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Assainissement urbain par l'approche « pollueur payeur » au quartier Matonge, dans la commune de Kalamu à Kinshasa, RDC


par Augustin Muzumbi Mukamba
Institut facultaire de développement  - Licence 2008
Dans la categorie: Droit et Sciences Politiques > Droit de l'Environnement
   
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REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

MINISTERE DE L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR, UNIVERSITAIRE ET RECHERCHE SCIENTIFIQUE

ARCHIDIOCESE DE KINSHASA

INSTITUT FACULTAIRE DE DEVELOPPEMENT

IFAD

B.P. 1800

KINSHASA 1.

Assainissement urbain par l'approche « pollueur payeur » au Quartier Matonge, dans la Commune de Kalamu

Augustin MUZUMBI MUKAMBA

Mémoire présenté et défendu en vue de l'obtention du titre de Licencié en Sciences et Techniques de Développement

Département : Gestion et Administration des Projets

Directeur  : Professeur BINZANGI KAMALANDUA

Rapporteur  : Assistant Jean-Marie BAAFO

Année Académique 2007-2008

INTRODUCTION GENERALE

0.1. Problématique

Au seuil du troisième millénaire, l'humanité entière devrait intérioriser le fait suivant : « Une révolution tranquille engagée dans les années 1990 a mis progressivement la rationalité écologique au premier rang des préoccupations de la politique économique. Car l'homme doit savoir qu'il existe un lien fondamental étroit qui peut d'ailleurs être positif entre le développement et l'environnement » (A. STEER, 1996).

En outre, l'on doit aussi intérioriser le fait que le développement et l'économie dépendent entre autres de la qualité de l'environnement où se réalisent des processus écologiques. Malheureusement, ce n'est pas encore globalement le cas pour les hommes. Ainsi, est apparu un conflit entre l'homme et l'environnement, en d'autres termes des problèmes. Cela étant, aujourd'hui, la solution des problèmes de l'environnement peut se résumer par le recul de toutes les formes de pollution, dont la pauvreté. La croissance doit être humanisée et guidée par un système de prix qui prenne en compte la qualité de l'environnement.

Il n'est pas inutile de faire remarquer que les problèmes environnementaux ignorent les frontières, et une collaboration mondiale ou régionale doit parfois compléter les initiatives nationales ou locales. Plus grave, la plupart de problèmes d'environnement continuent de s'aggraver et, dans bien de pays, il n'y a guère de raisons de se montrer optimiste. Néanmoins, une certaine prise de conscience débouche de plus en plus souvent sur l'action. Comme l'avait déjà fait remarquer A. STEER (1996), une centaine de pays disposent maintenant de leur propre stratégie d'environnement, et des signes tangibles d'une nouvelle approche des problèmes d'environnement sont perceptibles dans une cinquantaine d'entre eux.

Dans le vaisseau spatial Terre, l'urbanisation et l'avènement des sociétés industrielles et de consommation ont conduit à la production massive de déchets qui, faute d'être traités, engendrent des nuisances, de la pollution et diverses maladies.

Sous certains cieux, l'urbanisation est voulue, souhaitée, planifiée et programmée, tout en tenant compte des problèmes d'assainissement dans le temps et dans l'espace, qui signifie, selon LAJARTRE et COUTURIER (2005-2006), que c'est le pollueur qui doit, en principe, assumer le coût de la pollution, dans le souci de l'intérêt public et fausser le jeu de commerce international et de l'investissement.

En Afrique, l'urbanisation rapide et sauvage a causé la détérioration de l'environnement dans tous ses grands compartiments, et cause des problèmes les plus inquiétants dans le monde urbain. C'est là que réside le problème de gestion de déchets ménagers et industriels. Car le principe « Pollueur - payeur », défini par la loi française dite Barnier (cfr. Article L.110-1, II, 30 du code de l'environnement selon laquelle les frais résultant des mesures de prévention, de réduction de la pollution et de lutte contre celle - ci doivent être supportés par le pollueur), n'est pas d'application. Les citadins africains sont encore, en majorité, enfermés dans la culture du « prêt à jeter ».

En République Démocratique du Congo, dans la Ville-province de Kinshasa en général et dans le quartier Matonge en particulier, le principe « pollueur - payeur » n'est pas d'application et n'est peut-être pas connu. Cet état de choses est essentiellement dû à des problèmes de politique locale.

Corrélativement à ce qui précède (l'ignorance du principe pollueur - payeur), la population, au lieu de gérer les déchets ménagers, elle les jette tout simplement, n'importe où. Il en découle ce que BINZANGI (2007) appelle « poubellisation » de la Ville de Kinshasa.

La poubellisation n'est qu'une conséquence de la négligence et du laisser-aller de la part des autorités nationales, provinciales, locales et celles du quartier Matonge, qui devraient chercher par tous les moyens de réglementer la gestion de déchets et ordures ménagers, depuis leurs émissions, jusqu'à tomber sous le coup des écotaxes.

En effet, si la population de Matonge subissait le coup des écotaxes, à cause de la pollution liée à la megestion de déchets ménagers dont elle est l'auteur, le quartier recouvrirait sa plus belle robe et sa caisse du trésor disposerait de recettes capables de financer le développement du quartier. Mais pour que cela devienne une réalité, il faut, aux niveaux national, provincial et local, une législation dont l'objectif est la protection de l'environnement ayant pour corollaire mobilisation des recettes publiques servant ainsi l'amélioration des conditions de vie des citoyens.

Pour rendre opérationnel les actes de traitement qui réduisent la pollution à la source, le citoyen doit être impliqué dans tout le processus d'assainissement de son environnement à la fois par l'Education Relative à l'Environnement (ERE) et renforcement des capacités du citoyen en techniques managériales. Car la participation des citoyens améliore grandement les chances de succès d'un programme d'assainissement.

En fait, il ne fait l'ombre d'aucun doute que le développement de la République Démocratique du Congo, de la ville de Kinshasa en général, et du quartier Matonge en particulier, est d'abord une question de changement de mentalité ; car sans ce virage, toutes les actions amorcées seront un coup d'épée dans l'eau ; surtout en ce qui concerne la qualité de l'environnement biophysique qui influe sur la vie et tout ce qui lui est connexe.

Dans ce domaine, l'Hôtel de ville de Kinshasa, l'assemblée provinciale et surtout les ministres provinciaux en charge de l'environnement, des finances et de l'économie devraient suffisamment tourner leurs méninges pour faire de l'environnement un secteur intégrateur de développement de la province.

Photo 0.1 : Abandon sauvage de déchets urbains solides à Kinshasa, sur le site « Tembe na tembe »,
Août, 2008

Dans le même ordre d'idées, la commune de Kalamu, le Bourgmestre, le Conseil communal, les services spécialisés, de concert avec les chefs des quartiers et les citadins doivent jeter un nouveau regard sur les mesures d'hygiène collective qui doivent être restaurées et effectivement mises en pratique, en vue de mobiliser plus de ressources pour la relance de l'économie provinciale.

De ce qui précède, l'assainissement et le développement de la ville province de Kinshasa, en général et du quartier Matonge dans la commune de Kalamu, en particulier, est plus qu'urgent et important.

A vrai dire, la création d'une structure privée d'assainissement urbain par le principe pollueur-payeur est un moyen de garantir le développement du quartier Matonge. Il y a une relation entre l'environnement et le développement. Les deux se soutiennent et se complètent. Mais, alors comment garantir et rendre opérationnel cette relation ? En d'autres termes comment construire le développement urbain à partir de l'assainissement de notre environnement par le principe pollueur payeur ? Ou comment faire de l'assainissement urbain un facteur privilégié de développement durable. Et comment impliquer la population dans ce processus ?

Ces questions ne semblent pas avoir reçues des réponses appropriées dans la littérature en ce qui concerne la RDC. Aussi, constituent-elles la problématique de notre recherche.

0.3. Hypothèses de Travail

L'hypothèse de recherche est définie par RONGERE (1971) cité par MUZUMBI (2003) comme étant : « La proposition des réponses aux questions que l'on se pose à propos du sujet de la recherche formulée, en de termes tels que l'observation et l'analyse puissent fournir une réponse ».

De ce qui précède, nous partons de l'hypothèse selon laquelle la création d'une structure locale privée d'assainissement urbain par l'application du principe « Pollueur - payeur » serait une approche efficace et efficiente pour le développement durable du quartier Matonge. A cet effet, le management participatif serait un mode de gestion approprié pour rendre opérationnelle et effective cette réalité.

0.4. Intérêt de l'étude

Pour que le développement devienne effectif ou réalité, il faut que l'homme procède à la transformation et à l'amélioration de ses espaces et cadres de vie. Le problème d'assainissement nous affecte tous, et nous devons tous participer à sa réalisation effective.

L'homme doit savoir qu'aujourd'hui, les déchets sont des éléments à gérer, mieux à valoriser ; avec les révolutions scientifiques et technologiques, les déchets doivent être relativisés. Ce qui apparaît déchet dans une communauté humaine, peut ne pas l'être chez une autre. Il n'y a pas des véritables déchets, mais des ressources méconnues disent les écologistes chinois. Il faut transformer les utilités négatives en utilités positives, en rendant le nuisible utile, poursuivent - ils. Toutes ces transformations doivent être durables.

L'intérêt de notre étude se fonde sur le fait que la structure que nous nous proposons de mettre en place à Matonge, suscitera une impulsion d'une véritable coopération entre partenaires, c'est-à-dire le pouvoir public et la communauté, engagés dans un contrat de solidarité pour appuyer les efforts communs de ce que ALBERTIT (1990) appelle dans son ouvrage intitulé : « Pas de visa pour les déchets », des « Bâtisseurs d'Avenir ».

Notre structure aura comme mission :

- Intégrer la question des déchets dans le cadre officiel des politiques d'environnement et de développement ;

- Développer le contrôle populaire au sein du quartier Matonge et l'autogestion locale de déchets et leur transformation, si possible.

- Accroître les moyens de dissuasion, de détection et de contrôle des dépotoirs « FULU » clandestins ;

- Mettre en place l'arsenal technique et juridique pour empêcher et punir les contrevenants.

Les résultats et analyses faites dans ce mémoire peuvent permettre à l'homme d'assurer la renouvellabilité et la recyclabilité des ressources qui, à leur tour, peuvent permettre l'habitabilité, la durabilité et la gouvernabilité de l'espace communautaire.

0.5. Délimitation de l'étude

Dans l'espace, le quartier Matonge dans la commune de Kalamu nous servira de cadre de recherche et une période allant de 2008 à 2009, soit deux ans suffira pour apprécier l'opérationnalité de la structure privée d'assainissement urbain.

0.6. Objectifs de l'étude

0.6.1. Objectif global

Notre étude a comme objectif global d'amener la population de Matonge à mobiliser les recettes à partir de l'assainissement de l'environnement urbain par le principe pollueur payeur.

0.6.2. Objectifs spécifiques

Notre étude vise les objectifs spécifiques suivants :

- chercher à connaître si le principe pollueur payeur peut être un moyen de financement des activités économiques pour le développement du quartier Matonge ;

- Montrer l'articulation qui existerait entre l'assainissement urbain par le principe pollueur payeur et la mobilisation des ressources au niveau communal;

- proposer la création d'une structure privée d'assainissement qui applique le principe pollueur payeur dans le quartier Matonge ;

- Définir une politique participative d'assainissement entre le pouvoir public, le secteur privé et la communauté de Matonge ;

- Conscientiser la communauté dans la nouvelle approche d'assainissement, de gestion et de mobilisation des ressources financières.

0.7. Difficultés rencontrées

Il est important de rappeler que, tout au long de nos recherches, nous avons rencontré quelques difficultés, notamment celles liées à la maîtrise de la langue locale dont le lingala, pour faire entendre notre message.

Mais, pour la surmonter, nous avons recouru à nos amis du quartier qui nous ont aidés dans la traduction de certains mots qui nous paraissaient difficiles.

Notre seconde peine fut celle liée à l'accès à la documentation suffisante se rapportant à notre thème de recherche. Mais en dépit de ces difficultés, nous sommes parvenu à rassembler toutes les informations nécessaires pour la réalisation de ce travail.

0.8. Structure du travail

Hormis l'introduction et la conclusion générales, notre étude comprend quatre chapitres. Le premier planche sur le cadre théorique de notre étude. Le deuxième présente le champ d'application et la méthodologie utilisée dans de ce travail. Le troisième présente les résultats d'enquête. Le quatrième concerne l'élaboration du dossier programme de développement.

CHAPITRE I : CONSIDERATIONS GENERALES

Ce chapitre planche sur la définition des concepts de base, la présentation de quelques généralités sur les principes «Pollueur - payeur », de la problématique des déchets à Kinshasa et de la revue de la littérature.

I.1. Définition des Concepts de Base

Pour prévenir tout risque d'interprétation abusive pouvant surgir à l'occasion de la lecture de ce mémoire, il importe de préciser les sens de certains concepts - clés et termes utilisés.

En effet, l'étude titrée» : « Création d'une structure locale privée d'assainissement urbain par l'approche `'Pollueur - payeur » au quartier Matonge, dans la commune de Kalamu» ne peut être bien comprise que grâce notamment à la compréhension de plusieurs concepts de base.

I.1.1 Environnement

Ce concept apparaît à partir des années 1970 comme un patrimoine mondial essentiel à transmettre aux générations futures. Le philosophe HANS JONAS (1979), a exprimé cette préoccupation dans son livre « Le principe responsabilité ». Au deuxième sommet de la Terre, à Rio de Janeiro en 1992, la définition Brundtland, axée prioritairement sur la préservation de l'environnement et la consommation prudente des ressources naturelles non renouvelables, sera modifiée par la définition de « trois piliers » qui doivent être conciliés dans une perspective de développement durable : le progrès économique, la justice sociale et la préservation de l'environnement.

Selon M. MALDAGUE (1997) cité par KASEREKA (2002), le domaine de l'Environnement peut comporter également trois dimensions à savoir : la dimension écologique (interactions dynamiques entre facteurs abiotiques (biotope, climat et sol) ; la dimension humaine, et la dimension culturelle.

D'où, il définit l'environnement comme étant l« Ensemble des milieux d'influences, milieux humains, naturels, économiques, qui agissent sur l'individu à tous les instants de sa vie quotidienne et déterminent en grande partie son comportement dans toutes les dimensions de l'être sociale, intellectuelle, affective, spirituelle et culturelle.

Du point de vue écologique, l'environnement est perçu comme cadre de vie, réservoir des ressources et réceptacle des déchets.

Dans le cadre de ce travail, nous optons pour cette définition de Maldague par le fait qu'elle inclut les composantes culturelles de la population humaine.

L'Environnement urbain : Il est constitué de facteurs abiotiques, facteurs biotiques, Homme, culture et techno sphère.

1.1.2. Déchets

Le déchet est tout résidu d'un processus de production, de transformation ou d'utilisation, toute substance, matériaux, produit ou plus généralement tout bien meuble abandonné ou que son détenteur destine à l'abandon » (2002)(Art. L. 541 - 1 - II), code de l'environnement, (Journal off. 21/09/2000). (Revue Bienvenu au Sénat, France, 2007)

Dans le cas précis de nos recherches, nous nous sommes plus occupé des déchets ménagers.

1.1.2.1. Nature de déchets

Par nature de déchets, on distingue les déchets solides, déchets liquides et les déchets gazeux.

