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Déterminants des comportements sexuels à  risque d'infection aux IST/VIH/sida chez les adolescents au Niger


par Djibrilla MODIELI AMDOU
Université Yaoudé II SOA - Diplome d'Etudes Supérieures Spécialisées en Démographie DESSD 2008
Dans la categorie: Biologie et Médecine
   
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Disponible en mode multipage

DEDICACE

A la mémoire de mon frère MODIELI Aboubacar Sidikou, ancien étudiant de l''IFORD et de ma soeur MODIELI Amadou Maimouna que Dieu a rappelés à Lui ;

A mon père MODIELI AMADOU, à qui je dois tout ;

A ma mère Mme TANTAMA Goulgoul, à qui je ne pourrais jamais rendre le millième de ce qu'elle a fait pour moi ;

A ma grand-mère HAJIA Fadjimata, dernière survivante de mes grands parents pour son affection et ses multiples prières et bénédictions qui m'accompagnent ;

A ma grand-mère HAJIA Kounoukou que Dieu a rappelée à lui ;

A tous mes frères et soeurs.

REMERCIEMENTS

Au terme de nos premiers pas dans la recherche en sciences sociales et notamment en démographie, nous tenons à remercier tous ceux qui, de près ou de loin ont contribué à la réalisation de ce mémoire.

Nos remerciements vont à l'endroit de celui-là même qui, malgré ses multiples occupations n'a ménagé aucun effort pour donner à cette oeuvre une valeur scientifique à travers une rigueur dans la démarche. Docteur TOLNO Fassa Daniel, nous vous remercions pour l'amour du travail et de la recherche inculqué. Vous avez été plus qu'un directeur de mémoire.

Nous aimerons exprimer notre vive reconnaissance au Docteur MIMCHE Honoré, pour ses lectures et critiques pertinentes de ce document.

Nous aimerons, par ailleurs, exprimer notre vive reconnaissance au Docteur KAMDEM KAMGNO Hélène, avec qui nous avons commencé ce travail, pour ses lectures et critiques pertinentes. De même que pour sa parfaite coordination des activités académiques, grâce à laquelle ce travail a pu s'achever.

Nos remerciements vont également à l'adresse de tout le corps enseignant et administratif de l'IFORD, notamment à l'endroit de la Directrice Exécutive le Professeur ANNAN YAO Elizabeth et du Directeur des Etudes et de la Formation le Professeur EVINA Akam, dont les contributions ont été importantes pour notre formation.

Nous adressons aussi nos remerciements à l'Institut National de la Statistique du Niger pour les efforts déployés afin que notre formation soit possible. Nos remerciements vont particulièrement à l'endroit du Directeur Mr BEIDOU Abdoullahi.

A la famille ZOCLI Nicaise pour tout le soutien qu'elle n'a cessé de m'apporter ;

A mes compatriotes DAN AOUDE Sani et SOUMANA Issoufou ;

A NIGNAN Gafarou, MAMADOU Saliou Barry, DERRA Karim, KALTSAM MAGRAMA Albert, ZRA Issa qui, plus que des amis, furent des frères pour moi ;

A tous les étudiants de la 28ème promotion, nous adressons nos remerciements pour leur collaboration et l'esprit de travail qui a prévalu tout au long de notre formation.

Nos remerciements s'adressent enfin à tous ceux qui ont contribué à la réussite de ce travail et dont les noms ne figurent pas ici.

ENGAGEMENT

Il est d'usage que les futurs démographes présentent un mémoire de fin d'études à l'IFORD destiné à :

Ø Tester leurs aptitudes à sélectionner une bibliographie ;

Ø Juger de leurs capacités dans le traitement et l'analyse des données ainsi que dans l'interprétation des résultats obtenus, éventuellement dans leur contexte socio-économique et culturel ;

Ø Et juger de leur aptitude à la rédaction.

C'est dans ce cadre que nous nous sommes intéressés à la recherche des déterminants des comportements sexuels à risque d'infection aux IST/VIH/SIDA chez les adolescents au Niger.

La voie sexuelle étant le principal mode de transmission du SIDA, le lecteur sera peut-être frappé par la fréquence de l'usage des expressions "échanges sexuels", "comportements sexuels à risque", "rapports sexuels non protégés avec des partenaires occasionnels" etc.

Mais la pudeur peut elle encore de mise en sciences ? n'est-ce pas cette même pudeur qui a longtemps contribué - et qui le fait encore - à la vulnérabilité de notre jeune génération ?

Cette étude qui, du reste, constitue nos premiers pas en sciences sociales, nous a permis, entre autres, de sortir de notre position antérieure à l'égard de la démographie. En effet, en tant que mathématicien- statisticien, nous regardions cette discipline comme "de la littérature", sans aucune scientificité. Ce mémoire tout au long duquel nous avons découvert la nécessité de la pluridisciplinarité en sciences, n'a fait que parachever l'oeuvre commencée par Pr. EVINA Akam, Directeur des Etudes et de la Formation à l'IFORD, et tout le corps enseignant de l'IFORD, qui dès le début de notre formation, se sont attelés à nous montrer l'importance du "social scientist".

Les opinions émises dans le présent mémoire sont propres à l'auteur et ne sauraient en aucun cas engager l'Institut de Formation et de Recherches Démographiques (IFORD).

SOMMAIRE

DEDICACE i

REMERCIEMENTS ii

ENGAGEMENT iv

LISTE DES ABREVIATIONS ix

LISTE DES TABLEAUX xi

LISTE DES FIGURES ET DES GRAPHIQUES xii

RESUME xiii

INTRODUCTION GENERALE 1

CHAPITRE I CONTEXTE DE L'ETUDE 7

I-1 Cadre géographique 7

I-2 Caractéristiques démographiques 9

I-3 Caractéristiques socio-économiques 10

I-4 Environnement social 14

I-5 Situation sanitaire 15

I-6 Politique sanitaire et lutte contre le VIH/SIDA 16

I-7 VIH/SIDA dans le monde et au Niger 21

I-7-1 Définition du VIH/SIDA 21

I-7-2 Modes de transmission 21

I-7-2-1 Transmission sexuelle 21

I-7-2-2 Transmission materno-infantile 22

I-7-2-3 Transmission sanguine 22

I-7-3 Situations épidémiologiques 23

I-8 Conséquences du VIH/SIDA 31

I-8-1 Conséquences démographiques 31

I-8-2 Conséquences sociales 33

I-8-3 Conséquences économiques 35

SYNTHESE PARTIELLE 38

CHAPITRE II CADRE THEORIQUE 39

II-1 Revue de la littérature 39

II-1-1 Approches explicatives des comportements sexuels à risque des adolescents 39

II-1-1-1 Approche socio-culturelle 39

i) Ethnie 42

ii) Religion 45

iii) Milieu de résidence 47

iv) Niveau d'instruction 49

II-1-1-2 Approche socioéconomique 50

II-1-1-3 Approche institutionnelle 52

II-2 Cadre conceptuel 53

II-2-1 Hypothèse générale 53

II-2-2 Schéma conceptuel 54

II-2-3 Définition des concepts 56

II-2-3-1 Adolescence 56

II-2-3-2 Comportement sexuel à risque 58

II-2-3-3 Milieu socio-culturel 58

II-2-3-4 Milieu socio-économique 59

II-2-3-5 Connaissances sur le VIH/SIDA 59

II-2-3-6 Exposition aux sources d'information 59

II-3 Cadre analytique et hypothèses spécifiques 59

II-3-1 Variables dépendantes 59

II-3-1-1 Age aux premiers rapports sexuels 59

II-3-1-2 Multipartenariat sexuel 60

II-3-1-3 Non-utilisation du condom au dernier rapport sexuel 60

II-3-2 Variables indépendantes 60

II-3-2-1 Variables opérationnelles du milieu socio-culturel 60

i) Ethnie 60

ii) Religion 61

iii) Milieu de socialisation 61

iv) Milieu de résidence 61

v) Niveau d'instruction 61

vi) Fréquence d'exposition aux medias 62

II-3-2-2 Variables opérationnelles des connaissances des IST/VIH/SIDA 62

i) Niveau de connaissances des IST/VIH/SIDA 62

ii) Connaissance du condom comme moyen de prévention des IST/VIH/SIDA 62

II-3-2-3 Variables opérationnelles du milieu socio-économique 62

II-3-3 Variables de contrôle 65

II-3-4 Hypothèses spécifiques 65

SYNTHESE PARTIELLE 68

CHAPITRE III ASPECTS METHODOLOGIQUES 69

III-1 Présentation des données 69

III-1-1 Source de données 69

III-1-2 Objectifs de l'EDSN-MICS-III 69

III-1-3 Echantillonnage 70

III-1-4 Questionnaire de l'enquête 72

III-1-4-1 Questionnaire Ménage 73

III-1-4-2 Questionnaire Individuel Femme 74

III-1-4-3 Questionnaire Individuel Homme 74

III-2 Evaluation de la qualité des données 75

III-2-1 Evaluation de la qualité des données relatives à l'âge 75

III-2-2 Evaluation des données sur l'âge au premier rapport sexuel 77

III-2-3 Taux de couverture des variables de l'étude 79

III-3 Distribution des variables 81

III-3-1 Variables socioculturelles 81

III-3-1-1 Ethnie 81

III-3-1-2 Milieu de socialisation 81

III-3-1-3 Milieu de résidence 82

III-3-1-4 Niveau d'instruction 82

III-3-2 Exposition aux médias et le niveau de vie 83

III-3-2-1 Fréquence d'exposition à la radio 83

III-3-2-2 Fréquence d'exposition à la télévision 83

III-3-2-3 Niveau de vie 83

III-3-3 Connaissances relatives aux IST/VIH/SIDA 84

III-3-4 Comportements sexuels à risque 85

III-4 Méthodes d'analyse 86

III-4-1 Analyse descriptive 86

III-4-2 Analyse explicative 87

SYNTHESE PARTIELLE 90

CHAPITRE IV ESSAI D'IDENTIFATION DES DETERMINANTS DES COMPORTEMENTS SEXUELS A RISQUE CHEZ LES ADOLESCENTS 91

IV-1 Variations des comportements sexuel à risque chez les adolescents 91

IV-1-1 Age aux premiers rapports sexuels 91

IV-1-1-1 Caractéristiques socio-culturelles 91

i) Ethnie 91

ii) Milieu de socialisation 92

iii) Milieu de résidence 92

iv) Niveau d'instruction 92

vi) Fréquence d'exposition à la radio 92

vii) Fréquence d'exposition à la télévision 93

IV-1-1-2 Caractéristiques économiques 93

i) Niveau de vie du ménage 93

IV-1-2 Multipartenariat sexuel au cours des douze derniers mois 93

IV-1-2-1 Caractéristiques socio-culturelles 94

i) Ethnie 94

ii) Milieu de socialisation 94

iii) Milieu de résidence 94

iv) Niveau d'instruction 95

vi) Fréquence d'exposition à la radio 95

vii) Fréquence d'exposition à la télévision 95

IV-1-2-2 Caractéristiques économiques 95

i) Niveau de vie du ménage 95

ii) Connaissances des IST/VIH/SIDA 96

a) Niveau de connaissance des IST/VIH/SIDA 96

b) Connaissance du condom comme moyen de prévention des IST/VIH/SIDA 96

c) Connaissance de la "fidélité" à un partenaire non infecté comme moyen de prévention des IST/VIH/SIDA 96

d) Connaissance de la transmission sexuelle 97

IV-1-3 Non-utilisation du condom au dernier rapport sexuel 97

IV-1-3-1 Caractéristiques socioculturelles 97

i) Ethnie 97

ii) Milieu de socialisation 97

iii) Milieu de résidence 98

iv) Niveau d'instruction 98

v) Fréquence d'exposition à la radio 98

vi) Fréquence d'exposition à la télévision 99

IV-1-3-2 Caractéristiques économiques 99

i) Niveau de vie du ménage 99

ii) Connaissances des IST/VIH/SIDA 99

a) Niveau de connaissance des IST/VIH/SIDA 99

b) Connaissance du condom comme moyen de prévention des IST/VIH/SIDA 100

c) Connaissance de la "fidélité" à un partenaire non infecté comme moyen de prévention des IST/VIH/SIDA 100

d) Connaissance de la transmission sexuelle 100

IV-1-4 Catégorisation des adolescents selon leurs comportements sexuels 102

IV-1-4-1 Caractérisation des axes factoriels 102

IV-1-4-2 Profils des adolescents selon leurs comportements sexuels 104

SYNTHESE PARTIELLE 107

IV-2 Essai d'explication de la variation des déterminants des comportements sexuels à risque 109

IV-2-1 Déterminants de la non-utilisation des condoms aux derniers rapports sexuels 114

IV-2-2 Contribution des variables à l'explication de la variation de la non-utilisation du condom chez les adolescents de 15-24 ans 114

V-2-2-1 Méthodologie 114

V-2-2-2 Hiérarchisation des facteurs 114

IV-2-3 Synthèse des résultats 115

CONCLUSION GENERALE ET RECOMMAMDATIONS 119

BIBLIOGRAPHIE 129

ANNEXES i

LISTE DES ABREVIATIONS

BM : Banque Mondiale

CEFORP : Centre de Formation et de Recherche en matière de Population

CEPED : Centre français sur la Population et le Développement

CERPOD : Centre d'Etude et de Recherche sur la Population et le Développement

CISLS : Coordination Intersectorielle de Lutte contre les IST/VIH/SIDA

CNLS : Comité National de lutte contre le SIDA

CP : Comité de Pilotage

CSI : Centre de Santé intégré

CSN : Cadre Stratégique National

DPSS : Déclaration de Politique Sectorielle de Santé

DSRP : Document de Stratégies de la Réduction de la Pauvreté

EDSN-MICS-III : Enquête Démographique et de Santé et à Indicateurs Multiples, Niger 2006

FMI : Fonds Monétaire International

IDH : Indice de Développement Humain

INS : Institut National de la Statistique

IST : Infections Sexuellement Transmissibles

MST : Maladies Sexuellement Transmissibles

OMD : Objectifs du Millénaire pour le Développement

OMS : Organisation Mondiale de la Santé

ONG : Organisation Non Gouvernementale

ONUSIDA : Programme commun des Nations Unies pour la lutte contre le VIH/SIDA

PCT : Plan à Court Terme

PNDS : Plan National de Développement Sanitaire

PMI : Protections Maternelle et Infantile

PMT : Plan à Moyen Terme multisectoriel

PNLS : Programme National de Lutte contre le SIDA

PPTE : Pays Pauvres Très Endettés

PNUD : Programme des Nations Unies pour le Développement

RDH : Rapport de Développement Humain

RGPH : Recensement Général de la Population et de l'Habitat

SDRP : Stratégie de Développement et de Réduction de la Pauvreté

SIDA : Syndrome de l'Immuno Déficience Acquise

SNIS : Système National d'Information Sanitaire

SSP : Soins de Santé Primaires

UEMOA : Union Economique et Monétaire Ouest Africaine

UNFPA: United Nations Population Fund

USAID: United State Agency International of Development

VIH : Virus de l'Immunodéficience Humaine

ZD : Zone de Dénombrement

LISTE DES TABLEAUX

Tableau 1.1 : Prévalence (%) du VIH chez les jeunes de 15 à 24 ans selon le sexe en 2003 24

Tableau 1.2 : Situations épidémiologiques des cas du SIDA au Niger de 1987 à 2006. 29

Tableau 1.3 : Prévalence du VIH parmi les jeunes de 15-24 ans selon certaines caractéristiques socio-démographiques 30

Tableau 2.1: Caractéristiques des ménages des différents niveaux de vie 66

Tableau 2.2: Variables opérationnelles des différents concepts 66

Tableau 3.1: Taille et taux de couverture de l'échantillon 72

Tableau 3.2: Répartition par âge des adolescents de 15 à 24 ans dans l'échantillon 76

Tableau 3.3: Répartition des adolescents de 15 à 24 ans selon leur âge au premier 78

rapport sexuel 78

Tableau 3.4: Taux de couverture des variables de l'étude 79

Tableau 3.5 :Répartition des adolescents selon les variables socio-culturelles 82

Tableau 3.6 :Répartition des adolescents selon la fréquence d'exposition aux médias et le niveau de vie du ménage 84

Tableau 3.7: Répartition des adolescents selon leurs connaissances relatives aux 85

IST/VIH/SIDA 85

Tableau 3.8: Répartition des adolescents selon leurs comportements sexuels 86

Tableau 4-1 : Variations des comportements sexuels des adolescents selon les 101

caractéristiques socioculturelles et économiques 101

Tableau 4-2 : Variations des comportements sexuels des adolescents selon leurs 102

Connaissances sur les IST/VIH/SIDA 102

Tableau 4-3 : Contribution des points-modalités à l'inertie des axes factoriels 103

Tableau 5-1 : Résultats de la régression logistique (à-pas croissant) du risque relatif, contrôlé par l'âge, chez les adolescents de 15-24 ans de la non-utilisation des condoms aux derniers rapports sexuels. 112

Tableau 5-1 : Hiérarchisation des déterminants selon leur contribution à l'explication des variations de la non-utilisation des condoms aux derniers rapports sexuels chez les adolescents de 15-24 ans 115

Tableau 5-2 : Tableau récapitulatif des risques relatifs de la non-utilisation des condoms aux derniers rapports sexuels chez les adolescents de 15-24 ans 117

LISTE DES FIGURES ET DES GRAPHIQUES

Figure 1.1 : Carte administrative du Niger 8

Graphique 1.1 : Distribution des jeunes de 15-24 ans vivant avec le VIH-SIDA en fin 2003 26

Graphique 1.2 : Distribution du taux de séroprévalence de l'infection à VIH selon les tranches d'âge et le sexe au Niger en 2006 28

Graphique 1.3 : Taux de prévalence selon les catégories d'âge 28

Figure 2.1 : Schéma conceptuel d'explication des comportements sexuels à risque des jeunes et des adolescents de 15-24 ans 55

Figure 2-2 : Schéma d'analyse de l'étude 67

Graphique 3.1: Répartition de la population par âge et par sexe au moment de l'enquête. 76

Graphique 3.2: Répartition de la population par groupe d'âge quinquennaux et par sexe au moment de l'enquête 77

Graphique 4.1: Premier plan factoriel de l'analyse des correspondances multiples (EDSN-MICS-III, Niger 2006) 106

RESUME

Le Niger a l'un des taux de prévalence au VIH/SIDA les plus faibles1(*) au monde et de la sous-region ouest africaine en particulier. Cependant, malgré la faiblesse de ce taux, le pays présente un profil général qui peut favoriser une explosion de la pandémie du SIDA. Les facteurs susceptibles d'entraîner cette explosion sont : la pauvreté rampante engendrée par des phénomènes socio-économiques et certains comportements à risque mis en exergue par les rares études comportementales2(*) réalisées dans le pays.

L'objectif de cette étude est de contribuer à l'amélioration de l'état des connaissances des facteurs explicatifs des comportements sexuels à risque des adolescents au Niger, c'est-à-dire chez les individus des deux sexes âgés de 15 à 24 ans. Nous avons émis l'hypothèse selon laquelle, le milieu socio-économique et le milieu socio-culturel influencent directement ou indirectement les comportements sexuels des jeunes et des adolescents à travers leur exposition aux sources d'information et leurs connaissances sur le VIH/SIDA.

L'aspect des comportements sexuels à risque retenu dans le cadre de cette étude au niveau de l'analyse multivariée est la non-utilisation des condoms aux derniers rapports sexuels. L'analyse repose sur les données de l'EDS-MICS-III.

Les analyses multivariées à partir de la régression logistique ont confirmé l'hypothèse selon laquelle les conditions de vie des jeunes et des adolescents influencent la non-utilisation des condoms. Par ailleurs, l'ethnie, la connaissance du condom comme moyen de prévention contre les IST/VIH/SIDA et le niveau d'instruction se sont révélés significativement associés à la non-utilisation du condom chez les jeunes et les adolescents.

Toutes choses étant égales par ailleurs, les résultats de nos études montrent que l'environnement socio-culturel et économique prédispose les adolescents à l'adoption des comportements sexuels à risque. Ils suggèrent à cet effet que le cadre logique des interventions prend en compte des activités d'ordre économique comme celles visant à réduire la pauvreté et qu'il intègre les stratégies pour le changement de comportement.

INTRODUCTION GENERALE

« Le problème de la santé reproductive des adolescents dans le

Sahel est urgent, complexe et sensible et les solutions sont loin d'être évidentes » (CERPOD, 1996).

Pendant des générations, le mystère le plus complet a régné sur la sexualité : elle était fortement imprégnée de peur, d'angoisse, ce qui lui donnait un contexte dramatique (Vellay, 1979 :13) et faisait de la sexualité l'un des sujets ou phénomènes de société les plus sensibles de l'époque. Cette sensibilité a constitué un obstacle à la production scientifique dans ce domaine. Jusqu'aux décennies 1980-90, très peu d'efforts ont été fournis pour la production statistique publique dans le domaine de la sexualité. Il a fallu attendre l'émergence du SIDA avec ses corollaires (forte mortalité, problèmes de la santé de reproduction) pour voir les démographes notamment, accorder de l'intérêt à l'étude de la sexualité. Ce développement scientifique a été surtout renforcé par le paradigme de la « Santé de la Reproduction » promu par la Conférence Internationale sur la Population et le Développement en 1994 au Caire en Egypte.

Le SIDA restera longtemps, comme la plus grave pandémie qu'ait connu le vingtième siècle. En effet, nulle autre maladie n'a touché simultanément autant de pays. Bien plus, le SIDA intervient au cours d'une période où la mortalité a fortement diminué dans les pays industrialisés et très légèrement dans les pays en voie de développement. Il provoque " la panique " dans le monde en réduisant, chez les uns l'assurance d'une espérance de vie élevée, et anéantissant chez les autres tous les efforts consacrés à la réduction de la mortalité (Mboup, 1989, 12-21).

Dans les pays en voie de développement, particulièrement les pays d'Afrique sub-saharienne, l'apparition de la maladie a coïncidé avec une période de forte récession économique et de profondes transformations sociales. Le SIDA est venu anéantir les capacités déjà fort limitées des infrastructures sanitaires de ces pays à prendre les malades en charge.

L'infection à VIH a commencé à devenir une épidémie, voire une endémie, le début des années 1980. En deux décennies, sa propagation s'est effectuée selon une très forte progression marquée par une "tiers-mondialisation" du fléau. Ainsi la grande majorité des personnes infectées par le VIH vit dans le monde en développement (ONUSIDA, 1999). Le continent africain est la région la plus affectée par l'épidémie, notamment sa partie subsaharienne qui regroupe plus de 68% du nombre estimé des personnes vivant avec le VIH à la fin de l'année 2006 (ONUSIDA, 2007).

Les personnes atteintes n'appartiennent pas à des groupes isolés mais font partie des jeunes actifs de la population générale. D'où l'impact de l'infection en termes de pertes humaines et de coûts socio-économiques directs et indirects. Ceci est lié à l'une de ses principales caractéristiques : dans cette région, 90% des infections chez les adultes se font par voie hétérosexuelle (ONUSIDA, 2000).

La santé sexuelle et reproductive des jeunes est au centre des préoccupations actuelles visant à répondre aux besoins de la jeunesse. Cela est vrai notamment en Afrique Subsaharienne où les données disponibles révèlent une situation déplorable. Dans cette région du monde, caractérisée par une extrême jeunesse de la population (plus de la moitié de la population ayant moins de 20 ans), l'entrée en vie sexuelle est précoce, le multipartenariat s'est développé et le nombre de grossesses avant le mariage a augmenté du fait de la non utilisation systématique du condom et des autres méthodes contraceptives modernes (Zanou et al, 2002). Les risques d'infection aux IST/VIH/SIDA sont par conséquent devenus incalculables.

Selon les estimations, 6,9 % des femmes et 2,2% des hommes âgés de 15 à 24 ans vivaient avec le VIH, en fin 20043(*). Etant donné l'urgence et l'ampleur des besoins en matière de santé sexuelle et reproductive chez les adolescents, il est devenu important d'évaluer, chez ceux-ci, les comportements qui les mettent en danger vis-à-vis de la transmission du VIH ou les grossesses non désirées ; d'examiner les niveaux de connaissances et les raisons pour lesquelles certains adolescents courent des risques plus élevés que d'autres en terme de transmission du VIH ou des grossesses non désirées ; de documenter les obstacles que rencontrent les adolescents dans la recherche de services et d'informations en matière de santé sexuelle et reproductive ; et de fournir de nouvelles informations sur ce que les adolescents savent et font en ce qui concerne la santé sexuelle et reproductive afin de faciliter la mise en oeuvre des programmes de santé publique.

La recherche sur les facteurs explicatifs de ces changements en matière de sexualité a mis en évidence l'influence de la modernisation avec son corollaire de « désorganisation sociale » qui auraient induit un affaiblissement de l'autorité des aînés sur les cadets et du groupe familial sur les enfants faisant ainsi place à la liberté pour les jeunes d'avoir des conduites sexuelles contraires à la morale traditionnelle (Diop, 1995 Rwenge, 2000 ; Gueye et al., 2001). D'autres chercheurs mettent l'accent sur l'approche de « l'adaptation rationnelle » selon laquelle, s'engager dans une relation sexuelle résulterait d'une décision rationnelle visant à rechercher un soutien d'ordre économique. C'est ainsi que les jeunes filles peuvent entretenir des rapports sexuels avec les hommes dans le but d'obtenir de l'argent, des cadeaux ou diverses autres faveurs en vue de subvenir à leurs besoins. Ce facteur pourrait jouer d'autant plus en Afrique subsaharienne que la récession économique à laquelle est confronté ce continent depuis le début des années 1980 et la dégradation des conditions de vie en ville comme en campagne ont rendu les populations plus vulnérables. Les enfants démunis qui n'ont généralement aucun soutien financier, en particulier les adolescentes qui ont besoin de payer leurs études sont alors devenues les premières victimes. Mais la plupart de ces études n'ont pas couvert l'ensemble du pays et se sont limitées au milieu urbain ou certaines grandes.

La situation au Niger est très préoccupante à l'instar d'autres pays d'Afrique subsaharienne. Les données de L'ESD-MICS-III révèlent que l'âge médian au premier rapport sexuel des femmes s'élève à 15 ans. La quasi-totalité (93 %) ont déjà eu leur premier rapport sexuel à 22 ans. Cette précocité reste vraie quelle que soit la génération, le milieu de résidence ou l'ethnie ; l'âge moyen d'entrée en vie sexuelle se situe en effet, entre 15 et 17 ans selon les catégories de population (INS et ORC Macro, 2006). L'entrée en vie sexuelle des hommes se produit un peu plus tard, soit environ 2,5 années après celle des femmes. On note des différences selon le niveau d'instruction et le milieu de résidence : la précocité des relations sexuelles est un peu plus prononcée en milieu rural (16 ans) qu'en ville (17 ans); plus les hommes ont un niveau d'instruction élevé, moins l'entrée en vie sexuelle est précoce (20 ans pour ceux qui sont du niveau d'instruction secondaire et plus, 18,5 ans pour le primaire et 17,5 ans pour les analphabètes).

Si les femmes et les hommes débutent de plus en plus tôt leur première expérience sexuelle, ils entretiennent également des rapports avec plusieurs partenaires sexuels. L'enquête démographique et de santé de 2006 qui a collecté des informations sur ce sujet pour la période des 12 derniers mois qui l'ont précédé révèle qu'environ 2 % des femmes en union et 8 % des femmes célibataires ont déclaré avoir eu au moins deux partenaires sexuels durant cette période de référence. Ces femmes se retrouvent à des degrés variables dans toutes les catégories socio-économiques. Les citadines et les femmes de niveau d'instruction primaire ont plus de partenaires multiples que les femmes du milieu rural et les analphabètes. Les hommes qui déclarent avoir eu au moins deux partenaires sexuels sont nettement plus nombreux que leurs homologues femmes : 23 % contre 2 % chez ceux qui sont en union, et 34 % contre 8 % chez les célibataires. Cela se vérifie dans toutes les catégories socio-économiques.

Dans de nombreux cas, les rapports sexuels ne sont pas protégés. Le préservatif qui constitue aujourd'hui le moyen le plus efficace de protection des rapports hétérosexuels est bien connu mais son utilisation demeure restreinte. D'après ces données de l'enquête démographique et de santé, seulement 7 % des hommes utilisaient le préservatif au moment de l'enquête, cette proportion est un peu plus élevée en milieu urbain (10 %) qu'en milieu rural (6 %) (INS et ORC Macro, 2006).

Au Niger, comme partout ailleurs en Afrique au sud du Sahara, les jeunes (filles comme garçons) sont plus susceptibles que leurs aînés d'adopter des pratiques sexuelles à risque. Le contexte socio-économique dans lequel ils vivent a une influence parfois négative sur leurs décisions et leurs pratiques en matière de santé sexuelle et reproductive, augmentant ainsi le risque d'infections sexuellement transmissibles et de grossesses non souhaitées susceptible de compromettre leur réussite sociale. Il importe donc d'identifier les catégories de jeunes les plus exposées en matière de pratiques sexuelles à risque en vue de contribuer à mieux cibler les actions des nombreux programmes en matière de santé reproductive en faveur des jeunes. C'est dans cette perspective que nous examinons à travers cette étude les comportements sexuels à risque des jeunes nigériens, c'est-à-dire les individus des deux sexes âgés de 15 à 24 ans révolus au moment de l'enquête.

Parmi les trois aspects des comportements sexuels à risque à savoir la précocité des premiers rapports sexuels, le multipartenariat sexuel, et la non-utilisation des condoms aux derniers rapports sexuels, seul le dernier fera l'objet d'une analyse multivariée. En effet, le multipartenariat sexuel ne peut être considéré comme un comportement sexuel à risque que lorsque le condom n'est pas systématiquement utilisé au cours des rapports sexuels. Il serait idéal de savoir si les adolescents qui entretiennent des relations multipartenariales utilisent les condoms avec leurs partenaires, mais cette variable n'a été saisie au moment de l'enquête. Quant à la précocité des premiers rapports sexuels, elle ne fera pas l'objet d'une analyse multivariée compte tenue de la faible association observée au niveau bivarié entre cette variable et les variables indépendantes.

Cette étude cherche à répondre à une seule question : quels sont les déterminants des comportements sexuels à risque chez les jeunes et les adolescents au Niger dans un contexte des IST/VIH/SIDA ?

L'objectif de notre étude est de:

Contribuer à l'amélioration de l'état des connaissances des facteurs explicatifs des comportements sexuels à risque des adolescents au Niger, afin d'aider les décideurs politiques et autres partenaires au développement à avoir des informations fiables qui pourront leur servir de base pour une prise en charge des besoins spécifiques des jeunes et des adolescents; et de là, intégrer la problématique du VIH/SIDA dans les politiques et les programmes nationaux de développement.

Pour atteindre cet objectif, nous nous fixons les trois objectifs spécifiques suivants:

Ø Identifier les déterminants des comportements sexuels à risque d'infection aux IST/VIH/SIDA des adolescents au Niger ;

Ø Mettre en évidence les mécanismes par lesquels certains facteurs socio-culturels et économiques influencent les comportements sexuels à risque des adolescents au Niger;

Ø Hiérarchiser les déterminants selon leur pouvoir explicatif dans l'explication des comportements sexuels à risque chez les adolescents nigériens.

Pour ce faire, notre travail est structuré en quatre chapitres :

Ø Le premier chapitre est consacré au contexte général de l'étude ; une brève présentation du Niger et de son environnement socio-économique et démographique. Il s'agira des éléments justificatifs de l'étude.

Ø Le second chapitre porte sur le cadre théorique qui servira de base à l'étude. Il s'agira ici de mettre en place un cadre conceptuel et de formuler les différentes hypothèses de l'étude.

Ø Le troisième chapitre traite des aspects méthodologiques. A ce niveau, il sera question de présenter les sources de données, de décrire les données, d'évaluer leur qualité et de présenter la méthodologie adaptée.

Ø Enfin le dernier chapitre donne un essai d'identification des comportements sexuels à risque chez les adolescents et la synthèse des résultats de l'étude.

Ø Une conclusion générale fait suite à ces chapitres pour rappeler les principaux résultats et présenter les différentes recommandations.

CHAPITRE I

CONTEXTE DE L'ETUDE

Ce chapitre a pour objectif de présenter le contexte de l'étude afin de mieux comprendre les comportements sexuels des adolescents. Les pesanteurs culturelles, la situation économique et la politique sanitaire d'un pays constituent des cadres d'expression de la sexualité des adolescents et de leur vie reproductive.

I-1 Cadre géographique

Le Niger est l'un des pays enclavés de l'Afrique Occidentale, situé en zone sahélo-saharienne. Il a une superficie de 1.267.000 km2 et est limité au nord par l'Algérie et la Libye, au sud par le Bénin et le Nigeria, à l'ouest par le Burkina Faso et le Mali et à l'est par le Tchad. Le Niger est organisé en 8 régions administratives, 42 départements, 52 communes urbaines et 213 communes rurales.

De par sa position géographique, le Niger constitue un trait d'union entre l'Afrique du Nord et l'Afrique Noire. Quoique les données ne soient pas disponibles, nombreux sont ceux qui transitent par le Niger en partance ou en retour du nord au sud, de l'est à l'ouest, avec des séjours plus ou moins prolongés dans les villes d'escales (Agadez, Arlit, Bilma, Dirkou).

On observe des ressortissants des pays côtiers, les routiers transfrontaliers partant pour la Libye, l'Algérie ; les chauffeurs (Yen turis) de diverses nationalités (Béninois, Nigériens, Nigérians) importateurs des véhicules d'occasions principalement en provenance des ports de Lomé, Cotonou ayant pour destinations le Nigeria, le Tchad, voire le Cameroun.

Les deux tiers des migrants internationaux nigériens sont les jeunes, essentiellement de sexe masculin de moins de 30 ans, sans leurs compagnes. Ils proviennent des milieux ruraux. Pour certaines régions comme Tahoua, l'une des principales destinations des migrants est la Côte d'Ivoire, en raison des importantes opportunités économiques qu'offre ce pays. Mais aussi on les retrouve dans une certaine mesure dans presque tous les pays de la sous région (Tchad, Cameroun, Gabon, Libye, Algérie, Mali, Bénin etc.) Ils ont tendance au séjour longue durée 4-6 mois voire une ou plusieurs années.

