INTRODUCTION
Conscients de l'importance de leur
environnement ainsi que ses différentes composantes tels que
l'environnement social, technologique, juridique, fiscal, etc. ; les
entreprises doivent y tenir comptent.
Entre autre, le système fiscal paraît comme la
composante la plus difficile à manipuler puisqu'elle est
quasi-permanente au point d'être jugée envahissante en toute
action opérée par l'entreprise à savoir une nouvelle
activité, un programme de recherche, une décision
d'investissement, etc.
Le système fiscal tunisien a connu depuis
1988 quatre grandes réformes fondamentales ; ces réformes se
rapportent d'une part à la fiscalité de l'Etat citons la taxe sur
le chiffre d'affaire, les impôts directs et les droits d'enregistrement
et de timbre, d'autre part à la fiscalité locale
concrétisée par la promulgation du code de la fiscalité
locale (loi n°97-11 du 03/02/1997).
Ces réformes ont cherchés :
Ø La simplification de la fiscalité par la
refonte de la législation et sa codification.
Ø La réduction substantielle des taux
d'imposition.
Ø La suppression des doubles impositions des revenus et
des bénéfices en vue de stimuler l'investissement et encourager
les exportations.
Ø L'amélioration du rendement fiscal par
l'élargissement de l'assiette imposable.
En dépit de ces forces, notre
système fiscal souffre d'un rapprochement entre l'objectif de
transparence visé et d'équité fiscales ajoutons à
cela l'ampleur de la fraude.
En outre, l'accroissement des obligations
juridiques à la charge de l'entreprise, la prolifération des
règles et des lois ainsi que le développement de
l'économie, la concurrence accrue au sein des différents secteurs
et la législation des échanges internationaux, etc., poussent
l'entreprise à maîtriser son environnement fiscal ainsi que sa
propre fiscalité.
Dans cet ordre d'idée, l'entreprise est
exposée à un risque énorme d'irrégularité,
de choix irrationnels des avantages accordés par la loi, d'ignorance, de
fraude, d'évasion ainsi que de contrôle.
L'objectif de ce mémoire est de trouver
des palliatifs à la fraude fiscale à travers des
mécanismes et des outils d'audit fiscal permettant à l'entreprise
d'une part d'éviter l'exposition à un tel risque et
d'améliorer d'autre part son efficacité fiscale tout en
évaluant sa performance.
Ainsi nous exposerons :
Ø Dans une première partie : des concepts
théoriques d'audit fiscal : Apparition et démarche
Ø Dans une deuxième partie : la pratique de
l'audit fiscal à travers la mise en place d'outils permettant
d'atteindre ses objectifs.
PARTIE I :
CONCEPTS THEORIQUES D'AUDIT FISCAL
CHAPITRE I : GENERALITES
SECTION I : NOTIONS GENERALES D'AUDIT
Avant de procéder à une
définition de l'audit, il convient d'en retracer en quelques mots son
évolution.
A. Evolution de l'Audit
1. Aspects Historiques
Au début du moyen âge, les sumériens ont
ressentis une nécessité de contrôle de la
comptabilité des agents.1(*)
Ce système de contrôle par recoupement consiste
à comparer une information qui est parvenue de deux sources
d'enregistrements indépendantes.
Mais le mot « audit » ne s'est apparu que
sous l'empire romain et plus spécifiquement dés le
3ème siècle avant Jésus Christ2(*), où il était d'un
sens plus large.
Etymologiquement, le terme « audit »
d'origine latine « auditus » signifie
audition.
Des questeurs, qui étaient des fonctionnaires du
Trésor, sont chargés de cette mission. Ils étaient tenus
de rendre compte oralement devant une assemblée composée
« d'auditeurs »qui approuvait par la suite les comptes.
Ultérieurement, ce contrôle s'est
développé suite aux efforts des anglais. De même ses
objectifs, qui se sont axés principalement à la détection
de fraude, progressivement vers la recherche d'erreurs puis à la
publication d'opinion sur la validité des états financiers, enfin
sur leurs régularité et sincérité.
Ce n'est qu'en XIXème siècle que les
législateurs ont institués le contrôle des
sociétés par des agents externes en raison du :
ü Développement de l'industrie, le commerce, les
banques, les assurances...
ü La charge qui pèse sur l'auditeur reconnu en
tant que garant des détenteurs de capitaux à l'égard des
abus des gestionnaires.
Dés le début du XXème
siècle et avec la crise de 1929 due à une
mauvaise divulgation de l'information fiable, un accroissement des besoins du
monde des affaires en audit s'est accru.
Aux Etats Unis, et suite à cette crise, les
sociétés cotées sont obligées de pratiquer l'audit
par des membres de l'AICPA.
En Tunisie, l'audit est d'utilisation récente, il est
réglementé par l'article 13 du CSC obligeant les
sociétés dépassant un certain seuil en capital ou en CA
à désigner un CAC pour certifier leurs comptes.
Tant au niveau national qu'international, la révision
comptable, devenue audit, fait l'objet de travaux constants3(*) qui débouchés
essentiellement sur les normes internationales d'audit : les ISA.
De nos jours l'audit est une discipline transversale au centre
des préoccupations des managers4(*).
En ce sens, et face à une variété des
besoins, l'audit s'élargissait à d'autres domaines qui se sont
révélés nécessaires avec l'évolution et la
généralisation de nouveaux moyens de traitements de
l'information5(*).
2. Le Progrès de la Notion
d'Audit
L'audit s'est limité autour de l'audit comptable du
commissariat aux comptes avec pour objectif la certification des états
financiers.
Mais, il s'est apparu rapidement que les missions d'audit
peuvent être utiles à plusieurs utilisateurs des états
financiers ; d'où le besoin à un recours à l'audit
contractuel et à l'audit interne se fît ressentir.
L'intervention de l'auditeur pour contrôler les
états financiers peut être imposée par la loi, c'est la
forme la plus traditionnelle de l'audit qui est pratiquée par le
commissaire aux comptes et qu'on la nomme « l'audit
légal » ou « révision légale des
comptes ».
Mais le contrôle de l'information peut être
demandé par un tiers intéressé ou un membre de
l'entreprise, et dans ce cas la relation entre le prescripteur et l'auditeur
devient contractuelle ou conventionnelle. Tel est le cas d'un dirigeant qui
souhaite connaître la qualité des états financiers produits
par son entreprise, ou un futur actionnaire qui demande un audit comptable de
l'entreprise avant d'acheter des actions ou des parts sociales.
Le caractère contractuel conféré ainsi
à la mission d'audit en étend considérablement le domaine
initial, et modifie le cadre des relations entre auditeur et prescripteur, ou
auditeur et audité.
D'autre part, l'importance du volume d'informations comptables
et financières fait augmenter le risque d'erreurs et d'omissions, et par
conséquent un coût élevé d'un contrôle
approfondi externe. D'où les entreprises ont progressivement mis en
place des services internes, chargés d'effectuer des missions de
contrôle comparables à celles qu'effectuent les auditeurs
comptables externes.
« L'audit interne est la révision
périodique des instruments dont dispose une entreprise pour
contrôler et gérer une entreprise »6(*).
Avec le développement de l'audit interne, les
entreprises perçurent l'intérêt que présenterait
pour elles l'expression d'une opinion sur des informations autres que
l'information comptable et financière. Chaque fonction de l'entreprisse,
chaque type d'opérations et à la limite chaque information
devient ainsi un objet potentiel d'audit. Citons par exemple, l'audit social,
l'audit des achats, l'audit de la production, l'audit informatique, etc.
Cependant, les travaux dans les différents domaines
d'audit sont très inégalement avancés. Certains recouvrent
déjà une réalité pratique, comme l'audit
social ; d'autres en revanche font figure de possibles
développements.
En d'autres termes, le concept d'audit connaît
aujourd'hui une grande fortune même si, globalement, la réflexion
sur les extensions possibles de l'audit avance plus rapidement que les travaux
en vue de la mise en oeuvre de ces missions.
En matière d'audit comptable, les critères
utilisés sont bien connus. L'opinion de l'auditeur doit être
exprimée en termes de régularité et de
sincérité des états financiers. Dans une perspective
d'utilisation de l'audit à des fins de gestion, le critère
« d'efficacité » fût récemment mis en
évidence.
B. Définitions
1. Définitions des
Praticiens
Plusieurs définitions ont été
proposées pour cerner au mieux une aussi vague notion. Nous allons nous
contenter dans le cadre de notre travail de citer un ensemble de
définitions les plus manifestes présentées par des
praticiens en la matière.
Selon C.H. Gary, l'audit est « un examen critique
des informations fournies par l'entreprise ».
Cette définition qui s'avère restrictive et
simpliste présente l'audit comme étant un diagnostic d'un
ensemble de données fournies par l'entreprise, ce qui nous laissera
s'interroger sur les autres informations non fournies.
Ultérieurement, l'ATH énonce ce qui
suit : « l'audit est l'examen d'information en vue
d'exprimer sur cette information une opinion responsable et indépendante
par référence à un critère de qualité, cette
opinion doit accroître l'utilité de
l'information »7(*).
D'après ce qui précède, l'audit est une
appréciation d'un ensemble d'informations basée sur un
critère de qualité qui est de nature à y accroître
son utilité.
Une autre définition proposée par
l'Encyclopédie Universalisa se présente
ainsi: « l'audit est un travail d'investigation permettant
d'évaluer les procédures comptables, administratives ou autres
en vigueur dans une entreprise afin de garantir à un ou plusieurs
groupes concernés, dirigeants, actionnaires, représentants du
personnel, tiers (banques organismes publics) la régularité et
la sincérité des informations mises à leur disposition et
relatives à la marche de l'entreprise ».
Par conséquent, on constate que l'audit peut jauger
différentes procédures dans une entreprise et ce en vue
d'affirmer aux personnes intéressées la régularité
et la sincérité de telles informations qui leurs ont
été produites.
De son coté, Mr J.P. Ravalec expose la
définition suivante : « il met en évidence et mesure
les principaux problèmes de l'entreprise ou de l'organisation à
évaluer, il en évalue l'importance sous forme de coûts
financiers ou d'écarts par rapport à des normes, en
apprécie les risques qui en découlent, diagnostique les causes,
exprime des recommandations acceptables en termes de coûts et de
faisabilité pour améliorer le fonctionnement »8(*).