- Déchets solides :

Les déchets solides sont ceux dits pelletables, autrement dit ceux qu'on peut charger moyennant la pelle ( www.google.fr, 2008) ;

- Déchets liquides

Les déchets liquides sont des déchets qui sont pompables, c'est-à-dire que l'on peut aspirer et rejeter avec une pompe ( www.google.fr, 2007) ;

Ils sont constitués de :

- Eau ménagères : eaux de latrines, de caniveaux, d'écoulement, de fossés
bordant les chemins, etc ;

- Eaux industriels : qui sont les eaux des effluents industriels ;

- Eaux pluviales et usées : qui sont les eaux de pluie altérées par des actions physiques et chargées de substance altéragènes ou non, susceptibles de perturber l'anatomie et la physiologie des écosystèmes aquatiques;

. Déchets gazeux

Est déchets gazeux, toute substance gazeuse libérée par l'incinération d'un objet ou par une réaction chimique quelconque qui puisse conduire à une nuisance ou pollution.

- les produits de l'incinération de résidus de bois, rebuts de caoutchouc, fumées de différentes industries ;

- gaz carbonique, oxyde d'azote ammoniac, etc.

1.2.2. Types de déchets

Les déchets sont regroupés en trois grandes catégories, à savoir :

- les déchets agricoles ;

- les déchets ménagers et assimilés ;

- les déchets industriels.

1.2.2.1. Déchets urbains 

On appelle « déchets urbains » tout ce qui doit être jeté quelque part, entassé quelque part ou tout ce dont l'homme doit se débarrasser, provenant des habitations, logements ou des infrastructures urbaines. Lorsque les déchets urbains sont mal gérés, les nuisances et pollutions apparaissent (NZINGA, 2008)

1.2.2.2. Déchets ruraux

Les déchets ruraux sont les déchets naturels et agricoles. Les déchets naturels comprennent particulièrement les éléments de la litière ou de la necromasse et les déchets agricoles sont constitués par les résidus des cultures.

1.2.2. 3. Déchets ménagers et assimilés

Les déchets ménagers sont les déchets dégradables de l'alimentation, associés à d'autres déchets qui sont non dangereux (Microsoft Encarta, 2006). « Les communes ou les établissements publics de coopération intercommunales assurent éventuellement, en liaison avec les départements et les régions, l'élimination des déchets des ménages. Ces collectivités assurent également l'élimination des autres déchets définis par décret, qu'elles peuvent, eu égard à leurs caractéristiques et aux quantités produites, collecter et traiter sans sujétions techniques particulières » (Art. L. 2224 - 13 et 14 du code général des collectivités territoriales, cité par BILABILA, 2007).

On peut distinguer :

- les déchets ménagers (déchets produits par les ménages);

- les déches des espaces publics (rues, marchés, égouts, espace vert) ;

- les déchets artisanaux et commerciaux;

- les déchets hospitaliers;

Dans le cadre de ce mémoire, ce sont les déchets ménagers qui nous intéressent le plus.

I.1.2.2.3. Déchets Industriels

Les déchets industriels sont classés, selon leurs caractères plus au moins polluants en trois grandes catégories à savoir (BILABILA, 2007) :

- les déchets industriels spéciaux (DIS) qui contiennent des éléments polluants en concentration plus ou moins forte ;

- les déchets industriels banals (DIB), appelés quelque fois déchets industriels assimilés aux déchets ménagers, constitués de déchets non dangereux et non inertes ;

- les déchets industriels inertes : sont les déchets non susceptibles d'évolution physique, chimique ou biologique importante.

Les déchets industriels banals peuvent aussi être pris en compte dans le cadre de ce travail, du qu'ils sont assimilés aux déchets ménagers et constitués de déchets non dangereux.

I.1.3. Gestion de déchets

Ce concept est né suite à l'établissement de réglementations les plus strictes, la hausse vertigineuse du coût de traitement de déchets, liée à la pression des mouvements et associations écologistes avant les années 1989, et qui ont « donné des idées » aux aventureux de ce que l'on appelait « déchet connexion », après les premières catastrophes écologiques qui ont en lieu en Europe (Seveso, Rhin, Mer du Nord) et en Amérique du Nord (Love Canal), dit ALBERTIT(1990), dans « Pas de visa pour les déchets ».

Dans le cadre de ce mémoire, le terme « Gestion de déchets» signifie les prendre en charge, c'est-à-dire la valorisation ou traitement des déchets. Nous sommes d'avis avec cette définition du fait c'est dans le sens de la prise en charge de déchets que nous voulons orienter notre étude.

1.1.3.1 Collecte 

D'après BINZANGI (2008), la collecte est le fait de collationner les déchets qui se trouvent à un endroit pour les mettre dans une poubelle.

1.1.3.2 Ramassage 

Pour BINZANGI, (2008), le ramassage est le fait de collecter les déchets afin de les sortir dans le couloir avant d'aller les stocker dans le bac à ordures public. Ce bac sera vidangé par le camion beine qui ira les déposer à un lieu aménagé et autorisé.

1.1.3.3 Stockage

Selon BINZANGI (2008), le stockage est le fait de stocker, de rassembler les déchets à un endroit quelconque, mais en principe, aménagé et autorisé, mais non improvisé.

I.1.4. Traitement de déchets 

Par traitement des déchets, nous entendons la valorisation des déchets ou la transformation des utilités négatives en utilités positives. C'est aussi le résultat du processus suivant : collecte, ramassage, transport, stockage, trie et valorisation ou traitement.

Nous sommes d'avis avec cette définition car elle intègre le processus de la transformation de déchets.

1.1.4.1. Réemploi 

BINZANGI (2008) pense que le réemploi est le fait de récupérer un déchet, en lui donnant des formes particulières pour un usage précis. Par Exemple : récupérer une tôle  pour fabriquer un brasero, ou pour souder un véhicule troué,

1.1.4.2. Réutilisation

D'après BINZANGI (2008), la réutilisation est le fait de récupérer un déchet et de l'utiliser de nouveau sans le moindre traitement ou le moindre transformation. Par exemple : récupérer un sachet en plastique dans la poubelle, on l'époussette puis on l'utilise de nouveau comme emballage ; c'est le cas aussi d'une boite de lait qu'on réutilise comme récipient pour garder de l'huile, etc.

I.1.5. Nuisance 

Est désigné nuisance, toute modification de l'environnement qui, sans produire de perturbations ayant des conséquences écologiques ou réellement pathologiques. Trois types de nuisances affectent les principaux sens : sonore, olfactive et visuelle (esthétique). Le bruit incontrôlé à l'intérieur et/ou extérieur des habitations cause des lésions physiologiques correspondant à une nuisance. Le dégagement de mauvaises odeurs correspond à une nuisance olfactive.

Enfin, l'enlaidissement de la nature résultant par exemple de décharges constitue autant d'exemples de nuisances esthétiques encore dénommées visuelles (QUEVAUVILLER, 1985, cité par BILABILA, 2007).

Nous portons notre choix sur cette définition, du fait elle inclut les aspects de nuisance sous toutes ses formes.

I.1.6. Pollution 

Le mot pollution a connu diverses modifications au cours du temps. Dans son sens actuel, il est récent (MBUYI B., cité par BILABILA 2007). Le Littré, cité par BILABILA (2007), le définit comme : « profanation, souillure (pollution d'une église) ». Selon Larousse (1958), polluer veut dire : salir en rendant malsain, dangereux ».

Ainsi, une acception nouvelle est donnée à un mot ancien où persistent cependant deux éléments (MBUYI, cité par BILABILA, 2007)

- la détérioration de quelque chose de bon à l'origine ;

- la conséquence d'une intervention humaine,

Nous prenons cette définition par manque d'une définition plus explicite de ce concept, car il a connu plusieurs modifications au cours du temps.

I.1.7. Assainissement 

Selon l'OMS, cité par NZINGA (2008), l'Assainissement est défini comme «l'action visant à l'amélioration de toutes les conditions qui, dans le milieu physique de la vie humaine, influent ou sont susceptibles d'influer défavorablement sur le bien être physique, mental ou moral, la santé et la longévité, notamment :

· la gestion de déchets domestiques par la collecte, l'évacuation, le traitement et l'élimination de déchets solides, liquides et des excréta y compris leur recyclage ;

· le drainage des marais, des eaux de pluies et de toutes les eaux stagnantes susceptibles de constituer des gîtes pour les vecteurs de maladies et des agents de nuisance ;

· la lutte contre les vecteurs de maladies et tous les agents de nuisance tels que moustiques, mollusques, mouches, glossines, simulies, cafards, etc ;

· le contrôle de la potabilité de l'eau de boisson, de la qualité des autres boissons et des denrées alimentaires ;

· le contrôle des conditions hygiéniques de l'habitat et de l'habitation, bref, le contrôle de la qualité de vie ;

· l'éducation pour la santé et l'incitation de la population à la prise en charge de son propre développement sanitaire et écologique, l'application des mesures d'assainissement de base ;

· la lutte contre la pollution sous toutes ses formes : pollution du sol, de l'air, de l'eau et sonore et celle due aux substances potentiellement toxiques et ionisantes.

Le mot assainissement veut signifier la transformation destinée à améliorer et à retrouver des bases saines à quelque chose. C'est aussi le nettoyage ou la désinfection pour un meilleur usage (OMS, cité par NZINGA, 2008).

Orienté vers l'Ecodéveloppement et dans le cadre de ce travail, l'assainissement s'accroche plus à l'aménagement du territoire, à l'urbanisme et à la santé, et veut par conséquent dire l'amélioration des conditions fondamentales du milieu de vie, qui permet à l'homme d'y vivre, de s'y développer normalement et d'y satisfaire un certain nombre de besoins fondamentaux, auxquels correspondent des exigences du milieu d'ordre économique, écologique, culturel, social, sanitaire, biophysique, physiologique et psychologique (Microsoft Encarta, 2006).

I.1.8. Développement

Selon certains auteurs, le terme « développement » est récent. Il  n'existait pas avant le 19e siècle. Ce terme est équivoque, parce qu'il est soumis à une évolution. Il est difficile de le définir d'une façon satisfaisante, acceptable par tous. De toutes les façons, ce terme renferme plusieurs notions vues notamment croissance, progression, évolution, épanouissement, grandeur, etc.

G. DEFOUR, cité par KAMBALE (2002) signale qu'on peut se développer de diverses façons et dans des directions différentes. Selon lui, le développement est un ensemble de stratégies et états à atteindre dans un processus en perpétuel changement.

Pour comprendre le mot « développement », les hommes se placent en face de la croissance économique. Les pauvres se mesurent par rapport aux riches. Du paysan aux groupements, du village à la nation, la croissance économique constitue la condition nécessaire et non suffisante du développement. Au niveau national, on considère le produit national brut élevé.

MALDAGUE, cité par BINZANGI K. (2006), quant à lui, pense que : « le développement est un ensemble de transformations spatiales, écologiques, économiques, sociales, institutionnelles et politiques qui permettent à une communauté humaine d'améliorer son cadre de vie, ses conditions de vie et sa vie ».

Ces définitions sont retenues du fait qu'elles intègrent les aspects sociaux, culturels, économiques, institutionnels et politiques, qui accompagnent la vie de l'homme.

I.1.9. Développement durable

Depuis plus d'une décennie, de multiples et diverses institutions et acteurs sociaux et économiques se réclament du concept de développement durable.

Ce concept est devenu courant. Il est né de deux constats :

· La fracture Nord/Sud et la recherche d'un développement humain ;

· Et de la crise écologique et l'urgence de sauvegarder l'environnement.

Le lien entre les objectifs du développement et la crise de l'environnement conduit au concept d'Ecodéveloppement développé au début des années 70 par I. SACHS et à la Conférence Internationale de Stockholm sur l'environnement humain en 1972. Puis, le terme «sustainable development », traduit en Français par « le développement durable » apparaît en 1980 et est officialisé et répandu par le rapport « Notre avenir à tous », (Rapport Brundtland) en 1987, qui définit le développement durable comme étant « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs.

Deux concepts sont inhérents à cette notion notamment le concept de `'besoins'' et plus particulièrement des besoins essentiels des plus démunis, à qui il convient d'accorder la plus grande priorité et l'idée des limitations que l'état de nos techniques et notre organisation sociale impose sur la capacité de l'environnement à répondre aux besoins actuels et à venir », (LAJARTRE, 2006).

I.2. Généralités sur le Principe `'Pollueur - Payeur

I.2.1. Définition

Le principe `'Pollueur - Payeur'' est défini par la loi française, dite Barnier (cf. Article L. 110-1, II, 30 du code de l'environnement) selon laquelle, les frais résultant des mesures de prévention de la pollution et la lutte contre celle - ci doivent être supportés par le pollueur (fr.Wikipedia.org/ 2006,) ; en fait, il signifie que tout celui qui crée un dommage à l'environnement doit payer. (cfr. Droit de l'environnement).

Selon notre démarche, nous pensons qu'il s'agit de faire payer à chaque habitant de l'avenue, une somme équivalente à 1$ Américain en monnaie locale pour financer les travaux d'assainissement du quartier Matonge.

I.2.2. Contexte et historique

Le principe pollueur - payeur est un principe découlant de l'éthique de responsabilité, qui consiste à faire prendre en compte par chaque acteur économique les externalités négatives de son activité. Ce principe a été développé par l'économiste libéral A .CECIL PIGOU, au début des années 1920.

Le principe pollueur - payeur a été adopté par l'OCDE en 1972, en tant que principe économique visant l'imputation des coûts associés à la lutte contre la pollution. Ce principe est l'un des principes essentiels qui fondent les politiques environnementales dans les pays développés. Il est à l'origine de l'internalisation des coûts de pollution par les auteurs de la pollution, par le biais d'instruments économiques (fiscalité verte ou environnementale sous forme de taxes, redevances, voire de quotas (émissions de C02 par exemple) notamment) (Wikipedia du 17 Août 2007).

En Europe, ce principe figure parmi les principes fondamentaux du traité de l'Union Européenne (1987) pour fonder juridiquement la politique de l'environnement de l'Union. Il a été mis en avant dans un livre blanc de 2000 sur la « responsabilité environnementale » qui a débouché sur une directive 2004/35 d'Avril 2004 donnant jusqu'au 30 Avril 2007 aux Etats - membres de l'U.E de transposer son contenu en droit national. Il fonde également l'exigence de tarification des services à l'environnement intégré par exemple dans le cadre de la directive cadre sur l'eau (cf. art. 9) (Wikipedia, www.google.com, 2007).

En France, le principe pollueur payeur ou PPP est devenu, avec la loi dite `'Barnier'', un des quatre grands principes de prévention, le principe de précaution, ainsi que le principe de participation (cf. Code de l'environnement, art. L. 110-1). Ce principe n'a pas été pour autant reconnu dans la charte de l'environnement à valeur constitutionnelle, le `'principe de pollueur contributeur'' lui ayant été préféré par le constituant.

Ce principe avait pour autant déjà trouvé une pleine application avec la loi sur l'eau de 1964, qui a établi un système de redevances de pollution comme de prélèvement de la source en eau, dans le cadre du système des agences de l'eau qui en assurent la gestion, sous contrôle du parlement (Wikipedia, 2007).

Mais, il faut noter aussi que le principe pollueur-payeur rencontre certaines limites. Or, au départ, les externalités négatives sont la plupart du temps inconnus ou difficiles à chiffrer. Mais cet obstacle n'est pas insurmontable, comme le démontre la solidité du système de redevances des agences de l'eau instituées en 1964.

Le principe de prévention doit alors s'appliquer, pour limiter les dépenses futures. C'est la base incitative de ce principe. Si le principe n'a pu être constitutionalisé en droit français, c'est sans doute compte tenu de son origine économique et qu'il portait en son sein un corollaire délicat : si le pollueur paie, cependant lui accorde t-on un droit à polluer ? (LAJARTRE, 2006).

Un exemple remarquable de principe « pollueur - payeur » était la taxe à l'essieu : on disait en effet que l'usure de la route par un camion, à une vitesse donnée, croit comme la cinquième puissance du poids à l'essieu (ce qui veut dire qu'à poids par essieu double, l'usure est multipliée par 32). On a donc déterminé pour les camions une taxe proportionnelle à la cinquième puissance du poids par essieu.