Figure 1.1 : Carte administrative du Niger

Sur toute la bande sud du pays y compris Tahoua en partie, on observe de nombreux courants migratoires avec le Nigeria en raison d'importants échanges commerciaux avec ce pays. Habituellement, les migrations en direction du Nigeria ont tendance au séjour courte durée. Elles sont très fréquentes, drainent beaucoup de monde et semblent être pour la majorité des cas, au rythme des marchés hebdomadaires des grandes citées des régions frontalières du Niger.

Des franges soudano-sahéliennes au sud du territoire et le désert du Sahara au nord, la pluviométrie définit deux principales saisons : une très longue saison sèche qui va du mois d'octobre au mois de mai, et une courte saison des pluies qui s'étale du mois de juin au mois de septembre. Comme conséquence de cette situation géographique, le pays figure parmi les régions les plus chaudes de la terre avec des variations importantes de température. Les températures moyennes les plus élevées sont enregistrées entre mars et avril où elles dépassent les 40°C, tandis que les plus basses le sont de décembre à février où elles peuvent descendre en dessous de 10°C.

Par ailleurs, le pays a connu plusieurs années de sécheresse au cours des dernières décennies. Une des plus importantes manifestations des contraintes économiques sur les conditions sanitaires reste la précarité de la situation alimentaire des populations et ses implications sur l'état nutritionnel des femmes et des enfants. En effet, la combinaison de la désertification, des sécheresses récurrentes et de la croissance rapide de la population se traduisent dans la baisse des rendements agricoles et des années successives de déficit alimentaire que le pays est contraint de résorber par des importations et l'aide alimentaire. Cette situation se reflète dans la relation étroite entre la pauvreté et l'insécurité alimentaire qui se manifeste sous diverses formes : des pénuries saisonnières pendant la période de soudure précédant la période des récoltes ; et une insuffisance alimentaire chronique qui, en association avec l'exposition aux maladies et à la pauvreté, se traduit dans l'état nutritionnel parmi les populations.

Les éléments ci-dessus évoqués sont caractéristiques d'un environnement hostile dans lequel vit la population nigérienne. Cette situation de précarité devient plus préoccupante lorsque l'on tient compte de la composante démographique.

I-2 Caractéristiques démographiques

La population Nigérienne était estimée en 2006 à 13 009 723 habitants4(*) à partir des données du recensement général de la population et de l'Habitat de 2001. Les femmes représentent 50.1%. Le taux d'accroissement moyen est de 3,3% avec un indice synthétique de fécondité de 7,5 enfants par femme. L'espérance de vie à la naissance est de 54,5 ans5(*) en 2007. Le Niger accuse des taux de fécondité et de mortalité les plus élevés du monde. La population vit dans une très grande proportion (83,7%) dans les zones rurales. Les femmes et les jeunes de moins de 15 ans représentent respectivement 50,1% et 47,4% de la population. Les jeunes de 10 à 24 ans qui font l'objet de notre population d'étude représentent plus du quart de la population totale (28,6%). C'est aussi l'un des groupes les plus exposés à l'infection à VIH/SIDA. L'islam est la religion la plus largement pratiquée avec plus de 95% de la population.

La dynamique de la population est caractérisée par un taux de croissance démographique parmi les plus élevés de la sous-région. La croissance démographique de la population est maintenue par des régimes démographiques marqués par la précocité des mariages et une forte fécondité. Les femmes nigériennes se marient tôt et par conséquent commencent très tôt leur vie féconde: 50% des femmes se marient avant l'âge de 15 ans, et 50% ont leur première naissance avant l'âge de 18 ans. Cette précocité de la nuptialité et de la fécondité a très peu évolué durant les deux dernières décennies. Etant donné que la mortalité est toujours élevée, les tendances de la fécondité et la jeunesse de la population pourraient maintenir une croissance démographique élevée au cours de la prochaine décennie.

Outre cette croissance très rapide, la population nigérienne est caractérisée par sa jeunesse et sa forte concentration en milieu rural puisque la proportion de la population âgée de moins de 25 ans est de 67% et quatre nigériens sur cinq sont des ruraux d'après la même source (INS, 2005).

L'extrême jeunesse de la population entraîne l'augmentation de la demande des services de base, notamment dans les secteurs de la santé et de l'éducation. La ruralité de la population est à mettre en rapport avec la situation économique du pays, car elle influence fortement la structure du PIB à travers notamment la prédominance du secteur primaire (agriculture, élevage, etc.).

I-3 Caractéristiques socio-économiques

En plus de ce contexte socio-démographique contraignant, le Niger doit faire face à une crise économique et financière liée à un environnement geo-économique difficile : désertification croissante, poids excessif de la dette extérieure, chute du cours de l'uranium et détérioration des termes de l'échange. La persistance de la crise économique, ainsi que la paupérisation des populations constituent d'importants facteurs qui entravent la lutte contre l'épidémie du VIH/SIDA.

Le Niger figure parmi les pays les plus pauvres du monde en matière de développement. Le PNUD le classe au 174ème rang sur 177 pays couverts par le rapport de 2007 sur l'indice de développement humain (IDH). Le phénomène de pauvreté affecte environ 2 ménages sur 3. Notons que cet IDH qui était de 0,243 en 1975 et de 0,292 en 2001, évolue très lentement. Cette lenteur dénote certaines difficultés que rencontre le pays pour amorcer une amélioration rapide et durable des conditions de vie de sa population.

L'économie nigérienne repose essentiellement sur l'agriculture et l'élevage, deux secteurs d'activités fortement influencés par les conditions climatiques. Le revenu national brut par habitant est évalué à 210$ US6(*). La pauvreté, plus accentuée dans les zones rurales, touche plus les femmes que les hommes. Les causes de cette pauvreté sont la forte croissance démographique, les sécheresses successives ayant entraîné de mauvaises récoltes, la dégradation du potentiel productif, l'exode rural. La période de la saison sèche allant d'octobre à juin est une période propice à une migration interne des jeunes des zones rurales vers les zones urbaines et minières et externe vers les pays de la sous-région.

Le Niger est un pays sahélien disposant de ressources naturelles limitées. Il est classé parmi les Pays les Moins Avancés (PMA) et éligible à l'initiative PPTE (Pays Pauvres Très Endettés). Le phénomène de la pauvreté est apparu et s'est amplifié dans les années 90 avec une détérioration continue des conditions de vie des ménages.

La fragilité aux facteurs externes et la pauvreté sont parmi les caractéristiques de l'économie du Niger qui ont les plus importantes implications sur la santé. L'économie est essentiellement basée sur une agriculture de subsistance et un élevage extensif qui sont les premières sources d'emploi et de revenus de la majorité des ménages nigériens.

Par ailleurs, le secteur non agricole est dominé par l'exploitation de l'uranium qui fournit une part importante des recettes d'exportation. Ainsi, les combinaisons des conditions climatiques et des cours mondiaux de l'uranium ont déterminé les performances de l'économie du pays et les capacités internes de réponse des ménages et de l'Etat aux problèmes de santé au cours des dernières décennies. Avant le milieu des années 1970, le secteur rural occupait plus de 80% de la population active et contribuait à hauteur de 60% au produit intérieur brut (PIB). A cause de la dépendance de l'économie aux aléas climatiques, les années de sécheresse se traduisent par une réduction drastique de la base de ressources de la majorité des ménages ruraux. Tel a été le cas au cours de l'année 1982, qui a été caractérisée par une sécheresse ayant entraîné la perte de la majeure partie du cheptel nigérien.

Pendant la période de 1975 à 1982, cependant, l'amélioration de la pluviométrie a contribué à une croissance de la production agricole et à la reconstitution du cheptel. Par ailleurs, sous l'impulsion de la demande et des cours mondiaux, l'économie a été soutenue par une augmentation des recettes issues de l'exportation de l'uranium entre 1975 et 1982. La combinaison de ces facteurs externes favorables a ouvert une période d'importants investissements et l'expansion des dépenses publiques.

Depuis 1982, l'économie du pays est sous ajustement. Suite à la chute du cours de l'uranium, le Niger est confronté à des difficultés socio-économiques qui se sont caractérisées par une nette dégradation des finances publiques et un déséquilibre profond de la balance de paiement ; tout ceci conduisant à une dégradation des conditions de vie des ménages.

L'activité économique et financière se caractérise au plan international par la chute continue des cours mondiaux des matières premières, la hausse des prix des produits manufacturiers et la remontée des cours du pétrole et du dollar.

La mise en oeuvre des Programmes d'Ajustement Structurel au cours de la période 1980-2000 a entraîné des réformes structurelles et institutionnelles qui ont permis une amélioration du cadre macroéconomique sans améliorer les conditions de vie des populations. L'encours de la dette du pays en 2000 a été jugé insoutenable, ce qui lui permis (eu égard à la mauvaise performance de son économie) d'être éligible à l'initiative PPTE en 2000.

Au cours de ces dernières années, la structure du PIB est dominée par le secteur tertiaire. Ce dernier a fourni environ 45% du PIB annuel au cours de la période 1990-2000. Malgré les conditions climatiques sévères et la dégradation de l'environnement physique, la part du secteur primaire dans le PIB n'est pas négligeable. Il contribue au PIB à hauteur de 40% au cours de la même période, avec une prépondérance de l'agriculture et de l'élevage.

Au plan régional, les événements intervenus en Cote d'ivoire au cours du mois de septembre 2002 ont eu de répercussions sur les économies des Etats membres de l'UEMOA, et le Niger en particulier.

Au plan national, les perturbations d'origine interne (le Niger est actuellement à sa cinquième république) et les répercussions de la crise ivoirienne ont rendu la situation économique et financière globalement non satisfaisante.

En 2005, l'activité économique, mesurée par le PIB réel, a enregistré un taux de croissance de 7 % après une baisse de 1 % en 2004 et une hausse de 3,3 % en 2003, pour un taux d'accroissement de la population de 3 %. La bonne tenue de l'activité en 2005 est en rapport avec la bonne campagne agricole 2005-2006. Sur la période allant de 1990 à 2005, l'activité économique a connu une croissance annuelle moyenne de l'ordre de 3 %.

Ce résultat enregistré sur le plan macroéconomique au cours des dernières années n'a pas été suffisant pour créer les conditions d'un développement durable soutenu. En effet, les indicateurs de pauvreté calculés à partir des données de l'Enquête Nationale sur le Budget et la Consommation de 1989-1990 en milieu urbain et 1992-1993 en milieu rural et l'Enquête QUIBB de 2005 sont restés pratiquement identique (63 % contre 62%).

Dans cette conjecture, la lutte contre la pauvreté devient une autre priorité nationale.

La réduction de la pauvreté constitue à la fois une préoccupation majeure et un défi autant pour le Gouvernement du Niger que ses partenaires au développement. Pour relever ce défi, le Niger s'est doté, au cours de l'année 2002 d'une stratégie de réduction de la pauvreté (SRP). L'élaboration de la SRP traduit les engagements pris par le Gouvernement du Niger avec la communauté internationale par son adhésion aux Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) dont l'objectif premier est de réduire de moitié l'incidence de l'extrême pauvreté d'ici 2015. Il s'agit d'une nouvelle stratégie visant à impulser davantage les acteurs sociaux, notamment par l'amélioration de l'accès aux services de santé, à l'éducation, à la formation professionnelle, aux services d'hygiène et d'assainissement, en vue d'une amélioration subtancielle du cadre de vie des populations. Au regard des 8 objectifs du millénaire pour le développement des Nations Unies, le bilan d'action des plans de lutte contre la pauvreté reste mitigé.

Face à cette crise, les pouvoirs publics ont pris des mesures d'austérité, avec le soutien du FMI et de la B.M, pour contenir les déséquilibres internes et externes. Ces mesures s'appuient sur une limitation des charges et une mobilisation accrue des ressources. Ces mesures s'accompagnaient d'un certain nombre de reformes visant à renforcer le rôle du secteur privé dans l'économie, et à restaurer le secteur parapublic.

Malgré ces mesures et les espoirs d'exploitation industrielle de l'or et du pétrole nigérien nourris par les résultats des premières prospections, le Niger n'a pas encore retrouvé le chemin de la croissance économique. Ainsi, en plus de la fragilité économique, la pauvreté continue d'être parmi les principales caractéristiques de la situation économique du pays.

Mais cette crise socio-économique affecte plus particulièrement le monde rural avec comme conséquences, le déficit alimentaire structurel, la dégradation continue de l'écosystème, la paupérisation croissante des campagnes, l'exode rural massif et un état de santé précaire.

I-4 Environnement social

La situation sociale du pays est difficile: la pauvreté affecte les populations aussi bien au village qu'en ville ; les budgets de consommation des ménages sont en baisse ; l'alimentation d'une bonne partie de la population se dégrade aussi bien en quantité qu'en

qualité ; l'insécurité alimentaire et la famine guettent les populations.

Le Niger reste dépendant d'une agriculture traditionnelle et rudimentaire. Les irrégularités pluviométriques entraînent très souvent des déficits céréaliers. Déjà, en période d'autosuffisance alimentaire la faible diversité alimentaire condamne les populations à une ration pauvre en éléments nutritifs essentiels ; qu'en est-il alors de la période de crise alimentaire ? Suite à un arrêt prématuré des précipitations et une invasion acridienne, le pays a fait face à une crise alimentaire en 2005.

Cette crise alimentaire dans un contexte économique déjà caractérisé par le faible pouvoir d'achat des ménages a stimulé des actions de la part de l'Etat et de ses différents partenaires au développement. Les actions se menaient conjointement et étaient multiples ; distribution alimentaire gratuite et ciblée, vente à prix modéré des vivres.

Aussi, les populations concernées se battent à travers l'adoption de nouvelles habitudes. D'après une enquête sur la conjoncture alimentaire des ménages réalisée par le

Gouvernement nigérien en mai 2006, environ 32% des ménages ont diminué leur ration alimentaire journalière. Certains ménages (11%) ont vendu ou hypothéqué des terres alors que d'autres (38%) ont vendu des biens personnels pour faire face aux problèmes alimentaires. La diminution de la quantité de la ration journalière (57% des ménages) fait partie des nombreuses stratégies employées par les populations pour s'adapter au contexte de la crise.

I-5 Situation sanitaire

Le dispositif sanitaire du Niger est édifié selon une structure pyramidale comportant:

Ø un niveau central constitué par les services nationaux

Ø un niveau intermédiaire constitué par les régions sanitaires

Ø un niveau opérationnel constitué par les districts sanitaires au niveau des départements. On y trouve les hôpitaux de districts, les centres de santé intégrés, les centres de soins privés et les cases de santé...

Les structures de soins se répartissent suivant cette logique :

v 3 hôpitaux nationaux au niveau central ;

v 3 maternités de référence;

v 5 centres hospitaliers régionaux au niveau intermédiaire;

v 42 hôpitaux de district associés à 417 centres de santé intégrés au niveau périphérique (CSI).

Les services de santé des armées qui en plus des prestations offertes aux militaires et paramilitaires prennent en charge les populations civiles, sont répertoriés parmi les structures publiques avec lesquelles elles collaborent étroitement. Ils disposent actuellement d'un hôpital, de 17 infirmeries, de 5 centres de Protections Maternelle et Infantile (PMI), 5 postes médicaux, d'une pharmacie et d'un laboratoire.

Le secteur privé, le secteur civil et confessionnel et la médecine traditionnelle demeurent le premier recours des malades surtout en milieu rural. Une faculté de médecine, deux écoles nationales de santé publique et 5 établissements privés assurent la formation des médecins, des paramédicaux et des auxiliaires de la santé.

La situation sanitaire se caractérise par la forte dominance des affections telles que le paludisme, les infections respiratoires et les maladies diarrhéiques la méningite et la rougeole. Le budget national alloué au secteur de la santé est autour de 5% contre 10% que l'OMS préconise.

Le commerce sexuel existe dans l'ensemble des 8 régions du Niger. L'instauration du suivi médical obligatoire avec délivrance de carte médicale dans le centre national de référence des IST où sont admises essentiellement les Travailleuses de Sexe (TS) fait dire que l'activité est tolérée. L'opinion nationale parle de plus en plus de l`existence de réseaux de groupes d'hommes qui ont des rapports avec d'autres hommes cependant le phénomène n'est pas documenté.

I-6 Politique sanitaire et lutte contre le VIH/SIDA

Au lendemain des indépendances, la politique sanitaire du Niger était axée essentiellement sur la médecine curative individuelle. Les éléments essentiels de cette politique reposaient sur la gratuité des soins. Les perspectives décennales 1965-1974 préconisaient une médecine décentralisée intégrant l'aspect curatif et préventif.

La politique du programme triennal 1974-1976 a mis l'accent sur une médecine de masse; l'option fondamentale était une médecine globale et intégrée coordonnant les activités préventives, éducatives, curatives et promotionnelles pour toutes les communautés et visant l'autosuffisance sanitaire.

Pour renforcer cette option fondamentale, le Niger a souscrit à plusieurs déclarations régionales et internationales dont la déclaration d'Alma Ata en 1978 ou la stratégie des Soins de Santé Primaires (SSP).

Afin d'accélérer l'application des stratégies des SSP, le Niger a aussi souscrit, depuis 1987 à l'Initiative de Bamako qui a pour but de redynamiser le système de santé en réorganisant son fonctionnement et en impliquant davantage les populations bénéficiaires dans sa gestion.

En juillet 1995, l'Etat a adopté la Déclaration de Politique Sectorielle de Santé. Elle impliquait le développement des activités prioritaires préventives et promotionnelles intégrées aux soins curatifs et aux actions intersectorielles coordonnées dans le cadre d'un processus gestionnaire.

En dépit des efforts consentis, au cours de la mise en oeuvre de ces différentes politiques, les indicateurs sanitaires sont demeurés préoccupants.

Afin d'accélérer la mise en oeuvre de la stratégie des soins de santé primaires et l'objectif universel de la santé pour tous au 21eme siècle, le gouvernement a adopté la Déclaration de Politique Sanitaire en mai 2002.

Dès l'apparition des premiers cas de SIDA en 1987, le gouvernement du Niger s'est organisé pour apporter une réponse nationale à l'épidémie de l'infection à VIH/SIDA par la mise en place d'un Comité National de Lutte contre le SIDA (CNLS). En outre, en collaboration avec l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), un Plan à Court Terme (PCT) a été développé pour la période 1987-1989. Dans un premier temps il s'était agi de mettre sur pied un comité de surveillance du SIDA. Au cours de la mise en oeuvre du PCT, les laboratoires ont été renforcés en vue de pouvoir réaliser les tests et sécuriser les dons d'unités de sang.

Le PCT a été suivi par l'élaboration et la mise en oeuvre de deux Plans à Moyen Terme (PMT I, 1990-1992 et PMT II, 1994-1998). Des plans annuels ont été mis en oeuvre de 1999 à 2002 et ont jeté les bases pour l'élaboration d'un Plan à Moyen terme multisectoriel (PMT III).

Conscient du fait que bien plus qu'un problème de santé, le SIDA est un véritable problème de développement, le gouvernement du Niger a adopté un Cadre Stratégique National de lutte contre les IST et le VIH/SIDA 2002 - 2006. Il se voulait multisectoriel et décentralisé avec l'implication de tous les secteurs d'activités de la nation et a servi de référence en matière d'actions de lutte contre les IST et le VIH/SIDA pendant la période concernée.

En 2002, les visions de la lutte contre le VIH/SIDA pour les 5 ans étaient: « La lutte contre le SIDA est un combat social qui dépasse largement le maintien et le recouvrement de la santé. Dans la lutte qui s'engage, l'ensemble de la société et toutes les structures sont interpellées, toutes les ressources sont mises à contribution par une approche multisectorielle qui veut entraîner des changements de comportements sociaux. Grâce à l'engagement de l'État et à la mobilisation de la société tout entière, il s'agira notamment (i) de briser le silence, (ii) de considérer le SIDA comme une maladie chronique qui doit être soignée et qui peut être maîtrisée, (iii) de dépouiller le SIDA de l'image de honte qui l'entoure et empêche la société de s'y attaquer.»

Ainsi, devant les impacts potentiels du VIH/SIDA et ayant souscrit aux Principes Directeurs de l'ONUSIDA, le Niger a bâti un plan stratégique très ambitieux pour la période 2002-2006 avec pour buts:

ü une baisse très sensible de la propagation du VIH et des IST ;

ü une réduction de la morbidité et la mortalité des enfants nés de mères

séropositives,

ü une amélioration de la qualité de vie des PVVIH et un allongement de leur

espérance de vie,

ü la mise en place d'un cadre organisationnel et institutionnel de la lutte

contre le VIH/SIDA performant.

Pour répondre efficacement à l'épidémie du VIH au Niger, un nouveau cadre stratégique a été élaboré. Il couvre la période 2008-2012. Ca cadre constitue un document de référence pour une politique globale de lutte contre le VIH/SIDA et les IST. Tout comme celui qui a couvert la période 2002-2006, il définit les orientations nationales pour chacun des domaines d'intervention, l'organisation institutionnelle, et se caractérise par la dimension multisectorielle, décentralisée de la réponse.

Ce cadre modifie les grandes options stratégiques pour permettre l'accès universel. Il définit clairement les orientations stratégiques, les rôles et responsabilités des intervenants en vue d'un dispositif institutionnel et organisationnel propice à plus de

rigueur dans la gouvernance de la lutte, à plus d'efficacité et d'efficience dans le fonctionnement des structures qui le composent.

Fruit d'un processus hautement participatif impliquant les acteurs publics, privés, société civile au niveau national, régional et local, notamment les partenaires techniques et financiers, le cadre stratégique national 2008-2012 est pleinement intégré au plan décennal de développement sanitaire du Niger et au Document de Stratégies de la Réduction de la Pauvreté (DSRP) dont le Niger s'est doté en 2002.

Le Cadre Stratégique National définit également les mécanismes nécessaires à une mise en oeuvre efficace des interventions. Il décrit la réorganisation du cadre institutionnel et notamment celle du Conseil National de Lutte contre les IST/VIH/SIDA et des organes politiques et techniques impliqués dans la lutte. La base de cette réorganisation a été impulsée par l'engagement politique au plus haut niveau de l'État (Présidence) et par l'appui des partenaires multi et bilatéraux.

Les principaux axes d'interventions contenus dans le CSN sont notamment :

§ La prévention ;

§ Les soins-conseils ;

§ Le soutien socio-économique ;

§ L'organisation de la lutte.

Au vu des déterminants de la propagation de l'épidémie, les groupes cibles prioritaires du programme sont :

§ Les groupes à risque: Jeunes, Prostituées et leurs clients, Homosexuels, Populations mobiles : (Migrants, Routiers, éléments des FDS, population carcérale, orpailleurs).

§ Les groupes vulnérables: Femmes, Orphelins et Enfants Vulnérables.

L'approche multisectorielle sera renforcée pour les organismes du secteur public avec une priorité pour les secteurs de la Santé, de la Jeunesse, des Transports, des Forces de Défense et de Sécurité, de l'Education (base et supérieure), de la Promotion de la Femme et de l'Action Sociale, du Développement Rural, et du Commerce.

La lutte contre les IST/VIH/SIDA au Niger bénéficie de l'appui politique au plus haut niveau de l'Etat.

ü Le Président de la République préside l'organe d'orientation et de décision

au niveau national : le Conseil National de Lutte contre les IST/VIH/SIDA ;

ü Il existe au niveau de l'Assemblée Nationale, un réseau parlementaire de

lutte contre le SIDA.

ü Au niveau régional et sous régional, les autorités administratives évoquent

dans leurs discours la pandémie du SIDA et sa situation au plan national.

Mis en place par Décret du Président de la République, Chef de l'Etat, le CNLS a pour missions de (i) Veiller à l'application de la Politique nationale de lutte contre le SIDA, (ii) apprécier les impacts de la lutte contre les IST/VIH/SIDA ; (iii) faire le plaidoyer pour la mobilisation des ressources.

Comme attributions le CNLS est chargé de :

ü Approuver les orientations et les stratégies de lutte contre les IST/VIH/SIDA,

ü Approuver le Plan National Multisectoriel,

ü Assurer le plaidoyer pour la mobilisation des ressources nécessaires à la lutte

contre les IST/VIH/SIDA.

Tous les ministères sont dans le CNLS, l'Assemblée nationale est représentée également au sein du conseil.

La Coordination Intersectorielle de Lutte contre les IST/VIH/SIDA est l'instance de coordination des programmes et des actions des différents secteurs. Rattachée au Cabinet de la Présidence de la République, la CISLS a pour missions d'assurer la coordination, le suivi et l'évaluation des activités de lutte contre les IST/VIH/SIDA sur toute l'étendue du territoire national. Au niveau régional la Coordination Intersectorielle est représentée par des Coordinations Régionales qui travaillent en étroite collaboration avec les Conseils Régionaux, Sous-régionaux et communaux, sous la supervision de la plus haute autorité du niveau correspondant. Au niveau des secteurs ministériels les activités de lutte contre le SIDA sont coordonnées par des Coordinations Sectorielles.

Etant donné la nécessité de concertations régulières entre les différents acteurs de la lutte contre les IST/VIH/SIDA, d'un suivi rigoureux et d'une évaluation de la mise en euvre du Plan National Multisectoriel, il est prévu la mise en place d'un Comité de Pilotage (CP) par décret du Président de la République.

Le Niger a adhéré à la Déclaration d'Abuja d'avril 2001 qui a recommandé d'allouer 15% du budget national à la santé. Il s'est doté d'un Plan de Développement Sanitaire (PDS) 2005-2009. L'objectif général du PDS est de contribuer à la réduction de la mortalité maternelle infantile en améliorant l'efficience et la qualité du système de santé à partir des potentialités actuelles.

Entre 2002 et 2005, l'allocation des ressources budgétaires au secteur de la Santé a connu une baisse passant de 10,9% du budget national en 2001 à 9% en moyenne sur la période 2002-2005.

Les dépenses nationales de santé7(*) sont couvertes par l'Etat à hauteur de 40% , les ménages pour 28%, les partenaires techniques et financiers pour 27% , le secteur privé pour 4%, les ONG nationales pour 0,2% et la Caisse nationale de Sécurité Sociale pour 0,2%. Aucun ministère ne dispose d'une inscription budgétaire spécifique pour la lutte contre les IST/VIH/SIDA.

Pour le fonctionnement de la CISLS, le trésor public prévoit chaque année 30 millions de francs CFA. Ce montant correspond à la contrepartie du don de la Banque Mondiale accordé au Niger en 2003. L'Etat prend en charge également les salaires des personnels de santé, fournit et entretient les infrastructures sanitaires.

Le processus de planification stratégique du cadre stratégique 2002-2006 achevé en 2003 a abouti à l'élaboration de 42 plans sous-régionaux, 8 plans régionaux et 24 plans sectoriels de lutte contre les IST/VIH/SIDA. Le plan national multisectoriel qui en a résulté a nécessité la mobilisation d'importantes ressources financières réparties entre l'Etat et les partenaires internationaux. Ces dépenses n'ont pu être ventilées par domaine que partiellement.

La mise en oeuvre d'une politique cohérente de lutte contre les Infections Sexuellement Transmissibles et le VIH/SIDA s'allie harmonieusement à la volonté politique du Gouvernement de mettre en place un système de santé décentralisé selon l'approche de l'initiative de Bamako et une prise en compte du VIH/SIDA dans les politiques et les programmes de développement.

I-7 Le VIH/SIDA dans le monde et au Niger

I-7-1 Définition du VIH/SIDA

Les médecins concluaient dès 1981 à l'apparition d'une nouvelle maladie jusque-là inconnue. C'est en mai 1982 qu'une définition formelle du SIDA a été donnée par le centre américain chargé du contrôle des maladies.

Le SIDA (syndrome d'immunodéficience acquise) est un syndrome ; c'est un ensemble de maladies et de symptômes résultant d'une déficience immunitaire humaine, causée par le VIH. Notons que l'appellation VIH (virus d'immunodéficience humaine) a été adoptée en mai 1986 par le Comité International de la Taxonomie. On distingue 2 principaux types de virus VIH : le VIH1, le plus répandu, et le VIH2.

I-7-2 Modes de transmission

On note à l'heure actuelle trois (3) modes de transmission du virus du SIDA :

ü la transmission sexuelle;

ü la transmission materno-infantile ;

ü et la transfusion sanguine.

I-7-2-1 La transmission sexuelle

La transmission hétérosexuelle est la principale voie d'infection au VIH. Elle semble être à l'origine d'environ 80% des infections en Afrique (Mann et al., 1993). Les femmes sont davantage sujettes à la contamination par le VIH que les hommes; on observe une plus forte probabilité de transmission d'un homme infecté à une femme saine que l'inverse (Rwengé, 2002).

Selon l'ONUSIDA (1999), les personnes souffrant d'autres maladies sexuellement transmissibles (MST) sont aussi à haut risque, en particulier dans le cas d'ulcère des organes génitaux, de gonorrhée, et d'infection par chlamydia et par trichomas ; ces maladies peuvent faciliter la transmission du VIH. Toujours selon l'ONUSIDA (1999), une personne souffrant d'une MST non soignée est de 6 à 10 fois plus susceptible de transmettre le VIH ou d'être infectée par celle-ci au cours des rapports sexuels.

Toutefois, les rapports sexuels entre hommes constituent aussi l'un des facteurs importants de transmission du VIH.

I-7-2-2 La transmission materno-infantile

La transmission materno-infantile est le second mode d'infection du VIH par ordre de fréquence en Afrique (Garenne et al., 1995). Il s'agit de l'infection de l'enfant par sa mère. Plus de 90% des 3 millions de nouveaux-nés infectés par le VIH à travers le monde depuis le début de l'épidémie sont nés en Afrique (UNAIDS, 1996). Aux Etats-Unis et en Europe, le taux d'infection est de 20%. Lorsque la femme infectée contracte une grossesse, elle peut transmettre le virus à l'enfant pendant l'accouchement par le placenta.

I-7-2-3 La transfusion sanguine

La transfusion sanguine est le troisième mode important de transmission du VIH. Elle est fréquente en obstétrique, ainsi que chez les enfants anémiés, en particulier dans les cas d'anémie falciforme. Le premier cas de SIDA parmi les patients affectés par l'anémie falciforme recevant des transfusions sanguines a été rapporté en République Centrafricaine en 1984. Par exemple, en Côte d'ivoire 20% des 67 cas d'anémie falciforme ayant reçu plusieurs transfusions étaient séropositifs et au Zaïre ( actuel République Démocratique du Congo), 47% des enfants hospitalisés pour paludisme avaient reçu des transfusions et risquaient d'être infectés par le VIH (Garenne et al., 1995).

Les transmissions par les aiguilles ou autres objets usés sont aussi des voies de transmission sanguine, de même que les objets déjà utilisés par des personnes infectées.

I-7-3 Situations épidémiologiques

En 2006, ONUSIDA estimait à 40 millions le nombre de personnes porteuses du VIH dans le monde. Pour l'année 2007, l'organisation revoit ses estimations à la baisse : 33,2 millions. Ce chiffre reflète les nouvelles méthodes d'estimation utilisées offrant des données plus précises qui ont d'ailleurs donné lieu à d'importantes révisions des estimations antérieures.

70% de la différence entre les estimations 2006 et 2007 proviennent de corrections effectuées dans six pays : l'Angola, l'Inde, le Kenya, le Mozambique, le Nigeria et le Zimbabwe. En Inde, par exemple, grâce à de nouvelles méthodes de collecte d'informations, le nombre de personnes affectées par le virus initialement évalué à 5,7 millions a été revu fortement à la baisse : 2,5 millions. « Ces statistiques améliorées nous offrent une vision plus claire de l'épidémie en en révélant à la fois les défis et les opportunités », explique le directeur exécutif d'ONUSIDA Peter Piot.

Les jeunes d'aujourd'hui constituent la génération la plus importante numériquement de notre histoire: près de la moitié de la population mondiale a moins de 25 ans (UNFPA, 2003). Et ils n'ont pas connu un monde sans SIDA.

Les jeunes de 15 à 24 ans sont les plus menacés- la moitié des nouvelles infections dans le monde se déclarent chez eux- et représentent en même temps le plus grand espoir d'inverser le cours de la pandémie. Ce sont leurs actes qui forgeront l'avenir. L'expérience le prouve: les rares pays qui ont réussi à faire baisser leur prévalence nationale du VIH sont ceux qui ont convaincu leur jeunesse d'adopter des comportements plus sûrs.

Les jeunes sont exposés au VIH de diverses façons. Dans l'Afrique subsaharienne- qui connaît une forte prévalence- la transmission s'opère principalement lors de rapports hétérosexuels. Cette région abrite près des deux tiers des jeunes vivant avec le VIH- environ 6,2 millions dont 75% sont de sexe féminin (ONUSIDA, 2003).

Le Rapport des Nations Unies de l'année 2001 a révélé que dans le monde, les adolescents et jeunes de 15 à 24 ans représentent près du tiers de la population avec un effectif absolu de 1,7 milliard parmi lesquels la grande majorité provient des pays en développement dont l'Afrique au sud du Sahara. Ces jeunes enregistrent les taux les plus élevés des IST dans le monde : avec plus de tiers des cas signalés, cette proportion est plus élevée an Afrique au Sud du Sahara. L'ONUSIDA estime par ailleurs le nombre de jeunes atteints du VIH/SDIA à près de 12 millions parmi lesquels les femmes sont majoritaires. Dans les pays de l'Afrique au sud du Sahara, au moins 5 % des jeunes femmes sexuellement actives sont infectées par le VIH.

L'exposition aux IST/VIH/SIDA quant à elle s'accentue d'année en année alors que l'amélioration de la santé de la reproduction des adolescents et jeunes est indispensable au bien-être social et économique futur du monde. Dans la plupart des pays de l'Afrique au sud du Sahara, la faiblesse du niveau de communication entre adultes, adolescents et jeunes sur les questions liées à la sexualité, et l'absence des services de soins appropriés et adéquats pour les adolescents et jeunes sont, entre autres, des barrières à la santé sexuelle de cette couche importante de la population.

