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Impact de la filiere textile coton camerounaise sur le développement socio-économique national: Bilan et perspectives


par Raphal Athanase Elisée Hamadjam
Institut sous-regional multisectoriel de technologie appliquée de planification et d'évaluation de projets - DESS Analyse et Evaluation des Projets 2004
Dans la categorie: Economie et Finance
   
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COMMUNAUTE ECONOMIQUE ET MONETAIRE DE L'AFRIQUE CENTRALE
(CEMAC)

INSTITUT SOUS-REGIONAL MULTISECTORIEL DE TECHNOLOGIE APPLIQUEE DE PLANIFICATION ET D'EVALUATION DE PROJETS

(ISTA)

B.P. 3910 - Tél : 5241° 74 42 48

Libreville GABON

:::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::

Thème du mémoire

IMPACT DE LA FILIERE TEXTILE COTON CAMEROUNAISE SUR LE DEVELOPPEMENT SOCIOECONOMIQUE NATIONAL :

BILAN ET PERSPECTIVES

Mémoire pour l'obtention du
Diplôme d'Etudes Supérieures Spécialisées en Analyse et Evaluation des Projets.

Présenté et soutenu par :

HAMADJAM Raphaël Athanase Elisée

Ingénieur Statisticien

Encadrement :

Directeur de Mémoire :

Pr. KAMGNIA DIA Bernadette,

Enseignante à l'Université de Yaoundé II

Encadreur Technique :

M. TCHOTCHOM BEYEK Jean Emmanuel

Ingénieur Statisticien

Analyste et Evaluateur de Projets

DEDICACES

Ce mémoire est dédié
à mes regrettés parents,
Bernard YANGOUO
et Thérèse GUIWHOUAT,

qui m'ont toujours poussé et motivé dans mes études. Sans eux, je n'aurais certainement pas fait d'études longues. Ce mémoire représente donc l'aboutissement du soutien et des encouragements qu'ils m'ont prodigués tout au long de ma scolarité. Qu'ils en soient remerciés par cette trop modeste dédicace.

REMERCIEMENTS

Au terme de ce travail, je tiens à exprimer mes vifs remerciements :

Au Professeur KAMGNIA, de l'Université de Yaoundé II, à SOA, pour m'avoir honoré en acceptant de diriger ce travail.

A M. TCHOTCHOM BEYEK Jean Emmanuel pour l'encadrement technique et pour m'avoir guidé, encouragé et conseillé pendant toute la période de stage. Je tiens à mentionner le plaisir que j'ai eu à travailler avec lui.

Je remercie tous ceux sans qui ce mémoire ne serait pas ce qu'elle est, aussi bien par les discussions que j'ai eu la chance d'avoir avec eux, leurs suggestions ou contributions. Je pense ici en particulier à M. YANGAM Emmanuel, M. TCHAMANDE Pierre et M. EMBANGLIAN Jérôme.

Je tiens fermement à mentionner le plaisir que j'ai eu à étudier à l'ISTA. J'en remercie ici le Directeur Général M. NDONGO Hervé Pascal, qui par sa foi en cette Institut réussit à mener à bout la lourde et difficile mission qui lui est confiée. Je pense également à ses collaborateurs directs, M. NGATTAI LAM Merdan et M. MEYE Frank Olivier et à tout le personnel de l'ISTA.

Je tiens également à associer à cette oeuvre tous mes collègues de promotion que j'ai eu le plaisir de côtoyer pendant cette période de formation. Une pensée va particulièrement à tous ceux d'entre nous qui n'ont pas eu la possibilité d'aller jusqu'au bout de leur formation.

Je tiens également à remercier tous mes frères et amis qui ont cru en moi, m'ont encouragé et m'on donné la force d'aller jusqu'au bout, a savoir, M. FONDJA Guy Aimé, M. GHEAHNJIM Odilon I. A., Mme PLONG HOUMKOUA Stell, M. NFOR Martin GIH HOUM, M. NGASSA Laurent, M BINYE THOMAS, M. FAGNI Abdou Salam.

Je pense enfin fortement et à tous ceux qui ont contribué de près ou de loin à la réalisation de ce travail.

Enfin et surtout au DIEU TOUT-PUISSANT qui m'a toujours soutenu.

AVANT PROPOS

L'ISTA, Institut Sous-Régional Multisectoriel de Technologies Appliquées, de Planification et d'Evaluation de Projets, a pour principales missions :

· la réalisation des études d'investissement expost et exante,

· et la formation universitaire des cadres capables de concevoir, d'évaluer, de réaliser et de suivre l'exécution des projets de développement.

La formation universitaire, étalée sur douze mois, est sanctionnée par un Diplôme d'Etudes Supérieures Spécialisées (DESS) en Analyse et Evaluation des Projets.

Les cinq derniers mois de la formation sont consacrés au stage pratique. C'est un exercice qui met en relation la théorie et la pratique. Pendant cette période, le stagiaire est placé sur le terrain en situation professionnelle, pour la réalisation d'une étude de préfaisabilité ou d'évaluation d'un projet, ou encore pour une étude de création d'une PME, ou encore pour le diagnostic d'une entreprise existante.

C'est dans ce contexte que s'est effectué cette étude qui porte sur l'" impact de la filière textile coton camerounaise sur le développement socioéconomique national ".

Le thème a été proposé par le Ministère Camerounais du Développement Industriel et Commercial dans un contexte marqué par la mise en oeuvre des réformes économiques profondes qui concernent la redynamisation de certaines filières susceptibles d'impulser l'économie nationale.

Cette étude, qui n'a pas la prétention d'être exhaustif, se veut tout d'abord un effort de recherche. Nous avons adopté ici une approche diagnostique et perspective.

RESUME

Après avoir situé la problématique actuelle liée à la situation économique et sociale du Cameroun, et au développement de la filière coton textile camerounaise, Nous avons procédé, d'abord à une analyse diagnostique, puis à une analyse perspective.

Le diagnostic de la filière textile coton camerounaise, première partie de notre travail, a permis de relever son importance dans le pays et également ses problèmes et sa difficulté à soutenir l'économie.

L'étude diagnostique de la filière textile coton dans son ensemble a d'abord nécessité la connaissance des principaux enjeux y liés dont notamment, son organisation structurelle et son contexte général sur le plan mondial.

La filière est intégrée verticalement, regroupant d'amont en aval, les activités de production de coton, d'égrenage et d'huilerie, de filature, de tissage et d'ennoblissement, de confection, de bonneterie et de distribution, et dominée au Cameroun par la SODECOTON et la CICAM.

La production mondiale est dominée par la Chine et les Etats-Unis, et menacée par la montée de la production de fibres chimiques. Bien que la production de l'Afrique de l'Ouest et du Centre ne couvre que 5% de la production mondiale, elle représente cependant près de 15% des exportations nettes mondiales. Le coton y joue un rôle économique et social majeur.

L'analyse des performances économiques de la filière textile coton camerounaise a par la suite relevée sa contribution assez significative sur l'économie du pays par la création de la valeur ajoutée, la balance commerciale, l'apport en devises et son fort taux d'intégration à l'économie nationale.

La surface à cultiver, estimée actuellement à 190 000 ha contre 90 000 ha en 1985, permet la production de près de 230 000 tonnes de coton graine. La transformation de coton graine produit environ 15 millions de litres d'huile de coton, 51 milliers de tonnes de tourteaux et près de 95,5 millions de tonnes de fibre destinés à près de 95,8% à l'exportation. Le reste est transformé localement par la CICAM.

L'analyse des performances sociales indique également un impact assez important de la filière sur la lutte contre la pauvreté par la création des emplois et la distribution des revenus.

La filière contribue à l'entretien de 430 000 à 480 000 emplois : 350 000 à 400 000 dans la culture de coton, environ 4 650 dans la transformation et près de 75 000 dans la confection. Les revenus distribués sont estimés à environ 26,1 milliards de FCFA par an au cours de ces trois dernières années.

Mais ces impacts économique et social positifs restent très dépendant de l'évolution du cours mondial de coton, des prix de cession locaux et de l'environnement concurrentiel.

Le cours mondial de coton est assez volatile et suscite des incertitudes. Le prix d'achat du coton graine au producteurs, bien que stable, restent faible et stimule les exportations informelles de coton vers le Nigeria. Le système de calcul du prix de cession de la fibre à l'industrie locale, pénalise la CICAM lorsque les cours mondiaux de coton baissent.

La filière subit une forte concurrence de l'extérieur notamment en ce qui concerne les importations de matières textiles, notamment les articles de friperie.

Les subventions entraînent des retombées négatives pour les pays en voie de développement dont le Cameroun. Elles font baisser les cours mondiaux et diminuent ainsi le gain des pays en développement, qui sont principalement exportateurs de coton.

La CICAM souffre d'une réelle sous représentativité dans le pays, voir dans la sous région CEMAC bien que s'appuyant sur la NEWCO (filiale commerciale).

La transformation locale de coton fibre reste encore très faible.

Ces constats nous ont fait aboutir à la deuxième partie du travail qui visait l'élaboration, pour la filière, des perspectives à moyen terme.

Il a fallu d'abord préciser les différentes mesures prises au plan national et visant à promouvoir les activités de la filière, et les opportunités offertes dans le cadre des échanges extérieures. Il s'agit des accords AGOA, des accords EU-ACP, et du protocole général de Libreville de 1992.

Nous avons ensuite formulé les hypothèses pour l'élaboration des projections. Les principales concernent l'augmentation de la production de la fibre de 60% sur cinq ans, l'amélioration du rendement de production de 1,2 tonnes par hectare à 1,7 tonnes par hectare, et l'augmentation du taux de transformation locale de coton fibre de 4,2% à 20%.

L'étude présente enfin les résultats des projections. Il en est ressorti que :

La production de fibre qui atteindra 160 000 tonnes à l'année 5, soit un surplus de 60 000 tonnes, nécessitera l'augmentation de la surface cultivable de 26 961 ha soit un accroissement moyen de 2,46% par an.

La production de coton graine passera ainsi de 250 000 tonnes à 400 000 tonnes correspondant à un accroissement moyen annuel de 9,86%.

Les sous produits du coton que sont l'huile, les tourteaux, les coques, le linter et les graines pour semence verront leurs production respectives augmenter de 60%.

Le chiffre d'affaires de la filière triplera presque pour atteindre 454 milliards de FCFA à la cinquième année. Dans le même temps, le poids relatif de la filière dans le PIB doublera.

Par ailleurs, les revenus distribués vont doubler et le nombre d'emplois augmentera de près de 60 000.

Il apparaît en conclusion que, bien qu'évoluant dans un environnement marqué par une rude concurrence, la filière présente d'énormes atouts qui la dispose à jouer un rôle majeur dans l'économie camerounaise et la lutte contre la pauvreté.

Mots clés : Cameroun, filière textile coton, performances économiques, performances sociales, coton, textile, coton graine, fibre, SODECOTON, CICAM.

SOMMAIRE

DEDICACES I

REMERCIEMENTS II

AVANT PROPOS III

RESUME IV

SOMMAIRE VII

LISTE DES TABLEAUX IX

LISTE DES SCHEMAS X

LISTE DES ABREVIATIONS XI

INTRODUCTION GENERALE 1

CHAPITRE PRELIMINAIRE : CADRE GENERAL DE L'ETUDE 3

0.1. Aperçu sur le Cameroun 3

0.2. Contexte socio-économique 4

0.3. Problématique et objectifs 5

0.4. Méthodologie de l'étude 8

PARTIE I : DIAGNOSTIC DE LA FILIERE TEXTILE-COTON CAMEROUNAISE 10

CHAPITRE 1 : FILIERE TEXTILE-COTON : STRUCTURE ET CONTEXTE MONDIAL 11

I.1. Structure de la filière textile-coton 11

I.2. Filière coton : contexte international 14

CHAPITRE 2 : PERFORMANCES DE LA FILIERE TEXTILE-COTON CAMEROUNAISE 20

II.1. Analyse des performances économiques 20

II.2. Analyse des performances sociales 36

II.3. Récapitulatif partiel 43

CHAPITRE 3 : PRIX ET CONCURRENCE 44

III.1. Prix 44

III.2. Environnement concurrentiel 48

III.3. Subventions 55

III.4. Récapitulatif partiel 57

PARTIE II : PERSPECTIVES D'EVOLUTION DE LA FILIERE TEXTILE-COTON CAMEROUNAISE 58

CHAPITRE 4 : ATOUTS DE LA FILIERE TEXTILE-COTON CAMEROUNAISE 59

IV.1. Cadre institutionnel et environnement économique 59

IV.2. Accords AGOA 60

IV.3. Barrières tarifaires et non tarifaires 61

IV.4. Protocole général de Libreville de 1992 62

CHAPITRE 5 : HYPOTHESES ET METHODES DE PROJECTIONS 63

V.1. Hypothèses sur les quantités produites 63

V.2. Hypothèses sur les ventes 67

V.3. Hypothèses sur les valeurs ajoutées 70

V.4. Hypothèses sur les revenus distribués 70

V.5. Hypothèses sur les emplois créés 71

CHAPITRE 6 : RESULTATS DES PROJECTIONS A MOYEN TERME 72

VI.1. Evolution prévisionnelle des surfaces cultivables 72

VI.2. Evolution prévisionnelle et prospective de la production de la filière 73

VI.3. Evolution prévisionnelle et prospective du chiffre d'affaires et de la valeur ajoutée 75

VI.4. Evolution des revenus et de l'emploi 76

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS 78

BIBLIOGRAPHIE 81

ANNEXES 84

TABLE DES MATIERES 85

LISTE DES TABLEAUX

Tableau 01 : Evolution de l'IDH du Cameroun : 1975-2000.......................................... 5

Tableau 02 : Productions de fibres textiles (en milliers de tonnes)................................... 14

Tableau 03 : Production de coton fibre en Afrique de l'Ouest et du Centre, en milliers de tonnes......................................................................................... 16

Tableau 04 : Exportations nettes de coton, 1980/1981-2001/2002 (en milliers de tonnes métriques)....................................................................................... 17

Tableau 05 : Exportations nettes de coton fibre en Afrique de l'Ouest et du Centre.............. 17

Tableau 06 : Production de graines, d'huiles et de tourteaux en 1997, données en milliers de tonnes.......................................................................................... 18

Tableau 07 : Production de tourteaux (en tonnes) et d'huile raffinée de coton (en litres)......... 24

Tableau 08 : Principaux produits d'exportations au Cameroun en 2003............................... 27

Tableau 09 : Echanges de la CICAM avec l'extérieur.................................................... 31

Tableau 10 : Répartition géographique des exportations de la CICAM............................. 32

Tableau 11 : Evolution de la contribution de la CICAM aux recettes de l'Etat, en millions de FCFA.......................................................................................... 33

Tableau 12 : Consommation d'intrants locaux et importés de la CICAM........................... 34

Tableau 13 : Evolution de l'effectif du personnel de la CICAM entre 1998 et 2002................. 40

Tableau 14 : Evolution des frais de formation de la CICAM, en millions de FCFA............... 41

Tableau 15 : Ratios des prix intérieurs au cours mondiaux (%)....................................... 45

Tableau 16 : Impact des exportations informelles de coton graine sur la valeur ajoutée et la balance des paiements en 1994/1995 en milliards de FCFA............................ 49

Tableau 17 : Importations de produits textiles en 2003 (quantités en tonnes et valeurs en FCFA) .......................................................................................... 50

Tableau 18 : Prévision du prix d'achat de coton graine en FCFA/Kg................................ 67

Tableau 19 : Prix unitaires de fils et tissus, en FCFA/Unité............................................ 69

Tableau 20 : Surfaces cultivables et productions........................................................ 72

Tableau 21 : Production de coton et de ses sous-produits en tonnes.................................. 74

Tableau 22 : Production prévisionnelle de filés, tissus et pagnes..................................... 75

Tableau 23 : Chiffre d'affaires et valeur ajoutée prévisionnels de la filière textile-coton, en millions de FCFA.............................................................................. 75

Tableau 24 : Estimation des revenus (en millions de FCFA) et volume d'emplois prévus.........76

LISTE DES SCHEMAS

Graphique 01 : Taux de croissance réel du PIB du Cameroun de 1976 à 2004................... 4

Graphe 01 : Etapes de la transformation du coton graine et du coton fibre......................... 13

Graphique 02 : Principaux pays producteurs de coton fibre en 2001/2002......................... 15

Graphique 03 : Evolution de la production de coton graine et de la surface cultivée............. 21

Graphique 04 : Evolution des revenus perçus par les paysans, en milliards de FCFA........... 22

Graphique 05 : Evolution de la contribution de l'activité agricole dans le PIB du secteur primaire.................................................................................... 23

Graphique 06 : Production de coton fibre en milliers de tonnes..................................... 24

Graphique 07 : Evolution des exportations camerounaises de coton (en volume et en valeur)... 26

Graphique 08 : Exportations et importations de la SODECOTON.................................. 28

Graphique 09 : Evolution des achats de coton fibre par la CICAM entre 1985 et 2003.......... 29

Graphique 10 : Evolution des indicateurs de production de la CICAM de 1998 à 2003.......... 30

Graphique 11 : Répartition du chiffre d'affaires de la CICAM par famille de produits.......... 31

Graphique 12 : Evolution du nombre de producteurs de coton graine de 1985 en 2003.......... 37

Graphique 13 : Evolution des revenus des producteurs de coton..................................... 38

Graphique 14 : Répartition des frais de personnel du premier trimestre 2004........................ 39

Graphique 15 : Evolution de la masse salariale de la CICAM de 1998 en 2002..................... 42

Graphique 16 : Indice A Cotlook (Coton égrené, qualité type) en cents/livre........................ 44