Cette taxe, bien qu'ayant gardé le même nom, ne dépend plus aujourd'hui directement du poids par essieu, mettant fin à une politique de vérité des coûts. Toutefois, la technique en matière de chaussées ayant évolué, produisant une gamme plus variée de structures, la loi de la cinquième puissance du poids à l'essieu ne reflétait plus la vérité des coûts.

I.3. PROBLEMATIQUE DES DECHETS A KINSHASA

Le point que nous nous proposons d'évoquer ci-dessous traite de la problématique de déchets dans la ville province de Kinshasa, avec tout ce qu'elle entraîne comme conséquence. Nous tenons à signaler que pour disposer des renseignements pour cette section, nous nous sommes référé à des textes publiés par MAVANGU Di- MBUELA (1999).

I.3.1. Textes juridiques et Jurisprudence en Matière de Production et de gestion de déchets

En République Démocratique du Congo, les textes juridiques sur les déchets existent. Ils réglementent divers aspects de déchets, à savoir : leur source, modes de gestion et institutions ; et les institutions de répression (police judiciaire, parquet, cours et tribunaux) devraient veiller à leur application effective. En dépit de ces gardes - fous, la ville de Kinshasa, et surtout le quartier Matonge demeure très insalubre.

L'analyse de l'activité judiciaire du tribunal de grande instance de Kinshasa-Gombe avait démontré que son parquet se préoccupe peu de rechercher des infractions sur les déchets, et ne défère pas les contrevenants devant les tribunaux de paix du ressort. Aussi, ils ne sont pas saisis par les victimes : d'où l'inexistence de la jurisprudence en la matière.

Par ailleurs, les textes sur les déchets sont hétérogènes, imprécis, etc. Dès lors, leur actualisation s'impose. Cependant, il importe au préalable une vulgarisation de textes et un recyclage des magistrats.

Il faut rappeler ici que les textes juridiques tels que définis par A. WELL, cité par MAVUNGU (1999), comme « l'ensemble de règles de conduite qui, dans une société organisée, gouvernent les rapports des hommes entre eux et s'imposent à eux au besoin par le moyen de la contrainte sociale ».

Ces règles de droit sont essentiellement écrites et consignées dans des documents (journaux officiels, codes, etc.) : d'où, le nom de « textes juridiques ». Ces textes revêtent diverses appellations, à savoir : constitution, loi, ordonnance, arrêté, etc.

I.3.2. Inventaires des Textes Juridiques sur les Déchets en RDC

Les textes juridiques sur les déchets en vigueur en République Démocratique du Congo sont nombreux ; les plus importants que nous avons retenus sont : Avant l'indépendance :

1. Ordonnance du 24 avril 1899 créant une commission d'hygiène dans chaque chef - lieu de district ;

2. Ordonnance n°127/6 du 15 juin1913 relative au règlement général sur les constructions dans les circonscriptions urbaines ;

3. Ordonnance du 1er juillet 1914 relative à la pollution et à la contamination des sources, lacs, cour d'eau et parties des cours d'eau ;

4. Ordonnance du 10 mai 1929 créant dans chaque chef - lieu de province une direction technique des travaux d'hygiène.

5. Décret du 6 mai 1952 concernant les servitudes relatives aux eaux souterraines, aux eaux de lacs et des cours d'eau ainsi qu'à leur usage ;

6. Ordonnance n° 41/48 du 12 Février 1953 relative aux établissements dangereux, insalubres  et incommodes ;

7. Ordonnance n°62/181 du 25 avril 1958 fixant les conditions techniques auxquelles doivent répondre des véhicules affectés au transport des personnes ;

8. Ordonnance n°74/345 du 28 juin 1958 relative à l'hygiène publique dans les agglomérations ;

9. Ordonnances n°75/231 du 22 juillet 1975 fixant les attributions du département de l'environnement, conservation de la nature ;

10. Loi n°78 - 002 du 30 Août 1978 portant nouveau code de la route ;

11. Arrêté départemental n°014/DCNT/CCE/81 du 17 février 1981 portant création du service National d'Assainissement ;

12. Ordonnance n°82/027 du 29 mars 1982 fixant le cadre organique des services publics de l'Etat en matière d'assainissement du milieu ;

Par ailleurs, il convient de signaler qu'il existe d'autres textes internationaux en matière de gestion de déchets, dont le Gouvernement de la République Démocratique du Congo avait ratifié. Il s'agit des textes ci après :

13. Chronologie de Bâle sur le contrôle des mouvements transfrontalier de déchets dangereux et leur élimination, Suisse (Bâle), 1983 ;

14. Ordonnance n°87/331 du 16 septembre 1987 portant création de l'office des voieries et Drainages ;

15. Convention sur la protection et l'utilisation des cours d'eau transfrontaliers et des lacs internationaux, Finlande (Helsinki) ,1992 ;

16. Convention - cadre sur le changement climatique, New - York, 1992 ;

17. Arrêté n°SC/0034/BGV/COJU/CM/98 du 17 février 1998 portant application des mesures d'assainissement du milieu et protection de la salubrité publique dans la ville de Kinshasa.

Tous ces textes juridiques devraient demeurer d'application quelle que soit leur ancienneté. En effet, un texte juridique régulièrement adapté et promulgué ne peut être abrogé que par un autre texte juridique (Article 2 de la loi fondamentale du 19 mai 1960), cité par MAVUNGU, 1999).

Par ailleurs, les textes juridiques sur l'environnement font partie du droit public, c'est-à-dire ils visent l'intérêt général et partait et sont impératifs (Alex WELL, cité par MAVUNGU, 1999).

A l'issue de cet inventaire, il nous a paru utile de donner le contenu de ces textes juridiques.

I. 3.3. Contenu des textes juridiques

Les textes juridiques de divers domaines peuvent être regrouper en quatre axes principaux : les sources de déchets, les modes de gestion et institutions ainsi que les sanctions.

1.3.3.1 Source de déchets

Par source de déchets, nous entendons toutes les activités de l'homme, susceptibles de produire des déchets. Parmi les principales sources, l'on cite les activités agricoles, industrielles et ménagères ainsi que le transport urbain.

Aux termes des articles 1 et 2 de l'ordonnance n°41/48 du 12 février 1953, certaines sources de déchets qualifiés d'établissements dangereux, insalubres ou incommodes ne peuvent être exploités que moyennant l'obtention d'un permis d'exploitation délivré par une autorité administrative. Cette délivrance est précédée de l'enquête de commodo et incommodo.

I.3.3.2. Modes de gestion de déchets

Le droit positif Congolais a prévu des modes de gestion spécifique à chaque catégorie de déchets. Ainsi, il prévoit, pour les déchets liquides, quatre modes de gestion : le drainage (construction de caniveaux, l'évacuation et le vidange ainsi que l'épuration (article 1 et 2 du décret du 6 mai 1952 concernant les servitudes relatives aux eaux des lacs et des cours d'eau ainsi qu'à leur usage ; article 127 de l'ordonnance n°74/345 du 15 juin 1913 précitée, article 4 et 7 de l'ordonnance n°74/345 du 28 juin 1959 relative à l'hygiène publique dans les agglomérations).

S'agissant de déchets solides, le législateur a prévu trois modes de gestion : l'enlèvement, l'enfouissement et la suppression (élimination) (Article 1 de l'ordonnance n°74/345 du 28 juin 1959 précité, article 2 et de l'arrêté n°SC/0034/BGV/COJV/CM/98 du 18 avril 1998 portant application des mesures d'assainissement du milieu et protection de la salubrité publique dans la ville de Kinshasa, etc.).

Cependant, l'efficacité commande que leur gestion soit confiée à des institutions spécialisées.

I.3.3.3. Institutions de gestion de déchets

Le législateur a confié la gestion de déchets essentiellement au Ministère de l'environnement, conservation de la nature et tourisme, au Programme national d'assainissement (PNA) et à L'Office des Voiries et Drainages. (O .V.D).

Le ministère a la responsabilité de promouvoir et coordonner toutes les activités relatives à l'environnement et à la conservation de la nature (ordonnance n° 75/231 du 22 juillet 1975 fixant les attributions du Ministère de l'environnement, conservation de la nature et Tourisme).

Le PNA s'occupe des travaux d'assainissement, en l'occurrence : la lutte contre les vecteurs, l'évacuation de déchets solides ainsi que le nettoyage de la voirie (Arrêté départemental n°014/DCNT/CCE/du 17 février 1981 portant création du service National d'Assainissement) tandis que l'OVD s'occupe de la lutte anti-érosive et du drainage des eaux (ordonnance n°87/331 du 16 septembre 1987 portant création de l'office des voiries et drainage).

Nous signalons que l'ordonnance du 10 mai 1929 prévoit la création d'une `direction technique des travaux d'hygiène » dans chaque chef - lieu de province (actuellement, l'hôtel de ville de Kinshasa déploie des efforts considérables dans la plantation du gazon sur des espaces libres longeant les voies publiques (MAVUNGU, 1999).

Cependant, les lois et règlements doivent, en vue de leur efficacité, comporter des sanctions en leur sein.

I.3.3.4. Sanctions de l'inobservance des textes juridiques

La lecture des textes sur les déchets révèle trois catégories de sanctions : administrative, pénale et civile.

La sanction administrative consiste essentiellement en un « retrait du permis d'exploitation » pour les établissements dangereux, incommodes ou insalubre (article 18 de l'ordonnance n°41/48 du 12 février 1953). Les sanctions pénales sont au nombre de deux, à savoir : la servitude pénale (peine de prison) inférieure à cinq ans et l'amande (article 10 de l'ordonnance n°74/345 du 28 juin 1959 précité ; article 8 de l'arrêté n°SC/BGV/COJU/CM/98 du 18 avril 1998.

En principe, c'est la personne qui produit les déchets qui répond de ses actes (Articles 9 de l'ordonnance n°74/345 du juin 1959) : c'est l'application du principe « Pollueur - payeur ». Cependant, certaines personnes peuvent répondre des faits commis par leurs subordonnés (préposés) : c'est le cas des cités de travailleurs et de chefs d'atelier (article 9 de l'ordonnance n°74/345 du juin 1959). Ce survol de textes juridiques nous a permis de déceler plusieurs lacunes dont il importe de faire état.

I.3.3.5. Lacunes de Textes Juridiques

La lecture de la législation montre qu'un texte juridique réglemente souvent plusieurs aspects : toutes sortes de déchets (solides, liquides,...), leur gestion (ordonnance n°74/345 du 28 juin 1959 précitée ; arrêté n°SC/0034/BGV/COJU/CM/98 du 18 avril 1998 précité); etc. La conséquence directe est que souvent ces textes sont superficiels.

De l'hétérogénéité des textes découle également l'impression. C'est notamment le cas d'enquête de commodo et incommodo prévue par le législateur, sans précision de la procédure et des procédés, l'enquête pour chaque type d'établissement dangereux.

Aussi, la plupart de textes manquent de normes quantitatives de déchets et se limitent à leur description qualitative (rapport provisoire sur l'identification des problèmes liés à l'assainissement urbain et leur conséquence sur l'environnement au Zaïre (volet urbain, cité par MAVUNGU, 1999).

Ainsi, le contrevenant est frappé indirectement de la même peine quelle que soit la quantité de déchets jetés dans la nature. Par ailleurs, plusieurs domaines ne sont pas encore réglementés, en l'occurrence : recyclage et élimination de déchets liquides et solides, les modalités pratiques de gestion de déchets gazeux, etc.

Tout ceci démontre à suffisance la nécessité d'actualiser les textes sur les déchets pour laquelle nous émettons quelques suggestions dans la conclusion générale.

Cependant, la loi ne vaut son pesant d'or que si les contrevenants sont réellement sanctionnés par les cours et tribunaux qui rendent des décisions (jugements ou arrêts) lesquelles forment la jurisprudence.

I.3.3.6. Classification de déchets

Le terme déchet évoque des réalités les plus diverses, qui ne peuvent avoir, à divers égards, que des relations très tenues entre elles, si ce n'est qu'elles ont leur dénomination commune dans leurs conséquences sur la santé de l'homme et son environnement. Plusieurs critères s'offrent à cet effet, notamment leur nature, provenance, leur régime juridique.

Le projet de loi - cadre sur l'environnement au Zaïre avait distingué les déchets urbains et industriels, les déchets dangereux en provenance de l'étranger.

- Déchets urbains

L'article 11 du projet de loi - cadre sur l'environnement au Zaïre définit les déchets urbains de la manière suivante : « détritus de toute sorte, liquide, solide ou gazeux, provenant des maisons d'habitation et leurs dépendances, immeubles administratifs ou commerciaux et généralement tous les établissements publics ou relevant du public, tels que écoles, casernes et prisons, ainsi que les hôpitaux, mais uniquement pour les résidus non toxiques ou dangereux.

Y sont notamment compris les ordures ménagères, les produits de nettoiement des bâtiments publics ou privés, les eaux usées domestiques et résidus de toute sorte. Cette conception est si claire et large qu'elle n'appelle aucun commentaire.

- Déchets industriels

L'article 17 du même texte définit les déchets industriels comme tous résidus, sous forme liquide, solide ou gazeuse provenant du processus de fabrication industrielle ou artisanale de transformation ou d'utilisation. Dans son alinéa 2, cette disposition en précise les contours : déchets des industries chimiques, boues industrielles, huiles usagées, émanation gazeuses, eaux usées industrielles.

Il apparaît, à la lecture de l'alinéa 3 de l'article 17, que les déchets toxiques ou pathogènes des hôpitaux sont assimilés aux déchets industriels. Cette distinction entre les résidus non toxiques ou pathogènes des hôpitaux est variable au gré de l'évolution de la technologie.

- Déchets Dangereux, en provenance de l'étranger

Faute de définition précise, le projet s'en est référé à la technique de listage. Il appartient donc au gouvernement, par la voie réglementaire, d'établir la liste de déchets dangereux en provenance de l'étranger.

Cette perspective a l'avantage d'une certaine souplesse, l'exécutif pouvant, selon les éléments techniques en sa possession, déterminer les substances qui seraient soumises au régime fixé par le projet.

Le droit comparé, de manière générale, porte les mêmes catégorisations. Comme la loi française du 13 juillet 1992, une distinction très savante est faite entre le déchet recyclable et le déchet ultime. Il n'est guère opportun de s'y attarder.

Il reste que les règles de droit qui touchent à la matière, ainsi que les institutions qui y interviennent méritent une certaine attention.

I.3.3.7. Code Normatif

Les problèmes que posent les déchets, particulièrement dans la ville de Kinshasa sont si énormes et lourds de conséquences qu'ils interpellent tout homme averti. Le juriste quant à lui, ne peut que préconiser une protection de l'environnement par le recours aux moyens juridiques.

Il s'agit d'abord de l'édition de normes adéquates. Cernée de près, la législation Congolaise se caractérise par l'éparpillement de règles coexistences, leur obsolescence, ainsi que la défaillance de texte de portée régionale (réglementations provinciales).

I.3.3.8. Dispersion de Règles

La définition du terme déchets autant que la détermination de diverses catégories faite avant suffit à emporter la conviction que quoique de manière éparse, les règles qui abordent un quelconque des aspects du sujet ne font pas totalement défaut.

Mais leur découverte doit procéder d'une réelle fouille archéologique, sur un fond de mer tapissé de textes de portée légale et réglementaire, et touchant à des sujets les plus divers, le tout dans une approche thématique.

I.3.3.9. Hygiène et Salubrité publique

Datant pour la plupart de l'époque coloniale, les textes qui régissent la salubrité publique intéressent au plus haut point la gestion de déchets, car ces derniers la soumettent à rude épreuve. Le contrôle des conditions d'hygiène, gage d'un cadre de vie meilleur, passe nécessairement par la réglementation des déchets ci - haut classifiés.