Le tableau ci-dessous présente pour certains pays d'Afrique la prévalence du VIH chez les adolescents et jeunes de 15 à 24 ans selon le sexe. Il montre que quel que soit le pays considéré, la prévalence des adolescentes et des jeunes filles est nettement plus élevée à la valeur enregistrée par leurs pairs du sexe masculin. Comme le montre les statistiques générales sur ce phénomène, les pays de l'Afrique australe sont les plus touchés par le VIH pour ce qui concerne les adolescents et jeunes.

Tableau 1.1 : Prévalence (%) du VIH chez les jeunes de 15 à 24 ans selon le sexe en 2003

Pays

Prévalence (%) du VIH/SIDA en 2003

Adolescents et jeunes de 15 à 24 ans

Hommes

Femmes

Afrique du Sud

10,65

25,65

Burkina Faso

4,00

9,75

Burundi

4,95

11,05

Cameroun

5,40

12,65

Côte d'Ivoire

2,90

8,35

Ghana

1,38

3,00

Kenya

6,00

15,55

Ouganda

2,00

4,65

Rwanda

4,90

11,20

Sénégal

0,19

0,54

Soudan

1,10

3,10

Swaziland

15,25

38,50

Zimbabwe

12,40

33,00

Source : Rapport sur l'état de la population mondiale UNFPA 2003 tiré de la thèse de TOLNO Fassa Daniel, 2007.

Graphique 1.1 : Distribution des jeunes de 15-24 ans vivant avec le VIH-SIDA en fin 2003

'

Divers facteurs8(*) rendent les jeunes plus vulnérables au VIH. Parmi ceux-ci le manque d'information, d'éducation et de services sur le VIH, les paris fous qu'ils doivent souvent faire pour survivre et les risques que leur font courir la curiosité et le besoin d'expérimentation propres à leur âge.

La plupart des jeunes sont actifs9(*) sexuellement à l'adolescence, souvent avant leur quinzième anniversaire. L'urbanisation croissante, la pauvreté, les conflits d'opinion sur les valeurs et les comportements liés au sexe, le rejet des canaux d'information traditionnels sur la sexualité et la reproduction encouragent chez les adolescents l'activité sexuelle avant le mariage.

La recherche montre que les adolescents qui commencent tôt leur vie sexuelle active ont plus de chances d'avoir plusieurs partenaires sexuels et parmi eux des personnes déjà exposées au risque de VIH. Il n'est guère probable qu'ils utilisent un préservatif (OMS, 2000). A Kisumu, au Kenya, 25% des jeunes garçons sexuellement actifs et 33% des jeunes filles déclaraient n'avoir pas utilisé de préservatif lors de leur première expérience sexuelle ni lors des suivantes (Glynn et al., 2001).

« C'est en accordant une priorité spéciale aux jeunes que l'on parviendra à influer sur le cours de l'épidémie. Le changement des comportements et des attentes à un jeune âge permettra d'obtenir des avantages pendant toute la vie, à la fois pour prévenir le VIH. Le défi consiste à promouvoir des programmes efficaces qui encouragent les jeunes à faire face au VIH/SIDA de toutes les manières possibles... Dans tous les pays où la transmission du VIH a reculé, c'est parmi les jeunes que les progrès les plus spectaculaires ont été enregistrés. », (Carol Bellamy, Directrice générale de l'UNICEF 2004).

« Les succès remportés dans le monde pour lutter contre le SIDA doivent se mesurer par leur impact sur nos enfants et nos jeunes. Reçoivent-ils l'information dont ils ont besoin pour se protéger du SIDA ? Les filles ont-elles les moyens d'assumer leur sexualité ? Telles sont les questions difficiles que nous devons nous poser. C'est à la réponse qu'ils y apporteront que l'on pourra juger nos dirigeants. Nous ne pouvons laisser le SIDA dévaster une nouvelle génération. » (Peter Piot, Directeur général, ONUSIDA 2004)

Le Niger fait partie de l'un des pays ouest africains où l'épidémie VIH est caractérisée de faible prévalence comme le montre les données de l'EDSN-MICS III de 2006. Depuis la notification du premier cas de VIH/SIDA en mars 1987, l'épidémie au Niger évolue de façon constante, différemment selon certains groupes cibles.

L'enquête nationale de séroprévalence réalisée en 200210(*), a révélé un taux de

séroprévalence de 0,87 % avec un nombre moyen estimé de 40.000 personnes infectées. La séroprévalence était plus élevée en milieu urbain (2,08%) qu'en milieu rural (0,64 %). En outre, des taux élevés de séroprévalence ont été observés au niveau de certains groupes à savoir : enseignants (1,4%), routier (1,7%), détenus (2,8%), militaires (3,8%) et

professionnelles du sexe (25,4 %). Ces dernières semblaient constituer le noyau de diffusion de la maladie notamment à partir de leurs clients.

Les résultats du volet VIH de l'Enquête Nationale de Démographie et de Santé à Indicateurs Multiples réalisée en 2006, montrent une tendance à la stabilisation de l'épidémie avec une séroprévalence de 0,70 % et toujours une disparité en milieu rural (0,5 %) et milieu urbain (1,5 %).

Graphique 1.2 : Distribution du taux de séroprévalence de l'infection à VIH selon les tranches d'âge et le sexe au Niger en 2006

Graphique 1.3 : Taux de prévalence selon les catégories d'âge

Tableau 1.2 : Situation épidémiologiques des cas du SIDA au Niger de 1987 à 200611(*).

ANNEES

NOUVEAUX CAS

CAS CUMULES

1987-1991

-

505

1992

304

809

1993

453

1262

1994

467

1729

1995

621

2350

1996

652

3002

1997

217

3219

1998

425

3644

1999

940

4584

2000

1014

5598

2006*

1664

7262

Source : PNLS/ IST Niger 2000

* Données issues de l'EDSN- MICS-III

Etant donné que peu d'enfants infectés au VIH survivent jusqu'à l'adolescence, l'infection chez les jeunes fournit une indication des infections récentes et peut fournir, indirectement, une estimation de l'incidence de nouveaux cas. La prévalence moyenne du VIH chez les jeunes de 15-24 ans est de 0,4%, soit 0,5% chez les filles et 0,1% chez les hommes. Le tableau 1-3 nous présente la prévalence du VIH parmi les jeunes de 15-24 ans selon certaines caractéristiques sociodémographiques.

Tableau 1.3 : Prévalence du VIH parmi les jeunes de 15-24 ans selon certaines caractéristiques sociodémographiques

Caractéristiques sociodémographiques

Femmes

Hommes

Ensemble

Pourcentage

Effectif

Pourcentage

Effectif

Pourcentage

Effectif

Groupe d'âges

15-17

0,0

507

0,0

373

0,0

880

18-19

0,0

303

0,0

206

0,0

509

20-22

0,4

542

0,1

321

0,3

863

23-24

2,2

281

0,9

142

1,8

423

15-19

0,0

810

0,0

579

0,0

1389

20-24

1,0

823

0,3

463

0,8

1286

Milieu de résidence

Urbain

0,5

374

0,0

362

0,3

736

Rural

0,5

1259

0,2

680

0,4

1939

Région

Niamey

1,0

186

0,0

171

0,5

357

Agadez

0,0

54

0,0

37

0,0

91

Diffa

3,1

33

1,1

27

2,2

60

Dosso

0,5

245

0,0

133

0,3

379

Maradi

0,5

285

0,0

171

0,3

456

Tahoua

0,5

335

0,0

206

0,3

541

Tillaberi

0,5

212

1,0

121

0,7

333

Zinder

0,0

283

0,0

176

0,0

459

Etat matrimonial

Célibataire

0,1

425

0,2

877

0,2

1302

A déjà eu rapports sexuels

*

14

0,0

195

0,3

209

N'a jamais eu rapports sexuels

0,0

411

0,2

682

0,1

1093

En union

0,4

1170

0,0

159

0,3

1328

Divorcé(e)/séparé(e)/veufs/veuves

(9,3)

38

*

7

7,8

45

Ensemble 15-24 ans

0,5

1633

0,1

1042

0,4

2675

Source : EDSN-MICS -III, Niger 2006 ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés * Basé sur trop peu de cas non pondérés

I-8 Conséquences du VIH/SIDA

Dans tous les pays à faible comme à forte prévalence du VIH, le SIDA freine le développement et fait payer aux individus et aux familles un tribut exorbitant. Dans les pays les plus durement frappés, il efface des décennies de progrès social, économique et sanitaire, amputant l'espérance de vie de plusieurs années, aggravant la pauvreté et contribuant aux pénuries alimentaires ou les accentuant.

I-8-1 Conséquences démographiques

L'Afrique subsaharienne a la prévalence la plus élevée du monde et doit faire face à l'impact démographique le plus important. Dans les pays les plus atteints d'Afrique orientale et australe, si les niveaux actuels d'infection se maintiennent et des programmes de traitement à grande échelle ne sont pas mis en place, jusqu'à 60% des jeunes qui ont 15 ans aujourd'hui n'atteindront pas leur soixantième anniversaire.

Dans sept pays africains où la prévalence de l'infection à VIH dépasse 20%, l'espérance de vie pour une personne née entre 1995 et 2000 n'est plus que de 49 ans, soit 13 ans de moins qu'en l'absence de SIDA. Au Swaziland, en Zambie et au Zimbabwe, on estime que l'espérance de vie moyenne tombera à moins de 35 ans en l'absence de traitements antirétroviraux.

Certains chercheurs prévoient une croissance démographique négative et une baisse de l'espérance de vie imputable aux effets du SIDA (ONUSIDA, 2002).

Roy Anderson estimait que : «dans les régions du monde les plus atteintes, le SIDA pourra vraisemblablement en quelques décennies transformer de positifs en négatifs les taux de croissance démographique» (Stover, 1996), alors qu'en 1990 John Bonguarts pensait que «les taux de croissance démographique ne devraient pas devenir négatifs en Afrique centrale. Vraisemblablement, les taux de croissance démographique en Afrique Centrale et Orientale ne tomberont pas en dessous de la moitié de leurs valeurs actuelles».

Dans de nombreux pays, le SIDA anéantit des décennies de progrès en matière d'allongement de l'espérance de vie. L'impact du SIDA sur l'espérance de vie porte un coup considérable au développement d'une société surtout en Afrique. Dans les 45 pays les plus touchés, les projections démographiques indiquent qu'entre 2000 et 2025, 65 millions de personnes mourront plus tôt qu'elles ne l'auraient fait en l'absence du SIDA. C'est en Afrique subsaharienne que le nombre projeté de décès est le plus élevé, avec 55 millions de décès supplémentaires attendus (39% de décès de plus que si le SIDA n'existait pas). Les effets du SIDA sont particulièrement importants sur la mortalité juvénile (parmi les enfants de moins de 5 ans). La survie de l'enfant est donc menacée dans les pays les plus touchés (ONUSIDA, 2002).

Les conséquences démographiques de l'épidémie sont logiquement plus importantes dans les pays où les taux de prévalence sont élevés. C'est donc sur le continent africain que les effets sont aujourd'hui les plus sensibles ; ce qui se mesure avec autant plus d'acuité que la croissance démographique est importante et que les populations y sont jeunes.

La première conséquence liée à la surmortalité des personnes infectées est donc une réduction de l'espérance de vie à la naissance. Dans les pays les plus touchés par le SIDA, l'espérance de vie à la naissance, des hommes comme des femmes, recule de façon spectaculaire.

L'autre impact concerne la composition par âge et par sexe de la population. La mortalité liée au virus ne touche pas tous les âges de façon identique et affecte davantage les femmes que les hommes en Afrique. Selon les projections des Nations Unies à l'horizon de 2020, au Botswana les jeunes de moins de 20 ans et les adultes de 30 à 60 ans enregistreraient la ponction la plus lourde, au regard des tendances actuelles. Les Nations Unies estiment en effet que les taux de prévalence chez les 15-49 ans sont jusqu'à 20 fois plus élevés dans les pays d'Afrique subsaharienne que dans les pays industrialisés. Au final, l'épidémie retarde le vieillissement, en réduisant considérablement les effectifs des adultes. Mais l'impact de l'épidémie est plus lourd chez les femmes jeunes qui représentent une plus grande proportion en Afrique subsaharienne, pour plusieurs raisons concomitantes. Elles sont en effet plus exposées au risque d'infection car elles n'ont pas toujours le pouvoir de négocier les termes de leurs rapports sexuels, ni d'accéder correctement aux contraceptifs, et sont fréquemment soumises à un rapport de domination vis-à-vis des hommes. D'autre part, l'accès des femmes aux soins médicaux est également plus limité ; ce qui aggrave d'autant l'impact à leur égard, quand elles ne souffrent pas de discrimination lorsqu'elles vivent avec le virus. Certains rapports des Nations Unies révèlent une situation très préoccupante, où les inégalités de genre accentuent considérablement les conséquences d'une telle maladie.

Au Niger, en 2000, le nombre de personnes vivant avec le VIH etait estimé à 64.000 et le nombre de décès à 6500 pour l'année 1999. Les personnes vivant avec le VIH/SIDA sont hospitalisées dans tous les services de santé sans discrimination. La proportion des lits qu'elles occupent est difficilement appréciable. Certaines structures l'estiment de 0,5 à 33% (PNLS/IST, Niger 2006).

I-8-2 Conséquences sociales

Le VIH/SIDA constitue une menace potentielle importante sur les structures familiales. L'épidémie prive la famille de ses biens et appauvrit encore ceux qui sont déjà pauvres. Selon l'ONUSIDA (2002), 65% des ménages zambiens dans lesquels la mère était morte du SIDA s'étaient désintégrés, et dans les deux tiers de familles dans lesquelles le père était mort du SIDA, le revenu mensuel a chuté de plus de 80%.

Au Niger, une étude a montré que le revenu des ménages touchés correspondait à la moitié du revenu moyen des ménages. Cela est dû au fait que la famille affectée devait non seulement consacrer davantage de temps et d'efforts à des tâches autres que leurs activités productrices de revenu, mais aussi à dépenser pour les malades de la famille.

La durée moyenne d'hospitalisation chez un malade du SIDA au Niger, varie de 5 à 40 jours selon l'épisode de la maladie, la capacité d'accueil et le coût de l'hospitalisation. La charge de travail en soins infirmiers et en soutien psychoaffectif du personnel a augmenté de manière générale dans les Hôpitaux Publics et Privés. Le coût direct moyen de prise en charge en 14 jours dans les formations sanitaires publiques, s'élève à 77.500 FCFA comprenant 33.825 FCFA en médicaments, 7473 FCFA pour les frais d'hospitalisation, 24.465 FCFA en examens complémentaires et 1600 FCFA pour les frais de consultation. La prise en charge par hospitalisation est estimée entre 300.000 FCFA et 500.000 FCFA dans les structures privées (sans le coût des antiretroviraux). Quant au coût supplémentaire lié à la sécurité du personnel, il a connu une augmentation liée aux moyens de prévention (gants, chaussures de sécurité, appareils d'incinération).

Lorsque l'épidémie évolue, la demande de soins des personnes vivant avec le VIH/SIDA augmente. On assiste alors à un surcroît de pression sur le secteur de la santé. Les services de soin de santé sont soumis à des niveaux de pression qui varient en fonction du nombre de personnes qui cherchent ces services, de la nature de la demande et de la capacité à fournir cette prise en charge. Selon l'ONUSIDA (2002), le rapport sur le développement humain du Swaziland (2001) a estimé que les personnes infectées par le VIH/SIDA occupaient la moitié des lits et qu'ils ne sont admis qu'à des stades avancés de la maladie. Ce qui réduit leur chance de guérison.

L'un des phénomènes sociaux majeurs induit par l'épidémie sera la progression du nombre d'orphelins. Du fait d'une mortalité encore forte en Afrique, la proportion d'orphelins est déjà, sans le SIDA, très élevée : à 15 ans, 10% des enfants ont perdu leur mère et 20% leur peur et près de 2% ont perdu leurs deux parents (Vallin et al., 1994). Au Niger, l'absence d'études et de données fiables ne permet pas de déterminer le nombre d'orphelins, veufs, et veuves du SIDA. Toutefois dans certaines régions du pays comme Tahoua, au Centre Hospitalier Régional (CHR) la demande en assistance sociale concerne les orphelins et veuves du SIDA. Le nombre d'enfants de la rue a augmenté même s'il est difficile de déterminer la part liée au VIH/SIDA.

Les attitudes de la société vis-à-vis des personnes vivant avec le VIH (PVVIH) sont la compassion pour beaucoup tandis que pour certains c'est la méfiance et la crainte d'être contaminé. La solidarité familiale existe toujours mais l'épuisement de la prise en charge matérielle liée à la chronocité de la maladie explique parfois les abandons. Les groupes stigmatisés sont surtout les exodants, les prostituées. Dans certaines régions, les veuves et les étrangers ont été cités. Quant aux valeurs sociales, l'avènement du VIH ne les a pas modifiées fondamentalement qu'il s'agisse des intentions de mariage, de polygamie et du sororat.

On observe que dans la zone de Maradi, la peur est le facteur le plus important, suivi de près par la psychose et l'isolement. Dans la zone de Diffa la psychose l'emporte sur l'isolement et la peur. Les groupes stigmatisés sont surtout les exodants, les prostituées. Quelques rares cas de demande en test prénuptial ont été signalés (PNLS/IST, Niger 2006). Une autre étude (P.A.C : Etude sur l'ampleur de l'épidémie du VIH/SIDA dans quatre (4) régions du pays) indique que dans les zones de Maradi et de Diffa, l'épidémie du VIH/SIDA a des conséquences sociales et psychologiques allant de l'angoisse à la psychose sociale.

Il convient de noter que l'avènement du VIH/SIDA dans les villages notamment n'est pas sans provoquer des perturbations sociales, tant du point de vue de l'organisation que dans les logiques culturelles des communautés en présence (dissémination et rejet des PVVIH/SIDA, abandon des veuves, veufs et orphelins, dislocation des ménages, changement des schémas culturels).

I-8-3 Conséquences économiques

La perte de revenu, le surcroît des dépenses liées aux soins, ainsi que l'augmentation des coûts de la santé et des obsèques entraînent la pauvreté. Le VIH/SIDA est donc un obstacle à l'expansion économique et au progrès social parce que la grande majorité des personnes vivant avec le VIH/SIDA dans le monde est âgée de 15 à 24 ans, principale période de la vie active. Le SIDA affaiblit l'activité économique en réduisant la productivité, en augmentant les coûts, en réorientant les ressources et en amenuisant les compétences.

L'impact du VIH/SIDA sur la main d'oeuvre, les entreprises et les ménages est lourd dans la mesure où le SIDA engendre une demande accrue de ressources et de services à tous les niveaux de la société, tout en affaiblissant les fondements même de l'économie et de l'Etat. La production agricole qui reste le secteur dominant des économies africaines est affectée par l'épidémie, entraînant ainsi une baisse des cours des principaux produits d'exportation et mettant en péril par la même occasion la sécurité alimentaire des populations ; comme ça a été observé en Ouganda ou en Tanzanie.

Plusieurs études ont montré que l'effet net de l'épidémie sur le produit intérieur brut (PIB) par habitant est négatif et peut-être même important (ONUSIDA, 2002). Pour les pays dont les taux nationaux de prévalence sont de 20%, la croissance annuelle du PIB chute en moyenne de 2,6% (ONUSIDA, 2002).

Au Niger, il a été constaté une diminution du revenu du ménage lorsque l'un ou les deux conjoints sont malades. Dans les entreprises et sociétés, il existe des personnes infectées dont la plupart sont au stade du SIDA. L'impact sur la production n'est pas encore évalué. Les frais de prise en charge médicale au niveau des entreprises qui sont remboursés par paiement direct de 80 à 100% selon les structures, ont connu une augmentation non chiffrée (PNLS/IST, Niger 2006).

Selon l'étude du Fonds des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO) réalisée en 2001, les impacts du SIDA sont multiples et multiformes, notamment en milieu rural. L'étude révèle que l'impact de la maladie sur l'exploitation de la terre n'est ressenti que lorsque la personne infectée est elle-même chef de famille exploitant le(s) champ(s) ou alors lorsqu'il s'agit d'un exodant résidant ailleurs et qui est le soutien de la famille. Quand le chef de famille meurt, le champ est cultivé par les enfants et leur mère, et les conséquences se traduisent par une baisse de la production.

Dans ce cas de figure, d'autres conséquences à long terme seront que les enfants non encadrés, abandonnés à eux-mêmes ne pourront acquérir le savoir-faire que leurs parents leur auraient transmis.

A l'échelle mondiale, le SIDA constitue un obstacle important à la réalisation de l'accès universel des enfants à la scolarisation d'ici 2015 (objectif clé de l'Initiative 'Education pour tous' de l'UNESCO et des Objectifs de développement pour le Millénaire). On estime à un milliard de dollars par année le coût supplémentaire net susceptible de compenser les effets du SIDA - perte et absentéisme des enseignants et encouragements à la demande destinés à maintenir à l'école les orphelins et autres enfants vulnérables.

SYNTHESE PARTIELLE

Ce chapitre a porté sur deux grandes sections. La première, qui avait pour but de présenter le contexte de l'étude s'est appesantie sur les aspects géographiques, démographiques, socio-économiques et sur la politique en matière de santé au Niger. Il y est ressorti que la précarité des conditions d'existence et la politique de santé reproductive en cours au Niger sont autant de facteurs à prendre en compte dans l'explication des comportements sexuels des adolescents.

Dans la seconde section, il était question de faire le point sur le VIH/SIDA. Il y est ressorti que le VIH/SIDA affecte une frange importante des adolescents. Sa forte propagation augure de sombres perspectives, eu égard aux conséquences démographiques, sociales et économiques qu'elle occasionne. Les adolescents plus particulièrement paient un lourd tribu à l'épidémie. Toutefois, cette catégorie de population fait très peu l'objet d'attention dans les cadres stratégiques de la lutte contre le VIH/SIDA au Niger. Dans ce pays, des avancées significatives pour une réponse efficace à l'épidémie ont été certes effectuées, mais l'épidémie continue sa propagation.

CHAPITRE II

CADRE THEORIQUE

Dans ce chapitre, il s'agit d'une part d'aborder les études relatives à l'activité sexuelle des jeunes et des adolescents, et d'autre part d'élaborer le cadre conceptuel de notre étude.

II-1 Revue de la littérature

La sexualité est un domaine qui a longtemps attiré l'attention aussi bien des sociologues et anthropologues que des démographes. Cette attention résulte, entre autres, des relations identifiées entre les comportements sexuels et certains phénomènes ayant des conséquences sociales, sanitaires, économiques et démographiques néfastes. En Afrique au sud du Sahara, les premières études sur les comportements sexuels remontent à la période coloniale (Rwenge, 1999).

De nombreuses études ont été réalisées par la suite pour expliquer les comportements sexuels des adolescents en Afrique. Celles-ci se sont distinguées selon l'importance qu'elles accordent à certains facteurs qu'elles trouvent à la base de ces comportements. Elles ont à cet effet procédé à plusieurs approches à savoir : l'approche socio-culturelle, l'approche économique et l'approche institutionnelle.

II-1-1 Approches explicatives des comportements sexuels à risque des adolescents

II-1-1-1 Approche socio-culturelle

L'approche socio-culturelle se fonde sur le fait qu'on ne peut pas "désocialiser" l'activité sexuelle. Elle accorde un rôle central à la construction sociale et culturelle, sans laquelle, selon elle, aucun désir ne peut apparaître et s'exprimer (Foucault, 1984 cité par Bozon, 1994b). Ainsi, selon les auteurs de cette approche, les comportements sexuels sont déterminés par les normes et valeurs socio-culturelles en matière de sexualité. C'est l'ensemble de ces constructions idéologiques qui déterminent les circonstances du déroulement de l'activité sexuelle. Dans ce cas, les relations sexuelles seraient spontanées et ne répondraient pas à un objectif particulier (Diop, 1995 ; Calvès, 1996). Une des expressions de cette approche est la thèse selon laquelle l'activité sexuelle des jeunes en milieu urbain s'expliquerait par la "désorganisation sociale", la faiblesse du contrôle social ou le relâchement des moeurs. Cette thèse fait partie de la théorie générale de la modernisation, qui se fonde sur l'affaiblissement des structures traditionnelles et le relâchement du contrôle des aînés sur les cadets. Les comportements nouveaux qui en résultent, sont plus orientés vers la satisfaction personnelle et la gratification individuelle que vers la responsabilité familiale (Diop, 1995).

Cette approche stipule que l'affaiblissement des structures traditionnelles et le relâchement des contrôles des plus grands sur les plus petits issus de la modernisation seraient à la base des comportements sexuels à risque des adolescents (Van Balen, 1958; Romaniuk, 1967; Retel, 1974; Sala-Diakanda, 1980; Evina 1990). C'est ce facteur qui a été favorable à la propagation des maladies sexuellement transmissibles (MST) stérilisantes (blennorragie, gonococcie, chlamydia et mycoplasma) ou abortives (syphilis) (Sala-Diakanda, 1980; Evina, 1990).

Dans la société traditionnelle, le respect de l'aîné est important. Les parents y ont aussi des obligations vis-à-vis des enfants, les aînés des cadets ou les adultes en général des jeunes. Ce sont ceux-là qui se chargent de leur éducation et de leur apprentissage. Les enfants évoluent d'abord dans la sphère maternelle. Viennent ensuite leur entrée dans le milieu le plus élargi de la grande famille, où les autres enfants de la classe précédente prennent une grande importance pour lui, et leur initiation aux rites, qui ont pour fonction de faire évoluer l'enfant, non dans son comportement, son intelligence ou son affectivité, mais dans son existence même, pour le faire passer de l'état de nature à celui de culture et de le mener à sa véritable destinée, à son plein épanouissement (Rwenge, 1999).

L'apprentissage de l'enfant se fait dans cette société à l'aide de maximes, sentences, chansons, contes, proverbes...utilisés pour justifier telle manière de procéder, ou telle intervention et au travers desquels on devine l'existence d'un projet pédagogique, d'une véritable philosophie de l'éducation (Mbarga, 1991). Les normes et valeurs de la société véhiculées à l'enfant portent souvent sur l'honneur (pour sa famille et lui), la pudeur, le respect de soi-même, etc. Dans le domaine de la sexualité, la chasteté, la virginité, la tolérance et la patience dans leurs futurs ménages sont davantage adressées aux jeunes filles qu'aux garçons. Pour ces derniers, on insiste sur le sens et l'importance de la responsabilité afin d'en faire des êtres capables de s'assumer et de contribuer à la reproduction du groupe.

Ainsi, la sexualité des adolescents ne dépend pas d'eux mais de leurs parents et des responsables communautaires qui constituent des canaux de transmission d'information dans les domaines de la sexualité tels que la chasteté, la virginité prémaritale, la soumission à leurs maris aux filles et le sens de la responsabilité pour les garçons.

La société actuelle, contrairement à la précédente, n'assigne pas de fonctions sociales précises à la jeunesse. La société traditionnelle était sécurisante pour elle. L'autorité qu'y avait la famille s'est réduite à l'heure actuelle (Caldwell et al., 1991 et Diop, 1995). L'influence de la famille sur l'enfant, en ne se limitant point à transformer son affectivité en vue de l'accommoder à la vie de la communauté, dépouille celui-ci de toute fonction sociale. Son éducation y est prise en charge par l'école et les médias : télévision, radio et presse écrite véhiculant de nouvelles idées qui créent des comportements différents.

L'éducation des jeunes à l'école ne les prépare pas seulement à des rôles d'acteurs à l'intérieur de la famille et dans un nouvel environnement où la réussite de l'individu n'est plus liée à sa communauté, mais résulte de sa capacité à assimiler un savoir "scientifique" et à innover (Diop, 1995).

L'école et les nouvelles activités récréatives éloignent souvent les jeunes des adultes et la séparation des sexes n'y est plus assurée. Ces activités récréatives qui se rapportent au cinéma, aux soirées dansantes, au football (...), raccourcissent le temps que les jeunes sont sous le contrôle des parents ou passent dans le cercle familial. Il s'en suit le développement de l'activité sexuelle précoce des jeunes observé dans la plupart des villes africaines.

Les études existantes ont pris en compte, entre autres facteurs, l'ethnie, la religion et le milieu de résidence pour concrétiser le milieu socioculturel régi par les valeurs, normes, dogmes et idéologies.

i) Ethnie

L'ethnie est le cadre de production des modèles socio-culturels propres à chaque société. Elle conditionne les pratiques des populations notamment des adolescents. L'ethnie joue un rôle important dans les différences des comportements sexuels des adolescents. Elle agit plus à travers les croyances, les perceptions, les valeurs relatives au modèle culturel de référence (Akoto cité par Mudubu, 1996).

Les comportements sexuels des individus sont fonction des normes de chaque ethnie. Les valeurs traditionnelles en matière de sexualité et de procréation favorisant la procréation des MST/SIDA ont été observées en Afrique de l'Est chez les Masai du Nord Kenya où une femme mariée est autorisée à entretenir des relations sexuelles extraconjugales avec un autre homme au sein du lignage de son mari , en cas d'absence prolongée de ce dernier .Cela permet , selon l'auteur , que pendant les longues absences de ces gardiens de troupeau nomades , les épouses soient sexuellement occupées par les parents du mari (Bauni cité par Rwenge 2002).

Divers auteurs ont identifié l'appartenance ethnique comme un facteur important de différenciation des comportements sexuels des adolescentes et des adolescents. La littérature sur le sujet met en relief deux typologies. D'une part, on retrouve les ethnies où les moeurs sexuelles sont permissives et d'autre part, celles où les moeurs sexuelles sont très rigides. En effet, en matière de sexualité certaines ethnies sont plus tolérantes que d'autres. Dans ces ethnies, l'encadrement familial est caractérisé par un très faible contrôle social des adolescents par leurs parents et d'autres membres de la communauté.

Les adolescents jouissent ainsi d'une très grande marge de liberté. La sexualité avant le mariage est encouragée. Cette attitude est surtout adoptée dans les sociétés à taux élevé d'infécondité pour tester les capacités des jeunes à procréer. C'est notamment « le cas des Moba-gurma du Togo, des Krou de Côte d'Ivoire, des Mongo et Tetela de RD Congo, des Zandés-Nzakara de Centrafrique, des Bëti du Cameroun, dans les provinces de Toliary et de Fianarantsoa à Madagascar » (Gastineau & Binet, 2006 ; Ombolo, 1990 ; Rey, 1989 ; Schwart, 1978 ; Retel-Laurentin, 1974, cités par Beninguisse12(*), 2007). Dans un tel contexte, l'ethnie apparaît comme un facteur important dans l'occurrence précoce de la sexualité chez les adolescentes. Les études de Rwenge (1999 ; 2000) confortent cette hypothèse. Il ressort qu'à Bamenda l'appartenance ethnique aux groupes Tikar-Soh et Bamiléké est positivement associée au risque pour les jeunes d'être sexuellement actif avant 16 ans. En Côte d'ivoire, il a été aussi observé que les filles Krou et Sénoufo (ou Malinké) sont plus susceptibles que leurs consoeurs Akan d'avoir des rapports sexuels avant 16 ans (Talnan et al., 2002). Dans la même perspective, Kouton (1992) fait remarquer qu'au Bénin les adolescentes Fon et apparentés ont 39 % plus de risque d'avoir une sexualité précoce que celles d'origine Adja et apparenté.

Les études antérieures ont aussi montré que dans les ethnies à moeurs permissives, le multipartenariat, l'activité sexuelle occasionnelle et la sexualité rétribuée sont fréquents (Rwenge, 1999 ; 2002 ; Talnan et al., 2002). En Côte d'ivoire, ces comportements résultent aussi du "rite de lavement " si l'on en croit notamment Guérry (1972 cité par Aonon, 1996 :362). Selon l'auteur, ce rite est le facteur clé de la liberté sexuelle des filles baoulés avant le mariage. Par ailleurs, Talnan et al. (2002) ont observé que l'appartenance ethnique influence très positivement le multipartenariat chez adolescentes Krou. Dans le cas du Cameroun, Rwenge (2000) a constaté que le multipartenariat est une conduite observée plus chez jeunes appartenant aux ethnies Bamiléké, Metta, et les (autres) ethnies du Nord-Ouest. Cet auteur a aussi examiné la relation qui existe entre l'ethnie et la sexualité occasionnelle d'une part, et d'autre part la relation entre l'ethnie et la sexualité rétribuée. Dans le premier cas, les ethnies Makon-Banyague, Bamiléké, Tikari-Nsoh sont moins enclines à la relation sexuelle occasionnelle (Rwenge, 1999 ; 2000). Dans une autre étude (2002) dans laquelle cet auteur compare les comportements sexuels des Bëti à ceux des Bamiléké, les rapports sexuels occasionnels et rétribués se sont avérés plus fréquents chez les premiers que les seconds (Rwenge, 2002).

Quelques études ont montré aussi que la prévalence de l'utilisation des condoms lors des rapports sexuels diffère selon le groupe ethnique d'appartenance. Au Cameroun par exemple, les Bamiléké dont les moeurs sexuelles sont rigides ont un risque plus élevé d'utiliser les condoms pendant les rapports sexuels que les Bëti, où les moeurs sexuelles sont permissives (Rwenge, 2002). En Côte d'ivoire par contre, c'est plutôt les jeunes d'origine ethnique "étrangères" à ce pays qui ont un risque plus élevé de ne pas utiliser le condom aux cours des rapports sexuels (Talnan et al., 2002)

Des études qualitatives ont mis en évidence les raisons associées au multipartenariat et à la non utilisation des condoms dans certaines ethnies. Chez les Bëti tout comme chez les Bamiléké, la recherche du plaisir sexuel serait la principale raison du multipartenariat chez les hommes. Par contre, chez les femmes les contraintes économiques étaient la principale raison du multipartenariat (Rwenge, 2002). Le désir d'enfants, la diminution du plaisir, la mauvaise appréciation du condom, la fidélité et la confiance au partenaire sont les principales raisons liées à la non-utilisation des condoms aussi bien en milieu Béti qu'en milieu Bamiléké (Rwenge, 2002).