Graphique 17 : Evolution du prix d'achat de Coton graine aux producteurs........................ 46

Graphique 19 : Evolution du coût d'achat du coton fibre............................................... 47

Graphique 20 : Importations de fibres (naturelles, synthétiques et artificielles)................... 51

Graphique 21 : Comparaisons entre chiffre d'affaires de la CICAM et importations de fils et tissus....................................................................................... 52

Graphique 22 : Importations d'ouvrages en matières textiles........................................ 53

Graphique 23 : Croissance des importations de textile habillement en franchise de douane en provenance des pays éligibles AGOA, en 2001....................................... 61

Graphique 24 : Evolution prévisionnelle des surfaces cultivables................................... 72

Graphique 25 : Evolution prévisible de la production de coton........................................ 73

LISTE DES ABREVIATIONS

AGOA

 

African Growth Opportunity Act 

AOC

 

Afrique de l'Ouest et du Centre

CCIMA

 

Chambre de Commerce, d'Industrie, des Mines et de l'Artisanat du Cameroun

CDC

 

Cameroon Developement Corporation

CEMAC

 

Communauté Economique et Monétaire de l'Afrique Centrale

CFDT

 

Compagnie Française de Développement des Fibres textiles

CICAM

 

Cotonnière Industrielle du Cameroun

CIRAD

 

Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement

CNPS

 

Caisse Nationale de Prévoyance Sociale

DAGRIS

 

Développement des Agro-Industries du Sud

DSRP

 

Document de la Stratégie de Réduction de la Pauvreté

FAO

 

Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture

HEVECAM

Hévéa du Cameroun

IDH

 

Indice de Développement Humain

INS

 

Institut National de la Statistique

ONCPB

 

Office Nationale de Commercialisation des Produits de Base

OPCC

 

Organisation des Producteurs de Coton du Cameroun

PIB

 

Produit Intérieur Brut

PME

 

Petites et Moyennes Entreprises

PNUD

 

Programme des Nations Unies pour le Développement

PPTE

 

Pays Pauvres Très Endettés

SABC

 

Société Anonyme des Brasseries du Cameroun

SODECOTON

Société de Développement du Coton

SONARA

 

Société Nationale de Raffinerie

SONEL

 

Société Nationale d'Electricité du Cameroun

SOSUCAM

Société Sucrière du Cameroun

UE

 

Union Européenne

UE-ACP

 

Union Européenne - Afrique Caraïbes Pacifique

INTRODUCTION GENERALE

L'Afrique, faut-il le souligner, est restée défavorisée en matière de développement économique et social. Au lendemain des indépendances, de nombreux pays de la région ont pu accroître leurs revenus par habitant. Ils sont parvenus également à réaliser des progrès appréciables dans les domaines sociaux tels que la santé et l'éducation.

Cependant, dans les années 80 et au début des années 90, les pays africains particulièrement ceux de l'Afrique Subsaharienne ont affiché des résultats économiques décevants. La plus grande partie de la région se montrant incapable de rompre avec un scénario de croissance faible (voire recul) du revenu par habitant, de forte inflation et de difficultés de balance de paiements.

Entre 1995 et 1997, toutefois, les performances se sont améliorées et le revenu réel par habitant a commencé à progresser. Mais cette amélioration tarde à se répercuter sur le plan social. De nouvelles stratégies et politiques sont étudiées pour une lutte efficace contre la pauvreté.

La filière coton, bien que menacée par les subventions accordées par les pays occidentaux à leurs producteurs, se présente comme un axe d'appui à la relance de la croissance et à la lutte contre la pauvreté. Elle joue un rôle économique majeur dans les pays d'Afrique Occidentale et Centrale (AOC).

Dans ces pays, le coton concourt à la réalisation de cinq objectifs essentiels :

· lutter contre la pauvreté ;

· réduire les vulnérabilités ;

· promouvoir une croissance plus largement répartie ;

· arrêter la dégradation et assurer la protection de l'environnement ;

· participer à l'industrialisation des pays producteurs.

Le Cameroun a mis en oeuvre des réformes économiques profondes qui concernent la redynamisation de certaines filières susceptibles d'impulser l'économie nationale. Parmi les axes stratégiques prioritaires de développement retenus se trouve la filière textile/coton. Le choix de cette filière s'appuie sur deux facteurs essentiels, à savoir :

d'une part sa contribution à la lutte contre la pauvreté. A titre illustratif, dans la région septentrionale du Cameroun qui est la zone de culture du coton, le coton est la principale source de revenus monétaires ; facilitant ainsi l'accès aux services de base (soins de santé, éducation, électricité et services de communication) ;

et, d'autre part, la capacité réelle de ce pan de l'économie camerounaise à jouer un rôle moteur dans la création des emplois, la promotion des exportations, la sous-traitance, les échanges inter-industriels, ainsi que l'intégration nationale et sous-régionale, répondant en cela également à l'option de la transformation de la matière première locale en produits semi-finis et finis.

D'importantes subventions accordées aujourd'hui par les pays du Nord, à leurs opérateurs économiques sont à l'origine de la baisse sensible des cours mondiaux. Cette situation menace la survie de cette filière dans les pays en émergence dont la production est essentiellement destinée à l'exportation.

Par ailleurs, la filière est sujette à d'énormes difficultés dont notamment la contrebande et la concurrence des produits importés qui bénéficient d'une réglementation favorable

Ces entraves nécessitent d'être levées pour faire jouer à ce secteur un rôle moteur dans le processus de consolidation de la croissance.

La présente étude, diagnostique et prospective, envisage une démarche stratégique s'appuyant sur deux parties essentielles.

La première partie porte sur le diagnostic de la filière. Elle décrit les différents aspects suivants :

· la structure et le contexte mondial,

· les performances économiques et sociales de la filière,

· les prix et la concurrence.

Quant à la seconde partie, elle porte sur une analyse prospective de la filière sur la base du diagnostic établi. Elle s'appesantit sur les points ci-après :

· les atouts et opportunités de la filière,

· les hypothèses de projection des indicateurs de la filière,

· les résultats de projection

Une conclusion permet d'avoir une bonne visibilité sur certains prérequis à prendre en compte pour le développement cohérent de cette filière.

CHAPITRE PRELIMINAIRE : CADRE GENERAL DE L'ETUDE

0.1. Aperçu sur le Cameroun

Pays du golfe de guinée sur la façade occidentale de l'Afrique où il possède 320 km de côte, le Cameroun a schématiquement la forme d'un triangle dont la base longe le 2e parallèle Nord tandis que le sommet se trouve dans le lac Tchad, un peu après le 3e parallèle. Ce triangle est délimité par:

· le Nigeria à l'Ouest,

· l' Océan Atlantique au Sud,

· la Guinée Equatoriale,

· le Gabon et le Congo au Sud,

· la République Centrafricaine et le Tchad à l'Est,

· le Lac Tchad au Nord.

Par sa superficie de 475 442 km² et sa population estimée aujourd'hui à 16 875 000 habitants, le Cameroun est l'Afrique en miniature. De surcroît, sa position centrale, son bilinguisme anglais-français et son niveau de développement lui donnent un poids beaucoup plus important sur le continent et lui font jouer le rôle de leader en Afrique Centrale.  

Des milieux physiques d'une variété extraordinaire

Cette diversité est d'abord due au relief. La disposition générale de ce dernier est originale. Les plaines forment deux ensembles localisés, l'un à la pointe Nord du pays, au bord du Lac Tchad, l'autre à l'extrémité Sud-Ouest, au bord de l'océan. Un arc de hautes terres, fait de montagnes et de plateaux, prend la relève des plaines côtières et s'étire en direction du Nord-Est, surplombant dans son creux le vaste plateau Sud-Camerounais. On peut distinguer au Cameroun quatre ensembles de relief :

· Les plaines et montagnes isolées du Nord

· L'arc des hautes terres du Centre et de l'Ouest

· Le plateau Sud-Camerounais

· Les plaines côtières 

Cet aperçu sur le Cameroun fait ressortir les potentialités géographique et démographique dont dispose le pays. Ces atouts cadrent-ils avec l'évolution économique et sociale ?

0.2. Contexte socio-économique

Le Cameroun a connu depuis les indépendances une évolution irrégulière de son économie.

1965-1985 : Forte croissance fondée sur l'agriculture

De 1965 à 1985 (voir graphique 1), le pays a enregistré une croissance soutenue. Il a consenti un investissement public considérable pour construire la base industrielle du pays et assurer le bien-être de la population en lui fournissant des services de santé, d'éducation et des services sociaux. Cette prospérité est fondée sur l'abondance des ressources naturelles dont notamment le cacao, le café, le coton et d'autres productions végétales tropicales, les produits forestiers, le pétrole et les ressources minières.

Graphique 1 : Taux de croissance réel du PIB du Cameroun de 1976 à 2004

Source : Institut Nationale de la Statistique (INS), Yaoundé

1986-1994 : Forte dégradation de l'économie

La situation économique s'est ensuite fortement dégradée jusqu'à la dévaluation, en janvier 1994 du franc CFA : le produit intérieur brut a baissé de 25% à 30%, la production pétrolière a décru (5 millions de tonnes en 1995 contre 10 millions en 1989)

1994-2003 : Reprise de la croissance fondée sur la demande

La dévaluation du FCFA par rapport à sa monnaie de référence, le FF, en 1994 a relancé la compétitivité des filières agricoles grâce à ses effets mécaniques. C'est ainsi qu'après l'application d'une série de mesures d'ajustements structurels avec l'appui de la communauté internationale, le Cameroun a renoué avec la croissance positive, le taux se situant aujourd'hui autour de 5%. Entre 1998 et juin 1999, les termes de l'échange ont baissé de 13% et la croissance n'a été que de 4,3%. Toutefois, depuis juin 1999, la hausse des prix du pétrole et la forte appréciation du dollar ont permis au Cameroun d'achever avec plus d'aisance son premier programme d'ajustement structurel mis au point en 1989.

0.3. Problématique et objectifs

a) Problématique

Bien que le Cameroun ait renoué avec des taux de croissance positifs depuis 1994, des progrès restent à accomplir pour la consolidation de cette tendance et la conduite à bien de la lutte contre la pauvreté dans laquelle le gouvernement est résolument engagé. A titre illustratif, selon l'édition 2002 du rapport mondial sur le développement humain publié par le PNUD, 33,34% de la population camerounaise vit avec moins d'un dollar par jour ; l'Indice de Développement Humain (IDH)1(*), reste faible ; en 2003, le pays est classé au 141e rang des 177 pays classés par ordre de prospérité.

Tableau 1 : Evolution de l'IDH du Cameroun : 1975-2000

Années

1975

1980

1985

1990

1992

1993

1994

1995

1997

1998

2000

2002

2003

IDH

0,410

0,460

0,510

0,510

0,505

0,481

0,468

0,500

0,540

0,528

0,512

0,499

0,501

Croissance

 

2,2%

2,2%

0,3%

-0,8%

-4,8%

-2,7%

6,6%

3,7%

-1,5%

-1,5%

-1,3%

0,4%

Source : PNUD

Le Document de la Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP) rédigé en concertation avec la société civile est une base pour la mise en oeuvre des actions de lutte contre la pauvreté. Ce document présente les principaux axes stratégiques des politiques économiques et sociales à mettre en oeuvre.

b) Justification et base d'appui.

Dans la recherche des stratégies de la consolidation de son taux de croissance qui oscille ces dernières années autour de 5% et qui a été amorcée depuis une décennie, à la suite d'une sévère récession qui a conduit le Cameroun à mettre sur pied un programme d'ajustement structurel, le Gouvernement du Cameroun, a prescrit l'engagement des actions visant à redynamiser certaines filières susceptibles d'impulser l'économie nationale.

Cette option, faut il le rappeler, s'accorde parfaitement avec la création des Codes Sectoriels prévus par la Charte des Investissements dont le Cameroun s'est doté le 19 avril 2002.

Il convient toutefois de souligner à cet effet que le choix de la filière textile-coton, parmi les axes stratégiques prioritaires de développement, s'appuie sur deux facteurs essentiels, à savoir :

d'une part sa contribution à la lutte contre la pauvreté dans laquelle le Cameroun, classé parmi les Pays Pauvres Très Endettés (PPTE), est résolument engagé. A titre illustratif, cette filière constitue la principale ressource monétaire des populations des trois provinces septentrionales qui forment la région la plus peuplée du Cameroun (Adamaoua, Extrême-Nord et Nord);

et, d'autre part, la capacité réelle de ce pan de l'économie camerounaise à jouer un rôle moteur dans la création des emplois, la promotion des exportations, la sous-traitance, les échanges interindustriels, ainsi que l'intégration nationale et sous-régionale, répondant en cela également à l'option de la transformation de la matière première locale en produits finis.

Il est important de relever que les deux principaux pôles de développement de la filière textile-coton camerounaise sont constitués :

en amont, de la Société de Développement du Coton (SODECOTON) implantée à Garoua, et qui assure l'encadrement direct de 350 000 à 400 000 planteurs, en plus de sa vocation industrielle et commerciale ;

et, au segment centre, de la Cotonnière Industrielle du Cameroun (CICAM) qui ne transforme seulement à l'heure actuelle que près de 4,2% de la production locale du coton fibre en produits textiles avec respectivement deux usines localisées à Garoua et deux autres à Douala (CICAM et SOLICAM). La filière NEWCO en est la branche commerciale.

En aval, la confection, jadis florissante avec 15 000 emplois dans les années 1970-1980, est sinistrée. Elle mérite cependant une attention particulière en raison des effets induits que sa reprise pourrait apporter à l'économie du pays, et particulièrement en terme de Valeur Ajoutée.

La mise en oeuvre de la stratégie gouvernementale pour la redynamisation de cette importante filière envisage en première ligne :

d'une part, la reconfiguration de l'économie cotonnière dans les provinces septentrionales, prenant appui sur la SODECOTON, en vue de l'amélioration de la qualité et de la quantité de la production locale de cette denrée ;

et d'autre part, la redynamisation industrielle de la filière prenant appui sur la Société CICAM qui connaît aujourd'hui des réelles difficultés d'origine endogène et exogène, dont quelques unes nécessitent des actions à court, moyen et long terme, résultant de l'audit stratégique de cette entreprise qui vient d'être bouclé à la demande du gouvernement camerounais.

La plupart de ces actions ont déjà été engagées, notamment celle portant sur :

l'assainissement de l'espace économique national en vue d'assurer une saine concurrence entre les produits de l'industrie locale et ceux importés ;

la fourniture, dans les conditions optimales de compétitivité et d'attractivité, de l'énergie électrique à la filière textile-coton nationale ;

la stratégie d'accès des unités industrielles locales aux marchés domestiques et extérieurs des produits finis ainsi que des matières premières ;

l'assainissement interne des charges liées à l'exploitation en ce qui concerne la CICAM ;

le refinancement avec l'appui des bailleurs de fonds, de la restructuration industrielle de la filière textile-coton camerounaise.

Il y a par conséquent lieu d'évaluer de manière systématique les effets d'entraînement prévisibles des mesures de redressement de cette filière, sur le plan socio-économique national.

D'où la pertinence du sujet sous-revue qui envisage une approche diagnostique et prospective.

0.4. Méthodologie de l'étude

a) Cadre de l'étude

L'étude tient compte du cadre géographique camerounais et concerne les différents aspects de la filière textile-coton camerounaise, à savoir :

· Culture du coton,

· Egrenage du coton (SODECOTON),

· Filature, tissage et ennoblissement (CICAM),

· Confection et distribution.

b) Collecte des données

La collecte des informations pertinentes a nécessité : la recherche documentaire, les entretiens informels avec des personnes ressources, les recherches sur Internet, etc.

En ce qui concerne la recherche documentaire, les structures suivantes ont été approchées :

· la Direction du Développement Industriel (Ministère du Développement Industriel et Commercial),

· la Direction de l'Agriculture (Ministère de l'Agriculture),

· la Direction de la Prévision (Ministère des Finances et du Budget),

· la Direction des Douanes (Ministère des Finances et du Budget),

· l'Institut National de la Statistique (INS),

· la Chambre de Commerce, d'Industrie, des Mines et de l'Artisanat (CCIMA) du Cameroun,

· la Cotonnière Industrielle du Cameroun (CICAM).

La recherche sur Internet a suscité un intérêt particulier en raison d'informations utiles dont ce réseau dispose sur la filière textile-coton et son environnement. Ont été particulièrement consultés : les sites Web du CIRAD2(*) (Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement), de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture), du DAGRIS3(*) (Développement des Agro-Industries du Sud), de la Banque Mondiale et de la Commission Européenne (Direction de l'Agriculture).

Par ailleurs, les documents publiés par l'Institut de la Statistique du Québec, ont offerts des informations fort exploitées.

c) Différents axes de l'étude

L'exploitation des données collectées a permis de structurer l'étude sous-revue en quatre parties principales dont notamment :

Le cadre général de l'étude,

Le diagnostic de la filière,

Les perspectives d'évolution de la filière,

La conclusion et les recommandations.