2. Audit et Notions Voisines
a. Audit et Contrôle
Le terme contrôle est fréquemment associé
à celui d'audit. La différence entre les deux notions peut
s'expliquer par référence à la théorie des
ensembles puisque la mise en oeuvre de l'audit implique de procéder
à différents contrôles.
L'audit englobe ainsi l'ensemble des procédures et
techniques de contrôle constituant l'examen approfondi par un
professionnel et reposant sur une méthodologie.
Le contrôle se présente donc comme un outil
d'audit. Néanmoins, ce dernier comprend une opinion qui est le
résultat des contrôles.
b. Audit et Conseil
La distinction entre audit et conseil ne peut s'opérer
que par une analyse préalable caractère de la mission qui est
dévolue à l'auditeur, et du lien entre auditeur et
audité ;
Si la mission est d'origine légale, telle que celle du
CAC, l'audit ne peut pas en principe déboucher sur le conseil.
Le CAC ne peut en aucun cas devenir un conseiller permanent,
ni recevoir des honoraires spécifiques pour ses avis et conseils.
Si en revanche le lien entre auditeur et audité est
contractuel, l'audit peut déboucher sur le conseil.
Toute fois, l'audit ne peut pas être assimilé au
conseil du fait que ce dernier n'est qu'un complément facultatif d'un
travail préalable d'audit et dont l'aboutissement réside dans
l'expression d'une opinion.
c. Audit et Révision
La divergence entre audit et révision impose de revenir
au domaine d'application le plus répandu de l'audit et de la
comptabilité pour s'en rendre compte que la révision comptable
est l'appellation ancienne de l'audit comptable.
M. Raffegeau indiquait à propos de cette question que
le terme « révision des comptes » est trop souvent
perçu « comme une pratique à objet restreint
dépourvue des aspects flatteurs de l'audit mais que les
décalages techniques s'estompent et qu'il convient d'utiliser de
manière équivalente les termes de ''réviseur'', de
''contrôleur des comptes'' ou d'''auditeur'' ».9(*)
Certes que même si l'audit est largement synonyme de
révision comptable, il se détache commodément du contexte
comptable auquel la révision reste d'avantage lié.
SECTION II : APERÇU SUR LE SYSTEME FISCAL
TUNISIEN
Après avoir épuiser sa chance, l'ancien
système fiscal en vigueur jusqu'au 31.12.1989, marqué par
l'existence des impôts cédulaires et l'impôt de
superposition, s'est révélé incohérent avec les
exigences d'une économie moderne et de plus en plus
développée vers l'extérieur.
C'est dans ce cadre que notre système a fait l'objet
d'une refonte visant :
Ø La suppression des impôts cédulaires et
l'impôt de superposition en les remplaçant par un impôt
unique, général et personnalisé assis sur des revenus
réels
Ø L'instauration de nouveaux taux applicables aux
différentes catégories de revenus, et ;
Ø La codification des anciennes dispositions
Malgré ces efforts de codification, plusieurs textes en
vigueur avant et après cette vague demeurent encore non codifié,
ce qui montre la complexité de notre système.
Ainsi, multiples sources de droit fiscal coexistent (A) pour
identifier les différents impôts et taxes (B) qui sont
classés traditionnellement.
A. Les Différentes Sources
Certes que les règles de droit émanent
essentiellement du pouvoir législatif (1) du pays mais d'autres pouvoirs
peuvent y intervenir pour expliciter les dispositions législatives ou
encore pour combler des insuffisances là où les règles de
droit commun restent muettes : on repérera ainsi les sources
réglementaires (2) et les sources administratives (3).
1. Les Sources Législatives
a. La Constitution
C'est le texte suprême duquel découlent les
autres dispositions émanant de différentes sources qui doivent
s'y conformer en esprit et en lettre.
En effet, la constitution dispose ce qui suit :
Ø Le devoir fiscal du citoyen
Ø La règle d'équité fiscale ainsi
que celle d'égalité devant la loi
Ø Identification de l'autorité habilitée
pour l'institution d'un impôt, définition de son assiette et la
fixation de son taux
Ø La procédure d'adoption des conventions
internationales10(*)
b. Les Conventions Fiscales Internationales
Se sont des traités conclus entre la Tunisie et un ou
plusieurs pays étrangers en matière de fiscalité afin
d'instituer une imposition qui ne pourrait s'appliquer que si elle n'aboutit
pas une imposition plus lourde que celle du droit commun et qu'elles soient
dûment ratifiés11(*).
c. La Loi
Elle peut instituer un impôt, définir son
assiette, fixer son taux, ses procédures de recouvrement, etc.
d. Les Lois de Finances
Outre les données budgétaires, la loi de
finances stipule souvent des dispositions fiscales relatives à
l'institution d'un nouvel impôt, rénover des dispositions
précédentes, etc.
L'importance de cette loi réside dans
l'énonciation des dispositions en vigueur pour l'année de sa
gestion.
2. Les Sources Réglementaires
a. Les Décrets Réglementaires
Ils émanent du Président de la
République ; Ils sont les seules sources de droit parmi les autres
décrets.
Principalement en matière fiscale, une habilité
est déléguée au Président de la République
par les lois fiscales et les lois de finances afin de fixer des règles
relatives à l'assiette, au taux12(*)... donc d'exécuter les lois fiscales.
b. Les Arrêtés
Pris par le Ministre de Finances, ils interviennent pour
préciser les dispositions des lois ou/et des décrets
insuffisamment clairs.
Exceptionnellement en matière fiscale, la
réglementation par des arrêtés se limite au seul fait des
arrêtés motivés de taxation ainsi que les
arrêtés pris en application d'autres dispositions
législatives ou réglementaires
3. Les Sources Administratives
Malgré qu'elles puissent être incluses parmi les
sources réglementaires étant donné que les circulaires ont
un caractère général et émanent d'une
autorité compétente, elles sont considérées en tant
que règlements.
De part leur caractère primordial en matière
fiscale, nous avons optés pour les étudier seuls. Ils sont
composés essentiellement par :
Ø Les Bulletins de la Direction des Impôts
(BODI)
Ø Les Notes Communes
Ø Les réponses ministérielles
Ø Les réponses adressées par les
autorités fiscales aux questions posées par les contribuables (ou
prise de position)
Dans la vie courante, la doctrine administrative est
très dominante dans les usages fiscaux en Tunisie et constitue quasiment
l'unique source d'interprétation agissante des textes.
B. Les Différents Impôts et Taxes
Nous allons se limiter dans ce cadre à exposer quelques
règles et principes régissant chaque catégorie
d'impôts et taxes.
1. Les Impôts Directs
Se sont les impôts qui frappent directement les revenus
des personnes physiques ou morales au cours d'une période
donnée.
Cette imposition directe a fait l'objet d'une réforme
traduite par la loi n° 89-114 du 13/12/1989 instituant l'impôt sur
le revenu des personnes physiques (IRPP) et l'impôt sur les
sociétés (IS) et promulguant le code de l'IRPP et l'IS.
a. Personnes Imposables
Sont éligibles à l'impôt :
- les résidents en Tunisie qu'ils soient PP ou PM
réalisant des revenus de source tunisienne ou autre s'ils n'ont pas fait
l'objet d'une imposition au niveau de leur pays d'origine
- les personnes non résidentes mais réalisant
des revenus de source tunisienne (pour les PP seulement)
- les associés PP de sociétés autre que
les sociétés de capitaux
Cependant, l'article 3 du CIRPPIS a exonéré
certains revenus de l'IRPP et de l'IS.
b. Régime d'Imposition
§1. Le Régime Réel
Personnes Physiques
Le calcul de l'impôt sur le revenu est fait par
application du barème suivant 13(*):
|
Tranches
|
Taux
|
Taux effectif à la limite
supérieure
|
|
0 à 1.500
|
0%
|
0%
|
|
1.500,001 à 5.000 D
|
15%
|
10,50%
|
|
5.000,001 à 10.000 D
|
20%
|
15,25%
|
|
10.000,001 à 20.000 D
|
25%
|
20,12%
|
|
20.000,001 à 50.000 D
|
30%
|
26,05%
|
|
Au-delà de 50.000 D
|
35%
|
-
|
Personnes Morales
Il existe deux taux :
- un taux général de 35% applicable aussi
à la plus-value de cession immobilière réalisée par
les personnes morales non résidentes14(*)
- un taux réduit de 10% applicable
Ø aux entreprises artisanales, agricoles, de
pêche ou d'armement de bateaux de pêche
Ø aux centrales d'achat des entreprises de vente au
détail organisées sous forme de coopératives de services
régies par le statut général de la coopération
Ø aux coopératives de services
constituées entre producteurs pour la vente en gros de leur production
Ø aux coopératives de consommation régies
par le statut de la coopération
Ø aux entreprises réalisant des projets à
caractère industriel ou commercial dans le cadre du FONAPRAM ou dans le
cadre du programme pour l'emploi des jeunes
§2. Le Régime Forfaitaire
Personnes Eligibles
Sont soumis à l'impôt sur le revenu selon le
régime forfaitaire d'imposition les petits exploitants réalisant
des revenus dans la catégorie BIC, il s'agit :
- des entreprises individuelles à établissement
unique et activité unique
- non rémunérés par des commissions
- n'exerçant pas l'activité de commerce de gros
et ne fabricant pas de produits à base d'alcool
- ne possédant pas plus d'un véhicule de
transport en commun de personnes ou de transport de marchandises dont la charge
utile ne dépasse pas trois tonnes et demi
- non soumise à la TVA selon le régime
réel
- dont le CA n'excède pas 30.000 D
- qui n'ont pas été soumis à l'IRPP selon
le régime réel suite à un contrôle fiscal
- et dont les exploitants ne réalisent pas d'autres
catégories de revenus autre que les revenus de valeurs mobilières
et de capitaux mobiliers.