Au Niger, la plupart des coutumes exigent que la femme n'ait ses premiers rapports sexuels que dans le mariage. C'est fort de cela que les normes en matière de sexualité, de nuptialité, et de fécondité sont étroitement gérées par le groupe familial et ne sont jamais laissé au seul soin de l'individu. Ces normes favorisent le mariage et la fécondité précoces tout en focalisant l'attention sur deux points : la virginité avant le mariage et la fécondité après le mariage (Kouton, 1992). La virginité de la fille est une valeur recherchée chez la jeune fille, et les parents y veuillent à cela. Car, une fille qui va vierge au mariage est un bel exemple de bonne éducation et de fierté de sa famille et de son époux.

Etant donné que les normes et les valeurs ne sont pas uniquement dictées par l'appartenance ethnique, il convient d'examiner les relations entre la religion et les comportements sexuels.

ii) Religion

La religion véhicule un certain nombre de valeurs et normes qui régissent la vie des fidèles sur le plan comportemental et psychique (Akoto, 1985). Ainsi, la religion joue un rôle fondamental dans les perceptions, comportements et attitudes des fidèles à travers ses croyances, valeurs et dogmes. L'appartenance à une religion peut modifier l'activité sexuelle des adolescents et leur propension à adopter un comportement sexuel à risque (Akoto, 1985). « Dans la plupart des sociétés traditionnelles, on sait que la religion fonde l'ordre de l'univers, qu'elle prescrit la forme canonique de la vie collective ou de l'identité individuelle, et qu'elle renferme l'ensemble du savoir technique » (Jacques Pierre, 1994). Ceci montre que dans n'importe quelle société, la religion joue un rôle important dans la vie des individus. Son rôle en tant que galvaniseur de la morale a été bien reconnu de plusieurs manières.

Le Niger est un pays composé de plus de 95% de musulmans. La religion musulmane rend la sexualité tabou et de ce fait, les adolescents doivent uniquement se conformer aux dogmes et principes qui enseignent la virginité pour les filles et la chasteté pour les garçons et ce jusqu'au mariage. A cet effet, cette religion déconseille l'utilisation du préservatif et des méthodes contraceptives car contraire aux lois divines. La religion musulmane perçoit le SIDA comme une « maladie de Satan » à cause du lien qu'il entretient avec le sexe. En effet, dans la religion musulmane avoir des rapports sexuels hors mariage est considéré comme un péché. L'utilisation du condom est aussi considérée comme un péché. L'influence de la religion sur les comportements sexuels varie selon les pays. Au Ghana, Takyi (2003, cité par Boula, 2005) a observé que la religion a un effet significatif sur les connaissances du SIDA. Cependant, il n'a pas observé que la religion est liée au changement de comportement sexuel, notamment à l'usage du préservatif. En revanche, en milieu urbain ivoirien Talnan et al., (2002) ont observé que les adolescentes musulmanes ont moins de chance d'avoir recouru aux condoms dans leur vie que les adolescentes adeptes de religions chrétiennes. Baya et Meda (2001) sont parvenus aux mêmes conclusions chez les jeunes de Bobo-Dioulasso.

Les jeunes appartenant aux religions musulmanes grandissent sans être convenablement informés sur la sexualité et les conséquences néfastes qui en résultent car ils accèdent difficilement aux informations relatives à la sexualité (Rwenge, 1999). Avec l'entrée des valeurs occidentales en Afrique, la religion chrétienne, très rattachée à ces valeurs, favorise le mariage tardif et encourage l'utilisation des méthodes contraceptives afin d'éviter les grossesses non désirées. Les facteurs de modernisation ont entraîné une rupture des liens entre les parents et leurs enfants. Ce relâchement des liens n'est qu'une conséquence de l'adhésion des parents à la religion occidentale (Rwenge, 1999).

La religion est une variable qui sert à approcher d'autres variables telles que l'instruction ; la profession, etc. (Mudubu, 1996). En effet, les adolescents musulmans ont tendance à avoir un faible niveau d'instruction que leurs pairs chrétiens, ce qui pourrait être désavantageux dans les prises de décision concernant les rapports sexuels.

L'appartenance religieuse est un déterminant de l'entrée précoce en vie sexuelle dans certains pays. Au Cameroun, il ressort que les adolescentes musulmanes et les adeptes des religions traditionnelles sont significativement moins susceptibles de retarder leurs premiers rapports sexuels dans toutes les régions de résidence (Kuaté Defo, 1998). Dembélé (2004) a pratiquement observé la même tendance au Burkina-Faso. Il ressort de son étude que les adolescentes animistes et musulmanes sont plus susceptibles de s'engager dans l'activité sexuelle prémaritale que les catholiques. Par contre au Brésil, Bozon et al. (2006) ont observé qu'uniquement dans la religion pentecôtiste les jeunes hommes ont retardé leur entrée dans l'activité sexuelle. Dans d'autres études, les chercheurs ont comparé les comportements des jeunes adeptes d'une des religions existantes à ceux de leurs confrères qui ne pratiquent aucune religion. Talnan et al. (2002) ont observé que le risque d'être sexuellement actif est plus élevé chez les derniers que chez les premiers. Bozon et al. (2006) se sont intéressé à l'influence de la mobilité religieuse (transition d'une religion à une autre) ou abandon d'une religion de référence sur les comportements sexuels des jeunes. Ils ont observé que ces facteurs sont associés chez les filles à une entrée précoce dans l'activité sexuelle. Ces auteurs ont aussi observé que les filles qui ont connu une socialisation religieuse « cohérente », c'est-à-dire catholique de famille catholique, et surtout pentecôtiste de famille pentecôtiste, sont entrées plus tardivement que les autres dans l'activité sexuelle.

iii) Milieu de résidence

Dans la plupart des pays en voie de développement, le milieu rural et le milieu urbain sont totalement différents en ce qui concerne les modes de vie, les types d'activité et les infrastructures sociales disponibles (Mudubu, 1996). Pour l'auteur, ces disparités se traduisent par des risques d'exposition à la mort entre les couches sociales.

Le lieu de résidence revêt donc une importance capitale dans l'étude des comportements sexuels dans la mesure où il constitue le cadre structurel dans lequel évoluent les adolescents.

L'influence du milieu de résidence sur les comportements sexuels a été mise en exergue dans de nombreuses études. En effet, il apparaît dans la littérature que l'activité sexuelle varie d'un milieu de résidence à l'autre, aussi bien au niveau de l'intensité que du calendrier des différences significatives qui apparaissent entre les milieux rural et urbain. Les adolescents du milieu rural sont sexuellement plus actifs que ceux du milieu urbain (Kouton, 1992 ; Delaunay, 1994 ; Akoto et al., 2000 ; 2005, Guèye et al., 2001 ; Ouedraogo C. et al., 2006). Il ressort que parmi les adolescents sexuellement actifs, ceux du milieu rural ont un comportement sexuel plus intense que leurs homologues du milieu urbain. De même, l'entrée en vie sexuelle est relativement plus tardive en milieu urbain. Les résultats obtenus au Bénin par Kouton (1992), par Sossa et Zounon (2005) et au Burkina par Akoto et al. (2005) confirment cette tendance. Dans cette dernière étude, il a été observé par exemple qu'avant 18 ans 66 % des jeunes ruraux (de 18 ans et plus) ont leurs premiers rapports sexuels contre seulement 45 % en milieu urbain. Au Niger par exemple, les données de la dernière enquête démographique de santé de 2006 révèlent que l'âge médian aux premiers rapports sexuels s'élève à 16 ans en milieu rural pour les femmes de 20-24 ans contre 17 ans en milieu urbain. En ce qui concerne le milieu urbain, une différence a été observée au Cameroun par Rwenge (1999 ; 2000) et au Brésil par Bozon et al. (2006). L'âge aux premiers rapports sexuels s'est avéré plus précoce chez les garçons que les filles. En milieu rural, les jeunes filles entrent plus précocement en vie sexuelle que les garçons. Dans la plupart des cas, l'activité sexuelle précoce en milieu rural reflète un respect de la tradition, soit dans le mariage, qui lui est aussi bien souvent précoce, soit avant le mariage quand il s'agit d'apporter une preuve de fertilité.

Certains résultats des études antérieures, dans lesquelles le milieu rural été comparé au milieu urbain sont contraires aux précédents. En effet, comme l'urbanisation s'accompagne de l'ouverture des jeunes aux médias et d'un contrôle social faible des jeunes, l'activité sexuelle serait davantage intense et précoce dans ce milieu. L'étude de Delaunay et al. (2001) conforte cette hypothèse. Dans cette étude, l'entrée en vie sexuelle s'est avérée plus précoce dans les jeunes générations des hommes. Selon l'auteur, l'ouverture aux valeurs modernes à travers la scolarisation, la migration de travail, les modifications des normes en matière de sexualité sont les facteurs via lesquels l'urbanisation a influencé les comportements sexuels des jeunes garçons. Kuaté-Défo (1998) a paradoxalement observé chez les adolescentes du Cameroun une absence de lien entre le lieu de résidence et le début de l'activité sexuelle. Mais, selon l'auteur cette absence de lien pourrait refléter aussi bien l'influence des changements dans les normes et pratiques qui régissent l'activité sexuelle selon le milieu que les transformations régionales de la nuptialité.

En ce qui concerne l'utilisation du préservatif, ce sont pratiquement les mêmes constats qui ressortent. De façon générale, il ressort que les rapports sexuels sont quel que soit le sexe mieux protégés en milieu urbain qu'en milieu rural (Akoto et al., 2005). Tout comme la connaissance des IST/VIH/SIDA, le recours au préservatif demeure faible chez les adolescentes (Talnan et al., 2002 ; Akoto et al., 2000 ; 2005 ; Sossa et Zounon, 2005 ; Ouédraogo et al., 2006; Rwengé, 1999, 2000).

iv) Niveau d'instruction

La scolarisation est un facteur déterminant dans l'explication de la variation des comportements sexuels chez les adolescents. Toutefois, les diverses études qui se sont penchées sur le lien entre la scolarisation et les pratiques sexuelles des adolescents font état d'une certaine ambivalence. Le calendrier de la primo-sexualité, en revanche fait état d'une sexualité davantage précoce chez les adolescents de faible niveau d'instruction (Rwenge, 1999 ; Guèye et al., 2001 ; Akoto et al., 2000 ; Kuaté-Défo, 1998 ; Kouton, 1992 ; Dembélé, 2004 ; Sossa et Zounon, 2005). En effet, le niveau d'instruction influence significativement l'occurrence précoce des premiers rapports sexuels (Rwengé, 1999 ; 2000 ; Kouton, 1992). Autrement dit, à une éducation poussée correspondraient de faibles risques d'activité sexuelle précoce. Kuaté-Défo (1998) souligne l'effet réducteur de l'amélioration de la scolarisation féminine sur la précocité de l'activité sexuelle au Cameroun. Au Bénin, Kouton (1992) a observé que par rapport à l'adolescente ayant le niveau secondaire, l'adolescente qui n'a qu'au plus le niveau primaire a 7 fois plus de risque d'avoir une sexualité précoce.

Les études ont montré que l'éducation sexuelle des jeunes modifie leurs comportements sexuels par l'utilisation accrue des préservatifs et l'atténuation de leurs activités sexuelles à condition qu'ils accèdent par la lecture et la compréhension aux sources d'information car il ne suffit pas seulement de disposer d'un téléviseur et/ou d'un poste radio mais de pouvoir décrypter les messages liés au VIH/SIDA.

La fréquentation scolaire détermine le support social dont peut disposer l'adolescente pour la connaissance et la pratique des méthodes contraceptives (Kouton, 1992). Selon l'auteur, plus une ethnie contiendra des adolescentes de plus en plus instruites, plus celles-ci auront des aspirations socioprofessionnelles et ceci aura une influence négative sur l'engagement précoce dans les relations sexuelles et l'aspiration précoce au statut d'épouse par les adolescentes.

Le niveau d'instruction influence positivement les comportements sexuels des adolescentes car une femme instruite est capable de créer de bons rapports de communication au sein du couple et prendre certaines décisions. Les femmes instruites sont davantage capables de négocier la manière de faire les rapports sexuels ou de refuser de les avoir dans certains cas. Et lorsque l'éducation de la femme s'accompagne de son indépendance économique, sa capacité à prendre les décisions augmente et partant, ses risques d'utiliser les condoms (Cherlin et Riley, 1996 ; Bledsoe, 1986 ; Pickering et al.., 1993 ; Awusabo et al..,1993 ; Niang, 1995 ; Varga, 1997 ; Rwenge, 1999, 2000,2001).

La fréquentation scolaire influence positivement aussi bien la connaissance des IST/VIH/SIDA que les moyens de prévention (Rwenge, 1999, 2002 ; Kuaté-Défo, 1998 ; Dembélé, 2004). Baya et Meda (2001) ont observé que le niveau d'instruction est un déterminant de l'utilisation des condoms aux premiers rapports sexuels chez les jeunes Bobolais. Kobelembi (2005) a aussi constaté qu'à Bangui l'utilisation du préservatif au cours des rapports sexuels est plus le fait des adolescents qui fréquentent un établissement scolaire. Rwenge (2000) a par ailleurs observé qu'à Bamenda les jeunes scolarisés au niveau du premier cycle secondaire étaient plus susceptibles de ne pas utiliser le préservatif au moment de l'enquête que leurs homologues lycéens.

II-1-1-2 Approche socioéconomique

L'approche économique considère les jeunes comme des acteurs rationnels. Cette approche se fonde sur la thèse de "l'adaptation rationnelle" selon laquelle les jeunes s'engageraient dans la sexualité pour atteindre des objectifs bien précis, précisément d'ordre économique ou social (Rwenge, 1999). Dans le premier cas, on peut noter les études qui ont insisté sur le fait que les conditions économiques contribuent aussi à l'engagement des jeunes dans l'activité sexuelle. Ainsi, la satisfaction des pulsions sexuelles peut se faire chez les jeunes garçons en échange de cadeaux, d'habits, de sommes d'argent ou d'un travail rémunéré en faveur des jeunes filles. Dans le second cas, se retrouvent les études qui expliquent l'activité sexuelle des jeunes, surtout les filles, par le mariage et la fécondité, celle-ci étant en fait une stratégie de l'aboutissement du mariage.

L'approche socioéconomique stipule alors que l'activité sexuelle des adolescentes répond à des objectifs bien précis d'ordre économique et social. Les jeunes garçons et les jeunes filles contractent les rapports sexuels à but lucratif. Il s'agit du phénomène de commercialisation du sexe par les adolescentes qui veulent gagner de l'argent nécessaire à la satisfaction de leurs besoins (Rwenge, 1999). A travers le monde, le statut économique et social inférieur réservé aux femmes a pour conséquence directe d'accroître leur vulnérabilité à l'égard du VIH et limite leur capacité à contrôler leur vie sexuelle et à se protéger (Panos, 1993). Dans la plupart des sociétés africaines, les relations entre les sexes sont caractérisées par un déséquilibre du pouvoir. Dans ces sociétés, le rôle de la femme est essentiellement de faire des enfants et d'exercer les travaux domestiques. Très peu de femmes ont accès à des ressources économiques et éducatives d'importance cruciale : information, avoirs, compétence professionnelle. La dépendance des femmes à l'égard des hommes exerce une influence négative sur leur capacité à déterminer les conditions dans lesquelles se déroulent les rapports sexuels.

Selon l'approche économique les jeunes vivant dans la pauvreté, ou menacés par la pauvreté sont vulnérables à l'exploitation sexuelle et sont incités à échanger des faveurs sexuelles afin de survivre. Les difficultés économiques motivent donc les adolescentes à adopter des comportements "à risque". Dans ces conditions, certaines s'adonnent même à la prostitution. Pour soumettre à l'épreuve des faits l'approche économique, la variable composite suivante a été utilisée : le niveau de vie du ménage ou condition de vie du ménage. Le choix de la variable varie d'un pays à un autre.

Dans certaines études menées au Cameroun (Evina, 1998 ; Rwenge, 1999 ; 2000 ; 2003), les variables considérées pour cette étude ont été : l'activité économique du père, l'activité économique de la mère, la suffisance des moyens. Les résultats particulièrement ceux de Rwenge (1999 ; 2000) ont révélé une forte corrélation entre ces facteurs économiques et les comportements sexuels étudiés. Il s'est avéré que l'activité sexuelle était moins courante chez les jeunes dont le père était fermier ou pécheur que chez ceux dont le père était employé de bureau. Ce comportement sexuel a aussi été observé chez les jeunes issus de foyer pauvre. La relation entre la suffisance des moyens et l'activité sexuelle ne présentait aucun effet significatif.

Dans le contexte ivoirien, les conditions de vie ont été retenues par Talnan et al. (2002) pour soumettre à l'épreuve l'influence du contexte économique sur les comportements sexuels des jeunes. La relation entre les conditions économiques et les premiers rapports sexuels avant 16 ans ne s'est pas avérée significatif. Par contre, ces auteurs ont observé que les adolescents qui vivent dans les conditions économiques difficiles étaient plus susceptibles d'avoir plusieurs partenaires sexuels. Il apparaît aussi que ces deniers se sont avérés moins enclins à protéger leurs rapports sexuels.

II-1-1-3 Approche institutionnelle

La dernière approche, la moins représentée dans la littérature existante, suppose que l'activité sexuelle des jeunes en milieu urbain serait aussi fonction de l'importance que les décideurs accordent aux lois et programmes les concernant. D'où l'importance accordée aux législations relatives au mariage, à la vie maritale des parents, à la protection sociale des jeunes et aux services spécifiques aux jeunes dans certaines études antérieures ayant abordé ce sujet.

Le recours aux facteurs institutionnels pour l'explication des comportements sexuels des adolescents découle du fait que les politiques créent des conditions susceptibles d'influencer les comportements des adolescents, leurs connaissances et leurs sensibilisations au VIH/SIDA.

Dans la plupart des études antérieures, ces facteurs ont été présentés sous forme de recommandations (Rwenge, 1999). Aucune d'elles n'a donc mis en exergue leurs associations avec les comportements sexuels des jeunes. La célébration des unions des jeunes est réglementée dans la plupart des pays africains par des textes portant organisation de l'état civil et diverses dispositions relatives à l'état des personnes physiques (Mbarga, 1991). Il existe encore cependant des pays africains où la législation sur le mariage des enfants est inexistante ; le  "coutumier" demeure ainsi le cadre juridique par excellence en matière de nuptialité (Rwenge, 1999).

Rwenge (1999) fait remarquer par ailleurs qu'il existe des lois concernant la protection sociale des enfants, mais très peu de pays africains en disposent et là où ces lois existent, elles sont rarement appliquées. Les programmes de population des pays africains sont limités par le fait qu'ils s'adressent davantage aux adultes et moins aux jeunes (Rwenge, 1999).

Les approches explicatives des comportements sexuels des jeunes et des adolescents sont donc essentiellement d'ordre socio-culturel et économique. Ce sont ces deux approches qui sont retenues dans le cadre de ce travail. Un des objectifs importants de notre étude consiste justement à comprendre comment les contextes socio-culturel et économique affectent la sexualité des jeunes et des adolescents.

II-2 Cadre conceptuel

Un cadre conceptuel est une représentation graphique qui résume une série de propositions concernant les déterminants d'un phénomène donné et leurs mécanismes causaux (Palloni, 1987).

II-2-1 Hypothèse générale

Le milieu socio-économique et le milieu socioculturel influencent directement ou indirectement les comportements sexuels des jeunes et des adolescents à travers leur exposition aux sources d'information et leurs connaissances sur le VIH/SIDA.

II-2-2 Schéma conceptuel

«  Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément ». Cette phrase introductive de Boileau (cité par Hubert GERARD) nous permet de situer la place du schéma conceptuel dans un travail de recherche en sciences sociales.

Figure2.1 : Schéma conceptuel d'explication des comportements sexuels à risque des jeunes et des adolescents de 15-24 ans.

Milieu socio-économique

Milieu socio-culturel

Exposition aux sources d'information

Connaissances des IST/VIH/SIDA

Comportements sexuels à risque

Selon ce schéma, les comportements sexuels des jeunes et des adolescents sont fonction des caractéristiques socioculturelles et économiques. Plus spécifiquement, le milieu socioculturel à travers l'ethnie, le milieu de socialisation, le milieu de résidence inculquent à l'individu les normes et valeurs culturelles en matière de sexualité. Ces modèles culturels représentent des facteurs considérables dans l'influence des comportements sexuels humains, et partant celui des adolescents. Dans le même temps, le milieu socio-économique, à travers la situation économique des parents offre aux adolescents l'opportunité de bénéficier d'un certain nombre d'avantages : instruction, exposition aux médias, suffisance des moyens pour satisfaire leurs besoins, etc. De même, il détermine le risque qu'ils courent d'échanger leurs faveurs sexuelles pour satisfaire leurs besoins lorsque les conditions de vie sont défavorables. De ces caractéristiques découlera la capacité de ces derniers à s'informer sur la sexualité, sur la connaissance du VIH/SIDA, sur les modes de prévention de cette maladie, et sur les conséquences de cette maladie. Ainsi, de ces connaissances découlera l'attitude des adolescents à l'égard de la sexualité et, partant du VIH/SIDA.

Le milieu socio-culturel et socio-économique déterminent directement ou indirectement le comportement sexuel des adolescents. Quant à l'influence indirecte, nous estimons qu'elle est le produit des connaissances relatives au VIH/SIDA.

II-2-3 Définition des concepts

II-2-3-1 Adolescence

Les critères utilisés par les différents auteurs pour définir l'adolescence sont variables, d'où la difficulté de limiter avec précision une période spécifique pour l'adolescence.

L'adolescence vient du latin "adolescere" qui signifie "grandir vers". L'adolescence est une période de maturation physique, émotionnelle, sociale et sexuelle rapide. L'adolescence est souvent définie comme une période de transition entre l'enfance et l'âge adulte. Toutes les cultures constatent et marquent cette transition entre l'enfance et l'âge adulte. La définition de ce concept varie beaucoup d'une société à une autre et/ou d'un chercheur à l'autre.

Selon le dictionnaire Larousse, l'adolescence est la période qui se situe entre l'enfance (aux environs de 12 ans) et l'adulte. Le dictionnaire médical de GARNIER*(*) la situerait entre l'enfance et la puberté plus précisément entre douze (12) et quinze (15) ans. Ces définitions bien que situant la période de l'adolescence ne nous donnent pas une image claire de ce que c'est qu'un adolescent.

La définition de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) par contre, fait état des aspects biologiques, sociaux, psychologiques inhérents qui marquent l'être humain. En effet, selon l'OMS l'adolescence se définit comme:

o La progression entre l'apparition de caractéristiques sexuelles secondaires (puberté) et la maturité sexuelle et génésique ;

o Le développement de mécanismes mentaux adultes et d'une identité d'adulte ;

o La transition entre une entière dépendance socioéconomique et une relative indépendance.

Contrairement aux précédentes, cette définition ne nous permet pas de délimiter la population adolescente.

Les Nations Unies (1987) (cité par Delaunay, 1994), d'un autre côté définissent l'adolescence comme "a state or process of growing up" (un état ou un processus de croissance) et comme "a period of life from puberty to maturity" (une période de la vie allant de la puberté à la maturité). L'adolescence est donc définie, en amont, comme débutant avec la puberté. En aval, elle s'achève par une certaine maturité sociale dont les limites varient selon les sociétés. Cette définition, tout comme celles qui précèdent, ne nous renseigne pas de façon précise sur les critères d'âge, à prendre en compte dans la définition de ce concept. A contrario, la définition proposée par Keats (cité par Kouton, 1992) va plus loin. Cet auteur distingue quatre étapes de l'adolescence:

§ l'éveil sexuel vers 12-15 ans ;

§ les premières relations sexuelles vers 14-17 ans ;

§ le rôle sexuel vers 16-19 ans ;

§ le choix d'un rôle déterminant dans la société vers 18-25 ans.

Cette définition met un accent particulier sur l'âge, variable clé en démographie et pour la plupart des phénomènes démographiques. S'agissant des adolescents, beaucoup de statistiques portent sur la tranche de 10 à 19 ans, tandis que d'autres portent sur la tranche de 15 à 24 ans. Ces bornes ne représentent dans aucun cas un début et une fin qui soient universellement reconnus sur le plan social ou sur le plan biologique.

Ces différentes définitions montrent d'une part, que l'adolescence est une notion très difficile à définir. D'autre part, que ce concept recouvre plusieurs dimensions (biologique, démographique, sociale, psychosociale, physiologique, juridique, économique, psychanalytique) qui permettent toutefois de l'appréhender (Evina, 1998). Par ailleurs, il ressort de toutes ces définitions mentionnées un élément commun : le début de l'adolescence coïncide avec l'âge de la puberté physiologique. La puberté indique donc le début biologique de l'adolescence. Mais disons tout de suite que l'adolescence n'est pas la puberté. Les deux phénomènes sont connexes. La puberté se définit comme l'ensemble des changements essentiellement biologiques et anatomiques qui aboutissent à la capacité de reproduction. Si toutefois, l'on se fait une idée du début de l'adolescence, cerner la fin de celle-ci est chose moins aisée, car les signes qui marquent son achèvement sont divers et mal définis.

Au regard donc de tout ce qui précède, nous définissons comme "adolescence" la période de transition physiologique et sociale débutant par la puberté, marquée par les transformations biologiques et anatomiques qui aboutissent à la capacité de reproduction et située dans la tranche d'âge 12 à 24 ans. Ainsi, nous considérons comme adolescent toute individu des sexes qui, au moment du passage des enquêteurs dans le ménage était âgée de 15 à 24 ans révolus dans la mesure où les données disponibles ne concernent que la tranche d'âge 15-24 ans.

II-2-3-2 Comportement sexuel à risque

Le comportement sexuel se rapporte à l'ensemble de conduites et pratiques en rapport avec le sexe. Les comportements sexuels à risque font référence ici à un ensemble d'actes sexuels qui ont la particularité de soumettre l'individu à un risque, celui de contracter les IST/VIH/SIDA par exemple. Trois dimensions des comportements sexuels à risque sont pris en compte dans ce travail : la précocité des premiers rapports sexuels, le multipartenariat sexuel et la non-utilisation du condom au dernier rapport sexuel.

II-2-3-3 Milieu socio-culturel

Ce concept renvoie au milieu ou à l'entité socioculturelle dans laquelle vit l'adolescent. Il se définit ici comme l'ensemble des caractéristiques et des conditions qui déterminent et modulent à des degrés divers les valeurs et normes propres aux groupes socio-culturels d'origine (Rwenge, 1999).

II-2-3-4 Milieu socioéconomique

Le milieu économique rend compte des conditions économiques dans lesquelles les jeunes et les adolescents. Ces derniers étant pour la plupart du temps encore dépendants de leurs parents.

II-2-3-5 Connaissances sur le VIH/SIDA

Elles renvoient aux informations acquises par les jeunes et les adolescents par rapport à l'existence du VIH/SIDA, ses modes de transmission et les moyens de prévention de cette maladie.

II-2-3-6 Exposition aux sources d'information

Au-delà de l'influence des pratiques culturelles, les comportements sexuels peuvent changer sous l'effet d'autres facteurs tels que les médias. Ainsi, à travers les moyens de communication, il est possible d'agir sur la connaissance, les représentations, et les comportements en matière de sexualité.

II-3 Cadre analytique et hypothèses spécifiques

Le tableau 2.1 présente les variables opérationnelles des différents concepts. Les relations entre ces variables sont définies à la figure 2.2

II-3-1 Variables dépendantes

Le concept de comportements sexuels à risque recouvre plusieurs dimensions. Nous avons retenu, ici, trois aspects : l'entrée précoce en vie sexuelle, le multipartenariat et la non utilisation systématique du condom pendant les rapports sexuels. Comment mesurer chacun de ces aspects ?

II-3-1-1 Age aux premiers rapports sexuels

En ce qui concerne l' « entrée précoce en vie sexuelle », un individu de la tranche d'âge 15-16 ans qui a déjà eu des rapports sexuels à la date de l'enquête est considéré comme ayant une vie sexuelle précoce. Environ 52% des individus de l'échantillon se retrouve dans cette catégorie.

II-3-1-2 Multipartenariat sexuel

En ce qui concerne le multipartenariat, l'indicateur retenu est le nombre de partenaires sexuels au cours des douze derniers mois. La période de référence couvrant les douze derniers mois permet de contourner les erreurs de déclaration due à la mémoire mais également de contrôler l'effet d'âge. Une autre variable permettrait de mesurer cet indicateur. Il s'agit du nombre de partenaires sexuels depuis le premier rapport. Mais compte tenu du fait que la période de référence n'était pas identique pour tous les enquêtés, nous avons opté pour la première. Ne sont concernés que les individus qui ont entamé leur vie sexuelle.

II-3-1-3 Non-utilisation du condom au dernier rapport sexuel

En ce qui concerne la non-utilisation du condom pendant les rapports sexuels, on retiendra comme indicateur : la non-utilisation d'un préservatif au dernier rapport sexuel. L'utilisation du condom à un moment quelconque est un indicateur qui permettra de mesurer le degré auquel le préservatif est utilisé. Mais compte tenu du phénomène d'arrêt de l'utilisation des méthodes, cet indice ne permet pas de cerner le degré de protection des rapports sexuels ; c'est pour pallier cette insuffisance qu'a été préféré l'indicateur qui attrait à la non-utilisation d'un préservatif au dernier rapport sexuel.

II-3-2 Variables indépendantes

II-3-2-1 Variables opérationnelles du milieu socio-culturel

i) Ethnie

L'ethnie est le lieu de production des modèles socioculturels auxquels l'individu s'identifie. Elle a une influence sur les variables comportementales telles que la non-utilisation du préservatif au cours des rapports sexuels. Nous chercherons à vérifier son influence sur les comportements sexuels à risques des adolescents, selon que ces derniers soient à moeurs sexuelles permissives ou rigides.

Sur le plan socio-culturel, la composition ethnique du pays est assez diverse .En plus des groupes Haoussa et Djerma-Songhai qui constituent démographiquement les plus grands groupes, 6 autres groupes contribuent à la diversité ethnique du pays .Ce sont ; les Peulhs, les Kanouris, les Arabes, les Touaregs/Bellas, les Gourmantché et les Toubou.

La variable ethnie comprend 6 modalités: Les Haoussas, les Djerma-Songhais, les Peulhs, les Kanouris, les Arabes, les Touaregs et les Autres ethnies qui regroupent les Arabes les Gourmantchés et les Toubous.

ii) Religion

La religion peut se définir comme « l'ensemble des croyances, sentiments, dogmes et pratiques qui définissent les rapports de l'être humain avec le sacré ou la divinité » (Wikipédia, 2007). Elle est aussi un système de croyances (dogmes) et de pratiques (rites et interdits) relatives aux sentiments de la divinité et unissant en une même communauté morale tous ceux qui y adhèrent.

La variable religion n'a pas été prise en compte dans notre travail car plus de 99% des adolescents enquêtés ont déclaré être de confession musulmane. Les autres religions représentent dans leur ensemble moins de 1%.

iii) Milieu de socialisation

Le milieu de socialisation désigne le lieu où les adolescents ont passé les douze premières années de leur vie. Cette variable comprend 3 modalités : capitale ou grandes villes, petites villes et campagnes. Les adolescents ont en général tendance à conserver les habitudes qu'ils ont acquises dans le milieu où ils ont été socialisés.

iv) Milieu de résidence

Nous entendons par milieu de résidence le lieu où les adolescents vivent au moment de l'enquête. Il joue un rôle important dans la variation des comportements sexuels des adolescents. Nous considérons dans cette étude le milieu urbain et le milieu rural.

v) Niveau d'instruction

C'est le niveau atteint par l'adolescent dans le système de scolarisation formelle. Il fait référence à l'exposition à un système formel d'enseignement durant une période déterminée. Cette variable a comme modalités : sans niveau, primaire, secondaire et supérieur.

vi) Fréquence d'exposition aux medias

Cette variable vise à rendre compte de l'impact de la fréquence d'exposition à la radio ou à la télévision sur les comportements sexuels des adolescents. Chacune des variables relatives à la radio ou à la télévision aura 4 modalités : pas du tout, moins d'une fois par semaine, au moins une fois par semaine et chaque jour.

II-3-2-2 Variables opérationnelles des connaissances des IST/VIH/SIDA

i) Niveau de connaissances des IST/VIH/SIDA

Cette variable renseigne sur les voies de transmission et de prévention des infections sexuellement transmissibles et permet de savoir si l'adolescente sait que le SIDA se transmet par voie sexuelle. Cet indicateur est construit à partir des variables suivantes :

ü Avoir entendu parler du SIDA ;

ü Avoir entendu parler des IST autre que le SIDA ;

ü Connaissances des voies de transmission du VIH/SIDA ;

ü Connaissances des voies de prévention du VIH/SIDA.

ii) Connaissance du condom comme moyen de prévention des IST/VIH/SIDA

La connaissance du condom comme de prévention des IST/VIH/SIDA est une variable fondamentale dans l'explication des comportements sexuels des adolescents dans la mesure où les adolescents qui ont cette connaissance sont plus susceptibles de recourir au condom lors de leurs rapports sexuels.

II-3-2-3 Variables opérationnelles du milieu socio-économique

La variable opérationnelle du milieu socio-économique est le niveau de vie du ménage. Cette variable permet de rendre compte de la situation économique des ménages dans lesquels vivent les adolescents. C'est un indicateur composite construit à partir des caractéristiques des ménages et des biens que ces ménages possèdent. Il permet de mesurer l'influence du niveau de vie des ménages sur les comportements sexuels des adolescents. En effet, les données des EDS sur les équipements de base disponibles dans chaque ménage et la possession de biens de consommation durables, peuvent être utilisées ensemble ou séparément pour développer divers indices de condition de vie (Kishord et Neitzel, 1997). On suppose qu'un individu a accès aux équipements et biens durables si le ménage dans lequel il vit en possède (Kishord ; Neitzel, 1997).