PARTIE I :

DIAGNOSTIC DE LA FILIERE TEXTILE-COTON CAMEROUNAISE

Après avoir précédemment situé, dans le chapitre introductif, la problématique actuelle liée à la situation économique et sociale du Cameroun et au développement de la filière textile coton, cette première partie fait un diagnostic de la filière et se présente en trois chapitres :

Chapitre 1 : Filière textile coton : structure et contexte mondial

Chapitre 2 : Performances de la filière textile coton

Chapitre 3 : Prix et concurrence

CHAPITRE 1 : FILIERE TEXTILE-COTON : STRUCTURE ET CONTEXTE MONDIAL

L'étude diagnostique de la filière textile-coton dans son ensemble nécessite tout d'abord la connaissance des principaux enjeux y liés dont notamment :

· son organisation structurelle

· son contexte général sur le plan mondial

I.1. Structure de la filière textile-coton

La structure de la filière textile-coton s'articule autour des différentes composantes qui la caractérisent d'amont en aval. Il s'agit de :

· la production de coton,

· l'égrenage de coton,

· la filature, le tissage et l'ennoblissement

· la confection, la bonneterie et la distribution

I.1.1. Culture de coton et production de coton graine

Le coton est une plante de la famille des « Malvacées » dont les origines remontent à 3200 ans avant J.C. Il fait partie du groupe des fibres textiles. On distingue cinq types de fibres textiles :

· Les fibres végétales ( Lin, Coton, Chanvre, Jute, Sisal et Raphia)

· Les fibres animales ( Laine, Soie, Cachemire, Mohair, Angora, Alpaga)

· Les fibres artificielles, obtenues par le traitement chimique de matières naturelles : le lait pour le lanital, la cellulose du bois pour la viscose : Lanital, Viscose

· Les fibres synthétiques, obtenues par la transformation des molécules de matériaux de base, principalement du pétrole : Polyamides, Acryliques, Polyesters, Polyéthylènes, Polyuréthanes)

· Les fibres minérales ( Amiante, Verre, Carbone)

La cueillette du coton graine se fait par extraction des capsules du cotonnier arrivé à maturité à environ trois mois et demi à quatre mois après les semis. Il est ensuite séché au soleil pendant quatre à cinq jours et trié afin d'éliminer les déchets et les impuretés.

Au Cameroun cette culture est le fait des agriculteurs implantés dans la partie septentrionale du pays4(*) et encadrés par la Société de Développement du Coton (SODECOTON).

I.1.2. Egrenage du coton

A ce niveau, le coton graine propre quitte la phase agricole pour entrer dans la phase industrielle. Il est d'abord humidifié puis envoyé vers les égreneuses. L'égrenage consiste à séparer le coton graine en fibre et graines. Au Cameroun, l'égrenage est effectué par la SODECOTON qui a le monopole pour cette activité.

La fibre est utilisée, suivant qu'elle est plus ou moins longue, en filature peigné, en filature cardée ou en ouaterie.

La graine fournie :

· de l'huile (environ 18% de sons poids en huile raffinée) à usage alimentaire ;

· des protéines (environ 17% du poids de la graine) le plus souvent destinées jusqu'à maintenant à l'alimentation du bétail (tourteaux), mais de plus en plus dans l'avenir à l'alimentation humaine (farine et dérivés) grâce à l'utilisation de variétés sans glandes à gossipol ;

· du duvet ou linters (8%) utilisé pour des textiles grossiers, en ouaterie ou dans l'industrie de la cellulose ;

· des coques (40 à 45%) utilisés principalement comme combustibles dans les huileries

Il faut noter qu'une partie des graines peut être utilisée comme semence. Le coton fibre de bonne qualité est ensuite envoyé à la filature.

Graphe 1 : Etapes de la transformation du coton graine et du coton fibre

Source : « Le Coton », Office Nationale de Commercialisation des Produits de Base

I.1.3. Filature, tissage et ennoblissement

La filature permet d'obtenir du fil à partir du coton fibre. Elle peut se faire soit directement à partir du coton fibre, soit en passant par une teinturerie. Les fils de coton passent ensuite au tissage. Le tissage permet l'obtention d'un tissu par l'entrecroisement de fils de coton. Les tissus obtenus peuvent être soit des tissus écrus pour usages domestiques ou industriels, soit des tissus teints et préparés pour la confection de vêtements, etc., pour la vente directe à des fins multiples.

Au Cameroun, la filature est réalisée pour l'essentiel par la CICAM. D'autres structures privées à l'instar de NOUFIL, une jeune structure basée aux environ de Yaoundé, SINCATEX et SOCAFTEC basées à Douala exercent dans cette branche. Mais leurs productions restent très marginales.

I.1.4. Confection, bonneterie et distribution

Cette branche se trouve à l'aval de la filière textile-coton. Elle utilise les fils et tissus issus de la filature et du tissage. Les produits obtenus ici sont variées : vêtements, matelas, couvertures, draps, serviettes, couvre-lits, nappes de table, sacs, chaussures, etc.

Pour ce qui est de la confection au Cameroun, trois modes de production cohabitent : un mode industriel ou semi industriel, les prêts-à-porter (confection sur mesure), et un mode artisanal (tailleurs indépendants) où l'on retrouve un nombre important des opérateurs de la filière.

I.2. Filière coton : contexte international

I.2.1. Production des fibres textiles

La production des fibres textiles, évaluée à près de 49 000 milliers de tonnes en 1997 a été longtemps dominée par le coton qui représente en 1997 environ 40% de la production mondiale contre plus de 80% au début du 20e siècle et 54% en 1970. Mais il faut signaler la progression des fibres chimiques qui sont passées de 1 132 milliers de tonnes en 1940 à 27 525 milliers de tonnes en 1997 ; soit accroissement moyen annuel de 3,3%.

Tableau 2 : Productions de fibres textiles (en milliers de tonnes)

Année

Coton

Laine

Chimiques

Lin

Soie

TOTAL

1900

3 162

730

1

 
 

3 893

1940

6 907

1 134

1 132

 
 

9 173

1950

6 647

1 053

1 677

 
 

9 377

1960

10 113

1 463

3 358

 
 

14 934

1965

11 884

1 484

5 469

 
 

18 837

1970

11 784

1 659

8 397

 
 

21 840

1975

11 723

1 578

10 640

699

47

24 687

1980

13 832

1 599

14 182

620

56

30 289

1985

17 426

1 744

16 369

763

56

36 358

1995

20 448

1 415

22 018

 
 

43 881

1997

19 849

1 441

27 525

745

75

49 635

Source : QUID 2000

Les principaux exportateurs de textiles sont dans l'ordre : l'Union Européenne (22,7 milliards de $), HongKong (14,6), la Chine (13,8), la Corée du Sud (13,3) et Taiwan (12,7).

I.2.2. Production de coton

I.2.2.1. Production mondiale et principaux producteurs

Le coton est cultivé dans de nombreux pays mais, 90% de la production globale est récoltée dans l'hémisphère nord. Son commerce porte surtout sur le coton fibre. Sa production estimée à 3,2 millions de tonnes en 1900 (voir tableau précédent), fluctue actuellement entre 18 et 21 millions de tonnes.

Les principaux pays producteurs sont : la Chine avec une part de 24,5%, les Etats-Unis (20,9%). Ensuite viennent l'Inde (12,3%), le Pakistan (8,3%) et l'Ouzbékistan (5%). L'Afrique de l'Ouest et du Centre (AOC) arrive en sixième position avec une production de près de 960 000 tonnes, soit près de 5% de la production mondiale.

Graphique 2 : Principaux pays producteurs de coton fibre en 2001/2002

Source : Comité consultatif international sur le coton, Perspectives cotonnières et nos calculs

I.2.2.2. Production en Afrique du Centre et de l'Ouest (AOC)

La production cotonnière des pays de l'AOC a quadruplé depuis le début des années 1980. Le coton s'est révélé comme une culture économiquement viable qui a impulsé les exportations, la croissance économique et le développement rural. Les principaux producteurs de coton fibre en AOC sont dans l'ordre, le Mali, la Côte d'Ivoire, le Burkina Faso, le Bénin et le Cameroun. Ils représentent à eux seuls plus de 80% de la production de la zone.

Tableau 3 : Production de coton fibre en Afrique de l'Ouest et du Centre, en milliers de tonnes

PRODUCTION

80/81

85/86

90/91

93/94

97/98

98/99

99/00

00/01

01/02

Bénin

4

32

59

116

152

142

150

131

136

Burkina Faso

23

46

77

51

138

120

110

114

164

Cameroun

32

46

44

51

76

78

75

94

95

Côte d'Ivoire

56

82

116

114

147

157

164

125

164

Mali

43

68

115

101

216

218

196

105

240

RCA

8

13

12

7

20

16

11

9

11

Sénégal

7

11

12

15

17

5

9

9

14

Tchad

31

39

60

37

109

65

76

65

76

Togo

9

27

41

33

65

76

57

49

59

Total AOC

213

364

536

525

940

877

848

701

969

Source : Comité consultatif international sur le coton, Perspectives cotonnières et nos analyses

La production du Cameroun représente près de 10% des réalisations de la zone, ce qui le place devant le Tchad, le Togo, le Sénégal et la République Centrafricaine.

I.2.3. Marché mondial du coton

I.2.3.1. Exportations mondiales

Environ 30% de la production cotonnière est exportée. Les Etats-Unis, l'Ouzbékistan et les pays de l'Afrique de l'Ouest et du Centre fournissent plus de la moitié des exportations mondiales (voir tableau 4).

Tableau 4 : Exportations nettes de coton, 1980/1981-2001/2002 (en milliers de tonnes métriques)

EXPORTATIONS

80/81

85/86

90/91

95/96

98/99

99/00

00/01

01/02

Etats-Unis

1 286

420

1 698

1 584

850

1 450

1 471

2 134

URSS/Ouzbekistan

1 448

1 487

1 173

985

830

893

740

718

A.O.C

185

336

440

600

778

816

689

818

Inde

119

77

154

105

-68

-334

-327

-382

Chine

-773

610

-278

-659

70

344

47

-65

Union européenne

-715

-1 071

-827

-725

-783

-1 021

-871

-923

Brésil

6

24

67

-363

-296

-335

-82

-207

 
 
 
 
 
 
 
 
 

Exportations mondiales

5 721

6 117

6 441

6 051

5 142

5 952

5 755

6 206

Source : Comité consultatif international sur le coton, Perspectives cotonnières et nos analyses

Quatre grands producteurs de coton (l'Union Européenne, l'Inde, le Brésil et la Chine) importent plus qu'ils n'exportent. Le surplus d'importations permet d'approvisionner l'industrie textile locale.

I.2.3.2. Exportations de l'Afrique de l'Ouest et du Centre

En AOC, les exportations combinées représentaient 13,2% des échanges mondiaux en 2001/2002, ce qui en a fait de la région le troisième exportateur mondial après les Etats-Unis et l'Ouzbékistan.

Tableau 5 : Exportations nettes de coton fibre en Afrique de l'Ouest et du Centre

PAYS

80/81

85/86

90/91

93/94

97/98

98/99

99/00

00/01

01/02

Bénin

6

27

50

105

141

131

142

136

125

Burkina Faso

21

44

69

44

120

114

113

113

147

Cameroun

27

38

34

37

63

65

65

81

82

Côte d'Ivoire

43

84

81

80

98

120

160

109

131

Mali

38

60

98

87

174

202

196

125

196

RCA

5

11

9

3

17

15

10

8

9

Sénégal

4

7

7

11

11

2

3

4

8

Tchad

33

44

57

33

101

63

72

65

65

Togo

7

22

36

35

57

65

55

47

55

Total AOC

184

337

441

435

782

777

816

688

818

Source : Comité consultatif international sur le coton, Perspectives cotonnières et nos analyses

Dans cette zone, l'essentiel de la production est exporté. Les exportations nettes représentent 84,4% de la production en 2001/2002 ; les principaux producteurs sont par conséquent les principaux exportateurs.

I.2.4. Sous-produits du coton

I.2.4.1. La graine de coton

En 1997, la production mondiale de graine de coton est estimée à 35 481 milliers de tonnes. Les quatre principaux producteurs de graine sont concernés par les 2/3 de la production mondiale. Il s'agit de la Chine (23,1%), des USA (18,0%), de l'Inde (15,3%) et du Pakistan (9,9%).

Tableau 6 : Production de graines, d'huiles et de tourteaux en 1997, données en milliers de tonnes

PAYS

graines

huiles

tourteaux

Chine

8 200

525

2 063

USA

6 404

553

1 571

Inde

5 441

485

1 787

Pakistan

3 500

413

1 147

Ouzbékistan

2 300

350

827

Turquie

1 126

211

528

Australie

814

77

262

Egypte

620

75

200

Grèce

594

53

293

Argentine

564

50

145

Brésil

546

110

398

Syrie

474

36

158

Iran

307

52

131

Mexique

294

37

121

Autres

4 297

619

1 776

 
 
 
 

Total

35 481

3 646

11 407

Source : QUID 2000

I.2.4.2. L'huile de coton raffinée

La production d'huile de coton est évaluée à 3 646 milliers de tonnes, principalement fournie par les USA (15,2%), la Chine (14,4%), l'Inde (13,3%) et le Pakistan (11,3%).

I.2.4.1. Les tourteaux de coton

Quant aux tourteaux leur production est principalement fournie par la Chine (18,1%), les USA (13,3%), l'Inde (15,7%) et le Pakistan (10,1%), est estimée à 11 407 milliers de tonnes.

CHAPITRE 2 : PERFORMANCES DE LA FILIERE TEXTILE-COTON CAMEROUNAISE

II.1. Analyse des performances économiques

Cette analyse est présentée selon la structure d'amont en aval. Pour chaque branche, l'étude sera menée autant que possible sur les agrégats suivants : la production, la valeur ajoutée, les revenus, l'emploi, la balance commerciale.

II.1.1. Activité agricole

Au Cameroun, l'activité agricole est assurée par les agriculteurs concentrés dans les trois provinces septentrionales du pays. Ces agriculteurs sont regroupés depuis juillet 2000, au sein d'une GIE : l'OPCC (Organisation des Producteurs de Coton du Cameroun). Le coton graine produit est acheté directement par la SODECOTON, qui s'occupe de l'égrenage.

II.1.1.1. Estimation de la production de coton graine

Actuellement la surface cultivée de coton est estimée à près de 190.000 ha. En 1985 elle atteignait à peine 90.000 ha.

Comme beaucoup de filières coton de l'Afrique Francophone, la filière camerounaise a été stimulée par la dévaluation du FCFA en 1994 et le bon cours du coton du milieu des années 1990.

Graphique 3 : Evolution de la production de coton graine et de la surface cultivée

Source : SODECOTON

Avec un rendement qui se situe à une moyenne de 1200 kg de coton graine par ha, l'on a une production moyenne annuelle de 210.000 tonnes de coton graine sur la période 1995-2003, période qui correspond à l'après dévaluation du FCFA. Elle est en net progrès par rapport à celle la période 1985-1994 estimée à 125.000 tonnes par an.

II.1.1.2. Estimation de la valeur ajoutée issue de la production du coton graine

Le revenu perçu par les cultivateurs a évolué comme l'indique le graphique ci-dessous. Il est estimé à 21,2 milliards de FCFA par an au cours des trois dernières années.

Graphique 4 : Evolution des revenus perçus par les paysans, en milliards de FCFA

Source : SODECOTON, nos analyses

La valeur ajoutée résultant de l'activité agricole liée au coton se situe entre 13 et 15 milliards de FCFA5(*) entre 1994 et 2003, ce qui représente une participation au PIB du secteur primaire de 1,6 %6(*). La contribution à la valeur ajoutée de la branche « agriculture industrielle et d'exportation » se situerait quant à elle à près de 14,1%7(*).

Graphique 5 : Evolution de la contribution de l'activité agricole dans le PIB du secteur primaire

Source : SODECOTON, INS, nos estimations

II.1.2. Activité d'égrenage

Au Cameroun, il existe une seule société d'égrenage, la SODECOTON. En dehors de sa vocation industrielle et commerciale, la société assure l'encadrement direct de 350 000 à 400 000 planteurs.

II.1.2.1. Production de coton fibre

L'égrenage effectué par la SODECOTON produit en dehors du coton fibre, d'autres produits dont notamment l'huile de coton destinée à l'alimentation humaine et les tourteaux servant à l'alimentation du bétail. Cette activité est génératrice d'unités industrielles intégrées dans le septentrion et le Nigeria voisin.

Le coton fibre est obtenu avec un rendement moyen d'égrenage de 39 à 41%. Ce qui a permis d'obtenir des volumes moyens annuels de l'ordre de 50 000 tonnes et 85 000 tonnes de coton fibre sur les périodes 1985-1994 et 1995-2003 respectivement. Cette production reste en constance croissante : près de 3% en moyenne par an.

Graphique 6 : Production de coton fibre en milliers de tonnes

Source : SODECOTON, nos estimations

II.1.2.2. Production d'huile et de tourteaux

Moyennant la transformation de la graine de coton, la SODECOTON a produit près de 15 millions de litres d'huile de coton et 51 308 tonnes de graines de coton triturées en 1999/2000.

Tableau 7 : Production de tourteaux (en tonnes) et d'huile raffinée de coton (en litres)

Produits

1999/2000

2000/2001

Huile raffinée

14 811 505

12 466 350

Tourteau

51 308

35 906

Sources : SPPES NORD, AGRISTAT, 2000/2001

II.1.2.2. Valeur ajoutée de la SODECOTON

En 1998, la SODECOTON a réalisé un chiffre d'affaires de 84 718 millions de FCFA, pour une valeur ajoutée8(*) de 30 439,1 millions de FCFA. La société était ainsi classée 4e plus grande entreprise nationale en terme de chiffre d'affaires et 3e en termes de valeur ajoutée recensée.

En 2003 le chiffre d'affaires se situe à 100 359 millions de FCFA et la valeur ajoutée à environ 35°930 millions de FCFA. La société est classée 8e parmi les entreprises africaines les plus performantes de la filière et 3e parmi les entreprises nationales après la SONARA (filière pétrole) et les Brasseries du Cameroun (filière boissons).

Il convient toutefois de souligner qu'avec un taux de valeur ajoutée de 35,9%, l'activité industrielle de la SODECOTON est à fort potentiel d'intégration.