Impôt Forfaitaire
Il est établi sur la base du CA annuel
conformément au barème suivant 15(*):
|
Tranche de CA en dinars allant de
|
Montant de l'impôt
|
Acomptes provisionnels pour les non optionnels
|
Montant global de l'impôt forfaitaire
|
|
0 à 3000
|
2516(*)
|
13,5
|
38 ,5
|
|
3000,001 à 6000
|
45
|
40,5
|
85,5
|
|
6000,001 à 9000
|
75
|
67,5
|
142,5
|
|
9000,001 à 12000
|
120
|
108
|
228
|
|
12000,001 à 15000
|
180
|
162
|
342
|
|
15000,001 à 18000
|
260
|
234
|
494
|
|
18000,001 à 21000
|
360
|
324
|
684
|
|
21000,001 à 24000
|
460
|
414
|
874
|
|
24000,001 à 27000
|
580
|
522
|
1102
|
|
27000,001 à 30000
|
700
|
630
|
1330
|
2. Les Impôts Indirects
Ces impôts ne touchent pas directement les revenus mais
sont perçus sur des produits, des biens et des services
commercialisés.
Ils sont fondamentalement :
Ø La Taxe sur la Valeur Ajoutée régie par
la loi n° 88-61 du 02/06/1988 promulguant le code de la TVA
Ø Les Droits de Consommation régis par la loi
n° 88-62 du 02/06/1988
a. La Taxe sur la Valeur Ajoutée
§1. Le régime suspensif
Les activités exercées à titre exclusif
ou à titre principal en vue de l'exportation ou des ventes en suspension
peuvent bénéficier du régime suspensif de la TVA pour leur
acquisition des biens et services donnant droit à déduction.
Cependant, les non assujettis effectuant occasionnellement des
opérations d'exportation peuvent être autorisées à
bénéficier du régime suspensif de TVA pour leur
acquisition, auprès d'assujettis, de marchandises ou de services
destinés à l'exportation.
§2. Les régimes forfaitaires
Le
forfait légal
Ce régime s'applique exclusivement aux personnes
physiques non importatrices ou exportatrices, non soumise à une autre
catégorie de forfait et CA en TTC n'excède pas 30000D. Ce forfait
est libératoire de la TVA.
Le forfait
simplifié
Il est applicable à des secteurs d'activités
désignés par décret, à savoir les cafetiers
exploitant un seul établissement sous licence de première
catégorie, les coiffeurs et l'alimentation générale.
Le forfait de
transport
Les opérations de transport terrestre (à
l'exception du transport par louage ou taxi) sont soumises à une taxe
forfaitaire mensuelle sur la valeur ajoutée :
- Transport de marchandises : 1D par tonne de charge
utile
- Transport de personnes : 1D par place assise
Cette taxe est imputable sur la TVA due par les assujettis
sous le régime réel (c'est-à-dire qu'elle ouvre droit
à déduction)
§3. Le Régime Réel
Toutes PP ou PM exerçant des opérations
imposables à la TVA, sont soumises au régime réel
d'imposition. On cite ainsi les affaires revêtant le
caractère industriel, artisanal ou relevant d'une profession
libérale ainsi que les opérations commerciales, etc.
b. Le Droit de Consommation
Les produits repris au tableau annexé à la loi
n° 88-62 sont soumis au droit de consommation selon les taux prévus
dans ce tableau.
§1. Personnes Assujetties
Sont assujettis au droit de consommation :
- les fabricants, les embouteilleurs et les conditionneurs de
bières dans d'autres récipients
- les vendeurs de vins en vrac et les embouteilleurs de
vins
- les fabricants d'alcool
- les fabricants et les embouteilleurs de boissons
alcoolisées
- les commerçants grossistes de vins, de bières,
d'alcools et de boissons alcoolisées
§2. Assiette du droit de consommation
Le droit de consommation est assis sur les prix de vente du
produit touts frais, droits et taxes compris à l'exclusion du droit de
consommation et de TVA.
§3. Régime de déduction
Les conditions prévues par le code de la TVA pour
bénéficier du régime de déduction en TVA sont les
mêmes qu'en matière de droit de consommation ; sauf qu'aucun
remboursement n'est prévu.
3. Les Droits d'Enregistrement et de
Timbres
Les droits d'enregistrement et de timbres 17(*)sont des droits perçus
suite à l'accomplissement de la formalité d'enregistrement d'une
opération effectuée par un résident tunisien et ce en vue
de préserver les droits de chacun.
a. Opérations soumises
Les opérations faisant l'objet d'imposition au droit
d'enregistrement sont les mutations et actes.
Une mutation est la transmission d'un droit, d'une
propriété ou d'un bien d'une personne à une autre. Un acte
est un écrit rédigé en vue de faire la preuve d'un fait
juridique c'est-à-dire d'une opération accomplie portant vente,
échange, donation, etc.
b. Les buts de la formalité
d'enregistrement
Le droit d'enregistrement est un impôt qui contribue
à l'alimentation du budget de l'Etat et qui permet d'avoir des
renseignements sur la situation financière et patrimoniale des
contribuables.
En effet, L'enregistrement donne une date certaine à
l'acte à l'égard des tiers. Cette formalité permet une
surveillance sur la forme et sur le contenu de l'acte.
c. Les différents droits
d'enregistrement
Il existe trois types de droits d'enregistrement :
- les droits proportionnels : applicables aux ventes de
biens immeubles et opérations assimilées, ainsi qu'à tous
les actes de mutations de propriété, de nue
propriété ou d'usufruit et aux jugements et
arrêtés
- le droit progressif : applicable aux opérations
de ventes de terrains à bâtir destinés à la
construction d'immeubles.
- Les droits fixes : s'appliquent
généralement aux marchés, aux actes de
sociétés et aux actes innomés. Il est perçu sur
chaque page de chaque copie d'acte présenté à la
formalité.
4. Les Taxes Parafiscales
Une multitude de taxes coexistent en Tunisie, à ce
titre on peut citer :
a. La Taxe de Formation Professionnelle :
TFP
Instituée par l'article 364 du code de Travail et
liquidée mensuellement sur les traitements, salaires et toutes autres
rétributions versées aux salariés travaillant dans les
différents secteurs de l'industrie, du commerce et de l'agriculture. La
TFP est fixée à :
· 2% pour tous les secteurs
· 1% exceptionnellement pour les entreprises
exerçant dans les secteurs des industries manufacturières
b. Fonds de Promotion du Logement pour les
Salariés : FOPROLOS
Cette taxe est instituée à la charge de tout
employeur public ou privé ayant une activité en Tunisie à
l'exclusion des exploitants agricoles privés.
De même que la TFP, le FOPROLOS est assise sur la base
des traitements, salaires et toutes autres rétributions versées
aux salariés des différents secteurs d'activité au taux de
1%.
c. La TCL
Elle est instaurée sur les établissements
à caractère industriel, commercial ou professionnel.
Elle est de 0.2% du chiffre d'affaires TTC brut local
réalisé durant le mois18(*) avec un minimum non inférieur à 24% de
la valeur locative et un maximum non supérieur à 20000D par
an.
d. Autres Taxes Parafiscales
Elles sont multiples et concernent des secteurs
d'activités spécifiques, on listera :
- Le FODEC : il est institué au profit du
· Fonds de développement de la
compétitivité industrielle19(*) : cette taxe est de 1% du CA hors TVA due sur
les produits locaux ou importés20(*).
· Fonds de développement de la
compétitivité dans le secteur de l'agriculture et de
pêche21(*).
· Fonds de développement de la
compétitivité dans le secteur du tourisme22(*) : Elle est au taux de 1%
sur le CA réalisé par les exploitants
énumérés par l'article 60 de la loi n° 95-109 du
25/12/1995 portant loi de Finances pour la gestion de l'année 1996
- La taxe à l'exportation des peaux et cuir, du
liège brut et des déchets métalliques23(*)
- Les prélèvements au profit du fonds de
solidarité nationale24(*) qui sont :
· la taxe compensatrice sur le ciment25(*) de 1D/tonne
· la redevance sur ciment26(*) de 2D/tonne commercialisé par les cimenteries
tunisiennes
- Les prélèvements au profit du fonds national
de l'emploi:
· Contribution sur les ventes locales du café et
du thé27(*) :
150 millimes par Kg de thé ou de café commercialisé par
l'Office de Commerce de Tunisie
· Taxe sur la valeur des contrats conclus avec les
artistes étrangers28(*) : 25% du montant total revenant à
l'artiste y compris les avantages en nature
· Taxe sur les voyages à
l'étranger29(*) : 45D/voyage
- Taxe de circulation :
· Taxe de circulation sur les véhicules
automobiles30(*)
· Taxe unique de compensation de transport
routier31(*)
- Taxe sur les assurances : perçu au profit du
fonds de la protection civile et de la sécurité routière
sur
· le contrôle technique des véhicules
automobiles : 300 millimes/contrôle
· chaque attestation d'assurance automobile : 300
millimes32(*)
· les entreprises d'assurances agréées
à opérer en Tunisie soumises ou non à l'impôt sur la
patente au taux de :
? 0.3% pour les primes d'assurance sur les accidents de
voitures
? 1% pour les primes d'assurance à l'exclusion des
primes d'assurance - vie et de capitalisation
SECTION III : NOTIONS D'AUDIT FISCAL
A. Extension de l'Audit au Domaine Fiscal
Les audits touchent aujourd'hui l'ensemble des secteurs de
l'entreprise dont le plus ancien et le plus courant est l'audit comptable et
financier ; Le domaine fiscal est l'un de ces secteurs qui constitue une
notion étendue devrant être appréhendé et
contrôlé pour une meilleure efficacité de l'entreprise.
Ainsi, l'audit fiscal paraît comme étant la
formule qui répond au mieux aux préoccupations de l'entreprise et
ce pour diverses raisons :
Ø L'intensité des liens que la fiscalité
entretient avec la comptabilité
Ø L'importance et la complexité de la
matière fiscale
Ø Le risque financier attaché au non respect de
la règle fiscale.
1. Les Opportunités
d'Apparition
Le droit fiscal est une contrainte pour l'entreprise, qui lui
impose le respect de dispositions importantes en nombre, complexes et
évoluant rapidement dans le temps.
Reste à savoir que cette rigidité a
poussé vers l'extension de la fraude en cherchant à minimiser la
dette vis à vis de l'Etat, de même que l'évasion pour en
profiter des lacunes existantes entre les lignes des dispositions
réglementaires.
L'entreprise demeure en situation de risque fiscal du fait de
la non application des règles et des sanctions.
Par conséquent, la mesure de ce risque peut être
un élément d'information pour les dirigeants puisque son
incidence financière sur la gestion de l'entreprise est directement
mesurable.
Outre le prélèvement obligatoire que
représente en lui même l'impôt, la fonction de collecteur
d'impôt assignée à l'entreprise est en elle même
génératrice d'un coût additionnel.