Tableau 2.1 : Caractéristiques des ménages des différents niveaux de vie

Effectif total

Niveau de vie

Elevé

Moyen

Faible

662

254

414

Mode d'approvisionnement en eau

1. Eau courante

2. Puits

3. Pluie

4. Ne sait pas

Proportion (%)

Effectif

Proportion (%)

Effectif

Proportion (%)

Effectif

78,6

15,7

5,7

0,0

520

104

38

00

18,4

68,4

13,2

0,0

47

174

33

00

2,0

92,4

5,6

0,0

08

383

23

00

Type d'aisance

1. Chasse-eau personnel

2. Autre Chasse-eau

3. Latrines

4. WC traditionnel

5. Brousse

6. Ne sait pas

1,9

3,2

81,1

10,7

3,1

0,0

13

21

537

71

20

00

0,0

0,0

13,7

9,9

76,4

0,0

00

00

35

25

194

00

0,0

0,0

0,2

0,0

99,8

0,0

00

00

01

00

413

00

Matériau du sol

1. Carrelage

2. Ciment

3. Terre

4. Ne sait pas

1,9

86,8

11,3

0,0

13

575

74

00

0,0

18,9

81,1

0,0

00

48

206

00

0,0

0,5

99,5

0,0

00

02

412

00

Matériau du toit

1. Tôle

2. Banco

3. Paille

4. Ne sait pas

33,3

65,4

1,3

0,0

220

433

09

00

3,1

93,5

3,4

0,0

08

237

09

00

0,0

70,0

30,0

0,0

00

290

124

00

Possession de l'électricité

1. Oui

2. Non

3. Ne sait pas

39,0

61,0

0,0

258

404

00

0,3

99,7

0,0

01

253

00

0,0

100

0,0

00

414

00

Possession d'un poste radio

1. Oui

2. Non

3. Ne sait pas

83,0

17,0

0,0

549

113

00

76,2

23,8

0,0

194

60

00

33,1

66,9

0,0

137

277

00

Possession d'un téléviseur

1. Oui

2. Non

3. Ne sait pas

34,6

65,4

0,0

229

433

00

0,5

99,5

0,0

01

253

00

0,0

100

0,0

00

414

00

Possession d'un réfrigérateur

1. Oui

2. Non

3. Ne sait pas

11,3

88,7

0,0

75

587

00

0,5

99,5

0,0

01

253

00

0,0

100

0,0

00

414

00

Possession d'une voiture

1. Oui

2. Non

3. Ne sait pas

7,5

92,5

0,0

50

612

00

0,5

99,5

0,0

01

253

00

0,0

100

0,0

00

414

00

II-3-3 Variables de contrôle

Si les comportements sexuels à risque sont susceptibles de varier selon les conditions de vie des adolescents, ils peuvent également être influencés par différents facteurs qui relèvent aussi bien du domaine démographique que du socio-culturel et psychosocial. Si bien que pour mieux comprendre la réalité de l'association entre les conditions de vie des adolescents et leurs pratiques en matière de sexualité, il est important de les prendre en compte dans l'analyse en vue d'éliminer l'effet de certaines caractéristiques psychosociales à l'origine des décisions sexuelles des adolescents. Les variables retenues pour chacun de ces domaines sont celles-ci : l'âge, le sexe et le statut matrimonial. Ce choix s'explique par le fait que les variables relatives au domaine socio-culturel (comme l'appartenance à une association, l'attachement à une ou plusieurs activité de loisir) et psychosocial (par exemple l'importance accordée à l'opinion d'autrui sur les comportements sexuels, la religion, l'estime de soi) n'ont pas été saisies dans lors de l'enquête.

Le rapport de genre, notamment le pouvoir de prise de décision sur la capacité de l'adolescente à négocier les comportements protecteurs face à son partenaire est une variable importante dans l'explication des comportements sexuels des adolescents. Mais compte tenu du fort taux de « missing » observé sur cette variable, celle-ci ne sera pas prise en compte dans l'étude.

Tableau 2.2: Les variables opérationnelles des différents concepts

Concepts

Variables

Variables opérationnelles

 Milieu socio-culturel

  

Variables socio-culturelles

· Ethnie

· Milieu de socialisation

· Milieu de résidence

· Niveau d'instruction

· Exposition aux médias (radio, télévision)

Milieu socio-économique

Variable économique

· Niveau de vie du ménage

Connaissances sur les IST/VIH/SIDA

Variables relatives aux connaissances des IST/VIH/SIDA

· Niveau de connaissance des IST/VIH/SIDA

· Connaissance du condom comme moyen de prévention des IST/VIH/SIDA

Comportements sexuels à risques

Variables dépendantes

· L'âge aux premiers rapports sexuels

· Multipartenariat sexuel

· Non -utilisation des condoms aux derniers rapports sexuels

II-3-4 Hypothèses spécifiques

Les hypothèses spécifiques sont les suivantes :

ü H1 - Les adolescents appartenant à une ethnie ayant des moeurs sexuelles permissives ont précocement leurs premiers rapports sexuels et plus de risque d'avoir plus de partenaires sexuels occasionnels et de ne pas utiliser les condoms que ceux appartenant à une ethnie ayant des moeurs sexuelles rigides.

ü H2 - Les facteurs socio-culturels de modernisation tels que le milieu de résidence, les écoles ou les médias influencent le multipartenariat sexuel ou la non-utilisation des condoms chez les adolescents.

ü H3 - Les adolescents qui vivent dans des conditions économiques difficiles ont plus de chance d'avoir plus de partenaires sexuels occasionnels et de ne pas utiliser les condoms que ceux qui vivent dans les conditions économiques meilleures.

ü H4 - Les adolescents qui débutent précocement leurs premiers rapports sexuels ont plus de chance d'avoir plusieurs partenaires sexuels occasionnels et de ne pas protéger leurs rapports sexuels.

ü H5 - Les adolescents qui ont une connaissance élevée des IST/VIH/SIDA et qui savent que les condoms permettent prévenir ces maladies sont plus enclins à utiliser les condoms.

Figure 2-2 : Schéma d'analyse de l'étude

Milieu de residence

Ethnie

Milieu de socialisation

Niveau de vie des ménages

Niveau d'instruction

Degré d'exposition aux Medias

Niveau de connaissances sur le VIH/SIDA

Précocité des rapports sexuels

Multipartenariat sexuel

Non-utilisation du préservatif

Relation qui fera l'objet de notre étude

Relation qui ne sera pas vérifiée dans notre étude

SYNTHESE PARTIELLE

La revue de la littérature nous a permis de dégager les différentes approches explicatives pertinentes des comportements sexuels des jeunes et des adolescents. Deux principales approches se sont dégagées de cette revue : l'approche socio-culturelle et l'approche économique.

L'approche socioculturelle stipule que les comportements sexuels des jeunes et des adolescents dépendent de l'environnement socioculturel dans lequel vivent ces derniers. Deux dimensions sont ressorties de cette approche la dimension "traditionnelle" et la dimension "moderne". Dans la dimension "traditionnelle" les comportements sexuels des adolescents sont déterminés par les normes et les valeurs traditionnelles de la société dans laquelle ils vivent. Les adolescents vivant dans les sociétés à moeurs sexuelles permissives sont plus susceptibles que les autres à avoir des comportements sexuels à risque. La dimension "moderne" fait référence à l'influence de la modernité. En effet, il est ressorti que les facteurs socio-culturels dits modernes à savoir le milieu de résidence, l'instruction et les médias déterminent aussi les comportements sexuels des adolescents.

Quant à l'approche économique, les résultats des études antérieures nous ont permis de dégager les différents facteurs économiques qui ont des incidences sur les comportements sexuels des jeunes et des adolescents. Les conditions économiques dans lesquelles vivent les jeunes et les adolescents les motivent à s'engager dans l'activité sexuelle précoce, occasionnelle ou à avoir plusieurs partenaires sexuels et à utiliser les condoms.

En nous basant sur la revue de la littérature, une hypothèse générale a été formulée et élaborée sous la forme d'un schéma qui constitue notre schéma conceptuel. Nous avons par la suite, identifier les variables opérationnelles qui nous permettront de vérifier nos hypothèses de travail. Les différentes relations entre ces variables opérationnelles ont été établies à travers notre schéma d'analyse.

Les assises théoriques de l'étude étant définies, nous allons procéder à la présentation des données et des méthodes statistiques qui sont utilisées dans cette étude.

CHAPITRE III

ASPECTS METHODOLOGIQUES

Dans ce présent chapitre, il est question de présenter la source des données, d'évaluer la qualité de ces données et d'exposer les différentes méthodes statistiques qui sont utilisées pour les analyser.

III-1 Présentation des données

III-1-1 Source de données

Les Enquêtes Démographiques et de Santé (EDS) collectent des informations sur les femmes âgées de 15 à 49 ans, sur les hommes âgés de 15 à 59 ans, sur la survie des enfants et sur certaines caractéristiques des ménages. De plus, elles fournissent diverses informations sur le niveau de connaissance, les opinions et attitudes vis-à-vis des Infections Sexuellement Transmissibles (IST) et du VIH/SIDA. Les données issues de telles enquêtes conviennent bien à la vérification des hypothèses formulées et la poursuite des objectifs définis en amont. Ainsi, les données collectées par l'EDSN-MICS-III réalisée en 2006 au Niger (EDSN-MICS-III, 2006) sont utilisées dans cette étude. Plus précisément, les fichiers «femme », «homme » et « ménage » disponibles sur le site web www.measuredhs.com seront utilisés. Quelques aspects méthodologiques (objectifs, questionnaire et échantillonnage) de cette enquête sont présentés dans les sections qui suivent.

III-1-2 Objectifs de l'EDSN-MICS-III

L'Enquête Démographique et de Santé et à Indicateurs Multiples (EDSN-MICS-III) 2006 a pour objectif d'estimer de nombreux indicateurs socio-économiques, démographiques et sanitaires au niveau de l'ensemble de la population et au niveau des sous-populations des femmes de 15 à 49 ans, des enfants de moins de 5 ans et des hommes de 15 à 59 ans. En particulier, l'EDSN-MICS-III vise, entre autres, à identifier et/ou à estimer :

ü le niveau de connaissance, les opinions et attitudes vis-à-vis des Infections Sexuellement Transmissibles (IST) et du VIH/SIDA ;

ü les facteurs directs et indirects qui déterminent les niveaux et les tendances de la fécondité, tels que les comportements matrimoniaux, les comportements sexuels et l'utilisation de la contraception ;

ü les taux de connaissance et de pratique contraceptive par méthode, selon diverses

caractéristiques sociodémographiques ;

ü différentes composantes de la santé de la reproduction et de la santé des enfants : visites prénatales et postnatales, conditions d'accouchement, allaitement, vaccination, prévalence et traitement de la diarrhée et d'autres maladies chez les enfants de moins de cinq ans ;

ü le niveau de prévalence du VIH/SIDA.

L'ensemble des informations collectées constitue une base de données qui facilitera la mise en place et le suivi de politiques et de programmes dans le domaine de la population et de la santé et, plus globalement, de politiques visant à l'amélioration des conditions de vie de la population nigérienne. Par ailleurs, les données ayant été collectées selon une méthodologie similaire à celle utilisée dans de nombreux autres pays ayant participé au programme DHS, celles-ci font partie, de ce fait, d'une base de données utilisable et comparable au niveau international.

III-1-3 Echantillonnage

Pour atteindre les objectifs assignés à cette enquête, un échantillon national stratifié de 345 grappes a été tiré. Parmi ces grappes, 342 ont pu être cartographiées et enquêtés au cours de l'EDSN-MICS-III, les trois autres ont été abandonnées pour cause d'insécurité.

La procédure d'échantillonnage retenue pour l'EDSN-MICS-III est un tirage aréolaire stratifié à deux degrés. L'unité primaire de sondage, appelée aussi grappe, est la zone de dénombrement (ZD). La partie urbaine et la partie rurale de chaque région correspondent chacune à une strate d'échantillonnage. Au total, 15 strates ont été définies : les 7 régions décomposées en urbain/rural et la ville de Niamey.

L'échantillon au premier degré a été tiré indépendamment dans chaque strate et l'échantillon au second degré l'a été indépendamment dans chaque unité primaire tirée au premier degré.

Au premier degré, 345 grappes ont été tirées à partir de la liste des zones de dénombrements (ZD) établie à partir du Recensement Général de la Population et de l'Habitat (RGPH) de 2001. Parmi celles-ci, 342 grappes ont fait l'objet d'une cartographie et d'un dénombrement exhaustif des ménages, les trois (3) autres ont été abandonnées pour cause d'insécurité.

Au deuxième degré, des ménages ont été tirés à partir des listes établies lors de l'opération de dénombrement. Les mesures du poids et de la taille ont été prises pour toutes les femmes de 15-49 ans et sur tous les enfants âgés de moins de cinq ans dans la moitié de l'échantillon des ménages. Dans le même sous-échantillon, au niveau d'un ménage sur deux, toutes les femmes de 15-49 ans et tous les hommes de 15-59 ans ont été testés pour estimer la prévalence de l'anémie et la prévalence du VIH. Tous les enfants de moins de cinq ans du même sous-échantillon ont été testés pour la mesure de la prévalence de l'anémie.

Toutes les femmes âgées de 15-49 ans (résidentes habituelles ou visiteuses) qui se trouvaient dans les ménages ont été enquêtées individuellement.

Enfin, dans un sous échantillon d'un ménage sur deux, tous les hommes de 15-59 ans (résidents habituels ou visiteurs) ont été enquêtés.

Les principaux domaines d'étude retenus sont : les 7 régions (Agadez, Diffa, Dosso, Maradi, Tahoua, Tillabéri et Zinder) et la Communauté Urbaine de Niamey.

Compte tenu de la taille variable de chaque strate, constituant chacune un domaine d'études, différents taux de sondage ont été appliqués initialement à chaque strate. Finalement les résultats ont été pondérés au niveau de chaque grappe.

Au total, 8 418 ménages ont été sélectionnés et, parmi eux, 7 824 ménages ont été identifiés. Parmi ces 7 824 ménages, 7 660 ont pu être enquêtés avec succès, soit un taux de réponse de 98%. Au total, 9223 femmes de 15 à 49 ans ont été enquêtées avec succès parmi lesquelles on retrouve 3369 adolescentes âgées de 15-24 ans et 3549 hommes de 15 à 59 ans ont été enquêtés avec succès parmi lesquels on retrouve 1110 adolescents ages de 15-24 ans. Le tableau 3-1 présente les taux de couverture et les taux de réponse de l'enquête selon le milieu de résidence. Il montre que les taux réponses sont élevés en milieu et en milieu rural.

Tableau 3.1: Taille et taux de couverture de l'échantillon

Résultat

Milieu de résidence

Ensemble

Niamey

Autres villes

Ensemble urbain

Rural

Enquête individuelle femme

Effectif de femmes éligibles

1418

2011

3429

6217

9646

Effectif de femmes éligibles enquêtées

1329

1920

3249

5974

9223

Taux de réponse de femmes éligibles

93,7%

95,5%

94,8%

96,1%

95,6%

Enquête individuelle homme

Effectif de hommes éligibles

753

909

1662

2177

3839

Effectif d'hommes éligibles enquêtés

681

827

1508

2041

3549

Taux de réponse des hommes éligibles

90,4%

91,0%

90,7%

93,8%

92,4%

Source : Rapport EDSN-MICS-III, 2006.

III-1-4 Questionnaire de l'enquête

Les questionnaires préparés par le projet DHS sont les instruments de base de l'EDSN-MICS-III.

Trois questionnaires ont été développés dans le cadre de cette enquête :

Ø un Questionnaire Ménage ;

Ø un Questionnaire Individuel pour les femmes de 15-49 ans ;

Ø un Questionnaire Individuel pour les hommes de 15-59 ans.

Dans le cadre de cette étude, nous avons recouru aux trois questions. En effet, le questionnaire ménage nous a permis de créer notre indicateur « Niveau de vie du ménage » et les questionnaires Homme et Femme nous servi de base pour la constitution de notre fichier d'analyse.

Les premiers changements ont été déjà apportés aux questionnaires de base à la lumière des expériences passées en matière d'enquête au Niger et des premiers besoins en informations exprimés par les partenaires.

En plus des sections habituelles, les questionnaires ont comporté aussi, entre autres, un module sur le VIH/SIDA de façon à obtenir les informations nécessaires au calcul des indicateurs de suivi et d'évaluation adaptés aux besoins du CNLS conformément aux recommandations de l'ONUSIDA (questionnaires femme et homme).

Les contenus spécifiques des questionnaires principaux de l'enquête sont les suivants :

III-1-4-1 Le questionnaire Ménage

Le questionnaire ménage nous a permis d'avoir des informations portant sur les caractéristiques du logement (approvisionnement en eau, type de toilettes, matériau de construction, disponibilité de l'électricité, possession de biens durables, etc.), la possession des biens et autres. Ces informations sont recueillies afin d'évaluer les conditions environnementales et socioéconomiques dans lesquelles vivent les personnes enquêtées.

Le questionnaire ménage a, enfin, servi à enregistrer certaines informations sur les tests du VIH et de l'anémie qui ont été inclus dans l'enquête. Les tests ont été effectués dans le sous-échantillon de ménages sélectionnés pour l'enquête auprès des hommes. A partir d'un prélèvement sanguin, on a mesuré par un test direct, le niveau d'hémoglobine de toutes les femmes de 15-49 ans, de tous les hommes de 15-59 ans et de tous les enfants de moins de 5 ans. Ce même prélèvement a servi pour le test du VIH/SIDA sur toutes les femmes de 15-49 ans et tous les hommes de 15-59 ans. Il est important de noter que les tests du VIH/SIDA et de l'hémoglobine n'ont été effectués que sur les enquêtés qui acceptaient de s'y soumettre volontairement, après lecture d'un consentement éclairé. Pour les mineurs de moins de 18 ans, le consentement a été demandé aux parents ou personnes en charge des mineurs, avant de demander le consentement personnel du mineur.

III-1-4-2 Le questionnaire Individuel Femme

Il constitue l'élément central de l'EDSN-MICS-III. Il permet d'enregistrer les informations d'identification du ménage, le résultat de l'interview qui permet de calculer le taux de couverture de l'enquête ainsi que dix sections qui servent à recueillir des informations sur plusieurs thèmes dont entre autres :

Ø Caractéristiques sociodémographiques : cette section a porté sur le lieu de résidence, l'âge et la date de naissance, la scolarisation, l'alphabétisation, la nationalité, la religion, l'ethnie et l'exposition aux médias.

Ø Mariage et activité sexuelle : cette section a porté sur l'état matrimonial de la femme, la cohabitation avec le conjoint, le type de mariage (monogamie ou polygamie), l'âge au premier mariage et l'âge aux premiers rapports sexuels ainsi que sur l'activité sexuelle.

Ø IST et SIDA : cette section a permis d'obtenir des informations sur la connaissance et la prévalence des infections sexuellement transmissibles, sur les modes de transmission et les moyens de prévention du SIDA.

III-1-4-3 Le questionnaire Individuel Homme

Le questionnaire Homme, administré aux hommes de 15-59 ans, est une forme allégée du questionnaire individuel femme.

Ces questionnaires ont donc permis de collecter des données sur les caractéristiques socio-démographiques des enquêtés, leurs caractéristiques socioculturelles et socio-économiques, les caractéristiques économiques de l'habitat. On trouve aussi les informations sur les comportements sexuels, les comportements matrimoniaux, sur les ITS/SIDA.

Les questionnaires définitifs ont été traduits dans les deux principales langues nationales (Haoussa et Zarma). Ces questionnaires traduits ont été utilisés pendant la formation théorique et pratique et sur le terrain.

Etant donnée qu'on retrouve dans la base de données les caractéristiques des enquêtés et celles sur les comportements sexuels, la source des données est bel et bien adaptée à l'étude.

III-2 Evaluation de la qualité des données

III-2-1 Evaluation de la qualité des données relatives à l'âge

En tirant un échantillon pour extrapoler les caractéristiques observées à l'ensemble de la population, les enquêtes induisent de facto un biais qui se traduit par les erreurs d'échantillonnage. L'établissement d'un plan de sondage bien adapté à la population étudiée, l'élaboration préalable des formules des estimateurs et des intervalles de confiance avant la phase du terrain contribuent à minimiser ces erreurs.

Cependant, il existe un deuxième type d'erreurs dit d'observation. La qualité du questionnaire, la formation des enquêteurs, la disponibilité et la collaboration des enquêtés ainsi que la qualité de la saisie des réponses issues du terrain jouent un rôle important sur la qualité des données collectées.

Des méthodes permettant à l'analyste d'évaluer la qualité des données soumises à son utilisation existent. Elles se classent en deux catégories : les méthodes externes et les méthodes internes. Les premières comparent les données à analyser à celles issues d'une autre source et collectées dans presque le même contexte ; les secondes analysent la cohérence des données à l'aide des graphiques et des indices analytiques, en les comparant le plus souvent à des standards théoriques ou régionaux. Nous mettons ici l'accent sur la qualité de la déclaration de l'âge au niveau de toutes les femmes et au niveau de tous les hommes pour en arriver aux adolescents.

Les attractions aux âges ronds : les âges ronds sont ceux terminant par les chiffres 0 ou 5. Ne connaissant pas exactement leur âge, certaines personnes ont tendance à déclarer des âges se terminant par de tels chiffres. L'analyse de la courbe de population par âge aide à déceler ce type d'erreurs.

Tableau 3.2: Répartition par âge des adolescents de 15 à 24 ans dans l'échantillon

 

FEMMES

HOMMES

ENSEMBLE

Ages

Effectifs

Proportions (%)

Effectifs

Proportions (%)

Effectifs

Proportions (%)

15

351

10,4

143

12,9

494

11,0

16

301

8,9

122

11,0

422

9,4

17

411

12,2

136

12,2

547

12,2

18

455

13,5

138

12,4

593

13,2

19

200

5,9

81

7,3

281

6,3

20

555

16,5

152

13,7

708

15,8

21

208

6,2

81

7,3

289

6,5

22

370

11,0

107

9,6

477

10,7

23

255

7,6

77

6,9

332

7,4

24

262

7,8

73

6,5

334

7,5

Total

3369

100

1110

100

4479

100

Source : Rapport EDSN-MICS-III, Niger 2006.

Les graphiques suivants donnent la répartition de la population par âge et par sexe au moment de l'enquête.

Graphique 3.1: Répartition de la population par âge et par sexe au moment de l'enquête.

On remarque aisément des pics aux âges 20, 25, 30, 35, 40, 45, 50 et 55 ans. Cette situation corrobore la présomption d'une certaine mauvaise qualité de la déclaration de l'âge des femmes et des hommes au moment de l'enquête.

Des indices analytiques mesurant ce type d'attraction (indice de Whipple) et d'autres mesurant la préférence de tous les chiffres de 0 à 9 (indice de Myers) aident à donner un ordre de grandeur à la qualité de la déclaration d'âge en terme de structure par âge. Il est fréquent que le regroupement en groupes d'âge quinquennaux soit évoqué comme un moyen de dissimuler les attractions (Harouna, 1998). Mais cette procédure est souvent vaine, puisque ce n'est pas toujours sous forme de groupes d'âge que l'âge interviendra dans les analyses.

Graphique 3.2: Répartition de la population par groupes d'âge quinquennaux et par sexe au moment de l'enquête

III-2-2 Evaluation des données sur l'âge au premier rapport sexuel

Dans l'ensemble de notre échantillon, comme le montre le Tableau 3-3 en dessous, la proportion des adolescents qui ont déjà eu leurs premiers rapports sexuels est de 30,16% à la date de l'enquête. Dans ce sous groupe, à 15 ans exacts, plus de la moitié (51,52%) des adolescents avaient déjà eu leurs premiers rapports sexuels. Lorsqu'on tient compte de l'age médian d'entrée en première estimé à 15,5 ans chez les femmes et à 22 ans chez les hommes (EDS-MICS-III, Niger 2006), on se rend compte qu'une proportion importante d'adolescents s'engage dans les rapports sexuels avant leur entrée en union contrairement aux adolescentes. Ceci peut s'expliquer par le fait que les mariages très précoces chez les femmes sont très fréquents au Niger. Très souvent il se passe un certain temps entre le mariage et sa consommation, la jeune fille étant donnée en mariage à un âge très jeune. Le phénomène de la sexualité premaritale est donc plus fréquent chez les jeunes garçons. Il ressort des données du tableau 3.3 que l'âge moyen aux premiers rapports sexuels est de 15,84 ans13(*) chez l'ensemble des adolescents.

Tableau 3.3: Répartition des adolescents de 15 à 24 ans selon leur âge au premier

rapport sexuel

Age au premier rapport sexuel

Effectifs

Frequences (%)

Cumul (%)

8

2

0,15

0,15

9

2

0,15

0,30

10

11

0,81

1,11

11

5

0,37

1,48

12

49

3,63

5,11

13

91

6,74

11,84

14

214

15,84

27,68

15

322

23,83

51,52

16

195

14,43

65,95

17

173

12,81

78,76

18

123

9,10

87,86

19

56

4,15

92,01

20

46

3,40

95,41

21

29

2,15

97,56

22

20

1,48

99,04

23

9

0,67

99,70

24

4

0,30

100,00

Total

1351

100,00

 

Source : Rapport EDSN-MICS-III, 2006.

III-2-3 Taux de couverture des variables de l'étude

Le tableau 3-3 donne le taux de couverture des différentes variables retenues dans le cadre de notre étude. Il ressort de ce tableau que la plupart des variables de l'étude ont été relativement bien couvertes ; le taux de couverture s'étendant de plus de 84% a 100%.

Les «Non déclarés» sont relativement faible, ce qui rend compte de la consistance statistique de nos différentes variables.

Tableau 3.4: Taux de couverture des variables de l'étude

Variables

Modalités

Effectifs

Fréquences (%)

Taux de couverture (%)

Ethnie

Arabe

Djerma/songhaï

Gourmantché

Haoussa

Kanouri

Peul

Touareg

Toubou

Autre

Non déclaré

9

275

18

742

57

90

123

7

11

1

0,6

20,7

1,3

55,8

4,3

6,7

9,2

0,5

0,8

0,1

100,0

Milieu de socialisation

Capitale/grandes villes

Villes

Campagnes

Etranger

Non déclaré

107

150

1049

16

7

8,1

11,3

78,9

1,2

0,5

99,5

Milieu de résidence

Urbain

Rural

288

1041

21,7

78,3

100,0

Niveau d'instruction

Sans niveau

Primaire

Secondaire

Supérieur

1001

216

109

3

75,3

16,3

8,2

0,3

100,0

Fréquence d'exposition à la radio

Pas du tout

Moins d'une fois par semaine

Au moins une fois par semaine

Chaque jour

Non déclaré

374

237

296

420

2

28,1

17,8

22,3

31,6

0,2

99,8

Fréquence d'exposition à la télévision

Pas du tout

Moins d'une fois par semaine

Au moins une fois par semaine

Chaque jour

Non déclaré

1037

56

92

138

7

78,0

4,2

6,9

10,4

0,4

99,6

A utilisé le condom au dernier rapport sexuel

Non

Oui

Non déclaré

1074

42

213

80,8

3,2

16,0

84,0

A entendu parler du SIDA

Non

Oui

210

1119

15,8

84,2

100,0

A entendu parler des IST

Non

Oui

1098

231

82,6

17,4

100,0

Sait que le SIDA se transmet par voie sexuelle

Non

Oui

Ne sait pas

Non déclaré

86

1033

60

151

6,5

77,7

4,5

11,3

88,7

Sait que le condom est un moyen de prévention du VIH/SIDA

Non

Oui

Ne sait pas

Non déclaré

817

230

276

6

61,5

17,3

20,8

0,4

99,6

Sait que l'abstinence est un moyen de prévention du VIH/SIDA

Non

Oui

Ne sait pas

Non déclaré

648

399

276

6

48,5

30,0

20,8

0,4

99,6

Sait que la fidélité est un moyen de prévention du VIH/SIDA

Non

Oui

Ne sait pas

Non déclaré

579

468

276

6

43,6

35,2

20,8

0,4

99,6

Etat matrimonial

Célibataire

Marié(e)

En concubinage

Veuf/ve

Divorcé(e)

Ne vit pas ensemble

221

1056

10

5

27

11

16,7

79,4

0,7

0,3

2,0

0,8

100,0

Source : Traitement des données de l'EDSN-MICS-III, Niger 2006.

III-3 Distribution des variables

III-3-1 Les variables socioculturelles

Le tableau 3-4 présente la répartition des adolescents selon les variables socioculturelles.

III-3-1-1 L'ethnie

Le Niger se caractérise essentiellement par trois grands groupes ethniques. Dans le premier groupe, on retrouve les "Haoussa", "Djerma/songhaï" et les "Touareg". Dans le second, on a les "Peul" et les "Kanouri". Et enfin on distingue les "Autres ethnies"(Arabe, Toubou, Gourmantché). On retrouve dans le tableau 3-4, la répartition des adolescents enquêtés selon le groupe ethnique. Les adolescents "Peul" représentent 6,7% des enquêtés et les "Touareg" 9,2%. Les "Kanouri" et les "Autres ethnies" représentent respectivement 4,3% et 3,3%. Les "Haoussa" sont majoritairement représentés dans l'échantillon avec une proportion de 55,8%, viennent ensuite les"Djerma/songhaï" avec 20,7%.

Comme la littérature a montré que les moeurs sexuelles varient selon l'ethnie, nous nous attendons à ce que l'ethnie influence tous les comportements sexuels des adolescents dans ce milieu.

III-3-1-2 Le milieu de socialisation

Par rapport au milieu de socialisation, les adolescents ont été saisis selon qu'ils ont passé les douze premières années de leur vie dans la capitale ou les grandes villes, dans les petites villes ou en campagne. Dans notre échantillon, on constate qu'une très grande majorité des adolescents (80,3%) ont été socialisés dans les campagnes, 11,5% dans les petites villes, 8,2% dans la capitale Niamey et les grandes villes.

III-3-1-3 Le milieu de résidence

Selon le milieu de résidence au moment de l'enquête, les adolescents se répartissent en deux groupes : ceux qui vivent en milieu urbain et ceux qui vivent en milieu rural. Dans notre échantillon, on constate que plus de 3/4 des adolescents (78,3%) vivent en milieu rural, tandis que ceux qui vivent en milieu urbain ne représentent que 21,7%.

III-3-1-4 Le niveau d'instruction

Dans le cas du niveau d'instruction, on constate qu'une très forte proportion des adolescents sont sans niveau (75,3%), 16,3% sont de niveau primaire, et seulement 8,5% de niveau secondaire ou plus.

Tableau 3.5 Répartition des adolescents selon les variables socioculturelles

Variables

Modalités

Effectifs

Fréquences (%)

Ethnie

Djerma/songhaï

Haoussa

Kanouri

Peul

Touareg

Autres ethnies

275

742

57

90

123

41

20,7

55,8

4,3

6,7

9,2

3,3

Total

 

1328

100,0

Milieu de socialisation

Grandes villes/ Capitale

Petites villes

Campagnes

107

150

1049

8,2

11,5

80,3

Total

 

1306

100,0

Milieu de résidence

Urbain

Rural

288

1041

21,7

78,3

Total

 

1329

100,0

Niveau d'instruction

Sans niveau

Primaire

Secondaire et plus

1001

216

112

75,3

16,3

8,4

Total

 

1329

100,0

Source : Traitement des données de l'EDSN-MICS-III, Niger 2006.

III-3-2 L'exposition aux médias et le niveau de vie

III-3-2-1 La fréquence d'exposition à la radio

Par rapport à cette variable, la question suivante a été posée aux adolescents pour saisir leur fréquence d'exposition à la radio : « Écoutez-vous la radio pratiquement chaque jour, au moins une fois par semaine, moins d'une fois par semaine ou pas du tout ? ». On retrouve dans le Tableau 3-5 la répartition des adolescents enquêtés selon leur fréquence d'exposition à la radio. On constate que 28,2% des adolescents n'ont pas du tout été exposés à ce média, par contre 17,9 des adolescentes l'écoutent moins d'une fois par semaine, 22,3% au moins une fois par semaine et 31,70% chaque jour de la semaine.

III-3-2-2 La fréquence d'exposition à la télévision

La même question a aussi été posée aux adolescents afin de saisir leur fréquence d'exposition à cet autre média. La distribution des adolescents selon leur fréquence d'exposition à la télévision montre que plus des trois quarts d'entre eux ne regardent pas ce média (78,4%), 10,5% la regardent chaque jour, 7,0% au moins une fois par semaine, et 4,2% moins d'une fois par semaine.

III-3-2-3 Le niveau de vie

Nous avons considéré la situation économique du ménage dans lequel vivent les adolescents pour mesurer le niveau de vie. En effet, dans la plupart des pays africains et au Niger en particulier les adolescents sont financièrement dépendants de leurs parents. Dans cette étude, nous avons retenu le niveau de vie des ménages comme variable opérationnelle de la situation économique des parents. Cet indicateur a été construit à partir des biens que ces derniers disposent. Compte tenu de la nature des données dont nous disposons, nous avons recouru à l'analyse en composantes principales (ACP) à partir du logiciel SPAD de SPSS sous windows. Cette méthode présente l'avantage d'attribuer des points à certaines modalités afin de définir des classes ou groupes homogènes. L'objet de cette méthode classification est de partitionner une population initiale en k classes (groupes) disjointes de telle manière que 2 individus appartenant à une même classe aient un maximum de caractéristiques très semblables et 2 éléments provenant de 2 groupes présentent des caractéristiques fortement dissemblables. Nous avons constitué trois groupes à savoir : faible, moyen et élevé.

La distribution de cette variable indique que les adolescents qui vivent dans les ménages de niveau de vie faible représentent 31,1%, ceux qui sont issus des ménages de niveau moyen représentent 19,1%, et ceux qui vivent dans les ménages de niveau de vie élevé représentent 49,8%.