La valeur ajoutée de la SODECOTON représente près de 3,8% de la valeur ajoutée de l'ensemble des entreprises, 7,6% de celle du secondaire et jusqu'à 17,9% de celle des entreprises industrielles publiques.

En somme, il y a lieu de constater que le maillon amont de la filière textile-coton camerounaise est représentatif sur le plan socio-économique national.

II.1.2.3. Commerce extérieur et apport en devises
a) Exportations

Le coton fibre produit par la SODECOTON est pour l'essentiel destiné au marché mondial. Entre 1999 et 2003, sur une moyenne annuelle de 90 338 tonnes de fibres produites, environ 85 660 tonnes ont été exportées, soit près de 94,7 % de la production totale. Ce qui traduit pour ce produit, d'une part, une quasi-dépendance vis-à-vis des prix mondiaux et, d'autre part, une transformation locale faible.

En valeur, les exportations sont estimées à 330 milliards de FCFA pour les cinq dernières années (2000-2004) soit une moyenne de 66 milliards de FCFA par an.

Graphique 7 : Evolution des exportations camerounaises de coton (en volume et en valeur)

Source : Direction des Douanes et nos estimations

Géographiquement, le coton camerounais est destiné principalement9(*) à l'Asie (66,5%) et à l'Union Européenne (27,1%). Les principaux pays acheteurs sont : la Chine (16 746 tonnes soit 18,3%), le Pakistan (10 476 tonnes, 11,4%), la Thaïlande (9 048 tonnes), le Bangladesh (8 050 tonnes) et la Malaisie (6 834 tonnes).

Comme produit d'exportation, le coton brut se situe à la cinquième place (4,8% des exportations en valeurs) après les huiles brutes de pétrole (43,9%), le bois (12,8%), le cacao (7,9%) et les carburants et lubrifiants (6,1%). Il se positionne ainsi devant des produits tels que l'aluminium, la banane, le café et le caoutchouc.

Tableau 8 : Principaux produits d'exportations au Cameroun en 2003

Produits

Valeurs

en millions de FCFA

%

Exportations

% Exportations

hors pétrole

Huiles brutes de pétrole

579 317

43,9%

 

Bois (bruts et sciés)

169 044

12,8%

22,9%

Cacao

104 033

7,9%

14,1%

Carburants et lubrifiants

80 228

6,1%

10,9%

Coton brut

62 663

4,8%

8,5%

Aluminium brut

47 377

3,6%

6,4%

Bananes fraîches

41 269

3,1%

5,6%

Café

40 410

3,1%

5,5%

Pâte de cacao

35 460

2,7%

4,8%

Feuilles de placages

24 712

1,9%

3,3%

Caoutchouc

18 774

1,4%

2,5%

Autres produits

115 288

8,7%

15,6%

Total hors pétrole

739 258

56,1%

 

Total général

1 318 575

 
 

Source : Direction des Douanes

Hors pétrole, le coton fibre représente, pour l'année 2003, environ 9% des exportations et contribue ainsi positivement à la balance commerciale. La contribution à l'entrée des devises est ainsi estimée à 62,7 milliards de FCFA.

En dehors du coton fibre, la SODECOTON importe et exporte des marchandises de plusieurs types. Les exportations hors coton de la société sont très faibles et représentent moins de 1% des exportations totales de la SODECOTON.

b) Importations

Les importations, estimées en moyenne annuelle à 7,6 milliards de FCFA, dans la période 1998-2003, ont permis à la SODECOTON de se ravitailler en consommations intermédiaires. Elles sont constituées principalement des herbicides et insecticides (26%), Machines, appareils et engins mécaniques, des parties de ces machines ou appareils (25%) et des engrais (20%). Mais il faut noter que depuis l'année 2002 la SODECOTON n'importe plus d'engrais en raison de la nouvelle réglementation instituée par les pouvoirs publics.

Graphique 8 : Exportations et importations de la SODECOTON.

Source : Direction des Douanes

c) Balance commerciale et apport en devises

Globalement, la situation de la SODECOTON par rapport au commerce extérieur est très positive. La balance commerciale particulière de cette société est excédentaire. Les exportations représentent près de 90% du volume global des échanges de la société avec l'extérieur au cours de la période 1999-2003.

Le graphique ci-dessus permet de noter également un apport net en devises de la SODECOTON. Il se chiffre en moyenne annuelle 59,5 milliards de FCFA entre 2001 et 2003 et est en augmentation par rapport à la période 1998-2000 où il était évalué à 41,6 milliards de FCFA par an en moyenne.

II.1.3. Activité de filature, de tissage et d'ennoblissement

Au Cameroun, on retrouve dans cette branche d'activité dominée par la CICAM, très peu d'entreprises. L'activité de filature est réalisée par des entreprises privées, notamment la CICAM (plus de 90% de la production locale) et la NOUFIL.

II.1.3.1. Production et valeur ajoutée
a) Achat de coton fibre

Des analyses qui précèdent, il résulte que la SODECOTON exporte l'essentiel de sa production de coton fibre et à concurrence de 95,8%. Le reste non exporté estimé à 4,2% est vendu à la CICAM. Entre 1985 et 2003 les achats de coton fibre par la CICAM ont fluctué entre près de 2 à 4,5 tonnes. La tendance générale correspond à un trend ascendant comme l'illustre le graphique ci-dessous.

Graphique 9 : Evolution des achats de coton fibre par la CICAM entre 1985 et 2003

Source : SODECOTON, Direction des Douanes et nos estimations

b) Chiffre d'affaires et valeur ajoutée

Le chiffre d'affaires de la CICAM varie entre 18 200 millions et 20 500 millions de FCFA depuis 1998. Il est estimé à 19 000 millions en 2003 soit une légère baisse de 7,2% par rapport à l'année 2002. La contribution directe de la société au PIB du Cameroun s'élève à un total de 30 046 millions de FCFA en six (6) ans de 1998 à 2003. Cette contribution mesurée en termes de valeur ajoutée, représente une moyenne annuelle de plus de 5 milliards de FCFA par an.

Graphique 10 : Evolution des indicateurs de production de la CICAM de 1998 à 2003

Source : CICAM, Rapport d'audit phase N°1, Août 2002 ; et nos analyses

La production de la CICAM représente une gamme assez variée de produits dominée par le Fancie (44%), le Wax (14%) et les Ecrus (10%).

Graphique 11 : Répartition du chiffre d'affaires de la CICAM par famille de produits

Source : CICAM, Chiffre d'Affaires cumulée de la période 1999-2002

II.1.3.2. Exportations et balance commerciale

Contrairement à la SODECOTON, les ventes de la CICAM à l'extérieur ne couvrent pas les importations d'où une balance commerciale déficitaire tant en quantités qu'en valeurs comme l'indique le tableau ci-dessous.

Tableau 9 : Echanges de la CICAM avec l'extérieur

Q (quantités) en tonnes et V (valeurs) en millions de FCFA

 

1997

1998

1999

2000

2001

2002

2003

2004*

Exportations

Q

1 811

1 631

870

1 003

1 093

558

433

75

V

4 419

4 701

2 551

2 906

3 207

1 713

1 176

227

Importations

Q

6 416

9 087

3 463

2 036

1 813

2 420

1 895

505

V

5 615

7 674

5 268

3 299

3 902

3 587

2 672

968

Balance Commerciale

Q

-4 606

-7 456

-2 592

-1 032

-720

-1 863

-1 462

-430

V

-1 195

-2 973

-2 717

-393

-696

-1 874

-1 496

-740

Taux de couverture des importations par les exportations

Q

28,2%

18,0%

25,1%

49,3%

60,3%

23,0%

22,8%

14,9%

V

78,7%

61,3%

48,4%

88,1%

82,2%

47,8%

44,0%

23,5%

Source : Direction des Douanes, et nos calculs (*janvier à juin )

Les pertes nettes de devises sont évaluées en moyenne à -1355 millions de FCFA par an au cours de la période 2001-2003.

Les importations concernent à près de 87% les intrants chimiques, le matériel technique et le matériel d'emballage. Plus de la moitié de ces importations proviennent de l'Allemagne (28,3%) et de la France (22,5%).

Les exportations sont constituées pour l'essentiel des tissus de coton10(*). L'Union Européenne a acheté annuellement à la CICAM au cours de la période 1997-2003, en moyenne 873 tonnes de marchandises pour une valeur de 1979,5 millions de FCFA, ce qui représente 82,6% des exportations en volume et 67% en valeur.

Les ventes vers la CEMAC ne représentent que moins de 17% en volume et moins de 30% en valeur.

Tableau 10 : Répartition géographique des exportations de la CICAM

 

Total

1997-2003

Moyenne

1997-2003

%

1997-2003

Destinations

Q

V

Q

V

Q

V

Union Européenne

6 113,2

13 856,4

873,3

1 979,5

82,6%

67,0%

France

2 980,3

7 056,0

425,8

1 008,0

40,3%

34,1%

Italie

2 381,8

5 023,6

340,3

717,7

32,2%

24,3%

Autres UE

751,1

1 776,8

107,3

253,8

10,2%

8,6%

CEMAC

1 242,1

6 053,8

177,4

864,8

16,8%

29,3%

Gabon

441,7

2 399,7

63,1

342,8

6,0%

11,6%

Tchad

369,5

1 660,4

52,8

237,2

5,0%

8,0%

Congo

180,3

1 010,1

25,8

144,3

2,4%

4,9%

République Centrafricaine

172,0

953,5

24,6

136,2

2,3%

4,6%

Guinée Equatoriale

78,5

30,1

11,2

4,3

1,1%

0,1%

Autres zones

43,8

763,3

6,3

109,0

0,6%

3,7%

Total

7 399,1

20 673,5

1 057,0

2 953,4

100,0%

100,0%

Source : Direction des Douanes

La CEMAC reste encore un marché à exploiter pour la CICAM d'autant plus que cette entreprise détient le monopole de la transformation du coton fibre dans la sous région. Par ailleurs les capacités de production de la CICAM, de l'ordre de 60%, sont largement sous-utilisées,. Les capacités nominales ne sont pas aptes qualitativement et fonctionnellement à fournir au marché les produits demandés. Donc la CICAM devrait investir sur l'amélioration qualitative de ses équipements devenus obsolètes et l'utilisation optimale des capacités de production.

II.1.3.3. Contribution au budget de l'Etat

Les recettes fiscales ont été de l'ordre de 9 961 millions de FCFA sur les quatre années (1999-2002) ; soit une moyenne annuelle de 2 490 millions de FCFA sur la période.

Tableau 11 : Evolution de la contribution de la CICAM aux recettes de l'Etat, en millions de FCFA

RUBRIQUES

1999

2000

2001

2002

TOTAL

%

Impôts à la charge de la société

541

390

461

416

1 808

18,3%

dont Cotisations CNPS

306

268

289

308

1 171

11,9%

Prélèvement à la charge des tiers

1 625

1498

1469

1455

6 047

61,2%

dont impôt sur salaires

426

391

370

398

1 585

16,0%

Prélèvements induits par l'activité

517

475

502

532

2 026

20,5%

TVA sur 70% des salaires (consommations)

517

475

502

532

2 026

20,5%

TOTAL PRELEVEMENTS PUBLICS

2 683

2 363

2 432

2 403

9 881

100,0%

Source : CICAM, Rapport sur le cadre institutionnel et les incitations, juin 2003

La TVA sur les dépenses de consommation des salariés estimée à 70% de leurs revenus représente 20,5% de la contribution, l'impôt sur les salaires 16% et les cotisations CNPS 11,9% du total des prélèvements publics.

II.1.3.4. Intégration dans l'économie nationale

L'impact de la CICAM sur l'économie nationale ne se limite pas seulement à la création de la valeur ajoutée directe. La production effectuée par la société implique un accroissement de la production locale en amont.

Tableau 12 : Consommation d'intrants locaux et importés de la CICAM

Produits

1998

1999

2000

2001

2002

Total

moyenne annuelle

Matières premières et intrants techniques

4 807

3 732

3 520

3 583

3 226

18 868

3 145

Dépenses d'assurance et de transport

1 481

1 246

1 022

1 084

1 013

5 846

974

Frais d'entretien et réparations d'équipements

368

387

323

268

129

1 475

246

Energie

800

947

793

825

829

4 194

699

Frais financiers

510

610

658

486

562

2 826

471

Consommations Intermédiaires locales

7 966

6 922

6 316

6 246

5 759

33 209

5 535

Chiffres d'affaires

25 719

20 467

18 192

19 044

20 496

103 918

17 320

Taux d'intégration

31,0%

33,8%

34,7%

32,8%

28,1%

32,0%

32,0%

 
 
 
 
 
 
 
 

Consommations Intermédiaires Importées

6 834

4 847

2 809

3 242

3 326

21 058

3 510

Source : CICAM, Direction des Douanes

La CICAM a dépensé en moyenne 5 535 millions de FCFA pour l'achat d'intrants locaux. Ce qui représente en moyenne un taux d'intégration11(*) des activités de la CICAM dans l'économie nationale de 32% entre 1998 et 2002. Ce taux traduit une intégration acceptable du segment centre de la filière textile-coton.

Il ressort du tableau ci-dessus que les consommations intermédiaires importées sont évaluées en moyenne à 3 510 millions de FCFA sur la même période et représentent 20,3% du chiffre d'affaires.

II.1.4. Confection et bonneterie

L'hypertrophie de ce secteur est à l'origine d'une absence de données chiffrées et fiables y liées. Il est à noter que les ateliers de couture prolifèrent et leurs produits sont surtout sujets à la vente à la sauvette et aux marchés ambulants.

Cette branche utilise toutes sortes de textiles : le coton, la soie, la laine et les fils de fibres synthétiques, artificiels ou chimiques.

Les entreprises s'approvisionnent en tissus auprès de la CICAM, ainsi que des marchés parallèles de contrebande (Nigeria, Afrique de l'Ouest).

On distingue les activités suivantes : la confection et le prêt-à-porter, la bonneterie et les autres activités (broderie, sérigraphie, teinture, impression, etc.). L'offre de la branche s'articule autour des vêtements et dessous pour hommes, femmes et enfants, des tenues de travail, des tee-shirts, maillots, serviettes, des linges et articles de maison.

a) Confection et prêt-à-porter

Cette branche compte plus d'une centaine de PME et un nombre beaucoup plus important de tailleurs indépendants.

Sur la base des données collectées, ces unités produisent environ 500 000 unités par an. Les capacités utilisées sont de l'ordre de 40%.

Le prêt-à-porter peine à émerger malgré la présence de nombreux talents, avec une production annuelle qui se situe autour de 25 000 unités. Des productions importantes (près de 100 000 unités) sont observables chez certains stylistes qui ont la possibilités de gagner les grands marchés comme la confection des uniformes des forces armées, les tenues scolaires et les vêtements professionnels (santé, travaux publics, etc.).

b) La bonneterie

La fermeture de la SICABO12(*) a été tributaire du déclin des activités des PME de bonneterie aujourd'hui obligées d'importer leurs consommations intermédiaires de Chine et du Nigeria. Seules quelques unes à l'instar de BOBOCAM, et de SOLICAM (une filiale de la CICAM), réussissent à émerger. Beaucoup d'autres PME de cette branche exercent dans l'informel, victimes selon elles des pressions fiscales.

La capacité de production annuelle est estimée à près de 600 000 unités chacune. Pour des raisons d'approvisionnement, seulement 35% de cette capacité est utilisée.

c) Autres activités (broderie, sérigraphie, teinture, impression, etc.)

Quelques PME dynamiques à l'instar de BUETEC et MEDIA PLURIEL exercent dans la broderie industrielle. Dotées de moyens modernes, ces PME dominent largement le marché local et couvrent certains pays de la sous-région. BUETEC utilise comme matières premières, du fil viscose, du fil métallique (doré et argenté) et du drill coton.

Les activités d'impression, de sérigraphie et de teinture sont menées de manière artisanale par des entreprises individuelles exerçant pour la plupart dans le secteur informel.

II.1.5. Intégration de la filière à l'économie nationale

Selon les Comptes de la Nation (1998), la filière textile-coton est à l'origine des échanges avec 38 filières (y compris elle-même) sur une total de 42 filières identifiées pour l'économie nationale, soit un taux d'intégration de 90%. Les produits de la filière y sont utilisés comme consommations intermédiaires.

En 1996/1997, la consommation des autres filières représente près de 27% de la production de la filière textile. Parmi les filières qui achètent le plus, à la filière textile, figurent en première ligne : l'industrie textile et la confection (71,6%), l'agriculture industrielle et d'exportation (6,4%), l'extraction d'hydrocarbures (3,8%), les administrations publiques et la sécurité sociale (2,9%), la fabrication des meubles (2,7%), le commerce de gros et de détails (2,0%) et l'industrie du bois (2,0%).

II.2. Analyse des performances sociales

Les performances sociales de la filière textile-coton se mesurent surtout par sa capacité à générer des emplois et à distribuer des revenus. Le volume d'emplois générés par la filière est très important.

II.2.1. Contribution de la production agricole du coton graine au développement social

II.2.1.1. La création d'emplois

La culture du coton génère au Cameroun un nombre très important d'emplois directs et indirects. Actuellement, le nombre de planteurs est estimé entre 350 000 et 400 000 (voir graphique 12. Cet effectif augmente avec le temps. De 127 337 en 1985 on se retrouve actuellement à près de 380 000, soit une augmentation moyenne annuelle de 6,3%. Ces paysans sont tous localisés dans les trois provinces septentrionales du pays, qui constituent la région la plus peuplée du Cameroun avec près 30% de la population camerounaise (estimations de 2000). L'activité de culture du coton est la principale ressource monétaire de ces populations. La zone de culture reste extensible et offre ainsi d'importantes possibilités de création d'emplois.