« L'entreprise est chargée
d'opérations d'assiette, de déclaration, de perception et de
reversement de l'impôt. Elle supporte un coût qui lui est
transféré par l'administration fiscale. Il s'agit d'un coût
''subi'' par l'entreprise auquel elle ne peut se
dérober »33(*).
Ainsi, même si l'entreprise joue le rôle
d'intermédiaire neutre entre le redevable d'impôt et l'Etat, elle
le substitue s'il n'honore pas sa dette ou qu'il soit en situation
d'insolvabilité.
M. Egret soulignait dans son étude pour les entreprises
imposées selon le régime réel que la fiscalité est
une « préoccupation quotidienne, majeure et souvent
irritante »34(*)qu'il serait rationnel de maîtriser.
Contrainte financière, risque, gestion fiscale sont des
éléments suffisamment importants pour justifier un contrôle
approfondi et spécialisé qui puisse apporter des
éléments d'information, notamment aux dirigeants de
l'entreprise.
L'intérêt d'un contrôle des questions
d'ordre fiscal est clair. Il doit permettre en premier lieu de recueillir des
informations sur la nature et l'étendue du risque fiscal encouru par
l'entreprise, mais aussi sur l'aptitude de celle ci à utiliser la
fiscalité aux mieux de ses intérêts.
Cet examen lève donc le voile sur les incertitudes, les
interrogations fiscales de l'entreprise et facilite dans une certaine mesure la
prise de décision.
Le prolongement de ce diagnostic à des recommandations
ou conseils contribue à la sécurité fiscale de
l'entité et participe à l'amélioration de sa gestion
fiscale.
2. Tendance vers l'Audit Fiscal
Très lié aux travaux sur les
développements de l'audit opérationnel, au point de constater que
l'audit fiscal est encore souvent présenté comme un possible
développement de l'audit35(*).
Cette formule d'audit est généralement
perçue comme l'aspect fiscal de la mission d'audit ou de révision
comptable mais en aucun cas intitulé la révision fiscale des
comptes.
L'audit fiscal se présente ainsi comme "une
pièce maîtresse" dans l'élaboration du diagnostic fiscal de
l'entreprise36(*).
Ce pendant, il permet d'apporter des éléments
sur la faculté de l'entreprise à se conformer ou non à la
réglementation fiscale.
En plus ses résultantes informent sur la gravité
du risque encouru financièrement de même que les éventuels
défaillances de l'organisation de l'entreprise.
Pour conclure, l'audit fiscal sert de guide à certaines
décisions de gestion ainsi que celle de gestion des risques de
l'entreprise connue de nos jours sous « The
risk-management ».
B. Définitions & Objectifs
1. Définitions
Malgré que la notion d'audit fiscal n'acquiert pas
encore l'unanimité pour une telle variété d'audit,
plusieurs définitions ont tenté de l'expliciter dont voici
quelques unes :
- L'audit fiscal est un moyen de se prononcer sur
l'ensemble des structures fiscales d'une entité et leur
fonctionnement : c'est la fiscalité sous toutes ses formes qui est
l'objet de l'audit37(*).
- C'est un examen critique de la situation fiscale d'une
personne physique ou personne morale en vue de formuler une
appréciation. En clair, il s'agit d'établir un
diagnostic38(*) .
Cependant à travers ces deux définitions on peut
qualifier l'audit fiscal d'une expression d'opinion ou d'appréciation
d'une conjoncture fiscale d'une entreprise.
- L'audit fiscal permet de réaliser le diagnostic
des obligations fiscales de l'entreprise ... de faire le point sur la
stratégie fiscale de l'entreprise et proposer le cas
échéant des solutions de nature à rendre la gestion
fiscale plus performante en diminuant la charge fiscale39(*) .
- L'audit fiscal permet d'établir un diagnostic des
obligations fiscales de l'entreprise et de proposer des solutions propres
à diminuer la charge fiscale40(*).
D'après ce qui précède, on constate que
les définitions antérieurement présentées de
l'audit fiscal ont évolué vers une approche plus
concrétisée où l'audit fiscal se présente comme un
outil de gestion et d'aide à la prise de décision.
En résumé, l'audit fiscal est un diagnostic de
la situation fiscale d'une entité permettant d'apprécier le
respect des règles fiscales en vigueur et l'aptitude de cette
entité à mobiliser les ressources du droit fiscal dans le cadre
de sa gestion pour y atteindre ses objectifs.
2. Les Objectifs
La mission d'audit fiscal se justifie à
travers les pensées suivantes :
- L'audit fiscal étudie et analyse les dispositions
desquelles résultent des obligations légales auxquelles
l'entreprise doit s'y conformer sous peine de sanctions, et ;
- Il oriente les décisions prises par l'entreprise
vers des choix rationnels et cohérents fondés sur des avantages
et/ou options fiscales qui sont de nature à lui procurer un gain en
terme d'impôt.
Ainsi, on attribue à l'audit fiscal deux objectifs
distincts :
Ø Un objectif de régularité :
contrôle de la régularité fiscale (a)
Ø Un objectif stratégique : contrôle
de l'efficacité (b)
a. Le Contrôle de
Régularité
C'est un contrôle qui consiste à s'assurer de la
fiabilité des supports d'informations.
Il permet ainsi de détecter les anomalies, leurs
origines et les risques y découlant afin de réparer les
éventuelles infractions fiscales et éviter l'exposition à
un contrôle en la matière.
b. Le Contrôle d'Efficacité
Il mesure la prédisposition de l'entreprise à
exploiter les opportunités et les avantages fiscaux accordés par
la loi ainsi que les maîtriser.
Ce contrôle porte sur deux types de choix :
- Les uns sont des choix tactiques liés à la
gestion courante et qui peuvent porter par exemple sur l'adoption du
régime d'option en matière de TVA, le mode d'amortissement...
- Les autres sont des choix stratégiques
opérés occasionnellement, dont la fiscalité est l'un des
critères de prise de décisions.
Ces choix sont déterminants des caractéristiques
fiscales de l'entreprise. À titre d'exemple, on illustre le choix du
mode d'imposition, le choix du régime fiscal pour certaines
opérations spécifiques ...
CHAPITRE II : DEMARCHE DE L'AUDIT FISCAL
L'audit suit une démarche inductive et
objective conçue sur une adjonction d'informations, d'observations,
d'analyses et de vérification des faits et d'appréciation.
La mission d'audit doit accomplir trois tâches :
- effectuer un état des lieux : c'est une
étape préalable au commencement de la mission pour
détecter les opportunités et menaces (Section I)
- analyse approfondie des mécanismes de
l'entreprise pour mettre en oeuvre la qualité du contrôle interne
(Section II)
- élaboration d'un programme de travail afin
d'éviter l'omission des principaux comptes et rubriques (Section III)
SECTION I : PRISE DE CONNAISSANCE GENERALE
L'audit, en toute ses variétés, exige
de la part de l'auditeur une excellente connaissance globale de l'entreprise
qui lui permettra par la suite d'orienter ses travaux et réaliser ses
recherches.
Ce pendant, la prise de connaissance générale
est d'intérêt particulier dans la mission d'audit fiscal (A) et ce
afin de dégager les spécificités de l'entité et
préparer par conséquent le dossier permanent composé par
les différents dossiers (B).
A. Intérêt de la Prise de Connaissance
Cette étape est d'autant plus importante quand il
s'agit d'une première intervention.
Elle permet à l'auditeur d'assimiler le contexte
externe de l'entreprise : contexte juridique, environnement
économique, environnement social ... et interne : l'activité
et l'organisation générale de l'entreprise.
Elle met en relief les spécificités de
l'entité ainsi que les éventuels problèmes, risques ou
failles pour orienter ses investigations et recueillir par la suite des
éléments de compréhension (1) pour formuler son opinion
qui devrait être basée sur des éléments probants
(2).
1. Les Éléments de Compréhension
Ces éléments sont de nature à
familiariser l'auditeur aux spécificités de l'entité pour
qu'il puisse en tracer les ordres de grandeurs auxquels il serait
affronté.
Ils lui sensibilisent sur la significativité d'une
telle erreur et donc fixer son seuil de signification.
Cependant, ils ne se contentent pas à une
compréhension de l'environnement interne mais aussi de l'environnement
externe qui place l'entreprise dans son secteur d'activité et
l'apprécie vis-à-vis de ses concurrents.
2. Les
Éléments De Preuve
Plusieurs situations peuvent nécessiter un apport de
justification vue les incohérences décelées entre la
comptabilité et la fiscalité.
Ces éléments justificatifs sont principalement
liés à des situations risquées ou à des anomalies
qu'il convient d'ergoter41(*) au niveau de son rapport général.
B. Préparation des Différents Dossiers
La prise de connaissance générale est une
première étape du processus d'audit fiscal qui débouche
sur l'établissement de plusieurs dossiers qui cernent des recueillis sur
l'entreprise dans des différents domaines.
Ces informations sont collectées suite à une
visite des locaux et par des interviews des personnels.
On listera indicativement les dossiers suivants :
Ø Les informations
générales : se sont des informations qui concernent
l'historique de l'entreprise, la dénomination sociale, son capital, son
objet social, ses statuts, ses implantations ...
Ø Les informations juridiques :
informations se rapportant au statut juridique de l'entité (SA, SARL,
SUARL...), les procès verbaux des assemblés
générales ...
Ø Les informations comptables et
financières : le manuel comptable, le rapport d'audit interne,
les états financiers...
Ø Les informations opérationnelles :
la nature de milieu du travail (informatisé, manuel), les
méthodes utilisés (travail à la chaîne, production
à la pièce...) dont des informations fiscales peuvent y figurer
tel que le taux de RS pour les soutraîtances
manufacturières....
Ø Les informations relatives au secteur
d'activé : régime d'imposition en tant que personnes
physiques ( forfaitaires ou réels) ou personnes morales ( IS au taux de
35% ou de 10%) ; les produits commercialisés à quel taux de
TVA (0%, 6%, ... ), les autres impôts et cotisations spécifiques
au secteur ( la taxe au profit du fonds de développement de la
compétitivité industrielle pour les entreprises de production de
cuir au taux de 1.5% ; le salaire minimum...).
Ø Les informations sur les avantages
fiscaux : elles portent sur des dispositions spécifiques
à quelques entreprises faisant l'objet d'une incitation de la part de
l'Etat comme :
ü Le régime de suspens en matière de
TVA.