Tableau 3.6 Répartition des adolescents selon la fréquence d'exposition aux médias et le niveau de vie du ménage

Variables et modalités

Effectifs

Fréquences (%)

Fréquence d'exposition à la radio

 
 

- Pas du tout

374

28,2

- Moins d'une fois/semaine

237

17,9

- Au moins une fois/semaine

296

22,3

- Chaque jour

420

31,7

Total

1326

100,0

Fréquence d'exposition à la TV

 
 

- Pas du tout

1037

78,4

- Moins d'une fois/semaine

56

4,2

- Au moins une fois/semaine

92

7,0

- Chaque jour

138

10,5

Total

1323

100,0

Niveau de vie du ménage

 
 

- Faible

414

31,1

- Moyen

254

19,1

- Elevé

662

49,8

Total

1330

100,0

Source : Traitement des données de l'EDSN-MICS-III, Niger 2006.

III-3-3 Les connaissances relatives aux IST/VIH/SIDA

Les variables utilisées pour la construction de cet indicateur sont relatives au fait d'avoir entendu parler du SIDA ou des IST, à la connaissance des modes de transmission du SIDA et à la connaissance des modes de prévention du SIDA. A partir du Tableau 3-6, on voit que 55,21% des adolescents ont une connaissance élevée des IST/VIH/SIDA, 7,64% ont une connaissance partielle et 37,15% n'ont aucune connaissance de ces maladies.

Tableau 3.7 Répartition des adolescents selon leurs connaissances relatives aux

IST/VIH/SIDA

Variables et modalités

Effectifs

Pourcentage (%)

Connaissance IST/VIH/SIDA

 

 

- Aucune

389

37,15

- Partielle

80

7,64

- Elevée

578

55,21

Total

1047

100,0

Connaissance du condom comme moyen

de prévention des IST/VIH/SIDA

 
 

- Non

648

61,89

- Oui

399

38,11

Total

1047

100,0

Source : Rapport EDSN-MICS-III, 2006.

III-3-4 Les comportements sexuels à risque

On constate qu'au Niger le multipartenariat sexuel est un phénomène répandu. En effet, 44,3% des adolescents ont eu des rapports sexuels avec des personnes autres que leurs partenaires réguliers au cours des douze derniers mois contre 55,7% qui n'ont pas adopté ce comportement sexuel au cours des douze derniers mois précédant de l'enquête.

En ce qui est des premiers rapports sexuels, on constate que les adolescents commencent très précocement leurs activités sexuelles. En effet, 87,86% des adolescents ont eu leurs premiers rapports avant l'âge de 16 ans et seulement 12,14% l'ont eu après.

Enfin, dans le cas de la non-utilisation des condoms aux derniers rapports sexuels, on constate que seulement 3,8% des adolescents ont utilisé des condoms aux derniers rapports sexuels contre 96,2% qui ne l'ont pas fait lors de leurs derniers rapports sexuels.

Tableau 3.8 Répartition des adolescents selon leurs comportements sexuels

Variables

Effectifs

Pourcentage (%)

Âge aux premiers rapports sexuels

 
 

- <=16 ans

1187

87,86

- >16 ans

164

12,14

Total

1351

100,0

Multipartenariat sexuel

 
 

- Non

757

55,7

- Oui

594

44,3

Total

1351

100,0

La non-utilisation des condoms aux derniers rapports sexuels

 
 

- Non

1074

96,2

- Oui

42

3,8

Total

1116

100,0

Source : Rapport EDSN-MICS-III, 2006.

III-4 Méthodes d'analyse

Nous allons utiliser au premier niveau d'analyse des données les méthodes statistiques descriptives et au second niveau les méthodes explicatives.

III-4-1 Analyse descriptive

Nous allons nous intéresser ici à l'association entre chaque caractéristique de l'adolescent et les comportements sexuels étudiés. Comme toutes les variables sont qualitatives, nous allons recourir aux tableaux croisés et à la statistique du Khi-deux pour évaluer le degré et le sens des différentes associations.

A ce niveau d'analyse, nous allons aussi recourir à l'analyse Factorielle des Correspondances Multiples pour identifier au niveau multivarié les indépendances entre variables et de façon simultanée les caractéristiques des adolescentes adoptant telle ou telle modalité des comportements sexuels à risque.

L'analyse (factorielle) des correspondances multiples (ACM) est une technique de réduction factorielle qui permet d'avoir une vue d'ensemble des variables de base (ou des individus) en mettant en évidence les liaisons, ressemblances ou différences14(*). Les variables soumises à l'ACM doivent être catégorielles (ou rendues telles), la matrice de données étant un tableau dit disjonctif complet ou tableau binaire, dans lequel chaque individu-ligne a la valeur 0 ou 1 pour chaque variable/modalité-colonne. Dans l'ACM, en effet, chaque modalité (dichotomisée au préalable) intervient comme une variable.

L'une des richesses de cette méthode réside dans la possibilité de distinguer, parmi les variables, celles qui sont actives (c'est-à-dire qui entrent dans la construction des axes factoriels) et celles qui sont passives, encore appelées variables supplémentaires (qui n'entrent pas dans la construction des axes). L'intérêt des variables passives est que, n'ayant pas pris à la construction des axes factoriels, leur proximité avec un axe ou un groupe de variables témoigne d'une forte corrélation.

En plus des corrélations ou associations qu'elle nous aura permis de mettre en évidence, l'ACM est aussi une étape préliminaire dans la construction de profils et d'indicateurs synthétiques. L'algorithme de la méthode permet, en effet, de sauvegarder les coordonnées (ou scores factoriels) des individus sur les principaux axes factoriels (et vice-versa, d'avoir les scores factoriels des variables dans le champ vectoriel formé par les individus). On peut alors recourir à ces scores pour procéder à d'autres types d'analyse, notamment, dans le cas de la présente étude, à une classification des adolescents selon leurs comportements sexuels à risque et à une analyse en composantes principales (ACP) pour la création d'indicateurs combinés tels le niveau de vie du ménage ou le niveau de connaissance des IST/VIH/SIDA chez les adolescents par exemple.

III-4-2 Analyse explicative

En général, le but de la plupart des recherches en sciences sociales est de déterminer des relations entre un ensemble de variables. Les techniques « multivariables » ont été développées à cette fin. Souvent on considère une variable dépendante que l'on veut prédire et des variables indépendantes ou explicatives.

Remarquons que bien souvent le terme « multivarié » est confondu avec « multivariables », ce qui peut porter à confusion étant donné que le premier se réfère à la situation où l'on considère plusieurs variables dépendantes à la fois, tandis que le deuxième plus vague correspond peut être mieux à la situation la plus fréquente où l'on considère une seule variable dépendante et plusieurs variables explicatives.

L'analyse explicative nous permet de mettre en relief les facteurs qui déterminent les comportements sexuels des adolescents et les mécanismes par lesquels certaines variables influencent ces comportements. Etant donnée que les variables à expliquer sont dichotomiques (précocité ou non du premier rapport sexuel, utilisation ou non du condom), c'est le modèle de régression logistique que nous avons retenu.

La régression logistique est l'une des méthodes adaptées à l'analyse des variables dépendantes catégorielles15(*). Dans la régression logistique, une variable dépendante de nature dichotomique est expliquée par un ensemble de variables qui peuvent être qualitatives ou quantitatives. Dans le cas de la présente étude, la variable à expliquer est la probabilité qu'un adolescent de 15-24 ans adopte ou non un comportement sexuel à risque au moment de l'enquête. Il est question ici de la probabilité qu'un adolescent de 15-24 ans recourt ou non au multipartenariat sexuel, à la précocité des rapports sexuels ou à la non-utilisation des condoms au dernier rapport sexuel. Ce qui est modélisé dans la régression logistique, c'est la quantité P/1-P appelée odds, qui est le rapport de deux probabilités : la probabilité que l'événement survienne (P) et la probabilité que celui-ci ne survienne pas (1-P). En considérant Xi variables indépendantes (i allant de 1 à k), l'équation de régression logistique peut s'écrire :

P/1-P= e B0+B1+......+Bk

Où les Bi représentent les coefficients de régression ; eBi le facteur par lequel le odds change lorsque la ie variable indépendante passe de la valeur 0 à la valeur 1.

Dans la comparaison de deux sous-populations ou catégories d'une variable indépendante (dans lesquelles la probabilité que l'événement survienne est respectivement P1 et P2), ce qui est examiné, c'est le rapport (P2/1-P2)/ (P1/1-P1) appelé rapport des chances16(*) (odds ratio en anglais). Le rapport de chances s'interprète en termes d'écart par rapport à une modalité de référence.

La régression logistique fournit entre autres statistiques d'interprétation des résultats :

Ø le "odds ratio" ou risque relatif de connaître l'évènement étudié ;

Ø la statique de khi deux (Khi2) pour le test de signification du modèle et des paramètres ;

Ø le pseudo R2 pour le test de l'adéquation du modèle ;

Ø les seuils de signification des odds ratios

Ø le coefficient de corrélation partiel r

Le test de Khi2 permet de savoir si le modèle est adéquat ou pas. Si la probabilité critique associée au Khi2 est inférieure au seuil choisi le modèle est donc adéquat. Ceci signifie que les variables indépendantes considérées dans l'ensemble expliquent la variation de la variable dépendante. Elles peuvent donc prédire la valeur de Y. Dans le cas de cette étude, un modèle sera adéquat lorsque le seuil de signification associé au Khi2 sera inférieur ou égale à 10%.

Le Pseudo R2 permet d'estimer la part (en %) de la variance de la variable dépendante expliquée par le modèle.

Pseudo R2 = Khi-deux/ (Khi-deux +n) où n est la taille de l'échantillon

La contribution de chaque variable indépendante à l'explication sera calculée à partir de cette formule suivante :

Cx: Contribution de la variable

: Khi deux final

: Khi deux sans la variable

SYNTHESE PARTIELLE

Dans un premier temps, nous avons présenté dans ce chapitre notre source de données, évalué la qualité de celle-ci, et présenté les distributions des variables et les méthodes d'analyse. La source de données utilisées provient de l'Enquête Démographique de Santé et à Indicateurs Multiples (EDS-MICS-III) réalisée au Niger en 2006.

Secundo, nous avions présenté les limites de notre étude. Pour ce faire il était d'abord question d'apprécier la méthodologie de l'enquête et de procéder à l'évaluation de la qualité des données sur l'âge. Cette évaluation a porté sur la qualité de l'âge des adolescents au moment de l'enquête et sur leur âge aux premiers rapports sexuels. Il ressort que les distorsions constatées ne sont pas de nature à mettre en cause la validité de ces données. Il a été aussi question de présenter la distribution des différentes variables de l'étude afin de juger de leur pertinence pour l'étude. Dans l'ensemble, ces variables ont été relativement bien déclarées.

Par la suite, nous avons procédé à la distribution de ces variables. Afin de faciliter, la compréhension des résultats ultérieurs, les différentes méthodes utilisées pour la création des indicateurs combinés de l'étude ont été aussi présentées.

Pour finir cette section, nous avons aussi présenté les méthodes statistiques qui seront utilisées dans cette étude. Cette étude fera l'objet d'une analyse descriptive bivariée et d'une analyse explicative multivariée.

CHAPITRE IV

ESSAI D'IDENTIFICATION DES DETERMINANTS DES COMPORTEMENTS SEXUELS A RISQUE CHEZ LES ADOLESCENTS

IV-1 Variations des comportements sexuels à risque chez les adolescents

Il sera question à ce niveau d'évaluer le degré et le sens des associations entre les caractéristiques des adolescents et leurs comportements sexuels. Il serait capital de ventiler nos résultats par sexe car les comportements sexuels varient beaucoup selon le sexe. Mais à cause du faible effectif constaté après distribution des différentes variables dépendantes, nous ne sommes pas en mesure de présenter ces résultats. Un test de comparaison de proportion pourrait éventuellement être envisagé si ces effectifs n'étaient pas très faibles. C'est une des limites majeures de cette étude.

IV-1-1 Age aux premiers rapports sexuels

L'entrée en vie sexuelle constitue un moment clé de la vie des individus. Elle est porteuse de signification et de risques à la fois sur les plans social, économique, psychologique, biologique et médical. Au-delà de ses implications biologiques (la déchirure de l'hymen par exemple), l'entrée en vie sexuelle expose aux risques de grossesses précoces ou non désirées, d'avortements, de morbidité et mortalité maternelles, de MST/VIH, etc. (Akoto et al., 2000 ; FNUAP, 1999 ; Kuaté-Defo, 1998; Evina, 1998; United Nations, 1995; Kouton, 1992; Rwengé, 1999; 2000; 2004). On remarque qu'au Niger, plus de la moitié des adolescents enquêtés ont déjà eu leurs premiers rapports sexuels à l'âge de 16 ans (51,52%).

IV-1-1-1 Caractéristiques socioculturelles

L'ethnie, le milieu de résidence et le niveau d'instruction sont associés à l'âge aux premiers rapports sexuels.

i) Ethnie

Plus de 80 % des adolescents nigériens, quel que soit le groupe ethnique auquel ils appartiennent commencent leurs premiers rapports sexuels avant l'âge de 16 ans. En effet, 54% des adolescents "Djerma/songhaï" et 49,3% des adolescents "Haoussa" enquêtés qui sont les deux plus grands groupes ethniques du pays ont déclaré avoir eu leurs premiers rapports sexuels avant l'âge de 16 ans et 57,4% des adolescents des "Autres ethnies" ont eu leurs premiers actes sexuels avant cet âge.

ii) Milieu de socialisation

Le milieu de socialisation n'est pas associé à l'âge aux premiers rapports sexuels chez les adolescents. On observe néanmoins que les adolescents qui ont passé leur enfance dans les campagnes et qui ont eu leurs premiers rapports sexuels avant l'âge de 16 ans représentent 58,71% alors que cette proportion n'est que de 53% chez les adolescents ayant passé leur enfance à Niamey la capitale ou dans une autre grande ville du pays. Parmi les adolescents socialisés dans les petites villes, 57,8% d'eux ont déclaré avoir eu leurs premiers rapports sexuels avant l'âge de 16 ans.

iii) Milieu de résidence

La proportion des adolescents ayant eu leurs premiers rapports sexuels avant l'âge de 16 ans est plus élevée en milieu rural (60,2%) qu'en milieu urbain (53,8 %). Ce résultat nous semble infirmer l'idée selon laquelle l'urbanisation entraîne les adolescents à entrer précocement dans l'activité sexuelle.

iv) Niveau d'instruction

Dans le cas du niveau d'instruction, on observe chez les adolescents enquêtés que le niveau d'instruction est négativement associé à l'occurrence précoce des premiers rapports sexuels. Ces résultats confortent ceux mis en évidence au Cameroun par Kuaté-Défo (1999) et Rwengé (1999 ; 2000 ; 2004). En effet, la proportion des adolescents ayant eu leurs premiers rapports sexuels après 16 ans est plus élevée chez ceux du niveau secondaire et plus (51,3%) que chez les sans niveau (40,9%) et chez ceux de niveau primaire (39,4%).

v) Fréquence d'exposition à la radio

La fréquence d'exposition à la radio n'est pas associée à l'âge aux premiers rapports sexuels. Toutefois, on constate que les adolescents qui sont exposés à ce média chaque jour, au moins une fois par semaine et moins d'une fois par semaine entrent plus tardivement en vie sexuelle (respectivement 45,1%, 41,7% et 45,1%) que ceux qui ne sont pas du tout exposés (38,2%).

vi) Fréquence d'exposition à la télévision

Tout comme la variable précédente, la fréquence d'exposition à la télévision n'est pas aussi associée à l'âge aux premiers rapports sexuels. Néanmoins, il ressort que chez les adolescents, les premiers rapports sexuels avant 16 ans surviennent plus tôt chez ceux qui ne sont pas du tout exposés à la télévision (60,3%) et chez ceux qui la regardent moins d'une fois par semaine (47,1%). Ils surviennent plus tardivement chez les adolescents qui regardent la télévision au moins une fois par semaine (59,3%) et ceux qui la regardent chaque jour (52,4%).

IV-1-1-2 Caractéristiques économiques

i) Niveau de vie du ménage

Le niveau de vie du ménage n'est pas associé à l'âge aux premiers rapports chez les adolescents. Cette absence d'associativité entre le niveau de vie des ménages dans lesquels vivent les adolescents et l'occurrence précoce des premiers rapports sexuels semble conforter les résultats obtenus par Talnan et al. (2002) en Cote d'ivoire. On observe que c'est dans les ménages de niveau de vie faible qu'on a la plus grande proportion des adolescents ayant débuté leurs premiers rapports sexuels avant l'âge de 16 ans (61,1%). L'âge aux premiers rapports sexuels est plus tardif dans les ménages de niveau de vie moyen et élevé (respectivement 58,9% et 53,3%).

IV-1-2 Multipartenariat sexuel au cours des douze derniers mois

Le type de partenaires et de relations entre partenaires influent beaucoup sur le processus de diffusion du VIH/SIDA. Ces relations peuvent être ponctuelles, occasionnelles ou régulières, sérielles ou concomitantes. Le multipartenariat multiple les situations à risque et donc accroît le risque d'exposition (Ferry, 1999). Au Niger, on constate que le multipartenariat sexuel est un phénomène répandu. En effet, dans l'ensemble de notre échantillon 44,3% des adolescents enquêtés ont eu d'autres partenaires sexuels "occasionnels" en dehors du partenaire régulier au cours des douze derniers mois ayant précédé l'enquête.

IV-1-2-1 Caractéristiques socioculturelles

Toutes les variables sont associées au multipartenariat sexuel chez les adolescents.

i) Ethnie

L'ethnie est associée au multipartenariat chez les adolescents nigériens au seuil de 1%. Le recours aux partenaires multiples est un comportement plus fréquent chez les adolescents "Haoussa", "Djerma/Songhaï", "Kanouri" et "Peul". En effet, la proportion des adolescents ayant eu d'autres partenaires sexuels en dehors du partenaire régulier est plus élevée dans ces groupes ethniques. Elle est respectivement de 56,0%, 53,5% 52,5% et 51,4% soit un peu au dessus de la moyenne d'ensemble. En revanche, cette proportion est plus faible chez les adolescents des autres groupes ethniques ; elle est de 36,5% chez les adolescents "Touareg" et de 28% chez les "Autres ethnies".

ii) Milieu de socialisation

Le milieu de socialisation est associé au multipartenariat sexuel chez les adolescents nigériens (p<0,01). On observe que cette pratique est plus fréquente chez les adolescents socialisés à Niamey la capitale ou dans les grandes villes (61,6%) et dans les petites villes (52,5%) que ceux ayant été socialisés dans les campagnes (40,2%). Ce résultat semble conforter l'idée selon laquelle l'urbanisation favorise chez les adolescents l'occurrence des relations sexuelles occasionnelles.

iii) Milieu de résidence

Le milieu de résidence est aussi associé au multipartenariat sexuel chez les nigériens (p<0,01). Dans ce cas précis, on observe chez les adolescents enquêtés que le degré d'urbanisation du milieu est positivement associé au multipartenariat sexuel. En effet, 62% des adolescents enquêtés résidant en milieu urbain ont déclaré avoir eu d'autres partenaires en dehors de leurs partenaires réguliers. En revanche, seulement 36% des adolescents vivant en milieu rural ont déclaré avoir adopté ce comportement sexuel, représentant près de la moitié des jeunes urbains ayant eu ce comportement sexuel à risque.

iv) Niveau d'instruction

Le niveau d'instruction influence positivement au multipartenariat sexuel. En effet, la proportion des adolescents qui ont déclaré avoir adopté ce comportement sexuel augmente avec le niveau d'instruction atteint. En dehors de leur partenaire habituel, 31% des adolescents sans niveau ont déclaré avoir eu d'autres partenaires sexuels, 56%de ceux du niveau primaire et 76% de ceux du niveau secondaire et plus l'ont déclaré.

v) Fréquence d'exposition à la radio

Cette variable n'est associée au multipartenariat sexuel chez les adolescents nigériens qu'au seuil de 5%. On voit en elle un facteur de différenciation du multipartenariat sexuel. En effet, ce comportement s'observe plus les adolescents qui écoutent ce media moins d'une fois par semaine (54%) et ceux qui l'écoutent au moins une fois par semaine (55%). Par contre, il est moins fréquent chez ceux qui ne l'écoutent pas du tout (42%) et ceux qui l'écoutent chaque jour (44%).

vi) Fréquence d'exposition à la télévision

Cette variable est associée au multipartenariat sexuel chez les adolescents nigériens au seuil de 1%. Les adolescents qui sont exposés à la télévision au moins une fois par semaine (71%), ceux qui la regardent moins d'une fois par semaine (60%), ceux qui la regardent chaque jour (65%) ont davantage déclaré avoir adopté ce comportement sexuel que ceux qui n'y sont pas du tout exposés (35%).

IV-1-2-2 Caractéristiques économiques

i) Niveau de vie du ménage

Le niveau de vie du ménage est associé au multipartenariat sexuel chez les adolescents nigériens au seuil de 1%. Le niveau de vie influence positivement le recours aux partenaires multiples. On observe à cet effet, que la proportion des adolescents ayant eu d'autres partenaires sexuels en dehors du partenaire régulier augmente en fonction du niveau de vie du ménage. Elle passe de 27% dans les ménages de "niveau de vie faible", à 41% dans les ménages de "niveau moyen " et enfin à 68% pour les ménages de "niveau de vie élevé". Ce résultat montre que les moyens financiers mis à la disposition des adolescents influencent chez eux l'intensité et l'engagement dans l'activité sexuelle à risques.

ii) Connaissances des IST/VIH/SIDA

a) Niveau de connaissance des IST/VIH/SIDA

Le niveau de connaissance des IST/VIH/SIDA est associé au multipartenariat sexuel chez les adolescents nigériens (p<0,01). Paradoxalement, on observe à ce stade que la connaissance de ces maladies n'a pas un effet négatif sur le multipartenariat sexuel chez ces adolescents. En effet, les adolescents n'ayant aucune connaissance des IST/VIH/SIDA s'engagent moins dans les relations sexuelles avec plusieurs partenaires (40,1%). En revanche, ceux ayant une connaissance partielle des ces maladies (50,4%) et celles ayant une connaissance élevée (55,9%) s'engagent plus dans les relations multipartenariales.

b) Connaissance du condom comme moyen de prévention des IST/VIH/SIDA

La connaissance du condom comme moyen de prévention des IST/VIH/SIDA est aussi associée au multipartenariat sexuel chez les adolescents nigériens au seuil de 1%. Conformément à nos attentes, on constate que le fait de connaître le condom a plutôt un effet positif sur le comportement sexuel en question. En effet, la proportion des adolescents ayant eu d'autres partenaires sexuels est plus élevée chez ceux qui savent que le condom est un moyen de prévention des IST/VIH/SIDA (56,7%) que chez celles qui l'ignorent (33,7%).

c) Connaissance de la "fidélité" à un partenaire non infecté comme moyen de prévention des IST/VIH/SIDA

Cette variable n'est pas associée au multipartenariat sexuel chez les adolescents nigériens. Néanmoins, on constate que les adolescents qui savent que la fidélité à un seul partenaire sexuel non infecté est un moyen de prévention des IST/VIH/SIDA recourent moins à d'autres partenaires sexuels occasionnels (46,7%) que ceux qui l'ignorent (56,8%). Ce résultat confirme aussi nos attentes.

d) Connaissance de la transmission sexuelle

La connaissance de la transmission sexuelle est associée au multipartenariat sexuel chez les adolescents nigériens. Les mêmes résultats que ceux décrits précédemment s'observent à ce niveau. En effet, les adolescents qui savent que le SIDA se transmet par voie sexuelle recourent moins à d'autres partenaires sexuels occasionnels (47,6%) que ceux qui ne le savent pas (56,2%)

IV-1-3 Non-utilisation du condom au dernier rapport sexuel

Plusieurs études ont montré que l'utilisation systématique du préservatif n'est pas très répandue en Afrique subsaharienne. Ce résultat est encore plus confirmé au Niger. En effet, seulement 3,8% des adolescents enquêtés ont déclaré avoir utilisé un préservatif lors de leur dernier rapport sexuel.

En dehors de la variable relative à la connaissance de la fidélité à un seul partenaire non infectée comme moyen de prévention des IST/VIH/SIDA, toutes les autres variables sont significativement associées à la non-utilisation du condom au dernier rapport sexuel au seuil de 1%.

IV-1-3-1 Caractéristiques socioculturelles

i) Ethnie

Conformément à nos attentes, l'ethnie est associée à la non-utilisation des condoms aux derniers rapports sexuels au seuil de 1%. On constate que la proportion des adolescents n'ayant pas utilisé les condoms est plus élevée dans les groupes ethniques "Haoussa" (98,3%), "Touareg" (95,9%) et "Peul" (95,1%) que dans les autres groupes ethniques où elle est de (93,0%) chez les "Djerma/songhaï", (90,4%) chez les "Kanouri" et (92,1%) chez les "Autres ethnie"s.

ii) Milieu de socialisation

Le milieu de socialisation est aussi associé à la non-utilisation des condoms aux derniers rapports sexuels au seuil de 1%. Le milieu de socialisation est un facteur de différenciation de la non-utilisation du condom chez les adolescents nigériens. Le degré d'urbanisation du milieu influence positivement l'utilisation des condoms. D'autant plus que, la proportion des adolescents n'ayant pas utilisé les condoms lors de leurs derniers rapports sexuels est plus élevée dans les campagnes (98,9%) que dans les autres milieux (Niamey ou les grandes villes 78,1% ; les petites villes 88,4%).

iii) Milieu de résidence

Le milieu de résidence est aussi associé à la non-utilisation des condoms aux derniers rapports sexuels au seuil de 1%. Ici aussi le degré d'urbanisation influence positivement l'utilisation des condoms. En effet, 98,9% des adolescents vivant en milieu rural ont déclaré n'avoir pas utilisé les condoms lors des derniers rapports sexuels, contre 84,9% en milieu urbain.

iv) Niveau d'instruction

La relation entre le niveau d'instruction et la non-protection des derniers rapports sexuels est significative au seuil de 1%. En effet, le niveau d'instruction influence positivement l'utilisation des condoms aux derniers rapports sexuels chez les adolescents nigériens. En effet, la proportion des adolescents n'ayant pas utilisé les condoms lors des derniers rapports sexuels est plus élevée chez les adolescents sans niveau (99,1%) que chez ceux du niveau secondaire ou plus (69,3%) ; les adolescents de niveau primaire occupent la position intermédiaire (93,1%).

v) Fréquence d'exposition à la radio

Cette variable est associée à la non-utilisation des condoms au dernier rapport sexuel au seuil de 1%. L'influence positive de la modernité sur l'utilisation des condoms en général s'observe aussi à travers l'exposition aux médias, d'autant plus que ce sont les adolescents qui ne sont pas exposés à ces médias qui ont les proportions les plus élevées de la non-utilisation des condoms aux derniers rapports sexuels. Dans le cas de la radio, on observe que la proportion des adolescents n'ayant pas utilisé les condoms au cours de leurs derniers rapports sexuels est plus élevée chez les adolescents qui ne sont pas exposés à ce média (99,8%) et chez ceux qui l'écoutent moins d'une fois par semaine (99,1%). Par contre, cette proportion est moins élevée chez ceux qui écoutent au moins une fois par semaine la radio (95,2%) et chez ceux qui l'écoutent tous les jours (91,8%).

vi) Fréquence d'exposition à la télévision

Cette variable est aussi associée à la non-utilisation des condoms au dernier rapport sexuel au seuil de 1%. Par rapport à la télévision, on constate cette proportion est plus élevée chez les adolescents qui ne sont pas du tout exposées à ce média (99,2%) que chez ceux qui la regardent moins d'une fois par semaine (95,5%). Les adolescents qui suivent chaque jour la télévision (75,0%) et ceux qui la suivent au moins une fois par semaine (89,6%) représentent les proportions les plus faibles.

Ce résultat semble confirmer le rôle joué par les médias dans la sensibilisation et la prévention des IST/VIH/SIDA.

IV-1-3-2 Caractéristiques économiques

i) Niveau de vie du ménage

Le niveau de vie du ménage est associé à la non-utilisation des condoms aux derniers rapports sexuels au seuil de 1%. On observe que la proportion des adolescents n'ayant pas utilisé les condoms lors des derniers rapports sexuels diminue à mesure que s'améliorent les conditions de vie des ménages bien que cette variation est presque nulle entre les ménages de niveau de vie faible et ceux de niveau de vie moyen. En effet, cette proportion est de 99,2% chez les adolescents vivant dans les conditions de vie faible contre 92,8% chez ceux vivant dans les ménages de niveau de vie élevé. Les adolescents qui vivent dans les ménages de niveau de vie moyen occupent la position intermédiaire avec une proportion de 99,8%.

ii) Connaissances des IST/VIH/SIDA

a) Niveau de connaissance des IST/VIH/SIDA

Le niveau de connaissance des IST/VIH/SIDA est significativement associé à la non-utilisation du condom au dernier rapport sexuel au seuil de 1%. Celui ci influence positivement la non-utilisation des condoms aux derniers rapports sexuels. En effet, les adolescents n'ayant aucune connaissance des IST/VIH/SIDA sont proportionnellement plus nombreux à n'avoir pas utilisé les condoms lors de leurs derniers rapports sexuels (98,1%). Par contre, les adolescents ayant une connaissance élevée des IST/VIH/SIDA sont ceux qui ont plus utilisé les condoms au cours de leurs derniers rapports sexuels (90,3%). Ceux ayant une connaissance partielle de ces maladies occupent la position intermédiaire (94,5%).

b) Connaissance du condom comme moyen de prévention des IST/VIH/SIDA

La connaissance du condom comme moyen de prévention des IST/VIH/SIDA est significativement associée à la non-utilisation du condom au dernier rapport sexuel au seuil de 1%. La relation entre la connaissance du condom comme moyen de prévention des ITS/VIH/SIDA et son utilisation aux derniers rapports sexuels va dans le sens attendu. En effet, la proportion des adolescents n'ayant pas recouru aux condoms lors des derniers rapports sexuels est moins élevée chez ceux qui les connaissent (86,0%) que chez ceux qui l'ignorent (98,0%).

c) Connaissance de la "fidélité" à un partenaire non infecté comme moyen de prévention des IST/VIH/SIDA

La connaissance de la "fidélité" à un partenaire non infecté comme moyen de prévention des IST/VIH/SIDA est la seule variable qui n'est pas associée à la non-utilisation du condom au dernier rapport sexuel parmi toutes nos variables retenues. Néanmoins, on observe que ce sont les adolescents qui savent que la fidélité à un seul partenaire non infecté est un moyen de prévention des IST/VIH/SIDA qui recourent moins aux condoms (95,9%) contrairement a leurs confrères ceux qui l'ignorent (95,3%).

d) Connaissance de la transmission sexuelle

La connaissance de la transmission sexuelle est significativement associée à la non-utilisation du condom au seuil de 1%. On voit que ce sont les adolescents qui ne savent pas que le SIDA se transmet par voie sexuelle qui recourent moins au condom (96,2%) par rapport à ceux qui le savent (87,2%).

Tableau 4-1 : Variations des comportements sexuels des adolescents selon les

caractéristiques socioculturelles et économiques

 

Age aux premiers rapports sexuels (%)

Multipartenariat sexuel (%)

Non-utilisation des condoms

aux derniers rapports sexuels (%)

<= 16 ans

> 16 ans

Non

Oui

Non

Oui

Ethnie

***

***

***

- Djerma/Songhai

54,0

46,0

46,5

53,5

7,0

93,0

- Haoussa

49,3

50,7

44

56,0

1,7

98,3

- Kanouri

70,2

29,8

49,5

52,5

9,6

90,4

- Peul

49,3

50,7

48,6

51,4

4,9

95,1

- Touareg

65,9

34,1

63,5

36,5

4,1

95,9

- Autres ethnies

57,4

42,6

72

28

7,9

92,1

Milieu de socialisation

Ns

***

***

- Capitale/grandes villes

53,0

47,0

38,4

61,6

21,9

78,1

- Petites villes

57,8

42,2

47,5

52,5

11,6

88,4

- Campagnes

58,7

41,3

59,8

40,2

1,1

98,9

Milieu de résidence

**

***

***

- Urbain

53,8

46,2

48

62

15,1

84,9

- Rural

60,2

39,8

64

36

1,1

98,9

Niveau d'instruction

***

***

***

- Sans niveau

59,1

40,9

69

31

0,9

99,1

- Primaire

60,6

39,4

44

56

6,9

93,1

- Secondaire et plus

48,7

51,3

24

76

30,7

69,3

Fréquence d'exposition à la radio

Ns

**

***

- Pas du tout

61,8

38,2

58

42

0,2

99,8

- Moins d'1fois/semaine

54,9

45,1

46

54

0,9

99,1

- Au moins 1fois/semaine

58,3

41,7

45

55

4,8

95,2

- Chaque jour

54,9

45,1

56

44

8,2

91,8

Fréquence d'exposition à la télévision

Ns

***

***

- Pas du tout

60,3

39,7

65

35

0,8

99,2

- Moins d'1 fois/semaine

47,1

52,9

40

60

4,5

95,5

- Au moins 1 fois/semaine

59,3

40,7

29

71

10,4

89,6

- Chaque jour

52,4

47,6

35

65

25,0

75,0

Condition de vie du ménage

Ns

***

***

- Faible

61,1

38,9

73

27

0,8

99,2

- Moyen

58,9

41,1

59

41

0,1

99,8

- Elevé

53,3

46,9

32

68

7,2

92,8

Ensemble

51,52

48,48

55,7

44,3

3,8

96,2

Seuil de signification : *** significatif à 1% ; ** significatif à 5% ; * significatif à 10% ; Ns Non significatif

Tableau 4-2 : Variations des comportements sexuels des adolescents selon leurs

Connaissances sur les IST/VIH/SIDA

Variables

 

Age aux premiers rapports sexuels (%)

Multipartenariat sexuel (%)

Non-utilisation des condoms

aux derniers rapports sexuels (%)

<= 16 ans

> 16 ans

Non

Oui

Non

Oui

Connaissance des IST/VIH/SIDA

 

***

***

- Aucune

 
 

59,9

40,1

1,9

98,1

- Partielle

 
 

49,6

50,4

5,5

94,5

- Elevée

 
 

44,1

55,9

9,7

90,3

Connaissance du condom comme moyen de prévention des IST/VIH/SIDA

 

***

***

- Non

 
 

66,3

33,7

2,0

98,0

- Oui

 
 

43,3

56,7

14,0

86,0

Sait que la fidélité est un moyen de prévention du VIH/SIDA

 

**

Ns

- Non

 
 

43,2

56,8

4,7

95,3

- Oui

 
 

53,3

46,7

4,1

95,9

Sait que le VIH/SIDA se transmet par voie sexuelle

 

***

***

- Non

 
 

43,8

56,2

3,8

96,2

- Oui

 
 

52,4

47,6

12,8

87,2

Ensemble

51,52 48,48

55,7 44,3

3,8 96,2

Seuil de signification : *** significatif à 1% ; ** significatif à 5% ; * significatif à 10% ; Ns Non significatif

Source : Traitement des données de l'EDSN-MICS-III, Niger 2006.

