1. Les jeux d'argent légalisés
Des addictions aux enjeux multiformes que suscitent les jeux
d'argent, L'État camerounais depuis l'année 1970 a
légiféré afin que l'exploitation de ces jeux soit
encadrée et garantisse une certaine cohérence. Ainsi, trois lois
dont : la loi no 70/LF/12 du 9 novembre 1970, abrogée par la
loi no 79/9 du 30 juin 1979 et son décret d'application
no 81/497 du 23 novembre 1981, la loi no 89/026 du 29
décembre 1989 et son décret d'application no 92/050/PM du 17
février 1992 sont intervenues pour règlementer la pratique des
jeux où l'argent est présent. Deux catégories sont ainsi
définies : les jeux de divertissement et les « jeux de hasard
», donc les jeux d'argent. Jusqu'à la loi de 1989, seuls les jeux
de divertissement étaient licites, tandis que la pratique des «
jeux de hasard » restait prohibée, exception faite des casinos, des
loteries et des tombolas restés exclus du champ d'application de cette
loi. Cependant, conformément à la prise en compte des
intérêts touristiques et économiques, le décret de
1992 va aboutir à la libéralisation des « jeux de hasard
». C'est dans cette veine que l'on retrouve :
1.1. Les casinos et les types de jeux autorisés
Les casinos sont compris comme des cercles ludiques et
touristiques où se pratiquent un certain type de jeux d'argent. Au
Cameroun, l'article 27 de la loi no 92/050/PM du 17 février
1992 définit le casino comme un établissement pouvant comporter
trois activités distinctes à savoir : le spectacle, la
restauration et le jeu. La plupart des métropoles camerounaises abritent
un grand nombre de casinos y compris la ville de Yaoundé ; capitale
politique. Pourtant, seuls sept bénéficient d'un contrat de
concession et sont officiellement reconnus. Parmi ceux-ci, on compte deux dans
la ville : il s'agit du casino « El Blanco » situé au Hilton
Hôtel et du casino « Golden city » au Mérina
Hôtel, selon les informations obtenues au service des jeux du MINATD.
Dans ces établissements possédant plus de quinze machines
à sous, la pratique des jeux n'est possible qu'en argent comptant, plus
précisément à l'aide de jetons ou de plaques fournis par
le casino qui dispose d'un bureau de change acceptant toutes les devises. Au
casino, sont pratiqués les jeux suivants :
a) Les « machines à sous ». Ce sont des
appareils électroniques qui procurent un gain numéraire ; le
poker en constitue le principal jeu. Ces appareils sont composés
d'éléments indispensables tels qu'une entrée de
pièces, un système d'affichage du jeu, un moteur aléatoire
et d'un bac à pièces (sortie d'argent).
27
b) Les jeux de « contrepartie ». Ce sont des jeux
de cartes numéraires où les joueurs sont disposés sur deux
tableaux et peuvent miser indifféremment sur l'un ou sur l'autre
tableau. Dans le même temps, le banquier joue contre les deux tableaux et
prend une troisième carte en fonction d'un tableau de tirage. Parmi ces
jeux, on distingue : la boule vingt-trois, la roulette américaine, la
roulette anglaise, le trente et quarante, le black jack, le craps et le Punto
banco.
c) Les jeux de « cercle ». Ce sont aussi des jeux
de cartes qui donnent la possibilité au joueur de pouvoir doubler
systématiquement sa mise. Parmi ces jeux, on a : le baccara, le chemin
de fer, la banque ouverte et l'écarté.
Dans ces jeux, les joueurs ont une certaine marge de
liberté en ce sens qu'ils peuvent s'associer dans une main (mise minimum
demandée à deux associés), racheter une main (passer quand
le banquier décide d'arrêter de miser et d'encaisser ses gains) ou
jouer debout sans participer directement à la partie. Loin d'être
exhaustive, la liste des jeux sus-énumérés ne constitue
qu'une partie de tout ce que l'on peut rencontrer dans un casino. Certains
types de jeux rentrant dans la catégorie des jeux en ligne sont aussi
présents.
|