Graphique 12 : Evolution du nombre de producteurs de coton graine de 1985 en 2003

Source : SODECOTON, rapport semestriel de novembre 1998 à avril 1999, nos estimations

Sur la base d'un effectif de 8 personnes par famille de planteur, selon les estimations de la SODECOTON, la filière assurerait aujourd'hui l'encadrement 3 040 000 personnes.

II.2.1.2. Estimation des revenus issus de l'activité agricole

La culture du coton offre des revenus subséquents aux paysans. D'abord, elle apporte un revenu monétaire à un moment précis de l'année. Le paysan sait qu'il peut compter sur une rentrée d'argent en janvier et s'organiser en conséquence.

Pour l'estimation des revenus issus de la production de coton graine, les données issues du compte de production des agriculteurs de coton montrent que plus de 20 milliards de FCFA/an ont été distribués ces cinq dernières années. Il en découle une marge moyenne nette des charges13(*) de 14,3 milliards de FCFA/an ; soit finalement une marge par cultivateur de près de 42 000 FCFA/an (épargne nette par cultivateur).

Graphique 13 : Evolution des revenus des producteurs de coton

Source : F.J. BESSEM'S Cameroon pages http://www.geocities.com/MotorCity/Speedway/4939/geo/sdcc.html, et nos calculs

II.2.2. Contribution de la SODECOTON au développement social

L'impact de la SODECOTON sur le développement social est appréhendé sur plusieurs axes : la création d'emplois, la distribution des salaires et d'autres aspects tels que l'encadrement des producteurs de coton.

II.2.2.1. Création d'emplois

En terme de création d'emplois, la SODECOTON occupe le 5e rang des entreprises camerounaises, après la CDC (Cameroon Developement Corporation), HEVECAM (Hévéa du Cameroun), la SONEL (Société Nationale d'Electricité du Cameroun) et SOSUCAM (Société Sucrière du Cameroun). Au 31 mars 2004, la société comptait 1 489 travailleurs permanents dont 8 expatriés, et 1 817 temporaires tous camerounais. Soit un total de 3 306 familles entretenues directement.

II.2.2.2. Distribution des revenus

En 1998, les salaires versés par la SODECOTON à ses employés se sont établis à 6 125,8 millions de FCFA. Cette situation place la société en 4e position des entreprises camerounaises les plus rémunératrices après la SONEL, la CDC et la SABC (Société Anonyme des Brasseries du Cameroun). On estime14(*) qu'en 2004 les frais de personnel atteindront 7 566 millions de FCFA.

Graphique 14 : Répartition des frais de personnel du premier trimestre 2004

Source : INS, avril 2004 et nos analyses

II.2.2.3. Autres impacts sociaux

La SODECOTON a compris dès le départ que les producteurs étaient ses alliés les plus sûrs et que l'existence d'organisations solides et responsables constituait une nécessité et un atout pour la défense des intérêts de la filière et la consolidation de ses performances. Depuis quelques années, les producteurs sont représentés au Conseil d'Administration de la SODECOTON.

En dehors de son aptitude à créer les emplois et à générer d'importants revenus, la SODECOTON met également un accent sur la promotion sociale des populations.

Dans son organigramme figure une Direction de la Production Agricole qui se charge entre autres de la fourniture d'intrants (engrais, insecticides, semences), de matériels et des crédits agricoles aux paysans.

Pour la seule campagne 1996/1997, la société a prêté à plus de 320 000 producteurs de coton près de 9,5 milliards de FCFA.

II.2.3. Contribution de la CICAM au développement social

Ce volet s'appesantit sur la création d'emplois, la contribution au budget de l'Etat et des collectivités.

II.2.3.1. Emploi et formation

L'effectif de la CICAM est actuellement de près de 1 300 personnes dont 8 expatriés. En 1999 cet effectif était de 1262 et plaçait la CICAM parmi les 9 entreprises les plus grandes selon la taille.

Tableau 13 : Evolution de l'effectif du personnel de la CICAM entre 1998 et 2002

Année

1998

1999

2000

2001

2002

Ouvriers/employés

1 292

1 257

1 073

1 125

1 145

Agents de maîtrise

143

143

131

135

143

Cadres nationaux

39

39

37

39

43

Cadres expatriés

10

10

8

7

7

TOTAL

1 484

1 449

1 249

1 306

1 338

Source : CICAM, Rapport sur le Cadre institutionnel et les incitations

On estime15(*) que chaque emploi créé permet d'assurer le revenu de 12 personnes. Près de 15 600 personnes dépendent ainsi directement de la CICAM.

La CICAM investit également dans la formation de son personnel. Mais les dépenses en formation restent faibles. Entre 2000 et 2002 les frais de formation se sont élevés à 70,2 millions de FCFA. Ce qui correspond à moins de 1% de la masse salariale de la CICAM. A titre de comparaison, les entreprises performantes consacrent en moyenne 4% de leur masse salariale pour la formation et en France, l'obligation légale est de 1,5%.

Tableau 14 : Evolution des frais de formation de la CICAM, en millions de FCFA

Exercice

Frais de formation

Masse salariale

% Masse salariale

2000

29,8

3 657

0,81%

2001

10,0

3 833

0,26%

2002

30,4

4 057

0,75%

Total

70,2

11 547

0,61%

Source : CICAM, Rapport d'audit, phase n°1, Août 2002; nos estimations

L'assistance technique a consommé dans la même période 450 millions de FCFA.

II.2.3.2. Distribution de revenu

Les emplois créés par la CICAM correspondent à une masse salariale moyenne d'environ 4 000 millions de FCFA par an comme l'indique la figure ci-dessous.

Graphique 15 : Evolution de la masse salariale de la CICAM de 1998 en 2002

Source : CICAM, et nos analyses

II.2.3.3. Politique sociale de la CICAM

Un certain nombre d'avantages sociaux sont dénombrés :

Couverture maladie entre 80% à 100%

Cadeaux de fin d'année

Prêts scolaires de 20 000 FCFA par enfant

Paiement d'un 13e mois

Prime d'ancienneté

II.2.4. Contribution de la branche confection au développement social

La confection est après la culture du coton la branche de la filière qui utilise le plus de main d'oeuvre. Elle emploie plus de 75 000 personnes même si l'essentiel (constitué des tailleurs et artisans) se trouve dans le secteur non structuré. Ce qui rend tout aussi difficile l'évaluation des revenus générés par cette branche.

II.3. Récapitulatif partiel

On retiendra de ce chapitre que, la filière textile-coton camerounaise a une contribution assez significative sur l'économie du pays. Il est établi que :

Actuellement, la surface cultivée, estimée à 190 000 ha, permet la production de 230 milliers de tonnes de coton graine, 15 millions de litres d'huile de coton et 51 308 tonnes de tourteaux. La production de coton fibre est d'environ 95,5 milliers de tonnes. Environ 4 000 tonnes sont vendues à la CICAM et le reste qui représente plus 95% est exporté.

En 2003, la filière16(*) a réalisé un chiffre d'affaires de près de 140,5 milliards de FCFA pour une valeur ajoutée de 55,7 milliards de FCFA.

L'apport net en devises se situe à 56,6 milliards de FCFA.

Par ailleurs, la filière participe également à la création d'emplois et à la distribution des revenus :

La filière entretient un grand nombre d'emplois : 350 000 à 400 000 dans la culture du coton et 4 606 dans la transformation (égrenage, filature et tissage). La confection quant à elle occupe près de 75 000 personnes. Soit un total de 430 000 à 480 000 emplois.

Les revenus distribués sont estimés à 78,3 milliards de FCFA au cours des trois dernières années, soit environ 26,1 milliards de FCFA par an.

CHAPITRE 3 : PRIX ET CONCURRENCE

Ce chapitre s'articulera autour de l'analyse de l'environnement tarifaire de la filière et ses principaux indicateurs sur le plan mondial et local, et la description de l'environnement concurrentiel.

III.1. Prix

III.1.1. Prix mondiaux de coton

Le prix mondial17(*) du coton égrené est très volatile, quelle que soit l'échelle de temps retenue : tant sur une longue période qu'au sein d'une période consécutive de 12 mois où des écarts de l'ordre de 50% sont fréquemment constatés. Les valeurs moyennes pour chaque campagne depuis 1991/1992 sont reprises dans le graphique ci-dessous.

Graphique 16 : Indice A Cotlook (Coton égrené, qualité type) en cents/livre

Source : Cotton Outlook

III.1.2. Politique des prix en Afrique de l'Ouest et du Centre

En Afrique de l'Ouest et du Centre, un seul prix est généralement fixé chaque année pour le coton graine au niveau de chaque pays. En ce qui concerne le coton fibre à l'export, les prix sont de loin inférieurs au cours mondiaux.

Le tableau ci-dessous compare les prix des différents pays de l'Afrique de l'Ouest et du Centre avec les cours mondiaux et les prix d'autres pays exportateurs comme le Zimbabwe et l'Inde. Pour les besoins de comparaison, les prix intérieurs du coton graine sont convertis en équivalent coton fibre.

Tableau 15 : Ratios des prix intérieurs18(*) au cours mondiaux (%)

Pays

1990-1993

(en %)

1994-1997

(en %)

Bénin

58

36

Burkina Faso

59

35

Cameroun

48

40

Côte d'Ivoire

54

37

Mali

52

35

Tchad

59

35

Togo

56

39

Moyenne de ces 7 pays

55

37

Zimbabwe

58

79

Inde

91

93

Source : « Cotton Policies in Francophone Africa ». Banque Mondiale. Document de référence préparé pour la réunion sur le secteur du coton qui s'est tenue à Dakar du 4 au 6 juin 1998.

Les chiffres montrent qu'avant la dévaluation du FCFA en 1994, les prix à la production équivalaient à un peu plus de la moitié des cours mondiaux, En Inde, en revanche, où le système est plus concurrentiel, les prix intérieurs étaient inférieurs de moins de 10% aux cours mondiaux. Bien que déjà déprimés, les prix intérieurs dans tous les pays de la zone ont brutalement chuté après la dévaluation du FCFA, les entreprises parapubliques répugnant en effet à répercuter les effets du changement de parité sur les prix à la production.

Au Cameroun, les prix étaient les plus bas avant la dévaluation ; un peu moins de la moitié des cours mondiaux. Après la dévaluation du FCFA ces prix sont les plus élevés dans la zone CFA.

III.1.3. Prix locaux

III.1.3.1. Prix aux producteurs

Le prix d'achat du coton graine est fixé conjointement entre la SODECOTON et les producteurs. Il est constitué d'un prix de base et de primes, connues avant les semis, abondé d'un complément variable en fonction des résultats de la société. Il existe également un « Fonds de stabilisation » interne à la SODECOTON. Ce fonds qui s'analyse comme des sommes mises en réserve par la SODECOTON et permettant d'offrir un complément de rémunération n'entre pas dans le prix de revient calculé sur la campagne en cours. Il s'élevait à 15 FCFA en 2001/2002 et à 45 FCFA un an plus tôt.

Le résultat de cette organisation aboutit à un prix aux producteurs qui suit les tendances du marché mondial tout en assurant une certaine stabilité des revenus des producteurs.

Graphique 17 : Evolution du prix d'achat de Coton graine aux producteurs

Source : CICAM, rapport d'audit Phase n°1, Août 2002 ; nos calculs.

Ce système de fixation des prix et de stabilisation, totalement dégagé des interférences politiques et géré par les acteurs de la filière dans un esprit de concertation et de collaboration apparaît efficace et intéressant.

III.1.3.2. Prix de cession à l'industrie locale

De la même manière, comme pour le prix au producteur, le prix de vente du coton fibre se négocie entre la SODECOTON et la CICAM. Il respecte une formule19(*) bien précise qui fait intervenir les prix mondiaux de coton et le prix de revient SODECOTON de la fibre et le montant des frais non exposés (comprenant en particulier les droits et taxes liés aux opérations d'exportations).

Ainsi, cette formule permet à la CICAM de disposer d'un prix attractif dès lors que le prix mondial est élevé. Inversement, lors d'une chute du prix mondial de coton, comme observée récemment, la CICAM ne dispose plus de cet avantage et se trouve pénalisée par un cours d'achat parfois plus cher que le cours mondial.

Graphique 19 : Evolution du coût d'achat du coton fibre

Source : CICAM, Rapport d'audit - Phase n°1, Août 2002, Direction des Douanes, nos estimations

III.2. Environnement concurrentiel

La filière textile-coton camerounaise évolue dans un environnement où la concurrence est assez variée. La SODECOTON est surtout victime des exportations informelles de coton graine vers le Nigeria alors que la CICAM doit faire face aux importations massives de fils, tissus et autres ouvrages en matières textiles notamment la friperie, issus généralement de la fraude, de la contrebande et de la contrefaçon.

III.2.1. Commerce informel de coton graine

III.2.1.1. Estimation du volume

Au Cameroun, bien que la SODECOTON détienne le monopole de l'achat du coton graine aux producteurs, il existe cependant un commerce informel destiné surtout au marché nigérian. Les statistiques sur ce commerce sont assez difficiles à collecter. Mais la SODECOTON estime pour la campagne 1993/1994 « que les nigérians ont fait main basse sur 3 000 à 4 000 tonnes de coton graine en profitant de l'avantage que leur donnait la dévaluation du franc CFA20(*). Comme pour cette campagne la production en fuite frauduleuse vers le Nigeria représenterait aujourd'hui près de 3% de la production totale. Mais c'est au cours de la campagne 1994/1995 que ce commerce a pris de l'ampleur. Pour cette saison, « les estimations conservatrices de la SODECOTON » donnent 13 000 tonnes d'exportations informelles qui représentent près de 8% de la production locale. Quelle est la cause de ce commerce informel ?

III.2.1.2. Causes de ce commerce

La principale raison résiderait dans l'importance du différentiel de prix entre le Nigeria et ses pays limitrophes dont en particulier le Cameroun. Ainsi au cours de la campagne 1994/1995, le Nigeria achetait le kg de coton graine autour de 30 à 35 nairas (soit de 200 à 250 FCFA21(*)) contre 155 FCFA pour le Cameroun. Mais il existait d'autres causes.

Notamment, les nigérians payaient le coton cash alors que le délai de livraison à la SODECOTON et le paiement étaient espacés de plusieurs semaines. Le producteur ayant un besoin pressant de liquidités va donc vendre tout ou partie de son coton dans ce circuit informel.

Enfin alors que la SODECOTON fait un tri par qualité, les nigérians achètent tout le coton sans discernement. Les producteurs leur vendent le coton non classé par la société cotonnière.

III.2.1.3. Impacts de ce commerce

Bénéfique pour les producteurs de coton et pour l'industrie textile nigériane, le trafic informel du coton graine entraîne un manque à gagner pour la SODECOTON et le budget de l'état. Le tableau ci-dessous donne une estimation de l'impact des exportations informelles de coton graine sur les valeurs ajoutées.

Tableau 16 : Impact des exportations informelles de coton graine sur la valeur ajoutée et la balance des paiements en 1994/1995 en milliards de FCFA

Acteurs/Pays

Cameroun

Niger

Bénin

Nigeria

Valeur Ajoutée

 
 
 
 

Producteurs

[+0,9 ; +1,7]

+0,5

[+1,3 ; +3,6]

 

Coopératives

 
 

-0,6

 

Etats

[-1,4 ; -0,7]

+0,05

-1,5

 

Sociétés Cotonnières

-3,0

-1,0

-0,4

[+3 ; +5,3]

Autres

-0,2

 

-1,1

+0,5

Total VA

[-3,7 ; -2,2]

-0,45

[-2,3 ; 0]

[+3,5 ; +5,8]

 
 
 
 
 

Balance des Paiements

 
 
 
 

Gains

[+0,9 ; +1,7]

+0,5

[+1,3 ; +3,6]

[-5,8 ; -2,7]

Pertes

[-9,0 ; -4,7]

-2,2

-5,4

[+12,3 ; +16,6]

Solde de la BP

[-8,1 ; -3]

-1,7

[-4,1 ; -1,8]

[+9,5 ; +13,9]

Source : Calculs et enquêtes des équipes du réseau de l'ECHO pour le suivi du commerce informel, à savoir ORSTOM (Niamey), Observatoire des Frontières (Yaoundé) et LARES (Cotonou)

Autant que les autres pays voisins du Nigeria, le Cameroun est globalement perdant tant en terme de Valeur Ajoutée qu'en terme de balance des paiements. L'impact positif sur les producteurs étant plus que compensé par les pertes des autres acteurs. Ceci implique qu'une augmentation du prix au producteur suffisante pour décourager les exportations laisserait un surplus à partager entre les différents acteurs de la filière. Le Cameroun a perdu entre 3 et 8 milliards de FCFA de devises par an.

III.2.2. Importations de matières textiles

L'une des difficultés de la CICAM réside en ce qu'elle subit une concurrence très avancée de la part des pays comme la Belgique, la Chine, la France et Hongkong qui couvrent les 2/3 des importations camerounaises en produits textiles. En 2003, les importations de produits textiles sont estimées à 36 130 tonnes pour une valeur de près de 35 milliards de FCFA. Les articles de friperie représentent près de la moitié de ces importations (voir tableau ci-dessous).

