible est la valeur des capitaux propres apres 15ans. Pour
ce fait nous avons changé à chaque fois l'allocation des actifs
afin d'avoir l'allocation optimale selon le scénario économique
proposé.
Pour l'assurance vie nous avons
projeté le taux d'intérêt et le prix du zéro-coupon
à maturité 10 ans a l'aide des résultats issus du
générateur de scénario économique et à
chaque fois nous avons cherché une allocation optimale répartie
entre l'action et l'obligation. Le choix de l'allocation dépend de la
valeur du NAV, en effet plus ma NAV est élevée plus mon
investissement est rentable.
Pour renforcer nos choix, nous avons tracer les courbes
d'evolution et réaliser des tests statistiques.
Enfin, nous avons cité les limites des modèles
développés : d'autres études et variantes pourraient
être réalisées à ce titre, d'autres
modélisations de comportement des assureurs et des assurés
pouvant être changées et d'autres normes comptables et
réglementaires pouvant améliorer ce travail.
Annexes
Lemme d'Itô
Un processus stochastique (Xt) est appelé
processus d'Itô s'il est de la forme :
Z t Z t
Xt = X0 + 0
áudu + 0 HudBu (4.4.2)
Où X0 est F0 mesurable,
át et Ht sont deux processus F-adapté,
át est intégrable et Ht est de carré
intégrable et Bt un mouvement brownien stochastique.
On note également sous la forme intégrale :
dXt = átdt + HtdBt (4.4.3)
Pour une fonction f de classe
C1,2 (Ou bien dérivable et que son
dérivé est continue) et (Xt) un processus d'Itô
alors Yt = f(t, Xt) est un processus d'Itô et
ona :
?f
2
f(t, Xt) = f(0, X0)+ ~t
?t (u, Xu)du+Jot
?x(u, Xu)dXu+
2 Jot ?x2f(u, Xu)d < X
>u (4.4.4)
fot ?f ?f
21?2f ft ?f
= f(0, X0) + ( ?t +
áu ?x + Hu 2 ?x2)(u,
Xu)du + o Hu (u,
Xu)dBu (4.4.5)
Où encore, en formation différentielle
?2f
df(t, Xt) = (?f ?t +
át ?f 1
?x + H2 ?x2 )(t, Xt)dt
+ Ht ?f
?x(t, Xt)dBt (4.4.6)
t 2
Rappel des expressions statistiques
Le coefficient d'asymétrie (Skewness en
anglais) pour n réalisation (x1, ...,
xn) d'une variable aléatoire X de moyenne u et
écart-type ó est défini par :
1
SK = ó3
|
E(xi - u)3
|
(4.4.7)
|
|
|
Le coefficient d'aplatissement (Kurtosis en anglais)
pour n réalisation (x1, ..., xn)
d'une variable aléatoire X de moyenne u et écart-type
ó est défini par :
1
K = ó4
|
E(xi - u)4
|
3 (4.4.8)
|
|
|
CHAPITRE 4. APPLICATION PRATIQUE DE LA MISE EN PLACE D'UN GSE
ET PROJECTION AU SEIN DU MODÈLE ALM
Soit X, Y deux variables aléatoires réelles de
variance finis noté respectivement óX, óY
alors le le coefficient de corrélation noté
COR(X,Y) ou ñXY est défini par:
ñXY =
|
COV (X, Y ) (4.4.9)
óXóY
|
|
Où COV(X,Y) est la covariance de X et Y définie
par:
COV (X, Y ) = E(XY ) - E(X)E(Y) (4.4.10)
Série temporelle ARCH
Le modèles ARCH (Auto Regressive Conditional
Heteroskedacity) utilisés en économétrie pour la
modélisation des séries chronologiques et les séries
temporelles financières à volatilité variable.
Un modéle ARCH de paramétre q
noté ARCH(q) est définie par:
Et = ótZt (4.4.11)
Avec :
· Et : Les innovations de le série.
· Zt : Variable aléatoire qui suit une loi
normale centrée réduite.
· ót = á0 + Pq
i=1 áiE2 t_i
Modéle Linéaire
Généralisé (GLM)
En statistiques, en économétrie et en
apprentissage automatique, un modèle de régression
linéaire est un modèle de régression qui cherche à
établir une relation linéaire entre une variable dite
expliquée et une ou plusieurs variables dites explicatives.
Le modèle s'écrit de la maniére suivante
:
Y = Xâ + E (4.4.12)
Avec :
· Y : Variable endogéne.
· X : Variable explicative.
· â : Paramétre à
expliquer.
· E : Erreur.
On définit la valeur prédite où
ajustée par la relation suivante Yà = X âà
et le résidu comme la différence entre la valeur
observée et la valeur prédite, soit ~à = Y -
Yà .
CHAPITRE 4. APPLICATION PRATIQUE DE LA MISE EN PLACE D'UN GSE ET
PROJECTION AU SEIN DU MODÈLE ALM
L'estimateur des Moindre Carré Ordinaire (MCO)
s'écrit:
â à= (X'X)-1y
(4.4.13)
Où y est la réalisation de Y[29].
Coefficient de variation =
Ecart-type
Moyenne
Martingale : On dit que la variable
aléatoire Xt est martingale pour la filtration
Ft sous la probabilité P si et seulement si
:
EP
(Xt+1/Ft) = Xt
(4.4.14)
Pour la réalisation du projet, nous avons utilisé
:
Marque, modèle PC
|
Acer, PC du cabinet ERM Partners
|
Système d'exploitation
|
Windows 10 Education
|
Processeur
|
Intel(R) core(TM) i5-7200U CPU @ 2.50Hz 2.70 GHz
|
R studio
|
R i386 2.15.1 64bits
|
Excel - VBA Excel
|
Microsoft office 2010
|
Document interne de ERM Partners
|
Scénarios économique en assurance : Simulation et
projection (A.Faleh-Frederic Planchet) Gestion Actif-Passif en
assurance-vie (Véronique Mattei) GSE en assurance : Cas d'application
ALM (Faleh-Planchet) Mémoire développé en interne du
cabinet ERM : GSE Tunisien: Calibration et
projection élaborée par Zeineb Ghardallou
|
CHAPITRE 4. APPLICATION PRATIQUE DE LA MISE EN PLACE D'UN GSE ET
PROJECTION AU SEIN DU MODÈLE ALM
Variable macro économique
|
Equation
|
Modélisation
|
Inflation
+
Immobilier
|
Processus d'Orstein - Uhlenbeck
|
dut = ka(iLa,t - ut)dt + UadBa,t
|
Taux d'intérêt nominale
|
Déduit des taux
d'intérêts réels
etPn(t,T) des anticipations
d'inflation
|
PT(t,T) EQ Inft
|
= * t [ InfT ]
|
Taux d'intérêt réel
|
Modèle de Hull and White
|
drr(t) = iir[ll(t) -
rr(t)]dt
+ rdWr(t)
|
Rendement des actions
|
Somme du taux sans risque taux d'inflation et une prime de
risque
|
St = rr(t) + mnit + xt
|
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20sont%20ceux%20des,de%20la%20valeur%20du%20capital.&text=par%20l'%C3%
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