ü L'application du mode dégressif lors du calcul
des amortissements...
Ø Informations sur les principales
conventions : C'est essentiellement pour évaluer les incidences
fiscales de ces conventions telles que la location (l'enregistrement du contrat
a été réalisé sur la base du montant de location
annuel, semestriel, mensuel...), le leasing, les cessions d'immobilisations
...
L'élaboration de ces différents dossiers
constituera le dossier permanent qui servirait à l'auditeur dans ses
prochaines investigations. Il est à noter que l'auditeur pourra s'en
servir des dossiers déjà préparés par les
précédents CAC, et donc l'audit comptable et financier participe
en tant que source d'informations et d'appui à la mission d'audit
fiscal.
D'après cette étude, la prise de connaissance
générale s'avère une phase prépondérante et
fondamentale dans le processus d'audit fiscal.
SECTION II : ÉVALUATION DU CONTROLE
INTERNE
L'évaluation du contrôle interne
consiste à l'appréhension de la qualité organisationnelle
de l'entreprise par un examen des principales procédures (achat, vente,
stock, immobilisation, trésorerie ...) : c'est une
évaluation générale du CI faite sur le plan comptable
(A) ; sur le plan fiscal, il s'agit d'une évaluation approfondie
spécifique au domaine fiscal (B).
A. L'Evaluation Générale du Contrôle
Interne
Pour pouvoir donner un avis sur la régularité et
la sincérité des comptes et apprécier l'image
fidèle sur le patrimoine et la situation financière de
l'entreprise, l'auditeur doit examiner les dispositifs de
sécurité mis en place pour assurer un enregistrement convenable
des opérations effectuées par l'entreprise.
C'est l'ensemble de ses sécurités que l'on
dénomme « Contrôle Interne ».
Cet examen du système de CI va permettre à
l'auditeur de déterminer le niveau de contrôle à
effectuer.
L'Evaluation du Contrôle Interne s'opère en cinq
étapes :
1. La Description des
Procédures
En fonction de la nature des opérations
effectuées au sein de l'entreprise l'auditeur identifie et décrit
les procédures de contrôle. Il doit rechercher les
sécurités mises en place pour la constatation des
différentes opérations.
Cette description est d'autant plus rapide quant il existe un
manuel de procédures au sein de l'entité.
2. Les Tests de Conformité
Une fois les procédures sont identifiées,
l'auditeur doit vérifier que la description du système de CI est
correcte et reflète la réalité de l'entreprise,
c'est-à-dire que l'ensemble des sécurités
identifiées est véritablement appliqué.
Il doit aussi s'assurer qu'il n'existe pas d'autres
procédures informelles qui sont d'application et qu'elles n'ont pas
été repérées.
3. L'Évaluation Préliminaire du
CI
C'est l'étape la plus importante au niveau de ce stade
où l'auditeur dégage les forces et les faiblesses et formule un
jugement sur la qualité du CI.
4. Les Tests de Permanence
Ces tests s'effectuent généralement par sondage.
Ils visent à s'assurer que les procédures jugées fiables
et correctes sont effectivement appliquées. Ils confirment ou infirment
l'évaluation préliminaire du CI.
5. L'évaluation Définitive du
CI
Cette évaluation détermine l'étendue de
la phase suivante à savoir le contrôle des comptes.
Si elle dégage des faiblesses, l'auditeur va
consacrer plus de temps et plus d'importance au contrôle approfondi des
états financiers.
En plus, elle permet à l'entreprise d'améliorer
son système de contrôle interne pour les exercices
ultérieurs.
B. L'Evaluation Des Spécificités
Fiscales
Suite à l'évaluation générale du
contrôle interne, une nécessité d'une autre
évaluation relative au domaine fiscal se fît ressentir.
L'auditeur fiscal analysera la façon par laquelle sont
traités les problèmes fiscaux et s'interrogera par
conséquent sur l'existence d'un service fiscal ainsi que sa position et
son organisation au niveau de l'organigramme de l'entreprise ; le cas
échéant sur ceux qui s'occupent de ces problèmes fiscaux
et leurs fonctions.
Outre ce diagnostic préalable, l'auditeur aura
à :
- Examiner si l'entreprise a recouru à un ou plusieurs
conseillers extérieurs pour apporter des solutions ou des appuis
à certains problèmes.
- Etudier les méthodes de traitement des questions
fiscales.
- Observer les conditions d'établissement des
différentes déclarations fiscales.
- Etudier les procédures de vérification et de
contrôles utilisées par l'entreprise.
- S'assurer qu'il y ait eu un contrôle ultérieur
à la préparation des déclarations par un supérieur
hiérarchique tant en matière de respect des règles
fiscales qu'au niveau de la vérification arithmétique.
- Analyser les procédures d'envoi des
déclarations fiscales et par la suite ceux confirmant leur
dépôt aux délais légaux.
- Contrôler les conditions dans lesquelles sont
effectuées les versements au trésor : procédures
d'autorisation de paiement, relations entre les responsables fiscaux et ceux
de la trésorerie, concordance entre les sommes dues par l'entreprise et
les montants effectivement acquittés42(*).
Cette évaluation spécifique du CI sur le plan
fiscal conduit l'auditeur à mettre en évidence :
- Les faiblesses du système de CI desquelles
s'engendrent les risques fiscaux.
- Les forces du système de CI auxquelles on peut
soutenir pour améliorer l'efficacité de l'entreprise.
FORCES THÉORIQUES
Forces de conception
FAIBLESSES THÉORIQUES
Faiblesses de conception
TEST DE PERMANENCE
Vérification de l'application permanente des points
forts
EXISTE-T-IL DES PROCÉDURES ALTERNATIVES OU
COMPENSATRICES
OUI
Points forts appliqués
Points forts non appliqués
CONTRÔLE RÉVÉLATEUR
Confirmer la réalisation effective des risques
théoriques
NON
FORCES
FAIBLESSES
ÉVALUATION DÉFINITIVE DU CONTRÔLE
INTERNE
SAISIE DES PROCÉDURES
Description du système de C.I.
TESTS DE CONFORMITÉ
Vérification de la compréhension du
système de CI
ÉVALUATION PRELIMINAIRE DU C.I.
Description du système de C.I.

PROCESSUS D'ÉVALUATION DU CONTRÔLE
INTERNE
SECTION III : ÉLABORATION DU PROGRAMME DE
TRAVAIL
Le programme de travail est un outil de gestion
opéré dans une mission d'audit pour tenir compte de deux types de
contraintes :
- La première est une contrainte de temps du fait que
la mission d'audit s'étale sur une période restreinte (quelques
mois).
- La deuxième est une contrainte de résultats
qui ne s'impose que pour des missions d'audit contractuelles tel est le cas de
la mission d'audit fiscal.
Ainsi, « le travail d'un auditeur doit
être planifier de manière appropriée et les assistants,
s'il en existe, doivent être supervisés de manière
satisfaisante »43(*).
En vertu de ce qui précède, l'auditeur doit
matérialiser son plan d'action en un ensemble d'instructions
libellé « programme d'audit ».
Ce dernier est un schéma de procédures à
suivre en vue d'aboutir à la formulation d'une opinion.
A. Nécessité
Ce programme permet de décrire la nature et
l'étendue des travaux à effectuer.
Son utilisation efficace apporterait à l'auditeur une
économie de temps à consacrer aux procédures les plus
importantes.
Pour ce qui est de l'audit fiscal, l'utilité d'un tel
programme se résume ainsi :
- éviter l'oubli d'importants contrôles portant
sur différents impôts
- simplifier la répartition des tâches entre les
différents collaborateurs tout en s'assurant qu'un risque d'omission ne
peut pas y exister
- superviser l'avancement des travaux de recherches et
d'investigations pour l'ensemble de la mission ainsi que des membres de son
équipe
- respecter son calendrier et donne par la suite une image
fiable de ses recommandations
B. Contenu
Ce programme de travail établit en écrit tient
compte de plusieurs facteurs sus indiqués ainsi que d'autre relatifs
à la date de préparation et d'approbation des états
financiers, la nature de la mission et les obligations qui en
découlent.
Il décrit le calendrier de travail ainsi que la
répartition quotidienne des contrôles entre collaborateurs.
Dans le cadre d'un mission d'audit fiscal, outre ces
données, le programme d'audit doit préciser les différents
contrôles effectués en matière de TVA, IS, IRPP, droits
d'enregistrements et autres taxes et avantages fiscaux, de même que les
techniques d'audit utilisées.
PARTIE II :
PRATIQUE DE L'AUDIT FISCAL
CHAPITRE I : CONTRÔLE DE LA REGULARITE
FISCALE
SECTION I : CONTROLE DES REGLES RELATIVES AU FOND
A. Revue Fiscale des Postes de Bilan
1. Les Actifs Immobilisés
a. Les Immobilisations Incorporelles
Ces immobilisations sont à titre d'exemple : les
investissements de recherche et développement, les concessions de
marques, brevets, licences, marques, procédés et valeurs
similaires, les logiciels, les fonds commerciaux, le droit au bail, etc.
Une entreprise peut acquérir des éléments
incorporels ou peut elle-même les développer.
Ces éléments peuvent constituer des
éléments d'actifs, dans la mesure où ils ont un potentiel
de générer des avantages économiques futurs au
bénéfice de l'entreprise44(*).
Il est parfois difficile de savoir si une dépense fait
partie de l'actif immobilisé ou non.
Pour faire partie de l'actif incorporel, il faut que
l'élément puisse être considéré comme une
valeur au sens comptable45(*).
L'auditeur fiscal doit donc s'assurer que les valeurs
inscrites à l'actif ont la nature d'immobilisations incorporelles et non
de charges.
En revanche, il doit vérifier que toutes les valeurs
représentatives d'immobilisations incorporelles figurent à
l'actif. À cet effet, il recherche dans les comptes de charges les
indemnités versées à des concurrents, les droits
d'exploitation ou les autorisations d'exploitation acquises, les licences, les
marques, les brevets, etc.
Pour la comptabilisation de l'entrée des
immobilisations incorporelles, l'auditeur doit vérifier qu'elles sont
inscrites pour leur coût d'acquisition net de rabais, remises et
ristournes et ce dans le cas d'acquisition. Par contre, si elles sont
créées par l'entreprise, il vérifie qu'elles sont
enregistrées à leur coût de production.