Tableau 17 : Importations de produits textiles en 2003 (quantités en tonnes et valeurs en FCFA)

Produits

Quantités

Valeurs

%

Quantités

%

Valeurs

Fibres

108,9

157,5

0,3%

0,5%

Fils

1 053,3

1 139,5

2,9%

3,3%

Tissus

1 754,1

4 490,2

4,9%

12,9%

Ouvrages en matières textiles

10 130,3

13 004,0

28,0%

37,5%

Articles de Friperie

23 083,7

15 884,8

63,9%

45,8%

Total

36 130,3

34 676,0

 
 

Source : Direction des Douanes

Les principaux fournisseurs du Cameroun pour les produits textiles sont : la Belgique (36,9%), la Chine (13,8%), la France (7,6%) et Hongkong (7,6%).

III.2.2.1. Importations de fibres textiles

Au Cameroun, la production de fibres est le seul fait de la SODECOTON, même si l'on enregistre également une activité artisanale. Leur production est jugée insignifiante. La seule vraie concurrence vient de l'extérieur avec les importations d'autres fibres végétales et synthétiques.

Graphique 20 : Importations de fibres (naturelles, synthétiques et artificielles)

Source : Direction des Douanes

Entre 1997 et 2003, les importations de fibres textiles ont été croissantes. Elles ont presque doublé, comme l'indique le graphique ci-dessus. Bien qu'elles soient relativement faibles par rapport à la production de coton fibre locale, les importations de fibres textiles équivalent à près de 30%22(*) des achats de coton fibre de la CICAM.

Il convient toutefois de souligner que ces fibres sont surtout synthétiques ou artificielles et destinées à l'industrie du tabac et de la fabrication de cheveux artificiels. Les importations de coton restent marginales et représentent une moyenne annuelle de 45 tonnes sur la période 1997-2003.

III.2.2.2. Importations de fils et tissus

Durant la période 1999-2002, les importations de fils et tissus se sont chiffrées à près de 66 milliards de FCFA, soit une moyenne annuelle de 16,5 milliards de FCFA représentant ainsi l'équivalent de 84,4% des ventes globales de la CICAM sur la période. Ces importations de fils et tissus dépassent largement les ventes de la CICAM de ces mêmes produits.

Graphique 21 : Comparaisons entre chiffre d'affaires de la CICAM et importations de fils et tissus.

Source : CICAM, Direction des Douanes

Il convient d'ajouter que les fils et tissus importés sont surtout ceux en matières textiles, autres que le coton (entre 96% et 99%) et proviennent principalement23(*) de la Chine (30%), de la France (15%) et de Costa Rica (11%).

III.2.2.3. Marché des autres ouvrages en matières textiles : prédominance de la friperie

Il s'agit ici des ouvrages qui utilisent comme matière première, les fils et tissus de matières textiles. On peut dénombrer :

· les vêtements et accessoires du vêtement

· les étoffes de bonneterie

· les tapis et autres revêtements de sol en matières textiles

· les autres articles textiles confectionnés (couvertures, linge, rideaux, couvre-lits, sacs et sachets d'emballage, bâches, tentes, voiles, etc.)

· la friperie

Cette activité, dominée par la friperie, constitue la principale concurrence à l'industrie textile locale principalement à la CICAM. Les importations de matières d'ouvrages en textile sont significatives. Elles sont passées de près de 24 milliers de tonnes pour une valeur de 14 890 millions de FCFA en 1995 à près de 32 milliers de tonnes pour une valeur de 27 331 millions en 2003.

Graphique 22 : Importations d'ouvrages en matières textiles

Source : Direction des Douanes

Les importations des articles de friperie pour cette activité représentent près des 3/4 en volume et 2/3 en valeur. Les importations de friperie sont déclarées en douane à un prix pratiquement identique : 620 FCFA le kg. La réglementation en matière de friperie a porté un coup dur à la CICAM en particulier et à la filière textile-coton camerounaise en général. Le faible pouvoir d'achat du camerounais moyen l'amène à se tourner vers le marché du vêtement d'occasion qui lui permet de s'habiller à moindre coût.

III.2.2.4. Marché national et sous régional du textile
a) Déterminants du marché

L'industrie textile camerounaise, dessert en zone CEMAC, une population totale de près de 30 millions d'habitants avec un taux de croissance annuel moyen de 2,5%. La population est constituée en majorité des couches sociales à faibles revenus.

Actuellement, dans la sous-région CEMAC, la CICAM est la seule entreprise installée qui opère dans le secteur textile (filature et production de tissus). Mais l'espace économique dans lequel évolue l'entreprise fait face à une forte concurrence de la part du Nigeria, des pays de l'Afrique de l'Ouest et des pays asiatiques. Cette industrie souffre d'un réelle sous représentativité.

En effet, on estime24(*) à seulement 26% la part de marché de la CICAM dans les ventes de pagnes au Cameroun, contre 47% pour le Nigeria, 19% pour l'Asie et 8% pour les autres pays africains.

b) Stratégies utilisées par la concurrence

Les stratégies commerciales utilisées par la concurrence sont multiples :

la fraude douanière, la contrebande et la contrefaçon

la stratégie de discount, couramment utilisée par les Nigérians et les asiatiques, consiste à offrir le même produit (en coloris mais pas en qualité) à un plus bas prix.

La stratégie de prolifération des produits qui consiste à attaquer les produits locaux en multipliant les versions de produits offerts et aussi en étant présents sur tous les marchés.

La stratégie d'innovation dans le mode de distribution, principalement utilisée par les Nigérians qui accordent à leurs clients des conditions de règlement très souples ; allant du dépôt-vente à la vente crédit.

c) Contrebande et fraude

En dehors des produits légalement importés, la demande camerounaise de produits textiles est fortement satisfaite par les importations frauduleuses. On estime à 80%25(*) les produits textiles vendus sur le marché camerounais d'origine frauduleuse. Ces marchandises proviennent surtout du Nigeria voisin.

Entre les deux pays, on dénombre 17 pôles de pénétration de contrebande et de fraude douanière.

La plupart des commerçants ne s'acquittent d'aucun frais de douane et multiplient les stratagèmes pour éviter tout contrôle. Ces produits se retrouvent sur le marché à des prix défiant toute concurrence.

Les copies conformes des WAX hollandais et anglais, avec des étiquettes, des marquages en lisière, se retrouvent un peu partout sur le marché national, sans aucun respect de la réglementation en matière de propriété industrielle.

III.3. Subventions

Les Etats-Unis sont la cible principale des pays en développement producteurs de coton. Ils pratiquent, avec l'Union Européenne,  le niveau de subventions le plus élevé du monde. Ils sont en même temps, et de loin, le plus gros exportateur du monde. A eux seuls, les Etats-Unis exportent plus d'un tiers du coton du marché mondial. Cette pratique entraîne des retombées négatives sur les pays en voie de développement, particulièrement les pays de l'Afrique de l'Ouest et du Centre dont l'économie est basée sur le coton.

Quelles en sont les retombées ?

· ?Les subventions maintiennent la production de coton à des niveaux non rentables dans les pays industrialisés et réduisent, pour les pays en développement, les possibilités d'exporter vers les marchés des pays qui subventionnent, déplaçant leurs exportations vers des pays tiers.

Toutes les études récentes démontrent sans équivoque que la suppression des subventions intérieures dans les pays industrialisés réduit la production et les exportations de coton de ces pays. Les niveaux actuels de production de l'UE pourraient être importés pour un tiers du coût de production. Aux États-Unis, dans quelques années le coût des subventions est supérieur à la valeur totale des exportations au cours mondial. En 2003 plus de 70 pour cent de la production des États-Unis a été exporté, soit 40 pour cent des exportations mondiales.

· ?Les subventions font baisser les cours mondiaux du coton

L'offre excédentaire encouragée par des subventions intérieures entraîne une baisse du cours mondial sur le marché. Cependant, l'ampleur de cet impact varie énormément, certaines études estimant des augmentations oscillant entre 2 pour cent et 35 pour cent à la suite de la suppression des subventions. La répartition des gains et des pertes parmi les pays se mesure principalement en termes de diminution des recettes d'exportation ou d'augmentation des factures d'importation. Il est donc difficile, mais indispensable de détecter les gagnants et les perdants, ainsi que l'ampleur de ces gains ou pertes. Pour les exportateurs nets, une des difficultés majeures consiste à déterminer quels sont les pays où la production est susceptible de se développer en raison d'une hausse des cours sur le marché mondial. Les pays en développement ont augmenté leur production et leur participation aux exportations mondiales malgré le fléchissement des cours mondiaux et à un moment où d'autres produits de base d'exportation suivaient une tendance contraire. Par conséquent, en cas de hausse des prix, il existe une importante offre potentielle.

· ?Des réductions de subventions atténuent la pauvreté.

Deux études récentes (Minot et Daniels, 2002; ODI, 2004) analysent l'impact sur la pauvreté des baisses du prix du coton pour les petits exploitants du Bénin et du Zimbabwe. Au Bénin, une chute de 40% du prix entraînerait 8% d'augmentation de la pauvreté parmi les ménages ruraux et 22% de plus de ménages producteurs de coton passeraient en dessous du seuil de pauvreté. Au Zimbabwe, le revenu réel des producteurs de coton chute d'entre 13% et 31%, en fonction des caractéristiques du ménage, et la pauvreté augmente proportionnellement au degré de dépendance des ménages par rapport au revenu du coton.

En 2000/2001, le gouvernement américain a déboursé près de 2 940 milliards de francs CFA au profit des 31 500 producteurs de coton, ce qui représente 6 à 7 fois le budget national du Burkina Faso, soit près de 91 millions de francs CFA pour chacune des 31 500 unités de production. La production de coton aux USA a donc augmenté de 700 000 tonnes entre 2000/2001 et 2001/2002. 

III.4. Récapitulatif partiel

De tout ce qui précède, il ressort que :

· Le cours mondial de coton est assez volatil et suscite des incertitudes.

· Les prix d'achat du coton graine aux producteurs, bien que stables, restent faibles, et stimule les exportations informelles de coton vers le Nigeria ;

· Le système de calcul du prix de cession de la fibre à l'industrie locale, permet à la CICAM d'en tirer profit lorsque les prix mondiaux sont élevés, mais pénalise la société quand les cours mondiaux baissent.

· La filière subit une très forte concurrence de l'extérieur notamment en ce qui concerne les importations (formelles ou non) de matières textiles, surtout les articles de friperie.

· La CICAM souffre d'une réelle sous représentativité dans le pays, voir dans la sous-région CEMAC, bien que s'appuyant sur la NEWCO (sa filiale commerciale).

· Les subventions accordées par les Etats-Unis et l'Union Européenne à leurs producteurs de coton pénalisent les états de l'Afrique de l'Ouest et du Centre.

PARTIE II :
PERSPECTIVES D'EVOLUTION DE LA FILIERE TEXTILE-COTON CAMEROUNAISE

Les perspectives de la filière textile-coton camerounaise se situent dans un cadre général d'aménagement qui tienne compte des dysfonctionnements actuels et qui visent à assurer des revenus élevés et équitables à tous les maillons de la filière. Ainsi cette filière pourra tenir son rôle de l'un des axes stratégiques moteurs de la croissance économique et sociale du pays.

Les potentialités existent. Les atouts concernent autant la production de coton graine, que son égrenage ou la transformation de fibre en fils et tissus et autres matières textiles, et le développement en fin de compte des produits dérivés du coton.

Cette ultime partie contient les chapitres suivants :

Chapitre 4 : Atouts de la filière textile-coton camerounaise

Chapitre 5 : Hypothèses et méthodes de projections

Chapitre 6 : Résultats des projections à moyen terme

CHAPITRE 4 : ATOUTS DE LA FILIERE TEXTILE-COTON CAMEROUNAISE

La première partie a permis, d'une part, de cerner les performances et l'important rôle que la filière textile-coton joue dans la croissance du pays et sa contribution à la lutte contre la pauvreté, et d'autre part, de relever les insuffisances surmontables pour assurer de façon efficiente son insertion dans l'environnement économique et sociale camerounais.

Toutefois, dans le but de favoriser l'expansion de la filière, qui est au plan national l'une des plus intégrées, le Gouvernement a pris un certain nombre de mesures visant à promouvoir l'activité de la filière, auxquelles se greffent les opportunités offertes dans le cadre des échanges extérieures.

IV.1. Cadre institutionnel et environnement économique

Les mesures réglementaires déjà prises par le gouvernement camerounais portent sur :

· La décision N°190/MINDIC/DC/SDI/SAF du 02/12/1990, instituant le marquage sur le tissu pagne fancy print et le tissu pagne wax ;

· L'arrêté N°012/MINDIC/MINEFI du 18/02/1993, instituant l'estampillage et le marquage de certains produits importés ;

· L'arrêté N°00486/MINEFI/CAB du 06/11/2000, portant institution des valeurs de référence pour la taxation de certains produits textiles importés au Cameroun ;

· La décision N°03685/MINEFI/CAB du 06/11/2000, portant institution des valeurs de référence pour la taxation de certains produits textiles importés au Cameroun.

· La suspension des droits et taxes pour les biens d'équipement liés au programme d'investissement de la CICAM

· La suspension des droits et taxes pour les matières premières, les pièces de rechange et les emballages non réutilisables et directement liés à la production pour une période de huit ans ;

· La réduction du taux de TVA à 5% sur les ventes de la CICAM

En dehors des mesures prises au niveau local, deux facteurs majeurs et structurants devraient booster, au cours des prochaines années, l'évolution de la filière textile-coton en Afrique de l'Ouest et du Centre et particulièrement au Cameroun : l'AGOA et les Accords UE-ACP.

IV.2. Accords AGOA

L'AGOA : « African Growth Opportunity Act » est le titre de la loi 2000 sur le Commerce et le Développement promulguée par le président Bill Clinton le 18 mai 2000 et traitant des échanges commerciaux entre les Etats-Unis et l'Afrique. Elle permet à des pays de l'Afrique de l'Afrique Sub-saharienne d'exporter vers le Etats-Unis d'Amérique des produits26(*) conformes à des normes définies par le système de préférences Généralisées sans paiement de frais de douane et sans contingentement.

Pour l'application de ces accords, les autorités américaines exigent d'une part que les produits manufacturés soient africains, non seulement au stade final de l'exportation vers les Etats-Unis, mais encore aux stades antérieurs, ce qui impose aux pays africains bénéficiaires de se ravitailler entre eux-mêmes en intrants et autres produits textiles.

Sur 35 pays africains éligibles, seuls quinze, dont le Cameroun, ont achevé la procédure de certification de leurs produits qui permet d'obtenir le visa AGOA, indispensable pour bénéficier des avantages de cette loi.

L'AGOA a entraîné dès la première année une augmentation de 25% des importations U.S. de produits textiles en provenance des cinq premiers pays agréés.

Graphique 23 : Croissance des importations de textile habillement en franchise de douane en provenance des pays éligibles AGOA, en 2001

Source : Banque Ouest Africain de Développement

Le Cameroun ne figure pas encore sur la liste.

IV.3. Barrières tarifaires et non tarifaires

L'exportation vers l'Union Européenne de cotons et textiles à base de coton en provenance des pays ACP est libre des droits de douanes et de quotas.

La Commission européenne vient même de proposer un plan spécifique de soutien au secteur coton et à la filière textile des pays ACP dont bénéficiera le Cameroun, et qui vise à :

· Assurer aux pays ACP des conditions plus équitables d'accès aux marchés internationaux en réduisant les subventions à l'exportation et à la production accordées aux producteurs de l'UE et qui induisent d'énormes distorsions de prix ;

· Apporter une assistance technique aux producteurs africains ;

· Soutenir les pays africains producteurs de coton en consolidant la compétitivité de ce secteur (plan de développement, renforcement des politiques et instruments, promotion de l'intégration de la filière coton, promotion) ;

Il faut noter que l'Union Européenne reste encore pour le Cameroun un marché à conquérir : près des 2/3 du coton camerounais est acheté par les pays asiatiques et seulement 27% sont destinés à l'Europe.

IV.4. Protocole général de Libreville de 1992

Le Protocole Général relatif à la restructuration du secteur du textile dans les pays de la zone UDEAC signé à Libreville le 09 juillet 1992 entre la République du Cameroun, la République Centrafricaine, la République du Tchad et la République du Congo, établit le principe d'un régime spécial en cohérence avec les contraintes du secteur textile régional et international.

CHAPITRE 5 : HYPOTHESES ET METHODES DE PROJECTIONS

Les hypothèses et la méthodologie utilisées pour élaborer les projections à court et moyen terme des principaux indicateurs de la filière sont essentielles et concernent : la production de la filière ; le chiffre d'affaires, la valeur ajoutée, l'emploi et les revenus versés.

Les projections seront faite sur cinq années. L'année 0 retenue pour les analyses prospectives est l'année 2005. Nous supposerons qu'au cours de cette année, la production sera de 100 000 tonnes de coton fibre.

V.1. Hypothèses sur les quantités produites

V.1.1. Production de fibre

La production de coton fibre à l'année 0 est de 100 000 tonnes ; cette production connaîtra une croissance globale de 60% sur cinq années.

L'hypothèse de 100 000 tonnes en 2005 est tout à fait réaliste car au cours des trois dernières saisons, la production a été en moyenne de 96 583 tonnes par an avec une tendance est à la hausse.

L'hypothèse de 160 000 tonnes à atteindre à l'année 5 tient compte des reformes structurelles et conjoncturelles envisagées (cf chapitre 4) seront mis en place tels que indiquées au chapitre 4.

Pour une croissance globale de 60% sur cinq ans, l'accroissement moyen annuel devra se situer à 9,86%27(*)

V.1.2. Rendements de production de coton graine

Le rendement à l'hectare du coton graine est fixé à 1,2 tonnes par hectare à l'année 0. Ce rendement connaîtra une amélioration qui l'emmènera progressivement à 1,7 tonnes par hectare à l'année 5.