- L'ordonnance n°71/18 du 09 janvier 1949 relative à l'hygiène et la salubrité publique porte interdiction de déposer ou d'abandonner des excréments et déjections humaines en dehors des endroits aménagés à cet effet par les services publics, dans les lieux publics de ces circonscriptions urbaines, et punit les infractions à son prescrit d'une servitude pénale de 7 jours et / ou d'une amande.

- L'arrêté interdépartemental n°120/89 du 6 septembre 1989 portant mesures de protection de la salubrité publique des villes, centres urbains, commerciaux, industriels et agricoles, miniers et des agglomérations rurales, complète l'ordonnance n°74/345 du 28 juin 1959 relative aux mesures d'hygiène dans les agglomérations. Ce texte reconduit la teneur de l'ordonnance du 28 juin 1959, qui interdit le maintien des conditions favorables à l'éclosion ou à la manipulation des mouches, oblige l'érection des lieux d'aisance salubres et convenables, interdit le déversement des eaux ménagères, effluents des fosses septiques ou immondices dans les caniveaux ou égouts et assortis de peines de servitude pénale de deux ou plus et /ou d'une amande. Par ailleurs, il donne pouvoir à l'autorité politico administrative locale de fixer les conditions d'évacuation, d'enfouissement, d'incinération ou de récupération de déchets domestiques. N'est - il pas loisible que le quartier Matonge saisisse cette occasion pour une réglementation efficace ?

I.3.3.10. Eau et Assainissement

Ici encore, les textes ne font pas défaut.

- L'ordonnance du gouverneur général du 1er juillet 1914 sur la pollution, la contamination des sources, lacs, cours d'eau et parties des cours d'eau interdit de déposer ou d'enfouir des décombres ou immondices, débris, cadavres ou détritus de tout genre, de faire rouir, macérer ou fermenter toute matière de quelque nature que ce soit, de déverser ou jeter les herbes. Les infractions à ces dispositions sont punies de 1 à 7 jours de servitude pénale et / ou d'une amende

- L'ordonnance n°52/443 du 21 décembre 1952 portant mesure propres à protéger les sources, nappes aquifères souterraines, lacs et cours d'eau et à contrôler l'exercice des droits d'usage et des droits d'occupation concédés, modifiée par l'ordonnance n°52/240 du 18 juillet 1953 porte interdiction de laisser couler les liquides ou de déposer des matières, de provoquer des émanations gazeuses pouvant altérer les eaux des lacs, sources et cours d'eau.

I.3.3.11. Urbanisme et Habitat

A ce niveau, un effort reste à faire, pour soumettre l'ensemble du droit de l'urbanisme aux impératifs écologiques. Ni le décret du 20 juin 1957 sur l'urbanisme, ni la décision d'Etat n°DE 45/CC/56 du 11 avril 1986 en matière d'habitat et les directives y relatives, ni même arrêté international n°0021 du 29 octobre 1993 portant application de la réglementation sur les servitudes n'ont pu satisfaire dans ce sens.

Le dénominateur commun de tous les instruments qui viennent d'être évoqués est vraisemblablement de n'avoir qu'un lien très tenu avec la spécificité des problèmes des déchets en soi. Mais ils ont l'avantage d'effleurer, quoique de manière disparate.

I.3.3.12. Anachronisme et obsolescence des règles

A part quelques uns entre eux, tous les textes qui ont été cités datent de l'époque coloniale. Il est significatif d'indiquer que quoique ayant toujours sommeillé en chacun des humains depuis la nuit des temps, les préoccupations environnementales ne rivalisent avec les autres sujets d'actualité qu'au lendemain de la conférence de Stockholm de 1972, et surtout à la suite du Sommet de la Terre (1992) et du Sommet mondial sur l'habitat (1996).

Or le gros de la réglementation remonte à bien plus loin. Il n'y a qu'à considérer leur contenu, leur orientation pour s'en convaincre. Il est impérieux de s'aligner sur les exigences d'une société moderne pour réaliser un développement durable à l'échelle de la ville de Kinshasa, et de la RDC en général. Cela suggère naturellement qu'il soit tenu compte des problèmes technologiques.

I.3.3.13. Quasi - absence des Réglementations Provinciales

Le solde de la réglementation sur l'assainissement, l'hygiène, l'environnement en général, et des déchets en particulier, se révèle largement débiteur à l'échelle des provinces.

La question ne semble pas avoir retenue l'attention des autorités régionales, municipales et locales. Kinshasa est loin d'échapper à ce qui est devenu une véritable règle. C'est face à un tel constat que l'un des Gouvernements de la ville de Kinshasa a pris un arrêté n°SC/0039/BGV/KIN/93 du 27 mars 1993 portant mesures de protection de la salubrité de la ville qui semble être resté lettre morte pendant longtemps.

Dans un élan manifeste de lutte contre l'insalubrité dont les efforts sont déjà perceptibles sur le terrain, un autre Gouverneur de la Ville de Kinshasa avait signé, le 18 avril 1998, l'arrêté n°SC/0034/BGV/COJU/CM/98 portant application des mesures d'assainissement du milieu et de protection de la salubrité publique dans la ville de Kinshasa.

L'intérêt de ce règlement n'est pas négociable. Nonobstant le fait qu'il ne se rapporte pas spécifiquement aux déchets, elle a certes le mérite d'ouvrir la porte à une plus grande attention, dans le chef des autorités provinciales, voire locales, vis-à-vis de l'accroissement des nuisances, au rang desquelles on compte les déchets de divers ordres.

Par ailleurs, il constitue un creuset, et a une valeur pédagogique certaine dans la perceptive d'un meilleur cadre de vie, à l'échelle urbaine.

Il y est porté interdiction de créer et d'entretenir autour et à l'intérieur des parcelles, des conditions favorables à la multiplication et à l'éclosion de vecteurs, véhicules ou hôtes intermédiaires de maladies ou toutes nuisances (Articles 2) ; y sont notamment visés les récipients vides, les boîtes de conserves, les flaques d'eau, les immondices, les épaves de véhicules, les citernes non couvertes, les matériaux de construction ou de démolition, les vielles ferrailles inutilisées (confrontés à la définition du déchet, presque tous les éléments énumérés ici en revêtent le caractère).

De ces interdictions découlent des obligations corrélées tenant notamment, à chaque propriétaire ou occupant des terrains bâtis ou non bâtis, à l'enlèvement, la suppression des objets ou conditions pouvant retenir les eaux d'une manière prolongée et servir de gîtes de reproduction ou refuges de vecteurs. Il en est également ainsi de toutes herbes, des broussailles, des immondices et détritus.

Le point 5 de l'article 2 oblige les personnes visées ci - haut à déposer tous les objets énumérés à des endroits appropriés désignés par l'autorité locale. Jusqu'à ce jour, cette exigence, malgré son utilité pratique incontestable, n'a jamais connu un début d'exécution. Il est certes souhaitable que le discours soit rejoint par les actes.

Les occupants des parcelles ont la charge d'assainir les caniveaux à ciel ouvert longeant leurs concessions, ainsi que de la propreté des trottoirs et zones de recul des voies publiques.

Au regard de la question de déchets, l'article 7 présente un certain intérêt, dans la mesure où il interdit l'obstruction des animaux par des rejets de quelque nature et l'érection de constructions au-dessus ou à une certaine distance des collecteurs ou des égouts.

Quant au régime répressif, il prévoit une servitude pénale de 7 jours au maximum, et/ou d'une amende allant de 1.000.000 soit de NZ, soit 333,33FC et 20.000.000 NZ, 666,66 FC en ces jours.

Le qualificatif de transactionnel à cette dernière est certes une faute de rédaction, sur laquelle il ne convient pas de s'attarder ici. Au total, il se dégage l'ultime conviction que sur le plan normatif, un pas important reste encore à franchir en ce qui est de la question des déchets.

Dans ce sens, il est souhaitable qu'un texte de la loi prenne en compte la spécificité elle - même de la matière et fixe ainsi les normes, en régissant tous les aspects : définition, listage éventuel, traitement, évacuation, mouvements, responsabilité...

Des pouvoirs assez larges doivent être reconnus aux autorités provinciales et locales en ce qui concerne les mesures d'application. Encore que le tout doive être couvert par des institutions adéquates.

I.3.3.14 Dispositifs Institutionnels

L'armature institutionnelle relative à la question des déchets est tributaire des carences ci - haut décrites. Les structures qui peuvent faire l'objet d'une attention à ce niveau sont notamment, au niveau central, le Ministère de l'Environnement.

Le Programme National d'Assainissement, L'Office de voirie et drainage, le Service national d'Hydraulique Rurale. Cependant, étant donné que la présente étude porte sur Kinshasa, il est convenable de signaler les institutions urbaines qui en constituent le plus souvent des antennes dont :

- Brigade urbaine de l'Assainissement

- Coordination Urbaine de l'Environnement

- Division urbaine de l'urbanisme et Habitat

Après avoir élucidé les concepts de base et fait la littérature relative à notre travail, passons maintenant au deuxième chapitre consacré au milieu d'étude, méthodes et techniques.

I.4. REVUE DE LA LITTERATURE

Notre réflexion part de l'observation qui rythme la vie quotidienne du Kinois et sa gestion journalière de la santé. Mais avant cela, il importe de faire un bref aperçu sur les auteurs dont les travaux sont en rapport direct ou indirect avec notre étude.

Dans son livre intitulé : « Pas de visa pour les déchets », G.ALBERTIT (1990), souligne que « la poubellisation de la planète, et de l'Afrique en particulier, est une affaire trop sérieuse et toujours très lucrative pour donner un blanc - seing aux pouvoirs économiques et politiques établis au Nord comme au Sud ».

Dans leurs cours « Notes on environmental lan », LAJARTRE et COUTURIER (2006) pensent qu'entrent les années 1970 et 1980, la politique de l'environnement s'est progressivement développée en se dotant de structures autonomes. En 1972, la conférence des Nations Unies pour l'environnement avait adopté une série de principes pour une gestion écologique rationnelle de l'environnement.

La déclaration de Stockholm « a placé les questions écologiques au rang des préoccupations internationales et a marqué le début d'un dialogue entre pays industrialisés et pays en développement, concernant le lien qui existe entre la croissance économique, la pollution et l'indivis mondial (l'air, l'eau, les océans) et le bien - être des peuples dans le monde entier. Les années « 80 » sont marquées par une prise de conscience de l'ampleur planétaire des problèmes écologiques et de leurs implications socio - économiques ».

Dans le milieu des années 80, en Europe, la politique de l'environnement était également devenue un véritable enjeu de société, avec notamment le mouvement politique contestataire des verts, en Allemagne notamment ; au plan international, c'est surtout la publication, en 1987, du rapport Brundtland, de la Commission mondiale sur l'Environnement et Développement, qui a contribué à l'émergence du concept de développement durable.

La protection de l'environnement est désormais devenue une question d'intérêt et de droit international de l'environnement et se caractérise par une surabondance de traités et subsistance de certaines lacunes. Cependant, certains grands principes ont été affirmés : concept de durabilité et principe de précaution, principe du pollueur-payeur et responsabilité devant les générations futures.

Les problèmes environnementaux ne sont pas nés avec l'essor de la civilisation industrielle. De tous temps, les hommes se sont servis de la nature et de nombreuses activités se sont révélées attentatoires aux milieux naturels. Mais on sait que la nature forme un tout composé de systèmes et cycles indissociables, et que l'homme en fait partie. (COUTURIER, 2006).

L'homme a-t-il sa place dans ce milieu ou faut - il concevoir l'environnement indépendamment des activités humaines ? Ici se pose la question de l'anthropocentrisme revendiqué par certains. Pour RIVERO, cité par LAJARTRE (2006) par exemple, « il n'y a d'environnement qu'en fonction d'un environné, c'est l'homme. Les dégradations de l'air, de l'eau, du paysage ne sont nuisances que parce qu'elles affectent l'homme (...). Le droit de l'environnement, parce qu'il est un droit, n'existe que par l'homme et pour l'homme ».

COUTURIER (2006), pense que « Certains ont demandé qu'on reconnaisse des droits à la nature, pour qu'elle ne soit plus l'éternelle perdante dans le conflit permanant que se livrent les hommes pour se partager les biens environnementaux.

On a ainsi découvert la nature en tant que « bien à protéger autonome ». Ce point de vue dit « écocentrique » (par opposition à anthropocentrique) risque d'émotionaliser le problème, et débouche sur une impasse. Dans tous les cas, il n'a pas de conséquences pratiques. Comme l'homme et la nature sont indissociables, et qu'il faut considérer l'homme comme une composante de la nature, ce n'est qu'à lui qu'on peut reconnaître le droit à l'environnement ».

La protection de l'environnement apparaît donc comme un des défis majeurs auxquels le monde est confronté.

C'est pourquoi ; « Pour protéger l'environnement, des mesures de précaution doivent être largement appliquées par les Etats selon leurs capacités.

En cas de risque de dommages graves ou irréversibles, l'absence de certitude scientifique absolue ne doit pas servir de prétexte pour remettre à plus tard l'adoption de mesures effectives visant à prévenir la dégradation de l'environnement » (Principe 15 du rapport de la Conférence de Rio de Janeiro, juin, 1992). Apparu dans les années 1970, le principe « Pollueur - payeur », mis au point par l'OCDE a pour but de limiter les nuisances sur l'environnement dues à l'activité économique (agriculture, industrie, transport notamment) et aux activités privées (exemple : véhicule, chauffage).

Les pouvoirs publics doivent veiller à l'application de ce principe par le biais de :

1. Réglementations spéciales (exemple : la mise en place de normes obligatoires pour limiter la production de déchets);

2. Taxe sur les activités polluantes ;

3. Incitations fiscales en faveur des entreprises ou des particuliers (exemple ; réduction d'impôts, lois de l'achat d'un véhicule électronique ou roulant).

Aujourd'hui, il est impossible de faire la distinction entre les bases naturelles de la vie humaine et les bases de la nature elle - même. Bien sûr, toutes les menaces sur une espèce animale ou un écosystème ne représentent pas une menace pour l'homme (même indirecte). Mais si un comportement humain entraîne l'extinction d'une espèce animale ou la destruction d'un écosystème, il s'agit d'une atteinte directe à l'unité naturelle qui finit forcément par se répercuter, plus ou moins fortement sur l'homme.

Selon DEJEANT-PONS, cité par COUTURIER : « la possibilité de revendiquer un droit dont il (l'homme) n'est pas juridiquement propriétaire, mais dont il peut se sentir « responsable », devrait donc lui être reconnue ». Ainsi, protéger l'environnement signifie toujours protéger l'homme.

Conclusion partielle

Après ce chapitre dans lequel nous venons de brosser les points sur les définitions des concepts de base, la présentation de quelques généralités sur le principe popllueur-payeur, de la problématique des déchets à Kinshasa et la revue de la littérature, le chapitre qui suit porte sur le milieu d'étude, les méthodes ainsi que les techniques utilisées.

CHAPITRE II : MILIEU D'ETUDE, METHODES ET TECHNIQUES

Ce chapitre comprend deux sections. La première est axée sur la présentation du milieu d'étude. La seconde est planchée sur les méthodes et techniques utilisées dans ce travail.

II.1. PRESENTATION DU QUARTIER MATONGE

II.1.1. Situation géographique

Nous commençons par signaler que la commune de Kalamu est une subdivision politico administrative de Kinshasa dans laquelle se trouve le quartier Matonge.

La commune de Kalamu est dirigée par un bourgmestre. En tant que milieu de vie, l'histoire de la commune de Kalamu fait partie intégrante de l'histoire de la ville province de Kinshasa.

La commune de Kalamu a été créée par l'arrêté Royal n° Léon/211/245 d'octobre 1957. Son premier dirigeant fut Monsieur Arthur PINZI jusqu'à l'indépendance du Congo Belge en 1960. Lors de sa création, elle était subdivisée en cinq cités, parmi lesquelles il y a Kauka, Matonge, Immo- Congo, Kimbangu et Yolo.

