![]() |
Un soin ordinaire en milieu extraordinairepar Farid Mellal Institut méditerranéen de formation en soins infirmiers - Infirmier 2014 |
2. Les missions de l'infirmier en prison.Comme l'ensemble des professionnels de santé, les infirmiers répondent à un décret de compétence29(*) qui définit leurs missions de soignants auprès de la population carcérale. Ø Les soins somatiquesLes infirmiers qui exercent en milieu pénitentiaire doivent avoir de bonnes aptitudes techniques et une bonne connaissance des gestes d'urgence. En effet, les infirmiers assurent tous les soins prescrits lors des consultations médicales, suivent quotidiennement des patients particulièrement à risque (diabétiques, toxicomanes, grévistes de la faim...), répondent à toutes les demandes de soins formulées par les détenus au cours de la journée et assurent les urgences, en collaboration avec le médecin, ou seuls, en dehors des heures de consultations médicales. Dans ce cas c'est le médecin régulateur du SAMU qui prend la relève si l'infirmier en a besoin. Si la prise en charge est impossible à effectuer à l'UCSA, c'est-à-dire si elle nécessite une surveillance constante ou une hospitalisation, l'UCSA est obligée de passer le relais à l'hôpital. Ø L'infirmier au coeur de la relation. Le soin en milieu carcéral nécessite d'être accompagné de l'écoute et du soutien au patient. Savoir écouter pour mieux comprendre favorise la relation de confiance indispensable dans le soin. Comme me l'ont soulignés les professionnels, le fait de prendre le temps d'écouter, c'est déjà traiter en partie les symptômes. Dans certains cas, l'écoute permet d'éviter le recours à un traitement médicamenteux. Il appartient cependant à l'infirmier de bien connaître ses limites, de se protéger de ses propres affects et de garder suffisamment de distance, afin que la relation soignant soigné reste saine et efficace. Les infirmiers en prison sont amenés à effectuer des entretiens d'aide. Cela leur permet notamment de repérer les patients les plus fragiles, les crises suicidaires. Ø Accueillir le détenu. L'infirmier a un rôle très important dans l'accueil des détenus arrivants. L'incarcération fait souvent suite à une garde-à-vue parfois longue (de 24 à 96 h). Ce premier contact permet de présenter le service, d'établir une relation de confiance et d'expliquer les missions de l'infirmerie. J'ai pu voir en stage que l'arrivée en détention est mal vécue par beaucoup de détenus qui s'effondrent psychologiquement. Certains n'ont plus aucun contact avec l'extérieur, divorcent, d'autres doivent faire face à la cohabitation avec d'autres détenus, aux règlements strictes qu'impose le milieu. Les infirmiers doivent être conscients de cela et permettre aux patients de pouvoir « souffler » lors de leur venue au sein de l'unité de soin. Ø Dispenser des traitements. Comme dans tout service de soin, l'IDE distribue les traitements. Cela fait partie de son rôle prescrit. Les traitements sont quotidiennement dispensés au sein du stage que j'ai effectué. Cette distribution se fait en binôme avec un surveillant dans les étages. C'est l'occasion d'observer les patients dans leurs lieux de vie, de recueillir également des doléances, s'assurer de l'état d'hygiène des détenus. Les patients les plus fragiles viennent à l'infirmerie récupérer leurs traitements. L'une des missions de l'UCSA est d'assurer auprès des personnes détenues, hommes, femmes, mineurs, des actions de prévention, d'information et d'éducation à la santé. * 29 Décret 2004-802 du 29 juillet 2004, relatif aux parties IV et V (dispositions réglementaires) du code de la santé publique et modifiant certaines dispositions de ce code, paru au journal officiel n°183 du 9 août 2004. |
|