Les rendements de coton varient généralement entre 0,2 tonne et 3 tonnes par ha. Mais au sein de l'Union Européenne, les niveaux moyens de rendement s'établissent à 3,3 tonnes par ha pour le coton non égrené de qualité type, en 2000-2001. En Afrique de l'Ouest et du Centre, la moyenne varie entre 1 tonne et 1,2 tonne par ha. Actuellement le rendement à l'hectare au Cameroun oscille autour de 1,2 tonnes. Le point de départ retenu est de 1,2 tonnes/hectare pour l'année 0.

Il pourra atteindre 1,7 tonnes par ha à l'année 5 grâces notamment aux efforts de promotion, d'encadrement et d'appui aux producteurs mise en oeuvre par la SODECOTON.

V.1.3. Surfaces cultivables

Le calcul des surfaces à cultiver nécessaires pour couvrir les besoins en coton graine se fait à partir des données sur les quantités de coton graine et les rendements28(*).

V.1.4. Production de coton graine

Au Cameroun, pour 100 kg de coton graine, on obtient approximativement :

· 37 à 45 kg de coton fibre,

· 55 à 60 kg de graines

· 2 à 3 kg de déchets

Nous supposerons pour les besoins de calculs que pour 100 kg de coton graines produites, on obtient 42% de fibres, 56% de graines et 2% de déchets.

Donc pour avoir la production de coton graine, il suffira de diviser la production de fibre - déjà connue - par le rendement d'égrenage (ici égal à 42%).

V.1.5. Production de graines de coton et de déchets

La production de graine s'obtient en pondérant la production de coton graine par le rendement en graines dans la phase d'égrenage, ce rendement est estimé ici à 56%. Il sera considéré constant sur toute la période.

De même, la quantité de déchets dégagée dans la phase d'égrenage, représente 2% de la production de coton graine.

V.1.6. Production d'huiles, de tourteaux et de coques

Sur la base des données recueillies auprès des huileries industrielles, on obtient, pour une quantité donnée de graines de coton :

· 16 à 20% d'huile

· 42 à 44% de tourteaux

· 20 à 30% de coque

· 0 à 15% de linters

· 4 à 6% de déchets

Dans notre étude, nous considérerons que 100 kg de graines de coton donnent :

· 18 litres d'huile

· 40 kg de tourteaux

· 25 kg de coques

· 5 kg de semences

· 5 kg de déchets

· 4 kg de linters

Cette base permet d'estimer valablement les quantités obtenues par sous-produit.

V.1.7. Transformation du fibre

L'estimation de la quantité de fibre transformée localement repose sur les hypothèses suivantes :

À l'année 0, la quantité de fibre transformée est estimée à 4,2% de la quantité produite par l'industrie d'égrenage. Cette proportion atteindra 20% à l'année 5. Le Cameroun reste l'un des pays d'Afrique où la transformation locale de la production de coton est faible. A titre comparatif29(*), la Côte d'Ivoire transforme 15% de sa production (22 000 sur 142 000 tonnes), l'Ethiopie 100% (15 000 tonnes), le Ghana 100%, le Nigeria 86% (52 000 sur 60 000 tonnes), Madagascar 100%.

Connaissant les taux de transformation locale de la fibre, il devient plus aisé d'évaluer les achats locaux de fibre. Il suffira de pondérer ces taux par les quantités de fibre produite par l'industrie locale d'égrenage.

L'écart entre la production de fibre et la consommation locale constitue les exportations, dans le cadre d'une économie classique.

V.1.8. Production de l'industrie de filature, tissage et ennoblissement

Les productions portent ici sur les produits suivants : filés, écrus, tissus teints, tissus éponge, pagnes FANCIES et pagnes WAX.

La restructuration de la filière textile-coton, engagée en 2004 par les Pouvoirs Publics prévoit que pour une transformation à terme de 8 400 tonnes de fibres, on obtienne :

· 1 300 tonnes de filés (dont 600 destiné à l'extérieur et 700 cédés à la CICAM)

· 25 114 km d'écrus (dont 16 996 km cédés à la CICAM, 7 455 km destiné à l'export et 663 vendus localement)

· 3 585 km de tissus teints

· 600 tonnes de tissus éponges

· 380 km de pagnes WAX

· 12 232 km de pagnes FANCIES

Donc en supposant que lors de la transformation de fibre, les proportions resteront conservées chaque année, il est aisé d'estimer les quantités de filés, tissus et pagnes produites.

En outre, les débouchés envisagés portent autant sur le marché domestique qu'extérieur.

V.2. Hypothèses sur les ventes

Les prix unitaires ayant déjà fait l'objet d'une analyse préalable (cf première partie) seront utilisés pour la détermination du chiffre d'affaires.

V.2.1. Ventes de coton graine

Les ventes de coton graine sont évaluées sur la base du coton graine sont évaluées sur la base du prix d'achat du coton graine aux producteurs.

Ce prix à l'année 0 correspond au prix de l'année 2003, égal à 185 FCFA le kg et que la tendance d'évolution observée se poursuivra au cours des 5 prochaines années (l'accroissement moyen de ce prix entre 1994 et 2003 est égal à 3,26%).

Tableau 18 : Prévision du prix d'achat de coton graine en FCFA/Kg

Années

0

1

2

3

4

5

Prix d'achat de coton graine

185

191

197

204

210

217

Source : SODECOTON et nos analyses

V.2.2. Chiffre d'affaires de la SODECOTON

Le chiffre d'affaires de la SODECOTON est composé des ventes de coton fibre, d'huiles de coton et des gains bruts sur les productions de tourteaux, de coques, de graines pour semences.

V.2.2.1. Ventes de fibre

Le prix moyen à l'exportation pour le coton fibre est estimé à environ 680 FCFA. Sur le marché local le prix est évalué à 650 FCFA/kg.

V.2.2.2. Ventes d'huiles

Les quantités produites d'huiles étant connues, l'estimation du prix de cession du litre d'huile à 650 FCFA permet d'avoir les ventes totales par année.

V.2.2.3. Gains sur les tourteaux

Les tourteaux sont destinés à l'alimentation du bétail et seront rentabilisés par la SODECOTON sur la base du prix moyen (prix du marché) estimé à 180 FCFA30(*).

V.2.2.4. Gains sur les coques

Les coques de coton peuvent être utilisées comme facteur de production d'énergie. On estime que 1 kg de coque produit l'équivalent de 50 kW d'énergie. A partir de cette relation consommation totale31(*) d'énergie économisée est estimée sur la base d'un prix moyen du Kwh de 30 FCFA dépensés par la SODECOTON pour l'achat de l'énergie électrique, en rapport avec la production de coques.

V.2.2.5. Gains sur les graines pour semences

Avant d'entrer dans l'huilerie, les graines de coton sont d'abord triées : une partie est destinée à être utilisée comme semence. On estime que 1 kg de graines de coton vaut l'équivalent de 25 FCFA32(*). Dès lors il est possible d'estimer le gain en valeur de la production de graines de coton destinée à la semence.

V.2.2.6. Récapitulatif

Le chiffre d'Affaires de la SODECOTON sera donc ici, la somme des ventes de fibres et d'huiles augmentées des gains sur les tourteaux, coques et graines de coton pour semence.

V.2.3. Chiffre d'affaires de l'industrie de filature, de tissage et d'ennoblissement

Le calcul des ventes de cette industrie tiendra compte des prix de ventes unitaires de filés, d'écrus et de pagnes.

Les prix de ventes unitaires varient suivant que les produits sont exportés ou cédés à l'industrie locale. D'après le « plan de restructuration de la filière textile-coton » il est prévu le système de prix suivant :

Tableau 19 : Prix unitaires de fils et tissus, en FCFA/Unité

PRODUITS

PRIX UNITAIRES

UNITES

FILES

 
 

CESSION CICAM

1 143

FCFA/KG

VENTE EXPORT

1 507

FCFA/KG

ECRUS

 
 

CESSION CICAM

414

FCFA/M

VENTE EXPORT

668

FCFA/M

VENTE LOCAL

1 051

FCFA/M

TISSUS

 
 

EPONGES

4 992

FCFA/KG

TEINTS

1 379

FCFA/M

PAGNES

 
 

FANCIES

885

FCFA/M

WAX

2 797

FCFA/M

Source : CICAM, nos calculs

Ces prix unitaires permettent d'estimer, pour chaque produit, ses ventes et finalement le chiffre d'affaires de l'industrie de filature et de tissage.

V.3. Hypothèses sur les valeurs ajoutées

Les taux de valeurs ajoutées33(*) pour chaque composante de la filière permettent d'estimer cet aspect.

V.3.1. Culture du coton

Pour la branche culture du coton, la valeur ajoutée a représenté entre 69% et 82% des ventes de coton graines au cours de la période 1992-2003. Au cours des cinq dernières années, ce taux s'est presque stabilisé au tour de 70%, taux considéré dans nos projections.

V.3.2. SODECOTON

Pour le cas de la SODECOTON, nous avons noté au chapitre 2 qu'en 1998, le chiffre d'affaires de 84 718 millions de FCFA, correspondait à une valeur ajoutée de 30 439,1 millions de FCFA. Il en ressort que le taux de valeur ajoutée pour cette année est de 35,93%, taux pris en compte pour l'analyse prospective.

V.3.3. Industrie de filature, tissage et ennoblissement

Dans la période 1998-2003, la valeur ajoutée de la CICAM a représentée entre 21,5% et 29,3% de la production de l'entreprise, avec une tendance à la hausse. Nous prendrons comme hypothèse le taux de 25,45% qui représente la moyenne sur cette période.

V.4. Hypothèses sur les revenus distribués

Par hypothèse, les revenus distribués sont proportionnels à la production. Le problème ne se pose pas pour la branche agricole de la filière. Car le montant des ventes de coton graines correspond aux revenus bruts perçus par les paysans. Les revenus nets après déduction des charges (intrants agricoles, etc.) correspondent à la valeur ajoutée.

Pour la SODECOTON, en 1998 les salaires versés étaient de à 6 125,8 millions de FCFA pour une production de 84 718 millions de FCFA. D'où un taux de salaire de 7,23%. Nous supposons que ce taux restera le même au cour des prochaines années.

Pour la « branche filature et tissage », dans la période 1998-2003, les salaires versés étaient égaux à 3 924,8 millions de FCFA en moyenne annuelle pour une production moyenne de 19 648,8 par an. Ce qui correspond à un taux de salaire de 19,97%. Ce taux sera utilisé pour estimer les revenus à distribuer au cours des prochaines années.

V.5. Hypothèses sur les emplois créés

V.5.1. Emplois créés par la branche agricole

Pour l'estimation du nombre de cultivateurs intervenants dans la culture du coton, la surface moyenne cultivable par paysan sur les cinq dernières années est supposée constante. D'où la surface à cultiver par paysan est évaluée en moyenne à 0, 5426 ha.

V.5.2. Emplois créés par la SODECOTON

En 2003, le chiffre d'affaires est évalué à 100 359 millions de FCFA pour 3 306 travai1leurs dont 1 489 permanents et 1 817 temporaires. Ce qui donne des ratios de 67,4 millions par employé permanent et 55,2 par temporaire.

V.5.3. Emplois entretenus par la branche filature et tissage

Entre 1999 et 2003, chaque employé a transformé en moyenne entre 2,21 tonnes et 3,04 tonnes par an, donnant ainsi une moyenne de 2,82 tonnes de fibres par an dans la période. En considérant que cette moyenne sera réalisée au cours des années 0 à 5, l'on peut estimer le nombre d'emplois à entretenir par la branche.

CHAPITRE 6 : RESULTATS DES PROJECTIONS A MOYEN TERME

Ce chapitre présente et analyse les résultats obtenus en exploitant la méthodologie présentée au chapitre précédent.

VI.1. Evolution prévisionnelle des surfaces cultivables

Pour atteindre l'objectif d'un accroissement de 60% de la production de la fibre, l'extension de la zone de culture s'impose comme une condition nécessaire. Le tableau ci-dessous donne les estimations de surfaces à prévoir pour la culture de coton.

Tableau 20 : Surfaces cultivables et productions

 

ANNEE 0

ANNEE 1

ANNEE 2

ANNEE 3

ANNEE 4

ANNEE 5

 

 

 

 

 

 

 

Surfaces cultivées (ha)

208 333

211 262

215 506

220 964

227 571

235 294

Taux de croissance

 

1,41%

2,01%

2,53%

2,99%

3,39%

rendement coton graine

1,2

1,3

1,4

1,5

1,6

1,7

Sources : SODECOTON, nos prévisions

Au cours des cinq prochaines années il faudra étendre de 26 961 ha la surface cultivable, soit un accroissement moyen relatif de 2,46 % /an par rapport à l'année 0.

Graphique 24 : Evolution prévisionnelle des surfaces cultivables

Source : SODECOTON, nos prévisions

VI.2. Evolution prévisionnelle et prospective de la production de la filière

Avec l'extension des surfaces cultivables et l'amélioration du rendement du coton graine, la production de la filière connaîtra une augmentation assez considérable.

VI.2.1. Production de coton graine et coton fibre

La production de coton graine passera de 250 000 tonnes à 400 000 tonnes soit une croissance globale de 150 000 tonnes en cinq ans correspondant à un accroissement relatif moyen annuel de 9,86%.

Parallèlement, la production de fibre passera de 100 000 tonnes à 160 000 tonnes, pour un surplus net de production de fibre de 60 000 tonnes en cinq ans. Comme l'indique le graphique ci-dessous.

Graphique 25 : Evolution prévisible de la production de coton

Source : SODECOTON, et nos estimations

VI.2.2. Sous produits de coton

La production de graine de coton connaîtra un accroissement de 84 000 tonnes en cinq ans, ainsi que les différents produits découlant de sa transformation comme l'indique le tableau ci-dessous :

Tableau 21 : Production de coton et de ses sous-produits en tonnes

PERIODES

PRODUITS

Année 0

Année 1

Année 2

Année 3

Année 4

Année 5

croissance sur 5 ans

 

 

 

 

 

 

 

 

Coton graine

250 000

274 640

301 709

331 445

364 113

400 000

150 000

Fibre

100 000

109 856

120 684

132 578

145 645

160 000

60 000

Graine de coton

140 000

153 798

168 957

185 609

203 903

224 000

84 000

Huile de coton*

252 000

276 837

304 122

334 097

367 026

403 200

151 200

Semences

5 600

6 152

6 758

7 424

8 156

8 960

3 360

Tourteaux

56 000

61 519

67 583

74 244

81 561

89 600

33 600

Coques

35 000

38 450

42 239

46 402

50 976

56 000

21 000

Linters

5 600

6 152

6 758

7 424

8 156

8 960

3 360

Source : SODECOTON, et nos analyses

* la production d'huile est donnée en hectolitres

La production d'huile de coton, estimée à 252 000 hl à l'année 0, passera à 403 000 hl à l'année 5, soit une augmentation de production de 151 000 hl.

Quant à la production de tourteaux elle atteindra 89 600 tonnes à l'année 5 contre 56 000 tonnes à l'année 0. Alors qu'en ce qui concerne les coques, la production de 35 000 tonnes à l'année 0 passera à 56 000 tonnes à l'année 5.

VI.2.3. Production prévisionnelle de fils et tissus

La production de l'industrie de filature, à la faveur d'un taux de transformation de fibre locale plus accrue, et d'une augmentation de la production locale de fibre, sera multipliée par environ 8, entre l'année 0 et l'année 5.

Tableau 22 : Production prévisionnelle de filés, tissus et pagnes

ANNEES

PRODUITS

0

1

2

3

4

5

Filés (tonnes)

650

976

1 464

2 198

3 299

4 952

Ecrus (km)

12 557

18 848

28 291

42 465

63 739

95 672

tissus teints (km)

1 793

2 691

4 038

6 062

9 099

13 657

tissus éponge (tonnes)

300

450

676

1 015

1 523

2 286

pagnes FANCIES (km)

190

285

428

643

964

1 448

pagnes WAX (km)

6 116

9 180

13 779

20 683

31 045

46 598

Source : CICAM, et nos estimations

Une partie de cette production sera exportée : 46% et 30% de la production locale de filés et d'écrus respectivement.

VI.3. Evolution prévisionnelle et prospective du chiffre d'affaires et de la valeur ajoutée

L'augmentation de la production de la filière aura pour effet un accroissement de son chiffre d'affaires et de sa valeur ajoutée. Les résultats se présentent comme suit pour les différentes branches de la filière.

Tableau 23 : Chiffre d'affaires et valeur ajoutée prévisionnels de la filière textile-coton, en millions de FCFA

BRANCHES

ANNEE 0

ANNEE 1

ANNEE 2

ANNEE 3

ANNEE 4

ANNEE 5

CULTURE DU COTON

 
 
 
 
 
 

Chiffre d'affaires

46 250

52 465

59 514

67 511

76 582

86 872

Valeur Ajoutée

32 210

36 538

41 448

47 017

53 334

60 501

EGRENAGE ET HUILERIE

 
 
 
 
 
 

Chiffre d'affaires

94 495

103 758

113 908

125 021

137 171

150 434

Valeur Ajoutée

33 952

37 280

40 927

44 920

49 286

54 051

FILATURE ET TISSAGE

 
 
 
 
 
 

Chiffre d'affaires

28 456

42 712

64 111

96 230

144 441

216 806

Valeur Ajoutée

7 242

10 871

16 317

24 492

36 762

55 180

TOTAL FILIERE

 
 
 
 
 
 

Chiffre d'affaires

169 201

198 934

237 533

288 762

358 195

454 112

Valeur Ajoutée

73 404

84 689

98 692

116 428

139 382

169 731

Source : SODECOTON, CICAM et nos estimations

Entre l'année 0 et l'année 5, le chiffre d'affaire de la filière triplera presque pour atteindre selon les prévisions 454 milliards de FCFA, dont près de la moitié proviendra de l'industrie de filature et tissage et le tiers de la SODECOTON.

