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Impact de la filiere textile coton camerounaise sur le développement socio-économique national: Bilan et perspectives


par Raphal Athanase Elisée Hamadjam
Institut sous-regional multisectoriel de technologie appliquée de planification et d'évaluation de projets - DESS Analyse et Evaluation des Projets 2004
Dans la categorie: Economie et Finance
   
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AVANT PROPOS

L'ISTA, Institut Sous-Régional Multisectoriel de Technologies Appliquées, de Planification et d'Evaluation de Projets, a pour principales missions :

· la réalisation des études d'investissement expost et exante,

· et la formation universitaire des cadres capables de concevoir, d'évaluer, de réaliser et de suivre l'exécution des projets de développement.

La formation universitaire, étalée sur douze mois, est sanctionnée par un Diplôme d'Etudes Supérieures Spécialisées (DESS) en Analyse et Evaluation des Projets.

Les cinq derniers mois de la formation sont consacrés au stage pratique. C'est un exercice qui met en relation la théorie et la pratique. Pendant cette période, le stagiaire est placé sur le terrain en situation professionnelle, pour la réalisation d'une étude de préfaisabilité ou d'évaluation d'un projet, ou encore pour une étude de création d'une PME, ou encore pour le diagnostic d'une entreprise existante.

C'est dans ce contexte que s'est effectué cette étude qui porte sur l'" impact de la filière textile coton camerounaise sur le développement socioéconomique national ".

Le thème a été proposé par le Ministère Camerounais du Développement Industriel et Commercial dans un contexte marqué par la mise en oeuvre des réformes économiques profondes qui concernent la redynamisation de certaines filières susceptibles d'impulser l'économie nationale.

Cette étude, qui n'a pas la prétention d'être exhaustif, se veut tout d'abord un effort de recherche. Nous avons adopté ici une approche diagnostique et perspective.

RESUME

Après avoir situé la problématique actuelle liée à la situation économique et sociale du Cameroun, et au développement de la filière coton textile camerounaise, Nous avons procédé, d'abord à une analyse diagnostique, puis à une analyse perspective.

Le diagnostic de la filière textile coton camerounaise, première partie de notre travail, a permis de relever son importance dans le pays et également ses problèmes et sa difficulté à soutenir l'économie.

L'étude diagnostique de la filière textile coton dans son ensemble a d'abord nécessité la connaissance des principaux enjeux y liés dont notamment, son organisation structurelle et son contexte général sur le plan mondial.

La filière est intégrée verticalement, regroupant d'amont en aval, les activités de production de coton, d'égrenage et d'huilerie, de filature, de tissage et d'ennoblissement, de confection, de bonneterie et de distribution, et dominée au Cameroun par la SODECOTON et la CICAM.

La production mondiale est dominée par la Chine et les Etats-Unis, et menacée par la montée de la production de fibres chimiques. Bien que la production de l'Afrique de l'Ouest et du Centre ne couvre que 5% de la production mondiale, elle représente cependant près de 15% des exportations nettes mondiales. Le coton y joue un rôle économique et social majeur.

L'analyse des performances économiques de la filière textile coton camerounaise a par la suite relevée sa contribution assez significative sur l'économie du pays par la création de la valeur ajoutée, la balance commerciale, l'apport en devises et son fort taux d'intégration à l'économie nationale.

La surface à cultiver, estimée actuellement à 190 000 ha contre 90 000 ha en 1985, permet la production de près de 230 000 tonnes de coton graine. La transformation de coton graine produit environ 15 millions de litres d'huile de coton, 51 milliers de tonnes de tourteaux et près de 95,5 millions de tonnes de fibre destinés à près de 95,8% à l'exportation. Le reste est transformé localement par la CICAM.

L'analyse des performances sociales indique également un impact assez important de la filière sur la lutte contre la pauvreté par la création des emplois et la distribution des revenus.

La filière contribue à l'entretien de 430 000 à 480 000 emplois : 350 000 à 400 000 dans la culture de coton, environ 4 650 dans la transformation et près de 75 000 dans la confection. Les revenus distribués sont estimés à environ 26,1 milliards de FCFA par an au cours de ces trois dernières années.

Mais ces impacts économique et social positifs restent très dépendant de l'évolution du cours mondial de coton, des prix de cession locaux et de l'environnement concurrentiel.

Le cours mondial de coton est assez volatile et suscite des incertitudes. Le prix d'achat du coton graine au producteurs, bien que stable, restent faible et stimule les exportations informelles de coton vers le Nigeria. Le système de calcul du prix de cession de la fibre à l'industrie locale, pénalise la CICAM lorsque les cours mondiaux de coton baissent.

La filière subit une forte concurrence de l'extérieur notamment en ce qui concerne les importations de matières textiles, notamment les articles de friperie.

Les subventions entraînent des retombées négatives pour les pays en voie de développement dont le Cameroun. Elles font baisser les cours mondiaux et diminuent ainsi le gain des pays en développement, qui sont principalement exportateurs de coton.

La CICAM souffre d'une réelle sous représentativité dans le pays, voir dans la sous région CEMAC bien que s'appuyant sur la NEWCO (filiale commerciale).

La transformation locale de coton fibre reste encore très faible.

Ces constats nous ont fait aboutir à la deuxième partie du travail qui visait l'élaboration, pour la filière, des perspectives à moyen terme.

Il a fallu d'abord préciser les différentes mesures prises au plan national et visant à promouvoir les activités de la filière, et les opportunités offertes dans le cadre des échanges extérieures. Il s'agit des accords AGOA, des accords EU-ACP, et du protocole général de Libreville de 1992.

Nous avons ensuite formulé les hypothèses pour l'élaboration des projections. Les principales concernent l'augmentation de la production de la fibre de 60% sur cinq ans, l'amélioration du rendement de production de 1,2 tonnes par hectare à 1,7 tonnes par hectare, et l'augmentation du taux de transformation locale de coton fibre de 4,2% à 20%.

L'étude présente enfin les résultats des projections. Il en est ressorti que :

La production de fibre qui atteindra 160 000 tonnes à l'année 5, soit un surplus de 60 000 tonnes, nécessitera l'augmentation de la surface cultivable de 26 961 ha soit un accroissement moyen de 2,46% par an.

La production de coton graine passera ainsi de 250 000 tonnes à 400 000 tonnes correspondant à un accroissement moyen annuel de 9,86%.

Les sous produits du coton que sont l'huile, les tourteaux, les coques, le linter et les graines pour semence verront leurs production respectives augmenter de 60%.

Le chiffre d'affaires de la filière triplera presque pour atteindre 454 milliards de FCFA à la cinquième année. Dans le même temps, le poids relatif de la filière dans le PIB doublera.

Par ailleurs, les revenus distribués vont doubler et le nombre d'emplois augmentera de près de 60 000.

Il apparaît en conclusion que, bien qu'évoluant dans un environnement marqué par une rude concurrence, la filière présente d'énormes atouts qui la dispose à jouer un rôle majeur dans l'économie camerounaise et la lutte contre la pauvreté.

Mots clés : Cameroun, filière textile coton, performances économiques, performances sociales, coton, textile, coton graine, fibre, SODECOTON, CICAM.

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