IV-1-4 Catégorisation des adolescents selon leurs comportements sexuels

IV-1-4-1 Caractérisation des axes factoriels

Nous allons considérer le premier plan axe factoriel qui explique la plus grande contribution des variables et qui va nous permettre de définir les grands groupes caractérisant les adolescents par rapport à leurs comportements sexuels. Pour mieux caractériser les deux axes factoriels, nous allons utiliser la contribution de l'axe i à la variance du point j (CTR) et sa contribution à la variance expliquée par l'axe i (CTA). Ainsi pour interpréter un axe, on utilisera les modalités pour lesquelles les CTRi sont les plus fortes (ce sont celles ayant joué le plus grand rôle dans son positionnement). A partir de la matrice de configuration (annexe E), nous avons élaboré le tableau 3.3 qui présente la contribution des variables-modalités à l'inertie des axes factoriels.

Tableau 4-3 : Contribution des points-modalités à l'inertie des axes factoriels

Premier axe factoriel

Deuxième axe factoriel

Les variables ayant contribuées au positionnement de l'axe 1

Position de la variable sur l'axe 1

Les variables ayant contribuées au positionnement de l'axe 2

Position de la variable sur l'axe 2

OSEX

+

HAOU

-

SOCC

-

KANU

+

RRAL

-

DJER

-

INS0

-

TOUA

+

INS2

+

AUTN

+

TV0

-

NSEX

-

TV3

+

NFEP

+

NCDM

-

FPAR

-

OCDM

+

SOCG

-

NPAR

-

SOCV

+

OPAR

+

RURB

+

NUNI

+

INSO1

-

OUNI

-

RADO

+

OUTC

+

NUTC

+

Source : Traitement des données de l'EDSN-MICS-III, Niger 2006.

Dans la partie positive du premier axe factoriel, on retrouve les adolescents de niveau d'instruction secondaire ou plus, qui suivent chaque jour la télévision et qui savent que le condom est un moyen de prévention contre les IST/VIH/SIDA. Les adolescents appartenant à ce groupe ne vivent pas en union, ont eu d'autres partenaires sexuels occasionnels en dehors du partenaire régulier, savent que le SIDA se transmet par voie sexuelle et ont utilisé le condom lors de leur dernier rapport sexuel. Dans la partie négative de cet axe, on retrouve les adolescents vivant en milieu rural, ayant passé les douze dernières années de leur vie dans ce milieu, n'ayant pas du tout été exposés à la télévision et qui ne savent pas que le condom est un moyen de prévention contre les IST/VIH/SIDA.

Le deuxième axe factoriel oppose dans sa partie négative les adolescents des groupes ethniques "Haoussa", "Djerma/songhaï", de niveau primaire, qui ne savent pas que le SIDA se transmet par voie sexuelle, qui restent fidèles à un seul partenaire sexuel et qui ont été socialisés dans la capitale Niamey ou dans une autre grande ville. Dans sa partie positive, on retrouve les groupes ethniques "Touareg", "Kanouri" et "Autres ethnies", qui ne sont pas fidèles à un seul partenaire sexuel, résidant en milieu urbain, ayant passé les douze dernières années de leur vie dans une petite ville, qui n'écoutent du tout la radio et qui n'ont aucune connaissance sur les IST/VIH/SIDA.

IV-1-4-2 Profils des adolescents selon leurs comportements sexuels

Le graphique 3.1 ci-dessous permet de mettre en relief trois groupes d'adolescents caractérisés selon leurs comportements sexuels. Le premier groupe est composé des adolescents qu'on retrouve à la partie positive du premier axe et à la partie négative du deuxième axe. Le second groupe est délimité par le côté négatif du premier axe factoriel et le côté positif du second axe factoriel. Le troisième groupe se trouve à l'opposé du deuxième groupe.

Le premier groupe (G-I) est celui des adolescents qui ont eu précocement leurs premiers rapports, qui n'ont pas eu d'autres partenaires sexuels en dehors de leurs partenaires sexuels habituels au cours des douze derniers mois. Ceux-ci ne savent pas que le condom est un moyen de prévention des IST/VIH/SIDA et ne l'ont pas utilisé lors de leurs derniers rapports sexuels. Les adolescents appartenant à ce groupe ne savent pas que le SIDA se transmet par voie sexuelle, résident en milieu rural et ils ont passé les douze premières années de leur vie dans ce milieu. Ces derniers n'ont aucun niveau d'instruction, vivent dans les ménages de niveau de vie faible ou moyen. Ces adolescents ne sont ni exposés à la radio, ni exposés à la télévision. Par conséquent, ils n'ont aucune connaissance des IST/VIH/SIDA. C'est au sein de ce groupe qu'on retrouve la plus grande proportion des adolescents vivant en union et ceux qui appartiennent à la tranche d'age 15-19 ans.

Le deuxième groupe (G-II) est celui des adolescents qui ont eu tardivement leurs premiers rapports sexuels. Ces adolescents sont de niveau primaire, savent que le SIDA se transmet par voie sexuelle, ont passé les douze premières années de leur vie à Niamey, la capitale ou dans une autre grande ville du pays. C'est au sein de ce groupe qu'on retrouve les adolescents qui ont une connaissance partielle des IST/VIH/SIDA. Cependant ils savent que le condom permet d'éviter les IST/VIH/SIDA. Les adolescents de ce groupe écoutent la radio et suivent la télévision moins d'une fois par semaine.

Enfin, le troisième groupe (G-III) est celui qui caractérise les adolescents ayant utilisé le condom lors de leur dernier rapport sexuel et qui ont eu d'autres partenaires sexuels en dehors du partenaire habituel. Ces jeunes adolescentes résident en milieu urbain, sont de niveau d'instruction secondaire ou supérieur, ont une connaissance élevée des IST/VIH/SIDA, et sont âgés de 20 à 24 ans. Ces adolescents suivent régulièrement la télévision et c'est au sein de ce groupe qu'on retrouve les adolescents qui ne vivent pas en union.

Graphique 4.1: Premier plan factoriel de l'analyse des correspondances multiples (EDSN-MICS-III, Niger 2006)

AXE HORIZONTAL (1) -- AXE VERTICAL (2) --TITRE: COMPORTEMENTS SEXUELS A RISQUES DES ADOLESCENTS

NOMBRE DE POINTS : 47 ==ECHELLE : 4 CARACTERE(S) = .118 1 LIGNE = .049

+-----------NFEP------------2+-------------------------------------------+ 0 01

! ! ! 0 01

! ! ! 0 01

! ! ! 0 01

! ! ! 0 01

! ! TOUA ! 0 01

G -III

! ! ! 0 01

! ! ! 0 01

AUTN ! OUTC! 0 01

! ! ! 0 01

! ! ! 0 01

KANU ! ! 0 01

G -I

! ! ! 0 01

! ! ! 0 01

! ! ! 0 01

! ! ! 0 01

! RAD0 ! RURB INS2! 1 01

! ! SOCV TV3 ! 0 01

! ! ! 0 01

! ! ! 0 01

! NCDM ! PEUL TV2 ! 0 01

! ! OPAR ! 0 01

! PREC! AGE2 NUNI NELV ! 0 01

! ! ! 0 01

! INS0 ! RAD3 ! 0 01

1+---------------NMOY--------+-------------------------------------------+ 0 01

! TV0 NUTC! OSEX ! 0 01

NFAI NPAR ! NPRE CELV ! 1 01

G -II

OUNI AGE1 RAD2 ! 1 01

! ! ! 0 01

! ! RAD1CPTL OCDM ! 0 01

! RRAL ! TV1 ! 0 01

! ! ! 0 01

! ! INS1 ! 0 01

! ! ! 0 01

! NSEX ! DJER ! 0 01

! ! SOCG ! 0 01

! ! ! 0 01

! ! ! 0 01

! ! MASC ! 0 01

! ! ! 0 01

! ! ! 0 01

! ! ! 0 01

! ! HAOU ! 0 01

! ! ! 0 01

! FPAR ! 0 01

+---------------------------+-------------------------------------------+ 0 01

NOMBRE DE POINTS SUPERPOSES : 3 CAUC (RAD0) NPAR (SOCC) FEME (RAD2)

IV-2 Essai d'explication de la variation des comportements sexuels à risque

Dans le paragraphe précédent, nous avons décrit les liens entre les variables dépendantes et les variables socio-culturelles et socio-économiques et celles relatives aux connaissances sur les IST/VIH/SIDA retenues pour notre étude. Les analyses effectuées nous ont permis d'avoir une vision globale sur les hypothèses posées à partir de notre cadre conceptuel, mais sans pour autant donner d'informations sur les effets éventuels. Dans ce chapitre, nous allons vérifier si les relations observées entre les variables dépendantes et les variables explicatives ne sont pas fallacieuses et tenter de donner une explication des résultats obtenus à travers des tests de validité qui seront appliqués auxdites relations. En effet, pour mieux examiner l'association entre les caractéristiques des adolescents et leurs pratiques en matière de sexualité, il a été jugé nécessaire de procéder par des analyses multivariées explicatives sur la non-utilisation des condoms au cours des derniers rapports sexuels. L'âge aux premiers rapports sexuels et le multipartenariat sexuel ne feront pas l'objet d'une analyse multivariée pour les raisons évoquées plus haut. Un modèle de régression logistique multivariée a été élaboré incluant l'ensemble des variables susceptibles d'influencer le comportement sexuel relatif à la non-utilisation du condom. Les modèles à-pas croissant nous ont permis de mettre en exergue les mécanismes par lesquels certaines variables influencent ce comportement.

Sont utilisées dans cette analyse, outre la variable dépendante, l'ethnie, le milieu de socialisation, le milieu de résidence, le niveau d'instruction, la fréquence d'exposition à la radio, la fréquence d'exposition à la télévision, le niveau de vie, le niveau de connaissance sur les IST/VIH/SIDA, la connaissance du condom comme moyen de prévention, la précocité des rapports sexuels et le multipartenariat sexuel. L'âge, le sexe et l'état matrimonial nous servent de variables de contrôle. Les résultats de ces analyses figurent dans le Tableau 5-1.

IV-2-1 Déterminants de la non-utilisation des condoms aux derniers rapports sexuels

Toutes choses égalent par ailleurs, il ressort des résultats de l'analyse de la régression logistique que quatre facteurs déterminent la non-utilisation des condoms aux derniers rapports sexuels chez les adolescents : l'ethnie, le niveau d'instruction, le niveau de vie du ménage et la connaissance du condom comme moyen de prévention (Modèle M13).

En effet, on observe que le risque d'avoir utilisé les condoms est plus élevé chez les adolescents "Djerma/songhaï" comparés à leurs homologues "Haoussa". Les adolescents "Djerma/songhaï" ont 64% fois moins de risque de n'avoir pas utilisé les condoms au cours de leur dernier rapport sexuel. On observe aussi une relation significative entre le niveau d'instruction et la non-utilisation du condom au dernier rapport sexuel. Le niveau d'instruction des adolescents enquêtés, au delà du primaire influence significativement l'utilisation des condoms au dernier rapport sexuel au seuil de 5%. Par rapport aux adolescents sans niveau d'instruction, les adolescents de niveau secondaire ou plus ont 65% fois moins de risque de ne pas avoir protégé leur dernier rapport sexuel. Par ailleurs, la relation entre la condition de vie des adolescents et la non-utilisation des condoms est confirmée dans la mesure où on observe que les adolescents vivant dans des ménages de niveau de vie faible ont 4,50 fois plus de risque de n'avoir pas utilisé le condom au dernier rapport sexuel que ceux vivant dans les ménages de niveau de vie élevé. La connaissance du condom comme moyen de prévention des IST/VIH/SIDA a aussi un effet significatif sur l'utilisation du condom. Ceci d'autant plus que, par rapport aux adolescents qui savent que le condom permet d'éviter les IST/VIH/SIDA, ceux qui l'ignorent ont 3,48 fois plus de risque de n'avoir pas utilisé de condom au cours de leur dernier rapport sexuel.

Les variables relatives à l'état matrimonial, le milieu de socialisation et le milieu de résidence bien que restées non significatives au modèle final (M13) trouvent leur importance dans l'explication des mécanismes par lesquels certaines variables influencent le comportement sexuel des adolescents sur la non-utilisation du condom. En effet, le contrôle de l'état matrimonial sur la non-utilisation du condom a rendu non significative la différence observée entre les adolescents "Djerma/songhaï" et "Haoussa". L'introduction du milieu de socialisation n'a pas eu d'effet significatif sur les autres variables (Modèle M3). Par contre, l'introduction du milieu de résidence a eu un effet significatif sur le milieu de socialisation (Modèle M4). Les différences observées au modèle (M3) entre les adolescents socialisés à Niamey, la capitale ou dans une autre grande ville du pays et la campagne et celles observées entre les adolescents socialisés dans une petite ville et la campagne sont devenues non significatives au modèle (M4). En effet, avant l'introduction de la variable milieu de résidence (Modèle M3), les adolescents socialisés à Niamey ou dans une autre grande ville et ceux socialisés dans une petite ville avaient respectivement 68% et 65% fois moins de risque de n'avoir pas utilisé les condoms que ceux socialisés dans les campagnes. Ainsi, les différences observées étaient dues aux différences de milieu de résidence. Le milieu de résidence médiatise donc les effets du milieu de socialisation sur la non-utilisation du condom au dernier rapport sexuel.

L'introduction de la variable "niveau d'instruction" a diminué la significativité de la variable relative au milieu de résidence, la faisant passer d'un seuil de 5% à celui de 10% (Modèle M5). Le niveau d'instruction médiatise donc à son tour les effets du milieu de résidence sur la non-utilisation du condom au dernier rapport sexuel. Par contre l'ajout de la variable "Niveau d'instruction" a rendu significative la différence observée être les adolescents "Djerma/songhaï" et "Haoussa". Elle apparaît donc comme une variable inhibitrice.

En contrôlant les effets du niveau de vie du ménage, le risque de n'avoir pas recouru au condom au dernier rapport sexuel selon le milieu de résidence est devenu non significatif (Modèle M8). A ce stade aussi, on voit que les différences observées étaient imputables aux différences de niveau de vie des ménages dans lesquels vivent les adolescents. Le niveau de vie médiatise donc l'effet du milieu de résidence sur la non-utilisation des condoms aux derniers rapports sexuels. En même temps le niveau de significativité de la variable relative à l'ethnie est passée de 10% a 5%. En somme, on peut dire que les effets du milieu de résidence et de l'ethnie sur la non-utilisation des condoms au dernier rapport sexuel passent par la présence du niveau de vie. . Dans ce cas, le niveau de vie agit comme une variable inhibitrice.

L'introduction de la variable relative à la connaissance du condom comme moyen de prévention des IST/VIH/SIDA a fait passer le risque de ne pas utiliser le condom au dernier rapport sexuel selon le niveau d'instruction d'un seuil de 1% à 5%. Donc les différences observées entre les adolescents sans niveau d'instruction et ceux de niveau secondaire ou plus étaient dues aux différences de connaissance du condom comme moyen de prévention des IST/VIH/SIDA. Ainsi, les effets du niveau d'instruction sur la non-utilisation des condoms aux derniers rapports sexuels chez les adolescents passent en partie par la connaissance du condom comme moyen de prévention des IST/VIH/SIDA.

Au modèle M9, on observe que les adolescents ayant un niveau de connaissance élevé sur les IST/VIH/SIDA et ceux ayant une connaissance partielle de ces infections ont respectivement 68% et 65% moins de risque de n'avoir pas utilisé de condom au dernier rapport sexuel que ceux n'ayant aucune connaissance de ces infections. Mais après l'introduction de la variable relative à la connaissance du condom comme moyen de prévention (M10), les effets de la variable relative à la connaissance des IST/VIH/SIDA sont devenus non significatifs. Ceci montre que la connaissance du condom comme moyen de prévention des IST/VIH/SIDA médiatise totalement l'effet du niveau de connaissance de ces maladies sur l'utilisation du condom.

La relation entre la précocité des premiers rapports sexuels chez les adolescents au Niger et la non-utilisation des condoms aux derniers rapports sexuels n'est pas significative (M12). Il en est de même du multipartenariat sexuel (M13).

Le sexe aussi s'est révélé non significatif. Néanmoins, nous nous proposons l'hypothèse que du fait de leur faible pouvoir de négociation pour ce qui concerne les rapports sexuels, les filles seraient significativement moins susceptibles que les garçons d'avoir utilisé le condom au cours de leur vie sexuelle et particulièrement lors de leur dernier rapport sexuel.

Tableau 5-1 : Résultats de la régression logistique (à-pas croissant) du risque relatif, contrôlé par l'âge, chez les adolescents de 15-24 ans de la non-utilisation des condoms aux derniers rapports sexuels.

Variables

Risques relatifs par rapport aux modalités de référence

Effets nets par rapport aux autres variables indépendantes

M1

M2

M3

M4

M5

M6

M7

M8

M9

M10

M11

M12

M13

A

A-B

+Cov

A-C

+Cov

A-D

+Cov

A-E

+Cov

A-F

+Cov

A-G

+Cov

A-H

+Cov

A-I

+Cov

A-J

+Cov

A-K

+Cov

A-L

+Cov

A-M

+Cov

A-Ethnie

Peul

Touareg

Haoussa

Djerma/songhaï

Kanouri

Autres ethnies

Statistique r

1,52

0,97

Réf

0,48*

0,81

0,62

0,23**

0,97

1,31

Réf

0,74

0,96

0,56

0,16

0,98

0,98

Réf

0,72

0,90

0,43

0,13

0,96

0,87

Réf

0,62

0,73

0,39

0,13

0,98

0,71

Réf

0,37*

0,65

0,34

0,12*

0,93

0,69

Réf

0,37*

0,65

0,34

0,13*

0,88

0,69

Réf

0,37*

0,53

0,28

0,13*

0,94

0,65

Réf

0,33**

0,64

0,28

0,12*

0,94

0,46

Réf

0,33**

0,30*

0,23

0,12*

0,95

0,41

Réf

0,33**

0,30*

0,22

0,12*

0,96

0,29* Réf

0,33**

0,26*

0,28

0,12*

0,92

0,31*

Réf

0,34**

0,24

0,22

0,12*

0,94

0,48

Réf

0,36**

0,26

0,24

0,12*

B-Etat matrimonial

Célibataire

En union

Statistique r

 

1,10

Réf

0,00

1,10

Réf

0,00

1,36

Réf

0,00

1,26

Réf

0,00

1,26

Réf

0,00

1,26

Réf

0,00

1,36

Réf

0,00

1,28

Réf

0,00

1,24

Réf

0,00

1,35

Réf

0,00

1,21

Réf

0,00

1,16

Réf

0,00

C-Milieu de socialisation

Capitale/grandes villes

Petites villes

Campagnes

Statistique r

 
 

0,32**

0,35***

Réf

0,16*

0,49

0,50

Réf

0,11

0,55

0,64

Réf

0,06

0,54

0,64

Réf

0,06

0,58

0,65

Réf

0,06

0,56

0,64

Réf

0,06

0,56

0,64

Réf

0,05

0,55

0,70

Réf

0,05

0,57

0,71

Réf

0,05

0,57

0,71

Réf

0,05

0,57

0,66

Réf

0,05

D-Milieu de résidence

Urbain

Rural

 
 
 

0,41**

Réf

0,48*

Réf

0,45*

Réf

0,44*

Réf

0,60

Réf

0,60

Réf

0,60

Réf

0,56

Réf

0,60

Réf

0,61

Réf

E-Niveau d'instruction

Sans niveau

Primaire

Secondaire et plus

Statistique r

 
 
 
 

Réf

0,54

0,17***

0,16*

Réf

0,54

0,17***

0,11*

Réf

0,55

0,18***

0,06*

Réf

0,68

0,19***

0,06*

Réf

0,81

0,27***

0,06*

Réf

0,87

0,30**

0,05*

Réf

0,84

0,30**

0,05*

Réf

0,87

0,34**

0,05*

Réf

0,86

0,35**

0,05*

F-Frequence d'exposition à la radio

Pas du tout

Moins d'une fois/semaine

Au moins une fois/semaine

Chaque jour

Statistique r

 
 
 
 
 

1,27

1,35

0,66

Réf

0,00

1,18

1,26

0,63

Réf

0,00

1,18

1,41

0,58

Réf

0,00

1,18

1,32

0,58

Réf

0,00

1,23

1,37

0,58

Réf

0,00

1,24

1,42

0,52

Réf

0,00

1,13

1,40

0,56

Réf

0,00

1,10

1,40

0,51

Réf

0,00

G-Frequence d'exposition à la télévision

Pas du tout

Moins d'une fois/semaine

Au moins une fois/semaine

Chaque jour

Statistique r

 
 
 
 
 
 

Réf

1,78

1,32

0,91

0,00

Réf

2,10

1,75

1,26

0,00

Réf

2,13

1,70

1,21

0,00

Réf

2,02

1,54

1,09

0,00

Réf

2,00

1,44

1,05

0,00

Réf

1,88

1,38

0,94

0,00

Réf

1,88

1,33

0,95

0,00

H-Niveau de vie du ménage

Faible

Moyen

Elevé

Statistique r

 
 
 
 
 
 
 

4,41**

1,77

Réf

0,07*

4,57**

1,49

Réf

0,06*

4,73**

1,42

Réf

0,05*

4,80**

1,36

Réf

0,05*

4,54**

1,33

Réf

0,05*

4,50**

1,36

Réf

0,04*

I-Niveau de connaissance sur les IST /SIDA

Aucune

Partielle

Elevée

Statistique r

 
 
 
 
 
 
 
 

Réf

0,35**

0,32**

0,06*

Réf

0,68

0,78

0,05

Réf

0,73

0,85

0,05

Réf

0,80

0,87

0,05

Réf

0,80

0,87

0,05

J-Connaissance du condom comme moyen de prévention des IST /SIDA

Non

Oui

Statistique r

 
 
 
 
 
 
 
 
 

3,15**

Réf

0,05*

3,33**

Réf

0,05*

3,50**

Réf

0,05*

3,48**

Réf

0,04*

K-Sexe

Masculin

Féminin

Statistique r

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

0,50

Réf

0,00

0,51

Réf

0,00

0,35

Réf

0,00

L-Precocité

Non

Oui

Statistique r

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Réf

0,79

0,00

Réf

1,27

0,00

M-Multipartenariat sexuel

Non

Oui

Statistique r

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Réf

0,50

0,00

Khi-2

53,02

61,09

73,13

87,52

101,19

102,23

104,70

113,17

119,51

121,50

124,54

134,15

136,55

Signification du Khi-2

***

***

***

***

***

***

***

***

***

***

***

***

***

Pseudo R2 (%)

7,21

8,35

9,73

11,37

13,05

13,35

13,71

14,52

14,97

15,31

15,87

16,55

17,53

Source : Traitement des données de l'EDSN-MICS-III, Niger 2006.

IV-2-2 Contribution des variables à l'explication de la variation de la non-utilisation du condom chez les adolescents de 15-24 ans

Après la détermination des différents facteurs qui concourent à l'explication de la non-utilisation du condom chez les adolescents et l'identification des mécanismes par lesquels ces variables influencent le comportements sexuel de ceux-ci, il est question ici de procéder à une hiérarchisation des facteurs à partir de leur contribution.

V-2-2-1 Méthodologie

La contribution de chaque variable est calculée à partir de la formule (1).

Le : Khi-2 final est donné dans le modèle saturé. Pour déterminer s, on retire la variable du modèle et on répète la même méthode pour chacune des variables.

(1)

Cx: Contribution de la variable

: Khi-2 final

: Khi-2 sans la variable

V-2-2-2 Hiérarchisation des facteurs

Le tableau 5-2 présente la hiérarchisation des déterminants selon leur contribution à l'explication de la variation de la non-utilisation du condom chez les adolescents.

Les caractéristiques individuelles, socio-économiques et culturelles des adolescents déterminent la non-utilisation du condom chez ces derniers. En effet, le niveau d'instruction de l'adolescent, le niveau de vie du ménage dans lequel il évolue, la connaissance du condom comme moyen de prévention des IST/VI/HSIDA et l'ethnie sont les facteurs qui déterminent la non-utilisation du condom.

Tableau 5-2 : Hiérarchisation des déterminants selon leur contribution à l'explication des variations de la non-utilisation du condom chez les adolescents de 15-24 ans

Comportement sexuel à risque

Hiérarchisation des determinants

Non-utilisation des condoms aux derniers rapports sexuels

1. Niveau d'instruction

2. Niveau de vie du ménage

3. Connaissance du condom comme moyen de prévention des IST/VIH/SIDA

4. Ethnie

Source : Rapport EDSN-MICS-III, 2006.

IV-2-3 Synthèse des résultats

A partir des résultats récapitulatifs du tableau 5-2, on peut dégager une typologie des adolescents les plus vulnérables aux IST/VIH/SIDA au moment de l'enquête.

Dans le cas de l'ethnie, il ressort de nos résultats que sont les adolescents "Peul" qui recourent moins au condom lors de leurs rapports sexuels. Ce résultat confirme en partie notre hypothèse H1.

En ce qui est du milieu de socialisation, il ressort à ce niveau que les adolescents socialisés à Niamey la capitale ou dans une autre grande ville du pays recourent plus au condom lors de leurs rapports sexuels. Dans le cas du milieu de résidence, les adolescents résidant en milieu urbain protègent mieux leurs rapports sexuels. Les adolescents de niveau secondaire ou plus ont une plus forte propension d'utiliser le condom lors de leurs rapports sexuels.

L'influence des medias sur la non-utilisation du condom chez les adolescents est confirmée ici. En effet, on observe que les adolescents qui écoutent la radio au moins une fois par semaine ont un plus faible risque ne pas utiliser le condom au cours de leurs rapports sexuels. De même, ceux qui suivent la télévision chaque jour ont un plus faible risque de ne pas utiliser de condoms au cours de leurs rapports sexuels. Ainsi, les facteurs socioculturels de modernisation, à travers le milieu de résidence, les écoles, les medias ... influencent indirectement le comportement sexuel des adolescents.

La relation entre le niveau de vie des ménages dans lesquels vivent les adolescents et leurs comportements sexuels est aussi confirmée. En effet, les adolescents qui vivent dans des ménages de niveau élevé recourent plus au condom lors de leurs rapports sexuels. On peut faire l'hypothèse que les moyens dont les parents mettent à la disposition des adolescents influencent l'engagement et l'intensité dans l'activité sexuelle de ces jeunes.

Par rapport aux variables relatives aux IST/VIH/SIDA, on constate que la connaissance du condom comme moyen de prévention de ces infections permet aux adolescents de se protéger lors de leurs rapports sexuels. Les adolescents ayant une connaissance partielle ou élevée des IST/VIH/SIDA protègent plus leurs rapports sexuels.

Enfin, on voit que la précocité des rapports sexuels chez les adolescents expose ces derniers à des risques d'infection des IST/VIH/SIDA. En effet, contrairement à ceux qui ont débuté leurs premiers rapports sexuels au-delà de 18 ans, ceux qui ont commencé plus tôt leurs premiers rapports sexuels ont un risque plus élevé de ne pas utiliser les condoms lors de leurs rapports sexuels.

Tableau 5-3: Tableau récapitulatif des risques relatifs de la non-utilisation des condoms aux derniers rapports sexuels chez les adolescents de 15-24 ans

Variables

Non-utilisation des condoms

A- Ethnie

 

Peul

0,94

Touareg

0,48

Haoussa (Réf)

Réf

Djerma/songhaï

0,36**

Karouri

0,28

Autres ethnies

0,24

B- Milieu de socialisation

 

Capitale/grandes villes

0,57

Petites villes

0,66

Campagne (Réf)

Réf

C- Milieu de résidence

 

Urbain

0,61

Rural (Réf)

Réf

D- Niveau d'instruction

 

Sans niveau (Réf)

Réf

Primaire

0,86

Secondaire et plus

0,35**

E- Fréquence d'exposition à la radio

 

Pas du tout

1,10

Moins d'une fois/semaine

1,40

Au moins une fois/semaine

0,51

Chaque jour (Réf)

Réf

F- Fréquence d'exposition à la TV

 

Pas du tout (Réf)

Réf

Moins d'une fois/semaine

1,88

Au moins une fois/semaine

1,33

Chaque jour

0,95

G- Niveau de vie du ménage

 

Faible

4,50**

Moyen

1,36

Elevé (Réf)

Réf

H- Niveau de connaissance sur les IST/VIH/SIDA

 

Aucune (Réf)

Réf

Partielle

0,80

Élevée

0,87

I- Connaissance du condom comme moyen de prévention

 

Non

3,48**

Oui (Réf)

Réf

J- Précocité

 

Non (Réf)

Réf

Oui

1,27

K- Multipartenariat sexuel

 

Non

Réf

Oui

0,50

Seuil de signification : *** significatif à 1% ; ** significatif à 5% ; * significatif à 10% ;

Covariables : l'âge, l'état matrimonial et le sexe des adolescents

Source : Traitement des données de l'EDSN-MICS-III, Niger 2006.

CONCLUSION GENERALE ET RECOMMAMDATIONS

Nous sommes partis d'une préoccupation que suscitent les comportements sexuels à risque d'infection aux IST/VIH/SIDA chez les jeunes et les adolescents au Niger. L'objectif de notre étude était de contribuer à l'amélioration de l'état des connaissances des facteurs explicatifs des comportements sexuels à risque des jeunes et des adolescents au Niger. Ceci, afin d'aider les décideurs politiques et autres partenaires au développement à avoir des informations fiables qui pourront leur servir de base pour une prise en charge des besoins spécifiques des jeunes et des adolescents; et de là, intégrer la problématique du VIH/SIDA dans les politiques et les programmes nationaux de développement. Pour atteindre cet objectif, nous nous sommes fixés les trois objectifs spécifiques suivants:

Ø Identifier les déterminants des comportements sexuels à risque d'infection aux IST/VIH/SIDA des adolescents au Niger ;

Ø Mettre en évidence les mécanismes par lesquels certains facteurs socio-culturels et économiques influencent les comportements sexuels à risque des adolescents au Niger;

Ø Hiérarchiser les déterminants selon leur pouvoir explicatif dans l'explication des comportements sexuels à risque chez les adolescents nigériens.

La présentation des différents contextes révèle des conditions favorables à des comportements sexuels à risque des adolescents au Niger : conditions économiques très difficiles, population très jeune à 83,4% rurale (EDSN-MICS-III), faible taux de scolarisation estimé à 52,4% (EDSN-MICS-III).

La revue de la littérature nous a permis de faire le point sur les déterminants des comportements sexuels à risque des jeunes et des adolescents. Des études antérieures qui ont porté sur ce sujet, il est ressorti deux principales approches explicatives des comportements sexuels des jeunes et des adolescents : l'approche socio-culturelle et l'approche économique. A partir de la synthèse de la littérature, un schéma conceptuel des comportements sexuels à risque a été élaboré à cet effet. De ce schéma, nous avons émis l'hypothèse selon laquelle les comportements sexuels à risque des adolescents nigériens sont influencés directement ou indirectement par l'environnement socio-culturel et économique. Pour opérationnaliser l'environnement socio-culturel, nous avons retenu comme variables l'ethnie, le milieu de socialisation, le milieu de résidence, le niveau d'instruction, la fréquence d'exposition à la radio et la fréquence d'exposition à la télévision. Le niveau de vie du ménage a permis d'opérationnaliser l'environnement économique. Dans le cas des variables intermédiaires, nous avons considéré les connaissances et attitudes vis-à-vis des IST/VIH/SIDA. L'âge, le sexe et l'état matrimonial nous ont servi de variables de contrôle. En effet, si les comportements sexuels à risque sont susceptibles de varier selon les conditions de vie des adolescents, ils peuvent également être influencés par différents facteurs qui relèvent aussi bien du domaine démographique que du socio-culturel et psychosocial. Si bien que pour mieux comprendre la réalité de l'association entre les conditions de vie des adolescents et leurs pratiques en matière de sexualité, il est important de les prendre en compte dans l'analyse en vue d'éliminer l'effet de certaines caractéristiques psychosociales à l'origine des décisions sexuelles des adolescents. Les variables susceptibles d'être retenues pour chacun de ces domaines sont ; au niveau démographique : l'âge, le sexe et le statut matrimonial ; au niveau socio-culturel : l'appartenance à une association, l'attachement à une ou plusieurs activité de loisir ; au niveau psychosocial : l'importance accordée à l'opinion d'autrui sur les comportements sexuels, la religion, l'estime de soi, la connaissance du SIDA. Mais, les variables relatives à l'appartenance à une association, à l'attachement à une ou plusieurs activité de loisir, à l'importance accordée à l'opinion d'autrui sur les comportements sexuels, l'estime de soi n'ont pas été saisies au moment de l'enquête. Ce qui a fait que nous n'avons pu garder que l'âge, le sexe et le statut matrimonial comme variables de contrôle. Quant à la religion, elle n'a pas été prise en compte car la quasi-totalité des jeunes et des adolescents enquêtés ont déclaré être de confession musulmane (plus de 99%) et seulement 1% de ces adolescents ont répondu pratiquer une autre religion. Pour opérationnaliser les comportements sexuels à risques, nous avons considéré comme variable la non-utilisation des condoms. Dans ce cas, on a retenu comme indicateur : la non-utilisation d'un préservatif au dernier rapport sexuel.