De toutes ces cités, seule la cité Kimbangu était attribuée aux particuliers pour construire de nouvelles maisons d'habitation. En plus de l'espace territorial de Kimbangu, les particuliers occupèrent les espaces abandonnés par l'ONL à Matonge et à Yolo spécialement dans l'actuel quartier Matonge I, Yolo Nord III, Yolo - Sud III et Yolo - Sud IV.

Créée sur une superficie de 6,6 Km2, soit 660 ha, la commune de Kalamu est limitée de part et d'autre par 7 communes, parmi lesquelles nous avons :

- Au Nord, les commune de Kinshasa et Barumbu ;

- A l'Est, le commune de Limeté ;

- Au Sud, les communes de Ngaba et de Makala 

- A l'Ouest, les communes de Ngiri et Kasa-Vubu

Du point de vue du réseau routier, elle se sépare :

- des communes de Kinshasa et Barumbu, par l'avenue de la Funa ;

- de la commune de Makala, par l'avenue Kikwit ;

- de la commune de Limete, par l'avenue de l'université ;

- de la commune de Kasa vubu, par l'avenue Kasa vubu ;

- de la commune de Ngiri Ngiri, par l'avenue Elengesa ;

- de la commune de Ngaba, par le croissement des avenues de l'Université et Kikwit.

II.1.2. Aspects biophysiques

Les aspects biophysiques du quartier Matonge ne sont pas différents de ceux de l'ensemble de la commune de Kalamu. Concernant le relief, le quartier Matonge est situé sur un terrain plat et peu accidenté et sablonneux en grande partie. Son climat dominant est tropical, chaud et humide en permanence, avec cependant des nuances selon la latitude et l'altitude (Microsoft Encarta, 2006). Du point de vue hydrographique, il est longé par la rivière Kalamu provenant de la commune de Makala jusque dans la commune de Limete.

Sa flore est composée de diverses espèces d'arbres plantés dans des parcelles et ceux plantés le long de grandes artères telles que les avenues Victoire, Université, Funa, etc..., mais également des cultures maraîchères pratiquées le long de la rivière Kalamu.

La faune est essentiellement constituée de petits animaux domestiques que l'on élève dans les parcelles, dont certains servent à la sécurité de la parcelle ou de la maison ; tel le cas de chats et chiens.

On y trouve aussi de petites bestioles qui sont nuisibles à la santé de l'homme ; c'est le cas de moustiques, cafards, rats, etc, suite à la mauvaise gestion de déchets dans le quartier Matonge.

II.1.4. Organisation Politico administrative du quartier Matonge

Si la commune de Kalamu est organisée en services spécialisés repris sur la figure II.1, le quartier Matonge est organisé et dirigé par un Chef de quartier nommé par le ministre de l'intérieur. Ce dernier est secondé, dans ses fonctions, par un chef de quartier adjoint ainsi que quelques agents, parmi lesquels un secrétaire, un chargé de la population et deux ou trois agents administratifs.

Fig. II.1  Organigramme de la commune de Kalamu

Bourgmestre

PNC

ANR

Secrétariat

Etat- Civil

Immo- Congo

Trans & Com.

Contentieux

Informatique.

Tourisme

Affaires Sociales

J. Sport Loisir

DGM

Agric.

ENV

EPSP

Hygiène

LPMEA

Urban.

DECO

Budget

Habitat

Population

Famille

MT 1

KK 3

PINZI

KB 3

YN 1

YS1

YN 2

YS 2

YS 3

YN 3

KB 1

YS 4

KK 2

KB 2

KK 1

MT 3

MT 2

C. ARTS

TP & AT

A. ECOM

Finances

F.P

II.1.3. Aspects humains

La population de Matonge est estimée à plus ou moins 6.007 habitants. Cette population a évolué plus rapidement depuis les années 1980.

En 1980 : la population de Matonge était de 1.200 habitants ;

En 1990 : cette population a évolué jusqu'à 3.000 habitants ;

En 2000 : elle est allée à 5.800 ;

En 2008 ; la population est estimée à plus ou moins 6.007

Le constat fait ici est dramatique du fait que cette population a gonflé de manière spectaculaire. En réalité, cette population est largement supérieure par rapport à la capacité de l'espace qu'elle occupe. C'est pourquoi le problème de l'insalubrité se pose avec acuité. La population est estimée à 5000 habitants/km2

II.1.4. Infrastructures et équipements de Matonge

Dans le quartier Matonge, on retrouve un nombre important d'infrastructures. Ils s'agit notamment des hôpitaux et centres hospitaliers dont les plus importants sont: le Centre « CKR » et le Centre Hospitalier « Les grands Lacs ».

Parmi les écoles, on note les plus importantes: le Lycée Technique de Matonge (Armée du salut), Lycée technique de Kalamu, Ecole des enfants désoeuvrés située au carrefour des jeunes sous l'encadrement du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), Institut Muanda, EP Armée du salut, EPA 1 et 2, Mont Fleuri de la sale, collège Belgo congolais, complexe Lomami) etc. Il existe d'autres écoles de formation des métiers qui ne sont pas à exclure et dont on ne connaît pas estimer le nombre exact.

Quant aux Eglises, elles poussent comme les champignons presque dans chaque avenue de Matonge; mais parmi les plus importantes, on note la présence de l'Eglise Catholique, l'Eglise Faight International Mission (FIM), l'église des Rachetés de Jésus-Christ (RAJEC), Paroisse armée du salut, église annexe golgota, mosquée islamique, armée de l'eternel, néo apostolique, Fepaco Nzambe malamu, Eglise pain de vie, Eglise le messie, Cité Béthel, Eglise évangélique les rachetés de JC, Groupe intercesseur miracle, Cité de prière, Assemblée la grâce,Tabernacle de la moisson, Armée de victoire, Eglise de Dieu vivant (cellule), etc.

On retrouve aussi à Matonge autres infrastructures comme les Hôtels et autres bâtiments commerciaux : c'est le cas de la banque «Procredit » ; les agences de transfert d'argent comme Mister cash, Amie Fidèle ; les agences de télécommunication : Vodacom, Celtel, CCT, Standard Télécom, etc. Toutes ces activités commerciales sont beaucoup plus concentrées autour du rond point central appelé communément « la place de la Victoire ».

Parmi les bâtiments publics abritant différents services de l'Etat, on note le bureau communal, le tribunal de grande instance de Kalamu, le bureau de la police nationale, etc.

A Matonge, il existe également la desserte en eau potable assurée par la REGIDESO et en électricité assurée par la SNEL. Quand bien même ce problème se pose partout dans la ville de Kinshasa, la courant et l'eau sont quand même présents à Matonge.

Les routes sont présentes à Matonge, et la plupart d'entre elles sont en bon état par rapport aux restes des routes de la capitale Kinshasa, quand bien même, il se pose le problème de leur entretien.

Quant au loisir, on note plusieurs boîtes de nuit et bars, certains terrains minicipaux dont ceux de basket-ball, de volley-ball, de football y sont présents,

II.1.5. Aspects socio- économiques

Parmi les métiers de la débrouillardise, il y a les cambistes alias « changeurs » que nous avions comptabilisé à quarante, les « anti-gang » (10), les vidangeurs des poubelles (25), vidangeurs de fosse septiques(4), « Kadhafi » (39), les mamans « manoeuvres »(16), les mamans « Bipupula »(54), les porteurs(11), les colporteurs(89), ,les chiffonniers (7), les facilitateurs de voyageurs en transport public alias « les chargeurs) (69), les pasteurs ambulants (13), les commissionnaires(40), les cantonniers(6), les « secrétaires débout(23), les « londoniennes (85)», les éboueurs (52), etc. Il convient de rappeler que les chiffres présentés ne sont que des chiffres officiels de personnes que nous avions comptabilisées de manière officielle.

Retenons aussi que tous ces métiers ne produisent souvent que des revenus de subsistance, car ces services ne sont pas permanents à Matonge, mais plutôt temporels et surtout occasionnels. Aussitôt reçus, les dûs pour les services rendus, les fonds sont vite affectés à l'achat de la nourriture pour la famille.

Ces types d'emplois appelés communément « article 15 » pullulent à Kinshasa et font vivre les Kinois. Les vidangeurs de fosse septique vident manuellement les fosses septiques dans les quartiers inaccessibles aux services d'assainissement. C'est un métier à haut risque, par conséquent bien rémunéré. Tout est fonction de la profondeur et de la largeur de la fosse septique. Ces genres de métier confirment l'adage qui dit que « l'argent n'a pas d'odeur ».

Les « commissionnaires » sont des agents commerciaux « informels ». Ils sont des intermédiaires dans toutes les transactions de vente ou de location de maisons, de véhicules, de machines, etc.

Les cantonniers sont ces jeunes hommes qui prennent eux-mêmes l'initiative de boucher les trous des artères publiques avec la terre et des cailloux. Ils sont postés sur toutes les artères dégradées de la ville et exigent une rétribution au passage des véhicules pour ce geste de volontariat.

Les « Kadhafi » ne sont rien d'autres que ces revendeurs informels de produits pétroliers. Ils sont munis de leurs bidons aux carrefours routiers. Ils s'énervent lorsqu'on les questionne sur leurs sources d'approvisionnement.

Les « secrétaires debout » assurent un secrétariat de « trottoir » pour le traitement ou la dactylographie de textes.

Les « chiffonniers » collectent les vieux bibelots qu'ils revendent par kilos dans les sociétés de recyclage de la place.

Ils fouillent dans presque tous les gros dépotoirs pour dénicher quelques objets à vendre. Ils sont de tout âge et de tout sexe.

Les éboueurs offrent leurs services dans des lieux publics pour se faire rémunérer à la fin du travail. Ils ramassent aussi les poubelles parcellaires en faisant du porte à porte. Ils sont rémunérés forfaitairement à la tâche, à la suite d'un marché conclu de gré à gré.

Les « anti-gang » sont ces jeunes sportifs remarquables par leurs biceps qu'on peut engager momentanément pour assurer la sécurité dans des lieux de fêtes, dans les bistrots (Nganda), marchés aux puces, etc. Ils sont rémunérés à la fin de l'exercice de leur tâche.

Les vernisseurs d'ongles sont ces jeunes ambulants qui font du porte à porte pour offrir des services de manucure et de pédicure. Ils sont munis de tous les matériels de vernissage et offrent même leurs services à crédit.

Les dockers ou « porteurs » sont ces gens qui chargent et déchargent les marchandises dans les ports privés, les marchés et les parkings. Le portage se fait à dos d'homme et le métier est payé à la tâche en espèce ou en nature. Ils sont « embauchés » à la tâche en échange parfois de quelques kilos de produits vivriers. Parmi les dockers se trouvent aussi certains fonctionnaires qui exercent le métier comme second emploi.

Les facilitateurs de voyageurs en taxis et taxis - bus sont appelés communément « chargeurs ». Ce sont ces jeunes hommes qui facilitent l'embarquement de passagers à bord d'un transport public en percevant au passage une sorte de taxe par client embarqué dans le véhicule.

Les « parlementaires debout » sont ces hommes, intéressés par la politique, qui commentent les événements politiques sur les places publiques au sujet de la bonne marche de la chose publique. Ils sont parfois recrutés pour ce genre de métier par des politiciens afin de manipuler les opinions.

Les «londoniennes »sont des filles qui font le trottoir dans les hôtels de Matonge, même au centre-ville pour exercer le plus vieux métier du monde : « la prostitution ». Elles seraient habillées à la «londonienne », c'est-à-dire à l'occidentale.

Les mamans « manoeuvres » représentent le groupe important de femmes qui « se débrouillent » dans des marchés publics, Beach, ports privés et gares routières. Elles jouent le rôle d'intermédiaire, de facilitateurs dans la filière de commercialisation de produits vivriers agricoles. Leurs activités consistent à vendre à la place du fournisseur et répartir l'argent en retenant des gains.

Les mamans « Bipupula » sont ces femmes qui aident à partager équitablement les sacs de maïs et de manioc achetés en gros par deux ou plusieurs femmes qui ne peuvent l'acquérir seules en entier, étant donné la modicité de leurs bourses.

En contrepartie, les mamans « Bipupula » sont payées pour le service rendu avec des rebuts de grains de maïs ou cossettes de manioc provenant du contenu du sac partagé. En d'autres termes, elles aident les femmes à acheter des sacs de céréales, haricots, cossettes de manioc, haricots à le partager entre les acheteuses, à tamiser les rebuts et à tirer les bons grains des mauvais.

Elles sont rémunérées avec ses rebuts pour les services rendus. Elles accumulent ces gains dans toutes les opérations effectuées. Le soir, soit elles les revendent au marché appelé « Bitula » pour se faire un peu d'argent, soit elles les apportent à la maison pour l'unique repas du jour. (Mabanga.2003).

Les mamans « Kabola », quant à elles, sont postées devant les chambres froides. Elles sont spécialisées dans le partage « Kabola » des rames de poisson achetées par deux ou plusieurs femmes. En contrepartie, elles bénéficient d'une petite rémunération en poissons ou en d'autres vivres frais pour le service rendu. (Mabanga, Id).

Les évangélistes ambulants sont ces pasteurs « debout » qui prêchent la bible dans des bus ou sur les places publiques comptant sur la foi des passagers et des passants pour empocher les offrandes, les aumônes, etc.

Les « lavandières ambulantes » font du porte à porte pour offrir leur service journalier.

Les cambistes sont des changeurs de monnaies. Ici à Kinshasa, on les appelle « changeurs » ou encore « Bongolateurs » en lingala, la langue locale, qui signifie « changeurs ».

Les « libraires des trottoirs » vendent des vieux livres sur les trottoirs des avenues.

Les « Tous travaux ambulants » regroupent un grand nombre de chômeurs. Parmi eux, il y a les laveurs de véhicules en stationnement et les gardiens de voitures dans des places publiques ; les cordonniers, les cireurs de souliers, les mécaniciens, les plombiers, les nettoyeurs de tapis, les laveurs des assiettes, les coiffeurs, etc.

Pour ces gens, la satisfaction des besoins élémentaires se réduit à sa plus simple expression : les habits de la friperie, un bol de farine de maïs avec du poisson chinchard. Ils font tous ces métiers pour satisfaire leurs besoins élémentaires. Ils se contentent d'un petit pourboire pour les services rendus selon le bon vouloir du client. Ils font du porte à porte pour de modiques sommes ou en échange d'un repas.

Tous ces gens (de petits « boulots »), qui sillonnent Kinshasa à longueur de journée développent une sensation de bien - être grâce à « l'article 15 », c'est-à-dire à la débrouillardise. Ils s'estiment heureux. Ils ne vivent pas sous pression. Ils ne sont pas stressés, parce que le temps est très élastique pour eux. Ils s'accrochent à la vie et ne pensent à aucun moment au suicide. Ils aiment la vie.

Pour eux, le pauvre est celui qui est « mort ». Certains parmi ces « tous travaux ambulants », dorment partout où ils le peuvent, sur les vérandas des magasins du centre-ville, sous les voitures garées dans les parkings, dans des marchés, etc.

II.2. METHODES ET TECHNIQUES UTILISEES

II.2.1. Méthodes

II.2.1.1. Définition

La méthode est un ensemble d'opérations intellectuelles par lesquelles une discipline cherche à atteindre la vérité qu'elle poursuit, la démontre et la vérifie (RONGERE, 1971, cité par MUZUMBI, 2003). Pour réaliser cette étude, nous avons recouru aux méthodes suivantes :

II.2.1.2. Méthode historique

La méthode historique a consisté à reconstituer le passé d'une manière objective en relation avec l'hypothèse de travail. Pour comprendre les problèmes des déchets à Kinshasa dans le passé, nous avons utilisé cette méthode en vue de localiser, d'interpréter et d'évaluer systématiquement les documents disponibles en rapport avec les institutions chargées de gérer les déchets.