Lors de l'acquisition, il doit s'assurer aussi que la TVA a
été correctement déduite sur les biens y ouvrant droit.
En outre, pour les acquisitions de fonds commerciaux,
l'auditeur s'assure que les mutations ont été soumises à
la formalité de l'enregistrement.
En ce qui concerne les concessions et les brevets, l'auditeur
fiscal doit s'assurer de la constatation des redevances perçues pour
cession de brevets ou de licence d'exploitation selon le régime des plus
values et moins values.
De même, il vérifie le régime d'imposition
des redevances en matière de TVA.
Et enfin, il vérifie que les frais de recherche pour
brevets d'invention ont bien été déduits46(*).
Pour les amortissements des immobilisations incorporelles, on
n'admet pas fiscalement la déduction de l'amortissement des
immobilisations qui ne se déprécient pas par le temps et par
l'usage (fonds commercial, droit au bail, brevets et marques de fabrique), de
même pour les brevets et marques de fabriques dont l'exploitation est
appelée à tomber dans le domaine public. Pour cela, l'auditeur
doit s'assurer de la réintégration des amortissements de ces
immobilisations pour la détermination du bénéfice
imposable.
Selon le CIRPPIS, les provisions pour
dépréciations des immobilisations incorporelles ne sont pas
déductibles, donc l'auditeur fiscal doit s'assurer de la
réintégration de ces provisions dans la base imposable.
b. Les Immobilisations Corporelles
Les immobilisations corporelles sont des
éléments d'actif physiques et tangibles qui ont un potentiel de
générer des avantages économiques futurs. Sont
détenus par une entreprise soit pour être utilisés dans la
production ou la fourniture de biens et de services, soit pour être
loués à des tiers, soit à des fins administratives et de
soutien à leur activité, et sont censés être
utilisés sur plus d'un exercice47(*).
Au niveau de ce poste, le contrôle de la
régularité fiscale s'opère sur les
évènements et les opérations suivantes :
§1. L'Acquisition
Pour contrôler la bonne comptabilisation de
l'entrée des immobilisations corporelles, l'auditeur fiscal est
appelé à vérifier les points suivants :
Ø Les immobilisations acquises sont inscrites pour leur
coût d'acquisition, et ce en tenant compte de tout les frais accessoires
nécessaires à la mise en état d'utilisation du bien
ajoutés au prix d'achat net de rabais, remises et ristournes.
Ø Les immobilisations produites par l'entreprise sont
enregistrées à leur coût de production.
Ø La distinction entre charges et immobilisations a
bien été respectée. A titre d'exemples :
· L'auditeur doit vérifier que les emballages
récupérables et commodément identifiables ont
été enregistrés en immobilisations et non en charges, ni
en stocks.
· Les réparations et modifications qui valorisent
un élément d'actif ou prolongent sa durée d'utilisation
sont immobilisées.
Ø Les immobilisations importées sont inscrites
au coût d'acquisition selon le cours à la date d'achat et non pas
au cours à la date de règlement.
Ø En matière de TVA, l'auditeur fiscal doit
vérifier que l'entreprise a la qualité d'assujetti selon le
régime réel, de même pour ses fournisseurs
d'immobilisations. Il vérifie aussi que la TVA figurant sur la
facture ou l'attestation délivrée par le vendeur a bien
été récupérée selon le prorata
d'assujettissement de l'entreprise. En ce qui concerne les immobilisations
produites par l'entreprise, il doit vérifier qu'elles ont
été imposées à la TVA.
Il s'assure que pour les acquisitions des biens corporels
d'occasion auprès d'un vendeur assujetti, l'entreprise a
bénéficiée du droit à déduction de la TVA
pour la période restante de la vie du bien.
Ø Enfin, l'auditeur est appelé à
s'assurer que les droits d'enregistrement sur mutations de biens meubles et
immeubles ont été correctement opérés et
effectivement versés au trésor selon les taux et dans les
délais correspondants.
§2. L'Amortissement
Sur le plan fiscal, l'amortissement est une déduction
opérée sur les bénéfices en raison de la
dépréciation subie au cours de l'exercice par la plupart des
éléments de l'actif immobilisé.
En effet, l'auditeur fiscal doit vérifier les
conditions nécessaires pour la déduction des amortissements
à savoir :
Ø L'amortissement doit porter sur les
éléments de l'actif immobilisé soumis à la
dépréciation.
Par conséquent, cela exclut :
· Les biens non propriété de l'entreprise
(comme les biens loués)
· Les valeurs d'exploitation (comme les biens
comptabilisés en stock)
· Les immobilisations qui ne se déprécient
pas par le temps ou par l'usage (terrain)
· Les avions et bateaux de plaisance mis à la
disposition des dirigeants et employés de l'entreprise et dont
l'utilisation ne concerne pas directement l'objet de l'entreprise, ainsi que
les résidences secondaires
· Les véhicules de tourisme dont la puissance
fiscale set supérieure à 9 chevaux, à l'exception de c eux
constituant l'objet principal de l'exploitation
Ø Être calculé sur :
· Le prix d'achat hors TVA déductible en plus des
frais de douane, de transport, les impôts et taxes non déductibles
pour les immobilisations acquises
· La valeur vénale, pour les immobilisations
acquises à titre gratuit
· Le coût de production pour celles
créées par l'entreprise
· La valeur d'apport pour celles apportées
à l'entreprise
Ø Être constaté en comptabilité
Ø L'amortissement doit correspondre en principe
à une dépréciation effective subie ainsi il doit
être constaté que les résultats soient
bénéficiaires ou déficitaires. Ils doivent être
comptabilisés en charge, sinon l'entreprise risquera la perte de
déduction due à la présence d'un amortissement
irrégulièrement différé
Ø Enfin l'auditeur s'assure que les amortissements
comptabilisés ont été bien détaillés sur le
tableau des immobilisations et des amortissements qui doit être joint
à la déclaration des résultats afin d'éviter que
l'entreprise pert le droit de les déduire
Le CIRPPIS a prévu trois techniques ou modes
d'amortissement :
Ø L'Amortissement Linéaire
À ce niveau on distingue l'amortissement
linéaire simple et l'amortissement accéléré
· Amortissement Linéaire Simple :
l'auditeur s'assure que les taux d'amortissement appliqués par
l'entreprise correspondent aux taux prévus par l'administration
fiscale48(*); donc si
l'entreprise procède à l'application d'un taux supérieur,
il doit vérifier qu'elle a réintégré le surplus
d'amortissement non déductible au bénéfice imposable
· Amortissement
Accéléré : l'auditeur vérifie que
l'entreprise pratique l'amortissement accéléré à
son matériel d'exploitation (à l'exclusion du matériel de
transport de personnes ou de marchandises) qui fonctionne à deux
équipes (16/24) ou à trois équipes (24/24) et ce en
appliquant respectivement au taux linéaire un coefficient de 1.5 et de
2.
Ø L'Amortissement Dégressif
L'auditeur fiscal doit s'assurer que la durée
d'utilisation des immobilisations est supérieure à cinq ans.
Il vérifie aussi que l'entreprise n'applique pas cette
méthode pour l'amortissement des biens acquis d'occasion et pour les
logiciels (dont la durée probable d'utilisation est de trois ans), et
qu'elle ne l'utilise que pour le matériel informatique, matériel
agricole, et pour les équipements et matériels de production
acquis neufs ou fabriqués par l'entreprise à compter du
01/01/1999 à l'exclusion du mobilier et matériel de bureau,
moyens de transport (de personnes ou de marchandises)49(*).
Enfin, il vérifie le calcul de l'annuité
d'amortissement dégressif qui se calcule chaque année par
application du taux linéaire affecté d'un coefficient de 2.5
à la valeur résiduelle, et lorsque à la clôture d'un
exercice, l'annuité d'amortissement calculée selon le mode
dégressif devient inférieure à celle linéaire,
l'amortissement à pratiquer correspond au rapport de la valeur
résiduelle par le nombre d'années d'utilisation restant à
courir.
De même, l'auditeur doit vérifier que les
équipements et matériels, objet de contrats de leasing ne sont
pas amortis selon le mode dégressif50(*).
Ø L'Amortissement exceptionnel
L'auditeur fiscal vérifie que si l'entreprise acquiert
ou construit des immeubles d'habitation destinés au logement de leur
personnel à titre gratuit l'exploitant individuel, les associés
des sociétés de personnes, les membres des associations en
participations, les gérants des SARL ou sociétés en
commandite par actions, les membres du conseil d'administration des SA, et
même les conjoints et enfants non émancipés des personnes
précitées ne bénéficient pas de ces logements.
A ce titre, l'entreprise peut opérer un amortissement
exceptionnel égal à 50% du prix de revient déductible pour
l'amortissement du bénéfice ; la valeur résiduelle
est amortissable sur 10 ans selon le mode linéaire.
Il vérifie aussi que ¾ au moins de la superficie
des immeubles sont destinés pour le logement du personnel.
Remarque : En cas où l'entreprise a
constitué des provisions pour dépréciation des
immobilisations corporelles, l'auditeur est appelé à
vérifier si elle a réintégré extra comptablement
ces provisions pour la détermination du résultat
fiscal.
§3. La Cession
Dans ce cas, l'auditeur s'assure que l'élément
corporel cédé ou en rebus ne figure plus au bilan de
l'entreprise, de même que son amortissement cumulé. Il
vérifie aussi que la détermination de la plus value sur cession
est correcte en tenant compte de la fraction d'amortissement entre la date de
clôture du dernier exercice et la date de cession.
Remarque : Si le prix de vente du bien est
libellé en devise, il faut bien s'assurer que le résultat de
cession se défalque en un résultat de change et un
résultat de valeur et que chacun d'entre eux figure au niveau de son
compte approprié.
En matière de TVA, il vérifie que l'entreprise a
procédé à la régularisation de la TVA initialement
déduite lors de l'acquisition et ce en fonction de la durée de
vie restante du bien cédé en appliquant une fraction de 1/5 ou de
1/10 par année respectivement pour les biens meubles et immeubles.
Enfin, il vérifie que les plus values provenant de la
cession des biens corporels réévalués ont
été réintégrés à la base
imposable51(*).
c. Les Immobilisations Financières
§1. Les Titres de Participation
Lors de l'acquisition, l'auditeur vérifie que les frais
accessoires d'achat ne sont pas compris dans la valeur d'achat (tels que les
commissions d'intermédiaires, d'honoraires, les droits et frais de la
banque). Il vérifie notamment que la valeur d'achat comprend les droits
de souscription.