Pour atteindre nos objectifs, nous avons formulé les hypothèses spécifiques suivantes :

ü H1 - Les adolescents appartenant à une ethnie ayant des moeurs sexuelles permissives ont précocement leurs premiers rapports sexuels et plus de risque d'avoir d'autres partenaires sexuels occasionnels et de ne pas utiliser les condoms que ceux appartenant à une ethnie ayant des moeurs sexuelles rigides.

ü H2 - Les facteurs socio-culturels de modernisation tels que le milieu de résidence, les écoles ou les médias influencent le multipartenariat sexuel ou la non-utilisation des condoms chez les adolescents.

ü H3 - Les adolescents qui vivent dans des conditions économiques difficiles ont plus de chance d'avoir plus de partenaires sexuels occasionnels et de ne pas utiliser les condoms que ceux qui vivent dans les conditions économiques meilleures.

ü H4 - Les jeunes et les adolescents qui débutent précocement leurs premiers rapports sexuels ont plus de chance d'avoir d'autres partenaires sexuels occasionnels et de ne pas protéger leurs rapports sexuels.

ü H5 -Les adolescents qui ont une connaissance élevée des IST/VIH/SIDA et qui savent que les condoms permettent prévenir ces maladies sont plus enclins à utiliser les condoms.

Le test de ces hypothèses s'est fait en appliquant notre cadre théorique aux données de l'EDSN-MICS-III, réalisée au Niger en 2006. L'analyse des données a été faite à trois niveaux selon les modèles statistiques utilisés. En premier lieu l'analyse factorielle des correspondances multiples (AFCM) nous a permis de catégoriser trois grands groupes de adolescents selon leurs comportements sexuels. En second lieu, nous avons décrit au niveau bivarié les associations qui existent entre les variables indépendantes retenues dans l'étude et chacune des trois variables dépendantes grâce au test de Khi-deux. Enfin, l'analyse multivariée nous a permis de valider les résultats de l'analyse bivariée à l'aide de la régression logistique.

A l'issue de l'analyse bivariée, il ressort les résultats suivants :

L'ethnie, le milieu de socialisation, le milieu de résidence, le niveau d'instruction, le fréquence d'exposition aux medias et le niveau de vie des ménages dans lesquels évoluent les jeunes et les adolescents sont les facteurs associés à la précocité des premiers rapports sexuels chez les adolescents nigériens. En effet, l'occurrence précoce des premiers rapports sexuels est fréquente chez les jeunes et les adolescents nigériens quelle que soit leur appartenance ethnique. Ce comportement s'observe plus chez les jeunes et les adolescents ayant passé les douze premières années de leur vie en campagne, résidant en milieu rural, n'ayant aucun niveau d'instruction, vivant dans des ménages de niveau de vie faible ou moyen et qui ne sont pas exposés aux medias.

En plus des variables associées à la précocité des premiers rapports sexuels, la connaissance des IST/VIH/SIDA, la connaissance du condom comme moyen prévention des IST/VIH/SIDA, la connaissance de la fidélité à un partenaire sexuel non infecté comme moyen de prévention des IST/VIH/SIDA et la connaissance de la voie sexuelle comme moyen de transmission du VIH/SIDA sont les facteurs associés au multipartenariat sexuel chez les jeunes et les adolescents nigériens. En effet, le multipartenariat sexuel est davantage fréquent chez les jeunes et les adolescents "Djerma/songhaï" et "Haoussa", socialisés en ville, résidant en milieu urbain, de niveau d'instruction secondaire ou plus, qui écoutent la radio au moins une fois par semaine ou moins d'une fois par semaine, qui suivent la télévision au moins une fois par semaine et qui vivent dans les ménages de niveau de vie élevé. Ce comportement s'observe chez les adolescents ayant une connaissance partielle ou élevée des IST/VIH/SIDA, qui savent que le condom est un moyen de prévention des IST/VIH/SIDA, qui ignorent que la fidélité à un partenaire non infecté est un moyen de prévention des IST/VIH/SIDA et qui ignorent que le SIDA se transmet par voie sexuelle.

En ce qui est de la non-utilisation du condom, rappelons que très peu de jeunes et d'adolescents ont recouru au condom lors de leurs derniers rapports sexuels. Les jeunes et les adolescents "Haoussa", "Peul" et "Touareg" n'ont pas utilisé de condom lors de leurs derniers sexuels. La non-utilisation du condom est un comportement qui s'observe aussi chez les adolescents socialisés en campagne, résidant en milieu rural et ayant au plus un niveau d'instruction primaire. Ces jeunes et ces adolescents sont moins exposés aux medias et vivent dans les ménages de niveau de vie faible ou moyen. Notons en plus que ces jeunes et ces adolescents n'ont aucune connaissance des IST/VIH/SIDA et ignorent que le SIDA se transmet par voie sexuelle.

A cette étape nous remarquons que les résultats vont le sens de nos hypothèses. Les résultats de l'analyse multivariée vont nous permettre de confirmer ou d'infirmer les effets de certaines variables. Il ressort de ces résultats que :

Les facteurs explicatifs de la non-utilisation du condom sont l'ethnie, le niveau d'instruction, le niveau de vie du ménage dans lequel évoluent les adolescents et la connaissance du condom comme moyen de prévention des IST/VIH/SIDA. En effet, l'appartenance au groupe ethnique "Djerma/songhaï", le niveau d'instruction à partir du secondaire influencent négativement la non-utilisation du condom au dernier rapport sexuel. En revanche, le fait d'évoluer dans un ménage de niveau de vie faible influence positivement la non-utilisation du condom au dernier rapport sexuel chez les adolescents. La connaissance du condom comme moyen de prévention des IST/VIH/SIDA chez les adolescents contribue à son utilisation d'autant plus que les adolescents qui ne le savent pas ont trois plus de risque de ne pas l'utiliser lors de leurs rapports sexuels.

On peut donc conclure que les facteurs socio-culturels et économiques, à travers la connaissance des IST/VIH/SIDA, déterminent la non-utilisation du condom chez les adolescents nigériens.

Au regard de ce qui précède, nous pouvons affirmer que nos objectifs sont partiellement atteints et nos hypothèses partiellement vérifiées.

Globalement, nous estimons que les résultats auxquels nous avons abouti sont très importants puisque largement suffisants pour des recommandations. Toutefois, nous pouvons noter quelques limites. En effet, comme dans plusieurs études démographiques utilisant les données des enquêtes démographiques, la présente étude souffre du caractère transversal des données et du fait que les données collectées pendant l'enquête soient exclusivement quantitatives.

Une autre limite est celle relative à la définition retenue pour designer une sexualité précoce. La limite de la précocité que nous avons retenue n'est pas irréfutable car un changement de l'âge limite pourrait entraîner un changement de résultats, donc de conclusions sur les risques de la sexualité précoce. A cela, il faut ajouter que les variables retenues pour expliquer la précocité des premiers rapports sexuels (par exemple le niveau de vie du ménage, le milieu de résidence, le niveau d'instruction du jeune adolescent) n'ont pas été saisies au moment où ces rapports sexuels ont eu lieu. Toutefois, compte du fait que l'âge moyen aux premiers rapports sexuels est de 15 ans chez les filles et 17ans chez les garçons, nous avons estimé que peu de adolescents ont changé de condition de vie ou de milieu de résidence. Ce qui n'est pas forcement le cas en ce qui est du niveau d'instruction. L'idéal aurait été de disposer des données sur cette variable au moment de l'occurrence des premiers rapports sexuels. La dernière limite, non moins importante est relative aux données de l'EDSN-MICS-III qui ne nous ont permis de permis de prendre en compte l'aspect genre et les facteurs psychosociaux à cause du fort taux de non-réponses observé sur les variables relatives à la prise de décision sur l'utilisation du condom lors des rapports sexuels et à l'opinion d'autrui sur les comportements sexuels.

Bien que la sexualité soit précoce chez les adolescents nigériens, une des choses les plus importants à noter ici est qu'elle a lieu généralement dans le mariage. Il s'agit là d'une exception en Afrique subsaharienne et c'est aussi le reflet de la réalité sociale au Niger où une valeur capitale est accordée au mariage. Celui-ci répond au souci social d'éviter les relations sexuelles prémaritales prohibées par la religion musulmane qui est la religion dominante dans le pays.

Les comportements sexuels des adolescents au Niger sont très divers et complexes. Ils le sont de plus en plus dans une situation de pauvreté qui amène la population à se retrancher sur ses anciennes valeurs. En effet, pour les défenseurs de la tradition, c'est la dégradation des moeurs engendrée par des facteurs modernes extérieurs à la culture qui est à la base des maux dont souffre la société (sécheresse, maladies, pauvreté). Par exemple, la campagne de lutte contre le SIDA qui se fait en conseillant l'utilisation des préservatifs est considérée comme une incitation à la débauche, donc difficilement acceptable.

Au vu des résultats auxquels nous avons abouti, il semble intéressant d'appréhender la dimension sociologique surtout dans un pays comme le Niger où la parole des leaders traditionnels et religieux est primordiale et où la tradition orale sert de support à l'éducation sociale. Pour cette approche, il est indispensable de passer par une enquête qualitative qui nous permettra de mieux saisir les représentations sociales de la sexualité et comprendre les vrais mobiles des comportements observés et que l'on souhaite modifier.

Notre souci est la protection de la santé des jeunes et des adolescents. Pour ce faire, nous formulons les recommandations suivantes à l'adresse des décideurs et autres autorités :

ü La forte relation observée entre la connaissance du condom comme moyen de prévention des IST/VIH/SIDA et la non-utilisation du condom aux derniers rapports sexuels montre qu'il s'avère nécessaire d'intensifier les programmes visant à promouvoir l'utilisation des condoms par les adolescents ;

ü Pour ce faire, l'Etat et les organismes internationaux doivent prendre en compte les représentations négatives qui bloquent l'usage des condoms chez les adolescents.

ü Ils doivent par conséquent éviter de calquer les programmes déjà testés ailleurs ; il est temps que ces derniers s'approchent de la population avant l'élaboration de tout programme, parce qu'en fait ce ne sont pas les programmes qui sont rejetés mais les stratégies de leur mise en oeuvre ;

ü La mise en place des actions favorables à la scolarisation des jeunes et des adolescents au niveau secondaire et supérieur afin de renforcer les programmes visant à promouvoir l'utilisation des condoms ;

ü Renforcer et amplifier les actions d'information et de conscientisation de la population sur les risques et les inconvénients d'une sexualité précoce déjà engagées dans le pays avec le soutien de l'UNICEF, le UNFPA et l'OMS à travers les projets mis en place ;

ü Sensibiliser les adolescents sur les inconvénients du multipartenariat sexuel à l'ère du SIDA et sur les risques liés à l'activité sexuelle précoce ;

ü Comme l'influence de l'ethnie s'est avérée significative avec la précocité des premiers rapports sexuels, il importe de sensibiliser les parents sur les inconvénients du mariage précoce et de la sexualité précoce chez les adolescents.

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RWENGE M. (2002) : Culture, genre, comportements sexuels et MST/SIDA au Cameroun (province de l'Ouest et du Centre), les cahiers de l'IFORD, N°28, Yaoundé, Cameroun, 276p.

RWENGE M. (2000). "Comportements sexuels à risques parmi les jeunes de Bamenda, au Cameroun" in Perspectives internationales sur le planning familial, numéro spécial, pp.13-18. [Disponible sur http://www.guttmacher.org/].

RWENGE M. (1999(c)) : Facteurs contextuels de la transmission sexuelle du SIDA en Afrique subsaharienne (synthèse), de Becker Ch Et al. (Sous la direction), Vivre et penser le SIDA en Afrique, Dakar, Paris, CODESRIA-KARTHALA-IRD, pp.217-236.

RWENGE M. (1999(a)) : Facteurs contextuels des comportements sexuels : le cas des Jeunes de la ville de Bamenda (Cameroun)), Institut de Formation et de Recherche Démographique (IFORD), Rapport d'étude n° 40, Yaoundé/Cameroun, 164 p.

SALA DIAKANDA M., 1981, Approche ethnique des phénomènes démographiques: le cas du Zaïre, Cahier n°4, Recherches Démographiques, UCL, 433p.

SOSSA F. et ZOUNON M. (2005). « Inégalités sociales et comportements sexuels à risque chez les adolescents au Bénin », XXVe Congrès de la Population, Tours du 18 au 23 juillet 2005. http://iussp2005.princeton.edu/download.aspx?submissionId=50080

STOVER J. « The future demographic impact of AIDS: what do we know? ». Paper presented at the World Bank/ European Union seminar, AIDS in Development: the role of the Government, Limette, 17-20 June 1996.

TABUTIN D. et al. (1996)  Crise et population en Afrique. Démographie, crise et Environnement dans le monde rural africain, les études du CEPED, juillet 1996, N°13, Paris, France, 123p.

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TOLNO Fassa D. (2007), « Tradition et modernisation : fécondité et santé de la reproduction des adolescents et des jeunes Guinéens en temps de VIH/SIDA » Thèse de doctorat, Démographie, Université Paris 5, 315p.

UNFPA (2002) : Population, pauvreté et potentialité. Rapport sur l'état de la population Mondiale, 2002.

VELLAY, P., (1979), La vie sexuelle de la femme, Marabout Université, Verviers 283p.

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VOLLE, M. (1993), Analyse des données, 3e éd., Economica, Paris, 324p.

ZANOU et al. (2002), Connaissance, attitudes et comportements en matière d'IST/VIH/SIDA chez les jeunes du milieu urbain en Côte d'Ivoire, Rapport d'enquête, USAID, ENSEA, JOHNS HOPKINS, Abidjan

ANNEXES

Annexe A Tableau A : Dictionnaire des variables utilisées pour l'AFCM

Variables

Modalités

Variables

Modalités

Ethnie

- Haoussa

- Kanouri

- Djerma/songhaï

- Touareg

- Peul

- Autres ethnies

 

HAOU

KANU

DJER

TOUA

PEUL

AUTN

Niveau de connaissance des IST/VIH/SIDA

- Aucune

- Partielle

- Elevé

CAUC

CPTL

CELV

Milieu de socialisation

- Niamey/grandes villes

- Peties villes

- Campagnes

SOCG

SOCV

SOCC

Connaissance du condom comme moyen de prévention des IST/VIH/SIDA

- Non

- Oui

 

NCDM

OCDM

Milieu de résidence

- Urbain

- Rural

 

RURB

RRAL

Groupe d'âge

- Age1

- Age2

15-19 ans

20-24 ans

Niveau d'instruction

- Sans niveau

- Primaire

- Secondaire et plus

INS0

INS1

INS2

Situation matrimoniale

- Célibataire

- Mariée

NUNI

OUNI

Fréquence d'exposition à la radio

- Pas du tout

- Moins d'une fois pare semaine

- Au moins une fois par semaine

- Chaque jour

RAD0

RAD1

RAD2

RAD3

Sexe

- Masculin

- Féminin

 

MASC

FEME

Fréquence d'exposition à la radio

- Pas du tout

- Moins d'une fois pare semaine

- Au moins une fois par semaine

- Chaque jour

TV0

TV1

TV2

TV3

Précocité

- Non

- Oui

 

NPRE

PREC

Niveau de vie du ménage

- Faible

- Moyen

- Elevé

 

NFAI

NMOY

NELV

Multipartenariat

- Non

- Oui

NPAR

OPAR

Sait que le SIDA se transmet par voie sexuelle

- Oui

- Non

OSEX

NSEX

Utilisation condom

- Non

- Oui

NUTC

OUTC

Sait que la fidélité est un moyen de prévention du VIH/SIDA

- Oui

- Non

FPAR

NFEP

 
 

******************************************

* *

* B I B L I O T H E Q U E A D D A D *

* *

* MICRO (VERSION 89.1) *

* *

* 17/09/89 *

* 08-30-08 02:46:31 *

******************************************

A D D A D - 89 -

ANALYSE DES CORRESPONDANCES (ANCORR)

D'APRES : YAGOLNITZER ET TABET

INS. 1 - TITRE :

TITRE COMPORTEMENTS SEXUELS A RISQUES DES ADOLESCENTS AU NIGER.

INS. 2 - PARAM (PARAMETRES GENERAUX) : NI,NJ,NF,NI2,NJ2,LECIJ,STFI,STFJ

PARAM NI=1115 NI2=0 NJ=49 NJ2=0 NF=2 LECIJ=1 STFI=0 STFJ=1;

INS. 3 - OPTIONS : IOUT,IMPVP,IMPFI,IMPFJ,NGR

OPTIONS IOUT=0 IMPVP=1 IMPFI=0 IMPFJ=1 NGR=1;

INS. 5 - GRAPHE (NGR DEMANDES DE GRAPHIQUES) : X,Y,GI,GJ,NCHAR,OPT,NPAGE,CADRE

GRAPHE X=1 Y=2 GI=0 GJ=1;

INS. 6 - LISTE (LECTURE DU TABLEAU DES DONNEES - A,F) :

LISTE IDEN(1,3) HAOU(5,1) KANU(7,1) DJER(9,1) TOUA(11,1) AUTN(13,1) NSEX(15,1) NFEP(17,1) OSEX(19,1) FPAR(21,1) SOCG(23,1) SOCV(25,1)

SOCC(27,1) RRAL(31,1) RURB(33,1) INS0(35,1) INS1(37,1)

INS2(39,1) RAD0(41,1) RAD1(43,1) RAD2(45,1) RAD3(47,1) TV0(49,1)

TV1(51,1) TV2(53,1) TV3(55,1) NFAI(57,1) NMOY(59,1) NELV(61,1)

CAUC(63,1) CPTL(65,1) CELV(67,1) NCDM(69,1) OCDM(70,1) AGE1(71,1)

AGE2(73,1) FEME(5,1) NPRE(7,1) PREC(9,1) NUTC(11,1) OUTC(13,1)

NPAR(15,1) OPAR(17,1) NUNI(19,1) OUNI(21,1);

------------------------------------------------------------------------------

!NUM ! VAL PROPRE ! POURC.! CUMUL !VARIAT.!*! HISTOGRAMME DES VALEURS PROPRES

------------------------------------------------------------------------------

! 2 ! .27756 ! 13.647! 13.647!*******!*!***************!***************!

! 3 ! .11733 ! 5.769! 19.417! 7.878!*!*************

! 4 ! .10188 ! 5.009! 24.426! .760!*!***********

! 5 ! .08788 ! 4.321! 28.747! .688!*!*********

! 6 ! .08115 ! 3.990! 32.737! .331!*!*********

! 7 ! .07884 ! 3.876! 36.614! .114!*!*********

! 8 ! .07641 ! 3.757! 40.371! .119!*!********

! 9 ! .07028 ! 3.456! 43.826! .301!*!********

! 10 ! .06891 ! 3.388! 47.215! .068!*!*******

! 11 ! .06729 ! 3.309! 50.523! .079!*!*******

! 12 ! .06491 ! 3.192! 53.715! .117!*!*******

! 13 ! .06393 ! 3.143! 56.858! .048!*!*******

! 14 ! .06281 ! 3.089! 59.947! .055!*!*******

! 15 ! .05993 ! 2.947! 62.894! .142!*!******

! 16 ! .05710 ! 2.808! 65.701! .139!*!******

! 17 ! .05578 ! 2.742! 68.444! .065!*!******

! 18 ! .05296 ! 2.604! 71.048! .138!*!******

! 19 ! .05221 ! 2.567! 73.615! .037!*!******

! 20 ! .05145 ! 2.530! 76.145! .037!*!******

! 21 ! .04974 ! 2.446! 78.590! .084!*!*****

! 22 ! .04832 ! 2.376! 80.966! .070!*!*****

! 23 ! .04546 ! 2.235! 83.201! .141!*!*****

! 24 ! .04515 ! 2.220! 85.422! .015!*!*****

! 25 ! .04329 ! 2.128! 87.550! .092!*!*****

! 26 ! .04125 ! 2.028! 89.578! .100!*!****

! 27 ! .03609 ! 1.774! 91.353! .254!*!****

! 28 ! .03259 ! 1.603! 92.955! .172!*!****

! 29 ! .02675 ! 1.315! 94.270! .287!*!***

! 30 ! .02443 ! 1.201! 95.472! .114!*!***

! 31 ! .02193 ! 1.078! 96.550! .123!*!**

! 32 ! .01935 ! .952! 97.502! .127!*!**

! 33 ! .01629 ! .801! 98.303! .151!*!**

! 34 ! .01145 ! .563! 98.866! .238!*!*

! 35 ! .00786 ! .386! 99.252! .177!*!*

! 36 ! .00540 ! .266! 99.518! .121!*!*

! 37 ! .00349 ! .172! 99.689! .094!*!

! 38 ! .00231 ! .114! 99.803! .058!*!

! 39 ! .00203 ! .100! 99.902! .014!*!

! 40 ! .00150 ! .074! 99.976! .026!*!

! 39 ! .00027 ! .013! 99.989! .060!*!

! 40 ! .00021 ! .011!100.000! .003!*!

! 43 ! .00000 ! .000!100.000! .011!*!

! 42 ! .00000 ! .000!100.000! .000!*!

! 43 ! .00000 ! .000!100.000! .000!*!

! 44 ! .00000 ! .000!100.000! .000!*!

! 45 ! .00000 ! .000!100.000! .000!*!

! 46 ! .00000 ! .000!100.000! .000!*!

! 47! .00000 ! .000!100.000! .000!*!

1------------------------------------------------------

------------------------------------------------------

! J1 ! QLT POID INR! 1#F COR CTR! 2#F COR CTR!

------------------------------------------------------

1!HAOU! 138 7 26! 375 19 4! -931 119 54!

2!KANU! 152 8 27! -809 92 18! 651 60 28!

3!DJER ! 309 27 17! 350 96 12! -521 213 62!

4!TOUA! 129 7 27! 90 1 0! 987 128 60!

5!AUTN! 256 10 27! -878 138 27! 813 118 55!

6!NSEX! 191 12 25! -734 127 23! -521 64 27!

7!NFEP! 512 15 24! -405 50 9! 1238 462 192!

8!OSEX! 205 27 17! 513 200 25! -85 5 2!

9!FPAR! 166 9 26! -7 0 0!-1020 166 75!

10!SOCG! 180 9 26! 844 125 24! -562 55 25!

11!SOCV! 120 22 19! 261 38 5! 382 82 27!

12!SOCC! 268 26 18! -607 256 34! -134 12 4!

13!PEUL! 6 5 29! 188 3 1! 204 3 2!

14!RRAL! 462 34 14! -540 343 35! -318 119 29!

15!RURB! 439 28 17! 600 300 37! 408 139 40!

16!INS0! 454 33 15! -637 452 48! 44 2 1!

17!INS1! 78 15 23! 283 26 4! -399 52 21!

18!INS2! 420 13 23! 1139 372 63! 406 47 19!

19!RAD0! 120 12 25! -545 73 13! 443 48 21!

20!RAD1! 25 12 25! 136 5 1! -289 21 9!

21!RAD2! 7 15 23! 32 0 0! -146 7 3!

22!RAD3! 14 22 19! 152 13 2! 46 1 0!

23!TV0 ! 469 37 13! -560 457 42! -90 12 3!

24!TV1 ! 26 6 27! 340 13 3! -328 12 6!

25!TV2 ! 35 5 28! 574 31 6! 221 5 2!

26!TV3 ! 371 13 24! 1103 330 57! 388 41 17!

27!NFAI! 288 19 21! -788 283 43! -110 5 2!

28!NMOY! 47 15 23! -388 47 8! -32 0 0!

29!NELV! 487 26 18! 819 476 62! 127 11 4!

30!CAUC! 302 23 21! -619 207 31! 417 94 34!

31!CPTL! 106 29 15! 217 44 5! -257 62 17!

32!CELV! 86 10 25! 658 83 15! -117 3 1!

33!NCDM! 181 24 19! -505 156 22! 203 25 8!

34!OCDM! 312 27 17! 573 260 32! -255 52 15!

37!AGE1! 97 15 23! -523 89 15! -159 8 3!

38!MASC! 88 25 18! 341 80 10! 107 8 2!

39!FEME! 7 12 24! 39 0 0! -166 6 3!

40!NPRE! 27 27 17! 126 12 2! -141 15 5!

41!PREC! 44 35 13! -133 23 2! 129 21 5!

42!NCDM! 74 46 7! -129 51 3! -86 23 3!

43!OCDM! 223 5 27! 1255 154 32! 842 69 30!

44!NPAR! 393 33 15! -596 378 42! -118 15 4!

45!OPAR! 378 29 16! 620 355 41! 158 23 6!

46!NUNI! 502 35 13! 595 472 45! 151 30 7!

47!OUNI! 533 27 18! -833 512 67! -170 21 7!

------------------------------------------------------

! ! 1000! 1000! 1000!

ANNEXE B

Tableau B: Contribution des variables à l'explication de la non-utilisation des condoms aux derniers rapports sexuels

Facteurs explicatifs

Non-utilisation des condoms aux derniers rapports sexuels

Rang

Ethnie

3,51

5

Milieu de socialisation

3,16

6

Milieu de résidence

0,69

8

Niveau d'instruction

4,61

1

Fréquence d'exposition à la radio

3,68

4

Fréquence d'exposition à la télévision

1,06

7

Niveau de vie du ménage

4,36

2

Niveau de connaissance des IST/VIH/SIDA

0,11

11

Connaissance du condom comme moyen de prévention

4,26

3

Précocité des premiers rapports sexuels

0,37

9

Multipartenariat sexuel

0,28

10

ANNEXE C

Construction de l'indicateur "Niveau de vie du ménage "

L'indicateur composite « Niveau de vie du ménage » a été construit dans le fichier ménage, puis exporté dans le fichier d'analyse lequel a été constitué suite à la fusion des fichiers homme et femme. Nous avons recouru à une méthode d'analyse qui donne un rang à chaque individu selon ce qu'il possède. Il en ressort plusieurs modalités que nous avons regroupées en trois : élevé, moyen et faible. Cet indicateur prend en compte certaines caractéristiques du logement et la possession de certains biens. Le « Niveau de vie du ménage » permet d'appréhender l'état de pauvreté ou de richesse d'un ménage et partant, celui des personnes qui le constituent.

Les ressources dont dispose le ménage sont appréhendées par le confort du logement et la possession de certains biens durables.

Ø Les caractéristiques du logement sont appréhendées par le principal matériau de construction du toit, , du sol ; la source d'approvisionnement en eau  et le type de toilette utilisée.

Ø Les biens possédés sont : le poste radio, le téléviseur, le réfrigérateur, la bicyclette, la mobylette, la voiture, le téléphone et l'usage de l'électricité.

Tableau C : Variables retenues pour la construction de l'indicateur « Niveau de vie du ménage »

Variables et anciennes modalités

Variables et nouvelles modalités

Mode d'approvisionnement en eau

1. Robinet dans la construction

2 Robinet public

3. Puits dans la concession

4 Puits public

5. Source

6. Rivière, ruisseau

7. Pluie

8. Vendeur d'eau

9. Autre

10. Ne sait pas

Mode d'approvisionnement en eau

1. Eau courante (1+2=1)

2. Puits (3+4=2)

3. Pluie (5+6+7+8+9=3)

4. Ne sait pas (10=4)

Type d'aisance

1. Chasse-eau personnel

2. Chasse-eau commun

3. Chasse-eau public

4. Fosse traditionnelle

5. Fosse améliorée, latrines

6. Brousse

7. Autre

8. Ne sait pas

Type d'aisance

1. Chasse-eau personnel (1=1)

2. Autre Chasse-eau (2+3=2)

3. Latrines (5=3)

4. WC traditionnel (4=4)

5. Brousse (6+7=5)

6. Ne sait pas (8=6)

Matériau du sol

1. Terre, sable

2. Parquet, bois ciré

3. Bande de vinyle, bitume

4. Carrelage

5. Ciment

6. Moquette

7. Ne sait pas

Matériau du sol

1. Carrelage (2+3+4+6=1)

2. Ciment (5=2)

3. Terre (1=3)

4. Ne sait pas (7=4)

Matériau du toit

1. Paille

2. Tôle

3. Banco

4. Tente

5. Ciment

6. Ne sait pas

Matériau du toit

1. Tôle (2+5=1)

2. Banco (3=2)

3. Paille (1+4=3)

4. Ne sait pas (6=4)

Possession de l'électricité

1. Oui

2. Non

3. Ne sait pas

Possession de l'électricité

1. Oui

2. Non

3. Ne sait pas

Possession d'un poste radio

1. Oui

2. Non

3. Ne sait pas

Possession d'un poste radio

1. Oui

2. Non

3. Ne sait pas

Possession d'un téléviseur

1. Oui

2. Non

3. Ne sait pas

Possession d'un téléviseur

1. Oui

2. Non

3. Ne sait pas

Possession d'un réfrigérateur

1. Oui

2. Non

3. Ne sait pas

Possession d'un réfrigérateur

1. Oui

2. Non

3. Ne sait pas

Possession d'une voiture

1. Oui

2. Non

3. Ne sait pas

Possession d'une voiture

1. Oui

2. Non

3. Ne sait pas

Source : Traitement des données de l'EDSN-MICS-III, Niger 2006.

ANNEXE D

Construction de l'indicateur "Niveau de connaissance des IST/VIH/SIDA"

Cet indicateur a été créé à partir de deux autres indicateurs : le niveau de connaissance du SIDA et le niveau de connaissance des IST.

Ø Niveau de connaissance du SIDA

Les variables retenues pour construire cet indicateur proviennent des questions posées aux femmes sur le SIDA :

- Avoir entendu parler du SIDA ;

- Connaissance des modes de transmission ;

- Connaissance des modes de prévention ;

Le niveau de connaissance a été crée en combinant les trois variables :

NSIDA = Avoir entendu parler + connaissance des modes de transmission + connaissance de prévention.

La nouvelle variable (NSIDA créée a été recodé en trois modalités en tenant compte du nombre de réponses favorables données par le jeune ou l'adolescent : aucune, partielle et élevée. Un jeune ou un adolescent qui n'a jamais entendu parler du SIDA n'a d'office aucune connaissance du SIDA.

Ø Le niveau de connaissance des IST

Cet indicateur a été créé selon le même principe que le précédent. Les variables prises en compte pour la construction de cet indicateur sont :

- Avoir entendu parler des IST ;

- Connaissance des signes ou symptômes spécifiques aux ITS chez les hommes ;

- Connaissance des signes ou symptômes spécifiques aux ITS chez les femmes.

L'indicateur a été créé en combinant les différentes variables :

NIST = Avoir entendu parler des IST + Connaissance des signes ou symptômes spécifiques aux ITS chez les hommes + Connaissance des signes ou symptômes spécifiques aux ITS chez les femmes. Selon les réponses données par les adolescents, nous avons recodé cette variable en trois modalités comme dans le cas du niveau de connaissance du SIDA. Tout comme dans le cas du SIDA, les jeunes ou les adolescents qui n'ont jamais entendu parler des IST n'ont aucune connaissance des IST.

Après la création de ces deux indicateurs, nous les avions combinés pour créer l'indicateur « Niveau de connaissance des IST/VIH/SIDA ». L'indicateur a été créé suivant le même principe que les deux autres : NIST/VIH/SIDA = NSIDA + NIST. En fin de compte trois modalités ont été retenues selon le nombre de points : aucune, partielle et élevée. La modalité aucune regroupe les jeunes et les adolescents qui ont qui n'ont jamais entendu parler des IST et du SIDA. La modalité partielle regroupe les adolescentes qui ont entendu parler des IST et SIDA, mais qui ne connaissent pas les modes de transmission ou de prévention du SIDA et les symptômes des IST. La modalité élevée concerne les jeunes et les adolescents qui ont entendu parler du SIDA et des IST, qui connaissent les modes de transmission et de prévention du SIDA et les symptômes chez les hommes et chez les femmes.

* 1 0,7% selon les estimations de l'EDS-MICS-III

* 2 Cabinet Bozari en 2002 et CEPED en 1997

* 3 ONUSIDA 2004

* 4 Projection de l'INS en 2005

* 5 Source: table A.17 life expectancy at birth, both sexes combined by country for selected periods, Nations Unies

* 6 Source: FAOSTAT, Banque Mondiale, 2006

* 7 Source : Stratégie de Développement Accéléré et de Réduction de la Pauvreté 2007

* 8 Rapport ONUSIDA 2004

* 9 Rapport de la santé sur les jeunes OMS-2004

* 10 Rapport enquête nationale de séroprévalence dans la population générale âgée de 14 à 49 ans et dans 6 groupes cibles au Niger

* 11 Il serait souhaitable de présenter ces résultats par âge, mais nous ne disposons pas de ces données

* 12 Gervais Beninguissé, 2007, Sexualité prémaritale et santé de la reproduction des adolescents et des jeunes en Afrique Subsaharienne, version provisoire, 38 p. (article non publié)

* * DSCN et CRD (1991), Fécondité des adolescentes en Côte d'ivoire.

* 13 46% des adolescents ont eu leurs premiers rapports sexuels dans le mariage

* 14 Pour plus de détails sur la méthode, se référer, par exemple, à Volle (1993), Escofier et Pagès (1998), Bouroche et Saporta (1998).

* 15 La régression logistique (ou logit) est un cas particulier du modèle log-lineaire général (modèle général dans lequel aucune distinction n'est faite entre variables dépendantes et variables indépendantes).

* 16 Les appellations variant dans la littérature scientifique francophone: en dehors de l'expression rapport des chances beaucoup utilisée en épidémiologie, on parle aussi de rapport de risques et de rapport des cotes, ce dernier terme étant, semble-t-il, beaucoup utilisé au Québec en référence aux paris (Leridon et Toulemon, 1997).