En plus, nous avons intégré dans notre questionnaire d'enquête, une question qui consiste à savoir comment les déchets étaient gérés à Kinshasa, par quelle structure ou institution ; privée ou étatique, depuis quelle époque ; est-ce à l'époque coloniale, voire avant cette période jusqu'à nos jours, et c'est sur base de quelle loi en vigueur.

II.2.1.3. Méthode descriptive

Comme le fait remarquer LUNJWIRE (2002), la méthode descriptive consiste à décrire systématiquement des faits, des phénomènes et les réalités de la poubellisation de la ville de Kinshasa et ses conséquences.

II.2.1.4. Méthode statistique

La méthode statistique a pour objet la collecte des données numériques relatives à un ensemble d'objets, d'individus ou éléments (Microsoft Encarta, 2006). Car une recherche statistique se décompose en quatre étapes : la définition et la collecte des données, leur présentation en tableau, leur analyse et enfin la comparaison des résultats avec des lois statistiques connues.

Le point de départ d'une analyse statistique est constitué d'un ensemble de nombre obtenus en comptant ou en mesurant les éléments faisant l'objet de l'étude (Microsoft, Encarta, 2006).

C'est dans le but de s'entourer de précautions, afin de s'assurer de l'exhaustivité et de la justesse des informations recueillies que nous avons recouru à cette méthode.

II.1.5. Approche systémique

Cette méthode nous a permis d'étudier l'objet de notre étude, en la considérant comme un système constitué de plusieurs éléments qui s'influencent mutuellement voire qui sont interactifs c'est-à-dire interréliés.

II.2.2. TECHNIQUES UTILISEES

II.2.2.1. Définition

Nous commençons par signaler que toute recherche ou application à caractère scientifique en science sociale, comme dans les sciences en général, doit comporter l'utilisation de procédés opératoires rigoureux, bien définis, transmissibles, susceptibles d'être appliqués à nouveau dans les mêmes conditions, adaptées au genre des problèmes et de phénomènes en cause. A cet effet, et en ce qui nous concerne, nous avons recours aux techniques reprises dans les lignes qui suivent :

II.2.2.2. Technique documentaire

La technique documentaire a consisté essentiellement en la lecture de certains documents généraux et spécifiques sur le milieu d'étude et sur le thème de recherche ; en vue de connaître les points de vue des autres auteurs, savoir ce qui a été déjà fait et enrichir ces connaissance si nécessaire.

II.2.2.3. Pré enquête

Au cours de cette étape, nous avons mené une étude préliminaire du milieu d'étude.

II.2.2.4. Echantillonnage

Cette technique basée sur la représentativité des enquêtés au sein de la population d'enquête nous a permis de déterminer le nombre de citadins concernés par l'enquête. Il convient de noter que nous avons recouru un sondage par quota. En d'autres termes, nous avions décidé d'enquêter 5 ménages par rue ou par avenue.

II.2.2.5. The farm business survey method

The farm business method consiste à interviewer la personne sur base du questionnaire et recueillir les données. Une fois les informations recueillies, pour toute et passer (Rapport Annuel d'évaluation, USAID, 2006).

II.2.2.6. Interview structurée

Cette technique, basée sur l'interrogation orale des sujets, nous a permis de nous entretenir avec les 100 ménages vivant à Matonge, à travers une série de questions dont le nombre, l'ordre et l'énoncé était fixés à l'avance. C'est dans ce sens que nous sommes descendu sur le terrain pour mener une enquête moyennant une série de questions structurées sur un questionnaire pré établi.

II.2.2.7. Enquête par questionnaire

Cette technique nous a permis de poser des questions fermées auxquelles nos enquêtés ont répondu par oui ou non. Ces questions étaient assorties des propositions des réponses que nos enquêtés devraient choisir des réponses de leur convenance.

Nous avons élaboré un guide d'enquête constitué des thèmes suivants:

- Identification de l'enquêté : 7 questions;

- Aspects relatifs à l'occupation de la parcelle  : 8 questions

- Prise de conscience du problème d'insalubrité : 6 questions;

- Au niveau du ménage  : 14 questions;

- Au niveau du quartier  : 10 questions;

- Connaissance des lois environnementales  : 10 questions;

- Connaissance des structures d'assainissement existantes : 6 questions

- Question ouverte  : 1 question

Dans le quartier Matonge, 20 avenues ont été choisies pour l'enquête. Ces avenues sont : Inzia, Kandakanda, Lokolama, Masimanimba, Mpozo, Imprimerie, Sendwe, Stade, Oshwe, Zoao, Muanda, Bokula, Bolia, Tshikapa, Du coin, Kayila, Mateba, Vista, Victoire, Bozene. Dans chacune des avenues, nous avons interrogé cinq (5) ménages, ce qui fait au total 100 ménages enquêtés.

2.2.2.8. Dépouillement des fiches d'enquête, présentation et traitement
des données.

Par cette étape, nous avons procédé par le codage des données recueillies au cours des enquêtes en les classant selon chaque type de question. Puis, ces informations ont été saisies dans la base des données sur le logiciel Excel.

Pour dépouiller les données, nous avons renvoyé les données au logiciel « R » qui, à son tour, a fait le dépouillement des données que nous avons présentées dans les tableaux et graphiques pour leurs interprétation.

Après avoir présenté le milieu d'étude, méthodes et techniques, passons maintenant au troisième chapitre consacré à la présentation des résultats d'enquête.

CHAPITRE III : PRESENTATION ET DISCUSSIONS DES RESULTATS

Introduction

Le contenu de ce chapitre est constitué des résultats relatifs à l'identification de l'enquêté, l'occupation de la parcelle, la prise de conscience du problème de déchets ou de l'insalubrité (au niveau des ménages et au niveau du quartier), la connaissance des lois environnementales et la connaissance des structures d'assainissement.

3.1. Résultats

3.1.1. Des aspects socio démographiques et socio professionnels des sujets
enquêtés.

Tableau 3.1 Répartition des sujets enquêtés selon les aspects

Sociodémographiques et socioprofessionnels

Variables

Modalités

Fréquences

%

Sexe

Masculin

93

93

Féminin

27

27

 

Total

100

100

Ages

- 21 ans

1

1

21 - 30 ans

29

29

31 - 40 ans

44

44

41 - 50 ans

16

16

 

Total

100

100

Etat civil

Célibataire

30

30

Marié

70

70

Divorcé

0

0

Veuf (ve)

0

0

 

Total

100

100

Niveau d'études

Néant

0

0

Primaire

12

12

Secondaire

65

65

Supérieur

23

23

 

Total

100

100

Variables

Modalités

Fréquences

%

Profession

Boutiquier

15

15

Terrassiers

14

14

Ménagers

10

10

Trafiquants

8

8

Chefs d'avenues

6

6

Chômeurs

6

6

Autres

41

41

Total

100

100

Taille du ménage

1 à 4 pers.

37

37

5 à 8 pers.

55

55

9 à 12 pers

8

8

13 à 16

0

0

Plus de 16 pers.

0

0

Total

100

100

Statuts dans la parcelle

Locataire

63

63

Propriétaire

37

37

Total

100

100

Comme on peut le constater dans le tableau 3.1, les aspects sociodémographiques et socioprofessionnels sont complexes.

Parmi les personnes interrogées, on constate que les femmes sont plus représentées avec un score important et que les hommes sont moins représentés, occupant un score minime.

Ce tableau renseigne que 44 % des chefs de ménages enquêtés ont l'age variant entre 31 à 40 ans. 29 % se retrouvent dans la tranche d'âge de 21 à 30 ans. Le chef de ménage de moins de 21 ans ne représente que 1%.

Il est à signaler que l'âge des personnes enquêtées varie de 20 à 67 ans avec une moyenne de 35,82 ans.

Figure 1. Répartition des enquêtés selon la tranche d'âges

Le tableau 2 ci haut montre que 70% de personnes interrogées sont des mariées et 30% des célibataires. Les divorcés ne sont pas représentés et ont un score de 0% et les veufs (ves) 0%, les unions libres également.

Figure 2 : Répartition des sujets enquêtés selon le niveau d'études

La figure 2 nous montre que, parmi nos enquêtés, 65% ont fait les études secondaires, 12% ont les études primaires et 23% les études supérieures ou universitaires. Ceux qui ont fait les études secondaires occupent un score important par rapport à ceux qui ont fait les études universitaires et primaires.

Et pourtant, par rapport aux problèmes de déchets qui se posent à Matonge, cette tranche de la population (niveau secondaire, 65%), par rapport à leur niveau d'études est quand même importante. A cet effet, le niveau d'instruction ne pas un réel problème de déchets dans ce quartier, mais, peut être un problème de mentalité car, tous les enquêtés interrogés sont instruits à l'échelle différente.

Profession

Le tableau ci haut nous renseigne que, par rapport à leurs professions, les boutiquiers représentent 15%, les terrassiers 14%, les femmes ménagères 10%, les trafiquants 8%, les Chefs d'avenues 6%, les chômeuses 6% et les autres professions 41%.

D'après leurs scores, on peut remarquer que les deux premières professions à caractère commercial, les boutiquiers polluent plus que les autres par les articles qu'ils mettent en vente (sachets, cartons usés, boîtes de conserve vides, bouteilles en plastics...), suivi des terrassiers, qui, à leurs tours, produisent les restes de leurs ventes (capuchons de bières et autres...), les ménagères aussi viennent en troisième position, car c'est ici où l'on retrouvent la source des déchets ménagers tant dégradables que non biodégradables. On peut donc dire que le problème de déchets à Matonge est lié à la profession exercée par sa population.

Nous constatons aussi que dans notre espace d'enquête, les gens de professions diverses se retrouvent.

Répartition des sujets enquêtés selon la taille des ménages

Cette figure révèle que plus de la moitié, soit 55 % des ménages enquêtés sont constitués de 5 à 8 personnes. Mais, ceux constitués de 1 à 4 représentent 37% et ceux de 9 à 12 représentent 8%.

Les ménages occupés par 5 à 8 personnes occupent une grande proportion, soit 55%. Peut on affirmer que les ménages les plus peuplés sont ceux qui produisent plus de déchets par rapport à d'autres? Oui, parce que la quantité d'aliments consommés par les ménages peuplés n'est pas égale à celle des ménages moins peuplés. On peut alors dire que les ménages moins peuplés produisent moins des déchets, tandis que ceux qui sont plus peuplés en produisent plus. D'où, la pollution du quartier Matonge est aussi un problème lié à la taille des ménages.

Notons que la taille des ménages enquêtés varie entre 1 à 10 personnes avec une moyenne de 6 personnes par ménages.

Figure 3 : Répartition des sujets enquêtés selon la taille des ménages

Statut dans la parcelle

Ie tableau ci haut indique que la majorité de nos enquêtés (65%) sont des locataires tandis que 37% sont des propriétaires des parcelles.

Ces résultats nous renseignent que parmi les citadins qui habitent le quartier Matonge, nombreux locataires, tandis que peu sont propriétaires.

Le statut dans les ménages ne constitue pas un réel problème dans le quartier Matonge, car il ne s'agit pas d'être propriétaire de la maison ou non pour gérer mal les déchets.

3.1.2 Aspects relatifs à l'occupation de la parcelle

Tableau 3.2 : Aspects relatifs à l'occupation de la parcelle

Variables

Modalités

Fréquences

%

Nombre de ménages dans la parcelle

1 à 2

32

32

3 à 4

68

68

Total

100

100

Nombre de bâtis

 

1 à 3

65

Non

3à 5

35

Total

100

100

Matériaux de construction utilisés

Matériaux dur.

100

100

Mat. Non durables

0

0

 

Total

100

100

Plans des maisons

Elaborés

77

77

Non élaborés

23

23

Total

100

100

Autorisation de bâtir

Oui

100

100

Non

0

0

Total

100

100

Ce tableau explique que 68% des parcelles enquêtées disposent entre 3 et 4 ménages et 32% des parcelles comptent entre 1 à 2 ménages. Cela veut montrer que les parcelles qui disposent d'un nombre important de ménages hébergent également un nombre important de familles car elles ont un grand score (68%) et celles qui ont moins de ménages en disposent moins.

En outre, la question du nombre de ménages ne peut pas confirmer cette réalité, car une parcelle peut avoir plusieurs ménages qui hébergent moins de membres, tandis qu'une autre peut en disposer peu, mais les occupants sont nombreux. Donc, le problème de déchets peut dépendre de ces deux réalités sis évoquées.

Nombre de bâtis

Les résultats de l'observation sur terrain ont montré que le nombre des maisons construites dans une parcelle varie de 1 à 5, avec moyenne de 2 maisons par parcelle. Cette observation nous amène à dire le quartier Matonge est une entité où les règles environnementales ne sont pas tellement respectées car lorsqu'on retrouve plusieurs bâtis dans une parcelle, on constate que les conditions d'hygiène ne sont plus favorables et sécurisantes pour les familles qui y habitent.

Matériaux de construction utilisés dans les constructions

Des tous les ménages au sein desquelles nous avons mené nos enquêtes, les matériaux utilisés pour la construction de toutes ces maisons étaient des briques. Les maisons sont en matériaux durables. Ici il n'y a pas des maisons construites traditionnellement c'est-à-dire en briques à daube ou en terre comme nous observons dans nos villages.

Autorisations de bâtir

Les autorisations de bâtir ont été délivrées avant les constructions de ces maisons, pour les 100 ménages enquêtées.

Quelque part, on respecte quand même les règles urbanistiques en octroyant les autorisations de bâtir, malgré qu'on observe les maisons entassées et moins spacieuses, c'est là même qu'on vie dans le phénomène de la taudification des maisons.

Plan de la maison

Le tableau ci-dessus nous montre que 77% de maisons de Matonge disposent des maisons dont les plans ont été élaborés par les experts tandis que 23% ont des maisons dont les plans n'ont pas été élaborés.

Dans toute ville, les maisons sont construites moyennant les plans urbanistiques élaborés; mais à Matonge, certains des habitants trouvent normal de construire des maisons sans plans élaborés par les experts. Cet état de fait est remarqué presque partout à Kinshasa ; d'où la villagisation de la ville de Kinshasa.

3.1.3 Aspects relatifs à la prise de conscience du problème des déchets ou
de l'insalubrité au niveau de ménage et de quartier

Tableau 3.3 : Répartition des sujets enquêtés selon leur prise de

conscience sur le problème d'insalubrité

Variables

Modalités

Fréquences

%

Quantité de déchets produits

Non

93

93

Oui

7

7

Total

100

100

Etat de déchets

Biodégradables

100

100

Non biodégradables

0

0

Total

100

100

Gestion de déchets

Déchets non gérés

95

95

Déchets gérés

5

5

Total

100

100

Modes de gestion utilisés

Collecte

66

66

Ramassage

20

20

Tri

0

0

Transport

0

0

Stockage

14

14

Total

100

100

Quantité des déchets produits par les ménages

Par rapport aux quantités de déchets produites par nos enquêtées, le tableau ci haut nous présente les réponses suivantes :

Les sujets enquêtés ne connaissent pas les quantités de déchets qu'ils produisent; les femmes des ménages n'ont pas d'idées sur ce qu'elles produisent comme déchets, elles ne se font pas souci pour en connaître la quantité en terme de poids ; il est de même pour leurs enfants qu'elles envoient jeter les déchets. Pouvons-nous affirmer si les femmes sont-elles ignorantes ou pas?

A nous notre avis, nous supposons que les quantités de déchets produites par les ménages sont fonctions de types d'aliments consommés ; ceux qui consomment plus de légumes (matembele, nduda, mfumbwa, bitekuteku...) produisent beaucoup de déchets, tandis que ceux qui consomment la viande en consomment moins (les sachets et les os).