Dans le même temps, la valeur ajoutée passera de 73,4 milliards de FCFA à près de 170 milliards de FCFA soit une évolution moyenne de 18,25 % trois à quatre fois supérieure à celle du PIB du Cameroun. Ainsi à l'année 5 la contribution de la filière au PIB sera près de deux34(*) fois supérieure à sa contribution actuelle.

Au sein de la filière, la contribution de la branche agricole à la valeur ajoutée de la filière sera plus importante et atteindra 36% contre 33% et 32% pour l'industrie d'égrenage et celle de la filature et du tissage respectivement.

VI.4. Evolution des revenus et de l'emploi

Les revenus et les emplois générés par la filière sont présentés dans le tableau ci-contre.

Tableau 24 : Estimation des revenus (en millions de FCFA) et volume d'emplois prévus

BRANCHES

ANNEE 0

ANNEE 1

ANNEE 2

ANNEE 3

ANNEE 4

ANNEE 5

CULTURE DU COTON

 
 
 
 
 
 

Revenus

32 210

36 538

41 448

47 017

53 334

60 501

Nombre d'emplois

383 940

389 337

397 159

407 216

419 392

433 626

EGRENAGE ET HUILERIE

 
 
 
 
 
 

Revenus

2 455

2 696

2 959

3 248

3 564

3 908

Nombre d'emplois

3 113

3 418

3 752

4 118

4 519

4 956

FILATURE ET TISSAGE

 
 
 
 
 
 

Revenus

1 447

2 171

3 259

4 892

7 343

11 022

Nombre d'emplois

1 488

2 234

3 353

5 033

7 554

11 339

TOTAL FILIERE

 
 
 
 
 
 

Revenus

36 112

41 405

47 666

55 157

64 241

75 431

Nombre d'emplois

388 541

394 988

404 264

416 368

431 465

449 921

Source : SODECOTON, CICAM, nos estimations

Les revenus générés par la filière vont presque doubler entre l'année 0 et l'année 5, passant ainsi de 36,1 milliards à 75, 4 milliards de FCFA. L'évolution sera plus marquante pour l'industrie de filature et de tissage où la masse salariale sera pratiquement octuplée. Ceci est imputable à l'effet multiplicateur de même grandeur du coton fibre transformé. Le nombre d'emploi augmentera dans les mêmes proportions.

Le revenu moyen par paysan connaîtra une augmentation sensible et le revenu global sera presque doublé du fait de l'amélioration du rendement moyen de coton graine à l'hectare et l'extension des surfaces cultivées.

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

Si la mise en oeuvre des stratégies retenues après les indépendances a permis de mettre en place une base industrielle importante, et d'assurer une croissance élevée de l'économie tout en prenant en charge les besoins essentiel des populations, l'économie est caractérisée à la fin des années 80 par une récession très marquée.

Les principaux indicateurs macro et micro économiques se sont fortement inscrits en baisse, entraînant une baisse généralisée de l'activité économique et une accentuation de la pauvreté.

Après l'application d'une série de mesures d'ajustements structurels, le pays a renoué avec une croissance précaire, car essentiellement fondée sur la demande extérieure, le secteur industriel encore embryonnaire, n'ayant pas connu de mutation à la hauteur du discours politique.

Le projet de restructuration de certaines filières susceptibles d'impulser l'économie nationale traduirait la volonté politique de privilégier l'industrialisation du pays comme moteur de la croissance.

Cette étude, portant sur la filière textile coton camerounaise a permis de relever son importance dans le système socio-économique du pays et également de noter ses problèmes et sa difficulté à soutenir l'économie. Il en ressort que la filière n'a pas tenu le rôle que l'on attendait d'elle.

Pour que la filière tienne son rôle de moteur de la croissance économique, les nouveaux objectifs, qui consistent à réduire la dépendance de la filière par rapport à l'extérieur et favoriser la transformation locale de coton fibre, ont été fixés. Ces objectifs prévoient une augmentation de la production de coton fibre de 60% et un taux de transformation locale de 20%.

Pour parvenir à un développement harmonieux de la filière, capable de soutenir et d'impulser l'économie camerounaise, les pouvoirs publics sont appelés, en concert avec les différents acteurs de la filière à prendre un certains nombre de mesures.

· l'assistance technique des producteurs de coton,

· l'octroi de crédits aux planteurs dans le but d'améliorer le rendement de production du coton graine,

· la lutte contre les importations frauduleuses de matières textiles,

· la réduction des importations de friperie,

· l'accès, pour l'industrie de filature et de tissage, à un coût compétitif et préférentiel au coton fibre,

· la promotion du label « Coton du Cameroun » au travers d'une politique active d'information, de promotion, de marketing, d'incitation,

Par ailleurs, la CICAM est appelée à redéfinir son projet d'entreprise au sein de la filière textile camerounaise. Ce projet passe nécessairement par :

· une modernisation des outils de production et du système d'information,

· une amélioration des performances marketing et commerciales

· des aménagements structurels touchant aux conditions d'approvisionnements en matières premières.

· un renouvellement de l'offre de produits fréquemment, l'innovation et la création de nouveaux produits

· l'amélioration de la qualité, de l'appareil de production notamment aux standards internationaux

· le renforcement et l'extension des réseaux de ventes

· la mise en place des outils de production optimisés par rapport aux produits

· l'association des grands acteurs de la distribution de produits textiles à la démarche de relance du secteur de la transformation

Par ailleurs, la CICAM est appelée à redéfinir son projet d'entreprise au sein de la filière textile camerounaise. Ce projet passe nécessairement par :

· une modernisation des outils de production et du système d'information,

· une amélioration des performances marketing et commerciales,

· des aménagements structurels touchant aux conditions d'approvisionnements en matières premières,

· un renouvellement de l'offre de produits fréquemment, l'innovation et la création de nouveaux produits,

· l'amélioration de la qualité, de l'appareil de production notamment aux standards internationaux,

· le renforcement et l'extension des réseaux de ventes,

· la mise en place des outils de production optimisés par rapport aux produits,

· l'association des grands acteurs de la distribution de produits textiles à la démarche de relance du secteur de la transformation.

BIBLIOGRAPHIE

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ANNEXES

TABLE DES MATIERES

DEDICACES I

REMERCIEMENTS II

AVANT PROPOS III

RESUME IV

SOMMAIRE VII

LISTE DES TABLEAUX IX

LISTE DES SCHEMAS X

LISTE DES ABREVIATIONS XI

INTRODUCTION GENERALE 1

CHAPITRE PRELIMINAIRE : CADRE GENERAL DE L'ETUDE 3

0.1. Aperçu sur le Cameroun 3

0.2. Contexte socio-économique 4

1965-1985 : Forte croissance fondée sur l'agriculture 4

1986-1994 : Forte dégradation de l'économie 5

1994-2003 : Reprise de la croissance fondée sur la demande 5

0.3. Problématique et objectifs 5

a) Problématique 5

b) Justification et base d'appui. 6

0.4. Méthodologie de l'étude 8

a) Cadre de l'étude 8

b) Collecte des données 8

c) Différents axes de l'étude 9

PARTIE I : DIAGNOSTIC DE LA FILIERE TEXTILE-COTON CAMEROUNAISE 10

CHAPITRE 1 : FILIERE TEXTILE-COTON : STRUCTURE ET CONTEXTE MONDIAL 11

I.1. Structure de la filière textile-coton 11

I.1.1. Culture de coton et production de coton graine 11

I.1.2. Egrenage du coton 12

I.1.3. Filature, tissage et ennoblissement 13

I.1.4. Confection, bonneterie et distribution 13

I.2. Filière coton : contexte international 14

I.2.1. Production des fibres textiles 14

I.2.2. Production de coton 15

I.2.2.1. Production mondiale et principaux producteurs 15

I.2.2.2. Production en Afrique du Centre et de l'Ouest (AOC) 16

I.2.3. Marché mondial du coton 16

I.2.3.1. Exportations mondiales 16

I.2.3.2. Exportations de l'Afrique de l'Ouest et du Centre 17

I.2.4. Sous-produits du coton 18

I.2.4.1. La graine de coton 18

I.2.4.2. L'huile de coton raffinée 18

I.2.4.1. Les tourteaux de coton 19

CHAPITRE 2 : PERFORMANCES DE LA FILIERE TEXTILE-COTON CAMEROUNAISE 20

II.1. Analyse des performances économiques 20

II.1.1. Activité agricole 20

II.1.1.1. Estimation de la production de coton graine 20

II.1.1.2. Estimation de la valeur ajoutée issue de la production du coton graine 21

II.1.2. Activité d'égrenage 23

II.1.2.1. Production de coton fibre 23

II.1.2.2. Production d'huile et de tourteaux 24

II.1.2.2. Valeur ajoutée de la SODECOTON 25

II.1.2.3. Commerce extérieur et apport en devises 25

a) Exportations 25

b) Importations 27

c) Balance commerciale et apport en devises 28

II.1.3. Activité de filature, de tissage et d'ennoblissement 29

II.1.3.1. Production et valeur ajoutée 29

a) Achat de coton fibre 29

b) Chiffre d'affaires et valeur ajoutée 30

II.1.3.2. Exportations et balance commerciale 31

II.1.3.3. Contribution au budget de l'Etat 33

II.1.3.4. Intégration dans l'économie nationale 33

II.1.4. Confection et bonneterie 34

II.1.5. Intégration de la filière à l'économie nationale 36

II.2. Analyse des performances sociales 36

II.2.1. Contribution de la production agricole du coton graine au développement social 37

II.2.1.1. La création d'emplois 37

II.2.1.2. Estimation des revenus issus de l'activité agricole 38

II.2.2. Contribution de la SODECOTON au développement social 39

II.2.2.1. Création d'emplois 39

II.2.2.2. Distribution des revenus 39

II.2.2.3. Autres impacts sociaux 40

II.2.3. Contribution de la CICAM au développement social 40

II.2.3.1. Emploi et formation 40

II.2.3.2. Distribution de revenu 41

II.2.3.3. Politique sociale de la CICAM 42

II.2.4. Contribution de la branche confection au développement social 43

II.3. Récapitulatif partiel 43

CHAPITRE 3 : PRIX ET CONCURRENCE 44

III.1. Prix 44

III.1.1. Prix mondiaux de coton 44

III.1.2. Politique des prix en Afrique de l'Ouest et du Centre 45

III.1.3. Prix locaux 46

III.1.3.1. Prix aux producteurs 46

III.1.3.2. Prix de cession à l'industrie locale 47

III.2. Environnement concurrentiel 48

III.2.1. Commerce informel de coton graine 48

III.2.1.1. Estimation du volume 48

III.2.1.2. Causes de ce commerce 48

III.2.1.3. Impacts de ce commerce 49

III.2.2. Importations de matières textiles 50

III.2.2.1. Importations de fibres textiles 50

III.2.2.2. Importations de fils et tissus 51

III.2.2.3. Marché des autres ouvrages en matières textiles : prédominance de la friperie 52

III.2.2.4. Marché national et sous régional du textile 54

a) Déterminants du marché 54

b) Stratégies utilisées par la concurrence 54

c) Contrebande et fraude 55

III.3. Subventions 55

III.4. Récapitulatif partiel 57

PARTIE II : PERSPECTIVES D'EVOLUTION DE LA FILIERE TEXTILE-COTON CAMEROUNAISE 58

CHAPITRE 4 : ATOUTS DE LA FILIERE TEXTILE-COTON CAMEROUNAISE 59

IV.1. Cadre institutionnel et environnement économique 59

IV.2. Accords AGOA 60

IV.3. Barrières tarifaires et non tarifaires 61

IV.4. Protocole général de Libreville de 1992 62

CHAPITRE 5 : HYPOTHESES ET METHODES DE PROJECTIONS 63

V.1. Hypothèses sur les quantités produites 63

V.1.1. Production de fibre 63

V.1.2. Rendements de production de coton graine 64

V.1.3. Surfaces cultivables 64

V.1.4. Production de coton graine 64

V.1.5. Production de graines de coton et de déchets 65

V.1.6. Production d'huiles, de tourteaux et de coques 65

V.1.7. Transformation du fibre 65

V.1.8. Production de l'industrie de filature, tissage et ennoblissement 66

V.2. Hypothèses sur les ventes 67

V.2.1. Ventes de coton graine 67

V.2.2. Chiffre d'affaires de la SODECOTON 67

V.2.2.1. Ventes de fibre 67

V.2.2.2. Ventes d'huiles 68

V.2.2.3. Gains sur les tourteaux 68

V.2.2.4. Gains sur les coques 68

V.2.2.5. Gains sur les graines pour semences 68

V.2.2.6. Récapitulatif 68

V.2.3. Chiffre d'affaires de l'industrie de filature, de tissage et d'ennoblissement 69

V.3. Hypothèses sur les valeurs ajoutées 70

V.3.1. Culture du coton 70

V.3.2. SODECOTON 70

V.3.3. Industrie de filature, tissage et ennoblissement 70

V.4. Hypothèses sur les revenus distribués 70

V.5. Hypothèses sur les emplois créés 71

V.5.1. Emplois créés par la branche agricole 71

V.5.2. Emplois créés par la SODECOTON 71

V.5.3. Emplois entretenus par la branche filature et tissage 71

CHAPITRE 6 : RESULTATS DES PROJECTIONS A MOYEN TERME 72

VI.1. Evolution prévisionnelle des surfaces cultivables 72

VI.2. Evolution prévisionnelle et prospective de la production de la filière 73

VI.2.1. Production de coton graine et coton fibre 73

VI.2.2. Sous produits de coton 74

VI.2.3. Production prévisionnelle de fils et tissus 74

VI.3. Evolution prévisionnelle et prospective du chiffre d'affaires et de la valeur ajoutée 75

VI.4. Evolution des revenus et de l'emploi 76

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS 78

BIBLIOGRAPHIE 81

ANNEXES 84

TABLE DES MATIERES 85

* 1 IDH, Indice de Développement Humain

* 2 Le CIRAD est un organisme français de recherche agronomique au service du développement durable des pays tropicaux et subtropicaux

* 3 Holding agro-industriel au capital principalement public, fondée en 1949 sous la dénomination CFDT (Compagnie Française de Développement des Fibres textiles), rebaptisé DAGRIS en 2001

* 4 La zone de culture se situe entre les 8° et 11° da latitude Nord et le 13° et 15° de longitude Est ; zone frontalière au Nigeria à l'Ouest et au Tchad à l'Est

* 5 La valeur ajoutée a été estimée en extrayant de la production (total des revenus perçus) le montant total des charges intermédiaires. Les charges sont composées ici des intrants agricoles utilisés et d'autres facteurs de production

* 6 Moyenne annuelle sur la période 1994-2003

* 7 Moyenne annuelle sur la période 1994-2003

* 8 Il s'agit ici de la « valeur ajoutée recensée » = Ventes totales et recettes - Coût total des intrants + Variation des stocks + TCA nette.

* 9 Données de l'année 2003, en quantités

* 10 Les tissus de coton représentent en effet 93,3% des exportations de la CICAM sur la période 1997-2004

* 11 Le taux d'intégration des activités de la CICAM dans l'économie nationale représente ici le rapport entre les consommations intermédiaires locales et le Chiffre d'Affaires sur une période donnée.

* 12 L'industrie locale qui produisait des tissus mail et polyester

* 13 Les charges sont constituées ici par les remboursements des intrants agricoles à la SODECOTON

* 14 Les estimations sont faites sur la base des données du premier trimestre 2004, nous avons supposé que les salaires seront constants au cours de l'année et que le travail temporaire s'étalera sur six mois.

* 15 CICAM, Projet DYRRICOTON, relatif à la restructuration de la filière coton/textile, réalisée par la Société DYRRIS ADVISERS LTD, juin 2004, page 12

* 16 Non comprise, la branche « confection et bonneterie ».

* 17 L'indicateur de prix mondial le plus couramment utilisé est l'indice A de Cotloook (Cotlook est une agence d'informations spécialisée basée au Royaume Uni à Liverpool). Cet indice, exprimé en U.S. cents/livre est la moyenne des cinq cotations spot les plus basses parmi un ensemble de cotations représentatives d'origines très diversifiées, rapportées au stade CAF Nord-Europe

* 18 Les prix intérieurs sont les prix à la production du coton graine exprimés en équivalent coton fibre

* 19 Voir Annexe pour les détails sur la formule de calcul du prix de vente local de la fibre.

* 20 SODECOTON, Note semestrielle d'information, exercice 93/94.

* 21 Dans la période, le Naira, était à enrivon 7 FCFA dans le marché parallèle.

* 22 Moyenne calculée sur la période 1997-2003

* 23 Données de l'année 2003 en quantités

* 24 CICAM, rapport d'audit, phase n°1, août 2002, page 117

* 25 CICAM, rapport d'audit, phase n°1, août 2002, page 115

* 26 L'AGOA ne concerne pas uniquement le textile et les vêtements, mais a recensé 6°500 produits.

* 27 Voir annexe pour les détails sur le calcul

* 28 Voir annexe pour la méthode de calcul des surfaces

* 29 Données de l'exercice 2000/2001

* 30 www.dagris.fr

* 31 Nous allons supposer que l'usine d'égrenage fonctionne 8 heures par jour, 6 jours par semaine et 52 semaines l'année ; ce qui fera un total de 2496 heures par année

* 32 www.dagris.fr

* 33 Le taux de valeur ajoutée représente le rapport entre la valeur ajoutée et la production.

* 34 Voir annexe pour les explications concernant ces analyses