Il s'assure aussi de la bonne qualification des titres de
participation c.à.d que l'entreprise a l'intention de l'entreprise de
les conserver durablement notamment d'exercer sur la société
émettrice un contrôle exclusif, une influence notable ou un
contrôle conjoint, ou pour obtenir des revenus et des gains en capital
sur une longue échéance ou pour protéger ou promouvoir
des relations commerciales.
Pour les obligations, il vérifie que la valeur
d'origine comprend les coupons courus et non échus.
Lorsque l'entreprise procède à une augmentation
de capital par distribution gratuite des titres c.à.d par incorporation
des réserves, l'auditeur doit observer que la valeur d'origine des
titres inscrits à l'actif n'est pas modifiée.
En matière des droits d'enregistrement, l'auditeur doit
s'assurer lorsque l'acquisition des titres a été constatée
par un écrit, celui-ci a bien été soumis à la
formalité d'enregistrement.
À la clôture de chaque exercice, l'entreprise
procède à la réévaluation de ses titres et peut
constater s'il y a lieu une dépréciation par une dotation aux
provisions. À ce titre, il doit s'assurer que l'entreprise a
procédé à sa réintégration extra
comptablement pour la détermination du résultat fiscal.
Pour les entreprises cotées à la BVMT, il doit
vérifier la bonne détermination de la plus value de cession
imposable partiellement dans la limite du reliquat, déduction faite de
la différence entre leurs cours moyen journalier boursier au dernier
mois de l'exercice précédant celui au cours duquel la cession a
eu lieu et leur valeur d'acquisition ou de souscription52(*).
De même pour la cession d'actions dans le cadre d'une
opération d'introduction à la BVMT, l'auditeur doit s'assurer que
la plus value de cession a été imposée partiellement dans
la limite du reliquat après la déduction de la différence
entreprise la valeur d'introduction en bourse et la valeur
d'acquisition53(*).
Il doit aussi vérifier si l'entreprise a
bénéficié de la déduction des provisions pour
dépréciation des actions cotées à la BVMT54(*).
Pour ce qui est des revenus de valeurs mobilières (les
dividendes) reçus suite à l'acquisition de titres, il doit
s'assurer qu'ils sont incluses dans le bénéfice imposable.
§2. Les Prêts Non Courants
L'auditeur doit contrôler la régularité
des opérations de prêts : pour le faire il doit distinguer
selon qu'il s'agit d'opérations interdites ou autorisées.
Pour les revenus de capitaux mobiliers qui sont souvent les
intérêts des créances et les intérêts des
comptes courants, il doit s'assurer qu'ils sont compris dans le
bénéfice imposable (les intérêts reçus et les
intérêts courus et non échus).
§3. Les Dépôts et Cautionnements
L'auditeur analyse ce compte et s'assure par la suite qu'il
s'agit réellement d'un cautionnement et non pas d'une charge et que les
dépôts et cautionnements antérieurs ont été
constatés en perte.
d. Les Frais d'Établissement
Les frais d'établissement, bien que figurant dans
l'actif immobilisé, n'ont pas la nature d'immobilisation. Ils
correspondent à des charges dont la déduction peut
être échelonnée sur plusieurs exercices vu leur
caractère général et non répétitif et vu
qu'elles n'affectent pas seulement l'exercice au cours duquel elles sont
engagées, mais elles ont une incidence sur les exercices futurs.
Donc l'auditeur doit s'assurer que les dépenses
comptabilisées au niveau de ce poste (AANC) ont effectivement la nature
des charges reportées et non des charges d'exploitation
répétitives tout en s'y conformant aux conditions
énumérées par la NCT N°10.
En outre, ces frais sont résorbés sur une
période de trois ans tout en appliquant la méthode de
l'amortissement linéaire :
- les frais préliminaires doivent être
résorbés le plus rapidement possible et en tout état de
cause sur une durée maximale de 3 ans à partir de la date
d'entrée en exploitation commerciale sans que cette durée
n'excède 5 ans à partir de l'exercice de leurs engagements.
- les charges à répartir doivent être
résorbées selon une méthode et une période
permettant le meilleur rattachement des charges aux produits. Cette
période ne pourrait excéder 3 ans de l'exercice de leurs
constatations.
De ce fait, l'auditeur doit vérifier que ces frais
n'ont pas été résorbés sur une période
supérieur à 3 ans, et si c'est le cas, il doit s'assurer que
l'entreprise a réintégré le surplus d'amortissement non
admis en déduction en matière d'IRPP et d'IS lors de la
détermination du résultat fiscal.
De même, il doit s'assurer que les frais
d'établissement sont évalués en hors TVA
récupérable et que la TVA a été correctement
déduite.
2. Le Stock
La notion fiscale de stock est la même que celle
comptable. Il s'agit des marchandises, fournitures, produits finis,
déchets, emballages perdus, etc.
Ils sont généralement générateurs
de bénéfices ou de pertes ordinaires d'exploitation et sont
destinés à la vente en l'état, ou acquis en vue de leur
revente ou de leur consommation dans les opérations d'exploitation.
L'auditeur procède au départ à la
vérification de leur constatation au compte approprié relatif au
stock et à leur existence à la propriété de
l'entreprise à la date d'inventaire.
Il s'assure par la suite que tous les éléments
inscrits dans le compte stock ont la nature de valeurs d'exploitation et non
d'immobilisations ou de charges.
Pour les produits achetés (matières
premières, marchandises), il s'assure qu'ils sont valorisés au
prix d'achat additionné aux frais accessoires d'achat (transport, droits
de douane à l'importation, taxes non récupérables, etc.).
À défaut, il vérifie qu'ils sont valorisés selon le
coût d'achat moyen pondéré.
Pour les produits finis et les encours, il s'assure que leur
valorisation correspond au coût de production soit le coût
d'acquisition des matières consommées et une quote-part des
coûts directs et indirects de production pouvant être
raisonnablement rattachés aux produits dont voici quelques uns :
· les coûts de mains d'oeuvre directe
· les coûts de mains d'oeuvre indirecte
· les amortissements et entretien de bâtiments et
équipements industriels
· les frais de gestion et d'administration de la
production
· les frais de recherche et de développement se
rapportant à des commandes spécifiques
Remarque : Les frais financiers sont pris en
compte dans le coût d'acquisition ou dans le coût de production des
stocks lorsqu'ils sont liés à des emprunts ayant financés
des cycles d'approvisionnement, de stockage ou de production de durée
supérieure à douze mois55(*).
Pour tout type de stocks, il doit s'assurer qu'ils sont
enregistrés en HTVA. De même, il s'assure que l'entreprise utilise
l'une des méthodes d'évaluation des stocks admises par
l'administration fiscale à savoir le coût moyen
pondéré et la méthode FIFO ainsi que des justificatifs de
ce choix.
Il est à noter que l'évaluation des
stocks au cours du jour n'est pas admise fiscalement, raison pour laquelle
l'auditeur est tenu de vérifier que l'entreprise n'évalue pas
ses stocks en fonction des prix de vente probable.
En outre, l'auditeur vérifie que les procédures
mises en place permettent une saisie exhaustive des mouvements physiques des
biens stockés et qu'un inventaire a été effectué
à la date de clôture et par la suite procède à un
contrôle arithmétique de quelques fiches.
Dans les entreprises industrielles, l'auditeur doit rapprocher
les quantités fabriquées issues de la comptabilité
analytique aux variations des stocks constatées en comptabilité
générale, et le cas échéant les données de
la comptabilité matière avec l'état d'inventaire et
vérifier ainsi que tout ajustement a été
justifié.
Lors de l'utilisation des produits stockés pour les
besoins propres de l'entreprise, ou bien en cas de perte, de vol, de
détérioration ou tout autres disparitions
injustifiées56(*),
l'auditeur doit s'assurer que la TVA déduite a bien été
reversée au trésor.
Pour les emballages commerciaux, l'auditeur doit distinguer
entre d'une part les emballages récupérables identifiables
figurant généralement en immobilisations corporelles
destinés à la consignation et d'autre part les emballages non
récupérables ou perdus vendus avec les produits figurant à
la date de clôture en stocks d'emballages.
Dans le cas où l'entreprise a constitué des
provisions pour dépréciation des stocks destinés à
la vente, il s'assure que le montant des provisions déductibles est
calculé sur la base du prix de revient du produit diminué de la
valeur de réalisation nette connue à la date de clôture de
l'exercice au titre duquel les provisions sont constituées, sans tenir
compte des frais non réalisés à cette date.
De même, il aura à vérifier que le montant
des provisions ainsi constituées ne dépasse pas 50% du prix de
revient du produit objet de dépréciation.
3. Les Comptes De Tiers
Sont regroupés dans la classe IV, les comptes
rattachés aux comptes de tiers et destinés à enregistrer
les dettes et créances courantes, autres que financières. Donc,
l'auditeur passe en revue des comptes suivants :
40 : Fournisseurs et comptes
rattachés
41 : Clients et comptes
rattachés
42 : Personnel et comptes
rattachés
43 : Etat et collectivités
publiques
44 : Sociétés de groupe et
associés
45 : Débiteurs et
créditeurs divers
a. Fournisseurs et Comptes Rattachés
Les principaux comptes concernés sont :
401 & 404 : Fournisseurs
(d'exploitation et d'immobilisation)
403 & 405 : Fournisseurs, effets
à payer
408 : Fournisseurs, factures non
parvenues
4091 : Fournisseurs, avances et
acomptes
Tout d'abord, l'auditeur fiscal doit apprécier
l'étendue des investigations à effectuer en fonction de la
qualité du contrôle interne pour le cycle achats -
fournisseurs.
Il procède après, par la revue analytique des
différents comptes en déterminant les ratios significatifs pour
diriger les recherches d'éventuelles anomalies : il revoit les
balances fournisseurs, rapproche les soldes du grand-livre, identifie les
comptes dont les libellés sont imprécis et recherche les
écritures qui ne sont pas passées selon la procédure
habituelle57(*).
Il doit appliquer la procédure de confirmation directe
concernant les comptes de dettes - fournisseurs. A travers leurs confirmations,
il valide les opérations comptabilisées et rapproche par la suite
les réponses obtenues avec les soldes fournisseurs dégagés
de la balance auxiliaire.