Etat des déchets produits à Matonge

Les déchets produits à Matonge sont plus biodégradables que non biodégradables car ils sont d'origines ménagères. Mais on peut observer qu'il y a moins de déchets non biodégradables suite à la présence des studios de photos, les papeteries, alimentations et autres.

Gestion de déchets

Le tableau ci-dessus nous présente les résultats selon lesquels, les déchets ne sont pas gérés. Plusieurs ménages, comme nous l'avions constaté, ne savent pas gérer les déchets. Ils ont développé la culture du prêt à jeter. Partout on retrouve les déchets et les gens ne se font pas souci, les déchets ne gênent pas, ils deviennent ce que certains de nos enquêtés ont appelé « bomesano » ce qui veut dire en lingala une habitude.

Photo 3.3.1 : Abandon sauvage de déchets urbains solides dans la rigole à Matonge, Août, 2008

Photo 3.3.2 : Abandon sauvage de déchets urbains solides sur la route à Matonge, Août, 2008

Modes de gestion utilisés

Les résultats de ce tableau révèlent que 66% des personnes interrogées ont adopté la collecte comme mode utilisé dans la gestion des déchets, 20% préfèrent le ramassage et 14% optent pour le stockage. Le tri et le transport ne sont pas des modes utilisés à Matonge.

Il s'observe que les gens préfèrent collecter et stocker les déchets que les évacuer. Ils les rassemblent et les laissent traîner sur la voie publique en attendant on ne sait qui pour les jeter et à quand son évacuation aura lieu.

D'autres semblent dire que l'hôtel de ville peut passer le jour qu'il voudra ; pourtant, ses véhicules passent presqu'une fois par mois. Faudra-t-il attendre un mois pour évacuer les déchets ?...

Peu de gens font le ramassage de leurs déchets et ils les jètent partout où ils veulent ; c'est le cas que nous avons vu précédemment (certains dans la rivière, caniveaux, rigoles, carrefours, sur la route,...) c'est ici que le « FULUS » sont nés.

Tableau 3.4 Aspects relatifs à la prise de conscience du problème de
l'insalubrité au niveau de ménage

Variable

Modalités

Fréquences

%

Possession des poubelles

Oui

91

91

Non

9

9

Total

100

100

Lieux de décharges

Dans le Caniveaux

6

6

Dans la Rivière

15

15

Sur le Rond point

3

3

Sur la route

76

76

Sur le Fulu

0

0

Poubelle publique

0

0

Total

100

100

Moyens d'évacuation de déchets utilisés

Homme

25

25

Brouette

1

1

Chariot

11

11

Panier

61

61

Sacs

3

3

Total

100

100

Paiement en cas d'usage des éboueurs volontaires

Ne paient rien

91

91

15O FC

1

1

200 FC

3

3

250 FC

1

1

300 FC

4

4

Total

100

100

Dépenses hebdomadaires

100 à 400

92

92

500 à 800

1

1

900 à 1200

7

7

Total

100

100

Causes de la mégestion de déchets

Manque des structures d'assainissement crédibles

72

72

Pas de politique d'assainissement

28

28

Total

100

100

Ce tableau indique qu'un grand nombre des ménages à Matonge ne disposent pas des poubelles ; c'est pourquoi, plusieurs d'entre eux jettent les déchets sur la route, les autres les jettent dans la rivière, une autre couche préfère les jeter dans les caniveaux ; on retrouve aussi autres déchets abandonnés sur le rond point. Mais, on peut signaler que dans le quartier Matonge, on ne retrouve pas les « Fulu » ni moins les poubelles publiques ; les gens trouvent normal de les jeter sur la route, dans les caniveaux et dans la rivière.

Est-ce que peut-on affirmer que le fait de ne pas disposer d'une poubelle peut être une raison d'amener les gens à la culture du prêt à jeter? Si tel est le cas, on marcherait sur les déchets dans le quartier.

Distance parcourue par les sujets enquêtés pour jeter les déchets

Min = 30,00

1st qu = 5,00

Médiane = 5,00

Mean = 21,64

3rd qu = 10,00

Max =500,00

Ces données sont fournies par le logiciel statistique « R » sur les résultats de l'enquête qui ont montré que la distance minimum parcourue par les ménages pour jeter les déchets dans un lieu donné est de 3m et la grande distance est de 500m. La moyenne de distance parcourue par les ménages est de 21,64m.

Pourtant, les endroits où l'on jette ces déchets ne sont pas les lieux destinés pour cette fin, d'où, ces endroits ne sont pas autorisés.

Les caniveaux souvent bouchés par les jets des déchets des ménages inconscients, sont à la base de la dégradation des chaussées de routes (érosion par exemple).

Les ménages dont la distance parcourue pour la décharge est de 3m sont souvent ceux qui jettent leurs déchets dans des caniveaux.

Figure 4 : Répartition des sujets enquêtés selon les moyens d'évacuation

des déchets utilisés par la population

La figure 4 nous renseigne que parmi les moyens utilisés par nos enquêtés pour évacuer les déchets sont l'homme, le chariot, le panier, la brouette et les sacs. De ces moyens, on remarque que le moyen le plus utilisé est le panier, puis l'homme, suivi du chariot et enfin les sacs et la brouette.

Pour les cas d'usage des personnes volontaires qui évacuent les déchets, les paiements se font arbitrairement (150 FC, 200 FC, 250 FC, 300 FC). Il n'y a pas un montant fixe pour ce travail, il suffit de s'entendre avec l'éboueur pour savoir combien on doit lui payer. Nous comprenons donc que c'est un travail de gagne pain qu'on fait juste pour chercher de quoi manger au courant de la journée.

Puis, ce travail ne s'effectue pas tous les jours, selon les sujets enquêtés ; ils peuvent passer une fois par semaine, soit deux fois et le montant à payer ne varie qu'entre 150 à 500 FC.

Notons par ailleurs que les volontaires qui ramassent les déchets visent surtout les déchets biodégradables pour les utiliser dans leurs champs. Voila un autre motif pour lequel ces éboueurs ramassent les déchets ; c'est dans le but d'enrichir leurs chants en engrains organiques. D'autres vont les vendre aux maraîchers.

Par ailleurs, la quasi-totalité des ménages enquêtés dépensent 100 à 400FC par semaine. Ceux qui dépensent plus de 400FC ne représentent que 8%. La dépense moyenne hebdomadaire par ménage est de 593,8FC, avec une dépense minimum de 400FC et maximum de 700FC.

Le manque des structures crédibles et d'une bonne politique environnementale définie par notre pays constitue les causes d'une mauvaise gestion de déchets.

Pour cet effet, personne ne se reproche pas si les déchets constituent une menace pour la santé de l'homme avec tout ce qui l'entoure. A cela s'ajoute le manque d'Education Relative à l'Environnement (ERE) sein de la population, un laisser-aller des autorités locales vis-à-vis de la population citadine de Matonge et l'ignorance de la lois aussi est un élément essentiel qu'il nous faut rappeler car les lois en matière environnementale existent bien, mais elles ne sont pas connues et surtout vulgarisées pour le pouvoir public.

Au niveau du quartier, nous avons voulu savoir s'il existe une structure d'assainissement, si oui, laquelle, quelle est sa mission, si elle est privée ou étatique, l'approche qu'elle utilise, son efficacité sur le terrain, le financement dont elle est bénéficiaire (interne ou externe). A toutes ces questions, aucune réponse ne nous a été fournie à part une seule personne sur les 100 sujets enquêtés a soulignée que c'est l'Etat qui finance les travaux d'assainissement et les autres soit 99% n'ont rien répondu. Par ailleurs, une personne a ajouté que l'hôtel de ville contribue pour assainir la ville mais dont l'efficacité est éphémère.

Il a ajouté que les véhicules de l'hôtel de ville passe une fois le mois après que les « fulus » soit inondés jusqu'au niveau d'émettre les odeurs nauséabondes.

3.1.4 Répartition des sujets enquêtés selon leurs Connaissances des lois

environnementales existantes et du Principe « Pollueur payeur »

Variables

Modalités

Fréquences

%

Connaissance des lois environnementales

Ne connaissent pas

100

100

Connaissent

0

0

Total

100

100

Connaissance du PPP

Connaissent

24

24

Ne connaissent pas

76

76

Total

100

100

Avantages du PPP à la population

Manque des recettes

27

27

Je ne sais pas

73

73

Total

100

100

Avantages du PPP au pouvoir Etatique

Accroissement des recettes

15

15

Je ne connais pas

85

85

Total

100

100

Niveau de manque à gagner

Manque des recettes

27

27

Je ne sais pas

73

73

Total

100

100

Le tableau nous montre que les lois environnementales ne sont pas connues à Matonge. Cette situation favorise un laisser aller auprès de sa population. A qui la responsabilité de cette ignorance de lois peut-elle incomber ? à la population ou au pouvoir public ? la réponse est simple. C'est à l'Etat congolais qu'il revient de mettre à la disposition de sa population, toutes les lois de la république, en vue qu'elle s'en rende compte.

Le principe pollueur-payeur n'est pas connu. Peut de gens le connaissent à Matonge et un grand nombre ne le connaissent pas. Pourtant, il est un principe de la prévention et de la réparation des atteintes portées à l'environnement. Il aborde ainsi, pour la première fois, le problème de la protection de la biodiversité sous l'angle de la responsabilité du pollueur.

Pour assurer la réparation de l'environnement, la personne qui se trouve à l'origine du dommage environnemental doit supporter le coût final de la réparation, qu'il y procède lui-même ou non, de son plein gré ou sur ordre des autorités compétentes, celle-ci devant assumer la surveillance et le contrôle des opérations.

Le « principe pollueur payeur», au vu de cette définition, devrait donc revenir à dire que, dès qu'il y a une pollution, celui qui en est à l'origine est prié d'assumer les conséquences monétaires de son comportement, sans dérogation possible.

Le PPP peut n'avoir aucun sens si les dégâts ne sont pas réparables. Que signifie que des dégâts sont « réparables » ? Et bien que l'on peut réparer! En d'autres termes, des atteintes à l'environnement sont « réparables » s'il est possible, à partir de l'état dégradé causé par la pollution, de remettre l'environnement à peu près dans l'état de propreté où nous l'avons trouvé en entrant.

Le principe pollueur payeur ne peut servir à alimenter un budget normal si l'on vise la suppression de la nuisance. Faire payer l'auteur de la nuisance peut aussi, donc, servir à le dissuader d'agir ainsi, à l'instar de ce qui est fait pour les cigarettes ou alcool.

Admettons par exemple ici que le principe pollueur payeur soit invoqué pour taxer un comportement fautif ; il en résultera une ressource financière pour l'entité qui taxe (l'Etat ou la collectivité locale, peu importe), qui ne durera que tant que le comportement fautif durera, et qui sera d'autant plus importante que le comportement fautif le sera.

De tout ce qui précède, ce principe mobilise des recettes importantes dans l'entité où il est appliqué et que ces recettes contribuent au développement du même milieu tout en finançant d'autres projets. La non application de ce principe constitue un manque à gagner important.

C'est sous cet angle que notre étude reste beaucoup plus focalisée en vue d'un développement durable du quartier Matonge.

3.1.5 Répartition des sujets enquêtés selon leur connaissance des structures

d'assainissement

Fig. 5. Connaissance des structures d'assainissement

La figure 5 ci- haut épingle les structures d'assainissement existantes selon les réponses fournies par les enquêtés.

La majorité des personnes interviewées ne reconnaissent pas les structures d'assainissement de la ville de Kinshasa. Mais 6% reconnaissent l'Hôtel de ville de Kinshasa, 1% connaît l'OVD, 6% connaissent le PAUK (Programme d'Assainissement Urbain de Kinshasa), 2% ont une idée sur le PNA (Programme National d'Assainissement) et 5% connaissent POUBELKIN.

Lorsqu'une grande majorité de la population se disent ne pas reconnaître les structures d'assainissement existantes, cela peut être interprété comme si ces structures n'ont des effets concrets sur le terrain ; parce que lorsque une action est entreprise dans un milieu donné, la population doit être informée de cette activité. Nous pouvons alors conclure que ces structures n'ont pas d'efficacité et elles n'existent que de noms.

3.1.6 Répartition des sujets enquêtés selon leurs connaissances sur les

techniques utilisées par les structures d'assainissement

Fig. 6 : Techniques utilisées par les structures d'assainissement

Cette figure nous renseigne que la majorité des ménages interrogés pratiquent l'incinération comme technique utilisée dans leur mode de gestion de déchets.

La deuxième technique utilisée est le réemploi. Par cette méthode, on suppose que certains déchets sont récupérés et utilisés pour être transformés en leur donnant d'autres formes particulières pour d'autres usages précis.

C'est le cas par exemple des boîtes de lait qu'on peut transformer en entonnoirs. La troisième couche des enquêtés ne connaît pas les techniques utilisées par ces structures.

D'autres pensent que ces structures font le recyclage et la réutilisation des déchets c'est-à-dire, récupérer les feuilles de Chikwangues dans la poubelle par exemple, puis on les nettoie dans la rivière et on les utilise de nouveau comme emballage.

Nous constatons donc que la technique la plus utilisée par ces structures est l'incinération.

3.1.7 Répartition des avis des sujets enquêtés relative à la création d'une
structure d'assainissement

Fig.7 : les avis des sujets relatif à la création d'une structure d'assainissement

Cette figure 7 nous présent la volonté de la population de Matonge par le fait qu'elle accepte la création d'une structure d'assainissement urbain privée par l'application du principe « pollueur payeur.

Cela justifie que cette population se retrouve le besoin de vivre dans un environnement salubre. Lorsque nous avions posé cette question à la population de Matonge, presque tout le monde nous répondait en lingala « Papa, bobanda ata lelo » c'est-à-dire commencer même aujourd'hui.

Une étude menée dans le marché de Ouagadougou au Burkina Fasso par le chercheur Ahouseny SAWADOGO (2004) sur la gestion des ordures ménagères, a démontré qu'il était instituée une contribution journalière pour chaque marchand, dans l'objectif d'une participation à l'action communale, cette démarche n'était pas fameuse, mais lorsqu'il s'est agit de confier la tâche de collecte des ordures à une structure privée, liée à la commune par un contrat, la chose était bien partie car la commune commençait à agir simultanément comme client et contrôleur . Ceci avait soulagé la population de certaines maladies dues à l'insalubrité comme le paludisme et les maladies hydriques. En attendant l'action minicipale, les marchands ont trouvé des solutions à leur manière, vu leur niveau de compréhension de l'impact des déchets sur la santé publique et l'environnement.

C'est cette démarche que nous voulons initier dans le cadre de ce mémoire. C'est pourquoi, la raison d'accepter la création d'une structure privée à Matonge, est motivée en vue d'assainir le quartier de manière durable.

3.1.8 Répartition des suggestions des personnes interrogées

Ce point concerne les suggestions formulées par nos enquêtés et se retrouvent dans la figure ci après;

Fig.8 : Suggestions des sujets interrogées

Légende :

A : Création d'une structure d'assainissement

B : Créer les tribunaux environnementaux

C : Implication de la population

D : Redynamiser les travaux de la salubrité

E : Suppression des marchés pirates

F : Sanctionner les contrevenants

La figure 8 nous montre les avis émis par nos enquêtés. Une grande majorité est d'avis qu'il vaut la peine de créer une structure privée d'assainissement à Matonge. Cette création peut répondre, selon notre avis, aux attentes de cette communauté citadine. Mais la création de la structure est une chose et son impact en est une autre.

Il faudra donc que celle-ci soit réellement une solution aux problèmes environnementaux de ce quartier.

D'autres personnes pensent qu'il faut créer des tribunaux environnementaux qui vont sanctionner les contrevenants. Cela peut être une autre solution du problème, mais tant que le mental de la population ne changera pas, le problème demeurera toujours. D'où, il faut éduquer la population tout d'abord.

Une autre voie, selon nos enquêtés, est celle d'impliquer la population dans les travaux d'assainissement du quartier; oui, c'est vrai, car si chacun des habitants se met à balayer devant sa parcelle tous les matins, à désherber chaque fois, toute l'avenue se retrouvera propre.

Les autres sujets enquêtés ont proposé qu'il faudrait supprimer les marchés pirates qui se disséminent partout dans la ville de Kinshasa. En réalité, on ne sait plus distinguer le lieu de Marché à d'autres. Partout c'est le marché ; les ventes se font partout, boutiques, alimentations, les buvettes « Nganda », les restaurants « Malewa », les sachets d'eaux dites « pures » sont éparpillés partout causant ainsi une insalubrité difficile à gérer. La réglementation des activités marchandes s'avère nécessaire à Matonge; d'où, la suppression de ces marchés peut donc être une piste de solution aux problèmes dus à l'insalubrité.

3.2. Discussions des résultats

La discussion que nous avons entreprise dans ce chapitre porte sur le sens même des résultats et sur les corrélations existant entre les différents résultats obtenus lors des enquêtes menées.

3.2.1. Du sexe

Nous avons constaté que les problèmes de déchets concernent plus les femmes (93%). En effet, lors des enquêtes, dans plusieurs ménages que nous avions visités, les hommes nous renvoyaient plus auprès de leurs épouses pour répondre à nos préoccupations.

Ils se disent ne pas être concernés par la gestion de ce qui se passe à la cuisine. Peu d'hommes, comme les résultats l'indiquent, se sont préoccupés de nous répondre aux questions posées.

On constate ici que les hommes abandonnent leurs responsabilités au sein des ménages, car ils laissent tout entre les mains des femmes et les enfants qui font n'importe quoi. On assiste donc à une démission des hommes vis-à-vis de leurs responsabilités, c'est eux qui devraient être plus clairvoyants et rigoureux envers leurs femmes qui gèrent mal les déchets en complicité avec leurs enfants.

Ce que l'on doit retenir, c'est que le problème d'insalubrité ne concerne pas seulement les femmes, mais c'est l'affaire de tout le monde.

3.2.2. De l'âge

Par rapport à l'âge des enquêtés, Il y a lieu de faire remarquer que le pourcentage des enfants (1%) est faible, mais significatif. En effet, les enfants jouent un rôle important en matière de concours qu'ils apportent à leurs mamans. Ils viennent au secours de leurs mamans quand il s'agit d'aller jeter les déchets dans les endroits imprécis. Comme il n'existe pas de décharges prévues et publiques, les jeunes de moins de 21 ans jettent les déchets ménagers même sur la rue, dans le caniveau... selon leur gré.

Les adultes quant à eux, leur âge en principe devrait les prédisposer à une gestion rationnelle des déchets ménagers. Malheureusement ce n'est pas le cas. Cette attitude est liée à plusieurs facteurs dont le manque d'éducation relative à l'environnement, la démission de l'Etat, la culture du prêt à jeter... Ainsi, ils se permettent de jeter les déchets n'importe où, même à des endroits non autorisés comme dans les caniveaux se trouvant même devant les parcelles, soit dans la rue, soit au rond point ou soit dans la rivière, si celle-ci se trouve proche de la maison.

D'où, l'âge n'est pas un facteur qui justifie l'état de la médiocrité environnementale qui caractérise le quartier Matonge, mais c'est plutôt une question d'éducation. Car les personnes qui salissent le quartier sont non seulement les enfants, mais également les adultes.

3.2.3 De l'Etat civil

L'Etat civil n'est constitue pas un problème en matière de gestion de déchets, mais plutôt un aspect relatif à l'identification des sujets enquêtés. Les hommes comme les femmes, mariés comme célibataires, adultes comme enfants, tous sont acteurs dans la problématique des déchets.

3.2.4. Du niveau d'études

Le niveau d'étude devrait logiquement influer significativement sur la manière de gérer les déchets ménagers. Cependant, quel que soit le niveau d'études, lorsque la personne manque les notions sur les règles d'hygiéne, elle se livre à jeter les déchets n'importe où. En outre, le niveau d'études devrait interpeller toute personne aussi en matière de gestion de déchets.

Celui qui a étudié devrait savoir apprécier les conséquences de l'insalubrité au niveau de l'environnement, au niveau familial, voire même au niveau national. Cela n'est cependant pas le cas pour tous les sujets étudiés dont la majorité a au moins fait les études secondaires.

3.2.4 De la taille de ménage et nombre de bâtis par parcelle

Il y a lieu de faire remarquer que le volume des déchets produits dépend aussi de la taille des ménages. Lorsqu'un ménage est constitué d'un nombre important d'occupants, il est fort possible que ce dernier produise une quantité importante de déchets.

Les résultats obtenus ont permis de dire que les sujets étudiés appartiennent à des ménages dont la taille varie entre 1 et 10 personnes avec une moyenne de 6 personnes par ménage. En d'autres termes, les ménages étudiés sont en majorité grands producteurs de déchets, mais qui sont mal ou non gérés.

Autre fait, est que les ménages au sein desquels on consomme beaucoup de légumes produisent assez de déchets biodégradables tandis que ceux dans lesquels on consomme plus de la viande produisent plus des déchets non biodégradables( les sachets, verres, etc.).

3.2.4. De la profession

Pour ce qui concerne les professions, il convient de faire remarquer que les terrassiers, les ménagères et même les boutiquiers sont les grands pollueurs de Matonge. Ces derniers, à cause de leurs activités commerciales de ventes, produisent de quantités importantes de déchets de différente nature, mais pour lesquels ils ne prennent pas les dispositions qui s'imposent en matière d'hygiène, de salubrité : capuchons de bières, les feuilles de « Maboke » et de « Chikwangues », des « Malewa », les restes de préparation d'aliments, les restes des emballages, les boîtes vides, les sachets et autres sortes. Alors qu'en réalité, lorsqu'on exerce ce genre de métiers ou d'autres, on devrait être éco-citoyen.

Dans cette catégorie, on classe également les vendeurs ambulants qui, tout au long de leur parcourt, produisent les déchets (sachets, boîtes et autres débris) jamais gérés. Et cela dure déjà depuis plusieurs décennies sans innovation. Mais qui peut l'innover ? C'est peut être nous à travers cette étude.

3.2.5. Quantités des déchets produites

Une grande proportion (93%) de enquêtés ne connait pas les quantités de déchets produits. Pourtant, c'est une question importante qu'il fallait maîtriser pour mieux réussir la bonne gestion de déchets dans le quartier Matonge. Ici, il s'agit d'un problème socio culturel qui sous entend l'absence de la culture de comptabilité (sous développement mental). En terme de rentabilité économique, si l'on tenait compte des aspects poids et taxes pour ce qui concerne les déchets, on disposerait non seulement de moyens suffisants pour financer les travaux de salubrité, mais également pour accroître les recettes du trésor public.

Dans les résultats présentés ci haut, il a été constaté que la quasi-totalité de ménages enquêtés dépensent entre 100 à 400FC par semaine. Ceux qui dépensent plus de 400 FC ne représentent que 8% et la dépense hebdomadaire moyenne par ménage est de 593,8 FC, avec une dépense minimum de 400 FC et maximum de 700 FC.

Or, avec les 8% de ménages qui dépensent plus de 400 FC par semaine, on enregistre un grand manque à gagner, car selon les résultats, il y a certains ménages qui paient plus, d'autres paient moins et d'autres encore ne paient pas.

Donc, si les facteurs poids et taxe sont pris en compte dans le processus de collecte de déchets à Matonge, une justice sociale peut générer l'équilibre et le manque à gagner serait moindre. Ainsi, le pouvoir public serait en possession de moyens financiers importants et suffisants, qui lui permettraient de réaliser ses projets sociaux.

Imaginons qu'une avenue compte 100 parcelles et que chacune d'elles accepte de donner par semaine, une somme équivalent à 50 cents Américain (0,5$USD) en monnaie locale, nous espérons que chaque semaine l'avenue pourra avoir dans sa caisse un montant de 50$ et qu'après un mois, il est possible qu'elle dispose 200$.

Cependant, s'il s'avère que la même opération s'effectue dans vingt avenues, on sera en possession de 50$ X 20 avenues, une somme de 1.000$ Américains sera disponible par semaine. Et s'il faut élargir la même opération au niveau de tout les quartiers, au niveau de la commune, au niveau de toute la ville de Kinshasa, nous espérons qu'en aucune fois, on sollicitera les financements de l'Union Européenne, ni moins de la Banque Mondiale pour assainir le quartier Matonge, de la commune de Kalamu et même de toute la ville de Kinshasa en général.

Une fois réunis tous ces moyens financiers, on peut alors envisager le recrutement parmi les gens qui n'ont pas d'emploi, les enfants de la rue, même les désoeuvrés, pour leur donner de l'emploi, en les organisant et les formant sur les techniques de collecte, ramassage, transport, stockage, trie et valorisation ou traitement si possible.

Et en ce moment, on envisagera en premier lieu, acheter les chariots, les pelles, les râteaux et autres matériels nécessaires avec lesquels on peut procéder au début des activités d'assainissement.

3.2.6. Des modes de gestion de déchets utilisés

Les modes de gestion de déchets ménagers constituent un épineux problème à Matonge. Toute personne utilise son propre mode pour se débarrasser des déchets. Certains font la collecte, d'autre le ramassage et enfin le stockage.

Mais dans la plupart de cas, c'est la collecte qui est fréquemment utilisée. Lorsque l'on parcourt le quartier Matonge, les montagnes d'ordures « FULU » sont presque partout. Lors des enquêtes, nous avons tenté de poser la question à une maman pour savoir pourquoi les gens préfèrent laisser les montagnes d'immondices partout, la réponse fournie était la suivante : « Papa, nous laissons ça pour que l'Etat, à travers ses services, puisse nous aider à les évacuer vers l'endroit qu'il trouve mieux pour les entreposer. 

Nous pensons que cette situation peut interpeller sa conscience, afin qu'il nous vienne au secours ; mais nous observons une absence de sa part. ». a notre humble avis, cette dame avait raison car, c'est en principe les services d'assainissement de l'Etat qui devraient se charger de l'évacuation des déchets, mais, apparemment les moyens financiers et techniques semblent leur manquer pour faire ce travail de manière efficace.

A une autre question, celle de savoir ce que l'on peut faire pour remédier à la situation de l'insalubrité dans le quartier Matonge ? Elle a répondu que s'il y a moyen, un service d'assainissement privé pouvait faire ce travail de manière durable, même s'il pouvait être exigent ou coûter cher en demande d'écotaxes, les gens pourront les payer pourvu que le quartier reste salubre.

Si cela a été dit de manière consciente, cela prouve à suffisance qu'il existe déjà des personnes prédisposées à accepter la création d'une structure privée d'assainissement à Matonge.

3.2.7. De la distance parcourue vers le lieu de décharge

Les résultats ont montré que le lieu de décharge est situé entre 3 et 500m avec une moyenne de 22m. On peut se demander si le facteur distance entre les maisons par rapport au lieu de décharge peut jouer sur l'état d'insalubrité; d'aucuns peuvent sans doute affirmer cela.

Comme c'est le cas dans les habitudes des Kinois, les déchets sont rejetés dans les fulu, caniveaux, ronds-points, rivières, etc. Mais lorsque un des endroits se retrouve à une longue distance de la maison, la personne qui doit évacuer les déchets se fatigue et se décourage aussi.

Pour cela, même si l'initiative venait de l'hôtel de ville, voire auprès des responsables de Matonge, de mettre en place les poubelles publiques, ils doivent en tenir compte, du fait qu'au fur et à mesure la distance de décharge est située à une longue distance de la maison, au fur et à mesure cela décourage le transporteur de déchets; conséquence, il se permet de jeter les déchets n'importe où ?

Comme les gens utilisent plus des paniers pour évacuer les déchets, il est fort possible que le transporteur connaisse la fatigue. C'est pourquoi, mettre les poubelles publiques à une distance de plus ou moins 250m serait souhaité au maximum; au de-là de cette distance, c'est le laisser-faire qui est souvent source des nuisances avec comme corollaires, notamment des odeurs, qui peuvent nuire à la santé.

3.2.8. De la connaissance des structures d'assainissement

A Matonge, peu de gens connaissent les structures d'assainissement existantes. Est-ce que c'est une négligence, une ignorance ? Il est difficile de trouver la meilleure réponse à cette question. Toutefois, il peut s'agir du manque d'information. Mais en principe, une communauté constituée d'écocitoyens, a l'obligation de connaître un minimum de services qui s'occupent de salubrité de son milieu. Mais ici, interviennent plusieurs facteurs : éducation, formation, information, sensibilisation...

Est-ce que c'est parce que la population de Matonge ne maîtrise pas les noms des structures d'assainissement qu'elle se livre à salir son quartier? Et si elle parvient à les connaître, pourra-t-elle être à mesure de les respecter et rendre ainsi le quartier salubre? Il nous semble difficile de donner une quelconque réponse à cette question car, plusieurs vérités se cachent derrière cette question.

Mais on peut toujours supposer que si on connaît les structures d'assainissement, on peut adopter une attitude positive face aux déchets.

3.2.9. De la connaissance des lois environnementales

Les lois environnementales ne sont pas connues à Matonge. Tout le monde à qui nous avons posé les questions n'a pas reconnu l'existence des lois environnementales. Quelle conclusion peut prendre un scientifique lorsqu'au cours de ce 21ème siècle où l'environnement est devenu un domaine d'actualité et que la population de Matonge ne connaît pas les lois de l'environnement? Peut on également affirmer que c'est parce qu'elle n'a pas des connaissances de lois environnementales qu'elle pollue son quartier ? Cet autre paramètre n'est pas à écarter dans cette analyse.

3.2.10 De la création d'une structure d'assainissement privée

Les résultats ont démontré avec un score important (97%), qu'il est impérieux de créer une structure privée d'assainissement à Matongé ; et dans plusieurs questions formulées dans notre questionnaire d'enquête, plusieurs déclarations allaient dans ce sens, disant que l'insalubrité est devenue une menace pour les habitants de Matongé et entraîne plusieurs conséquences notamment les moustiques anophèles qui causent la malaria, fièvre thyroïdes, les odeurs et autres nuisances.

Ces sujets ont poursuivi que s'il y a moyen, un service d'assainissement privé pouvait faire ce travail de manière durable, même s'il pouvait être exigent ou coûter cher en demande d'écotaxes, les gens pourront les payer pourvu que le quartier reste salubre.

Mais la question reste de savoirs si cela a été dit de manière consciente, cela prouve à suffisance qu'il existe déjà des personnes prédisposées à accepter la création d'une structure privée d'assainissement à Matonge.

CONCLUSION PARTIELLE

Notre étude démontre qu'à Matonge, la gestion des déchets est une affaire des femmes et les enfants et que les hommes en sont moins concernés.

Le facteur âge quant à lui, ne peut en aucune manière ici, être une des raisons de l'insalubrité à Matonge, car les enfants, les adultes même les vieillards polluent l'environnement. Il en est de même pour ce qui concerne le niveau d'études.

A part les activités ménagères, il y a aussi les activités commerciales qui concourent à l'insalubrité à Matonge.

Les techniques de gestion des déchets utilisées sont la collecte, le ramassage, le transport, le stockage, le trie et la valorisation par les volontaires (agriculteurs).

De la même situation, les lois environnementales ne sont pas connues par la population de Matonge.

De tout ce qui précède, nous comprenons donc que l'état d'insalubrité du quartier Matonge est un fait doublé d'une information insuffisante en matière environnementale et d'un manque d'application des lois. C'est pourquoi, nous pensons que la création d'une structure locale privée d'assainissement qui s'occupera de l'éducation environnementale à la population, par l'application de l'approche « pollueur payeur », est une solution salutaire qui rendra le quartier Matonge vivable et viable.

Références bibliographiques

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III. COURS & RAPPORTS

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