Les écarts constatés, jugés
significatifs, feront l'objet d'une demande d'explication pour justifier leur
enregistrement en charges.
À défaut de cette procédure ou si les
résultats s'avèrent insuffisants, il doit vérifier que les
soldes individuels sont correctement analysés et que le rapprochement
aux éléments justificatifs ne dégage pas des écarts
significatifs.
L'auditeur doit tenir compte également des effets
à payer lors de la procédure de confirmation directe.
En outre, il doit vérifier les additions de la balance
fournisseurs et les rapprocher avec les comptes collectifs. De même, il
doit pointer la balance avec les comptes individuels et s'assurer que les
fournisseurs débiteurs figurent à l'actif du bilan et ne sont pas
compensés avec le solde créditeur.
L'auditeur est aussi appelé à vérifier le
report des factures et avoirs - fournisseurs et leur ventilation au journal des
achats et dans les comptes de contrepartie, ainsi que les additions du journal
d'achat et les additions des colonnes de ventilation du journal
d'achats58(*).
Il peut rapprocher par sondage les écritures
comptabilisées en charges avec leurs pièces justificatives et
apprécier en conséquence si les charges sont engagées dans
l'intérêt de l'exploitation pour être admise à la
déduction.
En matière de TVA, l'auditeur doit vérifier que
la TVA à récupérer figure sur les factures établies
au nom de l'entreprise et faisant ressortir distinctement la montant hors taxe
et le montant de la taxe.
Il doit s'assurer de même que les dettes fournisseurs
sont comptabilisées en TTC et que la TVA est
récupérée sur les seules dépenses y ouvrant
droit.
Il s'assure notamment que toutes les factures reçues,
relatives à l'exercice, ont bien été prises en compte et
enregistrées dans le mois de leur réception.
Enfin, il vérifie la régularisation de la taxe
déjà déduite pour avoirs reçus mentionnant la
TVA.
Pour apprécier la séparation des exercices,
l'auditeur fiscal est appelé à vérifier le respect du
principe de l'annualité de l'impôt. Il pourra donc procéder
notamment aux contrôles suivants :
* Pour les Achats :
- relever les derniers BR de l'exercice et s'assurer que les
factures correspondant aux achats reçus sont enregistrées dans le
même exercice
- relever les derniers bons de retour de l'exercice et
s'assurer que les avoirs correspondants sont enregistrés au même
exercice
- relever les dernières factures et avoirs
comptabilisés sur l'exercice et s'assurer que les marchandises
correspondantes ont été effectivement réceptionnées
au cours de l'exercice
- faire le même travail que ci-dessus en prenant les
premiers bons de réception et de retour ainsi que les premières
factures et avoirs de l'exercice suivant
- pour les factures non reçues, s'assurer si
l'entreprise a enregistré la charge en charges à payer et qu'elle
ne procède à la déduction de la TVA qu'après avoir
reçu la facture.
- vérifier l'enregistrement des ristournes acquises
à la clôture de l'exercice
- rapprocher par sondage les écritures
comptabilisées des pièces justificatives
*Pour les Charges Récurrentes
- Vérifier que toutes les charges de l'exercice ont
été comptabilisées (exemple : pour les loyers
vérifier qu'on a quatre loyers trimestriels)
- Rapprocher que sondage, les écritures
comptabilisées des pièces justificatives
*Pour Charges Non Récurrentes
Examiner les enregistrements de fin d'exercice et du
début de l'exercice suivant et s'assurer qu'ils ont été
enregistrés à l'exercice correspondant.
Pour finir, en ce qui concerne les dettes en monnaie
étrangère, l'auditeur doit vérifier qu'elles sont
constatées au taux de change de la date de transaction et qu'elles sont
réévaluées par la suite au cours de change de
clôture où la perte ou gain de change éventuel sont
enregistrés.
b. Clients et Comptes Rattachés
Les principaux comptes concernés sont :
411 : Clients
4117 : Clients retenus de garantie
413 : Clients, effets à recevoir
416 : Clients douteux ou litigieux
4191 : Clients, avances et acomptes
reçus sur commandes
491 : Provisions pour
dépréciation des comptes clients
Tout d'abord, l'auditeur procède par la
vérification de l'exactitude du rattachement des produits.
Il recherche les chevauchements entre l'exercice de livraison
des biens et l'exercice de comptabilisation de la vente et de même il
s'assure que les écritures de régularisation sont
éventuellement passées.
À cet effet, il doit rapprocher le journal des ventes
aux factures et bons de livraison. Pour le retour de marchandises,
il peut effectuer les mêmes contrôles ci-dessus. En plus, il doit
examiner les avoirs émis après la date de clôture et
s'assurer que ceux concernant l'exercice clôturé ont bien fait
l'objet de provision.
Pour ce qui est des ventes livrées mais non encore
facturées, il doit vérifier s'il n'y a pas lieu de constater des
intérêts de retard sur les clients.
L'auditeur doit effectuer un contrôle de vraisemblance
sur la balance auxiliaire clients et établir un tableau des principaux
soldes créditeurs.
Par la confirmation directe et le suivi des réponses,
il vérifie l'existence des clients et la réalité des
créances.
Selon sa politique de ristourne annuelle déjà
examiné auparavant, l'auditeur vérifie que les ristournes
établies sont correctement calculés et comptabilisés.
Conformément au principe de la non compensation des
soldes créditeurs et des soldes débiteurs, il doit s'assurer que
tout solde créditeur est justifié et correspond à une
dette normale.
En outre, il doit vérifier que les créances en
devises ont été bien évaluées au cours de
clôture et que les gains ou pertes de change ont été
amortis sur la durée de vie de la créance dans les comptes
appropriés.
L'auditeur doit encore rapprocher le CA comptabilisé au
CA déclaré à l'IRPP et l'IS à celui
déclaré à la TVA et à la TCL et expliquer les
différences si elles existent.
Toute créance qui n'a pas pu être couverte peut
faire l'objet de provision. La déduction de ces dernières au
titre créances douteuses doit obéir aux conditions suivantes
devront faire l'objet d'une vérification par l'auditeur :
- il s'agit des créances douteuses dont le nominal
excède 100D
- le montant de la provision constitué doit comprendre
la créance et les impôts indirects correspondants
- la perte de la créance doit être probable et
non simplement éventuelle (ex: faillite du client, existence d'un litige
sur la créance)
- l'entreprise a engagé une action en justice
- le plafond de la provision est limité à 30% du
bénéfice imposable cumulable (c'est-à-dire le
bénéfice fiscal avant déduction des provisions et des
réinvestissements exonérés)
- les provisions doivent être constatées en
comptabilité
L'auditeur fiscal doit vérifier que pour les actions
tentées pour le recouvrement des créances qui suivent encore
leurs cours il y a trois ans, la provision correspondante a fait l'objet d'une
réintégration au bénéfice de la troisième
année qui suit celle de leur constitution.
Il va de soi pour les provisions déjà
constatées qui sont devenus sans objet au cours du même
exercice.
En matière de TVA, il doit s'assurer que la base
d'imposition est bien constituée de toutes les sommes reçues ou
à recevoir y compris les intérêts de retard.
De même, il doit s'assurer que le fait
générateur de la TVA est bien :
- la livraison pour la vente des biens
- la réalisation, la facturation ou l'encaissement pour
les prestations de services, etc.
Et que le taux appliqué correspond bien aux produits
vendus (voir les tableaux annexés au code de la TVA).
Il doit aussi accorder une grande attention aux
opérations non soumises à la TVA ou effectués à des
exportateurs59(*)en
suspens.
Pour ces dernières, il doit vérifier que
l'attestation délivrée, par l'exportateur au centre de
contrôle des impôts compétent et à l'entreprise, est
antérieure à la livraison.
IL est à noter que pour les créances
annulées ou impayées, il doit s'assurer que les TVA relatives
sont restituées et qu'ils sont accompagnés de rectification
préalable des factures initiales (factures d'avoir).
c. Personnel & Comptes
Rattachés
Les principaux comptes concernés sont :
421 : Personnel - avances et acomptes
425 : Personnel -
rémunération due
453 : Sécurité sociale et
autres organismes sociaux
L'auditeur doit vérifier que l'entreprise acquitte
la RS, la TFP, le FOPROLOS, etc., sur les salaires dus au personnel. C'est
ainsi qu'il procède par un échantillon stratifié du
personnel dans ses différentes catégories et vérifie la
prise en compte de tous les éléments du salaire dans la base
imposable ainsi que l'application des taux appropriés.
Il doit aussi rapprocher les enregistrements comptables aux
déclarations mensuelles afin de s'assurer du versement des impôts
retenus dans les délais réglementaires.
Pour ce qui est du compte « Personnel -
rémunération due », il doit s'assurer que les soldes
correspondent à des salaires du personnel travaillant effectivement pour
le compte de l'entreprise. A cet effet, il s'assure que les salaires
versés à des employés travaillant pour les dirigeants
n'ont pas été pris en charge par l'entreprise, ainsi que pour
tout salaire ne correspondant pas à un travail effectif.
Il doit aussi s'assurer que tout les salaires et avantages en
nature (logement, nourriture, habillement autre que celui du travail, voiture,
etc.) sont déclarés.
De même, il vérifie que les hautes
rémunérations versées ne sont pas exagérées,
et que la rémunération des associés dans les
sociétés de personnes ou celle de l'exploitant de l'entreprise
individuelle a fait l'objet d'une réintégration lors de la
détermination du bénéfice fiscal.
Il en est ainsi des appointements servis aux associés
des SNC, aux commandités dans les SCS, aux associés des
sociétés de fait, aux membres indéfiniment responsables
dans les sociétés en participation60(*).
L'auditeur doit s'assurer aussi que les jetons de
présence servis aux membres du conseil d'administration ou de
surveillance dans les SA et SCA ne sont déductibles de l'assiette
imposable qu'à concurrence des frais de présence auxdits
conseils. En outre, il vérifie que les sommes qui lui sont
excédentaires ont été
réintégrées61(*).
De même, il doit vérifier que les avances et
acomptes aux personnels ont bien été inscrits dans le compte
spécifique « 421 : Avances et acomptes » et non
pas dans le compte « 425 :
Rémunération due ». Ce contrôle s'effectue
à travers la justification des avances accordées par une
a |